AVSplus : urgent, judicieux, finançable

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L’AVS, un modèle de succès à renforcer avec le relèvement des rentes de 10 %

Les rentes de vieillesse se réduisent comme peau de chagrin. Le Conseil fédéral et la droite veulent même diminuer encore plus les prestations. L'initiative populaire AVSplus de l'USS, sur laquelle nous votons le 25 septembre, permettra d'y remédier. Elle offrira un supplément de 10 % aux rentes AVS. L'Union syndicale suisse (USS) mise sciemment sur un renforcement du 1er pilier parce qu'il est plus social, plus sûr et plus avantageux.

Les rentes AVS sont toujours plus à la traîne des salaires et les prestations du 2e pilier sont sous pression. C'est pourquoi le revenu perçu sous forme de rentes (1er et 2e piliers) est, aujourd'hui déjà, insuffisant pour beaucoup. Si aucune mesure n'est prise pour y remédier, le problème va encore s'aggraver pour les futurs retraité(e)s. Le projet " Prévoyance vieillesse 2020 " veut même dégrader encore plus les prestations de l'AVS en remettant en question l'indexation sur le renchérissement.

C'est pour cela que l'USS a lancé en mars 2013 son initiative populaire " AVSplus : pour une AVS forte ", comme contreprojet à " Prévoyance 2020 ". En décembre de la même année déjà, les initiants pouvaient déposer 112 114 signatures validées à la Chancellerie fédérale. On voit à quel point le problème des rentes trop maigres est brûlant. Logiquement donc, l'initiative bénéficie d'un large soutien. Outre l'USS et ses fédérations, on trouve derrière elle d'autres organisations de salarié(e)s (LCH, SER, FSFP et Syna), le Parti socialiste et les Verts, ainsi que des organisations de retraité(e)s.

Un Conseil des États à courte vue

Et pourtant, c'est avec intransigeance que les Conseils des Etats et national ont refusé AVSplus. Pour comprendre que cette décision est à courte vue, il suffit de regarder ce que représente le revenu touché sous forme de rentes des 1er et 2e piliers par les personnes dont le revenu de l'ancienne activité lucrative était bas ou moyen. De fait, leurs rentes ne leur permettent pas aujourd'hui de " maintenir de manière appropriée [leur] niveau de vie antérieur ". Ce mandat stipulé par la Constitution fédérale n'est donc pas rempli. Par exemple, un monteur-électricien vivant seul et dont le dernier salaire mensuel était de 5 500 francs doit se contenter d'une rente mensuelle de 3 000 francs, c'est-à-dire se serrer nettement plus la ceinture.

Hausse des rentes AVS : urgente, ...

Une hausse des rentes de vieillesse de l'AVS est donc urgente. Pas uniquement pour la majorité des actuels retraité(e)s, mais avant tout pour les générations futures de retraité(e)s. Un supplément de 10 % sur la rente AVS, comme AVSplus le prévoit, allégerait considérablement le quotidien des gens qui touchent des rentes aussi maigres. Et la situation actuelle montre précisément qu'il est judicieux de renforcer de manière ciblée le 1er pilier. En effet, les prestations du 2e pilier sont instables : baisse des intérêts servis sur l'avoir de vieillesse accumulé, baisse des taux de conversion. Ces dernières années, la baisse des prestations a été régulièrement à l'ordre du jour. La plupart du temps, les assuré(e)s et leurs employeurs et employeuses ne peuvent maintenir les prestations au même niveau que s'ils versent beaucoup plus d'argent.

... judicieuse ...

L'amélioration de l'AVS est un bon investissement. En effet, grâce à un système de financement génial et solidaire, les gens à bas ou moyens revenus touchent plus tard beaucoup plus pour les cotisations versées à AVS que s'ils devaient verser les mêmes montants dans la prévoyance privée. Les femmes profitent notamment plus que la moyenne de l'AVS parce que les activités familiales sont prises en considération dans le calcul de la rente. Malgré des interruptions de leur activité lucrative ou un travail à temps partiel, elles reçoivent des rentes AVS semblables à celles des hommes. Et pour les personnes à bas revenus, grâce à une AVS améliorée de 10 %, leur dépendance à l'égard des prestations complémentaires (PC) diminuera. Ce sera là un progrès social, car les rentes d'une assurance sociale sont plus sûres et moins humiliantes que les prestations versées en fonction d'un besoin comme les PC.

... et finançable

Le renforcement de l'AVS est finançable. En dépit de toutes les prévisions faites par l'administration fédérale et le secteur des assurances, l'AVS se révèle extrêmement solide. La principale institution sociale de la Suisse est dans les chiffres noirs, alors que le nombre de rentiers et rentières a sextuplé depuis son introduction, pour dépasser actuellement les deux millions, et qu'aujourd'hui, 2,5 personnes seulement, employées à plein temps, paient désormais pour un rentier ou une rentière.

Une hausse des rentes AVS de 10 % coûtera environ 4,1 milliards de francs. Pour financer cette amélioration, le relèvement des cotisations salariales ne doit pas être un tabou. Alors que les autres assurances sociales, comme les caisses maladie et les caisses de pensions, n'ont cessé d'augmenter leurs cotisations ces dernières années, les cotisations versées à l'AVS sont, avec 8,4 %, restées stables depuis 40 ans. AVSplus coûterait 0,4 % de plus pour les employeurs et employeuses et autant pour les employé(e)s. Mais cette hausse garantirait, pour l'écrasante majorité des retraité(e)s, des prestations supérieures de 200 francs par mois, de 350 francs pour les couples.

L'Union syndicale suisse (USS) et ses partenaires vont montrer aux citoyen(ne)s, à la faveur d'une campagne solide, qu'une prévoyance vieillesse durable nécessite le renforcement de l'AVS.

informations complémentaires

Responsable à l'USS

Gabriela Medici

Secrétaire centrale

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Gabriela Medici
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