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Le Conseil fédéral ignore le coût des absences à la charge des salarié-e-s

  • Protection de la santé et sécurité au travail
Communiqués de presse

Rapport du Conseil fédéral sur les absences et les arrêts maladie au travail en réponse à un postulat

Le rapport du Conseil fédéral publié aujourd’hui met clairement en évidence le fait que les absences pour raisons de santé ont fortement augmenté et occasionnent des coûts de plusieurs milliards. Mais si le Conseil fédéral évalue les charges supportées par les entreprises, il passe sous silence celles qui incombent aux salarié-e-s. En 2022, elles représentaient pourtant en moyenne 1'100 francs par salarié-e. L’Union syndicale suisse (USS) exige que des mesures soient prises : au lieu de continuer à affaiblir la protection des travailleur-euse-s, il faut lutter plus efficacement contre les conditions de travail néfastes pour la santé.

En 2024, les absences pour raisons de santé ont atteint 407 millions d’heures, en hausse de plus d’un tiers par rapport à 2010. Le Conseil fédéral estime à 12,7 milliards de francs le coût des congés maladie payés en 2022, dont environ 62 % ont été assumés par les entreprises. Le rapport reste en revanche muet sur les coûts, pourtant considérables, supportés par les travailleuses et travailleurs. En 2022, ceux-ci sont estimés à 4,2 milliards de francs. Une grande partie de cette somme est financée par les salarié-e-s eux-mêmes au travers des primes d’assurance. À cela s’ajoutent des pertes de salaire individuelles. Ces charges financières viennent encore alourdir les conséquences de la maladie et des accidents sur la santé.

Le rapport souligne en outre les domaines dans lesquels il faut agir. Les contraintes physiques et les facteurs psychosociaux, comme le stress, sont associés à des taux d’absence plus élevés. L’absentéisme est particulièrement marqué dans les professions éprouvantes sur le plan physique. Pour enrayer cette évolution, il faut donc en priorité renforcer la protection de la santé au travail.

L’USS appelle les entreprises à assumer davantage leurs responsabilités. Elles doivent garantir des effectifs suffisants, prévoir des plans de service fiables, assurer le respect strict des durées de travail et de repos, ainsi que mettre en œuvre des mesures efficaces contre la pression excessive liée au temps et à la performance. Les risques psychosociaux et organisationnels pour la santé doivent être recensés systématiquement et combattus en collaboration avec les salarié-e-s.

L’État doit agir lui aussi. L’USS demande un renforcement significatif des mesures d’application et de prévention. Parallèlement, les attaques contre la protection des salarié-e-s doivent cesser. On ne peut pas, d’un côté, déplorer la hausse de l’absentéisme et, de l’autre, étendre le travail le dimanche et autoriser des journées de travail pouvant aller jusqu’à 17 heures.

Responsable à l'USS

Gabriela Medici

Co-direction du secrétariat

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Gabriela Medici
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