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         xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
         xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>SGB RSS Feed</title><link>https://sgb.ch/</link><description>Beiträge des SGB</description><language>de-CH</language><copyright>Schweizerischer Gewerkschaftsbund</copyright><pubDate>Thu, 02 Apr 2026 19:31:29 +0200</pubDate><lastBuildDate>Thu, 02 Apr 2026 19:31:29 +0200</lastBuildDate><atom:link href="https://www.uss.ch/themes/travail/rss" rel="self" type="application/rss+xml" /><generator>Schweizerischer Gewerkschaftsbund</generator><item><guid isPermaLink="false">news-11524</guid><pubDate>Tue, 17 Feb 2026 11:44:08 +0100</pubDate><title>Attaque frontale contre les bas revenus et le dimanche chômé</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/attaque-frontale-contre-les-bas-revenus-et-le-dimanche-chome</link><description>La CER-E contre la protection des travailleuses et travailleurs</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La commission du Conseil des États veut permettre de passer outre aux salaires minimums cantonaux. Ainsi, les travailleuses et travailleurs à bas salaire verront leur revenu encore reculer. Les femmes actives dans l’hôtellerie-restauration, le commerce de détail, la coiffure et le nettoyage seront particulièrement touchées. Des milliers de bénéficiaires du salaire minimum perdront de facto leur droit à un revenu couvrant les besoins vitaux. La Confédération indique pourtant clairement que de telles visées sont contraires à la Constitution.</p><p>La majorité des partis bourgeois veut permettre aux employeurs de verser des salaires à plein temps qui ne suffisent plus pour vivre. Pour les personnes concernées, il en résulte une lacune de revenu, laquelle doit être comblée par les communes au moyen de l’aide sociale, à la charge de collectivité. Pour les employeurs, les avantages sont évidents : moins de salaires pour plus de bénéfices.</p><p>Le mépris de la Constitution et du fédéralisme dont font preuve les prétendus représentant-e-s des cantons est particulièrement choquant. Par ses décisions, la majorité de la commission viole des principes fondamentaux de l’État de droit suisse, alors que Confédération et cantons ont mis en garde contre de telles violations du droit. Celles-ci sont sciemment tolérées afin de permettre aux employeurs de verser des salaires plus bas, qui ne suffisent pas pour vivre. Les acquis ont certes pu être préservés, mais ils ne compensent pas l’inflation.</p><p>Dans le cadre de la libre circulation des personnes, les salaires minimums cantonaux constituent une barrière importante contre le dumping salarial. Les employeurs et la majorité bourgeoise de la commission affaiblissent ainsi la protection des salaires à la veille des prochaines votations sur l’Europe. Ce faisant, ils jouent avec le feu et mettent en péril la politique d’ouverture de la Suisse vis-à-vis de l’UE. Une politique qui, grâce aux mesures sociales d’accompagnement, a pourtant fait ses preuves.</p><h3 class="heading--h5">Davantage de travail dominical pour moins de salaire</h3><p>La majorité de la commission veut démanteler la protection des salarié-e-s. À l’instigation du canton de Zurich, elle entend permettre le travail dominical sans autorisation dans le commerce de détail jusqu’à douze dimanches par an, contre quatre actuellement. Et ce, alors même que la majorité des cantons y renonce aujourd’hui délibérément et que les syndicats ont remporté deux tiers des votations sur l’extension des horaires d’ouverture des magasins.</p><p>Il faut rappeler que les conditions de travail dans le commerce de détail sont particulièrement difficiles : horaires irréguliers, journées fractionnées, faible prévisibilité, activités physiquement exigeantes et bas salaires. Une extension du travail dominical aggraverait encore ces conditions.</p><p>Les décisions de la commission vont encore plus loin. Les suppléments de salaire en vigueur pour le travail dominical sont remis en question. Aujourd’hui, une majoration de 50 % s’applique tant que le travail dominical reste exceptionnel et qu’il ne dépasse pas quatre dimanches. À l’avenir, quiconque travaillerait plus de six dimanches perdrait le droit à ce supplément pour l’ensemble des dimanches effectués. Le personnel de vente devrait travailler sensiblement plus de dimanches tout en perdant le droit aux suppléments. Une fois de plus, les travailleuses et travailleurs devraient supporter davantage de contraintes pour un salaire moindre.</p><p>Ce démantèlement est inacceptable. Qui travaille doit pouvoir vivre de son salaire et a droit à un dimanche libre. L’USS s’opposera résolument à ces attaques contre le droit du travail.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/brochures/25-jahre-mindestlohn_titelbi.jpg" length="140334" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11607</guid><pubDate>Thu, 02 Apr 2026 11:03:36 +0200</pubDate><title>Les salaires minimums renforcent la formation continue sans compromettre la formation professionnelle</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/les-salaires-minimums-renforcent-la-formation-continue-sans-compromettre-la-formation-professionnelle</link><description>Nouvelle étude</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Une nouvelle étude met en lumière les effets positifs de l’introduction de salaires minimums sur la formation continue de l’ensemble des salarié-e-s&nbsp;: les salaires minimums cantonaux favorisent la formation continue financée par les employeurs sans nuire à celle des apprenti-e-s.</p><p>Une nouvelle étude du Swiss Leading House «&nbsp;Economics of Education&nbsp;» contredit un argument central des opposant-e-s aux salaires minimums : l’introduction de salaires minimums cantonaux ne nuit ni à la formation professionnelle ni à la formation des apprenti-e-s. Au contraire, elle incite les entreprises à investir davantage dans la formation continue formelle et générale, suivie pendant les heures de travail aux frais des employeurs.</p><h3 class="heading--h5">Les salaires minimums ne menacent pas la formation professionnelle</h3><p>En général, trois groupes de travailleuses et travailleurs sont exclus du champ d’application des salaires minimums cantonaux : les apprenti-e-s, les étudiant-e-s en stage ainsi que les personnes engagées dans des programmes d’insertion professionnelle.</p><p>Malgré cela, les opposant-e-s affirment régulièrement que les salaires minimums inciteraient les entreprises à offrir moins de places d’apprentissage, ou détourneraient les jeunes des apprentissages. Or selon l’étude, aucun élément ne permet d’étayer ces affirmations. Ni la part des entreprises formatrices ni la proportion de personnes peu qualifiées ou d’apprenti-e-s dans l’effectif total ne changent après l’introduction de salaires minimums cantonaux. L’étude écarte également l’hypothèse inverse, à savoir que les apprenti-e-s remplaceraient les travailleuses et travailleurs peu qualifié-e-s. Bien que les apprenti-e-s en soient exclus et gagnent nettement moins, les salaires minimums n’influencent pas la formation professionnelle initiale.</p><h3 class="heading--h5">Les salaires minimums favorisent sensiblement et durablement la formation continue</h3><p>L’étude a analysé les effets de l’introduction de salaires minimums cantonaux entre 2018 et 2022 dans cinq cantons (Neuchâtel, Jura, Genève, Tessin, Bâle-Ville). Les résultats parlent d’eux-mêmes :</p><ul><li>la participation des travailleuses et travailleurs à une formation continue augmente d’environ 8&nbsp;%&nbsp;;</li><li>l’intensité de la formation continue – c’est-à-dire le temps consacré – progresse d’environ 14&nbsp;%&nbsp;;</li><li><p>les effets se manifestent dès l’année d’introduction et sont encore visibles aujourd’hui.</p><p>&nbsp;</p></li></ul><p>En d’autres termes, l’introduction de salaires minimums cantonaux accroît en moyenne de trois points de pourcentage la probabilité que les salarié-e-s participent à une formation continue, ainsi que l’intensité de la formation d’environ une demi-heure par mois.</p><p>Il est intéressant de noter que l’augmentation concerne principalement les formations continues formelles et générales, qui permettent l’acquisition de compétences valorisables aussi en dehors de l’entreprise actuelle. Par ailleurs, ces formations supplémentaires se déroulent majoritairement pendant les heures de travail et sont presque intégralement financées par les employeurs.</p><h3 class="heading--h5">Des effets positifs non seulement pour les bas salaires, mais pour l’ensemble des salarié-e-s</h3><p>Après l’introduction des salaires minimums, tous les employé-e-s, indépendamment de leur ancienneté, suivent davantage de formations continues, sur des durées plus longues. En outre, l’étude met en évidence des retombées favorables. En particulier, la formation continue n’augmente pas uniquement chez les personnes soumises au salaire minimum, mais également chez les salarié-e-s dont le revenu est largement supérieur. Les salaires minimums renforcent ainsi clairement les qualifications d’une part substantielle des travailleuses et travailleurs.</p><h3 class="heading--h5">Enseignement central</h3><p>Selon les auteur-e-s, ces résultats montrent que les entreprises réagissent à la hausse des coûts salariaux non pas en licenciant des employé-e-s, mais en cherchant, dans leur propre intérêt, à accroître la productivité de leur personnel grâce à davantage d’investissements dans la formation continue. Cela ne signifie toutefois pas qu’elles partagent systématiquement avec celui-ci les gains tirés des formations continues. Des études antérieures révèlent en effet que les travailleuses et travailleurs obtiennent généralement des hausses de salaire après une formation continue uniquement en changeant d’employeur.</p><h3 class="heading--h5">Conclusion du point de vue syndical</h3><p>Les résultats de l’étude sont très importants du point de vue de la politique du marché du travail et de la formation :</p><ul><li>les salaires minimums et la formation professionnelle ne sont pas antinomiques&nbsp;;</li><li>les salaires minimums accroissent les investissements dans la formation continue&nbsp;;</li><li>les travailleuses et travailleurs sont doublement gagnants, puisqu’ils améliorent à la fois leur salaire et leurs compétences.</li></ul><p>Pour l’Union syndicale suisse, ces enseignements soulignent le lien indissociable entre salaires équitables et qualification professionnelle. Les salaires minimums cantonaux ne sont pas seulement un instrument contre le dumping salarial. Ils constituent aussi un levier efficace pour développer la formation continue, accroître la productivité et améliorer les perspectives professionnelles des travailleuses et travailleurs.</p><p><br>Lien vers l’étude dans sa version originale&nbsp;:<br><a href="http://repec.business.uzh.ch/RePEc/iso/leadinghouse/0242_lhwpaper.pdf" target="_blank" class="link--icon--external" rel="noreferrer"><i class="fa-solid fa-file-pdf" aria-hidden="true"></i> «Minimum Wages and Provision of Training.» Swiss Leading House «Economics of Education» Working Paper No. 242, 2025. By Katarina Zigova and Thomas Zwick</a></p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/bildung/Weiterbildung-Seminar_stockfour-ist.jpg" length="347885" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11596</guid><pubDate>Fri, 27 Mar 2026 09:45:00 +0100</pubDate><title>Dénoncer les bilatérales, affaiblir le pouvoir d’achat ? NON à l’initiative du chaos de l’UDC</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/non-a-linitiative-du-chaos-de-l-udc-denoncer-les-bilaterales-affaiblir-le-pouvoir-dachat</link><description>Les syndicats et les partis de gauche lancent leur campagne en vue de la votation</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’initiative du chaos de l’UDC entraîne la dénonciation des accords bilatéraux avec l’UE. Le plan extrême de l’UDC s’appliquera dès que la Suisse atteindra 9,5&nbsp;millions d’habitant-e-s, ce qui correspond à une croissance démographique de 4&nbsp;% seulement. Ce plafonnement rigide de la population constitue une attaque massive contre le pouvoir d’achat des salarié-e-s. La récession qui menace entraînera des destructions d’emplois ainsi qu’une baisse des salaires et des rentes. Sans bilatérales, la protection des salaires tombera également. L’absence de contrôles ouvrira la voie au dumping salarial. L’initiative intervient à un moment particulièrement critique. Dans un monde marqué par l’incertitude et les guerres, il serait irresponsable de saper le partenariat le plus stable et le plus important de la Suisse. C’est pourquoi les syndicats et les partis de gauche se mobilisent contre cette initiative destructrice avec une <a href="https://chaos-non.ch" target="_blank" rel="noreferrer">campagne forte et visible</a>.</p><p>La Suisse a besoin de relations stables avec l’Europe et de droits solides pour les collègues de travail, les ami-e-s et les voisin-e-s tout particulièrement en cette période d’insécurité mondiale. En cas d’acceptation de l’initiative du chaos, les 1,5 million de citoyen-ne-s de l’UE qui vivent dans notre pays seront relégué-e-s au rang de personnes de seconde zone. Ils devront en permanence craindre que leurs enfants ou leurs partenaires soient expulsé-e-s. Leur propre statut de séjour deviendra plus précaire. Or, c’est grâce à leur travail que notre pays fonctionne, notamment dans les secteurs des soins, de la construction et de la restauration.</p><p>Lors de la conférence de presse de lancement de la campagne, <strong>Cédric Wemuth</strong>, co-président du PS, a insisté sur une chose&nbsp;: «&nbsp;L’initiative du chaos de l’UDC impose la résiliation des accords bilatéraux. Or, dans un monde où Trump est au pouvoir, la Suisse a plus que jamais besoin de relations stables avec l’Europe.&nbsp;» Pour l’économie suisse tournée vers l’exportation, une résiliation des bilatérales aura des conséquences dramatiques. Près de la moitié des exportations suisses est destinée à l’UE. Un accès restreint au marché européen freinera les investissements, poussera des entreprises à se délocaliser et détruira des emplois.</p><p>Les salarié-e-s seront durement touchés. La fin des accords bilatéraux mettra également en péril la protection des salaires. Les mesures d’accompagnement garantissent aujourd’hui les salaires et les conditions de travail. Sans cette protection, le dumping salarial menace, avec un retour à des conditions précaires. <strong>Vania Alleva</strong>, présidente d’Unia et vice-présidente de l’USS, affirme pour sa part&nbsp;: «&nbsp;Sans protection des salaires, ce ne sont pas seulement les salaires qui baissent, ce sont aussi les droits des travailleuses et travailleurs qui sont menacés.&nbsp;» <strong>Lisa Mazzone</strong>, présidente des Vert-e-s, précise&nbsp;: «&nbsp;Nous ne voulons pas retourner aux sombres années du statut de saisonnier, lorsque des migrant-e-s devaient vivre sans droits ni perspectives, séparé-e-s de leur famille.&nbsp;»</p><p>À cela s’ajoute une aggravation de la pénurie de personnel qualifié. Dans de nombreux secteurs, la Suisse dépend de la main d’œuvre venue de l’étranger. Sans la libre circulation des personnes, le manque de personnel s’aggravera fortement. La sécurité de l’approvisionnement, notamment le système de santé, sera compromise. <strong>Adrian Wüthrich</strong>, président de Travail.Suisse, met en garde&nbsp;: «&nbsp;Le personnel soignant est déjà à bout. Sans les professionnel-le-s des soins venu-e-s de l’étranger, une prise en charge de qualité ne pourra plus être garantie, que ce soit dans les hôpitaux, les EMS ou les soins à domicile. Le stress ne fera qu’augmenter.&nbsp;»</p><p>La prévoyance vieillesse sera elle aussi mise à mal. Car moins de personnes actives signifie moins de recettes pour l’AVS et les caisses de pension, tandis que les coûts, eux, augmentent. La pression sur les rentes s’intensifiera. Les primes d’assurance-maladie grimperont également, par maque d’assuré-e-s qui paient leurs primes. <strong>Daniel Lampart</strong>, économiste en chef de l’USS, fait les comptes&nbsp;: «&nbsp;Cette initiative coûtera très cher à la population, dans la mesure où elle provoquera une baisse des salaires et des retraites.&nbsp;»</p><p>Face à cette attaque, les syndicats, le PS et les Vert-e-s font front commun. Ils misent sur une vaste mobilisation dans toute la Suisse, avec un travail de terrain, des actions publiques et une présence sur les lieux de travail. En cas d’acceptation, cette initiative nuira gravement à la population active comme aux retraité-e-s.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/6/b/csm_MoinsDeSalaireMoinsDeRente_m_2344b2a877.png" length="1635286" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11583</guid><pubDate>Tue, 17 Mar 2026 14:26:03 +0100</pubDate><title>Attaque contre les bas salaires et la Constitution</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/attaque-contre-les-bas-salaires-et-la-constitution</link><description>Le Conseil des États entend abaisser les salaires</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"><span lang="FR-CH">Le Conseil des États veut permettre de passer outre aux salaires minimaux cantonaux. Les travailleuses et travailleurs à bas salaires verront leur revenu encore reculer. Les personnes les plus touchées seront celles qui travaillent dans l’hôtellerie-restauration, le nettoyage ou les salons de coiffure. Les salaires assurant le minimum vital de milliers de salarié-e-s sont ainsi remis en question. Par sa décision, le Conseil des États enfreint sciemment la Constitution.</span></p><p><span lang="FR-CH">La majorité bourgeoise du Conseil des États s’est prononcée aujourd’hui pour que les salaires minimaux cantonaux ne s’appliquent plus aux salarié-e-s soumis-e-s à une convention collective de travail (CCT) déclarée de force obligatoire. Les salarié-e-s couverts par une CCT qui touchent déjà aujourd’hui un salaire minimum cantonal ne bénéficieront plus d’aucune hausse du salaire minimum. Dans les cantons et les communes qui introduiront un salaire minimum, les salarié-e-s couverts par une CCT ne le percevront jamais.</span></p><p><span lang="FR-CH"><strong>Attaque frontale contre les bas salaires</strong></span></p><p><span lang="FR-CH">La décision du Conseil des États constitue une attaque frontale contre les bas salaires. Il est pourtant prouvé que les salaires minimaux améliorent les rémunérations les plus basses. Ils permettent aux travailleuses et travailleurs de vivre de leur salaire. Enfin, ils réduisent les inégalités salariales entre femmes et hommes, puisque de nombreuses femmes travaillent pour les salaires les plus bas. Par sa décision, le Conseil des États permet aux employeurs de réaliser des profits sur le dos des personnes au bas de l’échelle salariale. Et ce ne sont pas seulement les salarié-e-s qui en paieront le prix. Leurs familles, mais aussi la collectivité – à travers l’aide sociale – en supporteront aussi les coûts. Elles devront en effet venir en aide de celles et ceux dont le salaire, même à plein temps, ne suffit pas pour vivre.&nbsp;</span></p><p><span lang="FR-CH"><strong>Délibérément anticonstitutionnel</strong></span></p><p><span lang="FR-CH">Par sa décision, le Conseil des États viole la Constitution et porte atteinte au fédéralisme, alors même que le Conseil fédéral et les cantons ont déjà clairement mis en garde contre un tel risque. L’exception liée aux CCT va à l’encontre des principes fondamentaux de l’État de droit suisse et des décisions démocratiques prises par certains cantons et certaines communes. Malgré cela, la majorité a ignoré cet aspect afin de permettre aux employeurs, notamment dans l’hôtellerie-restauration, de continuer à verser des salaires de misère.</span></p><p><span lang="FR-CH"><strong>Protection des droits acquis insuffisante</strong></span></p><p><span lang="FR-CH">Telle que décidée par le Conseil des États, la protection des droits acquis, ne change pas grand-chose au caractère anticonstitutionnel de la mesure. Elle conduit elle aussi à une baisse des salaires, puisque les salaires minimaux cantonaux à Genève et à Neuchâtel, ainsi que le salaire minimum communal à Lucerne, perdront progressivement de leur valeur réelle. Surtout, elle empêchera que de futurs salaires minimaux puissent déployer pleinement leurs effets. La majorité du Conseil des États empêche ainsi qu’à Zurich et Winterthour, des milliers de salarié-e-s à bas salaire puissent bénéficier du salaire minimum voulu par le corps électoral. Dans d’autres cantons et communes (Vaud, Valais, Tessin, Jura ainsi que les villes de Berne et Bienne), le Conseil des États réduit la marge de manœuvre d’initiatives en cours.</span></p><p><span lang="FR-CH"><strong>Affaiblissement de la protection des salaires</strong></span></p><p><span lang="FR-CH">Dans le cadre de la libre circulation des personnes, les salaires minimaux cantonaux constituent une barrière importante contre le dumping salarial. Les employeurs et le parlement affaiblissent la protection des salaires à la veille des prochaines votations sur l’Europe. C’est jouer avec le feu et mettre en péril la politique d’ouverture de la Suisse vis-à-vis de l’UE. Accompagnée de mesures de protection sociale, celle-ci a pourtant déjà fait ses preuves. L’USS s’opposera par tous les moyens à ces attaques contre les salaires minimaux.</span></p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/coiffeurin-bei-der-arbeit_ist-flamingoimages.jpg" length="356806" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11577</guid><pubDate>Mon, 16 Mar 2026 09:15:00 +0100</pubDate><title>Non à l’initiative du chaos de l’UDC : défendons nos emplois et nos salaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/non-a-linitiative-du-chaos-defendons-nos-emplois-et-nos-salaires-discours-maillard</link><description>Intervention de Pierre-Yves Maillard, président de l&#039;USS, à la conférence de presse du 16 mars 2026</description><content:encoded><![CDATA[<p><i><sup>Seul la version orale fait foi.</sup></i></p><p class="lead">L’initiative extrême de l’UDC entraînera des conséquences dangereuses pour notre pays. Elle met en péril nos emplois, nos salaires et nos rentes. Pour freiner l’immigration, elle accepte le risque de récession. Parallèlement, elle menace de provoquer une hausse des primes maladie. L’initiative s’appliquera dès 9,5 millions d’habitant-e-s, ce qui correspond à une croissance démographique minimale de 4 % environ. Par ailleurs, le texte remet en question des acquis sociaux essentiels, en particulier les mesures d’accompagnement, qui protègent les salaires et les droits des salarié-e-s, et que l’UDC cherche à abolir depuis des années.</p><p><span lang="FR-CH">Cette initiative est synonyme de chaos. Son acceptation entraînera la&nbsp;résiliation des accords bilatéraux&nbsp;avec l’Union européenne. Or l’économie mondiale est déjà sous pression : les États-Unis se détournent de plus en plus du commerce multilatéral. La Chine cherche à stimuler son industrie à grands renforts de subventions et de dumping. Dans ce contexte, l’UDC voudrait que la Suisse se coupe sans raison de l’UE, son principal partenaire commercial. On peut débattre des problèmes liés à la croissance. Mais il ne faut surtout pas perdre de vue qu’au final, ce sont les travailleuses et les travailleurs qui feront les frais de cette récession imposée.</span></p><p><span lang="FR-CH">L’incertitude économique et les crises sont néfastes pour les salaires. Lorsque les entreprises investissent et exportent moins, les revenus fléchissent aussi. Et si dans le même temps, on affaiblit la protection des salaires, on ouvre grand la porte au dumping salarial. C’est précisément ce qui risque de se produire si les Bilatérales – et donc les mesures d’accompagnement – sont remises en cause.</span></p><h3 class="heading--h5"><span lang="FR-CH">Le plafonnement démographique rigide menace nos rentes</span></h3><p><span lang="FR-CH">L’AVS fonctionne parce que de nombreuses personnes actives y cotisent. Or, une grande partie des personnes qui immigrent en Suisse sont jeunes et exercent une activité professionnelle. Leurs cotisations contribuent à stabiliser nos assurances sociales. Si leurs cotisations disparaissent, d’importantes lacunes de financement se formeront. La pression sur les rentes augmentera.</span></p><p><span lang="FR-CH">Les caisses de pension seront elles aussi touchées. Des analyses montrent que les rentes pourraient baisser d’un montant allant jusqu’à 2500 francs par an. En parallèle, la hausse des prix et l’incertitude économique affaibliront le pouvoir d’achat des retraité-e-s.&nbsp;</span></p><p><span lang="FR-CH">Il y a d’ailleurs un élément qu’on oublie trop souvent dans le débat politique. La Suisse fait face à une réalité démographique, celle du vieillissement de la population. Sans immigration, il y aura toujours moins de jeunes qui travaillent, qui cotisent et qui font tourner l’économie. Aujourd’hui, sur 100 femmes en âge d’avoir des enfants, on ne compte qu’environ 65 filles à long terme. En d’autres termes, sans immigration, il y aura au minimum un tiers de naissances en moins dans notre pays. Notre population diminuera et vieillira. Le déclin économique guette.</span></p><p><span lang="FR-CH">Les auteurs de l’initiative du chaos prétendent qu’on pourrait simplement gérer la migration avec de nouveaux contingents. Mais l’histoire nous apprend autre chose. Dans les périodes de croissance, la migration a toujours été élevée, même avec un système de contingents. La différence, c’est qu’à l’époque, beaucoup de travailleuses et de travailleurs étaient privés de droits, mal payés, voire employés au noir.</span></p><p><span lang="FR-CH">La libre circulation des personnes a amélioré la condition de ces personnes. Elle permet de travailler légalement, d’avoir des droits sociaux, et de faire respecter des standards minimaux. Sans oublier qu’elle protège également les salaires des travailleuses et travailleurs en Suisse.</span></p><h3 class="heading--h5"><span lang="FR-CH">Des conséquences désastreuses pour le service public et les primes d’assurance-maladie</span></h3><p><span lang="FR-CH">J’ajoute un point central&nbsp;: à l’heure actuelle, notre économie et notre service public fonctionnent grâce à une main d’œuvre qualifiée étrangère. Dans la santé, par exemple, environ la moitié des médecins viennent de l’étranger. Il en va de même d’une grande partie du personnel soignant. Si ces professionnel-le-s viennent à manquer, c’est l’accès aux soins qui se retrouve compromis. L’expérience britannique après le Brexit montre ce qui se passe alors&nbsp;: diminution du personnel, détérioration de la qualité des soins et augmentation des risques pour les patient-e-s.</span></p><p><span lang="FR-CH">Enfin, cette initiative aura aussi un impact sur les primes d’assurance-maladie. En moyenne, les personnes actives paient nettement plus de primes qu’elles ne perçoivent de prestations. Leurs cotisations aident à financer les coûts de santé de la population âgée. Si le nombre d’actifs diminue, cet argent manquera et les primes augmenteront pour tout le monde.</span></p><p><span lang="FR-CH">L’initiative de l’UDC n’est pas dans l’intérêt des travailleuses et travailleurs.</span><br><span lang="FR-CH">Elle n’est pas dans l’intérêt des retraité-e-s.</span><br><span lang="FR-CH">Et elle n’est pas dans l’intérêt de notre pays.</span></p><p><span lang="FR-CH">Parce qu’elle met en danger des emplois, remet en cause la protection des salaires et affaiblit nos rentes. En cette période de troubles mondiaux et de conflits commerciaux croissants, où la Suisse peut elle aussi se retrouver prise entre deux feux, nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de jouer aux apprentis sorciers.</span></p><p><span lang="FR-CH">C'est pourquoi l’Union syndicale suisse et ses syndicats mèneront une campagne visible et déterminée, et diront clairement non à cette initiative.</span></p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/veranstaltungen/260316_MK-ChaosIniNein_FSchuetz_2.jpg" length="391861" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11573</guid><pubDate>Fri, 13 Mar 2026 11:11:49 +0100</pubDate><title>Défendre les salaires et les emplois – Non au repli sur soi</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/defendre-les-salaires-et-les-emplois-non-au-repli-sur-soi-appel-1er-mai</link><description>Appel pour le 1er mai 2026</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Guerres, droits de douane et catastrophes : l’incertitude gagne du terrain dans le monde. Et c’est précisément maintenant que nous allons voter sur l’initiative populiste de l’UDC qui pourrait plonger la Suisse dans le chaos. Son acceptation entraînerait la résiliation des accords bilatéraux avec l’UE, notre principal partenaire commercial. Elle mettrait ainsi nos emplois en péril. Le niveau des salaires en Suisse est lui aussi menacé, puisque la fin de la libre circulation des personnes signifierait la fin de la protection des salaires. L’absence de contrôles ouvrirait la voie au dumping salarial.</p><p>C’est pourquoi les syndicats se mobiliseront le 1<sup>er</sup>&nbsp;mai&nbsp;2026 sous le mot d’ordre&nbsp;:</p><h3 class="heading--h5">Défendre les salaires et les emplois – Non au repli sur soi</h3><p><span lang="FR-CH">La Suisse et les pays de l’UE subissent une énorme pression politique et économique de la part des États-Unis de Donald Trump. En ces temps incertains, rompre avec nos voisins serait une grave erreur. Des études sur ce projet radical de l’UDC prédisent un ralentissement de l’activité économique, une diminution des investissements et une hausse des licenciements.&nbsp;</span></p><p><span lang="FR-CH"></span></p><p><span lang="FR-CH">La restriction du droit de séjour et du regroupement familial précariserait les conditions de travail. Parallèlement, les contrôles des salaires prévus par les mesures d’accompagnement seraient abolis. Le dumping salarial et le travail au noir prendraient une ampleur inquiétante. Les conséquences seraient dramatiques pour l’ensemble des travailleuses et travailleurs&nbsp;!</span></p><p><span lang="FR-CH"></span></p><p><span lang="FR-CH">De plus, l’initiative compromet nos rentes. Comme le nombre de personnes à la retraite augmente, le plafonnement de la population ferait reculer la part des personnes actives dans la l’ensemble de la population. Avec la fin de la libre circulation, l’AVS perdrait des centaines de milliers de cotisant-e-s et des milliards de recettes. Un nombre toujours plus limité de personnes actives devrait financer les retraites d’un nombre croissant de retraité-e-s. Dans le même temps, le repli économique ferait grimper les prix. Résultat : moins de moyens pour l’AVS et moins de pouvoir d’achat pour les retraité-e-s.</span></p><p><span lang="FR-CH"></span></p><p><span lang="FR-CH">Le 1<sup>er</sup> mai, mobilisons-nous contre le repli sur soi. Défendons nos salaires et nos emplois&nbsp;!</span></p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-11571</guid><pubDate>Fri, 13 Mar 2026 09:26:00 +0100</pubDate><title>L’USS dit oui au paquet européen – non à la libéralisation du marché de l’électricité</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/luss-dit-oui-au-paquet-europeen-non-a-la-liberalisation-du-marche-de-lelectricite-message</link><description>Message du Conseil fédéral sur les Bilatérales III</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil fédéral confirme aujourd’hui l’ensemble du train de mesures visant à garantir la protection des salaires. Si le Parlement confirme ce compromis sans modification, l’USS pourra soutenir le paquet européen sur le fond. Elle rejette en revanche l’accord sur l’électricité et l’ouverture complète du marché de l’électricité qui en découle.</p><p>L’USS soutient le paquet européen pour autant que les salaires et le service public soient garantis. Au cœur de l’Europe, la Suisse a besoin de relations solides et dûment encadrées avec l’UE, précisément en cette période de bouleversements géopolitiques et d’incertitude croissante en matière de commerce mondial. En outre, la libre circulation des personnes assortie de mesures d’accompagnement efficaces constitue une avancée pour les travailleuses et les travailleurs de notre pays. Il est dès lors essentiel que les quatorze mesures de protection des salaires prévues dans le paquet soient mises en œuvre intégralement. Elles constituent la condition pour que le paquet européen serve les intérêts des travailleuses et travailleurs.</p><p>L’USS rejette en revanche l’accord prévu sur l’électricité. Celui-ci affaiblirait un service public de l’électricité qui a fait ses preuves, et mettrait en péril l’approvisionnement de base, pourtant fiable. Avec la guerre en Ukraine, on a récemment mesuré ce que de tels changements pouvaient impliquer. Les prix ont explosé sur les marchés libéralisés. Dans un contexte de forte volatilité des prix de l’énergie au niveau mondial, la stabilité tarifaire et le contrôle public des marges sont plus importants que jamais. L’accord et l’ouverture complète du marché de l’électricité en Suisse compromettent un approvisionnement électrique stable, abordable et écologique. L’approvisionnement énergétique doit rester une tâche publique.</p><p>Indépendamment des Bilatérales III, il est essentiel pour l’USS de préserver les accords bilatéraux sur le fond. La priorité est donc aussi de faire barrage à l’initiative du chaos de l’UDC le 14 juin prochain. Un oui à cette initiative entraînerait la résiliation des Bilatérales I et II et isolerait la Suisse de ses partenaires européens. Une telle rupture serait préjudiciable à la Suisse dans son ensemble et en particulier aux travailleuses et travailleurs.</p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/internat-eu/Europa-Schweiz_Fahnen_ist-OleksiiLiskonih.jpg" length="481011" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11541</guid><pubDate>Tue, 24 Feb 2026 15:41:06 +0100</pubDate><title>La couverture CCT augmente, mais lentement </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-couverture-cct-augmente-mais-lentement</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Les conventions collectives de travail (CCT) régulent les conditions de travail. Parmi leurs principaux avantages, elles garantissent des salaires décents, définissent des horaires de travail et des droits aux vacances largement supérieurs au minimum légal et permettent des contrôles pour lutter contre le dumping salarial. Dans de nombreux métiers du bâtiment, les CCT instaurent en outre la possibilité de partir à la retraite de manière anticipée. En bref, les CCT garantissent les avancées obtenues par les syndicats. Il est donc réjouissant de constater que le nombre de travailleuses et travailleurs soumis à une CCT progresse. Ils étaient récemment environ 2,1 millions, soit plus de la moitié de l’ensemble des personnes salariées susceptibles d’être couvertes par une CCT (voir graphique).</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/a/e/csm_260128_Couverture_CCT_0fb5869cb3.png" length="647374" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11499</guid><pubDate>Wed, 11 Feb 2026 13:50:43 +0100</pubDate><title>Train de mesures en faveur des salaires : la protection contre le licenciement est indispensable</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/train-de-mesures-en-faveur-des-salaires-la-protection-contre-le-licenciement-est-indispensable</link><description>Décision du Conseil fédéral</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Par sa décision en matière de protection contre le licenciement des représentant-e-s du personnel (« mesure n°14 »), le Conseil fédéral a complété la partie du train de mesures de protection des salaires qui manquait encore. La mesure adoptée aujourd’hui est essentielle pour permettre le con-trôle et l’application des salaires suisses. L’Union syndicale suisse (USS) avait certes exigé des garanties contre le licenciement plus étendues. La décision du Conseil fédéral constitue une solution a minima. On peut néanmoins s’en réjouir dans la mesure où facilite le travail des représentant-e-s du personnel et renforce la protection des salaires ainsi que des conditions de travail.</p><p>À l’heure actuelle, les représentant-e-s élus des travailleuses et travailleurs ne sont guère protégé-e-s contre le licenciement en Suisse, alors qu’ils assument une grande responsabilité sociale dans les entreprises. Dans des secteurs comme l’industrie des machines, l’horlogerie, la chimie/pharma et les banques par exemple, beaucoup de choses sont réglées au niveau de l’entreprise, dont les salaires, les horaires de travail, la sécurité au travail et la protection de la santé.</p><p>Afin d’accomplir leur travail, les membres des commissions du personnel doivent pouvoir discuter et négocier d’égal à égal avec les employeurs au sein des entreprises. Ils doivent pouvoir assumer leur fonction même lors de négociations difficiles sans craindre un licenciement.</p><p>Sur la protection contre le licenciement, le Conseil fédéral a proposé une solution minimale. Celle-ci fait désormais partie intégrante des mesures n° 1 à 14 de protection des salaires. Pour garantir cette protection, l’ensemble des mesures est nécessaire. L’USS attend donc désormais du Parlement qu’il reprenne et adopte tel quel ce paquet, élaboré au terme d’un long travail.<br>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/kampagnen/jobs-und-loehne/2709/lignerouge-unia-dubuis.jpg" length="122500" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11497</guid><pubDate>Wed, 11 Feb 2026 13:10:10 +0100</pubDate><title>Non à l’initiative du chaos de l’UDC, le 14 juin 2026</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/non-a-linitiative-du-chaos-de-ludc-le-14-juin-2026</link><description>Résiliation des accords bilatéraux soumise aux urnes</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’initiative UDC « pour la durabilité » est un projet extrême qui risque de plonger la Suisse dans le chaos. Elle vise à résilier la libre circulation des personnes et, partant, à mettre fin aux accords bilatéraux avec l’Union européenne. Elle met ainsi en danger les salaires, les emplois et le service public en Suisse. Alors que la politique des États-Unis bouleverse l’environnement géopolitique pour les petits pays comme la Suisse, tourner le dos à nos voisins et à l’Europe serait une grave erreur. Une telle rupture ferait peser une pression accrue sur les salaires et menacerait l’emploi. La fin de la libre circulation des personnes signifierait également la fin de la protection des salaires. L’absence de contrôles des salaires ouvrirait la voie au dumping salarial.</p><p>En cas d’acceptation, l’initiative du chaos de l’UDC entraînerait la résiliation de la libre circulation des personnes. En vertu de la clause guillotine, les accords bilatéraux avec l’UE tomberaient également. Près de 50 % des exportations suisses étant destinés à l’UE, la restriction de l’accès au marché nuirait à la prospérité de notre pays. Conséquences : l’activité économique ralentirait, les investissements diminueraient, et les délocalisations ainsi que les licenciements se multiplieraient. Au bout du compte, l’emploi reculerait.</p><p>Au moment où les États-Unis mettent l’Europe sous forte pression politique et économique, une telle politique hasardeuse mettrait nos emplois en danger. Dès lors, couper les ponts avec nos partenaires et nos voisins dans ce contexte d’incertitude ferait peser une menace sur les revenus de nombreux salarié-e-s.</p><h3 class="heading--h5">Niveau des salaires menacé</h3><p>Si la libre circulation des personnes disparaissait, les mesures d’accompagnement seraient à leur tour menacées, voire abolies. La protection des salaires disparaîtrait. L’absence de contrôles ouvrirait la voie au dumping salarial. Les migrant-e-s seraient à nouveau exploité-e-s, comme à l’époque du statut de saisonniers, avec des conditions de travail précaires et des droits sociaux insuffisants. Cela exercerait aussi une pression massive sur les salaires des travailleuses et travailleurs en Suisse.</p><p>Dans le même temps, le repli économique accentuerait le renchérissement. Le Brexit l’illustre parfaitement : les barrières commerciales et la bureaucratie poussent les prix à la hausse. Combinée à un affaiblissement de la protection des salaires, la hausse des prix rognerait l’argent disponible au quotidien. L’initiative est dangereuse pour les salaires.</p><h3 class="heading--h5">Cette initiative extrême met en péril le bon fonctionnement du système de soins</h3><p>Encore une fois, le Brexit démontre ce qui se passe lorsque l’immigration est remplacée par des contingents rigides. Les hôpitaux recrutent à court terme dans des pays lointains, le personnel change plus fréquemment et la qualité des soins diminue. En Suisse, la moitié des médecins et plus d’un tiers du personnel infirmier diplômé ont été formés à l’étranger. Si la libre circulation des personnes était abolie, la pénurie de main-d’œuvre qualifiée s’aggraverait dangereusement. La sécurité de la couverture sanitaire serait menacée.</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) et les syndicats de l’USS combattront résolument l’initiative du chaos de l’UDC, en menant une campagne visible et en organisant des événements publics, des débats dans les entreprises ainsi qu’une présence dans la rue.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/5/9/csm_Visual-Vorkampagne_3x2_klein_fr_66fab323ce.png" length="1897191" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11483</guid><pubDate>Tue, 03 Feb 2026 11:15:00 +0100</pubDate><title>Le travail rend trop souvent malade</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/le-travail-rend-trop-souvent-malade</link><description>Conférence annuelle de presse 2026 de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les absences pour maladie en entreprise augmentent de manière dramatique. La pression au travail s’est intensifiée. Dans le même temps, la politique salariale et la répartition inéquitable des fruits de la croissance freine l’économie. Les salaires sont sous pression et le pouvoir d’achat des travailleurs et travailleuses diminue. L’Union syndicale suisse (USS) exige une offensive de mise en œuvre de la part de la Confédération et des cantons afin de renforcer la protection de la santé au travail. Aujourd’hui, les employeurs ne sont contrôlés par les cantons que tous les 20 ans. Il faudrait au contraire un contrôle tous les deux ans. Par ailleurs, l’USS demande un arrêt immédiat de l’extension du travail du dimanche et de l’allongement de la journée de travail à 17 heures, décidée par le Conseil national.</p><p>Les absences pour maladie ont fortement augmenté et représentent désormais environ 80 millions d’heures de travail de plus qu’avant la pandémie – soit une hausse d’un tiers. L’augmentation des absences de longue durée est particulièrement préoccupante. Plus une incapacité de travail dure longtemps, plus le risque de licenciement, d’invalidité et de séquelles durables pour la santé est élevé. Pour la première fois depuis 20 ans, la probabilité de devenir invalide a de nouveau augmenté.</p><p>Les travailleurs et travailleuses des professions physiquement ou psychiquement exigeantes, comme la vente, la construction, le transport, la santé, le social ou de nombreux services, sont particulièrement concernés. Les douleurs dorsales et les troubles psychiques sont les causes les plus fréquentes. Beaucoup continuent de travailler malgré leurs problèmes de santé, souvent aussi en télétravail. Cela aggrave les maladies et engendre des coûts économiques élevés. S’y ajoutent des pertes salariales sensibles. L’indemnité en cas de maladie ne couvre généralement que 80 % du salaire, et dans de nombreux cas il faut d’abord attendre plusieurs jours de carence. Les risques financiers pèsent donc sur les travailleurs et travailleuses. En parallèle, ceux-ci rapportent des conditions de travail éprouvantes : pression du temps, manque de personnel, horaires irréguliers et disponibilité permanente. Les employé-e-s travaillent en conséquence sur leur temps libre pour répondre aux exigences. Au lieu de résoudre les problèmes structurels, de nombreux employeurs misent sur des mesures alibis comme des cours de gestion du stress. De plus, la loi sur le travail n’est pas appliquée et la protection légale est constamment affaiblie. Les employeurs ne sont contrôlés par les cantons que tous les 20 ans.</p><p>L’USS exige un changement de cap. Il faut du personnel en nombre suffisant, des horaires de travail et de repos fiables, ainsi qu’une application conséquente de la législation du travail pour protéger la santé des travailleurs et travailleuses. Désormais, les employeurs doivent être contrôlés au moins tous les deux ans. L’USS rejette catégoriquement toute nouvelle attaque contre les dispositifs existants. Gabriela Medici, co-secrétaire syndicale de l’USS, trace clairement les lignes rouges : « Une extension du travail dominical et une flexibilisation supplémentaire des horaires de travail ne sont pas envisageables. »</p><h3 class="heading--h5">Pouvoir d’achat sous pression</h3><p>Malgré une bonne conjoncture économique, les salaires réels stagnent depuis des années. Depuis 2020, l’écart entre les salaires réels et la productivité atteint environ 5 %. Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS, calcule : « Pour un couple avec un revenu moyen, cela représente environ 6 000 francs de moins par an. » Cet argent manque au quotidien. Les primes d’assurance-maladie et les loyers ont fortement augmenté, tout comme d’autres charges fixes. De nombreux ménages, y compris de la classe moyenne, sont de plus en plus sous pression. En conséquence, le moral des consommatrices et consommateurs est au plus bas et la consommation privée par habitant recule, si l’on exclut les dépenses de santé. L’ensemble de l’économie s’en trouve freinée.</p><p>Au lieu d’une augmentation des salaires, on constate celle des hauts revenus et des fortunes. Les impôts sur les bénéfices et les cotisations sociales ont été réduits, et plusieurs cantons prévoient de nouvelles baisses d’impôts. Cela aggrave les inégalités sociales et ne résout aucun problème réel de la population. Pierre-Yves Maillard, président de l’USS, souligne donc : « Alors que l’économie suisse continue de croître, les personnes aux revenus bas et moyens perdent du pouvoir d’achat, tandis que les revenus les plus élevés captent toujours plus de la richesse nationale. »</p><p>L’USS exige des augmentations salariales substantielles, en particulier pour les bas et moyens salaires. Toute personne ayant fait un apprentissage doit pouvoir vivre de son salaire et gagner au moins 5 000 francs par mois. De plus, il faut davantage de moyens publics pour les subventions aux primes, le logement abordable, les soins et l’accueil de jour des enfants. Une politique salariale et de répartition plus sociale n’est pas seulement une question de justice, mais aussi une nécessité économique.</p><h3 class="heading--h5">Interventions</h3><ul><li>Pierre-Yves Maillard, président de l’USS : <a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/mk-cp/260203_JMK/260203_CP_lutte_des-classes_PYM_fr.pdf">« Du partenariat social à la lutte des classes ? » (PDF)</a></li><li>Daniel Lampart, coresponsable du secrétariat de l'USS : <a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/mk-cp/260203_JMK/300106_DL_Unsoziale_Lohn-_und_Verteilungspolitik_bremst_die_Wirtschaft_FR.pdf">« Salaires et redistribution : rompre en 2026 avec cette politique antisociale qui freine l’économie » (PDF)</a></li><li>Gabriela Medici, coresponsable du secrétariat de l'USS : <a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/mk-cp/260203_JMK/300106_GM_Arbeitsbedingungen_die_krank_machen_FR_def.pdf">« Des conditions de travail qui rendent malade : il est temps d’agir » (PDF)</a><br>&nbsp;</li></ul>]]></content:encoded><category>Économie</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/a/e/csm_260203_MK_DL-PYM-GM_foto-br_ab8c719a75.jpeg" length="235236" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11473</guid><pubDate>Mon, 26 Jan 2026 15:05:00 +0100</pubDate><title>Une large majorité contre des baisses de salaire imposées par la loi</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/une-large-majorite-contre-des-baisses-de-salaire-imposees-par-la-loi</link><description>Enquête de l’USS sur l’attaque du Parlement contre les salaires minimums</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Un sondage représentatif commandé par l’Union syndicale suisse (USS) est sans appel : la Suisse ne veut pas de baisses de salaires par voie législative. En effet, 63&nbsp;% des votant-e-s rejetteraient une loi qui permettrait de passer outre aux salaires minimums cantonaux ou communaux lorsqu’une convention collective de travail (CCT) prévoit des minimums inférieurs. Seuls 26&nbsp;% approuveraient un tel texte et 10&nbsp;% des personnes interrogées se disent indécises.&nbsp;</p><p>On le voit&nbsp;: la population soutient clairement les salaires minimums cantonaux adoptés démocratiquement. Les salarié-e-s des secteurs à bas salaires doivent rester protégés et les décisions prises dans les urnes respectées. Véritable attaque contre le fédéralisme, ce projet aurait très peu de chances en votation. L’USS a d’ailleurs averti l’été dernier qu’elle lancerait un référendum si le Parlement entendait revenir sur des décisions populaires cantonales.</p><p>Le rejet s’observe pratiquement dans tous les groupes de population. Dans les deux régions linguistiques, comme dans toutes les classes d’âge, tous les niveaux de formation et tous les camps politiques, le non l’emporte nettement. Sur le fond, la position de la population est tout aussi claire&nbsp;: ce qui dérange le plus, c’est l’impact négatif sur les bas salaires et le mépris des décisions démocratiques prises en votation. Beaucoup de personnes interrogées soulignent que les salaires minimums sont légitimés démocratiquement et ne doivent pas être contournés par une loi fédérale. Les réponses aux questions complémentaires vont dans le même sens : en cas de conflit entre salaires minimums cantonaux et dispositions d’une CCT, la majorité veut maintenir la protection offerte par les salaires minimums.</p><p><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/agenda/2026/GAV_Mindestlohn_Praesentation.pdf">Télécharger l’enquête au format PDF</a> (n'existe qu'en allemand)</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/graph/260126_Umfrage-Ergebnisse_fr.svg" length="53751" type="image/svg+xml"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11448</guid><pubDate>Mon, 15 Dec 2025 19:59:29 +0100</pubDate><title>Non à une initiative dangereuse pour les salaires et les emplois</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/non-a-une-initiative-dangereuse-pour-les-salaires-et-les-emplois</link><description>Le Conseil des États rejette nettement l’initiative extrême de l’UDC</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"><span lang="FR-CH">L’Union syndicale suisse (USS) salue le net rejet par le Conseil des États de l’initiative extrême de l’UDC. Cette décision ouvre la voie à une votation populaire en 2026. L’initiative menace la prospérité et la sécurité de la Suisse. Elle entraînerait la résiliation des accords bilatéraux et mettrait les salaires et les emplois sous pression. La protection des salaires et les contrôles salariaux disparaîtraient. L’initiative radicale de l’UDC veut limiter la population résidente. Dès que la Suisse atteindrait 9,5&nbsp;millions d’habitant-e-s environ, le plan de l’UDC deviendrait réalité, aggravant la pénurie de médecins et de personnel soignant. Les hôpitaux risqueraient de se retrouver dans une situation similaire à celle de la Grande-Bretagne. Les personnes qui vivent de leur travail en seraient les premières victimes. Autres conséquences&nbsp;: l’AVS ferait face à des pertes de plusieurs milliards de francs, et les primes d’assurance-maladie prendraient encore l’ascenseur. </span><span style="font-family:&quot;Times New Roman&quot;,serif;font-size:12.0pt;letter-spacing:0pt;" lang="FR-CH"></span><strong>&nbsp;</strong></p><p><span lang="FR-CH">La résiliation des Accords bilatéraux I mettrait en danger les salaires, les emplois, les exportations, la recherche et la liberté de circulation de la population. L’accès au marché pour la moitié des exportations suisses vers l’UE deviendrait plus difficile, avec à la clé, un recul de la prospérité et des suppressions d’emplois. Sans les accords bilatéraux, les mesures d’accompagnement seraient elles aussi menacées. Les travailleuses et travailleurs migrant-e-s seraient engagé-e-s à des conditions précaires et verraient leurs droits reculer. Tous ces facteurs accentueraient la pression sur les salaires en Suisse et favoriseraient le dumping salarial.&nbsp;</span></p><h3 class="heading--h5"><strong>Un danger pour les soins et le système de santé<span lang="FR-CH"></span></strong></h3><p><span lang="FR-CH">L’exemple de la Grande-Bretagne montre ce qui se passe lorsque des obstacles bureaucratiques limitent l’immigration. Les hôpitaux doivent recruter du personnel dans des pays éloignés, souvent pour des missions de courte durée. La qualité diminue, la rotation du personnel augmente, les risques pour les patientes et les patients s’accroissent.</span></p><p><span lang="FR-CH">En matière de santé, la Suisse dépend tout particulièrement du personnel qualifié venu de l’étranger. À l’heure actuelle, la moitié des médecins et plus d’un tiers du personnel infirmier diplômé ont été formés à l’étranger. Avec la résiliation de la libre circulation des personnes, il deviendrait encore plus difficile de trouver suffisamment de spécialistes. L’initiative aggraverait la pénurie et compromettrait l’accès aux soins. Les hôpitaux risqueraient de se retrouver dans une situation similaire à celle de la Grande-Bretagne.</span></p><p><span lang="FR-CH"></span></p><h3 class="heading--h5"><strong>Chaos pour l’AVS et l’assurance-maladie<span lang="FR-CH"></span></strong></h3><p><span lang="FR-CH">L’immigration stabilise l’AVS, car de nombreuses personnes immigrées sont jeunes et actives. Sans leurs cotisations, il manquerait des milliards de francs dans les caisses. Une limitation de la population résidente provoquerait, d’ici 2050, une pénurie d’environ 350&nbsp;000 personnes actives. Cela représenterait 10&nbsp;% de recettes en moins et créerait un trou d’environ huit milliards de francs. L’initiative ferait grimper les coûts pour tout le monde.</span></p><h3 class="heading--h5"><strong>Cette initiative extrême met en péril le bon fonctionnement de la Suisse<span lang="FR-CH"></span></strong></h3><p><span lang="FR-CH">Avec le vieillissement démographique, le nombre de personnes âgées augmente. Si, en parallèle, le nombre de personnes actives recule, la Suisse manquera de main-d’œuvre. Cela accentuera la pression sur l’âge de la retraite, provoquera des pertes économiques et dégradera les services publics. Le projet de l’UDC est déconnecté de la réalité et surtout impossible à mettre en œuvre.</span></p><p><span lang="FR-CH">C’est pourquoi l’USS mènera une campagne syndicale indépendante et s’opposera résolument à l’initiative radicale et dangereuse de l’UDC.</span></p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/1/1/csm_180905_USS-action-ligne-rouge_5cc6fd9d61.jpg" length="214242" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11403</guid><pubDate>Tue, 25 Nov 2025 16:40:29 +0100</pubDate><title>Stagnation des salaires réels : une politique patronale menée sur le dos des personnes qui travaillent</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/stagnation-des-salaires-reels-une-politique-patronale-menee-sur-le-dos-des-personnes-qui-travaillent</link><description>Enquête sur la structure des salaires 2024</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les nouvelles données sur la structure des salaires montrent clairement que les salaires réels moyens stagnent depuis des années, tandis que les actionnaires et les cadres voient leurs revenus augmenter. Malgré une forte demande de main-d'œuvre, les augmentations salariales se font attendre, l'écart salarial se creuse à nouveau et de nombreux employé-e-s ont aujourd'hui moins d'argent dans leur porte-monnaie en termes réels. Lors de la conférence de presse officielle sur l'enquête sur la structure des salaires, Daniel Lampart, économiste en chef de l'USS, a appelé à revenir à une politique salariale plus favorable : les fruits des gains de productivité de ces dernières années doivent enfin profiter aux travailleuses et travailleurs.</p><p><span style="color:#0C0C0C;font-family:&quot;Arial&quot;,sans-serif;font-size:11.5pt;">L’évolution salariale des dernières années a été défavorable aux personnes qui vivent de leur salaire. Et cela, alors même que les employeurs à travers tout le pays dénoncent une pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Les résultats de l’enquête sur la structure des salaires 2024 (ESS) le confirment désormais : les salaires moyens ont stagné au cours des huit dernières années (+0,1 %), rompant avec les années précédentes. De 2008 à 2016, les salaires réels avaient progressé en moyenne de 1,2 % par an. C’est la norme : la productivité du travail progresse d’environ 1 % par an — y compris ces dernières années. Les salaires réels devraient donc évoluer au même rythme.</span></p><p><span style="color:#0C0C0C;font-family:&quot;Arial&quot;,sans-serif;font-size:11.5pt;line-height:150%;">Jamais les salaires n’avaient évolué aussi défavorablement que ces dernières années en Suisse. Par le passé, les salaires réels avaient presque toujours progressé, sauf durant la longue récession des années 1990, marquée par un chômage élevé. Ces dernières années pourtant, il y a pénurie de personnel. Les salaires réels, eux, ont reculé.</span></p><h3 class="heading--h5">Croissance annuelle des salaires réels par périodes de cinq ans</h3><p>(selon l’ISS, hors composante liée aux mutations structurelles, en pourcentage)&nbsp;<br>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/steuern-zahlen/pleite_kein_geld_leere_hosentaschen.jpg" length="318354" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11338</guid><pubDate>Thu, 23 Oct 2025 11:56:41 +0200</pubDate><title>Retard salarial important : les salaires sont trop bas</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/retard-salarial-important-les-salaires-sont-trop-bas</link><description>Écart entre productivité et salaires</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les salarié·e·s en Suisse deviennent de plus en plus performants. Ils fabriquent de plus en plus de produits et fournissent de plus en plus de services dans le même temps. En moyenne, leur productivité augmente d'environ 1 % par an. En fait, les salaires devraient aussi augmenter dans les mêmes proportions. Car quand la productivité augmente, c'est possible même sans réduire les bénéfices. Mais ces dix dernières années, les travailleuses et travailleurs ont trop peu profité de la prospérité: leur productivité a augmenté plus vite que les salaires. Plus grave encore : parfois, le pouvoir d'achat des salaires a baissé, car les prix ont augmenté plus vite que les salaires.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/graph/nl/ecart-salaires-productivite_FR.jpg" length="311587" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11336</guid><pubDate>Wed, 22 Oct 2025 14:23:45 +0200</pubDate><title>L’USS dit oui au paquet européen – non à la libéralisation du marché de l’électricité</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/luss-dit-oui-au-paquet-europeen-non-a-la-liberalisation-du-marche-de-lelectricite</link><description>Le Comité de l’USS adopte la réponse à la consultation sur le paquet européen</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le Comité de l’USS a adopté aujourd’hui la réponse à la consultation sur le paquet européen. Dans cette prise de position, l’USS confirme soutenir le paquet européen, à condition que le Parlement reprenne sans modification le paquet du Conseil fédéral en matière de protection des salaires. L’USS rejette en revanche l’accord sur l’électricité et l’ouverture complète du marché de l’électricité qui en découle.</p><p>L’USS soutient le paquet européen pour autant que les salaires et le service public soient garantis. Au cœur de l’Europe, la Suisse a besoin de bonnes relations dûment réglées avec l’UE. En outre, la libre circulation des personnes assortie de mesures d’accompagnement efficaces constitue une avancée pour les travailleuses et les travailleurs de ce pays. Il est dès lors essentiel que les quatorze mesures de protection des salaires prévues dans le paquet soient mises en œuvre intégralement. Elles constituent la condition pour que le paquet européen serve les intérêts des travailleuses et travailleurs.</p><p>L’USS rejette en revanche l’accord prévu sur l’électricité. Celui-ci démantèlerait un service public de l’électricité éprouvé et mettrait fin à l’approvisionnement de base, pourtant fiable. Avec la guerre en Ukraine, on a récemment mesuré ce que de tels changements impliquent : envolée des prix pour les consommatrices et consommateurs ainsi que les entreprises, et en parallèle profits extraordinaires injustifiés pour les géants de l’électricité actifs dans le négoce. L’accord et l’ouverture complète du marché de l’électricité en Suisse compromettent un approvisionnement électrique stable, abordable et écologique. L’approvisionnement énergétique doit rester une tâche publique.</p><p>L’USS demande en outre que le paquet européen – à l’instar des accords bilatéraux précédents – soit soumis au référendum facultatif. Comme jusqu’ici, la population doit pouvoir décider de l’évolution des relations avec l’UE. Les bilatérales III ne constituent pas un nouveau traité international. À ce stade, elles ne sont donc pas soumises au référendum obligatoire. La majorité des cantons, clairement définie par la Constitution, ne saurait être instrumentalisée ni étendue.</p><p>La réponse complète de l’USS à la consultation est disponible ici : <a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/consultations/2025/251022_Reponse-USS_Relations_Suisse-UE.pdf">télécharger le PDF</a><br>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/internat-eu/Europa-Schweiz_Fahnen_ist-OleksiiLiskonih.jpg" length="481011" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11322</guid><pubDate>Thu, 09 Oct 2025 21:06:47 +0200</pubDate><title>Quand le travail rend malade : stress, pression et absence de limites affectent la santé des travailleuses et travailleurs</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/quand-le-travail-rend-malade-stress-pression-et-absence-de-limites-affectent-la-sante-des-travailleuses-et-travailleurs</link><description>Protéger la santé plutôt qu’imposer un stress permanent</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En Suisse, la pression sur les salarié-e-s ne cesse de s’accentuer. Les journées de travail s’allongent, les exigences augmentent sans relâche. Nombre d’entre eux se sentent déjà épuisés avant même la fin de la semaine. Les derniers chiffres de l’Office fédéral de la statistique (OFS) confirment ce que les syndicats dénoncent depuis longtemps : le stress au travail progresse, tout comme le nombre de personnes épuisées et les absences.</p><p>Pourtant, au lieu de renforcer la protection et de soulager les salarié-e-s, les employeurs et les partis bourgeois exigent toujours plus de flexibilité. Une fausse solution, car derrière ce mot se cache en réalité une exigence de disponibilité quasi permanente pour les travailleuses et travailleurs.</p><h3 class="heading--h4">Un quotidien sous tension, notamment dans les soins, la vente et le service public</h3><p>En sous-effectif chronique, le personnel de santé court d’un patient à l’autre, sans possibilité de faire de pauses. Beaucoup se plaignent de ne même pas avoir le temps de boire ou de reprendre leur souffle. Parallèlement, ils doivent accomplir un nombre croissant de tâches administratives, souvent après leurs heures, sans rémunération supplémentaire.</p><p>Dans le commerce de détail, la pression est également bien réelle. Les plannings changent à la dernière minute, les employé-e-s en sont informé-e-s via des groupes de discussion et doivent parfois remplacer des collègues au pied levé durant le week-end. Dans ces conditions, difficile d’organiser ses loisirs ou sa vie de famille.</p><p>Dans la fonction publique et les administrations, le tableau est tout aussi sombre. La charge de travail augmente, les postes vacants ne sont pas repourvus et les nouveaux outils numériques accélèrent certes les processus, mais aggravent surtout le stress. Le personnel a le sentiment de courir en permanence après le temps, sans plus avoir de prise sur sa charge de travail. Sans surprise, cette évolution se reflète dans les chiffres&nbsp;: près d’une personne active sur quatre se sent fréquemment stressée (<a href="https://www.bfs.admin.ch/asset/de/31866442" target="_blank" class="link--icon--external" rel="noreferrer">OFS</a>). Plus de la moitié des salarié-e-s déclarent être exposé-e-s sur leur lieu de travail à plusieurs risques physiques et psychosociaux en même temps (pression du temps, monotonie du travail, absence de pauses, bruit, mauvaises conditions ergonomiques, etc.). Les secteurs de la santé et du social sont particulièrement touchés. Une personne sur trois y subit régulièrement un stress intense. Beaucoup sont au bord du gouffre – l’épuisement émotionnel progresse, signal d’alerte évident d’un burn-out imminent.</p><h3 class="heading--h4">Flexibilité, mais pour qui&nbsp;?</h3><p>On entend souvent dire que le travail se flexibilise. Mais dans les faits, cette flexibilisation se traduit le plus souvent par davantage de contrôle hiérarchique et moins de prévisibilité pour les employé-e-s. Dans les branches aux horaires irréguliers, comme l’hôtellerie-restauration, les soins ou le commerce de détail, les plannings sont souvent modifiés à la dernière minute. Celles et ceux qui ont une famille ou dépendent de structures d’accueil subissent de ce fait une pression constante. L’Enquête suisse sur la population active (ESPA) révèle qu’environ un quart des salarié-e-s doivent adapter leur temps de travail à court terme au moins une fois par semaine sur ordre de l’employeur, et un autre quart au moins une fois par mois (<a href="https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr.assetdetail.16804544.html" target="_blank" class="link--icon--external" rel="noreferrer">OFS</a>). Dans le même temps, ce sont surtout les hommes avec un niveau de formation élevé qui bénéficient d’une vraie flexibilité horaire. Les personnes avec un haut niveau de formation ou occupant des postes à responsabilité peuvent en effet plus souvent aménager librement leur temps de travail. À l’inverse, les femmes, les jeunes et les personnes actives dans les services ont des marges de manœuvre nettement plus restreintes. Dans des secteurs comme les soins, l’hôtellerie-restauration ou le commerce de détail, les changements de dernière minute rendent la conciliation entre vie professionnelle et vie privée extrêmement difficile.</p><h3 class="heading--h4">Les absences augmentent parce que le travail rend malade</h3><p>Quand les salarié-e-s sont épuisé-e-s, à bout ou blessé-e-s, ils et elles finissent par manquer au travail. Les absences pour raisons de santé représentent de loin la cause principale d’absence en Suisse. En 2024, elles ont totalisé 330 millions d’heures, un chiffre en hausse de plus de 50&nbsp;% en quinze ans (<a href="https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/travail-remuneration/activite-professionnelle-temps-travail/heures-travail/absences.html" target="_blank" class="link--icon--external" rel="noreferrer">OFS</a>). En moyenne, les salarié-e-s s’absentent aujourd’hui environ neuf jours de travail par an, avec des pics bien plus élevés dans les métiers sous forte pression, comme les soins. Le stress lié au travail coûte environ 6,5 milliards de francs à l’économie. (<a href="https://friendlyworkspace.ch/system/files/documents/2022-12/Feuille_d_information_076_PSCH_2022-11_-_Job_Stress_Index_2020-2022.pdf" target="_blank" class="link--icon--external" rel="noreferrer">Santé suisse</a>).</p><h3 class="heading--h4">Protéger la santé plutôt qu’imposer un stress permanent</h3><p>Stress, épuisement et absences ne sont plus des phénomènes marginaux. Un nombre croissant de salarié-e-s atteignent leurs limites – non pas par manque de résistance, mais parce que conditions de travail, effectifs et repos ne sont plus alignés. Malgré cela, la protection légale de la santé reste souvent lettre morte. Dans de nombreux cantons, les inspections du travail manquent cruellement de personnel, si bien que les contrôles des horaires et des risques sanitaires ne sont effectués qu’au compte-goutte, voire uniquement sur plainte. Les risques psychosociaux – comme le stress, la pression temporelle ou le surmenage – sont rarement pris en compte ou systématiquement suivis. Autre problème&nbsp;: la Suisse ne compte qu’environ 130 médecins du travail, soit un pour 20&nbsp;000 travailleuses et travailleurs. En comparaison, ce rapport est d’un pour 10&nbsp;000 en Allemagne et d’un pour 6000 en France. Ce manque de ressources empêche la prévention à large échelle et l’évaluation indépendante des risques sanitaires liés au travail. Sans personnel spécialisé en nombre suffisant, la protection préventive de la santé reste illusoire.&nbsp;</p><p>Afin d’empoigner sérieusement la question de la santé des salarié-e-s, il conviendrait de renforcer les contrôles, de développer la médecine du travail et de faire appliquer systématiquement la protection sur le lieu de travail. Cela passe par des limites claires à la charge de travail, des horaires prévisibles, des périodes de repos suffisantes et le droit à la déconnexion. Ce n’est qu’à ce prix que le travail pourra rester productif, équitable – et digne.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/9/4/csm_ueberarbeitet_burnout_ist-thodonal_da09961c93.jpg" length="149109" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11307</guid><pubDate>Tue, 07 Oct 2025 11:14:00 +0200</pubDate><title>Colloque juridique le 3 novembre 2025</title><link>https://www.uss.ch/colloque-juridique</link><description>Cette année, le colloque traditionnel de l&#039;USS se focalise sur le droit du travail collectif du point de vue de la science et de la pratique.</description><content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/9/9/csm_Bundesgericht-Lausanne_wikimedia-Norbert_Aepli_cc-by_259e0325f1.jpg" length="308796" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11293</guid><pubDate>Thu, 25 Sep 2025 17:45:00 +0200</pubDate><title>La résiliation des accords bilatéraux plongerait la Suisse dans le chaos : salaires et emplois en danger</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-resiliation-des-accords-bilateraux-plongerait-la-suisse-dans-le-chaos-salaires-et-emplois-en-danger</link><description>Le Conseil national rejette nettement l’initiative extrême de l’UDC</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) salue le net rejet par le Conseil national de l’initiative extrême de l’UDC. Ce texte reviendrait ni plus ni moins à dénoncer les accords bilatéraux avec l’Union européenne. Il provoquerait un bouleversement du cadre actuel, avec des conséquences néfastes pour l’ensemble de la population. Un oui à cette initiative plongerait le pays dans le chaos et mettrait en péril les salaires, les emplois, les soins et la prévoyance vieillesse.</p><p>Avec cette initiative, l’UDC pousse sa stratégie à l'extrême. Son objectif : imposer un changement de système radical, aux conséquences néfastes pour l’ensemble du pays. L’introduction d’un plafonnement de la population dans la Constitution mènerait inévitablement à la fin des accords bilatéraux avec l’UE. Pour les travailleuses et les travailleurs, l’impact serait particulièrement dévastateur. Les accords s’accompagnent en effet de mesures de protection des salaires et de prévention des abus. Leur disparition ouvrirait la voie à une sous-enchère salariale massive. Les employeurs pourraient imposer plus facilement des salaires plus bas, profitant de contrôles affaiblis. Les secteurs déjà sous forte pression seraient les plus durement touchés. Au lieu de garantir des droits, la Suisse risquerait de réintroduire des systèmes de contingents, voire l’ancien statut de saisonnier – un modèle précaire dans lequel travailleuses et travailleurs, privés de moyens de défense, seraient contraint-e-s d’accepter des conditions dégradées et des salaires bas.</p><p>Le système de santé serait une victime collatérale. Aujourd’hui déjà, la Suisse manque de dizaines de milliers de professionnel-le-s dans les soins, dont une grande partie provient de l’UE. Sans libre circulation des personnes, la pénurie de personnel soignant s’aggraverait de manière dramatique. Les patientes et patients devraient attendre plus longtemps et la qualité des soins en pâtirait. Des hôpitaux menaceraient de fermer.</p><p>La prévoyance vieillesse serait elle aussi fragilisée. Les travailleuses et travailleurs en provenance de l’UE renforcent l’AVS : ils paient des cotisations pendant des années mais ne perçoivent pas les rentes dans la même mesure. La disparition de ces contributions déséquilibrerait l’AVS. Avec comme corollaire logique une pression politique en faveur d’une baisse des rentes ou d’un nouveau relèvement de l’âge de la retraite.</p><p>Cette initiative constitue un projet extrême, dans une période déjà secouée par de nombreuses incertitudes. Dans la nouvelle ère Trump, marquée par des tensions internationales et une instabilité géopolitique croissante, la Suisse a besoin de relations fiables avec ses voisins. Plutôt que d’apporter stabilité et sécurité, l’initiative de l’UDC serait synonyme d’isolement, d’incertitude et d’affaiblissement économique.</p><p>L’USS s’engagera donc avec force et détermination dans la campagne afin de faire échouer cette initiative radicale dans les urnes.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/5/0/csm_Bauarbeiter-in-Halle-Protesthaltung_AntonioRecena-photocase_b19604b06a.jpg" length="196774" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11279</guid><pubDate>Tue, 23 Sep 2025 13:55:42 +0200</pubDate><title>Travail généralisé le dimanche et journées de 17 heures</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/travail-generalise-le-dimanche-et-journees-de-17-heures</link><description>Le Conseil national veut déréglementer drastiquement le temps de travail</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil national a accepté aujourd’hui un grave affaiblissement de la loi sur le travail. Le dimanche chômé et la fin de journée de plus de deux millions de travailleuses et travailleurs sont en péril. Ceux-ci pourraient devoir travailler le dimanche et jusqu’à 17 heures par jour. L’Union syndicale suisse (USS) condamne fermement cette décision. Le projet menace le temps libre, la santé et la vie de famille des travailleuses et travailleurs, déjà sous pression croissante.</p><h3 class="heading--h5">Travail dominical et journées à rallonge</h3><p>La décision du Conseil national non seulement ouvre la voie à des journées de travail commençant à 6 heures du matin et se terminant à 23 heures, mais permet aussi aux employeurs d’obliger leurs employé-e-s à travailler le dimanche sans demander d’autorisation, que le travail s'effectue à la maison ou non. La durée minimale du repos quotidien serait en outre être réduite de 11 à 9 heures. Une limite qui ne serait plus absolue, puisque le repos quotidien pourrait être interrompu pour effectuer un « travail urgent ».</p><p>Le Conseil national camoufle cette attaque frontale contre les fondements du droit du travail derrière un discours prétendant améliorer la conciliation. Il affirme que seules les personnes « qui peuvent déterminer [elles]-mêmes une part significative de leurs horaires de travail » seraient concernées. Or le Conseil fédéral lui-même estime que près de deux millions de salarié-e-s seraient touché-e-s par cette révision. Et ce n’est sans doute qu’un début. Car il suffirait aux employeurs d’introduire un minimum de flexibilité dans les horaires et quelques tâches à effectuer hors de l’entreprise pour que la loi s’applique. Dans les faits, ce projet incite clairement les entreprises à réorganiser le travail.</p><h3 class="heading--h5">Incontrôlable et source de plus de bureaucratie</h3><p>La majorité du Conseil national prétend que ces changements ne se feraient qu’avec l’accord des employé-e-s. Mais elle a refusé de renforcer le droit à la déconnexion, pourtant déjà trop peu respecté aujourd’hui. En réalité, les employeurs pourraient imposer de tels accords, les modifier à tout moment, y compris oralement. Et leur respect ne pourrait pas être contrôlé. Rien n’empêcherait un employeur d’appeler à 22 h 30 en prétendant que cela a été convenu. Sans surprise, les autorités d’exécution et de nombreux cantons rejettent ce projet, notamment au motif qu’il entraînerait plus de bureaucratie et de contrôles, jusque dans les ménages privés, voire parce qu’il est tout simplement inapplicable.</p><h3 class="heading--h5">L’USS tire la sonnette d’alarme</h3><p>Ce projet constitue une attaque frontale contre le droit au dimanche chômé et au repos en fin de journée. L’USS se battra par tous les moyens pour que le Conseil des États l’enterre. Pierre-Yves Maillard, président de l’USS, met en garde : « Les dimanches et la vie de famille de millions de personnes sont menacés. Si ce projet passe, leurs journées de travail s’allongeront et leur temps libre diminuera encore. »</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Bueroarbeit-erschoepft_Ist-Hiraman.jpg" length="111513" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11219</guid><pubDate>Fri, 05 Sep 2025 14:07:14 +0200</pubDate><title>Un jugement erroné et inacceptable du canton de Zurich accentue la pression sur les salaires dans l’aviation</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/un-jugement-errone-et-inacceptable-du-canton-de-zurich-accentue-la-pression-sur-les-salaires-dans-laviation</link><description>Dumping salarial de Swiss via des contrats de « wet lease » avec Air Baltic</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La décision rendue aujourd’hui par la Direction des affaires économiques du canton de Zurich concernant les salaires dans l’aviation suisse constitue une erreur manifeste. Elle nuit à la protection des salaires et porte atteinte aux salaires des employé-e-s d’Air Baltic, mais aussi de Swiss. Contrairement aux instances précédentes (le SECO et l’Office de l’économie du canton de Zurich), la Direction des affaires économiques n’a pas tenu compte de plusieurs facteurs déterminants. Les vols opérés par Air Baltic pour le compte de Swiss relèvent clairement d’un cas de détachement de personnel. Dès lors, les salaires suisses doivent prévaloir.&nbsp;</p><p>Ce nouveau revers infligé à la protection des salaires n'est pas une première : la Direction des affaires économiques zurichoise avait déjà refusé par le passé d’intervenir contre la pression sur les salaires et le dumping salarial, (par ex. dans le commerce de détail, l’industrie des machines ou la construction). Les syndicats s’opposent fermement à ce que Swiss externalise ses vols à des sous-traitants qui ne versent pas de salaires suisses. La pression sur les salaires est déjà énorme aujourd’hui. Swiss recrute de plus en plus à l’étranger, le revenu de nombreux travailleurs et travailleuses ne leur permettant plus de vivre à Zurich.</p><p>Le canton de Zurich prétend qu’en dehors de la maintenance au sol, le contrat de wet lease avec Air Baltic ne présente aucun rapport avec la Suisse qui justifie l’application de salaires suisses. &nbsp;Cette conclusion du département dirigé par la conseillère d’État Carmen Walker Späh est incompréhensible.</p><h3 class="heading--h5"><strong>Les employé·e·s d’Air Baltic exécutent donc une partie essentielle de leur travail en Suisse</strong></h3><p>Les équipages de cockpit et de cabine d’Air Baltic passent en réalité bien plus de temps à Zurich que ne le suggère la décision. Zurich est en effet le centre névralgique de leurs missions. Les équipes opèrent des vols Swiss au départ de l’aéroport de Zurich plusieurs jours d’affilée, voire plusieurs fois par jour. Elles exécutent donc une partie essentielle de leur travail en Suisse, tout comme leurs collègues directement employés par Swiss. Les plannings, les escales et les réservations d’hôtels à Zurich témoignent de leur intégration structurée dans les opérations aériennes suisses.</p><p>Pour le personnel de cockpit et de cabine, le rapport avec le marché du travail suisse est également avéré du point de vue fonctionnel : les rotations de vol (pairings) sont définies par Swiss, tout comme les instructions concrètes et les consignes de service à respecter. Le kérosène est commandé via le portail de Swiss, le personnel porte des badges Swiss, et les réservations d’hôtel sont effectuées par Swiss.</p><h3 class="heading--h5"><strong>La protection des salaires doit être assurée.</strong></h3><p>Aujourd’hui déjà, les salaires chez Swiss sont sous pression. Nombre d’employé-e-s de la compagnie nationale ne peuvent plus se permettre de vivre à Zurich. Si l’on autorise les entreprises suisses à employer du personnel à des salaires plus bas en recourant à des sous-traitants étrangers, la pression sur les salaires ne fera qu’augmenter. Cette seule réalité exige que le canton de Zurich impose l’application des salaires suisses chez Air Baltic.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/7/4/csm_AirBaltic-Swiss_Aero-Icarus_CCBYNCSA_4c50d53d5e.jpg" length="281660" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11215</guid><pubDate>Thu, 04 Sep 2025 06:40:37 +0200</pubDate><title>Besoin urgent de rattrapage salarial : 2 % à 2,5 % de salaire en plus pour toutes et tous</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/besoin-urgent-de-rattrapage-salarial-2-a-2-5-de-salaire-en-plus-revendications-salariales-2026</link><description>Revendications salariales de l’USS pour 2026</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) et ses fédérations exigent des augmentations générales de salaire de 2&nbsp;% à 2,5&nbsp;% pour 2026. L’économie suisse se porte bien dans de nombreux secteurs. 99&nbsp;% des salarié-e-s ne sont pas directement concernés par les droits de douane américains. Depuis des années pourtant, les salaires n’ont pas suivi l’évolution économique.</p><p>Ces dix dernières années, les travailleuses et travailleurs ont trop peu bénéficié de l’amélioration de la prospérité. Tandis que la productivité progressait de 11&nbsp;%, les salaires réels de nombreuses personnes ont stagné. Corrigés du pouvoir d’achat, ils ne sont guère plus élevés qu’en 2015 dans de nombreuses branches, voire inférieurs. Le besoin de rattrapage est donc considérable.</p><p>Des augmentations générales de salaire de 2&nbsp;% à 2,5&nbsp;% s’imposent désormais. Les entreprises en ont les moyens, leur situation est globalement bonne. Dans certains secteurs, comme celui des banques (ASEB) ou des transports (SEV), les syndicats de l’USS exigent jusqu’à 3&nbsp;% afin de compenser l’inflation attendue, d’amortir socialement la hausse des primes d’assurance-maladie et de garantir une augmentation réelle des salaires.</p><p>Le pouvoir d’achat des salarié-e-s reste sous pression. L’inflation a certes reculé après plusieurs années de fortes pertes de pouvoir d’achat, mais les loyers continuent de grimper et les primes d’assurance-maladie grèvent lourdement le budget des ménages. Aujourd’hui, une famille paie en moyenne plus de 1100 francs par mois de primes, et la tendance s’aggrave. Les employeurs doivent assumer une plus grande part des coûts de la santé.</p><h3 class="heading--h5"><strong>Trop de bas salaires, même parmi les professionnel-le-s titulaires d’un CFC</strong></h3><p>Il est préoccupant que près d’un tiers des professionnel-le-s ayant achevé un apprentissage gagne moins de 5000 francs par mois. De tels salaires dissuadent les jeunes de commencer une formation professionnelle ou de rester dans leur métier, ce qui aggrave la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Un apprentissage doit en valoir la peine.</p><p>Lors de la conférence de presse sur les salaires de l’USS, son président <strong>Pierre-Yves Maillard</strong> a déclaré&nbsp;: « L’USS demande des augmentations de salaire de 2&nbsp;% à 2,5&nbsp;% pour 2026. Il s’agit ainsi de garantir le pouvoir d’achat, de rétribuer l’évolution de la productivité et de rattraper le retard accumulé ces dernières années.&nbsp;»</p><p><strong>Vania Alleva</strong>, Présidente d’Unia, a souligné que «&nbsp;même un apprentissage n’est pas une garantie de bons salaires. Pourtant expérimenté-e-s, beaucoup de professionnel-le-s gagnent moins de 5000 francs. Les salarié-e-s titulaires d’un CFC doivent enfin toucher 5000 francs au minimum.&nbsp;»</p><p>Dans son analyse, <strong>David Gallusser</strong> a rappelé ceci&nbsp;: «&nbsp;Environ 99&nbsp;% de la population active ne sont pas concernés par les droits de douane américains, ou ne le sont guère. La plupart des entreprises se porte bien.&nbsp;»</p><p><strong>Esther Hess</strong>, de l’Association suisse des employés de banque (ASEB), a pour sa part exigé une évolution des salaires équitable dans le secteur bancaire&nbsp;: «&nbsp;Des augmentations générales de salaire, en particulier pour les bas et moyens revenus, sont nécessaires et supportables pour les employeurs. Nous exigeons une hausse de 2&nbsp;% à 3&nbsp;%.&nbsp;»</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/e/5/csm_250904_MK_7af4cd4e86.jpg" length="291925" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11213</guid><pubDate>Wed, 03 Sep 2025 09:57:38 +0200</pubDate><title> Mattmark 1965 : lendemains d’une catastrophe</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/mattmark-1965-lendemains-dune-catastrophe</link><description>Article rédigé par Vasco Pedrina, ancien coprésident du syndicat Unia</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Il y a soixante ans, le 30 août 1965, le glacier de l’Allalin surplombant le chantier de construction du barrage de Mattmark, dans la vallée de Saas, s’effondrait sur les ateliers, bureaux, cantines et dortoirs des ouvriers, tuant 88 personnes. Crainte, voire même annoncée selon la recherche historique, cette catastrophe a été qualifiée d’imprévisible par les autorités politiques, judiciaires et même religieuses puisque Dieu a été appelé à la rescousse. L’imprévisibilité permettait d’évacuer toute responsabilité. Une page noire de l’histoire suisse.</p><p>Soixante ans après le drame le plus grave sur un lieu de travail, il faut se demander si le Valais et la Suisse en ont tiré les leçons. Dans trois domaines en tous cas, la catastrophe a laissé des traces positives et durables : la prévention des catastrophes naturelles, la prévention des accidents de travail et la politique migratoire.</p><p>Pour prendre la mesure des progrès de la prévention des catastrophes, il suffit de comparer Mattmark 1965 : 88 morts, dont la majorité des ouvriers saisonniers italiens, aucun système d’alarme, comportement déplorable de la direction des travaux et des autorités, et Blatten 2025 : 1 mort, système d’alarme et d’intervention exemplaires, sans besoin de recours ni à la Justice, ni à Dieu.</p><p>Sur la prévention des accidents et la politique migratoire, un rôle éminent a été joué par le syndicaliste et politicien tessinois Ezio Canonica. En 1965, il était secrétaire central de la Fédération des ouvriers du bâtiment (FOBB). Les ouvriers italiens du chantier et les familles des victimes disaient qu’il était « le seul Suisse à les avoir défendus ». Suite à son remarquable engagement, il est devenu en peu de temps une figure nationale de premier plan, comme président de son syndicat (1968), comme principal adversaire de James Schwarzenbach lors de la votation sur son initiative xénophobe (1970), comme Conseiller national (1971) et président de l’USS (1973), et enfin comme candidat au Conseil fédéral. C’est grâce à son interpellation parlementaire au Conseil fédéral de 1972, entre les procès de 1re et 2e instance, et à une pression syndicale constante, que les systèmes de contrôle et de prévention des accidents sur les chantiers, et plus généralement sur les lieux de travail, ont fait de rapides et importants progrès, à tel point qu’aujourd’hui la Suva est citée comme un exemple d’assurance-accidents en Europe.</p><p>Il a été plus difficile pour Ezio Canonica et ses successeurs d’amener les syndicats et la Suisse à se départir de la fermeture, à relent xénophobe, de la politique migratoire de l’après-guerre. Le Tessinois a été le premier dirigeant de poids qui, dès le début des années 1960, s’est rendu compte que les trois prémisses de cette politique étaient fausses.</p><p>Premièrement, l’immigration n’était pas un phénomène transitoire. Même une politique discriminatoire à l’instar du statut de saisonnier ne changerait rien au fait que les immigrés étaient là pour rester. Donc, s’il s’agissait déjà d’un phénomène structurel durable, il valait mieux ouvrir les syndicats aux immigrés et les intégrer socialement. La solidarité, telle qu’elle s’était manifestée à Mattmark, allait donner une nouvelle force au syndicalisme.</p><p>Deuxièmement, les immigrés n’étaient pas des concurrents des autochtones sur le marché du travail mais au contraire, ils rendaient souvent possible l’avancement de la carrière professionnelle des travailleurs suisses et la progression plus rapide de leur salaire. S’il existait des coupables pour les cas fréquents de dumping salarial, ce n’était pas les immigrés mais leurs employeurs. Il était plus judicieux de promouvoir l’unité entre travailleurs immigrés et suisses pour imposer ensemble la parité des salaires et des droits.</p><p>Troisièmement, au temps de la Guerre froide, Ezio Canonica s’est opposé à l’idée que les immigrés représentaient une menace sociale et politique, même si de nombreux Italiens et Espagnols votaient dans leur pays pour les partis communistes ou sympathisaient avec eux. Au contraire, le Tessinois voyait leur marginalisation comme la vraie source à terme d’instabilité. Canonica a tiré toutes les conséquences de cette analyse pour son propre syndicat, pour l’USS et pour son engagement politique. C’est une des raisons pour lesquelles 29 des 88 victimes étaient affiliés au syndicat du bâtiment. Il était hors de question de ne pas défendre leurs intérêts avec toute la détermination nécessaire, indépendamment de leur nationalité.</p><p>La catastrophe de Mattmark – comme cinq ans plus tard le vote de l’initiative Schwarzenbach – a représenté une première secousse qui a permis de repenser notre rapport à l’immigration. Mattmark 1965 est ainsi aux débuts d’un tournant vers l’ouverture de la politique syndicale qui a mis 20 ans à se réaliser. La Suisse officielle, quant à elle, a mis quinze ans de plus pour s’ouvrir aux Européens. La véritable percée a eu lieu entre 2002 et 2004, avec la fin du système des contingents et l’abolition du statut de saisonnier, suite aux Accords bilatéraux I, dont celui sur la libre circulation des personnes et les mesures de protection des salaires.<br>Cet héritage de Mattmark doit être préservé. Il faudra donc s’opposer à la nouvelle initiative anti-étrangers de l’UDC et s’engager pour que le Parlement et le peuple disent Oui au « paquet de stabilisation » des Bilatérales III et aux mesures internes de protection des salaires, telles qu’elles sont proposées par le Conseil fédéral.</p><p><i>Cet article a été publié le 30 août 2025 en français dans </i><a href="https://www.letemps.ch/opinions/mattmark-1965-lendemains-d-une-catastrophe?srsltid=AfmBOoosCuGAf0k5I8Zpd5CTGM_OzaBA8BriLDFVGoNnduSCGgCGTnW8" target="_blank" title="Vasco Pedrina in Le Temps" rel="noreferrer"><i>Le Temps</i></a><i>.</i></p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Mattmark.jpg" length="305483" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11033</guid><pubDate>Thu, 03 Jul 2025 14:25:00 +0200</pubDate><title>Les effets des campagnes pour un salaire minimum</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-effets-des-campagnes-pour-un-salaire-minimum</link><description>Analyse à l&#039;occasion du 20e anniversaire d&#039;Unia</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Pas de salaire inférieur à 4 000 francs : tel était le slogan sous lequel Unia et d'autres syndicats de l'USS ont lutté à partir de 2010contre les salaires de misère. Jetons un regard en arrière à l'occasion du vingtième anniversaire d'Unia. Les campagnes pour un salaire minimum comptent parmi les plus grands succès remportés par Unia au cours de ses 20 ans d'existence. Cette revendication n'était en fait que partiellement nouvelle : à la fin des années 1990, les syndicats qui ont précédé à Unia revendiquaient qu’aucun salaire ne soit inférieur à 3 000 francs. La première campagne menée à l'époque a été un succès à plusieurs égards. Elle a permis de lutter efficacement contre les bas salaires et d'obtenir, après une longue période, d’importantes avancées salariales.&nbsp;</p><p><span style="font-family:&quot;Aptos&quot;,sans-serif;font-size:12.0pt;line-height:115%;" lang="FR">L’élément nouveau de la deuxième campagne sur les salaires a été l'initiative populaire pour un salaire minimum national de 4&nbsp;000 francs. Bien qu’elle ait tristement échoué dans les urnes, cette initiative n’a pas été sans effet. Grâce à elle, le montant de 4&nbsp;000 francs s'est imposé dans l'opinion publique comme le seuil d'un salaire tout juste décent. Dans le sillage de l'initiative, les travailleurs et travailleuses ont pu imposer avec le soutien d'Unia des salaires plus élevés dans les conventions collectives de travail (CCT). Dans l'hôtellerie-restauration, un 13<sup>e</sup> mois de salaire a enfin pu être introduit et dans les secteurs du nettoyage et du commerce de détail, les bas salaires ont augmenté d'environ 10&nbsp;% entre 2010 et 2016. Dans la construction également, de nombreux salaires ont pu être relevés au-dessus du seuil des 4&nbsp;000 francs. Et dans la CCT de l'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (MEM), un salaire minimum a été fixé pour la première fois dans l'histoire.</span>&nbsp;</p><h3 class="heading--h4"><strong>Ne pas s’endormir sur ses lauriers</strong>&nbsp;</h3><p><span style="font-family:&quot;Aptos&quot;,sans-serif;font-size:12.0pt;line-height:115%;" lang="FR">Le succès est appréciable. Grâce à la campagne, les bas salaires ont, entre 2010 et 2016, augmenté plus fortement que les salaires moyens et élevés (cf. graphique). Comme lors de la première campagne, il a été possible de faire reculer la propagation des bas salaires. Les travailleurs et travailleuses et leurs syndicats ne peuvent malheureusement pas s’endormir sur leurs lauriers. Depuis la fin de la dernière campagne, l'évolution des salaires a été décevante. Aujourd'hui encore, trop de travailleurs et travailleuses sont trop peu payés. Les syndicats de l'USS se sont donc fixé un nouvel objectif&nbsp;: personne ne doit gagner moins de 5&nbsp;000 francs avec un apprentissage et moins de 4&nbsp;500 francs sans apprentissage. L’heure est venue de réécrire l'histoire.</span></p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/kampagnen/4000er-Kampagne.jpg" length="203258" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10854</guid><pubDate>Wed, 02 Jul 2025 14:41:40 +0200</pubDate><title>Changements au secrétariat de l’USS</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/changements-au-secretariat-de-luss</link><description>Communiqué de l&#039;USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">À partir de septembre 2025, le dossier syndical clé « Droit du travail et protection de la santé » sera géré par Gabriela Medici, secrétaire centrale de l'USS. Celle-ci reprend le dossier de Luca Cirigliano, qui quitte l'USS après 13 années. Le Comité de l’USS a également décidé à l'unanimité que le Secrétariat de l'USS serait désormais dirigé conjointement par Gabriela Medici et Daniel Lampart.</p><p>Luca Cirigliano, responsable du droit du travail, de la protection de la santé et des affaires internationales, quittera l'USS le 31 août 2025 après 13 années passées au service des intérêts des travailleurs et travailleuses. Le Comité de l’USS le remercie pour son engagement de longue date dans un environnement technique et politique exigeant et ses efforts inlassables. Il le remercie tout particulièrement pour son engagement dans des dossiers centraux tels que la protection contre le licenciement, la représentation de la Suisse à l'OIT et la protection des conditions de travail, par exemple pour la protection des travailleurs et travailleuses particulièrement vulnérables pendant la pandémie du Covid. Son engagement au sein de la Fondation pour l'indemnisation des victimes de l'amiante a également été marquant.</p><p>À partir de septembre 2025, Gabriela Medici reprendra les dossiers syndicaux clés du droit du travail et de la protection de la santé. Après plus de huit ans d'engagement fructueux en faveur de la prévoyance vieillesse, elle se consacrera ainsi à de nouveaux domaines qui, selon le Comité, gagneront encore à l'avenir en importance.</p><p>Le Comité de l'USS a en outre décidé à l'unanimité que le Secrétariat de l'USS serait désormais dirigé conjointement par Gabriela Medici et Daniel Lampart.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/logos/logo_sgb_website.jpg" length="257846" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11028</guid><pubDate>Wed, 02 Jul 2025 08:46:00 +0200</pubDate><title>Non au dumping salarial : l&#039;USS soutient la pénalisation du non-respect des prescriptions en matière de travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/non-au-dumping-salarial-luss-soutient-la-penalisation-du-non-respect-des-prescriptions-en-matiere-de-travail</link><description>Prise de position de l’USS sur l&#039;initiative parlementaire</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"><span lang="FR">L'Union syndicale suisse (USS) s'engage résolument en faveur de conditions de travail équitables et de salaires justes. Dans sa prise de position sur l'initiative parlementaire contre le non-respect des conditions de travail obligatoires (21.470), elle soutient le renforcement prévu de la loi contre la concurrence déloyale (LCD), dans le but de pouvoir poursuivre pénalement les violations intentionnelles des dispositions impératives du droit du travail. Dans un même temps, l’USS demande en plus que les travailleurs et travailleuses soient expressément exemptés de toute responsabilité pénale et qu'une obligation d'information et de documentation soit introduite en cas d'infraction.</span></p><p><span lang="FR">Les entreprises tentent régulièrement de se procurer un avantage concurrentiel par le biais du dumping salarial et social, au détriment de leurs employé-e-s et de l'ensemble du secteur. Le versement des salaire minimums et des cotisations sociales n'est toutefois pas facultatif, tout comme le respect des normes minimales en matière de jours de congé, de temps de travail et de repos. Ce sont là des obligations légales&nbsp;!</span></p><h3 class="heading--h4"><span lang="FR"><strong>Les lacunes du droit en vigueur doivent être comblées</strong></span></h3><p><span lang="FR">Néanmoins, les infractions aux dispositions du droit du travail ne sont guère sanctionnées au civil, ce qui est une situation indéfendable. La LCD autorise certes des poursuites pénales en cas de publicité déloyale ou de violation de secrets d’affaires, mais pas en cas de dumping salarial ou de non-respect des normes minimales du droit du travail.</span></p><p><span lang="FR">Cette lacune nuit non seulement aux salarié-e-s concernés, mais aussi aux entreprises qui se comportent correctement. Celles-ci doivent en effet rivaliser avec des entreprises qui peuvent proposer des offres moins chères en contournant les dispositions légales. En conséquence, les conditions de travail d'autres employé-e-s du secteur concerné se retrouvent sous pression.</span></p><p><span lang="FR">Pour ces raisons, l’USS se félicite du fait qu'à l'avenir, les entreprises puissent être poursuivies pénalement si elles enfreignent délibérément les dispositions légales de protection et se positionnent ainsi de manière déloyale sur le marché.</span></p><h3 class="heading--h4"><span lang="FR"><strong>Les salarié-e-s n’ont pas à être considérés comme des criminel-le-s.</strong></span></h3><p><span lang="FR">L'USS demande toutefois aussi que les salarié-e-s soient expressément exclus de toute punissabilité. Quiconque agit sur instruction de son employeur et se trouve dans une relation de dépendance hiérarchique ne peut être tenu responsable d'infractions qu'il ou elle n'a pas commises de son plein gré. Cette précision doit figurer clairement dans le texte de la loi.</span></p><p><span lang="FR">L'USS soutient également l'exigence selon laquelle les salarié-e-s concernés et les partenaires sociaux doivent être obligatoirement informés des infractions constatées. C'est la seule façon pour eux de préserver leurs droits et de prendre les mesures qui s'imposent. L'USS estime en outre nécessaire que la Confédération établisse des statistiques sur les infractions constatées, afin que les commissions tripartites cantonales et la Commission tripartite fédérale puissent réagir en cas d'abus répétés et demander, par exemple, la mise en place de contrats-types de travail prévoyant des salaires minimaux.</span></p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/2/a/csm_Bundeshaus_Curia-Confoederationis-Helveticae_iStock-RomanBabakin_ebcb62b137.jpg" length="372406" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10852</guid><pubDate>Tue, 01 Jul 2025 15:22:56 +0200</pubDate><title>Le dimanche de congé à nouveau pris pour cible</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-dimanche-de-conge-a-nouveau-pris-pour-cible</link><description>Initiative cantonale sur le travail dominical</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La CER-E a accepté aujourd’hui l’initiative 23.325 déposée par le canton de Zurich. Il y est prévu d’augmenter massivement le nombre d’heures d’ouverture non soumises à autorisation, et par là de normaliser le travail dominical dans le commerce de détail. L’USS condamne fermement l’adoption de cette intervention : elle met en péril la santé des travailleuses et travailleurs, contourne les décisions démocratiques et s’inscrit dans une tactique du salami absolument inacceptable, qui vise à assouplir systématiquement l’interdiction du travail du dimanche.</p><h3 class="heading--h5">La santé doit primer sur la quête du profit à court terme</h3><p>L’initiative déposée par le canton de Zurich préconise d’étendre les ouvertures dominicales autorisées, pour passer de quatre dimanches à douze par an. Ce qui reviendrait à multiplier par trois le travail dominical dans le commerce de détail, avec les graves conséquences qui s’ensuivent pour la main-d’œuvre de la branche. Elle n’a déjà pas la vie facile aujourd’hui, entre les bas salaires, les horaires irréguliers, les sous-effectifs chroniques et les fortes pressions au rendement. Une extension du travail dominical ne ferait qu’ajouter aux pressions subies et mettre davantage en péril la santé physique et psychique des travailleuses et travailleurs.</p><p>Ce n’est qu’un prétexte cousu de fil blanc de dire, comme le font l’initiative et la majorité de la commission, qu’une augmentation des ouvertures dominicales contribuerait à « venir à bout de la crise » du commerce de détail. Il n’existe aucune preuve que des horaires d’ouverture plus étendus renforcent l’économie – bien au contraire, ils aboutiraient à un simple déplacement de la consommation au seul profit des grandes surfaces.</p><p>Le dimanche chômé est essentiel pour la détente psychique et physique, pour la vie familiale et les contacts sociaux. Ce n’est donc pas un hasard si la loi sur le travail protège jalousement cet acquis social. Selon la loi, le travail du dimanche ne peut être autorisé qu’à titre exceptionnel et à des conditions strictes. Or les milieux bourgeois visent aujourd’hui à assouplir ce régime. Leur but est clair et consiste à prolonger les heures d’ouverture ainsi qu’à obliger le personnel à rester disponible plus longtemps, au détriment de sa santé et de sa vie sociale.</p><h3 class="heading--h5">Recours à la tactique du salami en vue de la normalisation du travail dominical</h3><p>L’USS dénonce la dangereuse tactique du salami à l’œuvre : avec des interventions comme l’initiative déposée par le canton de Zurich ou l’initiative parlementaire 16.484 « Assouplir les conditions encadrant le télétravail » du conseiller aux États Burkart, le camp bourgeois cherche insidieusement à vider de sa substance l’interdiction du travail dominical – dans le commerce de détail et dans d’autres branches encore. Sous le couvert fallacieux d’« assouplissements » ou de « gestion des crises », toujours plus professions seraient à l’avenir contraintes de travailler le dimanche – dans le commerce de détail ou en télétravail.</p><h3 class="heading--h5">Non-respect des décisions démocratiques</h3><p>Les auteurs de telles initiatives méconnaissent la réalité du terrain : bien des cantons ne font même pas usage des quatre ouvertures dominicales autorisées par la loi. Il n’y a donc pas de réel besoin – mais une course à la libéralisation pour des motifs purement idéologiques. Lors des scrutins cantonaux, la population s'est régulièrement opposée à l’extension des ouvertures dominicales. Même au Parlement fédéral, une intervention similaire glissée en 2021 dans la loi COVID-19 avait été balayée. Il s’ensuit qu’en plus d’être antisocial, le nouveau projet ne tient pas compte de la volonté populaire.</p><p>L’USS appelle aujourd’hui le Parlement à refuser en plénum l’initiative cantonale 23.325. Il ne faut pas sacrifier plus longtemps les préoccupations des travailleuses et travailleurs sur l’autel des intérêts économiques. Le dimanche doit rester un jour de congé, dans l’intérêt de la santé publique, des besoins de repos et d’une coexistence solidaire. L’USS et ses fédérations se battront de toutes leurs forces pour que le dimanche demeure un jour chômé.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/9/9/csm_mediathek_coop_supermarkt_13_5435cba10f.jpg" length="278759" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10850</guid><pubDate>Tue, 01 Jul 2025 11:28:43 +0200</pubDate><title>Nombreuses expériences négatives liées au système de contingents</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/nombreuses-experiences-negatives-liees-au-systeme-de-contingents</link><description>Rapport de l&#039;Observatoire : Commentaire de l&#039;USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’initiative isolationniste de l’UDC (« Pas de Suisse à 10 millions ») a relancé la discussion sur la politique migratoire de la Suisse. Le niveau du débat est toutefois préoccupant. La libre circulation des personnes fait l’objet de critiques, en l’absence de toute discussion sérieuse sur une solution alternative viable. De même, la clause de sauvegarde du paquet Suisse-UE est célébrée comme un grand progrès, sans que personne sache comment elle serait mise en œuvre et ce qu’elle apporte au juste. Beaucoup de personnes parlent encore de contingents, alors que la Suisse a fait de mauvaises expériences en la matière.</p><p>L’histoire du système suisse de contingents est celle de plusieurs décennies de tentatives infructueuses et finalement abandonnées de réglementer l’immigration par des plafonds et d’autres exigences. « Les contingents étaient toujours adaptés à la demande du marché du travail et l’immigration n’était pas limitée » (Mario Gattiker, NZZaS, 14 août 2018) . Les conditions de travail et de séjour étaient parfois effrayantes, dans le cas des saisonniers notamment. Dans bien des cas, l’intégration sociale laissait gravement à désirer. Bien des travailleuses et travailleurs se retrouvaient à l’AI, et la productivité a souffert d’un tel régime.</p><p>Les systèmes d’admission permettent et imposent toutefois de gérer la « qualité » de la migration – notamment les conditions de travail, les droits de séjour et de sécurité sociale, ainsi que les qualifications. Or comparaison à l’appui, la libre circulation des personnes combinée à une protection efficace des salaires fait mieux sur ce plan que les systèmes de contingents ou à points.</p><p>Le niveau d’immigration découle de la situation économique, ainsi que de l’internationalisation de l’économie et de l’utilisation d’Internet lors des recherches d’emploi. Jusqu’en 2000, il fallait acheter la presse locale pour connaître les postes à repourvoir. Par la suite, le marché de l’emploi a misé sur Internet, et les postes vacants sont devenus visibles dans le monde entier. L’UE a introduit dès 1993 la libre circulation des personnes, et la Suisse ne l’a fait qu’en 2002/4. Il n’empêche qu’au cours des 20 dernières années, les Pays-Bas et le Danemark ont connu une plus forte immigration que la Suisse.<br>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/kampagnen/jobs-und-loehne/Lohnkontrolle_Unia-sw.jpg" length="118491" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10683</guid><pubDate>Tue, 17 Jun 2025 10:37:55 +0200</pubDate><title>L’USS dénonce l’attaque frontale menée contre les bas revenus et la démocratie directe</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-uss-denonce-lattaque-frontale-menee-contre-les-bas-revenus-et-la-democratie-directe</link><description>Du jamais vu : le Parlement vise à réduire les salaires par une loi fédérale</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil national a décidé aujourd’hui d’interdire les salaires minimums cantonaux, en adoptant la modification de la loi fédérale permettant d’étendre le champ d’application des conventions collectives de travail (LECCT, 24.096). Pour la première fois de l’histoire, il est prévu de réduire les salaires par le biais d’une loi fédérale. Les travailleuses et travailleurs percevant de bas salaires gagneraient encore moins. Si le Conseil des États adopte à son tour le projet, des décisions populaires prises démocratiquement se verraient vidées de leur substance. En outre, la participation de la population au niveau cantonal, un des acquis du fédéralisme, serait gravement limitée. Des instruments de lutte contre la sous-enchère salariale dont l’efficacité n’est plus à démontrer deviendraient caducs, dans les régions frontalières notamment. En cherchant à affaiblir la protection des salaires avant les scrutins imminents sur l’Europe, les employeurs jouent avec le feu et mettent en péril la fructueuse politique d’ouverture à l’UE assortie de garde-fous sociaux. L’Union syndicale suisse appelle le Conseil des États à stopper cette loi de baisse des salaires.</p><h3 class="heading--h5">Attaque contre les bas salaires, au mépris de la volonté populaire</h3><p>Dans des cantons comme Genève et Neuchâtel ou des villes comme Zurich et Winterthour, les citoyennes et citoyens ont décidé démocratiquement d’instaurer des salaires minimums. Ces derniers protègent de la pauvreté et renforcent le pouvoir d’achat, sans mettre en péril les emplois. Or ce sont précisément ces succès que le Parlement veut aujourd’hui gâcher. Les femmes travaillant dans l’hôtellerie-restauration, dans le commerce de détail, dans les salons de coiffure ou le nettoyage seraient particulièrement touchées. À Genève, une coiffeuse qualifiée et possédant de l’expérience professionnelle perdrait jusqu’à 250 francs par mois. Personne ne serait épargné, car la loi interdirait d’instaurer de nouveaux salaires minimums cantonaux, et donc la population de tous les cantons verrait ce droit populaire lui échapper.</p><h3 class="heading--h5">Affaiblissement de la démocratie et de la protection des salaires</h3><p>L’attaque menée contre les salaires minimums légaux constitue un dangereux précédent, en annulant des décisions prises en démocratie directe. La Constitution et le fédéralisme sont bafoués – uniquement pour que les employeurs puissent verser des salaires plus bas. Une telle manière d’agir est aussi problématique pour la politique européenne, car les salaires minimums cantonaux sont un instrument important de lutte contre la sous-enchère salariale, dans le cadre de la libre circulation des personnes. Avec la présente modification de loi, un pilier majeur de la protection des salaires disparaîtrait.</p><h3 class="heading--h5">La collectivité passe à la caisse – les employeurs réalisent des économies</h3><p>En cas de mise en œuvre du projet, des milliers de personnes qui travaillent se retrouver à gagner moins de 4000 francs. Il leur faudrait se débrouiller avec plusieurs centaines de francs en moins par mois. Beaucoup devraient faire appel à l’aide sociale – ce serait à la collectivité d’en assumer les coûts, tandis que les employeurs maximiseraient leurs profits.</p><p>Dans une lettre adressée au Parlement, les gouvernements cantonaux dénoncent un empiètement sur l’autonomie des cantons et le non-respect des décisions prises par les citoyennes et citoyens à l’échelon cantonal. Selon la Constitution fédérale, les cantons ont la compétence d’intervenir sur le terrain de la politique sociale – et donc de fixer des salaires minimums pour lutter contre la pauvreté. Le Tribunal fédéral a clairement confirmé cette compétence. Or la modification prévue de la LECCT vise précisément à restreindre cette politique sociale cantonale. Le Conseil des États, chargé de représenter les cantons, est par conséquent appelé à stopper ce projet pendant qu’il en est temps.</p><p>L’USS se battra de toutes ses forces contre cette loi sur les baisses de salaire. Quiconque travaille doit pouvoir vivre de son salaire.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/maillard-salaires-minimum.jpg" length="142507" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10662</guid><pubDate>Fri, 06 Jun 2025 11:33:09 +0200</pubDate><title>Contrôle des salaires insuffisant dans de nombreux cantons</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/controle-des-salaires-insuffisant-dans-de-nombreux-cantons</link><description>Rapport sur les mesures d&#039;accompagnement</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Une protection salariale forte est un enjeu important pour les travailleuses et travailleurs. C’est ce que montre le rapport publié aujourd’hui par le SECO sur la mise en œuvre des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes (Rapport FlaM). Partout où des contrôles ont lieu, des infractions sont découvertes. La protection des salaires reste hélas lacunaire. En effet, de nombreux cantons ne mettent pas correctement en œuvre les mesures d’accompagnement prévues. Il incombe aux cantons d’effectuer davantage de contrôles et d’édicter des salaires minimums impératifs, en cas de sous-enchère répétée aux salaires usuels.</p><p>En 2024, les contrôleuses et contrôleurs ont vérifié près de 140 000 salaires pratiqués par des employeurs suisses ou par des entreprises étrangères détachant du personnel en Suisse. Des salaires trop bas ou une indépendance fictive ont été découverts dans près d’une entreprise sur cinq. Dans les branches possédant des conventions collectives de travail (CCT) avec des salaires minimums clairement définis, 31 % des entreprises contrôlées versent même des salaires insuffisants. En ce qui concerne les branches dépourvues de CCT déclarée de force obligatoire (CCT étendue) ou de contrat-type de travail (CTT), certains cantons ont fixé des critères trop bas pour les salaires usuels dans la localité ou la branche. Avec pour résultat que même des employeurs pratiquant la sous-enchère salariale passent au travers des contrôles.</p><h3 class="heading--h5">Les employeurs suisses fautifs refusent de verser des salaires corrects</h3><p>Dans les branches dotées d’une CCT étendue ou d’un CTT, les employeurs fautifs sont sanctionnés et le salaire manquant doit être versé rétroactivement. Dans les autres branches, les employeurs versant des salaires trop bas sont seulement invités lors de « procédures de conciliation » à adapter leurs rémunérations. Neuf entreprises de détachement sur dix ne payant pas assez ajustent leurs salaires. Cependant, seul un employeur suisse fautif sur deux le fait, l’autre moitié refusant de verser des salaires corrects.</p><h3 class="heading--h5">Les cantons n’en font pas assez dans la mise en œuvre des mesures d’accompagnement</h3><p>La loi est claire : en cas de sous-enchère salariale répétée, un CTT prévoyant des salaires minimums doit être édicté ou il faut déclarer de force obligatoire la CCT en vigueur. Or il est rarissime que de telles mesures soient adoptées, alors même que des salaires trop bas sont découverts à de nombreuses reprises dans tous les cantons et que bien souvent, les procédures de conciliation menées avec les employeurs se soldent par des échecs.</p><p>Les principales exceptions à la règle sont le Tessin et Genève. En 2024 aussi, ces deux cantons ont consciencieusement mis en œuvre les mesures d’accompagnement. Des contrôles ont régulièrement lieu – tout employeur établi au Tessin et n’étant pas soumis à une CCT étendue ou à un CTT est contrôlé tous les quatre ans en moyenne, les contrôles ayant lieu à Genève tous les dix ans. Ces deux cantons édictent en outre des salaires minimums par voie de CTT, s’ils constatent des cas de sous-enchère salariale répétée. Sur les 25&nbsp;CTT en place prévoyant des salaires minimums, 19 proviennent du Tessin ou de Genève.</p><p>La plupart des cantons font beaucoup moins de contrôles. En moyenne, les employeurs suisses n’étant pas soumis à une CCT étendue ou à un CTT sont contrôlés tous les 26 ans. En plus, la plupart des autres cantons refusent d’édicter des salaires minimums, alors même qu’ils constatent régulièrement des cas de sous-enchère abusive et que les procédures de conciliation échouent fréquemment. Parmi les cantons dont l’activité de contrôle s’approche de la moyenne et qui, bien qu’ils constatent de nombreuses infractions, ne prennent guère de mesures, il convient de citer Zurich, les deux Bâle, l’Argovie ou Fribourg.</p><p>La situation est pire encore dans les cantons n’effectuant que peu de contrôles et dont les taux d’infraction étonnamment faibles montrent qu’ils se contentent de critères minimalistes en matière de sous-enchère salariale. À l’instar de Zoug, du Valais, de Berne, de Soleure et de la Thurgovie, où les employeurs suisses ne font l’objet de contrôles que tous les 158, 150, 60, 56 ou 45 ans.</p><h3 class="heading--h5">Les mesures d’accompagnement doivent être mises en œuvre partout</h3><p>Comme le montre le rapport, les mesures d’accompagnement revêtent une grande importance et tout affaiblissement de la protection des salaires serait fatal. Trop d’employeurs ne respectent pas les salaires usuels dans la localité et la branche. Les cantons ont le devoir d’en faire davantage. Les mesures d’accompagnement doivent faire l’objet d’une mise en œuvre systématique :</p><ul><li>Là où les contrôles sont rares, il faut en faire davantage.</li><li>Il faut en finir avec la sous-enchère dans la définition des salaires usuels dans la localité ou la branche.</li><li>En cas de sous-enchère salariale répétée, des salaires minimums doivent être édictés, comme le prévoit la loi.</li></ul>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/5/0/csm_Bauarbeiter-in-Halle-Protesthaltung_AntonioRecena-photocase_7f25818a14.jpg" length="141605" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10657</guid><pubDate>Tue, 03 Jun 2025 10:46:11 +0200</pubDate><title>Non aux faux indépendants – le Conseil national tranche en faveur de la protection des travailleurs</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/non-aux-faux-independants-le-conseil-national-tranche-en-faveur-de-la-protection-des-travailleurs</link><description>Coup d’arrêt à l’ubérisation du marché du travail – l’heure est à de meilleures mesures de protection</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil national s’est prononcé aujourd’hui : l’initiative parlementaire visant à contourner le droit des assurances sociales a échoué. La protection des travailleuses et travailleurs est donc maintenue – y compris contre la menace croissance due aux faux indépendant-e-s. L’Union syndicale suisse (USS) se félicite de cette décision. Non sans exiger des mesures supplémentaires destinées à renforcer la protection des travailleuses et travailleurs et à faire systématiquement respecter leurs droits.</p><p>L’initiative parlementaire enterrée aujourd’hui par le Conseil national aurait conduit à considérer comme indépendantes, sur la base d’accords à la formulation trompeuse, des personnes exerçant de fait une activité salariée. Ce dangereux précédent aurait abouti à une multiplication des faux indépendant-e-s privés de droits en matière de sécurité sociale et de conditions de travail réglementées, ouvrant toute grande la porte à l’exploitation et à la sous-enchère salariale. La décision finale du Conseil national sur cette intervention parlementaire est une victoire de la raison – et surtout une victoire des travailleuses et travailleurs.</p><h3 class="heading--h5">La sécurité juridique doit primer sur les astuces contractuelles</h3><p>L’USS s’était d’emblée opposée avec véhémence au projet, au sein d’une vaste alliance formée avec d’autres syndicats, les associations patronales, les cantons, les organes d’exécution et le Conseil fédéral. Car la pratique actuelle distinguant entre travail indépendant et activité salariée a fait ses preuves. Elle protège les travailleurs sur la base de critères objectifs, comme l’existence d’un lien de subordination, la dépendance économique et l’intégration dans une organisation de travail, plutôt que sur de simples partis pris formels d’un contrat. L’initiative rejetée aujourd’hui aurait sapé ces principes et permis aux employeurs de se soustraire à leur responsabilité sociale, aux dépens des travailleurs et des collectivités publiques.</p><h3 class="heading--h5">L’heure est au respect rigoureux ainsi qu’à l’extension de la protection des travailleurs</h3><p>La décision du Conseil national est une victoire d’étape certes importante, mais loin d’être suffisante. Le problème des faux indépendants gagne en effet du terrain, dans l’économie de plateforme comme dans les emplois précaires du secteur des services ou dans les chaînes de sous-traitance reposant sur la division du travail. Or quiconque travaille mérite d’être protégé, indépendamment du modèle d’affaires de son employeur. L’USS s’engagera dès lors pour le renforcement de la protection des travailleuses et travailleurs et exige des améliorations légales ciblées :</p><p>• <strong>Présomption d’activité salariée pour le travail de plateforme</strong> : quiconque exerce une activité salariée ne doit pas avoir à prouver l’existence de rapports de travail – ce doit être à l’entreprise d’apporter la preuve de sa prétendue indépendance.<br>• <strong>Exercice collectif du droit à une décision en constatation</strong> : les syndicats devraient être habilités à faire trancher de manière contraignante, pour des groupes entiers de travailleurs, la question de la relation de travail – par analogie à la pratique établie en droit des migrations.<br>• <strong>Responsabilité des sous-traitants</strong> : les grands donneurs d’ordre doivent porter la responsabilité du respect des droits sociaux et du droit du travail tout au long de la chaîne de sous-traitance – comme c’est déjà en partie le cas aujourd’hui dans la législation sur les travailleurs détachés.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Lieferdienst_Bringdienst_Maske_iSt-ArtMarie.jpg" length="297992" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10651</guid><pubDate>Wed, 28 May 2025 10:53:00 +0200</pubDate><title>Ouverture des commerces : les décisions populaires doivent être suivies d’effets</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/ouverture-des-commerces-les-decisions-populaires-doivent-etre-suivies-deffets</link><description>L’USS s’oppose à l’extension du travail dominical</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 18 mai, les citoyen-ne-s saint-gallois ont refusé pour la quatrième fois de prolonger les heures d'ouverture des commerces. Dans d'autres cantons également, ce forcing a échoué à plusieurs reprises dans les urnes. Malgré cela, le Parlement fédéral veut ouvrir la porte à davantage de travail le dimanche : selon lui, au lieu de quatre dimanches d'ouverture des commerces, les cantons devraient à l'avenir pouvoir en autoriser jusqu'à douze, ce qui serait problématique en particulier pour les travailleurs et travailleuses ayant une famille. L'USS s'oppose fermement à une nouvelle libéralisation des heures d'ouverture des commerces.</p><p>Aujourd'hui déjà, les commerces du canton de Saint-Gall peuvent rester ouverts de 6 à 19 heures. La majorité du Grand Conseil, proche des employeurs, a malgré tout décidé d’étendre massivement ces heures d’ouverture. À la suivre, il aurait été possible d'ouvrir de 5 à 22 heures, y compris le samedi. Mais près de deux tiers des votant-e-s ont dit non. C'est donc la quatrième fois que les citoyen-ne-s saint-gallois rejettent de prolonger les heures d'ouverture des commerces.</p><p>Pour le moment, le personnel de vente peut respirer : aujourd'hui déjà, il souffre des longues journées de travail, d’une flexibilité permanente, d’un sous-effectif, sans oublier les bas salaires. De plus, étendre les heures d'ouverture aurait aussi touché d'autres branches, comme le nettoyage, la sécurité et la logistique. Le résultat clair de la votation est donc un signal important pour nombre de travailleurs et travailleuses.&nbsp;</p><p>Mais la prochaine contrainte menace déjà : le Parlement fédéral prévoit actuellement de mettre en œuvre une initiative cantonale du canton de Zurich. Selon elle, il deviendrait possible d'ouvrir les commerces jusqu'à douze dimanches par an, ce qui serait particulièrement problématique pour les employé-e-s ayant une famille. En semaine, ils ne voient en effet guère leurs enfants en raison des longues journées de travail et il n'est pas rare que le dimanche soit le seul jour où il leur est possible de passer du temps ensemble.</p><p>L'USS s'oppose à l'extension du travail dominical parce qu'il nuit à la santé. Les médecins du travail mettent en garde : moins de temps de repos augmente le risque d’épuisement professionnel et de dépression. Les familles souffrent en outre de la suppression du dimanche passé en commun. Et la cohésion sociale aussi s'en trouve affaiblie : le dimanche appartient au repos, à la culture, aux loisirs, pas au travail.</p><p>Les citoyen-ne-s ont clairement exprimé leur volonté : lors des trois quarts des votations populaire sur l’extension des heures d'ouverture des commerces, celle-ci a été rejetée, ces dernières années. Beaucoup de cantons renoncent même aux quatre dimanches d’ouverture sans autorisation actuellement autorisés. Pourquoi donc exercer encore plus de pression et ajouter des contraintes ? Il n'est pas nécessaire de libéraliser davantage. Et il faut respecter les décisions du peuple ainsi que les personnes qui se tiennent derrière les caisses des magasins.</p>]]></content:encoded><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/9/9/csm_mediathek_coop_supermarkt_13_5435cba10f.jpg" length="278759" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10648</guid><pubDate>Tue, 27 May 2025 09:30:00 +0200</pubDate><title>L&#039;USS s&#039;oppose à l&#039;attaque contre les bas salaires et la démocratie</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/luss-soppose-a-lattaque-contre-les-bas-salaires-et-la-democratie-salaires-mimums</link><description>Sans précédent : le Parlement veut baisser les salaires par la loi (motion Ettlin)</description><content:encoded><![CDATA[<p>Avec la mise en œuvre de la motion Ettlin (24.096), le Parlement veut, pour la première fois dans l'histoire, réduire les salaires par voie législative, au détriment de milliers de travailleuses et travailleurs dans les branches à bas salaires. Ce projet non seulement mettrait fin aux salaires minimaux cantonaux décidés par voie de démocratie directe, mais affaiblirait également la protection salariale liée à la libre circulation des personnes avec l'UE. L'Union syndicale suisse (USS) combattra par tous les moyens cette loi de baisse des salaires si elle est acceptée par le Parlement.</p><h3 class="heading--h5">Une attaque frontale contre les bas revenus et la volonté populaire</h3><p>À Genève et à Neuchâtel, les électeurs ont introduit des salaires minimaux lors de votations populaires. Ceux-ci ont produit leurs effets : des milliers de travailleuses et travailleurs, en particulier des femmes, touchent depuis des salaires plus élevés, sans que le chômage n’ait augmenté. Des salaires minimaux ont également été adoptés à Zurich, Winterthour et Lucerne. Et les études scientifiques montrent clairement que les salaires minimaux protègent contre la pauvreté, renforcent le pouvoir d'achat et ne mettent pas en danger les emplois.</p><p>Mais ces acquis sont aujourd'hui menacés. À l'avenir, les conventions collectives de travail (CCT) prévoyant des salaires inférieurs aux salaires minimaux cantonaux permettraient de déroger à ces derniers. «&nbsp;Pour la première fois dans l'histoire de la Suisse, le Parlement, à la demande d’organisations patronales, envisage de réduire les revenus de milliers de salarié-e-s en Suisse par le biais d'une loi fédérale et de détériorer par là la protection des salaires&nbsp;», explique Daniel Lampart, économiste en chef de l'USS.</p><p>Cela signifierait moins d’argent à la fin du mois, malgré le oui du peuple, notamment pour les employé-e-s de l'hôtellerie-restauration, du commerce de détail ou des salons de coiffure. Vania Alleva, vice-présidente de l'USS et présidente d'Unia, précise&nbsp;: «&nbsp;À Genève, une coiffeuse qualifiée avec trois ans ou plus d'expérience professionnelle perdrait jusqu'à 250 francs par mois. Une employée semi-qualifiée dans le nettoyage textile perdrait même plus de 350 francs. Et dans l'hôtellerie-restauration, une employée titulaire d'un certificat fédéral de capacité verrait son salaire baisser de plus de 200 francs. C'est scandaleux&nbsp;!&nbsp;»</p><h3 class="heading--h5">Attaque contre la démocratie directe et la protection des salaires</h3><p>L'USS condamne cette attaque contre la démocratie directe : les décisions populaires sont contournées a posteriori, ce qui crée un dangereux précédent. Pierre-Yves Maillard, président de l'USS, constate&nbsp;: «&nbsp;Le fédéralisme, c'est laisser les décisions se prendre au niveau le plus proche des citoyen-ne-s. Cette loi bafouerait notre Constitution et ses principes fondamentaux. Et pour quoi faire&nbsp;? Pour réduire les salaires des coiffeuses ou des employé-e-s de la restauration.&nbsp;»</p><p>Le projet est tout aussi explosif au vu du contexte de la politique européenne&nbsp;: les salaires minimaux cantonaux sont un instrument important pour empêcher le dumping salarial dans le cadre de la libre circulation des personnes avec l'UE. Si cet instrument disparaît, la Suisse perdra une mesure de protection efficace.</p><h3 class="heading--h5">Conséquences désastreuses pour les personnes concernées</h3><p>En 2014, les opposants à un salaire minimum national ont fait valoir qu'il n'était pas possible de payer le même salaire minimum à Zurich qu'au Tessin. C'est précisément pour cette raison que les cantons ont élaboré leurs propres solutions, adaptées au coût de la vie local. Ces salaires minimaux cantonaux fonctionnent sans problème. Leur suppression serait une attaque frontale contre des modèles fédéralistes qui ont fait leurs preuves. Pour Matteo Antonini, président de syndicom, une chose est claire&nbsp;: «&nbsp;Cette modification de la loi priverait les électrices et électeurs des cantons de la possibilité de fixer des salaires minimaux adaptés aux conditions locales. Il faut empêcher ce dangereux précédent&nbsp;».</p><p>Si le Parlement adopte le projet de loi, des milliers de travailleuses et travailleurs au salaire minimum perdront un revenu leur permettant de subvenir à leurs besoins. Beaucoup dépendraient alors des prestations complémentaires ou de l'aide sociale&nbsp;– la collectivité paierait la note, tandis que les employeurs verseraient moins de salaires et réaliseraient des profits plus élevés.</p><p>L'USS combattra de toutes ses forces ce projet antisocial et antidémocratique. Les gens qui travaillent doivent pouvoir vivre de leur salaire.</p><p><span style="font-family:&quot;NimbusSanNovMed&quot;,serif;font-size:11.0pt;"></span></p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/coiffeurin-bei-der-arbeit_ist-flamingoimages.jpg" length="356806" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10652</guid><pubDate>Tue, 27 May 2025 09:29:00 +0200</pubDate><title>Non au mépris pour les gens qui se lèvent tôt</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/non-au-mepris-pour-les-gens-qui-se-levent-tot</link><description>Discours de Pierre-Yves Maillard, président de l&#039;USS lors de la conférence de presse sur l&#039;attaque contre les salaires minimaux cantonaux</description><content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/personen/Pierre-Yves_Maillard_c-yoshikokusano-pour-luss.jpg" length="224527" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10633</guid><pubDate>Wed, 14 May 2025 16:13:01 +0200</pubDate><title>La stabilité de l&#039;approvisionnement électrique sont menacés </title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/la-stabilite-de-lapprovisionnement-electrique-sont-menaces</link><description>Décisions du Conseil fédéral concernant les accords avec l&#039;UE</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Une bonne collaboration cadrée entre la Suisse et l'Union européenne (UE) est encore plus importante en raison de la politique impérialiste antidémocratique menée par des gouvernant-e-s à l'Ouest comme à l'Est. L'Union syndicale suisse (USS) est donc favorable à un accord avec l'UE si la protection des salaires et le service public sont garantis. Les mesures décidées par le Conseil fédéral en mars garantissent la protection des salaires. En revanche, pour l'électricité, le service public est menacé par l'accord sur l'électricité. L'USS rejette donc cet accord spécifique. Quant à la « clause de sauvegarde » présentée aujourd'hui par le Conseil fédéral, c'est en fait une fausse piste. S'ils le veulent, le Conseil fédéral et le Parlement peuvent déjà lutter contre le chômage avec des mesures efficaces et conformes à l'Accord sur la libre circulation des personnes (ALCP). Le détour par le tribunal arbitral n'apporte rien et ne fait que perdre un temps précieux.</p><h4>Un approvisionnement en électricité stable et sans but lucratif menacé</h4><p>La connexion importante au réseau européen à haute tension est déjà garantie par des contrats. Un accord supplémentaire n'est pas nécessaire pour l'approvisionnement de la Suisse et des pays voisins, d'autant que les deux parties ont besoin d'une collaboration dans le domaine de la haute tension.Avec cet accord, la Suisse doit libéraliser l'approvisionnement en électricité. Cela représente un danger pour la stabilité des prix, la sécurité de l'approvisionnement et la reconversion écologique.</p><p>Les ménages et les PME suisses bénéficient aujourd’hui d'un approvisionnement sûr en électricité à des prix équitables et stables dans le cadre de l'approvisionnement de base. À moyen terme, ils ressentent certes aussi les fluctuations des prix de l'électricité, mais il ne faut pas que la loi les arnaque et, surtout, la grande quantité d’électricité produite ici doit être fournie au prix de production et ne pas s'aligner sur les prix du marché qui peuvent de fait être beaucoup plus élevés. Ce sont les fournisseurs d'énergie intégrés et les services industriels qui sont responsables d’un tel fonctionnement. Pour que ces derniers puissent planifier et optimiser leur activité, ils doivent pouvoir réunir la distribution, la production, la demande et l'offre d'un seul tenant.</p><p>L’accord sur l'électricité supprimerait de facto l'approvisionnement de base intégré à travers l'ouverture du marché. Les prix du marché remplaceraient les prix basés sur les coûts des fournisseurs publics à but non lucratif. Les prix réglementés seraient remplacés par les prix du marché et les plus grands fournisseurs intégrés devraient être scindés conformément au droit européen. Les prescriptions relatives à la part des énergies renouvelables dans le pays, également renforcées par la loi sur l'électricité, seraient «&nbsp;discriminatoires&nbsp;» et devraient être supprimées. Les conséquences concrètes de l'accord pour la centrale hydroélectrique suisse et les nouvelles concessions à venir ne sont pas encore claires ; une analyse des textes contractuels devra le montrer.</p><h4>La « clause de sauvegarde » ne sert à rien – le Conseil fédéral et le Parlement peuvent déjà lutter contre le chômage aujourd'hui</h4><p>Aujourd’hui, le Conseil fédéral et le Parlement peuvent déjà lutter contre le chômage et d'autres problèmes sociaux avec des mesures efficaces et conformes à l'ALCP s'ils le souhaitent. Le détour par le tribunal arbitral prévu dans la clause de sauvegarde n'apportera rien, mais fera perdre un temps précieux. C’est pourquoi l'USS se félicite que le Conseil fédéral ait décidé aujourd'hui d'examiner des mesures de politique intérieure conformes à l'ALCP (trains de mesures conjoncturelles, meilleur placement et formation des chômeurs et chômeuses, etc.) avant d'invoquer la clause de sauvegarde.</p><p>Avec la clause de sauvegarde, la Confédération s'inspire de l'ancien système des contingents qu'elle a enterré en 2002 parce qu'il ne fonctionnait qu'assez mal et posait de nombreux problèmes. Il était considéré comme bureaucratique, freinait l'innovation et favorisait le travail précaire. L'immigration en Suisse suit avant tout la conjoncture. Lorsque l'économie est en croissance et que le chômage est faible, les employeurs recrutent davantage de personnel à l'étranger. En cas de récession, l'immigration diminue. Pour que la Suisse puisse invoquer la clause de sauvegarde, il faut qu’elle connaisse de graves problèmes économiques ou sociaux. Il s'agit de phases durant lesquelles l'immigration diminue déjà à cause de la conjoncture.</p><p>Les expériences faites par le passé avec les contingents ont montré que les entreprises les évitent. Lorsque les séjours de longue durée sont limités, elles engagent plutôt des résident-e-s de courte durée ou des frontaliers et des frontalières. Ou alors, elles se tournent vers des agences de travail temporaire qui leur prêtent des travailleurs et des travailleuses étrangers pour une durée de 90&nbsp;jours. Ces séjours de 90 jours ne nécessitent pas d'autorisation, mais seulement une déclaration. Il n'est pas certain qu'ils puissent être limités.</p><p>Il faut beaucoup de temps pour que la clause de sauvegarde s'applique. Le Conseil fédéral devrait d’abord soumettre une proposition au comité mixte, qui a 60 jours pour approuver la demande. On peut s'attendre à ce que ce ne soit pas le cas la plupart du temps, car l'UE n'y a aucun intérêt. La demande est ensuite soumise au tribunal arbitral qui dispose à nouveau de six mois. Les obstacles face à ce dernier sont relativement élevés. La Suisse devrait prouver qu'elle a de graves problèmes. Si le tribunal arbitral donnait alors son accord, la Suisse pourrait passer à la mise en œuvre. Selon les cas, il faudrait encore un arrêté fédéral soumis au référendum.</p><p>Tout cela pourrait être beaucoup plus simple. Si la Suisse connaît un taux de chômage élevé en période de récession, l'immigration diminue de toute façon et n'est pas un sujet de préoccupation. Il faut alors des programmes conjoncturels pour stimuler la consommation ou la construction, afin que le pays sorte le plus rapidement possible de la récession. Même en période de haute conjoncture, il est préférable de refroidir directement l'économie. Par exemple en repoussant les commandes publiques à plus tard. Ou en augmentant les taux d'intérêt de la banque nationale. La clause de sauvegarde, en revanche, ne résoudra aucun problème. Au contraire, elle peut même les renforcer, en empêchant rapide en matière de politique conjoncturelle.</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/umwelt-energie/Stromleitung_Hochspannung_SchweizerLandschaft_ist-makasana.jpg" length="386126" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10596</guid><pubDate>Fri, 02 May 2025 10:22:00 +0200</pubDate><title>Dossier N° 166 : La libre circulation des personnes à l’épreuve des faits</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/dossier-n-166-la-libre-circulation-des-personnes-a-lepreuve-des-faits</link><description>Salaires, conditions de travail et chômage dans différents systèmes migratoires – comparaison</description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis que l’UDC a déposé sa nouvelle initiative de résiliation (initiative pour la durabilité), le débat sur la politique migratoire de la Suisse est plus que jamais d’actualité. Ce qui est nouveau, c’est que le président d’economiesuisse s’en mêle, en tenant des propos critiques sur l’immigration. Face à ces critiques, la vraie question est de savoir quelle serait l’alternative au système actuel, basé sur la libre circulation des personnes assortie de mesures d’accompagnement. Un système à points ou de contingents améliorerait-il la situation des travailleuses et travailleurs ? Voire une « taxe sur l’immigration » serait-elle une option ?</p><p>Une comparaison des statistiques de l’immigration de différents pays montre que les divers systèmes d’admission n’entraînent pas de différence notable au niveau des chiffres. Mario Gattiker, l’ancien secrétaire d’État aux migrations, l’a confirmé en se basant sur l’histoire de l’immigration en Suisse. Avant la libre circulation des personnes, « les contingents étaient toujours adaptés à la demande du marché du travail et l’immigration n’était pas limitée » (NZZaS, 14 août 2018).&nbsp;</p><p>Les systèmes d’admission permettent et même imposent de gérer la « qualité » de la migration – notamment les conditions de travail, les droits de séjour et de sécurité sociale, ainsi que les qualifications. Or comparaison à l’appui, la libre circulation des personnes combinée à une protection efficace des salaires fait mieux sur ce plan que les systèmes de contingents ou à points. Le <a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/dossiers/166f_DL_systemes_migratoires.pdf">présent dossier de l'USS</a> compare et évalue les différents systèmes de migration et montre pourquoi la libre circulation des personnes, assortie de mesures d'accompagnement, obtient d'excellents résultats.</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Bauarbeiter-Stahltraeger_vm-ist.jpg" length="215997" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10614</guid><pubDate>Wed, 30 Apr 2025 12:37:26 +0200</pubDate><title>Pas touche aux salaires minimums !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pas-touche-aux-salaires-minimums</link><description>Un salaire, ça doit permettre d’en vivre</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Au Conseil national, une attaque menace de gravement s'en prendre aux salaires minimums et au fédéralisme en vigueur en Suisse. Selon elle, les cantons seront privés de leurs pouvoirs, des décisions démocratiquement prises annulées et les travailleurs et travailleuses pauvres («&nbsp;working poor&nbsp;») devront à nouveau être pris en compte. Le Parlement doit mettre le holà à cette attaque anticonstitutionnelle.</p><p><span style="height:38px;margin-left:-371px;margin-top:75px;position:absolute;width:30px;z-index:251659264;"></span><span lang="FR">En prévoyant de mettre en œuvre la motion Ettlin, le Parlement a lancé une attaque particulièrement grave contre les salaires des travailleurs et travailleuses, et en même temps contre la Constitution fédérale, la souveraineté des cantons et le fédéralisme. Tout cela doit se faire dans le cadre de la révision de la loi permettant d’étendre le champ d’application de la convention collective de travail.&nbsp;</span></p><p><span lang="FR">La Constitution fédérale autorise les cantons à introduire des salaires minimums pour des raisons de politique sociale, afin d'éviter les travailleurs et travailleuses pauvres, c'est-à-dire les personnes qui ne peuvent pas vivre de leur salaire malgré un travail à temps plein. Car sinon, l'État, le canton ou la commune doivent intervenir avec l'aide sociale et les prestations complémentaires. Non seulement cela porte atteinte à la dignité des personnes concernées, mais cela représente également un subventionnement inouï des entreprises dont le modèle économique repose sur des salaires trop bas. Un salaire doit suffire pour vivre - en particulier dans les régions où les prix sont élevés. Les contribuables ne doivent plus subventionner les entreprises qui paient des salaires de misère.</span></p><h3 class="heading--h5"><span lang="FR"><strong>Pas question que des décisions démocratiques et la Constitution fédérale soient bafouées</strong></span></h3><p><span lang="FR">Plusieurs cantons et villes (dont ceux de Neuchâtel, Genève ainsi que les villes de Zurich et de Winterthour) ont mis fin à cette situation inacceptable en introduisant des salaires minimums légitimés démocratiquement, confirmés par des votations populaires, des lois et le Tribunal fédéral.</span></p><p><span lang="FR">Déjà lors de la campagne de votation nationale de 2013 sur le salaire minimum, les opposant-e-s avaient promis que s'il n'existait pas de salaire minimum national, les cantons auraient au moins la compétence sociopolitique d'empêcher l’existence de travailleurs et travailleuses pauvres en édictant des salaires minimums cantonaux correspondants.</span></p><p><span lang="FR">Nous vivons maintenant au Palais fédéral le risque d'une violation ouverte de la Constitution&nbsp;: certains milieux veulent arracher aux cantons leur compétence, contre la volonté de la population concernée et le contenu de la Constitution fédérale. À travers une simple révision de la loi permettant d’étendre le champ d’application de la convention collective de travail, il serait possible de supprimer le fédéralisme prévu par la Constitution et la compétence des cantons en matière de salaires minimums socio-politiques. Des particuliers pourraient enfreindre le droit public cantonal contraignant en concluant une convention collective de travail déclarée de force obligatoire.&nbsp;</span></p><p><span lang="FR">La modification de la loi permettant d’étendre le champ d’application de la convention collective de travail sera soumise au vote du Conseil national en juin. Le Parlement doit revenir à la raison et stopper cette révision. Si la compétence des cantons d'introduire des salaires minimums obligatoires suffisants pour vivre est supprimée en violation de la Constitution, l'USS s'y opposera par tous les moyens nécessaires.</span></p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/8/a/csm_Bundeshaus-waehrend-Session_c8e044838c.jpg" length="261446" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10612</guid><pubDate>Wed, 30 Apr 2025 10:44:06 +0200</pubDate><title>Coop : des salaires bas malgré un gros succès</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/coop-des-salaires-bas-malgre-un-gros-succes</link><description>Même avec des profits et une productivité en hausse, le géant du commerce continue de payer des salaires bas</description><content:encoded><![CDATA[<p><span lang="FR-CH">Coop se porte super bien. Le géant du commerce de détail est en pleine croissance et fait des profits importants. Rien qu'en 2024, il a enregistré un bénéfice net de 585 millions de francs. Une somme considérable qui permettrait à la coopérative d'accorder une augmentation de salaire de 10 % à tous ses employé-e-s. Coop doit son succès à sa capacité à s'adapter mieux que ses concurrents aux nouvelles habitudes d'achat. Aujourd'hui, les consommatrices et consommateurs font moins souvent leurs grosses courses hebdomadaires et achètent plutôt plusieurs fois par semaine de plus petites quantités. Ils se rendent pour cela dans des magasins de quartier ou sur le chemin du travail. Coop est la mieux placée pour profiter de cette tendance, car elle gère le réseau de magasins le plus dense, avec près de 1000 points de vente. Mais le géant orange réalise aussi un chiffre d'affaires important parce qu'il adapte bien ses prix à sa clientèle : il vend des produits bio et autres produits premium aux client-e-s aisés. Ceux qui doivent faire plus attention à leur budget sont attirés par la marque bon marché Prix Garantie.</span></p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/7/c/csm_mediathek_coop_take_away_verkaeuferin_kaffee_f0fb0eec66.jpg" length="192982" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10607</guid><pubDate>Fri, 25 Apr 2025 09:30:00 +0200</pubDate><title>Plus de transparence pour de meilleurs salaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/calculateur-de-salaire-transparence-meilleurs-salaires</link><description>Le nouveau calculateur de salaires est en ligne</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) lance aujourd'hui son nouveau calculateur de salaire. Il s'agit d'une une plate-forme en ligne entièrement remaniée, qui permet de déterminer les salaires usuels dans les différentes branches et sur quinze marchés du travail régionaux. Les salaires minimums des conventions collectives de travail (CCT) y apparaissent, ainsi que des recommandations salariales affinées grâce à une méthode avancée d’analyse des données.</p><p>Le calculateur de salaire (<a href="https://calculateur-de-salaire.ch/?mtm_campaign=sgbhpfr" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><u>www.calculateur-de-salaire.ch</u></a>) permet aux travailleuses et travailleurs de contrôler anonymement – et gratuitement – à quel salaire ils et elles devraient avoir droit, compte tenu de leur profil (not. profession, branche d’activité, formation, âge, lieu de travail). Le calculateur indique non seulement le salaire médian usuel (la moitié des travailleuses et travailleurs gagnent plus, et l’autre moitié moins), mais aussi la fourchette des salaires des personnes ayant le même profil, soit le 1<sup>er</sup> et le 3<sup>e</sup>&nbsp;quartiles (un quart des salaires se situent au-dessous du 1<sup>er</sup>&nbsp;quartile et un quart des travailleurs gagnent plus que le 3<sup>e</sup>&nbsp;quartile).</p><p>Le calculateur de salaire repose sur les données représentatives de la dernière l’enquête suisse sur la structure des salaires (ESS 2022) de l’Office fédéral de la statistique (OFS), qui inclut 2,3&nbsp;millions de salaires versés par 35&nbsp;000 entreprises. L'évolution récente des salaires est aussi prise en compte, afin d’émettre des recommandations en phase avec la réalité. Et nous informons sur les CCT, qui définissent dans de nombreuses branches des salaires minimums selon les profils ou l'expérience. Ainsi, le calculateur de salaire ne se limite pas à faire la transparence utile aux entretiens individuels de négociation sur les rémunérations. Il indique encore à quoi chacune et chacun a droit, grâce aux négociations collectives.</p><p>Le calculateur de salaire se distingue des offres commerciales qui, bien souvent, s’en tiennent à des recommandations générales sans entrer dans les détails. Par exemple, on apprend sur ces sites commerciaux seulement combien une vendeuse gagne en moyenne, et non ce que touche d’ordinaire une vendeuse de 30&nbsp;ans avec CFC dans un supermarché saint-gallois. Les prestataires privés n’utilisent pas toujours des données représentatives et n’indiquent pas les salaires conventionnels. D’où des informations imprécises et lacunaires. Les offres commerciales ne peuvent par ailleurs pas revendiquer la même indépendance, beaucoup d’entre elles se finançant grâce aux offres d’emplois publiées par des employeurs.</p><h3 class="heading--h5"><strong>Le nouvel outil en ligne franchit une nouvelle étape sur le terrain de la transparence des salaires.</strong></h3><p>L’USS a entièrement remanié son calculateur de salaire&nbsp;:</p><ul><li><strong>Nouvelle base de données&nbsp;:</strong> salaires de l’actuelle enquête sur la structure des salaires 2022 de l’OFS, renfermant les salaires réels de 2,3&nbsp;millions de personnes employées dans 35&nbsp;000 entreprises.</li><li><strong>Prévisions affinées&nbsp;:</strong> les données salariales sont plus précises que jamais, grâce à la méthode d’apprentissage automatique (méthode dite des « Quantile Random Forests »).</li><li><strong>Informations complémentaires&nbsp;:</strong> le calculateur indique désormais si un 13<sup>e</sup>&nbsp;salaire est prévu et quelle est la durée de la semaine de travail pour un emploi à plein temps dans la branche choisie.</li><li><strong>Convivialité&nbsp;:</strong> le site Internet entièrement remanié est plus facile à utiliser, plus rapide et plus lisible.</li></ul><h3 class="heading--h5"><strong>Contribution essentielle à la lutte contre la discrimination salariale</strong></h3><p>La transparence salariale constitue un levier essentiel de la lutte contre la discrimination salariale. En Suisse, les femmes continuent de gagner 16 % de moins que les hommes – une grande partie de cet écart n’ayant pas d’explication objective. Le calculateur de salaire permet des comparaisons avec les salaires usuels et aide notamment les femmes à savoir si elles sont sous-payées.</p><h3 class="heading--h5"><strong>Avantage de connaissances des employeurs</strong></h3><p>Alors que les employeurs sont généralement bien informés des salaires, beaucoup de travailleuses et travailleurs sont mal renseignés sur les salaires usuels du marché. Les employeurs en profitent fréquemment pour les payer le moins possible. Le calculateur de salaire apporte aujourd’hui aux travailleuses et travailleurs les connaissances qui leur manquaient&nbsp;: pour des rémunérations équitables et des négociations étayées.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/banner/USS_Calculateur-de-salaire_SoMe_FR_1200x900.jpg" length="181477" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10602</guid><pubDate>Tue, 22 Apr 2025 11:49:31 +0200</pubDate><title>Enfin une augmentation des salaires réels. Mais le retard salarial persiste</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/enfin-une-augmentation-des-salaires-reels-mais-le-retard-salarial-persiste</link><description>Réaction de l&#039;USS au nouvel indice des salaires de l&#039;Office fédéral de la statistique</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"><span style="color:#0C0C0C;font-family:&quot;Arial&quot;,sans-serif;font-size:11.5pt;line-height:150%;">Après trois années de contraction, les salaires réels sont enfin repartis à la hausse en 2024. Les travailleuses et travailleurs gagnent à nouveau davantage, après déduction du renchérissement. C’est ce que montre l’indice suisse des salaires de l’OFS, avec une hausse en termes réels de 0,7&nbsp;% en 2024. Autre fait réjouissant, les salaires féminins ont augmenté plus vigoureusement, réduisant au passage l’écart salarial aux dépens des femmes.</span></p><p><span style="color:#0C0C0C;font-family:&quot;Arial&quot;,sans-serif;font-size:11.5pt;line-height:150%;">Au cours des négociations salariales de l’année 2024, les syndicats ont obtenu des améliorations dans de nombreuses branches d’activité, comme le commerce de détail (Coop) ou l’hôtellerie-restauration. Ces résultats tirent les statistiques vers le haut. Dans les conventions collectives de travail (CCT), les salaires ont en effet augmenté plus vigoureusement que dans l’indice des salaires, affichant une hausse de 2,1&nbsp;%. Encore que les employeurs aient rompu les négociations dans le secteur de la construction. L’évolution salariale s’avère ainsi dramatique pour les maçons : les salaires sur les chantiers stagnent depuis dix ans.</span></p><p><span style="color:#0C0C0C;font-family:&quot;Arial&quot;,sans-serif;font-size:11.5pt;line-height:150%;">L’évolution des salaires au cours des dernières années reste insuffisante malgré la récente hausse. Les salaires réels n’ont que très faiblement augmenté depuis&nbsp;2015. Alors qu’en réalité, ils auraient dû progresser au rythme de la productivité du travail, qui augmente en Suisse d’environ&nbsp;1&nbsp;% par an. Un aussi mauvais bilan salarial ne s’était plus vu depuis la Deuxième Guerre. C’est d’autant plus paradoxal qu’au cours de cette période, les employeurs n’ont cessé de se plaindre de la pénurie de main-d’œuvre.</span></p><p><span style="color:#0C0C0C;font-family:&quot;Arial&quot;,sans-serif;font-size:11.5pt;">Outre l’hôtellerie-restauration, les branches du service public que constituent la poste et les transports en commun affichent un très mauvais résultat. En l’occurrence, de grands employeurs jouissant d’une position quasi monopolistique dans différentes professions en profitent aux dépens de leur personnel. Pour l’USS, il est bien clair que si les employeurs continuent de se montrer intraitables aux négociations, les syndicats devront adapter leur manière de négocier.</span></p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Meeting-Sitzung_Manu_Reyes_photocase.jpg" length="571383" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10573</guid><pubDate>Tue, 01 Apr 2025 16:50:24 +0200</pubDate><title>Non à une loi qui baisse les salaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/non-a-une-loi-qui-baisse-les-salaires</link><description>La commission de l&#039;économie du National attaque les salaires minimums</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Nombre de travailleuses et de travailleurs ont du mal à joindre les deux bouts, même en travaillant à plein temps. C'est pourquoi, dans certains cantons, le peuple a introduit des salaires minimums légaux par votation. Car un salaire doit permettre de vivre. La Commission de l'économie du Conseil national veut imposer une révision législative qui attaque frontalement ces salaires minimums cantonaux. Elle entraînerait directement une baisse des salaires pour des milliers de travailleurs. De plus, dans de nombreux cantons, des votes à venir sur des initiatives demandant un salaire minimum seraient vidés de leur substance à l'avance. Le Conseil national doit stopper cette offensive contre les travailleuses et travailleurs des secteurs à bas salaires.</p><h4>Risque de réduction des salaires dans les secteurs à bas salaires</h4><p>Si le Parlement suit la Commission, des milliers de personnes dans plusieurs secteurs à bas salaires, comme la restauration ou la coiffure, risquent de subir des pertes de revenus considérables. Cela entraînerait une augmentation du nombre de "working poor" et des dépenses plus élevées pour l'aide sociale dans les cantons. En effet, les salaires minimums dans les conventions collectives de travail déclarées de force obligatoire ne peuvent garantir un niveau de vie correct sans recours aux prestations complémentaires, notamment dans des cantons où la vie est chère comme Genève.</p><h4>Attaque contre le fédéralisme et la démocratie directe</h4><p>Le projet de loi prévoit de placer les conventions collectives de travail déclarées de force obligatoire au-dessus du droit cantonal, interférant ainsi avec la compétence cantonale en matière de politique sociale qui comprend le droit à la fixation des salaires minimums. Une convention collective de travail déclarée de force obligatoire primerait ainsi les conventions cantonales, les lois cantonales et même les constitutions cantonales. Cela constituerait une ingérence dans le système fédéraliste et l'autonomie des cantons, et aurait pour effet d’annuler, de fait, les décisions populaires passées dans les cantons où des salaires minimums ont été adoptés par la population comme mesures de politique sociale. Mais cela viderait également de leur substance beaucoup de votations à venir, car dans de nombreux cantons, des initiatives sur les salaires minimums ont été déposées.</p><h4>Le Conseil national doit corriger le tir</h4><p>Les salaires minimums cantonaux, adoptés par la population lors de votations, seraient annulés de manière anticonstitutionnelle par la modification de la loi. Le plénum du Conseil national doit mettre fin à cette dangereuse manœuvre.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/sgb/Nationalratssaal_der_Schweiz-Superikonoskop-Wikimediacommons-ccbysa.jpg" length="337362" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10536</guid><pubDate>Fri, 21 Mar 2025 15:27:22 +0100</pubDate><title>Le train de mesures négocié garantit les salaires en Suisse</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-train-de-mesures-negocie-garantit-les-salaires-en-suisse</link><description>Reprise par le Conseil fédéral du résultat des entretiens de politique intérieure visant à garantir la protection des salaires

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Ces dernières semaines, l’Union syndicale suisse (USS) s’est employée à corriger, lors des négociations de politique intérieure sur la protection des salaires, les détériorations introduites par l’accord avec l’UE. Le Conseil fédéral a repris aujourd’hui le résultat des négociations menées dans le cadre du partenariat social. Le train de mesures de politique intérieure visant à protéger les salaires prévient le démantèlement qui était à craindre. L’USS se félicite donc de l’approbation par le Conseil fédéral de ce compromis des partenaires sociaux. Les syndicats prendront leur décision finale à l’issue des délibérations parlementaires.</p><p>L’accord avec l’UE ne fait pas qu’affaiblir la protection des salaires, il facilite encore à des entreprises douteuses et se moquant des lois l’accès au marché helvétique, par exemple en supprimant la caution actuelle. La Suisse est un véritable eldorado au cœur de l’Europe. Sans protection des salaires, les entreprises auraient la possibilité de facturer des prix suisses tout en payant des salaires étrangers. En l’occurrence, à la différence du Danemark et d’autres pays, les entreprises d’Etats membres comptant 250 millions d’habitants seraient susceptibles de travailler en Suisse dans leur langue locale. À cela s’ajoute l’essor de la sous-traitance et d’autres développements qui tendent à fragiliser les conventions collectives de travail (CCT).</p><h4>Garantie des frais suisses et responsabilité de l’employeur contractant</h4><p>Les mesures négociées entre les partenaires sociaux renforceront la prévention, dans la mesure où à l’avenir les marchés seront bien plus souvent attribués à des entreprises correctes. Lors de l’attribution des commandes publiques, il faudra d’abord vérifier si les entreprises ont déjà enfreint les conditions de travail suisses. L’entrepreneur principal devra désormais régler les amendes pour ses sous-traitants, s’il n’a pas vérifié qu’ils versent des salaires corrects. Par ailleurs, des gains d’efficience dans la procédure d’annonce amélioreront la qualité des contrôles. Quant aux frais, une nouvelle disposition légale garantit expressément le règlement des frais en vigueur en Suisse.</p><h4>Étapes importantes dans la bonne direction</h4><p>Quant à l’extension des conventions collectives de travail à des branches entières (déclaration de force obligatoire), les exigences désuètes datant de 1956, époque où le marché de travail suisse était encore très fermé, seront adaptées. L’USS déplore toutefois que cette modernisation des quorums ne concerne que les CCT existantes. Car une telle mesure n’améliorera pas la situation dans des branches en plein essor et dont les conditions de travail laissent à désirer, comme le secteur des soins privés ou les crèches.</p><p>Les travailleuses et travailleurs qui s’engagent sur le terrain du partenariat social, dans leur entreprise ou dans le cadre de leur CCT, doivent être à l’abri d’un licenciement. La proposition adoptée aujourd’hui par le Conseil fédéral améliore certes la situation de certains groupes de personnes. Mais si ces avancées vont dans la bonne direction et sont importantes, elles sont loin de couvrir tous les travailleurs et travailleuses qui en auraient besoin.</p><p>Outre la protection des salaires, l’USS tient beaucoup au maintien du service public dans les secteurs de l’électricité et du rail.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/internat-eu/Europa-Schweiz_Fahnen_ist-OleksiiLiskonih.jpg" length="481011" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10515</guid><pubDate>Wed, 19 Feb 2025 14:52:49 +0100</pubDate><title>Un premier pas dans la bonne direction, mais d’autres mesures s’imposent</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/un-premier-pas-dans-la-bonne-direction-mais-dautres-mesures-simposent</link><description>Décisions du Conseil fédéral sur les négociations sur la protection des salaires </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) soutient l’ouverture de la Suisse par rapport à l’Union euro-péenne (UE) pour autant que les salaires et le service public soient préservés. La décision d’orientation prise aujourd’hui par le Conseil fédéral relativement aux négociations au plan national corrige certaines dégradations de la protection des salaires. A priori, c’est une bonne chose. Mais il reste beaucoup à faire. Concernant la mise en œuvre concrète, l’USS insistera pour que les mesures à prendre soient conçues de manière efficace et appli-cables sur le terrain.&nbsp;</p><p>L’accord affaiblit non seulement la protection des salaires, mais facilite aussi l’accès au marché d’entreprises au comportement douteux et semi-criminel, par exemple en raison de la suppres-sion du système de caution. La Suisse comme pays situé au cœur de l’Europe, est extrême-ment attrayant. En l’absence de protection des salaires, les entreprises peuvent demander des prix suisses et verser des salaires étrangers. À la différence de ce qui est le cas au Danemark et dans d’autres pays, les entreprises d’États membres de l’UE représentant 250 millions d’habitant-e-s peuvent travailler en Suisse dans leur langue nationale. S’y ajoutent des struc-tures de sous-traitance et des évolutions dans les branches qui sapent la base des conventions collectives de travail (CCT).&nbsp;</p><p>C’est pourquoi les mesures d’accompagnement doivent être renforcées, pas affaiblies. Il est es-sentiel que les conditions issues de l’année 1956 en matière de déclaration de force obligatoire des CCT soient adaptées aux réalités actuelles. Personne ne voudrait aujourd’hui aller en va-cances en prenant un avion de cette époque. La protection contre le licenciement devrait à tout le moins être conforme à ce que prévoit l’OIT.&nbsp;</p><p>L’Assemblée des délégué-e-s de l’USS du 31 janvier 2025 a adopté des revendications. Les quotas pour la déclaration de force obligatoire des CCT devraient être globalement diminués. Le travail temporaire doit être limité. La Suisse devrait introduire une responsabilité du man-dant. Entre autres, la Confédération et les cantons devraient, en cas d’abus, être obligés d’introduire des contrats-types de travail, et pas seulement pouvoir le faire.&nbsp;</p><p>Les décisions du Conseil fédéral sont un premier pas important. La phase décisive avec la mise en œuvre concrète des mesures est encore à venir. Le résultat doit en être la garantie d’une protection autonome efficace des salaires et des conditions de travail, afin que les nouveaux accords profitent aux salarié-e-s de Suisse. &nbsp;</p><p>En plus de la protection des salaires, l’USS maintient que le service public en matière d’électricité et de chemin de fer doit être garanti.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/internat-eu/Europa-Schweiz_Fahnen_ist-OleksiiLiskonih.jpg" length="481011" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10506</guid><pubDate>Fri, 14 Feb 2025 16:33:43 +0100</pubDate><title>Le statut d’indépendant pourrait être imposé par l’employeur</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-statut-dindependant-pourrait-etre-impose-par-lemployeur</link><description>La commission du Conseil national s’en prend à la sécurité sociale</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La Commission de la sécurité sociale du Conseil national vise à permettre dorénavant aux employeurs de fixer eux-mêmes par contrat si une personne a un statut indépendant ou salarié. Il s’agit d’une attaque frontale contre la sécurité sociale, ouvrant toute grande la porte aux abus et à la précarité. Malgré la pluie de critiques émanant tant des syndicats que d’associations patronales, des cantons et d’experts, la commission maintient son projet, au risque de créer une grave insécurité juridique et d’attiser la concurrence déloyale. L’Union syndicale suisse (USS) invite le Conseil national à stopper ce plan dangereux.</p><p>La Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national (CSSS-N) persiste et signe dans son projet visant à permettre aux parties contractantes de « choisir elles-mêmes » dorénavant le statut d’indépendant ou de salarié. Il s’agit d’une attaque directe contre la sécurité sociale des travailleuses et travailleurs, qui entraînerait de multiples abus, de la précarité et des retombées négatives pour tous les contribuables honnêtes. Lors de la procédure de consultation, outre les syndicats, une bonne partie des associations patronales, les autorités d’exécution et d’éminents spécialistes du droit des assurances sociales ont mis en garde contre de tels risques. Une écrasante majorité des cantons se sont également opposés au projet.</p><p>En Suisse comme presque partout au monde, des critères objectifs sont utilisés pour savoir si quelqu’un est indépendant ou salarié. L’enjeu est de savoir dans quelle mesure la personne dépend de son donneur d’ouvrage. Or il est question aujourd’hui d’assouplir cette règle nécessaire à la protection des travailleuses et travailleurs les plus vulnérables. Dorénavant, les employeurs pourraient imposer à quiconque travaille pour eux, par accord écrit, d’assumer l’ensemble des risques économiques en tant qu’indépendant. Ce n’est pas seulement contraire au principe fondamental de la sécurité sociale. Un tel projet accroîtrait massivement l’insécurité juridique, en droit des assurances sociales sinon dans tout le droit du travail, et même la pratique des autorités fiscales en pâtirait. En dernier lieu, le projet de la commission du Conseil national ouvrirait grande la porte à plus d’indépendance fictive venant de l’étranger et à une concurrence à bas prix s’exerçant aux dépens des entreprises locales. D’où inévitablement de la sous-enchère et du travail au noir. Les seuls gagnants seraient les entreprises de plateformes internationales comme Uber. Or de tels acteurs ne cherchent qu’à maximiser leurs bénéfices sans assumer la moindre responsabilité – laissant les autres payer les pots cassés.</p><p>Il est surprenant qu’en dépit de la pluie de critiques reçues, la majorité de la commission du Conseil national tienne mordicus à sa modification de loi. Elle choisit ainsi sans nécessité la confrontation directe avec tous les acteurs qui s’engagent pour des conditions de travail équitables et pour un marché du travail sain, en Suisse et dans toute l’Europe. L’USS combattra avec fermeté le projet et attend du Conseil national qu’il prenne ses responsabilités et mette fin à cette dérive.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/sgb/Nationalratssaal_der_Schweiz-Superikonoskop-Wikimediacommons-ccbysa.jpg" length="337362" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10490</guid><pubDate>Wed, 12 Feb 2025 09:53:31 +0100</pubDate><title>Cette nomination à la Direction du travail est une provocation pour les travailleuses et travailleurs de Suisse</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/cette-nomination-a-la-direction-du-travail-est-une-provocation-pour-les-travailleuses-et-travailleurs-de-suisse</link><description>Guy Parmelin choisit un idéologue libéral comme responsable de la Direction du travail</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La Direction du travail est le service le plus important de la Confédération pour les travailleuses et travailleurs. Elle est responsable de la protection des salaires dans le cadre des mesures d’accompagnement, de la loi sur le travail ainsi que de la réintégration et de la protection sociale des personnes au chômage. La nomination de Jérôme Cosandey à la tête de cette direction est un mauvais signal pour les gens qui travaillent.</p><p>Jérôme Cosandey était membre de la direction d'Avenir.Suisse lorsque cette organisation défendait des positions idéologiques radicales : abolition pure et simple de la protection des salaires, allongement de la durée du travail et démantèlement des règles minimales en matière de conditions de travail. L’entrée de cet agenda à la Direction du travail avec ce mauvais casting est un danger.</p><p>Par ailleurs, M. Cosandey n'a pas d’expérience de la politique du marché du travail, du partenariat social, de la politique d’insertion ou des caisses de chômage. Il n'a jamais eu la responsabilité de grands projets informatiques comme ceux dont il devra s'occuper au Seco. Il n'a pas non plus d'expérience en matière de direction de grandes équipes, de structures tripartites avec les partenaires sociaux et les cantons ou l'administration fédérale.</p><p>L'intégration de la Direction du travail (anciennement OFIAMT) au sein du Seco était déjà une erreur. La culture de partenariat social et d'intégration de la direction a été peu à peu remplacée par une approche de laissez-faire libéral. Sous la direction de Boris Züricher, qui venait également d'Avenir.Suisse, la direction a développé une tendance de plus en plus oppose aux intérêts des travailleuses et travailleurs. La protection des salaires a été freinée au lieu d’être développée. Les projets informatiques de l'assurance-chômage ont pris de plus en plus de retard et coûté de plus en plus cher.</p><p>L'USS demande que la Direction du travail soit détachée du Seco afin qu'elle puisse reprendre son ancienne méthode de travail partenariale. En raison de l'importance que revêt cette entité pour les travailleuses et travailleurs et pour le marché du travail, sa direction doit être nommée par le Conseil fédéral.</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/8/a/csm_Bundeshaus-waehrend-Session_1e7fa2a8e8.jpg" length="365495" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10481</guid><pubDate>Wed, 05 Feb 2025 13:49:54 +0100</pubDate><title>Grippe, refroidissement, virus, bactéries : vos droits et devoirs au travail </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/grippe-refroidissement-virus-bacteries-vos-droits-et-devoirs-au-travail</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">C’est la saison de la grippe. Actuellement, la première vague traverse la Suisse à partir de l’ouest. Gérer de manière sûre la maladie au travail est, précisément en ce moment, un thème central pour les salarié-e-s et les employeurs et employeuses. Pour pouvoir garantir un environnement au travail équitable et favorable à la santé, toutes les parties concernées doivent connaître leurs droits et leurs devoirs. Ci-après, vous trouverez ce qu’il faut &nbsp;savoir à ce sujet et pour quelles améliorations l’USS bat.</p><h4>Certificats médicaux seulement à partir du troisième jour</h4><p>Un ou une médecin vous établit un certificat médical d’arrêt maladie qui confirme que la personne concernée n’est pas en mesure, à cause d’une maladie, de fournir le travail contractuellement prévu. L’incapacité de travail se rapporte à votre activité concrète. Ainsi, un « simple » enrouement, peut suffire pour empêcher une employée d’un centre d’appels de faire son travail.&nbsp;</p><p>Le certificat indique le début et la durée probable de l’incapacité de travail. Le diagnostique reste, quant à lui, confidentiel, seule est faite la différence entre maladie et accident. Pour éviter une charge administrative inutile, il est judicieux de demander un certificat médical seulement à partir du troisième jour de maladie. Devoir le faire à partir du premier jour de maladie entraînerait une charge supplémentaire pour la personne malade et le système de santé. Les employeurs et employeuses devraient ainsi ne pas exiger de certificat médical à partir du premier jour de maladie.</p><h4>Nécessité d’une assurance d’indemnités journalières en cas de maladie obligatoire dès le premier jour</h4><p>En Suisse, nous n’avons pas d’assurance d’indemnités journalières en cas de maladie obligatoire à partir du premier jour. Actuellement, le droit à la poursuite du versement du salaire dépend de la branche, de la convention collective de travail et de la durée des rapports de travail. Les jours de carence, pour lesquels les salarié-e-s ne reçoivent pas leur salaire en cas de maladie, sont non seulement antisociaux, mais représentent aussi un danger pour la santé. Ils mettent les salarié-e-s sous pression pour que, bien que malades, ils se rendent au travail afin de s’éviter des pertes de revenu. Cela repousse la guérison, accroît le risque de contagion pour les collègues de travail et occasionne à long terme des coûts de santé plus élevés. Une assurance d’indemnités journalières en cas de maladie obligatoire à partir du premier jour serait une garantie financière pour tout le monde et empêcherait des pratiques dangereuses pour la santé.</p><h4>Le présentéisme, un problème sous-estimé</h4><p>Les employeurs et employeuses sont appelés à créer une culture d’entreprise qui donne la priorité à leurs employé-e-s, fixe des règles claires en matière de déclaration de maladie et fasse obstacle au présentéisme, c’est-à-dire à la présence au travail de personnes atteintes dans leur santé. Passer à du télétravail en cas de maladie est rarement une bonne idée. Certes, cela peut éviter des contagions, mais le travail en cas de maladie peut également freiner la guérison et, dans le pire des cas, avoir pour effet que l’on devient encore plus malade. Donc, celle ou celui qui est malade est malade et doit se rétablir.</p><p>L’employeur ou l’employeuse est tenu de protéger la santé de ses employé-e-s. C’est pourquoi verser un bonus aux personnes qui n’ont pas connu de jours de maladie est aussi une mauvaise idée. Cela entraîne du présentéisme avec les conséquences déjà mentionnées pour la santé et peut constituer une violation de ce devoir de protéger la santé de leurs employée-s-s qu’ont les employeurs et employeuses. De tels bonus sont aussi des plus problématique sous l’angle de la législation sur le travail et pourraient causer des problèmes juridiques pour les employeurs et employeuses concernés.</p><h4>Que puis-je faire si je suis en arrêt maladie ?</h4><p>Lorsque l’on est malade, rien ne doit être fait qui puisse mettre en danger la guérison. Les activités permises dépendent du type de maladie en question. En cas de stress psychique ou de certaines autres maladies, les promenades peuvent être bénéfiques, alors qu’en cas de grippe avec fièvre, un repos strict est indiqué. En cas de migraines, il est logique que l’on ne reste pas collé à un écran, alors qu’en cas de grippe intestinale, on peut aussi placer quelques posts sur les réseaux sociaux.&nbsp;</p><p><span style="font-family:&quot;Aptos&quot;,sans-serif;font-size:11.0pt;line-height:107%;" lang="FR">Si vous voulez en savoir plus, adressez-vous à </span><a href="/luss/federations-affiliees#c12334"><span style="font-family:&quot;Aptos&quot;,sans-serif;font-size:11.0pt;line-height:107%;" lang="FR">votre syndicat</span></a><span style="font-family:&quot;Aptos&quot;,sans-serif;font-size:11.0pt;line-height:107%;" lang="FR"> ou aux </span><a href="/luss/unions-cantonales#c12660"><span style="font-family:&quot;Aptos&quot;,sans-serif;font-size:11.0pt;line-height:107%;" lang="FR">permanences juridiques des unions syndicales cantonales</span></a><span style="font-family:&quot;Aptos&quot;,sans-serif;font-size:11.0pt;line-height:107%;" lang="FR">.</span></p><h4><span lang="FR">Autres lectures complémentaires&nbsp;: &nbsp;</span></h4><ul><li><a href="https://www.rts.ch/audio-podcast/2025/audio/droit-du-travail-et-arret-maladie-28757577.html" target="_blank" rel="noreferrer">Contexte de la RTS</a> sur le droit du travail et la maladie sur le droit du travail et la maladie avec Juliette Ancelle, avocate, spécialiste FSA en droit du travail</li><li>Informations du <a href="https://www.seco.admin.ch/seco/fr/home/Arbeit/Personenfreizugigkeit_Arbeitsbeziehungen/Arbeitsrecht/merkblaetter--informationen.html" target="_blank" rel="noreferrer">SECO sur le maintien du salaire en cas de maladie</a> (voir <span style="font-family:&quot;Aptos&quot;,sans-serif;font-size:11.0pt;line-height:107%;" lang="FR">«&nbsp;</span>Versement du salaire en cas de maladie<span style="font-family:&quot;Aptos&quot;,sans-serif;font-size:11.0pt;line-height:107%;" lang="FR"> » </span>)</li><li><a href="https://www.weka.ch/themes/ressources-humaines/salaire-et-remuneration/poursuite-du-versement-du-salaire/article/poursuite-du-versement-du-salaire-des-regimes-confus/" target="_blank" rel="noreferrer">Informations complémentaires sur le maintien du salaire en cas de maladie</a></li><li>Contexte des <a href="https://www.weka.ch/themes/ressources-humaines/salaire-et-remuneration/poursuite-du-versement-du-salaire/article/maintien-du-salaire-en-cas-de-maladie-droits-et-obligations/" target="_blank" rel="noreferrer">droits et obligations en matière de maintien du salaire en cas de maladie</a></li><li><a href="https://www.weka.ch/themes/ressources-humaines/gestion-du-personnel/management-de-la-sante/article/presenteisme-travailler-lorsquon-est-malade/" target="_blank" rel="noreferrer">Pour en savoir plus sur le problème du présentéisme</a></li></ul>]]></content:encoded><category>Santé</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/c/8/csm_Krank-am-Arbeitsplatz_torwai-iStock_kleiner_1a6f8d00d4.jpg" length="118333" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10478</guid><pubDate>Fri, 31 Jan 2025 16:43:04 +0100</pubDate><title>Il faut garantir les salaires et le service public</title><link>https://www.uss.ch/luss/organes/detail/il-faut-garantir-les-salaires-et-le-service-public</link><description>Prise de position des syndicats sur le résultat des négociations avec l’UE</description><content:encoded><![CDATA[<p>COMMUNIQUÉ DE PRESSE COMMUN DE L’USS ET DE TRAVAIL.SUISSE</p><p>Les délégué∙e∙s de l’Union syndicale suisse (USS) et le Comité de Travail.Suisse ont examiné aujourd’hui le résultat du nouvel accord négocié avec l’UE et adopté leur position commune en vue des négociations de politique intérieure à venir. L’accord conclu met en péril la protection des salaires. En raison notamment de la réduction du délai d’annonce, de la suppression de fait de la caution, de la remise en question de l’interdiction d’offrir des services en Suisse et de la reprise de la réglementation européenne des frais. En outre, l’accord facilite aux entreprises de l’UE l’accès au marché suisse. Afin de préserver la protection des salaires en vigueur, l’USS et Travail.Suisse demandent en particulier la garantie que les frais couverts soient conformes à la réglementation suisse, un régime de responsabilité des adjudicateurs et des entreprises générales, des plans d’action pour encourager les CCT, ainsi qu’une meilleure protection contre le licenciement des personnes s’engageant pour de bonnes conditions de travail dans leur entreprise.</p><p>Les deux faîtières syndicales ont examiné de près aujourd’hui, dans leurs organes décisionnels respectifs, le résultat des nouveaux accords Suisse-UE négociés.</p><p>La Suisse possède les salaires les plus élevés d’Europe, et il en va de même pour le coût de la vie. Afin de protéger les salaires, la Suisse a introduit il y a 20 ans déjà, suite aux pressions syndicales, les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes. Grâce aux CCT, aux contrôles effectués et aux amendes infligées, les salaires n’ont pas baissé dans les secteurs dûment protégés. Or l’accord nouvellement négocié fait passer à la trappe des pans entiers de ces mécanismes de protection. La pression à agir sur le terrain de la protection des salaires est donc plus grande que jamais.</p><h4>Décision des délégué-e-s de l’USS</h4><p>L’assemblée extraordinaire des délégués de l’USS a ainsi mené une discussion très critique sur les résultats obtenus à ce jour. Dans leur résolution (voir annexe), les délégué∙e∙s se réclament certes d’une Suisse sociale et ouverte et reconnaissent la réelle importance de l’UE pour un développement de l’Europe et une coopération interétatique placés sous le signe de la paix. L’USS soutient à ce titre l’ouverture de la Suisse à l’UE, pour autant qu’elle profite aux travailleuses et travailleurs et qu’elle ne leur nuise pas.</p><p>Mais les détériorations de la protection des salaires sont inacceptables pour les délégué∙e∙s.</p><p><strong>Pierre-Yves Maillard, président de l’USS,</strong> a souligné dans son exposé que « l’accord affaiblit la protection des salaires. Il faudra y remédier et négocier ferme. Notre but étant de trouver une solution qui soit utile aux travailleuses et travailleurs, au lieu de leur nuire. »</p><p>Dans leur vote, les délégué∙e∙s de l’USS ont réclamé de nouvelles mesures propres à garantir la protection des salaires et le service public. Leurs revendications concrètes sont notamment les suivantes :</p><ul><li>responsabilité des maîtres d’ouvrage ainsi que des adjudicateurs, en cas d’infraction commise par leurs sous-traitants</li><li>raccourcissement du traitement des annonces par les cantons</li><li>renégociation de la réglementation des frais</li><li>augmentation du nombre de CCT déclarées de force obligatoire</li><li>meilleure protection contre le licenciement des travailleuses et travailleurs s’engageant pour de bonnes conditions de travail et la sécurité au travail</li><li>meilleur statut pour la main-d’œuvre temporaire</li><li>non à la libéralisation du marché de l’électricité</li><li>garantie, dans le secteur du transport ferroviaire international de voyageurs, d’une solution en mains suisses pour les conditions de travail comme pour le modèle de coopération, l’attribution des sillons et l’intégration tarifaire.</li></ul><p>La liste complète des revendications figure dans la <a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/dv/2025/250131/AD250131F_DL_Resolution_Europe.pdf">résolution de l’USS.</a></p><h4>Décision du Comité de Travail.Suisse</h4><p>Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des salarié∙e∙s, a également adopté aujourd’hui une résolution sur le résultat des négociations avec l’UE, lors d’une séance extraordinaire de son Comité (voir annexe). L’accord aura pour effet un affaiblissement massif de la protection des salaires, dû notamment à la réduction du délai d’annonce, à la suppression de fait de la caution et à la remise en question de l’interdiction d’offrir des services en Suisse.</p><p>Pour que Travail.Suisse puisse soutenir l’accord négocié, il est par conséquent nécessaire, d’une part, de prévoir des mesures de compensation et, d’autre part, de moderniser la protection des salaires. <strong>Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse,</strong> l’a clairement dit : « nous voulons bien mener des discussions constructives de politique intérieure et rechercher des solutions. Mais la protection des salaires a été affaiblie et sans mesures compensatoires fortes en matière de politique intérieure, Travail.Suisse n’acceptera en aucun cas le résultat négocié sur le terrain de la politique extérieure. »</p><p>Dans une optique de protection des salaires et des conditions de travail, le Comité de Travail.Suisse demande notamment ceci :</p><ul><li>Le principe « un salaire égal pour un travail égal au même endroit » doit également s’appliquer aux frais. Des garanties contraignantes s’imposent en vue de la non-application de la réglementation européenne.</li><li>Il faut mettre en place de nouveaux instruments efficaces qui garantissent le niveau actuel de protection des salaires.</li><li>Il est nécessaire d’adapter les quotas des employeurs requis pour les CCT étendues.</li><li>Dans les secteurs sans CCT, il faut instaurer une obligation légale d’édicter des contrats-types de travail, en cas de sous-enchère salariale abusive et répétée.</li><li>Les employeurs doivent s’engager clairement en faveur d’un partenariat social fort.</li></ul><p>Ce débat sur l’Europe a donné l’occasion à Esther Lynch, secrétaire générale de la Conférence européenne des syndicats (CES), d’exprimer aujourd’hui dans un <a href="https://www.youtube.com/watch?v=gjRslP63faI" target="https://www.youtube.com/watch?v=gjRslP63faI" title="Message de solidaité d&apos;Esther Lynch" rel="noreferrer">message de solidarité</a> son soutien à l’analyse critique de l’accord trouvé entre le Conseil fédéral et l’Union européenne. Selon ses propres mots, la CES partage l’inquiétude des syndicats suisses quant aux effets néfastes d’un tel accord sur les droits des travailleuses et travailleurs en Suisse. En effet, l’accord négocié affaiblit massivement les mécanismes de protection existants contre la sous-enchère salariale. Il introduit même de nouvelles règles rendant possible une concurrence déloyale au détriment de la main-d’œuvre locale ou étrangère occupée en Suisse. « La CES est donc pleinement aux côtés des syndicats suisses, aujourd’hui où il s’agit de défendre les droits des travailleurs et travailleuses et de maintenir un service public fort », a expliqué Esther Lynch.</p>]]></content:encoded><category>Décisions des organes</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/7/5/csm_250131_DV_SGB527web_0787faad3e.jpg" length="222512" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10472</guid><pubDate>Wed, 29 Jan 2025 14:09:23 +0100</pubDate><title>Il faut résoudre les problèmes de la population, pas s’acharner sur les ressortissant-e-s étrangers et les réfugié-e-s </title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/il-faut-resoudre-les-problemes-de-la-population-pas-sacharner-sur-les-ressortissant-e-s-etrangers-et-les-refugie-e-s</link><description>Mesures d’accompagnement à l’initiative de l’UDC « Pas de Suisse à 10 millions ! »</description><content:encoded><![CDATA[<p><span lang="FR">La situation de nombre de travailleuses et travailleurs est tendue. Les loyers et les primes-maladie pèsent toujours plus sur leurs budgets, alors que les salaires, une fois déduite l’inflation, stagnent. Il paraît souvent plus facile de gagner au loto que de trouver un logement abordable. Avec son initiative, l’UDC profite de cette situation pour s’acharner sur les étrangers et les étrangères.&nbsp;</span></p><p><span lang="FR">Pendant ce temps, le patronat et les autorités laissent les gens sur le carreau. Comme le Conseil fédéral le fait aussi aujourd’hui. Au lieu de veiller à ce que tout le monde profite des fruits de la prospérité et de l’ouverture de la Suisse, il a adopté un train de mesures ridiculement faible. Tous les grands thèmes y figurent certes, du marché du travail au logement, mais seulement avec de propositions minimalistes, qui logiquement resteront sans grand effet. Les employeurs aussi s’acharnent contre les réfugié-e-s, au lieu d’augmenter les salaires, et le Conseil fédéral agit sans tenir compte des besoins de la population.&nbsp;</span></p><p><span lang="FR">Pour l’Union syndicale suisse (USS), une chose est claire&nbsp;: le Parlement doit donner maintenant des réponses aux problèmes de la population. Cela passe en priorité par une augmentation des allocations familiales, une protection contre le licenciement pour les employé-e-s de longue date ainsi qu’un programme d’incitation en faveur de la construction de logements d’utilité publique.</span></p>]]></content:encoded><category>Migration</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/e/9/csm_Bundeshaus_Bern_-_Federal_palace_of_Switzerland_852909e44f.jpg" length="309035" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10468</guid><pubDate>Tue, 21 Jan 2025 17:38:50 +0100</pubDate><title>Douze ouvertures dominicales par an sont une aberration</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/douze-ouvertures-dominicales-par-an-sont-une-aberration</link><description>Feu vert de la Commission de l’économie à une initiative cantonale antisociale et dangereuse pour la santé</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le projet de multiplication par trois des ventes dominicales est dangereux pour la santé des travailleuses et travailleurs. Pire, il fait fi des décisions démocratiques des dernières années et constitue ainsi une attaque frontale contre les dimanches chômés. L’Union syndicale suisse (USS) appelle donc à refuser net ce projet antisocial.</p><p>La Commission de l’économie et des redevances du Conseil national (CER-N) a approuvé aujourd’hui une initiative du canton de Zurich. Cet objet vise à faire passer le nombre d’ouvertures dominicales de quatre aujourd’hui à douze, soit à autoriser jusqu’à un dimanche d’ouverture des magasins par mois – contre la volonté du peuple, qui refuse régulièrement dans les urnes les ouvertures dominicales. La loi comprend du reste déjà la possibilité d’employer du personnel dans les commerces quatre dimanches par an pour les achats de Noël, pendant la période de l’Avent. Aujourd’hui déjà, de nombreux cantons ne tirent pas pleinement parti de cette possibilité.</p><h4>Surcroît de pénibilité</h4><p>Une extension des ouvertures dominicales constituerait un nouveau coup de massue pour le personnel de vente. La branche du commerce de détail souffre déjà d’un bas niveau de salaires, d’horaires changeants, d’une pénurie de main-d’œuvre et de pressions élevées. Il n’existe pas non plus de CCT de branche. Une augmentation du travail du dimanche n’arrangerait rien. Les experts de la santé ne connaissent que trop bien l’impact négatif d’un travail dominical régulier sur le corps et le psychisme.</p><p>En 2021 encore, une proposition similaire glissée dans la loi COVID avait échoué devant les Chambres. Ni le Conseil national, ni le Conseil des États n’avaient voulu d’une telle libéralisation.</p><h4>Une tactique du salami aux conséquences funestes</h4><p>Le projet d’extension des ouvertures dominicales dans les magasins est un bel exemple de tactique du salami : il s’agit d’introduire insidieusement, par petites étapes, le travail dominical dans toutes les branches et professions – des salons de coiffure aux emplois de bureau, en passant par les assurances et les banques. Une telle attaque contre les dimanches chômés ne ferait que des perdants parmi les salarié-e-s. D’où l’importance de refuser net ce projet !</p><p>Les jours de congé communs, comme le dimanche, s’avèrent essentiels pour le repos, pour la vie de famille et les contacts sociaux. S’il fallait travailler davantage de tels jours, le personnel serait privé du temps libre dont il a déjà tant besoin et ne saurait plus comment concilier travail et vie privée.</p><h4>La santé doit primer sur le profit</h4><p>L’USS appelle à redonner enfin la priorité à la protection des travailleuses et travailleurs. En lieu et place de libéralisations aussi dommageables pour la santé que la multiplication des ouvertures dominicales, source de stress et d’épuisement professionnel, l’heure est à une meilleure protection de la santé ainsi qu’à l’adoption de conditions de travail gérables pour le personnel.</p><p>Il n’est pas question de sacrifier les intérêts des travailleuses et travailleurs sur l’autel du profit à court terme – le commerce de détail n’a pas besoin d’une « ruée de Noël » tout au long de l’année, mais bien d’améliorations durables pour son personnel.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gleichstellung/Vater-mit-kleinem-Kind_Eva_Blanco_Fotografia_photocase.jpg" length="849742" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10460</guid><pubDate>Fri, 20 Dec 2024 15:24:33 +0100</pubDate><title>Ce résultat est insuffisant</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/ce-resultat-est-insuffisant</link><description>Avis de l’USS sur les négociations avec l’UE</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) critique l’accord avec l’UE auquel le Conseil fédéral a donné son feu vert. Selon les informations actuellement disponibles, la protection des salaires sera démantelée et le service public affaibli. L’USS examinera en détail le texte final de l’accord et décidera des suites à lui donner, lors d’une assemblée extraordinaire des délégués fixée au 31 janvier 2025. L’USS appelle le Conseil fédéral à faire toute la transparence sur le contenu de l’accord.</p><p>Avec un tel accord, il sera bien plus difficile de faire respecter les salaires suisses. Comme la Suisse a beaucoup de peine à percevoir les amendes (peines conventionnelles) en dehors de ses frontières, les entreprises de différentes branches doivent fournir aujourd’hui une garantie (dépôt d’une caution). Or cette dernière est absente de l’accord. La « caution en cas de récidive » prévue à la place est une farce et, pour toutes sortes de raisons, ses effets dans la pratique seront quasiment nuls. De même, l’« interdiction d’offrir des services » n’est plus garantie. Aujourd’hui, les cantons interdisent chaque année à quelque 600 à 1000 entreprises de travailler en Suisse, soit qu’elles refusent de coopérer avec les autorités, soit qu’elles aient versé des salaires beaucoup trop bas. Autre problème de taille, la Suisse s’engage avec l’accord à reprendre la réglementation européenne des frais. À l’avenir, les frais d’hébergement et de repas des personnes détachées par leur employeur ne seront plus pris en compte que sur la base des règles du pays d’origine. Alors même qu’en Suisse, le coût de la vie est l’un des plus élevés d’Europe. Enfin, la réduction du délai d’an¬nonce des travailleurs détachés de 8 à 4 jours compliquera l’activité de contrôle, comme le confirme un essai pilote mené à Bâle-Ville et Bâle-Campagne.</p><p>L’accord aura également des effets négatifs sur le service public, obligeant la Suisse à libéraliser son approvisionnement électrique qui fonctionne bien et remettant en question, dans le transport ferroviaire international de voyageurs, les coopérations ayant fait leurs preuves avec les compagnies de chemin de fer des pays voisins.</p><p>Le contenu de l’accord n’est connu que dans les grandes lignes. Pour répondre aux questions encore ouvertes, il faudrait en étudier les dispositions précises. L’USS a toujours soutenu l’ouverture de la Suisse vis-à-vis de l’UE, pour autant que les travailleuses et travailleurs en bénéficient et que les salaires soient garantis. Elle analysera en détail le texte de l’accord, afin que son assemblée des délégués prévue au 31 janvier 2025 puisse décider des suites à y donner en toute connaissance de cause. L’USS attend du Conseil fédéral qu’il mette à disposition les informations nécessaires.</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/internat-eu/Europa-Schweiz_Fahnen_ist-OleksiiLiskonih.jpg" length="481011" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10449</guid><pubDate>Fri, 13 Dec 2024 13:12:34 +0100</pubDate><title>Procédure de consultation calamiteuse : maintenant il incombe au Parlement d’enterrer l’attaque anticonstitutionnelle contre les salaires minimums cantonaux !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/procedure-de-consultation-calamiteuse-maintenant-il-incombe-au-parlement-denterrer-lattaque-anticonstitutionnelle-contre-les-salaires-minimums-cantonaux</link><description>Non au retour des travailleuses et travailleurs pauvres : le Parlement ne doit pas bafouer la Constitution !
</description><content:encoded><![CDATA[<p>Avec un cynisme rare, le conseiller aux États Erich Ettlin (Centre/OW) cherche à affaiblir les salaires minimums en Suisse, en compagnie de GastroSuisse et d’une courte majorité des Chambres fédérales. Dans tous les cantons où les citoyennes et citoyens, forts de la compétence souveraine que leur confère la Constitution fédérale, ont instauré des salaires minimums, cette majorité vise à les déclarer nuls et non avenus par une nouvelle base légale, dès lors qu’une convention collective nationale de travail déclarée de force obligatoire prévoit des salaires plus bas.</p><p>Un tel scénario aurait pour effet d’exacerber le problème des travailleuses et travailleurs pauvres (working poors), soit des personnes qui, à Genève ou Neuchâtel, doivent se contenter de très bas salaires. Dans des îlots de cherté comme Genève, de telles rémunérations ne permettraient plus à des salarié-e-s à 100 % de joindre les deux bouts sans devoir faire appel à l’aide sociale.</p><p>Et qui devrait subventionner de tels salaires ? Les contribuables de ces cantons ayant pourtant clairement opté pour des salaires minimums cantonaux, afin de ne plus avoir de working poors.</p><p>Le résultat de la consultation a été sans appel : tous les cantons sauf Obwald (canton d’origine d’Erich Ettlin), la Conférence des chefs des départements cantonaux de l’économie publique (CDEP), les communes, les spécialistes du droit constitutionnel, l’Office fédéral de la justice et le Conseil fédéral – tout le monde s’accorde à dire qu’un tel projet est incompatible avec la Constitution. Il bafoue la souveraineté des cantons, met le fédéralisme hors-jeu et contrevient au principe de subsidiarité.</p><p>Même les associations patronales romandes, le Centre Patronal et la FER, rejettent le projet du conseiller aux États Ettlin et de GastroSuisse, faisant valoir qu’il est anticonstitutionnel et contraire à la volonté populaire des cantons concernés, soit Neuchâtel et Genève. La FER appelle même au lancement d’un référendum, si le projet devait aboutir.</p><p>Il est évident que les cantons, le Conseil fédéral et les travailleuses et travailleurs ne veulent pas d’une paupérisation du salariat. Il n’est pas question non plus de chambouler l’ordre constitutionnel, de vider de sa substance le fédéralisme ou de jeter par-dessus bord le principe de subsidiarité – pour la simple raison que certains employeurs, dans les rangs de GastroSuisse notamment, souhaitent verser des très bas salaires et obliger la collectivité à payer la différence.</p><p>Le Parlement ne doit pas rester les bras croisés, mais être à l’écoute des cantons ainsi que des travailleuses et travailleurs, et respecter le fédéralisme et la volonté populaire locale. Après cette consultation calamiteuse, il ne reste qu’à enterrer ce projet contre les salaires minimaux cantonaux !</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/2/a/csm_Bundeshaus_Curia-Confoederationis-Helveticae_iStock-RomanBabakin_ebcb62b137.jpg" length="372406" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10441</guid><pubDate>Tue, 03 Dec 2024 11:11:14 +0100</pubDate><title>Une personne sur deux subit du harcèlement au travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/une-personne-sur-deux-subit-du-harcelement-au-travail</link><description>Nouvelle étude du Seco et du Bureau de l’égalité</description><content:encoded><![CDATA[<p>En Suisse, une personne active sur deux a déjà été victime de harcèlement sexuel ou sexiste sur son lieu de travail. Les femmes sont particulièrement concernées : près de 60 % d'entre elles font état d'attouchements non désirés, de remarques suggestives, voire d'agressions. L'étude montre clairement que le harcèlement sexuel peut se produire partout : dans les bureaux, les ateliers, sur les chantiers et particulièrement souvent dans les branches où le contact avec la clientèle est important, comme la vente, la santé ou la restauration. Souvent, les travailleurs et travailleuses jeunes sont touchés déjà au début de leur vie professionnelle, même pendant leur formation. De nombreuses personnes concernées ne parlent pas de ce qui leur est arrivé, souvent parce qu'elles ont peur des conséquences négatives ou ne savent pas quels sont leurs droits. Pour un trop grand nombre d'entre elles, les conséquences sont graves, allant d'un sentiment de honte à un changement d'emploi. Pourtant, le harcèlement n'est pas seulement une forme de violence, mais un problème structurel (et non individuel), face auquel les employeurs ont la responsabilité de protéger leurs collaboratrices et collaborateurs.</p><p>Mais les employeurs n'assument pas cette responsabilité. En effet, 95% des employeurs interrogés affirment prendre le harcèlement sexuel au sérieux, mais plus de la moitié des entreprises indiquent que ce phénomène se produit chez elles. Les bonnes intentions de l’employeur ne servent pas à grand-chose pour les personnes concernées. En outre, le harcèlement sexuel n’a pas d’effet sur les personnes que de manière isolée. Si une collègue entend constamment des propos sexistes ou subit des attouchements indésirables, le climat de travail s’en trouve détériorié pour tout le monde.</p><p>L'USS exige des employeurs qu'ils prennent leur responsabilité au sérieux et adoptent des mesures claires. Les entreprises ne peuvent tout simplement pas se permettre d'ignorer le sujet. Une politique de tolérance zéro obligatoire en fait partie : chaque entreprise doit introduire des règles claires contre le harcèlement sexuel et les faire appliquer de manière conséquente. Les employeurs doivent proposer des formations régulières pour que les employé‑e‑s et les cadres sachent ce qu'est le harcèlement sexuel, comment le reconnaître, comment y réagir, et comment veiller de manière préventive à un climat de travail respectueux. Les travailleuses et travailleurs doivent savoir qu'ils peuvent signaler des plaintes sans craindre de conséquences. Pour cela, il peut être utile de s'adresser à un syndicat. En effet, dans la lutte contre le harcèlement sexuel comme ailleurs, des efforts collectifs peuvent porter leurs fruits.</p><p>Outre les mesures prises par les entreprises, l'USS demande également des adaptations légales. Les entreprises devraient être tenues de prouver qu'elles respectent leur devoir de diligence et être poursuivies plus sévèrement en cas d'infraction. Les employeurs ne doivent pas se décharger de leur responsabilité. Ceux qui n'agissent pas doivent en subir les conséquences.</p>]]></content:encoded><category>Égalité</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/c/9/csm_Belaestigung-Gewalt-Arbeitsplatz_heike-trautmann-unsplash_0833bce189.jpg" length="83811" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10374</guid><pubDate>Mon, 21 Oct 2024 12:29:26 +0200</pubDate><title>Les travailleuses et travailleurs veulent organiser leur travail de manière autonome</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-travailleuses-et-travailleurs-veulent-organiser-leur-travail-de-maniere-autonome</link><description>Étude Sotomo réalisée sur mandat des employeurs</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Selon une étude publiée aujourd’hui par l’institut de recherche sur l’opinion publique Sotomo, les travailleuses et travailleurs aspirent à une meilleure prise en compte de leurs souhaits et à moins de « flexibilité unilatérale ». La main-d’œuvre ne veut pas travailler davantage la nuit et le dimanche et désapprouve le travail du soir. Elle ne veut pas non plus de la déréglementation de la loi sur le travail.</p><h4>Plus d’autonomie dans la gestion du temps de travail</h4><p>L’étude Sotomo réalisée sur mandat de l’Union patronale suisse (UPS) et publiée aujourd’hui montre que les travailleuses et travailleurs demandent davantage d’autonomie pour l’aménagement de leurs horaires de travail et pour le choix du lieu de travail.</p><p>En ce qui concerne les différentes formes de flexibilité dans la gestion du temps de travail, la priorité absolue est de pouvoir déplacer le début ou la fin des journées de travail. Par exemple, les enquêté-e-s souhaitent pouvoir dormir plus longtemps ou avoir du temps pour s’entraîner le matin, ou alors quitter plus tôt le travail pour se consacrer à leurs hobbies ou à leurs tâches familiales. 83 % des employé-e-s au bénéfice d’horaires de travail flexibles jugent plutôt ou tout à fait souhaitable de pouvoir déplacer le début et la fin de leurs journées de travail. Beaucoup de personnes encore (73 %) aspirent à de longues coupures en milieu de journée, sans en avoir souvent la possibilité, à cause des prescriptions rigides d’employeurs, qui exigent de courtes pauses à midi avec joignabilité permanente, même pendant la pause de midi.</p><h4>Refus du travail du soir</h4><p>Par contre, seuls deux employé-e-s sur cinq concernés souhaitent pouvoir travailler tard le soir, par exemple en retravaillant à domicile après le souper. La majorité ne voit aucune nécessité d’agir dans ce sens. Les avis diffèrent à peine entre les groupes d’âge à propos des trois formes de flexibilité du temps de travail examinées. Une majorité des enquêté-e-s souhaitent avoir possibilité de déplacer le début et la fin des journées de travail ou faire de longues pauses, tandis que les avis sont neutres voire négatifs sur la possibilité de travailler tard le soir.</p><h4>La main-d’œuvre à temps partiel veut pouvoir choisir elle-même ses jours de travail</h4><p>Comme pour les horaires de travail, une part élevée des personnes professionnellement actives en Suisse aimeraient pouvoir davantage choisir leurs jours de travail. Un tiers des gens aspirent à plus de flexibilité de la part de l’employeur quant à leurs jours de présence, alors que deux tiers souhaitent que la situation actuelle reste inchangée.</p><h4>Aspiration à davantage de travail à domicile que ne le permet l’employeur</h4><p>De manière générale, les employé-e-s suisses souhaitent avoir encore plus de flexibilité qu’à l’heure actuelle en ce qui concerne leur lieu de travail. Alors qu’aujourd’hui 60 % des employé-e-s ont la possibilité de faire du télétravail, trois quarts des gens aimeraient avoir une telle option. Seul un quart des employé-e-s aimerait ne jamais travailler à domicile. Les trois quarts se répartissent de manière égale entre les personnes souhaitant accomplir moins de la moitié de leur temps de travail, la moitié ou davantage encore en télétravail.</p><h4>Bilan : l’étude patronale montre que bien souvent, la flexibilité demeure unilatérale.</h4><p>L’étude ne dit précisément pas ce que les employeurs espéraient sans doute – à savoir que les salarié-e-s approuvent la déréglementation de la loi sur le travail, la généralisation du travail de nuit et du dimanche ou l’introduction de la journée de travail de 17 heures.</p><p>Quelle question de demander si les travailleuses et travailleurs aimeraient choisir librement leurs modèles de temps de travail ! Car qui serait contre ? Bien sûr que les travailleuses et travailleurs veulent choisir (eux-mêmes !).</p><p>L’étude s’est prudemment abstenue d’interroger les travailleuses et travailleurs sur leur consentement à travailler le dimanche ou la nuit. En effet, la réponse aurait été un non catégorique.</p><p>Déjà le travail du soir après le souper (à domicile) essuie un refus étonnamment net. L’étude montre au fond que les travailleuses et travailleurs demandent des modèles de temps de travail flexibles quand cela leur paraît nécessaire ou souhaitable. L’Union syndicale suisse (USS) souscrit pleinement à cette façon de faire. Les employeurs doivent enfin accepter démocratiquement de tels souhaits d’aménagement des horaires de travail, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.</p><p>Les travailleuses et travailleurs ne veulent pas d’une déréglementation de la loi sur le travail. Ils attendent des employeurs qu’ils respectent la loi sur le travail tout en tenant compte de leurs souhaits dans les conditions-cadres libérales en place (flexibilité au profit des travailleurs » et non « flexibilité au profit des employeurs »).$</p><figure class="table"><table class="contenttable"><tbody><tr><td><h4>À propos de l’étude :</h4><p>Il convient de signaler que l’étude n’est pas représentative. L’Union patronale s’est contentée d’un échantillon trop petit : 1670 personnes ont été interrogées, alors que la Suisse compte plus de cinq millions de travailleuses et travailleurs. Les auteurs de l’étude en conviennent : « Comme les participants à l’enquête se sont recrutés eux-mêmes, la composition de l’échantillon n’est pas représentative de l’ensemble de la population. » Il semblerait que l’UPS n’ait pas voulu assumer les coûts d’une étude statistiquement solide.</p><p>Non sans ironie, l’USS peut se rallier à la demande de modèles de temps de travail flexibles des employeurs. Mais cette flexibilité doit être dans l’intérêt des employé-e-s et non des employeurs. L’UPS ferait bien de débattre aujourd’hui à l’interne de sa revendication, car sa propre étude montre qu’en Suisse, les chefs ne tiennent hélas pas suffisamment compte des souhaits des travailleuses et travailleurs quant à leurs horaires et à leur lieu de travail. La flexibilité ne semble intéresser l’Union patronale que lorsqu’elle est à son propre avantage.</p><p>Depuis quelque temps, les employeurs peinent à recruter et garder leurs salarié-e-s. Il est question ici de « pénurie de personnel qualifié ». Ce retournement a du bon et la logique voudrait que les employeurs améliorent les conditions et le climat de travail. Or ils aimeraient revenir en arrière, parlant d’allonger les horaires de travail, d’augmenter le nombre d’heures supplémentaires, d’affaiblir la protection des travailleurs – alors même que les salaires réels n’ont pas progressé ces dernières années. Il en résulterait davantage de stress et de cas d’épuisement professionnel (burnout) – ce qui ne rendrait certainement pas les emplois plus attrayants.</p></td></tr></tbody></table></figure><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Arbeiter-Werkbank-schwitzend_Ist-south-agency.jpg" length="349919" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10362</guid><pubDate>Fri, 11 Oct 2024 13:20:52 +0200</pubDate><title>Reprise de la médiation comme première étape – l’urgence d’une meilleure protection des syndicalistes contre le licenciement se fait sentir</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/reprise-de-la-mediation-comme-premiere-etape-lurgence-dune-meilleure-protection-des-syndicalistes-contre-le-licenciement-se-fait-sentir</link><description>Le Conseil fédéral donne suite à la demande de l’Union syndicale suisse</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En décembre 2023, sous pression des milieux patronaux, le Conseil fédéral avait suspendu unilatéralement la médiation tripartite sur la protection contre le licenciement, sans fournir la moindre explication à ce geste. L’Union syndicale suisse (USS) avait aussitôt exigé la reprise immédiate de la médiation ainsi que des mesures urgentes destinées à protéger efficacement les syndicalistes face aux licenciements abusifs. L’USS se félicite de la décision prise aujourd’hui de reprendre la médiation et s’engagera de toutes ses forces en vue d’une amélioration efficace de la protection contre le licenciement.</p><p>On sait depuis longtemps que la liberté de licencier inscrite dans le droit suisse du travail n’est pas conforme aux normes du droit international. Les travailleuses et travailleurs s’engageant pour les droits et les intérêts de leurs collègues ne sont pas à l’abri d’un licenciement arbitraire. L’Organisation internationale du travail (OIT), une agence des Nations Unies, a critiqué à maintes reprises cette lacune juridique. Un cas de licenciement discriminatoire de membres d’organisations syndicales est même en suspens devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Rien que l’année dernière, 21 cas de licenciements antisyndicaux ont été documentés en Suisse. Et ce n’est que la pointe de l’iceberg. Le nombre effectif des licenciements abusifs, dont relèvent les licenciements antisyndicaux, devrait être bien plus élevé, la Suisse ne tenant pas de statistique sen la matière.</p><p>Le problème a beau être connu de longue date, le Conseil fédéral brille surtout par son inaction politique et par ses manœuvres dilatoires. Pas plus tard qu’en décembre 2023, il a suspendu la médiation qui, après de longues négociations entamées en 2019, aurait pu aboutir en bonne et due forme quelques semaines plus tard. Cette mesure avait logiquement conduit à une rétrogradation de la Suisse, dans le classement international portant sur la liberté syndicale et la protection des droits du travail, dans la catégorie des « violations répétées des droits ».</p><p>L’USS se félicite de la décision prise aujourd’hui de reprendre la médiation. Elle s’engagera de toutes ses forces en vue d’une amélioration efficace de la protection contre le licenciement. Car il est bien clair qu’il faut remédier sans attendre aux problèmes rencontrés par les travailleuses et travailleurs s’engageant pour de bonnes conditions de travail dans les entreprises.</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/4/5/csm_Frau_buero_packt_sachen_entlassung_kuendigung_iStock-SeventyFour_f4b18e67fc.jpg" length="156998" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10276</guid><pubDate>Wed, 02 Oct 2024 08:53:00 +0200</pubDate><title>Protection contre le licenciement abusif dans le droit suisse du travail : situation actuelle et perspectives</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/colloquejuridique2024</link><description>Colloque juridique de l’USS 2024</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le manque de protection contre le licenciement abusif en Suisse a été un thème récurrent ces dernières années. Les tribunaux ont ouvert de nouvelles voies dans l’interprétation des lois en vigueur, par exemple en ce qui concerne les salarié·e·s âgés ou l’égalité. Et, sous l’influence de la jurisprudence et d’engagements internationaux, la discussion autour de la révision de lois, en particulier sur la protection des représentant·e·s des travailleurs et travailleuses et des lanceurs et lanceuses d’alerte, s’est enflammée.</p><p>Le colloque juridique de l’USS fera le point et présentera des perspectives relativement aux exigences et évolutions actuelles en matière de protection contre le licenciement abusif. Des expert-e-s de haut niveau venant des milieux scientifiques et de la pratique présenteront certains aspects d’actualité de la doctrine et de la jurisprudence et donneront des impulsions importantes pour la mise en œuvre juridique et pratique d’une protection moderne contre le licenciement. Le colloque juridique s'adresse aux spécialistes et aux personnes intéressées. Les frais de participation sont réduits pour les membres des syndicats et les étudiant·e·s.</p><p><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/agenda/2024/Colloque_juridique_USS_2024.pdf" target="_blank" class="button" rel="noreferrer"><i class="fa-solid fa-file-pdf" aria-hidden="true"></i> Voir le programme complet</a></p><p><a href="https://uss.sgb.ch/civicrm/event/register?reset=1&amp;id=39" target="_blank" class="button" rel="noreferrer"><i class="fa-solid fa-pen" aria-hidden="true"></i> Inscrivez-vous au colloque</a></p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/5/f/csm_frau_alleine_verzweifelt_buerosituation_d0b0426b9a.jpg" length="152767" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10341</guid><pubDate>Sat, 21 Sep 2024 15:39:54 +0200</pubDate><title>15’000 réclament haut et fort de meilleurs salaires !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/15000-reclament-haut-et-fort-de-meilleurs-salaires</link><description>Manifestation nationale le 21 septembre à Berne</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Plus que 15'000 travailleuses et travailleurs de toute la Suisse sont descendus aujourd’hui dans la rue à Berne sous la devise « Il est temps d’augmenter les salaires ». Ils et elles demandent aux employeurs des augmentations de salaire substantielles. Après plusieurs années de perte de salaire réel et compte tenu de l’augmentation des coûts, cette revendication est plus nécessaire que jamais. La revendication est claire : en vue des négociations salariales à venir, les salaires réels doivent à nouveau augmenter en 2025.</p><p>Des travailleuses et travailleurs de toutes les branches et de toutes les régions du pays ont manifesté aujourd’hui à Berne sur la Place fédérale pour des salaires plus élevés. La situation est préoccupante. Depuis 2021, les salaires réels baissent en Suisse. Du jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale. En même temps, tout augmente : les prix des denrées alimentaires et de l’énergie, les loyers et les primes d’assurance maladie. Les salarié-e-s peuvent se permettre de moins en moins de choses avec leur salaire. Les personnes et les familles à bas et moyens revenus sont particulièrement touchées.&nbsp;</p><h3 class="heading--h4">La situation des salarié-e-s est préoccupante</h3><p>Le président de l’Union syndicale suisse Pierre-Yves Maillard fait le point sur la situation préoccupante des travailleuses et travailleurs en Suisse : « Tout est devenu plus cher. Et même si l’économie se porte bien, les salarié-e-s ont moins dans leur portemonnaie qu’il y a cinq ans. Sans une adaptation des salaires à l’inflation, la population va s’appauvrir. Cette politique n’a pas d’avenir. C’est pourquoi les salaires doivent enfin à nouveau augmenter. »</p><h3 class="heading--h4">De l’argent, il y en a assez</h3><p>Alors que les salaires bas et moyens baissent en termes réels, les actionnaires encaissent en même temps année après année des sommes toujours plus élevées, qui se chiffrent en milliards, sous forme de dividendes et de rachats d'actions. L’écart salarial s’est encore creusé. Il y a plus qu’assez d’argent dans les entreprises. Le refus des employeurs de compenser intégralement le renchérissement et d’augmenter les salaires de façon substantielle, qui a été annoncé publiquement, est un scandale. Vania Alleva, présidente d'Unia, est claire : « Nous ne nous laisserons pas faire ! Nous attendons des négociations salariales de cet automne des augmentations générales et substantielles. Nous ne nous contenterons pas de miettes ! Il est urgent et tout simplement vital pour beaucoup de gens que les salaires augmentent en termes réels. Pour cela, la pleine compensation du renchérissement des trois dernières années est nécessaire. C'est pourquoi Unia exige des augmentations de salaire de l’ordre de 5%. »&nbsp;</p><h3 class="heading--h4">Compensation du renchérissement et salaires minimums plus élevés</h3><p>Compenser le renchérissement est une évidence car sans cela, les travailleuses et les travailleurs ont toujours moins de salaire pour le même travail. La compensation du renchérissement fait donc partie de toutes les conventions collectives de travail. En même temps, il faut de bons salaires minimums. La présidente du syndicat Syna Yvonne Feri s’engage pour cela : « En Suisse, de nombreuses personnes travaillent dans des branches à bas salaires. Elles ne gagnent pas assez, même avec un bon apprentissage. Leur diplôme d’apprentissage ne garantit pas un salaire décent pour vivre. Nous devons lutter ensemble contre cela. Nous exigeons des salaires minimums décents pour le personnel formé, qui suffisent pour vivre. » C'est pourquoi les syndicats s’engagent pour qu’il n’y ait plus de salaires inférieurs à 4500 francs et pour que toutes les personnes au bénéfice d’un apprentissage gagnent au moins 5000 francs.</p><h3 class="heading--h4">Nécessité claire d’agir dans de nombreuses professions et branches</h3><p>Peintres ou employé-e-s de La Poste ou des chemins de fer, infirmières ou travailleurs de la construction : plusieurs exemples de professionnels de différents métiers et branches montrent la grande nécessité d’agir. « Nous sommes aujourd’hui ici pour à nouveau souligner que notre Service public a une importance systémique. Il y a un manque de reconnaissance à notre égard, c’est pourquoi de bonnes conditions de travail et des salaires en conséquence sont une nécessité absolue, précisément en période d’inflation effrénée et d’explosion des primes maladie », explique Beat Haldimann, livreur de colis à la Poste Suisse et syndicaliste Syndicom. Friederike Flückiger, infirmière aux soins intensifs depuis 30 ans et syndicaliste SSP, demande que les améliorations dans les soins réclamées dans l’initiative sur les soins soient réalisées rapidement. Car c’est tout particulièrement dans les métiers dits féminins que la situation salariale est insuffisante malgré une bonne formation : « Toutes les statistiques le montrent : travailler dans la santé, ce sont des conditions dures pour des salaires trop bas. Les infirmières et infirmiers diplômés gagnent bien moins que les autres professionnels de même niveau de formation ! »</p><p>En tant que représentant de la jeune génération, l’assistant clientèle CFF et représentant du syndicat SEV Jordi D’Alessandro attire l’attention sur la situation des jeunes et la nécessité d’augmentations salariales. Il appelle les jeunes à s’engager pour leurs droits et pour de meilleurs salaires : « Nous, jeunes travailleurs, devons prendre position. Ce ne sont pas seulement nos retraites qui sont en danger, ce sont aussi nos salaires et nos conditions de travail. On nous promet un avenir, mais on nous refuse un présent digne. On nous parle d’opportunités, mais on nous impose des sacrifices. »</p><h3 class="heading--h4">Les employeurs doivent agir : des hausses des salaires réels sont nécessaires</h3><p>Les salarié-e-s et les syndicats s’engagent ensemble pour de meilleurs salaires et demandent aux employeurs, pour l’automne salarial, des augmentations substantielles des salaires pour 2025.&nbsp;<br>Les syndicats de l’Union syndicale suisse et les associations de Travail.Suisse ont appelé à manifester.<br>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/e/1/csm_SK_WSK24_MF98188_7ee0af22e1.jpg" length="405746" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10321</guid><pubDate>Tue, 17 Sep 2024 11:26:51 +0200</pubDate><title>Il est temps d’augmenter les salaires. </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/il-est-temps-daugmenter-les-salaires</link><description>Grande manifestation le 21 septembre à Berne</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les syndicats appellent à une grande manifestation samedi 21 septembre à Berne pour soutenir leurs revendications salariales.</p><p>L'évolution des salaires de ces dernières années est plus que décevante. Malgré la situation globalement bonne de l’économie, les salaires réels sont aujourd'hui inférieurs au niveau de 2019. Après déduction du renchérissement, les travailleurs et travailleuses ont un salaire inférieur à il y a 5 ans. Ce retard salarial doit maintenant être rattrapé. La conjoncture se présente bien et les marges des entreprises restent favorables.</p><p>C'est pourquoi les fédérations de l'USS demandent des augmentations de salaire allant jusqu'à 5 %. Il n'est pas acceptable que les travailleurs et travailleuses gagnent toujours moins en termes réels alors que la productivité augmente. Il faut maintenant rattraper ce retard pour que la valeur du travail soit à nouveau suffisamment reconnue.</p><p>L'évolution des salaires en Suisse est alarmante. Les salarié-e-s dans des secteurs différentes se battent à chaque fin de mois avec des factures élevées, des loyers et des primes de l'assurance maladie en hausse et des salaires trop bas, qui leur permettent de moins en moins de vivre. Les augmentations de salaire substantielles sont maintenant impératives !</p><p>Cela vaut également pour le secteur public. De nombreux cantons et la Confédération sont en retard dans la compensation du renchérissement. Après des années de baisse des salaires réels, le besoin d’amélioration en matière de salaires est très grand.&nbsp;</p><p><strong>Il est donc temps d’augmenter les salaires. Nous demandons des augmentations de salaire allant jusqu'à 5 %.</strong><br>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/a/7/csm_240921_il-est-temps__2-3_fr_eeaff9e2b9.png" length="44963" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10300</guid><pubDate>Mon, 02 Sep 2024 09:24:27 +0200</pubDate><title>Jusqu&#039;à 5 % d&#039;augmentation de salaire – en raison de l’inflation, du retard accumulé et de la bonne conjoncture économique</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/jusqua-5-daugmentation-de-salaire-en-raison-de-linflation-du-retard-accumule-et-de-la-bonne-conjoncture-economique</link><description>Les revendications salariales des syndicats</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L'évolution des salaires de ces dernières années est plus que décevante. Malgré la situation globalement bonne de l’économie, les salaires réels, c’est-à-dire après déduction du renchérissement, sont aujourd'hui inférieurs au niveau de 2019. Les marges des entreprises restent cependant favorables. Elles ont augmenté leurs prix. Et ont pu vendre davantage grâce à la conjoncture positive. C'est pourquoi les fédérations de l'USS demandent des augmentations de salaire allant jusqu'à 5%.</p><p>Les prochaines négociations salariales seront déterminantes pour la Suisse. Malgré la bonne conjoncture, les salaires réels sont aujourd'hui plus bas qu'en 2019. De nombreuses entreprises n'ont même pas accordé la compensation du renchérissement, ce qui allait autrefois de soi lorsque la situation le permettait. Ce retard salarial doit maintenant être rattrapé.</p><p>Les salaires devraient augmenter aussi fortement que la productivité du travail additionnée du renchérissement, afin que la répartition entre travail et capital ne change pas. Comme cela n'a pas été le cas ces dernières années, un retard salarial de plus de 5 % s’est accumulé. Daniel Lampart, économiste en chef de l'Union syndicale suisse (USS), souligne lors de la conférence de presse sur les salaires que « les bas et moyens salaires gagneraient aujourd’hui 300 à 500 francs de plus par mois si le potentiel de croissance salariale avait été exploité » (<a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/mk-cp/240902_Lohnforderungen_revendications-salariales/240902_DL_CP_revendications_salariales.pdf" class="link--icon--external">Discours complet</a>). Le président de l'USS Pierre-Yves Maillard a rappelé que l'économie se porte toujours bien : « Il n'est pas acceptable que les travailleurs et travailleuses gagnent toujours moins en termes réels alors que la productivité augmente. Il faut maintenant rattraper ce retard pour que la valeur du travail soit à nouveau suffisamment reconnue » (<a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/mk-cp/240902_Lohnforderungen_revendications-salariales/240902_PYM_CP_revendications_salariales.pdf" class="link--icon--external">discours complet</a>).</p><p>Pour Vania Alleva, présidente du syndicat Unia, il est grand temps d'augmenter les salaires : « L'évolution des salaires en Suisse est alarmante. Qu'il s'agisse du personnel de vente dans le commerce de détail, des ouvriers de l'industrie ou sur les chantiers ou encore des salarié-e-s de la restauration ou des soins aux personnes âgées : toutes ces personnes se battent à chaque fin de mois avec des factures élevées et des salaires trop bas, qui leur permettent de moins en moins de vivre. La forte augmentation du coût de la vie et la stagnation des revenus rendent impératives des augmentations de salaire substantielles pour combler l'écart salarial » (<a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/mk-cp/240902_Lohnforderungen_revendications-salariales/240902_Vania-Alleva_revendications_salariales.pdf" class="link--icon--external">discours complet</a>).</p><p>Natascha Wey, secrétaire générale du SSP, explique que les salaires dans le secteur public n'échappent pas à l'évolution négative des salaires réels. Au contraire, il existe un besoin de rattrapage considérable : « De nombreux cantons et la Confédération sont en retard dans la compensation du renchérissement. Ces dernières années, les salaires réels dans le secteur public ont parfois baissé plus fortement que dans le secteur privé » (<a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/mk-cp/240902_Lohnforderungen_revendications-salariales/240902_SSP_Revendications_salariales.pdf" class="link--icon--external">discours complet</a>).</p><p>Après des années de baisse des salaires réels, le besoin d’amélioration en matière de salaires est très grand. C'est pourquoi les fédérations de l'USS demandent des augmentations de salaire allant jusqu'à 5 %.</p><ul><li><strong>Il est temps d’augmenter les salaires. </strong>21.09.2024: <a href="/luss/agenda#c19296">Grande manifestation pour les salaires</a></li><li><strong>Plus d'informations,</strong> notamment sur les trains spéciaux, sur <a href="https://unia.ch/fr/actualites/evenements/detail/a/20684" target="_blank" class="link--icon--external" rel="noreferrer"><u>unia.ch</u></a></li></ul>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/2/8/csm_240902_Lohn-MK2024-25_efa8d573dc.jpg" length="221130" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10259</guid><pubDate>Mon, 24 Jun 2024 13:19:30 +0200</pubDate><title>Avantages de la libre circulation avec protection des salaires – besoin d’amélioration</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/avantages-de-la-libre-circulation-avec-protection-des-salaires-besoin-damelioration</link><description>Commentaire du rapport de l&#039;observatoire du 24.6.2024</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le débat sur la politique migratoire suisse est plus que jamais d’actualité, depuis le lancement par l’UDC de sa nouvelle initiative isolationniste (« initiative sur la durabilité »). Ce qui est nouveau, c’est que le président d’economiesuisse s’en mêle en tenant des propos critiques sur l’immigration. Face à ces critiques, la vraie question est de savoir quelle serait l’alternative au système actuel, basé sur la libre circulation des personnes assortie de mesures d’accompagnement. Un système à points ou de contingents serait-il réellement plus favorable aux travailleuses et travailleurs ?</p><p>D’autres pays comme le Canada, l’Australie ou le Royaume-Uni se servent de systèmes à points . Il n’est possible d’immigrer dans de tels pays qu’à condition de remplir les critères fixés par l’État. Il faut par exemple détenir un diplôme universitaire et bien maîtriser la langue nationale. Or beaucoup d’universitaires ayant émigré au Canada doivent se contenter d’emplois auxiliaires – par exemple dans l’hôtellerie-restauration ou en conduisant des taxis. Et comme la protection des salaires laisse à désirer, les études menées révèlent de fortes pressions sur les salaires. En Suisse par contre, il faut un contrat de travail pour immigrer dans le cadre de l’ALCP. Grâce à cette précaution et à la protection des salaires en place, la participation au marché du travail et la situation salariale sont meilleures en Suisse. Au Canada, seuls 44 % des universitaires récemment arrivés dans le pays occupent des postes nécessitant un diplôme de degré tertiaire. En Suisse, ce chiffre est bien plus élevé.<br>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/kampagnen/jobs-und-loehne/Lohnkontrolle_Unia-sw.jpg" length="118491" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10245</guid><pubDate>Wed, 12 Jun 2024 12:31:36 +0200</pubDate><title>La Suisse recule dans l’indice international de la liberté syndicale</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-suisse-recule-dans-lindice-international-de-la-liberte-syndicale</link><description>Absence de protection pour les représentant-e-s des salarié-e-s</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La Confédération internationale des syndicats (CSI) publie aujourd’hui, dans le cadre de la Conférence de l’Organisation internationale du Travail (OIT) qui se tient à Genève, son nouvel indice des droits dans le monde et de la protection des droits des travailleurs et travailleuses. Le résultat de la Suisse est mauvais, sa note a baissé. La principale raison de cette baisse est la protection contre les licenciements abusifs et antisyndicaux insuffisante depuis des années dans notre pays. La Suisse ne respecte pas ses engagements internationaux et permet que des salarié-e-s qui s’engagent pour leurs collègues, soient arbitrairement punis et perdent leur emploi. Le Conseil fédéral doit rapidement agir sur cette question.</p><h4>Le recul de la Suisse, conséquence de la passivité du Conseil fédéral</h4><p>Durant la dernière période sous revue, 21 personnes ont été abusivement licenciées pour leurs activités syndicales et parce qu’elles s’étaient engagées pour des droits collectifs stipulés dans des conventions collectives de travail (CCT). Les cas de licenciements abusifs recensés, licenciements antisyndicaux compris, devraient toutefois être bien plus nombreux, car la Suisse ne tient aucune statistique à ce sujet.</p><p>La Suisse est mentionnée à plusieurs égards dans le rapport de la CSI et son recul particulièrement mis en exergue. C’est donc un jour triste pour la Suisse officielle et le Conseil fédéral qui n’avance pas dans la mise en œuvre de la recommandation de l’OIT concernant l’amélioration de la protection contre les licenciements abusifs et antisyndicaux.Dans le rapport de la CSI, la Suisse est mentionnée avec 12 autres pays dont la note s’est dégradée. Le rapport regrette explicitement que sa note soit passée à 3, ce qui correspond à des violations régulières des droits des travailleurs et travailleuses.</p><h4>La médiation doit reprendre sans délai !</h4><p>Que le Conseil fédéral ait suspendu sans explication en décembre dernier la médiation tripartie chargée de discuter d’une meilleure protection contre les licenciements antisyndicaux est particulièrement inquiétant. C’est cette mesure qui a contribué à la baisse de la note de la Suisse, comme le signale la CSI.</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) exige par conséquent la reprise immédiate de la médiation ainsi que des mesures urgentes en vue d’améliorer la protection des droits des travailleurs et travailleuses et de renforcer la liberté syndicale via une protection effective contre les licenciements collectifs. Le Conseil fédéral doit agir une fois pour toutes sur cette question !</p><ul><li>Communiqué de la CSI : <a href="https://www.ituc-csi.org/ituc-global-rights-index-2024-fr?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer">Les droits des travailleurs s’effritent : Indice CSI des droits dans le monde 2024</a></li></ul><h6><i>Qu’est-ce que l’Indice CSI des droits dans le monde ?</i></h6><p><i>L’Indice CSI des droits dans le monde montre quels sont les pays dont l’attitude à l’égard des travailleurs et travailleuses est la moins bonne. Il classe 139 pays sur une échelle allant de 1 à 5, en se basant sur le niveau de leur respect des droits des travailleurs et travailleuses. Les pays qui reçoivent la note 5 sont ceux où ces droits n’existent pas, alors que ceux qui obtiennent la note 1 ne connaissent que de façon irrégulière des violations. La Suisse est désormais passée à la note 3.</i></p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/logos/ilo_logo_beschnitten.png" length="92369" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10249</guid><pubDate>Tue, 11 Jun 2024 14:12:00 +0200</pubDate><title>Cantons trop passifs face au dumping salarial</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/cantons-trop-passifs-face-au-dumping-salarial</link><description>Rapport 2023 sur les mesures d’accompagnement</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Une protection des salaires efficace est importante pour les travailleuses et travailleurs. C'est ce que montre le rapport sur les mesures d'accompagnement publié aujourd'hui par le SECO. Partout où des contrôles sont effectués, des infractions sont détectées et des rattrapages salariaux sont versés a posteriori. Malheureusement, la protection des salaires reste lacunaire. De nombreux cantons n'en font pas assez. Les cantons doivent contrôler davantage et faire usage de leur droit à mettre en place des salaires minimaux en cas de dumping salarial répété.</p><p>L'année dernière, les contrôleurs ont vérifié environ 150 000 salaires auprès d'employeurs suisses et d'entreprises étrangères détachant des travailleuses et travailleurs en Suisse. Dans près d'une entreprise sur cinq, ils ont découvert des salaires trop bas ou des situations de pseudo-indépendant-e-s. Dans les branches avec conventions collectives de travail (CCT) déclarées de force obligatoire, où les salaires minimaux sont clairement définis, 27% des entreprises contrôlées paient trop peu. Dans les branches sans CCT déclarée de force obligatoire ni contrat-type de travail (CTT), certains cantons fixent des critères trop bas pour les salaires usuels selon le lieu et la branche. De ce fait, des employeurs pratiquant le dumping passent à travers les contrôles.</p><p>Dans les branches avec CCT étendue ou CTT, les employeurs fautifs sont sanctionnés et les salaires doivent être rectifiés a posteriori. Dans les branches sans CCT de force obligatoire ni CTT, les employeurs pratiquant des salaires trop bas sont simplement invités à adapter les salaires dans le cadre de procédures à l’amiable. Quatre entreprises de détachement sur cinq ayant des salaires trop bas aboutissent à un accord avec les autorités de contrôle. En revanche, ce n'est le cas que d'une entreprise sur deux parmi les employeurs suisses qui ont payé des salaires trop bas. Ce refus trop fréquent des employeurs suisses de verser des salaires corrects ne peut plus être toléré.</p><p>De nombreux cantons ont une activité de contrôle bien trop faible. Genève, Tessin, Zurich, Vaud et Neuchâtel effectuent deux tiers de tous les contrôles d'employeurs dans les branches où il n’y a ni CCT étendue ni CTT. Cela ne s'explique pas uniquement par la taille des marchés du travail : au Tessin, une entreprise suisse dans un secteur sans CCT de force obligatoire ni CTT est contrôlée en moyenne une fois tous les quatre ans. Dans le canton de Zoug, en revanche, les entreprises ne sont contrôlées qu'une fois tous les 140 ans. Même à Berne, Fribourg ou Saint-Gall, les entreprises qui trichent n'ont pas grand-chose à craindre : on n’y est contrôle en moyenne que tous les 90, 80 ou 40 ans.</p><p>Le rapport le montre : les mesures d'accompagnement sont plus nécessaires que jamais. Trop d'employeurs ne respectent pas les salaires usuels selon le lieu et la branche. Les cantons ont ici un devoir à remplir :</p><ul><li>Il faut cesser de définir les salaires d’usage à la baisse.</li><li>Là où les contrôles sont trop rares, il faut les intensifier.</li><li>En cas de dumping salarial répété, des salaires minimaux doivent être édictés - comme le prévoit la loi. Jusqu'à présent, seuls quelques cantons l'ont fait. Genève, le Tessin et le Valais sont les seuls cantons à imposer plus d'un CTT. Dans la plupart des cantons, rien ne se passe. C'est le cas par exemple du canton de Zurich, où des cas de dumping sont certes régulièrement constatés, mais où les employeurs fautifs se jouent du canton dans les procédures de conciliation et où aucun salaire minimum n'est malgré tout édicté.</li></ul><p>La situation actuelle ne peut pas perdurer : les mesures d'accompagnement doivent être appliquées de manière stricte. Les résultats du rapport montrent également qu'un affaiblissement du dispositif de protection des salaires serait fatal.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/kampagnen/jobs-und-loehne/Lohnkontrolle_Unia-sw.jpg" length="118491" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10235</guid><pubDate>Fri, 07 Jun 2024 09:35:05 +0200</pubDate><title>Dossier N° 163 : Gelernte haben mehr verdient!</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/dossier-n-163-gelernte-haben-mehr-verdient</link><description>Analyse zu den Löhnen der Berufsleute in der Schweiz Teil II. Avec une synthèse française</description><content:encoded><![CDATA[<p>Dans les boulangeries, les garderies, les soins, la mécanique de précision, la maçonnerie ou l’infor-matique, rien ne serait possible en Suisse sans les nombreux titulaires de CFC. Ils fournissent un travail indispensable, sont bien formés grâce à leur apprentissage et apportent souvent une expé-rience de grande valeur. Pourtant, nombre d’entre elles et eux gagnent mal leur vie. Une personne sur trois ayant fait un apprentissage travaille pour un salaire inférieur à 5 000 fr (pour un temps plein). Les femmes sont encore plus touchées : Près d’une titulaire de CFC sur deux travaille pour un bas salaire. Les problèmes salariaux ne se limitent de loin pas aux jeunes femmes ayant terminé leur apprentissage. Pour de nombreuses personnes qualifiées, les salaires n’augmentent guère, même après des années d’expérience. Ainsi, peu avant la retraite, un quart de toutes les personnes qui ont fait un apprentissage gagnent encore un salaire inférieur à 5 000 francs.</p><p>Cette réalité salariale est en contraste avec tous les beaux discours sur la formation professionnelle suisse. La formation professionnelle duale garantit certes le renouvellement d’une main-d’oeuvre compétente. Mais la promesse d’un revenu sûr grâce à l’apprentissage sonne creux pour bon nombre de gens. En Suisse, vivre avec 5 000 francs implique de faire attention à toutes les dé-penses. Les professionnel-le-s méri-tent d’être mieux valorisés pour la contribution qu’ils apportent chaque jour.&nbsp;</p><p>Les bas salaires nuisent également à l’attractivité de la formation professionnelle. De nombreux jeunes ne sont plus disposés à gagner mal leur vie. Soit ils ne commencent pas d’apprentissage, soit ils quittent leur profession dès qu’ils ont terminé leur apprentissage. Il n’est donc pas étonnant que les spécialistes nécessaires fassent défaut dans de nombreux secteurs. Au lieu de se plaindre, les employeurs devraient enfin agir et payer des salaires décents. Les salaires inférieurs à 5 000 francs pour les titulaires de CFC doi-vent appartenir au passé. De même, l’expérience des employé-e-s ayant fait un apprentissage doit être mieux reflétée financièrement dans les salaires.</p><ul><li><a href="https://www.sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/dossiers/163_Loehne_mit_Lehre.pdf" target="_blank" class="news-detail__related-links__link news-detail__related-links__link--file" title="Dossier 163: Gelernte haben mehr verdient!">Dossier 163: Gelernte haben mehr verdient! </a><span class="news-detail__related-links__description">Analyse zu den Löhnen der Berufsleute in der Schweiz Teil II. Avec une synthèse française</span></li></ul>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/banner/Ausbildung_Lehrlinge-im-Gespraech-mit-Meister_iStock-SolStock_kl.jpg" length="501608" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10232</guid><pubDate>Fri, 31 May 2024 13:00:00 +0200</pubDate><title> Les personnes formées méritent mieux : au moins 5000 francs de salaire après un CFC</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/les-personnes-formees-meritent-mieux-au-moins-5000-francs-de-salaire-apres-un-cfc</link><description>Revaloriser l&#039;apprentissage</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Un-e titulaire de CFC sur trois travaille pour un salaire inférieur à 5000 francs (équivalent temps plein). Lors de l'assemblée des délégué-e-s de l'Union syndicale suisse (USS) qui s'est tenue aujourd'hui, les délégué-e-s ont donc décidé que les travailleuses et travailleurs ayant effectué un apprentissage doivent gagner au moins 5000 francs, pour préserver l'attractivité de cette voie de formation. De manière générale, aucun salaire ne devrait être en-dessous de 4500 francs : tout salaire doit permettre de vivre.</p><p>La formation professionnelle duale est souvent décrite comme une voie royale. Grâce à elle, la Suisse dispose d'une main-d'œuvre compétente. Mais la promesse d'obtenir un bon revenu après un apprentissage n'est plus tenue dans de nombreux cas. Une personne sur trois ayant fait un apprentissage travaille pour un salaire inférieur à 5000 francs (calculé sur la base d'un temps plein). Les salaires sont particulièrement bas dans les professions où les femmes sont plus nombreuses. Et enfin, pour de nombreux titulaires de CFC, le salaire n'augmente guère durant la carrière, même après des années d'expérience. Peu avant la retraite, un quart des professionnel-les avec CFC touchent toujours moins de 5000 francs. Vivre avec un tel salaire n'est possible qu'en se restreignant beaucoup. Une fois payés l'assurance maladie, les loyers et les besoins de base, il ne reste plus grand-chose. Et pour une famille, il n'est tout simplement pas possible de boucler les fins de mois sans inquiétudes financières.</p><p>Les bas salaires nuisent également à l'image de la formation professionnelle elle-même. Nombre de jeunes ne sont plus d'accord de gagner mal leur vie. Et le manifestent soit en ne commençant même pas d'apprentissage, soit en quittant leur profession dès le CFC obtenu. Il n'est donc pas étonnant qu'il soit difficile de trouver des personnes bien formées dans de nombreuses branches. Au lieu de se plaindre, les employeurs devraient enfin agir et payer des salaires décents.</p><p>L'USS demande que les personnes gagnent au moins 5000 francs par mois après un apprentissage. De manière générale, les salaires doivent être d'au moins 4500 francs. Pour que l'évolution des salaires soit plus équilibrée et que l'écart salarial se réduise, il faut des augmentations générales de salaire au lieu de systèmes de bonus individuels.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/banner/Ausbildung_Lehrlinge-im-Gespraech-mit-Meister_iStock-SolStock_kl.jpg" length="501608" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10216</guid><pubDate>Thu, 23 May 2024 10:31:26 +0200</pubDate><title>Augmentation du stress, du harcèlement et des maladies au travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/augmentation-du-stress-du-harcelement-et-des-maladies-au-travail</link><description>Enquête suisse sur la santé : des résultats alarmants pour les travailleuses et travailleurs</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les résultats de l’enquête suisse sur la santé 2012-2022 révèlent une augmentation préoccupante du stress et de l’épuisement émotionnel au travail, parmi les femmes notamment et dans des branches d’activité spécifiques. L’USS appelle à des mesures complètes axées sur l’amélioration des conditions de travail, sur la prévention et la reconnaissance des maladies professionnelles d’origine psychosociale, ainsi qu’au renforcement de la lutte contre le harcèlement sexuel et à un soutien ciblé à la main-d’œuvre des professions fortement féminisées. Et le Parlement doit enfin abandonner ses projets actuels de démantèlement de la loi sur le travail.</p><h3 class="heading--h4">Augmentation du stress au travail, notamment dans la restauration et le secteur social</h3><p>La part des personnes se sentant stressées au travail est passée de 18 % en 2012 à 23 % en 2022. En outre, plus de la moitié des personnes stressées sont émotionnellement épuisées et présentent ainsi un risque accru de burnout. En 2022, 25 % des femmes et 21 % des hommes professionnellement actifs ont déclaré être la plupart du temps ou toujours stressés. La situation est particulièrement problématique dans l’hôtellerie-restauration ainsi que dans la santé et l’action sociale, où 29 % des salarié-e-s souffrent du stress. Et comme en Suisse, les journées de travail sont très longues par rapport aux autres pays en cas d’emploi à 100 %, beaucoup de personnes réagissent à l’augmentation du stress et des pressions subies en réduisant (malgré elles) leur taux d’occupation pour ne pas tomber malades au travail. C’est très fréquent dans l’action sociale et la santé ou dans l’enseignement, où le personnel est ainsi confronté à de lourdes pertes financières. C’est absolument inacceptable.</p><p>Il est donc urgent de prendre des mesures ciblées pour améliorer les conditions de travail : semaines de travail plus courtes, plannings moins chargés, respect des prescriptions sur la durée du repos et absence de modifications d’horaires de travail décidées en dernière minute.</p><h3 class="heading--h4">Augmentation du risque de burnout et de violences parmi les femmes</h3><p>La part des femmes épuisées émotionnellement dans leur travail est passée de 20 % en 2012 à 25 % en 2022. Or l’épuisement émotionnel et les cas de burnout qui s’ensuivent sont fréquemment dus au non-respect de la loi sur le travail. Ainsi, bien des employeurs ferment les yeux sur les pauses légales, ne respectent pas le repos nocturne et dominical et, tard le soir ou en fin de semaine, bombardent encore leurs employé-e-s de courriels ou de messages WhatsApp. Ce constat vaut aussi bien pour le travail à domicile que dans les professions des arts et métiers, où les plannings sont par exemple souvent modifiés en dernière minute par WhatsApp. Avec pour effet que le personnel ne peut jamais vraiment se déconnecter du travail.<br>Au total, 21 % des femmes et 16 % des hommes ont signalé en 2022 avoir été confrontés dans leur travail à des discriminations ou à des violences. Les femmes ont subi beaucoup plus souvent que les hommes des discriminations liées au sexe (8,4 % contre 1,5 %).<br>L’USS exige la mise en place de mesures de prévention efficaces et d’une politique de tolérance zéro face au harcèlement sexuel au travail. Les employeurs en font bien trop peu pour combattre le harcèlement sexuel. L’USS appelle en outre à la reconnaissance des maladies professionnelles résultant des risques psychosociaux au travail, comme le stress, le harcèlement et la violence sexuelle. À cet effet, il faudra régulièrement adapter la liste des maladies professionnelles.</p><h3 class="heading--h4">Non à toute nouvelle détérioration – il faut améliorer la législation</h3><p>Au vu des chiffres qui précèdent, il est choquant de voir le Parlement s’occuper de toute une série d’interventions qui réduiraient encore la protection de la santé au travail. En particulier, une intervention du conseiller national PLR saint-gallois Marcel Dobler aboutirait à priver de toute protection un grand nombre de travailleuses et travailleurs soumis à la loi sur le travail. De même, sous prétexte de faciliter le télétravail, une intervention du conseiller aux États argovien et président du PLR Thierry Burkart vise à introduire le travail de nuit et du dimanche dans les bureaux. D’autres interventions encore parlent d’étendre le travail du dimanche dans les commerces, au détriment du personnel de vente déjà très stressé et souvent harcelé. L’USS combattra résolument tous ces projets.</p><p>Bien au contraire, au lieu de nouvelles détériorations, l’heure est à une meilleure protection face aux risques psychosociaux sur les lieux de travail, de même qu’à une protection accrue des travailleuses enceintes et à l’introduction d’un régime général obligatoire d’assurance d’indemnités journalières en cas de maladie.<br><br>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/d/9/csm_Ueberstunden-erschoepft-Frau-abends-am-PC_Martinan-istock_d2830c2b60.jpg" length="90121" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10190</guid><pubDate>Mon, 29 Apr 2024 10:01:00 +0200</pubDate><title>L’heure est à un changement de cap dans la politique des revenus</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/rapport-repartition-2024-changement-de-cap-dans-la-politique-des-revenus</link><description>Rapport sur la répartition 2024 de l’USS : les seuls gagnants sont les très hauts salaires</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les salaires réels bas et moyens stagnent ; la charge due aux primes d’assurance-maladie est devenue trop lourde à porter. La politique fiscale de la Suisse va clairement dans la mauvaise direction. Les revenus bas et moyens sont ponctionnés, tandis que les très hauts revenus et les personnes aisées tirent leur épingle du jeu. Les plus hauts salaires se sont même envolés. Les entreprises versent des dividendes en hausse. Et les cantons diminuent les impôts frappant les hauts revenus et la fortune. L’heure est à une refonte de la politique des salaires et des revenus. Pour que les personnes qui doivent travailler dur au quotidien s’en sortent financièrement.</p><p>Les salaires réels bas et moyens risquent de connaître une «&nbsp;décennie perdue&nbsp;». Aujourd’hui, les salaires ne sont pas beaucoup plus élevés qu’en 2016 en valeur réelle. En effet, de nombreux employeurs ont certes facturé des prix plus élevés à leur clientèle, mais sans juger bon d’accorder à leur personnel la compensation du renchérissement. Les cadres et les plus hauts revenus gagnent par contre aujourd’hui 3000&nbsp;francs de plus par mois (1&nbsp;% des salarié-e-s les mieux payés). Pour la première fois, plus de 4000&nbsp;personnes en Suisse perçoivent un salaire annuel égal ou supérieur à un million de francs. «&nbsp;L’individualisation de la politique salariale bénéficie de manière disproportionnée aux cadres et aux top managers. Pour que les travailleuses et travailleurs reçoivent leur part des richesses qu’ils produisent, il faut au contraire à nouveau davantage de hausses généralisées des salaires&nbsp;», affirme Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS.</p><h3 class="heading--h4">La politique fiscale actuelle renforce les inégalités</h3><p>La politique fiscale fait également le jeu des personnes aisées et de la classe supérieure. Les cantons se sont remis à réduire les impôts sur le revenu et la fortune, et de nouvelles baisses sont à l’ordre du jour. D’un autre côté, les primes d’assurance-maladie grèvent toujours plus le budget des revenus inférieurs ou moyens – d’autant plus que les cantons n’augmentent que faiblement leurs subsides au paiement des primes. Une famille de quatre personnes paie déjà aujourd’hui plus de 1000 francs par mois – même avec un modèle du médecin de famille ou de type HMO. « Au lieu de corriger la répartition inégale des revenus, la politique fiscale actuelle renforce les inégalités, en particulier parce que les primes-maladie, qui ne sont rien d’autre qu’un impôt par tête, augmentent sans cesse », constate Pierre-Yves Maillard, président de l’USS.</p><p>Une fois les impôts et le loyer payés, les personnes à revenus normaux ou bas ont moins pour vivre aujourd’hui qu’en 2016. La situation financière des ménages les plus aisés s’est par contre améliorée. Leurs revenus bruts ont augmenté. Et comme la Suisse est le seul pays d’Europe à financer son système de santé avec un impôt par tête, ils sont moins sollicités qu’ailleurs pour couvrir l’évolution des coûts de la santé. La Suisse est dès lors le pays d’Europe qui corrige le moins les inégalités de répartition.</p><h3 class="heading--h4">Il faut des augmentations <span class="--l --r sentence_highlight hover:bg-[#B4DAE8] hover:dark:bg-blue-next-600">salariales</span> substantielles</h3><p>L’heure est à un tournant dans la politique des salaires et des revenus. Il est temps d’augmenter vigoureusement les salaires réels normaux ou bas. Quiconque a fait un apprentissage devrait gagner au moins 5000 francs par mois. Plus généralement, tous les salaires devraient se monter à 4500 francs au minimum. De telles augmentations de salaires sont économiquement possibles. Les affaires marchent bien et les entreprises réalisent des marges confortables. « Pour que le retard accumulé en matière de salaires soit compensé, il faut cet automne de substantielles augmentations, en particulier pour les revenus bas et moyens et dans les branches où travaille une majorité de femmes. Nous placerons la question salariale au centre cet automne, dans les entreprises et dans la rue », déclare Vania Alleva, vice-présidente de l’USS et présidente d’Unia.</p><h3 class="heading--h4"><span class="--l --r sentence_highlight">Renforcer le pouvoir d'achat</span></h3><p>En matière de politique fiscale, il faut réduire les « impôts par tête » que constituent les primes d’assurance maladie – en augmentant les budgets consacrés à la réduction de primes. C’est précisément ce que prévoit l’initiative d’allègement des primes. Personne ne doit consacrer plus de 10 % de son revenu aux primes d’assurance-maladie. Les baisses prévues des impôts sur le revenu et la fortune vont par contre dans la mauvaise direction. Elles améliorent encore la situation de personnes qui n’en ont pas besoin.</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/7/6/csm_Wirtschaft-Ungleichheit-Miniaturmenschen_hyejin_kang-iStock_6575ceb724.jpg" length="91069" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10187</guid><pubDate>Thu, 25 Apr 2024 12:55:01 +0200</pubDate><title>Non à l’initiative « pour la liberté et l’intégrité physique »</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/non-a-linitiative-pour-la-liberte-et-lintegrite-physique</link><description>Position de l&#039;USS</description><content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size:12.0pt;" lang="FR-CH">L'USS rejette clairement l'initiative, car elle n'offre aucun avantage aux travailleurs et conduira au contraire à une insécurité juridique, notamment en ce qui concerne les mesures de protection prises par l'Etat sur le lieu de travail pendant les pandémies.</span></p><p><span style="font-size:12.0pt;" lang="FR-CH">L'initiative populaire intitulée "Pour la liberté et l'intégrité physique" demande que toute atteinte à l'intégrité physique ou mentale, notamment les vaccinations, soit soumise au consentement explicite des personnes. Elle souhaite limiter la portée de mesures qui seraient prescrites par l'Etat. Les initiants militent en particulier contre une obligation de vaccination qui n'existe pas et qui est purement théorique.</span></p><p><span style="font-size:12.0pt;" lang="FR-CH">L'initiative est toutefois formulée de manière très large ou peu claire et pourrait avoir une influence négative sur de nombreux domaines de l'action de santé publique.</span></p><p><span style="font-size:12.0pt;" lang="FR-CH">Ironiquement, l'initiative ne concerne pas les relations entre personnes privées, de sorte que les employeurs pourraient continuer à fixer des mesures telles que des prescriptions de vaccination dans le contrat de travail. En revanche, la protection de la santé par la loi serait limitée. C’est inacceptable, et il faut donc voter clairement non à cette initiative.</span></p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/e/f/csm_delegiertenversammlung2018-abstimmung_Foto-SGB-TF_fbddb64d07.jpg" length="190601" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10185</guid><pubDate>Thu, 25 Apr 2024 12:44:01 +0200</pubDate><title>Les employeurs ont privé leur personnel d’augmentations de salaire méritées</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-employeurs-ont-prive-leur-personnel-daugmentations-de-salaire-meritees</link><description>Les salaires réels se situent en dessous du niveau de 2015</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’année dernière, les salaires ont à nouveau diminué de 0,4 %, une fois le renchérissement déduit. Alors même que l’économie se porte bien et que beaucoup d’entreprises ont affiché des bénéfices record. Et cette contraction salariale dure depuis trois ans. Une telle situation ne s’était jamais vue depuis le début des statistiques sur les salaires, après la Deuxième Guerre mondiale. Les salaires sont entre-temps plus bas qu’en 2015. La situation est particulièrement préoccupante dans la branche postale (-3,7 %), où il appartient de fait à la Confédération de réguler les rémunérations.</p><p>Les employeurs ont privé leur personnel d’augmentations méritées. Dans le passé, les salaires réels progressaient plus au moins au même rythme que la productivité. L’indice des salaires affiche ainsi, entre 2005 et 2015, une hausse proche de 0,9 % par an. Après 2015, les travailleuses et travailleurs ont continué à contribuer largement à la croissance économique. Les salaires devraient dès lors se situer aujourd’hui, en valeur réelle, près de 7 % au-dessus de leur niveau actuel. D’où un énorme besoin de rattrapage salarial.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Arbeitnehmerin50plus_nachdenklich_ist-Fertnig.jpg" length="514032" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10146</guid><pubDate>Tue, 19 Mar 2024 12:21:59 +0100</pubDate><title>En 2024, un rattrapage salarial s’impose</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/en-2024-un-rattrapage-salarial-simpose</link><description>Enquête suisse sur la structure des salaires</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les chiffres de l’Enquête suisse sur la structure des salaires publiés aujourd’hui sont inquiétants. C’est une véritable une décennie perdue qui menace en matière de salaires : les salaires réels sont en effet à peine plus élevés qu’en 2016. La crise due au COVID-19 ne peut pas tenir lieu d’excuse. Elle a certes entraîné des difficultés passagères dans certains secteurs. Mais dans l’ensemble, la situation économique et les marges des entreprises étaient et demeurent bonnes, sinon excellentes. Un rattrapage salarial s’impose par conséquent dans les prochaines négociations salariales.</p><p>Dans le passé, les salaires réels augmentaient au même rythme que la productivité du travail, soit d’environ 1 % par an. Ce n’est hélas plus le cas. Le renchérissement n’est même plus compensé depuis la fin de l’année 2021, alors que jusque-là un tel mécanisme allait de soi dans le partenariat social suisse. Et comme les primes d’assurance-maladie sont en forte hausse, une part croissante des ménages n’arrivent plus à joindre les deux bouts.</p><p>Une analyse des branches d’activité révèle des évolutions préoccupantes. En 2022 par exemple, les salaires moyens du personnel (sans fonction de cadre) des services postaux et de courrier étaient plus bas en valeur nominale qu’en 2010. L’érosion des conditions de travail dans la branche est effrayante, et une bonne convention collective de travail (CCT) serait plus que jamais nécessaire. Dans l’industrie chimique, des équipements électriques et des métaux, les salaires réels (sans fonction de cadre) ont baissé de plus de 2 % entre 2018 et 2022.</p><p>Par contre, il est réjouissant de voir que les efforts visant à améliorer les salaires des femmes dans les entreprises et les CCT portent leurs fruits. Le retard des salaires féminins par rapport à ceux des hommes s’est encore réduit. Il est vrai que le salaire moyen des femmes demeure inférieur de plus de 5 % à celui des hommes – pour la main-d’œuvre sans fonction de cadre. Le vrai problème tient à ce que les rémunérations sont généralement plus basses dans les professions dites féminines. Des efforts particuliers s’imposent donc pour revaloriser ces métiers – par exemple via des CCT prévoyant de bons salaires minimums dans les crèches ou dans les soins de longue durée. Chez les cadres, les écarts sont non seulement plus marqués (env. 15 %) mais ils se résorbent moins vite. Ce n’est pas surprenant, les cadres n’ayant pas l’habitude de déployer des efforts collectifs pour améliorer leur situation personnelle.</p><p>La proportion d’emplois à bas salaires n’a pas changé depuis la dernière enquête, remontant à 2020. Certaines personnes diront que c’est positif. En réalité, la Suisse devrait se fixer des objectifs plus ambitieux. Mais ces dernières années, les employeurs ont hélas fait la sourde oreille à toute proposition d’amélioration dans ce sens. Il n’y a donc eu ni augmentation salariale ciblée, ni nouvelle CCT de grande envergure prévoyant de bons salaires minimums. Le vide conventionnel se fait par exemple sentir dans le commerce de détail. Las d’attendre, les citoyennes et citoyens<br>optent donc toujours plus pour des salaires minimums étatiques, afin que les salaires suffisent tant soit peu pour vivre correctement.</p><p>Près d’une personne sur trois touchant un bas salaire a terminé son apprentissage. C’est un vrai problème de société car on voit que dans bien des cas, l’apprentissage ne suffit plus pour vivre. Quatre femmes sur dix gagnent moins de 5000 francs par mois (en équivalent plein temps ; 13 salaires mensuels). Dans les années à venir, la Suisse devra donc bien réfléchir à la manière dont elle entend assurer l’avenir de l’apprentissage. D’un point de vue syndical, un salaire mensuel de 5000 francs à l’issue d’un apprentissage constitue un absolu minimum.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/brochures/25-jahre-mindestlohn_titelbi.jpg" length="140334" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10143</guid><pubDate>Fri, 08 Mar 2024 14:33:00 +0100</pubDate><title>Les syndicats ne peuvent pas s’associer à une détérioration de la protection des salaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-syndicats-ne-peuvent-pas-sassocier-a-une-deterioration-de-la-protection-des-salaires</link><description>Le Conseil fédéral admet un affaiblissement des mécanismes anti-dumping dans le mandat de négociations</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le mandat adopté aujourd'hui par le Conseil fédéral pour les négociations avec la Commission européenne admet et prépare une grave détérioration de la protection des salaires. Il supprime en grande partie le système des cautions. Il ouvre la possibilité pour les employeurs de ne plus devoir payer les nuitées et les repas en cas de travail à l'extérieur. Il affaiblit l'instrument de l’interdiction d’offrir ses services en Suisse en cas de dumping constaté et raccourcit le délai d'annonce, rendant ainsi plus difficile le contrôle des entreprises susceptibles de ne pas respecter les règles.</p><p>Au cours des derniers mois, les syndicats ont signalé leur volonté de participer à une évolution des mesures d'accompagnement, de sorte qu'un accord avec l'UE soit possible. Nous avons proposé de nombreuses solutions. Mais nous avons aussi toujours dit clairement que nous ne soutenions pas des négociations avec la Commission européenne dans lesquelles la protection des salaires ne serait pas garantie.</p><p>Aujourd'hui, nous devons constater que le Conseil fédéral donne à ses négociateurs la compétence d'abandonner des parties des mesures d'accompagnement dans les négociations, sans qu'il n'y ait d'assurances contraignantes sur la manière de combler les lacunes qui en résulteraient en matière de protection salariale ni sur celle de résoudre les problèmes existants. La voie choisie par le Conseil fédéral n'est pas admissible.</p><p>Jusqu'à présent, les syndicats ont soutenu les accords bilatéraux entre la Suisse et l'UE, à condition que les salaires et les conditions de travail soient protégés et que le service public soit garanti. Les accords bilatéraux doivent profiter aux travailleuses et travailleurs en Suisse. Les mesures d'accompagnement jouent un rôle clé à cet égard, car le risque de sous-enchère salariale est particulièrement élevé en Suisse.</p><p>Lors de la votation populaire sur les Bilatérales I et la libre circulation des personnes en 2000, le Conseil fédéral avait promis que « les travailleuses et les travailleurs [seraient] protégés contre le dumping social et salarial ». La décision d'aujourd'hui est une rupture avec cet engagement.</p><p>En ce qui concerne l'électricité, l’Union syndicale suisse soutient les efforts visant à rester partie intégrante du réseau européen à haute tension. Elle s'oppose à l'ouverture du marché de l'électricité, car elle aura des répercussions négatives sur l'approvisionnement en électricité et sur les prix en Suisse. Pour nous, le « modèle de choix » n'est qu’une solution trompeuse. Quant au service public en matière de transports ferroviaires, il n’y a aucune raison de remettre en question son fonctionnement actuel.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/internat-eu/Europa-Schweiz_Fahnen_ist-OleksiiLiskonih.jpg" length="481011" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10138</guid><pubDate>Sun, 03 Mar 2024 16:51:10 +0100</pubDate><title>Le Valais s’oppose à la prolongation des heures d’ouverture des magasins et lancent ainsi un clair signal à Berne</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-valais-soppose-a-la-prolongation-des-heures-douverture-des-magasins-et-lancent-ainsi-un-clair-signal-a-berne</link><description>Ouvertures prolongées : un non cantonal aux retombées nationales</description><content:encoded><![CDATA[<p>Un scrutin était organisé aujourd’hui en Valais à propos de la loi concernant les heures d’ouverture des magasins (LOM). Les heures de fermeture ordinaires auraient été reportées de 18h30 à 19h00 pendant la semaine, la règlementation en place pour les samedis et les jours fériés restant inchangée. Quant aux ventes dominicales dans les zones touristiques, le Conseil d’État se serait vu retirer sa compétence de définir de telles zones au profit des communes qui auraient pu chacune règlementer la question, dans les limites du droit fédéral et cantonal.</p><p>Les citoyennes et citoyens ont rejeté cette déréglementation. Il s’agit d’un important signal lancé à Berne. Depuis des années en effet, le Conseil fédéral et le Parlement cherchent à étendre les horaires d’ouverture des magasins, contre la volonté de la population locale et du personnel de vente concerné, et notamment à banaliser les ouvertures dominicales. Les prétextes invoqués vont des « besoins touristiques dans les zones urbaines » aux « besoins des petits commerces ».</p><p>Une fois de plus, les citoyennes et citoyens ont lancé un signal clair aux apôtres de la dérégulation : la protection des travailleuses et travailleurs ainsi que le repos dominical priment à leurs yeux sur la soif de profit des propriétaires de magasins.</p>]]></content:encoded><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/1/2/csm_Supermarkt_Kuehlregal_eduardosoares-unspl_8ff16c8c1a.jpg" length="185363" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10134</guid><pubDate>Fri, 01 Mar 2024 15:23:07 +0100</pubDate><title>Revenus insuffisants et protection sociale précaire des acteurs culturels : résoudre ces problèmes et non les aggraver !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/revenus-insuffisants-et-protection-sociale-precaire-des-acteurs-culturels-resoudre-ces-problemes-et-non-les-aggraver</link><description>Message culture 2025-2028</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les acteurs culturels ont souvent des revenus très bas et de graves lacunes dans leur protection sociale. L’Union syndicale suisse (USS) s’engage avec ses fédérations actives dans la culture pour que dans le cadre de la politique culturelle nationale, les rémunérations équitables soient encouragées et que les acteurs culturels bénéficient d’une protection sociale accrue – notamment dans l’AVS et l’assurance-chômage. Quant aux nouvelles offres de conseil et de services envisagées, elles n’atteindront les objectifs visés que si les associations culturelles sont d’emblée étroitement associées à leur mise en place.</p><p>Le Conseil fédéral a décidé aujourd’hui d’ériger « la culture, un environnement professionnel » en champ d’action prioritaire de la politique culturelle nationale des quatre années à venir. L’USS approuve expressément cette décision. Durant la dernière décennie, outre que le nombre d’acteurs culturels a fortement augmenté, les emplois atypiques se sont multipliés dans le secteur. Les contrats de projet à durée déterminée, les emplois à temps partiel et les occupations multiples sont le pain quotidien des acteurs culturels. Ces personnes ont fréquemment des revenus très bas et une protection sociale réduite. En 2019, une étude a révélé que près de 60 % des acteurs culturels gagnaient moins de 3075 francs par mois (x13). Les chiffres de l’année dernière sont encore plus choquants : dans les arts de la scène, 86 % des intermittents professionnels ont indiqué ne pas pouvoir vivre de leur activité artistique. Sans surprise, les rentes de vieillesse sont extrêmement basses et la prévoyance professionnelle lacunaire. Les travailleurs culturels ne sont pas non plus correctement assurés contre les pertes de gain en cas d’accident, de maladie, de chômage voire de maternité.</p><p>Les associations de créateurs culturels s’avèrent essentielles pour garantir à leurs membres de bonnes conditions de travail, des revenus décents et l’accès à la sécurité sociale. Encore faut-il que leurs salaires conventionnels et leurs recommandations en matière de gages et d’honoraires soient dûment respectés. La promotion culturelle nationale doit prévoir ici les garanties nécessaires. Pour ce qui est de la sécurité sociale, l’USS approuve la proposition d’étendre les dispositions applicables aux acteurs culturels dans l’AVS ainsi que l’offre de conseil en place. Or il faut aussi trouver des solutions pour mieux couvrir dans l’assurance-chômage les acteurs culturels dont le taux d’occupation tend à diminuer au fil du temps. Ces personnes sont de fait exclues aujourd’hui de tout droit à des indemnités de chômage. Quant au centre de conseil et de services pour les acteurs culturels envisagé au niveau national, il faudrait concrétiser cette idée en collaboration avec les associations professionnelles. Elles disposent d’une expérience irremplaçable et de connaissances approfondies du secteur. Il faut donc se garder de court-circuiter les offres de conseil spécialisé en place au niveau régional et dans des branches spécifiques.</p><p>Par ailleurs, les syndicats critiquent avec véhémence les réductions que le plafond de dépenses initialement prévu pour la mise en œuvre du message culture a subies entre-temps à trois reprises : la coupe linéaire de 2 % du budget 2024 a été suivie d’une réduction du rythme de croissance des dépenses culturelles, et une troisième coupe s’annonce à hauteur de 1,4 % par rapport à ce qui figure dans l’avant-projet du message culture. Avec un tel plafond de dépenses, il est impensable de réaliser tous les projets concrets prévus afin d’atteindre les nombreux objectifs, parfois nouveaux, de politique culturelle fixés pour la prochaine période d’encouragement. Les syndicats demandent par conséquent de renoncer aux coupes prévues.<br>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/a/9/csm_violinspieler-innen-orchester_iStock-Yori_Meirizan_6334e3047b.jpg" length="136023" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10121</guid><pubDate>Tue, 13 Feb 2024 18:43:01 +0100</pubDate><title>Télétravail : non des conditions de travail dégradées et au travail dominical</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/teletravail-non-des-conditions-de-travail-degradees-et-au-travail-dominical</link><description>Une intervention scandaleuse au Conseil national</description><content:encoded><![CDATA[<p>La Commission de l’économie et des redevances du Conseil national (CER-N) a exhumé une initia-tive parlementaire scandaleusement radicale de 2016, due au conseiller aux États Thierry Burkart (PLR, AG). Acceptée, cette initiative supprimerait pratiquement toute protection selon le droit du travail en matière de temps de travail et de télétravail. Et cela, à un moment où l’on assiste à l’explosion du nombre des victimes d’épuisement professionnel (« burnout ») à cause du stress et de la confusion entre temps de travail et temps libre.&nbsp;</p><p>Cette initiative vise certes en premier lieu les télétravailleurs et télétravailleuses, mais l’ensemble des salarié-e-s seraient touchés. Le conseiller aux États Thierry Burkart et la CER-N veulent dégrader de manière radicale les conditions de travail en Suisse :</p><ul><li>les travailleurs et travailleuses (manifestement par uniquement dans le télétravail) pourraient de-voir travailler jusqu’à 17 heures par jour ;&nbsp;</li><li>les dispositions légales concernant les pauses et les temps de repos n’auraient plus à être res-pectées ; l’employeur pourrait imposer à la dernière minute du travail de nuit et chambouler ainsi les horaires de travail des salarié-e-s avec des missions décidées au dernier moment ;&nbsp;</li><li>les employeurs pourraient désormais exiger des télétravailleurs et télétravailleuses qu’ils travail-lent le dimanche, sans autorisation ni contrôles de la part des autorités.&nbsp;</li></ul><p>Travail fourni gratuitement et épuisement professionnel en seraient les conséquences. C’est inac-ceptable ! L’Union syndicale suisse (USS) se battra contre une telle loi de la jungle. Au lieu de dé-manteler, il faut mieux protéger les télétravailleurs et télétravailleuses ainsi que tous les autres sala-rié-e-s. Cette protection doit englober la santé et les données personnelles, la question des res-ponsabilités et la reprise des frais de matériel.&nbsp;</p><p>L’USS se félicite du soutien apporté par certaines organisations comme la Société suisse de Mé-decine du Travail (SSMT), affiliée à la FMH, et l’Alliance pour le dimanche, au sein de laquelle les Églises nationales, entre autres, se battent pour un dimanche sans travail. L’USS demande au Par-lement d’enterrer définitivement l’initiative parlementaire Burkart.<br>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Arbeiter-Werkbank-schwitzend_Ist-south-agency.jpg" length="349919" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10109</guid><pubDate>Thu, 01 Feb 2024 17:39:25 +0100</pubDate><title>Protéger les salaires suisses et garantir le service public dans les secteurs du transport et de l&#039;électricité</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/proteger-les-salaires-suisses-et-garantir-le-service-public-dans-les-secteurs-du-transport-et-de-lelectricite</link><description>Mandat de négociation avec l’UE : prise de position de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) s’engage pour une Suisse sociale et ouverte et reconnaît toute l’importance de l’Union européenne pour le développement pacifique et la coopération sur le continent. Elle soutient fondamentalement l’ouverture par rapport à l’UE. La fin de l’indigne statut de saisonnier et l’introduction de la libre circulation des personnes avec des mesures d’accompagnement efficaces ont constitué d’importants pas vers des salaires et des conditions de travail meilleurs, pour lesquels les syndicats se sont battus. L’USS soutient les négociations avec l’UE à propos des Bilatérales&nbsp;III, pour autant que la protection des salaires et le service public soient garantis.</p><p>L'USS est&nbsp;d’avis, s’agissant de la protection des salaires, que les frais, l’interdiction d’offrir des services et la caution nécessitent des garanties allant au-delà des exceptions négociées jusqu’ici dans le document «&nbsp;common understanding&nbsp;». D’abord, il faut obtenir pour ces mesures d’accompagnement la reconnaissance d’exceptions non seulement au principe de la reprise dynamique du nouveau droit européen, mais aussi à la compétence de la Cour de justice de l’Union européenne. Ensuite, des améliorations s’imposent sur sol suisse, au niveau de la déclaration de force obligatoire des conventions collectives de travail (CCT) comme de la réglementation du travail temporaire. Pour ce qui est de l’électricité et du transport ferroviaire international de voyageurs, l’USS demande des accords de coopération à la place d'accords d'accès au marché. Elle s'oppose à&nbsp;une libéralisation du marché de l'électricité et&nbsp;du transport ferroviaire international de voyageurs.</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/2/a/csm_Bundeshaus_Curia-Confoederationis-Helveticae_iStock-RomanBabakin_ebcb62b137.jpg" length="372406" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10078</guid><pubDate>Mon, 18 Dec 2023 11:45:19 +0100</pubDate><title>C’est inacceptable – l’USS exige la reprise immédiate de la médiation</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/cest-inacceptable-luss-exige-la-reprise-immediate-de-la-mediation</link><description>Le conseiller fédéral Parmelin suspend la médiation visant à améliorer la protection contre le licenciement</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La suspension de la médiation visant à améliorer la protection contre le licenciement, annoncée aujourd’hui par le conseiller fédéral Parmelin, est inacceptable. Pendant trois ans, l’Union syndicale suisse (USS) a œuvré avec les partenaires sociaux à une solution visant à remédier à la protection insuffisante contre le licenciement, afin que la Suisse puisse être retirée de la liste noire de l’Organisation internationale du travail de l’ONU (OIT). Aussi l’USS demande-t-elle la reprise immédiate de la médiation.</p><p>Le droit suisse en matière de licenciement ne satisfait pas aux normes du droit international. Les travailleuses et travailleurs qui défendent les droits et les intérêts de leurs collègues ne sont pas protégés contre les licenciements arbitraires. Cette situation a été critiquée à plusieurs reprises par l’OIT. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a même été saisie d’un cas de licenciement abusif de membres de syndicats.</p><p>En 2019, le Conseil fédéral avait donc mis en place une médiation sous la direction du médiateur Franz Steinegger, afin que la Suisse puisse être retirée de la liste noire de l’OIT. Il était initialement prévu que la médiation se termine en bonne et due forme en janvier 2024. Or peu avant, les employeurs se sont retirés de la médiation.</p><p>L’USS déplore que le conseiller fédéral Parmelin en ait profité pour suspendre de manière irréfléchie cette médiation. Les syndicats s’engageront à tous les niveaux, en particulier auprès de la CEDH, et prendront en main si nécessaire l’initiative populaire pour une meilleur protection contre le licenciement en Suisse adoptée au dernier congrès de l’USS.</p><p>L’USS a formulé à maintes reprises des propositions de solutions concrètes dans le cadre du droit du travail, les dernières en date portant sur la réglementation du temps de travail des spécialistes de certains secteurs des services comme l’activité fiduciaire, le conseil fiscal ou les technologies de l’information. Il est d’autant plus inacceptable que les employeurs refusent toute discussion. L’USS demande par conséquent la reprise immédiate de la médiation.<br>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/5/f/csm_frau_alleine_verzweifelt_buerosituation_d0b0426b9a.jpg" length="152767" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10076</guid><pubDate>Fri, 15 Dec 2023 15:03:50 +0100</pubDate><title>La protection des salaires et le service public doivent être garantis : le Conseil fédéral doit revoir son mandat de négociations</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-protection-des-salaires-et-le-service-public-doivent-etre-garantis-le-conseil-federal-doit-revoir-son-mandat-de-negociations</link><description>Position de l’USS sur le mandat de négociations avec l’UE

</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) a soutenu l’ouverture vis-à-vis de l’UE tant qu’elle était favorable aux travailleuses et travailleurs en Suisse. Dans l’optique des négociations à venir sur l’extension des accords bilatéraux, cela signifie concrètement que la protection des salaires et le service public ont besoin de solides garanties.</p><p>L’USS exige concrètement, en matière de protection des salaires, que la prise en compte des frais, l’interdiction d’offrir des services en cas de faute et la caution soient garanties. En outre, des améliorations s’imposent dans le droit suisse, concernant la déclaration de force obligatoire des CCT et la régulation du travail temporaire. Quant au marché de l’électricité et au transport ferroviaire international, l’USS demande des accords de coopération plutôt que d’accès au marché, afin que le service public soit dûment garanti. Dans le dossier de l’électricité, il faut une solution pour la très haute tension – et non l’intégration dans le marché intérieur libéralisé de l’UE. Le Conseil fédéral doit par conséquent revoir son mandat de négociations.</p><p>Lors des discussions exploratoires, l’administration fédérale a fait des concessions majeures qui mettent en péril tant la protection des salaires que le service public (électricité, rail). Par exemple, les mesures actuelles de protection que sont la caution et l’interdiction d’offrir des services seraient affaiblies, voire privées de toute efficacité. En outre, la Suisse devrait reprendre la réglementation européenne sur les frais (principe du pays d’origine), ce qui renforcerait encore les pressions salariales et conduirait à une concurrence déloyale. Par ailleurs, le service public est menacé en matière d’approvisionnement en électricité et de transport ferroviaire international. La concurrence et la libéralisation risquent dès lors de l’emporter sur un approvisionnement de base réglementé et sur la coopération. Le Conseil fédéral a toutefois donné un premier signal positif : il a l’intention d’aller au-delà du document commun (« common understanding ») conclu et de négocier au moins la question des frais pris en compte.</p><p>La protection des salaires en Suisse est depuis longtemps sous pression – indépendamment des négociations avec l’Union européenne. Le travail précaire et l’emploi temporaire ont augmenté. La mise en œuvre laisse à désirer dans les cantons – en Suisse alémanique surtout. La location de services est en plein essor, et la sous-enchère n’est pas suffisamment sanctionnée. Des chaînes de sous-traitance sont utilisées pour contourner les CCT. La protection des salaires en Suisse doit par conséquent être améliorée et non réduite. Or à ce jour, les employeurs ont toujours refusé d’aborder et de résoudre ces problèmes.</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/internat-eu/Europa-Schweiz_Fahnen_ist-OleksiiLiskonih.jpg" length="481011" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10014</guid><pubDate>Wed, 08 Nov 2023 14:47:48 +0100</pubDate><title>Assurer la protection des salaires et le service public </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/assurer-la-protection-des-salaires-et-le-service-public</link><description>Mandat de négociation avec la Commission européenne</description><content:encoded><![CDATA[<p class="Text"><span style="mso-ansi-language:FR;" lang="FR">L’Union syndicale suisse (USS) prend connaissance de la volonté du Conseil fédéral d’élaborer un mandat de négociation avec l’Union européenne (UE), sur la base des discussions exploratoires menées ces derniers mois. L’USS soutient la préparation d’un tel mandat à la condition que la protection des salaires et le service public soient garantis.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;</span></p><p class="Text"><span style="mso-ansi-language:FR;" lang="FR">Au cours des discussions exploratoires, l’Administration fédérale a fait d’importantes concessions qui mettent en danger la protection des salaires et le service public dans les domaines de l’électricité et du rail. Le résultat des discussions exploratoires ne constitue par conséquent pas une base solide pour un résultat à l’issue de négociations. Le Conseil fédéral doit corriger ces erreurs et défendre les intérêts de la population suisse lors des négociations avec l’UE. Il doit, à cette occasion garantir la protection des salaires et le service public. Il est faux de prétendre, comme le fait aujourd’hui le Conseil fédéral dans sa communication, que le service public ne serait pas touché par le périmètre des négociations. Sur une telle base, ces négociations ne peuvent pas être un succès.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;</span></p><p class="Text"><span style="mso-ansi-language:FR;" lang="FR">La protection suisse des salaires – indépendamment de l’accord concerné – est déjà depuis longtemps sous pression. Le nombre des emplois précaires, comme avec le travail temporaire, a augmenté. La mise en œuvre des mesures d’accompagnement – notamment en Suisse alémanique –est insuffisante. Le travail temporaire est encouragé et la sous-enchère trop faiblement sanctionnée. Les longues chaînes de sous-traitance sont une menace pour les conventions collectives de travail. C’est pour cela que la protection des salaires en Suisse doit être améliorée, et non pas mise à mal. À ce jour, les employeurs ont refusé de s’attaquer à ces problèmes, ce qui explique en grande partie leur persistance.&nbsp;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;</span></p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/internat-eu/Europa-Schweiz_Fahnen_ist-OleksiiLiskonih.jpg" length="481011" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10010</guid><pubDate>Mon, 06 Nov 2023 10:47:45 +0100</pubDate><title>Renforcer la protection des salaires et le service public au lieu de prévoir un programme de libéralisation</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/renforcer-la-protection-des-salaires-et-le-service-public-au-lieu-de-prevoir-un-programme-de-liberalisation</link><description>Europe : position de l’USS et de Travail.Suisse</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse et Travail.Suisse sont très inquiets du déroulement des discussions avec la Commission européenne. Après l’ancien projet d’&nbsp;<br>« accord institutionnel », c’est désormais un programme de libéralisation qui émerge. L’administration fédérale, chargée de conduire des discussions exploratoires, a accepté dans les échanges qui ont eu lieu une réduction de la protection des salaires et un affaiblissement du service public : les travailleuses et travailleurs détachés vers la Suisse depuis l'étranger ne recevraient plus le remboursement de leurs frais au niveau prévu en Suisse. Les instruments de sanction que sont la caution et l'interdiction de prestation de service perdraient leur effet. La protection des salaires serait soumise au soupçon permanent de constituer une entrave à l'accès au marché. S'y ajoutent la libéralisation complète du marché de l'électricité ainsi qu'un accès au marché ferroviaire pour des prestataires comme Flixtrain dans le trafic international de voyageurs.</p><p>Le Conseil fédéral doit corriger ces erreurs. Il doit défendre les intérêts de la population dans les négociations avec l'UE, et garantir la protection des salaires et le service public.</p><p>La protection des salaires est sous pression depuis longtemps en Suisse. Les emplois précaires et le travail temporaire ont augmenté. La mise en œuvre dans les cantons est insuffisante, en particulier en Suisse alémanique. Le recours à l’intérim est aujourd’hui encouragé, et la sous-enchère est trop peu poursuivie. Les chaînes de sous-traitance mettent en péril les conventions collectives. Le dispositif suisse de protection doit être amélioré, et non dégradé. Les représentants des employeurs se refusent, eux, à toute discussion constructive en vue de régler ces problèmes.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/aktionen/180905_USS-action-ligne-rouge.jpg" length="679085" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9965</guid><pubDate>Mon, 25 Sep 2023 18:05:34 +0200</pubDate><title>La ratification de la Convention 190 de l’OIT ne doit plus être reportée</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-ratification-de-la-convention-190-de-loit-ne-doit-plus-etre-reportee</link><description>Lutte contre le harcèlement et la violence au travail</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) critique vivement la décision du Conseil des États de reporter la ratification de la convention n° 190 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur la violence et le harcèlement au travail, qui est donc renvoyée au Conseil fédéral pour des clarifications et une nouvelle consultation. Ceci alors que le message du Conseil fédéral était parfaitement clair.</p><p>La Suisse remplit d’ores et déjà les conditions juridiques et les exigences de la convention. La ratification représente un signal important pour la communauté internationale et pour la Suisse en tant que place économique. Elle constitue en outre un engagement clair contre la violence sexiste et sexuelle envers les salarié-e-s et toutes personnes concernées.</p><p>Le harcèlement sexuel touche trop de salarié-e-s sur le marché du travail suisse. Avec souvent des conséquences terribles pour la santé des personnes concernées et pour la suite de leur carrière. Les syndicats revendiquent donc en premier lieu la tolérance zéro à l’égard du harcèlement sexuel et une mise en œuvre efficace des mesures de protection existantes. La ratification de la Convention 190 de l’OIT devrait&nbsp;être une évidence. Elle constitue une étape symbolique importante dans l’amélioration de la protection des travailleurs et travailleuses contre la violence sexiste et sexuelle sur le lieu de travail.</p><p>Le signal ambivalent donné par le Conseil des Etats, alors que le Conseil national a voté en faveur du texte&nbsp;il y a&nbsp;longtemps, ne place pas la Suisse sous un jour favorable sur le plan international. L'USS regrette vivement cette manœuvre dilatoire.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/logos/ilo_logo_beschnitten.png" length="92369" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9954</guid><pubDate>Sat, 16 Sep 2023 16:15:21 +0200</pubDate><title>Augmenter les salaires et les rentes: quand, si ce n’est maintenant ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/manif-pour-le-pouvoir-d-achat-augmenter-les-salaires-et-les-rentes-quand-si-ce-nest-maintenant</link><description>Manifestation nationale</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Près de 20 000 personnes ont participé aujourd’hui à la manifestation pour le pouvoir d’achat à Berne et ont ainsi demandé une hausse des salaires et des rentes de retraites. La vie devient plus chère, les salaires et les rentes perdent de leur valeur. Les revenus réels des travailleuses et travailleurs de Suisse ont baissé en 2023 pour la troisième année d’affilée. Le coût de la vie devient difficile à supporter. S’y ajoutent des augmentations prévues ou déjà annoncées sur les loyers, les primes d’assurance-maladie ou l’électricité. Il faut donc que les revenus progressent aussi.</p><h3 class="heading--h4">Les employeurs doivent faire un pas</h3><p>La manifestation d’aujourd’hui donnait le départ des mobilisation syndicales de l’automne. Une perte réelle de valeur des salaires doit être évitée à tout prix. Le président de l’USS, Pierre-Yves Maillard, a questionné sur la place fédérale&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;Si la compensation du renchérissement ne peut pas être garantie maintenant, quand le sera-t-elle&nbsp;? Le chômage est au plus bas, les profits et dividendes sont au plus haut. Dans une telle situation, les salaires doivent s’adapter au niveau des prix. Il est temps que les salaires augmentent&nbsp;!&nbsp;»</p><h3 class="heading--h4">Hausses réelles</h3><p>Dans les négociations salariales, il faut des augmentations réelles, donc qui aillent au-delà des hausses des primes, des loyers, de l’électricité et de l’ensemble des prix. Les personnes titulaires d’un CFC doivent pouvoir gagner au moins 5000 francs par mois. Les salarié-e-s doivent recevoir leur part des gains de productivité. Il y a suffisamment d’argent pour permettre à tout le monde de vivre de son revenu.</p><h3 class="heading--h4">13<sup>e</sup> rente AVS nécessaire</h3><p>L’inflation et les augmentations des loyers et des primes feront perdre aux retraité-e-s l’équivalent d’une rente mensuelle complète d’ici fin 2024. La 13<sup>e</sup> rente AVS peut compenser cette perte et arrive donc juste au bon moment. Car les rentes LPP, elles, ne sont pas ajustées à l’inflation. Il faut donc augmenter les rentes AVS, ce qui es tune bonne affaire pour 90% des gens qui travaillent.</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Santé</category><category>AVS</category><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/veranstaltungen/230916_kaufkraft_pouvoir-achat/230916_demo-manif_pym-buehne_foto-c-manu-friedrich.jpg" length="104919" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9951</guid><pubDate>Sat, 16 Sep 2023 15:15:00 +0200</pubDate><title>Près de 20 000 personnes affluent Berne pour exiger plus de salaires et de meilleures rentes</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/des-milliers-de-personnes-affluent-berne-pour-exiger-plus-de-salaires-et-de-meilleures-rentes</link><description>Manifestation nationale pour le pouvoir d’achat</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Près de 20 000 personnes se sont rendues à Berne aujourd’hui pour exiger des hausses de salaire et de rente, parce que la vie est toujours plus chère. Venant des quatre coins de la Suisse, les participant-e-s attendent aussi du monde politique qu’il prenne des mesures immédiates pour alléger le fardeau des primes-maladie et qu’il mette en place une protection efficace des locataires contre les abus et les rendements prohibitifs des propriétaires immobiliers. Pour les gens qui travaillent, les fins de mois sont de plus en plus serrées. La grande manifestation d’aujourd’hui envoie un signal clair et net&nbsp;: dans un pays riche comme la Suisse, il y a assez d’argent pour que tout le monde puisse vivre bien. L’appel à manifester émanait d’une large alliance en faveur du pouvoir d’achat, réunissant les syndicats de l’USS, les fédérations de Travail.Suisse, l’ASLOCA, le PS, les Vert-e-s. Cette mobilisation n’est qu’un début&nbsp;: les combats vont se poursuivre, tant dans les négociations salariales par branches que lors des prochaines campagnes de votation sur les primes-maladie et les rentes.</p><p>Soignant-e-s, menuisiers et menuisières, manœuvres, enseignant-e-s, collaboratrices et collaborateurs scientifiques, assistant-e-s sociaux, mécanicien-ne-s de locomotives, employé-e-s de la restauration, maçon-ne-s, employé-e-s de la Poste et de nombreuses autres&nbsp;personnes qui travaillent dur au quotidien sont venues de toutes les régions du pays pour faire entendre leur message&nbsp;: maintenant, les salaires doivent augmenter&nbsp;! La bonne conjoncture économique et les caisses bien garnies des entreprises permettent en effet des hausses substantielles. Pendant des années, ce sont surtout les actionnaires, les cadres et les patrons qui ont profité de rémunérations&nbsp;en hausse, de bonus et de dividendes. Maintenant, il faut que les salarié-e-s ordinaires reçoivent leur part de la bonne conjoncture.</p><h3 class="heading--h4">Des hausses générales de salaire</h3><p>Dans le cadre des négociations salariales en cours, il faudra des augmentations générales de salaire qui aillent au-delà des hausses des primes-maladie, des loyers, de l’électricité et des prix en général. Toute personne qui a fait un apprentissage doit gagner au moins 5000 francs par mois. Les travailleuses et les travailleurs doivent enfin avoir leur part des gains de productivité. Il y a assez d’argent pour que tout le monde puisse boucler les fins de mois avec ses revenus.</p><h3 class="heading--h4">Mettre fin à une politique de revenu qui favorise les gens aisés</h3><p>La charge des primes-maladie est devenue littéralement insupportable. Il faut substantiellement augmenter les réductions de primes (subsides) afin d’alléger ce fardeau pour les bas et moyens revenus, au lieu de baisser les impôts des gens fortunées et à hauts revenus. L’explosion des loyers doit également être stoppée par un plafonnement des marges d’augmentations. Enfin, sur le marché de l’électricité, il les&nbsp;grands groupes ne doivent plus pouvoir engranger des milliards de bénéfices tout en&nbsp;répercutant les risques sur les consommatrices et consommateurs par le biais de hausses de tarifs.</p><p>&nbsp;</p><p><sup>L'alliance « Manifestation pour le pouvoir d’achat&nbsp;»&nbsp;: Syndicats de l’USS, fédérations de Travail.suisse, ASLOCA, le PS, les Vert·e·s</sup></p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Santé</category><category>Prévoyance professionnelle</category><category>AVS</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/7/6/csm_demostart160923_sgb-tf_f50d3619d6.jpg" length="479065" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9932</guid><pubDate>Fri, 08 Sep 2023 08:05:17 +0200</pubDate><title>Les difficultés s’accumulent pour les gens qui travaillent pendant que la situation s’améliore pour les classes supérieures</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-difficultes-saccumulent-pour-les-gens-qui-travaillent-pendant-que-la-situation-sameliore-pour-les-classes-superieures</link><description>Négociations salariales décisives en 2024</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’inflation, le choc des primes des caisses-maladie et l’augmentation des loyers plombent le budget des ménages. La pression que cela fait subir à la population active est sur toutes les lèvres – et il est urgent d’agir. Or alors même que la conjoncture reste favorable, les employeurs se montrent intraitables et ne veulent même pas compenser le renchérissement. Leurs marges à nouveau élevées servent à la place à augmenter encore les très hauts salaires et les bonus, ainsi qu’à verser des dividendes. Le Conseil fédéral et le Parlement font la sourde oreille à toute proposition d’allégement des charges subies par la population active et préfèrent la faire passer à la caisse. Il est bien clair pour l’USS que cela ne peut pas durer. L’heure est à un véritable tournant, avec des hausses des salaires réels et des mesures concrètes contre le coup de massue des hausses de loyer et l’explosion des primes des caisses-maladie. Alors que les négociations salariales ont débuté dans les branches, une vaste mobilisation se prépare pour éviter une quatrième année consécutive de baisse des salaires réels. La grande manifestation du 16&nbsp;septembre à Berne pour le pouvoir d’achat marquera le coup d’envoi.</p><p>Ces dernières années, les salaires ont évolué dans la mauvaise direction. Les ménages ayant des revenus bas ou moyens et pour qui chaque franc compte ont vu leurs salaires réels baisser. Même la compensation normale du renchérissement est refusée à la plupart des travailleuses et travailleurs. Les écarts salariaux continuent, eux, de se creuser&nbsp;: aujourd’hui déjà, on trouve nettement plus de 4000&nbsp;personnes touchant un salaire de plus d’un million. Soit près de trois fois plus qu’il y a 20&nbsp;ans encore.</p><p class="heading--h4">Une politique orientée sur les intérêts des classes supérieures</p><p>Le Conseil fédéral avait promis, lors de l’introduction la loi sur l’assurance-maladie, que personne n’aurait à consacrer plus de 8&nbsp;% de son revenu imposable aux primes. En réalité, beaucoup de gens doivent débourser aujourd’hui près du double. Et la situation va encore empirer avec l’explosion des primes qui s’annonce cette année.</p><p>Les cantons ont les moyens de rendre le fardeau des primes plus supportable pour la population, avec les réductions de primes (subsides). Ils reçoivent à cet effet beaucoup d’argent de la Confédération, soit près de 300&nbsp;francs par habitant. Or les cantons mettent le pied sur le frein et versent même aujourd’hui moins d’argent que la Confédération. Ils préfèrent diminuer les impôts pour les contribuables fortunés et les entreprises. «&nbsp;La politique des revenus doit à présent s’intéresser aux petits et moyens revenus. Il faut augmenter le budget alloué aux réductions de primes au lieu d’accorder de nouvelles baisses d’impôts aux hauts revenus et aux grande fortunes&nbsp;», a expliqué Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS.</p><p class="heading--h4">Risque de déclassement social pour les travailleuses et travailleurs</p><p>«&nbsp;En bref, tous les coûts supplémentaires sont pour les ménages, pendant que les revenus ne s’adaptent pas au renchérissement. Pendant quatre années d’affilée, les salaires réels ont diminué – on pourrait croire qu’on vit une crise économique, mais ce n’est pas le cas. L’argent est là, à ceci près qu’il est réparti de manière toujours plus inégalitaire&nbsp;», a déploré Pierre-Yves Maillard, président de l’USS.</p><p>Vania Alleva, vice-présidente de l’USS, a pris l’exemple du commerce de détail&nbsp;: «&nbsp;les vendeuses affrontent un quotidien difficile avec 4000&nbsp;francs pour vivre, même après avoir accumulé des années d’expérience professionnelle. Le renchérissement n’a pas été entièrement compensé.&nbsp;» Or la branche se porte bien&nbsp;: les hausses de prix ont été répercutées sur les consommatrices et consommateurs. «&nbsp;La productivité s’est fortement accrue, mais les salaires sont restés à la traîne. Les améliorations s’imposent de toute urgence.&nbsp;»</p><p>«&nbsp;L’inquiétude grandit face à l’augmentation des prix et du coût de la vie. Elle est palpable dans toutes les branches, dans toutes les entreprises et à tous les niveaux de revenus&nbsp;», constate Natascha Wey, vice-présidente de l’USS. D’où sa conclusion claire&nbsp;: «&nbsp;il faut prendre au sérieux ces inquiétudes, et les employeurs doivent revoir leur attitude&nbsp;».</p><p class="heading--h4">Des hausses des salaires réels sont nécessaires et possibles</p><p>L’heure est à des augmentations générales de l’ordre de 5&nbsp;% aux négociations salariales actuelles. Toute personne ayant terminé un apprentissage doit gagner au moins 5000&nbsp;francs par mois. La compensation du renchérissement doit redevenir la règle dans les CCT et dans tous les contrats de travail. Il y a suffisamment d’argent pour permettre aux travailleurs et travailleuses puissent boucler leurs fins de mois sans devoir s’inquiéter.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/e/9/csm_IMG20230908101331_bearbeitet-1_980594bae4.jpg" length="311395" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9892</guid><pubDate>Tue, 22 Aug 2023 14:58:42 +0200</pubDate><title>Plus de la moitié des personnes actives en Suisse sont exposées au travail à des risques pour la santé ainsi qu’au stress</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/plus-de-la-moitie-des-personnes-actives-en-suisse-sont-exposees-au-travail-a-des-risques-pour-la-sante-ainsi-quau-stress</link><description>Une étude européenne révèle des problèmes en Suisse</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Une bonne moitié des travailleuses et travailleurs suisses sont exposés à des risques psychosociaux ou autres d’origine professionnelle.&nbsp;C’est ce que montre l’Enquête européenne sur les conditions de travail (EWCS).</p><p>L'étude publiée aujourd'hui montre qu'en matière de&nbsp;stress lié au travail, les chiffres ont quasiment doublé depuis l’étude sur le stress du SECO datant de 2000&nbsp;: à l’époque, la part des personnes se sentant (très) souvent stressées n’était «&nbsp;que&nbsp;» de 27&nbsp;%. La situation avait déjà bien changé en 2010&nbsp;: un tiers de la population active suisse (34&nbsp;%) faisait alors état d’un stress fréquent ou très fréquent.</p><p>Une majorité des employé-e-s suisses ont signalé des contraintes exercées sur leur appareil locomoteur (55&nbsp;%) et un rythme de travail élevé (59&nbsp;%).&nbsp;La nouvelle étude publiée par le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) et la Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail (CFST) constate qu’en Suisse, la protection de la santé au travail est faible. On y voit également que beaucoup de salarié-e-s se plaignent de problèmes de santé tels que maux de dos, douleurs musculaires et maux de tête. L’intensité élevée du travail et les contraintes subies par l’appareil locomoteur sont principalement en cause ici.</p><p>L’EWCS révèle encore qu’en Suisse, beaucoup de personnes doivent faire des heures supplémentaires pour satisfaire aux exigences de leur poste de travail. D’où un stress et un surmenage qui sont préjudiciables à la santé. Toujours selon l’EWCS, la protection de la santé au travail doit être améliorée en Suisse. Enfin, selon les différentes enquêtes consacrées à la prévention des risques et à la protection de la santé au travail, la Suisse affiche des résultats très moyens dans ces domaines.</p><h3 class="heading--h4">L’heure n’est pas à une nouvelle dégradation, mais à l’amélioration du droit en vigueur</h3><p>Au vu des chiffres qui précèdent, il est choquant de voir que le Parlement fédéral va se pencher sur toute une série d’interventions qui démantèleraient encore plus la protection de la santé au travail.</p><p>On peut penser ici aux interventions visant à démanteler dans la loi sur le travail la protection contre les risque psychosociaux (protection contre le stress), comme la motion du conseiller national Dobler qu’examinera la CER du Conseil national le 28&nbsp;août. Ou à celle du conseiller aux États Thierry Burkart, qui utilise le travail à domicile comme prétexte pour introduire le travail de nuit et du dimanche au bureau.</p><p>De telles incitations sont particulièrement perverses en Suisse où l’on travaille déjà très longtemps et où en dépit de gains de productivité substantiels, la durée du travail n’a pas diminué ces dernières années. Cette évolution, combinée à la faible protection de la santé, a entraîné une véritable épidémie de cas d’épuisement professionnel. Jusqu’en 1990, la durée normale du travail diminuait d’une à deux heures par décennie – pour un salaire inchangé. Depuis lors, les travailleuses et travailleurs doivent financer de leur propre poche les aménagements horaires rendus nécessaires par le stress ou par leur état de santé – une activité à temps partiel étant synonyme d’un moindre salaire. C’est particulièrement frappant dans les activités d’encadrement des personnes dépendantes ou encore dans les métiers de l’enseignement.</p><p>Les femmes enceintes sont elles aussi particulièrement mal protégées en Suisse&nbsp;: il leur faut souvent se mettre en congé de maladie, parce que leur employeur ne prévoit aucune mesure de protection pour elles. Plus généralement, les absences pour cause de maladie entraînent une grave perte de revenu pour tous les travailleurs et travailleuses n’ayant pas d’assurance d’indemnités journalières contre la maladie.</p><p>Au vu des chiffres alarmants de l’étude EWCS, l’USS appelle le Parlement à refuser toute détérioration de la loi sur le travail. Au contraire, l’heure est venue de se prononcer sur une meilleure protection face aux risques psychosociaux au travail, de renforcer la protection des travailleuses enceintes et d’introduire une assurance d’indemnités journalières en cas de maladie à la fois obligatoire et universelle.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/c/3/csm_frau-gestresst-kopfschmerz_c-inkje-photocase_bf91282e5f.jpg" length="79396" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9887</guid><pubDate>Wed, 16 Aug 2023 12:49:34 +0200</pubDate><title>L’USS désapprouve le refus de ratifier la convention n° 190 de l’OIT</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/luss-desapprouve-le-refus-de-ratifier-la-convention-n-190-de-loit</link><description>Harcèlement au travail</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) critique le refus par la Commission des affaires juridiques du Conseil des États (CAJ-CE) de ratifier la convention n°&nbsp;190 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur la violence et le harcèlement au travail et, donc, de recommander au Conseil des États d’en faire autant.</p><p>Cette convention est la première convention internationale qui interdise expressément la violence et le harcèlement sur les lieux de travail. La décision de la CAJ est un recul pour les droits des travailleurs et travailleuses. De fait, la violence et le harcèlement dans le cadre du travail sont largement répandus et leurs conséquences sont désastreuses pour la santé et l’aptitude au travail des personnes touchées. Ratifier cette convention n°&nbsp;190 serait faire un pas important dans la lutte contre ces fléaux.</p><p>La décision de la CAJ-CE est en contraste criant avec la position du Conseil national, qui a clairement dit oui à une ratification. Elle est en totalement incompréhensible parce que la Suisse remplit toutes les conditions posées à une telle ratification ainsi que les exigences s’y rapportant. Une non-ratification serait un camouflet pour l’ONU, mais aussi pour tous les travailleurs et travailleuses, surtout pour les femmes victimes de violence et de harcèlement.</p><p>Ce refus de la CAJ-CE est d’autant plus absurde que l’Union patronale suisse aussi s’était prononcée en faveur de la ratification.</p><h3 class="heading--h4">La ratification de la convention serait un symbole important</h3><p>La convention n°&nbsp;190 a déjà été ratifiée par la plupart des plus importants partenaires commerciaux de la Suisse. C’est en effet le cas de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni, et d’autres pays vont le faire sous peu. Tous les États membres de l’Union européenne ont entamé le processus de ratification et le Canada comme l’Australie ont déjà ratifié la convention.</p><p>Un refus de ratifier cette convention entacherait la réputation de la Suisse au plan international&nbsp;: elle serait le premier et unique pays à refuser explicitement une ratification. Pour l’économie et le site industriel ainsi que pour l’image de la Suisse, ce serait là aussi un mauvais signal.</p><p>Une ratification donnerait par contre un signal important à nos partenaires commerciaux, indiquant que notre pays s’engage pour le respect des normes de travail et les respecte aussi. Pour les travailleurs et travailleuses, elle montrerait également que les acteurs suisses les prennent au sérieux et s’engagent pour leurs droits sur les lieux de travail.</p><p>Cet objet figurera en septembre à l’ordre du jour du Conseil des États. L’USS demande à ce dernier qu’il ratifie la convention de l’OIT.</p>]]></content:encoded><category>Égalité</category><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/1/4/csm_Staenderat_Schweiz_WikimediaCommons-Superikonoskop-ccbysa_a0052b1b44.jpg" length="313847" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9873</guid><pubDate>Fri, 07 Jul 2023 07:52:43 +0200</pubDate><title>Inflation, rattrapage, bonne conjoncture : il faut des hausses de salaires de 5 %</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/inflation-rattrapage-bonne-conjoncture-il-faut-des-hausses-de-salaires-de-5</link><description>Conférence de presse de l’Union syndicale suisse sur les salaires</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En 2023, pour la troisième année consécutive, les salaires ont baissé. L’heure est donc venue d’inverser la tendance. Les négociations salariales à venir seront cruciales. Il faut que les salaires augmentent de 5&nbsp;%. C’est absolument nécessaire étant donné que les prix et la productivité ont augmenté, alors que les salaires stagnent depuis trop longtemps. L’économie se porte bien et le chômage reste bas&nbsp;: les salarié-e-s doivent enfin obtenir leur juste part de la bonne conjoncture. Les employeurs se plaignent de la «&nbsp;pénurie de main-d’œuvre qualifiée&nbsp;», mais augmentent avant tout leurs profits et les salaires des cadres supérieurs. Aujourd’hui, les améliorations doivent s’appliquer à tout le monde&nbsp;!</p><p>En 2023, les salaires réels baissent pour la troisième année consécutive. C’est du jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale. Ils sont actuellement inférieurs de près de 3&nbsp;% à ceux de 2020. Pourtant l’économie se porte bien et le chômage est bas. Et les employeurs se plaignent de la «&nbsp;pénurie de main-d’œuvre qualifiée&nbsp;». Jusqu’ici, les salarié-e-s n’ont pratiquement rien vu de la bonne conjoncture.</p><p>Les entreprises en revanche en ont profité. Nombre d’entre elles ont relevé leurs prix et élargi leurs marges en raison des débouchés favorables et des pénuries d’approvisionnement. Certaines grandes entreprises suisses se montrent carrément euphoriques dans leurs derniers rapports trimestriels. Ce n’est que lorsque les négociations salariales approchent que les pronostics se font soudain plus pessimistes. Mais cette fois, plus question que les salarié-e-s se contentent des miettes. Maintenant, il faut des hausses de salaires. Si nécessaire, nous les obtiendrons avec des mesures de lutte. Pendant l’été, les revendications salariales et les négociations seront préparées au sein des branches et le 16 septembre, les syndicats de l’USS lanceront l’automne salarial avec une grande manif à Berne.</p><p>Les salaires accusent aujourd’hui un important retard. Si l’on veut que la répartition entre travail et capital reste la même, les salaires doivent augmenter autant que le renchérissement et la productivité du travail. Sinon, ce sont les employeurs qui gagneront plus, au détriment des salarié-e-s. C’est malheureusement ce qui s’est passé ces dernières années. Depuis 2015, les salaires nominaux ont augmenté d’environ 7,5&nbsp;%, tandis que le renchérissement et la productivité ont progressé – ensemble – de plus de 14&nbsp;%. Le tableau serait à peu près le même si l’on comparait la période de 2010 à 2023. Le retard salarial est de plus de 5&nbsp;%, la plupart du temps indépendamment de la période comparée.</p><p>Pendant ce temps, la situation financière de la population s’est sensiblement dégradée. La hausse des prix des produits de consommation courante ainsi que l’augmentation des loyers et des primes-maladie ont considérablement grevé le pouvoir d’achat. En 2024, les loyers et les primes d’assurance-maladie devraient à nouveau fortement augmenter. À cela vient s’ajouter une hausse de la TVA de 0,4 point de pourcentage. Sans augmentation de salaire, un couple avec deux enfants disposera de 3000 francs de moins l’année prochaine</p><p>Pour Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS, une chose est sûre&nbsp;: «&nbsp;Une augmentation de salaire de 5&nbsp;% est nécessaire, car le besoin de rattrapage des dernières années est considérable. La croissance de la productivité et le contexte économique permettent une telle hausse salariale&nbsp;». Et le président de l’USS Pierre-Yves Maillard de souligner&nbsp;: «&nbsp;Les entreprises augmentent leurs prix. Mais dès qu’on parle des salaires, on nous dit que les caisses sont vides. On ne peut pas continuer comme cela&nbsp;: les salaires doivent maintenant augmenter. Voilà pourquoi les syndicats appellent à une grande manifestation nationale le16 septembre à Berne&nbsp;».</p><p>Véronique Polito, vice-présidente d’Unia, attire l’attention sur un autre aspect important&nbsp;: «&nbsp;Les salaires dans les branches où les femmes sont majoritaires ont connu une évolution inférieure à la moyenne, et les femmes ressentent donc encore plus la baisse des salaires réels des trois dernières années. Il faut que cela change. L’argent est là pour permettre enfin des améliorations&nbsp;: les entreprises se portent très bien et dans beaucoup de branches&nbsp;».</p><p>Christian Fankhauser, vice-président du SEV, met en garde&nbsp;: «&nbsp;Après une compensation partielle du renchérissement en 2022, nous n’accepterons pas une stagnation salariale en automne 2023 dans les entreprises de transport public&nbsp;». Président de syndicom, Matteo Antonini abonde dans le même sens&nbsp;: «&nbsp;Une partie de la branche logistique continue d’avoir des salaires très bas et des conditions de travail précaires. C’est pourquoi syndicom exigera la pleine compensation du renchérissement et s’engagera en outre pour que les salaires évoluent davantage afin de compenser la perte de salaire réel des dernières années&nbsp;». Pour Natascha Wey, secrétaire générale du SSP, la solution est évidente&nbsp;: «&nbsp;Les cantons aussi ont de l’argent&nbsp;: ils font des excédents mirobolants depuis des années. Toutes ces personnes qui font rouler les trains et les bus, forment les gens, s’occupent des enfants et soignent les personnes âgées méritent de voir enfin leurs revenus progresser&nbsp;».</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/mk-cp/230707/web-P1010742_bearbeitet-1.jpg" length="1597204" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9844</guid><pubDate>Tue, 04 Jul 2023 10:00:00 +0200</pubDate><title>Avantages et risques de l’accord sur la libre circulation des personnes</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/avantages-et-risques-de-laccord-sur-la-libre-circulation-des-personnes-rapport-observatoire</link><description>Commentaire et analyse de l&#039;USS sur le rapport de l’Observatoire de 2023</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Dans son commentaire du rapport de l'Observatoire 2023 sur la libre circulation des personnes (<a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/communiques/230704__Commentaire_LampartDaniel_Rapport_Observatoire.pdf" target="_blank" class="link--icon--external" rel="noreferrer">voir le document complet</a>), l'Union syndicale suisse fournit des arguments fondés ainsi que des données factuelles. Elle montre les chances mais aussi les risques que comporte l'accord sur la libre circulation des personnes.</p><h3 class="heading--h4">Conclusions de l'USS</h3><p>La libre circulation des personnes assortie des mesures d’accompagnement a globalement amélioré la situation des travailleuses et travailleurs. La « qualité » de l’immigration a progressé. Il n’y a par contre guère de corrélation entre le nombre de personnes immigrant en Suisse et la libre circulation des personnes. Ce sont la situation économique et l’internationalisation de l’économie et de la société qui jouent ici un rôle moteur.</p><p>L’accord sur la libre circulation des personnes a hélas aussi facilité deux formes d’activité potentiellement précaires – le travail temporaire et le détachement de main-d’oeuvre. Le système suisse de protection suisse des salaires a certes permis à ce jour de combattre les plus graves abus. Mais il reste lacunaire : le personnel temporaire s’expose à avoir de moins bonnes conditions de travail que la main-d’oeuvre fixe, ce qui confère au travail temporaire un avantage injustifié sur le marché. En outre, la protection des salaires est incomplète. De nombreuses branches d’activité ou professions, comme le commerce de détail ou le secteur de la santé et du social (crèchesgarderies, EMS, etc.) ne bénéficient pas à ce jour de conventions collectives de travail prévoyant des salaires minimums.</p><p>L’USS se bat afin que les accords bilatéraux et la libre circulation des personnes profitent aux travailleuses et travailleurs au lieu de leur nuire. Elle s’engage pour une protection efficace des salaires et refuse clairement toute dégradation en la matière. Il est par conséquent nécessaire d’améliorer les conditions d’engagement de la main-d’oeuvre temporaire ainsi que la protection offerte par les conventions collectives de travail.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/kampagnen/jobs-und-loehne/Lohnkontrolle_Unia-sw.jpg" length="118491" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9830</guid><pubDate>Wed, 21 Jun 2023 17:21:21 +0200</pubDate><title>Mandat de négociation avec l’UE : La protection des salaires et le service public doivent être garantis</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/mandat-de-negociation-avec-lue-la-protection-des-salaires-et-le-service-public-doivent-etre-garantis</link><description>La position de l’USS sur les paramètres du mandat de négociation avec l’Union Européenne</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) soutient l’ouverture de la Suisse à l’Union européenne (UE) pour autant qu’elle serve et ne nuise pas aux salarié-e-s. Elle s’engage pour une Suisse offensive dans une Europe sociale. Les discussions sur l’accord-cadre n’ont à ce jour pas rempli ces exigences. Et l’évolution des discussions exploratoires s’est révélée inquiétante. La protection des salaires et le service ne sont en effet pas garantis. L’USS est fâchée de voir que le Conseil fédéral ne nomme pas publiquement ces problèmes non résolus.</p><p>Ayant les salaires les plus élevés d’Europe, la Suisse a besoin de les protéger le mieux possible. Très important pour la population, le service public doit être préservé et développé. Pour l’USS, une chose est claire&nbsp;: les entretiens avec l’UE ne peuvent déboucher sur un succès que sur cette base. Par conséquent, le mandat de négociation du Conseil fédéral doit contenir les éléments suivants&nbsp;:</p><ul><li>La <strong>protection autonome des salaires</strong> doit être assurée. Il faut des garanties contraignantes pour que les CCT puissent continuer à être appliquées de façon paritaire. Et la Suisse doit pouvoir continuer à utiliser des instruments tels que le blocage des prestations de services, les interruptions de travail et la caution pour lutter efficacement contre la sous-enchère.</li><li>L’USS rejette la reprise de la réglementation européenne sur les <strong>frais professionnels</strong>, selon laquelle les employé-e-s de l’UE en Suisse ne reçoivent plus le dédommagement des frais suisses.</li><li>En matière de protection des salaires, la Suisse doit <strong>renforcer la prévention</strong>&nbsp;: les mandats doivent être attribués aux entreprises qui versent des salaires corrects. Pour ce faire, les mandants devront utiliser les informations numériques issues des contrôles des salaires. De plus, la Suisse devrait introduire une responsabilité civile du maître d’ouvrage. Si la prévention est renforcée et qu’en même temps, la procédure d’annonce auprès de la Confédération est améliorée au niveau numérique, la Suisse pourrait également réduire progressivement le délai d’annonce préalable de 8 jours sans que la protection des salaires s’en trouve détériorée.</li><li>Il faut stopper l’érosion rampante de la protection des salaires. Les conditions pour l’<strong>extension des CCT</strong> doivent être adaptées à la réalité actuelle&nbsp;: le quorum des employeurs doit notamment être modifié. Les travailleurs et travailleuses temporaires doivent être engagés aux mêmes salaires que les employé-e-s fixes. La Suisse pourrait reprendre ici les directives de l’UE sur les salaires minimaux et le travail intérimaire.</li><li>L’USS soutient l’importante coopération de la Suisse avec l’UE dans le domaine de la haute tension électrique. Mais elle s’oppose à une ouverture totale du <strong>marché de l’électricité</strong>.</li><li>Les <strong>transports publics</strong> en Suisse ne doivent pas être affaiblis. L’USS s’oppose à une ouverture du marché dans ce domaine. Il en va de même pour le mécanisme d’examen des aides d’État qui affaiblirait les transports publics.</li><li>Les améliorations qui résulteraient de l’adoption de la <strong>directive européenne sur la citoyenneté</strong> constitueraient un progrès. Les ressortissant-e-s de l’UE bénéficieraient d’une meilleure protection sociale et de droits accrus en cas de difficultés économiques.</li><li>La conclusion d’un accord dans le domaine de la <strong>santé publique et de la gestion des crises</strong> serait positive pour la Suisse. En revanche, une réduction des subventions publiques dans le domaine de la santé, potentiellement imposée dans ce cadre par le droit des aides d’État, n’est pas négociable. Ces aides sont déjà trop faibles aujourd’hui.</li><li>L’USS soutient les <strong>contributions de cohésion</strong> versées à l’UE. Ces contributions pourraient aussi être augmentées. Elles représentent un instrument de solidarité important pour réduire les différences de revenu en Europe. La remise en route rapide des projets de coopération suspendus entre la Suisse et l’UE serait également une bonne nouvelle. La Suisse et l’UE ont un intérêt commun considérable à coopérer étroitement dans la recherche, la culture et la formation</li></ul>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/internat-eu/Europa-Schweiz_Fahnen_ist-OleksiiLiskonih.jpg" length="481011" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9810</guid><pubDate>Wed, 07 Jun 2023 16:03:00 +0200</pubDate><title>Des salaires plus élevés grâce aux comparaisons</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-salaires-plus-eleves-grace-aux-comparaisons</link><description>Le « nouveau » calculateur de salaire de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Transparence des salaires dans 71 branches, avec 2&nbsp;millions de données provenant de 35&nbsp;000&nbsp;entreprises&nbsp;: grâce au calculateur de salaire www.salaire-uss.ch de l’Union syndicale suisse (USS), tout-e salarié-e peut calculer le salaire qui lui revient. Cela crée de la transparence et constitue un outil pour les négociations salariales. La plate-forme salariale de l’USS a été actualisée avec les données les plus récentes. Elle permet en outre de tenir désormais compte de la croissance des salaires à laquelle s’attendre depuis 2020. Le calculateur de salaire de l’USS à but non lucratif fournit ainsi des données actuelles et précises sur les salaires. Après trois années de baisse des salaires réels en raison de la hausse des prix et de hausses des salaires insuffisantes, et étant donné la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, les chances de fortes augmentations des salaires ont été rarement aussi bonnes que cette année.</p><p class="heading--h4">Protection contre les pressions sur les salaires</p><p>En Suisse, le salaire médian (une moitié gagne plus, l’autre moins) touché par les personnes exerçant une activité professionnelle se monte à 6&nbsp;665&nbsp;francs. Pour protéger les salaires les plus élevés d’Europe de la sous-enchère salariale, il faut, en plus de contrôles efficaces, absolument savoir quels sont les salaires usuels dans la localité et la branche. C’est pour cela qu’à l’origine, le calculateur de salaire a été développé en tant qu’instrument servant à l’application des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes. Selon la loi, les commissions tripartites cantonales sont tenues d’intervenir si, «&nbsp;au sein d’une branche économique ou d’une profession, les salaires usuels dans la localité, la branche ou la profession font l’objet d’une sous-enchère abusive et répétée&nbsp;» (art. 360a CO). Le calculateur de salaire permet, sur la base de données salariales fiables et à l’aide d’une méthode statistique reconnue, de calculer pour des profils individuels les salaires usuels dans la localité et la branche.</p><p class="heading--h4">De fortes hausses de salaire sont nécessaires</p><p>À cause de l’évolution des prix et de l’absence de compensation du renchérissement pour les salaires, pour la première fois depuis la Deuxième Guerre mondiale, les salaires réels ont baissé pendant trois années consécutives. Ils se trouvent ainsi, justement dans les branches à bas salaires, à nouveau au même niveau qu’il y a dix ans. La bonne situation des affaires que connaissent les entreprises et le faible chômage actuel mettent les salarié-e-s et les syndicats dans une position de négociation forte. Les chances d’obtenir d’importantes hausses des salaires ont rarement été aussi bonnes que cette année.</p><p class="heading--h4">Une méthode éprouvée avec des données actualisées</p><p>Désormais, le calculateur de salaire dispose des données de la toute dernière Enquête suisse sur la structure des salaires de l’Office fédéral de la statistique pour l’année 2020. Le calculateur de salaire permet de calculer les salaires usuels dans en tout 71 branches. Une liste révisée des professions et des meilleures propositions concernant les branches en fonction de la profession choisie facilitent le calcul du salaire demandé.</p><p>Bien que dans une mesure moins importante que le renchérissement, les salaires ont finalement augmenté dans la plupart des branches. Le calculateur de salaire permet par conséquent de tenir désormais compte, concernant les salaires usuels, de la croissance salariale à laquelle s’attendre pour les années 2020 à 2023. Grâce à cela, les salarié-e-s peuvent obtenir une image actualisée de la situation des salaires sur le marché du travail.</p><p>Le calculateur de salaire se base sur les données représentatives de l’Enquête suisse sur la structure des salaires, qui porte sur environ 2 millions de salaires versés dans 35&nbsp;000&nbsp;entreprises. Ces données sont exploitées selon une procédure statistique éprouvée, afin de pouvoir calculer les salaires usuels dans la localité et la branche pour chaque profil professionnel.</p><p>Avec le calculateur, les salarié-e-s peuvent contrôler si leur salaire est raisonnable. Il les aide aussi à formuler des attentes lorsqu’ils négocient leur salaire. Un autre avantage qu’il présente est d’informer individuellement ses utilisateurs et utilisatrices des conventions collectives de travail qui les concernent ainsi que des salaires minimaux en vigueur.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/lohnrechner/Sharepix_wide-m_Lohnrechner_FR.jpg" length="103636" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9804</guid><pubDate>Tue, 06 Jun 2023 16:07:34 +0200</pubDate><title>La protection des salaires doit être renforcée</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-protection-des-salaires-doit-etre-renforcee</link><description>Rapport du SECO sur les mesures d’accompagnement : réaction de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le rapport annuel sur la mise en œuvre des mesures d’accompagnement publié aujourd’hui montre clairement l’importance cruciale que revêt une bonne protection des salaires pour les travailleurs et travailleuses. En effet, partout où les salaires sont contrôlés, des infractions sont découvertes et des salaires sont versés a posteriori aux personnes lésées. Une fois de plus, le rapport révèle qu’on ne fait toujours pas assez pour lutter contre la sous-enchère salariale dans les secteurs sans salaires minimaux fixés par des conventions collectives de travail (CCT).</p><p>L’année dernière, les contrôleurs et contrôleuses ont vérifié près de 165&nbsp;000 salaires dans des entreprises suisses ainsi que dans des entreprises étrangères détachant des salarié-e-s. Ces contrôles ont permis de débusquer des salaires trop bas ou des faux indépendant-e-s dans près d’une entreprise sur cinq. Dans les branches avec des salaires minimaux fixés dans les CCT, le taux d’infraction est un peu plus élevé (26&nbsp;%), car les salaires minimaux permettent justement d’identifier clairement des faits de sous-enchère. Dans les branches sans CCT ou contrat-type de travail (CTT), les cantons appliquent parfois des seuils trop bas pour les salaires usuels dans la localité et la branche. Une partie des entreprises passe ainsi les contrôles même avec des salaires qui relèvent clairement de la sous-enchère.</p><p>Dans les branches où des salaires minimaux obligatoires sont fixés par des CCT ou des CTT, les employeurs qui versent des salaires trop bas sont sanctionnés. En l’absence de CCT ou de CTT, les cantons demandent aux entreprises d’adapter les salaires aux salaires usuels dans la région et dans la branche («&nbsp;procédure de conciliation&nbsp;»). Bonne nouvelle&nbsp;: dans près de 9 cas sur 10, une procédure de conciliation aboutit à une adaptation des salaires de la part des entreprises étrangères détachant des salarié-e-s. En revanche, le comportement des employeurs suisses fautifs n’est pas tolérable : ils n’adaptent leurs salaires que dans 6 cas sur 10.</p><p>Malgré la présence régulière de sous-enchère salariale et de nombreux employeurs suisses qui, même après une conciliation, ne respectent pas les salaires usuels dans la région et la branche, la Confédération et les cantons n’édictent pratiquement jamais de salaires minimaux, bien que la loi le prévoie. Les cantons de Genève et du Tessin montrent qu’il pourrait en être autrement. Non seulement ils contrôlent plus strictement, mais ils ont aussi édicté à plusieurs reprises des salaires minimaux au cours des dernières années.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/kampagnen/jobs-und-loehne/Lohnkontrolle_Unia-sw.jpg" length="118491" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9796</guid><pubDate>Fri, 02 Jun 2023 10:36:44 +0200</pubDate><title>Menace sur la protection des salaires : l’ouverture doit profiter aux salarié-e-s</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/menace-sur-la-protection-des-salaires-louverture-doit-profiter-aux-salarie-e-s</link><description>L’Assemblée des délégué-e-s se prononce sur l’état des négociations entre la Suisse et l’UE</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La protection des salaires est la condition pour qu’une ouverture face à l’Union européenne (UE) serve aux travailleuses et travailleurs. Lors d’entretiens avec le Conseil fédéral, les employeurs et l’Administration fédérale, l’USS s’est donc engagée pour trouver des solutions aux problèmes relatifs à la protection des salaires. Après des mois de discussions, force est de constater qu’aucun engagement ferme ne se trouve actuellement sur la table, mis à part des détériorations par rapport à la situation actuelle. Ni les employeurs, ni la Commission européenne n’ont ouvert la porte à des solutions qui garantiraient les salaires des travailleuses et travailleurs. Au contraire : les conditions de travail suisses et le service public sont menacés. C’est pourquoi les délégué-e-s de l’USS ont détaillé et présenté dans une résolution ce qui doit être la base pour des discussions fructueuses avec l’UE et les partenaires sociaux. Une garantie contraignante de la protection autonome des salaires en fait partie. Les mesures d’accompagnement doivent être améliorées et non affaiblies. L’USS rejette la reprise de la réglementation européenne sur le remboursement des frais professionnels, car cette seule mesure peut représenter pour les salarié-e-s 1000 francs par mois de revenu en moins. Les délégué-e-s de l'USS s’opposent également à l’ouverture totale du marché de l’électricité et à une libéralisation dans les transports publics. La Confédération européenne des syndicats (CES) continue de soutenir l’USS dans son combat pour des mesures d’accompagnement fortes, afin que l’ouverture économique profite aussi aux travailleuses et travailleurs – pour une Suisse sociale et une Europe sociale.</p><p class="heading--h4">Voici la résolution telle qu’adoptée par l’Assemblée des délégué-e-s de l’USS :</p><p>L’USS s’engage pour une Suisse sociale et ouverte et reconnaît toute l’importance de l’Union européenne (UE) pour le développement pacifique et la coopération en Europe. Elle soutient fondamentalement l’ouverture par rapport à l’UE.</p><p>La fin de l’indigne statut de saisonnier et l’introduction de la libre circulation des personnes avec des mesures d’accompagnement efficaces ont constitué d’importants pas vers des salaires et des conditions de travail meilleurs, pour lesquels les syndicats se sont battus. L’accord-cadre de 2018 aurait au contraire dégradé la protection des salaires et le service public. C’est pourquoi l’USS s’est prononcé contre lui. Par la suite, le Conseil fédéral a décidé de redémarrer à zéro sur ce dossier et d’engager des discussions exploratoires avec l’UE. Il veut adopter à la fin juin les grandes lignes d’un mandat de négociation.</p><p>La manière dont ces discussions exploratoires ont évolué jusqu’ici est inquiétante. La protection des salaires et le service public ne sont pas garantis. C’est d’autant plus dangereux qu’il y a en Suisse des forces qui mésusent des discussions avec l’UE pour faire passer leurs programmes de libéralisations. Et parce que les représentant-e-s de la Commission européenne posent des exigences préjudiciables aux salarié-e-s détenteurs d’un passeport de l’UE ou suisse. La Confédération européenne des syndicats (CES) les a aussi vivement critiqués à ce sujet et se tient fermement aux côtés de l’USS.</p><p>En ce qui concerne la protection des salaires, tant l’application paritaire des CCT que des instruments importants comme le blocage des prestations de services et la caution ne sont pas préservés de manière contraignante dans les discussions avec l’UE. La Commission européenne exige même que les entreprises de l’UE n’aient pas à verser à leurs employé-e-s travaillant en Suisse des dédommagements pour frais professionnels correspondant aux coûts suisses, mais uniquement ce qui est prévu dans leur pays d’origine. Cette seule mesure peut représenter pour les salarié-e-s 1000 francs par mois de revenu en moins. Cette attitude hostile aux salarié-e-s de la part des représentant-e-s de la Commission européenne responsables du dossier suisse est d’autant moins compréhensible que des centaines de milliers de citoyen-ne-s de l’UE ne pourraient plus profiter de la protection suisse des salaires.</p><p>Lors d’entretiens avec le Conseil fédéral, les employeurs et l’Administration fédérale, l’USS s’est engagée pour que les problèmes relatifs à la protection des salaires trouvent une solution. Contrairement à ce que les médias suggèrent depuis des mois, aucun engagement ferme ne se trouve actuellement sur la table, mis à part des détériorations de la situation actuelle. Les employeurs suisses, qui s’engagent activement pour un accord-cadre, ne s’opposent pas à une dégradation de la protection des salaires et ne tendent pour l’heure pas la main pour des améliorations qui préserveraient les salaires des travailleurs et travailleuses.</p><p>La protection des salaires est devenue plus difficile ces dernières années avec la prolifération de la sous-traitance et du travail temporaire. La base des CCT suisses s’érode peu à peu. Les personnes travaillant de manière temporaire ont toujours moins de droits que les employé-e-s fixes.</p><p>En ce qui concerne le service public, le débat fait fausse route. On court le risque d’une ouverture complète du marché de l’électricité, alors que la libéralisation de ce marché dans l’UE a entraîné une puissante poussée des prix ces dernières années.</p><p>Dans le trafic ferroviaire aussi, on risque une ouverture du marché mal comprise, ainsi qu’une sous-enchère des salaires, mais aussi des prix. L’Office fédéral des transports (OFT) veut profiter des négociations avec l’UE pour réaliser son rêve d’introduire les « Flixtrains » en Suisse. L’OFT remet ainsi en question le système suisse de coopération qui a fait ses preuves et que nos voisins nous envient.</p><p>L’USS est par contre a priori favorable à une reprise de la directive sur la citoyenneté. Il s’agit d’une amélioration du statut juridique des salarié-e-s dans l’espace européen.</p><p>Sous la pression des syndicats et des forces sociales des pays, l’UE a décidé d’améliorer la protection des salaires et des travailleurs et travailleuses à travers la directive sur les salaires minimaux et la directive sur le travail intérimaire. En collaboration avec la CES, l’USS s'engage pour qu’un accord social entre l’UE et la Suisse puisse également voir le jour. La Suisse a les salaires les plus élevés d’Europe et a donc besoin de la meilleure protection. Le service public, très important pour la population, doit être maintenu et développé.</p><p>Pour l’USS, il est clair que les discussions avec l’UE ne peuvent aboutir que sur cette base. Un mandat de négociation du Conseil fédéral doit donc contenir les éléments suivants :</p><ul><li>La protection autonome des salaires doit être assurée. Il faut des garanties contraignantes pour que les CCT puissent continuer à être appliquées de façon paritaire. Et la Suisse doit pouvoir continuer à utiliser des instruments tels que le blocage des prestations de services, les interruptions de travail et la caution pour lutter efficacement contre la sous-enchère.</li><li>L’USS rejette la reprise de la réglementation européenne sur les frais professionnels, selon laquelle les employé-e-s de l’UE en Suisse ne reçoivent plus le dédommagement des frais suisses.</li><li>En matière de protection des salaires, la Suisse doit renforcer la prévention : les mandats et travaux devraient être attribués aux entreprises qui versent des salaires corrects. Pour ce faire, les mandants devront utiliser les informations numériques issues des contrôles des salaires. De plus, la Suisse devrait introduire une responsabilité civile du maître d’ouvrage. Si la prévention est renforcée et qu’en même temps, la procédure d’annonce auprès de la Confédération est améliorée au niveau numérique, la Suisse pourrait également réduire progressivement le délai d’annonce préalable de 8 jours sans que la protection des salaires s’en trouve détériorée.</li><li>Il faut stopper l’érosion rampante de la protection des salaires. Les conditions pour l’extension des CCT doivent être adaptées à la réalité actuelle : le quorum des employeurs doit notamment être modifié. Les travailleurs et travailleuses temporaires doivent être engagés aux mêmes salaires que les employé-e-s fixes. La Suisse pourrait reprendre ici les directives de l’UE sur les salaires minimaux et le travail intérimaire.</li><li>L’USS soutient l’importante coopération de la Suisse avec l’UE dans le domaine de la haute tension électrique. Mais elle s’oppose à une ouverture totale du marché de l’électricité.</li><li>Les transports publics en Suisse ne doivent pas être affaiblis. L’USS s’oppose à une ouverture du marché dans ce domaine. Il en va de même pour le mécanisme d’examen des aides d’État qui affaiblirait les transports publics.</li><li>Les améliorations qui résulteraient de l’adoption de la directive européenne sur la citoyenneté constitueraient un progrès. Les ressortissant-e-s de l’UE bénéficieraient d’une meilleure protection sociale et de droits accrus en cas de difficultés économiques.</li><li>La conclusion d’un accord dans le domaine de la santé publique et de la gestion des crises serait positive pour la Suisse. En revanche, une réduction des subventions publiques dans le domaine de la santé, potentiellement imposée dans ce cadre par le droit des aides d’État, n’est pas négociable. Ces aides sont déjà trop faibles aujourd’hui.</li><li>L’USS soutient les contributions de cohésion versées à l’UE. Ces contributions pourraient aussi être augmentées. Elles représentent un instrument de solidarité important pour réduire les différences de revenu en Europe. La remise en route rapide des projets de coopération suspendus entre la Suisse et l’UE serait également une bonne nouvelle. La Suisse et l’UE ont un intérêt commun considérable à coopérer étroitement dans la recherche, la culture et la formation</li></ul>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/1/1/csm_180905_USS-action-ligne-rouge_ed61a69f92.jpg" length="239472" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9821</guid><pubDate>Wed, 31 May 2023 15:25:00 +0200</pubDate><title>Dossier no 156 : De meilleurs salaires pour les femmes. Maintenant !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/dossier-no-156-de-meilleurs-salaires-pour-les-femmes-maintenant</link><description>Une analyse des salaires des travailleuses et des travailleurs en Suisse. Première partie

