Garantir à long terme le trafic ferroviaire en Suisse, c’est dire OUI au FAIF

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Écrit par Dore Heim, secrétaire dirigeante de l’USS/fq

Votation fédérale du 9 février 2014

L’Union syndicale suisse (USS) soutient le règlement du « Financement et de l’aménagement de l’infrastructure ferroviaire » (FAIF) sur lequel nous voterons le 9 février prochain. Il s’agit là du contre-projet direct à l’initiative populaire « Pour les transports publics » de l’ATE et du Syndicat du personnel des transports (SEV) que ces derniers ont retiré en faveur d’un FAIF convaincant. L’USS estime que ce projet représente en effet un jalon important pour les transports publics de ce pays. Il représente une occasion historiquement unique qui ne devrait pas se représenter de sitôt.

Le Fonds d’infrastructure ferroviaire (FIF), qui est l’élément central du FAIF, garantira à longue échéance le financement de l’entretien et de l’aménagement du trafic sur rail. Ainsi, ce dernier restera concurrentiel et le personnel concerné, de même que la qualité de l’infrastructure, sera protégé contre tout démantèlement. De plus, seul le FAIF permettra à long terme de développer les capacités et les cadences du trafic régional. De fait, l’actuel financement et l’actuel fonds destiné au financement des projets d’infrastructure des transports publics (FTP) – limité dans le temps et fortement endetté – ne seraient pas en mesure de garantir sur la durée l’entretien et l’aménagement durable de l’infrastructure ferroviaire, ni de soutenir un tant soit peu le rythme prévu de la demande.

Un mode de financement socialement acceptable

Avec le FAIF, des recettes provenant de la redevance poids lourds liée aux prestations (RPLP), de l’impôt sur les huiles minérales et de la TVA alimenteront aussi le nouveau FIF. S’y ajouteront des contributions de la Confédération et des cantons, ainsi qu’un pour mille supplémentaire, mais temporaire, de TVA. Les usagers et usagères seront aussi mis à contribution à travers la limitation de la déduction fiscale autorisée pour les pendulaires. L’USS juge ce mode de financement socialement acceptable. Si cela ne met pas pour autant fin au débat sur la tarification de la mobilité (« mobility pricing »), cette question perdrait en intensité et en urgence, ce qui ne pourrait que profiter à la recherche de solutions socialement équitables.

Maintenir la qualité de vie

Grâce à un réseau ferroviaire bien aménagé et bien entretenu, une mobilité en douceur est possible dans notre pays, aussi pour les décennies à venir. Le trafic voyageurs et marchandises sur rail va continuer à augmenter, mais moins que le trafic routier si l’on ne donne pas un coup de barre aujourd’hui avec le FAIF. Ces dix dernières années, la mobilité professionnelle a fait un bond et elle ne va pour l’heure pas diminuer. Les travailleurs et travailleuses ont besoin de transports publics performants, ils ne peuvent pas échapper aux heures de pointe. Grâce au FAIF, on investira dans les transports publics et la mise en réseau régionale restera garantie. C’est là un facteur essentiel de la qualité de vie en Suisse. Toutes les générations en profiteront.

Et avec le FAIF, le trafic marchandises sur rail se voit offrir une vraie chance, car le réseau ferroviaire pourra transporter plus de marchandises à l’avenir et des capacités fixes seront attribuées à ce trafic. C’est urgent, d’un point de vue écologique et dans l’intérêt des travailleurs et travailleuses. L’augmentation prévue du trafic marchandises débouchera à moyen terme sur une situation inextricable sur les routes et les conditions de travail des chauffeur(e)s de camion seront toujours plus dangereuses.

Responsable à l'USS

Dore Heim

Secrétaire centrale

031 377 01 21

dore.heim(at)sgb.ch
Dore Heim
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