Lorsque la 13e rente AVS sera versée, les rentes connaîtront enfin une nouvelle hausse. Cela n’est pas du goût des employeurs ni d’une partie des partis bourgeois. Mais leur refus d’aujourd’hui de financer l’AVS est totalement inédit. L’Union syndicale suisse (USS) regrette que la hausse des cotisations salariales ait été rejetée, alors même que les charges salariales annexes pour les employeurs diminuent. L’Assemblée des délégué-e-s de l’USS définira vraisemblablement son mot d’ordre sur la hausse de la TVA à la fin de l’été.
Par le passé, l’USS a déjà soutenu des hausses de la TVA destinées à financer l’AVS. Les rentes AVS sont particulièrement équitables, car l’obligation de cotiser n’est pas plafonnée, tandis que les rentes, elles, sont limitées par un montant minimal et un montant maximal. Chaque franc versé à l’AVS a donc un effet redistributif très important du point de vue de la politique des revenus.
Les hauts revenus paient en outre nettement plus de TVA que les ménages à bas revenus. 10 %des recettes proviennent des banques et des assurances (c’est-à-dire de leur clientèle fortunée), parce qu’elles ne peuvent pas déduire l’impôt préalable grevant leurs prestations préalables soumises à la TVA. 10 % supplémentaires sont payés par les touristes étrangers.
En matière de financement de l’AVS, les employeurs et une partie des partis bourgeois mènent une politique totalement déconnectée de la population. Celle-ci ne veut pas d’un relèvement de l’âge de la retraite. Elle l’a exprimé plus que clairement dans les urnes en 2024. Des cotisations prélevées sur les salaires seraient parfaitement supportables. Ces dernières années, les charges salariales annexes ont diminué pour les employeurs, que ce soit dans l’assurance-chômage, avec le pour-cent de solidarité, dans l’assurance-accidents professionnels ou dans les caisses d’allocations familiales.
L’USS arrêtera son mot d’ordre sur la hausse de la TVA destinée à financer l’AVS lors d’une assemblée extraordinaire des délégué-e-s à la fin de l’été.

