L’AVS est performante et solide: pas de problème pour relever ses rentes!

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Écrit par Ewald Ackermann, service de la communication de l'USS/fq

Initiative populaire AVSplus

Le 16 novembre dernier 2012, l’Assemblée des délégué(e)s de l’USS a décidé à l’unanimité de lancer l’initiative populaire AVSplus au printemps 2013. Grâce à elle, les retraité(e)s AVS bénéficieront d’un supplément mensuel de 10 %. L’uss-infos a posé quelques question à ce sujet à Doris Bianchi (DB), responsable de la sécurité sociale à l’USS et l’une des architectes de ce projet.

Dans toute l’Europe, la gauche doit actuellement se battre contre le démantèlement des retraites. Et l’USS veut développer l’AVS en Suisse. A-t-elle perdu la raison ?

DB : La Suisse se trouve dans une situation toute différente. Nos assurances sociales sont en bonne santé. Surtout l’AVS. Elle est très performante et solide parce qu’elle repose sur des cotisations non plafonnées, alors que les rentes le sont. C’est pour cela qu’elle peut sans problème aucun supporter une hausse de ses rentes. Ce sera d’ailleurs la première fois depuis une quarantaine d’années que l’on débattra publiquement de ce sujet. Nous avons les moyens nécessaires pour faire en sorte que, dans toute la mesure du possible, tous les retraité(e)s puissent maintenir leur niveau de vie d’avant la retraite, comme le prescrit la Constitution.

L’initiative populaire de l’USS demande une hausse linéaire de 10 % de toutes les rentes de vieillesse. Dans le débat qui a précédé la décision du lancement, il a toujours été question d’améliorer d’abord les petites et moyennes rentes. N’est-ce pas contradictoire ?

DB : Non, absolument pas. Si l’on sait comment l’AVS fonctionne, on voit tout de suite qu’elle favorise dans les faits les bas et moyens revenus au niveau de la formation des rentes. Elle le fait à travers le mode de financement que je viens de décrire, mais aussi à travers le splitting des rentes, c’est-à-dire le partage en parts égales des revenus des couples mariés, et les bonifications pour tâches éducatives pour toutes les personnes élevant des enfants. Ensuite, la formule de calcul des rentes favorise aussi les bas et moyens revenus. La conséquence en est que les personnes à bas revenus ne recevront pas une petite rente, mais une rente moyenne. Quant aux personnes à moyens revenus (dans les 6 000 francs), elles ne toucheront pas une rente moyenne, mais une rente élevée (dans les 2 000 francs ou plus).

Et qui paiera tout cela ?

Notre demande d’une hausse de 10 % de toutes les rentes de vieillesse coûtera environ 3,6 milliards de francs. L’initiative ne précise pas comment ce montant sera financé. Nous aimerions en rester aux sources de financement actuelles : cotisations salariales, TVA, participation de la Confédération. Si l’on ne recourrait qu’aux cotisations salariales, cela représenterait en tout 0,55 % (pour l’employeur et pour l’employé). C’est peu, si l’on considère que la hausse des rentes AVS sera importante. Et ce sera d’autant plus aisé à réaliser que les cotisations salariales pour l’AVS n’ont plus été relevées depuis une quarantaine d’années. En outre, nous avons encore au four l’initiative populaire qui demande un impôt sur les successions et les donations. Il ferait entrer plus de 2 milliards de francs dans les caisses de l’AVS.

Responsable à l'USS

Gabriela Medici

Secrétaire centrale

031 377 01 13

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Gabriela Medici
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