La Confédération doit débloquer les investissements

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Écrit par Rolf Zimmermann

Le Conseil fédéral et la majorité du Parlement ont reconnu que l’infrastructure ferroviaire avait besoin de plus d’argent ; et cela, rapidement. Le problème est qu’ils sont trop peu déterminés à en tirer les conséquences.

Les transports ferroviaires suisses sont exemplaires : un réseau très dense, des liaisons rapides, de bons raccordements, des services ponctuels, un personnel compétent et très motivé. En comparaison internationale, la Suisse est régulièrement l’objet de titres élogieux dans la presse, et pas seulement pour le Gothard. Cela ne doit pas changer. Si tout le monde est d’accord là-dessus, rien n’est moins sûr. Un audit des CFF réalisé au printemps dernier a fait apparaître de graves lacunes en matière d’entretien, des lacunes qui, s’il n’y est pas rapidement remédié, pourraient transformer le miracle du rail suisse en chaos à l’anglaise. Le Conseil fédéral et la commission parlementaire ont désormais réagi, mais de manière bien trop pusillanime et inconséquente.

Le Conseil national traitera du cadre financier de l’infrastructure ferroviaire durant la session en cours. Le gouvernement a déjà proposé 419 millions de plus que prévu dans les plans financiers. Le Conseil des États a ajouté 59 millions pour les chemins de fer privés et la commission du Conseil national veut 140 millions de plus pour les deux années à venir. Ainsi, le gouvernement et la majorité parlementaire ont reconnu, contre la minorité UDC et radicale-libérale favorable aux économies, que l’infrastructure ferroviaire avait rapidement besoin de plus d’argent. Mais ces 600 millions environ ne suffiront pas. L’audit du réseau des CFF parle d’un besoin supplémentaire de 2,25 milliards de francs jusqu’en 2012 et l’Office fédéral des transports, se fondant sur une contre-expertise, articule au moins la moitié de cette somme. S’y ajoute que le Conseil fédéral veut prélever cet argent sur le fonds FTP destiné au financement des grands projets ferroviaires, c’est-à-dire financer l’entretien du réseau sur le dos du développement du rail. Cela signifie que le retard accumulé dans l’entretien ne se résorbera que dans une faible mesure et que, cette fois, on risque de prendre du retard en matière d’investissements de développement. Or, c’est une double erreur. Nous devrions au contraire rapidement agir.

Avec le Syndicat du personnel des transports, le SEV, l’Union syndicale suisse (USS) a mis au point une proposition pour un financement à long terme de l’infrastructure ferroviaire, à savoir : le Conseil fédéral doit penser simultanément à l’entretien et au développement, pour s’attaquer sans tarder à redéfinir le fonds FTP. À court terme, il doit se procurer de l’argent à des conditions avantageuses en procédant à un emprunt en faveur du rail. Nous voulons que le miracle du rail suisse se poursuive. Les décisions courageuses prises par le passé montrent qu’il y a des majorités pour que cela soit possible.

Responsable à l'USS

Dore Heim

Secrétaire centrale

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Dore Heim
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