Une nouvelle étude prouve le rôle positif joué par les syndicats dans la protection de la santé

  • Protection de la santé et sécurité au travail
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Écrit par Luca Cirigliano, secrétaire central de l’USS/fq

Plus le syndicat est fort, meilleure est la santé

Plus le syndicat est présent dans l'entreprise, moins il y a d'accidents et, donc, meilleure est la protection de la santé sur le lieu de travail. Une nouvelle étude* de l'institut de recherche allemand sur l'avenir du travail IZA, de Bonn, le prouve.

Les personnes directement concernées le savent depuis longtemps pour en avoir fait elles-mêmes l'expérience. Dans les entreprises où les syndicats sont actifs à travers des conseillers et conseillères juridiques, des secrétaires, des militant(e)s syndicaux ou des personnes de confiance, les choses vont mieux. En effet, les lois sont plus facilement respectées, la sécurité au travail s'en trouve améliorée et le nombre d'accidents et de cas de maladies professionnels diminue. Conséquence : la satisfaction au travail augmente sur le long terme, ainsi que la productivité des travailleurs et travailleuses.

Scientifiquement prouvé

Une étude scientifique confirme donc aujourd'hui le rôle positif joué par les syndicats concernant la santé au travail. L'institut de recherche allemand précité, vient de présenter les résultats d'une vaste étude réalisée par deux chercheurs. Celle-ci prouve, sur la base de données fournies par les offices américains du travail que la santé des travailleurs et travailleuses est meilleure dans les entreprises où les syndicats sont actifs.

Lorsque quelque chose cloche en matière de conditions de travail, lorsque, par exemple les dispositions de protection de la santé figurant dans la loi sur le travail ou les directives de la loi sur l'assurance-accidents ne sont pas respectées, les travailleurs et travailleuses viennent frapper à la porte du syndicat. Donner des conseils fait partie de leurs missions de base. Les travailleurs et travailleuses se défendent rarement eux-mêmes dans ces situations. Ils ne connaissent pas assez bien la façon de procéder des inspectorats du travail. La même remarque s'applique aux commissions du personnel. Le syndicat leur apporte alors une aide en fournissant des conseils et, si nécessaire, en agissant, car, tant aux États-Unis qu'en Suisse, les syndicats ont aussi la qualité pour porter plainte.

Essentiel : des CCT de qualité

Les dispositions légales sur la sécurité et la protection de la santé au travail sont correctement appliquées surtout là où des syndicats forts et indépendants ont pu négocier, aux plans de l'entreprise ou de la branche, de bonnes conventions collectives de travail (CCT). Cela, parce que ces dernières leur garantissent un accès aux informations ainsi qu'aux lieux de travail. Grâce à cela, ils découvrent rapidement les abus et peuvent en avertir les inspectorats du travail. En outre, les CCT contiennent souvent, en matière de protection de la santé, des dispositions qui vont plus loin que celles de la loi. Le résultat de cette étude n'étonne par conséquent pas : les travailleurs et travailleuses sont mieux protégés au travail contre les risques pour leur santé lorsqu'ils se trouvent dans des entreprises soumises à une CCT et où le partenariat social est institutionnalisé.

Le fait que ce rôle du partenariat social fonctionne vient tout récemment d'être reconnu pour la première fois dans la législation suisse concernée. De fait, avec le nouvel article 73 a de l'ordonnance 1 relative à la loi sur le travail, les travailleurs et travailleuses peuvent désormais renoncer à enregistrer leur temps de travail si les partenaires sociaux se mettent d'accord sur des mesures sanitaires contre les risques psychosociaux.

Responsable à l'USS

Luca Cirigliano

Secrétaire central

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