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Les aides versées aux retraité-e-s à petits revenus sont en baisse !

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Communiqués de presse

Arguments peu crédibles contre la 13e rente AVS

Depuis le mois de janvier 2024, des dizaines de milliers de retraité-e-s à petits revenus ont subi une baisse ou la suppression de leurs prestations complémentaires (PC). En d’autres termes, il leur faut se débrouiller avec moins d’argent, malgré la hausse des prix. La Confédération et les cantons économisent ainsi plus de 400 millions de francs sur le dos des retraité-e-s aux revenus les plus bas. On a d’autant plus de mal à croire les soudaines promesses selon lesquelles le Parlement s’empressera d’augmenter les rentes les plus basses après le scrutin sur la 13e rente AVS. Les mêmes qui critiquent une 13e rente pour tout le monde ont réduit les prestations pour les retraité-e-s à faibes revenus. L’unique moyen d’améliorer rapidement et concrètement la situation de ces derniers, c’est donc clairement de voter OUI à la 13e rente AVS. Ce n’est pas tout : la classe moyenne a elle aussi subi une perte de pouvoir d’achat due au renchérissement et à l’augmentation des primes d’assurance-maladie. Il est dès lors correct que tout le monde reçoive la 13e rente AVS.

Beaucoup de bénéficiaires de prestations complémentaires ont vu leur situation se détériorer en ce début d’année. Car ce n’est qu’aujourd’hui que les réductions des PC décidées par le Parlement déploient tous leurs effets. Les personnes qui en percevaient déjà avant 2021 auront bénéficié d’une période transitoire de trois ans. Quand la réforme entraînait une diminution des prestations, elles ont conservé pendant trois ans leurs droits acquis. Ce délai a pris fin en décembre 2023. La situation est d’autant plus inconfortable pour les personnes concernées que les prix tendent à augmenter. En outre, les coupes opérées par le Parlement dans les prestations complémentaires concernent deux postes de dépenses ayant fortement renchéri, à savoir les primes d’assurance-maladie et les loyers.

Au total, selon les estimations de la CSIAS, un tiers des bénéficiaires de PC reçoivent moins d’argent. Le manque à gagner peut atteindre 300 francs par mois. Bien des bénéficiaires de prestations complémentaires n’y ont plus droit depuis 2024. Car dans sa réforme des PC, en plus d’introduire des seuils d’entrée liés à la fortune, le Parlement a aussi modifié la prise en compte des primes d’assurance-maladie dans le calcul des PC. Par exemple, la contribution minimale servant à financer les primes a été abaissée : alors qu’elle correspondait jusque-là à la prime moyenne de la caisse-maladie, elle se limite désormais à 60 % de celle-ci.

La prise en compte du loyer a également subi quelques modifications. Il s’agit pour bien des gens du premier poste de dépenses mensuel. Or les loyers ne sont plus pris en compte dans le calcul des PC que jusqu’à une certaine limite, soit les loyers mensuels maximaux. Les montants correspondants ont certes été relevés lors de la réforme. Mais ces montants maximaux restent à la traîne des loyers réels, après les deux augmentations successives du taux d’intérêt de référence survenues en 2023, qui ont fait grimper le prix des loyers.

Les arguments du Conseil fédéral et des adversaires de la 13e rente AVS ne sont aucunement crédibles, quand ils disent qu’il vaudrait mieux apporter une aide ciblée aux retraité-e-s ayant de petits revenus. Pendant tout le processus parlementaire, le Conseil fédéral et l’Assemblée fédérale n’ont jamais lancé de contre-projet. Et à présent, ils passent sous silence la baisse des prestations complémentaires qu’ils ont eux-mêmes votée. On voit bien que seule la 13e rente AVS permet de compenser l’augmentation du coût de la vie de l’ensemble des personnes à la retraite – y compris dans la classe moyenne qui souffre également du renchérissement. L’AVS reste une assurance socialement juste : les 10 % de la population affichant les plus hauts revenus paient massivement plus que les prestations leur étant versées par la suite.

Responsable à l'USS

Gabriela Medici

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Gabriela Medici

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