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Les rendements des placements doivent revenir aux assuré-e-s

  • Prévoyance professionnelle
Communiqués de presse

Rapport de la CHS PP sur la situation financière des caisses de pension

Depuis 2015, le niveau moyen des nouvelles rentes versées par les caisses de pensions a reculé de 11 % pour atteindre un plus bas historique. À cela s’ajoute une perte de pouvoir d’achat de plus de 7 % due au renchérissement. Dès lors, le 2e pilier n’atteint plus l’objectif fixé par la Constitution, à savoir permettre de maintenir le niveau de vie habituel. Pour beaucoup, la rente ne suffit plus pour vivre. Pourtant, la situation financière du 2e pilier est bonne. Il faut donc des rémunérations décentes et des hausses de rentes.

Avec une performance nette de 6,1 %, 2025 a de nouveau été une bonne année pour les caisses de pension. Point positif, deux caisses sur cinq ont rémunéré les avoirs de prévoyance à 5 % ou davantage. Près de la moitié des caisses ont augmenté les rentes, et près de 10 % l’ont fait de manière durable, sous la forme d’une compensation du renchérissement ou d’une 13e rente. Mais, à l’inverse, les avoirs de vieillesse de nombreux salarié-e-s n’ont été relevés que de manière marginale. Cela illustre les injustices du système. Le taux d’intérêt minimal, par exemple, ne remplit pas sa fonction. Fixé à 1,25 %, il est beaucoup trop bas. Il permet ainsi à des caisses de ne pas faire participer suffisamment les assuré-e-s aux rendements, ou de ne pas exploiter leur potentiel de performance. Les caisses tablent sur des rendements de quelque 2,5 % en moyenne. Au vu des rendements cibles et des taux techniques faibles, c’est un indice supplémentaire qu’une partie des rendements n’est pas reversée aux assuré-e-s.

La surveillance du 2e pilier doit contrôler l’utilisation conforme et appropriée de la fortune de prévoyance. Cela implique aussi d’évaluer le rapport prix-prestations. Or, dans la pratique, cet examen est beaucoup trop rare. La Commission de haute surveillance de la prévoyance professionnelle (CHS PP) devrait le relever et le dénoncer. Le cas de Tellco pk met en lumière ces dérives. L’évaluation de la réforme structurelle de la LPP confirme elle aussi les pratiques abusives des institutions collectives et communes, qui se font au détriment des assuré-e-s. Les directives publiées récemment par la CHS PP relatives aux actes juridiques passés avec des personnes proches vont néanmoins dans la bonne direction. Pour l’USS, une chose est certaine : une assurance sociale telle que le 2e pilier ne doit pas générer des bénéfices au détriment des assuré-e-s. Elle doit être organisée comme une structure à but non lucratif.

Dans son rapport, la CHS PP a de nouveau évalué la « redistribution entre assuré-e-s actif-ve-s et bénéficiaires de rentes ». Même si, ces dernières années, elle a toujours conclu à une « redistribution au détriment des bénéficiaires de rentes », cette estimation est contestable pour deux raisons. Premièrement, elle ne relève pas de ses tâches légales. Deuxièmement, toute prévoyance vieillesse institutionnalisée repose, économiquement parlant, sur un transfert de pouvoir d’achat des personnes actives vers les retraité-e-s. Le 2e pilier représente une épargne collective doublée d’une répartition collective des risques et des promesses de prestations constantes. En ce sens, les « redistributions » font partie intégrante du système et sont économiquement efficientes.

Responsable à l'USS

Jonas Eggmann

Secrétaire central

031 377 01 17

jonas.eggmann(at)sgb.ch
Jonas Eggmann
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