Pierre-Yves Maillard

Photo : © Manu Friederich pour l’USS

Vania Alleva

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Jacqueline Badran

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Dépot de signatures

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Dépot de signatures

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100 000 signatures pour les salaires minimums

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Pas touche aux salaires minimums
 

Plus de 100 000 signatures contre l’attaque sur les salaires

  • Salaires et CCT
Communiqués de presse

Référendum « Pas touche aux salaires minimums ! » déposé

Une alliance réunissant syndicats et partis politiques a déposé aujourd’hui à la Chancellerie fédérale plus de 100 000 signatures en faveur du référendum contre l’attaque sur les salaires. Cet été, le Parlement a décidé que les salaires minimums cantonaux et communaux ne devraient plus à l’avenir s’appliquer à l’ensemble des salarié-e-s. Les cantons seraient ainsi privés de compétences que leur confère la Constitution. De plus, le projet de loi permettrait de contourner des décisions prises en votation populaire aux niveaux cantonal et communal. Grâce à l’aboutissement du référendum, le peuple aura le dernier mot.

Le comité référendaire « Pas touche aux salaires », qui réunit les deux grandes organisations faîtières syndicales, l’USS et Travail.Suisse, ainsi que le PS et les Vert-e-s, a déposé aujourd’hui à Berne plus de 100 000 signatures en faveur du référendum contre la modification de la loi fédérale permettant d’étendre le champ d’application de la convention collective de travail (CCT).

Une attaque contre les salaires et l’égalité

Concrètement, l’attaque contre les salaires prévoit que les salaires minimums cantonaux et communaux ne s’appliquent plus aux salarié-e-s des branches couvertes par une convention collective de travail déclarée de force obligatoire, et ce même lorsque les cantons ou les communes en ont expressément décidé autrement. Cette mesure toucherait avant tout les salarié-e-s des branches à bas salaires, notamment dans l’hôtellerie-restauration et le nettoyage. Mais les personnes à bas salaire travaillant dans les salons de coiffure, la location de services, les boulangeries ou les boucheries seraient elles aussi affectées. Lors de la remise des signatures, Vania Alleva, présidente d’Unia, a dénoncé une autre conséquence de cette attaque : « Deux tiers des personnes qui bénéficient des salaires minimums sont des femmes. Porter atteinte aux salaires minimums, c’est aussi porter atteinte à l’égalité. »

Décisions populaires et fédéralisme bafoués

À Genève et à Neuchâtel, le peuple a approuvé des salaires minimums applicables à l’ensemble des salarié-e-s. Il en va de même dans les villes de Zurich et de Winterthour. À Lucerne, il y a moins de deux semaines encore, le corps électoral a confirmé le salaire minimum légal, sans dérogation pour les CCT. Même le parlement à majorité bourgeoise du canton du Tessin a adopté un salaire minimum sans exception pour les CCT. « La majorité du Parlement n’a pas digéré les décisions démocratiques prises dans les cantons et les communes. Cette loi piétine la démocratie directe et bafoue un principe confirmé à plusieurs reprises par le Tribunal fédéral : les salaires minimums sont des instruments de politique sociale dont disposent les cantons et les communes », insiste Jacqueline Badran, vice-présidente du PS Suisse.

Une garantie des droits acquis est certes prévue, puisque les salaires minimums déjà en vigueur ne seraient pas immédiatement abaissés. Mais à l’avenir, ceux-ci ne pourraient plus être adaptés au renchérissement de la vie. Et là où il n’existe pas encore de salaire minimum cantonal ou communal, il ne serait plus possible d’en introduire un pour les salarié-e-s soumis à une CCT.

Un salaire doit suffire pour vivre

Les salaires minimums ont fait leurs preuves. Là où ils ont été introduits, les salaires de misère sont moins nombreux, sans que le chômage augmente. Ils contribuent en outre à stabiliser l’ensemble des salaires. Pierre-Yves Maillard, président de l’USS, met en garde : « L’attaque contre les salaires minimums remet en cause un principe fondamental : un salaire doit permettre de vivre. C’est totalement inacceptable. » Avec la remise de plus de 100 000 signatures, l’aboutissement du référendum est assuré. Le peuple aura ainsi la possibilité de stopper cette attaque contre les salaires.

Responsable à l'USS

Daniel Lampart

Coresponsable du secrétariat et économiste en chef

031 377 01 16

daniel.lampart(at)sgb.ch
Daniel Lampart
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