Un signal tardif en faveur des femmes et des travailleurs âgés

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Écrit par Véronique Polito, secrétaire centrale de l’USS, responsable de la formation

Initiative visant à combattre la pénurie de personnel qualifié

Le Conseil fédéral a annoncé vouloir prendre des mesures pour favoriser l’emploi des femmes et des travailleurs et travailleuses âgés dans le cadre de son initiative visant à combattre la pénurie de personnel qualifié. L’USS salue cette volonté. Elle reste cependant sceptique sur l’efficacité réelle des mesures proposées.

Une réaction bien tardive

Il est regrettable que la question de l’intégration des femmes et des travailleurs âgés sur le marché du travail fasse seulement son apparition sur l’agenda politique au moment où les discussions à propos de l’introduction de contingents vont bon train. Les syndicats plaident en effet depuis longtemps en faveur de la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, de même que pour des conditions de travail qui permettent aux travailleurs âgés de rester en emploi aussi longtemps que possible.

Malheureusement, ces objectifs n’ont que rarement fait l’objet d’un consensus. La question de la conciliation entre famille et profession, par exemple, est restée jusqu’ici une question relevant essentiellement de la sphère privée. Même l’article constitutionnel sur la famille, combattu par l’UDC et les milieux conservateurs, n’a finalement pas passé le cap du vote populaire. Pourquoi ? Parce que les même qui ont lutté contre l’immigration, ont également lutté contre l’emploi des femmes !

Des mesures insuffisantes en regard des défis à relever

Pour les syndicats, il va sans dire que les mesures esquissées par le Conseil fédéral ne sont pas assez ambitieuses. L’USS n’accorde aucun crédit, par exemple, à des mesures non contraignantes telles que des « chartes » ou des déclarations d’intention signées par les partenaires. Les initiatives uniquement basées sur le volontariat n’ont aucun effet sur le terrain, comme l’a montré l’expérience en matière d’égalité salariale entre hommes et femmes (le fameux « Dialogue sur l’égalité »).

En matière d’accueil extrafamilial des enfants, l’USS s’oppose également à tout projet qui viserait à baisser les coûts et la qualité des prestations. L’USS juge, par exemple, que l’engagement de jeunes en service civil pour remplacer du personnel qualifié dans les structures d’accueil serait absurde. Cela ne conduirait pas à une baisse des coûts, mais plutôt à une baisse de la qualité… à tel point que beaucoup de parents refuseraient de confier leurs enfants à ce type de structure. Mieux vaut investir dans la formation du personnel d’encadrement pour améliorer la prise en charge des enfants et optimiser le fonctionnement des structures que chercher à faire des économies de bouts de chandelle.

L’USS n’est pas non plus convaincue par les projets d’allégements fiscaux pour les couples mariés, ceux-ci ne pouvant profiter qu’aux plus hauts revenus. Plutôt que de planifier de nouvelles pertes fiscales, l’USS plaide pour un meilleur financement public des infrastructures d’accueil de l’enfance et de la petite enfance, afin de décharger financièrement les familles qui y placent leur enfant.

Conseil des États : un signal encourageant

L’USS est prête à s’engager, avec les autres partenaires (employeurs, cantons et Confédérations), à rechercher les solutions les plus constructives, autant sur la question de la conciliation et que sur celle des travailleurs âgés. Le Conseil des États vient de donner un signal encourageant le 23 septembre dernier. En effet, malgré l’opposition du Conseil fédéral, il a accepté un postulat de Paul Rechsteiner, le président de l’USS, qui demande la mise en place d’une conférence nationale consacrée au thème des travailleurs et travailleuses âgés sur le modèle des conférences sur les places d’apprentissage. Il a aussi adopté un postulat Graber qui charge le Conseil fédéral de définir une stratégie pour promouvoir la réintégration professionnelle.

Responsable à l'USS

Laura Perret Ducommun

Première secrétaire adjointe

031 377 01 23

laura.perret(at)sgb.ch
Laura Perret
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