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Salarié-e-s en fin de carrière : le Conseil des États ne prend pas le problème au sérieux

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Communiqués de presse

Décision sur la prestation transitoire

Le Conseil des États s’est prononcé en principe en faveur de la prestation transitoire destinée aux salarié-e-s en fin de carrière. Mais il a sérieusement sabré dans le projet présenté par le gouvernement et les partenaires sociaux. Pour les personnes concernées, c’est une grande déception. Le nouveau Conseil national est appelé à corriger le tir.

Les problèmes des salarié-e-s en fin de carrière se sont accrus. L’Union syndicale suisse (USS) n’est pas la seule à le voir au quotidien : l’OCDE et même le SECO partagent ce constat. La discrimination s’exprime à travers, d’une part, plus de rapports de travail précaires et, de l’autre, davantage de chômage chez les plus de 55 ans. Par conséquent, le nombre de personnes en fin de droit et de celles qui dépendent de l’aide sociale augmente continuellement. Raison pour laquelle l’USS demande depuis des années une meilleure couverture sociale pour la génération des salarié-e-s plus âgés. Sont concernées ici des personnes qui, malgré d’intenses recherches, n’ont pas trouvé d’emploi et sont découragées, ce qui ne fait qu’aggraver le problème. Celle ou celui qui se trouve en fin de droit plonge aussi financièrement. Et, un jour ou l’autre, le chemin vers l’aide sociale, et par la suite vers les prestations complémentaires, devient inévitable. La prestation transitoire permettrait d’aider ces personnes dans le besoin. Elle évite le glissement indigne, après une carrière bien remplie, vers le niveau de l’aide sociale pendant quelques années. Mais pas seulement : elle garantit aussi qu’au cours de ces quelques années ne se prépare pas inéluctablement le terrain d’une retraite dans la pauvreté.

Avec la décision d’aujourd’hui, c’est-à-dire en acceptant les deux propositions Noser, le Conseil des États met dangereusement en péril ces deux effets bien réels de la prestation. D’une part, il veut désormais que la prestation transitoire ne puisse être perçue que jusqu’à l’âge de la retraite anticipée, et non jusqu’à l’âge ordinaire. Et d’autre part, elle sera plafonnée au double seulement du minimum d’existence des prestations complémentaires (au lieu du triple). Compte tenu des coûts élevés de la santé et du logement, les montants de cette prestation ne seraient guère différents de celui de l’aide sociale pour de nombreux bénéficiaires. Et dès l’âge de 62 ans, ceux-ci devront, comme aujourd’hui, essayer de vivre avec des rentes sensiblement réduites, tant dans le 1er que le 2e pilier. Bon nombre de bénéficiaires de la prestation transitoire rejoindront les rangs des personnes âgées pauvres et seront tributaires à long terme des prestations complémentaires.

Le Conseil des États a montré aujourd’hui qu’il reconnaît une nécessité d’agir dans ce domaine. Tout de même : avec la prestation transitoire, une nouvelle prestation sociale ciblée est déjà traitée au Parlement, quelques mois seulement après sa proposition initiale par les partenaires sociaux. Mais en acceptant inutilement les deux propositions Noser, la Chambre des cantons affaiblit énormément les effets de cette mesure. Au Conseil national maintenant de prendre ses responsabilités et de corriger le projet en conséquence.

Responsable à l'USS

Daniel Lampart

Premier secrétaire et économiste en chef

031 377 01 16

daniel.lampart(at)sgb.ch
Daniel Lampart
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