Une nette majorité du peuple veut une AI renforcée

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Écrit par Rolf Zimmermann

Le oui clair et net de la majorité du peuple suisse au financement additionnel de l’assurance-invalidité (AI) est un signal clair contre tout démantèlement social. La majorité des votant(e)s s’est également montrée prête à payer plus d’impôt pour l’AI. En soi, qu’une majorité accepte une augmentation d’impôt est chose remarquable. Mais, au vu de la campagne tonitruante de l’UDC en faveur du non, c’est d’autant plus impressionnant. Finalement, une confortable majorité de citoyen(ne)s ne s’est pas laissée induire en erreur par la campagne mené à coups de millions de francs par les milliardaires de l’UDC. Ni la présence majoritaire durant deux mois des affiches pour le non, ni le recours à une argumentation démagogique et odieuse, dirigée contre de soi-disant abus n’ont été en fin de compte déterminants ici. Ce qui l’a au contraire été, c’est la responsabilité prise par le peuple de rendre l’AI à nouveau solide, après des années pendant lesquelles une majorité irresponsable de parlementaires de droite n’a cessé de l’affamer.

Étant donné la petite majorité de cantons favorables au oui, on entend un peu partout, du moins en Suisse alémanique, des appels à des économies encore plus drastiques dans l’AI. Mais le résultat sorti des urnes ne permet pas d’en arriver à de cette déduction. Au contraire en effet, la nette majorité du peuple s’est prononcée pour une AI solide et performante, même au prix d’une hausse de la TVA. En Suisse romande et dans les villes, les majorités pour le oui sont même très marquées. La conclusion à en tirer est claire : précisément en période de crise, les assurances sociales sont vitales pour les personnes qui en ont besoin et pour l’ensemble de l’économie. Sans elles, le pouvoir d’achat des gens et, donc, la consommation globale s’effondreraient au point que nous devrions faire face une dépression. C’est pourquoi les apôtres du démantèlement social n’ont pas à interpréter ce scrutin de façon aussi « déséquilibrée » que l’a été la répartition des moyens financiers investis dans cette campagne. Un projet de démantèlement de l’AI n’aurait pas eu la moindre chance ce 27 septembre. Il s’agit ainsi d’aborder avec prudence la 6e révision de l’AI. Les syndicats ne refuseront pas les bonnes solutions, mais rejetteront, comme faux et inacceptable, tout démantèlement de cette assurance. 

Responsable à l'USS

Gabriela Medici

Secrétaire centrale

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Gabriela Medici
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