Des hausses générales pour combattre les bas salaires et les écarts salariaux

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Communiqués de presse

Enquête sur la structure des salaires 2020

Malgré quelques aspects positifs, notamment la réduction du déficit salarial des femmes, les résultats publiés aujourd’hui de l’Enquête sur la structure des salaires 2020 sont préoccupants : l’écart entre hauts et bas salaires s’est à nouveau creusé et les emplois mal rémunérés se multiplient. Avec un renchérissement de plus de 2 %, des hausses générales de salaires sont désormais indispensables pour maintenir le pouvoir d’achat. Ce n’est qu’ainsi que les personnes à bas salaires pourront de nouveau voir un peu de lumière au bout du tunnel.

Depuis la crise financière de 2008, les crises économiques se sont succédées à un rythme inquiétant : envol du franc en 2010, suppression du taux plancher en 2015, crise du Covid en 2020. Et aujourd’hui, nous avons une guerre au cœur de l’Europe. Dans un tel contexte, il est plutôt positif d’avoir pu négocier des augmentations des salaires réels. Mais d’autres constats restent préoccupants : après l’abandon du taux plancher, les écarts de salaire se sont à nouveau creusés depuis 2016. Les hauts salaires ont bondi de 4 % en valeur réelle, alors que les bas salaires n’ont affiché qu’une maigre hausse de 0,5 % en valeur réelle. De plus, le nombre d’emplois à bas salaire est reparti à la hausse.

Par ailleurs, les efforts déployés en faveur de l’égalité salariale entre femmes et hommes portent leurs fruits : chez les femmes sans fonction de cadre, souvent bien organisées syndicalement, le retard salarial a diminué de près de la moitié (salaires médians). Les femmes restent toutefois surreprésentées dans les emplois à bas salaires.

L’enquête de 2020 donne aussi une idée plus précise des répercussions de la crise du coronavirus sur les salaires. Sans surprise, les salaires réels ont chuté entre 2018 et 2020 dans le secteur de la culture, des divertissements et des loisirs (-3,3 %). Il est regrettable également que la hausse des salaires réels n’ait été que de 0,2 % au cours de cette période.

En 2022, le contexte de la politique salariale s’annonce sous un jour très différent. Pour la première fois depuis longtemps, le renchérissement dépasse les 2 %. Des hausses générales de salaire sont donc à nouveau la priorité pour les prochaines négociations, sans quoi on va vers une forte baisse du pouvoir d’achat. L’accent sur les augmentations générales profitera notamment au personnel de longue date et aux personnes ayant des salaires plutôt bas, surtout si les hausses consistent en montants fixes.

Responsable à l'USS

Daniel Lampart

Premier secrétaire et économiste en chef

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Daniel Lampart
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