Pas question de lâcher là-dessus! La retraite à 64 ans n’est que justice.

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Écrit par Regula Bühlmann

La retraite à 64 ans ne fait pas des femmes des profiteuses

Les femmes veulent l’égalité. Elles devraient donc aussi faire l’armée et travailler jusqu’à 65 ans. Voilà comment argumentent les soi-disant faiseurs d’égalité objective, qui ne se rendent pas compte à quel point leur avis est biaisé.

Nous serions des profiteuses pour qui l’égalité s’arrête là où commencent nos privilèges. Pardon ? Les femmes privilégiées dans la prévoyance professionnelle ? Une petite rectification par les faits s’avère nécessaire.

Inégalités reportées sur les rentes

Dans les faits: les femmes exécutent bien plus de travail non rémunéré que les hommes et gagnent moins pour le travail rémunéré. Cela n’a pas seulement des répercussions sur la situation des femmes durant leur vie professionnelle, mais aussi ensuite, pendant la retraite : 38% de retraitées n’ont que l’AVS alors que les hommes ne sont que 19%, soit la moitié, dans ce cas. Les rentes du deuxième pilier des femmes sont en moyenne deux fois plus basses que celles des hommes, leur capital est même trois fois plus faible que celui des hommes. On ne peut donc guère parler de femmes privilégiées dans la prévoyance vieillesse. Au contraire, elles paieraient plutôt encore le prix de l’inégalité dans la société quand elles sont à la retraite.

Soins apportés aux proches

A quoi s’ajoute qu’il est pour beaucoup de femmes difficile de rester actives professionnellement jusqu’à 64 ans. Un an avant l’âge ordinaire de la retraite, elles ne sont plus que 41% à l’être. Beaucoup sont soit malades, soit épuisées d’avoir eu à mener de front travail professionnel et travail familial. Les autres doivent souvent réduire leur taux d’occupation ou arrêter de travailler pour soigner des membres de la famille ou des proches. Il n’y a presque pas d’emplois pour les femmes qui veulent recommencer à travailler après s’être arrêtées pour s’occuper ou soigner des proches. Il ne reste alors souvent plus que la retraite anticipée avec son lot de réduction de rente.

Les femmes encourent aussi un plus grand risque que les hommes de devenir veuves en raison de leur espérance de vie plus élevée. Leurs partenaires les soignent aussi moins souvent quand elles sont très âgées que ce n’est le cas dans l’autre sens. Cela a des conséquences en matière de soins et de finances, qui peuvent aussi très vite mener à la pauvreté.

Une maigre compensation

Dans l’ensemble, l’âge de la retraite plus bas des femmes est une maigre compensation pour trois raisons: les femmes sont souvent empêchées d’avancer dans leur carrière professionnelle pour s’être occupées de leurs parents, maris, enfants et petits-enfants ; ensuite, elles ne peuvent pas vivre de leurs rentes ; et enfin, les femmes d’un certain âge ne sont plus du tout voulues sur le marché du travail. L’âge de la retraite des femmes à 65 ans précipiterait plus de femmes dans la pauvreté et serait inacceptable, tant que l’égalité n’a pas été concrétisée. Ne pas vouloir lâcher cela n’a rien à voir avec une attitude de profiteuse… puisque nous n’avons même pas la moitié du gâteau !

Responsable à l'USS

Gabriela Medici

Secrétaire centrale

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Gabriela Medici
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