Le Conseil fédéral confirme aujourd’hui l’ensemble du train de mesures visant à garantir la protection des salaires. Si le Parlement confirme ce compromis sans modification, l’USS pourra soutenir le paquet européen sur le fond. Elle rejette en revanche l’accord sur l’électricité et l’ouverture complète du marché de l’électricité qui en découle.
L’USS soutient le paquet européen pour autant que les salaires et le service public soient garantis. Au cœur de l’Europe, la Suisse a besoin de relations solides et dûment encadrées avec l’UE, précisément en cette période de bouleversements géopolitiques et d’incertitude croissante en matière de commerce mondial. En outre, la libre circulation des personnes assortie de mesures d’accompagnement efficaces constitue une avancée pour les travailleuses et les travailleurs de notre pays. Il est dès lors essentiel que les quatorze mesures de protection des salaires prévues dans le paquet soient mises en œuvre intégralement. Elles constituent la condition pour que le paquet européen serve les intérêts des travailleuses et travailleurs.
L’USS rejette en revanche l’accord prévu sur l’électricité. Celui-ci affaiblirait un service public de l’électricité qui a fait ses preuves, et mettrait en péril l’approvisionnement de base, pourtant fiable. Avec la guerre en Ukraine, on a récemment mesuré ce que de tels changements pouvaient impliquer. Les prix ont explosé sur les marchés libéralisés. Dans un contexte de forte volatilité des prix de l’énergie au niveau mondial, la stabilité tarifaire et le contrôle public des marges sont plus importants que jamais. L’accord et l’ouverture complète du marché de l’électricité en Suisse compromettent un approvisionnement électrique stable, abordable et écologique. L’approvisionnement énergétique doit rester une tâche publique.
Indépendamment des Bilatérales III, il est essentiel pour l’USS de préserver les accords bilatéraux sur le fond. La priorité est donc aussi de faire barrage à l’initiative du chaos de l’UDC le 14 juin prochain. Un oui à cette initiative entraînerait la résiliation des Bilatérales I et II et isolerait la Suisse de ses partenaires européens. Une telle rupture serait préjudiciable à la Suisse dans son ensemble et en particulier aux travailleuses et travailleurs.