</description><content:encoded><![CDATA[<p>Tant que les femmes auront de bas salaires qui ne leur permettent pas de vivre, ou à peine, elles ne connaîtront pas non plus de réelle égalité en termes de droit et de place dans la société. Car sans un bon salaire, il n’est pas non plus possible de mener une vie autonome. En plus de procurer un moins bon salaire, le fait de travailler dans un métier historiquement exercé en majorité par des femmes réduit aussi sensiblement les perspectives d’une évolution salariale favorable. C’est ce que nous démontrons dans le présent dossier. Il constitue la première partie d’une analyse en deux temps portant sur les salaires des gens qui travaillent en Suisse.</p><p>Bien que la position sociale des femmes se soit améliorée dans notre pays, les salaires restent un problème tenace. Le travail des femmes est toujours sous-évalué dans notre société. Aujourd’hui encore, ce qui était autrefois la norme sociale est malheureusement encore bien présent, à savoir que le travail rémunéré des femmes n’est pas destiné à leur assurer une existence économique propre. Autrefois, les salaires des femmes étaient souvent considérés comme simple appoint au revenu familial. Aujourd’hui, c’est complètement différent. Les salaires doivent assurer une existence autonome pour les femmes, aussi lorsqu’elles seront à la retraite.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/7/7/csm_170614_sabine_reber_sgb_frauen_aktion_lohnkontrolle_loehne_unter_die_lupe_9872cafd67.jpg" length="423865" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9736</guid><pubDate>Mon, 24 Apr 2023 16:32:57 +0200</pubDate><title>Augmenter les salaires plutôt qu’assouplir encore les horaires de travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/augmenter-les-salaires-plutot-quassouplir-encore-les-horaires-de-travail</link><description>L’USS réagit à la conférence de presse de l’Union patronale sur la « pénurie de main d’œuvre »

</description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis quelque temps, les employeurs doivent se donner de la peine pour recruter du personnel. C’est une bonne chose. Ils appellent cela une «&nbsp;pénurie de main-d’œuvre qualifiée&nbsp;». La réponse la plus logique à apporter à cette «&nbsp;pénurie&nbsp;» serait d’améliorer les conditions et l’environnement de travail.</p><p>Mais les employeurs préfèrent appliquer des recettes dépassées, c’est-à-dire allonger les horaires de travail, augmenter les heures supplémentaires, réduire la protection des travailleurs – le tout sans qu’il y ait eu d’augmentation des salaires réels ces dernières années. Avec pour conséquences plus de stress et de burnouts, entre autres&nbsp;: pas très favorable pour l’attractivité des emplois.</p><p>Plus de 200&nbsp;000 sans emploi sont à la recherche d’un travail, mais n’en trouvent pas. De nombreux salarié-e-s se plaignent de procédures qui tournent en rond ou de stress inutile sur leur lieu de travail. Parallèlement, le nombre de cadres a presque doublé au cours des 20 dernières années.</p><p>Les gens qui peuvent se le permettre travaillent à temps partiel pour avoir du temps à consacrer à leur famille ou pour suivre une formation ou un perfectionnement qu’ils paient de leur poche. La proportion plus élevée de temps partiel est également la conséquence de l’augmentation de la participation des femmes au marché du travail – ce qui est une bonne nouvelle. Pour les femmes, mais aussi les hommes qui assument à parts égales la prise en charge des enfants, seul un emploi à temps partiel permet en général concilier travail et famille.</p><p>La politique de l’emploi en Suisse doit être progressiste. Cela signifie qu’elle n’a un avenir que si travail et famille sont compatibles, si le travail ne rend pas malade et si tout le monde peut bien vivre de son emploi.</p><p>L’USS partage l’avis des employeurs lorsqu’ils estiment que les pouvoirs publics doivent assumer une plus grande responsabilité dans le domaine des crèches. Mais cela ne suffit pas&nbsp;: il faut des horaires de travail et des salaires adaptés à notre époque. Des hausses de salaires doivent enfin intervenir. Un apprentissage doit assurer de gagner au moins 5000 francs par mois. Enfin, les employeurs doivent améliorer l’organisation du travail dans leurs entreprises.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gleichstellung/Mann-liest-Kind-vanda_lay.jpg" length="656606" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9734</guid><pubDate>Mon, 24 Apr 2023 15:05:07 +0200</pubDate><title>Des hausses de salaire nettement insuffisantes – l’écart salarial se creuse encore pour les femmes</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-hausses-de-salaire-nettement-insuffisantes-lecart-salarial-se-creuse-encore-pour-les-femmes</link><description>Indice des salaires 2022 de l&#039;Office fédéral de la statistique

