On ne peut compter que sur une AVS forte

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Écrit par Doris Bianchi, secrétaire centrale de l’USS/fq

Caisses de pensions : moins de prestations malgré de bons rendements !

La plupart des caisses de pensions vont bien. Les derniers chiffres publiés au sujet de la santé financière du 2e pilier le montrent. Cela n’empêche pas la branche des caisses de pensions et son autorité de surveillance d’attiser les peurs et de prêcher le démantèlement des prestations. La confiance dans le 2e pilier baisse. L’Union syndicale suisse (USS) arrive donc au bon moment avec son projet de renforcement du 1er pilier, l’AVS.

Dans tout le pays, les caisses de pensions ont publié ces dernières semaines leurs résultats pour  2012. Et ceux d’un vaste sondage de Swisscanto, un des acteurs de la prévoyance, ainsi que les chiffres analysés par la Commission de haute surveillance de la prévoyance professionnelle le font aussi apparaître : 2012 fut une année excellente pour les caisses de pensions, les rendements ayant connu une hausse soutenue. En moyenne, elles ont en effet réalisé un rendement d’au moins 7,2 %, de 5 à 10 % pour plus de 90 % d’entre elles. Les taux de couverture ont augmenté en conséquence. Avec un taux moyen de près de 110 % pour les caisses de droit privé et de 90 % pour les caisses publiques, la prévoyance professionnelle apparaît bien lotie. En outre, les bases de calcul appliquées aux engagements liés aux rentes sont toujours plus prudentes. Et il y a lieu de se réjouir de la baisse progressive des coûts.

Bonnes performances, mais petits intérêts

En dépit de cette évolution positive, la branche des caisses de pensions et les autorités compétentes continuent à attiser les peurs. Les assuré(e)s n’ont pratiquement rien vu de ces très bonnes performances : les intérêts moyens servis sur les avoirs de vieillesse ont été inférieurs à 2 %. Le taux d’intérêt minimal LPP se montait à un misérable 1,5 %, l’an dernier et, en 2013, il restera tout aussi maigre. Cela se traduit par autant de pression sur le capital vieillesse des futurs retraité(e)s. Le capital de vieillesse de 200 000 francs d’une femme de 55 ans aurait dû augmenter de 6 000 francs avec la seule moitié du rendement moyen effectivement réalisé. En réalité, il n’a augmenté que de 3 000 francs environ. Ce cas montre qu’en trois ou quatre ans, ces maigres intérêts peuvent se transformer en une perte de plus de 10 000 francs. De l’argent qui manquera lorsque la rente sera calculée, d’autant plus que les futures retraité(e)s devront s’accommoder de plus petites rentes. En effet, la majorité des caisses ont fait passer leur taux de conversion minimal LPP au-dessous de 6 %.

Après le sec rejet par le peuple de la baisse de ce taux en 2010, la branche des caisses de pensions voulait renforcer la confiance des gens dans la prévoyance professionnelle. Mais elle fait précisément l’inverse. Si, pendant les bonnes années, les intérêts restent maigrichons et les rentes sont réduites, la confiance dans le 2e pilier, d’ores et déjà ébranlée, diminue encore plus. Les assuré(e)s ne comprennent plus pourquoi, malgré les rendements élevés des caisses de pensions, les prestations diminuent

L’AVS est et reste compréhensible, et fiable

La prévoyance vieillesse et son fonctionnement doivent être compréhensibles. Dans le modèle suisse des 3 piliers, seul le premier, l’AVS, l’est pour tout le monde. Le financement selon le principe de la répartition est en effet plus facile à comprendre que le financement des caisses de pensions dans lequel, malgré des bons rendements, les rentes futures n’ont pas le droit d’augmenter. Les recettes de l’AVS couvrent au fur et mesure les rentes versées. Tant que l’évolution économique est positive, les cotisations versées à cette dernière suffisent à financer les rentes. L’AVS repose sur le principe de solidarité,  entre jeunes et vieux, ainsi qu’entre riches et pauvres. Sans solidarité, aucune société ne fonctionne et surtout pas une communauté de risque comme une assurance sociale. Soixante-cinq ans après son introduction, le financement solidaire de l’AVS est toujours performant, alors que le nombre de rentes servies a doublé et que le rapport entre le nombre des actifs/actives et celui des retraité(e)s s’est détérioré, passant de 1:9 à 1:2,5.

La situation paradoxale des caisses de pensions montre clairement que nous devons aménager notre futur système de prévoyance vieillesse en développant l’AVS. L’initiative populaire AVSplus demande une hausse de 10 % des rentes de vieillesse. L’AVS est la seule garante d’une prévoyance vieillesse fiable et compréhensible.

Responsable à l'USS

Gabriela Medici

Première secrétaire adjointe a.i.

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Gabriela Medici
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