Une femme agée

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Cette initiative dévoile un agenda contre les salarié-e-s : retraite à 67 ans et plus pour tout le monde

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Communiqués de presse

Message du Conseil fédéral concernant l’« Initiative sur les rentes »

Le nouveau projet de démantèlement de l’AVS se trouve déjà au Parlement : sous prétexte d’évolution démographique, l’« Initiative sur les rentes » entend affaiblir notre prévoyance vieillesse basée sur un financement solidaire. Depuis l’introduction de l’AVS, les grandes banques et les assurances ainsi que leurs relais politiques mettent en garde en avançant des prévisions des plus pessimistes pour l’AVS. L’« Initiative » sur les rentes relève de cette tradition. Aujourd’hui déjà, la situation des travailleurs et travailleuses âgés s’est considérablement dégradée. Relever à 67 ans et plus l’âge de la retraite ferait que les personnes à moyen revenu – comme une secrétaire juridique ou un animateur jeunesse –  devraient travailler jusqu’à l’éreintement. Et pendant ce temps, les gros salaires pourraient toujours se permettre une retraite anticipée. L’Union syndicale suisse (USS) se battra énergiquement contre ce torpillage de l’AVS.

Contrairement à la prévoyance privée, l’AVS est solide et fiable. Les milliards de déficit annoncés depuis des décennies pour l’AVS ne se sont pour l’heure pas réalisés. Les comptes de l’AVS pendant les deux difficiles années de crise sanitaire, 2020 et 2021, bouclent sur un plus d’environ 2,5 milliards de francs. La fortune de l’AVS se monte désormais à près de 50 milliards de francs et elle va encore augmenter ces cinq prochaines années.

Fais ce que je dis, pas ce que je fais

Pour la majorité des salarié-e-s, l’âge de la retraite fixé dans la loi est la base déterminante sur laquelle se calcule le montant de la rente. Aujourd’hui déjà, la réalité est que la personne qui peut se le permettre prend sa retraite plus tôt. Dans les branches où les salaires sont élevés, comme les banques et les assurances, le taux de retraite anticipée est très important.

En même temps, il est clair que plus le revenu est élevé, plus l’espérance de vie l’est en principe aussi. Les personnes qui gagnent moins ou dont la formation est moins bonne vivent de toute évidence moins longtemps. Mais il y a pire encore : elles sont en moins bonne santé. Pendant les années qu’elles vivent une fois à la retraite, elles tombent plus souvent malades. Si l’âge de la retraite augmente de manière générale, les personnes qui ont déjà eu une vie professionnelle difficile vivront une retraite méritée toujours plus courte.

Au lieu de soi-disant alléger la charge des jeunes, cette initiative des jeunes libéraux-radicaux dévoile leur agenda en matière de prévoyance vieillesse, un agenda au détriment des salarié-e-s. Le but de cette initiative n’est rien d’autre de permettre au banquier de prendre sa retraite à 60 ans avec une rente importante et de vivre ainsi encore longtemps, alors que la caissière, l’infirmière ou le magasinier devront travailler jusqu’à 67 ans et ne pourront jouir que durant peu d’années de leur retraite.

Calculer, c’est renforcer l’AVS

L’AVS, c’est précisément pour les jeunes que ça marche. Sans elle, les familles devraient payer 400 000 francs de plus pour pouvoir se constituer dans le privé une retraite du même niveau que l’AVS. Le calcul est simple : pour 92 % des travailleurs et travailleuses, une AVS forte est payante ; seuls 8 % des gros salaires paient plus que ce qu’ils reçoivent. Malgré l’important vieillissement de la population ces dernières décennies, le financement de l’AVS est toujours resté solide parce que la productivité a augmenté. Aujourd’hui, un-e salarié-e-est en moyenne trois fois plus productif par heure qu’en 1948. L’AVS en profite aussi.

Responsable à l'USS

Gabriela Medici

Première secrétaire adjointe

031 377 01 13

gabriela.medici(at)sgb.ch
Gabriela Medici
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