Avec AVS seulement on doit calculer exactement

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Introduction de rentes variables : un projet d’initiative irresponsable

  • Prévoyance professionnelle
Communiqués de presse

Un signal trompeur envers les assuré-e-s

L'USS s'oppose vivement au projet d'initiative pour l'introduction de rentes variables dans le 2e pilier, qui vient d'être lancée sous l'appellation trompeuse d'initiative " pour une prévoyance vieillesse respectueuse de l'équité intergénérationnelle ".

Le principe même d'une rente, c'est d'assurer un revenu fiable et régulier. Si ce n'était plus le cas, les salarié-e-s perdraient toute confiance dans le 2e pilier. Le Tribunal fédéral avait déjà statué en ce sens fin 2017 : les rentes en cours bénéficient d'une " protection absolue " en terme de montant et cela doit rester ainsi. Le fondement même d'une caisse de pension, et son principal atout, c'est de faire porter collectivement sur de longue périodes les variations des marchés de capitaux et de protéger ainsi les salarié-e-s du risque d'un départ à la retraite juste après une mauvaise année en termes de placements.

S'attaquer à ce principe en proposant des rentes variables remet en question le bien-fondé du 2e pilier. Avec l'introduction de rentes variables, les risques liés aux placements seraient répercutés encore plus lourdement sur les assuré-e-s. Et ce n'est pas tout : les employeurs et employeuses se verraient libérés de leur obligation d'assainir les caisses de pension. Les rentes variables représentent donc avant tout une mesure d'optimisation des coûts pour les entreprises.

Mais l'introduction de rentes variables est aussi tout simplement contraire à la Constitution : aujourd'hui déjà, pour de nombreuses personnes, les rentes du 2e pilier additionnées à celles de l'AVS ne suffisent pratiquement plus à vivre décemment après la retraite, comme le prescrit pourtant les Constitution. En 2016, la rente LPP versée s'élevait en moyenne à 2358 francs par mois. Avec une rente AVS moyenne, cela donne un revenu mensuel de retraité-e d'un peu plus de 4000 francs. Depuis 2005, les rentes du 2e pilier ont diminué de près de 9 %. Avec l'évolution négative des taux d'intérêts, il faut s'attendre à de nouvelles baisses, même si l'économie est en pleine croissance et que les salaires augmentent. La majorité des retraité-e-s doit donc pouvoir compter sur une rente sûre et stable. De plus, les frais liés à la santé augmentent avec l'âge et laissent de moins en moins de moyens à disposition pour vivre. Sans parler de l'absence de compensation de l'inflation qui, année après année, fait d'ores et déjà fondre les rentes du 2e pilier.

Les partisans des rentes variables (en passant, il s'agit d'anciens dirigeants de caisse de pension de PwC) font preuve d'une méconnaissance de ces réalités qui est non seulement irresponsable, mais carrément cynique. De tels régimes de rentes ne feront que pousser davantage de personnes vers les prestations complémentaires. Ce n'est pas tolérable. En clamant que " les jeunes paient pour les vieux ", on promeut la fin de la solidarité entre les générations. La réponse juste au problème des bas taux d'intérêt, qui plombe déjà les rentes LPP, c'est un renforcement de la prévoyance professionnelle avec des éléments de financement par répartition.

Responsable à l'USS

Gabriela Medici

Secrétaire centrale

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Gabriela Medici
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