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le constat est inquiétant&nbsp;: en termes de salaires et de pouvoir d’achat, la situation des salarié-e-s en Suisse se dégrade. Beaucoup d’employeurs refusent même de compenser le renchérissement, alors que ce sont eux qui augmentent les prix, et qu’en plus, ils font des bénéfices.</p><p>L’indice suisse des salaires publié aujourd’hui par l’Office fédéral de la statistique confirme malheureusement ce tableau. Pour 2022, les salaires nominaux ont augmenté d’un modeste 0,9&nbsp;%, ce qui, avec un renchérissement de 2,8&nbsp;%, correspond à une baisse réelle de 1,9&nbsp;%. En comparaison sectorielle, ce sont précisément les branches dans lesquelles les salaires sont plutôt bas qui s’en sortent moins bien, comme l’hôtellerie-restauration, les services postaux, de messagerie et de livraison express, le commerce de détail ou la construction.</p><p>Du côté de l’inégalité salariale entre hommes et femmes, la tendance va également totalement dans la mauvaise direction&nbsp;: ainsi, les salaires des femmes ont moins augmenté (0,8&nbsp;%) que ceux des hommes (1,1&nbsp;%). Pourtant les femmes touchent toujours en moyenne 1500 francs de moins par mois (temps plein).</p><p>Les salaires doivent impérativement augmenter. Un premier pas dans cette direction a pu être obtenu avec la négociation d’augmentations salariales de près de 2,5&nbsp;% pour l’année 2023. Mais une politique salariale un tant soit peu équitable présuppose la compensation du renchérissement plus une participation aux gains de productivité. Le besoin de rattrapage en matière de salaires est donc important.</p><p>Et il est particulièrement élevé chez les femmes, qui ont souvent des emplois impliquant de grandes responsabilités pour des salaires dérisoires. Le 14 juin, dans le cadre de la <a href="https://www.14juin.ch?src=uss" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">grève féministe</a>, les femmes montreront clairement qu’il faut que les choses bougent sérieusement en Suisse.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/steuern-zahlen/Paar-Rechnungen-besorgt_iSt-Geber86.jpg" length="400495" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9684</guid><pubDate>Fri, 31 Mar 2023 14:19:33 +0200</pubDate><title>Conseils et indemnisations pour les victimes de l’amiante et leurs proches</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/conseils-et-indemnisations-pour-les-victimes-de-lamiante-et-leurs-proches</link><description>Fondation Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (EFA)</description><content:encoded><![CDATA[<p>Chaque année en Suisse, près de 200 personnes reçoivent un diagnostic de mésothéliome (tumeur maligne de la plèvre ou du péritoine). La grande majorité de ces tumeurs sont dues au contact avec l’amiante. Les fibres de cette dernière sont mille fois plus fines qu’un cheveu. Si elles atteignent les alvéoles pulmonaires les plus externes et la plèvre ou le péritoine voisins, elles peuvent – même après plusieurs dizaines d’années – être à l’origine d’une tumeur maligne, souvent mortelle. Les personnes les plus menacées sont celles qui ont travaillé sans mesures de protection avec des matériaux contenant de l’amiante. Mais le voisinage de ces entreprises ou chantiers ainsi que des enfants qui auraient joué dans la cour avec de tels matériaux sont également concernés, de même que les membres de leur famille qui ont par exemple lavé des vêtements contaminés par des fibres d’amiante. Beaucoup ignorent même à quel moment ou à quel endroit ils ont été en contact avec de l’amiante, jusqu’à ce que tombe le diagnsotic&nbsp;: mésothéliome.</p><p>Le diagnostic pousse nombre de personnes concernées et de proches à leurs limites. L’espérance de vie moyenne en cas de maladie due à un mésothéliome n’est en effet que d’environ 18&nbsp;mois. Il faut ajouter à cela que l’assurance-accident (LAA) n’offre une couverture que si la maladie a été causée par un contact professionnel avec l’amiante. De ce fait, pour les personnes que la LAA ne couvre pas, des problèmes financiers s’ajoutent encore aux charges physiques et psychiques.</p><p>C’est pour ces dernières qu’intervient la Fondation Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (EFA), fondée par les partenaires sociaux, dont l’USS. Elle se bat pour que ces personnes soient rapidement indemnisées de manière équitable, même si elles n’ont pas été en contact avec l’amiante dans le contexte d’une activité professionnelle. En plus, l’EFA conseille les personnes touchées par la maladie, les proches ainsi que l’opinion publique et fait de la sensibilisation au sujet des problèmes entraînés par la manipulation d’amiante. Elle conseille également toute personne intéressée par les questions en rapport avec une maladie éventuellement causée par l’amiante.</p><p>La Fondation EFA fournit également des informations sur le droit de s’annoncer en vue de se faire indemniser et la façon de procéder.</p><p><strong>Des conseils compétents</strong></p><p>Pour cette offre de conseils, la Fondation EFA recourt à la compétence de spécialistes expérimentés afin d’aider les victimes de l’amiante et leurs proches ainsi que les personnes intéressées en leur fournissant des informations fondées. À cet effet, elle a mis en place un care-service en français, allemand et italien. À Lausanne, Zurich et Lugano, des infirmiers et infirmières diplômés répondent à toutes les questions que peut soulever une maladie due à l’amiante. Lorsque les questions sont plus techniques, ils mettent les victimes (ou autres personnes demandeuses) en contact avec des spécialistes extérieurs, comme des médecins ou des assurances sociales. Ces services sont gratuits.</p><p><strong>Où trouver conseils et aide financière&nbsp;?</strong></p><p>Si vous avez contracté une tumeur maligne de la plèvre ou du péritoine (mésothéliome) après 1996 à la suite d’un contact avec l’amiante en Suisse, êtes un membre de la famille proche ou avez une procuration d’une personne concernée, vous pouvez solliciter une aide financière&nbsp;: <a href="https://www.stiftung-efa.ch/fr/nous-aidons/indemnisation" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">https://www.stiftung-efa.ch/fr/nous-aidons/indemnisation</a>.</p><p>Le care-service de la Fondation EFA répond à vos premières questions&nbsp;: <a href="https://www.stiftung-efa.ch/fr/nous-aidons/conseil" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">https://www.stiftung-efa.ch/fr/nous-aidons/conseil</a></p><p>CARE-SERVICE français<br> +41 21 623 38 00<br><a href="#" data-mailto-token="thpsav1jhyl4zlycpjlGswck5jo" data-mailto-vector="7" class="link link--mail">care-service(at)lpvd.ch</a></p><p>CARE-SERVICE allemand<br> +41 44 268 20 00<br><a href="#" data-mailto-token="thpsav1jhyl4zlycpjlGsbunl4gblypjo5jo" data-mailto-vector="7" class="link link--mail">care-service(at)lunge-zuerich.ch</a></p><p>CARE-SERVICE italien<br> +41 91 973 22 80<br><a href="#" data-mailto-token="thpsav1jhyl4zlycpjlGslnhwvst5jo" data-mailto-vector="7" class="link link--mail">care-service(at)legapolm.ch</a></p><p>Fonds Fondations pour l’indemnisation des victimes de l’amiante (EFA)<br> c/o Union syndicale suisse<br> Monbijoustrasse 61<br> 3007 Berne</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/2/1/csm_asbestsanierung_bermau_iStock_5253d400a6.jpg" length="226233" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9690</guid><pubDate>Wed, 29 Mar 2023 16:27:00 +0200</pubDate><title>La protection des salaires et le service public doivent être garantis</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/la-protection-des-salaires-et-le-service-public-doivent-etre-garantis</link><description>Politique européenne : les décisions du Conseil fédéral</description><content:encoded><![CDATA[<p>Aujourd’hui, le Conseil fédéral a arrêté la marche à suivre concernant les entretiens de la Suisse avec l’Union européenne (UE). Pour l’Union syndicale suisse (USS), il est clair que la protection des salaires et le service public doivent être garantis.</p><p>La Suisse a les salaires les plus élevés d’Europe. Elle est ouverte comme aucun autre pays du continent. Par exemple, la moitié des entreprises de l’UE peut travailler en Suisse dans sa langue. C’est pourquoi la Suisse a besoin de la meilleure protection des salaires qui soit. Les entreprises de l’UE profitent aujourd’hui de cet accès au marché suisse. Elles réalisent un chiffre d’affaires d’environ 2 milliards de francs par année dans notre pays.</p><p>Le service public aussi occupe en Suisse une position particulière qui doit continuer à être préservée. Par exemple, la Suisse n’a pas ouvert le marché de l’électricité pour les ménages&nbsp;; cela pour de bonnes raisons comme le montrent les importantes hausses des tarifs de l’électricité à l’étranger. Le trafic voyageurs et voyageuses sur rail est organisé sur une base coopérative. Le libéraliser comme c’est le cas dans l’UE n’aurait pas une incidence négative uniquement pour les salaires, mais ne serait pas réalisable en raison de la forte sollicitation du réseau ferroviaire suisse.</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/internat-eu/csm_180905_USS-action-ligne-rouge_ba4c79bd26.jpg" length="1463883" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9574</guid><pubDate>Mon, 09 Jan 2023 08:04:53 +0100</pubDate><title>Offensives syndicales en 2023 pour des salaires plus élevés et pour plus d’égalité</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/offensives-syndicales-en-2023-pour-des-salaires-plus-eleves-et-pour-plus-degalite</link><description>Conférence de presse annuelle de l’Union syndicale suisse (USS)</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Comme le montre le nouveau rapport sur la répartition publié par l’USS, les écarts de salaire et de revenu continuent à se creuser. Pour les syndicats, la priorité va donc à de nouvelles hausses de salaire, dans une optique de rattrapage salarial. En réponse au retour de l’inflation, l’USS appelle aussi à réintroduire la compensation automatique du renchérissement. Comme par ailleurs, les primes des caisses-maladies sont devenues trop chères pour bien des gens, il faut encore augmenter les réductions de primes. Enfin, une inversion de tendance s’impose au niveau du temps de travail&nbsp;: au lieu de réclamer constamment de nouvelles exceptions aux dispositions légales relatives à la durée du travail et du repos, les employeurs feraient bien de s’engager à nouveau sur le terrain de la réduction du temps de travail, afin d’améliorer la protection de la santé ainsi que la vie familiale des travailleuses et travailleurs.</p><p>Avec l’explosion des primes-maladie et le renchérissement persistant, la crise du pouvoir d’achat frappe de plein fouet nombre de travailleuses et travailleurs. Il leur reste toujours moins d’argent pour vivre. Les syndicats ont obtenu dans différentes branches d’activité que les salaires augmentent substantiellement en ce début d’année, grâce à une campagne salariale très engagée et en négociant à chaque fois d’arrache-pied. Mais des hausses des salaires réels ainsi que la réintroduction de la compensation automatique du renchérissement restent indispensables en 2023. Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS, est formel&nbsp;: «&nbsp;Un salaire doit permettre de vivre. Concrètement, il ne doit pas y avoir de salaire inférieur à 5000&nbsp;francs pour les titulaires d’un CFC, et à 4500&nbsp;francs pour tout le monde.&nbsp;»</p><p>Le rapport sur la répartition, publié aujourd’hui par l’USS (voir l’étude complète annexée), confirme que les écarts salariaux ont recommencé à se creuser. Les salaires n’ont pas assez augmenté pour compenser le renchérissement et rattraper les retards en matière de rémunération. Ainsi, les personnes à bas ou moyens revenus gagnent actuellement moins qu’en 2016, en termes réels. Par contre, les 10&nbsp;% qui gagnent déjà le plus ont bénéficié de généreuses augmentations. À cela s’ajoute la hausse massive des primes des caisses-maladie (+6,6&nbsp;%), à nouveau bien supérieure aux hausses de salaire et à l’augmentation des réductions de primes. En 2023, un couple avec deux enfants devra pour la première fois payer plus de 1000&nbsp;francs par mois de primes-maladie.</p><h3 class="heading--h4">Des améliorations pour les travailleuses et les travailleurs, grâce au travail syndical</h3><p>Un peu partout dans le monde, de bonnes conventions collectives de travail (CCT) et des syndicats actifs veillent à une répartition plus équilibrée des salaires. Bien des cas de sous-enchère et de discriminations salariales peuvent ainsi être évités. De récentes recherches économiques prouvent encore que ces améliorations en matière de salaire ne font généralement pas grimper le chômage, comme le confirme une autre analyse publiée aujourd’hui par l’USS. En plus d’empêcher les brebis galeuses de gagner des parts de marché au détriment des employeurs corrects, les CCT prévoient souvent des offres de formation de base ou continue et d’autres avantages encore, et par là contribuent à la qualité du travail ainsi qu’aux gains de productivité. Pierre-Yves Maillard, président de l’USS, appelle donc à poursuivre dans cette voie&nbsp;: «&nbsp;Sans le travail accompli par les syndicats ici comme ailleurs, la seule réponse à l’inflation actuelle aurait été le tour de vis des banques centrales, qui alimente la récession. Or les travailleuses et travailleurs attendent à juste titre une autre réponse à cette situation, à savoir le renforcement de leur pouvoir d’achat.&nbsp;»</p><h3 class="heading--h4">Stress au travail</h3><p>Les employeurs réclament toujours plus d’exceptions aux dispositions légales relatives à la durée du travail et du repos – aux dépens des travailleuses et travailleurs, de leur santé et de leur vie familiale. À leurs yeux, la main-d’œuvre devrait être disponible à toute heure et coûter le moins cher possible. La protection de la santé ainsi que des horaires de travails adaptés à la vie de famille ne devraient toutefois pas être réservés à une minorité privilégiée. Il faut donc que les employeurs s’engagent à nouveau sur le terrain de la réduction du temps de travail. Aujourd’hui, les salarié-e-s doivent souvent réduire leur taux d’activité à leurs propres frais, et encore, à condition de pouvoir se le permettre financièrement.</p><p>Le travail à temps partiel s’impose souvent en raison des enfants et des autres obligations de prise en charge. Or ces 30&nbsp;dernières années, les employeurs ne se sont plus engagés sur le terrain de la réduction du temps de travail. Jusqu’en 1990, les horaires de travail habituels raccourcissaient d’une à deux heures par semaine par décennie environ – avec maintien du salaire. Depuis, les travailleuses et travailleurs ont dû financer de leur propre poche toute réduction du temps de travail, en optant pour un emploi à temps partiel et donc pour un salaire plus bas. Pour que l’égalité progresse enfin, il faut, pour la présidente d’Unia Vania Alleva, non seulement des horaires de travail compatibles avec la vie familiale et planifiables à l’avance, mais aussi «&nbsp;une revalorisation des métiers à majorité féminine, qui sont toujours moins bien payés. Donc de meilleurs salaires, plus de temps, et du respect&nbsp;». C’est pourquoi les syndicats appellent en 2023 à une grève féministe le 14 juin.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Égalité des sexes</category><category>Repartition</category><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/veranstaltungen/230109_JMK.jpg" length="420756" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9547</guid><pubDate>Wed, 14 Dec 2022 16:42:52 +0100</pubDate><title>Sabotage du partenariat social On doit pouvoir vivre de son salaire !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/sabotage-du-partenariat-social-on-doit-pouvoir-vivre-de-son-salaire</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">On doit pouvoir vivre de son salaire. L’attaque contre les salaires minimums cantonaux que représente l’acceptation, aujourd’hui, par le Conseil national de la motion Ettlin viole clairement cet important principe. Pour des raisons de politique sociale, les salaires minimums cantonaux sont admissibles afin de garantir le minimum vital. Il est donc évident que les salaires prévus dans les conventions collectives de travail (CCT) ne doivent pas être inférieurs à ce seuil minimal. Le Parlement veut désormais jeter ce principe par-dessus bord. Les syndicats s’y opposeront.</p><p>La motion Ettlin se présente sous un intitulé séduisant&nbsp;: «&nbsp;Protéger le partenariat social contre des ingérences discutables&nbsp;». Mais elle veut en réalité empêcher les cantons de prendre des mesures contre les salaires trop bas. Selon elle, les salaires minimums cantonaux ne s’appliqueraient en effet plus dans toutes les branches où une CCT dont le champ d’application a été étendue, c’est-à-dire a été déclarée de force obligatoire, contient aussi des dispositions sur les salaires. La motion Ettlin ne vise ainsi rien d’autre qu’à produire des «&nbsp;working poors&nbsp;».</p><p>Or la Constitution fédérale donne aux cantons la compétence d’édicter des lois en matière de politique sociale. Ils peuvent donc aussi décider que les salaires doivent couvrir le minimum vital. De ce fait, pendant le débat sur un salaire minimum national, les adversaires de l’initiative populaire qui en demandait précisément un, n’avaient cessé de signaler qu’en cas de besoin, les cantons peuvent toujours introduire un salaire minimum. Et le Tribunal fédéral a lui aussi confirmé cette compétence cantonale.</p><p>L’abolition de facto de la souveraineté cantonale qu’induit la définition des salaires minimums donnée par la motion Ettlin reviendrait à violer l’ordre constitutionnel ainsi qu’à saboter le partenariat social. Les CCT pourraient en effet être dénaturées dans le but affaiblir encore plus un droit du travail déjà bien maigre et de torpiller la volonté du législateur. Au lieu de garantir aux salarié-e-s des conditions de travail meilleures que ce que prévoient les normes minimales légales, ces CCT permettraient de déroger à ces normes. Que les CCT puissent servir d’instruments pour tirer les salaires légaux vers le bas serait tout autant dangereux que scandaleux. Il deviendrait pratiquement impossible de conclure des CCT prévoyant des salaires minimums au plan national.</p><p>Il est inquiétant que cette attaque contre la souveraineté des cantons et les salaires des travailleurs et travailleuses des régions frontalières, en particulier les cantons de Neuchâtel et Genève, a lieu à un moment où se déroulent des discussions sur la protection des salaires et notre rapport avec l’Europe.</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) combattra ce projet par tous les moyens qui s’imposent et défendra les salaires minimums cantonaux.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/d/b/csm_Geldscheine-Taschenrechner_iStock-disqis_925475424_4176b275e8.jpg" length="210876" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-8457</guid><pubDate>Wed, 26 Oct 2022 13:27:47 +0200</pubDate><title>On doit pouvoir vivre de son salaire</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/on-doit-pouvoir-vivre-de-son-salaire</link><description>Sabotage du partenariat social</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">On doit pouvoir vivre de son salaire. La motion Ettlin viole clairement cet important principe. Or la Commission de l’économie et des redevances du Conseil national (CER-CN) a décidé à une toute petite majorité, par 11 voix contre 10, de recommander son acceptation. Pour des raisons de politique sociale, les salaires minimums cantonaux sont admissibles afin de garantir le minimum vital. Il est donc évident que les salaires prévus dans les conventions collectives de travail (CCT) ne doivent pas être inférieurs à ce seuil minimal.</p><p>La motion Ettlin se présente avec un intitulé séduisant : « Protéger le partenariat social contre des ingérences discutables ». Mais elle veut empêcher les cantons de prendre des mesures contre les salaires trop bas : les salaires minimums cantonaux ne s’appliqueraient en effet plus dans toutes les branches où une CCT, dont le champ d’application a été étendu (de force obligatoire), contient également des dispositions sur les salaires. La motion ne vise ainsi rien d’autre que de produire des « working poor » (travailleurs et travailleuses pauvres).</p><p>Cependant, la Constitution fédéral stipule que les cantons ont la compétence d’édicter des lois en matière de politique sociale. Ils peuvent ainsi décider que les salaires doivent couvrir le minimum vital. De ce fait, pendant le débat sur un salaire minimum national, les opposant-e-s à l’initiative populaire qui en demandait un n’avaient cessé de dire que, si besoin est, les cantons peuvent toujours introduire un salaire minimum. Et le Tribunal fédéral aussi a confirmé cette compétence des cantons à édicter des salaires minimums.</p><p>La mise en œuvre de la motion Ettlin violerait la Constitution fédérale et saboterait le partenariat social. Les CCT pourraient en effet se trouver dénaturées dans le but d’affaiblir encore plus un droit du travail d’ores et déjà bien maigre et de torpiller la volonté du législateur. Au lieu de garantir aux salarié-e-s des conditions de travail meilleures que ce que prévoient les normes minimales légales, elles permettraient de déroger à ces dernières. Que les CCT puissent servir d’instruments pour tirer les salaires légaux vers le bas serait aussi bien dangereux que scandaleux.</p><p>Il est inquiétant que cette attaque contre la souveraineté des cantons et les salaires des travailleurs et travailleuses des régions frontalières, en particulier les cantons de Neuchâtel et Genève, ait lieu à un moment où se déroulent des discussions sur la protection des salaires et notre rapport avec l’Europe.</p><p>Espérons que le Conseil national suivra la proposition du Conseil fédéral, des cantons et des syndicats, à savoir rejettera la motion Ettlin, au lieu de saboter la paix sociale en Suisse.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Menschen-in-Bewegung_photocase_rclassen.jpg" length="556912" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-8374</guid><pubDate>Wed, 07 Sep 2022 15:57:18 +0200</pubDate><title>Le Conseil fédéral confirme l’inégalité de rentes au détriment des femmes</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/le-conseil-federal-confirme-linegalite-de-rentes-au-detriment-des-femmes</link><description>Égalité : d’énormes différences et aucun progrès en vue !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le rapport publié aujourd’hui sur l’écart global de revenus du travail entre femmes et hommes fait l’effet d’une douche froide. Ces dernières huit années, les différences de revenu entre femmes et hommes n’ont pas diminué. Trois ans après la grande Grève des femmes*, le bilan se révèle pitoyable&nbsp;: les revenus des femmes restent inférieurs à ceux des hommes. Selon le rapport, la différence entre leurs rentes et celles des hommes s’est même accrue depuis 2014 et représente plus d’un tiers. Aucune solution crédible n’est en vue. Au contraire&nbsp;: au lieu de bénéficier d’une amélioration nécessaire et urgente de leurs rentes, les femmes verraient même ces dernières réduites de 26&nbsp;000 francs à cause de AVS 21. Seul un NON à AVS 21 le 25 septembre prochain peut créer la pression politique nécessaire pour améliorer les rentes actuellement insuffisantes des femmes.</p><p class="heading--h4">Des revenus toujours inférieurs</p><p>Le revenu des femmes en âge d’exercer une activité lucrative est inférieur de plus de 43,2&nbsp;% à celui des hommes, alors même que le nombre d’heures de travail effectué est le même en moyenne. Mais les femmes effectuent beaucoup plus de travail non rémunéré que les hommes, par exemple avec la garde des enfants et la prise en charge de proches dépendants de soins ou encore le ménage. En outre, leurs salaires sont toujours inférieurs à ceux des hommes, d’une part à cause de discriminations salariales qui perdurent, mais, de l’autre, aussi en raison de choix de professions, de formations et de carrières professionnelles différents.</p><p>Pour remédier à cette discrimination de salaire et de revenu, il faut prendre des mesures qui aillent plus loin que la nouvelle loi sur l’égalité. En plus de mesures plus ambitieuses contre la discrimination salariale, il faut créer des conditions-cadres afin d’éviter que le travail non rémunéré ne retombe uniquement sur le dos des mères. Sans offres collectives pour alléger la charge des mères, comme des crèches et garderies, des écoles à horaire continu et des places de prise en charge des adultes dépendants, les différences de revenu au détriment des femmes ne disparaîtront pas.</p><p class="heading--h4">L’écart entre les rentes se maintient&nbsp;: 8 nouvelles années de statu quo, c’est inacceptable&nbsp;!</p><p>L’écart de rente de retraite entre hommes et femmes est la triste conséquence des salaires plus bas de ces dernières. Car les mères sont les premières à interrompre leur activité professionnelle et à travailler à temps partiel, avant tout pour assumer le travail domestique et familial. Et même s’il est désormais bien connu que la prévoyance vieillesse suisse ne fonctionne pas bien pour les parents professionnellement actifs, la réforme AVS 21 entraînerait des coupes durables dans les rentes des femmes et des couples qui ont élevé ensemble des enfants, tout en exerçant en plus une activité lucrative. Même les femmes proches de la retraite ne sont quasiment pas protégées malgré les soi-disant compensations.</p><p>Pour l’USS, une chose est claire&nbsp;: en plus du NON à AVS 21, il faut non seulement avancer avec détermination vers une vraie égalité dans la vie professionnelle, mais aussi des améliorations substantielles des retraites. C’est pourquoi elle s’engage pour un renforcement de l’AVS à travers une 13e rente ainsi qu’une modernisation du deuxième pilier via le compromis des partenaires sociaux. Il n’est pas trop tard pour mettre enfin en œuvre ce compromis. Car à ce jour, en matière de deuxième pilier, le Parlement n’a encore fait absolument aucun pas concret en direction d’une réforme utile.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>AVS</category><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/d/3/csm_150307_Frauendemo0143_67d965df5c.jpg" length="344665" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-8363</guid><pubDate>Fri, 02 Sep 2022 09:34:22 +0200</pubDate><title>Les syndicats revendiquent une augmentation générale de salaire de 4 à 5 %</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-syndicats-revendiquent-une-augmentation-generale-de-salaire-de-4-a-5</link><description>Retour de l’inflation après des années de stagnation des salaires</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les négociations salariales de cette année seront essentielles pour les salarié-e-s. Après trois décennies, l’inflation a fait un retour fracassant et a grimpé à 3,5&nbsp;%. Les prix de l’énergie tout comme les primes des caisses-maladie vont s’envoler. Or la situation économique reste excellente, et donc des hausses des salaires réels sont possibles et nécessaires. Les syndicats de l’USS revendiquent par conséquent des augmentations générales de salaire de 4 à 5&nbsp;%, afin de compenser le renchérissement et d’en finir avec la stagnation des dernières années.</p><p>L’économie suisse s’est étonnamment vite remise de la crise due au coronavirus. La marche des affaires est bonne dans la grande majorité des entreprises. Les nouvelles positives l’emportent désormais jusque dans les branches d’activité malmenées par la crise, comme l’hôtellerie-restauration ou le secteur aérien. La situation de l’emploi s’est sensiblement améliorée, dans le sillage de cette rapide reprise. De nombreuses branches se plaignent d’une pénurie de main-d’œuvre qualifiée y compris, pour la première fois depuis longtemps, l’hôtellerie-restauration. Aussi les salaires et les conditions de travail jouent-ils un rôle clé un peu partout.</p><p class="heading--h4">Retour de l’inflation après une longue stagnation des salaires</p><p>L’évolution salariale des dernières années a été insuffisante. Les écarts se sont à nouveau creusés. En 2022, les travailleuses et travailleurs à revenus bas et moyens ont moins gagné qu’en 2016, après déduction du renchérissement. L’absence d’inflation voire le renchérissement négatif ont conduit à une individualisation des rémunérations, qui a eu pour effet de creuser les écarts. La part des augmentations générales de salaire a chuté à environ 30&nbsp;%.</p><p>Une longue phase marquée par un très faible renchérissement s’est achevée en automne 2021. Le renchérissement annuel devrait avoisiner 3&nbsp;% en 2022. Un taux d’environ 3,5&nbsp;% est à prévoir durant les mois où ont lieu les négociations. Par ailleurs, les primes des caisses-maladie augmenteront en 2023 de 5 à 10&nbsp;%. «&nbsp;Les négociations salariales 2022/23 marquent un tournant décisif dans la politique salariale. Sous l’effet du renchérissement, les augmentations générales sont redevenues un enjeu central. Sans de telles hausses, beaucoup de salarié-e-s subiront une baisse de pouvoir d’achat&nbsp;», a expliqué Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS.</p><p class="heading--h4">Les fédérations de l’USS revendiquent des augmentations de 4 à 5&nbsp;%</p><p>Les fédérations de l’USS revendiquent des hausses de salaire de 4 à 5&nbsp;%. Leur revendication salariale s’articule en trois volets. Premièrement, il faut une compensation du renchérissement de 3 à 3,5&nbsp;%. Deuxièmement, les salaires réels doivent progresser d’env.&nbsp;1&nbsp;% par an, sur la base des gains de productivité. Troisièmement, un besoin de rattrapage se fait sentir, à cause de l’évolution salariale insuffisante des dernières années. Pierre-Yves Maillard, président de l’USS, est formel&nbsp;: «&nbsp;Si au vu de tels chiffres on n’adapte pas les salaires à la réalité de la hausse du coût de la vie, quand va-t-on le faire&nbsp;?&nbsp;»</p><p>«&nbsp;La main-d’œuvre du secteur du trafic aérien s’est serré la ceinture pendant ces années de crise&nbsp;», relève Sandrine Nikolic-Fuss, du syndicat du personnel de cabine. «&nbsp;Il incombe désormais aux entreprises de tenir leurs promesses aux négociations salariales et d’augmenter les rémunérations. Et de ne plus verser de salaires inférieurs à 4000&nbsp;francs.&nbsp;»</p><p>Vania Alleva, présidente d’Unia, a fait remarquer que de nombreux secteurs comme la construction, les arts et métiers ou le commerce de détail ont le vent en poupe. Même l’industrie a d’excellentes perspectives. «&nbsp;Le moment est donc venu pour des augmentations de salaire réelles et tangibles. L’économie peut se le permettre&nbsp;», a-t-elle encore souligné.</p><p>Le besoin d’augmentations de salaire se fait également sentir dans la branche logistique, soumise à de fortes pressions. «&nbsp;La crise du coronavirus a fait exploser le commerce en ligne. Le personnel de la logistique a été reconnu comme d’importance systémique. Il a besoin aujourd’hui de meilleurs salaires. Il faut en priorité adapter le salaire minimum scandaleusement bas fixé par la PostCom&nbsp;», a exigé Matteo Antonini, responsable du secteur logistique de syndicom.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/c/9/csm_220902_lohn-mk_443ced3fc0.jpg" length="235606" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-8332</guid><pubDate>Thu, 07 Jul 2022 10:00:00 +0200</pubDate><title>Les mesures d’accompagnement servent à lutter contre la pression sur les salaires et le travail précaire</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-mesures-daccompagnement-servent-a-lutter-contre-la-pression-sur-les-salaires-et-le-travail-precaire</link><description>20 ans de libre circulation des personnes : commentaire de l’USS sur le rapport de l’Observatoire</description><content:encoded><![CDATA[<p>Il y a 20 ans, la libre circulation des personnes avec l’Union européenne (UE) entrait en vigueur. Un nouveau chapitre de la politique migratoire suisse s’ouvrait. Les travailleuses et travailleurs titulaires d’une autorisation de séjour de longue durée obtenaient alors davantage de droits, ce qui améliorait leur protection contre les abus. Mais parallèlement, la Suisse facilitait aussi des formes de travail précaire, susceptibles de menacer nos salaires et nos conditions de travail. Des entreprises de pays membres de l’UE, où les salaires sont très inférieurs aux nôtres, ont ainsi eu le droit, à partir de 2004, de fournir librement leurs services en Suisse pendant au maximum 90 jours (détachements de main-d’œuvre). Et les agences de travail temporaire ont eu le droit de placer en Suisse des travailleuses et travailleurs pour des engagements de courte ou très courte durée, ainsi que des frontaliers et des frontalières de l’UE. C’est pourquoi les syndicats prirent alors une position claire&nbsp;: ils étaient d’accord avec l’introduction de la libre circulation des personnes seulement si les salaires étaient protégés. Les mesures d’accompagnement furent alors mises en place et le Conseil fédéral promit, lors de la votation populaire, que «&nbsp;Les travailleuses et les travailleurs [seraient] protégés contre le dumping social et salarial&nbsp;».</p><p>La libre circulation des personnes et les mesures d’accompagnement ont globalement fait leurs preuves pour les travailleuses et des travailleurs. Grâce aux contrôles des salaires, aux amendes et à d’autres mesures d’exécution, les salaires suisses ne se sont jamais trouvés sous pression à grande échelle. La sous-enchère salariale reste certes une réalité sur les lieux de travail&nbsp;: un employeur sur cinq se fait attraper avec des salaires trop bas en cas de contrôle. Mais les mesures d’accompagnement et leur effet préventif font obstacle à une pression générale sur les salaires. Les instruments dont nous disposons aujourd’hui constituent donc une base importante pour que la libre circulation des personnes soit bien acceptée dans notre pays.</p><p>Malgré les contrôles, les formes de travail précaire que sont le détachement de main-d’œuvre, le travail temporaire et les séjours de très courte durée ont fortement augmenté depuis l’introduction de la libre circulation des personnes. Cet aspect de la libre circulation est souvent ignoré. Les détachements de main-d’œuvre sont en fait une «&nbsp;libre circulation des services&nbsp;» qui ne dit pas son nom, davantage qu’une composante de la libre circulation des personnes. Dans ce cadre, les salarié-e-s arrivent en Suisse via leur entreprise et ne sont pas embauchés dans notre pays. Ils sont recrutés sur les marchés du travail allemand ou polonais et touchent de ce fait des salaires plus bas qu’en Suisse. Les syndicats ne peuvent pas les organiser parce qu’ils ne travaillent que momentanément chez nous. Le potentiel de sous-enchère n’en est que plus important.</p><p>La Suisse a les salaires les plus élevés d’Europe. Et, du point de vue de la langue, nous sommes ouverts comme aucun autre pays européen. C’est pour cela que nous avons besoin du meilleur niveau de protection des salaires. Et c’est aussi pour cela que nous devons le défendre. Or les mesures d’accompagnement ont toujours des lacunes sensibles. Il n’existe par exemple pas dans le commerce de détail ou l’horticulture de CCT valable partout et prévoyant des salaires minimums, alors que des cas de sous-enchère salariale sont régulièrement constatés dans ces branches.</p><p><i><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/communiques/220707_Commentaire_LampartDaniel_Rapport_Observatoire.pdf" target="_blank" class="link link--download" rel="noreferrer">Commentaire de Daniel Lampart sur le rapport de l’Observatoire (version complète, PDF)</a></i></p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Arbeiter-Baustelle-schwitzend_iStock-Tempura.jpg" length="397646" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-8312</guid><pubDate>Wed, 22 Jun 2022 12:54:00 +0200</pubDate><title>Les partenaires sociaux ne soutiennent pas la recommandation du CDF</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-partenaires-sociaux-ne-soutiennent-pas-la-recommandation-du-cdf</link><description>Rapport du Contrôle fédéral des finances (CDF) sur les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les représentant-e-s patronaux et des salarié-e-s de la commission tripartite de la Confédération avaient la possibilité de prendre position au sujet du rapport du Contrôle fédéral des finances (CDF)&nbsp;: «&nbsp;Mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes – Audit de la surveillance du SECO&nbsp;». Cette position est la suivante&nbsp;:</p><p>Dans son appréciation des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes, le CDF accorde trop peu d’importance au fait que le législateur a sciemment conçu ces dernières et leurs instruments sous leur forme actuelle. Plusieurs constatations et recommandations concernent de ce fait la totalité du dispositif d’application de ces mesures ainsi que leurs bases juridiques. Le législateur a sciemment choisi pour les mesures d’accompagnement une application décentralisée et duale qui tient le mieux compte des réalités régionales et spécifiques aux branches.</p><p>Avant la mise en place de la libre circulation des personnes et des mesures d’accompagnement, les salaires et les conditions de travail de la main-d’œuvre étrangère étaient contrôlés à l’avance (ex ante) et systématiquement. Ce qui était annoncé n’était pas contrôlé après coup. De ce fait, il n’y avait aucune garantie que les salaires et les conditions de travail suisses étaient réellement respectés. Avec les mesures d’accompagnement, les contrôles des salaires et des conditions de travail ont lieu (ex post) sur la base des risques ainsi que d’une observation du marché du travail globale et fondée sur des données probantes. Des contrôles doivent être effectués là où le risque de sous-enchère ou d’infraction aux salaires et aux conditions de travail suisses est le plus grand. Les fournisseurs de prestations soumis à l’obligation d’annonce viennent de marchés du travail où les salaires sont inférieurs aux salaires suisses, ce qui augmente substantiellement déjà le risque de sous-enchère. En outre, le fait que les employeurs suisses fassent l’objet de contrôles beaucoup plus poussés (p. ex. rétroactivement sur plusieurs années), est un élément important. Ces employeurs sont en plus soumis à d’autres contrôles comme, par exemple, relativement au travail au noir, à la santé et à la sécurité. Étant donné l’appréciation qui nous est présentée, l’Union patronale suisse, l’Union syndicale suisse, l’Union suisse des arts et métiers et Travail.Suisse ne peuvent pas comprendre, et donc pas soutenir, la majorité des recommandations du CDF. Cette appréciation concerne en particulier aussi la recommandation de réduire les contrôles des entreprises de détachement.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/internat-eu/csm_180905_USS-action-ligne-rouge_ba4c79bd26.jpg" length="1463883" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-8305</guid><pubDate>Fri, 17 Jun 2022 11:13:45 +0200</pubDate><title>Une directive sur les salaires minimaux en Europe grâce à l’action concertée des syndicats européens – la Suisse doit suivre !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/une-directive-sur-les-salaires-minimaux-en-europe-grace-a-laction-concertee-des-syndicats-europeens-la-suisse-doit-suivre</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les gouvernements&nbsp;de l’UE ont&nbsp;approuvé une «&nbsp;directive relative à des salaires minimaux adéquats&nbsp;». Ce document pionnier astreint les États membres à combler les lacunes en matière de salaires minimaux. Il s’agit d’un important succès pour le mouvement syndical européen, dont les syndicats suisses font partie. La Confédération européenne des syndicats (CES) s’engage depuis plus de quinze ans pour davantage de conventions collectives de travail et des salaires minimaux en Europe. La Suisse devra reprendre le contenu de cette nouvelle directive.</p><p class="heading--h4">De meilleurs salaires pour 24&nbsp;millions d’actifs</p><p>La décision d’aujourd’hui des gouvernements&nbsp;de l’UE est probablement venue à bout du dernier obstacle sur le chemin de la directive. L’UE a désormais une valeur de référence pour tous les pays disposant de salaires minimaux légaux&nbsp;: il leur faudra les porter à 60&nbsp;% du salaire médian. Et ils doivent s’appliquer à toutes les branches d’activité. En cas de mise en œuvre rapide, 24&nbsp;millions de salarié-e-s bénéficieraient d’augmentations substantielles. Dont près de cinq millions rien qu’en Roumanie et quatre millions en Italie&nbsp;!</p><p>La directive vise encore à favoriser les conventions collectives de travail (CCT), qui devront être négociées avec des syndicats et non de pseudo-représentations. En outre, les syndicalistes ne devront subir aucune discrimination en raison de leurs activités. Et il faudra veiller au respect des CCT, ce qui suppose des contrôles et des sanctions dissuasives.</p><p>Dans les pays où moins de 80&nbsp;% des salariés sont soumis à une CCT, il faudra mettre en place des plans d’action pour encourager les CCT. Par exemple lors de l’attribution de marchés publics ou de concessions.</p><p class="heading--h4">Une étape du mouvement syndical européen – pour la Suisse aussi</p><p>La directive relative à des salaires minimaux adéquats est l’aboutissement d’une offensive syndicale pour plus de CCT et de salaires minimaux dans l’UE, qui remonte au milieu des années 2000. Les syndicats suisses y ont activement participé. Ils ont revendiqué avec les syndicats d’Allemagne et de France une politique européenne en la matière et ont contribué aux autres avancées obtenues. C’est grâce aux syndicats européens notamment qu’au-delà des salaires minimaux nationaux, la directive encourage encore les CCT.</p><p class="heading--h4">Suisse&nbsp;: garantir les mesures d’accompagnement, reprendre la directive relative à des salaires minimaux adéquats</p><p>La Suisse doit reprendre cette directive. Grâce aux mesures d’accompagnement, elle dispose certes des instruments les plus efficaces de toute l’Europe pour faire respecter les salaires minimaux inscrits dans les CCT. Or seule la moitié des personnes professionnellement actives dans ce pays sont protégées par une CCT. La Suisse a donc besoin de davantage de CCT afin que les salaires et les conditions de travail en place s’améliorent – dans le commerce de détail comme dans la logistique, dans le journalisme ou encore dans l’agriculture.</p><p>L’USS continuera de s’engager systématiquement, aux côtés de ses homologues européens, pour que les mesures d’accompagnement restent garanties dans les négociations portant sur les questions institutionnelles. Et elle s’engage aux côtés des syndicats européens pour faire respecter concrètement les salaires minimaux partout où ils s’appliquent.</p><p class="heading--h4">Autres lacunes réglementaires à combler</p><p>Le 25&nbsp;février, le Conseil fédéral a annoncé son intention de stabiliser les relations bilatérales avec l’UE en réduisant les «&nbsp;différences de réglementation&nbsp;».</p><p>Cette approche fait sens. Elle suppose de combler au plus vite certaines lacunes réglementaires discutées dans le rapport de février. Cela vaut notamment pour les dispositions fondamentales de la directive sur la citoyenneté (droit au regroupement familial et à l’aide sociale), pour l’égalité de traitement entre tous les citoyen-ne-s de l’UE lors de la délivrance des autorisations d’établissement, ou encore pour assurer un meilleur accès à l’enseignement et à la formation des travailleurs frontaliers et des membres de leur famille, et plus généralement une meilleure reconnaissance des qualifications professionnelles.</p><p>On ne comprend pas pourquoi le Conseil fédéral exclurait des travaux en cours les «&nbsp;différences de réglementation&nbsp;» liées à la législation sur le travail. Car la reprise des normes européennes en matière de droit du travail non seulement contribuerait à l’intégration dans le marché intérieur, mais renforcerait encore les droits des travailleuses et travailleurs en Suisse.</p><p>Les syndicats ont par conséquent à nouveau invité le Conseil fédéral à s’atteler à la reprise des dispositions essentielles des directives concernant le détachement des travailleurs (Equal pay lors de la location de services), la sécurité et la santé au travail ainsi que la participation dans les entreprises, mais aussi à obtenir l’admission de la Suisse dans l’Autorité européenne du travail (ELA) et dans la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound). En outre, ils ont attiré son attention sur d’autres directives européennes socialement progressistes en cours d’élaboration, qui visent notamment à combattre l’indépendance fictive dans les plateformes de travail numériques, à surmonter les différences de salaire entre femmes et hommes (gender pay gap), ainsi qu’à durcir la responsabilité des entreprises.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/internat-eu/CH-EU_stadtratte-iStock.jpg" length="303602" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-8291</guid><pubDate>Thu, 09 Jun 2022 14:19:28 +0200</pubDate><title>La protection des salaires est primordiale – l’exécution doit être renforcée</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-protection-des-salaires-est-primordiale-lexecution-doit-etre-renforcee</link><description>Rapport du SECO sur la mise en œuvre des mesures d’accompagnement</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La Suisse a les plus hauts salaires en Europe et en même temps, son marché du travail est l’un des plus ouverts. Une protection des salaires efficace est donc extrêmement importante pour les travailleuses et travailleurs en Suisse. Le dernier rapport du Secrétariat d’État à l’économie (SECO) sur les mesures d’accompagnement montre bien à quel point cette protection est nécessaire&nbsp;: là où il y a des contrôles, on constate aussi des infractions.</p><p>﻿Au cours de l’année passée, quelque 140&nbsp;000 salaires ont été examinés par les inspections du travail. Dans pratiquement une entreprise sur cinq, elles ont découvert des salaires trop bas ou des faux indépendant-e-s. Le taux d’infraction (env. 30&nbsp;%) est un peu plus élevé dans les branches avec des salaires minimums de CCT, puisque le constat de sous-enchère est plus facile à établir avec un minimum clairement défini. Dans les autres branches, les cantons autorisent parfois des écarts vers le bas par rapport aux salaires usuels, de sorte qu’une partie des entreprises pratiquant des salaires trop bas échappe aux inspections. Le taux d’infraction s’élève à 14&nbsp;% (entreprises étrangères détachant des employé-e-s) et à 10&nbsp;% (entreprises suisses).</p><p>Dans les branches avec des salaires minimums obligatoires fixés dans des CCT ou des contrats-types de travail (CTT), les employeurs qui versent des salaires trop bas sont sanctionnés. En l’absence de salaires minimums, les cantons demandent aux entreprises d’adapter les rémunérations aux salaires usuels dans la région et dans la branche («&nbsp;procédure de conciliation&nbsp;»). Il est réjouissant de constater que la grande majorité des entreprises étrangères donne suite à cette demande. En revanche, le comportement des entreprises suisses en la matière est inacceptable&nbsp;: alors que dans plus de 700 cas, elles payaient des salaires trop bas, elles ne sont que 300 environ à avoir corrigé le tir à la demande des cantons. Malgré cela, et même si la loi le prévoit, la Confédération et les cantons n’édictent pratiquement jamais de salaires minimums.</p><p>La densité des contrôles reste malheureusement très variable selon les cantons. Dans ce contexte, il faut saluer les efforts des cantons du Tessin et de Genève, qui contrôlent de nombreux employeurs helvétiques. C’est tout le contraire dans d’autres parties de la Suisse, où certains cantons (BE, FR, VS ou ZG) n’inspectent qu’1&nbsp;% des entreprises, voire moins. À ce rythme, une entreprise en Suisse n’est contrôlée qu’une fois tous les 100 ans en moyenne. Ce problème perdure depuis des années.</p><p>Les mesures d’accompagnement sont donc absolument indispensables pour protéger les salaires en Suisse. Et là où il y a des contrôles, on découvre souvent des infractions. Il reste toutefois de nombreuses lacunes dans la mise en œuvre des mesures d’accompagnement. Notamment le fait que seule la moitié des travailleuses et travailleurs est protégée par des salaires minimums dans les CCT. Certains cantons ne font pas assez de contrôles et se montrent trop tolérants face à la sous-enchère. Ces manquements dans la protection des salaires doivent être comblés.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/kampagnen/jobs-und-loehne/Lohnkontrolle_Unia-sw.jpg" length="118491" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-8199</guid><pubDate>Sun, 01 May 2022 16:25:00 +0200</pubDate><title>Premier Mai 2022 : Paix, Liberté, Solidarité</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/premier-mai-2022-paix-liberte-solidarite</link><description>Des dizaines de milliers de personnes dans la rue à l’occasion du 1er mai</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Après deux ans de pause forcée à cause de la pandémie, des dizaines de milliers de travailleuses et travailleurs ont pu à nouveau descendre dans la rue pour porter haut et fort leurs revendications à l’occasion de la Fête du travail. À l’initiative des syndicats de l’USS, des manifestations et fêtes du 1er&nbsp;Mai ont eu lieu à 50 endroits à travers toute la Suisse. Le slogan «&nbsp;Paix, Liberté, Solidarité&nbsp;» a bien évidemment placé la guerre en Ukraine au cœur de l’élan exprimé lors des rassemblements. Sans toutefois laisser de côté l’actualité brûlante des autres thèmes et revendications typiquement syndicales, comme les hausses des rentes et des salaires, l’égalité réelle pour toutes et tous et de meilleurs droits dans le monde du travail.</p><p>La plus grande manifestation a eu lieu à Zurich avec 12 000 participant-e-s. Orateur principal dans la capitale économique de la Suisse, le président de l’USS Pierre-Yves Maillard a martelé&nbsp;: «&nbsp;Il faut maintenant améliorer le pouvoir d’achat de la population active et des retraité-e-s au lieu de baisser toujours plus les impôts des plus riches.&nbsp;» Avec le retour de l’inflation et la menace d’une hausse brutale des primes-maladie, une action rapide s’impose. Avant la pandémie déjà, les salaires et les rentes stagnaient, alors qu’il est de plus en plus facile pour les riches de gagner encore plus d’argent avec ce qu’ils ont déjà. Devant la foule à Langenthal (BE), l’économiste en chef de l’USS Daniel Lampart a précisé les mesures à prendre&nbsp;: «&nbsp;Des augmentations générales de salaire et de meilleures réductions de primes sont absolument indispensables&nbsp;! Sinon, les gens auront toujours moins pour vivre.&nbsp;»</p><p class="heading--h4">Engagement total contre la guerre et pour les populations touchées</p><p>Ayant la guerre en Ukraine à l’esprit, beaucoup d’oratrices et d’orateurs ont souligné que la paix est une condition pour pouvoir vivre dans la dignité. La liberté des peuples à décider de leur organisation et de leur destin est le fondement de l’exercice et de la défense des droits sociaux. Et toute véritable solidarité entre les travailleuses et travailleurs s’exerce au-delà des frontières et indépendamment des nationalités. Les militant-e-s syndicaux ont appelé à ce que les réfugié-e-s de guerre trouvent en Suisse une terre d’accueil et que notre pays fasse son maximum pour soutenir la population civile en Ukraine. L’horreur absolue que la guerre inflige à des millions de femmes, d’hommes et d’enfants exige un engagement sans réserve, en Suisse et sur le plan international.</p><p class="heading--h4">Halte aux attaques contre les retraites</p><p>En ce qui concerne la prévoyance vieillesse, il s’agit avant tout de stopper les attaques de la droite et du centre contre les rentes, que ce soit dans l’AVS (AVS&nbsp;21) ou dans le 2e pilier (révision de la LPP). Les projets de la majorité au Parlement sont clairs&nbsp;: elle veut démanteler les rentes basées sur un financement solidaire pour que les banques et les assurances puissent vendre toujours plus de «&nbsp;produits&nbsp;» de prévoyance privée. Les syndicats entendent bien s’opposer à cette privatisation rampante, à commencer par la campagne contre AVS&nbsp;21.</p><p>Présente à Granges (SO), la première secrétaire adjointe de l’USS Gabriela Medici a exposé la voie à suivre&nbsp;: «&nbsp;Pour résoudre le problème des rentes trop basses, il faut au contraire développer l’AVS (13e&nbsp;rente AVS), cesser immédiatement toutes les baisses de rentes dans le 2e pilier et apporter au plus vite de nouvelles améliorations, en particulier pour les femmes, dont les rentes sont toujours inférieures d’un tiers à celles des hommes.&nbsp;»</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/e/7/csm_220501_1erMai_2c540f6972.jpg" length="145879" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-8182</guid><pubDate>Wed, 20 Apr 2022 10:30:00 +0200</pubDate><title>Le pouvoir d’achat risque de baisser de plus de 3000 francs</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/le-pouvoir-dachat-risque-de-baisser-de-plus-de-3000-francs</link><description>L’USS exige des contre-mesures à la baisse du pouvoir d’achat</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’inflation aujourd’hui supérieure à 2% et le choc des primes des caisses-maladie menacent le pouvoir d’achat des travailleuses et travailleurs. Sans compensation du renchérissement, les familles s’exposent à voir leurs revenus réels amputés de 2200&nbsp;francs et à subir en plus une perte de pouvoir d’achat de 1000&nbsp;francs, due au renchérissement des primes des caisses-maladie. L’Union syndicale suisse revendique par conséquent des augmentations générales, afin que les salarié-e-s aient leur juste part de l’évolution économique favorable à laquelle ils ont contribué. Il est urgent par ailleurs de prendre des contre-mesures à l’explosion qui s’annonce des primes des caisses-maladie.</p><p>Le retour de l’inflation, après plus de dix ans d’absence, crée une situation inédite. Le renchérissement annuel dépassera 2% en 2022. Dans ces conditions, des augmentations générales de salaire sont indispensables afin d’éviter une douloureuse érosion des revenus réels. Sans compensation du renchérissement, les gens qui travaillent subiraient avec un salaire moyen une perte réelle de revenu de 1600&nbsp;francs par an. Pour les familles avec enfants dont les deux parents travaillent, la diminution avoisinera même 2200&nbsp;francs.</p><p>Le choc des primes d’assurance-maladie qui s’annonce et qui pourrait avoisiner +10 % sera dur à encaisser pour les revenus moyens. Ils n’ont guère droit aux réductions de primes et versent souvent plus de 10% de leur revenu à leur caisse-maladie. Le choc des primes pour une famille de quatre personnes avec deux enfants pourrait amener une famille à devoir débourser près de 1100&nbsp;francs de plus pour les primes.</p><h3 class="heading--h4">Besoin de rattrapage salarial</h3><p>Les groupes à revenus supérieurs et les managers se sont accordé des augmentations de salaire substantielles, comme si le débat sur les rémunérations abusives n’avait pas eu lieu. D’un autre côté, bien des travailleuses et travailleurs doivent se contenter de bas salaires. Cette situation préoccupante exige des mesures ciblées, afin que le pouvoir d’achat des salaires bas ou normaux augmente au lieu de se contracter. Sans contre-mesures, les familles s’exposent à une perte de pouvoir d’achat de près de 3500&nbsp;francs. «Les revenus réels doivent progresser, afin que l’inflation ne constitue pas un sérieux danger pour la population active», explique Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS.</p><p>Or depuis quelque temps déjà, les salaires normaux ont augmenté bien trop lentement. «Les gains de productivité n’ont pas été redistribués aux travailleuses et travailleurs. Le besoin de rattrapage est donc bien réel parmi les bas et moyens revenus», constate Vania Alleva, présidente d’Unia. La conjoncture générale reste bonne. Bien des branches ont entre-temps complètement récupéré de la crise et sont en plein essor. D’où une réelle marge de manœuvre pour l’octroi d’augmentations salariales.</p><p>À cela s’ajoute l’excellente santé financière des cantons, qui ont parfois même profité des mesures prises par la Confédération contre le COVID-19. Les cantons ont bouclé ces deux années placées sous le signe du coronavirus avec des excédents de plus d’un&nbsp;milliard de francs (2020), voire 2,7&nbsp;milliards de francs (2021).</p><p>Pierre-Yves Maillard, président de l’USS, résume ainsi la situation: «nous vivons un choc comme on n’en avait plus connu depuis longtemps. Les travailleuses et travailleurs ont besoin que des améliorations salariales substantielles interviennent sans tarder et que des mesures soient prises contre le fardeau des primes des caisses-maladie.»</p><h3 class="heading--h4">Revendications de l’USS</h3><p>Alors qu’une perte de pouvoir d’achat est imminente, l’USS appelle à prendre les mesures suivantes:</p><ul><li>Des augmentations générales de salaire s’imposent, avec la compensation du renchérissement et une hausse des rémunérations réelles afin que les salarié-e-s aient leur juste part de l’évolution économique favorable.</li><li>Toute personne occupée à plein temps doit percevoir un salaire d’au moins 4000&nbsp;francs x 13.</li><li>L’heure est à des hausses des réductions de primes dans l’assurance-maladie. Personne ne doit consacrer plus de 10% de son revenu à sa caisse-maladie. Alors qu’un choc des primes est imminent, le Conseil fédéral devrait faire une proposition dans ce sens.</li></ul>]]></content:encoded><category>Santé</category><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/2/4/csm_Paar-Rechnungen-besorgt_iSt-Geber86_557cffb209.jpg" length="102141" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-8135</guid><pubDate>Mon, 28 Mar 2022 13:51:28 +0200</pubDate><title>Des hausses générales pour combattre les bas salaires et les écarts salariaux</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-hausses-generales-pour-combattre-les-bas-salaires-et-les-ecarts-salariaux</link><description>Enquête sur la structure des salaires 2020</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Malgré quelques aspects positifs, notamment la réduction du déficit salarial des femmes, les résultats publiés aujourd’hui de l’Enquête sur la structure des salaires 2020 sont préoccupants&nbsp;: l’écart entre hauts et bas salaires s’est à nouveau creusé et les emplois mal rémunérés se multiplient. Avec un renchérissement de plus de 2&nbsp;%, des hausses générales de salaires sont désormais indispensables pour maintenir le pouvoir d’achat. Ce n’est qu’ainsi que les personnes à bas salaires pourront de nouveau voir un peu de lumière au bout du tunnel.</p><p>Depuis la crise financière de 2008, les crises économiques se sont succédées à un rythme inquiétant&nbsp;: envol du franc en 2010, suppression du taux plancher en 2015, crise du Covid en 2020. Et aujourd’hui, nous avons une guerre au cœur de l’Europe. Dans un tel contexte, il est plutôt positif d’avoir pu négocier des augmentations des salaires réels. Mais d’autres constats restent préoccupants&nbsp;: après l’abandon du taux plancher, les écarts de salaire se sont à nouveau creusés depuis 2016. Les hauts salaires ont bondi de 4&nbsp;% en valeur réelle, alors que les bas salaires n’ont affiché qu’une maigre hausse de 0,5&nbsp;% en valeur réelle. De plus, le nombre d’emplois à bas salaire est reparti à la hausse.</p><p>Par ailleurs, les efforts déployés en faveur de l’égalité salariale entre femmes et hommes portent leurs fruits&nbsp;: chez les femmes sans fonction de cadre, souvent bien organisées syndicalement, le retard salarial a diminué de près de la moitié (salaires médians). Les femmes restent toutefois surreprésentées dans les emplois à bas salaires.</p><p>L’enquête de 2020 donne aussi une idée plus précise des répercussions de la crise du coronavirus sur les salaires. Sans surprise, les salaires réels ont chuté entre 2018 et 2020 dans le secteur de la culture, des divertissements et des loisirs (-3,3&nbsp;%). Il est regrettable également que la hausse des salaires réels n’ait été que de 0,2&nbsp;% au cours de cette période.</p><p>En 2022, le contexte de la politique salariale s’annonce sous un jour très différent. Pour la première fois depuis longtemps, le renchérissement dépasse les 2&nbsp;%. Des hausses générales de salaire sont donc à nouveau la priorité pour les prochaines négociations, sans quoi on va vers une forte baisse du pouvoir d’achat. L’accent sur les augmentations générales profitera notamment au personnel de longue date et aux personnes ayant des salaires plutôt bas, surtout si les hausses consistent en montants fixes.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/blogs/europa/csm_lohn-gelduebergabe_beschnitten_8f0e5252fd.jpg" length="42866" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-8038</guid><pubDate>Fri, 04 Feb 2022 13:48:57 +0100</pubDate><title>Attaque frontale contre la santé des salarié-e-s</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/frontalangriff-auf-die-gesundheit-der-arbeitnehmenden</link><description>La loi sur le travail est sérieusement menacée d&#039;érosion</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Pour des pans entiers de l’économie, la protection qu’offre la loi sur le travail ne devrait plus s’appliquer&nbsp;: la Commission de l’économie du Conseil des États (CER-E) a lancé cette attaque incroyable contre la santé des travailleuses et travailleurs. Lors de l’examen de l’initiative parlementaire Graber, déjà dangereuse, elle a accepté, dans un revirement-surprise, la proposition du conseiller aux États Ruedi Noser qui va encore bien plus loin dans les dégradations de la protection de la santé.</p><p>Alors que, sur mandat du conseiller fédéral Guy Parmelin, les partenaires sociaux discutent déjà d’éventuelles adaptations des horaires de travail pour certains employé-e-s, la CER-E s’attaque ainsi non seulement à la santé de milliers de travailleuses et travailleurs, mais aussi au partenariat social et au Conseil fédéral.</p><p>Si la version de la CER-E était adoptée, cela constituerait un précédent pour l’affaiblissement de la loi sur le travail. En effet, la proposition du conseiller aux États Noser ne vise rien d’autre que de réduire le plus possible le champ de protection de la loi sur le travail, notamment en ce qui concerne les dispositions relatives à la durée du travail et du repos, et donc tout particulièrement l’interdiction du travail de nuit et du dimanche. La protection disparaîtrait pour les employé-e-s exerçant une «&nbsp;fonction dirigeante&nbsp;» et les «&nbsp;spécialistes&nbsp;» avec un diplôme d’études supérieures – une formulation pour le moins élastique. Le même sort serait réservé aux employé-e-s gagnant plus de 120&nbsp;000 francs par année et travaillant dans les secteurs des services, du «&nbsp;conseil&nbsp;», de l’informatique, des audits et de la fiducie. Seule condition&nbsp;: déclarer être «&nbsp;autonome dans les horaires de travail&nbsp;» ainsi que le simple accord écrit de l’employé-e.</p><p>Les définitions de branches sont volontairement floues, en particulier celle de la «&nbsp;branche du conseil&nbsp;», et élargissent ainsi le champ d’application de la nouvelle disposition de manière insoupçonnée. Avec les conséquences désastreuses que cela implique pour la santé psychique&nbsp;: burn-out, auto-exploitation et perte importante des contacts sociaux.</p><p>Cette attaque est très grave, car elle vise à extraire du champ de protection de la loi sur le travail des catégories entières de travailleuses et travailleurs. Et ce n’est apparemment qu’un début&nbsp;: après les conseillers et conseillères, les informaticien-ne-s et autres «&nbsp;spécialistes&nbsp;», l’offensive contre tous les autres salarié-e-s est sans doute imminente, jusqu’à ce que le plus grand nombre possible puissent aussi être employés le dimanche et la nuit, selon le bon vouloir de leur entreprise.</p><p>Et cela a bel et bien lieu en Suisse, où l’on travaille déjà beaucoup et longtemps. L’USS ne tolérera pas cette attaque contre la santé et la qualité de vie des salarié-e-s et la combattra avec tous les moyens nécessaires au sein d’une large coalition.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/d/e/csm_ueberarbeitet_burnout_ist-thodonal_d75e88c55f.jpg" length="149109" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7979</guid><pubDate>Fri, 10 Dec 2021 16:57:10 +0100</pubDate><title>Assurer les revenus en cas de baisse de l&#039;activité</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/assurer-les-revenus-en-cas-de-baisse-de-lactivite</link><description>Position de l&#039;USS sur les nouvelles propositions de mesures du Conseil fédéral pour juguler la pandémie</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La pandémie de coronavirus frappe de nouveau les branches de la culture et de la restauration. Heureusement que le Parlement a déjà pris la décision – contre l’avis du Conseil fédéral – de prolonger les garanties de salaire assurées par le chômage partiel. Maintenant, le Conseil fédéral doit livrer la marchandise&nbsp;: il doit mettre en œuvre au plus vite ces prolongations, afin que les entreprises concernées puissent y avoir recours au début de l'année prochaine et que les salaires et les emplois restent sûrs.</p><p>Le besoin d’agir est urgent aussi en ce qui concerne les allocations pour perte de gain des travailleuses et travailleurs de la culture. Certains cantons refusent de verser les indemnités. La Confédération doit clarifier la situation et veiller à ce que ces indemnités de subsistance soient versées.</p><p>Le chômage a heureusement sensiblement baissé ces derniers mois. Mais chez les plus de 60 ans, les choses n’ont pas beaucoup bougé. Ces personnes restent plus nombreuses à être au chômage qu’avant la crise et risquent plus souvent d’arriver en fin de droit. Il faut donc à nouveau réfléchir à des périodes d’indemnisation et des délais-cadres plus longs, comme lors de la première vague de la pandémie. Dans le programme d’impulsion lié à l’initiative de limitation, l’USS a proposé, en collaboration avec les employeurs, des postes d’ORP supplémentaires pour améliorer le placement des personnes au chômage. Les ORP doivent en faire davantage usage. En outre, le seuil élevé pour l’accès à la rente transitoire doit être adapté.</p><h4>Prévenir les risques liés au télétravail</h4><p>Le télétravail est un instrument efficace pour lutter contre la pandémie et protéger la santé des travailleuses et des travailleurs. L’expérience de la pandémie montre aussi qu’il ne faut pas ignorer les inconvénients liés au télétravail et que les employeurs ne peuvent se soustraire de leurs obligations. Pour protéger les employé-e-s, il est essentiel de tenir compte et de prévenir les dangers liés à la surveillance par l’employeur, au mélange entre vie privée et vie professionnelle ainsi qu’aux autres risques psychosociaux. Le droit au retour est une condition essentielle pour prévenir le côté négatif du télétravail.</p><p>Si le télétravail est ordonné pour des raisons épidémiologiques, les coûts et frais dus en vertu de la loi sur le travail et du code des obligations doivent être entièrement pris en charge par l’employeur, tout comme la protection de la santé (en particulier l’ergonomie). Dans ces circonstances, les coûts du télétravail ne sauraient être supportés par les employé-e-s. Par ailleurs, les contrôles et les conseils opérés sur les lieux de travail par les inspections et la SUVA doivent enfin être massivement augmentés après avoir inexplicablement diminué.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Koch_Restaurant_geschlossen_keineGaeste_ClarkandCompany-iStock.jpg" length="328362" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7966</guid><pubDate>Fri, 03 Dec 2021 15:53:50 +0100</pubDate><title>Assurer les emplois et garantir les salaires</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/assurer-les-emplois-et-garantir-les-salaires</link><description>Position de l’USS sur les décisions du Conseil fédéral</description><content:encoded><![CDATA[<p>En raison de la situation liée au coronavirus, la situation économique s’est à nouveau assombrie dans les branches de services exposées. Les repas de Noël et les manifestations sont annulés, les voyages aussi. Même sans fermetures directes, la situation s’aggrave pour les travailleurs et travailleuses de ces branches&nbsp;: la menace d’une plus grande insécurité, du chômage partiel ou même de la perte de leur emploi plane. Beaucoup d’entre eux ont un bas salaire et ont du mal à joindre les deux bouts, indépendamment de la crise du coronavirus.</p><p>Pour garantir les salaires et les emplois, les mesures de protection économique en matière de chômage partiel ou d’allocations pour perte de gain liées au coronavirus sont décisives. Cette semaine, le parlement a corrigé la mauvaise décision du Conseil fédéral de laisser ces mesures arriver à échéance à la fin de l’année. L’application sans faille doit maintenant rester garantie.</p><p class="heading--h4">Assurer des capacités hospitalières suffisantes</p><p>Au lieu de décider de mesures d'économie les budgets 2022 des cantons doivent tous prévoir des financements non liés à l’activité qui sont nécessaires pour gérer les pics d’activité sans épuiser les équipes. Quand l’activité baissera, le personnel devra pouvoir récupérer du temps et se reposer tout en étant payé normalement. Sans effort de formation et soutien budgétaire adapté, en hiver 2022, la Suisse se retrouvera avec encore moins de lits de soins intensifs qu’aujourd’hui et encore des risques de mesures limitant l’activité sociale et économique.</p><p>Parallèlement, l’USS demande que les contrôles de protection de la santé sur les lieux de travail soient à nouveau renforcés. L’activité de contrôle des cantons a diminué.</p><p>Jusqu’ici, la Suisse s’est relativement bien tirée de la crise du coronavirus sur le plan économique. L’augmentation du chômage chez les travailleurs et travailleuses âgés et la nouvelle hausse des personnes en fin de droits sont préoccupantes. Les personnes concernées ont besoin d’une meilleure protection.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Teambesprechung-Corona-Masken_iStock-Pixelfit.jpg" length="685375" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7946</guid><pubDate>Fri, 19 Nov 2021 14:17:30 +0100</pubDate><title>Soulager les salarié-e-s au lieu de faire de nouveaux cadeaux aux privilégiés</title><link>https://www.uss.ch/luss/organes/detail/soulager-les-salarie-e-s-au-lieu-de-faire-de-nouveaux-cadeaux-aux-privilegies</link><description>Assemblée des délégué-e-s de l’USS </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Alors que la conjoncture économique est en plein essor, les revenus des ménages font du surplace en Suisse. Les primes d’assurance maladie et les dépenses incompressibles pèsent toujours plus lourd sur les ménages. Face à ce constat, les délégué-e-s de l’Union syndicale suisse (USS) ont décidé aujourd’hui de lancer une offensive pour des hausses de salaires, de meilleures rentes et davantage de subsides pour les primes-maladie. Par ailleurs, les syndicats combattront fermement les cadeaux fiscaux inacceptables destinés aux gros revenus et aux gens fortunés.</p><p>De plus en plus de travailleurs et travailleuses ont du mal à joindre les deux bouts avec leur revenu disponible&nbsp;: la charge des primes d’assurance-maladie est devenue de plus en plus insupportable et les salaires sont à la traîne de la conjoncture économique. Pire encore&nbsp;: un-e salarié-e sur six n’a même pas de 13e salaire et les retraites sont en baisse, car les rentes des caisses de pension sont sous pression. Et voilà que le Conseil fédéral et le Parlement prévoient des baisses d’impôts d’environ 3&nbsp;milliards de francs par an pour les personnes fortunées, les hauts revenus et les entreprises ainsi que des dégradations dans la prévoyance vieillesse&nbsp;!</p><p>Une telle politique est tout simplement inacceptable pour l’USS. La situation des travailleuses et travailleurs doit s’améliorer et non se dégrader. Il faut pour cela davantage de réductions de primes dans l’assurance-maladie, afin que personne ne doive dépenser plus de 10&nbsp;% de son revenu pour les primes. C’est ce que demande l’initiative d’allègement des primes.</p><p>Le problème des rentes doit être résolu. L’USS demande une 13e rente AVS. Elle combattra toute détérioration des rentes (relèvement de l’âge de la retraite des femmes et baisses des rentes) ainsi que de nouveaux privilèges fiscaux pour le 3e pilier. Les salaires doivent augmenter. Il faut plus de CCT et un 13e salaire pour tout le monde. L’USS et ses fédérations passent à l’offensive sur la politique salariale. Les allégements fiscaux prévus par le Conseil fédéral et le Parlement en matière de droit de timbre, d’impôt anticipé et d’impôt fédéral direct ne sont pas acceptables. L’USS les rejette clairement et les combattra.</p><h3 class="heading--h4">Le moment est venu de développer le service public</h3><p>Avec la pandémie, nous avons pu voir à nouveau et de façon impressionnante à quel point le service public est important pour la société et l’économie. La raison principale de la grande stabilité de notre service public réside dans le fait qu’il soit resté en mains publiques dans la plupart des domaines, ou du moins fortement réglementé par les pouvoirs publics. Et ce, en dépit de tentatives répétées de démantèlement. Cet état de fait a beaucoup à voir avec la combativité des syndicats. Mais comme si aucune leçon n’avait été tirée des crises passées et actuelles, le service public doit faire face à de nouvelles attaques. La privatisation de PostFinance va de l’avant alors même qu’elle entraînera l’effondrement de tout le modèle d’affaires de la Poste. Avec le projet «&nbsp;Financement uniforme des prestations ambulatoires et stationnaires&nbsp;» (abrégé EFAS en allemand), le Conseil fédéral et le Conseil national entendent laisser le pilotage du financement de la santé dans les mains de l’économie privée – se conformant ainsi aux souhaits du lobby des assurances. Et le Conseil fédéral propose à nouveau de libéraliser entièrement le marché de l’électricité. Pourtant, l’approvisionnement de base garanti pour les petits clients est aujourd’hui le meilleur garant contre les hausses vertigineuses des prix de l’énergie ainsi qu’une condition première pour réaliser une transformation de notre approvisionnement énergétique qui tende vers la neutralité climatique.</p><p>Les syndicats continueront à s’opposer avec véhémence à tous ces projets de démantèlement. Au lieu d’affaiblir le service public, il est impératif de reconnaître enfin les signes du temps, et, au contraire, de le développer et de le moderniser. Dans cette perspective, un OUI clair à l’initiative enverrait un signal puissant pour le renforcement d’un système de santé financé de manière solidaire, ainsi que pour une amélioration des conditions de travail dans toutes les professions qui sont essentielles pour l’approvisionnement de base.</p><p>Le lancement prévu d’une initiative populaire pour l’accueil des enfants vise une couverture adéquate sur l’ensemble du territoire en matière d’accueil extra-familial des enfants. Car ce service fait incontestablement partie des prestations de base qui doivent être garanties et financées en grande partie par les pouvoirs publics. L’USS soutiendra une initiative qui va dans ce sens.</p><h3 class="heading--h4">Solidarité avec le personnel de Smood et les retraité-e-s de La Poste</h3><p>Les délégué-e-s de l’USS ont également exprimé par une résolution leur soutien plein et entier au personnel de Smood en grève dans de nombreuses villes de Suisse romande. Les heures de travail et les frais doivent enfin être payés correctement. Et il est temps que des négociations s’engagent pour de meilleures conditions de travail.</p><p>L’Assemblée des délégué-e-s a également protesté contre la suppression par La Poste des bons d’achats pour les retraité-e-s. Cette baisse de prestation annuelle de 200 francs n’est pas acceptable et doit être annulée.</p>]]></content:encoded><category>Décisions des organes</category><category>Services Publics</category><category>Économie</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/e/f/csm_delegiertenversammlung2018-abstimmung_Foto-SGB-TF_fbddb64d07.jpg" length="190601" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7923</guid><pubDate>Fri, 12 Nov 2021 14:21:20 +0100</pubDate><title>La sécurité sociale doit rester garantie</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/la-securite-sociale-doit-rester-garantie</link><description>La commission des États donne des signaux importants pour les employé-e-s de plateformes et face aux conséquences économiques de la pandémie</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) salue les décisions prises aujourd’hui par la commission sociale du Conseil des États (CSSS-E) concernant la loi COVID-19. Elles permettront de prolonger les allégements demandés par l’USS en matière de droit des assurances sociales. Pendant la crise sanitaire, de nombreux emplois et salaires ont pu être garantis grâce à des soutiens rapides et simples à mettre en place. Certaines de ces mesures ont joué un rôle crucial&nbsp;: les allègements dans le domaine de l’assurance-chômage et la création de l’APG Covid pour les salarié-e-s en quarantaine, pour les parents avec des obligations familiales ainsi que pour les travailleuses et travailleurs indépendants. Avec les restrictions toujours en vigueur et l’incertitude qui règne, ces mesures gardent toute leur importance cet hiver.</p><h3>Les employé-e-s de plateformes doivent être mieux protégés</h3><p>L’USS salue également les décisions claires prises par la commission au sujet de l’économie de plateforme&nbsp;: elle veut empêcher que ce type de travail ouvre les vannes d’une plus grande précarisation et d’une détérioration des conditions de travail. Concrètement, la CSSS-E soutient la position de l’USS&nbsp;: il ne peut y avoir de liberté de décider si l’on travaille comme indépendant-e ou comme employé-e et si l’on bénéficie des règles de sécurité, de diligence et d’assurance. La protection des employé-e-s doit continuer de primer et les lois en vigueur sont suffisantes pour la réglementer. L’USS exige toutefois que l’exécution de ces règles s’améliore de toute urgence, à travers une application systématique des lois en vigueur. Ce qui n’est pas le cas actuellement.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/1/4/csm_Staenderat_Schweiz_WikimediaCommons-Superikonoskop-ccbysa_703ef7e8ba.jpg" length="352005" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7907</guid><pubDate>Wed, 27 Oct 2021 17:49:45 +0200</pubDate><title>Les travailleurs et travailleuses de plateforme doivent être mieux protégés</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-travailleurs-et-travailleuses-de-plateforme-doivent-etre-mieux-proteges</link><description>Le Conseil fédéral adopte un état des lieux sur la sécurité sociale des travailleurs et travailleuses de plateformes.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) salue l’état des lieux sur les nouvelles formes de travail et la sécurité sociale adopté par le Conseil fédéral. Ce rapport fait clairement apparaître que la question de savoir si une personne est engagée ou indépendante ne peut pas être décidée «&nbsp;librement&nbsp;» ou dans le cadre d’une «&nbsp;déclaration concordante des parties&nbsp;». Car la protection des employé-e-s est prioritaire.</p><p>L’USS rejette énergiquement la mise en place d’une telle «&nbsp;liberté de choix&nbsp;» ou «&nbsp;déclaration concordante des parties&nbsp;» comme certains le demandent, de même que la création d’un troisième statut d’activité lucrative pour les travailleurs et travailleuses des plateformes. Ces trois options aboutissent à une protection des travailleurs et travailleuses concernés substantiellement moindre au plan des assurances sociales, à un transfert du risque et des coûts au détriment des salarié-e-s et à une privatisation des assurances sociales.</p><p>Le système en vigueur tient aussi compte des nouvelles formes de travail. Les autorités en place et les décisions des tribunaux sur la question (p. ex. contre le service de taxi de Uber ou le service de livraison notime) confirment que les bases légales existantes peuvent et doivent aussi s’appliquer aux nouveaux rapports de travail engendrés par la numérisation. Cependant, il faut à ce jour qu’à chaque fois, une personne fasse valoir juridiquement ses droits, sinon beaucoup d’employeurs de plateformes pratiquent a priori le «&nbsp;travail au noir numérisé&nbsp;».</p><p>C’est pourquoi l’USS demande que les règles figurant dans les lois existantes soient systématiquement appliquées. Au lieu d’affaiblir la protection juridique, l’USS estime qu’il faudrait bien au contraire introduire une présomption juridique selon laquelle le revenu du travail sur plateforme est reconnu comme un revenu provenant d’une activité lucrative dépendante. Cela renforcerait la couverture sociale des employé-e-s des plateformes et créerait une sécurité juridique.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Lieferdienst_Bringdienst_Maske_iSt-ArtMarie.jpg" length="297992" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7909</guid><pubDate>Wed, 27 Oct 2021 12:23:00 +0200</pubDate><title>30 octobre 2021 :  Journée d’action des syndicats pour plus de salaire et de meilleures conditions de travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/30-octobre-2021</link><description>Mobilisations à Berne, Genève, Olten, Zurich et Bellinzone</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les salaires des travailleurs et travailleuses font depuis des années du surplace. C’est pourquoi les problèmes de pouvoir d’achat s’étaient aggravés déjà avant la crise du coronavirus. Pendant cette dernière, les travailleurs et travailleuses ont fourni des prestations extraordinaires dans de nombreuses branches. Les carnets de commandes de beaucoup entreprises sont pleins, mais celles-ci menacent de geler à nouveau les salaires dans tout le pays, alors que les prix augmentent pour les salarié-e-s ordinaires.</p><p>Et les politiques ne font rien pour améliorer les revenus des salarié-e-s. Avec les baisses d’impôts pour les entreprises et les couches supérieures de la société qu’ils ont déjà décidées ou qu’ils prévoient, le Conseil fédéral et le Parlement prennent la direction inverse. Après la crise financière, l’appel à corriger la répartition inégale des revenus et de la fortune s’est fait toujours plus pressant dans le monde entier. Mais les politiques prennent la direction opposée.</p><p>Quelques employeurs et employeuses attaquent même toujours plus les conventions collectives de travail et les syndicats au plan politique pour que les travailleurs et travailleuses reçoivent à l’avenir une part du gâteau encore plus petite.</p><p>Pas d’accord, disent clairement et sans équivoque aucune les syndicats&nbsp;! C’est pour cela qu’ils mobilisent et descendront dans la rue pour demander plus de salaire et des meilleures conditions de travail&nbsp;: le 30 octobre, dans toute la Suisse et pour toutes les professions, à Genève, Olten, Zurich et Bellinzone, ainsi qu’à Berne, spécialement pour le personnel de la santé&nbsp;:</p><p><strong>Genève, </strong>rassemblement à 13 h, Place des Vingt-Deux-Cantons, départ&nbsp;: 13h30<br><a href="https://geneve.unia.ch/manifestations-du-30-octobre" target="_blank" class="link--arrow" rel="noreferrer">Infos d'Unia sur la manif à Genève</a></p><p><strong>Berne, </strong>manifestation pour le personnel de la santé : rassemblement à 13 h, Schützenmatte, départ : 13h30.<br><a href="https://ssp-vpod.ch/campagnes/santeenlutte/" target="_blank" class="link--arrow" rel="noreferrer">Infos et formulaire d’inscription du SSP sur la manif à Berne</a></p><p><strong>Olten, </strong>rassemblement à 13 h, Bifangstrasse, départ : 13h30.<br><a href="https://biel-solothurn.unia.ch/demo-30-oktober" target="_blank" class="link--arrow" rel="noreferrer">Infos d'Unia sur la manif à Olten </a></p><p><strong>Zurich, </strong>rassemblement à 13 h, Helvetiaplatz, départ : 13h30 Uhr<br><a href="https://zuerich-schaffhausen.unia.ch/demo-30-oktober" target="_blank" class="link--arrow" rel="noreferrer">Infos d'Unia sur la manif à Zurich</a></p><p><strong>Bellinzone: </strong>rassemblement à 13h, Piazzale Stazione, départ : 13h30.<br><a href="https://ticino.unia.ch/attualita/manifestazione-30-ottobre" target="_blank" class="link--arrow" rel="noreferrer">Infos d’Unia sur la manif à Bellinzone</a></p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gewerkschaftspolitik/Demo-Megafon_iStock-andyworks.jpg" length="433359" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7899</guid><pubDate>Thu, 21 Oct 2021 10:10:31 +0200</pubDate><title>Égalité des genres et discrimination fondée sur le genre dans le monde du travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/egalite-des-genres-et-discrimination-fondee-sur-le-genre-dans-le-monde-du-travail</link><description>Colloque juridique de l’USS le 25 novembre 2021</description><content:encoded><![CDATA[<p>La loi sur l’égalité (LEg) a été révisée en 2020 et cette année, l’USS a publié le commentaire à son sujet. La thématique de la discrimination dans le monde du travail n’a rien perdu de son actualité : année après année, les statistiques relèvent des différences de salaire considérables entre les hommes et les femmes. Alors qu’une bonne moitié de cet écart peut s’expliquer par des critères objectifs comme la formation, l’expérience et la branche, le reste est de la discrimination salariale pure et simple.</p><p>Mais la discrimination fondée sur le genre va au-delà de cette question : dans un arrêt, le Tribunal fédéral constate que les discriminations sur le lieu de travail en raison de l’orientation sexuelle ne tombent pas sous la LEg&nbsp;! Dans un tel contexte, comment traiter les discriminations à l’égard des femmes et des personnes LGBTQIA+&nbsp;?</p><p>Des intervenant-e-s de haut niveau issus des milieux scientifiques et de la pratique feront le point sur la doctrine juridique ainsi que sur les besoins éventuels d’action.</p><p>&nbsp;</p><p><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/agenda/2021/Flyer-USS-ColloqueJurid-21_web.pdf" target="_blank" class="button" rel="noreferrer"><i class="fa-file-pdf far">&nbsp;</i>&nbsp; Télécharger le programme complet</a><br><a href="https://uss.sgb.ch/civicrm/event/register?id=18&amp;reset=1" target="_blank" class="button" rel="noreferrer"><i class="fa-pencil-alt fas">&nbsp;</i>&nbsp;Inscription en ligne</a></p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/b/4/csm_CollJuridique21_3db93fc732.jpg" length="149856" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7893</guid><pubDate>Tue, 19 Oct 2021 10:37:06 +0200</pubDate><title>Oui à l’initiative sur les soins infirmiers : évidemment !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/oui-a-linitiative-sur-les-soins-infirmiers-evidemment</link><description>Pour des soins de qualité et de bonnes conditions de travail</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Depuis bientôt deux ans, les concerts d’applaudissements pour le personnel soignant sont accompagnés d’un complet déni de réalité de la part du monde politique. La population peut enfin y changer quelque chose le 28 novembre&nbsp;: avec un oui à l’initiative sur les soins infirmiers, les très anciens dysfonctionnements dans le domaine des soins seraient enfin abordés, dans l’intérêt du personnel et de nous toutes et tous.</p><p>«&nbsp;Qui choisit la profession soignante ne le fait pas pour le salaire mais plutôt par idéal&nbsp;», selon le président de l’association zurichoise des hôpitaux, cité dans les médias pendant la première phase de la pandémie de coronavirus. Difficile à battre en termes de mépris pour le personnel infirmier, cette déclaration peut induire la réponse suivante&nbsp;: l’idéal est devenu aussi problématique que le salaire.</p><p>Bien avant la pandémie, l’expérience du quotidien professionnel dans les soins était déjà loin d’être idéale&nbsp;: dans une enquête réalisée en 2019 auprès du personnel soignant, près d’un tiers des personnes interrogées a déclaré avoir été en congé maladie pour des raisons professionnelles une ou plusieurs fois pendant un mois ou plus. De même, un-e soignant-e sur trois a enfreint plus de cinq fois par mois la période de repos légale de onze heures entre deux périodes de travail. Presque toutes les personnes interrogées ont aussi déclaré se sentir épuisées. Et elles sont unanimes à affirmer que la pénurie chronique de personnel et la pression aux économies a déjà un impact sur la qualité des soins.</p><h3 class="heading--h4">Courte longévité professionnelle, forte dépendance envers l’étranger</h3><p>Tout cela a des conséquences tangibles&nbsp;: celles et ceux qui n’en peuvent plus, partent. La durée moyenne de maintien dans la profession du personnel soignant qualifié est de 15 ans seulement, ce qui est très peu par rapport aux autres groupes professionnels. Particulièrement préoccupant et coûteux&nbsp;: un-e soignant-e sur trois quittant prématurément la profession a moins de 35 ans.</p><p>On assiste donc à un exode continu dans le domaine de la santé et des soins de longue durée, qui ne peut être compensé que par l’engagement de personnel soignant venu de l’étranger&nbsp;: la Suisse est le pays occidental qui emploie le plus d’infirmiers et infirmières formés à l’étranger&nbsp;; un tiers de l’ensemble de notre personnel soignant est d’origine étrangère. Et nous le savons tous&nbsp;: sans ces personnes, les EMS et hôpitaux seraient paralysés. Que se serait-il passé au plus fort de la pandémie, si la France et l’Italie avaient fermé leurs frontières non seulement aux vacanciers mais aussi aux milliers de frontaliers et frontalières&nbsp;? Nos voisins ont urgemment besoin de leur propre personnel soignant formé à grands frais, indépendamment de la pandémie. On le remarquera bientôt en Suisse, car les conditions de travail du personnel soignant sont en train de s’améliorer dans tous les pays européens.</p><h3 class="heading--h4">L’offre ne correspond pas à la demande&nbsp;: augmentez les salaires&nbsp;!</h3><p>Alors qu’en Suisse «&nbsp;l’offre&nbsp;» en personnel soignant baisse, la «&nbsp;demande&nbsp;» pour ce même personnel va beaucoup augmenter ces prochaines décennies, ne serait-ce qu’en raison du vieillissement de la population. Aujourd’hui déjà, 11 000 (!) postes de soignant-e-s sont vacants et d’ici 2029, il faudra au total 70’000 infirmières et infirmiers supplémentaires. Il est donc clair que la Suisse a besoin immédiatement d’une offensive massive en matière de formation, comme le demande l’initiative sur les soins infirmiers. Il est tout aussi clair que les professions soignantes ne vont pas devenir plus attractives, sans amélioration des conditions de travail et des perspectives de carrière. Et cela inclut bien entendu les salaires&nbsp;: par rapport au salaire moyen de l’ensemble de l’économie, le personnel soignant de tous les pays européens de l’OCDE gagne plus qu’en Suisse (à l’exception de la Lettonie et de la Lituanie). Chez nous, la moitié des aides-soignant-e-s doivent se contenter d’un salaire de moins de 4000 francs à plein temps. Si l’offre et la demande ne correspondent pas, il est logique de d’augmenter les salaires dans le cas des soins. C’est précisément ce qu’exige l’initiative sur les soins infirmiers, en plus d’une offensive de formation, une rémunération appropriée des prestations de soins, des conditions de travail conformes aux revendications et des possibilités de développement professionnel.</p><h3 class="heading--h4">Remplissez enfin votre devoir&nbsp;!</h3><p>Un oui à l’initiative sur les soins infirmiers est une évidence. C’est une claire invitation aux politiciens et politiciennes à remplir enfin leur devoir et garantir un bon accès aux soins dans toute la Suisse et à long terme. Ni plus ni moins.</p><p>Concernant les coûts que les opposants brandissent pour critiquer l’initiative, c’est un peu comme pour le climat&nbsp;: à long terme, les coûts de l’inaction sont encore plus élevés. Mais contrairement à ce qui se passe dans la politique climatique, en matière de soins nous ne pouvons absolument pas compter sur les autres pour payer à notre place.</p>]]></content:encoded><category>Santé</category><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/Abstimmungen/211128/pflegeini-sujet-fr.jpg" length="187958" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7725</guid><pubDate>Tue, 07 Sep 2021 09:30:00 +0200</pubDate><title>Les salaires doivent augmenter de 2 % ou 100 francs par mois</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/les-salaires-doivent-augmenter-de-2-ou-100-francs-par-mois</link><description>Reprise, inflation et rattrapage : des hausses tangibles s&#039;imposent</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’économie a retrouvé ou dépassé son niveau d’avant-crise dans la majorité des branches. L’inflation reprend&nbsp;: pendant les mois de négociations salariales, elle sera de 1&nbsp;%. Et avant la crise déjà, les salaires avaient stagné durant plusieurs années. Des augmentations de salaires de 2&nbsp;% ou 100 francs par mois au moins sont donc nécessaires, pour les syndicats de l'Union syndicale suisse (USS). Après avoir fourni des efforts importants durant la crise, les travailleuses et travailleurs doivent profiter du retour à une conjoncture favorable.</p><p>La grande majorité des branches en Suisse est revenue à une situation conjoncturelle favorable. L’activité a repris, et les entreprises font à nouveau des bénéfices. Parallèlement, une augmentation du renchérissement se profile. L’inflation a atteint 0,9&nbsp;% en août et sera de 1&nbsp;% ou plus durant les mois de négociation salariale. Enfin, les années précédant la pandémie avaient été marquées par une stagnation salariale générant un besoin important de rattrapage.</p><p>Les syndicats de l’USS demandent donc une hausse des salaires de 2&nbsp;% ou d’au moins 100 francs par mois. Cette revendication se justifie pour moitié par la compensation du renchérissement et pour moitié par la nécessité de refléter l’amélioration de la productivité dans les salaires réels.</p><p>Les travailleuses et travailleurs de Suisse ont fourni, durant la pandémie, des efforts hors du commun, tout en faisant face à de multiples insécurités. Cet engagement doit être pris en compte et honoré au moment des négociations pour 2022. Pierre-Yves Maillard, président de l’USS, résume&nbsp;: «&nbsp;Les travailleuses et travailleurs ont été au front pendant cette crise, mais l’immense majorité n’a pas encore pas vu la couleur d’une reconnaissance salariale pour ces efforts. Des hausses tangibles sont donc nécessaires.&nbsp;»</p><h3>Revaloriser les bas salaires et les professions à majorité féminine</h3><p>Avec la croissance prévue pour le deuxième semestre 2021 et pour 2022, les marges de manœuvre pour des hausses de salaires existent dans de nombreuses branches. «&nbsp;Au vu de la nette reprise de l’économie, des augmentations salariales sont indispensables&nbsp;», souligne Vania Alleva, présidente d’Unia, en pointant les secteurs de la construction, du second œuvre ou encore du commerce de détail.</p><p>Le besoin est particulièrement important pour les salaires les plus bas. Ces dernières années, les salaires minimums inscrits dans les CCT ont connu une croissance inférieure aux salaires moyens. Pour que la protection contre la sous-enchère salariale reste efficace, les salaires minimums doivent donc être revalorisés, pour atteindre 4000 francs par mois au moins.</p><p>Les professions majoritairement exercées par des femmes doivent être, enfin, sérieusement revalorisées. C’est notamment le cas dans le secteur de la santé, qui connaissent un niveau de rémunération très insuffisant. Secrétaire centrale en charge du secteur de la santé au Syndicats des services publics (SSP), Beatriz Rosende alerte&nbsp;: «&nbsp;Dans les professions qualifiées, le salaire n’est plus suffisant et ne compense pas les sacrifices énormes consentis au quotidien. Pour les personnes pas ou peu qualifiées, même le salaire à 100&nbsp;% frôle le minimum vital&nbsp;!&nbsp;».</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Arbeiten-Corona-Maske-Fabrik_iStock_martin-dm.jpg" length="417584" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7650</guid><pubDate>Fri, 25 Jun 2021 10:35:39 +0200</pubDate><title>La situation des salarié-e-s s’améliore, mais des pas supplémentaires sont nécessaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-situation-des-salarie-e-s-sameliore-mais-des-pas-supplementaires-sont-necessaires</link><description>Libre circulation des personnes avec des mesures d’accompagnement efficaces: un système progressiste. Commentaire de l’USS sur le rapport observatoire</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le nombre d’immigrant-e-s est principalement déterminé par la situation économique et le besoin des entreprises en main-d’oeuvre. C’est ce que montre l’histoire de la politique migratoire suisse, ou encore la comparaison de la Suisse avec des pays dont les politiques d’immigration sont basées sur des systèmes dits à points, parfois liés à des contingents (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande).</p><p>Ce qui peut et doit être piloté, c'est la « qualité » de la migration. À savoir les conditions de travail, les droits en matière de séjour et de sécurité sociale ainsi que les qualifications. À cet égard, l’actuel système de libre circulation des personnes avec des mesures d'accompagnement est bien meilleur que les autres systèmes. Toute personne souhaitant immigrer en Suisse dans le cadre de la libre circulation a besoin d’un emploi ou d’un contrat de travail. Les mesures d’accompagnement veillent à la protection des salaires. Et de meilleurs droits de séjour et de sécurité sociale permettent aux migrant-e-s de mieux se défendre contre les abus.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/internat-eu/CH-EU_stadtratte-iStock.jpg" length="303602" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7619</guid><pubDate>Tue, 15 Jun 2021 13:40:13 +0200</pubDate><title>Protection des salarié-e-s : Guy Parmelin devra tenir ses engagements </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/guy-parmelin-veut-ameliorer-la-protection-des-salarie-e-s-en-suisse</link><description>Conférence annuelle de l’OIT : coronavirus et protection contre le licenciement</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le président de la Confédération Guy Parmelin a inauguré le 7 juin à Genève la 109e Conférence internationale du Travail 2021, plus haute instance de l’Organisation internationale du Travail (OIT), l’agence de l’ONU qui traite des questions relatives au travail dans le monde. Lors de son allocution, le conseiller fédéral s’est engagé à améliorer la protection des travailleurs et travailleuses en Suisse.</p><p>Nous prenons au mot Monsieur Parmelin&nbsp;: la Suisse n’a en effet toujours pas mis en œuvre les recommandations de l’OIT concernant l’amélioration de la protection contre les licenciements contraires aux droits fondamentaux. La médiation mise en route en 2019 sur mandat du Conseil fédéral et sous la présidence de Franz Steinegger n’a donné encore aucun résultat.</p><p>Le Conseil fédéral s’est engagé vis-à-vis des partenaires sociaux et de l’OIT à proposer, au plus tard en 2022, une révision de la loi conforme aux exigences du droit international (conventions de l’OIT, CEDH). La pression est forte sur le gouvernement suisse&nbsp;: si rien ne se passe, la Suisse se retrouvera à nouveau dans le viseur de la commission de l’application des normes de l’OIT (la plus haute juridiction du travail de l’ONU).</p><p>Autre sujet abordé lors de la grande réunion annuelle&nbsp;: la protection de la santé comme faisant partie intégrante de la protection des salarié-e-s. En Suisse, les gens travaillent beaucoup trop, trop longtemps et de manière trop irrégulière. La réglementation du temps de travail y est unilatéralement favorable aux employeurs, et le droit du travail suisse n’est plus – et depuis fort longtemps – un modèle en matière de protection contre l’épuisement professionnel ou contre l’effacement des limites entre temps libre et temps de travail. De plus, nous faisons face actuellement à des phénomènes tels que la multiplication du télétravail, mais aussi à des initiatives parlementaires extrêmes qui veulent de fait supprimer la protection de la santé au travail. Dans ce contexte, nous prenons de nouveau Monsieur Parmelin et le Conseil fédéral au mot&nbsp;: la Suisse a besoin de plus de protection de la santé au travail, pas de moins.</p><p class="heading--h4">COVID-19 au cœur des débats&nbsp;: plus de protection, moins de précarité</p><p>La crise du coronavirus a mis en lumière les défaillances criantes dans le monde du travail en matière de sécurité au travail et de protection de la santé. Les rapports de l’OIT sur ce sujet en témoignent clairement.</p><p>Pour de nombreuses personnes, le lieu de travail est l’endroit où elles ont été infectées par le virus. Souvent, la protection la plus élémentaire faisait et fait toujours défaut, aussi en Suisse, comme l’ont constaté de nombreux salarié-e-s. Et ça coince encore trop souvent dans l’application de la protection de la santé en Suisse&nbsp;: le nombre d’inspecteurs et d’inspectrices, et donc la densité des inspections, est trop faible pour garantir efficacement le respect des dispositions de la loi sur le travail.</p><p>La Suisse n’a pas encore signé la Convention n° 155 de l’OIT sur la protection de la santé. De plus, la loi sur le travail ne vaut même pas pour tous les salarié-e-s&nbsp;: l’agriculture ou le travail domestique par exemple en sont exclus. Il est donc impératif que la conférence de l’OIT de l’année prochaine désigne la sécurité et la santé au travail comme des droits fondamentaux sur le lieu de travail. Il est tout aussi urgent que la Suisse augmente la fréquence des inspections dans le domaine de la protection de la santé ainsi que leur financement.</p><p>La pandémie a mis au jour la «&nbsp;brutalité insupportable des inégalités multiples et grandissantes dans nos sociétés, qui trouvent souvent leur origine dans le monde du travail&nbsp;», a souligné à cette occasion le directeur général de l’OIT Guy Ryder. Pour lutter contre ce phénomène, il faut des emplois sûrs avec des salaires équitables et une sécurité sociale complète. La crise du COVID-19 doit servir d’opportunité pour créer un monde du travail avec une bonne protection de la santé, avec de l’égalité et sans conditions de travail précaires. La Suisse a encore beaucoup à faire pour y parvenir.</p><p class="heading--h4">Les femmes et les migrant-e-s sont les plus durement touchés</p><p>Au début de la crise sanitaire, la précarité et la pauvreté en Suisse sont devenues visibles pour tout le monde. On a vu se former de longues files d’attente pour la distribution de colis alimentaires dans des villes riches comme Genève et Zurich, une vision complètement inusitée. L’État a alors pris rapidement des mesures pour contenir les pires conséquences de la lutte contre pandémie. Il a mis en place des structures tripartites pour gérer au mieux cette crise et a toujours consulté au préalable les partenaires sociaux, en particulier les syndicats. Cet effort a été reconnu lors de la conférence de l’OIT.</p><p>Malgré ces mesures importantes, de nombreuses personnes sont passées entre les mailles du filet social. Les «&nbsp;travailleurs et travailleuses pauvres&nbsp;», c’est-à-dire les personnes qui n’ont pas eu droit au chômage partiel ou à un salaire, comme le personnel de nettoyage sur appel dans les ménages privés, ont été contraints de se rendre aux distributions de nourriture.</p><p>Aujourd’hui encore, on y voit des migrant-e-s sans permis de séjour&nbsp;; ou avec un permis, mais sans aucun droit à l’assurance chômage ou à l’aide sociale&nbsp;; ou encore des personnes qui n’osent pas demander l’aide sociale de peur de perdre leur droit de résidence. Le droit à l’assistance en cas de besoin est un droit fondamental en Suisse. Mais les migrant-e-s qui font usage de ce droit peuvent perdre leur permis de séjour pour cette raison. C’est inacceptable.</p><p>Les femmes, et surtout les femmes migrantes, sont les plus durement touchées, comme en témoignent les rapports de l’OIT. Pourtant, leur travail est d’une valeur inestimable, en particulier dans les professions essentielles, comme par exemple celles des soins. Elles assurent l’approvisionnement de base de la société et le fonctionnement du système de santé. Et leur travail ne s’arrête pas là&nbsp;: arrivées à la maison, beaucoup d’entre elles doivent encore s’occuper des enfants et même assumer des tâches scolaires lorsque les écoles et les jardins d’enfants sont fermés. Il s’agit d’une charge énorme, en particulier pour les femmes migrantes, qui ne sont souvent pas en mesure d’aider leurs enfants parce qu’elles ne maîtrisent pas la langue scolaire ou ne disposent pas de connaissances numériques suffisantes.</p><p>La Conférence de l’OIT l’a bien montré&nbsp;: des améliorations s’imposent dans tous ces domaines. Aussi – surtout&nbsp;! – dans ce pays riche qu’est la Suisse, où les différences salariales sont particulièrement choquantes et les outils de contrôles trop faibles.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/logos/ilo_logo_beschnitten.png" length="92369" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7610</guid><pubDate>Sun, 13 Jun 2021 15:38:31 +0200</pubDate><title>De bonnes nouvelles pour les salarié-e-s, mais pas pour le climat</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/de-bonnes-nouvelles-pour-les-salaries-mais-pas-pour-le-climat</link><description>Votation populaire du 13 juin</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le rejet de la loi sur le CO2 signifie pour la Suisse qu’elle restera en retard dans la lutte pour le changement climatique. Ce résultat ne change rien à la nécessité d’agir, et il faudra veiller également à l’avenir à la dimension sociale des mesures prises pour réduire les émissions. De l’autre côté, le fort soutien à la loi Covid-19 et deux décisions dans les cantons apportent de bonnes nouvelles pour les salarié-e-s du pays. Les instruments efficaces de lutte contre les conséquences économiques de la pandémie sont maintenus. A Bâle-Ville, le premier salaire minimum de Suisse alémanique est introduit. Et enfin, le Jura montre la voie en matière de lutte contre les inégalités salariales entre femmes et hommes en adoptant une loi pionnière.</p><h3 class="heading--h4">Loi Covid-19&nbsp;: instruments efficaces préservés</h3><p>L’Union syndicale suisse salue la large approbation de la loi Covid-19. La loi fournit la base légale aux instruments et mesures de soutien introduits souvent sous la pression des syndicats, et qui ont fait leurs preuves pendant la crise. Ce résultat protège de nombreux travailleurs et travailleuses notamment d’un arrêt brutal des mesures prises en matière de chômage partiel, avec la couverture améliorée du salaire pour les revenus les plus bas. Le «&nbsp;oui&nbsp;» très clair permet d’envisager avec davantage de sérénité la sortie des turbulences économiques provoquées par la pandémie et qui continuent de secouer certains secteurs. Cette majorité claire est aussi un signal pour le Conseil fédéral que le soutien financier actuel ne doit pas cesser trop tôt.</p><h3 class="heading--h4">Loi sur le CO2&nbsp;: un revers qui met en lumière la dimension sociale</h3><p>L’Union syndicale suisse regrette le refus de la loi sur le CO2, qui fait prendre un retard considérable à la Suisse en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Le résultat négatif ne change rien à l’urgence d’agir&nbsp;: le réchauffement climatique est là, et ses conséquences, par exemple à travers les événements météorologiques extrêmes, frapperont avant tout les personnes à bas et moyens revenus, ainsi que de nombreuses travailleuses et travailleurs dans le cadre de leur activité.</p><p>La campagne de votation a démontré le rôle central de la question sociale. Elle devra être, y compris dans le cadre d’une éventuelle nouvelle loi, traitée de manière plus sérieuse, de sorte que le coût de la transition vers une économie plus respectueuse de l’environnement tienne mieux compte encore du pouvoir d’achat. Toute taxe incitative doit ainsi être autant que possible redistribuée. Quant aux investissements nécessaires pour réduire massivement les émissions, ils incombent aux collectivités publiques qui sont largement en capacité de le faire au vu de leur situation financière. Enfin, le renforcement des services publics, notamment dans les transports et la logistique, est l’une des meilleures manières de réduire les émissions et d’augmenter simultanément la qualité de vie.</p><p>La protection du climat est une tâche collective qui ne doit pas faire reposer la responsabilité uniquement sur les individus et leurs choix personnels. L’USS continuera à s’engager pour une action rapide et socialement juste contre le changement climatique.</p><h3 class="heading--h4">Loi MPT&nbsp;: une regrettable extension des pouvoirs de la police</h3><p>L’USS regrette l’adoption de la loi fédérale sur les mesures policières de lutte contre le terrorisme (MPT). La loi contient trop d’éléments disproportionnés et outrepasse l’objectif déclaré. Il faut maintenant veiller à ce que les autorités envisagent une mise en œuvre très restrictive respectant la liberté des dissident-e-s. L’USS collaborera avec d’autres représentant-e-s de la société civile pour veiller à ce que les libertés civiles ne soient pas excessivement restreintes, notamment dans le domaine de l’action syndicale.</p><h3 class="heading--h4">Bâle introduit le premier salaire minimum de Suisse alémanique</h3><p>En adoptant le contre-projet à l’initiative pour un salaire minimum, Bâle-Ville est le premier canton à introduire un salaire minimum en Suisse alémanique. Cette décision est un pas important pour une meilleure protection des salaires en Suisse et la lutte contre la sous-enchère. Il est regrettable que le salaire horaire qui a été validé soit trop faible, et qu’il soit possible d’y déroger dans de trop nombreux cas. Cependant, il s’agit d’un résultat à valeur de signal pour le reste du pays.</p><h3 class="heading--h4">Le Jura montre la voie en matière d’égalité</h3><p>Dans le Jura, les électeurs et électrices ont approuvé à une large / écrasante / solide majorité une initiative du syndicat Unia demandant des mesures concrètes contre la discrimination salariale des femmes. Avec les mesures de mise en œuvre prévues par le gouvernement, le canton joue un rôle de pionnier en Suisse, qui même avec la loi révisée sur l’égalité ne dispose que de faibles mesures en matière d'égalité salariale. Dans le Jura, les entreprises de 50 employés ou plus devront par exemple analyser leurs salaires pour y déceler toute discrimination, tandis que les plus petites entreprises pourront effectuer des analyses volontaires et les faire certifier par le canton. Pour les marchés publics, des certificats d’égalité de rémunération et des contrôles aléatoires sont désormais prévus.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Énergie et environnement</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/0/3/csm_Abstimmung-Infobroschuere-claudio-schwarz-unsplash_36cb16ffaf.jpg" length="48009" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7607</guid><pubDate>Fri, 11 Jun 2021 12:00:00 +0200</pubDate><title>De meilleurs salaires grâce à davantage de transparence</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/de-meilleurs-salaires-grace-a-davantage-de-transparence</link><description>Le nouveau calculateur de salaire de l&#039;USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Transparence des salaires dans 72 branches avec deux millions de données salariales actuelles provenant de 36 000 entreprises : le calculateur de salaire (www.salaire-uss.ch) de l’Union syndicale suisse (USS) permet aux salarié-e-s de calculer individuellement le salaire auquel elles et ils ont droit. Non seulement cela crée de la transparence et facilite les négociations salariales, mais cela garantit aussi de meilleurs salaires et davantage d’égalité salariale entre hommes et femmes. Ces données salariales servent également de base aux contrôles des salaires pour éviter le dumping salarial. La plateforme salariale de l’USS a été mise à jour avec les dernières données et rendue plus conviviale.</p><h3 class="heading--h4">Protection contre la pression salariale</h3><p>Le salaire médian des personnes actives occupées en Suisse est de 6538 francs (2018). Pour pouvoir lutter efficacement contre le dumping salarial sur les salaires les plus élevés d’Europe, la connaissance des salaires usuels dans la branche et dans la localité est indispensable, aux côtés de contrôles efficaces. À l’origine, le calculateur de salaire a été développé comme instrument de mise en œuvre des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes. La loi oblige les commissions tripartites cantonales à intervenir « si, au sein d’une branche économique ou d’une profession, les salaires usuels dans la localité, la branche ou la profession font l’objet d’une sous-enchère abusive et répétée&nbsp;» (art. 360a CO). Le calculateur de salaire permet de calculer les salaires en usage dans la localité et la profession pour des profils individuels sur la base de données salariales fiables et selon une méthode statique reconnue.</p><h3 class="heading--h4">Méthodologie éprouvée avec données actualisées</h3><p>Les données salariales de la dernière enquête sur la structure des salaires menée par l’Office fédéral de la statistique en 2018 sont désormais à disposition du calculateur. Grâce à une interface optimisée et un design minimaliste, le calculateur de salaires est encore plus facile à utiliser. D’autres branches ont pu être évaluées&nbsp;: le calculateur de salaire permet maintenant de calculer les salaires usuels dans 72 branches et une liste révisée des professions facilite la recherche des salaires.</p><p>Le calculateur de salaire utilise des données représentatives de l’enquête sur la structure des salaires de l’Office fédéral de la statistique, dans laquelle sont enregistrés environ deux millions de salaires provenant de 36 000 entreprises. Les données sont analysées pour le calculateur de salaire selon une procédure statistique éprouvée, pour pouvoir calculer les salaires usuels locaux et de la branche pour les différents profils d’emploi.</p><p>Les employé-e-s peuvent utiliser le calculateur de salaire pour vérifier si leur salaire est approprié. Il les aide également à formuler des prétentions salariales en vue des négociations salariales. Autre avantage du calculateur de salaire : il informe individuellement les utilisateurs et utilisatrices sur les conventions collectives (CCT) en vigueur et les salaires minimums.</p><h3 class="heading--h4">Rendre les différences salariales visibles</h3><p>Connaître les salaires usuels est indispensable pour faire augmenter les salaires. Et ces progrès sont nécessaires. Car comme le montre le dernier rapport de l’USS sur la répartition des revenus, les bas et moyens salaires ont certes considérablement augmenté ces 30 dernières années, grâce aux campagnes sur le salaire minimum et aux progrès des conventions collectives de travail. Mais l’écart salarial s’est encore creusé parce que les plus hauts salaires ont augmenté bien plus vite que les autres.</p><p>L’évolution des salaires depuis 2014 est inquiétante&nbsp;: la plupart des salaires ont à peine augmenté. Dans certains cas, les salaires ont même diminué en termes réels. L’inégalité salariale entre les sexes reste élevée&nbsp;; les femmes travaillant (et souvent devant travailler) à temps partiel beaucoup plus fréquemment, leurs salaires effectifs sont toujours nettement inférieurs. La moitié des femmes actives ont un salaire mensuel inférieur à 4330 francs.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/lohnrechner/Sharepix_wide-m_Lohnrechner_FR.jpg" length="103636" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7600</guid><pubDate>Sun, 06 Jun 2021 10:54:00 +0200</pubDate><title>Plus de protection et un engagement syndical fort pour une Europe sociale</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/plus-de-protection-et-un-engagement-syndical-fort-pour-une-europe-sociale</link><description>Résolution de la 301e Assemblée des délégué-e-s de l&#039;USS du 28 mai 2021</description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis le début des négociations sur l’accord-cadre avec l’Union européenne (UE), les syndicats ont clairement défendu la position suivante : la protection des salaires doit être garantie (« ligne rouge »).Ce principe devrait d’ailleurs aller de soi. Mais au fil des négociations, il est devenu de plus en plus évident que des représentant-e-s de l’UE, mais aussi les employeurs et des conseillers fédéraux PLR en Suisse voulaient affaiblir considérablement la protection des salaires. Dans ce contexte, il n’y avait pas d’autre issue que de mettre un terme aux négociations sur l’accord-cadre. Pour les travailleurs et travailleuses en Suisse, le prix à payer pour cet accord aurait été tout simplement trop élevé. L’accord aurait menacé la protection des salaires et le service public. Pour les syndicats, c’était inacceptable.</p><p>La protection des salarié-e-s doit être renforcée, et non affaiblie. Et ce renforcement doit avoir lieu en Suisse comme dans l’Union européenne. Une position que partagent d’ailleurs les homologues de l’USS dans les pays européens ainsi que la faîtière syndicale européenne CES. L’USS va – avec les syndicats européens – poursuivre son engagement pour qu’il y ait des progrès sur cette question. Il faut plus de conventions collectives de travail (CCT) avec une protection efficace des salaires. Il faut aussi des salaires minimaux édictés par l’État pour les branches et les professions sans CCT. Dans aucun pays européen, les contraintes ne sont aussi importantes qu’en Suisse pourqu’une CCT soit déclarée de force obligatoire («quorum des employeurs»). Certaines évolutions récentes sont préoccupantes, comme le développement du commerce en ligne international dominé par des entreprises à très bas salaires telles qu’Amazon et Zalando, eté troitement lié aux entreprises de logistique et à leurs chaînes de soustraitance. Le travail syndical transfrontalier doit se renforcer si l’on veut mettre le holà à ces voies royales de la précarisation.</p><p>Au cours des dernières semaines, les milieux patronaux suisses ont exigé un affaiblissement de la protection des salarié-e-s, prétextant la rupture des négociations sur l’accord-cadre (programmes dits de renforcement de la compétitivité). L’USS s’opposera fermement à de telles tentatives.</p><p>L’introduction de la libre circulation des personnes – avec les mesures d’accompagnement – a constitué un progrès social, car elle a accordé plus de droits aux travailleurs et travailleuses ayant un passeport européen. Mais de nouvelles améliorations sont nécessaires, surtout s’agissant du chômage, du droit au séjour, de l’accès à la sécurité sociale et du droit au regroupement familial pour les citoyen-ne-s de l’UE.</p><p>Les accords bilatéraux sont importants pour les salarié-e-s. Une escalade entre la Commission européenne et la Suisse n’est pas souhaitable. Même si les points de vue diffèrent concernant l’accord-cadre, les contrats existants doivent être respectés. La Suisse doit donc débloquer au plus vite le milliard de cohésion qui contribue à réduire l’écart de richesse en Europe et à renforcer les structures démocratiques. En face, l’UE s’est engagée dans les accords bilatéraux à la reconnaissance mutuelle de produits, à la coopération dans le domaine de la recherche, etc.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/aktionen/180905_USS-action-ligne-rouge.jpg" length="679085" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7595</guid><pubDate>Fri, 04 Jun 2021 14:58:42 +0200</pubDate><title>La Suisse doit contribuer à une Europe sociale </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-suisse-doit-contribuer-a-une-europe-sociale</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>La Suisse se trouve au cœur de l'Europe. Notre avenir est étroitement lié à celui de nos pays voisins. C'est en étroite collaboration avec nos partenaires que nous pouvons le mieux contribuer à relever les grands défis du XXIe siècle : l'accroissement des inégalités sociales et de la précarité, l'urgence climatique et la perte de biodiversité, ainsi que l'autoritarisme et les guerres.</p><p>Après l'échec de l'accord-cadre, il faut une nouvelle approche qui mette au premier plan les intérêts communs de l'ensemble de la population : le développement de la coopération, la mise en place de mécanismes de péréquation financière et le renforcement des droits de tous les salarié-e-s, quelle que soit leur origine, permettront d'atteindre un équilibre social ou un nivellement par le haut des niveaux de vie. La Suisse peut et doit participer à cette nouvelle approche de l'intégration européenne.</p><p class="heading--h4">Changement de paradigme nécessaire</p><p>Nous nous sommes opposés au projet actuel l'accord-cadre parce qu'il donnait la priorité à l'accès au marché pour les entreprises plutôt qu'à la protection des salaires et des conditions de travail. Sa mise en œuvre aurait mis en péril les "mesures d'accompagnement" et affaibli le service public. Les forces sociales en Europe - de la Confédération européenne des syndicats aux groupes progressistes du Parlement européen - ont soutenu notre souci de garantir le maintien de mesures efficaces contre le dumping salarial. En effet, l'affaiblissement de la protection salariale aurait été préjudiciable aux employé-e-s en Suisse, quelle que soit leur origine. Et la lutte contre le dumping salarial au sein de l'UE reste la préoccupation de toutes les forces progressistes.</p><p>En même temps, nous avons repoussé l'attaque des conservateurs nationaux contre la libre circulation des personnes - en première ligne contre l’initiative xénophobe de limitation lancée par l’UDC. Maintenant, la voie est libre pour une véritable contribution de la Suisse à une Europe sociale.</p><p>Pour cela, il faut un changement de paradigme politique : la Suisse doit construire une relation stable avec l'UE sur la base des intérêts communs de l'ensemble de la population : sur la sécurité et la justice sociale, ainsi que sur une liberté de mouvement associée à des droits forts pour les salarié-e-s. C’est pour cela que nous nous engageons&nbsp;:</p><p class="heading--h4">Premièrement : renforcer le pilier social de la coopération</p><p>En 2017, l'UE a adopté les principes d'un "pilier européen des droits sociaux" et, depuis, des lois-cadres prospectives (directives) fondées sur ces principes. Si les États membres de l'UE leur donnent corps dans leur mise en œuvre et si les organes de l'UE les reconnaissent comme référence dans les litiges juridiques, ils peuvent façonner l'avenir du projet européen. La Suisse, pour sa part, doit adhérer aux mêmes normes de droit du travail et protéger les travailleurs et travailleuses en conséquence.</p><p>Nous exigeons donc que la Suisse s'engage à respecter ces principes et qu'elle adopte les dispositions les plus importantes des directives européennes existantes et en cours d'élaboration, qui mettent en œuvre ces principes&nbsp;: amélioration des standards minimaux en matière de contrats de travail, mise en application de l'égalité salariale, congé parental, promotion de la couverture CCT et obligation de respecter les CCT, droit de codécision dans les entreprises, protection ou égalité de traitement des rapports de travail atypiques (travail temporaire, etc.), renforcement du devoir de diligence entrepreneurial.&nbsp;</p><p>Les modalités du rapprochement de la Suisse aux normes européennes – que ce soit dans le cadre d’un traité ou sous forme de paquets Swisslex comme ce fut le cas dans les années 1990 – sont secondaires par rapport à leur contenu : elles doivent contribuer à améliorer les droits des salarié-e-s et leurs conditions de vie.</p><p class="heading--h4">Deuxièmement&nbsp;: renforcer les contributions de solidarité de la Suisse avec les pays de l’Union européenne</p><p>La pauvreté et les travailleuses et travailleurs pauvres existent aussi en Suisse. C'est l'expression d'une inégalité sociale croissante, contre laquelle nous luttons avec véhémence. Mais dans l'ensemble, la Suisse est un pays prospère. Il n'y a nulle part ailleurs plus de super-riches qu'ici. Cela étant, la Suisse peut et doit contribuer au rattrapage d’écart de richesse entre les différentes régions d’Europe. C’est juste en regard de notre niveau global de prospérité et c’est lucide si l’on veut que les zones à bas coûts de production en Europe puissent se développer sans devoir compter sur leur avantage concurrentiel lié à un bas coût du travail.</p><p>Nous demandons donc que la Suisse augmente significativement sa contribution au Fonds de cohésion pour les pays d'Europe de l'Est. Elle doit développer également des projets de coopération dans le cadre du "plan de relance de l'UE" pour le redressement après Corona et reprendre les initiatives prometteuses de l’UE, comme la « garantie pour la jeunesse&nbsp;» européenne, qui veut veiller à ce que tous les jeunes de moins de trente ans bénéficient d’un emploi, d’une formation continue, d’un apprentissage ou d'un stage.</p><p>Dans le domaine de la formation et de la recherche également, la Suisse doit se montrer généreuse et contribuer davantage que ce qu’elle reçoit aux projets communs européens. Le développement de bourses d’échange, facilitant l’accueil de jeunes en formation chez nous ou les séjours de jeunes de Suisse en Europe doivent être renforcés</p><p class="heading--h4">Troisièmement : égalité des droits sociaux pour les citoyens de l'UE travaillant et vivant en Suisse</p><p>L'introduction de la libre circulation des personnes combinée à des droits du travail et à une protection des salaires solides en 2002 a représenté un progrès historique. Nous voulons poursuivre cette success story en renforçant la sécurité de séjour, la sécurité sociale et le droit au regroupement familial des citoyen-ne-s de l'UE en Suisse, notamment en cas de chômage. La Suisse devrait adopter ces éléments importants de la directive sur la libre circulation des personnes sans affaiblir la protection des salaires. En outre, les citoyens européens des nouveaux et des anciens États membres de l'UE ne doivent plus être traités de manière inégale en ce qui concerne les permis d'établissement.</p><p>Les révisions récentes des législations concernant les étranger-ère-s et donc aussi des personnes en provenance de l’UE ont introduit des discriminations inacceptables dans l’accès à l’aide sociale par exemple. Nous défendons le fait que le travail donne des droits égaux à celles et ceux qui vivent en Suisse quelle que soit leur nationalité. Il faut revoir la législation sociale suisse et la modifier dans ce sens. Les restrictions d’accès à la naturalisation liée au fait d’avoir été au bénéfice de prestations sociales doivent aussi être levées.</p><p class="heading--h4">Quatrièmement : coopération pour une plus grande justice fiscale</p><p>La sécurité sociale ne peut être financée durablement que si les personnes et les entreprises sont effectivement imposées selon leur capacité économique. Quelques cantons suisses pratiquent depuis des décennies une concurrence fiscale avec des impôts toujours plus bas pour les entreprises, et apparaissent comme un paradis fiscal pour les évadés fiscaux et les sociétés «&nbsp;boîtes aux lettres&nbsp;». Cela doit enfin cesser.</p><p>La Suisse doit faire un grand pas vers l'UE de sa propre initiative et rechercher un accord étroit sur les normes fiscales. Nous demandons au Conseil fédéral de s'engager en faveur d'un taux d'imposition minimal substantiel pour l'imposition des entreprises rentables. Il faut que la Suisse se prépare à reprendre une norme correspondante adoptée par l’UE et à préconiser l’imposition des multinationales là où elles génèrent leurs bénéfices. En outre, la Suisse doit s'engager à coopérer dans la lutte contre la fraude fiscale, l'évasion fiscale, le blanchiment d'argent et la criminalité économique et négocier un plan d'action correspondant.</p><p class="heading--h4">La mise en œuvre de la protection salariale doit être adaptée à la situation sur place tout en faisant l’objet de coopération internationale</p><p>De plus, chaque Etat doit conserver, d'une part, le droit de fixer des normes minimales plus exigeantes en matière de conditions de travail et de salaires applicables à tous les travailleurs et travailleuses, quelle que soit leur origine. Et d’autre part de mettre en place des dispositifs de contrôle efficaces adaptés à la situation réelle sur place pour les faire respecter. A ces conditions seulement, l’on pourra éviter un nivellement par le bas de la protection salariale et des salaires.</p><p>Mais la Suisse peut aussi approfondir sa collaboration avec l’UE dans ce domaine. En demandant formellement son adhésion à l’ « Autorité européenne du travail&nbsp;» (ELA) et à la tripartite « Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail » (Eurofound), la Suisse peut apporter une contribution concrète à la garantie des conditions de travail au-delà des frontières et empêcher la sous-enchère.</p><p class="text-right"><strong>Pierre-Yves Maillard, </strong>président de l'USS</p><p class="text-right"><strong>Adrain Wühtrich, </strong>président de Travail.Suisse</p><p class="text-right"><strong>Vania Alleva, </strong>vice-présidente de l' USS et présidente d'Unia</p><p class="text-right"><strong>Arno Kerst, </strong>vice-président de Travail.Suisse et président de Syna</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/aktionen/180905_USS-action-ligne-rouge.jpg" length="679085" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7589</guid><pubDate>Wed, 02 Jun 2021 11:12:56 +0200</pubDate><title>La protection des salaires est cruciale: une application plus stricte s&#039;impose</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-protection-des-salaires-est-cruciale-une-application-plus-stricte-simpose</link><description>Rapport du SECO sur la mise en œuvre des mesures d’accompagnement</description><content:encoded><![CDATA[<p>La Suisse a les salaires les plus élevés d’Europe et, parallèlement, un des marchés de l’emploi les plus ouverts. Dans notre pays, les salarié-e-s dépendent par conséquent tout particulièrement d’une protection efficace des salaires. Le rapport sur les mesures d’accompagnement montre que c’est nécessaire, car là où des contrôles ont lieu, des infractions sont découvertes.</p><p>L’an dernier, les contrôleurs et contrôleuses ont examiné plus de 130&nbsp;000 salaires. Cela leur a permis de trouver presque 18&nbsp;% de salaires trop bas ou de cas d’indépendance fictive. Dans les branches qui connaissent une convention collective de travail (CCT) prévoyant des salaires minimaux, les taux d’infraction sont un peu plus élevés (env. 25&nbsp;%), parce que ces salaires minimaux définissent clairement ce qu’est une sous-enchère. Dans les autres branches, les cantons autorisent certains écarts vers le bas par rapport aux salaires usuels, si bien qu’une partie des entreprises à bas salaires échappe aux contrôleurs et contrôleuses. Les taux d’infraction se montent à 15&nbsp;% (entreprises de détachement étrangères), respectivement à 12&nbsp;% (entreprises suisses).</p><p>Dans les branches avec salaires minimaux obligatoires prévus dans une CCT ou un contrat-type de travail, les employeurs et employeuses qui versent des salaires trop bas sont amendés. En l’absence de salaires minimaux, les cantons demandent aux entreprises d’adapter leurs salaires aux salaires usuels dans la branche et la localité («&nbsp;procédure de conciliation&nbsp;»). Que la majorité écrasante des entreprises étrangères donne suite à cette injonction est un point positif. Mais on ne saurait tolérer le comportement des entreprises suisses qui, dans presque 1&nbsp;200&nbsp;cas, ont versé des salaires trop bas. Or, seuls tout juste 300 d’entre elles ont suivi les cantons qui leur avaient enjoint de corriger leurs salaires. La Confédération et les cantons n’édictent cependant guère de salaires minimaux, alors que la loi le prévoit.</p><p>Les contrôles sont malheureusement toujours très différents d’un canton à l’autre. L’engagement dont font preuve les cantons du Tessin et de Genève, qui contrôlent un grand nombre d’employeurs et d’employeuses suisses, est une bonne chose. La réalité est tout autre dans quelques régions de Suisse alémanique où certains cantons, comme ceux de Saint-Gall, de Thurgovie ou de Zoug, ne contrôlent qu’environ 2&nbsp;%, voire moins encore, des entreprises. En moyenne, une entreprise suisse n’est contrôlée qu’environ tous les 50 ans. Une anomalie qui existe depuis des années déjà.</p><p>Les mesures d’accompagnement sont indispensables à la protection des salaires suisses. Lorsque des contrôles sont effectués, des infractions sont souvent trouvées. Mais les mesures d’accompagnement ont toujours d’importantes lacunes. Par exemple, seule la moitié des personnes professionnellement actives sont protégées par des salaires minimaux inscrits dans des CCT. Plusieurs cantons contrôlent trop peu et sont trop tolérants face à la sous-enchère. Il faut que ces lacunes de la protection des salaires disparaissent.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/b/8/csm_patrik_tschudin-flickr-CC_BY_2.0_baustelle_basel_erlenmatt_wohnungsbau_2_61dec98428.jpg" length="431591" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7579</guid><pubDate>Fri, 28 May 2021 15:00:00 +0200</pubDate><title>La prévoyance vieillesse a besoin d’un changement de cap</title><link>https://www.uss.ch/luss/organes/detail/la-prevoyance-vieillesse-a-besoin-dun-changement-de-cap</link><description>Assemblée des délégué-e-s de l’USS du 28 mai 2021</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Stopper la baisse vertigineuse des rentes de vieillesse en renforçant l’AVS et les retraites par répartition&nbsp;: telles sont les priorités décidées aujourd’hui par l’Assemblée des délégué‑e‑s de l’Union syndicale suisse (USS). Socialement, il est urgent d’augmenter le niveau des retraites, en particulier pour les femmes, notamment en introduisant une 13e rente AVS comme le demande l’initiative qui vient d’aboutir. À l’inverse, si le Parlement s’entête à vouloir démanteler le 1er pilier avec AVS&nbsp;21, l’USS combattra la réforme par référendum. L’Assemblée des délégué‑e‑s a également débattu de politique européenne&nbsp;: après avoir défendu la ligne rouge de la protection des salaires, il s’agit désormais de s’engager pour une Europe et une Suisse plus sociales, aux côtés des autres syndicats européens. Enfin, les délégué-e-s appellent à tirer les leçons de la crise du coronavirus en renforçant la protection de la santé au travail, et à agir rapidement en faveur du pouvoir d’achat après plus d’une une année de grande fragilisation pour les salarié‑e‑s.</p><p>Les rentes de retraite figureront au cœur de l’agenda syndical ces prochains mois. Pas uniquement en raison du calendrier politique, mais surtout parce la situation dans ce domaine se détériore à une vitesse sans précédent. Les rentes du 2e pilier sont en chute libre depuis plus de dix ans&nbsp;: les personnes qui ont pris leur retraite en 2019 touchent 6,8&nbsp;% de moins que leurs collègues partis deux ans plus tôt, alors que les cotisations ne cessent d’augmenter. Les femmes sont les plus touchées, puisque leurs rentes de retraite sont en moyenne d’un tiers inférieures à celles des hommes.</p><p>Toute réforme de la prévoyance vieillesse doit permettre de rehausser le niveau des rentes pour le plus grand nombre. Il faut donc renforcer le 1er pilier et les retraites par répartition. Le dépôt de l’initiative pour une 13e rente AVS est à la fois un signal et une proposition très concrète dans ce sens. En revanche, face à la réforme AVS&nbsp;21 qui se profile nettement comme un démantèlement des prestations sur le dos des femmes, l’USS se prépare au lancement d’un référendum.</p><h3 class="heading--h4">Pour une Europe sociale</h3><p>C’est grâce aux positions nettes, fermes et constantes des syndicats que la protection des salaires autonome obtenue de haute lutte n’a pas été remise en question&nbsp;: ce constat a été le point de départ de la discussion sur la politique européenne lors de l’Assemblée des délégué‑e‑s. La mise en danger des mécanismes de contrôle et de sanction ainsi que la fragilisation du service public qui auraient découlé de la signature de cet accord aurait fait payer un prix bien trop élevé au travailleuses et travailleurs. L’engagement syndical pour de bonnes relations avec l’Union européenne se fonde sur le principe suivant : &nbsp;les accords conclus doivent apporter des améliorations concrètes, et surtout pas des détériorations, aux gens qui travaillent en Suisse. Les syndicats poursuivront sur cette voie.</p><p>Dans ce sens, la résolution adoptée par les délégué‑e‑s donne une direction claire&nbsp;: les droits sociaux, les salaires et les conditions de travail doivent s’améliorer en Suisse et en Europe, et non pas se péjorer. La mise en concurrence des salarié‑e‑s entre eux ne peut conduire qu’à des détériorations. Il faut, au contraire, agir contre les nouvelles formes de travail précaire et en faveur de conventions collectives plus nombreuses, en renforçant notamment le travail syndical par-delà les frontières. L’USS continuera à s’engager dans cette direction avec l’ensemble du mouvement syndical européen.</p><h3 class="heading--h4">Sortir de la pandémie en soutenant l’emploi, la santé et le pouvoir d’achat</h3><p>La crise du coronavirus a pesé lourd sur les travailleuses et travailleurs. Dans plusieurs secteurs, la lutte contre la pandémie a exigé des efforts colossaux, encore insuffisamment reconnus. Dans d’autres, elle a eu pour conséquence une augmentation du chômage et des pertes importantes de revenus. Le travail des syndicats et la solidité des assurances sociales ont permis de limiter les dégâts. Il reste cependant beaucoup à faire&nbsp;: il n’est pas acceptable que la pandémie se traduise par un accroissement de la précarité et par un creusement des inégalités. En plus de soutenir la loi COVID‑19 qui contient la base légale de l’ensemble des aides allouées jusqu’ici, l’USS demande donc des mesures rapides de soutien au pouvoir d’achat, avec notamment la redistribution des réserves excédentaires des caisses-maladie et une meilleure indemnisation du chômage partiel pour les bas salaires.</p><p>Il est également temps de tirer les leçons de la pandémie en renforçant la protection de la santé au travail. La crise sanitaire n’a fait que mettre en lumière les manquements dénoncés de longue date par les syndicats&nbsp;: la densité des contrôles doit être augmentée durablement, et de nouveaux organes comme la SUVA ou les commissions paritaires doivent pouvoir appuyer les inspections cantonales dans leur tâche. Les insuffisances chroniques de la Suisse en matière de santé au travail doivent enfin être corrigées.</p>]]></content:encoded><category>Décisions des organes</category><category>AVS</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/9/3/csm_210528_SGB-DV_USS-AD_GM_74696e86b0.jpg" length="133532" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7576</guid><pubDate>Wed, 26 May 2021 16:49:19 +0200</pubDate><title>Le danger pour la protection des salaires est écarté</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-danger-pour-la-protection-des-salaires-est-ecarte</link><description>Décision du Conseil fédéral sur l’accord-cadre</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) se félicite de la décision que le Conseil fédéral a prise aujourd’hui, qui&nbsp;garantit une protection autonome des salaires. L’USS défend les relations stables de la Suisse&nbsp;avec l’Union européenne (UE), mais le prix à payer pour conclure les négociations sur cet accord-cadre aurait été trop élevé pour les travailleuses et travailleurs de Suisse. Le déroulement des négociations a montré que l’accord aurait substantiellement affaibli la protection des salaires et mis en danger les services publics – ce qui aurait été inacceptable pour les syndicats.</p><p>La protection des gens qui travaillent&nbsp;doit être améliorée, pas dégradée, que ce soit en Suisse ou dans l’UE. L’USS continuera à s’engager avec ses homologues européens&nbsp;des progrès&nbsp;dans ce domaine et pour que les droits sociaux soient renforcés, en Suisse comme dans l’UE. Il faut davantage de conventions collectives de travail (CCT) qui protègent efficacement les salaires ainsi que des salaires minimums étatiques dans les branches et les professions sans CCT.</p><p>Les Accords bilatéraux sont importants pour les salarié-e-s. Il n’est pas souhaitable que la situation s’aggrave à cause de la Suisse ou de la Commission européenne. Malgré les différends concernant&nbsp;l’accord-cadre, les accords existants doivent être maintenus. C’est pourquoi la Suisse doit libérer aussi rapidement que possible le milliard de cohésion. À l’inverse, l’UE s’est engagée à travers les Accords bilatéraux à une reconnaissance mutuelle des normes applicables aux produits.</p><p>Ces dernières semaines, les milieux patronaux suisses ont demandé, utilisant le prétexte de la fin&nbsp;des négociations sur l'accord-cadre, que la protection des travailleurs et travailleuses soit détériorée. L’USS s’opposera résolument à de telles tentatives.</p><p>L’USS participera aux entretiens prévus entre la Confédération, les partenaires sociaux et les cantons.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/aktionen/180905_USS-action-ligne-rouge.jpg" length="679085" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7546</guid><pubDate>Sat, 01 May 2021 14:32:11 +0200</pubDate><title>La peur a eu son temps. Maintenant, il faut de l’espoir, de la présence et de la lutte !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/die-zeit-der-angst-ist-vorbei-jetzt-ist-die-zeit-der-hoffnung-der-praesenz-und-des-kampfes-gekommen</link><description>L&#039;allocution du 1er mai de Pierre-Yves Maillard, président de l&#039;USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="heading--h4">Chéres et chers collègues,</p><p>Quel plaisir de vous revoir&nbsp;! Quelle joie de retrouver nos places et nos rues et de montrer l’existence concrète et vivante du mouvement ouvrier suisse&nbsp;!</p><p>Nous sortons lentement et difficilement d’une triste période. Il y a eu les malades et les décès. Il y a eu la pression sur les homes, les hôpitaux et toute la première ligne de soins. Il y a eu le chômage, la destruction d’emplois et la baisse des revenus. Aujourd’hui encore, entre le chômage technique et le chômage, 560 mille personnes dépendent de l’assurance chômage pour vivre. Avant la crise c’était 5 fois moins&nbsp;! Depuis des mois, dans nos aéroports, dans la gastronomie ou le tourisme, des centaines de milliers de familles doivent vivre avec 20% de revenu en moins.</p><p>Quels dégâts cette crise va-t-elle laisser derrière elle&nbsp;? Comment les jeunes vont-ils retrouver le goût et la possibilité de se rencontrer et de vivre dans le monde réel et pas virtuel&nbsp;? Comment vont-ils trouver leur chemin dans le monde du travail&nbsp;? Comment nos travailleurs âgés mis récemment au chômage vont-ils pouvoir retrouver un emploi&nbsp;?</p><p>Les doutes et les craintes pour l’avenir s’accumulent. Il y avait la crise climatique, il y a maintenant cette crise sanitaire dont la fin n’est pas clairement visible et qui pourrait revenir. Et il y a les risques géopolitiques qui s’accumulent.</p><p>La question est&nbsp;: comment agir dans ce contexte de peurs et de doutes&nbsp;?</p><p>A cette question, il n’y a pas de réponse facile. Mais une chose au moins est certaine. Pendant les pandémies, la lutte pour les intérêts ne s’arrête pas. Ceux qui ont des intérêts et des profits à défendre ne se mettent pas en quarantaine. Et la médecine ne propose pas de vaccin contre l’injustice sociale qui se développe. C’est nous, le mouvement syndical, les forces du progrès social qui sommes le vaccin. Et si nous nous arrêtons de lutter, si nous ne bougeons et n’agissons plus, l’injustice, les inégalités vont exploser&nbsp;!</p><p>Selon l’OIT, plus de 255 millions d’emplois ont été supprimés en 2020 dans le monde. Des centaines de millions d’enfants ne vont plus à l’école, la scolarisation des filles a subi un recul massif, ce qui fait perdre des décennies de lutte contre les mariages précoces et forcés. Les inégalités de revenu explosent, dans le monde et en Suisse. L’épargne de tant de petits indépendants ou de salariés a été détruite, mais les profits, les gains boursiers, la spéculation, les bonus et l’orgie de dividendes n’ont pas fait de pause.</p><p>Pour guérir le monde de ces maux qui ont explosé, il faudra de l’action syndicale et politique. Ce premier mai où nous nous montrons, dans la prudence raisonnable, est indispensable à cette action.</p><p>Pendant la crise, l’USS a agi avec le plus d’engagement possible auprès des autorités pour limiter la casse sociale que cette crise a provoquée. Dans les milieux patronaux, dans l’administration et au Conseil fédéral, on croyait au début de cette crise que les stabilisateurs sociaux classiques suffiraient. Il était question de leur ajouter quelques dizaines de millions disponibles dans le budget 2020 du département de l’économie.</p><p>Nous avons dit que cela ne suffirait pas&nbsp;! Nous avons proposé un plan, qui a été suivi dans les grandes lignes et qui prévoyait l’extension et l’assouplissement des règles du chômage technique et la création d’une nouvelle assurance perte de gains pour les indépendant. Ainsi, les personnes avec contrat de travail temporaire ou à durée déterminée ont pu être aidés. Et après des mois de tentatives infructueuses, nous avons enfin pu en décembre obtenir une petite amélioration de l’indemnisation RHT pour les bas revenus.</p><p>Nous nous sommes battus pour que la solution dite des «&nbsp;cas de rigueur&nbsp;» évolue vers une logique d’indemnisation des entreprises et des personnes interdites de travail. Les moyens prévus par le Conseil fédéral ont ainsi pu être décuplés. Nous avons travaillé, avec les acteurs concernés, à améliorer les aides dans le domaine de la culture.</p><p>Nos syndicats qui représentent les salariées et salariés dans les écoles, les crèches et le secteur de la santé ont eu le sens des responsabilités pour revendiquer les protections et les moyens d’action nécessaires. Mais ils ont compris la nécessité d’assurer la continuité du service public pour le bien des enfants et des patients. On peut être fiers de cette attitude et de cette action syndicale.</p><p>Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour réduire les dommages et aider notre pays à traverser cette épreuve. Mais aujourd’hui, il faut constater que cette action d’influence auprès des autorités ne suffit plus. Aujourd’hui, il faut que l’Etat comprenne qu’il doit enclencher la réparation des dégâts de cette crise. Sa responsabilité va plus loin que la seule lutte contre la circulation d’un virus et de ses variants. On parle de perte de pouvoir d’achat, mais ce concept est réducteur. Le pouvoir d’achat, c’est, pour le plus grand nombre, simplement, le pouvoir de vivre normalement et d’offrir à ses enfants un minimum de sécurité et de loisirs. C’est la bonne vie, avec sa part de joie et de légèreté.</p><p>Ce sont les moyens nécessaires à cette bonne vie qu’il faut donner à la population. Ils existent. Il y a cinq à six milliards d’argent en trop dans les caisses des caisses maladie. La pandémie a encore augmenté cet excédent. Donc il faut le rendre aux gens, simplement et rapidement. Cette mesure permettrait, sans endetter aucune collectivité publique de redonner 2000 francs d’un coup à une famille de 4 personnes, par exemple. On peut trouver que c’est peu, mais pour une famille ouvrière, ce serait une aide appréciée et bienvenue.</p><p>Il faut donner à nos jeunes des garanties qu’on ne les laissera pas tomber. Après les sacrifices qu’ils ont acceptés, il faut leur donner la sécurité de trouver une première formation ou un premier emploi. C’est possible si la Confédération, les cantons et les partenaires sociaux se mobilisent et dépassent quelques dogmes.</p><p>Nous avons obtenu que les chômeuses et chômeurs âgés en fin de droit aient droit dès 60 ans à une rente-pont. Dès juillet, cette nouvelle assurance sociale va entrer en vigueur. Il faudra s’assurer que les droits soient vite reconnus, sans bureaucratie et avec les moyens nécessaires. Et il faudra obtenir que les limites d’accès excessives fixées par la Parlement et le Conseil fédéral soient vite corrigées.</p><p>Il sera indispensable de relancer les secteurs sinistrés et de développer les stratégies durables pour les secteurs du tourisme, de la gastronomie, de la culture et du trafic aérien notamment.</p><p>Et nous devrons enfin obtenir les moyens de renforcer notre première ligne de soins. La logique du profit et de la concurrence dans le secteur de la santé est ruineuse et nous laisse démunis quand une crise sanitaire survient. A ce moment, on constate que tout fonctionne en flux tendu, qu’il n’y a pas de réserve de capacité. Les équipes déjà fatiguées et exposées doivent en faire encore plus. D’un autre côté, certains actes médicaux électifs, certains équipements techniques continuent de générer des profits et des rémunérations excessives. La première ligne de soins doit être renforcée, revalorisée, dans les salaires et conditions de travail, les effectifs et les infrastructures.</p><p>Voilà quelques exemples de ce que l’Etat, sur le plan national et cantonal, doit entreprendre dans les mois qui viennent. Le tournant social est la condition pour une sortie de crise durable et vivable pour toutes et tous. C’est le tournant social qui est d’actualité. C’est son heure dans l’histoire. Même les élites américaines l’ont compris. On ne peut précariser indéfiniment celles et ceux qui travaillent et produisent. On ne peut pas pousser la concurrence de tous contre tous sans limite. On ne peut pas laisser se creuser les inégalités jusqu’à l’obscénité&nbsp;!</p><p>Nous ne céderons pas un pouce de terrain à une énième prolongation da la logique libérale qui cherche encore et toujours à affaiblir notre modeste protection des salaires et nos services publics. Aux néolibéraux de tous les pays et de tous les partis nous disons ceci&nbsp;: entre une cure néolibérale imposée de l’extérieur ou imposée de l’intérieur, nous n’avons pas de préférence. Nous les combattrons l’une et l’autre. Et nous aurons la population qui travaille et qui produit avec nous&nbsp;!</p><p>Et nous combattrons avec la plus grande énergie la provocation faite à la grève des femmes, le plus grand mouvement social de notre pays depuis un siècle. Cette provocation inacceptable, c’est le relèvement de l’âge de la retraite des femmes&nbsp;! Nous ne voulons pas de ce recul. Dans un pays dont la Banque nationale fait 38 milliards de profits en trois mois, on peut renoncer à creuser encore les inégalités de rentes entre femmes et hommes. Et on peut financer une 13ème rente AVS&nbsp;!</p><p>Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est le tournant social. Mais pour l’obtenir, nous devrons nous battre et nous mobiliser.</p><p>La peur a eu son temps. Maintenant, il faut de l’espoir, de la présence et de la lutte&nbsp;!</p><p>Nous allons essayer d’ouvrir cette période avec vous.</p><p>Alors merci d’être là, merci d’avoir gardé l’esprit syndical de solidarité et de combativité. Cet esprit est notre principale ressource, c’est notre force. Elle fera la différence entre un monde invivable et un monde juste et durable&nbsp;!</p><p>Merci d’être mobilisés aujourd’hui, merci pour votre attention et vive le 1er mai&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/personen/Pierre-Yves_Maillard_c-yoshikokusano-pour-luss.jpg" length="224527" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7544</guid><pubDate>Fri, 30 Apr 2021 17:23:10 +0200</pubDate><title>1er Mai : actions syndicales, manifestations dans les villes et une émission spéciale en direct</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/1er-mai-actions-syndicales-manifestations-dans-les-villes-et-une-emission-speciale-en-direct</link><description>Journée internationale des travailleurs et travailleuses</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La Suisse vivra aujourd’hui – malgré les restrictions – au rythme des mobilisations corona-compatibles à l’occasion du 1er&nbsp;Mai. Les syndicats et les salarié-e-s seront visibles et bien audibles dans plus de 40 manifestations et actions syndicales pour exiger un nouveau départ social.</p><p>Avec la crise du coronavirus, l’écart des revenus s’est creusé plus que jamais. Alors que l’argent coule à flots dans les villas de luxe grâce aux gains boursiers, les personnes à faibles revenus sont celles qui ont le plus souffert. Des centaines de milliers de personnes ont été – et sont encore – frappées par les licenciements ou le chômage partiel, avec des baisses de revenus énormes, ou doivent craindre pour leur emploi.</p><p>En même temps, les rapports de travail se sont précarisés. Les normes minimales durement acquises en matière de salaires et de conditions de travail ne doivent pas être perdues dans cette crise. Au contraire&nbsp;: il faut une vraie reprise pour les travailleuses et travailleurs, avec le plein emploi, de meilleurs salaires et des retraites plus sociales. C’est pourquoi les syndicats appellent à un nouveau départ social à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs et des travailleuses. Avec des événements, des manifestations et des actions syndicales ainsi qu’une émission spéciale en direct sur Internet.</p><p>En ce 1er Mai, le président de l’USS Pierre-Yves Maillard dresse un tableau assez sombre de la situation des salarié-e-s. La pandémie a accru les inégalités. Le monde du travail a payé un lourd tribut&nbsp;: baisse des revenus, chômage massif et insécurité économique généralisée. Mais pour lui, il faut désormais regarder vers l’avenir. «&nbsp;Après la lutte contre le virus, il est grand temps de reprendre le combat social, pour de meilleurs salaires, des emplois dignes et sûrs et de bonnes retraites.&nbsp;»</p><p>Vania Alleva, présidente du syndicat Unia, rappelle que la situation dans les secteurs à bas salaires s’est détériorée pendant la crise sanitaire. Les horaires de travail excessivement flexibles, les mini-temps partiels et le travail sur appel se multiplient&nbsp;: «&nbsp;La lutte pour des salaires décents et des conditions de travail sûres devient de plus en plus importante&nbsp;», estime la responsable syndicale.</p><p>Quant à Luca Visentini, secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), s’exprimant depuis Bruxelles, il souligne que les femmes et les jeunes sont, en matière de salaires et de travail, les plus durement touchés par la crise sanitaire. Il affirme l’importance de s’écarter des vieilles recettes d’austérité budgétaire et d’assurer une reprise durable pour toutes et tous, «&nbsp;garantissant de meilleures conditions de travail et de vie pour tout le monde&nbsp;».</p><p>Dès 13h00, l’émission centrale et en direct de l’USS peut être suivie sur (<a href="https://youtu.be/XA4F6jT5_OM" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">https://youtu.be/XA4F6jT5_OM</a>). La liste des actions et manifestations dans tout le pays ainsi que le programme complet de l’émission en direct et en streaming se trouvent sur notre site du 1er Mai <a href="http://www.mai2021.ch" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">www.mai2021.ch</a>.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/1._Mai/csm_Montage_affiche_1er_mai_d21f5f0a46.png" length="159788" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7535</guid><pubDate>Fri, 23 Apr 2021 15:58:27 +0200</pubDate><title>La protection des salaires doit rester intacte dans l&#039;accord-cadre avec l&#039;UE</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-protection-des-salaires-doit-rester-intacte-dans-laccord-cadre-avec-lue</link><description>Pour des accords avec l&#039;Europe qui profitent aux salarié-e-s</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La rencontre d’aujourd’hui entre le président de la Confédération Guy Parmelin et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen n’a pas permis de résoudre la question de la protection suisse des salaires dans l’accord-cadre avec l’Union européenne (UE). Pour l’Union syndicale suisse (USS), la position reste inchangée&nbsp;: le Conseil fédéral doit imposer la protection autonome des salaires dans l’accord-cadre.</p><p>Grâce aux mesures d’accompagnement, la Suisse a pu éviter que les salaires ne subissent trop de pressions à la baisse dues à la libre circulation des personnes et à l’accès facilité au marché pour les entreprises étrangères.</p><p>Sans ces mesures d’accompagnement dans leur forme actuelle, les salaires et les conditions de travail dans notre pays risquent de subir une pression maximale. Pas seulement sur les salaires des Suisses, mais aussi sur ceux des employé-e-s issus de l’UE travaillant en Suisse. Car l’accord sur la libre circulation des personnes exige que la Suisse garantisse aussi les salaires des ressortissant-e-s de l’UE.</p><p>Mais pour certains représentants des États membres de l’UE, la seule préoccupation semble être l’accès au marché pour leurs entreprises, au détriment des travailleurs et travailleuses. Les récentes déclarations de l’ambassadeur d’Allemagne en Suisse sont d’une clarté glaçante&nbsp;: «&nbsp;Les mesures d’accompagnement sont une nuisance pour les entreprises allemandes, françaises, italiennes ou autrichiennes&nbsp;» (NZZ du 22 mars 2021). Il est même allé jusqu'à affirmer, à tort, que les mesures d’accompagnement étaient «&nbsp;contraires au traité&nbsp;».</p><p>La Suisse a les salaires les plus élevés d’Europe. En même temps, il n’y a aucun autre pays en Europe où autant d’entreprises étrangères offrent leurs services qu’en Suisse. L’accès au marché est donc garanti. Cela s’explique d’une part par le fait que la Suisse est économiquement très attrayante pour les prestataires de services étrangers. D’autre part, il y a l’avantage du peu de barrières linguistiques&nbsp;: Les entreprises allemandes, autrichiennes, françaises et italiennes peuvent proposer leurs services et communiquer avec les clients suisses dans leur langue maternelle.</p><p>Les accords bilatéraux doivent profiter aux salarié-e-s – en Suisse comme dans toute l’Europe. Cela nécessite une protection salariale efficace et un service public garanti. L’USS continuera à travailler avec ses homologues européennes afin d’améliorer la protection des salaires dans toute l’Europe et pour que le service public ne soit pas sacrifié sur l’autel de la logique du marché.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/internat-eu/CH-EU_stadtratte-iStock.jpg" length="303602" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7531</guid><pubDate>Tue, 20 Apr 2021 12:00:00 +0200</pubDate><title>L’écart de revenus se creuse et les emplois précaires se multiplient</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/lecart-de-revenus-se-creuse-et-les-emplois-precaires-se-multiplient</link><description>La situation des salarié-e-s en pleine crise du coronavirus</description><content:encoded><![CDATA[<p>Pour de nombreux salarié-e-s, la crise du coronavirus a eu des effets délétères. Le chômage et le sous-emploi grimpent. Les fermetures et autres restrictions ont fait exploser les emplois précaires et les écarts de revenus se sont creusés. Les normes minimales en matière de salaires et de conditions de travail sont souvent contournées – à la baisse bien sûr&nbsp;! Mais c’est seulement avec de meilleurs salaires, de bonnes conditions de travail et des conventions collectives de branche équitables que nous pouvons envisager l’avenir.</p><p>La crise liée au coronavirus a entraîné dans son sillage une hausse du chômage, des emplois précaires et un écart croissant entre les revenus. Les perspectives pour les mois à venir sont préoccupantes. Aucune reprise notable n’est en vue sur le marché du travail. Même après la deuxième vague de la pandémie, un nombre extrêmement élevé de personnes ayant un emploi sont toujours sans travail. Les salarié-e-s les plus jeunes et les plus âgés sont plus touchés que la moyenne. De nombreux actifs et actives de 15 à 24 ans ont disparu du marché du travail et leur taux d’activité a chuté. Pour les travailleuses et travailleurs en fin de carrière, la situation est tout aussi inquiétante&nbsp;: le chômage est en nette hausse chez les 60 ans et plus, alors qu’il est particulièrement difficile pour ces personnes de trouver un emploi en pleine période de crise.</p><h3 class="heading--h4"><strong>Baisses des revenus et hausse des emplois précaires</strong></h3><p>Comme souvent, ce sont les travailleuses et travailleurs à faibles revenus qui sont les plus touchés par les effets de la pandémie. Avec le chômage partiel et le chômage tout court, les baisses de revenus se font cruellement sentir. Les mieux payés par contre ont pu accroître leur fortune&nbsp;: ces personnes dépensent moins et gagnent à peu près la même chose qu’avant. Selon une estimation de l’USS, les personnes dans les classes de revenus les plus basses (jusqu’à 4000&nbsp;francs bruts par mois) disposent d’environ 300&nbsp;francs par mois de revenus en moins. Dans les classes de salaire supérieures à 10&nbsp;000 francs par contre, ce sont 300 à 400 francs de plus qui sont disponibles chaque mois.</p><p>Parallèlement, les fermetures partielles de l’économie ont favorisé la prolifération des emplois précaires. Avec le boom des livraisons à domicile par des services de coursiers et coursières, les normes minimales en matière de conditions de travail sont trop souvent contournées. «&nbsp;Ces nouveaux emplois sont créés dans des secteurs non réglementés&nbsp;: il s’agit d’employé-e-s temporaires, de sous-traitant-e-s, de faux indépendant-e-s&nbsp;», constate Daniel Münger, président du syndicat syndicom. «&nbsp;Seules des CCT de force obligatoire dans les branches offrent une protection efficace contre la précarisation», martèle Daniel Münger.</p><p>Le syndicat Unia est aussi d’avis qu’il faut tout faire pour combattre le fossé social qui se creuse, car la pandémie n’a pas seulement affecté les revenus&nbsp;: «&nbsp;Les personnes qui ont pu continuer de travailler malgré le semi-confinement ont souvent dû accepter d’autres types de dégradation de leurs conditions&nbsp;», par exemple dans la vente, pour le traitement des commandes en ligne, souligne Vania Alleva, présidente d’Unia. «&nbsp;La pression est énorme pour que les salarié-e-s acceptent cet effritement sans rien dire. Car au final, les personnes au chômage partiel sont encore moins bien loties. C’est pourquoi il faut que le chômage partiel soit indemnisé à 100&nbsp;% pour les salaires jusqu’à 5000 francs et que les CCT s’étendent», ajoute-elle.</p><p>Et Pierre-Yves Maillard, président de l’Union syndicale suisse (USS), de conclure: «&nbsp;Après avoir lutté contre la pandémie, nous devons nous battre pour plus de sécurité sociale. Pour que les travailleuses et les travailleurs qui ont le plus souffert de la crise ne soient pas laissés pour compte.&nbsp;» Et contre le chômage, la précarité et les inégalités croissantes, il n’y a pas trente-six solutions&nbsp;: il faut de meilleurs salaires et des mesures efficaces en faveur du pouvoir d’achat.</p><h3 class="heading--h4"><strong>C’est pourquoi l’USS exige&nbsp;:</strong></h3><ul><li>Un salaire minimum de 22&nbsp;francs de l’heure, des conditions de travail réglementées et des conventions collectives de travail (CCT) de force obligatoire aussi pour les nouveaux emplois qui se sont créés dans les services de coursiers et coursières et dans le commerce en ligne.</li><li>La restitution à la population des quelque cinq milliards de francs de réserves excédentaires issues des primes-maladie afin de renforcer le pouvoir d’achat et de stimuler l’économie nationale.</li><li>Le renoncement à tout programme d’austérité, surtout au niveau fédéral, afin que le chômage n’augmente pas encore davantage.</li><li>Des garanties d’emploi dans les entreprises ainsi qu’un soutien aux jeunes en fin de formation dans leur recherche d’un futur emploi.</li></ul>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Lieferdienst_Bringdienst_Maske_iSt-ArtMarie.jpg" length="297992" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7506</guid><pubDate>Wed, 24 Mar 2021 19:10:17 +0100</pubDate><title>Chômage en hausse et baisses de revenus : il faut en faire plus</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/chomage-en-hausse-et-baisses-de-revenus-il-faut-en-faire-plus</link><description>Rencontre des partenaires sociaux avec Guy Parmelin</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les partenaires sociaux étaient invités le 24 mars par le président de la Confédération Guy Parmelin à une rencontre de haut niveau sur la crise liée au coronavirus. L’Union syndicale suisse (USS) y a souligné la dégradation de la situation du marché du travail avec la pandémie qui se prolonge. L’USS a présenté les mesures qui devraient être prises pour éviter que les salaires et les emplois ne soient encore plus menacés qu’ils le sont déjà.</p><p>Le nombre de personnes au chômage a grimpé à nouveau ces dernières semaines&nbsp;: il atteint près de 160&nbsp;000 (désaisonnalisé). C’est 50&nbsp;000 de plus qu’avant le début de la crise à la fin de l’hiver 2020. À ce nombre s’ajoutent les très nombreuses personnes mises au chômage partiel, surtout dans les branches des services qui sont (partiellement) fermées. Le sous-emploi se situe à plus de 10&nbsp;% (équivalents plein temps), selon des estimations de l’USS.</p><p>Ce sont toujours les travailleuses et travailleurs avec des faibles revenus qui sont les plus touchés, que ce soit par le chômage partiel ou par le chômage tout court. Ces personnes travaillent surtout dans l’hôtellerie-restauration, dans le secteur culturel ou dans d’autres branches de services (salle de sport, etc.). Elles subissent des baisses de revenus qui peuvent être cruelles. Selon le dernier sondage SRF/Sotomo, les personnes à bas salaires n’ont aujourd’hui plus que 78&nbsp;% de leur revenu d’avant la crise. En cas de chômage partiel, elles arrivent à 80&nbsp;%, ce qui prouve bien que l’augmentation des indemnités de chômage partiel décidée au Parlement n’est pas assez efficace.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Économie</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gesundheit/Corona-Wirtschaft_iStock-ffikretow.jpg" length="104925" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7489</guid><pubDate>Tue, 09 Mar 2021 17:53:19 +0100</pubDate><title>Travail dominical : pas de déréglementation sous prétexte de la pandémie</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/travail-dominical-pas-de-dereglementation-sous-pretexte-de-la-pandemie</link><description>Aussi le Conseil National s’oppose d’étendre le travail dominical dans la loi COVID-19</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les commissions de l’économie du Conseil des États et du Conseil National voulaient prendre prétexte de la pandémie pour étendre le travail du dimanche. Heureusement, après le Conseil des États, le Conseil National a lui aussi refusé cette modification opportuniste de la loi Covid-19, renonçant donc à cette attaque éhontée contre les conditions de travail du personnel de la vente. Il faut régler les problèmes auxquels sont confrontés les travailleuses et les travailleurs aujourd’hui, non pas les aggraver.</p><p>Après le non clair du Conseil des États, c’est le Conseil National qui a rejeté par 96 voix contre 93 une extension du travail du dimanche. À travers une modification de dernière minute de la loi COVID-19, les commissions (CER) avaient proposés de tripler, jusqu’à fin 2022, le nombre de dimanches avec ouverture des magasins. Un vote favorable aurait été une gifle pour le personnel de la vente, qui sort d’une année particulièrement difficile sur le plan des conditions de travail ainsi que du pouvoir d’achat, en raison du chômage partiel.</p><p>Lors des débats, il a été rappelé qu’augmenter les ouvertures n’apporte pas de hausse de chiffre d’affaire, comme le montrent plusieurs études. Au contraire&nbsp;: elles entraînent des pertes, en particulier pour les petits commerces. De plus, le personnel de la vente s’est toujours prononcé clairement contre le travail du dimanche, lors de sondages sur ce sujet.</p><p>Enfin, des parlementaires ont pointé du doigt – à raison – le procédé inacceptable au plan de l’État de droit&nbsp;: la loi COVID-19 ne peut être utilisée et dévoyée pour aller vers une dégradation de la protection de la santé des travailleuses et travailleurs. Bien au contraire&nbsp;: les salarié-e-s ont droit à davantage de protection compte tenu des nombreux sacrifices consentis au cours de la pandémie.</p><p>Les scrutins du week-end ont de tout évidence pesé sur la décision. En effet, la population du canton&nbsp;de Berne a rejeté le 7 mars le projet de doubler le nombre d’ouvertures&nbsp;dominicales par année. Et le même jour, dans le canton de Zoug, la prolongation des horaires d’ouverture des magasins a été refusée.</p><p>L’USS refuse fermement que le travail dominical soit étendu. Il est prouvé que les ventes dominicales augmentent les risques psychosociaux pour le personnel de la vente qui, pendant la pandémie, a déjà fortement souffert de stress dans les commerces à grandes surfaces de vente ainsi que de la peur d’être infecté et de violentes pertes de salaire à cause du chômage partiel. Que les commissions veuillent faire passer en plus cette libéralisation aussi inutile que nuisible comme mesure prise dans le cadre de la protection des salarié-e-s, témoigne, à l’égard des personnes concernées, d’un manque de respect encore jamais vu.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/9/9/csm_mediathek_coop_supermarkt_13_5435cba10f.jpg" length="278759" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7485</guid><pubDate>Sun, 07 Mar 2021 16:23:54 +0100</pubDate><title>Pas de péjorations des conditions de travail dans la vente</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/pas-de-pejorations-des-conditions-de-travail-dans-la-vente</link><description>Prolongations d’horaires : deux refus réjouissants</description><content:encoded><![CDATA[<p>La population du canton&nbsp;de Berne a rejeté aujourd’hui le projet de doubler le nombre d’ouvertures&nbsp;dominicales par année. Ce refus met un coup d’arrêt à une nouvelle tentative&nbsp;d’extension du travail du dimanche, en l’occurrence sur le dos des&nbsp;travailleuses et travailleurs de la branche. Dans le canton de Zoug également, la prolongation des horaires d’ouverture des magasins a été refusée.<br><br> Il est démontré que les&nbsp;ouvertures dominicales ou les prolongations d'horaires n’apportent pas de chiffre d’affaires supplémentaire.&nbsp;Elles ne font qu’alourdir la charge de travail sur le personnel de vente. Alors&nbsp;que le Conseil national doit encore traiter la proposition opportuniste&nbsp;d’intégrer des ouvertures dominicales dans la loi Covid-19, le signal donné est&nbsp;très clair : il n’y a pas de&nbsp;majorité dans les urnes pour plus de travail&nbsp;du dimanche.</p><h3 class="heading--h4">Accord de libre-échange avec l’Indonésie accepté</h3><p>L’accord de libre-échange avec l’Indonésie a trouvé&nbsp;une majorité dans les urnes. La présence de standards de protection contre&nbsp;l’exploitation des travailleuses et des travailleurs&nbsp;et de durabilité a de tout&nbsp;évidence joué un rôle déterminant. Après ce résultat, il appartient à la&nbsp;Confédération de tenir ses promesses en garantissant une mise en œuvre sérieuse&nbsp;de ces dispositions.<br><br> Désormais, tout accord futur devra suivre ce chemin et&nbsp;intégrer des règles contraignantes en matière de protection des employé-e-s et&nbsp;de durabilité encore plus strictes et élargies&nbsp;à tous les produits et services.&nbsp;Les syndicats s’engageront pour que le respect du droit social et du travail&nbsp;bénéficie à l’avenir de protections encore meilleures.</p>]]></content:encoded><category>Économie extérieure</category><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/8/d/csm_Kantone_der_Schweiz_wenigerbunt-01_e63e6191d5.png" length="518318" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7479</guid><pubDate>Thu, 04 Mar 2021 12:57:00 +0100</pubDate><title>Le Conseil des États renonce à l’utilisation opportuniste de la loi COVID-19</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-conseil-des-etats-renonce-a-lutilisation-opportuniste-de-la-loi-covid-19</link><description>Pas de déréglementation du travail dominical</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La commission de l’économie du Conseil des États voulait prendre prétexte de la pandémie pour étendre le travail du dimanche. Heureusement, le plénum a pris une décision raisonnable en renonçant à cette modification opportuniste, évitant ainsi une attaque éhontée contre les conditions de travail du personnel de la vente. Il faut régler les problèmes auxquels sont confrontés les travailleuses et les travailleurs aujourd’hui, non pas les renforcer.</p><p>Le vote est clair&nbsp;: le Conseil des État a rejeté par 23 voix contre 18 une extension du travail du dimanche. À travers une modification de dernière minute de la loi COVID-19, la commission (CER-E) avait proposé de tripler, jusqu’à fin 2022, le nombre de dimanches avec ouverture des magasins. Un vote favorable aurait été une gifle pour le personnel de la vente, qui sort d’une année particulièrement difficile sur le plan des conditions de travail ainsi que du pouvoir d’achat, en raison du chômage partiel.</p><p>En plénum, la Chambre des cantons a balayé cette modification. Lors des débats, il a été rappelé qu’augmenter les ouvertures n’apporte pas de hausse de chiffre d’affaire, comme le montrent plusieurs études. Au contraire&nbsp;: elles entraînent des pertes, en particulier pour les petits commerces. De plus, le personnel de la vente s’est toujours prononcé clairement contre le travail du dimanche, lors de sondages sur ce sujet.</p><p>Enfin, des sénatrices et sénateurs ont pointé du doigt – à raison – le procédé inacceptable au plan de l’État de droit&nbsp;: la loi COVID-19 ne peut être utilisée et dévoyée pour aller vers une dégradation de la protection de la santé des travailleuses et travailleurs. Bien au contraire&nbsp;: les salarié-e-s ont droit à davantage de protection compte tenu des nombreux sacrifices consentis au cours de la pandémie.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/1/4/csm_Staenderat_Schweiz_WikimediaCommons-Superikonoskop-ccbysa_32f32a2f8e.jpg" length="350939" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7471</guid><pubDate>Wed, 24 Feb 2021 12:54:26 +0100</pubDate><title>Le repos dominical victime du COVID-19</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-repos-dominical-victime-du-covid-19</link><description>Une commission du Conseil des États décide d’étendre le travail dominical</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Au mépris total du personnel de la vente et des cantons, la Commission de l’économie et des redevances du Conseil des États (CER-E) a décidé de faire passer par la bande de quatre à douze par année le nombre d’ouvertures dominicales des magasins. L’Union syndicale suisse (USS) rejette fermement cette libéralisation du travail du dimanche. Le Parlement fédéral doit revenir sur cette attaque dirigée, à travers la loi COVID-19, contre la loi sur le travail (LTr).</p><p>L’USS refuse fermement que le travail dominical soit étendu. Le passage à 12 ouvertures dominicales des commerces par année via la loi COVID-19 est douteux du point de vue constitutionnel et antidémocratique parce qu’il revient à fouler aux pieds la volonté des citoyen-ne-s qui se sont régulièrement prononcés, lors de nombreux scrutins cantonaux, contre la libéralisation des heures d’ouverture des magasins.</p><p>Il est prouvé que les ventes dominicales augmentent les risques psychosociaux pour le personnel de la vente qui, pendant la pandémie, a déjà fortement souffert de stress dans les commerces à grandes surfaces de vente ainsi que de la peur d’être infecté et de violentes pertes de salaire à cause du chômage partiel. Qu’aujourd’hui, la CER-E veuille faire passer en plus cette libéralisation aussi inutile que nuisible comme mesure prise dans le cadre de la protection des salarié-e-s, témoigne, à l’égard des personnes concernées, d’un manque de respect encore jamais vu.</p><p>Il a déjà été moult fois prouvé que les ventes du dimanche n’entraînent pas une hausse du chiffre d’affaires, mais uniquement son étalement. Et seules les chaînes de distribution ayant une grande surface commerciale pourraient se le permettre, les magasins de plus petite taille ainsi que les boutiques y perdant au contraire. La conséquence serait la «&nbsp;mort des petits commerces&nbsp;». Or précisément le personnel de ces derniers a de toute façon déjà dû payer un très lourd tribut à la pandémie à travers d’énormes pertes de revenu sur des salaires de fait trop bas.</p><p>Le Parlement doit rejeter cette déréglementation nuisible et cynique. La loi COVID-19 ne doit pas servir de tremplin à des attaques contre la LTr et la protection de la santé des travailleurs et travailleuses.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/9/9/csm_mediathek_coop_supermarkt_13_5435cba10f.jpg" length="278759" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7468</guid><pubDate>Mon, 22 Feb 2021 11:54:57 +0100</pubDate><title>Les écarts salariaux se creusent, la discrimination augmente</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/les-ecarts-salariaux-se-creusent-la-discrimination-augmente</link><description>Structure des salaires et égalité femmes-hommes</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L'écart entre les salaires des femmes et des hommes s’est encore creusé entre 2014 et 2018, comme le constate la dernière Enquête suisse sur la structure des salaires (ESS). Pire&nbsp;: c’est surtout la part clairement discriminatoire de cet écart qui a augmenté. Il faut que ça cesse. Comment&nbsp;? Avec une mise en œuvre rapide et déterminée de la loi sur l’égalité révisée et une nouvelle répartition plus équitable du travail de garde et d’assistance rémunéré et non rémunéré.</p><p>Le principe de l’égalité salariale est inscrit dans la Constitution depuis 40 ans et son application figure concrètement depuis 25 ans dans la loi sur l’égalité. Et pourtant&nbsp;: l’évolution des dernières années montre bien que sa réalisation est loin d’être en bonne voie. Entre 2014 et 2018, l’écart salarial global entre femmes et hommes a augmenté de près d’un point de pourcentage pour atteindre 19&nbsp;%. Et sur cette différence, la part non expliquée – et donc essentiellement discriminatoire – a même augmenté de 3 points de pourcentage pour s’élever à 45,4&nbsp;%&nbsp;! En d’autres mots, les femmes gagnent en Suisse 8,6&nbsp;% de moins que les hommes pour un travail équivalent. En argent sonnant et trébuchant, cela veut dire 686.45 francs de différence («&nbsp;non expliquée&nbsp;») chaque mois&nbsp;! Globalement, les femmes gagnent en moyenne 1512 francs de moins par mois que les hommes.</p><p>À noter que la différence salariale qui s’explique par le degré de formation, l’expérience professionnelle et la position hiérarchique est restée stable à environ 10&nbsp;% au cours des années sous étude. Mais la discrimination, elle, a pris l’ascenseur. La révision de la loi sur l’égalité (LEg), entrée en vigueur l’été dernier, est donc effectivement arrivée trop tard. Elle doit dès lors être mise en œuvre de façon d’autant plus proactive et systématique. L’Union syndicale suisse (USS) attend des entreprises qu’elles prennent leurs responsabilités&nbsp;: elles doivent maintenant procéder sans tarder aux analyses des salaires, en concertation avec les partenaires sociaux, et corriger au plus vite toute discrimination salariale.</p><p>D’ailleurs, même la part «&nbsp;explicable&nbsp;» de l’écart salarial est bien trop élevée (10&nbsp;%), car elle repose elle aussi sur des structures discriminatoires dans le monde du travail et dans la société en général. Les femmes travaillent plus souvent dans des professions qui ne sont pas rémunérées correctement selon leur valeur. Et trop souvent encore, elles se heurtent au fameux «&nbsp;plafond de verre&nbsp;». Au plus tard après avoir fondé une famille, elles assument de plus la majeure partie du travail non rémunéré qui va avec, ce qui, à son tour, se répercute par un salaire plus bas pour le travail rémunéré (possibilités et rémunération du travail à temps partiel).</p><p>En plus de la lutte contre la discrimination salariale, l’USS exige donc des mesures pour que les femmes ne soient plus exposées aux pertes salariales parce qu’elles s’occupent de leurs enfants et de leurs proches. Il faut pour cela des structures d’accueil en nombre suffisant, financées par les pouvoirs publics, et une organisation facilitant la répartition équitable du travail non rémunéré entre hommes et femmes.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/e/4/csm_Schnecke-Crackingart-Locarno_Foto-SGB-TF_fa2ca1201d.jpg" length="370039" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7458</guid><pubDate>Wed, 17 Feb 2021 17:02:15 +0100</pubDate><title>Protection des revenus et des emplois toujours insuffisante</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/protection-des-revenus-et-des-emplois-toujours-insuffisante</link><description>Décisions du Conseil fédéral</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En même temps que les étapes d’assouplissement qu’il envisage, le Conseil fédéral a annoncé aujourd’hui l’extension de certaines mesures de soutien pour limiter les pertes d’emplois et de pouvoir d’achat. Ces améliorations sont à saluer. Toutefois, alors qu’il prévoit que de nombreuses restrictions seront maintenues au cours des mois à venir, le Conseil fédéral ne propose ni la prolongation de la couverture à 100 % du salaire en cas de chômage partiel pour les bas revenus, ni des mesures permettant d’améliorer le rythme de versement et l’accessibilité des aides. Cette inaction est incompréhensible. La stratégie dessinée aujourd’hui doit donc encore être impérativement complétée par des dispositions efficaces et durables de soutien aux revenus et de protection des places de travail. Dans le domaine de la culture, il est indispensable que dès le mois de mars, les aides soient simplifiées et renforcées. La stratégie doit également être assortie d’un renforcement des dispositions de protection de la santé au travail et de leur application concrète.</p><p>La crise du coronavirus produit des effets douloureux dans le monde du travail. Le sous-emploi se situe à un niveau historiquement élevé, tandis que nombre de travailleuses et travailleurs craignent pour leur santé et pour leur emploi. L’Union syndicale suisse (USS) demande que les mesures de stabilisation économiques et sociales soient synchronisées avec les restrictions liées à la pandémie, ce que les annonces faites par le Conseil fédéral ne garantissent qu’insuffisamment.</p><h4>Soutien aux salarié-e-s insuffisant</h4><p>A ce jour, il est prévu que l’activité reste fortement réduite dans de nombreuses branches telles que la restauration, l’événementiel ou la culture. En revanche, le Conseil fédéral n’a pas jugé utile de proposer une prolongation de la couverture complète&nbsp;des salaires les plus bas en cas de chômage partiel. Et ce alors que les bas salaires sont particulièrement fréquents dans ces secteurs, et qu’ils sont déjà disproportionnellement touchés par le chômage partiel. Cette absence de volonté est problématique et ajoute une incertitude économique supplémentaire pour des personnes qui ont déjà subi d’importantes pertes de revenu au cours des douze derniers mois.<br> La poursuite des mesures de lutte contre la pandémie doit s’accompagner au minimum d’une prolongation de l’indemnisation à 100&nbsp;% des salaires les plus bas en cas de chômage partiel. Cette protection devrait même être améliorée puisqu’elle ne concerne aujourd’hui que très peu de salarié-e-s tout en bas de l’échelle. Par ailleurs, dans tous les secteurs concernés, le rythme du versement des aides doit être substantiellement accéléré et l’accès aux dispositifs facilité. Dans le cas contraire, les conséquences en matière de pouvoir d’achat des salarié-e-s et de pertes d’emplois seront dramatiques.</p><h4>Des renforcements nécessaires enfin précisés</h4><p>Le Conseil fédéral reprend toutefois d’autres demandes importantes de l’USS concernant l’assurance-chômage. L’augmentation du nombre d’indemnités journalières destinée à empêcher de nouvelles arrivées en fin de droit et la prolongation de la durée maximale du versement des indemnités pour réduction de l’horaire de travail atténueront les effets de la crise sanitaire sur les salarié-e-s. L’introduction d’un droit rétroactif à une indemnisation des pertes financières des acteurs et actrices culturels est également à saluer. Cette mesure devrait cependant être étendue aussi aux indépendant-e-s de ce secteur. Les acteurs et actrices culturels ont plus que jamais besoin de prestations de soutien qui fonctionnent et soient facilement accessibles. Cela suppose des simplifications au niveau administratif.</p><h4>Stratégie de sortie&nbsp;: à saluer, mais encore incomplète</h4><p>L’USS se réjouit du fait que le&nbsp;Conseil fédéral trace une perspective d’avenir et pose les premiers éléments d’une stratégie de sortie de crise. Sa réalisation implique une mise en œuvre efficace des mesures de protection de la santé sur les lieux de travail, en particulier pour préserver les travailleurs et travailleuses particulièrement&nbsp;vulnérables.&nbsp;Il faut, pour s’en assurer,&nbsp;renforcer les contrôles sur les lieux de travail, et non pas supprimer les règles en vigueur comme l’ont demandé certaines associations patronales. Sur ce plan, la Confédération doit prescrire, pour les contrôles relatifs au COVID sur les lieux de travail, des quotas qui soient obligatoires. Si nécessaire, la SUVA doit participer à ces activités ainsi que soutenir les cantons. Il faut que toutes les entreprises disposent désormais de plans de protection, y compris celles qui ne sont pas en contact avec de la clientèle, comme la construction. Il faut aussi se poser la question, dans le cadre de la stratégie de sortie de crise, de la certification des plans de protection par des spécialistes, surtout pour les nouveaux plans de protection.</p><p>De plus, des mesures doivent enfin être prises pour permettre le respect des quarantaines principalement dans les institutions de santé&nbsp;; cela, en finançant les renforts temporaires nécessaires.&nbsp;Dans le système de soins en général, l’USS attend que les capacités nouvelles créées au cours des derniers mois en particulier dans les soins intensifs soient maintenues et que de nouvelles&nbsp;soient durablement créées afin de prévenir, à l’avenir, les risques de surcharge.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Koch_Restaurant_geschlossen_keineGaeste_ClarkandCompany-iStock.jpg" length="328362" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7432</guid><pubDate>Wed, 27 Jan 2021 15:20:00 +0100</pubDate><title>Des mesures qui se sont trop fait attendre pour prévenir de graves problèmes sociaux</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/des-mesures-qui-se-sont-trop-fait-attendre-pour-prevenir-de-graves-problemes-sociaux</link><description>Il faut garantir les salaires et protéger les emplois</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) se félicite des décisions prises aujourd’hui par le Conseil fédéral pour prévenir les arrivées en fin de droit dans l’assurance-chômage et garantir les salaires ainsi que protéger les emplois. La hausse du nombre des demandeurs et demandeuses d’emploi et la situation tendue dans laquelle se trouvent de nombreuses entreprises nécessitaient de nouvelles mesures. Mais une fois de plus, il s’est écoulé trop de temps entre le moment de décider des fermetures pour des raisons épidémiologiques et celui de prendre des mesures économiques destinées à garantir les salaires et protéger les emplois. Malheureusement, le Conseil fédéral considère dans cette deuxième vague que les décisions économiques doivent être prises par le Parlement, ce qui signifie que des milliers de chômeurs et chômeuses toucheront leurs dernières indemnités de l’assurance-chômage et se retrouveront ainsi en fin de droit avant qu’une décision ne tombe en mars. Le Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche a raté l’occasion de s’attaquer en temps voulu à ce problème, alors que l’USS l’avait déjà signalé en décembre dernier en proposant une prolongation du versement des indemnités journalières.&nbsp;</p><p>L’augmentation des montants destinés aux cas de rigueur est à saluer. Pour l’USS, les moyens mis à disposition à ce jour seront relativement vite épuisés à cause de l’arrêt partiel des activités économiques. Toutefois, le problème de la lenteur de l’application des mesures n’a toujours pas été résolu. Beaucoup d’entreprises constatent que les procédures appliquées aux cas de rigueur sont très complexes et fastidieuses., L’an passé, l’USS a proposé qu’il soit possible, via le chômage partiel, d’acheminer rapidement et sans complications bureaucratiques des fonds au moins aux entreprises fermées par les autorités (p. ex. sous forme de supplément automatique aux indemnités de chômage partiel). La priorité doit être donnée maintenant à une forte accélération par les cantons du traitement des cas. Étant donné l’urgence de la situation, la Confédération devrait réexaminer s’il ne vaudrait pas mieux distribuer les fonds aux entreprises fermées directement, en se basant sur les demandes de RHT.</p><p>Enfin, l’USS salue l’introduction avec effet rétroactif des indemnités pour pertes financières versées aux acteurs et actrices culturels. Toutefois, il existe là aussi un problème d’application. Les acteurs et actrices culturels concernés se plaignent de ce que l’argent ne leur est pas versé ou qu’il ne l’est que beaucoup trop lentement.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/e/9/csm_Bundeshaus_Bern_-_Federal_palace_of_Switzerland_852909e44f.jpg" length="309035" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7421</guid><pubDate>Wed, 20 Jan 2021 15:43:29 +0100</pubDate><title>Enfin les premiers pas du Seco et du Conseil fédéral pour une meilleure protection de la santé contre le COVID-19</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/enfin-les-premiers-pas-du-seco-et-du-conseil-federal-pour-une-meilleure-protection-de-la-sante-contre-le-covid-19</link><description>Mais il reste encore tant à faire !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="heading--h4">Et pourtant, il bouge encore&nbsp;!</p><p>Il aura fallu attendre que la deuxième vague de la pandémie atteigne son apogée ainsi que d’innombrable démarches des syndicats pour qu’enfin le Conseil fédéral décide, le 13 janvier dernier, des mesures destinées à améliorer la protection au travail contre la contamination au COVID-19. Ces nouvelles mesures sont entrées en vigueur le 18 janvier. Les principales d’entre elles sont les suivantes&nbsp;:</p><ul><li>obligation du travail à domicile,</li><li>précisions concernant l’obligation du port du masque,</li><li>protection des salarié-e-s vulnérables, avec un droit aux allocations pour perte de gain (APG) COVID.</li></ul><p>Le SECO propose aussi une ligne téléphonique pour le monde du travail&nbsp;: tél.: +41 58 462 00 66.</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) avait demandé en novembre 2020 déjà que ces mesures soient prises pour les salarié-e-s vulnérables et s’était prononcée en faveur du télétravail lorsque cela est indiqué en raison de la pandémie. Mais malheureusement, rien n’eut lieu. Cela, alors que de nombreux employeurs encore ne sont même pas obligés de produire un plan de protection&nbsp;!</p><p>Suite au lobbyisme tenace des syndicats, le Conseil fédéral a enfin pris des mesures pour protéger les salarié-e-s du COVID-19. L’USS attend maintenant du SECO qu’il avance sur ce dossier, entre autres avec du matériel d’information et des directives sur le contrôle ainsi que des conseils.</p><p class="heading--h4">Le télétravail doit être supportable aux plans de la santé et financier</p><p>L’obligation de télétravail est à saluer. Mais l’USS est critique concernant la suppression de l’indemnisation des frais induits. Celle-ci doit en effet être comprise de manière extrêmement restrictive. Or l’employeur doit supporter les frais en soi et ceux d’ergonomie, lorsqu’il y en a et qu’ils sont nécessaires. En outre, toutes les places de travail convenant potentiellement au télétravail doivent être immédiatement transférées au domicile des employé-e-s. Et les inspectorats du travail doivent&nbsp;&nbsp; y effectuer des contrôles stricts. Si des employeurs ne respectent pas les dispositions, ils se rendent punissables. Les abus doivent aussi être annoncés aux syndicats, en plus des inspectorats.</p><p class="heading--h4">Il faut plus de mesures</p><p>Malheureusement, ces mesures sont insuffisantes. Les améliorations suivantes sont nécessaires&nbsp;:</p><ul><li>des plans de protection pour toutes les entreprises&nbsp;: chaque entreprise doit enfin disposer d’un plan de protection&nbsp;! Il n’est pas acceptable que des employeurs «&nbsp;sans contact avec le public&nbsp;» aient le droit de naviguer à l’aveuglette.</li><li>Davantage de contrôles et de conseils&nbsp;: le nombre de contrôles sur les lieux de travail est bien trop faible. On a besoin de plus de contrôles surtout lorsque le télétravail n’est pas possible (logistique, construction, commerce de détail, etc.). Les entreprises qui ne peuvent pas respecter les mesures de protection ou ne le veulent pas doivent être rapidement sanctifiée. Si une entreprise ou une partie d’entreprise doit fermer, c’est à la Confédération de prendre en charge les coûts salariaux.</li></ul><p class="heading--h4">Les personnes vulnérables peuvent enfin à nouveau rester à la maison&nbsp;!</p><p>Depuis le début de la deuxième vague, l’USS a demandé qu’une protection supplémentaire soit mise en place pour les employé-e-s particulièrement menacés par le virus. Cette demande a maintenant été satisfaite.</p><p>Les employé-e-s vulnérables incluent aussi, en plus des personnes classiquement vulnérables, les femmes enceintes. Celles-ci jouissent désormais de la double protection de l’ordonnance sur la protection de la maternité ainsi que, parallèlement, de celle que leur offre l’ordonnance 3 COVID-19. Cette dernière protection est, grâce à une application rapide (télétravail ou dispense de l’obligation de travail à travers une simple attestation médicale) ainsi que la solution des APG, plus intéressante que la protection garantie par l’ordonnance sur la protection de la maternité.</p><p>La protection en cascade à suivre ici correspond au modèle qui a fait ses preuves au printemps 2020 et a été en vigueur jusqu’au mois de mai.</p><p>Pendant une interdiction de travailler, un délai en matière de licenciement est appliqué aux personnes vulnérables, comme pour la protection de la maternité, suivant l’article 336c du CO (pas de cas de licenciement abusif selon l’art. 336a CO).</p><p class="heading--h4">La protection en cascade à suivre ici correspond au modèle suivant&nbsp;:</p><ol><li>L’employeur permet à ses employé-e-s vulnérables de s’acquitter de leurs obligations professionnelles depuis leur domicile. À cet effet, il prend les mesures organisationnelles et techniques appropriées. Les employé-e-s n’ont pas droit au remboursement des frais nécessaires pour remplir depuis leur domicile l’obligation de travailler qui leur est ordonnée en vertu de cette disposition (art. 10 al. 3 ordonnance COVID-19 situation particulière.</li><li>S’il n’est pas possible de remplir depuis son domicile les obligations professionnelles habituelles, l’employeur attribue par dérogation au contrat de travail à l’employé-e concerné un travail de remplacement équivalent avec la même rémunération pouvant être exécuté depuis le domicile.</li><li>Si pour des raisons tenant à l’entreprise, la présence d’employé-e-s vulnérables est totalement ou partiellement nécessaire sur place, ceux-ci ont le droit d’être occupés dans leurs activités habituelles si les conditions suivantes sont remplies&nbsp;:</li></ol><ul><li>le poste de travail est aménagé de sorte que tout contact étroit avec d’autres personnes est exclu, à savoir est mis à disposition dans une pièce individuelle ou dans une zone clairement délimitée&nbsp;;</li><li>dans le cas où un contact étroit ne peut pas être évité en tout temps, d’autres mesures de protection sont prises selon le principe STOP (substitution, mesures techniques, mesures organisationnelles, équipement de protection individuelle).</li></ul><p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 4. L’employé-e concerné peut refuser un travail qui lui est attribué si l’employeur ne remplit pas les conditions stipulées aux chiffres 1 à 3 ou s’il/elle estime que, malgré les mesures prises par l’employeur, le risque d’être infecté par le coronavirus est trop élevé pour lui/elle. L’employeur peut alors demander un certificat médical.</p><p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 5. S’il n’est pas possible d’occuper l’employé-selon les chiffres 1 à 4 ou si ce celui-ci/celle-.ci refuse le travail qui lui est attribué au sens du chiffre 2, alors l’employeur le ou la libère de son obligation de travail et continue à lui verser son salaire.</p><p>Pour faire valoir son droit à l’APG COVID, c’est l’article 2 alinéa 3quater de l’ordonnance sur les pertes de gain COVID-19 du 20 mars 2020 qui s’applique. L’Office fédéral des assurances sociales n’a pas encore publié de nouvelles informations sur la façon dont la procédure d’annonce sera aménagée.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/4/8/csm_Handwerker-Mundschutz-Pause_iStock-sam_thomas_c5c3cb6511.jpg" length="246696" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7411</guid><pubDate>Wed, 13 Jan 2021 16:02:17 +0100</pubDate><title>Le renforcement des mesures doit être socialement accompagné</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/le-renforcement-des-mesures-doit-etre-socialement-accompagne</link><description>Décisions du Conseil fédéral sur la pandémie : la position de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil fédéral a décidé aujourd’hui de nettement renforcer les mesures de lutte contre la pandémie de coronavirus. Afin d’éviter des suppressions massives d’emplois et des conséquences drastiques pour les salarié-e-s, il est cependant nécessaire que des mesures économiques de soutien soient prises en conséquence. L’accès facilité aux solutions pour les cas de rigueur, ainsi que l’avait demandé avec insistance l’Union syndicale suisse (USS), représente à cet égard un pas important qu’il y a lieu de saluer. Pour empêcher des arrivées en fin de droit, il faut également prolonger la durée de perception des allocations et les délais-cadre de l’assurance-chômage, comme cela avait été le cas lors de la première vague. En ce qui concerne les salarié-e-s vulnérables, les mesures demandées par l’USS sont enfin mises en place. On comprend par contre difficilement pourquoi le Conseil fédéral n’a pas profité de l’occasion pour édicter des prescriptions plus strictes à l’intention des EMS où les cas de décès ont été nombreux.</p><p class="heading--h4">Les branches fermées doivent être rapidement aidées</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) se félicite de l’assouplissement des dispositions pour cas de rigueur désormais décidé. Les branches dont les activités ont été directement stoppées sont considérées en tant que telles comme des cas de rigueur et bénéficient d’un soutien. On peut cependant se demander si le fonds pour les cas de rigueur permettra de faire parvenir assez tôt aux entreprises les moyens dont elles ont besoin&nbsp;: le rythme suivi par les cantons va être déterminant ici pour empêcher une vague de licenciements.</p><p>L’arrêt partiel de l’activité économique a rendu encore plus difficile la recherche d’un emploi par les personnes au chômage. Les arrivées en fin de droit risquent de se multiplier. Les principaux concernés sont les chômeurs et chômeuses âgés, dont le taux de chômage a continué à augmenter. C’est pourquoi, il est urgent que le nombre des indemnités journalières de chômage soit augmenté ainsi que les délais-cadre de l’assurance-chômage&nbsp;; cela, jusqu’au printemps, afin d’éviter des arrivées en fin de droit. Toutes les restrictions décidées doivent être accompagnées de mesures économiques de soutien afin que les emplois puissent être préservés et les salaires garantis.</p><p class="heading--h4">Protection de la santé sur le lieu de travail enfin améliorée</p><p>Comme le demandait l’USS, le Conseil fédéral a décidé de prendre enfin des mesures afin de protéger les travailleurs et travailleuses vulnérables. Ainsi, il sera possible d’offrir une protection spécifique à ces personnes sans les discriminer. À cet effet, comme au printemps 2020, on mettra donc en place pour les salarié-e-s vulnérables un droit au télétravail ou une protection équivalente au travail, ou une solution via les allocations pour perte de gain. Cette catégorie de travailleurs et travailleuses pourra désormais être dispensée de travail au moyen d’une attestation médicale lorsque les mesures sanitaires ne pourront pas être respectées concrètement. En outre, les salarié-e-s vulnérables devront être explicitement protégés contre le licenciement.</p><p>L’USS s’est toujours montrée ouverte au télétravail dans le cadre de la lutte contre la pandémie. Mais il est incompréhensible que le Conseil fédéral ait précisé, dans le cadre de l’obligation générale désormais introduite, que certaines dépenses ne devront pas être remboursées aux travailleurs et travailleuses.</p><p class="heading--h4">EMS&nbsp;: une situation inacceptable</p><p>L’USS est extrêmement préoccupée par la situation dans de nombreux EMS où vivent des personnes vulnérables et où l’on assiste à de nombreuses contaminations et surtout à beaucoup de décès. Les salarié-e-s infectés par le COVID-19 ou qui devraient se trouver en quarantaine sont pour certains contraints par leurs employeurs ou les autorités cantonales responsables de travailler. C’est inacceptable et met en danger leur vie. Pourtant, le Conseil fédéral a, à tort, renoncé à édicter de nouvelles prescriptions juridiques. L’USS demande que les plans de protection soient adaptés au nouveau danger et appliqués de manière plus systématique, et que le personnel soit indemnisé de manière équitable jusqu’à ce que les personnes concernées aient été vaccinées. En l’absence d’une amélioration rapide des conditions de travail, des salaires ainsi que de la formation initiale et continue, la pénurie de personnel soignant risque de continuer à s’aggraver.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/7/3/csm_ferme_iStock-brightstars_30de959177.jpg" length="134644" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7394</guid><pubDate>Thu, 07 Jan 2021 11:00:00 +0100</pubDate><title>Un agenda social pour 2021 : salaires et rentes décents, et emplois sûrs</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/cp-annuelle-2021</link><description>Conférence de presse annuelle de l’USS – Situation difficile des travailleurs et travailleuses
</description><content:encoded><![CDATA[<p>La crise&nbsp;provoquée&nbsp;par la pandémie de coronavirus a des conséquences dévastatrices sur le monde du travail. Les pertes de revenus et de places de travail&nbsp;sont inquiétantes, et touchent beaucoup plus&nbsp;les personnes aux revenus les plus bas parce qu’elles étaient déjà confrontées à des salaires en stagnation et des rentes de&nbsp;retraite&nbsp;en baisse. Pour ouvrir à nouveau une&nbsp;perspective&nbsp;d’avenir pour les&nbsp;travailleuses&nbsp;et travailleurs, le pays a donc besoin d’un paquet de mesures coordonnées. Cela, à&nbsp;court terme,&nbsp;pour&nbsp;préserver l’emploi, protéger les personnes au chômage et soutenir le pouvoir d’achat&nbsp;; notamment en redistribuant à chaque assuré-e 500 francs issus des réserves excédentaires des caisses-maladie. De plus, des décisions stratégiques seront prises pour rendre le système de retraites durablement plus juste et plus efficace en introduisant la composante de répartition dans la LPP et en renforçant l’AVS grâce à l’initiative pour une 13e rente AVS. Renforcer la solidarité est la seule manière de sortir renforcés de la crise.</p><h3 class="heading--h4">Le sous-emploi atteint un niveau record</h3><p>La situation sur le marché du travail est sombre en ce début d’année 2021. Le taux de sous-emploi, obtenu en additionnant le chômage, la sous-occupation et le chômage partiel, atteint un record de 10&nbsp;%. Dans de très nombreuses branches, il est tout simplement illusoire de retrouver un emploi à brève échéance en raison des très importantes restrictions en vigueur. Les pertes de revenu et le chômage frappent bien davantage les travailleurs et travailleuses dont les revenus sont déjà les plus bas. Ce sont donc précisément les ménages qui doivent vivre des salaires les plus bas qui abordent 2021 en ayant épuisé leurs réserves, et avec une capacité encore réduite de faire face à d’éventuelles dépenses imprévues. &nbsp;Maintenir les emplois, élargir l’indemnisation du chômage et soutenir le pouvoir d’achat sont de ce fait des nécessités immédiates. La crise sanitaire ne doit pas se transformer en crise économique de longue durée.</p><h3 class="heading--h4">Les salarié-e-s touchés dans une phase difficile</h3><p>Avant la pandémie, la Suisse se trouvait déjà dans une situation délicate. Les salaires n’augmentaient que faiblement, alors que de nombreux coûts fixes et contributions obligatoires prenaient l’ascenseur. La forte dépendance face aux marchés financiers se paie en outre très cher, avec une baisse continue et importante des rentes du 2e pilier. Conséquence: un recul, avant la crise déjà, du pouvoir d’achat réel des travailleurs et travailleuses ainsi que des retraité-e-s. Un retour à une évolution dynamique des salaires et une hausse des rentes sont donc indispensables.</p><p>Plus globalement, les exportations suisses souffrent depuis des années de la surévaluation du franc. Les exportations de machines ont par exemple été divisées par deux depuis 2008. Par ailleurs, les investissements porteurs d’avenir dans les technologies de l’information et de la communication ainsi que dans la recherche et le développement évoluent moins favorablement que dans la zone euro. L’exposition de la Suisse aux variations du taux de change est particulièrement élevée et requiert une action bien plus déterminée de la Banque nationale.</p><h3 class="heading--h4">Investir pour une Suisse plus sociale</h3><p>Les priorités pour l’année 2021 sont claires. Il s’agit, tout d’abord, de garantir les emplois et de compenser au moins en partie les pertes de pouvoir d’achat survenues durant l’année 2020. La prévoyance vieillesse a besoin de mesures pour améliorer ses performances. Renforcer la solidarité est une absolue nécessité, pas une option.</p><h3 class="heading--h4">L’Union syndicale suisse (USS) s’engagera par conséquent pour&nbsp;:</h3><ul><li>faire redistribuer à hauteur de 500 francs par personne les réserves excédentaires des caisses d’assurance-maladie, à titre de soutien rapide au pouvoir d'achat&nbsp;;</li><li>prolonger l’indemnisation du chômage afin d’empêcher les arrivées en fin de droit et pour que des mesures supplémentaires de protection soient prise afin de prévenir les faillites&nbsp;;</li><li>renforcer le financement du secteur de la santé publique, faire verser au personnel une prime après les efforts extraordinaires accomplis par lui, et améliorer durablement les conditions de travail dans ce secteur&nbsp;;</li><li>une politique monétaire plus ferme contre la surévaluation du franc suisse&nbsp;;</li><li>un système de retraites juste et durable avec de meilleures rentes via le renforcement de la composante de répartition dans la LPP et l’augmentation des rentes AVS.</li></ul><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category><category>Économie</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/mk-cp/210107/210107_JMK-Totale.jpg" length="463998" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7407</guid><pubDate>Thu, 07 Jan 2021 09:20:00 +0100</pubDate><title>Assurer les salaires, les rentes et les emplois, aujourd’hui et demain</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/assurer-les-salaires-les-rentes-et-les-emplois-aujourdhui-et-demain</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="heading--h4">Le sous-emploi atteint des niveaux record</p><p>Le monde du travail a beaucoup souffert et reste marqué par la crise du coronavirus. Fin 2020, le sous-emploi dans le pays se situait autour des 10&nbsp;% (calculé en équivalents plein temps), un ordre de grandeur qui n’a plus rien à voir avec d’autres récessions, comme par exemple celle qui a suivi la crise financière de 2008. Et la situation aurait été encore bien pire sans les mesures de stabilisation socio-politiques (chômage partiel, APG, etc.) qui ont été prises. Il suffit, pour s’en convaincre, de regarder ce qui se passe aux États-Unis où le chômage a grimpé de façon vertigineuse.</p><p>Ce sont en général les personnes qui n’ont pas de rapports de travail stables qui subissent de plein fouet les effets d’une crise économique. Donc&nbsp;: les jeunes, les employé-e-s avec des contrats à durée déterminée ainsi que d’autres formes précaires de contrat de travail, comme le travail sur appel entre autres. Pendant la crise sanitaire, la participation des 15-24 ans au marché du travail a fortement diminué. Cette tendance est préoccupante, non seulement pour l’avenir des personnes concernées, mais aussi pour celui de l’économie de notre pays.</p><p>Parallèlement, il est encore plus difficile pour les personnes au chômage de retrouver un emploi en raison de l’arrêt partiel des activités économiques. Le nombre d’arrivées en fin de droit risque d’augmenter. Les personnes de plus de 55 ans sont les plus touchées&nbsp;: dans cette catégorie, le taux de chômage a augmenté jusqu’en novembre.</p><p class="heading--h4">Les problèmes de pouvoir d’achat s’aggravent en particulier pour les faibles revenus</p><p>Les personnes à faible revenu sont elles aussi durement touchées. En effet, les mesures sanitaires concernent avant tout l’hôtellerie-restauration, le tourisme et la culture, autant de domaines où l’on trouve davantage de personnes qui gagnent relativement peu. Elles sont aussi plus souvent au chômage et surreprésentées parmi les personnes au chômage partiel (réduction de l’horaire de travail, RHT). L’augmentation des indemnités RHT décidée tout récemment par le Parlement va certes atténuer leurs problèmes, ce qui est une bonne chose, mais n’en profiteront que les salarié-e-s dont le salaire est très bas.&nbsp;</p><p>S’y ajoute le fait que les salaires en général n’augmentent guère, alors que la charge que représentent les primes-maladie demeure élevée. Les problèmes de pouvoir d’achat et de revenu, déjà présents avant la crise du coronavirus, n’ont donc pas été résolus, ils se sont au contraire encore aggravés. La consommation privée s’en trouve affectée et, de ce fait, également l’évolution conjoncturelle.</p><p class="heading--h4">La crise frappe la Suisse à un moment difficile</p><p>La crise du coronavirus frappe l’économie suisse à un moment difficile. La forte surévaluation du franc n’a pas seulement freiné le secteur exportateur, mais aussi les activités d’investissement. Les exportations suisses de machines industrielles ont été divisées par deux depuis 2008 et sont retombées cette année au niveau de 1988. La croissance des investissements – surtout dans les catégories d’avenir des TIC, de la R&amp;D et des logiciels – a même été inférieure à celle enregistrée dans la zone euro pourtant frappée par la crise.</p><p>Des années 1990 à la crise financière de 2008, l’économie suisse a profité de l’évolution sur les marchés financiers. Le fort mouvement à la hausse sur ces derniers a permis de financer confortablement les caisses de pensions. La place financière en a également bénéficié et le cours du franc a été favorable à l’économie réelle. Depuis la crise financière, les choses ont cependant pris la direction inverse&nbsp;: d’une part, l’économie réelle souffre beaucoup de l’appréciation du franc et, de l’autre, le financement du 2e pilier devient plus compliqué. Ainsi, le montant des nouvelles rentes diminue, alors que les cotisations sont toujours plus élevées.</p><p>Peu de pays dépendent autant des marchés financiers que la Suisse avec son importante place financière et les fonds massifs des caisses de pensions. De plus, l’économie est fortement exposée aux variations de taux de change, car la Suisse dépend fortement des exportations et a sa propre monnaie dont le cours varie. Évaluations et dévaluations ont donc un impact plus important sur le PIB que dans la plupart des autres pays.</p><p>Cette évolution défavorable depuis la crise financière peut encore se renforcer. En effet, en raison de la baisse des revenus des placements financiers, les acteurs financiers tendent à augmenter le capital investi pour atteindre leurs objectifs de rentrées, ce qui réduit à nouveau le potentiel de rendement sur les marchés. Ce cycle ne concerne pas que les caisses de pension, dont le capital augmente par la hausse des cotisations, mais par exemple aussi les avoirs de l’assurance-accidents. En outre, la baisse des rentes du 2e pilier auront pour effet qu’un plus grand nombre de personnes ouvrira un compte de prévoyance dans le 3e pilier.</p><p class="heading--h4">Conclusions en matière de politique économique et revendications</p><p>L’année 2021 sera exigeante sur le plan économique et social. L’objectif immédiat reste la préservation des emplois et des salaires pendant la crise du coronavirus. Dès que celle-ci sera sous contrôle (vaccins et immunité des personnes guéries, entre autres), tout devra être entrepris pour relancer la conjoncture et réduire l’important taux de sous-emploi. Pour que la Suisse puisse faire face aux défis de l’avenir, il faut absolument reconsidérer notre dépendance à l’égard des marchés financiers. Le rapport prix-prestation de la prévoyance vieillesse peut être amélioré par un renforcement du système de répartition. La politique monétaire doit faire plus d’efforts pour contrer l’appréciation toxique du franc, qui compromet l’évolution de domaines d’investissement importants pour l’avenir et celle de l’économie réelle. La transition écologique aussi a besoin d’une économie réelle intacte. Il en découle les revendications suivantes&nbsp;:</p><ul><li>distribuer les réserves excédentaires des primes-maladie à hauteur de 5 milliards de francs, ce qui permettra, à un moment difficile, de fournir une impulsion de plus de 500 francs par personne pour le pouvoir d’achat. Il faut en plus augmenter les subsides pour les réductions des primes-maladie&nbsp;;</li><li>augmenter le nombre des indemnités journalières de l’assurance-chômage et prolonger les délais-cadres dans l’assurance-chômage jusqu’au printemps, comme lors de la première vague de la pandémie. Les chômeurs et chômeuses âgés ou qui se trouvent dans des branches et des professions totalement ou partiellement fermées ont particulièrement besoin de ces mesures&nbsp;;</li><li>prendre d’autres mesures de soutien pour les branches fermées afin d’éviter faillites et licenciements, par exemple en versant plus de fonds via l’outil du chômage partiel. L’efficacité des solutions prévues pour les cas de rigueur n’est que partielle et les aides sont trop lentes à arriver à destination&nbsp;;</li><li>fournir des garanties financières au secteur de la santé, fortement mis à contribution, qui en a pour mettre en place les ressources nécessaires. Soumis à de lourdes contraintes, le personnel a plus que mérité une hausse de salaire&nbsp;;</li><li>renforcer le système de répartition dans la prévoyance vieillesse, via des composantes de répartition dans le compromis trouvé par les partenaires sociaux sur la révision de la LPP et via une 13e&nbsp;rente AVS. Les demandes de nouveaux allégements fiscaux concernant le 3e pilier sont complètement aberrantes. Enfin, une partie des bénéfices de la BNS doit être allouée à l’AVS&nbsp;;</li><li>lutter systématiquement contre l’appréciation du franc&nbsp;; il y a encore du potentiel d’amélioration en la matière si la BNS communique plus clairement et se donne des objectifs conséquents[2].</li></ul><p>&nbsp;</p><p>[1] &nbsp;&nbsp;&nbsp; Estimation réalisée avec un modèle VAR pour la période 1994-2019. Variables&nbsp;: indice du cours de change réel selon la BRI et PIB réels.</p><p>[2] &nbsp;&nbsp;&nbsp; Cf. à ce sujet blog de Daniel Lampart (en allemand)&nbsp;: <a href="https://www.sgb.ch/themen/wirtschaft/detail/schweizer-maschinenexporte-auf-dem-niveau-von-1988-bekaempfung-der-frankenueberbewertung-ist-ueberfaellig-und-moeglich" target="_blank">www.sgb.ch/themen/wirtschaft/detail/schweizer-maschinenexporte-auf-dem-niveau-von-1988-bekaempfung-der-frankenueberbewertung-ist-ueberfaellig-und-moeglich</a>.</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Économie</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/f/0/csm_sous_emploi_085d1005a7.png" length="77879" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7402</guid><pubDate>Thu, 07 Jan 2021 09:02:00 +0100</pubDate><title>Protéger le monde du travail des effets de la crise et rétablir une perspective d’avenir : la nécessité d’un agenda salarial et social ambitieux en 2021</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/proteger-le-monde-du-travail-des-effets-de-la-crise-et-retablir-une-perspective-davenir-la-necessite-dun-agenda-salarial-et-social-ambitieux-en-2021</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Le tableau en ce début d’année sur le front du travail est sombre. De très nombreux ménages ont subi, en 2020, des pertes de revenus très importantes, et abordent donc 2021 dans une situation moins bonne que 2020. La sous-occupation atteint des sommets : en fait, le manque d’activité, en additionnant chômage, sous-emploi et chômage partiel, atteint un record de 10&nbsp;%. Et les perspectives économiques restent incertaines, nourrissant une peur justifiée de la précarité pour de nombreuses catégories, des plus jeunes qui entrent sur le marché du travail aux travailleurs et travailleuses en fin de carrière.</p><p>Nous devons constater que la lutte des autorités fédérales et cantonales contre la pandémie a eu des conséquences extrêmement injustes. Quand la situation se dégrade, l’État interdit des activités et laisse ainsi supporter seulement à une partie de la population le coût économique de mesures prises au nom de la santé de tous. Or ces personnes n’ont commis aucune faute. Au contraire, elles se sont souvent conformées de manière très disciplinée à de multiples injonctions sur les mesures de protection à prendre. Mais à chaque étape, et cela s’aggrave lors de cette dite «&nbsp;deuxième vague&nbsp;», l’État ne prévoit rien d’efficace pour remplacer les revenus de celles et ceux à qui il interdit de travailler. Les épidémiologistes qui multiplient les appels aux restrictions, les autorités sanitaires et les exécutifs qui les décident n’ont jamais préparé eux-mêmes en même temps les mesures de soutien économiques et sociales adéquates.</p><p>L’affirmation «&nbsp;nous ne laisserons personne au bord du chemin&nbsp;» prononcée au nom du Conseil fédéral par la présidente de la Confédération n’est ainsi pas vérifiée sur le terrain.</p><p>Et si nous avons évité le pire, c’est par ce qui a été conquis de haute lutte par les syndicats et quelques organisations économiques auprès du Conseil fédéral ou souvent directement au Parlement. Il a fallu notre engagement sans relâche, par exemple, pour que le chômage partiel soit étendu aux contrats de travail à durée limitée et atypiques. Pour que des allocations soient introduites en faveur des parents empêchés de travailler par une fermeture d’école ou une quarantaine dans une classe. Et pour que les revenus le plus modestes soient compensés à 100% par le chômage partiel, évidemment. Rien de tout cela n’a été prévu d’emblée comme accompagnement des mesures prises.</p><p>Aujourd’hui, ce sont des centaines de milliers de personnes qui doivent se débrouiller dans les affres de la bureaucratie suisse, renvoyées d’un service à l’autre, sans prise en compte de la spécificité de leur situation. Quant aux systèmes d’aide que le Parlement a pu à grand peine mettre sur pied, ils ont des effets de seuil injustes, par exemple avec la limite trop élevée et arbitraire de 40&nbsp;% de perte de chiffre d’affaires, et manquent donc souvent leur cible.</p><p>Enfin, les hommes et les femmes qui travaillent dans le système de santé, et qui ont payé de leur personne pour assurer les soins essentiels, attendent toujours une rémunération correcte de leur effort hors du commun. L’organisation du système de santé comme un marché et l’incitation aux prestataires de rechercher la rentabilité maximale a démontré son inadaptation pour faire face à des événements extraordinaires : il faudra retenir cette leçon pour les évolutions à venir du financement des soins. Mais dans l’immédiat, c’est le personnel qui a fait les frais de ces insuffisances, et une reconnaissance de cet engagement s’impose. Le fait que les quarantaines ne soient pas toujours possibles pour le personnel des EMS est à ce titre inacceptable. Il faut des renforts en personnel en EMS et dans les hôpitaux pour cette année 2021. Le Conseil fédéral et les cantons doivent les ordonner et les financer. Ces renforts sont justes pour soulager les équipes et efficaces pour donner une meilleure capacité de résistance à notre système de santé, ce qui peut permettre d’éviter de prendre dans la précipitation des mesures excessives, car trop peu concertées et évaluées.</p><p class="text-center"><strong>***</strong></p><p>Nous entamons donc l’année dans une situation désastreuse du point de vue de la cohésion nationale. Les secteurs sacrifiés dans cette crise, les travailleuses et travailleurs, salariés ou indépendants, qui s’y engagent, ainsi que leurs familles ont de quoi se sentir abandonnés par le pays et ses autorités. Il s’agit des secteurs du tourisme, de l’hôtellerie-restauration, de la culture, des loisirs, du sport, du voyage, de l’événementiel, notamment. Ce sont des centaines de milliers de personnes qui travaillent. Avec leur famille, leur nombre dépasse sans doute le million de personnes, précarisées. Et de l’autre côté, ceux que l’on a découverts essentiels doivent se contenter, pour le moment, de travailler encore plus dur sans vraies perspectives d’améliorations salariales durables.</p><p>Mais cette situation est également une catastrophe pour notre cohésion sociale. La crise aura eu pour conséquence de renforcer massivement les inégalités. Les professions touchées par les destructions d’emplois et le chômage partiel sont celles qui sont les moins rémunérées. À l’inverse, les salaires les plus élevés ont été nettement moins touchés. Quant aux marchés des capitaux et aux revenus qu’ils génèrent, ils se portent mieux que jamais. Nous ne pouvons pas tolérer qu’une pandémie débouche, à la fin, sur un renforcement des écarts de salaire et de fortune.</p><p>Pour éviter que ce sentiment d’abandon et de trahison ne se fige pour longtemps, il est possible d’agir, à la condition que cette fois, le Conseil fédéral ne laisse aucun espace à la bureaucratie et soit capable de faire arriver rapidement chez les personnes concernées une indemnisation concrète. La mise en œuvre des aides dites pour «&nbsp;cas de rigueur&nbsp;» doit avoir lieu dans les prochaines semaines, et le Conseil fédéral doit faire usage de toutes les marges de manœuvre légales pour les rendre le plus accessibles possible. Limiter autant que possible la destruction de places de travail est un effort qui mérite qu’on y consacre toutes les ressources à disposition en ce début d’année, pour éviter des catastrophes sociales chez les jeunes et les travailleurs et travailleuses en fin de carrière, mais aussi pour accélérer la reprise une fois la pandémie maîtrisée.</p><p>De la même manière, nous attendons que la garantie à 100&nbsp;% des salaires en cas de chômage partiel soit effective au moment du versement des indemnités de janvier. Et que les aides prévues pour le secteur de la culture et de l’événementiel parviennent enfin à leurs destinataires, dans tous les cantons. Une fois cette première aide délivrée, il faudra que le Conseil fédéral donne une perspective sérieuse et stable de reprise d’activité au secteur culturel.</p><p>Enfin, quoi qu’on fasse, largement plus d’un million de salarié-e-s ont perdu cette année 20&nbsp;% de leur revenu pendant un mois ou davantage. Ce sont essentiellement des salarié-e-s situés dans les bas niveaux de salaire. Des estimations ont été faites cet été sur l’impact moyen de ces pertes pour l’ensemble des habitant-e-s de notre pays. Nous savons donc, si l’on sort de la vision moyenne pour se concentrer sur celles et ceux qui ont été réellement touchés, que les pertes se montent à plusieurs milliers de francs par ménage concerné. Ces pertes conduisent les ménages concernés à être encore davantage exposés au risque de ne pas pouvoir faire face à une dépense imprévue, notamment au sujet de leur santé.</p><p>D’un autre côté, chaque ménage suisse de quatre personnes dispose d’un carnet d’épargne d’environ 2000 francs stocké pour lui par son assureur-maladie. Les réserves excédentaires LAMal se montent en effet à 5&nbsp;milliards environ, ce qui représente largement 500 francs par personne.</p><p>Il n’y a pas de meilleur moment pour redistribuer cet argent aux assuré-e-s. D’une part, cela permettrait de combler une partie des pertes de pouvoir d’achat des ménages touchés par la crise. D’autre part, nous savons désormais que l’un des buts de ces réserves (financer le système de santé en cas de pandémie) n’a pas lieu d’être. La pandémie, nous l’avons eue et tout indique qu’elle n’aura pas nécessité le prélèvement massif sur les réserves craint par les assureurs.</p><p>Cette redistribution est donc possible et nécessaire. Pour qu’elle se fasse dans des conditions équitables et sûres, il n’y a qu’un moyen&nbsp;: une redistribution à tous les habitant-e-s de ce pays, adultes et enfants, de la même somme en francs. C’est le seul moyen d’être équitable et d’éviter les effets d’aubaine ou les injustices qu’une redistribution en fonction de la situation de chaque assureur ne manquerait pas de provoquer. Nous avons proposé un dispositif légal complet lors du premier examen de la loi COVID-19 au printemps. Cette proposition reste sur la table.</p><p class="text-center"><strong>***</strong></p><p>Comme je l’ai dit, la crise a frappé très injustement le monde du travail. Les plus bas revenus, les salarié-e-s les plus précaires, les personnes les plus vulnérables ont payé un lourd tribut. Non seulement il faut éviter que cette injustice ne s’aggrave encore cette année, mais il faut aussi inverser la tendance sur le long terme.</p><p>Cela nous renforce dans les combats que nous mènerons, en 2021, et qui vont au-delà des conséquences de la pandémie. Ainsi, le dossier de la prévoyance vieillesse est à un carrefour. Le Parlement menace de dégrader les prestations de l’AVS, en particulier pour les femmes. Les rentes du deuxième pilier s’érodent dans un environnement de taux durablement bas&nbsp;: notre système souffre de sa dépendance aux marchés financiers. Et la droite parlementaire veut renforcer avec le 3e pilier une prévoyance privée qui ne s’adresse qu’aux plus hauts revenus.</p><p>Face à cela, nous serons à l’offensive. Nous ferons aboutir dans les mois qui viennent notre initiative pour une 13e rente AVS. Et nous défendrons le compromis des partenaires sociaux sur la LPP, qui contribue à résoudre les plus importants problèmes du 2e pilier.</p><p>Plus largement, nous voulons que le pays sorte de cette épreuve en renforçant la solidarité, et qu’il préserve la confiance en l’avenir pour nos jeunes. Nous continuerons à demander aux autorités de tenir leurs nombreux engagements dans ce sens, et de faire preuve d’équilibre et de justice dans leurs décisions. Mais aussi, et dès que la situation pandémique le permettra, nous retournerons dans la rue avec toute la force nécessaire, pour l’emploi et pour les salaires. Car il n’est pas question d’accepter que le monde du travail paie pour une crise dont il n’est aucunement responsable.</p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category><category>Économie</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/mk-cp/210107/210107_JMK-PYM.jpg" length="379078" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7363</guid><pubDate>Thu, 10 Dec 2020 14:50:42 +0100</pubDate><title>Tout faire pour maintenir les salaires et les emplois</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/tout-faire-pour-maintenir-les-salaires-et-les-emplois</link><description>Compensation économique des mesures contre la pandémie</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil fédéral s’apprête à durcir les règles pour lutter contre la propagation du coronavirus en Suisse. Mais il doit aussi prendre des mesures efficaces pour protéger les emplois et les salaires compte tenu de l’état critique du marché du travail. Et il doit le faire en même temps que les mesures sanitaires pour qu’elles puissent s’appliquer au plus vite. De plus, la protection de la santé au travail doit enfin être prise au sérieux et appliquée sans faille.</p><p>La situation est plus qu’inquiétante&nbsp;: les licenciements ont fortement augmenté ces dernières semaines et les statistiques de décembre montrent d’ores et déjà que le nombre de demandeurs et demandeuses d’emploi était en hausse même avant l’annonce du Conseil fédéral de mardi. De plus, des centaines de milliers de salarié-e-s ont été au chômage partiel pendant une partie de l’année 2020 et n’ont donc pas toucher leur plein salaire.</p><p>Dans ce contexte, de nouvelles restrictions de l’activité économique, sociale et culturelle ne sont pas tolérables sans prendre les mesures nécessaires pour atténuer ce nouveau choc. Les instruments existants ne suffisent pas, ou alors ils ne sont pas encore prêts, comme par exemple les aides pour cas de rigueur dans de nombreux cantons. Il faudra en outre rendre obligatoire les plans de protection sur les lieux de travail et procéder à davantage de contrôles pour que la protection de la santé au travail soit enfin réelle.</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) a adressé une lettre au Conseil fédéral pour l’appeler à introduire les mesures suivantes, parallèlement au renforcement des mesures de lutte contre la pandémie&nbsp;:</p><ul><li>Prolonger des délais-cadres et les indemnités journalières pour les personnes au chômage</li><li>Augmenter les indemnités de chômage partiel (RHT) à 100&nbsp;% pour les personnes à faibles revenus</li><li>Introduire un mécanisme de compensation des pertes de chiffre d’affaires pour les branches frappées par des restrictions ou des interdictions</li><li>Accorder des garanties financières pour le secteur de la santé ainsi que des augmentations pour le personnel de ce secteur</li><li>Étendre les indemnités de perte de gains à toutes les personnes touchées dans les domaines de la culture et de la formation culturelle</li><li>Distribuer les réserves excessives des caisses-maladie.</li></ul>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Suisse</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/6/f/csm_Frau_mit_Maske_Industrie_2_aa3ad9c04b.jpg" length="238740" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7354</guid><pubDate>Fri, 04 Dec 2020 17:30:04 +0100</pubDate><title>Toujours pas de mesures efficaces pour protéger la santé sur les lieux de travail </title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/toujours-pas-de-mesures-efficaces-pour-proteger-la-sante-sur-les-lieux-de-travail</link><description>Décisions du Conseil fédéral</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil fédéral a à nouveau renoncé à renforcer des règles plus strictes pour la protection de la santé au travail. Pourtant, dans les entreprises aussi, il faut des règles claires qui soient réellement mises en œuvre. Pour cela, elles doivent être contrôlées. De plus, des mesures de soutien doivent être prévues quand la protection de la santé entraîne une perte de revenu, comme par exemple pour les personnes vulnérables.</p><p>Assurer une protection suffisante de la santé sur les lieux de travail est un devoir légal des employeurs, qui se renforce encore en période de pandémie. Les nombreux problèmes relevés sur le terrain appellent l’introduction d’une obligation de se doter d’un plan de protection dans toutes les branches et toutes les entreprises. Le Seco doit également proposer des listes de mesures et des outils pour la protection de la santé. Ne miser que sur la supposée responsabilité des employeurs ne suffit de toute évidence pas. La passivité du Conseil fédéral est donc incompréhensible.</p><p>La mise en œuvre des dispositifs existants de protection de la santé au travail reste aussi insuffisante. Les activités de conseil et de contrôles doivent être massivement renforcées. La Confédération doit faire usage de sa faculté de prescrire aux organismes d’exécution le nombre d’inspections à conduire et veiller à ce que ces organismes utilisent au maximum les moyens financiers qui leur sont mis à disposition. D’autres structures comme les commissions paritaires peuvent aussi être chargées des contrôles. Les constats de négligence ou de non-respect volontaire des règles en vigueur doivent être suivis de sanctions réellement dissuasives.</p><p>Pour les travailleuses et travailleurs particulièrement vulnérables, le télétravail ou l’indemnisation par les allocations perte de gain doivent se généraliser lorsqu’il est impossible d’assurer la protection de leur santé. La loi Covid prévoit la possibilité de telles mesures –&nbsp;il est temps de les prendre.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/4/8/csm_Handwerker-Mundschutz-Pause_iStock-sam_thomas_c5c3cb6511.jpg" length="246696" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7347</guid><pubDate>Fri, 27 Nov 2020 11:10:02 +0100</pubDate><title>Quand les enfants doivent rester à la maison : que faire?</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/quand-les-enfants-doivent-rester-a-la-maison-que-faire</link><description>Allocations perte de gain (APG) pour les parents</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’école ou la crèche ferme ses portes parce qu’elle manque d’enseignant-e-s ou de personnel socio-éducatif à cause de la pandémie&nbsp;? Les enfants sont mis en quarantaine&nbsp;? Un vrai casse-tête pour les parents&nbsp;! Beaucoup d’entre eux ignorent que dans ce cas de figure, ils ont droit à des allocations pour perte de gains (APG). Il leur suffit de les demander auprès de la caisse de compensation AVS.</p><p>Pour les parents, le calme relatif de l’été appartient définitivement au passé&nbsp;: aujourd’hui, les nouvelles infections au coronavirus se chiffrent chaque jour par milliers. Même si les écoles et les crèches restent ouvertes, il y a de plus en plus de cas où les enfants doivent rester chez eux&nbsp;: lorsque des membres du personnel sont en quarantaine ou ont contracté le coronavirus, il n’est parfois plus possible de maintenir la garde des enfants ou l’activité scolaire. Ou alors ce sont les enfants eux-mêmes qui doivent se mettre en quarantaine parce qu’ils ont eu un contact étroit avec une personne infectée.</p><p>Si les solutions de garde des enfants disparaissent ainsi, les parents ont non seulement le droit de s’occuper de leurs enfants, c’est même leur devoir légal. Les employeurs doivent les libérer à cette fin, même en cas de télétravail lorsque celui-ci n’est pas conciliable avec la garde des enfants. Mais il n’est pas clair s’ils doivent verser le salaire de l’employé-e pendant ce laps de temps.</p><p>Depuis le début de la pandémie, l’Union syndicale suisse (USS) s’est battue pour que les salarié-e-s soient aidés financièrement lorsqu’ils ou elles doivent, dans la situation actuelle de pandémie, rester à la maison pour s’occuper de leurs enfants. Avec succès&nbsp;: les parents ont droit dans ces cas aux APG. Ainsi, le problème de garde ne se transforme pas, en plus, en problème financier.</p><p>Malheureusement, cette solution est encore trop peu connue du grand public. Trop de personnes encore ne savent pas qu’elle existe ou renoncent à faire valoir leur droit par peur des tracasseries administratives. Pourtant la démarche n’est pas si compliquée&nbsp;: si vous devez vous occuper vous-même de votre enfant à cause de la pandémie, le plus simple est de demander à votre employeur de faire la demande d’allocations auprès de la caisse de compensation AVS compétente. Sinon, vous pouvez déposer directement une telle demande auprès de la caisse de compensation AVS de votre canton&nbsp;:<a href="https://www.ahv-iv.ch/fr/Corona-perte-de-gain" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer"> www.ahv-iv.ch/fr/Corona-perte-de-gain</a>.</p><p>Même si l’on n’est pas touché soi-même, on peut soutenir les parents qui travaillent en diffusant ces renseignements le plus possible autour de soi. Nous ne pouvons pas accepter qu’une solution existe, mais quelle n’est pas utilisée faute d’en avoir connaissance.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gleichstellung/Kinder_zuhause_davidpereiras-photocase.jpg" length="735485" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7338</guid><pubDate>Wed, 25 Nov 2020 15:22:19 +0100</pubDate><title>Pour protéger les salarié-e-s, il faut des mesures de plus grande ampleur</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/pour-proteger-les-salarie-e-s-il-faut-des-mesures-de-plus-grande-ampleur</link><description>Protection de la santé et des revenus</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La situation sur le marché du travail est tendue. Le nombre de personnes en recherche d’emploi augmente et les revenus déjà les plus faibles diminuent considérablement à cause du chômage partiel. La mise en œuvre de la protection de la santé sur les lieux de travail et son contrôle restent insuffisants. Il est temps de prendre des mesures de plus grande ampleur pour éviter que les salarié-e-s ne soient les premiers à supporter l’essentiel des frais entraînés par la crise du coronavirus. La Confédération a, sans doute aucun, les moyens financiers nécessaires pour maintenir les emplois et garantir les salaires pendant cette crise. Telle est la conclusion du Comité de l’Union syndicale suisse (USS) qui siégeait aujourd’hui en lieu et place de l’Assemblée des déléguées, reportée en raison des restrictions liées à la pandémie.</p><p>En lieu et place donc d’une assemblée des délégué-e-s que les mesures liées au COVID-19 n’ont pas permis de se tenir, le Comité de l’USS a traité aujourd’hui, lors d’une réunion extraordinaire, les problèmes les plus urgents qui se posent aux salarié-e-s en raison de l’actuelle crise sanitaire. Il constate que, pour gérer les conséquences de la deuxième vague, il faut a priori réintroduire les mesures destinées à atténuer les effets de la crise et à protéger les salarié-e-s grâce auxquelles la Suisse a mieux traversé que d’autres pays cette dernière, le printemps dernier. Pour ces raisons, l’USS a demandé que le chômage partiel soit réintroduit pour les emplois temporaires, comme le propose désormais aussi le Conseil fédéral. Il y a également lieu de se réjouir que la mise en place du fonds pour les cas de rigueur ait été anticipée au 1er décembre et que celui-ci soit doté de 1 milliard et non de 400 millions de francs seulement.</p><p class="heading--h4">Empêcher le glissement vers la précarité</p><p>La prolongation de la situation de crise appelle une action plus décidée et plus rapide. Beaucoup de salarié-e-s ont dû essuyer des pertes de revenus douloureuses en raison des mois pendant lesquels ils se sont trouvés au chômage partiel. Pour nombre d’entre eux, cela signifie en fait la suppression du 13e, voire du 12e salaire annuel –&nbsp;et un glissement dans la précarité financière. Cette évolution est d’autant plus insupportable qu’elle frappe disproportionnellement les personnes aux revenus les plus bas&nbsp;: selon l’étude de Sotomo réalisée pour la SSR, les ménages qui vivent avec moins de 4&nbsp;000 francs par mois ont perdu jusqu’ici 19&nbsp;% de leur revenu.</p><p>Il faut trouver une solution efficace et rapide pour toutes et tous&nbsp;: l’USS demande la couverture à 100&nbsp;% des petits salaires par l’assurance-chômage en cas de réduction de l’horaire de travail. La passivité du Conseil fédéral n’est simplement plus tenable, parce qu’elle fait basculer toujours plus de personnes dans la précarité.</p><p class="heading--h4">Empêcher la hausse du chômage</p><p>La situation est en train de s’aggraver&nbsp;: actuellement, près de 3&nbsp;% des personnes actives (équivalents plein temps) sont au chômage partiel et le taux des demandeurs et demandeuses d’emploi a augmenté d’environ 1,5 point de pourcentage depuis le début de la crise (passage de 4 à presque&nbsp;5,5&nbsp;%). Pour éviter que la situation ne se détériore encore plus, il faut réactiver l’accès au chômage partiel pour les contrats temporaires. Mais surtout, il s’agit de freiner la tendance à une augmentation des arrivées en fin de droits, qui touchent surtout les travailleuses et travailleurs en fin de carrière. À cet effet, il s’agit de prolonger les droits aux indemnités journalières et les délais-cadres d’indemnisation. Et la mise en vigueur de la prestation transitoire doit être anticipée&nbsp;: la date prévue du 1er juillet 2021 est trop tardive et a pour conséquence que de nombreuses personnes au chômage ne profiteront pas d’une prestation pensée précisément pour cette situation. Finalement, pour maintenir le pouvoir d’achat, les réserves excédentaires des caisses-maladie doivent être rapidement distribuées à la population.</p><p class="heading--h4">Protéger la santé sur les lieux de travail</p><p>Garantir la protection de la santé au travail et venir rapidement à bout de la deuxième vague, cela implique également de réduire les risques de contagion sur les lieux de travail. Là non plus, on ne peut pas comprendre les hésitations du Conseil fédéral et l’absence de réelles mesures de sa part. L’USS demande que toutes les entreprises soient obligées de se doter de plans de protection. Mais surtout, le conseil et les contrôles doivent être massivement renforcés. La Confédération doit, en la matière, faire usage de son pouvoir d’établir des directives sur le nombre de contrôles et s’assurer que les organes d’exécution mobilisent les moyens mis à leur disposition.</p><p>Le recul du nombre des contaminations ne devrait pas tromper sur la tension qui prévaut toujours dans le monde du travail. Il faut maintenant, en garantissant les revenus et en sécurisant les personnes au chômage ou menacées de l’être, poser les bases d’une sortie de crise socialement acceptable.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gesundheit/Corona-Wirtschaft_iStock-ffikretow.jpg" length="104925" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7335</guid><pubDate>Tue, 24 Nov 2020 16:28:36 +0100</pubDate><title>Dossier N° 144 : Horizons durée du travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/dossier-n-144-horizons-duree-du-travail</link><description>Enregistrement de la durée du travail, responsabilité en matière de stress et planification des horaires</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les questions relatives à la durée du travail sont de la plus haute actualité, pas seulement depuis la pandémie de coronavirus et pas uniquement sous l’angle de la politique juridique. En effet, des interventions parlementaires demandent que des dispositions en matière de durée du travail et de durée du repos soient fondamentalement modifiées. Dans la pratique juridique aussi, ces questions sont toujours d’une très grande importance&nbsp;: les travailleurs et travailleuses âgés, les personnes élevant seules leurs enfants ou celles qui ont des tâches familiales de soins et d’assistance se plaignent d’horaires de travail toujours plus irréguliers, du travail sur appel, d’un service de piquet exténuant et mal payé.</p><p>La protection de la santé au travail, le respect des temps de repos prévus par la loi sont des points cruciaux. Les maladies liées au stress au travail augmentent. Des questions se posent toujours plus souvent sur la responsabilité de l’employeur/employeuse en matière de stress. Les questions relatives à la durée du travail jouent à nouveau un rôle plus important depuis l’abandon par la Banque nationale suisse (BNS) du taux plancher franc/euro. De fait, nombre d’employeurs/employeuses prolongent unilatéralement la durée hebdomadaire du travail sans prévoir de compensation pour leur personnel.</p><p>Et depuis le début de la crise sanitaire, de nouveaux domaines de tension sont arrivés au premier plan, par exemple autour du télétravail, de la garde des enfants ou de la quarantaine. Pour toutes ces situations, les questions de la réglementation du temps de travail et de repos, de la protection de la santé et du stress joueront un rôle primordial.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/dossiers/erschoepfte_frau_uhr_stress_zeitdruck_arbeitszeit_beschnitten.jpg" length="124292" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7316</guid><pubDate>Fri, 13 Nov 2020 16:03:01 +0100</pubDate><title>Pertes de revenu et baisse de l’activité : prendre des mesures de toute urgence</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/pertes-de-revenu-et-baisse-de-lactivite-prendre-des-mesures-de-toute-urgence</link><description>Table ronde des partenaires sociaux - revendications de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La crise du coronavirus a fait mal à l’économie suisse et les traces qu’elle laisse sont déjà importantes&nbsp;: le taux de sous-emploi a grimpé d’environ 4&nbsp;% et les personnes gagnant moins de 4000 francs subissent les plus grosses pertes de revenu. Ce sont aussi elles qui risquent le plus de perdre leur emploi. Il faut de toute urgence prendre des mesures de stabilisation pour empêcher de nouveaux licenciements. Les personnes les moins bien payées doivent toucher une compensation de 100&nbsp;% en cas de chômage partiel. Et il faut améliorer la protection de la santé sur les lieux de travail à travers des plans de protection obligatoires et davantage de contrôles.</p><p class="heading--h3">Sous-emploi et pertes de revenu</p><p>La deuxième vague de la pandémie de coronavirus a déjà laissé ses traces sur notre économie. Le sous-emploi directement dû à la crise sanitaire a déjà atteint environ 4 points de pourcentage. 1,5 points correspondent aux demandeurs et demandeuses d’emploi supplémentaires et 2,5 à 3 points représentent le volume de réduction d’heures de travail (chômage partiel). En tout, cela correspond à quelque 150&nbsp;000 à 200&nbsp;000 emplois à plein temps.</p><p>Les personnes les moins bien payée sont surreprésentées&nbsp;: elles sont plus souvent au chômage partiel et plus souvent aussi au chômage tout court. Pour les ménages disposant d’un revenu inférieur à 4000 francs, la perte de revenu dans cette crise est de 19&nbsp;% en moyenne&nbsp;!</p><p class="heading--h3">Préserver les revenus et le pouvoir d’achat</p><p>De telles pertes entraînent rapidement de graves difficultés financières pour les personnes à bas revenu, qui se répercutent en outre directement sur la consommation. Ceci ne fait qu’aggraver la situation des branches déjà frappées de plein fouet par la crise.</p><p>Pour cette raison, l’USS appelle à augmenter à 100&nbsp;% du salaire les indemnités de chômage partiel pour les bas salaires. Cette mesure permettrait d’une part de résoudre les difficultés des personnes concernées, mais aussi de redonner un élan à la conjoncture.</p><p>Par ailleurs, il est plus que temps de procéder à la redistribution des quelque 5 milliards de francs de réserve excédentaires des caisses-maladie. Ces réserves devront de toute façon tôt ou tard être redistribuées. Il n’y a pas de meilleure occasion de le faire alors que nous traversons une récession.</p><p class="heading--h3">Garantir les emplois</p><p>Cette deuxième vague de la pandémie met même en péril les entreprises en bonne santé. Le risque d’une nouvelle forte hausse du taux de chômage est important.</p><p>La possibilité de recourir au chômage partiel doit être de toute urgence étendue aux contrats à durée déterminée. C’est crucial notamment pour le secteur de la culture ainsi que pour la branche de l’hôtellerie-restauration. Parallèlement, il faut accélérer et étendre aussi les mesures prévues pour les cas de rigueur. Pour cela, il faut au moins un milliard de francs et l’élaboration et la mise en œuvre rapide de lois dans ce sens dans les cantons où elles n’existent pas encore. Enfin, l’État doit trouver une solution pour les loyers commerciaux. Pour nombreuses entreprises, les loyers représentent, avec les frais de personnel, un des postes les plus importants au budget. Sans une solution pour les loyers, elles feront faillite malgré le chômage partiel.</p><p>Pour éviter aux chômeurs et chômeuses d’arriver en fin de droit, les périodes d’indemnisations et les délais-cadres doivent être prolongés. Il est actuellement très difficile de trouver un emploi dans certaines branches. Par ailleurs, le chômage augmente de manière préoccupante chez les travailleuses et travailleurs plus âgés.</p><p class="heading--h3">Améliorer la protection de la santé au lieu de travail</p><p>Lorsqu’ils sont bien conçus et bien mis en œuvre, les plans de protection permettent de limiter de façon significative les contaminations au lieu de travail. Ces plans peuvent aussi contribuer à relancer la vie sociale en permettant aux gens d’aller sans crainte au restaurant, au théâtre, mais aussi au travail. C’est pourquoi l’USS demande que le plan de protection soit obligatoire pour toute entreprise&nbsp;: ces plans devraient être élaborés par chaque entreprise ou association de branche en collaboration avec les organes d’exécution. De plus, l’activité de conseil et de contrôle doit être nettement intensifiée. Les moyens au sens de la loi Covid-19 existent et peuvent être sollicités auprès de la Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail (CFST).</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Suisse</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Arbeiten-Corona-Maske-Fabrik_iStock_martin-dm.jpg" length="417584" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7300</guid><pubDate>Wed, 28 Oct 2020 16:15:00 +0100</pubDate><title>Garantir les salaires, les emplois, et la santé de la population </title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/garantir-les-salaires-les-emplois-et-la-sante-de-la-population</link><description>Mesures du Conseil fédéral pour endiguer la pandémie </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La charge croissante qui pèse sur le système de santé exige des mesures supplémentaires contre la pandémie. La plupart des contaminations a lieu hors du cadre professionnel. Il est cependant aussi important que les contrôles soient renforcés auprès des employeurs qui ne jouent pas le jeu, de sorte que toutes les entreprises disposent de plans de protection efficaces. Pour préserver revenus et places de travail, l’Union syndicale suisse demande que les salaires soient garantis dans les branches qui subissent la crise, ainsi que la distribution aux assurés des réserves excédentaires des caisses-maladie.</p><p>Il faut des mesures supplémentaires pour endiguer la pandémie pour ne pas surcharger le système de santé. Si la contagion a principalement lieu en-dehors du monde du travail, c’est en raison notamment de l’efficacité des plans de protection introduits par les entreprises –&nbsp;entre autres sur pression des syndicats. Des mesures se rapprochant d’un confinement peuvent donc être évitées, mais davantage de contrôles sont nécessaires pour améliorer le respect des règles sur tous les lieux de travail, en prêtant une attention supplémentaire aux salles de pause et à la restauration.</p><p><strong>Éviter les vagues de licenciements</strong><br> Les nouvelles mesures du Conseil fédéral vont encore aggraver la situation économique déjà tendue dans les branches concernées. Lors de la première vague, le Conseil fédéral a rapidement introduit des instruments pour garantir les salaires (chômage partiel, APG). De nombreux emplois ont pu ainsi être protégés, évitant à bon nombre de travailleurs et travailleuses une chute dans la pauvreté. La vague de licenciements redoutée a pu être évitée. Cela doit rester l’objectif du point de vue de l’USS&nbsp;: les mesures de lutte contre la pandémie de la deuxième vague doivent être accompagnées par une sécurisation des salaires et des emplois.</p><p>Pour les branches particulièrement touchées, l’instrument prévu pour les cas de rigueur doit rapidement être mis en œuvre, et il faut que les moyens prévus soient dépensés en priorisant la sauvegarde des emplois. Les cantons portent une part importante de la responsabilité&nbsp;: ils doivent dès maintenant créer les bases pour pouvoir attribuer les subventions prévues par la loi et des éventuelles contributions transitoires jusqu’à l’entrée en vigueur de la base légale fédérale.</p><p><strong>Stabilisation du pouvoir d’achat – en particulier des bas salaires</strong><br> La «&nbsp;première vague&nbsp;» a déjà montré que les personnes à faibles revenus sont doublement pénalisées. Avant la crise, les salaires dans des branches comme la gastronomie, le commerce de détail ou l’événementiel et la culture étaient déjà trop bas. Et c’est précisément dans ces branches que la crise a entraîné un fort chômage partiel. Les personnes concernées ne peuvent pas supporter plus longtemps la baisse de revenus que signifie le chômage partiel. L’Union syndicale suisse demande donc pour elles un remplacement complet du salaire. Parallèlement, l’économie et le pouvoir d’achat ont besoin d’être soutenus&nbsp;: &nbsp;une distribution rapide des réserves excédentaires des primes d’assurance maladie à hauteur de 5 milliards de francs s’impose.</p><p><strong>Tenir compte des risques pycho-sociaux du télétravail</strong><br> Le télétravail est largement accepté comme instrument de lutte contre la pandémie et de protection de la santé. Cependant, il peut aussi donner lieu à des phénomènes de surveillance, de mélange entre vie professionnelle et vie privée, ainsi qu’à d’autres risques psycho-sociaux. Le droit au retour à la place de travail physique et le respect de règles claires pour protéger les salarié-e-s sont donc deux conditions impératives à respecter. Le télétravail ne doit pas conduire à une détérioration des conditions de travail, ni à une négligence par les employeurs de leurs devoirs vis-à-vis des travailleurs et travailleuses.</p><p><strong>Renforcer le système de santé</strong><br> Le système de santé et en particulier hospitalier joue un rôle central pour combattre la pandémie. Pour pouvoir mettre à disposition des capacités de soins suffisantes, les hôpitaux doivent pouvoir compter sur des garanties de déficit. Il faut par ailleurs une augmentation des places disponibles en soins intensifs, qui passe en cas de besoin par le report d’interventions électives.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Arbeiten-Corona-Maske-Fabrik_iStock_martin-dm.jpg" length="417584" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7284</guid><pubDate>Fri, 23 Oct 2020 12:00:00 +0200</pubDate><title>Dossier N° 143 : L’ambivalence du télétravail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/dossier-n-143-lambivalence-du-teletravail</link><description>Analyses, bonnes pratiques, revendications et conventions-type
</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le télétravail est un instrument efficace pour lutter contre la pandémie, ainsi que pour assurer la protection de la santé des travailleurs et travailleuses. Lorsqu’il est volontaire et bien encadré, le télétravail est souvent très bien accepté. Cependant, il existe des risques réels de surveillance accrue par l’employeur, de flou dans les limites entre vie privée et professionnelle, et d’autres atteintes à la santé physique et psychique. Le droit au retour à un mode de travail classique est une condition centrale pour prévenir les inconvénients du télétravail. La convention illégale proposée par l’Union patronale suisse démontre par ailleurs que des intérêts différents sont en jeu. Pour l’Union syndicale suisse, le télétravail ne doit pas contribuer à affaiblir les droits des salarié-e-s.</p><p>Comme mesure de lutte contre le coronavirus, le télétravail a fait ses preuves. Il réduit le risque d’infection sur le lieu de travail ainsi que dans les transports. Pour bon nombre de salarié-e-s, c’est de manière générale et hors du contexte pandémique une modalité complémentaire bienvenue, lorsqu’elle est volontaire et que les conditions-cadres sont de qualité.</p><p>Le télétravail ne doit pas signifier une détérioration des conditions de travail. Il ne doit pas davantage conduire à ce que les employeurs négligent leurs obligations légales et leurs responsabilités vis-à-vis de leurs employé-e-s. Pour cela, il faut des règles claires.</p><p>Car les risques de dommages à la santé et d’isolation sociale sont connus et largement démontrés. Les entreprises peuvent aussi être tentées d’user du télétravail comme moyen de réduire les coûts, que ce soit en diminuant le nombre de places de travail physiques disponibles ou en reportant sur les employés le coûts de dépenses nécessaires pour l’accomplissement de leurs tâches.</p><p class="heading--h3">Des intérêts divergents</p><p>Avec la convention de télétravail qu’elle propose, l’Union patronale suisse ne fait rien d’autre que de recommander à ses membres de faire signer à leurs employé-e-s un document contraire au droit en vigueur. Les obligations impératives des employeurs en matière d’ergonomie ou de protection contre les risques psycho-sociaux, découlant pourtant de la législation, sont ignorées. Si l’on suit cette convention, même lorsqu’il n’y a pas ou plus de place de travail physique à disposition ou que le télétravail devient obligatoire en raison de la pandémie, l’employeur n’aurait pas à prendre en charge les coûts de matériel (ordinateur, impressions, matériel de bureau, etc.). Cela n’est rien d’autre qu’un report de coûts et du risque entrepreneurial sur les employé-e-s.</p><p>Une telle convention est donc nuisible aux travailleurs et travailleuses, et serait d’ailleurs déclarée nulle par un tribunal en cas de conflit. L’inscription de dispositions claires, conformes à la loi et applicable à l’ensemble des salarié-e-s est à privilégier.</p><p class="heading--h3">Caractère volontaire et droit au retour</p><p>Le caractère volontaire du télétravail est central pour que celui-ci soit à l’avantage des employé-e-s, de même que le droit à un retour à la place de travail. L’inscription de ces principes dans une convention collective de travail est la meilleure manière de les rendre clairs et applicables pour tous. De plus, il faut veiller à ce que le télétravail ne donne pas lieu à du travail non rémunéré, ni ne conduise à des phénomènes d’isolation qui peuvent avoir des effets négatifs sur les perspectives de carrière. La possibilité d’échanges formels et informels doit être maintenue ainsi l’égalité de traitement entre employé-e-s en télétravail et employé-e-s présents physiquement.</p><p class="heading--h3">Appliquer le droit en vigueur</p><p>Les obligations légales des employeurs s’appliquent indépendamment du lieu de travail. Ils doivent notamment veiller dans tous les cas à garantir&nbsp;:</p><ul><li>L’ergonomie de la place de travail, qui doit être organisée de façon à préserver la santé des employé-e-s</li><li>La définition claire des horaires et la saisie du temps de travail</li><li>L’interdiction du travail de nuit et du dimanche ainsi que le respect des temps de pause et des amplitudes maximales de travail</li><li>L’absence de surveillance des activités des employés allant au-delà de ce qui concerne strictement le travail</li></ul><p>Les obligations suivantes incombent de plus aux employeurs en cas de télétravail imposé, par exemple dans le cadre de la lutte contre la pandémie&nbsp;:</p><ul><li>Mise à disposition de matériel ou indemnisation pour l’utilisation de matériel privé</li><li>Remboursement des frais directement liés à l’activité et participation aux coûts d’énergie, de télécommunication, etc.</li></ul><p class="heading--h3">Une analyse approfondie</p><p>Afin que les salarié-e-s puissent faire valoir leurs droits, l’Union syndicale suisse publie une analyse complète du télétravail ainsi qu’un contrat type régissant ce dernier.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Homeoffice_photocase_3438236.jpg" length="700887" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7276</guid><pubDate>Thu, 22 Oct 2020 09:34:48 +0200</pubDate><title>Coronavirus : empêcher une vague de licenciements</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/coronavirus-empecher-une-vague-de-licenciements</link><description>Réunion de crise : les revendications de l&#039;USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Toutes les mesures prises pour lutter contre la pandémie doivent s’accompagner de mesures pour préserver les salaires et les emplois. Sinon, les salarié-e-s qui sont déjà en difficulté aujourd’hui verront leur situation s’aggraver encore. De telles mesures sont une condition pour que les dispositions anti-pandémie trouvent un large soutien. Le taux de demandeurs et demandeuses d’emploi est déjà passé de 4 à presque 5,5 %. Sur les lieux de travail, la situation n’est plus la même qu’en mars dernier. Dans de nombreuses entreprises, on trouve désormais – grâce aussi à la pression des syndicats – des règles claires et des plans de protection efficaces. Malheureusement, tous les employeurs n’ont pas encore compris la gravité de la situation, et il faut donc renforcer les contrôles. Lorsqu’ils sont adéquats et bien mis en œuvre, les plans de protection permettent de mieux protéger la santé des employé-e-s. Ils contribuent aussi grandement à ce que l’on puisse éviter un nouveau semi-confinement (fermetures de commerces et d’entreprises) et, par conséquent, une vague de licenciements.<br> &nbsp;</p><h3 class="heading--h5">Garantir les salaires et les emplois</h3><p>Lors de la première vague au printemps, les mesures prises rapidement pour garantir les salaires et les emplois ont permis de limiter les dommages économiques. La participation des partenaires sociaux a payé. Aujourd’hui aussi, les nouvelles mesures de lutte contre la pandémie de coronavirus doivent être accompagnées d’une protection efficace des places de travail et des salaires pour les employé-e-s concernés.</p><p>La situation est déjà tendue sur le marché du travail. Malgré les assouplissements des restrictions pendant l’été, le taux de demandeurs et demandeuses d’emploi a grimpé de 4 % à près de 5,5 %. Dans le même temps, de nombreuses entreprises ont épuisé leurs réserves lors de la première phase de crise aiguë au printemps. Afin d’éviter que la deuxième vague n’entraîne une série de licenciements sans précédent, il est essentiel de prendre rapidement des mesures de stabilisation économique. Lors de la première vague déjà, les personnes à faibles et moyens revenus ont été les plus touchées par la perte de salaire due au chômage partiel, et cette inégalité va perdurer. L’Union syndicale suisse (USS) demande donc une garantie salariale intégrale pour les bas salaires et le maintien du chômage partiel pour le plus grand nombre d’emplois possible. La distribution rapide à la population des milliards de réserves excédentaires des caisses-maladie pourrait également soutenir le pouvoir d’achat et empêcher une nouvelle chute de la consommation.</p><p>Afin de ne pas perdre la confiance et le soutien aux mesures de lutte contre la pandémie, il faut tout faire pour que les salarié-e-s n’en fassent pas les frais. La Suisse dispose encore de ressources suffisantes pour remplir cette promesse.&nbsp;</p><h3 class="heading--h5">La protection de la santé vaut pour tout le monde</h3><p>Grâce à l’engagement des syndicats, des règles claires ont été établies pour le monde du travail pendant la pandémie. La situation n’est donc pas comparable à celle de mars 2020. L’obligation pour les employeurs de mettre en place un plan de protection, des mesures concrètes en ce sens ainsi que les responsabilités en matière d’application sont désormais définies. Toutefois, pour maintenir ou rendre plus sûrs les emplois, les contrôles de la Suva et des inspections cantonales du travail doivent être intensifiés et du personnel supplémentaire doit être affecté à ces tâches. Cela relève de la responsabilité de la Confédération et des cantons. En outre, les syndicats doivent bénéficier d’un droit d’accès garanti aux lieux de travail afin qu’ils puissent transmettre les éventuels problèmes aux employeurs concernés et aux organismes chargés de faire appliquer les mesures de protection. Une approche différenciée des plans de protection peut aider à prévenir de nouvelles fermetures.</p><p>Les mesures intervenant dans la vie privée doivent être cohérentes avec la réalité du lieu de travail, tout comme d’ailleurs la protection des personnes vulnérables. Les employé-e-s qui ne peuvent pas faire du télétravail ont tout autant droit à une protection de la santé adéquate. Dans les cas où celle-ci est impossible, la compensation pour perte de gain prévue par la loi doit être activée.</p><h3 class="heading--h5">Un système de santé solide</h3><p>La Suisse dispose fondamentalement d’un système de santé fort construit comme un service public. La plupart des hôpitaux avec un mandat de service public se sont dotés de plan d’urgence pour faire face à la pandémie. Ils ont besoin désormais de garanties de déficit suffisantes pour être en mesure d’adapter rapidement leurs capacités aux circonstances. Il faut également mettre davantage de moyens à disposition des maisons de retraite, EMS et homes médicalisés. Enfin, le personnel de tout ce secteur doit être mieux rémunéré pour son dur travail. L’alliance syndicale Ensemble avec le personnel de santé organise ces prochains jours une semaine d’action en ce sens. Les syndicats exigent une prime corona et de meilleures conditions de travail.</p><p>L’USS présentera ces réflexions et revendications ce cet après-midi lors d’une réunion de crise des partenaires sociaux avec le Conseil fédéral.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gesundheit/Corona-Wirtschaft_iStock-ffikretow.jpg" length="104925" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7273</guid><pubDate>Thu, 15 Oct 2020 10:02:39 +0200</pubDate><title>Pour de meilleures conditions de travail et plus de reconnaissance : les professions de la santé doivent enfin être revalorisées !</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/les-metiers-des-soins-doivent-enfin-etre-revalorises</link><description>Du 26 au 31 octobre : semaine de protestation de l’ « Alliance des professions de la santé »</description><content:encoded><![CDATA[<p>La pandémie de coronavirus a soudain mis les professionnel-le-s des soins au centre de toutes les attentions. Ces métiers étaient pourtant déjà essentiels depuis longtemps, que ce soit dans les hôpitaux de soins aigus, dans les maisons de naissance, dans les homes ou les soins à domicile. Mis à part des concerts d’applaudissements, la crise sanitaire a surtout procuré au personnel soignant une énorme surcharge&nbsp;: plus de travail, plus d’insécurité et surtout plus de risques pour leur santé et celle de leurs proches. Et le monde politique en a rajouté une couche en suspendant temporairement, dans les unités COVID-19 des hôpitaux, les dispositions du droit du travail concernant les heures de travail et de repos. Lorsque la première vague s’est calmée, plusieurs employeurs du secteur ont même tenté de forcer le personnel de rattraper des heures négatives dans les hôpitaux ou les sections qui avaient dû fermer leurs portes pendant la période d’urgence sanitaire, ce qui est totalement illicite.</p><p>L’été et le répit qu’il a apporté aurait pu être l’occasion de revoir les choses sur le fond et de donner enfin au personnel de la santé ce qu’il méritait déjà bien avant la crise sanitaire&nbsp;: des horaires de travail mieux réglementés et plus de temps passé auprès des patient-e-s&nbsp;; des salaires qui rendent à peu près justice au caractère essentiel des métiers des soins&nbsp;; et tout simplement plus de personnel. Revaloriser ainsi les professions de la branche n’est pas seulement urgent pour les salarié-e-s eux-mêmes&nbsp;: c’est également une condition sine qua non pour faire face à l’évolution démographique. D’ici 2030, nous aurons besoin en Suisse d’environ 600&nbsp;000 soignant-e-s supplémentaires. Les trouver sera aussi une question d’offre et de demande, une réalité qui devrait d’ailleurs interpeller particulièrement les partis de droite au Parlement&nbsp;: si l’offre n’est pas bonne, c’est-à-dire les conditions de travail et les salaires, les demandeurs et demandeuses d’emplois dans les soins seront trop peu nombreux pour combler les besoins croissants. Pire encore&nbsp;: de nombreuses personnes travaillant dans les soins quitteront le métier prématurément parce qu’elles n’en pourront plus.</p><p>L’USS soutient l’«&nbsp;Alliance des professions de la santé&nbsp;», formée par des syndicats et des associations professionnelles de la branche des soins (dont des fédérations membres de l’USS comme le SSP et Unia ainsi que l’ASI avec statut d’observatrice).</p><p class="heading--h4">L’Alliance exige une revalorisation des métiers de la santé à travers trois revendications concrètes&nbsp;:</p><ul><li><strong>«&nbsp;Une prime corona, sous forme d’au moins un salaire mensuel supplémentaire pour les charges exceptionnelles&nbsp;». </strong><br> 	Certains cantons et hôpitaux l’ont déjà fait, les autres doivent maintenant aussi s’y mettre.</li><li><strong>«&nbsp;Davantage de droits sur le lieu de travail – un droit de participation plus étendu et une meilleure protection&nbsp;».</strong><br> 	Le personnel de soins doit enfin être entendu, dans les hôpitaux et les homes comme dans le monde politique.</li><li><strong>«&nbsp;De meilleures conditions de travail – contre le minutage des soins et pour l’application de la loi sur le travail&nbsp;».</strong><br> 	Le minutage excessif des processus de travail au détriment des bénéficiaires et du personnel, les horaires de travail trop longs et souvent changeants, les salaires trop bas&nbsp;: ça suffit&nbsp;!</li></ul><p>L’ « Alliance des professions de la santé » veut faire entendre ces revendications avec des actions dans toute la Suisse au cours de la dernière semaine d’octobre. Participez vous aussi&nbsp;!<br> &nbsp;</p><p><strong><sup>Les membres de l'Alliance :</sup></strong><br><sup>SSP-VPOD, ASI-SBK, Syna, Unia, USS, Travail.Suisse, FSSF - Fédération suisse des sages-femmes, FSAF - Fédération suisse des associations professionnelles du domaine de la santé, ASE - Association suisse des ergothérapeutes, sa'ges - Association suisse pour le travail social dans le domaine de la santé, SCIV - Syndicats chrétiens du Valais, OCST - Sindacato dell'Organizzazione Cristiano Sociale, SIT - Sindacati Indipendenti Ticinesi, LABMED - Association professionnelle suisse des techniciennes et techniciens en analyses biomédicales et ASMTT - Association suisse des professions médico-techniques et médico thérapeutiques de la santé</sup></p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/3/1/csm_Klatschen-am-Fenster_iSt-mediamasmedia_nurredaktionell_108d1ce4c6.jpg" length="248511" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7266</guid><pubDate>Thu, 01 Oct 2020 14:19:27 +0200</pubDate><title>L’attaque des employeurs du Sud de l&#039;Allemagne contre la protection des salaires en Suisse</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/lattaque-des-employeurs-du-sud-de-lallemagne-contre-la-protection-des-salaires-en-suisse</link><description>Une brochure d&#039;Unia, ecrite par Joël Bühler, Andreas Rieger et Michael Stötzel</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’un des principaux points de divergence entre la Suisse et l’UE est la protection des salaires telle que pratiquée par la Suisse avec les mesures dites d’accompagnement. Selon la volonté de la Commission de l’UE, ces mesures doivent être démantelées au nom des libertés du marché intérieur. Au centre du débat : les prestations de service transfrontalières par le biais du détachement de personnel. Selon des représentant-e-s de la Commission de Bruxelles, les mesures d’accompagnement suisses lors de détachements entraînent une limita-tion disproportionnée de la liberté de prestations de services des employeurs. Derrière l’attaque contre la protection suisse des salaires se cache d’une part un fort dogmatisme des hauts fonctionnaires bruxellois en matière de marché intérieur.</p><p>Les intérêts économiques concrets des employeurs du Sud de l'Allemagne détachant du personnel sont cependant devenus pertinents au plan politique. Depuis que la libre circulation des personnes entre la Suisse et l’UE est en vigueur et que les salarié-e-s de l’étranger peuvent être détachés en Suisse, les employeurs du Sud de l'Allemagne ont développé une forte présence sur le marché suisse, notamment dans les cantons frontaliers de Suisse orientale où ils ont « conquis » jusqu’à un quart des parts de marché dans certaines branches.</p><p>Dans leur brochure, les auteurs présentent le modèle de détachement, analysent les mesures de protection des salaires et révèlent comment les employeurs d'Allemagne du Sud font pression contre ce modèle.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/2/2/csm_unia-broschuerentitel-fr_a397303ed8.png" length="2022434" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7254</guid><pubDate>Sun, 27 Sep 2020 13:11:20 +0200</pubDate><title>Un Oui clair aux bilatérales avec des mesures d’accompagnement fortes</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/un-oui-clair-aux-bilaterales-avec-des-mesures-daccompagnement-fortes</link><description>L&#039;USS se réjouit du rejet clair et net de l&#039;initiative de résiliation de l&#039;UDC</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le rejet sans équivoque de l’initiative de résiliation est un Oui résolu à une voie bilatérale qui a fait ses preuves. Concrètement, c’est aussi un Oui à la libre circulation des personnes avec une bonne protection des salaires. Ce résultat est déterminant pour l’avenir des relations bilatérales avec l’Union européenne (UE). La Suisse soutient les bilatérales. Mais elle ne veut pas d’un démantèlement de la protection des salaires ni des détériorations que ce démantèlement entraînerait pour la population.</p><p>Aujourd'hui, le peuple suisse a confirmé son attachement à la voie bilatérale ainsi qu’à la libre circulation des personnes combinée à des mesures d'accompagnement fortes – contrairement au Royaume-Uni, qui a décidé de quitter l'UE il y a quatre ans. Ce résultat positif montre qu'une bonne coopération avec l'UE est la bienvenue si elle est porteuse de progrès social et si les préoccupations concrètes des citoyennes et citoyens sont également prises en compte. Les mesures d'accompagnement constituent une condition essentielle à cet égard. La Suisse a les salaires les plus élevés d'Europe, c'est pourquoi elle a besoin d'une protection salariale appropriée.</p><p>L’engagement sans précédent des syndicats dans cette campagne a par ailleurs donné au Conseil fédéral, aux partenaires sociaux et à beaucoup d’autres protagonistes politiques l’occasion de se prononcer clairement en faveur des mesures d’accompagnement, des mesures qui ont renforcé de façon significative la confiance dans la voie bilatérale. Dans ce débat, la large coalition du Non a fait face ouvertement aux questions et inquiétudes légitimes de la population. Pas besoin de peindre le diable sur la muraille ni d’enjoliver les choses&nbsp;: il faut simplement des solutions concrètes pour les gens qui travaillent. Et les syndicats ont réussi à les exposer de manière crédible. L’USS se sent renforcée dans cette position et continuera de la défendre, car elle constitue le socle sur lequel la voie bilatérale reposera aussi à l’avenir.</p><p>Sous couvert d’une limitation de l’immigration, les initiant-e-s voulaient en réalité réintroduire des statuts de séjour précaires, supprimer tous les instruments de lutte contre la sous-enchère des conditions de travail et des salaires et attaquer le large consensus qui sous-tend le marché du travail suisse&nbsp;: des partenaires sociaux forts et le développement des conventions collectives de travail. Le vote d’aujourd’hui stoppe net ces velléités.</p><p>Un résultat réjouissant pour le président de l’USS Pierre-Yves Maillard&nbsp;: «&nbsp;La protection des salaires et, d’une manière générale, les mesures d’accompagnement sortent renforcées de cette votation&nbsp;». Quant à la question de l’accord-cadre avec l’UE, il ne laisse la place à aucune ambiguïté&nbsp;: «&nbsp;L’USS rejette un accord-cadre qui menace la protection salariale autonome et le service public. L’accord sous sa forme actuelle doit être renégocié&nbsp;».</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/aktionen/180905_USS-action-ligne-rouge.jpg" length="679085" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7250</guid><pubDate>Sun, 27 Sep 2020 13:00:00 +0200</pubDate><title>Droits égaux et protection des salaires efficace sont la meilleure solution pour tous les travailleurs, européens et suisses</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/droits-egaux-et-protection-des-salaires-efficace-sont-la-meilleure-solution-pour-tous-les-travailleurs-europeens-et-suisses</link><description>Déclaration de la Confédération européenne des syndicats (CES) sur le refus en Suisse de l’initiative dite « de limitation »</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’initiative populaire dite « de limitation » attaquait frontalement le modèle suisse associant libre-circulation des personnes et contrôle des salaires et des conditions de travail. Son acceptation aurait signifié la fin de la libre-circulation des personnes entre l’Union européenne et la Suisse, ainsi qu’une remise en question des mesures d’accompagnement.</p><p>La Confédération européenne des syndicats (CES) se félicite de son rejet clair en votation populaire aujourd’hui, le 27 septembre. Les mesures d’accompagnement obtenues et mises en œuvre par les syndicats suisses sont un exemple et un modèle non-discriminatoire pour le renforcement des droits des travailleuses et des travailleurs, pour la mobilité équitable et pour une Europe sociale. Elles garantissent que les retombées de l’ouverture économique se traduisent par des emplois correctement rémunérés, sans pression sur les salaires.</p><p>La CES s’engage dans toute l’Europe et auprès des instances de l’Union européenne pour des mesures efficaces contre le dumping salarial et la dégradation des conditions de travail. Laisser faire la sous-enchère salariale et la concurrence sauvage ne provoque que la défiance envers les institutions à tous les niveaux. Au contraire, seule une Europe qui assure une protection juste et efficace aux gens qui travaillent a de l’avenir. Plusieurs pays membres et les instances de l'UE changent actuellement d’approche sur ces questions, sous la pression syndicale. Il faut poursuivre le mouvement dans ce sens – et non affaiblir les protections en place.</p><p>Le refus clair de l’initiative populaire qui voulait revenir au système des contingents discriminatoire contre les travailleurs venant de l’UE et affaiblir les règles sur le marché du travail est une victoire d’étape. Avec les syndicats suisses, la CES continuera à s’engager pour défendre les mesures d’accompagnements et la protection des salaires autonome en Suisse, d’où que viennent les attaques. Ces mesures montrent la voie à suivre : l’Europe a besoin de plus de droits pour les travailleuses et travailleurs, de plus de protection des salaires et de plus de contrôles.</p><p>C’est pourquoi la CES soutient la position des syndicats de Suisse à propos du projet d'accord-cadre avec l’UE. Ce nouvel accord ne doit en aucun cas servir de moyen pour démanteler les mesures d’accompagnement qui visent à protéger tous les travailleurs, établis en Suisse comme détachés, du dumping social et du nivellement des salaires par le bas.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/7/5/csm_ETUC_56c14105a9.png" length="156518" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7170</guid><pubDate>Tue, 15 Sep 2020 12:49:00 +0200</pubDate><title>La libre circulation des personnes combinée aux mesures d’accompagnement : un régime migratoire à l’épreuve</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/la-libre-circulation-des-personnes-combinee-aux-mesures-daccompagnement-un-regime-migratoire-a-lepreuve</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Comparée à d’autres systèmes d’immigration, la solution suisse de libre circulation des personnes combinée à des mesures d’accompagnement efficaces fait bonne figure&nbsp;: moins de sous-enchère salariale et de travail au noir, et une forte participation des personnes immigrantes au monde du travail.</p><p><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/KI/La_libre_circulation_des_personnes_combine__e_aux_mesures_daccompagnement_-_un_re__gime_migratoire_a___le__preuve.pdf" target="_blank" class="link link--download" rel="noreferrer">Une analyse en sept point de Daniel Lamprt, économiste en chef de l'USS</a></p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Migration</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/KI/schnitt_broschure_baracken_d_rz_2010_image.png" length="1552081" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7224</guid><pubDate>Mon, 14 Sep 2020 12:00:00 +0200</pubDate><title>Des augmentations de salaires sont possibles et nécessaires !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-augmentations-de-salaires-sont-possibles-et-necessaires</link><description>Revendications salariales des syndicats pour 2020-2021</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les effets de la crise sur l’économie sont variables&nbsp;: dans certains secteurs, les affaires se portent bien ou même très bien. Étant donné la faible progression des salaires au cours des dernières années, les fédérations de l’Union syndicale suisse (USS) demandent des augmentations jusqu’à 100 francs par mois ou jusqu’à 2&nbsp;% dans les branches et les entreprises qui en ont les moyens.</p><p>Nombre de salarié-e-s ont dû fournir un effort particulier durant la crise. On pense aux hôpitaux, mais aussi à la logistique ou à certaines parties de l’administration publique. Parallèlement, certaines branches se portent bien. Des augmentations de salaires substantielles y sont possibles.</p><p>Au cours des dernières années, les salaires ont stagné malgré l’essor économique. Ce n’est qu’en 2019 que les salaires réels ont à nouveau progressé, d’environ 0,5&nbsp;%, après deux mauvaises années. Une hausse clairement insuffisante au vu du développement favorable des affaires et d’une croissance de 5,9&nbsp;% du PIB de 2017 à 2019. Il est donc nécessaire d’augmenter les salaires.</p><h4>Les revendications</h4><p>Depuis la crise financière, il y a plus de dix ans, les employeurs arguent sans cesse des turbulences du moment pour refuser des hausses salariales. Pourtant, souvent, la situation économique est meilleure que ce qu’ils essaient de faire croire. La crise ne peut pas servir d’argument partout et pour tout le monde&nbsp;: lorsque la marche des affaires est bonne, il faut améliorer la situation des travailleuses et travailleurs.</p><p>Les fédérations de l’USS demandent en conséquence des augmentations allant jusqu’à 100 francs par mois, ou 2&nbsp;% de hausse dans les branches et entreprises qui peuvent se le permettre. De plus, le 13e salaire devrait être payé entièrement même si l’entreprise a été en chômage partiel durant l’année. Enfin, là où le chômage partiel a encore cours, l’USS demande aux employeurs de verser 100&nbsp;% du salaire pour les rémunérations les plus basses, comme le font déjà plusieurs entreprises.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/communiques/200914_MK-Lohnrunde2020-2021_sgb-mp.jpg" length="429243" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7213</guid><pubDate>Fri, 04 Sep 2020 15:33:10 +0200</pubDate><title>Dossier N° 141 : Enquête 2020 sur les médias</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/dossier-n-141-enquete-2020-sur-les-medias</link><description>Analyse des conditions de travail et des salaires de plus de 1000 journalistes en Suisse</description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis des années, la branche des médias vit un profond changement structurel dont les effets se font directement sentir sur les conditions et les méthodes de travail ainsi que le revenu des professionnel-le-s des médias[1]. Des journaux ont disparu, des émissions ont été retirées des programmes, des rédactions fusionnées et des milliers d’emplois supprimés. La branche n’est que partiellement couverte par des conventions collectives de travail (CCT) qui, en cas de crise, stabilisent les rapports de travail. Les éditeurs de la presse écrite et en ligne, organisés au sein de l’association Schweizer Medien (VSM), refusent depuis maintenant 15 ans une nouvelle CCT pour la Suisse alémanique et le Tessin.</p><p>Aujourd’hui, le marché suisse des médias est dominé par quatre entreprises, qui produisent les imprimés, les publications en ligne et les émissions de radio et de télévision. Cela fait des années qu’en Suisse, les entreprises de médias privées perdent des recettes publicitaires, qui profitent désormais aux plates-formes des «&nbsp;GAFA&nbsp;», comme on les appelle (Google, Amazon, Facebook, Apple). La SSR, qui perd aussi des recettes publicitaires, applique depuis des années des mesures d’économies. Elle a l’intention de centraliser les rédactions responsables des informations, remettant ainsi elle-même en question sa politique de localisation fédéraliste. Malgré des mesures de démantèlement, elle reste la plus grande employeuse dans le secteur des médias. Si elles garantissent une certaine diversité, les publications en ligne indépendantes ne sont cependant pas en mesure de compenser la diminution du nombre des emplois dans la presse écrite régionale.</p><p>Le dernier sondage sur le salaire et le revenu des journalistes avait eu lieu en 2006, à l’initiative des organisations actives dans la branche des médias&nbsp;: syndicom (qui s’appelait alors Comedia), le Syndicat suisse des mass media (SSM), Impressum et l’Association suisse des journalistes spécialisés (AJS)[2]. Une actualisation s’imposant désormais en raison de la dynamique de cette branche, les organisations concernées ont décidé de sonder une nouvelle fois les journalistes. Dans la mesure du possible, il s’agissait de faire des comparaisons avec l’enquête de 2006.</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Communication et medias</category><category>Travail</category><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/6/3/csm_journalisten_fotografen_medien_2017_flickr-re-doppelpunkt-publica-jan_michalko_CC_BY-SA_2.0_14b2cecb07.jpg" length="200083" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7171</guid><pubDate>Mon, 24 Aug 2020 09:30:00 +0200</pubDate><title>Attention, danger au travail :  protection des salaires menacée</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/attention-danger-au-travail-protection-des-salaires-menacee</link><description>Campagne contre l&#039;initiative de résiliation</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse lance aujourd’hui une campagne d’envergure contre l’initiative de résiliation. Un journal de campagne sera envoyé à près de deux millions de ménages. Il s’agit de donner l’alerte quant aux risques que fait peser l’initiative sur le cœur des intérêts des travailleuses et travailleurs&nbsp;: les emplois et les salaires.</p><p>La campagne autonome des syndicats avertir du danger que représente l’initiative et révèle les vraies intentions de l’UDC. Le journal de campagne présente et rappelle aussi les progrès obtenus avec les mesures d’accompagnement. La Suisse peut être fière de son système de protection des salaires, car c’est le meilleur d’Europe&nbsp;: cette réalité est encore trop méconnue. Les mesures d’accompagnement ont également permis d’étendre les conventions collectives de travail (CCT). Aujourd’hui, près de deux millions de salarié-e-s sont soumis à une CCT –&nbsp;un chiffre record –&nbsp;et bénéficient donc d’avantages concrets&nbsp;: de meilleurs salaires, des progressions salariales garanties et plus de vacances d’une part, des contrôles, des amendes pour les employeurs qui trichent et des rattrapages des salaires dus d’autre part. Il faut développer encore les conventions collectives, et non pas les saboter comme le veulent les initiants.</p><p>Ces acquis sont en effet menacés aujourd’hui par une attaque sans précédent. Démonter les mesures d’accompagnement et abattre la protection des salaires est le vrai objectif de l’initiative de résiliation. Moins de contrôles conduiraient simplement à des conditions de travail dégradées, au retour de statuts précaires et de conditions de vie indécentes pour la main-d’œuvre étrangère, ou à des structures opaques favorisant la sous-enchère salariale comme dans l’industrie allemande de la viande. Le journal de campagne de l’USS prend ainsi l’entreprise Tönnies en contre-exemple absolu. Enfin, Pierre-Yves Maillard précise dans son interview que les syndicats sont «décidés à combattre les attaques contre les salaires suisses, d’où qu’elles viennent».</p><p><a href="https://www.salaires-emplois.ch?pk_campaign=sgbhp" target="_blank" class="link--arrow" rel="noreferrer">Le nouveau site web www.salaires-emplois.ch</a></p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/c/9/csm_Homepagebildfr_c91efe9789.jpg" length="196278" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7185</guid><pubDate>Thu, 20 Aug 2020 16:38:00 +0200</pubDate><title>Grossesse : l’employeur a des responsabilités !</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/grossesse-lemployeur-a-des-responsabilites</link><description>L’employeur doit protéger du coronavirus ses employées enceintes, sinon il doit continuer de verser leur salaire même si elles ne travaillent pas !</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les femmes enceintes sont considérées comme des personnes vulnérables. Telle est la conclusion à laquelle est arrivée l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) le 5 août dernier après l’évaluation, avec la Société suisse de gynécologie et d'obstétrique (SSGO), membre de la FMH, des derniers résultats scientifiques concernant le COVID-19. Cette conclusion a des conséquences importantes pour les personnes concernées. Elles doivent être dûment protégées. Si ce n’est pas le cas, une «&nbsp;interdiction d’affectation&nbsp;» peut être prononcée et le salaire devra être versé. Plus de précisions dans la présente contribution et dans la notice en annexe.</p><h4>Obligations de l'employeur</h4><p>Selon l’article 6 de la loi sur le travail et l’article 10 de l’ordonnance sur les mesures destinées à lutter contre l’épidémie de COVID-19 en situation particulière (ordonnance COVID-19 situation particulière), l’employeur est tenu de garantir la protection de la santé de ses employé-e-s sur leur lieu de travail et l’application des mesures de prévention contre le COVID-19. Il doit donc prendre toutes les mesures qui protègent ses employé-e-s vulnérables, comme les femmes enceintes.</p><p>Les employeurs doivent garantir que leurs employé-e-s peuvent respecter les recommandations de l’OFSP en matière d’hygiène et de distanciation sociale. À cet effet, il s’agit de prévoir des mesures ad hoc et de les mettre en œuvre. Si la distance recommandée entre les personnes ne peut pas être observée, des mesures doivent être prises selon le Principe STOP (substitution, technique, organisation, protection individuelle). Les employeurs et les responsables des entreprises sont responsables du choix et de la mise en œuvre de ces mesures. Les frais induits sont à leur charge.</p><p>L’ordonnance sur la protection de la maternité demande qu’en cas d’exposition au SARS-CoV-2, le risque sanitaire pour la mère et l’enfant soit évalué en fonction des activités, du statut immunitaire de la salariée et des mesures de protection prises. Il faut établir qu’une telle exposition n’entraîne pas d’atteinte à la santé de la mère et de l’enfant. La façon dont une femme enceinte doit être protégée sur son lieu de travail dépend des conditions de travail dans ce lieu. Une analyse de risque est nécessaire si une telle exposition ne peut pas être exclue. Le trajet pour se rendre au travail en fait partie. L’analyse de risque, qui sera réalisée par une personne compétente indépendante, est à la charge de l’employeur. Elle peut être demandée par le médecin traitant de la femme enceinte (voir ci-dessous).</p><p>Attention&nbsp;: il revient à l’employeur de prouver qu’il n’existe pas d’exposition au virus sur le lieu de travail&nbsp;!</p><p>Si la protection ne peut pas être garantie, une autre activité, sans danger, doit être proposée à la femme enceinte ou le télétravail rendu possible.</p><h4>Drois des femmes</h4><p>Si une salariée constate qu’elle est enceinte, elle doit en parler à son médecin traitant. Celui-ci est responsable de l’évaluation de l’état de santé et de l’efficacité des mesures de protection. Il peut exiger une analyse de risque.</p><p>Si aucune mesure n’est possible ou si l’employeur ne fait pas procéder à une analyse de risque, ou encore s’il n’applique pas les instructions du médecin traitant, la femme enceinte a le droit et le médecin le devoir d’en tirer les conséquences&nbsp;: <strong>le médecin est habilité à formuler des adaptations des conditions de travail ou à prononcer une interdiction d’affectation, via un certificat médical</strong>.</p><p>S’il existe un tel certificat ou si l’employeur ne peut pas proposer une activité de remplacement équivalente et sans danger (p. ex. télétravail), <strong>celui-ci doit continuer à verser 80&nbsp;% du salaire sans que l’employée ait à fournir un travail</strong>.</p><h4>Pendant la grossesse, les femmes sont protégées contre le licenciement</h4><p>Pendant la grossesse, une protection contre le licenciement est appliquée&nbsp;: les salariées n’ont pas le droit d’être licenciées pendant la totalité de la grossesse et pendant les 16 semaines qui suivent la naissance (art. 336c Code des obligations). La protection contre le licenciement commence dès le début de la grossesse, même si la salariée licenciée n’apprend qu’après coup qu’elle était déjà enceinte au moment de son licenciement. Un licenciement prononcé pendant le délai de protection est nul, c’est-à-dire qu’il reste sans effet aussi une fois échu le délai de protection.</p><p>Un employeur ne peut donc pas résilier le contrat d’une femme enceinte parce que celle-ci a obtenu une interdiction d’affectation.</p><h4>Comment agir en cas de problème ?</h4><ul><li><strong>Consulter en cas de grossesse le médecin traitant (gynécologue ou autre) et éventuellement exiger à travers lui une analyse de risque s’il n’en existe pas ou s’il y a un doute à ce sujet.</strong> Pour en savoir plus : <a href="https://www.sggg.ch/fr/pour-les-femmes/" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">Gynécologie Suisse SSG</a>.</li><li>Chercher le dialogue avec <strong>l’employeur</strong></li><li>En cas de <strong>problèmes</strong>, prendre contact avec le <a href="https://www.uss.ch/luss/federations-affiliees" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">syndicat de la branche</a>, l’<a href="https://www.iva-ch.ch/fr/a-propos/inspections-du-travail-de-suisse-et-du-liechtenstein" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">inspectorat cantonal du travail</a> concerné ou le SECO (<a href="#" data-mailto-token="thpsav1jvyvuhcpybzGzljv5hktpu5jo" data-mailto-vector="7" class="link link--mail">coronavirus(at)seco.admin.ch</a> et tél. +41 58 462 00 66)</li></ul><p>En cas de licenciement contraire à la loi et nul, il faudrait immédiatement chercher à emprunter la voie judiciaire. Pour cela, on peut avoir recours à l’aide des <a href="https://www.uss.ch/luss/federations-affiliees" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">services juridiques des syndicats</a> ou des <a href="https://www.ch.ch/fr/conflits-travail-contacts/" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">offices juridiques cantonaux compétents en cas de conflit du travail</a>.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gesundheit/Schwangerschaft_Arzt_Gynaekologe_iStock-BluePlanetStudio.jpg" length="210032" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7032</guid><pubDate>Mon, 29 Jun 2020 12:25:06 +0200</pubDate><title>Renforcer la protection des salaires est nécessaire</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/renforcer-la-protection-des-salaires-est-necessaire</link><description>Prise de position sur le 16e rapport de l’observatoire de la libre-circulation des personnes</description><content:encoded><![CDATA[<p>A l’occasion de la publication du 16e&nbsp;rapport de l’observatoire de la libre-circulation des personnes, l’USS publie son commentaire. Les syndicats soulignent l’importance centrale des mesures d’accompagnement. Grâce à elle, les salaires bas et moyens connaissent une évolution plus favorable en Suisse que dans plusieurs pays européens, où les protections sont moindres&nbsp;: au cours des 20 dernières années, ils ont davantage progressé en Suisse qu’en France, en Allemagne et au Royaume-Uni.</p><p>La publication du rapport de l’observatoire permet de mettre en lumière la densité des contrôles effectués en Suisse. Alors que 55'000 entreprises sont contrôlées annuellement en Allemagne quant aux conditions de travail et de rémunération, ce nombre se monte à 41'000 en Suisse –&nbsp;pour un marché du travail environ dix fois plus petit. Le développement d’un secteur d’activité à très bas salaire a ainsi été évité en Suisse.</p><p>La protection des salaires doit être développée –&nbsp;et non remise en question. La mise en œuvre peut encore être améliorée, par un renforcement des contrôles dans les cantons principalement. En revanche, l’initiative soumise en votation le 27 septembre et visant la résiliation de la libre-circulation des personnes ne résout aucun problème&nbsp;: elle n’aura pas d’influence sur le nombre des personnes venant travailler en Suisse, mais en revanche elle affaiblira des règles qui ont fait leurs preuves sur le marché du travail. Un système de contingents, comme le démontre l’expérience historique, n’aurait pour effet que d’augmenter la pression sur tous les salaires et de provoquer du travail au noir. La libre-circulation des personnes et des mesures d’accompagnement dynamiques, capables de s’adapter et de s’améliorer, restent la meilleure formule pour toutes les travailleuses et tous les travailleurs de Suisse.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/aktionen/180905_USS-action-ligne-rouge.jpg" length="679085" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7029</guid><pubDate>Mon, 22 Jun 2020 11:30:00 +0200</pubDate><title>Défendre les emplois et les salaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/defendre-les-emplois-et-les-salaires</link><description>L&#039;USS relance la campagne contre l&#039;initiative de résiliation – conférence de presse commune du Conseil fédéral et des partenaires sociaux</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La situation des travailleuses et travailleurs en Suisse est extrêmement tendue. Dans ce contexte, l’initiative de résiliation de l’UDC ne ferait que nuire à toutes les personnes qui travaillent en Suisse, et mettre en danger des protections qui ont fait leurs preuves : c’est ce que l’USS a souligné aujourd’hui, lors d’une conférence de presse aux côtés de la Conseillère fédérale Karin Keller-Suter. Dans les périodes de crise plus encore que d’ordinaire, il s’agit des résoudre concrètement et rapidement les problèmes qui apparaissent. La capacité du Conseil fédéral et des partenaires sociaux à agir dans ce sens a été démontrée durant la pandémie de coronavirus. Elle a été encore renforcée par l’introduction de la prestation transitoire pour les travailleuses et travailleurs en fin de carrière. L’USS mènera une campagne forte et autonome contre l’initiative de résiliation pour défendre les emplois et les salaires.</p><p>﻿Aujourd’hui, la Suisse a le système de protection des salaires le plus efficace d’Europe. Un salaire suisse pour rémunérer tout travail effectué en Suisse : ce principe est plus important que jamais, car la crise du coronavirus met sous pression les conditions de travail. L’initiative de l’UDC remet en question les droits des travailleuses et des travailleurs, et créerait de l’insécurité en matière de conditions de travail et de séjour. Le président de l’USS, Pierre-Yves Maillard, a souligné lors de la conférence de presse que « l’initiative de résiliation a pour unique but d’affaiblir les droits des gens qui travaillent. Son acceptation ne ferait que compliquer la sortie de la crise économique, mettrait sous pression tous les salaires et menacerait un dispositif de protection et de contrôle pourtant éprouvé ».</p><p><strong>Plus de protection, pas moins</strong></p><p>Chaque année, les salaires et les conditions de travail de presque 170 000 personnes professionnellement actives en Suisse sont contrôlées. Des rectifications de salaire à la hausse ont lieu. Mettre en danger ces mécanismes n’est pas acceptable. Grâce aux mesures d’accompagnement, les syndicats ont obtenu des conventions collectives de travail et des salaires minimums obligatoires aussi dans les branches et les professions où les bas salaires et le travail précaire ont trop longtemps été la règle.</p><p>Autrefois, les saisonniers n’avaient guère de droits. Cela ouvrait tout grand la porte au travail au noir et donc à plus de pression sur les salaires. Les employeurs pouvaient ainsi exploiter une main-d’œuvre bon marché afin d’augmenter leurs profits. C’est à cela que veut revenir l’initiative de résiliation.</p><p><strong>Défendre le travail plutôt que de renforcer la crise</strong><br> Avant la pandémie déjà, les syndicats accordaient une grande importance à la votation sur l’initiative de résiliation de l’UDC. Cette importance n’a fait que se renforcer alors que le pays connaît une crise économique sans précédent qui menace des dizaines de milliers de places de travail. Le 27 septembre, il faut un non clair et décidé : l’USS et ses fédérations s’engageront dans ce sens avec une campagne forte et autonome.</p><p>&nbsp;</p><ul><li><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/communiques/200622_CP-Discours-Pierre-Yves-Maillard_def.pdf" target="_blank" class="link link--download" rel="noreferrer">Discours de Pierre-Yves Maillard (PDF)</a></li><li>Site web de la campagne : <a href="https://www.salaires-emplois.ch/" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">www.salaires-emplois.ch</a></li></ul>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/c/3/csm_sgb_flyer_sept_FR_querformat_ohnetext_979f3c5c72.jpg" length="126074" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7017</guid><pubDate>Thu, 11 Jun 2020 12:30:00 +0200</pubDate><title>Une protection des salaires a priori efficace, mais une mise en œuvre plus stricte est nécessaire</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/une-protection-des-salaires-a-priori-efficace-mais-une-mise-en-oeuvre-plus-stricte-est-necessaire</link><description>Rapport du SECO sur la mise en œuvre des mesures d’accompagnement</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le rapport sur la mise en œuvre des mesures d’accompagnement publié aujourd’hui montre que celles-ci sont plus importantes que jamais&nbsp;! Là où des contrôles ont lieu, des infractions sont découvertes. Cela, surtout dans des entreprises qui occupent des titulaires de permis de courte ou très courte durée, ou de la main-d’œuvre temporaire.</p><p>L’an dernier, les contrôleurs et contrôleuses ont vérifié 166&nbsp;000 salaires. Ce qui a permis de découvrir plus de 15&nbsp;% de salaires trop bas ou d’indépendant-e-s fictifs. Dans les branches dont les salaires minimums sont fixés dans les conventions collectives de travail (CCT), les taux d’infraction sont plus élevés (20&nbsp;%) parce que la sous-enchère salariale est clairement définie à travers ces salaires minimums. Dans les autres branches, les cantons se permettent des écarts par rapport aux salaires usuels, si bien qu’une partie des entreprises dont les salaires sont trop bas échappent aux contrôleurs. Les taux d’infraction se montent à 15&nbsp;% (entreprises de détachement), respectivement de 11&nbsp;% (employeurs suisses).</p><p>Dans les branches avec des salaires minimums obligatoires fixés dans des CCT ou des contrats-type de travail, les employeurs qui versent des salaires trop bas sont frappés d’une amende. En l’absence de salaires minimums, les cantons demandent aux entreprises d’ajuster leurs salaires sur les salaires usuels dans la branche et la localité («&nbsp;procédure de conciliation&nbsp;»). C’est un point positif que l’écrasante majorité des entreprises étrangères donne suite à cette injonction. Le comportement des employeurs et employeuses suisses est cependant intolérable. Dans environ 1&nbsp;100 cas, ils ont versé des salaires trop bas. Or seulement 445 ont suivi l’injonction faite par leur canton de corriger leurs salaires. Toutefois, la Confédération et les cantons n’ont guère édicté de salaires minimums alors que la loi le prévoit.</p><p>Les contrôles continuent malheureusement à être très différents d’un canton à l’autre. L’engagement dont font preuve les cantons du Tessin et de Genève, qui ont contrôlé un grand nombre d’employeurs et employeuses suisses est une très bonne chose. La réalité est totalement différente dans certaines parties de la Suisse alémanique où certains cantons n’ont contrôlé qu’environ 2&nbsp;% des entreprises. Un-e employeur/employeuses suisse n’est en moyenne contrôlé que tous les 50 ans environ. Il faut maintenant que cela change rapidement.</p><p>Les mesures d’accompagnement destinées à protéger les salaires suisses sont indispensables. Les contrôles effectués font souvent apparaître des infractions. Si la Suisse devait réduire leur nombre ou limiter les instruments (caution, annonce préalable des missions, entre autres) à cause de l’accord-cadre avec l’Union européenne, cela aurait de graves conséquences. C’est pourquoi les syndicats exigent que les mesures d’accompagnement soient étoffées et non pas démantelées.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/b/8/csm_patrik_tschudin-flickr-CC_BY_2.0_baustelle_basel_erlenmatt_wohnungsbau_2_61dec98428.jpg" length="431591" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6991</guid><pubDate>Thu, 28 May 2020 12:41:10 +0200</pubDate><title>Chômage et coronavirus : la prestation transitoire plus nécessaire que jamais</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/chomage-et-coronavirus-la-prestation-transitoire-plus-necessaire-que-jamais</link><description>Au Parlement de décider pendant la session d’été</description><content:encoded><![CDATA[<p>Durant les trois mois de la crise du coronavirus, de mars à mai, le chômage a véritablement explosé en Suisse, passant d’environ 105&nbsp;000 personnes à plus de 160&nbsp;000 (données corrigées des variations saisonnières). Du jamais vu&nbsp;! Seules les garanties de salaire proposées sous la forme du chômage partiel et de l’allocation pour perte de gain liée au coronavirus versée aux parents, ont permis d’éviter le pire comme ce qui est arrivé aux États-Unis. Dans ce pays en effet, 20 millions de personnes ont perdu leur emploi pendant le seul mois d’avril. Mais le danger n’est pas encore écarté en Suisse, les perspectives conjoncturelles restant moroses.</p><p class="heading--h3">La crise a durement frappé les plus de 55 ans</p><p>La hausse du chômage a été particulièrement forte chez les jeunes. Parce que les entreprises ont freiné leurs recrutements, la recherche d’un emploi pour ce groupe de personnes, qui venaient de terminer leur formation, sortaient de l’école de recrues ou revenaient d’un séjour à l’étranger, s’est avérée particulièrement difficile. Certes un peu moins visibles que les jeunes, les actifs et actives plus âgés ont cependant aussi fortement souffert de la crise. En principe, les plus de 55 ans sont beaucoup moins souvent à la recherche d’un emploi que leurs jeunes collègues, et pourtant le nombre de nouveaux chômeurs et chômeuses parmi eux a augmenté de près de 50&nbsp;% en mars et avril. C’est très inquiétant.</p><p>Beaucoup de personnes concernées, avec qui nous avons été en contact dans notre travail syndical quotidien, nous ont dit avoir enfin trouvé un emploi après de longues recherches pendant ces deux dernières années. Mais à peine la crise du coronavirus a-t-elle éclaté qu’elles ont été licenciées. Le chômage augmentant, les chances de trouver un travail diminuent. De plus, il leur manque souvent les années de cotisations à l’assurance-chômage nécessaires pour toucher à nouveau suffisamment d’indemnités journalières. Que personne n’est abandonné pendant la crise est donc une affirmation qui sonne creux à leurs oreilles.</p><p class="heading--h3">Il faut stopper la dégringolade sociale</p><p>La situation financière des chômeurs et chômeuses âgés sans emploi malgré d’innombrables recherches se dégrade fortement une fois qu’ils se trouvent en fin de droit au chômage. À un moment ou à un autre, impossible pour eux d’éviter l’aide sociale. Mais il se peut alors que, pour recevoir une aide financière, ils doivent d’abord puiser dans leurs avoirs de vieillesse. Et cela, alors même qu’ils ont déjà dû utiliser presque toute leur fortune. Le recours aux prestations complémentaires pendant la retraite est ainsi programmé, avec la hausse des coûts induite pour les assurances sociales. La personne qui a travaillé durant toute sa vie doit bénéficier à la fin de son parcours professionnel d’une couverture sociale meilleure, décente. Et c’est précisément pour cela que les partenaires sociaux et le Conseil fédéral ont mis en route la prestation transitoire. Celle-ci n’est toutefois qu’un petit pas en avant. C’est pourquoi il est d’autant plus important que le Parlement tranche définitivement à ce sujet au mois de juin et que le Conseil fédéral mette ensuite rapidement en vigueur cette mesure.</p><p class="heading--h3">La prestation transitoire, une solution minimale et finançable</p><p>Avant la crise du coronavirus encore, certains ont critiqué le fait que cette nouvelle mesure sociale destinée aux travailleurs et travailleuses âgés avait été élaborée et discutée trop rapidement, alors que l’USS demandait depuis des années déjà un tel instrument social. Au vu des prises de décisions du Parlement et du Conseil fédéral désormais connues sur les mesures d’aide liées à la crise du coronavirus, le rythme pris avec la prestation transitoire semble cependant tout à coup largement modéré. C’est d’ailleurs d’autant plus vrai en ce qui concerne les coûts budgétisés pour la prestation transitoire. Ils correspondent à ce que coûterait le non remboursement de 0,4&nbsp;% des crédits aux entreprises liés au coronavirus (pour comparaison, le conseiller fédéral Ueli Maurer table sur un taux de défaut de 10&nbsp;%, et un taux encore plus élevé est très probable).</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Politique sociale</category><category>Prestation transitoire</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/3/2/csm_Frau-ue55-mitRegenschirm-draussen_photocase-kemai_1a66e1892a.jpg" length="181513" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6989</guid><pubDate>Thu, 28 May 2020 11:33:57 +0200</pubDate><title>Un conte de fées </title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/un-conte-de-fees</link><description>Télétravail sans CCT : risques et effets secondaires</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Beaucoup y voyaient un remède miracle&nbsp;: on travaille à la maison et, à côté, on cuisine, on fait les nettoyages et on joue avec les enfants. Plus besoin de sortir de chez soi pour se rendre au travail ni de son pyjama pour travailler – sauf peut-être quand il s’agit de se montrer dans de fastidieuses visioconférences. Même si beaucoup de personnes concernées par le télétravail l’ont momentanément bien accepté pendant la crise du coronavirus et ont fait preuve d’un grand sens de l’improvisation, tout n’est pas si simple. Si le télétravail devient permanent, des règles claires sont alors nécessaires pour empêcher que l’on ne se retrouve en pleine jungle et pour garantir que les travailleurs et travailleuses soient protégés.</p><p>Ce n’est pas seulement depuis qu’il a fallu se retrancher chez soi pour des raisons médicales que l’on connaît les risques et les effets secondaires du télétravail&nbsp;: manque de place, enfants bruyants, mobilier et ordinateur inconfortables, liaison Internet trop lente, mélange entre travail et temps libre, isolement social. Ce genre de situation peut constituer une charge pour celles et ceux qui la vivent, surtout si elle s’installe dans la durée.</p><p>Toujours plus d’études ainsi que de décisions de tribunaux font apparaître au grand jour les côtés sombres du télétravail, tel qu’il est actuellement vécu. Aujourd’hui, des employeurs ne remplissent souvent pas leurs obligations légales à son sujet. Or la loi sur le travail (LTr) s’applique aussi à lui dans son intégralité, qu’il soit ordonné par l’employeur ou souhaité par l’employé-e-. En d’autres termes, l’employeur est contraint par la loi de garantir un aménagement du poste de travail et un matériel ergonomiques (meubles, écran, clavier, mais aussi éclairage, etc.) ainsi que le respect de la protection contre l’épuisement professionnel ou l’excès de travail (pauses, droit à ne pas être joignable). L’employeur doit en outre respecter la protection des données de son employé-e et éviter de le surveiller.</p><p class="heading--h3">Le télétravail ne doit pas servir à économiser</p><p>À la différence du remboursement des frais relatifs aux instruments de travail et au matériel utilisé, le remboursement des frais prévu à l’article 327a du Code des obligations est obligatoire (CO) pour l’employeur, qui ne peut pas y renoncer à travers un accord conclu avec son employé-e. Cela signifie que celui-ci a droit à ce que son employeur lui rembourse la totalité des frais imposés par l’exécution du travail. Seule condition&nbsp;: les frais doivent être vraiment nécessaires à l’activité professionnelle. En font partie l’électricité, Internet, le papier les réparations, etc. S’il n’y avait pas de répartition stricte des frais, l’employeur pourrait économiser le loyer, le mobilier et l’infrastructure sur le dos de son personnel.</p><p class="heading--h3">Pas de CCT, donc pas de protection contre les abus</p><p>Les règles sont claires&nbsp;: la LTr, le CO et la loi sur la protection des données s’appliquent tous trois au télétravail. Les tribunaux ont d’ailleurs développé une pratique dans ce domaine. Ces bases légales offrent à proprement parler une bonne protection aux salarié-e-s&nbsp;:</p><ul><li>L’employeur doit, en fonction de chaque cas, faire en sorte que le poste de télétravail soit ergonomique (chaise, bureau, écran, etc.) et peut devoir rendre des comptes à ce sujet à l’inspectorat du travail.</li><li>Les frais courants et ceux entraînés par les appareils utilisés doivent être supportés par l’employeur et même, selon les cas, le loyer.</li><li>Dans le télétravail, l’employeur doit respecter les pauses ainsi que le repos nocturne et dominical&nbsp;; il existe un droit et une obligation à ne pas être joignable (débranchement du serveur, désactivation des appareils à certains moments, etc.).</li></ul><p>Malheureusement, ces règles et la jurisprudence des tribunaux restent souvent lettre morte. Car, à cause d’une protection contre le licenciement insuffisante en Suisse, les salarié-e-s qui se défendent individuellement dans ces situations risquent tout simplement d’être sèchement renvoyés. De plus les inspectorats du travail sont fréquemment sous-dotés en personnel et financièrement, et en conséquence ils ne s’occupent pas du télétravail.</p><p>Il est alors d’autant plus important de suivre ici une logique collective et de sortir le télétravail de sa jungle pour l’encadrer et le réguler. Mais on ne peut pas faire porter la responsabilité de cela aux salarié-e-s individuellement, qui, à cause de la protection lacunaire contre le licenciement, ne sont pas en mesure de se défendre sans avoir à craindre de représailles. C’est bien au contraire là qu’intervient le rôle de représentant collectif des intérêts des salarié-e-s qui est celui des syndicats&nbsp;: au moyen de conventions collectives de travail (CCT), il s’agit de garantir que toutes les dispositions légales en question soient vraiment observées, aussi dans le télétravail. Cela concerne&nbsp;:</p><ul><li>l’aménagement ergonomique du poste de télétravail et la responsabilité de l’employeur à cet égard,</li><li>l’indemnisation de tous les frais découlant du télétravail, y compris un éventuel loyer</li><li>le droit de débrancher les appareils, le respect des temps de repos et des pauses,</li><li>la protection des données, l’absence de surveillance du comportement en ligne ou du mode de télétravail,</li><li>le choix uniquement volontaire du télétravail, le droit à au moins un jour de travail au bureau, contre l’isolement social.</li><li>l’adaptation des objectifs en cas de garde simultanée d’enfants ou de prise en charge de proches,</li><li>la définition, via des CCT, de mesures sanitaires et de contrôles dans le télétravail, après consultation de spécialistes de la protection de la santé (pool MSST).</li></ul><p>S’il n’était pas possible d’imposer des CCT dans ce domaine, il faudrait alors résoudre la question de l’inspection du télétravail ainsi que demander éventuellement que soient fixées, dans une ordonnance ou la loi, des règles claires en matière de frais et spécifiques concernant la protection des données.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Homeoffice_photocase_3438236.jpg" length="700887" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6984</guid><pubDate>Mon, 25 May 2020 14:15:15 +0200</pubDate><title>Crise du coronavirus : de nombreux problèmes à résoudre pour les salarié-e-s</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/crise-du-coronavirus-de-nombreux-problemes-a-resoudre-pour-les-salarie-e-s</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La situation des travailleuses et travailleurs reste tendue même dans le contexte d’un redémarrage des activités économiques. L’Union syndicale suisse (USS) considère qu’il y a de nombreux problèmes à aborder. De manière générale, il faut à tout prix éviter les licenciements et maintenir le pouvoir d’achat. Enfin, les mesures d’économie dans la dépense publique doivent être évitées à tout prix, car elles ne feraient qu’accroître encore le chômage et freiner la reprise. La hausse du chômage chez les salarié-e-s en fin de carrière est inquiétante, et doit être rapidement contrecarrée.</p><p class="heading--h3">Problèmes économiques persistants, même après la levée des restrictions à l’activité</p><p>L’économie mondiale et le tourisme international restent sévèrement affaiblis, ce qui a des conséquences douloureuses dans un pays tourné vers l’exportation comme la Suisse. La garantie des salaires mise en place par le Conseil fédéral, en particulier l’extension rapide du chômage partiel, a évité une catastrophe à l’américaine sur le marché du travail. Pourtant, le chômage augmente en Suisse dans une proportion inédite. En mars et avril, la hausse a été de 40&nbsp;% (corrigée des variations saisonnières). Il est également inquiétant de constater que le chômage des 55-64 ans augmente plus fortement que la moyenne. Or, ces personnes risquent d’avoir nettement plus de difficulté à retrouver un emploi.</p><p class="heading--h3">La question du pouvoir d’achat se pose avec une acuité croissante</p><p>La crise touche davantage les faibles revenus. Ce sont en effet les branches avec les salaires les plus bas, comme l’hôtellerie-restauration ou la culture, qui ont connu le plus de chômage partiel et de chômage tout court. Les pertes de revenus de 20 à 30&nbsp;% qui en résultent pour les personnes concernées sont difficilement supportables. Les prestations de l’assurance-chômage sont insuffisantes dans ces cas de figure.</p><p class="heading--h3">Le frein à l’endettement, cause potentielle de chômage de masse</p><p>La politique financière expansive de la Confédération a stabilisé l’économie pendant la crise. Mais aujourd’hui, l’austérité qui menace au niveau fédéral et cantonal, ce qui ferait augmenter le chômage. Un amortissement des dettes liées à la pandémie sur 6 ans comme l’exige le frein à l’endettement conduirait la Suisse dans une récession de longue durée. Le pays dispose des marges de manœuvre financières nécessaires pour combattre la crise sans austérité.</p><p>L’USS formule les demandes suivantes&nbsp;:</p><ul><li><strong>Maintenir le pouvoir d’achat, en particulier pour les revenus bas et moyens&nbsp;:</strong> L’assurance-chômage, mais aussi les entreprises qui en ont les moyens, doivent payer les salaires à 100&nbsp;% en cas de chômage partiel. De plus, la charge des primes de l’assurance-maladie peut être réduite, soit par des subsides supplémentaires, soit par une diminution des réserves des caisses.</li><li><strong>Pas de mesures d’économie&nbsp;:</strong> Les dépenses extraordinaires de la Confédération dans le contexte de la pandémie ne doivent pas avoir pour conséquence des mesures d’économie, car celles-ci ne conduisent qu’à une hausse du chômage et à un ralentissement de la reprise. Il doit aussi être considéré comme normal qu’il puisse y avoir des déficits budgétaires en période de crise. Ils ne peuvent donc pas servir de prétexte pour réduire les dépenses.</li><li><strong>Pas de charges supplémentaires pour les salarié-e-s :</strong> L’assurance-chômage a encore besoin de moyens supplémentaires de la Confédération. Recourir à l’inverse à des augmentations de cotisations pèserait sur le pouvoir d’achat et aggraverait la crise. Nous espérons donc une mise en œuvre rapide des bonnes décisions prises le 20 mai. De plus, la contribution de solidarité pour l’assurance-chômage devrait être augmentée à 2,2&nbsp;%, soit au niveau du taux normal de cotisation.</li><li><strong>Plus de sécurité pour planifier l’avenir&nbsp;:</strong> La durée de versement des indemnités en cas de réduction de l’horaire de travail (chômage partiel) doit être aussi vite que possible prolongée à 18 mois. Un allongement de la durée d’indemnisation du chômage est nécessaire pour donner plus de sécurité aux jeunes et aux salarié-e-s en fin de carrière qui sont les plus touchés.</li><li><strong>Plus de sécurité pour les personnes les plustouchées&nbsp;:</strong> Le chômage augmente, en particulier chez les jeunes et chez les salarié-e-s en fin de carrière. L’allongement de la durée d’indemnisation du chômage est nécessaire pour leur donner plus de sécurité. Une réduction hâtive des prestations serait en revanche lourde de conséquences. Enfin, la prestation transitoire («&nbsp;rente-pont&nbsp;») est plus nécessaire que jamais dans la période actuelle.</li><li><strong>Mesures conjoncturelles supplémentaires&nbsp;:</strong> il faut des mesures additionnelles de soutien à la conjoncture pour prévenir une grave récession. Les partenaires sociaux doivent être associés à leur élaboration dans un groupe de travail.</li></ul><p><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/communiques/200524_Crise_coronavirus_acte3.pdf" target="_blank" class="link link--download" rel="noreferrer">Ici </a>se trouvent l’analyse et les revendications présentées hier à la rencontre des partenaires sociaux avec le Conseil fédéral.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Santé</category><category>Économie</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/2/a/csm_Bundeshaus_Curia-Confoederationis-Helveticae_iStock-RomanBabakin_ebcb62b137.jpg" length="372406" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6492</guid><pubDate>Fri, 08 May 2020 17:20:00 +0200</pubDate><title>Allocations pour les parents et sortie du semi-confinement</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/allocations-pour-les-parents-et-sortie-du-semi-confiment</link><description>Qu&#039;est-ce qui fonctionne et qu&#039;est-ce qui doit encore être amélioré ?</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En cette période de crise sanitaire, les allocations pour perte de gain (APG) ont été élargies aux parents d’enfants de moins de 12 ans qui ont une activité professionnelle&nbsp;: elle doit leur permettre de ne pas perdre leur salaire s’ils ne peuvent plus travailler, ou pas autant que d’habitude, parce que la garde de leurs enfants par des tiers n’est momentanément pas possible.</p><p>Après un démarrage un peu timide, le nombre d’indemnités journalières de perte de gain versées aux parents a plus que doublé ces deux dernières semaines. C’est bon signe, car un premier bilan intermédiaire de l’USS indiquait que ces APG pour parents peinaient à se faire connaître. Pourtant la charge supportée par les parents travaillant tout en s’occupant de leurs enfants à domicile ne faisait que croître.</p><p>Plusieurs employeurs et employeuses ont fait des efforts depuis pour renseigner leurs employé-e-s sur cette possibilité. Sur pression de l’USS, l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) a précisé que les salarié-e-s en télétravail n’étaient pas exclus de ces APG et il a actualisé son aide-mémoire sur le sujet. Au début mai, près de 2600 parents avaient touché ces allocations. Le Conseil fédéral s’attendait à 60&nbsp;000 demandes. D’où vient cet écart énorme&nbsp;? Les syndicats reçoivent pourtant continuellement des questions de la part de parents débordés et désécurisés. Et même la presse de droite commence à parler de la pression croissante que vivent les familles et en particulier les femmes (https://www.nzz.ch/zuerich/coronavirus-in-zuerich-lockdown-veraendert-den-alltag-von-muettern-ld.1553723).</p><h4>Et après le 11 mai&nbsp;?</h4><p>Nous entrons le 11 mai dans une nouvelle phase de cette crise sanitaire et l’incertitude autour de la garde des enfants prendra alors une tournure différente. Avec la réouverture de nombreuses entreprises (commerce de détail, hôtellerie-restauration, p. ex.), beaucoup d’autres parents devront à nouveau se rendre au travail alors que la garde de leurs enfants est loin de fonctionner de nouveau comme avant. Il est vrai que les écoles reprendront le même jour, mais la charge pour les parents n’en sera que partiellement allégée. Dans de nombreux cantons, il y aura une période de transition avec une reprise progressive de l’enseignement dans les salles de classe. Les accueils extrascolaires auront pour leur part un calendrier de transition différent. Un exemple&nbsp;: dans le canton de Zurich, on maintient la recommandation de garder ses enfants autant que possible à la maison ou en milieu privé. Les communes zurichoises continuent donc de limiter l’offre des accueils extrascolaires. Et la garde par les grands-parents est toujours exclue, sans que l’on sache jusqu’à quand. Dans ce contexte, on se contente de demander aux parents – et aux employeurs et employeuses – de se montrer compréhensifs et flexibles. Au lieu de leur expliquer que même après le 11 mai, le recours aux APG pour parents reste une possibilité tant que la garde des enfants par des tiers n’est pas possible en raison de la crise sanitaire.</p><p>Pourtant l’ordonnance d’urgence est claire sur cette question&nbsp;: si les enfants ne peuvent pas, ou seulement partiellement, aller à l’école ou à l’accueil de jour en raison des restrictions cantonales (p. ex. demi-classes), ou si les personnes qui les gardent ne peuvent le faire parce qu’elles font partie des groupes à risque, le droit aux APG pour parents demeure. Ce droit ne s’éteint que si une solution de garde a pu être trouvée, si l’enfant atteint ses douze ans ou en cas de levée de toutes les restrictions. Comme toutes les ordonnances d’urgence, cela vaut jusqu’à nouvel ordre ou jusqu’à ce que la disposition expire le 16 septembre.</p><h4>Séparer garde des enfants et activité professionnelle</h4><p>Si l’on veut réussir la sortie de cette période de restrictions et de fermetures, les parents qui travaillent aussi professionnellement doivent savoir s’ils auront droit et accès – ou non – à des places dans les structures d’accueil, et si oui, à quel prix. Car tant que la garde des enfants n’est pas assurée, ils ont l’obligation légale de s’occuper de leurs enfants. Personne ne doit perdre son emploi à cause de cela ou être contraint d’y consacrer ses jours de vacances. Ce point est particulièrement important pour les parents qui ne peuvent effectuer leur travail depuis la maison.</p><h4>Pas de double charge avec le télétravail</h4><p>Même pour les parents forcés de faire du télétravail pour des raisons de santé, l’activité professionnelle et la garde des enfants doivent impérativement être séparées. Après huit semaines de semi-confinement, les employeurs et employeuses ont eu suffisamment de temps pour trouver des solutions pour que les temps de travail et de repos puissent s’appliquer correctement aussi dans le télétravail. Si ce n’est pas possible, ils peuvent recourir aux APG pour leurs employé-e-s parents. En effet, même en télétravail et indépendamment des éventuelles obligations familiales, le travail de nuit entre 23h et 6h du matin reste interdit et le temps de repos quotidien d’au moins onze heures consécutives reste une obligation à respecter. Les parents en télétravail (et surtout eux&nbsp;!) ont le droit de dormir, de récupérer et d’être protégés contre l’épuisement (burnout).</p><p>Pour conclure, voici une petite suggestion de leçon de calcul avec vos enfants à la maison&nbsp;: partons du principe (c’est plus simple) que la période de repos s’étend de 20h à 7h du matin. C’est vrai&nbsp;: pour le travail après 20h, l’employeur ou l’employeuse doit déjà obtenir la participation du personnel, selon la loi. Partons aussi du principe que les enfants sont capables de s’occuper seuls pendant deux heures le matin et deux heures l’après-midi, au maximum. Pour des enfants de 12 ans, cette limite supérieure est même assez optimiste. Combien de personnes faut-il pour s’occuper d’eux en dehors de ces heures pour que les parents puissent faire leurs heures de travail régulières&nbsp;?</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Égalité</category><category>Politique sociale</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gleichstellung/Kinder_zuhause_davidpereiras-photocase.jpg" length="735485" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6472</guid><pubDate>Tue, 28 Apr 2020 18:52:00 +0200</pubDate><title>Personnes vulnérables : les employeurs doivent respecter la loi !</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/personnes-vulnerables-les-employeurs-doivent-respecter-la-loi</link><description>Grâce à la pression des syndicats, les employé-e-s vulnérables sont à nouveau protégés</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Après un mois de peur et d’incertitude pour les travailleurs et travailleuses vulnérables, le Conseil fédéral a enfin revu sa copie – sous la pression des syndicats&nbsp;: les personnes vulnérables ne peuvent plus être contraintes de se rendre sur le lieu de travail. Reste à faire entendre ce message aux employeurs et employeuses*.</p><p>En édictant une interdiction de travail pour les employé-e-s vulnérables le 16 mars, le Conseil fédéral avait trouvé une bonne solution, facile à comprendre&nbsp;: les employé-e-s des groupes à risque (ou «&nbsp;employé-e-s vulnérables&nbsp;») devaient soit faire du télétravail, soit rester chez eux sans travailler – sur présentation d’une attestation médicale – tout en touchant leur salaire. Mais quelques jours plus tard seulement, le 20 mars, le Conseil fédéral cédait à la pression de certains employeurs et supprimait de facto cette protection.</p><p>Depuis cette date, les syndicats se sont démenés pour que le gouvernement fasse marche arrière. Et ça a payé&nbsp;: le 17 avril, cette protection a été rétablie. Mais l’ordonnance ainsi révisée est un peu plus complexe et fastidieuse que la version initiale sur ce point. Conséquence&nbsp;: l’incertitude persiste chez les salarié-e-s. Et certains patron-ne-s ne se gênent pas de continuer de forcer des personnes vulnérables à se rendre au travail, au mépris du droit et de leur devoir de diligence. C’est inadmissible&nbsp;: les employeurs doivent respecter le droit en vigueur depuis le 17 avril&nbsp;!</p><h4>En principe&nbsp;: seulement sur une base volontaire</h4><p>Le nouvel article 10c de l’ordonnance 2 COVID-19 prévoit une sorte d’hiérarchisation des dispositions par palier&nbsp;: la première solution, c’est le télétravail. À l’autre bout de la chaîne, il y a le droit, pour l’employé-e, de continuer de toucher son salaire sans devoir travailler s’il ou elle reste à la maison (pour des raisons motivées). Cette disposition correspond à une interdiction de travail, comme elle existe par exemple pour les femmes enceintes.</p><p>Dans le détail, l’enchaînement des dispositions se présente ainsi&nbsp;: lorsque le travail ne peut absolument pas être effectué depuis la maison (ni d’ailleurs une éventuelle activité de remplacement), l’employeur peut proposer à l’employé-e de venir travailler sur place, moyennant des conditions très strictes (deuxième palier)&nbsp;:</p><ul><li>L’employé-e travaillera sur le lieu de travail seulement si (et aussi longtemps que) c’est nécessaire pour des raisons d’exploitation de l’entreprise.</li><li>La place de travail doit être aménagée de telle sorte que «&nbsp;tout contact étroit avec dʼautres personnes soit exclu, notamment en mettant à disposition un bureau individuel ou une zone clairement délimitée où la distance minimale de deux mètres est respectée&nbsp;».</li><li>Dans les cas où «&nbsp;un contact étroit sʼavère parfois inévitable, des mesures de protection appropriées sont prises, selon le principe STOP (substitution, mesures techniques, mesures organisationnelles, équipement de protection individuelle)&nbsp;».</li><li>Par ailleurs, l’alinéa 5 prévoit que l’employeur doit toujours consulter l’employé-e concerné avant de prendre les mesures prévues (tâches de substitution à effectuer à la maison ou dans l’entreprise, mise en œuvre des normes de sécurité).</li></ul><p>On voit bien à quel point les exigences de protection de la santé sont élevées – et c’est tout à fait justifié.</p><p>Enfin, même si l’employeur remplit toutes les conditions, l’employé-e vulnérable peut refuser de se rendre sur le lieu de travail (troisième et dernier palier) si&nbsp;:</p><ul><li>l’employeur ne remplit pas les conditions précitées</li><li>ou si, «&nbsp;pour des raisons particulières&nbsp;», l’employé-e «&nbsp;estime que le risque d’infection au coronavirus est trop élevé malgré les mesures prises par l’employeur…&nbsp;».</li></ul><p>Ces raisons peuvent être multiples&nbsp;:</p><ul><li>méfiance envers les mesures prises par l’employeur,</li><li>anxiété personnelle,</li><li>risques sur le chemin du travail, par exemple lorsqu’il faut utiliser les transports publics.</li></ul><p>Les motifs pour un refus d’accomplir une tâche sont laissés à une interprétation assez ouverte. L’employé-e peut faire valoir sa vulnérabilité par une déclaration personnelle. Il peut la faire confirmer par une attestation médicale si l’employeur l’exige. Il est bien entendu exclu de faire figurer un diagnostic sur l’attestation (protection des données).</p><p>D’un point de vue juridique, on peut même se poser la question si les personnes à risque qui sont particulièrement anxieuses ou sensibles ne devraient pas bénéficier d’un certificat médical d’incapacité de travail pour maladie. En effet, ces personnes sont «&nbsp;dans l’incapacité de travailler sur le lieu de travail&nbsp;» pour des raisons psychiques pendant cette pandémie. Il s’agirait alors d’une incapacité de travail au sens de l’art. 324a du Code des obligations et l’employeur, respectivement l’assurance d’indemnité journalière, serait tenu de fournir les prestations en conséquence (salaire ou indemnités).</p><p>Même sans être en arrêt maladie, l’employé-e vulnérable a le droit de toucher intégralement son salaire. Il peut aussi donner son accord pour que l’employeur demande les indemnités de chômage partiel pour lui.</p><h4>Protection contre le licenciement jusqu’à la fin de la pandémie</h4><p>Concrètement, l’article 10c de l’ordonnance contient une interdiction de travail. Et dans les cas d’interdiction de travail, il y a des délais de protection contre le licenciement comme c’est le cas par exemple pour les femmes enceintes et en période d’allaitement. Par analogie, le même délai de protection vaut pour l’interdiction de travail basée sur l’ordonnance sur le COVID-19. C’est d’ailleurs ce qui correspond à la volonté du législateur&nbsp;: personne ne doit être licencié lorsqu’elle ou il n’a aucune chance de retrouver un emploi. En effet, aucun employeur ne voudra embaucher une personne en sachant que celle-ci ne sera pas en mesure de venir travailler en raison de son facteur de risque.</p><p>Le but de l’ordonnance 2 Covid-19 est de protéger la population au plan épidémiologique. Il faut que le moins de personnes possible soient infectées par le coronavirus. Pour que l’article de l’ordonnance qui concerne les employé-e-s vulnérables ait la plus haute efficacité possible, il serait utile que les employé-e-s vulnérables puissent informer leur employeur de leur situation de personne à risque. Mais la plupart ne le feront que si cela ne met pas en péril leur place de travail. Voilà pourquoi, du point de vue de l’USS, les employé-e-s vulnérables bénéficient d’un délai de protection contre le licenciement tant que la pandémie n’est pas finie.</p><p><sup>* Dans la suite de l'article, le mot «&nbsp;employeur&nbsp;» sera utilisé comme terme générique à la place d’«&nbsp;employeur et employeuse&nbsp;», afin de ne pas alourdir la lecture du texte.</sup></p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/8/3/csm_aeltererArbeiter_RainStar-iStock_kleiner_67970833b6.jpg" length="225197" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6475</guid><pubDate>Tue, 28 Apr 2020 12:00:00 +0200</pubDate><title>L’accueil de jour des enfants au cœur de la stratégie de sortie</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/laccueil-de-jour-des-enfants-au-coeur-de-la-strategie-de-sortie</link><description>Une vaste coalition pour l’accueil de jour des enfants</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’accueil extrafamilial des enfants ne doit pas être affaibli par le coronavirus, mais au contraire doit sortir renforcé de la crise. C’est ce que demande une large coalition de 37 groupes d’intérêts et organisations politiques. Pour maintenir et développer les places d’accueil et protéger le bien-être des enfants, Confédération et des cantons doivent agir.</p><p>La question de la garde d’enfants joue un rôle central dans la situation actuelle, caractérisée par la lutte contre le coronavirus. Le corps enseignant et le personnel de garde, les élèves, les parents, les cantons et les communes font un gros effort pour maîtriser cette situation extraordinaire grâce au travail à domicile, à l’école à distance, et à la réorganisation en plus petits groupes d’enfants Mais des améliorations et une action coordonnée sur le plan Suisse restent nécessaires pour éviter que la crise actuelle ne soit suivie d’une crise des crèches et garderies.</p><p>Le Conseil fédéral a reconnu l’importance de l’accueil des enfants et a estimé qu’il devait être maintenu même pendant la durée des mesures de restriction. Mais il s’est abstenu de réglementer le fonctionnement ou le financement des structures d’accueil dans cette situation exceptionnelle. Conséquences : des réglementations cantonales différentes relatives au financement et aux critères d’admission se côtoient, ce qui est source de confusion et de frustration. Les parents sont priés de s’occuper de leurs enfants à la maison, mais ils restent partiellement obligés de payer les frais de garde. Dans les cantons où les crèches et garderies sont ouvertes, la question de savoir si les parents ont le droit de bénéficier de l’allocation perte de gain pour parents à cause du coronavirus n’est pas claire. Quant aux salarié-e-s en télétravail, ils essaient de concilier au mieux et non sans peine activité rémunérée et garde des enfants. Enfin, les structures de garde ignorent combien de temps elles pourront assumer financièrement le travail en petits groupes et verser les salaires de leurs employé-e-s.</p><p>L’ouverture de nombreux services supplémentaires depuis le 27 avril complique encore la situation, car de nombreux parents doivent à nouveau se présenter sur leur lieu de travail. Et lorsque les écoles, jardins d’enfants et halte-garderies pourront reprendre leurs activités en mai, il y aura des défis supplémentaires à relever, pour garantir un bon fonctionnement et la protection de la santé des enfants, du personnel et des parents. Enfin, les grands-parents seront probablement indisponibles à long terme pour garder les enfants, et devront donc être remplacés.</p><p>La garde d’enfants doit donc être au centre de toute stratégie de sortie de crise. Si les autorités devaient renoncer à agir, ce serait au détriment des enfants et des parents, du personnel d’accueil et du corps enseignant, des personnes vulnérables et des grands-parents, et donc de l’égalité, de l’économie et de l’ensemble de la société. Il faut à tout prix l’éviter.</p><p>Une large coalition de 37 organisations de salarié-e-s, de femmes, des droits de l’enfant, des familles et de retraité-e-s, des partis politiques et d’autres groupes d’intérêt demandent donc à la Confédération et aux cantons de développer rapidement un plan d’action tourné vers l’avenir pour l’accueil de jour des enfants dans la sortie de la crise provoquée par la lutte contre le coronavirus. Il devrait être élaboré avec une attention particulière portée au bien-être des enfants et en impliquant les organisations spécialisées et les partenaires sociaux. L’activité rémunérée et la garde d’enfants doivent être à nouveau dissociées, ce qui nécessite non seulement le maintien des structures actuelles d’accueil extra-familial, mais aussi leur développement.</p><p><sub>Les organisations suivantes soutiennent cet appel : Alliance F, Anyworking Mom, Avivo, Business and Professional Women, Femmes PDC, Eidg. Kommission dini Mueter, Commission fédérale pour les questions féminines, Elternkomitee Kinderbetreuung, Femmes protestantes en Suisse, Centre de contact spécialisé pour les groupes de jeu du Canton de Berne, Les Verts, Protection de l’enfance Suisse, Dachverband Lehrerinnen und Lehrer Schweiz, Manifestgruppe der Grossmütterrevolution, männer.ch, Réseau d’acueil extrafamilial, Pro Enfance, Pro Familia, Pro Juventute, Association suisse des infirmiers et infirmières, Syndicat des enseignants romands, SEV, Union syndicale suisse, PS Suisse, Femmes socialistes, Fédération suisse des familles monoparentales, syndicom, Travail Suisse, Trotzphase, Unia, Unicef, Fédération des associations de retraités et de l’entraide en Suisse, Verband Schweizer Spielgruppenleiterinnen, Association suisse pour l’accueil parascolaire, VEV, ssp, Association suisse des médecins assistants et chefs de clinique, WIDE</sub></p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Égalité</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/3/0/csm_Kindergarten_Kinder_essen_iStock-Andrey-Kuzmin_9333f0feb2.jpg" length="135859" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6466</guid><pubDate>Tue, 21 Apr 2020 10:15:05 +0200</pubDate><title>Une augmentation générale des salaires et davantage de conventions collectives de travail avec de bons salaires minimaux sont nécessaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/une-augmentation-generale-des-salaires-et-davantage-de-conventions-collectives-de-travail-avec-de-bons-salaires-minimaux-sont-necessaires</link><description>Résultats préoccupants de l’Enquête sur la structure des salaires 2018</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’évolution des salaires entre 2016 et 2018 est insuffisante. Les salaires réels ont baissé de 0,8 % – notamment chez les employé-e-s sans fonction de cadre (-1 %). L’examen par branche met négativement en avant la branche de la sécurité seulement partiellement protégée par des salaires minimaux ( -6 % réels) ainsi que les services postaux et de paquets (-3 % réels). Il est réjouissant de constater que le retard des salaires féminins s’est de nouveau un peu réduit, passant de 12 à 11,5 %. C’est ce que montrent les résultats de l’enquête sur la structure des salaires (ESS) 2018 publiés aujourd’hui.</p><p>La période de 2016 à 2018 a été difficile au niveau de la politique salariale, c’est connu. L’enquête sur la structure des salaires confirme maintenant que ce sont dans les branches sans convention collective fixant un salaire minimum que les plus graves problèmes se posent. Dans les branches avec CCT classiques comme l'hôtellerie-restauration ou le second œuvre, les salaires réels ont augmenté. Dans le commerce de détail aussi, le résultat a été positif malgré un environnement difficile. À l’inverse, les craintes des syndicats se sont confirmées dans la branche de la sécurité où le dumping fait rage (pas de CCT pour les petites entreprises) ou dans la logistique (services postaux et de courrier), dont les salaires ont été mis sous pression.</p><p>Pour la première fois depuis dix ans, la situation dans le secteur des bas salaires s’est également détériorée. Le nombre d’emplois à bas salaire a augmenté à 353’000 (2016&nbsp;: 329’000). Les salaires des 10 % inférieurs ont même baissé en termes réels de 1,7 %, alors que les 10 % supérieurs ont continué à augmenter de 1 %.</p><p>Il est réjouissant de constater que la différence salariale entre les sexes s’est légèrement réduite depuis 2016. Cette réduction peut aussi être attribuée à l’engagement syndical contre la discrimination faite aux femmes dans le monde du travail. Les femmes sont surreprésentées parmi les bas salaires de moins de 4’500 CHF, alors qu’elles sont clairement sous-représentées pour les salaires mensuels supérieurs à 16’000 CHF avec 17,6 %. Les chiffres de l’ESS 2018 publiés aujourd’hui ne disent rien de la discrimination salariale liée au sexe. Elle sera calculée ultérieurement sur la base des différences de salaire moyen pour un travail de valeur égale.</p><p>Pour résoudre les problèmes salariaux, l’USS a lancé une offensive sur le pouvoir d’achat. Des CCT avec de bons salaires minimaux sont nécessaires dans toutes les branches, et en priorité dans la sécurité et la logistique. Les problèmes de pouvoir d’achat se sont aggravés avec la crise provoquée par les mesures de lutte contre le coronavirus, raison pour laquelle l’USS demande en cas de chômage partiel le versement de 100 % du salaire pour les employé-e-s aux plus bas revenus.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Repartition</category><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/d/b/csm_Geldscheine-Taschenrechner_iStock-disqis_925475424_4176b275e8.jpg" length="210876" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6461</guid><pubDate>Thu, 16 Apr 2020 15:59:25 +0200</pubDate><title>Sécuriser les revenus et protéger les salarié-e-s vulnérables sont deux fondements d’une sortie réussie</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/securiser-les-revenus-et-proteger-les-salarie-e-s-vulnerables-sont-deux-fondements-dune-sortie-reussie</link><description>Le Conseil fédéral trace une perspective et améliore la protection des travailleuses et travailleurs.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil fédéral étend substantiellement le filet de sécurité pour les indépendant-e-s et améliore la protection des salarié-e-s vulnérables : il répond ainsi à des demandes importantes formulées par l’USS. La meilleure stratégie de sortie est celle qui préserve le pouvoir d’achat et les emplois. Les salaires bas et moyens doivent être remplacés à 100% et les entreprises qui profitent des aides fédérales ne doivent pas pouvoir licencier.</p><h4>Un progrès important pour la protection des salarié-e-s vulnérables</h4><p>La situation juridique devient plus claire et plus juste : en principe, les salarié-e-s vulnérables ne devraient faire que du télétravail. Lorsque ce n’est pas possible, les travailleuses et travailleurs concernés auront le choix de continuer ou non à exercer leur activité. En effet, l’employeur doit adapter le travail autant que possible à la santé de l’employé-e. Si la personne concernée ne se sent pas en sécurité au travail ou au cours des déplacements pour s’y rendre, elle peut, avec une attestation médicale, rester à la maison. Les employeurs peuvent alors solliciter des indemnités pour réduction de l’horaire de travail : il n’y a donc aucune justification ni aucune nécessité économique de licencier.</p><p>L’USS est soulagée que les salarié-e-s vulnérables ne puissent plus être forcés à aller au travail. La situation de pandémie est déjà une épreuve suffisamment difficile pour eux. Il était plus qu’indispensable de leur permettre de se protéger contre la contagion conformément aux normes de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP).</p><h4>Un filet de sécurité pour les indépendant-e-s</h4><p>La crise entraînée par les mesures de lutte contre la pandémie a fait mis en lumière un problème connu de longue date : l’intégration insuffisante des indépendant-e-s dans les dispositifs de sécurité sociale. L’USS salue donc l’extension du filet de sécurité à celles et ceux qui sont indirectement très touchés par les effets de la crise. Cet élargissement du cercle des bénéficiaires d’allocations pour perte de gain constitue une aide rapide aux personnes concernées et les préserve des effets d’une chute brutale de leurs revenus.</p><h4>Sortie par étape : tenir compte des réalités du monde du travail&nbsp;</h4><p>L’USS se réjouit que le Conseil fédéral ait donné une perspective quant à la levée progressive des mesures extraordinaires prises pour contenir la pandémie en Suisse. Le rythme des étapes à partir du 27 avril sera adapté selon l’évolution épidémiologique. Les préoccupations de santé publique et les réalités sur les lieux de travail doivent figurer au cœur des réflexions et des décisions. Il est par ailleurs souhaitable que le Conseil fédéral continue à indiquer de manière transparente sur quelles informations il fonde ses décisions.</p><p>Les salarié-e-s ressentent aujourd’hui déjà les effets de la crise. La meilleure stratégie est donc celle qui préserve le pouvoir d’achat, avec un remplacement du salaire à 100 % pour les revenus modestes et moyens et aucun licenciement dans les entreprises qui profitent du soutien de la Confédération. Enfin, les structures d’accueil de jour pour les enfants doivent à tout prix recevoir des garanties financières pour que leur pérennité soit assurée, car c’est également une condition de la bonne reprise du travail.</p><p>La protection des travailleuses et travailleurs dans les activités économiques qui reprendront progressivement doit être traitée au même niveau de priorité que les mesures concernant la vie sociale et privée. L’USS souhaite que les partenaires sociaux soient associés au pilotage de la transition. Elle continuera à formuler des propositions pour limiter les conséquences, déjà palpables, sur le marché du travail.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Économie</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/4/8/csm_Handwerker-Mundschutz-Pause_iStock-sam_thomas_c5c3cb6511.jpg" length="246696" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6454</guid><pubDate>Wed, 15 Apr 2020 13:00:00 +0200</pubDate><title>La préservation du pouvoir d’achat et des emplois est le meilleur programme conjoncturel </title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/la-preservation-du-pouvoir-dachat-et-des-emplois-est-le-meilleur-programme-conjoncturel</link><description>Situation dans le monde du travail et conditions pour la sortie de crise du point de vue syndical</description><content:encoded><![CDATA[<p>La crise due aux mesures de lutte contre la pandémie touche la Suisse avec une force sans précédent. Pour éviter des problèmes sociaux et des dégâts économiques trop importants, les salaires doivent être garantis et les licenciements évités. La préservation des places de travail et du pouvoir d’achat constitue aussi la condition nécessaire pour toute stratégie de sortie. L’USS demande par ailleurs au Conseil fédéral de présenter enfin une solution pour les travailleuses et travailleurs particulièrement vulnérables, pour les indépendant-e-s et pour le financement de l’accueil de jour des enfants.</p><h3>Garantir les salaires, éviter les licenciements</h3><p>La crise engendrée par les mesures de lutte contre la pandémie touche tout particulièrement les revenus faibles et moyens. Le chômage partiel peut signifier une perte de salaire allant jusqu’à 20 pour-cent. Les personnes licenciées ont de la peine à trouver un nouvel emploi, en particulier si elles sont plutôt en fin de carrière, car les entreprises font preuve d’une grande réserve quant aux embauches. L’économiste en chef de l’USS Daniel Lampart constate avec inquiétude qu’« entre fin mars et le 9 avril, 10'000 personnes de plus se sont retrouvées au chômage. Lors de récessions précédentes, nous avions connu des hausses de 4000 personnes au chômage par mois ».</p><p>Pour les salarié-e-s aux revenus faibles et moyens, il faut donc de nouvelles mesures telles qu’une garantie du paiement du salaire à 100% et une réduction sur les primes d’assurance maladie financée par la Confédération. Simultanément, les entreprises qui recourent au chômage partiel doivent s’abstenir de licencier ou de payer des dividendes. Quant aux travailleuses et travailleurs plus proches de l’âge de la retraite, ils doivent bénéficier d’une protection accrue contre le licenciement. Pierre-Yves Maillard, président de l’USS, affirme donc que « la préservation du pouvoir d’achat pour les revenus bas et moyens doit être la première priorité dans la lutte contre la crise ». La présidente d’Unia et vice-présidente de l’USS, Vania Alleva, ajoute : « il faut à la fois contrôler la pandémie et lutter contre les injustices sociales. Aujourd’hui, les filets de sécurité ne protègent pas encore tout le monde&nbsp;».</p><h3>Prévenir une crise de l’accueil de jour des enfants</h3><p>Les hésitations du Conseil fédéral concernant le sauvetage financier de l’accueil de jour des enfants sont incompréhensibles en particulier au regard des défis posés par la sortie progressive de la situation extraordinaire actuelle. En effet, de nombreuses structures sont menacées dans leur existence, et avec elles, c’est tout un système patiemment construit qui l’est aussi. Et quand bien même la situation se normaliserait sans perte en même temps que les écoles rouvriraient, un problème persisterait&nbsp;: les grands-parents, en tant que personnes à risques, pourraient bien ne pas pouvoir assumer des tâches de garde pendant encore un certain temps. On estime qu’il ne faudrait pas moins de 50'000 nouvelles places pour compenser cette absence.</p><p>Giorgio Tuti, président du SEV et vice-président de l’USS, rappelle les défis auxquels sont actuellement confrontés les salarié-e-s du service public, dont la crise achève de démontrer l’importance. Il souligne qu’un soutien suffisant aux structures d’accueil de jour des enfants est impératif pour envisager avec sérénité la levée progressive des mesures.</p><h3>Une solution rapide pour les travailleuses et travailleurs vulnérables</h3><p>En vue d’une levée progressive des mesures, il s’agit aussi de trouver rapidement une solution pour les salarié-e-s particulièrement vulnérables, pour lesquels le virus continuera à constituer une menace très sérieuse. Alors que l’Office fédéral de la santé publique les invite à rester à la maison à tout prix, ces personnes sont contraintes de continuer à travailler. Le Conseil fédéral doit enfin prendre une décision à la hauteur de l’enjeu. L’USS est ouverte à une définition plus précise des critères de vulnérabilité. Tout laisse à penser que le coronavirus continuera à être une menace pendant un certain temps. Il n’est pas acceptable, dans ce contexte, que les mesures de lutte contre la contagion et de protection de la santé ne soient appliquées qu’insuffisamment sur les lieux de travail. C’est du reste un obstacle pour la reprise à plein de l’activité économique. Il faut corriger les manquements, et vite&nbsp;: les syndicats en sont convaincus, et ils sont prêts à y contribuer.</p><p>A lui seul, le virus ne rendra pas le monde meilleur. Toutefois, face à lui, d’innombrables manifestations de solidarité se sont produites, à tous les niveaux, et malgré des perspectives économiques menaçantes. Si la pandémie nous demande de mettre entre nous une distance physique, face à elle, nous avons tenu bon ensemble. La solidarité doit donc être également le maître-mot de la sortie de crise, aujourd’hui plus que jamais.</p><h3>Revendications de l’USS</h3><p>Pour améliorer la situation des travailleuses et travailleurs dans la période difficile que nous traversons, l’USS formule les revendications suivantes&nbsp;:</p><ul><li>Les travailleuses et travailleurs vulnérables doivent enfin pouvoir rester à la maison et voir leur salaire garanti, ou être protégés, au travail, par des équipements et des mesures bien définies et réellement efficaces. Il appartient au Conseil fédéral d’apporter une solution en ce sens.</li><li>Pas de faillites ni de licenciements dans les entreprises&nbsp;: les entreprises qui font usage des soutiens proposés par la Confédération ne doivent pas pouvoir licencier leurs employé-e-s, ni distribuer des dividendes. Les salarié-e-s en fin de carrière qui ont une certaine ancienneté doivent être mieux protégés contre le licenciement.</li><li>Le maintien du pouvoir d’achat est d’une importance capitale&nbsp;: les revenus bas et moyens doivent être garantis à 100&nbsp;% et une réduction sur les primes d’assurance-maladie financée par la Confédération doit être consentie.</li><li>Protéger le système d’accueil de jour des enfants&nbsp;: les collectivités publiques doivent à tout prix préserver les structures de tout problème financier pour que la garde des enfants puisse être assurée. Parallèlement, l’absence durable des personnes âgées pour assurer ces tâches doit être compensée par la création de places et la poursuite de l’allocation perte de gain pour parents.</li><li>Faire respecter concrètement et complètement, y compris par des contrôles, les normes de protection de la santé sur les lieux de travail.</li><li>Accorder à l’assurance-chômage des moyens financiers supplémentaires, puisque les 6&nbsp;milliards initialement prévus seront probablement épuisés dans le courant du mois d’avril.</li><li>Mise en place d’un fonds pour les cas de rigueur parmi les indépendant-e-s, par la Confédération seule ou avec les cantons, ainsi que d’une aide spécifie à Swiss et aux entreprises du secteur aérien pour surmonter la crise.</li><li>Participation de la Suisse à la coordination internationale pour la stabilisation de la conjoncture.</li><li>Maintien des droits des travailleurs étrangers (reprise de l’octroi, pour l’instant suspendu, des permis de travail.</li></ul>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Économie</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/d/5/csm_Corona-junge-Fenster-Regenbogen_iStock-onFokus_af3f31dcfd.jpg" length="131015" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6449</guid><pubDate>Tue, 14 Apr 2020 13:00:00 +0200</pubDate><title>L’État doit sauver les crèches pour éviter une crise ultérieure</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/letat-doit-sauver-les-creches-pour-eviter-une-crise-ulterieure</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Fallait-il une crise comme celle que nous vivons pour le réaliser enfin&nbsp;? Personne ne peut désormais plus ignorer que les crèches et autres structures d’accueil pour les enfants sont essentielles au fonctionnement de notre société. Il faut donc absolument qu’elles puissent traverser cette période sans subir de dégâts. En mars, le Conseil fédéral a ordonné le maintien des structures d’accueil en vertu du droit d’urgence. Il est toutefois resté muet sur le financement de cette activité. Depuis, cantons, communes et institutions elles-mêmes se démènent pour trouver des solutions alors que certains parents continuent de payer des places en crèche qu’ils n’utilisent plus, ou n’ont plus le droit d’utiliser.</p><h4>Situation déficitaire et risquée</h4><p>Pour les crèches comme pour les parents, la situation actuelle est très compliquée&nbsp;: on demande aux parents de renoncer à utiliser les structures d’accueil et de garder leurs enfants à la maison. Ou on leur en refuse carrément l’accès s’ils exercent un métier non essentiel. Ils doivent pourtant souvent continuer de payer la place de leur enfant, sauf si une autre réglementation est prévue soit dans le contrat avec la crèche, soit par la commune ou le canton.</p><p>Les crèches et garderies sont tenues de maintenir leur activité par petits groupes d’enfants. Mais ce service est déficitaire&nbsp;: selon des calculs dans les cantons, ces baisses de recettes atteignent facilement des dizaines de milliers de francs par mois. Si cette perte ne peut être compensée, de nombreuses structures d’accueil pourraient voir leur survie menacée. Le chômage partiel n’est souvent pas une option, car l’accueil en petit groupe nécessite autant de personnel. Ou il n’est tout simplement pas possible d’y avoir recours puisque les crèches restent ouvertes. Et comme les crèches ne sont pas des entreprises à but lucratif, elles ne seront pas non plus en mesure de rembourser des emprunts éventuels. Sans l’aide des pouvoirs publics, il faut donc s’attendre à ce que des milliers de places en crèches manquent après cette crise sanitaire. Surtout si les grands-parents manquent toujours à l’appel, pour des questions de risque sanitaire. Après la crise du coronavirus, nous risquons donc de vivre une crise de l’accueil des enfants&nbsp;!</p><h4>Attentes déçues</h4><p>Les attentes étaient grandes, le 3 avril, que le Conseil fédéral présente un plan de sauvetage pour les crèches et garderies&nbsp;: les cantons attendaient une décision fédérale sur le financement de l’activité en petits groupes&nbsp;; les crèches espéraient un soutien pour leur situation financière précaire. Mais rien de tout cela&nbsp;: lors de sa conférence de presse ce jour-là, le Conseil fédéral n’a tout simplement rien dit sur les possibilités de financement des crèches en cette période d’épidémie.</p><p>Par son silence, le gouvernement fait durer une situation des plus contradictoires&nbsp;: d’une part, en décidant que l’accueil des enfants doit être maintenu, il reconnaît qu’il s’agit d’un service essentiel et ordonne par droit d’urgence quelque chose qui relève normalement de la compétence des cantons. D’autre part, il refuse d’utiliser ce même droit d’urgence pour réglementer l’organisation et le financement de cette activité qui se fait dans des conditions difficiles. Il se défausse sur les cantons, les communes et les institutions d’accueil pour trouver des solutions.</p><h4>Différences entre les cantons</h4><p>De nombreux cantons romands avaient déjà pris les devants avant cette crise sanitaire&nbsp;: les crèches y bénéficient souvent d’une garantie de déficit si elles sont affiliées à un réseau qui prévoit cela. Cela représente un avantage indéniable dans la situation actuelle. Par contre, les cantons et les communes alémaniques réagissent en ordre très dispersé au mutisme du Conseil fédéral&nbsp;: anticipant l’ordonnance du Conseil fédéral, le canton de Bâle-Ville et la ville de Zurich ont décidé avant le 3 avril déjà de soutenir financièrement les crèches et de décharger les parents. Ailleurs, certains cantons font des pieds et des mains pour trouver leurs propres solutions&nbsp;: Soleure puise 500&nbsp;000 francs dans la collecte du Jeûne fédéral et dans les héritages non réclamés et demande une contribution de solidarité aux communes&nbsp;; Zoug a voté un crédit d’urgence de 2,8 millions de francs&nbsp;; Bâle-Campagne paie 80&nbsp;% des pertes et Saint-Gall accorde des crédits sans intérêts qui ne devront être remboursés que dans certaines circonstances. D’autres cantons attendent toujours des réponses de la Berne fédérale et plusieurs ne s’expriment pas publiquement sur la question du financement.</p><h4>L’État doit prendre en charge les déficits</h4><p>Mais on ne peut plus se permettre d’attendre&nbsp;: la Confédération, les cantons et les communes doivent de toute urgence prendre ce problème à bras le corps et sauver les places dans les crèches et les autres structures d’accueil. Il s’agit de rien de moins que d’éviter une crise de l’accueil des enfants&nbsp;! Les pouvoirs publics doivent assumer cette responsabilité&nbsp;: ce n’est ni aux parents, qui doivent renoncer aux prestations, ni aux crèches de subir les conséquences et de porter les déficits entraînés par la crise actuelle. L’État doit aussi prendre en charge les frais supplémentaires des parents qui travaillent dans des domaines essentiels (p. ex. la santé) et qui ont besoin de plus de journées de crèche en raison de cette épidémie. La Suisse a besoin de crèches, pendant la crise sanitaire et après. Elle se doit de les soutenir.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Services Publics</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/1/9/csm_Kindergarten_Marcobir-iStock_62ff0a353b.jpg" length="198344" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6446</guid><pubDate>Wed, 08 Apr 2020 18:36:00 +0200</pubDate><title>Il reste beaucoup à faire pour combattre les effets de la crise</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/il-reste-beaucoup-a-faire-pour-combattre-les-effets-de-la-crise</link><description>Chaque licenciement lié au coronavirus est un licenciement de trop ! </description><content:encoded><![CDATA[<p>Par sa décision d’étendre l’accès au chômage partiel aux travailleuses et travailleurs sur appel, le Conseil fédéral apporte une amélioration supplémentaire au dispositif de protection des salarié-e-s contre les conséquences de la crise. Les syndicats se réjouissent de cette décision qu’ils avaient appelée de leurs vœux. Le traitement rapide des demandes de chômage partiel a bien fonctionné jusqu’ici.</p><p>Par contre, il est regrettable que les nouvelles allocations pour perte de gain destinées aux parents concernés par la fermeture des écoles et des garderies soient peu communiquées et en conséquence encore insuffisamment utilisées, avec pour conséquence une très forte pression sur nombre des salarié-e-s forcés de cumuler travail et garde des enfants.</p><p>Mais surtout, au vu des moyens extraordinaires déployés pour aider les employeurs à payer les salaires, les licenciements doivent cesser immédiatement. Les entreprises bénéficient de soutiens sans précédents pour préserver les places de travail&nbsp;: chaque licenciement lié au coronavirus est un licenciement de trop&nbsp;!&nbsp;</p><p>De nombreux problèmes restent par ailleurs posés bientôt quatre semaines après les décisions drastiques prises pour combattre la pandémie. Le Conseil fédéral semble désormais bloqué&nbsp;: il n’apporte ainsi aucune réponse à la question de la protection des travailleurs vulnérables, qui est pourtant aussi importante aujourd’hui que pour préparer l’avenir. L’USS a fait d’importants efforts dans le dialogue entre partenaires sociaux et avec les offices concernés afin de présenter des solutions concrètes et praticables. En l’absence de progrès sur ce tableau, les risques courus par les personnes concernées restent très élevés, et engagent clairement la responsabilité du Conseil fédéral.</p><p>Les syndicats, qui continuent d’être sollicités par de très nombreux salarié-e-s insécurisés, s’étonnent aussi du silence des milieux spécialisés à propos de ce sujet fondamental qu’est la protection des personnes vulnérables. Plus largement, ils constatent que les contrôles du respect des normes sanitaires restent largement insatisfaisants toutes branches confondues, et que cette situation fait aussi peser des risques préoccupants non seulement sur de nombreux salarié-e-s, mais aussi sur le contrôle de la pandémie. Il est grand temps que les réalités du monde du travail soient traitées à égalité et donc avec la même rigueur et la même clarté que tous les autres domaines de la vie.</p><p>Pendant ce temps, des dispositions importantes de la loi sur le travail restent suspendues dans les hôpitaux, une mesure incompréhensible prise sans aucune consultation des partenaires sociaux. Et le Conseil fédéral a renoncé à agir contre les risques financiers pesant sur tout le système d’accueil de jour des enfants, dont la nécessité est pourtant reconnue par tous. Prendre le risque de voir des structures d’accueil de jour disparaître, c’est fragiliser l’une des conditions nécessaires d’une reprise du travail le moment venu.</p><p>L’Union syndicale suisse est préoccupée de cette inaction. Elle ne permet pas d’envisager avec sérénité la suite de la période extraordinaire que nous connaissons, ni celle qui suivra. Des mesures d’urgence historiques ont été prises pour sauvegarder les salaires et les emplois, et la protection du pouvoir d’achat constitue à l’heure actuelle le meilleur programme de relance possible. Si le Conseil fédéral ne comble pas les lacunes du dispositif et que les entreprises versent des dividendes et pratiquent des licenciements, le risque que de nombreux salarié-e-s fassent les frais des mesures de lutte contre la pandémie est réel.&nbsp;Pour l’éviter, les syndicats continueront à formuler des propositions concrètes dans le cadre du partenariat social et auprès du Conseil fédéral.</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Économie</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/2/a/csm_Bundeshaus_Curia-Confoederationis-Helveticae_iStock-RomanBabakin_ebcb62b137.jpg" length="372406" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6448</guid><pubDate>Wed, 08 Apr 2020 17:00:00 +0200</pubDate><title>Même en temps de pandémie, la garde des enfants ne doit pas être pas une affaire privée !</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/meme-en-temps-de-pandemie-la-garde-des-enfants-ne-doit-pas-etre-pas-une-affaire-privee</link><description>Bilan intermédiaire mitigé : les allocations perte de gain pour les parents ne sont qu’une partie de la solution</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Environ un quart des travailleuses et travailleurs a des enfants âgés de moins de 15 ans. Ils sont, depuis un mois, directement touchés par les fermetures d’écoles et de garderies, mais aussi par l’impossibilité pour les grands-parents d’assumer des tâches de garde. Ces derniers apportent en effet une contribution substantielle en la matière&nbsp;: l’Office fédéral de la statistique évalue leurs prestations à 160 millions d’heures par an.</p><p>La conciliation entre travail et vie familiale pendant la crise actuelle place les parents dans une situation difficile. Seule une petite partie des salarié-e-s en activité peut réellement déléguer la garde des enfants. En fonction de l’âge et de l’autonomie des enfants, de nombreuses familles sont mises à rude épreuve depuis des semaines et il est à craindre que la charge retombe largement sur les femmes.</p><p>L’obligation de maintenir le versement du salaire pour les employeurs lorsque l’employé-e est partiellement ou entièrement empêché de travailler en raison d’une obligation de garde est controversée sur le plan juridique. De premiers exemples montrent que les manières de faire varient fortement. L’USS s’est donc engagée très tôt pour une garantie fédérale des salaires en cas d’absences dues à la garde des enfants. Le 20 mars, c’est-à-dire une semaine après la fermeture des écoles, le Conseil fédéral a entendu cette demande et introduit une allocation pour perte de gain destinée aux parents.</p><h4>Allocation perte de gain pour parents&nbsp;: une solution partielle</h4><p>L’allocation perte de gain introduite protège les parents contre une baisse de salaire lorsqu’ils ne peuvent pas effectuer leur travail comme de coutume en raison de l’absence de solution de garde pour les enfants. Elle est payée sous la forme d’indemnités journalières, comme c’est toujours le cas pour les allocations perte de gain, à partir du quatrième jour d’absence totale ou partielle pour cause de garde, et au plus tôt à partir du jeudi 16 mars 2020. Le droit aux prestations dure jusqu’au moment où les parents peuvent à nouveau travailler (ou travailler à leur taux usuel) parce que les mesures prises par les autorités sont levées ou que la garde peut être assurée autrement. Vous trouverez des renseignements détaillés dans la notice d'information de l'USS à ce sujet (voir ci-dessous).</p><p>Le Conseil fédéral a prévu que l’allocation doit être demandée par chaque parent séparément auprès d’une caisse de compensation AVS. Il faut, pour cela, une liste des jours d’absence pour cause de garde des enfants, une attestation émise par l’employeur de la perte de salaire, les fiches de salaire des trois derniers mois et, pour les parents d’enfants en âge préscolaire, une confirmation écrite de la fermeture de la garderie. Si l’employeur continue à payer le salaire pendant cette période, il peut demander le paiement des indemnités directement à la caisse, comme c’est souvent le cas pour le congé maternité.</p><p>Grâce à cette allocation pour parents, ceux-ci reçoivent 80&nbsp;% de leur salaire brut (au maximum 196 francs par jour). Lorsque les deux parents travaillent, ils peuvent se répartir les jours de garde comme ils l’entendent, mais pour chaque jour, seul un parent peut bénéficier de l’allocation.</p><p>L'indemnité n'est pas versée automatiquement. Les salarié-e-s doivent en faire la demande auprès de la caisse de compensation AVS compétente. Les formulaires se trouvent en ligne sur la <a href="https://www.ahv-iv.ch/fr/Contacts" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">page d'accueil des caisses de compensation</a>. Si c'est l'employeur qui fait la demande, il peut télécharger les documents au même endroit. Les personnes qui ont plusieurs employeurs, eux-mêmes affiliés à différentes caisses de compensation AVS, ne doivent déposer leur demande qu'auprès d'une seul de ces caisses. Mais celle-ci doit comprendre les fiches de salaire de tous les employeurs. Celles et ceux qui sont à la fois employé-e-s et indépendant-e-s doivent faire la demande auprès de la caisse de compensation à laquelle ils cotisent comme indépendant-e. Lorsque les deux parents ont droit à l'allocation, une seule caisse est compétente, à savoir celle du premier des deux qui a fait la demande.</p><p>Environ un tiers des travailleuses et travailleurs effectuent l’ensemble de leurs tâches en télétravail depuis mi-mars et 20&nbsp;% le font au moins en partie, selon un <a href="https://sotomo.ch/site/wp-content/uploads/2020/04/SRG_sotomo_Monitoring_Coronakrise_W2.pdf" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">sondage de Sotomo</a> pour la chaîne alémanique SRF (disponible en allemand seulement). Même s’ils télétravaillent, les parents qui doivent garder leurs enfants ne peuvent bien souvent assurer qu’une partie des prestations habituelles. Si cela conduit à une réduction du salaire, l’allocation perte de gain pour parents peut être sollicitée. Il est donc important de bien discuter avec l’employeur du travail qui peut réellement être fait depuis le domicile.</p><p><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/communiques/200331_Notice_informations_Coronavirus_APG_pour_parents.pdf" target="_blank" class="link--arrow" rel="noreferrer">Autres questions et réponses : Notice d'information de l'USS sur les APG pour parents</a></p><h4>Trop peu connue</h4><p>Les demandes d’allocations peuvent être déposées depuis trois semaines et les premiers versements ont lieu depuis Pâques. Il n’est techniquement pas possible, à ce jour, d’évaluer combien de parents ont fait valoir leurs droits pour compenser des absences au travail dues à la garde des enfants. Un premier bilan intermédiaire sur la base des expériences des fédérations de l’USS montre que les employeurs communiquent de manière très variable la façon dont les parents salarié-e-s doivent gérer la charge conjuguée du travail et de la garde. L’allocation pour parents n’est que rarement évoquée, et très peu de personnes concernées en ont connaissance. Certains employeurs progressistes reconnaissent le temps consacré à la garde comme du temps de travail. À l’inverse, nombreux sont ceux qui demandent aux parents de puiser dans leurs jours de vacances pour compenser. Dans d’autres cas, certains employeurs qui ont un besoin impératif de leur personnel (en particulier dans le secteur de la santé) exigent une présence ininterrompue et demandent la mise en place d’offres de garde d’urgence. Enfin certains employeurs menacent de licenciement les parents qui ne pourraient pas se présenter en raison de problèmes de garde –&nbsp;et dans quelques cas malheureusement, la menace a été mise à exécution.</p><p>Ceci conduit à la situation paradoxale que les parents se sentent surchargés en cette période, quand bien même une partie de la solution existe bel et bien. Il n’est pas surprenant que l’étude de Sotomo de début avril arrive à la conclusion que la pression due à l’école à domicile et à la garde des enfants s’est accrue au cours des deux dernières semaines. Cette situation est aussi problématique du point de vue de la politique d'égalité. Pour l’USS, la question de la garde des enfants n’est pas une affaire privée. Elle s’est donc engagée pour la solution simple de l’allocation pour parents. Il appartient maintenant aux employeurs d’en faire usage au lieu d’accroître le stress pesant sur les parents qui travaillent.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Services Publics</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gleichstellung/Kind-malt_Miss_X_photocase.jpg" length="801738" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6444</guid><pubDate>Tue, 07 Apr 2020 18:45:00 +0200</pubDate><title>Pandémie : la loi sur le travail doit rester applicable dans les hôpitaux </title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/pandemie-la-loi-sur-le-travail-doit-rester-applicable-dans-les-hopitaux</link><description>Dans les services hospitaliers concernés par le COVID-19, les prescriptions légales sur les temps de travail et de repos sont suspendues.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Une large coalition d'organisation d'employé-e-s demande aujourd'hui au Conseil fédéral de revenir sur sa décision, et formule une contre-proposition.</p><p>Dans les services hospitaliers concernés par le COVID-19, les prescriptions légales sur les temps de travail et de repos sont suspendues. Une large coalition d'organisation d'employé-e-s demande aujourd'hui au Conseil fédéral de revenir sur sa décision, et formule une contre-proposition.</p><p>Le 21 mars, le Conseil fédéral a notamment décidé que dans les services de hôpitaux confrontés à une augmentation massive du nombre de cas de maladies due au COVID-19, les dispositions de la loi sur le travail concernant les temps de travail et de repos étaient suspendues, et il l'a fait sans consulter, ni même informer au préalable les salarié-e-s travaillant dans le système de santé.</p><p>Les organisations signataires du présent texte ne peuvent pas accepter la suspension brutale des règles concernant les temps de travail et de repos. Les situations où la charge augmente de façon extraordinaire requièrent justement une protection conséquente du personnel de santé, dont dépend la capacité de gérer et surmonter la crise. Les temps de travail et de repos prévus par la loi sont déjà, et de longue date, insuffisamment respectés. Légitimer cette pratique dans la situation actuelle, c’est de la part du Conseil fédéral envoyer un très mauvais signal. Et alors que de nombreux employeurs continuent à respecter la loi sur le travail, de premiers hôpitaux ont saisi l’opportunité de l’ordonnance du Conseil fédéral pour supprimer les règles sur le temps de travail et de repos.</p><p>Le personnel de soins est applaudi depuis tous les balcons de Suisse. Il s’engage jour et nuit sans compter pour protéger et sauver des vies humaines. Que la situation actuelle conduise dans la pratique à des écarts par rapport à la loi sur le travail relève de l’évidence. Cependant, de tels écarts ne doivent en aucun cas être justifiés en bloc et sans conditions. Au contraire, ils doivent être négociés, limités et réglés de manière unitaire sur le plan suisse, en partenariat avec le personnel de soins, dans le cadre d’une commission tripartite nationale chargée d’établir des positions consensuelles entre tous les acteurs. Les organisations signataires demandent donc au Conseil fédéral d’adapter dans ce sens l’ordonnance 2 COVID-19 le plus rapidement possible.</p><p>&nbsp;</p><p><sup><sub>Communiqué de presse commun des organisations et associations suivantes : Union syndicale suisse (USS), Syndicat des services publics (SSP), Association suisse des médecins assistants et chefs de clinique (asmac), Association suisse des infirmiers et infirmières (ASI), Travail.Suisse et le syndicat Syna</sub></sup></p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Frau_Aerztin_abends_muede_am-PC_istock_klein.jpg" length="367560" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6442</guid><pubDate>Tue, 07 Apr 2020 14:53:00 +0200</pubDate><title>Les licenciements sont inacceptables </title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/les-licenciements-sont-inacceptables</link><description>Croissance inquiétante du chômage</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le nombre des personnes en recherche d'emploi a connu en mars sa plus forte croissance jamais enregistrée depuis qu'une statistique nationale existe. D'après les inscriptions sur le portail travail.swiss, ce développement effrayant s'est probablement poursuivi en avril. Sur cette plate-forme, 8000 chômeuses et chômeurs se sont en effet ajoutés depuis fin mars, donc en l'espace d'une semaine seulement.</p><p>Les licenciements vont bon train, alors que le Conseil fédéral a, sur demande des partenaires sociaux, étendu le chômage partiel à pratiquement toutes les branches et à tous les types de contrat. Il a également pris d'autres mesures pour protéger les salaires et les emplois. La statistique des chômeuses et chômeurs montre que des entreprises qui ne sont pas concernées directement par les restrictions d'activité licencient aussi, par exemple dans l'industrie, les transport et le secteur financier.</p><p>Ce comportement des employeurs n'est pas acceptable. L'USS attend des entreprises qui connaissent des difficultés qu'elles recourent au chômage partiel ou aux nouvelles allocations perte de gains pour les parents qui doivent garder leurs enfants. Les licenciements liés au coronavirus doivent cesser.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Schlechte-Nachrichten_AntonioGuillem-iStock_klein.jpg" length="264531" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6436</guid><pubDate>Fri, 03 Apr 2020 15:37:48 +0200</pubDate><title>Le temps presse et toujours pas de solution pour les salarié-e-s vulnérables !</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/le-temps-presse-et-toujours-pas-de-solution-pour-les-salarie-e-s-vulnerables</link><description>Coronavirus et obligation de travailler</description><content:encoded><![CDATA[<p>Pour les salarié-e-s particulièrement à risque face au coronavirus, la situation actuelle est intolérable&nbsp;: elles et ils peuvent être, selon les circonstances, contraints d’aller travailler. Et cela, alors que le Conseil fédéral ordonne par ailleurs un auto-confinement absolu pour ces mêmes personnes vulnérables. Ainsi, selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), elles ne doivent ni aller faire des courses, ni voir leurs petits-enfants, familles et ami-e-s, mais elles devraient soudain de nouveau aller travailler&nbsp;! Avec cette disposition contradictoire inscrite dans l’ordonnance le 20 mars dernier, le Conseil fédéral sape toute sa stratégie pour endiguer la pandémie de COVID-19.</p><p>D’un côté, on donne des amendes à des jeunes de 15 ans qui jouent au foot dans un parc à plus de quatre, dans le but de contenir la propagation du coronavirus et ainsi assurer la protection des personnes vulnérables. De l’autre, le Conseil fédéral édicte une règle qui peut contraindre des salarié-e-s de 60 ans qui ont par exemple un cancer ou une maladie cardio-vasculaire à retourner au travail sans aucun contrôle des conditions sur place. Cette situation dépasse l’entendement.</p><p>La conséquence est logique&nbsp;: peurs et incertitudes juridiques sur le lieu de travail, et pas uniquement pour les employé-e-s. Les employeurs et employeuses qui font travailler des personnes vulnérables pourraient dans certains cas se rendre punissables pénalement, notamment pour mise en danger de la vie d’autrui.</p><p>Au cours des dernières semaines, l’USS a travaillé sans relâche pour trouver des solutions et proposer des compromis, et les a soumis aux départements compétents. Elle regrette que le Conseil fédéral n’ait toujours pas traité ce problème urgent lors de sa séance d’aujourd’hui, et exprime sa grande préoccupation. La responsabilité est désormais dans le camp du Gouvernement. Les personnes concernées sont en danger, le temps presse&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/8/3/csm_aeltererArbeiter_RainStar-iStock_kleiner_67970833b6.jpg" length="225197" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6425</guid><pubDate>Tue, 31 Mar 2020 16:10:00 +0200</pubDate><title>Télétravail : petit guide et règles en vigueur</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/teletravail-petit-guide-et-regles-en-vigueur</link><description>Travailler depuis son domicile : à quoi faut-il faire attention ?</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En cette période de pandémie de coronavirus, nous sommes toutes et tous est appelés à prendre des mesures spéciales et à faire preuve d’une bonne dose de créativité et de flexibilité, aussi dans l’organisation du travail. Le télétravail gagne en importance. Mais quelles sont les règles applicables au télétravail&nbsp;? À quoi devez-vous veiller lorsque vous travaillez depuis la maison&nbsp;? Et comment éviter de se sentir peu à peu seul face à cette crise sanitaire&nbsp;?</p><p>Le Conseil fédéral et l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) recommandent vivement d’introduire le télétravail chaque fois que c’est possible sur le plan technique et organisationnel, pour favoriser la distance sociale nécessaire. Cela peut éviter les déplacements et l’utilisation des transports publics, et donc un risque élevé de contagion par le coronavirus avec propagation de l’épidémie. En même temps, moins de personnes sont au travail, ce qui minimise les contacts interpersonnels et donc le risque d’infection sur le lieu de travail. L’isolement dans les grands bureaux ouverts devient possible.</p><p>Pour les personnes particulièrement vulnérables au coronavirus, le télétravail est même obligatoire. S’il n’est pas possible, l’employé-e doit quand même rester à la maison et l’employeur est tenu de lui verser l’intégralité de son salaire, conformément à l'art. 10c Ordonnance 2 COVID-19. Bien que le Conseil fédéral ait entre-temps assoupli cette protection absolue, les syndicats feront tout ce qui est en leur pouvoir pour qu’il revienne en arrière.</p><h4>Horaires précis et ergonomie</h4><p>Le principe le plus important pour le télétravail est le suivant&nbsp;: si vous devez travailler depuis votre domicile, vous restez soumis à la loi sur le travail. Cela signifie que toutes ses dispositions (interdiction de travailler la nuit et le dimanche, périodes de repos, pauses) doivent être pleinement respectées. Votre employeur doit vous en informer, de préférence par une fiche d’information écrite. Il est aussi important de fixer des heures de travail précises, y compris les heures de disponibilité et les heures où vous n’êtes pas atteignable (et que les appareils électroniques sont éteints). Parce que les heures de travail et les heures de loisirs doivent être clairement séparées.</p><p>Si vous devez vous occuper d’enfants parallèlement au télétravail, parce que les crèches ou les écoles sont fermées en raison de l’épidémie, votre employeur doit adapter les objectifs en conséquence, afin que vous puissiez concilier vos responsabilités professionnelles et privées.</p><p>Les règles de pauses en entreprise sont à transposer si possible sans changement dans votre télétravail. Les échanges par courriel ou les «&nbsp;pauses-café virtuelles&nbsp;» via des applications de communication peuvent aider à éviter la perte d’interaction sociale avec les collègues. Certes, ce n’est pas pareil, mais un échange avec des collègues sur les expériences de télétravail est particulièrement bénéfique pour vous et votre entreprise, surtout si cette forme de travail n’est pas usuelle et donc nouvelle pour les personnes concernées.</p><p>Il existe aussi des règles claires concernant les infrastructures&nbsp;: l’ergonomie de la place de travail doit être reproduite dans le télétravail. Mieux la place de travail est aménagée, plus le risque de douleurs physiques est faible. Idéalement, un poste de travail bien aménagé dispose aussi d’une surface de travail suffisante (dans l’idéal, au moins 160&nbsp;x&nbsp;80&nbsp;cm) et d’une chaise réglable en hauteur, de sorte que les pieds reposent fermement sur le sol et que le clavier puisse être utilisé avec les épaules détendues. Il est également important d’avoir suffisamment d’espace pour se déplacer autour de la surface de travail, un bon éclairage du poste de travail pour éviter l’éblouissement direct ou indirect, une vue ou une fenêtre sur l’extérieur, et enfin un environnement sûr sans risque de trébucher ou de tomber.</p><h4>Dépenses et accident de travail</h4><p>Il est clair qu’en période de coronavirus et de bureaux à domicile aménagés à la hâte, les exigences doivent être adaptées selon le principe de proportionnalité. Mais il faut respecter des normes minimales. Le principe général est que tous les frais ou dépenses engagés dans le télétravail doivent être pris en charge par l’employeur. L’employeur doit également vous fournir l’équipement et le matériel dont vous avez besoin pour votre travail.</p><p>Si vous suivez ces conseils, vous pouvez être sûr d’accomplir votre télétravail en toute sécurité sans nuire à votre santé. Et si quelque chose devait arriver, les mêmes couvertures légales en cas d’accident, de maladie professionnelle et de maladie s’appliquent que pour le travail habituel. Par exemple, un accident pendant les heures de télétravail est considéré comme un accident professionnel.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Homeoffice_photocase_3438236.jpg" length="700887" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6427</guid><pubDate>Fri, 27 Mar 2020 17:57:04 +0100</pubDate><title>La protection des salarié-e-s particulièrement exposés doit être assurée</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/la-protection-des-salarie-e-s-particulierement-exposes-doit-etre-assuree</link><description>Développements préoccupants sur le marché du travail, nouvelles marges de manœuvre pour les cantons</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le Conseil fédéral a apporté des clarification utiles quant à la possibilité pour les cantons de prendre des mesures supplémentaires contre la pandémie. Il y a maintenant lieu d’intensifier urgemment la mise en œuvre des mesures de protection de la santé et contre la contagion sur le lieu de travail. Les cantons ont donc une responsabilité bien définie, de même que les organisations patronales. En revanche, la décision récente contraignant les travailleuses et travailleurs vulnérables à revenir au travail &nbsp;reste incompréhensible. Pour les salarié-e-s, la crise est de plus en plus palpable: 656'000 d’entre eux sont déjà concernés par le chômage partiel.</p><p>Le Conseil fédéral admet désormais que certains cantons doivent prendre des mesures pour tenir compte de leur situation particulière. L’USS se réjouit de cette nouvelle possibilité, qui place cependant les cantons devant une véritable responsabilité: il leur appartient de recenser les problèmes apparaissant dans les branches et de mettre en place rapidement de vraies structures permettant des contrôles. L’implication des partenaires sociaux que le Conseil fédéral rend obligatoire rappelle la responsabilité des employeurs de prendre leur part dans le combat contre la pandémie. Là où les mesures de protection ne peuvent pas être appliquées, l’activité doit cesser. Lorsqu’il est impératif que le travail continue comme dans la santé, le commerce, et de nombreux autres domaines indispensables, les salarié-e-s doivent être protégés efficacement, contre la contagion comme contre la surcharge. Dans plusieurs cantons, des démarches ont été initiées dans ce sens par les partenaires sociaux avec l’Etat. En revanche, l’USS ne comprend pas le critère de manque de personnel frontalier pour déclencher des mesures particulières, car il n’a pas de lien avec la sécurité et la santé.</p><p>La réintroduction vendredi passé de l’obligation de travailler pour les salarié-e-s particulièrement vulnérables (art. 10c al. 2 Ordonnance 2 COVID-19) reste, elle, une volte-face étonnante du Conseil fédéral. Les employeurs peuvent désormais exiger de ces travailleuses et travailleurs de reprendre l’activité –&nbsp;dans l’entreprise, pour des interventions à l’extérieur, et pour effectuer des tâches impliquant des contacts avec la clientèle. Or, les personnes concernées ont peur pour leur santé. L’USS s’étonne que le Conseil fédéral maintienne cette disposition, qui mine la confiance dans les mesures prises contre la propagation du virus.</p><p>Par ailleurs, le déplafonnement du nombre d’heures de travail dans des branches comme la santé et la logistique décidé il y a une semaine par le Conseil fédéral continue à préoccuper l’USS. Elle maintient sa demande de rétablir le cadre usuel et les droits des salarié-e-s concerné-e-s.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Santé</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/1/4/csm_Delta_News_Hub-Flickr_CC_BY_2.0_corona_handgriff_reinigung_dff021d5e8.jpg" length="169129" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6426</guid><pubDate>Thu, 26 Mar 2020 18:16:00 +0100</pubDate><title>Pas question d&#039;exposer à nouveau les travailleuses et travailleurs vulnérables !</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/pas-question-dexposer-a-nouveau-les-travailleuses-et-travailleurs-vulnerables</link><description>Assouplissement des mesures de protection : le Conseil fédéral doit faire marche arrière</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">À peine introduite, la protection du personnel vulnérable a été fortement réduite par le Conseil fédéral et l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Cette décision prise un peu en catimini met en danger la santé et la vie de milliers de personnes. Les conséquences en sont la peur et l’insécurité au travail.</p><p>Le message était clair et net&nbsp;: le 16 mars, le Conseil fédéral a complété l’ordonnance 2 sur les mesures de lutte contre le coronavirus (ordonnance 2 COVID-19) par une section sur la protection des personnes particulièrement vulnérables. Elles «&nbsp;doivent rester chez elles et éviter les regroupements de personnes&nbsp;» (art. 10b). Et elles travaillent «&nbsp;depuis leur domicile. Si cela n’est pas possible, l’employeur leur accorde un congé avec maintien du paiement de leur salaire&nbsp;» (article 10c).</p><p>La progression de la pandémie liée au coronavirus oblige le Conseil fédéral à adapter en permanence l’ordonnance à la situation actuelle. La dernière grande mise à jour a eu lieu le 20 mars avec l’interdiction des rassemblements de plus de cinq personnes, et des mesures pour amortir la perte de revenus.</p><p>Le communiqué de presse du Conseil fédéral taisait en revanche un autre changement, et non le moindre&nbsp;: l’article 10c al. 2 dispose dorénavant que les personnes vulnérables ne pouvant pas effectuer leur travail à domicile mais seulement au lieu de travail habituel doivent exercer leur activité si l’employeur garantit les «&nbsp;mesures organisationnelles et techniques à même de garantir le respect des recommandations de la Confédération en matière d’hygiène et d’éloignement social&nbsp;». Ce n’est qu’en cas d’impossibilité qu’elles se verront accorder un congé avec maintien du paiement du salaire. Avec ce revirement après seulement quatre jours, le Conseil fédéral et l’OFSP mettent en danger la santé et la vie de milliers d’employé-e-s vulnérables dans toutes les branches.</p><h4>Porte ouverte aux abus</h4><p>L’alinéa en question ne précise pas quelles «&nbsp;mesures&nbsp;» doivent être prises et en quoi elles diffèrent des mesures habituelles. Pour rappel, il existe recommandation d’éviter les transports publics pour les personnes vulnérables, et l’OFSP les enjoint à ne pas quitter leur domicile, sauf pour des activités vitales comme la visite chez le médecin ou l’achat de nourriture. Et tout d’un coup, elles et ils sont censés retourner travailler au bureau, sur le chantier ou à la caisse de la Migros&nbsp;?</p><p>Dans la pratique, le nouvel alinéa 2 ouvre la porte aux abus&nbsp;: les employeurs utiliseront des mesures alibi pour obliger les employé-e-s vulnérables à travailler sur place (construction, commerce de détail, bureaux) ou même à l’extérieur (soins à domiciles, nettoyage). Des litiges et une grande incertitude en résulteront. Mais surtout, il existe un risque que des employé-e-s vulnérables soient infectés par le coronavirus sur leur lieu de travail ou sur le chemin du travail, parce qu’ils ont été obligés de venir travailler au lieu de rester devant leur ordinateur à domicile ou d’être mis en congé pour raisons médicales.</p><p>La nouvelle disposition a été introduite à la demande des employeurs sans aucune consultation des professionnel-le-s de la santé au travail ou des syndicats. Elle doit être supprimée immédiatement. En fin de compte, elle met en péril la confiance fondamentale dans les mesures de la Confédération pour le monde du travail. L’USS appelle les conseillers fédéraux responsables, Alain Berset et Guy Parmelin, à agir immédiatement et à revenir à la formulation initiale. Pour les employé-e-s particulièrement exposés, les seules options sont le travail depuis le domicile ou la mise en congé. En outre, des décisions aussi graves dans le domaine de la protection de la santé ne peuvent plus être prises sans consultation préalable des syndicats.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/8/3/csm_aeltererArbeiter_RainStar-iStock_kleiner_67970833b6.jpg" length="225197" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6424</guid><pubDate>Thu, 26 Mar 2020 16:29:07 +0100</pubDate><title>La garde des enfants en pleine période de coronavirus</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/la-garde-des-enfants-en-pleine-periode-de-coronavirus</link><description>La crise sanitaire actuelle met en évidence le rôle essentiel des structures d&#039;accueil.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Au quotidien, nous considérons certaines choses comme allant de soi&nbsp;: le matin, amener les petits à la garderie ou chez les grands-parents avant de se rendre au travail&nbsp;; demander à la grand-mère si elle peut, au pied levé, garder le petit qui est tombé malade&nbsp;; pendant les vacances scolaires, envoyer l’aînée au zoo avec son grand-père… Et puis soudain, du jour au lendemain, tout cela n’est plus possible. Soudain l’on se rend compte à quel point la contribution – gratuite&nbsp;! – des grands-parents, mais aussi d’innombrables employé-e-s de garderies – dont le salaire est modeste malgré les pénibles conditions de travail –, à quel point en temps normal leur contribution au fonctionnement de la société est immense.</p><p>Aujourd’hui, le soutien des grands-parents pour la prise en charge des enfants fait totalement défaut – et il pourrait s’écouler un certain temps avant que leurs petits enfants ne puissent les approcher sans représenter une menace pour leur santé, voire pour leur vie. Les écoles aussi sont fermées. Certes, le Conseil fédéral a ordonné aux cantons d’organiser un service d’accueil minimum pour la garde scolaire (jusqu’en 6e primaire ou 8H) et préscolaire pour les parents qui, dans cette situation extraordinaire, n’ont pas de solution de garde. Parallèlement, les institutions de garde d’enfants doivent prendre les mesures de sécurité nécessaires pour protéger leur personnel et stopper la propagation du coronavirus. Pourtant, en matière de garde d’enfants, cela n’est guère possible : Comment consoler à deux mètres de distance&nbsp;? Et langer…&nbsp;? De plus, contrairement au personnel de santé, les employé-e-s de garderie ne disposent ni de vêtements protecteurs, ni de masques.</p><h4>Inégalités entre les familles</h4><p>La Confédération ne dit pas comment résoudre ces problèmes – car le fédéralisme helvétique confie cette tâche aux cantons. Et ceux-ci s’exécutent, mais de manières très différentes. Certains cantons appellent les parents à garder leurs enfants à la maison, mais leur laissent le soin de décider s’ils sont raisonnablement en mesure de le faire – ainsi, dans plusieurs cantons, les employé-e-s en télétravail peuvent faire garder leurs enfants pour pouvoir être un tant soit peu productifs. D’autres cantons réservent leur offre de garde d’enfants aux parents dont la profession est d’importance systémique.</p><p>Toutefois, même la définition des professions «&nbsp;d’importance systémique&nbsp;» diverge sensiblement d’un canton à l’autre. Si les professions de la santé y sont toujours incluses, quelques cantons ont exclu des bénéficiaires de cette prestation les vendeuses de denrées alimentaires, pourtant si précieuses à l’heure actuelle. Cette prolifération d’approches différentes est une source d’insécurité pour les garderies, elle provoque la résistance légitime des professionnels de l’accueil des enfants et entraîne de profondes inégalités entre les familles du pays. Il y a lieu de définir des critères applicables dans toute la Suisse afin de réglementer l’accès à la garde professionnelle des enfants et de préciser la procédure à suivre dans les cas de grande difficulté.</p><h4>Comme un véritable service public</h4><p>Dans la situation exceptionnelle que nous vivons, il apparaît de façon douloureuse à quel point l’organisation et le financement de la garde des enfants comme un véritable service public universel seraient importants. Tandis que les écoles publiques, fermées pour cause de pandémie, peuvent investir leur énergie et leurs ressources dans l’organisation de l’école à distance et de l’accueil d’urgence, les garderies se retrouvent confrontées à des problèmes qui peuvent remettre en question leur existence même&nbsp;: selon les cantons, l’on demande aux familles de renoncer aux prestations des garderies, ou on leur en refuse carrément l’accès, et pourtant les structures d’accueil sont tributaires des contributions des parents pour survivre financièrement. Dans bien des cas, le chômage partiel n’est pas une solution, car pour pouvoir assurer le fonctionnement par petits groupes, ces structures ont besoin de leurs employé-e-s.</p><p>Afin de ne pas risquer de perdre une large part des indispensables places en garderie à cause du coronavirus, il est impératif de prendre pour l’ensemble du pays des mesures telles que celles décidées par le canton de Bâle-Ville&nbsp;: les parents ne doivent payer leur contribution que s’ils sollicitent la garde, et c’est le canton qui paie pour compenser les pertes (déduction faite des indemnisations de tiers, par ex. pour la réduction de l’horaire de travail, et de la diminution des dépenses pour frais de matériel), jusqu’au retour à la normale.</p><p>Lorsque la situation se sera normalisée, nous devrons trouver des réponses aux questions telles que celles-ci&nbsp;: quel travail est vraiment d’importance systémique et nécessaire au fonctionnement de la société&nbsp;? Comment voulons-nous l’organiser, et surtout le financer&nbsp;? Il est grand temps d’accorder une plus juste reconnaissance à celles est ceux qui ont la responsabilité de la santé et du bien-être d’autrui, de valoriser leurs salaires et d’améliorer leurs conditions de travail.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gleichstellung/Kinder_zuhause_davidpereiras-photocase.jpg" length="735485" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6422</guid><pubDate>Wed, 25 Mar 2020 17:31:18 +0100</pubDate><title>Des améliorations à saluer, mais de nombreuses questions restent ouvertes.</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/des-ameliorations-a-saluer-mais-de-nombreuses-questions-restent-ouvertes</link><description>Coronavirus : conséquences de la pandémie dans le monde du travail</description><content:encoded><![CDATA[<p>La crise due aux mesures de lutte contre le coronavirus frappe les travailleuses et travailleurs dans des proportions sans précédent. Des centaines de milliers d’entre elles et eux voient leurs revenus se réduire ou leur activité professionnelle s’arrêter, et cette tendance se poursuit.</p><p>L’USS a salué la mise en œuvre de mesures rapides et souples de maintien des salaires ainsi que l’implication sérieuse des partenaires sociaux dans cette période particulièrement difficile. Aujourd’hui, elle se réjouit des décisions prises concernant l’indemnisation des personnes au chômage et l’assouplissement des exigences de recherche d’emploi.</p><p>Il reste nécessaire de donner aux cantons la latitude de prendre des mesures plus soutenues&nbsp;de lutte contre la pandémie, notamment dans les entreprises. Il reste également des problèmes à régler concernant la protection des personnes vulnérables et des travailleuses et travailleurs pour lesquels le Conseil fédéral a suspendu une partie du droit du travail. Face à une insécurité croissante dans le monde du travail, l’USS attend des décisions concertées et continuera à formuler des propositions pour limiter les effets de la crise sur les salarié-e-s en Suisse.</p><p class="heading--h3">Nouvelles mesures pour limiter les effets économiques de la crise</p><p>Le maintien des revenus pour le plus de personnes possible est, et demeure, l’objectif central de l’Union syndicale dans cette période de crise, ceci afin d’éviter à la fois des pertes de pouvoir d’achat et la déstabilisation complète de l’économie. C’est pourquoi l’USS salue la décision prise ce jour concernant les chômeuses et chômeurs&nbsp;: &nbsp;prolonger les délais de perception des indemnités de l’assurance-chômage d’autant de jours que courront les mesures restrictives et les interdictions d’activités touchant plusieurs branches en lien avec l’épidémie. On ne peut en effet que tenir compte du caractère extraordinaire, du point de vue du marché du travail, des semaines que nous vivons.</p><p>La suspension des sanctions financières en cas de non-respect des exigences de recherches d’emploi est elle aussi logique et doit être saluée. Les demandeuses et demandeurs d’emplois n’ont pas non plus à faire les frais de la période actuelle.</p><p>Enfin, l’USS se réjouit des précisions apportées par le Conseil fédéral pour les crédits aux entreprises que la Confédération garantira. Cette contribution au maintien de places de travail est encadrée par des règles claires, avec notamment une fixation des taux d’intérêts applicables.</p><p class="heading--h3">Préserver les personnes à risque et le personnel de santé</p><p>L’USS maintient en revanche son opposition aux dispositions prises par le Conseil fédéral concernant les personnes qui sont, en raison de leur état de santé, particulièrement vulnérables. Selon la dernière modification de l’ordonnance sur les mesures contre la pandémie, celles-ci peuvent à nouveau être appelées au travail si l’employeur prend un certain nombre de mesures de protection, au demeurant mal définies.</p><p>Pour les syndicats, il est fondamental que les mesures applicables aux salarié-e-s soient cohérentes avec celles qui ont été décrétées pour l’ensemble de la vie sociale et publique. Avec la possibilité de rappeler les personnes à risque au travail, on va à l’encontre des instructions données à la population depuis plusieurs semaines. Et ce, sans parler du risque concret que les travailleuses et travailleurs concernés courent, d’autant que les mesures à prendre ne sont pas détaillées clairement. Cette disposition doit être révisée rapidement&nbsp;: il en va de la confiance dans la stratégie de lutte contre la contagion.</p><p>Enfin, l’USS reste préoccupée par la suspension des horaires maximaux de travail décidée abruptement par le Conseil fédéral en fin de semaine passée pour certaines branches. De telles semaines de travail peuvent avoir des effets délétères sur la santé du personnel, déjà soumis à une importante pression en ce moment. Une telle mesure n’est donc pas bienvenue et les syndicats s’engageront pour que ce cadre soit rétabli en faveur des droits des salarié-e-s concernés.</p><p class="heading--h3">Marges de manœuvre pour les cantons particulièrement concernés</p><p>Dans un certain nombre de cantons, la pression monte pour que des mesures allant plus loin que celles de la Confédération puissent être prises, notamment concernant l’activité dans les entreprises. Et elle va continuer à monter. Les autorités cantonales doivent pouvoir répondre aux demandes qui émanent bien souvent de syndicats en ordonnant des mesures adéquates et, le cas échéant, l’arrêt de l’activité. L’accès au chômage partiel doit être garanti dans tous les cas. L’USS souhaite qu’une solution flexible soit trouvée avec les partenaires sociaux pour garantir la protection des travailleuses et des travailleurs.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Politique syndicale</category><category>Santé</category><category>Économie</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gesundheit/Corona-Wirtschaft_iStock-ffikretow.jpg" length="104925" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6418</guid><pubDate>Mon, 23 Mar 2020 09:36:35 +0100</pubDate><title>Annulation des manifestations du 1er Mai en Suisse</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/absage-der-1-mai-kundgebungen-in-der-schweiz</link><description>Coronavirus : impossible de planifier rassemblements et événements</description><content:encoded><![CDATA[<p>Dans la situation actuelle, il est évidemment impossible de planifier une manifestation. C’est pourquoi tous les rassemblements et événements prévus à l’occasion du 1er Mai 2020 – soit plus de 50 sur l’ensemble du pays – doivent être annulés. Cette décision sans précédent fait mal, mais elle est inévitable au vu de la pandémie qui sévit actuellement.</p><p>En ce moment, la protection de la santé de toutes et tous prime toute autre préoccupation. De plus, les syndicats doivent en premier lieu se concentrer sur le combat pour la garantie des emplois et des salaires tout au long de cette crise sanitaire, et après. On voit déjà qu’une fois de plus, ce sont les personnes avec des emplois précaires et à durée déterminée, et d’une manière générale les travailleuses et travailleurs les moins bien payés, qui sont le plus durement touchées dans l’immédiat par les conséquences de cette crise. Pourtant, beaucoup de ces métiers et emplois se révèlent essentiels pour que notre société fonctionne en ce moment. Bien plus que les banques et d’autres grands groupes, avec leurs méga salaires&nbsp;!</p><p>Mais l’annulation des manifestations et grands rassemblement ne veut pas du tout dire que le mouvement syndical renonce à célébrer dignement la Journée internationale des travailleuses et travailleurs. Au cours des prochaines semaines, les unions cantonales, entités organisatrices des manifestations du 1er Mai, et d’autres organisations impliquées étudieront des idées d’alternatives pour bien marquer cette journée de lutte en faveur de meilleures conditions de vie.</p><p>À ce propos, un comité local du 1er Mai a écrit&nbsp;: «&nbsp; Avec son histoire plus que centenaire, le 1er Mai survivra bien à une pause d’une année.&nbsp;». Tout est dit&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/1._Mai/USS_1Mai-FR-A4-RVB.jpg" length="166435" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6416</guid><pubDate>Fri, 20 Mar 2020 15:52:04 +0100</pubDate><title>Un pas important, mais la situation reste tendue pour les salarié-e-s</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/un-pas-important-mais-la-situation-reste-tendue-pour-les-salarie-e-s</link><description>Coronavirus : mesures d’urgence pour les salaires et les emplois</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Pour la Suisse aussi, la crise du coronavirus est une épreuve terrible. Les décisions prises aujourd’hui répondent à des revendications importantes de l’Union syndicale suisse (USS)&nbsp;: mesures de facilitation du chômage partiel et introduction d’une garantie des salaires pour les parents qui doivent rester chez eux pour s’occuper de leurs enfants. Avec ces garanties, de nombreux travailleurs et travailleuses voient leur revenu assuré. Les entreprises de leur côté reçoivent ainsi des liquidités. Dans les jours à venir, il s’agira de mettre en œuvre ces décisions le plus rapidement possible et sans trop de bureaucratie pour que l’argent parvienne à temps chez les personnes qui en ont besoin.</p><p>L’extension du chômage partiel aux salarié-e-s avec des contrats à durée déterminée et aux personnes payées à l’heure représente un progrès important, car les personnes les plus durement touchées par les mesures contre la propagation du coronavirus sont souvent des employé-e-s à bas salaires dans les branches de l’hôtellerie et la restauration, dans la culture ou l’événementiel. Afin de limiter les dégâts sur le pouvoir d’achat, et donc les effets de la crise, un remplacement à 100&nbsp;% des salaires doit rester l’objectif dans un maximum de cas. Le Conseil fédéral a également pris une série d’engagements spécifiques pour les professionnels de la culture.</p><p>Mais chaque jour, de nouveaux problèmes apparaissent dans les différentes branches économiques. Les préoccupations sanitaires et les craintes au niveau économique risquent d’induire des conflits, alors que le contexte est déjà pesant. Dans la construction, c’est la Suva qui va désormais contrôler l’application des directives de l’OFSP. La publication par la Confédération d’aide-mémoires et de listes de contrôle pour les entreprises est un point positif. Malheureusement, la plupart des branches ne disposent pas d’organes d’exécution efficaces. Il s’agira de corriger cela dans les jours qui viennent.</p><p>Dans une telle situation, le partenariat social est incontournable si l’on veut relever les défis énormes qui nous attendent. Plusieurs cantons ont mis à l’œuvre des organisations tripartites de crise, composées de représentant-e-s du gouvernement et des partenaires sociaux. À plusieurs reprises, l’USS a insisté, avec l’Union patronale, auprès du conseiller fédéral Guy Parmelin pour qu’il mettre sur pied des structures analogues. Malheureusement sans succès à ce jour. Pourtant, il paraît évident que ce serait lourd de conséquences si le Conseil fédéral faisait cavalier seul dans les questions fondamentales de la politique du marché du travail.</p><p>Dans les différentes branches, la situation varie. Dans le commerce de détail et les structures d’accueil pour enfants, des organisations existent, mais les employeurs et employeuses n’ont jusqu’ici pas voulu engager le dialogue, ce qui est très inquiétant.</p><p>L’USS reste préoccupée par l’évolution de la situation pour le monde du travail en Suisse. Elle est prête à faire tout ce qui est humainement possible pour que les salaires, les emplois et les conditions de travail soient garantis.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Économie</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/b/9/csm_Homeoffice_Frau-daheim-PC_photocase_simsonne_79c980044b.jpg" length="214554" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6412</guid><pubDate>Wed, 18 Mar 2020 17:30:00 +0100</pubDate><title>Lettre ouverte à l’attention du Conseil fédéral suisse</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/lettre-ouverte-a-lattention-du-conseil-federal-corona</link><description>Garantir les salaires et assurer la protection de la santé ou, si la protection n’est pas possible, arrêter le travail et passer au chômage partiel</description><content:encoded><![CDATA[<p>Madame la Présidente de la Confédération,<br> Madame la Conseillère fédérale,<br> Monsieur le Conseiller fédéral,</p><p>L’épidémie liée au coronavirus suscite une vive inquiétude auprès de la grande majorité des salarié-e-s en Suisse&nbsp;: elles et ils ont peur pour leur santé, mais aussi pour leurs salaires et leurs emplois. Malheureusement, la situation s’est encore aggravée ces derniers jours. Bon nombre d’entreprises voient leurs recettes fondre ou disparaître, et manquent donc d’argent pour payer les salaires des employé-e-s. De plus, nous recevons de nombreux messages de travailleuses et travailleurs qui nous signalent une application défaillante des mesures de protection par les employeurs et employeuses et qui font état d’une grande insécurité.</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) salue le fait que le Conseil fédéral se soit exprimé en faveur d’une garantie des salaires et qu’il ait émis des recommandations spécifiques pour la protection de la santé dans le monde du travail. Il faut maintenant que ces directives soient appliquées de manière très stricte, en particulier sur les chantiers, dans les magasins, dans le système de santé (surtout concernant les mesures de protection) et dans les autres branches.</p><p class="heading--h3">Réduire les obstacles</p><p>L’USS appelle le Conseil fédéral à diminuer au maximum les obstacles pour l’obtention des indemnités de chômage partiel pour éviter que des entreprises se retrouvent en manque de liquidités et pour faire en sorte que les salaires puissent être versés quoi qu’il arrive. Pour les cas où le chômage partiel ne s’applique pas ou ne suffit pas, il faut prévoir sans délai d’autres mesures pour assurer les salaires&nbsp;: il s’agit là notamment des contrats à durée déterminée, des absences pour obligations familiales ainsi que des personnes travaillant dans le domaine culturel et des (faux) indépendant-e-s. Enfin, l’USS demande que l’assurance-chômage renonce à exiger les preuves de recherche d’emploi requises en temps normal.</p><p class="heading--h3">Appliquer les mesures sanitaires sur le lieu de travail</p><p>Du point de vue épidémiologique, la mise en œuvre généralisée des recommandations du Conseil fédéral et de l’OFSP est décisive pour la suite de l’évolution de la pandémie. Et pourtant, elles ne sont pas appliquées sur de nombreux lieux de travail. L’appel du Conseil fédéral était clair&nbsp;: garder de la distance, se laver les mains et éviter les rassemblements. Mais la réalité est tout autre pour beaucoup de salarié-e-s&nbsp;: certain-e-s sont serrés dans des véhicules pour aller au travail, d’autres travaillent dans des locaux exigus, doivent se tenir dans des salles de pause ou des surfaces de ventes surpeuplées, ou ne peuvent pas garder la distance nécessaire dans les contacts avec les client-e-s.</p><p>Il est donc impératif que les autorités émettent des signaux clairs et disposent d’instruments d’exécution pour faire en sorte que la protection de la santé soit prise au sérieux et que les recommandations de l’OFSP soient appliquées. Lorsque les entreprises ne respectent pas l’ordonnance du Conseil fédéral et les recommandations de l’OFSP, elles doivent arrêter le travail tout en versant les salaires à 100&nbsp;%. Les autorités doivent annoncer clairement que toutes les entreprises qui ne sont pas en mesure d’appliquer les prescriptions sanitaires auront droit aux indemnités de chômage partiel. L’extension annoncée du champ d’application de ces indemnités doit être mise en œuvre immédiatement.</p><p class="heading--h3">Groupes de travail tripartites pour trouver rapidement des solutions</p><p>Nous vous prions d’élaborer et de publier au plus vite des solutions et des instructions en ce sens pour les travailleuses et travailleurs en Suisse. Pour ce faire, nous vous demandons instamment de mettre en place un groupe de travail tripartite au niveau national.</p><p>En ce qui concerne la protection de la santé en particulier, il faut des mesures spécifiques pour les différentes branches ou groupes de professions. Nous demandons donc d’être impliqué-e-s directement dans les échanges et la préparation des étapes de la mise en œuvre. Nous souhaitons aussi des informations claires à l’attention des PME et de la population dans la gestion de cette crise sanitaire. Nous sommes disposés en tout temps à participer et apporter notre contribution à ces groupes de travail tripartites.</p><p>Nous vous prions d’agréer, Madame la Présidente de la Confédération, Madame la Conseillère fédérale, Monsieur le Conseiller fédéral, nos salutations distinguées.</p><p>Pierre-Yves Maillard<br><sup>Président de l'USS</sup></p><p>Daniel Lampart<br><sup>Premier secrétaire et économiste en chef</sup></p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Économie</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/2/a/csm_Bundeshaus_Curia-Confoederationis-Helveticae_iStock-RomanBabakin_ebcb62b137.jpg" length="372406" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6410</guid><pubDate>Wed, 18 Mar 2020 16:16:36 +0100</pubDate><title>L’USS prend acte et combattra en temps voulu une initiative dangereuse pour les salarié-e-s</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/luss-prend-acte-et-combattra-en-temps-voulu-une-initiative-dangereuse-pour-les-salarie-e-s</link><description>Report de la votation du 17 mai</description><content:encoded><![CDATA[<p>Au vu de l’ampleur de la crise, le Conseil fédéral a décidé de reporter la votation prévue le 17 mai prochain. L’USS prend acte de cette décision. La priorité va évidemment au combat contre la pandémie et contre les conséquences de la situation actuelle pour les travailleuses et travailleurs en Suisse.</p><p>L’USS s’était engagée dans une campagne contre l’initiative demandant la résiliation des accords bilatéraux, et en avait déjà présenté les lignes directrices. Aussitôt que la Suisse sera sortie de la crise et que les conditions pour une véritable formation de l’opinion seront à nouveau données, l’USS sera prête à s’engager pour défendre les intérêts des salarié-e-s contre la remise en question de leurs droits et de leurs protections.</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/e/9/csm_Bundeshaus_Bern_-_Federal_palace_of_Switzerland_852909e44f.jpg" length="309035" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6408</guid><pubDate>Mon, 16 Mar 2020 17:58:41 +0100</pubDate><title>Garantir les salaires, maintenir les emplois</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/garantir-les-salaires-maintenir-les-emplois</link><description>Mesures du Conseil fédéral concernant le coronavirus</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les restrictions temporaires de la vie publique créent de nouveaux problèmes et beaucoup d’incertitude chez les travailleuses et travailleurs. Il faut que des mesures soient prises pour y faire face : les salaires doivent être garantis pour toutes et tous, et les emplois maintenus sur la durée. Cela vaut aussi pour les personnes auxquelles le chômage partiel ne s’applique pas. Il est dans l’intérêt de l’économie dans son ensemble que de protéger les salaires et les emplois. C’est pourquoi l’Union syndicale suisse (USS) formules les demandes suivantes:</p><ul><li><strong>Pas de licenciement par le biais du chômage partiel : </strong>Les entreprises ne doivent en aucun cas licencier du personnel dans cette situation difficile, mais plutôt faire appel au chômage partiel. Avec cet instrument, la Confédération dispose d’un moyen extrêmement fort pour que les salaires continuent d’être versés lorsqu’une entreprise voit son chiffre d’affaires s’effondrer et pour protéger ainsi en bonne partie les liquidités des entreprises.</li><li><strong>Étendre l’application du chômage partiel : </strong>Le Conseil fédéral doit combler au plus vite – avant qu’il ne soit trop tard – les lacunes qui touchent les personnes avec des contrats à durée déterminée ainsi que celles qui sont payées à l’heure.</li><li><strong>Salaires garantis même en cas d’absence pour obligations familiales :</strong> Lorsque des parents doivent rester chez eux pour s’occuper de leurs enfants, l’employeur est tenu, en principe, de continuer de verser le salaire. Pour que les salaires soient assurés dans tous les cas de figure, l’USS exige que indemnités couvrant les éventuelles pertes de salaire soient introduites pour les parents ayant des obligations familiales. Il faut pour cela faire usage du système existant des allocations pour perte de gains (APG).</li></ul><p>L’USS salue le fait qu’une bonne partie des entreprises se soient montrées flexibles envers les parents depuis la fermeture des écoles. Mais attention : devoir rester à la maison pour s’occuper de ses enfants ne veut pas dire qu’on est automatiquement disponible pour du télétravail !</p><p>Dans de nombreuses d’entreprises, le travail de bureau est désormais organisé pour pouvoir être effectué à distance. Pour beaucoup, cette solution temporaire est tout à fait acceptable. Mais elle soulève de nouvelles questions, notamment en termes d’exigences (attentes de l’employeur adaptées à des conditions plus compliquées p.ex.) ou d’aménagement des places de travail (outils de travail ou ergonomie). Les syndicats et les partenaires sociaux dans les différentes branches élaboreront au plus vite des recommandations sur ce sujet.</p><p>La protection de la santé de tous les salarié-e-s doit être une priorité absolue. Les employeurs ont une responsabilité très importante : celle de prendre toutes les mesures de protection nécessaires. Et cela vaut en particulier pour les travaux impliquant un risque de contagion accru (soin et santé, commerce de détail, guichets, montage).</p><p>Le fait que de nombreux cantons et communes aient déjà, avec souplesse, mis sur pieds de nouvelles structures d’accueil, est aussi à saluer. Les employé-e-s du secteur de la santé en particulier doivent pourvoir compter sur des structures d’accueil efficaces : cet aspect est fondamental pour l’approvisionnement en soins pour toute la population.</p><p>Seule une mise en œuvre rapide de l’ensemble de ces mesures permettra de donner aux travailleuses et travailleurs la sécurité nécessaire et une certaine stabilité en cette période d’urgence généralisée. C’est ainsi aussi que nous parviendrons à nous concentrer sur la solidarité indispensable et à surmonter, ensemble, rapidement et avec le moins de dommages possibles, cette épreuve sans précédent tant au plan sociétal qu’économique.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Économie</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Menschen-in-Bewegung_photocase_rclassen.jpg" length="556912" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6406</guid><pubDate>Fri, 13 Mar 2020 15:46:57 +0100</pubDate><title>Garantir les salaires : une priorité absolue dans la crise</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/garantir-les-salaires-une-priorite-absolue-dans-la-crise</link><description>Nouvelles mesures du Conseil fédéral pour endiguer l’épidémie de coronavirus</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil fédéral décide de fermer les écoles sans qu’il y ait des solutions satisfaisantes immédiatement disponibles pour les parents qui travaillent. L’USS exige du Conseil fédéral qu’il présente d’ici la fermeture des écoles lundi des mesures qui permettent de garantir les salaires et d’assurer la prise en charge des enfants dans tous les cantons. Cette situation de crise inédite appelle des mesures rapides. La réduction des obstacles pour le chômage partiel est un pas important dans la bonne direction.</p><p>Si les parents doivent rester chez eux pour s’occuper de leurs enfants, l’employeur est tenu, en principe, de continuer de verser les salaires. Mais l’État aussi a une responsabilité, puisque les écoles vont être fermées sur son ordre. L’Union syndicale suisse (USS) propose que des indemnités couvrant les éventuelles pertes de salaire soient introduites pour les parents ayant des obligations familiales. Il faut pour cela faire usage de structures existantes, comme les allocations pour perte de gains (APG). De plus, tous les cantons doivent mettre sur pied des structures d’accueil des enfants.</p><p>De nombreuses personnes ont d’ores et déjà perdu leur emploi&nbsp;: il s’agit essentiellement d’employé-e-s avec des bas salaires et des contrats précaires dans les branches particulièrement frappées par cette crise que sont la restauration et l’hôtellerie, la culture ou l’événementiel. L’USS salue le fait que le Conseil fédéral ait approuvé un soutien ciblé pour ces branches.</p><p>Les mesures draconiennes prises par le Conseil fédéral pour ralentir la propagation du coronavirus sont totalement justifiées. Mais si les salaires ne sont pas garantis parallèlement, nous risquons de faire face à une grave récession avec des conséquences désastreuses pour les personnes qui travaillent. C’est pourquoi la garantie des salaires est actuellement la priorité absolue pour l’USS.</p><p>Mais ce n’est pas tout&nbsp;: il faut également préparer des programmes conjoncturels. L’accent devra être mis sur les branches tournées vers le marché intérieur, c’est-à-dire celles qui vendent leurs produits et services principalement en Suisse. Des mesures pour soutenir le pouvoir d’achat sont nécessaires ainsi que des programmes d’investissements pour éviter que la crise ne s’étende au secteur de la construction. Il est primordial aussi que les entreprises s’entraident en cas de pénuries. La Banque nationale, elle, doit surtout protéger l’économie d’exportation de dégâts encore plus importants&nbsp;: elle doit combattre la surévaluation du franc et veiller à ce qu’il se maintienne à un niveau correct.</p><p class="heading--h3">Situation juridique</p><p>Le risque d’une épidémie fait partie des risques d’exploitation d’une entreprise. Les employeur-e-s sont en principe tenus de verser les salaires même si l’entreprise doit s’arrêter ou que des salarié-e-s ne peuvent se rendre au lieu de travail en raison de mesures administratives conformes à la loi sur les épidémies et qui les touchent directement. Concrètement, cela signifie que l’employé-e a le droit de toucher son salaire s’il est par exemple mis en quarantaine ou qu’il est touché personnellement par une autre mesure administrative et qu’il ne peut plus se rendre au travail. Mais même lorsque les mesures officielles conduisent par exemple à la fermeture des écoles ou des crèches et que le ou la salarié-e doit s’occuper de ses enfants, il y a obligation de verser le salaire&nbsp;: en effet, les parents sont tenus par la loi de s’occuper de leurs enfants et d’assurer leur bien-être.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Santé</category><category>Économie</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gleichstellung/Mann-liest-Kind-vanda_lay.jpg" length="656606" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6394</guid><pubDate>Thu, 05 Mar 2020 15:29:40 +0100</pubDate><title>Protection des lanceurs d&#039;alerte : la voie est enfin libre pour un nouveau départ</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/protection-des-lanceurs-dalerte-la-voie-est-enfin-libre-pour-un-nouveau-depart</link><description>Le Conseil national rejette la révision de la loi qui portait le nom trompeur de « protection en cas de signalement d’irrégularités ».</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le projet du Conseil fédéral n’aurait pas protégé les travailleuses et travailleurs en cas de signalement d’irrégularités («&nbsp;Whistleblowing&nbsp;»)&nbsp;: au contraire, elle les aurait obligés à suivre des règles chicanières et peu compréhensibles, sans aucunement améliorer leur protection contre un licenciement éventuel. L’insécurité juridique aurait augmenté en particulier dans les PME, puisque ni les salarié-e-s, ni les employeurs et employeuses n’auraient pu interpréter avec exactitude les nouvelles règles sans faire appel à des juristes spécialisés. C’est donc à raison que le Conseil national, à une large majorité et comme le proposait sa commission des affaires juridiques, a jugé le projet inadéquat et estimé qu’il valait mieux repartir de zéro.</p><p>L’USS rappelle que la Suisse, en raison de ses engagements internationaux, est tenue de protéger les lanceurs et lanceuses d’alerte (Conventions de l’OIT et prescriptions du Conseil de l'Europe). Elle doit en particulier améliorer la protection contre le licenciement.</p><p>Il est temps que le Conseil fédéral et le Parlement mettent en œuvre les revendications formulées par les syndicats ainsi que par des lanceurs et lanceuses d’alerte. Maintenant que le premier projet - &nbsp;mal conçu a - été rejeté, il y a lieu d’en élaborer un nouveau sur les bases suivantes&nbsp;:</p><ul><li>protection efficace contre le licenciement abusif de lanceurs et lanceuses d’alerte, incluant la possibilité d’une réintégration&nbsp;;</li><li>meilleure protection contre le harcèlement sur le lieu de travail («&nbsp;mobbing&nbsp;»), y compris dans le droit pénal applicable aux entreprises&nbsp;;</li><li>inscrire la protection des lanceurs et lanceuses d’alerte dans une législation-cadre spécifique ou dans la partie du code des obligations consacrée à la protection contre le licenciement, conformément aux recommandation du Conseil de l’Europe et de l’OCDE&nbsp;;</li><li>harmonisation des règles pour le personnel des secteurs privé et public avec garantie d’accès à des offices indépendants et étatiques.</li></ul>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/e/9/csm_Bundeshaus_Bern_-_Federal_palace_of_Switzerland_852909e44f.jpg" length="309035" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6396</guid><pubDate>Thu, 05 Mar 2020 10:28:00 +0100</pubDate><title>Coronavirus : priorité à la garantie des salaires et des emplois</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/coronavirus-priorite-a-la-garantie-des-salaires-et-des-emplois</link><description>Il faut des mesures pour stabiliser l&#039;économie</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Pour l’heure, l’économie suisse n’est impactée que de manière sectorielle par les conséquences du coronavirus. Une partie de ces effets négatifs provient de l’étranger, notamment de Chine. En Suisse, ce sont surtout les mesures prises par les autorités qui occasionnent des baisses de chiffre d’affaires. L’État porte donc une responsabilité importante. La Confédération doit éviter les récessions, et non les déclencher. C’est pourquoi il faut, en plus des mesures de santé publiques, que la Confédération fasse aussi un effort pour aider à la stabilisation de l’économie.</p><p>Le point essentiel actuellement est que les salaires continuent d’être versés. Les pouvoirs publics doivent soutenir financièrement les entreprises lorsque celles-ci subissent une chute de leur chiffre d’affaires liée aux décisions administratives (Loi sur les épidémies). Des interdictions (préventives) de travailler ne doivent pas être prononcées sans que la question des salaires ne soit réglée au préalable.</p><p>Dans l’immédiat, d’autres mesures sont nécessaires, comme par exemple&nbsp;: des autorisations rapides et non bureaucratique du chômage partiel, ramener à un jour le délai d’attente en cas de chômage partiel, une politique monétaire proactive de la BNS contre la surévaluation du franc et pour le faire baisser, une coordination entre organisations faîtières et Confédération afin d’éviter les pénuries dans l’approvisionnement des produits de base et des matières premières, le maintien des liquidités dans les entreprises et dans le système financier, l’optimisation des services de santé, la protection du personnel contre la contamination.</p><p>Vous trouverez une analyse détaillée ainsi que les propositions de mesures et les revendications de l’USS dans une <a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/communiques/200305_Position_USS_coronavirus_sommet_Parmelin.pdf" target="_blank" class="link link--download" rel="noreferrer">prise de position sur le sommet</a> qui a eu lieu aujourd’hui sur ce sujet avec le conseiller fédéral Guy Parmelin.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Économie</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/c/8/csm_Krank-am-Arbeitsplatz_torwai-iStock_kleiner_1a6f8d00d4.jpg" length="118333" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6379</guid><pubDate>Mon, 24 Feb 2020 11:00:00 +0100</pubDate><title>Défendre les salaires et les emplois ! Non à l’initiative de résiliation de l’UDC</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/gute-jobs-und-loehne-verteidigen-nein-zur-svp-kuendigungsinitiative</link><description>Comité syndical contre l’initiative de résiliation de l’UDC</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’initiative de résiliation de l’UDC veut démanteler la protection des salaires, aggraver les conditions de travail et isoler la Suisse. Les organisations représentant les travailleuses et travailleurs s’engageront pour un NON clair dans les urnes. Ils déploieront une campagne importante pour faire apparaître au grand jour les dangers que recèle le texte pour les salarié-e-s.</p><p>L’initiative de résiliation qui sera soumise en votation le 17 mai est nuisible pour les intérêts des gens qui travaillent dans notre pays. En effet, elle veut remettre en cause la protection des salaires, précariser le statut des travailleuses et travailleurs étrangers et les conditions de travail, et isoler la Suisse en faisant tomber les accords bilatéraux. Bien loin d’apporter la moindre solution réelle aux problèmes de pouvoir d’achat et de conditions de travail qui se posent au quotidien, elle ne ferait au contraire que les aggraver. Pour l’Union syndicale suisse (USS) et Travail.Suisse, un non à l’initiative de l’UDC s’impose, dans l’intérêt de l’ensemble des salarié-e-s.</p><p>L’entrée en vigueur des accords bilatéraux a été l’occasion de progrès substantiels. Depuis l’introduction des mesures d’accompagnement, les salaires et les conditions de travail sont contrôlés de manière systématique, dans les entreprises suisses comme étrangères, par les partenaires sociaux. Les abus peuvent ainsi être détectés et sanctionnés, et les salaires insuffisants sont corrigés à la hausse. Des salaires minimaux peuvent être introduits dans les branches où les salaires se retrouvent sous pression. Et les conventions collectives de travail sont plus nombreuses, ce qui améliore la protection contre la sous-enchère et les abus.</p><p>C’est l’ensemble de ces acquis que l’initiative de résiliation de l’UDC met en danger. Son acceptation mettrait en danger le dispositif de protection des salaires dont nous disposons – le plus important et efficace de toute l’Europe. Elle mettrait également fin à nos relations bilatérales avec notre plus important partenaire, des relations qui assurent pourtant des débouchés à nos produits et services de haute qualité. Il en serait fini de notre intégration dans d’importants programmes internationaux, par exemple dans la formation et la recherche.</p><p>Pour le président de l’USS Pierre-Yves Maillard, l’objectif de la campagne est clair : « Nous nous emploierons à bien faire comprendre que l’attaque est dirigée contre tous les gens qui travaillent et qu’elle vise à substituer aux conventions collectives et au contrôle des salaires une concurrence acharnée de tous contre tous. C’est pourquoi nous voulons le rejet le plus clair possible de cette initiative afin de défendre la régulation du marché du travail obtenue de haute lutte. »</p><p>Présidente d’Unia, Vania Alleva met en garde : « En cas d’adoption de l’initiative, les conventions collectives de travail et les salaires minimums ne pourront plus être contrôlés et imposés comme jusqu’ici. Cela signerait l’arrêt de mort du principe « des salaires suisses pour tout travail réalisé en Suisse ».</p><p>Le président de Syna, Arno Kerst, l’affirme également : « Que nous le voulions ou non, l’économie suisse ne fonctionne pas en vase clos. Et cela profite aussi aux salarié-e-s. Avec des conventions collectives fortes et des mesures d’accompagnement efficaces, nous pouvons protéger les salaires et les conditions de travail. »</p><p>Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse, cite plusieurs défis concrets : « Du point de vue des salarié-e-s, les mesures pour mieux concilier vie professionnelle et privée, promouvoir la formation et la formation continue ainsi qu’une prestation transitoire pour les chômeuses et chômeurs âgés représentent les meilleures réponses pour que la libre circulation des personnes profite à toute la population. »</p><p>Et Katharina Prelicz-Huber, présidente du Syndicat des services publics (SSP), de compléter : « On veut retirer des droits aux travailleurs et travailleuses étrangers afin de pouvoir les exploiter plus facilement. Mais au bout du compte, cela nuirait à l’ensemble des gens qui travaillent en Suisse. La libre circulation des personnes, accompagnée de mesures sociales, constitue la longue route de la Suisse pour sortir de l’isolement. Nous voulons poursuivre sur cette route et nous engageons contre l’initiative de résiliation hostile aux travailleurs et travailleuses. »</p><p>&nbsp;</p><p><br><a href="https://www.salaires-emplois.ch/" target="_blank" class="link--arrow" rel="noreferrer">Page web de la campagne : www.salaires-emplois.ch</a></p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Travail</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/3/e/csm_SGB-NoKI-Logo_FR3000_db1a4d9738.png" length="113702" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6317</guid><pubDate>Fri, 20 Dec 2019 11:44:19 +0100</pubDate><title>Le « Commentaire du contrat de travail » fait peau neuve</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/neuer-commentaire-du-contrat-de-travail-erschienen</link><description>Ouvrage de référence dans sa 4e mouture</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Ouvrage de référence complet et accessible, le Commentaire du contrat de travail vient de paraître dans sa 4e mouture aux Éditions Réalités sociales, sur mandat de l’Union syndicale suisse (USS).</p><p>Édité pour la première fois il y a trente ans, le Commentaire du contrat de travail&nbsp; a été entièrement revu, actualisé et complété par les avocats spécialisés en droit du travail Christian Bruchez (Genève) et Patrick Mangold (Lausanne) ainsi que l’ancien conseiller national et docteur en droit Jean Christophe Schwaab (Riex). Ces trois éminents spécialistes en la matière sont déjà auteurs de nombreux ouvrages et publications scientifiques.</p><h4>Pas réservé aux juristes</h4><p>Cet ouvrage traite de tous les aspects du contrat de travail, mais aussi des questions de procédure. Il aborde tous les développements récents, comme la nouvelle obligation de négocier un plan social en cas de licenciement collectif dans les grandes entreprises ou la problématique des stages.</p><p>Grâce à un index détaillé, il permet à chacun et chacune de trouver rapidement une réponse à toute question juridique liée à la relation de travail. Il sera donc apprécié tant des juristes chevronnés que des praticiens du droit du travail au quotidien tels que les syndicalistes, responsables du personnel ou travailleuses et travailleurs sociaux. Il constitue également une base de documentation très utile pour les étudiant-e-s.</p><h4>Dans les pas de Christiane Brunner</h4><p>Le premier Commentaire, rédigé notamment par Christiane Brunner en 1989, était le premier ouvrage francophone de droit suisse sur le contrat de travail. Écrit dans un langage très clair et apprécié pour sa lisibilité, il s’est rapidement établi comme un outil largement utilisé et un ouvrage de référence bien connu en Suisse romande.</p><p>Le prix de 78 francs est particulièrement modéré pour un ouvrage juridique. Il favorise un large accès à la connaissance du droit dans ce domaine essentiel.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/c/c/csm_tim_reckmann-flickr_CC_BY_2.0_justitia_figur_waage_schwert_augenbinde_449f9ab4e3.jpg" length="98546" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6312</guid><pubDate>Mon, 16 Dec 2019 14:32:19 +0100</pubDate><title>Apporter des solutions aux problèmes plutôt qu’exploiter des inquiétudes</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/apporter-des-solutions-aux-problemes-plutot-quexploiter-des-inquietudes</link><description>Retraite, sécurité sociale, Europe : sans les syndicats, pas de solution</description><content:encoded><![CDATA[<p>La semaine a été marquée par une série d’importantes décisions sur la scène politique fédérale. Il y a&nbsp;celle du Conseil fédéral annoncée aujourd’hui concernant le deuxième pilier : la mise&nbsp;en œuvre du compromis des partenaires sociaux apporte la preuve que les acteurs économiques du pays sont capables de trouver des solutions à l’un des plus sérieux&nbsp;problèmes actuels&nbsp;pour le pouvoir d’achat, celui de la baisse continue des rentes.&nbsp;Les employeurs comme les employés prennent leurs&nbsp;responsabilités, notamment en augmentant leurs contributions.&nbsp;De plus,&nbsp;grâce à la&nbsp;création d’un supplément de rente financé solidairement par répartition, la réforme ne fait pas que stabiliser le niveau général des rentes, mais améliore aussi le niveau&nbsp;aujourd’hui insuffisant&nbsp;des&nbsp;prestations du 2<sup>e</sup>&nbsp;pilier pour les bas et moyens salaires et notamment pour les femmes.<br><br> Quant au&nbsp;vote du Conseil des Etats sur&nbsp;la prestation transitoire (rente-pont) pour les salarié-e-s en fin de carrière, il faut se réjouir que notre revendication soit enfin reconnue sur le principe,&nbsp;tout en regrettant l’improvisation et la mesquinerie des modifications apportées à une courte majorité par le Conseil des Etats.&nbsp;Mais nous pouvons espérer que le Conseil national corrige&nbsp;ces points et qu’une&nbsp;majorité se dessine enfin pour ce renforcement indispensable de notre sécurité sociale.</p><p><br> En nous engageant pour ce projet, nous démontrons, encore une fois, que nous préférons un traitement sérieux des problèmes que rencontrent les gens dans le pays, à l’agitation&nbsp;<br> &nbsp;</p><p class="heading--h4">Défendre et&nbsp;renforcer le dispositif actuel de protection des salaires</p><p><br> Dans les deux cas, nous trouvons sur notre route&nbsp;des milieux qui s’opposent aux solutions pragmatiques, mais ne prennent même pas la peine d’en apporter d’autres. Cet état de fait n’est&nbsp;cependant pas le fruit du hasard : pour l’UDC, la recette la plus efficace est de laisser se développer les problèmes et se dégrader la situation des gens dans le pays. Ceci dans le but,&nbsp;ensuite, de récolter les fruits électoraux de la frustration.<br><br> Ce cynisme se concrétise avec l’initiative UDC de résiliation de la libre circulation des personnes. La fin de la libre circulation impliquerait la rupture brutale des accords bilatéraux avec&nbsp;l’UE et l’entrée dans une période de l’histoire de notre pays où les néolibéraux de l’UDC donneraient le ton. La mise en pièces dans la foulée des mesures de protection des salaires et de&nbsp;soutien aux CCT étendues serait programmée. Elles donneraient&nbsp;tout le pouvoir aux employeurs, libres&nbsp;d’engager des travailleurs et travailleuses précaires et sans droit et d’organiser ainsi une&nbsp;concurrence délétère sur le marché du travail.<br><br> C’est pourquoi&nbsp;la campagne contre l’initiative de résiliation et pour une meilleure sécurité sociale&nbsp;constituera l’un des combats majeurs du début de l’année 2020.&nbsp;Nous défendrons avec&nbsp;force l’égalité des droits pour celles et ceux qui travaillent chez nous. Toutes celles et ceux qui travaillent en Suisse doivent recevoir des salaires suisses.</p><p class="heading--h4">Respect des principes et pragmatisme font notre force</p><p>Par cette lutte contre l’initiative de l’UDC, nous renforcerons notre position sur l’avenir des relations de notre pays avec l’Union européenne : une ouverture régulée, fondée sur un&nbsp;dispositif de protection des salaires autonome fort,&nbsp;qu’il&nbsp;faut&nbsp;continuer à développer.&nbsp;Nous continuerons à défendre&nbsp;des règles et des mécanismes&nbsp;dont la nécessité n’est plus à démontrer,&nbsp;tout en faisant preuve de pragmatisme, comme nous l’avons toujours fait, lorsque des questions se posent dans l’application des règles. Malgré les pressions&nbsp;et les désirs médiatiques que nous changions d’avis, notre position reste la même :&nbsp;il n’y a aucune raison d’affaiblir les règles légales obtenues, ni de nous priver du droit de les renforcer de manière autonome. Si des problèmes légitimes quant à leur mise en œuvre&nbsp;apparaissent, les syndicats ont toujours été ouverts à des solutions pragmatiques et nous continuerons à l’être.&nbsp;</p><p>Nous nous battrons donc avec détermination pour de bons emplois et une protection des salaires forte, contre une initiative de résiliation hostile aux travailleuses et travailleurs!</p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/personen/DSC_0721_bearbeitet-1.jpg" length="61705" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6277</guid><pubDate>Thu, 28 Nov 2019 17:00:00 +0100</pubDate><title>Non au sabotage du partenariat social ! </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/non-au-sabotage-du-partenariat-social</link><description>Le Conseil des États doit rejeter la motion Baumann </description><content:encoded><![CDATA[<p>La Commission de l'économie et des redevances du Conseil des États (CER-E) a récemment lancé une attaque frontale contre le partenariat social et la protection cantonale des salaires dans les cantons frontaliers que sont Neuchâtel, le Jura, et le Tessin. Aujourd'hui, la balle est dans le camp du Conseil des États : la motion Baumann, qui a lancé le pavé dans la mare, doit être rejetée, et ce, peu avant la votation au printemps sur l'initiative catastrophique contre la voie bilatérale (initiative " de limitation ").</p><p>Le texte (motion 18.3934) porte le joli nom de « Renforcer le partenariat social dans le cadre de conventions collectives nationales de travail ». Ceci est plutôt cynique, car cette motion veut en fait empêcher les cantons de prendre des mesures contre les salaires trop bas : les salaires minimaux cantonaux ne s'appliqueraient plus dans les secteurs où une convention collective de travail (CCT) déclarée de force obligatoire contient également des dispositions sur les salaires. La motion ne veut rien de plus que de produire des travailleurs et travailleuses pauvres.</p><p>Pourtant, selon la Constitution fédérale, les cantons sont compétents pour légiférer en matière de politique sociale. Ils peuvent donc également déterminer que les salaires doivent couvrir le minimum vital. C'est pourquoi, lors du débat sur un salaire minimum national, les opposants à l'initiative ont toujours bien souligné que les cantons pouvaient introduire un salaire minimum si nécessaire. Et le Tribunal fédéral a confirmé cette compétence.</p><h3>Des exceptions à la baisse</h3><p>Une mise en œuvre de la motion Baumann constituerait une violation flagrante de la Constitution et un sabotage du partenariat social. Les CCT pourraient être dévoyées dans le but d'affaiblir encore davantage un droit du travail déjà bien fluet et de contourner la volonté du législateur. Au lieu de garantir de meilleures conditions que les normes minimales légales pour les salarié-e-s, elles permettraient au contraire de faire des exceptions, à la baisse. Il serait aussi dangereux que scandaleux que les CCT puissent servir d'instrument pour faire baisser les salaires légaux.</p><p>Il est inquiétant que cette atteinte à la souveraineté des cantons vienne précisément de la part du Conseil des États. La motion s'attaque en effet aux salaires des employé-e-s dans les régions frontalières des cantons de Neuchâtel et du Jura, mais aussi au Tessin et à Bâle, où une loi cantonale sur le salaire minimum fait actuellement l'objet d'un débat. Il faut espérer que la nouvelle Chambre des États suivra la proposition du Conseil fédéral, des cantons et des syndicats et rejettera la motion Baumann au lieu de torpiller la paix sociale en Suisse.</p><p>Les intentions et les méthodes du motionnaire sont particulièrement dangereuses en cette période précédant la votation sur l'initiative de l'UDC. Les cantons frontaliers avaient introduit des salaires minimaux cantonaux comme une des mesures pour lutter contre la pression sur les salaires dans le cadre de la libre circulation des personnes. Ces cantons se verraient désormais privés de cet outil par le Parlement : du pain béni pour l'initiative " de limitation " !</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Salaires et CCT</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/e/9/csm_Bundeshaus_Bern_-_Federal_palace_of_Switzerland_852909e44f.jpg" length="309035" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6284</guid><pubDate>Tue, 19 Nov 2019 09:51:00 +0100</pubDate><title>Les cantons ouvrent grand la porte à la sous-enchère</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-cantons-ouvrent-grand-la-porte-a-la-sous-enchere</link><description>Marchés publics : une décision irresponsable</description><content:encoded><![CDATA[<p>En décidant le 15 novembre de maintenir le principe du lieu d'origine des entreprises de détachement de main d'oeuvre dans l'accord intercantonal sur les marchés publics (AIMP), les cantons ne se montrent pas à la hauteur de leurs responsabilités. Ils ouvrent littéralement grand la porte à la sous-enchère salariale et sociale.</p><p>Cette décision est d'autant plus incompréhensible que la Confédération a elle-même récemment révisé sa loi sur les marchés publics (LMP) et que les syndicats sont parvenus à empêcher des détériorations, en particulier le passage au principe du lieu d'origine. Le Parlement a finalement décidé de garder le principe du lieu d'exécution, qui a fait ses preuves.</p><p>D'une manière générale, avec la loi révisée sur les marchés publics, le changement de paradigme attendu depuis longtemps peut enfin avoir lieu : la qualité et les aspects sociaux retrouvent une certaine importance, ce n'est plus le prix qui détermine tout. Le message aux cantons était clair. Pourtant, ceux-ci n'ont pas saisi l'occasion de suivre cette direction.</p><p>Le refus des cantons de passer enfin au principe du lieu de prestation, dans le contexte des nouvelles dispositions de la LMP, laisse perplexe : lors du débat parlementaire, il a été souligné explicitement que l'inscription de ce principe constituait une incitation directe à l'harmonisation de l'AIMP.</p><p>Nous trouvons très inquiétant du point de vue de la politique juridique que les cantons ignorent sciemment la volonté du législateur dans un domaine aussi important, malgré le mandat très clair d'aller vers une harmonisation. C'est aussi un affront fait aux travailleurs et travailleuses des branches les plus touchées, ainsi qu'aux entreprises des cantons " à hauts salaires " qui se retrouvent désavantagées par rapport aux soumissionnaires venant de cantons " à bas salaires ". Si elles veulent rester dans la course, les premières devront tendre vers une détérioration des conditions de travail et des salaires. En maintenant le principe du lieu d'origine, les cantons ont lancé une spirale descendante. Les faîtières syndicales USS et Travail.Suisse, ainsi que les syndicats les plus concernés Syna et Unia, condamnent cette décision avec la plus grande vigueur.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/0/a/csm_Strassenbau-Baustelle_Juan-Enrique-iStock_727d4cc409.jpg" length="340834" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6279</guid><pubDate>Fri, 15 Nov 2019 12:21:00 +0100</pubDate><title>Attaque contre les conventions collectives de travail </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/attaque-contre-les-conventions-collectives-de-travail</link><description>Sabotage du partenariat social sur le dos des « working poors » </description><content:encoded><![CDATA[<p>La Commission de l'économie et des redevances du Conseil des États (CER-E) a décidé par 9 voix contre 3 et une abstention de recommander la motion Baumann pour adoption. Le texte porte le joli nom de " Renforcer le partenariat social dans le cadre de conventions collectives nationales de travail ". Ceci est plutôt cynique, car cette motion veut en fait empêcher les cantons de prendre des mesures contre les salaires trop bas : les salaires minimaux cantonaux ne s'appliqueraient plus dans les secteurs où une convention collective de travail (CCT) déclarée de force obligatoire contient également des dispositions sur les salaires. La motion ne veut rien de plus que de produire des travailleurs et travailleuses pauvres</p><p>Pourtant, selon la Constitution fédérale, les cantons sont compétents pour légiférer en matière de politique sociale. Ils peuvent donc également déterminer que les salaires doivent couvrir le minimum vital. C'est pourquoi, lors du débat sur un salaire minimum national, les opposants à l'initiative ont toujours bien souligné que les cantons pouvaient introduire un salaire minimum si nécessaire. Et le Tribunal fédéral a confirmé cette compétence.</p><h3>Exceptions à la baisse</h3><p>Une mise en œuvre de la motion Baumann constituerait une violation flagrante de la Constitution et un sabotage du partenariat social. Les CCT pourraient être dévoyées dans le but d'affaiblir encore davantage un droit du travail déjà bien fluet et de contourner la volonté du législateur. Au lieu de garantir de meilleures conditions que les normes minimales légales pour les salarié-e-s, elles permettraient au contraire de faire des exceptions, à la baisse. Il serait aussi dangereux que scandaleux que les CCT puissent servir d'instrument pour faire baisser les salaires légaux.</p><p>Il est inquiétant que cette atteinte à la souveraineté des cantons vienne précisément de la part du Conseil des États. La motion s'attaque en effet aux salaires des employé-e-s dans les régions frontalières des cantons de Neuchâtel et du Jura, mais aussi au Tessin et à Bâle, où une loi cantonale sur le salaire minimum fait actuellement l'objet d'un débat. Il faut espérer que la nouvelle Chambre des États suivra la proposition du Conseil fédéral, des cantons et des syndicats et rejettera la motion Baumann au lieu de torpiller la paix sociale en Suisse.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/8/a/csm_Bundeshaus-waehrend-Session_1e7fa2a8e8.jpg" length="365495" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6231</guid><pubDate>Thu, 17 Oct 2019 17:15:00 +0200</pubDate><title>Un large front contre l’allongement du temps de travail, au besoin avec un référendum</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/un-large-front-contre-l-allongement-du-temps-de-travail-au-besoin-avec-un-referendum</link><description>Communiqué de l’Alliance contre le stress et le travail gratis</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Semaine de 67 heures, travail de nuit et du dimanche obligatoires : voilà ce qui pourrait pendre au nez des personnes qui ont le malheur d’être considérées comme étant des « travailleurs et travailleuses qui exercent une fonction dirigeante » ou des « spécialistes ». C’est ce que veut l’initiative parlementaire du conseiller aux États PDC Konrad Graber. L’Alliance contre le stress et le travail gratis s’y oppose, si nécessaire en saisissant le référendum.</p><p>Si cette initiative parlementaire « Introduire un régime de flexibilité partielle dans la loi sur le travail et maintenir des modèles de temps de travail éprouvés » était acceptée, le droit suisse du travail deviendrait ni plus ni moins qu’une coquille vide. Les définitions floues de ces catégories de salarié-e-s ouvriraient tout grand la porte aux abus – et notre élu PDC le sait bien. Le plus grand nombre de salarié-e-s possible se retrouverait dans ces catégories et par conséquent, être utilisé, en cas de surplus de travai,l au bon vouloir du patronat. Et ce, jusqu’à 67 heures par semaine, dimanche compris !</p><p>Jeudi et vendredi 17 et 18 octobre, la Commission de l’économie et des redevances du Conseil des États (CER-E) se prononcera sur cette initiative, et rarement la situation aura été aussi claire. Ce projet a été mis en pièces de tous côtés. Les inspectorats cantonaux s’y opposent, tout comme les Églises nationales et d’autres membres de l’Alliance pour le dimanche. Les médecins en général, ainsi que celles et ceux du travail mettent en garde contre les conséquences catastrophiques d’une telle déréglementation.</p><p>Toutes ces voix auraient dû être entendues puisque la CER-E avait annoncé des auditions dans un premier temps, pour purement et simplement les annuler<br> ensuite. Apparemment, elle a pris simplement peur en voyant les nombreuses critiques émises par des organisations allant de la Société Suisse de Médecine du Travail de la FMH à l’Alliance pour le Dimanche. Mais manifestement, elle a quand même eu le courage d’essayer de faire subrepticement passer cet objet quelques jours avant les élections fédérales.</p><p>L’Alliance contre le stress et le travail gratis a d’ores et déjà annoncé le lancement d’un référendum si ce projet cynique devait quand même passer la rampe au Parlement. Les médecins, le Conseil fédéral, les Églises, les syndicats, les inspectorats cantonaux du travail ainsi que le Conseil fédéral disent tous clairement NON à cette déréglementation. Finalement, selon l’OCDE, le droit suisse du travail est déjà l’un des plus souples et des plus favorable aux employeurs et employeuses. En comparaison internationale, la durée du travail est déjà beaucoup trop longue dans notre pays. Tant qu’à faire, il faudrait plutôt raccourcir la durée hebdomadaire du travail, comme le revendiquait d’ailleurs tout récemment haut et fort la Grève des femmes*. Ce sont de fait précisément les femmes et les familles qui pâtiraient le plus de la mise en œuvre des idées de M. Graber.</p><p>Compte tenu de cette levée de boucliers de tous bords contre cette initiative, l’Alliance contre le stress et le travail gratis s’attend donc à ce que la CER-E classe cette initiative parlementaire innommable et qu’elle l’enterre définitivement, comme la Chambre des cantons l’a d’ailleurs fait récemment avec une initiative similaire de l’ancienne conseillère aux États et actuelle conseillère fédérale Karin Keller-Sutter.</p><p>&nbsp;</p><h5>L’Alliance contre le stress et le travail gratis</h5><ul><li>Union syndicale suisse (USS)</li><li>Travail.Suisse</li><li>Société suisse de médecine du travail (SSMT)</li><li>Association suisse des employés de banque (ASEB)</li><li>Fédération Suisse des Associations professionnelles du domaine de la Santé (FSAS)</li><li>Association suisse des médecins-assistant(e)s et chef(fe)s de clinique (ASMAC)</li><li>ainsi que les syndicats Syna, syndicom, Unia et SSP</li></ul>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/c/3/csm_frau-gestresst-kopfschmerz_c-inkje-photocase_bf91282e5f.jpg" length="79396" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6214</guid><pubDate>Fri, 20 Sep 2019 11:00:00 +0200</pubDate><title>Le SSP à Strasbourg pour défendre le droit de grève en Suisse</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-ssp-a-strasbourg-pour-defendre-le-droit-de-greve-en-suisse</link><description>Avec son arrêt dans le cas de la grève à l’hôpital de La Providence à Neuchâtel, le Tribunal fédéral remet gravement en question le droit de grève en Suisse. Le SSP a donc décidé d’aller devant la Cour européenne des droits de l’homme afin de défendre ce droit fondamental.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Ces personnes étaient descendues dans la rue, car elles ne voyaient plus d'autre moyen de défendre leurs conditions de travail. En devenant le nouveau propriétaire de l'hôpital de La Providence à Neuchâtel en 2012, le groupe de cliniques privées Genolier avait résilié la convention collective de travail afin de pouvoir réduire les salaires et les allocations et allonger la durée du travail. Mais pas seulement : il avait également refusé de discuter avec les salarié-e-s de cet hôpital privé.</p><p>C'est peut-être pour cette raison que la grève a été largement soutenue par la population locale. Mais après un long bras-de-fer, le groupe Genolier a tout simplement licencié les grévistes. Aux yeux de ces derniers et de leur syndicat SSP, une chose est sûre : en procédant ainsi, le groupe s'est mis en marge de la loi. Il est vrai que la Suisse ne connaît toujours pas - et ce n'est pas glorieux - de protection contre le licenciement digne de ce nom pour les militant-e-s syndicaux. Mais en même temps, elle garantit le droit de grève à l'article 28 de sa Constitution.</p><h3>Décision scandaleuse</h3><p>Plus de sept ans se sont écoulés depuis cette grève. Entretemps, le cas est allé jusqu'au Tribunal fédéral (TF), qui a rendu cette année son arrêt, une décision scandaleuse aux yeux des syndicats : la défense des conditions de travail existantes, garanties par une CCT cantonale largement ancrée, était "disproportionnée", et la grève par conséquent illicite.</p><p>Jusqu'alors, la jurisprudence était claire. Une grève est licite lorsqu'elle remplit les conditions formelles suivantes : a) les revendications portent sur les relations de travail ; b) elle est soutenue par un syndicat ; c) une résolution du conflit a été tentée par voie de négociations et a échoué, d) elle ne met pas en danger l'existence même de l'entreprise. Dans son arrêt sur les grévistes de La Providence, le Tribunal fédéral s'écarte de cette ligne et va beaucoup plus loin : désormais, même des grèves purement défensives pourraient être déclarées illicites si les juges estiment qu'une dégradation des conditions de travail est tolérable. Ce qui, de facto, signerait l'arrêt de mort du droit de grève.</p><h3>Néfaste pour le système de santé</h3><p>Les syndicats ne peuvent et ne veulent pas accepter cela. C'est pourquoi le Syndicat des services publics (SSP) a décidé de faire recours contre ce jugement auprès de la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg. L'USS soutient cette démarche. "La concurrence déloyale sur le dos des salarié-e-s ruine le système de santé suisse", a martelé le président de l'USS Pierre-Yves Maillard lors de la conférence de presse du SSP sur ce sujet. Et l'ancien ministre vaudois de la santé d'ajouter : "Aucune lutte démocratique contre ce phénomène n'est 'disproportionnée'". La Suisse se doit de respecter, enfin, les droits fondamentaux du travail, tels qu'ils sont garantis par l'Organisation internationale du travail (OIT).</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/3/7/csm_European_Court_of_Human_Rights_cc-by-sa_Cherryx-Wikimediacommons_2a7997dd48.jpg" length="300451" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6209</guid><pubDate>Wed, 18 Sep 2019 14:33:59 +0200</pubDate><title>Succès de la résistance contre l’allongement du temps de travail </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/succes-de-la-resistance-contre-l-allongement-du-temps-de-travail</link><description>Communiqué de presse de l’Alliance contre le stress et le travail gratis</description><content:encoded><![CDATA[<p>La résistance manifestée par l'Alliance contre le stress et le travail gratis porte enfin ses fruits : la loi sur le travail (LTr) ne sera pas vidée de sa substance. Le Conseil des États a en effet renoncé à supprimer pour une grande part des salarié-e-s l'obligation d'enregistrer le temps de travail. Un outil central, qui protège ces derniers du travail gratis et des durées de travail excessives, est donc maintenu.</p><p>En décidant d'enterrer une initiative de l'ancienne conseillère aux États Karin Keller-Sutter, la Chambre des cantons reconnaît que les projets de déréglementation de grande ampleur de la LTr sont inappropriés et se heurtent à une vaste résistance de la part des syndicats, des médecins du travail ainsi que des cantons. En abolissant l'obligation d'enregistrer sa durée du travail, la mise en œuvre de l'initiative Keller-Sutter aurait détruit l'outil qui permet avant tout de vérifier les durées maximales de travail et le volume de travail supplémentaire. Selon l'Enquête suisse sur la population active (ESPA), au moins 26 % des salarié-e-s auraient été touchés.</p><p>Mais ce premier pas ne suffit toutefois de loin pas aux yeux de l'Alliance des syndicats, des médecins du travail et des médecins assistant-e-s. Maintenant, le Conseil des États et la Commission de l'économie et des redevances devront aussi abandonner les projets de prolongation de la durée hebdomadaire du travail et d'assouplissement encore plus poussé de l'interdiction du travail dominical. Raison pour laquelle l'initiative parlementaire du conseiller aux États Konrad Graber doit elle aussi être enterrée. À l'heure où des études constatent une hausse constante du stress dans le monde du travail et où toujours plus de personnes sont victimes d'épuisement professionnel, il s'agit d'accroître la protection des travailleurs et travailleuses, et non de la diminuer. Le Conseil des États serait bien inspiré de prendre au sérieux l'opposition manifestée par les syndicats, les médecins du travail, les Églises et les cantons, et de renoncer aussi à ce projet. Mais si le Parlement devait maintenir ce dernier, l'Alliance le combattrait par tous les moyens.</p><h5>Renseignements :</h5><ul><li>Brigitta Danuser, professeure, Société suisse de médecine du travail/FMH, 076 339 84 46</li><li>Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse, 079 287 04 93</li><li>Luca Cirigliano, secrétaire central de l'USS, responsable du droit du travail, 076 335 61 97</li><li>Marcel Marti, responsable Politique et communication de l'ASMAC, 031 350 44 82</li><li>Vania Alleva, présidente d'Unia, 079 620 11 14</li><li>Arno Kerst, président de Syna, 079 598 67 70</li><li>Stefan Giger, secrétaire général du SSP, 079 296 77 07</li><li>Daniel Münger, président de syndicom, 058 817 18 11</li><li>Denise Chervet, directrice de l'ASEB, 079 40 892 40</li><li>Claudia Galli, présidente de la fsas, 078 746 76 50</li></ul><h3>L'alliance contre le stress et le travail gratis :</h3><p>Union syndicale suisse (USS); Travail.Suisse ; Société suisse de médecine du travail (SSMT) ; Association suisse des employés de banque (ASEB) ; Fédération Suisse des Associations professionnelles du domaine de la Santé (FSAS) ; Association suisse des médecins-assistant(e)s et chef(fe)s de clinique (ASMAC) ; ainsi que les syndicats Syna, syndicom, Unia et SSP</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Frau_Aerztin_abends_muede_am-PC_istock_klein.jpg" length="367560" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6185</guid><pubDate>Tue, 17 Sep 2019 11:16:00 +0200</pubDate><title>Protection des données : un projet de loi déficient !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/protection-des-donnees-un-projet-de-loi-deficient</link><description>Le Conseil national doit de toute urgence revoir la copie</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La nouvelle loi sur la protection des données (LPD) a quatre gros défauts : elle n'est pas efficace, elle est contraire aux droits fondamentaux, elle empire la situation actuelle et elle est incompatible avec l'Union européenne (UE). Si le Conseil national ne l'améliore pas substantiellement, elle doit être rejetée.</p><p>Même la NZZ a rapporté cette mise en garde du préposé fédéral à la protection des données : le projet pour une nouvelle loi sur la protection des données est insuffisant. S'il n'est pas corrigé, l'Union européenne (UE) pourrait même lui refuser l'équivalence européenne.</p><p>Que s'est-il passé ? Le parlement était chargé de renforcer la protection des données et de l'adapter à la transformation numérique. Mais il a fait à peu près le contraire. On ne peut en aucun cas parler ici d'un renforcement, contrairement à ce qu'a fait l'UE avec sa nouvelle législation sur la protection des données.</p><h3>Violation du droit international</h3><p>Une des choses les plus choquantes pour des salarié-e-s, c'est que la majorité au Parlement n'a même pas prévu, dans l'article 4, de protéger le traitement de données ultrasensibles telles les affiliations syndicales. Cette lacune représente une violation ouverte du droit international pourtant ratifié par la Suisse, notamment de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH) ainsi que des conventions de l'OIT sur ce sujet.</p><p>L'UE est en train d'examiner le niveau de protection des données des pays tiers, dont celui de la Suisse. L'Office fédéral de la justice a dû répondre à des questions relatives à la situation légale actuelle, à l'état de la révision en cours de la loi ainsi qu'à la nature de la mission et des moyens concrets qui sont à la disposition du préposé fédéral à la protection des données.</p><p>Le résultat de cet examen devrait être disponible au printemps 2020. La Commission pourra ainsi prendre une décision au plus tard à la fin mai, comme le prescrit le règlement général de l'UE sur la protection des données. Si rien ne change dans le projet suisse de révision, Bruxelles devra vraisemblablement refuser l'équivalence à la Suisse.</p><h3>Faire ses devoirs</h3><p>Avec un projet de nouvelle loi sur la protection des données tel qu'il se présente actuellement, il n'y a qu'une chose à faire : le renvoyer à la commission avec le mandat d'élaborer un projet qui réponde au minimum aux exigences suivantes :</p><ul><li>être compatible avec la convention STE 108 (Conseil de l'Europe) ainsi qu'avec le droit de l'OIT;</li><li>garantir la reconnaissance de l'équivalence avec le règlement (UE) 2016/679</li><li>être compatible avec les accords de Schengen ;</li><li>avoir au moins le même degré de protection que ne le garantit la LPD actuellement en vigueur.</li></ul>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/recht/Datenschutz_Schloss-Tastatur_Jonathan_Schoeps_photocase.jpg" length="672064" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6174</guid><pubDate>Fri, 06 Sep 2019 10:15:00 +0200</pubDate><title>Des hausses de salaire de 2 % et un rattrapage tangible pour les femmes</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-hausses-de-salaire-de-2-et-un-rattrapage-tangible-pour-les-femmes</link><description>Négociations salariales 2019/2020</description><content:encoded><![CDATA[<p>L'économie suisse a connu une nette croissance au cours des trois dernières années. Pourtant, même si la charge de travail a augmenté, les salaires réels ont reculé de 0,6 % ! Ceci est injuste et met de plus en plus en péril le développement économique dans notre pays. Depuis 2015, la consommation par habitant-e (hors dépenses de santé) affiche une baisse réelle d'environ 0,7 %. Sans une hausse tangible des salaires, cette tendance va aller en s'aggravant. Voilà pourquoi les fédérations de l'Union syndicale suisse (USS) exigent des augmentations générales de salaires de 2 % pour les négociations salariales 2019/2020. Les salaires des femmes ont tout particulièrement besoin d'une hausse significative.</p><p>La marge de manœuvre est là : la conjoncture économique suisse se porte mieux que ce que beaucoup affirment ces derniers temps. Les entreprises recherchent plus de main-d'œuvre que jamais au cours des dix dernières années. Les affaires sont bonnes dans presque toutes les branches. Et elles restent globalement positives même dans l'industrie, où le ralentissement de la conjoncture internationale se fait pourtant sentir. Les entreprises s'attendent à une légère hausse des exportations pour les prochains mois.</p><p>De toute évidence, il est temps d'agir, et pas seulement dans la perspective de l'évolution de l'économie intérieure. Du point de vue des salarié-e-s, des augmentations de salaire sont nécessaires aussi pour compenser le renchérissement de près de 0,5 % pour l'année en cours ainsi que pour financer les hausses continuelles des primes-maladie. Sans oublier que la productivité ne cesse d'augmenter, de 1 % par année en valeur réelle.</p><p>Mais c'est pour les femmes que la nécessité de faire quelque chose est particulièrement prononcée. Le 14 juin, plus de 500 000 femmes et hommes solidaires sont descendu-e-s dans la rue pour réclamer des progrès en matière d'égalité, et plus particulièrement l'égalité salariale. Maintenant, il faut des avancées concrètes pour les salaires des femmes. Le retard salarial des femmes doit être corrigé par des hausses tangibles de salaire pour les femmes. Dans les branches qui relèvent du syndicat Unia, les femmes devront toucher, en plus de l'augmentation salariale de 2 %, au moins 50 francs supplémentaires.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/user_upload/Bilder/Einzelbilder_Artikel/190906_lohn_mk_maillard_lampart_alleva_muenger_zugeschnitten.jpg" length="174057" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6167</guid><pubDate>Fri, 30 Aug 2019 17:03:04 +0200</pubDate><title>Victoire d’étape des syndicats contre l’allongement du temps de travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/victoire-d-etape-des-syndicats-contre-l-allongement-du-temps-de-travail</link><description>Un frein aux attaques contre la loi sur le travail</description><content:encoded><![CDATA[<p>La résistance des syndicats et des médecins du travail contre l’allongement du temps de travail porte enfin concrètement ses fruits : la Commission de l’économie du Conseil des États (CER-E) a recommandé vendredi le classement de l’initiative parlementaire de l’ancienne conseillère aux États Karin Keller-Sutter. En faisant cela, la commission admet que ses projets d’une dérégulation de grande ampleur de la loi sur le travail sont inappropriés. L’initiative exigeait l’abandon, dans une large mesure, de l’enregistrement du temps de travail. Selon l’Enquête suisse sur la population active (ESPA), au moins 26 % des salarié-e-s auraient été touchés. On les aurait tout simplement privés de l’outil qui permet de vérifier si les durées maximales de travail sont respectées et si des heures supplémentaires sont effectuées. Il est grand temps que le Conseil des États suive la commission et enterre ce démantèlement de la protection des salarié-e-s.</p><p>Mais l’étape d’aujourd’hui ne suffit pas, loin s’en faut. La commission doit encore abandonner le projet d’augmenter la durée hebdomadaire maximale de travail et de continuer d’affaiblir l’interdiction du travail du dimanche. Ces mesures envisagées proviennent d’une initiative du conseiller aux États Konrad Graber. Alors que des études démontrent l’augmentation constante du stress au travail et que les personnes en burnout sont de plus en plus nombreuses, il faut viser plus de protection des salarié-e-s, et non moins comme semble toujours l’envisager la CER. Le Conseil des États serait bien avisé de tenir enfin compte de l’opposition des syndicats, des médecins du travail, des Églises et des cantons et de rejeter également ce projet de loi. Si le Parlement devait maintenir le projet, les syndicats le combattraient par tous les moyens.<br> &nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/5/0/csm_Bauarbeiter-in-Halle-Protesthaltung_AntonioRecena-photocase_5346d7d044.jpg" length="207435" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6151</guid><pubDate>Tue, 20 Aug 2019 09:50:04 +0200</pubDate><title>Le stress au travail augmente : le Conseil des États va-t-il enfin entendre raison ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-stress-au-travail-augmente-le-conseil-des-etats-va-t-il-enfin-entendre-raison</link><description>La révision prévue de la loi sur le travail ne ferait qu’accentuer cette tendance : il faut tirer les conséquences de l&#039;enquête suisse sur la santé 2017 et enterrer cette réforme.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le stress au travail a augmenté ces dernières années. C'est ce qui ressort de l'enquête suisse sur la santé 2017, publiée aujourd'hui par l'Office fédéral de la statistique (OFS). Au lieu de s'attaquer à ce problème, les politiciennes et politiciens de droite veulent aggraver la situation avec la révision de la loi sur le travail. Elles et ils souhaitent notamment faire en sorte que nombre de salarié-e-s se voient contraints de travailler plus longtemps, et même le dimanche. Le Conseil des États débattra de cette révision à la session d'automne : il doit enfin entendre raison et enterrer ce projet.</p><p>L'enquête suisse sur la santé 2017 est on ne peut plus claire : en 2017, 21 % de la population active interrogée par l'OFS subissait très souvent du stress au travail. En 2012, ce taux était de 18 %. La moitié de ces personnes se sentent émotionnellement épuisées au travail et sont ainsi exposées à un risque plus élevé de subir un burnout. Au lieu de reconnaître les pathologies liées au stress comme des maladies professionnelles et de diminuer les horaires hebdomadaires de travail, comme l'exigent la médecine du travail et les syndicats, les majorités des commissions de l'économie des chambres fédérales veulent plutôt empirer la situation en suivant les propositions du conseiller aux États Conrad Graber et de son ancienne collègue Karin Keller-Sutter, aujourd'hui conseillère fédérale. Le temps de travail hebdomadaire maximal grimperait à 67,5 heures et le nombre d'heures supplémentaires maximal par jour serait lui aussi augmenté. Même l'interdiction du travail du dimanche serait assouplie. Parallèlement, l'obligation pour les employeuses et employeurs de saisir le temps de travail des salarié-e-s serait en grande partie supprimée.</p><p>Au vu du résultat de l'enquête suisse sur la santé, il est inacceptable que les commissions de l'économie et des redevances (CER) s'obstinent à vouloir imposer ces mesures cyniques de déréglementation. Les pseudo-corrections décidées avant la pause estivale par la CER-E n'y changent rien. Elles sont de nature purement cosmétiques et le stress augmenterait quand même pour de nombreux salarié-e-s. Cette obstination est également incompréhensible : la révision de la loi sur le travail a échoué lors de la consultation. Elle a fait l'objet de critiques sévères de la part, notamment, des inspectorats cantonaux du travail, de la médecine du travail, des Églises avec l'Alliance pour le dimanche ainsi que des syndicats. Du plus, la commission ne tient aucun compte d'un rapport du Conseil fédéral qui souligne que le droit suisse du travail est déjà très souple. Si les Chambres ne mettent toujours pas le holà à cette charge contre la santé des salarié-e-s, les syndicats lanceront un référendum.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/d/e/csm_ueberarbeitet_burnout_ist-thodonal_d75e88c55f.jpg" length="149109" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6115</guid><pubDate>Thu, 11 Jul 2019 18:03:58 +0200</pubDate><title>Le Parlement a pris ses responsabilités, au tour des cantons de le faire !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-parlement-a-pris-ses-responsabilites-au-tour-des-cantons-de-le-faire</link><description>Révision de la loi sur les marchés publics (LMP)</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors de la révision totale de la loi sur les marchés publics, les syndicats sont parvenus à empêcher un certain nombre de détériorations. C'est au tour des cantons désormais de prendre leurs responsabilités.</p><p>La loi fédérale sur les marchés publics (LMP) est un objet crucial pour les salarié-e-s en Suisse. Si la révision avait mal tourné, elle aurait ouvert grand la porte à la sous-enchère salariale et sociale. Il est d'autant plus réjouissant que les syndicats aient réussi à empêcher des détériorations lors de cette révision de la loi sur les marchés publics. La proposition d'abandonner le principe du lieu d'exécution était particulièrement préoccupante : elle aurait entraîné une forte augmentation de la sous-enchère. Avec la nouvelle LMP, les Chambres fédérales se sont éloignées de la spirale infernale et ruineuse des prix pour aller vers davantage de de qualité sociale et durable : une belle victoire pour les syndicats ! L'USS se réjouit aussi du fait que la caisse de pension publique Publica ne sera pas soumise à la LMP.
</p><p>Il reste toutefois encore beaucoup à faire, et c'est maintenant aux cantons d'agir : ils doivent introduire de nouvelles mesures permettant de mieux lutter contre les abus et la précarisation, comme les chaînes de sous-traitants interminables, les faillites abusives et le travail temporaire.
</p><h3>Le principe du lieu d'exécution protège les salarié-e-s suisses de la sous-enchère</h3><p>Le Parlement a décidé de maintenir le principe du lieu d'exécution, qui a fait ses preuves. Ce qui veut dire qu'une entreprise qui brigue l'obtention d'un mandat public doit respecter les salaires et les conditions de travail du lieu où la prestation sera fournie. Exemple : une entreprise tessinoise qui soumet une offre pour la construction d'une grande halle à Zurich devra verser des salaires zurichois à ses employés. Si, comme cela se dessinait au début des débats, le Parlement avait adopté le principe du lieu de provenance, les conditions à appliquer seraient celles du lieu où l'entreprise a son siège ou est établie. L'entreprise tessinoise pourrait donc soumettre son offre avec des salaires tessinois. Mais avec un tel changement de paradigme, les soumissionnaires issus de cantons connaissant de bonnes conditions de travail seraient désavantagés par rapport à ceux de cantons " à bas salaires ". Pour rester concurrentiels, ils devraient procéder à une détérioration des conditions de travail dans leur propre entreprise. Conclusion : le principe du lieu de provenance de l'entreprise enclencherait une spirale vers le bas.
</p><p>Le principe du lieu d'exécution est donc crucial pour qui tient à protéger les salaires et les conditions de travail usuels dans la localité et la branche. Le Parlement a décidé de privilégier le principe du lieu d'exécution. Les cantons doivent maintenant adapter leur concordat intercantonal sur les marchés publics afin d'y réintroduire le principe du lieu d'exécution.
</p><h3>Limiter les chaînes de sous-traitants</h3><p>Plusieurs autres volets de la protection des salarié-e-s dans les marchés publics sont de la compétence cantonale. Les gouvernements et parlements cantonaux doivent maintenant prendre l'initiative et adapter les lois cantonales en conséquence.Ainsi, la chaîne de sous-traitants doit être limitée à un seul niveau. Aujourd'hui, dans la construction surtout, il n'est pas rare que les maîtres d'ouvrage ne savent même plus qui fait quel travail sur quel chantier et à quelles conditions, tellement ils ont de sous-traitants. Souvent, la Confédération, les cantons et les communes ne savent pas non plus qui, au final, fait quel travail. Cela crée un terrain extrêmement propice aux scandales puisque la probabilité de sous-enchères salariale et sociale, respectivement de travail au noir, augmente de façon exponentielle à chaque niveau supplémentaire de sous-traitance. Raison de plus pour mettre le holà à cette pratique néfaste, à tout le moins dans le domaine des marchés publics.
</p><h3>Attester de la conformité à la CCT, limiter le travail temporaire</h3><p>Dans les cantons, la loi doit aussi prévoir que des documents réellement fiables soient fournis pour attester de la conformité à la convention collective de travail (CCT) avant qu'un mandat ne soit octroyé à une entreprise d'une branche soumise à une CCT.
</p><p>Il est important aussi que les cantons limitent le recours au travail temporaire dans les marchés publics. Genève montre l'exemple en la matière : des discussions sont actuellement en cours pour inscrire dans la loi l'ancien règlement cantonal qui prévoyait de limiter à 20 % le taux d'employé-e-s temporaires sur les marchés publics.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-6109</guid><pubDate>Mon, 08 Jul 2019 14:59:11 +0200</pubDate><title>Soutien pour Mickaël Béday après un licenciement antisyndical</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/soutien-pour-mickael-beday-apres-un-licenciement-antisyndical</link><description>Plus de 100 manifestant-e-s exigent la réintégration du délégué syndical</description><content:encoded><![CDATA[<p>Plus de cent personnes ont manifesté ce lundi midi devant le siège de l'entreprise de composants d'horlogerie Dubois Dépraz au Lieu, dans la vallée de Joux (VD). Elles réclament la réintégration à son poste de Mickaël Béday, délégué syndical licencié il y a deux semaines sur la base de motifs douteux.
</p><p>Président de l'USS, Pierre-Yves Maillard s'est rendu sur place pour prendre part à cette manifestation de soutien. "Tout le monde prône le partenariat social", a-t-il déclaré devant les manifestant-e-s. "Mais sans une vraie réelle participation des salarié-e-s, ou si ceux-ci doivent craindre un licenciement lorsqu'ils et elles s'engagent, le partenariat social perd tout son sens."
</p><p>Le 24 juin, Mickaël Béday s'est vu signifier son licenciement pour des prétendues négligences. Auparavant, il avait subi de manière répétée des critiques de la part de l'entreprise en raison de son engagement syndical. Pour le syndicat Unia et pour les manifestant-e-s, il est évident que Dubois Dépraz cherchait un prétexte pour se débarrasser d'un représentant du personnel qui " dérangeait ". Ils exigent dès lors que M. Béday puisse réintégrer son poste dans l'entreprise et poursuivre son activité de délégué syndical.
</p><p>Ce nouveau cas démontre une fois de plus à quel point il serait important d'avoir une protection efficace contre le licenciement pour les représentant-e-s du personnel et les personnes engagées au plan syndical. Et à quel point la Suisse est malheureusement déficiente en la matière. Quelques semaines avant la Conférence annuelle de l'Organisation internationale du Travail (OIT), la Suisse a même atterri sur la liste noire des pays qui violent les conventions de l'OIT. Et ce, précisément l'année du centenaire de l'organisation onusienne et alors que la conférence allait être présidée, en juin, par l'ambassadeur suisse Jean-Jacques Elmiger.
</p><p>Au moins, cette liste noire a produit son effet : le conseiller fédéral Guy Parmelin a montré sa volonté d'améliorer, enfin, la protection contre les licenciements abusifs de salarié-e-s engagés au plan syndical. Il a proposé une médiation entre syndicats et patronat, accompagnée par des experts de l'OIT. Ce revirement a incité l'USS à approuver le retrait de la Suisse de la fameuse liste noire. Les parties ont désormais douze mois pour élaborer et présenter des propositions de solutions afin que la protection contre le licenciement en Suisse atteigne enfin le niveau des conventions de l'OIT. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-6098</guid><pubDate>Mon, 01 Jul 2019 09:07:14 +0200</pubDate><title>Le rôle-clé des mesures d’accompagnement indépendantes</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-role-cle-des-mesures-d-accompagnement-independantes</link><description>Commentaire de l’USS sur le Rapport de l’Observatoire sur la libre circulation</description><content:encoded><![CDATA[<p>La globalisation de la société et de l’économie a entraîné dans la plupart des pays une augmentation de l’immigration, et ce, indépendamment de l’introduction de la libre circulation des personnes. De plus, les annonces d’offres d’emplois sont aujourd’hui visibles depuis quasiment le monde entier, alors qu’avant l’an 2000, un employeur ou une employeuse devait publier une annonce dans un journal étranger s’il voulait trouver de la main-d’œuvre en dehors de la Suisse.</p><p>La libre circulation des personnes combinée aux mesures d’accompagnement a permis d’atténuer la problématique de la sous-enchère lors de l’embauche de travailleuses et travailleurs étrangers en Suisse. Ainsi, les personnes avec un permis de séjour de courte durée touchent aujourd’hui souvent les mêmes salaires, à travail égal, que les salarié-e-s suisses ou les étrangères et étrangers établis. Avec l’ancien système de contingents par contre, ils étaient nettement moins bien lotis. Ce qui comportait des risques pour l’ensemble de la structure des salaires.</p><p>Parallèlement, la libre circulation des personnes a facilité l’accès aux marchés pour deux formes de travail potentiellement précaires : les prestations de services par des entreprises étrangères (détachement de main-d’œuvre, indépendant-e-s) et le travail temporaire (location de personnel avec des permis de courte durée, entre autres). Les entreprises étrangères offrent des contrats de travail avec des salaires nettement inférieurs, ce qui entraîne un risque important de sous-enchère. Aujourd’hui, dans certaines régions, ces entreprises détiennent déjà une part de marché de 10 % ou plus ; dans certaines branches (construction en bois, construction métallique), cette part grimpe même à 30 %.</p><p>Les mesures d’accompagnement jouent un rôle-clé pour prévenir les effets négatifs de la libre circulation des personnes. Elles doivent donc être renforcées et non affaiblies. C’est pourquoi une protection des salaires indépendantes doit être garantie dans l’accord-cadre avec l’Union européenne (UE). Une reprise du droit européen et la compétence de la Cour de justice de l’UE comportent des risques beaucoup trop importants. Afin d’empêcher les abus dans le travail temporaire, les employé-e-s temporaires doivent avant tout être engagés aux mêmes conditions que les employé-e-s permanents d’une entreprise. Enfin, le Non à l’initiative « de limitation » de l’UDC est capital, car celle-ci remet en question l’ensemble de la voie bilatérale.<br> &nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/internat-eu/CH-EU_stadtratte-iStock.jpg" length="303602" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6097</guid><pubDate>Fri, 28 Jun 2019 11:12:19 +0200</pubDate><title>Dossier 133 : Le travail temporaire en Suisse</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/dossier-133-le-travail-temporaire-en-suisse</link><description>Importance, abus et revendications syndicales</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le travail temporaire est potentiellement une forme de travail précaire. Les employé-e-s sont inscrits dans une agence de travail temporaire et sont loués par celle-ci à une entreprise de mission, la plupart du temps pour une durée limitée. La majorité de ces personnes sont en réalité à la recherche d'un emploi durable. Ce n'est pas de leur plein gré qu'elles travaillent de manière temporaire, mais parce que les perspectives d'avenir sont toujours plus incertaines, les débouchés professionnels moins bons et parce qu'il y a encore et toujours des abus.</p><p>Afin d'éviter ces situations peu souhaitables, les syndicats et swissstaffing, l'association patronale des agences de travail temporaire, ont conclu une CCT en 2011, entrée en vigueur le 1er janvier 2012. Cette CCT contient des dispositions sur le salaire minimum et des mesures en matière de formation initiale et continue ainsi qu'une meilleure couverture sociale. Du point de vue des salarié-e-s, il s'agit là clairement d'un progrès par rapport à avant. En plus de la CCT, les partenaires sociaux et les autorités ont déployé des efforts qui ont porté leurs fruits en matière de réduction des risques d'accident courus par les employé-e-s temporaires.</p><p>Le travail temporaire a toutefois continué de se multiplier, en dépit de ces améliorations. Aujourd'hui, il atteint son plus haut niveau historique. Les contrôles des salaires et des conditions de travail continuent à faire apparaître de nombreuses infractions. Ainsi, des salaires trop bas ont été constatés dans 35 % des agences de travail temporaire en 2017.</p><p>C'est pourquoi, du point de vue syndical, de nouvelles avancées sont nécessaires. Le travail temporaire doit être limité et les abus combattus. Les expériences faites dans d'autres pays montrent quelles mesures sont efficaces. Le principe de l'égalité de traitement est particulièrement important ici : le personnel temporaire doit être engagé aux mêmes conditions (salaire, durée du travail, entre autres) que le personnel fixe. Il faut en outre prévoir des restrictions quantitatives, davantage de contrôles et une application systématique des lois.</p><p>La CCT a certes représenté un pas important vers l'abolition de la discrimination à l'encontre des employé-e-s temporaires, mais le temps est maintenant venu pour de nouvelles améliorations. Le travail temporaire doit être l'exception sur le marché suisse du travail.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Travail</category><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/sgb/dossier133-fr.png" length="914235" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6081</guid><pubDate>Tue, 11 Jun 2019 14:55:00 +0200</pubDate><title>Protection contre le licenciement : des progrès sont indispensables, sinon la pression des syndicats restera forte à l’OIT</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/protection-contre-le-licenciement-des-progres-sont-indispensables-sinon-la-pression-des-syndicats-restera-forte-a-l-oit</link><description>La Suisse retirée de la liste noire de l’OIT</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le conseiller fédéral Guy Parmelin, en charge de l'économie, a montré sa volonté d'enfin améliorer la protection contre les licenciements abusifs pour les salarié-e-s engagés au plan syndical. Il entend maintenant mener une médiation entre patronat et syndicats en impliquant les experts de l'Organisation internationale du travail (OIT). Objectif : élaborer d'ici douze mois des propositions de solutions qui permettraient d'élever le niveau de protection contre le licenciement pour le rendre conforme aux conventions de l'OIT. Sur la base de cette proposition de M. Parmelin, l'Union syndicale suisse (USS) a approuvé aujourd'hui le retrait de la Suisse de la liste noire des pays accusés de violations de la liberté syndicale.
</p><p>Peu avant la conférence de l'OIT, qui, à l'occasion du 100e anniversaire de son existence, est présidée par l'ambassadeur suisse Jean-Jacques Elmiger, la Suisse a été placée sur une liste noire de pays qui violent les conventions de l'organisation en la matière, conventions qu'elle a pourtant ratifiées. Mardi, le Comité de la liberté syndicale de l'OIT a décidé, sur proposition de la délégation suisse, de retirer la Suisse de cette liste.
</p><p>L'USS a approuvé cette décision, car elle y voit une vraie opportunité d'adapter enfin le droit suisse en cas de licenciement aux normes internationales. En 2003 déjà, l'USS avait déposé une plainte contre la Suisse pour non-respect des conventions ratifiées. Depuis, la Suisse s'est vue régulièrement réprimandée par l'OIT. Mais le Conseil fédéral a refusé de mettre en œuvre les recommandations de l'OIT. Il a toujours suivi les milieux patronaux suisses qui rejettent catégoriquement une meilleure protection contre le licenciement pour les membres des commissions de personnel, des Conseils de fondations de caisses de pension ainsi que des autres salarié-e-s engagés au plan syndical. Aujourd'hui, le conseiller fédéral Guy Parmelin s'est engagé à mettre en place d'ici peu une médiation externe qui aidera le patronat et les syndicats à élaborer des propositions de solutions pour une meilleure protection des salarié-e-s. Si cette démarche n'apporte aucune amélioration concrète, l'USS remettra la pression sur la Suisse par le bais de l'OIT. Les syndicats ont recensé récemment de nombreux cas de licenciements abusifs antisyndicaux.
</p><p>"Un travail important a déjà été effectué dans ce domaine. Il y a des expertises, et des discussions ont déjà eu lieu par le passé. Le changement de cap de M. Parmelin est une bonne nouvelle, tout comme le sont les signes que le patronat veut trouver des solutions à ce problème, sans œillères et en toute bonne foi. Ce genre de licenciements abusifs a déjà détruit de nombreuses carrières et vies de salarié-e-s. Il est inadmissible que la Suisse ne tienne pas ses engagements de droit international. Nous veillerons de près à ce que le Conseil fédéral respecte ses obligations en matière de droit international", déclare Pierre-Yves Maillard, président de l'USS.
</p><p>L'année prochaine, la Suisse rendra à l'OIT un rapport sur les résultats de la médiation. Par ailleurs, elle se soumettra volontairement à un examen extraordinaire par l'OIT en ce qui concerne le respect de la liberté syndicale. L'USS accompagnera ce processus. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-6078</guid><pubDate>Fri, 07 Jun 2019 15:50:36 +0200</pubDate><title>Un choix important dans la politique européenne</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/un-choix-important-dans-la-politique-europeenne</link><description>L&#039;USS salue les décisions du Conseil fédéral sur la relation Suisse-UE</description><content:encoded><![CDATA[<p>L'Union syndicale suisse (USS) salue les décisions prises aujourd'hui par le Conseil fédéral sur sa politique européenne. En choisissant de s'occuper d'abord en priorité de la lutte contre l'initiative " de limitation " de l'UDC, le Conseil fédéral prend un cap important, car l'initiative de l'UDC remet fondamentalement en question les accords bilatéraux. Le rejet de cette initiative constitue donc le prérequis pour toutes les démarches futures dans les relations bilatérales avec l'Union européenne (UE). L'USS mènera une campagne active pour combattre cette initiative. Dans ce sens, les dernières décisions du Conseil fédéral pour une amélioration de la situation des salarié-e-s plus âgés s'avèrent utiles et montrent que le Conseil fédéral est prêt à prendre au sérieux les craintes et les difficultés des personnes concernées.</p><p>Selon certains médias de ce jour, le Secrétariat d'État à l'économie (SECO) aurait mis en question, dans sa prise de position, la nécessité de la libre circulation des personnes. Si tel était vraiment le cas, cela témoignerait d'une irresponsabilité effarante. La libre circulation des personnes est essentielle pour les travailleurs et travailleuses en Suisse, mais une protection efficace des salaires l'est tout autant. Avec l'accord-cadre sur la table actuellement, cette protection aurait été de facto supprimée.</p><p>Dans ce contexte, il est positif que le Conseil fédéral prenne également au sérieux les profondes réserves des syndicats envers l'accord-cadre tel qu'il se présente actuellement et qu'il considère ce projet d'accord comme insuffisant. Les accords bilatéraux doivent être utiles aux personnes qui travaillent en Suisse. Un accord-cadre qui met en péril la protection des salaires n'est pas acceptable.</p><p>En Suisse, on doit verser des salaires suisses et respecter les droits des salarié-e-s en vigueur en Suisse. C'est aussi ce qu'avait promis le Conseil fédéral dans le cadre des votations populaires sur les bilatérales et la libre circulation des personnes. La " ligne rouge " des mesures d'accompagnement définie dans le mandat de négociation pour l'accord-cadre doit être maintenue.</p><p>Les mesures d'accompagnement ne sont pas négociables. La Suisse doit pouvoir décider elle-même comment elle entend protéger ses salaires, les plus élevés d'Europe, et, par conséquent, comment elle protège aussi tous les salarié-e-s, indépendamment de leur origine.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/aktionen/180905_USS-action-ligne-rouge.jpg" length="679085" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6068</guid><pubDate>Tue, 04 Jun 2019 18:02:00 +0200</pubDate><title>Marchés publics : protéger les salarié-e-s et éviter un nouveau conflit avec l’UE</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/marches-publics-proteger-les-salarie-e-s-et-eviter-un-nouveau-conflit-avec-l-ue</link><description>Le Conseil des États doit prendre ses responsabilités</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Parlement procède actuellement à une révision totale de la loi fédérale sur les marchés publics (LMP). Cet objet est crucial pour les salarié-e-s en Suisse, car si elle tourne mal, cette révision ouvrirait grand la porte à la sous-enchère salariale et sociale et pourrait créer de nouveaux conflits avec l'Union européenne (UE). La proposition d'abandonner le principe du lieu d'exécution est particulièrement inquiétante : elle entraînerait forcément une forte augmentation de la sous-enchère. Le Conseil des États doit enfin prendre les choses en mains.</p><h3>Le principe du lieu d'exécution protège les salarié-e-s suisses de la sous-enchère</h3><p>Les deux principes (lieu d'exécution et lieu de provenance) définissent quelles conditions de travail une entreprise doit respecter lorsqu'elle brigue l'obtention d'un mandat public. Avec le principe du lieu de provenance, ce sont les conditions du lieu où l'entreprise soumissionnaire a son siège ou est établie qui s'appliquent. Le principe du lieu d'exécution exige le respect des conditions du lieu où la prestation est fournie. Exemple : une entreprise tessinoise qui soumet une offre pour la construction d'une grande halle à Zurich devra, avec le principe du lieu d'exécution, verser des salaires zurichois ; avec le principe du lieu de provenance, elle peut soumettre ses offres avec des salaires tessinois. Avec le principe du lieu de provenance, les soumissionnaires de cantons connaissant de bonnes conditions de travail seraient désavantagés par rapport à ceux de cantons " à bas salaires ". Pour rester concurrents, ils devraient viser une détérioration des conditions de travail dans leur propre entreprise. Conclusion : le principe du lieu de provenance de l'entreprise enclencherait une spirale vers le bas.</p><p>Le principe du lieu d'exécution est donc crucial pour qui tient à protéger les salaires et les conditions de travail usuels dans la localité et la branche. Il est aussi un élément central des mesures d'accompagnement : il est sensé empêcher par exemple qu'une entreprise polonaise exécute un mandat à Bâle en versant des salaires valables en Pologne. La proposition du Conseil fédéral de miser désormais sur le principe du lieu de provenance constitue une rupture avec la philosophie des mesures d'accompagnement. Dans un revirement incompréhensible, la Commission de l'économie et des redevances du Conseil des États (CER-E) a subitement tourné sa veste et, par la voix prépondérante de son président, a tranché en faveur du principe du lieu de provenance, contrairement à ses décisions antérieures. La chambre des cantons doit désormais rectifier le tir.</p><p>Dans l'économie privée, les conditions de travail usuelles du lieu resteraient valables alors qu'elles ne le seraient plus pour les marchés publics. Ceci est incompréhensible. Ce qui l'est encore davantage, c'est que le Conseil fédéral s'obstine dans son message à vouloir introduire le principe du lieu de provenance. Pourtant de nombreuses organisations des arts et métiers, des organisations patronales et syndicales ainsi que les cantons ont rejeté ce changement de principe lors de la consultation.</p><h3>Limiter les chaînes de sous-traitants</h3><p>Plusieurs autres volets de la protection des salarié-e-s doivent être pris en compte dans cette révision. Ainsi, la chaîne de sous-traitants doit être limitée à un seul niveau. Aujourd'hui, dans la construction surtout, il n'est pas rare que les maîtres d'ouvrage ne savent même plus qui fait quel travail sur un chantier et à quelles conditions, tellement ils ont de sous-traitants. Souvent, la Confédération, les cantons et les communes ne savent pas non plus qui, au final, fait quel travail. Cela crée un terrain extrêmement propice aux scandales, puisque la probabilité de sous-enchères salariale et sociale, respectivement de travail au noir augmente de façon exponentielle à chaque niveau supplémentaire de sous-traitance. Raison de plus pour mettre le holà à cette pratique néfaste, à tout le moins dans le domaine des marchés publics.</p><h3>Attester la conformité à la CCT</h3><p>La révision devrait aussi prévoir que des documents réellement fiables devront être fournis pour attester de la conformité à la convention collective de travail (CCT) avant qu'un mandat soit octroyé à une entreprise d'une branche soumise à une CCT.</p><h3>Non à la subordination inutile et inappropriée de la caisse Publica à la LMP</h3><p>L'USS estime que les institutions de prévoyance professionnelle de droit public ne devraient pas être soumises à la loi sur les marchés publics. Ce serait en contradiction fondamentale avec la loi sur la prévoyance professionnelle (LPP), en particulier avec le principe de la gestion paritaire des caisses de pensions. La définition des rapports des institutions de prévoyance professionnelle de droit public avec les employeurs affiliés est une des attributions inaliénables, ne pouvant pas non plus être déléguée, de l'organe suprême de l'institution de prévoyance (art. 51a, al. 2, let. p LPP).</p><p>Les avoirs de prévoyance gérés appartiennent aux assuré-e-s, pas aux pouvoirs publics. Les institutions de prévoyance de droit public des cantons et des communes ne relèvent pas non plus du champ d'application subjectif du droit des marchés publics selon l'annexe I/appendice 2 de l'accord de l'OMC sur les marchés publics (AMP) encore en vigueur (cf. aussi l'arrêt 2C_6/2016 du 18 juillet 2016, consid. 3.5).</p><h3>Les entreprises contrôlées par la Confédération (ex. Swisscom) doivent être soumises à la loi</h3><p>Aujourd'hui, la situation dans le domaine des télécommunications et des techniques de l'information et de la communication (TIC) est paradoxale. Les investissements réalisés dans les réseaux de télécommunications (fibre optique, câble de cuivre, technologies sans fil) continuent à être élevés, mais des mandats sont désormais aussi attribués à des entreprises qui ne sont pas soumises à la CCT de la branche. Il est par ailleurs inquiétant de voir que de nombreux acteurs du marché appartiennent désormais à des grands groupes étrangers et obtiennent, pour certains, des mandats très importants. Comme ces entreprises ne sont pas soumises à la CCT de la branche, il est pratiquement impossible d'en contrôler les conditions de travail.</p><p>Soumettre à la LMP des entreprises comme Swisscom (Suisse) SA ou d'autres sociétés sous contrôle de la Confédération est le seul moyen de s'assurer que les mandats soient à l'avenir attribués uniquement à des entreprises qui respectent les conditions salariales et de travail usuelles dans la localité et la branche.</p><p>D'entente avec syndicom, le syndicat des médias et de la communication, l'USS exige donc que Swisscom et les autres entreprises sous contrôle de la Confédération soient soumises à la LMP.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Droit du travail</category><category>Salaires et CCT</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/8/a/csm_Bundeshaus-waehrend-Session_1e7fa2a8e8.jpg" length="365495" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6071</guid><pubDate>Tue, 04 Jun 2019 11:00:16 +0200</pubDate><title>Lanceurs d&#039;alerte : plutôt pas de révision qu’une pseudo-solution hypercomplexe !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/lanceurs-dalerte-plutot-pas-de-revision-qu-une-pseudo-solution-hypercomplexe</link><description>L’USS et le rejet par le National du projet de loi sur les lanceurs d’alerte</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Pour la deuxième fois déjà, le Conseil national a rejeté, lundi dernier, un projet de protection des lanceurs et lanceuses d'alerte. À juste titre, estime l'USS. En effet, " les meilleures intentions ne suffisent pas toujours ", comme l'a si bien dit la conseillère nationale socialiste zurichoise Min Li Marti, mais pas sans préciser aussi qu'il valait mieux enterrer décemment ce projet que l'accepter. </p><p>Un examen plus attentif montre en effet pourquoi ce dernier n'est pas parvenu à rassembler une majorité derrière lui et n'a pas non plus été approuvé par les syndicats. La révision avait pour mandat les deux objectifs suivants : </p><ul><li>améliorer la protection des lanceurs et lanceuses d'alerte, </li><li>augmenter la sécurité juridique. </li></ul><p>Deux objectifs qui n'ont pas été atteints, le contraire s'étant même produit. 
</p><p>La révision proposée n'aurait pas protégé les lanceurs et lanceuses d'alerte et cela, pour une raison fondamentale, que les actuelles majorités au sein du Parlement ne permettent pas de corriger. On aurait pu réglementer cette protection de manière concise et systématique, par exemple via la protection contre le licenciement du Code des obligations (art. 336 CO) ou dans une loi particulière (p. ex. comme législation-cadre ou à travers la révision du droit de la société anonyme, afin de différencier en fonction de la personne morale). Mais au lieu de cela, on nous a présenté une " solution " qui intègre la " protection " des lanceurs et lanceuses d'alerte dans les devoirs de diligence ou de fidélité des travailleurs et travailleuses (art. 321a CO) ! Ainsi, cette protection se voit transformée en son contraire : le devoir, pour les travailleurs et travailleuses, de se soumettre, en cas de signalement d'un dysfonctionnement, à une procédure incroyablement complexe. 
</p><p>En même temps, toute la question centrale de la protection contre le licenciement a été tout simplement ignorée. Même si un lanceur ou une lanceuse d'alerte avait fait tout juste, un tribunal n'aurait pu octroyer qu'une indemnité représentant au maximum six mois de salaire ; cela, alors que, comme le montre une étude, cette indemnité se monte en réalité plutôt à 2 ou 3 mois de salaire. 
</p><p>Et on aurait quand même perdu son boulot. Comment appeler ça une protection ? L'Organisation internationale du Travail (OIT) parle le même langage. Elle a mis la Suisse sur une liste noire à cause de l'absence de protection contre les licenciements abusifs. 
</p><p>Restait encore la question de la sécurité juridique. Formellement, le projet était trop compliqué et trop technique. La formulation d'en tout et pour tout sept articles comportant de nombreux alinéas et lettres est totalement atypique pour le CO. Cette loi devrait être écrite dans un langage clair et simple de manière à ce que chacun et chacune puisse la comprendre. Cela n'a pas été le cas ici. Même si l'on se donne de la peine de lire plusieurs fois le texte, on ne le comprend pas. Des juristes aussi ont du mal à la comprendre. Un-e profane, qu'il s'agisse d'une employeuse ou d'un travailleur, n'aurait pas pu s'y retrouver sans l'aide onéreuse d'une avocate ou d'un juriste. Même l'Administration fédérale a dû recourir à un graphique pour représenter et faire comprendre le système proposé à la Commission des affaires juridiques du Conseil national ! 
</p><p>Ce projet aurait découragé les travailleurs et travailleuses. Ils n'auraient pratiquement plus eu le droit de s'adresser aux autorités, sans parler des médias ou d'autres " tiers ". Le projet de " protection " des lanceurs et lanceuses d'alerte serait ainsi devenu une muselière pour ces derniers et il aurait protégé les employeurs et employeuses en lieu et place des travailleurs et travailleuses. 
</p><p>Les auditions et les entretiens avec des avocat-e-s spécialisés sur ces questions, l'Université de Saint-Gall, l'OIT et les syndicats ont montré que cette réforme ne satisfaisait personne et que tous et toutes la considéraient même comme un recul par rapport au statu quo. Moins de sécurité juridique, plus de conflits au travail et devant les tribunaux, moins de solutions adaptées à chaque cas particulier. On doit lui préférer le statu quo avec la jurisprudence établie. Pour toutes ces raisons, la décision de rejeter ce projet inadapté était la bonne. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-6054</guid><pubDate>Fri, 24 May 2019 10:00:00 +0200</pubDate><title>Les syndicats suisses s’engagent ensemble pour une Europe sociale</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-syndicats-suisses-s-engagent-ensemble-pour-une-europe-sociale</link><description>Congrès de la Confédération européenne des syndicats</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 14e Congrès de la Confédération européenne des syndicats (CES) s’est déroulé du 21 au 24 mai à Vienne. Les deux organisations faîtières suisses USS et Travail.Suisse y ont pris part et se sont engagées activement pour une Europe plus sociale. Preuve en est qu’à la demande des syndicats suisses et des confédérations autrichienne et tchèque, la CES a intégré dans son programme une meilleure protection de la main d’œuvre détachée contre la sous-enchère salariale et sociale. Les instruments en vigueur jusqu’ici se sont avérés insuffisants, notamment au vu de la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) concernant la proportionnalité des mesures nationales contre la sous-enchère.<br> &nbsp;<br> La conception d’une Union européenne (UE) sociale était au cœur du Congrès de la CES, une confédération qui représente pas moins de 45 millions de membres syndiqués dans 39 pays européens. À la veille des élections au Parlement européen, il est de plus en plus évident que le projet européen doit opérer un véritable virage social et bénéficier aux travailleurs et travailleuses s’il veut survivre après le Brexit et les divers succès électoraux populistes. L’UE en prend d’ailleurs le chemin, comme le montre la décision de rendre obligatoire d’ici deux ans un congé paternité d’au moins deux semaines et de deux mois de congé parental pour chacun des deux parents dans tous les États membres de l’UE.<br> &nbsp;<br> Le nouveau président de l’Union syndicale suisse (USS) Pierre-Yves Maillard et Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse et conseiller national, ont représenté les travailleurs et travailleuses suisses au Congrès de la CES. Tous deux ont été élus au Comité de la CES. Dans son intervention devant le Congrès, Pierre-Yves Maillard a remercié la CES et les divers syndicats européens de leur soutien dans la lutte pour le maintien des mesures d’accompagnement suisses. «&nbsp;Nous nous engageons pour les personnes qui travaillent en Suisse, quel que soit leur passeport ou leur domicile. De concert avec les syndicats européens, nous affirmons que rien ne saurait justifier une baisse de salaire. Nous protégeons les salaires et pas les frontières&nbsp;», a-t-il déclaré.<br> &nbsp;<br> Adrian Wüthrich a abondé dans le même sens&nbsp;: «&nbsp;Les mesures d’accompagnement telles qu’elles ont été élaborées en Suisse doivent servir de modèle pour l’UE&nbsp;: une protection active des salaires est souhaitable pour toute l’Europe. La collaboration transfrontalière pour contrôler les salaires en fait partie. C’est pourquoi la Suisse doit rester ferme sur les la protection des salaires dans l’accord-cadre et participer dès le début à l’Autorité européenne du travail.&nbsp;»<br> &nbsp;<br> La CES aussi estime que la réglementation de l’Union européenne doit se développer dans le sens des mesures d’accompagnement suisses et pas l’inverse.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-6053</guid><pubDate>Thu, 23 May 2019 18:29:00 +0200</pubDate><title>Sous-enchère salariale : dès qu’il y a des contrôles, des infractions sont découvertes</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/sous-enchere-salariale-des-qu-il-y-a-des-controles-des-infractions-sont-decouvertes</link><description>Rapport du SECO sur la mise en œuvre des mesures d’accompagnemen</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le rapport du SECO sur les mesures d'accompagnement rendu public aujourd'hui montre que les mesures d'accompagnement sont plus importantes que jamais ! Là où des contrôles ont lieu, des infractions en matière de salaire sont découvertes. Surtout dans des entreprises qui emploient des résident-e-s de courte ou très courte durée, ou des travailleurs et travailleuses temporaires. Les contrôleurs et contrôleuses de l'application des conventions collectives de travail (CCT) trouvent des infractions dans une entreprise suisse sur quatre et dans une entreprise de détachement sur cinq.
</p><h3>Environ 6500 entreprises versent des salaires trop bas</h3><p>L'an dernier, les contrôleurs et contrôleuses se sont penchés sur plus de 40 000 entreprises. Dans environ 16 % des cas, soit dans 6500 entreprises, ils ont découvert des salaires trop bas ou de l'indépendance fictive. Les taux d'infraction sont un peu plus élevés (plus de 20 %) dans les branches couvertes par des CCT prévoyant des salaires minimums, parce que les cas de sous-enchère y sont clairement définis grâce, justement, à ces salaires minimums. Dans les autres branches, les cantons permettent parfois des écarts vers le bas par rapport aux salaires usuels, si bien qu'une partie des entreprises dont les salaires sont trop bas passent à travers les mailles des contrôles. Dans ces cas, les taux d'infraction se montent à 15 % (entreprises de détachement), respectivement 12 % (entreprises suisses).
</p><h3>La moitié des employeurs et employeuses suisses refusent de corriger leurs salaires</h3><p>Dans les branches où des CCT ou des contrats-type de travail fixent des salaires minimums obligatoires, les employeurs et employeuses qui versent des salaires trop bas se voient infliger des amendes. En l'absence de salaires minimums, les cantons demandent aux entreprises d'adapter leurs salaires à ce qui doit être considéré comme usuel. Point positif : 83 % des entreprises étrangères donnent suite à cette demande. Mais on ne peut tolérer le comportement des employeurs et employeuses suisses, dont 51 % seulement adaptent leurs salaires. On est toujours frappé de voir que quelques cantons continuent à contrôler un nombre très faible d'entreprises suisses (p. ex. Fribourg, Saint-Gall ou Zoug) et que seuls quelques-uns ordonnent des suspensions des travaux.
</p><h3>Des mesures d'accompagnement plus importantes que jamais</h3><p>Les mesures d'accompagnement destinées à protéger les salaires suisses revêtent une très grande importance. Le nombre de détachements de main-d'œuvre est élevé. Là où des contrôles sont effectués, des infractions sont souvent trouvées. Si la Suisse devait, à cause de l'accord-cadre, réduire le nombre de ses contrôles ou limiter l'usage des instruments à cet effet (caution, annonce préalable des détachements, entre autres), cela aurait de graves conséquences. C'est pour cela que les syndicats demandent le développement et non le démantèlement des mesures d'accompagnement </p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-6029</guid><pubDate>Fri, 17 May 2019 10:44:41 +0200</pubDate><title>Protection contre le licenciement : mauvaise élève, la Suisse est sur la liste noire de l’ONU</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/protection-contre-le-licenciement-mauvaise-eleve-la-suisse-est-sur-la-liste-noire-de-l-onu</link><description>L&#039;Organisation internationale du travail OIT tance la Suisse</description><content:encoded><![CDATA[<p>Juste avant les célébrations du centenaire de l'Organisation internationale du travail (OIT), la Suisse est épinglée et pressée d'agir plus fermement contre les licenciements abusifs de salarié-e-s actifs au plan syndical, de membres de commissions du personnel ou de salarié-e-s membres de conseils de fondation dans les caisses de pension. L'organisation spécialisée des Nations unies a placé la Suisse sur une liste noire, aux côtés des 40 cas les plus graves en termes de violations des conventions de l'OIT. L'Union syndicale suisse (USS) appelle le Conseil fédéral et le Parlement à remédier au plus vite à cette situation.
</p><p> Concrètement, il est reproché à la Suisse de violer, dans le domaine de la protection contre le licenciement, les droits humains des salarié-e-s actifs au niveau syndical. Ces droits sont pourtant garantis par la convention n° 98 de l'OIT, que la Suisse a ratifiée. En 2004, l'OIT avait déjà signalé au Conseil fédéral que l'indemnisation maximale de six mois de salaire, prévue dans le Code des obligations (art. 336a al. 2) en cas de licenciement abusif, n'était pas assez dissuasive. Au contraire : on peut ainsi licencier des employé-e-s afin de les faire taire. Les études sur ce sujet montrent que les employeuses et employeurs fautifs sont dans la plupart des cas condamnés à verser seulement deux ou trois mois de salaire. Ils s'en tirent donc à bon compte.
</p><h3>Une facture salée</h3><p>À l'époque déjà, l'OIT demandait à la Suisse de fixer l'indemnité maximale à au moins 12 mois de salaire ainsi qu'à prévoir le réengagement de la personne licenciée dans les cas les plus graves. Depuis, il ne s'est rien passé. En Suisse, les employé-e-s qui, en exerçant leurs droits légaux et constitutionnels, gênent leurs supérieur-e-s sont toujours licenciés sans que cela fasse du bruit. Le projet du Conseil fédéral sur les lanceurs et lanceuses d'alerte n'aurait aucunement amélioré cette situation, il l'aurait au contraire encore aggravée, selon une représentante de l'OIT qui s'exprimait lors d'une audition devant la Commission juridique du Conseil national. Heureusement, la commission a pris cet avis au sérieux et veut faire couler le projet.
</p><p>Mais il faut quand même que quelque chose bouge : ce n'est pas acceptable que la Suisse ignore pendant des décennies des droits humains et des recommandations de l'OIT qu'elle a elle-même ratifiés. Elle reçoit maintenant la facture, et celle-ci est salée. Elle tombe précisément l'année où l'OIT fête à Genève les cent ans de sa création et où la Suisse présidera en juin la Conférence du centenaire de l'OIT.
</p><p>C'est une honte que la Suisse soit sur cette liste noire. Notre pays s'y retrouve au même titre que des États tels que la Sierra Leone, le Tadjikistan ou la Biélorussie. Il est grand temps que le Conseil fédéral et le Parlement revoient leur copie et fassent quelque chose. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-6024</guid><pubDate>Wed, 15 May 2019 16:43:52 +0200</pubDate><title>Des progrès importants pour les travailleurs et travailleuses âgés – Non à l’accord-cadre extrêmement dangereux</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-progres-importants-pour-les-travailleurs-et-travailleuses-ages-non-a-l-accord-cadre-extremement-dangereux</link><description>Ensemble de mesures du Conseil fédéral</description><content:encoded><![CDATA[<p>L'Union syndicale suisse (USS) se réjouit de voir que le Conseil fédéral prenne enfin des mesures pour résoudre les problèmes des travailleurs et travailleuses ainsi que des chômeurs et chômeuses âgés. La rente-pont, surtout, offrira à nouveau une certaine sécurité financière aux chômeurs et chômeuses âgés en fin de droit. Elle évitera aux personnes concernées de tomber à l'aide sociale et leur permet de ne pas devoir recourir à leurs avoirs de vieillesse avant l'âge ordinaire de la retraite. Ce sont là aussi les raisons pour lesquelles l'USS demande depuis longtemps à la Confédération de mettre en place une telle solution transitoire, à savoir la rente-pont. L'USS regrette toutefois que cette mesure ne s'applique pas déjà à partir de 58 ans et que le Conseil fédéral ne propose pas d'amélioration de la protection contre le licenciement pour les travailleurs et travailleuses âgés.</p><p>En politique européenne, l'USS persiste à défendre ses positions. Concernant l'accord-cadre, la " ligne rouge " des mesures d'accompagnement doit continuer à être appliquée. Ces dernières ne sont pas négociables. La Suisse doit pouvoir définir elle-même sa manière de protéger aujourd'hui et demain ses salaires, de loin les plus élevés d'Europe, et, par là tous et toutes les travailleurs et travailleuses, indépendamment de leur provenance.</p><p>En ce moment, la priorité politique est la lutte contre l'initiative de limitation de l'UDC, car elle remet fondamentalement en cause la voie bilatérale. Cette initiative doit être énergiquement combattue par toutes les forces qui veulent que l'on continue à passer par cette voie. L'USS attend en outre du Conseil fédéral qu'en ce qui concerne l'accord-cadre du conseiller fédéral I. Cassis, extrêmement dangereux pour les salaires suisses, il clarifie rapidement les choses. Cela, en communiquant à la Commission européenne qu'en l'état, cet accord-cadre n'est pas acceptable.</p><p class="TitreRenseignements">&nbsp;</p><h5>Renseignements :</h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en chef de l'USS, 079 205 69 11</li><li>Pierre-Yves Maillard, président de l'USS, 079 743 42 37</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication à l'USS, 079 249 59 74</li></ul><p class="Agencementdutexte">&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/8/3/csm_aeltererArbeiter_RainStar-iStock_kleiner_67970833b6.jpg" length="225197" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6016</guid><pubDate>Mon, 13 May 2019 09:30:00 +0200</pubDate><title>Il faut des mesures plus fortes pour limiter le travail temporaire</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/il-faut-des-mesures-plus-fortes-pour-limiter-le-travail-temporaire</link><description>Travail temporaire en plein essor</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le travail temporaire en Suisse a pris des proportions inquiétantes : depuis 1995, la part de ce type de travail potentiellement précaire par rapport au volume global du travail a plus que quintuplé pour atteindre 2,6 %. Même si en 2012, une convention collective de travail (CCT) pour les employé-e-s temporaires a permis d'apporter des progrès substantiels, l'évolution à la hausse de ce type d'emploi est préoccupante. Les employé-e-s temporaires restent défavorisés par rapport à leurs collègues avec des emplois permanents. Ils gagnent moins, courent un risque plus élevé d'accident et leurs perspectives d'évolution professionnelle sont moins bonnes que dans un emploi stable. Pas étonnant donc que la majorité des employé-e-s temporaires recherchent plutôt un emploi fixe. Le Dossier sur le travail temporaire, publié aujourd'hui par l'USS, illustre bien la situation.
</p><p>"Qu'ils ou elles soient issus de l'immigration, qu'ils ou elles travaillent pour Uber ou pour une entreprise temporaire, une personne qui travaille doit être au bénéfice des mêmes droits sociaux que les autres et doit recevoir un salaire identique pour un travail identique au même endroit", a déclaré Pierre-Yves Maillard, président de l'USS. C'est pourquoi le travail temporaire, qui met sous pression les salaires et les conditions de travail, doit être restreint.
</p><p>L'USS a étudié les réglementations de nombreux pays en matière de travail temporaire. Cette analyse montre que la situation peut s'améliorer avec des prescriptions plus strictes sur les conditions de travail (principe d'égalité de traitement) ainsi que lorsque des limites quantitatives sont posées.
</p><p>L'USS exige notamment ce qui suit :</p><ul><li>Les employé-e-s temporaires doivent avoir les mêmes conditions de travail que les personnes avec un contrat de travail régulier. Le principe de l'égalité de traitement doit être réalisé dans la CCT et inscrit dans la loi.</li><li>La Confédération et les cantons fixent des plafonds pour la part d'employé-e-s temporaires travaillant dans le domaine des marchés publics.</li><li>La Confédération et les cantons contrôlent systématiquement les autorisations des agences de travail temporaire. Si les conditions d'autorisation ne sont plus remplies, l'autorisation est retirée.</li><li>Dans les domaines de la sécurité au travail et la protection de la santé, il faut mettre en place de meilleures mesures de prévention. Et, en particulier, le passeport de sécurité personnel pour les employé-e-s temporaires devient obligatoire. </li></ul>]]></content:encoded><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-6010</guid><pubDate>Fri, 03 May 2019 15:37:33 +0200</pubDate><title>La Commission des États met enfin la pédale douce</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-commission-des-etats-met-enfin-la-pedale-douce</link><description>Attaques contre la loi sur le travail – Communiqué de l&#039;Alliance contre le stress et le travail gratis</description><content:encoded><![CDATA[<p> La Commission de l'économie et des redevances du Conseil des États (CER-E) lève enfin un peu le pied sur le démantèlement de la protection des salarié-e-s qu'elle avait projeté. Après la levée de bouclier des inspectorats cantonaux du travail, des médecins du travail, des Églises ainsi que des syndicats et d'autres organisations de salarié-e-s, la CER-E a désormais aussi suspendu l'introduction, prévue dans la révision de la loi sur le travail, du travail du dimanche et de la semaine de 80 heures et fait machine arrière. Elle avait déjà dans un premier temps suspendu le projet d'abolir la saisie du temps de travail pour au moins 30 pourcent des travailleurs et travailleuses.
</p><p>La commission va enfin procéder à des auditions et attendre le résultats d'études. La CER-E aurait dû le faire bien avant. Elle aurait alors pris conscience que son projet allait rencontrer de très fortes résistances de la part des syndicats, des cantons, des médecins et des Églises et qu'il était voué à l'échec.
</p><p>La commission doit maintenant surtout examiner ce que coûteraient en termes de frais de santé la suppression effective de la durée maximale du travail hebdomadaire ainsi que la suppression de la saisie du temps de travail. Une chose est sûre : le nombre de cas d'épuisement professionnel exploserait et avec eux, la souffrance humaine et les coûts. Des coûts qui seraient à la charge de la collectivité par le biais de l'assurance-maladie puisque l'épuisement professionnel ("burnout") n'est malheureusement toujours pas reconnu comme maladie professionnelle en Suisse, contrairement à d'autres pays comme l'Italie, la France ou le Japon. L'Alliance contre le stress et le travail gratis est convaincue qu'au terme des auditions, la CER-E admettra elle aussi qu'il faut renoncer à toutes les mesures envisagées qui détériorent la protection des salarié-e-s.
</p><p>Les modifications cosmétiques introduites apparemment à la va-vite par la commission n'y changent rien : le travail du dimanche est élargi, on ne doit travailler "plus que" 67 heures par semaine. Et "seuls" les salarié-e-s gagnant 120 000 francs ou plus pourront être pressés comme des citrons.
</p><h5>ALLIANCE CONTRE LE STRESS ET LE TRAVAIL GRATIS :</h5><ul><li>Union syndicale suisse (USS)</li><li>Travail.Suisse</li><li>Société suisse de médecine du travail (SSMT)</li><li>Association suisse des employés de banque (ASEB)</li><li>Fédération Suisse des Associations professionnelles du domaine de la Santé (FSAS)</li><li>Association suisse des médecins-assistant-e-s et chef-fe-s de clinique (ASMAC)</li><li>ainsi que les syndicats Syna, syndicom, Unia et SSP</li></ul><h5>Renseignements :</h5><ul><li>Brigitta Danuser, professeure, Société suisse de médecine du travail (SSMT)/FMH, 076 339 84 46</li><li>Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse, 079 287 04 93</li><li>Luca Cirigliano, secrétaire central de l'USS, 076 335 61 97</li><li>Marcel Marti, directeur adjoint / responsable politique et communication (ASMAC), 031 350 44 82</li><li>Vania Alleva, présidente d'Unia, 079 620 11 14</li><li>Arno Kerst, président de Syna, 079 59 67 70 </li><li>Stefan Giger, secrétaire général du SSP, 079 296 77 07</li><li>Daniel Münger, président de syndicom, 058 817 18 11</li></ul>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-6008</guid><pubDate>Fri, 03 May 2019 14:56:06 +0200</pubDate><title>Salarié-e-s plus âgés : il faut une meilleure protection contre le licenciement</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/salarie-e-s-plus-ages-il-faut-une-meilleure-protection-contre-le-licenciement</link><description>Conférence nationale sur les salarié-e-s plus âgés </description><content:encoded><![CDATA[<p> La situation des salarié-e-s plus âgés se détériore en Suisse. Il leur est toujours plus difficile de retrouver un emploi quand ils ont perdu le leur. Même en faisant d'innombrables postulations, ils reçoivent trop souvent des réponses négatives. Et parfois avec des explications assez fumeuses. Si une personne a, en plus, des problèmes de santé ou des lacunes dans sa formation, elle devra être très chanceuse pour décrocher un nouvel emploi. En même temps, il est aujourd'hui nettement plus difficile de se sortir d'une telle situation par le biais d'une retraite anticipée ou d'une rente d'invalidité.
</p><p>Les causes principales de cette dégradation sont à chercher du côté des préjugés grandissants envers les travailleuses et travailleurs plus âgés, ainsi que du fait que certaines entreprises ont de moins en moins de scrupules à les licencier. La détérioration des prestations des caisses de pension (hausse de l'âge de la retraite et moins d'argent pour les retraites anticipées) et une pratique plus restrictive de l'octroi des rentes AI viennent encore noircir ce tableau. Pour les salarié-e-s, ces " sorties de secours " en cas de problème d'emploi sont devenues de moins en moins accessibles. Le nombre d'hommes prenant une retraite anticipée, par exemple, a sensiblement diminué ces dernières années, alors que la courbe du chômage montait. Conséquence : beaucoup plus de chômage de longue durée. Si elles ne trouvent pas de nouvel emploi, ces personnes finissent de plus en plus souvent par s'annoncer à l'aide sociale.
</p><p>Il faut améliorer la situation des salarié-e-s plus âgés. L'USS exige donc les mesures suivantes :</p><ul><li>Dans le Code des obligations, les employé-e-s de longue date qui ont plus de 50 ans doivent être protégés spécifiquement contre le licenciement. Les expériences faites avec ce genre de dispositions dans les conventions collectives de travail (CCT) sont positives. Une telle protection contre le licenciement inciterait aussi les employeuses et employeurs à mieux prendre soin de son personnel (formation et perfectionnement, protection de la santé).</li><li>Il faut trouver davantage de solutions par branche, avec des retraites anticipées, comme dans le secteur de la construction.</li><li>Les personnes plus âgées au chômage doivent avoir de meilleures perspectives de retrouver un emploi. Les ORP doivent davantage utiliser la nouvelle obligation d'annoncer les postes vacants pour placer des personnes.</li><li>Les salarié-e-s (et les personnes au chômage) doivent pouvoir bénéficier d'un bilan de situation professionnelle, respectivement d'une orientation de carrière (p. ex. dès l'âge de 45 ans). Ils devraient pouvoir compter sur un plus grand soutien pour la formation et la formation continue, par exemple via des offres supplémentaires et des campagnes d'informations dans les branches avec des CCT. La Confédération et les cantons doivent faciliter l'accès aux CFC (validation des acquis).</li><li>La protection contre les discriminations doit être améliorée, par exemple par une interdiction de discriminer telle que proposée par l'OCDE.</li><li>Les salarié-e-s plus âgés doivent bénéficier d'une meilleure protection sociale lors d'une perte d'emploi. La Confédération doit introduire une rente-pont pour les personnes en fin de droit. La rente-pont du canton de Vaud a eu des effets très positifs.</li></ul><h5>Renseignements:</h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire de l'USS, 079 205 69 11</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS, 079 249 59 74 </li></ul>]]></content:encoded><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5981</guid><pubDate>Tue, 30 Apr 2019 12:50:00 +0200</pubDate><title>Évolution très inquiétante des salaires en Suisse</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/evolution-tres-inquietante-des-salaires-en-suisse</link><description>Évolution des salaires en 2018</description><content:encoded><![CDATA[<p>L'évolution des salaires en Suisse est plus qu'inquiétante. Malgré une économie en plein essor, les salaires ont connu une baisse effective de 0,4 % en moyenne en 2018. Les employeurs et employeuses privent ainsi les salarié-e-s des effets de la croissance. D'autant plus que les budgets des ménages sont déjà bien plombés par les loyers et les primes-maladie en hausse constante. Ces résultats sont particulièrement choquants dans la construction, par exemple : malgré des années de haute conjoncture, la perte réelle est aussi de 0,4 % dans ce secteur.
</p><p>Dans les négociations salariales, la nouvelle intransigeance des employeuses et employeurs est inacceptable. Il faut maintenant des hausses substantielles de salaires. La croissance doit aussi profiter aux salarié-e-s.
</p><p> L'évolution des salaires négociés dans le cadre de conventions collectives de travail (CCT) est un peu meilleure, mais toujours pas suffisante. Ces salaires-là ont augmenté de 0,9 % en valeur nominale. Si l'on déduit le renchérissement de 0,9 %, cela revient à zéro augmentation réelle. Dans les faits, seul 0,3 % de l'augmentation nominale a été accordé de manière générale et 0,6 % individuellement. Et lorsque les salaires sont augmentés de manière individuelle, ce sont en général les hauts revenus qui en bénéficient.
</p><p>Aucune bonne nouvelle non plus du côté de l'égalité salariale : contrairement aux années précédentes, les femmes n'ont même pas continué de rattraper. L'écart salarial entre femmes et hommes s'est figé. Raison de plus pour faire grève le 14 juin pour des plus hauts salaires pour les femmes, pour plus de temps et du respect. </p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5965</guid><pubDate>Thu, 18 Apr 2019 11:10:00 +0200</pubDate><title>Risques de maladie liés à une longue semaine de travail : les femmes sont doublement exposées !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/risques-de-maladie-lies-a-une-longue-semaine-de-travail-les-femmes-sont-doublement-exposees</link><description>Les études sont claires: travailler plus de 40 heures par semaine est néfaste pour la santé</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">On tombe plus rapidement malade si l'on travaille régulièrement plus que 40 heures par semaine. Et cette réalité est encore plus prononcée pour les femmes. Le Parlement veut désormais introduire la semaine de 80 heures et abolir la saisie du temps de travail, ce qui pourrait s'avérer désastreux pour la santé de nombreux salarié-e-s. L'" Alliance contre le stress et le travail gratuit " combat ce projet dangereux !</p><p>Deux études publiées récemment <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0927537118300502?via%3Dihub" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">[1]</a>&nbsp;<a href="https://drc.bmj.com/content/6/1/e000496" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">[2]</a> montrent que chaque heure travaillée au-delà d'un volume de travail de 40 heures nuit à la santé. Et c'est particulièrement vrai pour les femmes cumulant les charges comme le travail de soins et d'assistance (" care ") !
</p><p>Pour ces enquêtes, 7065 Canadiennes et Canadiens ont été suivis pendant douze ans. Le résultat est effrayant : le risque de développer un diabète était de 63% chez les participantes travaillant régulièrement 45 heures par semaine ou plus ! Ces femmes ont été comparées à des volontaires travaillant entre 35 et 40 heures : celles-ci ne présentaient pas un tel risque.
</p><p>Même une légère augmentation du temps de travail a un effet sur la santé, selon l'étude : en ajoutant une heure au temps de travail hebdomadaire, le nombre de visites chez le médecin a augmenté de 13 %. Et la perception de son propre état de santé s'est détérioré de 2 % à cause de l'augmentation du temps de travail.
</p><h3>Double stress</h3><p>Les chercheurs et chercheuses ont démontré que le " facteur fatal " est à chercher du côté des heures (supplémentaires) de travail. D'autres facteurs nuisibles pour la santé ont été vérifiés : le résultat n'a pas changé de manière significative lorsque des facteurs comme le tabagisme, la consommation d'alcool, le manque de mouvement ou un indice de masse corporelle accru ont été ajoutés !
</p><p>L'étude montre que toute forme de travail au-delà de 40 heures par semaine tend à être néfaste. Mais pour les femmes, ce risque est encore plus élevé. Trop souvent, elles assument, outre un travail rémunéré, la plus grande partie du travail non rémunéré, que l'on appelle le travail de " care , comme par exemple s'occuper d'enfants ou de proches. Cela implique un double stress pour les femmes, avec les effets en conséquence sur leur santé.
</p><p>L'inégalité salariale entre femmes et hommes (écart salarial genré) vient s'ajouter aux facteurs mentionnés ci-dessus : les femmes gagnent moins, en général, pour le même travail, mais aussi parce qu'elles ont plus souvent des emplois mal rémunérés. Tout cela entraîne un stress supplémentaire, avec là aussi des répercussions négatives sur la santé.
</p><h3>Non à la semaine de 80 heures !</h3><p>Malgré ces constats limpides et basés sur des faits, les partis de droite en Suisse veulent supprimer pour une grande partie des employé-e-s toutes les dispositions de protection contre le stress et l'épuisement professionnel (" burnout ") prévues dans droit du travail. La révision en cours impliquerait pour de nombreux employé-e-s que la semaine de 80 heures, et même le travail dominical, deviendraient obligatoires sur demande de l'employeur. La saisie du temps de travail pourra aussi être complètement abolie : Adieu, le contrôle du temps de travail !
</p><p>Avec ses partenaires de l'" Alliance contre le stress et le travail gratuit ", l'USS se défendra contre ces propositions scandaleuses, par voie de référendum si nécessaire !
</p><p>&nbsp;</p><h3><b>Alliance contre le stress et le travail gratuit :</b></h3><p>Union syndicale suisse (USS), Travail.Suisse, Société suisse de médecine du travail (SSMT), Association suisse des employés de banque (ASEB), Fédération Suisse des Associations professionnelles du domaine de la Santé (FSAS), Association suisse des médecins-assistant-e-s et chef-fe-s de clinique (ASMAC), ainsi que les syndicats Syna, syndicom, Unia et SSP</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5967</guid><pubDate>Tue, 16 Apr 2019 15:20:00 +0200</pubDate><title>Pour un droit des armes moderne et plus sûr et une appartenance forte à l’espace Schengen</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pour-un-droit-des-armes-moderne-et-plus-sur-et-une-appartenance-forte-a-l-espace-schengen</link><description>Sécurité : OUI à la révision partielle de la loi sur les armes</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Ces dernières années, la violence armée est montée en puissance et peut nous toucher au quotidien : pensons aux attentats perpétrés à " Charlie Hebdo " à Paris ou dans les mosquées de Christchurch. De nombreux États y ont réagi en modernisant leur législation sur les armes, afin de rendre plus difficile l'acquisition de certaines armes particulièrement dangereuses par des terroristes et des criminels potentiels.</p><p>Ainsi l'Union européenne (UE) entend-elle, avec sa nouvelle directive sur les armes, instaurer l'obligation de marquage, d'enregistrement et donc de traçabilité des éléments essentiels des armes semi-automatiques. La Suisse veut transposer cette directive dans sa législation nationale, car actuellement, les armes automatiques et semi-automatiques ne sont enregistrées que de manière très lacunaire dans les registres des armes cantonaux.
</p><p>Le Conseil fédéral et le Parlement prônent une solution sur mesure pour notre pays, qui tient compte de la tradition suisse du tir et du tir sportif tout en améliorant notre sécurité à toutes et tous. Cette révision de la loi doit aussi être conçue de façon à permettre à la Suisse de rester dans l'espace de sécurité Schengen de l'UE, qui revêt une importance capitale pour notre pays, notamment dans le tourisme et l'économie. Le peuple votera le 19 mai sur cette révision partielle de la législation sur les armes.
</p><h3>De quoi s'agit-il exactement ?</h3><p>La plupart des adaptations sont minimes et de nature technique. Seule véritable innovation : la création d'un registre cantonal des armes semi-automatiques. Désormais, si l'on veut posséder une arme, il faudra être membre d'une société de tir ou prouver que l'on a suivi des cours pour apprendre à se servir d'une arme semi-automatique. Concrètement, la loi suisse sur les armes réglementera les points suivants :</p><ul><li>Comme à l'heure actuelle, il restera possible de garder son fusil d'assaut après le service militaire pour autant que la fonction entièrement automatique soit désactivée.</li><li>Dans le cadre du tir sportif, les armes semi-automatiques munies d'un chargeur de grande capacité demeureront autorisées, comme par ex. le fusil d'assaut militaire.</li><li>Comme maintenant, aucun test médical ni psychologique ne sera requis pour pouvoir posséder ou acheter une arme semi-automatique.</li><li>Il n'existera pas de registre national des armes, mais uniquement des registres cantonaux.</li><li>Les chasseuses et les chasseurs pourront continuer d'utiliser leurs armes.</li></ul><p>Quiconque possède déjà une arme semi-automatique devra l'annoncer dans un délai de trois ans au bureau cantonal des armes (si elle n'est pas déjà enregistrée). En cas d'acquisition d'un telle arme, il faudra attester après cinq ans et après dix ans l'usage régulier de l'arme ou l'affiliation à une société de tir. À l'avenir, les collectionneurs et collectionneuses devront prouver que ces armes sont stockées en toute sécurité et qu'ils tiennent une liste de leurs armes à feu.
</p><h3>Plus de sécurité à peu de frais</h3><p>Des adaptations modestes en somme, et sans grands frais (s'il y en a). Elles garantiront que ces armes dangereuses ne tombent pas entre de mauvaises mains, pour la plus grande sécurité de nous toutes et tous. La sécurité en sera renforcée aussi sur certains lieux de travail où, ces dernières années, la peur des armes à feu s'est accrue, à juste titre : fonctionnaires, agent-e-s de police ou personnel de vente par exemple. La police sera mieux à même de prévenir, ou du moins d'élucider, le commerce et le trafic ainsi que les crimes commis avec ce type d'armes.
</p><p>Enfin, un OUI le 19 mai renforcera notre appartenance à l'espace Schengen. L'échange électronique d'informations entre les autorités suisses et européennes pourra se poursuivre comme maintenant. L'économie et le tourisme suisses continueront à bénéficier de la circulation transfrontalière sûre et facilitée. Dans les aéroports européens, les voyageurs et voyageuses suisses profiteront des avantages de la liberté de voyager et ne devront pas recommencer à faire la queue pendant des heures dans les files réservées aux pays tiers.
</p><p>Qui donc choisirait de renoncer à plus de sécurité et de prospérité dans son propre pays, et à plus de liberté en voyage, uniquement parce que la loi sur les armes connaît quelques ajustements ponctuels ? Voilà pourquoi le 19 mai, les syndicats diront OUI à la modernisation de la loi sur les armes. </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5970</guid><pubDate>Tue, 16 Apr 2019 11:19:20 +0200</pubDate><title>Un guide pratique et fiable pour les employé-e-s et les personnes en recherche d’emploi en Suisse : le calculateur de salaire de l’USS fait peau neuve</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/un-guide-pratique-et-fiable-pour-les-employe-e-s-et-les-personnes-en-recherche-d-emploi-en-suisse-le-calculateur-de-salaire-de-l-uss-fait-peau-neuve</link><description>www.salaire-uss.ch</description><content:encoded><![CDATA[<p> Est-ce que mon salaire est correct ? Combien pourrais-je gagner si je travaillais à Zurich ? Ou encore : combien puis-je demander lors de l’entretien d’embauche ? Régulièrement, les salarié-e-s se trouvent confrontés à de tels questionnements, notamment lors d’une recherche d’emploi, mais aussi quand ils ont un travail fixe. C’est que le système des salaires en Suisse est extrêmement complexe. Depuis quatorze ans, le calculateur de salaire de l’Union syndicale suisse (USS) fournit des bonnes réponses et des indications fiables. Avec quelque 2000 visites par jour, il est utilisé assidûment par des travailleurs et travailleuses, des services du personnel et des syndicats. Cet outil proposé par l’USS vient d’être remanié de fond en comble.
</p><p>Le site <a href="https://www.salaire-uss.ch" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">www.salaire-uss.ch</a> remodelé se base sur les dernières données disponibles de l’Enquête suisse sur la structure des salaires (ESS) 2016 de l’Office fédéral de la statistique (OFS). Il apporte aussi de nouvelles fonctionnalités bien pratiques, un plus grand confort de manipulation et une accessibilité universelle. Par ailleurs, il se présente sous une forme plus moderne et son utilisation a été rendue plus aisée. Par exemple : en quelques clics, on peut trouver un salaire de référence. Il suffit de sélectionner la profession, la branche, la formation, l’âge et l’expérience et le calculateur de l’USS calcule en quelques secondes les salaires usuels d’une région à partir de dizaines de milliers de données salariales. Autre nouveauté importante : l’intégration des conventions collectives de travail (CCT) qui fixent dans de nombreuses branches des salaires minimaux obligatoires et d’autres normes minimales.
</p><p>Le calculateur de salaire de l’USS fonctionne dès aujourd’hui dans sa nouvelle version sur <a href="https://www.salaire-uss.ch" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">www.salaire-uss.ch</a>. L’Union syndicale suisse met cet outil gratuitement à disposition de toute personne intéressée. L’USS assure l’anonymat et les meilleures normes en termes de protection des données.
</p><p>&nbsp;</p><h5>Contexte </h5><p>Le calculateur de salaire de l’USS a déjà une longue histoire derrière lui : créé en 2004, il a été développé au départ comme outil de soutien pour l’application des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes. La loi sur les travailleurs détachés oblige les commissions tripartites cantonales à intervenir si « au sein d'une branche économique ou d'une profession, les salaires usuels dans la localité, la branche ou la profession font l'objet d'une sous-enchère abusive et répétée » (art. 360a CO). Le calculateur de salaire permet de calculer les salaires usuels dans la branche et la région à l’aide de données statistiques et d’une méthode de calcul bien reconnue. Ce programme offre ainsi un outil important pour la lutte contre la sous-enchère salariale. Mais il est aussi souvent utilisé par des travailleurs et travailleuses, des services du personnel et des syndicats.
</p><p>Le calculateur de salaire de l’USS procède aux calculs des salaires usuels dans la branche et la région en utilisant la <a href="https://www.salaire-uss.ch/home/method/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">méthode dite « d’équation salariale</a> ». Celle-ci a été développée pour le canton de Genève par le professeur Yves Flückiger et son équipe à l’Université de Genève, en collaboration avec l’Observatoire genevois du marché du travail (OGMT). <a href="https://www.roman-graf.ch" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Roman Graf</a> a adapté cette méthode à l’échelle de la Suisse. Elle est largement reconnue et admise par les autorités, les tribunaux et les partenaires sociaux comme un outil fiable et objectif pour le calcul des salaires usuels.<br><br></p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5950</guid><pubDate>Wed, 10 Apr 2019 12:16:46 +0200</pubDate><title>Attaque incompréhensible de la CER-E contre les salaires et les conditions de travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/attaque-incomprehensible-de-la-cer-e-contre-les-salaires-et-les-conditions-de-travail</link><description>Modification de la loi fédérale sur les marchés publics (LPM)</description><content:encoded><![CDATA[<p>La Commission de l’économie et des redevances du Conseil des États (CER-E) veut, pour des raisons incompréhensibles, enclencher une spirale à la baisse en matière de salaires et de conditions de travail dans les marchés publics. Lors de ses délibérations sur la LMP, elle a en effet confirmé la décision du Conseil des États de renoncer au principe éprouvé du lieu d’exécution de la prestation au profit du principe du lieu de provenance de l’entreprise. 
</p><p>Lors de mandats publics, les entreprises établies en Suisse n’auront donc plus à respecter les salaires et les conditions de travail considérés comme usuels dans la localité et la branche où elles fournissent le travail demandé. S’il en va selon la CER-E, elles pourront verser les salaires en vigueur dans la région où elles sont établies ou ont leur siège. Concrètement, une entreprise du Tessin candidates à un mandat public dans le canton de Genève ou Zurich pourrait proposer des salaires tessinois et faire ainsi, de manière déloyale, de la sous-enchère par rapport aux soumissionnaires locaux, genevois ou zurichois. 
</p><p>Le principe du lieu de provenance de l’entreprise enclencherait une spirale à la baisse. Les soumissionnaires (locaux) des cantons, qui offrent des conditions de travail de qualité, se trouveraient défavorisés face aux soumissionnaires de « cantons à bas salaires » et pourraient ainsi justifier la dégradation de leurs propres conditions de travail. Le changement visé par le Conseil des États et sa commission serait aussi préjudiciable au partenariat social. La Suisse a en effet de nombreuses conventions collectives de travail (CCT) locales et régionales qui prévoient des conditions de travail et des salaires supérieurs à ceux d’autres régions. Le principe du lieu de provenance de l’entreprise torpillerait ces CCT. 
</p><p>S’obstiner dans la position du Conseil des États, comme le fait la CER-E, est d’autant plus incompréhensible que la procédure de consultation et les auditions des commissions parlementaires ont montré qu’une majorité des participant(e)s, de l’artisanat, des organisations patronales et syndicales ainsi que des cantons, est opposée à la suppression du principe éprouvé du lieu d’exécution de la prestation. Le Conseil des États ferait bien de prendre une fois pour toutes au sérieux ces voix et de se rallier à la position du Conseil national.<br><br></p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5914</guid><pubDate>Fri, 29 Mar 2019 12:20:00 +0100</pubDate><title>« Un accord-cadre doit profiter aux travailleurs et travailleuses »</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/un-accord-cadre-doit-profiter-aux-travailleurs-et-travailleuses</link><description>Interview avec Daniel Lampart, économiste en chef de l&#039;USS : « Les syndicats veulent une Europe sociale »</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Oui à une Europe sociale, non aux dégradations de la protection des salaires et des mesures d'accompagnement. Pour le premier secrétaire et économiste en chef de l'USS, un point est particulièrement important concernant notre position par rapport à l'Union européenne (UE) : la politique européenne doit profiter aux travailleurs et travailleuses.</p><header><p>Interview par Matthias Preisser et Thomas Zimmermann</p></header><p><b>Daniel Lampart, certains à gauche reprochent à l'USS qu'elle va dans le mur avec l'accord-cadre et, par-là, de menacer les Accords bilatéraux. Les syndicats sont-ils désormais contre l'UE ?</b></p><p><b>Daniel Lampart</b> : Un pays plutôt petit comme la Suisse, situé au centre de l'Europe, a besoin d'entretenir des relations de qualité et stables avec l'UE. Cela explique pourquoi nous nous sommes toujours engagés en faveur d'une ouverture à l'Europe et la libre circulation des personnes. Mais nous avons aussi toujours dit que les travailleurs et travailleuses devaient en profiter. C'est grâce à nous qu'une protection des salaires et des mesures d'accompagnement ont été mises en place. Et nous sommes fiers que les mesures d'accompagnement suisses fassent partie des meilleures d'Europe. Aujourd'hui, le conseiller fédéral Ignazio Cassis suit pour la première fois une politique européenne qui vise à retourner l'intégration européenne contre les travailleurs et travailleuses. C'est là emprunter une voie totalement erronée. La politique européenne doit profiter aux travailleurs et travailleuses et la protection des salaires doit être améliorée, certainement pas dégradée.
</p><p><b>Pourquoi vous préoccupez-vous du salaire touché par un travailleur ou une travailleuses détaché si les règles en vigueur dans son pays sont respectées et s'il y retourne une fois terminée sa mission en Suisse ?</b></p><p><b>D. Lampart</b> : Ce point est important. La libre circulation des personnes a entraîné d'importants progrès, comme par exemple l'abolition du statut de saisonnier. La disparition de cette forme précaire de travail a été une amélioration pour tout le monde. Mais le détachement de main-d'œuvre a créé une nouvelle forme de travail précaire. Des entreprises étrangères de l'artisanat, du secteur de la sécurité ou de l'informatique ont pu venir beaucoup plus facilement en Suisse pour y fournir leurs services. Dans l'artisanat allemand, le salaire moyen est d'environ 3 700 francs, il est même de 900 francs en Pologne. Nous avons par contre les salaires les plus élevés d'Europe, avec un salaire moyen de 5 000 à 6 000 francs dans l'artisanat. Chez nous, les mesures d'accompagnement sont donc déterminantes : si on en arrive à ce que les salaires allemands ou polonais deviennent la norme dans l'artisanat, nos salaires se trouveront alors a priori sous pression, le chômage augmentera et les entreprises qui se comportent correctement perdront des parts de marché. Nos peintres ou menuisiers qualifiés devraient tout à coup recourir à l'aide sociale, toute la formation professionnelle se détériorerait. Ce serait catastrophique !
</p><p><b>L'UE a fait des progrès dans la protection des salaires et reconnaît le principe du salaire usuel local. Pourquoi ses directives en la matière ne suffisent-elles pas selon vous ?</b></p><p><b>D. Lampart</b> : Nous luttons pour une Europe sociale, pour des salaires équitables, afin que les employeurs et employeuses ne puissent pas monter les salarié-e-s les uns contre les autres. De nombreux syndicats européens, nos organisations sœurs et la Confédération européenne des syndicats nous exhortent à ne pas céder. Les conventions collectives de travail (CCT) suisses n'ont pas à avoir honte face à celles des autres pays européens, mais nous devons les imposer. Nous procédons au plus grand nombre de contrôles de tout le continent ; cela, aussi parce que nous avons les salaires les plus élevés. Avec ses commissions paritaires, notre système de contrôle est unique en Europe. Cependant, la pression exercée par les entreprises de l'artisanat allemand et la Commission européenne pour que nous effectuions moins de contrôles et infligions moins d'amendes est forte. De notre point de vue, M. Cassis a répandu sciemment des informations trompeuses en colportant qu'il n'était question que du délai d'annonce de huit jours avant un détachement. Mais il s'agit de bien davantage : voulons-nous, en Suisse, mettre en péril nos CCT, y compris les contrôles et les amendes, en laissant la Cour de justice de l'UE décider des mesures d'accompagnement et en donnant voix au chapitre à la Commission européenne, deux organisations qui se mettent souvent du côté des entreprises ? Pour elles, l'accès au marché est plus important que la protection des salaires. Cela profiterait à celles et ceux qui n'ont jamais voulu des mesures d'accompagnement : Christoph Blocher et sa fille, Avenir Suisse, Economiesuisse.
</p><p><b>Mais aujourd'hui, on voit par exemple des syndicalistes apparaître à côté de Christoph Blocher dans l'émission " Arena ". N'est-ce pas dangereux de s'allier de facto avec une UDC isolationniste ?</b></p><p><b>D. Lampart</b> : Sur ce sujet, les divergences entre l'aile économique de l'UDC et nous sont grandes. L'ancien conseiller fédéral Christoph Blocher est un antisyndicaliste. Lui et sa fille ont violemment attaqué les mesures d'accompagnement, car ils ne veulent pas de protection des salaires. Ils représentent la ligne dure du patronat, avec qui nous n'avons rien en commun. Mais nous ne sommes pas un parti : dans nos rangs, nous avons des membres de l'UDC avec lesxquels la collaboration est très bonne.
</p><p><b>Comment faire sentir cela aussi dans les médias plutôt que rester un peu ans l'ombre de l'UDC ?</b></p><p><b>D. Lampart</b> : Nous ne sommes pas dans l'ombre de l'UDC. Les syndicats ont déclaré que la protection des salaires est essentielle pour l'Europe, et les médias en ont parlé. Mais même nos éditeurs zurichois riches qui roulent sur l'or, comme Ringier et la famille Coninx, veulent casser les salaires : Ils ne veulent même pas d'une CCT. Et aujourd'hui, ils nous dénigrent dans leurs colonnes. Heureusement qu'il y a la presse syndicale !
</p><p><b>L'été dernier, les syndicats ont dit : on ne négocie pas. Cela a été interprété par beaucoup comme un refus de discuter. Comment sortir de cette impasse ?</b></p><p><b>D. Lampart </b>: Ce n'est pas une impasse. Messieurs Cassis et Schneider-Ammann ont franchi la ligne rouge fixée par le Conseil fédéral, qui stipulait qu'on ne négocierait pas sur les mesures d'accompagnement. Nous parlons volontiers avec tout le monde, mais nous ne discuterons pas du démantèlement des mesures d'accompagnement. Nous défendons des personnes qui ont déjà du mal à tourner avec leur salaire. À de nombreuses reprises, des gens m'ont assuré de leur soutien et m'ont dit : surtout, ne lâchez pas, restez fermes ! C'était parfois très émouvant.
</p><p><b>Sans accord-cadre, l'UE menace de prendre des mesures de rétorsion. Est-ce que ce ne sera pas difficile à tenir ?</b></p><p><b>D. Lampart</b> : Nous avons montré que nous sommes capables de résister à la pression. La pression la plus forte est d'ailleurs venue de notre propre pays, des deux conseillers fédéraux PLR, du secrétaire d'État M. Balzaretti, du PLR, de tous les opposants aux mesures d'accompagnement. Nous avons tenu bon et la base a conforté notre position. Peut-être qu'il y aura maintenant encore de la pression de la part de la Commission européenne à propos de l'équivalence boursière ou de l'accès au marché pour la technique médicale. Mais ces problèmes peuvent être résolus. Ils ne peuvent en tout cas pas justifier que nous cédions sur les mesures d'accompagnement.
</p><p><b>Les syndicats veulent une Europe sociale, une Suisse ouverte. Ne devraient-ils pas bouger maintenant et chercher un compromis ?</b></p><p><b>D. Lampart</b> : Nous nous battons pour des bons salaires, des emplois sûrs, une couverture sociale de très grande qualité. En Suisse comme en Europe. C'est pour cela que nous avons soutenu des accords bilatéraux assortis de mesures d'accompagnement. Mais si les objectifs de politique européenne portent préjudice aux salarié-e-s ou entraînent des détériorations, nous disons non.
</p><p><b>Maintenant que les auditions ont eu lieu, que doit faire le Conseil fédéral ?</b></p><p><b>D. Lampart</b> : Il doit maintenir son mandat de négociation, c'est-à-dire pas de négociations sur la protection des salaires. Nous ne pouvons plus accepter que MM. Cassis et Balzaretti soient nos négociateurs. Le Conseil fédéral doit dire à l'UE qu'un accord-cadre " à la Cassis ", ça ne marche pas. Et il doit se demander comment et avec qui continuer de travailler sur ce dossier. Il veut traiter en même temps l'initiative dite " de limitation " (de l'immigration) de l'UDC. Nous rejetons clairement cette initiative, car elle nuit aux salarié-e-s et menace la voie bilatérale. Le Conseil fédéral doit donner maintenant la priorité à la lutte contre cette initiative. On verra ensuite où on en est l'accord-cadre. Nous ne sacrifierons de toute façon pas la protection des salaires. En fin de compte, un accord-cadre doit profiter aux travailleurs et travailleuses. </p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5916</guid><pubDate>Fri, 29 Mar 2019 11:30:00 +0100</pubDate><title>La protection des salaires est une affaire européenne : OUI à une Europe sociale !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-protection-des-salaires-est-une-affaire-europeenne-oui-a-une-europe-sociale</link><description>Résolution du Parlement européen sur l’accord-cadre Suisse-UE : réaction de l&#039;USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>L'Union syndicale suisse (USS) prend acte de la résolution du Parlement européen en faveur de la conclusion rapide d'un accord-cadre entre la Suisse et l'Union européenne (UE). L'USS regrette que ce texte contienne une évaluation négative des mesures d'accompagnement et maintient que celles-ci ne sont ni discriminatoires, ni contraires à la libre circulation des personnes.
</p><p>Au contraire : ces mesures correspondent à l'exigence fondamentale de l'accord sur la libre circulation avec l'UE, qui enjoint la Suisse d'accorder aux salarié-e-s venant de l'UE les mêmes " conditions de vie, d'emploi et de travail " que celles accordées aux nationaux (art.1d de l'accord). La Suisse est donc tenue de protéger la main-d'œuvre venant de l'UE de la sous-enchère salariale. À noter qu'un tiers des heures de travail effectuées en Suisse le sont par des personnes n'ayant pas le passeport helvétique. En bref : les mesures d'accompagnement garantissent que l'on verse les " mêmes salaires pour le même travail au même endroit ". Elles protègent ainsi travailleurs et travailleuses de l'UE comme ceux de la Suisse.
</p><p>Depuis quelque temps, l'UE accorde elle aussi une plus grande importance à l'objectif du " même salaire pour le même travail au même endroit ". Cet objectif a été inscrit dans la directive sur le détachement des travailleurs et la directive de mise en œuvre. Mais l'UE n'a pas encore le même niveau de protection que la Suisse. Les idéologues de la Commission européenne, la droite et les partis conservateurs ainsi que les représentant-e-s du patronat ont réussi à faire obstacle aux mesures plus strictes de protection des salaires exigées par les syndicats européens et par les partis progressistes.
</p><p>Il fallait donc s'attendre à ce que les mêmes cercles s'imposent dans le débat parlementaire et qu'ils exigent dans la résolution le démantèlement de la protection suisse des salaires. Pourtant, comme la Suisse a les salaires les plus élevés d'Europe, les salarié-e-s doivent être d'autant plus protégés.
</p><p>Ce qui est inadmissible, c'est que ces milieux aient trouvé des complices en la personne d'Ignazio Cassis, auprès du PLR, des Vert'Libéraux et d'une partie de l'économie suisse pour accomplir leur entreprise de démantèlement de la protection des salaires en Suisse, via l'accord-cadre tel que présenté maintenant. L'USS combattra ces tentatives avec fermeté, au besoin en passant par un référendum
</p><p> L'USS se réjouit de constater qu'au cours des débats au Parlement européen, la très forte minorité de représentant-e-s syndicaux, de forces de gauche et progressistes s'est engagée pour que la Suisse puisse maintenir son niveau de protection des salaires. C'est par un vote très serré (330 voix contre 303) que le paragraphe critiquant les mesures d'accompagnement a été maintenu dans la résolution. L'USS se battra à son tour aux côtés de ces forces progressistes pour une Europe sociale, c'est-à-dire une Union européenne disposant d'une meilleure protection des salaires et des droits des salarié-e-s. Elle enverra une délégation pour participer à la manifestation pour une Europe sociale le 26 avril à Bruxelles. L'USS a également lancé l'appel <a href="https://protegeons-les-salaires-pas-les-frontieres.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">"Protégeons les salaires, pas les frontières"</a>, qui reçoit de plus en plus de soutien des rangs des forces progressistes en Europe. </p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5903</guid><pubDate>Fri, 15 Mar 2019 11:58:59 +0100</pubDate><title>Oui à une Europe sociale</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/oui-a-une-europe-sociale</link><description>Non à la version actuelle de l’accord-cadre</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Quelque 140 personnalités de Suisse et de l'étranger ont lancé aujourd'hui un appel public pour une Europe sociale avec la libre circulation des personnes et des droits forts pour tous les salarié-e-s, et contre la version actuelle de l'accord-cadre entre la Suisse et l'Union européenne (UE). Cet appel publié sous forme d'annonce dans plusieurs quotidiens et sur le site <a href="https://protegeons-les-salaires-pas-les-frontieres.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">www.protegeons-les-salaires-pas-les-frontieres.ch</a> montre clairement que la libre circulation des personnes va de pair avec des droits forts pour l'ensemble des salarié-e-s. Les deux sont indissociables.</p><p>Il y a trois semaines, des représentant-e-s du monde syndical, politique et scientifique de Suisse et de l'étranger ont participé à la Journée d'Olten du 23 février pour débattre de l'Europe et des relations entre la Suisse et l'UE. De l'avis unanime des participant-e-s, l'Europe ne surmontera les défis actuels que si l'UE et les autres États européens accordent davantage de poids aux droits des salarié-e-s que jusqu'à présent. Au regard du débat sur l'accord-cadre institutionnel entre la Suisse et l'UE, l'idée est venue de lancer un appel contre le démantèlement de la protection des salaires et pour une Europe sociale, pour la libre circulation des personnes et pour des droits forts pour tous les salarié-e-s.
</p><p>L'appel montre clairement que la libre circulation des personnes est indissociable de solides droits pour les salarié-e-s. Des mesures d'accompagnement efficaces évitent aux travailleuses et travailleurs de différents pays d'être mis en concurrence les uns contre les autres. De tels garde-fous sont indispensables pour empêcher les salarié-e-s originaires de pays à bas salaires de se faire exploiter. Par ailleurs, il est primordial que chaque pays d'Europe fasse respecter le principe d'" un salaire égal pour un travail égal au même endroit " par des contrôles salariaux efficaces. Faute de quoi la structure des salaires risque de s'effriter. Tous les pays doivent être habilités à se doter, en fonction de leur situation concrète, d'un dispositif non discriminatoire de protection des salaires.
</p><p> Parmi les premiers signataires de l'appel, on compte des personnalités politiques de renom comme Micheline Calmy-Rey, ancienne conseillère fédérale, Christiane Brunner, ex-conseillère aux États qui fut aussi présidente de la FTMH et coprésidente de l'USS, ou Peter Bodenmann et Ueli Leuenberger, ex-présidents respectivement du PSS et des Verts. Un nombre important de personnalités issues du monde académique ont également signé l'appel, tels que le Prix Nobel Jacques Dubochet, les professeurs Sandro Cattacin (Université de Genève), René Knüsel (Université de Lausanne), Matthieu Leimgruber (Université de Zurich), Oliver Nachtwey (Université de Bâle) et Philipp Sarasin (Université de Zurich), ou au-delà des frontières, les professeur-e-s renommés Donatella Della Porta (Université de Florence), Colin Crouch (University of Warwick), Richard Hyman (London School of Economics) et Martin Seeleib-Kaiser (Université de Tübingen).
</p><p>Parmi les 140 premiers signataires figurent encore des représentant-e-s de la culture, comme les écrivains Alex Capus et Nicolas Verdan ou les cinéastes Samir et Cyril Schäublin, ainsi que d'importants syndicalistes européens, à l'instar de Rudy de Leeuw et Luca Visentini (respectivement président et secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats CES), de Wolfgang Katzian, président de la Confédération autrichienne des syndicats (ÖGB) ou de Miranda Ulens, secrétaire générale de la Fédération générale du travail de Belgique (FGTB).
</p><h3><a href="https://protegeons-les-salaires-pas-les-frontieres.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Comité : Protégeons les salaires, pas les frontières, case postale 272, 3000 Berne 15</a></h3><h5>Renseignements:</h5><ul><li>Vania Alleva, vice-présidente de l'USS, 079 620 11 14</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS, 079 249 59 74</li></ul>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5900</guid><pubDate>Wed, 13 Mar 2019 14:00:00 +0100</pubDate><title>Pas d’accord-cadre au détriment de la protection suisse des salaires !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pas-d-accord-cadre-au-detriment-de-la-protection-suisse-des-salaires</link><description>L’USS confirme dans un document sa position sur l’accord-cadre avec l&#039;UE ainsi que sur la protection des salaires et des conditions de travail</description><content:encoded><![CDATA[<p>Lors de la consultation de ce jour sur l’accord-cadre et la protection des salaires, l’Union syndicale suisse (USS) a à nouveau expliqué oralement&nbsp;et dans un document que les mesures d’accompagnement et la protection des salaires n’étaient pas négociables. La Suisse a les salaires les plus élevés d’Europe. Il nous appartient donc de les protéger systématiquement et en toute indépendance. 
</p><p>Les Accords bilatéraux et la libre circulation des personnes ont entraîné de nombreux progrès pour les travailleurs et travailleuses de ce pays ; par exemple, à travers l’abolition du statut de saisonnier. Parallèlement cependant, l’accès de fournisseurs étrangers de prestations au marché suisse pour une durée pouvant aller jusqu’à 90 jours (détachements) a été grandement facilité. Or, ces détachements de main-d’œuvre sont a priori une forme de travail dotée d’un très grand potentiel de sous-enchère. 
</p><p>Afin d’empêcher cette dernière, les syndicats ont fait passer des mesures d’accompagnement. En Suisse, des salaires suisses doivent être versés. Les mesures d’accompagnement sont efficaces. Grâce aux contrôles, des cas de sous-enchère ont été découverts dans environ un quart des entreprises. Ces dernières doivent payer des amendes et sont mises sous pression pour qu’elles versent aux travailleurs et travailleuses les arriérés de salaire dus. 
</p><p>L’accord-cadre du conseiller fédéral I. Cassis met tout cela en danger. Selon lui, la Suisse devrait reprendre les règles de l’Union européenne (UE) en matière de protection des salaires et accepter la Cour de justice de l’UE comme instance d’arbitrage. Par le passé, cette dernière a prononcé de nombreux arrêts contre les mesures d’accompagnement d’États membres de l’UE. Elle se considère comme le moteur du marché intérieur européen et place l’accès des entreprises au marché au-dessus de la protection des salaires. Cet accord mettrait rapidement la Suisse sous pression pour qu’elle démantèle substantiellement sa protection des salaires. En ce qui concerne non seulement les cautions et l’annonce préalable des missions, mais aussi le nombre des contrôles et les amendes.
</p><p>Les syndicats européens critiquent durement l’attitude des autorités de l’UE en matière de protection des salaires. Une analyse des mesures d’accompagnement allemandes considère celles-ci comme insuffisantes et se pose même la question d’interdire les détachements de main-d’œuvre.
</p><p>L’USS rejette en l’état le résultat des négociations sur l’accord-cadre. Si nécessaire, elle saisira le référendum pour le combattre. L’initiative dite « de limitation » de l’UDC est un projet politique qui remet en cause fondamentalement les Accords bilatéraux. La votation populaire à son sujet devrait avoir lieu l’an prochain. La lutte contre ce projet, à savoir pour confirmer la voie bilatérale, doit désormais devenir prioritaire.<br><br><br></p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5893</guid><pubDate>Fri, 01 Mar 2019 12:25:51 +0100</pubDate><title>Semaine de 70 heures, burnout, travail gratuit: non, non et non!</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/semaine-de-70-heures-burnout-travail-gratuit-non-non-et-non</link><description>Session parlementaire de printemps : le Conseil des États doit stopper les attaques contre la loi sur le travail</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 6 mars, le Conseil des États aura la possibilité de mettre le holà aux attaques ignobles qui visent la loi sur le travail. Les représentant-e-s des cantons devraient écouter les critiques accablantes émises à ce sujet par les milieux qui sont en première ligne sur ces questions : inspectorats cantonaux du travail, médecins du travail, Églises et syndicats, entre autres.
</p><p>Depuis les dernières élections fédérales, la droite du pays s'attaque frontalement aux travailleurs et travailleuses, à leur santé comme à leur porte-monnaie et à leur vie sociale. Deux initiatives parlementaires (Keller-Sutter et Graber) veulent supprimer des pans importants de la loi sur le travail pour plus de 30 % des salarié-e-s " exerçant une fonction dirigeante " ou considérés comme des " spécialistes " (paragraphes dits " élastique ") : il s'agit des règles en vigueur contre le travail gratuit et pour la protection contre l'épuisement professionnel. La réglementation "anti-burnout" du temps de travail dispparaîtrait pour ces personnes, sans compensation et bien sûr&nbsp;contre leur gré.
</p><p>La définition de leur temps de travail disparaîtrait ainsi de la loi et cela, contre leur gré bien sûr. Aucune durée hebdomadaire maximale du travail ne s'appliquerait plus : la semaine de 70 heures et plus deviendrait la norme. Enfin, le travail de nuit et du dimanche deviendrait " normal " pour les professions de bureau et bien d'autres encore : de la comptable au laborantin, en passant par la physiothérapeute. L'objectif de ces attaques ? Travailler pour moins cher aux détriment de la santé des salarié-e-s.
</p><p>Les résultats de la procédure de consultation sur ces questions viennent d'être publiés par la Commission de l'économie et des redevances du Conseil des États (CER-E) : ils sont accablants ! Le communiqué lénifiant et enjolivant de la Commission n'y change rien : tous les milieux directement concernés comme la Société suisse de médecine du travail, les inspectorats cantonaux du travail, l'Alliance pour le Dimanche avec les Églises nationales ainsi que nombre de gouvernements cantonaux ne veulent pas des réformes demandées par les deux initiatives parlementaires précitées. Ce qui n'empêche par la CER-E de louvoyer. Une partie des modifications a ainsi été mise momentanément entre parenthèses, l'autre allant au Conseil fédéral.
</p><p>Il serait pourtant grand temps de saisir l'opportunité de stopper une fois pour toutes cet exercice de démantèlement radical de la loi sur le travail ! Au Conseil des États d'en décider. </p>]]></content:encoded><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5878</guid><pubDate>Tue, 26 Feb 2019 17:45:00 +0100</pubDate><title>Salaire minimum : aucune conséquence négative à Neuchâtel</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/salaire-minimum-aucune-consequence-negative-a-neuchatel</link><description>Le salaire minimum a démontré deux effets principaux : une hausse des plus basses rémunérations et la transformation de &quot;mini-jobs&quot; précaires en emplois réguliers.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Frayeur et alarmisme ont beaucoup agité les milieux économiques neuchâtelois avant l'introduction du salaire minimum cantonal plébiscité par le peuple en 2011. Les opposants sont allés jusqu'au Tribunal fédéral, mais celui-ci a balayé leur recours. En août 2017, Neuchâtel devint ainsi le premier canton en Suisse à appliquer un salaire minimum de 19,70 francs de l'heure. Du côté du patronat, on propageait abondamment l'idée que le canton allait subir des licenciements et des délocalisations, et que la situation du chômage, déjà tendue, allait s'aggraver.</p><p>Un an et demi après, ces mêmes milieux n'en croient probablement pas leurs yeux : entre août 2017 et décembre 2018, le taux de chômage dans le canton est passé du niveau assez élevé de 5,3 % à 4,1 %. Dans le même laps de temps, le canton voisin de Fribourg (sans salaire minimum) a connu une hausse du taux de chômage, de 2,8 % à 3,1 %. Même dans les autres cantons voisins de Vaud et de Berne, le nombre de personnes au chômage a moins reculé qu'à Neuchâtel (cf. graphique ci-dessus). Pendant cette année et demie depuis l'introduction du salaire minimum, Neuchâtel s'en sort mieux aussi en termes d'évolution de l'emploi que la grande région Espace Mittelland, qui englobe, outre le canton de Neuchâtel, ceux de Berne, Fribourg, Soleure et du Jura.</p><p>Cette évolution n'est pas très surprenante pour les économistes spécialistes du marché du travail, ni pour les lectrices et lecteurs réguliers de cette rubrique. Cette histoire neuchâteloise en rappelle une autre : les milieux économiques allemands avaient eux-aussi crié à la catastrophe avant l'introduction en 2015 du salaire minimum allemand (cf. Wirtschaftslektion, nov. 2017, dans le magazine alémanique VPOD). Quatre ans plus tard, l'Allemagne affiche le taux de sans-emploi le plus bas depuis la réunification du pays. Les études scientifiques ne relèvent aucune conséquence négative, ou seulement des effets infimes, du salaire minimum sur l'emploi.</p><p>Il a au contraire entraîné une hausse des salaires les plus bas et la transformation de " mini-jobs " précaires en emplois réguliers. Les entreprises étaient visiblement en mesure de compenser ces rémunérations plus élevées en réduisant leurs marges, en augmentant les prix ou en améliorant la productivité. L'augmentation du pouvoir d'achat des bas revenus devrait par ailleurs avoir eu des effets positifs supplémentaires sur l'emploi. Ces exemples de Neuchâtel et de l'Allemagne confirment les recherches scientifiques récentes : les salaires minimaux ne conduisent que rarement à des pertes d'emplois. Ils améliorent plutôt et surtout la situation des personnes faiblement rémunérées.</p>]]></content:encoded><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5861</guid><pubDate>Tue, 19 Feb 2019 16:00:00 +0100</pubDate><title>Pour l’UE, l’accord-cadre doit esquinter la protection des salaires en Suisse </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pour-l-ue-l-accord-cadre-doit-esquinter-la-protection-des-salaires-en-suisse</link><description>Réaction de l’USS au rapport des ministres de l’UE sur la Suisse </description><content:encoded><![CDATA[<p> L’Union européenne démonte complètement le discours enjolivant d’Ignazio Cassis sur l’accord-cadre avec l’UE. Les ministres de l’UE sont on ne peut plus clairs : dans leurs <a href="https://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2019/02/19/council-conclusions-on-eu-relations-with-the-swiss-confederation/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">« Conclusions du Conseil sur les relations de l’UE avec la Suisse »</a>, ils exigent que la protection des salaires en Suisse soit réduite. Selon eux, la Suisse doit supprimer les mesures d’accompagnement, ou les adapter de façon à ce qu’elles soient conformes « aux principes de l'UE en matière de proportionnalité et de non-discrimination ».
</p><p>C’est donc confirmé : si l’accord-cadre du conseiller fédéral Ignazio Cassis est accepté, la protection des salaires en Suisse serait fortement menacée. L’accord-cadre prévoit en effet la reprise des bases juridiques de l’UE et la soumission des mesures d’accompagnement à la jurisprudence de la Cour de justice de l’UE (CJUE). Avec de telles dispositions, la Suisse se verrait contrainte d’abandonner une partie des mesures d’accompagnement. Mais ce n’est pas tout : les sociétés ou les autorités européennes pourraient désormais aussi attaquer en justice les mesures d’accompagnement et obtenir gain de cause. C’est tout le dispositif helvétique de contrôle et de sanctions qui serait mis en péril.
</p><p>Cette vérité toute crue est en contradiction évidente avec le discours enjolivant et fallacieux du département de M. Cassis et du SECO, qui tentaient de faire passer les risques de démantèlement des mesures d’accompagnement pour « un niveau de protection équivalent ». Les déclarations des ministres de l’UE contredisent également l’analyse de l’Union patronale suisse qui affirme qu’il suffit de « quelques précisions » sur les mesures d’accompagnement pour parvenir à une solution acceptable concernant l’accord-cadre.
</p><p>Les critiques des ministres européens envers les mesures d’accompagnement sont dénuées de tout fondement. L’accès au marché pour les entreprises de l’UE est entièrement garanti. Aucun autre pays en Europe ne compte autant de travailleuses et travailleurs détachés par rapport à sa population résidente. De plus, l’accord de libre-circulation empêche toute discrimination des citoyens de l’UE (« mêmes conditions de vie, d’embauche et de travail que pour les nationaux » ; art. 1d). Mais cette non-discrimination n’est possible que grâce à une bonne protection des salaires.
</p><p>Les syndicats combattront toute tentative de démantèlement des mesures d’accompagnement. En Suisse, on doit verser des salaires suisses. Les mesures d’accompagnement doivent rester la ligne rouge à ne pas franchir lors des négociations de l’accord-cadre.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5859</guid><pubDate>Fri, 15 Feb 2019 14:40:00 +0100</pubDate><title>Protection de la santé des salarié-e-s : halte au démantèlement, tout de suite!</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/protection-de-la-sante-des-salarie-e-s-halte-au-demantelement-tout-de-suite</link><description>Loi sur le travail : Commission des États fait fi des nombreuses critiques</description><content:encoded><![CDATA[<p>Malgré le bilan négatif de la procédure de consultation, la Commission de l'économie et des redevances du Conseil des États (CER-E) n'en démord pas : elle maintient envers et contre tout son attaque frontale contre la protection de la santé des travailleurs et travailleuses. Cette position est incompréhensible et irresponsable. Il serait plutôt temps d'arrêter cet exercice visant à allonger la durée du travail et à réduire la saisie du temps de travail.
</p><p>Pour rappel : les initiatives parlementaires respectives de Karin Keller-Sutter et Konrad Graber sont à l'origine de cette révision de la loi sur le travail. Avec ce projet, la Commission des États veut supprimer la durée maximale du travail hebdomadaire, le maximum journalier de temps supplémentaire et, pour une grande partie des salarié-e-s, l'obligation de saisie du temps de travail. Parallèlement, elle veut émousser l'interdiction du travail du dimanche et introduire ce dernier pour les cadres et pour les spécialistes.
</p><p>D'après les dernières décisions de la CER-E, les travaux portant sur la saisie du temps de travail sont suspendus. Mais ils peuvent reprendre à tout moment. Cette décision n'est rien d'autre qu'une tactique dilatoire et de dissimulation. En maintenant les autres projets de déréglementation, la CER-E montre qu'elle ne prend pas du tout au sérieux les critiques sévères et l'opposition très large exprimées lors de la consultation. C'est inadmissible, car une majorité des cantons, les syndicats et d'autres organisations de salarié-e-s, des associations professionnelles du domaine de la santé ainsi que les Églises se sont prononcés très nettement contre ce projet.
</p><p>Des études le démontrent clairement : de plus en plus de personnes souffrent de stress au travail et de ses conséquences sur leur santé. L'Alliance contre le stress et le travail gratis combattra ce projet avec la plus grande vigueur. Les organisations membres de l'alliance savent que la majorité de la population est de leur côté : en effet, la journée de travail de 15 heures, la semaine de 73,5 heures et un repos dominical de plus en plus souvent perturbé ne trouveront pas de majorité dans les urnes. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5844</guid><pubDate>Thu, 31 Jan 2019 17:37:36 +0100</pubDate><title>Marchés publics : des conditions de travail équitables doivent être la norme</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/marches-publics-des-conditions-de-travail-equitables-doivent-etre-la-norme</link><description>Les pouvoirs publics jouent un rôle important dans l’économie suisse et le marché du travail.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les pouvoirs publics, soit la Confédération, les cantons et les communes, jouent un rôle important dans l’économie suisse. Près de 8 % du produit intérieur brut, le PIB, proviennent de leurs acquisitions et de leurs mandats. Plus de 300 000 emplois dépendent des marchés publics. La puissance détenue par la Confédération, les cantons et les communes est de ce fait essentielle pour le marché suisse du travail. Elles n’en sont donc que plus importantes, ces règles qui veillent à ce que, lors de marchés publics, les travailleurs et travailleuses soient correctement rémunérés par les producteurs et les fournisseurs de marchandises et de services et leurs conditions de travail décentes. Et il est tout aussi important que les réglementations arrêtées par les partenaires sociaux soient respectées.</p><p>Avec le message sur la révision totale des marchés publics de la Confédération dont va s’occuper le Conseil national, c’est toutefois absolument l’inverse qui nous est proposé. L’Union syndicale suisse (USS) n’est pas d’accord, tout comme Travail.Suisse et les syndicats Unia et Syna.
</p><p>Du point de vue des travailleurs et travailleuses, les principales revendications sont le maintien du principe du lieu d’exécution de la prestation, la limitation des chaînes de sous-traitants, le respect des conventions collectives de travail (CCT) et l’implication des entreprises publiques.
</p><h3>Un « salaire égal pour un travail égal au même endroit »</h3><p>Si la volonté du Conseil des États devait s’imposer, il y aurait plus de sous-enchère salariale en Suisse demain. Ici, les mots-clés sont : principe du lieu d’exécution de la prestation ou principe du lieu de provenance de l’entreprise. Donc, ou bien c’est l’application uniforme du niveau salarial du lieu où la prestation est fournie qui prévaut, ou bien ce sont les différents niveaux de salaire selon les lieux de provenance des soumissionnaires qui servent de référence. Bref, il s’agit de savoir s’il existe une concurrence loyale entre les entreprises, avec les mêmes conditions ou si l’on en arrive à une concurrence dommageable aux employé-e-s entraînant finalement une spirale à la baisse. Pour l’USS et les syndicats, il est clair qu’il faut en rester au principe équitable du lieu d’exécution de la prestation.&nbsp; 
</p><h3>Non aux chaînes de sous-traitance</h3><p>On ne doit pas tout faire soi-même. De nombreuses bonnes expériences ont été faites, précisément dans la construction, avec des entreprises générales. Celles-ci coordonnent les travaux et assument la responsabilité en ce qui concerne le respect des cadres fixés en matière de coûts et de durée, mais ne fournissent pas elles-mêmes l’ensemble des prestations. Elles transmettent par exemple le gros œuvre à une autre entreprise, les travaux de couverture à une deuxième et l’installation sanitaire à une troisième. A priori, rien à redire à une telle réglementation avec des sous-traitants. Mais il est par contre absurde que les pouvoirs publics autorisent une chaîne sans fin de sous-traitants, avec laquelle le carreleur mandate un sous-traitant qui, à son tour, en mandate un autre…
</p><p>On perd alors toute vue d’ensemble quant à l’observation des conditions de travail et salariales. Plus la chaîne de sous-traitants est longue, plus il est probable qu’il y aura des cas de sous-enchère salariale et sociale. Ces derniers temps, on a toujours plus souvent assisté, avec ce genre de structures, à des faillites abusives ou frauduleuses et à des fraudes aux assurances sociales. Pour ces raisons, il faut que le Parlement décide qu’il ne doit y avoir qu’un seul niveau de sous-traitance pour la même prestation, ainsi que la Commission des redevances et de l’économie du Conseil des États aussi l’a prévu. Impossible sinon de limiter les abus et les fraudes.
</p><h3>Les règles des CCT doivent être appliquées et leur application contrôlée </h3><p>En outre, les maîtres d’ouvrage publics doivent faire contrôler la conformité des entreprises soumissionnaires aux CCT. Et sur la base des contrôles qui auront effectivement eu lieu, les organes paritaires d’exécution de la CCT pourront simplement confirmer que les entreprises soumissionnaires et, éventuellement, les sous-traitants ont été contrôlés quant au respect par eux des conditions de travail et salariales et qu’aucune infraction de leur part n’a été constatée. Une formulation à ce sujet a déjà été développée dans l’ordonnance sur les travailleurs détachés. Elle est donc praticable et garantit à la fois transparence et sécurité.
</p><h3>Les mêmes règles pour les entreprises publiques</h3><p>Qu’un service public soit proposé par une institution publique ou sous la forme juridique d’une entreprise contrôlée par les autorités publiques ne doit pas entraîner de différence de qualité concernant les normes appliquées. Ce n’est qu’en soumettant des entreprises comme Swisscom aux règles en vigueur pour les marchés publics que l’on peut assurer qu’à l’avenir, les mandats ne seront confiés qu’à des entreprises qui respectent les conditions de travail et salariales usuelles dans la région et la branche. 
</p><h3>Synthèse</h3><p>Si les pouvoirs publics doivent procéder à des achats, il faut que des conditions de travail équitables soient la norme. La révision totale de la loi fédérale sur les marchés publics prévue devra créer la base permettant d’empêcher que l’argent public ne mette en danger les normes sociales, mais au contraire les garantisse. Les syndicats en appellent par conséquent au Conseil national pour qu’il s’engage en faveur de telles réglementations. <br><br></p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5831</guid><pubDate>Fri, 18 Jan 2019 15:55:03 +0100</pubDate><title>Victimes de l’amiante : 1,4 million pour les survivant-e-s</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/victimes-de-l-amiante-1-4-million-pour-les-survivant-e-s</link><description>Le Fonds d’indemnisation s’étend à de nouveaux ayants droit</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Fin 2018, la Fondation Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante (Fondation EFA) a autorisé le versement d'1,4 million de francs à 23 survivant-e-s de victimes de l'amiante. La fondation a également élargi le cercle des ayants droit : désormais, les personnes dont le cancer dû à l'amiante (mésothéliome malin) a été reconnu comme maladie professionnelle peuvent toucher des indemnisations.</p><p>Le rôle premier de la Fondation EFA est de dédommager les personnes dont le mésothéliome n'est pas reconnu comme une maladie professionnelle. Il s'agit en particulier de proches qui ont par exemple lavé des vêtements contaminés et n'ont ainsi pas eu un contact professionnel avec l'amiante. Les bricoleurs de loisir aussi entrent dans cette catégorie. Dès maintenant, les personnes ayant eu un contact d'ordre professionnel avec l'amiante peuvent aussi être indemnisés par le Fonds. Les montants seront toutefois inférieurs à ceux versés aux personnes sans assurance LAA.
</p><p>Ces 23 nouveaux cas portent à 56 le nombre total de personnes qui ont perçu des indemnités du Fonds EFA, pour une somme globale de 5,8 millions de francs. Quinze nouvelles requêtes sont à l'étude. Les demandes étant moins nombreuses que prévu, la Fondation EFA a lancé une campagne de communication. Mais avec des demandes en hausse, le Fonds doit pouvoir compter sur toujours plus de ressources financières. La fondation appelle donc " instamment " le monde de l'économie et de l'industrie à faire davantage de dons. Jusqu'à l'échéance prévue en 2025, la fondation aura besoin de 100 millions de francs pour remplir sa mission.
</p><p>Aujourd'hui encore, quelque 120 personnes se voient diagnostiquer un mésothéliome mortel. Le Conseil de la Fondation EFA est composé de représentant-e-s d'associations et d'entreprises qui financent le Fonds, ainsi que de victimes de l'amiante et de syndicats. Le victimes souffrant de mésothéliome et leurs proches peuvent consulter le site à <a href="http://www.stiftung-efa.ch/fr/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">www.stiftung-efa.ch</a> pour des renseignements sur la fondation ou s'adresser directement au Service Center Assistance (041 418 89 79, <a href="#" data-mailto-token="thpsav1nlzbjolGzapmabun4lmh5jo" data-mailto-vector="7" class="mail">gesuche(at)stiftung-efa.ch</a>). </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5826</guid><pubDate>Tue, 15 Jan 2019 10:00:00 +0100</pubDate><title>Pouvoir d’achat et niveau des rentes : il faut vite s’attaquer au problème</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/pouvoir-d-achat-et-niveau-des-rentes-il-faut-vite-s-attaquer-au-probleme</link><description>Conférence de presse annuelle 2019 de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>La Suisse fait face à un problème de pouvoir d’achat et de niveau des rentes. En dépit de la reprise économique, les salaires réels font du surplace. En même temps, les primes-maladie et les cotisations en hausse au 2e pilier absorbent une part toujours plus importante du salaire, de sorte que le revenu réellement disponible a même baissé. De plus, les personnes qui partent à la retraite touchent toujours moins de rente de leur caisse de pension. Tous ces constats ressortent de diverses études menées par l’Union syndicale suisse (USS) et présentées lors de sa conférence de presse annuelle.</p><p>L’économie suisse a connu une croissance vigoureuse ces deux dernières années. Et pourtant, les salaires réels stagnent. Même l’Allemagne, qui a longtemps pratiqué une « modération salariale » préjudiciable, connaît aujourd’hui une hausse des salaires plus prononcée. En Suisse, les personnes les plus touchées sont les employé-e-s de longue date, avec vingt ans ou plus d’ancienneté dans l’entreprise : depuis 2010, leur rémunération n’a pratiquement pas augmenté. Parallèlement à cette stagnation des salaires, les dépenses pour les caisses-maladie ne cessent d’augmenter et minent le pouvoir d’achat.</p><p>Sans compter que les cotisations au 2e pilier prennent elles aussi l’ascenseur. Depuis la crise financière, le taux de cotisation réglementaire moyen est passé progressivement de 18 % à bientôt 19,5 %. Mais les futurs retraité-e-s ne toucheront pas davantage de rente, bien au contraire. Depuis 2005, les rentes moyennes du 2e pilier ont baissé de 9 %. Et la situation ne fait qu’empirer : la dernière enquête de l’USS auprès de 42 caisses de pension avec 750 000 assuré-e-s montre que le taux de conversion moyen passera de 5,8 % à 5,6 % en 2019, alors qu’il se situait encore à 6,4 % en 2013. Ainsi, les futurs retraité-e-s auront non seulement versé nettement plus que les générations précédentes, mais ils toucheront de surcroît des rentes bien plus basses.</p><p><strong>L’USS exige les mesures suivantes pour s’attaquer au problème de pouvoir d’achat en Suisse :</strong></p><ul><li>Les salaires doivent augmenter substantiellement, en particulier pour les collaborateurs et collaboratrices de longue date, ainsi que pour les femmes. Pour améliorer la situation salariale des femmes, il s’agira de mettre en œuvre rapidement et systématiquement les contrôles des salaires prescrits par la nouvelle loi sur l’égalité.</li><li>Prévoyance vieillesse : l’AVS, avec son excellent rapport coût-prestations, doit être renforcée. L’USS prépare actuellement un texte d’initiative pour une treizième rente AVS.</li><li>Dans le 2e pilier, les bénéfices sur le dos des assuré-e-s doivent être bannis. Pour cela, il faut poser des restrictions de gains pour les assureurs actifs dans le 2e pilier, mettre en place la transparence sur les frais administratifs et introduire des certificats de prévoyance uniformes et compréhensibles. Les composantes de répartition dans la LPP doivent en outre être renforcées afin d’améliorer le rapport coût-prestations. La Banque nationale suisse (BNS) ne doit pas imposer un taux d’intérêt négatif au Fonds de compensation AVS (compenswiss). De plus, les recettes de la BNS issues des taux négatifs devraient être reversées au 2e pilier (répartition via le Fonds de garantie).</li><li>Les réductions de primes-maladie doivent être plus importantes afin de décharger financièrement les ménages à revenus bas ou moyens. L’USS soutient l’initiative populaire qui stipule que personne ne devrait dépenser plus que 10 % du revenu disponible du ménage pour les primes d’assurance-maladie.</li><li>La politique monétaire doit activement contribuer à ce que la valeur du franc reste équitable. Une hausse isolée des taux d’intérêts par la Banque nationale suisse (BNS), telle que certains milieux bancaires l’exigent, s’avèrerait en revanche catastrophique.</li></ul><p>L’USS a en outre procédé à une analyse de la situation dans le domaine de la formation professionnelle. La proportion de personnes avec une formation de base de degré secondaire II reste insuffisante. Il faudra dans ce domaine réduire les inégalités et les obstacles financiers ainsi que développer des mesures de soutien spécifiques pour les personnes concernées.</p><p>Dans le cas de l’accord-cadre avec l’Union européenne, l’USS a clairement souligné que les lignes rouges fixées par le Conseil fédéral en 2013 doivent rester les mêmes. Les mesures d’accompagnement ne doivent en aucun cas être affaiblies. Au contraire : il faut davantage de protection et de contrats collectifs, avec de bons salaires minimaux.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>AVS</category><category>Repartition</category><category>Finances et fiscalité</category><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/steuern-zahlen/Rechnungen-viele_iStock-rawpixel_klein.jpg" length="556986" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-5818</guid><pubDate>Fri, 14 Dec 2018 11:41:14 +0100</pubDate><title>Pas d’accord-cadre au détriment de nos salaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pas-d-accord-cadre-au-detriment-de-nos-salaires</link><description>Daniel Lampart, premier secrétaire de l’USS, sur les attaques contre les mesures d&#039;accompagnement</description><content:encoded><![CDATA[<p class="Text"><span lang="FR">A cause des attaques contre les mesures d’accompagnement, de nombreuses personnes ont pris conscience ces derniers mois de l’importance de la protection salariale en Suisse et de l’importance de repousser ces attaques. Pas seulement en Suisse: Ces derniers mois, l’Union syndicale suisse a reçu beaucoup de lettres des principaux syndicats européens, lui demandant de ne pas céder sur les mesures d’accompagnement. Pour que la protection salariale en Europe progresse et non régresse. </span></p><p class="Text"><span lang="FR">La plupart des adversaires des mesures d’accompagnement vivent dans notre pays: l’aile économique de l’UDC avec la conseillère nationale Magdalena Martullo-Blocher, le think tank des grandes entreprises „Avenir Suisse“, mais aussi une partie de l’entourage des conseils fédéraux PLR. A l’étranger, la Commission européenne y est particulièrement opposée. Les artisans allemands sont divisés, nombre d’entre eux s’étant accommodés des mesures d’accompagnement suisses. Eux-mêmes veulent davantage de protection salariale pour éviter la concurrence du dumping. </span></p><p class="Text"><span lang="FR">Les mesures d’accompagnement ont été introduites dans le cadre des accords bilatéraux I, après le non du peuple à l’EEE. Les accords bilatéraux n’ont une chance en votation populaire que s’ils profitent à l’ensemble de la population. Et avec la garantie qu’en Suisse seront versés des salaires suisses. La Suisse a les salaires les plus élevés en Europe, et nécessite donc la meilleure protection. En Allemagne, les artisans qualifiés gagnent 3‘200 francs, en Pologne seulement 850 francs, alors que le salaire versé en Suisse est d’un peu plus de 5‘849 francs. Sans protection salariale, même nos spécialistes qualifiés sont menacés de finir à l’aide sociale! </span></p><p class="Text"><span lang="FR">Les entreprises européennes ont un très bon accès au marché, malgré la protection salariale. Par rapport à la population résidente, la Suisse est le pays d’Europe qui compte le plus d’entreprises étrangères actives dans la construction, la sécurité ou l’informatique. Elles réalisent chez nous un chiffre d’affaires annuel d’environ 2,5 milliards de francs.</span></p><p class="Text"><span lang="FR">La publication de l’accord-cadre confirme les pires craintes. Les mesures d’accompagnement sont attaquées dans leur substance. La Suisse doit reprendre le droit européen, faible sur la protection salariale. La Cour de justice européenne et la Commission européenne, qui ont attaqué la protection salariale dans plusieurs pays de l’UE, ont désormais aussi leur mot à dire sur nos mesures d’accompagnement. Elles peuvent nous mettre sous pression pour que nous contrôlions beaucoup moins d’entreprises étrangères. Pire encore: elles peuvent attaquer le cœur des conventions collectives de travail suisses. Une partie des autorités de l’UE s’est toujours opposée à ce que les CCT soient appliquées par des commissions paritaires formées d’employeurs et de syndicats. La CJUE pourrait décider qu’il s’agit d’une discrimination de principe envers les entreprises européennes. Il est également regrettable que les instruments d’annonce préalable, de caution et le test de faux travail indépendant soient supprimés. De plus, la Suisse ne pourrait quasiment plus introduire de nouvelles mesures de protection salariale. </span></p><p class="Text"><span lang="FR">En Suisse doivent être versés des salaires suisses. Cette promesse doit rester valable. Le présent accord-cadre n’offre aucune garantie. Les syndicats le rejettent et le combattront par référendum si nécessaire. </span></p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5810</guid><pubDate>Fri, 07 Dec 2018 19:24:42 +0100</pubDate><title>L’USS combattra systématiquement tout démantèlement de la protection des salaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/l-uss-combattra-systematiquement-tout-demantelement-de-la-protection-des-salaires</link><description>Accord-cadre Suisse - Union européenne: les pires craintes viennent d&#039;être confirmées</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les éléments de l'accord-cadre entre la Suisse et l'Union européenne (UE) présentés par le Conseil fédéral confirme les pires craintes de l'Union syndicale suisse (USS). Cet accord entraînerait ainsi un démantèlement substantiel des mesures d'accompagnement à la libre circulation des personnes et, de ce fait, de la protection suisse des salaires. Il interdira à la Suisse de protéger ses salaires comme elle l'estime nécessaire. Il empêchera toute amélioration des mesures d'accompagnement. Et c'est finalement la Cour de justice de l'Union européenne qui trancherait sur la protection des salaires en Suisse. Or celle-ci a prouvé à une nouvelle reprise il y a quelques semaines, dans un arrêt prononcé contre les dispositions autrichiennes de protection des salaires, qu'elle place les intérêts des employeurs et employeuses, c'est-à-dire l'accès au marché intérieur, au-dessus de ceux des travailleurs et travailleuses.</p><p>La ligne rouge de la protection des salaires fixée par le Conseil fédéral et confirmée plusieurs fois par lui a été ainsi franchie par la délégation de négociation. Pareil accord-cadre n'a politiquement aucune chance. C'est pourquoi l'USS rejette énergiquement un tel accord-cadre et elle le combattra systématiquement, si nécessaire par un référendum. Cette position a été confirmée dans une résolution adoptée à l'unanimité par les délégué(e)s du congrès de l'USS qui s'est tenu la semaine dernière.</p><p>Ces derniers mois, l'ensemble des syndicats importants du continent ont demandé à l'USS de ne pas céder sur les mesures d'accompagnement. La protection des salaires doit être améliorée dans toutes l'Europe. Avec les syndicats affiliés à la Confédération européenne des syndicats, l'USS se bat au niveau européen pour des améliorations substantielles dans ce domaine.</p><p>Renseignements:</p><p>Daniel Lampart, premier secrétaire central de l'USS, 079 205 69 11</p><p>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS, 079 249 59 74</p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/internat-eu/CH-EU_stadtratte-iStock.jpg" length="303602" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-5799</guid><pubDate>Fri, 30 Nov 2018 19:18:51 +0100</pubDate><title>L’USS combattra toutes les attaques contre la protection des salaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/l-uss-combattra-toutes-les-attaques-contre-la-protection-des-salaires</link><description>Action symbolique des délégué-e-s de l&#039;USS et soutien d&#039; Alain Berset.</description><content:encoded><![CDATA[<p> En Suisse, il faut verser des salaires suisses et appliquer des conditions de travail suisses. Tel est le but des mesures d’accompagnement introduites sous la pression des syndicats. Que deux conseillers fédéraux PLR s’attaquent à ces mesures en dépit des décisions du Conseil fédéral est sans précédent. On entend même désormais que le Conseil fédéral serait prêt à céder sur la ligne rouge de la protection des salaires. L’Union syndicale suisse (USS) condamne ces attaques avec la plus grande vigueur. Elle combattra fermement toute tentative de détériorer la protection des salaires en Suisse, au besoin par un référendum. Les mesures de protection des salaires sont la clé des Accords bilatéraux, et non le problème. Les délégué-e-s réunis pour le 56e Congrès de l’USS ont voulu illustrer cette position par une action symbolique : elles et ils se sont rendus à la mi-journée sur le Kornhausbrücke à Berne pour former une ligne rouge que le Conseil fédéral ne doit pas franchir.
</p><p>Dans une résolution, les délégué-e-s de l’USS ont exigé un élargissement de la protection salariale, et non une réduction. Car la protection des salaires a stagné ces dernières années en Suisse. Cela, bien que de nombreux problèmes subsistent, notamment l’augmentation constante des emplois temporaires et menacés de sous-enchère, l’application insuffisante des amendes envers les entreprises fautives ou les difficultés des salarié-e-s plus âgés sur le marché du travail.<br></p><p>Les délégué-e-s ont par ailleurs réaffirmé que l’engagement en faveur des mesures d’accompagnement constitue aussi un combat pour une Europe sociale, combat mené par le mouvement syndical européen. Car la sous-enchère salariale est un problème dans toute l’Europe. Un problème qui ne peut être résolu que si l’on applique le principe suivant : dans chaque pays, on doit verser les salaires du pays. L’USS peut compter sur le soutien du président de la Confédération Alain Berset. Dans son allocution devant le Congrès vendredi, il a confirmé : « En Suisse, on doit verser des salaires suisses ».<br><br></p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5795</guid><pubDate>Thu, 29 Nov 2018 10:15:00 +0100</pubDate><title>Le peuple dira non au travail gratis et à l’épuisement professionnel</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-peuple-dira-non-au-travail-gratis-et-a-l-epuisement-professionnel</link><description>ALLIANCE CONTRE LE STRESS ET LE TRAVAIL GRATIS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La Suisse doit faire face aujourd’hui à une violente attaque contre la protection qu’elle garantit aux travailleurs et travailleuses : les règles sur les durées maximales de travail et la saisie de sa durée pourraient changer pour jusqu’à 1,4 million de salarié-e-s. La porte serait ainsi grande ouverte au travail gratis et à l’épuisement professionnel (« burnout »). Si le Parlement approuve ce démantèlement de la loi sur le travail, un référendum trouverait un large soutien.</p><p>La procédure de consultation sur la révision de la loi sur le travail (LTr) prendra fin mardi prochain. Cette révision veut que les « spécialistes » et les cadres soient désormais exclus des dispositions sur le temps de travail. La protection contre l’épuisement professionnel et le travail gratis serait ainsi supprimée pour près de 40 % des salarié-e-s, soit 1,4 million de personnes. Le nombre important de personnes concernées s’explique par le flou qui entoure la description des catégories de salarié-e-s en question. Les « spécialistes qui disposent d’un pouvoir de décision important » et d’une « grande autonomie dans leur travail » ainsi que les cadres ne sont pas des catégories juridiques. L’employeur ou l’employeuse disposera par conséquent d’une grande marge de manœuvre pour définir les profils d’emploi en fonction de ses besoins. S’ajoute à cela un problème d’exécution : sans enregistrement de la durée du travail, les inspecteurs et inspectrices du travail ne pourront plus vérifier si les règles de protection légales concernant le repos nocturne, l’interdiction de travailler le dimanche et les pauses sont respectées. Et les travailleurs et travailleuses n’auront plus la possibilité de prouver l’existence d’infractions. 
</p><p>Leur santé serait particulièrement menacée par la suppression de la durée hebdomadaire maximale de travail et de la quantité maximale de temps supplémentaire par jour, ainsi que par la levée de l’interdiction du travail dominical. Toutes ces « flexibilisations », selon les employeurs et employeuses, auraient pour résultat que nombre de salarié-e-s devraient travailler beaucoup plus longtemps. La journée de travail de 15 heures et la semaine de 73,5 heures deviendraient la norme. Et la vie familiale et sociale de larges pans de la population serait en plus perturbée par la suppression de l’interdiction du travail du dimanche.
</p><h3>Des problèmes de santé avérés</h3><p>Les études effectuées pas la médecine du travail montrent clairement que les longues durées de travail augmentent les risques de maladies cardiovasculaires, de cancer, d'arthrite, de diabète et de maladies psychiques comme l’épuisement professionnel. Selon la Société suisse de médecine du travail, la révision de la LTr entraînerait aussi une augmentation des absences pour cause de maladie, et donc des coûts pour les employeurs et employeuses ainsi que pour la société. De plus, un nombre croissant de personnes quitterait la vie active plus tôt et la situation des femmes professionnellement actives se dégraderait (p. ex. en cas de travail à temps partiel : hausse de la pression pour travailler davantage, resp. plus grande difficulté pour concilier travail et obligations familiales). L’exemple des professions de la santé montre justement que l’existence d’une charge de travail excessive ne touche pas uniquement les travailleurs et travailleuses, mais aussi d’autres parties de la société, par exemple lorsque la sécurité des patient-e-s diminue. 
</p><p>Avec toutes ces conséquences négatives, il est évident que les organisations signataires rejettent cette révision et qu’elles prendront toutes les mesures nécessaires pour protéger les salarié-e-s. Elles sont convaincues d’avoir la majorité de la population de leur côté, parce que la journée de travail de 15 heures, la semaine de 73,5 heures, le travail gratis et un repos dominical de plus en plus souvent perturbé ne trouveront pas de majorité dans les urnes.<br><br></p><h3>ALLIANCE CONTRE LE STRESS ET LE TRAVAIL GRATIS :</h3><ul><li>Union syndicale suisse (USS)</li><li>Travail.Suisse</li><li>Société suisse de médecine du travail (SSMT)&nbsp;&nbsp; &nbsp;</li><li>Association suisse des employés de banque (ASEB)</li><li>Fédération Suisse des Associations professionnelles du domaine de la Santé (FSAS)</li><li>Association suisse des médecins-assistant(e)s et chef(fe)s de clinique (ASMAC)&nbsp;&nbsp; &nbsp;</li><li>ainsi que les syndicats Syna, syndicom, Unia et SSP</li></ul><p><br><br></p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5786</guid><pubDate>Sun, 25 Nov 2018 13:59:00 +0100</pubDate><title>Un jour faste pour les droits humains et la démocratie en Suisse </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/un-jour-faste-pour-les-droits-humains-et-la-democratie-en-suisse</link><description>Votations fédérales : les commentaires de l’USS 
</description><content:encoded><![CDATA[<p> L’Union syndicale suisse (USS) est soulagée par le très net rejet de l’initiative soi-disant pour « ‘l’autodétermination ». Son acceptation aurait en effet affaibli les tribunaux suisses et rendu plus difficile l’application des droits humains. Les travailleurs et travailleuses en particulier en auraient souffert. Des droits humains se seraient retrouvés tôt ou tard remis en question. Ce non exprime le clair refus d’une politique de l’isolement nuisible à la protection des salaires et des travailleurs et travailleuses.<br><br>L’USS est déçue d’apprendre que l’article sur la surveillance des assuré(e)s a été accepté. Ainsi, les bénéficiaires de prestations sociales feront désormais l’objet d’une suspicion générale et les assurances privées profiteront de compétences très étendues pour lutter contre les abus. Il appartient désormais au Conseil fédéral de faire en sorte que la sphère privée des assuré(e)s soit préservée et que les espions des assurances ne puissent pas – comme promis – procéder à des observations à l’intérieur des habitations. L’USS attend en outre de la SUVA, qu’elle ait désormais une rôle d’exemple et soit un leader sur ces questions afin que la loi ne soit pas appliquée au détriment des travailleurs et travailleuses.<br><br>L’USS se réjouit aussi du rejet, dans le canton de Bâle-Ville, de la révision de la loi sur les heures d’ouverture des magasins. Une fois de plus, les citoyen(ne)s ont refusé d’étendre les heures d’ouverture des magasins dans un canton. Concrètement, il se serait agi ici de prolonger ces dernières de 18 à 20 heures le samedi. La majorité de la population estime que ce n’est pas nécessaire. Cela, aussi parce qu’elle sait que de tels prolongements pèsent sur le personnel concerné et sont synonyme de moins de temps avec la famille.<br>&nbsp;<br><br></p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5784</guid><pubDate>Fri, 23 Nov 2018 16:05:43 +0100</pubDate><title>Contre la sous-enchère et pour une numérisation qui sert aux salarié-e-s au lieu de leur nuire</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/contre-la-sous-enchere-et-pour-une-numerisation-qui-sert-aux-salarie-e-s-au-lieu-de-leur-nuire</link><description>Le salaire minimum de la PostCom est beaucoup trop bas !</description><content:encoded><![CDATA[<p>En fixant un salaire minimum de 18,27 francs dans la branche de la logistique, Hans Hollenstein, responsable de l'autorité de régulation postale de la Commission fédérale de la poste (PostCom), ouvre tout grand la porte à la sous-enchère salariale. Ce salaire minimum beaucoup trop bas sapera les efforts déployés par les syndicats pour faire obstacle à la concurrence sauvage en Suisse dans les secteurs de la logistique et du transport routier des marchandises. Il est également en totale contradiction avec la politique que l'État mène en matière de salaire minimum et se basant sur le principe selon lequel on doit pouvoir vivre de son salaire.</p><p>La politique syndicale sur le salaire minimum a permis de relever substantiellement les basses rémunérations dans de nombreuses branches, ce qui s'est traduit par une amélioration sensible de la situation des salarié-e-s. La décision favorable du Tribunal fédéral (TF) sur le projet de salaire minimum de 20 francs de l'heure dans le canton de Neuchâtel a relancé la lutte contre les bas salaires. Dans son argumentation, s'il relève que 20 francs représentent bel et bien un bas salaire, le TF s'aligne sur les prestations complémentaires de l'AVS et de l'AI. Et il ajoute qu'une personne qui a un travail rémunéré ne devrait pas devoir recourir à l'aide sociale. Ce salaire minimum s'applique aussi à la branche de la logistique.</p><p>En raison du commerce en ligne, la logistique a pris une importance beaucoup plus grande. Avec un salaire minimum national de seulement 18,27 francs, on risque de voir s'installer une pression sur les salaires dans cette branche en pleine croissance ainsi que, indirectement, dans le commerce de détail aussi. Car la sous-enchère salariale dans la logistique rend le commerce en ligne encore plus attrayant. Aujourd'hui déjà, ce dernier ressent la concurrence à travers des bas salaires à laquelle se livrent Amazon et Zalando. La numérisation risque ainsi de se faire au détriment des travailleurs et travailleuses.</p><p>L'Allemagne et la France ont montré où nous mènent ce type de rapports de travail. Dans ces deux pays, les géants de la logistique misent de plus en plus souvent sur des sous-traitants qui, eux, versent des salaires bien plus bas et offrent de moins bonnes conditions de travail. C'est pourquoi les syndicats exigent de la PostCom qu'elle corrige immédiatement cette décision scandaleuse avant qu'elle ne cause des dégâts. Le but des syndicats est un salaire minimum de 22 francs. Dans une première étape, la PostCom doit à tout le moins s'orienter sur les critères développés par le TF dans le cas de Neuchâtel (salaire minimum de 20 francs de l'heure, ainsi que salaires minimums plus élevés en fonction de la formation et des qualifications).</p><p>UNION SYNDICALE SUISSE + FAIRLOG</p><h5>Renseignements :</h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire de l'USS, 079 205 69 11</li><li>Vania Alleva, présidente du syndicat Unia, 079 620 11 14</li><li>Giorgio Tuti, président du Syndicat du personnel des transports (SEV), 079 221 45 64</li><li>Daniel Münger, président Syndicom l079 215 49 33</li></ul><p>FAIRLOG est l'alliance pour le transport routier des marchandises et la logistique, qui regroupe le Syndicat du personnel des transports (SEV), Syndicom, le syndicat des médias et de la communication et Unia.</p>]]></content:encoded><category>Poste</category><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/b/6/csm_Logistik_Foto-Schweizerische-Post-AG_fec61868d9.jpg" length="380498" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-5774</guid><pubDate>Tue, 20 Nov 2018 13:25:27 +0100</pubDate><title>Ignazio Cassis, un danger pour la Suisse</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/ignazio-cassis-un-danger-pour-la-suisse</link><description>La protection efficace des salaires en Suisse n’est pas un obstacle à la poursuite de la voie bilatérale, mais bien une condition.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis plusieurs jours, nous assistons à nouveau au spectacle désolant d’un chef de la diplomatie suisse, Ignazio Cassis, qui saisit chaque occasion pour appeler à sacrifier la protection des salaires en Suisse face à la Commission européenne. Ses propos dans une interview au magazine numérique « Republik » (<a href="https://www.republik.ch/2018/11/09/an-der-bar-mit-ignazio-cassis" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">lien</a>, en allemand) sont particulièrement extrêmes. De toute évidence, le conseiller fédéral PLR a complètement disjoncté. 
</p><p>Rappelez-vous : pendant cinq ans, depuis le début des négociations sur un accord-cadre avec l’Union européenne (UE), la Suisse a toujours qualifié la protection des salaires comme une ligne rouge à ne pas franchir. À la mi-juin de cette année, M. Cassis a commencé à s’en prendre à la protection des salaires, de concert avec son négociateur en chef Roberto Balzaretti et le ministre de l’économie Johann Schneider-Ammann. Et ils sont revenus à la charge de manière répétée. La protection des salaires en Suisse n’est pas négociable.
</p><p>A chaque occasion, les deux conseillers fédéraux PLR et leurs subordonnés politiques prétendent malgré tout que la protection européenne des salaires est comparable à celle de la Suisse. Si c’était vraiment le cas, si cette protection était aussi bonne dans l’UE qu’en Suisse, pourquoi alors voudraient-ils supprimer des pans entiers de notre système de protection qui a fait ses preuves, dans le but avoué de faciliter l’accès au marché pour les entreprises européennes ? Aucun des « bradeurs » de la protection des salaires n’a pu donner une réponse à cette question toute simple.
</p><p>Si malgré l’évidence, quelqu’un était tenté d’accorder encore quelque crédit à ces affirmations, il ou elle a dû enterrer ses dernières illusions mardi dernier au plus tard : la Cour de justice de l’Union européenne (à ne pas confondre avec la Cour européenne des droits de l’homme) a en effet déclaré non valable une bonne partie de la protection des salaires en Autriche. Une fois de plus, la Cour a fait passer la liberté commerciale d’une entreprise de construction pratiquant la sous-enchère salariale avant la protection sociale des travailleurs et travailleuses. À noter que le système autrichien de protection est beaucoup moins strict que celui de la Suisse !
</p><p>Maintenant, ou M. Cassis et son négociateur en chef M. Balzaretti comprennent enfin que la ligne rouge décrétée par le Conseil fédéral pour la protection des salaires a de très bonnes raisons d’être, même en matière de contenu. Et ils défendent à nouveau la position de la Suisse au lieu de dénigrer la protection salariale. Ou alors ils se transforment véritablement en un danger majeur pour la Suisse. Peut-on encore s’étonner de ce que la Commission européenne se montre intraitable avec la Suisse sur cette question si notre ministre des affaires étrangères lui-même et les secrétaires d’État en charge du dossier se positionnent de plus en plus ouvertement du côté de Bruxelles ? Alors qu’ils devraient défendre la ligne du Conseil fédéral…
</p><p>La protection efficace des salaires en Suisse, élaborée de manière indépendante et non discriminante, n’est pas un obstacle à la poursuite de la voie bilatérale, mais bien une condition. C’était le cas dans le passé. Et ça ne changera pas à l’avenir. Les égarements de notre ministre des affaires étrangères n’y changeront rien.<br><br></p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5768</guid><pubDate>Thu, 15 Nov 2018 07:45:00 +0100</pubDate><title>Pour la retraite anticipée et des conditions de travail dignes</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pour-la-retraite-anticipee-et-des-conditions-de-travail-dignes</link><description>Construction: la plus grande mobilisation depuis des décennies
</description><content:encoded><![CDATA[<p> 3 000 personnes au Tessin, 2 500 à Genève, 1500 à Fribourg, à Neuchâtel, dans le Jura et en Valais, 1 000 à Berne, plus de 4 000 à Lausanne, et dernièrement plus de 4 000 à Zurich. Ces deux dernières semaines, plus de 16 000 travailleurs et travailleuses de la construction ont délaissé leur travail en signe de protestation et sont descendus dans la rue. La raison de ce qui représente la plus grande mobilisation dans le secteur de la construction depuis la grande journée de grève réussie en bloquant le tunnel du Baregg il y a 15 ans est l’attaque des entrepreneurs contre l’acquis pour lequel les travailleurs et travailleuses de la construction s’étaient battus à l’époque : la retraite anticipée à 60 ans.
</p><p>Les entrepreneurs voulaient d’abord repousser l’âge de la retraite de deux ans ou diminuer la rente d’un tiers. Réaction: 18 000 travailleurs et travailleuses de la construction sont descendus dans la rue en juin. La Société suisse des entrepreneurs a donc cédé et offert de garantir financièrement la retraite à 60 ans et d’augmenter les salaires qui avaient été gelés pendant quatre années.<br>Un chantage a alors suivi : soudain les entrepreneurs n’étaient prêts à financer la retraite à 60 ans qu’à condition de pouvoir imposer une détérioration massive des horaires et conditions de travail. En clair : travail sur appel avec des journées de 12 heures, voie ouverte au dumping salarial avec des réductions salariales en cas de changement de poste, et suppression de la protection en cas de mauvais temps.
</p><p>Les travailleurs de la construction ont désormais clairement et fermement démontré qu’ils sont prêts à se battre pour la retraite à 60 ans et une convention collective nationale de travail prévoyant des conditions de travail correctes et des dispositions protégeant leur santé. Les entrepreneurs ont dû être impressionnés. Quoi qu’il en soit, les négociations ont repris et leur dénouement est ouvert. L’USS est elle aussi impressionnée par le courage manifesté par les&nbsp; travailleurs et travailleuses de la construction qu’elle soutient dans leur lutte pour la retraite anticipée et des conditions de travail dignes. Les délégué-e-s de l’USS l’ont récemment exprimé dans une <a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/blogs/lampart/medianlohn.png" target="_blank" class="download" rel="noreferrer">résolution adoptée le 28 septembre</a> dernier.
</p><p>Dans le canton de Genève, les maçons ont pour leur part décidé de suspendre leurs mesures de lutte jusqu’en janvier 2019 afin de permettre le déroulement des négociations collectives avec le patronat. <br><br></p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5752</guid><pubDate>Fri, 02 Nov 2018 14:55:00 +0100</pubDate><title>La tradition suisse en matière de droits fondamentaux demande un  NON à l’initiative anti-droits humains de l’UDC </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/la-tradition-suisse-en-matiere-de-droits-fondamentaux-demande-un-non-a-l-initiative-anti-droits-humains-de-l-udc</link><description>Réflexions jurisiques sur l&#039;initiative de l&#039;UDC</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En comparaison avec les autres pays, les tribunaux suisses et en particulier le Tribunal fédéral (TF) ont fait preuve depuis très longtemps d'ouverture à l'égard du droit international et des droits humains. Depuis décembre 2017, le droit de l'Organisation internationale du Travail (OIT) occupe aussi une place centrale dans la jurisprudence de nos tribunaux lorsqu'il est question de protection des droits humains, notamment des travailleurs et travailleuses ainsi que des syndicalistes. </p><h3>Droit international et Constitution fédérale main dans la main </h3><p>Comme le font apparaître plusieurs études, le droit international, surtout la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH), joue un rôle très important dans la jurisprudence de notre Cour suprême, le TF. On peut notamment l'expliquer par le fait que l'absence de juridiction constitutionnelle pour les lois fédérales a donné à ce dernier, après la ratification de la CEDH, la possibilité de mettre en place une protection des droits fondamentaux permettant une interprétation de notre constitution conforme à ces derniers. La protection des droits humains est ainsi considérée comme plus importante que les lois fédérales. 
</p><p>Depuis 1959, la Cour européenne des droits de l'homme (CrEDH), respectivement l'organisation qui l'a précédée, n'a cessé de trancher en faveur des travailleurs et travailleuses et pris en compte les normes de l'OIT. Tout(e) Suisse peut porter plainte devant la CrEDH s'il estime que ses droits sont violés. 
</p><h3>En Suisse, une protection qui passe traditionnellement par les droits humains </h3><p>En Suisse, les droits humains ont été codifiés très tôt déjà, comparativement à nos voisins, et surtout appliqués dans une jurisprudence constante. Chez nos voisins par contre, l'échec de la Révolution française a entraîné un retour aux temps anciens, lorsque la protection des droits humains n'existaient pas encore. 
</p><p>La première constitution fédérale de 1848 a représenté une avancée fondamentale. Elle contient un catalogue des droits humains tirés de ceux de la Révolution française. Désormais, en cas de violation de ces libertés individuelles garanties par la constitution fédérale et les constitutions cantonales, tout(e) un(e) chacun(e) pouvait adresser un recours de droit public, à l'époque encore au Conseil fédéral ou, en dernière instance, à l'Assemblée fédérale. 
</p><p>Très tôt, ces libertés ne furent plus uniquement des principes, c'est-à-dire des directives adressées au législateur, mais des droits individuels subjectifs permettant aux individus de se défendre contre un État (tout puissant). En cas de violations de ces libertés, par exemple par la police ou une instance administrative, le citoyen ou la citoyenne pouvait faire valoir ses droits fondamentaux à travers une plainte individuelle. Sur cette question, la Suisse était en avance par rapport aux autres pays. 
</p><p>Les droits constitutionnels ont été complétés et renforcés lors des révisions de 1866, 1974, 1969 et 1971 de la constitution. Cela, surtout sous la pression de la CEDH, des normes de l'OIT et d'autres règles du droit international. 
</p><p>À partir de 1874, le législateur fédéral transféra toujours plus la jurisprudence au TF sur les droits constitutionnels, et le TF devint pratiquement seul compétent pour ces questions après 1911. Avec la création de l'OIT, puis des Pactes de l'ONU relatifs aux droits humains, respectivement de la CEDH, le droit international gagna toujours plus en importance pour les tribunaux suisses et servit à mieux concrétiser et mettre en valeur notre propre constitution.
</p><h3>Utilité du droit international : l'exemple des droits des syndicats à accéder aux lieux de travail et à y informer le personnel </h3><p>Récemment, le TF a à nouveau saisi l'occasion de renforcer les droits humains garantis par le droit international et la constitution fédérale (arrêt de principe 144 I 50 du 6.9.2017). Se basant sur la liberté syndicale garantie par l'article 28 de cette dernière et en application de l'article 11 de la CEDH ainsi que des normes y relatives de l'OIT, le TF déduisit pour les syndicats un droit à accéder aux lieux de travail et à y informer le personnel. 
</p><p>Il s'agissait ici de trancher, suite à un recours du Syndicat suisse des services publics (SSP) contre une décision du gouvernement tessinois. Ce dernier, en tant qu'employeur, soumettait l'accès à ses locaux et l'exercice d'activités syndicales à l'intérieur de ceux-ci à certaines conditions très restrictives. La réglementation contestée prévoyait qu'en principe les syndicats n'avaient pas droit à accéder aux lieux de travail s'ils n'avaient pas reçu au préalable une autorisation en ce sens de la Chancellerie cantonale. La distribution de tracts et la mise à disposition de périodiques ne pouvaient pas non plus avoir lieu sans autre, mais devaient, toujours selon la décision du gouvernement tessinois, être demandées aux administrateurs locaux des bâtiments concernés. 
</p><p>Au vu de ces circonstances, le TF devait décider si, sur la base des articles précités de la constitution fédérale et de la CEDH ainsi que des articles 22 du Pacte II de l'ONU et 8 du Pacte I de l'ONU, les syndicats ont le droit d'accéder aux lieux de travail et à y informer le personnel. 
</p><p>La réponse fut oui. Selon la constitution fédérale, la CEDH et les conventions nos 87 et 98 de l'OIT, un droit d'accéder aux bâtiments de l'employeur doit, selon le TF, être a priori accordé aux syndicats pour, dans le cas présent, le secteur public. Ce n'est en effet que par là que les syndicats se voient garantir la possibilité réelle d'exercer toutes les activités préservant la capacité de fonctionner de leur organisation et du partenariat social et de poursuivre leurs buts statutaires.
</p><h3> Pas question de renoncer à la protection des droits humains </h3><p>Ce sont précisément ces garanties juridiques que l'UDC veut supprimer le 25 novembre avec son initiative anti-droits humains. En modifiant l'article 190 de la constitution fédérale, celle-ci veut que pour le TF (et toutes les autres autorités qui appliquent le droit), ne soient à l'avenir applicables que les accords de droit international soumis à référendum. L'initiative toucherait ainsi non seulement la CEDH, mais aussi 43 conventions de l'OIT ratifiées par la Suisse dans le but de protéger les travailleurs et travailleuses ! 
</p><p>En Suisse, aucune juridiction constitutionnelle ne nous protège contre des lois fédérales qui violeraient des libertés garanties par les droits fondamentaux. C'est pour cela que l'article 190 de la constitution fédérale prévoit ici une sécurité, à savoir que le droit international, comme la CEDH ou le droit de l'OIT, font aussi foi. Le droit international ratifié par notre pays assume donc cette fonction, car il garantit largement, via la CEDH et les conventions de l'OIT, les mêmes droits fondamentaux et humains que notre constitution. 
</p><p>En même temps, ce droit international est souvent plus détaillé et fixe des prescriptions plus précises quant à la manière d'aménager les droits. En plus de l'exemple susmentionné soit l'obtention de haute lutte par les syndicats du droit d'accéder aux lieux de travail et d'y informer le personnel, l'application du droit international a entraîné d'autres succès pour les travailleurs et travailleuses de Suisse. Ainsi, grâce aux plaintes déposées par l'USS et le SSP auprès de l'OIT, il a été établi que la Suisse devait réformer le droit du licenciement trop peu favorable aux travailleurs et travailleuses contenu dans son Code des obligations. En outre, la CrEDH a par exemple constaté récemment que les règles appliquées en Suisse en matière de prescription aux victimes de l'amiante sont arbitraires et que les personnes concernées ont été lésées. Toutes ces victoires des travailleurs et travailleuses de Suisse auraient été inimaginables sans la protection des droits fondamentaux garantie par le droit international. 
</p><p>Pour maintenir cette protection, il faut voter NON le 25 novembre prochain à l'initiative anti-droits humains de l'UDC. </p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5750</guid><pubDate>Fri, 02 Nov 2018 12:34:43 +0100</pubDate><title>Protection salariale et droits humains</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/protection-salariale-et-droits-humains</link><description>Paul Rechsteiner, Président de l’USS au sujet de l’initiative anti-droits humains de l’UDC</description><content:encoded><![CDATA[<p> L'UDC fait sa propagande pour l'initiative anti-droits humains ("initiative pour l'autodétermination") comme si la protection des salaires suisses lui tenait soudainement à cœur. Et elle abuse d'une citation de l'ancienne conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey en la sortant complètement de son contexte pour prétendre à tort que l'initiative de l'UDC peut défendre la protection salariale.
</p><p>C'est non seulement faux, c'est aussi hypocrite.
</p><p>Depuis le début, l'UDC a toujours combattu les mesures d'accompagnement pour protéger les salaires suisses. L'acceptation de l'initiative de l'UDC n'apporterait absolument rien à la protection salariale.
</p><p>La plus grande menace pesant actuellement sur la protection des salaires n'émane pas de l'UE, mais des milieux helvétiques qui aimeraient volontiers l'abaisser au niveau européen, à commencer par les conseillers fédéraux radicaux.
</p><p>En politique intérieure, les syndicats se sont battus pour les mesures de protection des salaires. A l'avenir aussi, c'est la politique interne qui continuera à être déterminante pour la protection salariale en Suisse.
</p><p>L'initiative de l'UDC menace les droits humains. Les droits élémentaires des travailleurs et travailleuses et des syndicats font aussi partie des droits humains. La liberté d'association est un droit humain. La liberté de s'associer syndicalement est un droit humain. Les droits humains se caractérisent par le fait qu'ils ne s'arrêtent pas aux frontières d'un pays. Il s'agit du plus grand acquis de notre civilisation.
</p><p>La Suisse est un Etat de droit. Mais dans de nombreux pays, les droits de l'homme - dont en particulier les droits des travailleurs et travailleuses et des syndicats - ne sont pas garantis. Fixer des règles nationales primant sur les droits humains, comme l'a fait Poutine, serait un signal fatal pour la Suisse. L'UDC ne fait rien d'autre : son initiative cible un arrêt du Tribunal fédéral fondé sur les droits de l'homme. Il s'agit donc d'une initiative contre nos propres juges.
</p><p>Les droits humains, en particulier les droits garantis par la Convention européenne des droits de l'homme, ont apporté d'innombrables avancées aux citoyen-ne-s suisses.
</p><p>La Convention des droits de l'homme a joué un rôle décisif dans l'octroi du droit de vote aux femmes en 1971 (les citoyennes d'Appenzell Rhodes-Intérieures ont attendu jusqu'en 1991). Mais les droits humains ont aussi été déterminants dans de nombreux cas individuels. Ce n'est qu'à la suite d'un jugement rendu à Strasbourg que la veuve d'Hans Moor, installateur de turbines chez ABB décédé d'une grave maladie pulmonaire liée à l'amiante, a pu faire valoir ses droits. Auparavant, un délai de prescription avait toujours été invoqué, malgré la cause avérée de la maladie.
</p><p>Les droits humains sont un acquis décisif pour les citoyen-ne-s suisses. Les affaiblir nuit justement aussi aux salarié-e-s.
</p><p>Mais c'est en Suisse que la bataille pour la protection salariale doit être gagnée. C'était ainsi dans le passé, et cela doit rester comme cela à l'avenir. </p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Droits syndicaux</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5735</guid><pubDate>Thu, 25 Oct 2018 09:30:00 +0200</pubDate><title>La reprise doit servir maintenant à mieux répartir les revenus !</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/la-reprise-doit-servir-maintenant-a-mieux-repartir-les-revenus</link><description>Rapport 2018 de l’USS sur la répartition des revenus</description><content:encoded><![CDATA[<p>La politique syndicale peut faire valoir de nombreux succès depuis la deuxième moitié des années 1990. Grâce aux campagnes sur les salaires minimums et aux progrès obtenus avec les conventions collectives de travail, les bas salaires ont clairement augmenté, contrairement à ce qui a été le cas dans de nombreux pays européens. Et malgré la crise financière et la surévaluation du franc, les salaires ont globalement augmenté. Concernant la répartition des revenus, l’évolution s’est fortement fourvoyée, les salaires élevés et très élevés progressant beaucoup plus que les autres. L’écart entre les salaires s’est aussi creusé dans notre pays. Aujourd’hui, la Suisse compte environ 14 000 personnes gagnant un demi-million de francs et plus, contre 3 000 au milieu des années 1990.</p><p>L’écart entre les personnes touchant des salaires très élevés et les autres s’est creusé à cause de la politique antisociale menée en matière d’impôts et de dépenses obligatoires. Alors que les baisses d’impôts ont surtout allégé la charge des revenus les plus élevés, les bas et moyens revenus pâtissent plus que la moyenne de l’explosion des primes des caisses-maladie. Les réductions des primes n’ont en effet pas suivi cette explosion. Pour nombre de ménages à bas ou moyens revenus, la charge des primes a ainsi plus que doublé. Et son poids n’est de ce fait pas supportable pour beaucoup de personnes à revenus modestes, mais aussi de familles avec enfants.</p><p>Cette politique antisociale en matière d’impôts et de dépenses obligatoires a par conséquent réduit à néant une partie considérable des progrès accomplis avec les salaires. Cette évolution est particulièrement grave pour les travailleurs et travailleuses justifiant d’une longue ancienneté, car leurs salaires ont nettement moins augmenté que dans l’ensemble pendant les années de crise. Ce qui se répercutera plus tard également sur leurs rentes du 2e pilier, surtout pour les plus de 55 ans.</p><p><strong>Pour que les revenus des salarié(e)s ordinaires s’améliorent et que la politique des redevances exerce à nouveau sa fonction de rééquilibrage social, les mesures suivantes sont en particulier requises : </strong></p><ul><li>Faire progresser les salaires de 2 ou 2,5 % lors des négociations salariales en cours. La primeur doit être accordée aux collaborateurs/collaboratrices de longue date et aux femmes.</li><li>Agir (en prenant des mesures) pour éliminer les discriminations envers les femmes (contrôles, sanctions) et pour améliorer le statut professionnel des femmes.</li><li>Conclure davantage de CCT prévoyant de bons salaires minimums. En priorité : la CCT du journalisme pour la Suisse alémanique et le Tessin, et l’extension aux petites entreprises de la CCT de la branche Sécurité, bloquée surtout par le département de M. Schneider-Ammann.</li><li>Supprimer les gros obstacles juridiques à l’extension du champ d’application des CCT (notamment le quorum patronal). Et introduire par exemple le « quorum coulissant » proposé par les patrons romands.</li><li>Limiter le nombre de travailleurs/travailleuses temporaires (surtout pour les mandats publics) et instaurer l’obligation de les payer comme les travailleurs fixes (« equal pay »).</li><li>Instaurer le 13e salaire pour tous et toutes. Dans la branche des services à la personne (esthétique, coiffure), par exemple, de nombreux salarié-e-s ne touchent toujours pas de 13e salaire.á &nbsp;</li><li>Garantir des salaires minimums prescrits par l’État assez élevés, comme les 23 francs proposés dans le canton de Genève. Augmenter le salaire minimum « de sous-enchère » édicté par le régulateur postal Hollenstein de 18,27 francs pour l’établir à plus de 22 francs, afin que le commerce en ligne n’entraîne pas de pressions sur les salaires.</li><li>Plafonner les salaires dans les entreprises publiques à 500 000 francs par an.</li><li>Augmenter les réductions des primes de caisse-maladie afin qu’aucun ménage ne doive sacrifier plus de 10 % de son revenu ces primes.</li><li>Corriger les baisses d’impôts cantonales accordées aux revenus élevés</li></ul>]]></content:encoded><category>Économie</category><category>Repartition</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/d/b/csm_Geldscheine-Taschenrechner_iStock-disqis_925475424_4176b275e8.jpg" length="210876" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-5731</guid><pubDate>Thu, 18 Oct 2018 11:56:40 +0200</pubDate><title>Le travail n’est pas une marchandise : seul le tripartisme mène vers l’avenir</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/travail-n-est-pas-marchandise</link><description> Déclaration tripartite sur le futur du travail et du partenariat social
</description><content:encoded><![CDATA[<p>Sans l’inclusion des syndicats, il n’est pas possible de maîtriser avec succès les défis&nbsp; survenant dans les domaines du travail, de la numérisation et des oeuvres sociales. Une Déclaration tripartite sur le futur du travail et du partenariat social en Suisse à l’ère de la numérisation de l’économie, signée aujourd’hui à Berne par les partenaires sociaux, le Conseiller fédéral Johann Schneider-Amman et le Directeur général du Bureau international du travail Guy Rider, vient le confirmer.<br><br>La Déclaration affirme qu’un dialogue constructif d’égal à égal contribue durablement à la prospérité, à un monde du travail décent et à l’essor de la Suisse. Selon la Déclaration, un partenariat social vivant inclut le système des conventions collectives de travail, les solutions paritaires pour la sécurité au travail et la protection de la santé, la formation et la formation continue ainsi que la prévoyance vieillesse.<br><br>Pour pouvoir relever les défis existants, il est indispensable « que notre partenariat social fonctionne efficacement pour protéger les conditions de travail et salariales en Suisse», relève la Déclaration. En fait partie en particulier « l’implication des partenaires sociaux dans les instances tripartites de régulation du marché du travail ». Pour les syndicats, c’est là une confirmation supplémentaire qu’il faut renforcer et non pas affaiblir les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes.<br><br>Pour les organisations de travailleurs et travailleuses, il est aussi important que la Déclaration affirme «que les normes ratifiées de l’OIT sont contraignantes pour la Suisse et qu’elles guident son engagement», comme le Tribunal fédéral l’a aussi indiqué récemment dans un jugement de principe. A cet égard, la Suisse a encore un grand besoin de rattrapage: elle n’a, par exemple, toujours pas mis en oeuvre les recommandations de l’OIT pour améliorer la protection contre les licenciements antisyndicaux.<br><br>L’OIT a comme principe que « le travail n’est pas une marchandise » et fête son centenaire en 2019 en tant que la plus ancienne organisation de l’ONU. La Suisse aura l’honneur de présider la Conférence internationale du travail l’année du centenaire. Fondé pour garantir la paix mondiale pour tous par le biais de meilleures conditions de vie et de travail, le rôle de l’OIT ne saurait aussi aujourd’hui être surestimé. L’OIT veut empêcher au moyen de normes sociales reconnues au niveau mondial que des entreprises se procurent des avantages dans le commerce international en démantelant les droits des travailleurs et en détériorant les conditions de travail.&nbsp; La Suisse le fait à son échelle avec un partenariat social qui fonctionne et les mesures d’accompagnement. Il est donc d’autant plus important que notre pays se montre digne de l’honneur qui lui est fait en ce centenaire et mette enfin en œuvre les prescriptions de l’OIT concernant la protection contre le licenciement.<br><br><br><br></p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5727</guid><pubDate>Tue, 16 Oct 2018 15:48:24 +0200</pubDate><title>Le 25 novembre, NON à une « initiative anti-droits humains »</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-25-novembre-non-a-une-initiative-anti-droits-humains</link><description>L’initiative de l’UDC sur « l’autodétermination » veut réduire la protection de tout un chacun, et surtout celle des travailleurs et travailleuses </description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 25 novembre, les citoyen(ne)s suisses pourront voter sur la toute dernière attaque de l’UDC contre les droits humains. Cette initiative, qui veut supprimer la protection qu’offrent tant la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) que les conventions de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sous prétexte d’« autodétermination », aurait des conséquences funestes, surtout pour les travailleurs et travailleuses de Suisse. L’Union syndicale suisse (USS) recommande de lui opposer un NON clair.
</p><h3>Protection des droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses</h3><p>La CEDH et le droit international de l’onusienne OIT garantissent des droits importants à l’ensemble des travailleurs et travailleuses, dont, par exemple, celui de se syndiquer dans son entreprise et d’échanger des informations. Ou la protection contre les licenciements prononcés uniquement pour activité syndicale. Ou encore la garantie pour les syndicats de pouvoir visiter le personnel sur son lieu de travail et le conseiller. Et enfin, last but not least, la protection des lanceurs et lanceuses d’alerte.
</p><p>Les salarié(e)s et le personnel syndiqué dépendent au quotidien d’un régime des droits humains opérationnel. L’égalité entre femmes et hommes dans les assurances sociales est aussi garantie par ce biais. La Cour européenne des droits de l’homme (CrEDH) de Strasbourg a prononcé à ce sujet un arrêt novateur et amélioré par là le droit d’une jeune mère à des rentes. 
</p><p>Or, l’UDC entend supprimer ces protections juridiques. En modifiant l’article 190 de la Constitution fédérale, son initiative ferait obstacle à l’application non seulement de la CEDH, mais aussi des 43 conventions de l’OIT sur la protection des travailleurs et travailleuses ratifiées par la Suisse ! 
</p><p>&nbsp;</p><h3>Le droit international, une garantie pour les droits humains</h3><p>En Suisse, aucune juridiction constitutionnelle ne nous protège contre les lois fédérales qui violeraient des libertés garanties par des droits fondamentaux. C’est pourquoi l’article 190 de la Constitution fédérale prévoit que le droit international ratifié par la Suisse, comme la CEDH ou le droit de l’OIT, est déterminant. 
</p><p>C’est ainsi que suite aux plaintes déposées par l’USS et le SSP devant l’OIT, on a pu constater que la Suisse doit réformer sa législation, peu favorable aux salarié-e-s, en matière de licenciement telle que la prévoit le Code des obligations. Et le Tribunal fédéral a tout récemment estimé que les syndicats ont le droit d’accéder aux lieux de travail et d’y informer le personnel. La CrEDH a en outre constaté, il y a peu, que les règles appliquées en matière de prescription aux victimes suisses de l’amiante sont arbitraires.
</p><p>Ce sont là autant de victoires pour les travailleurs et travailleuses concernés en Suisse qui, en l’absence de la protection des droits fondamentaux garantie par le droit international, auraient été inimaginables. 
</p><p>&nbsp;</p><h3>On ne peut plus démocratique</h3><p>L’initiative de l’UDC prétend vouloir sauver la démocratie. C’est de la poudre aux yeux ! De fait, tous les accords internationaux qui pourraient déployer leurs effets en Suisse sont légitimés par le Parlement et/ou les citoyen-ne-s. L’UDC veut dénoncer cette protection des droits fondamentaux démocratiquement ratifiée. C’est pour cela qu’un NON clair s’impose le 25 novembre prochain.<br><br></p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5705</guid><pubDate>Fri, 28 Sep 2018 13:57:45 +0200</pubDate><title>Pour le renforcement des mesures d’accompagnement – RFFA : liberté de vote</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/pour-le-renforcement-des-mesures-d-accompagnement-rffa-liberte-de-vote</link><description>Assemblée des délégué(e)s de l’USS du 28 septembre 2018</description><content:encoded><![CDATA[<p> Les mesures d'accompagnement destinées à protéger les salaires et les conditions de travail sont et restent une ligne rouge. Elles ne doivent pas être soumises à un accord-cadre conclu entre la Suisse et l'Union européenne (UE). Lors de leur assemblée, les délégué(e)s de l'Union syndicale suisse (USS) ont confirmé cette position à travers une résolution. Afin que les Accords bilatéraux profitent vraiment aussi à la population, il faut qu'à l'aide des mesures d'accompagnement, on applique le principe selon lequel en Suisse, on verse des salaires suisses et respecte les conditions de travail suisses. Et pour ce faire, les mesures de protection des salaires doivent être renforcées, et non pas vidées de leur substance.
</p><p>Les travailleurs et travailleuses de notre pays ne sont pas isolés dans leur lutte pour la protection des salaires, comme l'a clairement montré dans son intervention le président de la Confédération autrichienne des syndicats (ÖGB), Wolfgang Katzian. Selon lui, l'UE doit protéger les salaires, pas les frontières. L'exemple autrichien montre que les craintes des syndicats suisses concernant un droit de regard de l'UE en matière de protection des salaires en Suisse sont justifiées. Dans ce pays, suite aux pressions de l'Europe, des mesures de protection ont dû être supprimées. Cela ne peut qu'encourager les travailleurs et travailleuses de Suisse à défendre le niveau de protection des salaires obtenu de haute lutte.
</p><p>La loi fédérale relative à la réforme fiscale et au financement de l'AVS (RFFA) a également fait l'objet d'une discussion approfondie et controversée de la part des délégué(e)s de l'USS. Lors d'un premier vote, ils ont dit oui à ce projet par 46 voix contre 41 et 3 abstentions. Lors d'un second vote, ils ont décidé par 50 voix contre 40 de laisser la liberté de vote en raison de l'appréciation divergente de cet objet.
</p><p>L'élément de la RFFA jugé positif est que l'AVS bénéficiera rapidement de 2 milliards de francs par année grâce à lui et qu'avec un léger relèvement du prélèvement en pourcents de salaire, on portera ainsi son choix sur le mode de financement le plus social qui soit. En effet, la majeure partie de ces 2 milliards seront versés par celles et ceux qui gagnent beaucoup. Il sera en outre plus facile de combattre l'augmentation de l'âge de la retraite des femmes voulue par la droite. Dans la partie fiscale du projet aussi, en comparaison avec la troisième réforme de l'imposition des entreprises (RIE III), des progrès ont été obtenus : les actionnaires et une partie des entreprises devront payer plus d'impôts à la Confédération. Et les baisses d'impôt prévues au niveau fédéral par la RIE III pour les entreprises ont disparu. Le fait que les cantons recevront un milliard de francs de la Confédération et que la plupart d'entre eux s'apprêtent à baisser leurs impôts sur le bénéfice grâce à cet argent a fait l'objet de nombreuses critiques. Cela, bien que la plupart des cantons ne soient pas du tout concernés par la suppression des actuels privilèges fiscaux du fait qu'ils n'en ont accordés qu'à peu d'entreprises. Pour cette raison, les syndicats se battront activement dans les cantons contre ces projets de baisse d'impôt inutiles.
</p><h5>Renseignements :</h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire de l'USS, 079 205 69 11</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS, 079 249 59 74 </li></ul>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category><category>International</category><category>Finances et fiscalité</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5704</guid><pubDate>Fri, 28 Sep 2018 11:14:54 +0200</pubDate><title>Lutter ensemble pour une Europe sociale</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/lutter-ensemble-pour-une-europe-sociale</link><description>Mesures d’accompagnement : les syndicats européens montrent leur solidarité avec l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p><b>Dans son combat pour défendre les mesures d'accompagnement, l'Union syndicale suisse (USS) a reçu des messages de solidarité de la part de la Confédération européenne des syndicats ainsi que de nombreuses confédérations et syndicats nationaux en Europe. La protection des salaires et des conditions de travail est en effet cruciale pour une Union européenne viable et sociale.</b></p><p>Jusque-là, la politique européenne de la Suisse reposait sur le principe qu'elle doit être utile aux personnes, peu importe quel passeport ils possèdent. C'était en particulier le cas pour la voie bilatérale. C'est pourquoi l'USS, avec ses consœurs européennes et la Confédération européenne des syndicats (CES), revendiquait, avec succès : il faut protéger les salaires et les conditions de travail, pas les frontières !
</p><h3>L'Europe doit devenir plus sociale</h3><p>Ces dernières années, les intérêts des travailleurs et travailleuses n'ont malheureusement pas toujours été prioritaires au sein des instances de l'Union européenne (UE). Au contraire : la politique d'austérité dictée par Bruxelles depuis 2008 dans de nombreux pays ainsi que les occasions ratées d'améliorer la protection des salarié-e-s ont poussé beaucoup de citoyens européens dans les bras des partis de la droite nationaliste et populiste. Ils sont fatigués de l'UE.
</p><p>Jusque dans les années 1990 pourtant, la législation et la jurisprudence de l'UE avaient une orientation sociale. La non-discrimination était au cœur de la directive sur le détachement de la main d'œuvre, tout comme le droit d'être payé et traité correctement et de manière équitable. Ce n'est qu'au début du 21è siècle que la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) et la Commission européenne ont commencé à placer les intérêts des entreprises avant ceux des travailleurs et travailleuses. Subitement, le droit et la jurisprudence de l'UE devinrent un moyen de péjorer les conditions de travail plutôt que de les améliorer. Des jugements antisyndicaux ou attaquant la protection publique des salaires témoignent clairement de ce changement. Ces décisions ainsi que de nouvelles règles communautaires ont ouvert la voie à la sous-enchère salariale et ont mis des bâtons dans les roues aux pays à hauts salaires qui voulaient introduire des mesures de protection plus fortes.
</p><p>Le Brexit est probablement la conséquence la plus dramatique de cette erreur politique : la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE a surtout été plébiscitée parce que les salarié-e-s britanniques craignaient pour leurs salaires et leurs conditions de travail. D'autant plus que leur gouvernement, pour des raisons idéologiques, n'a pas voulu fixer des mesures d'accompagnement pour la protection des salaires et des conditions de travail. Aujourd'hui, la question de la sous-enchère salariale s'est invitée dans les campagnes électorales, même dans des pays comme la République tchèque, la Pologne ou la Hongrie, et est utilisée par les partis de la droite nationaliste.
</p><h3>Il faut de meilleures mesures d'accompagnement, et non des moins bonnes</h3><p>En Suisse par contre, la protection salariale a été jusqu'ici constamment améliorée, car tout le monde comprenait que sans cette protection, les conditions de travail et le tissu social dans notre pays à hauts salaires seraient menacés et l'adhésion à la voie bilatérale finirait par s'effriter. Hélas, les conseillers fédéraux PLR et leur entourage ont brisé ce consensus. Ils suivent une logique néolibérale et veulent raboter la protection des salarié-e-s, et donc les mesures d'accompagnement.
</p><p>C'est dans ce contexte que certains membres de la Commission européenne ainsi que des entreprises, en particulier du Sud de l'Allemagne, tentent de remettre en question la protection contre la sous-enchère salariale et sociale dans le cadre de la discussion sur un éventuel accord-cadre entre la Suisse et l'UE. Ce sont les mêmes qui font parallèlement tout ce qu'ils peuvent pour empêcher aussi au sein de l'UE la mise en place de normes sociales contraignantes et d'une protection des salarié-e-s.
</p><p>En Suisse, cette protection reste supérieure, mais à Bruxelles, les choses sont en train de changer peu à peu. Sous la pression des syndicats européens, la Commission dirigée par Jean-Claude Juncker a bien amorcé une timide réorientation vers une Europe plus sociale. Un cap qui s'est déjà matérialisé dans la nouvelle directive pour l'application de la directive sur le détachement de 2014, puis au milieu de cette année dans la révision de la directive sur le détachement. Ces avancées sont à saluer, au même titre que d'autres propositions faites dans le cadre de l'initiative européenne pour " un pilier des droits sociaux ". Mais on ignore pour l'heure comment ces mesures seront concrètement mises en œuvre d'ici deux ans dans les pays de l'UE et si elles pourront se maintenir devant la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE). Car c'est elle qui décidera, dans des cas particuliers, comment le principe abstrait d'un " même salaire pour le même travail dans le même pays " peut être appliqué. La CJUE s'est montrée jusque-là plutôt sévère en ce qui concerne la " proportionnalité " des mesures de protection salariale.
</p><h3>Les syndicats européens comptent sur la Suisse</h3><p>Prétendre aujourd'hui que la protection salariale au sein de l'UE est juridiquement au même niveau que celle de la Suisse relève d'une méconnaissance crasse du sujet. Et propager cette affirmation sans ou en connaissance de cause revient à s'opposer, volontairement ou non, aux forces progressistes en Europe, et en particulier au mouvement syndical européen. Ce n'est donc pas un hasard si les syndicats européens demandent à leurs consœurs helvétiques de rester intransigeantes sur les mesures d'accompagnement, pour le bien des salarié-e-s.
</p><p>Car la nouvelle directive d'application et la directive révisée sur le détachement a été obtenue après un âpre combat de la part de la CES et des forces progressistes au Parlement européen. Elles représentent le maximum de ce qu'il était possible d'atteindre au plan politique. Si, comme prévu, le camp progressiste devait reculer lors des prochaines élections européennes de 2019, les projets de réformes sociales bénéficiant aux personnes et aux salarié-e-s pourraient avoir la vie encore plus dure à l'avenir.
</p><p>C'est pourquoi la CES et en particulier des syndicats de l'Europe de l'Est, où les salarié-e-s sont souvent victimes de sous-enchère sociale et salariale, demandent à l'USS de rester fermes dans sa lutte sur les mesures d'accompagnement. L'USS a reçu des lettres de solidarité des Confédérations syndicales de Bulgarie, Roumanie, mais aussi de Pologne et de Hongrie. Elles y font part de leur soutien à l'USS dans ce combat et l'encouragent à résister face aux chantres du marché intérieur dans la Commission européenne. Un affaiblissement de la protection des salaires en Suisse donnerait un signal catastrophique pour les forces syndicales progressistes en Europe. Car pour elles, la révision de la directive sur le détachement n'était qu'un premier pas dans la bonne direction : celle d'une Europe sociale, qui garantit le même et juste salaire pour tous les salarié-e-s de l'UE.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5701</guid><pubDate>Thu, 27 Sep 2018 17:05:00 +0200</pubDate><title>La protection contre le licenciement : un droit humain</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-protection-contre-le-licenciement-un-droit-humain</link><description>Colloque juridique de l’Union syndicale suisse</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La protection contre le licenciement en Suisse est en train de bouger : grâce à la protection des droits fondamentaux inscrite dans la Constitution fédérale, à la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH), aux conventions de l'Organisation internationale du Travail (OIT) ainsi qu'à une jurisprudence progressiste, la situation a évolué positivement. Le besoin d'agir se fait quand même sentir, en particulier dans la législation. Cette dynamique a été le fil conducteur du dernier colloque juridique de l'Union syndicale suisse (USS). </p><h3>Importance des conventions de l'OIT et de la CEDH pour les tribunaux </h3><p>Lors du colloque de l'USS, trois experts ont présenté dans leurs exposés respectifs l'importance croissante des conventions de l'OIT en particulier en ce qui concerne la liberté syndicale (nos 87 et 98), ainsi que celle de la CEDH dans la jurisprudence du Tribunal fédéral (TF) : il s'agissait de Pascal Mahon, docteur en droit et professeur à l'Université de Neuchâtel, Kurt Pärli, docteur en droit et professeur à l'Université de Bâle, et Luca Cirigliano, docteur en droit, secrétaire central de l'USS. 
</p><p>Dans un arrêt de principe (2c_499/2015, BGE 144 I 50), le Tribunal fédéral a statué que les syndicats ont accès aux lieux de travail. Le cas soumis au TF se rapporte à une plainte du Syndicat suisse des services publics (SSP) concernant des emplois dans le canton du Tessin. Mais le jugement dépasse le cadre du service public et peut s'appliquer également à des emplois dans le privé. Dans la publication de son arrêt, le Tribunal fédéral a statué pour la première fois que le droit de l'OIT a, par le biais de la CEDH, un impact direct sur l'interprétation de la liberté syndicale selon l'article 28 de la Constitution. L'OIT et la CEDH préconisent une meilleure protection contre le licenciement et des droits d'accès aux lieux de travail pour les syndicats. 
</p><p>Cette nouvelle pratique permet de mieux combattre en particulier les licenciements abusifs ainsi que de résoudre les problèmes liés aux droits d'accès aux lieux de travail et d'information des syndicats. La même remarque s'applique à la possibilité d'intenter une action contre l'employeur devant la Cour européenne des droits de l'homme. 
</p><h3>Au plan judiciaire, la lutte contre les licenciements discriminatoires doit être renforcée </h3><p>L'exposé de la professeure Karine Lempen de l'Université de Genève a montré de manière impressionnante quelle a été l'évolution ces dernières années de la pratique du TF en faveur des travailleurs et travailleuses âgés et des femmes, licenciés pour des raisons discriminatoires. Des arrêts pionniers ont été évoqués. Ainsi, il n'est désormais plus permis de licencier des travailleurs et travailleuses âgés et de longue date dans leur entreprise sans prendre diverses mesures et sans leur accorder un droit à être au préalable entendus. En cas contraire, le licenciement est considéré comme étant abusif. 
</p><p>Partant d'une étude de l'Université de Genève, Madame Lempen, a cependant aussi fait apparaître que, précisément en matière de licenciements discriminatoires de femmes, le tribunal n'applique souvent pas la loi sur l'égalité entre femmes et hommes, mais uniquement les dispositions générales du droit du travail. Effrayant ! En effet, les femmes qui luttent, par exemple, contre des discriminations salariales, perdent ainsi la possibilité d'être réengagées et ne bénéficient pas du renversement du fardeau de la preuve, une disposition qui est avantageuse pour elles. On doit par conséquent se donner pour objectif que l'article 10 de la loi sur l'égalité soit toujours appliqué. Et les juges, tout comme les avocat(e)s, doivent davantage y veiller. 
</p><h3>L'OIT demande toujours une révision du Code des obligations </h3><p>L'intervention de Madame Karen Curtis, docteure en droit et directrice adjointe de la Commission de l'application des normes de l'OIT, fut finalement saisissante. Sur la base des recommandations faites à notre pays par l'OIT, Madame Curtis a montré que la Suisse doit modifier son Code des obligations pour être conforme aux normes du droit international. Tant en raison des obligations relevant de l'OIT de même que de la CEDH, il apparaît de fait clairement qu'en raison du droit de l'OIT et de la CEDH, le droit suisse du licenciement en cas de congés antisyndicaux ainsi que de membres de commissions du personnel ou d'organes de caisses de pensions doit prévoir la réinsertion de la personne licenciée. En outre, les actuelles indemnisations habituellement accordées par les tribunaux en cas d'abus, deux à trois salaires mensuels, sont beaucoup trop basses aux yeux de l'OIT. Car elles ne sont pas suffisamment dissuasives. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5683</guid><pubDate>Mon, 17 Sep 2018 07:33:55 +0200</pubDate><title>Renchérissement, reprise et besoin de rattrapage : l’USS demande des hausses des salaires de 2 à 2,5 %</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/rencherissement-reprise-et-besoin-de-rattrapage-l-uss-demande-des-hausses-des-salaires-de-2-a-2-5</link><description>Négociations salariales 2018/2019</description><content:encoded><![CDATA[<p> L'économie est en plein boom. Pour la première fois depuis dix ans, les prix à la consommation augmentent de tout juste 1 %. Les entreprises font des bénéfices et la productivité augmente. Cette reprise doit désormais profiter aux travailleurs et travailleuses. C'est pourquoi il faut maintenant que les salaires augmentent sur une large échelle. Les syndicats de l'Union syndicale suisse (USS) demandent des hausses de 2 à 2,5 %. Et davantage pour les femmes afin de corriger les discriminations dont elles sont victimes.
</p><p>Après les années difficiles dues à la crise financière et la surévaluation du franc, la tendance est à la hausse dans la plupart des branches. Or, malgré cette très nette amélioration de la situation des affaires des entreprises, les salaires réels ont stagné en 2017 et 2018. Ainsi, " L'heure est venue pour des hausses des salaires réels ", a déclaré Paul Rechsteiner, le président de l'USS, lors de la conférence de presse de cette dernière sur les négociations salariales 2018/2019. En plus, des hausses significatives sont nécessaires, car il faut d'abord compenser la reprise du renchérissement. Il faut aussi tenir compte du fait que les primes des caisses-maladie ont pris depuis longtemps le large par rapport à l'évolution des salaires et que les cotisations du 2e pilier augmentent. En même temps, les hausses de salaire doivent être générales. Il n'est pas question que les trois quarts des hausses octroyées ne le soient qu'individuellement. Car ce sont les hauts revenus les premiers à en profiter.
</p><p>Comme l'a souligné Vania Alleva, présidente du syndicat Unia, les entreprises peuvent d'autant plus se permettre d'augmenter leurs salaires qu'elles économisent 15 % de leurs primes dans l'assurance-accidents grâce à une remise de la SUVA. Unia a toutes les branches en point de mire. Surtout la construction où une hausse générale de 150 francs est demandée. En raison d'une situation des affaires particulièrement bonne, 3 % d'augmentation de salaire sont nécessaires dans la pharma.
</p><p>Dans les branches couvertes par le syndicat Syndicom, le syndicat des médias et de la communication, des hausses claires des salaires sont indiquées, comme l'a montré le président Daniel Münger. C'est en effet grâce à l'engagement soutenu des employé(e)s que ces entreprises du marché intérieur ont pu réaliser d'importants profits, a-t-il rappelé. Syndicom demande, tant à Swisscom qu'à La Poste, des hausses de salaire d'au moins 2 %. Il existe aussi un important retard à rattraper dans les services publics. La situation financière de la Confédération et des cantons est bonne et proscrit le recours à des mesures d'austérité et à des coupes qui n'en finissent pas.
</p><h5>Renseignements :</h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en chef de l'USS, 079 205 69 11</li><li>Vania Alleva, présidente du syndicat Unia, 079 620 11 14</li><li>Daniel Münger, président de Syndicom, 079 215 49 33 </li></ul>]]></content:encoded><category>Économie</category><category>Travail</category><category>Salaires et CCT</category><category>Repartition</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5670</guid><pubDate>Fri, 07 Sep 2018 11:13:35 +0200</pubDate><title>Encore et encore contre le personnel de la Confédération</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/encore-et-encore-contre-le-personnel-de-la-confederation</link><description>Les interventions de la session</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 17 septembre, le Conseil des États traitera toute une série d'interventions concernant le personnel de la Confédération. Et toutes relèvent du même état d'esprit : " Moins, c'est mieux ". </p><p>Moins, c'est mieux, soit, en d'autres termes : moins de personnel de la Confédération et moins de salaire. Au Conseil des États de mettre une fois pour toutes fin à pareille mentalité ! La motion qui veut plafonner le nombre d'emplois de l'Administration fédérale à son niveau de 2014, ou à 35 000 emplois à plein temps, est déjà passée plusieurs fois dans les deux Commissions des finances et les deux Chambres. Dans son rapport (18.032), le Conseil fédéral a montré qu'elle est de facto réalisée. La Commission des finances du Conseil des États demande désormais à son président, dont la voix est prépondérante, de trancher. À la trappe ! 
</p><p>La motion 16.3399 est du même tabac : elle vise à baisser de 8 % les mandats attribués à l'extérieur. Le Conseil national l'a aussi fait passer. 
</p><p>L'UDC ne cesse de critiquer le système salarial appliqué dans l'Administration fédérale, alors qu'un rapport externe est aussi arrivé à la conclusion qu'il est en soi cohérent et surtout qu'il ne représente justement pas un facteur de coûts. La motion 16.3973 demande que toutes les allocations soient supprimées et que l'horaire de travail fondé sur la confiance n'entraîne pas un relèvement automatique du salaire. Le Conseil national a trouvé cela bien, au Conseil des États de s'y opposer. 
</p><p>Et l'UDC, encore une fois sur le salaire des employé(e)s de la Confédération : la motion 16.3974 veut que les salaires soient adaptés à ceux du privé, c'est-à-dire bien sûr vers le bas. Seulement : ils y sont plus élevés pour les fonctions de cadres supérieurs ! Comparativement, les salaires des classes de salaire inférieures de l'Administration fédérale sont supérieurs au privé. Cela concerne les artisans(e)s, les mécanicien(ne)s, les logisticien(ne)s, le personnel de nettoyage, les huissiers et huissières ainsi que les activités des loges. Faut-il couper dans ces salaires ? La compensation du renchérissement doit être négociée chaque année. La loi sur le personnel de la Confédération prévoit uniquement que le Conseil fédéral peut compenser le renchérissement en fonction de la situation économique et financière. Or cette seule possibilité est une épine dans le pied des parlementaires de la droite et cet article doit être abrogé selon eux (motion 17.3978). </p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5668</guid><pubDate>Fri, 07 Sep 2018 08:44:35 +0200</pubDate><title>Le peuple refusera le travail gratis et les durées de travail sans fin </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-peuple-refusera-le-travail-gratis-et-les-durees-de-travail-sans-fin</link><description>L&#039;USS sur la révision de la loi sur le travail </description><content:encoded><![CDATA[<p> Les provocations contre les salarié(s) de Suisse s'enchaînent. Après l'attaque sans précédent des conseillers fédéraux libéraux-radicaux contre la protection pourtant éprouvée des salaires suisses, la Commission de l'économie du Conseil des États tire aujourd'hui la deuxième salve contre les intérêts élémentaires des salarié(e)s. Dans son viseur : la durée maximale du travail et l'enregistrement de la durée du travail. Au cas où cette attaque devait passer le cap des débats parlementaires, l'Union syndicale suisse (USS) la combattra par référendum.
</p><p>Selon la révision de la loi sur le travail (LTr) tout juste mise en consultation, les spécialistes et les cadres doivent être exclus des dispositions protectrices sur le temps de travail. La protection contre l'épuisement professionnel et le travail gratis serait ainsi supprimée pour près de 40 % des salarié(e)s, soit 1,4 million de personnes.
</p><p>Ce sont les critères proposés pour la suppression de l'enregistrement du temps de travail qui expliquent le grand nombre de personnes concernées. Les règles s'appliquent aux cadres et aux spécialistes ayant un " pouvoir de décision important " et une "grande autonomie". Il ne s'agit pas de catégories juridiques. L'employeur ou l'employeuse disposera donc d'une grande marge de manœuvre pour définir les profils d'emploi de sorte à ce que les travailleurs et travailleuses ne soient plus couverts par les dispositions de protection. Et il y a aussi un problème d'exécution : sans enregistrement du temps de travail, les inspecteurs et inspectrices du travail ne pourront plus vérifier si les règles de protection comme le repos nocturne, l'interdiction de travailler le dimanche et les pauses, sont respectées.
</p><p>La santé des travailleurs et travailleuses serait particulièrement menacée par la suppression de la durée hebdomadaire maximale de travail et du nombre maximal d'heures journalières supplémentaires, ainsi que par la levée de l'interdiction du travail dominical. Toutes ces libéralisations auraient pour résultat que les salarié(e)s concernés devraient travailler beaucoup plus longtemps. La journée de travail de 17 heures deviendrait la norme. Et la vie familiale serait perturbée par le travail du dimanche pour encore davantage de monde en Suisse. Les études sur la santé au travail montrent clairement que de longs horaires de travail augmentent le risque de maladies cardiovasculaires, de cancer, d'arthrite, de diabète et de maladies psychiques. Selon la Société suisse de médecine du travail, la révision de la LTr entraînerait aussi une augmentation des absences pour cause de maladie, et donc des coûts pour les employeurs et employeuses ainsi que la société. De plus, un nombre croissant de personnes quitterait la vie active plus tôt et les femmes auraient encore plus de mal à trouver un emploi à temps plein.
</p><p>Toutes ces conséquences négatives expliquent que les syndicats organiseront un référendum contre cette révision de la LTr. Ils rassembleront la majorité de la population derrière eux. Parce que les journées de travail de 17 heures, l'augmentation du travail gratis et un repos dominical de plus en plus souvent perturbé seront rejetés par un large front.
</p><h5>RENSEIGNEMENTS:</h5><ul><li>Paul Rechsteiner, président de l'USS, 079 277 61 31</li><li>Luca Cirigliano, secrétaire central de l'USS, 076 335 61 97</li><li>Prof. Dr. Brigitta Danuser, Société suisse de médecine du travail (SSMT), 076 339 84 46</li><li>Vania Alleva, présidente d'Unia, 079 620 11 14</li><li>Stefan Giger, secrétaire général du SSP, 079 296 77 07 </li></ul>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5664</guid><pubDate>Wed, 05 Sep 2018 09:00:00 +0200</pubDate><title>Action « Ligne rouge : droits des salarié-e-s »</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/action-ligne-rouge-droits-des-salarie-e-s</link><description>Quelque 200 travailleurs et travailleuses ont protesté contre le projet des conseillers fédéraux PLR Ignazio Cassis et Johann Schneider-Amman. </description><content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;Quelque 200 travailleurs et travailleuses venus de toute la Suisse ont formé mercredi sur la Place fédérale à Berne une «&nbsp;ligne rouge&nbsp;» symbolique que le Conseil fédéral n’a pas le droit de franchir dans les négociations sur un accord-cadre avec l’Union européenne (UE). Sous le slogan «&nbsp;Nous défendons les salaires et les conditions de travail&nbsp;», ils ont protesté contre le projet des conseillers fédéraux PLR Ignazio Cassis et Johann Schneider-Amman de saper les mesures d’accompagnement pour la protection des salaires et des conditions de travail. Ces deux conseillers fédéraux aimeraient en effet soumettre les mesures d’accompagnement à l’accord-cadre Suisse-UE et laisser ainsi les tenants d’une ligne dure relativement au marché intérieur au sein de l’UE décider de la protection effective des salaires en Suisse.
</p><p>Par cette action, les travailleurs et travailleuses réaffirment qu’ils ne négocieront pas sur le démantèlement de la protection des salaires. Ils exigent que le Conseil fédéral respecte la «&nbsp;ligne rouge&nbsp;» qu’il a lui-même confirmée à plusieurs reprises et, ainsi que cela a toujours été promis, ne les soumette pas à l’accord-cadre.
</p><p>Ils ont rappelé que la Suisse, qui se situe au centre de l’Europe, a besoin de relations stables et bonnes avec l’UE et qu’à cet effet, une protection efficace et autonome des salaires et des conditions de travail est nécessaire. Ils ont également rappelé que la mise en place de la libre circulation des personnes, combinée avec des mesures d’accompagnement opérantes, a été un important progrès. De fait, cela a signifié la fin du statut inhumain de saisonnier et de l’arbitraire patronal qui échappait à tout contrôle. Ce n’est qu’ainsi qu’a été remplie la condition permettant d’appliquer le principe selon lequel en Suisse, on doit verser des salaires suisses. Pour atteindre cet objectif, les mesures d’accompagnement doivent être continuellement adaptées aux nouveaux défis et renforcées, mais pas démantelées. Elles resteront la clé du succès des Accords bilatéraux seulement si la Suisse comble par elle-même les lacunes existantes.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5656</guid><pubDate>Fri, 31 Aug 2018 12:15:54 +0200</pubDate><title>Libre circulation : L’USS combattra de toutes ses forces l’« initiative de limitation » de l’UDC</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/libre-circulation-l-uss-combattra-de-toutes-ses-forces-l-initiative-de-limitation-de-l-udc</link><description>La Suisse a besoin des relations de qualité et stables avec l’UE</description><content:encoded><![CDATA[<p>Pays situé au centre de l'Europe, la Suisse a besoin d'entretenir des relations de qualité et stables avec l'Union européenne (UE) ; cela, pour des raisons tant politiques qu'économiques. Pour cette raison, l'Union syndicale suisse (USS) s'est toujours prononcée en faveur des Accords bilatéraux, mais à la condition qu'ils profitent aux travailleurs et travailleuses de Suisse et que les salaires et les conditions de travail soient protégées. La mise en place ainsi que le développement des mesures d'accompagnent constituent la base de cette protection, même si les nouvelles lacunes de protection qui se font jour doivent régulièrement être comblées.</p><p>L'introduction de la libre circulation des personnes, combinée à des mesures d'accompagnement efficaces, a été un progrès important. Si l'on compare avec l'époque des anciens systèmes de contingents, la main-d'œuvre étrangère en Suisse est aujourd'hui moins exposée à l'arbitraire patronal. Elle peut mieux se défendre contre des conditions de travail mauvaises, des salaires de misère et l'exploitation. Il est donc plus aisé de combattre la sous-enchère salariale qu'avec les anciens systèmes de contingents. Le principe selon lequel, en Suisse, on verse des salaires suisses se trouve de ce fait appliqué. Grâce à la libre circulation des personnes, on a surtout supprimé le statut inhumain de saisonnier.</p><p>L'initiative de limitation de l'UDC attaque frontalement la réussite que représentent les Accords bilatéraux. Cela, aussi dans le but de supprimer les mesures de protection des salaires. L'USS la combattra de toutes ses forces. En même temps, elle s'opposera à toutes les tentatives de faire baisser les salaires et démanteler les conditions de travail. Elle s'engagera bien au contraire pour combler les lacunes de protection encore existantes. Car la clé du succès des Accords bilatéraux a été et reste la combinaison de la libre circulation des personnes avec des mesures d'accompagnement solides que la Suisse fixe en toute autonomie.</p><h5>Renseignements:</h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire de l'USS, 079 205 69 11</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS, 079 249 59 74</li></ul>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>International</category><category>Économie extérieure</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5650</guid><pubDate>Fri, 24 Aug 2018 15:53:36 +0200</pubDate><title>Des patrons cyniques</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-patrons-cyniques</link><description>Protection contre l’épuisement professionnel</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">À coups de grandes et onéreuses affiches placardées depuis quelques semaines en Suisse alémanique, l'Association Suisse d'Assurances (ASA) s'inquiète de l'explosion du nombre des cas d'épuisement professionnel. Le timing ne pourrait pas être plus cynique, car la commission compétente du Conseil des États veut démanteler massivement la protection des travailleurs et travailleuses. </p><p>La Commission des redevances et de l'économie de la Chambre des cantons veut en effet mettre en œuvre les initiatives parlementaires de la conseillère aux États Karin Keller-Sutter (PLR) et du conseiller aux États Konrad Graber (PDC). C'est fin juin qu'elle a lâché cette bombe et présenté son projet de démantèlement qui doit pratiquement rayer la protection contre l'épuisement professionnel de l'actuelle loi sur le travail. 
</p><p>Serait-ce là un cas pour l'ASA qui se fait des soucis à cause de l'épuisement professionnel ? Mais attention : l'ASA est membre de l'Union patronale suisse. Et quelles personnalités sont présentes dans les comités de cette dernière ? Mme Keller-Sutter (à qui l'on attribue des ambitions de conseillère fédérale) et M. Graber (qui représente les intérêts des employeurs des fiduciaires d'Expertsuisse, une branche dans laquelle les salarié(e)s sont pressés comme des citrons avec des temps de travail excessivement longs...). 
</p><p>Avec la révision géante du Conseil des États faite selon les vœux de Mme Keller-Sutter et M. Graber, la loi sur le travail cesserait d'exister, en matière de protection contre l'épuisement professionnel, précisément pour celles et ceux qui en ont le plus besoin, soit les cadres moyens, les " travailleurs et travailleuses du savoir " qui pratiquent souvent le télétravail, mais aussi les spécialistes, pour lesquels le calme et la concentration sont l'alpha et l'oméga de leurs activités (que l'on pense ici seulement au travail exigeant des réviseurs et réviseuses ou des personnes occupées dans le domaine de la santé). Un " bel " effet secondaire des " réformes " est que les employeurs et employeuses pourraient en plus profiter de travail gratuit, car les heures supplémentaires de celle ou celui qui n'a pas le droit d'enregistrer ses temps de travail ne seraient plus payées ni compensées. Pas mal, pour les patrons économes ! 
</p><p>Les réformes supprimeraient le principe du volontariat qui existe aujourd'hui lorsqu'il est question de flexibilité et le droit à enregistrer son temps de travail disparaîtrait également ainsi que les prescriptions en matière de durée maximale du travail, de travail du dimanche et de travail de nuit. Le droit suisse du travail est déjà le plus favorable aux employeurs et employeuses de toute l'Europe. Faut-il vraiment le déplumer encore plus au détriment de la santé psychique avec une flexibilité unilatérale à la sauce patronale ? Voulons-nous encore plus de cas d'épuisement professionnel, plus de travail gratuit, moins de salaire ? 
</p><p>Les syndicats et les associations de salarié(e)s rejettent ces exigences inacceptables. Ils demandent au Parlement de reprendre enfin ses esprits et d'enterrer les initiatives parlementaires Graber et Keller-Sutter. Car elles entraîneraient des coûts économiques et de la souffrance. Mais peut-être que les syndicats recevront un soutien inattendu. Ou les inquiétudes de l'ASA quant à l'augmentation des cas d'épuisement professionnel ne valent même pas le papier (cher) sur lequels elles ont été affichées et répandues ?</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5641</guid><pubDate>Wed, 08 Aug 2018 15:00:00 +0200</pubDate><title>Protection des salaires : ne trahissons pas les salarié(e)s !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/protection-des-salaires-ne-trahissons-pas-les-salarie-e-s</link><description>L’USS n’ira pas aux négociations du DEFR sur le démantèlement des mesures d’accompagnement </description><content:encoded><![CDATA[<p>L’USS ne participera pas aux négociations sur les mesures d’accompagnement prévues par le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann. Le Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR) a fixé à ces négociations des objectifs qui vont non seulement affaiblir substantiellement la protection des salaires en Suisse, mais aussi donner à des opposants aux mesures d’accompagnement (Commission européenne, Cour de justice de l’Union européenne (CJUE)) le droit de se prononcer sur les mesures d’accompagnement de la Suisse. Cela, alors qu’en juillet dernier, le Conseil fédéral avait réaffirmé que celles-ci ne seraient pas touchées («&nbsp;lignes rouges&nbsp;»).
</p><p>Selon le mandat du DEFR, les négociations doivent déboucher sur des propositions au sujet d’«&nbsp;un aménagement des mesures d’accompagnement sous une forme acceptée par l’Union européenne (UE)&nbsp;» et susceptible par ailleurs de passer le cap d’une «&nbsp;éventuelle appréciation de la part de la CJUE&nbsp;». Cette exigence est en rupture totale avec toutes les décisions prises à ce jour qui permettent à la Suisse de protéger de manière autonome ses salaires, les plus élevés d’Europe. Si des compétences sont octroyées à la Commission européenne et à la CJUE en matière de mesure d’accompagnement, la pression sur la protection des salaires en Suisse va énormément s’accentuer. La Commission européenne et la CJUE ont déjà contraint plusieurs pays de l’UE, tels l’Autriche et le Luxembourg, à renoncer à une partie de leurs mesures de protection des salaires. 
</p><p>En ce qui concerne les instruments, l’enjeu dépasse largement la question de la règle des huit jours. Ainsi, le DEFR veut par exemple mettre sur la table la protection des salaires garantie par les conventions collectives de travail (contrôles, sanctions etc.), la fréquence des contrôles, les cautions, les mesures contre l’indépendance fictive et l’interdiction de fournir des services en Suisse.
</p><p>En Suisse, on doit verser des salaires suisses&nbsp;: c’est ce que le Conseil fédéral avait promis à la population lors des votations sur les Accords bilatéraux. Par conséquent, le gouvernement avait décidé d’exclure les mesures d’accompagnement des négociations sur l’accord-cadre. La volonté actuelle des conseillers fédéraux PLR de démanteler ces mesures n’a donc aucun fondement politique.
</p><p>L’USS ne participera pas aux négociations organisées par Monsieur Schneider-Ammann sur les mesures d’accompagnement. Elle combattra s’il le faut tout démantèlement de la protection des salaires en utilisant tous les moyens appropriés, jusqu’au référendum.
</p><h5>Renseignements :</h5><ul><li>Paul Rechsteiner, président de l'USS, 079 277 61 31</li><li>Vania Alleva, présidente d'Unia, 079 620 11 14</li><li>Giorgio Tuti, président du syndicat SEV, 079 357 57 07</li><li>Daniel Lampart, premier sécretaire de l'USS, 079 205 69 11</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS, 079 249 59 74</li></ul>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5637</guid><pubDate>Wed, 08 Aug 2018 10:00:00 +0200</pubDate><title>Pourquoi les lignes rouges ne doivent pas être franchies</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pourquoi-les-lignes-rouges-ne-doivent-pas-etre-franchies</link><description>Mesures d’accompagnement : la Suisse ne doit pas lâcher
</description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis plusieurs semaines, deux conseillers fédéraux et de nombreux médias suisses s’emploient à ridiculiser ce que l’on appelle la règle des huit jours. De quoi s’agit-il&nbsp;? Pourquoi de telles attaques contre une règle qui fonctionne très bien pour la Suisse depuis de nombreuses années&nbsp;? 
</p><p>En principe, tout est clair&nbsp;: notre gouvernement a affirmé à plusieurs reprises que la protection salariale en Suisse n’est pas négociable. Il s’agit là d’une «&nbsp;ligne rouge&nbsp;», a-t-il dit et redit, pas plus tard que début juillet. Mais nos deux conseillers fédéraux libéraux-radicaux font comme si ces décisions ne les concernent pas. Dans une vaste mise en scène médiatique, ils jettent en pâture la protection contre la sous-enchère salariale.
</p><p> Cette attaque des conseillers fédéraux libéraux-radicaux contre la protection des salaires est tout simplement irresponsable. Ils risquent délibérément de faire un tort irréparable aux relations entre la Suisse et l’Union européenne (UE). Car dans le débat actuel, l’enjeu va bien au-delà de la question du délai des huit jours.
</p><p> Dans un document d'information clair, l'USS explique brièvement et de manière concise comment les mesures d'accompagnement ont été mises en place, pourquoi la règle des huit jours est efficace et non discriminatoire, ainsi que les conséquences fatales du comportement des conseillers fédéraux libéraux-radicaux pour la Suisse et la coopération avec l'UE.
</p><p><b><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/consultations/2026/260211_JE_VL_AEnderung_Ergaenzungsleistungen.pdf" class="download">Plus...</a>&nbsp;&nbsp;</b>(PDF)&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p><h5>Renseignements :</h5><p>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS, tel. 031 377 01 06
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5619</guid><pubDate>Mon, 09 Jul 2018 09:17:00 +0200</pubDate><title>La Confédération européenne des syndicats soutient les camarades suisses</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-confederation-europeenne-des-syndicats-soutient-les-camarades-suisses</link><description>Intervention au plus haut niveau</description><content:encoded><![CDATA[<p> « Qu'ils soient résidents ou détachés en Suisse, tous les travailleurs et travailleuses doivent avoir la garantie de salaires et conditions de travail identiques », explique Luca Visentini, secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats dans une lettre à la haute responsable des Affaires étrangères Federica Mogherini et Marianne Thyssen, commissaire au travail et aux affaires sociales de l'UE. En intervenant au plus haut niveau de l'Union européenne, Luca Visentini soutient les camarades suisses dans la discussion sur les mesures d'accompagnement.
</p><p>Le chef de l'union renvoie à la situation particulière de la Suisse due à sa situation géographique et à ses salaires élevés, nécessitant une protection spéciale. « La règle des 8 jours, la garantie et les contrôles basés sur le risque en particulier se sont révélés efficaces », déclare Luca Visentini dans sa lettre.
</p><p>La Confédération européenne des syndicats tire à la même corde que les organisations suisses USS et Travail Suisse : « Le principe de l'égalité de salaire pour un même travail au même endroit doit s'appliquer partout en Europe ». C'est pourquoi poursuit Luca Visentini, « dans les négociations entre la Suisse et l'UE sur un accord-cadre, les mesures d'accompagnement doivent être exclues de l'équation ». 
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5611</guid><pubDate>Wed, 04 Jul 2018 17:57:33 +0200</pubDate><title>L’attaque dirigée par les conseillers fédéraux PLR contre la protection des salaires en Suisse repoussée</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-attaque-dirigee-par-les-conseillers-federaux-plr-contre-la-protection-des-salaires-en-suisse-repoussee</link><description>Le Conseil fédéral confirme les « lignes rouges »

