Pour améliorer l’accueil des enfants, il faut plus de moyens financiers

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Écrit par Regula Bühlmann

Regards sur la session d’hiver – Aide financière à l’accueil extrafamilial des enfants

Si on veut que les femmes soient davantage employées dans des emplois qualifiés, il faut aussi améliorer la conciliation entre travail et vie privée. Mais il faut alors aussi augmenter les moyens financiers pour ce faire. Comment une commission du Conseil des Etats peut-elle s’opposer à une telle approche ?

Le Conseil fédéral a demandé, dans le cadre de l’initiative visant à pallier la pénurie de personnel qualifié, une prolongation des aides financières à l’accueil extrafamilial pour les enfants : 100 millions devraient soutenir pendant 5 ans les cantons et les communes qui baissent les contributions parentales. Des projets qui répondent mieux aux besoins des parents actifs professionnellement reçoivent aussi des soutiens.

La proposition avait soulevé une forte approbation pendant la procédure de consultation : elle a recueilli le soutien de 83 des 103 participant(e)s à la procédure, dont 18 cantons, tous les partis sauf l’UDC et le PLR, ainsi que les associations faîtières des communes, des villes et des régions de montagne. Sept autres participant(e)s à la procédure de consultation ont cautionné les projets qui répondent aux besoins des parents, dont parmi eux, l’Union patronale suisse.

Le retour en arrière…

La Commission de la science, de l'éducation et de la culture du Conseil des Etats a décidé le 7 novembre, avec la voix prépondérante de la présidente de la commission, de ne pas entrer en matière. En raison du secret de commission, on ne sait pas pourquoi la commission du Conseil des Etat a refusé d’entrer en matière. Il est toutefois clair qu’à l’audition si deux associations économiques étaient certes invitées (économiesuisse et l’Union patronale suisse), les représentant(e)s des salarié(e)s ne l’étaient pas. Il est aussi clair qu’avec la voix prépondérante donnée par la présidente de la commission, au moins un membre PDC a viré de bord et s’est positionné contre son propre « parti des familles ».

… doit être corrigé

Le plénum se prononce le 28 novembre. Il est pour l’USS évident que le Conseil des Etats doit corriger la décision incompréhensible de sa commission. Si on veut sérieusement lutter contre la pénurie de personnel qualifié et concrétiser l’égalité entre femmes et hommes, il faut créer les conditions cadre adéquates. Pour la société, la conciliation entre vie privée et vie professionnelle est un pilier important de la politique d’égalité et une condition préalable pour une répartition juste entre le travail rémunéré et non rémunéré entre femmes et hommes.

Dans ce domaine, la Suisse a du retard sur les autres pays de l’Union européenne. En comparaison internationale, les parents doivent assumer une part bien trop élevée des frais de garde extrafamiliale, alors que la participation des pouvoirs publics est trop faible. Cela alors qu’une place d’accueil coûte globalement un montant similaire, corrigé du pouvoir d’achat, que dans les autres pays européens. L’injection de fonds est urgemment nécessaire pour rééquilibrer quelque peu la situation.

Du pain sur la planche  

La proposition du Conseil fédéral ne suffit cependant pas pour supprimer le malaise de la conciliation en Suisse : le crédit d’engagement de 100 millions est, du point de vue de la participation jusqu’à présent très modique des pouvoirs publics à l’accueil extrafamilial des enfants en Suisse, bien trop faible pour pouvoir combler les lacunes. L’USS exige une contribution des pouvoirs publics à l’accueil extrafamilial des enfants d’au moins 1 % du PIB.

Il y a encore beaucoup à faire pour améliorer la qualité et les conditions de travail dans les institutions qui accueillent les enfants : presque la moitié des personnes qui travaillent dans ce type d’établissement n’est toujours pas formée. Il manque aussi une convention collective de travail dans l’accueil extrafamilial des enfants. Raison pour laquelle, l’USS exige que la Confédération établisse des critères de qualité pour les établissements et les projets subventionnés ainsi que des standards minimaux pour les conditions d’embauche du personnel, en guise de condition pour le financement.

Responsable à l'USS

Regula Bühlmann

Secrétaire centrale

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Regula Bühlmann
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