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La pression syndicale a payé : droit à la rente-pont dès janvier 2021

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Le Parlement a suivi la revendication de l’USS et a accepté d’avancer de six mois le droit à la nouvelle rente-pont.

C’est une victoire pour les syndicats et surtout un grand soulagement pour les personnes concernées : le Parlement a suivi la revendication de l’USS et a accepté d’avancer de six mois le droit à la prestation transitoire pour les chômeurs et chômeuses qui arrivent en fin de droit peu de temps avant l’âge de la retraite. Cette mesure permettra d’atténuer un tout petit peu les effets dévastateurs de la crise qui frappent de plein fouet ces personnes en particulier.

Sombres perspectives

Pour les personnes qui sont au chômage à plus de 55 ou 60 ans, la situation est de plus en plus inquiétante. Alors que la situation s’est un peu améliorée chez les jeunes au cours de l’été, le taux de chômage chez les personnes en fin de carrière continue de grimper. Le groupe des 60-64 ans est le plus durement touché : le nombre de chômeurs et chômeuses dans cette tranche d’âge a atteint en octobre un sommet historique avec 11 397 personnes. Et la part du chômage de longue durée sur l’ensemble des chômeurs et chômeuses est à son plus haut niveau depuis la dernière révision de loi sur l’assurance-chômage (LACI) en 2011.

Taux de chômage selon l’âge (corrigé des valeurs saisonnières, jusqu’en novembre 2020)

Les perspectives sont assez sombres pour les chômeurs et chômeuses de cette tranche d’âge, car le chômage global a connu la plus forte hausse dans les branches qui rencontrent les plus grandes difficultés économiques, notamment l’industrie des machines, l’hôtellerie-restauration ou la branche des voyages. Ainsi dans le canton de Zurich, il y avait en novembre 17 emplois à pourvoir dans l’hôtellerie et 145 dans la restauration, alors que 3204 personnes de la branche étaient inscrites au chômage. La recherche d’emploi est de plus en plus souvent vouée à l’échec pour les chômeurs et chômeuses qui ont passé un certain âge. Le risque d’arriver en fin de droit est de plus en plus grand.

Compte tenu de cette situation, l’USS demandait deux mesures : d’une part, éviter les arrivées en fin de droit et d’autre part, l’entrée en vigueur au plus vite de la prestation transitoire pour chômeurs et chômeuses âgés, décidée en juin 2020 par le Parlement.

Le Parlement corrige le tir : un droit dès janvier

Alors que la situation ne cesse de s’aggraver pour les personnes au chômage et qui ont passé un certain âge, le Conseil fédéral ne veut rien entendre et maintient l’entrée en vigueur des prestations transitoires comme prévu le 1er juillet 2021. Pour les personnes concernées, c’est plus que problématique puisque, pour quelques mois seulement, elles risquent une absence de revenus de jusqu’à cinq ans. Il ne leur restera plus que le recours à l’aide sociale.

Heureusement, le Parlement a corrigé le tir. Sur pression de l’USS, il a fait en sorte que les personnes qui auraient la malchance d’arriver en fin de droit après le 1er janvier 2021 ne seraient pas simplement livrées à elles-mêmes. Cette mesure transitoire crée rétroactivement le droit à la « prestation transitoire pour chômeurs âgés » pour toutes les personnes qui arriveront en fin de droit au cours du premier semestre 2021 et qui rempliront par ailleurs toutes les autres conditions d’octroi. Elle permet ainsi de venir en aide au cas de rigueur qui surviendraient jusqu’à l’entrée en vigueur de la législation sur les prestations transitoires.

Tout faire pour empêcher les arrivées en fin de droit

Au cours de la première vague de la pandémie au printemps, le Conseil fédéral a empêché les arrivées en fin de droit de l’assurance chômage en gelant temporairement le nombre d’indemnités journalières perçues ainsi que les délais cadre pour que le moins de personnes possible arrivent en fin de droit. Le nombre d’indemnités perçues au cours de cette première vague n’a pas été comptabilisé. Il n’y a donc eu (presque) aucune arrivée en fin de droit entre mars et juillet. Dès le mois d’août, on en comptait 491, et en septembre ce chiffre a grimpé à 1737. L’USS va donc continuer de se battre pour qu’on évite à tout prix les fins de droit au cours de cette deuxième vague. Il faut pour cela augmenter le nombre d’indemnités journalières et les délais cadre pour les personnes concernées. Les restrictions actuelles rendent les recherches d’emploi particulièrement difficiles.

Responsable à l'USS

Gabriela Medici

Première secrétaire adjointe

031 377 01 13

gabriela.medici(at)sgb.ch
Gabriela Medici
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