La Commission de l’économie et des redevances du Conseil national (CER-N) veut faire passer de quatre à douze par année le nombre d’ouvertures dominicales des commerces non soumises à autorisation. Elle poursuit ainsi un projet que le Conseil des États a pourtant clairement rejeté il y a seulement dix jours. Pour l’Union syndicale suisse (USS), l’extension du travail dominical va dans la mauvaise direction. Elle appelle le Conseil national à renoncer définitivement à ce projet.
Douze ouvertures dominicales des commerces par année reviendraient de fait à instaurer un dimanche d’ouverture par mois. Les salarié-e-s du commerce de détail en feraient les frais, puisqu’ils devraient travailler encore plus souvent le dimanche. Le personnel de vente est pourtant déjà soumis à une forte pression. Pénurie de personnel, horaires irréguliers et planification des interventions à très court terme rythment son quotidien. Au lieu d’améliorer les conditions de travail, la CER-N entend encore étendre cette prétendue flexibilisation, au détriment des salarié-e-s.
Par ailleurs, rien ne semble justifier des ouvertures dominicales supplémentaires. Aujourd’hui déjà, les cantons peuvent en autoriser jusqu’à quatre par année. Or nombre d’entre eux n’exploitent pas pleinement cette possibilité. La revendication de douze ouvertures dominicales n’est donc justifiée ni sur le plan économique ni sur le plan social.
Le fait que les questions centrales relatives à la protection des salarié-e-s restent sans réponse est particulièrement problématique. On ne sait toujours pas comment protéger la santé du personnel, ni garantir des temps de repos suffisants.
Le Conseil des États a récemment rejeté ce projet d’extension des ouvertures dominicales. Le Conseil national devrait suivre cette décision. Au lieu d’accentuer encore la pression sur le personnel de vente, il faut améliorer les conditions de travail et assurer une protection effective du repos dominical. L’USS appelle le Conseil national à rejeter définitivement l’extension du travail dominical.

