Crise du logement: la responsabilité est politique, pas migratoire

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Écrit par Reto Wyss

En Suisse, le logement d’utilité publique, c’est-à-dire à but non lucratif, s’appuie sur une longue tradition, notamment syndicale. Pourtant, la proportion de ce type d’habitat y reste marginale : moins de 4 % des logements appartiennent à des maîtres d’ouvrage d’utilité publique. Face à la flambée des loyers et à la tension sur le marché locatif (voir graphique ci-dessous), il faut relancer d’urgence la construction de logements d’utilité publique. Alors que des instruments existent, la politique du logement est pourtant au point mort depuis des années, au niveau fédéral comme dans la plupart des cantons. Cette paralysie fait surtout le jeu des auteurs de l’initiative dite « du chaos ». Partout, ils prétendent que l’immigration serait responsable de la pénurie de logements. C’est faux. Sous l’influence du lobby immobilier, ce sont les choix politiques de ces milieux, et d’autres, qui bloquent méthodiquement toute avancée en matière de logement.

La Constitution oblige la Confédération à encourager la construction de logements d’utilité publique. Une loi existe depuis près de 25 ans, mais elle n’a été appliquée jusqu’ici que de manière très limitée. Il existe néanmoins deux instruments d’encouragement indirect. Par leur intermédiaire, la Confédération accorde des prêts à des conditions avantageuses ou se porte garante de capitaux à bas taux d’intérêt. Cela réduit les coûts de construction et, en fin de compte, les coûts du logement. Le problème, c’est que ces deux dispositifs sont à bout de souffle, littéralement pris d’assaut. Le rapport annuel le reconnaît noir sur blanc : [Nous enregistrons] « une demande exceptionnellement élevée de financements. [...] Il n’est donc malheureusement pas possible de satisfaire toutes les demandes de financement ».

Il faut remédier au plus vite à cette sous-dotation en augmentant massivement le volume d’attribution de ces deux enveloppes. Au niveau fédéral, il n’existe pas de levier plus simple et plus rapide pour donner un véritable coup d’accélérateur au logement d’utilité publique. Une telle mesure ne coûterait rien aux contribuables. Au contraire, la Confédération y gagnerait même, simplement moins que ce que les banques empochent aujourd’hui grâce à des taux d’intérêt bien trop élevés.

Responsable à l'USS

Reto Wyss

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