</description><content:encoded><![CDATA[<p>L'attaque dirigée ces dernières semaines par les conseillers fédéraux PLR contre la protection des salaires est sans précédent. Les conseillers fédéraux Cassis et Schneider-Ammann - accompagnés de secrétaires d'État - se sont publiquement déclarés prêts à abandonner certains éléments essentiels de notre protection des salaires et de négocier les mesures d'accompagnement avec les partisans d'une ligne dure, en matière de marché intérieur, de la Commission européenne. 
</p><p>Le Conseil fédéral dans son entier a maintenant stoppé ces attaques et confirmé les " lignes rouges ". La protection des salaires ne fera pas l'objet de négociations. Ainsi, ce qui est toujours valable aujourd'hui, c'est ce que le Conseil fédéral avait déjà écrit en décembre 2013 en rapport avec le mandat de négociation d'un accord-cadre : " L'accord sur la libre circulation des personnes (...) garantira à la Suisse la possibilité de maintenir entièrement les mesures d'accompagnement qu'elle a mises en place dans le cadre de la libre circulation des personnes. " 
</p><p>L'Union syndicale suisse (USS) prend connaissance de cette décision avec soulagement. La Suisse a les salaires les plus élevés d'Europe. C'est pourquoi nous avons aussi besoin de la meilleure protection dans ce domaine. Une protection qui ne saurait être négociée. 
</p><h5>Renseignements : </h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire de l'USS, 079 205 69 11 </li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication, 079 249 59 74 </li></ul>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5607</guid><pubDate>Tue, 03 Jul 2018 08:40:58 +0200</pubDate><title>En Suisse, des salaires suisses doivent être versés</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/en-suisse-des-salaires-suisses-doivent-etre-verses</link><description>Commentaire sur le rapport de l’Observatoire de la Confédération</description><content:encoded><![CDATA[<h3> Davantage de migration à cause de la mondialisation et d'Internet lors de la recherche d'emploi </h3><p>La globalisation des sociétés et de l'économie ont conduit à ce qu'un emploi à l'étranger est devenu plus courant, indépendamment de l'introduction de la libre circulation des personnes. Dans tous les pays européens n'ayant pas connu de crise économique travaillent aujourd'hui davantage de personnes avec un passeport étranger qu'il y a une dizaine d'années. 
</p><p>&nbsp;</p><h3>Evolution de la population active étrangère par rapport au total des personnes actives (28 Etats de l'UE) </h3><p>(Différence entre 2006 et 2017, en points de pourcentage) </p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5639</guid><pubDate>Sat, 30 Jun 2018 00:00:00 +0200</pubDate><title>Dossier N° 129 : Négociations conventionnelles et salariales 2017/2018</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/dossier-n-129-negociations-conventionnelles-et-salariales-2017-2018</link><description>Un aperçu des secteurs couverts par les syndicats de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le présent document entend résumer les principaux résultats des négociations conventionnelles et salariales de l’an dernier. Il se fonde sur une enquête réalisée par l’USS auprès des syndicats qui lui sont affiliés et couvre uniquement les secteurs où ces derniers concluent des conventions collectives de travail (CCT). Nous nous sommes basés sur les résultats qui nous ont été communiqués jusqu’à fin février 2018.
</p><p>&nbsp;</p><p>Les négociations de l’année 2017 peuvent être résumées comme suit&nbsp;: plus de vacances, meilleure conciliation travail-famillie, extension du champ d’application des CCT et nouveau CTT, salaires minimaux d’au moins 4&nbsp;000 francs, plus de vacances, mais pas de réduction de la durée hebdomadaire du travail.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5598</guid><pubDate>Fri, 22 Jun 2018 10:29:45 +0200</pubDate><title>Un chahut parlementaire qui cache le vrai but de l’initiative de l’UDC</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/un-chahut-parlementaire-qui-cache-le-vrai-but-de-l-initiative-de-l-udc</link><description>Une initiative contre les droits humains qui attaque directe contre les travailleurs et travailleuses </description><content:encoded><![CDATA[<p> Le Conseil national a débattu pendant neuf bonnes heures, lors de la session d'été, au sujet de l'" initiative pour l'autodétermination " de l'UDC. Parce que cette dernière voulait profiter de ces délibérations pour propager dans le public ses balivernes sur les " juges étrangers " avec marionnettes et scotch sur la bouche, et les sempiternelles mêmes questions. Or ce spectacle préélectoral a fait oublier qu'il s'agit là plus que d'une simple campagne électorale. Le but de l'initiative n'est rien moins que la dénonciation de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH).
</p><p>Avec la modification de la Constitution fédérale qu'elle propose, l'UDC veut soi-disant renforcer la souveraineté de la Suisse. Ainsi, la Constitution devrait passer avant le droit international et les traités internationaux en contradiction avec certaines de ses dispositions seraient dénoncés. Ce qui vous a des airs de souveraineté est en fait un grossier affaiblissement de nos droits individuels fondamentaux.
</p><p>Petit retour en arrière : le vrai élément déclencheur du lancement de l'initiative, c'est un arrêt du Tribunal fédéral de 2012, selon lequel la CEDH passe non seulement avant les lois fédérales, mais aussi la Constitution. Il va de soi que les droits fondamentaux et humains sont universels et passent donc avant toute loi et toute constitution. Ce qui, bien sûr, ne convient pas à l'UDC. Celle-ci émet toujours des revendications qui remettent en cause les droits fondamentaux. Et là, tant la CEDH que la Cour européenne des droits de l'homme (CrEDH) dérangent, car elles protègent en Suisse les gens contre la violation de leurs droits fondamentaux.
</p><p>Mais il n'est pas seulement question ici de la protection de minorités. Derrière l'initiative en effet, on trouve en dernière analyse non seulement une politique hostile aux droits humains, mais aussi une attaque directe contre les travailleurs et travailleuses de Suisse. Pour défendre leurs intérêts face aux employeurs, ceux-ci ont besoin d'un régime de droits humains qui fonctionne correctement. À cet égard, le droit international joue un rôle central.
</p><p>La CEDH et le droit international de l'Organisation internationale du Travail (OIT) garantissent divers droits à tous les travailleurs et travailleuses. Comme celui de s'organiser dans les entreprises et d'échanger des informations. Ou la protection contre des licenciements décidés uniquement en raison d'activités syndicales. Ou encore la garantie que les syndicats puissent rendre visite au personnel à son lieu de travail et le conseiller. Et, last but no least, la protection des lanceurs et lanceuses d'alerte.
</p><p>Et l'égalité de traitement entre femmes et hommes dans les assurances sociales est aussi garantie par ce biais. La CrEDH de Strasbourg a prononcé à ce sujet un arrêt qui fait date en Suisse et grâce auquel le droit des jeunes mères à des rentes s'est amélioré.
</p><p>En résumé, une acceptation de l'initiative concernerait la CEDH et 43 conventions de l'OIT qui garantissent une protection essentielle aux travailleurs et travailleuses. Car la Suisse n'a pas de Cour constitutionnelle pour intervenir lorsque des lois fédérales violent nos libertés que protègent des droits fondamentaux. C'est pourquoi, selon la Constitution en vigueur, le droit international, comme la CEDH et le droit de l'OIT, sont aussi déterminants. C'est ainsi que le droit international ratifié par notre pays assume cette fonction de protection. Car le droit international garantit largement, à travers la CEDH et les conventions de l'OIT, les droits fondamentaux et humains, comme notre Constitution. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5585</guid><pubDate>Tue, 19 Jun 2018 16:42:02 +0200</pubDate><title>Loi sur le travail : Des employeurs incorrigibles </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/loi-sur-le-travail-des-employeurs-incorrigibles</link><description>La Commission du Conseil des États dégrade les conditions de travail pour des centaines de milliers d’employé(e)s</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Travailler plus, être moins protégé. Tel est le but que poursuivent deux interventions qui passeront prochainement au Parlement.</p><p>Le démantèlement des droits des travailleurs et travailleuses ainsi que des durées maximales de travail et des temps de repos concernera des centaines de milliers d'employé(e)s. Avec de graves conséquences. L'Union syndicale suisse (USS), Travail-Suisse, Unia, Syna et l'Association suisse des médecins-assistant(e)s et chef(fe)s de clinique (ASMAC) disent non à ces projets et s'y opposent.
</p><p>Le droit suisse du travail est l'un des plus libéraux et favorables aux employeurs d'Europe. En Suisse, on travaille comme pratiquement nulle part ailleurs. Parallèlement, le nombre des personnes victimes d'épuisement professionnel et de stress au travail augmente dramatiquement. Toujours plus de personnes éprouvent de la difficulté à éviter les horaires irréguliers, le chevauchement des frontières entre travail et temps libre dans le cadre de la numérisation ainsi qu'une pression accrue au travail. Il est toujours plus difficile, avant tout pour les travailleurs et travailleuses âgés ayant des obligations familiales, de rester dans la vie professionnelle.
</p><p>La Commission des redevances et de l'économie du Conseil des États (CER-E), emmenée par Konrad Graver et Karin Keller-Sutter, a donc fait preuve de cynisme en décidant de dégrader encore plus les conditions de travail des salarié(e)s de Suisse.
</p><p>S'il en va selon la volonté des deux représentant(e)s de Lucerne et Saint-Gall de la CER-E, les travailleurs et travailleuses que leur contrat de travail désigne comme étant des spécialistes ou des cadres ne bénéficieraient plus des dispositions fondamentales de protection au travail. Pour les personnes concernées, non seulement la durée hebdomadaire maximale du travail serait pratiquement supprimée, mais la protection contre le travail pendant la nuit et le repos du dimanche seraient très fortement menacée.
</p><p>Les médecins du travail savent depuis très longtemps quelles sont les conséquences pour la santé, des conséquences prouvées depuis longtemps aussi. Mais les salaires également se retrouveraient sous pression. Les initiatives parlementaires acceptées par la commission ne sont toutefois que la pointe de l'iceberg. D'autres interventions parlementaires ont pour objectif de saper encore plus le droit suisse du travail. Les organisations de salarié(e)s ne vont pas rester les bras croisés. Elles demandent au Parlement de reprendre enfin ses esprits et d'enterrer les initiatives parlementaires Graber et Keller-Sutter.
</p><h3>Union syndicale suisse USS, Travail.Suisse, Unia, Syna et ASMAC</h3><h5>Renseignements :</h5><ul><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS , 079 249 59 74</li><li>Linda Rosenkranz, responsable de la communication Travail.Suisse, 079 743 50 47 </li><li>Marcel Marti, chef politique &amp; communication ASMAC Tel. 031 350 44 82</li></ul>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5582</guid><pubDate>Fri, 15 Jun 2018 10:35:38 +0200</pubDate><title>La protection salariale n’est pas négociable</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/la-protection-salariale-n-est-pas-negociable</link><description>USS, Travail.Suisse, Unia et Syna à les mesures d’accompagnement et au accord-cadre</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Cette semaine, le conseiller fédéral Ignazio Cassis s'est dit prêt à abandonner la " ligne rouge " des mesures d'accompagnement dans les négociations avec la Commission européenne. Il a de ce fait perdu le soutien des syndicats.</p><p>En ridiculisant la règle des 8 jours - " presque une question religieuse " -, le ministre des Affaires étrangères a signalé qu'il était prêt à remettre en question l'ensemble de la protection des salaires et des conditions de travail suisses. La discussion sur la règle des 8 jours porte tout simplement sur la question de savoir si la Suisse peut protéger ses salaires les plus élevés d'Europe de manière indépendante. Ces règles et les mesures d'accompagnement en général doivent être exclues du nouvel accord-cadre. C'est le seul moyen d'assurer que les règles ne sont pas contournées par les juridictions européennes ou un tribunal arbitral, malgré les interdépendances institutionnelles.
</p><p>Les Accords bilatéraux devant profiter aux travailleuses et travailleurs de notre pays, des salaires suisses doivent être versés en Suisse. Raison pour laquelle déjà lors du premier vote sur les bilatérales, le Conseil fédéral a promis une protection globale contre la sous-enchère salariale et sociale via les mesures d'accompagnement. Selon l'Accord sur la libre circulation des personnes, il s'agit également d'" accorder les mêmes conditions de vie, d'emploi et de travail que celles accordées aux nationaux ". Les salaires des nationaux et des étrangers doivent être protégés de la sous-enchère.
</p><h3>L'annonce préalable de 8 jours : élément central de la protection</h3><p>Elément central de la protection des salaires en Suisse, l'annonce préalable de 8 jours permet de planifier les contrôles et d'appliquer les cautions. Les missions de nombreuses entreprises sont relativement courtes. Sans annonce préalable, les entreprises étrangères auraient dans de nombreux cas déjà terminé leur mission avant que les organes de contrôle en aient eu connaissance.
</p><p>Dans la pratique, cette annonce préalable n'est pas un obstacle majeur. Aujourd'hui déjà, on ne trouve aucun pays en Europe où travaillent autant d'entreprises étrangères qu'en Suisse (par rapport à la population résidente). Les entreprises doivent planifier leurs missions en Suisse, ce qui dans la plupart des cas dure nettement plus de huit jours. Dans des cas exceptionnels, notamment les réparations, les travaux peuvent débuter avant la fin du délai de huit jours.
</p><p>Suite aux déclarations du conseiller fédéral Ignazio Cassis, il faut demander au Conseil fédéral dans son ensemble, si l'accord-cadre doit vraiment être un objectif ces prochains temps. Ou s'il ne faut pas organiser d'abord les votations sur les initiatives dites " pour l'autodétermination " et la résiliation de l'Accord sur la libre circulation des personnes. Car une protection salariale efficace est la condition pour le rejet de ces deux projets.
</p><h5>Renseignements:</h5><ul><li>Paul Rechsteiner, président de l'Union syndicale suisse, 079 277 61 31</li><li>Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse, 079 287 04 93</li><li>Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en chef de l'USS, 079 205 69 11</li><li>Vania Alleva, présidente d'Unia, 079 620 11 14</li><li>Hans Maissen, vice-président de Syna </li></ul><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category><category>International</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5574</guid><pubDate>Tue, 12 Jun 2018 14:29:05 +0200</pubDate><title>Les pressions sur les salaires sont une réalité : des contre-mesures s’imposent.</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-pressions-sur-les-salaires-sont-une-realite-des-contre-mesures-s-imposent</link><description>Le Rapport 2017 le montre : les mesures d’accompagnement sont indispensables.</description><content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p><p>En Suisse, les pressions sur les salaires sont une réalité. Le rapport 2017 sur les mesures d’accompagnement le montre en ce qui concerne les contrôles des salaires effectués dans les entreprises suisses et étrangères actives dans notre pays. Une entreprise sur cinq contrôlées s’est fait attraper avec des salaires trop bas. Certes, une part des contrôles a eu lieu en raison de soupçons. Mais, parallèlement, plusieurs cantons ont fixé des salaires de référence si bas que les entreprises qui pratiquent la sous-enchère peuvent passer sans problème à travers les contrôles. En outre, des cantons comme ceux de Zoug et de Saint-Gall ne veulent toujours pas procéder à un nombre suffisant de contrôles des entreprises suisses. 
</p><p>Dans les branches où les conventions collectives de travail (CCT) ou les contrats-types de travail (CTT) ne prévoient pas de salaires minimaux obligatoires, les contrôleurs et contrôleuses ne peuvent pas sanctionner ces entreprises qui pratiquent la sous-enchère. Les branches particulièrement touchées ici sont celles de la sécurité privée (entreprises de moins de 10 employé[e]s), le commerce de détail et l’action sociale (crèches entre autres). Dans la sécurité, la Confédération doit enfin étendre le champ d’application de la CCT comme le demandent les partenaires sociaux. Et une CCT avec de bons salaires minimaux est nécessaire dans le commerce de détail.
</p><p>Dans les branches avec des CCT et des salaires minimaux obligatoires, des amendes peuvent être infligées ou une interdiction d’offrir des services décrétée. Ici, le problème concerne l’application des mesures d’accompagnement, en particulier avec des entreprises semi-criminelles. Dans de tels cas, les cantons doivent profiter de la possibilité de décréter une suspension des travaux. Malheureusement, seule une minorité le fait.
</p><p>La suppression d’une partie des mesures d’accompagnement (annonce préalable dans les 8 jours, entre autres) serait un poison pour la protection des salaires en Suisse. Le contrôle des entreprises étrangères actives en Suisse deviendrait beaucoup plus difficile. Ce qui ouvrirait tout grand la porte à la sous-enchère. Pour l’Union syndicale suisse (USS), leur suppression n’entre par conséquent pas en ligne de compte.
</p><p>La Suisse a les salaires les plus élevés d’Europe. C’est pourquoi nous avons besoin d’une protection des salaires particulièrement efficace. Cela ne poserait pas de problème aux entreprises étrangères correctes. Proportionnellement à la taille du pays, il n’y a qu’en Belgique que l’on trouve un nombre semblable d’entreprises qui détachent de la main-d’œuvre. Elles réalisent en Suisse un chiffre d’affaires annuel d’environ 2,5 milliards de francs.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5568</guid><pubDate>Fri, 08 Jun 2018 11:32:55 +0200</pubDate><title>La Conférence de l&#039;OIT prépare une convention contre la violence et le harcèlement</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/la-conference-de-loit-prepare-une-convention-contre-la-violence-et-le-harcelement</link><description>Bilan positif de l&#039;USS et Travail.Suisse de la 107e Conférence internationale du Travail</description><content:encoded><![CDATA[<p> Le débat sur #BalanceTonPorc (#Meetoo) a des effets concrets sur le nouveau droit international. La 107e Conférence internationale du Travail de l'Organisation internationale du Travail (OIT), qui a pris fin à Genève vendredi 8 juin, a jeté les bases d'une nouvelle convention de l'OIT sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail. Dans le contexte des déclarations et témoignages toujours plus nombreux de femmes victimes de violences et de harcèlement ainsi que de marches de protestation dans le monde entier, une telle convention était attendue depuis trop longtemps, et est de toute urgence nécessaire.
</p><p>La délégation suisse des travailleurs et travailleuses salue ces décisions. La convention devra avoir pour élément central des dispositions accordant toute son importance à la prévention de la violence et du harcèlement et garantissant une protection contre la violence à l'ensemble des travailleurs et travailleuses. Les États doivent être contraints d'interdire la violence et le harcèlement dans le monde du travail ainsi que d'élaborer et appliquer des stratégies et des programmes concrets pour lutter contre ces réalités. En outre, l'application des lois doit être contrôlée par les inspectorats du travail ainsi que par d'autres moyens. Les victimes de violence et de harcèlement doivent être protégées et leurs auteurs punis. Une attention particulière sera aussi accordée à la prévention et à la formation sur ces questions. Une ombre au tableau : dans le document final adopté par la conférence qui servira de base à l'élaboration de la convention l'an prochain, des groupes de personnes particulièrement vulnérables comme les travailleurs et travailleuses LGBTI ne sont pas explicitement mentionnés.
</p><p>La délégation suisse des travailleurs et travailleuses dresse dans l'ensemble un bilan positif de la 107e Conférence internationale du Travail. Hélène Abgémégnah, qui a pris la parole en séance plénière, s'est focalisée sur l'égalité entre femmes et hommes et les conditions de travail. Sur ce point, il a été en partiuclier question de la récente évolution concernant la loi sur l'égalité. Ici aussi, il reste précisément encore beaucoup à faire pour arriver enfin à l'égalité salariale entre les sexes. Pour cela, des mesures efficaces sont nécessaires.
</p><h3>Union syndicale suisse &amp; Travail.Suisse</h3><h5>RENSEIGNEMENTS :</h5><ul><li>Luca Cirigliano, Chef de la délégations suisse, secrétaire central de l'USS, 076 335 61 97</li><li>Hélène Agbémégnah, membre de la Direction de Travail.Suisse, 078 760 93 73 </li></ul>]]></content:encoded><category>International</category><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5549</guid><pubDate>Mon, 28 May 2018 15:40:59 +0200</pubDate><title>Cet honneur est aussi un devoir</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/cet-honneur-est-aussi-un-devoir</link><description>La Suisse présidera la Conférence de l’OIT en 2019 </description><content:encoded><![CDATA[<p>Dès aujourd’hui la Conférence internationale du travail (CIT), organisée chaque année par l’agence des Nations Unies pour le monde du travail (OIT), se tient à Genève. Les délégations tripartites officielles de la CIT ont élu vice-président de la Conférence le représentant du gouvernement suisse et ambassadeur actif au Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco), Jean-Jacques Elmiger. Cette élection ouvre la voie à la Suisse pour présider l’OIT durant l’année anniversaire 2019. Car l’an prochain, l’OIT célébrera son centenaire.<br><br>L’USS, qui avait apporté son soutien à la candidature suisse, se félicite de ce succès. C’est précisément pourquoi elle saisit l’occasion de rappeler au Conseil fédéral que la Suisse n’est pas une élève modèle lorsqu’il s’agit de respecter les conventions de l’OIT qu’elle a pourtant signées. D’ailleurs, en 2004 déjà, l’OIT avait condamné notre pays parce que le droit applicable aux licenciements ne respectait pas la liberté syndicale. Si, certes, la Suisse a promis des améliorations, la législation incriminée n’a toujours pas été révisée. L’USS nourrit l’espoir que l’engagement réjouissant de la Suisse en vue du centenaire de l’OIT aura aussi un effet positif chez nous, et qu’il sera suivi de la mise en œuvre du droit international de l’OIT !
</p><p>&nbsp;</p><h3>Renseignements: </h3><ul><li>Luca Cirigliano, secrétaire central en charge du droit du travail/international 076 335 61 97</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication à l’USS, 079 249 59 74</li></ul><p><br><br><br><br><br></p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5535</guid><pubDate>Thu, 24 May 2018 16:46:40 +0200</pubDate><title>Marchés publics : les travailleurs doivent être protégés contre la sous-enchère !</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/marches-publics-les-travailleurs-doivent-etre-proteges-contre-la-sous-enchere</link><description>Révision totale de la loi sur les marchés publics : la responsabilité du Parlement est grande</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> La loi fédérale sur les marchés publics (LMP) fait l'objet d'une révision totale. Cet objet est central pour les travailleurs et travailleuses de Suisse parce qu'une LMP mal conçue pourrait ouvrir tout grand la porte à la sous-enchère salariale et sociale. En particulier la proposition de renoncer au principe du lieu où la prestation est fournie entraînerait une énorme sous-enchère. </p><h3>Protection des salaires usuels locaux : le principe du lieu où la prestation est fournie </h3><p>Principe du lieu de provenance de l'entreprise ou principe du lieu où la prestation est fournie ? Dans les deux cas, la question est de savoir quelles conditions de travail les entreprises doivent respecter lorsqu'il est question d'un marché public. Avec le principe du lieu de provenance de l'entreprise, celle-ci respecte les conditions du lieu où elle a son siège ou est établie. Par contre, le principe du lieu où la prestation est fournie impose à l'entreprise soumissionnaire de respecter les conditions de travail valables là où elle réalise la prestation. Prenons un exemple : une entreprise tessinoise qui fait des offres pour la construction d'une grande halle à Zurich doit, selon le principe du lieu où la prestation est fournie, verser des salaires zurichois. Avec le principe du lieu de provenance de l'entreprise, elle peut soumissionner avec des salaires tessinois. Ainsi, avec de principe, les soumissionnaires de cantons où les conditions de travail sont bonnes sont désavantagés par rapport à ceux des cantons " à bas salaires ". Pour rester concurrentielles, elles devraient donc viser une dégradation de leurs propres conditions de travail. Le principe du lieu de provenance de l'entreprise nous enclencherait une spirale descendante. 
</p><h3>Plus le même droit pour la même chose </h3><p>Le principe du lieu où la prestation est fournie, qui veut protéger les salaires et conditions de travail usuels dans la branche et la localité, est donc central pour tout le monde. C'est de fait aussi un élément central des mesures d'accompagnement. Il faut empêcher, par exemple, qu'une entreprise polonaise puisse exécuter un mandat à Bâle en versant des salaires polonais. La proposition du Conseil fédéral de miser désormais sur le principe du lieu de provenance de l'entreprise rompt ainsi avec la philosophie des mesures d'accompagnement. Dans le secteur privé, la protection des conditions de travail usuelles locales s'appliquerait, mais pas dans le public. Incompréhensible. Et il est encore plus incompréhensible que le Conseil fédéral s'obstine à vouloir ce principe du lieu de provenance de l'entreprise dans son message adressé au Parlement. En effet, de nombreuses organisations de l'artisanat, des employeurs et employeuses ainsi que des travailleurs et travailleuses ainsi que les cantons ont rejeté ce principe dans leurs réponses à la consultation fédérale. 
</p><h3>La LMP est centrale pour les conditions de travail </h3><p>D'autres points doivent être aussi pris en considération dans l'intérêt des salarié(e)s. Ainsi, les chaînes de sous-traitance doivent être limitées à un seul niveau. Aujourd'hui, précisément dans la construction, il est fréquent que, face à une telle quantité de sous-traitants, les maîtres d'ouvrage n'arrivent plus à savoir qui fait vraiment quoi à quelles conditions et à quel moment sur le chantier. La Confédération également, comme les cantons et les communes ne savent souvent pas qui a finalement effectué quel travail. Les scandales sont aussi programmés, car la probabilité de sous-enchère salariale et sociale, ou de travail au noir, augmente de façon exponentielle avec chaque nouveau niveau de sous-traitance. C'est pourquoi il est important que l'on mette au moins dans les marchés publics le holà à cette pratique néfaste de la sous-enchère. 
</p><p>Il faut également que, pour prouver la conformité à la convention collective de travail (CCT), des attestations sérieuses soient produites ; cela, avant l'attribution du mandat à une entreprise d'une branche soumise à une CCT. 
</p><p>La Commission de la concurrence (COMCO) ne doit pas avoir à l'avenir non plus de droit de recours en matière de marchés publics. Précisément parce que, par le passé, la COMCO a souvent critiqué des réglementations cantonales sur les marchés publics en matière de respect de dispositions figurant dans des conventions collectives de travail et de limitation des chaînes de sous-traitants. 
</p><h3>Non à une soumission à la loi inutile et contraire au système des caisses de pensions publiques </h3><p>Aux yeux de l'USS, les institutions de prévoyance de droit public ne devraient pas être soumises à la LMP. Ce serait en effet fondamentalement en contradiction avec la loi fédérale sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité (LPP), surtout avec le principe de la gestion paritaire des caisses de pensions. La définition des rapports des institutions de prévoyance professionnelle de droit public avec les employeurs affiliés est une des attributions inaliénables qui ne peuvent pas non plus être déléguées de l'organe suprême de l'institution de prévoyance (art. 51a, al. 2, let. p LPP). Les avoirs de prévoyance gérés appartiennent aux assuré(e)s, pas aux pouvoirs publics. Les institutions de prévoyance de droit public des cantons et des communes ne relèvent pas du champ d'application subjectif du droit des marchés publics selon l'annexe I/appendice 2 de l'accord de l'OMC sur les marchés publics (AMP) encore en vigueur (cf. aussi l'arrêt 2C_6/2016 du 18 juillet 2016, consid. 3.5). 
</p><h3>Oui, des entreprises contrôlées par la Confédération doivent être soumises à la loi </h3><p>Aujourd'hui, la situation dans le domaine des télécommunications et des techniques de l'information et de la communication (TIC) est paradoxale. Les investissements réalisés dans les réseaux de télécommunications (fibre optique, câble de cuivre, technologies sans fil) continuent à être élevés, mais des mandats sont désormais aussi attribués à des entreprises qui ne sont pas soumises à la CCT de la branche. Il est inquiétant de voir que de nombreux acteurs du marché, dont des grands groupes étrangers reçoivent toutefois pour une part des mandats très importants. Comme ces entreprises ne sont pas non plus soumises à la CCT de la branche, il est pratiquement impossible d'en contrôler les conditions de travail. 
</p><p>C'est seulement si l'on soumet Swisscom (Suisse) SA à la LMP que l'on peut garantir que les mandats seront à l'avenir attribués à des entreprises qui respectent les conditions de travail et les salaires en usage dans la branche et la localité. 
</p><p>Avec syndicom, le syndicat des médias et de la communication, l'Union syndicale suisse (USS) est d'avis que Swisscom ainsi que les autres entreprises contrôlées par la Confédération doivent être soumises à la LMP. </p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5531</guid><pubDate>Thu, 24 May 2018 14:00:06 +0200</pubDate><title>L&#039;UDC veut moins de protection pour tous et toutes</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/ludc-veut-moins-de-protection-pour-tous-et-toutes</link><description>Des conséquences catastrophiques notamment pour les travailleurs et travailleuses</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 30 mai, le Conseil national se prononcera sur la toute dernière attaque de l'UDC contre les droits humains. Il débattra de l'initiative contre les droits humains de ce parti qui, sous prétexte d'" autodétermination ", aimerait supprimer la protection offerte par la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH) et des conventions de l'Organisation internationale du Travail (OIT). Ce qui serait fatal pour les travailleurs et travailleuses de ce pays.</p><p>L'UDC ne souhaite rien d'autre que dénoncer en catimini la CEDH ainsi que des conventions de l'OIT. Elle prétend vouloir renforcer par là la souveraineté de la Suisse. Mais dans les faits, les droits qui sont les nôtres, à nous tous et toutes, s'en trouveraient affaiblis. Ceux que la CEDH garantit figurent comme droits fondamentaux dans notre Constitution. Ils ne sont pas un droit étranger, mais un droit suisse. Tailler dans nos droits humains, c'est affaiblir notre démocratie, notre sécurité et notre liberté.
</p><h3>Travailleurs et travailleuses aussi visés</h3><p> Les salarié(e)s et les personnes syndiquées ont précisément besoin au quotidien de droits humains qui fonctionnent. De fait, la Constitution, la CEDH et le droit international de l'OIT nous reconnaissent divers droits fondamentaux : liberté d'association au sein de l'entreprise et d'échanger des informations sur cette dernière, protection contre le licenciement antisyndical, protection des lanceurs d'alerte et droits d'accéder aux entreprises et d'informer le personnel. 
</p><p>Mais le droit des femmes à l'égalité de traitement avec les hommes dans les assurances sociales est aussi garanti. La Cour européenne des droits de l'homme (CrEDH) de Strasbourg a rendu à ce sujet un jugement phare pour la Suisse et amélioré de ce fait les rentes d'une jeune mère. 
</p><h3>La CEDH et 43 conventions de l'OIT touchées </h3><p>Ce sont précisément ces garanties juridiques que l'UDC entend supprimer. En modifiant l'article 190 de la Constitution, l'initiative demande que seuls les traités internationaux soumis à référendum soient désormais déterminants pour le Tribunal fédéral (et toutes les autres autorités chargées d'appliquer le droit). L'initiative concernerait par conséquent non seulement la CEDH mais aussi 43 conventions de l'OIT que la Suisse a ratifiées pour protéger les travailleurs et travailleuses ! 
</p><h3>Le droit international, une garantie pour les droits humains </h3><p>En Suisse, aucune juridiction constitutionnelle ne nous protège si une loi fédérale viole les libertés garanties par les droits fondamentaux. C'est pourquoi l'article 190 de la Constitution représente une sécurité. Le droit international, comme la CEDH et le droit de l'OIT, est aussi déterminant. C'est ainsi que le droit international ratifié par la Suisse assume cette fonction. En effet, le droit international (CEDH et conventions de l'OIT) garantit largement les mêmes droits fondamentaux et humains que notre Constitution. 
</p><p>Mais, parallèlement, ce droit international entre souvent plus dans les détails et donne des directives plus précises concernant la façon de donner forme à ces droits. Il a ainsi été possible de constater sur la base des plaintes déposées par l'USS et le SSP auprès de l'OIT que la Suisse doit réformer son droit du licenciement peu favorable aux salarié(e)s selon le Code des obligations (CO). Et le Tribunal fédéral a récemment déclaré que les syndicats ont le droit d'informer et d'accéder aux lieux de travail. La CrEDH a en outre tout récemment constaté que les règles appliquées dans notre pays en matière de prescription pour les victimes de l'amiante sont arbitraires. Autant de victoires pour les personnes concernées travaillant en Suisse, des victoires qui seraient impensables si la protection fondamentale selon le droit international n'existait pas. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5530</guid><pubDate>Thu, 24 May 2018 13:52:03 +0200</pubDate><title>Délai de prescription 20 ans : un bon compromis du Parlement </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/delai-de-prescription-20-ans-un-bon-compromis-du-parlement</link><description>Maintenant, le financement du fonds doit être garanti</description><content:encoded><![CDATA[<p>Lors de cette session d'été, le Parlement discutera du droit de la prescription. Durant le processus d'élimination des divergences, il s'agira de traiter la proposition d'un nouveau délai de 20 ans. L'Union syndicale suisse (USS) est favorable à cette solution en cela qu'elle représente un compromis très helvétique. Il faut maintenant donner une base financière solide au fonds créé pour les victimes de l'amiante. 
</p><p>Aujourd'hui, le délai maximal de prescription prévu par le Code des obligations est de dix ans. Un tel délai fait l'impasse sur les risques modernes pour la santé, surtout sur ceux courus au travail. En effet, nombre de dommages n'apparaissent chez leurs victimes qu'après dix ans. Ou certaines maladies ne se déclarent que 12 ou 15 ans après avoir été causées. Dans de tels cas, le droit suisse ne prévoit aucune possibilité d'intenter une action en justice. Cette lacune a aussi été critiquée par la Cour européenne des droits de l'homme. En 2014, elle a clairement constaté qu'un délai de prescription de dix ans ne répond pas aux exigences de la Convention européenne des droits de l'homme. 
</p><p>À l'avenir, le délai de prescription doit être porté à 20 ans dans la loi. Les victimes de dommages pourront ainsi porter plainte plus longtemps contre des dommages constatés tardivement seulement. Cette prolongation à 20 ans est très modérée. Elle représente le strict minimum pour satisfaire aux normes du droit international. L'USS y est favorable et souligne l'importance revêtue par la gestion de la catastrophe de l'amiante. Le fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante (EFA) est en étroite relation avec la modernisation du droit de la prescription. Opérationnel depuis une année, c'est l'économie qui est responsable de son financement. </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5519</guid><pubDate>Wed, 16 May 2018 15:50:56 +0200</pubDate><title>La loi d’Ueli Maurer est pour les assurances, pas pour les assuré(e)s</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/la-loi-d-ueli-maurer-est-pour-les-assurances-pas-pour-les-assure-e-s</link><description>Révision de la loi fédérale sur le contrat d’assurance : les critiques de l&#039;USS</description><content:encoded><![CDATA[<p> Le Conseil fédéral a présenté une révision de la loi sur le contrat d'assurance (LCA) qui représenterait une énorme dégradation de la situation pour les assuré(e)s de Suisse. Par rapport aux compagnies d'assurances, ceux-ci verraient leur position clairement se détériorer. Les anciens problèmes subsisteraient et de nouveaux seraient créés. Pour ces raisons, l'Union syndicale suisse (USS) rejette le projet de LCA présenté par le Conseil fédéral. Ce " courrier " doit définitivement retourner à son expéditeur. 
</p><h3>De nombreuses interventions demandent des améliorations...</h3><p> Ces dernières années, de nombreuses interventions ont été faites au Parlement pour demander des améliorations concernant la LCA. Nombre d'entre elles venaient de syndicats et d'organisations de consommateurs et consommatrices. 
</p><p>Il s'agissait de faire barrage à l'arbitraire des assureurs. Aujourd'hui, on peut pratiquement dissimuler tout ce qui est imaginable et possible dans les conditions générales des contrats. C'est ainsi que souvent, bien qu'on ait payé pendant des années des primes en tant qu'assuré(e)s, on ne reçoit aucune prestation en cas de sinistre ; une réponse négative avec renvoi à la partie du contrat écrite en petits caractères... 
</p><p>Le projet de révision de la LCA douche cruellement les espoirs de voir l'actuelle loi améliorée. 
</p><h3>Le projet de LCA sera synonyme de dégradations </h3><p>En lieu et place, le projet du Conseil fédéral entraînera des dégradations et donnera plus de puissance aux assurances pour agir à leur guise. </p><ul><li>Un des principaux points négatifs est la possibilité pour l'assureur de modifier unilatéralement le contrat. Cela permettrait aux assurances d'adapter d'un jour à l'autre les conditions du contrat, sans l'accord de l'assuré(e) ! </li><li>Les travailleurs et travailleuses âgés pourraient être exclus de l'assurance d'indemnités journalières en cas de maladie. </li><li>Suite à un licenciement ou si le contrat de l'assurance d'indemnités journalières en cas de maladie est dénoncé, les assurances auraient à l'avenir le droit de supprimer ou de suspendre après coup des prestations prévues pour des sinistres survenus.</li></ul><h3> Assurances d'indemnités journalières en cas de maladie : toujours pas de solution </h3><p>Les régimes d'assurance corrects sont d'une importance capitale, surtout pour les travailleurs et travailleuses. En Suisse, ceux-ci sont particulièrement mal protégés contre la maladie. Il n'existe pas d'assurance obligatoire pour protéger contre une perte de gain due à une maladie qui n'entraîne pas une invalidité, mais seulement une assurance facultative. Cette dernière est souvent soumise à la LCA. C'est pourquoi il serait urgent d'agir sur cette question, mais rien de tout cela dans le projet de LCA. 
</p><p>Il serait pourtant urgent que le législateur résolve les problèmes suivants : </p><ul><li>Le calcul et la fixation des primes sont opaques et incompréhensibles pour l'assuré(e). La surveillance exercée par la FINMA (Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers) sur les tarifs est extrêmement faible. Il est difficile de comparer les offres. En conséquence, le marché est contrôlé par les courtiers. </li><li>Le manque de transparence de la politique menée en matière de primes par les compagnies d'assurance a pour effet qu'après un cas de sinistre ayant entraîné une longue période pendant laquelle des indemnités journalières ont été versées, il faut s'attendre à ce que les primes augmentent. À leur tour, ces hausses ont une incidence négative sur l'emploi des travailleurs et travailleuses âgés. Ceux-ci ne peuvent en effet pas y faire face. </li><li>Étant donné l'autonomie contractuelle régnante, le preneur d'assurance (employeur) et la compagnie d'assurance peuvent convenir que les prestations sont suspendues à partir du moment où le rapport de travail prend fin. Celle ou celui qui est licencié alors qu'il est malade perd ainsi son droit à un salaire de remplacement et, en raison de sa maladie, n'a qu'un accès limité aux indemnités journalières de l'assurance-chômage. Et, avec une assurance d'indemnités journalières privée en cas de maladie, les délais sont serrés et les primes excessives. La protection des travailleurs et travailleuses tombés malades n'est donc dans les faits pas suffisante contre la perte du gain. </li><li>De nombreux aspects de la coordination entre les indemnités en cas de maladie et les prestations de l'AI ne sont pas clairs non plus. La question de l'équivalence entre les indemnités journalières en cas de maladie et l'obligation pour l'employeur de continuer à verser le salaire (art. 324a, al. 4 Code des obligations) ou la définition des prestations assurées sont également à l'origine de problèmes dans la pratique. </li></ul><p>Ces lacunes de l'assurance dont les travailleurs et travailleuses âgés ressentent plus les effets sont critiquées par de nombreux milieux et des améliorations sont demandées. Beaucoup d'interventions au Parlement, dont celles de Paul Rechsteiner, le président de l'USS, en demandent aussi. Mais au lieu de résoudre des problèmes brûlants, le projet de loi se concentre sur les intérêts des assureurs.
</p><h3> Synthèse </h3><p>Globalement, on voit qu'ici, le conseiller fédéral Ueli Maurer se laisse manifestement dicter par l'Association suisse d'assurances une loi inacceptable pour la population de Suisse. C'est pour cela que l'USS rejette fermement ce scandaleux projet de loi. </p>]]></content:encoded><category>Santé</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5516</guid><pubDate>Wed, 16 May 2018 12:12:02 +0200</pubDate><title>Colloque juridique du 21 septembre 2018</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/colloque-juridique-du-21-septembre-2018</link><description>État des lieux sur la protection contre le licenciement : regard en arrière et en avant</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le colloque des juristes de l’USS de 2018 traitera de la question de la protection contre le licenciement. 
</p><p>La pratique juridique de la protection contre le licenciement selon le droit du travail a développé ces dernières années une dynamique que beaucoup ne soupçonnaient pas. Selon l’interprétation faite du Code des obligations et de la Loi sur l’égalité, par exemple, des arrêts inédits ont été rendus. Dans le domaine de la révision des lois concernées aussi, la discussion sur la protection contre le licenciement des représentations du personnel ou des lanceurs et lanceuses d’alerte qui se poursuit est notamment influencée par les obligations juridiques internationales. Lors du colloque juridique de l’USS de cette année, ces aspects seront mis en évidence. Des intervenant(e)s de haut niveau, venant des milieux de la science, de l’Administration et de la pratique présenteront les principales évolutions de la jurisprudence y relative du Tribunal fédéral et d’autres tribunaux du pays, mais aussi de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et des prescriptions du droit de l’Organisation internationale du Travail (OIT). Dans la deuxième partie du colloque, la discussion abordera sous un angle prospectif la question de l’aménagement futur du droit du licenciement.
</p><h5>&nbsp;PLUS D'INFORMATION</h5><p><b>Vendredi 21 septembre 2018, </b>10 h 15 à 17 h 00, à Berne.
</p><p><b><a href="https://www.uss.ch/fileadmin/user_upload/Dokumente/Diverses/Veranstaltungen/180921_USS-colloque-juridique.pdf" target="_blank" class="download" rel="noreferrer">Programme</a></b> (PDF)
</p><p><b><a href="http://inscription.uss.ch" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Inscription en ligne</a></b></p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5508</guid><pubDate>Mon, 14 May 2018 10:54:00 +0200</pubDate><title>Évolution positive des salaires malgré les pressions, mais salaires partiellement en baisse dans les services publics</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/evolution-positive-des-salaires-malgre-les-pressions-mais-salaires-partiellement-en-baisse-dans-les-services-publics</link><description>Commentaire sur l&#039;ESS 2016 de Daniel Lampart, économiste en chef de l&#039;USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>Entre 2014 et 2016, les salaires médians ont augmenté de 1,2 % environ. C’est bien. En effet, suite à l’abandon du taux plancher du franc, le 15 janvier 2015, la pression sur les salaires s’est brusquement accrue, surtout dans le secteur des exportations. Par leurs interventions dans les entreprises et leurs actions en justice, les syndicats sont parvenus à empêcher d’importantes baisses des salaires. Et les mesures d’accompagnement aussi ont sans doute eu un effet stabilisateur.<br><br>Dans l’industrie des machines et des équipements électriques, cela a débouché sur un résultat légèrement inférieur à zéro (-0,1 resp. -0,3 %). Que les salaires aient baissé dans plusieurs branches orientées vers le marché intérieur est par contre inquiétant. La pression sur les travailleurs et travailleuses de la construction, bâtiment et génie civil, a augmenté (-0,9 resp. -1,4 %). Mais c’est aussi le cas dans les branches de service public que sont les transports terrestres (-2,4 %), les services postaux et les activités de courrier (-2,3 %) ou l’action sociale (-2,2 %; Dans l’indice suisse des salaires de l’Office fédéral de la statistique, ces branches présentent une évolution positive des salaires nominaux. Cependant, l’échantillon de l’indice des salaires est substantiellement plus restreint que celui de l’Enquête suisse sur la structure des salaires et englobe uniquement les travailleurs et travailleuses victimes d’un accident. La question de l’évolution des salaires dans ces branches doit encore être approfondie).<br><br></p><h3>Salaires des femmes : toujours en retard, malgré des améliorations</h3><p>Depuis 2008, les salaires des femmes ont plus fortement augmenté que ceux des hommes. L’engagement des syndicats pour l’amélioration de la situation des femmes dans la vie professionnelle a produit ses effets. Les salaires de celles-ci ont aussi augmenté grâce la campagne pour des salaires minimums « Pas de salaire au-dessous de 4 000 francs ! ». Les femmes travaillent plus souvent pour des salaires bas. Elles ont donc plus profité des hausses sensibles de ces derniers.<br><br>Ce rattrapage a toutefois perdu de sa vigueur depuis 2014. Les « mesures volontaires » de la Confédération contre la discrimination salariale n’ont guère eu plus d’effets. Le retard des salaires des femmes n’a reculé que de 15,1 à 14,6 % dans le secteur privé et de12,5 à 12 % dans l’ensemble de l’économie.<br><br></p><h3>Le problème des bas salaires subsiste, mais des progrès ont été enregistrés grâce à la campagne pour des salaires minimums</h3><p>Autre point positif, la part des emplois à bas salaires est en recul. C’est aussi une conséquence de la campagne des syndicats pour des salaires minimums. Entre 2012 et 2016, les salaires des 10 % inférieurs (premier décile) ont enregistré une augmentation de 7,4 %, soit nettement plus que les salaires dans l’ensemble (salaire médian : + 1 %). Les salaires ont augmenté sensiblement surtout dans les branches ayant une convention collective de travail (CCT), comme l’hôtellerie-restauration ou des parties du commerce de détail. On compte toutefois toujours 500 000 personnes environ qui ont un emploi à bas salaire (y compris l’agriculture).<br><br></p><h3>Effets redistributifs positifs des conventions collectives de travail</h3><p>Fondamentalement, les conventions collectives de travail (CCT) ont pour effet de compenser les disparités dans la répartition des salaires. Elles renforcent la position des salarié(e)s dans les négociations, ce qui est important en particulier dans les branches et entreprises en position dominante sur le marché. Et elles peuvent empêcher des inégalités de traitement entre des groupes de travailleurs et travailleuses. La recherche économique a produit ces derniers temps d’intéressantes études à ce sujet. Si les CCT empêchent des discriminations ou la sous-enchère salariale, elles augmentent les salaires bas et moyens sans que cela ait des effets négatifs sur l’emploi. L’Enquête suisse sur la structure des salaires (ESS) montre que, dans l’hôtellerie-restauration – une branche dont le champ d’application de la CCT a été étendu –, la différence de salaire entre femmes et hommes, mais aussi l’écart entre bas salaires et salaires élevés, est plus faible, par exemple, que dans le commerce de détail qui n’est que partiellement couvert par des CCT.<br><br>Malheureusement, seuls 50 % environ des personnes actives profitent d’une CCT. Les banches en croissance, comme l’informatique, les centres de fitness ou les instituts de beauté ne connaissent pas du tout de partenariat social.<br><br></p><h3>Le problème du versement de bonus</h3><p>Il est préoccupant de voir que le versement de bonus s’est remis à prendre de l’ampleur entre 2014 et 2016. Cette pratique renforce en règle générale la répartition inégale des salaires et notamment aussi les différences de salaires entre femmes et hommes. Selon les chiffres publiés par l’Office fédéral de la statistique pour 2016, les bonus touchés par les hommes se montent à plus du double de ceux des femmes. Toujours est-il que, ces derniers temps, plus d’entreprises arrivent à la conclusion que le versement de bonus nuit à la motivation de leurs collaborateurs et collaboratrices ainsi qu’au climat de l’entreprise.<br><br></p><h3>Conclusions de politique économique</h3><p>Les résultats de l’ESS 2016 font apparaître que des mesures appropriées permettent d’avoir des incidences positives en matière de salaire. Du point de vue syndical, les buts et mesures suivants sont prioritaires dans un avenir proche :<br><br></p><ul><li>Il faut prendre des mesures efficaces contre la discrimination salariale à l’encontre des femmes. Pour l’USS, la priorité doit être donnée à des contrôles des salaires par les autorités et à des mesures d’exécution.</li><li>Il faut davantage de CCT prévoyant des salaires minimums d’un bon niveau. Les obstacles à l’extension du champ d’application des CCT sont trop élevés. Non seulement cela empêche de nouvelles extensions, mais menace aussi les CCT existantes.</li><li>Il faut des hausses générales des salaires. La reprise doit être mise à profit pour désamorcer les problèmes salariaux des salarié(e)s ordinaires ; cela, avec de nouvelles hausses des salaires inférieurs, mais aussi des salaires des personnes qui ont fait un apprentissage.</li><li>Les mesures d’accompagnement et les contrôles des salaires jouent un rôle important dans la lutte contre la sous-enchère salariale. Malheureusement, ils ne sont pas mis en œuvre correctement dans certaines parties de la Suisse centrale et orientale. Les entreprises suisses ne sont guère contrôlées. La Confédération et les cantons doivent remédier à cette situation. </li></ul><p><br>Dans l’indice suisse des salaires de l’Office fédéral de la statistique, ces branches présentent une évolution positive des salaires nominaux. Cependant, l’échantillon de l’indice des salaires est substantiellement plus restreint que celui de l’Enquête suisse sur la structure des salaires et englobe uniquement les travailleurs et travailleuses victimes d’un accident. La question de l’évolution des salaires dans ces branches doit encore être approfondie.<br><br></p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5465</guid><pubDate>Thu, 26 Apr 2018 14:38:52 +0200</pubDate><title>Ne pas nier les problèmes, mais réagir : une meilleure protection s’impose</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/ne-pas-nier-les-problemes-mais-reagir-une-meilleure-protection-s-impose</link><description>Conférence nationale sur les travailleurs et travailleuses âgés</description><content:encoded><![CDATA[<p>La quatrième conférence nationale sur les travailleurs et travailleuses âgés a entre autres décidé que des mesures devaient être étudiées afin de résoudre les problèmes financiers et sociaux des chômeurs et chômeuses âgés menacés de se retrouver en fin de droit. C'est une bonne chose. Mais au-delà, des mesures supplémentaires sont nécessaires comme, par exemple, une meilleure protection contre le licenciement des collaborateurs et collaboratrices de longue date.</p><p>Le chômage des plus de 55 ans a plus augmenté ces dernières années que le chômage global. Ce phénomène s'est accentué surtout ces deux dernières années. Cela, bien que les personnes de cette catégorie d'âge se trouvent bien plus longtemps sans emploi que les autres chômeurs et chômeuses et bien que la part des plus de 55 ans qui ont certes un emploi, mais souhaiteraient en réalité travailler plus (sous-emploi), soit plus élevée et continue à augmenter. La dynamite sociale que recèle ce phénomène peut être déduite du taux d'aide sociale des 50-64 ans : depuis 2005, il a augmenté de 50 %, pour passer à 2,9 %.</p><p>Il n'est pas tolérable que l'on nie les problèmes existants en renvoyant à la hausse générale du taux d'activité des plus de 55 ans. Cette hausse est avant tout à imputer au fait que la baisse des rentes du 2e pilier contraint nombre de personnes à travailler plus longtemps que prévu pour pouvoir maintenir leur niveau de vie une fois à la retraite. En outre, l'activité professionnelle a augmenté aussi à cause du nouveau rôle des femmes.</p><p><strong>Pour améliorer la situation des travailleurs et travailleuses âgés, l'USS propose les mesures suivantes :</strong></p><ul><li>Les travailleurs de longue date de plus de 50 ans doivent être particulièrement <strong>protégés contre le licenciement</strong>, comme le prévoient déjà des CCT. Contrairement à ce qu'on entend souvent, une protection supplémentaire n'est pas un obstacle à la réinsertion dans le marché du travail, du fait qu'elle est liée à l'ancienneté dans l'entreprise et n'a pas d'effet dissuasif en cas de nouvel engagement.</li><li>Les chômeurs et chômeuses âgés doivent avoir de <strong>meilleures possibilités de retrouver un emploi</strong>. L'obligation d'annoncer les postes vacants décidée par le Parlement doit maintenant être appliquée de manière conséquente pour que les personnes âgées en recherche d'emploi soient avantagées.</li><li>Les travailleurs et travailleuses (et les personnes au chômage) doivent avoir droit à un bilan de compétences, ou à bénéficier d'une <strong>orientation professionnelle</strong> (p. ex. à partir de 45 ans). Ils doivent pouvoir compter sur davantage de soutien pour leur formation initiale et continue, par exemple à travers des offres et des mesures d'information supplémentaires dans les branches avec CCT. La Confédération et les cantons doivent faciliter l'accès au certificat fédéral de capacité.</li><li>Les travailleurs et travailleuses âgés ont besoin d'une <strong>meilleure couverture sociale en cas de chômage</strong>. Les chômeurs et chômeuses de 58 ans et plus doivent rester assurés dans leur caisse de pensions et conserver leur droit à une rente. On ne doit plus pouvoir les obliger, lorsqu'ils arrivent en fin de droit, à déjà entamer leur avoir de vieillesse du 2e pilier.</li><li>La retraite anticipée doit figurer dans les <strong>solutions de branche</strong>.</li><li>Il faut améliorer la <strong>protection contre les discriminations</strong>, par exemple sous la forme d'une interdiction de discriminer, comme l'OCDE l'a proposé.</li></ul>]]></content:encoded><category>Assurance-chômage</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/8/3/csm_aeltererArbeiter_RainStar-iStock_kleiner_67970833b6.jpg" length="225197" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-5440</guid><pubDate>Mon, 16 Apr 2018 12:15:47 +0200</pubDate><title>Dossier N° 126 : Importance de l&#039;OIT pour les syndicats en Suisse</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/dossier-n-126-importance-de-loit-pour-les-syndicats-en-suisse</link><description>Le travail n&#039;est pas une marchandise</description><content:encoded><![CDATA[<p> L'Organisation internationale du Travail (OIT) fête ses 100 ans d'existence en 2019. Le présent dossier saisit l'occasion de cet anniversaire pour exposer l'importance que cette organisation des Nations unies unique revêt pour les travailleurs et travailleuses. Il montre en particulier comment les normes édictées et constamment développées par l'OIT déploient leurs effets, d'une part, en Suisse et, de l'autre, aussi dans l'interprétation de la Convention européenne des droits de l'homme ou pour l'Agenda 2030 pour le développement durable des Nations unies.
</p><p> Particulièrement en Suisse, dont le droit suisse en matière de protection contre les licenciements en vigueur n'est pas conforme aux conventions de l'OIT (ainsi qu'une plainte de l'USS l'a montré), le centenaire de l'OIT doit servir à améliorer au plan légal la protection des travailleurs et travailleuses engagés syndicalement et au niveau des entreprises, qu'il s'agisse de militant(e)s syndicaux au sein de celles-ci, de membres de commissions du personnel ou de conseils de fondation de caisses de pensions.
</p><p> À l'époque de la globalisation, de la numérisation et des défis lancés par des politiques réactionnaires, un des principes directeurs de l'OIT est toujours plus d'actualité : le travail n'est pas et ne sera jamais une marchandise ! </p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5349</guid><pubDate>Thu, 22 Mar 2018 09:47:08 +0100</pubDate><title>UBER veut duper tout le monde, mais n’y parvient pas ! </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/uber-veut-duper-tout-le-monde-mais-n-y-parvient-pas</link><description>Numérisation : tous à armes égales grâce au droit du travai</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> La série de décisions prises par les autorités sur UBER s'est enrichie d'un nouveau chapitre. Tout récemment, le SECO a décidé qu'UBER, le service de taxis numérique et l'exploitant d'une plate-forme, doit être considéré, relativement à la location de services, comme un employeur. </p><p>Le chat ne renonce jamais aux souris. En plus clair, UBER a sciemment essayé à une nouvelle reprise de tourner les contraintes légales locales pour se créer des avantages par rapport à ses concurrents directs. 
</p><p>UBER avait déjà fait une impression négative aux autorités compétentes en matière de sécurité sociale, ainsi qu'à la SUVA. Sous la pression des syndicats et de travailleurs et travailleuses bernés, les autorités ont dû constater qu'UBER était un employeur tout à fait normal et n'avait de ce fait pas à être traité différemment, par exemple, d'une autre centrale de taxis travaillant avec le téléphone traditionnel et non une application avec géolocalisation. UBER appelle certes les contrats qu'il conclut avec ses conducteurs et conductrices des " mandats ", mais, à proprement parler, on est en présence ici d'indépendance fictive. Résultat de ces conflits : UBER doit verser à ses employé(e)s les cotisations sociales. 
</p><p>Désormais, le SECO affirme également qu'UBER doit respecter les dispositions de protection concernées prévues par le droit suisse. Cette fois, il s'agit du " prêt " de conducteurs et conductrices d'autres entreprises. Là aussi, UBER avait argué, contre toute évidence juridique, qu'il n'était pas un employeur, mais simplement une entreprise utilisant un logiciel. 
</p><h3>Le droit du travail est apte à traiter de la numérisation </h3><p>Ces décisions montrent que le droit suisse du travail est a priori apte à traiter de la numérisation. Mais il est important que les autorités appliquent à tous les mêmes règles et ne favorisent pas les fournisseurs numériques par rapport à ceux qui sont traditionnels. Cela, en particulier lorsque les exploitants de plates-formes tentent de se créer des avantages concurrentiels déloyaux à travers une pseudo-indépendance ! 
</p><p>Sous cet angle, les interventions développées au Parlement pour demander un assouplissement du droit des assurances sociales et du travail (initiatives parlementaires Keller-Sutter et Graber pour la suppression de pans entiers de la loi sur le travail, initiative parlementaire Burkart pour la journée de travail de 17 heures dans le télétravail, postulat du PLR pour la création d'un nouveau statut de travailleur de plate-forme) doivent être considérées comme des tentatives cyniques de déréglementer sur le dos des salarié(e)s. Cet agenda de la déréglementation encourage passablement les moutons noirs de la branche, donc aussi UBER. 
</p><h3>Combler les lacunes de la protection des salarié(e)s </h3><p>L'Union syndicale suisse (USS) mettra tout en œuvre pour empêcher ces dégradations. Ce qu'il faut au contraire, c'est combler les actuelles lacunes de la protection des travailleurs et travailleuses apparues avec la numérisation. Il faut : </p><ul><li>que les autorités lancent une offensive en matière de contrôles concernant le travail au noir numérique et contre les violations du droit du travail ; </li><li>mettre en place des réglementations pour le télétravail là où la protection des travailleurs et travailleuses est lacunaire (p. ex. dans les domaines de la santé et des coûts matériels), ainsi qu'en ce qui concerne la responsabilité ; </li><li>interdire que les contrats de travail conclus avec des exploitants de plates-formes prévoient un arbitrage des litiges à l'étranger. </li></ul><p>La numérisation doit en effet profiter aux salarié(e)s et non leur être préjudiciable. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5331</guid><pubDate>Fri, 09 Mar 2018 12:45:29 +0100</pubDate><title>Consommateurs et salarié(e)s enfin mieux protégés</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/consommateurs-et-salarie-e-s-enfin-mieux-proteges</link><description>Le Conseil national se prononce pour un délai de prescription plus long</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 7 mars, le Conseil national, et c'est réjouissant, a suivi sa commission lors du débat sur le droit de la prescription dans le Code des obligations (CO) et s'est prononcé pour un délai de 20 ans. Un pas dans la bonne direction pour satisfaire aux normes minimales du droit international.</p><p>Selon le CO, le délai de prescription est aujourd'hui de dix ans seulement. Un délai aussi court ne tient pas compte des risques encourus actuellement par la santé, notamment avec le travail. De fait, beaucoup de dommages ne peuvent être constatés chez les victimes qu'après 10 ans. Ou des maladies ne se déclarent souvent qu'après 12 ou 15 ans. On le voit d'une manière particulièrement claire et choquante avec les victimes de l'amiante qui ne sont souvent tombées malades qu'une décennie après leur exposition à cette substance. 
</p><p>Dans de tel cas, le droit suisse ne prévoit aucune possibilité d'intenter une action au civil. Actuellement, les victimes civiles ou professionnelles de l'amiante ne peuvent légalement pas rendre quelqu'un responsable de leur problème. Une lacune que la Cour européenne des droits de l'homme (CrEDH) a aussi critiquée. Cela fait quatre ans déjà qu'elle a clairement affirmé qu'un délai de prescription de dix ans était en contradiction avec la Convention européenne des droits de l'homme. 
</p><p>L'Union syndicale suisse (USS) partage cet avis. Les syndicats estiment qu'il faut résoudre la question du droit de prescription de manière neutre sur le plan technologique, mais dans l'intérêt des victimes. Le meilleur moyen de le faire est de travailler avec des délais de prescription relatifs courts ne s'ouvrant qu'à partir du moment où le dommage est constaté. 
</p><p>Le Conseil national a toutefois voulu maintenir des délais de prescription absolus. En décidant un relèvement modéré de la prescription à 20 ans (deux fois plus qu'aujourd'hui), il a choisi le strict minimum afin de satisfaire aux normes techniques et du droit international. Les victimes, par exemple les salarié(e)s ou les consommateurs et consommatrices, pourraient ainsi porter plainte pendant une période plus longue pour des dommages qui n'auraient été constatés que tardivement. L'USS salue cette prolongation. 
</p><p>L'USS signale en outre l'importance du fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante créé pour gérer cette catastrophe sanitaire, un fonds qui est en rapport avec la modernisation du droit de prescription. Les premières personnes ont déjà été indemnisées, mais il manque toujours de moyens financiers pour le doter correctement. Ce serait en premier lieu à l'économie de passer des paroles aux actes et de garantir son financement. De plus, les syndicats s'engagent pour un renforcement de la prévention et pour que les dispositions sur l'analyse de la présence ou non d'amiante et son élimination lors de transformations ou de démolitions de bâtiments soient appliquées de manière plus stricte. </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5307</guid><pubDate>Wed, 21 Feb 2018 09:07:23 +0100</pubDate><title>Non à l&#039;initiative de l’UDC contre les droits humains</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/non-a-linitiative-de-l-udc-contre-les-droits-humains</link><description>L’UDC ne veut que le droit suisse, mais lequel ?</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Le 13 mars, le Conseil des États se prononcera sur la toute dernière attaque de l'UDC contre les droits humains. Il débattra de l'initiative contre les droits humains de ce parti qui, sous prétexte d'" autodétermination ", aimerait supprimer la protection offerte par la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH) et des conventions de l'Organisation internationale du Travail (OIT). Ce qui serait fatal pour les travailleurs et travailleuses de ce pays. </p><p>L'UDC souhaite dénoncer en catimini la CEDH ainsi que des conventions de l'OIT. Elle prétend renforcer par là la souveraineté de la Suisse. Mais dans les faits, les droits qui sont les nôtres, à nous tous et toutes, s'en trouveraient affaiblis. Ceux que la CEDH garantit figurent comme droits fondamentaux dans notre Constitution. Ils ne sont pas un droit étranger, mais un droit suisse. Tailler dans nos droits humains, c'est affaiblir notre démocratie, notre sécurité et notre liberté. 
</p><h3>Travailleurs et travailleuses aussi visés </h3><p>Les salarié(e)s et les personnes syndiquées ont précisément besoin au quotidien de droits humains qui fonctionnent. De fait, la Constitution, la CEDH et le droit international de l'OIT nous reconnaissent divers droits fondamentaux : liberté d'association au sein de l'entreprise et d'échanger des informations sur cette dernière, protection contre le licenciement antisyndical, protection des lanceurs d'alerte et droits d'accéder aux entreprises et d'informer le personnel. Mais le droit des femmes à l'égalité de traitement avec les hommes dans les assurances sociales est aussi garanti. La Cour européenne des droits de l'homme (CrEDH) de Strasbourg a rendu à ce sujet un jugement phare pour la Suisse et amélioré les rentes d'une jeune mère. 
</p><h3>43 conventions de l'OIT et la CEDH touchées </h3><p>Ce sont précisément ces garanties juridiques que l'UDC entend supprimer. En modifiant l'article 190 de la Constitution, l'initiative demande que seuls les traités internationaux soumis à référendum soient désormais déterminants pour le Tribunal fédéral (et toutes les autres autorités chargées d'appliquer le droit). L'initiative concernerait non seulement la CEDH mais même 43 conventions de l'OIT que la Suisse a ratifiées pour protéger les travailleurs et travailleuses ! 
</p><h3>Le droit international, une garantie pour les droits humains </h3><p>En Suisse, aucune juridiction constitutionnelle ne nous protège si une loi fédérale viole les libertés garanties par les droits fondamentaux. C'est pourquoi l'article 190 de la Constitution représente une sécurité. Le droit international, comme la CEDH et le droit de l'OIT, est aussi déterminant. C'est ainsi que le droit international ratifié par la Suisse assume cette fonction. En effet, le droit international (CEDH et conventions de l'OIT) garantit largement les mêmes droits fondamentaux et humains que notre Constitution. Mais il entre souvent plus dans les détails et donne des directives plus précises concernant la façon de donner forme à ces droits. Il a ainsi été possible de constater sur la base des plaintes déposées par l'USS et le SSP auprès de l'OIT que le droit du licenciement suisse peu favorable aux salarié(e)s contenu dans le Code des obligations (CO) doit être réformé. La CrEDH a en outre tout récemment constaté que les règles appliquées dans notre pays en matière de prescription pour les victimes de l'amiante sont arbitraires. Dans les deux cas, ce sont là de grandes victoires pour les personnes concernées travaillent en Suisse. 
</p><h3>Droit de la prescription au Conseil national </h3><p>La grande Chambre devra se demander si, selon le CO, la prescription ne doit pas intervenir après 10 ans, mais seulement après 20 ans. Pour l'USS, il ne s'agit certes pas là de la solution optimale, mais d'une proposition quand même raisonnable, et d'un minimum absolu afin de satisfaire aux normes du droit international. 
</p><p>Dans son arrêt du 11 mars 2014, la CrEDH a clairement spécifié qu'un délai de prescription de 10 ans ne correspond plus aux risques actuels pour la santé au travail, car de nombreux dommages ne surviennent qu'après 10 ans. L'USS aurait certes préféré des délais de prescription relative brefs, c'est-à-dire ne commençant qu'au moment où le dommage est connu. Si les Chambres fédérales veulent toutefois fixer des délais de prescription absolus, alors c'est 20 ans qu'il faut prévoir ici. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5300</guid><pubDate>Tue, 20 Feb 2018 10:34:08 +0100</pubDate><title>Dommages désormais prescrits après 20 ans ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/dommages-desormais-prescrits-apres-20-ans</link><description>Le Conseil national discute de délais de prescription plus longs </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Le Conseil national discutera le 7 mars du droit de prescription prévu dans le Code des obligations (CO). La commission préparatoire propose désormais un délai de prescription de 20 ans, faisant un pas dans la bonne direction. </p><p>Selon le CO le délai de prescription maximal est aujourd'hui de 10 ans. Un délai de prescription aussi court ne tient pas compte des risques encourus avec le travail moderne, du fait que beaucoup de dommages ne peuvent être constatés qu'après 10 ans. Ou alors des maladies ne se déclarent souvent qu'après 12 ou 15 ans... Dans de tels cas, il n'est pas possible actuellement en droit suisse de déposer plainte. Cette lacune a aussi été critiquée par la Cour européenne des droits de l'homme. En 2014, elle a clairement jugé qu'un délai de prescription de 10 ans ne respectait pas la Convention européenne des droits de l'homme. 
</p><p>La Commission juridique du Conseil national propose également de prolonger le délai de prescription à 20 ans. Les victimes de dommages, par exemple les travailleurs et travailleuses ou les consommateurs et consommatrices, auraient ainsi plus de temps pour demander réparation (pour un dommage constaté tardivement). Pareille prolongation est modérée et représente le minimum absolu si l'on veut respecter les standards internationaux. L'USS y est favorable et rappelle aussi, dans ce contexte, le fonds destiné à la gestion de la catastrophe de l'amiante (EFA), une mesure en rapport direct avec la modernisation du droit de la prescription. </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5301</guid><pubDate>Tue, 20 Feb 2018 09:38:31 +0100</pubDate><title>Que faire quand le travail rend malade ? </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/que-faire-quand-le-travail-rend-malade</link><description>Nouvelle brochure de l’USS sur la protection de la santé </description><content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p><p>Jusqu’où va la responsabilité des employeurs et employeuses quand il s’agit de protéger la santé de leurs employé(e)s&nbsp;? Jusqu’où va le droit de participation des travailleurs et travailleuses quand des problèmes de sécurité et de protection de la santé surgissent&nbsp;au travail&nbsp;? 
</p><p>Cette nouvelle brochure sur la protection de la santé tente justement de répondre à ces deux questions centrales. Les mesures que doit prendre l’employeur ou l’employeuse, ce que les employé(e)s doivent faire individuellement ou collectivement en cas de risques et quelle est la marge de manœuvre des syndicats y sont expliqués de manière claire et concise en se référant aux dispositions légales. 
</p><p>Ce guide, proche de la pratique, regorge de conseils juridiques, et montre comment exercer ses droits de manière efficace et comment accomplir ses devoirs dans le domaine de la protection de la santé. 
</p><p>La brochure peut être commandée à <span lang="DE-CH"><a href="#" data-mailto-token="thpsav1pumvGzni5jo" data-mailto-vector="7"><span lang="FR-CH">info(at)sgb.ch</span></a></span></p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5269</guid><pubDate>Tue, 30 Jan 2018 15:57:27 +0100</pubDate><title>Les salarié(e)s en home office ont aussi des droits</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-salarie-e-s-en-home-office-ont-aussi-des-droits</link><description>Une initiative parlementaire scandaleuse veut détériorer les conditions du télétravail</description><content:encoded><![CDATA[<p> C'est inconcevable : la CER-N a tout simplement laissé passer une initiative parlementaire radicale du conseiller national Thierry Burkart (PLR, AG) qui demande de systématiquement détériorer les conditions de travail pour celles et ceux qui travaillent depuis la maison : </p><ul><li>Les salarié(e)s effectuant du télétravail devraient travailler jusqu'à 17 heures d'affilée ;</li><li>Les pauses et les temps de repos ne devraient plus être respectés. L'employeur pourrait ordonner à court terme du travail de nuit et chambouler les horaires des salarié(e)s en leur attribuant du travail à brève échéance ; </li><li>Les employeurs pourraient désormais ordonner du télétravail le dimanche, sans autorisation ni contrôle des autorités ! </li></ul><p>L'USS veut lutter contre cette loi de la jungle pour les salarié(e)s travaillant en home office. Au lieu de démanteler, il faut au contraire améliorer la protection de ces salarié(e)s. Celle-ci doit comprendre la protection de la santé et des données, les questions liées à la responsabilité ainsi que les coûts du matériel. 
</p><h5>Renseignements : </h5><ul><li>Luca Cirigliano, secrétaire central de l'USS en charge du droit du travail, 076 335 61 97 </li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication, 079 249 59 74 </li></ul>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5267</guid><pubDate>Tue, 30 Jan 2018 14:22:23 +0100</pubDate><title>L&#039;UDC attaque frontalement les salaires et les emplois suisses</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/ludc-attaque-frontalement-les-salaires-et-les-emplois-suisses</link><description>La suppression des mesures d&#039;accompagnement aurait de graves conséquences</description><content:encoded><![CDATA[<p>En conférence de presse aujourd’hui, l’UDC a fait tomber les masques. La suppression des accords bilatéraux sur la libre circulation des personnes et des mesures d’accompagnement qu’elle appelle de ses vœux représente une attaque frontale de la protection des conditions suisses de salaire et de travail. Les salarié(e)s en Suisse auraient à le payer cher. Pressions sur les salaires, conditions de travail et de séjour précaires ainsi que pertes d’emplois en découleraient. &nbsp;
</p><p>Les mesures d’accompagnement ont été introduites dans le but que des salaires suisses continuent à être versés en Suisse. Plus de 160&nbsp;000 contrôles des salaires sont désormais effectués en Suisse. Là où on contrôle, des abus sont aussi découverts. Dans les branches qui comportent des salaires minimums, les entreprises qui ne les respectent pas sont sanctionnées d’une amende ou sont bloquées. Grâce aux nouvelles conventions collectives de travail (CCT) dans le nettoyage, le travail temporaire etc., un nombre bien plus important de salarié(e)s est protégé contre la sous-enchère. Grâce aux CCT, les salaires les plus bas mais aussi les salaires moyens ont augmenté. &nbsp;
</p><p>La libre circulation des personnes a permis de supprimer l’inhumain statut de saisonnier qui n’était pas seulement un gros problème pour les personnes concernées. Cela a également provoqué une sous-enchère salariale dans toute l’économie et une politique incontrôlée de bas salaires et de faible productivité. Grâce aux mesures d’accompagnement, les entreprises agricoles, qui faisaient travailler beaucoup de saisonniers au noir et à des conditions de travail parfois misérables sous l’ancien régime des contingents, ont aussi enfin pu être contrôlées.
</p><p>La libre circulation des personnes accorde à la main-d’œuvre étrangère plus de sécurité en Suisse. Ces personnes sont moins soumises à l’arbitraire de leurs employeurs que sous le régime des contingents. Ils peuvent donc mieux se défendre contre l’exploitation. Les Suissesses et les Suisses peuvent aussi plus aisément travailler dans l’Union européenne. 
</p><p>Les entreprises d’exportation ont également un meilleur accès à l’important marché qu’est l’Union européenne grâce aux Bilatérales. Cela permet de garantir des salaires et des emplois. 
</p><p>Si tout cela était remis en question, cela créerait du chômage et de la sous-enchère salariale. Seules les entreprises qui exercent de la sous-enchère et exploitent les salarié(e)s en profiteraient. Ce sont celles qui à l’époque ont largement profité du système inhumain des contingents. Un tel système fait toutefois du tort aux entreprises correctes. 
</p><h5>Renseignements&nbsp;: </h5><p>Daniel Lampart, premier secrétaire de l’USS, 079 205 69 11</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5265</guid><pubDate>Tue, 30 Jan 2018 10:01:25 +0100</pubDate><title>Prescription: la commission se rallie finalement aux 20 ans </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/prescription-la-commission-se-rallie-finalement-aux-20-ans</link><description>Des délais plus longs pour porter plainte</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La Commission juridique du Conseil national a décidé le 26 janvier de revenir sur le classement du projet de révision du droit de prescription. Finalement, elle demande aussi 20 ans et effectue ainsi un pas dans la bonne direction. </p><p>Le droit de prescription ne doit plus fonctionner avec de tout petits délais de 10 ans comme aujourd’hui, mais avec des délais de désormais 20 ans. La Commission juridique du Conseil national le souhaite finalement elle aussi. Les victimes de dommages, p. ex. les travailleurs et travailleuses ou les consommateurs et consommatrices, auraient ainsi plus de temps pour demander réparation pour un dommage (constaté tardivement). Une augmentation du délai de prescription de 10 à 20 ans est modérée et représente le minimum absolu pour respecter les standards internationaux. &nbsp;
</p><p>La Cour européenne des droits de l’homme (CrEDH) a, dans son arrêt du 11 mars 2014, clairement jugé que le délai de prescription suisse de 10 ans ne respectait pas la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH). Un délai de prescription aussi court ne tient pas compte des risques encourus avec le travail moderne du fait que beaucoup de dommages ne peuvent être constatés qu’après 10 ans. Si des travailleurs ou des locataires sont en contact avec des poussières nocives, le cancer qu’elles pourraient causer ne se déclarerait souvent qu’après 12 ou 15 ans… Dans de tels cas, il n’est pas possible actuellement en droit suisse de déposer plainte, étant donné également que le Tribunal fédéral en fait une interprétation trop stricte.  
</p><h3>Rendre le droit de prescription compatible avec la CrEDH</h3><p>L’USS partage l’avis de la CrEDH. L’USS estime qu’il faut résoudre la question du droit de prescription de manière neutre sur le plan technologique, mais dans l’intérêt des victimes. Le meilleur moyen de le faire est de travailler avec des délais de prescription relatifs courts qui ne sont ouverts qu’à partir du moment où le dommage est constaté. Si les conseils devaient s’en tenir à une prescription absolue, il faudrait alors la fixer à 20 ans au moins, comme la commission l’a maintenant décidé. &nbsp;
</p><h3>Résoudre la tragédie de l’amiante, renforcer la prévention</h3><p>Pour faire face à la catastrophe de l’amiante, un fonds d’indemnisation a en outre été créé afin de gérer le passé. Les premières personnes ont déjà été indemnisées, mais il manque toujours de moyens financiers pour le doter correctement. Ce serait en premier lieu à l’économie de faire son devoir pour l’alimenter. &nbsp;
</p><p>L’USS et ses fédérations s’engagent également pour que la prévention continue à être renforcée et que les cantons mettent en œuvre strictement les dispositions sur l’analyse et l’élimination de l’amiante lors de rénovations et de démolitions. </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5256</guid><pubDate>Wed, 24 Jan 2018 14:12:39 +0100</pubDate><title>La commission veut s’imposer à tout prix !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-commission-veut-s-imposer-a-tout-prix</link><description>Déréglementation inacceptable de la loi sur le travail</description><content:encoded><![CDATA[<p> La majorité de la Commission de l'économie et des redevances du Conseil des États (CER-E) est incorrigible. Elle a décidé de poursuivre ses travaux sur la mise en œuvre des deux initiatives parlementaires Graber et Keller-Sutter. Ce faisant, elle ignore un rapport du Conseil fédéral rédigé suite aux postulats Derder et Reynard, selon lequel le droit suisse du travail est extrêmement déréglementé et tout est de ce fait pratiquement possible. Elle ne tient en outre aucun compte des mises en garde de la Fédération des médecins suisse (FMH) qui s'est prononcée sans équivoque aucune contre les initiatives Graber et Keller-Sutter. 
</p><p>Ces deux initiatives entraîneraient, pour un très grand nombre de salarié(e)s, du travail gratuit, plus de stress et un plus grand risque d'épuisement professionnel. Cela, alors que le droit du travail largement réformé est en vigueur depuis le 1er janvier 2016 seulement et que l'obligation d'enregistrer sa durée du travail a été supprimée pour beaucoup de cadres. 
</p><p>Selon l'Enquête suisse sur la population active 2016 (ESPA), le modèle d'annualisation du temps de travail, sans durée hebdomadaire maximale, voulu par le conseiller aux États Graber pourrait s'appliquer à environ 46 % des salarié(e)s. Ces personnes remplissent en effet les critères en matière de fonction et de formation (bachelor ou diplôme d'une école supérieure). Si l'on considère aussi le critère des horaires prescrits par l'employeur, ce sont toujours au moins 25 % des salarié(e)s qui seraient soumis au nouveau régime. 
</p><p>Quant au renoncement à l'enregistrement de la durée du travail (modèle Keller-Sutter), selon l'ESPA, près de 26 % des salarié(e)s seraient concernées, car ils exercent une fonction de supérieur(e) hiérarchique. Faute de statistiques, il n'est pas possible de dire avec précision quelle serait la taille du groupe des spécialistes touchés. Mais cette question devrait se poser pour une part importante des salarié(e)s. 
</p><p>Comme les initiatives Graber et Keller-Sutter devraient être mises en œuvre parallèlement, ni l'enregistrement de la durée du travail, ni les prescriptions de protection à travers des durées maximales de travail et l'interdiction du travail dominical ne s'appliqueraient plus aux catégories de salarié(e)s susmentionnées. L'annualisation du temps de travail demandée par l'initiative Graber, inadéquate ne serait-ce que pour des raisons de protection de la santé, tournerait finalement à la farce. Comment avoir une vue d'ensemble du temps de travail annuel si le chef interdit de l'enregistrer ? 
</p><p>Pour ces raisons, l'Union syndicale suisse (USS) demande, comme les organisations spécialisées en matière de santé et de nombreuses autres organisations, que la CER-E recouvre enfin la raison et stoppe ses travaux sur la mise en œuvre de toutes les interventions parlementaires qui visent à déréglementer la loi sur le travail. </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5237</guid><pubDate>Wed, 03 Jan 2018 16:04:51 +0100</pubDate><title>La reprise appartient aux travailleurs et aux travailleuses</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/la-reprise-appartient-aux-travailleurs-et-aux-travailleuses</link><description>Conférence de presse annuelle 2018 </description><content:encoded><![CDATA[<p>L’économie suisse a amorcé une reprise. L’évolution économique positive doit maintenant être utilisée pour résoudre les problèmes des salarié(e)s qui ont augmenté depuis le début de la crise financière. La reprise doit appartenir aux salarié(e)s. Dans ce contexte, l’Union syndicale suisse formule les revendications suivantes&nbsp;:</p><ul><li>La durée du travail doit de nouveau diminuer. Depuis 2013, le temps de travail d’une personne employée à plein temps a augmenté de quasiment une demi-semaine. C’est absurde alors que le chômage est bien trop élevé. Les gains de productivité doivent se répercuter par une augmentation des salaires ainsi qu’une réduction du temps de travail des salarié(e)s. </li><li>Avec l’introduction de l’obligation d’annonce des postes vacants, les chances de rapidement retrouver un bon emploi s’améliorent pour les personnes sans emploi. La Confédération et les cantons doivent les soutenir. Une assignation sous la contrainte serait en revanche contre-productive pour toutes les parties concernées (chômeurs, ORP et employeurs). </li><li>Le niveau des rentes des caisses de pension baisse. Alors même que les salaires ont augmenté et l’économie croît dans son ensemble. Et que nous cotisons toujours plus. Le niveau des rentes reste décisif pour juger les futures réformes des retraites. La réduction des rentes du 2e pilier doit être compensée, comme il faut compenser les fortes augmentations des coûts de la santé. Il faut en outre renforcer la composante de répartition dans la prévoyance vieillesse. Pour stabiliser cette dernière, la BNS doit reverser au 2e pilier les recettes réalisées avec les taux d’intérêt négatifs (via le Fonds de garantie LPP). Et la BNS ne doit pas appliquer d’intérêts négatifs au fonds AVS. L’USS rejette l’élévation de l’âge de la retraite. &nbsp;</li><li>Il faut enfin réellement combattre l’inégalité salariale entre femmes et hommes. Le Parlement doit renforcer les mesures proposées par le Conseil fédéral pour réviser la loi sur l’égalité. Les mesures volontaires ne résolvent pas le problème. Il faut donc des mesures contraignantes et des compétences pour les appliquer. L’USS s’engagera énergiquement pour que le principe approuvé par le peuple voici 37 ans d’un «&nbsp;salaire égal pour un travail de valeur égale&nbsp;» entre femmes et hommes soit enfin mis en œuvre. </li><li>La politique monétaire doit veiller activement à évaluer le franc correctement, c’est-à-dire à un taux se situant entre 1,25 et 1,35 Fr./euro. Cela renforce l’économie et l’emploi. </li></ul><h5>Renseignements:</h5><p>&nbsp;</p><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire de l’USS et économiste en chef, 079 205 69 11</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS, 079 249 59 74</li></ul>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Politique syndicale</category><category>Économie</category><category>Travail</category><category>Égalité des sexes</category><category>Politique sociale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5232</guid><pubDate>Wed, 20 Dec 2017 17:08:27 +0100</pubDate><title>Le droit du travail est prêt pour la numérisation </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-droit-du-travail-est-pret-pour-la-numerisation</link><description>Le colloque de l’USS le confirme : peu d’adaptations sont nécessaires </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Le droit suisse du travail est armé pour faire face aux défis de la numérisation. Mais des améliorations sont nécessaires, en particulier pour lutter contre le travail au noir numérique et le travail gratis ainsi qu'en matière de protection de la santé et de télétravail. Tel est en quelques mots le bilan du colloque juridique de haut niveau organisé à la mi-décembre par l'Union syndicale suisse (USS). </p><p>Une chose est claire : la numérisation doit être aménagée de manière à ce qu'elle serve aux travailleurs et travailleuses. Pour y arriver, l'USS et ses syndicats veulent recourir à tous les instruments juridiques et politiques existants. 
</p><h3>Les mêmes devoirs, aussi pour les employeurs sur plate-forme ! </h3><p>Si, en se servant des instruments éprouvés du droit contractuel, on analyse minutieusement de nombreux fournisseurs de plates-formes en étant attentif à chaque cas individuel, il apparaît clairement que, très souvent, on est en présence de contrats classiques. C'est ce qu'ont constaté lors du colloque Bassem Zein, de l'Office fédéral de la justice, et Ndiya Onuoha, de l'Office des assurances sociales du canton de Zurich. Conclusion : les personnes qui travaillent sur des plates-formes informatiques ont droit à ce qui est prévu dans le Code des obligations (vacances, heures supplémentaires, délais de congé, indemnisation pour service de piquet) et le droit des assurances sociales (cotisations AVS, assurance-chômage, 2e pilier, aussi de l'employeur, indemnité journalière en cas d'accident, etc.). 
</p><p>Les employeurs comme le service de taxis UBER, qui donne à ses contrats une appellation erronée, ne pratiquent rien d'autre que l'indépendance fictive et encouragent de ce fait le travail au noir numérique. Pour l'USS, c'est inacceptable. Les participant(e)s au colloque ont clairement montré que l'arsenal juridique à disposition permet déjà de faire constater l'existence de travail au noir numérique. Il appartient à toute autorité compétente de veiller à l'égalité des droits, à ce que la concurrence reste loyale et que les travailleurs et travailleuses soient protégés comme il se doit, ainsi que de contrôler que les lois sont respectées. Ce dernier point concerne surtout la loi sur le travail (LTr) et la loi sur l'assurance-accidents (LAA). S'y ajoutent les lois sur les assurances sociales, l'ordonnance sur les chauffeurs et des règles appliquées dans l'industrie. 
</p><h3>Stratégies procédurales contre la précarisation </h3><p>Lors du colloque, des stratégies procédurales contre les risques découlant du travail sur plate-forme ont été présentées. Leur but est de permettre aux syndicats d'agir contre les employeurs qui, sous prétexte de numérisation, veulent spolier leur personnel des dispositions de protection légales élémentaires. Se basant sur une expertise juridique, Anne Meier a montré que les syndicats ne disposent pas uniquement des instruments de la LTr et de la LAA, mais aussi de ceux qui se trouvent dans la loi contre la concurrence déloyale. De plus, des droits fondamentaux, notamment ceux qui figurent dans la Constitution fédérale et la Convention européenne des droits de l'homme, on peut déduire le droit des syndicats à informer électroniquement les employé(e)s. 
</p><h3>Quelques adaptations ponctuelles des lois sont nécessaires </h3><p>Le droit suisse du travail est-il encore adapté à l'ère de la numérisation ? Oui, s'il est systématiquement appliqué par les autorités. Surtout lorsqu'il s'agit de lutter contre le travail au noir numérique et de respecter les règles des assurances sociales ainsi que celles de la protection des travailleurs et travailleuses (LTr, LAA), les autorités sont tenues de procéder à des contrôles systématiques et conformes aux principes de l'égalité juridique. 
</p><p>Des problèmes existent dans le domaine couvert par la loi fédérale sur le droit international privé (LDIP). En outre, les salarié(e)s du télétravail sont trop peu protégés. C'est pourquoi l'USS demande que la loi fédérale sur le travail à domicile soit adaptée en conséquence. Dans le télétravail aussi, les questions de responsabilité, d'ergonomie, de protection des données et de mise à disposition de matériel ainsi que de remboursement des dépenses doivent faire l'objet de réglementations spécifiques. C'est à une conclusion similaire que le Conseil fédéral est arrivé en 2016 dans son rapport sur le télétravail. Mais, cela n'a malheureusement été suivi d'aucune action concrète. 
</p><p>La LDIP doit être modifiée pour que les exploitants de plates-formes n'aient en particulier pas le droit de prévoir dans leurs contrats de travail des clauses d'arbitrage ou des éléments de droit étranger. Par exemple, il n'est pas question qu'UBER prescrive à ses employé(e)s qu'en cas de litige, ils n'ont pas le droit de faire appel à un tribunal des prud'hommes suisse, mais doivent prendre à leur charge une procédure d'arbitrage aux Pays-Bas extrêmement chère et lourde, qui se fera en plus en anglais ! De telles clauses sont clairement illégales, car elles contreviennent à l'article 27 du Code civil suisse. La pratique des tribunaux va montrer si ces clauses sont considérées dans tout le pays comme excessivement contraignantes. D'une manière ou d'une autre, l'USS demande que la LDIP soit adaptée et que le Tribunal fédéral modifie en faveur des travailleurs et travailleuses sa jurisprudence concernant l'article 341 du Code des obligations ; cela, également pour les rapports de travail internationaux. 
</p><h3>Une brochure sur la protection de la santé </h3><p>Une brochure de l'USS sur les questions soulevées par la protection de la santé au travail à l'ère de la numérisation a été présentée lors du colloque dans sa version allemande (la version française sortira pendant la deuxième moitié du mois de janvier). Elle explique dans un langage très accessible, mais précis, quels sont les instruments juridiques à la disposition des secrétaires syndicaux, des commissions du personnel et des personnes de confiances ou militant(e)s syndicaux. Il est possible de la commander auprès de l'USS. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5206</guid><pubDate>Thu, 07 Dec 2017 00:00:00 +0100</pubDate><title>Vania Alleva: « Dans l’ensemble, les grèves ont toujours payé »</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/vania-alleva-dans-l-ensemble-les-greves-ont-toujours-paye</link><description>Les grèves au 21e siècle d’Unia revient sur le regain de luttes collectives depuis 2000</description><content:encoded><![CDATA[<p> Alors que les commémorations du centenaire de la grève générale de 1918 viennent de débuter, Unia publie un ouvrage sur les grèves au 21e siècle. Loin d'être un instrument désuet, le recours ultima ratio à la grève se justifie toujours plus face au durcissement d'un patronat qui souvent ne veut plus discuter. Il s'agit aussi pour les salarié(e)s de défendre leur dignité. Entretien avec Vania Alleva, présidente d'Unia et vice-présidente de l'USS : enjeux, enseignements et défis à l'ère du numérique.
</p><p><b>La Suisse connaît un regain de grèves depuis le tournant du siècle. Comment l'expliquer ?</b></p><p><b>Vania Alleva :</b> Il y a un durcissement général du côté patronal. Et, en raison du contexte économique plus difficile, c'est aussi plus compliqué d'arriver à améliorer les conditions salariales et de travail en négociant sans un véritable rapport de force. La grève est donc un instrument pour faire valoir les attentes des salarié(e)s, mais aussi pour amener la contrepartie à la table des négociations.
</p><p><b>Un des derniers conflits de travail, celui de l'EMS Notre-Dame à Genève, montre que le personnel réagit collectivement dans des secteurs d'activité toujours plus divers. Quels enseignements en tirer ?</b></p><p>La grève est un instrument de lutte collective qui n'est plus cantonné dans les secteurs traditionnels. C'est aussi l'instrument des employé(e)s de branches modernes des services. Plus aucune branche n'est à l'abri d'un conflit social. Un aspect central du nouveau cycle de grèves tient au rôle actif des salarié(e)s du secteur des services. Cela correspond à une féminisation grandissante. Toujours plus de femmes jouent un rôle de meneuses.
</p><p><b>Le droit de grève est inscrit dans la Constitution depuis 2000, mais la paix du travail est un des fondamentaux du partenariat social suisse. Quelle est la marge de manœuvre des syndicats dans ce contexte ?</b></p><p>En Suisse, la paix du travail est surtout dans les têtes, parce qu'on nous le répète depuis des décennies. En plus, les patrons essayent de criminaliser ces instruments de lutte collective. Il y a un travail de sensibilisation à mener : le droit de grève est un instrument légitime. Un syndicat qui n'est pas en mesure de mener une grève ne dispose pas d'un rapport de force lui permettant d'arriver à des résultats. C'est déterminant pour être au même niveau que les patrons à la table des négociations.
</p><p><b>La grève est-elle antipatriotique ou néfaste à la Suisse, comme le prétendent la droite et le patronat ?</b></p><p>Cela n'a rien à voir avec la nationalité. Au contraire, nous sommes de plus en plus souvent confrontés à un patronat qui ne prend pas au sérieux ses propres responsabilités, qui ne veut même pas discuter avec les syndicats des exigences des salarié(e)s. C'est plutôt cet aspect-là qui est antipatriotique. Ce n'est pas la grève qui est anti-suisse, mais un patronat qui ne respecte pas le partenariat social.
</p><p><b>Unia a soutenu une centaine de grèves depuis son existence, quel bilan en tirer, sur les plans matériel, humain et syndical ?</b></p><p>Dans l'ensemble, les grèves ont toujours payé ; contre des baisses de salaire et le dumping salarial; des licenciements ont parfois été évités, ou leur nombre réduit. Dans beaucoup de cas, nous avons pu au moins améliorer le plan social. Il est très rare qu'aucun des objectifs fixés n'ait été atteint. Même dans ce cas, les grévistes se disent : on aura au moins essayé. Mais une grève n'est jamais facile pour les salarié(e)s. Il faut donc de graves injustices pour que le personnel décide d'entrer en grève. Sur le plan humain, au-delà des conditions de travail ou d'une menace de licenciement, c'est souvent le manque de respect qui est le déclencheur.
</p><p><b>L'organisation du monde du travail a changé. Comment organiser une réponse collective dans des secteurs où les travailleurs sont de plus en plus isolés ?</b></p><p>C'est un grand défi non seulement pour les grèves, mais aussi pour le travail syndical que d'arriver à atteindre les gens dans un marché du travail toujours plus fragmenté. Mais comme les conditions de travail se précarisent et il faut davantage se défendre pour les améliorer. Nous devons trouver de nouveaux moyens de communication pour atteindre ces salarié(e)s, par exemple les contacter en dehors du travail, dans d'autres réseaux. Il faut aussi utiliser les moyens de communication actuels pour mener de nouvelles formes de lutte collective, un peu différentes de la grève traditionnelle.
</p><p><b>Une grève à l'ère du numérique, c'est possible ?</b></p><p>Oui, la numérisation peut aider à mener certaines grèves. Par exemple des grévistes allemands m'ont raconté comment ils ont paralysé le système informatique d'une entreprise : celle-ci ne pouvait plus ni envoyer, ni recevoir de mails. Nous devons donc aussi utiliser les instruments de l'ère du numérique pour de nouvelles formes de lutte collective
</p><h5>Grèves au 21e siècle</h5><p>Grèves au 21e siècle revient sur treize grèves qui ont marqué les deux premières décennies de ce siècle avec force témoignages et analyses. Des entretiens avec divers syndicalistes permettent ensuite d'entrevoir comment envisager et organiser des grèves. Le président de l'USS, Paul Rechsteiner, apporte pour sa part un éclairage juridique et politique sur les droits fondamentaux que sont le droit de grève et la liberté syndicale. Un panorama des pratiques, des rapports de force entre syndicats et employeurs et des droits dans l'Union européenne complète le tableau que dresse cet ouvrage très instructif.</p><ul><li>Vania Alleva et Andreas Rieger, Grèves au 21e siècle, Rotpunktverlag, Zurich, 2017</li></ul>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5182</guid><pubDate>Mon, 27 Nov 2017 08:56:41 +0100</pubDate><title>Des hausses sensibles des salaires et davantage de CCT sont nécessaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/des-hausses-sensibles-des-salaires-et-davantage-de-cct-sont-necessaires</link><description>Négociations salariales 2017/2018: la reprise est là</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Ces derniers mois, la situation économique s’est sensiblement améliorée. La reprise est là. En même temps, le renchérissement s’est renforcé. Les négociations salariales déjà terminées tiennent encore trop peu compte du nouveau contexte. Maintenant, des hausses sensibles de 1,5 à 2&nbsp;% des salaires sont nécessaires. </p><p>Les perspectives de l’économie suisse se sont rapidement et nettement éclaircies ces derniers temps&nbsp;; cela, parce que la conjoncture s’est améliorée dans les pays où la Suisse exporte et aussi parce que la surévaluation du franc s’est réduite dans une mesure étonnamment grande. Parallèlement à ces indicateurs d’une claire reprise, le renchérissement augmente pour la première fois depuis cinq ans. En octobre dernier, il était de 0,7&nbsp;%. Et s’y ajoute la forte hausse des primes-maladie. Le renchérissement se maintiendra l’an prochain à cause de la hausse du prix du pétrole et de celle, due à la dépréciation du franc, des prix des produits importés. 
</p><p>Un regard sur les accords salariaux conclus à ce jour montre que les employeurs tiennent trop peu compte de cette nouvelle situation. L’analyse de ces accords fait également apparaître qu’à l’exception du secteur principal de la construction, des hausses de salaire consistantes ont souvent été obtenues dans les branches dotées d’une convention collective de travail (CCT), comme avec Givaudan (+1,5&nbsp;% plus Fr.&nbsp;20.- pour les primes-maladie) et Feldschlösschen (+2,5&nbsp;% pour les salaires minimums). On observe les signes d’une évolution problématique surtout dans les branches sans CCT. Selon les chiffres de l’Office fédéral de la statistique, les salaires nominaux n’y ont augmenté en tout que de 0,2&nbsp;% pendant le premier semestre. C’est moins qu’avec les accords salariaux pour 2017, qui prévoyaient une hausse d’environ 0,5&nbsp;%. On peut donc supposer qu’à cause du renchérissement nul ou négatif, les mécanismes d’adaptation des salaires (p. ex. la compensation du renchérissement) ont été supprimés. Une réalité à corriger rapidement, sinon le salaire réel des personnes concernées baissera.
</p><p>Les employeurs doivent revoir leur copie. L’Union syndicale suisse (USS) demande toujours des hausses de salaire de l’ordre de 1,5 à 2&nbsp;%. Elle demande aussi davantage de CCT contenant des dispositions sur les salaires comme, par exemple, pour le commerce de détail, le journalisme ou l’accueil des enfants. Ces CCT entraînent une répartition des salaires plus équilibrée entre les salaires bas et les salaires élevés ainsi qu’entre les sexes. Elles empêchent les abus et la sous-enchère salariale.
</p><h5>Renseignements&nbsp;:</h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en chef de l’USS, 079&nbsp;205 69 11</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l’USS, 079&nbsp;249 59 74</li></ul>]]></content:encoded><category>Économie</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5174</guid><pubDate>Tue, 21 Nov 2017 10:36:39 +0100</pubDate><title>Le droit du travail est déjà très flexible</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-droit-du-travail-est-deja-tres-flexible</link><description>Engagement du Conseil fédéral pour la protection de la santé</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Certains parlementaires bourgeois semblent être atteints par la fièvre de la dérèglementation. Sous couvert de divers prétextes, ils exigent la suppression des protections des travailleurs et des travailleuses. On a d’abord entendu que la numérisation exigerait davantage de travail de nuit, puis qu’en raison du franc fort, il faudrait travailler 60 ou 70 heures par semaine et enfin, que «&nbsp;la suppression de la bureaucratie&nbsp;» légitimait la liquidation des suppléments pour les heures supplémentaires. </p><p>Mais le Conseil fédéral l’écrit maintenant noir sur blanc&nbsp;: le droit du travail suisse permet d’organiser le temps de travail de manière très flexible. Aujourd’hui déjà, les horaires flexibles, l’annualisation du temps de travail ou même le travail sur appel sont largement répandus. Dans ce dernier cas, le droit du travail suisse apporte une extrême flexibilité en comparaison européenne&nbsp;: le Tribunal fédéral qui s’est positionné sur un emploi sur appel a maintenu que le temps de travail à effectuer ne devait même pas être obligatoirement déterminé ou déterminable dans le contrat de travail. Le droit du travail suisse autorise non seulement la flexibilité mais également des situations précaires. &nbsp;
</p><p>Le droit du travail suisse autorise aussi de faire travailler les salarié(e)s depuis partout&nbsp;: télétravail, desk-sharing. Depuis 2016, on peut aussi renoncer à l’enregistrement du temps de travail ou le simplifier (total journalier). En résumé&nbsp;: beaucoup de choses sont autorisées, presque tout est possible. 
</p><h3><b>Le niveau minimal doit être celui de la protection de la santé </b></h3><p>Le Conseil fédéral maintient à raison dans son rapport&nbsp;: il faut mettre certaines limites à la flexibilité sur la durée ou le moment de la prestation de travail. Le droit public de la protection des travailleurs et travailleuses prévoit pour la majorité des salarié(e)s une durée maximale de la journée et de la semaine de travail ainsi que des temps de repos. Il faut justifier d’un besoin urgent ou d’une indispensable nécessité pour pouvoir employer du personnel la nuit ou le dimanche.&nbsp; 
</p><p>Ce ne sont là ni des chicanes ni de la bureaucratie. Les régulations sur les temps de repos et de pause ont, selon le Conseil fédéral, surtout pour but de limiter la charge qui pèse sur les travailleurs et travailleuses. Ils doivent être protégés de journées de travail trop longues. C’est ainsi que les répercussions &nbsp;négatives sur la santé et les capacités de rendement doivent être évitées. 
</p><h3><b><span lang="FR-CH">Certaines branches peuvent profiter d’exceptions</span></b></h3><p>Le Conseil fédéral rappelle encore que l‘ordonnance 2 sur la loi sur le travail tient compte des particularités de certaines branches économiques par des dispositions spéciales. Cette ordonnance autorise d’autres temps de repos, d’autres durées hebdomadaires de travail ou p. ex. la possibilité de travailler le samedi ou le dimanche. Chaque branche ou chaque entreprise est libre de demander à bénéficier de telles exceptions ou d’en discuter dans le cadre du partenariat social. Le SECO peut même accorder des autorisations uniques à des entreprises. 
</p><p>Il est donc clair pour l’USS qu’il faut lutter par tous les moyens contre les initiatives parlementaires qui visent à déréguler encore plus un droit du travail déjà très flexible. Elles amèneraient en effet plus de stress, davantage de burn-out et de travail gratuit. Le rapport du Conseil fédéral montre que des interventions, comme la motion Portmann déposée au Conseil national, sont totalement injustifiées. Celle-ci veut autoriser les «&nbsp;partenaires sociaux&nbsp;» (non définis) à déroger aux prescriptions de l’ordonnance sur l’enregistrement du temps de travail. C’est une invitation à l’abus, or, c’est encore moins compréhensible que, depuis le 1<sup>er</sup> janvier, l’enregistrement du temps de travail a déjà été supprimé ou très fortement simplifié pour beaucoup d’employeurs. </p>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5171</guid><pubDate>Wed, 15 Nov 2017 11:36:46 +0100</pubDate><title>La Grève générale a posé les bases des progrès sociaux réalisés au 20e siècle</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/la-greve-generale-a-pose-les-bases-des-progres-sociaux-realises-au-20e-siecle</link><description>Colloque historique pour donner le coup d’envoi du centenaire de la Grève générale </description><content:encoded><![CDATA[<p>La Grève générale, qui s’est déroulée du 12 au 14 novembre 1918, est restée dans les mémoires comme la plus grave crise politique intérieure qu’ait vécue la Confédération depuis sa création en 1848. Bien que la grève ait été interrompue et que les revendications n’aient pas abouti dans l’immédiat, la grève générale a toutefois posé des jalons décisifs dans l’histoire de la Suisse moderne&nbsp;: les revendications de la grève, dont la semaine de 48 heures, une assurance vieillesse et invalidité ou le suffrage féminin ont été à la base des progrès réalisés au 20e siècle, comme l’a souligné le président de l’USS, Paul Rechsteiner, dans son discours inaugural au colloque historique sur le centenaire de la grève générale. 
</p><p>Au colloque fréquenté par 260 personnes venues de toute la Suisse, des historiens et des historiennes ont abordé les questions centrales suscitées par la Grève générale. Ils ont mis en lumière sous diverses perspectives les origines de la grève, comme par exemple les problèmes d’alimentation catastrophiques qui touchaient de larges milieux de la population à la fin de la Première Guerre mondiale. Ils ont fourni un éclairage passionnant sur les déroulements des mouvements de grève différents à travers le pays. Ils ont pointé les lignes de conflit et discuté des conséquences à moyen et long terme de la grève. La liste des intervenant(e)s, tous des spécialistes chevronnés de l’histoire économique et sociale suisse au 20e siècle, se trouve <a href="http://generalstreik.ch/colloque-sur-la-greve-generale/?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer">ici</a>.&nbsp;  
</p><p>Le colloque organisé par l’Union syndicale suisse (USS) donne le coup d’envoi au centenaire de la Grève générale. Des scientifiques, acteurs et actrices culturels, des sociétés historiques et des musées vont dans toutes les régions du pays organiser des activités pour faire revivre cet événement central de l’histoire suisse dans la conscience collective. Le Musée national et ses musées régionaux organisent une exposition. Un projet du Fonds national de l’Université de Berne porte sur la Grève générale. Un projet de théâtre impliquant des acteurs et actrices de tous les cantons sera mené pendant l’été à Olten. La télévision suisse alémanique a fait un film à ce sujet. L’USS soutient beaucoup de ces projets grâce à ses archives riches en informations. Elle organise en outre avec le PS et la Société Robert Grimm un événement pour célébrer le centenaire le 10 novembre à Olten. Sur le site Internet consacré à la Grève générale (<a href="http://greve-generale.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">http://greve-generale.ch/</a>) se trouve un aperçu des différents projets qui lui sont dédiés. L’USS publiera en janvier les exposés présentés au colloque historique du jour sous forme de recueil. &nbsp;
</p><h5>Renseignements:</h5><ul><li>Dore Heim, secrétaire dirigeante de l’USS, 079&nbsp;744 93 90</li><li> Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l’USS, 079&nbsp;249 59 74 </li></ul>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Droit du travail</category><category>Politique sociale</category><category>AVS</category><category>Prévoyance professionnelle</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5157</guid><pubDate>Tue, 07 Nov 2017 16:57:23 +0100</pubDate><title>L’USS combattra la loi de la jungle sur le lieu de travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-uss-combattra-la-loi-de-la-jungle-sur-le-lieu-de-travail</link><description>Violente attaque de l’USAM contre la protection des salarié(e)s </description><content:encoded><![CDATA[<p> L'Union suisse des Arts et Métiers (USAM) veut que les salarié(e)s travaillent plus longtemps et se reposent moins. Elle exige notamment que les temps de repos diminuent significativement et que la durée maximale de la semaine de travail augmente à 50 heures. L'USS luttera contre ces attaques de la protection des travailleurs et travailleuses avec tous les moyens à sa disposition.
</p><p>Ce fut aujourd'hui au tour de l'USAM de faire entendre sa voix dans la masse presque inextricable de ceux qui veulent augmenter la durée du travail au nom de la flexibilité et supprimer radicalement la protection qu'apporte la loi sur le travail. " L'USS refuse catégoriquement cette nouvelle attaque des conditions de travail relativement réglées, après celles qui ont déjà touché l'enregistrement du temps de travail, déclare Luca Cirigliano de l'USS. La Suisse a déjà la durée du travail la plus longue d'Europe et est loin d'être un modèle sur la question des maladies causées par le travail.
</p><p>Du point de vue de la conciliation entre vie professionnelle et privée, Luca Cirigliano considère les propositions de l'USAM comme complètement à contre-courant : " Les obligations familiales et de soins sont carrément occultées. Toutes ces propositions empêchent tout engagement vers davantage de conciliation. " Parallèlement, la proposition d'augmenter la durée maximale de la semaine de travail conduira à l'élimination d'indemnités légitimes.
</p><p>L'USS combattra avec véhémence les propositions de l'USAM ainsi que toutes les revendications pour une durée du travail encore plus longue et flexible, pour la suppression des mesures de protection comme l'enregistrement du temps de travail ou pour le démantèlement du congé dominical.
</p><h5>Renseignements :</h5><ul><li>Luca Cirigliano, secrétaire central de l'USS, 076 335 61 97</li><li>Ewald Ackermann, Service de la communication de l'USS, 079 660 36 14 </li></ul>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5138</guid><pubDate>Tue, 24 Oct 2017 14:58:25 +0200</pubDate><title>Apprentissage : 9 500 jeunes sur le carreau !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/apprentissage-9-500-jeunes-sur-le-carreau</link><description>Un baromètre des places d’apprentissage trop optimiste </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le baromètre des places d'apprentissage publié le 19 octobre 2017 par le Secrétariat à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) est trop optimiste. L’USS demande que la surveillance de l’apprentissage soit renforcée. </p><p class="Texte">Le nouveau baromètre des places d’apprentissage minimise les difficultés que rencontrent les jeunes sur le marché des places d'apprentissage. Si l'offre des places dépasse en chiffres absolus la demande, la situation des jeunes n'est cependant pas aussi rose. La demande de places d'apprentissage a augmenté de 13&nbsp;% par rapport à 2017, alors que le nombre de places proposées n’a augmenté que de 3&nbsp;%. Près de 9&nbsp;500 jeunes n'avaient pas trouvé de place d'apprentissage ou d’autre solution au 31 août 2017.</p><p class="Texte">Plusieurs branches proposent aujourd'hui un nombre de places insuffisant. C'est le cas notamment dans les métiers majoritairement féminins comme la santé et le social. Pour cette raison, les jeunes femmes sont souvent contraintes de postuler beaucoup plus souvent que les jeunes hommes. Une situation insatisfaisante et discriminatoire. </p><p class="Texte">De l'autre côté, dans plusieurs branches, un nombre important de places ne sont pas occupées, notamment dans les métiers de la construction et des services. Les employeurs mettent la faute sur les jeunes, qui ne seraient pas à la hauteur, ou sur le manque de publicité faite dans les écoles ou auprès des familles. En réalité, les branches concernées sont souvent celles où les jeunes sont vite considérés comme une main-d'œuvre bon marché et où la qualité de la formation et les mesures de sécurité passent au second plan. </p><p class="Texte">C'est pourquoi l'USS demande que la Confédération et les cantons renforcent la surveillance de l'apprentissage et veillent à améliorer la mise en œuvre des mesures de protection en faveur des apprenti(e)s.</p>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5137</guid><pubDate>Tue, 24 Oct 2017 13:24:57 +0200</pubDate><title>Dossier 125: la numérisation doit servir les salarié(e)s </title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/dossier-125-la-numerisation-doit-servir-les-salarie-e-s</link><description>Analyse et mesures à prendre</description><content:encoded><![CDATA[<p> Dans un nouveau dossier, l'USS analyse la numérisation des points de vue économiques et juridiques. Elle détaille également les mesures à prendre sur le plan politique. 
</p><p>L'USS se penche, dans cette analyse, sur les nombreuses facettes que comporte la numérisation, comme la rationalisation, la délocalisation à l'étranger de services (Offshoring), les nouveaux produits et processus de production (dans la presse papier par exemple ou la vente) et par là-même, sur les changements structurels induits, comme par exemple le travail sur plateforme (ubérisation et crowdwork). La perte de liens avec son lieu de travail et le délitement des contacts sociaux sont thématisés, ainsi que l'interpénétration de plus en plus importante entre travail et loisirs. 
</p><p>Les revendications de l'USS postulent que la numérisation doit servir les salarié(e)s. Il faut en outre imposer de bonnes conditions de travail qui doivent protéger contre les abus. C'est valable autant pour les dispositions légales que pour les CCT, textes qu'il faut ensuite appliquer dans la pratique. Les formations initiales et continues sont aussi à améliorer : suffisamment d'offres pour les adultes doivent être créées (validation des acquis, formations de rattrapage). Et enfin, la politique fiscale et monétaire doit davantage viser un chômage aussi bas que possible.</p>]]></content:encoded><category>Économie</category><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5121</guid><pubDate>Tue, 03 Oct 2017 14:23:00 +0200</pubDate><title>Ne pas affaiblir l’obligation d’annonce</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/ne-pas-affaiblir-l-obligation-d-annonce</link><description>Mise en œuvre de l&#039;initiative du 9 février: le taux de chômage doit rester à 5%</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’obligation d’annonce des postes vacants décidée dans le cadre de la mise en œuvre de l’art. 121a Cst. (initiative contre l’immigration de masse) doit bénéficier aux chômeurs et chômeuses âgés. Cette obligation doit être conçue de telle sorte que dès son introduction, les personnes concernées aient réellement accès aux offres d’emploi. L’USS estime donc que dès le départ, que le seuil de chômage à partir duquel les postes vacants doivent être annoncés doit être de 5%. Mais il ne faut pas conditionner cette obligation à un taux de 8% dans un premier temps à un taux 8%, comme le proposent les cantons.
</p><p class="bodytext">L’échelonnement voulu par les cantons qui aurait trouvé un écho favorable auprès du Conseil fédéral, selon la NZZ am Sonntag et d’autres médias, fait courir le risque que l’obligation d’annonce ne soit tout simplement contournée par les entreprises. Il instaurerait en outre une insécurité du droit pour les entreprises. </p><p class="bodytext">Il est actuellement très facile pour les entreprises d’annoncer les postes vacants (p. ex. sur <a href="http://www.job-room.ch" target="_blank" rel="noreferrer">www.job-room.ch</a>). Il est par contre possible de faire preuve de flexibilité en ce qui concerne le délai pendant lequel les postes vacants sont exclusivement communiqués aux ORP. Tout particulièrement dans la phase d’introduction de cette nouvelle réglementation. Les ORP devraient rapidement communiquer aux entreprises s’ils n’ont probablement pas ou seulement peu de candidats appropriés. Le délai d’attente devrait alors tomber.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5114</guid><pubDate>Mon, 02 Oct 2017 08:49:57 +0200</pubDate><title>La numérisation doit servir aux salarié(e)s</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/la-numerisation-doit-servir-aux-salarie-e-s</link><description>Etude de l&#039;USS sur les effets de la numérisation du monde du travail 
</description><content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;La numérisation comporte de nombreuses facettes. Beaucoup de personnes pensent ici à l’utilisation accrue d’ordinateurs et de robots dans les entreprises, ainsi qu’à l’attribution de jobs et de mandats par le biais de plateformes Internet («&nbsp;ubérisation&nbsp;», «&nbsp;crowdworking&nbsp;»). Dans les faits cependant, la délocalisation à l’étranger d’emplois de bureau, la croissance du commerce électronique ou le transfert de la publicité de la presse écrite vers les médias en ligne sont tout autant importants. De plus, travail et temps libre risquent de se chevaucher.
</p><p>La numérisation présente de nombreux avantages, mais elle recèle aussi des risques pour les salaires, les emplois et les conditions de travail. Par le passé, la Suisse a relativement bien maîtrisé les phases de mutation technologique. Mais, parmi les personnes touchées, certaines ont rencontré de graves difficultés. Cependant, les syndicats et la politique économique ont fait en sorte que les personnes professionnellement actives profitent dans l’ensemble de la numérisation.
</p><p>Celle-ci doit servir aux travailleurs et travailleuses. Les syndicats demandent entre autres&nbsp;:</p><ul><li>une offensive en matière de contrôles dirigée contre le travail au noir numérique et les violations du droit du travail&nbsp;;</li><li>des réglementations pour le télétravail, là où les lois s’avèrent lacunaires, par exemple dans les domaines de la santé et des coûts matériels ainsi que des questions de responsabilité civile&nbsp;;</li><li>des conventions collectives de travail (CCT) qui prévoient des salaires minimums et des possibilités de formation initiale et continue dans les branches menacées, soit le commerce de détail, le journalisme, les taxis, les assurances et les banques (amélioration de la CCT existante)&nbsp;;</li><li>une offensive de formation initiale et continue&nbsp;: les cantons et les employeurs doivent enfin créer un nombre suffisant d’offres pour les adultes (validation des acquis, formations de rattrapage, etc.) et participer à leur financement&nbsp;;</li><li>des impôts sur le bénéfice des entreprises suffisamment élevés afin de profiter d’éventuels gains supplémentaires&nbsp;; dans le but de financer la formation initiale et continue.</li><li>une meilleure protection contre le licenciement pour les travailleurs et travailleuses âgés qui travaillent depuis longtemps dans l’entreprise.</li></ul><h5>Renseignements</h5><ul><li>Daniel Lampart, économiste en chef et premier secrétaire de l’USS, 031 377 01 16 ou&nbsp; 079 205 69 11</li><li>Luca Cirigliano, secrétaire central de l’USS, 076&nbsp;355 61 97 </li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l’USS, 079 249 59 74 </li></ul>]]></content:encoded><category>Économie</category><category>Finances et fiscalité</category><category>Repartition</category><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5099</guid><pubDate>Wed, 20 Sep 2017 14:35:35 +0200</pubDate><title>Fragments de la session d’automne</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/fragments-de-la-session-d-automne</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p><b>L’élection au Conseil fédéral et le débat qui ne fait que commencer sur la suppression des re-devances radios et télévision ont occupé la première moitié de la session. Petit coup de projec-teur sur trois interventions qui n’ont pas bénéficié des feux de la rampe médiatique.</b></p><p>&nbsp;</p><h3>Moratoire sur la suppression des points de vente de billets CFF gérés par des tiers </h3><p>Il est possible d’acheter des billets CFF auprès des communes, des offices de poste, dans des magasins Migros ou ailleurs encore, dans ce que l’on nomme des points de vente gérés par des tiers. Les CFF voulaient liquider progressivement ces offres à l’époque de l’évolution digitale. Ils prévoient la fermeture de 52 de ces points de vente jusqu’à début 2018. 
</p><p>L’agenda prévu a soulevé des oppositions. La commission compétente de la Chambre basse a exigé que ce démantèlement soit soumis à un moratoire (jusqu’à 2020). La motion a franchi le cap du Conseil national cet été. Le Conseil des Etat l’a aussi acceptée le 13 septembre contre l’avis du Conseil fédéral et de la majorité de la commission. Ces derniers estimaient que la politique n’avait pas à se mêler des affaires d’une entreprise, même si cette entreprise est de de service public. L’argument principal des partisans du moratoire&nbsp;: les personnes exclues de la numérisation doivent pouvoir conserver un accès à l’achat de billets. «&nbsp;Les CFF devraient fonctionner sans obstacles pour toute la population&nbsp;», a commenté Paul Rechsteiner. 
</p><p>C’est au tour du Conseil fédéral de reprendre le dossier - affaire à suivre. 
</p><p>&nbsp;</p><h3><b>Pas de meilleure protection contre le dumping salarial au Tessin</b></h3><p>La conseillère nationale Marina Carobbio (PS TI) a demandé par une motion que les mesures d’accompagnement soient optimisées dans les cantons particulièrement concernés par le dumping salarial. Elle visait l’élargissement des conditions permettant de déclarer une CCT de force obligatoire. Le conseiller national UDC tessinois Lorenzo Quadri a pour sa part demandé dans un postulat allant dans la même direction de faciliter les conditions pour fixer des salaires minimums cantonaux différenciés qui ne se basent pas uniquement sur le minimum octroyé par l’aide sociale. 
</p><p>Les deux interventions ont été rejetées par le Conseil fédéral et le 18 septembre par le Conseil national. Le PS et les Verts ont massivement voté en leur faveur, la droite tout aussi massivement contre.
</p><p>&nbsp;</p><h3>Pas de formation continue particulière pour les mères célibataires</h3><p>La conseillère nationale Martina Munz (PS SH) a demandé par une motion d’améliorer l’intégration sur le marché du travail des mères célibataires dans le cadre de l’initiative contre la pénurie de personnel qualifié, grâce à des formations continues et de rattrapage. Elle motive sa demande par le fait qu’une famille monoparentale sur six est pauvre. Et, pour atteindre ces personnes, il faut un programme qui soit taillé sur mesure, en raison de leur charge globale. Le Conseiller fédéral Schneider-Ammann ne voit pas de raison particulière d’agir puisque la formation continue est tout d’abord une question de «&nbsp;responsabilité individuelle&nbsp;» et ensuite «&nbsp;dans l’intérêt de l’employeur&nbsp;». Beaucoup est déjà entrepris à cet égard. Obéissante, la droite a suivi&nbsp;: avec 60 Oui contre 125 Non, la motion a été rejetée le 18 septembre. </p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Égalité des sexes</category><category>Services Publics</category><category>Transports</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5070</guid><pubDate>Thu, 07 Sep 2017 17:13:27 +0200</pubDate><title>Les syndicats ont le droit d’accéder aux entreprises</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-syndicats-ont-le-droit-d-acceder-aux-entreprises</link><description>Important arrêt du Tribunal fédéral</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Dans un nouvel arrêt de principe (2C_499/2015) du 6 septembre dernier, le Tribunal fédéral (TF) a établi que la liberté syndicale donne aux syndicats le droit d'accéder aux entreprises et d'informer leurs personnels. </p><p>Cet arrêt du TF annule une décision du Conseil d'État tessinois qui interdisait aux syndicats l'accès aux bâtiments de l'administration cantonale. Dans un premier temps, le Syndicat suisse des services publics (SSP) avait recouru contre cette décision devant le tribunal cantonal, mais en vain. Maintenant, le TF lui donne raison. Si l'arrêt lausannois ne s'applique, à strictement parler, qu'au secteur public, l'Union syndicale suisse (USS) estime toutefois que, par analogie, il doit aussi être étendu au secteur privé. 
</p><p>Cet arrêt de l'instance judiciaire la plus élevée du pays confirme l'opinion juridique de l'USS, à savoir que les syndicats doivent pouvoir informer leurs membres et entrer dans les entreprises. Sinon, il ne leur est pas possible d'assumer réellement leur rôle. 
</p><p>En Suisse, les droits d'accès aux entreprises et d'informer des syndicats découlent de toute une série de dispositions, soit de l'article 28 de la Constitution fédérale et des conventions nos 87, 98 et 135 de l'Organisation internationale du Travail. La Convention européenne des droits de l'homme permet aussi, à son article 11 (Liberté de réunion et d'association), aux travailleurs et travailleuses d'avoir des activités nécessaires à leur syndicat : en premier lieu, informer et recruter des membres. 
</p><h3>Une interprétation large s'impose </h3><p>Il est évident que les droits des syndicats à accéder aux entreprises et à informer leurs personnels doivent être interprétés de manière large. Il peut s'agir ici de la distribution de tracts sur les parkings des entreprises, de la mise à disposition de brochures dans les locaux de pause, de l'affichage d'informations sur les tableaux ad hoc ou d'entretiens personnels avec les employé(e)s sur le site de l'entreprise. La consultation des travailleurs et travailleuses en fait également partie, de même que l'utilisation de moyens électroniques, notamment l'intranet et les messageries. 
</p><p>Le TF a établi que l'interdiction faite aux syndicats d'accéder à une entreprise viole le droit supérieur. Si certaines modalités sont observées (on peut imaginer une annonce préalable, un accord sur le moment choisi ou le nombre de personnes), l'accès à l'entreprise, la prise de contact avec le personnel, sera autorisé </p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5061</guid><pubDate>Wed, 06 Sep 2017 09:20:19 +0200</pubDate><title>Les salarié(e)s ne sont pas du gibier à libre disposition   </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-salarie-e-s-ne-sont-pas-du-gibier-a-libre-disposition</link><description>Épuisement professionnel et au travail gratuit : une commission ouvre tout grand la porte</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Une large coalition rejette les initiatives parlementaires Graber et Keller-Sutter. Mais la Commission de l'économie et des redevances du Conseil des États (CER-E) a récemment chargé l'Administration fédérale de transférer dans la loi ces interventions. On court par conséquent le risque d'assister à un énorme démantèlement de la protection la plus élémentaire des travailleurs et travailleuses. </p><p>Les initiatives Graber et Keller-Sutter veulent supprimer, pour une part importante des travailleurs et travailleuses, l'enregistrement de la durée du travail et les prescriptions qui limitent le temps de travail. L'ensemble des faîtières des salarié(e)s ainsi que les principaux syndicats du pays se sont prononcés contre ces interventions et les spécialistes de la santé, les médecins du travail s'élèvent, eux aussi, clairement contre elles.</p><ul><li>Ces interventions font appel à des concepts juridiques nouveaux (" travailleurs qui exercent une fonction dirigeante " et " spécialistes "), qui ne sont pas définis dans le droit du travail. On trouve de nombreuses fonctions dirigeantes dans les entreprises, aussi aux échelons inférieurs de la hiérarchie. De plus, nombre de travailleurs et travailleuses possèdent une très bonne formation et sont des spécialistes. Les personnes qui touchent des petits salaires devraient aussi travailler comme leurs chefs qui sont nettement mieux payés et n'enregistrent pas la durée de leur travail. Ils se retrouveraient dans une situation financière encore plus mauvaise qu'aujourd'hui, car en supprimant l'enregistrement du temps de travail, les heures et le travail supplémentaires ne pourraient plus être payés. Comme les concepts " travailleurs qui exercent une fonction dirigeante " et " spécialistes " sont vraiment flous, plus d'un tiers des salarié(e)s seraient concernés.</li><li>Pour des milliers de travailleurs et travailleuses, de nombreuses dispositions matérielles importantes de la loi sur le travail, comme la durée hebdomadaire maximale du travail, le repos nocturne, le temps de repos, le travail du dimanche, les pauses et les suppléments de salaire, ne s'appliqueraient plus. Ils perdraient ainsi leur protection.</li><li>Il est prouvé aujourd'hui que, pour les travailleurs et travailleuses, le stress est l'un des problèmes les plus importants. Pour essayer de le réduire, la personne qui peut se le permettre travaille aujourd'hui à temps partiel. C'est précisément pour celles et ceux qui travaillent à temps partiel - leur nombre ne cesse d'augmenter - que l'enregistrement de la durée du travail est nécessaire. Sinon, la part de travail fourni gratuitement aux entreprises augmente toujours plus.</li><li>Pour beaucoup, la timbreuse appartient au passé. Grâce à la numérisation, l'enregistrement de la durée du travail est aujourd'hui chose très aisée, en tout temps et en tout lieu.</li><li>Les interventions parlementaires précitées veulent raccourcir le temps essentiel aux travailleurs et travailleuses dans leur vie privée pour se régénérer et avoir une vie sociale. La conséquence en est l'insatisfaction, le stress, davantage d'absences dues à la maladie et donc, finalement, de problèmes sociétaux. La Suisse repose essentiellement sur un système de milice que ces initiatives parlementaires attaquent frontalement (politique, pompiers, armée, sport, musique, etc.). La possibilité de concilier famille et profession, qu'il y aurait lieu d'améliorer étant donné la pénurie de personnel qualifié, s'en trouverait d'autant plus menacée.</li></ul><p>Après la décision de la commission, l'Administration fédérale se voit confier le rôle, impossible à jouer, de concrétiser juridiquement ces initiatives parlementaires sans mettre en danger la santé des travailleurs et des travailleuses ainsi que la possibilité de concilier famille et profession ; cela, sans faire du travail gratuit la norme. 
</p><h3>Une plateforme contre les intérêts de ses propres membres... </h3><p>Que la " plateforme " d'Employé suisse, de la Société des employés de commerce (SEC Suisse) et de l'Association suisse des cadres (ASC) s'associe au chœur de ceux qui veulent démanteler les protections accordées par la loi sur le travail est contraire aux intérêts mêmes des travailleurs et travailleuses. De fait, la plateforme demande l'introduction de la semaine de 60 heures et de la journée de 15 heures. L'USS dit clairement non à cette demande. 
</p><p>Les deux propositions de la plateforme sont dangereuses pour la santé et vont à l'encontre d'une meilleure conciliation entre vie privée et professionnelle. Elles contredisent aussi les résultats de toutes les études pertinentes selon lesquelles, en Suisse, les employé(e)s à plein temps travaillent déjà beaucoup et le stress augmente au travail. Le sondage de SEC Suisse a même montré que les employé(e)s ne souhaitaient pas d'horaires plus longs mais préféraient plutôt enregistrer leur temps de travail. Et ce sont justement les cadres et la main-d'œuvre très qualifiée visés par la dérégulation voulue par la plateforme qui se plaignent d'un stress croissant et de la baisse de leur autonomie dans la gestion du temps de travail. 
</p><p>L'introduction de la semaine de 60 heures ainsi que la possibilité d'étendre la journée de travail à 15 heures et de ne laisser que 9 heures pour le repos et la famille ouvrent grand la porte à l'épuisement professionnel et aux maladies dues au stress. Cela, d'autant plus si l'enregistrement du temps de travail devait être en même temps supprimé, comme des interpellations pendantes le demandent au Parlement. L'élimination des heures supplémentaires que cela impliquerait provoquerait davantage de travail gratuit. </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5053</guid><pubDate>Mon, 04 Sep 2017 14:40:50 +0200</pubDate><title>Seulement 10 ans de prescription ne suffisent pas</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/seulement-10-ans-de-prescription-ne-suffisent-pas</link><description>L&#039;USS estime que le délai de prescription ne doit s’ouvrir qu’à la survenance du préjudice</description><content:encoded><![CDATA[<p>La Commission juridique du Conseil national a décidé aujourd’hui à une courte majorité de recommander à son conseil le rejet du projet de révision du droit de la prescription. L’Union syndicale suisse demande au Parlement de ne pas suivre cette injonction. Car, si elle était suivie, le délai de prescription dans le domaine du droit des obligations (CO) continuerait à n’être que de 10 ans. 
</p><p>La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a dans son arrêt du 11 mars 2014 estimé que le délai de prescription de 10 ans ne respectait pas la Convention européenne des droits de l’homme. Un tel délai ne tient pas compte des risques pour la santé encourus au travail que l’on reconnaît actuellement.&nbsp; 
</p><p>L’USS partage l’avis de la CEDH. Elle estime qu’il faut régler la question du délai de prescription de manière technologiquement neutre mais dans l’intérêt des victimes. Il est dès lors mieux de travailler avec de courts délais de prescription relatifs qui ne sont ouverts qu’à partir du moment où le préjudice est survenu. Si les conseils devaient s’en tenir à des délais de prescription absolus, il faudrait alors prévoir qu’ils soient au moins de 20 ans. 
</p><h5>Renseignements&nbsp;:</h5><p>&nbsp;</p><ul><li>Luca Cirigliano, secrétaire central de l’USS,&nbsp; 076&nbsp;335 61 97 </li><li>Ewald Ackermann, Service de la communication de l’USS, 079 660 36 14</li></ul>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5037</guid><pubDate>Mon, 28 Aug 2017 14:37:55 +0200</pubDate><title>Non à des journées de travail de 15 heures et à des semaines de 60 heures</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/non-a-des-journees-de-travail-de-15-heures-et-a-des-semaines-de-60-heures</link><description>L’USS lutte au sein d’une large alliance contre le burn out et le tra-vail gratuit</description><content:encoded><![CDATA[<p>La plateforme d’Employé suisse, de la Société des employés de commerce (SEC) et de l’Association suisse des cadres s’associe au chœur de ceux qui veulent démanteler les protections accordées par la loi sur le travail (LTr). La plateforme demande aujourd’hui, quelques jours avant que la CER ne se prononce sur la question du temps de travail, l’introduction de la semaine de 60 heures et de la journée de 15 heures. L’USS rejette clairement cette demande. 
</p><p>Les deux propositions sont dangereuses pour la santé et vont à l’encontre d’une meilleure conciliation entre vie privée et professionnelle. Elles contredisent aussi les résultats de toutes les études pertinentes qui montrent que les employé(e)s à plein temps de Suisse travaillent déjà beaucoup et que le stress augmente au travail. Le sondage de la SEC elle-même a montré que les employé(e)s ne souhaitaient pas d’horaires plus longs mais plutôt davantage d’enregistrement du temps de travail. Et ce sont justement les cadres et la main d’œuvre très qualifiée visés par la dérégulation voulue par la plateforme qui se plaignent de stress croissant et de baisse de l’autonomie dans la gestion du temps de travail. 
</p><p>L’introduction de la semaine de 60 heures ainsi que la possibilité d’étendre la journée de travail à 15 heures et de ne laisser que 9 heures pour le repos et la famille ouvrent grand la porte au burn out et aux maladies causées par le stress. Cela d’autant plus si l’enregistrement du temps de travail devait être en même temps supprimé, comme des interpellations pendantes le demandent au Parlement. L’élimination des heures supplémentaires que cela impliquerait provoquerait davantage de travail gratuit. 
</p><p>Cela s’applique d’autant plus que la définition des salarié(e)s qui devraient travailler de manière plus flexible repose sur des dispositions très vagues et manque de critères pertinents mesurables (position de cadre, montant du salaire). La seule condition posée est que les personnes concernées puissent gérer 50% de leur temps de travail de manière autonome. On constate que la loi sur le travail a déjà été fortement flexibilisée. Depuis le 1er janvier 2016 la suppression complète de l’enregistrement du temps de travail ou un enregistrement simplifié est déjà possible. Aujourd’hui déjà, la législation du travail suisse connaît les semaines de travail les plus longues d’Europe. Aujourd’hui déjà, la flexibilité géographique (home office) et temporelle (temps supplémentaire) sont possibles. 
</p><h5>Renseignements:</h5><ul><li>Luca Cirigliano, <a name="Text10"></a>secrétaire central en charge du droit du travail, 076&nbsp;355 61 97</li></ul>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5033</guid><pubDate>Wed, 23 Aug 2017 12:51:46 +0200</pubDate><title>Contrôles des mesures d&#039;accompagnement: un timide pas dans la bonne direction</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/controles-des-mesures-daccompagnement-un-timide-pas-dans-la-bonne-direction</link><description>Le Conseil fédéral augmente le nombre de contrôles mais il en faut encore plus</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le Conseil fédéral a aujourd’hui décidé d’augmenter de 27 000 à 35 000 le nombre de contrôles des mesures d’accompagnement relatifs au respect des conditions de salaire et de travail. C’est une décision qui fait avancer les choses et va dans le sens d’une vieille revendication des syndicats. Dans les branches où le risque de dumping salarial est élevé, environ 5&nbsp;% des entreprises seront de la sorte contrôlées. 
</p><p>Il est toutefois clair que cette extension des contrôles ne suffira pas, étant donné l’étendue du dumping. En 2016, lors d’un contrôle sur cinq, des salaires trop bas ont été constatés&nbsp;! Actuellement, certains cantons contrôlent déjà 10% des entreprises des branches suspectes. Ce taux minimal devrait être atteint partout afin que les contrôles aient plus d’effet préventif.
</p><p>En même temps, la Confédération et les cantons doivent introduire des salaires minimums quand la sous-enchère salariale est massive. A quoi s’ajoute que les cantons doivent pouvoir ordonner rapidement l’arrêt du travail en cas de soupçon de sous-enchère salariale. La sous-traitance devrait aussi être limitée à un niveau. Et enfin&nbsp;: il faut introduire un registre pertinent des entreprises qui travaillent correctement. 
</p><h5>Renseignements</h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en chef de l’USS, 079&nbsp;205 69 11 </li><li> Thomas Zimmermann, responsable de la communication et porte-parole de l’USS, 079&nbsp;249 59 74</li></ul>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5020</guid><pubDate>Fri, 04 Aug 2017 15:33:47 +0200</pubDate><title>Pour le Tribunal fédéral, les cantons peuvent fixer des salaires minimums</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pour-le-tribunal-federal-les-cantons-peuvent-fixer-des-salaires-minimums</link><description>Un arrêt décisif dont la signification dépasse le canton de Neuchâtel</description><content:encoded><![CDATA[<p class="Texte">Une bonne nouvelle nous est arrivée de Lausanne&nbsp;: Le Tribunal fédéral a décidé que le salaire minimum adopté par le peuple en 2011 pouvait entrer en vigueur dans le canton de Neuchâtel. La plus haute instance juridique du pays a, par son arrêt du 21 juillet 2017, rejeté un recours des patrons et des associations économiques neuchâteloises contre la loi sur un salaire minimum légal que le Parlement cantonal avait adopté en 2014.  </p><p class="Texte">Le Tribunal fédéral soutient que les cantons ont bel et bien le droit d’édicter un salaire minimum cantonal, contrairement à ce que les plaignants motivaient dans leur recours&nbsp;: «&nbsp;Du point de vue de la liberté économique, les cantons peuvent promulguer des mesures de politique sociale&nbsp;», notamment pour endiguer le phénomène des working poor. La loi neuchâteloise, qui prévoit un salaire minimum horaire de 20 francs, est un outil de lutte contre la pauvreté et répond à un but de politique sociale.</p><p class="Texte">L’USS salue cet arrêt du Tribunal fédéral. Le premier salaire minimum cantonal peut enfin entrer en vigueur, après un long processus juridique qui a le mérite de clarifier les choses. Cette décision ouvre maintenant la voie aux cantons du Jura et du Tessin qui ont également adopté des salaires minimums cantonaux, mais qui attendaient la décision du Tribunal fédéral pour mettre en œuvre les lois correspondantes. </p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5016</guid><pubDate>Wed, 26 Jul 2017 10:36:10 +0200</pubDate><title>Le droit suisse relatif aux licenciements est contraire aux droits de l’homme </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-droit-suisse-relatif-aux-licenciements-est-contraire-aux-droits-de-l-homme</link><description>Conséquences d’un nouveau jugement de la Cour Européenne des Droits de l’Homme </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Un nouveau jugement rendu par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (Cour eur. DH) le confirme&nbsp;: le Code suisse des obligations (CO) n’est pas assez dissuasif pour empêcher les licenciements antisyndicaux.  </p><p>Dans un nouveau jugement, la Cour eur. DH (Tek Gida Is Sendikasi contre la Turquie, du 4&nbsp;avril 2017) a précisé la situation juridique requise afin de protéger des licenciements abusifs prononcés en raison de l’affiliation à un syndicat. Conclusion&nbsp;: la sanction prévue par le Code suisse des obligations (CO) à son art. 336a lors de licenciement abusif de représentants du personnel, de membres de conseils de fondation de caisses de retraite ou de lanceurs d’alerte, soit une indemnité maximale de six mois de salaire, n’offre pas une protection juridique efficace car elle n’est pas assez dissuasive.  
</p><h3>Contenu du jugement de la Cour eur. DH </h3><p>Une entreprise turque licencie plusieurs salariés membres d’un syndicat. Elle invoque «&nbsp; des motifs économiques&nbsp;» (fluctuations du marché) et «&nbsp;des insuffisances professionnelles&nbsp;» (résultats insuffisants). Le tribunal de dernière instance turc juge pourtant ces licenciements abusifs, estimant que les salariés ont été débauchés en raison de leur adhésion au syndicat. En application des lois en la matière, le tribunal condamne le patron soit à verser à chaque salarié licencié une indemnité équivalant à un an de salaire, soit à réintégrer les personnes congédiées. L’employeur opte alors pour le versement des douze mois de salaire.  
</p><p>Suite à la plainte du syndicat qui s’ensuivit, la Cour eur. DH dut se pencher sur la question de savoir si, lors d’un licenciement abusif antisyndical, le versement d’une indemnité à hauteur de 12 mois de salaire pouvait suffire, ou s’il ne faudrait pas systématiquement donner le choix au salarié entre l’indemnité et la réintégration.  
</p><h3>Considérants de la Cour eur. DH  </h3><p>Dans son jugement depuis dûment étayé, la Cour eur. DH rappelle que l’art. 11 de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) protège la liberté syndicale en tant qu’aspect particulier de la liberté d’association, et que l’Etat est tenu de garantir la jouissance de cette liberté. Certes, en cas d’infraction touchant au cœur de la liberté syndicale, le législateur national disposerait d’une certaine marge d’appréciation. Et le licenciement antisyndical en ferait partie. Mais la marge d’appréciation devrait s’interpréter de manière très restrictive.  
</p><p>Le patron ayant opté pour les dommages et intérêts plutôt que pour la réintégration, le syndicat a perdu tous ses membres dans l’entreprise. La liberté syndicale en pâtit, voire le syndicat lui-même.  
</p><p>Par conséquent, pour assurer la protection contre les licenciements antisyndicaux, la Cour eur. DH recommande d’examiner minutieusement l’effet de la protection offerte par la loi. Il conviendrait d’analyser la situation afin de déterminer si la sanction prévue pour le patron est assez dissuasive lorsque les salaires des employés sont bas, ou lorsque la force financière de l’entreprise est importante. Pour la Cour eur. DH, ce n’est pas le cas dans la législation turque puisque d’une part le patron a le choix de verser l’indemnité ou de réintégrer le salarié, et que d’autre part en présence de salaires faibles, une indemnité d’un an de salaire ne s’avère pas toujours dissuasive.  
</p><p>La Cour eur. DH en conclut que dans sa législation, la Turquie ne prévoit pas de condamnations suffisamment sévères pour décourager les employeurs. Rappelons que lors de licenciements abusifs antisyndicaux, la loi turque exige, en l’absence de réintégration, le versement d’une indemnité minimale correspondant à douze mois de salaire… 
</p><h3>Besoin d’agir en Suisse  </h3><p>L’indemnité demandée est donc deux fois plus élevée qu’en Suisse&nbsp;! Puisque «&nbsp;notre&nbsp;» art.&nbsp;336a CO impose, en cas de licenciement abusif, une indemnité maximale (!) de six mois de salaire. De plus, comme le démontre une étude de l’Université de Saint-Gall/FAA-HSG, les tribunaux se contentent la plupart du temps de pitoyables deux à trois mois de salaire. Ils n’atteignent presque jamais la limite des six mois de salaire. 
</p><p>Compte tenu des prescriptions claires de la Cour eur. DH, il apparaît clairement que le droit suisse en matière de licenciements n’est en rien conforme à la CEDH en cas de licenciement abusif pour l’exercice de droits fondamentaux.  
</p><p>Voici quelques années déjà, l’USS avait porté plainte auprès de l’OIT pour manque de protection contre les licenciements en faveur des militants syndicaux, des membres de commission du personnel et des membres de conseil de fondation. L’OIT avait accepté cette plainte, constatant que l’art. 336 CO ne respectait pas les prescriptions du droit international, pourtant ratifié par la Suisse, et auquel elle est liée. En particulier, il s’agit d’une violation des conventions 87 et 98 de l’OIT sur la protection du droit et de la liberté syndicale. Malgré cela, la loi n’a pas été modifiée. A ce jour, sous la pression des patrons et des partis de la droite bourgeoise, le Conseil fédéral a mis au rebut toutes les propositions soumises en vue d’améliorer la législation. 
</p><p>Comme le montre la récente décision de la Cour eur. DH, la politique de l’autruche pratiquée par le Conseil fédéral ne fera pas de vieux os. Tôt ou tard, la Cour eur. DH, mais aussi l’OIT, condamneront la Suisse pour violation de l’art. 11 CEDH. Il vaudrait mieux ne pas devoir en arriver là. Réviser le CO dans de brefs délais épargnerait bien des tourments aux victimes de licenciements antisyndicaux. L’USS est prête à y apporter sa contribution constructive.  </p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4993</guid><pubDate>Tue, 11 Jul 2017 08:47:59 +0200</pubDate><title>Augmentations de salaires de 1,5 à 2 %, mais plus pour les femmes </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/augmentations-de-salaires-de-1-5-a-2-mais-plus-pour-les-femmes</link><description>Négociations salariales 2017/18: la croissance doit appartenir aux salarié(e)s </description><content:encoded><![CDATA[<p>Les syndicats de l’USS demandent des hausses de salaires de 1,5 à 2&nbsp;% aux négociations salariales 2017/2018. Les salaires des femmes doivent augmenter davantage afin de corriger les discriminations salariales.<br><br> Les signaux économiques sont à la croissance. Les indicateurs sont tous au vert et le renchérissement affichera aussi des valeurs positives (+ 0,5&nbsp;%) pendant les mois de négociations salariales. Les entreprises de l’économie intérieure, mais aussi du secteur des finances, estiment que la situation économique est bonne. Même dans les branches qui ces dernières années ont été mises sous pression à cause du franc fort, à l’instar de l’industrie d’exportation et de l’hôtellerie-restauration, vont mieux.<br><br> Cette croissance doit appartenir aux salarié(e)s. Car ces 20 dernières années, ce sont surtout les managers et les gros revenus qui ont raflé les gains de productivité, tout comme les actionnaires. Les salaires des employé(e)s ordinaires ont pris du retard. Ils ont en outre aussitôt été engloutis par les hausses de primes-maladie. Même en Allemagne, les salaires ont augmenté deux fois plus qu’en Suisse ces trois dernières années. &nbsp;<br><br> Afin que les revenus bas et moyens reprennent des couleurs, il faut accorder des hausses générales de salaire. L’individualisation des salaires encourage plutôt les hauts et très hauts revenus à se servir en premier. Les femmes ont particulièrement besoin de hausses de salaires. Elles gagnent en moyenne 7000 francs de moins par an que les hommes pour les mêmes positions, qualifications et expérience.
</p><p><br><b> Sélection de revendications salariales</b></p><p><b>Construction</b>&nbsp;<b>:</b> +150 francs à titre général<br><b>Second œuvre</b><b>&nbsp;:</b> +1,5&nbsp;% à titre général<br><b>Commerce de détail</b>&nbsp;<b>:</b> +1,5&nbsp;% à titre général<br><b>Hôtellerie-restauration</b>&nbsp;<b>:</b> +2&nbsp;% à titre général<br><b>Industrie&nbsp;:</b> les organes prendront les décisions cet automne, mais probablement +1,5-2&nbsp;% à titre général<br><b>Sécurité privée&nbsp;: </b>progression d’échelon automatique ainsi que +1&nbsp;% pour les salaires minimums à l’embauche. Augmentations ciblées pour le personnel à temps partiel et les auxiliaires.<br><b>Swisscom et autres prestataires de télécommunication&nbsp;:</b> augmentation des salaires réelles de 1&nbsp;%<br><b>Maisons d’édition importantes&nbsp;:</b> au moins 100 francs de plus.
</p><p>&nbsp;</p><h5>Interventions:</h5><ul><li>Paul Rechsteiner, président de l'USS:<br><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion-lgb-luzern/pexels-fecundap6-359989.jpg" class="download">Rattraper le retard salarial&nbsp;: hausse générale de 1,5 à 2&nbsp;% </a></li><li>Daniel Lampart, économiste en chef et premier secrétaire de l’USS : <a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion-lgb-luzern/pexels-pixabay-280277.jpg" target="_blank" class="download" rel="noreferrer">Il faut augmenter les salaires de 1,5 à 2&nbsp;%&nbsp;; mais plus pour les femmes</a></li><li>Vania Alleva, présidente d'Unia-Präsidentin:<a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/wirtschaft/muenz_franken_kleingeld_fuenfliber_assalve_iStock.jpg" target="_blank" class="download" rel="noreferrer"> Des hausses générales des salaires de 1,5 à 2% sont nécessaires et possibles!</a></li><li>Daniel Münger, responsable du secteur Logistique et membre du comité directeur, syndicom :<a href="https://gallery.mailchimp.com/647db55d72613e12b978da16f/files/e55c3011-9b9a-4fa3-b500-63839bc3d405/170711_Muenger_Syndicom.pdf" target="_blank" rel="noreferrer"></a><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/dossiers/164d_f_RW_Kantonsfinanzen.pdf" class="download">Les salarié-e-s et l’économie suisse ont besoin d’une évolution salariale positive</a></li></ul><p>&nbsp;</p><h5>Renseignements:</h5><p>Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en chef de l’USS, 079&nbsp;205 69 11 Thomas Zimmermann, responsable de la communication et porte-parole de l’USS, 079&nbsp;249 59 74 </p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4974</guid><pubDate>Tue, 04 Jul 2017 12:01:36 +0200</pubDate><title>Résoudre les problèmes, protéger les salaires et améliorer la situation des travailleurs/-euses âgés</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/resoudre-les-problemes-proteger-les-salaires-et-ameliorer-la-situation-des-travailleurs-euses-ages</link><description>Rapport de l’Observatoire sur la libre circulation des personnes</description><content:encoded><![CDATA[<p class="Text">La Suisse, un petit pays avec une économie fortement spécialisée, a besoin de bonnes relations avec l’Europe qui soient clairement définies. Sinon, les salaires sont mis sous pression et les emplois menacés. Mais, malgré les accords bilatéraux et les mesures d’accompagnement, les salaires sont tout de même mis sous pression. Dans les branches où les contrôles sont efficaces et où il existe des salaires minimums ainsi qu’une pratique des sanctions conséquente (amendes, blocages, interruptions de travail), les employeurs peuvent toutefois être obligés à prendre leurs responsabilités. </p><p class="Text">Et pourtant, ces dernières années, les entreprises de branches qui ne comportent pas de salaires minimums ont souvent recruté du personnel à l’étranger. En l’absence de salaires minimums, les employeurs ne peuvent être sanctionnés si un cas de sous-enchère salariale est découvert. Dans quelques-unes de ces branches qui ne sont pas protégées, les contrôleurs ont constaté passablement de cas de sous-enchère, notamment dans le commerce de détail, l’horticulture, certaines parties de l’industrie (montage/entretien de machines) ainsi que dans l’accueil des enfants et des homes. </p><p class="Text">Les problèmes sont particulièrement marqués dans la branche informatique et les banques. Auparavant, si les entreprises d’informatique engageaient du personnel en provenance de l’étranger avant tout quand le chômage était faible, aujourd’hui elles recrutent aussi de la main-d’œuvre à l’étranger, alors que le chômage est en forte augmentation chez nous. Les principaux concernés sont les actifs et actives de plus de 50 ans.</p><p class="Text">Les accords bilatéraux doivent être utiles aux personnes actives en Suisse. C’est à cela que la population et les syndicats mesurent ces accords. Raison pour laquelle, il faut rapidement éliminer les problèmes et les abus. </p><p class="Text">Mais en contrepartie, l’émigration et l’immigration ne peuvent être attribuées qu’à la seule libre circulation des personnes. Le recrutement s’est internationalisé. En cause, la globalisation de l’économie&nbsp;et la mise au concours des postes sur Internet. A quoi s’ajoutent des changements politiques comme l’ouverture du marché à la location de services, la reconnaissance des diplômes étrangers, la suppression des restrictions à l’accès au marché intérieur ou l’abolition du statut de fonctionnaire. </p><p class="Text">Au début, la libre circulation a eu des effets qualitatifs&nbsp;: moins de travail au noir et d’emplois précaires des branches à bas salaire, plus de personnes qualifiées qui ont aussi mieux pu se défendre contre les tentatives de pression et d’abus des employeurs. Les instruments qu’offrent les mesures d’accompagnement ont par ailleurs permis d’améliorer les salaires. Et il a été plus difficile pour les moutons noirs parmi les employeurs de recruter de la main-d’œuvre «&nbsp;bon marché&nbsp;» à l’étranger au détriment de la main-d’œuvre indigène. Mais l’ouverture des marchés aux travailleurs et travailleuses temporaires et aux entreprises étrangères a engendré un nouveau potentiel d’abus. </p><p class="Text"><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/consultations/2024/241016_RW_VL_EleG.pdf" class="download">Intervention de Daniel Lampart</a> sur le Rapport de l’Observatoire sur la libre circulation des personnes</p><h5 class="Texte">Renseignements </h5><p class="Texte">Daniel Lampart, premier secrétaire de l’USS, 079 205 69 11</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4970</guid><pubDate>Thu, 29 Jun 2017 15:25:07 +0200</pubDate><title>Amiante: le Fonds d’indemnisation est opérationnel</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/amiante-le-fonds-d-indemnisation-est-operationnel</link><description>Aides financières pour toutes les victimes de l’amiante</description><content:encoded><![CDATA[<p> L'USS se réjouit que la Fondation d'indemnisation des victimes de l'amiante (FIVA), créée à l'initiative des syndicats il y a un peu plus de trois mois, puisse offrir ses premières prestations à partir de lundi 3 juillet. La FIVA représente une nouvelle étape majeure dans la lutte que mènent les syndicats depuis longtemps contre les conséquences terribles d'une exposition à l'amiante. Si la fondation ne peut pas faire disparaître les souffrances humaines qui se sont accumulées, elle peut tout du moins atténuer les conséquences financières de la maladie pour les personnes concernées et offrir un soutien psychologique. 
</p><p>La fondation a tout d'abord mis en place un service d'accompagnement gratuit pour tous les malades de l'amiante et leurs proches. Toutes les personnes qui souffrent d'un mésothéliome peuvent en outre faire une demande de soutien financier à la fondation. Jusqu'à ce que la fondation dispose de suffisamment de moyens, les indemnités seront versées en priorité aux malades dont le mésothéliome n'est pas considéré comme une maladie professionnelle. 
</p><p>Les demandes d'aide doivent être faites à l'adresse suivante : 
</p><p><b>Fondation d'indemnisation des victimes de l'amiante (FIVA) <br>Service-Center Gesuche <br>Fluhmattstr. 1 Case postale 4358 <br>6002 Lucerne </b></p><h5>Renseignements </h5><ul><li>Luca Cirigliano, secrétaire central de l'USS, 076 335 61 97 </li></ul>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4968</guid><pubDate>Tue, 27 Jun 2017 13:59:41 +0200</pubDate><title>Dossier 122: Les droits d’accès à l’entreprise et d’informer des syndicats</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/dossier-122-les-droits-d-acces-a-l-entreprise-et-d-informer-des-syndicats</link><description>Un élément fondamental de la liberté syndicale</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les syndicats doivent pouvoir informer leurs membres. Ils doivent pouvoir pénétrer dans les entreprises. Sinon, impossible pour eux de jouer vraiment le rôle qui est le leur. C'est pourquoi les droits d'accès à l'entreprise et d'information des syndicats sont essentiels. Et ils dont d'ailleurs garantis au plan légal, comme le montre le nouveau Dossier de l'USS. </p><p>En Suisse, les droits d'accès à l'entreprise et d'information des syndicats découlent de toute une série de dispositions. Il s'agit de l'article 28 de la Constitution fédérale (Cst) ainsi des conventions N° 87, 98 et 135 de l'Organisation internationale du Travail. À travers son article 11 sur la liberté de réunion et d'association, la Convention européenne des droits de l'homme permet aussi aux travailleurs et travailleuses d'exercer les activités impliquées par leurs fonctions syndicales. En font en premier lieu partie l'information et le recrutement dans les entreprises. 
</p><p>Le but du présent Dossier de l'USS est de présenter les principaux aspects des droits d'accès à l'entreprise et à l'information des syndicats, y compris l'accès électronique. Cette présentation se fait entre autres dans la perspective des droits humains ici concernés, du droit du travail, mais aussi du Code pénal. La question particulièrement intéressante dans ce contexte est celle de savoir si l'employeur peut invoquer l'article 186 du Code pénal (violation de domicile) pour ne pas permettre aux syndicats d'informer les salarié(e)s ou les empêcher d'accéder à l'entreprise. 
</p><p>Il est évident que les droits d'accès à l'entreprise et à l'information des syndicats doivent être très étendus. Il peut s'agir ici de la distribution de tracts sur le parking des entreprises, de la mise à disposition de brochures dans les locaux de pause, du placement d'informations sur les tableaux d'affichage ou d'entretiens personnels sur le site de l'entreprise. Le fait de rendre visite aux salarié(e)s sur leurs places de travail en fait également partie, de même que l'utilisation de moyens électroniques, notamment d'Intranet ou de la liste de distributions de courriels. </p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4958</guid><pubDate>Wed, 21 Jun 2017 09:34:25 +0200</pubDate><title>Protection contre les licenciements : mettre de l’ordre dans le monde, mais pas chez nous ? </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/protection-contre-les-licenciements-mettre-de-l-ordre-dans-le-monde-mais-pas-chez-nous</link><description>L’élection à l’OIT oblige le Conseil fédéral </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Désormais, la Suisse sera représentée au Comité de la liberté syndicale de l'OIT (Committee on Freedom of Association, CFA). Cet honneur oblige le Conseil fédéral à faire enfin le nécessaire pour que la protection suisse contre les licenciements soit conforme au droit international. Comment prétendre faire régner l'ordre sur la scène mondiale alors que l'on ne balaie pas devant sa porte ? </p><p>Les syndicats suisses se félicitent de l'élection au CFA de la collaboratrice du SECO Valérie Berset-Bircher. Cette haute instance de l'Organisation internationale du Travail (OIT) examine les plaintes portées contre les pays et faisant état de violations des principes de la liberté syndicale. 
</p><p>En 2006, suite à une plainte déposée par l'USS, le CFA a retenu que la protection contre les licenciements en Suisse ne satisfaisait pas au droit international. Il a déploré que même lors de licenciement abusif pour exercice de droits fondamentaux (liberté syndicale, liberté d'expression, lanceurs d'alerte...), la réintégration de la personne licenciée ne soit pas prévue, mais seulement une indemnité de six mois de salaire tout au plus. Le CFA considère cela comme une violation des conventions 87 et 98 de l'OIT ainsi que de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH). Une étude réalisée récemment par l'Université de Neuchâtel sur mandat du SECO et du Département fédéral de justice (OFJ) aboutit à la même conclusion. 
</p><p>Malgré tout, à ce jour, ni le SECO, ni l'OFJ n'ont appliqué cette prescription. Comment le SECO prétend-il mettre de l'ordre sur la scène mondiale, alors qu'il ne fait pas le ménage dans son propre pays ? - L'élection au CFA fait honneur à la Suisse et oblige le Conseil fédéral à mettre enfin en œuvre les recommandations de cette instance en mettant la protection contre le licenciement en conformité avec le droit international. 
</p><h5>Renseignements&nbsp; </h5><ul><li>Luca Cirigliano, Secrétaire central de l'USS, 076 335 61 97 </li><li>Ewald Ackermann, Communication de l'USS, 079 660 36 14 </li></ul>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4957</guid><pubDate>Wed, 21 Jun 2017 09:24:25 +0200</pubDate><title>Les CFF se distancient d’Uber</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-cff-se-distancient-d-uber</link><description>Une victoire syndicale </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Les CFF renoncent à une collaboration avec le service de VTC américain Uber. Maintenant, La Poste doit leur emboîter le pas. C'est ce que réclament les syndicats Unia, syndicom et SEV. </p><p>" Les CFF ont su faire preuve de sensibilité sociale : Il ne faut pas que des sociétés sérieuses cautionnent des entreprises qui pratiquent la sous-enchère " commente le président du syndicat du personnel des transports SEV, Giorgio Tuti à propos du succès commun remporté contre Uber par les syndicats SEV, Unia et syndicom. En effet, le 16 juin 2017, les CFF ont annoncé renoncer à la collaboration envisagée avec Uber. Ce faisant, ils satisfont à une exigence formulée par les trois syndicats : les entreprises qui abusent de leurs employés et contournent les prescriptions légales ne doivent pas pouvoir commercer avec l'Etat. 
</p><h3>CarPostal SA doit suivre </h3><p>Ce qui est possible pour les CFF doit l'être aussi pour l'entreprise CarPostal. Il faut savoir que celle-ci exploite d'ores et déjà l'application " NordwestMobil ", dans laquelle elle intègre les services d'Uber. Le message lancé par Unia, le syndicat du personnel des transports et syndicom est limpide : " Nous demandons à la société mère et entreprise proche de l'Etat, La Poste, de retirer immédiatement Uber de son application et de l'en exclure aussi longtemps que le groupe de transport à la demande ne respectera pas les lois suisses et les décisions officielles. " Cette demande s'adresse également aux Transports publics bâlois (BVB), qui recourent à la plateforme " NordwestMobil ", et à la ville de Bâle, propriétaire des BVB. 
</p><h3>Longue liste de péchés </h3><p>Uber refuse de considérer ses chauffeurs comme des employés et il ne paie pas les cotisations sociales obligatoires, par exemple. C'est illégal et cela favorise l'indépendance fictive. Tant la SUVA qu'une expertise juridique du professeur Kurt Pärli (Université de Bâle) ont clairement défini Uber comme un employeur, qui doit donc assumer ses devoirs en tant que tel. Par ailleurs, Uber appelle régulièrement des chauffeurs non dotés d'une licence à effectuer des transports illégaux. Si la police attrape ces chauffeurs, ce sont eux qui risquent des sanctions. Tandis qu'Uber s'en tire en toute impunité. Enfin, ce service de VTC va jusqu'à se payer le luxe d'ignorer les interdictions administratives. </p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Droit du travail</category><category>Transports</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4940</guid><pubDate>Thu, 15 Jun 2017 13:59:51 +0200</pubDate><title>Travail au noir : coupable nonchalance des autorités</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/travail-au-noir-coupable-nonchalance-des-autorites</link><description>Selon le rapport du SECO : davantage de soupçons, mais moins de contrôles</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Le nombre de situations donnant lieu à un soupçon de travail au noir a augmenté en 2016 par rapport à 2015. Mais le nombre de contrôles a diminué ! Ce décalage montre que les acteurs politiques ne sont pas disposés à combattre le travail au noir de manière vraiment efficace. C'est pourquoi l'Union syndicale suisse (USS) demande principalement des amendes réellement dissuasives pour les employeurs fautifs. </p><p>Le rapport annuel du SECO sur l' " Exécution de la loi fédérale concernant des mesures en matière de lutte contre le travail au noir " (LTN) publié aujourd'hui fait apparaître que le nombre de situations donnant lieu à un soupçon de travail au noir a augmenté ; cela, de 12 % en ce qui concerne le droit des assurances sociales, de 13,5 % pour le droit des étrangers et de 9 % pour le droit de l'impôt à la source. Or le nombre d'entreprises et celui de personnes contrôlées ont diminué, durant la même période, respectivement de 8,1 % et 11,1 %. 
</p><p>C'est ainsi que l'écart entre le nombre de cas suspects et celui de contrôles effectués se creuse. Alarmant. Quant à l'argumentation avancée par le SECO, selon laquelle les contrôles seraient plus ciblés aujourd'hui, c'est un pur euphémisme. 
</p><p>L'USS demande que les mesures suivantes soient prises pour faire pièce au travail au noir : </p><ul><li>application d'amendes dissuasives pour les employeurs fautifs ; elles devront être aussi élevées que celles infligées en cas d'infraction aux mesures d'accompagnement ; </li><li>élimination par la Confédération, à l'aide de prescriptions précises et d'un financement plus efficace, des grandes différences existant entre cantons en matière de contrôles, de sanctions et d'informations sur les mesures prises et les sanctions prononcées ;&nbsp;</li><li> régularisation de la situation des sans-papiers sur le modèle de l'opération genevoise dite " Papyrus ", ce qui contribuera à endiguer ce phénomène. </li></ul><p>Il faut donner un nouvel élan à une révision de la LTN qui intègre ces mesures. 
</p><h5>Renseignements </h5><ul><li>Luca Cirigliano, secrétaire central de l'USS responsable du problème des conditions de travail, 076 335 61 97 </li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication et porte-parole de l'USS, 079 249 59 74 </li></ul>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4927</guid><pubDate>Tue, 06 Jun 2017 14:23:43 +0200</pubDate><title>La protection suisse contre le licenciement à l’ordre du jour de l&#039;OIT</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-protection-suisse-contre-le-licenciement-a-l-ordre-du-jour-de-loit</link><description>La Conférence de l’OIT parlera du renforcement des droits fondamentaux au travail</description><content:encoded><![CDATA[<p>Chez nous, les personnes syndicalement actives et les lanceurs d'alerte continuent d'être insuffisamment protégés contre le licenciement abusif. C'est pourquoi l'Union syndicale suisse veillera à ce qu'il soit question de ce sujet lors de la 106e Conférence de l'Organisation internationale du Travail (OIT). 
</p><p>Le problème est le suivant : en Suisse, les personnes syndicalement actives et les lanceurs d'alerte ne sont protégés que d'une manière très lacunaire contre les licenciements abusifs. Ils peuvent être licenciés en raison de leur participation à des négociations collectives ou d'activités syndicales, voire même parce qu'ils posent des questions dérangeantes. Et même lorsqu'un tribunal constate le caractère abusif de leur licenciement, ils peuvent tout au plus s'attendre à six mois de salaire à titre de dédommagement. Dans la réalité, il s'agit la plus part du temps de deux à trois mois seulement. Ainsi, les recommandations de l'OIT concernant la liberté d'association et le droit de négociation collective ne sont pas respectées ! 
</p><h3>Le Conseil fédéral doit agir </h3><p>Lors de la 106e Conférence de l'OIT, qui se tient du 5 au 16 juin à Genève, l'USS s'engage pour que ces questions reviennent sur la table. En effet, la conférence va discuter du renforcement nécessaire des principes et des droits au travail. Elle élaborera à cet effet un rapport avec des recommandations à l'intention des gouvernements. Ce rapport développera la " Déclaration sur la justice sociale pour une mondialisation équitable " adoptée par l'OIT en 2008. L'USS demandera que le rapport traite aussi de la liberté syndicale et, donc, de la protection contre le licenciement des personnes syndicalement actives. Il faut montrer par ce biais au Conseil fédéral qu'il y a lieu d'agir en matière de protection contre le licenciement antisyndical. 
</p><h3>Une mondialisation sociale.... </h3><p>La 106e Conférence de l'OIT veut en outre poser des jalons sociaux concernant la migration, la transformation écologique de l'économie et le libre-échange. Il apparaît toujours plus que l'OIT est la seule en mesure de donner des impulsions importantes pour une mondialisation plus juste et plus sociale. Cela touche en particulier la dimension sociale du libre-échange. D'autres organisations, comme l'Organisation mondiale du commerce, le Fonds monétaire international ou le G8, ne disposent pas du savoir-faire en la matière ou de la volonté politique nécessaire. Une preuve du rôle important joué par l'OIT est la reprise de ses exigences dans les 17 objectifs de développement durable de l'Agenda 2030 des Nations Unies. L'objectif numéro 8 demande en effet un travail décent, le respect de la liberté syndicale et le plein-emploi. 
</p><h3>...au lieu de Trump et Cie </h3><p>Les chiffres suivants montrent toute l'importance que revêt une mondialisation socialement aménagée. Selon les prévisions, le nombre de personnes au chômage sur toute la planète devrait dépasser les 200 millions en 2017. Les emplois précaires concernent 1,5 milliard de personnes dans le monde. Et ils ont fortement augmenté en Europe et aux États-Unis aussi, alors qu'en même temps, les gouvernements appliquent des programmes d'austérité. Dans la majorité des 34 États membres de l'OCDE, l'écart entre les revenus des plus riches et ceux des plus pauvres atteint un niveau jamais vu depuis trois décennies. Une mondialisation, si elle respecte les normes sociales et les droits fondamentaux privera aussi les populistes à la Trump ou Le Pen du terreau sur lequel ils prospèrent. L'engagement de l'OIT pour encourager la croissance de l'emploi et, simultanément, défendre ainsi que développer les droits des travailleurs et travailleuses se révèle de ce fait solide également sous l'angle politique. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4889</guid><pubDate>Mon, 22 May 2017 09:39:21 +0200</pubDate><title>Les travailleurs sont toujours plus le jouet d’intérêts économiques à court terme</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-travailleurs-sont-toujours-plus-le-jouet-d-interets-economiques-a-court-terme</link><description>Nouvelle étude européenne sur les conditions de travail</description><content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p><p>Les travailleurs sont toujours plus le jouet d’intérêts économiques à court terme
</p><p>La dernière étude européenne sur les conditions de travail montre que les risques pour la santé psychique augmentent chez les travailleurs et les travailleuses en Suisse. Les syndicats, qui en font l’expérience alarmante sur le terrain, ne peuvent que le confirmer. Les salarié(e)s travaillent avec toujours moins d’autonomie, c’est-à-dire que les employeurs décident toujours plus quand il faut travailler, sans tenir compte des besoins de leurs employé(e)s. Ils exigent toujours plus de flexibilité. Les horaires sont fixés selon le bon vouloir des chefs. En résumé&nbsp;: l’autonomie dans le temps de travail diminue. Les résultats de la European Working Conditions Survey (EWCS) indiquent que&nbsp;:</p><ul><li>En 2005, 14,3&nbsp;% des travailleurs et travailleuses de Suisse pouvaient encore entièrement décider quand ils travaillaient, ils n’étaient plus que 11,7&nbsp;% en 2015.</li><li>En 2005, 33,5&nbsp;% des travailleurs et travailleuses pouvaient encore décider de manière autonome, dans un cadre donné, quand ils travaillaient, ils n’étaient plus que 19,5&nbsp;% en 2015.</li><li> En 2005, 45&nbsp;% des travailleurs et des travailleuses indiquaient que l’entreprise fixait les horaires de travail sans qu’il soit possible de les modifier, en 2015, ils étaient déjà 58,1&nbsp;%.</li><li>En 2005, 88,1&nbsp;% des travailleurs et des travailleuses indiquaient pouvoir bien ou très bien concilier leur obligations familiales et sociales avec leurs horaires de travail, en 2015, ils étaient déjà un peu moins (87,8&nbsp;%). </li></ul><p>Ces tendances sont dangereuses parce que, selon une autre étude (ESENER), seulement 45,2&nbsp;% des entreprises en Suisse évaluent régulièrement les risques, par exemple sur le stress au travail. Au Royaume-Uni ou au Danemark, elles sont par exemple plus de 90&nbsp;% à le faire, la moyenne européenne est de 74&nbsp;%. Des mesures de prévention ne sont donc que rarement prises pour, par exemple, prévenir les maladies dues au stress. Des exemples étrangers montrent que de telles mesures sont simples et efficaces&nbsp;: le groupe Volkswagen a notamment introduit l’interdiction d’envoyer des mails pendant la nuit.
</p><p>Malgré ces chiffres alarmants, les initiatives des conseillers aux Etats Konrad Graber et Karin Keller-Sutter qui prévoient un véritable démontage de la protection des salarié(e)s relèvent du cynisme. L’obligation d’enregistrer et donc de contrôler le temps de travail pourrait être supprimée pour un tiers des travailleurs et travailleuses. Et, pour ces salarié(e)s, la durée maximale hebdomadaire de travail serait dans les faits abrogée, alors que l’interdiction du travail de nuit et du dimanche serait elle aussi éliminée. Au lieu de continuer à affaiblir la protection de la santé, celle-ci doit au contraire être renforcée, au vu des conclusions de ces dernières années. 
</p><p>Renseignements:
</p><p>Luca Cirigliano, secrétaire de l’USS en charge du dossier des conditions de travail, 076&nbsp;355 61 97</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4881</guid><pubDate>Mon, 15 May 2017 15:36:05 +0200</pubDate><title>Avenir Suisse s&#039;attaque dangereusement aux mesures d’accompagnement </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/avenir-suisse-sattaque-dangereusement-aux-mesures-d-accompagnement</link><description>Le porte-voix des grandes entreprises et des banques encourage la sous-enchère salariale</description><content:encoded><![CDATA[<p>Afin que les salaires déjà bas de la gastronomie ou du nettoyage baissent encore, Avenir Suisse prône la sous-enchère salariale. C’est la revendication principale qu’a faite le porte-voix des banques et des grandes entreprises lors de sa conférence de presse sur les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes. Au lieu de balayer devant sa porte et d’enfin présenter des mesures contre la mauvaise politique salariale que mènent les dirigeants de grandes entreprises, le groupe de réflexion néolibéral veut détruire les mesures que la Suisse a introduites pour protéger ses salaires. En s’attaquant aux conventions collectives de travail, Avenir Suisse va même encore plus loin&nbsp;: il veut affaiblir le partenariat social. 
</p><p>En ayant instauré des mesures d’accompagnement, la Suisse a introduit un mécanisme de protection efficace contre la sous-enchère salariale. Toute personne qui travaille en Suisse doit obtenir un salaire suisse. Non seulement, cela garantit les salaires et les conditions de travail, mais cela empêche les employeurs d’aller chercher de la main-d’œuvre bon marché à l’étranger aux dépens des salarié(e)s indigènes. Sans mesures d’accompagnement, il y aurait beaucoup plus de sous-enchère salariale. L’Angleterre a montré ce qui se passe quand il n’y a pas de mesures d’accompagnement&nbsp;: les bas salaires ont été mis sous pression jusqu’à que la population accepte le Brexit. 
</p><p>Un rapide coup d’œil au rapport publié jeudi dernier sur l’exécution des mesures d’accompagnement en 2016 montre à quel point ces mesures de protection sont importantes. L’an dernier, plus de 40&nbsp;000 contrôles ont été effectués. Les contrôleurs ont constaté des salaires trop bas dans plus de 8000 entreprises&nbsp;!
</p><p>Les problèmes d’exécution des mesures d’accompagnement sont préoccupants. La Confédération et les cantons doivent introduire des salaires minimums quand des cas de sous-enchère salariale ont été constatés, comme le prévoit le code des obligations. La Suisse alémanique et la Confédération particulièrement doivent le faire. 
</p><p> Il faut aussi un plus grand nombre de contrôles. En effet, un employeur suisse n'est aujourd'hui presque jamais contrôlé dans le canton de Zoug et ne l'est que tous les 33 ans dans ceux de Bâle-Campagne, Fribourg et Saint-Gall (branches à commissions tripartites). Des instruments supplémentaires sont en outre nécessaires pour que les cantons puissent, s'ils soupçonnent l'existence de sous-enchère, ordonner rapidement une suspension des travaux. 
</p><p>Dans le cadre de la révision en cours de la législation sur les marchés publics, le Parlement doit aussi apporter des améliorations&nbsp;: les chaînes de sous-traitants doivent être limitées à un seul niveau pour une même activité. Il faut aussi créer un registre sérieux des entreprises dont le comportement est correct. Et le droit de la Commission fédérale de la concurrence de recourir contre les dispositions de protection de la législation sur des marchés publics doit de toute urgence être supprimé. </p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4873</guid><pubDate>Thu, 11 May 2017 15:58:27 +0200</pubDate><title>Empêcher la sous-enchère salariale et combler les lacunes</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/empecher-la-sous-enchere-salariale-et-combler-les-lacunes</link><description>Appliquer correctement les mesures d’accompagnement</description><content:encoded><![CDATA[<p> Avec les mesures d'accompagnement, la Suisse dispose a priori d'un outil puissant pour lutter contre la sous-enchère salariale. Le rapport du SECO publié aujourd'hui sur leur mise en œuvre en 2016 montre cependant qu'il y a encore lieu d'agir à ce sujet. 
</p><h3>Malgré leurs abus, nombre d'entreprises restent impunies</h3><p>L'année passée, plus de 40 000 contrôles ont été réalisés en Suisse. Les contrôleurs et contrôleuses ont trouvé des salaires trop bas dans 8 000 entreprises ! Dans les branches où des salaires minimaux obligatoires sont légalement fixés dans des conventions collectives de travail au champ d'application étendu ou des contrats-types de travail, ces entreprises fautives sont punies. Mais près de la moitié des salaires des branches ne sont pas protégés par de tels salaires minimaux. En cas de sous-enchère, ces entreprises sont certes sommées de relever les salaires concernés, mais la majorité d'entre elles (59 %) s'en moquent totalement. La loi prévoit que la Confédération et les cantons doivent, dans ces cas, introduire des salaires minimaux obligatoires. Toutefois, mis à part les salaires minimaux nationaux de l'économie domestique, cela n'a encore jamais eu lieu dans l'ensemble de la Suisse alémanique. Le canton de Zurich a par exemple refusé d'introduire des salaires minimaux de protection dans le commerce de détail et l'industrie des machines alors que la preuve de la sous-enchère avait été clairement établie. 
</p><h3>Combattre systématiquement la sous-enchère salariale </h3><p>Pour empêcher la sous-enchère salariale, il faut davantage de salaires minimaux obligatoires. Mais il faut aussi un plus grand nombre de contrôles. En effet, un employeur suisse n'est aujourd'hui presque jamais contrôlé dans le canton de Zoug et ne l'est que tous les 33 ans dans ceux de Bâle-Campagne, Fribourg et Saint-Gall (branches à commissions tripartites). Des instruments supplémentaires sont en outre nécessaires pour que les cantons puissent, s'ils soupçonnent l'existence de sous-enchère, rapidement ordonner une suspension des travaux. Dans le cadre de la révision en cours de la législation sur les marchés publics, le Parlement doit apporter des améliorations : les chaînes de sous-traitants doivent être limitées à un seul niveau pour une même activité. Il faut aussi créer un registre sérieux des entreprises dont le comportement est correct. Et le droit de la Commission fédérale de la concurrence de recourir contre les dispositions de protection du droit des marchés publics doit de toute urgence être supprimé. 
</p><h5>Renseignements</h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire de l'USS, 079 205 68 11 </li></ul><ul><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS, 079 249 59 74 </li></ul>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4868</guid><pubDate>Tue, 09 May 2017 10:45:29 +0200</pubDate><title>Le principe du lieu de provenance est synonyme de sous-enchère</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-principe-du-lieu-de-provenance-est-synonyme-de-sous-enchere</link><description>Marchés publics : dangereux changement de cap du Conseil fédéral</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil fédéral veut réviser les marchés publics. Mais concernant les problèmes qui se posent, il ne fait pas preuve d'une grande intuition. Sa proposition de renoncer au principe du lieu d'exécution ferait exploser la concurrence déloyale. </p><p>Dans le cadre de la révision totale de la loi fédérale sur les marchés publics (LMP), le Conseil fédéral propose des innovations quelque peu " tordues ". La plus dangereuse est le remplacement du principe du lieu d'exécution par celui de provenance.
</p><h3> Pour protéger les salaires usuels locaux, il faut maintenir le principe du lieu d'exécution </h3><p>Qu'est-ce que cela signifie ? Ces deux principes, qui renvoient à des lieux différents, déterminent quelles conditions de travail une entreprise doit respecter lorsqu'elle soumissionne pour un mandat public. Selon le principe du lieu de provenance, celle-ci doit appliquer les conditions en vigueur là où elle est établie. Alors que selon le principe du lieu d'exécution, les conditions en vigueur là où le travail se fait prévalent. Prenons un exemple : une entreprise du Jura qui soumissionne pour la construction d'une grande halle à Genève doit, avec le principe du lieu d'exécution, respecter les salaires genevois, mais les salaires jurassiens sont à verser si l'on applique le principe du lieu de provenance. Dans ce dernier cas, les soumissionnaires des cantons où les conditions de travail sont bonnes se trouvent désavantagés par rapport à ceux des " cantons à bas salaires ". Pour pouvoir affronter cette concurrence, ils devraient dégrader leurs propres conditions de travail. Bref, le principe du lieu de provenance enclencherait une spirale descendante.
</p><h3>Plus le même droit pour la même chose </h3><p>Le principe du lieu d'exécution est quelque chose de central pour protéger les salaires et les conditions de travail en usage dans les régions et les branches. Il est aussi un élément essentiel des mesures d'accompagnement. Sa fonction est d'empêcher, par exemple, qu'une entreprise polonaise puisse verser des salaires polonais sur un chantier public lausannois. La proposition du Conseil fédéral de ne plus appliquer que le principe du lieu de provenance rompt ainsi avec la philosophie des mesures d'accompagnement. La protection des conditions de travail en usage dans les régions s'appliquerait dans l'économie privée, mais pas dans le secteur public. C'est incompréhensible. Et que le Conseil fédéral s'obstine, dans son message au Parlement, à vouloir ce principe du lieu de provenance l'est encore plus. En effet, de nombreuses organisations de l'artisanat, patronales et de salarié(e)s ainsi que les cantons ont exprimé leur refus de changer de principe dans le cadre de la procédure de consultation. 
</p><h3>Au tour de la commission du Conseil national </h3><p>La prochaine instance qui traitera cette révision de la LMP est la Commission de l'économie et des redevances du Conseil national. Elle le fera le 16 mai. L'Union syndicale suisse (USS), Travail.Suisse et leurs fédérations respectives l'ont invitée à corriger les erreurs du Conseil fédéral et à revenir au principe du lieu d'exécution. Toute autre attitude serait un signal pour davantage de sous-enchère. 
</p><h3>Autres points que les syndicats veulent changer </h3><ul><li>La Commission de la concurrence (COMCO) ne doit plus avoir de droit de recours en matière de marchés publics. L'obligation d'informer la COMCO doit par conséquent être biffée ; cela, aussi à l'article 9 alinéa 2 de la loi sur le marché intérieur. Et pourquoi ? Parce que, ces derniers temps, la COMCO a critiqué des réglementations cantonales sur les marchés publics en matière de respect de dispositions figurant dans des conventions collectives de travail et de limitation des chaînes de sous-traitants.</li><li>Les chaînes de sous-traitants doivent être limitées à un seul niveau.</li><li>Concernant la conformité à la CCT, des attestations sérieuses devront être obtenues.</li></ul>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4849</guid><pubDate>Tue, 02 May 2017 17:37:00 +0200</pubDate><title>Travailler gratuitement? Travailler plus la nuit? Plus de stress? Non merci!</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/travailler-gratuitement-travailler-plus-la-nuit-plus-de-stress-non-merci</link><description>Communiqué de presse de l’Alliance contre le burn-out et le travail gratuit</description><content:encoded><![CDATA[<p>Unis, les syndicats repoussent l’attaque massive lancée par les deux député(e)s au Conseil des États Graber et Keller-Sutter contre la réglementation du temps de travail et sa rémunération. Ces deux élu(e)s veulent, à travers leurs initiatives parlementaires, supprimer pour une part importante des salarié(e)s l’enregistrement de la durée du travail et sa limitation. L’Union syndicale suisse (USS) et Travail.Suisse ainsi que leurs organisations, notamment Unia et syna, combattront vigoureusement au sein d’une vaste alliance une flexibilisation aussi radicale et unilatérale de la durée du travail. 
</p><p>Cette flexibilisation sauvage entraînera inéluctablement plus de dépendance pour les salarié(e)s, plus de stress et d’épuisement professionnel. En outre, plusieurs études et une enquête européenne sur les conditions de travail montrent qu’en Suisse, les travailleurs et travailleuses doivent se plier aux horaires de travail toujours plus souvent imposés unilatéralement par leurs employeurs. Et c’est davantage le cas chez nous que dans l’Union européenne. M. Graber et Mme Keller-Sutter parlent certes de cadres et de «&nbsp;spécialistes&nbsp;». Mais comme ces concepts ne sont pas définis dans la loi sur le travail (LTr), plus d’un tiers des salarié(e)s seraient en fait concernés.
</p><p>L’initiative parlementaire du conseiller aux États Graber bifferait tout simplement les prescriptions de la LTr concernant le travail de nuit et du dimanche, la durée du travail et les pauses pour les cadres et les «&nbsp;spécialistes&nbsp;» dont la durée hebdomadaire de travail moyenne n’excède pas les 45 heures. Ainsi, les semaines de travail très longues avec du travail de nuit et du dimanche deviendraient normales. Une flexibilité aussi sauvage nuirait à la santé des travailleurs et travailleuses et les empêcherait de concilier famille et travail.
</p><p>Ensemble, ces deux initiatives entraîneraient finalement plus de travail non-rémunéré. Les salarié(e)s – et aussi les assurances sociales – perdraient en tout des milliards de francs parce qu’il ne serait plus possible d’établir la quantité de travail supplémentaire et d’heures supplémentaires fournis.
</p><p>Le contrôle du temps de travail n’est pas une vieillerie obsolète. C’est un instrument contre le surmenage qui permet en outre d’établir le volume de travail fourni en plus et sa rémunération équitable. À l’ère de la numérisation, c’est aisément réalisable. S’ajoute à cela que les partenaires sociaux ont enfin trouvé, avec l’aide du Conseil fédéral, une solution qui prévoit des exceptions à l’enregistrement de la durée du travail. Mais à peine la nouvelle ordonnance entrait-elle en vigueur qu’une nouvelle attaque survenait au Parlement.
</p><p>La radicalité de ces deux initiatives parlementaires inquiète aussi la Société suisse de médecine du travail. Renoncer à l’enregistrement de la durée du travail ouvrira tout grand la porte à l’auto-exploitation et à l’épuisement professionnel. Son constat est clair&nbsp;: si les prescriptions de la LTr sur les temps de repos et la comptabilisation du temps de travail sont assouplies, l’épuisement et les problèmes musculosquelettiques vont augmenter.
</p><h5>Renseignements&nbsp;:</h5><ul><li>Paul Rechsteiner, président de l’USS, 079&nbsp;277 61 31</li><li>Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse, 079&nbsp;287 04 93</li><li> Brigitta Danuser, déléguée à la Société suisse de médecine du travail (SSMT), 076 339 84 46</li><li>Vania Alleva, présidente du syndicat Unia, 079&nbsp;620 11 14</li><li>Arno Kerst, président du syndicat Syna, 079&nbsp;598 67 70</li><li>Luca Cirigliano, secrétaire central de l’USS, 076&nbsp;335 61 97</li></ul>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4835</guid><pubDate>Tue, 25 Apr 2017 14:32:17 +0200</pubDate><title>Plus de protection pour les travailleurs âgés, les appels ne suffisent pas</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/plus-de-protection-pour-les-travailleurs-ages-les-appels-ne-suffisent-pas</link><description>La troisième conférence sur les travailleurs âgés aboutit à des résultats décevants</description><content:encoded><![CDATA[<p>La troisième Conférence nationale sur les travailleurs âgés a donné des résultats insuffisants. Les évaluations sur l’urgence du problème ne concordent pas, alors que le chômage de la catégorie d’âge des 55 ans et plus a fortement augmenté ces dernières années. Et que, pour les personnes concernées, ce soit particulièrement grave, car elles ont besoin de nettement plus de temps pour retrouver un emploi. Le chômage de longue durée est en effet plus important dans cette catégorie d’âge. Et enfin, le taux de dépendance à l’aide sociale des 50-64 ans a augmenté d’environ 50% ces dernières années. 
</p><p>Au regard de la situation, l’Union syndicale suisse (USS) estime qu’un simple appel à la raison ne suffit pas. Il faut des améliorations concrètes de la situation des travailleurs âgés. Et cela aussi dans l’intérêt des collectivités publiques. L’USS fait les propositions suivantes&nbsp;: </p><ul><li>Les travailleurs de longue date de plus de 50 ans doivent être particulièrement protégés contre le licenciement, comme le prévoient déjà une partie des CCT. Cette protection contre le licenciement incite aussi les employeurs à mieux s’occuper du personnel âgé (formation, formation continue, protection de la santé). Et contrairement à ce qu’on entend souvent, une protection supplémentaire n’est pas un obstacle pour la réinsertion dans le marché du travail, du fait que celle-ci n’est que cette protection est liée à l’ancienneté dans l’entreprise. </li><li>Les chômeurs âgés doivent avoir de meilleures possibilités de retrouver un emploi. L’obligation d’annoncer les postes vacants décidée par le Parlement doit maintenant être appliquée de manière conséquente pour que les personnes âgées en recherche d’emploi actuellement défavorisées aient une chance. </li><li>Les travailleurs (et les chômeurs) doivent avoir droit à un bilan de compétences (à partir de 45 ans, p. ex.). Ils doivent pouvoir compter sur davantage de soutien pour la formation et la formation continue, à commencer par les branches conventionnées. La Confédération et les cantons doivent faciliter l’accès aux formations certifiantes, comme les CFC.  </li><li>Les travailleurs âgés nécessitent une meilleure couverture sociale en cas de chômage. La réforme de la prévoyance vieillesse 2020 apporte à cet égard une amélioration&nbsp;: les chômeurs resteront désormais assurés dans leur caisse de pension à partir de 58 ans et conservent leur droit à obtenir une rente. Ils ne peuvent plus être obligés, s’ils arrivent en fin de droit, d’entamer leur avoir de vieillesse du 2e pilier. Cette amélioration est naturellement soumise à l’acceptation de la réforme dans les urnes. La Confédération doit en outre introduire une rente-pont pour les personnes en fin de droit (comme le fait le canton de Vaud, p. ex.).</li><li>Prévoir des retraites anticipées dans les solutions de branche.</li><li>Introduire une meilleure protection contre les discriminations, sous la forme d’une interdiction de discriminer, comme l’OCDE l’a par exemple conseillé. </li></ul><p><br></p><h5>Renseignements:</h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire de l’USS, 079&nbsp;205 69 11</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l’USS, 079&nbsp;249 59 74</li></ul>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4811</guid><pubDate>Tue, 04 Apr 2017 13:33:48 +0200</pubDate><title>Dossier 120 : L&#039;importance du droit international pour le droit du travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/dossier-120-die-bedeutung-des-voelkerrechts-fuer-das-arbeitsrecht</link><description>N&#039;existe qu&#039;en allemand</description><content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4769</guid><pubDate>Mon, 13 Mar 2017 11:23:05 +0100</pubDate><title>Calculateur de salaires de l’USS : données actualisées et nouvelle présentation </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/calculateur-de-salaires-de-l-uss-donnees-actualisees-et-nouvelle-presentation</link><description>Plus convivial, fonctionnel et clair</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le nouveau calculateur de salaires de l’USS (<a href="http://www.sgb.ch/typo3/www.salaire-uss.ch" target="_blank" class="external-link-new-window">www.salaire-uss.ch</a>) est en ligne depuis ce week-end. Il contient les dernières données de l’Enquête sur la structure des salaires 2014 et a été totalement remanié. L’USS et ses fédérations proposent ainsi gratuitement un instrument encore plus efficace pour faire la transparence sur les salaires. Les utilisateurs et utilisatrices peuvent avec le calculateur de salaires remanié déterminer encore mieux et plus facilement le salaire statistiquement correct correspondant à un profil d’emploi spécifique et, si nécessaire, lutter contre la sous-enchère salariale. &nbsp;
</p><p>La base de données du calculateur de salaires actualisé est constituée des 1,7 millions de salaires provenant de 35&nbsp;000 entreprises récoltés par l’Office fédéral de la statistique pour son Enquête sur la structure des salaires 2014. Cette fois-ci aussi, un éminent spécialiste du domaine, le politologue genevois Roman Graf, a traité les données de l’OFS. Le calculateur de salaires offre aussi une navigation plus conviviale. Il contient en outre de nouvelles informations et références. Si quelqu’un cherche à calculer un salaire dans une branche conventionnée, il obtient automatiquement un lien à la CCT concernée et par là-même des informations qui vont au-delà du salaire usuel, notamment sur le salaire minimum et d’autres dispositions importantes des conditions de travail. 
</p><p>Comparé à d’autres instruments permettant en Suisse de calculer les salaires, le nôtre apporte une nette plus-value. Il se base tout d’abord sur une base de données complète et peut ainsi prétendre à une représentativité élevée. Ensuite, c’est le seul calculateur qui exclut des critères discriminatoires comme le sexe, le permis de séjour ou la nationalité qui ne doivent pas influencer le salaire. Seuls des critères tels que l’âge, l’ancienneté, la région, la formation et la position hiérarchique peuvent être des éléments constituant du salaire. 
</p><p> Le calculateur de salaires répond à un important besoin. Le nombre d’utilisateurs et d’utilisatrices le démontre&nbsp;: le calculateur établit environ 900&nbsp;000 profils par an (procédures de calcul complètes). Cela représente à peu près 2500 calculs de profils par jour. Ou, autrement dit, chaque année, presqu’un quart des personnes actives professionnellement en Suisse utilisent le calculateur de salaires de l’USS. Cela prouve non seulement son attractivité et son acceptation élevées, mais aussi son utilité&nbsp;: la transparence des salaires est en Suisse toujours un tabou. 
</p><h5>Renseignements:</h5><p>&nbsp;</p><ul><li>Daniel Lampart,      premier secrétaire de l'USS, 079&nbsp;205 68 11 </li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS, 079&nbsp;249 59 74</li></ul>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4750</guid><pubDate>Wed, 01 Mar 2017 09:51:53 +0100</pubDate><title>Légiférer sur le télétravail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/legiferer-sur-le-teletravail</link><description>Une étude de l’OIT confirme qu’il y a un besoin</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Une <a href="http://www.ilo.org/global/about-the-ilo/newsroom/news/WCMS_544140/lang--fr/index.htm" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">nouvelle étude de l'OIT</a> met en évidence les avantages et les difficultés du télétravail. Elle demande, comme l'USS, que les personnes concernées bénéficient d'une protection légale. </p><p>Les technologies numériques permettent toujours plus de travailler où et quand on le souhaite : depuis la maison, l'étranger ou même pendant les vacances. Ce qui est positif sur divers aspects : moins de trafic pendulaire et un meilleur équilibre entre travail et famille. Mais, en même temps, les salarié(e)s sont exposés au risque de travailler plus longtemps, à une intensification du travail et à des interférences entre travail et temps libre. Cela peut provoquer du stress, des maladies et des problèmes sur le plan de la vie sociale, comme le constate une nouvelle étude de l'OIT. Les salarié(e)s qui travaillent régulièrement depuis la maison sont en effet plus stressés que ceux qui ne travaillent qu'au bureau. Ils souffrent davantage de problèmes de sommeil et d'angoisses. 
</p><p>Le Conseil fédéral a aussi constaté ces problèmes dans son rapport de 2016, mais n'a pas voulu légiférer. 
</p><h3>Mettre en œuvre les recommandations de l'OIT </h3><p>Le rapport de l'OIT fait plusieurs recommandations. Il exige que tous les salarié(e)s qui effectuent du télétravail soient traités de la même manière. Le télétravail doit de ce fait être pratiqué en conformité avec la loi et librement consenti. Il faut s'assurer que les personnes qui travaillent à la maison puissent continuer à échanger avec leurs collègues. Le temps de travail et l'interdiction du travail de nuit et du dimanche ainsi que les pauses doivent aussi répondre aux prescriptions de la médecine du travail, respectivement de la loi sur le travail. Il faut en outre enregistrer la durée du travail. C'est actuellement aisément et partout réalisable, par exemple avec des applications sur smartphone ou PC. 
</p><p>L'enregistrement du temps de travail à une époque où l'on doit être joignable en permanence est particulièrement important. On ne peut accepter que les personnes qui effectuent du télétravail fournissent du travail gratuit, s'exploitent elles-mêmes et risquent le burnout. 
</p><h3>Les propositions de l'USS </h3><p>Les prescriptions sur la protection de la santé doivent aussi s'appliquer au télétravail : en particulier l'enregistrement du temps de travail et les dispositions sur les temps de repos, de même que la durée maximale du travail. Les conventions collectives de travail doivent aussi prévoir des mesures de protection contre les risques pour la santé physique et psychique, ainsi qu'une régulation du télétravail. Dans les branches et les entreprises concernées, il faut aussi réguler, par exemple par la voie conventionnelle, cette tendance à être joignable en permanence grâce aux technologies modernes. 
</p><p>Il faut aussi urgemment agir sur les questions du matériel, des frais et de la protection des données. Le rapport de l'OIT l'indique également. Actuellement, les frais de matériel notamment sont souvent reportés sur les salarié(e)s. En Suisse, c'est le cas selon l'interprétation que l'on fait de la loi. Il y a aussi des lacunes législatives dans la protection des données. L'employeur peut ainsi contrôler le comportement des salarié(e)s et même de leurs proches en surveillant leur présence en ligne et le flux des données. 
</p><h3>Adapter la loi sur le travail à domicile </h3><p>Les syndicats de l'USS ont décidé à la dernière AD d'inclure systématiquement les requêtes liées au télétravail dans les CCT. D'importantes lacunes demeureront quand même : presque 50 % des salarié(e)s ne bénéficient pas d'une CCT. Pour ces salarié(e)s, il faut légiférer. Mais comment ? 
</p><p>Le plus simple serait de rassembler dans un seul texte de loi toutes les dispositions actuelles sur la sécurité au travail et la protection de la santé, le volontariat, ainsi que les questions touchant à la protection des données et aux coûts du télétravail. Le rapport de l'OIT signale qu'il faut aborder sur le plan juridique les répercussions négatives possibles du télétravail. Le Conseil fédéral l'a aussi concédé en 2016, en particulier pour le respect de la sécurité au travail et la protection de la santé. 
</p><p>La loi sur le travail à domicile (LTrD) règle actuellement le travail industriel et artisanal traditionnel effectué à la maison. C'est un paradoxe : il existe des dispositions spéciales dans une loi pour une forme de travail qui n'existe presque plus alors que ce n'est pas le cas du télétravail qui pourtant augmente. Cela ne coûterait pas grand-chose d'adapter la LTrD au télétravail moderne. Conformément au rapport de l'OIT, l'USS demande donc que le Conseil fédéral concrétise les dispositions nécessaires sur le télétravail dans la LTrD et modifie cette loi. </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4737</guid><pubDate>Wed, 22 Feb 2017 11:55:55 +0100</pubDate><title>Lutter efficacement contre le travail au noir, enfin!</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/lutter-efficacement-contre-le-travail-au-noir-enfin</link><description>Session parlementaire de printemps: aperçu</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Selon un rapport d’évaluation du Conseil fédéral, le travail au noir n’est toujours pas assez fermement combattu en Suisse. Le Parlement doit maintenant en tirer les conséquences quand il traitera de la loi sur le travail au noir. Parce que les employeurs qui emploient au noir lèsent non seulement les salarié(e)s, mais aussi la collectivité.</p><p>Le travail au noir induit des lacunes dans les assurances sociales et ouvre grand la porte aux dumpings social et salarial. Les employeurs qui emploient au noir se livrent en outre à une concurrence déloyale face aux employeurs qui se comportent correctement. Le Parlement doit tenir compte de tous ces éléments dans la révision de la loi sur le travail au noir (LTN) &nbsp;sur laquelle il se penche à la session de printemps.  
</p><p>L’USS demande que la lutte contre le travail au noir soit cohérente. Il y a encore beaucoup à faire à ce niveau. Il est central que les employeurs aient déclaré les salarié(e)s aux assurances sociales au premier jour de travail. Dans la réforme de la LTN, il faut de ce fait annuler les interventions parlementaires de la droite qui veulent revenir sur cette obligation, à savoir déclarer immédiatement les travailleurs aux assurances sociales et leur fournir un certificat d’assurance. La lutte contre le travail au noir impose que les employeurs puissent déclarer de manière non bureaucratique mais rapide leurs salarié(e)s.
</p><h3>Les amendes doivent être dissuasives</h3><p>L’idée de certains parlementaires, qu’une minorité de la Commission compétente du Conseil des Etats veut suivre, de supprimer les sanctions en cas de violations des obligations d’annonce et d’établissement de relevés (art. 18a LTN) consterne les syndicats. L’USS invite le Parlement non seulement à accepter les dispositions sur les sanctions proposées par le Conseil fédéral (1000 francs au maximum, 5000 francs en cas de récidive), mais plutôt à les durcir.  
</p><p>Les employeurs qui violent l’obligation de déclarer les nouveaux salarié(e)s doivent être sanctionnés d’une amende allant jusqu’à 30&nbsp;000 francs et jusqu’à 50&nbsp;000 en cas de récidive. Sinon, les employeurs pourraient gagner gros en employant au noir et s’en sortir avec une amende d’à peine 1000 francs s’ils sont découverts. L’effet dissuasif est nul&nbsp;! 
</p><p>Il faut en ensuite établir un lien entre cette législation et celle sur les marchés publics. Ceux qui emploient des salarié(e)s au noir doivent être systématiquement exclus de l’attribution des marchés publics. 
</p><h3>Meilleure coopération</h3><p>Si l’on veut améliorer la lutte contre le travail au noir, les différentes autorités doivent en plus mieux coopérer entre elles, mais aussi avec les organes paritaires, quand il existe une CCT étendue. En présence de travail au noir, qui peut aussi impliquer des violations des dispositions conventionnelles (décomptes de salaires erronés, etc.), les autorités doivent aussi informer les organes paritaires et inversement. Sans une telle coopération, il n’est pas possible de lutter efficacement contre le travail au noir à une époque où il augmente dans des branches où les mesures d’accompagnement devraient en fait aussi se déployer efficacement.
</p><h3>Légaliser les sans-papiers</h3><p>L’USS appelle également le Parlement à légaliser la situation des personnes qui sont en Suisse depuis longtemps mais travaillent sans permis de séjour (sans-papiers). Cette avancée, qui n’a que trop tardé, libérerait de nombreux travailleurs, souvent des travailleuses employées dans le travail domestique, les soins ou la gastronomie, de la précarité et de l’exploitation. Cela couperait durablement l’herbe sous les pieds de ceux qui veulent employer au noir dans ces branches.&nbsp;&nbsp; </p>]]></content:encoded><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4735</guid><pubDate>Wed, 22 Feb 2017 11:14:15 +0100</pubDate><title>100 millions pour encourager l’accueil extrafamilial des enfants </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/100-millions-pour-encourager-l-accueil-extrafamilial-des-enfants</link><description>Session parlementaire de printemps: aperçu</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Il ne tient qu’au Conseil des Etats de redonner un élan à l’accueil extrafamilial des enfants. Il doit au moins accepter un geste qui va dans la bonne direction même s’il ne suffit pas. Les 100 millions d’aide permettront toutefois d’apporter une petite contribution à la meilleure employabilité des femmes à des taux d’occupation acceptables pour leurs futures retraites.&nbsp; </p><p>Afin que l’initiative visant à combattre la pénurie de personnel qualifié permette de faire avancer les choses, le Conseil fédéral a proposé l’été dernier que les aides financières à l’accueil extrafamilial des enfants soit prolongée&nbsp;: pendant cinq ans, 100 millions doivent permettre de réduire les contributions des familles et de mieux couvrir les besoins des parents qui travaillent. Un petit montant, une maigre proposition. L’affaire n’a quasiment pas fait l’objet de contestation pendant la procédure de consultation, mais a provoqué depuis pas mal de remous.
</p><p>Pour rappel: en novembre 2016, la Commission de la science, de l'éducation et de la culture (CSEC) du Conseil des Etats a décidé, après avoir auditionné l’Union patronale et economiesuisse, mais pas les syndicats (!), de ne pas entrer en matière sur la proposition du Conseil fédéral et de ne pas non plus l’examiner en détail. Le Conseil des Etats a corrigé cette décision irréfléchie et renvoyé le dossier à la CSEC pour qu’il le traite sérieusement. La commission a fait ses devoirs et, le 21 février, a largement suivi la proposition du Conseil fédéral. Le 14 mars, celle-ci revient au Conseil des Etats. 
</p><h3>Important pour les futures retraites</h3><p>Le Conseil des Etats ferait bien de rejoindre la position de sa commission et soutenir les améliorations visées dans l’accueil extrafamilial des enfants. Pendant cette session, le Parlement prendra sa décision finale sur la réforme Prévoyance vieillesse 2020 dont les femmes feront en grande partie les frais. Le Parlement doit donc absolument veiller à ce que celles-ci n’assument pas des pertes de rentes encore plus lourdes. Des mesures comme les aides financières pour l’accueil extrafamilial des enfants aident à décharger les femmes et les hommes du travail familial non rémunéré et leur permettent de travailler à un taux d’occupation qui leur assure des revenus ouvrant le droit à des rentes. 
</p><h3>La direction est la bonne</h3><p>Le Conseil des Etats ne doit donc en aucun cas entrer en matière sur la proposition de minorité de réduire à 50 millions le montant de l’aide. Cent millions représentent déjà une petite somme qui va certes améliorer la situation, mais ne va pas suffire à supprimer le malaise de la conciliation entre famille et travail qui règne en Suisse. Comme l’USS l’a déjà indiqué dans la procédure de consultation, il faut que la participation des pouvoirs publics soit d’au moins 1% du PIB. L’USS demande en outre que des critères de qualité soient définis pour les établissements et les projets subventionnés. Car le bien des enfants et du personnel exige obligatoirement une bonne formation et de bonnes conditions de travail. Il faut aller dans cette direction et pas dans celle de davantage de mesures d’économies et de programmes de démantèlement de l’Etat comme le demandent les politiciens néolibéraux.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4731</guid><pubDate>Tue, 21 Feb 2017 16:30:39 +0100</pubDate><title>Pas de démontage de la loi sur le travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pas-de-demontage-de-la-loi-sur-le-travail</link><description>La CER du Conseil national n’a rien appris de la débâcle de la RIE III</description><content:encoded><![CDATA[<p> L'USS va lutter de toutes ses forces contre le démantèlement de la loi sur le travail qu'a accepté aujourd'hui la Commission de l'économie et des redevances du Conseil national (CER-N). En transmettant les initiatives parlementaires de Konrad Graber et Karin Keller-Sutter aux Chambres, la CER-N attaque frontalement la protection de la santé des salarié(e)s. Par cette attitude jusqu'au-boutiste, la commission n'a pas tiré les leçons de la débâcle de la RIE III. 
</p><p>Encore plus d'épuisement, encore plus de travail de nuit et dominical, voilà ce que provoqueraient ces initiatives. Le stress et les cas de burn-out augmenteraient dramatiquement. Les inspecteurs ne pourraient plus contrôler que les durées maximales du travail, les temps de repos et de pause ainsi que l'interdiction du travail dominical et de nuit soient respectés. 
</p><p>L'initiative extrême du conseiller aux Etats Graber vise tout le secteur des services. Elle s'attaque non seulement à l'enregistrement du temps de travail, mais aussi au cœur des dispositions de la loi sur le travail relatives à la durée du travail et du repos dans ce secteur. Dans une clause élastique, les " travailleurs qui exercent une fonction dirigeante " et les " spécialistes " ne devraient plus enregistrer leur temps de travail. Ils devraient ainsi travailler pratiquement 24 heures sur 24, même le dimanche. L'initiative s'attaque en outre frontalement à la durée maximale du travail hebdomadaire. 
</p><p>L'initiative Keller-Sutter propose de libérer de l'obligation de saisir leur temps de travail le " personnel dirigeant et les spécialistes " de toutes les branches et cela sans aucune mesure compensatoire pour protéger leur santé. Les travailleurs et travailleuses ne devraient plus donner leur autorisation et il n'y aurait plus non plus de procédure paritaire pour pouvoir contrôler le respect des dispositions matérielles de la loi sur le travail théoriquement encore en vigueur. Alors que dans ce domaine, une importante dérégulation de l'enregistrement du temps de travail vient d'entrer en vigueur, le 1er janvier 2016. 
</p><h5>Renseignements:</h5><ul><li> Luca Cirigliano, secrétaire central de l'USS, responsable du dossier conditions de travail, 076 335 61 97 </li></ul>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4712</guid><pubDate>Thu, 09 Feb 2017 10:30:46 +0100</pubDate><title>Temps de travail : pas question de déréguler encore plus</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/temps-de-travail-pas-question-de-dereguler-encore-plus</link><description>Il faut mettre des limites hebdomadaires au temps de travail</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> De longues durées du travail détruisent la santé psychique et physique. Une étude australienne montre que travailler plus de 39 heures par semaine a des répercussions négatives sur la santé. En Suisse, où la durée moyenne du travail est déjà plus élevée, on parle de déréguler aussi les temps de repos et les durées maximales hebdomadaires. </p><p>Travailler plus de 39 heures par semaine nuit à la santé. Phénomène qui est encore aggravé quand les dispositions sur le temps de repos ne sont pas respectées. La Suisse, où le temps de travail moyen stagne depuis des années à 42 heures devrait justement prendre très au sérieux les résultats de cette <a href="http://www.anu.edu.au/news/all-news/a-healthy-work-limit-is-39-hours-per-week" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">nouvelle étude</a> de la Australian National University (ANU). Depuis l'abandon du taux plancher pour le franc, de nombreuses entreprises ont encore augmenté le temps de travail hebdomadaire. 
</p><h3>Durée du travail hebdomadaire idéale pour la santé </h3><p>L'étude explique que des durées du travail élevées mettent en danger la santé psychique et physique d'une personne parce que celle-ci a moins de temps pour se nourrir correctement, prendre soin de sa santé et se reposer. Cela est d'autant plus valable pour les femmes qui, en raison de leurs tâches domestiques et de l'assistance prodiguée aux proches, sont souvent confrontées à une double journée. 
</p><p>Selon l'étude, la limite psychologique d'une durée hebdomadaire de travail saine est de 34 heures pour les personnes qui s'occupent de proches et du travail domestique. L'étude qui est unique en son genre a utilisé les données de plus de 8000 salarié(e)s australiens. 
</p><h3>Semaine de 50 heures ? </h3><p>Les résultats de cette étude sont aussi pertinents dans le débat politique suisse. Les conseillers aux Etats Graber et Keller-Sutter veulent supprimer la durée maximale hebdomadaire de travail et l'interdiction du travail de nuit et du dimanche pour des salarié(e)s du secteur des services ainsi que l'obligation d'enregistrer le temps de travail. Des semaines de 50 heures et plus pourraient devenir la norme. Les répercussions sur la santé des salarié(e)s seraient catastrophiques. Le nombre déjà élevé de burnouts en Suisse exploserait inévitablement. 
</p><p>Les motions cyniques de Graber et Keller-Suter ne sont donc clairement pas indiquées quand on voit la réalité des faits. Il faut plutôt améliorer la protection psychosociale des salarié(e)s en enregistrant davantage le temps de travail et en respectant les dispositions protectrices sur le temps de travail de la loi sur le travail. Et si une réforme devait être entreprise, il faudrait plutôt baisser la durée maximale du temps de travail. </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4690</guid><pubDate>Thu, 02 Feb 2017 08:39:57 +0100</pubDate><title>Le stress doit être combattu pas démultiplié !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-stress-doit-etre-combattu-pas-demultiplie</link><description>Deux membres du Conseil des États veulent donner le feu vert à encore plus de stress</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">De plus en plus de personnes se sentent stressées au travail. Cela n'empêche pas les conseillers aux États K. Graber et K. Keller-Sutter de vouloir ouvrir tout grand la porte au stress dans le secteur des services en permettant des durées de travail excessives. </p><p>Une <a href="http://www.unia.ch/fr/actualites/actualites/article/a/13244/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">nouvelle étude d'Unia</a> confirme que le stress au travail augmente pour les professions de bureau. 15,4 % des personnes interrogées se sentent toujours et 54,4 % souvent stressées. Seuls 6,2 % reconnaissent n'être jamais ou que rarement stressés. 58,7 % donnent le " travail contre la montre " comme principal motif de stress, 46 % des " interruptions fréquentes ", 40,5 % la " pression à la performance ", 34,3 % des " instructions de travail imprécises ", 29,9 % des " journées de travail trop longues " et 17,5 % le " travail pendant le temps libre ". 
</p><p>Le sondage montre aussi qu'aujourd'hui encore, la prévention dans les entreprises contre les risques psychosociaux comme le stress est trop faible, alors que depuis 2015, une opération d'exécution prioritaire du SECO et des inspectorats cantonaux du travail est en cours. 
</p><h3>Un emploi sur trois en point de mire </h3><p>Il est fort intéressant de noter que le sondage d'Unia a été précisément réalisé auprès de catégories de travailleurs et travailleuses directement concernées par les initiatives parlementaires K. Graber et K. Keller-Sutter destinées au " personnel dirigeant " et aux " spécialistes " des services. Petit rappel : ces initiatives veulent supprimer, pour ces catégories de personnes, la protection matérielle de la santé garantie par les durées maximales de travail, les pauses et l'interdiction du travail de nuit et du travail dominical. 
</p><p>Or les personnes titulaires d'un diplôme de degré tertiaire (écoles supérieures et formation professionnelle supérieure) qualifiables de " spécialistes " représentent environ 40 % de la population âgée dite active. Le " personnel dirigeant " représente, lui, environ 34 % des salarié(e)s. Les données fournies par le sondage d'Unia montrent de façon impressionnante que ce sont précisément ces catégories qui souffrent fortement du stress au travail ! 
</p><h3>" La santé, ce n'est pas notre affaire " </h3><p>Le renoncement total à l'enregistrement de la durée du travail est de plus cyniquement justifié par le souhait qu'auraient les travailleurs et travailleuses d'être autonomes et " vendu " comme prouvant la confiance placée en eux par les employeurs. Or il est clair que les systèmes de saisie du temps de travail qui permettent d'être flexible et ne réduisent pas l'autonomie quant à l'aménagement de l'horaire sont déjà possibles sans autre aujourd'hui dans le cadre de la législation sur le travail ! Les dispositions sur l'enregistrement de la durée du travail n'ont été déréglementées qu'à partir du 1er janvier 2016 et nombre d'employeurs s'en disent satisfaits. Seuls les représentant(e)s des branches les plus idéologisées, comme Expertsuisse (association des experts suisses en audits, fiscalité et fiduciaire) ou l'Alliance réflexion suisse (regroupement informel de l'Association Suisse d'Assurances, Fiduciaire Suisse et ICTS Switzerland) veulent, avec leurs revendications extrémistes, continuer à vider de sa substance la protection des travailleurs et travailleuses. Et se moquent royalement de la santé de ces derniers ! 
</p><h3>La commission veut tout de même approfondir la question </h3><p>L'Union syndicale suisse (USS) et ses fédérations s'opposent à ces projets qui déboucheront finalement sur du travail gratuit. La commission préparatoire du Conseil national ne les a pas tout simplement acceptés sans broncher, mais entend clarifier cette problématique jusqu'au mois de mai. L'USS est satisfaite de cette décision prise sous le signe de la raison. Elle s'engagera également pour que les domaines problématiques de la " joignabilité permanente " et du télétravail soient mieux réglementés. Quant à ses fédérations, elles feront en sorte que les conventions collectives de travail définissent des mesures efficaces de protection de la santé contre les risques psychosociaux, donc y compris le stress.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4654</guid><pubDate>Wed, 11 Jan 2017 17:10:37 +0100</pubDate><title>Oui à l’économie numérique mais pas sans protection des travailleurs</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/oui-a-l-economie-numerique-mais-pas-sans-protection-des-travailleurs</link><description>L’USS se prononce sur le rapport du Conseil fédéral</description><content:encoded><![CDATA[<p>L'USS salue que le Conseil fédéral veuille développer une position globale sur l'économie numérique par des documents de stratégie. Le rapport publié aujourd'hui analyse les aspects portant sur la concurrence entre les prestataires de services numériques et ceux qui offrent des services traditionnels et plus particulièrement dans le domaine des taxis. Le Conseil fédéral propose de modifier les régulations qui s'appliquent dans les domaines traditionnels au profit des prestataires de services numériques (p. ex. pour le service de taxis Uber). Le risque de démanteler la protection des travailleurs et des travailleuses est à cet égard important. 
</p><p>Des réformes pour encourager la numérisation de l'économie ne doivent pas être utilisées pour péjorer les conditions de travail. Le conseiller national Philippe Nantermod souhaite par exemple, par une initiative parlementaire, supprimer les tachygraphes pour les chauffeurs d'Uber. Il ne serait ainsi plus possible de contrôler depuis combien de temps les chauffeurs sont en route et si, en raison de la fatigue, ils ne mettent pas en danger leurs passagers et les autres usagers de la route. C'est inacceptable ! 
</p><p>Si l'on cherche à savoir où la législation handicape la numérisation, il fait aussi garder à l'esprit le bien-être des travailleurs et travailleuses et la lutte contre la fausse indépendance. L'USS exige que le Conseil fédéral intègre les syndicats de manière conséquente à ces analyses. 
</p><p>Le Conseil fédéral suggère encore de la flexibilité dans l'application de certaines régulations existantes envers l'économie de partage. Il est toutefois clair pour l'USS que les règles concernant les conditions de travail usuelles selon le lieu et la branche, les salaires, les assurances sociales, la protection de la santé et la sécurité au travail doivent s'appliquer à tous les employeurs, peu importe s'ils offrent leurs services par la voie numérique ou traditionnelle. 
</p><h5>Renseignements</h5><ul><li>Luca Cirigliano, en charge du dossier du droit du travail et de la protection de la santé, 076 335 61 97</li></ul>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4652</guid><pubDate>Wed, 11 Jan 2017 14:48:18 +0100</pubDate><title>Préférence donnée aux chômeurs: mise en œuvre conséquente!</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/preference-donnee-aux-chomeurs-mise-en-oeuvre-consequente</link><description>Le Comité de l&#039;USS prend position sur la mise en œuvre de l&#039;initiative contre l&#039;immigration de masse</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le Comité de l’Union syndicale suisse (USS) a discuté aujourd’hui de la préférence donnée aux chômeurs et chômeuses décidée par Le Parlement dans le cadre de la mise en œuvre de l’initiative contre l’immigration de masse. Il est favorable à cette mesure. Mais celle-ci doit maintenant être appliquée de manière conséquente afin que les chômeurs et chômeuses retrouvent rapidement un emploi à l’avenir, peu importe la couleur de leur passeport. L’USS va suivre de près la mise en œuvre de cette mesure et veillera à ce qu’elle apporte une amélioration concrète aux travailleurs et travailleuses.&nbsp; 
</p><p>De nombreux problèmes du marché du travail ne sont toutefois pas résolus. Il faut instaurer une meilleure protection contre le licenciement pour les salarié(e)s de longue date et âgés. Les dispositions pour protéger les salarié(e)s contre la sous-enchère salariale n’ont pas été suffisamment renforcées. Le relèvement des sanctions de 5000 à 30&nbsp;000 francs ainsi que la prolongation facilitée des contrats-types de travail avec des salaires minimums ont certes été positifs, mais ne suffisent pas pour imposer partout que des salaires suisses soient versés en Suisse. La Confédération doit abaisser les obstacles à la déclaration de force obligatoire des conventions collectives de travail. Il faut aussi qu’il y ait plus de contrôles. Et quand des abus sont flagrants, les cantons doivent pouvoir interrompre les travaux. 
</p><p>Le Comité de l’USS salue le fait que la décision du Parlement permette de maintenir les accords bilatéraux et qu’aucune nouvelle discrimination entre les salarié(e)s n’ait été introduite. Dans la discussion, on a rappelé que des relations stables avec l’UE, le principal partenaire économique de la Suisse, sont cruciales. Il est en outre important pour les salarié(e)s qu’il n’y ait pas de contingents. Car l’ancien système des contingents était mauvais, il a provoqué beaucoup de travail au noir et une pression accrue sur les salaires. Le Comité souligne que la préférence aux chômeurs et chômeuses doit aussi être appliquée aux frontaliers et frontalières. 
</p><p>Lors de cette même séance, le Comité de l’USS a également traité le démantèlement des offices postaux. Non seulement la reconversion digitale, mais aussi la recherche du profit accélère le démantèlement des services publics. Le Comité de l’USS soutient le syndicat actif dans la branche, Syndicom, dans sa défense des prestations postales. Le Conseil fédéral doit veiller à ce que les entreprises proches de la Confédération, et pas seulement la Poste, remettent les prestations au centre de leur préoccupations &nbsp; 
</p><h5>Renseignements: &nbsp; </h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire de l'USS, 079&nbsp;205 68 11</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS, 079&nbsp;249 59 74 </li></ul>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Assurance-chômage</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4627</guid><pubDate>Mon, 19 Dec 2016 09:54:48 +0100</pubDate><title>Une aide concrète et globale pour les victimes de l’amiante</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/une-aide-concrete-et-globale-pour-les-victimes-de-l-amiante</link><description>Table ronde sur l’amiante a posé un jalon avec la création d’un fonds d’indemnisation </description><content:encoded><![CDATA[<p> L'Union syndicale suisse (USS) et Travail.Suisse constatent avec satisfaction que la table ronde présidée par l'ancien conseiller fédéral Moritz Leuenberger s'est mise d'accord sur des solutions destinées à gérer efficacement les conséquences de la tragédie de l'amiante, et clos ainsi ses travaux sur un succès. En demandant la création d'une table ronde, les syndicats avaient donné une impulsion déterminante à sa réalisation par le Conseil fédéral. L'interdiction de l'amiante en 1989 était déjà à porter au crédit des efforts déployés alors par les syndicats sous la houlette de Vasco Pedrina.
</p><p>Les solutions présentées par la table ronde sont un jalon important dans le long processus qu'est la gestion du fardeau de l'amiante. Si elles ne peuvent sans doute pas supprimer la douleur humaine des victimes de l'amiante, elles atténueront du moins les répercussions catastrophiques sur la situation financière des victimes des maladies dues à ce matériau.
</p><p>Les principes adoptés par la table ronde concernant le fonds d'indemnisation prévoient, d'une part, des versements en espèces à toutes les victimes de l'amiante. L'aide financière destinée à celles qui n'ont pas droit aux prestations de l'assurance-accidents obligatoire sera fortement augmentée. Parallèlement, un service d'assistance psychologique sera mis en place à l'intention de toutes les victimes de l'amiante ainsi que des personnes potentiellement concernées. Ce service aura également une action préventive. En effet, 120 personnes tombent chaque année malades parce qu'elles ont été en contact avec l'amiante. Ce service d'assistance entamera ses activités au premier semestre 2017 dans la région de Zurich-Glaris, pour les étendre ensuite à tout le pays.
</p><p>Un fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante, qui sera créé dans les semaines à venir, sera chargé d'exécuter ces tâches. Son financement par Eternit, les assureurs privés et les entreprises de chemins de fer n'est toutefois assuré que pour les premières années. Pour qu'il puisse avoir des effets durables, d'autres engagements financiers de branches et de grandes entreprises sont nécessaires. Les établissements cantonaux d'assurance des bâtiments, respectivement les cantons, devront assumer leurs responsabilités à cet égard. De fait, les ordonnances sur la protection contre l'incendie promulguées à l'époque ont eu pour conséquence que l'amiante fut utilisée à une grande échelle dans la construction de bâtiments. Pour que les syndicats soient d'accord avec les solutions élaborées par la table ronde, il faut que le financement du fonds repose sur des bases solides. Aux milieux économiques et autres, qui n'ont pas encore fait le pas, d'en produire la preuve concrète.
</p><p>Outre le fonds d'indemnisation, l'USS est aussi parvenue à initier d'autres progrès :</p><ul><li>Répartition équitable du poids des primes entre les branches de la SUVA. Celle-ci s'attend à des coûts supplémentaires à hauteur du milliard de francs. Grâce à la création d'une réassurance interne, qui devrait entrer en vigueur au 1er janvier 2019, la charge des branches concernées par des grands sinistres comme la tragédie de l'amiante pourra être allégée.</li><li>Ajout dans la nouvelle ordonnance sur la limitation et l'élimination des déchets d'une obligation de donner des indications quant à la présence d'amiante. Les travailleurs et travailleuses occupés dans la transformation et la démolition de bâtiments datant des années 1970 et 1980 contenant de l'amiante pourront ainsi être efficacement protégés.</li></ul><h5>Renseignements:</h5><ul><li>Luca Cirigliano, secrétaire de l'USS, représentant de l'USS à la table ronde sur l'amiante, 076 335 61 97</li><li>Vasco Pedrina, représentant du syndicat Unia à la table ronde sur l'amiante, 079 772 37 47</li><li>Mathias Regotz, représentant de Travail.Suisse à la table ronde sur l'amiante, 078 811 74 79 </li></ul>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4622</guid><pubDate>Tue, 13 Dec 2016 17:07:51 +0100</pubDate><title>Non à la loi de la jungle !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/non-a-la-loi-de-la-jungle</link><description>Colloque juridique de l’USS : le temps de travail, un thème central pour les syndicats</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le colloque juridique de l'USS de cette année s'est penché sur le thème du temps de travail. Cela implique aussi la question de la protection de la santé et celle de la possibilité de planifier sa vie. Le colloque a montré clairement que les syndicats sont mis au défi. </p><p>Le président de l'USS, Paul Rechsteiner, a rappelé dans son allocution de bienvenue que la problématique du temps de travail appartient aux questions classiques touchant au droit du travail et aux activités syndicales. Une des premières lois dans le domaine de la protection des travailleurs et travailleuses, la loi glaronnaise sur les fabriques, réglait et limitait le temps de travail. Mais le choix du thème du colloque avait aussi des motivations fondamentales et politiques : " Par leurs interventions parlementaires encore en suspens, Konrad Graber et Karin Keller-Sutter demandent un démantèlement radical des dispositions protectrices de la loi sur le travail sont nombreuses. L'USS luttera avec tous ses moyens contre ces détériorations. "
</p><h3> Discriminations indirectes dues à l'aménagement du temps de travail</h3><p> Stéphanie Perrenoud, chargée de cours à l'Université de Neuchâtel, a analysé les discriminations indirectes dues à l'aménagement du temps de travail et à sa planification. Elle a montré que le temps partiel contraint ou les réductions de temps de travail imposées discriminent, le cas échéant les femmes, ce qui enfreint les dispositions de la loi sur l'égalité et la Convention européenne des droits de l'homme. L'aménagement du temps de travail, et des plans d'interventions est discriminatoire s'il n'est pas conciliable avec le travail familial ainsi que d'assistance et de soins (" care ") que les femmes effectuent souvent. Ce qui est au contraire bien plus important est d'être autonome en matière d'horaire de travail et de pouvoir aménager les plans de travail d'une manière participative, non discriminatoire et sûre. L'affichage des horaires, selon l'article 69 de l'ordonnance 1 relative à la loi sur le travail, doit être interprété à la lumière de la loi sur l'égalité, sinon l'employeur se rend responsable d'une discrimination indirecte. 
</p><h3>Planifier le temps de travail et éviter du stress </h3><p>L'affichage des plans d'interventions se fait toujours plus à court terme dans des branches comme la santé, la restauration et le commerce de détail. Cela produit des formes de travail sur appel et de service de permanence (éventuellement non rétribué) contraints. Le stress, pour les salarié(e)s, augmente, la possibilité de planifier son temps de travail, ses obligations ou activités familiales ou autres diminue. L'exposé de Bassem Zein, représentant de l'Office fédéral de la justice, a repris cet aspect dans son exposé. Il a surtout montré que le travail sur appel est restreint par la jurisprudence du Tribunal fédéral, en particulier en ce qui concerne les changements abrupts des horaires de travail : l'employeur est obligé de fournir suffisamment de travail ou, s'il n'y parvient pas, un salaire adéquat. 
</p><p>L'USS a, lors de sa dernière Assemblée des délégué(e)s, retenu cet aspect et exigé que les plans d'interventions soient communiqués au moins quatre semaines à l'avance. Et lorsque ces plans sont modifiés à plus court terme, un supplément de salaire de 25 % doit être versé. Lors d'un service de piquet, le temps d'attente doit être réduit au minimum et le service de permanence doit être honoré d'un supplément d'au moins 25 % de salaire. 
</p><h3>Étude sur la responsabilité liée en matière de stress </h3><p>En raison des formes toujours plus précaires de la planification des interventions et de sa densification croissante du travail, le stress augmente toujours plus. L'épuisement professionnel (" burnout ") est malheureusement devenu la norme dans le monde du travail suisse. Sabine Steiger-Sackmann, professeure à la Haute école des sciences appliquées de Zurich, a observé qu'un quart des salarié(e)s se sentaient actuellement stressés, et qu'encore plus trouvaient que les horaires de travail étaient pénibles. L'USS a mandaté une étude à la professeure sur la manière de procéder concernant la responsabilité en matière de stress, étude qui sera publiée en 2017. Cette étude va se concentrer surtout sur les problèmes procéduraux liés à la production de preuves. Ce sera aussi la tâche des assurances sociales d'utiliser leur possibilité de déposer plainte selon l'article 72 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA), recours contre l'employeur responsable, puisqu'en cas de maladie, le privilège matière de responsabilité (art. 75 al. 2 LPGA) ne s'applique pas. On devrait ainsi empêcher que les coûts ne soient reportés sur la communauté. 
</p><p>Dans le domaine du burnout également, l'USS va passer à l'offensive au plan législatif, Elle s'engagera, dans la réforme à venir de l'assurance-accidents (Annexe 1 à l'art. 14 ordonnance sur l'assurance-accidents), pour que le burnout soit reconnu comme une maladie professionnelle. Le colloque juridique a donné des inputs précieux à cet égard. 
</p><h3>S'opposer au report du risque entrepreneurial sur le personnel </h3><p>Gabriela Riemer-Kafka, professeure à l'Université de Berne, s'est attelée dans son exposé à la question du salaire dû par l'employeur pour le temps consacré au travail par l'employé(e). Quand le taux-plancher a été supprimé par la Banque nationale suisse, beaucoup d'employeurs avaient essayé de reporter le risque lié au taux de change sur les employé(e)s en imposant une prolongation du temps de travail pour le même salaire. Comme elle l'a rappelé dans son exposé, ces reports du risque entrepreneurial sont nuls et non avenus. La professeure Riemer-Kafka a montré quels instruments permettent de combattre de tels reports. 
</p><h3>Le télétravail </h3><p>Luca Cirigliano, responsable du dossier du droit du travail et des conditions de travail à l'USS a traité le problème du télétravail. Le travail à domicile n'a en fait rien de nouveau. Si par le passé, l'artisanat et l'industrie étaient concernés par ce phénomène, c'est le cas aujourd'hui d'activités effectuées en bureau, comme le journalisme, la traduction, l'informatique. Il y a seulement deux semaines, le Conseil fédéral a rendu attentif dans un rapport aux problèmes du télétravail soit la saisie du temps de travail, le respect des temps de repos ou le fait d'être constamment joignable.Luca Cirigliano a développé des revendications concrètes pour adapter le droit suisse du travail au télétravail. Le moyen pour le faire : la modernisation de la loi sur le travail à domicile (LtrD). 
</p><p>Précisions : </p><ul><li>Les exposés du colloque peuvent être écoutés en tant que podcast sur <a href="http:/http://jusletter.weblaw.ch/fr/juslissues/2016/873.html/" target="_blank" class="external-link-new-window">www.jusletter.ch</a> probablement à partir de janvier 2017.</li><li>Un numéro spécial du journal spécialisé " Pratique Juridique Actuelle (PJA) " publiera une transcription écrite des exposés du colloque. Celui-ci paraîtra probablement en mars 2017.</li></ul>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4615</guid><pubDate>Fri, 09 Dec 2016 15:44:32 +0100</pubDate><title>Retour du statut de saisonnier et nouvelles discriminations évités</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/retour-du-statut-de-saisonnier-et-nouvelles-discriminations-evites</link><description>Le président de l&#039;USS sur la mise en oeuvre de l&#039;art. 121a: préférence aux chômeurs non discriminatoire à la place de contingents</description><content:encoded><![CDATA[<p>C’est maintenant sûr: il n’y aura pas de nouveau statut de saisonnier en Suisse, ni de nouveau système de contingents. La menace de voir l’avènement d’un tel système planait depuis l’acceptation de l’initiative UDC contre l’immigration de masse. Nous avons pu l’éviter au Parlement. 
</p><p>Une <a href="http://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/article/details/anciens-contingents-inhumains-et-economiquement-nuisibles/" target="_blank" rel="noreferrer">nouvelle brochure de l’Union syndicale suisse</a> montre à quel point ce système était inhumain et en plus économiquement néfaste.
</p><p>La préférence donnée aux chômeurs et chômeuses qui a été adoptée est le fruit d’une coalition entre le PS et le PLR. Elle a été initiée au Conseil des Etats. Cela a été possible grâce à la votation sur l’initiative de mise en œuvre de l’UDC du 28 février 2016. La nouvelle coalition a été nécessaire parce que la proposition «&nbsp;fidèle&nbsp;» du Conseil fédéral de mettre en œuvre unilatéralement l’initiative UDC contre l’immigration de masse en ayant recours à des contingents menait directement à l’impasse. 
</p><p>L’obligation d’annonce des postes vacants est la base de la <b>préférence donnée aux chômeurs et chômeuses</b> dans des professions qui connaissent un chômage au-dessus de la moyenne. L’annonce aux offices cantonaux de placement doit redonner une chance aux personnes plus âgées en recherche d’emploi. A l’heure actuelle, malgré de bonnes qualifications, elles ne sont souvent même pas invitées aux entretiens d’embauche. &nbsp;
</p><p>L’Union syndicale suisse a élaboré la proposition de l’obligation d’annonce il y a une année, sur la base d’un modèle que d’autres pays ont développé et l’a présentée au public en janvier 2016. La loi qui vient d’être décidée s’appuie là-dessus. 
</p><p>Cela montre qu’en situation difficile, des solutions qui pourtant semblaient politiquement irréalisables au départ sont aussi possibles. Dans la phase actuelle, le contexte était particulièrement exigeant. Non seulement en raison de l’attitude du Conseil fédéral. Mais aussi parce que la direction actuelle de l’Union patronale suisse s’est distancée sur ce thème précisément d’un partenariat social fructueux depuis la fin des années 90 et a même présenté son propre système de contingents. L’élément constituant du partenariat social était qu’aux négociations entre les organisations faitières, des solutions sur des mesures d’accompagnement aux Accords bilatéraux ont pu être trouvées, qui tenaient compte de la libre circulation des personnes. Cela exige une disposition aux compromis, mais surtout la conscience que les accords bilatéraux ne peuvent être politiquement soutenus que si les salaires et les conditions de travail sont efficacement protégés. 
</p><p>Que des solutions aient émergé par cette voie, solutions qui ont aussi passé avec succès la rampe du verdict populaire, est également à mettre sur le compte des conseillers fédéraux alors à la tête du Département de l’économie qui ont pris à cœur leur responsabilité et leur rôle de dirigeant. L’actuel ministre de l’économie ne fait pas preuve de cette disposition ou de cette capacité, contrairement aux deux ministres qui l’ont précédé. Et cela malgré l’importance fondamentale des accords bilatéraux pour l’économie et les emplois. Johann Schneider-Ammann a laissé la Conseillère fédérale en charge du droit des étrangers lui prendre ce dossier des mains. 
</p><p>Les syndicats avaient défini une ligne claire après le 9 février 2014 qui se basait sur trois axes:</p><ol><li>Maintien des bilatérales</li><li>Pas de nouvelles discriminations</li><li>Plus et pas moins de protection pour les salarié(e)s</li></ol><p>Les deux premiers objectifs sont atteints (à la condition que la votation finale au Parlement aille dans ce sens à la fin de la semaine prochaine). Les progrès sur le troisième objectif sont certes insuffisants, mais quand même mesurables. La lutte pour de meilleures mesures de protection, une couverture plus large des conventions collectives de travail et surtout aussi pour qu’elles soient mieux appliquées doit être poursuivie. C’est aussi valable pour la nouvelle obligation d’annonce des postes vacants. La mise en œuvre dans la pratique sera déterminante. Les autorités et surtout les patrons sont maintenant tenus de le faire. 
</p><p>Il vaut ainsi la peine, même par vent contraire, de lutter pour des positions élémentaires. L’expérience faite avec la préférence donnée aux chômeurs et chômeuses le montre une fois de plus. Il faut pour cela que les esprits soient clairs, il faut du discernement et parfois une certaine mobilité. Pour la population active, pour l’économie et pour la Suisse.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Assurance-chômage</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4601</guid><pubDate>Tue, 06 Dec 2016 13:47:57 +0100</pubDate><title>Télétravail : le Conseil fédéral ne veut pas agir </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/teletravail-le-conseil-federal-ne-veut-pas-agir</link><description>Il faut légiférer sur la protection de la santé et sur le règlement des frais</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le rapport du Conseil fédéral sur le télétravail dénombre beaucoup de problèmes, mais ne propose pas de solution. Pour l’USS, il est par contre clair qu’il faut légiférer sur les aspects problématiques du télétravail.</p><p>Est-ce que l’employeur peut installer son logiciel espion sur l’ordinateur personnel de ses employé(e)s quand ils travaillent à la maison&nbsp;? Est-ce qu’un employé de banque qui travaille à domicile avec un wifi mal sécurisé chez lui est pénalement responsable du vol de données de clients&nbsp;? Est-ce que l’employeur est responsable si ses employé(e)s souffrent d’épuisement professionnel parce qu’ils ont télétravaillé jour et nuit pour atteindre des objectifs impossibles&nbsp;? Le télétravail pose ce type de questions juridiques et bien d’autres encore.  
</p><p>Le Conseil fédéral reconnaît dans son rapport publié à mi-novembre que les dispositions du Code des obligations, des lois sur le travail et sur l’assurance-accident sont fondamentalement applicables au télétravail. Mais cela ne s’appliquerait pas pour le contrôle de la sécurité au travail et la protection de la santé ainsi que pour beaucoup de dispositions de détail des ordonnances. Celles-ci ne s’appliquent que dans une organisation classique du travail où l’aménagement des lieux de travail incombe à l’employeur (p. ex. l’ergonomie du poste de travail, la sécurité des appareils, etc.). 
</p><h3>La santé&nbsp;: également à protéger quand on travaille à domicile</h3><p>Le rapport estime que c’est aussi de la responsabilité de l’employeur que d’aménager le poste de télétravail de manière appropriée. Les temps de repos et de pause doivent aussi être respectés. Mais comment&nbsp;? Le plus simple serait de résumer dans un seul cadre juridique toutes les dispositions sur la sécurité au travail et la santé concernant le télétravail. Le Conseil fédéral accorde aussi qu’il faudrait promulguer des mesures spécifiques pour les concrétiser, surtout en ce qui concerne le respect de la sécurité au travail et de la protection de la santé. 
</p><p>Actuellement déjà, des dispositions spéciales pour le travail artisanal traditionnel à domicile sont inscrites dans la loi sur le travail à domicile (LTrD). C’est un paradoxe. En effet, il existe un cadre juridique pour une forme de travail qui n’existe presque plus, alors que le télétravail ne dispose pas de cadre juridique en vigueur pour les cas d’espèce bien que le nombre de personnes concernées ait fortement augmenté ces dernières années. On pourrait donc facilement adapter la LTrD au télétravail moderne.  
</p><p>L’USS demande donc que le Conseil fédéral concrétise les dispositions nécessaires dans la LTrD et la modifie en conséquence. 
</p><h3>Les frais: pas d’économies sur le dos des employé(e)s </h3><p>Il est aussi urgent de donner un cadre juridique aux questions touchant le matériel, les frais et la protection des données. Les prescriptions existantes soulèvent des questions du fait que les employé(e)s qui font du télétravail doivent fournir leurs prestations dans deux voire même plusieurs lieux. 
</p><p>Souvent, les frais pour le matériel de travail sont reportés sur l’employé(e). Et c’est surtout l’utilisation d’appareils privés pour le travail qui peut être problématique puisque l’art. 327 al. 2 CO prévoit que les frais peuvent être mis à la charge de l’employé(e). Cette disposition n’était pourtant pas destinée à l’informatique moderne mais à l’utilisation de véhicules d’entreprise à titre privé. Selon l’interprétation que l’on fait de l’art. 327a al. 1 du CO, les employé(e)s doivent financer eux-mêmes les frais occasionnés par le télétravail. Car sans disposition à cet égard dans une CCT ou un contrat de travail, l’employeur peut se contenter de financer le poste de travail dans ses locaux. Il n’est pourtant pas acceptable que les employeurs reportent les coûts des infrastructures sur les employé(e)s. 
</p><h3>Les seules CCT ne suffisent pas</h3><p>Les syndicats de l’USS ont à la dernière AD décidé d’inclure aux négociations conventionnelles les questions liées au télétravail. Cela vaut pour les questions du volontariat, de l’isolation sociale, mais aussi pour des questions concrètes comme le temps de travail, la protection de la liberté et du temps de récupération, l’interdiction du travail de nuit. La question des frais occasionnés par les appareils devra aussi être toujours plus réglée par les CCT. 
</p><p>Il y aura tout de même des lacunes&nbsp;: presque 50&nbsp;% des travailleurs et travailleuses en Suisse ne bénéficient pas d’une CCT. Il faut établir un cadre juridique pour ces personnes. Il est donc incompréhensible que le Conseil fédéral reconnaisse qu’il faille agir dans le domaine du télétravail mais n’assume pas sa responsabilité de législateur et d’auteur d’ordonnances.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4597</guid><pubDate>Thu, 01 Dec 2016 14:08:26 +0100</pubDate><title>Bonne voie choisie par le Conseil des États – Mais d’autres mesures sont nécessaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/bonne-voie-choisie-par-le-conseil-des-etats-mais-d-autres-mesures-sont-necessaires</link><description>Article constitutionnel sur l’immigration de masse : commentaire</description><content:encoded><![CDATA[<p>L'Union syndicale suisse (USS) salue la décision prise par le Conseil des États concernant la mise en œuvre de l'article constitutionnel 121a (initiative " Contre l'immigration de masse "), à savoir de créer une obligation non discriminatoire de communiquer les postes vacants, soit de donner la priorité aux chômeurs et chômeuses. La mise en œuvre de cet article doit être compatible avec les Accords bilatéraux, sinon la pression sur les salaires et les emplois s'accentuera. Un système de contingents n'est pas la bonne solution déjà pour cette seule raison. Mais indépendamment de cela, on doit rejeter les contingents, car ils entraînent travail au noir, conditions et salaire précaires et pression sur les salaires, comme le montrent les analyses de l'ancien système des contingents qui ont été faites. 
</p><p>L'obligation de communiquer les postes vacants renvoie à une proposition qui vient des syndicats. Elle aura pour effet principal que les personnes aujourd'hui défavorisées dans leur recherche d'un emploi (travailleurs et travailleuses âgés, personnes réintégrant le marché du travail, etc.) auront de meilleures chances d'en trouver un. Aujourd'hui déjà, les offices régionaux de placement (ORP) de nombreux cantons collaborent avec les employeurs dans le placement de personnes au chômage (Zurich, Argovie p. ex.). La majorité des expériences faites sont positives, pour toutes les parties concernées. Il ne viendrait pas à l'esprit d'un conseiller ou d'une conseillère ORP de proposer à un employeur un demandeur ou une demandeuse d'emploi qui n'entrerait pas en ligne de compte pour le poste en question. Cela saperait de fait rapidement l'acceptation par toutes les parties concernées, employeurs et demandeurs/demandeuses d'emploi des activités de placement des ORP. 
</p><p>Mais au-delà de cette mesure positive en faveur des personnes à la recherche d'un emploi, d'autres mesures doivent être prises pour protéger les travailleurs et travailleuses contre les abus des patrons. L'USS critique en particulier le fait que la protection contre le licenciement proposée pour les collaborateurs et collaboratrices de longue date n'ait pas trouvé de soutien. Nombre de conventions collectives de travail contiennent déjà des dispositions de protection spéciales pour les travailleurs et travailleuses âgés. Et dans la pratique du Tribunal fédéral aussi, un meilleur niveau de protection pour les collaborateurs et collaboratrices âgés depuis longtemps dans l'entreprise est une réalité. L'USS demande en plus que le Conseil fédéral fasse passer de 27 000 à 50 000 l'objectif minimal concernant le nombre des contrôles des salaires.
</p><h5>renseignements</h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en chef de l'USS,&nbsp;&nbsp;079 205 69 11</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS,&nbsp;079 249 59 74.</li></ul>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4584</guid><pubDate>Thu, 24 Nov 2016 10:11:21 +0100</pubDate><title>Le Conseil fédéral reconnaît la nécessité d’agir, mais choisit de ne rien faire…</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-conseil-federal-reconnait-la-necessite-d-agir-mais-choisit-de-ne-rien-faire</link><description>Protection de la santé au travail</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le rapport approuvé mercredi 23 novembre par le Conseil fédéral sur la protection de la santé au travail montre que l'exécution de la loi sur le travail (LTr) souffre de graves lacunes qu'il y a lieu de combler : la LTr n'est pas appliquée de la même manière dans tous les cantons et surtout le financement des inspectorats du travail n'y est pas assuré. Il est donc urgent que le Conseil fédéral agisse. En effet, les risques d'épuisement professionnel ou de problèmes cardio-vasculaires sont très élevés en Suisse, en comparaison avec les autres pays européens. 
</p><p>Selon le rapport, le nombre des contrôles effectués dans les entreprises est très faible. Si tant est que l'on puisse l'estimer, seuls 2 à 3 % des entreprises par an sont contrôlées par les inspectorats cantonaux du travail, un nombre qui varie toutefois considérablement d'un canton à l'autre. 
</p><p>La Confédération n'a actuellement aucune influence directe sur les moyens financiers affectés par les cantons aux contrôles et à l'application de la loi. D'où l'importance des efforts d'harmonisation des pratiques entrepris par la Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail avec les contrats de prestation récemment élaborés. 
</p><p>Les ressources dont disposent les inspectorats cantonaux du travail ne servent pas uniquement aux contrôles des entreprises. L'examen des plans de construction par exemple (procédures d'autorisation au sens de la LTr ou du droit cantonal) ou l'octroi des permis relatifs à la durée du travail ainsi que les conseils proposés aux entreprises et aux travailleurs et travailleuses nécessitent aussi d'importants moyens. SI ces tâches sont aussi une contribution importante à la prévention, elles ne peuvent cependant pas remplacer les contrôles dans les entreprises. Il faut avant tout affecter plus d'argent pour les contrôles des inspectorats cantonaux du travail et de la SUVA. 
</p><p>L'Union syndicale suisse (USS) a adopté plusieurs revendications pour améliorer l'exécution de la loi et demande tant à la Confédération qu'aux cantons d'agir dans ces domaines : </p><ul><li>Les dispositions en vigueur de la LTr doivent aussi être appliquées sur les lieux de travail. Leur application efficace est nécessaire. </li><li>Il faut une fois pour toutes augmenter le nombre des contrôles de la SUVA, de la Confédération et des cantons, en particulier en ce qui concerne les risques psychosociaux (durées du travail, respect des temps de repos et des pauses). La fréquence des contrôles doit être prescrite, ce qui est déjà le cas aujourd'hui avec les mesures d'accompagnement à la libre circulation des personnes conclue avec l'Union européenne. Il faut mettre les moyens financiers nécessaires à cet effet à la disposition des organes d'exécution. </li><li>Les autorisations délivrées pour le travail du dimanche et le travail de nuit doivent rester des exceptions absolues. </li><li>Les dispositions de protection de la santé doivent aussi s'appliquer au télétravail. L'enregistrement de la durée du travail et les dispositions sur la durée de repos doivent en particulier être respectées. </li></ul><p>Le rapport que vient de publier le Conseil fédéral montre qu'il est nécessaire d'agir sur ces questions. On ne comprend pas pourquoi le gouvernement ne veut pas réviser la loi pour résoudre les problèmes constatés. 
</p><h5>renseignements</h5><ul><li>Luca Cirigliano, secrétaire central de l'USS, responsable de la sécurité au travail,&nbsp;076 335 61 97</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS,&nbsp;079 249 59 74</li></ul>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4576</guid><pubDate>Wed, 23 Nov 2016 14:18:54 +0100</pubDate><title>Un tout petit pas vers plus de protection des salaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/un-tout-petit-pas-vers-plus-de-protection-des-salaires</link><description>Mise en œuvre des mesures d’accompagnement: le Conseil fédéral doit passer la vitesse supérieure</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le Conseil fédéral a décidé aujourd’hui, dans le cadre du Rapport sur la mise en œuvre des mesures d'accompagnement, d’augmenter le nombre de contrôles. C’est en principe positif. Bien que le nouveau quota de contrôles de fixé à 35&nbsp;000 soit déjà dépassé avec les 45&nbsp;000 contrôles effectués. Il y a toutefois encore de nombreux progrès à faire dans la mise en oeuvre des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes. </p><ul><li>La mise en œuvre est insuffisante dans de nombreux cantons suisse-alémaniques.</li><li>Beaucoup de cantons travaillent avec des salaires minimums de référence trop bas, de telle sorte que beaucoup d’entreprises qui versent justement des salaires trop bas ne sont pas sanctionnées. Des cantons comme Zoug ou Saint-Gall ne contrôlent que très peu d’employeurs suisses. </li><li>Bien que des cas de sous-enchère salariale soient aussi découverts outre-Sarine, aucun canton suisse-alémanique n’a édicté de salaire minimum (selon l’art. 36a CO).</li><li>Ce qu’on appelle la procédure de conciliation est de moins en moins acceptée. </li></ul><p>L’USS attend que le problème de la mise en œuvre des mesures d’accompagnement soit rapidement éliminé par le Secrétariat d’Etat à l’économie et par les cantons. Le Conseil fédéral a promis une «&nbsp;protection complète&nbsp;» contre la sous-enchère salariale. Il doit maintenant passer à la vitesse supérieure. 
</p><h5>Renseignements:</h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire de l'USS, 079&nbsp;205 68 11</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS, 079&nbsp;249 59 74</li></ul>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4569</guid><pubDate>Tue, 22 Nov 2016 15:56:45 +0100</pubDate><title>Art. 121a: le modèle des Etats garantit les Bilatérales et améliore la recherche d&#039;emploi</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/art-121a-le-modele-des-etats-garantit-les-bilaterales-et-ameliore-la-recherche-demploi</link><description>Regards sur la session d’hiver – Mise en œuvre de l&#039;initiative contre l’immigration de masse </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La question de la mise en œuvre de l’art. 121a Cst. doit être close à la session d’hiver des Chambres fédérales. Le modèle du Conseil des Etats, qui propose une obligation d’annonce des postes vacants, garantit les Accords bilatéraux et améliore les chances des personnes défavorisées quand elles recherchent un emploi. </p><p>La Commission des institutions politiques du Conseil des Etats (CIP-E) propose à une courte majorité que les entreprises de branches et d’activités où le chômage est plus élevé que la moyenne soient obligées d’annoncer les postes vacants. Ce modèle reprend une revendication de l’USS qui a été présentée pour la première fois au public à sa conférence de presse annuelle de janvier 2016.
</p><h3>Donner une chance dans la recherche d’emploi </h3><p>L’accès aux postes vacants doit dans un premier temps n’être accessible qu’aux personnes en recherche d’emploi. Les Offices régionaux de placement (ORP) peuvent indiquer aux employeurs les personnes qui recherchent un emploi. Celles-ci seront ensuite invitées à un entretien d’embauche. L’employeur doit ensuite se justifier auprès de l’ORP pourquoi il n’embauche pas la personne en question. Pour éviter les répercussions négatives (augmentation du travail temporaire) la CIP-E a donné un mandat fixé dans la loi allant dans ce sens au Conseil fédéral. 
</p><p>A la différence de la proposition du Conseil national, l’obligation d’annonce est indépendante de l’immigration (seuils). Les éventuelles réticences quant à la compatibilité de la variante du Conseil national avec la libre circulation des personnes sont de ce fait éliminées. La CIP-E a en outre éliminé les exceptions pour les séjours de courte durée de moins de neuf mois. Ces exceptions auraient encouragé les conditions de travail précaires. Les plafonds dans le domaine de l’asile devraient aussi disparaître. Cette mesure provient du Conseil fédéral&nbsp;!
</p><p>Malheureusement, seule une minorité de la commission salue une meilleure protection contre le licenciement pour les travailleurs et travailleuses âgés (modification du CO). Pourtant, une telle disposition se fait attendre depuis longtemps. Beaucoup de CCT ont déjà ce type de protections particulières pour les travailleurs et travailleuses âgés. Dans la pratique du Tribunal fédéral, un niveau de protection plus élevé pour les travailleurs âgés avec beaucoup d’ancienneté est aussi une réalité. 
</p><h3>Donner plus de chance aux personnes au chômage</h3><p>Pour rappel: presque tous les acteurs (Conseil fédéral, cantons, employeurs, entre autres) ont proposé après la votation du 14 février 2014 un système de contingents avec des exceptions pour les séjours de courte durée et des limitations dans le regroupement familial. Certains milieux ont même proposé de démanteler la protection des salaires. 
</p><p>A certains moments, les syndicats étaient quasiment les seuls à avoir mis en garde contre les répercussions négatives d’une telle évolution et à s’être engagés pour des mesures sociales et de marché du travail qui ne soient pas discriminatoires. L’obligation d’annonce ne va pas faire des miracles, mais elle va améliorer les chances des personnes qui recherchent un emploi d’en retrouver un, en particulier celles qui sont défavorisées sur le marché du travail, comme les chômeurs/euses âgés, celles qui reprennent une activité professionnelle après un arrêt. Le Secrétariat de l’USS a analysé les répercussions d’une obligation d’annonce en 2015 déjà et est arrivé à un très bon résultat, en faveur des personnes au chômage. 
</p><h3>Au sujet de la bureaucratie</h3><p>Le reproche sur la bureaucratie de cette mesure est tendancieux. Le système des contingents était bien plus bureaucratique. C’est justement la bureaucratie du système, en plus des conditions de travail précaires et la politique des bas salaires, qui a été un des arguments les plus importants pour le supprimer en Suisse. Par contre, l’obligation d’annonce qui est proposée maintenant est une mesure ciblée. Elle se restreint aux professions où il y a beaucoup de chômage. Quand un employeur met un poste au concours, il y aura aussi des chômeurs/euses qui seront en quête d’un tel poste. 
</p><h3>De bonnes expériences avec les ORP </h3><p>Actuellement, les ORP de nombreux cantons travaillent déjà avec les employeurs pour le placement des chômeurs/euses (p. ex. à Zurich ou dans le canton d’Argovie). Les expériences sont généralement positives pour toutes les parties. Il ne viendrait pas à l’idée d’un ORP de proposer à un employeur qui a annoncé un poste vacant une personne n’y correspondant pas. Cela ruinerait rapidement l’acceptation des compétences en placement des ORP auprès de tout le monde, employeurs et chômeurs/euses. 
</p><p>La mesure est en outre compatible avec l’Accord sur la libre circulation des personnes. L’obligation d’annonce, indépendante des chiffres de l’immigration, est déclenchée uniquement en raison du chômage en Suisse. Elle n’est pas discriminatoire, du fait que les frontaliers/ères, par exemple, qui sont tombés au chômage en Suisse, peuvent s’inscrire auprès d’un ORP. Il est par contre peu probable que les ORP croulent sous les demandes. Bien que cette possibilité existe déjà aujourd’hui, peu de frontaliers/ères l’utilisent. </p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4568</guid><pubDate>Tue, 22 Nov 2016 15:30:00 +0100</pubDate><title>Interventions pour davantage de conciliation </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/interventions-pour-davantage-de-conciliation</link><description>Regards sur la session d‘hiver – Congé parental et réduction du taux d’occupation </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Deux initiatives parlementaires exigent des mesures en faveur d’une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie privée. Elles vont dans le bon sens. </p><h3>Congé parental</h3><p>L’initiative parlementaire demande de poser les bases légales pour un congé parental de 14 semaines au maximum, en complément au congé de maternité, qui puisse être pris en partie ou complètement par le père. L’auteure de l’initiative, Rosemarie Quadranti (BD ZH), argumente qu’en Suisse, il n’y a aucune solution pour un congé paternité ni pour un congé parental. La Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national (CSSS-N) ne veut pas donner suite à l’initiative parlementaire (15&nbsp;:7&nbsp;; 1 abstention). Elle argue de coûts allant jusqu’à 1,4 milliard. Une minorité veut y donner suite en se référant au manque de personnel qualifié. 
</p><p>L’USS est clairement d’avis que le congé maternité de 14 semaines est une solution minimale. Une répartition juste du travail rémunéré et non rémunéré entre les sexes n’est possible que si les pères peuvent endosser leur rôle de personne de référence aux premiers stades de la vie de leur enfant. L’USS demande donc qu’en plus d’un congé maternité de 18 semaines payé à 100%, il y ait un congé paternité de 8 semaines et que les parents se partagent à égalité un congé parental de 24 semaines. Celui-ci doit bien sûr être financé solidairement, comme le congé paternité d’ailleurs aussi. Cette initiative parlementaire donne au Parlement une chance de mettre en route, en Suisse aussi, un congé parental moderne, comme c’est la règle dans bien des pays européens. 
</p><h3>Droit à une réduction du taux d'occupation suite à une naissance</h3><p>Les employé(e)s de la Confédération ont le droit de réduire leur taux d'occupation après la naissance d'un enfant de 20%, pour autant que leur taux ne descende pas en-dessous de 60%. Nadine Masshardt (PS BE) suggère par son initiative parlementaire que ce soit aussi le cas pour les autres salarié(e)s. Elle avance entre autres l’argument que les pères pourront ainsi plus s’impliquer dans la garde des enfants et que les mères resteront d’autant plus sur le marché du travail. 
</p><p>La Commission des affaires juridiques du Conseil national (CAJ-N) ne souhaite pas donner suite à cette initiative (12&nbsp;:11, 1 abstention) car elle estime qu’il s’agit d’une intervention dans le droit libéral du travail. L’importante minorité salue au contraire cette disposition et la considère comme favorable à l’égalité entre femmes et hommes, ainsi que comme un moyen de lutter contre le manque de personnel qualifié. &nbsp;
</p><p>La proposition est fondamentalement judicieuse d’un point de vue syndical, en particulier si le taux d’occupation ne peut être inférieur à 60%&nbsp;: une réduction – surtout temporaire – du temps de travail peut améliorer la compatibilité entre vie familiale et vie professionnelle. Mais il faut absolument que des incitations soient aussi créées pour que les pères fassent usage de leur droit à un taux d’occupation réduit. Car le travail à temps partiel est une arme à double tranchant&nbsp;: si les femmes travaillent principalement à temps partiel, cela signifie pour elles qu’elles perdront de l’argent, qu’elles auront à subir des lacunes dans leur prévoyance professionnelle et que leur carrière en souffrira. Par conséquent, la disposition devrait aussi aller de pair avec le droit d’à nouveau augmenter le taux d’activité après une réduction pour des raisons familiales. 
</p><p>Avec cette initiative parlementaire, l’USS attend que le Conseil national s’attaque à l’amélioration de la conciliation entre vie privée et vie professionnelle. Sur le chemin de l’égalité entre hommes et femmes, une réduction significative de la durée du travail est à moyen terme la mesure la plus appropriée plutôt que de continuer à prendre les femmes au piège du temps partiel. </p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4567</guid><pubDate>Tue, 22 Nov 2016 15:16:15 +0100</pubDate><title>Pour améliorer l’accueil des enfants, il faut plus de moyens financiers</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/pour-ameliorer-l-accueil-des-enfants-il-faut-plus-de-moyens-financiers</link><description>Regards sur la session d’hiver – Aide financière à l’accueil extrafamilial des enfants</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Si on veut que les femmes soient davantage employées dans des emplois qualifiés, il faut aussi améliorer la conciliation entre travail et vie privée. Mais il faut alors aussi augmenter les moyens financiers pour ce faire. Comment une commission du Conseil des Etats peut-elle s’opposer à une telle approche&nbsp;? </p><p>Le Conseil fédéral a demandé, dans le cadre de l’initiative visant à pallier la pénurie de personnel qualifié, une prolongation des aides financières à l’accueil extrafamilial pour les enfants&nbsp;: 100 millions devraient soutenir pendant 5 ans les cantons et les communes qui baissent les contributions parentales. Des projets qui répondent mieux aux besoins des parents actifs professionnellement reçoivent aussi des soutiens. 
</p><p>La proposition avait soulevé une forte approbation pendant la procédure de consultation&nbsp;: elle a recueilli le soutien de 83 des 103 participant(e)s à la procédure, dont 18 cantons, tous les partis sauf l’UDC et le PLR, ainsi que les associations faîtières des communes, des villes et des régions de montagne. Sept autres participant(e)s à la procédure de consultation ont cautionné les projets qui répondent aux besoins des parents, dont parmi eux, l’Union patronale suisse. 
</p><h3>Le retour en arrière…</h3><p>La Commission de la science, de l'éducation et de la culture du Conseil des Etats a décidé le 7 novembre, avec la voix prépondérante de la présidente de la commission, de ne pas entrer en matière. En raison du secret de commission, on ne sait pas pourquoi la commission du Conseil des Etat a refusé d’entrer en matière. Il est toutefois clair qu’à l’audition si deux associations économiques étaient certes invitées (économiesuisse et l’Union patronale suisse), les représentant(e)s des salarié(e)s ne l’étaient pas. Il est aussi clair qu’avec la voix prépondérante donnée par la présidente de la commission, au moins un membre PDC a viré de bord et s’est positionné contre son propre «&nbsp;parti des familles&nbsp;». 
</p><h3>… doit être corrigé</h3><p>Le plénum se prononce le 28 novembre. Il est pour l’USS évident que le Conseil des Etats doit corriger la décision incompréhensible de sa commission. Si on veut sérieusement lutter contre la pénurie de personnel qualifié et concrétiser l’égalité entre femmes et hommes, il faut créer les conditions cadre adéquates. Pour la société, la conciliation entre vie privée et vie professionnelle est un pilier important de la politique d’égalité et une condition préalable pour une répartition juste entre le travail rémunéré et non rémunéré entre femmes et hommes. 
</p><p>Dans ce domaine, la Suisse a du retard sur les autres pays de l’Union européenne. En comparaison internationale, les parents doivent assumer une part bien trop élevée des frais de garde extrafamiliale, alors que la participation des pouvoirs publics est trop faible. Cela alors qu’une place d’accueil coûte globalement un montant similaire, corrigé du pouvoir d’achat, que dans les autres pays européens. L’injection de fonds est urgemment nécessaire pour rééquilibrer quelque peu la situation.
</p><h3>Du pain sur la planche &nbsp;</h3><p>La proposition du Conseil fédéral ne suffit cependant pas pour supprimer le malaise de la conciliation en Suisse&nbsp;: le crédit d’engagement de 100 millions est, du point de vue de la participation jusqu’à présent très modique des pouvoirs publics à l’accueil extrafamilial des enfants en Suisse, bien trop faible pour pouvoir combler les lacunes. L’USS exige une contribution des pouvoirs publics à l’accueil extrafamilial des enfants d’au moins 1&nbsp;% du PIB.
</p><p>Il y a encore beaucoup à faire pour améliorer la qualité et les conditions de travail dans les institutions qui accueillent les enfants&nbsp;: presque la moitié des personnes qui travaillent dans ce type d’établissement n’est toujours pas formée. Il manque aussi une convention collective de travail dans l’accueil extrafamilial des enfants. Raison pour laquelle, l’USS exige que la Confédération établisse des critères de qualité pour les établissements et les projets subventionnés ainsi que des standards minimaux pour les conditions d’embauche du personnel, en guise de condition pour le financement.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4545</guid><pubDate>Thu, 03 Nov 2016 14:39:25 +0100</pubDate><title>Combattre les horaires toujours plus chronophages, c’est combattre le travail non rémunéré et le stress</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/combattre-les-horaires-toujours-plus-chronophages-c-est-combattre-le-travail-non-remunere-et-le-stress</link><description>Assemblée des délégué(e)s de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="Texte"><span lang="FR"></span></p><p>Les délégué(e)s de l'Union syndicale suisse (USS) ont décidé aujourd'hui de combattre énergiquement les attaques toujours plus effrontées dirigées contre les horaires de travail réglementés et la protection de la santé. À l'origine de cette décision, il y a les interventions de la conseillère et du conseiller aux États Karin Keller-Sutter et Konrad Graber. Avec leurs initiatives parlementaires, tous deux ont pris dans leur collimateur l'enregistrement de la durée du travail, les horaires de travail réglementés, le repos nocturne et dominical, le droit à des pauses et la durée hebdomadaire maximum de travail. Près de la moitié des salarié(e)s seraient touchés et devraient ainsi, en dernière analyse, travailler gratuitement à cause de ce démantèlement de la protection des travailleurs et travailleuses. 
</p><p>Cette flexibilisation aurait des conséquences catastrophiques : le stress et les cas d'épuisement professionnel augmenteraient encore plus, les possibilités de concilier famille et travail seraient encore plus menacées et il deviendrait encore plus difficile de planifier sa vie.
</p><p>Les délégué(e)s de l'USS veulent s'attaquer résolument aux horaires de travail sans limites. Au lieu de ces derniers, il s'agit bien plutôt d'améliorer la protection contre les risques pour la santé sur les lieux de travail et de prendre des mesures pour que celui-ci soit mieux planifiable. Les délégué(e)s de l'USS exigent une application efficace de la loi sur le travail, surtout davantage de contrôles de la durée du travail par les cantons et la SUVA. Le travail de nuit et le travail du dimanche doivent rester des exceptions absolues. L'enregistrement de la durée du travail et les dispositions sur la durée de repos doivent aussi s'appliquer au télétravail. En outre, dans le travail sur appel, les plans d'intervention et les services de piquet doivent faire l'objet de réglementations obligatoires, les modifications faites au dernier moment ne devant être autorisées qu'en cas d'extrême urgence pour l'entreprise et assorties d'un supplément de salaire de 25 %.
</p><p>Les délégué(e)s de l'USS ont aussi décidé de combattre par tous les moyens le projet " Prévoyance vieillesse 2020 " dans la version adoptée par le Conseil national. Les décisions prises par ce dernier le sont totalement au détriment des travailleurs et travailleuses. À une époque où aucun intérêt n'est versé dans le 2e pilier, c'est une erreur que de gonfler à nouveau ce dernier. Pour la majorité des assuré(e)s, cela coûtera beaucoup plus cher qu'une compensation partielle de la baisse des rentes du 2e pilier via l'AVS. Le poids des cotisations s'alourdirait en effet énormément. Une fois terminés les débats parlementaires, l'USS discutera, lors d'une Assemblée des délégué(e)s extraordinaire qui se tiendra le 24 mars 2017, de sa recommandation de vote pour " Prévoyance vieillesse 2020 " et du lancement éventuel d'un référendum. 
</p><p>En outre, les délégué(e)s de l'USS ont, dans une autre résolution, demandé à la Poste un moratoire sur la fermeture des offices de poste.
</p><h5>Renseignements</h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire de l'USS, 079 205 69 11</li><li>Luca Cirigliano, secrétaire central de l'USS, responsable du droit du travail, 076 335 61 97</li><li>Doris Bianchi, secrétaire dirigeante de l'USS, responsable de la prévoyance vieillesse, 076 564 67 67</li><li>Ewald Ackermann, service de la communication de l'USS, 079 660 36 14</li></ul><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category><category>Travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4524</guid><pubDate>Mon, 10 Oct 2016 11:31:00 +0200</pubDate><title>La qualité suisse, c&#039;est aussi protéger les humains et l&#039;environnement</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/la-qualite-suisse-cest-aussi-proteger-les-humains-et-lenvironnement</link><description>L&#039;initiative pour des multinationales responsables a été déposée</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L'initiative est portée par 80 organisations de la société civile partageant la même vision: la qualité suisse doit inclure la protection des droits humains et de l’environnement.</p><p>Prendre au sérieux la responsabilité de la Suisse et préserver sa réputation; ce message accompagne les 120 000 signatures valides en faveur de l’initiative pour des multinationales responsables, qui ont déposées lundi à la Chancellerie fédérale. Cette initiative, soutenue par l'USS, se base sur les Principes directeurs de l’ONU relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, adoptés à l’unanimité en 2011. Elle demande que les sociétés suisses assument un devoir de diligence raisonnable en matière de droits humains et d’environnement dans l’ensemble de leurs relations d’affaires. Concrètement, les entreprises suisses auraient l’obligation d’analyser les risques d’atteintes aux droits humains et à l’environnement liés à leurs activités ainsi qu’à celles de leurs filiales et sous-traitants, de prendre les mesures adéquates pour y remédier, et de rendre compte publiquement de leur analyse et des mesures adoptées. Si une multinationale ne remplissait pas son devoir de diligence, elle pourrait avoir à répondre des dommages causés par une filiale à l’étranger.
</p><h3>Ne pas vilipender la bonne réputation de la Suisse</h3><p> La réputation de la Suisse est un atout important pour notre économie. La qualité suisse est en effet synonyme d’exigences élevées, de travail soigné et de relations d’affaires loyales. Les sociétés bénéficiant à l’étranger de cette réputation doivent respecter les standards internationaux. Malheureusement, cela ne va pas encore de soi aujourd’hui. Certaines sociétés domiciliées en Suisse ne sont toujours pas prêtes à tenir compte des risques pour les droits humains et l’environnement découlant de leurs activités, ni à les prévenir ou les minimiser. L’initiative pour des multinationales responsables entend donc combler une lacune importante, en garantissant que la protection des droits humains et de l’environnement fasse à l’avenir partie intégrante de la qualité suisse.<br> Cette initiative s’inscrit dans une tendance internationale vers des exigences contraignantes pour les multinationales. Au cours des derniers mois, le Conseil de l’Europe, le Parlement européen tout comme huit parlements nationaux d’Etats européens se sont prononcés en faveur d’une obligation de diligence raisonnable en matière de droits humains.
</p><h3>La population en faveur d'une plus grande responsabilité des multinationales</h3><p> L’association de l’initiative pour des multinationales responsables réunit à ce jour 80 organisations de la société civile, lesquelles travaillent dès à présent à la préparation de la campagne de votation. L’association a récemment fait un sondage d’opinion représentatif auprès de la population suisse. Les résultats révélaient que 89% des sondé-e-s veulent que les multinationales suisses soient tenues de respecter les droits humains et l’environnement aussi à l’étranger. 92% estiment par ailleurs que les multinationales devraient veiller à ce que leurs filiales et sous-traitants fassent de même. Si les autorités suisses refusent d’agir, la population suisse, elle, se préoccupe sérieusement de la responsabilité des entreprises.
</p><p><a href="http://konzern-initiative.ch/?lang=fr" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Le site de l'initiative</a></p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4494</guid><pubDate>Wed, 21 Sep 2016 16:20:00 +0200</pubDate><title>Mise en œuvre de l’initiative « Contre l’immigration de masse » : un premier pas important, mais d’autres mesures sont nécessaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/mise-en-oeuvre-de-l-initiative-contre-l-immigration-de-masse-un-premier-pas-important-mais-d-autres-mesures-sont-necessaires</link><description>L’USS commente les décisions du Conseil national</description><content:encoded><![CDATA[<p>L'Union syndicale suisse (USS) salue le projet adopté par le Conseil national pour la " mise en œuvre " de l'article constitutionnel 121a (initiative " Contre l'immigration de masse "). Il s'agit là d'un premier pas important grâce auquel les travailleurs et travailleuses ne devront finalement pas payer la facture du débat enflammé par les milieux d'extrême-droite. Une meilleure protection contre les abus est toutefois nécessaire. La décision d'exclure les résident(e)s de courte durée (jusqu'à 9 mois) des mesures de protection sur le marché du travail est négative. Elle va en effet favoriser les emplois et les séjours précaires. 
</p><p>La " mise en œuvre " de l'article constitutionnel 121a (initiative " Contre l'immigration de masse ") doit être compatible avec les Accords bilatéraux, sinon elle aura une incidence négative sur les salaires et les emplois. Déjà pour cette seule raison, un système de contingents n'est pas une solution. Mais indépendamment de cela, on doit rejeter un tel système, car il induit du travail au noir, des conditions de travail précaires et des pressions sur les salaires, ainsi que le montrent les analyses de l'ancien système de contingents qui ont été faites. 
</p><p>La solution, ce sont des mesures non discriminatoires qui permettent de combattre systématiquement les abus. La priorité doit être donnée à une protection des salaires via une hausse du nombre des contrôles, à l'application systématique des mesures d'accompagnement et à l'extension facilitée du champ d'application des conventions collectives de travail. La protection des salaires est la mesure la plus efficace et n'entraîne pas davantage de bureaucratie. Pour les employeurs corrects, elle ne représente qu'une contrainte minimale et les employeurs qui pratiquent la sous-enchère salariale sont punis. Il faut en outre des mesures pour améliorer la situation des travailleurs et travailleuses âgés. L'obligation de communiquer les postes vacants proposée y contribuera. L'USS demande en outre que les collaborateurs et collaboratrices âgés de longue date soient mieux protégés contre le licenciement. Il faut au surplus que les pouvoirs publics et les employeurs participent davantage au financement des structures d'accueil extrafamilial des enfants, afin que famille et profession puissent être plus facilement conciliées. Enfin, la Confédération doit une fois pour toutes mettre en œuvre les propositions existantes sur la formation professionnelle des adultes. 
</p><h5>renseignements</h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en chef de l'USS,&nbsp;079 205 69 11),</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication et porte-parole de l'USS,&nbsp;079 249 59 74</li></ul>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Migration</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4478</guid><pubDate>Mon, 12 Sep 2016 14:16:59 +0200</pubDate><title>Résultats insuffisants de l’initiative visant à combattre la pénurie de personnel qualifié</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/resultats-insuffisants-de-l-initiative-visant-a-combattre-la-penurie-de-personnel-qualifie</link><description>Commentaire de l’USS sur le 1er sommet national de l’initiative sur le personnel qualifié suisse</description><content:encoded><![CDATA[<p>Cinq ans après son lancement l’initiative visant à combattre la pénurie de personnel qualifié (FKI) n’a toujours rien de tangible à présenter. Beaucoup de papier a été noirci, sans toutefois produire de résultats concrets. L’Union syndicale suisse est déçue du maigre bilan intermédiaire. Car la mise en œuvre de l’art. constitutionnel 121a sur l’immigration présuppose que le potentiel national des forces de travail soit mieux exploité. Des sommets comme celui d’aujourd’hui n’ont de sens que si des mesures effectives sont décidées et ensuite également appliquées. &nbsp;
</p><p>Car les problèmes sont réels&nbsp;: les salarié(e)s plus âgés qui ont perdu leur emploi ont toutes les peines du monde à en retrouver un. Les salarié(e)s de longue date et âgés ont de ce fait besoin d’une meilleure protection contre le licenciement sous la forme de délais de congé plus longs. Dans son rapport, le Secrétariat d’Etat pour la formation, la recherche et l’innovation (SEFRI) hésite toutefois, face au financement des mesures de formation continue pour les salarié(e)s âgés, à donner des recommandations concrètes. Il faut maintenant que les choses avancent sur ce point, également en fournissant les moyens financiers nécessaires. Il faut aussi faire un effort en matière de formation pour les 600&nbsp;000 salarié(e)s adultes qui ne sont pas allés au-delà de l’école obligatoire. Etant donné le besoin démontré de passer à l’offensive sur la formation, le Parlement lance malheureusement un mauvais signal quand il annonce en commission préparatoire sur le message sur la formation, la recherche et l’innovation 2017-20 vouloir économiser. &nbsp;
</p><p>Le consensus selon lequel les salarié(e)s doivent pouvoir mieux concilier profession et famille règne entre les différents participant(e)s. Mais là aussi, il n’y a pas de résultats. Il faut investir davantage dans les structures consacrées à l’accueil extrafamilial des enfants. L’USS a proposé sur ce point de créer un groupe de travail entre les partenaires sociaux, les cantons et la Confédération afin d’élaborer des mesures concrètes. Et pourtant, même ce petit pas en avant a été refusé par les employeurs. Ces derniers ont plutôt exigé de nouvelles mesures de dérégulation du marché du travail (d’importants reculs sur l’enregistrement du temps de travail, une flexibilisation des conditions de travail) qui pourtant n’apportent presqu’aucune aide contre le manque de personnel qualifié. La solution avancée par le Conseil fédéral de supprimer la «&nbsp;pénalisation du mariage&nbsp;» n’en est pas une non plus. Sa mise en œuvre concrète signifie tout simplement des baisses d’impôts pour les personnes qui gagnent bien leur vie. 
</p><p>union syndicale suisse
</p><h5>Renseignements:</h5><ul><li>Laura Perret, secrétaire centrale de l’USS, en charge du dossier de la formation, 079&nbsp;810 12 13</li><li>Thomas Zimmermann, responsable du Service de la communication, 079&nbsp;249 59 74</li></ul>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Assurance-chômage</category><category>Égalité des sexes</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4459</guid><pubDate>Thu, 08 Sep 2016 14:33:59 +0200</pubDate><title>À combattre de manière cohérente</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/a-combattre-de-maniere-coherente</link><description>Session parlementaire d’automne : travail au noir</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les employeurs qui " oublient " de déclarer leurs nouveaux employé(e)s aux assurances sociales, ne font pas uniquement du tort aux travailleurs et travailleuses, mais aussi à la collectivité. Si les cotisations aux assurances sociales ne sont pas versées, la voie est alors grand ouverte à la sous-enchère salariale et sociale. De plus, ces employeurs " oublieux " se procurent par ce biais un avantage déloyal par rapport à ceux qui agissent correctement.</p><p>Lors de la session d'automne, il sera discuté de la révision de la loi fédérale concernant des mesures en matière de lutte contre le travail au noir (loi sur le travail au noir, LTN). Pour l'Union syndicale suisse (USS), il faut combattre le travail au noir de manière cohérente. Et à ce chapitre, beaucoup reste à faire. Il est essentiel que l'employeur annonce au plus tard le premier jour de travail son employé(e) aux assurances sociales. La révision de la LTN doit par conséquent revenir sur toutes les interventions parlementaires qui ont supprimé l'obligation pour l'entreprise de déclarer en cours d'année les nouveaux employé(e)s et l'envoi d'un certificat d'assurance. La lutte contre le travail au noir exige que les employeurs déclarent leurs nouveaux employé(e)s aux assurances sociales, de manière certes non bureaucratique, mais rapidement. 
</p><h3>Des amendes dissuasives </h3><p>Les syndicats sont consternés de voir que la Commission de l'économie et des redevances du Conseil national a l'intention de supprimer l'article 18a du projet de LTN. L'USS demande bien au contraire de toute urgence au Parlement de renforcer les dispositions de la LTN relatives aux amendes et de les adapter à la capacité économique des patrons qui agissent illégalement. Celui qui enfreint l'obligation de déclarer ses nouveaux employé(e)s aux assurances sociales doit être puni d'une amende pouvant aller jusqu'à 30 000 francs, 50 000 francs en cas de récidive. Sinon, les employeurs indélicats peuvent gagner gros avec le travail au noir et, s'ils sont découverts, s'en sortir avec quelques milliers de francs d'amende. Un effet dissuasif quasi nul ! Il faut aussi faire ici un lien avec la législation en matière de marchés publics : les employeurs qui engagent du personnel au noir doivent être systématiquement exclus de toute adjudication publique. 
</p><h3>Mieux coopérer </h3><p>Les différentes autorités doivent mieux coopérer entre elles, respectivement avec les organes paritaires si une convention collective de travail au champ d'application étendu existe. En cas de travail au noir pouvant être accompagné de non-respect de dispositions conventionnelles (faux décomptes de salaire, etc.), elles doivent pouvoir en informer les organes paritaires compétents et inversement. En l'absence d'une telle coopération, il est impossible, à une époque où le travail au noir augmente également dans le domaine touché par les mesures d'accompagnement, de le combattre efficacement. 
</p><p>L'USS demande également au Parlement de légaliser une fois pour toutes la situation des personnes professionnellement actives qui sont en Suisse depuis de longues années et ne sont pas titulaires d'une autorisation de séjour, soit les sans-papiers. Faire ce pas, qui n'a que trop attendu, permettrait à un grand nombre de personnes, souvent des femmes, de sortir de la précarité et de l'exploitation présentes dans l'économie domestique, l'économie d'assistance et de soins et l'hôtellerie-restauration. </p>]]></content:encoded><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4434</guid><pubDate>Fri, 02 Sep 2016 14:06:12 +0200</pubDate><title>Le renoncement à des contingents est une bonne chose, mais il faut davantage de mesures de protection</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/le-renoncement-a-des-contingents-est-une-bonne-chose-mais-il-faut-davantage-de-mesures-de-protection</link><description>Mise en œuvre de l’article constitutionnel 121a : le commentaire de l&#039;USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>L'Union syndicale suisse (USS) juge positive la proposition de la commission de ne pas prévoir de contingents ni de nombre maximums. Par le passé, ces derniers ont provoqué du travail au noir et précarisé les conditions de travail. En outre, ils sont en contradiction avec les Accords bilatéraux. Les contingents et les nombres maximums seraient une mauvaise chose pour les travailleurs et travailleuses de Suisse. Avec l'obligation de communiquer les postes vacants, la commission a fait un pas dans la bonne direction. De nombreux pays européens ont déjà fait de bonnes expériences avec de telles mesures. 
</p><p>On ne comprend toutefois pas pourquoi cette obligation n'entrera en vigueur que si les chiffres de la migration atteignent un certain niveau. Elle doit être introduite sans délai et sur la durée. En Suisse, on n'a pratiquement jamais compté autant de personnes à la recherche d'un emploi. Et parmi eux aussi de nombreux chômeurs et chômeuses âgés qui ont de très grande difficultés à en trouver un. 
</p><p>Le minuscule oui à l'initiative " Contre l'immigration de masse " du 9 février 2014 traduisait l'inquiétude ressentie par de nombreuses personnes professionnellement actives pour leurs salaires et leurs emplois, mais, pour la première fois, à l'occasion d'un projet sur la libre circulation des personnes qui ne prévoyait aucune nouvelle contre-mesure. Il faut corriger maintenant cette erreur. 
</p><p>La Confédération, les cantons et les partenaires sociaux doivent éliminer rapidement et systématiquement les abus commis en matière de libre circulation des personnes. Et cela, avec des mesures relatives au marché du travail qui ne soient pas discriminatoires, mais compatibles avec les Accords bilatéraux. Il faut améliorer la protection des salaires, entre autres en augmentant le nombre des contrôles, en infligeant des amendes plus élevées en cas d'abus et en supprimant les obstacles bureaucratiques à l'extension du champ d'application des conventions collectives de travail. La totalité des travailleurs et des travailleuses doivent être mieux protégés contre le licenciement. En outre, les pouvoirs publics et les employeurs doivent davantage participer au financement des structures d'accueil extrafamilial des enfants afin que famille et profession puissent être mieux conciliées. Et la Confédération doit une fois pour toutes mettre en œuvre les propositions faites concernant la formation professionnelle des adultes. 
</p><h5>renseignement</h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire de l'USS, 079 205 69 11</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS, 079 249 59 75</li></ul>]]></content:encoded><category>Économie</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4427</guid><pubDate>Thu, 01 Sep 2016 16:39:11 +0200</pubDate><title>Pas question de rééditer le scandale des fiches !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pas-question-de-reediter-le-scandale-des-fiches</link><description>L’USS rejette la nouvelle loi sur le renseignement</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La nouvelle loi sur le renseignement (LRens) accroît considérablement les pouvoirs du Service de renseignement de la Confédération. Désormais, ce dernier pourrait, sans soupçons fondés, pénétrer dans la sphère privée des gens. L’Union syndicale suisse (USS) n’est pas d’accord et appelle à dire NON à la LRens. Nous n’avons pas besoin d’un nouveau scandale des fiches. </p><p>Il va de soi que des terroristes et le crime organisé peuvent être actifs dans notre pays. Nous devons y faire face efficacement, à travers le Ministère public de la Confédération et les polices cantonales, qui disposent des moyens adéquats, tout en devant respecter la loi.
</p><p>Les compétences que la nouvelle LRens veut accorder au Service de renseignement de la Confédération reviennent par contre à prendre tout le monde en point de mire. Tout le monde serait en effet surveillé, pas seulement les criminels. Si le Service de renseignement de la Confédération peut espionner sans restriction aucune, les courriels, Facebook, WhatsApp et les textos, ainsi que filtrer Internet, alors c’est nous tous et toutes qui sommes concernés&nbsp;! D’innombrables données personnelles seront enregistrées et analysées, sans que nous le sachions. Et, c’est grotesque mais probable, le Service de renseignement de la Confédération, perdu dans un océan sans fin de données, deviendrait moins efficace et perdrait de vue ses vrais objectifs …
</p><p>La politique du laisser-faire en matière de renseignements est la meilleure manière d’en arriver à un nouveau fichage de masse de la population. Au 20e siècle, des milliers de syndicalistes actifs ont été fichés parfois durant des dizaines d’années. Être combattif en tant que syndicaliste revenait à être fiché et surveillé&nbsp;! Un voyage en Allemagne de l’Est revenait à être fiché comme potentiel terroriste. Passer une nuit dans une communauté d’habitation revenait à être fiché et à faire l’objet d’une enquête afin de déterminer qui l’on avait peut-être rencontré en de tels lieux. 
</p><p>Nous ne devrions pas ouvrir de porte qui nous ferait à nouveau prendre cette direction. Les interventions en plan pénal suffisent. D’autant plus que le Code pénal dispose de moyens pour intervenir aussi avant un attentat terroriste.</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4411</guid><pubDate>Thu, 18 Aug 2016 17:18:29 +0200</pubDate><title>Attaque contre la santé des travailleurs et travailleuses</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/attaque-contre-la-sante-des-travailleurs-et-travailleuses</link><description>Une décision insolente de la commission du Conseil des États</description><content:encoded><![CDATA[<p class="Texte"><span lang="FR-CH"></span></p><p>La Commission de l'économie et des redevances du Conseil des États (CER-E) a accepté hier deux initiatives parlementaires, l'une de M. Konrad Graber et l'autre de Mme Karin Keller-Sutter. Toutes deux demandent que d'importantes exceptions soient prévues en matière d'enregistrement de la durée du travail et entendent miner des mécanismes de protection prévus par la loi sur le travail. Ce faisant, elles s'accommodent d'ores et déjà d'un grave démantèlement de la protection de la santé sur les lieux de travail.
</p><p>L'initiative du conseiller aux États K. Graber vise l'ensemble du secteur des services. Elle ne s'en prend pas uniquement à l'enregistrement de la durée du travail, mais au cœur même des dispositions matérielles en vigueur dans ce secteur en matière de temps de travail et de temps de repos. En l'acceptant, la majorité de droite de la CER-E veut exclure de cette mesure, dans un nouveau paragraphe " à géométrie variable ", les " travailleurs qui exercent une fonction dirigeante et les spécialistes ". Ceux-ci seraient ainsi pratiquement condamnés à travailler 24 heures sur 24, et même les dimanches. Cette initiative s'attaque en outre largement aux durées hebdomadaires maximales du travail. 
</p><p>L'initiative de la conseillère aux États K. Keller-Sutter demande que " les salariés exerçant une fonction dirigeante et (...) les spécialistes occupant une position similaire " ne saisissent plus du tout leur temps de travail dans aucune branche et cela, sans aucune mesure compensatoire en matière de protection de la santé. Ainsi, le consentement individuel des personnes concernées ne serait plus nécessaire ici, de même qu'une procédure paritaire permettant de contrôler que les dispositions matérielles, théoriquement encore en vigueur, de la loi sur le travail sont respectées.
</p><p>Par sa décision, la commission non seulement jette consciemment par-dessus bord des dispositions de la loi sur le travail, mais remet aussi fondamentalement en question cette dernière même lorsqu'elle affirme, sans son communiqué, qu'elle " estime que la loi sur le travail de 1964 a été instaurée en premier lieu pour réglementer le travail dans les usines, qu'elle n'offre plus suffisamment de marges de manœuvre eu égard aux conditions actuelles du monde du travail et qu'elle doit par conséquent être adaptée à la réalité d'aujourd'hui. " Une justification alibi, car la loi sur le travail peut, si nécessaire, être adaptée sans problème aucun aux réalités de notre société de services. 
</p><p>La décision de la CER-E n'est, avec la justification avancée, rien d'autre qu'une offensive générale dirigée contre toute réglementation destinée à protéger les travailleurs et les travailleuses et de leur santé, surtout psychique. Encore plus de surcharge de travail, mais aussi davantage de travail de nuit et du dimanche en seraient les conséquences. Le stress et le nombre de cas d'épuisement professionnel augmenteraient de manière dramatique. Les inspecteurs et inspectrices du travail ne seraient largement plus en mesure de contrôler l'application des mesures fondamentales de protection des travailleurs et travailleuses ainsi que le respect des durées maximales de travail, des temps de repos et des pauses, sans parler de l'interdiction du travail de nuit et du dimanche. Ainsi, ces interdictions tomberaient fort probablement. 
</p><p>L'Union syndicale suisse (USS) et tous les acteurs favorables à la possibilité de concilier travail professionnel et vie privée se battront vigoureusement contre les reculs proposés par la commission du Conseil des États.&nbsp;
</p><p class="Agencementdutexte"><span lang="FR-CH"></span></p><h5>Renseignements</h5><ul><li>Luca Cirigliano, secrétaire central de l'USS responsable du problème des conditions de travail,&nbsp;076 335 61 97</li></ul>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4406</guid><pubDate>Tue, 16 Aug 2016 17:06:25 +0200</pubDate><title>L’UDC attaque une fois de plus les droits fondamentaux!</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-udc-attaque-une-fois-de-plus-les-droits-fondamentaux</link><description>Les syndicalistes sont aussi visés par l’initiative sur la primauté du droit suisse </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’initiative UDC sur la primauté du droit suisse représente une attaque frontale de nos droits fondamentaux. Les salarié(e)s et les membres des syndicats bénéficient justement de droits de l’homme garantis internationalement. Raison pour laquelle, nous devons nous opposer à cette nouvelle tentative de musellement. </p><p>Le 12 août 2016, l’UDC a déposé son initiative à l’intitulé trompeur «&nbsp;Le droit suisse au lieu de juges étrangers&nbsp;». Avec cet objet, l’UDC lance une attaque générale contre les droits fondamentaux des individus dans notre pays. 
</p><h3>Attaque de la Convention des droits de l’homme </h3><p>L’UDC souhaite dénoncer par la bande la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et les conventions de l’Organisation mondiale du travail (OIT). Les initiant(e)s prétendent ainsi renforcer le droit suisse. Mais dans les faits, il s’agit plutôt d’affaiblir les droits de tout le monde. Les droits garantis par la CEDH sont ancrés dans notre Constitution comme des droits fondamentaux. Ce n’est donc pas du droit étranger, mais du droit suisse. En Suisse, il n’existe pas de cour constitutionnelle qui protège nos droits fondamentaux de manière contraignante. La CEDH nous offre justement cette protection depuis bientôt 42 ans, nous lui devons les progrès les plus importants de la législation suisse. Si on taille dans nos droits de l’homme, on restreint notre démocratie, notre sécurité et notre liberté. 
</p><h3>Attaque des droits syndicaux</h3><p>Les salarié(e)s syndiqués dépendent justement d’un système des droits de l’homme qui fonctionne bien. Différents droits fondamentaux sont à notre disposition dans la Constitution, la CEDH et le droit international de l’OIT&nbsp;: le droit de s’organiser et d’échanger dans l’entreprise, la protection contre les licenciements antisyndicaux, la protection des lanceurs d’alerte et les droits d’accès et d’information sur le lieu de travail. 
</p><p>L’UDC veut justement les supprimer. En proposant de changer l’art. 190 de la Constitution fédérale, l’initiative exige que seuls les accords internationaux qui ont été acceptées par le peuple soient déterminants pour le Tribunal fédéral (et toutes les autres autorités chargées d’appliquer le droit). La ratification de la CEDH en 1974 n’a pas été soumise au référendum parce que la Constitution fédérale ne le prévoyait pas encore. La CEDH a donc été acceptée par le Parlement, dans un processus démocratique. 
</p><h3>Attaque des droits fondamentaux et de l’homme</h3><p>Comme il n’y a pas en Suisse de contrôle de la constitutionnalité qui empêche que des lois fédérales ne violent des libertés protégées par les droits fondamentaux, une sécurité figure dans l’art. 190 de la Constitution fédérale&nbsp;: le droit international, comme la CEDH ou les conventions de l’OIT, est aussi déterminant. Le droit international ratifié par la Suisse exerce ainsi cette fonction. En effet, le droit international, par le biais de la CEDH et des conventions de l’OIT, garantit largement les mêmes droits fondamentaux et de l’homme que notre Constitution. Il va toutefois souvent plus dans les détails et indique plus précisément comment respecter ces droits. Les Conventions n° 89 et 98 qui protègent les libertés syndicales se révèlent être très précieuses. Ainsi, grâce à des plaintes de l’USS, on a pu constater que le Code des obligations suisse (CO) peu favorable aux travailleurs et travailleuses devait être réformé. L’initiative UDC désenclencherait cette forme de «&nbsp;réassurance&nbsp;» importante. Elle empêcherait que nos tribunaux protègent par la voie légale les droits fondamentaux et de l’homme contre des lois fédérales (p. ex. la protection contre les licenciements dans le CO). </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4390</guid><pubDate>Tue, 12 Jul 2016 15:43:16 +0200</pubDate><title>Travailler en plein air</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/travailler-en-plein-air</link><description>Il faut se protéger contre les rayons du soleil !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Quiconque est exposé au soleil pendant son travail court un grand risque de contracter un cancer. La Suisse connaît de fait un des plus importants taux de cancer au monde ! Autrement dit, on doit davantage protéger sa peau. </p><p>Actuellement, les syndicats de l'USS distribuent des tubes de crème solaire dans le cadre de leur campagne pour AVSplus. Ils rappellent qu'il n'y a pas que la peau à devoir être protégée, nos rentes devant l'être aussi... mais la peau quand même. En effet, toute personne qui travaille en plein air est en danger. Lorsque l'été est plutôt peu ensoleillé, comme celui que nous avons vécu pendant plusieurs semaines, et les températures relativement basses, les nuages masquent l'intensité du rayonnement solaire. Par temps couvert aussi, jusqu'à 80 % des rayons ultraviolets traversent la couverture nuageuse. Les surfaces claires, comme le métal, le verre, le béton clair ou l'eau reflètent ces rayons et vont même jusqu'à doubler leur effet ! 
</p><h3>Se protéger contre les ultraviolets </h3><p>Celle ou celui qui travaille à l'air libre est plus exposé aux ultraviolets et court de ce fait un risque de cancer de la peau plus élevé. Sont concernés ici les travailleurs et travailleuses de la construction, les couvreurs et couvreuses, les employé(e)s de la voirie, les jardiniers et jardinières, les travailleurs et travailleuses agricoles, les poseurs et poseuses de câbles, les maîtres-nageurs et maître-nageuses, les professeur(e)s de ski, le personnel des remontées mécaniques, etc. 
</p><p>Les ultraviolets peuvent être à l'origine de plusieurs formes de cancer, ainsi que de dommages aux yeux. Pour y parer, il faut se protéger correctement. Les yeux le seront avec des lunettes de soleil. Quant aux parties non protégées de la peau, elles doivent être enduites d'une crème solaire présentant un indice de protection d'au moins 25. Chapeaux à larges bords ou foulards sont également indiqués, de même que des vêtements tissés serrés et de couleurs vives. Et l'on doit étaler à plusieurs reprises de la crème solaire sur sa peau afin de maintenir la protection. 
</p><p>Avec les employé(e)s, les employeurs et employeuses portent ensemble la responsabilité de la protection contre le soleil et la chaleur excessive. Selon l'article 20 de l'ordonnance 3 relative à la loi sur le travail, l'employeur/employeuse est tenu de protéger son personnel " contre tout ensoleillement excessif et contre tout rayonnement calorifique excessif ". Cela, par exemple en distribuant un équipement de protection adapté, ainsi que de la crème solaire. Et, selon l'article 35 de la même ordonnance, " de l'eau potable sera disponible à proximité des postes de travail ". 
</p><h3>La Suisse, un des taux de cancer de la peau le plus élevé au monde</h3><p> La Suisse fait partie des pays dont les taux de cancer de la peau sont le plus élevés sur la planète. Par année, environ 20 à 25 000 personnes sont touchées par des formes de cancer que l'on arrive plutôt bien à soigner (épithéliomas basocellulaires et spinocellulaires). Près de 2 400 sont atteintes d'un mélanome, la plus grave forme de cancer de la peau. Et presque 300 en meurent chaque année. C'est nettement plus qu'à cause du SIDA et à peu près autant que le nombre de personnes qui décèdent suite à un accident de la route ! Les travailleurs et travailleuses les plus touchées sont ceux et celles qui travaillent dehors à cause de leur profession et se sont trop peu protégés contre le rayonnement ultraviolet. Il est plus que temps que nous changions cela ! Les personnes qui travaillent sous le soleil et/ou ont beaucoup de grains de beauté devraient régulièrement faire détecter toute modification de leur peau et consulter à cet effet leur médecin. 
</p><p>Pour plus d'informations sur le sujet :
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><a href="http://derma.ch/fr/spec/melanoma.html" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Ligue suisse contre le cancer</a> : 0800 11 88 11 (appel gratuit, lundi-vendredi, de 9 h à 19 h) </li><li><a href="http://www.suva.ch/fr/startseite-suva/praevention-suva/arbeit-suva/gefahren-filter-suva/hitze-kaelte-belastungen-raeume/sonne-hitze-ozon-suva/filter-detail-suva.htm" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">SUVA&nbsp;</a></li></ul><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4379</guid><pubDate>Tue, 05 Jul 2016 10:12:55 +0200</pubDate><title>Combattre les abus, améliorer les chances professionnelles</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/combattre-les-abus-ameliorer-les-chances-professionnelles</link><description>Commentaire du Rapport de l’Observatoire sur la libre circulation des personnes</description><content:encoded><![CDATA[<p> En tant que petit pays à l'économie très spécialisée, la Suisse a besoin d'entretenir de bonnes relations structurées avec l'Union européenne (UE). Faute de quoi nos salaires et nos salarié(e)s en pâtiront. Les Accords bilatéraux doivent toutefois servir aux travailleurs et travailleuses de Suisse. Le Conseil fédéral a promis une " protection complète contre le dumping salarial et social ". Ce qui signifie que toute personne qui travaille en Suisse doit recevoir un salaire suisse - et bénéficier de conditions de travail suisses - et aussi que toute personne qui cherche un emploi doit en trouver un. C'est à cette aune que la population juge les Bilatérales. Comme le font aussi les syndicats. 
</p><p>Malheureusement, des cas de dumping salarial sont toujours constatés. En particulier dans les branches qui ne bénéficient pas d'une convention collective de travail ou d'un contrat-type de travail. À défaut, les entreprises qui rémunèrent en dessous de ce seuil ne sont pas amendables. Le danger de dumping est particulier élevé pour les nouveaux contrats, ainsi que pour les travailleurs et travailleuses détachés par leur entreprise en Suisse. Des infractions aux dispositions salariales ont été constatées chez 17 % des entreprises étrangères et chez 11 % des entreprises suisses, contre respectivement 12 et 8 % il y a cinq ans. A quoi s'ajoute que les travailleurs et travailleuses âgés à la recherche d'un emploi sont en Suisse désavantagés. L'informatique constitue à cet égard un excellent exemple négatif. Cette branche recrute toujours plus de personnel à l'étranger à un moment où le chômage augmente fortement en Suisse. 
</p><p>Le système de contingents discriminants ne résoudra pas ces problèmes. Ils sont incompatibles avec les Bilatérales. En outre, un système de contingents qui prévoit l'examen de la préférence nationale ne fera qu'exacerber les difficultés. L'ancien système de contingents a en effet failli à sa mission. La pression sur les salaires, le chômage et le travail au noir étaient largement répandus. 
</p><p>Il est possible de mettre fin à ces abus de la libre circulation des personnes sans mettre en danger les Accords bilatéraux, en adoptant des mesures de nature économique et sociale qui ne constituent pas une discrimination fondée sur la nationalité. </p><ul><li>Les organisations patronales des branches sans salaires minimums doivent enfin être disposées à conclure des conventions collectives de travail étendues. Il faut en outre que les obstacles élevés mis à l'extension du champ d'application des CCT soient abaissés. </li></ul><ul><li>Dans les branches qui connaissent des CCT étendues, il faut renforcer les mesures d'accompagnement, la priorité étant ici les attestations CCT et les registres professionnels où figurent les moutons noirs et les entreprises aux mains propres. </li></ul><ul><li>Selon les consignes du SECO, les cantons ne doivent contrôler les entreprises dans les branches menacées de dumping qu'une fois tous les 33 ans. Le SECO refuse de modifier ses consignes, soutenu en cela par les employeurs et les cantons. </li></ul><ul><li>Pour améliorer la situation des travailleurs et travailleuses âgés, il faut une protection contre le licenciement des employé(e)s âgés engagés de longue date. À elle seule, l'obligation faite aux employeurs d'annoncer aux ORP les postes vacants augmenterait déjà leurs possibilités de retrouver un emploi. </li></ul><ul><li>Pour améliorer la conciliation du travail et de la vie familiale, il faut augmenter l'offre de structures abordables pour l'accueil des enfants. </li></ul><h5>Renseignements</h5><p>&nbsp;Daniel Lampart, premier secrétaire de l'USS, 079 205 69 11 </p>]]></content:encoded><category>Économie</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4359</guid><pubDate>Wed, 29 Jun 2016 09:53:08 +0200</pubDate><title>Maintenir les Bilatérales – Mettre en œuvre l’initiative contre l’immigration de masse sur le plan politique</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/maintenir-les-bilaterales-mettre-en-oeuvre-l-initiative-contre-l-immigration-de-masse-sur-le-plan-politique</link><description>Comité de l’USS :  Résolution sur Brexit – Appel à manifester le 10 septembre pour de bonnes retraite</description><content:encoded><![CDATA[<p> Le Comité de l'USS a discuté aujourd'hui des conséquences du Brexit sur l'économie suisse et sur la mise en œuvre de l'article sur l'initiative contre l'immigration de masse. Il a adopté à l'unanimité une résolution avec les revendications suivantes :</p><ul><li>La BNS doit empêcher que les salaires et les emplois ne soient mis sous pression à cause de l'appréciation du franc. Le franc est massivement surévalué. L'USS attend de la Banque nationale qu'elle stabilise le franc au niveau de 1,10 franc pour 1 euro et qu'elle veille ensuite à maintenir un taux de change qui ne nuise pas à la Suisse, permette de garantir les salaires ainsi que les emplois et évite une désindustrialisation de la Suisse.</li><li>Il faut maintenir les Accords bilatéraux avec l'Union européenne. Ce que l'on nomme la mise en œuvre de l'article constitutionnel 121a doit être en premier lieu réalisé par des mesures non discriminatoires. La protection des salaires, des conditions de travail et des travailleurs et travailleuses âgés doit être améliorée. Il faut en outre introduire des mesures pour améliorer la conciliation entre la vie professionnelle et la vie familiale, ainsi que de meilleures possibilités de formation et de perfectionnement professionnel.</li><li>Il faut refuser la solution unilatérale de " clause de sauvegarde " présentée par le Conseil fédéral. Elle est, d'une part, en contradiction avec les Accords bilatéraux. De l'autre, elle encourage des statuts de séjour et des conditions de travail précaires.</li></ul><p>L'USS a en outre annoncé qu'elle combattrait les intentions du Conseil national de réduire les retraites. Elle appelle les travailleurs et travailleuses de Suisse à participer à une manifestation nationale pour de bonnes retraites sous le slogan " Halte à la baisse des rentes - Renforçons l'AVS ", le 10 septembre à Berne. Car le niveau des rentes des futurs retraité(e)s est en grand danger. D'une part, parce que les rentes des caisses de pension sont prises dans les turbulences des marchés financiers et que les taux d'intérêt restent obstinément bas. D'autre part, parce que la nouvelle majorité du Conseil national, à l'inverse du Conseil fédéral et du Conseil des États, ne veut pas maintenir le niveau actuel des retraites. Il refuse de compenser les pertes de rente et souhaite en plus augmenter l'âge de la retraite à 67 ans. Cela, alors que l'on sait que les travailleurs et travailleuses âgés ont déjà de la peine aujourd'hui à conserver un emploi jusqu'à l'âge ordinaire de la retraite à 64 et 65 ans.
</p><h5>Renseignements :</h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire de l'USS, 079 205 69 11</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS, 079 249 59 74 </li></ul>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Migration</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4353</guid><pubDate>Fri, 24 Jun 2016 08:15:51 +0200</pubDate><title>Il faut maintenir les accords bilatéraux, combattre la surévaluation du franc, protéger les salaires et les emplois</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/il-faut-maintenir-les-accords-bilateraux-combattre-la-surevaluation-du-franc-proteger-les-salaires-et-les-emplois</link><description>Sortie de Royaume-Uni de l’Union européenne : le commentaire de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>La décision par le Royaume-Uni de sortir de l'Union européenne (UE) place le projet européen face à de grands défis. Pour la comprendre, nous devons tenir compte du fait que cet État insulaire entretient historiquement une relation particulière avec l'UE de laquelle il avait exigé des réglementations spéciales (ni euro ni Schengen, etc.). En outre, l'absence, contrairement à ce qui est le cas dans les autres États de l'UE à forts revenus, de mesures d'accompagnement efficaces pour protéger les salaires et les conditions de travail dans ce pays doit sans doute aussi avoir joué un rôle.
</p><p>La décision des citoyen(ne)s britanniques ne change rien au fait que la Suisse doive maintenir les Accords bilatéraux conclus avec l'UE. Nos voisins, soit les principaux pays où vont nos exportations, sont tous membres de l'UE. La Suisse a besoin de relations stables et clairement définies avec ces pays. Le Brexit montre toutefois que les votations de politique européenne ne peuvent être gagnées que si la population a l'impression qu'elle va en profiter. À cet égard, du travail doit encore être fait en Suisse. La protection des salaires et celle des travailleurs et travailleuses âgés doivent être améliorées. Il faut en outre que l'on prenne des mesures pour que famille et profession puissent mieux être conciliées, et pour améliorer la formation initiale et continue.
</p><p>Il faut désormais s'attendre à ce que les discussions avec l'UE sur l'article constitutionnel 121a restent suspendues. Ce fait ne doit cependant pas être surestimé. En effet, l'article 14(2) de l'Accord sur la libre circulation des personnes (ALCP), sur lequel se basent ces discussions, ne prévoit que des mesures temporaires avec l'accord de l'UE. Pour améliorer la situation des salarié(e)s de Suisse, il faut toutefois - comme dit plus haut - que des mesures efficaces soient prises sur la durée. La Suisse peut introduire sans problème de telles mesures, même avec l'ALCP, pour autant qu'elles ne soient pas discriminatoires, à savoir que leur application ne dépende pas de la nationalité des personnes concernées. 
</p><p>Le danger immédiat du Brexit pour notre pays vient des marchés financiers. L'Union syndicale suisse (USS) attend de la Banque nationale qu'elle combatte l'appréciation du franc et empêche par là que la décision britannique ne nuise à l'économie suisse. 
</p><p>Ces prochains jours, des idées vont certainement être présentées en Suisse selon lesquelles il s'agirait de créer une sorte de nouvelle AELE avec le Royaume-Uni à titre de contre contre-projet à l'UE. Or cette idée ne permettrait pas d'atteindre le but visé, ni politiquement ni économiquement. Cela, entre autres parce que la part des exportations suisses à destination du Royaume-Uni est, avec 4,5 %, relativement faible
</p><h5>renseignements</h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire de l'USS, 079 205 69 11</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS, 079 249 59 74</li><li>Matthias Preisser, service de la communication de l'USS, 031 377 01 24</li></ul>]]></content:encoded><category>Politique monétaire</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4351</guid><pubDate>Wed, 22 Jun 2016 16:56:47 +0200</pubDate><title>Droits syndicaux: une étude constate qu’il faut agir !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/droits-syndicaux-une-etude-constate-qu-il-faut-agir</link><description>La Suisse doit enfin adapter la protection contre les licenciements aux droits fondamentaux et au partenariat social</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil fédéral a mandaté deux professeurs de l’Université de Neuchâtel, Jean-Philippe Dunand et Pascal Mahon pour réaliser une étude sur la protection contre le licenciement. La deuxième partie de l’étude, publiée le 22 juin, confirme les résultats catastrophiques déjà mis en avant par la première partie, en particulier en ce qui concerne la protection des grévistes&nbsp;: les auteurs ont décelé d’importants manquements dans la protection contre les licenciements antisyndicaux et abusifs de représentant(e)s du personnel. Le Code des obligations suisse viole les droits fondamentaux établis par l’OIT et par la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH). </p><p>&nbsp;</p><p>On ne doit toutefois pas en rester à la constatation qu’il faut agir. L’USS demande clairement que la Suisse mette la protection contre les licenciements en conformité avec les droits fondamentaux et les besoins d’un réel partenariat social. Si la Confédération ne devait pas assumer ses obligations concernant les droits humains, elle devra s’attendre à de nouvelles plaintes auprès de la Cour européenne des droits de l’homme. Des militant(e)s, des membres de conseils de fondation de caisses de pension licenciés ainsi que d’autres personnes qui ont reçu leur congé pour des motifs antisyndicaux pourraient déposer plainte. L’USS va aussi thématiser le non-respect de conventions de l’OIT&nbsp;: à cet égard, la Suisse risque d’être inscrite sur une liste noire. 
</p><p>&nbsp;</p><p>L’étude neuchâteloise montre justement à quel point les droits fondamentaux garantis internationalement sont importants pour les travailleurs suisses. En effet, la législation de la Cour européenne des droits de l’homme (CrEDH) joue un rôle toujours plus important aux côtés des conventions normatives de l’OIT en Suisse. Les droits sociaux et du travail fixés par l’OIT et la CrEDH garantissent aux travailleurs la possibilité de s’organiser syndicalement dans une entreprise, de mener des négociations conventionnelles sans craintes de représailles et des luttes pour les droits du travail. A cela s’ajoute que les syndicats s’engagent depuis toujours pour que ces droits fondamentaux émancipatoires qui protègent mieux les salarié(e)s de notre pays soient ancrés et étendus. 
</p><p>&nbsp;</p><p>Les droits fondamentaux internationaux apportent une compensation importante à la globalisation qui se fait purement sur le plan économique. Ils prescrivent à l’Etat un devoir concret et positif de protection des salarié(e)s, comme par exemple dans le domaine de la protection contre les licenciements abusifs.</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4349</guid><pubDate>Tue, 21 Jun 2016 15:44:24 +0200</pubDate><title>Une étape franchie pour surmonter un jour la tragédie de l’amiante</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/une-etape-franchie-pour-surmonter-un-jour-la-tragedie-de-l-amiante</link><description>La table ronde sur l’amiante définit les paramètres d’un fonds d’indemnisation </description><content:encoded><![CDATA[<p> L'Union syndicale suisse (USS) se félicite du compromis trouvé par la table ronde sur l'amiante, qui porte sur les paramètres de l'indemnisation des victimes. Présidée par l'ancien Conseiller fédéral Moritz Leuenberger, la table ronde propose un fonds d'indemnisation qui présente principalement les caractéristiques suivantes : </p><ul><li>Un service d'assistance mis en place pour tous les malades de l'amiante.</li><li> Des prestations en espèces versées de manière différenciée aux personnes selon qu'elles bénéficient, ou non, de prestations de l'assurance-accidents obligatoire (LAA). Les prestations aux non-assurés LAA doivent être ajustées à celles des assurés LAA. </li><li>Les cas de cancer de la plèvre non reconnus comme maladie professionnelle doivent percevoir une indemnité (compensation du salaire) de type LAA. </li><li>Une indemnité doit être accordée aux non-assurés LAA qui n'ont pas été exposés à de l'amiante sur le lieu de travail (par ex. épouses, enfants).&nbsp;</li><li> Les assurés LAA aussi doivent être indemnisés afin que soit prise en compte la dimension extraordinaire de la tragédie de l'amiante dans l'histoire industrielle suisse. </li><li>Celui qui perçoit des prestations du fonds ne peut pas faire valoir de prétentions civiles par voie judiciaire.</li></ul><p> L'USS, qui a joué un rôle clé à l'origine de la table ronde sur l'amiante et y était représentée, soutient cette proposition. Grâce à l'accord sur les paramètres, un grand pas en avant est fait pour surmonter la catastrophe de l'amiante et atténuer ses effets dévastateurs sur la situation financière des personnes concernées. L'USS compte maintenant sur des progrès rapides et des engagements fermes de la part de la table ronde en matière de dotation financière du fonds.
</p><h5>Renseignements : </h5><ul><li> Luca Cirigliano, secrétaire central de l'USS en charge des conditions de travail, 076 335 61 97 </li></ul>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4334</guid><pubDate>Mon, 13 Jun 2016 14:53:50 +0200</pubDate><title>La Suisse tenue d’améliorer la protection contre le licenciement</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/la-suisse-tenue-d-ameliorer-la-protection-contre-le-licenciement</link><description>Toujours sous observation de l’OIT</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Plus de 6&nbsp;000 délégué(e)s de 187 pays membres de l’Organisation internationale du Travail (OIT) se sont rencontrés à Genève du 29 mai au 5 juin dans le cadre de la Conférence internationale du travail de l’OIT. Parmi les sujets abordés, les droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses. La Suisse est toujours dans le collimateur pour son manque de protection contre les licenciements. Selon l’OIT, il faut une réforme. </p><p>Cette année, le rapport de l’OIT sur la Suisse a été tout sauf rose. Notre pays accuse toujours des lacunes concernant le respect des conventions n°&nbsp;87 et 98, qui protègent la liberté syndicale. 
</p><h3>Protection insuffisante en cas de licenciement abusif</h3><p>Les personnes licenciées en Suisse parce qu’elles se seraient engagées pour défendre les intérêts des travailleurs et travailleuses dans le cadre de négociations collectives, d’organes paritaires de caisses de pensions ou d’autres activités syndicales, ne bénéficient pas d’une protection légale suffisante. Idem pour les lanceurs d’alerte. Dans ces cas en effet, le Code des obligations suisse prévoit uniquement que l’employeur devra verser au maximum six mois de salaire à la personne licenciée. Dans la réalité cependant, il ne s’agit la plupart du temps que de 2 à 3 mois. Une insulte pour les victimes de licenciements abusifs qui ne trouveront ensuite plus d’emploi durant des années et devront parfois même vivre de l’aide sociale. 
</p><h3>La réintégration doit être possible</h3><p>L’OIT a déjà constaté à plusieurs reprises que la Suisse doit réformer son droit en matière de licenciement. Ainsi, dans certains cas, la réintégration de la personne licenciée devrait être possible. En outre, la sanction prononcée par la justice doit être durcie afin de donner plus de poids aux jugements des tribunaux. Il ne faut en effet pas que tant pour Nestlé que le garagiste du village, la sanction maximale ne puisse dépasser les six mois de salaire.
</p><h3>Le président de la Confédération était présent à la conférence de l’OIT </h3><p>Le 30 mai, le président de la Confédération Johann Schneider-Ammann s’est rendu à la Conférence et a prononcé un discours sur l’avenir du monde du travail et l’importance du partenariat social dans un monde globalisé. Il a aussi signé un nouveau protocole de collaboration et de financement entre la Suisse et l’OIT. L’Union syndicale suisse (USS) se félicite de cette visite et de cette signature. 
</p><p>L’USS a toutefois rappelé, lors des discussions tripartites avec le président de la Confédération et la représentation des employeurs suisses à l’OIT, que le problème du manque de protection contre les licenciements antisyndicaux n’était toujours pas résolu. Car il ne peut pas y avoir de partenariat social digne de ce nom si les personnes qui s’engagent pour leurs collègues de travail doivent s’attendre à être licenciées parce qu’elles ont posé des questions ou présenté des revendications dérangeantes. L’USS a clairement fait savoir que, pour être sérieux et global, l’engagement de la Suisse à l’OIT ne peut pas uniquement consister dans la ratification de conventions et le financement de projets. Il doit aussi prévoir la mise en œuvre des obligations de l’État en matière de droit international. Il faut donc améliorer la protection contre les licenciements antisyndicaux dans le Code des obligations. 
</p><h3>Chaînes d’approvisionnement et autres thèmes</h3><p>Un des sujets importants de cette conférence fut entre autres la revendication d’un travail digne dans les chaînes d’approvisionnement. En accord avec la Confédération syndicale internationale (CSI), l’USS demande que l’OIT conclue un accord sur une régulation des normes minimales dans les chaînes internationales d’approvisionnement. Il a aussi été question de l’aménagement plus équitable du libre-échange, au moyen de normes minimales dans le domaine du droit du travail et du droit social. Ici, l’USS demande que les accords de libre-échange prévoient en principe le respect des normes de l’OIT. Un autre thème a été celui des instruments de l’OIT permettant un développement aussi social et durable que possible après des guerres ou des catastrophes naturelles, par exemple au Moyen-Orient ou en Amérique du Sud. </p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4328</guid><pubDate>Wed, 08 Jun 2016 13:41:18 +0200</pubDate><title>Des contrôles des salaires, maintenant!</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-controles-des-salaires-maintenant</link><description>Un appel – 25 ans après la grève des femmes</description><content:encoded><![CDATA[<p>Une fois de plus, les femmes syndicalistes descendent dans la rue un 14 juin. Et elles continueront à le faire jusqu’à ce qu'elles gagnent autant que les hommes. Un quart de siècle après l’historique grève des femmes et 20 ans après l’entrée en vigueur de la loi sur l’égalité, on n’a pas beaucoup avancé. Les femmes gagnent, selon la manière dont on calcule, entre 15 et 20 % de moins que les hommes. Et presque la moitié de ces écarts est de la pure discrimination. 
</p><p>C’est une raison suffisante pour que le 14 juin les femmes prolongent leur pause de midi d’une heure – et cela dans toute la Suisse. Par des pique-niques de protestation et d’autres actions, nous lançons un signal clair comme de l’eau de roche pour réclamer l’égalité salariale. Nous voulons une amélioration de la loi sur l’égalité, nous voulons des contrôles des salaires, maintenant&nbsp;!
</p><p>Femmes et hommes, personnes actives et retraitées, militant-e-s et politicien-ne-s, toutes et tous sont bienvenus. Venez nombreux et avec le soleil&nbsp;!</p><ul><li>Plus d’informations et toutes les actions</li></ul>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4325</guid><pubDate>Mon, 06 Jun 2016 17:22:34 +0200</pubDate><title>Une bonne décision pour la démocratie et le personnel de vente </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/une-bonne-decision-pour-la-democratie-et-le-personnel-de-vente</link><description>Pas de loi sur les heures d’ouverture des magasins</description><content:encoded><![CDATA[<p> La raison a triomphé&nbsp;: le Conseil des Etats a aujourd’hui maintenu son refus de la nouvelle loi nationale sur les heures d’ouverture des magasins (LOMag). Il a ainsi pris en considération l’opposition des cantons et du personnel de vente. Ce deuxième refus d’entrer en matière de la Chambre des cantons enterre définitivement le projet. 
</p><p>Le Parlement a pris au sérieux des considérations inhérentes au fonctionnement démocratique de la Suisse&nbsp;: ces dix dernières années, 13 des 16 votations sur des projets cantonaux d’extension des heures d’ouverture des magasins ont échoué devant le peuple. La LOMag aurait mis les bâtons dans les roues du fédéralisme. &nbsp; 
</p><p>Les vendeuses et les vendeurs peuvent maintenant souffler. Leurs horaires, qui sont déjà pénibles, auraient été encore plus éclatés, la conciliation entre travail et famille se serait révélée encore plus difficile. Cette décision est aussi un vote contre la mort des petits commerces. Car des horaires étendus profitent essentiellement aux grandes surfaces. 
</p><p>L’USS salue cette décision. Appuyée par ses syndicats et les partis rose-verts, elle aurait de toute manière lancé le référendum contre la LOMag. 
</p><p>L’USS espère que les partis politiques se distancent désormais de la tactique du salami qu’ils ont jusqu’à maintenant utilisée pour péjorer les conditions de travail.&nbsp;
</p><h5> Renseignements&nbsp;: </h5><ul><li>Luca Cirigliano, secrétaire central de l’USS en charge des dossiers ayant trait aux conditions de travail, 076 335 61 97 </li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l’USS, 079 249 59 74 </li></ul>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4312</guid><pubDate>Mon, 30 May 2016 16:31:54 +0200</pubDate><title>La Suisse doit enfin aller de l’avant en termes de protection contre les licenciements</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-suisse-doit-enfin-aller-de-l-avant-en-termes-de-protection-contre-les-licenciements</link><description>Visite du président de la Confédération Johann Schneider-Ammann à la Conférence de l’OIT
</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Il ne peut y avoir de véritable partenariat social si les salarié-e-s qui s’engagent dans les commissions du personnel ou les conseils de fondation des caisses de pension doivent, pour cette raison, craindre le licenciement. L’Union syndicale suisse (USS) l’a rappelé à l’occasion de la visite du président de la Confédération Johann Schneider-Ammann à la Conférence annuelle onusienne de l’OIT.&nbsp;</p><p><br>Dans un discours à la Conférence de l’OIT qui a lieu en ce moment à Genève, Johann Schneider-Ammann a souligné l’importance du partenariat social et des valeurs partagées sur la protection des salarié-e-s dans un monde globalisé. Le président de la Confédération a aussi signé un protocole sur la collaboration et le financement entre la Suisse et l’OIT. L’Union syndicale suisse salue autant la visite que le protocole.&nbsp;
</p><p>Lors des discussions tripartites entre Schneider-Ammann et les représentant-e-s des employeurs et des salarié-e-s suisses à l’OIT, l’USS a toutefois également rappelé que la Suisse de disposait tou-jours pas d’une protection suffisante contre les licenciements antisyndicaux. Ce problème doit être urgemment résolu, car il ne peut y avoir de véritable partenariat social si les salarié-e-s qui s’engagent pour leurs collègues, dans les négociations de conventions collectives ou les conseils de fondation des caisses de pension par exemple, doivent craindre le licenciement s’ils posent des questions ou des exigences dérangeantes.
</p><p>Un engagement sérieux et entier dans la Suisse dans l’OIT ne peut être limité à des accords et au financement de projets. Il doit aussi trouver son expression dans la mise en œuvre de devoirs de l’Etat dans le droit suisse, dans ce cas qui nous occupe, par une amélioration de la protection contre les licenciements antisyndicaux dans le droit des obligations.&nbsp;
</p><p>A cet égard, le rapport de l’OIT atteste des déficits de la Suisse quant au respect des Conventions n° 87 et 98 qui protègent la liberté syndicale. &nbsp;La loi suisse ne protège pas suffisamment les personnes qui auraient été licenciées pour avoir défendu les intérêts des salarié-e-s. C’est aussi valable pour les lanceurs d’alerte, selon le rapport de l’OIT. Dans tous ces cas, le droit des obligations ne prévoit qu’une sanction d’au maximum six mois de salaire. L’OIT demande au contraire que, dans certains cas du moins, la réintégration soit requise. Les sanctions possibles doivent en outre être durcies.&nbsp;
</p><h5>Renseignements:</h5><ul><li>Luca Cirigliano, secrétaire central de l'USS, en charge du droit du travail et de la politique internationale,&nbsp;Tel. 076 335 61 97</li></ul>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4304</guid><pubDate>Wed, 25 May 2016 10:19:15 +0200</pubDate><title>Protéger davantage au lieu de prolonger le temps de travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/proteger-davantage-au-lieu-de-prolonger-le-temps-de-travail</link><description>Le temps de travail est toujours plus long en Suisse

