Foire d’empoigne irresponsable autour de la SSR

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Écrit par Dore Heim

Session parlementaire de printemps : aperçu

Les ennemis de la SSR pourront à nouveau sortir leurs grands couteaux pendant cette session. C’est avec soulagement que nous accueillons la décision de la commission compétente du Conseil des Etats sur l’initiative « No Billag » : rejet unanime.

Les affrontements sur la SSR ont commencé bien avant le lancement de l’initiative « No Billag ». De nouvelles interventions dont le but est de tailler dans la SSR sortent constamment de la Commission des transports et des télécommunications (CTT). Au bénéfice des privés qui, prétendument, ne peuvent pas prospérer à l’ombre de la surpuissante SSR. Privés auxquels on devrait maintenant attribuer un plus gros morceau du gâteau publicitaire ou une plus large part de la redevance. Ou qui pourraient reprendre toutes les émissions de la SSR. Certains aimeraient bien limiter la SSR aux émissions d’actualité ou carrément tirer la prise de certaines de ses radios. Et le Parlement se prononcerait sur les concessions. La mission de la SSR serait alors probablement réduite à ce que les autres médias ne veulent pas faire ou à ce qui arrange le Parlement. Exagéré que tout cela ? Forçons-nous le trait ? Dramatisons-nous inutilement ?

Ne saignons pas à blanc la SSR

Pas du tout. Puisque quelques parlementaires veulent aller jusqu’au bout pendant cette législature. L’initiative « No Billag » est à cet égard très utile si elle pouvait offrir l’occasion d’élaborer un contre-projet. Qui ressemblerait aux interventions issues de la CTT-N. Interventions qui permettraient déjà de tester les rapports de force et que nous devons clairement faire échouer.

Une chose est claire: seul le modèle de financement actuel de la SSR garantit une couverture dans tout le pays, seul un programme complet assure la fidélité du public, seule l’indépendance politique est un gage de qualité. Le plus important défi reste principalement de conserver le public, surtout le plus jeune public. Cela ne sera pas possible si l’offre Internet n’est pas développée. Car tout se joue du côté des médias sociaux et des grandes entreprises de télécommunication.

Garantir la qualité d’une information indépendante

Il ne faut pas moins de SSR à l’avenir, mais très clairement plus de service public dans tous les médias. Il faut en parler. Il n’y a pas vraiment d’alternative à la SSR, en tant qu’émetteur public. Et, comme on peut le constater en ce moment régulièrement à chaque fois qu’une rédaction de journal coupe dans ses effectifs ou carrément disparaît, comme cela vient de se produire avec le Temps et l’Hebdo, il y a de moins en moins d’alternative. Le journalisme de qualité coûte et est irremplaçable. C’est de cela qu’il faut parler. Le temps manque aux médias locaux. La foire d’empoigne autour de la SSR est irresponsable.

Responsable à l'USS

Dore Heim

Secrétaire centrale

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Dore Heim
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