Intérêts malingres sur les avoirs du 2e pilier et marges bien replètes pour les banques et les assurances

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Écrit par Doris Bianchi

La semaine dernière, la Commission fédérale de la prévoyance professionnelle a recom-mandé au Conseil fédéral de baisser à 1,5 % le taux d’intérêt minimal pour l’année 2012. La position de l’Union syndicale suisse (USS) s’en trouve minorisée.

Comme d’autres organisations de salarié(e)s, l’USS avait demandé le maintien en 2012 de l’actuel taux minimal de 2 %. Une proposition largement balayée par la commission. En effet, la caste des caisses de pensions a brandi l’épouvantail d’un effondrement du système si celles-ci devaient maintenir un taux de 2 % sur les avoirs de vieillesse. Ces mêmes milieux deviennent ainsi les fossoyeurs du système de la capitalisation dont elles ont entonné des années durant le cantique. Un taux d’intérêt minimal inférieur à 2 % représente de fait un signal funeste pour la prévoyance professionnelle.

Pour les assuré(e)s, l’épargne forcée collective doit en valoir la peine. Or, ce n’est pas le cas avec un taux de 1,5 %. Quand on sait que les comptes épargne jeunesse dégagent des intérêts plus élevés, il va de soi qu’avec un tel taux, la confiance dans le 2e pilier s’estompera. Cela ne sert donc pas à grand-chose de faire remarquer que les marchés financiers sont mal en point ! Que les salarié(e)s doivent à nouveau passer à la caisse pour les puissants de l’industrie des finances frise l’impertinence. Surévalué, le franc suisse est même une double menace pour les salarié(e)s : leurs emplois sont en jeu et les fortunes des caisses de pensions fondent. Que l’industrie de la finance se remplisse les poches avec le 2e pilier n’en est que plus choquant. Une récente enquête de l’Office fédéral des assurances sociales confirme les craintes des syndicats : les coûts de gestion de la fortune des caisses grèvent beaucoup plus lourdement les budgets des caisses qu’on ne le disait jusqu’ici. Les assuré(e)s sont en réalité privés d’environ 4 milliards de francs qui profitent aux banques et aux assurances. Pour elles, les caisses de pensions sont des affaires on ne peut plus attrayantes, grâce aux honoraires, aux taxes, aux courtages et aux frais de transactions qu’elles supposent. Tant que ces marges ne seront pas resserrées, il n’y a pas lieu de faire supporter à chaque fois aux seul assuré(e)s la charge induite par l’assainissement des caisses.

Ces prochaines semaines, le Conseil fédéral fixera le taux d’intérêt minimal LPP pour 2012. Il s’agira alors pour lui de garder en vue les intérêts des assuré(e)s et de renforcer la crédibilité du 2e pilier. Deux objectifs dont un taux d’intérêt de moins de 2 % ne pourra pas tenir compte !

 

Responsable à l'USS

Gabriela Medici

Première secrétaire adjointe a.i.

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Gabriela Medici
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