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En 2015, les travailleurs et les travailleuses ont travaillé en moyenne davantage que l’année d’avant, l’augmentation est de 2,3%. Dans le même temps, les maladies dues au stress, les «&nbsp;burn out&nbsp;» ou les crises cardiaques dans le cadre professionnel s’accroissent. Les politiciens et les politiciennes qui veulent mettre les travailleurs et les travailleuses encore plus pression doivent être stoppés. </p><p>&nbsp;</p><p>Toutes branches confondues, l’Office fédéral de la statistique (OFS) a enregistré une augmentation des heures travaillées. Ce sont les salariés travaillant à plein temps de l’agriculture qui ont accompli la charge de travail hebdomadaire la plus élevée, avec 44 heures et 48 minutes par semaine en 2015. Suivent, dans l’ordre, les branches «Hébergement et restauration» (42 heures et 17 minutes), «Activités financières et d’assurances» (41 heures et 57 minutes), et «Autres activités de services» (41 heures et 34 minutes).
</p><p>&nbsp;</p><h3>Beaucoup d’heure non recensées parce que le temps de travail n’est pas enregistré</h3><p>Le fait d’être atteignable tout le temps (Smartphones et ordinateurs portables) a conduit les salarié-e-s à travailler de plus en plus pendant leur temps libre, que ce soit pendant les week-ends, les vacances ou même pendant la nuit, sans que ces heures ne figurent dans les statistiques. Les heures de travail effectivement accomplies dépassent ainsi ce qui apparaît dans les statistiques. Il est d’autant plus clair pour les syndicats qu’il faut que le temps de travail soit enregistré. Il faut stopper de nouvelles dérégulations, comme les demandent Karin Keller-Suter et Konrad Graber. Les salarié-e-s ne doivent pas être toujours plus exposés à des heures supplémentaires, au stress et aux «&nbsp;burn out&nbsp;». 
</p><p>&nbsp;</p><h3>Toujours plus de travail pendant le même laps de temps&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </h3><p>Ce qui ressort aussi de l’étude de l’OFS, ou plutôt ce qui est tu, est qu’en Suisse, on travaille énormément en comparaison internationale. Et en même temps, le travail s’est toujours plus densifié ces dernières années, ce qui signifie que plus de travail est fourni pendant le même temps. Cela est à mettre d’une part sur le compte de la rationalisation et de la digitalisation dans les entreprises, donc de l’augmentation de la productivité. Ces gains de productivité n’ont pas été rendus aux salarié-e-s sous forme de semaines de travail plus courtes. Ils ont abouti dans les poches d’employeurs âpres au gain. D’autre part, beaucoup d’entreprises réduisent constamment leur personnel, surtout depuis la décision catastrophique de la Banque nationale d’abandonner le taux plancher. Pour ceux qui restent, les processus de travail s’accélèrent. Et en même temps, ils ont plus de travail. &nbsp;
</p><p>&nbsp;</p><h3>Pas de détérioration de l’enregistrement du temps de travail </h3><p>Les conséquences à tirer de l’étude de l’OFS sont claires: la durée du travail doit enfin être réduite en Suisse et les dispositions de la loi sur le travail sur la protection de la santé psychique au travail doivent être appliquées de manière conséquente. Il n’est pas acceptable que les dispositions sur la durée maximale du temps de travail, sur les pauses et le temps de repos ne soient pas respectées alors que les «&nbsp;burn out&nbsp;» explosent. 
</p><p>Des politiciens comme Karin Keller-Suter ou Konrad Graber, qui veulent que l’enregistrement du temps de travail soit encore péjoré suite à la dérégulation qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2016, doivent revenir à la raison&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4300</guid><pubDate>Tue, 24 May 2016 11:52:56 +0200</pubDate><title>Améliorer la protection contre les licenciements ! </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/ameliorer-la-protection-contre-les-licenciements</link><description>La Conférence de l’OIT a la Suisse à l’œil</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">A la prochaine conférence annuelle de l’OIT, la Suisse devra s’expliquer devant une commission pourquoi elle ne protège pas suffisamment les droits des représentant-e-s syndicaux. Elle risque d’être inscrite sur une liste noire, si elle ne s’adapte pas au droit international. &nbsp; </p><p>La prochaine conférence annuelle de l’Organisation internationale du travail (OIT) a lieu du 30 mai au 11 juin prochains à Genève. Cette année, la Commission de l’OIT qui est responsable du respect des conventions a publié un rapport sur la Suisse. Et il n’est pas tout rose&nbsp;: la Suisse fait preuve d’importants manquements quant au respect des conventions 87 et 98 qui protègent la liberté syndicale. A la suite d’une plainte de l’USS, elle n’a toujours pas mis en œuvre les recommandations de l’OIT qui ont fait. 
</p><h3>La protection contre les licenciements n’est pas suffisante</h3><p> Le rapport constate que les personnes qui sont licenciées parce qu’elles se sont par exemple engagées pour les intérêts des salarié-e-s dans le cadre de négociations conventionnelles ou d’autres activités syndicales, ne bénéficient pas d’une protection légale suffisante. C’est aussi le cas des lanceurs d’alerte. En effet, le droit des obligations suisse ne prévoit que des condamnations de maximum six mois de salaire en guise d’indemnités dans ces cas. Dans les faits, des peines de 2 à 3 mois sont au maximum prononcées&nbsp;: c’est une honte pour des victimes de licenciements abusifs qui ne retrouvent souvent plus de travail pendant des années et doivent même parfois vivre de l’aide sociale.&nbsp; 
</p><h3>OIT: réforme ou liste noire </h3><p>Depuis la plainte à ce sujet de l’USS de 2003, l’OIT a plusieurs fois recommandé à la Suisse de mettre sa protection contre les licenciements en conformité avec les droits humains&nbsp;: la réintégration des salarié-e-s doit par exemple être possible dans certains cas. Ensuite, les sanctions prononcées par les tribunaux doivent être plus sévères afin d’augmenter le pouvoir d’appréciation de la justice. Il n’est en effet pas possible qu’une sanction maximale de six mois de salaire soit prononcée autant pour Nestlé que pour le garagiste du village. 
</p><p>La Suisse devra expliquer à la conférence de la communauté internationale pourquoi elle n’a pas encore adapté la protection contre les licenciements. Les syndicats sont clairs sur le sujet&nbsp;: elle doit enfin mettre en route des réformes de la protection contre le licenciement. Si la Suisse continue à tergiverser, elle finira sur une liste noire de l’OIT. 
</p><h3>Autres sujets abordés</h3><p> Une discussion aura notamment lieu à cette conférence de l’OIT sur le travail décent dans les chaînes de distribution globalisées. On discutera aussi de rendre le libre échange plus équitable en instituant des standards minimums dans les domaines du droit du travail et des droits sociaux. </p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Suisse</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4289</guid><pubDate>Thu, 12 May 2016 13:16:55 +0200</pubDate><title>Il faut renforcer les mesures d’accompagnement pour empêcher les abus en matière de salaire</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/il-faut-renforcer-les-mesures-d-accompagnement-pour-empecher-les-abus-en-matiere-de-salaire</link><description>Rapport du SECO sur la mise en œuvre des mesures d’accompagnement</description><content:encoded><![CDATA[<p>La Suisse a besoin des Accords bilatéraux conclus avec l'Union européenne (UE). Mais ceux-ci doivent profiter aux personnes professionnellement actives dans notre pays. C'est pour cela que les mesures d'accompagnement ont été mises en place. Quiconque travaille en Suisse doit toucher un salaire suisse et bénéficier de conditions de travail suisses. Les patrons ne doivent en effet pas tricher avec la libre circulation des personnes. 
</p><p>Le rapport sur la mise en œuvre des mesures d'accompagnement publié aujourd'hui par le SECO montre toute l'importance de ces mesures de protection. Lors de leurs contrôles, les inspecteurs et inspectrices du travail découvrent régulièrement des infractions. 
</p><p>Dans les branches qui fixent des salaires minimums obligatoires, les employeurs fautifs peuvent être amenés à rendre des comptes en payant des d'amendes. Dans les branches sans salaires minimums, ce n'est pas possible. Que le nombre des infractions ait augmenté ces derniers temps est particulièrement inquiétant. Ainsi, des infractions salariales ont été constatées pour 17 % des entreprises étrangères contrôlées en 2015 et 11 % des employeurs suisses, contre 12, respectivement 8 % il y a cinq ans. Les branches comme l'horticulture, le commerce de détail et des petites entreprises de la branche de la sécurité sont spécialement concernées. 
</p><p>Pour protéger les salaires et les conditions de travail, l'Union syndicale suisse (USS) demande : </p><ul><li>des conventions collectives de travail (CCT) fixant des salaires minimums obligatoires dans l'horticulture, le commerce de détail et la branche de la sécurité ; </li><li>le démantèlement des obstacles mis à l'extension du champ d'application des CCT (suppression du quorum des employeurs) ; </li><li>des pouvoirs publics plus actifs : les cantons doivent définir les branches sur lesquelles ils se focalisent et également garantir le contrôle des branches en point de mire au plan fédéral ; en outre, il faut garantir dans les marchés publics que les entreprises prises en considération respectent les conditions salariales et de travail ;</li><li>les contrôles doivent être renforcés et les sanctions durcies, et un registre des branches doit être créé pour les branches qui se comportent correctement.</li></ul><h5>renseignements</h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en chef de l'USS, 079 205 69 11 ou 031 377 01 16</li></ul>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-3031</guid><pubDate>Sun, 01 May 2016 16:00:00 +0200</pubDate><title>Tous ensemble pour une AVS forte !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/tous-ensemble-pour-une-avs-forte</link><description>Le 1er Mai fêté dans plus de 50 localités du pays (II)</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En ce 1er Mai, la population descend dans la rue pour  manifester contre le démantèlement des rentes et les pertes d’emplois,  ainsi que pour plus de justice sociale dans plus de 50 localités de  Suisse. Pour cette Fête des travailleuses et des travailleurs 2016,  l’Union syndicale suisse (USS) a choisi le slogan. «&nbsp;Tous ensemble pour  une AVS forte&nbsp;!&nbsp;». </p><p>Lors de ces rassemblements, la population manifeste pour que la  baisse des rentes du 2e pilier soit compensée par une hausse des rentes  de l’AVS. Elle proteste aussi contre les projets de la droite qui veut  imposer le démantèlement des rentes et le relèvement à 67 ans de l’âge  de la retraite, alors que les travailleuses et travailleurs âgés ont  aujourd’hui déjà de la peine à conserver leur emploi jusqu’à l’âge  ordinaire de la retraite. 
</p><p>Des dizaines d’orateurs et oratrices montreront que l’AVS est  parvenue à maîtriser jusqu’à ce jour le vieillissement de la population  et que ce sera aussi le cas demain. Ils dénonceront l’argument de  l’«&nbsp;inéluctabilité démographique&nbsp;» comme étant un grossier stratagème  politique destiné à imposer une baisse des rentes, et exigerons que  l’AVS soit renforcée. 
</p><h3>Citations tirées des discours du 1er Mai</h3><p>Paul Rechsteiner, le président de l’USS, a déclaré à Thoune et à  Spiez&nbsp;: «&nbsp;Les rentes des caisses de pension sont toujours plus  mauvaises, au point que c’en est parfois dramatique. Et cela surtout  pour les futurs retraitées et retraités. L’initiative AVSplus exige une  augmentation des rentes de 10%. Cela a évidemment un coût. Mais se  serait nettement moins cher que si l’on voulait obtenir le même résultat  avec le 2e pilier et beaucoup moins cher qu’avec les assurances privées  (3e pilier). 
</p><p>Giorgio Tutti, le président du SEV s’est exprimé à Berne sur le même  sujet&nbsp;: «&nbsp;Il est évident que les personnes qui gagnent bien leur vie ne  désirent pas que l’AVS soit développée, car ils paient des cotisations  sur l’entier des leurs salaires élevés et ne reçoivent que la rente  maximale, qui est la même pour tout le monde. Il est aussi évident que  les assureurs privés et les banques soient contre ce projet. Ils  dénigrent l’AVS et veulent l’affaiblir pour pouvoir faire des affaires  avec les caisses de pension et le 3e pilier.&nbsp;»
</p><p>A Bienne, Doris Bianchi, l’adjointe du premier secrétaire de l’USS a  justifié la nécessité de l’initiative AVSplus de la sorte&nbsp;: «&nbsp;Il n’y a  plus que les personnes qui gagnent bien leur vie qui peuvent appréhender  la retraite sans se faire de soucis. Pour recevoir une rente décente  d’environ 2000 francs par mois de sa caisse de pension, il faut avoir  accumulé au moins un demi-million de capital. Il n’y a plus que les  hauts revenus qui y parviennent encore. Même les salarié-e-s qui gagnent  environ 7000 francs bruts par mois ont de la peine à atteindre cet  objectif.&nbsp;»
</p><p>Katharina Prelicz-Huber, la présidente du SSP, a abordé un autre  sujet à Aarau et a recommandé le 2X NON aux initiatives «&nbsp;En faveur du  service public&nbsp;» et «&nbsp;Vache à lait&nbsp;». Les deux objets menacent «&nbsp;un  service public étendu jusque dans les régions périphériques […] Et s’il  venait à manquer 1500 millions de recettes dans les caisses fédérales à  cause de l’initiative «&nbsp;vache à lait&nbsp;», cela impliquerait un énorme plan  d’austérité dans la formation, la santé, le social, les transports  publics, etc.&nbsp;» &nbsp;
</p><p>Vania Alleva, la présidente d’Unia a fustigé à Coire les recettes de  crise néolibérales, dans le monde et en Suisse. «&nbsp;Que la Banque  nationale suisse se soit agenouillée devant les marchés financiers en  est un exemple parlant. L’abandon du taux plancher a en l’espace d’un an  déjà détruit des dizaines de milliers d’emplois. Il n’est donc pas  étonnant que le nombre de pauvres ait à nouveau augmenté en Suisse, à  530&nbsp;000 personnes. Quelque 800&nbsp;000 personnes ne peuvent pas se permettre  de partir une semaine en vacances. Par contre, la fortune des 300  personnes les plus riches a augmenté 481 à 596 milliards au cours des  quatre dernières années. 
</p><h5>Renseignements: </h5><ul><li>Ewald Ackermann, Service de la communication, 031&nbsp;377 01 09 ou 079&nbsp;660 36 14</li></ul>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Suisse</category><category>AVS</category><category>Services Publics</category><category>Travail</category><category>Politique sociale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4257</guid><pubDate>Mon, 25 Apr 2016 10:57:52 +0200</pubDate><title>Tous ensemble pour une AVS forte !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/tous-ensemble-pour-une-avs-forte</link><description>Fête du travail 2016 : appel, affiche, histoire, vue d&#039;ensemble des manifesfations</description><content:encoded><![CDATA[<p> À une époque où les patrons prennent le franc fort pour prétexte afin de supprimer à tour de bras des emplois et imposer aux travailleurs et travailleuses des conditions de travail toujours plus flexibles et éprouvantes ;
</p><p>à une époque où la Banque nationale refuse de voir quels sont les vrais problèmes qui se posent et maintient un cours du franc dévastateur sans se préoccuper des conséquences que les travailleurs et les travailleuses sont les premiers à supporter ;
</p><p>à une époque où le fossé entre riches et pauvres se creuse toujours plus et où la droite ne fait pratiquement rien pour le combler, mais l'agrandit encore plus avec sa politique fiscale et financière ;
</p><p>à une époque où les patrons, malgré l'obligation inscrite dans la Constitution, continuent à refuser de verser aux femmes un salaire égal pour un travail de valeur égale et où les partis de droite n'entreprennent rien contre cela ;
</p><p>à une époque où la droite fait s'enchaîner les programmes d'austérité dans les pouvoirs publics et ne se gêne pas de saper toujours plus les services publics ;
</p><p>à une époque où le plus grand parti du pays ne cesse de se déchaîner contre les migrant(e)s et les minorités pour, avec cette politique des boucs émissaires, détourner l'attention des vrais problèmes ;
</p><p>à une époque où les patrons et les partis de droite veulent constamment baisser les prestations de l'AVS, faisant basculer toujours plus de personnes dans la détresse, alors que le paquebot du 2e pilier prend toujours plus l'eau et que la perspective de vivre ses vieux jours matériellement dans la dignité s'obscurcit pour beaucoup ;
</p><p>dans une telle époque, il s'agit de se rassembler, de se battre tous ensemble pour la dignité et la justice sociale, pour les emplois et de bonnes conditions de travail.
</p><h3>Un engagement combatif vaut la peine</h3><p>Le passé nous a appris qu'il vaut la peine que les syndicats fassent preuve d'un engagement combatif. On l'a vu avec la victoire remportée contre l'initiative inhumaine de " mise en œuvre ", une victoire à laquelle ils ont contribué de manière déterminante à montrer à l'UDC où sont les limites à ne pas franchir avec la xénophobie et les attaques contre les fondements, en Suisse, de l'État de droit et des droits humains. Les votations gagnées par les syndicats ces 15 dernières années, grâce auxquelles il a été possible d'empêcher que les prestations de la prévoyance vieillesse ne soient démantelées, le montrent également.
</p><p>Ce combat franchit maintenant une nouvelle étape. Car les patrons et les partis de droite font campagne sans relâche pour un réaménagement de la prévoyance vieillesse qui est contraire à l'esprit de la solidarité. Usant de l'argument massue de l'évolution démographique, ils essaient de faire avaler à la population la soi-disant nécessité de relever l'âge de la retraite et de diminuer les prestations. Et en invoquant la " génération dorée ", ils essaient de persuader les gens que les retraité(e)s roulent en principe sur l'or, provoquant par là un conflit entre les générations.
</p><h3>Battre contre les légendes entrées dans la tête</h3><p>Nous les syndicats, nous nous battons contre toutes ces légendes qui sont entrées dans la tête de beaucoup. Nous savons en effet que la grande majorité des retraité(e)s actuels et futurs n'ont pas besoin que leur rente baisse, mais qu'elle augmente. Et nous savons que l'assurance populaire qu'est l'AVS, l'assurance sociale la plus efficiente, la plus sûre et la plus solidaire, doit être renforcée et non pas affaiblie.
</p><p>Ensemble avec les travailleurs et les travailleuses, ensemble avec les retraité(e)s, nous allons nous battre pour AVSplus. L'enjeu, c'est plus qu'une hausse de 10 % des rentes AVS. L'enjeu c'est de gripper le moteur du démontage social, et d'huiler celui de la justice.
</p><p>Prenons à bras le corps ce tournant social ! D'abord avec l'AVS, cet ouvrage séculaire, cette preuve concrète de solidarité donnée par notre pays. Puis dans le monde du travail et dans la société. Ensemble. Parce qu'un tournant social est nécessaire. Et parce qu'il est possible. </p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category><category>Travail</category><category>Droit du travail</category><category>Politique sociale</category><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4252</guid><pubDate>Thu, 21 Apr 2016 14:22:02 +0200</pubDate><title>Des mesures contraignantes pour enrayer l’augmentation du chômage sont absolument nécessaires </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-mesures-contraignantes-pour-enrayer-l-augmentation-du-chomage-sont-absolument-necessaires</link><description>Conférence nationale sur les travailleurs âgés </description><content:encoded><![CDATA[<p> La situation des travailleuses et des travailleurs âgés s'est de toute évidence dégradée ces deux dernières années. Surtout pour les hommes entre 55 et 64 ans. Le taux de chômage dans cette classe d'âge est passé de 3 à presque 5%! Et les travailleurs d'un certain âge ont de grandes difficultés à retrouver du travail, même quand ils ont de bonnes qualifications. Ils risquent d'arriver en fin de droit et de devoir s'annoncer à l'aide sociale.
</p><p> Les raisons de cette évolution: les travailleurs âgés sont mal traités (discriminés) ; le démantèlement des assurances sociales (2e pilier, AI) qui font que certaines " sorties de secours " en cas de problèmes au travail sont soudainement bloquées et le fait que certains employeurs sont plus enclins aujourd'hui à licencier des travailleurs âgés qu'auparavant.
</p><p> Pour aborder ce problème, la Confédération a convoqué la deuxième Conférence nationale sur les travailleurs âgés. La Conférence a reconnu que le chômage augmentait. Elle a aussi accepté le principe qu'il fallait prendre des mesures pour l'enrayer. Toutefois, les propositions ne vont pas assez loin. 
</p><p>Afin de réellement améliorer les chances des travailleurs âgés, il faut que les travailleurs de longue date bénéficient d'une meilleure protection contre le licenciement. Il faut aussi améliorer leurs chances dans la recherche d'emplois. Les employeurs devraient par exemple systématiquement annoncer les postes vacants aux ORP. Afin que les travailleurs âgés en recherche d'emploi aient une chance d'en retrouver un, les employeurs ne devraient pas pourvoir refuser des candidatures uniquement en raison de l'âge. Raison pour laquelle, l'OCDE elle-même a proposé d'interdire ce type de discrimination. 
</p><h5>Renseignement: </h5><p>- Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en chef de l'USS, 079 205 69 11
</p><p>- Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS, 079 249 59 74 </p>]]></content:encoded><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4248</guid><pubDate>Tue, 19 Apr 2016 13:27:20 +0200</pubDate><title>Nettement plus de personnes âgées au chômage</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/nettement-plus-de-personnes-agees-au-chomage</link><description>Commentaire sur l’Enquête suisse sur la population active 2015</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les sans-emplois âgés ont de grandes difficultés à retrouver un emploi. Le fait que le chômage pour la classe d’âge des 55 ans et plus ait augmenté de 3 à 3,9% ces trois dernières années est très préoccupant. D’autant plus que le chômage n’a pendant cette même période que peu augmenté en comparaison, à savoir de 4,4 à 4,5%.
</p><p>Ces chiffres relativisent les résultats rendus publics aujourd’hui par l’OFS sur le taux d’activité des personnes de 55 à 64 ans. La baisse des prestations du 2e pilier font qu’à l’heure actuelle plus de personnes de cette classe d’âge sont dépendantes d’une activité lucrative qu’il y a encore quelques années. Comme les caisses de pension fixent des âges réglementaires de la retraite plus élevés et baissent les taux de conversion, beaucoup de salarié-e-s ne peuvent plus se permettre d’anticiper leur retraite. C’est surtout un problème quand la situation au travail s’est sensiblement dégradée ou quand des licenciements se produisent. A cela s’ajoute la surévaluation du franc qui, surtout dans l’industrie, provoque des licenciements touchant aussi les travailleuses et les travailleurs âgés. 
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) exige donc que la Conférence nationale sur le thème des travailleurs âgés de ce jeudi adopte des mesures concrètes pour améliorer leur situation. Les salarié-e-s de longue date doivent par exemple obtenir une meilleure protection contre le licenciement, comme c’est notamment le cas dans de nombreuses CCT. Les employeurs doivent aussi annoncer systématiquement les postes vacants aux ORP. Cela augmente la possibilité de retrouver un emploi pour les personnes âgées au chômage. C’est ce qu’ont démontré les expériences d’obligation d’annonce faites au Luxembourg, en Belgique et en Suède. En Suisse, sur 5 millions d’emplois, il n’y a que 10&nbsp;000 postes vacants annoncés aux ORP. &nbsp;
</p><h5>Renseignements:</h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en chef de l’USS, 079&nbsp;205 69 11</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l‘USS, 079&nbsp;249 59 74</li></ul>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4244</guid><pubDate>Fri, 15 Apr 2016 14:42:06 +0200</pubDate><title>L’État est-il le meilleur ami des profiteurs ? </title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/l-etat-est-il-le-meilleur-ami-des-profiteurs</link><description>Enquête sur la structure des salaires : les écarts du secteur public</description><content:encoded><![CDATA[<p>Récemment, les écarts salariaux ne se sont creusés dans aucun secteur économique autant que dans les pouvoirs publics. C'est ce que montrent les chiffres de l'Enquête suisse sur la structure des salaires (ESS) 2014 qui viennent d'être publiés. Les salaires des cadres supérieurs ont ainsi augmenté de 6,9 % environ (2012-2014), quand les employé(e)s sans fonction de cadre ont, eux, même dû subir une baisse de 0,8 %. Alors que les écarts salariaux dans le secteur privé ne se sont plus agrandis, c'est maintenant l'État qui aggrave encore plus les inégalités de salaire. Cela ne peut plus durer ! Surtout, les pouvoirs publics n'ont pas à mieux traiter, concernant l'évolution des salaires, les fonctions de cadre que les employé(e)s ordinaires. 
</p><p>Ce sont en particulier les salaires des enseignant(e)s qui se sont trouvés sous pression. Les salaires moyens du corps enseignant ont baissé de 11 % (économie nationale). L'évolution des salaires des forces de sécurité (-4 %) ou, en particulier chez les femmes (-2,1 %), pour des activités simples dans le secteur de la santé, est également négative. 
</p><p>Cette évolution est inquiétante. En effet, le service public dans les domaines de la formation, de la santé et de la sécurité est précisément d'une importance cruciale pour la population et le bien-être dans notre pays. Et les programmes d'austérité de la Confédération, des cantons et des communes encore prévus vont renforcer cette évolution négative. 
</p><p>Dans ses analyses des finances cantonales, l'Union syndicale suisse (USS) a montré que ces programmes d'économies centrés sur les dépenses sont politiquement et économiquement une erreur. Presque tous les cantons dressent des budgets trop pessimistes, ce qui débouche sur des économies visées exagérées. Et s'y ajoutent diverses baisses d'impôt inutiles destinées aux entreprises, ainsi qu'aux revenus élevés et aux grandes fortunes. 
</p><p>Quelques cantons ont commencé à corriger le tir (p. ex. celui d'Argovie entre autres). Mais ce n'est pas le cas au niveau fédéral. Ici, on renforce même cette orientation. Par exemple, avec la troisième réforme de l'imposition des entreprises (RIE III), la plus grande baisse d'impôt de ces derniers temps. Et depuis peu, le ministre suisse des Finances joue un rôle-clé à cet égard, comme l'a montré sa justification totalement déplacée de l'évasion fiscale via des sociétés offshore. 
</p><h5>renseignements</h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en chef de l'USS,&nbsp;079 205 69 11</li><li>Thomas Zimmermann &nbsp;responsable de la communication et porte-parole de l'USS,&nbsp;079 249 59 74</li></ul>]]></content:encoded><category>Repartition</category><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4202</guid><pubDate>Wed, 30 Mar 2016 10:47:46 +0200</pubDate><title>Dossier N° 115 : Négociations conventionnelles et salariales 2015/2016</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/dossier-n-115-negociations-conventionnelles-et-salariales-2015-2016</link><description>Un aperçu des secteurs couverts par les syndicats de l&#039;USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le nouveau Dossier de l'USS (N° 115) propose un aperçu des négociations conventionnelles et salariales de 2015/2016. En 2015 aussi, des conventions collectives de travail (CCT) ont pu être conclues dans des branches et des domaines qui, auparavant, n'avaient jamais connu de réglementation collective des conditions de travail. C'est ainsi qu'une CCT nationale a été conclue pour le personnel des stations-service. Dans la branche privée Poste, les centres d'appels, l'infrastructure de réseau et les transports publics ainsi que l'industrie, des premières CCT ont été signées. Pendant une bonne décennie, les entrepreneurs du secteur des médias de Suisse alémanique et du Tessin ont refusé une nouvelle CCT après avoir dénoncé celle qui avait été en vigueur. Mais l'an passé, les fronts ont finalement commencé à bouger. 
</p><h3>Les conflits </h3><p>La plus grande bataille conventionnelle a eu lieu dans la construction. Grâce à plusieurs mobilisations, les syndicats ont pu éviter un démantèlement des prestations concernant la retraite anticipée. Le plus grand conflit en matière de conditions de travail en général s'est déroulé dans le canton de Genève. Son issue n'est pour l'heure pas encore connue. Pendant plusieurs jours, le personnel de la fonction publique genevoise s'est mis en grève contre le programme d'austérité du gouvernement. Et il pourrait recommencer. 
</p><h3>Congé de paternité et vacances : des progrès </h3><p>En 2015, le congé de paternité est un autre domaine à mentionner parmi ceux qui ont connu des résultats lors de ces négociations de l'an dernier. L'introduction d'un congé de paternité ou sa prolongation ont été convenues dans plusieurs secteurs. Mentionnons également les progrès réalisés en matière de vacances, même s'ils ne sont pas spectaculaires et ont parfois été " achetés " avec une certaine retenue au chapitre salarial. Si l'on considère la dernière décennie, on voit cependant que ces accords certes limités, mais réguliers constituent quand même un progrès qualitatif clair. 
</p><h3>Négociations salariales </h3><p>La force du franc, une conjoncture morose, une inflation négative et des pouvoirs publics idéologiquement bloqués sur une ligne de grande austérité ont rendu les négociations salariales difficiles en 2015. Les résultats obtenus sont en demi-teinte. D'une part, certains résultats sont tout à fait acceptables, de l'autre, on note des accords misérables, voir le gel ou le recul des salaires. </p>]]></content:encoded><category>Économie</category><category>Repartition</category><category>Travail</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4176</guid><pubDate>Wed, 09 Mar 2016 09:27:50 +0100</pubDate><title>Une nouvelle étude prouve le rôle positif joué par les syndicats dans la protection de la santé</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/une-nouvelle-etude-prouve-le-role-positif-joue-par-les-syndicats-dans-la-protection-de-la-sante</link><description>Plus le syndicat est fort, meilleure est la santé</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Plus le syndicat est présent dans l'entreprise, moins il y a d'accidents et, donc, meilleure est la protection de la santé sur le lieu de travail. Une nouvelle étude* de l'institut de recherche allemand sur l'avenir du travail IZA, de Bonn, le prouve. </p><p>Les personnes directement concernées le savent depuis longtemps pour en avoir fait elles-mêmes l'expérience. Dans les entreprises où les syndicats sont actifs à travers des conseillers et conseillères juridiques, des secrétaires, des militant(e)s syndicaux ou des personnes de confiance, les choses vont mieux. En effet, les lois sont plus facilement respectées, la sécurité au travail s'en trouve améliorée et le nombre d'accidents et de cas de maladies professionnels diminue. Conséquence : la satisfaction au travail augmente sur le long terme, ainsi que la productivité des travailleurs et travailleuses. 
</p><h3>Scientifiquement prouvé </h3><p>Une étude scientifique confirme donc aujourd'hui le rôle positif joué par les syndicats concernant la santé au travail. L'institut de recherche allemand précité, vient de présenter les résultats d'une vaste étude réalisée par deux chercheurs. Celle-ci prouve, sur la base de données fournies par les offices américains du travail que la santé des travailleurs et travailleuses est meilleure dans les entreprises où les syndicats sont actifs. 
</p><p>Lorsque quelque chose cloche en matière de conditions de travail, lorsque, par exemple les dispositions de protection de la santé figurant dans la loi sur le travail ou les directives de la loi sur l'assurance-accidents ne sont pas respectées, les travailleurs et travailleuses viennent frapper à la porte du syndicat. Donner des conseils fait partie de leurs missions de base. Les travailleurs et travailleuses se défendent rarement eux-mêmes dans ces situations. Ils ne connaissent pas assez bien la façon de procéder des inspectorats du travail. La même remarque s'applique aux commissions du personnel. Le syndicat leur apporte alors une aide en fournissant des conseils et, si nécessaire, en agissant, car, tant aux États-Unis qu'en Suisse, les syndicats ont aussi la qualité pour porter plainte. 
</p><h3>Essentiel : des CCT de qualité </h3><p>Les dispositions légales sur la sécurité et la protection de la santé au travail sont correctement appliquées surtout là où des syndicats forts et indépendants ont pu négocier, aux plans de l'entreprise ou de la branche, de bonnes conventions collectives de travail (CCT). Cela, parce que ces dernières leur garantissent un accès aux informations ainsi qu'aux lieux de travail. Grâce à cela, ils découvrent rapidement les abus et peuvent en avertir les inspectorats du travail. En outre, les CCT contiennent souvent, en matière de protection de la santé, des dispositions qui vont plus loin que celles de la loi. Le résultat de cette étude n'étonne par conséquent pas : les travailleurs et travailleuses sont mieux protégés au travail contre les risques pour leur santé lorsqu'ils se trouvent dans des entreprises soumises à une CCT et où le partenariat social est institutionnalisé. 
</p><p>Le fait que ce rôle du partenariat social fonctionne vient tout récemment d'être reconnu pour la première fois dans la législation suisse concernée. De fait, avec le nouvel article 73 a de l'ordonnance 1 relative à la loi sur le travail, les travailleurs et travailleuses peuvent désormais renoncer à enregistrer leur temps de travail si les partenaires sociaux se mettent d'accord sur des mesures sanitaires contre les risques psychosociaux.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4172</guid><pubDate>Fri, 04 Mar 2016 14:18:13 +0100</pubDate><title>Abus en matière de salaires et de conditions de travail : le Conseil fédéral ferme les yeux</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/abus-en-matiere-de-salaires-et-de-conditions-de-travail-le-conseil-federal-ferme-les-yeux</link><description>Mesures d’accompagnement, mise en œuvre de l’article constitutionnel 121a</description><content:encoded><![CDATA[<p>La pression sur les salaires et les abus commis par les patrons sont une triste réalité dans notre riche Suisse. Mais le Conseil fédéral ferme les yeux. En décidant aujourd'hui de ne pas renforcer la protection contre les abus, il se range dans le camp des employeurs tenants d'une ligne dure et laisse les salarié(e)s se débattre avec leurs problèmes. Au Parlement de résoudre maintenant ces derniers. Cette semaine, le Conseil national a déjà dépassé le Conseil fédéral en acceptant la prolongation facilitée des contrats-type de travail proposée aujourd'hui par le gouvernement. 
</p><p>L'Union syndicale suisse (USS) a soumis de nombreuses propositions efficaces pour lutter contre les abus. Ainsi, par exemple : le renforcement des conventions collectives de travail (CCT) via la baisse du quorum des employeurs, des mesures pour améliorer la protection des travailleurs et travailleuse âgés (meilleure protection contre le licenciement), une hausse nette du nombre des contrôles des salaires dans les entreprises en Suisse ainsi qu'un registre des entreprises donnant des informations sur les entreprises qui paient correctement leur personnel et celles qui pratiquent la sous-enchère salariale. Le renforcement des CCT a aussi été demandé par les employeurs de la Suisse latine et des branches artisanales. 
</p><p>L'USS juge important que la Suisse ait, à l'avenir aussi, des relations structurées et stables avec son principal partenaire économique, l'Union européenne. Les Accords bilatéraux doivent par conséquent être sauvegardés. Il est évident qu'ils doivent en même temps profiter aux travailleurs et travailleuses. À cet effet, il faut garantir en Suisse le versement de salaires suisses et le respect des conditions de travail locales. Seules des mesures de protection efficaces assureront demain le soutien de la population à la voie bilatérale.
</p><h5>renseignements</h5><p><b><span lang="FR"></span></b></p><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire de l'USS,&nbsp;079 205 69 11</li><li>Thomas Zimmermann, &nbsp;responsable de la communication de l'USS,&nbsp;079 249 59 74</li></ul><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category><category>International</category><category>Travail</category><category>Droit du travail</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4169</guid><pubDate>Thu, 03 Mar 2016 11:49:48 +0100</pubDate><title>Protection du dimanche</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/protection-du-dimanche</link><description>L’Alliance pour le dimanche demande à être entendue par le Conseil fédéral</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L'Alliance pour le dimanche réagit à l'extension du travail dominical dans le commerce de détail en ce début 2016. Elle demande audience auprès du Conseil fédéral et veut rappeler à la population l'importance du dimanche grâce à un film diffusé sur les réseaux sociaux dès aujourd'hui. </p><p>A l'occasion de ce 3 mars, journée internationale du dimanche comme jour de congé, l'Alliance pour le dimanche veut rappeler la nécessité de défendre le repos dominical. Cela est d'autant plus nécessaire que celui-ci est la cible de nouvelles attaques, principalement dans le domaine du commerce de détail, souvent au nom du tourisme d'achat. A titre d'exemple : · </p><ul><li>Le Conseil fédéral a accordé le 1er février une nouvelle exception à l'interdiction du travail dominical dans des centres commerciaux ; après Foxtown au Tessin, c'est l'Outlet de Landquart qui a été autorisé. Et ce alors que les critères restrictifs fixés par le Conseil fédéral n'ont même pas été vérifiés. L'Alliance attend des explications du Conseil fédéral sur cette question. · </li><li>Dans plusieurs cantons, des lobbys économiques cherchent à étendre le travail dominical dans la vente. C'est le cas à Berne par une motion au Grand Conseil voulant ouvrir les magasins au centre-ville, en Valais et à Genève par des projets d'ouverture des magasins 4 dimanche par an. · </li><li>La Poste Suisse a annoncé tester des livraisons le dimanche par taxis dans plusieurs villes de Suisse pour des clients comme Coop@home et Nespresso. L'Alliance n'accepte pas qu'un service public contourne les interdictions de travailler le dimanche pour des besoins qui ne sont aucunement essentiels et interviendra auprès des sociétés concernées.</li></ul><p>Alors que Conseil fédéral et les chaînes du commerce de détail jurent ne pas vouloir toucher au dimanche dans le cadre de la loi fédérale sur les heures d'ouverture des commerces, ils multiplient les exceptions par voie d'ordonnance et dans les cantons. Inquiète de ce phénomène, l'Alliance demande audience auprès du Conseiller fédéral Schneider-Ammann dans un <a href="http://alliance-dimanche.ch/wp-content/uploads/2016/03/20160303_Brief-an-Bundesrat_ohne-unterschriften_f.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">courrier </a>adressé ce jour. 
</p><p>Parce que le dimanche est essentiel au vivre-ensemble, à l'exercice des activités religieuses, sociales et familiales et à la protection de la santé de tout un chacun, l'Alliance pour le dimanche publie un petit <a href="http://alliance-dimanche.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">film </a>de sensibilisation qui est diffusé dès ce jour sur les réseaux sociaux.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4163</guid><pubDate>Mon, 29 Feb 2016 17:09:28 +0100</pubDate><title>Des hommes s’engagent contre la discrimination salariale </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-hommes-s-engagent-contre-la-discrimination-salariale</link><description>Parce que c’est la seule attitude correcte à adopter !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 29 février 2016, six conseillers nationaux de tous les partis, à l’exception de l’UDC, ont lancé leur <a href="http://www.appel-egalite-salariale.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">appel à l’égalité salariale</a>. Ils s’engagent pour l’égalité salariale, pour une attitude correcte et l’égalité des chances. Et pas parce que, désintéressés, ils souhaitent renoncer aux privilèges salariaux dus à leur sexe. Mais plutôt parce qu’ils ont compris que les discriminations salariales sont un problème de société concernant tout le monde que nous devons tous et toutes combattre. Ces six hommes ont fait un pas courageux. </p><p>Les chiffres concernant les inégalités de salaires que l’Office fédéral des statistiques a publiés le 18 février donnent raison à ces politiciens&nbsp;: de légers changements ont certes eu lieu dans certaines branches, mais nous sommes toujours confrontés à des différences de salaires de 25% dans l’industrie textile et même de 30% dans la finance (ESS, OFS 2016). L’analyse détaillée va montrer quelle est la part inexplicable, donc discriminatoire, de ces différences. 
</p><p>D’autres chiffres publiés le même jour sur la situation professionnelle des femmes et des hommes montrent quelles sont les conséquences des différences de salaires. Ainsi, 59% des femmes actives professionnellement travaillent à temps partiel, alors que ce chiffre s’élève à juste 16% pour les hommes (ESPA, OFS 2016). Réduire son taux d’occupation ou même renoncer à une activité professionnelle fait moins mal quand les salaires ne sont pas aussi maigres. De part et d’autre, on renonce à quelque chose&nbsp;: les femmes à leur carrière et à une partie du salaire, les hommes, qui subviennent souvent aux besoins de leur famille, au contact quotidien avec leurs enfants. Nous connaissons tous les problèmes dus aux divorces qui en résultent: les femmes et les enfants dans une situation de pauvreté, les pères qui ne voient leurs enfants que pendant certains week-ends. 
</p><p>Mais même s’il faut deux revenus pour nourrir une famille, les hommes ont tout intérêt à ce que les femmes reçoivent un salaire équitable&nbsp;: ce qui manque aux femmes, manque aussi dans le porte-monnaie familial. 
</p><p>Et, last but not least, il s’agit d’avoir une attitude correcte. Il faut qu’un travail de valeur équivalente soit rémunéré de la même manière, peu importe le sexe. On éprouve plus de satisfaction à recevoir son salaire quand on sait que les collègues femmes reçoivent aussi un salaire équitable.
</p><p>&nbsp;</p><p class="Text"><span lang="FR-CH"><a href="http://www.appel-egalite-salariale.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.appel-egalite-salariale.ch/</a></span></p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4161</guid><pubDate>Mon, 29 Feb 2016 16:11:30 +0100</pubDate><title>Le Conseil national aveugle face au personnel et sourd face aux cantons</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-conseil-national-aveugle-face-au-personnel-et-sourd-face-aux-cantons</link><description>Loi sur les heures d’ouverture des magasins (LOMag)</description><content:encoded><![CDATA[<p> Le Conseil national s'est prononcé aujourd'hui en faveur de la loi sur les heures d'ouverture des magasins. En en décidant ainsi, la chambre basse veut imposer à la moitié des cantons des heures d'ouvertures plus étendues. Si l'avis du Conseil national prend le dessus, des journées de travail encore plus éclatées vont dégrader les conditions de travail dans la vente, aujourd'hui déjà précaires. Les employé-e-s concernés auraient encore plus de difficultés à concilier leur vie de famille avec leur profession. Le personnel de vente refuse aussi explicitement une extension des heures d'ouverture des magasins, comme une étude que le syndicat Unia a récemment publiée le montre.
</p><p> Le Conseil national ignore aussi l'opposition des cantons. Ces derniers refusent également ce projet et ne veulent pas se faire dicter leur conduite en la matière. Le Conseil des Etats a rendu honneur à cette argumentation fédérale et a par conséquent refusé d'entrer en matière lors de la dernière session. 
</p><p>L'USS appelle le Conseil des Etats à rester ferme en la matière. Il n'est pas besoin d'une loi qui rende la vie du personnel plus difficile, allonge de manière générale les journées de travail, ne permette pas de lutter contre le tourisme d'achat et soit imposée aux cantons contre leur volonté.&nbsp;
</p><h5> Renseignement: </h5><ul><li>Luca Cirigliano, secrétaire central de l'USS en charge des conditions de travail, 076 335 61 97</li><li>Ewald Ackermann, service de la communication de l'USS, 079 660 36 14 </li></ul>]]></content:encoded><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4143</guid><pubDate>Wed, 24 Feb 2016 10:55:41 +0100</pubDate><title>Pas de salaires en dessous de 4000 francs au CHUV! </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/pas-de-salaires-en-dessous-de-4000-francs-au-chuv</link><description>Protestation et pétition d’employé-e-s contre les bas salaires à l’hôpital universitaire</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Une centaine d'employé-e-s du CHUV ont manifesté leur mécontentement dans le hall du CHUV à Lausanne le 18 février dernier. Soutenus par le SSP Vaud, ils ont remis à la direction une pétition demandant la fin des salaires en dessous de 4000 francs bruts par mois. Car il est impossible de vivre avec des salaires aussi bas dans la région lausannoise.</p><p>&nbsp;</p><p>"Vivre dans le canton de Vaud avec des salaires aussi bas, de 3700 francs bruts, ce n'est pas possible, s'exclame David Gigax, secrétaire syndical du SSP Vaud qui soutient les employé-e-s du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). D'autant plus que les conditions de travail sont dures : ces gens se lèvent à 3 heures du matin ! " 
</p><h3>Abolir les salaires en-dessous de 4000 francs </h3><p>Jeudi dernier, une centaine d'employé-e-s des trois classes de salaires les plus basses ont protesté dans le hall de l'hôpital universitaire. Leur message était clair : " Stop aux bas salaires au CHUV ! ". La revendication n'est toutefois pas nouvelle. Depuis l'introduction de la nouvelle grille salariale de l'Etat en 2008, les syndicats demandent la suppression des classes salariales 1, 2 et 3, soit les plus basses du tableau, toutes en-dessous de 4000 francs. En classe 1 et 2, le salaire mensuel en début de carrière est de 3701 francs bruts pour un 100%. Il est de 3751 francs en classe 3. Ces classes concernent essentiellement les emplois logistiques du CHUV (nettoyage, transports, cuisine). 
</p><h3>Des employé-e-s concernés ont témoigné de leur situation </h3><p>Plusieurs employé-e-s ont témoigné pendant le rassemblement, dont un transporteur qui travaille au CHUV depuis treize ans. Il estime que les rémunérations de sa branche sont simplement indécentes. "Quand je parle de nos salaires à certains cadres de l'administration du CHUV, ils ne le croient même pas! 3700 francs bruts, ça fait 3200 francs nets par mois. Avec ce salaire, on ne peut même pas louer un deux pièces dans la région."
</p><h3> Cadeaux fiscaux aux actionnaires mais rien pour les bas salaires ? </h3><p>David Gigax trouve aussi extrêmement choquant que des personnes qui travaillent depuis 27 ans au CHUV soient toujours en classe 2. Il faudrait abolir ces classes de salaires dans le système salarial de l'Etat. " Mais le Conseil d'Etat nous rétorque qu'il n'a pas de moyens pour revaloriser les bas salaires. Quand on voit les cadeaux fiscaux qu'il va faire aux actionnaires et aux patrons avec la troisième réforme de la fiscalité des entreprises (RIE III) ! C'est au Conseil d'Etat de savoir où il veut investir... " 
</p><h3>La pétition a réuni 850 signatures </h3><p>Pendant le rassemblement, une pétition demandant l'abolition des classes 1 à 3 ainsi qu'une revalorisation des salaires des personnes au bénéfice d'un CFC a également été remise à la direction de l'hôpital. En deux semaines, elle a rassemblé 850 signatures d'employé-e-s du CHUV concernés ou solidaires. La pétition sera également transmise au Conseil d'Etat et au Grand Conseil. 
</p><h3>La suite à fin mars </h3><p>La direction a pour l'instant répondu négativement aux revendications exprimées et s'est réfugiée derrière les efforts qu'elle a fournis pour faire passer une centaine de personnes en classe 2 au 1er janvier 2016. Il reste pourtant quelques dizaines d'employé-e-s du CHUV qui ne gagnent toujours pas assez pour vivre décemment. Prochaine échéance pour le personnel : l'assemblée générale de fin mars. Les employé-e-s évalueront alors les réponses concrètes de la direction et décideront de la suite à donner au mouvement. </p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Travail</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4135</guid><pubDate>Mon, 22 Feb 2016 14:02:35 +0100</pubDate><title>Le premier pas vers le travail 24/24 et 7/7 !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/le-premier-pas-vers-le-travail-24-24-et-7-7</link><description>Loi fédérale sur les heures d’ouverture des magasins</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 29 février, le Conseil national se prononcera sur la loi fédérale sur les heures d'ouverture des magasins (LOMag), dont le but est de contraindre les cantons à appliquer des heures d'ouverture des magasins harmonisées à la hausse. Cela est un danger pour toutes les branches économiques.</p><h3> Menace claire sur les conditions de travail </h3><p>Ces modifications se feront au détriment des travailleurs et travailleuses concernés alors que leurs conditions de travail sont déjà à ce jour particulièrement précaires. Ces personnes, qui sont souvent des femmes assumant des tâches d'éducation et d'assistance, se prononcent régulièrement contre une extension des horaires, du fait que cela induit une dégradation des conditions de travail, comme en attestent une étude du SECO de 2005 et les enquêtes d'Unia dans les cantons les plus libéraux. 
</p><p>Avec la LOMag, les journées de travail (de 6 à 20 heures en semaine, de 6 à 18 heures ou 19 heures le samedi) des employé-e-s de cette branche deviendraient encore plus irrégulières et fragmentées qu'elles ne le sont déjà actuellement. Or, les horaires qui font travailler tard le soir ainsi que leur morcellement et le travail sur appel sont, à l'heure actuelle déjà, la cause d'une augmentation du stress et des cas d'épuisement professionnel (" burnout ") chez les travailleurs et travailleuses. Ils empêchent en outre toujours plus de concilier famille et profession. La nouvelle loi sur les heures d'ouverture des magasins péjorerait ainsi les conditions de travail de plus de 200 000 travailleuses et travailleurs ! 
</p><h3>Les horaires des magasins comme " stratégie du salami " pour un travail 24/24 </h3><p>Les partisans de la dérégulation des horaires de travail savent qu'ils n'ont aucune chance s'ils attaquent frontalement les mesures de protection des travailleurs et travailleuses. Ainsi, le 1er décembre 1996, la révision de la loi sur le travail (LTr), qui prévoyait six dimanches de travail par an dans le commerce de détail, a sombré en vote populaire suite à un référendum syndical. 
</p><p>Plutôt que de subir à nouveau une défaite retentissante suite à une attaque massive contre le repos du soir et du samedi ainsi que nocturne et dominical, les partisans de la dérégulation totale préfèrent aujourd'hui procéder par petites tranches, en espérant que les électeurs n'y verront que du feu. Ils se servent aussi de quelques parlementaires comme M. Lombardi qui, s'ils se déclarent opposés à une libéralisation totale, se mettent néanmoins au service de cet objectif en réclamant des assouplissements ponctuels en faveur d'intérêts sectoriels (p. ex. sous le prétexte du franc fort, comme le fait M. Lombardi dans sa motion qui a engendré la LOMag). Quoi qu'il en soit, chaque petit pas en direction d'horaires dérégulés, même si ceux qui les proposent ne se doutent de rien (ou font mine de se douter de rien), sert l'objectif final de prolonger les horaires d'ouverture de tous les commerces et de supprimer ou limiter l'interdiction de travailler la nuit et le dimanche dans toutes les branches ! Les exemples de l'étranger le démontrent bien : là où on a commencé avec une dérégulation des horaires des ouvertures des magasins, on a tôt ou tard précarisé tous les horaires de travail (Italie, Royaume Uni, etc.). 
</p><p>Avec la LOMag, nous sommes donc en présence d'une véritable " stratégie du salami ", une charcuterie difficile à avaler d'un seul coup, mais délicieuse en petites tranches fines et digestes. Et cela alors que, depuis 2009, les votations cantonales le souverain a toujours rejeté une prolongation des heures d'ouverture des magasins. 
</p><h3>Protection et amélioration de la protection refusées dans une branche antisyndicale </h3><p>Lors d'extensions d'heures d'ouverture, et donc de temps de travail, des mesures de protection pour les salarié-e-s sont nécessaires. Or, les employeurs de la branche s'y refusent. Tout aussi grave, le commerce de détail ne connaît toujours pas de convention collective de travail (CCT) nationale, l'association patronale de cette branche, Swiss Retail Federation (issue de l'Association suisse des grands magasins) a toujours refusé jusqu'à ce jour de négocier une CCT. Cette loi met sérieusement en danger les rares CCT de force obligatoire en vigueur en Suisse romande. Quant aux CCT des grands distributeurs, elles ne prévoient pas de disposition pour protéger les salarié-e-s contre de longues journées de travail. Dans ce contexte, il ne serait pas responsable que le législateur soutienne une loi qui dégrade les conditions de travail alors que les patrons n'assument pas leur responsabilité et refusent de protéger les salarié-e-s. 
</p><p>Les mauvaises conditions de travail et le manque de CCT dans la branche sont encore aggravés par un climat antisyndical très marqué. Plusieurs employeurs du commerce de détail, et pas des moindres, sont fort peu respectueux de la liberté syndicale, un droit fondamental pourtant reconnu par la Constitution fédérale (art. 28) et de nombreuses conventions internationales, dont la Convention Européenne des Droits de l'Homme. Ainsi, la Migros refuse de reconnaître Unia, premier syndicat du pays, comme partenaire conventionnel. La Migros s'est aussi rendu coupable de plusieurs licenciements antisyndicaux (dont celui d'un salarié qui avait averti les autorités d'un grave danger pour la santé de ses collègues). Elle a aussi tenté à plusieurs reprises, par des plaintes pénales abusives, de chasser les syndicats de ses locaux. Manor s'est rendu coupable d'un des licenciements antisyndicaux les plus scandaleux de ces dernières années en renvoyant la présidente d'une section d'Unia parce qu'elle avait dénoncé dans la presse des extensions des horaires voulues par les employeurs. Les mauvaises conditions de travail en vigueur chez Spar ont poussé ses salarié(e)s à des grèves. 
</p><h3>Mesure inefficace contre le franc fort et attaque contre le fédéralisme </h3><p>Les difficultés rencontrées actuellement par le commerce de détail ne proviennent pas des heures d'ouverture différentes d'un canton à l'autre. Le baromètre des préoccupations des consommateurs montre bien que les heures d'ouverture sont une question insignifiante, au contraire des prix. Les cantons qui ont déjà intégralement déréglementé leurs heures d'ouverture (Argovie, Zurich, etc.) n'affichent pas des chiffres d'affaire meilleurs que les autres cantons. La raison d'être de cette loi invoquée ici ne résiste ainsi même pas à un examen superficiel ! 
</p><p>Pour toutes ces raisons l'USS et ses fédérations affiliées vont se battre avec force contre cette loi dangereuse qui s'imbrique dans une stratégie " du salami " de dérégulation pour le personnel de vente, mais aussi pour le reste des branches en Suisse.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4107</guid><pubDate>Thu, 11 Feb 2016 14:20:21 +0100</pubDate><title>Les lacunes du travail d’assistance s’accentuent</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-lacunes-du-travail-d-assistance-s-accentuent</link><description>Pour plus d’équité et contre de nouvelles formes d’exploitation</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Dans le domaine des soins et de l'assistance (" care "), toujours plus d'emplois sont créés, si bien que l'État doit davantage intervenir, ainsi que les hommes. </p><p>Bien que toujours plus nombreuses à exercer une activité lucrative, les femmes fournissent aujourd'hui encore aussi la majeure partie du travail non rémunéré de soins et d'assistance destiné non seulement aux enfants, mais également à des parents âgés et malades. Ces activités constituent une partie obscure de l'économie. Tant qu'elles sont gratuites, elles n'apparaissent pas dans les statistiques économiques. À cela s'ajoute qu'elles n'obéissent pas à la logique de l'efficience omniprésente dans l'économie. De fait, si nous pouvons fabriquer toujours plus rapidement des automobiles, impossible de consoler des enfants ou d'assister des malades de manière plus efficiente.
</p><h3> Une offre lacunaire</h3><p> Mais les femmes ne sont plus d'accord d'assumer sans condition ces tâches et d'en porter le risque financier. Comme l'espérance de vie augmente, les activités de soins et d'assistance gagnent en importance, toujours moins de femmes renonçant sur la durée à un salaire et une sécurité financière propres pour fournir ce travail " accompli par amour ", dit-on. Et les hommes ne fournissent pas une quantité de travail non rémunéré plus grande que celle de travail rémunéré réalisée par les femmes. Une lacune est donc apparue dans les soins et l'assistance destinés aux enfants et aux personnes dépendantes de soins. Une lacune qui s'accentuera si nous ne redressons pas la barre. 
</p><h3>Une protection lacunaire pour les migrantes concernées</h3><p> Les institutions comme les crèches, les hôpitaux, les soins à domicile ne sont déjà plus en mesure aujourd'hui de combler cette lacune. En raison de la pression aux économies, les soins prodigués aux personnes âgées et malades sont précisément toujours plus repoussés vers le secteur privé. Et des femmes s'engouffrent de nouveau dans la brèche. Les migrantes actives dans les tâches de soins et d'assistance laissent leurs familles au pays pour, dans des conditions de travail précaires et pour un salaire de misère, s'occuper 24 heures sur 24 en Suisse de " parents étrangers ". Le travail au noir est ainsi à l'ordre du jour. Dans de tels arrangements avec les employeurs, la sphère privée et le temps libre sont la plupart du temps des notions qui n'ont pas cours. Bien que la Suisse ait ratifié la convention n° 189 de l'Organisation internationale du Travail (OIT) " sur les travailleuses et travailleurs domestiques " et bien que le Conseil fédéral ait avoué, dans un rapport, qu'il y avait lieu d'agir dans ce domaine, les activités de soins et d'assistance rémunérées ne sont toujours pas soumises à la loi sur le travail. Par conséquent, il manque aux travailleuses concernées une protection efficace de leur santé et de leur intégrité personnelle. 
</p><h3>Une protection quasi nulle, malgré une convention de l'OIT</h3><p> Dans les activités de soins et d'assistance, le danger d'exploitation, de violence ainsi que de sous-enchère sociale et salariale est considérable. C'est pourquoi la convention n° 189 de l'OIT exige qu'en matière de législation du travail et sociale, les travailleurs et travailleuses domestiques soient mis sur pied d'égalité avec les autres employé(e)s. Selon cette convention, des améliorations sont nécessaires, surtout sous l'angle du temps de travail, de la sécurité sociale et des conditions de travail (normes minimales de la sécurité au travail et protection de la santé psychique et physique au travail). Il faut en particulier protéger les employées actives dans le domaine des soins et de l'assistance contre les abus (sexuels), le harcèlement et la violence. En Suisse, bien que la convention précitée ait été ratifiée, ces exigences ne sont pas encore suffisamment remplies. Ainsi, par exemple, les inspectorats du travail n'effectuent aucune visite au travail des personnes actives dans ce type de tâches. 
</p><h3>L'État doit davantage investir</h3><p> La Suisse doit prendre conscience que les activités de soins et d'assistance ne sont pas quelque-chose de privé, mais une tâche nécessaire à la société et sans laquelle l'économie s'effondrerait. Nous avons d'urgence besoin de redéfinir qui fait quoi. La collectivité doit assumer sa responsabilité et investir des ressources dans les places d'accueil des enfants, les établissements de soins, mais aussi dans la fourniture de soins et d'aide à la maison. Les tâches de soins et d'assistance doivent être soumises à la loi sur le travail. Il faut absolument prévoir des temps de travail et de repos réglementés, de même que des salaires minimaux. Quant au reste, il faut le répartir équitablement entre les femmes et les hommes. </p>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Salaires et CCT</category><category>Santé</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4086</guid><pubDate>Tue, 02 Feb 2016 16:54:01 +0100</pubDate><title>Nouveau tour de vis dans la lutte contre le dumping salarial à Genève </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/nouveau-tour-de-vis-dans-la-lutte-contre-le-dumping-salarial-a-geneve</link><description>Sous-traitance et dumping salarial dans les marchés publics : la Ville de Genève instaure des règles plus strictes, des sanctions dissuasives et un fonds de responsabilité solidaire.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le canton et la Ville de Genève prennent décidément le problème de la sous-enchère salariale à bras le corps. Après le net renforcement des contrôles sur le plan cantonal, c’est au tour de la Municipalité d’instaurer des règles plus strictes pour les marchés publics&nbsp;: interdiction de la sous-traitance en cascade, amendes allant jusqu’à 10% du contrat et introduction d’un fonds de responsabilité solidaire pour indemniser les salarié-e-s qui n’auraient pas été payés correctement. </p><p>Alors qu’un nouveau cas d’abus vient de défrayer la chronique à Genève – un patron ponctionnait jusqu’à 2500 francs par mois de salaire à des ouvriers polonais pour les loger à plusieurs dans un studio – la ville de Genève emboîte le pas au canton dans sa lutte contre la sous-enchère salariale. Elle introduit une clause contractuelle dans ses appels d’offre qui permet de limiter au maximum les sous-traitances en cascades, source de nombreux cas de dumping salarial. Cette clause est le fruit d’un accord négocié entre syndicats et patrons genevois. 
</p><h3>Sous-traitance en cascade prohibée</h3><p>Le projet genevois va beaucoup plus loin que la récente législation fédérale sur la responsabilité solidaire qui ne prévoit pas que l’adjudicataire principal puisse être tenu pour responsable des salaires non payés par ses sous-traitants. L’accord genevois est en grande partie l’œuvre des syndicats qui se battent depuis des années pour «&nbsp;une réelle responsabilité solidaire&nbsp;». Il introduit des normes strictes et impératives&nbsp;: les adjudicateurs de travaux publics devront contrôler pendant toute la durée des travaux que leurs sous-traitants respectent les conventions collectives de travail en vigueur, qu’elles paient les salaires et les assurances sociales. Interdiction est aussi faite à un sous-traitant de sous-traiter plus loin&nbsp;: c’est totalement inédit en Suisse. Les amendes pouvant aller jusqu’à 10% du contrat d’adjudication devraient aussi être extrêmement dissuasives. 
</p><h3>Création par la Municipalité d’un fonds de responsabilité solidaire</h3><p>Quand une entreprise a été convaincue de sous-enchère salariale, c’est habituellement la croix et la bannière pour les salarié-e-s, souvent étrangers et ne connaissant pas le système légal, de récupérer leur créance devant les tribunaux. En outre, les procédures prennent des années ou n’aboutissent carrément pas, si l’entreprise a disparu dans la nature. Le nouveau fonds de responsabilité solidaire doté de 300&nbsp;000 francs que la Ville de Genève a créé fin janvier soutiendra ainsi les travailleurs lésés. Ce sera à la Ville de récupérer les arriérés de salaire, non plus aux travailleurs. &nbsp;
</p><p>«&nbsp;Avec la mise en place du Fonds de responsabilité solidaire, le renforcement des contrôles et le durcissement des sanctions, une collectivité publique se dote pour la première fois en Suisse d’instruments efficaces pour lutter contre la sous-enchère sur les chantiers publics&nbsp;», note Alessandro Pelizzari, secrétaire régional d’Unia Genève. La Municipalité a en outre voté un crédit de 300&nbsp;000 francs pour doter deux postes de contrôleurs des chantiers. Ils viennent &nbsp;s’ajouter à la nouvelle brigade de contrôleurs paritaires que le canton a mis en place fin 2015 avec les partenaires sociaux. 
</p><h3>Volonté politique de protéger le marché du travail</h3><p>Toutes les mesures prises dans la ville du bout du Lac, mais aussi à Bâle et peut-être bientôt à Zurich (votation le 28 février sur l’initiative Stop dumping) montrent qu’il est possible de renforcer les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes. Il faut toutefois que la volonté politique d’empoigner les problèmes soit présente. Plutôt que de se contenter de crier au loup et de faire le jeu de l’UDC.</p>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4083</guid><pubDate>Tue, 02 Feb 2016 11:26:50 +0100</pubDate><title>« L’initiative est un grotesque programme d’intimidation »</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/l-initiative-est-un-grotesque-programme-d-intimidation</link><description>L’initiative de &quot;mise en œuvre&quot; musèle les activistes syndicaux sans passeport suisse</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Si l’initiative de l’UDC était acceptée, des délits relativement inoffensifs, commis dans le cadre d’actions syndicales ou de manifestations, conduiraient au renvoi automatique des syndicalistes qui n’ont pas la nationalité suisse. Il suffirait qu’ils aient été condamnés pour un autre délit mineur à une amande pécuniaire dans les derniers 10 ans. L’avocat Marc Spescha y voit une manière d’intimider et de réduire au silence les syndicalistes étrangers. Extraits d’une interview réalisée par Markus Fischer, du Service de la communication du SEV. </p><h3>Dans le cadre d’une action syndicale, quels sont les éventuels délits mineurs prévus par l’initiative de mise en œuvre qui conduiraient à l’expulsion automatique&nbsp;?</h3><p>«&nbsp;Si un syndicaliste pénètre sans autorisation sur le site d’une entreprise, c’est une violation de domicile. Et s’il écrit sur une vitrine «&nbsp;Pas de dumping salarial&nbsp;», il s’agit d’un dommage à la propriété, même si c’est joliment fait. Cela suffirait déjà à faire renvoyer son auteur, si cette personne n’avait été condamnée que pour une petite peine pécuniaire au cours des derniers dix ans. Comme par exemple, pour avoir été arrêté par la police après s’être brièvement assoupi au volant en raison de la fatigue et avoir, l’espace de quelques secondes, perdu le contrôle de son véhicule. Ce qui peut donner lieu à une petite peine de quelques jours-amendes avec sursis. Mais cette condamnation antérieure suffit déjà si le conducteur fautif se fait condamner quelques années plus tard pour avoir fait un graffiti syndical sur les murs d’une usine. Il serait alors renvoyé automatiquement.&nbsp;» 
</p><h3>Dans le cadre d’une manifestation syndicale, quel est le risque d’être automatiquement expulsé si l’on devait en venir aux mains avec des contre-manifestants, un service d’ordre privé ou la police&nbsp;?</h3><p>Dans de tels cas, on tombe vite sous le coup des lésions corporelles simples ou de participation à une rixe. Des lésions corporelles relativement légères suffisent, également si l’on n’est que marginalement partie prenante et que l’on se soit vite retiré de la rixe ou abstenu, comme le commentaire de l’art. 133 du Code pénal le précise&nbsp;: «&nbsp;Les personnes ayant pris part [à une rixe], sont celles qui ont distribué des coups, qui ont commis au moins une voie de fait, cela indépendamment du fait que les coups aient été administrés dans le but de l’agression ou de la défense. Est aussi punissable le participant qui s’est extrait de la rixe avant même que ces conditions ne soient réalisées.&nbsp;» Sous le terme de rixe, on comprend «&nbsp;un affrontement violant auquel trois personnes au moins prennent part et au cours duquel, deux ou plus de personnes s’agressent mutuellement.&nbsp;». La violence ou la menace contre les autorités et les fonctionnaires est aussi une infraction vite commise quand la police intervient contre une manifestation ou une action syndicale. A commis cette infraction, selon l’art. 285, la personne qui, en usant de violence ou de menace, aura empêché une autorité, un membre d’une autorité ou un fonctionnaire de faire un acte entrant dans ses fonctions. Le commentaire précise que rien que de l’empêcher d’accomplir l’acte entrant dans ses fonctions ou un acte complémentaire suffit à commettre l’infraction. Comme par exemple que cette personne se débatte quand la police veut l’arrêter. 
</p><h3>La clause de rigueur est-elle bien la principale différence entre l’initiative de «&nbsp;mise en œuvre&nbsp;» et la loi d’application sur l’initiative sur le renvoi&nbsp;?</h3><p>Exactement. Au contraire de ce que prévoit l’initiative de «&nbsp;mise en œuvre&nbsp;», l’application de la loi exige que le juge prenne les circonstances en considération. Quand&nbsp;? Où&nbsp;? Qui&nbsp;? Depuis combien de temps le prévenu est-il en Suisse&nbsp;?A-t-il de la famille, une femme, des enfants&nbsp;? Etc. L’initiative de «&nbsp;mise œuvre&nbsp;» ne laisse le juge que constater si l’infraction a été commise ou pas, et si c’est le cas, automatiquement prononcer l’expulsion du pays. 
</p><h3>Si l’initiative de mise en œuvre était acceptée, comment se défendre contre une expulsion pour un délit relativement mineur comme ceux cités ci-dessus&nbsp;?</h3><p>On peut aller jusqu’au Tribunal fédéral, ce qui serait obligatoire si les juges cantonaux appliquaient à la lettre l’initiative. Le Tribunal fédéral serait submergé de centaines de plaintes à cause d’expulsions prononcées suite à des délits mineurs. Actuellement, on ne recourt quasiment pas contre une peine pécuniaire. A l’avenir, les étrangers seraient obligés de faire recours à cause de l’expulsion qui en découle. Et si le Tribunal fédéral ne cassait pas les jugements, les cas seraient portés devant la Cour européenne des droits de l’homme où ils auraient de bonnes chances de succès. &nbsp;
</p><h3>Indépendamment de l’issue de ces recours, est-ce qu’à cause de l’initiative de mise en œuvre, les activistes syndicaux auraient de plus grands risques d’être confrontés à des problèmes lorsqu’ils participent à des manifs ou à des actions&nbsp;? Leur conseilleriez-vous de se tenir à distance&nbsp;?</h3><p>On peut aussi imaginer que leur réponse soit&nbsp;: «&nbsp;Maintenant cela suffit, on ne me fera pas avaler ça&nbsp;!&nbsp;» La transgression massive de cette norme légale disproportionnée paralyserait l’Etat de droit. Il est par contre plus vraisemblable que les personnes sans passeport suisse auraient tellement peur des conséquences qu’elles renonceraient à de telles activités. L’initiative est non seulement une attaque extrêmement agressive contre l’Etat de droit en tant que fondement de notre démocratie, mais aussi un programme d’intimidation des citoyens et citoyennes critiques. Elle se prête tout à fait à étouffer une démocratie vivante et à faire taire tous les mouvements extra-parlementaires. Les syndicalistes qui s’engageraient de bonne foi pour leurs droits auraient toujours un pied dehors, car le seuil pour aboutir à une infraction menant à l’expulsion est extrêmement bas. </p>]]></content:encoded><category>Migration</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4074</guid><pubDate>Tue, 26 Jan 2016 11:08:38 +0100</pubDate><title>Le réflexe de Pawlow n’est pas de bon conseil en politique</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/le-reflexe-de-pawlow-n-est-pas-de-bon-conseil-en-politique</link><description>Non au conditionnement voulu par l’initiative de mise en œuvre de l’UDC </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le feu de l’opposition a longtemps refusé de s’allumer. Mais beaucoup de personnes inquiètes se manifestent enfin et déclarent avec conviction: «&nbsp;Non, ça ne va pas&nbsp;! Nous nous opposons à cette initiative inhumaine&nbsp;!&nbsp;» Une nouvelle voix dans ce chœur d’opposants s’est faite entendre, celle d’un comité qui en moins de deux jours a récolté près de 440 000 francs pour financer une campagne d’affichage pour le NON dans toute la Suisse. Un site en français (<a href="http://www.appel-urgent.ch" target="_blank" rel="noreferrer">www.appel-urgent.ch</a>) complétera dans la semaine le <a href="http://dringender-aufruf.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">site allemand</a>. &nbsp;&nbsp;</p><p>«&nbsp;L’UDC souhaite, avec l’initiative dite «&nbsp;de mise en œuvre&nbsp;», affaiblir les droits humains et certaines valeurs centrales de notre Constitution, comme le principe de proportionnalité et la séparation des pouvoirs. Les personnes concernées devraient perdre tous leurs droits et les tribunaux seraient réduits à n’être plus que des automates à expulsion. L’initiative est une attaque directe contre les nombreux secondos qui ont toujours vécu ici ou du moins depuis longtemps. Et contre leurs familles. […] Beaucoup de membres des syndicats et leur descendance sont ici concernés de près. C’est en ces termes que le président de l’USS Paul Rechsteiner avait expliqué le 5 janvier aux médias pourquoi l’USS s’opposait fermement à cette initiative.
</p><h3>L’opposition s’élargit </h3><p>A l’époque, le front des opposants contre l’automatisme des expulsions voulu par l’UDC était encore ténu. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Exemples&nbsp;:
</p><p>&nbsp;Le conseiller aux Etats Hans Stöckli et le conseiller national Beat Flach ont lancé un manifeste contre l’initiative. Plus de 270 parlementaires (anciens et actuels) l’ont signé. </p><ul><li>Le syndicat SSP a produit un <a href="https://www.youtube.com/watch?v=WUR6uHK1Z_o" target="_blank" rel="noreferrer">court film</a> (en allemand seulement) et mène une campagne active avec des tracts et d’autres actions. </li><li>Des comités unitaires réunissant partis, syndicats et associations caritatives ou de migrant-e-s se sont constitués un peu partout, dont par exemple le comité genevois <a href="http://www.stopexclusion.ch/2016/01/18/2924/" target="_blank" rel="noreferrer">«&nbsp;Stop exclusion&nbsp;»</a>.</li><li>Cent vingt professeurs de droit, réunis derrière Andreas Auer notamment, ont signé un <a href="http://static.nzz.ch/files/4/8/6/Die+Schweiz+ist+ein+Rechtsstaat-2_1.18677486.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">manifeste</a> (en allemand) pour le NON. Ils critiquent surtout l’automatisme des expulsions, interdisant aux juges de prendre en compte les circonstances. Les procureurs se sont eux-aussi joints au débat en lançant un appel au NON. &nbsp; </li></ul><h3>Le NON aussi visible sur des affiches</h3><p>Le 24 janvier, le Comité contre l’initiative inhumaine de l’UDC est apparu en public pour la première fois. Environ 25 000 personnes ont signé en deux jours son appel. Ce comité notamment constitué autour de l’ancien rédacteur en chef de la TV alémanique Peter Studer, l’ancien Délégué aux réfugiés du Conseil fédéral Peter Arbenz, la romancière Annette Hug et le président de l’Union syndicale suisse (USS) Paul Rechsteiner a été rejoint par de nombreuses personnalités issue de l’économie, de la société civile, la culture et la communauté scientifique. L’objectif de récolter rapidement 200&nbsp;000 francs pour une campagne d’affiches a été atteint en quelques heures. Au lieu des 600 affiches initialement prévues en Suisse alémanique, ce seront plus de 1000 affiches qui pourront être placardées dans toute la Suisse. Le reste de l’argent sera investi dans des annonces dans les journaux.
</p><h3>Pas de réflexe conditionné</h3><p>L’engagement que les signataires montrent est encore plus important que les dons. En signant l’appel, ils montrent qu’ils s’opposent à la propagande de l’UDC. Nous devons utiliser cet élan. Nous ne pourrons gagner cette votation que si de larges cercles de la population montrent clairement leur opposition. 
</p><p>Les attaques récurrentes de l’UDC conditionnent la politique et la réduit à de purs réflexes&nbsp;: A veut forcément dire B, et cela automatiquement. C’est noir ou blanc, la nuance n’y a pas de place. Une condamnation et ouste&nbsp;! Que l’on soit marié, que l’on ait des enfants et que le délit soit mineur, peu importe. Quand le droit est restreint par de tels réflexes barbares, de tels automatismes, on peut aussi bientôt se passer du droit&nbsp;! A quand l’initiative de l’autodétermination&nbsp;?
</p><p>L’UDC veut une politique des réflexes conditionnés. Et un peuple qui se comporte comme le chien de Pawlow. Au stimulus «&nbsp;délit-étranger&nbsp;» répond&nbsp;: «&nbsp;Expulsion immédiate&nbsp;». Cela va à l’encontre de la liberté de pensée. Et des droits humains. Voilà pourquoi un NON à l’initiative absolutiste de l’UDC est indispensable. Cela aurait un effet libérateur. </p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Migration</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4056</guid><pubDate>Wed, 20 Jan 2016 14:47:10 +0100</pubDate><title>Stopper le travail, quand plane un soupçon d&#039;abus</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/stopper-le-travail-quand-plane-un-soupcon-dabus</link><description>Le canton de Zurich vote sur l’initiative «Stopper le dumping salarial!»</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 28 février, les citoyen-ne-s du canton de Zurich se prononceront sur l’initiative syndicale «&nbsp;Stopper le dumping salarial&nbsp;». Le texte demande que les travaux puissent être arrêtés quand il y a soupçon fondé de violation de la protection des travailleurs. Si l’initiative était acceptée, des contrôles efficaces des conditions de travail seraient possibles. </p><p>Les syndicats du canton de Zurich constatent un nombre toujours plus important d’abus, de salaires trop bas, d’horaires trop longs qui sembleraient s’être systématisés, particulièrement dans le domaine du travail détaché. Cette spirale à la baisse des prix met également la pression sur les entreprises qui jouent le jeu correctement. Et c’est précisément pour casser cette spirale néfaste qu’Unia Zurich a lancé l’initiative cantonale «&nbsp; Stopper le dumping salarial&nbsp;». Soutenue par les autres syndicats et les partis de gauche ainsi que par un comité d’employeurs et plusieurs commissions paritaires, l’initiative demande essentiellement que les contrôles du marché du travail soient plus efficaces qu’actuellement. Elle propose, et c’est nouveau, que les travaux puissent être interrompus ou l’entreprise fermée, «&nbsp;en cas de soupçons fondés de la part des organes de contrôle de violations des dispositions légales de protection des salarié-e-s ou conventionnelles (CCT étendues).&nbsp;» Et cela, également quand les entreprises refusent de collaborer lors de contrôles.&nbsp; 
</p><h3>Les entreprises correctes n’ont rien à craindre</h3><p>Quelle est l’expérience qui a motivé une telle proposition&nbsp;? Ce sont des contrôles qui ont échoué ou n’ont pas abouti parce que les entreprises ont caché des éléments, fait traîné les choses ou fait semblant de collaborer, puis ont subitement terminé les travaux et renvoyé tous les travailleurs. Car, une fois les travailleurs détachés disparus dans la nature, on ne peut plus rien contrôler et encore moins rectifier les abus ou rattraper les salaires. Il faut pouvoir contrôler efficacement tant que le travail n’est pas fini. L’arrêt des travaux est un gage contre les manœuvres dilatoires. Les entreprises qui jouent le jeu n’ont rien à craindre. Les fraudeurs seront par contre touchés là où ça fait mal. 
</p><h3>Toujours la même rengaine des opposants</h3><p>Les opposants, un comité réunissant artisanat, industrie, banques et partis de droite, ne prennent pas de gants pour lutter contre cette initiative. Le comité prétend que si l’initiative était acceptée, elle ouvrirait grand la porte à une nouvelle inquisition qui paralyserait la moitié de l’économie zurichoise. Pertes d’emplois, ingérence dans la liberté économique et menace sur la garantie de la propriété, tout y passe. Et enfin, le risque pour les autorités de devoir payer des dommages et intérêts, ce qui les retiendrait de demander l’arrêt des travaux et donc d’appliquer l’initiative. Mais heureusement, les employeurs ne sont pas tous de l’avis du comité d’opposants. Beaucoup de patrons honnêtes refusent la concurrence déloyale et soutiennent cette initiative. 
</p><h3>Lutter contre la déliquescence des pratiques </h3><p>Les opposants ne veulent pas lutter efficacement contre la déliquescence des pratiques sur le marché du travail qui pénalise aussi les entreprises locales se comportant correctement. Que ce soit par manque de vision ou pour des raisons purement idéologiques. Ce manque&nbsp; de volonté à combattre le dumping salarial a d’ailleurs créé un environnement favorable au oui à l’initiative contre l’immigration de masse. Dans les cantons de Genève et de Bâle, on l’a par contre compris. Les Bâlois ont accepté en novembre 2015 une initiative améliorant la protection contre la sous-enchère salariale. A Genève, le Grand Conseil a renforcé les contrôles du marché du travail. Depuis le 1.1.2016, syndicats et employeurs peuvent engager chacun douze inspecteurs qui vont renforcer l’équipe d’inspecteurs cantonaux pour contrôler que les conditions de travail sont bien respectées. 
</p><p>Espérons que les citoyen-ne-s zurichois en prendront de la graine!</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4039</guid><pubDate>Tue, 12 Jan 2016 11:00:44 +0100</pubDate><title>Le Conseil national doit enfin présenter des solutions équitables aux victimes de l’amiante</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/le-conseil-national-doit-enfin-presenter-des-solutions-equitables-aux-victimes-de-l-amiante</link><description>Nouvelle ronde dans la révision du droit de prescription</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Selon toutes prévisions, le Conseil national traitera lors de sa prochaine session de la réforme du Code des obligations (CO). Il s’agit aussi, dans cette réforme, de légiférer correctement pour les victimes de l’amiante. Leurs demandes ne doivent plus être prescrites avant même que la maladie ne se déclare, comme c’est souvent le cas au bout de 40 ans ou plus après l’exposition aux fibres d’amiante. La législation doit en tenir compte. </p><p>La Cour européenne des droits de l’homme (CrEDH) l’a signalé clairement&nbsp;: le droit de prescription suisse de dix ans ne correspond pas aux standards modernes sur les risques pour la santé. Les maladies dues à l’amiante le montrent de façon éclatante. Le fait que les réclamations qui y sont liées soient déjà prescrites avant même que la maladie ne se déclare empêche systématiquement tout droit à faire valoir des prétentions. Cela contrevient à l’article 6 de la Convention des droits de l’homme, selon la CrEDH. Le Tribunal fédéral s’est rallié à cet avis en révisant son jugement dans son arrêt 4F_15/2014 du 11 novembre 2015. Il a jugé que les prétentions des familles de victimes de l’amiante décédées devaient être examinées malgré que l’instance précédente ait estimé qu’il y avait prescription.&nbsp; 
</p><p>Mais cela ne suffit pourtant pas. Il faut aussi que la loi soit modifiée afin qu’elle corresponde au jugement de la CrEDH et que la sécurité du droit et l’égalité de traitement devant la loi soit valable pour tous&nbsp;! Les deux chambres du Parlement se sont penchées sur les adaptations à faire du CO. 
</p><h3>Conseil des États&nbsp;: ce n’est qu’un pas dans la bonne direction </h3><p>Le projet, tel qu’adopté par la chambre haute en second conseil, prévoit des solutions trop peu différenciées pour les victimes de l’amiante. La commission des affaires juridiques du Conseil des États avait pour sa part encore décidé d’instaurer un délai de prescription absolu de trente ans pour tous les dommages corporels ainsi qu’un régime spécial provisoire pour les maladies dues à l’amiante. Mais le plénum est de nouveau revenu en arrière. Il a décidé que le délai de prescription ne serait que de dix ans au lieu de trente pour les dommages corporels. L’USS est d’avis que le délai ne doit courir qu’à partir du moment où la maladie se déclare, une solution nota bene qui serait déjà possible avec la législation actuelle. 
</p><p>Toujours est-il que le Conseil des États prévoit pour les maladies dues à l’amiante un délai supplémentaire d'un an à partir de l’entrée en vigueur pour les cas où le délai de prescription aurait déjà été dépassé selon la nouvelle législation ou les prétentions en justice auraient déjà été rejetées à cause de la prescription. 
</p><p>L’USS soutient cette règlementation de transition parce qu’elle va dans la bonne direction et reprend la jurisprudence de la CrEDH ainsi que du Tribunal fédéral. Le Conseil national doit reprendre cet élément qui est le minimum absolu envers les victimes de l’amiante. L’USS appuie en outre le Conseil des États dans sa décision de rendre subsidiaire ce régime spécial provisoire, à savoir qu’il ne serait appliqué que si aucun fonds ne fournit des indemnités. Autrement dit&nbsp;: si un fonds qui assure une indemnisation adéquate des dommages corporels dus à l’amiante existe au moment où une demande de dommages et intérêts ou d'indemnité est déposée, cette règlementation de transition n’est plus valable.
</p><h3>La table ronde doit agir </h3><p>Les acteurs de la table ronde sur l’amiante dirigée par l’ancien conseiller fédéral Moritz Leuenberger sont donc invités à agir dans ce sens. Ils doivent veiller à ce que, conformément aux propositions du Conseil des États, un fonds soit constitué pour apporter des prestations appropriées tout d’abord aux victimes et à leurs familles qui ne sont pas couvertes par la loi sur l’assurance-accidents, mais aussi, pour celles qui le sont.&nbsp;&nbsp; 
</p><p>Un tel fonds est aussi dans l‘intérêt des anciens employeurs et des assurances&nbsp;: ils évitent ainsi de longs et couteux procès. Et on pourrait ainsi éviter beaucoup de souffrance aux victimes et à leurs familles qui pourront bénéficier des prestations du fonds sans formalités excessives.&nbsp; 
</p><h3>Faire courir le délai à partir du moment où la maladie se déclare </h3><p>On se doit d’exiger de la part du Tribunal fédéral qu’il établisse sa jurisprudence en respectant les droits humains et fasse courir le début du délai de prescription à partir du moment où le dommage est constaté, à savoir où la maladie se déclare. Cela serait déjà possible avec la législation en vigueur. C’est aussi ce que demande entre les lignes le jugement de la CrEDH.
</p><p>Le Conseil national doit maintenant lors de ses prochaines délibérations trouver des solutions pour le droit de prescription qui ne fasse pas l’impasse sur les souffrances des personnes concernées.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Assurance-accidents</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4031</guid><pubDate>Tue, 05 Jan 2016 09:05:44 +0100</pubDate><title>Lutter contre le niveau record de chômage, mais en tout cas pas l’aggraver</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/lutter-contre-le-niveau-record-de-chomage-mais-en-tout-cas-pas-l-aggraver</link><description>Conférence de presse annuelle 2016 de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p> Le nombre de personnes sans emploi a atteint en Suisse un niveau record tristement historique. La Suisse est presque le seul pays d'Europe où les chiffres du chômage augmentent. L'Allemagne affiche actuellement un taux de personnes sans emploi plus bas que la Suisse. Une des causes en est la forte appréciation du franc depuis 2007. Ensuite, les détériorations des prestations dans la prévoyance vieillesse et l'AI ont eu comme conséquence que l'on peut estimer qu'entre 90 000 et 110 000 personnes de plus sont dépendantes d'un emploi (2 % de la population active). C'est ce que montre une étude publiée aujourd'hui par l'USS. Les problèmes des travailleurs et travailleuses âgés se sont aussi aggravés pour cette raison.
</p><p>Et sans changement de cap, leurs perspectives s'assombrissent encore. Les rentes sont soumises à une violente pression dans le deuxième pilier. L'exemple le plus flagrant est celui de la caisse de pension du canton de Zurich (BVK) : la plus grande caisse de pension de Suisse a baissé ses taux de conversion de 6,2 à 4,87 % pour une retraite à 65 ans et augmenté les cotisations salariales de 5 % et plus. En même temps, les rentes AVS ont depuis des années du retard sur les salaires. Les réductions de prestations prévues dans le cadre de Prévoyance vieillesse 2020 vont encore aggraver la situation de l'emploi : si l'âge de la retraite des femmes devait augmenter à 65 ans, entre 18 000 et 25 000 femmes de plus seraient dépendantes d'un emploi.
</p><p>Pour résoudre ce problème, l'USS a notamment présenté les mesures et revendications suivantes à sa conférence de presse annuelle :</p><ul><li>Les employeurs doivent obligatoirement annoncer les postes vacants aux ORP afin que les personnes sans emploi trouvent plus facilement du travail.</li><li>Les travailleurs et travailleuses âgés et de longue date doivent être mieux protégés contre le licenciement. Les expériences faites avec de telles dispositions dans les CCT sont positives. Le relèvement de l'âge de la retraite doit être refusé, car cela aggrave les problèmes.</li><li>La BNS doit à nouveau se fixer un objectif de taux de change. Dans les faits, rien ne va en direction de l'établissement d'un nouveau taux plancher pour le franc par rapport à l'euro.</li><li>Les Accords bilatéraux doivent être maintenus. Ils sont importants pour les salaires et les emplois en Suisse. Mais ils doivent profiter à tous les travailleurs et travailleuses de Suisse. Il faut donc combler les lacunes dans la protection des salaires et des emplois.</li><li>Les rentes AVS doivent être augmentées de 10 %, comme le demande l'initiative AVSplus. Ce n'est qu'en renforçant l'AVS que l'on peut garantir des rentes décentes pour un prix raisonnable.</li></ul><h5>Les exposés de la conférence</h5><ul><li>Paul Rechsteiner, président de l'USS : "<a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion-usv/usv-femmes.jpg">Maintenir les Bilatérales en améliorant la protection des salarié-e-s – Renforcer l’AVS. Et un NON à l’initiative inhumaine de l’UDC le 28 février</a>"</li><li>Daniel Lampart, économiste en chef de l'USS : "<a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/consultations/2023/230517_GM_VL_Wohlfahrtsfonds.pdf" class="download">Il n’y a jamais eu autant de personnes sans emploi&nbsp;: causes et contre-mesures</a>"</li><li> Doris Bianchi, secrétaire dirigeante de l'USS, responsable de la sécurité sociale :"<a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/consultations/2023/230517_GM_IVV_Tabellenloehne.pdf" class="download">Renforçons un système de prévoyance vieillesse éprouvé&nbsp;: OUI à une amélioration des rentes AVS</a>"</li></ul><h5>Dossier sur le thème</h5><ul><li>Dossier de l'USS N° 113 : "<a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/mk-cp/230516/230516_CP_Salaires_femmes_Texte_Vania_Alleva.pdf" class="download">Davantage de demandeurs et demandeuses d'emploi à cause du démantèlement des prestations des assurances sociales</a>"</li></ul><h5>Renseignements :</h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en chef de l'USS, 079 205 69 11</li><li>Doris Bianchi, secrétaire dirigeante de l'USS, spécialiste des assurances sociales, 076 564 67 67</li></ul>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Économie</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Salaires et CCT</category><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4024</guid><pubDate>Mon, 21 Dec 2015 14:41:16 +0100</pubDate><title>Protéger les salaires, améliorer les rentes mais pas de démantèlement</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/proteger-les-salaires-ameliorer-les-rentes-mais-pas-de-demantelement</link><description>Paul Rechsteiner évoque les principaux objectifs de l&#039;USS pour 2016</description><content:encoded><![CDATA[<h3><span lang="FR">uss-infos&nbsp;: Depuis les élections fédérales, le PLR et l’UDC sont majoritaires au Conseil national. La pression exercée par la droite, qui veut mener une politique très antisociale et globalement contraire aux intérêts des salarié(e)s, s’est accentuée. Quels seront alors les trois principaux défis que l’USS aura à relever en 2016&nbsp;?</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Paul Rechsteiner (PR)&nbsp;: Le premier défi sera de réussir à stabiliser les relations de la Suisse avec l’Union européenne (UE). Nous voulons toujours garantir les emplois et protéger les salaires. Le deuxième défi sera d’améliorer l’AVS. Nous nous battrons pour notre initiative populaire AVSplus qui passera en votation en 2016. Concernant «&nbsp;Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;», le contexte est devenu plus difficile suite aux dernières élections. Une chose est claire&nbsp;: nous combattrons tout projet qui se caractériserait avant tout par une baisse des prestations et n’aurait donc aucune chance devant le peuple. À cet égard, la victoire remportée par les travailleurs et travailleuses de la construction sur la retraite anticipée à 60 ans est un bon signal. D’une part, elle confirme que des rentes décentes sont nécessaires et qu’aucune dégradation n’est acceptable. D’autre part, une hausse des cotisations n’est plus un tabou s’il faut plus d’argent. Mis à part la question des rentes, nous devrons sûrement faire face en 2016 à des attaques plus brutales contre les acquis sociaux figurant dans la loi sur le travail, ainsi qu’à des programmes d’austérité. Mais nous avons des armes. Dans la mesure où des lois seront concernées, nous pouvoir saisir le référendum pour nous opposer à de telles détériorations. </span></p><h3 class="ChapeauSPitalique"><span lang="FR">uss-infos&nbsp;: La droite s’est vivement attaquée au relèvement des rentes AVS. Elle reproche à notre initiative d’appliquer le principe de l’arrosoir et que cette hausse ne serait par conséquent pas finançable. Que lui réponds-tu&nbsp;?</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">PR&nbsp;: Notre principe est le suivant&nbsp;: quiconque a travaillé longuement durant sa vie doit pouvoir vivre décemment de ses rentes AVS et du 2<sup>e</sup> pilier. Ici, l’AVS est l’acteur principal. Or ses rentes ont pris du retard sur les salaires. Un retard qui doit être rattrapé. Cela, d’autant plus qu’une fois à la retraite, les gens qui ont touché des salaires bas ou moyens durant leur vie active doivent «&nbsp;digérer&nbsp;» une baisse sensible de leur revenu. Il est évident qu’il faut davantage de moyens financiers si l’on relève les rentes. Et c’est dans l’AVS que ce besoin supplémentaire d’argent sera le mieux investi. Pensons à nouveau aux travailleurs et travailleuses du bâtiment&nbsp;: les cotisations salariales en valent la peine pour obtenir des rentes meilleures. </span></p><h3 class="ChapeauSPitalique"><span lang="FR">uss-infos&nbsp;: Mais pourquoi les syndicats se concentrent-ils sur l’AVS&nbsp;? </span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">PR&nbsp;: Bien que nous versions toujours plus d’argent dans le 2<sup>e</sup> pilier, nous pouvons être contents si nous parvenons à en maintenir au moins l’acquis. Par contre, pour toutes les personnes à bas ou moyen revenu, l’AVS a toujours un fantastique rapport prestations/prix. Il va donc de soi que nous devons la renforcer, si nous voulons que les retraité(e)s jouissent d’une certaine sécurité financière. </span></p><h3 class="ChapeauSPitalique"><span lang="FR">uss-infos&nbsp;: Passons à autre chose. Le Conseil fédéral veut mettre en œuvre l’initiative «&nbsp;Contre l’immigration de masse&nbsp;» avec une clause de sauvegarde. Ainsi, en l’absence d’accord avec l’UE, des contingents seraient appliqués à partir d’un seuil pas encore chiffré pour faire reculer l’immigration. Cette option est-elle acceptable&nbsp;? </span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">PR&nbsp;: Il faut maintenir les Accords bilatéraux. Nous rejetons clairement le recours à des contingents à travers une nouvelle mouture du statut de saisonnier. Le passé nous a montré que cela n’aboutit qu’à des discriminations et à une politique des bas salaires dans les branches concernées. Avec le nouveau régime, qui donne les mêmes droits à tous et toutes, on a pu améliorer les salaires et renforcer les conventions collectives de travail. Tels sont nos objectifs. Nous continuerons à nous battre pour les atteindre, bien que la situation ait changé. </span></p><h3 class="ChapeauSPitalique"><span lang="FR">uss-infos&nbsp;: Les gens sont désorientés. Ils craignent de perdre leur emploi ou de voir leur salaire baisser. Que faire&nbsp;?</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">PR&nbsp;: Il s’agit de développer encore plus les mesures de protection déjà prises. Les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes ont et ont eu une incidence positive. Mais les nouveaux problèmes demandent des réponses nouvelles. Pas seulement au niveau fédéral. Dans les cantons aussi, les choses ont bougé dans la lutte contre la sous-enchère salariale. Au Tessin, dans les cantons de Bâle-Campagne et de Genève des nouvelles mesures ont été prises. Et dans celui de Zurich, une initiative des syndicats sur cette question passera en votation en février. Ce sont des pas importants qui ont été faits. Et davantage de mesures doivent être prises pour protéger les travailleurs et travailleuses âgés. </span></p><h3 class="ChapeauSPitalique"><span lang="FR">uss-infos&nbsp;: En février, nous voterons entre autres sur l’initiative qui demande la mise en œuvre de l’initiative pour le renvoi des étrangers criminels. Pourquoi un non est-il si nécessaire ici&nbsp;?</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">PR&nbsp;: Le Parlement fédéral a assorti l’article sur le renvoi des étrangers criminels d’une clause pour cas de rigueur. L’initiative de mise en œuvre veut introduire un automatisme qui ne laisse aucune marge de manœuvre aux tribunaux, alors qu’il s’agit de décisions existentielles. Cela viole les droits humains, mais aussi le principe de la séparation des pouvoirs. La mise à l’écart des tribunaux viole l’État de droit. Or, l’enjeu, c’est le destin d’êtres humains, à savoir des étrangers et étrangères de deuxième génération, les «&nbsp;secundos et secundas&nbsp;», qui sont nés et ont grandi dans notre pays. Ainsi que de leurs proches. Ces gens font partie de la Suisse. Pas seulement dans le football, mais aussi lorsqu’ils se sont comportés de manière stupide ou ont commis des péchés de jeunesse. S’il faut les punir pour cela, comme tout le monde, on ne doit pas en plus les priver d’existence sociale. Ce serait sinon une honte pour la démocratie suisse. </span></p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4022</guid><pubDate>Fri, 18 Dec 2015 16:45:35 +0100</pubDate><title>Davantage de protection pour les salaires et les salarié(e)s</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/davantage-de-protection-pour-les-salaires-et-les-salarie-e-s</link><description>Mesures d’accompagnement : Le Conseil fédéral reconnaît enfin les problèmes</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) est soulagée de voir que le Conseil fédéral veut introduire des mesures supplémentaires de lutte contre les abus sur le marché du travail. Le gouvernement a enfin compris que des mesures efficaces sont nécessaires pour protéger les emplois, les salaires et les salarié(e)s.
</p><p>Le 6 novembre dernier, les délégué(e)s de l’USS ont adopté un train de mesures et de revendications sur ces questions. Pour l’essentiel, elles demandent un renforcement des conventions collectives de travail, des mesures pour mieux protéger les travailleurs et travailleuses âgés (amélioration de la protection contre le licenciement), une augmentation claire du nombre des contrôles des salaires dans les entreprises en Suisse, ainsi qu’un registre des entreprises donnant des informations sur celles qui versent des salaires corrects et celles qui pratiquent la sous-enchère salariale. 
</p><p>L’USS attend du groupe de travail mis maintenant sur pied par le Conseil fédéral qu’il s’attaque aux problèmes existant en matière de protection des salaires et concernant les travailleurs et travailleuses âgés, et propose en temps voulu des mesures au Conseil fédéral, de sorte qu’elles puissent être reprises dans le message de ce dernier sur la mise en œuvre de l’initiative «&nbsp;Contre l’immigration de masse&nbsp;». 
</p><p>Pour l’USS, il est important que la Suisse ait à l’avenir aussi des relations stables et structurées avec son principal partenaire commercial, l’Union européenne. Les Accords bilatéraux conclus avec cette dernière doivent par conséquent être préservés. Il est en même temps clair que ces accords doivent profiter aux salarié(e)s. À cet effet, il faut garantir qu’en Suisse, on verse des salaires suisses et respecte les conditions de travail locales. Demain, la voie bilatérale ne sera soutenue par la population que si des mesures efficaces de protection sont prévues.&nbsp;
</p><h5>renseignements</h5><ul><li>&nbsp;<b>Daniel Lampart,&nbsp;</b>&nbsp;premier secrétaire de l’USS, &nbsp;<b>079&nbsp;205 69 11</b></li></ul><ul><li><b>Thomas Zimmermann, </b>responsable de la communication de l’USS, <b>079 249 59 74</b></li></ul>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4011</guid><pubDate>Mon, 14 Dec 2015 09:40:36 +0100</pubDate><title>Entre 0,5 et 1 % d’augmentation des salaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/entre-0-5-et-1-d-augmentation-des-salaires</link><description>Les négociations salariales 2015/2016 sont globalement positives, malgré les menaces de gel ou de baisse des salaires</description><content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;Les négociations salariales 2015/16 se déroulent dans un contexte difficile. Les employeurs exigeaient de geler les salaires ou parfois même de les baisser. On peut donc considérer que les accords salariaux qui ont déjà été conclus sont positifs. Les salaires seront augmentés d’en moyenne 0,5&nbsp;% à 1&nbsp;%. En regard de l’inflation négative (environ -1&nbsp;% en 2015), cela correspond à une hausse des salaires réels d’environ 2 %. 
</p><p>Les accords salariaux qui ont été obtenus dans le second œuvre en Suisse romande, à savoir 1% à titre général et 0,3 à titre individuel méritent d‘être signalés. Ils reflètent la bonne marche des affaires dans la branche. Les résultats sont aussi positifs dans la chimie (Novartis, Lonza, entre autres), mais aussi dans les banques (UBS, CS, entre autres) où les hausses s’élèvent toutes à bien plus de 0,5 %. 
</p><p>L’évolution des salaires est par contre insuffisante dans une partie du second œuvre, en Suisse alémanique en particulier. Bien que les entreprises fassent de bonnes affaires, il n’y a pas eu d’augmentation des salaires au niveau national pour les électriciens et les techniques du bâtiment, et en Suisse alémanique pour les menuisiers. Ces branches ont déjà ces dernières années à peine augmenté leurs salaires, comme le montre l’Enquête sur la structure des salaires 2014. Les accords salariaux sont aussi insatisfaisants dans le commerce de détail. Dans ce secteur à bas salaires, un énorme besoin de rattrapage en matière de salaires se fait toujours autant sentir, en particulier pour les employé-e-s qualifiés et de longue date. 
</p><p>Liste des <a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion-agb/basis/AGB.svg" class="download">négociations salariales</a> (en allemand)
</p><h5>&nbsp;Renseignements:</h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire de l’USS; 079&nbsp;205 69 11</li><li><a name="Text7">Ewald Ackermann, </a><a name="Text9"></a>service de communication de l’USS; 031&nbsp;377 01 09; 079&nbsp;660 36 14 </li></ul>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-3998</guid><pubDate>Wed, 09 Dec 2015 11:10:49 +0100</pubDate><title>Secteur de la construction : la retraite à 60 ans garantie !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/secteur-de-la-construction-la-retraite-a-60-ans-garantie</link><description>Succès d’Unia et de Syna : un accord sur le financement des rentes</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le mouvement de protestation de plus de 10&nbsp;000 travailleurs et travailleuses de la construction a été couronné de succès. À la dernière minute, syndicats et employeurs ont trouvé un accord au lieu d’entamer l’année 2016 sur un vide conventionnel pour plus de 80&nbsp;000 salarié(e)s. Et la retraite anticipée est préservée. Cela, si les conférences professionnelles d’Unia et de Syna l’acceptent samedi prochain.</p><p>C’est grâce à une grande grève en 2002 que les travailleurs et travailleuses de la construction ont obtenu la retraite anticipée à 60 ans. Un succès syndical extraordinaire qui garantit une retraite dans la dignité et avec la santé. Mais les employeurs voulaient d’abord faire marche arrière parce que la Fondation pour la retraite anticipée (FAR) avait besoin de plus d’argent. Ils voulaient relever l’âge de la retraite ou diminuer la rente, jusqu’à 1&nbsp;000 francs. En plus, ils refusaient de négocier une nouvelle convention nationale pour le secteur principal de la construction (CN), alors que la validité de la CN en vigueur prend fin avec l’année.
</p><p>Plus de 10&nbsp;000 travailleurs et travailleuses de la construction se sont opposés à la mi-novembre à cette attitude de blocage des patrons en menant plusieurs actions de protestation à travers tout le pays. Et avec succès&nbsp;: les patrons sont revenus à la table de négociation et se sont mis d’accord avec les syndicats Unia et Syna sur la préservation de l’âge de la retraite à 60 ans sans réduction des prestations. À cet effet, les cotisations versées à la FAR seront augmentées de 2 points de pourcentage, 1,5 pour les employeurs et 0,5 pour les salarié(e)s. En contrepartie, les salaires ne seront pas augmentés en 2016.
</p><p>La nouvelle CN prendra effet dès le début de l’année prochaine, jusqu’en 2018. Elle contient quelques adaptations. Nouveauté&nbsp;: le paiement des salaires en argent liquide est désormais interdit. Les partenaires sociaux soulignent par là leur volonté d’améliorer les contrôles. Et ils veulent négocier tous les autres points encore ouverts jusqu’à la moitié de 2017. Les travailleurs et travailleuses de la construction d’Unia et de Syna diront samedi 12 décembre s’ils sont d’accord avec ce résultat. 
</p><p>Plus d’informations <a href="http://www.unia.ch/fr/actualites/actualites/article/a/11869/" target="_blank" rel="noreferrer">sur le site d’Unia</a>.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-3989</guid><pubDate>Fri, 04 Dec 2015 14:48:22 +0100</pubDate><title>Maintenir les Accords bilatéraux, protéger les salaires et les emplois</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/maintenir-les-accords-bilateraux-proteger-les-salaires-et-les-emplois</link><description>Mise en œuvre de l’article constitutionnel 121a : la position de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p> La décision prise par le Conseil fédéral concernant la " mise en œuvre " de l'article constitutionnel 121a (initiative " Contre l'immigration de masse ") contient quelques éléments positifs pour les travailleurs et travailleuses de Suisse, mais aussi des dangers. Un point positif est la volonté manifestée par le Conseil fédéral de maintenir les Accords bilatéraux conclus avec l'Union européenne (UE) et de chercher en premier lieu une solution à l'amiable avec celle-ci. En effet, pour un petit pays comme le nôtre, l'existence de relations stables et structurées avec l'UE, son principal partenaire commercial, est un élément essentiel.
</p><p>L'introduction d'une clause de sauvegarde unilatérale présente de grands dangers, à savoir que ces relations structurées s'en trouvent durablement perturbées. Il faut examiner par le menu les conséquences qu'une telle clause entraînerait.
</p><p>Il est clair que le petit oui du 9 février 2014 ne s'est imposé que parce que nombre de travailleurs et travailleuses s'inquiètent pour leurs salaires et leurs emplois. On doit trouver des réponses à ces inquiétudes et à ces problèmes. En Suisse, il faut verser des salaires suisses et appliquer les conditions de travail suisses. Cette promesse des mesures d'accompagnement à la libre circulation des personnes doit être systématiquement concrétisée. De plus, des mesures pour améliorer la situation des travailleurs et travailleuses âgés sont nécessaires.
</p><p>Il est également clair que l'ancien système de contingents (statut de saisonnier, etc.) a eu des effets négatifs pour les salarié(e)s : travail au noir, boulots à bas salaire, pression sur les salaires et conditions de travail indignes étaient à l'époque à l'ordre du jour. L'Union syndicale suisse (USS) rejette énergiquement tout nouveau statut de saisonnier ou solution similaire. 
</p><p>&nbsp;</p><h5>Renseignements:</h5><ul><li>Daniel Lampart (079 205 69 11), premier secrétaire de l'USS</li><li>Thomas Zimmermann (079 249 59 74), responsable de la communication de l'USS</li></ul><p><span lang="FR"></span></p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category><category>Migration</category><category>Économie</category><category>Économie extérieure</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-3982</guid><pubDate>Mon, 30 Nov 2015 09:17:57 +0100</pubDate><title>La campagne pour un salaire minimum porte ses fruits – Des progrès en termes de salaires restent nécessaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-campagne-pour-un-salaire-minimum-porte-ses-fruits-des-progres-en-termes-de-salaires-restent-necessaires</link><description>Résultats de l&#039;enquête suisse sur la structure des salaires 2014</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Enquête suisse sur la structure des salaires (<a href="http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/news/01/nip_detail.html?gnpID=2015-308" target="_blank" rel="noreferrer">ESS</a>) 2014 montre que plusieurs choses ont évolué positivement. Tout d’abord, en raison de la campagne de l’USS pour un salaire minimum de 4000 francs, de nombreuses entreprises ont augmenté les salaires les plus bas. Dans le domaine des bas salaires, on observe une hausse des salaires réels de 7,1% entre 2010 et 2014. A qualifier de positif également, le fait que la différence de salaires entre femmes et hommes se soit amoindrie. Là aussi, les activités syndicales contre les discriminations salariales ont porté leurs fruits. Et enfin, les salaires réels médians des employé-e-s sans fonction de cadre ont augmenté de 2,5% entre 2012 et 2014. Etant donné la surévaluation du franc et les exigences de baisse ou de retenue sur les salaires qu’elle entraîne, ce résultat est appréciable. 
</p><p>Le recul des salaires que décrit l’ESS sur les 10% des salaires les plus élevés (décile supérieur) est toutefois douteux. Ce résultat contraste non seulement avec les informations venant des sphères dirigeantes, mais aussi avec les statistiques de l’AVS de l’Office fédéral des assurances sociales. Celles-ci indiquent une évolution stable pour les 10% des salaires les plus élevés pour 2012 et 2013. 
</p><p>Malgré cette évolution positive à certains égards, il y a toujours nécessité d’agir sur plusieurs points&nbsp;:</p><ul><li>Davantage de conventions collectives de travail (CCT) avec de bons salaires minimums. En Suisse, seule la moitié des salarié-e-s est actuellement protégée par des CCT. Point positif à relever: les nouvelles CCT dans les échoppes de stations-services et les call-centers. </li><li>Des mesures efficaces pour éliminer les discriminations salariales qui pénalisent les femmes. Concrètement&nbsp;: des contrôles conséquents des salaires dans le cadre du partenariat social. Les propositions du Conseil fédéral ne vont pas résoudre le problème de la discrimination salariale. </li><li>Des augmentations des salaires réels dans les branches où le niveau des salaires recule, dans le second œuvre par exemple. Les salaires réels ont légèrement baissé entre 2012 et 2014, bien que les entreprises fassent de bonnes affaires.&nbsp; </li><li>Un renforcement des mesures pour appliquer les salaires usuels selon le lieu, la profession et la branche, pour lutter contre la sous-enchère salariale. Il faut en priorité plus de contrôles, de meilleurs instruments de mise en œuvre (instauration conséquente d’arrêts du travail) ainsi qu’un registre professionnel où l’on puisse savoir quelles entreprises contrôlées sont en règle. Cela correspond aussi à un besoin des grands maîtres d’ouvrage. </li></ul><h5>Renseignements</h5><h5>&nbsp;</h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire de l’USS, 079 205 69 11</li></ul><h5>Document à télécharger</h5><ul><li><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion-usv/logo/USVlogorouge2.png">Intervention de Daniel Lampart</a></li></ul><h5>&nbsp;</h5>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Salaires et CCT</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-3975</guid><pubDate>Fri, 27 Nov 2015 09:48:39 +0100</pubDate><title>Les attentes placées dans la table ronde sur l&#039;amiante augmentent</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-attentes-placees-dans-la-table-ronde-sur-lamiante-augmentent</link><description>Session parlementaire d’hiver</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La Commission des affaires juridiques du Conseil des États (CAJ-E) propose à ce dernier un délai de prescription absolu de 30 années pour l’ensemble des dommages corporels futurs. Relativement à la tragédie de l’amiante, c’est là un premier pas dans la bonne direction. Mais il faut trouver des solutions globales et garantissant l’égalité de traitement devant la loi à toutes les victimes de l’amiante, qu’elles soient ou non couvertes par la loi sur l’assurance-accidents (LAA). Aujourd’hui, le Tribunal fédéral accentue la pression en prononçant un arrêt «&nbsp;phare&nbsp;». </p><p>Avec sa proposition d’un délai de prescription de 30 années, la CAJ-E a suivi le Conseil fédéral, contrairement au Conseil national qui avait fixé ce délai à 20 années. Toutefois, cette solution n’est toujours pas satisfaisante pour les victimes de l’amiante, car le mésothéliome (tumeur causée par le contact avec l’amiante) n’apparaît que 40 années ou plus après l’exposition à cette substance. C’est pourquoi la commission veut compléter sa proposition par un régime spécial provisoire. Celui-ci ne fonctionnera cependant que si l’on crée un fonds d’indemnisation généreusement doté pour les victimes de l’amiante, qu’elles puissent ou non profiter des prestations de l’assurance-accidents.
</p><p>La réglementation transitoire proposée pour le Code des obligations (CO) doit permettre, pour les cas de dommages corporels dus à l’amiante déjà prescrits, l’application d’un délai supplémentaire d’une année à partir de l’entrée en vigueur de la modification du CO. Ainsi, des actions pourraient être intentées, subsidiairement aux prestations d’un fonds d’indemnisation. 
</p><p>La proposition de la CAJ-E ne tient donc toujours pas compte de l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme (CrEDH) de Strasbourg. En effet, cet arrêt demande un délai de prescription subjectif qui commence au moment où la maladie se déclare (pas depuis l’exposition). Combiné aux attentes, par le Conseil des États, d’un fonds d’indemnisation bien doté, le régime transitoire destiné aux cas déjà prescrits constitue toutefois un pas important dans la bonne direction. Le Conseil des États est invité à accepter cette proposition et à l’améliorer.
</p><p>Aujourd’hui, le Tribunal fédéral accentue aussi la pression. À la faveur d’un arrêt «&nbsp;phare&nbsp;», voire historique prononcé en novembre, il a décidé que le droit de la prescription en vigueur viole les droits fondamentaux des victimes. Ainsi, l’instance judiciaire la plus élevée du pays fait avancer la mise en œuvre de l’arrêt précité de la CrEDH et n’attend à juste titre pas les politiques. Pour les malades du mésothéliome, l’objection de la prescription n’a dès maintenant plus aucune valeur. 
</p><p>Pour l’Union syndicale suisse (USS), qui est à l’origine de la table ronde sur l’amiante qui siège depuis lors sous la direction de l’ancien conseiller fédéral Moritz Leuenberger, il est clair que si les milieux économiques veulent empêcher une avalanche de procès suite à l’arrêt de la CrEDH et si le Parlement fédéral veut introduire dans le CO une réglementation de la prescription conforme aux droits de l’homme, il faut non seulement que la révision de ce dernier se fasse en conséquence, mais aussi qu’un fonds généreusement doté soit créé pour indemniser les victimes de l’amiante. Ce fonds devra accorder des dommages et intérêts ainsi qu’un versement forfaitaire unique pour le tort subi. Il rétablira donc la justice aussi pour les cas déjà prescrits et, grâce à lui, nous ne serons pas confrontés à des procès onéreux s’étalant sur de longues années. Il faut en outre aussi mettre sur pied un service de soins pour les victimes de l’amiante et leurs proches. Ceux-ci se sentent aujourd’hui bien trop souvent abandonnés face à l’issue mortelle des maladies qu’ils ont contractées à cause de l’amiante.
</p><p> Ainsi, obtiendraient réparation les personnes malades à cause de l’amiante qui ne sont pas couvertes par la LAA. Un tel fonds devrait être financé avant tout par les entreprises qui ont produit et vendu de l’amiante</p>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-3974</guid><pubDate>Fri, 27 Nov 2015 09:42:00 +0100</pubDate><title>Pas de lutte de répartition au sein du personnel de la Confédération</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pas-de-lutte-de-repartition-au-sein-du-personnel-de-la-confederation</link><description>Session parlementaire d’hiver</description><content:encoded><![CDATA[<p> Les interventions sur la politique de sécurité auront le vent en poupe pendant cette session. Les initiatives cantonales des deux Bâle demandant, pour répondre aux besoins de sécurité de la population, le renforcement du Corps des gardes-frontières sont déjà annoncées. Par une initiative cantonale, le canton de Berne veut une nouvelle fois ancrer dans la Constitution que les dépenses de l'armée représentent 1,2 % du PIB. Le groupe UDC a déposé une motion sur un contrôle systématique des frontières qui devrait être mené avec l'appui de l'armée. Toutes ces interventions seront traitées pendant cette session. D'autres, sur la sécurité intérieure, vont probablement encore être déposées.
</p><p>Les auteurs de ces interventions expliquent qu'il faut agir en raison de la grave situation sécuritaire qui règne en Europe. Le problème est que ces vœux d'augmenter les ressources contrastent avec les interventions de la Commission des finances des deux Chambres fédérales qui appellent à une politique d'austérité rigide. La Commission des finances des États exige par une motion un plafonnement des effectifs au niveau de 2015, alors que celle du National demande d'économiser chaque année 1,5 milliard sur les effectifs. Ces deux interventions seront elles aussi traitées pendant la session d'hiver. À cela s'ajoute que le Conseil fédéral a déjà lui-même mis en route un programme d'austérité et qu'il refuse de s'en écarter dans certains domaines au détriment d'autres. Selon le Conseil fédéral, ce programme va affecter l'ensemble des effectifs en 2017 déjà. La motion Leo Müller, qui demande de plafonner les frais de personnel (y compris les prestations externes) de la période 2016 à 2019 au niveau inscrit dans les comptes de l'exercice 2014, n'a pas encore été traitée. Le Conseil fédéral, s'il propose de rejeter la motion, se montre toutefois bienveillant à son égard.
</p><p>Et pour en revenir à la politique de sécurité : le Corps des gardes-frontière effectue un travail difficile. Le syndicat Garanto demande depuis des années que les effectifs soient augmentés. Il faut former les gens avant qu'ils ne puissent être affectés à leurs postes et cela ne se fait pas du jour au lendemain. Personne ne devrait désormais rester indifférent à cette demande. Mais les partis de droite veulent explicitement couper dans les emplois. Le personnel de la Confédération craint qu'on en arrive justement à la lutte de répartition qu'il redoutait. Davantage de contrôles aux frontières contre moins d'enquêtes de l'Office fédéral de la statistique ? Il faut absolument éviter que les partis bourgeois ne tirent profit de la situation actuelle de sorte le service public ne se réduise à peau de chagrin comme ils le désirent. Un service public mité n'est plus capable de réaction. Et personne ne sait où la prochaine crise se prépare. </p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2395</guid><pubDate>Fri, 20 Nov 2015 14:23:00 +0100</pubDate><title>Les choses peuvent bouger !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/les-choses-peuvent-bouger</link><description>Genève et Bâle-Campagne : davantage de contrôles contre la sous-enchère

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) n’a de cesse de critiquer le manque de volonté politique de lutter efficacement contre la sous-enchère salariale. Or, que les choses puissent changer, le Grand Conseil genevois et les citoyen(ne)s de Bâle-Campagne viennent de le prouver.</p><p>Le 13 novembre, le Grand Conseil genevois a décidé de renforcer les contrôles menés contre la sous-enchère salariale. Dès le début de l’année, les syndicats et les employeurs pourront, les uns et les autres, avoir douze inspecteurs ou inspectrices, qui, en plus des inspecteurs et inspectrices cantonaux veilleront au respect des conditions de travail. Cette décision permettra d’augmenter le nombre de ces contrôles également dans les secteurs sans convention collective de travail. Les possibilités pour les entreprises d’empêcher les contrôles des syndicats, comme les plaintes pour violation de domicile, s’en trouvent de ce fait clairement limitées.
</p><h3>À l’origine, une initiative des syndicats</h3><p>La décision du législatif genevois part d’une initiative populaire de la Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS), qui demandait l’introduction de contrôles purement syndicaux, ce dont les patrons ne voulaient bien sûr pas. Après de longues négociations, les partenaires sociaux et le canton se sont mis d’accord sur la création d’une Inspection paritaire des entreprises. Raison pour laquelle, les syndicats ont retiré leur initiative. 
</p><h3>Bâle-Campagne&nbsp;: une meilleure protection dans les marchés publics</h3><p>Le 8 novembre, les citoyen(ne)s de Bâle-Campagne ont accepté, à une écrasante majorité de trois quarts des votant(e)s, une initiative législative demandant une protection efficace contre la sous-enchère salariale dans les marchés publics. Ainsi, entre autres, une peine conventionnelle sera introduite et en cas de suspicion les entreprises concernées feront l’objet d’un contrôle par des organisations professionnelles. 
</p><p>Genève et Bâle-Campagne montrent ainsi deux choses&nbsp;: primo, la sous-enchère salariale préoccupe beaucoup la population et, deuzio, s’ils le veulent et s’ils ont les idées claires, les politiques peuvent agir contre cette sous-enchère. Dans les deux cas, c’est ce qu’ils ont fait.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Travail</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2391</guid><pubDate>Tue, 17 Nov 2015 09:39:00 +0100</pubDate><title>Les droits fondamentaux protègent les salarié-e-s en Suisse </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-droits-fondamentaux-protegent-les-salarie-e-s-en-suisse</link><description>Par son colloque juridique, l’USS a lancé une campagne de sensibilisation</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En matière de droit du travail, la législation de la Cour européenne des droits de l’homme (CrEDH) joue, avec les normes de l’Organisation internationale du travail (OIT), un rôle toujours plus important en Suisse. Deux nouvelles études (Kaufmann/Good et Pärli) montrent que les droits fondamentaux garantis sur le plan international ont une grande signification en droit du travail pour les salarié-e-s de Suisse. Ces études ont été présentées au colloque juridique de l’USS du 13 novembre à Berne. </p><p>Depuis toujours, les syndicats s’engagent pour que des droits fondamentaux émancipateurs qui protègent mieux les salarié-e-s dans notre pays soient ancrés et développés. Les accords sur les droits sociaux et du travail de l’OIT et de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) se révèlent être particulièrement importants pour le travail syndical qu’effectuent par exemple les secrétaires syndicaux, mais aussi pour l’exercice des libertés syndicales par les salarié-e-s dans les entreprises. Ces bases juridiques permettent aux personnes concernées de s’organiser dans l’entreprise, de mener des négociations conventionnelles sans crainte de représailles et de lutter sur des questions liées au droit du travail. 
</p><p><b>La protection contre les licenciements en droit suisse n’est pas conforme à la CEDH et à l’OIT</b></p><p>Les droits fondamentaux ancrés sur le plan international apportent un rééquilibrage bienvenu à une globalisation souvent uniquement comprise comme étant économique. Ils ordonnent à l’Etat de remplir des obligations concrètes et positives à l’égard des salarié-e-s, par exemple dans le domaine de la protection contre les licenciements abusifs. C’est aussi ce qu’ont montré les exposés et les deux études présentées par les professeurs Christine Kaufmann et Christoph Good (Université de Zurich) ainsi que par le professeur Kurt Pärli (Université de St-Gall/HWZ Winterthur) présentées au colloque de l’USS du 13 novembre. Et pour l’USS, la situation juridique est limpide&nbsp;: le droit suisse en matière de licenciement n’est pour certaines parties ni conforme à la Convention européenne des droits de l’homme, ni à l’OIT.
</p><p>Des invités de haut vol ont honoré de leur présence ce colloque juridique. En plus des auteurs des deux études, la juge de la CrDEH Helen Keller, la juriste de l’OIT Tzehainesh Teklè ainsi que l’avocat spécialisé dans le droit des assurances et de la responsabilité civile David Husmann ont mis en lumière certains aspects de la protection au titre du droit fondamental. Ils ont expliqué l’importance fondamentale de la CrDEH pour la Suisse, l’applicabilité des normes de l’OIT devant les tribunaux suisses ou des plaintes déposées devant la Cour européenne en raison de violation de la Convention européenne des droits de l’homme dans des cas relatifs au droit du travail. 
</p><p><b>Deux nouvelles études</b></p><p>Le colloque de l’USS a aussi permis de lancer une campagne de sensibilisation sur l’importance de la Convention européenne des droits de l’homme ainsi que sur le droit du travail garanti internationalement par l’OIT pour les travailleurs suisses. A une époque où les attaques des droits humains deviennent toujours plus présentables et socialement acceptées, il faut y opposer une campagne d’information auprès des salarié-e-s de Suisse sur l’énorme importance qu’ont ces acquis. Les deux études de Kaufmann/Good et Pärli mandatés par l’USS assoient le travail syndical quotidien en matière de droits fondamentaux et de droit du travail sur des bases juridiques plus solides. Elles vont représenter un instrument de travail précieux pour les secrétaires syndicaux, les avocats et les autorités. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2392</guid><pubDate>Tue, 17 Nov 2015 09:38:00 +0100</pubDate><title>Débrayage des maçons dans toute la Suisse et grève de la fonction publique à Genève</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/debrayage-des-macons-dans-toute-la-suisse-et-greve-de-la-fonction-publique-a-geneve</link><description>Impressionnantes actions collectives contre des démantèlements</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Plus de 10&nbsp;000 maçons ont débrayé pendant la deuxième semaine de novembre pour le maintien de leur retraite à 60 ans et pour une meilleure CN. A Genève, la fonction publique a fait grève pendant trois jours contre les suppressions d’emplois et l’augmentation du temps de travail. Dans les deux cas, il s’agissait de revendications qui touchaient à quelque chose d’élémentaire&nbsp;: vieillir dans la dignité et des conditions de travail décentes.&nbsp; </p><p>En 2002, les maçons ont obtenu la préretraite à 60 ans. Cette remarquable victoire dans la récente histoire syndicale a permis à des milliers de maçons de vieillir dans la dignité et dans un meilleur état de santé. Ce dont ils avaient vraiment besoin. Car dans aucune autre branche, le danger d’invalidité n’est aussi important que dans la construction. Dix ans plus tard, les entrepreneurs veulent pourtant faire marche arrière parce que le fonds pour la retraite anticipée manque momentanément de moyens. La Société suisse des entrepreneurs (SSE) veut relever l’âge de la retraite ou réduire les rentes, la baisse pouvant aller jusqu’à 1000 francs par mois. En même temps, la SSE ne veut pas d’une nouvelle convention nationale, la CN, c’est le nom de la CCT de la construction, bien que celle-ci échoie à la fin de l’année. Il est toutefois bien clair pour les maçons&nbsp;: la CN doit leur apporter davantage de protection de leur santé et contre la sous-enchère salariale. 
</p><p><b>Défense d’acquis essentiels </b></p><p>Contre cette attitude de blocage, les maçons ont lancé des signaux d’avertissement impressionnants du 9 au 11 novembre. Plus 10&nbsp;000 maçons ont pris part à des débrayages de protestation, lundi au Tessin, mardi en Suisse alémanique et mercredi en Suisse romande. Ils ont montré qu’ils veulent être traités avec respect. Et qu’ils sont prêts à poursuivre la lutte si les entrepreneurs refusaient d’œuvrer à la recherche de solutions pour les problèmes qui touchent la construction. Ils ne leur reste que quelques semaines pour éviter que le vide conventionnel ne s’installe dès janvier 2016. Si les entrepreneurs ne cèdent pas d’ici là, des grèves seraient possibles à partir de début 2016. Tout entrepreneur un peu clairvoyant devrait avoir maintenant compris que les travailleurs et leurs syndicats Unia et Syna ne vont pas abandonner leurs acquis essentiels sans livrer bataille, ni laisser pourrir leurs conditions de travail. 
</p><p><b>Genève: la fonction publique contre de brutales économies</b></p><p>A Genève, les employé-e-s de la fonction publique ont fait grève du 10 au 12 novembre contre le programme de réduction des dépenses drastique du gouvernement genevois. Des manifestations ont eu lieu pendant les trois jours, avec toujours autour de 10&nbsp;000 participant-e-s. Mercredi, les employé-e-s de la fonction publique ont manifesté avec les maçons. Les employé-e-s et leurs syndicats, dont le Cartel intersyndical du personnel de l’Etat et du secteur subventionné ainsi que le SSP se défendent contre un programme d’économies extrêmement rigide qui prévoit le gel des embauches et des salaires, des licenciements facilités, des privatisations et le licenciement de jusqu’à 1800 personnes. Pour compenser la réduction des prestations, les employé-e-s restants devraient travailler plus et passer de 40 à 42 heures pour le même salaire. 
</p><p><b>Et voilà que la majorité du législatif fait comme si de rien n’était…</b></p><p>Jeudi, les grévistes ont décidé lors d’une assemblée de lever la grève jusqu’au 1er décembre. Une réelle chance de négocier doit être offerte au gouvernement genevois. Mais s’il ne saisit pas cette opportunité, la grève sera reconduite le 1er décembre, puis de nouveau le 3 décembre. Le 25 novembre les protestataires vont à nouveau se rencontrer et évaluer l’offre du Conseil d’Etat. Pour Marc Simeth, le président du cartel intersyndical, il faut développer le mouvement avec de nouvelles forces et convaincre encore plus de collègues de la nécessité de l’action collective.
</p><p>Le Grand Conseil à majorité de droite a encore entretemps jeté de l’huile sur le feu. Le vendredi 13 novembre, il a adopté un «&nbsp;frein à l’endettement&nbsp;», mesure encore plus dure qui ne peut que faire escalader le conflit en obligeant le gouvernement à faire encore plus d’économies.
</p><p>On n’avait plus vu depuis longtemps en Suisse une telle lutte de la fonction publique contre des détériorations marquantes de ses conditions de travail et&nbsp; plus de stress. Les employé-e-s de la fonction publique ont clairement montré qu’ils ne voulaient pas trinquer pour les cadeaux fiscaux offerts aux entreprises. 
</p><p>Tout peut encore bouger à Genève. On voit pourtant qu’est à l’<span lang="FR-CH">œuvre</span> le manque de discernement de certains qui ne semblent pas comprendre que lorsque l’on sème le vent, on récolte la tempête. Mais ils vont peut-être bientôt le comprendre quand encore plus de monde descendra dans la rue. La grève de la fonction publique a du moins cela de commun avec le débrayage des maçons d’Unia et de Syna. 
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Droit du travail</category><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2387</guid><pubDate>Mon, 16 Nov 2015 12:15:00 +0100</pubDate><title>L’USS Soutient les maçons dans leur lutte pour une CN avec plus de protection et pour la retraite à 60 ans !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-uss-soutient-les-macons-dans-leur-lutte-pour-une-cn-avec-plus-de-protection-et-pour-la-retraite-a-60-ans</link><description>Résolution de l&#039;assemblée des delegueé-e-s du 6 novembre 2015</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Les travailleurs de la construction ont de quoi être en colère. La Société suisse des entrepreneurs (SSE) refuse depuis des mois toute solution en vue d'une nouvelle convention collective de travail, et remet en question leur retraite à 60 ans.</p><p>Le vide conventionnel, le dumping salarial et une péjoration des conditions de travail sur les chantiers sont à craindre. Ce n'est dans l'intérêt de personne. L'Union syndicale suisse (USS) et ses organisations affiliées tiennent donc à assurer de leur soutien et de leur solidarité le syndicat Unia et les maçons de Suisse. Concrètement, les délégués de l'USS invitent la SSE à abandonner son attitude de blocage et à s'en tenir à nouveau aux principes du partenariat social.
</p><p>2015 est une année cruciale pour le partenariat social helvétique: la convention nationale du secteur principal de la construction en Suisse (CN) expire le 31 décembre. Elle règle les conditions de travail de plus de 80 000 travailleurs. Or depuis des mois, la Société suisse des entrepreneurs (SSE) refuse de négocier toute solution avec les syndicats. En outre, les entrepreneurs attaquent la retraite à 60 ans. Alors que les maçons ont un besoin urgent de protection accrue, et non de suppression des garde-fous actuels. L'heure est venue de les protéger contre le dumping salarial et contre les intempéries. Aucune autre branche d'activité n'affiche un risque d'accident aussi élevé que la construction. Chaque année, des vies humaines sont inutilement gâchées sur des chantiers suisses. Ces deux thèmes – le dumping salarial et la sécurité au travail – nous concernent tous.
</p><p>Il faut encore préserver la retraite à 60 ans sur les chantiers. Depuis plus de 10 ans, la fondation FAR garantit aux maçons une vieillesse digne. Or la SSE cherche à torpiller cet acquis majeur du mouvement ouvrier suisse. Les entrepreneurs parlent de relever l'âge de la retraite, ou de réduire les rentes de 1000 francs parfois.
</p><p>La dangerosité et la pénibilité du travail, les pressions salariales et les attaques contre l'âge de la retraite sont loin d'être un problème spécifique à la construction. On assiste à de tels développements dans presque toutes les professions. Le lutte des maçons est dès lors le combat de tous les travailleurs et travailleuses de Suisse. Si l'on ne parvient pas à améliorer la CN et à défendre la retraite des maçons à 60 ans, les pressions redoubleront par effet domino sur toutes les autres CCT.
</p><p>Les délégué-e-s de l'USS et les organisations syndicales affiliées se déclarent donc solidaires des travailleurs de la construction de Suisse et les assurent de leur soutien dans leur lutte pour la convention nationale et pour leur retraite à 60 ans.
</p><p>En parallèle, ils invitent la SSE à régler enfin les problèmes actuels du secteur de la construction. Il est urgent d'adopter une CN offrant plus de protection et de garantir la retraite à 60 ans. Dans le conflit qui couve, tout le mouvement syndical suisse est aux côtés des maçons. </p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2388</guid><pubDate>Tue, 10 Nov 2015 14:06:00 +0100</pubDate><title>6706 personnes ont signé contre les réductions d&#039;emplois et de salaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/6706-personnes-ont-signe-contre-les-reductions-demplois-et-de-salaires</link><description>Protestation et pétition du personnel de la confédération</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"><b>Par leur marche vers le Palais fédéral et leur pétition, les employé-e-s de la Confédération ont protesté aujourd’hui à Berne pour faire reconnaître leur travail et contre le programme d’austérité du Conseil fédéral. </b><b><b>La pétition</b> a été signée par 6 706 collaborateurs et collaboratrices.</b></p><p>Par son action de protestation et sa pétition, le personnel de la Confédération s’oppose au démantèlement des salaires et des emplois. Il demande une politique du personnel responsable, le retour aux principes du partenariat social et l’arrêt du démantèlement des salaires et des conditions de travail. Le personnel de la Confédération fournit un travail de qualité, il est très motivé à offrir les meilleurs services possibles à la population et à l’économie privée. Pour qu’elle puisse relever les futurs défis de politique économique et extérieure, l’Administration fédérale a besoin de suffisamment de ressources.
</p><p>Le personnel de la Confédération réagit ainsi à la pression toujours plus forte à laquelle il est confronté. L’Administration fédérale est diffamée, elle serait inefficiente et superflue. Chaque nouveau poste créé signifierait plus de réglementation et mettrait de ce fait les bâtons dans les roues de l’économie privée, tel est le credo des adeptes de la déréglementation. De nombreuses interventions parlementaires exigent que l’on procède à des coupes radicales et supprime des emplois. Et le programme d’austérité du Conseil fédéral frappe très durement les jeunes employé-e-s et les classes de salaire inférieures&nbsp;: gel des salaires en 2016, progression des salaires divisée par deux et prime de fidélité désormais uniquement après 10 années de service. De plus, à partir de 2017, des centaines de postes seront supprimés, la contribution patronale aux rentes transitoires (rentes-ponts) disparaîtra et un système salarial sans progression des salaires réglementée sera introduit.
</p><p>Les associations du personnel APV, transfair, Garanto, SSP, swissPersona et APfedpol ont lancé ensemble cette pétition à l’intention du Conseil fédéral et transmis aujourd’hui à la Chancellerie fédérale les signatures, aux alentours de midi, lors d’une action de protestation qui a rassemblé des centaines de collaboratrices et collaborateurs. Elles refusent que le personnel de la Confédération doive trinquer pour la baisse des recettes causée par une politique fiscale erronée. Elles soulignent que l’Administration fédérale n’est aucunement surdotée en personnel&nbsp;: depuis des années, les dépenses de personnel ne représentent en effet que 8,4&nbsp;% des dépenses totales de la Confédération et la quote-part de l’État ne cesse de baisser pour atteindre, avec 31,3&nbsp;%, un niveau record en comparaison européenne. Les associations du personnel mettent en garde contre ce programme d’austérité qui provoquerait un démantèlement des prestations servies à la population, aux cantons et à l’économie. </p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Salaires et CCT</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2385</guid><pubDate>Fri, 06 Nov 2015 13:11:00 +0100</pubDate><title>Protéger les salaires et les places de travail – Maintenir la voie bilatérale: L’USS adopte un catalogue de mesures et de revendications</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/proteger-les-salaires-et-les-places-de-travail-maintenir-la-voie-bilaterale-l-uss-adopte-un-catalogue-de-mesures-et-de-revendications</link><description>Assemblée des délégué(e)s de l&#039;USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="PresseOberzeile">&nbsp;</p><p>Les salaires et les emplois doivent bénéficier d'une meilleure protection. A cette fin, les délégué(e)s de l'Union syndicale suisse (USS) ont adopté un vaste catalogue de mesures en vue de la mise en œuvre de l'initiative contre l'immigration massive. Les délégué(e)s ont demandé davantage de contrôles des salaires, une prévention plus efficace de la sous-enchère salariale, davantage de conventions collectives de travail avec des salaires minimums, et le durcissement des sanctions. En outre, ils jugent urgent d'accroître la protection contre le licenciement des travailleurs/-euses âgés, et d'accorder plus de ressources en faveur de la compatibilité entre vie professionnelle et vie familiale, ainsi que pour la formation initiale et continue. 
</p><p>Pour les délégué(e)s de l'USS, une chose est sûre : la Suisse, petit pays au cœur de l'Europe, doit entretenir avec l'Union européenne de bonnes relations clairement définies. D'où l'importance des accords bilatéraux. Qui toutefois doivent être utiles à tous les travailleurs/-euses de Suisse. Pourtant, la pression sur les salaires et les abus patronaux abondent en Suisse. Et avec le franc surévalué, la situation s'est encore aggravée. Les employeurs tenants de la ligne dure s'en prennent à la protection des salaires et des travailleurs, et refusent de s'attaquer aux problèmes pourtant manifestes. Par ailleurs pour ses marchés publics, la Confédération entend désormais autoriser les entreprises à payer des salaires plus bas que les salaires usuels du lieu de travail concerné (principe de provenance). Certains diplomates suisses accepteraient même de céder sous la pression des idéologues de la Commission européenne pour négocier l'annonce de 8 jours au préalable et les cautions. Mais le plus alarmant, ce sont les revendications de la droite conservatrice notamment, qui appelle de ses vœux un régime de contingentement piloté par la police des étrangers. Car ce système aurait pour corollaire la multiplication des emplois à bas prix, du travail au noir et des conditions de travail précaires. Les expériences vécues par le passé avec le contingentement l'ont démontré. 
</p><p>Dans une première résolution, les délégué(e)s de l'USS se sont prononcés contre la baisse du niveau des rentes et pour un renforcement sensible de l'AVS. Les décisions du Conseil des Etats d'augmenter les rentes de 840 Fr. par an pour les personnes seules, et de 2700 Fr. pour les couples mariés vont dans la bonne direction. Le Conseil national ferait bien de s'en inspirer et de revoir sa copie en matière de réduction des prestations AVS pour les femmes (âge de la retraite 65 ans) et d'abaissement du taux de conversion. 
</p><p>Dans une deuxième résolution, l'USS a assuré les travailleurs de la construction de son soutien dans leur lutte pour une Convention nationale plus protectrice et garantissant la retraite à 60 ans. Car si la CN ne renforce pas la protection contre la sous-enchère salariale et les conditions de travail dangereuses, et si l'on ne peut préserver la retraite à 60 ans, l'ensemble des conventions collectives de travail de Suisse en pâtiront. 
</p><p>Dans une troisième résolution, l'USS a appelé le Conseil fédéral, les gouvernements cantonaux de même que les Parlements à lever leurs programmes d'austérité. Car la population et l'économie sont tributaires d'un service public fort. Il est grand temps que les gouvernements prennent enfin la défense du service public contre le dénigrement ambiant. De plus il a assuré son soutien aux mouvements de grève de la fonction publique qui auront lieu prochainement.
</p><h5>Renseigenements: </h5><ul><li>Daniel Lampart, Chef du secrétariat de l'USS, 079 205 69 11</li></ul><ul><li>Thomas Zimmermann, Chef de la communication de l'USS, 079 249 59 74</li></ul><h5>Documentation</h5><ul><li><a href="https://sgb.ch/fileadmin/user_upload/lohnschutz_konkret_transparent_gkb_unia_syndicom_demo_arbeitsmarktgesetz_kontrollen_schweizer_loehne_fuer_arbeit_in_der_schweiz_beschnitten.jpg" class="download">Revendications pour une meilleure protection des salaires et des places de travail et le maintien des accords bilatéraux</a></li><li><a href="https://sgb.ch/fileadmin/t8_jetpack/theme/fonts/nimbus-sans-bold.woff">Discours du président de l'USS, Paul Rechsteiner</a>, lors de l'ouverture de l'assemblée des délégué(e)s de l'USS du 6.11.2015 (n'existe qu'en allemand)</li><li>Résolution " <a href="https://sgb.ch/fileadmin/user_upload/logo_f_arbeitnehmerkomitee_pv_2020.jpg">Non à des économies qui vont tuer les services publics !</a>"</li><li>Résolution " <a href="https://sgb.ch/fileadmin/user_upload/logo_zv_200_px_breit.png" class="download">L'avenir de prévoyance viellesse repose sur le renforcement de l'AVS</a> "</li><li>Résolution " <a href="https://sgb.ch/fileadmin/user_upload/logo_Komitee_fuer_den_Rechtsstaat_-_Nein_zur_Durchsetzungsinitiative.jpg">L'USS soutient le maçons dans leur lutte pour une CN avec plus de protection et pour le maintien de la retraite à 60 ans !</a>"</li><li>Résolution " <a href="https://sgb.ch/fileadmin/user_upload/logo_nein.jpg">Pression sur les salaires et les emplois –<br>la Banque nationale doit ramener le cour du franc à un juste niveau</a> "</li></ul>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2382</guid><pubDate>Wed, 04 Nov 2015 13:35:00 +0100</pubDate><title>Il faut enfin imposer une protection contre le travail non rémunéré et le stress</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/il-faut-enfin-imposer-une-protection-contre-le-travail-non-remunere-et-le-stress</link><description>Nouvelle base légale pour l’enregistrement du temps de travail

</description><content:encoded><![CDATA[<p>Alors que depuis des années, l’obligation patronale de saisir le temps de travail et de protéger les salarié-e-s contre le travail non rémunéré et les risques psychosociaux a été insidieusement démantelée, le Conseil fédéral a aujourd’hui créé de nouvelles bases juridiques pour l'enregistrement de la durée du travail. Toutes les parties concernées doivent désormais appliquer dans les faits les nouvelles règles. Les autorités doivent surtout effectuer régulièrement des contrôles étendus et imposer que le temps de travail soit enregistré, là où il doit l’être. Car cet enregistrement est important pour prémunir les salarié-e-s contre le travail gratuit et le stress ainsi que leurs répercussions sur la santé, comme les maux de dos, de ventre, les troubles du sommeil et finalement le burn out. 
</p><p>La nouvelle ordonnance d’application apporte toutefois une certaine dérégulation dans l’obligation d’enregistrer le temps de travail. La majeure partie des salarié-e-s doit toujours enregistrer son temps de travail et continue de ce fait à être protégée. Si les nouvelles règles sont appliquées, beaucoup de salarié-e-s vont en fait est mieux protégés. Les exceptions prévues à l’obligation d’enregistrer le temps de travail sont aussi régies de façon restrictive. La durée maximale du temps de travail, à savoir les règles qui régissent les pauses et les heures supplémentaires sont toujours valables pour tous. Ne sont exclus de l’obligation de saisir le temps de travail que les salarié-e-s qui disposent d’une grande autonomie dans la gestion de leur travail et l'aménagement de leurs horaires et qui gagnent plus de 120&nbsp;000 francs par an. Cette exception doit être réglée dans une convention collective de travail conclue avec des partenaires sociaux représentatifs. La CCT doit prévoir des mesures spécifiques pour protéger la santé et prévenir contre les risques psychosociaux. Et enfin, les salarié-e-s concernés doivent explicitement donner leur accord écrit. On peut considérer comme un progrès l’obligation de fixer des mesures de protection de la santé contre les risques psychosociaux dans la CCT. Les partenaires sociaux et les autorités devront veiller à une mise en œuvre méticuleuse dans la pratique de ces mesures de protection de la santé. 
</p><p>La nouvelle régulation a été proposée par le Conseil fédéral Johann Schneider-Ammann à la suite d’intenses négociations entre les employeurs et les syndicats et a été acceptée par les organisations faîtières des partenaires sociaux. Du point de vue des salarié-e-s, il est inacceptable d’assouplir davantage ces règles (notamment l’abandon automatique de l’enregistrement du temps de travail à partir d’un certain niveau de salaire ou selon les branches). L’USS invite la commission de l’économie du Conseil des Etats à rejeter les interpellations allant dans ce sens, comme la motion Niederberger. 
</p><h5>Renseignements </h5><p><a name="Text9">Luca Cirigliano, secrétaire central USS, en charge du droit du travail, 076 335 61 97</a></p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2371</guid><pubDate>Wed, 14 Oct 2015 15:45:00 +0200</pubDate><title>Combattre l’antisyndicalisme jusqu’à Strasbourg</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/combattre-l-antisyndicalisme-jusqu-a-strasbourg</link><description>Colloque juridique de l’USS sur le droit international et le droit du travail</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Avec la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et les normes de l’Organisation internationale du Travail (OIT), les syndicats et les salarié(e)s disposent d’instruments dont ils vont à l’avenir faire un usage plus fréquent. Lors du colloque juridique de l’USS du 13 novembre 2015, deux expertises à ce sujet seront présentées. De quoi accentuer la pression pour faire avancer une bonne fois le Conseil fédéral en matière de protection des travailleurs et travailleuses contre l’antisyndicalisme.</p><p>La CEDH et les normes de l’OIT sont très importantes pour les syndicats et les salarié(e)s de Suisse. Cela concerne tant les membres des commissions du personnel que les secrétaires syndicaux ou les avocat(e)s actifs dans le domaine du droit du travail, mais également l’exercice de la liberté syndicale dans l’entreprise même par les travailleurs et travailleuses. Ces bases juridiques offrent en effet la possibilité de s’organiser au sein d’une entreprise sans crainte de représailles, de mener des négociations conventionnelles (CCT) et de livrer des combats relevant du droit du travail. Lors de ce colloque du 13 novembre, les professeur(e)s Kurt Pärli et Christine Kaufmann présenteront deux nouvelles expertises à ce sujet. M. Kurt Pärli montrera comment appliquer la CEDH dans le droit suisse du travail et Mme Kaufmann expliquera comment les conventions de l’OIT garantissent la protection contre les licenciements antisyndicalistes.
</p><h3>Deux nouvelles expertises</h3><p>Grâce à ces deux expertises, on peut d’ores et déjà prédire qu’en cas de litiges relevant du droit du travail, la voie de la Cour européenne des droits de l’homme (CrEDH) de Strasbourg et les instances de protection juridique de l’OIT, à Genève, gagneront toujours plus en importance pour les syndicats et les spécialistes du droit du travail.
</p><p>La CrEDH est en effet très intéressantes pour les cas particuliers. Aux personnes concernées, dont les droits fondamentaux ne sont pas suffisamment protégés par le droit suisse, elle accorde en effet réparation morale ainsi que dommages et intérêts&nbsp;! De plus, tout arrêt prononcé par elle exerce une forte pression sur le législateur suisse. Ainsi, le Conseil fédéral peut toujours moins choisir de rester passif au chapitre de la protection contre les licenciements antisyndicaux. 
</p><h3>Comment procéder&nbsp;?</h3><p>Le colloque juridique de l’USS, qui s’adresse à un vaste public, ne transmettra pas uniquement des connaissances sur l’importance de la CrEDH et le droit de l’OIT pour la pratique quotidienne en Suisse. Il offrira également une vue d’ensemble de la manière de procéder lorsque l’on veut saisir la CrEDH et/ou les instances de l’OIT. 
</p><p> Lors de ce colloque, outre les deux personnalités déjà citées, la professeure Helen Keller, juge à la CrEDH, et l’avocat David Husmann, qui a lui-même gagné des recours devant cette cour (les cas d’amiante suisses), prendront la parole.
</p><p><a href="http://www.uss.ch/actuel/voelkerrecht/#c5059" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Inscriptions et informations</a></p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2370</guid><pubDate>Tue, 13 Oct 2015 17:19:00 +0200</pubDate><title>La commission du National ignore l’opposition des salarié-e-s et des cantons</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-commission-du-national-ignore-l-opposition-des-salarie-e-s-et-des-cantons</link><description>Commentaire de l&#039;USS au sujet de la loi sur les heures d’ouverture des magasins (LoMag)</description><content:encoded><![CDATA[<p>Une toute petite majorité de la Commission pour l'économie et les redevances (CER) du Conseil national fait preuve de peu de considération pour la protection des salarié-e-s et le fédéralisme. Cette majorité de droite en faveur d'heures d'ouverture plus longues pendant la semaine et le samedi accepte que les conditions de travail des vendeuses et des vendeurs se dégradent dans plus de la moitié des cantons. Les conditions de travail dans la vente sont à l'heure actuelle déjà mauvaises. Un employé sur deux n'est pas couvert par une convention collective de travail (CCT). Bas salaires, travail sur appel, journées de travail fragmentées sont le quotidien du personnel de vente. Si les magasins doivent rester ouverts plus longtemps dans le cadre voulu par le projet de loi, les journées de travail seront encore plus fragmentées. Ce qui signifie pour les personnes concernées qu'il sera encore plus difficile de concilier famille et travail.
</p><p> La majorité de la CER ignore en outre la forte opposition des cantons qui refusent ce projet, entre autres parce que treize des seize votations cantonales sur des extensions d'horaires ont échoué dans les urnes. C'est pour cette raison, que le Conseil des Etats n'est pas entré en matière lors de la dernière session. 
</p><p>Le Conseil national devra donc statuer dans sa nouvelle composition. L'Union syndicale suisse va s'engager pour dissuader les conseillers et conseillères nationaux d'entrer en confrontation avec les vendeuses et les vendeurs ainsi qu'avec les cantons. Si la volonté des salarié-e-s et des cantons devait ne pas être respectée, ce sera en fin de compte au peuple de décider.
</p><h5> RENSEIGNEMENTS:</h5><p>&nbsp;</p><ul><li><span>Luca Cirigliano, secrétaire central USS en charge des conditions de travail, 076 335 61 97</span></li><li><span>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS, 079 249 59 74</span></li></ul><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2357</guid><pubDate>Mon, 05 Oct 2015 13:49:00 +0200</pubDate><title>La protection contre les licenciements n’est pas conforme au droit international</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-protection-contre-les-licenciements-n-est-pas-conforme-au-droit-international</link><description>Une étude mandatée par la Confédération débouche sur des conclusions claires</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">C’est désormais officiel : la protection contre les licenciements qu’offre le droit suisse ne remplit ni les exigences de l’OIT, ni celles de la CEDH. Une étude de l’Université de Neuchâtel confirme l’USS dans sa position. Il faut urgemment de meilleures lois!</p><p>Sous la pression de l‘USS et de ses fédérations, le Département fédéral de justice et police et le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) ont mandaté le Centre d’étude des relations de travail de l’Université de Neuchâtel pour réaliser une étude. Celle-ci devait analyser la protection contre les licenciements des salarié-e-s, plus particulièrement de leurs représentant-e-s et vérifier si le droit suisse était en conformité avec le droit international. L’étude est maintenant publique et livre un constat dévastateur&nbsp;: la protection contre le licenciement qu’offre le droit suisse ne remplit ni les prescriptions de l’Organisation internationale du travail (OIT), ni celles de la Convention européenne des droits humains (CEDH). Cette expertise conforte ainsi l’USS dans ses revendications&nbsp;: les lois suisses doivent être urgemment réformées&nbsp;!
</p><h3>Tout a commencé par la plainte de l’USS </h3><p>Il y a déjà quelques années, l’USS a déposé une plainte auprès de l‘OIT contre le manque de protection contre le licenciement pour les militant-e-s, les membres des commissions du personnel ainsi que des conseils de fondation. La plainte a été admise par l’OIT. Mais il ne s’est pas passé grand-chose quant à des améliorations légales concrètes. Toutes les propositions d’améliorations sont jusqu’à présent retournées dans les tiroirs sous la pression des employeurs et de la droite. &nbsp;
</p><p>Pour rappel&nbsp;: en Suisse, la liberté de licencier est quasiment illimitée. Les employeurs peuvent signifier leur congé à des employé-e-s à discrétion, également à ceux qui leur sont désagréables parce qu’ils s’engagent pour les droits de leurs collègues. Si les personnes licenciées portent plainte, les employeurs peuvent compter devoir payer au maximum 6 mois de salaire. La plupart des tribunaux se contentent même de seulement trois mois, un montant ridiculement bas. Aucune réintégration n’est prévue par le Code des obligations (CO), même si le tribunal a reconnu que le licenciement était abusif&nbsp;!
</p><p>Suite à la plainte de l’USS, l’OIT a relevé que cela n’était pas conforme aux conventions de droit international que la Suisse a ratifiées et auxquelles elle est soumise. Cette pratique contrevient surtout aux Conventions 87 et 98 de l’OIT sur la protection de la liberté syndicale. 
</p><h3>Il faut agir urgemment</h3><p>Les employeurs et le Conseil fédéral auraient-ils jusqu’à présent mis en doute le constat de l’OIT&nbsp;? L’étude neuchâteloise, mandatée par la Confédération sous la pression de l’USS et suite à la recommandation de l’OIT, n’arrive pas seulement à la même conclusion, elle va même encore plus loin sur le plan juridique&nbsp;: le CO, constate l’étude, de par son manque de protection contre les licenciements des représentant-e-s du personnel et des salarié-e-s qui s’engagent syndicalement ne contrevient pas qu’aux exigences légales de l’OIT, il viole aussi celles de la CEDH. Les auteurs de l’étude neuchâteloise, les professeurs en droit Jean-Philippe Dunand et Pascal Mahon ainsi que leurs co-auteurs, mettent en garde&nbsp;: si la Suisse ne modifie pas bientôt sa législation, elle sera tôt ou tard condamnée pour violation de son devoir de protection par la Cour de justice européenne. 
</p><p>Les mêmes auteurs livreront au plus tard à l’automne 2016 un rapport sur la deuxième partie de leur mandat d’étude&nbsp;: une étude spécifique sur la protection contre le licenciement abusif de travailleuses et travailleurs qui sont en grève. On peut là aussi facilement prévoir son résultat : le fait qu’en Suisse, il n’y a pas de protection spécifique ou suffisante pour les travailleuses et les travailleurs qui se saisissent de mesures de lutte légitimes, comme la grève, est notoirement connu. Parmi un grand nombre de cas, il est ici fait référence à l’exemple de la clinique privée «&nbsp;La Providence&nbsp;» appartenant au Groupe Genolier où les employé-e-s qui avaient fait grève pour de meilleures conditions de travail et de soin ont été licenciés avec effet immédiat – dans le pire des cas, Genolier ne risque pas plus que le paiement de quelques mois de salaire. &nbsp;
</p><h3>Les revendications de l’USS à l‘ordre du jour</h3><p>L’USS s’engage pour une amélioration de la protection contre les licenciements et a jusqu’ici toujours participé aux discussions de manière constructive. Malheureusement, les employeurs ont jusqu’à présent bloqué toute solution au problème, aidés en cela par le Conseil fédéral et la majorité de droite du Parlement. Tenu compte du résultat dévastateur de l’étude, le Conseil fédéral et le Parlement doivent enfin agir et adapter le CO au droit international. Et les employeurs doivent aussi enfin accepter une amélioration de la protection contre les licenciements dans le droit suisse. 
</p><p>L’USS exige donc que le Conseil fédéral élabore des propositions pour une meilleure protection des représentant-e-s syndicaux pour enfin mettre le droit suisse en conformité avec le droit international. Le droit à la réintégration de personnes abusivement licenciées doit notamment faire partie de ce projet. Car seule la réintégration représente une sanction efficace et dissuasive pour l’employeur qui foule aux pieds la démocratie et le partenariat social en procédant à des licenciements antisyndicaux. On ne rachète pas des violations de droits fondamentaux avec l’équivalent de quelques mois de salaire, somme dérisoire que la plupart des employeurs peuvent payer avec la caisse pour les frais de port. 
</p><p>Des solutions impliquant le droit à la réintégration existent déjà dans le droit du personnel de la Confédération et dans la loi sur l’égalité. L’USS exige que ces bons exemples tirés du droit suisse soient aussi introduits dans le CO. 
</p><h3>Colloque juridique de l’USS </h3><p>L’USS organise le 13 novembre à Berne un colloque juridique bilingue (français/allemand) sur les exigences du droit international dans le droit suisse, en matière de protection contre les licenciements abusifs plus particulièrement. Les personnes intéressées peuvent s’inscrire par <a href="#" data-mailto-token="thpsav1qbypzaluahnbunGzni5jo" data-mailto-vector="7" class="mail">courriel</a>. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category><category>Suisse</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2350</guid><pubDate>Fri, 25 Sep 2015 13:10:00 +0200</pubDate><title>Heures d’ouverture des magasins : le Conseil des Etats a enfin compris</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/heures-d-ouverture-des-magasins-le-conseil-des-etats-a-enfin-compris</link><description>Les demandes des syndicats et des cantons prises en compte</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) se félicite de ce que le Conseil des États ait décidé de ne pas entrer en matière sur une prolongation des heures d’ouverture des magasins. On a ainsi enfin tenu compte de l’opposition résolue des travailleurs et travailleuses ainsi que des cantons.</p><p>La décision prise par la petite Chambre est judicieuse à trois égards. Premièrement, la loi sur les heures d’ouverture des magasins aurait dégradé les conditions de travail des vendeurs et vendeuses des cantons touchés&nbsp;; cela, dans une branche à bas salaires où ces conditions sont déjà de toute façon très souvent difficiles (horaires irréguliers, travail sur appel). En outre, le commerce de détail ne connaît pas de convention collective de travail, car l’association patronale SwissRetail refuse à ce jour d’en négocier une. Des études montrent qu’une telle précarisation nuit à la santé des gens et constitue une entrave à la vie de famille. Il serait absurde d’accepter, à cause du «&nbsp;fanatisme quasi religieux&nbsp;» (Luc Recordon, Verts) des turbo-libéralisateurs, des reculs en matière de santé publique.
</p><p>Deuxièmement, les cantons se sont clairement prononcés contre une loi fédérale sur les heures d’ouverture des magasins. Avec elle, plus de la moitié d’entre eux auraient en effet été contraints de prolonger leurs heures d’ouverture. Que la «&nbsp;la population zurichoise doive décider des horaires d’ouverture de la boulangerie de mon village&nbsp;» (Christian Levrat, socialiste) est contraire au principe de la subsidiarité, selon lequel il faut fixer des normes à l’échelon le plus bas possible. Ce n’est pas en vain que le président de l’USS, Paul Rechsteiner (socialiste) a rappelé à ses collègues du Conseil des États le vieux principe libéral suivant&nbsp;: «&nbsp;Si une loi fédérale n’est pas nécessaire, ne la faisons pas.&nbsp;» 
</p><p>Troisièmement, il aurait été dommageable, pour des raisons démocratiques, de contraindre la majorité des cantons à prolonger leurs heures d’ouverture. En effet, les dispositions en vigueur ont été décidées, dans de nombreux cantons, par les citoyen(ne)s qui ont explicitement rejeté toute prolongation. En conséquence, Paul Rechsteiner a demandé à son collègue conseiller aux États Filippo Lombardi (PDC), à l’origine du projet de loi, de demander à la population tessinoise si elle veut adopter une réglementation allant dans le sens de ce que propose maintenant la loi sur les heures d’ouverture des commerces soumise au Parlement. 
</p><p>Grâce à la voix prépondérante de son président, le Conseil des États a décidé de ne pas entrer en matière sur ce projet de loi. Reste à espérer que cette nouvelle ligne raisonnable s’impose également au Conseil national.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2345</guid><pubDate>Mon, 21 Sep 2015 13:06:00 +0200</pubDate><title>Reconnaissance: oui! Austérité: non!</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/reconnaissance-oui-austerite-non</link><description>Le personnel de la Confédération proteste </description><content:encoded><![CDATA[<p class="Text lead"><span lang="FR-CH">Un très important programme d’austérité menace le personnel de la Confédération. Ce dernier proteste par une première action. </span></p><p class="Default"><span lang="FR-CH">&nbsp;</span></p><p class="Text"><span lang="FR-CH">Gel des salaires en 2016, ralentissement de la progression des salaires pouvant aller jusqu’à deux points de pourcentage, réduction permanente des dépenses en personnel de 165 millions de francs, suppression de la participation patronale aux rentes transitoires (rentes-ponts), suppression de la prime de fidélité, réduction des effectifs dès 2017 et enfin, mise en place d’un nouveau système salarial qui ne contiendra plus aucune progression réglementée des salaires&nbsp;: ce que la Conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf a concocté pour le personnel de la Confédération, contre sa volonté et malgré les protestations des syndicats et des organisations de salarié-e-s, est très difficile à digérer. </span></p><p class="Text"><span lang="FR-CH">Une large alliance s’est formée contre ce projet. Celle-ci a tout d’abord lancé une pétition en signe de protestation. SwissPersona et transfair participent également à cette alliance, en plus de la Communauté de négociation du personnel de la Confédération (CNPC) – dont font partie l’Association du personnel de la Confédération (APC), le syndicat du personnel de la douane et des gardes-frontières (Garanto), le Syndicat des services publics (SSP) et l’Association du Personnel des employés de l’Office fédéral de la police (APfedpol). </span></p><p class="Text"><span lang="FR-CH">La pétition demande au Conseil fédéral de retirer son programme d’austérité, de revenir à une politique du personnel responsable, d’être un partenaire social fiable et de s’engager pour suffisamment de ressources en personnel. Le personnel de la Confédération ne demande pas seulement le maintien des emplois et la stabilité des conditions de travail, mais aussi de la reconnaissance pour son travail&nbsp;: le Conseil fédéral doit enfin apporter une réponse claire et déterminée aux diffamations qu’il subit de la part de quelques parlementaires et médias. </span></p><p class="Text"><span lang="FR-CH">Les employé-e-s de la Confédération méritent de la reconnaissance pour le travail qu’ils fournissent chaque jour au service de la population et de l’économie. Les tâches que l’administration doit assumer sont complexes et le resteront. L’économie, mais aussi les cantons et les communes dépendent à de nombreux égards de la capacité de l’administration à relever les défis internes et externes qui lui sont posés.</span></p><p class="Text"><span lang="FR-CH">La récolte des signatures pour la pétition court jusqu’au 30 octobre. Les signatures seront remises au Conseil fédéral lors d’une action de protestation qui aura lieu le 4 novembre à midi près du Palais fédéral. </span></p><p class="Text"><span lang="FR-CH"></span></p><h5><span lang="FR-CH">Pour de plus amples informations:</span></h5><ul><li>Les sites de la pétition en <a href="http://www.respect-personnel-confederation.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">français</a>, <a href="http://www.respekt-bundespersonal.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">allemand </a>et <a href="http://www.rispetto-personale-confederazione.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">italien</a>.&nbsp;</li></ul>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Salaires et CCT</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2342</guid><pubDate>Fri, 18 Sep 2015 14:57:00 +0200</pubDate><title>Problèmes refoulés et solutions refusées</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/problemes-refoules-et-solutions-refusees</link><description>Rapport du Conseil fédéral sur les abus en matière de libre circulation des personnes
</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le rapport que le Conseil fédéral vient de publier sur la lutte contre les abus en matière de libre circulation des personnes cache plus de choses qu’il n’en montre. Les contrôles des salaires réalisés dans le cadre des mesures d’accompagnement ont révélé l’existence de nombreuses infractions. Mais la Confédération et les cantons n’édictent quand même qu’exceptionnellement des salaires minimums comme la loi le prévoit dans ce cas dans la loi afin de pouvoir infliger des amendes aux entreprises fautives qui pratiquent la sous-enchère salariale. En outre, il existe des cas non enregistrés – par exemple des entreprises qui donnent de fausses informations lors des contrôles et disparaissent ensuite dans la nature ou ne versent pas à leurs employé(e)s les salaires annoncés. 
</p><p>Les syndicats ont fait de nombreuses propositions pour résoudre ces problèmes, mais elles sont souvent restées lettre morte. Lorsqu’il y a sous-enchère salariale, la Confédération et les cantons doivent édicter des salaires minimums efficaces si les employeurs refusent de conclure des conventions collectives de travail (CCT), comme c’est par exemple le cas dans l’horticulture, les transports routiers ou l’informatique. Concernant les marchés publics, les entreprises n’obtiennent des mandats que si elles versent des salaires corrects. En cas de soupçon clair d’infraction, les contrôleurs doivent ordonner la suspension des travaux. Il est aussi plus que temps que les amendes soient ici augmentées à 30&nbsp;000 francs. On ne comprend pas pourquoi la commission du Conseil national qui s’occupe de ces questions n’a pas, sous la présidence de Ruedi Noser, traité sans délai ce problème. 
</p><p>L’évolution dans les cantons de Genève et de Bâle-Campagne est positive. Dans ces cantons, les parlements ont décidé à de larges majorités des améliorations de la protection des salaires. L’évolution dans certaines parties de la Suisse alémanique est par contre négative. Ici, aucun salaire minimum n’a été édicté ni aucune suspension des travaux ordonnée. La Confédération veut même détériorer de vastes pans de la protection des salaires, par exemple en n’obligeant plus les entreprises à verser les salaires usuels (principe du lieu de provenance) pour les commandes de la Confédération.
</p><p> En Suisse, on doit verser des salaires suisses. C’est à cette aune que sont jugées les mesures d’accompagnement. En dépit de nombreux progrès concernant le nombre des contrôles et les amendes, il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine
</p><h5>renseignements</h5><p>&nbsp;</p><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire de l'USS, 079 205 69 11</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS, 079 249 59 74</li></ul>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2323</guid><pubDate>Tue, 01 Sep 2015 18:16:00 +0200</pubDate><title>Hausses générales jusqu’à 1,5 %, surtout pour les employé(e)s de longue date</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/hausses-generales-jusqu-a-1-5-surtout-pour-les-employe-e-s-de-longue-date</link><description>Revendications salariales des syndicats de l’USS pour 2015/2016</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> La situation de la plupart des branches et des entreprises de Suisse est bonne. C'est pourquoi les syndicats membres de l'Union syndicale suisse (USS) demandent des hausses de salaire allant jusqu'à 1,5 %. Ces hausses devront dans toute la mesure du possible être générales et il s'agira d'accorder une attention particulière aux employé(e)s de longue date.</p><p>L'évolution de l'économie intérieure est robuste. Les banques et les assurances font à nouveau des bénéfices et l'économie d'exportation, qui subit les effets du franc surévalué, a profité de la reprise de la conjoncture dans l'Union européenne (UE) ainsi que de la baisse des prix des produits intermédiaires achetés à l'étranger. " Pareille hausse (jusqu'à 1,5 %) est, toutes différences entre branches et entreprises confondues, clairement justifiée ", a expliqué Paul Rechsteiner, le président de l'USS.
</p><p>Afin que les bas et moyens revenus profitent aussi de la bonne marche des affaires comme ils l'ont mérité, les hausses de salaire doivent être générales. En outre un besoin particulier de rattrapage apparaît en ce qui concerne les employé(e)s de longue date. En effet, la croissance de leurs salaires ces dix dernières années a été nettement inférieure à la moyenne suisse.
</p><h3>1,5 % pour la construction</h3><p>Pour le secteur principal de la construction, le syndicat Unia demande une hausse générale de 1,5 %. " Les maçons ont besoin de cette valorisation et c'est dans les cordes des entreprises ", estime Vania Alleva, présidente d'Unia. Pour le second œuvre et la branche des transports en plein essor, Unia demande une hausse générale de 1 % et, pour l'industrie chimico-pharmaceutique, 120 francs de plus par mois. Pour l'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (MEM), de même que pour l'industrie alimentaire, Unia demande 80 francs de plus. Enfin, dans le commerce de détail, Unia demande des hausses de salaire ciblées pour le personnel formé et au bénéfice d'une grande expérience professionnelle.
</p><h3>Hausse pour la Poste et PostFinance déjà convenu</h3><p>Pour la Poste et PostFinance, syndicom a déjà convenu pour 2016 d'une hausse de salaire de 0,6 % accompagnée d'un versement unique de 400 francs. Dans les télécommunications, syndicom demande 1 % de hausse et 100 francs au moins pour les grandes entreprises des médias, comme l'a précisé Alain Carrupt, le président de syndicom.
</p><p>Le diktat des économies concernant le personnel de la Confédération est incompréhensible. Les syndicats concernés s'opposeront à ce que le personnel de la Confédération doive passer à la caisse pour des baisses de recettes dues à une politique fiscale erronée. "
</p><h5>Renseignements</h5><ul><li>Daniel Lampart (079 205 69 11), économiste en chef et premier secrétaire de l'USS</li><li>Ewald Ackermann (031 377 01 09 ou 079 660 36 14), service de la communication de l'USS</li></ul><h5>Documents</h5><ul><li><a href="https://sgb.ch/fileadmin/user_upload/Dokumente/Diverses/Katharina_Prelicz_d.pdf">Paul Rechsteiner</a>, président de l'USS</li><li><a href="https://sgb.ch/fileadmin/user_upload/Dokumente/Diverses/Katharina_Prelicz_f.pdf">Daniel Lampart</a>, économiste en chef de l'USS</li><li><a href="https://sgb.ch/fileadmin/user_upload/Kathrin_Balmer_kein_Abbau_auf_dem_Buckel_der_Jungen.pdf">Vania Alleva</a>, présidente d'Unia</li><li><a href="https://sgb.ch/fileadmin/user_upload/Kath_Prelicz.pdf">Alain Carrupt</a>, président de syndicom</li></ul>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2322</guid><pubDate>Fri, 28 Aug 2015 16:50:00 +0200</pubDate><title>La commission du Conseil des États maintient la confrontation avec le personnel et les cantons</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-commission-du-conseil-des-etats-maintient-la-confrontation-avec-le-personnel-et-les-cantons</link><description>Loi sur les heures d’ouverture des magasins</description><content:encoded><![CDATA[<p> L'Union syndicale suisse (USS) est étonnée que, malgré l'opposition des cantons, la Commission de l'économie et des redevances du Conseil des États (CER-E) approuve la prolongation des heures d'ouverture des commerces les jours ouvrables. Elle passe donc aussi outre à la volonté exprimée par les citoyen(ne)s lors d'une dizaine de votations populaires cantonales, à savoir de ne pas autoriser les magasins à rester plus longtemps ouverts en soirée et le samedi. Même si la CER-E, qui veut étendre ici un peu moins que suggéré au départ les heures-cadre d'ouverture obligatoires dans tous les cantons, la droite qui y siège montre peu de respect pour le fédéralisme. En effet, le peuple de certains cantons a notamment refusé de prolonger les heures d'ouverture après 16 heures le samedi.
</p><p>Il y a lieu de renoncer à la loi sur les heures d'ouverture des magasins aussi parce que les travailleurs et travailleuses concernés par une prolongation des horaires des commerces ne veulent pas que leurs conditions de travail déjà précaires aujourd'hui se dégradent encore plus. Cela, d'autant plus que le commerce de détail ne connaît pas de convention collective de travail. Avec la nouvelle loi, les jours de travail deviendraient encore plus irréguliers et fragmentés qu'ils ne le sont aujourd'hui.
</p><p>Il appartient maintenant au Conseil des États de faire que l'on recouvre enfin la raison et de jouer comme il se doit son rôle de représentant des cantons. Et si tant la Chambre du peuple que celle des cantons continuent à choisir la confrontation avec les cantons et les travailleurs et travailleuses, ce sera finalement au peuple de trancher.
</p><h5>Renseignements</h5><ul><li>Luca Cirigliano (076 335 61 97), secrétaire central de l'USS, responsable des conditions de travail</li><li>Thomas Zimmermann (079 249 59 74), responsable de la communication et porte-parole de l'USS</li></ul><p><span lang="FR"></span></p>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2311</guid><pubDate>Mon, 24 Aug 2015 13:42:00 +0200</pubDate><title>1 million de personnes atteintes dans leur santé à cause du travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/1-million-de-personnes-atteintes-dans-leur-sante-a-cause-du-travail</link><description>Une nouvelle étude le prouve : le travail peut rendre malade</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En 2013, un bon million de personnes ont souffert d’atteintes à leur santé en raison de leur activité professionnelle. C’est ce que prouve la récente étude de l’Office fédéral de la statistique (OFS) «&nbsp;Accidents et problèmes de santé liés au travail&nbsp;».</p><p>Les principaux résultats de cette étude sont les suivants&nbsp;:</p><ul><li>&nbsp;6&nbsp;% des personnes interrogées ont déclaré avoir été victimes d’un accident de travail, soit 316&nbsp;000 personnes&nbsp;;</li><li>11&nbsp;% des personnes interrogées ont déclaré souffrir d’un problème de santé lié au travail, soit 750&nbsp;000 personnes&nbsp;;</li><li>Les risques d’accident sont les plus élevés dans l’agriculture et la construction&nbsp;; les personnes qui travaillent sur appel ou de manière temporaire sont particulièrement vulnérables, ce qui est aussi vrai des jeunes salariés et des apprenti(e)s&nbsp;;</li><li>60 % des personnes actives occupées sont exposées dans leur travail à au moins un risque physique, 45 % à un au moins risque psychosocial&nbsp;;</li><li>60 % des problèmes de santé consistent en douleurs osseuses, articulaires ou musculaires, qui frappent plus fortement les personnes âgées et celles qui ont un bas niveau de formation&nbsp;;</li><li>19&nbsp;% des personnes interrogées se plaignent du stress, de dépression ou d’angoisse&nbsp;; les bénéficiaires d’une formation supérieure sont plus touchés que la moyenne&nbsp;;</li><li>dans 40&nbsp;% des cas, ces différents troubles ont occasionné des arrêts de travail. 25&nbsp;%&nbsp;des personnes affectées ont été dans l’impossibilité de travailler durant deux semaines au moins.</li></ul><p>Guy Zurkinden (GZ), rédacteur du Syndicat suisse des services publics (ssp) a posé deux questions à ce sujet à Luca Cirigliano (LC), secrétaire central, responsable de ce domaine à l’USS.
</p><p><b>GZ&nbsp;: La santé des salarié(e)s est-elle menacée en Suisse&nbsp;?</b></p><p><b>LC&nbsp;:</b> La situation est très préoccupante. L’étude de l’OFS montre que les risques liés au travail sont partout. Les risques physiques, dits «&nbsp;classiques&nbsp;», restent élevés, mais on assiste aussi à une augmentation des risques «&nbsp;nouveaux&nbsp;»&nbsp;: le stress, le manque de temps, la pression due au manque de personnel atteignent tous les secteurs. Les nouvelles méthodes de management par objectifs, combinées aux coupes sur le personnel et aggravées par un contexte de crise augmentent fortement le stress des salarié(e)s et accentuent les dangers.
</p><p><b>GZ</b><b><b>&nbsp;</b>: Que peuvent faire les syndicats&nbsp;?</b></p><p><b>LC :</b> Les syndicats doivent se battre, d’une part, pour mettre sur pied des mesures de prévention dans les entreprises. Cela inclut des mesures spécifiques contre les risques psycho-sociaux. Il faut aussi étendre la reconnaissance des maladies professionnelles, notamment des troubles psychosociaux.
</p><p>Ces dernières années, les employeurs ont augmenté la productivité en réduisant les coûts du personnel, ce qui a renforcé la pression sur les travailleurs et travailleuses. Ce stress met en danger leur sécurité. Les secteurs de la santé, des services publics, mais aussi de la construction ont été particulièrement touchés. La revendication de l’engagement du personnel nécessaire à l’accomplissement d’une tâche dans de bonnes conditions doit être un combat syndical primordial. 
</p><p> C’est d’autant plus important que c’est la société qui supporte les frais de traitement des personnes atteintes dans leur santé à cause de leur travail. Or, ces coûts sont occasionnés par des employeurs qui mettent trop de pression sur leur personnel et, pour économiser de l’argent, ne prennent aucune mesure de prévention. À lui seul, le traitement des maux de dos liés au travail coûte chaque année 1,5 milliard de francs, comme l’a montré une étude publiée par le SECO (Secrétariat d’État à l’économie) en décembre 2014.
</p><h5>plus d'informations</h5><ul><li>&lt;media 3369 - - "TEXT, 1513-1300, 1513-1300.pdf, 211 KB"&gt;L'étude&lt;/media&gt; du BFS</li><li>L'étude et des données complémentaires sur le <a href="http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/news/publikationen.html?publicationID=6637" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">site du BFS</a></li></ul>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2307</guid><pubDate>Wed, 19 Aug 2015 11:34:00 +0200</pubDate><title>La Commission de jeunesse de l’USS veut que les apprenti(e)s soient mieux protégés contre la crise</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/la-commission-de-jeunesse-de-l-uss-veut-que-les-apprenti-e-s-soient-mieux-proteges-contre-la-crise</link><description>Début des apprentissages</description><content:encoded><![CDATA[<p> À l'occasion du début des apprentissages, la Commission de jeunesse de l'USS appelle les cantons à mieux protéger les apprenti(e)s contre la crise. Une intervention à ce sujet déposée dans de nombreux parlements cantonaux sous l'intitulé " Maintenir les places d'apprentissage - lutter contre le chômage des jeunes " demande aux gouvernements cantonaux d'examiner toutes les possibilités existantes de renforcer le marché des places d'apprentissage. En effet, les apprenti(e)s doivent être protégés contre les risques accrus liés à la crise du franc et notamment contre le chômage.
</p><p>La situation sur le marché du travail s'est fortement dégradée ces derniers mois. Suite à la décision de la Banque nationale de ne plus garantir le taux plancher du franc par rapport à l'euro, les annonces de restructurations et de suppressions d'emplois n'arrêtent plus. En temps de crise, les jeunes paient le prix fort, car ils sont l'un des maillons les plus faibles de la chaîne. C'est déjà visible aujourd'hui. De fait, le chômage des jeunes n'a cessé d'augmenter ces derniers mois par rapport à l'année dernière. En juillet, il était de 3,2 %, soit supérieur au taux national.
</p><p>Pour ces raisons, la Commission de jeunesse de l'USS demande aux cantons qu'ils renforcent la surveillance des apprentissages. Les apprenti(e)s doivent être mieux encadrés sur leur lieu de travail. En outre, il faut développer la promotion des places d'apprentissage et mettre en place un service d'outplacement chargé de donner une nouvelle place de formation aux jeunes qui perdent la leur en raison de restructurations ou de réductions d'effectifs. Ces mesures devront soutenir de manière significative les jeunes en leur permettant une entrée optimale dans la vie professionnelle. C'est aujourd'hui qu'il faut en effet investir dans la formation des jeunes afin que leur avenir ne soit pas bouché dès le départ.
</p><p>Ces revendications ont été reprises dans un modèle d'intervention parlementaire qui sera adaptée en fonction de la situation locale et déposée dans les parlements de la majorité des cantons lors de leurs prochaines sessions. 
</p><h5>Renseignements</h5><ul><li> Lena Frank (079 586 70 55), présidente de la Commission de jeunesse de l'USS, secrétaire à la jeunesse d'Unia</li><li>Lucie Waser (079 916 76 46), secrétaire jeunesse du SEV</li></ul><p><span lang="FR"></span></p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2305</guid><pubDate>Wed, 12 Aug 2015 15:19:00 +0200</pubDate><title>Bas salaires : le problème n’est toujours pas réglé</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/bas-salaires-le-probleme-n-est-toujours-pas-regle</link><description>Rapport du Conseil fédéral sur les branches à bas salaires</description><content:encoded><![CDATA[<p>La Suisse a toujours un problème de bas salaires. Certes, et grâce à l’engagement des syndicats plus des salaires équitables, il ne s’est pas fortement accentué, comme le montre le rapport du Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR) publié mercredi. Il n’empêche que les salaires d’un demi-million de personnes se situent au-dessous du seuil des bas salaires. Et plus de 200&nbsp;000 gagnent moins que les 22 francs de l’heure demandés par l’initiative sur les salaires minimums. 
</p><p>Le problème des bas salaires est important surtout dans les branches sans convention collective de travail (CCT) nationale, comme le commerce de détail ou l’horticulture. Si des améliorations sont apportées dans ces branches, un nombre supérieur à la moyenne de personnes en profitera. En effet, on trouve le plus grand nombre d’emplois à bas salaire (105&nbsp;000) dans le commerce de détail. Mais les employeurs de ces branches refusent de fixer des salaires minimums généralisés dans des CCT, raison pour laquelle il faut abaisser les obstacles mis à l’extension du champ d’application des CCT. 
</p><p>On trouve aussi des emplois à bas salaires dans des branches qui ont une CCT. Dans ce cas, il s’agit alors d’un besoin de rattrapage. Même si, malgré l’existence d’une CCT, le problème des bas salaires n’est pas réglé dans ces branches, nous ne devons pas oublier que ceux-ci n’ont pas perdu le contact avec les autres salaires, comme c’est le cas dans d’autres pays sans CCT étendue et comme cela se serait passé si les syndicats n’avaient pas activement fait campagne contre les bas salaires..
</p><p>&nbsp;</p><h5>renseignements</h5><ul><li>Daniel Lampart, économiste en chef de l'USS, 079 205 69 11</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS, 079 249 59 74</li></ul><p><a name="Text10"></a></p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2301</guid><pubDate>Fri, 10 Jul 2015 09:32:00 +0200</pubDate><title>La BNS doit veiller à ce que le cours du franc soit supportable</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/la-bns-doit-veiller-a-ce-que-le-cours-du-franc-soit-supportable</link><description>Six mois après l’abandon du cours plancher : le bilan de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>Six mois après l'abandon du cours plancher franc-euro par la Banque nationale suisse (BNS), le franc est toujours surévalué d'environ 20 %. Et une appréciation encore plus extrême n'est malheureusement pas à exclure. La pression sur les emplois et les salaires qui en découle est grande. Dans l'hôtellerie-restauration, une place sur dix a disparu depuis le début de l'appréciation du franc, en 2008. Et cela devrait aussi être le cas dans l'industrie au début de 2016, si le franc reste à ce point surévalué. Nombre d'entreprises ont en outre prolongé leur durée du travail sans pour autant relever leurs salaires. 
</p><p>C'est inacceptable ! Le franc doit nous servir, pas nous nuire. Le bilan publié aujourd'hui par l'Union syndicale suisse (USS) sur son site demande que la BNS se remette à piloter activement le cours du franc. La manière la plus efficiente de le faire est de fixer un objectif de cours ou un cours plancher et de compléter le tout par des intérêts négatifs. Le bilan de l'USS montre également que la politique menée par la BNS en matière de taux d'intérêt entre décembre 2014 et janvier 2015 a contraint cette dernière à acheter davantage d'euros. 
</p><p>&nbsp;&lt;media 3326&gt;Le Bilan de l'USS&lt;/media&gt;
</p><h5>renseignements</h5><ul><li>Paul Rechsteiner, président de l'USS, 071 228 41 11 ou 079 277 61 31</li><li>Ewald Ackermann, service de la communication de l'USS, 079 660 36 14 ou 031 377 01 09 </li></ul>]]></content:encoded><category>Politique monétaire</category><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2288</guid><pubDate>Wed, 01 Jul 2015 16:15:00 +0200</pubDate><title>Une attaque inacceptable contre les salaires usuels dans la localité</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/une-attaque-inacceptable-contre-les-salaires-usuels-dans-la-localite</link><description>L&#039;USS proteste contre le projet de révision concernant les marchés publics</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) proteste contre le fait que le projet de révision de la loi et de l’ordonnance sur les marchés publics sape sans nécessité aucune la protection des salaires et des conditions de travail en usage dans la localité. Dans les faits, le principe selon lequel les salaires et conditions de travail du lieu où est exécutée la prestation doivent être respectés ne s’appliquerait plus, selon ce projet de révision, aux soumissionnaires dont le siège se trouve en Suisse ou qui y sont établis. Ils suivraient en effet le principe du lieu de provenance de l’entreprise. Ainsi par exemple, une entreprise qui a son siège au Tessin et fait une offre à Zurich dans le cadre de marchés publics pourrait en toute légalité évincer avec ses salaires tessinois inférieurs une entreprise qui respecte les normes zurichoises. Or, il s’agit là d’une situation de concurrence déloyale qui viole la loi fédérale à ce sujet (LCD). Parallèlement, une telle disposition contournerait des conventions collectives de travail (CCT) locales et régionales. Or en Suisse, un très grand nombre de CCT fixent au plan régional la protection des travailleurs et travailleuses.
</p><p>L’USS demande que le principe du lieu où est effectuée la prestation s’applique sans restriction en particulier aux marchés publics, un secteur dont plus de 300&nbsp;000 emplois dépendent. Cette attaque contre les salaires usuels dans la localité sabote en outre les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes qu’il y a lieu de renforcer et non pas de démanteler. 
</p><p>L’USS demande également que l’on limite aussi à deux niveaux les chaînes de sous-traitance dans les marchés publics et que l’on introduise un registre de branche qui garantisse que seules les entreprises aux mains propres puissent participer à ces marchés..
</p><h5>renseignements</h5><ul><li>Luca Cirigliano, secrétaire central de l'USS, 076&nbsp;335 61 97 </li></ul>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Droits syndicaux</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2287</guid><pubDate>Wed, 01 Jul 2015 15:28:00 +0200</pubDate><title>L’USS salue le durcissement des amendes infligées aux responsables de sous-enchère salariale</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-uss-salue-le-durcissement-des-amendes-infligees-aux-responsables-de-sous-enchere-salariale</link><description>Lutte contre la sous-enchère salariale</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) salue l’augmentation de 5&nbsp;000 à 30&nbsp;000 francs des amendes infligées aux responsables de sous-enchère salariale. Il s’agit là d’un pas important vers l’application du principe selon lequel, en Suisse, on doit verser des salaires suisses et respecter les conditions de travail suisses. Demain, les entreprises étrangères qui détachent du personnel en Suisse et ne respectent pas les salaires et conditions de travail suisses risqueront de devoir payer une amende plus salée. La même chose vaut pour les employeurs suisses qui versent des salaires inférieurs aux salaires minimums fixés dans un contrat-type de travail. L’USS attend maintenant du Parlement fédéral qu’il débatte rapidement de ce projet et l’adopte. En effet, les amendes actuelles n’ont guère eu d’effets dissuasifs. Pour qu’elles soient à l’avenir efficaces, elles ne doivent pas uniquement être prononcées mais aussi être recouvrées. 
</p><p>Pour juguler les abus commis en matière de protection des salaires, il faut aussi beaucoup plus de contrôles, spécialement dans les régions frontalières. Et en cas de sous-enchère salariale manifeste, il faut prononcer une interruption des travaux. C’est la seule manière de contraindre efficacement les employeurs fautifs à respecter en Suisse les dispositions existantes. 
</p><p>En outre, dans les branches comme l’horticulture et le commerce, il faut que des conventions collectives de travail (CCT) prévoyant des salaires minimums soient conclues. Dans ces branches, les contrôleurs ont découvert l’an dernier de nombreux employeurs qui versaient des salaires trop bas. Dans l’horticulture, 28&nbsp;% des entreprises étrangères ne payaient pas les salaires usuels dans la branche et la localité et dans le commerce, c’était le cas de15&nbsp;% des employeurs suisses.&nbsp;
</p><h5>renseignements</h5><p>&nbsp;</p><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire de l'USS, 079 205 69 11</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication, 079 249 59 74</li></ul><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2281</guid><pubDate>Tue, 23 Jun 2015 10:02:00 +0200</pubDate><title>Les abus doivent être mieux combattus !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-abus-doivent-etre-mieux-combattus</link><description>Le rapport de l’Observatoire de la libre circulation des personnes montre qu&#039;il est nécessaire d&#039;intervenir surtout dans l&#039;horticulture, le commerce, l&#039;informatique, la santé et le social et la construction</description><content:encoded><![CDATA[<p>La Suisse a besoin d’entretenir de bonnes relations structurées avec l’Union européenne (UE). C’est pour cela que les Accords bilatéraux ont été conclus avec cette dernière. Et ils doivent profiter aux personnes qui exercent une activité lucrative dans notre pays. Malheureusement, nombre d’employeurs mésusent de la libre circulation des personnes. Les abus concernent surtout les branches de l’horticulture, du commerce, de la santé et de l’action sociale, de l’informatique et de la construction. Ils doivent être combattus et les instruments pour ce faire améliorés.&nbsp;
</p><p>Certes la construction est bel et bien protégée par des salaires minimums garantis par des conventions collectives de travail (CCT) dont le champ d’application a été étendu et les employeurs qui versent des salaires de dumping peuvent se faire infliger des amendes. On trouve cependant toujours des entreprises quasi criminelles qui contournent ces salaires minimums au moyen de contrats de travail ou de décomptes d’heures de travail falsifiés, de faillites abusives, etc. C’est pour cela que, pour les cas graves, les contrôleurs et contrôleuses doivent ordonner une interruption des travaux afin de contraindre ces employeurs fautifs à coopérer. Il faut en outre créer des registres professionnels où figureront les moutons noirs et les entreprises aux mains propres. 
</p><p>La situation dans l’horticulture, le commerce, la santé et l’action sociale, l’informatique, des branches qui ne sont pas protégées par des salaires minimums obligatoires, est problématique. Dans l’horticulture, 28&nbsp;% des entreprises étrangères contrôlées versaient des salaires trop bas. Dans le commerce, c’était le cas de 15&nbsp;% des employeurs suisses. Dans la branche de la santé et de l’action sociale, outre les infractions salariales (12&nbsp;%), les horaires de travail sont un problème à cause duquel il est difficile de concilier famille et profession. Or, au lieu de résoudre ce problème, les hôpitaux et les homes ont recruté plus de personnel en provenance de l’UE. Dans l’informatique, qui engage aussi fréquemment du personnel de l’UE, les salaires à l’embauche des titulaires d’une autorisation de séjour à l’année et ceux des frontaliers et frontalières ont baissé. Les travailleurs et travailleuses âgés sont discriminés et exclus du monde du travail. Dans ces branches, il faut que les employeurs concluent des CCT qui prévoient de bons salaires minimums et des conditions de travail de qualité. Et s’ils s’y refusent, la Confédération doit édicter des contrats-types de travail fixant des salaires minimums. 
</p><p>La situation s’est aggravée dans les régions frontalières, notamment à cause de la forte surévaluation du franc. C’est au Tessin qu’elle est la plus mauvaise. Les cantons et les commissions paritaires doivent renforcer leurs contrôles. 
</p><p> Les contingents n’aideront pas à lutter contre les abus. Un système de contingents relevant de la police des étrangers avec, entre autres, des examens au cas par cas de la préférence nationale, renforcera les problèmes, comme le montrent les expériences faites avec l’ancien système de contingents. Pression sur les salaires et chômage étaient en effet répandus à l’époque. Juridiquement défavorisés, les saisonniers gagnaient, pour le même travail, presque 14&nbsp;% de moins que leurs collègues suisses. En outre, faute de contrôles, le travail au noir sévissait.
</p><h5>renseignements</h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire de l'USS, 079 205 69 11</li></ul><h5>document</h5><ul><li>&lt;media 3242&gt;Intervention et présentation&lt;/media&gt;&nbsp;de l'économiste en chef de l'USS, Daniel Lampart, lors de la conférence de presse du 23 juin 2015</li></ul>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2280</guid><pubDate>Mon, 22 Jun 2015 08:27:00 +0200</pubDate><title>Ce qui est facultatif ne permet pas d’atteindre l’objectif visé. Il faut des mesures contraignantes, par exemple pour les travailleurs et travailleuses âgés</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/ce-qui-est-facultatif-ne-permet-pas-d-atteindre-l-objectif-vise-il-faut-des-mesures-contraignantes-par-exemple-pour-les-travailleurs-et-travailleuses-ages</link><description>Initiative visant à combattre la pénurie de personnel qualifié</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les mesures présentées aujourd’hui par le conseiller fédéral Johann Schneider-Amman et des représentant(e)s des cantons dans le cadre de l’initiative visant à combattre la pénurie de personnel qualifié ne permettront pas de lutter durablement contre cette pénurie. En Suisse, les mesures basées sur la bonne volonté s’avèrent tout au plus d’une efficacité limitée. Il faut des mesures contraignantes. Il est par exemple plus que temps que la Confédération s’attaque aux discriminations dont sont victimes les travailleurs et travailleuses âgés et contribue ainsi à atténuer les effets de la pénurie de personnel qualifié.
</p><p> L’Union syndicale suisse (USS) a montré la voie. En premier lieu, il faut améliorer la protection contre le licenciement des collaborateurs et collaboratrices de longue date, comme c’est déjà courant dans certaines conventions collectives de travail. Cette façon de procéder incite également plus les employeurs à investir davantage dans la protection de la santé ainsi que dans la formation initiale et continue de leur personnel. Pour financer ces mesures, il faut, comme pour la formation professionnelle, créer dans les cantons un fonds de solidarité alimenté avant tout par les entreprises qui occupent peu de travailleurs et travailleuses âgés. En outre, il faut accorder aux plus de 50 ans un droit à une formation continue et à une reconversion professionnelle payées. Spécialement en cas de chômage, il faut que ces personnes puissent acquérir une nouvelle qualification. Les moyens pour ce faire devront être octroyés dans le cadre de la révision de la loi sur la formation professionnelle.
</p><h5>renseignement</h5><p>&nbsp;</p><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire de l'USS, 079 205 69 11</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS, 079 249 59 74</li></ul>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2275</guid><pubDate>Wed, 17 Jun 2015 11:08:00 +0200</pubDate><title>Les États doivent prendre des mesures contre les risques psychosociaux</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-etats-doivent-prendre-des-mesures-contre-les-risques-psychosociaux</link><description>104e Conférence internationale du Travail</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La 104e Conférence internationale du Travail s’est tenue à Genève du 1er au 13 juin dernier. Plus de 600 délégué(e)s de presque 200 pays ont abordé à cette occasion divers sujets en rapport avec le travail et le droit du travail. Le secrétaire central de l’Union syndicale suisse (USS) Luca Cirigliano, chef de la délégation suisse des travailleurs et travailleuses à cette conférence, esquisse ci-après avec nous les thèmes qui ont été les plus importants pour la Suisse.</p><p><b>uss-infos&nbsp;: Quels ont été les principaux sujets abordés lors de cette 104e conférence&nbsp;?</b></p><p>Luca Cirigliano (LC)&nbsp;: Du point de vue suisse, je peux nommer quatre thèmes. Le premier a été la question de savoir si le droit de grève peut être dérivé de la convention n°&nbsp;87 de l’Organisation internationale du Travail (OIT). Le deuxième, très important pour nous, a été le rapport sur les risques psychosociaux, le troisième et le quatrième&nbsp;: les discussions sur l’agriculture et le Qatar. 
</p><p><b>uss-infos&nbsp;: Prenons-les dans cet ordre. Quel était l’enjeu du débat sur la convention n°&nbsp;87&nbsp;?</b></p><p>LC&nbsp;: Jusqu’en 2012, il était généralement accepté à l’OIT qu’un droit de grève pouvait être dérivé automatiquement de cette convention sur la liberté syndicale. Mais tout à coup, la délégation anglo-saxonne, renouvelée à cette époque, contesta cette façon de voir et ne voulut plus que la Commission de l’application des normes de l’OIT juge de cas concrets sur la base de cette interprétation de la convention n°&nbsp;87. Or, si elle ne peut pas traiter des cas de grève sur la base de l’interprétation habituelle de cette convention, la commission se trouve complètement paralysée pour toute cette problématique. Lors de la dernière conférence, les employeurs ont cependant changé une nouvelle fois d’avis. Ils acceptent à nouveau que la commission traite de cas considérés comme des violations de la convention n°87. C’est réjouissant et, pour les syndicalistes de nombreux pays, c’est bien sûr aussi une question de vie ou de mort. Ici, les employeurs ont donc capitulé.
</p><p><b>uss-infos&nbsp;: Concernant les risques psychosociaux, avez-vous adopté le rapport&nbsp;?</b></p><p>LC&nbsp;: Oui. Ce rapport s’occupe d’un «&nbsp;monde du travail en mutation&nbsp;», comme il le dit lui-même. Outre les anciens problèmes que sont la précarité et la surcharge de travail, il aborde aussi la question des nouveaux risques psychosociaux&nbsp;: joignabilité permanente des travailleurs et travailleuses «&nbsp;grâce&nbsp;» aux nouvelles technologies, invasion de la vie privée par le travail et stress induit. Le rapport constate ces problèmes et demande aux États d’agir, aux plans des conventions collectives de travail (CCT) et législatif.
</p><p><b>uss-infos&nbsp;: Qu’est-ce que cela signifie pour la Suisse&nbsp;?</b></p><p>LC&nbsp;: Très concrètement, cela signifie que nous devons nous poser par exemple la question d’une définition du syndrome de l’épuisement professionnel en tant que maladie professionnelle. Ou que nous devons réglementer le télétravail dans la loi sur le travail. 
</p><p><b>uss-infos&nbsp;: Le troisième thème que tu as évoqué est celui de l’agriculture</b>.
</p><p>LC&nbsp;: Dans les pays industrialisés, l’agriculture devient toujours plus industrielle et toujours plus de personnes sont engagées en plus des familles propriétaires des exploitations. Or la protection de ces employé(e)s occupe peu de place et ces personnes travaillent très souvent dans des conditions extrêmement précaires. Notre revendication était qu’elles bénéficient de la même protection que les autres travailleurs et travailleuses couverts par la loi sur le travail. Et qu’il faut aussi développer les CCT dans l’agriculture. 
</p><p><b>uss-infos&nbsp;: Et qu’en a-t-il été pour le Qatar&nbsp;?</b></p><p>LC&nbsp;: Il s’est surtout agi du système qatari de la kafala, auquel les migrant(e)s sont obligatoirement soumis et qui en fait quasiment des personnes sans droit. La kafala permet par exemple aux patrons de prendre les passeports des personnes qu’ils embauchent. L’OIT a dénoncé ce système comme étant du travail forcé et appelé le Qatar à l’abolir. Cette forme monstrueuse d’exploitation d’êtres humains concerne surtout les employé(e)s de maison et les travailleurs de la construction. Sur ce dernier domaine, la délégation suisse est aussi intervenue pour critiquer la FIFA qui aurait dû, lors de l’attribution de la Coupe du monde de football, exiger du Qatar qu’il respecte les normes fondamentales du travail de l’OIT.
</p><p><b>uss-infos&nbsp;: Cette dernière Conférence internationale du Travail a-t-elle parlé de la plainte de l’USS déposée contre la Suisse pour violation de la liberté syndicale, soit à cause de sa protection lacunaire contre le licenciement des représentant(e)s syndicaux&nbsp;?</b></p><p>LC&nbsp;: Ce cas se trouve encore à la Commission d’experts de l’OIT. Celle-ci a donné jusqu’en 2016 à la Suisse pour répondre à la recommandation qu’elle lui a faite d’améliorer sa protection contre le licenciement des représentant(e)s syndicaux. Si notre pays ne donne pas d’ici là de réponse ou ne donne qu’une réponse insatisfaisante, un rapport sur ce sujet sera présenté lors de la prochaine Conférence internationale du Travail et la Suisse devrait y être alors publiquement condamnée. Elle se retrouverait ainsi dans le même bateau que le Qatar et la Biélorussie...&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2269</guid><pubDate>Mon, 15 Jun 2015 13:36:00 +0200</pubDate><title>Ce qu’il faut savoir </title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/ce-qu-il-faut-savoir</link><description>Petits jobs de vacances et droit du travail
</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’été est là, et avec lui les grandes vacances. Pour de nombreux écoliers, gymnasiens et étudiants, c’est aussi le temps des petits boulots qui permettront de se faire un peu d’argent de poche, d’en mettre de côté pour les prochaines vacances et, très souvent, de financer les études. Lorsqu’on occupe ce genre d’emploi, on est un salarié, ou une salariée comme les autres. Et qui dit salarié, dit règles du droit du travail, salaire décent et respect des règles de la sécurité au travail.</p><h3><span>À partir de quel âge&nbsp;et pour quelle durée?</span></h3><p>On ne peut fort heureusement pas faire travailler les enfants à partir de n’importe quel âge. La loi sur le travail (LTr) ne l’autorise qu’à partir de 15 ans, 13 pour les travaux légers, voire moins de 13 pour les manifestations sportives et culturelles, à des conditions spécifiques et sur autorisation d’une autorité cantonale (art. 30 LTr, art. 7 OLT 5). Dans tous les cas, les moins de 18 ans ont besoin de l’assentiment de leurs parents avant de signer un contrat de travail. 
</p><p>L’ordonnance 5 de la LTr (OLT 5) précise les règles qui s’appliquent aux jeunes travailleurs et travailleuses de moins de 18 ans. Elle précise notamment l’interdiction d’employer les jeunes à des travaux dangereux, dans certaines branches (discothèques, bars, cabarets, entreprises cinématographiques, cirque et spectacle –&nbsp; art. 4 à 6 OLT 5). Le travail dominical n’est autorisé que pour les jeunes ayant achevé leur scolarité obligatoire, au maximum un dimanche sur deux et uniquement dans la restauration (où ne peuvent être employés que les plus de 16 ans), la garde d’animaux et les boulangeries (art. 13 OLT 5). Dans les zones touristiques, le travail dominical est possible dans les entreprises répondant aux besoins des touristes pendant toute la durée des vacances d’été (art. 15 OLT 5, art. 25 OLT 2). Quant au travail de nuit, il est interdit aux moins de 18 ans en dehors d’une formation professionnelle (art. 12 OLT 5).
</p><p>La durée de travail des moins de 13 ans ne peut pas excéder plus de trois heures par jour et neuf heures par semaine (art. 10 OLT5). Les jeunes de plus de 13 ans n’ayant pas terminé leur scolarité obligatoire peuvent travailler jusqu’à 8 heures par jour (40 heures par semaine) pendant la moitié de la durée des vacances scolaires, entre 6 heures et 18 heures, avec une pause d’au moins une demi-heure pour toute plage de travail de 5 heures et plus (art. 11 OLT 5). Pour tous les jeunes, la durée du travail ne dépassera pas celle des autres employés de l’entreprise (maximum 9 heures par jour) et leur travail doit être compris dans une période de 12 heures (art. 31 al. 1 LTr). Ils ont droit à un repos quotidien d’au moins 12 heures consécutives (art. 16 OLT 5). Le soir, les moins de 16 ans ne peuvent être employés que jusqu’à 20 heures, les 16-18 ans jusqu’à 22 heures (art. 31 al. 2 LTr). 
</p><h3>En cas de danger, je dis STOP&nbsp;!</h3><p>Les petits boulots d’été sont souvent l’occasion de faire connaissance avec le monde du travail. Or, ce dernier n’est pas exempt de dangers, qui n’apparaissent pas toujours au premier coup d’œil. Et le risque d’accident de travail est très élevé lors du premier emploi, surtout pendant les premiers jours. 
</p><p>Même si l’on est engagé pour une durée très courte, il faut donc particulièrement faire attention aux prescriptions de sécurité. Avant de commencer, il faudra être attentif aux instructions de l’employeur et les respecter scrupuleusement, même si elles paraissent de prime abord inutiles ou exagérées. Dans tous les cas, les travaux dangereux sont interdits au moins de 18 ans. Si malgré tout, je suis confronté à un danger, je dois oser dire STOP et demander l’aide d’un ou une collègue expérimenté. Les accidents, parfois, ne pardonnent pas.
</p><h3>Bien assuré&nbsp;!</h3><p>Négliger les assurances sociales dans le cas d’un petit job de vacances peut coûter très cher. Tous les travailleurs et travailleuses, quel que soit leur âge, doivent être obligatoirement assurés à l’assurance-accidents par leur employeur. S’ils travaillent moins de 8 heures par semaine chez le même employeur, cette assurance ne couvre que les accidents professionnels et, au-delà, tous les accidents. En cas d’accident, l’employeur doit avertir les parents (art 32 LTr). Pour les rapports de travail de moins de 3 mois, il n’y a pas d’obligation de payer le salaire en cas de maladie. Les autres cotisations sociales (AVS/AI/APG)&nbsp; ne sont obligatoires qu’à partir de l’année où l’on a ses 18 ans. Si l’employeur ne paie pas ses cotisations, il s’agit de travail au noir et cela entraîne des sanctions. 
</p><h3>Salaires minimaux et salaires d’usage</h3><p>À ce jour, il n’existe pas de salaire minimum légal. L’employeur est obligé de respecter les conventions collectives de travail (CCT) et les contrats-type de travail (CTT). Pour le petits boulots de vacances sont notamment importants les CCT de l’hôtellerie-restauration, du bâtiment, du nettoyage, des entreprises du commerce de détail (Coop, Migros), la CCT pour le travail temporaire et les CTT cantonaux pour l’agriculture. La plupart des salaires minimaux conventionnés sont accessibles sous <a href="http://www.service-cct.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">www.service-cct.ch</a>.
</p><p>S’il n’existe pas de CCT ou CTT fixant des salaires minimums, les employeurs sont tenus de respecter les salaires d’usage de la branche et de la région. Les salaires d’usage peuvent être consultés sur <a href="http://www.salaire-uss.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">www.salaire-uss.ch</a>. 
</p><p>L’USS recommande un salaire minimum de 22 francs de l’heure.
</p><h3>Et les vacances&nbsp;?</h3><p>Enfin, il ne faut pas oublier les vacances, auxquelles chaque travailleur et chaque travailleuse a droit, même s’il occupe son emploi… pendant ses vacances. Si l’on est payé à l’heure, un supplément de salaire de 10,64% pour les moins de 20 ans, de 8,33&nbsp;% pour les plus de 20 ans doit être payé en sus du salaire. Sur le décompte de salaire, ce supplément doit être identifiable comme tel. 
</p><p> Astuce&nbsp;: La Commission jeunesse de l’USS met à disposition des jeunes et de leurs proches une brochure contenant toutes les informations utiles sur le droit du travail. Celles-ci peuvent être téléchargées sur le site&nbsp;: <a href="http://www.jeunesse-syndicale.ch/actuel/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">www.jeunesse-syndicale.ch</a>.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2250</guid><pubDate>Wed, 03 Jun 2015 08:10:00 +0200</pubDate><title>L’OIT demande des mesures efficaces contre le stress et l’épuisement professionnel</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-oit-demande-des-mesures-efficaces-contre-le-stress-et-l-epuisement-professionnel</link><description>La Suisse est invitée à agir</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) demande des mesures efficaces contre l’augmentation du stress au travail. Ce thème est actuellement aussi traité par la Conférence internationale du travail. Plus de 600 délégué(e)s discutent d’un <a href="http://www.ilo.org/ilc/ILCSessions/104/reports/reports-to-the-conference/WCMS_358291/lang--fr/index.htm" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">rapport</a> sur la santé au travail auquel la dernière main sera mise jusqu’au 15 juin et qui sera ensuite adopté en assemblée plénière.</p><p> Luca Cirigliano, secrétaire centrale de l’USS et responsable de la délégation suisse des travailleurs auprès de l’Organisation internationale du Travail (OIT), signale que ce rapport et les recommandations impératives de droit international du travail de l’OIT sont particulièrement importants pour la Suisse. Selon lui, l’OIT constate que dans les économies développées, les conditions de travail se dégradent aussi. Elle recommande par conséquent que des mesures soient prises contre les risques psychosociaux. La Suisse aussi, où toujours plus de personnes subissent le stress ou sont victimes d’un épuisement professionnel, doit tenir compte de ces signes importants posés par l’OIT. C’est pourquoi, ajoute Luca Cirigliano, les mesures prévues, dans le cadre de la réforme de l’enregistrement de la durée du travail, à l’article 73 de l’ordonnance 1 relative à la loi sur le travail doivent être scrupuleusement appliquées. Et il faut aussi mettre fin à ces interventions parlementaires qui veulent massivement torpiller la saisie du temps de travail.&nbsp;
</p><h5>&nbsp;&nbsp;renseignements</h5><p>Luca Cirigliano, secrétaire central de l'USS, responsable de la sécurité et de la protection de la santé au travail, 076 335 61 97</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2244</guid><pubDate>Tue, 02 Jun 2015 09:26:00 +0200</pubDate><title>La FIFA doit une fois pour toutes agir contre l’esclavagisme pratiqué au Qatar !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/la-fifa-doit-une-fois-pour-toutes-agir-contre-l-esclavagisme-pratique-au-qatar</link><description>Un énorme scandale</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Sur les chantiers des stades qui abriteront la Coupe du monde de football de 2022 au Qatar, la situation des travailleurs est catastrophique. Les ouvriers du bâtiment sont traités comme des esclaves. Les décès sur les chantiers sont monnaie courante et la FIFA ne veut rien voir ni entendre…</p><p>À l’occasion du dernier congrès de la FIFA qui s’est tenu au Hallenstadion de Zurich, plus de 200 militant(e)s des syndicats Unia, de l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB) et de Solidar Suisse ont demandé au comité exécutif de la FIFA d’assumer une bonne fois sa responsabilité sociale et de mettre fin aux conditions inhumaines qui règnent sur les chantiers qataris et au sujet desquelles la Confédération syndicale internationale (CSI) a informé à plusieurs reprises déjà.
</p><p>À l’heure où des scandales de corruption en rapport avec l’attribution de jeux secouent la FIFA, il y a un scandale encore plus grave&nbsp;: le fait qu’au Qatar, les travailleurs qui construisent les infrastructures de la prochaine coupe du monde de football sont traités comme des esclaves. Un scandale que les médias, notamment suisses, cachent pratiquement.
</p><p> Il n’est pas acceptable qu’une manifestation a priori positive comme une coupe du monde de football se déroule sur les tombes de travailleurs dépossédés de leurs droits. Le football crée un lien entre les gens. Il doit le faire pour tout le monde. Ceux qui construisent les stades et, d’ailleurs, permettent à cette manifestation d’avoir lieu doivent être traités avec respect.</p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2241</guid><pubDate>Mon, 01 Jun 2015 10:53:00 +0200</pubDate><title>Amiante, personnel de la Confédération, loi sur l&#039;assurance-accidents...</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/amiante-personnel-de-la-confederation-loi-sur-lassurance-accidents</link><description>Session d&#039;été du Parlement fédéral III : quelques objets importants du point de vue de l&#039;USS
</description><content:encoded><![CDATA[<h2>Révision de la loi sur les accidents : le compromis des partenaires sociaux n’est pas menacé</h2><p>(Doris Bianchi) En 2011, la 1ère révision de la loi sur les accidents (LAA) échouait heureusement devant le Parlement fédéral. Aujourd’hui, un nouveau projet, à la conception duquel les partenaires sociaux ont substantiellement participé et qui se révèle de ce fait équilibré, est soumis au Conseil national. 
</p><p>L’assurance-accidents fonctionne bien et repose sur des bases financières solides. On comprendra d’autant moins pourquoi la 1ère révision de la LAA s’était à ce point fourvoyée à l’époque. Elle visait en effet à affaiblir la SUVA, mettant ainsi en danger les améliorations réjouissantes qui avaient été réalisées en matière d’intégration professionnelle des personnes accidentées, ainsi que de prévention. Les coupes proposées dans les prestations de l’assurance auraient mené la couverture en cas d’accident ou de maladie professionnelle à un niveau insuffisant. Finalement, ces propositions ne rallièrent pas la majorité des Chambres fédérales, en 2011.
</p><p>Sur ce, les partenaires sociaux décidèrent d’élaborer des propositions pour une nouvelle révision de la loi, une révision qui devait se limiter à l’essentiel et continuer de faire de l’assurance-accidents une assurance sociale performante et reposant sur un financement solide. Les négociations à ce sujet durèrent presque deux ans et furent marquées par la responsabilité dont firent preuve les partenaires sociaux à l’égard d’une institution sociale importante. Comme pour tout compromis trouvé par les partenaires sociaux, aucune des parties en présence ne put faire passer la totalité de ses revendications. Les propositions mises au point par ces derniers trouvèrent ensuite l’assentiment de la SUVA et de l’Association suisse d’assurances. Ainsi, tous les acteurs déterminants de l’assurance-accidents&nbsp;: les travailleurs et travailleuses, les employeurs et employeuses de même que les assurances rallièrent le compromis trouvé.
</p><p>Le Conseil fédéral a largement repris les propositions des partenaires sociaux pour les intégrer à son nouveau projet de révision. Ce dernier modernise une loi qui date de 1984, mais sans renoncer à ses spécificités efficientes. Car on ne peut atténuer la souffrance humaine qu’avec des prestations d’assurances de qualité et une SUVA forte, qui couvrent les accidents et les maladies professionnelles dans les entreprises à hauts risques. 
</p><p>Le projet équilibré existant va aussi moderniser les structures de la SUVA, sans cependant toucher aux particularités organisationnelles de cette institution. Ainsi, il est toujours prévu que l’organe supérieur de la SUVA, qui s’appellera à l’avenir le conseil de la SUVA, sera une instance composée de 40 membres. Cette particularité est importante pour le bon fonctionnement de l’assurance-accidents. 
</p><p>La SUVA est gérée et administrée dans le cadre du conseil d’administration de manière autonome et paritaire par les partenaires sociaux ainsi que des représentant(e)s de la Confédération. Ce fonctionnement est le corrélat de l’affiliation obligatoire. Il contrebalance le fait que les entreprises assurées auprès de la SUVA ne peuvent pas choisir avec quel assureur elles veulent conclure une assurance-accidents. À son tour, l’affiliation obligatoire est la condition d’une prévention efficace. Ainsi, la SUVA peut exercer une pression suffisante sur les entreprises qui ne respectent pas les prescriptions en matière de sécurité au travail ou sur celles dont l’évolution des sinistres est négative. Celui qui ne peut pas changer d’assureur doit, dans tels cas, agir dans son propre intérêt. L’affiliation obligatoire garantit toutefois aussi que les coûts de transaction soient faibles. 
</p><p>Cette affiliation obligatoire implique que les représentations du personnel et du patronat des branches nécessairement assurées à la SUVA aient aussi droit à la parole en ce qui concerne l’aménagement des primes et la prévention, ainsi que le traitement des prestations. C’est pour cela que l’organe supérieur se compose de 40 membres et c’est pour cela aussi que la SUVA est si bien implantée dans les entreprises et auprès du personnel.
</p><p> Lors de la session d’été, le Conseil national va traiter cette révision. Il ferait alors bien de ne pas alourdir ni alléger ce projet équilibré.&nbsp;
</p><h2>Motions «&nbsp;Examen stratégique des tâches de la Confédération&nbsp;» et «&nbsp;Dépenses de personnel de la Confédération. ça suffit&nbsp;!&nbsp;»</h2><p>(Dore Heim)&nbsp;À une époque, c’était plus intéressant qu’aujourd’hui de travailler dans l’administration fédérale. Depuis quelques mois en effet, les employé(e)s de la Confédération se font massacrer. En fonction du niveau intellectuel et de l’horizon culturel, les attaques dirigées contre eux prennent les accents d’une inquiétude que l’on aurait pour notre État, ou un tour lourdement hostile. L’idée maîtresse: l’administration est un monstre qu’il faut combattre, un tsunami qui risque d’emporter l’économie privée, une créature maléfique et puissante qu’il faut à tout prix repousser. Oubliées, les innombrables interventions déposées lors de chaque session, qui demandent à l’administration fédérale de faire toujours plus et toujours le plus rapidement possible&nbsp;! Tu, le fait que la Suisse est une architecture éprouvée où administration et économie privée interagissent, tu aussi, le fait que la qualité supérieure de l’administration contribue substantiellement à rendre notre pays attrayant. Et qu’avec 33&nbsp;%, la Suisse a une des quote-part de l’État les plus faibles au monde n’intéresse personne. Tout le monde peut passer sa colère contre le poste «&nbsp;personnel&nbsp;». Cela concerne des ressources qui peuvent subir des coupes et il n’y a là aucun risque de conflit d’intérêts.
</p><h3>Motion de la Commission des finances sur l’examen stratégique des dépenses de la Confédération</h3><p>La majorité de la Commission des finances du Conseil national veut que le budget de la Confédération diminue chaque année de 1,5 milliard de francs. Cette mesure doit permettre de réaliser la revendication d’un démantèlement durable de la bureaucratie. En fait, il s’agit plutôt de dégager la voie pour la mise en œuvre de la troisième révision de l’imposition des entreprises. Comme le poste «&nbsp;personnel&nbsp;» est un poste du budget assez facile à remettre en question, on peut imaginer ce que les coupes concerneront d’abord&nbsp;! Cette motion, que le Conseil national traitera le 11 juin, doit être rejetée. Elle étranglera toute évolution en matière de personnel et bétonnera pour longtemps une philosophie rigide de l’austérité. 
</p><h3>Motion Föhn «&nbsp;Dépenses de personnel de la Confédération. ça suffit&nbsp;!&nbsp;»</h3><p>Le conseiller aux États Föhn lit l’avenir&nbsp;: l’administration publique croît de manière effrénée, l’appareil de l’État se gonfle, chaque fonctionnaire supplémentaire est un régulateur potentiel. Il en déduit alors qu’il a une mission à remplir et exige impérativement le «&nbsp;décrassage&nbsp;» du poste «&nbsp;personnel&nbsp;», le budget de la Confédération doit redevenir «&nbsp;sain&nbsp;»… La cure qu’il propose&nbsp;? Le gel immédiat et total des dépenses de personnel.
</p><p> Selon les calculs de l’Office fédéral du personnel, le traitement d’une intervention parlementaire coûte environ 6&nbsp;700 francs. Chaque année, près de 1&nbsp;000 interventions sont faites. Pour une législature, cela représente 30 millions de francs ou 100 postes. Espérons que cette motion imbuvable sera rejetée par le Conseil des États qui en débattra le 18 juin.
</p><h2>Les victimes de l'amiante doivent être équitablement indemnisées via un fonds</h2><p>(Luca Cirigliano)&nbsp;Le Conseil national traitera cette session d’une motion de sa Commission des affaires juridiques demandant que, selon le droit de la responsabilité civile, un fonds soit créé pour que les victimes de l’amiante puissent bénéficier d’une indemnisation complète.
</p><p>Parce que la maladie n’apparaît souvent qu’après plusieurs décennies après le contact avec l’amiante, les personnes malades n’obtiennent aucune réparation morale ni dommages et intérêts de la part de l’auteur du dommage. Le droit suisse, soit son interprétation par les tribunaux, prévoit en effet qu’après dix ans, les prétentions relevant du droit de la responsabilité civile sont prescrites, que le dommage subi persiste ou non.
</p><p>Les syndicats et les associations des victimes de l’amiante ne sont pas les seuls à demander une meilleure protection pour les victimes de cette substance. La Cour européenne des droits de l’homme a prononcé un arrêt qui montre la voie à suivre en cette matière. Selon cet arrêt, que les victimes de l’amiante ne puissent plus faire valoir leurs droits devant les tribunaux plus de dix années après avoir inhalé des fibres d’amiante et qu’elles se trouvent ainsi pénalisées, de même que leurs proches, viole les droits humains. On ne comprend dès lors pas pourquoi le Conseil fédéral refuse toujours une solution à ce problème via la création d’un fonds, comme nombre de pays européens en connaissent un. 
</p><p>Un fonds permettrait en effet de supprimer les injustices les plus grossières du système juridique suisse à l’égard des victimes de l’amiante et de faire un pas vers un aménagement du droit de la prescription plus conforme aux droits humains. Un tel fonds représenterait un acte tardif de justice, surtout pour les cas déjà prescrits depuis des années et pour les personnes malades à cause de l’amiante qui ne peuvent pas bénéficier de la loi sur l’assurance-accidents.
</p><p> La Confédération doit enfin s’attaquer globalement à la tragédie de l’amiante. Il est en outre nécessaire que le droit de la prescription soit aussi adapté afin de pouvoir contrer demain de manière appropriée les nouveaux risques que sont les «&nbsp;risques émergents&nbsp;». De plus, en raison des énormes quantités d’amiante utilisées en Suisse avant l’interdiction de cette substance en 1990 et qui peuvent être libérées aujourd’hui lors de démolitions ou de transformations de bâtiments, la table ronde ne devra pas oublier deux choses. D’une part, les lacunes de la prévention doivent être de toute urgence comblées. D’autre part, les importantes dépenses faites par la SUVA en rapport avec la problématique de l’amiante et les dépenses encore à venir ne doivent pas être unilatéralement répercutées sur les branches de l’artisanat. Il faut prévoir un équilibre approprié pour l’ensemble du collectif des assurés.
</p><h2>L'initiative "vache à lait"</h2><p>(Dore Heim)&nbsp;Avec cette initiative, on est vraiment en droit de parler d’une initiative de profiteurs, car, uni, le lobby routier veut que la totalité du produit de l’impôt sur les huiles minérales serve au financement des routes, ce qui priverait la caisse de la Confédération de 1,5 milliard de francs par année. Comme cette arrivée d’argent ferait, de manière absurde, déborder la «&nbsp;caisse routière&nbsp;» et que, simultanément, on assisterait finalement à un âpre combat défensif dans des domaines qui sont aussi chers à la droite, le Conseil des États, première Chambre à traiter l’initiative, a décidé à une écrasante majorité de la rejeter. La Commission des transports et des télécommunications du Conseil national n’est pas aussi unanime. Elle n’a rejeté l’initiative que par 15 voix contre 7. Reste à espérer que le rejet en plénum sera beaucoup plus net&nbsp;! En effet, l’initiative «&nbsp;vache à lait&nbsp;» doit être rapidement traitée, avant que l’on négocie sur le nouveau fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération (FORTA). Il ne sera en effet guère possible de mener un débat constructif sur une infrastructure de transport d’avenir sous la menace constante de l’épée de Damoclès que représente cette initiative.&nbsp;
</p><h2>Révision de la loi sur le transport de marchandises</h2><p>(Dore Heim) Pour commencer, une (petite) perspective réjouissante&nbsp;: la commission des transports et des télécommunications (CTT) du Conseil des États a au moins procédé à quelques corrections du projet de révision.
</p><p>La révision totale de la loi sur le transport de marchandises, que le Conseil national a débattue lors de la session de printemps, s’est transformée en une avancée pour les transports par route. À l’avenir en effet, l’ensemble du trafic par rail devra être rentable. De plus, selon la volonté de la majorité du Conseil national, les CFF seront libérés du transport de marchandises et CFF Cargo devra être externalisé. Prétendre que ces mesures servent à encourager le transport de marchandises par rail, c’est culotté, d’autant plus que le trafic par wagons complets, la principale activité de CFF Cargo, ne peut guère être géré de manière à entraîner des bénéfices. Le fret ferroviaire n’est concurrentiel que sur des trajets longs ou en trafic de transit. Mais dans les faits, c’est le transport des marchandises à l’intérieur du pays qui explose. Et il explose sur la route. Avec les petites quantités, le transport par rail n’est pas payant et il n’est pas non plus apte à faire face à des commandes à court terme, car il livre actuellement une violente bataille avec les transports routiers. En effet, deux tiers des transports de marchandises à l’intérieur du pays se font par la route et avec des véhicules de livraison légers, ce qui permet de contourner avec élégance l’interdiction de trafic nocturne. Une lutte qui ne peut à proprement parler pas être gagnée par le fret ferroviaire.
</p><p> Ce projet tordu a été légèrement corrigé par la CTT du Conseil des États, selon qui le transport des marchandises doit rester une tâche centrale des CFF. La CTT a aussi rejeté la motion qui demande l’externalisation de CFF Cargo. En lieu et place, il s’agira d’évaluer ses possibilités de développement. Mais la rentabilité demandée au fret ferroviaire reste dans le projet que le Conseil des États traitera le 4 juin déjà. Si ce mandat était maintenu, l’avenir du transport de marchandises par rail à l’intérieur du pays serait en danger. En effet, la tendance à effectuer toujours plus ces transports par la route ne faiblit pas, notamment à cause du franc fort. Toujours plus d’infractions à l’interdiction de cabotage – des entreprises de transport étrangères qui effectuent plusieurs transports à l’intérieur du pays – sont annoncées. Évidemment à des prix de dumping.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Assurance-accidents</category><category>Transports</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2242</guid><pubDate>Fri, 29 May 2015 14:05:00 +0200</pubDate><title>Les délégué(e)s demandent des mesures immédiates pour garantir les salaires et les emplois</title><link>https://www.uss.ch/luss/organes/detail/les-delegue-e-s-demandent-des-mesures-immediates-pour-garantir-les-salaires-et-les-emplois</link><description>Assemblée des délégué(e)s de l&#039;USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>La situation des salarié(e)s de Suisse s’est beaucoup dégradée depuis l’abandon du cours plancher franc-euro. Les pressions sur les salaires, les conditions de travail et les emplois se sont accentuées. Le chômage a atteint un niveau historique et va bientôt dépasser le niveau en Allemagne. C’est pourquoi ils ont adopté vendredi un train de mesures destinées à garantir les salaires et les emplois. 
</p><p>Il est effrayant de voir comment l’argument de la surévaluation du franc est utilisé au détriment des travailleurs et travailleuses. Cela, d’une part, par certains patrons qui améliorent de la sorte leurs bénéfices en procédant à des licenciements ou en prolongeant la durée du travail et, de l’autre, par les partis de droite représentés au gouvernement, qui ont resserré les rangs et dont les recettes – du travail non rémunéré à un programme de vaste dérégulation, en passant par la prolongation de la durée du travail et une baisse des impôts sur les entreprises -- feraient directement basculer la Suisse dans une récession. 
</p><p>Les délégué(e)s de l’USS ont adopté les mesures immédiates suivantes&nbsp;: </p><ul><li>La Banque nationale suisse doit, au moyen d’un cours plancher ou d’un objectif de cours, ramener le franc à un niveau acceptable.</li><li>Le nombre de contrôles des salaires doit augmenter, en particulier dans les régions frontalières. Dans ces régions, il faut que, chaque année, un employeur sur cinq soit contrôlé. Dans les cantons de Saint-Gall et de Schaffhouse, un employeur est actuellement contrôlé une fois tous les 50 ans (part des entreprises contrôlées en 2014&nbsp;: env. 2&nbsp; %)&nbsp;!</li><li>Le Conseil fédéral et le Parlement fédéral doivent relever rapidement de 5&nbsp;000 à 30&nbsp;000 francs l’amende administrative maximale infligée en cas d’infraction salariale&nbsp;; cela, comme convenu lors de la «&nbsp;table ronde&nbsp;» sur le franc fort.</li><li>En cas de sous-enchère évidente, les contrôleurs et contrôleuses doivent systématiquement et rapidement ordonner l’interruption des activités de l’entreprise. Il doit en aller de même pour les entreprises qui ne versent pas de caution.</li><li>Le commerce de détail, l’horticulture et la pose de revêtements de sols ont besoin d’une convention collective de travail prévoyant de bons salaires minimums et dont le champ d’application est étendu.</li><li>En outre, la Confédération et les cantons doivent renoncer à leurs programmes d’austérité. Ils doivent compenser la baisse de leurs recettes en corrigeant leur politique de baisse des impôts. Les délégué(e) de l’USS ont aussi demandé que l’Assurance contre les risques à l’exportation puisse aussi assurer les risques de change.</li></ul><p>&nbsp;</p><p>Les délégué(e)s ont chargé le Secrétariat de l’USS d’élaborer d’autres revendications en vue de l’AD de novembre prochain. Seule une économie suisse connaissant des salaires décents et sûrs et le plein-emploi a de l’avenir. Ces éléments doivent garantir que les importants ponts jetés entre la Suisse et l’Union européenne avec les Accords bilatéraux ne soient pas rompus et qu’en Suisse, on verse des salaires suisses et respecte les conditions de travail suisses. Pas question d’introduire de contingents ou ces nouvelles discriminations destinées à certains groupes de travailleurs et travailleuses, dont il est question sous le nom de «&nbsp;préférence nationale&nbsp;». Pareilles mesures dégraderaient la situation de tous les travailleurs et travailleuses de Suisse.
</p><p>Les délégué(e)s ont encore décidé de s’engager vigoureusement, dans le débat sur la prévoyance vieillesse, pour le renforcement de l’AVS. Seul un 1er pilier fort peut garantir un niveau de rente suffisant aux personnes à la retraite. Pour beaucoup, les rentes des 1er et 2e piliers sont trop maigres aujourd’hui. Ici, une amélioration est nécessaire. Étant donné les problèmes auxquels le 2e pilier fait face et l’excellent rapport qualité (prestations)/prix de l’AVS, il s’agit par conséquent de renforcer le 1er pilier, ainsi que le demande l’initiative populaire AVSplus de l’USS. Tout affaiblissement de l’AVS sera sévèrement combattu. Dans une résolution, les délégué(e)s ont notamment dit non à un relèvement général de la retraite, non à la retraite à 65 ans pour les femmes, non à la suppression de la rente de veuve pour les femmes dont les enfants sont adultes, non au démantèlement de la compensation automatique du renchérissement sur les rentes AVS et non à l’abandon par la Confédération du financement de l’AVS. 
</p><p> Dans d’autres résolutions, les délégué(e)s ont demandé au Conseil fédéral et au Parlement fédéral de prendre leurs distances avec les scénarios d’austérité radicale concernant le personnel de la Confédération. La politique d’austérité menée par la droite va uniquement renforcer la tendance négative de l’économie provoquée par la décision concernant le franc susmentionnée. Les délégué(e)s se sont en outre prononcés pour un oui clair à la redevance radio-tv «&nbsp;indépendante des appareils&nbsp;». Grâce à elle, la radio et la télévision de droit public et, donc, le service public dans les médias électroniques, ne verront pas leurs vivres coupées.
</p><h5>renseignements</h5><p>&nbsp;</p><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire et économistes en chef de l'USS, 079 249 59 74</li><li>Doris Bianchi, secrétaire dirigeante responsable de la politique sociale &nbsp;l'USS, 076 564 67 67</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication et porte-parole de l'USS, 079 249 59 74</li></ul>]]></content:encoded><category>Décisions des organes</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2236</guid><pubDate>Fri, 22 May 2015 16:21:00 +0200</pubDate><title>L&#039;USS rejette clairement le projet de mise en oeuvre de l&#039;initiative contre l&#039;immigration de masse</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/luss-rejette-clairement-le-projet-de-mise-en-oeuvre-de-linitiative-contre-limmigration-de-masse</link><description>Réponse de l&#039;USS à la consultation sur la mise en oeuvre de l&#039;art. 121a Cst. féd.</description><content:encoded><![CDATA[<p>L'Union syndicale suisse (USS) rejette clairement la révision de la loi sur les étrangers proposée par le Conseil fédéral pour mettre en œuvre l'initiative contre l'immigration de masse. Cette révision qui prévoit une vérification au cas par cas de la préférence nationale discriminerait et exclurait les personnes qui n'ont pas de passeport suisse. Une politique des bas salaires et des emplois précaires serait ainsi favorisée, comme c'était le cas sous l'ancien système des contingents. Cela porte préjudice à tous les salarié(e)s de Suisse, également à celles et ceux qui ont la nationalité suisse. Car presqu'un tiers des heures de travail effectuées dans le pays le sont par des personnes sans passeport suisse. 
</p><p>Si une maigre majorité est sortie des urnes le 9 février 2014, ce n'est que parce de nombreuses personnes s'inquiétaient à juste titre de leurs salaires et de leurs conditions de travail. Voilà pourquoi la protection des salaires et des emplois doit être améliorée et pas détériorée. 
</p><p>L'USS estime qu'il est central de renforcer la protection des salarié(e)s contre les abus des employeurs. D'une part, l'application des mesures d'accompagnement doit être améliorée (davantage de contrôles dans les régions et branches sensibles mais aussi édiction de salaires minimums dans les branches où les salaires sont sous pression), d'autre part, les mesures d'accompagnement doivent être renforcées (sanctions administratives plus lourdes, extension plus facile du champ d'application des conventions collectives de travail [CCT], interruption des travaux en cas de sous-enchère criante, entre autres). 
</p><p>Mais dans le même temps, il faut continuer sur la voie bilatérale avec l'UE. Pour la prospérité et la sécurité des emplois en Suisse, il serait imprudent de couper les ponts bilatéraux avec l'UE rien que parce que des employeurs ont abusé de l'Accord sur la libre circulation des personnes. Ce sont les abus qui doivent être combattus, pas les Bilatérales. La Suisse peut tout faire pour protéger les salaires et les emplois, également sous le régime des Bilatérales et de la libre circulation des personnes, pour autant qu'elle ne discrimine pas les travailleurs et travailleuses européens.
</p><h5>Renseignements:</h5><p>&nbsp;</p><ul><li><span>Daniel Lampart, premier secrétaire de l'USS, 079 205 69 11</span></li></ul><p>&nbsp;</p><p>La version française de la prise de position ne sera disponible qu'à la fin du mois de mai 2015. Ci-dessous vous trouverez la version allemande:
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2230</guid><pubDate>Thu, 21 May 2015 11:23:00 +0200</pubDate><title>Prendre enfin l’épuisement professionnel au sérieux!</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/prendre-enfin-l-epuisement-professionnel-au-serieux</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">De plus en plus de personnes souffrent d’un épuisement professionnel dû à la recrudescence du stress et ne peuvent plus travailler. Néanmoins, la Confédération reste largement inactive. </p><p>Les maladies liées au stress, dont le syndrome d’épuisement professionnel (burnout), ne font pas partie des maladies professionnelles au sens de la Loi sur l’assurance-accidents (LAA). Les dispositions de cette loi excluent ces maladies, bien qu’elles se manifestent toujours plus et puissent clairement être rattachées à des risques liés au poste de travail (stress).
</p><p>Une reconnaissance de ces maladies psychiques dans la LAA permettrait une prise en charge nettement meilleure des patient(e)s. La société accepterait mieux ces souffrances, ce qui en retour favoriserait aussi la réinsertion dans le monde du travail. L’inscription dans la LAA aurait des effets sur la prévention primaire spécifique, dans la mesure où celle-ci serait mieux intégrée dans les campagnes de la SUVA et, surtout, deviendrait mieux contrôlable. 
</p><p>La Confédération doit maintenant agir
</p><p>C’est cette reconnaissance que demanda l’interpellation du conseiller aux Etats Didier Berberat. Dans sa réponse, le Conseil fédéral fait savoir qu’il n’entend pas reconnaître le burnout comme une maladie professionnelle. Pire encore: l’exécutif n’estime pas nécessaire de modifier la loi pour intensifier la prévention.
</p><p>Le Conseil fédéral doit enfin agir: l’épuisement professionnel fait partie de la liste des maladies professionnelles. Les pires formes du stress au travail doivent être légalement abordées. Pour cela, une réglementation légale du travail à domicile est nécessaire, puisque c’est là que très souvent le travail et le temps libre se mélangent, donnant naissance au stress; il faut aussi un article antistress dans l’Ordonnance relative à la Loi sur le travail (OLT 1). </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2229</guid><pubDate>Wed, 20 May 2015 10:01:00 +0200</pubDate><title>Horaires de travail flexibles: mieux protéger de l’épuisement les catégories à risque! </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/horaires-de-travail-flexibles-mieux-proteger-de-l-epuisement-les-categories-a-risque</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les horaires de travail flexibles sont de plus en plus répandus selon l’Enquête suisse sur la population active de 2014. En conséquence, les risques psychosociaux au travail s’accroissent aussi et de plus en plus de personnes souffrent d’épuisement professionnel (burn-out). La riposte? Des mesures de protection de la santé efficaces et des contrôles du temps de travail par les inspectorats du travail. </p><p>&nbsp;</p><p>En 2014, près de la moitié (44,6&nbsp;%) des salarié(e)s connaissent un horaire de travail flexible. Une personne active sur cinq (20,5&nbsp;%) travaille régulièrement le samedi, environ une sur dix (10,6&nbsp;%) le dimanche. Les modèles du temps de travail varient fortement selon le niveau de formation et le sexe.
</p><h3>Toujours plus flexibles</h3><p>La part des personnes travaillant à temps partiel est passée, en une décennie, de 31,7&nbsp;% à 36&nbsp;%. Parmi les hommes, seuls 15,9&nbsp;% exercent à temps partiel, alors que la proportion est de 59,2&nbsp;% pour les femmes. Les femmes avec une formation de niveau secondaire I sont moins présentes (50,7&nbsp;%) que les femmes avec une formation de niveau secondaire&nbsp;II (62,9&nbsp;%) ou de niveau tertiaire (57,3&nbsp;%). 
</p><p>Cinq pour cent des salarié(e)s travaillent régulièrement de nuit. 17,1&nbsp;% exercent une activité impliquant de travailler régulièrement le soir et 4,8&nbsp;% travaillent sur appel. Forme particulièrement précaire et incertaine de travail, le travail sur appel concerne plus souvent les femmes que les hommes (respectivement 6,1&nbsp;% contre 3,7&nbsp;%) et plus souvent les salarié(e)s ayant une formation de niveau secondaire I que ceux qui ont suivi l’université (respectivement 7,6&nbsp;% contre 3,1&nbsp;%). Ces chiffres montrent que la précarisation sur le marché du travail touche particulièrement les femmes et plus souvent les salarié(e)s ayant une formation de niveau secondaire I que ceux de niveau universitaire. Le travail sur appel rend plus difficile ou même impossible la conciliation de la vie familiale et professionnelle. Cela aussi concerne au premier chef les femmes. 
</p><p>Les salarié(e)s sont 7,3&nbsp;% à avoir plusieurs emplois. Ce sont plus souvent des femmes que des hommes (9,6&nbsp;% contre 5,3&nbsp;%). 7,4&nbsp;% des salarié(e)s ont un contrat de travail de durée déterminée; pour 2,4&nbsp;% d’entre eux, sa durée est inférieure à six mois. Ils ignorent d’où proviendra l’argent pour assurer leur minimum vital un semestre plus tard. 
</p><h3>Toujours plus malade?</h3><p>Conjointement, une étude représentative menée à la demande de Promotion Santé Suisse, montre qu’en 2014, plus d’un million de salarié(e)s, soit 25&nbsp;% d’entre eux, souffrent d’un degré d’épuisement «moyen à très élevé». Environ six pour cent, ou 300&nbsp;000 travailleurs et travailleuses, sont tellement surchargés qu’ils sont au bord de l’épuisement professionnel. Ces salarié(e)s n’arrivent plus à se reposer durant leur temps libre et ne peuvent plus récupérer leurs forces durablement. &nbsp;
</p><p>La cause réside notamment dans des horaires toujours plus flexibles et dans le travail sur appel. 
</p><p>Si la flexibilisation des modèles du temps de travail se poursuit, on peut craindre une augmentation sans retenue des épuisements professionnels. 
</p><h3>Des mesures à prendre dès maintenant</h3><p>Il est essentiel que des mesures d’accompagnement pour la protection psychosociale au travail soient prises et qu’une prévention sérieuse du burn-out se mette en place. Les syndicats exigent à cet effet une gestion sanitaire rigoureuse, dans l’entreprise, des risques psychosociaux. En particulier, les pauses doivent être respectées, les salarié(e)s ne doivent pas être importunés durant leur temps libre, sous prétexte d’être constamment atteignables par leur téléphone mobile. En outre, des contrôles rigoureux des inspectorats du travail doivent généraliser le respect des dispositions légales concernant la durée maximale du travail, les pauses, l’interdiction du travail de nuit et du dimanche. Dans cette perspective, les gouvernements cantonaux doivent mettre plus de moyens à disposition des autorités compétentes. 
</p><p>Dans le cadre des réformes en cours de la saisie du temps de travail, en matière de santé au travail, les mesures obligatoires, de nature psychosociale, prévues doivent être transcrites scrupuleusement dans les CCT. Notamment aussi sous l’angle de l’analyse des risques préliminaire. A cet effet, les partenaires sociaux doivent recourir à des spécialistes compétents. Ces derniers devront aussi analyser les risques psychosociaux liés au travail provoqués par l’abandon de l’enregistrement détaillé du temps de travail. Des mesures pour éviter ou minimiser ces risques devraient en découler et être prises! 
</p><p>Mentionnons ici enfin le jugement du Tribunal fédéral BGer&nbsp;4A_384/2014, qui prévoit une protection spécifique contre le licenciement pour des salarié(e)s particulièrement fragiles (p. ex. les travailleuses et travailleurs âgés) devant des situations générant un épuisement professionnel. 
</p><h5>Journée de réflexion</h5><p>L’USS et movendo organisent le 30 juin une journée de réflexion sur ces questions touchant les aspects positifs et négatifs des modèles du temps de travail flexible. Pour plus d'infos voir: www. movendo.ch/fr/kurse_vertrauensleute.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2216</guid><pubDate>Tue, 05 May 2015 13:34:00 +0200</pubDate><title>Mesures d&#039;accompagnement : l&#039;USS demande une meilleure application</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/mesures-daccompagnement-luss-demande-une-meilleure-application</link><description>Employeurs et pouvoirs publics tolèrent la sous-enchère salariale</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le rapport sur la mise en œuvre des mesures d’accompagnement rendu public aujourd’hui donne une image préoccupante de la réalité. Dans les branches sans salaires minimums, respectivement sans convention collective de travail (CCT), les contrôles ont permis de découvrir de nombreux cas de sous-enchère salariale. Dans l’horticulture, dans le commerce et dans la santé et les activités sociales, le nombre des infractions, en hausse, a atteint un niveau élevé. Le nombre des entreprises qui versent des salaires trop bas dans les branches du second œuvre de la construction dont le champ d’application de la CCT n’est pas étendu (poseurs de revêtements de sols, entre autres), reste inchangé, mais est élevé.&nbsp;
</p><h3>Taux d'infractions dans quelques branches</h3><table class="contenttable"><thead><tr><th scope="col"></th><th scope="col">2013</th><th scope="col">2014</th></tr></thead><tbody><tr><td>Horticulture (détachements)</td><td>13 %</td><td>28 %</td></tr><tr><td>Second oeuvre de la construction (détachements)</td><td>16 %</td><td>15 %</td></tr><tr><td>Commerce (employeurs suisses)</td><td>13 %</td><td>15 %</td></tr><tr><td>Santé et activités sociales (employeurs suisses)</td><td>7 %</td><td>12 %</td></tr></tbody></table><p>&nbsp;</p><p>Ces branches sont particulièrement sensibles. En effet, comme on n’y trouve pas de salaires minimums obligatoires, il est impossible d’infliger des amendes aux employeurs qui versent des salaires trop bas, ni de les contraindre à verser les salaires corrects. Le risque de sous-enchère est donc très élevé. Dans le commerce de détail, entre autres, les employeurs ont jusque-là refusé de conclure des CCT prévoyant des salaires minimums. C’est pourquoi la Confédération et les cantons doivent agir. En cas de sous-enchère, leur tâche est en effet d’introduire des salaires minimums. À ce jour, cela n’a jamais eu lieu, sauf dans les cantons de Genève, du Tessin et du Valais.
</p><p>On compte beaucoup d’infractions aussi dans les branches qui ont des salaires minimums. Mais a priori, il est possible ici d’infliger des amendes aux employeurs qui versent des salaires trop bas ou de stopper leurs activités. Malheureusement, des entreprises essaient continuellement de contourner les salaires minimums, par exemple en déclarant faussement leur personnel comme étant indépendant (indépendance fictive), en déclarant des faux salaires, en redemandant après coup à leur personnel une partie du salaire ou en transmettant des mandats à des sous-traitants louches. Parfois, on trouve même tous ces comportements en même temps. En cas de suspicion justifiée d’indépendance fictive ou de sous-enchère salariale, les autorités doivent, sur mandat des partenaires sociaux, faire stopper les travaux, ce qui est la mesure la plus efficace. Ensuite, les entreprises doivent prouver qu’elles respectent les contrats et CCT. Il faut en outre fortement et rapidement relever le montant des amendes pour les faire passer des ridicules 5&nbsp;000 francs actuels à 30&nbsp;000 francs. À cet égard, le Conseil fédéral doit aller plus vite que ce qu’il a annoncé jusqu’à maintenant.
</p><p> À cause de la surévaluation du franc, la différence de salaire avec l’étranger s’est creusée. Cela accentue la pression sur les salaires, surtout dans les régions frontalières. Il faut donc intensifier les contrôles, ce qui implique plus de moyens financiers à disposition.
</p><h5>renseignements</h5><ul><li>Daniel Lampart, économiste en chef et premier secrétaire de l'USS, <br>079 205 69 11</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication et porte-parole de l'USS, 079 249 59 74</li></ul>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2213</guid><pubDate>Thu, 30 Apr 2015 14:33:00 +0200</pubDate><title>Une hausse des salaires réels de 0,8 %, malgré le risque d’un gel des salaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/une-hausse-des-salaires-reels-de-0-8-malgre-le-risque-d-un-gel-des-salaires</link><description>Indice suisse des salaires 2014 de l’Office fédéral de la statistique : le commentaire de l&#039;USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>Pour l’année 2014, les employeurs de diverses branches exigeaient un gel des salaires. Dans ce contexte, la hausse de 0,8&nbsp;% des salaires réeles l’an dernier n’est dans l’ensemble pas mauvaise. Il faut signaler que, dans plusieurs branches industrielles (industrie alimentaire, montres, équipements électriques, plastiques), les hausses des salaires réels supérieures à 1&nbsp;% ont pu être obtenues. Dans la formation, les salaires réels ont même augmenté de 1,6&nbsp;%. Ainsi, au moins une partie du retard pris par les salaires du corps enseignant par rapport à ceux de professions équivalentes a pu être rattrapée.
</p><p>Par contre, le bilan de quelques branches est clairement négatif, en tout premier lieu dans la santé et les activités sociales, ainsi que dans la construction. Dans la santé et les activités sociales, on a presque assisté à un gel des salaires (+0,1&nbsp;%). Pas étonnant que les hôpitaux et les homes souffrent d’une pénurie de personnel. Si l’on cherche des personnes au bénéfice d’une bonne formation, il faut aussi les payer. Dans la construction, la hausse de 0,5&nbsp;% n’est pas compréhensible, au vu de la conjoncture excellente dans laquelle se trouve cette branche.
</p><p>Les salaires des femmes ont augmenté de 1&nbsp;%. La pression exercée par les syndicats pour une élimination de la discrimination salariale à leur égard a porté ses fruits.
</p><h5>renseignements</h5><p>&nbsp;</p><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en chef de l'USS, 079 205 69 11</li></ul><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2211</guid><pubDate>Wed, 29 Apr 2015 16:12:00 +0200</pubDate><title>Soins privés à domicile : le Conseil fédéral doit passer la vitesse supérieure</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/soins-prives-a-domicile-le-conseil-federal-doit-passer-la-vitesse-superieure</link><description>Le rapport sur la migration pendulaire liée aux soins au personnes âgées montre que le Conseil fédéral doit désormais agir au lieu de continuer à procéder à des clarifications</description><content:encoded><![CDATA[<p>Dans la prise en charge des personnes âgées à leur domicile, les conditions de travail qui règnent actuellement sont très souvent inacceptables. Le Conseil fédéral le concède désormais aussi dans son rapport sur la migration pendulaire liée aux soins aux personnes âgées. Mais au lieu de prendre rapidement des mesures, il veut d’abord encore procéder à des clarifications supplémentaires. Pour les personnes qui assurent cette prise en charge, ce n’est pas acceptable. Après deux années de travaux dans le groupe de travail interdépartemental, les amorces de solution sont sur la table. C’est pourquoi l’Union syndicale suisse (USS), le Syndicat suisse des services publics (ssp) et le syndicat Unia, qui défendent les intérêts des salarié(e)s de ce secteur, demandent que l’on agisse plus rapidement.
</p><p>Actuellement, les conditions de travail dans la prise en charge privée à domicile se trouvent dans une situation d’urgence. Alors que les prestataires demandent à leurs clients entre 8&nbsp;000 et 14&nbsp;000 francs par mois pour la prise en charge sur 24 heures des personnes âgées, ils versent des salaires scandaleux de 1&nbsp;200 à tout juste 4&nbsp;000 francs par mois aux personnes qui assurent ces prises en charge, ne prennent en compte qu’une partie des heures supplémentaires et refusent de verser des allocations pour travail de nuit ainsi que de garantir des temps de repos. 
</p><p>Que le Conseil fédéral constate aujourd’hui dans son rapport qu’il faut agir au plan légal dans cette question pour assurer une protection adéquate aux travailleuses concernées est une bonne chose. Mais il faut en premier lieu que les dispositions légales existantes de la loi sur le travail soient appliquées. Il faut prescrire aux inspectorats du travail qu’ils doivent faire respecter la loi sur le travail par les employeurs de ce secteur, en particulier en ce qui concerne le calcul et le paiement de la totalité des heures prestées. L’extension du champ d’application de la convention collective de travail négociée avec l’association «&nbsp;Zu Hause leben&nbsp;» est un autre moyen. On n’empêchera la sous-enchère salariale que si ces dispositions s’appliquent à tout le monde. En effet, c’est le seul moyen d’organiser ensuite des contrôles dans tout le pays.
</p><p> Une chose n’est pas contestée&nbsp;: une bonne prise en charge nécessite de bonnes conditions de travail. Les salaires minuscules et les conditions de travail non réglementées sont néfastes non seulement pour les personnes qui assurent les prises en charge à domicile, mais aussi pour les personnes qui sont prises en charge
</p><h5>renseignements</h5><ul><li>Stefan Giger, secrétaire général du ssp, 079 296 77 07 </li><li>Mauro Moretto, secrétaire central d'Unia, 079 214 92 04</li><li>Dore Heim, secrétaire centrale de l'USS, 079 744 93 90 </li></ul>]]></content:encoded><category>Santé</category><category>Services Publics</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2206</guid><pubDate>Mon, 27 Apr 2015 15:33:00 +0200</pubDate><title>Problèmes des travailleurs et travailleuses âgés : premières mesures prises, mais d’autres devront encore l’être </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/problemes-des-travailleurs-et-travailleuses-ages-premieres-mesures-prises-mais-d-autres-devront-encore-l-etre</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<ul><p>La Confédération, les cantons et les partenaires sociaux ont discuté aujourd’hui des problèmes des travailleurs et travailleuses âgés lors d’une conférence nationale sur cette question et décidé les premières mesures à prendre. C’est une bonne chose. Malheureusement, les résultats obtenus sont nettement inférieurs à ce qu’avait demandé publiquement l’Union syndicale suisse (USS), il y a une bonne semaine. Mais un processus a été mis en marche, qui reconnaît au niveau fédéral l’existence des problèmes existants et le climat de peur et permettra d’élaborer des solutions.</p><p>Parmi les mesures décidées, l’USS se félicite surtout des suivantes&nbsp;: </p><li>l’engagement pris par les employeurs de publier des offres d’emploi neutres sous l’angle de l’âge,</li><li>la disposition à étudier de plus près les problèmes de prévoyance des personnes âgées en fin de droit (en cas d’aide sociale, obligation de retirer son avoir du 2e pilier et, une fois à la retraite, pas de perception sous forme de rente) et à mettre au point des mesures sur ces questions,</li><li>les mesures prévues en matière de formation initiale et continue,</li><li>l’examen de la création, dans les cantons de centres destinés aux travailleurs et travailleuses ainsi qu’aux chômeurs et chômeuses âgés</li></ul><h5>renseignements</h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en chef de l'USS, 079 205 69 11</li></ul><h5>autres informations</h5><ul><li><a href="/themes/detail/d-abord-davantage-de-protection-et-moins-de-discriminations">Revendications de l'USS pour les travailleurs et travailleuses âgés</a><br></li></ul>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2205</guid><pubDate>Mon, 27 Apr 2015 14:46:00 +0200</pubDate><title>Justice sociale – Pas d’exclusion !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/justice-sociale-pas-d-exclusion</link><description>Fête du travail 2015 : appel, affiche, histoire, vue d&#039;ensemble des manifesfations</description><content:encoded><![CDATA[<p>En 2015 aussi, une cinquantaine de Fête du 1er Mai auront lieu dans toute la Suisse. Cette année, c'est même une anniversaire qui sera aussi fêté : celui des 125 ans du 1er Mai. La Fête du travail se trouve placée sous le slogan "Justice sociale - Pas d'exclusion !" L'appel de l'USS vous dit pourquoi.
</p><p><span lang="FR">En 1890, des syndicalistes sont descendus pour la première fois dans la rue un 1<sup>er</sup> Mai, en Suisse comme dans le reste de l’Europe. Ils répondaient à l’appel du Congrès international des travailleurs de Paris qui, une année plus tôt, avait proclamé le 1<sup>er</sup> mai Journée internationale du travail, suite au dur conflit de Chicago, dans le contexte de la grève pour la journée de travail de 8 heures. En Suisse aussi, les collègues revendiquaient haut et fort la journée de 8 heures. Mais les patrons leur opposaient une fin de non-recevoir. C’est contre cela que nous nous sommes battus.&nbsp;</span></p><h3>Beaucoup obtenu ...</h3><p class="Text"><span lang="FR">La lutte pour de bonnes conditions de travail et une participation équitable aux fruits du travail a été dure, en Suisse aussi. Sur les lieux de travail et dans la rue. Les manifestations du 1<sup>er</sup> Mai se sont toujours plus fait entendre, attirant toujours plus de monde. Depuis lors, nous avons beaucoup obtenu&nbsp;: dans de nombreuses entreprises, nous avons obtenu la journée de huit heures, la plupart du temps sur la semaine de cinq jours, ainsi que l’introduction des vacances, des hausses de salaire, une sécurité au travail améliorée et la création de l’assurance-maladie, de l’assurance-accidents et des rentes de vieillesse. Bref, le mouvement des travailleurs et travailleuses a conquis de haute lutte plus de justice sociale.</span></p><h3>... et encore beaucoup à faire</h3><p class="Text"><span lang="FR">En 2015, ce combat n’est pas terminé. La Suisse n’a jamais été aussi riche qu’aujourd’hui. Elle pourrait se permettre d’offrir une vie meilleure à l’ensemble des travailleurs et travailleuses, à tous les retraités et toutes les retraitées. La réalité est malheureusement différente. Les disparités sociales croissent. La répartition des revenus et de la fortune est extrêmement inégale. L’écart entre «&nbsp;ceux d’en haut&nbsp;» et «&nbsp;ceux d’en bas&nbsp;» se creuse. La mondialisation fait toujours plus de perdants. Les travailleurs et travailleuses sont rejetés hors du monde du travail, poussés vers l’aide sociale. Plus tard, ils paieront cette injustice en recevant des rentes de vieillesse plus maigres. Il devient plus difficile pour les jeunes d’entrer rapidement sur le marché normal du travail. Avec 4,9&nbsp;%, le chômage est plus élevé que dans le Bade-Wurtemberg et la Bavière. Nous sommes bien loin du plein-emploi. Les pressions sur les salaires s’accentuent. Et la charge de travail a sensiblement augmenté. Tous ces faits inquiètent les gens. C’est contre cela que nous nous battons.</span></p><p class="Text"><span lang="FR">Au lieu de s’attaquer aux problèmes, les partis de droite, les milieux économiques et les patrons veulent miner la justice sociale. Nombre de patrons prennent prétexte de la forte surévaluation du franc, non seulement pour maintenir, mais même pour faire grossir leurs marges. Appliquant le principe selon lequel, quand les affaires marchent, on empoche les bénéfices et quand elles vont mal, on répercute les risques sur le personnel, ils introduisent des salaires en euros illégaux, baissent les salaires, délocalisent des emplois et prolongent la durée du travail. C’est contre ces «&nbsp;profiteurs de la crise du franc&nbsp;» que nous nous battons.</span></p><h3>Une exclusion dommageable</h3><p class="Text"><span lang="FR">Au lieu de demander à la Banque nationale de remplir son mandat légal et d’œuvrer pour un cours de change franc-euro raisonnable, les partis de droite votent, à l’unisson des milieux économiques et propagent des recettes idéologiques bien connues&nbsp;: dérégulations, démantèlement des services publics, programmes d’austérité, régression sociale, baisses d’impôts pour les entreprises et les riches et renoncement à des mesures attendues depuis trop longtemps pour réaliser l’égalité salariale prescrite par la Constitution. C’est contre cela que nous nous battons.</span></p><p class="Text"><span lang="FR">Au lieu de résoudre les problèmes, on exploite la détresse et les peurs des gens en lançant des campagnes d’exclusion&nbsp;: contre les bénéficiaires de l’aide sociale, contre les rentiers et rentières de l’AI, contre les minorités religieuses et surtout contre les étrangers et les étrangères. Or, l’exclusion et les discriminations ne portent pas seulement atteinte aux personnes qu’elles frappent, mais aussi à toute la société. Et elles mettent en danger le bien-être. C’est contre cela que nous nous battons.</span></p><h3>À l'ordre du jour</h3><p class="0-ParagrSPnormaux"><span lang="FR">L’heure est à la justice sociale. Des salaires équitables et des rentes décentes, des conditions de travail de qualité, des emplois sûrs et l’égalité salariale entre femmes et hommes, c’est économiquement possible en Suisse. Il s’agit d’une question de volonté et de rapport de force. C’est pourquoi nous réclamons haut et fort des salaires décents, des rentes meilleures, de bonnes conditions de travail et le plein-emploi. Nous voulons une Suisse juste, solidaire, sans discrimination et ouverte. C’est pour cela que nous nous battons. C’est pour cela que, en ce 125<sup>e</sup> anniversaire de la Fête du travail, nous lançons notre mot d’ordre à travers tout le pays&nbsp;: Justice sociale – Pas d’exclusion&nbsp;!</span></p><h5>À télécharger</h5><ul><li>L'affiche du 1er Mai de Janka Rahm en&nbsp;&lt;media 2773 - - "TEXT, mai2015 A4 F web, mai2015_A4_F_web.pdf, 782 KB"&gt;français, &lt;/media&gt;&lt;media 2772 - - "TEXT, mai2015 A4 D web, mai2015_A4_D_web.pdf, 800 KB"&gt;allemand&lt;/media&gt;&lt;media 2773 - - "TEXT, mai2015 A4 F web, mai2015_A4_F_web.pdf, 782 KB"&gt; &lt;/media&gt;et &lt;media 2774 - - "TEXT, mai2015 A4 I web, mai2015_A4_I_web.pdf, 799 KB"&gt;italien&lt;/media&gt; </li></ul><ul><li>Les 125 ans du 1er Mai :&lt;media 2778 - - "TEXT, histoire, histoire.pdf, 120 KB"&gt; Un miroir de l'histoire de la gauche et des syndicat en Suisse aussi&lt;/media&gt;</li></ul><ul><li>&lt;media 2779 - - "TEXT, solifonds, solifonds.pdf, 21 KB"&gt;L'action du 1er Mai du Solifonds&lt;/media&gt;</li></ul><ul><li>&lt;media 2780 - - "TEXT, appel, appel.pdf, 94 KB"&gt;Appel du 1er Mai de la Confédération syndicale internationale&lt;/media&gt;</li><li><a href="https://www.youtube.com/watch?v=LCSLyTLYVSA" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Message vidéo de Bernardette Ségol</a>, secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats, sur la Fête du travail</li></ul><h5>autres informations</h5><ul><li><a href="https://www.google.com/maps/d/edit?mid=zDdsCP7v8Rx4.khYl2ONurkZg" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Vue d'ensemble mise à jour au fur et à mesure sous forme de carte</a></li><li><a href="https://docs.google.com/spreadsheets/d/1k9oLQ5h5vQQxzlpfk-S9B4zsHoqYpH-EBQ1OJA6rWzk/edit?usp=sharing" target="finden" title="die" rel="noreferrer">La même vue d’ensemble sous forme de tableau</a></li></ul>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2202</guid><pubDate>Fri, 24 Apr 2015 16:32:00 +0200</pubDate><title>Dossier 110: Négociations conventionnelles et salariales 2014/2015</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/dossier-110-negociations-conventionnelles-et-salariales-2014-2015</link><description>Un aperçu des secteurs couverts par les syndicats de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p> Durant l'année de négociation 2014, les syndicats ont surtout enregistré de nombreux succès dans le domaine de la compatibilité famille-profession, en ce qui concerne l'amélioration des congés de maternité et de paternité, qu'il s'agisse de leur durée ou du niveau de la compensation salariale accordée. Ces dernières années, le thème de la compatibilité famille-profession, c'est-à-dire du congé parental, a toujours été à la tête du hit-parade des succès remportés par les syndicats lors des négociations conventionnelles. Cela dénote la grande sensibilité de la société sur cette question, mais aussi la capacité des syndicats (et des employeurs) à concrétiser cette sensibilité lors des négociations conventionnelles.
</p><p>Mentionnons encore qu'il a été possible, dans trois CCT conclues dont une importante (CFF), d'améliorer les conditions posées à la retraite anticipée, avant tout pour les travailleurs et travailleuses dont les conditions de travail sont particulièrement difficiles et dont la plupart touchent un revenu bas.
</p><p>Le présent document récapitule les principaux résultats des négociations conventionnelles et salariales de l'an dernier. Il se fonde sur une enquête réalisée par l'USS auprès de ses syndicats et ne concerne que les secteurs où ces derniers concluent des conventions collectives de travail (CCT). Il a été tenu compte des résultats disponibles communiqués jusqu'à fin février 2015. </p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2199</guid><pubDate>Wed, 22 Apr 2015 09:26:00 +0200</pubDate><title>Droit de grève : les choses bougent à l’OIT</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/droit-de-greve-les-choses-bougent-a-l-oit</link><description>Maintenant, les employeurs doivent tenir leurs promesses</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les choses bougent à l’Organisation internationale du Travail (OIT) en matière de reconnaissance du droit de grève. Cela, après le succès rencontré par la journée mondiale de défense du droit de grève du 18 février.</p><p>Les représentant(e)s des employeurs à l’OIT ne veulent certes pas reconnaître le droit de grève explicitement mais comme découlant de la convention n°&nbsp;87 de l’OIT sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical. Selon des informations de la représentation des travailleurs et travailleuses, les instances tripartites de l’OIT se sont mises d’accord sur ce compromis qui correspond du reste largement à l’ancienne pratique. Cet accord a été trouvé après la journée mondiale de défense du droit de grève à laquelle la Confédération syndicale internationale (CSI) avait appelé le 18 février dernier et à laquelle l’Union syndicale suisse (USS) et les syndicats avaient participé à travers une action à Genève.
</p><p>Le contexte dans lequel a eu lieu ce conflit sur le droit de grève est le fait qu’à l’OIT, ce droit n’est nulle part mentionné explicitement. Mais, jusqu’à ce jour, toutes les parties, soit les représentant(e)s des États, des employeurs et des travailleurs, acceptaient une reconnaissance implicite de ce droit syndical élémentaire comme découlant de la convention n°&nbsp;87 de l’OIT. Ces dernières années cependant, l’Organisation internationale des employeurs (OIE) a toujours plus remis cette reconnaissance implicite en question. Avec les graves conséquences que cela suppose, elle ne voulait plus que les instances de l’OIT traitent les violations du droit de grève, en particulier la Commission de l’application des normes. C’est pour mettre fin à ce blocage que la CSI a organisé pour la première fois, le 18 février, la journée mondiale de défense du droit de grève déjà citée.
</p><p> Lors de la réunion ad hoc des 24 et 25 février, les États se sont ensuite mis d’accord sur la position de la représentation des travailleurs, un pas important vers le retour à la normale et à une nouvelle reconnaissance du droit de grève. La réponse à la question de savoir si, à l’avenir, la Commission de l’application des normes sera à nouveau prête à traiter des cas de violation du droit de grève et de prendre des décisions à ce sujet montrera si les employeurs sont sérieux. Les prochaines délibérations de la commission auront lieu en juin. Au plus tard à ce moment, on connaîtra clairement quelle est vraiment leur position.</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2201</guid><pubDate>Tue, 21 Apr 2015 15:29:00 +0200</pubDate><title>Le rapport du Contrôle fédéral des finances embellit la réalité</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-rapport-du-controle-federal-des-finances-embellit-la-realite</link><description>L&#039;USS rejette les conclusions du CDF et demande que les mesures d&#039;accompagnement soient immédiatement développées</description><content:encoded><![CDATA[<p>Dans son rapport sur la surveillance exercée par le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) en matière d’application des mesures d’accompagnement, le Contrôle fédéral des finances (CDF) donne une image beaucoup trop rose de la réalité. L’Union syndicale suisse (USS) rejette sa conclusion, selon laquelle la conception et la mise en œuvre de la surveillance concernant les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes sont «&nbsp;adaptées à la situation actuelle du marché du travail en Suisse&nbsp;». Cette conclusion est même en contradiction avec le rapport lui-même qui met le doigt sur de nombreux points faibles. 
</p><p>Les expériences faites quotidiennement par les syndicats sur le terrain et les cas de sous-enchère salariale flagrante découverts régulièrement montrent que le système de contrôle n’est absolument pas adapté à la situation actuelle du marché du travail&nbsp;; cela, précisément dans la construction. Le SECO doit en particulier veiller à ce que les instruments à disposition soient utilisés ou renforcés, comme par exemple la possibilité de fermer un chantier en cas d’infractions. C’est la seule manière d’agir rapidement contre les entreprises qui pratiquent une sous-enchère grossière et éliminent les patrons qui paient correctement leur personnel. Il faut en outre rapidement augmenter les amendes. Dans un tel contexte, on ne comprend pas pourquoi le Conseil fédéral ne met pas immédiatement en vigueur la hausse de ces amendes à 30&nbsp;000 francs, alors qu’elle a été bien accueillie lors de la consultation. 
</p><p>À juste titre, le CDF demande que les annonces de détachement de main-d’œuvre soient soumises à un contrôle sommaire. Mais les efforts déployés par le SECO vont précisément ici dans une autre direction. Il veut en effet interdire aux cantons de procéder à de tels contrôles. Or ces derniers sont importants parce qu’ils permettent d’identifier assez facilement des constellations qui sont louches (p. ex. des dizaines d’«&nbsp;indépendants&nbsp;» de diverses branches travaillant au montage des mêmes façades, qui s’annoncent sous des noms différents, etc.). À juste titre aussi, le CDF signale de manière critique que les amendes ne doivent pas uniquement être infligées, mais aussi encaissées.
</p><p> Si l’on ne renforce pas les mesures d’accompagnement, on ne parviendra pas à appliquer le principe selon lequel, en Suisse, on doit verser des salaires suisses. Si ce principe est trop souvent foulé aux pieds, les salaires et les conditions de travail entreront alors dans une spirale descendante qui sera dommageable à l’ensemble des travailleurs et travailleuses ainsi que des employeurs et employeuses corrects.
</p><h5>renseignements</h5><ul><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication et porte-parole de l'USS, 079 249 59 74</li><li>Daniel Lampart, premier secrétaire de l'USS et économiste en chef de l'USS, 079 205 69 11</li></ul>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2194</guid><pubDate>Thu, 16 Apr 2015 08:16:00 +0200</pubDate><title>D’abord davantage de protection et moins de discriminations</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/d-abord-davantage-de-protection-et-moins-de-discriminations</link><description>L’USS exige un programme de mesures pour les travailleurs et travailleuses âgés</description><content:encoded><![CDATA[<p>Dans certaines branches, les travailleurs et travailleuses de 55 ans et plus, voire dès 50 ans, sont plus souvent licenciés aujourd’hui que par le passé. Ils ont ensuite beaucoup plus de difficultés à retrouver un emploi que les jeunes, doivent plus souvent accepter des emplois précaires ou ont besoin, une fois arrivés en fin de droit, de l’aide sociale, ce qui a d’importantes pertes en matière de rentes de vieillesse. Selon Daniel Lampart, le premier secrétaire et économiste en chef de l’Union syndicale suisse (USS), tout cela a pour effet que celles et ceux qui travaillent encore craignent eux aussi toujours plus pour leur emploi.</p><p>Contre l’exclusion croissante des travailleurs et travailleuses âgées, l’USS a présenté aujourd’hui un programme détaillé de mesures à prendre. Au centre de ces mesures se trouve, selon Paul Rechsteiner, le président de l’USS, la protection insuffisante contre le licenciement de ces collaborateurs et collaboratrices méritants de longue date&nbsp;: «&nbsp;Si (le tabou du licenciement des collaborateurs et collaboratrices méritants de longue date) a disparu, il faut mettre alors en place une protection efficace contre le licenciement des travailleurs et travailleuses âgés occupés dans l’entreprise depuis longtemps.&nbsp;» L’interdiction de discriminer demandée, qui doit, d’une part, s’appliquer au recrutement de personnel, mais, de l’autre, exige aussi l’égalité de traitement des salarié(e)s âgés en matière de position dans l’entreprise, de formation continue et de rémunération, a également une fonction de protection. En outre, les travailleurs et travailleuses âgés doivent recevoir leur avoir du 2e pilier et ne plus perdre leur droit à une rente s’ils tombent au chômage juste avant d’avoir atteint l’âge de la retraite.</p><p>Vania Alleva, coprésidente d’Unia et vice-présidente de l’USS, a aussi demandé à ce que les revendications des travailleurs et travailleuses âgés soient une fois pour toutes prises au sérieux. De nombreuses branches comme le second œuvre ou la coiffure, ainsi que l’hôtellerie n’occupent que peu de travailleurs et travailleuses âgées. Dans les branches du textile et de la mode, on constate même un certain «&nbsp;jeunisme&nbsp;». Les 50 à 59 ans ont été la seule catégorie d’âge à avoir dit en majorité oui à l’initiative «&nbsp;Contre l’immigration de masse&nbsp;». Selon Vania Alleva, il faut davantage et non moins de protection pour l’ensemble des salarié(e)s de Suisse, surtout pour les plus âgés. C’est pourquoi il est faux, estime-t-elle, de renvoyer le renforcement des mesures d’accompagnement aux calendes grecques.</p><h5>renseignements</h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en chef de l'USS, 079 205 69 11</li><li>Ewald Ackermann, service de la communication de l'USS, 031 377 01 09 ou 079 660 36 14</li></ul><h5>les interventions</h5><ul><li>Paul Rechsteiner</li><li>Daniel Lampart</li><li>Vania Alleva</li></ul>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2188</guid><pubDate>Wed, 08 Apr 2015 16:42:00 +0200</pubDate><title>Mesures d’accompagnement: double jeu du Conseil fédéral?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/mesures-d-accompagnement-double-jeu-du-conseil-federal</link><description>Améliorations nécessaires gelées</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil fédéral s’est prononcé la semaine dernière en faveur d’une augmentation des amendes en cas de sous-enchère salariale de 5000 à 30&nbsp;&nbsp;000 francs. Voilà au moins un pas qui va dans la bonne direction. Mais, d’autre part, il a renvoyé la mise en œuvre de cette décision aux calendes grecques, en tout cas pas avant les élections fédérales. Le Parlement ne statuera, si tel devait vraiment être le cas, sur ces amendes plus élevées qu’après la consultation sur la Loi sur le travail au noir, soit début 2016 seulement. Quant à toutes les autres améliorations nécessaires pour protéger les salaires, elles ont été gelées par le Conseil fédéral.&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;</p><p>Les salarié-e-s qui sont victimes de sous-enchère salariale n’y comprennent plus rien. Des amendes de 5000 francs sont bien trop basses. Plus d’un employeur va faire le calcul&nbsp;: avec des amendes aussi basses, la sous-enchère salariale est rentable.&nbsp; Pour pouvoir sévir contre les employeurs sans scrupules qui font de la sous-enchère salariale et usent d’astuces déloyales pour contourner les conditions de travail minimales, il faut enfin instaurer des mesures efficaces. 
</p><p>Le Conseil fédéral fait le jeu de ceux qui exercent de la sous-enchère salariale et de leurs relais au Parlement. Sous l’impulsion de l’UDC, une coalition d’employeurs a vu le jour à droite qui veut non seulement empêcher toute amélioration de la protection des salarié-e-s, mais aussi carrément démanteler les mesures de protection. Si le Conseil fédéral joue la montre, le danger augmente que cette coalition d’employeurs ne bloque finalement tout.
</p><h3>Barrer la route à ceux qui font de la sous-enchère salariale</h3><p>Les victimes sont celles et ceux qui ont des salaires modestes ou moyens et qui travaillent dans la construction ou l’industrie, mais aussi dans les professions des services, du nettoyage à l’informatique. De nombreux employeurs suisses ou étrangers ne versent pas des salaires suisses. Leur pratiques sont même parfois criminelles quand ils engagent de faux-indépendants ou établissent de fausses fiches de salaires. C’est ce qu’attestent les cas rendus publics ces derniers mois dénonçant des salaires effectifs de 8 à 10 euros de l’heure. Si l’on ne barre pas la route à ceux qui font de la sous-enchère salariale, le niveau des salaires va reculer dans toute la Suisse. La situation s’est déjà dramatiquement aggravée dans les régions frontalières. Elles ressentent fortement les effets du franc fort et au Tessin par exemple, la crise et le taux de chômage élevé en Italie se fait aussi sentir.
</p><p>Les syndicats font depuis longtemps pression pour que les salaires soient mieux protégés, et donc pour un durcissement des mesures d’accompagnement. Or, en plus d’amendes plus élevées, l’arrêt du travail quand un soupçon de sous-enchère salariale pèse clairement ainsi qu’un renforcement des contrôles sont prioritaires. Si les contrôleurs imposent aux entreprises prises sur le fait de sous-payer des salarié-e-s d’arrêter immédiatement les travaux, le dumping cesse aussitôt. Aucun maître d’ouvrage ne va prendre le risque de mettre sens dessus dessous la planification et l’organisation de son chantier et ainsi provoquer un chaos total à cause d’un cas de sous-enchère salariale. Il va donc d’abord s’assurer que les conditions de travail sont en règle. 
</p><h3>Il est faux d’attendre </h3><p>Le Conseil fédéral a argumenté qu’il voulait attendre la décision sur la loi d’application de l’initiative contre l’immigration de masse avant de parler du renforcement des mesures d‘accompagnement. Cette position est fausse à plus d’un égard. Si la population a l’impression que les salaires suisse sont menacés, la méfiance envers les Accords bilatéraux augmentera. Un éventuel référendum n’aurait alors plus guère de chance de succès. Les contingents ne peuvent remplacer les contrôles des salaires et les amendes du fait que les employeurs feraient travailler plus de monde au noir. Les statistiques salariales montrent que la main d’œuvre sans passeport suisse était plus mal payée sous l’ancien régime des contingents. En outre, avec son «&nbsp;concept de mise en œuvre&nbsp;», le Conseil fédéral alimente même le dumping salarial&nbsp;: alors que les postes fixes occupés par de la main-d’œuvre étrangère seraient limités pour les employeurs suisses, les entreprises étrangères qui versent de bas salaires ainsi que le personnel temporaire auraient toujours un accès illimité au marché du travail (pas de limitation pour les travailleurs détachés, à savoir pour les embauches allant jusqu’à 90 jours). Cela conduit inéluctablement à une augmentation des pressions sur les salaires, du fait que les permis de courte durée sont particulièrement difficiles à contrôler alors que c’est là que le risque de sous-enchère salariale est le plus élevé. 
</p><p>On a promis à la population suisse de verser des salaires suisses en Suisse. Les syndicats exigent que cette promesse soit tenue. Les amendes doivent être aussi rapidement que possible majorées, les cantons doivent pouvoir arrêter les travaux sur demande des contrôleurs quand un soupçon de sous-enchère pèse et les contrôles doivent être renforcés. 
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2163</guid><pubDate>Fri, 13 Mar 2015 11:36:00 +0100</pubDate><title>Manifestation de soutien au personnel en grève de la Buanderie de Marsens (FR)</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/manifestation-de-soutien-au-personnel-en-greve-de-la-buanderie-de-marsens-fr</link><description>Non à la privatisation : les 15 membres du personnel sont en grève depuis une semaine</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Depuis une semaine, les 15 membres du personnel de la buanderie de l'hôpital psychiatrique cantonal de Marsens sont en grève contre l'externalisation de leur travail. Ils exigent qu'au minimum des emplois équivalents leur soient proposés. Le 14 mars aura lieu une manifestation de soutien à leur égard.</p><p> Le Conseil d'Etat fribourgeois a décidé de confier le traitement du linge effectué jusqu'ici par la Buanderie de Marsens aux Blanchisseries Générales SA (LBG). Il a licencié l'ensemble du personnel de cette buanderie publique, en lui proposant de se faire engager par LBG. Or, le salaire minimum dans cette entreprise privée est de 3300 francs brut pour un employé non qualifié et de 3550 francs brut pour un responsable d'équipe. Pour une partie du personnel de la buanderie de Marsens, les pertes risquent d'être de plus de 1000 francs par mois! Le Conseil d'Etat affirme certes qu'il va compenser la différence, mais ce ne sera le cas que pour quelques mois. Par la suite, les baisses salariales s'appliqueraient intégralement! De plus, les conditions de travail seraient aussi fortement dégradées: hausse de la durée du travail, diminution du droit aux vacances, péjoration des conditions de retraite, etc. 
</p><h3>Le Conseil d'Etat bafoue la loi et essaie de briser le mouvement de grève </h3><p>Les quinze salariés de la Buanderie de Marsens se sont ainsi mis en grève. Leur mouvement a commencé le 6 mars dernier. Ils et elles demandent d'être transférés à un poste équivalent à l'Etat de Fribourg. Cette revendication est d'ailleurs conforme aux dispositions légales en vigueur (Loi sur le personnel), qui prévoient le principe du transfert en cas de suppression de poste. C'est le Conseil d'Etat qui les bafouent, en refusant d'appliquer ce principe! 
</p><p>Il ne s'est d'ailleurs pas gêné non plus de faire appel d'ores et déjà aux LBG pour qu'elles se chargent du linge qui n'est pas traité à Marsens suite à la grève. Le gouvernement préfère ainsi faire passer à la caisse les salariés-contribuables (les prestations des LBG sont évidemment facturées!) plutôt que de négocier avec le personnel! 
</p><h3>Les grévistes ont besoin de notre soutien ! </h3><p>Les grévistes font preuve d'une dignité exemplaire et d'un grand courage. Pour la grande majorité d'entre eux, ils ont consacré de longues années de leur vie professionnelle - pour des salaires loin d'être mirobolants! - à remplir une mission de service public. Ils doivent aujourd'hui faire face à un Conseil d'Etat obnubilé par sa logique de démantèlement du service public et qui pratique le dumping salarial. Les grévistes ont donc plus que jamais besoin de notre soutien. Nous ne devons pas les laisser seuls dans ce combat exemplaire! 
</p><p class="bodytext"> Toutes et tous ensemble, en manifestant dans les rues de Fribourg samedi prochain, nous enverrons un signal clair au Conseil d'Etat: il est enfin temps qu'il accepte le principe du transfert du personnel de la buanderie de Marsens à un poste équivalent à l'Etat de Fribourg!</p><p class="bodytext">&nbsp;</p><h3>Manifestation de soutien au personnel en grève de la Buanderie de Marsens :<br>Samedi 14 mars, 14 h, Fribourg<br>Rassemblement:14 h sur l' Esplanade de l’Ancienne gare, à côté de la gare CFF Esplanade de l'Ancienne gare</h3>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Salaires et CCT</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2157</guid><pubDate>Thu, 12 Mar 2015 15:51:00 +0100</pubDate><title>Baisses de salaire et salaires en euros pour frontaliers et frontalières sont interdits</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/baisses-de-salaire-et-salaires-en-euros-pour-frontaliers-et-frontalieres-sont-interdits</link><description>Conférence de l’USS sur des mesures prises à cause du franc fort</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">À peine la Banque nationale suisse (BNS) avait-elle aboli le taux plancher de 1,20 franc pour 1 euro que des «&nbsp;fusibles juridiques&nbsp;» sautaient chez certains employeurs. Ceux-ci ont en effet dans l’idée de baisser les salaires des frontaliers et frontalières ou de rémunérer ces derniers en euros. Quelques-uns imaginent ainsi faire porter le risque entrepreneurial par leur personnel. Une récente conférence de l’Union syndicale suisse (USS) l’a clairement établi&nbsp;: ces mesures sont interdites.</p><h3>Le franc surévalué comme risque entrepreneurial</h3><p>Le franc est surévalué et le cours trop bas de l’euro diminue les recettes de nombre d’entreprises. C’est pourquoi quelques-unes essaient aujourd’hui déjà de comprimer leurs coûts de production en baissant leurs salaires ou en les versant en euros pour répercuter le risque de change sur leur personnel. Et ces prochains temps, d’autres entreprises encore vont se demander comment prendre elles aussi de telles mesures. 
</p><p>Or, toutes ces mesures sont souvent en contradiction avec les principes du droit du travail applicables en cette matière ainsi qu’avec la jurisprudence. C’est ce qu’ont expliqué, lors de la conférence de l’USS «&nbsp;Effets du franc fort du point de vue du droit du travail&nbsp;» du 3 mars dernier, à Berne, Christa Tobler, professeure de droit européen aux Universités de Bâle et Leiden, et Jean Christophe Schwaab, vice-président de la Commission des affaires juridiques du Conseil national, ainsi que d’autres intervenant(e)s encore.
</p><h3>Pas de discrimination à l’encontre des frontaliers et frontalières</h3><p>Concernant les frontaliers et frontalières, lorsque des patrons baissent leur salaire en francs ou versent ces salaires en euros, ou lorsqu’ils essaient d’indexer leurs salaires en les liant au cours du change, ils se mettent juridiquement hors-jeu. C’est ce qu’a montré la professeure Tobler à partir d’une analyse approfondie de la doctrine et de la pratique&nbsp;: une inégalité de traitement à l’encontre des frontaliers et frontalières (pendulaires internationaux<a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2015/150212_Cirigliano_Journee_Salaires-euros.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>) sous la forme d’une baisse de salaire ou du versement de celui-ci en euros viole l’interdiction indirecte de discrimination stipulée par l’Accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) conclu entre la Suisse et l’Union européenne (EU). L’ALCP interdit les inégalités de traitement à l’égard des frontaliers et frontalières sauf si elles sont objectivement justifiées et respectent le principe de la proportionnalité au regard du but visé. Sont à considérer comme indirectement discriminatoires, les mesures qui, de par leur nature, sont propres à plus porter atteinte aux ressortissant(e)s des autres États membres de l’UE qu’aux citoyen(ne)s suisses et si, par conséquent, il y a un risque que les premiers surtout s’en trouvent défavorisés<a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2015/150212_Cirigliano_Journee_Salaires-euros.docx#_ftn2" target="_blank" name="_ftnref2">[2]</a>.
</p><p>L’interdiction de discriminer inscrite dans l’ALCP<a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2015/150212_Cirigliano_Journee_Salaires-euros.docx#_ftn3" target="_blank" name="_ftnref3">[3]</a> interdit donc précisément ce genre d’inégalités de traitement qui découleraient de baisses de salaire, de prolongations de la durée de travail ou, justement, du versement du salaire en euros. Les raisons économiques invoquées comme, par exemple, des variations du taux de change, ne peuvent en effet pas justifier de telles discriminations. C’est pourquoi l’employeur ne peut pas à lui seul lier ses salaires au cours du change pour son personnel provenant de l’UE ou uniquement pour ses frontaliers et frontalières. La professeure Tobler a aussi précisé que, selon l’article 9 alinéa 4 de l’annexe I de l’ALCP, toute disposition discriminatoire figurant dans un contrat de travail est nulle et non avenue de plein droit et le travailleur ou la travailleuse ne peut ainsi pas consentir non plus à une discrimination. 
</p><p>Ici, les salarié(e)s domiciliés en Suisse sont aussi protégés. De fait, il n’est pas possible de les mettre en concurrence avec des frontaliers et frontalières ou même de les remplacer par ces derniers. 
</p><h3>Le risque entrepreneurial ne doit pas être répercuté</h3><p>Les autres intervenant(e)s à cette conférence ont aussi exposé que l’employeur dispose certes d’une marge de manœuvre pour fixer les salaires et aussi pour les baisser (à condition de respecter les règles du congé-modification), du moment qu’il respecte la bonne foi et les bonnes mœurs et que le montant du salaire reste, objectivement et suffisamment, prévisible (donc aucune indexation fixe du salaire sur le cours du change n’est admise). Les congés-modifications sont abusifs si rien ne les justifie objectivement par des raisons relevant de l’entreprise ou du marché (un renoncement aux mesures devrait menacer l’existence de l’entreprise). L’employeur doit pouvoir présenter objectivement ces raisons de congés-modifications, en se basant sur les livres de comptes, l’évolution des carnets de commandes, etc.).
</p><p>Répercuter le risque entrepreneurial sur le personnel est cependant de toute façon interdit et cette disposition impérative du Code des obligations (article 324 CO) ne peut être modifiée ni par un contrat de travail individuel ni par une convention collective de travail (CCT). C’est précisément de répercussion du risque entrepreneurial qu’il s’agit lorsqu’un cours du change défavorable remet en cause les perspectives de recettes d’une entreprise et que celle-ci veut se décharger sur son personnel. Le cours du change fait partie du risque entrepreneurial. L’employeur doit l’assumer par anticipation. Car lui seul profitera aussi d’un cours du change devenu favorable, qui augmentera par conséquent les recettes de l’entreprise. En outre, la doctrine juridique interdit les baisses de salaire comme forme de participation à la mauvaise marche des affaires d’une entreprise, donc, par exemple, une indexation des salaires au cours du change, car cela représente une participation des salarié(e)s à la mauvaise marche des affaires, ce qu’interdit l’article 322a du CO.
</p><p>De telles mesures, qu’elles passent par un accord commun, un congé-modification ou un accord collectif, sont par conséquent nulles et non avenues. Il n’est pas non plus permis de s’appuyer sur un «&nbsp;article de crise&nbsp;» de CCT, car les CCT doivent respecter le droit impératif (art. 358 CO). Si un employeur adapte à intervalles réguliers ses salaires aux variations du cours du change, il commet un abus de droit au sens de l’article 2 du Code civil. 
</p><p> La même chose s’applique à toute augmentation durable du temps de travail, avec salaire inchangé ou réduit. Si cette mesure est prise à cause du taux de change, elle revient à reporter sur le personnel le risque entrepreneurial et est donc interdite. Car toute prolongation de la durée du travail sans modification du salaire n’est rien d’autre en fait qu’une baisse de salaire et doit de ce fait satisfaire aux mêmes conditions que celles posées pour que la baisse soit légale. 
</p><hr><p><a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2015/150212_Cirigliano_Journee_Salaires-euros.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Au sens de l’ATF 135 II 128.
</p><p><a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2015/150212_Cirigliano_Journee_Salaires-euros.docx#_ftnref2" target="_blank" name="_ftn2">[2]</a> ATF 136 V 182.
</p><p><a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2015/150212_Cirigliano_Journee_Salaires-euros.docx#_ftnref3" target="_blank" name="_ftn3">[3]</a> Art. 2 ACLP, précisé à l’art. 5 et à l’art. 9 de l’annexe I ACLP.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2149</guid><pubDate>Wed, 04 Mar 2015 09:42:00 +0100</pubDate><title>Le Conseil national doit maintenir la pression sur les responsables de la catastrophe de l’amiante</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-conseil-national-doit-maintenir-la-pression-sur-les-responsables-de-la-catastrophe-de-l-amiante</link><description>Oui à un « Fonds pour une indemnisation juste des victimes de l’amiante »</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La revendication d’un traitement global de la tragédie de l’amiante présentée par l’Union syndicale suisse (USS) et les associations de victimes de l’amiante portent ses premiers fruits. Le Conseil fédéral a convoqué une table ronde chargée de trouver des solutions consensuelles concernant les victimes de l’amiante qui ne peuvent pas bénéficier des prestations de l’assurance-accidents obligatoire. Mais cela ne va pas assez loin. Il faut, lors de la révision en cours du droit de la prescription, prévoir des mesures qui aident ces personnes à faire valoir leurs droits. Il faut aussi que le Parlement maintienne la pression sur les entreprises qui sont à l’origine de la catastrophe de l’amiante.</p><p>Le droit suisse de la prescription en matière civile est en pleine révision. L’actuel délai de prescription de dix ans ne correspond pas aux connaissances scientifiques en matière d’atteintes à la santé sur une longue durée suite à un contact avec des substances dangereuses comme l’amiante, c’est-à-dire en matière de risques émergents. C’est ce qu’un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme vient d’établir clairement. Elle a en effet constaté que, dans le cas de personnes malades à cause de l’amiante, le droit suisse de la prescription viole la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH).
</p><h3>Le droit suisse de la prescription doit être conforme à la CEDH</h3><p>Nous devons profiter de la révision du droit de la prescription pour introduire une nouvelle réglementation des délais de prescription, qui tienne compte des victimes de l’amiante, soit une réglementation qui permette aux personnes malades à cause de l’amiante de demander des dommages-intérêts ainsi qu’une réparation morale. Le délai qui tient le mieux compte de la longue durée du temps de latence des maladies dues à l’amiante ne doit commencer à courir qu’à partir de l’apparition de celles-ci. Éventuellement, on pourra limiter cette réglementation aux maladies causées par l’amiante.
</p><h3>Une solution globale à la tragédie de l’amiante est nécessaire</h3><p>Mais une telle réforme ne suffira pas pour en arriver à une solution globale. Il faut aussi créer un fonds alimenté par les entreprises qui ont été en rapport à l’époque avec l’amiante. Ce fonds devra rendre justice aux personnes déjà malades. Mais la prévention en matière de maladies liées à l’amiante devra également être renforcée ces prochaines années. En outre, les importantes dépenses que fait déjà la SUVA en rapport avec la problématique de l’amiante et celles qui l’attendent encore ne doivent pas être unilatéralement répercutées sur quelques branches des arts et métiers. Ici, il faut un juste équilibre au sein de tout le collectif des assurés.
</p><h3>Une motion plus nécessaire que jamais</h3><p>La motion «&nbsp;Fonds pour une indemnisation juste des victimes de l’amiante&nbsp;» déposée par la Commission des affaires juridiques du Conseil national demande au Conseil fédéral la création d’un fonds destiné à l’indemnisation complète selon le droit de la responsabilité civile des victimes de l’amiante qui n'ont pu obtenir de réparation, ou seulement une réparation incomplète, auprès d'un responsable civil ou contractuel en raison de l'écoulement du temps.
</p><p>Cela va plus loin que la proposition de table ronde du Conseil fédéral. Celui-ci charge en effet les participant(e)s à cette dernière de trouver des solutions consensuelles pour les personnes affectées par l’amiante et leurs proches qui n’ont pas droit aux prestations de l’assurance-accidents obligatoire. Les autres personnes concernées par l’amiante ne pourraient donc pas profiter du fonds, ce qui est problématique, si bien que la solution de fonds de la Commission juridique reste suivant les cas nécessaire. 
</p><p>De plus, il y a lieu de craindre qu’en l’absence de la pression qu’exercerait sur eux la motion du Conseil national, les représentant(e)s des entreprises invités à la table ronde, qui ont pour leur part provoqué la tragédie de l’amiante en violant leurs devoirs de diligence lors de l’importation, la production et la transformation de cette substance des plus dangereuses, ne sabotent les travaux de la table ronde. 
</p><p>C’est pourquoi l’USS demande au Conseil national de prendre au sérieux la souffrance des personnes malades à cause de l’amiante et de faire passer le bon message en adoptant la motion de sa commission.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2144</guid><pubDate>Wed, 25 Feb 2015 15:31:00 +0100</pubDate><title>L’USS satisfaite : il faut s’attaquer globalement à la catastrophe de l’amiante</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-uss-satisfaite-il-faut-s-attaquer-globalement-a-la-catastrophe-de-l-amiante</link><description>Aide aux victimes de l’amiante : table ronde décidée par la Confédération</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) salue la décision du conseiller fédéral Alain Berset d’organiser sur le thème de l’amiante une table ronde que dirigera l’ancien conseiller fédéral Moritz Leuenberger. Il s’agira aussi de trouver des solutions pour l’aide financière destinée aux victimes de l’amiante et à leurs proches. Ainsi, la Confédération répond à la demande centrale des syndicats et de l’USS. L’USS et ses fédérations contribueront volontiers à rechercher une solution commune.
</p><p>Le premier but de cette table ronde doit être de trouver le plus rapidement possible des solutions financières pour les cas déjà prescrits et les personnes malades à cause de l’amiante qui ne bénéficient pas de la protection de la loi sur l’assurance-accident. Pour elles, une indemnisation représente un acte de justice réparateur. Pour les syndicats, la priorité est toujours de créer un fonds d’indemnisation financé par l’économie. 
</p><p>Deuxièmement, le droit suisse de la prescription en matière civile doit être modifié parce qu’un délai de prescription de dix ans ne correspond pas aux risques modernes pour la santé&nbsp;; ce qui a été clairement établi dans un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme d’il y a une année. Dans le cadre de la révision en cours du droit de la prescription, nous avons besoin d’une nouvelle réglementation des délais, qui tienne compte des victimes, c’est-à-dire pendant lesquels celles-ci peuvent demander à être indemnisées. Le délai qui tient le mieux compte de la longue durée du temps de latence des maladies dues à l’amiante ne doit commencer à courir qu’à partir de l’apparition de celles-ci. Éventuellement, on pourra limiter cette réglementation aux maladies causées par l’amiante, comme l’évoque la Confédération dans son communiqué.
</p><p>Enfin, vu les énormes quantités d’amiante utilisées en Suisse avant son interdiction en 1990 et du fait qu’elles peuvent encore se libérer lors de la démolition ou de la transformation de bâtiments, deux choses ne devront pas être oubliées lors de la table ronde. D’une part, les lacunes du dispositif de prévention doivent être comblées de toute urgence. D’autre part, les importantes dépenses déjà réalisées aujourd’hui par la SUVA en rapport avec la problématique de l’amiante et celles qui l’attendent encore ne doivent pas être unilatéralement répercutées sur quelques branches des arts et métiers. Ici, il faut un juste équilibre au sein de tout le collectif des assurés. 
</p><p>Pour l’USS, il est clair que la Suisse n’a plus le droit de renvoyer à plus tard le traitement des problèmes créés par la catastrophe de l’amiante. Les victimes de l’amiante ne doivent plus patienter encore plus longtemps. Cette catastrophe doit être surmontée globalement. Pour ce faire, tous les acteurs doivent agir ensemble. En convoquant une table ronde, la Confédération a fait un premier pas. 
</p><h5>renseignements</h5><ul><li>&nbsp;Luca Cirigliano,&nbsp;<a name="Text9">&nbsp;</a>secrétaire central de l'USS responsable de la sécurité et de la protection de la santé au travail, 076&nbsp;335 61 97</li></ul><ul><li>Nico Lutz,&nbsp;membre du comité directeur du syndicat Unia, et responsable du secteur de la construction, 076 330 82 07</li></ul>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Assurance-accidents</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2142</guid><pubDate>Tue, 24 Feb 2015 13:35:00 +0100</pubDate><title>La toute dernière excuse bidon : la force du franc</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/la-toute-derniere-excuse-bidon-la-force-du-franc</link><description>Une vaste alliance d’organisations mobilise pour l’égalité salariale</description><content:encoded><![CDATA[<p>À peine la Banque nationale avait-elle abandonné le cours plancher franc-euro et apprécié de ce fait le franc d’environ 20&nbsp;% que certains revendiquaient déjà que l’on renonce à appliquer des mesures pour garantir l’égalité salariale entre femmes et hommes. Or celle-ci n’a rien à voir avec la force du franc&nbsp;! Nous les femmes, nous ne nous laisserons plus servir de telles excuses bidon. Les femmes attendent depuis trop longtemps la réalisation du principe constitutionnel d’un salaire égal pour un travail de valeur égale.
</p><p>Bien que la Constitution fédérale dise clairement que «&nbsp;L’homme et la femme ont droit à un salaire égal pour un travail de valeur égale.&nbsp;», bien que la loi sur l’égalité entre femmes et hommes ait octroyé dès 1996 aux tribunaux la compétence de constater les cas de discrimination, de les interdire et de les faire cesser, ainsi que d’ordonner le versement du salaire dû, nous sommes encore bien loin en Suisse de l’égalité salariale. Les femmes continuent à gagner 20&nbsp;% de moins que les hommes pour un travail de valeur égale. Une part de l’inégalité salariale ne peut pas s’expliquer par des critères comme le travail à temps partiel, l’expérience professionnelle et les responsabilités assumées dans l’entreprise. Mais environ 40&nbsp;% de la différence de salaire ne reposent pas sur des critères objectifs. Il s’agit purement et simplement de discrimination&nbsp;! Chaque année, les femmes perdent par conséquent 7,7&nbsp;milliards de francs à cause de leur sexe. Cet argent leur manque, ainsi qu’à leur famille et aux rentes reçues par les retraitées. 
</p><p>Notre présence à Berne le 7 mars n’en est que plus importante. À cette occasion, les femmes de gauche comme de droite exigeront qu’il soit mis fin à cette situation anticonstitutionnelle. Le 7 mars, une vaste alliance d’organisations descendra dans la rue et exigera du Parlement et du Conseil fédéral la réalisation de l’égalité salariale et que des mesures efficaces soient enfin prises. Pour que tout le monde le comprenne bien&nbsp;: l’équité salariale, cela ne se négocie pas, même si l’économie rencontre des difficultés. C’est pourquoi, le 7 mars, toutes et tous à Berne&nbsp;! Pour que l’égalité salariale ne soit pas victime du franc fort.
</p><h3>Une vaste alliance</h3><p>Emmenées par alliance F et l’Union syndicale suisse (USS), les organisations ci-dessous mobilisent en vue de la manifestation du 7 mars 2015 sur la Place fédérale, à Berne&nbsp;:
</p><p>alliance F - alliance de sociétés féminines suisses&nbsp; <br> Union syndicale suisse (USS)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> BPW Switzerland: Business &amp; Professional Women&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Femmes Protestantes en Suisse (FPS)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> LCH - organisation faîtière des enseignant-e-s de Suisse alémanique&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Dachverband Schweizerischer Gemeinnütziger Frauen SGF&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Union suisse des paysannes et des femmes rurales (USPF)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Ligue suisse des femmes catholiques&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> ASI - la voix infirmière&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Travail Suisse <br> cfd - l’ONG féministe pour la paix&nbsp;&nbsp; <br> PDC Femmes <br> Parti évangélique suisse (PEV)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> PRL Les libéraux-radicaux femmes <br> Frauen Aargau&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Frauen Basel&nbsp; <br> Frauenzentrale Bern&nbsp; <br> Frauenzentrale Zürich&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Grossmütterrevolution&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Les Verts Suisse&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Vert’libéraux Suisse&nbsp; <br> Interessensgemeinschaft Frau und Mu-seh-um&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Jeunes vert-e-s Suisse&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Jeunesse socialiste suisse (JS)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Femmes juristes Suisse&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Kaufmännischer Verband Zürich&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Katholische Arbeitnehmerinnen- und Arbeitnehmerbewegung Schweiz KAB&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Organisation suisse des lesbiennes (LOS)&nbsp;&nbsp; <br> Marche Mondiale des Femmes&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Coordination post Beijing des ONG Suisses&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Ostschweizerinnen.ch&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Parti suisse du travail (PST/POP)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Pro Single Schweiz - Die Interessensgemeinschaft der Alleinstehenden&nbsp;&nbsp; <br> Association suisse des employés de banque (ASEB)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> SEV - Syndicat du personnel des transports <br> Femmes socialistes suisses&nbsp;&nbsp; <br> PS Suisse&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleurs (SIT)&nbsp; <br> Association suisse pour les droits de la femme (ADF), <br>Swiss Women Network,<br>Syna, <br>Syndicom - Syndicat des médias et de la communication &nbsp;
</p><p> UNIA&nbsp; <br> Syndicat suisse des services publics (ssp)&nbsp;&nbsp; <br> Verband Kindergarten Zürich&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Wide Switzerland, Wirtschaftsfrauen Schweiz
</p><h5>Infos pratiques sur la manif</h5><p>&nbsp;</p><h3>Égalité salariale – Ici et maintenant&nbsp;!<br> Manifestation nationale, 7 mars</h3><h3>Lieu de rassemblement&nbsp;: Schützenmatte, 13 h 30, Berne&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br> Manifestation finale&nbsp;: Place fédérale, 15 h&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br><a href="http://www.7mars2015.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.7mars2015.ch</a></h3><p><a href="http://www.7mars2015.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.7mars2015.ch/</a></p><p><a href="http://www.7mars2015.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.7mars2015.ch/</a></p><h5>&nbsp;</h5><p><a href="http://www.7märz2015.ch" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.7märz2015.ch</a></p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Suisse</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2141</guid><pubDate>Mon, 23 Feb 2015 09:28:00 +0100</pubDate><title>Effet « boule de neige » neutralisé : salarié(e)s mieux protégés</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/effet-boule-de-neige-neutralise-salarie-e-s-mieux-proteges</link><description>Enregistrement de la durée du travail : une nouvelle base</description><content:encoded><![CDATA[<p>En Suisse, les entreprises sont tenues par la loi d’enregistrer les temps de travail de la quasi-totalité de leurs employé(e)s. Mais cet instrument de protection contre le travail effectué «&nbsp;gratuitement&nbsp;», la surcharge de travail et l’épuisement professionnel a été insuffisamment appliqué et imposé ces dernières années. Les associations économiques, le Parlement et le Conseil fédéral ont fait pression pour qu’il soit tenu compte de cette réalité en matière d’enregistrement de la durée du travail. Désormais, la nouvelle réglementation donne une nouvelle base à l’enregistrement de la durée du travail. Elle est acceptée par le Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR) et par les faîtières On a neutralisé un effet «&nbsp;boule de neige&nbsp;» échappant à tout contrôle. La grande majorité des salarié(e)s continueront à être protégés demain sous cet angle. Maintenant, aux employeurs et aux autorités d’imposer les nouvelles règles. 
</p><p>L’exception à l’enregistrement de la durée du travail fait l’objet d’une réglementation très restrictive. La durée maximale légale de travail, respectivement les dispositions relatives aux pauses et au temps de travail supplémentaire, continue à s’appliquer à tout le monde. Ne peuvent être exclus de l’autre obligation d’enregistrer la durée du travail que les salarié(e)s qui disposent d’une grande autonomie dans leur travail, peuvent définir&nbsp; eux-mêmes l’essentiel de leurs horaires et gagnent plus de 120&nbsp;000 francs par an. Cette exception doit être réglée dans une convention collective de travail (CCT) conclue par des partenaires sociaux représentatifs. La CCT doit en outre prévoir des mesures de protection de la santé et contre les risques psychosociaux. Et il faut en particulier que l’employeur ait obtenu l’accord écrit du ou de la salarié(e) concerné. 
</p><p>La nouvelle réglementation évite le pire, comme la suppression de l’enregistrement de la durée du travail dans des branches entières, que demandent par exemple deux motions encore pendantes devant les Chambres fédérales. De plus, on courait le risque que le Conseil fédéral ne décide de son propre chef des exceptions plus larges via une modification de l’ordonnance. La nouvelle réglementation empêche certaines formes de renoncement automatique à l’enregistrement de la durée du travail, comme la fixation d’un simple seuil de salaire au-delà duquel un renoncement serait autorisé sans autre, ou d’autres réglementations permettant qu’il suffise qu’un(e) employé(e) soit inscrit au registre du commerce pour qu’il/elle n’ait automatiquement plus besoin d’enregistrer son temps de travail, comme le voulait au départ le SECO. Ces deux façons de procéder auraient eu pour effet qu’à l’avenir, beaucoup plus de salarié(e)s auraient dû travailler sans être protégés par l’instrument de l’enregistrement de la durée du travail.
</p><p> Grâce à la nouvelle réglementation, les employeurs, ainsi que la Confédération et les cantons devront assumer leurs responsabilités. Ils devront veiller à son application correcte. Les employeurs devront aussi accepter dans les CCT des mesures de protection spécifiques contre les risques psychosociaux et l’épuisement professionnel. L’histoire ne doit pas se répéter&nbsp;: les autorités ne doivent plus simplement fermer les yeux lorsque la loi et l’ordonnance ne sont pas respectées. Sinon, cette maladie de notre société qu’est l’épuisement professionnel continuera à se répandre. Ce qui ne nuirait pas seulement aux salarié(e)s, mais aussi aux entreprises.
</p><h5>Renseignements :</h5><ul><li>Luca Cirigliano, secrétaire central de l'USS, responsable du droit du travail, 076 335 61 97</li></ul>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2139</guid><pubDate>Fri, 20 Feb 2015 13:13:00 +0100</pubDate><title>Salaires en euros, baisses de salaire pour les frontaliers/frontalières, salaires indexés ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/salaires-en-euros-baisses-de-salaire-pour-les-frontaliers-frontalieres-salaires-indexes</link><description>Franc fort : une conférence de l’USS sur les conséquences du franc fort sous l&#039;angle du droit du travail</description><content:encoded><![CDATA[<p>À peine la Banque nationale suisse (BNS) avait-elle abandonné le taux de change plancher de 1,20 franc pour 1 euro que certains employeurs se précipitaient dans la brèche avec des propositions plus ou moins sidérantes sous l’angle du droit du travail. ça pullule en effet d’idées sur la manière de baisser les salaires des frontaliers et frontalières ou de rémunérer ces derniers en euros. Certains patrons veulent même lier les salaires au taux de change et les rendre ainsi variables.
</p><p>Une chose est cependant claire&nbsp;: en Suisse, on doit verser des salaires suisses. C’est ce que demandent entre autres les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes. Il est ainsi illégal de discriminer les frontaliers et frontalières. Et il en va de même du report sur le personnel risque entrepreneurial.
</p><p>Afin de clarifier la situation et d’informer les milieux concernés par ces problèmes (membres de commissions tripartites, syndicalistes, juristes, etc.), l’USS organise une conférence sur le thème des salaires en euros, des baisses de salaire pour les frontaliers et frontalières, etc. Par là, il s’agit de mener un travail d’information et de présenter la situation du point de vue juridique, respectivement de la jurisprudence.
</p><p>Les personnes qui interviendront à cette occasion sont les suivantes&nbsp;:</p><ul><li>Christa Tobler, professeure à l’Université de Bâle&nbsp;: interdiction de discriminer les frontaliers et frontalières</li><li>Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS&nbsp;: contexte économique du problème</li><li>Jean Christophe Schwaab, vice-président de la Commission des affaires juridiques du Conseil national et spécialiste du droit du travail&nbsp;: dispositions du droit du travail relativement aux salaires versés en euros</li><li>Luca Cirigliano, secrétaire central de l’USS, responsable du droit du travail et des conditions de travail&nbsp;: report interdit du risque entrepreneurial sur les salarié(e)s et aspects de la cherté du franc relevant du droit social (indemnités en cas de réduction de l’horaire de travail).</li></ul><p>&nbsp;</p><h5>Infos pratiques&nbsp;</h5><h3><span>Conférence de l'USS : </span></h3><h3><span>Mardi 3 Mars 2015, de 15 heures à 18 heures environ</span><br>Hôtel Bern, Zeughausgasse 9, Berne</h3><p class="ParagrSPnormaux">&nbsp;</p><ul><li><span>Les frais de participation pour les membres des syndicats de l’USS sont de Fr.&nbsp;160.-&nbsp;; de Fr. 180.- pour les personnes extérieures intéressées.</span></li><li><span>Inscriptions via courriel à&nbsp;:</span><span><a href="#" data-mailto-token="thpsav1qbspla5ohykpunGzni5jo" data-mailto-vector="7" class="mail">juliet.harding@sgb</a>.ch&nbsp;ou<a href="#" data-mailto-token="thpsav1pumvGbzz5jo" data-mailto-vector="7" class="mail"> info(at)uss.ch</a></span></li></ul><h5>Pour télécharger</h5><ul><li>&lt;media 2693&gt;Programme de la conférence&lt;/media&gt;<br></li></ul>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2137</guid><pubDate>Wed, 18 Feb 2015 16:11:00 +0100</pubDate><title>Plusieurs centaines de syndicalistes manifestent à Genève</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/plusieurs-centaines-de-syndicalistes-manifestent-a-geneve</link><description>Journée d’action mondiale pour la défense du droit de grève</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Plusieurs centaines de syndicalistes ont participé aujourd'hui à Genève à la journée d'action mondiale pour la défense du droit de grève.</p><p>Les attaques dirigées contre le droit de grève se multiplient. Au cœur même de l'Organisation internationale du Travail (OIT), l'Organisation internationale des Employeurs (OIE) bloque la reconnaissance explicite de ce droit humain. Les syndicalistes ont exigé, devant le siège de la Fédération des entreprises romandes (FER) qui, en tant que membre de la délégation suisse auprès de l'OIT, est en étroit contact avec l'OIE, que le droit de grève soit reconnu par celle-ci. Luca Cirigliano, secrétaire central de l'Union syndicale suisse (USS), a remis une lettre à Blaise Matthey, directeur général de la FER, et souligné que " Le droit de grève est le droit humain fondamental des travailleurs et travailleuses de recourir, en cas de conflit, à l'ultime mesure de lutte dont il disposent, c'est-à-dire d'arrêter le travail. "
</p><p>Selon Luca Cirigliano, le droit de grève ne peut pas être toujours efficace si la Suisse ne connaît pas en même temps de protection spécifique contre le licenciement des personnes de confiance et des militant(e)s syndicaux, respectivement des grévistes. Même si l'OIT a, suite à la plainte déposée par l'USS, blâmé à plusieurs reprises la Suisse et demandé qu'elle prenne les mesures qui s'imposent, les employeurs, les milieux économiques et la droite politique bloquent les timides tentatives faites par le Conseil fédéral pour améliorer dans la loi la protection contre le licenciement. D'anciens employé(e)s de la clinique privée neuchâteloise La Providence et de l'entreprise tessinoise de transformation du granit Maurino Graniti ont montré ce que cela signifie : ils furent de fait licenciés alors qu'ils faisaient usage de leur droit de faire grève. Et ce ne sont pas des exceptions : la même chose s'est passée par exemple chez Spar, le détaillant, chez l'entreprise genevoise de transport Pascual et chez Gate Gourmet, à l'aéroport de Cointrin.
</p><p>Il est plus que temps que les droits fondamentaux syndicaux, comme la protection contre le licenciement antisyndical, la réintégration des personnes abusivement licenciées et le droit de grève, soient pleinement respectés, ont encore souligné les représentant(e)s de la Communauté genevoise d'action syndicale (CGAS), du Cartel intersyndical du personnel de l'État et des syndicats internationaux. Ils estiment tous que le Conseil fédéral doit, une fois pour toutes, améliorer la protection contre les licenciements antisyndicaux et que les employeurs doivent arrêter de s'opposer à tout progrès sur cette question, mais tendre la main pour trouver une solution.
</p><p>Les actions du 18 février ont été organisées par la CGAS et le Cartel intersyndical du personnel de l'État, et soutenues par l'USS, Travail.Suisse, les syndicats internationaux présents à Genève et la Confédération syndicale internationale (CSI). À Genève, outre l'OIT, nombre d'organisations internationales ont leur siège et, récemment, la grève aux Transports publics genevois (TPG) a remis au centre la question du droit de grève aussi pour le personnel de services publics.
</p><p>Cette journée a débuté à midi sur la Place des Nations par une action de protestation d'employé(e)s d'institutions internationales sises à Genève. Puis, des représentant(e)s des syndicats internationaux ont manifesté devant le siège de l'OIE et les ambassades de l'Angola et de l'Inde.
</p><h5>pour télécharger</h5><ul><li>&lt;media 2686 - - "TEXT, 150218 LC droit de greve, 150218_LC_droit_de_greve.pdf, 85 KB"&gt;Luca Cirigliano, secrétaire central de l'USS: Le droit de grève doit être défendu, en Suisse aussi&lt;/media&gt;<span class="t3-form-field-container"></span></li><li>&lt;media 2687 - - "TEXT, 150218 LC lettre matthey droit de greve, 150218_LC_lettre_matthey_droit_de_greve.pdf, 139 KB"&gt;Lettre<span class="t3-form-field-container"></span> adressée à la Fédération des entreprises romande&lt;/media&gt;</li><li>&lt;media 2685 - - "TEXT, 2015-02-18cgas UAPG Droit de greve-re7575, 2015-02-18cgas_UAPG_Droit_de_greve-re7575.pdf, 258 KB"&gt;Lettre de la CGAS adressée à la UAPG&lt;/media&gt;</li></ul><h5>Renseignements </h5><ul><li>Luca Cirigliano (076 335 61 97), secrétaire central de l'USS</li><li>Matthias Preisser (079 656 55 36), service de la communication de l'USS </li></ul><p class="Agencementdutexte">&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Suisse</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2136</guid><pubDate>Wed, 18 Feb 2015 12:02:00 +0100</pubDate><title>Le Conseil fédéral s’attaque au dimanche, sans droit ni loi</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/le-conseil-federal-s-attaque-au-dimanche-sans-droit-ni-loi</link><description>Motion Abate : le dimanche est en danger</description><content:encoded><![CDATA[<p> L'Alliance pour le dimanche condamne avec la plus grande vigueur la décision du Conseil fédéral d'autoriser le travail du dimanche dans des centres commerciaux supplémentaires. Cette décision est grave puisqu'elle s'est prise au mépris de la loi et de la Constitution fédérale. C'est pourquoi l'Alliance pour le dimanche, une trentaine d'organisations qui défendent le repos dominical, saisit le Conseil fédéral.
</p><p>L'Alliance pour le dimanche condamne la décision du Conseil fédéral d'autoriser le travail dominical dans les centres commerciaux répondant aux " besoins " du tourisme d'achat. Cette décision s'inscrit dans une tendance à banaliser le travail dominical ainsi que les achats du dimanche, alors que le dimanche est le seul jour de repos commun pour la majeure partie des citoyen-ne-s. Ce jour de congé doit, à ce titre, être maintenu et continuer à faire l'objet d'une protection particulière ; cela, pour préserver tant les activités sociales, familiales et religieuses de la population que la santé des salarié-e-s.
</p><p>Cette décision constitue une remise en question inédite de nos institutions puisque la nouvelle ordonnance est contraire à la loi, voire à la Constitution, selon les avis concordants d'éminents professeurs de droit. L'indignation de l'Alliance pour le dimanche est d'autant plus grande que les autorités fédérales agissent par voie d'ordonnance et ne permettent dès lors pas à la population de s'exprimer sur cette question, et ce, alors que la quasi-totalité des votations cantonales ont vu de telles libéralisations rejetées par le peuple souverain.
</p><p>Alors que plusieurs membres de l'Alliance pour le dimanche n'ont pas été consultés sur ce projet et se trouvent mis devant le fait accompli, c'est notamment le cas des Églises, notre organisation va demander à rencontrer le conseiller fédéral Schneider-Ammann. Elle entend lui faire part de sa déception que des acteurs majeurs de la société aient été écartés d'une telle procédure, ainsi que de sa vive inquiétude de voir que l'intérêt général de la société est toujours plus sacrifié au profit de quelques intérêts privés.
</p><p>&nbsp;</p><p class="Text"><b><span lang="FR"></span></b></p><h5>Pour de plus amples informations</h5><ul><li>Otto Schäfer, Fédération des Églises protestantes de Suisse, 076 778 39 87</li><li>Wolfgang Bürgstein, secrétaire général de Justice et Paix, 078 824 44 18</li><li>Klaus Stadtmüller, président de la Société suisse de médecine du travail, 079 237 97 10</li><li>Lieselotte Fueter, coprésidente des Femmes évangéliques suisse, 079 302 45 35</li><li>Arno Kerst, président de Syna, 079 598 67 70</li><li>Vania Alleva, coprésidente d'Unia, responsable du secteur des services, 079 620 11 14 </li></ul><p><span lang="FR"></span></p>]]></content:encoded><category>Santé</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2133</guid><pubDate>Thu, 12 Feb 2015 11:50:00 +0100</pubDate><title>Ne touchez pas au droit de grève !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/ne-touchez-pas-au-droit-de-greve</link><description>18 février : journée d’action mondiale en défense du droit de grève</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La Confédération syndicale internationale appelle à une journée d’action mondiale pour la défense du droit de grève le 18&nbsp;février 2015. En Suisse, des actions de protestation centrales auront lieu à cette date à Genève.</p><p>Le droit de grève est un droit syndical fondamental garanti par les constitutions de 90&nbsp;États, dont la Suisse depuis 1999. Il est aussi inscrit dans le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels des Nations Unies et dans la Charte sociale européenne. Plus qu’un droit individuel, le droit de grève est un droit collectif, le droit des travailleurs et travailleuses de débrayer et de faire usage de l’arme qu’ils emploient en dernier recours dans les conflits du travail.
</p><p>Depuis que les syndicats et les mouvements sociaux luttent contre les programmes d’austérité lancés à la suite de la crise financière, les attaques contre le droit de grève se multiplient. Les employeurs prennent aussi de plus en plus pour cible ce droit fondamental qui leur déplaît, même au sein de l’Organisation internationale du travail (OIT), l’institution tripartite des Nations Unies. En effet, ils refusent depuis deux ans de reconnaître que le droit de grève est garanti par la convention no&nbsp;87 de l’OIT et bloquent les travaux de la Commission de l’application des normes.
</p><p>Nous déplorons que la représentation suisse auprès de l’OIT, incitée par la délégation des employeurs, se prête elle aussi à ce jeu de blocage. Cette délégation est emmenée par Blaise Matthey, directeur général de la Fédération des entreprises romandes (FER). C’est notamment pour cette raison que des syndicalistes genevois manifesteront en faveur du droit de grève devant le siège de l’association patronale l’après-midi du 18&nbsp;février. La journée d’action mondiale débutera à Genève dès midi, avec une protestation réalisée sur la Place des Nations par le personnel des institutions internationales. À 14&nbsp;heures, ce sera au tour des représentant(e)s des syndicats internationaux de manifester devant l’Organisation internationale des employeurs. Les journalistes sont invités à une conférence de presse à 16&nbsp;heures.
</p><p>La CGAS (Communauté genevoise d'action syndicale) et le Cartel intersyndical du personnel de l'État organisent et coordonnent les manifestations genevoises de la Journée d’action mondiale, qui comptera sur la participation des centrales syndicales internationales et des associations du personnel des organisations internationales. Ces actions reçoivent le soutien de l’USS, de Travail.Suisse et de la Confédération syndicale internationale (CSI).
</p><p>&nbsp;</p><p>&lt;media 2675 - - "TEXT, CGAS USS tract journee mondiale droit de greve 18 fevrier 2015 officiel 01, CGAS_USS_tract_journee_mondiale_droit_de_greve_18_fevrier_2015_officiel_01.pdf, 180 KB"&gt;tract de mobilisation&lt;/media&gt;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2131</guid><pubDate>Thu, 12 Feb 2015 11:00:00 +0100</pubDate><title>18,9 pour cent : le manque à gagner est de près de 1500 francs par mois</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/18-9-pour-cent-le-manque-a-gagner-est-de-pres-de-1500-francs-par-mois</link><description>Égalité salariale : la patience des femmes est à bout</description><content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p><p class="lead">L’échec du Dialogue sur l’égalité des salaires en est la meilleure preuve&nbsp;: les initiatives volontaires ne suffisent pas à elles seules à mettre fin aux inégalités salariales. L’heure est aux mesures légales efficaces. </p><p>&nbsp;</p><p>Voici 34&nbsp;ans que l’article&nbsp;8 de la Constitution fédérale le dit clairement&nbsp;: «&nbsp;L’homme et la femme ont droit à un salaire égal pour un travail de valeur égale.&nbsp;» Entrée en vigueur en 1996, la loi sur l’égalité concrétise ce droit et octroie aux tribunaux la compétence de constater les cas de discrimination, de les interdire et de les faire cesser, ainsi que d’ordonner le versement du salaire dû. Il n’en reste pas moins que l’égalité salariale est toujours un but éloigné en Suisse. Si l’écart salarial entre hommes et femmes s’est réduit relativement vite lorsque l’article constitutionnel a été adopté, le rythme a toutefois diminué durant la dernière décennie. Et l’écart s’est même légèrement creusé récemment, passant de 18,4&nbsp;pour cent en 2010 à 18,9&nbsp;pour cent en 2012.
</p><h3>L’échec du Dialogue sur l’égalité des salaires</h3><p>Ce nouvel écart est l’une des données qui confirment l’échec du Dialogue sur l’égalité des salaires, le projet lancé par les partenaires sociaux et la Confédération pour mettre fin aux inégalités par le biais de mesures volontaires. Le rapport d’évaluation présenté l’an dernier est d’ailleurs parvenu à la même conclusion. À ce rythme, il faudra attendre des décennies pour que l’égalité soit instaurée. Aujourd’hui, les femmes sont trois fois plus nombreuses à percevoir des salaires inférieurs à 4000&nbsp;francs et deux fois moins nombreuses à occuper des postes de cadre. Et elles gagnent 9&nbsp;pour cent de moins même lorsqu’elles accomplissent un travail de valeur égale à qualifications égales. Une discrimination qui représente environ 7,7&nbsp;milliards de francs par an. 
</p><p>Il faut passer aux actes. Avec un écart salarial de 18,9&nbsp;pour cent, les femmes perçoivent près de 1500&nbsp;francs de moins par mois. Sans compter qu’elles en subissent une deuxième fois les conséquences à la retraite&nbsp;: leurs rentes sont inférieures.
</p><h3>Les limites des mesures volontaires</h3><p>L’USS est donc persuadée que les initiatives volontaires ne sont pas suffisantes&nbsp;: l’heure est aux mesures légales efficaces. L’automne passé, le Conseil fédéral a fait un pas dans ce sens&nbsp;: il veut contraindre les entreprises comptant au moins 50&nbsp;employé(e)s à réaliser régulièrement une analyse salariale interne contrôlée par des tiers. Les entreprises devraient en publier le résultat dans leur rapport annuel. Toutefois, si l’employeur n’agissait pas contre les inégalités salariales, il appartiendrait toujours aux salarié(e)s de saisir le tribunal.
</p><p>Si cette mesure va dans le bon sens, elle n’est toutefois pas suffisante pour l’USS. Il faut en effet aussi contraindre les entreprises à éliminer toute inégalité constatée. De surcroît, il faut constituer un organe tripartite qui effectuera des contrôles de salaires et pourra ordonner des mesures efficaces contre les inégalités constatées. C’est en effet la seule façon de transférer la responsabilité de mettre en œuvre le mandat constitutionnel des femmes à une instance publique, absolument indispensable, car une action en paiement du salaire est un obstacle majeur pour les salariées.
</p><h3>Égalité salariale, sans tarder&nbsp;!</h3><p>Par ailleurs, il faut améliorer de façon générale la protection des salaires en augmentant le nombre de conventions collectives du travail et en instaurant un salaire minimal national. Il importe aussi de mieux distribuer le travail rémunéré et le travail non rémunéré entre femmes et hommes. À cet effet, plusieurs mesures sont nécessaires&nbsp;: augmentation et subventionnement des places d’accueil extrafamilial des enfants, soutien pour les personnes qui s’occupent de proches dépendants, congé parental payé et horaires de travail prévisibles et réduits. Enfin, des quotas et une politique éducative qui ne fasse pas de différence entre les sexes doivent garantir que les femmes seront dûment représentées dans tous les domaines du monde du travail.
</p><p>Ne nous trompons toutefois pas&nbsp;: l’égalité salariale ne progressera que si nous les femmes nous sommes présentes sur la place publique et si nous montrons clairement que nous n’accepterons plus la discrimination salariale. C’est le sens à donner à la grande manifestation nationale du 7&nbsp;mars&nbsp;: la patience des femmes est à bout. Nous annonçons la couleur au monde politique et demandons l’égalité salariale, sans tarder.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Salaires et CCT</category><category>Repartition</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2134</guid><pubDate>Wed, 11 Feb 2015 18:11:00 +0100</pubDate><title>Maintenir la voie bilatérale, renforcer la protection des salarié(e)s</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/maintenir-la-voie-bilaterale-renforcer-la-protection-des-salarie-e-s</link><description>Mise en oeuvre de l&#039;initiative contre l&#039;immigration de masse</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les décisions adoptées mercredi par le Conseil fédéral montrent que celui-ci attache une grande importance à la sauvegarde des Accords bilatéraux. Cette attitude positive est d'autant plus importante compte tenu de la forte appréciation du franc. Toutefois, les futures négociations ne doivent pas remettre en question les mesures de protection existantes contre les pressions exercées sur les salaires, les conditions de travail et l'emploi, car ces mesures ne sont pas négociables. En Suisse, il faut verser des salaires suisses et garantir des conditions de travail suisses.
</p><p>Les mesures d'accompagnement présentées par le Conseil fédéral montrent que celui-ci est conscient que des dispositions doivent être prises pour améliorer la protection des salarié(e)s. Nous saluons ainsi la décision de communiquer les mises au concours de postes dans l'administration fédérale aux offices régionaux de placement (ORP) avant leur publication. Il est en revanche incompréhensible qu'aucune mesure ne soit prévue pour le secteur privé, là où les pressions sur les salaires, les conditions de travail et l'emploi sont le plus fortes.
</p><p>Par principe, l'USS s'oppose aux systèmes de contingentement. Comme le montrent les expériences passées, ceux-ci entraînent des inégalités de traitement pour les salarié(e)s sans passeport suisse et favorisent tant le travail au noir que la sous-enchère salariale. En effet, si des contingents sont introduits, les employeurs suisses tenteront de contourner les contrôles préalables des autorités, comme ils l'ont fait par le passé. De la sorte, les inégalités de traitement des étrangers nuisent au bout du compte à tous les salarié(e)s de Suisse.
</p><h5>Renseignements:</h5><p>&nbsp;</p><ul><li><span>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS, 079 249 59 74</span></li></ul><p></p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2132</guid><pubDate>Wed, 11 Feb 2015 09:10:00 +0100</pubDate><title>Solidarité avec les syndicats pakistanais !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/solidarite-avec-les-syndicats-pakistanais</link><description>L’intervention de solifonds et de l’USS
</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> L'USS et solifonds se sont adressés au gouvernement et aux autorités judiciaires du Pakistan pour protester contre la criminalisation des syndicats. Il est nécessaire que ce pays respecte tant les droits au travail que les droits syndicaux et qu'il applique les conventions de l'OIT.</p><p>Dans une lettre de protestation adressée au gouvernement et au ministère public du Pakistan, l'USS et solifonds s'inquiètent d'une pratique habituelle, la criminalisation des conflits du travail. Les dirigeants syndicaux sont ainsi inculpés d'infractions à la loi antiterroriste et traînés devant des tribunaux antiterroristes.
</p><p>Dans leur lettre, l'USS et solifonds reviennent sur l'affaire des tisserands de Faisalabad, qui, en 2010, avaient réclamé une hausse de leurs modestes salaires. En effet, ils percevaient alors une rémunération nettement inférieure au salaire minimal que le gouvernement de la province du Punjab venait de relever. Les protestations massives se sont soldées par des détentions. Trois mois plus tard, des patrons déposaient plainte pour infraction à la loi antiterroriste. En novembre 2011, 14 militants syndicaux étaient condamnés à un total de 490 années d'emprisonnement, condamnation contre laquelle ils ont interjeté recours.
</p><p>Dans leur lettre, qui aborde aussi d'autres cas, l'USS et solifonds exigent que les fausses accusations lancées contre les 14 syndicalistes soient immédiatement retirées et que l'arrêt scandaleux rendu par le tribunal antiterroriste soit révoqué. Les conflits du travail doivent être portés devant les prud'hommes, pas devant un tribunal antiterroriste.
</p><p>&lt;media 2673&gt;Teneur de la lettre&lt;/media&gt;</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2121</guid><pubDate>Wed, 28 Jan 2015 08:42:00 +0100</pubDate><title>Le Parlement doit tenir compte de l’opposition manifestée par les cantons</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-parlement-doit-tenir-compte-de-l-opposition-manifestee-par-les-cantons</link><description>Mise en œuvre de la motion Lombardi</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) regrette que la Commission de l’économie et des redevances du Conseil des États (CER-E) soit entrée en matière au sujet de la loi sur les heures d’ouverture des magasins (LOMag) et soit favorable sur le fond à une prolongation de ces heures d’ouverture.</p><p>L’USS est cependant satisfaite de voir que la CER-E s’est donné une pause de réflexion avant de prendre une décision définitive et prend enfin note de l’opposition des cantons à une prolongation des heures d’ouverture des commerces. Mais maintenant, elle doit aussi prendre les cantons au sérieux et se distancier de la LOMag. En effet, l’opposition des cantons a été dans la plupart des cas, légitimée par leurs citoyen(ne)s&nbsp;: ces dernières années, la prolongation des heures d’ouverture des commerces a été refusée dans plus d’une douzaine de votations cantonales.
</p><p>Il est également indiqué de renoncer à cette loi parce que les salarié(e)s concernés par la prolongation des heures d’ouverture des magasins refusent cette dégradation de leurs conditions de travail déjà précaires. Cela, d’autant plus qu’il n’y a pas de convention collective de travail dans le commerce de détail. Avec la nouvelle loi, les journées de travail deviendraient encore plus irrégulières et morcelées qu’elles ne le sont déjà aujourd’hui. 
</p><p>Avec sa pause de réflexion, la CER-E peut notamment faire en sorte que le Conseil des États soit à la hauteur de sa réputation de «&nbsp;Chambre de réflexion&nbsp;». En effet, les motifs qui, du point de vue de la commission et du Conseil fédéral, parlent en faveur d’une prolongation des heures d’ouverture des magasins sont extrêmement faibles. Ainsi, cette dernière n’est pas un instrument qui permettrait d’endiguer le tourisme d’achat. L’explosion de celui-ci est en premier lieu imputable à l’énorme surévaluation du franc et aux grandes différences existant avec le pouvoir d’achat de nos voisins. Les heures d’ouverture des magasins jouent un rôle négligeable ici, si tant est qu’elles en jouent un. On le voit en cela que le tourisme d’achat explose précisément aussi dans les régions frontalières qui, aujourd’hui déjà, connaissent les mêmes heures d’ouverture, voire des heures d’ouverture plus longues que ce que demande la LOMag (p. ex. Argovie, Zurich, Thurgovie). En outre, ces «&nbsp;touristes&nbsp;» expliquent extrêmement rarement leurs achats à l’étranger par les heures d’ouverture des commerces. Selon une étude de GfK, cette raison est la dernière des raisons évoquées.
</p><h5>renseignements&nbsp;</h5><ul><li>Luca Cirigliano, secrétaire central de l'USS, responsable des conditions de travail, 076 335 61 97</li></ul><ul><li> Thomas Zimmermann, responsable de la communication et porte-parole de l'USS, 079 249 59 74</li></ul><p><a name="Text9"><br></a></p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2116</guid><pubDate>Mon, 26 Jan 2015 15:07:00 +0100</pubDate><title>Baisses de salaire et salaires en euros sont interdits</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/baisses-de-salaire-et-salaires-en-euros-sont-interdits</link><description>Abolition du cours plancher du franc : l&#039;imagination a ses limites

