L’USS ne permettra pas ce saccage des rentes

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Écrit par Doris Bianchi

Le Conseil fédéral prévoit la plus forte baisse des rentes de tous les temps

Avec brutalité et intransigeance, le Conseil fédéral a conçu son plan de réformes de la prévoyance vieillesse. L’USS se battra avec acharnement pour que chaque point de ce programme qui aurait pour effet une baisse des rentes soit enterré.

La presse dominicale a publié les plans de réforme de la prévoyance vieillesse prévue pour 2020. Si ces plans étaient appliqués, les rentiers et les rentières devraient à l’avenir s’en sortir avec moins ou alors payer préalablement nettement plus. Pour l’Union syndicale suisse, cette voie est impraticable. Aujourd’hui déjà, le montant des rentes pour les bas et moyens revenus est trop bas pour permettre une vie digne durant la vieillesse. En outre, les gens de plus de 50 ans ont d’ores et déjà de la peine à rester sur le marché du travail.

Une baisse des rentes brutale

En prévoyant une diminution du taux de conversion minimal de 6,8 à 6 pour cent, le conseiller fédéral Alain Berset envisage la plus grande diminution des rentes de tous les temps. La dernière tentative de réduction du taux de conversion a été rejetée massivement dans les urnes en 2010. Près de 73 pour cent des votant(e)s ont repoussé le passage à un taux de 6,8 à 6,4 pour cent, soit une réduction de 0,4 point. Cette fois, il devrait y avoir une baisse du taux deux fois plus forte, avec pour conséquence une diminution des rentes des caisses de pensions de 12 pour cent. Cette réforme de la prévoyance vieillesse verrait celui qui a accumulé de quoi se payer une rente de 1500 francs par mois, un menuisier, par exemple, à perdre près de 200 francs par mois. Ce concassage des rentes passera difficilement l’obstacle des urnes. Certes, le Conseil fédéral propose de compenser ce manque. La compensation consiste toutefois à attribuer des moyens supplémentaires au deuxième pilier. Cette médication a déjà été prescrite lors de la première révision de la LPP. À l’époque, la réduction du taux minimal de conversion avait été adoucie par une augmentation de l’avoir de vieillesse. Dix ans plus tard toutefois, cette disponibilité à verser plus d’argent au deuxième pilier est nettement plus faible, même du côté des patrons. Pour les personnes à bas revenu, le deuxième pilier n’est pas rentable. L’AVS est, de loin, une prévoyance vieillesse plus efficiente pour les bas et moyens revenus que l’épargne obligatoire du IIe pilier. Le renforcement de l’AVS, comme le demande l’initiative AVSplus de l’USS, est la voie royale pour une bonne prévoyance vieillesse.

Une situation inéquitable en matière de rentes pour les femmes

La revendication d’une prolongation de l’âge de la retraite des femmes à 65 ans est avancée depuis longtemps. Réduire la durée de versement de la rente représente aussi une baisse des rentes. Elle ne concerne que les femmes et pèse particulièrement lourd. Les femmes ont des rentes nettement plus basses que celles des hommes, à cause du IIe pilier et de leur salaire inférieur. On ne saurait donc parler d’égalité de traitement des femmes à l’âge de la retraite. 40 pour cent de toutes les femmes quittent le marché du travail avant 64 ans. Les obligations familiales jouent un rôle important dans cette situation. De nombreuses femmes autour de la soixantaine s’occupent de leurs petits-enfants et contribuent ainsi de manière essentielle à la conciliation du travail et de la famille. D’autres prennent en charge leurs parents ou leurs beaux-parents malades, voire leur propre partenaire. La prolongation de l’âge de la retraite des femmes nie la réalité sociale des femmes. En tant que mesure d’assainissement de l’AVS, elle est unilatérale et injuste. L’USS rejette cette dégradation des rentes. Il faut bien davantage améliorer les rentes des femmes par le biais du développement de l’AVS.

Les tours de passe-passe financiers saignent l’AVS

De gros nuages s’amoncellent aussi sur le financement de l’AVS. La Confédération veut se soustraire à sa responsabilité vis-à-vis de l’AVS et se créer ainsi une marge de manœuvre plus confortable pour des réductions d’impôts, par exemple pour la troisième réforme de l’imposition des entreprises. Aujourd’hui, la Confédération prend en charge environ 20 % des dépenses de l’AVS. Selon les plans de l’exécutif, elle devrait, à l’avenir, n’assurer que le 10 % de ces dépenses. Le reste devrait dépendre des recettes de la TVA. La part actuelle de la Confédération de 7,6 milliards de francs se réduirait à environ 5 milliards. La différence devrait être comblée par une augmentation de la TVA. Ce faisant, les pouvoirs publics affaiblissent massivement le Ier pilier. Augmenter fortement la part de la TVA dans le financement de l’AVS est chose impopulaire, car elle renchérit la consommation. La pression en faveur d’une réduction des rentes s’accroîtra, tout à fait dans le sens d’Economiesuisse et des partis bourgeois qui demandent une adaptation automatique des prestations de l’AVS. En d’autres termes: un amenuisement des futures rentes. Sous le titre de «frein à l’endettement dans l’AVS», le parlement fédéral a déjà décidé de l’introduction d’une réduction technocratique des dépenses. À l’avenir, les rentes AVS ne seront plus adaptées à l’évolution des salaires et du coût de la vie. L’Union syndicale suisse s’opposera avec force à tous les plans qui feront pression sur le niveau des rentes.

Responsable à l'USS

Gabriela Medici

Première secrétaire adjointe

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