Le temps est venu de sortir du nucléaire

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Écrit par Dore Heim

L'USS est depuis 30 ans pour l'abandon de l'énergie atomique.

Le prix de l‘électricité prendrait l’ascenseur, l’approvisionnement en électricité ne serait plus assuré et les retombées négatives sur le climat augmenteraient. C’est avec ces affirmations que les groupes énergétiques combattent l’initiative pour sortir du nucléaire. Le problème est qu’elles ne sont pas justes.

Les grands groupes fournisseurs d’énergie montrent de manière aussi crue qu’alarmante que c’est bien le business qui leur importe avant tout, mais pas la sécurité. Ils se plaignent d’ailleurs des exigences de sécurité de l’autorité de surveillance, l’IFSN et réclament déjà des milliards d’indemnités. Ils se sont ainsi aliéné les dernières sympathies. Leur ligne pour combattre l’initiative se résume essentiellement à brandir l’épouvantail de l’augmentation des prix du courant, du manque de sécurité de l’approvisionnement et de l’impact sur le climat qu’aurait l’importation d’électricité provenant de centrales à charbon. Des chiffres rocambolesques sont avancés, pour être immédiatement démentis.

Les prix de l’électricité ne vont pas monter en flèche, même avec un OUI

Le fait est qu’il n’y a encore jamais eu de moment plus opportun qu’aujourd’hui pour sortir du nucléaire: les prix de l’électricité resteront bas si l’initiative est acceptée parce qu’il y a une surproduction d’électricité sur le plan européen, situation qui ne changerait que si l’économie reprenait rapidement et si les certificats d’émission de CO2 devenaient radicalement plus chers. Malheureusement, aucune des deux solutions n’est en vue. Et les prix de l’électricité suisse sont déterminés par les prix européens.  

L’approvisionnement est aussi stable, même avec un OUI

Le deuxième argument n’est pas non plus correct : l’approvisionnement en Suisse est stable à un niveau élevé parce que la Suisse dispose du réseau électrique le plus dense d’Europe. Aujourd’hui déjà, une énorme quantité d’électricité entre et sort de Suisse. L’approvisionnement ne sera jamais mis en danger par le débranchement des centrales nucléaires.

Bilan climatique: quand on veut…

Le bilan CO2 de la production d’énergie en Suisse ainsi qu’à l’étranger est bon. Il est meilleur que le bilan européen étant donné qu’en Suisse, l’électricité est produite à 60% par la force hydraulique et à l’étranger, les entreprises électriques suisses apportent une contribution à grande échelle à des installations éoliennes dans le Nord de l’Allemagne. Mais ce courant n’aboutit pas physiquement en Suisse. Toutefois, le bilan climatique peut rester bon si les alternatives sont exploitées : plus de couplage chaleur-force, l’interdiction des chauffages électriques, l’exportation réduite de l’énergie hydraulique propre et naturellement, plus de dynamique dans les projets d’énergie renouvelable dans le pays. Quand on veut, on peut! Cette position n’est absolument pas utopique, mais pragmatique. Si quelqu’un est contre la sortie du nucléaire pour des raisons de protection de l’environnement, il ignore non seulement le risque que représente un accident, mais aussi le problème non résolu sur le plan mondial, et qui s’aggrave toujours plus, du stockage des déchets.

USS: depuis 30 ans pour la sortie du nucléaire

Si l’initiative pour sortir du nucléaire gagnait dans les urnes le 27 novembre, les syndicats de l’USS pourraient célébrer un anniversaire rond. En effet, il y a presqu’exactement 30 ans, le Congrès de l’USS de 1986 avait décidé de soutenir la sortie du nucléaire. L’accident de Tschernobyl avait provoqué cette prise de position unanime. Les syndicats s’étaient alors positionnés à la tête d’un mouvement avec d’autres forces progressistes. Ils sont restés inébranlables, bien que presque tous les membres qui travaillaient pour des entreprises électriques aient quitté les syndicats pour cette raison.

Responsable à l'USS

Dore Heim

Secrétaire centrale

031 377 01 21

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