Née en 1996, la loi sur l'assurance-maladie (LAMal) célèbre ses 30 ans. Avec des primes qui écrasent les budgets, beaucoup n’ont sans doute pas le cœur à la fête. Il ne faut pourtant pas jeter le bébé avec l’eau du bain : la loi a apporté beaucoup de choses positives, en particulier un accès universel et non discriminatoire à des soins de qualité. Avant la LAMal, les caisses privées faisaient la pluie et le beau temps. Elles pouvaient refuser d’assurer, exclure des assuré-e-s ou varier les primes selon les personnes. Et aujourd’hui ? Les primes sont presque trois fois plus élevées qu’à l’introduction de la LAMal. Autant dire qu’on préfère ne pas imaginer à quoi ressemblerait aujourd’hui un système sans règles, ni garde-fous comme celui qui régnait l’époque.
Cela dit, la LAMal reste un compromis politique. Du point de vue syndical, il était donc insuffisant dès le départ. Ruth Dreifuss, ancienne conseillère fédérale et ancienne secrétaire centrale de l’USS, résume la situation ainsi :
« Le 30e anniversaire de la LAMal marque à la fois un succès et un nouveau départ. »
Ce nouveau départ doit permettre de corriger deux défauts majeurs :
- le financement profondément antisocial du système. Les primes par tête sont un modèle totalement dépassé. Il est temps de l’abolir ;
- les reliquats du système des caisses. Bien qu’obligatoire et universelle, l’assurance de base continue d’être gérée par 40 entreprises privées. Résultat : les assuré-e-s subissent aujourd’hui encore l’arbitraire des caisses, par exemple lorsque le médecin-conseil d’une assurance refuse une garantie de prise en charge des frais.