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="ChapeauSPitalique lead">À peine la Banque nationale suisse (BNS) avait-elle aboli le taux plancher de 1,20 franc pour 1 euro que des fusibles juridiques sautaient chez certains employeurs. Ceux-ci pensent en effet baisser les salaires des frontaliers et frontalières ou rémunérer ces derniers en euros. Quelques-uns imaginent même payer tout leur personnel en euros. La situation juridique et la jurisprudence est claire&nbsp;: toutes ces mesures sont interdites.</p><h3><span>Faire pression sur les salaires avec l’euro&nbsp;?</span></h3><p class="ParagrSPnormaux">Le franc est surévalué et, étant donné le cours trop bas de l’euro, nombre d’entreprises verront leurs recettes diminuer. C’est pourquoi beaucoup d’entreprises vont examiner ces prochains temps dans quelle mesure comprimer leurs coûts de production en baissant leurs salaires ou en versant des salaires en euros afin de répercuter le risque de change sur leurs collaborateurs et collaboratrices. &nbsp;</p><p class="ParagrSPnormaux">Certains patrons aimeraient baisser les salaires en francs des frontaliers et frontalières ou les verser en euros et d’autres payer même tout leur personnel en euros, ce qui revient à lier les salaires au cours du franc. Or, toutes ces mesures sont en contradiction avec les principes applicables ici du droit du travail ainsi qu’avec la jurisprudence. </p><h3>L’employeur n’a pas simplement carte blanche </h3><p class="ParagrSPnormaux">L’employeur dispose d’une certaine marge de manœuvre pour fixer les salaires et donc aussi pour les modifier à la baisse (à condition de respecter les règles du congé-modification), du moment qu’il respecte la bonne foi et les bonnes mœurs et que le montant du salaire reste objectivement et suffisamment prévisible. Mais il n’a pas le droit de baisser unilatéralement les salaires. </p><p class="ParagrSPnormaux">L’article 323b du Code des obligations (CO) précise que l’employeur doit payer ses salaires dans une monnaie «&nbsp;ayant cours légal&nbsp;», monnaie qui doit faire partie du contrat de travail et ne peut pas être modifiée unilatéralement par l’employeur.</p><p class="ParagrSPnormaux">L’employeur n’est pas non plus libre quant à la façon dont le contrat est conçu. D’une part, il s’agit d’appliquer la notion de protection prévue par le droit du travail, selon laquelle la partie la plus faible au contrat doit être protégée contre certaines modifications de ce dernier. D’autre part, l’application de l’Accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) doit empêcher la sous-enchère salariale qui peut toucher la main-d’œuvre suisse à travers la discrimination de citoyen(ne)s de l’Union européenne (UE). </p><h3>Le risque entrepreneurial ne peut pas être répercuté sur le personnel</h3><p class="ParagrSPnormaux">Il est interdit de répercuter le risque entrepreneurial sur le personnel (disposition impérative de l’article 323 CO, qui ne peut être modifiée ni via un contrat de travail individuel, ni via une convention collective de travail, CCT). C’est justement ce qui est le cas lorsque le cours du change défavorable assombrit les perspectives économiques d’une entreprise. Or, l’employeur doit assumer par anticipation le cours du change qui fait partie du risque entrepreneurial. Lui seul en profite en effet lorsqu’il prend une autre direction et augmente les bénéfices de son entreprise. La doctrine juridique interdit aussi les baisses de salaire sous forme de participation au résultat négatif d’une entreprise. Car là, nous sommes également en présence d’un report du risque entrepreneurial sur le personnel, ce qu’interdit l’article 322a du CO.</p><p class="ParagrSPnormaux">Pareilles dispositions, qu’elles soient introduites par des accords généraux, le congé-modification ou une CCT, sont par conséquent frappées de nullité. Elles ne peuvent pas non plus s’appuyer sur des «&nbsp;articles de crise&nbsp;» de CCT, car ceux-ci doivent respecter le droit impératif (art. 358 CO). Un employeur qui adapterait régulièrement les salaires en fonction des variations du cours du change commettrait un abus de droit (art. 2 Code civil CC).</p><h3>Le droit du travail protège aussi les frontaliers et frontalières</h3><p class="ParagrSPnormaux">L’interdiction de discriminer stipulée à l’article 2 de l’ALCP (précisée à l’art. 9 al. 1 de l’Annexe 1 de l’ACLP) interdit de traiter différemment les personnes en fonction de leur nationalité ou de leur lieu de domicile. Aucune raison économique, comme par exemple des variations du cours du change, ne peut justifier de telles discriminations. C’est pourquoi l’employeur n’a pas le droit de lier au cours de l’euro les salaires qu’il verse à ses collaborateurs et collaboratrices en provenance de l’UE ou aux frontaliers et frontalières qu’il occupe. Cela protège aussi la main-d’œuvre qui vit en Suisse, car il n’est ainsi pas possible de la mettre en concurrence avec une main-d’œuvre frontalière «&nbsp;bon marché&nbsp;», voire la remplacer par cette dernière. </p><h3>Des euros pour tout le monde&nbsp;?</h3><p class="ParagrSPnormaux">Serait-il cependant autorisé de verser des salaires en euros à tout le personnel, indépendamment de son lieu de domicile&nbsp;? Ou de lier tous les salaires à l’euro&nbsp;? La réponse est non&nbsp;!</p><p class="ParagrSPnormaux">Car, comme dit plus haut, de telles clauses, tant dans des congés-modification que dans des contrats individuels de travail ou des CCT, consisteraient à reporter le risque entrepreneurial sur le personnel (art. 324 CO, resp. selon l’art. 322a CO).</p><p> Les modifications de contrat ou les congés-modification que l’on justifierait pour modifier les salaires en euros – et/ou auraient pour conséquence des salaires variables – ou prévoiraient pareille mesure seraient frappées de nullité et considérées comme un abus de droit (art. 2 CC).
</p><h5>arrêt de tribunal : </h5><p>&lt;media 2633 - - "TEXT, Urteil BL. Lohn Euro 12-12-17 ZR 1 3 , Urteil_BL._Lohn_Euro_12-12-17_ZR_1__3_.pdf, 301 KB"&gt;Arrêt du Tribunal cantonal de Bâle-Campagne, section civile, du 17 décembre 2012, N° 400 12 152. &lt;/media&gt;
</p><h5>autres références bibliographiques : </h5><p><span style="font-size: 12.0023994445801px; line-height: 17.5200004577637px; background-image: url(http://www.sgb.ch/fileadmin/templates/gui/link_hoverline.gif); background-attachment: scroll; background-size: initial; background-origin: initial; background-clip: initial; background-position: 0% 100%; background-repeat: repeat-x; ">&lt;media 2635 - - "TEXT, LC Lohn Euro 9470 de 01, LC_Lohn_Euro_9470_de_01.pdf, 202 KB"&gt;Dr Schwaab Jean Christophe: Paiement du salaire en euros, adaptation au cours de l'euro : que dit le droit du travail ? In: Jusletter vom 8. August 2011.&lt;/media&gt;</span></p><p>Tobler Christa, Indirekte Diskriminierung wegen der Staatsangehörigkeit durch Lohnsenkungen bei schwachem Euro-Kurs, in: Zur Emeritierung von J. Stöckli (Festschrift), Bäni Eva Maria et al. (Hrsg.), Zürich 2014, S. 649 ff. 
</p><p>Pärli Kurt, Neues beim arbeitsrechtlichen Diskriminierungsschutz – mit einem Seitenblick auf die Entwicklung in der europäischen Union, in: Jusletter vom 27. Februar 2011. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2114</guid><pubDate>Mon, 26 Jan 2015 11:47:00 +0100</pubDate><title>7 mars 2015 : tous et toutes à Berne !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/7-mars-2015-tous-et-toutes-a-berne</link><description>Grande manifestation : Égalité salariale maintenant ! Pas de relèvement de l’âge de la retraite des femmes !</description><content:encoded><![CDATA[<p>Nous les femmes, nous en avons assez. Bien que la Constitution fédérale prescrive depuis 34 ans l’égalité salariale entre femmes et hommes, nous gagnons toujours, pour un travail de valeur égale, 20&nbsp;% environ de moins que les hommes. Et alors que cette différence avait au moins diminué jusqu’en 2010, elle s’est même remise à grandir ces dernières années.
</p><p>Chaque année, nous les femmes sommes privées d’environ 7,7 milliards de francs à cause de notre sexe. Par femme, cela représente 677 francs par mois, 8&nbsp;000 francs par année. De l’argent qui nous manque aujourd’hui et nous manquera plus tard dans nos rentes de vieillesse. Ainsi, chacune perd 380&nbsp;000 francs en moyenne pour le calcul de son AVS.
</p><p>C’est pour cela que les femmes veulent maintenant que le droit à un salaire égal pour un travail de valeur égale, comme le garantissent la Constitution fédérale et la loi sur l’égalité entre femmes et hommes, devienne rapidement et systématiquement la réalité. À cet effet, il faut et une volonté politique et des contrôles efficaces. Désormais, le Conseil fédéral emprunte enfin cette voie. Ce qui est d’autant plus important que l’égalité des salaires permet aussi de mieux concilier famille et profession.
</p><p>Mais un pas dans la bonne direction ne suffira pas. D’autant plus que le même Conseil fédéral veut relever parallèlement l’âge de la retraite des femmes. Si rien ne bouge, il faut que les femmes soient présentes publiquement. Nous devons clairement faire comprendre que nous ne sommes pas disposées à continuer à avaler tranquillement les discriminations salariales. Avec une grande manifestation nationale, le 7 mars prochain, nous voulons montrer que la moutarde nous monte au nez, à nous les femmes. Nous voulons dire comment les choses doivent se faire&nbsp;: nous voulons l’égalité des salaires, illico&nbsp;!
</p><p>Pour ces raisons, une vaste alliance d’organisations féminines ecclésiastiques, syndicales et bourgeoises appelle à une grande manifestation à Berne. En plus des femmes de l’Union syndicale suisse (USS) et de Travail.Suisse, on y trouve les grandes associations de femmes&nbsp;: alliance F et la Ligue suisse des femmes catholiques, ainsi que les Business &amp; Professional Women (BPW), des agricultrices, les Femmes protestantes en Suisse, l’Association suisse pour les droits de la femme (ADF) et Marche mondiale des Femmes MMF. Nous toutes, nous voulons faire venir des milliers de personnes à Berne. 
</p><p>Le 12 juin, l’USS organise en outre à Berne, avec l’institut de formation des syndicats Movendo, une journée sur le thème du contrôle des salaires. 2015 doit être une année clé pour l’égalité des salaires. Mais nous n’y parviendrons que si, le 7 mars prochain, le plus grand nombre de femmes et d’hommes aussi déterminés que possibles exigent&nbsp;: l’égalité, maintenant et pas de relèvement de l’âge de la retraite des femmes&nbsp;! Nos chances sont bonnes, car jamais encore, une alliance aussi large n’avait mobilisé pour une manifestation des femmes. Profitons-en&nbsp;: le 7 mars, tous et toutes à Berne&nbsp;!!</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Suisse</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2084</guid><pubDate>Mon, 05 Jan 2015 09:49:00 +0100</pubDate><title>Retrouver la boussole sociale</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/retrouver-la-boussole-sociale</link><description>Conférence de presse annuelle de l’USS 2015</description><content:encoded><![CDATA[<p class="Pressenotetitrebref">Ces 20 dernières années, la politique suisse a perdu la boussole sociale. Au lieu de corriger le fort creusement des écarts de salaire, les politiques ont augmenté, et non allégé, la charge supportée par les ménages de salarié(e)s ordinaires. C’est pourquoi l’Union syndicale suisse (USS) veut des hausses de salaire pour les personnes à bas ou moyens revenus, en particulier pour les titulaires d’un apprentissage&nbsp;; cela, via des réductions plus fortes des primes des caisses maladie et un relèvement des rentes AVS.</p><p class="Text">Le tout dernier rapport de l’USS sur la répartition des revenus et de la fortune en Suisse présenté ce lundi ne laisse subsister aucun doute&nbsp;: les écarts de revenus entre les personnes à gros salaires et les salarié(e)s «&nbsp;normaux&nbsp;» continuent à largement se creuser. Depuis 1996, les salaires du 1&nbsp;% le mieux rémunéré a augmenté, en termes réels, de 40&nbsp;% environ, alors que cette hausse n’était que de 8, respectivement 12&nbsp;% pour les bas et moyens revenus. Et les personnes professionnellement actives au bénéfice d’un apprentissage (diplôme le plus élevé) ont dû se contenter de moins de 5&nbsp;%. L’évolution des revenus des personnes à la retraite est encore plus inégalitaire que pour les salarié(e)s, car les 2<sup>e</sup> et 3<sup>e</sup> piliers prolongent et accentuent à cet âge les déséquilibres de la vie active. S’y ajoute que, relativement à l’évolution économique, les rentes AVS perdent toujours plus de leur valeur et ne suivent pas le rythme de l’évolution des salaires. </p><p class="Text">Au lieu d’intervenir pour corriger ces faits, les politiques ont même renforcé l’évolution toujours plus inégalitaire des salaires&nbsp;: les classes de revenu supérieures ont vu leur charge fiscale s’alléger (surtout impôts directs), quand les bas et moyens revenus voyaient la leur s’alourdir fortement, à cause de la hausse de taxes et, surtout, des primes des caisses maladie. En fin de compte, le revenu disponible réel des personnes à petits salaires a baissé de 200 francs (personnes vivant seules), respectivement de 190 francs (couples avec 2 enfants) entre 2002 et 2012. Le revenu des classes de revenu moyen a stagné, alors que le 1&nbsp;% le mieux rémunéré a eu 1&nbsp;930 francs, respectivement 2&nbsp;860 francs de plus dans son porte-monnaie. </p><p class="Text">Pour retrouver la boussole sociale, l’USS demande une hausse des subsides servant à financer les réductions des primes maladie. Aucun ménage ne doit être contraint de consacrer plus de 10&nbsp;% de son revenu à ses primes&nbsp;; dans une deuxième étape, l’objectif devra être de 8&nbsp;%, comme le but social formulé à la fin des années 1990, lors de la révision de la loi sur l’assurance-maladie. </p><p class="Text">Vu le résultat modeste des négociations salariales pour 2015, des hausses substantielles de salaire s’imposent pour les bas et moyens revenus, en particulier les titulaires d’un apprentissage. Des hausses générales sont indiquées ici, dans le cadre des conventions collectives de travail, et non des hausses individuelles, car elles profitent avant tout aux revenus les plus élevés. </p><p> Enfin, pour atténuer les différences de revenu des personnes à la retraite, il faut développer l’AVS, une assurance au financement social, comme le demande l’initiative «&nbsp;AVSplus&nbsp;: pour une AVS forte&nbsp;». Au lieu d’affaiblir la principale assurance sociale qu’est l’AVS, comme le ferait le projet «&nbsp;Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;» (relèvement de l’âge de la retraite des femmes, retrait partiel de la Confédération du financement de l’AVS, frein aux dépenses), il faut la renforcer.&nbsp;
</p><h5>Les Exposés de la conférence</h5><ul><li><span>&lt;media 2546 - - "TEXT, 150105 Rechsteiner Conf-annuelle, 150105_Rechsteiner_Conf-annuelle.pdf, 69 KB"&gt;Paul Rechsteiner, président de l'USS :"Une boussole sociale pour la Suisse: salaires meilleurs pour les titulaires d'un apprentissage, allègements de la charge des primes maladie et hausse des rentes AVS !"&lt;/media&gt;</span></li><li><span>&lt;media 2549 - - "TEXT, 150105 Lampart Conf-annuelle 02, 150105_Lampart_Conf-annuelle_02.pdf, 1.8 MB"&gt;Daniel Lampart, économiste en chef de l'USS : "Il faut engager des mesures contre les écarts de salaire et de revenu ainsi que la lourde charge des primes des caisses maladie"&lt;/media&gt;</span></li><li><span>&lt;media 2552 - - "TEXT, 150105 Bianchi Conf-annuelle 02, 150105_Bianchi_Conf-annuelle_02.pdf, 121 KB"&gt;Doris Bianchi, secrétaire dirigeante de l'USS, responsable de la sécurité sociale : "Il faut renforcer l'AVS, pour les jeunes et les moins jeunes"&lt;/media&gt;</span></li></ul><h5><span>Documents sur le thème</span></h5><p>&nbsp;</p><ul><li><span>&lt;media 2555 - - "TEXT, 107df DL Verteilungsbericht 2015, 107df_DL_Verteilungsbericht_2015.pdf, 8.0 MB"&gt;Dossier de l'USS N° 107 : "<span>SGB-Verteilungsbericht 2015 -&nbsp;</span><span>Eine Analyse der Lohn-, Einkommens- und Vermögensverteilung in der Schweiz" (a</span>&lt;/media&gt;</span><span>&lt;media 2555 - - "TEXT, 107df DL Verteilungsbericht 2015, 107df_DL_Verteilungsbericht_2015.pdf, 8.0 MB"&gt;vec résumé en français)&lt;/media&gt;</span></li><li>&lt;media 2556 - - "TEXT, 108df DL-BO-DG Praemienverbilligung, 108df_DL-BO-DG_Praemienverbilligung.pdf, 7.5 MB"&gt;Dossier de l'USS N° 108 :"&nbsp;<span>Höhere Prämienverbilligungen&nbsp;</span><span>gegen die Krankenkassen-Prämienlast &nbsp;- Eine Analyse der durchschnittlichen Prämienlast in der Schweiz und Vorschläge für debn Ausbau der Prämienverbilligungen" (a</span><span>&lt;media 2556 - - "TEXT, 108df DL-BO-DG Praemienverbilligung, 108df_DL-BO-DG_Praemienverbilligung.pdf, 7.5 MB"&gt;vec résumé en français)&lt;/media&gt;</span>&lt;/media&gt;</li></ul><ul><li><h5>Renseignements</h5></li><li><span>&nbsp;</span><span>Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en chef, 079 205 69 11</span></li><li>Doris Bianchi, secrétaire dirigeante, responsable de la sécurité sociale, 076 564 67 67</li></ul><p class="GliederungText">&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category><category>Salaires et CCT</category><category>Repartition</category><category>AVS</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1106</guid><pubDate>Mon, 15 Dec 2014 16:01:00 +0100</pubDate><title>Non au retour à un régime discriminatoire</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/non-au-retour-a-un-regime-discriminatoire</link><description>Du système de contingentement à la libre circulation des personnes</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"><span lang="FR-CH">Le oui syndical à la libre circulation des personnes et à plus de protection des travailleurs est un acquis historique.</span></p><p>Après le oui du bout des lèvres du 9 février dernier à l'initiative UDC contre l'immigration de masse, la Suisse risque d'en revenir à la période d'avant les accords bilatéraux avec l'UE, soit à un régime de contingentement piloté par la police des étrangers. Avec les accords bilatéraux, la Suisse a ratifié la libre circulation des personnes en vigueur au niveau européen. Comme il s'agit de questions de principe, dont on ne saurait surestimer l'importance, je commencerai ici par évoquer le passé, avant de jeter un coup d'oeil à l'avenir. 
</p><h3>&nbsp;</h3><h3><p><b><span lang="FR-CH">Le spectre de la « surpopulation étrangère »</span></b></p></h3><p>La Suisse a été une terre d'immigration à chaque fois que la prospérité économique s'est prolongée dans la durée: de 1890 à 1914 comme de 1946 à 1974, avec toutefois de grandes différences.
</p><p>Au début des années 1890, la Suisse est devenue un pays d'immigration pour atteindre, en 1914, 16% d'étrangers parmi la population résidente, avec un pourcentage bien supérieur dans les villes.
</p><p>Le principe de la libre circulation des personnes s'est appliqué jusqu'en 1914. Les syndicats avaient une approche internationaliste puisque, vers 1900, près de la moitié de leurs membres avaient un passeport étranger. Des immigrants comme le socialiste Herman Greulich né à Breslau, alors ville allemande, ont joué un rôle-clé dans le mouvement syndical.
</p><p>C'est vers 1900 également que la notion de " surpopulation étrangère " est apparue pour la première fois dans un pamphlet. En 1914, elle a fait son entrée dans un rapport officiel. En 1931, la nouvelle législation sur les étrangers parlait à son tour du " degré de surpopulation étrangère " . Ce concept réactionnaire a d'emblée été contraire au mouvement ouvrier, surtout après la grève générale de 1918.
</p><p>Après la Deuxième Guerre, la police des étrangers était l'instrument de pilotage du marché du travail. Les syndicats ont demandé dans un premier temps d'accorder la " priorité à la main-d'œuvre indigène ", puis, durant les années 1950, de limiter les admissions en Suisse. Ils prônaient des contrôles stricts de police des étrangers. Il était régulièrement question, dans les résolutions et discours syndicaux, de " défense contre la surpopulation étrangère ".
</p><p>Dans les années 1960, les " anti-surpopulation étrangère " situés à l'extrême-droite sont devenus de plus en plus influents. C'est l'époque où la politique de contingentement réclamée par l'Union syndicale suisse (USS) s'est officiellement imposée.
</p><p>Les campagnes de votation ont mis à rude épreuve les syndicats. Notamment celle de l'initiative Schwarzenbach de 1970 (54% de non; taux de participation masculine de 74%). Les syndicats étaient déchirés entre les appels à revoir à la baisse les contingents et le souci d'égalité de traitement et d'intégration de la main-d'oeuvre étrangère. La notion de " surpopulation étrangère " propre à la politique du marché du travail avait presque inévitablement acquis une dimension culturelle. C'est l'époque où les Italiens du Sud étaient visés.
</p><p>Ce mouvement de va-et-vient a duré plusieurs dizaines d'années. Ce n'est que dans les années 1990 que l'USS s'est enfin prononcée en faveur de la libre circulation des personnes. Mais à la condition expresse qu'elle soit liée à une nouvelle protection non discriminatoire des travailleurs. Le syndicat de la construction SIB (aujourd'hui Unia), qui comptait une forte proportion de migrant-e-s, avait joué un rôle décisif dans cette évolution.
</p><h3>&nbsp;</h3><h3><p><b><span lang="FR-CH">Une question de pouvoir</span></b></p></h3><p>Il n'existe pas à ce jour d'analyse approfondie de l'ancien système de police des étrangers et de ses conséquences d'un point de vue syndical. Mais il est certain que dans différentes branches, un tel système a débouché sur un non respect des conditions de travail et sur des salaires revus à la baisse. La discrimination des migrant-e-s a fait reculer les salaires de la main-d'oeuvre indigène. On peut d'ailleurs se demander si le contingentement d'alors a réellement limité l'immigration, puisque les mouvements migratoires ont suivi de près l'évolution économique. Cette politique a eu des effets désastreux sur le plan syndical. Le croisement de la question sociale et de la question nationale opéré par le contingentement a eu pour conséquence de viser les personnes (étrangères) et non les conditions de travail. D'où un clivage entre travailleuses et travailleurs, aux dépens de la solidarité. Or la solidarité est une condition indispensable pour obtenir des améliorations sociales.
</p><p>Le contingentement exigeait des lois sur le marché du travail. Une raréfaction de l'" offre de main-d'oeuvre " était censée aider la population active. On oubliait au passage que les conditions de travail et les salaires ne sont pas une simple question de marché, mais plutôt une question de pouvoir. Les salaires trop bas des femmes en sont un exemple éloquent. Une règle syndicale élémentaire dit que la lutte commune pour les conventions collectives de travail (CCT) améliore les conditions de travail. La politique nationaliste de contingentement a été un piège pour les syndicats. Elle les a paralysés pendant des décennies et poussés à agir contre leurs intérêts.
</p><p>Les syndicats ont joué un rôle crucial dans l'aboutissement des accords bilatéraux (libre circulation des personnes comprise). Ils ont tiré la leçon du non à l'EEE de 1992 et ont réclamé, comme condition préalable à la libre circulation des personnes, de nouvelles mesures non discriminatoires destinées à protéger les salaires. C'est ainsi que sont nées en Suisse les " mesures d'accompagnement ". Il n'a certes pas été possible de faire accepter toutes les revendications syndicales. Mais un système impensable jusqu'alors en Suisse a vu le jour: le contrôle des conditions de travail et des salaires. La Confédération et les cantons ont introduit des " commissions tripartites " qui observent et contrôlent les conditions de travail. Ces commissions interviennent en cas de dumping salarial. L'application de la force obligatoire des CCT a également été améliorée. Ainsi, le Conseil fédéral peut déclarer une CCT valable pour toute une branche lorsque le dumping salarial est répété. Et faute de CCT, il est désormais possible d'introduire des salaires minimaux étatiques (contrat-type de travail). Les nouveaux salaires minimaux nationaux en vigueur dans l'économie domestique en sont un bon exemp
</p><h3>Des réponses sociales aux problèmes sociaux</h3><p>La protection des travailleurs subit des pressions croissantes en Europe et dans le monde entier, notamment dans le climat hostile et néolibéral d'aujourd'hui. Les syndicats sont néanmoins parvenus en Suisse à améliorer le taux de couverture des CCT. Ils ont globalement su empêcher une dégringolade des salaires grâce aux CCT et à leurs campagnes en faveur des salaires minimums. Les avancées ont été spectaculaires dans des branches anciennement réputées à bas salaires qui occupaient de nombreux saisonniers, telles la construction et l'hôtellerie-restauration. Il s'agit d'un réel succès.
</p><p>Le risque de dumping salarial ainsi que la détérioration de conditions de travail demeure hélas d'actualité. De tels phénomènes ne sont malheureusement pas combattus partout avec la détermination nécessaire. Ainsi, le chef de l'office cantonal du travail de Zurich, responsable de l'exécution des mesures d'accompagnement, a trouvé moyen de qualifier cette protection de " sur réglementation dommageable ".
</p><p>La soudaine volte-face de l'Union patronale qui, peu avant le 9 février 2014, a refusé de poursuivre les négociations sur l'amélioration des mesures d'accompagnement a été fatale. Lors des précédents scrutins sur la reconduction de la libre circulation des personnes, les partenaires sociaux avaient à chaque fois prouvé concrètement qu'ils étaient disposés à combattre les abus par de nouvelles mesures d'accompagnement.
</p><p>Les syndicats sont en mesure de jouer un rôle-clé dans les conflits à venir également. Car le oui à l'initiative de l'UDC n'a pas seulement révélé un climat de xénophobie, mais aussi d'énormes craintes sociales. Or en définitive, ce sont les travailleuses et travailleurs qui décident de l'issue des votations. D'où la nécessité d'apporter des réponses sociales aux craintes sociales exprimées.
</p><p>Nous, les syndicats, sommes résolument engagés pour la reconduction des accords bilatéraux. Ils restent la clé de voûte d'une relation réglementée avec l'Europe. Mais nous luttons aussi contre toute nouvelle discrimination. Les syndicats constituent l'organisation la plus importante et la plus forte où les salarié-e-s s'organisent indépendamment de leur provenance, de leur couleur de peau et de leur passeport. Un retour à la politique des contingents, à un nouveau statut de saisonnier, serait non seulement aberrant d'un point de vue économique, mais marquerait une régression historique de plusieurs décennies, sur le plan tant social que politique.
</p><p>Et il faut apporter de nouvelles réponses sociales aux problèmes sociaux. Nous voulons davantage de protection salariale car il est grand temps de prendre au sérieux la lutte contre le dumping salarial.
</p><p>Enfin, il est urgent de prévoir des mesures permettant de mieux concilier profession et famille ou contre la discrimination de la main-d'œuvre âgée. L'issue des futures votations populaires dépendra de la crédibilité des réponses apportées aux problèmes sociaux. Les enjeux actuels sont donc cruciaux pour l'avenir de la Suisse.
</p><h5><span lang="FR-CH">Matériaux</span></h5><ul><li><p class="Text"><span lang="FR-CH">Ce texte de Paul Rechsteiner, président de’l USS, provient de la brochure du syndicat Unia «&nbsp;<a href="http://www.unia.ch/fr/campagnes/plus-jamais-de-statut-de-saisonnier/brochure/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Baraques, xénophobie et enfants cachés</a>&nbsp;»</span></p></li><li><p class="Text"><span lang="FR-CH">Dans le film «&nbsp;Interdits et cachés – des enfants de saisonniers racontent&nbsp;» leurs enfances perdues.</span></p></li></ul>]]></content:encoded><category>Migration</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2078</guid><pubDate>Mon, 08 Dec 2014 11:17:00 +0100</pubDate><title>Relever les défis actuels et futurs</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/relever-les-defis-actuels-et-futurs</link><description>La loi sur le travail fête ses 50 ans

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La loi sur le travail, un des outils de la protection des travailleurs et travailleuses les plus importants, est en vigueur depuis 50 ans. Souhaitons à cette loi qui a fait ses preuves qu'elle résiste clairement aux attaques lancées contre ses dispositions, qu'elle soit mieux appliquée dans les faits, s'adapte aux formes de travail modernes comme le télétravail et reconnaisse l'épuisement professionnel comme maladie professionnelle.</p><p>À la faveur d'une petite fête et en présence du conseiller fédéral Johann N. Schneider-Ammann ainsi que des partenaires sociaux, la Commission fédérale du travail a rappelé, le 2 décembre dernier, que la loi fédérale sur le travail dans l'industrie, l'artisanat et le commerce (loi sur le travail) fêtait cette année son cinquantième anniversaire. Instrument essentiel de la protection des travailleurs et travailleuses introduit grâce à une lutte menée par les syndicats pendant des décennies, cette loi règle des domaines cruciaux comme la protection de la santé au travail, la durée du travail et les temps de repos ainsi que la protection spéciale au travail des jeunes, des femmes enceintes et des femmes allaitantes.
</p><h3>Hier...</h3><p>La loi sur le travail est une " descendante directe " de la loi fédérale sur les fabriques de 1877, qui avait entre autres limité la durée quotidienne du travail à 11 heures, interdit le travail de nuit et du dimanche ainsi que le travail des enfants de moins de 14 ans et celui des femmes enceintes ou venant d'accoucher, quelques semaines avant et après un accouchement. Sa mise en œuvre fut une heure de gloire pour un mouvement ouvrier encore jeune qui, allié avec le mouvement catholique-conservateur, parvint aussi à faire échouer un référendum libéral lancée contre elle.
</p><p>Depuis le début du XXème siècle, certains se sont efforcés d'étendre la législation de la loi sur le travail, qui ne s'appliquait alors qu'aux seules fabriques et entreprises de transport. Plusieurs tentatives s'enlisèrent. En 1935, l'Union syndicale suisse (USS) présenta son propre projet d'une loi fédérale sur le travail moderne. Elle s'orientait fortement sur les instructions et prescriptions juridiques internationales de l'Organisation internationale du Travail (OIT) à laquelle la Suisse avait adhéré en 1919 déjà. La tentative menée au début des années 60 fut finalement un succès. En 1964, le Parlement fédéral adoptait en effet la nouvelle loi sur le travail.
</p><h3>... et demain</h3><p>Aujourd'hui, il s'agit, d'une part, de conserver ce qui a fait ses preuves et, avant tout, de repousser les fréquentes attaques dirigées contre la limitation, soit la réglementation, de la durée du travail et, de l'autre, d'adapter la loi à l'évolution technologique. Il faut, premièrement, prendre en compte le phénomène en plein développement du télétravail via l'octroi de pauses et une réglementation en matière de responsabilité civile. Deuxièmement, la disponibilité sans faille demandée aux travailleurs et travailleuses, qui s'est imposée à la vitesse grand V à travers les téléphones intelligents, doit être à nouveau restreinte afin de protéger les personnes concernées. Troisièmement, pour protéger les salarié(e)s contre les risques psychosociaux (stress, travail excessif, travail de nuit), il faut que les inspectorats cantonaux du travail contrôlent davantage la saisie de la durée du travail. Et, quatrièmement, le droit suisse doit être modifié de sorte que l'épuisement professionnel dû au stress au travail soit reconnu une fois pour toutes comme maladie professionnelle ! Enfin, la législation sur le travail doit contenir des prescriptions qui garantissent une protection minimale de la santé aux travailleurs et travailleuses appelés à désamianter des bâtiments. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2073</guid><pubDate>Wed, 03 Dec 2014 14:43:00 +0100</pubDate><title>Un jalon important, qui dépasse la seule initiative Ecopop</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/un-jalon-important-qui-depasse-la-seule-initiative-ecopop</link><description>Votation du 30 novembre : le commentaire de Paul Rechsteiner, président de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La campagne des syndicats contre Ecopop a été solide et bien visible, tant à l’interne que vis-à-vis du public. Cela a certainement joué un rôle dans le résultat clair de la votation. Une raison pour dresser brièvement un bilan.</p><p>Le premier point à noter est que le contexte des prochaines négociations complexes avec l’Union européenne (UE) n’est plus le même depuis le 30 novembre 2014. Le non à Ecopop n’est pas seulement un non adressé à une initiative xénophobe habillée de vert. Le résultat très net de ce scrutin peut aussi être compris comme un refus de rompre avec les Accords bilatéraux. 
</p><p>Souvenons-nous&nbsp;: après le 9 février, le maintien de ces accords n’était plus si évident suite au oui à l’initiative «&nbsp;Contre l’initiative de masse&nbsp;». Si l’UDC avait souligné avant la votation que son initiative ne mettrait pas en danger ces derniers – entre autres dans le journal de votation distribué à toute la population suisse –, chacun(e) sut tout à coup, après le 9 février, qu’il en allait en fait différemment. Subitement, tout se trouvait remis en question&nbsp;: des Accords bilatéraux aux Droits humains. Avec des résonnances parfois inquiétantes dans la Berne fédérale. 
</p><p>Petit pays au centre de l’Europe, doté d’une économie fortement interdépendante au plan international, la Suisse a besoin de relations structurées avec l’UE, dont les Accords bilatéraux constituent la base. Et demain ne sera pas différent d’hier à cet égard. Le but des négociations avec l’UE doit par conséquent être de maintenir ces accords.
</p><p>Rétrospectivement, il faut comprendre le résultat du 9 février d’abord comme le signe d’une protestation&nbsp;: si la seule catégorie des 50 – 60 ans a décidé de l’issue du vote, les graves problèmes exprimés de la sorte doivent être pris au sérieux. Les difficultés et, bien plus encore, les craintes de cette catégorie des travailleurs et travailleuses âgés, comme on les appelle, ont pris une ampleur inquiétante. Il faut y trouver des réponses crédibles. Mais, après le 30 novembre, on ne peut plus en déduire que les Accords bilatéraux doivent être remis en question. 
</p><p>À toutes les votations qui ont eu lieu depuis l’an 2&nbsp;000 à ce sujet, les citoyen(ne)s ont dit clairement oui aux accords conclus avec l’UE. La seule exception est la votation du 9&nbsp;février sur l’initiative de l’UDC. Mais il y a une différence importante&nbsp;: toutes les votations gagnées avant le 9 février incluaient des mesures de protection des salaires et des emplois, des mesures qui ont fait défaut le 9 février. Il est donc évident que les mesures sociales de protection seront à nouveau déterminantes lorsque l’on votera dans un avenir prévisible sur le maintien des Accords bilatéraux. 
</p><p>C’est pourquoi il faut qu’à l’avenir les positions soient claires et que les syndicats s’engagent dans ce sens. Le programme en trois points que le congrès de l’USS a confirmé en octobre dernier garde toute sa pertinence. Premièrement, les Accords bilatéraux doivent être maintenus. Deuxièmement, on n’a pas le droit d’en arriver à discriminer à nouveau une partie de la main-d’œuvre. Et troisièmement, la protection des salaires et des emplois doit être améliorée et non démantelée. Après le 30 novembre, la perspective d’une réalisation de ces revendications est clairement meilleure qu’elle ne l’était avant.</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category><category>Travail</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2075</guid><pubDate>Tue, 02 Dec 2014 11:24:00 +0100</pubDate><title>Quatre défis à relever</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/quatre-defis-a-relever</link><description>L’USS et les 50 ans de la loi sur le travail</description><content:encoded><![CDATA[<p>La Commission fédérale du travail a fêté, ce 2 décembre, les 50 ans de la loi fédérale sur le travail en présence du conseiller fédéral Johann N. Schneider-Ammann et des partenaires sociaux.
</p><p>La loi sur le travail a fait ses preuves en tant qu’instrument principal de la protection des travailleurs et travailleuses. Mais elle doit encore être adaptée à l’évolution technologique la plus récente. Cela concerne en premier lieu le phénomène en plein développement du télétravail dont il s’agit de tenir compte via l’octroi de pauses et d’une réglementation en matière de responsabilité civile. Deuxièmement, la disponibilité sans faille demandée aux travailleurs et travailleuses, qui s’est imposée à la vitesse grand V à travers les téléphones intelligents, doit être à nouveau restreinte afin de protéger les personnes concernées. Troisièmement, pour protéger les salarié(e)s contre les risques psychosociaux (stress, travail excessif, travail de nuit), il faut que les inspectorats cantonaux du travail contrôlent davantage la saisie de la durée du travail. Et, quatrièmement, le droit suisse doit être modifié de sorte que l’épuisement professionnel dû au stress au travail soit enfin reconnu comme maladie professionnelle&nbsp;!
</p><p> La loi sur le travail a été mise en vigueur en 1964 après des décennies de lutte syndicale. Elle règle la protection de la santé en général, la durée du travail et les temps de repos ainsi que la protection au travail spéciale des jeunes, des femmes enceintes et des mères allaitantes.
</p><h5>renseignements</h5><p>- Luca Cirigliano, secrétaire central de l'USS, responsable du droit du travail,<br>&nbsp;076 335 61 97 
</p><p>- Ewald Ackermann, service de la communication de l'USS, 079 660 36 14 </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2074</guid><pubDate>Tue, 02 Dec 2014 10:35:00 +0100</pubDate><title>Dossier 106: Congrès de l’USS du 23 au 24 octobre 2014 : Textes d’orientation et résolutions</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/dossier-106-congres-de-l-uss-du-23-au-24-octobre-2014-textes-d-orientation-et-resolutions</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>« Sécurité, solidarité, équité ! », tel a été le slogan à l’enseigne duquel s’est tenu le 55e Congrès de l’Union syndicale suisse (USS), les 23 et 24 octobre 2014 au Kursaal de Berne. Plus de 300 personnes y participèrent et les 200 délégué(e)s adoptèrent quatre textes d’orientation, 16 résolutions et 36 propositions. Autant de décisions qui posent les principaux jalons pour les activités syndicales des quatre années à venir.
</p><p>Le présent Dossier réunit ces textes d’orientation et les résolutions adoptées par les congressistes. Vous y trouverez aussi le discours de clôture du président de l’USS, Paul Rechsteiner – réélu à l’unanimité.</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category><category>International</category><category>Travail</category><category>Services Publics</category><category>Politique sociale</category><category>Économie</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2071</guid><pubDate>Fri, 28 Nov 2014 17:04:00 +0100</pubDate><title>Le Conseil fédéral fait fi de la vaste opposition à la loi sur les heures d’ouverture des magasins</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-conseil-federal-fait-fi-de-la-vaste-opposition-a-la-loi-sur-les-heures-d-ouverture-des-magasins</link><description>Mise en œuvre de la motion Lombardi</description><content:encoded><![CDATA[<p> Malgré des critiques sévères, le Conseil fédéral accélère inlassablement la prolongation des heures d'ouverture des magasins. Il fait la sourde oreille face aux critiques des syndicats selon qui prolonger les heures d'ouverture des magasins détériorerait clairement les conditions de travail des travailleurs et travailleuses concernés. Avec son message au sujet de la loi sur les heures d'ouverture des magasins, il foule aussi aux pieds le fédéralisme et passe outre aux décisions prises par le peuple dans de nombreux cantons. Concernant l'attitude des gouvernements cantonaux, précisons que celui du Tessin est précisément le seul à soutenir le projet, qui avait été demandé par le Parlement à travers son acceptation de la motion Lombardi. Et c'est maintenant à lui, Parlement, de se rendre à l'évidence, de tenir compte de l'opposition des cantons et de renoncer à cette nouvelle loi.
</p><p>Que lui aussi fasse fi des réserves émises par les cantons serait incompréhensible et extrêmement douteux d'un point de vue démocratique. Car leur résistance s'est trouvée légitimée par le peuple dans, et de loin, la plupart des cas. Ces dernières années en effet, la prolongation des heures d'ouverture des commerces a été rejetée dans plus de dix cantons. Dans le canton de Lucerne, par exemple, le peuple a non seulement rejeté sèchement une libéralisation totale de ces heures d'ouverture, mais aussi refusé leur extension de 16 à 17 heures le samedi. Une loi sur les heures d'ouverture des magasins qui autoriserait des heures d'ouverture unifiées dans toute la Suisse allant jusqu'à 20 heures en semaine et 19 heures le samedi serait donc totalement à côté de la plaque. Pour ces raisons l'USS combattra ce projet.
</p><h5>Renseignements</h5><ul><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS, 079 249 59 74</li></ul>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2065</guid><pubDate>Thu, 20 Nov 2014 14:15:00 +0100</pubDate><title>Une table ronde s’impose</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/une-table-ronde-s-impose</link><description>Il faut s’attaquer globalement à la tragédie de l’amiante</description><content:encoded><![CDATA[<p>La décision prise hier par la Cour de cassation de Rome dans le procès de l’amiante contre Stephan Schmidheiny montre que passer par la voie pénale pour résoudre les problèmes liés à l’amiante, c’est emprunter une voie semée de nombreuses embûches. Mais il est clair qu’il faut trouver une solution qui tienne compte comme il se doit des souffrances vécues par les victimes de l’amiante, et précisément aussi en Suisse. C’est pourquoi l’Union syndicale suisse (USS) réitère sa demande d’une «&nbsp;table ronde&nbsp;» destinée à trouver des solutions dignes pour les victimes de l’amiante, ainsi que de la création d’un fonds d’indemnisation pour ces dernières. L’USS réitère aussi sa demande à l’économie de participer à la recherche de solutions justes. Un fonds d’indemnisation constituerait un acte réparateur pour les cas déjà prescrits et pour les personnes malades à cause de l’amiante qui échappent à la protection offerte par la loi sur l’assurance-accidents.
</p><p> Indépendamment de l’arrêt controversé précité, force est de constater que le droit suisse de la prescription en matière civile est, en ce qui concerne la problématique de l’amiante, clairement lacunaire. Il faut profiter de sa révision en cours pour enfin prévoir une nouvelle réglementation des délais de prescription qui soit adaptée aux besoins des victimes, une réglementation qui permette aux malades de l’amiante de demander une indemnisation des dommages qu’ils ont subis. Pour tenir compte du long temps de latence en cas de maladie due à l’amiante, il faut prévoir à cet effet un délai qui commence à courir avec l’apparition de la maladie. Et cette nouvelle disposition pourra se limiter aux maladies liées à l’amiante.&nbsp;
</p><h5>renseignements :</h5><p>Ewald Ackermann, service de la communication de l'USS, 031 377 01 09 ou 
</p><p>079 660 36 14</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2064</guid><pubDate>Wed, 19 Nov 2014 16:41:00 +0100</pubDate><title>Poursuivre avec la même intensité la campagne pour le NON</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/poursuivre-avec-la-meme-intensite-la-campagne-pour-le-non</link><description>Chaque voix compte</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les résultats du dernier sondage de gfs confirment que l’initiative Ecopop ne doit en aucun cas être sous-estimée. L’augmentation de la part de oui par rapport au premier sondage (de 35 à 39&nbsp;%) montre que les opposants à l’initiative doivent continuer leur campagne avec la même intensité. En s’adressant directement à eux, ils doivent convaincre les citoyen-ne-s qu’Ecopop ne résout aucun problème, mais en crée au contraire beaucoup de nouveaux. 
</p><p>Pendant les dix jours qui restent avant la votation, les militant(e)s du PS, des Verts, des syndicats, des organisations de la migration, de la jeunesse et des étudiant-e-s engagés dans le Comité pour une Suisse solidaire vont poursuivre sans faiblir leur campagne dans toute la Suisse, organiser des actions dans la rue et montrer à la population pourquoi cette initiative est dangereuse et mène dans une impasse.
</p><p>En effet, Ecopop attise la xénophobie, car elle fait des migrant(e)s les boucs émissaires de la pression qui s’exerce sur les salaires, de la pollution, du mitage du territoire, du manque de logements ainsi que des trains et des rues bondés. Le Comité pour une Suisse solidaire met en garde&nbsp;: il n’y a pas lieu, à cause de ces problèmes réels, de donner un deuxième «&nbsp;signal&nbsp;» après la votation sur l’initiative «&nbsp;Contre l’immigration de masse&nbsp;». Ecopop est la mauvaise réponse à ces problèmes, qu’elle aggraverait même. La Suisse serait alors entraînée dans une spirale descendante&nbsp;: en cas d’acceptation d’Ecopop, la pression sur les salaires et les conditions de travail s’accentuerait parce que les entreprises engageraient davantage de résident-e-s de courte durée qui jouissent de moins de droits pour défendre leurs intérêts. Des milliers d’emplois seraient délocalisés ou supprimés à cause de la disparition des Accords bilatéraux conclus avec l’Union européenne. La Suisse se retrouverait ainsi dans une situation économique difficile, ce qui constituerait un obstacle majeur à l’application de politiques du territoire, de l’environnement et des infrastructures de qualité. 
</p><p>En plus d’une présence dans la rue, les organisations du Comité pour une Suisse solidaire vont notamment accélérer la mobilisation de leurs propres bases jusqu’au dimanche de la votation. Car chaque voix contre Ecopop comptera.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2063</guid><pubDate>Wed, 19 Nov 2014 15:24:00 +0100</pubDate><title>En Suisse, beaucoup de cas d’épuisement professionnel</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/en-suisse-beaucoup-de-cas-d-epuisement-professionnel</link><description>Les syndicats pour un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Une étude montre que travail, famille et temps libre ne sont plus en harmonie. Avec le temps, les personnes touchées par ce phénomène tombent malades. Les femmes sont particulièrement menacées. L’absence, en ce qui les concerne, d’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale, les empêche de les concilier avec les tâches d’assistance et de soins («&nbsp;care&nbsp;») qu’elles assument fréquemment.</p><p>L’enquête sur les revenus et les conditions de vie en Suisse (Statistics on Income and Living Conditions, SILC) publiée en novembre par l’Office fédéral de la statistique&nbsp; montre que toujours moins de travailleurs et travailleuses sont satisfaits de la quantité de vacances dont ils disposent. Cette part s’est réduite depuis 2010, passant de 58,6 à 47,7%. C’est inquiétant. Parallèlement, le nombre de cas d’épuisement professionnel n’a cessé d’augmenter ces dernières décennies. Il en découle d’importants coûts pour les entreprises (arrêts de travail, formation de nouveaux employé[e]s).
</p><h3>Des durées de travail trop longues</h3><p>Mais la société passe aussi à la caisse&nbsp;: en Suisse, l’épuisement professionnel coûte 18 milliards de francs par an&nbsp;! S’y ajoute la souffrance des personnes touchées, de leurs familles et de leur environnement. Une réalité intraduisible en statistiques. 
</p><p>L’épuisement professionnel dépend de plusieurs facteurs comme l’absence de récupération par du temps libre et des pauses. À cause de la pression au rendement, précisément dans les branches peu syndiquées (p. ex. les «&nbsp;métiers de la création&nbsp;» et activités free-lance précaires), beaucoup de personnes travaillent toujours plus longtemps, sans que cela soit compensé en salaire ou temps libre. De 2003 à 2008, la durée hebdomadaire effective de travail des personnes occupées à plein temps a augmenté de 11&nbsp;minutes, pour passer à 42 heures 4 minutes. L’an dernier, elle a stagné à un niveau élevé ou a augmenté&nbsp;: en 2013, la hausse du nombre d’heures de travail prestées a été de 0,2&nbsp;% par rapport à 2012.
</p><h3>Plus de temps libre et horaires maîtrisables</h3><p>Tous ces chiffres montrent qu’en Suisse, nous avons un urgent besoin de mesures pour lutter contre cette épidémie galopante d’épuisement professionnel. Dans la SILC, les gens disent ce dont ils ont besoin&nbsp;: davantage de temps libre pour récupérer, des frontières claires entre travail et temps libre et le respect des dispositions légales en matière de durée hebdomadaire maximale de travail ainsi que de temps de repos et de pauses. 
</p><p>En outre, les entreprises ont besoin d’une vraie<a href="http://www.suva.ch/fr/startseite-suva/praevention-suva/praeventionsangebote-suva/betriebliche-gesundheitsfoerderung-suva.htm" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer"> Gestion de la santé dans l'entreprise (GSE)</a>. Celle-ci leur permet de reconnaître dès le départ les symptômes d’épuisement professionnel et de pratiquer une prévention active. 
</p><p>Ici, la meilleure prévention est cependant une semaine de travail d’au maximum 40 heures et le respect de la réglementation des pauses (deux pauses par jour, plus une pause à midi), ainsi que l’interdiction légale du travail de nuit et du travail dominical. Et surtout&nbsp;: débrancher le smartphone de l’entreprise le soir, ne plus lire de courriel professionnel après 18 heures et ne pas prendre le smartphone de l’entreprise en vacances. Mais encore&nbsp;: les inspectorats du travail doivent contrôler comme il se doit les risques psychosociaux au travail (avant tout via la saisie de la durée du travail). 
</p><h3>Les femmes spécialement touchées</h3><p>C’est notamment pour les femmes qu’il y a un grand écart toujours plus difficile à supporter entre durées du travail prolongées, famille et, régulièrement, tâches d’assistance et de soins. Parce qu’elles se retrouvent fréquemment seules à accomplir ces différentes activités, elles sont très souvent victimes d’épuisement professionnel. En plus des revendications concernant la place de travail déjà mentionnées, il faut par conséquent aussi créer beaucoup plus de structures d’accueil de jour des enfants d’un prix abordable. 
</p><h3>Pour se former sur cette question</h3><p>L’Union syndicale suisse (USS), ses fédérations et l’Institut de formation des syndicats, Movendo, organisent des cours et des manifestations sur la problématique de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, comme par exemple&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><span><a href="http://www.syndicom.ch/de/newsaktivitaeten/veranstaltungen/events-detailansicht/event/fachtagung-entgrenzung-der-arbeit.html" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Journée de travail de syndicom «&nbsp;Entgrenzung der Arbeit&nbsp;»</a>, Berne, restaurant Jardin, Militärstrasse 38, 21 novembre 2015 , de 9 h 30 à 16 h 20 (en allemand), </span></li><li><span><a href="http://www.movendo.ch/fr/kurse_mitarbeitende/detail.htm?VerdefID=216392" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Cours de Movendo «&nbsp;Travailler et vivre online – Arbeiten und leben online&nbsp;»</a>, 30.6.2015, Hôtel NH Fribourg,&nbsp;</span></li><li><span>Commission «&nbsp;Santé et sécurité au travail&nbsp;» de l’USS, journée sur la protection de la santé au travail et la protection du personne, novembre/décembre 2015 (date et programme encore à fixer).</span></li></ul><p></p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2057</guid><pubDate>Thu, 13 Nov 2014 14:14:00 +0100</pubDate><title>Dangereux, inhumain, nuisible</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/dangereux-inhumain-nuisible</link><description>Ecopop conduit dans une impasse</description><content:encoded><![CDATA[<p class="TitrerubriqueSPcommuniqu lead">Les syndicats et les organisations de salarié(e)s s’engagent tous ensemble contre l’initiative Ecopop. Car son acceptation serait catastrophique, surtout pour les travailleurs et travailleuses.</p><p class="ParagrSPnormaux">L’idée qu’Ecopop ne résout aucun problème d’environnement et relève du néocolonialisme s’est répandue. Mais cette initiative, avec ses quotas rigides, porte avant tout préjudice à l’économie et aux salarié(e)s. Si l’immigration est limitée à 0,2&nbsp;% de la population résidante permanente, les employeurs iraient chercher plus de résident(e)s de courte durée à l’étranger. Or, ceux-ci jouissent d’une situation juridique moins bonne. Il serait ainsi plus facile aux employeurs de leur imposer des salaires et des conditions de travail moins bonnes aussi.</p><p class="ParagrSPnormaux">Pour voir que cela porterait préjudice à tous et toutes les salarié(e)s parce que leurs salaires et conditions de travail se trouveraient sous pression, il suffit de jeter un œil sur un triste chapitre de la récente histoire suisse&nbsp;: le statut de saisonnier. Avec le système de contingents alors en vigueur, les saisonniers gagnaient presque 15&nbsp;% de moins que la main-d’œuvre qui avait un passeport suisse. Certaines branches où les saisonniers étaient nombreux devinrent à proprement parler des branches à bas salaires, une tendance qu’il a été possible de stopper ces dernières décennies, notamment grâce à l’Accord sur la libre circulation des personnes. </p><p class="ParagrSPnormaux">Avec Ecopop, cet accord deviendrait caduc. Les résident(e)s de courte durée ainsi que les frontaliers et frontalières n’auraient précisément pas droit au regroupement familial. Ce serait revenir à la même situation qu’avec le statut de saisonnier, lorsque des familles furent séparées et que <a href="http://www.uss.ch/film-interdits-et-caches/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">des enfants durent vivre dans l’illégalité et cachés</a>. Des migrant(e)s redeviendraient des travailleurs et travailleuses de deuxième classe, vivant constamment dans la peur de perdre leur permis de séjour avec leur emploi. Ils subiraient encore plus la pression exercée par les employeurs. Privées de main-d’œuvre étrangère, les institutions sociales du pays se trouveraient en difficulté et des branches importantes (construction, santé, soins) ne pourraient pratiquement plus fonctionner.</p><p class="ParagrSPnormaux">En l’absence de libre circulation des personnes, les mesures d’accompagnement seraient également caduques. Or leur but est de garantir que toutes les personnes qui travaillent en Suisse touchent le même salaire pour un même travail. Elles prévoient aussi des mesures de contrôles et de sanctions. Un oui à Ecopop ouvrirait tout grand la porte à la sous-enchère salariale et sociale. En outre, sans relations structurées avec l’Union européenne, les entreprises suisses se trouveraient fortement désavantagées par rapport à leurs concurrents européens. Leurs produits renchériraient avec pour conséquence des délocalisations à l’étranger, des programmes de réduction des coûts et, donc, des suppressions d’emplois. </p><p> Ecopop mettrait en danger le site industriel Suisse et déboucherait sur une précarisation des conditions de vie et de travail. C’est pour cela que toutes les grandes organisations de salarié(e)s font campagne ensemble contre cette initiative. La<a href="http://non-a-ecopop.ch/index.php/manifestations.html" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer"> journée d’action du 15 novembre</a> lancera le sprint final. Tout soutien est important et bienvenu. Car, malgré des sondages plutôt positifs, le NON à Ecopop n’est de loin pas encore dans la poche</p>]]></content:encoded><category>Migration</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2047</guid><pubDate>Tue, 11 Nov 2014 11:55:00 +0100</pubDate><title>Tragédie de l’amiante</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/tragedie-de-l-amiante</link><description>Le Conseil fédéral n’a plus le droit de faire attendre les victimes</description><content:encoded><![CDATA[<p>La réponse du Conseil fédéral à la motion de la Commission des affaires juridiques du Conseil national («&nbsp;Un fonds pour une indemnisation juste des victimes de l’amiante&nbsp;») publiée aujourd’hui est insatisfaisante. Pour de nombreuses personnes malades à cause de l’amiante, elle apparaît sans doute comme un vrai déni de justice, soit le refus du gouvernement de se retrousser les manches.
</p><p>En effet, si ce dernier reconnaît, dans l’exposé des motifs qu’il avance pour recommander le rejet de la motion que beaucoup de victimes de l’amiante ne sont pas concernées par les prestations de qualité de l’assurance-accidents suisse, précisément pour cette catégorie de personnes particulièrement concernées (p. ex. les proches des travailleurs concernées ou les personnes qui ont vécu à proximité des fabriques d’amiante), il ne propose quand même pas de solution juste. 
</p><p>Il veut toutefois reprendre la demande, faite par l’Union syndicale suisse (USS), d’organiser une table ronde consacrée à la recherche de solutions possibles à la tragédie de l’amiante. Mais, malheureusement, sans fixer de calendrier pour ce faire.
</p><p>C’est pourquoi l’USS demande au Conseil fédéral de convoquer sans délai cette table ronde avec tous les acteurs principaux concernés. À cette occasion, il s’agira de débattre et clarifier les questions de la prescription, des mesures de prévention et d’un fonds de dédommagement financé par l’économie. «&nbsp;Les victimes de l’amiante ne doivent pas attendre plus longtemps&nbsp;», estime Luca Cirigliano, secrétaire central de l’USS responsable du droit du travail et des conditions de travail.
</p><p>&nbsp;&nbsp;
</p><p>Seule la version allemande de ce communiqué a été publiée.
</p><h5>renseignements :</h5><p>Luca Cirigliano, secrétaire central de l'USSr, 076 335 97</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2039</guid><pubDate>Mon, 27 Oct 2014 11:49:00 +0100</pubDate><title>Des salaires et des emplois sûrs</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-salaires-et-des-emplois-surs</link><description>Les instances de l’USS doivent fixer les orientations à suivre</description><content:encoded><![CDATA[<p> Les congressistes ont adopté à la quasi-unanimité une proposition " englobante " intitulée " Des salaires et des emplois sûrs ". Cette proposition du Comité de l'USS reprend les revendications de plusieurs autres, donc celle, présentée par la CGAS et Unia, qui demandait le lancement d'une initiative populaire pour la protection contre le licenciement, celle du ssp pour une initiative dite " de suppression ", c'est-à-dire voulant la suppression des dispositions introduites dans la Constitution suite à l'acceptation de l'initiative " Contre l'immigration de masse ", et celle de l'Union syndicale du canton du Tessin pour un référendum sur l'obligation de saisir le référendum en cas de nouvel accord conclu avec l'Union européenne qui ne prévoirait pas des mesures de protection suffisantes pour les travailleurs et travailleuses.
</p><p>La proposition englobante veut examiner par le menu toutes ces revendications. Les instances de l'USS devront fixer la marche à suivre en fonction de l'évolution. Le SIT, Unia et le ssp ont donné leur accord à cette façon de procéder. Le SIT a demandé, et obtenu, que la décision concernant le lancement d'une initiative sur la protection contre le licenciement soit prise au plus tard lors de la quatrième Assemblée des délégué(e)s après le congrès.</p><ul><li>La proposition du Comité qui a été acceptée se prononce en faveur :</li><li>de la préservation des Accords bilatéraux,</li><li>du principe de la non-discrimination sur le marché du travail,</li><li>d'un combat déterminé contre l'initiative Ecopop et</li><li>d'une meilleure protection des personnes qui exercent une activité lucrative (protection des salaires, contre le licenciement et les formes de travail précaire). </li></ul>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2040</guid><pubDate>Fri, 24 Oct 2014 17:53:00 +0200</pubDate><title>L&#039;USS demande qu’un tournant de politique économique soit pris</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/luss-demande-qu-un-tournant-de-politique-economique-soit-pris</link><description>55e congrès de l’USS terminé</description><content:encoded><![CDATA[<p class="Text"><span lang="FR">Au lieu de faire des migrants les boucs émissaires de problèmes dont nous sommes nous-mêmes responsables, il faut procéder à un tournant de politique économique. Cette exigence a été défendue avec force ce vendredi par les 400 délégué(e)s du congrès de l’USS. De fait, les vrais problèmes qui se posent dans ce pays sont de nature sociale et ils ont pour nom&nbsp;: pression sur les salaires, poids des primes des caisses maladie, stress et précarité de l’emploi. Autant de problèmes qu’un repli sur soi ne peut qu’aggraver. </span></p><p class="Text"><span lang="FR">Pour que les gros salaires et les patrons ne soient pas les premiers à profiter d’une plus grande prospérité, il faut que plus de travailleurs et travailleuses soient protégés par des conventions collectives de travail (CCT). La couverture conventionnelle, par CCT donc, doit passer à 60&nbsp;%. À cet effet, le Conseil fédéral et le Parlement doivent réduire les obstacles posés à l’extension des CCT. De bonnes CCT constituent au-delà, grâce à des réglementations claires de la durée du travail, un outil efficace contre l’augmentation du stress au travail. Elles permettent aussi de mieux concilier travail et famille, et de diminuer les discriminations salariales à l’encontre des femmes. Pour que ces dernières ne soient plus discriminées, il faut cependant aller plus loin. Outre l’obligation faite aux entreprises de contrôler leurs salaires sous l’angle de la discrimination, que propose le Conseil fédéral, celles-ci doivent aussi être contraintes d’éliminer les discriminations constatées. Et une autorité de contrôle, qui intègre les partenaires sociaux, doit réaliser concrètement le principe de l’égalité. </span></p><p class="Text"><span lang="FR">Des mesures de renforcement des revenus sont de toute urgence nécessaires. Il n’est pas acceptable que la croissance des salaires réels des salarié(e)s ordinaires se trouve immédiatement réduite à néant par la hausse des primes des caisses maladie. L’USS demande par conséquent une hausse substantielle des subsides destinés aux réductions de ces primes. À l’avenir, ces dernières ne devront pas dépasser au maximum 10&nbsp;% du revenu des ménages. Dans ce but, la Confédération et les cantons doivent relever d’environ 2 milliards de francs les subsides affectés aux réductions des primes, au lieu de serrer la vis. À moyen terme, le poids des primes ne devra pas dépasser 8 % du revenu, comme le voulait la révision de la loi sur l’assurance-maladie des années 90, et à long terme, cette assurance devra être financée en fonction des revenus, comme toute assurance sociale.</span></p><p class="Text"><span lang="FR">Les congressistes ont débattu de manière intense des conséquences de l’acceptation de l’initiative «&nbsp;Contre l’immigration de masse&nbsp;». Ils ont réaffirmé que les Accords bilatéraux devaient être préservés, qu’il fallait empêcher de nouvelles discriminations et que les mesures de protection des salaires et des conditions de travail devaient être améliorées. La Suisse ne peut pas se permettre de faire cavalier seul. Les accords bilatéraux revêtent une grande importance pour la prospérité et les emplois. Ils garantissent aussi que les personnes qui exercent une activité lucrative et ont un passeport européen ne soient pas discriminés. Ce principe doit continuer à s’appliquer demain. Les besoins en main-d’œuvre ne doivent pas être satisfaits à travers des permis de séjour de courte durée. L’USS combattra toute nouvelle discrimination comme par exemple avec l’introduction d’un nouveau statut de saisonnier. Les salaires et les conditions de travail doivent être mieux protégés. Il faut notamment aussi une protection contre le licenciement et les formes de travail précaire. En effet, il ne sera possible de gagner une nouvelle votation sur la voie bilatérale que si les intérêts sociaux sont respectés et que le principe selon lequel, en Suisse, on doit verser des salaires suisses, est appliqué.</span></p><p class="Text"><span lang="FR">Dans une résolution qu’il a adoptée, le congrès de l’USS appelle à combattre Ecopop, une initiative dangereuse et inhumaine. Ecopop accentuera les pressions sur les salaires et détériorera les conditions de travail de l’ensemble des travailleurs et travailleuses. Elle attisera aussi la xénophobie en Suisse. Après un débat chargé d’émotion, le congrès a clairement fait savoir que l’USS combattrait énergiquement toute nouvelle forme de discrimination fondée sur le statut de séjour. Dans ce contexte, elle a lancé, à travers un film émouvant intitulé «&nbsp;Interdits et cachés. Des enfants de saisonniers racontent&nbsp;» une campagne de sensibilisation contre l’introduction d’un nouveau statut de saisonnier.</span></p><p class="Text"><span lang="FR">Dans d’autres résolutions, l’USS a demandé que la Suisse se retire des négociations sur l’accord TISA. Un tel accord sur la libéralisation des services induirait inévitablement une pression à la libéralisation de nombreuses tâches de service public, comme dans la l’approvisionnement en eau, la santé et la formation, ainsi que les transports publics.</span></p><p class="Text"><span lang="FR">Lors de son deuxième jour de congrès, l’USS a en outre réélu le conseiller aux États Paul Rechsteiner président, ainsi que Vania Alleva (coprésidente d’Unia) et Giorgio Tuti (président du SEV) respectivement vice-présidente et vice-président de l’USS.</span></p><p class="Text"><span lang="FR">Jeudi déjà, l’USS avait décerné au dessinateur de presse Philippe Bécquelin, alias Mix &amp; Remix, son Prix culturel de l’USS doté de 10&nbsp;000 francs.</span></p><p class="Text">&nbsp;</p><p class="Text">&nbsp;</p><h5 class="GliederungText" style=" "><span lang="FR"></span>Renseignements</h5><p></p><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire de l'USS, 079 205 69 11</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS, 079 249 59 74<span class="Auszeichnunghalbfett"><span lang="FR"></span></span></li></ul>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category><category>Travail</category><category>Services Publics</category><category>Politique sociale</category><category>Migration</category><category>Égalité des sexes</category><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Économie</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2030</guid><pubDate>Fri, 24 Oct 2014 09:45:00 +0200</pubDate><title>Une opportunité unique pour créer la plus grande social-démocratie du monde</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/une-opportunite-unique-pour-creer-la-plus-grande-social-democratie-du-monde</link><description>Dongfang Han, rédacteur de « China Labour Bulletin »</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Il pense que s'il est présent comme premier orateur international du congrès de l'USS, c'est pour corriger l'image unilatéralement négative des travailleurs et travailleuses chinois. Aujourd'hui, ceux-ci se battent pour des conditions de travail meilleures. Ainsi s'offre une chance unique de trouver un compromis historique dans l'Empire du milieu.</p><p>Les salarié(e)s de Chine n'ont privés de droits et bon marché pour qu'ils puissent prendre le travail des salarié(e)s des autres pays. C'est là l'image d'eux qui domine aujourd'hui sur la planète, pense Dongfang Han, syndicaliste et journaliste chinois. Mais cette image est un stéréotype. C'est pourquoi Dongfang Han vient chez nous en ambassadeur de ces travailleurs et travailleuses de Chine en pleine émergence, qui se syndicalisent et luttent pour l'amélioration de leurs conditions de travail.
</p><h3>Les travailleurs et travailleuses n'ont plus peur</h3><p>Dongfang Han a cité une bonne dizaine d'exemples de luttes importantes, menées ces derniers mois par les travailleurs et travailleuses chinois pour un monde du travail meilleur, des luttes qui furent autant de succès. Ils et elles n'ont désormais plus peur de se défendre. Parallèlement, le gouvernement a compris que les salaires doivent être augmentés pour que les gens puissent consommer plus. Mais les syndicats officiels freinent cette évolution, c'est pourquoi les syndicats indépendants sont toujours plus suivis. Ceux-ci sont actuellement à deux doigts de s'étendre clairement dans les domaines des services, de la vente, du textile et de la chaussure.
</p><p>" Si les nouveaux syndicats peuvent systématiquement conclure des négociations collectives, ce sera pour eux une possibilité historique de collaborer avec le parti communiste. Il en naîtrait la plus grande social-démocratie du monde. "
</p><h3>En Inde, Holzim ne veut pas d'égalité</h3><p>Shalini Gera, avocate du syndicat des travailleurs et travailleuses temporaires PCSS principalement actif dans les fabriques de ciment, fut la deuxième oratrice internationale invitée par le congrès de l'USS. En Inde, 80 % des salarié(e)s de la production de ciment sont des travailleurs et travailleuses temporaires, depuis des décennies même, pour certains. En règle générale, ils sont payés trois fois moins bien que les employé(e)s fixes, n'ont aucune assurance sociale et que peu droits sur leur lieu de travail. Shalini Gera a présenté le cas concret d'une fabrique de ciment appartenant aujourd'hui à Holzim qui refuse depuis des années d'instaurer en son sein l'égalité demandée par le PCSS entre salarié(e)s temporaires et salarié(e)s fixes.
</p><p>Les syndicats représentés par Shalini Gera et fang Han sont soutenus par plusieurs fédérations membres de l'USS, ainsi que par Solidar Suisse - l'ancien OSEO - et le Solifonds. </p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2032</guid><pubDate>Fri, 24 Oct 2014 09:37:00 +0200</pubDate><title>Plus de CCT pour plus de travailleurs et de travailleuses</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/plus-de-cct-pour-plus-de-travailleurs-et-de-travailleuses</link><description>Augmenter rapidement la couverture conventionnelle à 60 %

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Après une discussion animée, les congressistes ont adopté un texte d'orientation sur la politique en matière de CCT. L'objectif immédiat est de faire passer rapidement la couverture conventionnelle, c'est-à-dire par conventions collectives de travail (CCT), d'aujourd'hui bien 50 % à au moins à 60 %. À cet effet, de nouvelles CCT devront être conclues et celles existantes renforcées, ceci aussi via l'extension de leur champ d'application.</p><p>Le texte d'orientation loue le succès des CCT : là où il y en a - il peut aussi s'agir de lois sur le personnel, comme l'a précisé le ssp -, les rapports de travail sont habituellement plus justes. La couverture conventionnelle a pu être améliorée ces dernières années, où elle a passé à bien 50 %. Ce n'est toutefois pas suffisant. La principale raison de cette couverture faible en comparaison européenne, ce sont les obstacles extraordinairement élevés posés à l'extension, soit à la déclaration de force obligatoire, des CCT grâce à laquelle celles-ci s'appliquent ensuite à l'ensemble d'une branche. Autre raison essentielle, le fait que de nombreux employeurs refusent catégoriquement de négocier une CCT.
</p><p>En matière de CCT, les syndicats de l'USS veulent appuyer sur le champignon. Ils veulent rapidement augmenter à 60 % la couverture conventionnelle. Pour ce faire, il faut</p><ol><li>négocier de nouvelles CCT, par exemple dans l'horticulture, les commerces de vêtements et de chaussures, les centres d'appel, les prestataires KEP (coursier, exprès, colis) et Mail (courrier) ;</li><li>adapter la procédure d'extension des CCT aux réalités actuelles et, par conséquent, la rendre plus facile ; il faut par exemple biffer le quorum des employeurs, selon lequel 50 % des entreprises doivent participer à une CCT pour que celle-ci puisse être étendue ; aucun autre pays que le nôtre prévoit de tels obstacles ;</li><li>pouvoir étendre des CCT pour des raisons d'" intérêt public " ;</li><li>rendre les CCT obligatoires pour l'obtention de subventions publiques ; qui reçoit des subsides de la Confédération devra négocier une CCT avec des syndicats représentatifs et s'ils n'aboutissent a aucun accord, le Conseil fédéral doit édicter un contrat-type de travail ; pour les entreprises aux mains de la Confédération ou concessionnaires, il faut prévoir une obligation de CCT ; enfin, ces dernières doivent être un critère d'adjudication en ce qui concerne les marchés publics.</li></ol><p>Les CCT - mais aussi et surtout la loi - doivent en outre mieux protéger les représentant(e)s du personnel et les personnes de confiance ainsi que les militant(e)s syndicaux ; cela, en particulier contre le licenciement. Les CCT doivent prescrire des mesures obligatoires contre toute discrimination (à raison du sexe, de la provenance, de la langue, des convictions religieuses, de l'orientation et de l'identité sexuelle) et reprendre impérativement toutes les revendications syndicales importantes en rapport avec la place de travail.
</p><p>Finalement, les CCT doivent aussi pouvoir être mises en œuvre au quotidien. Aujourd'hui, la loi ne contient pas ces instruments importants qui, ainsi que l'on souligné divers intervenant(e)s, permettraient d'agir contre les entreprises au comportement peu sérieux. Ainsi, en cas de réel soupçon d'indépendance fictive, si aucune caution n'est versée ou si des infractions manifestes aux salaires minimums sont constatées, il faut que les cantons puissent ordonner l'interruption des travaux. Un complément a été ajouté au texte d'orientation sur la manière dont les syndicats vont combattre à l'avenir les bas salaires au moyen de salaires minimums efficaces. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2028</guid><pubDate>Thu, 23 Oct 2014 16:40:00 +0200</pubDate><title>Le bilan en demi-teintes du président Rechsteiner</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/le-bilan-en-demi-teintes-du-president-rechsteiner</link><description>55e congrès ordinaire de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p> Dans son discours d'ouverture du 55e congrès ordinaire de l'USS, Paul Rechsteiner, le président de l'USS, a dressé, dressé un bilan en demi-teintes des quatre années qui se sont écoulées depuis le dernier congrès. Il a jugé positifs les progrès réalisés en matière de salaires minimums, ainsi que l'extension de la protection des travailleurs et travailleuses au moyen de conventions collectives de travail (CCT). Il considère que l'acceptation de l'initiative " Contre l'immigration de masse " est point le plus négatif de cette période.
</p><h3>Quelque effet</h3><p>Si l'on ne considère d'un point de vue syndical que les résultats des votations populaires de ces quatre dernières années, le bilan apparaît alors négatif, a déclaré Paul Rechsteiner, mentionnant ici le rejet de l'initiative sur les salaires minimums et de l'initiative de Travail.Suisse, qui demandait six semaines de vacances, ainsi que de l'initiative " 1:12 " pour plus de justice fiscale et de l'initiative pour une caisse maladie publique. Toutefois, ces initiatives n'ont pas été lancées en vain, a-t-il précisé : " Dans le pire des cas, il n'y a pas eu de succès. Dans le meilleur des cas, [ces initiatives] ont eu quelque effet, indépendamment de leur résultat.
</p><p>Cette remarque concerne surtout l'initiative sur les salaires minimums. Malgré son rejet, nous sommes parvenus à imposer la limite des 4 000 francs dans les négociations collectives, ce qui a débouché sur de " vraies percées ". La tâche des syndicats est d'améliorer les salaires et la vie des gens. Mesurée à l'aune de cet objectif, la campagne sur les salaires minimums a été un grand succès.
</p><p>Paul Rechsteiner s'est montré plus critique sur l'échec concernant l'ouverture des magasins de stations-service. Rétrospectivement, il apparaît qu'il ne s'agissait " pas uniquement de quelques stations-service ". Comme le montre l'exemple d'Outlet à Landquart, malgré une situation claire et un arrêt du Tribunal fédéral, " l'interdiction du travail du dimanche n'est déjà plus appliquée du tout (...) un fait unique dans l'État de droit suisse. "
</p><h3>9 février : un grand thème</h3><p>Mais toutes les votations des quatre dernières années sont dans l'ombre du oui du 9 février à l'initiative " Contre l'immigration de masse " de l'UDC : " Quoique ce oui fut serré, ses conséquences seront lourdes pour la Suisse et son avenir, mais aussi pour les travailleurs et travailleuses et leurs organisations, les syndicats. " Selon Paul Rechsteiner, la position de l'USS après le 9 février peut se résumer en trois points : " Premièrement, nous tenons aux Accords bilatéraux, y compris à la libre circulation des personnes. Nous avons besoin de relations structurées avec l'Union européenne. Deuxièmement, nous combattons toute nouvelle discrimination. À nos yeux, il n'est pas question de créer un nouveau statut de saisonnier. Et troisièmement, nous avons besoin de plus de protection, et non de moins, pour les salaires et les emplois en Suisse. " Que faire après le 9 février ? C'est l'un des grands thèmes de ce congrès. "
</p><p>Le président de l'USS a jugé positive l'évolution en matière de couverture conventionnelle (par CCT) qui n'a en effet cessé de s'étendre, ainsi que l'introduction de la responsabilité solidaire et de meilleures règles pour lutter contre l'indépendance fictive. Et l'introduction de l'obligation d'un plan social dans le nouveau droit d'assainissement et la ratification de conventions de l'OIT, comme celle sur les travailleurs et travailleuses domestiques sont également des points positifs aux yeux du président.
</p><h3>Surplace</h3><p>Le surplace fait en matière de protection contre le licenciement de membres de commissions du personnel et de délégué(e)s syndicaux est plus problématique, comme aussi en matière d'égalité des salaires entre femmes et hommes. Concernant les assurances sociales, l'initiative AVSplus, " est le contre-projet aux propositions de démontage social du parlement fédéral. " Parmi les " luttes ouvrières marquantes ", le président de l'USS a cité les grèves chez Novartis et Merck Serono à Genève, ainsi que sur le grand chantier de la nouvelle gare de passage de Zurich.
</p><h5>Discours</h5><ul><li>&lt;media 2366&gt;Paul Rechsteiner, président de l'USS&lt;/media&gt; </li></ul>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category><category>Politique sociale</category><category>Travail</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Droits syndicaux</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2026</guid><pubDate>Tue, 21 Oct 2014 09:30:00 +0200</pubDate><title>L&#039;analyse de l’USS montre qu’un tournant de politique économique s’impose</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/lanalyse-de-l-uss-montre-qu-un-tournant-de-politique-economique-s-impose</link><description>Pression sur les salaires, primes, stress et précarité de l’emploi</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La Suisse n’a jamais été aussi riche&nbsp;; cela, grâce aux personnes qui exercent une activité lucrative. L’an dernier, chaque personne active a créé en Suisse pour 170&nbsp;000 francs de valeur en moyenne (équivalent plein temps). Le pays pourrait donc sans problème se permettre que tout le monde aille bien. La réalité est malheureusement différente, comme le montre l’analyse que l’USS a faite de la situation des personnes actives en Suisse.</p><p>Ces 20 dernières années, les gros salaires, les actionnaires et les employeurs se sont réservé une part toujours plus grande d’une prospérité en hausse. Par contre, nombre d’actifs et actives sont pratiquement restés les mains vides. De plus, les hausses des primes des caisses maladie réduisent à néant la faible augmentation des salaires réels des travailleurs et travailleuses ordinaires. Et ce sont surtout les revenus les plus élevés qui ont profité par le passé d’allégements fiscaux, pas les actifs et actives ordinaires. C’est pourquoi il n’est pas étonnant qu’en Suisse, tant de personnes ont, en comparaison internationale, tellement de difficultés à joindre les deux bouts. 
</p><p>En outre, beaucoup de personnes actives se font du souci pour leur emploi. Désormais, les länder allemands du Bade-Wurtemberg et de la Bavière connaissent un taux de sans-emplois inférieur au nôtre. Concernant le travail à temps partiel non volontaire, la Suisse occupe même une «&nbsp;première&nbsp;» position en Europe bien peu glorieuse. Quant au stress et aux maladies qui lui sont liées, elle fait aussi piètre figure en comparaison européenne. Le bilan dressé ici en ce qui concerne les travailleurs et travailleuses risque même d’empirer si l’on revient aux temps qui ont précédé les Accords bilatéraux conclus avec l’Union européenne. 
</p><p>Paul Rechsteiner, le président de l’USS, a déclaré devant la presse, à Berne, qu’il est par conséquent clair que «&nbsp;La Suisse a besoin d’un tournant de politique économique.&nbsp;» Les conventions collectives de travail (CCT) qui prévoient des salaires minimums d’un bon niveau et les hausses de salaires générales, et non individuelles, sont synonymes de plus de justice. À court terme, l’USS vise une couverture conventionnelle (par CCT) de 60&nbsp;%. Pour que l’égalité des salaires entre femmes et hommes devienne une fois pour toutes réalité, il faut que des contrôleurs et des contrôleuses vérifient les salaires des entreprises sous cet angle, et qu’une autorité dotée de compétences en matière d’investigation et d’intervention soit créée. 
</p><p>Les Accords bilatéraux doivent être préservés et la protection des conditions de travail développée. Le principe de non-discrimination, quel que soit le permis de séjour, doit continuer à s’appliquer demain. En matière de fiscalité et d’imposition, beaucoup reste à faire. La Confédération et les cantons doivent augmenter substantiellement leurs subsides destinés aux réductions de primes. L’USS adoptera, lors de son congrès des 23 et 24 octobre, des revendications en ce sens pour un tournant de politique économique. 
</p><h5>renseignements</h5><ul><li>Daniel Lampart, économiste en chef de l'USS, 079 205 69 11</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS, 031 377 01 06 ou 079 249 59 74</li></ul><h5>documents</h5><ul><li>&lt;media 2355 - - "TEXT, 141021 Rechsteiner Etude Situation-salaries 03, 141021_Rechsteiner_Etude_Situation-salaries_03.pdf, 829 KB"&gt;Paul Rechsteiner, président de l'USS&lt;/media&gt;</li><li>&lt;media 2356 - - "TEXT, 141021 Lampart Etude Situation-salaries 02, 141021_Lampart_Etude_Situation-salaries_02.pdf, 1.5 MB"&gt;Daniel Lampart, économiste en chef de l'USS&lt;/media&gt;</li><li>&lt;media 2358&gt;Pression sur les salaires, poids des primes, stress et précarité de l'emploi. La situation des travailleurs et travailleuses dans la riche Suisse.&lt;/media&gt;</li></ul>]]></content:encoded><category>Repartition</category><category>Travail</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2020</guid><pubDate>Tue, 14 Oct 2014 11:35:00 +0200</pubDate><title>Ecopop portera préjudice à tous les travailleurs et travailleuses de Suisse</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/ecopop-portera-prejudice-a-tous-les-travailleurs-et-travailleuses-de-suisse</link><description>Action unie des syndicats et des fédérations d&#039;employés</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L'initiative Ecopop accentuera la pression sur les salaires et les conditions de travail, entraînera la suppression d'emplois et créera une nouvelle discrimination à l'encontre de la main-d'œuvre étrangère. C'est pour cela que les syndicats et les fédérations des employé-e-s lui opposent un NON unanime.</p><p>&nbsp;</p><p>L’initiative Ecopop est dangereuse pour tous les travailleurs et travailleuses de Suisse. Elle veut limiter l’immigration à 0,2&nbsp;% de la population résidante permanente, ce qui aura inévitablement pour effet que les employeurs recourront beaucoup plus à des résident-e-s de courte durée. Or, la situation juridique de ces derniers est moins bonne. Des employeurs sans scrupules pourront ainsi leur imposer plus facilement des salaires bas et des mauvaises conditions de travail. Tous les travailleurs et travailleuses en pâtiront. Leurs salaires et conditions de travail se retrouveront aussi sous pression. 
</p><p>Ecopop est aussi dangereuse pour les travailleurs et travailleuses parce qu’elle mettra en danger des emplois. En effet elle ferait tomber définitivement les Accords bilatéraux conclus avec l’Union européenne (UE). Or, sans relations structurées avec l’UE, les entreprises suisses seraient massivement désavantagées par rapport à leurs concurrents européens. Par conséquent, leurs produits renchériraient. Délocalisations à l’étranger, programmes de baisse des coûts et, ainsi, emplois supprimés en seraient les effets. 
</p><p>Ecopop est également inhumaine. Elle fera des migrant-e-s des travailleurs et travailleuses de seconde classe, qui devraient vivre constamment dans la peur qu’avec leur emploi, ils ne perdent aussi leur droit de séjourner en Suisse. Ils seraient donc encore plus exposés à la pression des employeurs. C’est aussi témoigner d’une courte vue que de faire de la main-d’œuvre étrangère le bouc émissaire de problèmes que nous avons créés nous-mêmes. Car, sans elle, nos assurances sociales seraient en difficulté et des branches importantes (construction, santé, soins à la personne) ne fonctionneraient plus guère. 
</p><p>Pour ces raisons, toutes les grandes organisations de salarié-e-s se sont regroupées pour combattre l’initiative Ecopop dans une campagne qu’elles financent en commun. À travers une action qui s’est déroulée sur la Place fédérale ce mardi, les faîtières syndicales USS et Travail.Suisse et leurs fédérations membres, ainsi que les associations d’enseignant-e-s de Suisse romande et alémanique (SER et LCH), l’Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI) et la Société suisse des employés de commerce (SEC Suisse) de même qu’Employés Suisse ont montré qu’ils luttent côte à côte pour un NON à l’initiative Ecopop le 30 novembre prochain. 
</p><h5>Allocutions </h5><p>&nbsp;</p><ul><li>&lt;media 2335 - - "TEXT, 141013 contribution Vania CP Ecopop-f, 141013_contribution_Vania_CP_Ecopop-f.pdf, 21 KB"&gt;Vania Alleva, vice-présidente de l'USS&lt;/media&gt; et coprésidente d'Unia</li><li>&lt;media 2336 - - "TEXT, 141014 contrib Kurt Regotz Ecopop fr, 141014_contrib_Kurt_Regotz_Ecopop_fr.pdf, 17.5 KB"&gt;Kurt Regotz, président de Syna&lt;/media&gt;</li><li>&lt;media 2337 - - "TEXT, 141014 NON a Ecopop LCH-SER f, 141014_NON_a_Ecopop_LCH-SER_f.pdf, 153 KB"&gt;Beat Zemp, président de LCH&lt;/media&gt; et de la Conférence d'Ebenrain (regroupement des organisations de travailleurs et travailleuses)</li></ul><h5>Pour télécharger</h5><p>Les photos de l'action sont disponibles sur le <a href="https://www.flickr.com/photos/55425572@N04/sets/72157648695955576/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">compte flickr de l'USS</a>.</p>]]></content:encoded><category>Migration</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2019</guid><pubDate>Fri, 10 Oct 2014 14:17:00 +0200</pubDate><title>1er novembre : manifestation contre Ecopop et pour une Suisse solidaire</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/1er-novembre-manifestation-contre-ecopop-et-pour-une-suisse-solidaire</link><description>Les syndicats et les fédérations d’employé(e)s contre Ecopop</description><content:encoded><![CDATA[<p>Ecopop est un poison pour la Suisse. Ecopop est surtout un poison pour un monde du travail équitable dans notre pays. Ecopop est un remède de cheval et se rèvèle… aveugle. Car lui dire «&nbsp;oui&nbsp;» signifierait que les patrons pourraient engager plus de résident(e)s de courte durée et de frontalières et frontaliers à des conditions les plus précaires. Conséquence&nbsp;: la pression sur les salaires et les conditions de travail s’accentuerait encore plus. Et les Accords bilatéraux conclus avec l’Union européenne (UE) tomberaient définitivement. Or la Suisse a besoin de relations structurées avec l’UE.
</p><p> Les syndicats et les fédérations d’employé(e)s rejettent la logique aveugle et destructrice d’Ecopop. Ils veulent une meilleure protection au travail, pas son démantèlement. Et ils défendent publiquement l’égalité des droits pour tout le monde. C’est pour cela qu’ils combattent Ecopop et appellent la population à participer à la 
</p><p>&lt;media 2325 - - "TEXT, Flyer Demo f, Flyer_Demo_f.pdf, 495 KB"&gt;<b>manifestation pour une Suisse solidaire</b>&lt;/media&gt;
</p><p><b>le samedi 1er novembre 2014 sur la Place fédérale à Berne.</b></p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2018</guid><pubDate>Thu, 09 Oct 2014 10:46:00 +0200</pubDate><title>Nouveau droit de la prescription, fonds d’indemnisation et meilleure prévention</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/nouveau-droit-de-la-prescription-fonds-d-indemnisation-et-meilleure-prevention</link><description>Il faut enfin aborder globalement la catastrophe de l’amiante</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les conséquences de la catastrophe de l’amiante ne sont pas maîtrisées en Suisse non plus. Ces prochaines années, les cas de maladies liées à cette substance vont se multiplier. Pour répondre comme il se doit à cette catastrophe, les délais de prescription doivent être prolongés, un fonds d’indemnisation doit être créé à l’intention des victimes de l’amiante qui n’ont guère pu faire valoir leurs droits à ce jour et la prévention doit être renforcée.</p><p>L’amiante a longtemps été considérée comme une substance des plus intéressantes et employée en grandes quantités à partir de 1930 environ dans l’industrie et la construction. Ses effets néfastes sur la santé et mortels ont été rapidement connus. Mais il a fallu que l’Union syndicale suisse (USS) lance une grande campagne dans les années 1980 pour qu’elle soit totalement interdite, une interdiction entrée en vigueur en 1990 avec une période transitoire jusqu’en 1994. Cela a certes eu lieu après les pays scandinaves, mais plusieurs années avant la plupart des autres pays. Depuis 2005, l’amiante est interdite dans l’Union européenne.
</p><p>Les conséquences de la catastrophe de l’amiante sont cependant tout sauf maîtrisées en Suisse. Au contraire. Cela s’explique, d’une part, par le long temps de latence, de 20 à 50 ans, qui précède l’apparition de la maladie. Les études existantes estiment que le nombre de personnes touchées augmentera sans doute pendant les années à venir, le pic devant être atteint entre 2014 et 2030. D’autre part, les bâtiments construits avant 1990 entrent maintenant dans une phase d’assainissement et de rénovation. On estime que 85&nbsp;% des bâtiments construits avant l’interdiction de l’amiante en contiennent. À elle seule, cette réalité montre déjà à quel point il est nécessaire d’agir ici. Pendant les 25 dernières années, les choses ont certes un peu évolué. Pensons avant tout à la couverture des maladies professionnelles par l’assurance-accidents et au développement de la prévention réalisé par la SUVA. Mais il est encore d’autres questions et tâches importantes qui restent sans solution. 
</p><p>C’est parce qu’il faut donner une bonne fois une réponse globale à la catastrophe de l’amiante que l’USS demande au Conseil fédéral d’inviter les principaux acteurs à une table ronde. Parallèlement, elle a aussi thématisé dans une requête adressée à ce dernier, aux gouvernements cantonaux et à la SUVA, les principales questions à résoudre. 
</p><p>C’est tout d’abord le problème de la prescription qui n’a pas été résolu. Que les atteintes à la santé causées par l’amiante soient prescrites avant la survenance de la maladie est une injustice criante. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) n’est pas la seule à avoir constaté, dans un nouvel arrêt du 11 mars dernier, que le droit suisse de la prescription, à savoir la jurisprudence du Tribunal fédéral, viole les droits humains. Le Conseil fédéral a aussi reconnu dans son message sur le nouveau droit de la prescription la nécessité d’agir à ce chapitre. Malheureusement, la prolongation à 30 ans du délai de prescription qu’il propose, et que le Conseil national a ramené à 20 ans, n’est de loin pas suffisante, vu le temps de latence, pour résoudre le problème des dommages différés. Et ce projet sera encore moins apte à résoudre ces questions si la nouvelle réglementation ne s’applique qu’aux personnes dont les droits ne seront pas encore prescrits (selon l’ancienne solution) au moment de son entrée en vigueur. Elle ne serait ainsi d’aucun secours pour les personnes victimes avant 2004 de l’amiante. Ce n’est donc pas là une solution humaine et conforme aux droits humains.
</p><p>Il serait et est juste de faire courir de manière générale les délais de prescription seulement à partir du moment où la maladie apparaît. La nouvelle réglementation doit aussi s’appliquer à tous les cas, indépendamment du moment où l’effet néfaste pour la santé se manifeste. Ce sont là des revendications élémentaires et aisément compréhensibles auxquelles quiconque veut enfin rendre justice aux victimes de l’amiante ne peut que souscrire.
</p><p>Dans la mesure où le Parlement craint d’appliquer sans autre la nouvelle réglementation en matière de prescription à tous les préjudices à la personne, la limiter aux maladies liées à l’amiante pourrait constituer un compromis. Que la conseillère fédérale Sommaruga ait, pendant les débats du Conseil national, montré une certaine ouverture à cette nouvelle approche pas encore discutée montre qu’avec un minimum de bonne volonté, on est plus proche que beaucoup ne le pensent d’une solution concrète à un problème concret, soit la grave problématique de l’amiante. Il n’est pas acceptable que des victimes de l’amiante et leurs proches continuent à être dépouillés de leurs droits même après l’entrée en vigueur de la révision. 
</p><p>Remarquons au passage que le Tribunal fédéral aurait pu, en interprétant de manière raisonnable et conforme à la CEDH, les règles actuelles de la prescription, garantir que des créances pas encore formulées (faute de maladie) ne puissent être prescrites. L’actuelle pratique juridique choquante n’a de toute façon pas été voulue par le législateur du Code des obligations il y a plus de 100 ans. 
</p><p>Mais au-delà, pour maîtriser la catastrophe de l’amiante, il faudrait s’attaquer à la création d’un fonds d’indemnisation destiné aux victimes déjà connues. Il s’agit ici avant tout des victimes qui ne sont pas soumises à la loi sur l’assurance-accidents, mais aussi de celles qui ne peuvent plus faire valoir de droits. Et ce serait en premier lieu à l’économie de l’alimenter. 
</p><p>Dans la perspective des futurs problèmes liés à l’utilisation de l’amiante, il faut aussi développer la prévention et sa mise en œuvre concrète. Étant donné les énormes quantités de cette substance utilisées dans la construction avant les années 1990, il faut, par analogie à la pratique en vigueur en Suisse romande, demander que les autorisations de construire ne soient délivrées que si une analyse concernant la présence d’amiante peut être produite. Si une harmonisation au plan national n’était pas possible en raison des cantons, la Confédération devrait alors intervenir. On ne peut de toute façon pas accepter qu’encore plus de personnes soient exposées aux fibres d’amiante dommageables pour la santé. La main-d’œuvre occupée à la destruction ou à la transformation de bâtiments ne fait pas partie des privilégiés et court des risques importants. Il y a donc d’autant plus de raisons de la protéger. 
</p><p>Enfin, les importantes tâches qui découlent, pour la SUVA, de la problématique de l’amiante ne peuvent pas être reportées unilatéralement sur les branches de l’artisanat, comme la menuiserie et la charpenterie. Ici aussi, il faut une compensation adéquate dans l’ensemble du collectif des assuré(e)s.
</p><p> La Suisse ne peut pas continuer à renvoyer à plus tard les problèmes engendrés par la catastrophe de l’amiante. Pour les résoudre, tous les acteurs doivent agir ensemble.
</p><hr>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2013</guid><pubDate>Tue, 07 Oct 2014 10:05:00 +0200</pubDate><title>Des délais de prescription adaptés aux victimes et une table ronde pour  résoudre les problèmes</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-delais-de-prescription-adaptes-aux-victimes-et-une-table-ronde-pour-resoudre-les-problemes</link><description>Aborder globalement la catastrophe de l’amiante</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En Suisse non plus, la catastrophe de l’amiante n’a de loin pas encore été surmontée. Parce qu’il s’agit d’y répondre une fois pour toutes de manière globale, l’Union syndicale suisse (USS) demande au Conseil fédéral d’inviter les principaux acteurs à une table ronde.</p><p>Le législateur doit d’abord adapter les actuels délais de prescriptions bien trop rigides de 10 ans. Car les maladies liées à l’amiante ne se manifestent souvent que 40 ans après l’exposition à cette substance. «&nbsp;Que les atteintes à la santé causées par l’amiante soient prescrites avant la survenance de la maladie est une injustice criante&nbsp;», a déclaré à la presse Paul Rechsteiner, le président de l’USS. Malgré la critique claire émise par la Cour européenne des droits de l’homme, les politiques font obstruction à des délais de prescription adaptés aux victimes de l’amiante. Et de préciser que «&nbsp;la prolongation à 30 ans du délai de prescription qu’il [le Conseil fédéral] propose, et que le Conseil national a ramené à 20 ans, n’est de loin pas suffisante, vu le temps de latence, pour résoudre le problème des dommages différés.&nbsp;» Ce qui serait juste ici, c’est de «&nbsp;faire courir de manière générale les délais de prescription seulement à partir du moment où la maladie apparaît.&nbsp;» Une telle réglementation pourrait, le cas échéant, se limiter aux maladies liées à l’amiante. 
</p><p>Mais les décideurs politiques doivent aussi trouver des solutions humaines et conformes aux droits humains pour les personnes qui sont déjà victimes de l’amiante. Ici, l’USS demande la création d’un fonds d’indemnisation. Selon Luca Cirigliano, secrétaire central en charge de ces questions à l’USS, «&nbsp;Par l’attribution de réparations ou de dommages et intérêts, ce fonds introduira de la justice pour les cas déjà prescrits.&nbsp;» Ce fonds rendrait en effet avant tout justice aussi aux victimes de l’amiante dont les droits sont déjà prescrits. Son financement reviendrait avant tout aux entreprises qui ont produit ou vendu de l’amiante. 
</p><p>Vania Alleva, vice-présidente de l’USS et coprésidente d’Unia a demandé que les mesures de prévention dans ce domaine soient poursuivies et renforcées. En effet, «&nbsp;en raison des grandes quantités d'amiante utilisées dans la construction avant l'interdiction de cette matière (1989), de nombreux travailleuses et travailleurs, notamment dans la branche du second-œuvre, seront encore confrontés des années durant à un risque d'exposition non négligeable quand ils effectuent des travaux de démolition, de transformation et de rénovation&nbsp;: l'amiante est en effet une bombe à retardement&nbsp;!&nbsp;». De plus, d’importants efforts sont nécessaires ici dans plusieurs cantons (permis de construire seulement après analyse de la présence d’amiante, pratique en matière de gestion des déchets). Vania Alleva a également demandé une répartition plus équitable des risques entre les branches et un engagement plus soutenu de la Suisse au plan international.
</p><h5>renseignements</h5><p>&nbsp;</p><ul><li>Luca Cirigliano, secrétaire central de l'USS, 076 335 61 97</li><li> Vania Alleva, Vice-présidente de l'USS, coprésidente d'Unia, <br>079 620 11 14</li></ul><p>&nbsp;</p><h5>interventions</h5><ul><li>&lt;media&gt;Paul Rechsteiner, président de l'USS&lt;/media&gt;</li><li>&lt;media&gt;Luca Cirigliano, secrétaire central de l'USS&lt;/media&gt;</li><li>&lt;media&gt;Vania Alleva, vice-présidente de l'USS, coprésidente d'Unia&lt;/media&gt;</li></ul><h5>documents</h5><ul><li>&lt;media&gt;Requête de l'USS à l'intention du Conseil fédéral (en allemand)<br>&lt;/media&gt;</li></ul><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Assurance-accidents</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1721</guid><pubDate>Fri, 19 Sep 2014 12:11:00 +0200</pubDate><title>Combler les lacunes de la protection des salaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/combler-les-lacunes-de-la-protection-des-salaires</link><description>Le Conseil fédéral veut renforcer les mesures d&#039;accompagnement : importance reconnaissance de la protection des salaires</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) se félicite de la volonté du Conseil fédéral de renforcer les mesures d’accompagnement. Cette reconnaissance de l’importance de la protection des salaires est primordiale, car en Suisse, on doit verser des&nbsp; salaires suisses. Si elles vont dans la bonne direction, les&nbsp; propositions du Conseil fédéral ne permettront pas encore, selon l’USS, de protéger efficacement les salaires dans notre pays.</p><p>Aujourd’hui, les mesures d’accompagnement sont trop lacunaires. C’est pourquoi il est juste que le Conseil fédéral veuille renforcer les sanctions et faciliter l’extension des conventions collectives de travail (CCT). L’augmentation des sanctions infligées aux entreprises qui pratiquent la sous-enchère salariale mettra celles-ci encore plus sous pression. Et grâce au développement de l’extension des CCT, on pourra plus facilement imposer le niveau suisse des salaires au moyen de salaires minimums. &nbsp;
</p><p> Malheureusement, le Conseil fédéral laisse certaines grosses lacunes béantes. Il ne sera en effet notamment toujours pas possible demain d’agir contre les entreprises qui ne versent aucune caution. Il sera donc difficile d’encaisser réellement les amendes prononcées. La situation en matière d’interruption des travaux et d’exclusion du marché reste insatisfaisante aussi. Divers cantons refusent aujourd’hui d’utiliser ces instruments. Ainsi, certaines entreprises peuvent continuer à travailler même en cas de violation des conditions de travail minimales. Et une fois qu’elles sont parties, il devient difficile de leur faire payer des amendes. Or, les contrôleurs disposeraient ici d’instruments efficaces pour contraindre les entreprises qui font pression sur les salaires à verser des salaires suisses. L’USS s’engagera énergiquement pour que ces lacunes de la protection des salaires soient comblées.
</p><h5>renseignements :</h5><ul><li>Daniel Lampart, économiste en chef de l'USS, 079 205 69 11 </li></ul>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1598</guid><pubDate>Tue, 09 Sep 2014 15:09:00 +0200</pubDate><title>De mal en pis</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/de-mal-en-pis</link><description>Le Qatar arrêt des militants des droits de l&#039;homme</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Deux militants britanniques des droits de l’homme, Ghimire Gundev et Krishna Upadhyaya, ont été arrêtés au Qatar parce qu’ils voulaient y enquêter sur les violations des droits des travailleurs et travailleuses. Et dire que la FIFA veut organiser le Mondial 2022 dans ce pays&nbsp;! Scandaleux&nbsp;!</p><p>Manifestement, le Qatar veut attiser les peurs et se livre à l’intimidation afin de détourner l’attention de l’opinion publique mondiale des diverses formes d’exploitation des travailleurs et travailleuses pratiquées sur son territoire. Il existe en effet encore au Qatar une forme de droit de la charia grâce auquel les employeurs peuvent quasiment contrôler la liberté de mouvement de leur personnel. Cet esclavage «&nbsp;moderne&nbsp;» a pour nom la «&nbsp;kafala&nbsp;».
</p><p>Droits de l’homme&nbsp;: catastrophique
</p><p>Des centaines de travailleurs et travailleuses immigrés, dont beaucoup de femmes, continuent à végéter dans les prisons qataries uniquement parce qu’ils ont fui des patrons violents abusant de leurs droits et ont, ce faisant, violé les lois de la kafala. Et des journalistes étrangers sont incarcérés s’ils essaient de décrire cette situation. Et à son tour, l’État accentue la répression dans un pays qui, par la passé déjà, ne faisait preuve d’aucun respect pour les droits de l’homme et les normes juridiques fondamentales. 
</p><p>Le Qatar peut-il toujours organiser le Mondial 2022&nbsp;?
</p><p>Pendant ce temps, la FIFA, droite dans ses bottes, poursuit ses préparatifs de la Coupe du monde de football de 2022 qui aura lieu dans cet émirat du Moyen-Orient. Elle ignore ainsi le sort de centaines de milliers de personnes – elles viennent souvent d’Inde, du Népal et du Pakistan –, qui y construisent, dans des conditions inhumaines, des stades et des infrastructures pour le Mondial 2022. 
</p><p>Le fait que cette manifestation offre au régime dictatorial qatari une plate-forme publicitaire internationale semble également laisser indifférent le quartier général de la FIFA. Qu’un tel régime incarcère tout simplement des critiques dérangeants comme Ghimire Gundev et Krishna Upadhyaya choque, mais n’étonne pas, au vu des expériences déjà faites à ce jour. 
</p><p>Il y a vraiment lieu de douter que le gouvernement qatari changera fondamentalement d’attitude ces prochains mois ou ces prochaines années. Pour l’heure, il a toujours refusé de supprimer la kafala et d’améliorer la situation des migrant(e)s. Mais seul ce type de réformes, c’est-à-dire le respect général des droits du travail et de l’homme, permettraient de justifier le maintien par la FIFA du Mondial au Qatar en 2022. 
</p><p> Dans l’immédiat, l’Union syndicale suisse (USS) demande aux autorités qataries de libérer immédiatement Ghimire Gundev et Krishna Upadhyaya&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1585</guid><pubDate>Tue, 02 Sep 2014 13:11:00 +0200</pubDate><title>Hausses d’en majorité 2 à 2,5 % - Un grand besoin de rattrapage pour les  titulaires d’un apprentissage</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/hausses-d-en-majorite-2-a-2-5-un-grand-besoin-de-rattrapage-pour-les-titulaires-d-un-apprentissage</link><description>Les revendications salariales des syndicats de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>Des pans importants de l’économie suisse vont bien. Les résultats présentés par les entreprises sont bons. L’argent pour des hausses sensibles de salaire est donc là. Et le besoin de rattrapage concernant les salarié(e)s ordinaires parle en faveur de hausses substantielles. Leurs salaires n’ont en effet pas suivi le rythme de l’augmentation de la productivité du travail. Selon la branche, les syndicats de l’Union syndicale suisse (USS) demandent des hausses de salaires se situant pour leur majorité entre 2 et 2,5&nbsp;%.
</p><p>Ce sont les professionnel(le)s au bénéfice d’un apprentissage qui doivent surtout en profiter. Entre 2002 et 2012, leurs salaires n’ont augmenté que de tout juste 3&nbsp;%, contre 18&nbsp;% pour ceux des cadres supérieurs. Si cette tendance se maintient, le système tant vanté de la formation professionnelle suisse s’en trouvera toujours plus ébranlé. «&nbsp;L’apprentissage professionnel n’a d’avenir que si les travailleurs et travailleuses titulaires d’un apprentissage peuvent vivre décemment de leur salaire et envisager de fonder une famille&nbsp;», souligne Paul Rechsteiner, le président de l’USS. 
</p><p>Pour que les bas et moyens revenus reçoivent la part de la bonne marche des affaires qu’ils méritent, il faut des hausses de salaire générales. Car, les hausses individuelles profitent avant tout aux hauts et très hauts revenus. Les entreprises doivent aussi agir contre les discriminations salariales à l’encontre des femmes en accordant des hausses de salaires ciblées et en pratiquant ici une transparence totale.
</p><p>Les travailleurs et travailleuses de la construction méritent une nette augmentation réelle de leurs salaires. Les bénéfices des entreprises de cette branche augmentent, une branche où la pression et le stress sont importants&nbsp;: «&nbsp;Alors que depuis sept ans le secteur principal de la construction engrange d’importants gains de productivité (+9,3&nbsp;%), les salaires réels sont restés à la traîne (+5&nbsp;%)&nbsp;», précise Vania Alleva, la coprésidente du syndicat Unia. Les capacités de l’industrie aussi sont bien exploitées. Dans la chimie et la pharma, Unia demande au moins 150&nbsp;francs pour tout le monde et 100&nbsp;francs pour les salarié(e)s de l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux ainsi que de l’industrie des produits alimentaires et des boissons.
</p><p>Pour la Poste, PostFinance et CarPostal Suisse SA, syndicom (Syndicat des médias et de la communication) veut une hausse de 2,5&nbsp;%. Étant donné les bénéfices engrangés, son président, Alain Carrupt, estime indiqué un relèvement significatif des salaires. Concernant Swisscom, une croissance de la masse salariale de 1,8&nbsp;% a été fixée en février déjà. Sinon, syndicom revendique une augmentation de 2&nbsp;% dans la branche des télécoms en raison des bons résultats du premier semestre. Et 100 francs pour tout le monde sont demandés dans la branche des arts graphiques et des médias. 
</p><p>Concernant les CFF, il s’agit de rattraper le retard accumulé ces dernières années dans l’évolution des salaires. Pour nombre d’entreprises de transport concessionnaires, les revendications du SEV (Syndicat du personnel des transports) seront de 2&nbsp;% environ. Enfin, le ssp (Syndicat suisse des services publics) veut, pour les pouvoirs publics, que les hausses, passages aux échelons supérieurs et avancements soient pleinement garantis.
</p><h5>renseignements</h5><ul><li>Daniel Lampart, économiste en chef de l'USS, 079 205 69 11</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS, 031 377 01 06 ou 079 249 59 74</li></ul><h5>documents</h5><ul><li>&lt;media 2164 - - "TEXT, 140902 Rechsteiner Revendic-salariales 01, 140902_Rechsteiner_Revendic-salariales_01.pdf, 339 KB"&gt;Paul Rechsteiner, président de l'US&lt;/media&gt;S</li><li>&lt;media 2165 - - "TEXT, 140902 Lampart Revendic-salariales, 140902_Lampart_Revendic-salariales.pdf, 471 KB"&gt;Daniel Lampart, économiste en chef de l'USS&lt;/media&gt;</li><li>&lt;media 2166 - - "TEXT, 140902 Alleva Revendic-salariales, 140902_Alleva_Revendic-salariales.pdf, 45 KB"&gt;Vania Alleva, coprésidente d'Unia&lt;/media&gt;</li><li>&lt;media 2167 - - "TEXT, 140902 Carrupt Revendic-salar syndicom, 140902_Carrupt_Revendic-salar_syndicom.pdf, 143 KB"&gt;Alain Carrupt, président de syndicom&lt;/media&gt;</li></ul><h5>Photos</h5><ul><li><span class="t3-form-field-container">&lt;media 2169 - - "BILD, pk lohnforderungen, pk_lohnforderungen.JPG, 1.6 MB"&gt;Vania Alleva, Paul Rechsteiner, Daniel Lampart et Alain Carrupt présentent les revendications salariales des syndicats de l'USS&lt;/media&gt;<br></span></li></ul>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1576</guid><pubDate>Fri, 22 Aug 2014 10:21:00 +0200</pubDate><title>Le travail à gogo rend malade</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-travail-a-gogo-rend-malade</link><description>L’enregistrement de la durée de travail doit être maintenu !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les Suisses et les Suissesses travaillent toujours plus. Ils travaillent toujours plus aussi pendant leur temps libre, ainsi que les dimanches et pendant les vacances. Le stress sur le lieu de travail augmente. On dort moins bien. Les familles et la vie sociale en souffrent. Les conséquences s’appellent épuisement professionnel, dépressions et, dans le pire des cas, même infarctus du myocarde ou suicide.</p><p>Que les facteurs de stress au travail s’accroissent, la toute dernière Enquête suisse sur la santé menée par la Confédération le montre bien&nbsp;: les personnes interrogées désignent les trop longues durées de travail et l’absence de pauses comme représentant de très grands risques. Si l’on travaille toujours plus (souvent plus que ce que la loi autorise&nbsp;!) et que le repos dominical et nocturne n’est plus respecté, cela s’explique la plupart du temps par le fait que le temps de travail n’est plus enregistré. Comme les employeurs exercent ici une pression plus ou moins prononcée, les salarié(e)s renoncent souvent à noter la durée de leur travail et, surtout, leurs heures supplémentaires. Parfois, cela se fait à l’initiative de l’employé(e). En effet, par peur d’être licencié, on s’imagine augmenter sa productivité en timbrant même si l’on continue de travailler. C’est une dangereuse forme d’auto-exploitation&nbsp;! Les raisons de l’augmentation de la pression au travail sont très souvent des mesures d’austérité cachées, par exemple parce que l’entreprise réduit l’effectif de son personnel en maintenant la charge de travail. Ces mesures sont fréquemment justifiées par une «&nbsp;concurrence renforcée par la mondialisation&nbsp;».
</p><p>Or, la loi sur le travail a fixé des limites claires en matière de durée du travail. Elle fait à juste titre la différence entre heures supplémentaires, travail supplémentaire, travail de nuit et travail du dimanche. Et elle prescrit des pauses de récupération obligatoires. De fait, les médecins du travail savent que les capacités de l’être humain ont des limites qui doivent être respectées. Sinon, nous devons supporter d’énormes coûts de santé et de grandes souffrances humaines. 
</p><p> Le respect de la législation sur la protection de la santé psychique est contrôlé à travers l’enregistrement de la durée du travail. Un respect de la loi que cette dernière demande à tous les employeurs de documenter lorsqu’il y a inspection. Sinon, il y a risque d’amende ou de dénonciation. L’enregistrement de la durée du travail est un instrument simple, mais efficace pour garantir la protection de la santé psychique au travail. Or, que demandent les politicien(ne)s de la droite et les représentant(e)s des milieux économiques&nbsp;? Précisément sa suppression&nbsp;! Leur but est évident&nbsp;: les salarié(e)s doivent travailler plus et plus gratuitement, «&nbsp;grâce&nbsp;» à l’absence de saisie des heures supplémentaires. Les conséquences, comme des coûts de santé supplémentaires, seront par contre supportés par la société. C’est avec cela que les syndicats ne sont pas d’accord&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1574</guid><pubDate>Wed, 20 Aug 2014 10:59:00 +0200</pubDate><title>Le Conseil fédéral fait fi de la forte opposition à la loi sur les heures d’ouverture des magasins</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-conseil-federal-fait-fi-de-la-forte-opposition-a-la-loi-sur-les-heures-d-ouverture-des-magasins</link><description>Mise en œuvre de la motion Lombardi</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le Conseil fédéral fait la sourde oreille aux dures critiques émises contre la prolongation des heures d’ouverture des magasins lors de la consultation sur le projet de loi à ce sujet. Non seulement il ignore les critiques des syndicats selon qui cette prolongation dégraderait clairement les conditions de travail des salarié(e)s concernés, mais, en décidant de soumettre un projet de loi au Parlement d’ici la fin de l’année, il foule avant tout aux pieds le fédéralisme et se moque des décisions déjà prises en la matière par les citoyen(ne)s de nombreux cantons.
</p><p>Si l’on imposait des heures d’ouverture des magasins unifiées dans toute la Suisse, de 6 à 20 heures en semaine et de 6 à 19 heures le samedi, deux tiers des cantons devraient prolonger leurs heures d’ouverture. «&nbsp;Les premières victimes seraient les salarié(e)s concernés, car les jours de travail toujours plus longs nuisent à la vie familiale, accroissent le stress et rendent malades&nbsp;», commente Luca Cirigliano, le secrétaire central responsable de ce dossier à l’Union syndicale suisse (USS). Le danger est d’autant plus grand que, dans le commerce de détail, la majorité des employeurs refusent de conclure des conventions collectives de travail.
</p><p>Les critiques faites par les cantons lors de la consultation sur la loi sont particulièrement dures. Seul le Tessin soutient le projet. La raison en est que tous les cantons de la Suisse centrale et orientale ainsi que tous les cantons romands appliquent aujourd’hui des horaires d’ouverture plus courts. Ces dernières années, les citoyen(ne)s de nombreux cantons ont refusé de les prolonger. Le dernier exemple en date est celui du canton de Lucerne où le peuple a non seulement balayé une libéralisation totale des heures d’ouverture des commerces, mais aussi refusé, et clairement, leur extension de 16 à 17 heures le samedi.
</p><p>Il est incompréhensible et inquiétant d’un point de vue démocratique que le Conseil fédéral fasse tout simplement fi des réserves importantes émises par les cantons et les syndicats et accélère le processus législatif comme si aucune consultation n’avait eu lieu. «&nbsp;C’est inacceptable&nbsp;!&nbsp;», s’exclame Luca Cirigliano. Il appartient au Parlement, qui a chargé le Conseil fédéral, via la motion Lombardi, de rédiger un projet de loi, d’entendre raison et de renoncer à ce projet.
</p><h5>renseignements :</h5><p>&nbsp;</p><ul><li>Luca Cirigliano, secrétaire central responsable à l'USS des conditions de travail, 076 335 61 97</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication et porte-parole de l'USS, 079 249 59 74</li></ul>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1566</guid><pubDate>Wed, 09 Jul 2014 09:45:00 +0200</pubDate><title>La sous-enchère salariale est une réalité : des conditions de travail minimales sont nécessaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-sous-enchere-salariale-est-une-realite-des-conditions-de-travail-minimales-sont-necessaires</link><description>Rapport de l’Observatoire sur la libre circulation des personnes</description><content:encoded><![CDATA[<p>Bien que les mesures d’accompagnement soient a priori des outils très puissants de lutte contre la pression sur les salaires et les abus patronaux, la sous-enchère salariale est malheureusement une réalité en Suisse. Selon le rapport de l’Observatoire sur la libre circulation des personnes publié mercredi, on constate l’existence d’une pression par exemple sur les salaires des étrangères et étrangers établis sans formation postobligatoire et des salarié(e)s titulaires d’un diplôme de degré tertiaire. Et les contrôles effectués dans diverses branches dans le cadre des mesures d’accompagnement mettent régulièrement au jour des cas de sous-enchère salariale.
</p><p>Dans les branches comme la construction ou le nettoyage, qui connaissent des conventions collectives de travail (CCT) étendues (de force obligatoire) prévoyant des salaires minimums, il est possible d’infliger aux moutons noirs parmi les patrons des amendes pour sous-enchère salariale. Mais ceux-ci trouvent toujours de nouvelles méthodes quasi criminelles pour tourner les prescriptions en matière de salaire. C’est pourquoi les contrôleurs doivent pouvoir ordonner une suspension des travaux en cas d’infraction grave, afin de contraindre les entreprises coupables de dumping à changer immédiatement leur façon d’agir. 
</p><p>Dans d’autres branches comme l’horticulture, le commerce de détail de vêtements ou de chaussures, mais aussi chez les musicien(ne)s ou les journalistes libres, on ne peut rien faire actuellement contre la sous-enchère salariale, étant donné l’absence de CCT fixant des salaires minimums. Il faut donc que les employeurs de ces branches en concluent, parce qu’elles seules permettent d’effectuer des contrôles efficaces. 
</p><p>Les propositions du Conseil fédéral concernant la mise en œuvre de l’initiative «&nbsp;Contre l’immigration de masse&nbsp;» renforceraient la sous-enchère salariale et les inquiétudes des citoyen(ne)s quant à leurs salaires et emplois, qui se sont exprimées dans leur vote. Comme le passé l’a montré, saisonniers, frontaliers et frontalières gagnaient, avec l’ancien système de contingents, beaucoup moins que la main-d’œuvre suisse (-13,6&nbsp;%, resp. -7,2&nbsp;%), ce qui signale clairement l’existence d’une pression sur les salaires. Avec le nouveau système de contingents, le marché des activités d’une durée maximale de 3 mois resterait ouvert, ce dont profiteraient des entreprises étrangères et les agences de travail temporaire. Or, c’est précisément ce type d’emplois qui s’illustre régulièrement aujourd’hui par des cas de sous-enchère salariale grossière.
</p><p>Pour appliquer le principe selon lequel en Suisse, on doit verser des salaires suisses et respecter les conditions de travail suisses, nous avons besoin de conditions de travail minimales non discriminatoires qui soient imposées à l’aide de mesures d’accompagnement efficaces. Ainsi, les employeurs suisses ne doivent recruter du personnel à l’étranger que s’ils n’en trouvent pas en Suisse. En outre, des mesures sont nécessaires pour empêcher la discrimination à l’encontre des travailleurs et travailleuses âgés, ainsi que pour qu’il soit plus facile de concilier famille et profession. Grâce à ces dernières par exemple, la durée d’exercice de la profession dans la santé augmenterait et le besoin de personnel spécialisé diminuerait. Enfin, les employeurs doivent mieux assumer leurs responsabilités en matière de santé au travail.
</p><h5>renseignements : &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;</h5><p>&nbsp;</p><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire de l'USS, 079 205 69 11</li></ul><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1559</guid><pubDate>Fri, 04 Jul 2014 15:08:00 +0200</pubDate><title>Les experts l’affirment : les syndicats ont le droit d’accéder aux lieux de travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-experts-l-affirment-les-syndicats-ont-le-droit-d-acceder-aux-lieux-de-travail</link><description>Colloque juridique de l’USS : une opinion claire</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors du colloque juridique de haut niveau organisé le 27 juin à Berne par l’Union syndicale suisse (USS) sous l’intitulé «&nbsp;Droit d’accès aux entreprises et à l’information des syndicats&nbsp;», des juristes et des professeurs de Suisse et étrangers ont affirmé que, sous le droit en vigueur, les syndicats ont le droit de rendre visite aux travailleurs et travailleuses sur leurs lieux de travail et de leurs transmettre des informations. Que ce soit dans des bureaux, sur des chantiers ou dans d’autres établissements industriels. Ce qui inclut aussi les moyens de communication électroniques comme l’Intranet. Les employeurs ne peuvent rien contre cette situation juridique claire, même si tous les tribunaux ne s’en sont pas (encore) rendus compte.</p><p>Grâce aux exposés d’orateurs et oratrices de premier plan venant de Suisse et de l’étranger, la centaine de participant(e)s à ce colloque a pu se faire une image authentique et correct des droits d’accès aux lieux de travail et à l’information des syndicalistes.
</p><h3>Une situation juridique claire</h3><p>Marcel Niggli, professeur ordinaire de droit pénal à l’Université de Fribourg et auteur réputé de plusieurs ouvrages de référence sur le droit pénal, a présenté les résultats de l’expertise qu’il a réalisée à la demande et avec le soutien de l’USS. Pour nous, les syndicats, les résultats de cette expertise sont des plus précieux et absolument sans équivoque aucune&nbsp;: les fonctionnaires syndicaux ont le droit d’accéder directement aux entreprises, aux lieux de travail et aux chantiers, et d’y entrer en contact avec les travailleurs et travailleuses. Concrètement, l’accès des syndicats aux entreprises peut, par exemple, prendre la forme d’une distribution de tracts sur le parking d’une entreprise, de la mise à disposition de brochures dans des locaux servant aux pauses, de l’affichage d’informations sur des tableaux prévus à cet effet ou d’entretiens individuels dans l’enceinte de l’entreprise. Mais cet accès peut également se faire via l’Intranet, par exemple pour l’envoi de courriels et d’enquêtes en ligne. 
</p><p>Dans son expertise (téléchargeable en allemand sur le site de l’USS), Marcel Niggli montre que les employeurs ne disposent d’AUCUN droit pour s’opposer à l’accès physique de syndicalistes dans une entreprise, de les frapper d’une interdiction d’entrer dans celle-ci, ni de porter plainte auprès des autorités pour violation de domicile (art. 186 du Code pénal)&nbsp;! Si, en pénétrant dans l’entreprise, les syndicalistes agissent de manière proportionnée à leur but et ne perturbent pas inutilement l’activité économique, c’est plutôt l’éventuelle plainte déposée «&nbsp;par vengeance&nbsp;» par l’employeur qui aurait un caractère pénal. Si un employeur intente une action pour violation de domicile contre des syndicalistes qui n’ont pas l’heur de lui plaire, cela doit être considéré comme de la contrainte&nbsp;! Ici, l’État a une obligation de neutralité stricte par rapport aux syndicats et aux employeurs et doit se tenir à l’écart des conflits.
</p><p>L’expertise du professeur Niggli renforce la position des syndicats&nbsp;: en accédant aux entreprises, les syndicalistes défendent des intérêts légitimes et sont justifiés à agir en conformité avec la loi. 
</p><p>Cette expertise répond aussi à la question de savoir qui pourrait prononcer une interdiction de pénétrer, par exemple, sur un gros chantier avec une entreprise générale et des dizaines de sous-traitants qui se succèdent. Dans ce cas, pour l’entrée dans les baraques de chantier, ce seraient travailleurs eux-mêmes et non leurs supérieurs hiérarchiques, respectivement le patron de l’entreprise générale.
</p><h3>Ancrer l’accès dans le droit</h3><p>Les exposés de Markus Schefer, professeur ordinaire de droit à l’Université de Bâle, et du professeur Kurt Pärli, directeur du Centre de droit social de la Haute école des sciences appliquées de Zurich, ont établi, en complément aux propos de Marcel Niggli, que les droits d’accès aux lieux de travail et à l’information des syndicats ont déjà une base légale dans le droit suisse en vigueur. Et cela, dans la Constitution fédérale (liberté syndicale selon l’article 28). 
</p><p>Markus Schefer a montré que la liberté syndicale, telle que la garantit cet article 28, déploie un «&nbsp;effet horizontal&nbsp;», à savoir qu’elle ne s’applique pas uniquement à la relation entre État et syndicats, mais aussi à celle entre employeurs et syndicats. Les employeurs sont donc tenus de ne pas limiter l’exercice de la liberté syndicale&nbsp;! Ils n’ont ainsi pas la possibilité de suspendre par des «&nbsp;interdictions de pénétrer dans leur entreprise&nbsp;» les droits prévus à l’article 28 de la Constitution fédérale. L’obligation de rester neutre faite à l’État mentionnée dans l’expertise du professeur Niggli découle aussi de cet article, et cet État n’a pas à être ravalé au rang de larbin de certains employeurs par les «&nbsp;paragraphes&nbsp;» relatifs à la violation de domicile. 
</p><p>Le professeur Kurt Pärli a aussi montré, sur la base d’un état des lieux et d’une analyse des droits d’accès aux lieux de travail et à l’information, tels qu’ils apparaissent dans le droit suisse du travail et les conventions collectives de travail (CCT), que le droit du travail fixe aujourd’hui déjà ces droits en divers endroits&nbsp;: l’article 15 de la loi sur la participation donne par exemple aux syndicats une qualité pour agir directe découlant des litiges correspondants relevant du droit du travail&nbsp;; et également l’article 58 de la loi sur le travail, qui octroie aux syndicats une qualité pour recourir directe en cas de non-respect des dispositions en matière de sécurité et de protection de la santé au travail. Et lorsqu’il y a qualité pour agir des syndicats, ceux-ci ont aussi le droit de pénétrer dans l’entreprise et de récolter des informations et des éléments de preuve en vue d’une éventuelle plainte. 
</p><h3>En résumé, les syndicats ne baisseront pas la garde et informeront&nbsp;!</h3><p>Les résultats de la clarification juridique apportée par le colloque de l’USS font apparaître que le droit suisse en vigueur donne aux syndicalistes des droits d’accès aux lieux de travail. Et cela, directement sur la base du droit constitutionnel, c’est-à-dire de la liberté syndicale prévue à l’article 28 de la Constitution fédérale, ainsi que, directement aussi, sur la base du droit du travail&nbsp;: articles 15 de la loi sur la participation et 58 de la loi sur le travail. À l’avenir ces dispositions devront avoir plus de retombées dans les CCT et y être fixées. À cet effet, l’USS va s’engager pour des bonnes pratiques en matière de CCT à l’intention des partenaires sociaux. 
</p><p> L’expertise du professeur Niggli établit aussi que les employeurs récalcitrants n’ont aucun moyen juridique pour se défaire de syndicalistes critiques et peu appréciés par eux en prononçant des interdictions de pénétrer dans leurs entreprises et en déposant plainte au pénal pour violation de domicile. La plupart des autorités le savent et n’entrent pas en matière sur de telles plaintes. Malheureusement, cette base légale à vrai dire claire ne s’est pas encore imposée dans tous les tribunaux. C’est pourquoi l’USS s’appliquera demain encore à faire connaître cette conclusion de son colloque juridique auprès des juristes ainsi que du public.</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1558</guid><pubDate>Wed, 02 Jul 2014 15:05:00 +0200</pubDate><title>Ce qu’il faut savoir</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/ce-qu-il-faut-savoir</link><description>Petits jobs de vacances et droit du travail

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’été est là, et avec lui les grandes vacances. Pour de nombreux écoliers, gymnasiens et étudiants, c’est aussi le temps des petits boulots qui permettront de se faire un peu d’argent de poche, d’en mettre de côté pour les prochaines vacances et, très souvent, de financer les études. Lorsqu’on occupe ce genre d’emploi, on est un salarié, ou une salariée comme les autres. Et qui dit salarié, dit règles du droit du travail, salaire décent et respect des règles de la sécurité au travail.</p><h3>À partir de quel âge&nbsp;et pour quelle durée?</h3><p>On ne peut fort heureusement pas faire travailler les enfants à partir de n’importe quel âge. La loi sur le travail (LTr) ne l’autorise qu’à partir de 15 ans, 13 pour les travaux légers, voire moins de 13 pour les manifestations sportives et culturelles, à des conditions spécifiques et sur autorisation d’une autorité cantonale (art. 30 LTr, art. 7 OLT 5). Dans tous les cas, les moins de 18 ans ont besoin de l’assentiment de leurs parents avant de signer un contrat de travail. 
</p><p>L’ordonnance 5 de la LTr (OLT 5) précise les règles qui s’appliquent aux jeunes travailleurs et travailleuses de moins de 18 ans. Elle précise notamment l’interdiction d’employer les jeunes à des travaux dangereux, dans certaines branches (discothèques, bars, cabarets, entreprises cinématographiques, cirque et spectacle – cf. art. 4 à 6 OLT 5). Le travail dominical n’est autorisé que pour les jeunes ayant achevé leur scolarité obligatoire, au maximum un dimanche sur deux et uniquement dans la restauration (où ne peuvent être employés que les plus de 16 ans), la garde d’animaux et les boulangeries (art. 13 OLT 5). Dans les zones touristiques, le travail dominical est possible dans les entreprises répondant aux besoins des touristes pendant toute la durée des vacances d’été (art. 15 OLT 5, art. 25 OLT 2). Quant au travail de nuit, il est interdit aux moins de 18 ans en dehors d’une formation professionnelle (art. 12 OLT 5).
</p><p>La durée de travail des moins de 13 ans ne peut pas excéder plus de trois heures par jour et neuf heures par semaine (art. 10 OLT5). Les jeunes de plus de 13 ans n’ayant pas terminé leur scolarité obligatoire peuvent travailler jusqu’à 8 heures par jour (40 heures par semaine) pendant la moitié de la durée des vacances scolaires, entre 6 heures et 18 heures, avec une pause d’au moins une demi-heure pour toute plage de travail de 5 heures et plus (art. 11 OLT 5). Pour tous les jeunes, la durée du travail ne dépassera pas celle des autres employés de l’entreprise (maximum 9 heures par jour) et leur travail doit être compris dans une période de 12 heures (art. 31 al. 1 LTr). Ils ont droit à un repos quotidien d’au moins 12 heures consécutives (art. 16 OLT 5). Le soir, les moins de 16 ans ne peuvent être employés que jusqu’à 20 heures, les 16-18 ans jusqu’à 22 heures (art. 31 al. 2 LTr). 
</p><h3>En cas de danger, je dis STOP&nbsp;!</h3><p>Les petits boulots d’été sont souvent l’occasion de faire connaissance avec le monde du travail. Or, ce dernier n’est pas exempt de dangers, qui n’apparaissent pas toujours au premier coup d’oeil. Et le risque d’accident de travail est très élevé lors du premier emploi, surtout pendant les premiers jours. 
</p><p>Même si l’on est engagé pour une durée très courte, il faut donc particulièrement faire attention aux prescriptions de sécurité. Avant de commencer, il faudra être attentif aux instructions de l’employeur et les respecter scrupuleusement, même si elles paraissent de prime abord inutiles ou exagérées. Dans tous les cas, les travaux dangereux sont interdits au moins de 18 ans. Si malgré tout, je suis confronté à un danger, je dois oser dire STOP et demander l’aide d’un ou une collègue expérimenté. Les accidents, parfois, ne pardonnent pas.
</p><h3>Bien assuré&nbsp;!</h3><p>Négliger les assurances sociales dans le cas d’un petit job de vacances peut coûter très cher. Tous les travailleurs et travailleuses, quel que soit leur âge, doivent être obligatoirement assurés à l’assurance-accidents par leur employeur. S’ils travaillent moins de 8 heures par semaine chez le même employeur, cette assurance ne couvre que les accidents professionnels et, au-delà, tous les accidents. En cas d’accident, l’employeur doit avertir les parents (art 32 LTr). Pour les rapports de travail de moins de 3 mois, il n’y a pas d’obligation de payer le salaire en cas de maladie. Les autres cotisations sociales (AVS/AI/APG)&nbsp; ne sont obligatoires qu’à partir de l’année où l’on a ses 18 ans. Si l’employeur ne paie pas ses cotisations, il s’agit de travail au noir et cela entraîne des sanctions. 
</p><h3>Salaires minimaux et salaires d’usage</h3><p>À ce jour, il n’existe pas de salaire minimum légal. L’employeur est obligé de respecter les conventions collectives de travail (CCT) et les contrats-type de travail (CTT). Pour le petits boulots de vacances sont notamment importants les CCT de l’hôtellerie-restauration, du bâtiment, du nettoyage, des entreprises du commerce de détail (Coop, Migros), la CCT pour le travail temporaire et les CTT cantonaux pour l’agriculture. La plupart des salaires minimaux conventionnés sont accessibles sous <a href="http://www.service-cct.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.service-cct.ch</a>.
</p><p>S’il n’existe pas de CCT ou CTT fixant des salaires minimums, les employeurs sont tenus de respecter les salaires d’usage de la branche et de la région. Les salaires d’usage peuvent être consultés sur <a href="http://www.salaire-uss.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.salaire-uss.ch</a>. 
</p><p>L’USS recommande un salaire minimum de 22 francs de l’heure.
</p><h3>Et les vacances&nbsp;?</h3><p>Enfin, il ne faut pas oublier les vacances, auxquelles chaque travailleur et chaque travailleuse a droit, même s’il occupe son emploi… pendant ses vacances. Si l’on est payé à l’heure, un supplément de salaire de 10,64% pour les moins de 20 ans, de 8,33&nbsp;% pour les plus de 20 ans doit être payé en sus du salaire. Sur le décompte de salaire, ce supplément doit être identifiable comme tel. 
</p><p><b>Astuce&nbsp;:</b> La Commission jeunesse de l’USS met à disposition des jeunes et de leurs proches une brochure contenant toutes les informations utiles sur le droit du travail. Celles-ci peuvent être téléchargées sur le site&nbsp;:&nbsp;<a href="http://www.jeunesse-syndicale.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.jeunesse-syndicale.ch</a>.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1556</guid><pubDate>Thu, 26 Jun 2014 14:04:00 +0200</pubDate><title>Inadmissibles, les interdictions formelles de pénétrer dans les lieux de travail font le lit de la sous-enchère salariale</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/inadmissibles-les-interdictions-formelles-de-penetrer-dans-les-lieux-de-travail-font-le-lit-de-la-sous-enchere-salariale</link><description>Droit d’accès des syndicats aux entreprises</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les syndicats ont un rôle important à jouer dans l’application des conventions collectives de travail (CCT) et des mesures d’accompagnement. Ainsi ce fut Unia qui, l’automne dernier, découvrit que des dizaines de Polonais travaillaient comme indépendants dans des conditions inacceptables sur le chantier de la gare de transit de la Löwenstrasse à Zurich. Mais toujours plus souvent, les syndicats se voient empêchés d’accéder aux entreprises. C’est pourquoi l’Union syndicale suisse (USS) a organisé un colloque juridique sur ces questions. À cette occasion, une nouvelle expertise juridique sera présentée. Elle établit que les syndicats ont le droit d’organiser des visites d’entreprise, par exemple,<a name="_GoBack"></a> pour informer le personnel sur la CCT ou la sécurité au travail, mais aussi pour préparer des mesures de lutte.
</p><p>À proprement parler, les choses sont claires&nbsp;: on ne découvre une infraction dans une entreprise qu’en s’y rendant. En cas de flexibilisation croissante des horaires, de travail à temps partiel ou temporaire, d’heures supplémentaires ou d’intensification générale du travail, les syndicats doivent pouvoir être présents sur les lieux de travail. Parce que leurs moyens sont modestes, les instances qui s’occupent aujourd’hui de contrôler le respect des CCT, des mesures d’accompagnement ou de la loi sur le travail ont besoin que les syndicats leur signalent des faits. 
</p><p>En 2011, le Tribunal fédéral a remis en question cette activité importante. Dans un arrêt, il a donné raison à un restaurateur qui avait chassé du parking de son restaurant des collaborateurs et collaboratrices de syndicats, qui&nbsp; voulaient informer les employé(e)s au sujet de la nouvelle CCT nationale de la branche, ainsi que des droits qui en découlaient pour eux. 
</p><p>Lors de ce colloque juridique du 27 juin, plusieurs experts renommés ont abordé ce thème. Les participant(e)s ont aussi relevé l’importance d’une expertise juridique réalisée par Marcel Niggli, professeur à l’Université de Fribourg. Celui-ci aboutit à la conclusion que l’argumentation développée par le Tribunal fédéral doit être corrigée. La liberté syndicale stipulée par la Constitution fédérale dit que les travailleurs et travailleuses ainsi que les employeurs et employeuses «&nbsp;ont le droit de se syndiquer pour la défense de leurs intérêts, de créer des associations et d’y adhérer&nbsp;». Par conséquent, il faut que les syndicats soient autorisés à rencontrer le personnel des entreprises. Cela, également lorsque cela suppose leur entrée sur un chantier ou dans une entreprise et, éventuellement, une violation de domicile.
</p><p>L’USS demande instamment aux employeurs de respecter les droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses et d’arrêter de faire obstacle au travail syndical.</p><ul><li><span>&lt;media 1907 - - "TEXT, SGB-Tagung Zutrittsrechte franz Download, SGB-Tagung_Zutrittsrechte_franz_Download.pdf, 87 KB"&gt;Programme du colloque juridique de l’USS sur les droits d’accès et à l’information des syndicats&lt;/media&gt;</span></li><li><span>&lt;media 2088 - - "TEXT, Gutachten Hausverbot FINAL4, Gutachten_HausverbotFINAL4.pdf, 361 KB"&gt;Expertise juridique concernant les interdictions formelles de pénétrer dans des lieux de travail et l’activité des syndicats, de Marcel Niggli, docteur en droit (en allemand)&lt;/media&gt;</span></li></ul><h5>RENSEIGNEMENTS</h5><ul><li><span>Luca Cirigliano (076 335 61 97), secrétaire central de l’USS</span><span>&nbsp;&nbsp;</span></li><li><span>Thomas Zimmermann (079 249 59 74), responsable de la communication de l’USS</span></li></ul>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1555</guid><pubDate>Thu, 26 Jun 2014 08:58:00 +0200</pubDate><title>Protégeons les apprenti-e-s !</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/protegeons-les-apprenti-e-s</link><description>La Commission jeunesse de l’USS lance une pétition contre les abus    
durant l’apprentissage</description><content:encoded><![CDATA[<p>La jeunesse syndicale lance aujourd’hui une pétition dans laquelle elle exige une meilleure protection pour les apprenti-e-s. Les enquêtes ont démontré que beaucoup d’entreprises enfreignent régulièrement les dispositions légales. Les infractions en rapport avec le temps de travail sont particulièrement nombreuses durant la formation (heures supplémentaires, travail du soir et du dimanche). Pas moins de 25 000 apprenti-e-s sont victimes d’accidents professionnels chaque année… soit un-e apprenti-e sur huit&nbsp;! Chaque année, environ trois apprenti-e-s décèdent des suites d’un accident.
</p><p>Cette situation doit changer. Beaucoup d’abus et d’accidents pourraient être évités si les autorités organisaient la surveillance de l’apprentissage de façon conséquente. La jeunesse syndicale exige au moins un contrôle annuel dans chaque entreprise formatrice, une surveillance de l’apprentissage indépendante, des critères stricts pour l’octroi des autorisations de former et la fin des économies sur le dos des apprenti-e-s. Les cantons doivent enfin mettre les ressources nécessaires aux contrôles et au suivi des entreprises. La santé et la sécurité de nos apprenti-e-s n’a pas de prix.
</p><p>Ces exigences n’ont jamais été aussi actuelles&nbsp;: le Conseil fédéral vient juste d’abaisser à 15 ans l’âge légal pour effectuer des travaux dangereux durant l’apprentissage. À ce niveau, il n’a pas tenu ses promesses et a affaibli les mesures compensatoires qui avaient été discutées au préalable avec les partenaires sociaux. C’est inacceptable&nbsp;! La Commission jeunesse de l’USS exige que le Conseil fédéral <a name="_GoBack"></a>se responsabilise et impose aux cantons un cadre propre à garantir la santé et la sécurité des apprenti-e-s.
</p><h3>COMMMISSION DE JEUNESSE DE L'USS</h3><p><a href="http://www.jeunesse-syndicale.ch/actuel/" target="_blank" class="external-link" rel="noreferrer">Site de la Jeunesse Syndicale&nbsp;</a></p><h5>Renseignements&nbsp;:</h5><ul><li>Véronique Polito, secrétaire centrale de l’USS, 031 377 01 23 ou 079 436 21 29 (fr. + all.)</li><li>Loïc Dobler, coprésident de la Commission de jeunesse de l’USS, 079 385 66 95 (fr.)</li></ul><h5> DOCUMENTS:</h5><ul><li><span>Pétition</span><span>&lt;media 2082 - - "TEXT, 140626 Petition F, 140626_Petition_F.pdf, 294 KB"&gt;&nbsp;»&nbsp;&lt;/media&gt;</span><span>&lt;media 2082 - - "TEXT, 140626 Petition F, 140626_Petition_F.pdf, 294 KB"&gt;Protégeons les apprenti-e-s !&lt;/media&gt;</span></li><li><span>Véronique Polito&nbsp;</span><span>&lt;media 2083 - - "TEXT, 140626 Polito JUKO Petition, 140626_Polito_JUKO_Petition.pdf, 71 KB"&gt;»&nbsp;&lt;/media&gt;</span><span>&lt;media 2083 - - "TEXT, 140626 Polito JUKO Petition, 140626_Polito_JUKO_Petition.pdf, 71 KB"&gt;La protection des apprenti-e-s doit devenir une priorité&nbsp;!&lt;/media&gt;</span></li><li><span>Loïc Dobler&lt;media 2085 - - "TEXT, 140626 Loic Petition appr, 140626__Loic_Petition_appr.pdf, 334 KB"&gt;&nbsp;&lt;/media&gt;</span><span>&lt;media 2085 - - "TEXT, 140626 Loic Petition appr, 140626__Loic_Petition_appr.pdf, 334 KB"&gt;» Protégeons les apprenti-e-s&nbsp;!&lt;/media&gt;</span></li><li><span>P</span><span>aul Maetschke&nbsp;</span><span>&lt;media 2081 - - "TEXT, 140626 PMaetschke lehrl-f, 140626__PMaetschke__lehrl-f.pdf, 36 KB"&gt;» La bonne réputation de l'apprentissage doit être préservé !&lt;/media&gt;</span></li><li><a href="http://www.unia.ch/Lehrlinge.3975.0.html?&amp;L=1" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Rapport d'Unia sur les apprenti-e-s de 2013/14</a></li></ul>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1552</guid><pubDate>Tue, 24 Jun 2014 10:00:00 +0200</pubDate><title>Propositions du gouvernement mauvaises pour les salaires et l’emploi</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/propositions-du-gouvernement-mauvaises-pour-les-salaires-et-l-emploi</link><description>Mise en œuvre de l’initiative « Contre l’immigration de masse »</description><content:encoded><![CDATA[<p>La décision prise aujourd’hui par le Conseil fédéral concernant la mise en œuvre de l’initiative «&nbsp;Contre l’immigration de masse&nbsp;» est mauvaise pour la Suisse.
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><span>Cette décision est en contradiction avec les Accords bilatéraux et met de ce fait en danger les salaires et les emplois. Cela, par exemple parce que les possibilités de débouchés de l’économie d’exportation s’en trouveront détériorées (plus d’accord sur les obstacles techniques au commerce, etc.).</span></li><li><span>Elle favorisera les engagements de très courte durée – en particulier le travail à temps partiel précaire (location de services) – et avantagera les entreprises étrangères (détachements de main-d’œuvre) car ceux-ci, d’une durée égale ou inférieure à 90 jours, seront exclus des nouvelles restrictions. Pression sur les salaires, baisse de la productivité et conditions de travail globalement moins bonnes en seront les conséquences.</span></li><li><span>Elle entraînera plus de travail au noir et, ainsi, une pression sur les conditions de travail, parce que les employeurs suisses tenteront de tourner les contrôles préalables des autorités.</span></li></ul><p>Les propositions du Conseil fédéral s’inspirent beaucoup de l’ancien système des contingents. Un système dont le bilan est mauvais. Les contingents n’ont pas empêché les employeurs suisses d’aller chercher à l’étranger autant de main-d’œuvre qu’ils voulaient. Et parfois même au noir. Avec l’ancien système, la pression sur les salaires était une réalité très répandue, mais qui fut peu remarquée parce que de nombreux employeurs ont engagé du personnel au noir et ont en plus été&nbsp; beaucoup moins contrôlés qu’aujourd’hui avec les mesures d’accompagnement. 
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) s’engage pour une Suisse sûre et juste. Les Accords bilatéraux en sont une condition. Ils doivent être maintenus. Pour l’USS, pas question que l’on favorise les conditions de séjour et de travail précaires. Le résultat de la votation du 9 février traduit aussi l’inquiétude de la population concernant la sécurité des salaires et des emplois en Suisse. C’est pour cela que nous avons besoin d’une protection et d’une stabilité plus grandes. 
</p><h5>&nbsp;renseignements</h5><p>&nbsp;</p><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire de l'USS, 079 205 69 11</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication et porte-parle de l'USS, 079 249 59 74</li></ul><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1550</guid><pubDate>Fri, 13 Jun 2014 10:23:00 +0200</pubDate><title>Protection du personnel de maison contre l’exploitation</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/protection-du-personnel-de-maison-contre-l-exploitation</link><description>La Suisse ratifie la convention n° 189 de l’OIT</description><content:encoded><![CDATA[<p>La Chambre du peuple a voté le 12 juin la ratification de la convention n°&nbsp;189 de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui s’appliquera désormais aussi en Suisse et permettra de protéger les travailleurs et travailleuses domestiques souvent brutalement exploités.
</p><p>Les travailleurs et travailleuses domestiques, aussi appelés employé(e)s de maison, font partie de cette main-d’œuvre qui est la plus exploitée. Et dans certains pays, leurs droits sont foulés aux pieds, raison pour laquelle ils ont besoin d’une protection juridique particulière. L’Union syndicale suisse (USS) s’est donc trouvée aux premiers rangs lorsqu’il s’est agi de s’engager au sein de l’OIT pour cette nouvelle convention n°&nbsp;189, car elle fixe des normes minimales valables sur toute la planète.
</p><p>Lors de la session parlementaire du printemps dernier, le Conseil des États en avait déjà recommandé par 35 voix contre zéro la ratification, mais au Conseil national, ce fut beaucoup plus ardu&nbsp;: PRL et UDC firent en effet de l’opposition. Certains de leurs orateurs et oratrices ont justifié, le 12 juin, leur refus de cette ratification en invoquant le fait que la Suisse ferait de toute façon déjà tout ce qui est prévu par la convention et qu’il n’y avait donc aucune raison de la signer. Mais d’autres opposant(e)s pensaient que la Suisse ne satisfaisait peut-être pas à toutes les dispositions de la convention et qu’en cas de ratification, il faudrait alors subitement agir. 
</p><p> Et ça, ils ne le voulaient pas. Mais peut-être le devront-ils quand même maintenant… En effet, par 99 voix contre 82, la Chambre du peuple a voté la ratification de la convention n°&nbsp;189 de l’OIT, une décision saluée par l’USS. Elle donne de fait un signal fort de solidarité internationale.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1513</guid><pubDate>Fri, 13 Jun 2014 09:22:00 +0200</pubDate><title>Dossier 104: Que faire pour instaurer l’égalité de salaire entre les sexes ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/dossier-104-que-faire-pour-instaurer-l-egalite-de-salaire-entre-les-sexes</link><description>Analyse des différences de salaire entre les femmes et les hommes 
et contre-mesures politiques
</description><content:encoded><![CDATA[<p>Il n’y a égalité de salaire entre les sexes qu’en l’absence de différence entre les salaires des femmes et ceux des hommes. Mais pour en arriver là, la route est encore longue. Les femmes gagnent en effet toujours en moyenne près d’un quart de moins que les hommes. Elles travaillent trois fois plus souvent qu’eux pour un bas salaire, inférieur à 4&nbsp;000 francs et occupent deux fois moins souvent une position de cadre. Mais, et surtout, elles touchent, à qualifications égales, 10&nbsp;% de moins de salaire pour un travail de valeur égale à celui des hommes. 
</p><p>Que les différences de salaire entre les sexes n’aient diminué que dans une mesure infime pendant les 10 dernière années inquiète aussi. Car ce ne fut pas toujours le cas&nbsp;: dans les 20 années précédentes, les choses avaient progressé bien plus vite. La raison&nbsp;? D’une part, une meilleure formation des femmes, qui ont rattrapé progressivement les hommes et, de l’autre, les importants progrès conquis par le mouvement des femmes et les syndicats. En témoigne l’introduction en 1996 de la loi sur l’égalité entre femmes et hommes. Pour la première fois, des femmes discriminées pouvaient réclamer devant les tribunaux le versement d’arriérés de salaire dus. 
</p><p>Pour que ces différences de salaire disparaissent totalement, il faut à nouveau redoubler d’efforts aujourd’hui. Le présent Dossier se pose la question des mesures à prendre. Dans un premier temps, il sera question des statistiques et de la littérature académique à ce sujet&nbsp;; cela, afin d’analyser de manière approfondie les différences de salaire et leurs causes. Cette analyse repère deux causes principales aux différences et à la discrimination salariales&nbsp;: </p><ul><li>La première est le travail familial, ménager et de soins non payé, accompli dans sa grande majorité par les femmes. Il permet aux employeurs d’exercer une pression plus forte sur les salaires des femmes que sur ceux des hommes. De fait, celles-ci doivent souvent accepter des salaires inférieurs pour pouvoir concilier travail rémunéré et travail non rémunéré. Parallèlement, ce dernier empêche les femmes de consacrer autant de temps à leur profession et à leur carrière que les hommes. Cela aussi induit pour elles des salaires inférieurs. </li></ul><ul><li>La deuxième cause, ce sont les normes et les structures sociales dominantes qui induisent un traitement discriminatoire des femmes sur le marché du travail et dans les entreprises. Elles se traduisent par une dévalorisation du travail féminin et du travail à temps partiel, qui est souvent le fait de femmes, ainsi que par les désavantages arbitraires subis par elles dans la négociation de leur salaire, à l’embauche et en matière d’avancement. </li></ul><p>Les différences de salaire ne sont pas gravées dans le marbre. On le verra lorsque seront abordées ci-après les institutions du marché de l’emploi et les mesures politiques destinées à les réduire, dont font partie les conventions collectives de travail (CCT), les salaires minimums et des syndicats forts. Ces mesures entraîneront une réduction non seulement des inégalités salariales en général, mais aussi des inégalités entre femmes et hommes. Le congé parental payé et des structures d’accueil collectif de jour des enfants à un prix abordable diminuent également les différences de salaire en cela qu’ils permettent tant aux hommes qu’aux femmes de mieux mener de front travail familial et travail professionnel. Une meilleure répartition du travail non rémunéré, une des principales causes des différences de salaire, en est la conséquence. En revanche, les législations antidiscriminatoires contribuent le plus à l’égalité salariale si les entreprises sont contraintes d’agir de manière volontariste contre les rémunérations discriminatoires et si cette contrainte est vraiment effective. 
</p><p>Nous tirerons ensuite les enseignements utiles pour une politique de l’égalité des sexes en Suisse et formulerons cinq revendications en faveur de l’égalité salariale. Premièrement, il faut mieux protéger les salaires au moyen de CCT et d’un salaire minimum national. Les femmes, qui travaillent fréquemment pour des bas salaires, seront les premières à en profiter. Deuxièmement, il faut supprimer la discrimination salariale dans les entreprises de Suisse au moyen de contrôles, de transparence et de sanctions efficaces. Troisièmement, il faut encourager une répartition égale des activités rémunérées et non rémunérées entre femmes et hommes. Pour ce faire, il faut davantage de structures d’accueil de jour des enfants à un prix abordable et d’institutions pour les personnes dépendantes de soins, un congé parental payé et des horaires de travail plus courts et mieux maîtrisables. Quatrièmement, à l’aide de quotas et d’une politique de formation non sexiste, on veillera à ce que les femmes soient représentées comme il se doit dans tous les domaines du monde du travail. Cinquièmement, il s’agit de thématiser à nouveau de manière plus soutenue la question de la discrimination des femmes. </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1549</guid><pubDate>Thu, 12 Jun 2014 15:42:00 +0200</pubDate><title>Les inégalités salariales se creusent</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/les-inegalites-salariales-se-creusent</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Selon les derniers chiffres de l’Enquête suisse sur la structure des salaires 2012, l’écart salarial entre hommes et femmes s’est à nouveau accru. Un mauvais signal, qui confirme qu’avec le Dialogue sur l’égalité des salaires, qui se basait sur un engagement volontaire de la part des employeurs, il n’est pas possible de réaliser cette égalité. Un mauvais signal qui montre la nécessité de relancer l’action avec de nouvelles bases légales qui mettent enfin en place des contrôles des salaires sur l’ensemble du territoire. 
</p><p>L’égalité des salaires fait du sur<a name="_GoBack"></a>place&nbsp;: 18 ans après l’entrée en vigueur de la Loi sur l’égalité, l’écart salarial était toujours de 18,9&nbsp;%, et il a même augmenté ces deux dernières années. En 2010, il était en effet de 18,4&nbsp;%. 
</p><p><b>Un pas en avant et deux pas en arrière</b></p><p>Le salaire médian des hommes est passé de 6'346 francs (brut par mois) en 2010 à 6'553 francs, soit une augmentation de 3,2&nbsp;%. Le salaire médian des femmes est passé de 5’176 à 5’317 francs, soit une augmentation d’à peine 2,7&nbsp;%. Malgré des salaires plus bas, il n’y a pas eu d’effet de «&nbsp;rattrapage&nbsp;» pour les salariées. Le Dialogue sur l’égalité des salaires, qui comptait sur la bonne volonté des entreprises pour éliminer les discriminations salariales entre les femmes et les hommes, n’a pas abouti au résultat visé. 
</p><p><b>Les femmes migrantes doublement discriminées</b></p><p>Le fait d’être femme et immigrée est doublement pénalisant au niveau du salaire. Les chiffres de l’OFS confirment la persistance de la hiérarchie salariale avec en haut les hommes suisses, dont le salaire médian est de 6'960 francs, suivi des hommes étrangers, qui ont un salaire inférieur d’environ 15&nbsp;% (5’921.-). Viennent ensuite les femmes suisses dont le salaire est de 21&nbsp;% inférieur à celui des hommes suisses (5’482.-) et en dernier, les femmes immigrées, avec un écart de 30&nbsp;% (4’894.-) par rapport aux salariés suisses.
</p><p>Cet écart est standardisé à plein temps, si bien qu’on ne peut pas l’attribuer directement au temps partiel. Ces écarts témoignent aussi de la persistance de la ségrégation professionnelle et de la dévalorisation des tâches qui sont dévolues aux femmes en général et aux femmes immigrées en particulier. Ainsi le salaire médian d’une femme travaillant dans le secteur des services personnels n’est que de 3'678 francs, celui d’une femme travaillant dans le commerce de détail n’est que de 4'450 francs. 
</p><p><b>Les hauts salaires et les bonus sont masculins</b></p><p>Les inégalités s’accroissent aussi car les positions de cadre sont de fait réservées aux hommes, qui occupent les trois quart des postes de direction et les deux tiers des postes avec fonction de chef. Lorsqu’une femme parvient néanmoins à occuper un poste de cadre, elle doit se contenter d’un salaire en moyenne inférieur de 32&nbsp;% par rapport à celui de son collègue masculin&nbsp;! 
</p><p>Les bonus sont également une source d’inégalité. Ils sont en effet davantage attribués aux cadres, qui sont justement majoritairement des hommes. Dans un secteur comme le commerce de détail, où un salaire sur cinq est inférieur à 4’000 francs par mois, le bonus moyen réservé aux cadres supérieurs est de 28'700 francs, contre 1'700 francs pour le reste du personnel. Des secteurs comme les assurances et les activités financières, où les hommes cadres sont nombreux, versent des bonus moyens de respectivement 94'000 et 132'500 francs.
</p><p><b>Écarts importants avec le même profil</b></p><p>Pourtant, au-delà de l’insertion différente des hommes et des femmes sur le marché de l’emploi, l’OFS confirme que de grands écarts persistent, y compris lorsqu’on compare le salaire d’un homme et d’une femme qui ont le même âge et un profil équivalent. Ainsi, une femme âgée de 40 à 49 ans avec un niveau de responsabilité très élevé gagne 25&nbsp;% de moins que son collègue&nbsp;! Et une femme sans fonction de cadre qui a fait un apprentissage a un salaire de 12,4&nbsp;% inférieur à celui de son collègue ayant comme elle un CFC en poche.
</p><p><b>Différences de salaire aussi dans les services publics</b></p><p>Les résultats de l’Enquête sur la structure des salaires 2012 ne portent, pour le moment, que sur le secteur privé. Il ne nous est donc pas possible de donner des chiffres actualisés pour le secteur public. Mais nous savons, car cela a été mis en évidence par des études, que les discriminations salariales touchent aussi le secteur public et qu’elles sont à mettre en relation avec l’évaluation des fonctions, les bonus et la ségrégation professionnelle (sous-valorisation des métiers féminins). 
</p><p><b>Les écarts de salaires se creusent&nbsp;: agissons&nbsp;!&nbsp; </b></p><p>On sait – et le rapport de synthèse du PNR 60 «&nbsp;Égalité entre hommes et femmes&nbsp;: résultats et impulsions&nbsp;» qui vient de paraître le montre une fois de plus – qu’un ensemble de mesures, notamment dans le domaine du temps de travail, du partage des tâches et des infrastructures de prise en charge des enfants et des personnes dépendantes, est nécessaire afin de faire, enfin, progresser l’égalité.
</p><p>Alors que les écarts salariaux se creusent, particulièrement entre les hommes et les femmes, il est pourtant urgent de mettre en place des mesures en faveur de l’égalité. Le contrôle des salaires est une mesure que nous préconisons et qui permettrait de faire un pas en avant. Il est intéressant de rappeler que l’avant-projet de Loi sur l'égalité prévoyait de donner au Bureau fédéral de l’égalité la compétence de procéder à des enquêtes. Cette compétence n’a pas été retenue suite aux pressions des milieux patronaux. 20 ans plus tard, la preuve est faite que sans mesures contraignantes, l’égalité n’avance pas. C’est pourquoi, nous exigeons aujourd’hui, la mise en place d’une autorité dotée des compétences et des moyens lui permettant d’agir. </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1521</guid><pubDate>Thu, 12 Jun 2014 15:20:00 +0200</pubDate><title>Égalité des salaires – services publics – négociations conventionnelles et salariales</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/egalite-des-salaires-services-publics-negociations-conventionnelles-et-salariales</link><description>Trois Dossiers de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Ces derniers temps, l’USS a publié trois nouveaux Dossiers<a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2014/140612_Ackermann_Dossiers.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a> sur les thèmes mentionnés dans notre titre. En voici les grandes lignes.</p><h3>Égalité salariale entre hommes et femmes</h3><p>Que faire pour qu’il y ait égalité salariale entre femmes et hommes&nbsp;? Telle est la question que pose le Dossier N°&nbsp;104 de l’USS. Mais avant d’y répondre, les auteur(e)s ont examiné et analysé la vaste littérature académique étrangère et suisse qui cherche à expliquer ce qu’est réellement l’égalité salariale et ses causes. Ils montrent aussi comment les institutions et acteurs politiques ou autres peuvent réduire les différences de salaire entre les sexes. Enfin, ils en tirent les leçons pour une politique de l’égalité dans notre pays. Cinq revendications sont alors formulées&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><span>Les salaires doivent être mieux protégés par des conventions collectives de travail (CCT) et un salaire minimum national. Les femmes, qui touchent souvent des bas salaires, en profiteraient tout particulièrement.</span></li><li><span>Il faut mettre en place des contrôles et des sanctions efficaces, ainsi qu’instaurer la transparence des salaires afin de supprimer la discrimination salariale des femmes.</span></li><li><span>On doit encourager une juste répartition entre hommes et femmes du travail rémunéré et du travail non rémunéré. Pour ce faire, davantage de structures d’accueil de jour des enfants à prix abordables et d’institutions pour les personnes dépendant de soins, ainsi qu’un congé parental payé et des horaires de travail plus courts et mieux planifiables sont nécessaires.</span></li><li><span>Grâce à des quotas et une politique de formation non sexiste, il sera possible d’obtenir une représentation équitable des femmes dans tous les domaines du monde du travail.</span></li><li><span>Enfin, la discrimination salariale des femmes doit redevenir un thème plus largement débattu dans le public.</span></li></ul><p>C. Werder, D. Gallusser, D. Lampart&nbsp;: Que faire pour instaurer l’égalité de salaire entre les sexes&nbsp;? Analyse des différences de salaire entre les femmes et les hommes et contre-mesures politiques. 35 p. Dossier de l’USS N&nbsp;°104.
</p><h3>Des services publics plus forts</h3><p>&nbsp;</p><ul><li><span>Qu’on en finisse avec les programmes d’austérité, les privatisations et la concurrence absurde dans les services publics&nbsp;!</span></li><li><span>Toute la population doit pouvoir profiter de manière égale d’excellentes prestations sociales, de formation, de santé&nbsp;; celles-ci ne doivent pas servir des buts lucratifs privés.</span></li><li><span>&nbsp;Les monopoles doivent appartenir à la collectivité publique. Cela concerne par exemple l’infrastructure ferroviaire, les réseaux électriques, de communication et d’eau, ainsi que l’évacuation des eaux usées et des ordures. Les bénéfices réalisés par les monopoles appartiennent à la communauté.</span></li></ul><p>Telles sont les trois premières revendications contenues dans la résolution adoptée par les quelque 200 participant(e)s à la journée de l’USS sur les services publics, qui s’est tenue à la fin février 2014. La documentation de cette journée, une dizaine d’interventions d’expert(e)s, et la résolution susmentionnée, ont été réunies en langue originale dans un Dossier de l’USS. Celui-ci montre, d’un point de vue syndical et pour tous les services publics existants, ce que ces derniers sont et doivent être et les obstacles auxquels ils sont confrontés. Dans son introduction, Dore Heim, responsable à l’USS de ces questions rappelle que «&nbsp;Seuls des services publics qui disposent de ressources en suffisance, en personnes comme en moyens financiers, peuvent continuer à se développer. Seuls des services publics forts garantissent un niveau de vie élevé en Suisse, ainsi que la cohésion sociale et l’égalité des chances. Il faut investir dans les services publics afin de maintenir, pour la population, une desserte de base ne serait-ce qu’au niveau actuel&nbsp;».
</p><p>D. Heim/E. Ackermann&nbsp;: Des services publics forts pour une Suisse qui fonctionne&nbsp;! Les interventions de la journée du 27.2.2014. 44 p. Dossier de l’USS N°&nbsp;103.
</p><h3>Les négociations conventionnelles et salariales de 2013</h3><p>Le Dossier N°&nbsp;102 est consacré aux négociations entre les partenaires sociaux de 2013, qui fut l’année des salaires minimums. En effet, bien plus souvent que par le passé, des salaires minimums ont été négociés, introduits ou nettement relevés. Événement qui fera date&nbsp;: la fixation pour la première fois, après plusieurs conflits, de salaires minimums dans l’industrie MEM. On constate aussi une tendance à fixer le salaire minimum le plus bas à hauteur de 4&nbsp;000 francs par mois ou à un niveau approchant. Cela &nbsp;s’explique par l’initiative de l’USS sur les salaires minimums, qui a rendu les gens plus conscients de l’importance de cette revendication et a donc déployé tous ses effets sur les négociations de conventions collectives de travail (CCT). 
</p><p>Mentionnons aussi qu’en Suisse romande, parfois après des conflits, on est parvenu à renouveler des CCT dans le commerce de détail (cantons de Genève et Neuchâtel et à Lausanne). Dans le domaine des transports publics, les syndicats ont conclu pour la première fois des CCT-cadres dans les cantons de Zurich et Vaud. Elles doivent servir notamment à empêcher qu’en cas de mise au concours de lignes, la concurrence ne se fasse sur le dos des employé(e)s. On constate également que le congé de paternité a été introduit ou amélioré dans moult cas.
</p><p>Concernant les négociations salariales, le Dossier de l’USS juge fondamentalement positif que des hausses des salaires réels aient été obtenues presque à chaque fois. Mais nombre de cantons ont été critiqués&nbsp; pour leur grande pingrerie et leur fort entêtement, en particulier ceux qui ont imposé des programmes d’austérité incluant des baisses de salaire. Les accords conclus dans l’artisanat sont qualifiés d’acceptables en comparaison avec les années passées. Vu la bonne situation des carnets de commandes et la lourde pression aux délais subie par les travailleurs et travailleuses, ils sont toutefois insatisfaisants. 
</p><p>Ewald Ackermann&nbsp;: Négociations conventionnelles et salariales 2013/2014. Un aperçu des secteurs couverts par les syndicats de l’USS. Dossier de l’USS N°&nbsp;102. 23 p.
</p><hr><p><a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2014/140612_Ackermann_Dossiers.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Les Dossiers de l’USS se trouve sur le site de l’USS&nbsp;: <a href="http://www.uss.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.uss.ch</a>, Publications/Dossiers.</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Égalité des sexes</category><category>Services Publics</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1547</guid><pubDate>Thu, 12 Jun 2014 08:32:00 +0200</pubDate><title>Égalité des salaires entre femmes et hommes: l’heure est aux contrôles !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/egalite-des-salaires-entre-femmes-et-hommes-l-heure-est-aux-controles</link><description>Les femmes des syndicats adressent une lettre ouverte au Conseil fédéral</description><content:encoded><![CDATA[<p>Dans une lettre ouverte adressé au Conseil fédéral, les femmes des syndicats demandent à ce dernier d’entreprendre rapidement les démarches légales nécessaires à la réalisation de l’égalité des salaires entre les sexes. En effet, le Dialogue sur l’égalité des salaires, qui s’est terminé à la fin février sur des maigres résultats seulement, et le nouveau creusement des écarts salariaux entre les femmes et les hommes montrent que la bonne volonté des entreprises ne permettent pas d’avancer sur cette question. C’est pourquoi les femmes de l’USS demandent des contrôles fixés au plan légal. 
</p><p>Les entreprises doivent contrôler leurs salaires à intervalles réguliers (p. ex. tous les 3 ans). Elles doivent aussi instaurer la transparence salariale en leur sein. Enfin, la réalisation de l’égalité salariale nécessite la création d’une autorité nationale dotée de la compétence d’intervenir aussi d’office et d’engager les mesures nécessaires à la réalisation de l’égalité salariale, soit en intentant des actions devant les tribunaux, soit en infligeant des amendes, soit en prenant des décisions.
</p><p>Dans la perspective du 14 juin, jour anniversaire de la légendaire grève des femmes en Suisse, les femmes des syndicats ont organisé à Berne une marche de protestation haute en couleur pour demander qu’après 33 ans, respectivement 18 ans, le Conseil fédéral applique une fois pour toutes l’article constitutionnel et la loi fédérale sur l’égalité. 
</p><p><a href="https://www.flickr.com/photos/55425572@N04/sets/72157645136973094/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">À partir de 13 h, vous trouverez des photos de cette action sur notre site.</a></p><h5>Renseignements</h5><ul><li> Christina Werder (079 341 90 01), secrétaire centrale de l’USS, politique de l’égalité</li><li>Corinne Schärer (079 219 94 20), coprésidente de la Commission féminine de l’USS</li><li>Michela Bovolenta (079 647 72 83), coprésidente de la Commission féminine de l’USS</li></ul><h5>Documents</h5><ul><li><a href="https://sgb.ch/fileadmin/user_upload/Kampagnen/auch-dein-bier_310.png" class="download">Lettre ouverte</a> au Conseil fédéral</li><li><a href="https://sgb.ch/fileadmin/user_upload/Bilder/Grafiken/auch-dein-bier_310.png" class="download">D'autres documents</a> de la conférence de presse</li></ul>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1542</guid><pubDate>Thu, 05 Jun 2014 10:21:00 +0200</pubDate><title>L’Office fédéral renonce à faire recours – des délais de prescription plus longs s&#039;imposent !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-office-federal-renonce-a-faire-recours-des-delais-de-prescription-plus-longs-simposent</link><description>Justice pour les victimes de l’amiante</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) accueille avec satisfaction la décision de l’Office fédéral de la justice de ne pas faire recours auprès de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) contre son jugement concernant la prescription des atteintes dues à l’amiante.</p><p>Dans son jugement du 11 mars 2014, la CEDH a clairement mis en évidence le fait que le droit suisse, avec sa prescription de 10 ans, ne répondait pas aux risques modernes en matière de santé au travail. Ce jugement concernait la plainte de la veuve d’une victime de l’amiante, dont le mari est décédé en 2005 d’un mésothéliome (cancer). Durant des décennies, il avait été en contact avec de l’amiante dans son activité professionnelle. Sa veuve demandait réparation à son ancien employeur et à la SUVA sous la forme d’indemnités&nbsp;; mais toutes les instances judiciaires fondèrent leur refus sur la clause de prescription de dix ans prévue par le droit suisse.
</p><p>Ce renoncement à un recours donne raison aux syndicats ainsi qu’à la CEDH. En d’autres termes, le droit suisse de la responsabilité civile est insuffisant en ce qui concerne l’amiante et d’autres risques émergeants entraînant des atteintes à la santé à long terme seulement. Il faut&nbsp; donc le réviser de toute urgence. Des délais de prescription de 30 années ne suffisent toutefois pas, ils doivent être de 50 années. Par exemple, le cancer du péritoine n’apparaît qu’au moins 40 ans après l’exposition à l’amiante. 
</p><p>Les actuelles victimes de l’amiante et leurs familles ont besoin d’une solution spécifique. Un fonds d’indemnisation généreux est indiqué ici. Le Conseil national est invité à agir sans tarder.
</p><h5>&nbsp;renseignements :</h5><p>Luca Cirigliano, secrétaire central de l'USS, 076 335 61 97</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1538</guid><pubDate>Mon, 02 Jun 2014 10:30:00 +0200</pubDate><title>Jugement correct de la CEDH : un délai de prescription plus long est nécessaire</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/jugement-correct-de-la-cedh-un-delai-de-prescription-plus-long-est-necessaire</link><description>Justice pour les victimes de l’amiante</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) a exigé le 27 mai, par lettre à l’Office fédéral de la justice, que la Suisse renonce à faire recours auprès de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) contre un jugement concernant la prescription des atteintes dues à l’amiante.</p><p>Dans son jugement du 11 mars 2014, la CEDH a clairement mis en évidence le fait que le droit suisse, avec sa prescription de 10 ans, ne correspondait pas aux risques modernes en matière de santé au travail. Ce jugement concernait la plainte de la veuve d’une victime de l’amiante, dont le mari était décédé en 2005 d’un mésothéliome (cancer). Des années auparavant, il avait été en contact avec de l’amiante dans son activité professionnelle. Sa veuve demandait réparation à son ancien employeur et à la SUVA sous la forme d’indemnités&nbsp;; mais toutes les instances judiciaires fondèrent leur refus sur la clause de prescription de dix ans.
</p><p>L’indemnisation correcte des victimes de l’amiante et de leurs proches est une obligation morale à laquelle la Suisse ne s’est pas encore soumise. Le jugement de la CEDH met crûment en lumière cette lacune. Vouloir attaquer ce jugement revient non seulement à chercher une échappatoire à cette responsabilité, mais aussi à bafouer les victimes. Au vu des risques, anciens et nouveaux, il faut bien au contraire repousser jusqu’à 50 ans au moins le délai de prescription.
</p><h5>renseignements&nbsp;:</h5><p>Luca Cirigliano, secrétaire central de l'USS, 076 335 61 97
</p><p>Ewald Ackermann, service de la communication de l'USS, 079 660 36 14</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1534</guid><pubDate>Mon, 26 May 2014 16:19:00 +0200</pubDate><title>Apprendre des revers et rebondir</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/apprendre-des-revers-et-rebondir</link><description>Assemblée des délégué(e)s de l’USS du 23 mai 2014 - 
Discours d’ouverture du Président Paul Rechsteiner

</description><content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p><p class="lead">Les deux dimanches de votation que nous venons de vivre placent le mouvement syndical devant des défis d’envergure.</p><p>Manifestement, les deux défaites devant le peuple du 9&nbsp;février et du 18&nbsp;mai sont liées. Si le résultat du scrutin du 18&nbsp;mai était clair, celui du 9&nbsp;février a en revanche été on ne peut plus serré. Il n’en reste pas moins que la portée de la votation du 9&nbsp;février l’emporte de beaucoup sur celle du 18&nbsp;mai. Le verdict du 9&nbsp;février a en effet profondément modifié la Suisse. Et pas seulement pour le scrutin du 18&nbsp;mai.
</p><p>Commençons toutefois par l’initiative sur les salaires minimums. Diverses raisons en expliquent l’échec et nous aurons tout avantage à l’analyser une fois de plus avec attention, en prenant le recul nécessaire. Néanmoins, il est incontestable aujourd’hui déjà que le climat d’incertitude fruit du 9&nbsp;février et, surtout, la peur de perdre son emploi ont causé un grand tort à l’initiative. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si celle-ci a commencé à chuter dans les sondages au lendemain du scrutin. 
</p><p>En dépit du mauvais résultat, notre initiative pour les salaires minimums n’était pas tout simplement un échec. En effet, le bide de l’initiative devant le peuple ne doit pas faire oublier qu’elle constitue une campagne salariale réussie. Nous avons là un paradoxe&nbsp;: les grands succès dans la lutte contre les bas salaires comparés au fiasco dans les urnes. 
</p><p>Certaines conclusions sont évidentes. Dès le début, nous savions qu’il était téméraire de demander un salaire minimum de 4000&nbsp;francs dans l’ensemble du pays, du moins si l’on tient compte des caractéristiques habituelles en Suisse. Et même si l’initiative ne devait entrer en vigueur qu’en&nbsp;2018. Au moment du lancement de l’initiative, même pas dix ans s’étaient écoulés depuis notre première campagne nationale «&nbsp;Pas de salaires à moins de 3000&nbsp;francs&nbsp;». Avec le recul, il est clair que 4000&nbsp;francs par mois ou 22 francs à l’heure était malgré tout la revendication correcte. En effet, ce sont ces chiffres qui ont servi de référence à la lutte contre les salaires trop bas en Suisse. Nous luttons pour des salaires dignes et non pour des salaires qui frisent le minimum vital.
</p><p>À la réflexion, il aurait été plus intelligent de formuler les principales exceptions dans l’initiative elle-même. Songeons par exemple aux jeunes ou à la possibilité de moduler la limite par région. Dans le débat public, c’étaient des arguments contre lesquels il était presque vain de lutter.&nbsp; 
</p><p>Toutefois, nous devons surtout réfléchir de façon approfondie au rapport entre une campagne et l’instrument que constitue l’initiative populaire. S’agissant des assurances sociales, le recours aux droits populaires est pratiquement inévitable. Il en va autrement pour les salaires. Il n’en reste pas moins que l’initiative, vue comme une campagne salariale nationale de grande envergure, nous a permis d’obtenir dans de nombreuses branches à bas salaires d’énormes avancées qu’il aurait été presque impossible d’imposer autrement. La force d’un syndicat se mesure en première ligne à sa capacité à obtenir des succès concrets pour les salarié(e)s. C’est précisément sous cet angle que les résultats de la campagne pour des salaires minimums ne craignent pas du tout la critique. Malgré tout, il faut tirer un bilan après le 18&nbsp;mai&nbsp;: pour une initiative populaire, il n’est pas suffisant de s’en remettre à la puissance d’une revendication légitime. 
</p><p>Ces prochaines années, la politique salariale aura pour premier objectif de développer les conventions collectives de travail. Cette mission pour notre organisation et nos fédérations sera doublée d’un test pour la valeur réelle de l’attachement au partenariat social professé par les opposants à l’initiative populaire. Nous voulons et devons avancer dans ce domaine et les possibilités sont légion.
</p><p>L’autre priorité de la politique salariale de ces prochaines années est la lutte contre la discrimination salariale dont souffrent les femmes. Cette assemblée des délégué(e)s en posera les premiers jalons. 
</p><p>Si, l’un dans l’autre, nous tenons le bon cap en matière de politique salariale en dépit du mauvais résultat du 18&nbsp;mai, il en va bien autrement pour les séquelles du 9&nbsp;février. De nombreux secteurs ont perdu le nord dans la recherche du succès économique et social de la Suisse. Les contingents et les séjours de courte durée privés de droit menacent de nous renvoyer à une époque révolue. Dès lors, il est important que les syndicats définissent rapidement leur point de vue. 
</p><p>Voici les positions que nous proposons à cette Assemblée&nbsp;: nous voulons que les relations entre la Suisse et l’Union européenne soient réglementées. Aussi défendons-nous les Accords bilatéraux. Nous luttons contre la discrimination. Aussi refusons-nous un nouveau statut de saisonnier privant leurs titulaires de tout droit. Et il faut que les salaires soient efficacement protégés, aussi pour garantir l’emploi.
</p><p>Pour ces raisons, nous nous opposerons avec vigueur à l’initiative Ecopop, dont l’acceptation ne ferait qu’aggraver considérablement la situation après le 9&nbsp;février. Son rejet préparerait en revanche la voie à une nouvelle décision sur les Bilatérales. Ce que nous avons vécu le 9&nbsp;février ne peut pas se reproduire. Et, avant cette échéance, nous n’avons pas non plus fait tout ce qui aurait été possible. Ni à l’extérieur, ni non plus à l’intérieur. Contre Ecopop, les syndicats doivent mener une campagne bien plus agressive, qui montrera les graves conséquences pour tous de la dégradation des conditions salariales et d’embauche des salarié(e)s sans passeport suisse. 
</p><p>Nous devons mener simultanément plusieurs luttes importantes, pour les rentes, pour les salaires et contre la discrimination. Cette assemblée des délégué(e)s est la dernière avant le congrès d’octobre. C’est précisément dans les époques difficiles et troublées qu’il faut faire les bons choix et poser sur le tapis les thèmes qui intéressent les syndicats. Le congrès de l’USS du mois d’octobre tombe donc à point nommé. 
</p><p>Finalement, n’oublions pas que l’histoire des progrès sociaux et politiques est parsemée de défaites. Sur la durée, ce ne sont pas les défaites qui sont déterminantes, mais la capacité d’apprendre des revers et de rebondir. En faveur des grands objectifs sociaux de notre mouvement.
</p><h5>Documents</h5><ul><li>&lt;media 2813&gt;Résolution de la CGAS à l’adresse de l’Assemblée des délégués de l’USS: Bilan de la campagne SML à 4'000 francs et suites à envisager&lt;/media&gt;</li></ul>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1533</guid><pubDate>Fri, 23 May 2014 14:09:00 +0200</pubDate><title>Réaliser l’égalité salariale avec des contrôles sur l’ensemble du territoire</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/realiser-l-egalite-salariale-avec-des-controles-sur-l-ensemble-du-territoire</link><description>Assemblée des délégué(e)s de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les délégué(e)s de l’Union syndicale suisse (USS) ont adopté ce vendredi un ensemble de mesures contre la discrimination salariale des femmes. L’inégalité de traitement subie par celles-ci 20 ans après l’introduction de la loi sur l’égalité entre femmes et hommes n’a toujours pas disparu. Selon les chiffres de la toute dernière enquête suisse sur la structure des salaires, les écarts de salaire entre hommes et femmes se sont même creusés, passant de 18,4 à 18,9&nbsp;%.
</p><p>Comme le montre l’échec du Dialogue sur l’égalité des salaires, impossible de supprimer la discrimination salariale avec des mesures librement décidées. Avec à l’esprit les décisions que va prendre le Conseil fédéral quant aux prochaines étapes, les délégué(e)s de l’USS demandent des contrôles sur l’ensemble du territoire. Ces derniers devraient être organisés par une autorité nationale tripartie disposant de ressources en suffisance et d’une compétence d’intervention. La qualité pour agir et un système d’amendes sont aussi nécessaires. Il faut en outre que les entreprises contrôlent à intervalles réguliers leur structure salariale avec la participation des syndicats et informent sur les résultats obtenus. 
</p><p>Les délégué(e)s de l’USS ont également dressé le bilan de la campagne sur le salaire minimum. Si le résultat de la votation est certes décevant, l’initiative sur les salaires minimums est parvenue à améliorer substantiellement la situation salariale de nombreux travailleurs et travailleuses de Suisse. La limite de 4&nbsp;000 francs est entrée dans les têtes. Mais après le refus d’un salaire minimum légal, le problème des bas salaires attend toujours une solution. On trouve encore trop de moutons noirs qui versent des salaires de dumping. Pour les délégué(e)s de l’USS, il est donc clair qu’ils continueront à se battre pour des salaires qui permettent de vivre décemment. Aux patrons qui ont tressé pendant la campagne des couronnes aux conventions collectives de travail (CCT) négociées par les partenaires sociaux d’assumer leurs responsabilité. Les syndicats vont les prendre maintenant au mot. Et ils continueront de dénoncer demain ceux qui refuseront de négocier et verseront des salaires de dumping.
</p><p>À la faveur d’une rétrospective de la votation du 9 février, les délégué(e)s de l’USS ont constaté que l’acceptation de l’initiative «&nbsp;Contre l’immigration de masse&nbsp;» représente un danger pour tous les salarié(e)s de Suisse. Si les personnes sans passeport suisse sont à l’avenir moins bien traités, ce seront aussi les salaires et les conditions de travail de tous les salarié(e)s qui seront malmenés. Les délégué(e)s ont confirmé la revendication d’une mise en œuvre de l’initiative qui préserve les accords bilatéraux et ne discrimine pas les travailleurs et travailleuses sans passeport à croix blanche. Et on ne saurait accepter que les séjours de courte durée soient favorisés ou qu’un nouveau statut de saisonnier soit introduit. La protection des salaires doit être améliorée, pas démantelée. Enfin, l’USS combattra énergiquement l’initiative d’ECOPOP.
</p><p>Les résolutions adoptées par l'Assemblée des délégué(e)s se trouvent ici:</p><ul><li>&lt;media 2000&gt;Résolution « Des salaires justes, davantage de protection : non à la discrimination salariale, non aux conditions de séjour et de travail précaires ! »&lt;/media&gt; </li><li>&lt;media 2001&gt;Résolution « Pour une prévoyance vielliesse de qualité »&lt;/media&gt;</li><li>&lt;media 2002&gt;Résolution « NON au projet « prévoyance vieillesse 2020 » ! »&lt;/media&gt;</li><li>&lt;media 2003&gt;Résolution  « Bilan de la campagne SML à 4'000 francs et suites à envisager »&lt;/media&gt;</li></ul><h5>renseignements : &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;</h5><p>&nbsp;</p><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire de l'USS, 079 205 69 11</li><li>Christina Werder, secrétaire centrale responsable de l'égalité des sexes à l'USS, 079 341 90 01</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS<a name="Text10">, </a>079 249 59 74</li></ul><p><a name="Text9"></a></p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1531</guid><pubDate>Wed, 21 May 2014 15:36:00 +0200</pubDate><title>Contre le personnel, contre les petits magasins et contre les cantons !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/contre-le-personnel-contre-les-petits-magasins-et-contre-les-cantons</link><description>Heures d’ouverture des magasins : le gouvernement veut une loi</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La nouvelle loi sur les heures d’ouverture des magasins (LOMag) proposée par le Conseil fédéral autoriserait tous les commerces de détail du pays à ouvrir leurs commerces de 6 à 20 heures en semaine et de 6 à 19 heures le samedi. L’Union syndicale suisse (USS) estime que ce projet est bon pour la corbeille.</p><p>Au début, il y a eu la motion Lombardi qui demandait des heures d’ouverture des magasins valables pour tout le pays. Ensuite, les Chambres fédérales ont approuvé cette motion et aujourd’hui, le gouvernement propose en bon petit soldat une loi qui comporte trois articles, sans doute la loi la plus courte de toute la législation suisse. Mais la concision n’est pas toujours mère de la sagesse, elle est souvent aussi synonyme de stupidité à haute dose. L’USS a rejeté énergiquement ce projet dans le cadre de la procédure de consultation. À cela, trois sortes de raisons sont déterminantes&nbsp;:
</p><h3>Des conditions de travail encore plus stressantes</h3><p>Si les heures d’ouverture des commerces étaient prolongées de la sorte, les conditions de travail de la vente deviendraient encore plus stressantes, les horaires encore moins planifiables, et les mères qui élèvent seules leur(s) enfant(e)s seraient alors confrontées à d’importants problèmes. En effet, quelle structure d’accueil de jour des enfants ouvre jusqu’à 8 heures du soir en semaine, jusqu’à 7 heures du soir le samedi&nbsp;? Aujourd’hui déjà, les conditions de travail de la vente sont précaires, demain, elles le seraient encore plus. Ce qui explique aussi pourquoi, dans les sondages, le personnel de la vente se prononce à 90&nbsp;% contre la prolongation des heures d’ouverture des commerces.
</p><h3>Magasins&nbsp;: grands favorisés et petits mangés</h3><p>Selon Luca Cirigliano, responsable de ces questions à l’USS, la prescription de la nouvelle loi repose sur l’hypothèse erronée que la prolongation des heures d’ouverture des commerces entraînerait automatiquement une hausse du chiffre d’affaires. Or, ce n’est pas le cas. La loi proposée favorise en effet unilatéralement les grands magasins qui sont mieux à même de maîtriser avec moins de personnel par surface de vente de telles prolongations que les petits magasins. Bref, les grands magasins pourraient ainsi carrément «&nbsp;affamer&nbsp;» les petits&nbsp;; cela, précisément aussi si le chiffre d’affaires supplémentaire minime est réalisé pendant les heures en fin de journée, car, pour les petits magasins, fermer avant les autres n’entrerait pas en ligne de compte pour une question d’image.
</p><h3>Aucun respect pour les décisions issues des urnes</h3><p>Dans nombre de cantons, des prolongations des heures d’ouverture ont été rejetées ces dernières années, souvent très nettement. Si la Confédération veut cependant en imposer par voie légale, il s’agit alors de harcèlement et d’une violente attaque contre la démocratie et la souveraineté cantonale. Pas étonnant qu’en plus des syndicats, les cantons s’opposent aussi à cette extension arrogante des heures d’ouverture des commerces. On aurait vraiment pu s’attendre des instances responsables de cette révision qu’elles fassent preuve d’un peu plus de respect pour la démocratie…
</p><p> En résumé, l’USS estime que ce projet de loi est sans autre bon pour la corbeille.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1530</guid><pubDate>Wed, 21 May 2014 15:34:00 +0200</pubDate><title>Les droits d’accès des syndicats aux entreprises sous la loupe</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-droits-d-acces-des-syndicats-aux-entreprises-sous-la-loupe</link><description>Colloque juridique de l’USS du 27 juin

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="TitrerubriqueSPcommuniqu lead">Le problème est connu par nombre de secrétaires syndicaux et de syndicalistes&nbsp;: on veut informer le personnel d’une entreprise ou distribuer des tracts en y pénétrant, mais le patron s’y oppose et menace même de porter plainte. Les syndicalistes passent quand même outre et le patron porte plainte. Alors les moulins de la justice se mettent… à moudre.</p><p class="ParagrSPnormaux">Pour les syndicats, la situation juridique est claire. L’article 28 de la Constitution fédérale, qui consacre explicitement la liberté syndicale, implique un droit d’accès et d’information des syndicats dans les entreprises. Et des conventions de l’Organisation internationale du Travail ratifiées par la Suisse prévoient aussi ce droit impérativement. De plus, les tribunaux statuent souvent dans ce sens. Ce fut ainsi le cas il y a longtemps avec l’«&nbsp;ancêtre&nbsp;» du syndicat Unia, le SIB, qui fut attaqué pour violation de domicile parce qu’il avait informé le personnel d’une entreprise en y pénétrant. Mais le syndicat avait alors invoqué la liberté syndicale… et gagné le procès. Dans d’autres cas aussi, les tribunaux ont rejeté des plaintes similaires pour violation de domicile en précisant que la liberté syndicale passait avant la protection de la propriété.</p><h3>Mais les tribunaux ne tranchent pas toujours comme cela …</h3><p class="ParagrSPnormaux">Avec le colloque juridique de l’USS qui se tiendra le 27 juin prochain, on en saura plus sur les droits d’accès des syndicats dans les entreprises et à l’information. Dans sa première partie, des spécialistes du droit du travail, en majorité des professeurs d’université, expliqueront ces droits dans la perspective du droit international (Beatriz Vacotto, OIT), des droits fondamentaux (Markus Schefer, Université de Bâle), du droit pénal (Marcel Niggli et Stefan Maeder, Université de Fribourg) et des réglementations du droit du travail concernant les partenaires sociaux (Kurt Pärli, Haute école des sciences appliquées de Zurich). </p><p class="ParagrSPnormaux">La Suisse fut autrefois, au début de l’industrialisation, une pionnière du droit de travail. Aujourd’hui, elle est plutôt à la traîne des autres États européens. Si nous voulons faire avancer notre droit du travail, nous devons étudier de près les expériences faites par nos voisins. C’est pourquoi ce colloque donnera la parole à deux spécialistes étrangers du droit du travail, le Français Antoine Lyon-Caen, et l’Allemand, Wolfgang Däubler, qui expliqueront comment nos voisins d’outre-Jura et d’outre-Rhin respectent dans la pratique les droits d’accès aux entreprises des syndicats et à l’information. Et la journée se terminera par une table ronde ainsi qu’une discussion.</p><p class="ParagrSPnormaux">Bref, ce colloque juridique de l’USS du 27 juin, animé par Paul Rechsteiner, le président de l’USS, et Luca Cirigliano, secrétaire responsable du droit du travail à l’USS, non seulement offrira son lot d’informations précieuses aux spécialistes, mais représentera aussi, pour les personnes qui travaillent dans la pratique sur cette question, des éclaircissements bienvenus sur ce que les syndicats peuvent et doivent faire sur les lieux de travail.</p><p><b>Inscriptions et programme détaillé&nbsp;</b>: <a href="http://www.uss.ch/zutrittsrechte/" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.uss.ch/zutrittsrechte/</a>.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1516</guid><pubDate>Wed, 07 May 2014 16:42:00 +0200</pubDate><title>Victoire d’étape</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/victoire-d-etape</link><description>Enregistrement de la durée du travail

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Bonne nouvelle&nbsp;: la commission de l’économie et des redevances du Conseil des États a décidé de suspendre jusqu’à fin 2015 le traitement de la motion Niederberger qui demande que les salarié(e)s de certaines branches puissent renoncer à enregistrer leur durée du travail. Mais ce n’est là qu’une victoire d’étape.</p><p>Le conseiller aux États Paul Niederberger veut permettre aux salarié(e)s de certaines branches de signer une déclaration par laquelle ils renoncent à enregistrer leur durée de travail. Cette motion, le Conseil des États l’avait renvoyée à sa commission lors de la session parlementaire du printemps pour examen approfondi. Celle-ci a décidé maintenant d’en suspendre le traitement jusqu’à fin 2015. La procédure expéditive engagée pour supprimer l’enregistrement de la durée du travail dans certaines branches a donc à tout le moins échoué dans un premier temps. Mais dans un premier temps seulement.
</p><p>De fait, un large front d’ultralibéraux veut brutalement «&nbsp;élaguer&nbsp;», voire entièrement supprimer, l’obligation de saisir son temps de travail. À un moment ou à un autre, ils vont donc revenir à la charge. Mais, pour l’Union syndicale suisse (USS), une chose est&nbsp; claire&nbsp;: l’obligation d’enregistrer son temps de travail doit être maintenue, car elle est cruciale. Sans elle en effet, le travail gratuit, la sous-enchère salariale et l’exploitation du personnel seraient beaucoup plus faciles. On peut aussi voir en elle un instrument efficace de prévention contre les charges de travail trop élevées, contre le stress et ses conséquences&nbsp;: les maladies psychiques. En outre, il est possible grâce à elle de contrôler l’application des mesures d’accompagnement&nbsp;! Enfin, elle est également la base indispensable à divers calculs et contrôles, comme dans le cadre de la lutte contre le travail au noir, la détermination des prestations et des cotisations sociales et la perception d’indemnités en cas d’intempérie (construction) ou le chômage partiel (industrie, services). 
</p><p> Pour toutes ces raisons, nous ne baisserons par conséquent pas la garde, même si nous sommes déjà à mi-chemin.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1517</guid><pubDate>Wed, 07 May 2014 16:40:00 +0200</pubDate><title>Celle ou celui qui soigne son enfant à la maison a-t-elle/il droit à son salaire ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/celle-ou-celui-qui-soigne-son-enfant-a-la-maison-a-t-elle-il-droit-a-son-salaire</link><description>Quand les enfants sont malades</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’enfant est malade ou accidenté et doit être soigné à la maison. Les deux parents travaillent. L’un d’eux décide de s’occuper de ces soins. Combien de temps ce père ou cette mère peuvent-ils prendre congé&nbsp;? Pendant combien de temps ont-ils droit à leur salaire&nbsp;?</p><p>Si un enfant malade ou accidenté a besoin d’être soigné à la maison par un de ses parents qui travaille, l’employeur doit donner à ce dernier jusqu’à trois jours de congé. Il est donc judicieux de convenir avec l’employeur du moment et des circonstances à partir desquels un certificat médical doit être produit. Le cas échéant, le ou la salarié(e) doit cependant être dispensé de travailler sur une période plus longue si cela se justifie.
</p><p>Il faut savoir que le droit à trois jours de congé s’applique à chaque cas de maladie et non pour toute une année. Certains patrons semblent toujours l’oublier&nbsp;! Et beaucoup de salarié(e)s croient que leur droit est épuisé après trois jours de congé.
</p><p>Comment les choses se passent-elles avec la compensation salariale&nbsp;? Le congé donné pour soigner un enfant malade est mis sur un même pied que l’«&nbsp;empêchement sans faute&nbsp;» de travailler au sens de l’article 324a du Code des obligations (CO). Concrètement, cela signifie que le parent qui reste à la maison pour un enfant malade ou accidenté a droit au versement de son salaire. La condition est que son rapport de travail ait commencé depuis trois mois au moins et soit prévu pour au moins trois mois. La durée du versement du salaire pour les parents qui ont besoin de plusieurs de ces congés par an (aussi pour leurs propres maladies) est toutefois limitée. Elle obéit selon le lieu de travail à d’autres règles. On connaît ici trois échelles, celles de Bâle, de Berne et de Zurich. Toutes trois prévoient au maximum trois semaines de dispense de travailler payées. Pendant la deuxième année d’ancienneté, l’échelle de Berne prévoit quatre semaines de congé payé, celle de Zurich huit et celle de Bâle neuf. Il est recommandé de se renseigner auprès de l’employeur sur l’échelle appliquée. Le droit au versement du salaire est calculé en fonction des années d’ancienneté et recommence chaque année à zéro.
</p><h3>Et que se passe-t-il avec le salaire si l’enfant doit rester à l’hôpital après sa naissance&nbsp;?</h3><p>Le droit à des allocations pour perte de gain en cas de maternité commence a priori le jour de la naissance de l’enfant. Il arrive régulièrement qu’un nouveau-né doive rester plus longtemps à l’hôpital pour cause de maladie. Comme le congé de maternité sert aussi à la mère pour s’occuper de manière soutenue de son enfant, elle peut, dans ce cas, reporter la perception des allocations pour perte de gain pour la période à partir de laquelle l’enfant sera à la maison. Cette situation est également considérée selon les règles usuelles comme un empêchement sans faute de travailler, c’est-à-dire selon l’article du CO précité. Concrètement, cela veut dire que la mère a droit à son salaire sur une durée limitée, pendant le séjour de l’enfant à l’hôpital. Ce droit est le même que si elle ne pouvait pas travailler parce que son enfant est malade. 
</p><p> Remarquons encore que tout cela concerne l’économie privée. Les rapports de travail de droit public (administration ou entreprises publiques) obéissent à leurs propres règles.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Égalité des sexes</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1518</guid><pubDate>Wed, 07 May 2014 16:38:00 +0200</pubDate><title>Un pas de plus vers la conciliation entre famille et profession</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/un-pas-de-plus-vers-la-conciliation-entre-famille-et-profession</link><description>Pauses d’allaitement au travail : désormais payées</description><content:encoded><![CDATA[<p class="TitrerubriqueSPcommuniqu lead">Désormais, les employeurs doivent rémunérer le temps destiné aux pauses d’allaitement dans l’entreprise ou à l’extérieur. En mettant en vigueur le nouvel article 61 de l’ordonnance I relative à la loi sur le travail (OLT 1), le gouvernement vient de faire un grand pas vers une meilleure conciliation entre famille et profession. Conséquence ultime&nbsp;: un plus pour la qualité de vie familiale et pour l’économie sous forme d’une hausse du taux d’activité féminin. La nouvelle disposition entre en vigueur au 1<sup>er</sup> juin 2014.</p><h3><span>Mieux concilier famille et profession grâce à une convention de l’OIT</span></h3><p class="ParagrSPnormaux">L’an dernier, le Parlement fédéral acceptait, et il y a lieu de s’en réjouir, une initiative parlementaire de la Conseillère aux États socialiste Liliane Maury Pasquier demandant au Conseil fédéral de ratifier la convention n°&nbsp;183 de l’OIT et de l’appliquer. </p><p class="ParagrSPnormaux">Avec cette nouvelle disposition de l’OLT 1 sur les pauses d’allaitement, le Conseil fédéral remplit donc le mandat démocratique qui lui avait été confié. L’Union syndicale suisse (USS) se réjouit de la solution trouvée par les partenaires sociaux via la commission fédérale du travail, une solution d’ailleurs également soutenue par une vaste alliance d’organisation féminines et spécialisées. </p><h3>Aussi pour les femmes travaillant à temps partiel</h3><p class="ParagrSPnormaux">L’article 60 alinéa 2 de l’OLT 1 stipule que les mères allaitantes doivent bénéficier des pauses nécessaires pour allaiter leur enfant ou tirer du lait et que ces pauses doivent être payées comme du temps travail normal. Cette disposition s’applique pendant la première année du nourrisson, le tirage de lait étant mis sur un même pied que l’allaitement. Comme tant l’un que l’autre peuvent avoir lieu dans l’entreprise, l’employeur devant alors aménager un local spécialement à cet effet, ou l’extérieur de celle-ci, comme à la maison ou dans une crèche. </p><p class="ParagrSPnormaux">Le législateur a limité dans la loi le paiement de ces pauses en fonction du temps de travail quotidien effectif (raison pour laquelle un enregistrement du temps de travail est important&nbsp;!). Pour une durée quotidienne de travail allant jusqu’à 4 heures, ces pauses n’excéderont pas 30 minutes et elles seront de 60 minutes pour une durée quotidienne de travail de plus de 4 heures, de 90 minutes pour plus de 7 heures. L’employeur n’aura naturellement pas le droit d’exiger que les pauses d’allaitement librement prises soient compensées par anticipation ou après coup ou qu’un solde de temps de travail négatif soit calculé. Ces pauses ont valeur de temps de travail on ne peut plus normal&nbsp;!</p><p class="ParagrSPnormaux">Il est important de souligner qu’avec toutes ces prescriptions légales concernant la durée des pauses d’allaitement, il s’agit de minima légaux&nbsp;! Employeurs et salarié(e)s, respectivement les partenaires sociaux d’une convention collective de travail, peuvent et doivent fixer individuellement, en fonction de la situation concrète, des pauses plus longues. </p><p class="ParagrSPnormaux">On constate en outre que si une mère, ou un enfant, a besoin d’une pause d’allaitement plus longue, l’employeur est tenu sans autre de la lui accorder&nbsp;! Mais selon les cas, ces pauses supplémentaires peuvent ne pas être payées. </p><p> L’USS salue explicitement le fait qu’avec cette réforme réalisée malgré l’opposition farouche et antidémocratique des arts et métiers et de certains milieux patronaux, les femmes travaillant à temps partiel, donc les nourrissons aussi, pourront profiter également des pauses d’allaitement payées. Il faut que nous nous battions maintenant pour de nouvelles mesures qui permettent à l’avenir de concilier encore mieux famille et profession, et parmi elles, un congé parental légal payé, la création de structures d’accueil des enfants et une réduction de la durée hebdomadaire de travail&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1510</guid><pubDate>Mon, 05 May 2014 16:37:00 +0200</pubDate><title>Pression sur les salaires du commerce de détail et de l’horticulture</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/pression-sur-les-salaires-du-commerce-de-detail-et-de-l-horticulture</link><description>Rapport du SECO sur les mesures d’accompagnement</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le rapport sur la mise en œuvre des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes publié aujourd’hui par le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) montre que les abus en matière de salaire sont une réalité dans notre pays. Dans les branches qui n’ont pas de salaires minimums la sous-enchère salariale est particulièrement inquiétante. Les employeurs de ces branches qui ne respectent pas les salaires suisses ne sont pas contraints d’adapter les leurs. Selon le rapport précité, c’est en particulier le cas dans les branches du commerce (surtout du commerce de détail de vêtements et de chaussures), mais aussi de l’horticulture. 
</p><p>Comparer comme le fait le SECO le nombre d’infractions à l’ensemble des entreprises actives en Suisse est non seulement faux du point de vue méthodologique, mais tendancieux (sous-enchère qui «&nbsp;ne concerne que 0,3&nbsp;% de l’ensemble des employeurs suisses actifs dans ces branches&nbsp;»). En réalité, 8&nbsp;% des entreprises contrôlées pratiquaient la sous-enchère. La majorité des entreprises n’ont pas été contrôlées. Dans les faits, le taux d’infraction devrait donc être bien plus élevé, car certains cantons appliquent, pour leurs contrôles, des salaires de référence trop bas. 
</p><p>Pour protéger les salaires de ces branches, des salaires minimums obligatoires sont nécessaires. La priorité doit être donnée aux conventions collectives de travail (CCT) étendues. Et s’il n’est pas possible de procéder à ces extensions, la Confédération et les cantons doivent édicter des contrats-type de travail.
</p><p>Dans les branches avec salaires minimums, les employeurs qui versent des salaires trop bas peuvent certes être mis à l’amende, mais des problèmes se posent dans l’application de ces sanctions. Le nombre des pseudo-indépendant(e)s venant de l’étranger a fortement augmenté. Ainsi que le montre la pratique, le détachement de main-d’œuvre sous couleur d’indépendance sert toujours plus depuis plusieurs année à tourner les CCT étendues (indépendance fictive). Pour pouvoir imposer les salaires locaux, il faut des contrôleurs et des contrôleuses qui soient habilités à interrompre les travaux. Sinon, les équipes de montage et autres travaux de construction ont déjà repassé la frontière avant que l’on ait pu les atteindre. Or, on doit pouvoir le faire pour les entreprises qui n’ont déposé aucune caution (garanties financières).
</p><h5>Renseignements</h5><ul><li><span>Daniel Lampart (031 377 01 16 ou 079 205 69 11), économiste en chef de l’USS</span></li></ul>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1504</guid><pubDate>Tue, 29 Apr 2014 10:31:00 +0200</pubDate><title>À court terme, l’initiative sur les salaires minimums est la mesure la plus efficace contre les inégalités de salaire</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/a-court-terme-l-initiative-sur-les-salaires-minimums-est-la-mesure-la-plus-efficace-contre-les-inegalites-de-salaire</link><description>Nouvelle étude de l’USS sur l’égalité salariale entre les sexes</description><content:encoded><![CDATA[<p>À qualifications égales, les femmes continuent à être clairement moins payées que les hommes. Selon les nouveaux chiffres de l’Office fédéral de la statistique, les écarts salariaux entre les sexes se sont même creusés ces derniers temps. L’initiative sur les salaires minimums est d’autant plus urgente. Elle représente en effet la mesure la plus rapidement efficace contre l’inégalité salariale aux dépens des femmes. 
</p><p>Une nouvelle étude de l’USS qui vient d’être présentée aux médias dit des conventions collectives de travail (CCT) et des salaires minimums d’un bon niveau qu’ils sont des instruments efficaces à court terme pour lutter contre cette dernière. Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS, précise que «&nbsp;Dans les branches avec des CCT qui prévoient des salaires minimums, (…) la différence de salaire entre hommes et femmes objectivement non explicable est plus petite&nbsp;» que dans les autres branches. Une comparaison entre l’hôtellerie-restauration (très grande couverture par CCT) et le commerce de détail (très peu de CCT) fait apparaître que la discrimination salariale des femmes est moins marquée dans l’hôtellerie-restauration que dans le commerce de détail, a ajouté Vania Alleva, vice-présidente de l’USS et coprésidente d’Unia. Celle-ci signale encore que «&nbsp;les branches typiquement féminines à bas salaires sont fréquemment dépourvues de CCT.&nbsp;» C’est «&nbsp;précisément parce que trois personnes sur quatre qui gagnent moins de 4&nbsp;000&nbsp;francs par mois, ou moins de 22 francs de l’heure, sont des femmes (que l’initiative sur les salaires minimums) représente la mesure à court terme de loin la plus efficace contre la discrimination salariale à l’encontre des femmes&nbsp;», a souligné Paul Rechsteiner, le président de l’USS. Et la présidente du Syndicat suisse des services publics (ssp), Karathina Prelicz-Huber, a condamné en premier lieu les bas salaires versés dans le domaine de l’accueil de l’enfance et de la prise en charge de personnes âgées. Avec des salaires minimums, on empêchera selon elle que «&nbsp;des personnes disposant d’une formation (…) quittent très rapidement la profession&nbsp;». 
</p><p>Dans sa nouvelle étude, l’USS explique que les causes des inégalités de salaire au détriment des femmes sont des normes et des structures discriminatoires, une répartition très inégale entre l’homme et la femme du travail rémunéré et du travail non rémunéré et les discriminations arbitraires que les employeurs font subir aux femmes. Afin de corriger cela, l’étude demande à long terme que travail rémunéré et travail non rémunéré soient répartis de manière égalitaire. Les moyens à cet effet sont&nbsp;: un plus grand nombre de structures d’accueil de jour financièrement abordables, plus d’institutions destinées aux personnes qui dépendent de soins, un congé parental payé et des horaires plus courts et mieux maitrisables. Parallèlement, il faut développer maintenant des instruments qui permettent de contraindre les entreprises à verser aux hommes et aux femmes les mêmes salaires pour un travail de valeur égale.
</p><h5>Renseignements</h5><ul><li>Daniel Lampart (079 205 69 11), économiste en chef de l’USS</li><li>Christina Werder (079 341 90 01), secrétaire centrale responsable de l’égalité à l’USS</li></ul><h5>Documents</h5><ul><li>&lt;media 1917 - - "TEXT, 140429 Lohndiskr. Dossier, 140429_Lohndiskr._Dossier.pdf, 416 KB"&gt;Dossier N° 104 : Was für die Lohngleichheit zu tun ist (en allemand)&lt;/media&gt;</li><li>&lt;media 1923 - - "TEXT, 140429 Rechsteiner Egalite Salaires Etude, 140429_Rechsteiner_Egalite_Salaires_Etude.pdf, 343 KB"&gt;"Oui à l'initiative sur les salaires minimums !"&lt;/media&gt; de Paul Rechsteiner, président de l'USS</li><li><span>&lt;media 1921 - - "TEXT, 140429 Lampart Egalite Salaires Etude, 140429_Lampart_Egalite_Salaires_Etude.pdf, 861 KB"&gt;"Salaires minimums et conventions collectives de travail : des instruments&nbsp;&lt;/media&gt;</span><span>&lt;media 1921 - - "TEXT, 140429 Lampart Egalite Salaires Etude, 140429_Lampart_Egalite_Salaires_Etude.pdf, 861 KB"&gt;performants contre la discrimination salariale des femmes"&lt;/media&gt; de Daniel Lampart, économiste en chef et premier secrétaire de l'USS</span></li><li><span>&lt;media 1920 - - "TEXT, 140429 Alleva Egalite Salaire-Etude, 140429_Alleva_Egalite_Salaire-Etude.pdf, 34 KB"&gt;"Des salaires minimaux et des CCT pour combattre la discrimination salariale&nbsp;&lt;/media&gt;</span><span>&lt;media 1920 - - "TEXT, 140429 Alleva Egalite Salaire-Etude, 140429_Alleva_Egalite_Salaire-Etude.pdf, 34 KB"&gt;des femmes"&lt;/media&gt; de Vania Alleva coprésidente d'Unia</span></li><li><span>&lt;media 1922 - - "TEXT, 140429 Prelicz Egalite Salaires Etude, 140429_Prelicz_Egalite__Salaires_Etude.pdf, 137 KB"&gt;"Revaloriser les professions féminines pour lutter contre le dumping salarial"&lt;/media&gt;</span><span> de Katharina Prelicz-Huber, présidente du ssp</span></li></ul>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1500</guid><pubDate>Mon, 28 Apr 2014 14:10:00 +0200</pubDate><title>Baisse des bas salaires : l’heure est désormais à un salaire minimum !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/baisse-des-bas-salaires-l-heure-est-desormais-a-un-salaire-minimum</link><description>Enquête suisse sur la structure des salaires</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Enquête suisse sur la structure des salaires 2012 rendue publique ce lundi fait apparaître une évolution inquiétante&nbsp;: entre 2010 et 2012, les 10&nbsp;% des salaires réels les plus bas (inférieurs à Fr.&nbsp;3 886.-) ont baissé (- Fr.&nbsp;286.-). Ainsi, la situation précisément de ces salarié(e) qui, aujourd’hui déjà, connaissent des problèmes de fin de mois est devenue encore plus dure. Sont concernés ici des professionnel(le)s de branches sans convention collective de travail (CCT), soit les commerces de détail, l’horticulture, les centres d’appels, etc. Concernant par exemple les commerces de vêtements et de chaussures, la Confédération et les cantons ont prouvé qu’il y a avait sous-enchère salariale. Mais les présidents des associations patronales concernées, souvent très riches comme Karin Keller-Sutter et Dieter Spiess, refusent de conclure des CCT prévoyant des salaires minimums qui protègent les rémunérations. 
</p><p>Cette évolution est d’autant plus choquante au vu de la hausse des très gros salaires. Les 10&nbsp;% des salaires supérieurs ont à nouveau augmenté en termes réels de 7,1&nbsp;% entre 2010 et 2012 (+ Fr.&nbsp;9&nbsp;901.-/an). Ainsi, la répartition inégale des salaires constatée en Suisse ces quinze dernières années a continué à s’aggraver. Celles et ceux qui touchent des salaires élevés reçoivent encore plus et celles et&nbsp; ceux qui n’arrivent guère à s’en sortir avec leurs salaires reçoivent moins.
</p><p>En disant oui à l’initiative sur les salaires minimums, on peut stopper cette évolution. L’introduction d’un salaire minimum légal de 22&nbsp; francs de l’heure protégerait les salaires inférieurs de la sous-enchère. Ce qui constituerait un grand progrès pour les personnes qui en bénéficieraient est sans autre supportable par notre économie. La masse salariale totale ne devrait être relevée que de 0,4&nbsp;%. Et l’argent pour le faire est là, comme le prouve la forte hausse des gros salaires.
</p><p>Le fait que l’inégalité de salaire entre femmes et hommes se soit remise à augmenter depuis 2008 est aussi très inquiétant. Si elle avait quand même diminué de presque 1&nbsp;% entre 2008 et 2010, Selon l’Enquête suisse sur la structure des salaires 2012, elle a à nouveau augmenté de presque 0,5&nbsp;%, pour passer à 18,9&nbsp;%. Mardi 29 avril déjà, l’USS va présenter une étude sur les causes de la discrimination salariale des femmes et montrer avec quels instruments on peut la supprimer.
</p><h5>Renseignements</h5><ul><li><span>Thomas Zimmermann (031 377 01 06 ou 079 249 59 74), responsable de la communication de l’USS</span></li></ul><h5>Documents</h5><ul><li><span>&lt;media 1913 - - "TEXT, 140428 Lampart Enquete structure-salaires, 140428_Lampart_Enquete_structure-salaires.pdf, 549 KB"&gt;"Une Suisse encore moins sociale : il faut plus de CCT et de salaires minimums"&lt;/media&gt;<br>de Daniel Lampart, économiste en chef et premier secrétaire de l'USS</span></li></ul>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1503</guid><pubDate>Mon, 28 Apr 2014 13:54:00 +0200</pubDate><title>Dossier 102: Négociations conventionnelles et salariales 2013/2014</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/dossier-102-negociations-conventionnelles-et-salariales-2013-2014</link><description>Un aperçu des secteurs couverts par les syndicats de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1335</guid><pubDate>Fri, 11 Apr 2014 15:38:00 +0200</pubDate><title>Les salaires justes renforcent la Suisse</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-salaires-justes-renforcent-la-suisse</link><description>Sondage de la SSR</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les sondages réalisés avant une votation sont à prendre avec des pincettes. On vient de le vivre dernièrement le 9 février. L’Union syndicale suisse (USS), ses syndicats et ses alliés disposent maintenant d’un bon mois pour persuader les citoyen(ne)s de dire oui le 18 mai à l’initiative sur les salaires minimums et de mettre ainsi fin au scandale des bas salaires. 
</p><p>Durant la phase cruciale de la campagne de votation qui s’ouvre, les initiant(e)s vont dévoiler de nombreux et étonnants scandales des bas salaires et mettre en évidence les salaires honteusement bas que touchent encore 330&nbsp;000 personnes en Suisse. Ils montreront comment et pourquoi un salaire minimum permet de corriger la répartition inégalitaire des revenus. Ils montreront aussi que, forte, l’économie suisse peut résoudre ce qui constitue un grand problème pour les personnes que concernent ces bas salaires. Ce message, ils le diffuseront ce samedi déjà dans tout le pays, lors de la première journée d’action nationale de cette campagne de votation. Des milliers de militant(e)s descendront en effet dans la rue pour aborder la population et la persuader que travailler doit en valoir la peine pour tout le monde.
</p><p>Le salaire minimum légal de 22 francs de l’heure est le bon instrument pour mettre le holà aux employeurs qui font pression sur les salaires aux dépens des travailleurs et travailleuses. Tout le monde en profitera. Les patrons corrects n’auront plus à craindre de concurrence déloyale. Les contribuables n’auront plus à payer l’addition via l’aide sociale. La discrimination salariale à l’encontre des femmes diminuera nettement, pour le moins dans le segment à bas salaires. Et toutes les personnes concernées auront plus d’argent pour vivre et une meilleure rente plus tard. En outre, les salaires justes créent du pouvoir d’achat et des emplois, et renforcent la Suisse. 
</p><h5>Renseignements</h5><p>&nbsp;</p><ul><li><span>Daniel Lampart (079 205 69 11), premier secrétaire de l’USS</span></li><li><span>Thomas Zimmermann (031 377 01 06 ou 079 249 59 74), responsable de la communication de l’USS</span></li></ul><p></p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1490</guid><pubDate>Thu, 10 Apr 2014 13:34:00 +0200</pubDate><title>OUI au salaire minimum et à la médecine de famille, NON aux Gripen et à l’interdiction professionnelle des pédophiles</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/oui-au-salaire-minimum-et-a-la-medecine-de-famille-non-aux-gripen-et-a-l-interdiction-professionnelle-des-pedophiles</link><description>Recommandations de l’USS pour les votations du 18 mai</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Deux oui et deux non, telles sont les recommandations de l’Union syndicale suisse (USS) pour les votations du 18 mai prochain.</p><p>Inutile, comme on le comprendra, de revenir ici sur le oui évident de l’USS à sa propre <b>initiative populaire sur les salaires minimums</b>. Il convient juste de préciser que l’USS s’engagera de toutes ses forces pour que son initiative soit acceptée, parce que cela rendrait le monde du travail un peu plus juste et améliorerait la situation financière de quelque 330&nbsp;000 personnes.
</p><p>L’USS refuse l’<b>achat de Gripen</b>. Une appréciation raisonnable des dangers que la Suisse court à moyen terme permet de conclure que notre pays n’a pas besoin d’un nouvel avion de combat. Mais l’USS fait surtout observer que les milliards dépensés pour ces nouveaux avions vont manquer ailleurs. Et précisément là où on en a un besoin plus urgent. Il ne faut pas que cet achat d’avions débouche sur des économies dans d’autres domaines. 
</p><p>L’USS dit également non à l’<b>initiative populaire qui demande que les pédophiles fassent l’objet d’une interdiction professionnelle</b>. Cette initiative est trop vague et va à l’encontre de principes qui sont à la base du régime juridique suisse. Sa formulation étant trop rigide, même des personnes mariées après des «&nbsp;amours de jeunesse illégales&nbsp;» risquent de se voir interdire à vie toute activité avec des jeunes. La revendication tout à fait honorable de cette initiative – protéger les enfants et les personnes dépendantes au moyen de peines plus sévères et de mesures de préventions plus dures – doit être traduite de manière plus nuancée au plan légal. 
</p><p> Enfin, l’USS dit oui au <b>contre-projet à l’initiative pour la médecine de famille</b>, parce qu’il soutient des mesures justifiées destinées à améliorer la médecine de famille, tout en intégrant cependant cette dernière dans les soins de base.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1483</guid><pubDate>Mon, 07 Apr 2014 16:21:00 +0200</pubDate><title>Il faut plus de protection, pas moins !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/il-faut-plus-de-protection-pas-moins</link><description>Libre circulation des personnes : que faire?

