Vue d'un couloir d'hôpital avec un lit et un soignant

Photo: © sudok1/ istockphoto.com

 

La Commission du National ignore la volonté populaire et le personnel soignant se sent trahi

  • Santé
Communiqués de presse

Mise en œuvre de l’initiative sur les soins infirmiers

La mise en œuvre de l’initiative sur les soins infirmiers s’est fait trop longtemps attendre. Et les propositions du Conseil fédéral sont bien trop timorées. Or la Commission compétente du Conseil national a trouvé moyen de vider presque entièrement de sa substance le projet de loi actuel. En plus de contourner de manière choquante la volonté populaire, c’est un véritable affront au personnel soignant soumis à un stress croissant.

Le personnel des hôpitaux, des EMS et des services d’aide et de soins à domicile n’en peut plus. Il souffre d’épuisement, quand il ne change pas de métier. Ainsi la crise des soins s’exacerbe et la sécurité d’approvisionnement est menacée. Les faits sont connus de longue date et constituent un souci de préoccupation majeur au sein de la population. Sans surprise, l’initiative sur les soins infirmiers a été plébiscitée il y a quelques années. Il est d’autant plus scandaleux que les responsables politiques n’aient quasiment rien depuis lors.

La Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national avait la possibilité d’agir. Elle aurait pu enfin faire bouger les choses lors de l’examen de la loi d’application de l’initiative. Car le projet présenté par le Conseil fédéral a beau être très insuffisant, le personnel de santé avait émis des propositions d’amélioration nécessaires, raisonnables et indispensables. Or la commission dominée par le camp bourgeois n’en a rien fait : elle a remanié la loi au point de la rendre méconnaissable, à quelques exceptions près comme l’introduction de l’obligation de négocier des conventions collectives de travail. Ainsi, la réduction de la durée maximale de la semaine de travail de 50 heures, soit beaucoup trop pour une activité aussi pénible, est passée à la trappe. Idem pour un supplément correct en cas de travail du dimanche et des jours fériés, ou de changements de dernière minute dans les horaires de travail. Un financement supplémentaire du système et les règles pourtant nécessaires en vue d’une dotation en personnel adéquate n’ont guère eu plus de chance.

On se frotte les yeux pour y croire. Comment les responsables politiques du dossier peuvent-ils contourner ainsi le mandat confié par le peuple ? Comment peut-on ignorer de manière aussi irresponsable les défis démographiques liés aux soins et faire preuve d’autant d’aveuglement face aux besoins urgents du personnel soignant ? Pas plus tard qu’en novembre dernier, ce même personnel s’est mobilisé sur la Place fédérale par un froid glacial. Il ne s’agissait pas d’un événement symbolique, mais d’un appel à l’aide lancé par les travailleuses et travailleurs d’un secteur d’importance systémique au monde politique, afin qu’il agisse enfin. Cet appel s’adresse désormais au plénum du Conseil national, qui devrait examiner la loi à sa session de printemps : le projet doit être remanié en profondeur, il n’y a pas d’autre choix.

Top