L’USS peaufine une initiative pour des rentes AVS congrues

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Écrit par Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS

AVSplus

Une fois atteint l’âge de la retraite, de nombreuses personnes se retrouvent en terrain inconnu et hostile. D’un mois à l’autre, elles doivent renoncer à une part importante de leur ancien revenu et se serrer encore plus la ceinture. Beaucoup sont gagnées par une angoisse existentielle. Pour répondre à ces réalités, l’Union syndicale suisse (USS) est en train de peaufiner une initiative populaire qui demandera une hausse des rentes AVS.

La Constitution fédérale ne laisse subsister aucun doute : AVS et prévoyance professionnelle doivent permettre aux personnes à la retraite de « maintenir de manière appropriée (leur) niveau de vie antérieur ». Par « de manière appropriée », le Conseil fédéral entend, depuis les années 1970, ceci : les rentes des 1er et 2e piliers servies aux personnes seules doivent représenter 60 % du dernier revenu annuel brut. Pour les couples, ce taux de remplacement, comme on l’appelle, doit se monter à 80 %.

Une ceinture encore plus serrée aussi pour les moyens revenus

Un coup d’œil aux chiffres réels montre qu’avec de tels taux de remplacement, nombre de retraité(e)s doivent compter chaque franc dépensé. Quiconque gagnait 5 000 francs bruts avant de prendre sa retraite – un niveau salarial très répandu, y a-t-il lieu de souligner -, aura dans son porte-monnaie, une fois retraité, tout juste 3 000 francs par mois. C’est peu.

Qui plus est, les taux officiels de remplacement ne sont guère atteints. De nombreuses personnes reçoivent en effet nettement moins des 1er et 2e piliers que 60 % de leur dernier salaire brut. Les plus touchées sont celles qui ne peuvent compter que sur l’AVS pour prévoyance vieillesse. Cela concerne environ un homme vivant seul sur six de 65 à 70 ans. Ces personnes doivent subsister sans prestations des 2e ou 3e piliers. Elles peuvent à la rigueur toucher des prestations complémentaires. Presque une femme sur quatre de 64 à 69 ans se trouve dans cette situation. Quant aux couples, ils sont encore 13,5 %.

En Suisse, selon une étude de l’OCDE, 17,6 % des retraité(e)s de 65 ans et plus disposaient récemment d’un revenu inférieur à 3 000 francs. Avoir si peu d’argent pour vivre dans notre pays, c’est risquer l’isolement social. Les personnes concernées ne peuvent plus se permettre le train de vie suisse. Ce phénomène est aggravé par le fait que les rentes AVS restent largement à la traîne de l’évolution moyenne des salaires : pour la seule période qui s’est écoulée depuis l’an 2000, elles ont perdu plus de 10 %.

Le Comité de l’USS estime qu’il est temps de donner un coup de barre. Avec son projet AVSplus, l’USS table sur une amélioration des rentes AVS. Ce projet s’inspire de l’exemple de réussite représenté par l’AVS qui offre à la grande majorité de la population de très bonnes prestations pour peu de coûts.

Relever sensiblement les rentes

Les rentes AVS doivent être sensiblement relevées, au moins dans une mesure correspondant à une 13e rente mensuelle. C’est ce qu’ont décidé les délégué(e)s de l’USS lors de leur assemblée de mai 2012. Quant au modèle qui sera appliqué pour réaliser cet objectif, les instances responsables de l’USS s’en occupent actuellement.

En septembre 2012, le Comité de l’USS a décidé, concernant AVSplus, de passer la vitesse supérieure et de mettre au point une initiative populaire. La décision définitive, relativement au lancement de cette initiative et à son contenu, reviendra aux délégué(e)s de l’USS, probablement au printemps 2013. La discussion en cours porte entre autres sur le modèle permettant de relever de 10 % les rentes AVS, soit de 200 francs par mois pour les personnes seules. Un autre modèle permettrait de relever plus fortement les rentes des personnes ayant touché des bas et moyens salaires. Et l’extension du projet à l’AI est aussi débattue.

Responsable à l'USS

Gabriela Medici

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