Grâce au faible renchérissement (+0,2 %), les salaires réels des travailleuses et travailleurs ont progressé de 1,6 % en 2025 par rapport à l’année précédente. C’est ce que révèle l’indice des salaires de l’OFS. L’USS se réjouit de la progression particulièrement marquée de la rémunération des femmes. L’évolution moyenne positive des salaires masque toutefois d’importants écarts entre les branches. Dans le secteur de la santé et de l’action sociale, les salaires réels n’ont par exemple augmenté que de 0,2 %.
Malgré la hausse enregistrée l’an dernier, un retard salarial considérable subsiste. Ainsi, les salaires réels ne dépassent que de justesse (+0,7 %) leur niveau de 2016. Or, ils devraient évoluer au même rythme que la productivité du travail, laquelle a progressé nettement plus vite depuis 2016, gagnant plus de 12 %.
Les écarts entre branches restent significatifs. Dans l’hôtellerie-restauration, les salaires ont certes gagné 1,5 %. Mais au vu du retard accumulé, c’est encore insuffisant. Les salaires réels demeurent en effet 2,6 % en dessous de leur niveau de 2016. La plus mauvaise évolution s’observe dans le secteur de la santé et de l’action sociale, où les salaires réels n’ont progressé que de 0,2 %.
C’est un nouvel avertissement clair adressé au monde politique : face à la pénurie actuelle, appelée à s’accentuer, de personnel qualifié dans ce secteur, il est urgent d’améliorer les salaires et les conditions de travail.
Pour l’année en cours, les signaux sont préoccupants. L’accélération du renchérissement et les augmentations salariales modestes font craindre une stagnation des salaires réels pour 2026.

