OUI à la solidarité, NON au nouveau statut de saisonnier !

  • Migration
Articles
Écrit par Commission des migrations de l’USS

Votation populaire du 14 juin 2026

La migration est une réalité qui fait partie de notre quotidien. Elle constitue également un moteur de la Suisse. Le fait que des personnes s’installent et travaillent ici ne relève pas d’une crise, mais d’une réalité suisse, au cœur de la réussite de notre pays. C’est précisément cette réalité vécue, ordinaire et utile, qui dérange l’UDC.

Sous couvert d’être une « initiative pour la durabilité », l’initiative de l’UDC « Pas de Suisse à 10 millions » constitue dans les faits une attaque frontale contre les droits, la dignité et l’existence des travailleuses et travailleurs, en particulier des migrant-e-s. Elle cible celles et ceux qui construisent jour après jour notre pays et contribuent au modèle de réussite suisse. En cas d’acceptation, des mesures drastiques de limitation dans le domaine de l’asile et du regroupement familial devraient s’appliquer dès 9,5 millions d’habitant-e-s. Comme ces mesures concernent avant tout les séjours de plus de douze mois, des étranger-ère-s continueraient certes à immigrer en Suisse, mais sous un nouveau statut, rétrograde, de « saisonnier ». Les personnes concernées vivraient dans une insécurité permanente, à la merci de leur employeur. Le risque d’exploitation, de dumping salarial et de discrimination sur le lieu de travail augmenterait dangereusement. De telles conséquences seraient néfastes pour l’ensemble de la population.

Cette initiative toucherait aussi de plein fouet les bases mêmes de la vie de famille. Comme 51 % des migrant-e-s immigrent pour des raisons familiales, l’abolition annoncée du regroupement familial et la résiliation d’accords internationaux menaceraient directement le droit à la vie de famille. Une telle politique risque de déchirer des familles et rappelle les heures les plus sombres du statut de saisonnier, lorsque des enfants devaient être cachés pour rester auprès de leur père ou de leur mère, réduits au rang « d’enfants du placard », privés d’école et de vie sociale.

Pour les initiant-e-s, la migration est un bouc émissaire commode pour détourner l’attention de leurs propres échecs politiques. La pénurie de logements, la pression sur les salaires et les trains bondés ne sont pas la faute des personnes qui s’installent en Suisse. Ces problèmes résultent d’années de blocage des partis bourgeois, qui refusent d’investir dans des logements abordables, dans la protection des salaires et dans les infrastructures. En s’attaquant à la normalité de la migration, l’UDC cherche surtout à faire oublier ces problèmes structurels.

L’initiative introduit une distinction entre les travailleuses et travailleurs et cherche à les diviser en fonction de leur origine. En fin de compte, elle fragilise la défense collective des intérêts et accentue la pression sur les salaires, les rentes et les emplois de toutes les personnes vivant en Suisse.

À cette logique d’exclusion et à la xénophobie, les syndicats opposent une vision claire : une politique migratoire et d’asile sociale, féministe et solidaire, qui garantit les droits fondamentaux quel que soit le titre de séjour et renforce la participation sociale, économique et politique.

Nous exigeons de vraies solutions, pas des messages de haine et de division. Il est temps d’investir dans des logements abordables, d’instaurer des contrôles systématiques contre le dumping salarial, de faire respecter les conventions collectives de travail et de garantir les mêmes droits et la même protection à toutes les travailleuses et tous les travailleurs. 

Les membres des syndicats sont appelé-e-s à se mobiliser dans les entreprises, auprès de leurs ami-e-s, au sein des fédérations afin de s’opposer à toute discrimination et de convaincre de glisser dans l’urne un NON clair et solidaire le 14 juin prochain.

Responsable à l'USS

Cyrielle Huguenot

Secrétaire centrale

031 377 01 12

cyrielle.huguenot(at)sgb.ch
Cyrielle Huguenot
Top