Pas touche aux salaires minimums !

  • Salaires et CCT
Communiqués de presse

Le Conseil national cherche à affaiblir les salaires minimums

Le Conseil national a décidé aujourd’hui de s’attaquer aux salaires minimums cantonaux et communaux. Son projet est d’affaiblir les salaires minimums et de priver ainsi de nombreux travailleurs et travailleuses de salaires permettant de vivre dignement de leur travail. Cela est inacceptable aux yeux de l’Union syndicale suisse (USS). L’assemblée des délégué-e-s de l’USS du 5 juin décidera des suites à y donner, si nécessaire jusqu’au lancement d’un référendum.

L’attaque décidée aujourd’hui par le Conseil national vise à ce que les salaires minimums cantonaux et communaux ne s’appliquent plus à tous les travailleurs et travailleuses – alors même que les cantons ou communes concernés ont expressément décidé le contraire. Le personnel soumis à une CCT déclarée de force obligatoire serait exclu de la protection des nouveaux salaires minimums. Les salaires minimums existants seraient affaiblis au passage. Cette décision touche en premier lieu la main-d’œuvre occupée dans des secteurs à bas salaires, comme l’hôtellerie-restauration et le nettoyage. Or bien des personnes perçoivent également un salaire de misère dans les salons de coiffure, dans la location de services, les boulangeries ou les boucheries.

Attaque contre des décisions démocratiques, contre la Constitution et le fédéralisme

La décision du Conseil national sape les décisions démocratiques prises dans les cantons et les communes. Dans les cantons de Genève et Neuchâtel, la population a voté en faveur de salaires minimums applicables à toute la main-d’œuvre couverte par une CCT. Il en va de même à Zurich et Winterthour, et au Tessin où le Parlement a adopté un salaire minimum sans dérogation liée aux CCT-DFO. Or le projet du Conseil national ne fait aucun cas de ces décisions. Là où des salaires minimums sont déjà en place, comme à Genève et Neuchâtel ou en ville de Lucerne, ils ne seront plus adaptés au renchérissement. Partout ailleurs, les personnes soumises à une CCT n’en verront jamais la couleur.

Cette décision est contraire à la Constitution et porte atteinte au fédéralisme. Car la politique sociale relève de la compétence des cantons et des communes. Ce sont eux qui supportent les coûts de l’aide sociale. Or, à l’avenir, il ne leur serait plus possible d’adopter des instruments efficaces pour réduire la pauvreté au travail. En bref : Berne dicte, les cantons passent à la caisse.

L’assemblée des délégué-e-s décidera ce vendredi des suites à donner

Quiconque travaille en Suisse doit pouvoir vivre décemment de son salaire. Les salaires minimums y contribuent directement. Partout où ils ont été introduits, on compte moins de personnes touchant des salaires de misère, sans que le taux de chômage ait augmenté. Une telle attaque contre les salaires ne restera pas sans réponse. Son assemblée des délégué-e-s de vendredi 5 juin 2026 (dès 09 h 30, secrétariat central d’Unia, Weltpoststrasse 20, Berne) décidera des suites à y donner.

Responsable à l'USS

David Gallusser

Secrétaire central

031 377 01 18

david.gallusser(at)sgb.ch
David Gallusser
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