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Début avril, le président de la République fédérale d’Allemagne, Joachim Gauck, a aussi rencontré des représentant(e)s de l’économie lors de sa visite officielle en Suisse. L’Union syndicale suisse (USS) était présente à travers la personne de sa vice-présidente Vania Alleva, également coprésidente du syndicat Unia. Ci-après, son intervention légèrement abrégée.</p><p>Impossible de parler aujourd’hui des perspectives de l’économie suisse sans se demander «&nbsp;Que faire maintenant&nbsp;?&nbsp;» avec l’initiative intitulée «&nbsp;Contre l’immigration de masse&nbsp;». Si nous ne trouvons pas une bonne façon de sortir de l’actuelle impasse où se trouvent nos relations avec l’Union européenne (UE), les conséquences risquent d’être lourdes.
</p><h3>Les trois principes des syndicats</h3><p>Les syndicats se sont rapidement et clairement positionnés, en ce qui concerne tant les entretiens déjà en cours sur la mise en œuvre de l’initiative de l’UDC que les négociations qui devront inévitablement avoir lieu avec l’UE. Ici, trois principes sont centraux à nos yeux&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ol><li><span>Les Accords bilatéraux avec l’UE ne doivent en aucun cas être remis en question. Ils revêtent une très grande importance pour la stabilité de nos relations avec l’UE, la sécurité de l’emploi et l’avenir de l’économie suisse. Les partenaires sociaux sont d’accord à ce sujet. Le «&nbsp;oui&nbsp;» du 9 février n’était pas un «&nbsp;non&nbsp;» aux Accords bilatéraux, c’est-à-dire à des relations de qualité et structurées avec notre partenaire le plus important.</span></li><li><span>À l’avenir, on devra aussi continuer à respecter le principe de non-discrimination. On parle par exemple beaucoup aujourd’hui en Suisse de la réintroduction du statut inhumain de saisonnier. Il n’en est pas question pour nous et nous partons de l’idée que l’UE ne l’accepterait pas non plus.</span></li><li><span>Il faut renforcer, et non affaiblir, les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes. Il est dans l’intérêt tant de la population locale que des citoyens et citoyennes de l’UE qui travaillent chez nous que l’on s’attaque de manière résolue à la sous-enchère salariale. Le même salaire pour le même travail au même lieu&nbsp;: ce principe doit être observé. Une raison essentielle du résultat malheureux de la votation passée est l’inquiétude ressentie par les gens pour leur emploi. Les cas d’abus découverts, lors desquels des travailleurs et travailleuses détachés ne touchaient que la moitié ou le tiers du salaire dû, ont insécurisé les travailleurs et travailleuses.</span></li></ol><p></p><h3>Que faire maintenant&nbsp;?</h3><p>Deux options se dessinent concernant la marche à suivre dans la mise en œuvre de l’initiative de l’UDC&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><span>une mise en œuvre rigoureuse de l’initiative, ce qui entraînerait une confrontation frontale avec l’UE, respectivement la mort certaine des Accords bilatéraux&nbsp;;</span></li><li><span>une solution autant que faire se peut «&nbsp;eurocompatible&nbsp;».</span></li></ul><p>Nous plaidons pour la seconde option. C’est pourquoi nous attendons du Conseil fédéral qu’il s’engage en faveur de la négociation avec l’UE d’une solution globale. Nous espérons beaucoup que l’UE se déclarera prête à chercher une solution par ce biais. Le but doit être
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><span>de préserver les Accords bilatéraux,</span></li><li><span>de trouver une solution à l’amiable concernant l’Accord sur la libre circulation des personnes,</span></li><li><span>d’en arriver à un accord acceptable sur les questions institutionnelles encore ouvertes entre la Suisse et l’UE.</span></li></ul><p></p><h3>L’UE doit accepter la protection des salaires</h3><p>Si le peuple ne doit plus répondre, dans deux ou trois ans, à la question «&nbsp;Immigration de masse&nbsp;: oui ou non&nbsp;?&nbsp;», mais «&nbsp;Des relations stables avec l’UE&nbsp;: oui ou non&nbsp;?&nbsp;», alors nous sommes persuadés qu’il répondra par l’affirmative. Mais nous avons besoin d’une certaine compréhension, d’une certaine flexibilité de la part de l’UE et de ses États membres. En tant que syndicats, nous n’attendons pas de vous et de l’Allemagne que vous acceptiez un système de contingents, qui ne peut de toute façon qu’être discriminatoire, ni des exceptions permanentes au principe de la libre circulation des personnes. Mais ce dont nous avons absolument besoin, c’est que vous soyez prêts, dans le cadre du règlement des questions institutionnelles à accepter nos mesures d’accompagnement destinées à protéger les salaires. Car elles ne sont pas discriminatoires. Nous ne pouvons en aucun cas accepter de les affaiblir, comme l’UE l’a déjà demandé une fois en 2008/2009 en invoquant les arrêts de la Cour européenne de justice (il s’agissait alors de la réglementation des 8 jours pour l’obligation d’annoncer les travailleurs et travailleuses détachés). Ce démantèlement ne serait pas non plus en mesure de réunir une majorité politique.
</p><p>Si nous voulons regagner la confiance des salarié(e)s et du peuple en une politique de l’ouverture, nous devons pouvoir donner des garanties en matière de sécurité sociale. La solution&nbsp;: plus, et non moins, de protection. Nous avons besoin que l’UE fasse preuve de compréhension à notre égard. Le fait est que ses autorités sont en train d’adopter une directive relative à l’exécution de la directive sur le «&nbsp;détachement des travailleurs&nbsp;», qui permettra aux États membres de prévoir, si nécessaire, des mesures nationales supplémentaires de protection («&nbsp;liste ouverte de mesures&nbsp;». Avec 23&nbsp;% de ressortissant(e)s étrangers et même 31&nbsp;% du volume de travail, nous faisons partie des États qui ont besoin de ces mesures supplémentaires, mais bien sûr sur la base de la non-discrimination.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1468</guid><pubDate>Wed, 26 Mar 2014 15:18:00 +0100</pubDate><title>Les mesures de protection des salaires doivent être améliorées</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-mesures-de-protection-des-salaires-doivent-etre-ameliorees</link><description>Mesures d’accompagnement : la décision du Conseil fédéral</description><content:encoded><![CDATA[<p class="Texte lead">L’Union syndicale suisse (USS) apprend avec satisfaction que le Conseil fédéral entend renforcer les mesures d’accompagnement. Cette reconnaissance du rôle joué par la protection des salaires est importante. En effet, il faut qu’en Suisse, on verse des salaires suisses. Mais, si elles vont dans la bonne direction, les propositions du gouvernement n’apparaissent pas suffisantes aux yeux de l’USS pour protéger efficacement les salaires. </p><p class="Text">Le résultat de la votation populaire du 9 février concernant l’initiative de l’UDC sur l’immigration reflète une inquiétude largement répandue au sein de la population concernant les salaires, les conditions de travail et les emplois. C’est pour cela qu’il faut améliorer la protection des salaires. Ce serait également vrai si des contingents devaient être introduits, car, contrairement à ce que beaucoup croient, ces derniers ne sont pas synonymes de plus de protection des salaires. Les expériences faites par le passé avec eux montrent qu’à l’époque, les salaires étaient insuffisamment protégés, ce qui explique pourquoi de nombreux secteurs ont pu mener alors une politique des bas salaires. Seules des mesures de protection des salaires efficaces et applicables peuvent protéger les salaires et les conditions de travail en Suisse. </p><p class="Text">Aujourd’hui, les mesures d’accompagnement sont très lacunaires. Il est donc juste que le Conseil fédéral veuille durcir les sanctions et faciliter l’extension des conventions collectives de travail (CCT). Avec des sanctions plus dures, on pourra exercer une pression plus forte sur les patrons adeptes de la sous-enchère. Et en développant l’extension des CCT, on pourra mieux imposer le niveau salarial suisse à l’aide de salaires minimums.</p><p>&nbsp;</p><p class="Text">Malheureusement, le Conseil fédéral laisse de grandes lacunes béantes. En particulier, il ne sera pas possible d’agir demain contre les entreprises qui ne versent pas de caution, ce qui rendra l’encaissement des amendes infligées difficile. Les choses ne sont en outre pas claires concernant la suspension des travaux ou le blocage de chantiers. Les entreprises fautives pourront donc poursuivre sans autre leurs activités, même si elles n’ont pas respecté les conditions minimales de travail. Et une fois qu’elles seront parties, l’application des amendes s’avérera compliqué. Or, avec la suspension des travaux et le blocage de chantiers, les contrôleurs disposeraient d’un instrument efficace pour contraindre les entreprises qui pratiquent la sous-enchère à verser des salaires suisses. L’USS s’engagera activement pour que ces lacunes de la protection des salaires soient aussi comblées.</p><h5>renseignements :</h5><p class="Text">Daniel Lampart, économiste en chef de l'USS, 079 205 69 11</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1466</guid><pubDate>Tue, 25 Mar 2014 13:17:00 +0100</pubDate><title>Le Conseil des États accepte la convention n° 189 de l’OIT</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-conseil-des-etats-accepte-la-convention-n-189-de-l-oit</link><description>Travail décent pour les travailleurs et travailleuses domestiques</description><content:encoded><![CDATA[<p>À l’unanimité, la Chambre des cantons a voté la ratification de la convention n°&nbsp;189 de l’Organisation internationale du Travail (OIT). Cette convention renforcera la position des travailleurs et travailleuses domestiques souvent brutalement exploités par leurs employeurs.
</p><p>«&nbsp;D’une part, leur travail est élémentaire, de l’autre, leur position est dans les faits précaire. Les travailleurs et travailleuses domestiques sont en principe des femmes qui proviennent des couches sociales inférieures. Ils touchent des petits salaires, ils sont vulnérables et ont donc d’autant plus besoin d’être protégés. La nouvelle convention de l’OIT fixe des standards minimaux qui s’appliquent sur toute la planète, qui doivent être la norme sur toute la planète&nbsp;», s’est exclamé Paul Rechsteiner, le président de l’Union syndicale suisse (USS), pour justifier la ratification de cette convention.
</p><p>Cette dernière veut s’attaquer aux pires formes de l’exploitation d’êtres humains. Elle garantit par exemple le droit à un jour de congé par semaine qui puisse effectivement être vécu comme tel. Ou encore, elle interdit aux employeurs de travailleurs et travailleuses domestiques de garder leurs documents d’identité ou de voyage. Bref, elle doit garantir que le travail domestique remplit les conditions de tout travail normal et ne représente pas une forme de travail forcé.
</p><p>Le Conseil des États a rejoint ces vues et décidé, par 35 voix contre zéro, que la Suisse ratifierait cette convention de l’OIT, faisant passer du même coup un message international. C’est maintenant au Conseil national d’aborder cette question.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1467</guid><pubDate>Tue, 25 Mar 2014 13:15:00 +0100</pubDate><title>Quand même une justice pour les victimes de l’amiante ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/quand-meme-une-justice-pour-les-victimes-de-l-amiante</link><description>La Cour européenne des droits de l’homme demande un droit de la prescription correct</description><content:encoded><![CDATA[<p class="TitrerubriqueSPcommuniqu lead">Le 11 mars, le Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a désavoué la Suisse, estimant que les délais de prescription prévus par notre droit sont arbitraires et inéquitables. Selon elle, les prétentions des victimes de l’amiante ne devraient pas être prescrites après dix ans.</p><p class="ParagrSPnormaux">La CEDH a clairement signalé dans son arrêt du 11 mars dernier que le droit suisse de la prescription contenait une erreur systémique. En effet, le délai de prescription de dix ans ne correspond pas aux actuels risques courus au travail par la santé. Cet arrêt concerne la plainte de la veuve d’une victime de l’amiante. En 2005, son mari décédait d’un cancer dû à l’amiante, après avoir travaillé plusieurs années en contact avec cette matière. Demandant des dommages et intérêts et réparation pour tort moral à l’ancien employeur de son mari et à la SUVA, elle a cependant échoué devant les tribunaux du pays, Tribunal fédéral compris. La raison de cet échec&nbsp;: le délai de prescription prévu de dix ans…</p><p class="ParagrSPnormaux">Cette femme s’est alors tournée vers la CEDH, qui vient de corriger la décision des tribunaux suisses, critiquant aussi, parce qu’insuffisantes, les propositions de révision du droit suisse de la prescription. Elle a en plus annoncé que, si notre pays n’adaptait pas entre temps comme il se devait son droit de la prescription, elle appliquerait la procédure accélérée de l’«&nbsp;arrêt pilote&nbsp;». Cette procédure a pour but de traiter des centaines, voire des milliers d’affaires identiques tirant leur origine d’un même problème, la Cour rendant ensuite un arrêt global qui s’applique à toutes les affaires similaires soulevant la même question. Et des sommes sont également attribuées à titre de réparation pour tort moral. Les délais d’attente pour les nouvelles affaires identiques baissent ainsi à moins d’un an.</p><p class="ParagrSPnormaux">Si la CEDH reçoit de la Suisse le signal que des efforts sérieux sont actuellement entrepris pour éliminer l’«&nbsp;erreur systémique&nbsp;» susmentionnée, elle gèlera les cas pendants jusqu’à ce que ces efforts aient abouti à des résultats. </p><p class="ParagrSPnormaux">C’est à la Commission des affaires juridiques du Conseil national qu’il incombe d’écrire le prochain chapitre de ce débat controversé. Elle a décidé d’aborder la révision du droit de la prescription en mai 2014, ce n’est pas uniquement important pour les victimes de la tragédie de l’amiante, mais aussi, de manière générale, pour l’utilisation de technologies qui n’ont pas encore fait l’objet de recherches scientifiques et recèlent des risques encore impossibles à estimer. Pour ces risques dits «&nbsp;émergents&nbsp;», le droit de la prescription doit être globalement adapté, ce que le législateur suisse a négligé de faire à ce jour. </p><p><span lang="DE-CH">Pour l’Union syndicale suisse (USS), il est clair que la législation suisse doit prévoir un délai de prescription plus long, afin de le rendre conforme aux demandes de la CEDH, soit un délai de 50 ans pour les dommages corporels et sa suspension pendant la durée du rapport travail. Et un fonds doit être créé pour indemniser les victimes de l’amiante.</span></p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1463</guid><pubDate>Tue, 25 Mar 2014 10:02:00 +0100</pubDate><title>Le Conseil des États dit momentanément non au travail gratuit</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-conseil-des-etats-dit-momentanement-non-au-travail-gratuit</link><description>Enregistrement de la durée du travail</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">À la fin de la session parlementaire du printemps, le Conseil des États a renvoyé en commission pour un examen plus approfondi la motion Niederberger qui voulait imposer au forceps le renoncement à l’enregistrement de la durée du travail dans certaines branches. Mais le risque de durées du travail incontrôlées et donc, finalement, de travail gratuit n’a pas été annihilé pour autant.</p><p>Le conseiller aux États Paul Niederberger voulait, par le biais d’une motion, supprimer l’enregistrement de la durée du travail dans certaines branches. Concrètement, les travailleurs et travailleuses auraient pu – pratiquement par masochisme… – déclarer s’exempter «&nbsp;volontairement&nbsp;» de cette obligation légale.
</p><p>La levée de l’obligation d’enregistrer son temps de travail demandée par cette motion était inacceptable pour trois raisons&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ol><li><span>1.&nbsp;&nbsp; La conséquence du renoncement à l’enregistrement du temps de travail ne serait rien d’autre que le travail gratuit. Les heures supplémentaires n’étant plus documentées, elles ne seraient de fait plus rémunérées. Ce qui est en contradiction avec le principe selon lequel «&nbsp;tout travail mérite salaire&nbsp;».</span></li><li><span>La pression psychique augmenterait&nbsp;: si le ou la collègue faisait valoir son droit à renoncer «&nbsp;librement&nbsp;» à enregistrer son temps de travail, qui oserait vraiment faire le contraire, c’est-à-dire continuer à enregistrer son propre temps de travail&nbsp;?</span></li><li><span>Le travail ne serait plus une période temps circonscrite&nbsp;: le renoncement à l’enregistrement du temps de travail ferait sauter les frontières entre travail et loisirs. Le travail serait partout et toujours présent, ce qui aurait notamment pour conséquences&nbsp;: stress et épuisement professionnel.</span></li></ol><p>C’est tout cela que le Conseil des États a momentanément gelé, car rien n’a en réalité été définitivement décidé. Cette «&nbsp;offensive contre des dispositions de protection fondamentales&nbsp;» des travailleurs et travailleuses, comme l’a qualifié Paul Rechsteiner, le président de l’USS, reviendra sur le tapis. Le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann a en effet annoncé qu’il pourrait tout à fait s’imaginer que le Parlement traite cette question si les partenaires sociaux n’arrivent pas à se mettre d’accord.
</p><p> Bref, les syndicats doivent rester sur leurs gardes. Les adeptes du travail gratuit «&nbsp;moderne&nbsp;» n’ont pour l’heure essuyé qu’une défaite.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1454</guid><pubDate>Wed, 12 Mar 2014 09:28:00 +0100</pubDate><title>Statut de saisonnier : plus jamais ça !</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/statut-de-saisonnier-plus-jamais-ca</link><description>Des discriminations à n’en plus finir</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Plusieurs porte-paroles de l’UDC ont revendiqué, avant et après la votation du 9 février dernier, la réintroduction du statut de saisonnier. Mais savent-ils bien de quoi ils parlent&nbsp;? Ce statut se caractérise par les neuf dispositions discriminatoires suivantes&nbsp;:</p><h3><span>Visite sanitaire à la frontière</span></h3><p>Lors de leur entrée en Suisse, en début de saison (généralement dès le début mars), les saisonniers, devaient se soumettre à la frontière à une «&nbsp;visite sanitaire&nbsp;» dégradante. Torse nu, en colonne, par tous les temps, ils devaient attendre leur tour pendant des heures. Ceux qui n’étaient pas en bonne santé étaient renvoyés à la maison. Cette «&nbsp;visite sanitaire&nbsp;» n’a été supprimée qu’en 1992 et remplacée par une visite chez les médecins des localités de destination&nbsp;; cela, suite à une campagne menée sur plusieurs années par la FOBB (actuellement Unia).
</p><h3>Les baraques</h3><p>Les saisonniers logeaient dans des baraques, à plusieurs dans une même chambre, souvent avec trop peu de toilettes et de douches, dans des conditions insalubres. Ce n’est que dans les années 1980 et 1990 que la FOBB, puis le SIB (nouvelle dénomination) ont obtenu et ensuite pu améliorer un «&nbsp;Règlement des logis pour saisonniers&nbsp;», qui constituait une annexe à la Convention nationale de la maçonnerie. Parmi les améliorations&nbsp;: pas plus de deux personnes par chambres (puis une), suffisamment de douches et de toilettes, des conditions hygiéniques et un bon service de cantine.
</p><h3>Interdiction de changer d’emploi</h3><p>Les saisonniers étaient engagés par une entreprise et ils devaient y rester. Les autorités n’accordaient pas de changement d’emploi, même si les rapports de travail avaient été résiliés illicitement. Ils devaient rentrer au pays. Cela les mettait dans une condition de dépendance extrême face à l’employeur.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
</p><h3>Pas de regroupement familial</h3><p>Les saisonniers n’avaient pas droit au regroupement familial. Ce n’est qu’avec l’accord bilatéral Suisse-Italie de 1965 que la possibilité d’avoir droit à un permis annuel et, par conséquent, au regroupement familial a été introduite&nbsp;; et cela après 45 mois (5 saisons). Dans le courant des années 1970, le nombre de mois a été réduit à 36 (4 saisons). Une marge de tolérance de 14 jours fut aussi introduite. Mais lorsque, par exemple, un saisonnier – lors de sa troisième saison – n’arrivait qu’à 8 mois et une semaine, le calcul des saisons recommençait à zéro l’année suivante. Pour la même raison, on a fini par introduire le critère de 100 mois de séjour pour les saisonniers qui étaient assujettis depuis longtemps à ce statut, mais n’avaient jamais pu réunir les conditions précitées pour la transformation de leur permis. En 1982, le Conseil fédéral a supprimé ce critère des 100 mois. 
</p><p>À relever que nombre d’employeurs abusaient de ces règles pour empêcher le saisonnier de remplir les conditions à une transformation de son statut. C’était une manière de tenir les plus productifs liés à l’entreprise. Car souvent les saisonniers, dès qu’ils avaient obtenu une transformation de leur statut, quittaient non seulement l’entreprise, mais la branche, pour retrouver par exemple un emploi dans le secteur industriel.
</p><h3>Les enfants clandestins&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </h3><p>Avec le temps, de nombreuses femmes ont rejoint leurs conjoints, qui travaillaient dans l’agriculture ou le bâtiment, en tant que saisonnières aussi, mais le plus souvent dans le secteur de la restauration et de l’hôtellerie. Lorsque leurs enfants ne pouvaient pas être pris en garde par les grands-parents, ils étaient «&nbsp;parqués&nbsp;» dans des internats, souvent à la frontière avec la Suisse. D’année en année, le nombre d’enfants vivant clandestinement en Suisse a augmenté. Une enquête effectuée au début des années 1990 par la FOBB est parvenue alors à la conclusion qu’ils étaient plusieurs milliers dans cette situation. Dans les cantons et communes où les autorités étaient tolérantes, ils pouvaient aller à l’école sans être dénoncés&nbsp;; sinon, ils restaient toute la journée enfermés à la maison.
</p><h3>Rotation des &nbsp; saisonniers </h3><p>La FOBB – ayant constaté le jeune âge des travailleurs à leur arrivée - a dénoncé à de multiples reprises au fil du temps la pratique de la rotation des saisonniers appliquée par les employeurs. Les conséquences en étaient les suivantes&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><span>durant la première saison, leur salaire était le plus bas&nbsp;; ignorant leurs droits, ils étaient sans défense&nbsp;;</span></li><li><span>pour les moins de 25 ans d’âge, aucune cotisation ne devait être versée à la caisse de pension&nbsp;;</span></li><li><span>le nombre d’accidents professionnels, notamment dans la construction, était extrêmement élevé (plus d’un tiers chaque année), ce qui tenait souvent au fait que ces jeunes sans qualifications venaient de l’agriculture.</span></li></ul><p></p><h3>Pression sur les salaires&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </h3><p>Pour un même travail de manœuvre, les saisonniers étaient en moyenne payés 15&nbsp;% de moins que leurs collègues suisses. Vu le recours extensif à cette catégorie des saisonniers, le niveau général des salaires dans les branches les plus concernées était sous pression.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
</p><h3>Discrimination dans les assurances sociales&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </h3><p>Les saisonniers subissaient des discriminations en matière d’AI et d’assurance-maladie par rapport à la main-d’œuvre indigène. La plupart d’entre eux n’avaient pas droit à l’assurance-chômage durant l’entre-saison passée dans leur pays. En matière de prévoyance professionnelle, ils étaient souvent confrontés à des abus.
</p><h3>Pas de garantie de l’emploi&nbsp;&nbsp; </h3><p>À la fin de la saison, les saisonniers devaient prendre leurs bagages, souvent sans avoir l’assurance de pouvoir revenir la saison suivante, ce qui était une source de grande insécurité.
</p><p>Cette énumération prouve qu’il n’est pas exagéré de parler du statut de saisonnier comme d’un statut inhumain, contraire à la dignité de la personne et de la famille, un statut similaire au système d’apartheid de l’ancienne Afrique du Sud ou de «&nbsp;Kafala&nbsp;» actuellement en vigueur pour les travailleurs migrants au Qatar. 
</p><p> Un État qui tire les leçons du passé ne peut que dire&nbsp;: plus jamais de statut du saisonnier&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Migration</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1459</guid><pubDate>Wed, 12 Mar 2014 08:31:00 +0100</pubDate><title>Les contingents ne protègent de rien du tout !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-contingents-ne-protegent-de-rien-du-tout</link><description>Pourquoi renforcer, et non affaiblir, maintenant la protection des salaires


</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS, nous explique pourquoi les salaires doivent être mieux protégés en Suisse<a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2014/140311_Lampart_Sal-min_Contingents.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>. Des politicien(ne)s de l’UDC demandent déjà le démantèlement des mesures d’accompagnement. Une politique qui serait catastrophique pour l’ensemble des travailleurs et travailleuses, met en garde Daniel Lampart.</p><p>Et tout à coup, l’UDC se saisit aussi du thème des pressions sur les salaires. Tout à coup, elle éleva son initiative «&nbsp;Contre l’immigration de masse&nbsp;» au rang de protection contre la sous-enchère salariale. Avant la votation déjà, nous avions mis en garde, nous les syndicats, contre le renforcement de la pression sur les salaires et les emplois qu’entraînerait cette initiative. Ou, comme le disait un collègue&nbsp;: «&nbsp;L’initiative de l’UDC a presque autant à voir avec la protection des salaires et des emplois qu’un crocodile avec un hamster.&nbsp;» Pire encore, l’acceptation de cette initiative montre que s’il en va selon la volonté de l’UDC, les actuelles mesures de protection des salaires vont même disparaître. 
</p><p>Tout à coup, l’UDC dévoile ainsi son vrai visage, celui d’un parti hostile aux salarié(e)s. Par exemple, l’UDC grison Heinz Brand demande maintenant l’abolition des mesures d’accompagnement. Et le directeur radical-libéral de l’Union suisse des arts et métiers, Hans-Ulrich Bigler, s’imagine facilement faire des affaires sans ces mesures, mais avec des contingents, contrairement à de vastes pans de ces PME qui constituent pourtant sa base.
</p><p>Or, une Suisse avec une protection des salaires et des emplois moindre, ce ne serait pas une bonne chose. De fait, cette protection est déjà lacunaire. C’est pour cela que notre pays a besoin de mesures d’accompagnement renforcées, et non affaiblies. Et d’autant plus, après le oui à l’initiative isolationniste de l’UDC.
</p><h3>Des Chinois sur les chantiers&nbsp;?</h3><p>L’initiative de l’UDC veut revenir à une économie basée sur des contingents. Mais, en l’absence de la protection garantie par des mesures d’accompagnement, ceux-ci ne protègent aucunement les travailleurs et travailleuses. Prenons un exemple&nbsp;: si la construction avait droit à des contingents de 20&nbsp;000 unités, sans prescriptions spéciales, les entrepreneurs pourraient théoriquement engager 20&nbsp;000 Chinois pour des salaires bon marché. Les travailleurs et travailleuses présents en Suisse n’aurait alors plus aucune chance sur le marché de l’emploi. Et leurs salaires subiraient des pressions. 
</p><p>S’il est vrai que l’initiative de l’UDC veut que le Conseil fédéral décide de l’attribution des contingents, la réalité sera différente, comme nous l’ont appris les années 1990. À l’époque, il y avait des contingents en Suisse. C’était les milieux économiques qui faisaient alors pression sur le Conseil fédéral pour pouvoir recruter à l’étranger toute la main-d’œuvre dont ils avaient besoin. 
</p><p>C’est tout sauf un hasard si l’immigration n’a plus jamais été aussi forte qu’en ces temps. Mais au-delà des contingents, les employeurs sont aussi allés chercher dans le pays une main-d’œuvre au noir. Par exemple, pour l’agriculture. Ces saisonniers recrutés au noir n’ont même pas été recensés dans les statistiques officielles.
</p><h3>La sous-enchère salariale s’envole</h3><p>Avant l’introduction de la libre circulation des personnes et des mesures d’accompagnement, la sous-enchère salariale était un phénomène très répandu. Aucun contrôle n’était de fait réalisé dans les entreprises. Selon une étude de l’Université de Genève, un saisonnier recevait, pour un même travail, un salaire de presque 15&nbsp;% inférieur à celui d’un Suisse. Les salaires des frontaliers et frontalières aussi étaient inférieurs à ceux des Suisses et Suissesses. La situation ne s’est améliorée qu’avec les mesures d’accompagnement, les contrôles des salaires et les amendes. 
</p><p>Aujourd’hui, les cas de sous-enchère s’envolent. Raison pour laquelle, les salaires des frontaliers et frontalières se sont aussi améliorés ces dernières années. Ce qui n’a pas une influence positive uniquement pour eux, mais également pour les travailleurs et travailleuses indigènes, dont les salaires sont alors moins sous pression.
</p><h3>L’UDC contre la protection des salaires</h3><p>La libre circulation des personnes avec l’Union européenne (UE) a eu pour effet que les employeurs de Suisse ont d’abord été chercher de la main-d’œuvre dans des pays où les salaires et les conditions de travail sont comparables à ceux de Suisse, comme par exemple l’Allemagne. Cela aussi pourrait changer si l’UDC s’imposait. En effet, son initiative isolationniste ne dit rien sur cette question. Elle laisse les entreprises recruter de la main-d’œuvre dans les pays de leur choix.
</p><p>Le politicien et patron UDC Felix Muri et Heinz Brand, autre politicien UDC, veulent déjà du personnel asiatique pour le secteur de la santé et des soins. Selon eux, des Chinois(es) et des Philippin(e)s devraient travailler dans les hôpitaux et EMS suisses. Pour des salaires certainement très inférieurs à ceux qui sont versés actuellement dans cette branche où, conséquence logique, la pression sur les salaires ira s’accentuant. 
</p><p>La protection des travailleurs et travailleuses a toujours été une épine dans le pied de l’UDC. Le parti de Christoph Blocher s’était opposé en son temps aux mesures d’accompagnement. C’est pourquoi il fera en sorte que, après le 9 février aussi, les patrons puissent recruter à l’étranger autant de main-d’œuvre qu’ils voudront. Le jusqu’au-boutiste UDC Luzi Stamm propose déjà que le Conseil fédéral puisse exclure la main-d’œuvre frontalière des contingents… alors que l’initiative de son parti demande exactement l’inverse.
</p><h3>Les accords bilatéraux sont nécessaires</h3><p> Nous les syndicats, nous nous battrons contre le démantèlement de la protection des salaires. Les mesures d’accompagnement doivent être renforcées, pas affaiblies. Nous n’accepterons pas non plus que la position de la main-d’œuvre indigène qui ne dispose pas d’un passeport suisse se dégrade. Nous lutterons contre l’introduction d’un nouveau statut de saisonnier dont les conséquences seraient aussi catastrophiques pour les salarié(e)s suisses, car leurs salaires se retrouveraient comme autrefois sous pression. C’est pourquoi nous nous engageons pour la poursuite des accords bilatéraux avec l’UE. Sans eux, les salaires et les emplois du secteur de l’exportation seraient menacés. Et les vendeuses ou les peintres en pâtiraient finalement aussi. Petit pays, la Suisse crée une grande partie de sa prospérité en commerçant avec l’étranger. Et cela ne changera pas. 
</p><hr><p><a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2014/140311_Lampart_Sal-min_Contingents.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Article publié dans le journal work du&nbsp;7 mars 2014.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1457</guid><pubDate>Wed, 12 Mar 2014 08:27:00 +0100</pubDate><title>Les patrons refusent toute responsabilité</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/les-patrons-refusent-toute-responsabilite</link><description>Une nouvelle loi sur la formation continue conroversée</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Durant la session parlementaire en cours, le Conseil des États a empoigné le dossier de la loi sur la formation continue. Il est revenu sur une décision du Conseil national de biffer toute mention de la responsabilité des employeurs. En vue des débats au National, ces derniers persistent et signent&nbsp;: ils s’obstinent dans leur refus d’assumer une part de responsabilité dans la formation continue de leurs salariés.</p><p>C’est bien connu, les patrons préfèrent donner des leçons qu’en recevoir. Il en va de même de leurs dignes représentants au niveau national. S’agissant de formation, les représentants patronaux aiment prêcher la bonne parole&nbsp;: il faudrait valoriser l’apprentissage à l’école, limiter l’accès aux gymnases, baisser les coûts du système éducatif, réduire la charge des entreprises formatrices, adapter les cursus scolaires aux besoins des entreprises, former dans les métiers techniques, permettre de recruter librement la main-d’œuvre qualifiée à l’étranger, etc. La liste des exigences qu’ils posent à l’État et à la population rappelle les litanies dominicales. Par contre, quand il s’agit de prendre leurs propres responsabilités, ils désertent les églises&nbsp;: les devoirs, c’est bon pour les autres. Pas question de sacrifier sa sainte liberté sur l’autel du progrès et de la cohésion sociale.
</p><h3>Un premier débat affligeant</h3><p>Dernier exemple en date&nbsp;: les délibérations sur la nouvelle loi sur la formation continue. C’est le Conseil national qui a procédé au premier examen du texte législatif lors de la session d’hiver. Les représentants des patrons se sont démenés pour forcer la Chambre du peuple à biffer un alinéa demandant modestement que&nbsp;: «&nbsp;les employeurs, publics et privés, favorisent la formation continue de leurs employés&nbsp;». Des parlementaires bourgeois opposés à cet alinéa sont allés jusqu’à soutenir une minorité de gauche pour des raisons purement tactiques. Une opération certes habile, mais &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; qui, pour qui aurait de toute évidence intérêt à promouvoir la formation, passe totalement à côté de la cible. 
</p><h3>Le Conseil des États corrige le tir</h3><p>Heureusement, le Conseil des États est revenu à une nette majorité sur la proposition du Conseil fédéral. Certes, la formulation proposée n’est de loin pas en mesure de satisfaire les syndicats qui demandaient l’introduction d’un droit individuel au congé de formation. Mais si minimaliste soit elle, elle a au moins le mérite de signaler aux employeurs qu’ils ont le devoir ne pas entraver la formation continue de leurs employés.
</p><p> La balle est maintenant dans le camp du Conseil national qui devrait se prononcer le 18&nbsp;mars sur les divergences qui subsistent encore. Espérons qu’il restera cette fois-ci imperméable aux manœuvres tactiques douteuses et insensible aux jérémiades des milieux patronaux qui, trop chouchoutés par l’establishment, semblent avoir perdu tout sens des responsabilités.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1447</guid><pubDate>Fri, 28 Feb 2014 14:15:00 +0100</pubDate><title>Nuire sciemment à la santé</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/nuire-sciemment-a-la-sante</link><description>Contre la suppression graduelle de l’enregistrement de la durée du travail
</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’épuisement professionnel, la dépression et d’autres maladies professionnelles dues au stress ont fortement progressé ces dix dernières années en Suisse. Cela n’empêche pas les députés Niederberger et Aeschi de présenter des motions visant à supprimer l’un des garde-fous les plus efficaces contre les maladies psychiques&nbsp;: l’enregistrement de la durée du travail. Ces interventions vont à l’encontre de toutes les connaissances scientifiques&nbsp;: les salarié(e)s et les assurances sociales paieraient les pots cassés. </p><p>Il faut éviter que les limites entre temps de travail et loisirs ne s’estompent, affirment en chœur médecins du travail et psychologues. Actuellement, le droit du travail prévoit l’enregistrement obligatoire de la durée du travail pour les salarié(e)s «&nbsp;normaux&nbsp;», les cadres n’entrant pas dans le champ d’application. La loi protège donc aujourd’hui déjà les catégories les plus faibles. 
</p><p>Le conseiller aux États Paul Niederberger (PDC NW) et le conseiller national Thomas Aeschi (UDC ZG) entendent limiter l’enregistrement de la durée du travail. Leurs motions, qui ont pratiquement la même teneur, demandent de donner aux salarié(e) «&nbsp;qui le souhaitent&nbsp;» l’option de renoncer à enregistrer la durée du travail. Le problème des motions, que le Conseil fédéral recommande aussi de rejeter, est qu’il est difficile, dans la pratique, de prouver le caractère volontaire ou forcé de cette décision et que cette option exerce une pression accrue en faveur de l’abolition générale de l’enregistrement de la durée du travail. 
</p><p>Les deux motions trahissent ainsi une bonne dose de cynisme. En effet, il est particulièrement important d’assurer le respect sans réserve des dispositions légales relatives à la durée maximale du travail à une époque où l’essor du travail à domicile, des modèles de temps de travail atypiques et du temps partiel (surtout pour les femmes) est indéniable. Lorsque la durée du travail n’est plus enregistrée, les limites entre travail et repos s’estompent toujours plus, ce qui nuit à la santé. Les études prouvent en effet que la suppression de l’enregistrement du temps de travail est en corrélation avec l’augmentation du stress et des malades psychiques, comme l’épuisement professionnel («&nbsp;burnout&nbsp;»). En outre, il n’est pas rare que les salarié(e)s se rendent au travail même lorsqu’ils sont malades.
</p><p>Il est à espérer que cette évidence s’impose aussi au Parlement. 
</p><p>Pour de plus amples informations&nbsp;: Luca Cirigliano&nbsp;: Arbeitszeit kontrollieren statt Burnouts kurieren. Mangelhafter Vollzug der Arbeitszeiterfassung in den Kantonen. Dossier USS no&nbsp;100 (avec introduction, conclusions et perspectives en français)&nbsp;: &lt;link uploads media&gt;<a href="http://www.sgb.ch/uploads/media/100df_LC_Arbeitszeiterfassen.pdf" target="_blank">www.sgb.ch/uploads/media/100df_LC_Arbeitszeiterfassen.pdf</a></p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1446</guid><pubDate>Fri, 28 Feb 2014 14:09:00 +0100</pubDate><title>Un signe de solidarité avec les employé(e)s domestiques</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/un-signe-de-solidarite-avec-les-employe-e-s-domestiques</link><description>Ratifier la Convention no 189 de l’OIT </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors de cette session, les Chambres fédérales ont l’occasion, en ratifiant la Convention no&nbsp;189 de l’OIT, de poser un signe en faveur de la dignité du travail des employé(e)s domestiques. Actuellement, ces salarié(e)s, des femmes pour l’essentiel, ne bénéficient que d’une protection dérisoire contre l’exploitation, les abus et même les mauvais traitements. </p><p>La Suisse a joué un rôle de premier plan dans l’élaboration de la Convention no&nbsp;189 par l’OIT, une organisation dont la particularité est d’être tripartite. Cette convention améliorera le statut juridique des employé(e)s de maison dans les domaines de la rémunération, de la durée du travail, de la sécurité sociale et de la santé et sécurité au travail. En effet, les employé(e)s domestiques jouiront des mêmes conditions que les autres salarié(e)s. La Convention prévoit par ailleurs des règles particulières pour les employé(e)s qui vivent dans le même ménage que l’employeur&nbsp;: leur vie privée doit être respectée et ils ont droit à un logement et à des conditions de vie décents. 
</p><p>Des pays importants, comme le Brésil, où de très nombreux employé(e)s domestiques vivent chez l’employeur, ont déjà ratifié la convention, tout comme l’Allemagne. Le Parlement suisse a lui aussi la possibilité de poser un signe de solidarité, de reconnaissance et de protection en faveur des employé(e)s domestiques victimes de la précarisation. 
</p><p>C’est surtout dans les pays émergents comme le Brésil ou dans les économies florissantes des pays arabes que les droits de ces employés sont foulés aux pieds. Contrats inexistants ou incompréhensibles, interdiction de toute activité syndicale ou abus manifestes sont malheureusement le pain quotidien de cette catégorie de travailleurs et travailleuses. En Suisse, l’opinion publique a eu soudainement connaissance de ces conditions de travail indignes de la personne humaine lorsque des membres de la famille Kadhafi ont été arrêtés à Genève pour avoir maltraité leur personnel. Dans divers pays d’Amérique du Sud ou d’Arabie, les immigré(e)s qui travaillent au sein du ménage de l’employeur sont souvent privés de leur passeport et leur autorisation de séjour dépend du bon vouloir de leur patron, de sorte qu’ils sont livrés sans protection à l’arbitraire.
</p><p>Il est donc d’autant plus important que la Convention no&nbsp;189 de l’OIT concernant le travail décent pour les travailleuses et travailleurs domestiques soit ratifiée par le plus grand nombre de pays possible, afin que le droit international dispense une protection minimale à cette catégorie d’employé(e)s particulièrement vulnérable.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1444</guid><pubDate>Thu, 27 Feb 2014 08:56:00 +0100</pubDate><title>Un pays fort. Des salaires justes.</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/un-pays-fort-des-salaires-justes</link><description>Initiative sur les salaires minimums</description><content:encoded><![CDATA[<p>«Il y a en Suisse environ 330’000 personnes qui doivent travailler à plein temps pour des salaires inférieurs à 22 francs de l’heure. Un tiers d’entre elles dispose d’une formation professionnelle certifiée. Elles fournissent quotidiennement un travail qualifié sans pouvoir en vivre dignement. L’initiative des syndicats sur les salaires minimums vise à changer cette situation, car il est temps qu’en Suisse, il vaille la peine de travailler pour tout le monde.» C’est le message lancé aujourd’hui par les syndicats à l’ouverture de leur campagne pour l’initiative sur les salaires minimums, par la voix du président de l’USS, Paul Rechsteiner. Cette initiative demande un salaire minimum de 22 francs de l’heure et le développement des salaires minimums dans les conventions collectives de travail (CCT). 
</p><p>L’économiste en chef de l’USS, Daniel Lampart, a souligné que, pour les personnes concernées, le problème des bas salaires était important. «Pour l’ensemble de l’économie suisse par contre, il est relativement limité, raison pour laquelle on peut le résoudre. Dans la plupart des autres pays par contre, la part des emplois à bas salaires est nettement plus grande que chez nous.» La littérature scientifique internationale, comme l’expérience de l’hôtellerie-restauration où le salaire minimum a augmenté de plus de 50&nbsp;% entre 1998 et 2013, contredisent l’affirmation que l’introduction d’un salaire minimum entraînerait davantage de chômage. Un alarmisme semblablement infondé prévoit une augmentation de l’immigration à la suite de l’instauration d’un salaire minimum&nbsp;« les salaires minimums ont bien davantage pour effet d’empêcher les patrons de ce pays d’aller chercher une main-d’œuvre bon marché à l’étranger – sur le dos de ceux et celles qui résident déjà ici.» 
</p><p>Coprésidente d’Unia, Vania Alleva a mis en évidence le fait que les bas salaires de moins de 4’000 francs par mois, ou de moins de 22 francs de l’heure, se trouvaient surtout dans les branches sans CCT. Dans le commerce de détail, par exemple, 15&nbsp;% des tous les salarié(e)s, principalement des femmes, gagnent moins de 22 francs de l’heure. Dans les magasins de vêtements et de chaussures, «où le refus des CCT par les employeurs est particulièrement fort», un quart de l’ensemble des vendeuses et vendeurs touche un salaire horaire inférieur à 22 francs. La nécessité d’un salaire minimum a été illustrée par Bernadette Häfliger, vice-présidente de Syndicom, évoquant les salaires pitoyables versés par exemple dans les centres d’appel ou pour la livraison de journaux. Giangiorgio Gargantini, secrétaire général adjoint du syndicat genevois SIT, a rappelé que dans la riche Genève, 33’000 travailleurs et travailleuses gagnaient moins de 4’000 francs par mois. Et pour Chantal Hayoz, secrétaire centrale de Syna, le salaire minimum permet de faire un pas supplémentaire dans la direction d’une égalité salariale entre femmes et hommes depuis longtemps pendante. 
</p><p>Un oui à l’initiative sur les salaires minimums apportera davantage de justice sociale. Un salaire minimum est en outre la meilleure protection contre le dumping salarial. Toutes et tous en profiteront&nbsp;: les employeurs qui payent des salaires décents n’auront plus à craindre une concurrence déloyale&nbsp;; les contribuables n’auront plus à payer la facture par le biais de l’aide sociale et les personnes concernées vivront mieux. Cela créera du pouvoir d’achat et des emplois.
</p><h5>Reseignements</h5><ul><li><span>Paul Rechsteiner, président de l’USS<br></span><span>079 277 61 31</span></li><li><span>Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en chef de l’USS &nbsp;<br></span><span>079 205 69 11</span><span>Vania Alleva, vice-présidente d’Unia<br></span><span>079 620 11 14</span></li><li><span>Chantal Hayoz, secrétaire centrale SYNA<br></span><span>079 424 40 68</span></li><li><span>Bernadette Häfliger, vice-présidente de Syndicom<br></span><span>058 817 18 34</span></li><li><span>Giangiorgio Gargantini, secrétaire général adjoint du SIT, Genève<br></span><span>022 818 03 00&nbsp;</span></li></ul><h5> Documents</h5><ul><li>&lt;media 1823 _blank linkicon&gt;Argumentaire&lt;/media&gt;</li><li><span><span>Paul Rechsteiner :&nbsp;</span></span><span>Le travail doit en valoir la peine</span></li><li><span><span>Daniel Lampart :&nbsp;</span></span><span>&lt;media 1808 _blank linkicon "TEXT, 140227 Lampart Init Sal-min, 140227_Lampart_Init_Sal-min.pdf, 191 KB"&gt;Introduction d’un salaire minimum&nbsp;: le problème des bas salaires en Suisse peut être résolu au plan économique&lt;/media&gt;</span></li><li><span>Vania Alleva :&nbsp;</span><span>&lt;media 1807 _blank linkicon "TEXT, 140227 PKInit sal min Alleva, 140227_PKInit_sal_min_Alleva.pdf, 29 KB"&gt;Le médiocre taux de couverture des CCT rend d’autant plus&nbsp;&lt;/media&gt;</span><span>&lt;media 1807 _blank linkicon "TEXT, 140227 PKInit sal min Alleva, 140227_PKInit_sal_min_Alleva.pdf, 29 KB"&gt;nécessaire l’instauration d’un salaire minimum légal&lt;/media&gt;</span></li><li><span><span>Chantal Hay</span></span>oz:&nbsp;&lt;media 1810 _blank linkicon "TEXT, 140227 Syna sal min, 140227_Syna_sal_min.pdf, 16.2 KB"&gt;Des salaires minima pour vivre décemment&lt;/media&gt;<b><span lang="FR-CH"></span></b></li><li><span><span>Bernadette Häfliger :&nbsp;</span></span>&lt;media 1811 _blank linkicon "TEXT, 140227 Syndisom Sal min, 140227_Syndisom_Sal_min.pdf, 81 KB"&gt;Sans salaire minimum légal, pas de progrès&lt;/media&gt;</li><li><span><span>Giangiorgio Garga</span></span>ntini :&nbsp;&lt;media 1809 _blank linkicon "TEXT, 140227 SIT init sal min, 140227_SIT_init_sal_min.pdf, 54 KB"&gt;4'000.- Minimum pour toutes et tous -&nbsp;Nécessaire, Juste, Possible … à Genève aussi&nbsp;!&lt;/media&gt;<span lang="FR-CH"></span></li></ul><h5> Liens</h5><ul><li><a href="http://www.salaires-minimums.ch/" target="_blank" class="external-link" rel="noreferrer">Site de l'initiative sur les salaires minimums</a></li><li><a href="http://www.flickr.com/photos/55425572@N04/sets/72157641608042743/" target="_blank" class="external-link" rel="noreferrer">Photos de la conférence de presse</a></li></ul>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1443</guid><pubDate>Thu, 27 Feb 2014 08:50:00 +0100</pubDate><title>Le travail doit en valoir la peine </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-travail-doit-en-valoir-la-peine</link><description>Oui à l’initiative sur les salaires minimums</description><content:encoded><![CDATA[<p>Lorsque l’on travaille à plein temps, on doit aussi pouvoir vivre de ce travail. C’est ce qu’exige la dignité humaine. Mais tout autant la raison économique. Il n’est pas acceptable que quelqu’un qui travaille à plein temps doive en plus être soutenu par l’Etat afin qu’il ou elle puisse vivre. Les subventions salariales aux patrons qui versent de mauvais salaires sont indécentes et économiquement aberrantes. 
</p><p>Il y a en Suisse environ 330’000 personnes qui doivent travailler à plein temps pour des salaires inférieurs à 22 francs de l’heure. Un tiers d’entre elles dispose d’une formation professionnelle certifiée. Elles fournissent quotidiennement un travail qualifié sans pouvoir en vivre dignement. L’initiative des syndicats sur les salaires minimums vise à changer cette situation, car il est temps qu’en Suisse, il vaille la peine de travailler pour tout le monde. 
</p><p>Les salaires minimums viennent aussi en aide à la formation professionnelle. La plus grande difficulté, pour notre bon système d’apprentissage, est que ceux et celles qui en sortent avec une certification n’obtiennent pas une rémunération leur permettant de vivre décemment. Les salaires minimums représentent la mesure décisive pour valoriser l’apprentissage. Il n’y a pas que le travail qui doit en valoir la peine: l’apprentissage aussi.
</p><p>En comparaison nationale, les conditions salariales régnant dans le secteur du commerce de détail sont particulièrement préoccupantes. Près de 50’000 salarié(e)s y gagnent mois de 22 francs de l’heure. Il existe de bonnes conventions collectives chez les grands distributeurs Coop et Migros; en revanche, les conditions de travail sont sérieusement mauvaises dans les grandes chaînes de magasins de vêtements et de chaussures qui refusent de conclure des conventions collectives de travail. Ce sont des branches qui connaissent de hauts rendements et une énorme croissance de la productivité. Mais qui refusent de verser des salaires décents à leurs vendeuses et vendeurs. 
</p><p>Ces conditions salariales intenables dans le commerce de détail et en particulier dans les grandes chaînes de magasins de vêtements et de chaussures, montrent qu’il y a encore fort à faire. Mais cela montre aussi où le bât blesse en Suisse. Contrairement à d’autres pays où les bas salaires sont surtout un problème concernant les jeunes, en Suisse, les salaires trop bas sont majoritairement une affaire de salariées mal rémunérées. Dans ce pays, la discrimination salariale reste forte. Pour un travail de valeur égale, les femmes gagnent 630 francs de moins par mois que les hommes dans le commerce de détail. Les salaires minimums représentent la mesure la plus efficace contre la discrimination salariale des femmes en Suisse. 
</p><p>L’initiative sur les salaires minimums stimule aussi le partenariat social. Le salaire minimum légal s’applique là où il n’y a pas de convention collective de travail. L’anomalie qui fait que, dans les branches sans convention, les patrons peuvent ne respecter aucune règle en matière de salaires doit être supprimée dans l’intérêt de tout le monde. 
</p><p>Un mot finalement en relation avec les rentes. Des salaires trop bas mènent à des rentes insuffisantes à la retraite. Les salaires décents forment la base de rentes décentes. Et si, grâce à l’initiative sur les salaires minimums, les rémunérations du bas et du milieu de la pyramide salariale augmentent, cela contribuera aussi au financement de l’AVS. Car contrairement aux dividendes des actionnaires, les salaires sont complètement soumis à cotisation. 
</p><p>Depuis son lancement, l’initiative a déjà eu un effet anticipé notable. En effet on a pu constater qu’il n’y avait pas seulement les salarié(e)s chichement payés pour leur travail qui ont un problème : les patrons qui versent à leurs employé(e)s un salaire ne leur permettant pas de vivre correctement, malgré un emploi à plein temps, ces patrons-là ont un problème dans le débat public. 
</p><p>Le travail des femmes et des hommes a non seulement une valeur, il a aussi un prix. L’initiative sur les salaires minimums vise à assurer une part élémentaire de justice dans la politique salariale. Car une politique des bas salaires n’a pas de sens pour la Suisse.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1442</guid><pubDate>Tue, 25 Feb 2014 17:17:00 +0100</pubDate><title>Le conseiller fédéral Schneider-Ammann tourne le dos aux bas salaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-conseiller-federal-schneider-ammann-tourne-le-dos-aux-bas-salaires</link><description>Initiative sur les salaires minimums</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le Conseil fédéral Schneider-Ammann ne veut pas ouvrir les yeux sur le problème des bas salaires en Suisse. Dans notre pays, 330&nbsp;000 personnes travaillent pour moins de 22 francs de l’heure ou moins de 4&nbsp;000&nbsp;francs par mois (plein temps). Impossible de vivre décemment avec de tels salaires. Nombre de ces personnes ont même un diplôme d’apprentissage. Malgré cela, leur salaire ne leur permet pas de finir le mois. Les femmes sont les premières concernées. Le conseiller fédéral leur tourne le dos. 
</p><p>Au lieu de prendre au sérieux le problème des bas salaires, Schneider-Ammann enjolive le&nbsp; partenariat social et cherche à dénigrer l’initiative sur les bas salaires à l’aide d’arguments alarmistes. Ces deux attitudes ne sont pas correctes&nbsp;! En effet, le partenariat social est peu développé en Suisse. Parce que beaucoup d’employeurs refusent de conclure des conventions collectives de travail (CCT) qui prévoient des salaires minimums obligatoires et parce que dans de nombreuses branches, il n’y a aucune organisation patronale, seuls environ 45&nbsp;% des salarié(e)s sont protégés par des CCT qui fixent des salaires minimums. La majorité d’entre eux n’est donc pas à l’abri du dumping salarial.
</p><p>Fondamentalement, il est faux de dire que ce sont surtout les jeunes qui sont concernés par les bas salaires lorsqu’ils arrivent sur le marché du travail. La statistique montre que trois quarts des personnes concernées par les bas salaires ont 25 ans et plus. Comme les jeunes adultes font leur entrée dans le monde du travail en passant par un apprentissage, le problème des bas salaires n’est pas en Suisse un problème de jeunes salarié(e)s, mais avant tout de femmes au bénéfice d’une expérience professionnelle. 
</p><p> Le problème des bas salaires peut être réglé. En disant oui à l’initiative sur les salaires minimums, les citoyens et les citoyennes peuvent faire le choix d’un salaire décent pour tout le monde.
</p><h5>Renseignements</h5><ul><li><span>Daniel Lampart,&nbsp;Premier secrétaire et économiste en chef de l'USS, 079 205 69 11</span></li><li><span>Ewald Ackermann, service de la communication de l'USS, 031 377 01 09</span></li></ul>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1438</guid><pubDate>Wed, 19 Feb 2014 14:48:00 +0100</pubDate><title>Conseil fédéral et Parlement doivent enterrer la Loi sur les heures d’ouverture des magasins</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/conseil-federal-et-parlement-doivent-enterrer-la-loi-sur-les-heures-d-ouverture-des-magasins</link><description>Mise en œuvre de la motion Lombardi</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) rejette le projet de loi fédérale sur les heures d’ouverture des magasins mis en consultation mercredi 19 février par le Conseil fédéral afin de mettre en œuvre la motion Lombardi. Cette loi dégraderait en effet clairement les conditions de travail du personnel concerné, reviendrait à fouler aux pieds le fédéralisme et est démocratiquement sujette à caution. 
</p><p>Si l’on impose des heures d’ouverture des commerces unifiées dans toute la Suisse, de 6 à 20 heures en semaine et de 6 à 19 heures le samedi, deux tiers des cantons devront prolonger les heures d’ouverture des commerces sur leur territoire. «&nbsp;Les premières victimes seront les salarié(e)s concernés, car les jours de travail toujours plus longs nuisent à la vie familiale, accroissent le stress et rendent les gens malades&nbsp;», rappelle Arnaud Bouverat (secteur tertiaire d’Unia). Le danger est d’autant plus grand que, dans le commerce de détail, seules quelques firmes ont conclu une convention collective de travail.
</p><p>Ce projet est aussi douteux notamment du point de vue du fédéralisme. Tous les cantons de la Suisse centrale et orientale, ainsi que tous les cantons romands appliquent aujourd’hui des horaires d’ouverture plus courts. Ces dix dernières années, les citoyen(ne)s de nombreux cantons ont refusé de prolonger les heures d’ouverture des commerces. Le dernier exemple en date est celui du canton de Lucerne où le peuple a non seulement rejeté sèchement une libéralisation totale de ces heures d’ouverture, mais aussi refusé, et clairement, leur extension de 16 à 17 heures le samedi. 
</p><p>Le Conseil fédéral et le Parlement veulent passer outre à ces décisions démocratiques et prescrire, pour le commerce de détail, les mêmes heures d’ouverture dans tout le pays. «&nbsp;Inacceptable&nbsp;!&nbsp;», ajoute Arnaud Bouverat. 
</p><p> L’USS part de l’idée que les gouvernements des cantons concernés ne toléreront pas un tel mépris à l’égard de leur citoyen(ne)s et s’opposeront vigoureusement à ce projet. Du seul point de vue de la démocratie, Conseil fédéral et Parlement doivent reprendre maintenant leurs sens et enterrer ce projet de loi.
</p><h5>Renseignements</h5><ul><li>Arnaud Bouverat, secteur tertiaire d'Unia, 079 712 65 78</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS,<br>079 249 59 74</li></ul>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1437</guid><pubDate>Thu, 13 Feb 2014 17:38:00 +0100</pubDate><title>Les promesses vides des organisateurs de la Coupe du monde de football</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-promesses-vides-des-organisateurs-de-la-coupe-du-monde-de-football</link><description>Coupe du monde de football 2022 au Qatar</description><content:encoded><![CDATA[<p>Lors de l’audition devant le Parlement européen, la Fédération internationale de football (FIFA) a reconnu que la situation des travailleurs migrants employés à la construction des infrastructures de la Coupe du monde de football au Qatar était inacceptable. La FIFA n’a toutefois pas saisi cette occasion pour demander à ce pays de renoncer à son système esclavagiste de visa dit «&nbsp;kafala&nbsp;» 
</p><p>Ainsi, les droits des travailleurs qui construisent les infrastructures de la Coupe du monde de football de 2022 continueront à être foulés aux pieds. Car les normes de protection présentée par les autorités qataries ne sont pas en mesure d’améliorer substantiellement la situation des travailleurs migrants. Ces derniers continueront donc à être privés des droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses et resteront ainsi livrés sans défense à leurs employeurs.
</p><p>Le Qatar veut en particulier maintenir son système de kafala. Ce système interdit aux travailleurs de changer d’emploi ou de quitter le pays sans l’accord de leurs employeurs. La promesse faite aujourd’hui d’autoriser la liberté de mouvement n’est qu’un simulacre. En effet, elle ne peut pas être juridiquement tenue si le système de kafala est maintenu. Les employeurs contrôlent de ce fait entièrement leurs employés. 
</p><p>S’y ajoute que les travailleurs n’ont aucunement le droit de s’exprimer collectivement sur leurs salaires et conditions de travail. Le Qatar ne prévoit pas de leur donner une voix ou une représentation au travail. Les préposés à la protection prévus, qui seront désignés par les employeurs, ne peuvent pas remplacer une vraie représentation de la main-d’œuvre. 
</p><p>Et les mesures destinées à améliorer la sécurité au travail sont insuffisantes. Ainsi, rien n’est prévu pour résoudre le problème de la chaleur dans un pays où, ne l’oublions pas, les travailleurs doivent trimer la moitié de l’année avec des températures qui peuvent aller jusqu’à 50° Celsius. Étant donné ces dispositions totalement insuffisantes en matière de sécurité au travail, la secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale (CSI), Sharan Burrow, a parlé un langage clair devant le Parlement européen&nbsp;: «&nbsp;Selon nos estimations, qui reposent sur des chiffres prudents concernant les cas de décès de travailleurs népalais et indiens au Qatar, 4&nbsp;000 travailleurs auront perdu la vie à cause de leurs conditions de travail avant que le coup d’envoi ne soit donné à la Coupe du monde de football.&nbsp;»
</p><p>La CSI veut entendre du président et du comité exécutif de la FIFA comment cette dernière va garantir qu’il n’y aura de &nbsp;Coupe du monde de 2022 que si le système de kafala est supprimé et les droits des travailleurs améliorés, a encore dit Sharan Burrow. L’Union syndicale suisse (USS) se rallie à ces demandes faites par la CSI et de nombreuses organisations d’aide au développement, et exige de la FIFA qu’elle fasse enfin en sorte que les coupes du monde soient conformes à la dignité humaine.
</p><h5>Renseignements</h5><p>&nbsp;</p><ul><li><span>Thomas Zimmermann (079 249 59 74), responsable de la communication de l’USS</span></li></ul><p></p> ]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1435</guid><pubDate>Tue, 11 Feb 2014 14:16:00 +0100</pubDate><title>La mise en œuvre de l’initiative ne doit pas entraîner de pression sur les salaires ni de suppressions d’emplois</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-mise-en-oeuvre-de-l-initiative-ne-doit-pas-entrainer-de-pression-sur-les-salaires-ni-de-suppressions-d-emplois</link><description>Les syndicats écrivent au Conseil fédéral</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les conséquences de l’acceptation de l’initiative «&nbsp;Contre l’immigration de masse&nbsp;» inquiètent beaucoup les syndicats. La mise en œuvre de cette dernière implique des dangers importants pour les travailleurs et travailleuses. Des emplois et les mesures de protection des salaires en vigueur sont menacés. C’est pourquoi, dans une lettre commune adressée mardi 11 février au Conseil fédéral, les faîtières syndicales USS et Travail.Suisse ainsi que les deux plus grands syndicats du pays Unia et Syna précisent quels principes doivent être appliqués par les décideurs politiques dans la mise en œuvre de cette initiative, pour que les intérêts des salarié(e)s ne passent pas à la trappe.
</p><p>La suppression des accords bilatéraux conclus avec l’Union européenne (UE) menacerait des dizaines de milliers d’emplois dans l’exportation. Et les salaires risqueraient d’être confrontés à une pression accrue si les mesures de protection les concernant devaient être démantelées plutôt que renforcées. En outre, la main-d’œuvre sans passeport suisse résidant en Suisse est menacée de discriminations radicales si l’initiative est appliquée au pied de la lettre. 
</p><p>C’est pourquoi les faîtières syndicales et les syndicats soussignés appellent le Conseil fédéral à respecter les principes suivants pour la mise en œuvre de cette initiative&nbsp;: 
</p><p>·&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le Conseil fédéral doit respecter le principe de la non-discrimination. Limiter le séjour, l’accès à la sécurité sociale et le regroupement familial de la main-d’œuvre résidente dépourvue de passeport suisse représenterait une énorme régression sociale. Il n’est pas question de mettre en place un système de contingent inhumain, ni non plus de recréer un statut de saisonnier. 
</p><p>·&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les inquiétudes des travailleurs et travailleuses quant à leurs salaires et conditions de travail n’ont pas été suffisamment prises au sérieux. L’acceptation de l’initiative de l’UDC remet aussi en question les actuelles mesures de protection des conditions de travail locales. Pour s’assurer qu’en Suisse, on continue à payer des salaires suisses demain, le Conseil fédéral doit s’engager pour une protection des salaires plus poussée et non pas affaiblie. Impossible sinon de protéger les emplois contre la concurrence au moyen de la sous-enchère. 
</p><p>·&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Enfin, le Conseil fédéral doit tout faire pour préserver les accords bilatéraux. En l’absence de relations stables et structurelles avec le principal partenaire commercial de la Suisse, il y a risque de pression accrue sur les salaires et de perte d’emplois. 
</p><p>L’initiative ne peut être mise en œuvre que si ces principes sont observés, sinon les travailleurs et travailleuses devront payer le prix de son acceptation dans les urnes.
</p><h5>renseignements :</h5><ul><li><span>Paul Rechsteiner,&nbsp;président de l’USS, 079 277 61 31</span></li><li>Martin Flügel,&nbsp;président de Travail.Suisse, 079 743 90 05</li><li>Vania Alleva,&nbsp;coprésidente d’Unia, vice-présidente de l’USS,<br>079 620 11 14</li><li>Kurt Regotz,&nbsp;président de Syna, 079 617 62 94</li><li>Daniel Lampart,&nbsp;&nbsp;premier secrétaire de l’USS, 079 205 69 11</li></ul><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1432</guid><pubDate>Sun, 09 Feb 2014 15:34:00 +0100</pubDate><title>La mise en œuvre de l’initiative de l’UDC devra s’accompagner de mesures strictes</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/la-mise-en-oeuvre-de-l-initiative-de-l-udc-devra-s-accompagner-de-mesures-strictes</link><description>Votations fédérales</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’acceptation de l’initiative de l’UDC sur l’immigration préoccupe beaucoup l’Union syndicale suisse (USS). Le résultat de ce scrutin reflète des craintes très répandues concernant les salaires, les emplois et les conditions de travail. Mais cette initiative n’est pas en mesure de protéger les salaires et les emplois en Suisse. L’appliquer au pied de la lettre pourrait même aggraver les problèmes des salarié(e)s. Il faut cependant prendre une bonne fois leurs craintes au sérieux. C’est pourquoi l’USS exige une mise en œuvre de l’initiative qui améliore substantiellement la protection des salaires et ne mette pas en danger les accords bilatéraux conclus avec l’Union européenne.
</p><p>Pour mieux contrôler l’immigration, il faut clairement renforcer les mesures d’accompagnement, par exemple en abaissant les obstacles posés à l’extension des conventions collectives de travail, en augmentant le nombre des contrôles et en durcissant les sanctions. Sinon, impossible d’imposer qu’en Suisse, on doive payer des salaires suisses et appliquer des conditions de travail suisses. Il faudra aussi protéger la main-d’œuvre qui réside en Suisse mais n’est pas en possession d’un passeport à croix blanche. Ici, l’USS combattra toute réduction de la durée de séjour, ainsi que toute restriction de l’accès à la sécurité sociale et du regroupement familial, c’est-à-dire le fait de priver collectivement de droits cette main-d’œuvre importante pour notre pays.
</p><p>L’USS s’engagera aussi de manière soutenue pour son initiative sur les salaires minimums, qui passera en votation le 18 mai prochain. En lui disant oui, les citoyen(ne)s pourront poser un premier garde-fou pour une meilleure protection contre la sous-enchère salariale et empêcher les patrons peu scrupuleux de recruter de la main-d’œuvre à l’étranger pour des salaires de misère. 
</p><p>Au demeurant, concernant la mise en œuvre de l’initiative de l’UDC, l’USS insistera pour que l’on trouve des solutions qui n’entraînent pas la dénonciation des Accords bilatéraux I. La disparition de ces derniers aurait en effet des conséquences funestes pour les industries d’exportation suisses. Des dizaines de milliers d’emplois seraient menacés. 
</p><p>L’USS se déclare satisfaite du résultat obtenu par les deux autres objets de ces votations. Le oui au règlement du financement et de l’aménagement de l’infrastructure ferroviaire FAIF donnera une base solide au financement futur du rail et avec le non à l’initiative «&nbsp;Financer l’avortement est une affaire privée&nbsp;», un retour en arrière d’un point de vue social a pu être évité.
</p><h5>renseignements</h5><ul><li>Paul Rechsteiner, président de l'USS, 079 277 61 31</li><li>Daniel Lampart, premier secrétaire de l'USS, 079 205 69 11</li></ul>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1417</guid><pubDate>Tue, 28 Jan 2014 10:56:00 +0100</pubDate><title>Ne sabotons pas la lutte contre la sous-enchère salariale !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/ne-sabotons-pas-la-lutte-contre-la-sous-enchere-salariale</link><description>NON à l&#039;initiative isolationniste de l’UDC !</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le débat sur l’immigration en Suisse s’échauffe. Ce qui intéresse en premier lieu les médias, ce sont les transports et les trains encombrés, les loyers qui explosent, un territoire mité et la sous-enchère salariale. Or l’initiative de l’UDC «&nbsp;Contre l’immigration de masse&nbsp;» n’apporte aucune solution à ces problèmes. Au contraire, son acceptation gênerait la lutte contre la sous-enchère salariale et nous renverrait des années en arrière. L’initiative isolationniste de l’UDC est la plus mauvaise manière imaginable de réguler l’accès au marché suisse du travail.
</p><p>D’un point de vue syndical, il est clair que les vrais problèmes du marché suisse du travail sont causés par des employeurs sans scrupules qui foulent aux pieds le principe selon lequel, en Suisse, on doit verser des salaires suisses. Profitant sans retenue aucune de la détresse de la main-d’œuvre étrangère, ils versent des salaires de misère, mettant ainsi les salaires suisses sous pression. Pour empêcher ces pratiques, une seule solution&nbsp;: développer les mesures d’accompagnement, multiplier les contrôles et durcir les amendes. 
</p><p>Or, avec son initiative, l’UDC vise exactement le contraire, car les mesures d’accompagnement ont toujours été une épine dans le pied des dirigeants de ce parti. Si elle était acceptée, ces mesures de protection aussi tomberaient avec la libre circulation des personnes. Et les salarié(e)s se trouveraient livrés pieds et poings liés aux patrons.
</p><p>Les conséquences en seraient particulièrement dures pour les travailleurs et travailleuses indigènes sans passeport suisse. Car l’UDC ne veut pas simplement revenir au système des contingents qui a été un échec en son temps, mais demande qu’à l’avenir la priorité soit donnée aux ressortissant(e)s suisses et non pas simplement aux travailleurs et travailleuses indigènes. En l’absence de Suissesses ou de Suisses à disposition dans une branche, des contingents seraient alors garantis à l’économie. Cela, même si des travailleurs et travailleuses indigènes avec un passeport étranger – comme des Italien(ne)s, des Espagnol(e)s ou des Portugais(es) établis depuis longtemps dans notre pays – se trouvaient au chômage. Pire encore&nbsp;: ces personnes risqueraient d’être privées collectivement de droits. En effet, selon l’initiative, elles feraient désormais partie de ces personnes dont les droits à un séjour durable, au regroupement familial et à des prestations sociales peuvent être limités. Celles qui se retrouveraient sans emploi devraient être chassées du pays au mépris de tous les principes juridiques. C’est ce que veut l’UDC.
</p><p>Un regard dans le passé montre que cette initiative est un instrument inapte à piloter l’immigration. La Suisse devrait prétendument pouvoir à nouveau définir elle-même le volume de l’immigration avec un système de contingentement. C’est une illusion. À l’époque des contingents aussi, l’économie s’est vu attribuer autant d’autorisations de travail qu’elle le voulait. C’est pour cela que l’immigration des années 1960 a été en pourcentage plus forte que ces dernières années. Une main-d’œuvre particulièrement nombreuse a été dirigée vers des branches structurellement faibles comme l’agriculture, l’hôtellerie-restauration et la construction, ce qui a conduit l’État à encourager une politique des bas salaires.
</p><p>Au lieu d’attiser la xénophobie, l’UDC ferait bien de contribuer à la recherche d’une solution pour résoudre les problèmes certes renforcés, mais pas causés, par l’immigration en matière d’infrastructures, de logements et d’aménagement du territoire.
</p><p> Il est irresponsable de prétendre que l’acceptation de l’initiative isolationniste de l’UDC serait sans conséquence. En effet, cette initiative ferait faire à la Suisse un énorme bond en arrière, politiquement, économiquement et socialement. C’est pour cela que nous devons clairement rejeter cette initiative extrémiste.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1421</guid><pubDate>Mon, 27 Jan 2014 14:49:00 +0100</pubDate><title>Enregistrement de la durée du travail dans les cantons : une pratique des plus lacunaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/enregistrement-de-la-duree-du-travail-dans-les-cantons-une-pratique-des-plus-lacunaires</link><description>Malgré la hausse du stress et des épuisements professionnels</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’étude publiée aujourd’hui par l’USS prouve qu’en Suisse, malgré les prescriptions légales, l’enregistrement de la durée du travail est des plus lacunaires. Les cantons n’assument en particulier guère leur obligation de contrôle en la matière. Selon un sondage de l’USS réalisé auprès des inspectorats cantonaux du travail, il apparaît que ces derniers sont souvent très mal dotés en personnel pour réaliser dans une mesure suffisante les contrôles prescrits par la loi sur le travail. Plus inquiétant encore&nbsp;: quelques inspectorats du travail ont reconnu que les autorités dont elles dépendent ne souhaitaient pas de tels contrôles.
</p><p>Les conséquences de ce laisser faire sont, d’une part, des durées de travail trop longues, et parfois même pas rémunérées correctement, et, de l’autre, davantage de stress et d’épuisements professionnels. L’absence de contrôles est particulièrement marquée dans les services et les domaines où les employeurs profitent du potentiel d’auto-exploitation offert par les «&nbsp;horaires de travail fondés sur la confiance&nbsp;» ou le télétravail.
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) exige la maintien des prescriptions en vigueur en matière d’enregistrement de la durée du travail et d’obligation de documentation faite aux employeurs, plus de ressources pour les inspectorats cantonaux du travail, une nouvelle clé de financement de leurs activités et la participation du SECO, ainsi qu’un recensement statistique différencié des résultats des contrôles. Si ces revendications ne sont pas réalisées, le stress et les atteintes à la santé, la souffrance des individus et les coûts pour la société continueront à augmenter. Grâce aux nouvelles technologies – comme les applications pour smartphone –, l’enregistrement de la durée du travail est facile dans des domaines comme le télétravail.
</p><p>Luca Cirigliano&nbsp;: Arbeitszeit kontrollieren statt Burnouts kurieren. Mangelhafter Vollzug der Arbeitszeiterfassung in den Kantonen (introduction, conclusions et perspectives en français). Dossier de l’USS N° 100.
</p><h5>Renseignements</h5><ul><li><span>Luca Cirigliano (076 335 61 97), secrétaire central de l’USS</span></li></ul>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1415</guid><pubDate>Mon, 27 Jan 2014 14:45:00 +0100</pubDate><title>Il faut en finir avec l’introduction antidémocratique du travail du dimanche ! </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/il-faut-en-finir-avec-l-introduction-antidemocratique-du-travail-du-dimanche</link><description>Pas besoin d’une « Lex Foxtown »</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le SECO veut manifestement introduire les ventes du dimanche généralisées au moyen d’une ordonnance et contourner ainsi le peuple et les cantons. Cette façon de procéder reflète la pression exercée par un lobby fort relativement à l’exploitation du centre d’achats «&nbsp;Foxtown&nbsp;» à Mendrisio. Les syndicats combattent cet objectif, également au plan juridique. Un avis de droit de l’Université de Neuchâtel leur donne d’ailleurs raison.
</p><p>La motion Abate acceptée par les Chambres fédérales entend autoriser la vente dominicale de produits de luxe dans les régions frontalières et touristiques. C'est là, à nouveau, un grand pas vers la généralisation des ventes du dimanche. Le Conseil fédéral, respectivement le SECO, veut désormais fixer ces modifications uniquement dans une ordonnance et non dans la loi. Ce qui va empêcher tout contrôle via la démocratie directe et toute opposition des cantons, alors que ce sont eux qui sont à proprement parler responsables de ces questions.
</p><h3>L’État de droit en prendrait un coup</h3><p>En 2012 déjà, l’USS avait critiqué ce projet en soulignant qu’une réforme aussi importante n’avait pas à se faire via une ordonnance, mais nécessitait que l’on modifie la loi sur le travail (LTr). Aujourd’hui, cette position est entièrement confirmée par l’avis de droit de l’Université de Neuchâtel (cf. Pascal Mahon, Jean-Philippe Dunand, Avis de droit, Projet de modification de l’art. 24 OLT 2, Neuchâtel 23.12.2013).
</p><p>La critique émise à l’encontre de la procédure du SECO dans cet avis de droit de deux des spécialistes les plus connus du droit du travail de Suisse, notamment l’absence d’adaptation préalable de la LTr relativement à la notion de tourisme, ne doit pas rester lettre morte&nbsp;! La balle est donc dans le camp du SECO, qui doit prendre contact avec les partenaires sociaux, et notamment les syndicats.
</p><h3>Le travail du dimanche rend malade</h3><p>En effet, les déréglementations proposées du travail dominical auraient de graves conséquences pour la santé et la vie sociale des travailleurs et travailleuses concernés. Le dimanche, comme jour de repos généralisé permet d’abord de vivre avec sa famille et de récupérer, ce qui est important. La situation est d’autant plus grave que les propositions de réforme du SECO ne prévoient absolument aucune mesure de compensation. C’est inacceptable dans une branche déjà précaire comme le commerce de détail où de nombreux employeurs refusent toujours de chercher des solutions à travers une convention collective de travail.
</p><h3>Qu’est-ce que le luxe&nbsp;?</h3><p>Les propositions du SECO se singularisent aussi par un grand nombre d’imprécisions. L’exécution de l’ordonnance s’apparenterait à une loterie. 
</p><p>Il est ainsi demandé que seuls des produits de luxe puissent être vendus dans les centres d’achats. Mais qu’est-ce qu’un produit de luxe&nbsp;? Une Swatch ou seulement une Rolex&nbsp;? Un chocolat «&nbsp;normal&nbsp;» ou un chocolat de chocolatier&nbsp;? Une chemise d’armailli «&nbsp;made in Switzerland&nbsp;» ou un t-shirt de marque très cher «&nbsp;made in China&nbsp;»&nbsp;? Un parfum&nbsp;? Mais lequel alors&nbsp;?
</p><p>En outre, l’ordonnance révisée demanderait que les centres d’achats réalisent leur chiffre d’affaire d’abord avec une clientèle internationale, donc pas suisse. Mais comment contrôler cela&nbsp;? Devrait-on introduire une «&nbsp;obligation de passeport&nbsp;» afin de savoir qui est un client international ou pas&nbsp;? Devrait-on tenir un registre des clients&nbsp;? Devrait-on contrôler à la fin de chaque année si les prescriptions ont été observées&nbsp;? Et que se passerait-il si des infractions étaient constatées, etc.&nbsp;? 
</p><p> Plus l’on se penche sur l’application de la motion Abate proposée par le SECO, plus il apparaît que la solution surencombrée qui nous est présentée n’est pas assez mûre. Elle se révèle être, à proprement parler, une «&nbsp;Lex Foxtown&nbsp;», et n’être donc que dans le seul intérêt du centre d’achats tessinois du même nom. Mais on ne peut pas, par le biais d’une réforme express, sortir de l’embarras le centre d’achats Foxtown entré dans l’illégalité grâce à une «&nbsp;autorisation spéciale&nbsp;», à savoir celle de pouvoir rester ouvert le dimanche, et mépriser ainsi à ce point les intérêts des employé(e)s, des cantons et des consommateurs et consommatrices.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1420</guid><pubDate>Mon, 27 Jan 2014 09:38:00 +0100</pubDate><title>Dossier 100 : Arbeitszeit kontrollieren statt Burnouts kurieren - Mangelhafter Vollzug der Arbeitszeiterfassung in den Kantonen</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/dossier-100-arbeitszeit-kontrollieren-statt-burnouts-kurieren-mangelhafter-vollzug-der-arbeitszeiterfassung-in-den-kantonen</link><description>Avec introduction, conclusions et perspectives en français</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les cantons sont responsables des soins de santé, de la prévention en matière de santé ainsi que des prescriptions de police sanitaire, mais également, pour autant qu’elle n’incombe pas à la Confédération ou à la SUVA, de la sécurité au travail.
</p><p>À cause de cette structure fédéraliste dont il est malaisé de se faire une idée claire, l’application des dispositions légales sur le lieu de travail est répartie entre 26 inspectorats cantonaux du travail (ICT), le SECO et la SUVA. Alors que la délimitation des compétences entre la SUVA et les ICT, respectivement le SECO, est plus ou moins claire selon les risques, la répartition des tâches entre le SECO et les ICT est plus complexe (verticale). De plus, le SECO exerce la haute surveillance sur les ICT en ce qui concerne les points prioritaires de l’exécution de la loi sur le travail (LTr) et de ses ordonnances, mais sans participer dans une mesure notable à son financement. 
</p><p>Les cantons doivent en revanche surveiller l’application des dispositions de la protection de la santé psychosociale découlant de la LTr (travail supplémentaire à éviter, respect de la durée hebdomadaire maximale de travail, pauses, dispositions sur le travail du soir, du dimanche et de nuit). Ces dispositions permettent souvent, en plus de la protection de la santé psychique (dépressions, épuisement professionnel, etc.) de concilier profession et vie familiale. Elles revêtent donc une énorme importance. 
</p><p>Afin d’avoir une vue d’ensemble de l’application des dispositions légales dans les cantons, l’Union syndicale suisse (USS) a, via ses unions syndicales cantonales, lancé auprès des ICT un sondage sous une forme anonymisée. Les résultats sont désabusants. Très peu d’ICT mettent à disposition les ressources qui seraient nécessaires pour mettre en œuvre une protection de la santé psychosociale au travail. Même les mesures de protection peu contraignantes, comme l’obligation d’établir une documentation relative à l’enregistrement de la durée de travail, ne sont que très rarement contrôlées, faute de ressources en personnes et financières, respectivement de volonté politique de la part des directions cantonales responsables. Pour ne pas parler des sanctions…
</p><p>À une époque où les maladies psychosociales professionnelles dues au stress – épuisement professionnel («&nbsp;burnout&nbsp;»), maladies cardio-vasculaires, troubles du sommeil – sont fortement en hausse, une nouvelle approche de ces questions s’impose tant au plan national, qu’au SECO, l’autorité de surveillance. Cela fait des années déjà que le stress au travail croît. Si nous n’entreprenons rien, nous risquons alors à proprement parler une «&nbsp;épidémie&nbsp;» d’épuisements professionnels. Les syndicats ne sont pas d’accord.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1398</guid><pubDate>Tue, 07 Jan 2014 11:03:00 +0100</pubDate><title>Renforcer le partenariat social : davantage de CCT étendues</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/renforcer-le-partenariat-social-davantage-de-cct-etendues</link><description>Conférence de presse annuelle de l’USS 2014</description><content:encoded><![CDATA[<p>Du point de vue des salarié(e)s, la situation économique et sociale de la Suisse suscite des inquiétudes
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><span>Bien qu’en comparaison internationale, les salaires suisses soient très élevés, moins de 50&nbsp;% des travailleurs et travailleuses sont protégés par des salaires minimums fixés dans ces conventions collectives de travail (CCT). Parce que la Confédération fait plutôt obstacle aux CCT au lieu de les encourager et parce que de nombreux employeurs, «&nbsp;anti-partenaires sociaux&nbsp;», rejettent ces dernières, la couverture conventionnelle (par des CCT) suisse est comparativement basse et le partenariat social faible.</span></li><li><span>Le Conseil fédéral veut dégrader l’efficacité de notre prévoyance vieillesse, alors qu’aujourd’hui déjà, elle ne permet pas de «&nbsp;maintenir de manière appropriée (le) niveau de vie antérieur&nbsp;». Or, c’est là son but, selon la Constitution fédérale. Le projet «&nbsp;Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;» entraînerait une baisse importante du pouvoir d’achat des bas et moyens revenus parce qu’ils devraient verser des cotisations beaucoup plus élevées au 2e pilier.</span></li><li><span>Le chômage augmente, surtout à cause de la surévaluation du franc. Pour la première fois, la Suisse risque de passer derrière l’Allemagne.</span></li><li><span>À cause des baisses d’impôts décidées par les cantons – d’abord pour les entreprises – les programmes d’austérité empêchent aujourd’hui les investissements qui seraient nécessaires dans les services publics pour garantir le bien-être en Suisse. À elle seule, l’augmentation du nombre des élèves nécessitera des dépenses supplémentaires dans la formation.</span></li></ul><p>L’Union syndicale suisse (USS) s’engagera de toutes ses forces en 2014 afin d’obtenir sur ces questions des améliorations pour les travailleurs et travailleuses. Comme elle l’a demandé lors de sa conférence de presse annuelle, il faut que le taux de couverture conventionnelle augmente rapidement de 10&nbsp;% pour passer à 60&nbsp;%. À cet effet, il faut que les obstacles mis à l’extension des CCT soient abaissés (suppression du quorum des employeurs). Confédération et cantons doivent encourager la conclusion de CCT (dans le cas de subventions, entre autres). Grâce à ces dernières, les employeurs corrects ne pourront plus subir la concurrence de «&nbsp;moutons noirs&nbsp;». Les CCT qui fixent des règles impératives en matière de salaires et de conditions de travail apportent plus de justice. Contrairement à ce qui est le cas avec les systèmes salariaux individualisés, si une CCT existe, les premiers à en profiter ne sont pas les gros salaires. En outre, les CCT sont des instruments efficaces pour lutter contre la discrimination salariale à l’égard des femmes. Subsidiairement, il faut aussi mettre en place un salaire minimum légal de 22 francs de l’heure. 
</p><p>Concernant «&nbsp;Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;», l’USS demande que ce projet soit retravaillé. Il faut notamment développer le 1er pilier. Pour ce faire, l’USS a déposé l’initiative AVSplus. Afin de garantir la prospérité suisse, il faut appliquer une politique monétaire et financière appropriée. Les cantons doivent procéder aux investissements nécessaires dans la formation, les infrastructures et la santé. Ils doivent aussi revenir sur les baisses d’impôts inutiles décidées en faveur des entreprises.
</p><h5>Documents</h5><ul><li><span lang="FR">&lt;media 1722&gt;Paul Rechsteiner, président de l’USS: "&lt;/media&gt;</span><span>&lt;media 1722&gt;<span>Le partenariat social, c’est davantage de conventions collectives de travail&nbsp;</span><span>conclues et étendues&nbsp;!</span>"&lt;/media&gt;</span></li><li><span lang="FR">&lt;media 1721&gt;Daniel Lampart, économiste en chef et premier secrétaire de l’USS: "&lt;/media&gt;</span><span>&lt;media 1721&gt;Davantage de conventions collectives de travail et d’investissements dans les services publics"&lt;/media&gt;</span></li><li><p class="ladate">&lt;media 1720&gt;<span lang="FR">Doris Bianchi, secrétaire dirigeante de l’USS: "</span><span>Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;: pas une bonne affaire pour les bas et&nbsp;</span>&lt;/media&gt;<span>&lt;media 1720&gt;moyens revenus"&lt;/media&gt;</span></p></li></ul><h5>Renseignements</h5><p>Daniel Lampart (079 205 69 11), économiste en chef et premier secrétaire de l’USS, et &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Doris Bianchi (076 564 67 67), secrétaire dirigeante responsable des assurances sociales à l’USS, se tiennent à votre disposition pour tout complément d’information </p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Suisse</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1377</guid><pubDate>Wed, 11 Dec 2013 13:09:00 +0100</pubDate><title>Le Parlement refuse de voir le problème des bas salaires et rejette une protection des salaires qui n’a que trop attendu</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-parlement-refuse-de-voir-le-probleme-des-bas-salaires-et-rejette-une-protection-des-salaires-qui-n-a-que-trop-attendu</link><description>Initiative sur les salaires minimums</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Parlement ne veut pas ouvrir les yeux sur le problème des bas salaires en Suisse. Dans notre pays, 330&nbsp;000 personnes travaillent pour moins de 22 francs de l’heure ou moins de 4&nbsp;000&nbsp;francs par mois (plein temps). Impossible de vivre décemment avec de tels salaires. Nombre de ces personnes ont un diplôme d’apprentissage. Les femmes sont les premières concernées. Cela n’a pas empêché le Conseil national de suivre le Conseil fédéral et de refuser de faire quelque chose contre ces salaires de misère. C’est maintenant aux citoyennes et citoyens de trancher.</p><p>Au lieu de prendre au sérieux le problème des bas salaires, la majorité bourgeoise du Conseil fédéral et des Chambres fédérales entonne le cantique du partenariat social et cherche à dénigrer l’initiative sur les bas salaires à l’aide d’arguments alarmistes. Ces deux attitudes ne sont pas correctes&nbsp;! En effet, le partenariat social est peu développé en Suisse. Parce que beaucoup d’employeurs refusent de conclure des conventions collectives de travail (CCT) qui prévoient des salaires minimums obligatoires et parce que dans de nombreuses branches, il n’y a aucune organisation patronale, seuls environ 45&nbsp;% des salarié(e)s sont protégés par des CCT qui fixent des salaires minimums.
</p><p>Fondamentalement, il est faux de dire que ce sont surtout les jeunes qui sont concernés par les bas salaires lorsqu’ils arrivent sur le marché du travail. La statistique montre que trois quarts des personnes concernées par les bas salaires ont 25 ans et plus. Comme les jeunes adultes font leur entrée dans le monde du travail en passant par un apprentissage, le problème des bas salaires n’est pas en Suisse un problème de jeunes salarié(e)s, mais avant tout de femmes au bénéfice d’une expérience professionnelle. 
</p><p>Le Conseil fédéral et le Parlement ont raté l’occasion de protéger les salarié(e)s contre la pression qui s’exerce sur leurs salaires et l’arbitraire patronal. Ils ont aussi refusé de reconnaître qu’un salaire minimum légal constitue la meilleure protection contre la sous-enchère salariale et permet aux employeurs de lutter à barmes égales. Ce sont les citoyennes et les citoyens qui auront le dernier mot, probablement en mai 2014. L’USS, ses syndicats et ses alliés mettront tout en œuvre pour que la demande largement répandue de mesures contre les bas salaires puisse devenir réalité.
</p><h5>renseignements :</h5><ul><li>Daniel Lampart,&nbsp;&nbsp;économiste et premier secrétaire de l’USS,&nbsp;</li><li>079 205 69 11</li><li>Thomas Zimmermann,&nbsp;responsable de la communication et porte-parole de l’USS, 079 249 59 74</li></ul>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1382</guid><pubDate>Fri, 06 Dec 2013 10:24:00 +0100</pubDate><title>Plan social obligatoire en Suisse depuis le 1er janvier 2014</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/plan-social-obligatoire-en-suisse-depuis-le-1er-janvier-2014</link><description>Les prédateurs peuvent passer leur chemin</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Jusqu’à ce jour, c’est surtout en Suisse qu’avait lieu la majorité des licenciements collectifs dans les entreprises multinationales ou contrôlées par des «&nbsp;hedge funds&nbsp;» – ces prédateurs financiers comme on les appelle – avec succursales dans plusieurs pays. Et pourquoi donc&nbsp;? Parce que nos dispositions sur les restructurations et les licenciements en cas d’«&nbsp;assainissement&nbsp;» d’une entreprise étaient faiblardes et faciles à tourner en raison d’une jurisprudence laxiste. Mais cela va changer. En effet, le nouveau droit de l’assainissement va mettre fin au «&nbsp;paradis suisse&nbsp;» des tueurs d’emplois.</p><p>Suite à la révision totale du droit de l’assainissement, l’obligation d’un plan social sera introduite en Suisse dès le 1er janvier 2014. Une mesure à mettre au crédit des syndicats, du Parti socialiste et des Verts qui se sont battus avec détermination, notamment au Conseil national. Les dispositions en question se trouvent à l’article 335h-k du Code des obligations (CO).
</p><h3>Assainissements facilités</h3><p>Le droit révisé de l’assainissement prévoit d’importantes nouveautés qui faciliteront l’assainissement d’entreprises en difficultés. Celles –ci auront désormais droit à une «&nbsp;pause pour souffler&nbsp;», à savoir qu’en cas de problèmes financiers elles bénéficieront d’un sursis provisoire sans devoir obligatoirement entrer dans une procédure de faillite, respectivement conclure un concordat. Pendant cette pause d’au maximum quatre mois, des mesures concrètes devront être prises pour assainir l’entreprise, par exemple de nouvelles négociations des baux à loyer ou la vente de parties de l’entreprise. 
</p><p>Ces modifications de contrat pour cause d’assainissement seront juridiquement plus simples. Ce sera aussi le cas lors de la reprise des contrats de travail, par exemple si des parties de l’entreprise sont transférées à un nouveau propriétaire dans le cadre de mesures engagées. Tous les contrats de travail, respectivement les dettes qui en découlent, ne devront plus être repris solidairement. Dans les faits, cela ne changera pas grand-chose en raison de la jurisprudence favorable aux employeurs des tribunaux, c’est-à-dire du droit suisse de résiliation. En contrepartie, une concession a été faite pour les salarié(e)s, soit l’introduction de l’obligation de négocier un plan social en cas de licenciement collectif, et de l’appliquer. 
</p><h3>Concrètement, qu’est-ce que l’obligation de négocier un plan social&nbsp;?</h3><p>Quels employeurs sont concernés par l’obligation de négocier un plan social en cas de licenciement collectif&nbsp;? Malheureusement pas tous. Pour que cette obligation s’applique, il faut que l’entreprise compte plus de 250 employé(e)s et veut en licencier au moins 30. Si aucun plan social n’est convenu, un tribunal arbitral doit être saisi pour en élaborer un. Que les entreprises de moins de 250 employé(e)s ne soient pas touchées par l’obligation d’un plan social doit être considéré comme une occasion manquée. 
</p><p>Mais que doit contenir un plan social&nbsp;? Et qui le négocie&nbsp;? Les plans sociaux ont pour but d’empêcher ou d’atténuer, pour les personnes concernées, les conséquences négatives d’un licenciement. Cela peut se faire par l’offre d’un autre emploi dans l’entreprise, un reclassement externe (donc le financement de formations externes, de cours, de formations continues) ou par la retraite anticipée. Ce sont les parties qui négocient ce que contiendra le plan social. S’il y a une convention collective de travail (CCT), ces parties sont les partenaires sociaux, sinon une représentation des salarié(e)s comme la commission du personnel. L’obligation ne s’applique pas seulement à la négociation d’un plan social, mais aussi à sa conclusion. Si un employeur refuse de négocier, il sera tenu de fournir des dommages-intérêts. Tous les licenciements sont alors à considérer comme abusifs, ce qui, à son tour, implique une indemnisation au sens de l’article 336a du CO pouvant se monter à six mois de salaire. L’employeur peut aussi être puni selon l’article 292 du Code pénal («&nbsp;insoumission à une décision de l’autorité&nbsp;»). Il faut encore souligner que le plan social n’est considéré comme tel que si toutes les parties sont d’accord&nbsp;! Si ce n’est pas le cas, par exemple parce que le syndicat juge les mesures de l’employeur trop faibles, c’est à un tribunal arbitral de trancher et d’élaborer un plan social, qui sera obligatoire. 
</p><h3>Tribunal arbitral</h3><p>Il appartient aux parties, respectivement aux partenaires sociaux, de désigner qui pourra être saisi comme tribunal arbitral. La CCT pourra par exemple le prévoir. Mais on pourra aussi choisir une instance cantonale ou fédérale ou, par exemple, un tribunal arbitral privé. Les coûts, si tant est qu’il y en ait, devront être supportés par qui pourra se le permettre&nbsp;; cela, afin de ne pas rendre dès le départ la procédure d’arbitrage impossible. Ce qui serait un abus de droit&nbsp;! Ce devrait donc être normalement à l’employeur d’assumer ces frais, notamment si, en l’absence de partenaires sociaux, la commission du personnel accepte une procédure privée ad hoc.
</p><h3>Des assainissements durables désormais possibles </h3><p> On voit que cette réforme comporte des avantages. Il faut notamment s’attendre à ce que l’obligation du plan social, qui inclut une obligation de négocier, et la participation des partenaires sociaux et des salarié(e)s permettront de trouver des solutions d’assainissement durables et originales. Il ne sera à l’avenir plus guère possible de procéder à des coupes claires dans le personnel. Désormais, le savoir-faire de toutes les parties contribuera au sauvetage des entreprises. Les travailleurs et travailleuses, les communes où se trouvent les entreprises et les employeurs tournés vers la durabilité en profiteront...</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1380</guid><pubDate>Thu, 05 Dec 2013 13:45:00 +0100</pubDate><title>Endiguer les risques et prolonger les délais de prescription</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/endiguer-les-risques-et-prolonger-les-delais-de-prescription</link><description>Conférence de l’USS sur les risques et opportunités des nanomatériaux</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La tragédie de l’amiante ne doit pas se reproduire avec les nanotechnologies. Lors d’une conférence sur ce thème, une amélioration de l’information, ainsi que des contrôles et une protection ad hoc ont été demandés. La SUVA et les employeurs doivent assumer leurs responsabilités. Et une prolongation des délais de prescription est nécessaire.</p><p>La commission «&nbsp;santé et sécurité au travail&nbsp;» de l’USS avait décidé, dans le cadre de ses activités, de donner la priorité en 2013 aux risques, sur le lieu de travail, dits «&nbsp;émergents&nbsp;», c’est-à-dire aux risques pour la santé qui ne se concrétisent qu’après de très nombreuses années. Les nanomatériaux, ces particules minuscules (souvent de quelques atomes seulement) en font aussi partie. Comme ils recèlent un important potentiel économique et technologique, leur utilisation a crû de manière exponentielle ces dix dernières années. Selon des estimations, ils généreront demain des dizaines de milliers d’emplois.
</p><h3>Conférence de la commission «&nbsp;santé et sécurité au travail&nbsp;» sur les nanomatériaux</h3><p>C’est précisément pour ces raisons – d’une part les grandes opportunités offertes par ces technologies notamment pour la technique médicale et la branche pharmaceutique et, de l’autre, les risques encore trop peu étudiés qu’elles impliquent – que la commission «&nbsp;santé et sécurité au travail&nbsp;» de l’USS a invité le 2 décembre dernier des expert(e)s de divers horizons à une conférence à Berne sur cette problématique. Les participant(e)s ont en effet aussi critiqué l’approche par trop peu prudente des nanomatériaux sur les lieux de travail. On ne sait en effet de loin pas comment ces derniers se comportent dans l’organisme humain une fois qu’ils y ont pénétré. Des études soulèvent le doute que certains d’entre eux s’accumulent, comme les fibres d’amiante, dans certaines parties du corps et peuvent déboucher sur des cancers ou d’autres maladies graves. On dispose en particulier de trop peu de connaissances sur de telles conséquences à long terme. La SUVA et plusieurs hautes écoles sont en train d’étudier ces questions. 
</p><h3>Tirer les leçons de la tragédie de l’amiante&nbsp;: des délais de prescription plus longs&nbsp;!</h3><p>Les diverses interventions et discussions faites lors de cette conférence ont permis de constater que la perception de ces problèmes est concordante&nbsp;: sur les lieux de travail, les nanomatériaux nécessitent, en tant que risques émergents, des mesures de protection de la part de l’employeur. Contrairement à la pratique en vigueur, celui-ci doit informer son personnel de manière exhaustive de la présence de nanomatériaux sur les lieux de travail, afin que celui-ci puisse se protéger. En outre, la SUVA doit absolument renforcer ses contrôles dans&nbsp; les entreprises, car elle ne passe qu’une fois en plusieurs années dans certaines entreprises qui travaillent avec des nanomatériaux. Les risques pour le personnel d’un maniement inapproprié de ces derniers sont en effet inadmissibles. 
</p><p>La conférence a également fait apparaître que la réforme du droit de la prescription mise en consultation par l’Office fédéral de la justice ne tient pas suffisamment compte des risques impliqués par les nanomatériaux. Ainsi, un délai de prescription de 30 ans est proposé en cas d’atteintes (professionnelles) à la santé, alors que les études existantes montrent que diverses formes de&nbsp; cancer ne se développent qu’après 40 ans. Ici, des mesures sont de toute urgence requises. On ne peut pas accepter que la Confédération ne tire pas les leçons de la tragédie de l’amiante et ne donne, aux victimes d’atteinte à la santé sur le long terme – aussi en matière de nanomatériaux –, aucun moyen d’agir juridiquement contre les responsables. 
</p><p> La conclusion de cette conférence peut être résumée en ces termes&nbsp;: les nanotechnologies sont quelque chose de formidable qui doit être développé en Suisse, mais des mesures d’accompagnement s’imposent.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1383</guid><pubDate>Thu, 05 Dec 2013 13:41:00 +0100</pubDate><title>La FIFA veut une amélioration des conditions de travail sur les chantiers de la Coupe du monde de football</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-fifa-veut-une-amelioration-des-conditions-de-travail-sur-les-chantiers-de-la-coupe-du-monde-de-football</link><description>Les protestations des syndicats commencent à agir</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En 2022, c’est le Qatar qui organisera la Coupe du monde de football… ou pas. De fait, la FIFA a fait savoir qu’elle pourrait retirer cette manifestation au Qatar si l’exploitation des travailleurs et travailleuses qui construisent ses infrastructures ne prenait pas fin.</p><p>C’est actuellement le plus grand chantier de la planète&nbsp;: des milliers de travailleurs et travailleuses, venant surtout d’Asie et d’Afrique, bâtissent au Qatar les infrastructures de la future Coupe du monde de football. Ces salarié(e)s travaillent dans des conditions catastrophiques. Ils sont pratiquement traités comme des esclaves. Tant la Confédération syndicale internationale (CSI), dont l’Union syndicale suisse (USS) est membre, qu’Amnesty International ont signalé à plusieurs reprises à l’émirat moyen-oriental que cette situation était inacceptable et demandé qu’il y soit remédié. Elles sont aussi intervenues auprès de la FIFA, l’organisatrice de la Coupe du monde, pour que le Qatar prenne une fois pour toutes des mesures en matière de droit du travail afin de mettre un terme à l’exploitation éhontée de ces travailleurs et travailleuses étrangers.
</p><p>La confédération syndicale allemande DGB et l’USS sont également intervenues dans le même but. Avec la Fédération allemande de football, le DGB a demandé à la FIFA que le Qatar respecte les normes fondamentales de travail de l’Organisation internationale du Travail (OIT). L’USS a, pour sa part, appelé l’Association suisse de football à s’engager aussi auprès de la FIFA pour que le Qatar se voit retirer l’organisation de cette grande manifestation. 
</p><p>L’Association suisse de football a assuré l’USS qu’elle s’engagerait pour que «&nbsp;la FIFA enquête sur les irrégularités constatées en rapport avec la préparation de la Coupe du monde de football de 2022 et intervienne là où c’est possible et nécessaire&nbsp;» (trad. USS). Le président de la FIFA, Sepp Blatter, a salué de son côté l’initiative du DGB et de la Fédération allemande de football. Les acteurs économiques et politiques devraient contribuer à l’amélioration de cette situation intolérable. En mars 2014, le Qatar devra rendre rapport au comité exécutif de la FIFA sur les mesures prises et encore à prendre par lui dans ce cadre. 
</p><p> Les choses se mettent ainsi à bouger. Pour les syndicats, il est clair qu’ils plaident pour que la Coupe du monde de football soit retirée au Qatar s’il devait s’avérer que les premiers signes de bonne volonté donnés par ce dernier ne servent en fait qu’à gagner du temps.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1381</guid><pubDate>Thu, 05 Dec 2013 09:27:00 +0100</pubDate><title>Pas question de revenir à une situation indigne et dangereuse</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pas-question-de-revenir-a-une-situation-indigne-et-dangereuse</link><description>Non à cette attaque vicieuse contre la solution du délai !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">À l’initiative populaire «&nbsp;Financer l’avortement est une affaire privée – Alléger l’assurance-maladie en radiant les coûts de l’interruption de grossesse de l’assurance de base&nbsp;», qui demande un retour irresponsable à des temps heureusement révolus, une seule réponse&nbsp;: NON&nbsp;!</p><p>La «&nbsp;solution du délai a été acceptée plus que nettement par 72,2&nbsp;% de oui, lors de la votation populaire du 2 juin 2002. Le même jour, l’initiative populaire «&nbsp;pour la mère et l’enfant – pour la protection de l’enfant à naître et pour l’aide à sa mère dans la détresse&nbsp;» de l’Aide suisse pour la mère et l’enfant fut encore plus sèchement rejetée (82&nbsp;%). La solution du délai permet une interruption de grossesse non punissable dans les douze semaines après le début des dernières règles. Parallèlement, la couverture des frais d’avortement par l’assurance obligatoire de soins était inscrite dans la Constitution fédérale.
</p><p>La lutte politique pour la solution du délai et le droit corollaire des femmes à l’autodétermination a duré 30 ans&nbsp;! Cette solution est désormais bien ancrée dans la société et elle a fait ses preuves. Il n’y a aucune raison d’y toucher. 
</p><p>Les initiants prétendent poursuivre des buts de politique de la santé. Un avortement n’étant pas une maladie, il ne devrait pas être financé selon eux par l’assurance-maladie. C’est un argument fallacieux destiné à cacher le fait qu’ils diabolisent les interruptions de grossesse. La réglementation qu’ils proposent pour les coûts de ces dernières contraindrait à nouveau les femmes à avorter dans des conditions médicalement douteuses et dans des circonstances humiliantes. Il n’est absolument pas question que nous acceptions pareille régression&nbsp;!
</p><p>Les coûts des interruptions de grossesse se montent, selon les données des assureurs-maladie, à 8 millions de francs par an, soit 0,03&nbsp;% des coûts totaux de la santé. Ces coûts sont en baisse, car le nombre d’avortements diminue. Rendre plus difficile la possibilité de se faire avorter dans des conditions médicales correctes, c’est favoriser les pratiques des charlatans et accepter les risques importants qu’elles comportent pour la santé. Les éventuels coûts induits par ces pratiques devraient alors être pris en charge par les caisses-maladie, si bien qu’il ne resterait plus rien des économies visées. Il ne peut donc être encore moins question ici de baisse des coûts ou des primes.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1379</guid><pubDate>Tue, 03 Dec 2013 16:24:00 +0100</pubDate><title>Dossier N° 98 : Commerce de détail : faible progression des salaires malgré l&#039;augmentation de la productivité </title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/dossier-n-98-der-detailhandel-schwache-lohnentwicklung-trotz-produktivitaetsschub</link><description>(avec résumé en français)</description><content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded><category>Repartition</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1375</guid><pubDate>Wed, 27 Nov 2013 14:30:00 +0100</pubDate><title>L’Allemagne lutte contre les bas salaires avec un salaire minimum musclé – Le Parlement suisse ne veut pas ouvrir les yeux</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-allemagne-lutte-contre-les-bas-salaires-avec-un-salaire-minimum-muscle-le-parlement-suisse-ne-veut-pas-ouvrir-les-yeux</link><description>Salaire minimum
</description><content:encoded><![CDATA[<p>Alors qu’en Suisse, le Conseil national débat du rejet de l’initiative sur les salaires minimums, lors de leurs négociations en vue d’une coalition, la CDU/CSU et le SPD ont décidé d’introduire un salaire minimum en Allemagne. Fixé à 8,50 euros de l’heure, ce salaire minimum est certes inférieur en soi au salaire minimum dont il est actuellement question pour la Suisse (22&nbsp;francs/heure). Le salaire minimum allemand modifiera cependant beaucoup plus profondément la structure salariale que le salaire minimum suisse. En effet, avec un salaire horaire minimum de 8,50 euros, 16&nbsp;% environ des&nbsp; salaires allemands devront être relevés, alors qu’avec un salaire horaire minimum de 22&nbsp; francs, seuls 9 % des salaires suisses devraient être relevés.
</p><p>Contrairement à ce qui est le cas en Allemagne, les différences régionales sont beaucoup moins marquées en Suisse. Et parce que les jeunes adultes de Suisse entrent dans le monde du travail en passant par un apprentissage professionnel, le problème des bas salaires n’est, chez nous, pas un problème de jeunes travailleurs et travailleuses, mais surtout de femmes au bénéfice d’une expérience professionnelle. 
</p><p>Si le Conseil fédéral compare lors de ses délibérations le salaire minimum proposé pour la Suisse avec celui que l’Allemagne va se donner ou ceux qui existent déjà dans d’autres pays, ce n’est pas son montant qui doit être déterminant si l’on veut en juger de l’importance d’un point de vue économique, mais le nombre des personnes concernées. En revanche, pour son appréciation d’un point de vue social, c’est son montant en francs qui est décisif. En Suisse, 330&nbsp;000 personnes gagnent moins de 22 francs de l’heure et donc, pour un emploi à plein temps, moins de 4&nbsp;000 francs, ce qui ne leur permet pas de vivre décemment. 
</p><p>&nbsp;</p><h5>Renseignements :</h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en Chef de l'USS, <br>079 205 69 11</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication et porte-parole de l'USS, 079 249 59 74</li></ul><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1373</guid><pubDate>Tue, 26 Nov 2013 15:06:00 +0100</pubDate><title>Commerce de détail : des salaires d’au moins 4 000 francs s’imposent</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/commerce-de-detail-des-salaires-d-au-moins-4-000-francs-s-imposent</link><description>Gros bénéfices et bas salaires</description><content:encoded><![CDATA[<p>La Suisse a un problème de bas salaires. Pour un travail à plein temps, environ 9 % des salarié(e)s de ce pays gagnent moins de 22 francs de l’heure, soit moins de 4 000 par mois. De tels salaires, qui ne permettent pas de vivre décemment, sont particulièrement fréquents dans le commerce de détail. Dans cette branche, 47 000 personnes gagnent moins de 22 francs de l’heure. « Avoir un apprentissage n’est par une protection contre des salaires aussi maigres », a souligné Daniel Lampart, l’économiste en chef de l’USS, lors de la présentation d’une étude de branche ce mardi. « Plus de la moitié des personnes qui gagnent moins de 22 francs de l’heure dans le commerce de détail sont titulaires d’un certificat fédéral de capacité (apprentissage) », a-t-il précisé. Les femmes sont particulièrement touchées : presque 39 000 d’entre elles travaillent dans cette branche pour un salaire horaire inférieur à 22 francs. Toujours selon Daniel Lampart : « Une très grande partie du problème des bas salaires dans le commerce de détail devrait être imputable à la discrimination salariale des femmes par rapport aux hommes. »
</p><p>Le partenariat social loué tant et plus par le Conseil fédéral et les partis de droite n’a pas permis à ce jour de s’attaquer aux racines du problème des bas salaires dans cette branche. « Les employeurs du commerce de détail sont mal organisés. Leurs associations et un grand nombre d‘entre eux ont refusé jusqu’à présent d’améliorer les conditions d’embauche avec des conventions collectives de travail et d’introduire des salaires minimums au niveau de l’entreprise ou de la branche », a critiqué Vania Alleva, coprésidente du syndicat Unia, la plus grande organisation de salarié(e)s active dans le commerce de détail. Vania Alleva a aussi appelé les détaillants à enfin conclure des conventions collectives de travail nationales.
</p><p>La marge de manœuvre est là pour adapter ces salaires de misère. Grâce au recours plus poussé aux technologies de l’information et de la communication, à l’intégration verticale de nombreux détaillants et au processus de concentration dans le commerce de détail, la productivité a augmenté de presque 23 % entre 1998 et 2010. Alors que de nombreux employé(e)s n’ont qu’insuffisamment bénéficié de ces gains de productivité, les propriétaires des entreprises en ont excessivement profité. Leurs marges bénéficiaires ont presque doublé. « La branche peut se permettre de verser des salaires avec lesquels les gens puissent vivre décemment », a expliqué Vania Alleva. Et cela concerne tout particulièrement les domaines des vêtements et des chaussures. Ces commerces sont dominés par des groupes richissimes. Le contraste avec les salaires de misère qu’elles versent est grossier.
</p><p>L’initiative sur les salaires minimums, que le Conseil national traitera mercredi et qui passera bientôt en votation, peut être le remède à ce problème. Elle apportera « pour des dizaines de milliers de personnes occupées dans le commerce de détail, des progrès déterminants dont les effets seront immédiats », a déclaré Paul Rechsteiner, le président de l’USS. Ainsi qu’un sondage représentatif de l’USS et du syndicat Unia le montre, une majorité de la population est de cet avis : à la mi-novembre 74 % des personnes interrogées se sont déclarées plutôt ou totalement d’accord avec l’affirmation selon laquelle il faut introduire un salaire minimum légal de 4 000 francs par mois en Suisse.
</p><h5>Renseignements :</h5><ul><li>Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS, 079 205 69 11</li><li>Vania Alleva, coprésidente d’Unia, 079 620 11 14</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l’USS, 079 249 59 74</li><li>Pepo Hofstetter, responsable de la communication d’Unia, 079 322 36 11</li></ul>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1372</guid><pubDate>Sun, 24 Nov 2013 14:35:00 +0100</pubDate><title>Le problème des écarts salariaux est toujours là</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-probleme-des-ecarts-salariaux-est-toujours-la</link><description>Votations du 24 novembre : Initiative 1:12 et initiative sur les familles</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) prend acte du rejet dans les urnes de l’initiative 1&nbsp;:12. Les débats sur cette dernière ont montré que le mécontentement suscité par les salaires excessifs de certains managers est grand dans de très larges pans de la population, et jusqu’au conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann. Parallèlement, le résultat de cette votation fait apparaître que les citoyen(ne)s ont été intimidés par les scénarios catastrophes développés par les adversaires de l’initiative. Mais le problème des écarts salariaux n’en est pas pour autant résolu, l’initiative Minder n’y change rien non plus. Des mesures efficaces sont maintenant nécessaires. Dans les entreprises publiques, les salaires ne doivent pas dépasser les 500&nbsp;000 francs. Et un impôt sur les bonus doit être introduit pour les salaires supérieurs à 1 million de francs. 
</p><p>L’USS prend connaissance avec satisfaction du rejet de l’initiative de l’UDC sur les familles. Ainsi, la politique suisse de la famille ne va pas régresser. Une majorité des Suissesses et des Suisses ont vu que cette initiative leur était présentée sous un emballage trompeur&nbsp;: les cadeaux fiscaux pour les ménages aisés à un revenu auraient en effet entraîné des pertes fiscales au niveau de la Confédération et des cantons et accentué la pression aux économies. Cette initiative aurait surtout aggravé les désavantages subis par les familles à deux revenus qui doivent faire garder leurs enfants par des tiers. Ces familles doivent être soutenues. C’est pourquoi l’USS demande que les structures d’accueil extrafamilial des enfants soient développées. 
</p><p>L’USS regrette le rejet de l’augmentation du prix de la vignette autoroutière. Elle aurait permis de donner une base à long terme au financement de la route. L’USS s’engagera à l’avenir pour que ce dernier, ainsi que le financement du rail, soit garanti à long terme, par exemple en défendant le projet de financement (FAIF) du rail sur lequel nous voterons le 9 février 2014..
</p><h5>Renseignements :</h5><ul><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication et Porte-parole de l'USS, 079 249 59 74</li></ul>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Politique sociale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1359</guid><pubDate>Sat, 16 Nov 2013 11:23:00 +0100</pubDate><title>Pour des bonnes conditions de travail !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/pour-des-bonnes-conditions-de-travail</link><description>Congrès des femmes de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">«&nbsp;L’initiative sera dommageable à la grande majorité des familles&nbsp;» et seules les familles aisées à un revenu en profiteront. Telles sont les raisons pour lesquelles les 200 déléguées du Congrès des femmes de l’USS ont rejeté à l’unanimité l’initiative de l’UDC sur les familles lors de leur deuxième journée de délibérations.</p><p>Lors du premier jour de ce congrès, les femmes de l’USS avaient, comme leur hôte, la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, exigé des contrôles publics de l’égalité des salaires et des sanctions en cas d’infraction. Cela, afin de réaliser une fois pour toutes l’égalité des salaires qui leur est due depuis des décennies. Les femmes de l’USS attendent pour l’année prochaine des propositions du Conseil fédéral et du Parlement en ce sens. Si les choses n’avancent pas, l’USS devra étudier le lancement d’une initiative populaire. L’égalité salariale est en effet l’alpha et l’oméga de bonnes conditions de travail, ainsi que le demande le slogan du congrès. 
</p><p>Pour atteindre cet objectif, les femmes de l’USS ont aussi demandé que le travail puisse être conciliable avec l’éducation des enfants. C’est pourquoi sa durée doit être fortement réduite. Le travail sur appel doit être interdit et il faut plus de congés payés pour les personnes qui prennent en charge des tiers. Ensuite, il faut assurer une retraite décente et protéger contre les conséquences de la perte d’un emploi, de manière à ce que tous et toutes puissent vivre dans la dignité. Les rentes de l’AVS doivent donc être améliorées comme le propose le modèle AVSplus, il faut lutter contre le relèvement inacceptable de l’âge de la retraite des femmes et prévoir des bonifications pour tâches d’assistance aussi pour les soins prodigués à des parents. Enfin, tout le monde doit pouvoir défendre ses droits au travail et être mieux protégé contre le licenciement. 
</p><p>Dans d’autres résolutions adoptées par les congressistes, les femmes de l’USS ont demandé</p><ul><li><p>la fin des économies aux dépens des femmes et du démantèlement des services publics&nbsp;; </p></li><li><p>de meilleures conditions de travail et plus de mesures de prévention contre les maladies professionnelles&nbsp;;</p></li><li><p>le rejet de l’«&nbsp;attaque vicieuse contre la solution du délai&nbsp;» (votation de février 2014)&nbsp;;</p></li><li><p>une large mobilisation pour une grande manifestation nationale des femmes d’ici le prochain Congrès des femmes de 2017.</p></li></ul><p>Le Congrès des femmes de l’USS a aussi reçu avec la plus grande cordialité une délégation du personnel de Gate Gourmet (repas servis aux passagers des transports aériens), en grève à Genève depuis 2 (deux&nbsp;!) mois contre des baisses de salaire et a assuré aux grévistes son entier soutien.
</p><h5>Renseignements</h5><p>Michela Bovolenta, coprésidente de la Commission féminine de l’USS, 078 647 72 83 (français), et Corinne Schärer, coprésidente de la Commission féminine de l’USS, 079 219 94 20 (deutsch), se tiennent à votre disposition pour tout complément d’information. </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1357</guid><pubDate>Fri, 15 Nov 2013 14:52:00 +0100</pubDate><title>Égalité des salaires : l’heure est aux contrôles et aux sanctions !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/egalite-des-salaires-l-heure-est-aux-controles-et-aux-sanctions</link><description>Le Congrès des femmes de l’USS ne veut plus attendre</description><content:encoded><![CDATA[<p class="Pressenotetitrebref lead">«&nbsp;Nous avons suffisamment attendu&nbsp;; d’eux-mêmes, les patrons n’agissent pas pour qu’il y ait égalité de salaire entre femmes et hommes. La loi doit être respectée. Et pour cela, il faut des contrôles et des sanctions&nbsp;», ont demandé les 200 déléguées réunies dans le cadre du Congrès des femmes de l’USS, qui se tient aujourd’hui et demain à Berne.</p><p class="Text"><span lang="FR">Les congressistes ont été confirmées, dans leur appréciation de la situation, par la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga. Hôte du congrès, celle-ci a évoqué des mesures légales destinées à réaliser l’égalité salariale&nbsp;: «&nbsp;Si l’économie n’y arrive pas à elle seule, alors le pouvoir politique doit intervenir.&nbsp;» L’approche «&nbsp;libre&nbsp;» n’ayant pas réussi, des propositions concrètes seront soumises an Conseil fédéral avant la fin 2014.</span></p><p class="Text"><span lang="FR">Afin de faire le plein d’énergie en quantité suffisante pour réaliser ensemble, et surtout rapidement, l’objectif de l’égalité salariale, Simonetta Sommaruga a reçu symboliquement une barre de céréales géante, une barre normale étant offerte aux congressistes.</span></p><p class="Text"><span lang="FR">En effet, depuis plus de 30 ans, la Constitution fédérale prescrit le versement d’un salaire égal pour un travail de valeur égale et depuis 17 ans, la loi sur l’égalité entre femmes et hommes est en vigueur. Mais les progrès accomplis depuis lors sont minimes et ne se suivent qu’à la vitesse de l’escargot. En moyenne, les femmes sont toujours privées de 677 francs par mois, uniquement parce qu’elles sont des femmes. Afin que cela cesse une bonne fois pour toutes, comme le demande une résolution adoptée par le congrès, le Conseil fédéral et le Parlement doivent désormais veiller à ce que la loi soit appliquée et imposer l’égalité salariale au moyen de contrôles et de sanctions. </span></p><p class="Text"><span lang="FR">Dans la foulée, le Congrès des femmes de l’USS, qui est placé sous le slogan&nbsp;: «&nbsp;Pour des bonnes conditions de travail&nbsp;!&nbsp;», abordera la question des effets des politiques d’austérité pour les femmes, ainsi que celle des conditions de travail égalitaires nécessaires pour que le travail est valeur de «&nbsp;bon travail&nbsp;».</span></p><h5 style="font-size: 13px; ">Photo</h5><p>&lt;media 1579 - - "BILD, sommaruga frauenkongress, sommaruga_frauenkongress.jpg, 7.2 MB"&gt;Photo Simonetta Sommaruga (Photo: Yoshiko Kusano)&lt;/media&gt;
</p><h5><span lang="FR">&nbsp;Renseignements</span></h5><p>&nbsp;</p><p class="Text"><b><span lang="FR">Christina Werder (079 341 90 01)</span></b><span lang="FR">, secrétaire centrale de l’USS responsable de la politique de l’égalité entre femmes et hommes, et <b>Ewald Ackermann (079 660 36 14)</b>, service de la communication de l’USS, se tiennent à votre disposition pour tout complément d’information.&nbsp;</span></p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1356</guid><pubDate>Wed, 13 Nov 2013 11:49:00 +0100</pubDate><title>Des baisses d’impôts pour des profiteurs millionnaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/des-baisses-d-impots-pour-des-profiteurs-millionnaires</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="Titre2eSPgras lead">Une analyse des baisses d’impôt sur le revenu ces dix dernières années montre que ce sont des «&nbsp;salarié(e)s millionnaires&nbsp;» qui en ont le plus profité.</p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Des baisses d’impôt d’abord pour les classes moyennes et des personnes à bas revenus&nbsp;? Faux&nbsp;! Ces dix dernières années, ce sont les tout gros salaires des managers qui en ont profité plus que la moyenne. On le voit bien en analysant, comme l’USS l’a fait, les données fiscales de la Confédération et des cantons publiées par l’Administration fédérale des contributions. Il est donc clair que non seulement les salaires des managers profiteurs ont énormément augmenté, mais aussi que les impôts payés sur ces revenus indécents ont généreusement baissé&nbsp;!</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Pour les revenus ordinaires par contre, les baisses d’impôt sont restées marginales. Dans l’ensemble, la situation de ces personnes s’est même dégradée, car les hausses des loyers des primes des caisses-maladie ont étéplus importantes que les allégements fiscaux obtenus. Une salariée vivant seule et dont le revenu était de 70&nbsp;000 francs n’a payé en 2011 que 879 francs d’impôts de moins qu’en 2000. Par contre, celui dont le revenu était d’un million a pu économiser 34&nbsp;000 francs d’impôt pendant le même laps de temps.&nbsp; </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Cette politique fiscale en faveur des classes supérieures a coûté à notre&nbsp; pays des baisses de rentrées fiscales plus importantes que les pires scénarios-catastrophes élaborés par economiesuisse et compagnie pour le cas où l’initiative 1:12 était acceptée. Aujourd’hui, les politicien(ne)s de droite disent que cette initiative est une erreur parce qu’elle entraînerait une baisse des recettes fiscales. De quoi qualifient-ils alors la politique fiscale qu’ils ont appliquée eux-mêmes ces dix dernières années, de grossière erreur&nbsp;?</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Selon une modélisation de différents scénarios mise au point par le «&nbsp;Réseau de réflexion&nbsp;», en cas de oui à l’initiative 1:12, les effets à en attendre devraient se situer entre 30 millions de pertes et 50 millions de recettes supplémentaires pour les&nbsp; pouvoirs publics (<a href="http://www.denknetz-online.ch/IMG/pdf/Studie_Fiskalwirkung_1zu12-Initiative.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.denknetz-online.ch/IMG/pdf/Studie_Fiskalwirkung_1zu12-Initiative.pdf</a>; en allemand seulement).</span></p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><category>Salaires et CCT</category><category>Économie</category><category>Repartition</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1352</guid><pubDate>Fri, 08 Nov 2013 16:10:00 +0100</pubDate><title>Les cantons doivent renoncer à leur politique financière erronée - Des mesures d&#039;accompagnement plus tranchantes s&#039;imposent</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-cantons-doivent-renoncer-a-leur-politique-financiere-erronee-des-mesures-daccompagnement-plus-tranchantes-simposent</link><description>Assemblée des délégué(e)s de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les cantons dramatisent leur situation financière pour tailler ensuite dans leurs budgets. Mais leurs programmes d’austérité sont un danger pour le bien-être en Suisse. Surtout si ces coupes blanches touchent la formation et les infrastructures. L’Assemblée des délégué(e)s de l’Union syndicale suisse (USS) exige des cantons qu’ils changent de politique financière et fiscale. 
</p><p>Comme le montre une étude de l’USS, la situation financière des cantons est nettement meilleure que ce qu’en disent leurs gouvernements. De fait, elle est fondamentalement bonne. En outre, les cantons possèdent une fortune nette plus importante que leurs dettes. Leurs gouvernements ne veulent pas&nbsp; le savoir et fondent habituellement leurs perspectives financières sur des hypothèses bien trop pessimistes. L’analyse de l’USS montre qu’entre 1999 et 2012, les comptes financiers des cantons ont à chaque fois été meilleurs que ce qui avait été budgétisé. Durant cette période, tous les cantons ont budgétisé un déficit pour chaque année. Or, pour neuf de ces douze années, ils ont finalement enregistré des excédents. Les budgets et plans financiers ne doivent par conséquent pas servir de base à des programmes d’austérité.
</p><p>Si l’on fait abstraction des baisses provisoires de recettes s’expliquant par la conjoncture, recettes et dépenses sont équilibrées dans la plupart des cantons. On trouve des déficits structurels dans des cantons où les impôts sont extrêmement bas. Pour combler les différences entre recettes et dépenses, ces cantons doivent revenir sur les baisses d’impôts décidées par le passé.
</p><h3>Il faut des mesures d’accompagnement plus tranchantes&nbsp;!</h3><p>Dans une résolution, les délégué(e)s de l’USS appellent le Conseil fédéral à tout entreprendre pour qu’en Suisse, on verse des salaires suisses. Les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes introduites dans ce but comportent encore trop de lacunes pour que ce principe puisse être appliqué. Il est aujourd’hui trop difficile d’étendre le champ d’application des conventions collectives de travail avec salaires minimums. Les obstacles existants doivent être supprimés (p. ex. le «&nbsp;quorum des employeurs&nbsp;»). Confédération et cantons doivent aussi appliquer rigoureusement les mesures d’accompagnement. Pour cela, il faut non seulement intensifier les contrôles et relever considérablement le montant des amendes, mais aussi, en cas de sous-enchère salariale, fermer les chantiers fautifs et obliger les responsables de cette dernière à payer des salaires corrects. En outre, il faut exclure des adjudications publiques les patrons coupables de sous-enchère et permettre aux syndicats d’entrer sur les chantiers pour pouvoir révéler les abus qui y sont commis. Les travailleurs et travailleuses qui découvrent de tels abus doivent être protégés contre le licenciement.
</p><p>Sans mesures d’accompagnement plus tranchantes, impossible d’empêcher la sous-enchère salariale. Et si l’on ne peut pas l’empêcher, alors c’est la libre circulation des personnes qui est menacée. L’Assemblée des délégué(e)s de l’USS dressera un bilan du projet du Conseil fédéral et des décisions du Parlement pour déterminer ensuite sa position. Les délégué(e)s ont déjà pris clairement position contre l’initiative de l’UDC sur l’immigration de masse. Cette initiative entraînerait le retour à la douloureuse pratique des contingents. Et des patrons peu scrupuleux pourraient encore plus facilement recruter de la main-d’œuvre pour des&nbsp; salaires de dumping. 
</p><p>Les délégué(e)s de l’USS ont rejeté sèchement, dans une autre résolution, l’initiative de l’UDC sur les familles. Ce sont en effet essentiellement des familles riches qui profiteraient du cadeau fiscal demandé par cette initiative. Et les ménages à deux revenus qui font garder leur(s) enfant(s) seraient défavorisés par des tiers par rapport aux autres familles. Dans une quatrième résolution, ils ont demandé que l’attractivité des apprentissages soit augmentée. Les obstacles financiers (p.ex. les coûts des tests d’aptitude) doivent être supprimés et les mesures de protection de la santé et de sécurité au travail doivent être renforcées.
</p><h5>Renseignements&nbsp;</h5><ul><li>Daniel Lampart, premier secrétaire de l‘USS, 079 205 69 11</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l’USS, <br>079 249 59 74</li></ul><h5>Résolutions</h5><ul><li>&lt;media 1561 - - "TEXT, AD131108F DL Resol Mesures-accomp DEF, AD131108F_DL_Resol_Mesures-accomp_DEF.pdf, 63 KB"&gt;Mesures d'accompagnement :&nbsp;Il faut imposer comme il se doit les salaires suisses&lt;/media&gt;</li><li>&lt;media 1562 - - "TEXT, AD131108F TZ Resol Initiative-famille UDC, AD131108F_TZ_Resol_Initiative-famille_UDC.pdf, 304 KB"&gt;Non à l'initiative de l'UDC sur les familles !&lt;/media&gt;</li><li>&lt;media 1563 - - "TEXT, AD131108F VP Sortir appr de l impasse, AD131108F_VP_Sortir_appr_de_l_impasse.pdf, 103 KB"&gt;Sortir l'apprentissage de l'impasse&lt;/media&gt;</li></ul><h5>Documents</h5><ul><li>Dossier N° 99 :&nbsp;<span>Programmes d’austérité douteux et préjudiciables dans les cantons - Une analyse économique</span><h1 class="csc-firstHeader" style="margin-top: 29px; padding: 0px; font-size: 27px; font-family: Arial, Helvetica, Verdana, sans-serif; background-color: rgb(255, 254, 255); "></h1></li></ul>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1349</guid><pubDate>Tue, 05 Nov 2013 10:56:00 +0100</pubDate><title>La justice salariale est possible : OUI à l’initiative 1:12 le 24 novembre</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/la-justice-salariale-est-possible-oui-a-l-initiative-1-12-le-24-novembre</link><description>Votez maintenant par correspondance !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La lutte pour des salaires équitables et contre les abus salariaux de quelques profiteurs sans scrupules entame sa dernière ligne droite. Aujourd’hui, Christian Levrat, Regula Rytz, David Roth et Giorgio Tuti ont donné une conférence de presse, au nom du PS, des Verts, de la JS et de l’Union syndicale suisse (USS), pour rappeler l’importance d’un OUI à l’initiative 1:12. Pour la co-présidente des Verts suisses, Regula Rytz, « ni le Conseil fédéral, ni l’économie, n’ont de recette pour un changement de mentalité volontaire dans les bureaux de la direction. » Quant à Christian Levrat, président du PS Suisse, il rappelle qu’ « il est important que toutes les personnes qui souhaitent plus de justice salariale dans ce pays se déplacent aux urnes. »</p><p>La Suisse a changé au cours des derniers mois : plusieurs dizaines de milliers de drapeaux ont été suspendus aux balcons et fenêtres. Un panel de militant-e-s de tous âges a participé activement à cette campagne de proximité. Les employeurs et associations économiques n’ont d’autre choix que de reconnaître les excès salariaux de certains topmanagers et de vanter les mérites du partenariat social. Le thème de la justice salariale remplit, jour après jour, les journaux et les salles lors des discussions et débats publics. Peu de projets auront suscité un tel engouement et une telle mobilisation au cours de ces dernières années.
</p><p>La campagne entame aujourd’hui sa dernière ligne droite. Ceux qui souhaitent réellement stopper les profiteurs, ceux qui souhaitent instaurer un peu plus de vertu dans notre pays, ceux qui veulent réduire les écarts salariaux, ceux qui ne veulent pas se laisser intimider par les menaces patronales, ceux qui pensent que la justice salariale est positive pour l’économie, comme pour le pays ; tous ceux-là doivent voter et faire voter OUI le 24 novembre prochain.
</p><p>Les citoyen-ne-s suisses auront une occasion unique de mettre un terme aux abus salariaux par la voie démocratique. L’an dernier, les managers d’UBS se sont offerts 2,5 milliards de francs en bonus, alors que, dans le même temps, la banque essuyait des pertes équivalentes à ces bonus. Le cadeau de bienvenue de 26 millions pour Andrea Orcel, le parachute doré de 72 millions pour Daniel Vasella, un salaire annuel de 90 millions de francs malgré une garantie implicite de l’Etat pour Brady Dougan – autant d’affaires qui secouent l’opinion publique et auxquelles il convient aujourd’hui mettre un terme définitif. Toutes et tous doivent profiter du succès de l’économie suisse, sans privilèges.
</p><h5>Informations:</h5><p>&nbsp;</p><ul><li><span>Christian Levrat, président du PS Suisse, 079 240 75 57&nbsp;</span></li><li><span>Regula Rytz, co-présidente des Verts suisses, 079 353 86 38&nbsp;</span></li><li><span>David Roth, président de la JS Suisse, 078 712 94 13&nbsp;</span></li><li><span>Giorgio Tuti, vice-président de l'USS et président du SEV, 079 221 45 64</span></li></ul><p>&nbsp;</p><div></div>]]></content:encoded><category>Repartition</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1338</guid><pubDate>Fri, 01 Nov 2013 15:10:00 +0100</pubDate><title>Dossier Nr. 97: Boni und wachsende Lohnschere</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/dossier-nr-97-boni-und-wachsende-lohnschere</link><description>(n&#039;existe qu&#039;en allemand)</description><content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1341</guid><pubDate>Tue, 29 Oct 2013 10:13:00 +0100</pubDate><title>En lieu et place des bonus : salaires fixes, négociations salariales et CCT, et plafonnement des salaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/en-lieu-et-place-des-bonus-salaires-fixes-negociations-salariales-et-cct-et-plafonnement-des-salaires</link><description>Les bonus creusent les écarts salariaux</description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis les années 1990, les écarts salariaux se sont creusés en Suisse. Les bonus sont le principal moteur de cette répartition inégalitaire des salaires. C’est ce que montre une nouvelle étude de l’Union syndicale suisse (USS). Plus la part des bonus à la masse salariale d’une branche est grande, plus les écarts salariaux sont importants. De plus, «&nbsp;Les inégalités sont moindres lorsque les salaires sont négociés. Les bonus ne sont de fait pas négociés, mais distribués par les managers et les employeurs&nbsp;», constate Paul Rechsteiner, le président de l’USS. Et les cadres se réservent les parts les plus grandes.
</p><p>Pour revenir à une situation plus juste, il faut que tous et toutes les salarié(e)s puissent participer à la fixation des salaires. Ceux-ci doivent faire l’objet de négociations et non pas être distribués par les managers au personnel comme bon leur semble. «&nbsp;La meilleure garantie pour négocier les salaires, ce sont des CCT contenant des dispositions impératives sur les salaires&nbsp;», souligne Daniel Lampart, l’économiste en chef de l’USS. Confédération et cantons doivent agir ici&nbsp;:</p><ul><li><span>Il faut que les CCT puissent être plus facilement étendues.</span></li><li><span>Les entreprises publiques et celles qui sont au bénéfice d’une concession ou touchent des subventions doivent être soumises à l’obligation de négocier une CCT.</span></li></ul><p>Pour empêcher les excès des cadres supérieurs, il faut limiter les bonus, au moyen d’une taxe sur les bonus assujettissant à l’impôt sur le bénéfice la partie des salaires supérieure à 1 million de francs, et en fixant des plafonds, comme le prévoit l’initiative populaire 1:12.
</p><h5>Renseignements</h5><ul><li><span>Daniel Lampart (079 205 69 11), économiste en chef et premier secrétaire de l’USS</span></li><li><span>Ewald Ackermann (031 277 01 09 ou 079 660 36 14), service de la communication de l’USS</span></li></ul><h5>Documents</h5><ul><li><span>«&nbsp;Des réponses politiques s’imposent&nbsp;!&nbsp;» de Paul Rechsteiner, président de l'USS</span></li><li><span>«&nbsp;Répartition plus équitable des salaires : négociations salariales et CCT en lieu et place de bonus&nbsp;!&nbsp;» de Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en chef de l'USS</span></li><li>&lt;media 1544 - - "TEXT, 97d DL DG Boni, 97d_DL_DG_Boni.pdf, 4.0 MB"&gt;Dossier N° 97 : Boni und wachsende Lohnschere&lt;/media&gt; (pour l'heure, n'existe qu'en allemand)</li></ul>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1340</guid><pubDate>Tue, 29 Oct 2013 10:03:00 +0100</pubDate><title>Répartition plus équitable des salaires : négociations salariales et CCT en lieu et place de bonus</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/repartition-plus-equitable-des-salaires-negociations-salariales-et-cct-en-lieu-et-place-de-bonus</link><description>Conférence de presse du 29 octobre 2013</description><content:encoded><![CDATA[<p> En Suisse, l’écart entre salaires s’est creusé depuis les années 1990. Les salaires élevés et très élevés ont augmenté beaucoup plus que les bas et moyens salaires. C’est l’Enquête suisse sur la structure des salaires de l’Office fédéral de la statistique qui le montre – la statistique sur les salaires la plus convaincante de Suisse, puisqu’elle porte actuellement sur près de 1,9 million de données. Les salaires du 1&nbsp;% des personnes qui touchent les plus hauts salaires (déduction faite du renchérissement) ont augmenté de 39&nbsp;%. Les bas salaires et les salaires moyens ont par contre dû se contenter d’une hausse de 7 à 8&nbsp;%. Dans la population, ce sont avant tout les excès salariaux de certains top-managers qui ont frappé les esprits et provoqué de vives critiques. Pourtant, les écarts salariaux ne concernent pas que des cas particuliers. Les salaires des 10&nbsp;% supérieurs des personnes occupées ont également augmenté beaucoup plus nettement que les bas salaires et les salaires moyens.
</p><p>&lt;media 1539 - linkicon&gt;Lire le discours de Daniel Lampart...&lt;/media&gt;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1339</guid><pubDate>Tue, 29 Oct 2013 09:56:00 +0100</pubDate><title>Des réponses politiques s’imposent !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-reponses-politiques-s-imposent</link><description>Conférence de presse du 29 octobre 2013</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Le nouveau dossier de l’USS sur l’évolution des bonus confirme l’accroissement dramatique des inégalités salariales&nbsp;</p><p>Les fortunés adversaires de l’initiative populaire 1:12 veulent faire avaler à la population que les écarts salariaux ne se sont pas creusés en Suisse. Que les partis et organisations qui mènent ce combat le fassent est une chose. Mais c’en est une autre lorsque ce sont des médias qui, comme la télévision suisse alémanique qui a une fonction de service public, diffusent cette propagande. C’est surtout le cas de l’émission économique «&nbsp;Eco&nbsp;», qui a fait passer une message trompeur basé sur des statistiques inutilisables dans ce contexte (Enquête sur le budget des ménages).
</p><p>L’Union syndicale suisse présente aujourd’hui une étude d’actualité réalisée à partir de l’Enquête suisse sur la structure des salaires de l’Office fédéral de la statistique, une enquête qui recense les hauts et très hauts salaires, au lieu de les ignorer comme le fait l’Enquête sur le budget des ménages. L’étude de l’USS confirme de manière impressionnante que les hauts et très hauts salaires ont beaucoup plus augmenté depuis les années 1990 que les bas et les moyens. Les bonus ont été un puissant moteur des excès salariaux commis par les hauts et très hauts revenus. Selon l’étude, ils sont passés de 2 à 10 milliards de francs entre 1996 et 2010 dans l’industrie privée et ils ont profité quasi exclusivement aux classes de salaire élevées. L’analyse montre également que les inégalités sont moindres lorsque les salaires sont négociés. Les bonus ne sont de fait pas négociés, mais distribués par les managers et les employeurs. Or, les cadres et les bénéficiaires des salaires les plus élevés se réservent les parts de gâteau les plus grandes. 
</p><p>Cela fait longtemps que de larges pans de la population ont le sentiment que les échelons supérieurs de la hiérarchie ont incroyablement profité pendant les 10 à 15 dernières années, alors que leurs revenus à eux ont fait du surplace. L’étude de l’USS prouve que ce sentiment est justifié, car il reflète la réalité. Les bonus ont favorisé la mentalité de self-service qui sévit dans les classes de salaire supérieures et ils ont accentué les inégalités de revenu. Nous savons désormais que les excès commis à ce chapitre ont aussi été extrêmement dommageables à notre économie, car ils ont poussé les managers à prendre des risques irresponsables pour les maximiser, des risques qui ont finalement nui à tout le monde (pas seulement, mais surtout, avec les banques). Bâtir une politique salariale sur des bonus, c’est créer des incitations déplacées. 
</p><p>Ici, le mauvais message est que les hausses énormes de revenus, notamment d’abord induites pas les bonus versés aux classes de salaire supérieures, sont une réalité, le bon message étant que cette aberration peut être corrigée, que nous pouvons agir contre cela. 
</p><p>Conçue sur le long terme, la principale et première de toutes les autres mesures est le renforcement des conventions collectives de travail au moyen de salaires minimums. En effet, lorsque les salaires sont négociés collectivement, les inégalités salariales sont nettement moins importantes que si ce n’est pas le cas. En Suisse, nous nous trouvons actuellement à une nouvelle croisée de chemins décisive&nbsp;: maintenant qu’au Palais fédéral, on a raté l’occasion, pour des raisons idéologiques, de renforcer le partenariat social qu’offrait le débat au sujet de l’initiative sur les salaires minimums, des étapes cruciales nous attendent concernant les négociations sur les mesures d’accompagnement aux accords bilatéraux conclus avec l’Union européenne.
</p><p>Plafonner les salaires et instaurer un rapport entre les plus élevés et les plus bas d’une entreprise, ainsi que le demande l’initiative populaire 1:12, permettrait de lutter contre les excès les plus grands. Avec une telle contribution à la politique salariale, la Suisse ferait littéralement fureur aussi au plan international. 
</p><p>La politique fiscale offre également suffisamment d’instruments pour corriger ces réalités. Un impôt sur les bonus en est un parmi d’autres. Toutes ces mesures, grâce auxquelles – selon le principe avéré que l’imposition fiscale doit être fonction de la capacité économique – les hauts revenus devront participer aux charges de la collectivité à travers la progressivité de l’impôt, sont importantes à cet égard. </p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1329</guid><pubDate>Fri, 18 Oct 2013 16:03:00 +0200</pubDate><title>Quel serait votre salaire aujourd’hui si...</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/quel-serait-votre-salaire-aujourd-hui-si</link><description>À vos calculettes !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Quel serait votre salaire aujourd’hui si vous aviez bénéficié des mêmes augmentations que les grands managers&nbsp;? Pour ne pas encore en dire trop&nbsp;: beaucoup plus élevé.</p><p>Entre 1996 et 2010, les salaires du 1&nbsp;% le mieux payé des cadres ont augmenté en Suisse de 107 (cent sept&nbsp;!)&nbsp;%. C’est-à-dire qu’ils ont plus que doublé, alors qu’ils étaient déjà les plus élevés du pays. Pendant la même période, le salaire médian (la moitié gagne plus, l’autre moitié gagne moins) n’a augmenté que de 7 (sept…)&nbsp;% misérables. Les salaires des grands managers ont donc augmenté plus de 15 fois plus fortement que le salaire de Marcel Normal (&lt;media 1528 600x420 - "graphique"&gt;graphique&lt;/media&gt;).
</p><p>Pour le «&nbsp;commun des salarié(e)s&nbsp;», il n’est guère imaginable de doubler son salaire en 14 ans. C’est pour cela que nous avons conçu un calculateur de salaire&nbsp;:
</p><p>Calculez quel serait aujourd’hui votre salaire si vous aviez bénéficié des mêmes augmentations que les grands managers.
</p><h3>Avec 1:12, mettons le holà à la mentalité du self-service&nbsp;!</h3><p>Ces grossières différences de salaire posent une question&nbsp;: pourquoi les salaires de ceux d’en haut ont-ils augmenté 15 fois plus que pour la grande majorité&nbsp;? La réponse est simple et doit servir d’avertissement&nbsp;: les salaires les plus élevés ont pu augmenter dans une mesure aussi disproportionnée parce que rien ni personne n’a mis le holà à la mentalité de self-service qui a cours aux étages hiérarchiques supérieurs. Ainsi, un petit nombre de personnes a pu s’approprier une part du gâteau toujours plus grande, alors que tous les autres recevaient toujours moins.
</p><p>Nous devons mettre le holà à cette mentalité du self-service. Avec l’initiative 1:12, nous le pourrons. Et nous ferons simultanément en sorte qu’à l’avenir les salaires évoluent à un même rythme&nbsp;: s’il y a assez d’argent pour les salaires des cadres, il doit aussi y en avoir assez pour qu’au bas de l’échelle, on perçoive des salaires décents. Ainsi, tout le monde recevra un salaire équitable et il n’y aura plus de salaire de profiteur pour quelques-uns.</p>]]></content:encoded><category>Repartition</category><category>Salaires et CCT</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1324</guid><pubDate>Fri, 11 Oct 2013 15:06:00 +0200</pubDate><title>Qui fait vraiment quelle Histoire ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/qui-fait-vraiment-quelle-histoire</link><description>La Suisse, un modèle de réussite : fables et réalité</description><content:encoded><![CDATA[<p>Des leaders des milieux économiques et politiques se servent, ces temps, d’une expression quelque peu pompeuse pour traduire une réalité qu’ils estiment en grave danger aujourd’hui, à savoir «&nbsp;ce modèle de réussite&nbsp;» qu’est la Suisse. Pour Hans Hesse, président de SWISSMEN, l’association de l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux, l’initiative populaire 1:12 détruirait, en cas de victoire dans les urnes, ce «&nbsp;modèle de réussite&nbsp;». Quant à lui, Heinz Karrier, le président d’economiesuisse, la Fédération des entreprises suisses, voit en cette initiative une attaque de fond toujours contre ce «&nbsp;modèle&nbsp;». Notre ministre de l’Économie, M. Schneider-Amman, reprend le même couplet et Ruedi Noser, conseiller national radical-libéral et entrepreneur, peut-être déjà en train d’anticiper l’écriture de «&nbsp;son&nbsp;» Histoire, indique que la droite serait à l’origine de ce «&nbsp;modèle de réussite&nbsp;». Parions que cette expression servira aussi à combattre les initiatives sur les salaires minimums et sur l’imposition des successions… 
</p><p>Mais à quoi font donc allusion nos «&nbsp;maîtres à penser&nbsp;» et autres «&nbsp;historiens&nbsp;» avec cette expression&nbsp;? Veulent-ils évoquer le fait qu’un cinquième des salarié(e)s de ce pays doit faire face à d’importants problèmes financiers lorsqu’il s’agit de s’acquitter d’une facture de dentiste imprévue de 2&nbsp;000 francs&nbsp;? Pensent-ils à ces 335&nbsp;000 personnes qui gagnent moins de 22 francs de l’heure dans notre pays&nbsp;? Ont-ils en tête ces 144&nbsp;000 titulaires d’un certificat fédéral de capacité (apprentissage) qui touchent un bas salaire, inférieur à 4&nbsp;000 francs par mois, dans une Suisse si chère&nbsp;? Ou font-ils référence au fait que chez nous, la fortune et les revenus sont répartis de manière toujours plus injuste&nbsp;?
</p><h3>Que non&nbsp;! C’est à eux-mêmes qu’ils pensent&nbsp;!</h3><p>De fait, avec cette «&nbsp;Suisse, modèle de réussite&nbsp;», c’est eux, les tout gros, les capitaines d’industrie et autres grands managers, ceux que l’on trouve année après année dans les listes des meilleurs bilans comptables, ceux qui occupent les étages supérieurs de notre société… et qui croient ainsi faire l’Histoire à eux seuls. Or, ils oublient que les monuments et les grands moments de toute Histoire avec un grand «&nbsp;H&nbsp;» n’ont été ni construits ni créés par eux, mais bien par les travailleurs et travailleuses. 
</p><p>De fait, l’Histoire suisse, ce ne sont pas les riches et leurs bilans qui l’ont faite et la font encore&nbsp;! Non&nbsp;! La part la plus glorieuse de cette Histoire est écrite par toutes celles et tous ceux qui, dans un très proche avenir, veilleront notamment à ce que richesses et revenus soient répartis de manière égalitaire. C’est-à-dire les citoyennes et citoyens ordinaires, comme vous et moi.</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1319</guid><pubDate>Tue, 08 Oct 2013 10:54:00 +0200</pubDate><title>Beaucoup reste à faire !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/beaucoup-reste-a-faire</link><description>Sixième Journée mondiale pour le travail décent</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La Journée mondiale pour le travail décent est une journée de mobilisation syndicale sur l’ensemble de la planète, des Îles Fidji à Hawaï. En tant que plus grande confédération syndicale du pays, l’Union syndicale suisse (USS) y participe aussi et demande à cette occasion la ratification rapide de la convention n°189 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) sur les travailleuses et travailleurs domestiques, entre autres pour manifester sa solidarité internationale.</p><p>Les droits des salarié(e)s, souvent des femmes, sont notamment foulés au pied dans les pays émergents comme le Brésil ou certains États en plein boom économique de la presqu’île arabique. L’absence de contrats ou des contrats incompréhensibles pour les salarié(e)s, l’interdiction des syndicats et des abus patents sont la réalité quotidienne de nombreux travailleurs et travailleuses domestiques. En Suisse, ces conditions de travail indignes ont fait la une des médias à Genève lorsque des membres de la famille Kadhafi ont été incarcérés pour avoir maltraité leur personnel de maison. Dans divers pays d’Amérique du Sud ou de la presqu’île arabique, des migrant(e)s qui vivent chez leur employeur se voient privés de leur passeport, leur autorisation de séjour dépend de ce dernier et ils se voient livrés sans défense à son arbitraire le plus total.
</p><p>Il est donc d’autant plus important que la convention n°189 susmentionnée soit ratifiée par le plus grand nombre d’États possible afin de garantir à ces gens une protection minimale au plan juridique international. 
</p><h3>La Suisse doit aussi ratifier cette convention.</h3><p>Sur cette question, notre pays peut montrer l’exemple. La protection des activités des employé(e)s de maison gagne toujours plus en importance. Le travail de soins et d’assistance destiné aux personnes âgées représente, dans nos sociétés où l’espérance de vie a augmenté, une branche au potentiel économique important, mais où les carences restent nombreuses sous l’angle de la protection de la santé et des droits des salarié(e)s. 
</p><p>Il est vrai que les problèmes sont différents d’un pays ou d’une région à l’autre et que les problèmes auxquels nous sommes confrontés en Suisse sont de nature différente (respect des durées maximales de travail, pauses en nombre suffisantes, sous-enchère salariale,…). Il est vrai que les problèmes des travailleurs et travailleuses domestiques de Suisse, ou de l’Europe occidentale, ne sont pas comparables à ceux que l’on rencontre en Amérique du Sud ou dans l’ancienne Europe de l’Est. A fortiori cependant, il faut exiger de la Suisse qu’elle montre l’exemple, précisément aussi en tant que pays hôte de l’OIT. L’USS souhaite que, pour cette 6e Journée mondiale pour le travail décent, le Parlement suisse donne un signal contre les pires formes de travail précaire dans le domaine des soins et de l’assistance (le «&nbsp;care&nbsp;») et ratifie le plus rapidement possible la convention n°189 sur les travailleuses et travailleurs domestiques. 
</p><p>Pour un aperçu des actions menées au plan international sous l’égide de la Confédération syndicale internationale (CIS), cliquer <a href="http://www.ituc-csi.org/sixieme-journee-mondiale-pour-le?lang=fr" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">ici</a>.</p>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1314</guid><pubDate>Thu, 26 Sep 2013 14:37:00 +0200</pubDate><title>Les fanatiques des achats non-stop passent la seconde</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-fanatiques-des-achats-non-stop-passent-la-seconde</link><description>Après le oui à la révision de la loi sur le travail</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Suite à l’acceptation, le week-end dernier, par les citoyen(ne)s de l’extension du travail de nuit et du dimanche dans les magasins de certaines stations-service, les fanatiques des achats non-stop accélèrent le rythme. Trois jours après la votation populaire, une nouvelle brèche s’est ouverte au Conseil national, qui demande une extension massive des ventes du dimanche. </p><p>La majorité de droite du Conseil national n’aurait pratiquement pas pu être plus rapide ni plus claire pour confirmer que nous avions raison avec notre thèse de la brèche. Un peu plus de 72 heures seulement après la votation, elle a en effet déjà entamé une nouvelle étape dans l’extension des heures d’ouverture des commerces. Par 105 voix contre 67, le Conseil national a accepté la motion du conseiller national démocrate-chrétien Yannick Buttet. Celle-ci demande que la loi sur le travail lève, pour les petits magasins des régions périphériques, l’interdiction du travail du dimanche stipulée par la loi sur le travail afin de protéger le personnel de vente.
</p><p>Toutes les protestations émises par les dérégulateurs avant la dernière votation, selon lesquelles ils n’appliqueraient pas de tactique du salami, ne s’avèrent donc être que des mensonges éhontés destinés à calmer une population critique à l’égard des libéralisations. À elle seule, l’importante proportion de non (44&nbsp;%) lors du récent scrutin qualifié de «&nbsp;bagatelle&nbsp;» ou de «&nbsp;question de détail&nbsp;» par les dérégulateurs montre bien à quel point le peuple regarde d’un œil critique les nouvelles prolongations des heures d’ouverture des commerces. Et il est intéressant de noter aussi que le canton d’origine du motionnaire Buttet a rejeté par 57&nbsp;% la votation sur les stations-service.
</p><p>La critique souvent faite des prolongations des heures d’ouverture et que l’on a également entendue à l’occasion de nombreuses votations cantonales, le Parlement fédéral en a à nouveau fait fi ces derniers mois. Dans un premier temps, c’est surtout l’interdiction des ventes du dimanche qui se trouve maintenant sous pression. Le Conseil fédéral proposera sous peu la modification d’une ordonnance relative à la loi sur le travail, modification qui permettra d’étendre les ventes du dimanche dans les régions touristiques. Et le peuple n’aura pas voix au chaitre, car les modifications par voie d’ordonnance ne lui sont pas soumises. Les protestations du ministre de l’Économie, Monsieur Johann Schneider-Ammann, selon qui le Conseil fédéral ne veut pas toucher à l’interdiction du travail de nuit et du travail du dimanche, si elles n’apparaissent pas comme un mensonge, se révèlent à tout le moins être une ruse&nbsp;: notre ministre va de fait se cacher derrière le Parlement qui le contraint à modifier l’ordonnance à cause de la motion Abate qu’il a acceptée.
</p><p>Avec la motion, ce sont désormais déjà quatre projets d’extension des heures d’ouverture des commerces qui se trouvent dans les tuyaux. Or, le malaise de la population face à une nouvelle progression vers la journée de travail de 24 heures est profond. Dans les cantons aussi, les offensives répétées contre leur souveraineté en matière d’heures d’ouverture des commerces se heurtent à une résistance. L’avenir nous dira si les fanatiques des achats non-stop parviendront une nouvelle fois à embobiner les citoyen(ne)s et à leur faire accepter une extension du travail de nuit, du soir et du dimanche, pourtant nuisible tant à la santé qu’à la vie familiale.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1312</guid><pubDate>Tue, 24 Sep 2013 15:46:00 +0200</pubDate><title>Faits et chiffres démentent un partenariat social idéalisé</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/faits-et-chiffres-dementent-un-partenariat-social-idealise</link><description>Nouveau Dossier (94) de l’USS	</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En Suisse, le «&nbsp;partenariat social&nbsp;» sert parfois aussi à embellir certains prêches dominicaux. Un nouveau Dossier de l’USS&nbsp;montre comment et où le partenariat social ne fonctionne pas dans notre pays.</p><p>«&nbsp;Le système de formation des salaires en Suisse est basé sur un partenariat social fort et responsable.[…] L’excellent fonctionnement du partenariat social constitue un atout majeur de la place économique suisse […] Le système en vigueur en Suisse, qui laisse les partenaires sociaux fixer les salaires minimums, permet d’équilibrer la distribution des salaires.&nbsp;» À ces trois phrases, qui entonnent le cantique du partenariat social, on pourrait en ajouter sans peine plusieurs dizaines de même tabac, toutes tirées d’un seul et unique document. Mais celui-ci n’est pas une brochure commémorant et idéalisant l’histoire suisse du partenariat social. Il s’agit du message du Conseil fédéral concernant l’initiative syndicale sur les salaires minimums.
</p><p>Dans son message, le gouvernement indique certes le nombre des personnes protégées par une convention collective de travail (CCT) prévoyant un salaire minimum (2012&nbsp;: 1&nbsp;289&nbsp;600), mais pour savoir que cela ne représente que 36 % des salarié(e)s du pays, à nous de faire le calcul nous-mêmes. Et l’on voit ainsi que pour 64&nbsp;% des salarié(e)s, c’est le patron qui fixe tout seul le salaire… 
</p><p>Tel est le point de départ de ce nouveau Dossier de l’USS. On y trouve, bien classés par branche, les noms des employeurs qui refusent le partenariat social, ce qui nous donne un tour d’horizon du paysage patronal qui, sitôt oubliées les pratiques des débuts de l’industrialisation, se caractérise aujourd’hui par l’idéologie du «&nbsp;seul maître à bord&nbsp;» (de l’entreprise s’entend). 
</p><p>Dans la branche textile, tant Calida que Forster Rohner ne veulent pas conclure une CCT. Chez les éditeurs, le président Hanspeter Lebrument se refuse depuis 2004 à signer une nouvelle CCT. Dans l’industrie des machines, des noms très connus comme André Kudelski, von Roll, Stöcklin SA et Jacquet Technology sont sortis de la CCT. Et dans l’industrie des denrées alimentaires, des firmes de renommée comme Emmi, Kambly, HUG et une partie des entreprises qui produisent pour Nestlé font la sourde oreille quand on leur parle CCT. L’ASTAG, l’Association suisse des transports routiers et surtout son président, Adrian Amstutz, veulent que les chauffeurs de camion qui transportent des matériaux sur les chantiers échappent à l’extension de la convention nationale du secteur principal de la construction. Dans l’horticulture, la majorité des patrons ne veulent rien savoir d’une CCT, tout comme Manor, Aldi, Denner, C&amp;A, H&amp;M, Spar, Dosenbach/Ochsner et de nombreux autres dans le commerce de détail. Conséquence&nbsp;: ce sont bien moins de la moitié des 320&nbsp;000 employé(e)s du commerce de détail qui sont protégés par une CCT. Des banques réputées (dont Vontobel et J.P. Morgan SA) adoptent la même attitude de refus que l’Union suisse des paysans&nbsp;: pas question de CCT. Enfin, dans le secteur de la santé, lorsque le personnel s’engage pour que la CCT en vigueur soit maintenue, une entreprise comme Genolier les licencie sans hésitation. 
</p><p> Le nouveau Dossier de l’USS parle de tous ces exemples et de bien d’autres encore. Il montre ainsi que si la vision gouvernementale du partenariat social en Suisse est édénique, c’est pour mieux endormir les citoyens et les citoyennes. 
</p><p>A. Rieger et E. Ackermann, Le semi-partenariat social en Suisse. Salaires minimums&nbsp;: le mensonge délibéré du Conseil fédéral, Dossier N° 94, USS, septembre 2013.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1313</guid><pubDate>Tue, 24 Sep 2013 15:42:00 +0200</pubDate><title>Conventions collectives de travail : les prochaines étapes</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/conventions-collectives-de-travail-les-prochaines-etapes</link><description>Nouveau Dossier (95) de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Pourquoi le taux de couverture conventionnelle est-il si peu important en Suisse&nbsp;? Pourquoi un taux plus élevé serait-il nécessaire&nbsp;? Et que faire pour que cela soit le cas&nbsp;? C’est notamment à ces trois questions centrales que le Dossier N°&nbsp;95 de l’USS&nbsp;s’attache à répondre.</p><p>En Suisse, seule la moitié des salarié(e)s profitent d’une convention collective de travail, CCT). Notre pays se différencie donc d’autres pays de l’OCDE qui n’appliquent pas non plus de salaire minimum légal, comme les états nordiques ou notre voisin autrichien, mais où le taux de couverture conventionnelle est beaucoup plus élevé. Prenant en considération plusieurs pays sous cet angle, les auteurs du Dossier, Daniel Lampart, économiste en chef, et Daniel Kopp, collaborateur scientifique, prouvent que le taux de syndicalisation (proportion de salarié(e)s membres d’un syndicat) n’explique pas à lui seul le taux de couverture conventionnelle. En effet, de nombreux pays «&nbsp;compensent&nbsp;» leur faible taux de syndicalisation par des mesures destinées à faciliter la conclusion de CCT ou à en étendre la portée (extension «&nbsp;allégée&nbsp;» du champ d’application des CCT, obligation de négocier faite aux employeurs, prescriptions en matière de marchés publics).
</p><p>De fait, relever du taux de couverture conventionnelle est un moyen de contrer les pressions sur les salaires et les conditions de travail qui a fait ses preuves et entraîne une meilleure justice distributive. Que des milieux patronaux importants refusent de conclure une CCT (dont swissmechanic, les chaînes de magasins de chaussures, Swissretail, l’Association suisse des transports routiers [ASTAG], l’agriculture) suggère que la Suisse doit favoriser les instruments légaux destinés à soutenir les CCT. L’exemple des chaines de vêtements H&amp;M et C&amp;A le montre de manière exemplaire. Dans d’autres pays que le nôtre comme en Autriche, elles ont conclu des CCT parce que les prescriptions y sont plus sévères que chez nous. Et elles ne s’en portent pas plus mal. Mais en Suisse, elles refusent d’en faire autant.
</p><h3>Faciliter l’extension des CCT et encourager les négociations collectives</h3><p>On voit par conséquent pourquoi il y a lieu d’abaisser les obstacles posés à l’extension des CCT. Il faut surtout supprimer le quorum des employeurs (au moins 50&nbsp;% des employeurs de la branche doivent être affiliés à l’organisation patronale signataire de la CCT pour que celle-ci puisse être étendue). Or, cette disposition permet à de toutes petites entreprises de contrecarrer l’extension d’une CCT. Ce quorum est plus que rare en Europe. L’Espagne en applique certes un, mais la part des employeurs demandée pour une extension de la CCT est de 10&nbsp;%, pas de 50&nbsp;%. Les auteurs du Dossier de l’USS esquissent aussi la proposition faite par l’USS de pouvoir étendre une CCT pour des raisons «&nbsp;d’intérêt public&nbsp;» (risque de sous-enchère salariale, de discrimination salariale à l’encontre des femmes, etc.). 
</p><h3>Encourager les négociations collectives</h3><p>S’il y a «&nbsp;intérêt public&nbsp;», les commissions tripartites ou les départements de l’économie devraient en effet pouvoir contraindre les partenaires contractuels d’une branche à négocier une CCT. Cela correspondrait, sous une forme atténuée, à l’obligation de négocier en vigueur dans d’autres pays. En cas d’échec des négociations, un mécanisme public d’arbitrage se mettrait alors en marche et si l’on n’obtenait toujours pas de résultat, un contrat-type de travail devrait être édicté. En outre, les marchés publics devraient prévoir que les soumissionnaires soient nécessairement soumis à une CCT comme critère d’adjudication et les aides financières de l’État (agriculture) seraient au moins liées à l’obligation de négocier une CCT. Cette condition s’appliquerait aussi aux entreprises de la Confédération et concessionnaires. 
</p><p>Cette nouvelle publication de l’USS sur les CCT établit, sur la base d’une comparaison étayée de faits, que la Suisse n’a de loin pas mis à profit tout le potentiel existant en matière de CCT et que c’est précisément ce qu’elle devrait faire si elle entend empêcher la sous-enchère salariale et donc, finalement, la marginalisation de celles et ceux qui sont les perdants de la modernisation, ainsi que la discorde sociale.
</p><p>D. Lampart et D. Kopp, Les CCT en Suisse&nbsp;: problèmes, mesures requises, solutions&nbsp;; Dossier N° 95, USS, septembre 2013.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1309</guid><pubDate>Mon, 23 Sep 2013 09:50:00 +0200</pubDate><title>La Suisse est mûre pour un tournant social</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/la-suisse-est-mure-pour-un-tournant-social</link><description>Halte au dumping salarial et au vol des rentes ! </description><content:encoded><![CDATA[<p>(Discours pour la manifestation de l'USS du 21 septembre 2013. La parole prononcée fait foi.)
</p><p>Ici, dans cette maison, dans ce Palais fédéral, un attentat se prépare. La plus violente attaque contre les rentes que la Suisse n’ait jamais connue.
</p><p>Où vivons-nous donc&nbsp;? Vivons-nous dans un pays économiquement au bout du rouleau&nbsp;? N’y aurait-il pas assez d’argent dans ce pays&nbsp;?
</p><p>La Suisse n’a jamais été aussi riche qu’aujourd’hui. Jamais la réussite économique de la Suisse n’a été aussi importante. Jamais il n’y a eu autant d’argent en Suisse.
</p><p>Mais cette énorme richesse est inégalement répartie, on ne peut plus inégalement. Les gros et les très gros revenus ont incroyablement encaissé ces 10 à 15 dernières années. Sur le dos de la grande majorité, c’est-à-dire les bas et les moyens revenus. 
</p><p>Et maintenant, ces profiteurs et leurs acolytes politiques et médiatiques veulent nous faire accroire que la Suisse s’effondrerait à cause de l’initiative 1:12. Comme si la réussite économique de la Suisse était à mettre au crédit des profiteurs et de leurs excès, ces excès des Vasella et autres Ospel. 
</p><p>Lorsque leurs chefs n’encaissaient pas encore des millions de bonus, les entreprises et les grands groupes étaient-ils vraiment moins bien dirigés&nbsp;? Font-ils du bon boulot, à l’étage des chefs lorsqu’ils peuvent se remplir les poches de millions&nbsp;? Et les directeurs généraux des entreprises de la Confédération, les chefs des CFF, de la Poste, de Swisscom&nbsp;: leur travail vaut-il vraiment autant de plus que celui d’un conseiller fédéral&nbsp;?
</p><p>À l’étage des chefs des CFF, on encaisse aujourd’hui beaucoup plus d’argent que cela ne fut jamais le cas dans toute l’histoire des chemins de fer fédéraux. Or, ce sont précisément ces mêmes Messieurs, avec leurs traitements record, qui veulent massivement dégrader les rentes de nos cheminots. Des rentes variables, dites volatiles, tel est le nom de ce projet. On ne toucherait alors avec certitude plus que 85&nbsp;% de sa rente. Les rentes volatiles sont une attaque dirigée contre les cheminots, mais aussi contre l’ensemble des salarié(e)s. Car ce que les CFF font ici, c’est un essai pilote, un test pour toutes les caisses de pensions. Si la direction des CFF s’impose, plus personne ne pourra compter demain sur sa rente. 
</p><p>Mettons le holà aux agissements de ces Messieurs, stoppons cet incendie social criminel avant que tout ne s’embrase.
</p><p>Et stoppons le vol des rentes qui se prépare ici, au Palais fédéral. Les gens ont mérité leurs rentes. Quiconque a travaillé durant toute sa vie doit pouvoir vivre décemment sa retraite avec son AVS et son deuxième pilier. C’est la Constitution qui le veut. Et cela doit être la règle pour le projet Prévoyance vieillesse 2020. Et pas les fantasmes de démantèlement des groupes d’assurances et des partis bourgeois&nbsp;! C’est pour cela qu’AVSplus est nécessaire. D’autant plus, après le faux départ du Conseil fédéral.
</p><p>Nous luttons pour des salaires décents et contre la sous-enchère salariale. Mardi prochain, notre initiative passera au Parlement. Ils sont des centaines de milliers dans ce riche pays à gagner trop peu avec leur travail pour pouvoir en vivre décemment. Combien de temps cela va-t-il encore durer jusqu’à ce que le Conseil fédéral comprenne qu’il doit faire quelque chose contre cette situation inacceptable&nbsp;? Le travail fourni par des êtres humains a sa valeur et son prix. La politique des bas salaires, ce n’est pas une perspective pour notre pays. 
</p><p>Il n’est donc pas tolérable qu’une vendeuse qualifiée, titulaire d’un apprentissage et au bénéfice d’une expérience professionnelle, ne gagne pas 4&nbsp;000 francs par mois. Ou ne touche pas un salaire horaire de 22 francs. Ce n’est pas l’argent qui manque&nbsp;! Les grandes chaînes de magasins de chaussures et de vêtements que sont Zara, Navyboot, Dosenbach, Basta, C&amp;A ou H&amp;M, appartiennent à des milliardaires. Pas des millionnaires, des milliardaires. Ce n’est donc pas une question d’argent. Or, ces milliardaires refusent quand même le partenariat social, ils refusent quand même les conventions collectives de travail. C’est pour cela que l’initiative sur les salaires minimums est nécessaire.
</p><p>Mais encore&nbsp;: les salaires minimums sont la mesure la plus efficace contre la discrimination salariale subie par les femmes. Les bas salaires qui ne permettent pas de vivre sont souvent des salaires féminins. Cela fait maintenant plus de 30 ans que l’article sur l’égalité figure dans la Constitution fédérale&nbsp;: un salaire égal pour un travail de valeur égale. Cette manifestation est aussi une manifestation contre cette politique qui consiste à faire traîner les choses au Palais fédéral&nbsp;: Mesdames et Messieurs du Conseil fédéral, Mesdames et Messieurs du Parlement&nbsp;: mettez donc fin, une fois pour toutes, à la discrimination salariale à l’encontre des femmes&nbsp;!
</p><p>Les syndicats sont la force sociale la plus puissante de Suisse. Vous toutes et tous, vous appartenez à ce mouvement social puissant, avec des centaines de milliers d’autres dans ce pays. Faisons passer plus loin le message de cette manifestation. La Suisse est mûre pour un tournant social. La Suisse a besoin de ce tournant social.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1308</guid><pubDate>Sun, 22 Sep 2013 16:09:00 +0200</pubDate><title>Pas de feu vert à plus de travail de nuit, du soir et du dimanche</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pas-de-feu-vert-a-plus-de-travail-de-nuit-du-soir-et-du-dimanche</link><description>La journée de travail de 24 heures ne doit concerner que 24 magasins de stations-service</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) prend connaissance de l’acceptation par les citoyens de la modification de la loi sur le travail qui leur était proposée. Cela signifie que les 24 stations-service situées le long d’axes de circulation importants fortement fréquentés qui sont déjà ouvertes la nuit aujourd’hui pourront exploiter leurs magasins 24 heures sur 24. Ce oui à une exploitation non-stop ne concerne donc qu’un petit nombre de magasins de stations-service et pas plus.
</p><p>&nbsp;Le résultat de cette votation n’est en particulier pas un feu vert donné à plus de travail de nuit, du soir et du dimanche. La part de&nbsp;44&nbsp;&nbsp;% de non montre que le malaise que suscitent au sein de la population d’autres pas en direction de la journée de travail de 24 heures est profond. Car le travail de nuit est et reste nuisible pour la santé et, comme le travail du dimanche, porte atteinte à la vie sociale et familiale. 
</p><p>&nbsp;Nous prenons enfin au mot le ministre de l’Économie, M. Johann Schneider-Ammann, qui a souligné durant la campagne que l’on ne toucherait pas à l’interdiction du travail de nuit et du dimanche.
</p><h5>Renseignements</h5><ul><li>Paul Rechsteiner, président de l’USS, 079 277 61 31</li><li>Vania Alleva, coprésidente d’Unia, 079 620 11 14</li><li>Danièle Lenzin, coprésidente de syndicom, 079 303 24 69</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l’USS, 079 249 59 74</li></ul>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1310</guid><pubDate>Sat, 21 Sep 2013 16:44:00 +0200</pubDate><title>Une puissante protestation contre le dumping salarial et le vol des rentes</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/une-puissante-protestation-contre-le-dumping-salarial-et-le-vol-des-rentes</link><description>Plus de 15 000 personnes à la manifestation de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="Text"><span lang="FR"></span></p><p>Plus de 15 000 personnes ont participé samedi 21 septembre à Berne, à la manifestation de l’Union syndicale suisse (USS) contre le dumping salarial et le vol des rentes, ainsi que pour des conditions de travail équitables. «&nbsp;Stoppons cet incendie social criminel avant que tout ne s’embrase&nbsp;», s’est exclamé, sur la Place fédérale, Paul Rechsteiner, le président de l’USS. Un «&nbsp;tournant social&nbsp;» est nécessaire. Il faut en finir avec une répartition extrêmement inégale des salaires et des richesses dans ce pays. Il faut en finir avec ce vol des rentes préparé aujourd’hui au Palais fédéral, et avec ces rentes volatiles des CFF, qui constituent un «&nbsp;test pour toutes les caisses de pensions&nbsp;». Et il faut des salaires plus justes, une protection efficace des salaires et des rentes décentes. «&nbsp;C’est pour cela qu’AVSplus est nécessaire. […] C’est pour cela que l’initiative sur les salaires minimums est nécessaire.&nbsp;» Formés, à partir de diverses manifestations préliminaires, plusieurs cortèges colorés et bruyants, mais toujours pacifiques, ont sillonné en étoile le centre de Berne pour se rendre sur la Place fédérale.
</p><p>Vania Alleva, coprésidente du syndicat Unia et vice-présidente de l’USS, a dénoncé le fait qu’en Suisse, ce modèle de succès, on trouve presqu’un million de personnes touchées par la pauvreté et presque qu’un demi-million de bas salaires&nbsp;: «&nbsp;il ne doit plus y avoir de salaires inférieurs à 4&nbsp;000&nbsp;francs dans la riche Suisse, où le coût de la vie est si élevé. […] Et nul ne doit gagner un salaire plus de douze fois supérieur à celui de la personne la moins bien payée de son entreprise.&nbsp;» Pour l’an prochain, il faut aussi que les salaires augmentent, qu’il y ait plus de protection et que les mesures d’accompagnement soient améliorées. 
</p><p>«&nbsp;Les rentes volatiles sont choquantes, mesquines et dangereuses – faisons en sorte d’obtenir une prévoyance vieillesse équitable pour tous&nbsp;!&nbsp;» Par ces propos, prononcés sur la Place fédérale et lors d’une manifestation préliminaire du Syndicat du personnel des transports publics (SEV), Giorgio Tuti, président du SEV et vice-président de l’USS, a condamné la tentative faite par la caisse de pensions des CFF de répercuter sur les seuls retraité(e)s des pertes dues à des spéculations&nbsp;: «&nbsp;Nous aurons l’œil sur le Conseil fédéral ces prochains mois et prochaines années pour voir s’il a l’intention de soumettre la prévoyance vieillesse à de nouvelles règles. Nous n’accepterons aucune proposition qui, même si elle sonne bien, ne serait rien d’autre qu’un vol des rentes. Pour nous, il est clair que quiconque a travaillé toute sa vie a droit à une retraite digne et convenable.&nbsp;»
</p><p>Alain Carrupt, coprésident de syndicom, le syndicat des médias et de la communication, s’est opposé à l’accroissement du stress au travail et à l’extension encore plus poussée du travail de nuit et du dimanche&nbsp;: «&nbsp;Nous exigeons plus de respect pour les travailleuses et les travailleurs […] Les conditions de travail, la santé, la vie familiale et sociale passent avant l’achat de pizzas surgelées à trois heures du matin&nbsp;!&nbsp;»
</p><p>«&nbsp;Contre le scandale des mesures d’économie&nbsp;!&nbsp;», pas question «&nbsp;de miner le service public&nbsp;», a lancé Katharina Prelicz-Huber, la présidente du Syndicat suisse des services publics (ssp), dénonçant aussi le surplace fait par l’égalité de salaire entre femmes et hommes&nbsp;: «&nbsp; Les mesures à bien plaire se sont avérées insuffisantes. Il faut des règles contraignantes pour imposer l’égalité salariale.&nbsp;»
</p><p class="Text"><span lang="FR"></span></p><h5>Renseignements</h5><ul><li><span>Ewald Ackermann, service de la communication de l'USS, 079 660 36 14&nbsp;</span></li></ul><h5> Discours</h5><ul><li>Paul Rechsteiner, président de l'USS</li><li>&lt;media 1315 - - "TEXT, 130921 Vania Alleva f, 130921_Vania_Alleva_f.pdf, 1.3 MB"&gt;Vania Alleva, coprésidente du syndicat Unia&lt;/media&gt;</li><li>&lt;media 1305 - - "TEXT, 130921 Giorgio Tuti f, 130921_Giorgio_Tuti_f.pdf, 74 KB"&gt;Giorgio Tuti, président du SEV&lt;/media&gt;</li><li>&lt;media 1310 - - "TEXT, 130921 Katharina Prelicz f, 130921_Katharina_Prelicz_f.pdf, 137 KB"&gt;Katharina Prelicz, présidente du SSP&lt;/media&gt;</li><li>&lt;media 1303 - - "TEXT, 130921 Alain Carrupt f, 130921_Alain_Carrupt_f.pdf, 80 KB"&gt;Alain Carrupt, coprésident de syndicom&lt;/media&gt;</li></ul><h5>Images</h5><ul><li><span><a href="http://flic.kr/s/aHsjJuF8KR" target="_blank" class="external-link" rel="noreferrer">flickr.com</a></span></li></ul>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Salaires et CCT</category><category>AVS</category><category>Prévoyance professionnelle</category><category>Repartition</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1299</guid><pubDate>Wed, 18 Sep 2013 08:31:00 +0200</pubDate><title>Seulement avec des mesures d’accompagnement</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/seulement-avec-des-mesures-d-accompagnement</link><description>Les dangers du télétravail</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Toujours plus d’employeurs découvrent que le télétravail est «&nbsp;bon marché&nbsp;». Ils répercutent en effet leurs frais d’infrastructure et de loyer sur leurs employé(e)s. Or, pour ceux-ci, le télétravail est souvent synonyme de plus de stress et d’isolement. C’est pourquoi, ils doivent tout d’abord être mieux protégés, notamment au moyen de l’enregistrement sans faille de leur durée de travail.</p><p>L’enquête sur le télétravail publiée cet été<a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2013/130909_Cirigliano_Teletravail.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a> montre un fait étonnant&nbsp;: 45&nbsp;% des personnes occupées régulièrement à du télétravail n’enregistrent pas leur durée de travail et expliquent travailler selon un horaire basé sur la confiance. C’est beaucoup, car, sur l’ensemble de la population dite active, «&nbsp;seulement&nbsp;» 16,7&nbsp;% disent en faire autant<a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2013/130909_Cirigliano_Teletravail.docx#_ftn2" target="_blank" name="_ftnref2">[2]</a>.
</p><h3>Que des cadres supérieurs&nbsp;?</h3><p>Rappelons que, selon la loi sur le travail, seules les personnes qui «&nbsp;exercent une fonction dirigeante élevée&nbsp;» ou une «&nbsp;activité scientifique&nbsp;» (art. 3a) ont le droit de ne pas enregistrer leur durée de travail, soit bien moins que 3&nbsp;% de la population active&nbsp;; cela, pour la bonne raison qu’enregistrer la durée de son travail est la meilleure façon de se protéger contre le stress psychosocial (travail supplémentaire, troubles du sommeil, surmenage), qui peut mener, en fin de compte, à l’épuisement professionnel, aux dépressions et à d’autres problèmes de santé. Pour les rapports de travail de bureau classiques, c’est d’autant plus important qu’avec le télétravail, le temps de travail, les activités familiales et les temps de régénération s’entremêlent faute de locaux séparés.
</p><p>On ne peut pas partir de l’idée qu’une majorité des télétravailleurs et télétravailleuses sont des cadres supérieurs. Si 60&nbsp;% disent exercer une fonction de «&nbsp;supérieurs hiérarchiques&nbsp;», celle-ci ne correspond cependant pas à la définition de la «&nbsp;fonction dirigeante élevée&nbsp;», car cette dernière ne renvoie pas uniquement à une fonction de cadre, mais à une position quasi entrepreneuriale (art. 9 de l’ordonnance 1 relative à la loi sur le travail), qui permet d’être dispensé d’enregistrer sa durée de travail. 
</p><h3>Pas d’enregistrement de la durée du travail = pas de loisirs&nbsp;!</h3><p>52&nbsp;% des télétravailleurs et télétravailleuses sont des femmes. Or, les femmes &nbsp;restent toujours exposées à la double charge du travail professionnel rémunéré et des tâches d’assistance et de soins non rémunérées («&nbsp;care&nbsp;»)<a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2013/130909_Cirigliano_Teletravail.docx#_ftn3" target="_blank" name="_ftnref3">[3]</a>. 54,7&nbsp;% des personnes ayant participé à cette étude disent effectuer des tâches ménagères pendant leurs pauses, ce qui est en étroite corrélation avec un mal-être psychique. De plus, pour la majorité des personnes concernées l’impossibilité d’avoir des temps de régénération avec le télétravail pose problème, si les temps de pause légaux ne sont pas respectés. 52&nbsp;% des télétravailleurs et télétravailleuses estiment donc qu’il est nécessaire, malgré la proximité physique, de séparer travail et vie privée. Manifestement, seule une minorité y parvient. 
</p><p>54&nbsp;% disent souffrir de troubles du sommeil légers à moyens. C’est en rapport avec le fait que le télétravail doit être plus souvent effectué le soir, ce qui nuit à la qualité du sommeil et met en danger à long terme la santé. 
</p><p>Concernant le bien-être, il faut aussi citer ici le «&nbsp;Déséquilibre Efforts/Reconnaissance&nbsp;» («&nbsp;Effort-Reward-Imbalance&nbsp;»), un risque sanitaire psychosocial qui survient lorsque d’importants efforts personnels sont demandés au travail pour une faible reconnaissance («&nbsp;crise de gratification&nbsp;»). 31&nbsp;% des télétravailleurs et télétravailleuses vivent cette crise et ne se sentent pas assez appréciés, de même que leur travail. Les crises de gratification sont aussi un risque sanitaire psychosocial et augmentent la probabilité de tomber malade. Pour y parer, il faut que l’employeur puisse régulièrement échanger face à face avec ses collègues, respectivement ses chefs. C’est pourquoi au minimum 40&nbsp;% du temps de travail devraient être prévus dans la centrale (et pas en télétravail) pour de tels échanges. 
</p><h3>Pour les employeurs, un gros business </h3><p>Pour les personnes concernées, le télétravail présente des risques psychosociaux importants. Mais pourquoi tant d’entreprises l’ont-elles découvert&nbsp;? Parce qu’il s’agit d’une forme de travail «&nbsp;bon marché&nbsp;». Factures d’électricité, nouveau mobilier, encre pour imprimantes, tous ces coûts peuvent être reportés sur les employé(e)s. En comparaison avec un travail «&nbsp;normal&nbsp;», l’employeur économise surtout des frais d’infrastructure. Et il peut éventuellement réduire sa surface de bureaux et son loyer…
</p><h3>Pas de télétravail sans «&nbsp;mesures d’accompagnement&nbsp;»&nbsp;!</h3><p>Il faut faire rentrer le télétravail dans un corset juridique étroit, afin de réduire au minimum ses effets négatifs pour les travailleurs et travailleuses. Ces derniers peuvent s’opposer au télétravail, car il ne peut pas leur être imposé&nbsp;! Le lieu de travail est partie intégrante du contrat du travail et l’introduction du télétravail implique toujours un nouveau contrat de travail pour tenir compte de la nouvelle situation. L’employeur ne peut pas non plus imposer le télétravail à quelqu’un contre sa volonté en résiliant le contrat de travail pour en modifier le contenu, parce que le télétravail n’est pas un motif objectif de résiliation du contrat selon la loi. 
</p><p>Il faut en outre veiller à ce que tous les coûts, ainsi que l’achat, la réparation, respectivement le renouvellement des appareils, des logiciels, etc. destinés au télétravail soient intégralement supportés par l’employeur. La loi sur le travail à domicile doit en effet être appliquée de manière analogue au télétravail, dans le sens de la protection des travailleurs et travailleuses selon les règles de la bonne foi. 
</p><p>Pour prévenir le risque du travail supplémentaire, l’enregistrement de la durée du travail doit continuer à être une obligation légale en matière de télétravail (et d’autres formes d’horaires flexibles). Sinon, il ne peut y avoir télétravail, car seule l’observation des dispositions contre le travail supplémentaire (pauses, durées maximales de travail, interdiction du travail de nuit et du dimanche) protège contre les troubles psyschosociaux comme l’épuisement professionnel, les dépressions ou les infarctus. Il est impératif que le temps de travail supplémentaire soit compensé et les pauses respectées. Les «&nbsp;horaires de travail fondés sur la confiance&nbsp;» sont et restent un tabou absolu en matière de télétravail. 
</p><p>La disponibilité des travailleurs et travailleuses doit aussi être réglée dans un contrat. Par exemple, il ne faut pas qu’un employeur puisse exiger d’un(e) employé(e) qu’il/elle soit joignable «&nbsp;24 heures sur 24&nbsp;». Ces plages de temps doivent être fixées de manière contraignante à l’avance (p. ex. entre 9 h et 11 h 30).
</p><p>Il faudrait aussi fixer des règles spécifiques dans les contrats en ce qui concerne la responsabilité civile en cas de dégâts ou de vol (p. ex. cambriolage, dégâts d’eau, perte de données). Cette responsabilité ne doit pas être mise à la charge des télétravailleurs et télétravailleuses, mais l’employeur doit de toute façon garantir qu’elle soit réglée. Il peut en plus prévoir techniquement que les données soient, par exemple, synchronisées dans un «&nbsp;cloud&nbsp;» (nuage informatique). Cela, bien sûr toujours dans le respect de la protection des données et avec l’accord explicite de l’employé(e). Une «&nbsp;télésurveillance&nbsp;» de ce dernier serait illégale. 
</p><h3>Synthèse </h3><p>Aujourd’hui, il y a clairement le danger que le télétravail ne s’établisse comme forme d’auto-exploitation. En outre, les données montrent qu’il est lié à plusieurs risques psyschosociaux. Afin de les maîtriser le plus possible, il faut donc prendre des mesures de précaution spéciales. À l’avenir, des dispositions légales claires devront être intégrées à la loi, en particulier dans la loi sur le travail à domicile. Quoiqu’il en soit, le temps de travail doit toujours être enregistré via un logiciel ou des applications.
</p><hr><p><a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2013/130909_Cirigliano_Teletravail.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a><a href="http://www.fhnw.ch/aps/ifk/ifk-projekte/aktuelle-projekte/home-office-2012/2013_Gisinet_SchweizerischeUmfrageHomeOffice2012_Webversion.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.fhnw.ch/aps/ifk/ifk-projekte/aktuelle-projekte/home-office-2012/2013_Gisinet_SchweizerischeUmfrageHomeOffice2012_Webversion.pdf</a>&nbsp; (en allemand seulement).
</p><p><a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2013/130909_Cirigliano_Teletravail.docx#_ftnref2" target="_blank" name="_ftn2">[2]</a><a href="http://bit.ly/16gLFmE" target="_blank" rel="noreferrer">http://bit.ly/16gLFmE</a></p><p><a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2013/130909_Cirigliano_Teletravail.docx#_ftnref3" target="_blank" name="_ftn3">[3]</a> Concernant l’éducation des enfants, plus de 90&nbsp;% des activités d’assistance et de soins sont non rémunérées&nbsp;; pour la prise en charge d’adultes malades et dépendants de soins, cette proportion est d’environ un tiers. Voir à ce sujet&nbsp;: <a href="http://bit.ly/1e8uI3A" target="_blank" rel="noreferrer">http://bit.ly/1e8uI3A</a>.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1109</guid><pubDate>Mon, 16 Sep 2013 20:22:00 +0200</pubDate><title>NON à la journée de travail de 24 heures !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/non-a-la-journee-de-travail-de-24-heures</link><description>Votation du 22 septembre 2013</description><content:encoded><![CDATA[<p><span lang="FR"></span></p><p>Le 22 septembre, nous voterons sur une modification de la loi sur le travail. Les partisans de la journée de travail de 24 heures entendent ce jour-là poser la première pierre d’un vaste programme de libéralisation de l’ouverture des magasins dans l’ensemble de la Suisse. Les syndicats font de la résistance, rejoints par les personnes directement concernées dans le commerce de détail.&nbsp; 
</p><h3>Attention à la brèche&nbsp;!</h3><p>Les partisans de la modification de la loi ont beau prétendre que la question concerne seulement une poignée de shops de stations-service, la réalité est bien différente. Au parlement fédéral, les Vert’libéraux, s’appuyant sur un hypothétique oui le 22 septembre, ont d’ores et déjà déposé une motion demandant que tous les magasins dont la surface est la même que les boutiques des stations-service aient la possibilité d’ouvrir 24 heures sur 24. D’autres interventions parlementaires demandent une libéralisation des heures d’ouverture dans les zones touristiques, ou l’instauration d’heures d’ouverture minimales – de 6 heures à 20 heures du lundi au vendredi, et de 6 heures à 19 heures le samedi – dans toute la Suisse. 
</p><p>La tactique des partisans de la modification est facile à comprendre&nbsp;: ils veulent lentement mais sûrement vider de son contenu la protection des travailleurs et travailleuses, étendre peu à peu les heures d’ouverture des magasins et faire du travail de nuit et du dimanche la norme. Un oui le 22 septembre ouvrirait une première brèche. Dans cette brèche s’engouffrerait alors toute une série d’autres mesures de libéralisation néfastes aux travailleurs et travailleuses – d’où la nécessité de dire NON à la journée de travail de 24 heures&nbsp;!
</p><p>Plus…
</p><h3>Respecter la volonté du peuple&nbsp;!</h3><p>Depuis 2006, la population a rejeté l’allongement des heures d’ouverture des magasins lors de 12 scrutins sur 13 – et même très nettement ces dernières années, comme à Zurich (à 70%) et à Lucerne (à 68%). Il ne faut pas avoir fait de longues études pour le comprendre&nbsp;: la population ne veut pas de nouvelle libéralisation des heures d’ouverture des magasins&nbsp;!
</p><p>Alors que les partisans de la journée de travail de 24 heures se posent à tout bout de champ en gardiens de la volonté du peuple, ils feignent d’ignorer que le peuple a dit 12 fois non et clairement non. Mais nous ne nous laisserons pas faire – voilà pourquoi nous dirons NON et encore NON à la semaine de travail de 24 heures&nbsp;!
</p><p>Plus…
</p><h3>Protéger le personnel&nbsp;!</h3><p>Le travail de nuit est mauvais pour la santé et nocif pour la vie sociale. De nombreuses familles souffrent quand les parents doivent travailler la nuit. C’est pourquoi les médecins du travail s’opposent eux aussi à la révision de la loi sur le travail soumise à votation le 22 septembre. Ils le savent bien&nbsp;: le prix à payer par le personnel du commerce de détail est trop élevé. Et l’allongement des heures d’ouverture des magasins implique l’allongement des horaires de travail non seulement pour les caissiers et les caissières, – les fournisseurs risquent de subir le même sort.&nbsp; 
</p><p>Lorsque les partisans du oui prétendent que les consommateurs et consommatrices éprouveraient le «&nbsp;besoin&nbsp;» de disposer d’heures d’ouverture plus longues, ce n’est donc pas seulement complètement faux, c’est aussi se moquer des employé(e)s. En fait, les partisans du oui se fichent éperdument des besoins des employé(e)s. Nous pas – c’est pourquoi nous disons NON à la semaine de travail de 24 heures&nbsp;!
</p><p>&lt;media 1285 - - "TEXT, Kissling Arbeitsmediziner, Kissling_Arbeitsmediziner.pdf, 279 KB"&gt;Plus (en allemand)…&lt;/media&gt;
</p><h3>Empêcher un diktat de classe&nbsp;!</h3><p>Le sondage du 11 septembre réalisé par l’institut gfs le démontre noir sur blanc&nbsp;: les personnes qui gagnent 9000 francs et plus par mois ont tendance à dire oui à la journée de travail de 24 heures. Cela ne surprendra personne – les hauts revenus ne risquent guère d’avoir à travailler la nuit dans un shop de station-service. Et ils semblent indifférents au sort des vendeurs et vendeuses. En revanche, les bas et les moyens revenus rejettent la révision de la loi sur le travail. 
</p><p>Les&nbsp; partisans nantis de l’ouverture prolongée des magasins mettent délibérément en jeu la santé du personnel du commerce de détail, afin de pouvoir achever une saucisse à rôtir à 3 heures du matin. C’est une irresponsable lutte des classes, un diktat imposé à ceux d’en bas – c’est pourquoi nous disons NON à la journée de travail de 24 heures&nbsp;! 
</p><p>Plus…
</p><p><span lang="FR"></span></p><h5>Liens</h5><p><a href="http://alliance-dimanche.ch/" target="_blank" class="external-link" rel="noreferrer">Alliance pour le dimanche</a></p><p><a href="http://lheure-tourne.ch/" target="_blank" class="external-link" rel="noreferrer">L'heure tourne !</a></p><h5>A télécharger</h5><table summary style class="contenttable"><tbody><tr><td scope><b>Affiche (.pdf)</b></td><td scope><span class="Apple-tab-span"></span>&lt;media 1147 - - "TEXT, 24h_plakat_deutsch, 24h_plakat_deutsch.pdf, 210 KB"&gt;deutsch&lt;/media&gt;</td><td scope>&nbsp;&lt;media 1149 - - "TEXT, 24h_affiche_francais, 24h_affiche_francais.pdf, 183 KB"&gt;français&lt;/media&gt;</td><td scope>&nbsp;&lt;media 1148 - - "TEXT, 24h_affisso_italiano, 24h_affisso_italiano.pdf, 208 KB"&gt;italiano&lt;/media&gt;</td></tr><tr><td><b>Tract (.pdf)</b></td><td><span class="Apple-tab-span"></span>&lt;media 1150 - - "TEXT, 24h_flyer_deutsch, 24h_flyer_deutsch.pdf, 3.8 MB"&gt;deutsch&lt;/media&gt;</td><td><span>&nbsp;&lt;media 1151 - - "TEXT, 24h_flyer_francais, 24h_flyer_francais.pdf, 517 KB"&gt;français&lt;/media&gt;</span></td><td><span>&nbsp;&lt;media 1152 - - "TEXT, 24h_flyer_italiano, 24h_flyer_italiano.pdf, 3.8 MB"&gt;italiano&lt;/media&gt;</span></td></tr></tbody></table><ul></ul>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1300</guid><pubDate>Fri, 13 Sep 2013 11:45:00 +0200</pubDate><title>Empêchons un diktat de classe !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/empechons-un-diktat-de-classe</link><description>NON à la journée de travail de 24 heures </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Qui l’aurait pensé&nbsp;? La votation sur la journée de travail de 24 heures dans les magasins de stations-service est désormais une question de classe. Un vrai diktat de classe&nbsp;: ceux «&nbsp;d’en haut&nbsp;» veulent dicter leur volonté en matière de travail de nuit et du dimanche à ceux «&nbsp;d’en bas&nbsp;».</p><p>Qui regarde quel sera, selon leur revenu, le probable comportement des citoyen(ne)s lors de la votation sur les magasins des stations-services (dernier sondage gfs), s’en frotte d’abord les yeux d’étonnement. Mais un deuxième coup d’œil plus attentif le confirme dans ce qu’il a vu&nbsp;: le non à cet objet domine chez les bas et moyens revenus, et le oui chez les hauts revenus. 57&nbsp;% des revenus supérieurs à 9&nbsp;000 francs veulent voter oui, alors qu’ils ne sont que 33&nbsp;% pour les très bas revenus (jusqu’à 3&nbsp;000 francs). Ou, inversement, seuls 38 o% des plus riches (plus de 11&nbsp;000 francs) penchent pour le non et 41&nbsp;% seulement des personnes dont le revenu se situe entre 9&nbsp;000 et 11&nbsp;000 francs. Pour les bas et moyens revenus par contre, les quatre proportions de non oscillent entre 48 et 53&nbsp;%.
</p><p>Que cela signifie-t-il&nbsp;? Que les classes supérieures imposent leurs vues aux classes inférieures. Ceux qui consomment beaucoup veulent aussi pouvoir consommer la nuit et le dimanche. Et ceux qui consomment peu devraient donc travailler la nuit et le dimanche.
</p><p>On a connu des votations où les couches aisées aussi se sont dites solidaires avec le personnel de vente, ont reconnu que les salaires et conditions de travail de cette branche n’étaient pas bonnes et se sont opposées à l’extension des heures d’ouverture des commerces. Et pourquoi cela ne devrait-il plus être le cas aujourd’hui&nbsp;? Au contraire même, il s’agit apparemment de marcher encore plus sur les pieds des autres pour pouvoir s’acheter une saucisse à rôtir à 4 heures du matin, sans aucune pensée pour ce que l’on détruit&nbsp;? En effet, on ne sentirait vraiment ce que cela représente que si l’on devait travailler soi-même la nuit. Mais voilà, on n’y est pas obligé…
</p><p>Il ne faut vraisemblablement pas s’attendre à ce que la majorité des riches reprennent leurs sens et changent de comportement.
</p><p>Ne nous reste alors plus qu’une solution&nbsp;: les riches ne sont pas la majorité, car la majorité, c’est nous. Nous pouvons donc empêcher ce diktat de classe, si nous allons voter NON en nombre suffisant.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1298</guid><pubDate>Thu, 12 Sep 2013 17:15:00 +0200</pubDate><title>Dossier N° 93 : Négociations conventionnelles et salariales 2011/2012</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/dossier-n-93-negociations-conventionnelles-et-salariales-2011-2012</link><description>Un aperçu des secteurs couverts par les syndicats de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1291</guid><pubDate>Thu, 05 Sep 2013 14:47:00 +0200</pubDate><title>Quand c’est non, c’est non !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/quand-c-est-non-c-est-non</link><description>Les apôtres de la libéralisation oublient le peuple</description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis 2005, on a déjà voté 13 fois en Suisse sur la prolongation des heures d’ouverture des commerces. Et 12 fois, le peuple a dit nettement non. Mais les apôtres de la libéralisation dans ce domaine, la droite, s’en moquent totalement. Ils ne veulent rien savoir de la volonté pourtant claire des citoyennes et citoyens et persistent sans broncher dans leurs intentions. 
</p><p>La plupart d’entre nous l’avons appris lorsque nous étions enfants&nbsp;: «&nbsp;Quand c’est non, c’est non&nbsp;!&nbsp;». On serait donc en droit de penser que les parlementaires de la droite ont aussi appris cette leçon «&nbsp;pour la vie&nbsp;». Mais ce n’est manifestement pas tout à fait le cas. Bien qu’elle joue volontiers le rôle de gardienne de la volonté populaire, la droite, UDC en tête, fait preuve à ce chapitre d’une compréhension très sélective en ce qui concerne la volonté populaire. Un non du peuple n’est pour elle un non que si cela lui chante. En matière d’heures d’ouverture des commerces, le fossé qu’il y a entre réalité et perception des bourgeois saute aux yeux.
</p><h3>Un clientélisme qui passe à côté de la volonté populaire</h3><p>Ces dernières années, le peuple a été consulté à pas moins de 13 reprises sur les heures d’ouverture des commerces. Et 12 fois, il a dit non, les dernières fois nettement, par 68,2&nbsp;% des voix, à Lucerne, ou de manière on ne peut plus univoque à Zurich, par 70,7&nbsp;%. Pour tout observateur même à moitié objectif, il doit être évident avec de tels chiffres que le peuple n’a aucunement besoin d’une prolongation de ces heures. Mais ce n’est pas ce que croient les fanatiques des libéralisations de la droite politique. Ils affirment au contraire même avec le plus grand sérieux avoir reconnu un «&nbsp;besoin&nbsp;» durable d’une telle prolongation…
</p><p>Qu’ils prennent leurs désirs pour des réalités, c’est plus que manifeste. Avec son programme dogmatique de libéralisation, la droite applique une politique qui passe de toute évidence à côté de la volonté de l’écrasante majorité de la population. Les votations de ces dernières années ne laissent aucun doute à ce sujet. Néanmoins, ces partisans de la journée de travail de 24 heures veulent quand même affaiblir la protection des salarié(e)s, précisément dans une branche où les bas salaires et les mauvaises conditions de travail sont d’ores et déjà la normalité. 
</p><h3>On parle de personnes, pas de saucisses&nbsp;!</h3><p>S’ils s’imposent, toujours plus de personnes verront leur santé en danger à cause d’un travail de nuit inutile. Et pas seulement dans les commerces des stations-service. En effet, pour éviter toute «&nbsp;distorsion de concurrence&nbsp;», il faudra ensuite introduire la journée de travail de 24 heures dans tous les magasins dont la surface de vente est comparable, ainsi que le demande déjà une motion des verts-libéraux. L’enjeu du 22 septembre, ce ne sera donc pas quelques dizaines de commerces de stations-service, comme veulent nous le faire accroire les partisans de cette révision de la loi sur le travail, mais le sort de plus de 300&nbsp;000 employé(e)s du commerce de détail dont les conditions de travail sont menacées si un oui sort des urnes. 
</p><p>C’est le même esprit qui anime la campagne des partisans de cette révision. Au lieu de personnes humaines directement concernées ici, il s’agirait selon eux de saucisses. Il est absurde, s’emportent-ils, que l’on puisse s’acheter un cervelas à 4 heures du matin, mais pas une banale saucisse à rôtir&nbsp;! Les employé(e)s touchés par la journée de travail de 24 heures, ce ne sont pas leurs oignons. Ce qui n’est pas notre cas, ni celui de la population de ce pays. Ensemble, donnons donc une leçon aux apôtres de la libéralisation des heures d’ouverture des commerces&nbsp;: quand c’est non, c’est non&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1292</guid><pubDate>Thu, 05 Sep 2013 11:30:00 +0200</pubDate><title>Attention à la brèche !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/attention-a-la-breche</link><description>Le travail de nuit ne doit pas devenir la normalité</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Actuellement, les citoyennes et les citoyens de ce pays peuvent avoir l’impression qu’avec la modification de la loi sur le travail, on leur demande de se prononcer sur un objet futile. Mais cette impression est trompeuse. Le 22 septembre, l’enjeu, c’est le risque qu’une brèche ne s’ouvre pour l’introduction de la journée de travail de 24 heures. </p><p>Dans la lutte menée par certains pour se rapprocher toujours plus d’une société où l’on travaillerait 24 heures sur 24, il nous est quotidiennement reproché aujourd’hui de défendre une «&nbsp;mesure bureaucratique absurde&nbsp;». Or, ce sont plutôt les exemples qui nous sont donnés à ce titre qui sont absurdes. Comme celui du conducteur de camping-car qui a de toute urgence besoin de papier toilette à 3 heures du matin et ne peut pas en acheter car il se trouve avec l’assortiment caché, c’est-à-dire qui ne doit pas être vendu à cette heure par les commerces des stations-service. Dans la réalité, cette personne devrait plutôt chercher où sont les WC du bistrot de la station-service que d’acheter du papier hygiénique et d’empuantir son véhicule. Le même raisonnement s’applique aux pizzas congelées. De fait, la vente de ce type de produits au milieu de la nuit ne répond pas à un besoin social urgent. 
</p><p>D’ailleurs, selon la loi sur le travail, un tel besoin doit être prouvé pour qu’il soit permis de déroger à l’interdiction du travail de nuit et du dimanche. Il va de soi que les pompiers doivent éteindre des incendies même en pleine nuit et que les pharmacies ont le droit de vendre des médicaments à 2 heures du matin. Récemment encore dans la Berne fédérale, il était évident aux yeux de la majorité du gouvernement et du parlement que la vente de pizzas congelées, de produits de nettoyage et de packs de bière ne répondait pas à un besoin urgent. 
</p><h3>Les besoins importants sont de loin couverts</h3><p>Il a fallu le lobbying intensif des exploitants de commerces de stations-service (dont les grands distributeurs Migros et Coop dont les Migrolino et Coop Pronto, sont en pleine expansion) pour que les parlementaires tournent le dos à l’important principe selon lequel le travail de nuit, dommageable à la santé, et le travail du dimanche, ennemi de la famille, doivent rester l’exception dans nos sociétés. Ce faisant, ils ouvrent la boîte de Pandore&nbsp;: pour la première fois, ils autorisent l’exploitation commerciale 24 heures sur 24 dans un important segment économique, le commerce de détail. C’est tout sauf insignifiant. Et c’est une brèche. Car les autres détaillants vont immédiatement demander, au nom de l’égalité de traitement, à pouvoir se battre à armes égales avec les exploitants de stations-service. Des interventions parlementaires ont déjà été faites dans ce sens. Les verts-libéraux demandent qu’à l’avenir, tous les magasins dont la surface de vente ne dépasse pas les 120m2 aient aussi le droit de rester ouverts jour et nuit. Ils justifient cette énorme extension du travail de nuit par la modification de la loi sur le travail au sujet de laquelle nous voterons le 22 septembre. Pour eux, ce qui est garanti aux commerces des stations-service doit aussi l’être, pour des raisons d’égalité de traitement, aux magasins de quartier.
</p><p>Ainsi, le travail de nuit inutile deviendrait la normalité, avec toutes ses conséquences néfastes pour la santé et la vie sociale des travailleurs et travailleuses concernés. Mais nous pouvons empêcher aujourd’hui déjà que la protection des travailleurs et travailleuses ne soit vidée de sa substance et que les conditions de travail de ces personnes ne se dégradent. En votant clairement NON le 22 septembre prochain.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1286</guid><pubDate>Mon, 02 Sep 2013 14:23:00 +0200</pubDate><title>L’USS favorable à la loi sur les épidémies</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/l-uss-favorable-a-la-loi-sur-les-epidemies</link><description>Votations populaire du 22 septembre</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En plus de la votation sur – contre&nbsp;! – la journée de travail de 24 heures, un combat dans lequel l’USS et ses fédérations mettent toute leur énergie, d’autres objets seront soumis au peuple le 22 septembre. Parmi eux, la loi sur les épidémies, une loi dont l’USS soutient la révision. Quant à l’abrogation du service militaire obligatoire, l’USS ne propose pas de recommandation.</p><p>Par rapport à celle qui l’a précédée, la nouvelle loi sur les épidémies transfère plus de compétences cantonales à la Confédération. Les syndicats membres de l’USS, et en particulier ceux qui défendent les intérêts du personnel médical, la soutiennent. Ainsi, le Syndicat suisse des services publics (ssp) et l’Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI), qui a un «&nbsp;statut d’observateur&nbsp;» dans la grande confédération syndicale, estiment que les nouvelles dispositions de la loi permettront une prévention et une lutte efficaces contre les maladies contagieuses. Une vaccination obligatoire ne serait décrétée que dans le cas d’une situation extraordinaire, si un danger sérieux menaçait la santé publique et si une action rapide et uniforme au plan national était nécessaire. Enfin, elle ne concernerait que quelques catégories précises de personnes. 
</p><h3>Pas de vaccination obligatoire</h3><p>Ainsi, la nouvelle loi garantit que personne ne sera contraint de se faire vacciner et que personne ne pourra être puni pour avoir refusé d’être vacciné dans le cas d’une situation de crise comme décrit plus haut. Les membres du personnel de la santé qui, par exemple, refuseraient de se faire vacciner ne pourraient pas être mis au pilori et obligés de prendre un congé non payé, voire être licenciés. Pendant le temps que durera l’épidémie, leur employeur devra leur trouver un autre poste de travail.
</p><p>L’USS a décidé de recommander le oui à cette votation, parce que cette loi règle comme il se doit la protection des travailleurs et travailleuses concernés et que la forme de cette réglementation est approuvée par les organisations de travailleurs et travailleuses directement concernées. Ce oui est donc de «&nbsp;nature syndicale&nbsp;», si l’on puit dire. 
</p><p>S’ajoute à cela que les déclarations parfois embrouillées ou tapageuses des opposants à cette loi, du genre&nbsp;: La loi revient à une «&nbsp;sexualisation forcée de nos enfants&nbsp;!&nbsp;» ne sont pas vraiment de nature à entamer la confiance dans les dispositions du projet. 
</p><p>Quant à l’initiative populaire «&nbsp;Oui à l’abrogation du service militaire obligatoire&nbsp;», l’USS n’a pas décidé de recommandation.</p>]]></content:encoded><category>Santé</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1289</guid><pubDate>Mon, 02 Sep 2013 09:36:00 +0200</pubDate><title>De 1,5 à 2 % de hausses de salaires et 100 francs de plus pour les salaires minimums</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/de-1-5-a-2-de-hausses-de-salaires-et-100-francs-de-plus-pour-les-salaires-minimums</link><description>Revendications salariales des fédérations de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>D’importants pans de l’économie suisse se portent bien. C’est en particulier le cas de l’économie intérieure. Donc, la marge de manœuvre pour des hausses de salaire sensibles existe. Selon les branches, les syndicats de l’Union syndicale suisse (USS) demandent des hausses de 1,5 à 2&nbsp;%.
</p><p>Les bas et moyens revenus ont besoin de se rattraper. «&nbsp;Le bilan de ces dix dernières années en matière de salaire montre que les hauts et les très hauts revenus ont augmenté dans une mesure disproportionnée&nbsp;», a relevé Paul Rechsteiner, le président de l’USS. Les salarié(e)s ordinaires ont profité de trop peu. Ce sont surtout les professionnels titulaires d’un certificat fédéral de capacité (CFC, c.-à-d. un apprentissage) qui se sont retrouvés bredouilles. Après déduction du renchérissement, ils gagnaient à la fin de la décennie même moins qu’en 2002 (salaire médian&nbsp;:-0,5&nbsp;%). La meilleure recette, pour rattraper le retard pris, ce sont les hausses de salaire en montants fixes. Afin que toutes celles et tous ceux qui n’ont pas assez reçu y gagnent enfin, les syndicats de l’USS demandent globalement un relèvement de 100 francs des salaires minimums. Il faut en outre que les salaires des femmes soient augmentés plus que la moyenne et de manière ciblée. C’est l’arme la plus efficace contre la discrimination salariale sexospécifique.
</p><p>Malgré la crise, l’industrie suisse est parvenue à défendre sa position en Europe. «&nbsp;La main-d’œuvre n’a pas obtenu sa juste part des substantiels gains de productivité&nbsp;», a critiqué Vania&nbsp;Alleva, la coprésidente du syndicat Unia. Pour les industries MEM et alimentaire, Unia demande donc une hausse générale de 100 francs et, dans la chimie et la pharma, de 150 francs. 
</p><p>Pour la construction, qui est en plein boom, Unia demande une hausse générale de 80&nbsp;francs, ce qui correspond, pour les salaires moyens, à une hausse de 1,5&nbsp;% des salaires réels. Dans le commerce de détail, les affaires reprennent. Pour le grand distributeur Coop, par exemple, Unia veut une hausse générale d’au moins 80 francs. Des revendications analogues sont présentées aussi pour d’autres détaillants. 
</p><p>Syndicom, le syndicat des médias et de la communication, demande également des hausses sensibles des salaires réels. Vu ses bénéfices confortables, Swisscom doit relever de 2 % ses salaires et la Poste de 1,5 à 2&nbsp;%. Pour le président de syndicom, Alain Carrupt, les excellents résultats annuels ne peuvent être obtenus pour l’essentiel que grâce à l’engagement soutenu des collaborateurs et collaboratrices. C’est pourquoi une croissance significative des salaires est à juste titre indiquée.
</p><p>Dans la branche des arts graphiques et des médias, syndicom demande des hausses d’au moins 100 francs. Au premier rang des préoccupations figure aussi la défense de la convention collective de travail (CCT) du journalisme de Suisse romande et des salaires minimums qu’elle prévoit. Pour la Suisse alémanique et le Tessin, syndicom demande avec insistance la conclusion d’une nouvelle CCT pour les rédactions de la presse écrite et en ligne.
</p><p>Concernant les compagnies de chemins de fer sans CCT, le SEV (Syndicat du personnel des transports) veut une hausse générale de 100 francs. Et pour celles qui ont une CCT, une part des hausses doit être réservée aux passages aux échelons supérieurs de salaire. En outre, le SEV demandera pour diverses compagnies qu’une part de la hausse de salaire prenne la forme de jours de congé supplémentaires. 
</p><p>Dans les services publics, le Syndicat suisse des services publics (ssp) s’engage pour que l’application intégrale des mécanismes salariaux soit prioritaire. Les hausses individuelles de salaire, le passage aux échelons supérieurs de salaire et les avancements professionnels doivent être entièrement garantis conformément aux dispositions des systèmes salariaux appliqués.
</p><h5>Renseignements</h5><ul><li><span>Daniel Lampart (079 205 69 11), premier secrétaire et économiste en chef de l’USS</span></li><li><span>Thomas Zimmermann (031 377 01 06 ou 079 249 59 74), responsable de la communication et porte-parole de l’USS</span></li></ul><h5>Discours</h5><ul><li>&lt;media 1227 - - "TEXT, 130902 PR Revendic-salaires, 130902_PR_Revendic-salaires.pdf, 349 KB"&gt;Paul Rechsteiner, président de l'USS&lt;/media&gt;</li><li>&lt;media 1228 - - "TEXT, 130902 DL Revendic-salaires, 130902_DL_Revendic-salaires.pdf, 139 KB"&gt;Daniel Lampart,&nbsp;&lt;/media&gt;<span>&lt;media 1228 - - "TEXT, 130902 DL Revendic-salaires, 130902_DL_Revendic-salaires.pdf, 139 KB"&gt;premier secrétaire et économiste en chef de l’USS&lt;/media&gt;</span></li><li>&lt;media 1229 - - "TEXT, 130902 VA Revendic-salaires, 130902_VA_Revendic-salaires.pdf, 33 KB"&gt;Vania Alleva, coprésidente du syndicat Unia&lt;/media&gt;</li><li>&lt;media 1230 - - "TEXT, 130902 AC Revendic-salaires, 130902_AC_Revendic-salaires.pdf, 65 KB"&gt;Alain Carrupt, coprésident syndicom&lt;/media&gt;</li></ul>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1288</guid><pubDate>Sun, 01 Sep 2013 13:03:00 +0200</pubDate><title>4 000, c’est possible</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/4-000-c-est-possible</link><description>Initiative sur les salaires minimums</description><content:encoded><![CDATA[<p>« 4 000, c’est possible ». Ce message, onze syndicalistes engagés de toute la Suisse viennent de le concrétiser ce week-end. 4 000, comme un sommet de 4 000 mètres, mais aussi comme un salaire de 4 000 francs. C’est pourquoi, samedi 31 août, ils ont gravi les 4 153 mètres du Bishorn dans le Valais et ont déployé à son sommet une banderole où était écrit « 4 000, c’est possible », c’est-à-dire faisait référence à l’initiative de l’Union syndicale suisse (USS), qui demande un salaire mensuel minimum de 4 000 francs. Cette action dans les Alpes a nécessité un départ tôt le matin, des habits chauds pour affronter le froid, un pas assuré pour fouler sans risque la glace et, lorsque le soleil s’est finalement montré, quelques gouttes de sueur. Là aussi, tout un symbole. Imposer des salaires minimums décents en Suisse ne sera en effet pas une promenade de santé. Mais quand on veut…
</p><p>Durant la session parlementaire qui s’annonce, le Conseil des États sera la première Chambre à traiter l’initiative populaire des syndicats. Sa commission parlementaire chargée de l’examen préalable la rejette sèchement et recommande au Conseil des États de rester indifférent au sort des travailleurs et travailleuses concernés. Elle n’a même pas envisagé d’améliorer la couverture conventionnelle. Il appartient maintenant à la Chambre des cantons de montrer quelle est la bonne direction à sa commission. Et finalement, ce seront les citoyen(ne)s qui trancheront. Or, chez eux, l’initiative rencontre une grande adhésion, car ils trouvent choquant qu’en Suisse, plus de 400 000 personnes gagnent moins de 4 000 francs par mois.
</p><p>Les onze conquérants et conquérantes des sommets engagés (8 hommes et 3 femmes) viennent de toute la Suisse. Le plus jeune a 23 ans, le plus âgé plus de 70. L’amour de l’alpinisme les réunit, ainsi que leur engagement pour des salaires équitables et une société solidaire.
</p><h5>Contact</h5><p>Ewald Ackermann (079 660 36 14), service de la communication de l’USS, se tient à votre disposition pour tout complément d’information.
</p><h5>Images</h5><p>&nbsp;</p><ul><li><span><a href="http://www.flickr.com/photos/55425572@N04/sets/72157635321862469/with/9641653357/" target="_blank" class="external-link" rel="noreferrer">Photos (Flickr)</a></span></li><li><span><a href="http://www.youtube.com/watch?v=qVWwBXY7m8k&amp;feature=youtu.be" target="_blank" class="external-link" rel="noreferrer">Vidéo de Daniel Künzi (YouTube)</a></span></li></ul><p></p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1303</guid><pubDate>Sat, 31 Aug 2013 08:59:00 +0200</pubDate><title>Dossier N° 95: Les CCT en Suisse : problèmes, mesures requises, solutions</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/dossier-n-95-les-cct-en-suisse-problemes-mesures-requises-solutions</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<h5>Telecharger (pdf)</h5><p>Dossier N° 95:<a href="https://sgb.ch/fileadmin/user_upload/Dokumente/Dossier/95f_DL-DK_CCT_en-Suisse.pdf" target="_blank" class="link link--download" rel="noreferrer"> Les CCT en Suisse : problèmes, mesures requises, solutions.</a> Daniel Lampart et Daniel Kopp, USS, Août 2013</p><h5>Sommaire</h5><p>&nbsp;</p><p>1 Introduction : une protection des salarié(e)s vétuste en Suisse</p><p>2 L’importance des CCT&nbsp;</p><p>3 Pourquoi y a-t-il des différences entre les taux de couverture conventionnelle d’un pays à l’autre ?</p><p>4 Les CCT en Suisse&nbsp;</p><p>4.1 Évolution historique des CCT en Suisse et situation actuelle&nbsp;</p><p>4.2 Les contrats-types de travail : un ersatz de CCT ?&nbsp;</p><p>4.3 Les obstacles à une amélioration du taux de couverture conventionnelle en Suisse&nbsp;</p><p>4.3.1 L’opposition des employeurs&nbsp;</p><p>4.3.2 Des extensions de CCT comparativement rares&nbsp;</p><p>5 Comment moderniser l’instruments des CCT ?&nbsp;</p><p>5.1 Abaisser les obstacles à l’extension des CCT&nbsp;</p><p>5.2 Encourager les négociations collectives&nbsp;</p><p>6 Bibliographie&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1284</guid><pubDate>Mon, 26 Aug 2013 16:38:00 +0200</pubDate><title>Dossier N° 94 : Le semi-partenariat social en Suisse</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/dossier-n-94-le-semi-partenariat-social-en-suisse</link><description>Salaires minimums : le mensonge délibéré du Conseil fédéral </description><content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1279</guid><pubDate>Fri, 16 Aug 2013 18:50:00 +0200</pubDate><title>Tendance au NON à la journée de travail de 24 heures</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/tendance-au-non-a-la-journee-de-travail-de-24-heures</link><description>Sondage</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Selon le premier sondage que la Télévision suisse a publié aujourd’hui pour la votation du 22 septembre 2013, les partisans du shopping jour et nuit s’achemineraient vers une défaite. Déjà à ce stade, une légère majorité des personnes interrogées refuse la détérioration de la loi sur le travail proposée par le Parlement. Les membres de l’Alliance pour le dimanche sont par conséquent convaincus que le 22 septembre, les citoyen-ne-s suisses diront non dans les urnes à la tactique du salami menée par le Parlement pour étendre les heures d’ouverture des commerces.</p><p>Au Parlement, les partis bourgeois ont soutenu à l’unisson la modification de la loi sur le travail, adoptée à une majorité des deux tiers. Six semaines avant la votation – soit avant même que la campagne ait véritablement commencé –, on voit que la majorité bourgeoise sera probablement désavouée par les citoyen-ne-s: selon le premier sondage réalisé par GfS, une majorité des personnes interrogées refuse la modification de loi. Le non ne domine encore que très légèrement. C’est pourquoi les organisations affiliées à l’Alliance pour le dimanche s’engagent pleinement dans la campagne dès la semaine prochaine, par le biais d’une vaste campagne d’affichage et d’autres activités encore.
</p><p>Plusieurs éléments plaident en faveur du NON à la péjoration de la loi sur le travail. Les projets émanant des autorités qui ne rallient pas à ce stade précoce une majorité des personnes interrogées ont de la peine à renverser la tendance. On l’a bien vu en 2005, où la part du non à l’extension des heures d’ouverture des commerces dans les grandes gares était passée de 33 % lors du premier sondage à presque 50 % le jour de la votation.
</p><p>Le scepticisme des citoyen-ne-s n’est pas surprenant. Les gens savent que le Parlement a adopté la tactique du salami: l’assouplissement visé ici de l’interdiction du travail de nuit et du dimanche n’est que la première étape d’une extension généralisée des heures d’ouverture des commerces. Les prochaines étapes visant à augmenter le travail du soir, de nuit et du dimanche sont déjà prévues. Ainsi, les Vert’libéraux demandent que tous les commerces dont la surface de vente n’excède pas 120 m2 puissent également rester ouverts 24h/24.
</p><p>Au niveau cantonal, les citoyen-ne-s ont régulièrement refusé ce genre de projets au cours des dernières années. Ils feront de même au niveau fédéral. Car ils ne voient aucun besoin d’introduire le shopping 24h/24. Et comme chacun le sait, l’extension des heures d’ouverture des magasins ne fait que péjorer les conditions de travail de la main-d’œuvre du commerce de détail, porter atteinte à la vie de famille et générer davantage de trafic et de bruit.
</p><h5>Pour en savoir plus:</h5><p>&nbsp;</p><ul><li><span>Vania Alleva, coprésidente d’Unia, vice-présidente de l’USS, 079 620 11 14</span></li><li><span>Kurt Regotz, président de Syna, vice-président de Travail.Suisse, 079 617 62 94</span></li><li><span>Liselotte Fueter, coprésidente des Femmes Protestantes en Suisse, 079 302 45 35</span></li><li><span>Klaus Stadtmüller, président de la Société suisse de médecine du travail, 079 237 97 10</span></li><li><span>Thomas Wallimann, président de Justice et Paix, 079 848 99 65</span></li><li><span>Danièle Lenzin, coprésidente de syndicom, 079 303 24 69</span></li><li><span>Ada Marra, conseillère national socialiste, 076 383 20 69</span></li><li><span>Luc Recordon, conseiller aux Etats vert, 021 345 36 41</span></li></ul><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1278</guid><pubDate>Thu, 15 Aug 2013 14:12:00 +0200</pubDate><title>Démantèlement de la loi sur le travail : en finir avec cette tactique du salami !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/demantelement-de-la-loi-sur-le-travail-en-finir-avec-cette-tactique-du-salami</link><description>Votation fédérale du 22 septembre</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La conférence de presse tenue aujourd’hui par le conseiller fédéral Schneider-Ammann n’est pas parvenue à dissiper les craintes de l’Alliance pour le dimanche. En effet, derrière cette votation soi-disant sur une «&nbsp;question de détail&nbsp;» se cache l’intention d’étendre toujours plus le travail de nuit et du dimanche dans le commerce de détail. Comme ils ont échoué à presque chaque votation cantonale, les partisans d’heures d’ouverture des commerces toujours plus longues essaient aujourd’hui d’appliquer une tactique du salami au niveau fédéral. La votation du 22 septembre représente le coup d’envoi.</p><p>Contrairement à ce que prétend le conseiller fédéral Schneider-Amman, l’enjeu est beaucoup plus important que «&nbsp;seulement&nbsp;» quelques magasins de stations-service. L’activisme parlementaire en faveur de prolongations des heures d’ouverture des commerces le montre bien. Invoquant les nouvelles règles prévues pour les magasins des stations-service et sous le slogan «&nbsp;Les mêmes droits pour tout le monde&nbsp;!&nbsp;», les verts-libéraux ont déjà mis sur rail la suppression de l’interdiction du travail de nuit et du dimanche pour tous les magasins de même surface. Que le Conseil fédéral rejette cette demande ne sert pas à grand-chose. En effet, le Parlement a déjà accepté en juin dernier une extension globale des heures d’ouverture des commerces. Sous prétexte d’«&nbsp;encourager le tourisme&nbsp;», il a en outre déjà décidé d’introduire les ventes du dimanche à une grande échelle et de contraindre les cantons réticents à prolonger leurs heures d’ouvertures des commerces pour les fixer au minimum de 6 à 20 heures en semaine et de 6 à 19 heures le samedi.
</p><p>Il faut mettre maintenant un terme à cette tactique du salami adoptée par le Parlement en disant NON, le 22 septembre, au démantèlement de la loi sur le travail. Ce projet est aussi une supercherie parce que le champ d’application de la modification de la loi n’est pas clair. Il n’existe aucune définition claire de ce que sont des «&nbsp;axes de circulation importants fortement fréquentés par les voyageurs&nbsp;», sans parler d’une carte, que tout un chacun pourrait consulter, de toutes les routes et des riverain(e)s potentiellement concernés. On ouvre donc tout grand la porte à l’arbitraire. Ainsi il est prévisible qu’après l’assouplissement de l’interdiction du travail de nuit, un nombre toujours plus grand des 1&nbsp;300 magasins au moins de stations-service existants resteront ouverts 24 heures sur 24. Pour contrôler s’ils en auront le droit, il faudrait faire passer chacun d’entre eux devant un tribunal, ce qui serait difficilement faisable et prendrait beaucoup de temps. Une extension non contrôlée de l’exploitation 24 heures sur 24 de ces magasins et l’augmentation du travail, des mauvaises odeurs et du bruit en seraient la conséquence.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1128</guid><pubDate>Wed, 14 Aug 2013 10:21:00 +0200</pubDate><title>85 % d&#039;oppositions au travail de nuit et du dimanche</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/85-doppositions-au-travail-de-nuit-et-du-dimanche</link><description>La longueur des journées de travail est le principal problème</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le problème majeur aux yeux des employé-e-s du commerce de détail suisse réside dans leurs (trop) longues journées de travail. C'est ce qui ressort d'un sondage réalisé à la demande du syndicat Unia par l'institut d'études de marché GfK. Or ces horaires de travail résultent de l'extension des heures d'ouverture des commerces, dont une écrasante majorité des personnes interrogées ne veut pas. Les vendeurs/euses voient par conséquent d'un mauvais œil les tentatives faites au niveau fédéral de démanteler l'interdiction faite dans la loi de travailler la nuit et le dimanche inscrite.
</p><p>A la demande d'Unia, le réputé institut d'études de marché réputé GfK, a mené l'enquête sur les horaires et conditions de travail dans le commerce de détail helvétique. Les résultats sont révélateurs des conditions de travail difficiles propres à cette branche. Près de 80% des personnes interrogées doivent aussi travailler le samedi, et même 11 % le dimanche. Les journées de travail avoisinent en moyenne dix heures les jours ouvrables, huit heures le samedi et sept le dimanche. Quelque 38 % des participant-e-s au sondage ont signalé que leurs heures d'ouverture avaient été prolongées. Or cette évolution n'a guère abouti à la création de nouveaux emplois, mais plutôt à l'allongement des journées de travail des employé-e-s.Les trop longues journées de travail sont également dénoncées par les personnes interrogées comme le problème n° 1 au niveau des conditions de travail (36 %). Les salaires trop bas suivent en deuxième position (25 %), ce qui peut surprendre dans une branche à bas salaires comme le commerce de détail. La pression au rendement est la troisième critique la plus fréquente (15 %).&nbsp;&nbsp;&nbsp;
</p><h3><span>85 % d'oppositions au travail de nuit et du dimanche</span></h3><p>Le sondage a en outre montré qu'une écrasante majorité des personnes interrogées refusent catégoriquement l'extension des heures d'ouverture des commerces: 85 % d'entre elles ne sont pas d'accord de travailler plus longtemps le soir, la nuit ou le dimanche. D'où un clair désaveu des diverses interventions parlementaires déposées au niveau fédéral afin de démanteler par étapes, dans le commerce de détail, l'interdiction du travail de nuit et du dimanche inscrite dans la législation sur le travail. Le peuple suisse aura une première occasion d'empêcher une telle évolution qui serait désastreuse pour le commerce de détail le 22 septembre, lors du scrutin sur la modification de la loi sur le travail concernant les shops des stations-service. «Les résultats du sondage soulignent l'importance de limiter les heures d'ouverture des commerces, par souci de la qualité des conditions de travail de la main-d'œuvre du commerce de détail», explique Arnaud Bouverat, membre de la direction du Secteur tertiaire d'Unia. «C'est d'ailleurs la principale raison pour laquelle Unia a lancé le référendum contre la péjoration de la loi sur le travail et s'est engagé pour le non à la votation du 22 septembre.»&nbsp;&nbsp;
</p><h3><span>Besoin urgent de CCT</span></h3><p>Selon Vania Alleva, coprésidente d'Unia, les résultats du sondage confirment les réclamations que le syndicat entend au quotidien parmi le personnel de vente. «Ils montrent que beaucoup d'employeurs privilégient le profit et l'augmentation de leurs parts de marché, plutôt que le respect du travail accompli par leurs collaborateurs/trices, de leur santé et de leur vie sociale.» D'où l'urgence d'introduire des conventions collectives de travail, pour corriger cette dérive et pour améliorer les conditions de travail et l'image des professions de la vente. Les salaires, la durée du travail et les conditions de travail y seraient définies de manière contraignante: «Les CCT restent rares dans le commerce de détail, et une convention de branche n'est pas à l'ordre du jour», regrette la coprésidente d'Unia. «Alors même qu'une CCT devrait aller de soi, dans une branche occupant 300 000 personnes et dans un pays se vantant de la qualité de son partenariat social et de sa longue tradition dans ce domaine.»&nbsp;
</p><h5>Documents</h5><p><a href="http://www.unia.ch/Umfrage-Verkauf.6935.0.html" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Documentation Unia</a></p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1107</guid><pubDate>Fri, 12 Jul 2013 09:09:00 +0200</pubDate><title>La protection des travailleurs et travailleuses plus que jamais nécessaire !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-protection-des-travailleurs-et-travailleuses-plus-que-jamais-necessaire</link><description>Bouleversement dans le monde des banques</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le secret bancaire va disparaître pour les clients étrangers, cela aura sans doute d’importantes conséquences économiques pour le marché financier suisse. Certaines banques pourraient être tentées de régulariser leur situation sur le dos de leur personnel. Or, précisément dans le cadre du projet qui doit remplacer une «&nbsp;Lex USA&nbsp;» qui a échoué au Parlement, les risques pour le personnel des banques ne doivent pas être sous-estimés. Au Conseil fédéral de garantir la protection des données le concernant. </p><p>L’objectif juridique prioritaire doit être de trouver, pour le personnel, la solution la meilleure possible aux conflits fiscaux avec l’étranger (États-Unis, Union européenne…) qui menacent aujourd’hui de fermer aux banques suisses l’accès au marché. 
</p><p>Le dossier américain montre que, pour certaines banques, la tentation est forte de se soustraire à une poursuite pénale Outre-Atlantique en livrant des données aussi complètes que possible aux États-Unis. Alors que le secret bancaire est protégé aux plans du droit pénal et civil par l’article 47 de la loi sur les banques (LB), quelques banques se sont en effet montrées prêtes à transmettre aux autorités américaines des données personnelles sur des collaborateurs ou collaboratrices ayant été en contact des ressortissant(e)s américains. 
</p><h3>La protection du personnel en milieu bancaire</h3><p>À divers égards, cette attitude n’est juridiquement pas défendable. Toutes les personnes qui travaillent en Suisse bénéficient d’une protection (qualifiée) des données&nbsp;: l’article 328b du Code des obligations (CO) stipule que l’employeur doit aussi protéger, dans le cadre de ses obligations, les données personnelles de ses collaborateurs ou collaboratrices. Cela comprend surtout, en plus d’une interdiction a priori de transmettre de telles données à des tiers, l’interdiction même de traiter des données personnelles, de les consulter ou d’en stocker, si elles ne sont pas en rapport direct avec les tâches prévues sur le contrat de travail et si les conditions stipulées dans la loi sur la protection des données (LPD) ne sont pas respectées. Mentionnons ici entre autres les principes de la proportionnalité en matière de traitement de données relatives à des collaborateurs ou collaboratrices et de leur transmission uniquement avec le consentement de la personne concernée. En l’absence d’un tel consentement, le traitement de données doit être justifié par «&nbsp;un intérêt prépondérant privé ou public, ou par la loi&nbsp;» (art. 12 et 13 LPD). 
</p><p>Vu les compétences peu claires du Conseil fédéral en matière de droit d’urgence et les questions qui se posent donc quant au respect du principe de la légalité, il y a vraiment lieu de douter du caractère légal (art. 271 du Code pénal, CP) de la livraison, en avril 2012, de données concernant des milliers de personnes&nbsp;; cela, via le droit d’urgence appliqué dans le but d’octroyer aux banques l’«&nbsp;autorisation globale&nbsp;» de communiquer ces données. Petit rappel&nbsp;: cet article 271 CP sanctionne les «&nbsp;actes exécutés sans droit pour un État étranger&nbsp;». Il faut donc garantir que la sphère de la souveraineté ne soit pas violée par des actes de caractère officiel qui exigent, par conséquent, l’application de certaines procédures de droit public lorsqu’ils sont effectués dans notre pays sur mandat d’un État étranger (p. ex. demandes d’entraide judiciaire, autorisation préalable de tribunaux, etc.).
</p><p>Le préposé fédéral à la protection des données n’était pas en mesure non plus, en 2012, d’imposer la protection légale des données à celles relatives au personnel des banques. On a au contraire observé qu’il a quelque peu relativisé la protection des employé(e)s de banque au nom des intérêts économiques supposés «&nbsp;supérieurs&nbsp;» qu’il y a avait à ne pas risquer une plainte des autorités américaines<a href="typo3/#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>. Ce qui a été particulièrement scabreux lors de la livraison de ces données aux autorités américaines par les employeurs CS, HSBS, Julisus Bär et les banques cantonales bernoise et zurichoise – une livraison d’ailleurs justifiée de manière très tortueuse par le biais du droit d’urgence - c’est que les (anciens) employé(e)s concernés n’en ont pas toujours été explicitement informés au préalable. Le droit suisse en vigueur en matière de protection des données d’employé(e)s a en tout cas on ne peut plus clairement montré ses limites formelles et matérielles dans le domaine très exposé des banques. 
</p><h3>Différend fiscal avec les États-Unis&nbsp;: de la «&nbsp;Lex USA&nbsp;» au Plan B</h3><p>Manifestement, le Conseil fédéral a reconnu, entre 2012 et 2013, le sérieux de la situation et il a décidé de passer par une loi pour trouver une solution aussi globale que possible. C’est ainsi qu’il s’est agi de régulariser les activités passées de certaines banques au moyen d’une «&nbsp;Lex USA&nbsp;», à savoir en édictant, sans recourir au droit d’urgence, une loi fédérale<a href="typo3/#_ftn2" target="_blank" name="_ftnref2">[2]</a> qui serait appliquée sur une durée limitée. Cette loi aurait permis aux banques concernées, d’une part, d’échanger avec les États-Unis, selon l’article 271 du CP, des données qui, sinon, auraient dû être traitées uniquement dans le cadre d’une demande d’entraide ordinaire compliquée déposée auprès des autorités suisses compétentes. D’autre part, l’obligation des employeurs aurait été étendue dans le cadre d’un train, à proprement parler, de mesures d’accompagnement.
</p><p>L’Association suisse des employés de banque (ASEB), l’Association patronale des banques en Suisse (AGV Banken) et l’Association suisse des banquiers (ASB) ont été à juste titre associées par le Conseil fédéral à l’élaboration parallèle d’un accord destiné à donner forme aux obligations de l’employeur selon l’article 328 du CO en ce qui concerne d’éventuelles suites financières. Cela, afin de neutraliser le plus possible avec des mesures d’accompagnement, dans le cadre du traitement en cours le plus global possible aujourd’hui des anciennes fautes commises avec des clients américains, les conséquences les plus graves de la transmission en soi scandaleuse au Département de la justice américain (DoJ) de données sur des collaborateurs et collaboratrices de banques. La mise au point d’un tel accord, condition minimale pour qu’il puisse y avoir communication de données au DoJ, est un succès à porter au crédit de l’ASEB et du partenariat social dans le secteur bancaire. 
</p><p>Pendant la première semaine de juillet 2013, le Conseil fédéral a présenté un «&nbsp;Plan B&nbsp;», suite à l’échec de la «&nbsp;Lex USA&nbsp;» devant le Parlement. Ce plan prévoit la mise en vigueur par voie d’ordonnance d’une base légale spécifique permettant d’octroyer plus facilement des autorisations individuelles assorties d’obligations selon l’article 271 du CP. Dans le cadre du droit en vigueur (CO, LPD, LB, CP), le Conseil fédéral a fixé les lignes directrices de la coopération des banques suisses avec les autorités américaines. En outre, sur la base de ces lignes, intégrées ensuite dans l’ordonnance, il mènera de nouveaux entretiens avec le DoJ concernant le lancement d’un programme américain unilatéral sur la régularisation des activités passées des banques contre qui aucune procédure pénale n’a été engagée. En cas de participation à ce programme, ces banques auront aussi besoin d’une autorisation dans le cadre des lignes directrices adoptées. Quant au contenu du programme, il relèvera uniquement du DoJ, car il s’agit là d’une offre unilatérale de procédure faite par les autorités américaines à diverses banques suisses. 
</p><h3>Éléments contraignants du Plan B concernant la protection des employé(e)s</h3><p>Le 3 juillet 2013, le Conseil fédéral a décidé que l’accord mis au point avec les partenaires sociaux serait le principal pilier de la coopération des banques suisses avec les autorités américaines. Les banques devront s’engager à prendre à leur charge tous les éventuels frais de tribunaux, d’avocats et autres aux États-Unis, ainsi qu’à créer un fonds pour les cas de rigueur pour financer des coûts imprévus. 
</p><p>Les banques doivent bien sûr répondre aussi rétroactivement des coûts dus à la livraison de données sur la base de l’arrêté fédéral édicté dans la précipitation la plus totale le 4 avril 2012. Et le débat au plan juridique n’est pas encore terminé, comme l’a rappelé le blocage, fin juin 2013, par un tribunal genevois de la livraison de données aux États-Unis.
</p><p>Le fait que les réglementations du Plan ne sont inscrites que dans une ordonnance, et non dans une loi comme cela aurait été le cas avec la «&nbsp;Lex USA&nbsp;», montre clairement que la protection juridique, tant matérielle que formelle, doit être améliorée et renforcée, en particulier pour les employé(e)s. D’une part, toutes les personnes concernées, et aussi les anciens employé(e)s, dont les données sont communiquées doivent être informées au préalable individuellement. D’autre part, dans le respect du principe de proportionnalité, on ne devra communiquer, si tant est que livraison de données il y a, que des noms, respectivement des données de cadres dirigeants. La transmission aux autorités américaines de données sur les employé(e)s de banque subordonnés (conseillers/conseillères clientèle, personnel d’arrière-guichet ou «&nbsp;back office&nbsp;», responsables de dossiers, etc.) ne serait juridiquement pas justifiable.
</p><p>&nbsp;</p><hr><p><a href="typo3/#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Pour une critique des recommandations du préposé fédéral à la protection des données et à la transparence du 17 octobre 2012, voir la prise de position de l’USS (en allemand seulement) sur la transmission de données concernant les collaborateurs et collaboratrices des banques&nbsp;:
</p><p>&nbsp;&lt;media 656&gt;<a href="http://www.sgb.ch/fileadmin/user_upload/Dokumente/Vernehmlassungen/121018_LC_Uebermittlung_Bankmitarbeiterdaten.pdf" target="_blank">www.sgb.ch/fileadmin/user_upload/Dokumente/Vernehmlassungen/121018_LC_Uebermittlung_Bankmitarbeiterdaten.pdf</a>&lt;/media&gt;.
</p><p><a href="typo3/#_ftnref2" target="_blank" name="_ftn2">[2]</a> Loi fédérale sur des mesures visant à faciliter le règlement du différend fiscal entre les banques suisses et les États-Unis du 29 mai 2013. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1110</guid><pubDate>Wed, 10 Jul 2013 14:31:00 +0200</pubDate><title>Les horticulteurs schaffhousois franchissent le seuil des 4 000 francs !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-horticulteurs-schaffhousois-franchissent-le-seuil-des-4-000-francs</link><description>Grève et salaires minimums</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’horticulture fait partie des branches à bas salaires. Dans la plupart des cantons, la recommandation en matière de salaires minimums est de 3&nbsp;450 francs par mois. Dans le canton de Schaffhouse aussi. Mais, particularité de ce dernier, les travailleurs et travailleuses de l’horticulture ne sont plus d’accord d’avaler pareilles couleuvres. Syndiqués chez Unia, ils ont décidé de se battre, si nécessaire durement, pour des salaires plus élevés. Une nécessité qui est apparue lorsque l’organisation patronale JardinSuisse a rompu, en juin dernier, les négociations salariales avec le syndicat Unia. Voyant que l’on ne voulait pas les écouter à la table de négociations, 80 horticulteurs se mirent alors en grève dès le 3 juillet pour des salaires minimums équitables.
</p><p>Leur détermination a été payante. Le 8 juillet, 9 entreprises touchées par la grève concernées ont accepté de signer un accord qui prévoit une hausse importante des salaires minimums en deux étapes. Ainsi, un horticulteur ou une horticultrice sans formation touchera un salaire minimum de 4&nbsp;100 francs à partir de 2014 et de 4&nbsp;200 francs une année plus tard, alors que l’actuelle recommandation parle de 3&nbsp;450 francs. Pour le personnel qualifié, ce salaire minimum sera de de 4&nbsp;500 francs dès l’année prochaine et de 4&nbsp;650 francs en 2015 (recommandation actuelle&nbsp;: 4&nbsp;020.-) et, avec 3 années d’expérience, de 4&nbsp;900 francs en 2014 et de 5&nbsp;100 en 2015 (recommandation actuelle&nbsp;: 4&nbsp;220.-). Ces hausses étalées sur deux ans sont donc respectables. Elles oscillent entre 630 et 880 francs par mois. 
</p><p>Afin que cet accord avec quelques entreprises devienne rapidement un modèle pour l’ensemble de la branche, Unia et les entreprises ont lancé une pétition à l’intention du canton et des communes exigeant d’eux qu’ils ne confient de travaux qu’aux entreprises qui paient les salaires minimums prévus par l’accord. 
</p><p>Ce dernier montre qu’il est possible d’aller au-delà de 4&nbsp;000 francs par mois, même lorsque cela représente un grand bond en avant. D’un autre côté, on voit aussi que l’engagement collectif, la solidarité et la grève peuvent être une «&nbsp;recette miracle&nbsp;» en dernier recours.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1105</guid><pubDate>Tue, 09 Jul 2013 10:12:00 +0200</pubDate><title>Attention, tout n’est pas permis !</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/attention-tout-n-est-pas-permis</link><description>Petits jobs de vacances : les recommandations de l&#039;USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’été est là, et avec lui les grandes vacances. Pour de nombreux écoliers, gymnasiens et étudiants, c’est aussi le temps des petits boulots qui permettront de se faire un peu d’argent de poche, d’en mettre de côté pour les prochaines vacances et, très souvent, de financer les études. Lorsqu’on occupe ce genre d’emploi, on est un salarié, ou une salariée comme les autres. Et qui dit salarié, dit règles du droit du travail, salaire décent et respect des règles de la sécurité au travail.</p><h3>À partir de quel âge&nbsp;et pour quelle durée?</h3><p>On ne peut fort heureusement pas faire travailler les enfants à partir de n’importe quel âge. La loi sur le travail (LTr) ne l’autorise qu’à partir de 15 ans, 13 pour les travaux légers, voire moins de 13 pour les manifestations sportives et culturelles, à des conditions spécifiques et sur autorisation d’une autorité cantonale (art. 30 LTr, art. 7 OLT 5). Dans tous les cas, les moins de 18 ans ont besoin de l’assentiment de leurs parents avant de signer un contrat de travail. 
</p><p>L’ordonnance 5 de la LTr (OLT 5) précise les règles qui s’appliquent aux jeunes travailleurs et travailleuses de moins de 18 ans. Elle précise notamment l’interdiction d’employer les jeunes à des travaux dangereux, dans certaines branches (discothèques, bars, cabarets, entreprises cinématographiques, cirque et spectacle – cf. art. 4 à 6 OLT 5). Le travail dominical n’est autorisé que pour les jeunes ayant achevé leur scolarité obligatoire, au maximum un dimanche sur deux et uniquement dans la restauration (où ne peuvent être employés que les plus de 16 ans), la garde d’animaux et les boulangeries (art. 13 OLT 5). Dans les zones touristiques, le travail dominical est possible dans les entreprises répondant aux besoins des touristes pendant toute la durée des vacances d’été (art. 15 OLT 5, art. 25 OLT 2). Quant au travail de nuit, il est interdit aux moins de 18 ans en dehors d’une formation professionnelle (art. 12 OLT 5).
</p><p>La durée de travail des moins de 13 ans ne peut pas excéder plus de trois heures par jour et neuf heures par semaine (art. 10 OLT5). Les jeunes de plus de 13 ans n’ayant pas terminé leur scolarité obligatoire peuvent travailler jusqu’à 8 heures par jour (40 heures par semaine) pendant la moitié de la durée des vacances scolaires, entre 6 heures et 18 heures, avec une pause d’au moins une demi-heure pour toute plage de travail de 5 heures et plus (art. 11 OLT 5). Pour tous les jeunes, la durée du travail ne dépassera pas celle des autres employés de l’entreprise (maximum 9 heures par jour) et leur travail doit être compris dans une période de 12 heures (art. 31 al. 1 LTr). Ils ont droit à un repos quotidien d’au moins 12 heures consécutives (art. 16 OLT 5). Le soir, les moins de 16 ans ne peuvent être employés que jusqu’à 20 heures, les 16-18 ans jusqu’à 22 heures (art. 31 al. 2 LTr). 
</p><h3>En cas de danger, je dis STOP&nbsp;!</h3><p>Les petits boulots d’été sont souvent l’occasion de faire connaissance avec le monde du travail. Or, ce dernier n’est pas exempt de dangers, qui n’apparaissent pas toujours au premier coup d’oeil. Et le risque d’accident de travail est très élevé lors du premier emploi, surtout pendant les premiers jours. 
</p><p>Même si l’on est engagé pour une durée très courte, il faut donc particulièrement faire attention aux prescriptions de sécurité. Avant de commencer, il faudra être attentif aux instructions de l’employeur et les respecter scrupuleusement, même si elles paraissent de prime abord inutiles ou exagérées. Dans tous les cas, les travaux dangereux sont interdits au moins de 18 ans. Si malgré tout, je suis confronté à un danger, je dois oser dire STOP et demander l’aide d’un ou une collègue expérimenté. Les accidents, parfois, ne pardonnent pas.
</p><h3>Bien assuré&nbsp;!</h3><p>Négliger les assurances sociales dans le cas d’un petit job de vacances peut coûter très cher. Tous les travailleurs et travailleuses, quel que soit leur âge, doivent être obligatoirement assurés à l’assurance-accidents par leur employeur. S’ils travaillent moins de 8 heures par semaine chez le même employeur, cette assurance ne couvre que les accidents professionnels et, au-delà, tous les accidents. En cas d’accident, l’employeur doit avertir les parents (art 32 LTr). Pour les rapports de travail de moins de 3 mois, il n’y a pas d’obligation de payer le salaire en cas de maladie. Les autres cotisations sociales (AVS/AI/APG)&nbsp; ne sont obligatoires qu’à partir de l’année où l’on a ses 18 ans. Si l’employeur ne paie pas ses cotisations, il s’agit de travail au noir et cela entraîne des sanctions. 
</p><h3>Connaître les salaires minimaux et salaires d’usage</h3><p>À ce jour, il n’existe pas encore de salaire minimum légal valable pour tous les secteurs d’activité. L’employeur est obligé de respecter les conventions collectives de travail (CCT) et les contrats-type de travail (CTT). Pour le petits boulots de vacances sont notamment importants les CCT de l’hôtellerie-restauration, du bâtiment, du nettoyage, des entreprises du commerce de détail (Coop, Migros), la CCT pour le travail temporaire et les CTT cantonaux pour l’agriculture. La plupart des salaires minimaux conventionnés sont accessibles sous <a href="http://www.service-cct.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.service-cct.ch</a>.
</p><p>S’il n’existe pas de CCT ou CTT fixant des salaires minimums, les employeurs sont tenus de respecter les salaires d’usage de la branche et de la région. Les salaires d’usage peuvent être consultés sur <a href="http://www.salaire-uss.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.salaire-uss.ch</a>. L’USS recommande un salaire de 22 francs de l’heure au minimum pour les salariés non qualifiés.
</p><h3>Et les vacances&nbsp;?</h3><p>Enfin, il ne faut pas oublier les vacances, auxquelles chaque travailleur et chaque travailleuse a droit, même s’il occupe son emploi… pendant ses vacances. Si l’on est payé à l’heure, un supplément de salaire de 10,64% pour les moins de 20 ans, de 8,33&nbsp;% pour les plus de 20 ans doit être payé en sus du salaire. Sur le décompte de salaire, ce supplément doit être identifiable comme tel. 
</p><h5>Bourses aux emplois sur internet&nbsp;: attention aux annonces douteuses&nbsp;!</h5><p>«&nbsp;Cherchons jeune fille pour un stage d'un an dans la coiffure. Elle sera payée 400.- par mois.&nbsp;» (annonce parue fin juin sur <a href="http://www.adosjob.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.adosjob.ch</a>). Voilà le genre de petites annonces que l’on peut trouver sur les sites destinés aux jeunes à la recherche d’un petit emploi sur internet. Si ces sites partent généralement d’une bonne intention, cela ne signifie pas que les offres d’emploi qui y figurent soient nécessairement dans l’intérêt du jeune ou conformes au droit. Dans le cas présent, il s’agit d’un cas abusif&nbsp;: pour être correct, l’employeur devrait engager la jeune fille en question comme apprentie. Cela permettrait à cette dernière de bénéficier d’une formation en bonne et due forme, conformément aux dispositions en vigueur dans la branche. Il est probable que l’employeur en question n’ait pas reçu l’autorisation de former un apprenti. Il se tourne donc vers un stage non réglementé pour profiter pendant une année d’une main-d’œuvre bon marché.
</p><p>La Commission jeunesse de l’USS met à disposition des jeunes et de leurs proches une brochure contenant toutes les informations utiles sur le droit du travail. Celles-ci peuvent être téléchargées sur le site&nbsp;:&nbsp;<a href="http://www.jeunesse-syndicale.ch" target="_blank" rel="noreferrer">www.jeunesse-syndicale.ch</a>.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1108</guid><pubDate>Tue, 09 Jul 2013 10:09:00 +0200</pubDate><title>Nanotechnologie : pas question de revivre la tragédie de l’amiante !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/nanotechnologie-pas-question-de-revivre-la-tragedie-de-l-amiante</link><description>L’État doit agir préventivement au plan de la loi</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La tragédie de l’amiante, qui n’a toujours pas pris fin, montre qu’avec les nouvelles substances au potentiel économique et technologique très prometteur, nous devons agir avec plus de sérieux que par le passé. Dans le cas d’une large utilisation de ces substances, il importe en effet d’en clarifier scientifiquement les conséquences possibles. Cela s’applique notamment aux nanomatériaux. L’Union syndicale suisse (USS) et ses fédérations organisent en décembre 2013 une journée d’étude sur ces questions.</p><p>Aujourd’hui encore, des personnes meurent du cancer parce qu’elles ont dû travailler, des décennies en arrière, avec l’amiante sans que leurs entreprises prennent les mesures de sécurité nécessaires. Mais souvent, l’utilisation sans précaution de l’amiante reposait sur de l’ignorance. Nous ne devons pas refaire la même erreur.
</p><h3>Nanotechnologie&nbsp;: l’appréciation des conséquences est en cours</h3><p>Le Conseil fédéral veut prolonger jusqu’en 2015 le plan d’action «&nbsp;Nanomatériaux synthétiques&nbsp;». Ce faisant, il veut encourager le site de production nano suisse et l’utilisation sûre de nanomatériaux synthétiques, ainsi qu’en continuer le développement. Il s’agit d’abord d’élaborer des bases méthodologiques pour formuler des prescriptions, c’est-à-dire de mettre au point les conditions-cadre pour des régulations, et de poursuivre le dialogue entre les partenaires sociaux, les milieux scientifiques, la recherche et les organisations de protection des consommateurs et consommatrices.
</p><p>Petit rappel&nbsp;: aujourd’hui déjà, les nanomatériaux sont soumis à la législation sur les produits chimiques conventionnels, les denrées alimentaires et les médicaments. Les mêmes prescriptions de sécurité et exigences en matière d’information leur sont appliquées dans le cadre de la procédure d’enregistrement. Pour la protection de la santé au travail, en cas d’utilisation de nanomatériaux synthétiques, les mêmes principes de prévention sont suivis que pour toutes les autres substances présentant des risques (encore inconnus) pour la santé…
</p><p>Ce qui saute immédiatement aux yeux ici, c’est que les bases actuelles ne sont pas suffisantes pour réglementer matériellement comme il se doit l’utilisation de nanomatériaux. Ceux-ci ne sont précisément pas des produits chimiques «&nbsp;conventionnels&nbsp;». Étant donné leur taille infime, ils ont un comportement très spécifique et unique et l’on n’est pas encore parvenu à évaluer leurs effets à long terme sur l’organisme humain. Avec sa plate-forme internet <a href="http://www.infonano.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.infonano.ch</a>, un projet interdépartemental commun à plusieurs services de la Confédération, le Conseil fédéral répond partiellement à un besoin exprimé entre autres par les travailleurs et travailleuses. Mais ce projet n’est pas suffisant. Et le programme 64 du Fonds national suisse de la recherche scientifique (<a href="http://www.nfp64.ch/F/Pages/home.aspx" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.nfp64.ch/F/Pages/home.aspx</a> ) n’est de loin pas non plus en mesure de combler toutes les lacunes existant en matière d’information, ni de répondre à toutes les questions qui se posent. 
</p><h3>L’État doit protéger</h3><p>L’État ne peut pas se soustraire à ses responsabilités pour cause d’ignorance. Les normes juridiques nationales et internationales stipulent qu’en ce qui concerne les «&nbsp;activités dangereuses&nbsp;», les autorités ont des «&nbsp;obligations de protection positives&nbsp;». L’État doit donc agir au plan de la loi afin d’empêcher le pire scénario potentiel encore inconnu, si improbable puisse-t-il paraître. Et cela, avant qu’il ne soit trop tard&nbsp;! Si des services de la Confédération ne le font pas, il y aura des tragédies humaines comme pour l’amiante. Avec cette dernière, les autorités suisses aussi ont longtemps brillé par leur léthargie, jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour la santé des travailleurs et travailleuses concernés. Marco Kistler, collaborateur de l’USS et parlementaire socialiste, a déposé en juin 2013 une motion au Grand Conseil glaronnais demandant que soit clarifié le rôle joué par l’État en rapport avec la production durant des décennies d’amiante mortelle par l’entreprise Eternit à Niederurnen. L’exemple de l’amiante montre ce que l’État et l’économie n’ont pas le droit de ne pas faire en matière de risques potentiels au travail. Dans le cas de l’amiante, les effets nocifs pour la santé des travailleurs et travailleuses n’ont en effet pas été supportés par les entreprises, mais par la société, à savoir&nbsp;: les familles, les caisses-maladie, l’AI, la SUVA… Cela ne doit plus se produire. Il faut prendre des mesures préventives relevant du droit du travail et du droit de la responsabilité civile. 
</p><h3>Journée sur les nanomatériaux de la commission «&nbsp;santé et sécurité au travail de l’USS&nbsp;» </h3><p>L’USS et ses fédérations qui s’occupent de ces questions au sein de la commission USS «&nbsp;santé et sécurité au travail&nbsp;» organisent une journée sur les nanomatériaux, le 2 décembre 2013 à Berne. Des scientifiques de haut niveau, la SUVA et les partenaires sociaux y traiteront des risques et des opportunités liés à la nanotechnologie pour les travailleurs et travailleuses, ainsi que pour le site industriel Suisse. La nanotechnologie y sera débattue tant sous l’angle de la technologie et des assurances que du droit de la responsabilité civile. 
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1104</guid><pubDate>Fri, 05 Jul 2013 15:06:00 +0200</pubDate><title>Enregistrement du temps de travail : première bataille gagnée</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/enregistrement-du-temps-de-travail-premiere-bataille-gagnee</link><description>Enregistrement du temps de travail</description><content:encoded><![CDATA[<p>Temps de travail et loisirs ne doivent pas pouvoir se chevaucher sans autre. Notre ministre de l’Économie, Johann Schneider-Ammann, l’a désormais reconnu. En annonçant qu’il renonçait provisoirement à modifier sur ce point une ordonnance relative à la loi sur le travail, le Conseil fédéral a entendu la demande de l’Union syndicale suisse (USS) de n’autoriser que les personnes occupant une position dirigeante à bénéficier d’«&nbsp;horaires de travail basés sur la confiance&nbsp;».
</p><p>Ces modèles d’horaires permettent aux employeurs de renoncer à l’enregistrement et à la documentation des heures de travail effectuées. Conséquence&nbsp;: temps de travail et temps de repos se mélangent toujours plus, ce qui est malsain ainsi qu’en attestent diverses études&nbsp;: si le temps de travail n’est plus enregistré, le stress augmente, de même que les maladies psychiques comme l’épuisement professionnel. En outre, avec de tels rapports de travail, les personnes concernées vont souvent travailler alors qu’elles sont en fait malades. 
</p><p>Or, malgré les connaissances dont on dispose dans ce domaine, les employeurs demandent qu’à l’avenir, ils puissent renoncer à l’enregistrement du temps de travail pour tous leurs employé(e)s qui gagnent plus de 126&nbsp;000 francs. Le conseiller fédéral Schneider-Ammann vient donc de rejeter cette demande dans un premier temps, surtout en raison de l’opposition des syndicats. 
</p><p>L’affaiblissement de la protection des travailleurs et travailleuses n’a cependant pas pour autant disparu de l’ordre du jour politique. Le Secrétariat d’État à l’économie a été chargé d’élaborer un nouveau projet. L’USS suivra d’un œil critique ces travaux et s’engagera énergiquement pour que seules les personnes qui occupent une position dirigeante et peuvent aménager de manière autonome leur journée de travail aient le droit de renoncer à l’enregistrement de leur temps de travail. 
</p><p>Aujourd’hui, il s’agit d’imposer le droit en vigueur. À cet effet, les inspectorats cantonaux du travail doivent contrôler si les employeurs font bien enregistrer le temps de travail comme la loi le leur prescrit.
</p><h5>renseignements</h5><p>Luca Ciriglianosecrétaire central de l’USS, (076 335 61 97)</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1094</guid><pubDate>Tue, 25 Jun 2013 18:04:00 +0200</pubDate><title>Non à la journée de travail de 24 heures</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/non-a-la-journee-de-travail-de-24-heures</link><description>La campagne est lancée</description><content:encoded><![CDATA[<p><b>Les organisations affiliées à l’Alliance pour le dimanche lancent aujourd’hui la campagne de votation contre la péjoration de la loi sur le travail (LTr) soumise aux urnes le 22&nbsp;septembre. Concrètement, le Parlement vise à introduire la journée de travail de 24&nbsp;heures dans les shops des stations-service. La modification de la LTr prévue à cet effet risque de faire tache d’huile dans tout le commerce de détail. D’importantes plages de repos et de vie sociale disparaîtraient, avec des conséquences dramatiques pour toutes les autres branches d’activité. Voilà contre quoi proteste farouchement l’Alliance pour le dimanche.</b></p><p>Les partisans de la libéralisation à tout crin ont choisi la tactique du salami, afin de mieux démanteler la loi sur le travail, qui protège la santé des travailleurs/euses. Il en résulterait une explosion du travail de nuit et du dimanche. Le flou entourant le champ d’application de la modification de la loi sur le travail aboutirait à une prolifération incontrôlable des shops de stations-service et accroîtrait encore les pressions à la libéralisation dans le commerce de détail. Aussi les organisations affiliées à l’Alliance pour le dimanche ont-elles lancé un référendum, qui a abouti avec plus de 86&nbsp;000&nbsp;signatures. «Ce qui nous guette dans les shops des stations-service risque de devenir demain la règle dans le commerce de détail», prévient Vania Alleva, coprésidente d’Unia.
</p><p>Aujourd’hui déjà, le personnel de vente doit faire face à des salaires très bas, à des horaires de travail fragmentés et au travail sur appel. «Dans ces conditions, le travail devient un fardeau insupportable», rappelle Kurt Regotz, président du syndicat Syna. L’extension des horaires de travail pénaliseraient surtout les femmes, qui représentent presque 70&nbsp;% du personnel de vente. Liselotte Fueter, coprésidente des Femmes protestantes en Suisse (FPS), rappelle une réalité loin d’être rose: «Cet énorme stress aboutit souvent, chez des femmes déjà confrontées à de multiples charges, à des situations mauvaises pour la santé.» Klaus Stadtmüller, président de la Société suisse de médecine du travail, ne peut que confirmer les atteintes à la santé causées par le travail de nuit notamment: «Des troubles psychiques, pouvant aller jusqu’à la maladie (dépression), se multiplient, tout comme les problèmes digestifs, le manque d’appétit et la tendance à l’hypertension.»
</p><p>Le commerce de détail n’est d’ailleurs pas seul concerné. Car le projet démantèle la loi sur le travail sur un point essentiel – l’interdiction du travail de nuit et du dimanche. Les employés dans les shops des stations-service ne sont pas les seuls concernés. L’assouplissement des règlementations va très vite s’étendre à tout le commerce de détail et ensuite à d’autres branches. Cette péjoration touchera l’ensemble des salarié-e-s, qui devront se tenir en permanence à disposition de l’employeur. En effet, la flexibilisation constante des horaires de travail menace de précieux moments, jusque-là réservés à la vie sociale. «Cette révision de loi constitue, au fond, une décision de principe. Il s’agit de faire du dimanche une journée ouvrable, consacrée aux achats!», prévient Thomas Wallimann, président de Justice et Paix.
</p><p>Enfin, ces péjorations infligées à un grand nombre de travailleurs/euses ne profiteront qu’à une petite minorité: «Le profit de la classe possédante passe avant la santé et la vie sociale du personnel», regrette Jacques-André Maire, conseiller national socialiste. Le cercle des personnes lésées est toutefois bien plus large, car les riverains et l’environnement feront également les frais de la journée de travail de 24&nbsp;heures. «Il s’agit ici de shops exclusivement accessibles en voiture. Ce qui encouragera du même coup les achats motorisés à toute heure – et en particulier la nuit où le bruit trouble le sommeil», rappelle Daniel Vischer, conseiller national vert.
</p><h5><b>Pour en savoir plus:</b></h5><ul><li><b>Vania Alleva:&nbsp;<a href="http://alliance-dimanche.ch/wp-content/uploads/2013/06/130625_MK_Nein-zum-24h-Tag_Vania_Alleva_unia_F.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">Non à la journée de travail de 24 heures</a><br></b>coprésidente d’Unia, vice-présidente de l’USS, 079 620 11 14</li><li><b>Kurt Regotz:&nbsp;<a href="http://alliance-dimanche.ch/wp-content/uploads/2013/06/130625_MK_Nein-zum-24h-Tag_Kurt_Regotz_syna_F.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">La nuit nous appartient!</a><br></b>président de Syna, vice-président de Travail.Suisse, 079 617 62 94</li><li><b>Liselotte Fueter:&nbsp;<a href="http://alliance-dimanche.ch/wp-content/uploads/2013/06/130625_MK_Nein-zum-24h-Tag_Liselotte_Fueter_EFS_F.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">La libéralisation des horaires d’ouverture des commerces touche les femmes, les enfants et les familles</a><br></b>coprésidente des Femmes Protestantes en Suisse, 079 302 45 35</li><li><b>Klaus Stadtmüller:&nbsp;<a href="http://alliance-dimanche.ch/wp-content/uploads/2013/06/130625_MK_Nein-zum-24h-Tag_Klaus_Stadtmueller_SGARM_F.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">130625_MK_Nein-zum-24h-Tag_Klaus_Stadtmueller_SGARM_F</a><br></b>président de la Société suisse de médecine du travail, 079 237 97 10</li><li><b>Thomas Wallimann:&nbsp;<a href="http://alliance-dimanche.ch/wp-content/uploads/2013/06/130625_MK_Nein-zum-24h-Tag_Thomas_Wallimann_Justitia-et-Pax_F.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">130625_MK_Nein-zum-24h-Tag_Thomas_Wallimann_Justitia-et-Pax_F</a><br></b>président de Justice et Paix, 079 848 99 65</li><li><b>Danièle Lenzin</b>:&nbsp;<strong><a href="http://alliance-dimanche.ch/wp-content/uploads/2013/06/130625_MK_Nein-zum-24h-Tag_Dani%C3%A8le_Lenzin_syndicom_F.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">Aujourd’hui le commerce de détail, demain la poste et l’ensemble du secteur des prestations<br></a></strong>coprésidente de syndicom, 079 303 24 69</li><li><b>Jacques-André Maire:&nbsp;<a href="http://alliance-dimanche.ch/wp-content/uploads/2013/06/130625_MK_Nein-zum-24h-Tag_Jacques-Andre_Maire_sp_F.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">La libéralisation des heures d’ouverture des magasins de stations service : une mine anti-personnel !</a><br></b>conseiller national socialiste, 078 709 48 50</li><li><b>Daniel Vischer:&nbsp;<a href="http://alliance-dimanche.ch/wp-content/uploads/2013/06/130625_MK_Nein-zum-24h-Tag_Daniel_Vischer_gruene_F.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">Non au shopping jour et nuit dans les shops des stations-service</a><br></b>conseiller national vert, 079 682 43 92&nbsp;</li></ul>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1087</guid><pubDate>Mon, 24 Jun 2013 09:24:00 +0200</pubDate><title>Une protection efficace contre les licenciements antisyndicaux doit enfin voir le jour </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/une-protection-efficace-contre-les-licenciements-antisyndicaux-doit-enfin-voir-le-jour</link><description>Combien de Providence et de SPAR faudra-t-il encore? Plainte à l&#039;OIT</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors d’une conférence presse en prélude à la 102e Conférence de l’Organisation internationale du Travail (OIT), les syndicats ont présenté les deux derniers cas d’étranglement d’une grève légitime par des employeurs usant d’une brutalité jusqu’alors inconnue. Les cas de SPAR et de La Providence soulignent combien une protection efficace contre les licenciements antisyndicaux est nécessaire.</p><p>&nbsp;Depuis peu, SPAR Dättwil n’est plus seulement le nom d’un magasin comme il en existe des milliers ailleurs. SPAR Dättwil est aujourd’hui le symbole d’une politique patronale arrogante et brutale. Corinne Schärer, membre du Comité directeur d’Unia a résumé ainsi la situation lors de cette conférence de presse à Genève: « Ces derniers jours, chez SPAR à Dättwil, s’est déroulée la plus longue grève que le commerce de détail ait connue en Suisse. Les employé(e)s ont proposé jour après jour des négociations à la direction de SPAR. Ce n’est qu’après sept jours de grève que le management de SPAR s’est déclaré favorable à cette option, pour toutefois quitter la table des négociations au milieu des discussions, sans donner de justification. Ensuite, la direction n’a plus pris en compte une quelconque proposition des employé(e)s ou d’Unia. Et au onzième jour de grève, survient le coup de force: au lieu de reprendre les discussions, la direction licencie les 11 employé(e)s avec effet immédiat. »
</p><h3>Brutal de chez brutal</h3><p>Cette façon brutale de procéder viole le droit de grève protégé par la Constitution, puisque des personnes licenciées ne peuvent plus faire grève. Elles n’ont même plus d’emploi pour lequel revendiquer quelque chose. Quel procédé « élégant » et quel dédain! S’y ajoute le fait que les licencié(e)s ne sont pas entrés en grève par goût du vandalisme. D’un côté, il y avait des salaires anémiques (3’600 francs), un manque de personnel chronique, entraînant des heures supplémentaires récurrentes, cause d’arrêts maladie provoquant en retour davantage de stress, bref une vraie spirale descendante en matière de conditions de travail. De l’autre côté, la démarche du personnel, qui demandait de discuter de mesures contre ces dysfonctionnements, fut complètement ignorée. Seul ce mélange détonnant de besoins objectifs et de rebuffade a débouché sur la décision de faire grève. Ni le large soutien public des grévistes, ni les actions de solidarité menées devant d’autres magasins SPAR, comme celles des Jusos et de la jeunesse d’Unia du samedi 15 juin, n’ont suffi pour faire dévier, ne serait-ce que d’un pouce, le cours agressivement brutal de la direction de SPAR. 
</p><h3>A Neuchâtel aussi</h3><p>SPAR Dättwil n’est pas un cas isolé. Katharina Prelicz-Huber, présidente du SSP, a évoqué le cas de l’hôpital de La Providence, à Neuchâtel, où 22 grévistes ont été licenciés. Le recours à la grève visait à refuser la dénonciation de leur CCT et la dégradation de leurs conditions de travail. Ces deux points faisaient partie des conditions de reprise de l’hôpital par un acquéreur privé, la société Genolier SA. Ici aussi, on a appliqué&nbsp; brutalement la méthode « marche ou crève ». Avec la même conséquence: fouler aux pieds les droits syndicaux garantis par l’OIT et la Constitution fédérale. Ici aussi, le droit de grève est vidé de son sens et un partenariat social loyal est remplacé par des diktats. Le SSP avait demandé une suspension juridique des licenciements. Le tribunal souligna toutefois leur conformité au droit, la législation suisse permettant de tels licenciements. Pour cette raison, le SSP a donc porté plainte contre la Suisse devant l’OIT, puisqu’elle admettait ces règles anticonstitutionnelles dans son droit du travail. Unia examine la possibilité de s’associer à la plainte du SSP auprès de l’OIT et/ou d’intervenir auprès du gouvernement suisse, afin qu’il relance la révision du Code des obligations (CO), actuellement mise au frigidaire. 
</p><h3>Plusieurs plaintes devant l’OIT</h3><p>L’USS a déjà porté plainte contre la Suisse devant l’OIT, il y a une décennie, pour violation des conventions&nbsp;87 et 98 de l’OIT, qu’elle avait ratifiées. Au cœur de cette plainte se trouve en particulier la très faible protection contre le licenciement des salarié(e)s actifs syndicalement. L’USS a suspendu sa plainte après que le Conseil fédéral a voulu lancer une révision du CO qui aurait dû s’attaquer à ce problème. Entre temps, sous la pression du patronat, le Conseil fédéral a gelé cette révision. En conséquence, l’USS a réactivé sa plainte auprès de l’OIT.
</p><p>Ces cas, choquants, de La Providence et de SPAR le montrent: une meilleure protection contre les licenciements est nécessaire. Sinon, aucune négociation ne pourra plus se dérouler sur un pied d’égalité. Les entreprises ne doivent plus être ces zones dans lesquelles on laisse au vestiaire ses droits démocratiques en même temps que son pardessus.</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1091</guid><pubDate>Mon, 24 Jun 2013 08:59:00 +0200</pubDate><title>Des salaires minimums contre le dumping</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-salaires-minimums-contre-le-dumping</link><description>La nouvelle CCT de l’industrie des machines brise un tabou

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Un tabou est brisé: la CCT la plus chargée de symbole en Suisse, celle de l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (MEM) comprend désormais des salaires minimaux.</p><p>Les négociations commencèrent en novembre 2012. Au printemps&nbsp;2013, elles étaient sérieusement en péril. Début mai, le recours à un médiateur, l’ancien chef du Seco Jean-Luc Nordmann, se révéla nécessaire. Puis, début juin, le déblocage de la situation se produit: Unia arrive à imposer sa revendication de salaires minimums dans la CCT MEM. Cette innovation ne peut être correctement évaluée que si l’on prend en compte la forte valeur symbolique de cette convention, qui remonte à la signature de l’Accord de paix du travail de 1937. Pendant trois quarts de siècle, le dogme imposé par les patrons disait que les entreprises décidaient seules des salaires. Aujourd’hui, le dogme est tombé. 
</p><p>22 francs de l’heure, une exigence remplie dans 5 catégories sur 6 
</p><p>La nouvelle CCT MEM fixe des salaires minimums pour les non-qualifiés et pour les qualifiés, en fonction de trois régions. Dans la région A, les salaires minimums annuels s’élèvent à 50’050 francs pour les non-qualifiés et 53’950 francs pour les qualifiés. Dans la région B, ces montants sont respectivement de 46’800 francs et 50’700 francs; dans la région C (Tessin et Arc jurassien), ils sont de 42’900 francs pour les non-qualifiés et de 46’800 francs pour les qualifiés. Converties en salaire horaire, ces valeurs donnent les montants suivants: 
</p><p>&nbsp;</p><p>Région A: 24,10 francs et 25,90 francs
</p><p>Région B: 22,50 francs et 24,40 francs
</p><p>Région C: 20,60 francs et 22,50 francs
</p><p>&nbsp;</p><h3>«Notre pierre du Niton»</h3><p>Si l’on compare ces salaires minimums conventionnels à l’initiative de l’USS, on constate rapidement que ce n’est que dans un seul cas que sa revendication de 22 francs de l’heure n’est pas respectée. Responsable du secteur Industrie à Unia, Corrado Pardini admet aussi que: «certains salaires sont trop bas. Ce fut une décision difficile à prendre. Soit pas de CCT, donc pas de salaires minimums. Ou alors une CCT qui, pour la première fois dans l’histoire de la branche, définit des salaires minimaux. Nous avons choisi de préserver cette avancée. Ce qui est décisif sur ce point, c’est d’avoir posé des limites claires au dumping. Et nous travaillons à l’amélioration de ces limites [...] Ces salaires minimums sont maintenant notre pierre du Niton» (work, 7.6.2013). Il reste à préciser que seuls 6&nbsp;% des salarié(e)s concernés travaillent dans la région C et que la conclusion de la CCT entraîne des augmentations de salaire allant jusqu’à 700 francs par mois pour nombre de travailleurs et travailleuses au Tessin.&nbsp;
</p><h3>Un salaire minimum légal reste nécessaire</h3><p>Le président de l’USS, Paul Rechsteiner, a en conséquence qualifié cette intégration des salaires minimums de «percée historique». Dans toute percée historique, il y a des traînards. C’est dire que les syndicats vont continuer à insister pour introduire des salaires minimums dans les CCT. Et là où ce n’est pas possible, l’initiative populaire de l’USS sur ce thème jouera son rôle de complément légal. Car même avec la nouvelle version de la CCT MEM, seul un bon 40&nbsp;% environ de toutes les personnes susceptibles d’être conventionnées pourront bénéficier d’un salaire minimum. En même temps, les bas salaires (3986 francs par mois en 2010) sont largement répandus: 437’000 personnes, soit 12&nbsp;% des salarié(e)s en Suisse étaient employés à ce piètre tarif. Au vu de ces éléments, la conclusion d’Ivo Zimmermann, porte-parole de l’organisation patronale Swissmem, est pour le moins précipitée: «Cette nouvelle convention collective est un signal indiquant que les questions salariales doivent être réglées au niveau des entreprises et des branches et non pas par des règles légales». La réalité montre que ce genre de signal n’est de loin pas entendu partout. Dans le commerce des chaussures, dans celui de détail et dans l’horticulture, pour ne citer que trois exemples particulièrement crasses, le front de refus des conventions collectives à la main haute. Cela montre que le salaire minimum légal est nécessaire, comme mesure complémentaire et comme niveau inférieur de protection. 
</p><p>&nbsp;</p><h5>Autres points de la CCT MEM </h5><ul><li>Une flexibilité plus grande en matière de temps de travail: les employeurs peuvent désormais transférer jusqu’à 200 heures en plus sur la nouvelle année. L’ancienne CCT fixait une limite à 100 heures. </li><li>Une nouvelle formulation de «l’article de crise»: elle permet aux entreprises, dans des circonstances exceptionnelles, d’augmenter le temps de travail pendant une durée limitée, en accord avec le seul personnel. Jusqu’alors, les syndicats devaient être partie prenante. </li><li>&nbsp;Autres améliorations: congé de paternité d’une semaine, développement de modèles du temps de travail plus flexibles comme le job sharing, renforcement de la formation professionnelle, ainsi que la promotion de tous les collaborateurs, en particulier les apprenti(e)s et les femmes.</li><li>La nouvelle CCT s’applique à près de 100’000 salarié(e)s. La convention entre en vigueur le 1er juillet 2013 et sera valide jusqu’en 2018. La ratification des organes compétents des deux côtés est encore nécessaire. </li></ul>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1083</guid><pubDate>Tue, 11 Jun 2013 10:55:00 +0200</pubDate><title>Évolution inquiétante des salaires dans les branches sans protection</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/evolution-inquietante-des-salaires-dans-les-branches-sans-protection</link><description>Libre circulation des personnes</description><content:encoded><![CDATA[<p>La pression sur les salaires est malheureusement une réalité en Suisse. Le rapport de l’Observatoire sur la libre circulation des personnes publié mardi 11 juin le montre bien. Les résultats des contrôles des salaires font apparaître que des employeurs essaient de recruter de la main-d’œuvre «&nbsp;bon marché&nbsp;» à l’étranger. Dans les branches qui connaissent des conventions collectives de travail (CCT) étendues, c’est-à-dire de force obligatoire, il est possible d’infliger des amendes et de demander des comptes aux employeurs qui versent des salaires trop bas.&nbsp;Si les mesures d’accompagnement sont appliquées de manière conséquente, il est alors possible d’imposer les salaires suisses dans ces branches.
</p><p>La situation est beaucoup plus problématique dans les branches sans protection, à savoir sans CCT ni salaires minimums. Environ 50&nbsp;% des travailleurs et travailleuses sont concernés, par exemple dans le commerce de détail, l’horticulture, l’informatique et le journalisme, mais aussi dans certaines professions comme celle de musicien(ne). Les contrôles des salaires ont permis de constater qu’un employeur sur dix versait des salaires trop bas. Dans les faits, ce chiffre devrait être encore plus élevé, car certains cantons, comme celui de Zurich pour l’horticulture, effectuent leurs contrôles sur la base de salaires de référence trop bas. Il est inquiétant de voir que le recrutement de main-d’œuvre de l’Union européenne par des employeurs de Suisse a surtout augmenté dans ces branches sans protection. Et il est étonnant que, pour ces branches, le rapport de l’Observatoire ne mentionne que peu d’indices de l’existence de pressions sur les salaires. La raison doit en être, entre autres, les grilles interprétatives trop grossières qui ont été utilisées. En effet, dans les études sur l’évolution des salaires, les branches protégées et celles qui ne le sont pas sont analysées sans être différenciées. 
</p><p>Que les pressions sur les salaires dans les branches sans protection soient un problème, on le voit dans le fait que, selon l’Observatoire, les salaires des personnes titulaires d’un diplôme de degré tertiaire (p. ex. formation professionnelle supérieure, haute école spécialisée) sont désormais sous pression. Or, ils ne sont la plupart du temps pas protégés.
</p><p>Comparée à ce qui existe dans les petits pays européens où les salaires sont élevés (Autriche, Benelux, pays nordiques), la protection des salaires en Suisse est sous-développée. La Suisse doit donc encourager la conclusion de CCT et veiller à ce que le niveau des salaires soit protégé dans toutes les branches à l’aide de salaires minimums. Les obstacles à franchir pour étendre une CCT ou édicter un contrat-type de travail doivent être abaissés. En outre, l’application des mesures d’accompagnement doit être amélioré et les contrôles, surtout dans les régions frontalières, intensifiés. C’est le seul moyen qui permet de garantir que les Accords bilatéraux profitent aux salarié(e)s du pays et qu’en Suisse, on verse des salaires suisses.
</p><h5>renseignements</h5><ul><li>Daniel Lampart, 079 205 69 11, premier secrétaire et économiste en chef de l’USS</li><li>Thomas Zimmermann, 079 249 59 74, responsable de la communication et porte-parole de l’USS</li></ul><h5>Documents</h5><ul><li><span>&nbsp;</span><span>&lt;media 1065 - - "TEXT, 130611 DL CPr Observatoire libre circul pers, 130611_DL_CPr_Observatoire_libre_circul_pers.pdf, 125 KB"&gt;Discours de Daniel Lampart&lt;/media&gt;</span><span>&lt;media 1065 - - "TEXT, 130611 DL CPr Observatoire libre circul pers, 130611_DL_CPr_Observatoire_libre_circul_pers.pdf, 125 KB"&gt;, premier secrétaire et économiste en chef de l’USS&lt;/media&gt;</span></li></ul>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1081</guid><pubDate>Wed, 05 Jun 2013 13:21:00 +0200</pubDate><title>Finissons-en avec les licenciements antisyndicaux !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/finissons-en-avec-les-licenciements-antisyndicaux</link><description>Impressionnant cortège de manifestant(e)s à Genève</description><content:encoded><![CDATA[<p>2&nbsp;500 personnes ont manifesté le 2 juin dernier à Genève, à l’appel de l’Union syndicale suisse (USS), de la Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS) et du Syndicat suisse des services publics (ssp), pour une protection efficace des représentant(e)s du personnel contre le licenciement, pour un droit de grève garanti et le respect des conventions collectives de travail (CCT), ainsi que pour un salaire minimum équitable et plus de contrôles des entreprises.
</p><p>Cela a commencé par deux manifestations séparées, dont les participant(e)s se sont finalement retrouvés pour former un cortège commun. Sur la Place Neuve, les syndicalistes et la gauche, répondant à l’appel de la CGAS, ont revendiqué un salaire minimum équitable et une amélioration des contrôles des entreprises, tandis qu’au même moment, sur la Place du Molard, l’USS et le ssp manifestaient leur solidarité avec les grévistes licenciés de l’hôpital de la Providence. Les deux cortèges de manifestants se sont ensuite retrouvés sur le Pont du Mont Blanc pour n’en faire plus qu’un qui, tout en couleurs et drapeaux, se rendit, dans une atmosphère combative mais détendue, sur la Place des Nations, un lieu symbolique face aux bâtiments de l’Organisation internationale du Travail (OIT). C’est en effet auprès de l’OIT que le ssp et l’USS ont déposé leur plainte contre la Suisse qui, bien qu’ayant ratifié une convention internationale sur les droits syndicaux, ne protège pas comme elle le doit, en vertu de cette convention, les syndicalistes contre les licenciements abusifs. Avant de passer aux discours, les manifestant(e)s réunis sur la Place des Nations adoptèrent une résolution à l’intention de l’USS, dans laquelle ils recommandent à cette dernière une initiative populaire pour une meilleure protection contre le licenciement. 
</p><h3>Le cas de la Providence</h3><p>«&nbsp;Un représentant du personnel doit pouvoir défendre les intérêts de ses collègues sans craindre d’être licencié. Un délégué syndical doit pouvoir agir sans encourir de représailles. Des employés doivent pouvoir - en dernier recours - se mettre en grève sans risquer de se retrouver sur le carreau&nbsp;», s’est exclamée Sabine Furrer à la fin de la manif. Et elle sait de quoi elle parle&nbsp;! En effet, elle est l’une des 22 grévistes de la Providence, cet hôpital neuchâtelois, licenciés pour s’être battus contre la résiliation de leur convention collective de travail (CCT) et la dégradation de leurs conditions de travail, deux des mesures exigées par l’acquéreur privé de cet hôpital, le groupe Genolier SA. Ces licenciements brutaux, dans le style «&nbsp;marche ou crève&nbsp;!&nbsp;», violent la Constitution fédérale et les conventions de l’OIT qui protègent les droits syndicaux. Cela revient également à remplacer le partenariat social par un diktat. Tel est le triste sommet atteint à ce jour, après une longue liste de licenciements antisyndicaux dans notre pays. Le secrétaire général du ssp, Stefan Giger, a fustigé le président du conseil d’administration de Genolier, Raymond Loretan, qui, en tant que président de la SSR, «&nbsp;joue l’homme d’État sérieux&nbsp;», mais couvre en même temps les violentes attaques de Genolier contre la CCT en vigueur dans les hôpitaux neuchâtelois&nbsp;: «&nbsp;S’il faut un licenciement, ce n’est pas à celui des grévistes d’un hôpital qu’il faut procéder. Il faut mettre fin au mandat de M.&nbsp;Loretan, coupable de fouler aux pieds la Constitution fédérale et responsable de la violation des droits garantis par les conventions de l’OIT.&nbsp;»
</p><h3>Le Conseil fédéral doit reprendre la révision du Code des obligations</h3><p>Vania Alleva, vice-présidente de l’USS et coprésidente du syndicat Unia, a demandé lors de cette manifestation plus de respect pour les droits des travailleurs et travailleuses. Après Tesa, Manor et Chicorée, les cas de licenciements antisyndicaux se sont multipliés, a-t-elle souligné. Il est donc plus que temps que les droits syndicaux soient applliqués dans leur intégralité, que la protection contre le licenciement arbitraire, la réintégration des personnes licenciées abusivement et le droit de grève soient garantis. Elle a invité le Conseil fédéral à faire en sorte que les conventions de l’OIT contre les licenciements antisyndicaux ne restent pas lettre morte. Le gouvernement doit aussi reprendre la révision interrompue du Code des obligations afin d’améliorer la protection contre le licenciement antisyndical. Vania Alleva a aussi appelé les employeurs à renoncer à leur opposition de principe à tout progrès en cette matière. 
</p><p>En résumé, les syndicats ne sont pas restés les bras croisés à Genève. Ils ont fait passer un message fort, pour faire comprendre qu’ils n’oublient pas celles et ceux de leurs collègues qui sont sur le terrain et doivent souvent vraiment payer de leur personne pour obtenir des progrès ou empêcher des reculs. Il est clair qu’une Suisse qui ne veut pas bannir la démocratie du monde du travail doit enfin bouger sur cette question des droits syndicaux.</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1080</guid><pubDate>Wed, 05 Jun 2013 13:17:00 +0200</pubDate><title>Étendre les CCT pour des raisons d’intérêt public</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/etendre-les-cct-pour-des-raisons-d-interet-public</link><description>L’Assemblée des délégué(e)s de l’USS veut un renforcement des mesures d’accompagnement

