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Chômage et coronavirus : la prestation transitoire plus nécessaire que jamais

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Écrit par Reto Wyss

Au Parlement de décider pendant la session d’été

Durant les trois mois de la crise du coronavirus, de mars à mai, le chômage a véritablement explosé en Suisse, passant d’environ 105 000 personnes à plus de 160 000 (données corrigées des variations saisonnières). Du jamais vu ! Seules les garanties de salaire proposées sous la forme du chômage partiel et de l’allocation pour perte de gain liée au coronavirus versée aux parents, ont permis d’éviter le pire comme ce qui est arrivé aux États-Unis. Dans ce pays en effet, 20 millions de personnes ont perdu leur emploi pendant le seul mois d’avril. Mais le danger n’est pas encore écarté en Suisse, les perspectives conjoncturelles restant moroses.

La crise a durement frappé les plus de 55 ans

La hausse du chômage a été particulièrement forte chez les jeunes. Parce que les entreprises ont freiné leurs recrutements, la recherche d’un emploi pour ce groupe de personnes, qui venaient de terminer leur formation, sortaient de l’école de recrues ou revenaient d’un séjour à l’étranger, s’est avérée particulièrement difficile. Certes un peu moins visibles que les jeunes, les actifs et actives plus âgés ont cependant aussi fortement souffert de la crise. En principe, les plus de 55 ans sont beaucoup moins souvent à la recherche d’un emploi que leurs jeunes collègues, et pourtant le nombre de nouveaux chômeurs et chômeuses parmi eux a augmenté de près de 50 % en mars et avril. C’est très inquiétant.

Beaucoup de personnes concernées, avec qui nous avons été en contact dans notre travail syndical quotidien, nous ont dit avoir enfin trouvé un emploi après de longues recherches pendant ces deux dernières années. Mais à peine la crise du coronavirus a-t-elle éclaté qu’elles ont été licenciées. Le chômage augmentant, les chances de trouver un travail diminuent. De plus, il leur manque souvent les années de cotisations à l’assurance-chômage nécessaires pour toucher à nouveau suffisamment d’indemnités journalières. Que personne n’est abandonné pendant la crise est donc une affirmation qui sonne creux à leurs oreilles.

Il faut stopper la dégringolade sociale

La situation financière des chômeurs et chômeuses âgés sans emploi malgré d’innombrables recherches se dégrade fortement une fois qu’ils se trouvent en fin de droit au chômage. À un moment ou à un autre, impossible pour eux d’éviter l’aide sociale. Mais il se peut alors que, pour recevoir une aide financière, ils doivent d’abord puiser dans leurs avoirs de vieillesse. Et cela, alors même qu’ils ont déjà dû utiliser presque toute leur fortune. Le recours aux prestations complémentaires pendant la retraite est ainsi programmé, avec la hausse des coûts induite pour les assurances sociales. La personne qui a travaillé durant toute sa vie doit bénéficier à la fin de son parcours professionnel d’une couverture sociale meilleure, décente. Et c’est précisément pour cela que les partenaires sociaux et le Conseil fédéral ont mis en route la prestation transitoire. Celle-ci n’est toutefois qu’un petit pas en avant. C’est pourquoi il est d’autant plus important que le Parlement tranche définitivement à ce sujet au mois de juin et que le Conseil fédéral mette ensuite rapidement en vigueur cette mesure.

La prestation transitoire, une solution minimale et finançable

Avant la crise du coronavirus encore, certains ont critiqué le fait que cette nouvelle mesure sociale destinée aux travailleurs et travailleuses âgés avait été élaborée et discutée trop rapidement, alors que l’USS demandait depuis des années déjà un tel instrument social. Au vu des prises de décisions du Parlement et du Conseil fédéral désormais connues sur les mesures d’aide liées à la crise du coronavirus, le rythme pris avec la prestation transitoire semble cependant tout à coup largement modéré. C’est d’ailleurs d’autant plus vrai en ce qui concerne les coûts budgétisés pour la prestation transitoire. Ils correspondent à ce que coûterait le non remboursement de 0,4 % des crédits aux entreprises liés au coronavirus (pour comparaison, le conseiller fédéral Ueli Maurer table sur un taux de défaut de 10 %, et un taux encore plus élevé est très probable).

Responsable à l'USS

Reto Wyss

Secrétaire central

031 377 01 11

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Reto Wyss

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