Le virus et l'économie

Photo : © ffikretow / istockphoto.com

 

Des améliorations à saluer, mais de nombreuses questions restent ouvertes.

  • Corona
  • Politique syndicale
  • Santé
  • Économie
  • Travail
Communiqués de presse

Coronavirus : conséquences de la pandémie dans le monde du travail

La crise due aux mesures de lutte contre le coronavirus frappe les travailleuses et travailleurs dans des proportions sans précédent. Des centaines de milliers d’entre elles et eux voient leurs revenus se réduire ou leur activité professionnelle s’arrêter, et cette tendance se poursuit.

L’USS a salué la mise en œuvre de mesures rapides et souples de maintien des salaires ainsi que l’implication sérieuse des partenaires sociaux dans cette période particulièrement difficile. Aujourd’hui, elle se réjouit des décisions prises concernant l’indemnisation des personnes au chômage et l’assouplissement des exigences de recherche d’emploi.

Il reste nécessaire de donner aux cantons la latitude de prendre des mesures plus soutenues de lutte contre la pandémie, notamment dans les entreprises. Il reste également des problèmes à régler concernant la protection des personnes vulnérables et des travailleuses et travailleurs pour lesquels le Conseil fédéral a suspendu une partie du droit du travail. Face à une insécurité croissante dans le monde du travail, l’USS attend des décisions concertées et continuera à formuler des propositions pour limiter les effets de la crise sur les salarié-e-s en Suisse.

Nouvelles mesures pour limiter les effets économiques de la crise

Le maintien des revenus pour le plus de personnes possible est, et demeure, l’objectif central de l’Union syndicale dans cette période de crise, ceci afin d’éviter à la fois des pertes de pouvoir d’achat et la déstabilisation complète de l’économie. C’est pourquoi l’USS salue la décision prise ce jour concernant les chômeuses et chômeurs :  prolonger les délais de perception des indemnités de l’assurance-chômage d’autant de jours que courront les mesures restrictives et les interdictions d’activités touchant plusieurs branches en lien avec l’épidémie. On ne peut en effet que tenir compte du caractère extraordinaire, du point de vue du marché du travail, des semaines que nous vivons.

La suspension des sanctions financières en cas de non-respect des exigences de recherches d’emploi est elle aussi logique et doit être saluée. Les demandeuses et demandeurs d’emplois n’ont pas non plus à faire les frais de la période actuelle.

Enfin, l’USS se réjouit des précisions apportées par le Conseil fédéral pour les crédits aux entreprises que la Confédération garantira. Cette contribution au maintien de places de travail est encadrée par des règles claires, avec notamment une fixation des taux d’intérêts applicables.

Préserver les personnes à risque et le personnel de santé

L’USS maintient en revanche son opposition aux dispositions prises par le Conseil fédéral concernant les personnes qui sont, en raison de leur état de santé, particulièrement vulnérables. Selon la dernière modification de l’ordonnance sur les mesures contre la pandémie, celles-ci peuvent à nouveau être appelées au travail si l’employeur prend un certain nombre de mesures de protection, au demeurant mal définies.

Pour les syndicats, il est fondamental que les mesures applicables aux salarié-e-s soient cohérentes avec celles qui ont été décrétées pour l’ensemble de la vie sociale et publique. Avec la possibilité de rappeler les personnes à risque au travail, on va à l’encontre des instructions données à la population depuis plusieurs semaines. Et ce, sans parler du risque concret que les travailleuses et travailleurs concernés courent, d’autant que les mesures à prendre ne sont pas détaillées clairement. Cette disposition doit être révisée rapidement : il en va de la confiance dans la stratégie de lutte contre la contagion.

Enfin, l’USS reste préoccupée par la suspension des horaires maximaux de travail décidée abruptement par le Conseil fédéral en fin de semaine passée pour certaines branches. De telles semaines de travail peuvent avoir des effets délétères sur la santé du personnel, déjà soumis à une importante pression en ce moment. Une telle mesure n’est donc pas bienvenue et les syndicats s’engageront pour que ce cadre soit rétabli en faveur des droits des salarié-e-s concernés.

Marges de manœuvre pour les cantons particulièrement concernés

Dans un certain nombre de cantons, la pression monte pour que des mesures allant plus loin que celles de la Confédération puissent être prises, notamment concernant l’activité dans les entreprises. Et elle va continuer à monter. Les autorités cantonales doivent pouvoir répondre aux demandes qui émanent bien souvent de syndicats en ordonnant des mesures adéquates et, le cas échéant, l’arrêt de l’activité. L’accès au chômage partiel doit être garanti dans tous les cas. L’USS souhaite qu’une solution flexible soit trouvée avec les partenaires sociaux pour garantir la protection des travailleuses et des travailleurs.

Responsable à l'USS

Daniel Lampart

Premier secrétaire et économiste en chef

031 377 01 16

daniel.lampart(at)sgb.ch
Daniel Lampart
Top