Les caisses de pensions disposent de réserves considérables. Ces dernières années, leurs placements ont généré des rendements élevés. Or, ces revenus appartiennent aux assuré-e-s. C’est donc à juste titre que le Conseil fédéral relève enfin sensiblement le taux d’intérêt minimal à 2 %. Cette augmentation améliorera les futures rentes du 2e pilier. Elle profitera particulièrement aux personnes affiliées à des caisses de pensions proches du secteur des assurances qui rémunéraient trop faiblement les avoirs des assuré-e-s.
Outre le taux de conversion, le taux d’intérêt minimal constitue l’une des principales garanties de prestations dans le régime obligatoire du 2e pilier. Il doit permettre aux travailleuses et travailleurs assurés de profiter eux aussi de la croissance économique. Ces dernières années, le taux d’intérêt minimal est toutefois resté inférieur à la progression des salaires et des prix. Il devrait par ailleurs correspondre au rendement d’un portefeuille de placements approprié d'une caisse de pension. Ces dernières années, le Conseil fédéral a pourtant beaucoup trop prêté l’oreille aux assureurs-vie et aux employeuses et employeurs, qui réclamaient un taux d’intérêt minimal faible.
La hausse de 0,75 point de pourcentage, qui porte le taux à 2 %, était attendue de longue date compte tenu de l’excellente situation financière des caisses de pensions. Elle est également nécessaire afin de renforcer la confiance des assuré-e-s dans la capacité du 2e pilier à servir des prestations suffisantes.
Le relèvement du taux d’intérêt minimal profitera particulièrement aux personnes affiliées à des caisses de pension qui ont servi des intérêts trop faibles ces dernières années. Les assuré-e-s de Swiss Life ou de la caisse de pension Tellco, par exemple, ont perçu un tiers d’intérêts en moins par rapport à la moyenne. Cette différence se répercute directement sur leur rente au moment de la retraite. Car moins l’avoir de vieillesse est rémunéré, plus la rente est basse. Les conséquences financières sont loin d’être négligeables : la différence peut rapidement atteindre, voire dépasser 1000 francs par an.

