Nous n’avons pas de planète « de rechange »

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Écrit par Ewald Ackermann

L’USS soutient « Économie verte ».

L’Union syndicale suisse (USS) appelle à dire OUI à l’initiative « Économie verte » (« Pour une économie durable et fondée sur une gestion efficiente des ressources »). Cela, parce que l’USS veut effectivement une telle économie. Une nécessité.

Les temps où l’on avait pour habitude de penser que les syndicats ne disaient oui que si des emplois étaient concernés, c’est du passé. Il y a vieux que l’écologie ne leur est plus quelque chose d’étranger ou d’hostile. Depuis des décennies déjà. Il y a plus de 30 ans que la FOBB – devenue ensuite le SIB, puis Unia –, le syndicat des travailleurs et travailleuses du bois et de la construction, a présenté une nouvelle approche pour un programme qui n’opposait pas développement de l’activité économique, donc les emplois, à la nature et à sa préservation. Par la suite, cette approche, mûrement réfléchie du point de vue écologique, s’est imposée dans la politique syndicale en matière d’énergies et de transports. Vu sous cet angle, le OUI à « Économie verte » représente tout simplement une attitude conséquente.

Durabilité et gestion efficiente des ressources

Cette initiative populaire veut donc une économie qui soit « durable et fondée sur une gestion efficiente des ressources ». Elle entend encourager la « fermeture des cycles de vie des matériaux ». La Confédération devra fixer des buts en conséquence ainsi que proposer des mesures lorsque ces objectifs ne sont pas atteints. Elle pourra en particulier encourager la recherche et l’innovation de même qu’édicter des prescriptions applicables aux processus de production, aux produits et aux déchets. Enfin, elle pourra également piloter tout cela du point de vue financier, par exemple en mettant en place des incitations fiscales positives et en prélevant sur la consommation des ressources naturelles une taxe d’incitation à affectation liée.

Les formulations de l’initiative sont très ouvertes et répondent au principe de subsidiarité, la Confédération n’intervenant qu’en dernier ressort. De fait, une grande liberté sera laissée aux acteurs de l’économie pour atteindre de manière autonome les objectifs fixés, l’État n’intervenant que s’ils ne sont pas en mesure de développer leurs activités en gérant correctement les ressources. C’est là exactement l’inverse d’une attitude dirigiste ou d’une « économie planifiée ». Or c’est précisément ce que les adversaires de l’initiative reprochent à cette dernière… Mais on a l’habitude de voir des nouveaux responsables de campagne recourir aux vieilles ficelles des snipers de l’argumentation… pour se retrouver parfois le bec dans l’eau.

C’est maintenant que les glaciers fondent !

Donc, le 25 septembre prochain, il s’agira de poser, avec « Économie verte » les jalons d’une économie durable et fondée sur la gestion efficiente des ressources. Cette direction est la bonne. Il est nécessaire que nous la prenions. C’est maintenant que les glaciers fondent, que le climat se modifie. Par conséquent, le processus qui doit nous mener à plus de durabilité doit être lancé maintenant aussi, avec plus de détermination encore. Nous ne pouvons en effet plus faire comme si nous avions une planète de rechange pour remplacer l’actuel.

Responsable à l'USS

Dore Heim

Secrétaire centrale

031 377 01 21

dore.heim(at)sgb.ch
Dore Heim
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