consultation médicale

Photo : © Cameravit / istockphoto.com

 

Un cadeau incompréhensible aux hôpitaux privés et au lobby des assurances

  • Santé
Communiqués de presse

Financement uniforme ambulatoire/stationnaire (EFAS)


La révision « EFAS » de la LAMal – en suspens depuis des années – renforce considérablement les intérêts lucratifs dans le domaine de la santé. Les décisions que vient de prendre la commission de la santé du Conseil national sur cette réforme va exactement dans le même sens.

Depuis des années, les organisations faîtières des caisses-maladie se plaignent des incitations erronées et coûteuses dans le domaine de la santé. Elles omettent toutefois de dire qu’elles font elles-mêmes partie des plus grands bénéficiaires de nombreuses incitations erronées. En effet, celles-ci leur permettent de réaliser d’importants bénéfices dans leurs assurances complémentaires – là aussi aux dépens des payeuses et payeurs de primes. Mais comme ce modèle économique est menacé par la politique de transfert de la Confédération (moins de traitements stationnaires et donc moins de contrats d’assurance (semi-)privés), le lobby fait pression depuis des années pour le « financement uniforme ambulatoire/stationnaire » (EFAS). La commission de la santé du Conseil national a examiné EFAS lors d’un nouveau tour de table et a de nouveau cédé à cette pression.

Contre toute attente, la commission maintient sa décision de privilégier massivement, avec EFAS, les hôpitaux privés conventionnés. Bien qu’il s’agisse d’hôpitaux qui n’ont explicitement pas été inscrits sur la liste des hôpitaux par les cantons, 75 % des frais de traitement pourront désormais y être pris en charge par l’assurance de base au lieu de 45 % auparavant. Ce n’est rien d’autre qu’un cadeau de plusieurs milliards aux hôpitaux privés et au lobby des assurances, et cela, entièrement aux dépens des assuré-e-s !

La décision d’intégrer les soins de longue durée dans la réforme coûterait également cher aux payeuses et payeurs de primes. En effet, ils devraient à l’avenir participer de façon évolutive à la forte augmentation des coûts dans ce domaine (aujourd’hui, cette participation est plafonnée par la loi). Ceci n’est tout simplement pas acceptable et constitue une nouvelle gifle pour les ménages à revenus faibles et moyens, qui croulent déjà chroniquement sous les charges beaucoup trop élevées des primes-maladie. Lors de la deuxième lecture prévue pour cet objet, la commission devra donc revoir sérieusement sa copie.

Responsable à l'USS

Reto Wyss

Secrétaire central

031 377 01 11

reto.wyss(at)sgb.ch
Reto Wyss
Top