Réunie en assemblée extraordinaire, l’Assemblée des délégué-e-s de l’USS a tranché : oui à la TVA pour garantir la 13e rente AVS, et une offensive claire pour de meilleures rentes des caisses de pension par une 13e rente LPP.
Depuis 2015, les nouvelles rentes du 2e pilier ont chuté de 15 % en termes réels, alors que les caisses de pension disposent de plus de 14 milliards de francs de fonds libres inutilisés. Dans le même temps, la 13e rente AVS, soit la première hausse générale des rentes AVS depuis 1975, doit être financée durablement. Face à ce double enjeu, l’Assemblée des délégué-e-s de l’USS, réunie ce jeudi en session extraordinaire à Berne, a adopté deux décisions majeures : elle recommande clairement le OUI à la votation du 29 novembre 2026 sur le financement de l’AVS par la TVA (81 votes en faveur, 19 contre, 3 abstentions). Elle lance par ailleurs une offensive syndicale pour revaloriser les rentes du 2e pilier.
Garantir la 13e rente AVS : oui à un financement solide
Grâce à la 13e rente AVS, les rentes de vieillesse réelles vont, pour la première fois, de nouveau augmenter en Suisse. Les délégué-e-s de l’USS ont majoritairement dit oui au relèvement de la TVA à 8,5 %, afin que les finances de l’AVS restent équilibrées. Cette hausse, qui coûte entre 5 et 10 francs par mois selon les ménages, permet de financer une 13e rente AVS.
L’AVS est une assurance particulièrement sociale. Même le patron d’UBS, Sergio Ermotti, ne touche pas plus que la rente maximale. Grâce aux bonifications pour tâches éducatives et d’assistance, les femmes ne sont pas désavantagées. Même lorsque l’AVS est financée par la TVA, il en résulte tout de même une redistribution du haut vers le bas.
La TVA est payée à 60 % par les consommatrices et consommateurs. Ce qu’on a tendance à oublier, c’est que les propriétaires immobiliers, les banques et les assurances y contribuent eux aussi, car ils paient eux-mêmes la TVA sans pouvoir la répercuter directement. Environ 10 % sont en outre acquittés par les touristes étrangers séjournant en Suisse.
Le 2e pilier doit enfin profiter aux assuré-e-s
Les caisses de pension affichent une situation financière solide, une performance cumulée de près de 18 % entre 2020 et 2025, et ont pourtant réduit leurs prestations : le taux de conversion a été abaissé de 6,13 % à 5,26 % en dix ans, et les avoirs de vieillesse ont trop longtemps été sous-rémunérés. Ce déséquilibre doit cesser.
L’USS formule trois revendications concrètes :
- la revalorisation des rentes, via un relèvement des taux de conversion, ou l’introduction d’une 13e rente dans la prévoyance professionnelle ;
- une hausse substantielle du taux d’intérêt minimal LPP, que le Conseil fédéral doit fixer à 3 % pour 2027 (2 % de taux ordinaire, plus 1 % d’intérêt de rattrapage pour compenser le retard accumulé) ;
- et une campagne d’information, menée avec PK-Netz, pour inciter les assuré-e-s des caisses les moins généreuses, dont Swiss Life et Tellco, à exiger un changement.

