Il faut améliorer la prévoyance vieillesse !

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Écrit par Ewald Ackermann

Un jour après le verdict populaire on ne peut plus clair au sujet du vol des rentes du 2e pilier, l’Union syndicale suisse (USS) et le syndicat Unia ont publiquement réclamé un tournant social. Ce dernier doit inclure l’abandon du démantèlement social voulu par la droite, un meilleur encadrement des compagnies d’assurances actives dans le 2e pilier et – nouveauté – une amélioration des buts donnés aux prestations de la prévoyance vieillesse, c’est-à-dire une adaptation de celles-ci aux réalités sociales actuelles.

« Le droit à vieillir dans la dignité, concrétisé par l’État social, est l’un des principaux acquis de notre civilisation », a rappelé le président de l’USS, Paul Rechsteiner, précisant encore que l’objectif donné aujourd’hui aux prestations pour pouvoir vivre décemment – remplacer environ 60 % du dernier revenu – n’est plus actuel. En effet, pour les personnes à bas revenus surtout, cet objectif donné aux prestations des 1er et 2e piliers ne permet en aucune manière de réaliser le mandat constitutionnel de « maintenir de manière appropriée son niveau de vie antérieur ». Après la décision plus que nette des citoyen(ne)s, l’heure est venue de défendre une nouvelle conception de la prévoyance vieillesse en mettant les prestations au tout premier plan. Qui peut vivre avec 3000 francs de rente par mois ? C’est pourquoi les syndicats demandent que les nouveaux objectifs donnés aux rentes des deux piliers (AVS et LPP) soient les suivants :

  • pour les revenus allant jusqu’à 5000 francs : taux de remplacement de 80 %,
  • pour les revenus allant jusqu’à 7000 francs : taux de remplacement de 70 %,
  • pour les revenus supérieurs : taux de remplacement de 60 %.

La façon d’y arriver n’a pas encore été arrêtée de manière précise.

Le coprésident d’Unia, Andreas Rieger, a souligné qu’il faut une rupture fondamentale. La conception des assurances sociales ayant été définie depuis des décennies par les tenants du néolibéralisme, il est maintenant temps que l’on replace au centre les gens et leurs besoins. Ces revendications, a-t-il aussi dit, sont comparables à la campagne pour des salaires minimaux lancée par les syndicats au tournant du millénaire et qui fut un succès ; à l’époque, on avait aussi fixé le but minimal de 3000 francs pour tout le monde et décidé ensuite sa réalisation progressive.

« La prévoyance vieillesse n’est pas là pour enrichir les compagnies d’assurance, mais pour garantir des rentes correctes aux retraités », s’est exclamé Aldo Ferrari, secrétaire régional Unia Vaud. La ligne est claire : il faut en finir avec les abus et les arnaques des assureurs-vie dans le 2e pilier ! L’experte de la sécurité sociale à l’USS, Colette Nova, et le conseiller national socialiste Ruedi Rechsteiner ont proposé un vaste programme à cet effet. Celui-ci demande, entre autres, que la surveillance dans ce domaine soit renforcée. Il faut aussi que la gestion paritaire soit appliquée dans les fondations collectives et que la protection des représentant(e)s du personnel dans les organes des caisses de pensions soient améliorée.

Enfin, il est urgent que, troisième conséquence à tirer de ce scrutin, le Parlement renonce à toutes ses révisions d’assurances sociales plus ou moins avancées (AVS, assurance-chômage, assurance-accidents, AI), car toutes ces révisions sont à l’enseigne d’un démantèlement social radical. Sinon, de nouvelles gifles retentissantes pourraient à nouveau s’entendre.

Toutes les interventions de cette conférence de presse se trouvent sur le site de l’USS : www.uss.ch

Responsable à l'USS

Gabriela Medici

Secrétaire centrale

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Gabriela Medici
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