Graphique : Variation annuelle de l’indice suisse des prix à la consommation (IPC), avec prévisions
 

Hausse des prix ? Hausse des salaires !

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Écrit par David Gallusser

Le renchérissement poursuit sa progression

La décision des États-Unis d’attaquer l’Iran nous coûte cher. La guerre a endommagé des installations de production de pétrole et de gaz dans toute la région du Golfe. En réaction, l’Iran a surtout bloqué le détroit d’Ormuz, situé entre l’Iran et la péninsule Arabique. Alors qu’avant la guerre, près d’un cinquième du pétrole extrait dans le monde transitait par ce détroit, presque plus aucun pétrolier ne l’a franchi ces derniers mois. Résultat, le pétrole s’est raréfié et les prix se sont envolés. Ce mouvement s’est immédiatement fait sentir à la pompe. En Suisse, le prix du litre d’essence a bondi d’environ 1,60 franc en février à près de 1,90 franc en mai. 

Les prix augmentent

Mais la hausse ne s’arrête pas au plein d’essence. Lorsque le pétrole renchérit, le transport et la fabrication de nombreux produits coûtent eux aussi plus cher. À cela s’ajoutent les loyers, qui continuent de grimper indépendamment de la guerre. Le renchérissement s’est donc sensiblement accéléré en Suisse. En mai, les mêmes biens et services coûtaient 0,6 % de plus qu’un an auparavant. Et nous ne sommes pas au bout de nos peines. Cet automne, le renchérissement devrait atteindre entre 1 et 1,5 % (voir graphique). Les négociations entre les États-Unis et l’Iran n’y changeront pas grand-chose. On ignore si l’Iran rouvrira entièrement le détroit d’Ormuz, et le cas échéant à quelles conditions. Même en cas de réouverture complète, il faudra plusieurs mois pour que les flux de pétrole retrouvent leur niveau habituel et que l’inflation ralentisse. 

Les salaires doivent suivre

En Suisse, les salaires ne dépassent que d’environ 1 % leur niveau de l’an dernier. Si les prix augmentent encore cet automne, les salarié-e-s subiront donc une nouvelle perte de pouvoir d’achat. En progressant à un rythme effréné, les primes d’assurance-maladie aggravent le problème. Pour un ménage suisse moyen, la hausse des primes en 2026 représente une diminution de 0,3 % du revenu disponible à la fin du mois. Afin de compenser la hausse des prix et le poids croissant des primes, il faut maintenant augmenter les salaires, au-delà toutefois de cette simple compensation. Car la productivité progresse elle aussi. Année après année, les salarié-e-s produisent en effet davantage. Il est grand temps qu’ils retrouvent enfin du pouvoir d’achat.

Responsable à l'USS

David Gallusser

Secrétaire central

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David Gallusser
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