Les salarié-e-s affiliés à une caisse de pensions peu performante perçoivent moins d’intérêts sur leur avoir de vieillesse, et obtiennent des rentes d’autant plus faibles. Le manque à gagner peut atteindre, voire dépasser 1000 francs par an. L’Union syndicale suisse (USS) se félicite donc de la recommandation de la Commission LPP visant à relever le taux d’intérêt minimal à 1,75 %. Or même ainsi, le besoin de rattrapage reste bien réel, alors que les caisses nagent dans l’argent. L’USS réitère par conséquent sa revendication d’un taux d’intérêt minimal de 3 %.
Le taux d’intérêt minimal poursuit deux objectifs. D’une part, il vise à garantir que chacune et chacun puisse vivre décemment de ses rentes AVS et du 2e pilier, comme l’exige d’ailleurs la Constitution fédérale. Or ces dernières années, le taux d’intérêt minimal est resté inférieur à l’évolution des salaires et des prix. D’autre part, le taux d’intérêt minimal doit refléter le rendement d’un portefeuille de caisse de pensions correctement géré. Or si les caisses ont réalisé des rendements enviables ces dernières années, le taux d’intérêt minimal en vigueur est resté beaucoup trop bas, en raison des pressions massives des assureurs-vie et des employeurs.
L’USS souscrit donc à la recommandation de la commission LPP d’augmenter le taux d’intérêt minimal de 40 %, le faisant passer de 1,25 % à 1,75 %. Cette mesure profitera en particulier aux salarié-e-s dont la caisse s’est montrée trop chiche ces dernières années. À titre d’exemple, les personnes assurées auprès de Swisslife ou de la caisse Tellco ont perçu près d’un tiers d’intérêts en moins que la moyenne. En fin de compte, cela se répercute directement sur la retraite. Une rémunération plus élevée se traduit en revanche par de meilleures rentes, tout en renforçant la confiance accordée au système du 2e pilier.
L’assemblée des délégués de l’USS revendique un taux d’intérêt minimal de 3 %. Car même avec le taux recommandé par la commission, le besoin de rattrapage reste important. Un taux d’intérêt minimal de 3 % répond à une nécessité de politique sociale, tout en étant adéquat d’un point de vue économique : pour la grande majorité des caisses, un taux minimal de 3 % suppose un rendement cible inférieur ou égal au rendement attendu ces dernières années.

