La prise en charge des enfants et de tiers : du temps et de l’argent

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Écrit par Christine Flitner

Pourquoi faut-il encore descendre dans la rue en 2011 pour l’égalité des sexes ? La réponse de Christine Flitner, coprésidente de la Commission féminine de l’USS

En 1991, je travaillais dans une maison d’édition. Le 14 juin, les femmes se sont rassemblées dans le local de pause, ont décoré le bâtiment et mis par écrit leurs revendications. Ce ne fut pas du goût de la direction. Pas le fait que nous ayons couvert le bâtiment de couleur mauve et nous étions réunies pendant le travail, mais celui d’avoir concrètement revendiqué au lieu de demander et, en plus, d’avoir cité la Constitution.

Vingt ans plus tard, tout cela n’est guère imaginable. Tout le monde est pour l’égalité. Pratiquement plus personne ne conteste publiquement le droit à un salaire égal.

Grâce à la loi sur l’égalité entre femmes et hommes, quelque chose s’est passé, notamment dans les services publics. Toute une série de professions dites « féminines » ont vu leur position s’améliorer dans les systèmes salariaux et nombre d’employeurs publics ont des règlements qui tiennent particulièrement compte de la situation des parents exerçant une activité lucrative. Les mesures préventives contre le harcèlement sexuel au travail sont désormais aussi devenues la norme dans le secteur public.

Il n’empêche que ça traîne encore dans de nombreux domaines. Une enquête réalisée par nos soins dans la perspective du 14 juin prochain montre que les employeurs s’accordent à dire que le travail à temps partiel est une mesure en faveur de l’égalité. Ce qui est faux. Pour de nombreuses femmes et pour quelques hommes, le travail à temps partiel offre une possibilité de concilier leurs diverses obligations, mais ils et elles en paient le prix sous forme de salaires incomplets, de couverture sociale lacunaire et, plus tard, de rentes moindres. Au lieu de chercher une solution – valable pour toute la société - à la question de la conciliation entre tâches de garde des enfants et activités professionnelles, on répercute le problème sur des individus, en majorité des femmes.

Le travail de garde, rémunéré ou non, est d’une importance vitale pour l’ensemble de la société. Et il le sera toujours plus. Or, il n’est pas vraiment reconnu, car traditionnellement assumé par des femmes. Les salaires versés pour les activités professionnelles de prise en charge sont trop bas et les conditions de travail fréquemment mauvaises. Le personnel des hôpitaux et des homes subit les programmes d’austérité, le financement des soins à domicile est insuffisant, il y a trop peu de places d’accueil pour les enfants et trop peu de personnel bien formé dans ces structures. Cela ne peut pas continuer comme ça !

Tout le monde est favorable à l’égalité des sexes, mais elle ne devrait toujours rien coûter... Les activités de prise en charge d’enfants et de tiers doivent être reconnues et ont besoin d’argent. Autant de raisons de descendre dans la rue le 14 juin prochain.

 

Lisez aussi les conrtibution de Elisabeth Joris, Christina Werder et Tanja Walliser.

Responsable à l'USS

Regula Bühlmann

Secrétaire centrale

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