Un vieil homme regarde par la fenêtre.

Photo : © nadofotos / istockphoto.com

 

Le financement additionnel de l’AI ne doit pas se faire au détriment de l’AVS

  • Assurance-invalidité
Communiqués de presse

Décision du Conseil fédéral relative à la révision de l’AI

L’Union syndicale suisse (USS) salue le financement additionnel prévu par le Conseil fédéral pour couvrir les dépenses courantes de l’AI, si la situation financière l’exige. Dues à des choix politiques, les dettes de l’AI ne doivent toutefois pas être répercutées sur les salarié-e-s et sur le fonds de l’ AVS. Améliorer l’intégration des jeunes adultes est pertinent, mais risque de multiplier les démarches et procédures au sein de l’AI. Il est en outre essentiel de renforcer la protection de la santé au travail et d’en garantir l’application rigoureuse.

L’AI a pour but d’assurer les moyens d’existence des personnes durablement incapables de travailler. Or cet objectif est loin d’être atteint aujourd’hui : une personne sur deux au bénéfice d’une rente AI dépend de prestations complémentaires. De plus, le report de l’AI sur l’aide sociale est une réalité. L’USS salue dès lors la volonté du Conseil fédéral, exprimée dans les lignes directrices de la prochaine révision de l’AI, de combler une éventuelle lacune de financement de l’AI par une hausse modérée des cotisations salariales, plutôt que par une réduction des prestations.

En revanche, les dettes de l’AI et les intérêts dus à l’AVS ne doivent être reportés ni sur les salarié-e-s ni sur le fonds de l’AVS. Résultant de décisions de politique fédérale, ces dettes doivent donc être assumées par la Confédération ou par la Banque nationale suisse.

L’USS soutient tous les efforts visant à améliorer l’intégration sur le marché du travail, en particulier des jeunes adultes en début de parcours professionnel. Ces efforts comportent toutefois le risque de multiplier les démarches et procédures. Les mesures introduites en 2022 sont peu connues et n’ont pas encore été évaluées. Sans évaluation, de nouvelles mesures de réadaptation se traduiront par davantage de formalités et une pression accrue sur les assuré-e-s.

Les employeurs ont aussi leur part de responsabilité : les personnes annoncées à l’AI ont besoin de perspectives professionnelles et d’emplois, et non pas de promesses creuses. Les employeurs sont par ailleurs tenus d’assurer la protection de la santé au travail. La hausse des absences pour maladie et des annonces à l’AI souligne la nécessité de mieux protéger la santé des salarié-e-s et de faire respecter rigoureusement les mesures de prévention. Comme l’USS l’a révélé la semaine dernière, les employeurs ne sont aujourd’hui contrôlés par les cantons qu’une fois tous les 20 ans. À l’avenir, ces contrôles doivent avoir lieu au moins une fois tous les deux ans.

Responsable à l'USS

Jonas Eggmann

Secrétaire central

031 377 01 17

jonas.eggmann(at)sgb.ch
Jonas Eggmann
Top