Manif pour la protection des salaires

Photo: © Yoshiko Kusano

 

Plus de protection et un engagement syndical fort pour une Europe sociale

  • Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes
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Résolution de la 301er assemblée des délégueé-e-s de l'USS du 28 mai 2012

Depuis le début des négociations sur l’accord-cadre avec l’Union européenne (UE), les syndicats ont clairement défendu la position suivante : la protection des salaires doit être garantie («ligne rouge»).Ce principe devrait d’ailleurs aller de soi. Mais au fil des négociations, il est devenu de plus en plus évident que des représentant-e-s de l’UE, mais aussi les employeurs et des conseillers fédéraux PLR en Suisse voulaient affaiblir considérablement la protection des salaires. Dans ce contexte, il n’y avait pas d’autre issue que de mettre un terme aux négociations sur l’accord-cadre. Pour les travailleurs et travailleuses en Suisse, le prix à payer pour cet accord aurait été tout simplement trop élevé. L’accord aurait menacé la protection des salaires et le service public. Pour les syndicats, c’était inacceptable.

La protection des salarié-e-s doit être renforcée, et non affaiblie. Et ce renforcement doit avoir lieu en Suisse comme dans l’Union européenne. Une position que partagent d’ailleurs les homologues de l’USS dans les pays européens ainsi que la faîtière syndicale européenne CES. L’USS va – avec les syndicats européens – poursuivre son engagement pour qu’il y ait des progrès sur cette question. Il faut plus de conventions collectives de travail (CCT) avec une protection efficace des salaires. Il faut aussi des salaires minimaux édictés par l’État pour les branches et les professions sans CCT. Dans aucun pays européen, les contraintes ne sont aussi importantes qu’en Suisse pourqu’une CCT soit déclarée de force obligatoire («quorum des employeurs»). Certaines évolutions récentes sont préoccupantes, comme le développement du commerce en ligne international dominé par des entreprises à très bas salaires telles qu’Amazon et Zalando, eté troitement lié aux entreprises de logistique et à leurs chaînes de soustraitance. Le travail syndical transfrontalier doit se renforcer si l’on veut mettre le holà à ces voies royales de la précarisation.

Au cours des dernières semaines, les milieux patronaux suisses ont exigé un affaiblissement de la protection des salarié-e-s, prétextant la rupture des négociations sur l’accord-cadre (programmes dits de renforcement de la compétitivité). L’USS s’opposera fermement à de telles tentatives.

L’introduction de la libre circulation des personnes – avec les mesures d’accompagnement – a constitué un progrès social, car elle a accordé plus de droits aux travailleurs et travailleuses ayant un passeport européen. Mais de nouvelles améliorations sont nécessaires, surtout s’agissant du chômage, du droit au séjour, de l’accès à la sécurité sociale et du droit au regroupement familial pour les citoyen-ne-s de l’UE.

Les accords bilatéraux sont importants pour les salarié-e-s. Une escalade entre la Commission européenne et la Suisse n’est pas souhaitable. Même si les points de vue diffèrent concernant l’accord-cadre, les contrats existants doivent être respectés. La Suisse doit donc débloquer au plus vite le milliard de cohésion qui contribue à réduire l’écart de richesse en Europe et à renforcer les structures démocratiques. En face, l’UE s’est engagée dans les accords bilatéraux à la reconnaissance mutuelle de produits, à la coopération dans le domaine de la recherche, etc.

Responsable à l'USS

Daniel Lampart

Premier secrétaire et économiste en chef

031 377 01 16

daniel.lampart(at)sgb.ch
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