Palais fédéral

Photo: Megalesius / Wikimedia Commons |

 

Le Conseil fédéral debout sur les freins

  • Coronavirus
Communiqués de presse

Il manque des mesures de stabilisation des revenus

Le Conseil fédéral renonce à proposer, dans la loi COVID-19, des mesures de stabilisation du pouvoir d’achat pour les bas et les moyens revenus. Au Parlement de corriger cette erreur. Pour atténuer les problèmes financiers des personnes à faibles revenus et des familles ainsi que pour stabiliser la conjoncture.

Pour empêcher que l’économie ne plonge dans une spirale descendante, il faut empêcher que les salarié-e-s n’essuient encore plus de pertes de revenus. Aujourd’hui, les personnes au chômage et celles qui sont au chômage partiel ne reçoivent, dans la plupart des cas, que 70 à 80 % de leur salaire. Et les travailleuses et travailleurs dont les salaires sont les plus bas sont les plus touchés alors qu’en temps normal déjà, ils ont de la peine à nouer les deux bouts. L’Union syndicale suisse (USS) propose que les caisses-maladie distribuent aux assuré-e-s leurs réserves excédentaires, qui s’élèvent à plus de 4 milliards de francs. Les revenus les plus bas doivent par ailleurs être compensés à 100% en cas de chômage partiel. L’accès aux prestations pour perte de gain versées en cas d’interruption de l’activité à cause du coronavirus doivent en plus être prolongées pour toutes les personnes concernées.

Puisque le Conseil fédéral ignore ces problèmes sociaux et économiques, c’est au Parlement qu’il appartient de mettre en place les mesures qui s’imposent. Il faut en outre que la possibilité, déjà décidée par le Parlement, de rester assuré dans la prévoyance professionnelle à partir de 58 ans, en cas de perte de son emploi, soit mise sans délai en œuvre. Dans la période que nous vivons actuellement, elle est plus nécessaire que jamais.

Réglementer la protection de la santé au travail et ancrer le partenariat social
L’USS se félicite de la décision enfin prise par le Conseil fédéral de réglementer explicitement, dans un article de la loi, la protection de la santé sur le lieu de travail en rapport avec la pandémie. Mais on ne comprend pas pourquoi cela ne concernera que les salarié-e-s vulnérables. Il faut en effet que tous et toutes les salarié-e-s en profitent. Cela permettrait d’éviter des situations d’insécurité.

La participation des partenaires sociaux a fait ses preuves : sa réglementation au plan légal est judicieuse
La participation des partenaires sociaux n’est pas ancrée dans le texte légal. Cette omission est regrettable. L’étroite collaboration entre partenaires sociaux a fait ses preuves pendant la crise du coronavirus. Elle a notamment permis de prendre des mesures pratiques pour lutter contre les problèmes économiques et pour endiguer la pandémie. Que le Conseil fédéral ne prévoie pas explicitement leur participation est par conséquent difficilement compréhensible.

Les organes responsables de l’exécution en matière de protection de la santé doivent quant à eux enfin recevoir suffisamment d’argent et être dotés d’assez de personnel. La crise du coronavirus a révélé, à cet égard, de vraies carences.

Les acteurs et actrices culturels menacés dans leur existence
L’USS salue le maintien de l’aide destinée aux acteurs et actrices culturels ainsi qu’au secteur des médias. Mais les mesures prises et les montants promis afin de garantir le minimum vital tiennent insuffisamment compte de la situation dramatique dans laquelle ces personnes se trouvent. Le maintien des interdictions et les insécurités concernant leur situation menacent l’existence de nombre d’entre elles. La Suisse a besoin d’une politique culturelle active.

Top