Prévoyance vieillesse : les «leçons» de l’UBS

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Communiqués de presse
Écrit par Doris Bianchi, secrétaire dirigeante de l’USS/fq

Billet d’humeur

L’UBS nous fait à nouveau pédagogiquement chaud au cœur. Le système suisse de la prévoyance vieillesse doit renoncer au luxe, demande-t-elle dans sa feuille d’information « UBS Outlook Suisse » sur la prévoyance et la planification successorale.

Et ça commence dès les premières lignes : notre prévoyance vieillesse serait une Ferrari, quand un simple tout terrain suffirait. Les 300 000 retraité(e)s qui ne vivent que de leur rente AVS roulent-ils dans une Ferrari ? L’UBS ne se l’est pas demandé. En effet, pour les petits salaires, l’UBS, disons-le, n’est pas vraiment l’interlocuteur idéal. Pour cela, ce sont plutôt les retraité(e)s qui font de la plongée aux Maldives qui auraient la cote.

Selon une démarche pédagogique logique, la banque veut donc imposer « moins de luxe » à la grande masse des retraité(e)s pour « décharger les générations à venir ». En bon français : les rentes des vieux et des vieilles de ce pays doivent être diminuées afin que les jeunes aient moins de cotisations de prévoyance vieillesse à payer. Les conséquences de cette médication ? Les retraité(e)s redeviendraient dépendants d’un coup de pouce financier de leurs enfants. Et ces derniers, parce que leurs cotisations auraient baissé, toucheraient des rentes moindres, une fois à la retraite.

Mais l’UBS a aussi une opinion claire au sujet du taux de conversion minimal du 2e pilier. Droite dans ses bottes « didactiques », elle constate que, même s’il passait de 6,8 à 6 % comme le propose le Conseil fédéral, ce taux resterait toujours à la « limite supérieure ». Un taux se situant entre 5 et 6 % serait plus réaliste. Et la banque de conclure sur une « leçon » de démocratie selon laquelle on ne comprend absolument pas pourquoi ce taux, qui est un « pion politique », serait soumis au vote de la population.

Pas étonnant alors que la Suisse ne soit plus une élève modèle en matière de prévoyance vieillesse. Tous les pays européens ont été plus loin qu’elle dans le démantèlement de leurs prestations, souligne l’UBS. Un scandale : alors que la Grèce a abaissé ses rentes de vieillesse, la Suisse maintient le niveau de ses prestations ! Qui plus est : il n’y a qu’en Suisse que les acteurs politiques doutent du renforcement nécessaire de l’épargne privée. Certains États de l’OCDE ont fait mieux encore et misent désormais moins sur les systèmes de rentes obéissant au principe de la répartition, mais plus sur l’épargne privée.

Bon, on a bien le droit de se faire de la pub. Une augmentation des avoirs de vieillesse privés ne peut qu’engraisser les caisses de l’UBS. Mais que cela ait un sens…. Avec la quote-part nette d’épargne la plus élevée d’Europe, la Suisse se trouve de fait aussi dans le peloton de tête en matière de prévoyance vieillesse financée par capitalisation.

Responsable à l'USS

Gabriela Medici

Première secrétaire adjointe a.i.

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