Travailleur plus âgé travaillant avec une machine dans l'usine

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Le relèvement de l’âge de la retraite est écarté

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Communiqués de presse

Le Conseil fédéral présente la réforme AVS 2030

L’Union syndicale suisse (USS) salue la décision du Conseil fédéral de renoncer à relever l’âge de la retraite dans le cadre de la réforme AVS 2030. Ce choix témoigne de la reconnaissance par le gouvernement du rejet massif exprimé par la population. L’an dernier, le peuple s’était en effet opposé à 75 % à une telle mesure, envoyant ainsi un signal clair. La réforme doit maintenant se concentrer sur un enjeu central : les lacunes de cotisation AVS, qui provoquent de plus en plus souvent des réductions de rentes. Sur le plan financier, l’AVS se porte bien mieux que ce qui a été affirmé durant des décennies. La priorité est maintenant de garantir un financement solide socialement équitable de la 13e rente AVS.

Le projet AVS 2030 doit être évalué à l’aune de sa capacité à améliorer les conditions de vie des travailleuses et travailleurs et des retraité-e-s à revenu faible ou moyen. Dans cette optique, il est positif que le Conseil fédéral prenne acte du rejet massif exprimé l’an dernier par la population, et renonce à relever l’âge de la retraite. Une telle mesure reviendrait, en réalité, à diminuer les rentes. La réforme met l’accent sur des incitations à poursuivre une activité professionnelle au-delà de l’âge de la retraite. Une orientation erronée sur les plans tant démocratique que social. La réforme AVS21 avait déjà permis une flexibilisation du départ à la retraite. L’USS rejette fermement toute tentative de retreindre davantage les possibilités de retraite anticipée, en particulier pour les personnes ayant de longues carrières ou exerçant des métiers pénibles.

Par ailleurs, le Conseil fédéral confirme aujourd’hui explicitement ce que l’USS a déjà affirmé : si la 13e rente AVS bénéficie d’un financement durable (et non simplement temporaire), l’AVS n’aura pratiquement plus besoin de moyens supplémentaires. Elle repose sur des bases financières solides.

L’USS salue également la proposition visant à renforcer le financement de l’AVS en comblant les lacunes de cotisation, notamment en soumettant les indemnités journalières en cas de maladie et d’accident à l’obligation de cotiser. La volonté de mettre un terme aux abus liés aux versements de dividendes excessifs constitue un pas dans la bonne direction. Remplacer des salaires soumis à cotisations par des dividendes exonérés prive en effet l’AVS de recettes pouvant atteindre 182 millions de francs par an.

Pour l’USS, la prochaine réforme de l’AVS doit avant tout s’attaquer à un problème de plus en plus répandu : celui des lacunes de cotisation, qui touchent un nombre croissant de personnes. Une seule année manquante entraîne une baisse de rente pouvant aller jusqu’à 60 francs par mois à vie. Les pertes sont encore plus importantes lorsque plusieurs années font défaut. Le problème est d’autant plus grave lorsque ces lacunes ne sont pas imputables aux salarié-e-s, mais à des employeurs qui ne les ont pas correctement déclarés ou n’ont pas versé les cotisations dues, ou encore à des absences prolongées qui entraînent des interruptions de cotisations.

Responsable à l'USS

Jonas Eggmann

Secrétaire central

031 377 01 17

jonas.eggmann(at)sgb.ch
Jonas Eggmann
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