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) reste favorable aux accords bilatéraux conclus avec l’Union européenne (UE) et, de ce fait, à la libre circulation des personnes. Mais à condition que les mesures d’accompagnement soient plus efficaces. Toutes les branches ont besoin de salaires minimums comme protection contre la sous-enchère. Il faut donc conclure plus de conventions collectives de travail (CCT) et plus de CCT doivent être étendues, c’est-à-dire rendues obligatoires. Il faut aussi une application plus stricte des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes. Tel est le programme adopté par l’Assemblée des délégué(e)s (AD) de l’USS le 3 juin dernier. </p><p>«&nbsp;Les prochaines votations sur les initiatives «&nbsp;contre l’immigration de masse&nbsp;» de l’UDC et «&nbsp;Halte à la surpopulation&nbsp;» d’Ecopop, ainsi que, et surtout, la votation sur l’extension de la libre circulation des personnes à la Croatie sont tout, à ce que l’on peut en dire aujourd’hui, sauf gagnées.&nbsp;» C’est par ces mots que Paul Rechsteiner, le président de l’USS, a ouvert la partie principale de la dernière AD. Et de présenter dans la foulée le programme avec lequel l’USS veut franchir ces obstacles&nbsp;: «&nbsp;Qui mise sur le partenariat social et les CCT doit renforcer l’extension de celles-ci, car elles sont le moyen grâce auquel non seulement les employeurs corrects, mais aussi ceux qui font pression sur les salaires doivent, qu’ils soient étrangers ou de suisses, respecter des règles. C’est dans l’intérêt de tout le monde.&nbsp;»
</p><h3>Simplifier l’extension des CCT</h3><p>Daniel Lampart, économiste en chef et premier secrétaire de l’USS, a expliqué les revendications demandant un durcissement des mesures d’accompagnement. Il a rappelé que la loi permettant d’étendre le champ d’application de la convention collective de travail date de 1956 et que cela se sent. Les obstacles à l’extension des CCT qu’elle pose sont bien trop élevés. Il doit être possible d’étendre des CCT pour des «&nbsp;raisons d’intérêt public&nbsp;». Par exemple, s’il y a risque de pression ou de sous-enchère salariales, de discrimination salariale à l’encontre des femmes ou de niveau salarial socialement inacceptable. Il faut aussi supprimer le quorum des entreprises (50&nbsp;% d’entre elles soumises à la CCT) appliqué pour étendre une CCT. De plus, qui reçoit des subventions ou un mandat publics devra négocier une CCT avec les syndicats représentatifs. Sinon, un contrat-type de travail (CTT) garantissant des salaires minimums sera édicté. Enfin dans les marchés publics, l’existence de CCT prévoyant des salaires minimums doit être un critère d’adjudication.
</p><p>Le même programme doit aussi s’appliquer aux CTT, ces quasi-ersatz dans les branches où aucune CCT n’est possible (par exemple, faute de partenaires sociaux). Leurs salaires minimums devront être assez élevés pour garantir les salaires usuels de la branche.
</p><h3>Des contrôles plus nombreux et plus stricts</h3><p>Il faut intensifier les contrôles pour une application correcte des mesures d’accompagnement. Pour les régions frontalières très touchées ici, la Confédération doit fournir une contribution supplémentaire pour financer une offensive menée au moyen de plus de contrôles. Les infractions doivent être punies plus sévèrement, entre autres avec des amendes plus élevées. Les salaires de référence, qui servent à constater la sous-enchère, doivent être fixés en fonction des salaires usuels de la branche et ne pas être trop bas. En cas d’«&nbsp;indépendance fictive&nbsp;», les contrôleurs doivent pouvoir exiger un arrêt immédiat des activités. Il faut mieux protéger contre les représailles et le licenciement les syndicalistes, qui jouent un rôle important dans le contrôle des conditions de travail.
</p><h3>Des salaires suisses pour quiconque travail en Suisse</h3><p>Treize délégué(e)s sont intervenus sur cette question. On a alors vu que la sous-enchère salariale n’est pas un phénomène limité aux branches proches de la construction. Des représentant(e)s de l’Union suisse des artistes musiciens (USAM), de l’Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI) et de syndicom, le syndicat des médias et de la communication, signalent l’existence de sous-enchère chez les musicien(ne)s libres, dans les soins à domicile et le journalisme. Dans ces branches, l’extension des CCT pour des «&nbsp;raisons d’intérêt public&nbsp;» serait nécessaire. Divers orateurs, d’accord avec l’orientation des propositions exigèrent plus de mordant dans la mécanique de précision de l’application des mesures d’accompagnement. Plusieurs délégué(e)s, surtout de Genève et du Tessin, mirent en garde contre la xénophobie et les divisions au sein des travailleurs et travailleuses. Si les syndicats ne parviennent pas à éliminer la sous-enchère salariale avec des mesures d’accompagnement efficaces, la main-d’œuvre indigène ne verra en effet dans les travailleurs et travailleuses étrangers qu’une concurrence à l’origine de sous-enchère, et rejettera la libre circulation lors des prochaines votations.
</p><p>Le programme d’adaptation des mesures d’accompagnement a été adopté à la quasi-unanimité, avec deux abstentions. L’USS ne modifiera donc pas sa ligne et continuera à soutenir ces accords bilatéraux si importants pour nos exportations. Mais elle restera fidèle au principe&nbsp;: «&nbsp;Quiconque travaille en Suisse doit toucher un salaire suisse et bénéficier de conditions de travail suisses&nbsp;». La conséquence est qu’il faut plus de salaires minimums déclarés obligatoires et des mesures d’accompagnement globalement renforcées.
</p><h3>Les résolutions</h3><p>Dans une résolution adoptée à l’unanimité, les délégué(e)s ont appelé le gouvernement et l’administration fédérale à ne pas étendre le cercle des professions qui peuvent être exemptées de l’enregistrement du temps de travail. Également à l’unanimité, ils ont adopté une deuxième résolution qui demande au Parlement fédéral de renoncer à des coupes claires dans les effectifs du personnel de la Confédération, c’est-à-dire de ne pas supprimer les 2&nbsp;000 emplois comme annoncé, et donc de ne pas entrer en matière sur le programme de consolidation et de réexamen des tâches lors de la session qui s’ouvre.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1078</guid><pubDate>Mon, 03 Jun 2013 12:39:00 +0200</pubDate><title>Il faut moderniser les vieux instruments de protection des salaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/il-faut-moderniser-les-vieux-instruments-de-protection-des-salaires</link><description>L’USS veut des mesures d&#039;accompagnement renforcées </description><content:encoded><![CDATA[<p>Les salaires versés en Suisse font partie des plus élevés. Mais ils sont trop peu protégés. Les instruments pour ce faire sont vieux, la plupart d’entre eux proviennent des années 1950. Ils doivent être modernisés et adaptées aux réalités actuelles du marché du travail et de la libre circulation des personnes. Telles sont les revendications décidées lundi 3 juin par les délégué(e)s de l’Union syndicale suisse (USS), à l’occasion d’une assemblée sur le thème des accords bilatéraux et des mesures d’accompagnement.
</p><p>Quiconque travaille en Suisse doit toucher un salaire suisse et bénéficier de conditions de travail suisses. C’est ce que demandent les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes. Or, ce principe n’est pas appliqué correctement aujourd’hui. Y remédier présuppose des salaires minimums obligatoires d’un bon niveau. Cela permet de demander des comptes aux patrons qui s’adonnent à la sous-enchère salariale et de les sanctionner. 
</p><p>Les instruments à disposition en Suisse pour imposer partout des salaires minimums obligatoires comme garde-fous et protéger effectivement nos salaires sont toutefois trop vieux. La loi fédérale permettant d’étendre le champ d’application de la convention collective de travail, date des années 1950. Par rapport à cette époque, le marché suisse est aujourd’hui nettement plus ouvert, les activités des entreprises suisses se sont beaucoup internationalisées. En outre, il y a actuellement bien moins de personnes qui travaillent dans le secteur secondaire où la couverture conventionnelle (par CCT) est traditionnellement étendue.
</p><p>Aujourd’hui, les obstacles à franchir pour étendre une CCT sont trop élevés. Cela explique pourquoi trop de branches n’ont pas de CCT ni salaires minimums. Il faut donc moderniser les instruments de protection des salaires, ainsi que les délégué(e)s de l’Union syndicale suisse (USS) l’ont demandé le lundi 3 juin, lors de leur assemblée. 
</p><p>Les CCT doivent pouvoir être étendues pour des raisons «&nbsp;d’intérêt public&nbsp;». Par exemple lorsqu’il y a risque de pression sur les salaires, de sous-enchère, de discrimination à l’encontre des femmes ou parce que le niveau des salaires est socialement inacceptable. Le quorum concernant les entreprises doit être supprimé (aujourd’hui, il faut que 50&nbsp;% des entreprises soient soumises à la CCT). 
</p><p>Qui reçoit des subventions publiques ou se voit confier un mandat public devra à l’avenir non seulement respecter les conditions de travail usuelles dans la localité, la branche ou la profession, mais aussi négocier une CCT avec un syndicat représentatif. Sinon, un contrat-type de travail (CTT) prévoyant des salaires minimums devra être édicté. Dans les marchés publics, l’existence d’une CCT doit être un critère d’adjudication.
</p><p>S’il n’est pas possible de conclure une CCT dans une branche parce qu’il n’y a, par exemple, pas de partenaires sociaux, il faut pouvoir édicter un CTT avec salaires minimums pour des raisons «&nbsp;d’intérêt public&nbsp;». Les salaires minimums doivent être assez élevés pour garantir les salaires usuels de la branche.
</p><p>En outre, il s’agit d’intensifier les contrôles afin que les mesures d’accompagnement soient appliquées. Une offensive en matière de contrôles doit être lancée, en particulier dans les régions frontalières, avec le soutien financier de la Confédération. En cas d’infractions, les responsables de sous-enchère salariale doivent être punis plus sévèrement, entre autres en augmentant les amendes.
</p><p>Les syndicalistes jouent un rôle important dans les contrôles des conditions de travail. Celles et ceux d’entre eux qui dénoncent des abus dans les entreprises doivent être protégés contre les représailles et le licenciement.
</p><p>Dans une résolution adoptée à l’unanimité, les délégué(e)s de l’USS ont demandé au Conseil fédéral et à l’administration fédérale d’imposer le contrôle du temps de travail et de ne pas élargir les catégories de salarié(e)s qui peuvent renoncer à enregistrer leur temps de travail. Également à l’unanimité, les délégué(e)s de l’USS ont appelé le Parlement fédéral à renoncer à des coupes claires sur le dos du personnel, c’est-à-dire à supprimer 2&nbsp;000 emplois dans ce secteur, ainsi qu’à ne pas entrer en matière, lors de la session en cours, sur le programme de consolidation et de réexamen des tâches 2014.
</p><h5>renseignements</h5><p>Daniel Lampart (079 205 69 11), premier secrétaire et économiste en chef de l’USS, se tient à votre disposition pour tout complément d’information.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Suisse</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1073</guid><pubDate>Mon, 03 Jun 2013 10:00:00 +0200</pubDate><title>Heures d’ouverture des commerces : la tactique du salami  </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/heures-d-ouverture-des-commerces-la-tactique-du-salami</link><description>Nouvelle attaque contre la santé</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">On constate depuis un certain temps que les interventions parlementaires qui visent un démantèlement dramatique des conditions de travail du personnel de la vente s’accumulent. Les menaces pèsent surtout sur le temps de repos en général, dominical et nocturne en particulier. La motion Lombardi, que le Parlement fédéral va traiter sous peu, apparaît tout particulièrement dangereuse.</p><p>Première attaque&nbsp;: l’initiative parlementaire Lüscher (à l’origine du texte sur lequel nous voterons le 22 septembre prochain, suite au référendum des syndicats et de l’Alliance pour le dimanche), supprimera pratiquement toutes les dispositions de protection pour les magasins de stations-service, au détriment des travailleurs et travailleuses concernés et de la qualité de vie en général de toute la population. Deuxième attaque&nbsp;: la motion Abate, qui veut redéfinir la notion de tourisme dans la loi sur le travail (art. 25 ordonnance 2 relative à la loi sur le travail). L’interdiction stricte du travail du dimanche selon la loi sur le travail en vigueur serait affaiblie, ce qui aurait des conséquences graves sur la vie en commun et tout spécialement sur la santé des salarié(e)s, de même que sur les conditions de travail dans la vente. Les femmes seraient les&nbsp; premières touchées, car elles représentent les deux tiers du personnel du commerce de détail.
</p><p>La troisième attaque contre le personnel de vente est la motion «&nbsp;Heures d’ouverture des magasins. Garantir une concurrence équitable&nbsp;» déposée par le groupe vert’libéral en décembre 2012. Elle demande, sous prétexte d’égalité de traitement, que la déréglementation proposée pour les magasins de stations-service, et combattue par référendum, soit appliquée à tous les points de vente des entreprises de services (!), quel que soit leur assortiment, d’une surface égale ou inférieure à 120 m2, qui pourraient ainsi faire travailler leurs employé(e)s 24 heures sur 24 et le dimanche. 
</p><h3>Lombardi&nbsp;: une motion déplacée et dangereuse</h3><p>La quatrième attaque, la motion Lombardi, demande que les cantons prévoient des heures d’ouverture des commerces de détail minimales obligatoires, de 6 à 20 heures du lundi au vendredi et de 6 à 19 heures le samedi. Cela, parce que, soi-disant, ces prolongations généreraient automatiquement plus de chiffre d’affaires. Ce qui est faux. 
</p><p>Les cantons frontaliers de Zurich et d’Argovie connaissent déjà de telles heures d’ouverture, ce qui n’empêche pas leurs habitants d’aller faire leurs achats en Allemagne. L’explication en est avant tout la force du franc suisse. Le chef de la Migros, Herbert Bolliger, a aussi relevé dans la presse alémanique que la pression venait ici du cours de change. Mentionnons encore, pour être complet, que les comptes annuels des deux plus grands commerces de détail du pays, font état d’une hausse du chiffre d’affaires. Les chiffres sont parlants&nbsp;: la partie commerce de détail de la Coop a augmenté de 1,7&nbsp;% en 2012, une hausse qui a même été de 2,3&nbsp;% pour la Migros.
</p><p>Prolonger la durée du travail comme le demande la motion Lombardi ne permettrait donc pas aux commerces d’améliorer leur chiffre d’affaires, mais porterait surtout atteinte à la santé, ainsi qu’à la vie sociale et familiale des personnes concernées. De plus,&nbsp; cela ne favorise ni l’emploi ni la croissance, mais traduit la concurrence mortelle pour toujours plus de petits commerces à laquelle on se livre dans la branche. Les victimes&nbsp;? Ce sont les employé(e)s du commerce de détail qui souffrent, aujourd’hui déjà, de mauvaises conditions de travail. Et ce serait à nouveau eux les premières victimes de la motion Lombardi.
</p><p>Des études montrent de fait clairement que la prolongation des heures d’ouverture des commerces entraîne simplement, à prix et pouvoir d’achat inchangés, une redistribution, soit un transfert du chiffre d’affaires, qui reste inchangé lui aussi. L’idée à la base de la motion Lombardi est donc dénuée de tout fondement. 
</p><h3>Respecter la volonté du peuple</h3><p>La motion Lombardi est aussi une offensive contre la souveraineté des cantons. Ces dernières années, les syndicats ont régulièrement saisi le référendum contre des prolongations des heures d’ouverture des commerces et plus de travail nocturne ou dominical. Dans la plupart des cas, le peuple leur a donné raison. Tout derniers exemples&nbsp;: la votation du 17 juin 2012 dans le canton de Zurich sur une initiative qui voulait globalement libéraliser ces heures d’ouverture et fut rejetée par plus de 70&nbsp;% des citoyen(ne)s et, à Lucerne, le refus, à la même date, par 54,5&nbsp;% d’une prolongation d’une heure des ventes du samedi, quand Bâle-Ville faisait de même, le 3 mars 2013, sur un objet similaire. On n’a pas le droit d’ignorer ces manifestations claires et nettes de la volonté du peuple&nbsp;!
</p><p>En acceptant la motion Lombardi, la majorité bourgeoise des Chambres fédérales a de facto mis hors d’état de marche des processus démocratiques courants dans les cantons. Cette décision est des plus inquiétantes pour le fonctionnement démocratique de notre pays. 
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) constate que l’on assiste à une course au démantèlement du droit du travail dans le secteur des services. Il s’y opposera avec toutes ses fédérations et les milieux intéressés&nbsp;: la motion Lombardi au Parlement et l’introduction de la journée de travail de 24 heures pour les magasins des stations-service, dans les urnes.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1070</guid><pubDate>Mon, 27 May 2013 16:26:00 +0200</pubDate><title>L’enregistrement du temps de travail toujours plus important</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-enregistrement-du-temps-de-travail-toujours-plus-important</link><description>Stress au travail</description><content:encoded><![CDATA[<p>La <a href="http://www.news.admin.ch/message/index.html?lang=fr&amp;msg-id=48949" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">publication par l’Office fédéral de la statistique (OFS) de nouveaux chiffres sur les heures travaillées en Suisse</a> donne une image fausse de la réalité dans la mesure où elle ne tient pas compte, ou ne le peut pas, des heures supplémentaires fournies gratuitement. 
</p><p>Les anciennes enquêtes du SECO sur le stress et la satisfaction au travail montrent que le stress au travail a fortement augmenté ces deux dernières décennies. Ainsi, plus d’un tiers des salarié(e)s (34,4&nbsp;%) ont déclaré être souvent ou très souvent stressés. C’est énorme&nbsp;! Il y a dix ans, ils étaient encore 26,6&nbsp;%. Les branches les plus touchées sont celles de la finance et des services. 
</p><p>On observe qu’en Suisse aussi, toujours plus de personnes travaillent pendant leur temps libre. Les journées de travail durent plus que dix heures, et ne sont souvent pas compensées. Ces heures supplémentaires ont souvent lieu le week-end et le soir à la maison, et ne sont pas enregistrées, alors que la loi le prescrit. 
</p><p>C’est pourquoi il est d’autant plus inquiétant et incompréhensible que le SECO joue toujours avec l’idée de renoncer de manière générale et absolument légale à tout enregistrement du temps de travail de certaines catégories de salarié(e)s (fondés de pouvoir, etc.). Les heures supplémentaires travaillées gratuitement, la surcharge de travail, le stress et le travail pendant leur temps libre augmenteraient ainsi encore plus. Et avec eux nombre de maladies psychosociales aussi. Pour les femmes surtout, il devient encore plus difficile de concilier des horaires de travail qui débordent de leur cadre avec la charge que représentent leurs activités familiales et de soins («&nbsp;care). L’USS et ses fédérations s’y opposent énergiquement. 
</p><p>L’USS se réjouit de voir que, d’après les dernières données de l’OFS, selon lesquelles, les travailleurs et travailleuses des branches qui ont une convention collective de travail sont tendanciellement plutôt protégés contre les horaires de travail irréguliers et précarisant, ainsi que les heures supplémentaires en nombre excessif et généralisées. Ce sont en effet précisément ces facteurs qui, selon les études existantes, comportent un risque plus élevé de maladie (stress, troubles du sommeil, dépressions, épuisement professionnel).
</p><h5>&nbsp;renseignements</h5><p>&nbsp;</p><ul><li><span>Luca Cirigliano (076 335 61 97), secrétaire central de l’USS</span></li></ul><p></p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1067</guid><pubDate>Thu, 16 May 2013 13:00:00 +0200</pubDate><title>Manifestation de solidarité contre les licenciements abusifs de l’hôpital de la Providence</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/manifestation-de-solidarite-contre-les-licenciements-abusifs-de-l-hopital-de-la-providence</link><description>Samedi, 1er juin, 14 heures, à Genève, Place du Molard</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) et le Syndicat suisse des services publics (ssp) appellent toutes et tous les syndiqué(e)s à venir manifester le 1er juin à Genève contre les licenciements abusifs. L’affaire de l’hôpital de la Providence est la goutte qui a fait déborder le vase. </p><p>Le cas de l’hôpital de la Providence est le plus récent. Mais c’est de loin le plus violent de toute une série de licenciements antisyndicaux. En février 2013, 22 grévistes de l’hôpital neuchâtelois de la Providence se sont fait licencier avec effet immédiat. Et pourquoi ? Parce qu’ils se sont mis en grève contre la dénonciation de leur convention collective de travail (CCT) et contre la dégradation de leurs conditions de travail, deux des exigences posées par un acquéreur privé de l’hôpital, le groupe Genolier. Ces licenciements brutaux violent les droits syndicaux garantis par la Constitution fédérale et des conventions internationales. Or, invoquant la loi, le tribunal auquel le Syndicat suisse des services publics (ssp) a fait appel a refusé de les annuler. 
</p><p>Ainsi, le droit de grève se trouve foulé aux pieds. Il n’est plus possible de faire grève pour s’opposer à la dégradation de ses conditions de travail. Mais la décision du tribunal est aussi une attaque dirigée contre un partenariat social correct. Un acquéreur, comme Genolier, ne peut pas simplement « débrancher » la CCT et détériorer les conditions de travail. Si cet exemple fait école, les CCT ne vaudront même plus le papier sur lequel elles sont écrites. Ce sera alors uniquement marche ou crève. 
</p><p>Contre cette façon d’agir, le ssp a déposé le 10 avril 2013 une plainte auprès de l’Organisation internationale du Travail (OIT), à Genève. L’Union syndicale suisse (USS) en avait déjà de même en 2003 pour dénoncer la protection lacunaire contre les licenciements antisyndicaux dans notre pays et présenté des douzaines de cas à cette occasion. Mais, les employeurs et les politiques de droite avaient même enterré les améliorations de la protection contre le licenciement les plus minimes. Raison pour laquelle, l’USS a réactivé en automne 2012 la plainte qu’elle avait momentanément suspendue en 2009. 
</p><h3>Assez, c’est assez ! </h3><p>L’USS et le ssp appellent tous et toutes les syndiqué(e)s du pays à se joindre à la manifestation de solidarité contre les licenciements abusifs, qui se tiendra le 1er juin prochain. Nous ne nous laisserons pas arnaquer ! 
</p><p>Droit de grève garanti ! – Respect des CCT ! NON au démantèlement pur et dur ! 
</p><h5>Informations pratiques&nbsp;</h5><p>Samedi 1er juin 2013, Place du Molard, Genève
</p><p>Depuis la gare CFF, tram 14, direction P + R Bernex jusqu’à l’arrêt Bel-Air, puis 3 minutes à pied jusqu’à la Place du Molard
</p><p>À 14 h 30 environ, rassemblement avec les manifestant(e)s de la CGAS. Ces derniers auront déjà manifesté (13 h 30, Place Neuve) pour des salaires justes et une répartition équitable des revenus. Cortège commun des participant(e)s aux deux manifs jusqu’à la Place des Nations, où aura lieu la manifestation finale.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1064</guid><pubDate>Wed, 15 May 2013 14:26:00 +0200</pubDate><title>Nouveau site pour les apprenties et apprentis et réédition du bestseller de l’USS</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/nouveau-site-pour-les-apprenties-et-apprentis-et-reedition-du-bestseller-de-l-uss</link><description>www.jeunesse-syndicale.ch</description><content:encoded><![CDATA[<p>Chaque année, plus de 70&nbsp;000 jeunes commencent un apprentissage en entreprise. Ils ont généralement entre 16 et 18 ans et ne connaissent pour ainsi dire rien du monde du travail. En signant un contrat d’apprentissage, ils se sont engagés à travailler au service d’un employeur en échange de leur formation. À ce titre, le patron ne manquera pas de leur rappeler qu’ils sont soumis à un certain nombre des devoirs.
</p><p>Par contre, les apprenti(e)s, peu conscients de leurs droits, ne sont souvent pas en mesure de les faire respecter. Certains patrons ont tendance, par exemple, à «&nbsp;oublier&nbsp;» qu’un jeune de 16 ans ne peut pas être astreint à un travail plus de 9 heures par jour. Ou qu’une apprentie-vendeuse n’est pas sensée travailler le dimanche. Il existe pourtant une protection spécifique pour les jeunes travailleurs et travailleuses afin de ne pas entraver leur développement personnel, physique et psychique.
</p><p>Consciente de ces difficultés, la Commission jeunesse de l’Union syndicale suisse (USS) a réactualisé son bestseller, le guide «&nbsp;Je défends mes droits. Jeune, apprentie, apprenti&nbsp;: tes droits de A à Z&nbsp;» (parution le 16 mai). Simultanément, elle met dès aujourd’hui un nouveau site internet à disposition des apprenti(e)s et jeunes travailleurs et travailleuses. Un site, dont l’élément central est précisément ce guide. Ainsi, grâce à un moteur de recherche par mots-clés, les jeunes pourront en consulter en ligne tous les articles. Ce guide et le site en soi contiennent toutes les informations indispensables en relation avec le travail (conditions de travail, formation, assurances sociales, impôts, chômage, …), ainsi que les références aux bases juridiques et liens utiles. 
</p><p>Le tirage de la nouvelle édition de «&nbsp;Je défends mes droits&nbsp;» est de 50&nbsp;000 exemplaires (français et allemand). Les commandes (Fr.&nbsp;4.- l’exemplaire papier) peuvent être passées auprès de <a href="#" data-mailto-token="thpsav1pumvGzni5jo" data-mailto-vector="7">info(at)sgb.ch</a>. Sur demande, nous mettons à disposition des journalistes intéressés un exemplaire en service de presse. Pour d’autres informations&nbsp;: <a href="http://www.jeunesse-syndicale.ch" target="_blank" rel="noreferrer">www.jeunesse-syndicale.ch</a>. 
</p><h5>Contacts</h5><p>Véronique Polito (079 436 21 29), secrétaire centrale de l’USS, et&nbsp;Thomas Zimmermann (079 249 59 74), responsable de la communication et porte-parole de l’USS, se tiennent à votre disposition pour tout complément d’information.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1052</guid><pubDate>Tue, 30 Apr 2013 13:49:00 +0200</pubDate><title>Non aux agressions contre le personnel </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/non-aux-agressions-contre-le-personnel</link><description>Sécurité au travail : face à la criminalité aussi et surtout dans les transports publics.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Syndicat du personnel des transports (SEV) demande, à la faveur d’une vaste campagne de sensibilisation, que les autorités et les employeurs renforcent leurs mesures destinées à protéger le personnel et les voyageurs et voyageuses contre tout acte de violence quel qu’il soit. Il faut accroître la prévention. Mais l’idéologie des économies à tout prix et du démantèlement s’y opposent.</p><p>Les organisations du personnel des transports publics annoncent toujours plus de cas d’agressions verbales, voire physiques, à l’encontre des contrôleur(e)s ou du personnel de guichet des CFF, de même que d’actes de vandalisme commis par des jeunes durant le trafic de nuit. 
</p><p>Les femmes sont surtout concernées pas les commentaires sexistes d’autres voyageurs. Il peut s’agit de remarques salaces sur leur physique, comme d’actes à caractère sexuel non souhaités (attouchements soi-disant involontaires). Et il y a malheureusement lieu de mentionner aussi des délits punissables, comme la contrainte sexuelle, etc. Dans ces cas, il est de la plus haute importance de porter logiquement aussi plainte contre ces agressions (verbales) à connotations sexuelles. Cela s’applique également, sous l’angle d’une politique de santé non discriminatoire («&nbsp;Gender health&nbsp;»), aux commentaires dirigés contre des lesbiennes, des gays, des bisexuel(le)s ou des transgenres (LGBT). Les lesbiennes et les gays sont en effet régulièrement confrontés à ce type d’agression. 
</p><p>Des études l’ont établi&nbsp;: les agressions contre le personnel, surtout celles à connotation sexuelle, ont de nombreuses conséquences négatives&nbsp;: troubles psychiques et physiques, absences, dégradation de l’ambiance au travail ou dans l’entreprise. En outre, elles représentent, pour leurs victimes, une très grave atteinte à leur personnalité, que l’employeur est tenu de combattre avec tous les moyens à sa disposition.
</p><h3>Une enquête pour améliorer la situation</h3><p>C’est pourquoi le SEV et ses sous-fédérations ont mis au point une «&nbsp;carte d’agression&nbsp;». Grâce à une vaste enquête réalisée auprès des employé(e)s, on disposera d’une meilleure vue d’ensemble des agressions dont ils sont la cible (<a href="http://www.sev-online.ch/fr/aktuell/kontakt.sev/2013/ausgabe_07/aggressionskarte.php" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.sev-online.ch/fr/aktuell/kontakt.sev/2013/ausgabe_07/aggressionskarte.php</a>). Et demain, il sera ainsi possible d’engager, avec les autorités et les employeurs, des mesures mieux ciblées. 
</p><p>Aujourd’hui déjà, il faut rappeler que toutes les agressions contre des collaborateurs ou des collaboratrices des transports publics sont reconnues officiellement comme des délits et qu’elles doivent être poursuivies avec toute la rigueur de la loi&nbsp;: selon le Code pénal, ces infractions sont poursuivies d’office, lorsqu’elles concernent des employé(e)s des transports publics durant leur service actif. Cela figure à l’article 59 de la loi sur le transport des voyageurs, ainsi qu’à l’article 88 de la loi sur les chemins de fer fédéraux. L’autorité en charge de telles enquêtes doit donc obligatoirement agir lorsqu’elle prend connaissance d’une agression. 
</p><p>La mesure la plus efficace contre les agressions reste la prévention. Celle-ci est la meilleure lorsqu’un personnel formé plus nombreux intervient en groupe dans les trains et les bus. Les exemples négatifs du Réseau des transports publics zurichois montrent ce qui ne doit pas avoir lieu, à savoir qu’à cause du diktat des économies, on réduit le personnel de manière générale et aux guichets, ce qui transforme par conséquent les gares en des «&nbsp;non-lieux&nbsp;».</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Transports</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1051</guid><pubDate>Mon, 29 Apr 2013 11:15:00 +0200</pubDate><title>L’USS exige une réorientation urgente de la politique salariale et des revenus</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-uss-exige-une-reorientation-urgente-de-la-politique-salariale-et-des-revenus</link><description>Rapport sur la situation financière des salarié(e)s</description><content:encoded><![CDATA[<p>Un rapport publié par l’Union syndicale suisse (USS) lundi l’établit&nbsp;: la Suisse n’a jamais été aussi riche. Pourtant, la situation financière de nombreux salarié(e)s s’est détériorée depuis le passage dans le nouveau millénaire. Ils et elles sont confrontés à la pression sur les salaires. Un cinquième des salarié(e)s ont de sérieux soucis avec leur revenu et se retrouvent à court d’argent lorsqu’ils doivent faire face à une dépense imprévue de 2&nbsp;000 francs (dentiste, garagiste). Bien qu’ayant terminé leur apprentissage, près de 150&nbsp;000 personnes gagnent un salaire mensuel inférieur à 4&nbsp;000 francs. Il n’y a pas que l’argent à poser problème, mais aussi la forte augmentation des contraintes au travail. Plus d’un tiers des salarié(e)s éprouvent souvent ou très souvent du stress au travail. Et près d’un cinquième d’entre eux et elles doivent régulièrement emporter du travail à la maison et travailler en dehors des horaires réguliers. Seule une minorité a profité de l’évolution des salaires. Grâce au système des bonus, les grands vainqueurs sont les cadres et les dirigeants. Le nombre des «&nbsp;millionnaires en salaire&nbsp;» a quadruplé depuis 1997.
</p><p>Il est temps de réorienter la politique des salaires et des revenus&nbsp;: le système salarial classique avec ses augmentations générales doit remplacer celui des bonus. Des conventions collectives pour toutes et tous et de bons salaires minimums d’au moins 22 francs de l’heure dans toutes les branches sont nécessaires. Les entreprises en main publique ne doivent plus verser de salaire supérieur à 500&nbsp;000 francs. Dans les entreprises privées, le rapport entre les salaires doit être de 1:12.
</p><p>Une réorientation s’impose aussi en matière de prévoyance professionnelle&nbsp;: la politique dans ce domaine doit abandonner sa logique régressive et renforcer l’AVS au lieu de l’affaiblir. Ce n’est qu’ainsi que l’on pourra obtenir que les rentes du premier et du deuxième pilier permettent le maintien de manière appropriée du niveau de vie antérieur, comme la Constitution le prévoit. En conséquence, l’USS récolte actuellement des signatures pour son initiative populaire «&nbsp;AVSplus&nbsp;» qui introduit un supplément de 10 pour cent de la rente AVS.
</p><p>&nbsp;</p><p>Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en chef de l’USS (079 205 69 11) et Thomas Zimmermann, responsable de la communication (079 249 59 74) se tiennent à votre disposition pour tout complément d’information.
</p><h5>Documents</h5><p>&nbsp;</p><ul><li><span>La situation financière des travailleurs et travailleuses en Suisse : analyse et interventions possibles</span></li><li><span>&lt;media 995 - - "TEXT, 130429 DL situation financiere, 130429_DL_situation_financiere.pdf, 203 KB"&gt;Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en chef de l’USS: "&lt;/media&gt;</span><span>&lt;media 995 - - "TEXT, 130429 DL situation financiere, 130429_DL_situation_financiere.pdf, 203 KB"&gt;Réorienter la politique salariale et des revenus vers une répartition plus juste"&lt;/media&gt;</span></li><li>&lt;media 996 - - "TEXT, 130429 PR situation financiere empl, 130429_PR_situation_financiere_empl.pdf, 85 KB"&gt;<span>Paul Rechsteiner, président de l’USS: "</span><span>Les remèdes efficaces contre les inégalités croissantes : des&nbsp;</span>&lt;/media&gt;<span>&lt;media 996 - - "TEXT, 130429 PR situation financiere empl, 130429_PR_situation_financiere_empl.pdf, 85 KB"&gt;correctifs politiques et des syndicats forts !"&lt;/media&gt;</span></li></ul><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Repartition</category><category>Finances et fiscalité</category><category>Politique sociale</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1050</guid><pubDate>Fri, 26 Apr 2013 16:37:00 +0200</pubDate><title>Fixer des salaires minimums, durcir les contrôles, relever les salaires indicatifs</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/fixer-des-salaires-minimums-durcir-les-controles-relever-les-salaires-indicatifs</link><description>Les mesures d’accompagnement doivent être appliquées</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les contrôles réalisés l’an passé ont permis de découvrir et de sanctionner de nombreuses infractions aux salaires minimums commises par les employeurs, ce qui montre l’importance des mesures d’accompagnement. À défaut, la loi de la jungle menace les salaires et les conditions de travail.&nbsp;&nbsp;
</p><p>Il est préoccupant de constater que, dans les branches sans salaires minimums, 10&nbsp;pour cent des employeurs versent des salaires insuffisants. La situation est particulièrement alarmante dans le commerce de détail et dans l’horticulture&nbsp;: puisqu’il n’y a pas de salaires minimums dans ces branches, il n’est pas possible d’amender les exploiteurs et les cantons se bornent à envoyer des lettres sans effet. La loi prévoit que la Confédération et les cantons édictent des salaires minimums lorsqu’ils sont en présence de cas de sous-enchère salariale. Or, aucun canton alémanique ne l’a fait jusqu’à présent. Quant à la Confédération, elle s’est exécutée dans deux cas seulement, après de fortes pressions politiques.
</p><p>Le recul du nombre de contrôles – pour la deuxième fois depuis&nbsp;2012 – est un autre aspect inquiétant, au moment même où il faudrait davantage d’inspections. Le nombre d’entreprises étrangères actives en Suisse a en effet augmenté, tout comme l’immigration.
</p><p>Pour constater la sous-enchère salariale, il faut un salaire indicatif, qui doit s’aligner sur les salaires d’usage dans les branches et les régions. Certains salaires indicatifs utilisés par les cantons sont trop bas, comme c’est le cas de l’horticulture dans le canton de Zurich. En réalité, la pression sur les salaires est probablement plus forte que ce que conclut le rapport.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p><p>Il faut dès lors appliquer systématiquement les mesures d’accompagnement, soit:
</p><p>- En cas de sous-enchère salariale, la Confédération et les cantons doivent décréter des salaires minimums, seule mesure efficace contre ce phénomène.
</p><p>- Il faut augmenter le nombre de contrôles.
</p><p>- Les salaires indicatifs définis par les cantons doivent s’aligner sur les salaires d’usage, faute de quoi le niveau des salaires en Suisse en pâtira.&nbsp; 
</p><h5>Renseignements&nbsp;</h5><p>Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en chef de l’USS, 079 205 69 11</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1049</guid><pubDate>Thu, 25 Apr 2013 17:00:00 +0200</pubDate><title>Ne pas abaisser l’âge de protection pour les travaux dangereux</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/ne-pas-abaisser-l-age-de-protection-pour-les-travaux-dangereux</link><description>Workers’ Memorial Day</description><content:encoded><![CDATA[<p>Chaque jour, 5500 personnes meurent dans le monde à cause d’accidents du travail ou des suites d’une maladie professionnelle. C’est nettement plus que les victimes des conflits armés. Cet état de fait constitue à lui seul une raison suffisante pour commémorer le 28 avril – jour du Workers’ Memorial Day —, les salarié(e)s qui sont tombés malades à cause du travail, ou qui sont morts, ont été blessés ou mutilés au travail.
</p><p>En Suisse aussi la question des accidents du travail reste d’actualité, particulièrement parmi les plus jeunes salarié(e)s. Selon les données du Service de centralisation des statistiques de l’assurance-accidents (SSAA), le nombre des accidents du travail touchant des apprenti(e)s a crû de plus de 6&nbsp;% de 1996 à 2009, alors que durant la même période, les accidents du travail reculaient dans l’ensemble de 13,4&nbsp;%. Malgré cette évolution alarmante, certains cantons et milieux bourgeois veulent abaisser l’âge de protection pour les travaux dangereux de 16 ans actuellement à 14 ans. Cela de surcroît sans connaître précisément les données de ces dernières années, puisque le SSAA ne dispose pas de chiffres récents sur le risque d’accident pour les apprenti(e)s. Ce pilotage à l’aveugle d’une dégradation de la protection contre les accidents du travail, qui plus est pour les jeunes salarié(e)s, n’est pas tolérable.
</p><h3>Dites stop en cas de danger&nbsp;!</h3><p>Afin de prévenir les accidents du travail, l’USS avec le soutien de la SUVA a élaboré un support pédagogique, afin de mettre à disposition des écoles professionnelles, des représentations syndicales des travailleurs, mais aussi d’autres personnes intéressées, un instrument permettant d’améliorer la sécurité du travail en Suisse. Son message fondamental&nbsp;: en cas de danger, chaque salarié(e) peut et doit dire stop, surtout s’il se trouve en formation. Le travail doit être interrompu et ne doit reprendre que lorsque la sécurité est à nouveau garantie.
</p><p>Des efforts sont en particulier nécessaires à la protection des apprenti(e)s et des jeunes travailleurs et travailleuses. Comme débutant(e)s, ils sont en effet soumis à une pression supplémentaire et ont besoin, justement parce qu’ils manquent d’expérience, d’un accompagnement plus vigilant pour prévenir les accidents. Les institutions de formation et les employeurs ont une responsabilité à cet égard&nbsp;; ce nouveau support pédagogique peut donc aussi leur servir d’instrument de prévention.
</p><p>Le support pédagogique «&nbsp;En cas de danger&nbsp;: stop&nbsp;!» de<span lang="FR-CH">&nbsp;l’USS , et soutenu financièrement par la SUVA</span>,&nbsp;&nbsp;peut être téléchargé gratuitement &lt;media 961 - - "TEXT, Lehrmittel STOP f, Lehrmittel_STOP_f.pdf, 2.2 MB"&gt;ici&lt;/media&gt;.
</p><h5>Renseignements</h5><p>Luca Cirigliano (076 335 61 97), secrétaire central de l’USS, se tient à votre disposition pour tout complément d’information.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1048</guid><pubDate>Wed, 24 Apr 2013 16:32:00 +0200</pubDate><title>Protéger les salaires plutôt que faire du symbolique</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/proteger-les-salaires-plutot-que-faire-du-symbolique</link><description>Une clause de sauvegarde inefficace contre le dumping salarial</description><content:encoded><![CDATA[<p>La clause de sauvegarde n’est pas une solution aux problèmes que rencontrent les salarié(e)s. Les questions particulièrement controversées des entreprises qui détachent des salarié(e)s, des autorisations de courtes durées (obligation d’annonce) et des frontaliers et frontalières ne sont justement pas concernées par cette clause. Il n’y a qu’une seule façon de se prémunir des conséquences négatives de la libre circulation: les mesures d’accompagnement et leur mise en œuvre doivent garantir qu’en Suisse des salaires suisses sont payés. Ainsi, les employeurs ne pourront plus employer de la main-d’œuvre étrangère «bon marché» à la place des travailleurs et travailleuses de ce pays. 
</p><p>Or aujourd’hui, au contraire, on ne combat pas assez énergiquement le dumping salarial. Par exemple, bien que les cantons constatent régulièrement, lors de leurs contrôles, la réalité de la sous-enchère salariale, ils n’ont pas, à l’exception des cantons de Genève, du Valais et du Tessin, introduit de salaire minimum pour protéger le niveau salarial suisse.
</p><p>Plutôt qu’une politique alibi, des mesures efficaces sont nécessaires. </p><ul><li>Les mesures d’accompagnement doivent être appliquées systématiquement. Lorsque les cantons et la Confédération constatent qu’il y a dumping salarial, ils doivent introduire des salaires minimaux, comme la loi le prévoit.</li><li>Les salaires dans l’horticulture, le commerce de détail (vêtements et chaussures surtout), dans la sécurité privée et dans le journalisme («journalistes libres») sont sous pression. Ils doivent être protégés par des salaires minimaux. </li><li>Employé (e) s temporaires et employé (e) s fixes doivent être traités de la même manière. Malgré la CCT de la branche du travail temporaire, des entreprises industrielles peuvent payer nettement moins bien les temporaires que le personnel fixe. Cela renforce la tendance à se rabattre sur les temporaires «bon marché». </li><li>Il faut augmenter le nombre des contrôles, en particulier dans les régions frontalières. La Confédération et les cantons doivent y consacrer les moyens nécessaires.</li></ul><h5>Renseignements:</h5><p><b></b></p><ul><li><b>Daniel Lampart (</b><b>079 205 69 11)</b><b>,</b> premier secrétaire et économiste en chef de l’USS se tient à votre disposition pour tout complément d’information. </li></ul><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1047</guid><pubDate>Tue, 16 Apr 2013 17:46:00 +0200</pubDate><title>Le Parlement compense l’affaiblissement de la protection contre le licenciement en cas d’insolvabilité</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-parlement-compense-l-affaiblissement-de-la-protection-contre-le-licenciement-en-cas-d-insolvabilite</link><description>Révision du droit de l’assainissement</description><content:encoded><![CDATA[<p class="Pressenotetitrebref">L’Union syndicale suisse (USS) est satisfaite d’apprendre qu’un plan social obligatoire a été introduit à la faveur de la révision du droit de l’assainissement des entreprises. Après le Conseil fédéral et le Conseil des États, c’est au tour du Conseil national de reconnaître que l’assouplissement prévu de la protection contre le licenciement dans le cas d’entreprises insolvables n’était pas tolérable sans mesures compensatoires pour les travailleurs et travailleuses concernés.</p><p class="Text"><span lang="FR">Pour compenser donc la possibilité d’un licenciement immédiat en cas d’assainissement d’entreprises, il y aura un plan social, ainsi que le demande depuis vieux l’USS. De fait, dans la crise économique actuelle, un plan social est plus nécessaire que jamais. Si des parachutes dorés et des primes d’arrivée continuent à être octroyés à des managers incapables, il y a suffisamment d’argent pour des indemnités de départ, des reconversions ou des retraites anticipées en faveur des salarié(e)s licenciés. Sans plan social obligatoire, le droit de l’assainissement aurait été bancal et inacceptable pour l’USS.</span></p><h5><a name="Text7"><span lang="FR">&nbsp;</span></a>Contact</h5><p class="Agencementdutexte"><b><span lang="FR">Luca Cirigliano (031 377 01 17),</span></b><span lang="FR"> secrétaire central de l’USS, se tient à votre disposition pour tout complément d’information.&nbsp;</span></p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Politique sociale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1042</guid><pubDate>Fri, 12 Apr 2013 13:43:00 +0200</pubDate><title>Cette fois, le ssp dépose plainte contre la Suisse à l’OIT</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/cette-fois-le-ssp-depose-plainte-contre-la-suisse-a-l-oit</link><description>La législation suisse viole les droits syndicaux</description><content:encoded><![CDATA[<p>Dans notre pays, le droit de grève est garanti par la Constitution fédérale. Mais le droit suisse permet de licencier des grévistes, comme ce fut récemment le cas du personnel en grève de l’hôpital neuchâtelois de La Providence. Aujourd’hui, le Syndicat suisse des services publics (ssp) porte plainte auprès de l’OIT contre cette attitude anticonstitutionnelle. 
</p><p>En Suisse, le droit de grève est garanti par l’article 28 de la Constitution fédérale. Notre pays a aussi ratifié deux conventions de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur les droits syndicaux et s’est engagé à les respecter. Il s’agit des conventions n°&nbsp;87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical (ratifiée par la Suisse en 1975) et n°&nbsp;98 sur le droit d’organisation et de négociation collective (ratifiée en 1999). 
</p><h3>Plainte du ssp pour violation du droit de grève</h3><p>La plainte déposée auprès de l’OIT par le Syndicat suisse des services publics (ssp) concerne la violation du droit de grève dans le cas de l’hôpital neuchâtelois de La Providence, un hôpital qui fut récemment le théâtre d’une remise en question du droit de grève d’une violence inouïe.
</p><p>Petit retour dans un passé proche&nbsp;: le réseau de cliniques privées Genolier Swiss Medical Network veut acheter La Providence, mais à la condition que la convention collective de travail (CCT) en vigueur ne soit plus appliquée. Genolier entend notamment aussi prolonger la durée du travail, réduire diverses indemnités, ramener le congé de maternité au minimum légal de 14 semaines et supprimer la grille salariale. Depuis de nombreuses années, La Providence est couverte par la CCT du secteur de la santé neuchâtelois, dont profitent plusieurs milliers de travailleurs et travailleuses du secteur. Fin 2012, les employé(e)s de La Providence se sont mis en grève pour conserver cette CCT, l’employeur les menaçant alors de licenciements immédiats. Ce qu’il fera effectivement en février 2013 pour les 22 personnes toujours en grève. Ensuite, le tribunal auquel il est fait appel refusera d’empêcher ces licenciements en invoquant la loi. Pour le ssp, comme pour l’Union syndicale suisse (USS), il est clair que le droit de grève a été violé. C’est pourquoi le ssp, en tant qu’organisation syndicale directement concernée, déposera une plainte auprès du siège principal de l’OIT, à Genève. «&nbsp;Ceux qui font grève se font licencier, et ne peuvent donc plus faire grève parce qu’ils n’ont plus de contrat de travail.&nbsp;» Telle est la raison pour laquelle, le ssp, explique Stefan Giger, son secrétaire général, a décidé de déposer plainte. De fait, l’absurdité de la législation suisse apparaît ici dans toute sa splendeur. 
</p><h3>Plainte de l’USS pour cause de protection lacunaire contre le licenciement</h3><p>En 2003 déjà, l’USS avait déposé pour la première fois une plainte auprès de l’OIT pour violation de la convention n°&nbsp;98 de cette dernière. Selon l’USS, la protection insuffisante des personnes de confiance, des militant(e)s syndicaux et autres membres de commissions d’entreprise contre les licenciements injustifiés est en contradiction avec la convention n°&nbsp;98. Une année plus tard, le Comité de la liberté syndicale de l’OIT, responsable de ces questions, pria nos autorités d’adapter la législation au droit international. Mais les politiques suisses, dominés par la droite, refusèrent d’introduire des sanctions concrètes contre les licenciements antisyndicaux. Et ils allèrent même jusqu’à enterrer la moindre amorce de solution à ce problème. C’est la raison pour laquelle l’USS a réactivé en 2012 sa plainte, qui avait été suspendue depuis 2009.
</p><h3>Manif de solidarité le 1er juin</h3><p>Suite à la plainte du ssp, la Suisse, pays hôte de l’OIT, se trouve une nouvelle fois, au plan international, sur le banc des accusés. Mais le ssp et l’USS ne combattent pas la mise à mort brutale de la grève des employé(e)s de La Providence avec des armes uniquement juridiques. Le samedi 1er juin, une manif de solidarité contre les licenciements abusifs aura lieu à Genève. L’USS appellera ses membres à y participer (des informations suivront). En effet, il s’agit, d’une part, de la garantie du droit de grève en Suisse et, de l’autre, du respect des CCT. Soit des deux piliers sur lesquels repose la liberté syndicale.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1022</guid><pubDate>Fri, 12 Apr 2013 09:32:00 +0200</pubDate><title>Pas de dégradation unilatérale au détriment des salarié(e)s !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pas-de-degradation-unilaterale-au-detriment-des-salarie-e-s</link><description>Révision du droit de l’assainissement sur la corde raide
</description><content:encoded><![CDATA[<p>Lors de la prochaine session parlementaire d’été, le Conseil national traitera la réforme du droit de la poursuite pour dettes et la faillite (procédure d’assainissement, révision partielle de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite LP). L’Union syndicale suisse (USS) met en garde&nbsp;: pas question d’accéder aux revendications extrêmes des employeurs et de sortir l’obligation d’un plan social de la révision.
</p><p>Il y a quelques années de cela, il a été décidé, surtout en raison des expériences faites après l’effondrement traumatisant de Swissair, de corriger ponctuellement certains points faibles du droit de l’assainissement. À cet effet, l’Office fédéral de la justice (OFJ) mit sur pied un groupe d’expert(e)s chargé de clarifier les éléments de la loi à changer. Ce groupe présenta un rapport&nbsp; en avril 2005 et, en juin 2008, un avant-projet ainsi qu’un rapport explicatif. À l’époque déjà, l’USS avait critiqué le fait que les représentations des salarié(e)s et leur savoir-faire n’avaient pas été suffisamment pris en compte par les expert(e)s dans leurs travaux. 
</p><p>L’USS soutint tout de même, en tant que principal partenaire social, la révision du droit de l’assainissement des entreprises élaborée dans la foulée par le Conseil fédéral et le Conseil des États, car elles satisfaisaient à ses exigences minimales de l’obligation de négocier un plan social.
</p><h3>Ne pas mettre la révision en danger&nbsp;! </h3><p>La commission du Conseil national chargée de l’examen préalable a certes ensuite maintenu l’obligation d’un plan social, mais à une majorité des plus serrées (13 voix contre 12). Ce n’est pas de bon augure pour la votation en plénum, lors de la session à venir.
</p><p>L’USS rappelle que, sans obligation de plan social, aucun nouveau droit de l’assainissement n’est possible, car comment imaginer, à une époque de parachutes dorés et de «&nbsp;prohibition de faire concurrence&nbsp;» à hauteur de millions genre Vasella, assainir des entreprises unilatéralement sur le dos des salarié(e)s. 
</p><p>Le projet prévoit en effet qu’à l’avenir, les salarié(e)s pourraient faire l’objet d’un licenciement immédiat en cas d’assainissement de leur entreprise. Le Conseil fédéral veut faciliter de la sorte l’assainissement des entreprises insolvables. Il propose, pour compensation, l’obligation de négocier un plan social, comme le demande depuis longtemps l’USS.
</p><p>De fait, il y a suffisamment d’argent pour financer des indemnités de départ, des reconversions ou des retraites anticipées pour le personnel licencié. Seules ces mesures inclues dans des plans sociaux garantissent que les assainissements des entreprises ne se feront pas aux dépens de l’ensemble de la société et des destins individuels des travailleurs et travailleuses. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1043</guid><pubDate>Fri, 12 Apr 2013 08:19:00 +0200</pubDate><title>Respect des normes en temps de crise : la Suisse doit mieux protéger les syndicats</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/respect-des-normes-en-temps-de-crise-la-suisse-doit-mieux-proteger-les-syndicats</link><description>Conférence de l’OIT à Oslo</description><content:encoded><![CDATA[<p>En période de crise aussi, les travailleurs et travailleuses ne doivent pas être licenciés uniquement parce qu’ils sont engagés au plan syndical. Les normes fondamentales de protection de l’Organisation internationale du Travail (OIT) doivent donc également s’appliquer lorsque le climat se fait plus rude entre les partenaires sociaux en raison de la crise. C’est là ce qu’ont demandé les délégations de l’OIT à la 9e Rencontre régionale européenne d’Oslo (8 – 11.4).
</p><p>Selon la Déclaration d’Oslo, même dans un contexte économique toujours plus difficile, les normes de l’OIT devraient être respectées et appliquées dans les pays. Parmi les libertés qui doivent être protégées sans concessions aucunes figurent celles de créer un syndicat, de s’y affilier ou de mener des négociations collectives. Les travailleurs et les travailleuses doivent être surtout protégés contre les licenciements antisyndicaux. 
</p><p>Or c’est précisément là une protection qui fait défaut dans notre pays. Et il en a aussi été à nouveau question lors de la rencontre en Norvège. Cela, d’autant plus que, le 10 avril, le Syndicat suisse des services publics (ssp) a déposé plainte dans ce contexte contre la Suisse au siège principal de l’OIT à Genève. À l’origine de cette plainte, le licenciement immédiat de 22 grévistes de l’hôpital neuchâtelois de La Providence, en février dernier<a href="typo3/#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>. À l’occasion d’une action menée devant le siège de l’OIT à Genève, les grévistes licenciés ont exigé, avec le ssp et d’autres syndicats, que la Suisse applique une fois pour toutes les conventions N° 87 et 98 ratifiées depuis des décennies par elle. 
</p><p>Ces revendications ont aussi été entendues dans la lointaine Oslo, où l’Union syndicale suisse (USS), membre de la délégation tripartite helvétique, représentait les intérêts des salarié(e)s suisse. L’USS a soutenu les analyses et réflexions de l’OIT, ainsi que son directeur général, Guy Ryder, pour qui, précisément en périodes économiques difficiles, le partenariat social représente le seul moyen éprouvé pour trouver des mesures innovatrices contre la crise. 
</p><hr><p><a href="typo3/#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Voir la contribution séparée sur ce sujet même.</p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1030</guid><pubDate>Wed, 03 Apr 2013 13:00:00 +0200</pubDate><title>86 499 signatures contre la journée de travail de 24 heures</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/86-499-signatures-contre-la-journee-de-travail-de-24-heures</link><description>Alliance pour le dimanche : le référendum a abouti</description><content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p><p>Le dépôt du référendum contre la journée de travail de 24 heures a lieu ce matin. Pas moins de 86&nbsp;499 signatures ont été récoltées en moins de trois mois contre la libéralisation des heures d’ouverture dans le commerce de détail. Les membres de l’Alliance pour le dimanche, dont l’USS, manifestent leur opposition à la journée de travail de 24&nbsp;heures, avec une installation figurant une horloge où de minuscules ouvrières et ouvriers trottent sans cesse, aux ordres de politiciens libéraux.
</p><p>Ce matin à 10&nbsp;heures, les organisations membres de l’Alliance pour le dimanche ont convergé à Berne pour y déposer à la Chancellerie fédérale les signatures contre la journée de travail de 24&nbsp;heures, récoltées à une vitesse record. L’Alliance pour le dimanche y a protesté contre l’augmentation du stress dans la société actuelle, facteur d’épuisement professionnel. Une installation figurait les turbos de la libéralisation actionnant une manivelle pour faire trotter en permanence, à toute vitesse, des ouvrières et ouvriers autour d’une horloge figurant les 24&nbsp;heures de la journée.
</p><p>La libéralisation des magasins des stations-service introduirait pour la première fois la journée de travail de 24&nbsp;heures dans le commerce de détail. Et il ne s’agit que d’un cheval de Troie. D’autres projets tout aussi radicaux suivront. La votation à venir a donc une valeur de signal pour les interventions parlementaires suivantes: le groupe vert’libéral souhaite introduire la journée de 24&nbsp;heures dans les petits commerces – 7/7 jours. Au motif que les magasins des stations-service pourront eux aussi ouvrir plus longtemps. Et le conseiller aux États Fabio Abate (PRL) exige l’introduction à grande échelle du travail du dimanche.
</p><p>Les organisations membres de l’Alliance pour le dimanche sont particulièrement satisfaites de la vitesse à laquelle les signatures nécessaires ont été réunies. Cela prouve que la population suisse désapprouve la course à la libéralisation des élus politiques. Les votations de ces dernières années en apportent la confirmation: dans plus de 90&nbsp;% des cas, les citoyen(ne)s se sont prononcés contre la prolongation des heures d’ouverture. Le personnel de vente est lui aussi farouchement opposé à toute nouvelle libéralisation – sachant par expérience que ses conditions de travail se détérioreraient encore. Les femmes seraient les premières victimes du travail de nuit et du dimanche, qui nuit à la santé.
</p><p>Étant donné la rapidité à laquelle les signatures ont été collectées, l’Alliance pour le dimanche fait confiance aux citoyennes et citoyens pour refuser ce projet de libéralisation des heures d’ouverture des magasins de stations-service.
</p><p>Quelque 67&nbsp;082 signatures ont été déposées aujourd’hui. Or ce n’est que la pointe de l’iceberg, l’Alliance pour le dimanche ayant reçu beaucoup plus de paraphes. Grâce au large soutien rencontré dans la population, les organisateurs ont même pu renoncer à faire contrôler toutes les signatures reçues, afin de réduire au maximum leurs frais administratifs
</p><h5>Renseignements</h5><p>&nbsp;</p><ul><li><span>Luca Cirigliano (076 335 61 97), secrétaire central de l’USS</span></li><li><span>Vania Alleva (079 620 11 14), coprésidente d‘Unia</span></li><li><span>Danièle Lenzin (079 303 24 69), coprésidente de syndicom</span></li></ul>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1026</guid><pubDate>Thu, 28 Mar 2013 10:34:00 +0100</pubDate><title>Le Parlement n’a rien appris !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-parlement-n-a-rien-appris</link><description>Journée de travail de 24 heures
</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">À peine les signatures pour le référendum contre la déréglementation intégrale des heures de travail dans les magasins des stations-services avaient-elles été récoltées dans un temps record que le Parlement fédéral décidait de dégrader encore plus les conditions de travail du personnel de vente, et même le dimanche&nbsp;! Cela, en acceptant les motions Lombardi et Abate.</p><h3>Le peuple ne veut pas de déréglementation</h3><p>Les résultats des votations populaires sur cette question n’ont cessé de le démontrer, et tout récemment encore dans le canton de Bâle-Ville&nbsp;: le peuple, donc les consommateurs et consommatrices, ne veut pas que les heures d’ouverture des commerces soient prolongées. Les citoyen(ne)s ont en effet compris qu’une telle déréglementation n’est que le signe avant-coureur d’une offensive générale contre la protection de la santé garantie dans toutes les branches par le droit du travail. Bientôt, ce serait aux bureaux et autres entreprises de services de prolonger leurs horaires de travail. Les Suisses et les Suissesses ne veulent pas d’une pareille «&nbsp;américanisation&nbsp;» de la vie professionnelle, soit une journée de travail de 24 heures.
</p><p>On le voit non seulement aux résultats des scrutins cantonaux, mais la vitesse record à laquelle les signatures nécessaires ont été récoltées pour le référendum contre la déréglementation des heures de travail dans les magasins des stations-service montre aussi que ce sujet est un sujet brûlant. Trois semaines avant la fin du délai imparti à la récolte de ces signatures (7 avril), les syndicats avaient en effet réuni, avec les organisations de l’Alliance pour le dimanche, plus de 85&nbsp;000 signatures. 
</p><h3>Motions Lombardi et Abate&nbsp;: inquiétantes sous l’angle démocratique…</h3><p>Tout cela n’a pas empêché les Chambres fédérales de maintenir leurs velléités déréglementatrices et de charger le Conseil fédéral de contraindre à l’avenir les cantons, en modifiant la loi, à permettre que tous les commerces puissent ouvrir dans tout le pays au moins depuis 6 heures à 20 heures la semaine, et 19 heures le samedi. L’«&nbsp;inventeur&nbsp;» de ce diktat centralisateur est le conseiller aux États tessinois Filippo Lombardi. Au lieu de défendre comme à son habitude le fédéralisme, il a demandé que l’«&nbsp;égalité&nbsp;» soit imposée d’en haut, de Genève à Saint-Gall et de Chiasso à Bâle. Les citoyen(ne)s bâlois doivent particulièrement s’énerver, eux qui viennent de rejeter à presque 60&nbsp;% une prolongation des heures d’ouverture des commerces le samedi.
</p><p>Encore plus lourde d’un point de vue démocratique est la motion Abate, qui charge le Conseil fédéral d’introduire les ventes du dimanche potentiellement dans toutes les régions du pays. De fait, le peuple n’aurait pas son mot à dire ici. Au lieu de suivre le processus normal de législation, le Conseil fédéral doit procéder à cette importante extension des ventes du dimanche via une modification d’ordonnance. Sous le couvert d’un «&nbsp;encouragement du tourisme&nbsp;», le personnel de vente perdrait le jour de congé le plus important d’un point de vue social. En effet, seul le dimanche joue le rôle, dans toute la Suisse et pour de vastes pans de la population, d’un jour de congé commun destiné à la famille, au repos et au recueillement. 
</p><p>L’USS et ses fédérations ne sauraient assister passivement à pareilles atteintes à la santé des salarié(e)s, hautement problématiques sous l’angle fédéraliste et démocratique. Nous nous réservons explicitement toutes les possibilités juridiques et politiques de stopper cette tactique de déréglementation par tranches.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1024</guid><pubDate>Thu, 28 Mar 2013 09:38:00 +0100</pubDate><title>Quatre gros mensonges bourgeois</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/quatre-gros-mensonges-bourgeois</link><description>L’initiative populaire 1:12 au Conseil des États
</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors de la session de printemps, le Conseil des États a débattu de l’initiative 1:12, que l’Union syndicale suisse soutient. Pas de surprise&nbsp;: la majorité de droite recommande le rejet de cette initiative dirigée contre les salaires absurdes des grands managers du pays. Pour se justifier, la droite parlementaire a aligné toute une série d’arguments de toute évidence erronés, voire mensongers. Nous en avons choisi quatre<a href="typo3/#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>. </p><h3>1er mensonge&nbsp;: délocaliser et contourner</h3><p>Peter Föhn, UDC, Schwytz&nbsp;: <br>«&nbsp;Les grandes groupes pourraient tout simplement et sans tralala soit délocaliser et déménager soit découper leurs groupes en en réunissant les parties sous le toit d’une holding, c’est-à-dire les scinder en plusieurs parties. Les gros salaires seraient ainsi simplement rémunérés par plusieurs entreprises.&nbsp;»
</p><p>Qu’avant même la votation, des politiciens de droite parlent de la manière de «&nbsp;contourner&nbsp;» la volonté populaire si l’initiative est acceptée, c’est fort de tabac&nbsp;! Mais s’ils s’imaginent que ces procédés antidémocratiques sont simples à mettre en œuvre, ils se trompent. Heureusement&nbsp;!
</p><p>Premièrement, le texte de l’initiative parle d’entreprises, ce qui inclut diverses formes de personnes juridiques économiquement non autonomes. Les parties d’une holding, d’une société de gestion, d’une entreprise sous-traitante ou même des indépendant(e)s en relation contractuelle durable sont de ce fait tous concernés par ce que demande l’initiative 1:12. Deuxièmement, l’initiative Minder acceptée par le peuple interdit noir sur blanc la délocalisation de l’encadrement des entreprises. Propager pareil comportement, c’est vouloir violer la Constitution fédérale et ne pas appliquer correctement l’initiative Minder. 
</p><h3>2e mensonge&nbsp;: l’étude de l’OCDE et les salaires des dirigeants</h3><p>Pankraz Freitag, PRL, Glaris&nbsp;: &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br>«&nbsp;La statistique de l’OCDE prouve que les inégalités de revenus en Suisse sont inférieures à la moyenne et qu’elles n’ont que modérément augmenté ces dernières années.&nbsp;»
</p><p>L’étude de l’OCDE citée par M. Freitag est le rapport «&nbsp;Toujours plus d’inégalité&nbsp;: Pourquoi les écarts de revenus se creusent&nbsp;». Elle montre que, pour la Suisse, les bas salaires ont légèrement augmenté plus en pour-cent (mais pas en chiffres absolus) que les salaires moyens. Mais elle montre aussi que les hauts salaires ont beaucoup plus augmenté.
</p><p>Il faut ajouter que cette étude ne tient pas compte du pour-cent supérieur, parce que de nombreux pays n’ont pas réuni les données à ce sujet (sic&nbsp;!). Mais les salaires – et surtout les revenus – ont énormément augmenté ces dernières années. C’est ce que démontrent par exemple les économistes Reto Föllmi et Isabel Martinez de l’Université de Saint-Gall&nbsp;: <a href="http://www.batz.ch/2013/01/reich-sein-in-der-schweiz/" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.batz.ch/2013/01/reich-sein-in-der-schweiz/</a>). 
</p><h3>3e mensonge&nbsp;: le marché des managers</h3><p>Hannes Germann, UDC, Schaffhouse&nbsp;: &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br>«&nbsp;Ce que nous oublions, c’est qu’ici [la rémunération des cadres supérieurs] il y a un marché.&nbsp;»
</p><p>Le «&nbsp;marché&nbsp;» libre mondialisé invoqué par la droite en ce qui concerne les managers n’existe pas. Au contraire, les salaires élevés de ces derniers sont un effet de connivences, de pouvoir et de cupidité. Souvent, les mêmes managers à qui leurs conseils d’administration accordent des salaires à hauteur de millions siègent dans les conseils d’administration d’autres grandes entreprises (où ils sont encore princièrement rémunérés pour ces mandats). Une main «&nbsp;lave&nbsp;» donc l’autre. Ils ont fait jouer sans scrupule aucun l’énorme pouvoir dont ils disposent grâce à ces réseaux pour imiter leurs collègues américains et s’octroyer de millions de francs de salaire. Aux dépens de tous les autres&nbsp;!
</p><h3>4e mensonge&nbsp;: Bureaucratie&nbsp;! Bureaucratie&nbsp;! Bureaucratie&nbsp;!</h3><p>Johann N. Schneider-Ammann, PRL, conseiller fédéral&nbsp;:&nbsp;&nbsp; <br>«&nbsp;Si vous acceptiez cette initiative, elle entraînerait des frais administratifs élevés surtout pour les PME.&nbsp;»
</p><p>Selon des prévisions prudentes, 99,8&nbsp;% des entreprises ne sont pas concernées par l’initiative 1:12, car elles versent à leurs cadres des salaires qui ne sont pas douze fois supérieurs aux salaires les plus bas. Les PME appartiennent pratiquement toutes à la catégorie des entreprises qui n’ont pas besoin de payer des salaires de profiteurs. Ainsi, elles prouvent qu’il est possible de diriger une entreprise avec succès sans arroser les managers de millions.
</p><p>En outre, presque toutes les entreprises voient déjà leurs salaires contrôlés par l’AVS. La «&nbsp;bureaucratie&nbsp;» supplémentaire évoquée se limitera donc à surligner le salaire le plus élevé et le plus bas pour calculer dans quel rapport ils se trouvent. Ces cinq minutes supplémentaires de bureaucratie sont acceptables.
</p><h3>Quelques vérités reconnues par la droite</h3><p>Karin Keller-Sutter, PRL, St-Gall&nbsp;: <br>«&nbsp;Ces soi-disant salaires ou traitements des hauts dirigeants de l’économie ne peuvent guère s’expliquer. Ils ne peuvent pas non plus l’être par les prestations fournies.&nbsp;»
</p><p>Pirmin Bischoff, PDC, Lucerne&nbsp;: &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br>«&nbsp;Martin Luther a dit que le commerçant avait tout à fait le droit de se donner un salaire. Mais qu’il devait s’en donner un qui soit modéré. Martin Luther recommandait au commerçant de s’orienter, pour son salaire, sur les salaires journaliers.&nbsp;»
</p><p>Peter Föhn, UDC, Schwytz&nbsp;:&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; «&nbsp;Les PME, qui sont la grande majorité des entreprises en Suisse, n’auraient absolument aucun problème si l’initiative était acceptée.&nbsp;» 
</p><hr><p><a href="typo3/#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Les citations sont traduites par nos soins.</p>]]></content:encoded><category>Repartition</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1016</guid><pubDate>Fri, 08 Mar 2013 13:04:00 +0100</pubDate><title>Prolongation des heures d’ouverture des commerces largement rejetée : le référendum a abouti</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/prolongation-des-heures-d-ouverture-des-commerces-largement-rejetee-le-referendum-a-abouti</link><description>Référendum contre la journée de travail de 24 heures</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le référendum contre la journée de travail de 24 heures dans le commerce de détail a abouti un mois avant la fin du délai imparti à la récolte des signatures. Les syndicats et leurs partenaires de l’Alliance pour le dimanche ont réuni avec une rapidité exceptionnelle plus de 60&nbsp;000 signatures contre la prolongation des heures d’ouverture des magasins de stations-service. 
</p><p>Selon Vania Alleva, coprésidente d’Unia qui a récolté plus de la moitié des signatures, la vitesse à laquelle cette récolte a eu lieu montre que de larges milieux de la population ne veulent pas plus de possibilités de faire des achats plus longtemps, ni dégrader les conditions de travail des vendeuses. L’engagement soutenu d’Unia en faveur de ce référendum se justifie, selon sa coprésidente, par le fait qu’en démantelant ainsi la loi sur le travail, on introduirait en catimini la journée de travail de 24 heures dans le commerce de détail. Il s’agit donc d’empêcher qu’une brèche ne soit ouverte. En effet, les victimes en seraient les salarié(e)s, parce que les journées de travail plus longues empêchent la vie familiale, accentuent le stress et rendent malade. 
</p><p>Danièle Lenzin, coprésidente de syndicom qui a également contribué plus que la moyenne au succès de la récolte des signatures, met aussi en garde contre le risque d’une telle brèche. Selon elle, si l’on peut faire ses achats non-stop, d’autres secteurs des services seront aussi menacés de devoir rester accessibles 24 heures sur 24. Selon elle, la Poste par exemple pourrait devoir distribuer des paquets le dimanche. Si le travail de nuit et du dimanche devient toujours plus banal, il perdra aussi de sa valeur. Et les suppléments actuellement versés pour le travail de nuit et du dimanche se retrouveront par conséquent sous pression dans toutes les branches. 
</p><p>Les syndicats voient aussi dans la rapidité de la récolte des signatures pour le référendum le signe que de larges milieux de la population en ont marre du harcèlement des propriétaires de commerces de détail. On l’a vu tout récemment encore avec le non que les citoyen(ne)s bâlois ont opposé à la prolongation des ventes du samedi. Ainsi, pour la septième fois à la suite, le corps électoral d’un canton a voté contre une extension des heures d’ouverture des commerces. Les artisans de la déréglementation risquent maintenant d’échouer au plan fédéral aussi.. 
</p><h5>renseignements </h5><ul><li>Vania Alleva (079 620 11 14), vice-présidente de l’USS, coprésidente d’Unia</li><li>Danièle Lenzin (079 303 24 69), coprésidente de syndicom</li><li>Luca Cirigliano (076 335 61 97), <a name="Text9">secrétaire de l’USS chargé du droit du travail</a></li></ul>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1004</guid><pubDate>Mon, 04 Mar 2013 13:20:00 +0100</pubDate><title>Le Parlement n’en veut pas, mais le peuple ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-parlement-n-en-veut-pas-mais-le-peuple</link><description>Parlement fédéral : Initiative populaire « 1:12 » : Pour des salaires équitables&quot;
</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 21 mars, le Conseil des États va sans doute, comme l’a déjà fait le Conseil national, conseiller le rejet de l’initiative populaire de la Jeunesse socialise suisse «&nbsp;1&nbsp;:12 – Pour des salaires équitables&nbsp;». Mais lors du scrutin à venir, les cartes auront été brassées. </p><p>Le oui à l’initiative Minder est désormais acquis. Mais il est tout aussi acquis que les dispositions de cette initiative, une fois appliquées, ne changeront pas grand-chose aux énormes écarts qui existent entre les salaires. L’expérience faite dans les pays anglo-saxons le montre&nbsp;: ce ne sont pas les actionnaires qui réduisent les écarts salariaux. Dans les grandes entreprises suisses cotées en bourse, les rapports entre le salaire le plus élevé et le salaire le plus bas resteront donc gigantesques. En 2011, ce rapport était de 266 (salaire le plus élevé) à 1 (salaire le plus bas) chez Novartis, de 215 à 1 chez Nestlé et de 213 à 1 chez Roche. 
</p><p>Contrairement à l’initiative Minder, l’initiative populaire de la Jeunesse socialiste suisse «&nbsp;1:12 – Pour des salaires équitables&nbsp;» s’attaque directement aux rouages à l’origine de cette répartition si injuste des revenus. Elle veut en effet fixer le salaire le plus élevé par rapport au salaire le plus bas. Dans une entreprise, la personne qui gagne le salaire le plus élevé ne pourra ainsi pas gagner plus de 12 fois le salaire le plus bas. Ce qui permettra un tant soit peu de nous rapprocher d’une certaine justice salariale et redonnera de la dignité aux salarié(e)s des échelons inférieurs. 
</p><p>L’Union syndicale suisse est clairement favorable à l’initiative «&nbsp;1:12&nbsp;». L’actuelle fourchette des salaires reflète un arbitraire pur et simple, ainsi que l’arrogance d’une élite de managers qui a perdu tout sens des réalités et des proportions. 
</p><p>Mais il est certain que le Conseil des États rejettera cette initiative. Toutefois, lors du scrutin populaire à venir, on reviendra à la case départ. Car, les pratiques des profiteurs vont continuer à pulluler d’ici-là. Et la colère du peuple grossira, elle aussi. Parions qu’economiesuisse va à nouveau dépenser des millions pour préserver l’économie locale d’une apocalypse certaine… Ce mélange de déception ici et de défense grossière de privilèges sera la semence qui pourra donner vie à un fruit inattendu…</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Repartition</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1005</guid><pubDate>Mon, 04 Mar 2013 09:48:00 +0100</pubDate><title>Ces projets rendent malades !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/ces-projets-rendent-malades</link><description>Parlement fédéral : heures d’ouverture des commerces</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Avant même que le peuple ne se soit prononcé sur la prolongation des heures d’ouverture des magasins de stations-service décidée par le Parlement en décembre 2012 (référendum contre la journée de travail de 24 heures), la droite a déjà en point de mire, avec les motions Lombardi et Abate, les nouvelles étapes de la déréglementation du commerce de détail. Notre réponse est claire&nbsp;: STOP&nbsp;!</p><p>Après le Conseil des États, la Commission de l’économie et des redevances (CER) du Conseil national a accepté, le 27 février, les motions Lombardi (12.3637) et Abate (12.3791). Alors que la première demande, pour toute la Suisse, des heures d’ouverture fixées entre 6 et 20 heures la semaine et 6 et 19 heures le samedi, la deuxième veut étendre fortement les ventes du dimanche. La principale victime de la prolongation des heures d’ouverture des commerces, ce sera le personnel de ces dernières, car les horaires de travail allongés portent préjudice à la vie de famille, augmentent le stress et rendent les gens malades.
</p><p>Il est cynique, précisément en pleine année européenne dédiée aux problèmes psychosociaux (épuisement professionnel, stress), que la majorité parlementaire de droite décide de mettre encore plus en danger la santé du personnel de vente. Des études montrent en effet que le travail de nuit, des équipes plus longues et l’absence de dimanches libres synchronisés rendent les gens malades. 
</p><p>Le report toujours plus important sur le soir des heures de travail hebdomadaires aggrave les problèmes de santé rencontrés par les personnes concernées. De plus, ces horaires longs lèsent leur vie sociale. L’office fédéral allemand de la protection de la santé et de la médecine du travail en a fait le constat en 2010 déjà, en analysant quatre études, indépendantes les unes des autres, sur le thème des durées du travail et de la santé. Ces résultats ont été confirmés par le Secrétariat d’État à l’économie, le SECO, dans une étude de 2012 sur les horaires flexibles en Suisse. 
</p><p>Il est apparu que le travail du soir et de nuit est particulièrement nocif et qu’il rend malade, parce qu’il perturbe le rythme du sommeil. Tout aussi néfaste pour la santé est le travail du dimanche&nbsp;: au lieu de pouvoir entretenir des relations avec sa famille et ses amis, et de s’immuniser ainsi psychiquement contre l’épuisement professionnel et d’autres phénomènes apparentés, les personnes qui travaillent le dimanche s’isolent socialement et sont encore plus stressées.
</p><h3>Toute la société en supporterait les coûts</h3><p>La situation contractuelle du personnel des commerces est souvent mauvaise. Les conventions collectives de travail (CCT) progressistes restent malheureusement souvent rares en raison de l’intransigeance patronale. Les rémunérations versées pour des équipes longues sont scandaleusement basses. Pour toutes ces raisons, l’Union syndicale suisse demande au Conseil national de refuser, lors de la session de printemps, toute nouvelle déréglementation dans ce domaine. 
</p><p>Il n’est pas question que le profit à court terme de quelques grandes chaînes de détaillants, qui seront les seules à profiter des actuels projets de déréglementation, soit réalisé aux dépens de la santé du personnel de vente et, finalement, de toute la société. Car il ne faut pas oublier que les coûts de la santé entraînés par les troubles du sommeil, l’épuisement professionnel et l’absence de vie sociale des familles, ce sont nous tous et toutes qui devons les supporter. Que ce soit par une hausse des coûts de la santé, des cotisations sociales et des nuisances produites par une société active 24 heures sur 24. </p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1007</guid><pubDate>Fri, 01 Mar 2013 18:47:00 +0100</pubDate><title>Le problème des profiteurs n’est toujours pas résolu</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-probleme-des-profiteurs-n-est-toujours-pas-resolu</link><description>L’USS demande des mesures efficaces pour des salaires plus justes</description><content:encoded><![CDATA[<p>La nette acceptation de l’initiative Minder traduit la grande indignation des citoyennes et citoyens face aux salaires vertigineux de certains managers et au creusement des différences de salaires en Suisse. Cette grogne est justifiée et l’Union syndicale suisse (USS) la partage. Celle-ci ne se fait toutefois pas d’illusion&nbsp;: l’acceptation de l’initiative Minder ne résoudra pas le problème des profiteurs. Le renforcement du droit de la société anonyme visé ne comblera guère l’énorme fossé entre les salaires faramineux des étages supérieurs et les salaires les plus bas. Pour que cela soit le cas, la Suisse a d’abord besoin d’un salaire minimum légal de 4&nbsp;000 francs par mois, comme l’USS le demande avec son initiative sur les salaires minimums. Tout en haut de l’échelle des salaires, il faut par contre&nbsp; prévoir un plafonnement, ainsi que le prévoit l’initiative 1:12. C’est là le seul moyen, avec un impôt sur les bonus que déciderait le Parlement, &nbsp;de corriger une répartition des revenus toujours plus inégalitaire. 
</p><p>Que la population souhaite une répartition plus juste des revenus, one el voit également à travers l’acceptation par le peuple jurassien d’un salaire minimum cantonal. Après Neuchâtel, le Jura est le deuxième canton à se doter d’un salaire minimum cantonal légal. Les Chambres fédérales devraient prendre ces signaux au sérieux et traiter également avec sérieux l’initiative populaire pour des salaires minimums. 
</p><h3>Ce n’est pas un rejet a priori de l’accueil extra-familial des enfants</h3><p>L’USS regrette le rejet de l’article constitutionnel sur la famille. Mais elle n’y voit pas un vote dirigé a priori contre des mesures destinées à permettre une meilleure conciliation du travail et de la famille et prise en charge extrafamiliale des enfants. Les offres existantes dans ce domaine ne sont pas contestées et il ne serait pas imaginable ici de vouloir revenir en arrière. Une petite majorité de cantons a, pour des raisons de fédéralisme, rechigné à élargir les compétences fédérales dans ce domaine.
</p><h3>Heures d'ouverture des commerces : échec au harcèlement</h3><p>L’Union syndicale suisse (USS) prend connaissance avec satisfaction du rejet par les citoyennes et citoyens de Bâle-Ville de la prolongation des heures d’ouverture des commerces. Ce verdict confirme l’existence dans toute la Suisse d’un refus de déréglementer les heures d’ouverture des commerces. Sur les douze votations cantonales à ce sujet depuis 2006, une seule fois (Soleure en 2010), une déréglementation a passé la rampe. L’argument selon lequel les habitudes de consommation auraient changé se révèle être une nouvelle fois une appréciation plus qu’erronée de l’état d’esprit général de la population sur cette question. C’est donc tout en confiance que l’USS considère le futur référendum contre la journée de travail de 24 heures dans le commerce de détail, pour lequel des signatures sont actuellement récoltées. 
</p><p>L’USS salue en outre l’acceptation de la révision de la loi sur l’aménagement du territoire, grâce à laquelle il sera possible de faire un usage plus économie du sol en Suisse.
</p><h5>Contact</h5><p>Daniel Lampart (079 205 69 11), économiste en chef de l’USS (initiative Minder) et &nbsp;&nbsp;&nbsp; <br>Thomas Zimmermann (079 249 59 74), responsable de la communication et porte-parole de l’USS (tous les autres thèmes), se tiennent à votre disposition pour tout complément d’information.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Suisse</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1000</guid><pubDate>Thu, 28 Feb 2013 09:52:00 +0100</pubDate><title>Les bas salaires sont très répandus dans la riche Suisse</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-bas-salaires-sont-tres-repandus-dans-la-riche-suisse</link><description>Les femmes, mais aussi les titulaires d’un CFC fortement concernés</description><content:encoded><![CDATA[<p>Jusqu’à ce jour, le problème des bas salaires dans notre pays a été clairement sous-évalué. C’est ce que montre une nouvelle étude réalisée par l’Université de Genève pour l’Union syndicale suisse (USS)&nbsp;: dans la riche Suisse, plus d’un(e) travailleur/travailleuse sur dix (11,8&nbsp;%) doit travailler pour un bas salaire qui, même en cas d’emploi à plein temps, ne permet souvent pas de vivre décemment. Pour au moins 437&nbsp;000 personnes concernées, ce salaire se situe au-dessous du seuil des bas salaires (Fr.&nbsp;3&nbsp;986.-/mois pour le secteur privé et la Confédération). Une estimation moins réservée donne même le nombre de plus de 500&nbsp;000 personnes concernées (seuil des bas salaires plus élevé vu la prise en compte des salaires des cantons et des communes). À ce jour, la Confédération se basait sur des chiffres nettement inférieurs, mais elle ne prenait en considération ni les employé(e)s de l’agriculture et de l’économie domestique, ni l’ensemble des salaires pour calculer le seuil des bas salaires. 
</p><p>Plus d’un tiers des personnes touchant un bas salaire sont titulaires d’un certificat fédéral de capacité (apprentissage). La grande partie d’entre elles travaillent dans le commerce de détail (37&nbsp;260). Ces chiffres donnent une triste image de la politique suisse du marché du travail et de la formation. Ainsi, «&nbsp;un apprentissage ne représente plus la garantie d’un emploi décemment rémunéré&nbsp;», a dénoncé Paul Rechsteiner, le président de l’USS. Comment encore motiver les jeunes à faire un apprentissage&nbsp;?
</p><p>Les femmes sont particulièrement touchées par les bas salaires. Elles le sont presque trois fois plus que les hommes (15,8 % contre 6,1&nbsp;%). Cette différence de salaire avec les hommes, importante en comparaison internationale, est en très grande partie imputable à la discrimination salariale que les entreprises leur font subir par rapport aux hommes.
</p><p>Les 140 premières annonces faites sur l’«&nbsp;Épingleur de bas salaires&nbsp;» du syndicat Unia (<a href="http://mindestlohn.uniaction.ch/fr/participer/epingleur-de-bas-salaires/" target="_blank" rel="noreferrer">http://mindestlohn.uniaction.ch/fr/participer/epingleur-de-bas-salaires/</a>) confirment les nouveaux chiffres de l’USS. Vania Alleva, la coprésidente d’Unia a énoncé une liste choquante de cas déjà annoncés par ce moyen. Pour elle, les bas salaires constituent l’un des principaux problèmes sociaux de la Suisse. Il est donc plus que nécessaire d’agir à ce chapitre .Grâce à l’initiative sur les salaires minimums, nous disposons enfin d’une solution de qualité à ce problème.
</p><p>L’analyse de ce dernier montre que la Suisse pourrait, grâce au salaire minimum de 22 francs (Fr.&nbsp;4&nbsp;000.-/mois) de l’heure demandé par l’initiative de l’USS, améliorer fortement les salaires des personnes concernées&nbsp;; cela, sans créer de chômage. Les récentes recherches en économie réalisées au plan international montrent déjà que les salaires minimums n’ont a priori aucune incidence négative sur le chômage. À cela s’ajoute qu’en Suisse, l’importante discrimination salariale à l’égard des femmes et le fait que beaucoup de personnes titulaires d’un CFC sont concernées par un bas salaire exigent une correction de la situation au moyen d’un salaire minimum&nbsp;; cela, sans remettre en cause les perspectives d’emploi des gens. 
</p><h5>les documents de la conférence de presse</h5><ul><li>&lt;media 880 - - "TEXT, 130228 Rechsteiner Bas-salaires, 130228_Rechsteiner_Bas-salaires.pdf, 65 KB"&gt;Paul Rechsteiner, président de l'USS : "Le travail doit en valoir la peine"&lt;/media&gt;</li><li>&lt;media 881 - - "TEXT, 130228 Lampart Bas-salaires, 130228_Lampart_Bas-salaires.pdf, 122 KB"&gt;Daniel Lampart, économiste en chef de l'USS : "La situation des bas salaires en Suisse - Titulaires d'un CFC et femmes sont fortement touchés"&lt;/media&gt;</li><li><span>&lt;media 889&gt;<span>Roman Graf, OUE, Université de Genève: Presentation "</span>Les bas salaires en Suisse"&lt;/media&gt;</span></li><li>&lt;media 882 - - "TEXT, 130228 Vania A bas salaire, 130228_Vania_A_bas_salaire.pdf, 107 KB"&gt;Vania Alleva, coprésident d'Unia : "Bas salaires : un scandale faisant 437'000 victimes, dans la riche Suisse"&lt;/media&gt;</li></ul>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Repartition</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-998</guid><pubDate>Wed, 27 Feb 2013 08:22:00 +0100</pubDate><title>Le Conseil national doit mettre le holà à une nouvelle déréglementation     </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-conseil-national-doit-mettre-le-hola-a-une-nouvelle-dereglementation</link><description>Les syndicats opposés à une prolongation des  heures d’ouverture des commerces
</description><content:encoded><![CDATA[<p>Avant même que le peuple ne se soit prononcé sur la prolongation des heures d’ouverture des magasins de stations-service décidée par le Parlement en décembre 2012 (référendum contre la journée de travail de 24 heures), la droite a déjà en point de mire les nouvelles étapes de la déréglementation du commerce de détail. En effet, après le Conseil des États, c’est au tour de la Commission de l’économie et des redevances (CER) du Conseil national d’accepter les motions Lombardi (12.3637) et Abate (12.3791). Alors que la première de ces motions demande, pour toute la Suisse, des heures d’ouverture fixées entre 6 et 20 heures la semaine et 6 et 19 heures le samedi, la deuxième veut fortement étendre les ventes du dimanche. La première victime de la prolongation des heures d’ouverture des commerces, ce sera le personnel de ces dernières, car les horaires de travail allongés portent préjudice à la vie de famille, augmentent le stress et rendent les gens malades. 
</p><p>Pour Vania Alleva, coprésidente du syndicat Unia et vice-présidente de l’USS, s’exprimant au nom de l’Union syndicale suisse (USS) et de ses partenaires de l’Alliance pour le dimanche, «&nbsp;Ces offensives à répétition dirigées contre la protection des travailleurs et travailleuses ne sont pas acceptables&nbsp;»&nbsp;: le Conseil national doit envoyer ces motions par le fond. «&nbsp;Il faut mettre le holà à la tactique du salami&nbsp;!&nbsp;» C’est pourquoi l’USS et ses partenaires récoltent actuellement des signatures pour leur référendum contre la journée de travail de 24 heures dans le commerce de détail, qu’ils entendent faire aboutir au début du mois d’avril. Et les motions Lombardi et Abate seraient aussi combattues par tous les moyens nécessaires si elles passaient la rampe parlementaire. </p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-996</guid><pubDate>Sat, 16 Feb 2013 13:30:00 +0100</pubDate><title>Manif de solidarité à Neuchâtel</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/manif-de-solidarite-a-neuchatel</link><description>Plus de 2500 personne se sont solidarisées avec les grévistes de l’hôpital La Providence</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le samedi 16 février, plus de 2500 personne se sont solidarisées avec les grévistes de l’hôpital La Providence. Les manifestants ont réclamé l’annulation des licenciements et le respect du droit de grève. Ils ont en outre demandé que le gouvernement neuchâtelois s’engage pour que l’application des dispositions de la CCT «&nbsp;Santé 21&nbsp;» soit garantie. &nbsp;Il est inadmissible que des sociétés privées actives dans le domaine de la santé soient autorisées à faire des profits sur le dos des salariés, par le biais d’une augmentation des heures de travail et une baisse du salaire, alors que ces mêmes sociétés touchent des subventions étatiques et ne respectent pas les conditions minimales fixées dans la CCT.
</p><p>&lt;media 873 - - "TEXT, Providence 16.2.13, Providence_16.2.13.pdf, 184 KB"&gt;Ci-joint vous trouverez un message de solidarité de l’USS&lt;/media&gt;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-993</guid><pubDate>Mon, 11 Feb 2013 16:44:00 +0100</pubDate><title>L’USS réclame une protection contre les licenciements antisyndicaux</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-uss-reclame-une-protection-contre-les-licenciements-antisyndicaux</link><description>Le directeur général de l’OIT rencontre le Conseil fédéral</description><content:encoded><![CDATA[<p class="Pressenotetitrebref">L’Union syndicale suisse (USS) salue le fait que le Conseil fédéral veuille faire avancer le dialogue sur la protection des syndicalistes contre les licenciements abusifs, puisqu’il a enfin pris l’engagement de faire quelque chose pour améliorer la protection des représentant·e·s des travailleurs. L’USS insiste fortement pour que cette promesse — faite par le «ministre» de l’Economie et du Travail, Johann Schneider-Ammann, lundi lors de la rencontre avec Guy Ryder, Directeur général de l’Organisation internationale du Travail (OIT) — soit suivie d’effets. Lors de cette rencontre, à laquelle les partenaires sociaux étaient invités, les représentants syndicaux ont souligné que les travailleurs et travailleuses en Suisse n’étaient pas protégés contre les licenciements antisyndicaux et que la Suisse avait été condamnée pour cette raison par l’OIT. L’USS a demandé, tant au Conseil fédéral qu’aux représentants du patronat, de collaborer une fois pour toutes à la recherche d’une solution qui satisfasse aux conventions concernées de l’OIT</p><p class="Text"><span lang="FR">Qu’une meilleure protection contre les licenciements antisyndicaux soit absolument nécessaire, un exemple d’actualité le montre sans conteste&nbsp;: l’Hôpital de la Providence de Neuchâtel a, en violation du droit en vigueur, licencié avec effet immédiat 22 syndicalistes en grève contre la dénonciation de la convention collective de travail par l’hôpital et l’augmentation de la durée du travail. L’automne dernier déjà, l’USS a publié un livre noir qui documente des douzaines de cas de représailles dirigées contre des employé(e)s en raison de leur engagement syndical. </span></p><p class="Text"><span lang="FR">En ratifiant les conventions n°&nbsp;87 et n°&nbsp;98 de l’OIT, la Suisse s’est engagée à protéger les travailleurs et travailleuses qui défendent des revendications collectives et donc des intérêts publics. Majoritairement de droite, les milieux politiques suisses refusent cependant d’appliquer des normes impératives qui relèvent du droit international. C’est pourquoi l’USS a déposé une plainte auprès de l’OIT en 2003, acceptée par cette dernière après seulement une année. Le Conseil fédéral ayant enfin fait des propositions pour améliorer la protection contre le licenciement, l’USS a suspendu sa plainte en 2009. Mais comme la droite et le patronat ont rejeté ces propositions minimalistes, l’USS a réactivé sa plainte à l’automne dernier.</span></p><p class="GliederungText">&nbsp;</p><h5>Contact</h5><p class="GliederungText"><span lang="FR">&nbsp;</span><b><span lang="FR">Paul Rechsteiner (079 277 61 31)</span></b><span lang="FR">, président de l’USS, et <b>Luca Cirigliano (076 335 61 97)</b>, secrétaire central de l’USS, se tiennent à votre disposition pour tout complément d’information.</span></p><p class="GliederungText">&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Droit du travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-988</guid><pubDate>Fri, 08 Feb 2013 08:31:00 +0100</pubDate><title>Détaillants opposés à des réglementations spéciales pour les magasins des stations-service</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/detaillants-opposes-a-des-reglementations-speciales-pour-les-magasins-des-stations-service</link><description>Référendum contre la journée de travail de 24 heures</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les syndicats et l’Alliance pour le dimanche ne sont pas les seuls à combattre la journée de travail de 24 heures. Des détaillants rejettent aussi cette modification de la loi sur le travail. Ils savent bien que cette mesure entraînerait une concurrence sans pitié, dont ils risqueraient bien d’être les victimes.</p><p>Difficile de tenir des propos plus limpides que ceux de la FAC, la Fédération des Artisans, Commerçants et Entrepreneurs de Genève, qui «&nbsp;invite les concitoyens à signer le référendum contre l’ouverture 24 heures sur 24 et sept jours sur sept des stations-services et de leurs shops intégrés, qui fausse clairement les règles de concurrence&nbsp;» (communiqué du 24.1.2013). La FAC va même jusqu’à mettre à disposition des listes de signatures à son secrétariat. À Genève donc, les détaillants et les syndicats tirent sur la même corde contre les ouvertures non-stop des magasins de stations-service.
</p><h3>Seulement à Genève&nbsp;?</h3><p>Que non&nbsp;! L’organisation faîtière des détaillants alémaniques a, déjà pendant les délibérations du Parlement, fait savoir qu’elle rejette l’ouverture 24 heures sur 24 de ces échoppes. Selon elle, un tribunal ne pourra pas faire appliquer de manière générale cette nouvelle disposition, qui s’avère donc inappropriée et favoriserait à nouveau unilatéralement les grands acteurs du marché. De fait, le flou qui entoure la notion d’«&nbsp;axes de circulation importants fortement fréquentés par les voyageurs&nbsp;» - où les magasins des stations-service pourraient rester ouverts jour et nuit – aurait pour conséquence que, tôt ou tard, toujours selon les mêmes, d’autres points de vente de ce type voudraient aussi jouir des mêmes droits (swissShop, 4/2012, le périodique des détaillants alémaniques).
</p><p>L’Association des boulangers-confiseurs suisses (BCS) défend une position semblable. Lors de la procédure de consultation sur cette question, elle avait rejeté les ventes 24 heures sur 24 dans les stations-service, considérant qu’il s’agirait là d’une inégalité de traitement et d’une distorsion de concurrence. Et à l’Union Professionnelle Suisse de la Viande (UPSV), on est tout sauf content avec ce projet qui avantagerait les grands distributeurs (Migros et Coop) ainsi que l’Union pétrolière. Et l’on est aussi fâché de l’attitude de l’Union suisse des arts et métiers qui, pour des raisons purement idéologiques, prône le oui. Chez VELEDES, l’Association suisse des détaillants en alimentation, la tendance est clairement au non. Lors de son assemblée générale de l’an dernier, son président, M. Hans Liechti, a résumé la problématique comme suit&nbsp;: certains seront avantagés et il faudra lutter avec des armes encore plus inégales qu’aujourd’hui.
</p><p>Les détaillants voient bien qu’il ne s’agit pas uniquement là de quelques magasins de stations-service, mais d’une brèche qui risque de s’ouvrir tout grand. S’ils veulent tenir le coup, ils devront donc suivre et rester dans toute la mesure du possible ouverts 24 heures sur 24. Mais le tour de force que représenterait la nouvelle disposition rebrasserait les cartes, car il est clair que la demande est trop faible pour que tous les commerces sans exception puissent rester ouverts non-stop. Si leurs heures d’ouverture continuent encore et encore à être prolongées, certains d’entre eux resteront sur le carreau. 
</p><p>Les détaillants ont compris qu’ils seront, eux, ces probables victimes.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-972</guid><pubDate>Wed, 06 Feb 2013 08:54:00 +0100</pubDate><title>L’USS consternée par les licenciements prononcés par l’hôpital neuchâtelois</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-uss-consternee-par-les-licenciements-prononces-par-l-hopital-neuchatelois</link><description>Grève à l’Hôpital de La Providence</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) a appris avec consternation que la direction de l’Hôpital de la Providence a décidé de licencier avec effet immédiat 22 de ses employé(e)s. L’USS exprime sa solidarité avec les victimes de cette mesure.
</p><p>L’escalade prise par le conflit du travail à l’hôpital neuchâtelois est intolérable. En effet, le droit de grève garanti par la Constitution fédérale a été violé. On ne peut pas accepter qu’une personne qui se met en grève pour le maintien d’une convention collective de travail (CCT) doive s’attendre à être licenciée avec effet immédiat. Cela, d’autant moins que la Suisse a ratifié la convention de l’Organisation internationale du Travail (OIT) contre les licenciements antisyndicaux.
</p><p>En procédant de la sorte, la direction de l’Hôpital de la Providence foule aux pieds le partenariat social. Et cet hôpital entend même profiter à l’avenir aussi de subventions publiques. Le gouvernement neuchâtelois doit une fois pour toutes mettre fin à de telles méthodes, ainsi que l’a également demandé le Parlement cantonal.
</p><p>Thomas Zimmermann (079 249 59 74), responsable de la communication et porte-parole de l’USS, se tient à votre disposition pour tout complément d’information.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-970</guid><pubDate>Thu, 31 Jan 2013 15:51:00 +0100</pubDate><title>Grande manifestation de solidarité avec les grévistes de « La Providence »</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/grande-manifestation-de-solidarite-avec-les-grevistes-de-la-providence</link><description>L’attitude incompréhensible du gouvernement neuchâtelois</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Samedi 26 janvier, près de 1&nbsp;000 personnes ont manifesté leur solidarité avec les grévistes de l’hôpital de «&nbsp;La Providence&nbsp;». Ils ont demandé que les conditions de travail dans cet établissement ne soient pas dégradées et que le gouvernement prenne une décision dans ce sens.</p><p>Malgré une bise glaciale, des délégations d’employé(e)s du secteur de la santé, de syndicats et de la gauche sont venues massivement de toute la Suisse à Neuchâtel ce samedi 26 janvier. Ce large soutien apporté à un combat qui dure depuis le mois de novembre n’est pas un hasard. Les méthodes du groupe hospitalier Genolier, qui consistent à sortir de la convention collective de travail (CCT), à dégrader ensuite les conditions de travail malgré les subventions encaissées menacent en effet d’être appliquées ailleurs aussi.
</p><p>Petit rappel&nbsp;: le groupe hospitalier privé Genolier Swiss Medical Network GSMN veut acheter l’hôpital neuchâtelois «&nbsp;La Providence&nbsp;». Sur son ordre, l’hôpital a dénoncé la CCT et veut baisser les salaires ainsi que couper dans les conditions de travail. Celles et ceux qui ne sont pas d’accord sont menacés de licenciement. Parallèlement, l’hôpital demande encore plus de subventions au canton. Et le gouvernement de ce dernier laisse faire, veut maintenir l’hôpital sur la liste cantonale et envisage même de lui verser des subventions supplémentaires, alors qu’il ne respecte plus la CCT. 
</p><h3>À coups de ciseaux dans les conditions de travail</h3><p>Concrètement, les grands chefs de Genolier veulent augmenter la durée hebdomadaire de travail de 40 à 42 heures, diminuer radicalement les suppléments pour travail de nuit et du dimanche, supprimer l’actuel grille salariale qui prévoit des hausses de salaire liées aux années de service, supprimer le plan social, externaliser le service de nettoyage, la lingerie et la restauration, etc. etc. etc. Bref, les conditions de travail seraient massivement détériorées. Qui plus est, la direction de l’hôpital entend à l’avenir les définir elle-même unilatéralement, sans négocier avec le personnel et sa représentation syndicale. 
</p><p>Le seul but de la direction de Genolier est de mettre le grappin sur les éléments rentables du paysage hospitalier suisse, de presser le personnel comme un citron et – comme tout profiteur – d’empocher un maximum d’argent. 
</p><p>Les grévistes et leurs syndicat, le ssp (Syndicat suisse des services publics) et Syna, n’ont laissé planer aucun doute lors de cette manifestation du 26 janvier&nbsp;: selon eux, cela ne se passera pas comme ça&nbsp;! Une nouvelle fois, ils ont montré de manière impressionnante leur détermination à poursuivre le combat pour que la «&nbsp;CCT 21&nbsp;» continue à être appliquée. Un soutien venant de toute la Suisse leur a été apporté lors de cette manifestation. Des délégations du ssp et de Syna provenant de toutes les parties du pays leur ont fait part de leur solidarité et ont souligné qu’il n’y avait aucune place pour les intérêts privés dans le secteur de la santé, un service public par excellence. 
</p><h3>Le double langage cynique du gouvernement neuchâtelois</h3><p>La balle est maintenant dans le camp du gouvernement neuchâtelois, qui doit mettre en œuvre la décision du parlement cantonal selon laquelle les nouveaux propriétaires d’établissements hospitaliers doivent appliquer la «&nbsp;CCT 21&nbsp;». Ce qui est purement et simplement logique. En effet, fin 2011, le Conseil d’État a décidé de ne soutenir que les établissements hospitaliers qui appliquent cette CCT. Depuis lors, malgré la grève de «&nbsp;La Providence&nbsp;», il a décidé que Genolier devait appliquer cette dernière jusqu’à fin 2013, mais qu’il pourrait ensuite ne plus le faire pendant trois ans, jusqu’à fin 2016. 
</p><p>Pareil double langage à l’encontre de ses propres concitoyen(ne)s est socialement irresponsable et cynique. Le gouvernement, qui s’oppose aussi à l’attitude du législatif, doit changer la sienne.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Droit du travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-966</guid><pubDate>Fri, 18 Jan 2013 15:32:00 +0100</pubDate><title>L’USS inquiète de la situation en Tunisie</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/l-uss-inquiete-de-la-situation-en-tunisie</link><description>Droits syndicaux</description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis que le parti Ennahda est au pouvoir en Tunisie, les attaques dirigées contre les syndicats ont repris de l’ampleur. C’est pourquoi l’Union syndicale suisse (USS) invite le Conseil fédéral à faire pression sur le gouvernement tunisien avec tous les moyens à sa disposition, pour que les droits syndicaux soient respectés en Tunisie.&nbsp;Partenaire commercial et bailleur de fonds important de cette dernière, la Suisse occupe une position privilégiée pour se faire entendre comme il se doit sur cette question. 
</p><p>Les droits syndicaux et les droits humains en général n’ont pas, juste après le Printemps arabe, à se voir à nouveau foulés aux pieds. Cet appel de l’USS s’inscrit dans la campagne de solidarité avec les syndicats tunisiens lancée par la Confédération européenne des syndicats. &nbsp;
</p><p>&nbsp;</p><p>Luca Cirigliano (076 335 61 97), secrétaire central de l’USS, se tient à votre disposition pour tout complément d’information.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-963</guid><pubDate>Thu, 17 Jan 2013 14:53:00 +0100</pubDate><title>Consommer 24 heures sur 24 c’est tôt ou tard travailler 24 heures sur 24, pour tout le monde !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/consommer-24-heures-sur-24-c-est-tot-ou-tard-travailler-24-heures-sur-24-pour-tout-le-monde</link><description>Heures d’ouverture des commerces : référendum contre une brèche</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le référendum contre la déréglementation des heures d’ouverture des commerces est incontournable. Pas seulement à cause des conditions de travail catastrophiques du personnel de vente concerné ainsi que des effets des ventes non-stop d’alcool aux noctambules, mais aussi parce que les expériences faites à l’étranger nous montrent qu’en matière d’heures d’ouverture des commerces, les petits pas préparent l’extension du travail de nuit et du dimanche à toutes les branches. </p><p>Nul besoin de se rendre aux États-Unis pour trouver une société dérégulée jusqu’à la moelle, qui ne se repose jamais, une société où les gens sont occupés nuit et jour dans les magasins, les bureaux et les ateliers, la plupart du temps avec de mauvaises conditions de travail et pour des petits salaires. En effet, chez certains de nos voisins aussi, l’on voit où mène la déréglementation des heures d’ouverture des commerces.
</p><h3>D’abord les échoppes des stations service, ensuite les bureaux</h3><p>Prenons l’exemple de l’Italie, où cela a commencé dans les années 1990. À l’époque, les stations balnéaires furent autorisées à ouvrir les commerces quelques heures en été. Puis, cette réglementation «&nbsp;touristique&nbsp;» fut étendue à tout le pays et, rapidement, les maires décidèrent, sous la pression des employeurs, de déclarer «&nbsp;centres historiques de grande valeur du village&nbsp;» des périmètres situés autour des églises de plus de 20 ans&nbsp;; cela, afin que les commerces puissent rester ouverts le dimanche, et, bien sûr, aussi en hiver, car sait-on jamais quand et où un «&nbsp;touriste&nbsp;» pourrait s’égarer…. 
</p><p>En Italie, depuis 2012, tous (!) les commerces, restaurants, pubs, bars et autres endroits où casser la croûte peuvent rester ouverts 24 heures sur 24, également les dimanches, à Noël, le jour de la fête nationale, etc.&nbsp;! La feuille de vigne «&nbsp;promotion du tourisme&nbsp;» s’est envolée. Mais ces libéralisations n’ont en rien favorisé la consommation en Italie. Au contraire, la mort des petits commerces est très présente, précisément dans les vieilles villes de la péninsule. En effet, si certains ont profité de ce retour aux lois du Far-West, ce sont les mégastores, les centres commerciaux des agglomérations 
</p><p>Dans les pays où la pratique est comparable à celle de l’Italie, la prolongation des heures d’ouverture des magasins s’est finalement révélée être la brèche qui ouvre sur la déréglementation du temps de travail. De fait, dans les branches situées en aval et en amont du commerce de détail, comme la sécurité, les transports, le nettoyage, mais aussi, globalement, la logistique, etc., les horaires de travail se sont développés en parallèle, et, souvent, pour des salaires inférieurs à ce qu’ils étaient avant la généralisation de la déréglementation. Aujourd’hui, toujours plus de banques, d’assurances, de services informatiques, de cabinets d’avocats et de notaires travaillent le samedi et tard dans la nuit, quand ce n’est pas le dimanche aussi.
</p><h3>Les déréglementations appellent les déréglementations</h3><p>Une fois introduite dans une branche, une déréglementation demande encore plus de déréglementations et le justifie d’abord pour les branches situées en amont et en aval, et, tôt ou tard, partout&nbsp;! Cette façon de procéder correspond en fait à une technique pensée comme telle, qui banalise le travail de nuit et du dimanche en le rendant donc quotidien. Cette technique est aussi appliquée en Suisse. 
</p><p>Ainsi, les ventes du dimanche autorisées dans les commerces des grandes gares et des aéroports ont poussé les commerces avoisinants à faire pression pour profiter des mêmes conditions. Les propriétaires de ces commerces se plaignent d’une «&nbsp;concurrence déloyale&nbsp;» et exigent qu’en matière d’heures d’ouverture, ils puissent «&nbsp;lutter à armes égales&nbsp;». Actuellement, c’est le tour des échoppes des stations-service. L’intervention du conseiller aux États Abate leur permettrait d’ouvrir à leur gré le dimanche grâce à une réglementation légale fourre-tout (l’article italien sur le tourisme n’est pas très loin…). Et le conseiller aux États Lombardi veut «&nbsp;harmoniser&nbsp;» les heures d’ouverture des commerces pour toute la Suisse, en les prolongeant jusqu’à 20 heures&nbsp;!
</p><p>Les dérégulateurs du temps de travail savent qu’ils n’ont aucune chance s’ils s’attaquent frontalement à la protection des travailleurs et travailleuses. C’est pourquoi, ils recourent à une tactique des petits pas. Leur but reste toutefois la prolongation des heures d’ouverture de tous les commerces et, à long terme, la suppression de l’interdiction du travail de nuit et du dimanche. L’Italie alimente ces espoirs. 
</p><h3>Le référendum est lancé&nbsp;! </h3><p>Pour toutes ces raisons, la déréglementation des heures d’ouverture des échoppes de stations-service nous concerne tous&nbsp;! Le référendum contre la journée de travail de 24 heures nous permet de stopper ceux qui mettent le turbo sur les déréglementations, avant que, dans les bureaux, les ateliers et toute autre entreprise, l’on ne doive subitement travailler plus longtemps sans être dédommagé pour autant&nbsp;!
</p><p>Des listes de signatures pour le référendum se trouvent sous le lien suivant&nbsp;: 
</p><p>&lt;media 819 - - "TEXT, Referendum 24 Arbeitstag web fr SGB, Referendum_24_Arbeitstag_web_fr_SGB.pdf, 321 KB"&gt;<a href="http://bit.ly/WhQynN" target="_blank" rel="noreferrer">bit.ly/WhQynN</a>&lt;/media&gt; </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-962</guid><pubDate>Wed, 16 Jan 2013 11:26:00 +0100</pubDate><title>Le Conseil fédéral refuse une protection des salaires qui n’a que trop tardé</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-conseil-federal-refuse-une-protection-des-salaires-qui-n-a-que-trop-tarde</link><description>Message au sujet de l’initiative sur les salaires minimums</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le Conseil fédéral veut continuer à tolérer des salaires qui ne permettent pas de vivre décemment et refuse de protéger les travailleurs et travailleuses au moyen de salaires minimums contre les pressions qui s’exercent sur leurs salaires et l’arbitraire patronaux. Tel est le message qu’en disant non à l’initiative sur les salaires minimums, le gouvernement transmet au Parlement et à la population.
</p><p>En Suisse, près de 400&nbsp;000 personnes touchent actuellement des salaires très bas, inférieurs à 4&nbsp;000 francs. Et près d’un tiers d’entre elles, comme des vendeuses, des boulangers ou des fleuristes, sont même titulaires d’un certificat fédéral de capacité (CFC). Or, il est impossible de vivre décemment dans notre riche pays avec des salaires aussi bas.</p><ul><li>Alors que la couverture conventionnelle, c’est-à-dire via des conventions collectives de travail (CCT), est, avec 48&nbsp;%, nettement inférieure en Suisse à, par exemple, la moyenne des pays de l’OCDE (62,1&nbsp;%) (voir annexe au Message), le Conseil fédéral parle de l’«&nbsp;excellent fonctionnement du partenariat social&nbsp;».</li><li>Tous les&nbsp; pays dont le taux de couverture conventionnelle est aussi bas, voire plus bas que le nôtre ont un salaire minimum légal.</li><li>Bien que l’ensemble de la Suisse alémanique, malgré de nombreux cas de sous-enchère salariale, ne connaisse aucun salaire minimum prévu par un contrat-type de travail, le Conseil fédéral parle de lutte efficiente contre la sous-enchère salariale.</li></ul><p>Dans de nombreuses branches, comme celle des commerces de chaussures et de vêtements ou le journalisme, les employeurs refusent de conclure des CCT. Dans d’autres branches en pleine croissance, où les salaires sont très bas (centres d’appel, instituts de beauté, centres de remise en forme, livraison de courrier, etc.), il n’y a même pas d’organisations patronales avec qui il serait possible de conclure une CCT. En disant non aux salaires minimums, le Conseil fédéral a fait savoir que la situation de ces personnes lui était indifférente.
</p><p>Dans son message, le Conseil fédéral a dû manipuler les études économiques existantes pour justifier son rejet de l’initiative. En peignant le diable sur la muraille avec la hausse du chômage, la perte de compétitivité de notre économie, un marché du travail rigide, etc., il espère pouvoir contrer la grande sympathie que l’initiative sur les salaires minimums suscite au sein de la population. Ce qui va se transformer en boomerang, au plus tard lors de la votation populaire. 
</p><p>La population suisse ne veut pas de salaires de la honte&nbsp;! Comme l’USS avec son initiative, elle veut que les salaires versés dans notre pays permettent d’y vivre décemment.
</p><h5>Contact</h5><p><a name="Text10"></a>Daniel Lampart (079 205 69 11), économiste en chef et premier secrétaire de l’USS, et Thomas Zimmermann (079 249 59 74), responsable de la communication et porte-parole de l’USS, se tiennent à votre disposition pour tout complément d’information.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-961</guid><pubDate>Fri, 11 Jan 2013 14:32:00 +0100</pubDate><title>Sans plan social obligatoire, pas de nouveau droit de l’assainissement </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/sans-plan-social-obligatoire-pas-de-nouveau-droit-de-l-assainissement</link><description>Révision du droit régissant la procédure d’assainissement des entreprises</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) se félicite que la Commission des affaires juridiques du Conseil national ait décidé, dans le cadre de la révision du droit d’assainissement des entreprises, de suivre le Conseil fédéral et le Conseil des États, à savoir d’introduire l’obligation de négocier un plan social. Mais, s’inquiétant de voir que cette décision a été prise d’extrême justesse, soit par 13 voix contre 12, elle met en garde&nbsp;: il n’est pas question de suivre les employeurs qui veulent sortir cet élément central du projet, sinon l’USS ne pourrait plus accepter cette révision. 
</p><p>Cette dernière prévoit certes en effet qu’à l’avenir, les travailleurs et travailleuses pourront être licenciés sans délai (résiliation immédiate), le Conseil fédéral entendant ainsi faciliter l’assainissement des entreprises en faillite. Mais ce dernier a aussi reconnu que cette mesure est dure pour les personnes concernées et qu’il faut donc les dédommager pour cela. C’est pourquoi il a proposé, pour atténuer les effets de tels licenciements, qu’il soit obligatoire de négocier un plan social, ce que l’USS demande depuis longtemps. Dans la crise économique que nous vivons, l’obligation d’un plan social est d’autant plus nécessaire. Et si les managers incapables continuent à profiter de parachutes dorés, c’est qu’il y a suffisamment d’argent pour financer des indemnisations, des reclassements ou des retraites anticipées destinés aux travailleurs et travailleuses licenciés. 
</p><p>&nbsp;</p><h5>renseignements</h5><p>&nbsp;</p><ul><li>Luca Cirigliano (031 377 01 17), secrétaire central de l’USS se tient à votre disposition pour tout complément d’information.</li></ul>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-959</guid><pubDate>Tue, 08 Jan 2013 10:08:00 +0100</pubDate><title>Non à la journée de travail de 24 heures</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/non-a-la-journee-de-travail-de-24-heures</link><description>Référendum contre la libéralisation des horaires d’ouverture des magasins</description><content:encoded><![CDATA[<p><b>Les organisations de l’Alliance pour le dimanche lancent un référendum contre la détérioration de la Loi sur le travail. En cause, la volonté du Parlement d’introduire l’ouverture 24 heures sur 24 des magasins des stations-service. Cette brèche menace l’ensemble du commerce de détail. En outre, par sa décision, le Parlement édulcore la Loi sur le travail. Cela entraîne des conséquences dans toutes les branches et sape des libertés sociales importantes. Les organisations de l’Alliance pour le dimanche s’y opposent avec véhémence.</b></p><p>Le 14 décembre, le Parlement a pris la décision de déréglementer les horaires d’ouverture des magasins des stations-service, et d’instaurer pour la première fois la journée de travail de 24 heures dans le commerce de détail. Ce faisant, il élargit aussi le travail dominical. Par ailleurs, le manque de clarté du champ d’application entraînera une prolifération sauvage incontrôlable des magasins et accroîtra fortement la pression à la libéralisation dans le commerce de détail. «&nbsp;De plus, ce projet de loi ouvre la porte à de nouvelles tentatives radicales de libéralisation au Parlement&nbsp;», affirme Vania Alleva, coprésidente d’Unia.
</p><p>«&nbsp;La nuit et le dimanche nous appartiennent et ne seront pas sacrifiés sur l’autel de la libéralisation&nbsp;», affirme Kurt Regotz, président du syndicat Syna. Le personnel de vente pâtit d’ores et déjà de salaires bas, d’horaires de travail morcelés et du travail sur appel. Les femmes, qui constituent presque 70 % du personnel de vente, sont frappées de plein fouet par la prolongation des horaires d’ouverture. Liselotte Fueter, coprésidente des Femmes Protestantes en Suisse, ajoute : «&nbsp;Il est question d‘emplois classiquement féminins avec de mauvaises conditions de travail&nbsp;». En plus, le travail de nuit et le travail du dimanche portent atteinte à la santé. Klaus Stadtmüller, président de la Société Suisse de Médecine du Travail, le sait d’expérience : «&nbsp;La possibilité de faire ses achats 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 est un luxe qui ne justifie pas d’imposer aux employés des contraintes supplémentaires et de mettre leur santé&nbsp;en danger ».
</p><p>Qui plus est, le commerce de détail n’est pas le seul touché. Car le projet de loi sape la Loi sur le travail sur un point essentiel&nbsp;: l’interdiction du travail nocturne et du travail dominical. Tous les employés sont concernés. On leur demande toujours davantage une disponibilité permanente. Avec la flexibilisation continue des horaires de travail, des libertés sociales importantes se perdent. «&nbsp;Le dimanche férié nous offre le temps du repos et de la régénération. Non seulement en tant qu’individu, mais aussi en tant que membre de la société&nbsp;». L’Alliance pour le dimanche est convaincue qu’il ne faut pas renoncer à ces acquis de manière inconsidérée.
</p><h5><strong>Discours</strong></h5><ul><li><a href="http://alliance-dimanche.ch/wp-content/uploads/2013/01/Referat_Alleva_f.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">Vania Alleva, coprésidente d’Unia, vice-présidente de l’USS:&nbsp;Non à la journée de travail de 24 heures</a></li><li><a href="http://alliance-dimanche.ch/wp-content/uploads/2013/01/Referat_Regotz_f.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">Kurt Regotz, président de Syna: &nbsp;Mauvaises conditions de travail dans le Commerce de détail. Alors,&nbsp;pourquoi ce passage en force de la libéralisation?</a></li><li><a href="http://alliance-dimanche.ch/wp-content/uploads/2013/01/Referat_Werlen_f.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">Intervention de Mgr Martin Werlen,&nbsp;Abbé d’Einsiedeln</a></li><li><a href="http://alliance-dimanche.ch/wp-content/uploads/2013/01/Referat_Fueter_f.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">Liselotte Fueter,&nbsp;Coprésidente Femmes Protestantes en Suisse (FPS):&nbsp;La libéralisation des heures d’ouverture des magasins de&nbsp;stations-service affecte les femmes, les enfants et les familles</a></li><li><a href="http://alliance-dimanche.ch/wp-content/uploads/2013/01/Referat_Stadtmuller_f.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">Klaus Stadtmüller,&nbsp;Société Suisse de Médecine du Travail:&nbsp;Le travail de nuit et du dimanche nuisent à la santé</a></li></ul><p>&nbsp;</p><h5>Feuille&nbsp;de&nbsp;signatures</h5><p>&lt;media 819 - - "TEXT, Referendum 24 Arbeitstag web fr SGB, Referendum_24_Arbeitstag_web_fr_SGB.pdf, 321 KB"&gt;Télécharger en français&lt;/media&gt;
</p><h5><b>Pour de plus amples informations&nbsp;</b></h5><p>&nbsp;</p><ul><li><b>Vania Alleva</b>, coprésidente Unia, vice-présidente USS, n<sup>o</sup> de tél. 079 620 11 14</li><li><b>Kurt Regotz</b>, président Syna, vice-président Travail.Suisse, 079 617 62 94.</li><li><b>Liselotte Fueter</b>, coprésidente des Femmes Protestantes en Suisse, 079 302 45 35</li><li><b>Klaus Stadtmüller</b>, président de la Société Suisse de Médecine du Travail, 079 237 97 10</li><li><b>Contact Père Abbé Martin Werlen </b>: Wolfgang Bürgstein, secrétaire général Justice et Paix, 078 824 44 18</li><li><b>Géraldine Savary,</b> Conseillère des Etats, Vice-Présidente PS Suisse, 079 414 86 65</li></ul><p></p> ]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Salaires et CCT</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-958</guid><pubDate>Mon, 07 Jan 2013 09:44:00 +0100</pubDate><title>Pour une répartition plus juste des revenus et des rentes meilleures </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/pour-une-repartition-plus-juste-des-revenus-et-des-rentes-meilleures</link><description>Conférence de presse annuelle
</description><content:encoded><![CDATA[<p>En 2013 aussi, l’évolution des salaires et des rentes se trouvera au tout premier rang dans l’agenda politique de l’Union syndicale suisse (USS). L’initiative sur les salaires minimums, qui sera débattue au Parlement, demande l’introduction d’un salaire minimum légal de 4&nbsp;000 francs pour un emploi à plein temps, ainsi que l’encouragement des conventions collectives de travail par la Confédération. Un tel salaire minimum est cruellement nécessaire&nbsp;: 430&nbsp;000 personnes environ touchent, pour un emploi à plein temps, un bas salaire, comme il convient de le qualifier, inférieur à 4&nbsp;000 francs par mois et environ 140&nbsp;000 d’entre elles sont titulaires d’un certificat fédéral de capacité&nbsp;! La promesse selon laquelle quiconque a fait un apprentissage (CFC) doit pouvoir vivre de son salaire et fonder une famille n’est donc pas tenue. 
</p><p>Alors que les salarié(e)s titulaires d’un CFC ont subi une baisse de leurs salaires réels entre 2002 et 2010, les salaires réels des cadres ont augmenté de plus de 12&nbsp;%. Et les actionnaires, eux aussi, ont pu profiter ces dernières années de milliards de francs de cadeaux fiscaux. Un salaire minimum légal de 4&nbsp;000 est synonyme d’une plus grande justice en matière de salaires, ainsi que l’a souligné devant les médias Paul Rechsteiner, le président de l’USS.
</p><h3>Halte au pillage de l’AVS&nbsp;!</h3><p>Pendant le débat sur la prévoyance vieillesse, l’USS combattra toute tentative de dénigrer et d’affaiblir le 1er pilier, c’est-à-dire l’AVS. Pas question de priver cette dernière de l’argent qui lui revient. Aujourd’hui, le produit des impôts sur le tabac et sur l’alcool finit dans la caisse de la Confédération, et non dans celle de l’AVS. Et il y est déduit de la contribution de la Confédération à cette dernière qui se voit ainsi privée de 2,5 milliards de francs. Si l’AVS n’était pas privée de cet argent, elle aurait chaque année en tout 3 milliards en plus qu’actuellement, comme l’a montré Daniel Lampart, l’économiste en chef de l’USS. Mais en lieu et place de cela, cet argent sert à financer les cadeaux fiscaux offerts aux classes supérieures et aux entreprises. Cela doit changer.
</p><p>Il faut aussi compenser les 300 à 400 millions de francs de recettes perdues par l’AVS à cause de la deuxième réforme de l’imposition des entreprises, car les propriétaires d’entreprises préfèrent se verser des dividendes, qui ne sont pas soumis aux cotisations de l’AVS, plutôt que des salaires qui, eux, le sont. En outre, le Parlement fédéral doit refuser le projet du Conseil fédéral, selon lequel les intérêts de la dette de l’AI à l’égard de l’AVS ne seraient plus que de 1 au lieu de 2&nbsp;%, soit une perte de 150 millions pour l’AVS.
</p><p>«&nbsp;Les milieux qui font semblant de se préoccuper des finances de l’AVS feraient mieux de protéger cette dernière contre les pillages dont elle fait l’objet depuis des années et des années&nbsp;», a encore précisé Paul Rechsteiner. Que l’AVS dispose ou non de suffisamment d’argent pour relever les défis à venir est d’abord une question de volonté politique. Pays parmi les plus riches de la planète, la Suisse dispose des ressources nécessaires. 
</p><h3>Des rentes meilleures grâce à AVSplus</h3><p>Plutôt que d’être démantelée, l’AVS a besoin d’être améliorée. Il est urgent d’augmenter ses rentes, car aujourd’hui, nombre de retraité(e)s ne sont plus en mesure de «&nbsp;maintenir de manière appropriée (leur) niveau de vie antérieur&nbsp;», comme le prescrit la Constitution fédérale. L’AVS est le pilier de la prévoyance vieillesse le plus efficient et le plus stable, ainsi que l’a rappelé Doris Bianchi, responsable à l’USS de la sécurité sociale. C’est pour cela que l’USS veut la développer. Au printemps prochain, elle commencera donc à récolter des signatures pour son initiative populaire AVSplus. Le but visé est de garantir un supplément de 10&nbsp;% sur toutes les rentes vieillesse de l’AVS.
</p><h5>&nbsp;Documents</h5><ul><li>&lt;media 827 - - "TEXT, 130107 Rechsteiner Conf-annuelle, 130107_Rechsteiner_Conf-annuelle.pdf, 71 KB"&gt;Paul Rechsteiner, président de l’USS:&nbsp;«&nbsp;Pas de salaire inférieur à 4000 francs&nbsp;!&nbsp;», des rentes décentes et&nbsp;«&nbsp;halte aux pillages répétés de la caisse de l’AVS&nbsp;!&nbsp;»&lt;/media&gt;</li><li>&lt;media 828 - - "TEXT, 130107 Lampart Conf-annuelle, 130107_Lampart_Conf-annuelle.pdf, 135 KB"&gt;Daniel Lampart, économiste en chef et premier secrétaire de l’USS:&nbsp;Des salaires équitables pour les ménages ordinaires – Halte aux baisses d’impôts pour les classes supérieures et au détriment de l’AVS&nbsp;!&lt;/media&gt; </li><li><p>&lt;media 829 - - "TEXT, 1320107 Bianchi Conf-annuelle, 1320107_Bianchi_Conf-annuelle.pdf, 99 KB"&gt;Doris Bianchi, secrétaire dirigeante de l’USS:&nbsp;Pour des rentes meilleures&lt;/media&gt;</p></li></ul><p>&nbsp;</p><h5>Contact</h5><ul><li>Daniel Lampart (079 205 69 11), économiste en chef et premiers secrétaire de l’USS &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;</li><li>Doris Bianchi (076 564 67 67), secrétaire dirigeante chargée de la sécurité sociale à l’USS</li></ul>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Repartition</category><category>Salaires et CCT</category><category>AVS</category><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-957</guid><pubDate>Fri, 21 Dec 2012 13:05:00 +0100</pubDate><title>Des pas de tortue inacceptables</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/des-pas-de-tortue-inacceptables</link><description>Contre la discrimination salariale à l’égard des femmes</description><content:encoded><![CDATA[<p>Que la discrimination salariale à l’égard des femmes soit passée dans le secteur privé de 745 à 677 francs par mois entre 2008 et 2010 est en soi réjouissant. Cela confirme la tendance de cette discrimination à diminuer, observée depuis de longues années. Malheureusement, on n’avance, toujours et encore, qu’à pas de tortue&nbsp;: depuis 1998, la discrimination salariale dans le secteur privé est passée de 10,6 à 8,7&nbsp;%, soit une baisse de seulement 1,9&nbsp;%.
</p><p>Si l’on continuait à la même allure, il faudrait attendre encore 50 ans environ pour que les inégalités de salaire entre femmes et hommes disparaissent. Or, les femmes ont déjà attendu 60 ans pour que l’assurance-maternité prévue par la Constitution fédérale se concrétise. Le principe de l’égalité de salaire entre femmes et hommes figure dans la Constitution fédérale depuis 1981. Plus de 30 années se sont écoulées depuis cette date. On n’a pas le droit de faire attendre les femmes encore 50 ans jusqu’à ce que l’égalité de salaire devienne réalité. 
</p><p>L’Enquête suisse sur la structure des salaires confirme aussi que les femmes sont surreprésentées dans les branches à bas salaire. Elles représentent 64,5&nbsp;% des personnes dont le salaire mensuel brut est inférieur à 4&nbsp;000 francs. Ce serait donc elles qui profiteraient le plus du salaire minimum national de 4&nbsp;000 francs demandé par l’initiative populaire de l’USS sur les salaires minimums.
</p><p>Les entreprises doivent contrôler les rémunérations qu’elles versent et participer enfin au Dialogue sur l’égalité des salaires. Si celui-ci n’entraîne pas l’élimination de la discrimination salariale dans un avenir prévisible, gouvernement et parlement devront prendre leurs responsabilités et imposer l’égalité au moyen de mesures étatiques.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-950</guid><pubDate>Tue, 18 Dec 2012 13:13:00 +0100</pubDate><title>Offensive « 24 heures sur 24 » contre le personnel des commerces</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/offensive-24-heures-sur-24-contre-le-personnel-des-commerces</link><description>Le profit rapide devrait à nouveau passer avant la santé des gens !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les représentant(e)s au Parlement fédéral des intérêts de l’Union pétrolière, des chaînes de grands magasins et des centres commerciaux n’ont pas pu s’en empêcher lors de la dernière session des Chambres&nbsp;: nouvelles coupes à la hache dans la protection de la santé des travailleurs et travailleuses et priorité aux profits rapides face aux intérêts de toute la société. En cherchant à empêcher le peuple et les cantons de dire leur mot sur les heures d’ouverture des commerces, de nombreux politicien(ne)s de droite ont une nouvelle fois montré qu’elle était leur conception douteuse de la démocratie.</p><p>En adoptant en votation finale l’initiative parlementaire Lüscher, les Chambres fédérales ont donné une nouvelle dimension à la dérégulation des horaires de travail. Dans les échoppes des stations-service situées sur les «&nbsp;grands axes routiers&nbsp;», il deviendrait ainsi possible de faire des achats 24 heures sur 24, même le dimanche&nbsp;! Le samedi à 3 heures ou le dimanche à 4 heures, ces échoppes pourraient rester toujours ouvertes, qu’elles se trouvent sur des grands axes routiers cantonaux, sur des routes principales de villages et de villes déjà bien fréquentées ou sur des aires d’autoroute. Jamais, aucun jour de repos. La législation sur le travail en deviendrait caduque. 
</p><h3>Aujourd’hui les échoppes de stations-service, demain…</h3><p>Des études montrent que le travail de nuit rend malade et entraîne pour la société des coûts énormes à cause de l’épuisement professionnel et des dépressions supplémentaires dont il est à l’origine. Tous, nous serons appelés à passer à la caisse. Mais le Parlement fédéral et les patrons (Union pétrolière, exploitants d’échoppes de stations-service) s’en moquent. Aujourd’hui déjà, les conditions de travail dans ces échoppes sont parmi les plus mauvaises de la branche (bas salaires, compensation insuffisante du travail de nuit). Simultanément, les patrons ont toujours refusé obstinément toute convention collective de travail (CCT), ce qui ne dérange pas les politicien(ne)s de droite. Que l’Union pétrolière ait maintenant créé à toute vitesse – il y a quelques mois, en septembre 2012&nbsp;!!!<a href="typo3/#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a> – une «&nbsp;filiale&nbsp;» à fonction d’organisation patronale<a href="typo3/#_ftn2" target="_blank" name="_ftnref2">[2]</a> et mis en garde le syndicat contre le lancement d’un référendum qui «&nbsp;menacerait&nbsp;» les négociations constitue une tentative de manipulation inappropriée, une astuce de marketing mesquine. 
</p><p>Les exploitants d’échoppes de stations-service ont pour fonction de servir de fer de lance de la dérégulation des heures d’ouverture des commerces&nbsp;; en raison du champ d’application peu clair de la nouvelle disposition, le travail de nuit et du dimanche pourra se répandre dans le pays en échappant à tout contrôle. Les autres commerçant(e)s de détail demandent déjà les mêmes droits que les échoppes de stations-service. Avec l’admission des ouvertures 24 heures sur 24 pour celles-ci, ce n’est plus qu’une question de temps jusqu’à ce que nous assistions à une libéralisation au plan national. Les expériences faites à l’étranger (États-Unis, Grande-Bretagne) montrent que la dérégulation des heures de travail dans le commerce de détail conduit immanquablement à une dérégulation ultérieure dans d’autres branches…<a href="typo3/#_ftn3" target="_blank" name="_ftnref3">[3]</a></p><p>C’est pourquoi les syndicats, les Églises, les médecins du travail, des partis politiques et nombre d’autres acteurs ont saisi le référendum contre la journée de travail de 24 heures dans les échoppes des stations-service. Le peuple comprendra l’astuce de l’Union pétrolière et des grands exploitants d’échoppes et l’enverra par le fond (des urnes).
</p><h3>Interventions parlementaires Abate et Lombardi&nbsp;: par voie d’ordonnance,…</h3><p>Elle est sournoise, l’attaque sournoise des deux conseillers aux États tessinois Abate et Lombardi (président de la Chambre des cantons de son état et à ce titre, gardien à proprement parler de la démocratie, avec les présidents du Conseil national et de la Confédération). Comme la plupart des tentatives de déréguler les heures d’ouverture des commerces au niveau cantonal ont échoué, ils veulent en effet imposer d’en haut aux cantons une prolongation de ces heures d’ouverture et des ventes dominicales. Que le Conseil des États, «&nbsp;chambre de réflexion&nbsp;» et des cantons, fasse partie des premiers coupables de ce péché contre le fédéralisme laisse un arrière-goût particulièrement amer. 
</p><p>La proposition Abate adoptée par le Conseil des États introduirait par une simple modification d’ordonnance (échappant à tout référendum&nbsp;!) des ventes durant tout le dimanche dans des parties potentiellement vastes du pays&nbsp;: le nouveau paragraphe de loi élastique aurait, de par sa définition nébuleuse des «&nbsp;réalités touristiques&nbsp;», des conséquences graves pour la vie sociale dans notre pays et pour la santé des salarié(e)s ainsi que pour les conditions de travail dans la vente. Ce serait les femmes, qui représentent les trois quarts environ du personnel du commerce de détail, les plus touchées.
</p><h3>… la souveraineté démocratique et cantonale jetée par-dessus bord&nbsp;?</h3><p>La motion Lombardi vise à unifier et prolonger la durée d’ouverture des commerces dans tous les cantons. Le personnel du commerce de détail en serait la victime. Et ce dernier n’en deviendrait pas financièrement sain. Augmenter le chiffre d’affaire ne passe pas par une prolongation des heures d’ouverture des commerces, mais par un franc moins cher&nbsp;!
</p><p>Ici aussi, les syndicats vont s’engager, dans le cadre d’une alliance élargie (Églises, ONG, partis) pour le maintien du dimanche comme jour général de repos et de détente. Ici aussi, ils combattront le diktat de la prolongation des heures d’ouverture en soirée. 
</p><hr><p><a href="typo3/#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a><a href="http://www.arbeitgeber.ch/fr/actualite/echos-des-membres/7800-lassociation-des-exploitants-de-stations-service-de-suisse-a-ete-fondeefrs29" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.arbeitgeber.ch/fr/actualite/echos-des-membres/7800-lassociation-des-exploitants-de-stations-service-de-suisse-a-ete-fondeefrs29</a></p><p><a href="typo3/#_ftnref2" target="_blank" name="_ftn2">[2]</a> Le copinage entre le lobby du pétrole et les exploitants d’échoppes de stations-service passe aussi par des personnes&nbsp;: le premier président de l’Association des exploitants de shops de stations-service (AESS) est Walter Eberle, qui a dirigé Coop Mineraloel SA jusqu’en 2009…
</p><p><a href="typo3/#_ftnref3" target="_blank" name="_ftn3">[3]</a> Voir à ce sujet le Dossier N° 82 de l’USS&nbsp;: <a href="http://www.uss.ch/themes/travail/droit-du-travail/article/details/dossier-82-consommer-24-heures-sur-24-cest-travailler-24-heures-sur-24/" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.uss.ch/themes/travail/droit-du-travail/article/details/dossier-82-consommer-24-heures-sur-24-cest-travailler-24-heures-sur-24/</a></p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-953</guid><pubDate>Tue, 18 Dec 2012 12:42:00 +0100</pubDate><title>Sous-enchère salariale couverte par l’État : illégale et dangereuse              pour la paix sociale</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/sous-enchere-salariale-couverte-par-l-etat-illegale-et-dangereuse-pour-la-paix-sociale</link><description>Paul Rechsteiner: Grève à l’hôpital de la Providence</description><content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p><p>Si, n’importe où dans ce pays, une commune veut construire une école, il va de soi que le maître couvreur qui aura pour mandat d’en construire la toiture devra respecter la convention collective de travail (CCT) de sa branche. Si le canton de Berne veut mettre au concours la ligne de bus que, Mesdames et Messieurs les journalistes, vous avez peut-être empruntée pour venir ici, l’entreprise soumissionnaire, qu’elle s’appelle Bernmobil, CarPostal ou Dysli devra respecter la CCT des bus bernois.
</p><p>Quand l’État achète une prestation, il le fait avec l’argent des contribuables. L’État n’a pas le droit de se servir de cet argent que nous autres, travailleurs et travailleuses, avons payé sous forme d’impôts, pour faire pression sur nos salaires. Il n’a pas le droit de pratiquer la sous-enchère salariale, mais doit acheter des biens et des prestations aux seuls soumissionnaires qui respectent les lois ainsi que les conditions de travail et les salaires en usage dans la localité et la branche.
</p><p>Telle est l’idée fondamentale des lois sur les marchés publics. En 1994, la Suisse a signé l’accord de l’OMC, l’Organisation mondiale du commerce, sur les marchés publics, sur la base duquel les accords bilatéraux ont été conclus avec l’Union européenne, et en particulier celui qui concerne les marchés publics. Tous les cantons ont pris les mesures pour s’adapter à cette ouverture du marché et conclu un Accord intercantonal sur les marchés publics, ainsi que transféré les nouvelles dispositions dans leur droit cantonal respectif. Celui de Neuchâtel aussi (voir annexe). 
</p><p>Ce qui s’applique aux marchés publics doit aussi s’appliquer aux mandats de prestations et au versement de subventions. Si un canton place un hôpital sur sa liste des hôpitaux et lui verse même des subventions, cet hôpital est tenu de respecter la CCT cantonale de la branche. C’est précisément ce que stipule l’arrêté neuchâtelois fixant les conditions à remplir pour figurer sur la liste hospitalière cantonale. Le canton de Neuchâtel connaît une CCT intitulée «&nbsp;Santé 21&nbsp;», qui s’applique aux acteurs publics et privés de la santé du canton, à tous les hôpitaux et EMS, et même aux soins à domicile. 
</p><p>Aujourd’hui, une entreprise privée à but lucratif veut s’emparer d’un de ces hôpitaux. GENOLIER (Genolier Swiss Medical Network) entend acheter l’hôpital de la Providence. Sur ordre de Genolier, ce dernier a déjà dénoncé la CCT «&nbsp;Santé 21&nbsp;», afin de permettre une baisse des salaires et un démantèlement des conditions de travail. Genolier demande en plus que le canton de Neuchâtel verse de nouvelles subventions à l’hôpital de la Providence, ce que le Conseil d’État veut manifestement faire. Contrairement à ce qui figure dans l’arrêté déjà cité, il veut maintenir l’hôpital de la Providence sur cette liste, même si Genolier fait passer les salaires au-dessous de ce que prévoit la CCT. 
</p><p>Ignorer la CCT, baisser les salaires, demander des subventions supplémentaires et pouvoir ainsi verser de juteux bénéfices aux actionnaires privés de Genolier SA, telle doit être la santé demain selon cette dernière. Après l’achat de plusieurs cliniques dans les cantons de Genève, de Vaud et du Tessin, Genolier étend son emprise désormais aussi dans le canton de Neuchâtel. Jusqu’à maintenant, le gouvernement neuchâtelois ne s’est pas montré en mesure de remettre à sa place cette entreprise. Il semble disposé à ignorer ses propres lois ainsi que l’Accord intercantonal sur les marchés publics. C’est indécent. En lutte contre la politique antisociale de Genolier, le personnel de l’hôpital de la Providence s’est mis en grève. L’Union syndicale suisse (USS), tout le mouvement syndical du pays se déclarent solidaires avec lui. 
</p><p>Communique USS
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Suisse</category><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-952</guid><pubDate>Tue, 18 Dec 2012 12:40:00 +0100</pubDate><title>Grève à l’hôpital de la Providence de Neuchâtel</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/greve-a-l-hopital-de-la-providence-de-neuchatel</link><description>Il faut empêcher le dumping salarial couvert par l’État</description><content:encoded><![CDATA[<p>Ce qui va de soi pour toute l’économie suisse ne serait plus valable à Neuchâtel&nbsp;? Le secteur de la santé de ce canton connaît une convention collective de travail (CCT) intitulée «&nbsp;Santé 21&nbsp;». Elle s’applique à l’ensemble des hôpitaux, à la plupart des EMS et même aux soins à domicile. Selon le droit en vigueur dans ce canton, un hôpital qui veut recevoir des subventions et figurer sur la liste des hôpitaux est tenu de la respecter. Dans toutes les autres branches, c’est la même chose&nbsp;: lorsque l’État achète des biens ou des prestations, ou lorsqu’il met au concours des mandats de construction financés avec l’argent des impôts, il n’a pas le droit de pratiquer la sous-enchère salariale. Il doit exiger des entreprises soumissionnaires qu’elles respectent les conditions de travail en usage dans la localité et la branche.
</p><p>Le groupe hospitalier privé Genolier Swiss Medical Network GSMN veut s’emparer de l’hôpital de la Providence de Neuchâtel. Sur son ordre, ce dernier a dénoncé la CCT de la branche afin de permettre une baisse des salaires et un démantèlement des conditions de travail. Ceux qui ne sont pas d’accord sont menacés de licenciement. Parallèlement, l’hôpital demande des subventions supplémentaires au canton. Jusqu’à ce jour, le Conseil d’État neuchâtelois laisse faire l’hôpital, veut le maintenir sur la liste hospitalière et envisage même de lui octroyer des subventions supplémentaires alors que la CCT n’est plus respectée. 
</p><p>En persistant dans son attitude, le Conseil d’État met en danger les prestations en matière de santé. Chaque année, 10&nbsp;000 personnes doivent être recrutées pour surmonter une pénurie de personnel persistante aggravée de surcroît par l’évolution démographique. Mais impossible d’y parvenir si l’on ne propose pas des conditions de travail sûres et de qualité. Or, si ce qui se passe dans le canton de Neuchâtel fait école, la pénurie de personnel prendra de l’ampleur et les prestations de santé servies à l’ensemble de la population se détérioreront. 
</p><p>En lutte contre cette politique, le personnel de l’hôpital est en grève depuis la fin novembre. Le parlement cantonal a adopté, le 5 décembre dernier, une motion urgente demandant au gouvernement d’appliquer le droit en vigueur et d’exiger que la CCT soit respectée. Demain mercredi, le Conseil d’État traitera cette question. Ce mardi soir, à 17 h 30, les grévistes protesteront avec le soutien des syndicats contre la menace de sous-enchère salariale. 
</p><p>Les organisations faîtières des syndicats, USS et Travail.Suisse, confirment leur solidarité avec le personnel de l’hôpital de la Providence et leur soutien aux grévistes. Leur combat est exemplaire et l’attitude du gouvernement jusque-là inacceptable. Pas question de tolérer cette sous-enchère salariale couverte et subventionnée par l’État ainsi que la pénurie de personnel qui va s’aggravant. Les organisations faîtières syndicales appellent le Conseil d’État neuchâtelois à appliquer le droit en vigueur&nbsp;: qui veut figurer sur la liste des hôpitaux et recevoir des subventions supplémentaires doit respecter la CCT de branche. Toute autre attitude revient à mettre en jeu la paix sociale.
</p><p>Paul Rechsteiner, President USS:&nbsp;Sous-enchère salariale couverte par l’État&nbsp;: illégale et dangereuse pour la paix sociale
</p><h5>Renseignements</h5><ul><li>Stefan Giger, secrétaire général du ssp, 079 296 77 07</li><li>Kurt Regotz, président de Syna, 079 617 62 94</li><li>Martin Flügel, président de Travail.Suisse, 079 743 90 05</li><li>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l’USS, 079 249 59 74</li></ul><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Santé</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-949</guid><pubDate>Fri, 14 Dec 2012 14:50:00 +0100</pubDate><title>La sous-enchère salariale par sous-traitance mise en échec</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-sous-enchere-salariale-par-sous-traitance-mise-en-echec</link><description>Le Parlement a définitivement voté la responsabilité solidaire</description><content:encoded><![CDATA[<p>C’est définitif&nbsp;: la responsabilité solidaire sera renforcée. Lors de la votation finale de vendredi 14 décembre, tant la Chambre des cantons (31 oui contre 7 non et 2 abstentions) que celle du peuple (106 contre 79 et 6 abstentions) ont en effet choisi de la muscler. L’Union syndicale suisse (USS) se réjouit de voir qu’ainsi, il sera possible d’endiguer la sous-enchère salariale pratiquée par certains patrons du bâtiment à travers des chaînes de sous-traitance. À l’avenir en effet, l’entrepreneur contractant, le premier donc, devra aussi répondre du non-respect par l’un de ses sous-traitants des salaires et des conditions de travail usuels, même s’il s’agit d’un sous-traitant de sous-traitant. 
</p><p>Avec sa pétition signée par 27&nbsp;318 salarié(e)s de la construction, le syndicat Unia a aussi clairement contribué à ce succès. Grâce à l’engagement des syndicats, les salaires et les conditions de travail suisses seront mieux protégés contre la maximisation des profits et la sous-enchère salariale de quelques entrepreneurs sans scrupule de cette branche. L’USS et ses fédérations suivront attentivement l’application concrète de la nouvelle responsabilité solidaire. Aux intentions sur le papier doivent succéder des actes. Les travailleurs et travailleuses de la construction que l’on retrouve par tous les temps sur les chantiers du pays méritent des salaires décents&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Droit du travail</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-948</guid><pubDate>Fri, 14 Dec 2012 10:46:00 +0100</pubDate><title>Un paysage dans la tempête</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/un-paysage-dans-la-tempete</link><description>Conventions collectives de travail : une renaissance menacée ?</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Ces dernières années, les conventions collectives de travail (CCT) ont connu une vraie renaissance. Fin 2012, les menaces s’accumulent brusquement. La mentalité du maître des lieux qui caractérise certains employeurs regagne en vitalité. Rien qu’un petit orage&nbsp;? Ou l’occasion pour les syndicats de remettre les points sur les i&nbsp;?</p><p>Personne ne conteste qu’en matière de CCT, on a assisté à un changement de tendance ces dernières années. Pendant les années 1990, le patron des patrons de l’époque, Monsieur Guido Richterich, traitait les CCT de rossignols, de modèles de fin de série. Et c’était dans l’air du temps. En effet, avec 1&nbsp;269&nbsp;000 de personnes assujetties à des CCT en 1996, on avait touché historiquement le fond. 
</p><h3>La renaissance des CCT</h3><p>En 2009, l’Office fédéral de la statistique dénombrait à nouveau 1,7 million de personnes protégées par une CCT. La tendance des années 1990 s’était donc inversée. Et pourquoi cette renaissance&nbsp;?
</p><p>Dans le secteur tertiaire, de nouvelles CCT ont été conclues (Poste, CFF et Swisscom, après la suppression du statut de fonctionnaire&nbsp;; nettoyage&nbsp;; sécurité privée&nbsp;; CCT régionales dans le commerce de détail et certaines parties de la santé). Au début de 2012, au terme de négociations ardues, la CCT «&nbsp;Location de services&nbsp;» était conclue, une année après l’entrée en vigueur du contrat-type de travail de l’économie domestique. Ces deux contrats sont historiques. Quelque chose s’est donc passé&nbsp;: les CCT s’avèrent à nouveau être des instruments permettant d’instaurer des conditions de travail quelque peu équitables et contraignantes. Elles ont désormais un avenir, et pas uniquement un passé. 
</p><h3>Subite rafale d’offensives</h3><p>C’est pourquoi on s’étonnera au premier abord de voir que, dans certaines branches, des offensives contre le partenariat contractuel sont lancées précisément aujourd’hui. </p><ul><li>Dans le canton de Neuchâtel, l’hôpital La Providence va être vendu au groupe Genolier qui ne veut plus de la CCT en vigueur, car il souhaite économiser sur le dos du personnel. Ce dernier est en grève depuis le 26 novembre contre la menace de dénoncer la CCT et la dégradation des conditions de travail qui en découlerait.</li><li>Les éditeurs de Suisse romande ont dénoncé le 5 décembre dernier sans avertissement la CCT de la presse suisse-romande. En Suisse alémanique et au Tessin, la même chose a eu lieu il y a huit ans, ce qui a entraîné une nette dégradation des conditions de travail des journalistes, et particulièrement de celles des journalistes libres. Le 11 décembre, les journalistes romands ont protesté à Genève, Fribourg et Sion ainsi que Neuchâtel où ceux de l’Express et de l’Impartial ont même débrayé une heure.&nbsp;</li><li>Lors des négociations sur le renouvellement du contrat collectif de travail (CCT) de l’industrie graphique, l’association patronale Viscom persiste à exiger une prolongation de la durée du travail et une baisse des suppléments de nuit. Les syndicats ne sont pas prêts à entrer en matière sur ce démantèlement. Le 11 décembre, Viscom a annoncé l’échec des négociations et demandé aux entreprises signataires du CCT en vigueur d’appliquer à partir du 1er janvier 2013, soit dès le début du vide conventionnel, ses revendications dans les entreprises. Les syndicats répondront par des grèves d’avertissement. L’an prochain, les membres concernés de syndicom diront, lors d’une votation générale, s’ils veulent prendre des mesures de lutte et de grève plus dures. </li></ul><h3>Il n’y a pas pire sourd que celui….</h3><p>Cette histoire récente a aussi sa leçon&nbsp;: on peut définir le contenu d’une CCT à la faveur d’un dialogue basé sur le respect mutuel des deux parties ou le conquérir de haute lutte. Parfois, c’est cette deuxième méthode qui est nécessaire. Cela a été par exemple le cas tout récemment dans le secteur principal de la construction, alors qu’Unia négociait parallèlement avec succès dans de nouveaux secteurs. L’orage qui menace en ce moment le paysage des CCT peut aussi avoir un effet cathartique. Ce sera le cas si les employeurs comprennent que la confrontation engendre la confrontation et que les syndicats acceptent l’idée de se battre quand les patrons spéculent sur leur docilité.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-934</guid><pubDate>Mon, 10 Dec 2012 11:23:00 +0100</pubDate><title>Dossier N° 92 : Le marché du travail « libéral » en Suisse - Une démystification</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/dossier-n-92-le-marche-du-travail-liberal-en-suisse-une-demystification</link><description>Faible protection des travailleurs et travailleuses = chômage = faux !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La protection des travailleurs et travailleuses en Suisse est faible. Ce qui serait une bonne chose, prétendent nombre d’employeurs, car cela expliquerait le faible taux de chômage dans notre pays. Il y a toutefois un hic à cette thèse exposée avec la plus grande conviction qui soit&nbsp;: elle est fausse. Le Dossier N° 92 de l'USS le prouve.</p><p>Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS, et Daniel Kopp, collaborateur scientifique de l’USS, les deux auteurs de ce Dossier N° 92, signalent l’existence d’études de l’OCDE prouvant qu’en matière de protection des travailleurs et travailleuses, la Suisse est à bien des égards en retard en comparaison internationale. Concernant la protection contre le licenciement, elle occupe le 31e rang sur 34 pays étudiés. Et elle fait à peine mieux que les autres pour ce qui est des salaires minimums, des contrats de travail de durée limitée et du travail intérimaire.</p><p>Pour de nombreux employeurs et commentateurs «&nbsp;compétents&nbsp;», cette faible protection est le résultat d’un «&nbsp;marché du travail libéral&nbsp;» dont les effets seraient finalement bénéfiques, à savoir&nbsp;: un chômage nettement plus faible que dans les autres pays. S’ils reconnaissent&nbsp; qu’il est plus facile de licencier en Suisse, ils rappellent que cela explique pourquoi plus d’entreprises viennent dans notre pays et y créent des emplois. Selon eux donc, une faible protection des travailleurs et travailleuses serait synonyme de chômage faible. C’est pourquoi rien ne serait à modifier dans cette protection.&nbsp;</p><p>Mais, si ce raisonnement est juste, pourquoi le chômage en Norvège ou aux Pays-Bas est-il pratiquement le même que chez nous&nbsp;? La protection des travailleurs et travailleuses y est en effet très développée. D. Lampart et D. Kopp montrent quel est le vrai lien entre elle et le chômage&nbsp;: «&nbsp;Dans les faits, écrivent-ils, le rapport devrait être justement l’inverse. Les salarié(e)s de Suisse ont accepté une protection moins poussée avant tout parce qu’autrefois, le chômage était un risque relativement faible&nbsp;» (p.5). En outre, plusieurs études récentes de l’OCDE contredisent d’anciens travaux de cette dernière sur cette question. De fait, l’OCDE s’était effectivement prononcée par le passé en faveur d’un démantèlement de la protection des travailleurs et travailleuses.</p><p>Pour la Suisse, cette faible protection a une incidence fortement négative. Selon D. Lampart et D. Kopp&nbsp;: «&nbsp;Depuis les années 1990, le chômage a fortement augmenté dans notre pays. Des formes atypiques de travail, comme le travail temporaire, qui offrent une protection plus restreinte qu’en cas de rapports de travail «&nbsp;normaux&nbsp;», prennent de l’ampleur. Parallèlement, les partenaires sociaux ont toujours plus de difficulté à convenir de réglementations. Par exemple, les employeurs des nouvelles branches de services, qui se sont fortement développées (centres d’appels, distribution de courrier, instituts de beauté, etc.) sont peu, voire pas du tout organisés. Ces branches n’auront par conséquent pas de CCT dans un avenir prévisible. Dans d’autres branches, les employeurs refusent même toute négociation collective sur une éventuelle CCT. Par exemple, le président de l’Union suisse des marchands de chaussures – une branche dont les conditions de travail sont mauvaises – affirme publiquement qu’il s’engagera activement contre la conclusion d’une CCT.&nbsp;»</p><p>La conclusion à tirer est donc évidente&nbsp;: «&nbsp;la politique du marché du travail a besoin d’un aggiornamento.&nbsp;»</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-938</guid><pubDate>Mon, 10 Dec 2012 11:20:00 +0100</pubDate><title>Harcèlement parlementaire : un référendum y mettra bon ordre</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/harcelement-parlementaire-un-referendum-y-mettra-bon-ordre</link><description>NON au travail 24 heures sur 24 dans la vente !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Si la lumière de la raison ne devait pas subitement éclairer les parlementaires de droite – mais il n’y a guère lieu de s’y attendre –, ceux-ci adopteront le 14 décembre en votation finale la libéralisation des heures d’ouverture des échoppes des stations-service. Et le peuple aura ensuite le dernier mot… et le travail 24 heures sur 24 devrait en rester au stade de vœu pieux.&nbsp; </p><p>L’automne dernier, le Conseil des États avait déjà décidé que le travail de nuit et du dimanche dans les échoppes de stations-service situées sur les aires d’autoroutes et le long des «&nbsp;grands axes routiers&nbsp;» serait à l’avenir possible. Au Conseil national, une minorité gauche-verte, emmenée par Louis Schelbert, a essayé, mais en vain, de limiter ces autorisations aux seules autoroutes. Par 112 voix contre 62, le Conseil national a clairement choisi la variante «&nbsp;large&nbsp;». Cet objet n’a de ce fait plus qu’à passer le dernier obstacle de la votation finale au Parlement. En réalité cependant, la votation «&nbsp;vraiment finale&nbsp;», relèvera du peuple. Les syndicats, soutenus par d’autres milieux, ont en effet décidé de saisir le référendum. Au vu de ce qui s’est passé dans les urnes ces dernières années en matière de prolongation des heures d’ouverture et, donc, de travail dans les commerces, la destination de cet objet semble d’ores et déjà décidée&nbsp;: les poubelles de l’histoire. 
</p><p>Pour les dérégulateurs, pouvoir faire des achats 24 heures sur 24 dans les échoppes des stations-service, ne changerait pas grand-chose à la réalité actuelle. C’est pourquoi ils qualifient le référendum des syndicats de «&nbsp;fondamentaliste&nbsp;». Mais, il est évident que travailler 24 heures sur 24 dans les échoppes des stations-service, c’est un grand changement pour les personnes concernées. C’est aussi la porte grande ouverte à la généralisation du travail 24 heures sur 24 partout dans la vente, mais pas seulement. Quant aux «&nbsp;petits changements&nbsp;», n’oublions pas qu’ils peuvent devenir très grands lorsqu’ils s’ajoutent les uns aux autres. De fait, la motion Lüscher, à l’origine de la décision sur le travail de nuit et du dimanche dans les stations-service, n’est pas toute seule. Dans les tuyaux du Parlement, se trouvent déjà toute une série de propositions de «&nbsp;petits changements&nbsp;» en matière d’heures d’ouverture des commerces, dont le but ultime est une société qui achète et, finalement, travaille nuit et jour, douze mois sur douze. 
</p><p>«&nbsp;Il ne s’agit cependant pas là de propositions isolées (mais) d’une "stratégie du salami", dont le but est de vider petit à petit de sa substance l’interdiction de travailler la nuit ou le dimanche. Ses adeptes commencent par s’attaquer aux horaires des magasins, mais visent à terme toutes les entreprises. En effet, une attaque frontale contre deux principes de la loi sur le travail (LTr) qui protègent la santé, la vie sociale et familiale du personnel ainsi que la tranquillité publique n’aurait probablement aucune chance de s’imposer.&nbsp;» Ainsi que le montrent ces propos tirés de l’avant-propos de «&nbsp;Consommer 24 heures sur 24, c’est travailler 24 heures sur 24&nbsp;», un intitulé qui parle de lui-même, le Dossier N° 82 de l’USS de Jean Christophe Schwaab, ancien secrétaire de l’USS et actuellement conseiller national, le but de la droite est on ne peut plus clair&nbsp;: autoriser un jour partout le travail 24 heures sur 24&nbsp;; cela, en passant par quelques détours pour mieux tromper les gens. Ajoutons encore ceci&nbsp;: qui aurait pensé, après le tout récent naufrage de l’initiative zurichoise extrémiste «&nbsp;Le client est roi&nbsp;» et du projet lucernois de prolongation, même modeste, des heures d’ouverture des commerces, la droite de ce pays n’aurait pas enfin compris ce dont le peuple ne veut pas&nbsp;?</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-939</guid><pubDate>Fri, 07 Dec 2012 15:31:00 +0100</pubDate><title>Le Parlement concrétise une revendication syndicale</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-parlement-concretise-une-revendication-syndicale</link><description>Une vraie libre circulation des personnes</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Il y a encore une année, les employeurs et les représentants des milieux économiques souriaient des syndicats lorsque ceux-ci demandaient une responsabilité solidaire digne de ce nom. Aujourd’hui, le Parlement a justement décidé que les entreprises seraient plus clairement tenues de respecter et faire respecter les salaires et conditions de travail en usage chez nous.</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) prend acte avec satisfaction de la décision du Conseil national qui, après le Conseil des États, réalise une vieille revendication syndicale dans la lutte contre la sous-enchère salariale. Concrètement, grâce à l’introduction d’une responsabilité solidaire efficace, les entreprises devront à l’avenir répondre du respect des salaires et conditions de travail locaux par toutes les entreprises travaillant directement ou indirectement en sous-traitance pour elles. 
</p><p>La raison s’est donc imposée tant au gouvernement qu’aux Chambres fédérales. L’urgence de la situation est apparue sur les chantiers où, pratiquement chaque jour, le syndicat Unia a découvert des cas de sous-enchère salariale crasse. La recette des coupables est simple&nbsp;: une entreprise confie un mandat – comme des travaux de ferraillage ou d’artisanat du bâtiment – à une entreprise sous-traitante et lui verse par exemple 50&nbsp;000 francs pour cela. L’entreprise sous-traitante transmet le mandat à une autre entreprise, mais ne lui verse que 40&nbsp;000 francs, encaissant la différence. Ce petit jeu peut encore se poursuivre, chaque entreprise sous-traitante disposant de toujours moins d’argent pour rémunérer correctement les travailleurs chargés de réaliser le mandat. Au bout de la chaîne de sous-traitance, on trouve régulièrement des entreprises qui vont jusqu’à payer 10 francs de l’heure à leurs employé(e)s. 
</p><p>Dans une pétition lancée par le syndicat Unia, 27&nbsp;318 personnes&nbsp; ont demandé que le holà soit mis à ce type de pratiques. Leur demande a ainsi été entendue car à l’avenir, l’entrepreneur contractant (le premier entrepreneur) devra répondre solidairement du non-respect par tous ses sous-traitants des salaires minimums et des conditions de travail.
</p><p>Après le renforcement, décidé l’été dernier déjà, des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes (entre autres contre les soumissionnaires étrangers qui reprennent en Suisse des mandats en tant qu’indépendants fictifs et nouvelles possibilités de sanctionner les entreprises qui enfreignent des dispositions de conventions collectives de travail ou de contrats-types de travail), en décidant d’introduire une responsabilité solidaire digne de ce nom, le Parlement suisse a désormais fait un vrai pas en avant dans la protection du niveau des salaires de ce pays. L’USS et ses fédérations membres vont maintenant observer attentivement ce qui va se passer afin que les nouvelles dispositions légales soient concrètement efficaces.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-941</guid><pubDate>Tue, 04 Dec 2012 15:32:00 +0100</pubDate><title>Le Conseil des États veut exclure le peuple du débat sur les ventes du dimanche</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-conseil-des-etats-veut-exclure-le-peuple-du-debat-sur-les-ventes-du-dimanche</link><description>Heures d’ouverture des commerces</description><content:encoded><![CDATA[<p>S’il en va comme selon la volonté du Conseil des États, toujours plus de personnes devront travailler aussi le dimanche en Suisse. La Chambre des cantons a en effet accepté par 24 voix contre 11 la motion du radical-libéral tessinois Fabio Abate, qui propose une extension massive du travail du dimanche dans le commerce de détail. Au lieu d’en rester comme aujourd’hui aux «&nbsp;seules&nbsp;» régions touristiques, les commerces pourraient ouvrir aussi le dimanche dans les grands espaces économiques. En outre, ils pourraient le faire toute l’année et pas uniquement pendant la saison touristique. 
</p><p>De plus, cette grossière offensive contre la protection des travailleurs et travailleuses, la majorité du Conseil des États veut la faire passer au nez et à la barbe du peuple. En effet, la motion demande au Conseil fédéral de procéder à cette déréglementation via la simple modification d’une ordonnance relative à la loi sur le travail. Or, il n’est pas possible de saisir le référendum contre une modification d’ordonnance, que le Conseil fédéral soutient par ailleurs. Cette façon de procéder est d’autant plus scandaleuse que, depuis 2006, les citoyen(ne)s ont rejeté lors de 10 votations cantonales sur 11 toute prolongation des heures d’ouverture des commerces. Par leur décision, le Conseil fédéral et le Conseil des États prouvent qu’ils ont peur du peuple. 
</p><h5>Renseignements</h5><p>&nbsp;</p><ul><li>Luca Cirigliano (076 335 61 97), secrétaire central de l’USS</li><li>Thomas Zimmermann (079 249 59 74), responsable de la communication et porte-parole de l’USS</li></ul><p></p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-935</guid><pubDate>Fri, 30 Nov 2012 10:42:00 +0100</pubDate><title>La protection des jeunes n’est pas négociable à souhait</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-protection-des-jeunes-n-est-pas-negociable-a-souhait</link><description>Abaissement de l’âge de protection des jeunes pour les travaux dangereux</description><content:encoded><![CDATA[<p>La Commission jeunesse de l’USS est consternée d’apprendre aujourd’hui – de surcroît par voie de presse – que le SECO a soumis à la Commission fédérale du travail un projet qui prévoit d’abaisser l’âge de protection des jeunes pour effectuer des travaux dangereux pendant l’apprentissage. Ce projet est d’autant plus surprenant que la situation s’est fortement aggravée ces dernières années. Entre 2005 et 2009, les accidents professionnels des apprentis sont passés de 18'300 à près de 19'700, soit une hausse impressionnante de 8% en 4 ans&nbsp;! De plus, on sait qu’un quart des accidents pendant l’apprentissage ont lieu avant 16 ans, alors même que ces jeunes bénéficient encore à ce jour d’une meilleure protection.
</p><p>Lors de la révision de la loi sur le travail en 2006, l’USS s’était déjà opposée à l’abaissement de l’âge de protection de 20 à 18 ans. L’ordonnance 5 sur la protection des jeunes travailleurs, entrée en vigueur en 2008, visait à atténuer les conséquences négatives de cette révision, en prévoyant notamment une interdiction d’employer les apprentis en dessous de 16 ans à des travaux dangereux. L’administration semble vouloir aujourd’hui porter un nouveau coup dur à la protection des jeunes en révisant cette même ordonnance.
</p><p>Cette situation est d’autant plus déplaisante que la mise en œuvre des mesures de protection n’a jamais fait l’objet d’une quelconque évaluation. Il faudrait d’abord comprendre pourquoi le nombre d’accidents a augmenté, en particulier en dessous de 16 ans, et si les dispositions actuellement en vigueur sont respectées. La Commission jeunesse de l’USS attend des mesures de protection efficaces.
</p><h5>Renseignements</h5><p>&nbsp;</p><ul><li>Véronique Polito (079 436 21 29), secrétaire centrale de l’USS</li></ul><p></p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-918</guid><pubDate>Fri, 23 Nov 2012 11:26:00 +0100</pubDate><title>Il faut protéger les salaires de la construction contre la sous-enchère !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/il-faut-proteger-les-salaires-de-la-construction-contre-la-sous-enchere</link><description>Plus de 27 000 travailleurs revendiquent la responsabilité solidaire</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Après avoir traversé en cortège le centre de Berne, près de 400 travailleurs et travailleuses de la construction et syndicalistes ont déposé, le 20 novembre dernier, à la Chancellerie fédérale, une pétition munie de plus de 27&nbsp;000 signatures. Elle demande au Conseil national d’adopter, lors de la prochaine session, une responsabilité solidaire digne de ce nom afin de protéger les salaires suisses contre les entrepreneurs de la construction qui essaient de faire un maximum de profits, en renvoyant à des sous-traitants la responsabilité de respecter les salaires. </p><p>Ce qui s’est passé ces derniers mois sur des chantiers suisses est inimaginable. Pour augmenter leurs bénéfices, des entreprises suisses de la construction ont fait travailler des Portugais pour trois (&nbsp;!) euros de l’heure, à Aclens, dans le canton de Vaud. À Genève, des maçons français n’ont touché que dix euros de l’heure, et il est apparu que le salaire de plâtriers polonais occupés à Saint-Gall était la moitié du salaire minimum prescrit par la convention collective de travail. Et ce ne sont là que quelques exemples parmi tant d’autres. Le principe appliqué est toujours le même&nbsp;: des entreprises suisses confient leurs mandats à des chaînes de sous-traitants, dont une partie viennent de l’étranger. Et ces sous-traitants ne versent pas les salaires contractuellement convenus, mais beaucoup moins. Le bénéfice est bien sûr empoché par l’entreprise contractante suisse, le premier maillon. La main-d’œuvre étrangère, qui doit ainsi travailler pour des salaires éhontés est clairement perdante, alors que les salaires des travailleurs et travailleurs indigènes s’en trouvent d’autant plus sous pression.
</p><p>Lors de la session d’hiver, le Conseil national a la possibilité de mettre fin à ces pratiques en introduisant une responsabilité solidaire digne de ce nom. Si l’entrepreneur contractant devait répondre du respect des salaires versés et des conditions de travail appliquées par ses sous-traitants, il choisirait sans doute très soigneusement avec lesquels il entend travailler. Ou alors il ne recourrait plus à des sous-traitants. Une telle mesure pousserait hors du marché les sous-traitants pas sérieux, ce qui remettrait de l’ordre dans ce domaine. Le Conseil des États l’a déjà reconnu en votant une telle responsabilité solidaire dite «&nbsp;en chaîne&nbsp;». Au Conseil national de le suivre et prendre au sérieux les 27&nbsp;000 travailleurs et travailleuses de la construction qui ont signé la pétition. Sinon, la confiance dans les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes diminuera toujours plus. Ces mesures doivent en effet faire en sorte qu’en Suisse, ce sont des salaires suisses qui sont versés.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-923</guid><pubDate>Wed, 21 Nov 2012 14:03:00 +0100</pubDate><title>Halte au harcèlement politique visant à déréguler les heures d’ouverture 	</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/halte-au-harcelement-politique-visant-a-dereguler-les-heures-d-ouverture</link><description>Heures d’ouverture des commerces</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le conseiller national genevois Lüscher et les deux conseillers aux États tessinois Lombardi et Abate se réjouissent déjà de leur «&nbsp;cadeau de Noël&nbsp;», mais... Par le biais d’une salade russe composée de diverses intentions parlementaires, ils veulent réaliser au plan fédéral ce que le corps électoral des cantons a toujours clairement rejeté, à savoir&nbsp;: la prolongation généralisée des heures d’ouverture des commerces, de lundi à vendredi et, pour en remettre une bonne couche, l’introduction dans tout le pays du travail de nuit et du dimanche dans diverses catégories de magasins.</p><p>Si les propositions de révision de la loi sur le travail ou d’une ordonnance relative à cette loi contenues dans l’initiative parlementaire Lüscher et les motions Lombardi, dont l’examen a été renvoyé à février 2013, et Abate passent, on assistera à proprement parler à l’enterrement pur et simple de la protection des travailleurs et travailleuses garantie par cette loi. Dans un premier temps, «&nbsp;seul&nbsp;» le personnel de vente serait concerné, mais ensuite c’est une vague de dérégulations qui gagnerait toutes les branches.
</p><p>L’USS et ses fédérations feront face à ce danger avec des alliés, comme les Églises, des partis politique, l’Alliance pour un dimanche sans travail, ainsi que les services de prévention des médecins du travail. Son Assemblée des délégué(e)s du 16 novembre 2012 a adopté la résolution ci-après.
</p><h3>Résolution</h3><p>«&nbsp;En 2012, la Berne fédérale a vécu à proprement parler une offensive générale contre la loi sur le travail. Les interventions faites dans ce cadre visent la dérégulation des heures d’ouverture des commerces et, par ce biais, la suppression d’importantes dispositions de protection destinées aux travailleurs et travailleuses. Dans les faits, ces attaques auraient pour conséquence, comme par exemple l’initiative parlementaire Lüscher (PRL/GE), d’introduire le travail de nuit et du dimanche dans les échoppes de stations-service des autoroutes et sur les grands axes routiers de toute la Suisse ou, comme la motion Lombardi (PDC/TI), d’imposer aux cantons, au mépris du fédéralisme, des heures minimales d’ouverture des commerces. Il est particulièrement scandaleux que ces projets soient acceptés par les instances qui en délibèrent précisément au moment où le peuple refuse dans des votations cantonales de prolonger les heures d’ouverture des commerces, comme cela a été le cas à Lucerne et à Zurich.
</p><p>La dernière attaque est la motion Abate (PRL/GE), qui, sous prétexte d’encourager le tourisme, entend, par le biais d’une formulation imprécise, permettre dans une ordonnance les ventes du dimanche sur toute l’année et dans toutes les régions du pays, alors qu’elles sont actuellement limitées aux seules régions touristiques. 
</p><p>Les travailleurs et travailleuses sont confrontés à une tactique sournoise du salami dont le but est d’introduire, via le droit fédéral ou même par la voie totalement antidémocratique d’une ordonnance, une dérégulation intégrale qui échoue régulièrement dans les cantons face à l’opposition des citoyen(ne)s. Cette dégradation de la protection des travailleurs et travailleuses se traduirait par plus de travail de nuit ou du dimanche, non seulement dans le commerce de détail, mais aussi dans les branches du nettoyage, de la livraison de marchandises et de la sécurité. Ce qui entraînerait plus de stress et plus de maladies professionnelles, et appauvrirait la vie sociale des personnes concernées. Or, le travail de nuit est, aujourd’hui déjà, dangereux dans les échoppes en raison, par exemple, des agressions qui y ont lieu. En outre, l’acceptation de l’initiative Lüscher favoriserait à proprement parler, surtout les nuits des week-ends, un «&nbsp;tourisme d’achat et d’alcool&nbsp;» sur les autoroutes et les routes principales, avec des conséquences dommageables imprévisibles pour la sécurité du trafic, l’environnement et la prévention spécialement destinée aux jeunes.
</p><p>C’est pourquoi les syndicats sont prêts à faire obstacle, si nécessaire au moyen d’un référendum, aux projets de prolongation des heures d’ouverture des commerces que ne cessent de lancer les lobbyistes bourgeois. Cela, afin de faire passer aussi au plan fédéral un message clair contre la dérégulation des heures de travail et les tentatives de vider la loi sur le travail de sa substance&nbsp;!&nbsp;»</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-922</guid><pubDate>Wed, 21 Nov 2012 09:04:00 +0100</pubDate><title>Au Conseil national de suivre le Conseil des États</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/au-conseil-national-de-suivre-le-conseil-des-etats</link><description>Responsabilité solidaire</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les salaires et conditions de travail suisses sont régulièrement contournés lorsque des mandats sont transmis à des entreprises sous-traitantes. Au bout des chaînes de sous-traitances, on trouve souvent des entreprises qui versent des salaires de misère à leurs employé(e)s, parfois même moins de 10 francs de l’heure. Il faut que cela cesse&nbsp;! Lors de la session d’hiver qui commencera la dernière semaine de décembre, le Conseil national devra se rallier à la décision du Conseil des États, soit&nbsp;: décider d’une responsabilité solidaire digne de ce nom afin de combler cette lacune des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes.</p><p>Il avait été promis aux travailleurs et travailleuses de ce pays que les salaires et les conditions de travail suisses seraient protégés par les mesures d’accompagnement. Cette promesse a aussi été discutée lors de l’Assemblée des délégué(e)s de l’USS du 16 novembre passé. Il faut que le Conseil national la tienne, ont demandé les délégué(e)s de l’USS. À l’unanimité, ils ont adopté le document ci-après.
</p><h3>«&nbsp;Protéger les salaires et les emplois en Suisse à l’aide des &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br>mesures d’accompagnement</h3><p>Avec les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes, la Suisse dispose a priori d’un instrument qui lui permet de contrôler l’immigration de main-d’œuvre étrangère sur son territoire. Le principe à la base de ces mesures est que quiconque travaille en Suisse doit toucher un salaire suisse et bénéficier de conditions de travail suisses. S’il est appliqué systématiquement, les patrons ne peuvent plus engager de personnel étranger «&nbsp;bon marché&nbsp;» au détriment des travailleurs et travailleuses indigènes. Ce n’est pas uniquement important pour les personnes qui travaillent en Suisse depuis longtemps, mais aussi pour celles et ceux qui viennent dans notre pays afin d’y travailler, car ils veulent aussi profiter de bons salaires et de conditions de travail de qualité. Et ils y ont également droit. 
</p><h3>Responsabilité solidaire contre sous-enchère crasse des sous-traitants</h3><p>On constate des cas de sous-enchère grossière lorsque des mandats sont transmis à des sous-traitants. Au bout des chaînes de sous-traitance, il y a habituellement des entreprises dont les salaires peuvent même être inférieurs à 10 francs de l’heure. Ces entreprises ne viennent pas uniquement de l’étranger, mais aussi de Suisse. 
</p><p>À elle seule, la mosaïque d’entreprises présentes sur un chantier rend problématique leur identification et il est malaisé de déterminer qui y fait quoi. Cela entrave les contrôles effectués sur place. Souvent, il ne s’agit que d’assemblages informels. Dans pareille situation, il n’est guère possible de contrôler efficacement les livrets de salaires, c’est-à-dire d’exiger des entreprises qu’elles produisent les documents nécessaires à cet effet. Sans parler de l’application de sanctions aux sous-traitants en infraction. 
</p><h3>La position de l’USS&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </h3><p>Pour pouvoir imposer et les salaires et les conditions de travail suisses, il faut que l’entrepreneur contractant ou l’entreprise générale doive répondre pour les infractions commises tout au long de la chaîne de sous-traitance. Le Conseil des États a dit oui à une telle responsabilité solidaire et le Conseil national se prononcera lors de la session d’hiver, en novembre ou décembre. On a promis à la population suisse que les salaires et les conditions de travail du pays seraient respectés. Le Conseil national sera jugé à l’aune de cette promesse. C’est pourquoi l’USS attend de lui qu’il se prononce également en faveur de cette responsabilité solidaire.
</p><h3>Les contrôles montrent la sous-enchère salariale – aux cantons d’introduire des salaires minimums</h3><p>La sous-enchère salariale n’a malheureusement rien de nouveau. Cela fait longtemps que les patrons font pression sur les salaires de leurs employé(e)s afin d’augmenter leurs bénéfices. Les contrôles des salaires dévoilent l’ampleur de cette pression. Dans les branches sans salaires minimums obligatoires, la part des entreprises dans lesquelles les contrôleurs et contrôleuses ont découvert des cas de sous-enchère a presque doublé entre 2009 et 2011. Selon les statistiques du SECO, les taux d’infraction sont passés de 6 à 11&nbsp;%.
</p><p>Dans cette situation, les cantons doivent passer à l’action et protéger les salaires. La loi (art. 360a du Code des obligations) prévoit l’introduction de salaires minimums en cas de sous-enchère répétée. À ce jour cependant, seuls des cantons de Suisse latine et, dans deux cas (économie domestique, petites entreprises de nettoyage de Suisse alémanique), la Confédération ont édicté de tels salaires. En Suisse alémanique, aucun canton ne connaît encore de salaire minimum, alors que la situation n’y est pas meilleure qu’en Suisse latine. 
</p><h3>La position de l’USS</h3><p>La loi doit être appliquée. Lorsque la Confédération ou des cantons découvrent des cas de sous-enchère, ils doivent introduire des salaires minimums. 
</p><h3>Certains cantons tolèrent la sous-enchère en appliquant des salaires de référence trop bas lors des contrôles </h3><p>En réalité, la pression sur les salaires devrait être encore plus importante qu’annoncé officiellement. L’exemple de l’horticulture le montre bien. De nombreux cantons tolèrent par exemple des salaires de 3&nbsp;350 francs par mois pour des aides-jardiniers/jardinières et de 4&nbsp;120 francs pour des horticulteurs ou horticultrices avec certificat fédéral de capacité et expérience professionnelle, alors que le niveau salarial national de cette branche est nettement supérieur. Or, même avec ces salaires de référence clairement trop bas, il apparaît que 11&nbsp;% des entreprises contrôlées pratiquent la sous-enchère. Dans les cantons qui basent leurs contrôles sur des salaires de référence plus proches des salaires usuels, les taux d’infraction sont plus élevés (p. ex. 34&nbsp;% à Bâle-Ville/Bâle-Campagne). Les taux d’infraction officiels concernant l’horticulture donnent une image trop positive des salaires de cette branche. 
</p><h3>La position de l’USS&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </h3><p>Les cantons doivent baser leurs contrôles sur des salaires de référence corrects. Les salaires de référence appliqués doivent être examinés d’un œil critique afin de déterminer s’ils correspondent aux salaires usuels.
</p><h3>Protéger les salaires de l’horticulture, du commerce de détail et du journalisme avec des salaires minimums</h3><p>Dans certaines branches, la pression sur les salaires est particulièrement forte. Bien que les salaires de référence appliqués dans l’horticulture soient en maints endroits trop bas, les cantons ont constaté que 11&nbsp;% des entreprises contrôlées pratiquaient la sous-enchère. Dans le commerce de détail aussi, de nombreux employeurs versent des salaires trop bas. La situation est spécialement grave en ce qui concerne les commerces de chaussures et de vêtements. Dans les commerces de chaussures, le salaire mensuel de certains employé(e)s n’est que de 2&nbsp;700 francs, alors que les propriétaires des grandes chaînes de chaussures ont amassé des milliards de francs. Le vide conventionnel dans le journalisme de Suisse alémanique et du Tessin a pour conséquence que toujours plus de salaires et d’honoraires sont sous pression. Ce n’est pas seulement grave pour les personnes concernées, mais cela met aussi en danger la qualité de la presse dans notre pays. 
</p><h3>La position de l’USS&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </h3><p>Les salaires versés dans l’horticulture, le commerce de détail (chaussures, vêtements) et le journalisme (Suisse alémanique et Tessin) doivent être protégés. Ces branches sont en mesure de conclure des conventions collectives de travail. C’est pourquoi la priorité doit être donnée à l’introduction de bons salaires minimums conventionnels.&nbsp;»</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-915</guid><pubDate>Tue, 13 Nov 2012 16:16:00 +0100</pubDate><title>Les syndicats prêts à saisir le référendum</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-syndicats-prets-a-saisir-le-referendum</link><description>La CER favorable à une ouverture 24 heures sur 24 </description><content:encoded><![CDATA[<p>La Commission de l’économie et des redevances (CER) du Conseil national veut prolonger les heures d’ouverture des échoppes de stations-service la nuit et le dimanche. Si le Conseil national la suivait, le travail&nbsp; 24 heures sur 24 serait autorisé pour la première fois dans le commerce de détail en Suisse. Dans le cas où les Chambres fédérales décident cette extension du travail de nuit, l’Union syndicale suisse (USS) et les syndicats Unia et Syndicom sont prêts à saisir le référendum. 
</p><p>Pour les syndicats, il n’est pas question d’assouplir l’interdiction du travail de nuit, car cela mettrait en danger la santé des travailleurs et travailleuses concernés et détériorerait grandement leur vie familiale. En outre, les nouvelles règles équivaudraient à une rupture de digue. En effet, d’autres commerces de détail demandent déjà à être traités sur pied d’égalité avec les échoppes des stations-service. Le travail du dimanche et de nuit risque ainsi de s’installer dans tout le pays.
</p><p>Les syndicats ne peuvent ni comprendre ni accepter cette décision favorable aux exploitants d’échoppes de stations-service. Alors que la population les rejette les uns après les autres, les lobbyistes bourgeois du commerce de détail continuent de lancer de nouveaux projets pour une prolongation des heures d’ouverture des commerces. Mais les syndicats seront toujours prêts à mettre fin à ce harcèlement, si nécessaire au moyen d’un référendum.
</p><p class="Text"><span lang="FR">L’USS salue la décision de la CER de consulter les syndicats, les autres partenaires sociaux et les cantons avant de prendre une décision sur la Motion Lombardi. Néanmoins, nous sommes déçus que cette motion n’ait pas été tout simplement rejetée. Déjà acceptée par le Conseil des États, elle demande que, dans toute la Suisse, les commerces puissent rester ouverts au moins de 6 à 20 heures du lundi au vendredi et de 6 à 19 heures le samedi. Or, les cantons n’auront pas le droit de prévoir des heures d’ouverture plus courtes. À cause de ce brutal empiètement sur la souveraineté des cantons, nombre d’entre eux seraient contraints de prolonger très fortement les durées d’ouverture des commerces sur leur territoire. Et les conditions de travail des dizaines de milliers d’employé(e)s de la vente s’en trouveraient dégradées.&nbsp;</span></p><h5>Renseignements</h5><p><b>Luca Cirigliano (076 335 61 97)</b>, secrétaire central de l’USS, <b>Vania Alleva (079 620 11 14)</b>, vice-présidente de l’USS et membre du comité directeur d’Unia, et <b>Thomas Zimmermann&nbsp;(031 377 01 06 ou 079 249 59 74)</b>, responsable de la communication et porte-parole de l’USS, se tiennent à votre disposition pour tout complément d’information.&nbsp;
</p><p><a name="Text10"></a></p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-908</guid><pubDate>Tue, 06 Nov 2012 14:59:00 +0100</pubDate><title>Absence de protection des représentant(e)s du personnel : la Suisse viole des droits fondamentaux </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/absence-de-protection-des-representant-e-s-du-personnel-la-suisse-viole-des-droits-fondamentaux</link><description>Paul Rechsteiner, président de l&#039;USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le droit de s’organiser et d’être actif syndicalement fait partie des droits fondamentaux qui permettent de distinguer un État de droit démocratique d’une dictature ou d’un État arbitraire. La liberté d’association, également appelée liberté de coalition, est une condition pour garantir, par le biais des réglementations collectives, que les conditions de travail et les acquis sociaux puissent contrebalancer le pouvoir économique des patrons. La Constitution fédérale la mentionne expressément. La liberté d’association est concrétisée par les droits découlant de la Convention n°&nbsp;98 de l’Organisation internationale du travail (OIT), ratifiée par la Suisse. Avec l’interdiction du travail des enfants et de l’esclavage, la liberté syndicale fait partie des «&nbsp;core labour standards&nbsp;», c’est-à-dire des&nbsp; normes fondamentales du travail qui doivent être respectées dans le monde entier, indépendamment de la législation nationale. Ces droits sociaux fondamentaux sont des droits humains. 
</p><p>La Suisse est une des plus vieilles démocraties du monde. À la fin du XIX<sup>e</sup> siècle et au début du XX<sup>e</sup> siècle, elle fut aussi un État pionnier dans le développement de principes fondamentaux du droit international du travail. C’est l’une des raisons pour lesquelles le siège de l’OIT se trouve toujours à Genève. Outre les préoccupations sociales, reconnaître la nécessité de fixer des limites, au-delà du cadre national, à la concurrence internationale a toujours nourri le développement du droit international du travail, afin d’empêcher que la violation des principes élémentaires de la justice sociale ne puisse, par-dessus le marché, être source de profit.
</p><p>Il est donc d’autant plus préoccupant de voir que la Suisse, pays pionnier en matière de droit international du travail, n’a pas été capable, jusqu’à maintenant, de réglementer la protection des représentant(e)s du personnel de manière à respecter les standards minimaux de ce droit. Si, durant les années fastes de la haute conjoncture et du plein emploi, cette absence de protection n’apparaissait peut-être pas, en pratique, comme un problème aigu, il a constamment gagné en acuité depuis les années nonante. Pour cette raison, l’Union syndicale suisse s’est vue obligée, pour la première fois de son histoire, de porter plainte en 2003 auprès des instances de l’OIT. En novembre 2006, l’OIT a établi sans ambiguïté que la protection lacunaire des membres des syndicats et des commissions d’entreprise face aux licenciements antisyndicaux violait la liberté de coalition et exigea de la Suisse, respectivement du Conseil fédéral, qu’il agisse pour y remédier.
</p><p>Six ans plus tard, force est de constater malheureusement que la situation juridique ne s’est pas améliorée. Dans la pratique, la question est devenue encore plus aiguë, si nous considérons les cas scandaleux de ces dernières années. Les tribunaux ont aussi apporté leur contribution à cette situation lamentable, lorsque, à l’instar du Tribunal fédéral dans le cas emblématique du président de la commission d’entreprise de Tamedia, ils ont considéré que presque tout motif évoqué par l’employeur pouvait justifier le licenciement d’un membre d’une commission d’entreprise. Le Tribunal fédéral a néanmoins dû admettre à cette occasion que le Conseil fédéral et le législateur devaient agir. Reposant sur une inapplication offensive des conventions de l’OIT, l’attitude de la cour suprême – répétée dans sa décision sur le cas Chevrier, condamnant des syndicalistes pour la distribution, sur la place de parc de l’entreprise, de tracts d’information sur une convention collective – est en opposition crasse à ses arrêts récents sur d’autres conventions internationales (p. ex. sur la Convention relative aux droits de l’enfant ou sur la Convention sur l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes). Dès leur ratification au plus tard, les conventions de l’OIT font pourtant aussi partie du droit applicable dans le pays par ses tribunaux et ses autorités.
</p><p>De son côté, le Conseil fédéral, après des années de valse-hésitation, a mis en consultation en 2010 un projet qui aurait apporté au moins un petit progrès, certes insuffisant, en matière de protection des représentant(e)s du personnel. Depuis, le dossier est à nouveau bloqué, les employeurs et les associations économiques (et à leur remorque, les partis bourgeois) faisant barrage à toute amélioration. Les cantons et les autres participant(e)s à la consultation avaient en majorité réagi positivement aux propositions du Conseil fédéral. 
</p><p>Vu le blocage de ce dossier à la Confédération, l’Union syndicale suisse a décidé de réactiver la plainte auprès de l’OIT et a présenté, avec sa requête du 19 septembre 2012, toute une série de nouveaux cas (dont celui, déjà évoqué, de Daniel Suter). A la longue, les autorités suisses, fortement imbriquées dans les relations internationales, mais aussi les associations d’employeurs et économiques, ne pourront plus simplement rester insensibles au fait que l’OIT, l’organisation mondiale faisant autorité dans ce domaine, doive constater que la Suisse viole ce droit fondamental de la liberté d’association. 
</p><p>Parallèlement, une campagne est lancée en Suisse autour du nouveau Livre noir, afin de souligner le caractère intenable de la situation actuelle. Celui ou celle qui célèbre le partenariat social comme base indispensable au succès de l’économie suisse ne peut accepter en même temps que des membres des commissions d’entreprise, dont la tâche consiste à représenter les intérêts du personnel, puissent être mis à la rue du jour au lendemain. Ou qu’une direction d’entreprise puisse licencier, en pleine négociation d’un plan social, le président de la commission d’entreprise, donc son partenaire dans ces négociations. Et aucune gestion paritaire de caisse de pensions ne peut fonctionner avec l’indépendance nécessaire si ceux et celles qui assument cette tâche hautement exigeante et responsable ne bénéficient pas d’une protection contre les licenciements digne de ce nom. Celui ou celle qui représente des intérêts collectifs, et ce faisant agit dans l’intérêt public, doit être protégé en conséquence contre l’arbitraire.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-911</guid><pubDate>Tue, 06 Nov 2012 14:53:00 +0100</pubDate><title>La plainte est indispensable à la protection de la liberté syndicale</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-plainte-est-indispensable-a-la-protection-de-la-liberte-syndicale</link><description>Luca Cirigliano, secrétaire central de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Organisation internationale du travail (OIT), l’un des plus anciens organismes spécialisés des Nations Unies et sans doute l’un des plus importants en raison de son impact social, a plus d’une fois sommé la Suisse d’agir. En effet, l’OIT a constaté à maintes reprises que les sanctions prévues à l’article&nbsp;336a du Code des obligations (CO) en cas de licenciement abusif pour motifs antisyndicaux ne sont pas suffisamment dissuasives, trop peu spécifiques et ne prévoient pas la réintégration, contrairement, par exemple, au cas du licenciement abusif qui contrevient à l’interdiction de la discrimination à raison du sexe, où la réintégration est possible en vertu de la Loi sur l’égalité.
</p><p>Bref rappel des faits&nbsp;: le 14&nbsp;mai 2003, l’USS a déposé une plainte à l’OIT, une première pour notre organisation. Elle considère que le droit du travail suisse ne protège pas suffisamment les délégué(e)s syndicaux élus contre les licenciements abusifs. Or, la Suisse a ratifié tant la Convention n<sup>o</sup>&nbsp;87 de l’OIT sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical que la Convention n<sup>o</sup>&nbsp;98 sur le droit d’organisation et de négociation collective. Comme nous l’avons déjà entendu, ces deux textes ne sont pas des accords quelconques, mais des conventions fondamentales, c’est-à-dire qu’ils font partie du droit international impératif dans le domaine des libertés fondamentales. Comme nous devons également toujours le rappeler, notre Constitution fédérale garantit elle aussi, à son article&nbsp;28, la liberté syndicale et son exercice. 
</p><p>Dans sa plainte, où elle illustrait la situation juridique insatisfaisante à l’aide de nombreux exemples de personnes victimes de licenciements abusifs, l’USS demandait que les licenciements de délégué(e)s syndicaux soient annulés et pas seulement sanctionnés par le versement d’une indemnité équivalant au plus à six (au plus à trois dans la pratique) mois de salaire. Les entreprises peuvent ainsi s’acheter à bas prix la liberté de se défaire des membres dérangeants des commissions du personnel&nbsp;: la sanction est trop légère. Il s’agit clairement d’une infraction, qui reste toutefois sans conséquence notable pour les employeurs. 
</p><p>En 2004 déjà, une commission de l’OIT avait admis la plainte et demandé à la Suisse d’adapter sa législation aux normes internationales en vigueur. Le Conseil fédéral a toutefois refusé de modifier le droit, en invoquant la position des employeurs, qui se refusent à admettre la nécessité d’agir. En 2006, l’USS a soumis à l’OIT une liste de délégué(e)s syndicaux victimes de congés abusifs. La commission de l’OIT a alors de nouveau invité la Suisse à modifier sa législation, lui suggérant de s’inspirer de la loi sur l’égalité, qui prévoit la réintégration de la personne licenciée lorsque le juge constate le caractère abusif du congé. 
</p><p>Depuis lors, rien ou presque n’a bougé. Si le SECO et l’Office fédéral de la justice ont certes effectué plusieurs tentatives de mener à bien une révision partielle du Code des obligations, celles-ci ont toujours échoué. C’est le cas du projet de révision du 5&nbsp;décembre 2008, de celui du 16&nbsp;décembre 2009 et du dernier avant-projet de révision partielle du Code des obligations soumis à consultation le 1<sup>er&nbsp;</sup>octobre 2010. Même cette dernière réforme modeste (relèvement à 12&nbsp;mois de salaire de l’indemnité versée en cas de licenciement abusif, possibilité pour les partenaires sociaux de convenir d’une meilleure protection dans les conventions collectives de travail) a reçu les critiques des organisations patronales et prend désormais la poussière dans un tiroir. Le Conseil fédéral n’a même pas présenté les résultats de la consultation, pourtant achevée le 14&nbsp;janvier 2011. Cette situation est inacceptable.
</p><p>Pour cette raison, le Comité de l’USS s’est vu contraint, après toutes ces années d’attente, de réactiver la plainte déposée à l’OIT en présentant de nouveaux éléments le 19&nbsp;septembre 2012. Il décrit ainsi l’inactivité du Conseil fédéral et la résistance des employeurs – qui ne soutiennent même pas des améliorations minimes de la protection –, tout en apportant de nouveaux cas de licenciement abusif. L’USS demande à l’OIT de constater le refus des autorités suisses de mettre un terme à une situation grave qui viole les droits fondamentaux. Cette infraction chronique commise par la Suisse à l’encontre d’un droit constitutionnel et d’une norme du droit international qu’elle a ratifiée amènera vraisemblablement un organe des Nations Unies à condamner à nouveau notre pays, cette fois de manière définitive, le mettant ainsi au même niveau que l’Iran, la Chine ou encore la Biélorussie en matière de protection des droits syndicaux.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-912</guid><pubDate>Tue, 06 Nov 2012 12:15:00 +0100</pubDate><title>Protéger celles et ceux qui défendent nos droits</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/proteger-celles-et-ceux-qui-defendent-nos-droits</link><description>Livre noir des licenciements abusifs</description><content:encoded><![CDATA[<p><a href="#" data-mailto-token="thpsav1pumvGzni5jo" data-mailto-vector="7" class="linkicon">À commander à&nbsp;info(at)sgb.ch</a></p><p>Editeur : Union syndicale suisse (USS)
</p><p>Rédaction : Jean Christophe Schwaab, Michael Stötzel, Vania Alleva, Vasco Pedrina, Matthias Hartwich, Florence Proton,&nbsp;Nico Lutz, Thomas Zimmermann 
</p><p>Traduction française : Sylvain Bauhofer, Fernand Quartenoud
</p><p>&nbsp;</p><p>En Suisse, lorsque l'on représente les intérêts des travailleuses et des travailleurs face à l'employeur, on risque des représailles dans de nombreuses entreprises. Il y a constamment des licenciements prononcés à l'encontre de représentant(e)s du personnel en lien avec leur engagement dans une commission du personnel ou en tant que délégué syndical.&nbsp;
</p><p>Le «&nbsp;Livre noir des licenciements abusifs&nbsp;» de l’USS décrit la réalité actuelle en matière de licenciements antisyndicaux, répond aux arguments fallacieux des patrons et présente les revendications syndicales qui permettront d’améliorer la situation. 
</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-905</guid><pubDate>Tue, 06 Nov 2012 10:40:00 +0100</pubDate><title>Il faut continuer à enregistrer la durée du travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/il-faut-continuer-a-enregistrer-la-duree-du-travail</link><description>Quand les conditions de travail rendent psychiquement malade </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En matière d’horaires de travail, de pauses ou d’heures supplémentaires, certains politicien(ne)s de droite proposent d’appliquer la loi de la jungle. Selon eux, ce domaine n’a pas besoin de législation, les inspectorats du travail n’ont pas à contrôler quoi que ce soit. Que la pression sur le lieu de travail rende toujours plus de monde malade n’émeut en rien ces disciples de la dérégulation tous azimuts, pour qui il n’y a plus lieu non plus que l’on enregistre les durées du travail.</p><p>Les attaques continuellement dirigées contre le droit du travail présentent un avantage. Grâce à elles, des études pointues démontrent ensuite rapidement quelles relations existent, sur les lieux de travail, entre conditions de travail précaires, hausses de la productivité, mondialisation, stress et tableaux cliniques psychiques. Des études qui confirment toutes les anciennes analyses déjà effectuées ainsi que les revendications avancées par les syndicats.
</p><h3>Avec une CCT, c’est toujours mieux</h3><p>La nouvelle étude européenne sur les conditions de travail (<a href="http://www.seco.admin.ch/dokumentation/publikation/00008/00022/04921/index.html?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer">Seco et Haute école de Suisse nord-occidentale&nbsp;: «&nbsp;5ème enquête européenne sur les conditions de travail 2010 – Résultats choisis selon la perspective suisse&nbsp;»</a>) montre qu’au chapitre des conditions de travail, harcèlement psychique compris, la Suisse ne se situe que dans le gros du peloton européen, mais ne fait pas mieux. Et la situation s’est plutôt dégradée ces cinq derniers années, notamment dans le secteur tertiaire (bureaux, banques, commerce, vente, services, etc.). Par contre, dans l’industrie et le secteur principal de la construction, les indicateurs de stress, bruit et autres facteurs de risques (physiques) pour la santé (port de lourdes charges, poussière, chaleur), se sont plutôt améliorés. Ce n’est sans doute pas un hasard si des progrès ont été réalisés précisément dans des branches où le taux de syndicalisation et la couverture des conditions de travail à travers des conventions collectives de travail (CCT) négociées par les partenaires sociaux sont élevés…
</p><p>En revanche, les conditions de travail se sont dégradées, durant la période étudiée, dans les branches où il n’a malheureusement pas été possible de négocier de CCT ou dans lesquelles celles-ci sont rares. Cela se traduit la plupart du temps par une pression psychique accrue sur le lieu de travail, à savoir&nbsp;: moins de temps pour accomplir les mêmes tâches, voire encore plus (pression aux délais) ou, par exemple, plus de grands bureaux bruyants et pas adaptés au plan ergonomique. En 2005, près de 70&nbsp;% des employé(e)s de Suisse ont dû travailler à une cadence trop élevée. En 2010, ils étaient déjà 84&nbsp;% dans cette situation&nbsp;! Et selon l’étude sur le stress du SECO (<a href="http://www.seco.admin.ch/dokumentation/publikation/00008/00022/04731/index.html?lang=fr&amp;download=NHzLpZeg7t,lnp6I0NTU042l2Z6ln1ae2IZn4Z2qZpnO2Yuq2Z6gpJCFfHx4gWym162epYbg2c_JjKbNoKSn6A--" target="_blank" rel="noreferrer">«&nbsp;Résumé de l’étude sur le stress 2010&nbsp;»</a>), 25 % des personnes interrogées font état de symptômes d’épuisement professionnel ou de tendances à ce dernier. 
</p><h3>Un scandale&nbsp;: la durée du travail est enregistrée toujours moins souvent </h3><p>Mais le vrai scandale ici, c’est que toujours plus d’employeurs font pression sur leur personnel pour qu’il ne note plus ses heures supplémentaires ou ne respecte plus les pauses prévues ou ses temps de repos&nbsp;! Ce phénomène se manifeste aussi dans le fait qu’actuellement, 16,7 % des travailleurs et travailleuses du pays n’enregistrent plus (n’ont plus le droit d’enregistrer) leurs durées de travail. Ainsi, leurs employeurs ne remplissent de facto plus une grande partie de leurs obligations légales quant aux documents qu’il leur appartient de fournir aux inspectorats du travail… Autant de grossières infractions, que de nombreux gouvernements cantonaux tolèrent&nbsp;!
</p><p>Une autre étude (<a href="http://www.news.admin.ch/NSBSubscriber/message/attachments/27889.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">C. Dorsemagen, A. Krause, M. Lehmann, U. Pekruhl&nbsp;: «&nbsp;Les horaires de travail flexibles en Suisse – Évaluation des résultats d’un sondage représentatif auprès de la population active suisse&nbsp;»</a>) fait apparaître que l’enregistrement de la durée du travail et, logiquement, le contrôle régulier ainsi que le respect des pauses et des temps de repos qui vont de pair sont des facteurs de résistance au stress, au surmenage émotionnel, aux dépressions ou aux troubles du sommeil. Il y est aussi dit que la satisfaction au travail, un des meilleurs «&nbsp;contrepoisons&nbsp;» au stress, est toujours la plus grande lorsque les travailleurs et travailleuses peuvent combiner des horaires flexibles à un enregistrement simple et d’accès aisé de la durée du travail, par exemple au moyen d’une <a href="https://itunes.apple.com/fr/app/feuille-temps-timesheet-gerer/id445811752?mt=8" target="_blank" rel="noreferrer">application</a>). L’expérience montre que si la durée du travail n’est pas enregistrée, les temps de repos ne sont tendanciellement pas respectés, les pauses sont «&nbsp;oubliées&nbsp;» et les gens travaillent plus durant leurs loisirs ou en cas de maladie, c’est-à-dire gratuitement. Impossible ensuite de se reposer et de récupérer. En outre, les heures supplémentaires non plus ne peuvent plus être comptabilisées proprement si l’employeur supprime l’enregistrement du temps de travail. Conséquence&nbsp;: du travail effectué gratuitement.
</p><h3>Les plus touchés&nbsp;: dans les bureaux et les banques</h3><p>Cette étude fait aussi apparaître que travailler gratuitement sous la forme d’heures supplémentaires non rémunérées ou non compensées et «&nbsp;oublier&nbsp;» des pauses nourrit l’insatisfaction au travail et, finalement, rend malade. Les principales victimes sont les employé(e)s de bureau et de banque. Depuis des années, certains employeurs veulent nous faire avaler que la flexibilité des horaires de travail et l’enregistrement de la durée du travail s’excluraient. Ce conte est désormais reconnu comme tel&nbsp;: non seulement les horaires flexibles et les formes modernes de contrôle de la durée du travail se complètent on ne peut mieux, mais ils font souvent aussi obstacle au stress et aux autres atteintes à la santé que sont, par exemple, l’épuisement professionnel ou les dépressions, sans parler de leur incidence financière sur l’économie&nbsp;!
</p><p>N’oublions pas que ce sont surtout les parents et leurs familles qui souffrent du stress engendré par le travail et du manque de temps de repos. Les femmes à qui, comme c’est fréquent aujourd’hui, il revient de prodiguer, sans être payées pour cela, des soins ou d’assurer l’éducation des enfants, se trouvent tout spécialement confrontées à un vrai dilemme (voir le texte d’orientation du Congrès 2010 de l’USS <a href="http://www.uss.ch/uploads/media/Dossier_73_Congres_de_l_USS.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">«&nbsp;Concilier l’horaire de travail avec la famille, les loisirs et la santé&nbsp;»</a>, Dossier N°&nbsp;73 de l’USS, p. 6 ss.). Les mères qui exercent une activité lucrative souffrent en particulier de ce que la séparation entre travail professionnel et travail familial devient toujours plus poreuse, ainsi que du non-enregistrement de la durée du travail. 
</p><p>Dans tous les cas, enregistrer la durée du travail est la seule mesure qui protège contre des conditions de travail psychiquement nocives. Y renoncer est une «&nbsp;activité à haut risque&nbsp;», tant pour le travailleur ou la travailleuse (risque de tomber malade) que pour l’employeur (incidence financière des maladies dues au stress).
</p><h3>NON à une dérégulation encore plus poussée – OUI à des contrôles de la durée du travail</h3><p>Pour protéger la santé des travailleurs et des travailleuses et leur permettre de mieux concilier famille et profession, l’Union syndicale suisse (USS) combat toute nouvelle dérégulation des horaires de travail (p. ex. via les heures d’ouverture des commerces). Nous lutterons, si nécessaire en saisissant le référendum, contre les projets débattus aux Chambres fédérales, comme l’initiative parlementaire Lüscher et ladite «&nbsp;Variante du Conseil fédéral&nbsp;», qui prévoient une ouverture 24 heures sur 24 (y compris le dimanche&nbsp;!) des échoppes des stations-service. Confronté à des conditions de travail d’ores et déjà suffisamment mauvaises, le personnel de vente a en effet largement gagné le droit de se reposer la nuit et le dimanche&nbsp;! Pour les mêmes raisons, l’USS rejette les autres propositions de dérégulation discutées au Parlement, comme la motion Lombardi, qui veut prolonger la durée du travail de tous les employé(e)s du commerce de détail, de même que la motion Abate, une nouvelle offensive contre les conditions de travail dans cette branche, qui se cache derrière l’énorme prétexte de l’encouragement du tourisme. 
</p><p>Étant donné les vérités scientifiquement établies par les études susmentionnées, l’USS rejette énergiquement la dérégulation proposée par le SECO, via une modification de l’ordonnance 1 relative à la loi sur le travail (art. 73a). Dans sa &lt;link uploads media&gt;réponse à la consultation fédérale à ce sujet, un document qui n’existe qu’en allemand, l’USS dit NON à la suppression de l’enregistrement de la durée du travail pour de nombreuses catégories d’employé(e)s, comme celles et ceux des banques et des bureaux&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; . C’est pourquoi elle demande aux gouvernements cantonaux de mettre une fois pour toutes plus de ressources en personnes et en argent à la disposition de leurs inspectorats du travail, afin que ceux-ci puissent effectuer dans les entreprises de tout le pays des contrôles sérieux comme il se doit, y compris celui de l’enregistrement de la durée du travail&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-906</guid><pubDate>Mon, 05 Nov 2012 10:51:00 +0100</pubDate><title>Protection contre les licenciements « Protéger celles et ceux qui défendent nos droits »</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/protection-contre-les-licenciements-proteger-celles-et-ceux-qui-defendent-nos-droits</link><description>L&#039;USS réactive sa plainte auprès de l&#039;OIT</description><content:encoded><![CDATA[<p>En Suisse, lorsque l'on représente les intérêts des travailleuses et des travailleurs face à l'employeur, on risque des représailles dans de nombreuses entreprises. Il y a constamment des licenciements prononcés à l'encontre de représentant(e)s du personnel en lien avec leur engagement dans une commission du personnel ou en tant que délégué syndical. C'est ce que montre le Livre noir publié lundi par l'Union syndicale suisse et qui traite de ces licenciements abusifs sous le titre « Protéger celles et ceux qui défendent nos droits ».
</p><p>Celui ou celle qui est menacé par des représailles ou par un licenciement ne peut évidemment pas négocier des conditions de travail sur pied d'égalité avec l'employeur. La liberté d'association garantie par la Constitution tourne alors à la farce. La Suisse a non seulement reconnu constitutionnellement ce droit, mais elle s'est aussi « engagée à garantir ce droit, en adhérant à la convention de l'Organisation internationale du travail (OIT) sur la protection des syndicalistes lors de licenciements abusifs » selon Alain Bovard, juriste à Amnesty International Suisse.
</p><p>Comme les milieux politiques suisses, dominés par les partis bourgeois, refusent d'introduire des sanctions effectives contre les licenciements antisyndicaux, l'USS a décidé de réactiver sa plainte déposée en 2003 auprès de l'OIT, mais suspendue en 2009. Cette plainte avait été gelée à la demande de l'USS, puisqu'alors le Conseil fédéral avait fait connaître des propositions pour améliorer la situation. Les partis bourgeois et les employeurs ont toutefois rejeté les suggestions des plus minimales de l'exécutif fédéral, reléguant celles-ci dans d'obscurs tiroirs. L'OIT doit donc reprendre l'examen du cas suisse et faire monter la pression. Le président de l'USS, Paul Rechsteiner, l'explique : « À la longue, les autorités suisses, fortement imbriquées dans les relations internationales, mais aussi les associations d'employeurs et de l'économie, ne pourront plus simplement rester insensibles au fait que l'OIT, l'organisation mondiale faisant autorité dans ce domaine, constate que la Suisse viole ce droit fondamental de la liberté d'association.
</p><h5>Contact</h5><p>&nbsp;</p><pre class="xml_contact" style="margin-top: 0px; margin-bottom: 0px; padding: 8px; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 12px; color: rgb(87, 87, 85); line-height: 20px; -webkit-text-size-adjust: auto; ">Luca Cirigliano (076 335 61 97), secrétaire central de l'USS, responsable de ce dossier et Thomas Zimmermann (079 249 59 74), responsable de l'information et porte-parole de l'USS, se tiennent à votre disposition pour tout complément d'information </pre><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-900</guid><pubDate>Thu, 25 Oct 2012 15:23:00 +0200</pubDate><title>Au Conseil national de tenir sa promesse !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/au-conseil-national-de-tenir-sa-promesse</link><description>Mesures d’accompagnement</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Après le Conseil des États, la Commission de l’économie et des redevances (CER) du Conseil national Sa adopté une version plus stricte de la responsabilité solidaire. L’Union syndicale suisse (USS) se félicite de cette décision, prise nettement par 14 voix contre 8 (2 abstentions). Il apparaît ainsi que les membres de la CER ont désormais pris au sérieux les informations pratiquement faisant état de graves cas, quasi quotidiens, de sous-enchère salariale dans notre pays.</p><p>Au Conseil national d’accepter maintenant la proposition de la Chambre des cantons et de sa commission. Les partis de droite, PRL et PDC, auront ainsi la possibilité, lors de la prochaine session, de tenir leur promesse d’une responsabilité solidaire apte à mettre fin à la sous-enchère salariale. 
</p><p>Pour l’USS, il va de soi que l’on ne peut combattre efficacement cette dernière que si l’entrepreneur contractant doit répondre pour tous ses sous-traitants du respect des conditions de travail usuelles. Sinon, impossible d’en arriver à ce qu’en Suisse, on verse partout des salaires suisses.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-902</guid><pubDate>Tue, 23 Oct 2012 17:16:00 +0200</pubDate><title>Seule l’initiative sur les salaires minimums s’attaque aux racines du problème</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/seule-l-initiative-sur-les-salaires-minimums-s-attaque-aux-racines-du-probleme</link><description>Professionnellement actifs, mais pauvres</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le communiqué de presse publié aujourd’hui par l’Office fédéral de la statistique annonce qu’en Suisse, 120&nbsp;000 personnes exerçant une activité lucrative sont pauvres, le taux de pauvreté étant toutefois passe de 5,2 à 3,5&nbsp;% entre 2008 et 2009.- C’est certes réjouissant, mais il n’y a pas lieu de surestimer cette évolution positive, car, pour une personne seule, e seuil de pauvreté est fixé à un revenu mensuel moyen de 2&nbsp;250 francs, de 4&nbsp;000 francs pour un ménage avec deux enfants monoparentales de moins de 14 ans. Il apparaît également à nouveau que les personnes vivant dans des familles – la plupart du temps, il s’agit de femmes – sont les plus fortement touchées par la pauvreté.
</p><p>Le rapport de l’Union syndicale suisse (USS) sur la répartition des revenus et de la fortune en Suisse montre qu’en 2010, toujours plus de 10&nbsp;% des salarié(e)s gagnaient moins de 4&nbsp;000 francs par mois (en équivalents plein temps). C’est pourquoi l’initiative sur les salaires minimums de l’USS, qui demande un salaire minimum de 4&nbsp;000 francs, reste nécessaire et urgente. Seule son acceptation dans les urnes se traduira par une plus grande égalité en matière de salaires et une nette diminution de cette pauvreté causée par des salaires trop bas.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-883</guid><pubDate>Thu, 04 Oct 2012 09:37:00 +0200</pubDate><title>Sauver 250 vies !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/sauver-250-vies</link><description>Campagne de prévention de la SUVA contre les accidents de travail</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Chaque année, environ 100 travailleurs et travailleuses meurent suite à un accident professionnel. Le décès de 31 apprenti(e)s, entre 2000 et 2009, est particulièrement tragique. C’est pourquoi la SUVA, la Caisse nationale suisse d’assurance en cas d’accidents, mène depuis 2010 une campagne de prévention contre les graves accidents de travail intitulée «&nbsp;Vision 250 vies&nbsp;». Aujourd’hui, cette campagne connaît un nouveau développement et une nouvelle orientation spécifique&nbsp;: sécuriser les apprentissages.</p><p>Le message central est et reste la règle vitale, selon laquelle, en cas de danger au travail, toutes les personnes concernées ont le droit et le devoir de dire STOP et d’arrêter le travail. Ainsi, «&nbsp;Vision 250 vies&nbsp;» atteindra son objectif&nbsp;: diviser par deux en dix ans le nombre des accidents graves et mortels. Dans ce but, des dépliants aisément compréhensibles ont été mis au point pour les branches particulièrement touchées. Donnant des règles simples, ils permettront d’instaurer la sécurité au travail comme, par exemple dans le domaine des travaux forestiers ou dans le bâtiment&nbsp;:&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br><a href="http://www.suva.ch/fr/startseite-suva/praevention-suva/arbeit-suva/lebenswichtige-sicherheitsregeln-suva.htm" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.suva.ch/fr/startseite-suva/praevention-suva/arbeit-suva/lebenswichtige-sicherheitsregeln-suva.htm</a>. 
</p><p>Les dossiers d’instruction sont très précieux pour les préposé(e)s à la sécurité des solutions de branche, mais aussi pour les chef(fe)s de groupe ou d’équipe et pour tous les travailleurs et travailleuses. Ces aides peuvent être commandées en ligne auprès de la SUVA ou téléchargées sur son site. Elles expliquent, à partir de photos, de listes de contrôles, d’exemples concrets et de «&nbsp;trucs&nbsp;», etc. comment améliorer rapidement et durablement la sécurité au travail pendant certaines séquences de travail. 
</p><p>Le droit des travailleurs et travailleuses à être consultés est un devoir&nbsp;!
</p><p>Il est clair que les employeurs doivent être les premiers à se préoccuper de la sécurité au travail. C’est également leur devoir de créer une culture de la sécurité dans leurs entreprises et leurs branches, une culture qui permette aux personnes concernées de réellement pouvoir dire STOP si un danger est identifié. Pour renforcer une telle culture, une charte de la sécurité a été lancée, par exemple, dans le secteur de la construction. Elle est signée entre autre par le syndicat Unia, la Société suisse des ingénieurs et des architectes (SIA) et la Société suisse des entrepreneurs (SSE). Ses signataires s’engagent à protéger la vie et la santé sur les chantiers et, en cas de danger, à dire STOP. Le but est que, sur tous les chantiers, cette charte soit placardée sur une bâche de manière à ce qu’elle signale, visuellement aussi, aux employeurs et aux employé(e)s leur droit et leur devoir de dire STOP lorsqu’un danger est reconnu comme tel (<a href="http://www.charte-securite.ch/accueil/" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.charte-securite.ch/accueil/</a>). 
</p><p>Un autre principe s’applique également à toutes les entreprises de toutes les branches&nbsp;: si une entreprise ne procède pas à une analyse des risques en son sein, les employé(e)s s’adressent au chef et, si cette démarche ne donne rien, ils l’annoncent à l’inspectorat cantonal du travail&nbsp;: &nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="http://www.seco.admin.ch/themen/00385/01908/01913/index.html?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.seco.admin.ch/themen/00385/01908/01913/index.html?lang=fr</a> ou&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="http://www.arbeitsinspektorat.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.arbeitsinspektorat.ch/</a>.
</p><p>De plus, la consultation des travailleurs et travailleuses est nécessaire, par exemple, lors de l’installation d’appareils ou de machines sur lesquels ils doivent travailler, lorsqu’il est question de lunettes de protection, de protecteurs d’ouïe et d’autres moyens destinés à les protéger ainsi qu’en cas de visites d’inspectorats cantonaux du travail, de la SUVA, etc.
</p><p>Prochain but&nbsp;: mieux protéger les apprenti(e)s
</p><p>La SUVA poursuit actuellement le développement du projet «&nbsp;Vision 250 vies&nbsp;»&nbsp;: en septembre dernier, une journée des partenaires a été organisée, avec la participation de l’Union syndicale suisse (USS), d’autres syndicats ainsi que des organisations patronales et de la Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail (CFST, <a href="http://www.ekas.admin.ch/index-fr.php?frameset=1" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.ekas.admin.ch/index-fr.php?frameset=1</a>). Le but est de mener, d’ici 2013, une campagne de prévention destinée spécialement aux apprenti(e)s. Car la formation professionnelle et la prévention doivent avancer main dans la main en Suisse. Comme les apprenti(e)s souffrent souvent d’une importante charge de travail, ne se font pas fort de poser des questions sur la sécurité et ne savent pas encore évaluer les dangers, il y a lieu d’adopter une approche particulière à leur égard. Sans parler du fait qu’il est toujours dramatique de voir un jeune perdre la vie ou devenir invalide à cause d’un accident de travail. 
</p><p>La campagne de prévention destinée aux apprenti(e)s est en pleine gestation. Les moyens qui seront mis en œuvre seront conçus et élaborés avec la collaboration des partenaires sociaux, lors de futurs ateliers de la SUVA. Il est essentiel que les syndicats s’impliquent fortement dès cette phase&nbsp;! Car les organisations de salarié(e)s, par leur engagement depuis de longues années et leur collaboration avec la SUVA, ont réellement sensibilisé les gens à ces problèmes dans de nombreux domaines et pu amasser un vrai savoir-faire sur ces questions. Il faut que toutes les branches, et en particulier la relève, en profitent. Les collègues que cela intéresse, et qui veulent participer activement à l’élaboration ainsi qu’à la réalisation d’un projet en faveur d’un apprentissage en toute sécurité peuvent s’annoncer à l’adresse suivante&nbsp;: <a href="#" data-mailto-token="thpsav1sbjh5jpypnsphuvGzni5jo" data-mailto-vector="7">luca.cirigliano(at)sgb.ch</a>.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-880</guid><pubDate>Mon, 01 Oct 2012 15:34:00 +0200</pubDate><title>Déjà du temps de travail et bientôt rémunéré ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/deja-du-temps-de-travail-et-bientot-remunere</link><description>Allaitement au travail</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En Suisse, les mères ont le droit d’allaiter leur enfant sur leur lieu de travail. Que ce temps soit rémunéré ou non est laissé au bon vouloir de l’employeur. Cela devrait changer. En effet, le Conseil national a décidé, deux jours avant la fin de la session d’automne, de ratifier la convention n° 183 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur la protection de la maternité.</p><p>C’est en 1999 déjà que la conseillère nationale socialiste Liliane Maury-Pasquier avait proposé de ratifier cette convention de l’OIT, dans la perspective de la votation populaire sur l’assurance-maternité. À l’époque, le peuple avait rejeté cette nouvelle assurance, pour ne l’accepter finalement qu’en 2004 (introduction en 2005). Avec ce succès dans les urnes, un obstacle important à la ratification de la convention de l’OIT était levé. Mais il a quand même fallu attendre jusqu’en 2010 pour que les commissions compétentes en cette matière acceptent cette initiative parlementaire. Et il fallut attendre deux années de plus jusqu’à la décision du Conseil national au sujet de sa mise en œuvre. Tellement l’opposition des employeurs était forte. 
</p><p>La convention n° 183 de l’OIT conforte certains progrès déjà réalisés en Suisse dans le domaine de la protection de la maternité et de la conciliation entre famille et profession, comme l’assurance-maternité, la protection contre le licenciement pendant et après la grossesse, l’interdiction de discriminer les mères ainsi que des mesures de protection de la santé. Mais cette convention réglemente aussi la question de l’allaitement. Et là, la Suisse doit encore adapter sa législation, car, selon la convention de l’OIT, l’allaitement au travail doit être considéré comme du temps de travail, c’est-à-dire rémunéré. 
</p><p>C’est pour cela et sur la base d’autres arguments encore, de nature idéologique, que les organisations patronales, l’UDC et certains éléments de la droite rejetaient la ratification de cette convention ainsi que les modifications en conséquence de la loi sur le travail. Mais une fois que le Conseil fédéral eut proposé de régler la question de l’allaitement au travail au niveau d’une ordonnance plutôt que dans la loi, cette opposition commença à se lézarder dans le camp bourgeois. Finalement, le Conseil national a adopté, par 103 voix contre 58, l’arrêté fédéral portant approbation de convention n° 183 de l’OIT. Au Conseil des États maintenant de permettre, lors d’une prochaine session, à cette vieille revendication de la Commission féminine de l’USS de passer la rampe. Nous ne lâcherons rien à ce sujet.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-879</guid><pubDate>Fri, 28 Sep 2012 13:26:00 +0200</pubDate><title>Au tour du Conseil national</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/au-tour-du-conseil-national</link><description>Responsabilité solidaire</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 25 septembre, le Conseil des États a adopté, par 22 voix contre 18, une responsabilité solidaire efficace. Lors de la prochaine session d’hiver, ce sera à la Chambre du peuple d’en faire autant. Ainsi, à l’avenir, la sous-enchère salariale pratiquée dans les chaînes de sous-traitance pourra être combattue comme il se doit. </p><p>Ces derniers temps, le nombre de cas de sous-enchère salariale dus à des sous-traitants a pour ainsi dire explosé. Le syndicat Unia a découvert quasi quotidiennement des cas scandaleux. Des travailleurs de la construction détachés de l’étranger ont reçu, des entreprises sous-traitantes qui les emploient, des salaires de misère violant gravement les conventions collectives de travail (CCT). 
</p><p>C’est pourquoi les syndicats ont demandé l’introduction d’une responsabilité solidaire efficace, c’est-à-dire avec laquelle, l’entrepreneur contractant doit assumer, de manière plus stricte, la responsabilité du non-respect, par ses sous-traitants, des conditions de travail fixées dans les CCT. L’Union syndicale suisse (USS) s’est toujours prononcée en faveur d’un modèle de responsabilité solidaire dit «&nbsp;en chaîne&nbsp;». Avec un tel modèle, l’entrepreneur contractant répond pour toute la chaîne de ses sous-traitants, donc aussi pour les sous-traitants de sous-traitants, et ainsi de suite. Lors de la session d’automne, le Conseil des États s’est prononcé pour ce modèle, rejetant la proposition de la majorité de sa commission, selon qui l’entrepreneur contractant n’aurait été tenu que de faire signer par son sous-traitant un contrat écrit dans lequel celui-ci se serait engagé à respecter les salaires minimums et les conditions de travail en vigueur en Suisse. Même le conseiller fédéral Johann N. Schneider-Ammann a mis les points sur les i en déclarant que cette variante minimale n’aurait pas eu plus d’utilité dans la pratique que le statu quo. 
</p><h3>Société suisse des entrepreneurs et USAM continuent à faire de la résistance</h3><p>Mais on n’est pas encore sorti de l’auberge. Se battant en première ligne, la Société suisse des entrepreneurs (SSE) et l’Union suisse des arts et métiers, l’USAM, continuent à rejeter la responsabilité solidaire en se servant de formules-chocs évoquant des «&nbsp;pratiques d’espionnage érigées en principes économiques&nbsp;» et la «&nbsp;criminalisation de toute une branche&nbsp;». Et ils se lâchent vraiment en affirmant que les rares entreprises qui violent effectivement la loi n’auraient rien à craindre, puisque ce serait de toute façon d’autres entreprises qui devraient endosser la responsabilité de leurs actes. Que répondre à ces parlementaires soupe au lait&nbsp;? Qu’ils lisent les alinéas 2 et 3 de l’article 6 de la loi qui a été adoptée et ils verront, à l’alinéa 2, que l’entrepreneur contractant ne répond de ses sous-traitants que si ceux-ci ont été poursuivis préalablement en vain ou s’ils ne peuvent pas l’être. Quant à l’alinéa 3, il prévoit que l’entrepreneur «&nbsp;peut s’exonérer de sa responsabilité (…) s’il prouve avoir accompli son devoir de diligence&nbsp;», c’est-à-dire «&nbsp;s’il a demandé à ses sous-traitants de prouver de manière crédible, sur la base de documents et de justificatifs, qu’ils respectent bien les conditions de salaire et de travail.&nbsp;»
</p><h3>Rien de bien sorcier pour une entreprise qui veut travailler correctement</h3><p>L’USAM sort encore un argument-massue en parlant de bureaucratie disproportionnée et, donc, inacceptable. Or, cette accusation apparaît tellement comme un réflexe, à chaque fois qu’il s’agit d’empêcher des abus, qu’elle en perd tout valeur. L’exemple du conseiller aux États glaronnais This Jenny en dit long à ce sujet. Lors des délibérations de la Chambre des cantons, il a déclaré que ces contrôles ne seraient pas un problème pour l’entreprise qu’il possède, mais le seraient pour les petites entreprises. Et, un jour et demi plus tard, devant les caméras de «&nbsp;classe politique&nbsp;», le même élu décrivait, avec force détails, comment son entreprise aussi allait être prise dans l’étau administratif à cause de ce type de responsabilité solidaire…
</p><h3>Rémunérer correctement le travail</h3><p>En fait, la SSE devrait revendiquer en priorité une concurrence loyale entre les entreprises qui cherchent à obtenir des mandats. Les victimes de la sous-enchère salariale ne sont en effet pas uniquement les travailleurs et travailleuses, mais aussi les entreprises qui se comportent correctement. Cela devrait aussi être évident pour le Conseil national, qui traitera ce thème lors de sa session d’hiver. Divers représentant(e)s de la droite à la Chambre du peuple ont également reconnu qu’il fallait combattre efficacement la sous-enchère pratiquée par des sous-traitants. La balle est dans leur camp. La SSE va sans doute pousser des hauts cris quelques jours encore, mais cette tempête va bientôt se calmer, elle aussi. Alors, cette droite s’habituera à mieux garantir ce qui est si important pour le ciment social de ce pays, à savoir que le travail doit être correctement rémunéré.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Économie</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-875</guid><pubDate>Tue, 25 Sep 2012 13:25:00 +0200</pubDate><title>Le Conseil des États a adopté une responsabilité solidaire efficace </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-conseil-des-etats-a-adopte-une-responsabilite-solidaire-efficace</link><description>Libre circulation des personnes</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) prend connaissance avec soulagement de la décision du Conseil des États qui s’est prononcé aujourd’hui, par 22 voix contre 18, pour un modèle efficace de responsabilité solidaire. Pour l’USS, il est clair que seule une responsabilité solidaire assumée par l’entrepreneur contractant, le premier entrepreneur, pour toute la chaîne des sous-traitants permet de lutter efficacement contre la sous-enchère. C’est d’autant plus important que les annonces de cas de sous-enchère dus à des sous-traitants augmentent fortement, pour devenir quasi quotidiennes. 
</p><p>Le Conseil national est invité à confirmer lors de la session parlementaire d’hiver la ligne suivie par la Chambre des cantons. Pour qu’en Suisse, on verse des salaires suisses&nbsp;! 
</p><h5>Renseignements</h5><ul><li>Daniel Lampart (079 205 69 11) économiste en chef et premier secrétaire de l’USS</li><li>Thomas Zimmermann (079 249 59 74), responsable de la communication et porte-parole de l’USS</li></ul>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-873</guid><pubDate>Sun, 23 Sep 2012 14:35:00 +0200</pubDate><title>La formation musicale n’est pas un luxe – Meilleure protection de la santé : une chance de perdue</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-formation-musicale-n-est-pas-un-luxe-meilleure-protection-de-la-sante-une-chance-de-perdue</link><description>Votations fédérales du 23 septembre 2012 : la position de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) se réjouit de la nette acceptation de l’article constitutionnel sur la formation musicale. Par ce OUI clair, les citoyen(ne)s ont fait passer sans équivoque aucune un message en faveur d’un enseignement de musique qui ne soit plus un privilège réservé aux enfants «&nbsp;de milieux déjà favorisés&nbsp;». Tous les enfants, quels que soient la classe sociale et le revenu de leurs parents, pourront profiter de ce OUI tranché du Souverain. 
</p><h3>Non à une protection contre la fumée passive&nbsp;: une chance de perdue</h3><p>Par contre, en rejetant l’initiative populaire pour la protection contre la fumée passive, on a raté une chance d’améliorer la protection de la santé sur le lieu de travail et de remplacer le patch-work des législations cantonales par une réglementation nationale. Il appartient maintenant aux cantons&nbsp; de garantir la&nbsp; protection des travailleurs et travailleuses contre le tabagisme passif. En effet, nul ne conteste les lourdes conséquences de ce dernier.&nbsp;
</p><p>Thomas Zimmermann (079 249 59 74), responsable de la communication et porte-parole de l’USS, se tient à votre disposition pour tout complément d’information.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-770</guid><pubDate>Wed, 19 Sep 2012 15:00:00 +0200</pubDate><title>Le Conseil des États doit passer à l’acte !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-conseil-des-etats-doit-passer-a-l-acte</link><description>Responsabilité solidaire « en chaîne »</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 25 septembre, le Conseil des États s’attaquera au thème de la responsabilité solidaire. L’Union syndicale suisse (USS) demande que cette responsabilité soit aménagée de manière à être efficace et pleinement contraignante pour l’entrepreneur contractant. Sinon, l’adhésion du gouvernement et du Parlement fédéral au principe selon lequel, en Suisse, on doit verser des salaires suisses, restera purement verbale. </p><p>Ces dernières années, les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes ont évolué à plusieurs égards. Il n’empêche qu’elles comportent toujours certaines lacunes au plan légal. Et des entreprises irresponsables en profitent pour tourner les dispositions locales sur les salaires. Le problème le plus important ici, ce sont les chaînes de sous-traitance, c’est-à-dire le fait que certaines parties de mandats soient transmises par l’entrepreneur contractant à une entreprise sous-traitante qui, à son tour, en fait autant avec une autre entreprise sous-traitante, et ainsi de suite. En fin de parcours, on trouve des entreprises étrangères, souvent même d’Europe centrale ou orientale, qu’il n’est pratiquement pas possible de sanctionner alors qu’elles «&nbsp;offrent&nbsp;» des salaires de misère à leur personnel. Or, en agissant de la sorte, elles ne respectent pas les conventions collectives de travail en vigueur et rendent la vie difficile aux entreprises qui agissent correctement ainsi qu’à leurs employé(e)s. De plus, avec l’extension de la libre circulation à l’Europe orientale et centrale, ce problème s’est aggravé de manière dramatique.
</p><h3>Responsabilité solidaire en chaîne&nbsp;: une nécessité</h3><p>L’USS demande que des mesures efficaces soient engagées contre la sous-enchère pratiquée par des sous-traitants. Elle veut une responsabilité solidaire qui soit contraignante pour l’entrepreneur contractant et veille à ce qu’il ne confie de mandats qu’à des entreprises respectueuses des conditions de travail en vigueur chez nous. Et si ce n’est pas le cas, ce sera à lui, en tant que premier entrepreneur, d’assumer la responsabilité des dommages causés. Pour l’USS, il est clair que, parmi les différents modèles existants, on doit choisir celui de la responsabilité solidaire en chaîne. Cela signifie que l’entrepreneur contractant doit assumer la responsabilité pour toutes les infractions commises dans la chaîne des sous-traitants. C’est le seul moyen qui l’obligera à choisir avec soin ses sous-traitants. C’est aussi le seul moyen de donner à l’instrument de la responsabilité solidaire une fonction vraiment préventive. 
</p><h3>Pas de tigre de papier</h3><p>Or, la majorité de la commission du Conseil des États chargée de l’examen préalable ne propose qu’un tigre de papier. Selon elle, les entrepreneurs contractants ne devraient obliger leurs sous-traitants à s’engager à respecter les salaires minimums et les conditions de travail suisses que par un contrat écrit. Un vœu pieux, pas un réel progrès par rapport au statu quo selon lequel un contrat oral suffit. Mêmes les organisations patronales du second œuvre et le Secrétariat d’État à l’économie, le SECO, jugent cette proposition inefficace.
</p><h3>Une dangereuse politique de pseudo-mesures </h3><p>Le 25 septembre, le Conseil des États devra corriger cette décision inopérante et, de ce fait, dangereuse. À une époque où les cas de sous-enchère salariale dus à des sous-traitants étrangers sont en passe d’être évoqués quotidiennement par les médias, réagir à ce dumping par des pseudo-mesures aura un prix élevé. En effet, si la population constate que les effets secondaires négatifs de la libre circulation des personnes ne sont pas combattus efficacement, elle ne voudra plus de cette dernière. Les député(e)s du Conseil des États devraient y regarder maintenant à deux fois, plutôt que de devoir se frotter les yeux quand il sera trop tard.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-869</guid><pubDate>Tue, 18 Sep 2012 10:12:00 +0200</pubDate><title>Halte aux excès salariaux : initiative populaire « 1:12 – Pour des salaires équitables »</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/halte-aux-exces-salariaux-initiative-populaire-1-12-pour-des-salaires-equitables</link><description>Salaires plus justes : la balle est dans le camp du Conseil national</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 27 septembre, le Conseil national traitera l’initiative populaire de la Jeunesse socialiste suisse «&nbsp;1:12 – Pour des salaires équitables&nbsp;». Elle a pour but d’empêcher les excès en matière de salaire et de réduire des écarts énormes et injustifiés&nbsp;; cela, en liant salaire maximal et salaire minimal. Lui dire OUI n’est, pour les syndicats, rien d’autre qu’une réponse logique.</p><p>D’abord, le bloc communiste implosa, puis les salaires des grands managers explosèrent. Exemple suisse&nbsp;: le rapport entre le salaire le plus élevé et le salaire le plus bas était, en 2011, de 266 à 1 chez Novartis, de 215 à 1 chez Nestlé et de 213 à 1 chez Roche. Ou aussi&nbsp;: si l’on prend, pour la même année, le niveau salarial le plus élevé de la direction de 41 grandes entreprises de Suisse et qu’on le compare au segment le plus bas, on arrive à un rapport de 39 à 1.
</p><p>La révolte suscitée par les profiteurs, cette nouvelle clique féodale, est grande. Mais les mesures aptes à enrayer les rouages de cette répartition injuste des richesses sont rares. S’il en est un qui a transformé sa frustration en acte, c’est Thomas Minder. Avec son initiative «&nbsp;contre les rémunérations abusives&nbsp;», il veut s’attaquer aux salaires des profiteurs. Pour ce faire, il accorde sa confiance aux actionnaires, qui devraient juger. On est cependant en droit de se demander s’ils le feront vraiment. N’appartiennent-ils pas trop souvent, eux ou à tout le moins une partie importante de ceux qui donnent le la dans ces milieux, à la même caste&nbsp;? Dans les pays anglo-saxons, où les assemblées d’actionnaires peuvent voter sur les traitements des directions d’entreprise, les propositions de déclasser des personnes aux salaires par trop élevés qui passent la rampe sont aussi rares qu’un merle blanc.
</p><p>La proposition de l’initiative de la Jeunesse socialiste est en revanche efficace, car elle intervient directement dans les rouages de cette répartition injuste. En outre, elle est lapidaire et frappante. Selon elle, le salaire le plus élevé dans une entreprise ne doit pas être plus de 12 fois supérieur au salaire le plus bas. En d’autres termes, le grand manager peut gagner en un mois ce que le collaborateur ou la collaboratrice le moins bien payé gagne en un an. Mais pas plus. Tout compte fait, si le salaire mensuel le plus bas versé dans une entreprise est de 4&nbsp;000 francs - comme le demande l’initiative de l’Union syndicale suisse (USS) sur les salaires minimums – à la tête de cette entreprise, on pourra quand même gagner 576&nbsp;000 francs par an. Pas de quoi devoir se mettre à manger de la vache enragée…
</p><p>Les syndicats sont clairement et univoquement favorables à l’initiative «&nbsp;1:12&nbsp;». On le voit entre autres au fait que les président(e)s de toutes les grandes fédérations membres de l’USS figurent dans le comité d’initiative. Le principal argument est ici celui de la justice distributive. Les écarts existant actuellement entre les salaires sont purement arbitraires. Ils traduisent une mentalité arrogante selon laquelle le succès économique ne serait que le produit d’une petite élite de managers. C’est cela qu’il faut corriger et «&nbsp;1:12&nbsp;» permettra de le faire.
</p><p>Et la menace brandie par Monsieur Brabeck, le boss de Nestlé, de partir avec son entreprise à l’étranger si l’initiative gagnait dans les urnes&nbsp;? Les grandes multinationales ne sont pas transférables rapidement et sans douleur. Cela concerne en particulier celles qui profitent du label suisse. Et si un «&nbsp;prince&nbsp;» ne veut rester ici qu’à la condition de pouvoir profiter tant et plus, qu’il s’en aille. La Suisse n’est pas le Liechtenstein.
</p><p>L’initiative «&nbsp;1&nbsp;:12&nbsp;» favorisera la justice sociale dans le monde économique. Il faut bien que quelqu’un commence à faire en sorte que dans les entreprises aussi, il y ait une certaine justice. Et cela peut aussi avoir un effet d’entraînement. Pour avoir le droit de s’autodéterminer démocratiquement, la Suisse a d’abord chassé ses princes. Ce que les Français et les Allemands n’ont fait que bien plus tard. Si nous chassons les princes du monde économique - ou simplement les ramenons à la raison – cela aura des effets au-delà de nos frontières.
</p><p>&nbsp;</p><p>Parfois, il faut prendre des décisions courageuses dans la vie. Celle de redresser la tête en fait partie.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Économie</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-788</guid><pubDate>Mon, 17 Sep 2012 18:49:00 +0200</pubDate><title>La droite veut passer en force - les syndicats prêts à lancer le référendum !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-droite-veut-passer-en-force-les-syndicats-prets-a-lancer-le-referendum</link><description>Heures d’ouverture des commerces</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le Conseil des États a accepté aujourd’hui la proposition du Conseil fédéral concernant la mise en œuvre de l’initiative parlementaire Lüscher. L’Union syndicale suisse (USS) et le syndicat Unia rejettent tant les propositions que celle du Conseil fédéral, parce qu’elles entraîneraient une augmentation du travail de nuit. Si les partisans de la dérégulation devaient s’imposer lors de prochaines délibérations parlementaires, Unia et l’USS décideraient du lancement d’un référendum. Des propositions en ce sens sont déjà prêtes à être soumises aux instances décisionnelles.
</p><p>Le Conseil des États a aussi accepté la motion Lombardi. Celle-ci demande des heures d’ouverture des commerces minimales de 6 à 20 heures (lundi-vendredi) et de 6 à 19 heures (samedi) pour toute la Suisse. Nombre de cantons seraient contraints de prolonger massivement les heures d’ouverture des commerces sur leur territoire et les conditions de travail de dizaine de milliers de travailleurs et travailleuses de la vente s’en trouveraient dégradées. 
</p><p>Les syndicats ne comprennent pas ces décisions du Conseil des États. Alors que la population rejette les unes après les autres de nouvelles propositions de dérégulation, les lobbyistes bourgeois du commerce de détail n’arrêtent pas de lancer de nouveaux projets de prolongation des heures d’ouverture des commerces. Les syndicats seront toujours prêts à mettre fin à ce harcèlement, si nécessaire au moyen d’un référendum. 
</p><p>Seule petite lueur d’espoir dans les débats d’aujourd’hui au Conseil des États&nbsp;: le rejet de la motion radicale Hutter, qui entendait permettre aux cantons de fixer sans restriction aucune des heures d’ouverture des points de vente et des entreprises de service. Ce serait là un grand pas en direction de la disparition de l’interdiction fondamentale du travail de nuit et du travail du dimanche. 
</p><h5>Contact</h5><p>&nbsp;</p><ul><li>Luca Cirigliano (076 335 61 97), secrétaire central de l’USS,</li><li>Vania Alleva (079 620 11 14), vice-présidente de l’USS et membre du comité directeur d’Unia</li><li>Ewald Ackermann (079 660 36 14), service de la communication de l‘USS, se tiennent à votre disposition pour tout complément d’information.</li></ul><p>&nbsp;</p><p><a name="Text10"></a></p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-868</guid><pubDate>Mon, 17 Sep 2012 09:55:00 +0200</pubDate><title>Tous et toutes à la grande manif de l’industrie !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/tous-et-toutes-a-la-grande-manif-de-l-industrie</link><description>Le 22 septembre, dès 14 heures</description><content:encoded><![CDATA[<p>Oui à une industrie et un site de production suisses forts&nbsp;!
</p><p>L’industrie suisse croît. Uniquement en 2011, 14&nbsp;000 emplois ont été créés. Plus de 700&nbsp;000 personnes travaillent dans cette branche. Pour nombre d’entre elles, d’importantes négociations collectives sont à l’ordre du jour année encore, à savoir&nbsp;: le renouvellement des deux CCT, celle de l’industrie MEM et celle de l’industrie graphique. C’est pourquoi l’heure est venue de donner un signal fort à l’industrie et au site de production suisses. Et aux patrons&nbsp;!
</p><p><b>La manifestation commencera à 14 heures sur la Schützenmatte, à Berne.</b> Le rappeur et beatboxer <b>Knackeboul </b>sera de la partie, de quoi assurer l’ambiance. Après les discours, <b>Stiller Haas jouera sur la Place fédérale</b>. Le programme est prévu pour toute la famille.
</p><p><a href="http://unia.ch/GAV-MEM-2013.6301.0.html?&amp;L=1" target="_blank" class="linkicon" rel="noreferrer">Appel d’Unia</a></p><p><a href="http://www.syndicom.ch/fr/newsactivites/manifestations/fr-events-detailansicht/event/demo-ja-zu-einem-starken-industrie-und-werkplatz-schweiz.html" target="_blank" class="linkicon" rel="noreferrer">Appel de syndicom</a></p><p><a href="http://www.sev-online.ch/fr/aktuell/kontakt.sev/2012/2012_09_22_demo.php" target="_blank" class="linkicon" rel="noreferrer">Appel du SEV</a></p><p><a href="http://www.pvb.ch/index.asp?mode=shownews&amp;ID=496" target="_blank" class="linkicon" rel="noreferrer">Appel de l’APC</a></p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-861</guid><pubDate>Fri, 07 Sep 2012 15:19:00 +0200</pubDate><title>Parlement, ouvre donc les yeux !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/parlement-ouvre-donc-les-yeux</link><description>Responsabilité solidaire : une mini-décision à courte vue et inefficace </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Toujours plus d’entreprises sous-traitantes de l’Union européenne (UE) violent grossièrement les conditions de travail suisses. On pourrait les empêcher de pratiquer la sous-enchère salariale au moyen d’une responsabilité solidaire efficace. Mais, comme si elle était privée de toute vision de la réalité, une majorité de droite empêche une telle responsabilité digne de ce nom de voir le jour.</p><p>Bâle, le 20 août dernier&nbsp;: Unia rend publique une énorme sous-enchère salariale sur un chantier de la Foire de Bâle. Berne, le 21 août&nbsp;: l’Union syndicale suisse (USS) dénonce la grave sous-enchère pratiquée dans l’horticulture. Retour à Bâle le 22 août, où des chauffeurs sont payés 13,20 francs de l’heure sur un chantier&nbsp;! Armasuisse Ittigen, le même jour&nbsp;: Unia signale un monstrueux cas de sous-enchère salariale et des durées du travail beaucoup trop longues.
</p><p>Ces exemples montrent que, ces derniers temps, les cas de sous-enchère salariale dus à des sous-traitants explosent. Qu’ils soient découverts ne prouve pas pour autant que les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes soient des plus efficaces. En effet, pour empêcher que de nouveaux cas ne surviennent, des sanctions à effet préventif seraient nécessaires. Mais le hic est, en ce qui concerne les sous-traitants de l’étranger, l’application des sanctions. Un problème qui commence déjà avec les difficultés rencontrées pour dénicher ces entreprises…
</p><p>C’est pour cela que les syndicats demandent depuis longtemps que l’on renforce la «&nbsp;responsabilité solidaire&nbsp;», comme on l’appelle. Celle-ci signifie que l’entreprise contractante qui confie à des sous-traitants des parties de son mandat doit être responsable du respect par ces derniers des conditions de travail usuelles. Parmi les différentes réglementations possibles, l’USS a toujours demandé que l’on choisisse la «&nbsp;responsabilité solidaire en chaîne&nbsp;». Avec elle, l’entreprise contractante doit assumer la responsabilité pour tous les sous-traitants à qui elle confie une partie des travaux, c’est-à-dire aussi pour les sous-traitants de sous-traitants. Ce n’est que si l’entreprise contractante peut aussi être sanctionnée en cas d’abus qu’elle fera suffisamment attention, lorsqu’elle confiera une partie de son mandat à des sous-traitants, à ce que ces derniers respectent les conditions de travail usuelles. Que ce modèle fonctionne, on le voit dans l’exemple de l’Autriche, qui a renforcé dans ce sens ses mesures d’accompagnement lors de l’extension de la libre circulation des personnes à l’Europe centrale et orientale.
</p><p>Que l’on doive lutter contre la sous-enchère entraînée par la libre circulation des personnes, les partis bourgeois ne semblent pas encore l’accepter vraiment. Le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann a certes déclaré qu’il fallait mettre de l’ordre dans cette question, mais précisément les politicien(ne)s de droite donnent beaucoup plus d’importance à l’allégement des charges administratives des PME qu’à la protection des salaires… Ainsi, la commission du Conseil des États chargée de l’examen préalable de cet objet a pris, fin août, une décision qui n’aura, loin s’en faut, même pas un effet placebo&nbsp;; cela, alors que sa pendante du Conseil national s’était prononcée auparavant pour une responsabilité solidaire efficace. Selon la commission du Conseil des États, l’entrepreneur contractant ne devrait qu’engager ses sous-traitants par contrat écrit à respecter les salaires minimums et les conditions de travail suisses. C’est comme s’attaquer à un cyclone avec un canon anti-grêle et cela apparaît d’autant plus arrogant que les partis de droite ont promis, lors de la session parlementaire d’été, de traiter cette année encore d’une responsabilité solidaire digne de ce nom dans le cadre d’un projet séparé relatif aux mesures d’accompagnement. 
</p><p>La Chambre des cantons peut encore corriger la décision erronée et inopérante de sa commission. Il serait bien indiqué qu’elle le fasse, car ne pas combattre efficacement la sous-enchère salariale, c’est faire le jeu de ceux qui veulent enterrer les Accords bilatéraux conclus avec l’UE.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-859</guid><pubDate>Fri, 07 Sep 2012 14:02:00 +0200</pubDate><title>Offensive sur plusieurs fronts contre le personnel du commerce de détail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/offensive-sur-plusieurs-fronts-contre-le-personnel-du-commerce-de-detail</link><description>Des courses 24 heures sur 24 ? Pas question !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors de la session parlementaire d’automne, le personnel de vente du commerce de détail, une branche aux conditions de travail d’ores et déjà précaires, va se faire harceler. Il risque de devoir travailler plus longtemps et, dans les échoppes des stations-service, aussi non-stop la nuit et le dimanche. </p><p>Le tout nouvel avatar du pilonnage en règle auquel s’adonne le lobby des dérégulations est l’initiative du conseiller national genevois Christian Lüscher (PRL), qui passera au Conseil des États le 12 septembre. Elle demande que les stations-service en bordure des autoroutes ainsi que «&nbsp;sur les grands axes routiers&nbsp;» (potentiellement donc aussi en bordure de chaque route principale qui traverse un village) puissent à l’avenir ouvrir leurs échoppes 24 heures sur 24, dimanches compris. Ainsi, chaque exploitant d’échoppe pourrait décider lui-même s’il va fermer la nuit. Nombre des 1600, et même plus, échoppes de stations-service de Suisse se verraient de ce fait très rapidement «&nbsp;américanisées&nbsp;». 
</p><h3 class="Sous-titreSP">Des conditions de travail d’ores et déjà précaires</h3><p>Le personnel de ces échoppes, qui doit, aujourd’hui déjà, travailler dans des conditions très mauvaises, se verrait par conséquent exposé à des situations encore plus dommageables pour lui. D’une part, ces échoppes sont souvent exploitées en franchise, ce qui signifie la plupart du temps un cadre précaire sous l’angle du droit du travail. D’autre part, le travail de nuit a, c’est prouvé, une influence négative sur la santé et la vie sociale des travailleurs et travailleuses. Le risque de violences criminelles à l’encontre du personnel de vente (principalement des braquages) a également augmenté ces dernières années. Sans parler de l’incidence négative des heures d’ouverture extensibles à souhait sur le genre de consommation d’alcool (biture express ou «&nbsp;binge drinking&nbsp;») souvent spontané chez les jeunes. Enfin, n’oublions pas que tous les efforts déployés dans cette branche pour conclure une convention collective de travail (CCT) nationale ont échoué face à l’opposition des patrons. 
</p><h3 class="Sous-titreSP">Un compromis qui n’en est pas un</h3><p>La «&nbsp;proposition de compromis&nbsp;» que le Conseil fédéral nous offre maintenant ne fait que de diminuer quelque peu le nombre des échoppes à déréguler et doit être qualifiée de poudre aux yeux. En effet, les échoppes ouvertes 24 heures sur 24 resteraient possibles, avec toutes les conséquences négatives que cela implique. Les syndicats rejettent cette proposition de compromis et se réservent, ici aussi, le droit de saisir le référendum. 
</p><h3 class="Sous-titreSP">La motion Hutter</h3><p>Une motion du conseiller national zurichois Markus Hutter (PRL) poursuit le même but, mais avec des revendications encore plus extrêmes&nbsp;: Monsieur Hutter aimerait que les cantons soient totalement libres de fixer à leur bon plaisir les heures d’ouverture de tous les points de ventes existants (donc pas uniquement les échoppes de stations-service&nbsp;!). Tous les garde-fous et autres mesures de protection mis en place par la Confédération devraient disparaître. Le travail de nuit et le travail du dimanche pourraient à l’avenir devenir possibles, selon la systématique de la législation cantonale, au moyen d’une simple modification d’ordonnance. 
</p><h3 class="Sous-titreSP">La motion Lombardi&nbsp;: un diktat pour imposer une prolongation de la durée du travail</h3><p>L’idée-maîtresse de la motion du conseiller aux États tessinois Filippo Lombardi (PDC) est, elle aussi, inquiétante. Selon elle, pour toute la Suisse (villes, campagne, régions touristiques, voire communes rurales reculées), la Confédération devra imposer «&nbsp;d’en haut&nbsp;» aux commerces de détail une harmonisation de leurs heures d’ouverture (de 6 à 20 h sur semaine et de 6 à 19 h le samedi)&nbsp;; cela, en modifiant la loi sur le marché intérieur. Avec une telle réforme, les cantons n’auraient plus le droit de limiter les heures d’ouverture, mais uniquement celui de les étendre. Pour justifier sa demande, Monsieur Lombardi se sert d’un argument totalement inadéquat, à savoir&nbsp;: grâce à une prolongation des heures d’ouverture des commerces, le tourisme d’achat dans les régions limitrophes diminuerait. Que cet argument soit erroné, les deux cantons frontaliers d’Argovie et de Zurich nous le montrent. En effet, malgré des heures d’ouverture longues, ces cantons connaissent quand même un fort tourisme d’achat.
</p><p>Encore plus étonnant&nbsp;: le Conseil fédéral a recommandé d’accepter, il y a quelques jours de cela, que les droits démocratiques des populations des cantons soient ainsi limités. Reste à espérer que le Conseil des États, c’est-à-dire précisément la Chambre des cantons, ne soutiendra pas cette restriction de la souveraineté de ces derniers. 
</p><h3 class="Sous-titreSP">Combattre la dérégulation</h3><p>Ces offensives contre les droits du personnel de vente donnent d’autant plus l’impression d’un entêtement borné et idéologique que diverses votations populaires de ces années passées ont débouché sur le rejet d’une dérégulation plus poussée en matière d’heures d’ouverture des commerces. Cet été encore, ce fut à nouveau le cas dans les cantons de Lucerne et Zurich. Pour l’Union syndicale suisse (USS), il est clair que le commerce de détail - avec 320&nbsp;000 salarié(e)s – c’est la deuxième branche du pays après la construction – ne doit pas se transformer en laboratoire pour les expériences des idéologues de la dérégulation. Les durées du travail sont déjà longues, les salaires très bas et les autres conditions de travail, précisément dans les échoppes des stations-service (absence de CCT nationale), précaires. C’est pourquoi les syndicats combattront ces exigences de dérégulation, si nécessaire par le référendum. Les résultats des votations passées à ce sujet font apparaître que le peuple est du côté du personnel de vente. </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-850</guid><pubDate>Mon, 03 Sep 2012 08:42:00 +0200</pubDate><title>Des hausses de salaire entre 1,5 et 2,5 % et un relèvement des salaires minimums</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-hausses-de-salaire-entre-1-5-et-2-5-et-un-relevement-des-salaires-minimums</link><description>Les revendications salariales des syndicats de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les syndicats de l’Union syndicale suisse (USS) demandent prioritairement des hausses de salaire se situant entre 1,5 et 2,5&nbsp;%, des hausses spécialement destinées aux femmes et 100 à 200 francs de plus pour les salaires minimums.</p><p>Paul Rechsteiner, président de l’USS, a souligné qu’il était important que les hausses de salaire soient générales. L’individualisation de la politique salariale, a-t-il ajouté, n’a finalement que profité aux hauts et très hauts salaires. Et seul un retour à des hausses générales peut corriger cette fausse route suivie les années passées. Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS, estime que «&nbsp;l’argent est là pour ces hausses&nbsp;» et précise que «&nbsp;la productivité du travail a considérablement augmenté&nbsp;». Le retard des salaires sur cette dernière doit être rattrapé. 
</p><p>Vania Alleva, responsable du secteur tertiaire au syndicat Unia, a souligné que le besoin de rattrapage pour les salaires des femmes était toujours important. Selon elle, par exemple, la différence de salaire entre hommes et femmes est toujours de 18&nbsp;% dans la vente. C’est pourquoi Unia exige que l’égalité salariale garantie par la loi soit enfin appliquée. Il faut aussi des salaires minimums contraignants et, en plus, des hausses spéciales pour les femmes.
</p><p>Concernant les diverses branches couvertes par Unia, le syndicat demande une hausse de 2,5&nbsp;% dans le commerce de détail, principalement chez les grands distributeurs Coop et Migros. Dans l’industrie (MEM, chimie, industrie alimentaire), Unia revendique, dans la plupart des cas, une augmentation de 100 francs par mois. Dans l’industrie pharmaceutique, la confortable situation des affaires permet à certaines entreprises d’accorder des hausses générales de plus de 100 francs. 
</p><p>Syndicom demande une hausse de 2,5&nbsp;% à la Poste. Son président, Alain Carrupt, juge que cela garantira aux salarié(e)s la part des excellents résultats réalisés à laquelle ils ont droit. 
</p><p>Les salaires minimums doivent être augmentés de 100 francs (artisanat) à 200 (imprimerie), afin de garantir plus de justice sociale et de protéger les salaires des travailleurs et travailleuses au bénéfice d’un diplôme de fin d’apprentissage, qui ont été sous pression ces dernières années. 
</p><p>Finalement, des hausses supplémentaires de salaire pour les femmes devront être accordées dans diverses branches, tant dans l’économie privée que dans le secteur public&nbsp;; cela, afin de s’attaquer rapidement une fois pour toutes au scandale persistant des discriminations salariales subies par les femmes. 
</p><p>Le SEV (chemins de fer) demandera des hausses de 1 à 2&nbsp;% de la masse salariale selon l’entreprise, alors que le ssp demandera avant tout aux cantons et aux communes ainsi qu’à leurs entreprises que soit octroyé tout ce que prévoient les mécanismes salariaux existants. À cela devront s’ajouter des corrections de la classification des fonctions qui, suite à des plaintes pour inégalité des salaires qui ont abouti concernant certaines professions, devront supprimer des discriminations encore contenues dans les systèmes salariaux.
</p><h5>Documents de conférence de presse</h5><ul><li>Paul Rechsteiner, président de l'USS: &lt;media 542 - - "TEXT, 120903 Rechsteiner Revendications-salariales, 120903_Rechsteiner_Revendications-salariales.pdf, 54 KB"&gt;"Négociations salariales 2013 : augmentation générale de 1,5 à 2,5 %, salaires minimaux plus élevés et progression de l’égalité des salaires pour les femmes"&lt;/media&gt;</li><li>Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS: &lt;media 543 - - "TEXT, 120903 Lampart Revendications-salariales, 120903_Lampart_Revendications-salariales.pdf, 68 KB"&gt;"Les entreprises ont l’argent pour des hausses de salaire"&lt;/media&gt;</li><li>Vania Alleva, membre du comité directeur du syndicat Unia: &lt;media 541 - - "TEXT, 120903 Die Lohnforderungen der Unia Vania Alleva-f, 120903_Die_Lohnforderungen_der_Unia_Vania_Alleva-f.pdf, 116 KB"&gt;"100 francs pour tous – adaptation des salaires minimaux – l’égalité salariale maintenant!"&lt;/media&gt;</li><li>Alain Carrupt, coprésident syndicom: &lt;media 544 - - "TEXT, 120903 Carrupt Revendications-salariales, 120903_Carrupt_Revendications-salariales.pdf, 47 KB"&gt;"Poste et telecom: hausse réelle des salaires - industrie graphique et emballage: hausse des salaires minimaux"&lt;/media&gt;</li></ul><h5>Contacts</h5><p>&nbsp;</p><p>Daniel Lampart (079 205 69 11), économiste en chef et premier secrétaire de l’USS, et, &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Ewald Ackermann (031 377 01 09 ou 079 660 36 14), service de la communication de l’USS, se tiennent à votre disposition pour tout complément d’information.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-847</guid><pubDate>Thu, 30 Aug 2012 15:56:00 +0200</pubDate><title>Le temps de travail doit être rémunéré. Même lorsqu’on allaite</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-temps-de-travail-doit-etre-remunere-meme-lorsqu-on-allaite</link><description>Parlement fédéral : session d’automne</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors de la session d’automne, le Conseil national débattra de la ratification de la convention n°&nbsp;183 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur la protection de la maternité. La majorité de la commission chargée de l’examen préalable est favorable à une ratification. L’USS également, et clairement.</p><p>Le but de l’initiative parlementaire de la conseillère aux États est que la Suisse ratifie la convention n°&nbsp;183 de l’OIT sur la protection de la maternité. Une telle décision ne nécessite pas d’adaptation de la loi sur le travail (LTr), mais seulement une modification de l’ordonnance 1 relative à la LTr (OLT 1). Cette modification est petite, mais elle n’en est pas moins importante du point de vue de la santé publique comme de l’égalité entre femmes et hommes&nbsp;: elle traite du paiement du salaire lors de l’allaitement sur le lieu de travail. La majorité de la commission de la santé et de la sécurité sociale (CSSS), chargée de l’examen préalable de cet objet, propose au plénum de ratifier cette convention 183. L’USS se réjouit de cette proposition et la soutient. Elle soutiendra aussi la modification de l’OLT 1, que le Conseil fédéral mettra prochainement en consultation.  
</p><p>Actuellement, le temps consacré à l’allaitement sur le lieu de travail est considéré comme du temps de travail (art. 35a, al. 2 LTr&nbsp;; art. 60 OLT 1). Mais que ce temps doive être rémunéré ou pas n’est pas clair. La loi est en effet muette sur le sujet. Une nouvelle jurisprudence a montré que cette absence de règles pose un problème réel&nbsp;: un tribunal genevois a ainsi récemment débouté une travailleuse qui demandait le paiement du temps de travail consacré à l’allaitement. La Conseil fédéral a donc proposé, pour garantir la sécurité juridique, que l’OLT 1 définisse la durée d’allaitement sur le lieu de travail donnant droit à un salaire. 
</p><p>Cette proposition, que la Commission féminine de l’USS soutient, est aussi une très bonne nouvelle pour la cause de l’égalité entre les sexes. Elle soutient concrètement les mères qui travaillent et élimine une discrimination salariale : en effet, la possibilité d’avoir du « temps de travail non rémunéré » pour allaiter ne concerne évidemment que les femmes. Cette proposition n’aura qu’un impact marginal sur les charges salariales, car cela ne correspond qu’à une durée très réduite. Les montants en jeu le sont donc aussi. Le litige genevois portait, par exemple, sur quelques centaines de francs seulement. Et il faut ajouter qu’en pratique, de très nombreux employeurs versent déjà un salaire pour le temps consacré à l’allaitement. 
</p><p>Il faut enfin saluer le principe de la ratification de la convention de l’OIT n° 183 sur la protection de la maternité. En effet, cette convention donne une assise internationale à de nombreuses mesures de protection des femmes enceintes et des mères qui travaillent, telles que l’assurance-maternité, la protection contre le licenciement pendant et après la grossesse, l’interdiction de discrimination, la protection de la santé et, bien sûr, des mesures en faveur de l’allaitement. La Suisse, qui souhaite jouer à l’avenir un rôle important au sein de l’OIT, se doit de montrer qu’elle en soutient les normes et ratifie les conventions qui apportent des réponses aux problèmes actuels du monde du travail, même si elle doit, pour cela, procéder à des adaptations de sa propre législation. En l’espèce, l’adaptation nécessaire est mineure, car notre législation remplit déjà les conditions de la convention, exception faite de la question du paiement du temps d’allaitement évoquée plus haut. Enfin, un refus de la Suisse d’encourager la protection de la maternité au niveau international serait incohérent avec sa stratégie de défense des droits humains et ne serait certainement pas compris par ses partenaires.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-845</guid><pubDate>Thu, 30 Aug 2012 14:10:00 +0200</pubDate><title>Le Conseil fédéral ne tient pas compte du peuple</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-conseil-federal-ne-tient-pas-compte-du-peuple</link><description>Heures d’ouverture des commerces</description><content:encoded><![CDATA[<p>En soutenant la motion Lombardi, qui demande une prolongation des heures d’ouverture des commerces, le Conseil fédéral prouve qu’il ne voit pas quel est l’air du temps. Au mois de juin encore, le canton de Zurich a rejeté par plus de 70&nbsp;% des citoyen(ne)s une prolongation des heures d’ouverture des commerces, comme d’autres cantons l’avaient déjà fait.
</p><p>Selon la motion Lombardi, ces heures d’ouverture doivent s’étendre pour toute la Suisse de 6 à 20 heures les jours ouvrés et de 6 à 19 heures le samedi. Cette extension n’augmentera pas les chiffres d’affaires, car les gens ne vont pas boire plus de lait ou manger plus de pain parce que les magasins sont ouverts plus longtemps. Pour des dizaines de milliers de vendeurs et vendeuses par contre, cela dégradera leurs conditions de travail. L’Union syndicale suisse (USS) ne peut l’accepter. Pour les syndicats, il est de fait clair qu’ils s’opposeront à ce genre de libéralisations. 
</p><p>&nbsp;</p><h5>Contact</h5><p>Thomas Zimmermann (031 377 01 06 ou 079 249 59 74), responsable de la communication et porte-parole de&nbsp; l’USS, se tient à votre disposition pour tout complément d’information. 
</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-844</guid><pubDate>Wed, 29 Aug 2012 12:10:00 +0200</pubDate><title>Promesse rompue !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/promesse-rompue</link><description>Les partis bourgeois bloquent la protection contre la sous-enchère salariale via des sous-traitants</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">À la Commission de l’économie et des redevances du Conseil des États (CER-E), les représentants des partis bourgeois ont refusé de renforcer les mesures d’accompagnement à l’aide d’une vraie responsabilité solidaire. Or, cette dernière aurait permis de lutter contre la sous-enchère salariale actuellement incontrôlée, qui est pratiquée à travers des entreprises sous-traitantes.</p><p>La CER a uniquement décidé que l’entrepreneur contractant devra engager ses sous-traitants par contrat écrit à respecter les salaires minimums et les conditions de travail suisses. Aujourd’hui, un contrat oral suffit pour ce faire. Même le Secrétariat d’État à l’économie, le SECO, a écrit dans son rapport à l’intention de la CER que cette variante minimale ne permet pas d’empêcher la sous-enchère salariale via des chaînes de sous-traitance. Pour combattre celle-ci efficacement, il faut une responsabilité en chaîne, c’est-à-dire que l’entrepreneur contractant soit contraint d’assumer la responsabilité pour toutes les infractions commises dans la chaîne de sous-traitance.
</p><p>Par leur non-décision, les partis bourgeois rompent une promesse faite à la session d’été. À l’époque en effet, ils avaient promis qu’ils allaient traiter d’une responsabilité solidaire digne de ce nom dans le cadre d’un projet séparé relatif aux mesures d’accompagnement. La majorité bourgeoise de la commission ignore ainsi la réalité que l’on trouve sur les chantiers de Suisse et dans certains pans de l’artisanat, à savoir que la sous-enchère salariale via la sous-traitance est omniprésente. De plus, avec l’extension à l’Europe centrale et orientale de la libre circulation des personnes, ce problème s’est aggravé. 
</p><p> L’Union syndicale suisse (USS) attend du Conseil des États qu’il corrige, lors de la prochaine session, cette rupture de promesse par sa commission.
</p><h5>Contacts</h5><ul><li> Daniel Lampart (079 205 69 11), premier secrétaire et économiste en chef de l’USS)</li><li>Thomas Zimmermann (031 377 01 06 ou 079 240 59 74), responsable de la communication et porte-parole de l’USS</li></ul>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-842</guid><pubDate>Wed, 22 Aug 2012 14:13:00 +0200</pubDate><title>Dossier N° 88: Conditions de travail et salaires dans l’horticulture</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/dossier-n-88-conditions-de-travail-et-salaires-dans-l-horticulture</link><description>Salaires de l’horticulture : une pression particulièrement forte</description><content:encoded><![CDATA[<p>Tout récemment paru, le Dossier N° 88 de l’USS analyse de manière approfondie la situation des salaires dans la branche horticole. Cette analyse fait apparaître une situation inquiétante. Déjà très bas, ces salaires sont sous pression. Or, leur protection est très lacunaire dans cette branche. Il n’existe, au niveau national, aucune convention collective de travail (CCT) de force obligatoire (étendue) prévoyant des salaires minimaux pouvant faire concrètement obstacle à la sous-enchère salariale. Seuls quelques cantons (Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Suisse latine) connaissent des CCT de force obligatoire. La CCT nationale existante ne s’applique qu’aux membres de l’organisation patronale Jardin Suisse, soit seulement 40&nbsp;% environ des entreprises. De plus, les «&nbsp;salaires minimaux&nbsp;» de cette CCT sont fixés trop bas. Pour plusieurs groupes professionnels, ils sont nettement inférieurs aux salaires usuellement versés en Suisse. Or ce sont ces salaires trop bas qui servent de références lors des contrôles… Il apparaît ainsi, la CCT de Jardin Suisse n’est pas en mesure de protéger les salaires suisses de la sous-enchère.</p><p><a href="https://sgb.ch/fileadmin/user_upload/Dokumente/Dossier/88fd_Jaquet_Horticulture.pdf" target="_blank" class="link link--download" rel="noreferrer">Daniel Lampart, Virginie Jacquet : Conditions de travail et salaires dans l’horticulture, USS, août 2012, 26 p.</a></p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-840</guid><pubDate>Wed, 22 Aug 2012 12:16:00 +0200</pubDate><title>Il faut imposer une protection efficace des salaires au moyen de contrôles sévères, de salaires minimums et de la responsabilité solidaire !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/il-faut-imposer-une-protection-efficace-des-salaires-au-moyen-de-controles-severes-de-salaires-minimums-et-de-la-responsabilite-solidaire</link><description>Exposé Paul Rechsteiner, président de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>La protection des salaires est la pierre angulaire d’un marché du travail qui fonctionne correctement. Les mesures d’accompagnement aux accords bilatéraux sont le principal instrument à cet égard. Elles doivent faire en sorte qu’en Suisse, ce soient des salaires suisses qui soient versés. Lutter avec détermination contre la sous-enchère salariale est une condition indispensable.
</p><p>Comme il est apparu que les instruments servant à mener à bien cette lutte recèlent des lacunes sensibles, l’Union syndicale suisse (USS) a présenté, au printemps 2011, un nouveau train de mesures. Une partie de ces lacunes a pu être comblée grâce aux décisions prises par le Parlement lors de sa session d’été, par exemple avec l’adoption de mesures de lutte contre ladite «&nbsp;indépendance fictive&nbsp;». Mais les dispositions sur la responsabilité solidaire restent pendantes. Des décisions cruciales à ce sujet nous attendent à la session d’automne. 
</p><p>Les syndicats font à nouveau remarquer qu’il n’est plus possible de se contenter d’à-peu-près ou de pseudo-solutions dans ce domaine. Depuis que les accords bilatéraux s’appliquent aussi à l’Union européenne des huit (extension à l’Europe centrale et orientale), les abus grossiers s’accumulent, sous forme de pression sur les salaires à travers le transfert de travaux à des chaînes de sous-traitance. Et cela même sur des chantiers de pouvoirs publics. Lorsque les salariés de la métallurgie travaillant à l’usine d’incinération des déchets de Winterthour ne reçoivent que 8,45 francs de l’heure au lieu des 22,70 francs garantis par la convention collective de travail (CCT), c’est là contourner toute protection des salaires. Cela fait trop longtemps que les conditions de travail devraient aussi être garanties en cas de transfert de mandats à des sous-traitants. Ce qui est, aujourd’hui déjà, évident pour la qualité des travaux confiés à des sous-traitants doit à l’avenir s’appliquer également aux salaires versés, si l’on veut prendre la protection des salaires au sérieux. Au Parlement désormais d’agir comme il se doit sur cette question. 
</p><p>À vrai dire, les instruments destinés à protéger les salaires n’ont finalement de valeur que s’ils sont concrètement mis en œuvre. Après les améliorations de ces dernières années en matière de contrôles, c’est le problème de l’absence de salaires minimums qui se trouve toujours plus au premier plan. Si les contrôles des salaires montrent bien que le niveau salarial est régulièrement sous pression et n’apparaît plus respecté, il faut alors que, comme le demande la loi, des salaires minimums soient édictés. Qui plus est, malgré le nombre croissant d’infractions en matière de salaires constatées en Suisse alémanique, cela n’a encore jamais eu lieu dans cette région, et n’a été le cas que deux fois au niveau de la Confédération. 
</p><p>La situation est particulièrement extrême dans certains pans du commerce de détail et surtout dans l’horticulture, ainsi que le montre une récente étude de l’USS. En n’intervenant pas, les cantons tolèrent la sous-enchère salariale dans cette branche. Pire encore&nbsp;: comme les salaires de référence sont bien trop bas, les contrôles donnent une image bien trop positive de la situation salariale. Nombre d’entreprises, qui versent réellement des salaires trop bas, ne se font pas attraper lors des contrôles. 
</p><p>Malgré le fait que les activités soient pénibles et qualifiées dans l’horticulture, les salaires de cette branche sont, dans de nombreuses régions du pays, mais surtout en Suisse alémanique, si bas qu’ils relèvent de la pauvreté. Vu l’absence à ce jour d’une protection offerte par une CCT décente, il faut une fois pour toutes instaurer une régulation des salaires digne de ce nom. Et le mieux serait ici une CCT de force obligatoire. 
</p><p>Lorsque les autorités responsables n’appliquent par les mesures prescrites par la loi, ce n’est de leur part rien d’autre qu’un refus intolérable de faire leur travail. La loi prescrit l’édiction de salaires minimums si les salaires font l’objet d’une sous-enchère abusive et répétée dans une branche ou une région donnée. On ne peut plus accepter que cela ne se fasse pas, alors que c’est prescrit par la loi. L’enjeu n’est pas ici uniquement celui des intérêts des travailleurs et travailleuses concernés, mais aussi l’application au marché du travail des règles élémentaires qui ont été promises à la population. </p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-841</guid><pubDate>Wed, 22 Aug 2012 12:08:00 +0200</pubDate><title>Confédération et cantons permettent la sous-enchère salariale - Analyse des mesures d’accompagnement à travers l’exemple de l’horticulture</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/confederation-et-cantons-permettent-la-sous-enchere-salariale-analyse-des-mesures-d-accompagnement-a-travers-l-exemple-de-l-horticulture</link><description>Exposé Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en chef de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Malgré la hausse des cas de sous-enchère salariale, les cantons alémaniques n’édictent pas de salaires minimums à des fins de protection</p><p>C’est une réalité qu’en Suisse, les salaires sont sous pression, un problème qui s’est fortement aggravé ces dernières années. Dans les branches où l’on ne trouve pas de salaires minimums obligatoires, la part des entreprises où les contrôleurs et contrôleuses découvrent des cas de sous-enchère salariale a presque doublé entre 2009 et 2011&nbsp;! Selon les statistiques du SECO, les taux d’infraction sont en effet passés de 6 à 11&nbsp;%. Et la situation ne devrait pas s’améliorer en 2012. Au contraire, à cause du franc fort, les employeurs vont encore plus se mettre à la recherche de main-d’œuvre bon marché à l’étranger. 
</p><p>La loi (Code des obligations CO, art. 360a) prévoit qu’en cas de sous-enchère répétée, des salaires minimums soient fixés. À ce jour, seuls des cantons de Suisse latine et, dans deux cas, la Confédération (économie domestique et petites entreprises de nettoyage) ont édicté de tels salaires. En Suisse alémanique, aucun canton ne l’a encore fait, alors que la situation n’est pas meilleure qu’en Suisse latine. 
</p><h3>Les cantons tolèrent la sous-enchère en appliquant des salaires de référence trop bas lors des contrôles</h3><p>En réalité, la pression sur les salaires devrait être substantiellement plus forte qu’annoncé officiellement. Une étude de l’USS consacrée à la branche horticole le fait apparaître de manière exemplaire. Par exemple, de nombreux cantons tolèrent que des salaires mensuels de 3&nbsp;350 francs soient versés à des aides-jardiniers ou de 4&nbsp;120 francs à des jardiniers au bénéfice d’une expérience professionnelle, alors que le niveau salarial de cette branche est de loin supérieur. Même avec ces salaires de référence visiblement trop bas, 11&nbsp;% des entreprises contrôlées pratiquent la sous-enchère salariale. Dans les cantons où l’on applique des salaires de référence plus proches des salaires usuels, les taux d’infraction sont plus élevés (p. ex. 34&nbsp;% dans les deux Bâle). Ainsi, les taux officiels d’infraction concernant l’horticulture donnent une image beaucoup trop positive de la situation de cette branche en matière de salaires. 
</p><p>Les salaires de référence appliqués par les cantons lors des contrôles proviennent de la convention collective de travail (CCT) de l’organisation patronale Jardin Suisse conclue avec la petite organisation de travailleurs et travailleuses Grüne Berufe Schweiz. Cette CCT ne s’applique qu’aux entreprises membres de l’organisation patronale et n’est donc pas de force obligatoire (étendue). Les salaires qui y figurent sont nettement inférieurs aux salaires usuellement versés et ne devraient par conséquent pas servir d’instruments de contrôle. 
</p><p>À titre de valeur de référence pour les salaires usuels de l’horticulture, on pourrait utiliser par exemple les salaires fixés dans des CCT cantonales conclues avec des syndicats actifs et indépendants. Dans la CCT genevoise (Unia, SIT et Syna), les salaires minimums sont de 4&nbsp;432 francs par mois (aides-jardiniers), respectivement de 5&nbsp;069 francs par mois (CFC et expérience d’au moins 3 ans). Une autre source peut être celle des salaires versés dans d’autres branches pour des activités apparentées. Dans la construction, par exemple, les personnes sans formation touchent un salaire mensuel supérieur à 4&nbsp;400 francs. Même une enquête de Jardin Suisse montre que les salaires de sa CCT ne peuvent pas servir de salaires de référence. Les limites supérieures du quartile le plus bas sont en effet de 3&nbsp;600 à 3&nbsp;700 francs pour les personnes sans formation et de 4&nbsp;200 à 4&nbsp;300 francs pour celles qui ont une formation et au moins trois années d’expérience. 
</p><h3>Les cantons doivent imposer le respect des salaires usuels</h3><p>Que les cantons se contentent, lors de leurs contrôles, d’appliquer des salaires tirés de n’importe quelle CCT est une pratique que l’on ne trouve pas uniquement dans l’horticulture. On doit donc présumer que la sous-enchère salariale est aussi tolérée dans d’autres branches, parce que les salaires de référence utilisés y sont trop bas. Les mesures d’accompagnement exigent que les salaires usuels suisses soient respectés. Dans leurs contrôles, les cantons doivent donc se référer à eux. S’ils ne le font pas, il appartient au SECO d’intervenir, car il a pour fonction d’exercer la haute surveillance de l’application des mesures d’accompagnement. 
</p><h3>L’horticulture a besoin d’une CCT avec des salaires minimums d’un bon niveau</h3><p>Pour lutter contre la sous-enchère dans la branche horticole, il faut rapidement fixer des salaires minimums nationaux de force obligatoire. C’est ce que demande la législation sur les mesures d’accompagnement (CO art. 360a). Le but visé est ainsi celui d’une CCT de force obligatoire. L’actuelle CCT, qui n’est pas de force obligatoire, ne constitue pas une base pour ce faire, car les&nbsp; salaires qu’elle prévoit sont trop bas, c’est-à-dire bien au-dessous des salaires usuels. Il faudrait donc une CCT stipulant des salaires supérieurs, des salaires fixés avec tous les syndicats importants. En outre, d’un point de vue syndical, le niveau salarial de la branche horticole doit être globalement relevé de manière conséquente. Et les salaires minimums qui devront figurer dans cette future CCT se référeront aux salaires minimums de la CCT genevoise ou aux salaires versés pour des activités apparentées du secteur principal de la construction.
</p><p>Sous-enchère via la sous-traitance&nbsp;: des lacunes légales à combler rapidement 
</p><p>Les mesures d’accompagnement contiennent toujours des lacunes légales dont des entreprises irresponsables qui détachent de la main-d’œuvre profitent pour tourner les dispositions suisses en matière de salaires. Le principal problème est celui des chaînes de sous-traitance. Avec l’élargissement de la libre circulation des personnes aux pays de l’Europe centrale et orientale, il est devenu encore plus difficile d’imposer les salaires suisses dans notre pays. De fait, comment les contrôleurs et contrôleuses peuvent-ils contrôler sérieusement les livres de paie en Pologne&nbsp;? Il faut que les mesures d’accompagnement permettent d’imposer directement les salaires suisses en Suisse. Dans de nombreuses branches, les entreprises de l’artisanat de la construction doivent verser aujourd’hui des cautions. Cet instrument est d’une certaine utilité. Mais, dans le cas de chaînes de sous-traitance, il s’avère souvent inefficace. Au bout de ces chaînes de sous-traitance, on trouve en effet régulièrement des entreprises de l’Union européenne des huit. 
</p><p>Lors de la session parlementaire d’automne, les Chambres fédérales doivent par conséquent adopter des mesures efficaces pour faire obstacle à la sous-enchère pratiquée à travers la sous-traitance. La responsabilité des entreprises sous-traitantes doit devenir une réalité, sans surplus de bureaucratie. Cela signifie, par exemple, que la première entreprise contractante doit assumer la responsabilité en matière de salaires et d’amendes infligées pour infractions aux salaires (responsabilité en chaîne), ce qui inclut aussi les peines conventionnelles. Sinon, les amendes sont trop faibles et la sous-enchère via la sous-traitance en vaut financièrement la peine.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-839</guid><pubDate>Tue, 21 Aug 2012 10:05:00 +0200</pubDate><title>Une protection efficace des salaires nécessite des salaires minimums corrects et la responsabilité solidaire</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/une-protection-efficace-des-salaires-necessite-des-salaires-minimums-corrects-et-la-responsabilite-solidaire</link><description>Conditions de travail et salaires dans l’horticulture</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En Suisse, on est plus souvent que jamais confronté à la sous-enchère salariale. C’est ce que suggère une étude de l’Union syndicale suisse (USS) sur l’horticulture. L’USS y montre que les contrôleurs et contrôleuses se servent, dans cette branche, de salaires de référence qui, comparés au niveau salarial usuel de l’horticulture, sont beaucoup trop bas. </p><p> De nombreux cantons tolèrent, par exemple, des salaires mensuels de 3&nbsp;350 francs pour des personnes non formées, ou de 4&nbsp;120 francs pour des personnes qualifiées, alors que le niveau salarial de l’horticulture est bien plus élevé. Or, même avec ces salaires de références visiblement trop bas, on voit que 11&nbsp;% des entreprises contrôlées pratiquent la sous-enchère. Dans les faits cependant, le taux de sous-enchère est beaucoup plus élevé, a expliqué Daniel Lampart, l’économiste en chef de l’USS. Selon lui, cela apparaît dans les cantons qui se servent de salaires de référence plus proches des salaires usuels (taux d’infraction de 34&nbsp;% à BL et BS). Pour lutter contre la sous-enchère dans l’horticulture, il faut rapidement conclure une CCT nationale prévoyant des salaires minimums obligatoires d’un bon niveau. 
</p><p> La sous-enchère salariale est très fréquente dans le cas de chaînes de sous-traitance, lorsque l’entreprise générale fait effectuer certains mandats par des sociétés sous-traitantes meilleur marché de l’étranger. Depuis l’extension de la libre circulation des personnes à huit pays de l’Europe centrale et orientale (Union européenne des huit), on constate une accumulation d’abus grossiers. «&nbsp;Cela fait trop longtemps que les conditions de travail devraient aussi être garanties en cas de transfert de mandats à des sous-traitants&nbsp;», a précisé Paul Rechsteiner, le président de l’USS. Sinon, impossible de garantir qu’en Suisse, ce sont des salaires suisses qui sont versés.
</p><p><a name="_GoBack"></a> La balle est désormais dans le camp du Parlement&nbsp;: lors de la session d’automne, la Petite Chambre (conseil prioritaire) décidera de ce que sera la responsabilité solidaire. Pour l’USS, il est clair qu’une entreprise contractante ne doit pas uniquement assumer la responsabilité des abus commis par des entreprises sous-traitantes directement mandatées par elle, mais aussi pour toutes les autres entreprises sous-traitantes. Seule cette «&nbsp;solidarité en chaîne&nbsp;» permet de lutter efficacement contre la sous-enchère salariale. Pour le coprésident du syndicat Unia, Renzo Ambrosetti, il est par conséquent clair que les choses ne seront en ordre qu’avec des salaires minimums corrects et une responsabilité solidaire.
</p><h5>Documents</h5><ul><li>Paul Rechsteiner, président de l’USS: <b>&lt;media 517 - - "TEXT, 120821 Rechsteiner Mesures-acc Horticulture, 120821_Rechsteiner_Mesures-acc_Horticulture.pdf, 56 KB"&gt;Il faut imposer une protection efficace des salaires au moyen de contrôles sévères, de salaires minimums et de la responsabilité solidaire !&lt;/media&gt;</b></li><li>Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en chef de l’USS: <b>&lt;media 516 - - "TEXT, 120821 Lampart Mesures-acc Horticulture, 120821_Lampart_Mesures-acc_Horticulture.pdf, 65 KB"&gt;Confédération et cantons permettent la sous-enchère salariale - Analyse des mesures d’accompagnement à t ravers l’exemple de l’horticulture&lt;/media&gt;</b></li><li>Renzo Ambrosetti, coprésident du syndicat Unia: <b>&lt;media 515 - - "TEXT, 120821 Ambrosetti Mersures-acc Horticulture, 120821_Ambrosetti_Mersures-acc_Horticulture.pdf, 32 KB"&gt;Pas d’«ordre dans l’étable» sans responsabilité solidaire&lt;/media&gt;</b></li></ul><h5>Dossier</h5><ul><li><b>&lt;media 511 - - "TEXT, 88fd Jaquet Horticulture, 88fd_Jaquet_Horticulture.pdf, 150 KB"&gt;Conditions de travail et salaires dans l’horticulture&lt;/media&gt;</b></li></ul><h5>Contacts</h5><ul><li> Daniel Lampart (079 205 69 11), premier secrétaire et économiste en chef de l’USS</li><li>Thomas Zimmermann (079 249 59 74), responsable de la communication et porte-parole de l’USS, se tiennent à votre disposition pour tout complément d’information. </li></ul>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-836</guid><pubDate>Fri, 17 Aug 2012 10:48:00 +0200</pubDate><title>Pour une protection uniforme dans tout le pays</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pour-une-protection-uniforme-dans-tout-le-pays</link><description>Votations du 23 septembre 2012 : « Protection contre le tabagisme passif »</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"><span lang="FR">La protection des travailleurs et travailleuses ainsi que de leur santé est une revendication prioritaire de l’Union syndicale suisse (USS). C’est pourquoi celle-ci recommande le oui à l’initiative populaire «&nbsp;Protection contre le tabagisme passif&nbsp;», sur laquelle nous voterons en septembre prochain. La protection de la santé des travailleurs et travailleuses de Suisse doit être la même, et la meilleure possible, dans tous les cantons.</span><span lang="FR"></span></p><p><span lang="FR">Imaginons que les cantons fixent eux-mêmes les normes en matière de polluants atmosphériques ou de radioactivité. Ou que le taux d’alcoolémie admis pour les automobilistes oscille de 0 à 1, ou encore les dates de péremption des produits alimentaires divergent d’un canton à l’autre... Il est évident que la santé ne se définit pas en fonction des frontières cantonales&nbsp;! Et il n’en va donc pas autrement de la protection de la santé. </span></p><h3 class="Sous-titreSP"><span lang="FR">Pas de patchwork cantonal</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Or, en matière de tabagisme passif, une réalité dont les effets nuisibles pour la santé sont prouvés, ce n’est pas le cas. Dans seulement 8 cantons, les cantons romands (moins le Jura) ainsi que les deux Bâle, le personnel de service de la restauration est suffisamment protégé contre ses effets négatifs. Ailleurs, ce n’est pas encore le cas. Servir dans la fumée y est admis. L’initiative «&nbsp;Protection contre le tabagisme passif&nbsp;» éliminera ce patchwork cantonal et réglera, au niveau suisse et en toute clarté, cette protection. Car la fumée inhalée n’est pas moins nuisible en Thurgovie qu’à Saint-Gall&nbsp;!</span></p><h3 class="Sous-titreSP"><span lang="FR">De manière uniforme, simplement et équitablement</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Cette initiative demande qu’il soit interdit, en Suisse, de fumer dans les espaces fermés qui servent de lieu de travail ou sont accessibles au public. En d’autres termes, il pourra toujours y avoir, dans les restaurants, des fumoirs où aucun service n’est assuré. L’initiative place donc les restaurateurs et restauratrices sur un pied d’égalité. Il ne leur sera plus possible de se faire concurrence sur le dos de leur personnel. Sous l’angle de la protection de ce dernier, c’est là un progrès à saluer. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Dans le débat à ce sujet, les opposants à l’initiative avancent souvent l’argument-massue selon lequel cette dernière serait l’œuvre de «&nbsp;talibans de la santé&nbsp;». Si l’expression peut séduire, elle est complètement à côté de la réalité. Cette initiative populaire n’interdira pas la fumée. En effet, il sera toujours permis de fumer sans restriction à la maison, dehors ou sur son lieu de travail, si des collègues n’y sont pas régulièrement présents. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">La solution proposée pour une meilleure protection des travailleurs et travailleuses est ainsi uniforme pour tout le pays, simple à appliquer et équitable.</span></p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Suisse</category><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-824</guid><pubDate>Thu, 05 Jul 2012 11:57:00 +0200</pubDate><title>Luca Cirigliano élu secrétaire central de l’USS</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/luca-cirigliano-elu-secretaire-central-de-l-uss</link><description>Nouveau responsable du dossier Droit du travail</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le Comité de l’Union syndicale suisse (USS) a élu à l’unanimité le juriste argovien Luca Cirigliano (31) secrétaire central responsable du dossier Droit du travail à l’USS. Luca Cirigliano entrera dans ses nouvelles fonctions au début du mois de septembre et succédera à Jean Christophe Schwaab, qui quitte le Secrétariat de l’USS en raison de son élection au Conseil national. Le Comité a rendu hommage à Jean Christophe Schwaab et l’a également remercié pour les multiples et précieux services rendus. 
</p><p>Luca Cirigliano est actuellement juge ordinaire au Tribunal de district de Lenzbourg ainsi que collaborateur scientifique auprès de la Chaire de droit public, droit européen et droit international de l’Université de Zurich. Enfin, il aussi est le vice-président de la Commission fédérale pour l’enfance et la jeunesse. 
</p><h5>Renseignements</h5><p>&nbsp;</p><ul><li>Doris Bianchi (031 377 01 13 ou 076 564 6767) ajointe du Premier secrétaire de l’USS et secrétaire dirigeante de l’USS</li><li>Luca Cirigliano (076 335 61 97), nouveau secrétaire central de l’USS</li></ul>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Suisse</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-823</guid><pubDate>Wed, 04 Jul 2012 16:52:00 +0200</pubDate><title>Indifférence face aux pressions sur les salaires et aux salaires scandaleux</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/indifference-face-aux-pressions-sur-les-salaires-et-aux-salaires-scandaleux</link><description>Initiative sur les salaires minimums : le Conseil fédéral prend position</description><content:encoded><![CDATA[<p>En disant non à l’initiative syndicale sur les salaires minimums, le Conseil fédéral se prononce contre une protection efficace des salaires. Il entend donc continuer à accepter des salaires qui ne permettent pas de vivre. 
</p><p> Près de 400 000 personnes travaillent en Suisse pour des salaires scandaleusement bas, inférieurs à 4 000 francs. Nombre d’entre elles, comme des boulangers, des coiffeuses ou des fleuristes, sont même au bénéfice d’une formation professionnelle. Or, dans la riche Suisse, de tels salaires ne permettent pas de vivre. 
</p><p> En comparaison internationale, les salaires minimums sont peu répandus dans notre pays. Dans de nombreuses branches en pleine croissance, on ne trouve aucune organisation patronale, si bien qu’il y est impossible de conclure des conventions collectives de travail. Le commerce de détail (vêtements, chaussures), les centres d’appel, les instituts de beauté, les centres de fitness (remise en forme) et la distribution de courrier en sont autant d’exemples parmi d’autres encore. C’est pour cela que certains pays ont introduit des salaires minimums, protégeant ainsi les salarié(e)s de ces branches contre les pressions sur les salaires et l’arbitraire patronal. Aujourd’hui par contre, le gouvernement suisse a décidé que la situation de ces personnes lui était indifférente. 
</p><p> Avec son initiative sur les salaires minimums, l’Union syndicale suisse (USS) demande qu’en Suisse, les salaires versés aux travailleurs et travailleuses leur permettre de vivre. La population suisse ne veut pas de salaires scandaleusement bas et elle aura le dernier mot dans les urnes.
</p><h5>Renseignements</h5><p>&nbsp;</p><ul><li>Daniel Lampart (079 205 69 11), économiste en chef et premier secrétaire de l’USS</li><li>	 Ewald Ackermann (031 377 01 09 ou 079 60 36 14), service de la communication de l’USS</li></ul>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-819</guid><pubDate>Thu, 28 Jun 2012 12:13:00 +0200</pubDate><title>Le Tribunal fédéral confirme l’interdiction des abus</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-tribunal-federal-confirme-l-interdiction-des-abus</link><description>Sous-traitance en chaîne dans les marchés publics</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Tribunal fédéral a confirmé l’amende infligée à une entreprise vaudoise qui n’avait pas empêché ses sous-traitants de commettre des abus en matière de conditions de travail. Il s’agit là d’un arrêt de grande importance. La prochaine étape doit être celle d’une vraie responsabilité solidaire. </p><p>Le Tibunal fédéral vient de rendre un arrêt déterminant pour la lutte contre les abus de la sous-traitance en chaîne. Ce véritable fléau, qui sévit surtout dans le bâtiment, réside en ceci que des entrepreneurs principaux, en sous-traitant tout ou partie de leurs tâches à des entreprises qui sous-traitent à leur tour, tentent de se défaire de leur responsabilité si un des sous-traitants viole les règles du contrat de travail et pratique la sous-enchère. 
</p><p>Les autorités vaudoises avaient condamné un entrepreneur principal qui n’avait pas veillé à ce que toute la chaîne des entreprises de sous-traitance respecte les conditions de travail et de salaire et lui avaient infligé une amende de 60&nbsp;000 francs. Les entreprises concernées exécutaient un mandat public, à savoir la construction de la semi-autoroute H 144 dans le Chablais valdo-valaisan. Cette sanction, qui avait d’abord été confirmée par le Tribunal cantonal, vient désormais de l’être aussi par le Tribunal fédéral. Selon la Haute Cour, l'adjudicataire de travaux doit s'assurer que tous ses sous-traitants respectent les dispositions relatives à la protection des travailleurs et travailleuses de même qu’aux conditions de travail. Ainsi, une négligence peut être imputée à un adjudicataire qui sous-traite à une entreprise ne respectant pas ces dispositions. 
</p><p>Cette décision est une très bonne nouvelle pour la lutte contre la sous-enchère salariale. Même s’il ne s’agit pas à proprement parler d’une responsabilité solidaire (l’entrepreneur&nbsp; ne doit payer qu’une amende et pas l’entier du dommage subi par les travailleurs et travailleuses), c’est là un premier pas vers son introduction, d’abord dans les marchés publics, puis pour tous les travaux privés, car elle montre qu’un entrepreneur principal peut et doit se soucier de ce que font tous ses sous-traitants. 
</p><p>La responsabilité solidaire est le meilleur moyen de veiller à ce que les entrepreneurs principaux ne se défaussent pas de leur responsabilité envers les salarié(e)s, en recourant à des sous-traitants, puis en négligeant totalement de surveiller les pratiques de ces derniers. De fait, certains cantons ont déjà inscrit la responsabilité solidaire dans leur législation sur les marchés publics, notamment les deux Bâle<a href="typo3/#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>. 
</p><p>Les autres cantons et la Confédération doivent s’en inspirer et se doter de règles pour que les entrepreneurs négligeant ne soient pas condamnés uniquement à une amende comme dans le cas vaudois, mais doivent répondre de tous les dommages commis envers les travailleurs et travailleuses par leurs sous-traitants (et les sous-traitants des sous-traitants, etc.), c’est-à-dire&nbsp;: arriérés de salaires, de cotisations sociales, etc. Les Chambres fédérales, qui doivent se pencher plus en détail sur l’introduction de la responsabilité solidaire pour toutes les entreprises, et pas seulement celles qui travaillent sur mandat d’une collectivité publique, doivent également s’inspirer de cette décision du Tribunal fédéral et prendre note qu’il s’agit d’un complément réellement efficace aux mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes.
</p><hr><p><a href="typo3/#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Cf. §6 Beschaffungsgesetz BL/BS.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-818</guid><pubDate>Thu, 28 Jun 2012 11:35:00 +0200</pubDate><title>Même Zurich dit non</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/meme-zurich-dit-non</link><description>Prolongation des heures d’ouverture des commerces </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les partisans d’une société sans garde-fou aucun s’attaquent sans discontinuer à l’interdiction de principe du travail de nuit et du travail du dimanche. Mais, ces derniers temps, leur courage doit en avoir pris un coup. En effet, même les Zurichois(es) ont mis un carton rouge aux dérégulateurs des heures d’ouverture des commerces. Mais les Chambres fédérales ont-elles bien compris le message, elles qui doivent traiter actuellement de propositions semblables ?</p><p>&nbsp;</p><p>Ces dernières années, plusieurs des tentatives de libéraliser les horaires de travail sont venues de Zurich. Ainsi, c’est pour légaliser a posteriori le centre commercial « shopville », sis sous la gare centrale de Zurich, qu’avait été déposée l’initiative Hegetschwiler (votée en 2005), qui demandait la libéralisation du travail dominical dans toutes les grandes gares. Plus récemment, c’est parce que quelques échoppes de stations-service zurichoises se sont vu interdire d’ouvrir la nuit par le Tribunal fédéral (qui a, comme la loi l’exige, donné la priorité à la santé et à la vie familiale des travailleurs et travailleuses concernés) que l’initiative parlementaire Lüscher a été lancée. Son but est de répondre aux attentes d’une petite minorité de consommateurs et consommatrices impatients en permettant à ces échoppes d’ouvrir 24 heures sur 24. Et il y a encore la motion « Hutter », du nom d’un conseiller national libéral-radical zurichois, qui veut que les cantons puissent fixer leurs horaires d’ouverture sans tenir compte du droit fédéral sur la protection des travailleurs et travailleuses, ou encore la proposition du Grand conseil zurichois, qui entend faire passer à 200m2 la surface des magasins pouvant ouvrir n’importe quand. À chaque fois, on a l’impression que c’est la « grande ville moderne » qui veut faire tomber des législations « obsolètes » et « contraires aux intérêts des consommateurs et consommatrices ». On en serait presque à une lutte des « urbains visionnaires » contre les « bouseux conservateurs ». 
</p><p>Le 17 juin, les Zurichois(es) ont fait mentir ce cliché de la manière la plus éclatante qui soit, en rejetant massivement l’initiative du Parti libéral-radical « Le client est roi ». Cette initiative souhaitait libéraliser complètement les horaires de travail de tous les commerces (et, par ricochet, des branches à leur service : nettoyage, logistique, sécurité, etc.). Lors de la campagne qui a précédé ce scrutin, tant les mauvaises conditions de travail qui règnent dans la branche (bas salaires, pratiquement pas de CCT, risques de braquage) que la qualité de vie (nuisances pour les voisins des « shops ») ont été mises en avant par les syndicats, qui ont aussi insisté sur la nécessité, pour la société, de bénéficier de plages de repos communes à toute la population. Le peuple s’est rangé de leur côté à plus de 70 % des voix ! 
</p><p>Le même jour, les électeurs et électrices lucernois ont aussi refusé de prolonger les horaires des commerces. Même si la modification avait l’air anodine (une heure de plus par semaine seulement, le samedi), près de 55 % des électeurs et électrices l’ont refusée. Les syndicats ont montré qu’il ne s’agissait en effet que de l’avant-goût d’une initiative des jeunes libéraux-radicaux au contenu similaire à celui de l’initiative « Le client est roi », qui sera soumise au vote populaire cet automne. 
</p><h3>Tirer les leçons des résultats des votations ? </h3><p>Cette nette double-défaite des partisans du « 24 heures sur 24 » indique que, contrairement à ce que d’aucuns voudraient nous faire accroire, les citoyen(ne)s-consommateurs/consommatrices tiennent, eux aussi, à la santé des salarié(e)s et à la qualité de vie qu’une prolongation des horaires des magasins ne manquerait pas de dégrader, comme nous l’avons déjà montré. Et ces résultats sont de très bon augure avant un éventuel référendum contre le travail de nuit et du dimanche dans les échoppes de stations-service.
</p><p> La Commission des redevances et de l’économie du Conseil des États (CER-E) a déjà tiré les leçons de ces scrutins en rejetant, le 26 juin, la motion Hutter. Et pour ce qui est de l’initiative parlementaire Lüscher, la même commission a montré qu’elle était consciente du problème. En effet, elle ne l’accepte que sous une forme atténuée, ce qui, comparé à la décision du Conseil national, est un progrès. Par rapport à cette dernière, la solution adoptée par la CER-E entraînerait plus de travail de nuit, mais pas plus de travail du dimanche. Toutefois, au vu de l’état d’esprit évident de la population sur ces questions, cette initiative doit être, elle ausisi, rejetée dans sa totalité. 
</p><p>Dans sa grande majorité, le peuple est satisfait des actuelles heures d’ouverture des commerces. C’est pourquoi l’Union syndicale suisse (USS) espère que la Chambre des cantons rejettera l’initiative parlementaire Lüscher. Aux yeux de l’USS en effet, il est clair que, pour des raisons sociales et de santé, le travail de nuit et le travail du dimanche doivent rester des exceptions. Et, si nécessaire, elle combattra par la voie référendaire toute banalisation de ces formes de travail. </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-817</guid><pubDate>Thu, 28 Jun 2012 10:57:00 +0200</pubDate><title>Précarité, quand tu nous tiens…</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/precarite-quand-tu-nous-tiens</link><description>La crise de l’emploi des jeunes</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La situation devient alarmante : le chômage des jeunes a atteint des records sans précédent dans de nombreux pays développés. Comme un arbre qui nous cache la forêt, le faible taux de chômage des jeunes en Suisse nous donne une fausse impression de confort. Pourtant, les indices ne manquent pas : chez nous également, on assiste peu à peu à une dégradation des conditions d’embauche pour cette catégorie de la population.</p><p>&nbsp;</p><p> La crise économique a touché les jeunes plus fortement que la moyenne des personnes actives. Le phénomène est particulièrement frappant dans les économies développées et l’Union européenne (UE) : le chômage des jeunes y a atteint un taux de 18,1 %, un niveau jamais égalé depuis le début des années 1990. Parallèlement au chômage, on assiste aussi chez les jeunes à une forte dégradation des conditions d’entrée sur le marché du travail et une augmentation des emplois précaires. Selon Eurostat, ce n’est pas moins de 42 % des personnes de moins 25 ans qui sont concernés par le travail temporaire en Europe (UE des 27), alors que cette forme d’emploi ne concerne « que » 15 % des personnes actives. Au vue des perspectives globales de croissance, il est à craindre que le marché du travail pour les jeunes ne continue à se détériorer en Europe et dans le monde ces prochaines années. 
</p><p>En comparaison internationale, la Suisse reste pour le moment relativement épargnée. Son faible taux de chômage cache cependant un phénomène qui est aussi en augmentation dans notre pays, à savoir l’accroissement, chez les jeunes, de formes atypiques d’emploi. En Suisse, un tiers des travailleurs et travailleuses temporaires ont moins de 26 ans, alors qu’ils représentent à peine 10 % de la population active. Une étude du SECO parue en 2010 faisait état d’une augmentation des rapports de travail précaires chez les jeunes de 6 % à plus de 9 % entre 2004 et 2008. L’instabilité économique qui règne depuis 2008, les durcissements de la loi sur le chômage — entrée en vigueur en avril 2011 — sont des facteurs qui auront probablement contribué à accentuer cette tendance ces quatre dernières années. 
</p><h3>Agir avant la tempête </h3><p>Dans de nombreux pays, l’absence de perspectives pour la jeunesse est une bombe à retardement. La Suisse se doit d’agir en amont pour offrir les meilleures perspectives d’avenir possibles à ses jeunes. En comparaison internationale, elle dispose d’atouts qu’elle pourrait et doit mieux exploiter.
</p><h3>Pour un système de formation professionnelle capable de se remettre en question </h3><p>Des études internationales ont montré que les pays dans lesquels le système de formation professionnel dual (formation en école professionnelle et entreprise) est bien implanté dans le tissu économique, connaissent un taux de chômage des jeunes particulièrement bas en comparaison européenne. C’est le cas de la Suisse, de l’Allemagne, du Danemark et de l’Autriche. L’évolution des valeurs amène cependant de plus en plus de jeunes à suivre une formation gymnasiale au détriment de la formation professionnelle. Afin de maintenir l’attractivité de cette dernière pour eux il faut oser envisager l’apprentissage sous un angle différent ; et le fait qu’ils soient tendanciellement moins nombreux dans cette catégorie d’âge le permet d’autant mieux : 
</p><p>Pour les apprenti(e)s, l’école ne s’arrête pas à 15 ans. Au contraire, l’apprentissage mène même de nombreux jeunes à des études supérieures. Pour les syndicats, il n’y a pas l’ombre d’un doute : à long terme, la réduction du temps passé en entreprise en faveur du temps scolaire s’imposera, faute de quoi l’apprentissage ne répondra finalement plus ni aux exigences du marché du travail, ni aux attentes de la jeunesse. 
</p><p>Contrairement aux idées propagées par la Confédération, la formation professionnelle ne doit pas à tout prix être « une activité rentable » pour les entreprises. Aucun(e) apprenti(e) ne se sent stimulé dans une entreprise qui le considère comme un facteur de rentabilité. Pour les syndicats, les bonnes entreprises formatrices investissent sans compter pour la formation de leurs jeunes et proposent des conditions salariales et des horaires décents.
</p><h3>Pour une protection sociale qui sort de l’impasse </h3><p>L’entrée des jeunes sur le marché du travail représente une phase délicate qui va être déterminante pour la suite de leur parcours professionnel. Plus que jamais, ceux-ci ont besoin de soutien dans cette phase de transition. Le démantèlement des prestations de l’assurance-chômage en 2011, de même que l’abaissement de l’âge de protection des jeunes travailleurs et travailleuses en 2008 allaient à rebours du bon sens. Pour briser la spirale de la précarité, qui touche de plus en plus de jeunes, il faut rétablir des prestations de chômage dignes de ce nom et introduire un salaire minimum légal pour tous. 
</p><h3>Pour un partenariat social qui se soucie des jeunes </h3><p>La précarisation de l’emploi des jeunes favorise l’érosion du marché du travail régulier ; ceci, à la barbe des systèmes traditionnels de régulation. Rares notamment sont les conventions collectives de travail qui intègrent les apprenti(e)s, les stagiaires ou les temporaires dans leur champ de protection. Or, les jeunes sont déterminants pour le système : leur rapport au marché du travail dépendra fortement de leurs premières expériences. C’est pourquoi, il faut tabler à l’avenir sur un partenariat social qui les intègre systématiquement dans les systèmes de protection en les faisant notamment participer au dialogue.  </p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-802</guid><pubDate>Wed, 27 Jun 2012 11:40:00 +0200</pubDate><title>Vêtements professionnels: «bien habillés» au travail, mais à quel prix?</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/vetements-professionnels-bien-habilles-au-travail-mais-a-quel-prix</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Policières, pompiers, secouristes, employés de voirie, chirurgiennes et postiers portent tous des vêtements bien spécifiques: des vêtements professionnels. Ces «uniformes», achetés en grande partie par l’Etat et donc financés par les impôts, inspirent souvent le respect, mais qu’en est-il des êtres humains qui les produisent? Les vêtements professionnels suisses sont généralement fabriqués à l’étranger, dans des conditions qui relèvent trop souvent de l’exploitation.</p><p>En Suisse, quelque deux millions de personnes, soit près de 50% de la population active, sont équipées de vêtements professionnels. Ces tenues remplissent différentes fonctions. Elles permettent notamment d’identifier les policiers et les contrôleurs CFF, protègent les pompiers des flammes dévastatrices et les employés de voirie de la saleté ou garantissent une certaine hygiène à celles et ceux qui les portent, comme le personnel médical. En bref: les vêtements de travail jouent un rôle essentiel dans de nombreuses professions et font partie de notre quotidien.<br><b>Les achats risqués du secteur public</b><br>Le secteur public est l’un des principaux acheteurs sur le marché des vêtements professionnels. La Confédération, les cantons, les communes et les hôpitaux font régulièrement l’acquisition d’uniformes, de blouses médicales et autres produits textiles. Les vêtements et les textiles sont connus pour être des produits à risque, dont les conditions de production posent problèmes dans le monde entier: salaires de misère, heures supplémentaires excessives, protection insuffisante de la santé au travail et violations des normes fondamentales de l’OIT.<br>Dans sa politique et ses pratiques d’achat, le secteur public a le devoir de se montrer exemplaire. La Confédération, les cantons, les communes et les hôpitaux devraient exiger des entreprises de vêtements professionnels qu’elles les informent de manière transparente sur leur chaîne d’approvisionnement, jusqu’à l’usine où sont effectivement produits les vêtements. De plus, le secteur public ne devrait acheter de marchandises qu’aux fournisseurs ayant ancré le respect de critères sociaux minimaux au centre de leur pratique commerciale, comme par exemple les normes fondamentales de l’OIT (interdiction du travail forcé, du travail des enfants, de la discrimination et garantie des libertés syndicales), la limitation du temps de travail et le versement d’un salaire de subsistance. (<a href="http://www.evb.ch/fr/p20151.html" target="_blank" rel="noreferrer">Lire nos revendications complètes</a>). Les recherches de la DB montrent que l’Etat n’assume pas systématiquement son rôle d’exemple: le respect des critères sociaux minimaux et la transparence de la chaîne d’approvisionnement pèsent encore très peu au moment de la décision d’achat.<br><b>Des lois cantonales insuffisantes</b><br>Au niveau fédéral, une ordonnance exige le respect des normes fondamentales de l’OIT aussi bien pour les marchandises produites en Suisses qu’à l’étranger. La Confédération a ainsi posé un jalon important, en comparaison européenne. Cependant, environ 80% des achats sont effectués au niveau des cantons et des communes et, fédéralisme oblige, ils sont régis par les lois cantonales.<br>Or, jusqu’à maintenant, très peu de cantons ont intégré le respect des normes fondamentales de l’OIT dans leur législation. Les résultats du questionnaire envoyé par la DB/CCC aux centrales d’achat publiques montrent que des critères tels que la limitation du temps de travail ou le versement d’un salaire de subsistance n’influencent que très peu la décision d’achat de vêtements professionnels aux niveaux cantonal et communal. Rares sont les exceptions. Quand aux contrôles, si contrôles il y a, ils n’ont lieu que sur la base des déclarations volontaires des fournisseurs. Le respect de critères sociaux n’est donc pas garanti dans le secteur des vêtements professionnels.
</p><p><a href="http://www.evb.ch/fr/p20151.html" target="_blank" class="external-link" rel="noreferrer">Lisez nos revendications</a></p><p><a href="http://www.evb.ch/fr/p20122.html" target="_blank" class="external-link" rel="noreferrer">Signez la petition</a></p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-816</guid><pubDate>Tue, 26 Jun 2012 17:58:00 +0200</pubDate><title>Certes consciente du problème mais trop peu conséquente </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/certes-consciente-du-probleme-mais-trop-peu-consequente</link><description>Travail de nuit et travail dominical</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) constate avec plaisir que la Commission de l’économie et des redevances du Conseil des États (CER-E) a nettement rejeté la motion Hutter. Celle-ci voulait permettre aux cantons de fixer librement les heures d’ouverture des points de vente et des entreprises de services ; de quoi pratiquement vider de son sens l’interdiction de principe du travail de nuit et du travail dominical. Cette mesure irait d’ailleurs à l’encontre de la volonté clairement exprimée par le peuple à ce sujet, comme l’ont à nouveau prouvé les votations zurichoise et lucernoise du 17 juin dernier.  
</p><p>La même CER-E entend accepter l’initiative parlementaire Lüscher, qui veut étendre le travail de nuit et le travail du dimanche dans la vente, sous une forme atténuée, ce qui, comparé à la décision du Conseil national, est un progrès. Par rapport à cette dernière, la solution adoptée par la CER-E entraînerait plus de travail de nuit, mais pas plus de travail du dimanche. Toutefois, au vu de l’état d’esprit évident de la population sur ces questions, cette initiative doit être rejetée dans sa totalité.  
</p><p>Dans sa grande majorité, le peuple est satisfait des actuelles heures d’ouverture des commerces. La majorité de la CER-E ne l’a qu’insuffisamment compris aujourd’hui. L’Union syndicale suisse (USS) espère que la Chambre des cantons rejettera l’initiative parlementaire Lüscher. Pour l’USS en effet, il est clair que, pour des raisons sociales et de santé, le travail de nuit et le travail du dimanche doivent rester des exceptions. Et, si nécessaire, elle combattra par la voie référendaire toute banalisation du travail de nuit et du travail du dimanche.  
</p><h5>Reinseignements</h5><ul><li>Jean Christophe Schwaab (078 690 35 09), secrétaire central de l’USS et conseiller national</li><li>Vania Alleva (079 620 11 14), vice-présidente de l’USS et membre du comité d’Unia</li><li>Ewald Ackermann (079 660 36 14), service de la communication de l’USS</li></ul>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-811</guid><pubDate>Wed, 20 Jun 2012 14:58:00 +0200</pubDate><title>Bas salaires : Le problème reste urgent</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/bas-salaires-le-probleme-reste-urgent</link><description>Bas salaires en suisse</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le problème des bas salaires en Suisse reste urgent. Près de 370 000 travailleurs et travailleuses ont une activité à bas salaire, ainsi que le montrent les chiffres publiés aujourd’hui par l’Office fédéral de la statistique (OFS). Et les personnes les plus concernées sont les femmes. 
</p><p>Une grande partie des bas salaires se trouvent dans des branches où les rémunérations ne sont pas protégées par des dispositions de force obligatoire contenues dans des conventions collectives de travail. La plupart de ces bas salaires se trouvent dans le commerce de détail où ils peuvent parfois même être inférieurs à 3 000 francs (commerces de chaussures p. ex.). Dans la branche des aménagements paysagers – où n’existe aucun salaire minimum -, beaucoup de travailleurs et travailleuses doivent encore travailler pour des salaires bien trop bas. 
</p><p>L’étude de l’OFS fait en outre apparaître que même les personnes au bénéfice d’un apprentissage ne sont pas protégées contre les bas salaires. Environ 10 % des salarié(e)s qui ont un apprentissage en poche touchent en effet des bas salaires. 
</p><p>Ces réalités prouvent la nécessité d’un salaire minimum légal. Personne ne doit gagner moins de 22 francs de l’heure (4 000 francs par mois). Et la totalité des rémunérations doivent être protégées par des salaires minimums obligatoires. Tels sont les buts visés par l’initiative sur les salaires minimums que l’Union syndicale suisse (USS) a déposée à la Chancellerie fédérale au printemps dernier. 
</p><h5>Renseignements</h5><ul><li>Daniel Lampart (079 205 69 11), économiste en chef et premier secrétaire de l’USAS</li><li>Ewald Ackermann (031 377 01 09 ou 079 660 36 14), service de la communication de l’USS</li></ul>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-806</guid><pubDate>Sun, 17 Jun 2012 14:35:00 +0200</pubDate><title>Victoire du repos nocturne et dominical : même à Zurich</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/victoire-du-repos-nocturne-et-dominical-meme-a-zurich</link><description>Rejet de l’initiative pour libéraliser les horaires d’ouverture des commerces</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) se réjouit du très net rejet de l’initiative cantonale zurichoise «&nbsp;Der Kunde ist König&nbsp;» («&nbsp;Le client est roi&nbsp;»). Cette initiative voulait permettre aux détaillants d’ouvrir leurs commerces 24 heures sur 24. Son échec est une grande victoire des salarié(e)s du commerce de détail, des syndicats et d’autres organisations qui, au nom de la qualité de vie et de la protection de la santé, s’engagent pour une interdiction efficace du travail de nuit et du dimanche.
</p><p>Ce signal fort contre une ouverture illimitée des commerces, qui nous vient de Zurich, doit aussi avoir une portée nationale. En particulier le Conseil des États, qui débattra à la fin du mois de l’initiative parlementaire Lüscher, est de ce fait appelé à corriger la décision du Conseil national qui a accepté cette initiative selon laquelle on pourrait travailler 24 heures sur 24 dans les échoppes des stations-service. Ces dernières années, c’est de Zurich que sont venues la plupart des propositions visant à la dérégulation des horaires de travail dans toute la Suisse. Le NON zurichois montre de ce fait de manière exemplaire que la revendication de l’initiative parlementaire Lüscher et d’autres interventions qui poursuivent des buts semblables ne sont même pas en mesure de rassembler une majorité et échouent au plus tard dans les urnes. 
</p><p>L’USS apprend aussi avec satisfaction que le peuple lucernois a refusé que les heures d’ouverture des commerces soient prolongées le samedi et la veille des jours fériés. Cette décision montre également que la dérégulation tant vantée des heures d’ouverture des commerces est tout sauf un désir de la population. 
</p><h5>Contacts</h5><p>Jean Christophe Schwaab (078 690 3509), secrétaire central de l’USS et conseiller national, et Ewald Ackermann (079 660 36 14), service de la communication de l’USS, se tiennent à votre disposition pour tout complément d’information. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-801</guid><pubDate>Wed, 13 Jun 2012 14:35:00 +0200</pubDate><title>Le dimanche ne doit pas être sacrifié sur l’autel d’intérêts purement économiques</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-dimanche-ne-doit-pas-etre-sacrifie-sur-l-autel-d-interets-purement-economiques</link><description>Une alliance contre le travail dominical</description><content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;Les offensives dirigées contre le repos dominical se font toujours plus culottées, surtout en ce qui concerne le commerce de détail. Désormais, une Alliance «&nbsp;Pour un dimanche sans travail&nbsp;» combat cette suppression rampante du repos dominical. Composée de syndicats, d’Églises, d’organisations féminines et de médecins du travail, elle estime nécessaire le maintien d’un jour commun voué au repos, à la communauté, à la famille et la liberté. Voici la déclaration de sa fondation. 
</p><h5>documents sur l'article</h5><p>&lt;media 444 - linkicon "TEXT, Gruendungserklaerung Sonntagsallianz d, Gruendungserklaerung_Sonntagsallianz_d.pdf, 12.5 KB"&gt;Déclaration de fondation de l’Alliance «Pour un dimanche sans<br>travail » en Suisse&lt;/media&gt;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-799</guid><pubDate>Tue, 12 Jun 2012 11:31:00 +0200</pubDate><title>Les licenciements antisyndicaux doivent être combattus ! </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-licenciements-antisyndicaux-doivent-etre-combattus</link><description>Conférence internationale du travail : des syndicalistes réservent un accueil particulier au conseiller fédéral Schneider-Ammann</description><content:encoded><![CDATA[<p>Aujourd’hui, à l’occasion de la Conférence internationale du Travail, une quarantaine de syndicalistes ont remis une lettre de protestation au conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann à la faveur d’une action symbolique. Cette lettre invite le Conseil fédéral à s’engager pour l’amélioration de la protection contre le licenciement antisyndical.
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) a choisi le cadre de cette conférence parce que, suite à une plainte déposée par elle, le Comité de la liberté syndicale du Bureau international du Travail (BIT) avait, en 2006 déjà, invité le gouvernement suisse à mieux protéger les représentant(e)s du personnel et les militant(e)s syndicaux contre le licenciement antisyndical. En raison de cette pression exercée sur lui, le Conseil fédéral avait mis en consultation, en 2010, une révision du Code des obligations améliorant cette protection tant pour les lanceurs d’alerte que pour les syndicalistes actifs. L’USS avait alors suspendu sa plainte. 
</p><p>Aujourd’hui, cédant à la pression du patronat, le Conseil fédéral se dégonfle et n’entend plus soumettre au Parlement de propositions pour mettre fin au scandale des licenciements antisyndicaux. 
</p><p>L’USS ne peut pas accepter ce refus. Cela, d’autant plus que, ces deux dernières années, le nombre des licenciements antisyndicaux a même augmenté et que le Tribunal fédéral a constaté, dans le cas Suter-Tages Anzeiger, qu’une meilleure protection contre les licenciements abusifs (&nbsp;!) ne sera possible que si la loi était modifiée. 
</p><p>C’est pourquoi, une chose est claire pour les syndicats&nbsp;: il faut mettre une fois pour toutes en place une procédure efficace contre le licenciement antisyndical. Si les politiques ne réagissent pas, l’USS devra passer à l’action et réactiver sa plainte contre la Suisse auprès de l’Organisation internationale du Travail pour violation de la convention fondamentale 98 ratifiée par notre pays. 
</p><h5>Renseignements</h5><ul><li>Vasco Pedrina (079 772 37 47), chef de la délégation des travailleurs suisses à la Conférence internationale du travail</li><li>Vania Alleva (079 620 11 14), vice-présidente de l’USS, membre du comité </li></ul>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-789</guid><pubDate>Wed, 06 Jun 2012 13:50:00 +0200</pubDate><title>Syndicalistes licenciés, arrêtés, emprisonnés, voire assassinés</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/syndicalistes-licencies-arretes-emprisonnes-voire-assassines</link><description>CSI : Rapport sur les violations des droits syndicaux en  2011</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Selon le rapport annuel de la Confédération syndicale internationale (CSI,) l’année 2011 s’est révélée « difficile et souvent dangereuse pour les travailleurs/euses du monde entier ». Ce rapport, qui couvre 143 pays, peut être lu dans son intégralité <a href="http://survey.ituc-csi.org/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">sur le site de la CSI</a>.</p><p>Les tendances mondiales que fait apparaître le rapport de la CSI sont inquiétantes. Elles vont du non-respect de la législation du travail par les gouvernements à l’exploitation éhontée de la main-d’œuvre, principalement féminine, dans les différentes zones franches industrielles de la planète, en passant par l’absence de droits pour les travailleurs et travailleuses migrants, certes surtout dans les États du Golfe, mais presque partout dans le monde.  
</p><h3>Syndicalistes assassinés : la Colombie toujours « championne du monde » </h3><p>Une fois de plus, la Colombie occupe la première place au « palmarès » des pays où des syndicalistes sont assassinés en raison de leurs activités syndicales. Sur 76 syndicalistes assassinés dans le monde, 29 l’ont en effet été dans ce pays, alors que 10 l’étaient au Guatemala et en Asie.  
</p><p>Si aucun syndicaliste n’a été assassiné en Europe, mentionnons tout de même, qu’il y eut 22 tentatives d’assassinat à leur encontre ainsi que 31 menaces de mort… Un continent où l’on a également dénombré 27 emprisonnements et 208 arrestations de syndicalistes. 
</p><h3>Printemps arabe fort sombre et grèves réprimées </h3><p>2011 fut l’année du printemps arabe et des révolutions qui l’ont accompagné en Afrique du Nord, au Moyen–Orient et dans les pays du Golfe. Mais la répression des droits syndicaux y fut aussi féroce, car, vu leur rôle prépondérant durant ces événements, notamment en Tunisie, en Égypte et au Bahreïn, les organisations syndicales en ont payé le prix fort, avec des centaines de militant(e)s tués lors d’affrontements et des milliers d’autres arrêtés. Aujourd’hui, la création d’un mouvement syndical indépendant est en bonne voie, même si la liberté syndicale n’existe pas en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, en Érythrée ou au Soudan.  
</p><p>Des mouvements de grève ont été violemment réprimés dans bon nombre de pays, notamment à travers des licenciements massifs, des arrestations et des détentions ; cela, par exemple en Géorgie, au Kenya, en Afrique du Sud et au Botswana où 2 800 travailleurs et travailleuses ont été renvoyés après une grève dans le secteur public.   
</p><h3>Travailleurs et travailleuses migrants : peu, voire pas de droits ! </h3><p>Les travailleurs et travailleuses migrants constituent toujours un groupe très vulnérable. C’est particulièrement le cas dans les États du Golfe où ils représentent la majorité de la main-d’œuvre de pays comme le Koweït, le Qatar et les Émirats arabes unis, mais n’ont que très peu de droits, voire aucun. Parmi ces migrant(e)s, on ne dénombre pas moins de 100 millions de travailleurs et travailleuses domestiques, pour la plupart des femmes, qui ne connaissent pas suffisamment leurs droits et n’ont, de plus, en principe aucun moyen de les faire respecter. C’est pour cela que la CSI a salué l’adoption de la convention n° 189 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur les travailleurs et travailleuses domestiques, une convention qui leur accorde le droit de former des syndicats et de bénéficier de conditions de travail décentes… pour autant bien sûr que les États concernés la ratifient et l’appliquent. 
</p><h3>Aussi dans les pays industrialisés… Suisse comprise </h3><p>La liberté syndicale n’est pas seulement en danger dans les pays en voie de développement. En effet, dans de nombreux pays industrialisés aussi, les droits syndicaux sont menacés, notamment au Canada dont le gouvernement conservateur a régulièrement tenté d’affaiblir le droit de négociation collective et la liberté syndicale. 
</p><p> Quant à la Suisse, elle n’y échappe pas non plus. L’Union syndicale suisse (USS) et ses syndicats ont continué à dénoncer en 2011 l’absence de sanctions suffisamment dissuasives contre le licenciement antisyndical. De plus, des employeurs ont cherché à exploiter toutes les failles de la législation (pas encore compatible avec la convention fondamentale de l’OIT n° 98, que la Suisse a pourtant ratifiée). 
</p><p>Plus d’informations sur les licenciements antisyndicaux dans notre pays sous : <a href="/luss/organes/commission-queer" class="internal-link">Droits syndicaux</a></p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-785</guid><pubDate>Fri, 01 Jun 2012 09:32:00 +0200</pubDate><title>Le Parlement s’arrête au milieu du gué : la responsabilité solidaire est urgente !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-parlement-s-arrete-au-milieu-du-gue-la-responsabilite-solidaire-est-urgente</link><description>Mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Certes, il faudra encore passer par la « procédure de navette », c’est-à-dire d’élimination des divergences existant encore entre les deux Chambres, mais on peut quand même d’ores et déjà dire que les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes ont fait un nouveau pas en avant. Quoique ce soit là un pas trop timide. </p><p>Tant le Conseil national que le Conseil des États ont fait preuve de feeling social en ce qui concerne les mesures de lutte contre l’indépendance fictive. À l’avenir, les faux indépendant(e)s seront mieux contrôlés et les autorités auront plus de possibilités de sanctionner les infractions. C’est très important, car les prescriptions relatives aux salaires usuels ne s’appliquent pas aux vrais indépendant(e)s, raison pour laquelle toujours plus d’entreprises étrangères font, à des fins frauduleuses, passer pour indépendant le personnel qu’elles détachent en Suisse. Le relèvement des amendes infligées aux entreprises suisse qui ne respectent pas les salaires minimums prévus dans des contrats-types de travail doit aussi être considéré comme quelque chose de positif.  
</p><p>Malheureusement, les deux Chambres sont restées au milieu du gué : elles n’ont pas encore décidé l’introduction d’une responsabilité solidaire, une majorité des parlementaires voulant d’abord étudier plus à fond cette mesure. Selon celle-ci, l’entrepreneur contractant – c’est-à-dire le premier entrepreneur – est coresponsable du respect des conditions de travail usuelles par les entreprises à qui il fait sous-traiter des travaux dont il a reçu le mandat. Or, vu l’ampleur prise par la sous-traitance – surtout dans la construction – la responsabilité solidaire est une mesure désormais indispensable et urgente ; d’autant plus que les cas de non-respect, parfois grossier, des salaires usuels par des sous-traitants sont toujours plus nombreux. Car, plus le siège des entreprises sous-traitantes est éloigné de la Suisse, plus il est difficile d’appliquer les sanctions prévues.  
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) invite le Parlement à dire oui, à l’automne prochain, à une forme efficace de responsabilité solidaire. On ne peut pas accepter que des mandats de construction attribués en Suisse soient exécutés avec des salaires horaires inférieurs à 10 francs, quand les salaires usuels sont plus que le double. Pas question de s’arrêter à mi-chemin à ce chapitre des salaires !  
</p><p>En Suisse, on doit payer des salaires suisses. Si des infractions aux prescriptions sur les salaires suisses sont commises dans le cas de sous-traitances, il faut alors y faire obstacle en introduisant une responsabilité solidaire. </p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-782</guid><pubDate>Fri, 25 May 2012 14:47:00 +0200</pubDate><title>Hausse du nombre des infractions en matière de salaire : les lacunes des mesures d’accompagnement</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/hausse-du-nombre-des-infractions-en-matiere-de-salaire-les-lacunes-des-mesures-d-accompagnement</link><description>Prise de position de l’USS sur le huitième rapport de l’Observatoire de la libre circulation des personnes</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les Accords bilatéraux conclus avec l’Union européenne (UE) doivent profiter aux travailleurs et travailleuses suisses. Les mesures d’accompagnement ont été mises en place afin d’empêcher que la libre circulation des personnes avec l’UE ne génère des pressions sur les salaires et du chômage. Elles obéissent au principe suivant&nbsp;: quiconque travaille en Suisse doit recevoir un salaire suisse et bénéficier de conditions de travail suisses.
</p><p>Ces mesures d’accompagnement offrent à notre pays un instrument qui lui permet de contrôler l’immigration de main-d’œuvre. Si le principe à leur base est appliqué de manière conséquente au moyen de contrôles, de salaires minimums et de sanctions, il est possible de protéger les salaires suisses et les employeurs ne peuvent pas engager une main-d’œuvre étrangère bon marché aux dépens des travailleurs et travailleuses indigènes.
</p><h3><b>Des cas de sous-enchère salariale plus nombreux, mais pas de salaires minimums pour protection</b></h3><p>L’application des mesures d’accompagnement reste un problème. L’an dernier, les contrôles ont été moins nombreux, bien que les emplois et l’immigration ont augmenté. Et dans les branches qu’aucun salaire minimum ne protège, un nombre plus grand de cas de sous-enchère salariale ont à nouveau été découverts. Depuis 2009, les taux d’infractions dans ce domaine ont presque doublé, passant de 6 à 11&nbsp;% environ&nbsp;! Et la situation ne s’est sans doute pas détendue en 2012. Au contraire&nbsp;: à cause de la surévaluation du franc, les employeurs devraient plus essayer de trouver de la main-d’œuvre meilleur marché à l’étranger. Les branches les plus concernées sont les suivantes&nbsp;: horticulture (taux d’infractions 2011&nbsp;: 11&nbsp;%), commerce (de détail) (11&nbsp;%) et industrie (18&nbsp;%). La loi (Code des obligations art. 360a) prévoit, en cas de sous-enchère salariale répétée, l’introduction de salaires minimums. À ce jour, seuls des cantons de Suisse latine et, dans deux cas, la Confédération (économie domestique et petites entreprises de nettoyage) l’ont fait. Mais en Suisse alémanique, aucun canton n’a encore édicté de salaire minimum, alors que la situation n’y est pas différente de celle de la Suisse latine.
</p><p>Il est même possible que le nombre des infractions soit sous-estimé. En effet, les salaires de référence en fonction desquels est établie l’existence d’un cas de sous-enchère salariale sont probablement fixés trop bas dans quelques cantons. C’est par exemple le cas de l’horticulture pour laquelle le salaire prévu par la convention collective de travail (CCT) est nettement inférieur au salaire usuel versés aux horticulteurs et horticultrices en Suisse. 
</p><h3><b>Le foyer de troubles des nouveaux engagements&nbsp;: des signes précurseurs de</b><b> sous-enchère salariale</b></h3><p>Les nouveaux engagements représentent le plus grand risque de sous-enchère salariale. En effet, ils permettent de baisser les salaires sans avoir à dénoncer de contrats de travail existants. Une étude réalisée à la demande de la Commission de gestion du Conseil national a trouvé des indices qui confirment les soupçons des syndicats à ce sujet (Henneberger/Ziegler 2011). Si l’on compare l’évolution des salaires des nouveaux engagements avec celle de tous les salaires, la différence obtenue entre ces deux catégories de salaires entre 2004 et 2010 s’est effectivement nettement accrue. Selon le graphique ci-dessous, cette évolution est particulièrement frappante dans les branches qui ne sont pas protégées par des salaires minimums inscrits dans une CCT, comme le commerce, les transports ou la branche santé et action sociale. 
</p><p>La dérégulation de la branche temporaire dans le cadre de la libre circulation des personnes a probablement aggravé le problème. Contrairement à ce qui était autrefois le cas, les services des frontalières et frontaliers, ainsi que des résident(e)s de courte durée ou soumis à annonce peuvent être loués. De par leur nature, les activités temporaires sont susceptibles de changer souvent. La part du volume de travail effectué par les temporaires au total des heures de travail prestées en Suisse a plus que doublé depuis l’introduction de la libre circulation des personnes, passant de 1 à 2&nbsp;%. Le risque de sous-enchère salariale dans cette branche est important. Selon le rapport du Secrétariat d’état à l’économie (SECO) sur la mise en œuvre des mesures d’accompagnement, 40&nbsp;% des agences de travail temporaires ont versé des salaires trop bas.
</p><h3>Lacunes dans la loi suisse - l’Autriche va plus loin</h3><p>Les mesures d’accompagnement ont des lacunes au plan de la loi, dont des entreprises irresponsables tirent profit pour tourner les dispositions suisses sur les salaires. Les problèmes sont en particulier ceux de l’indépendance fictive et de la sous-traitance en cascade. Avec l’extension à l’Est de l’Europe de la libre circulation des personnes, il est devenu encore plus difficile d’imposer les salaires suisses. C’est pourquoi les mesures d’accompagnement doivent permettre d’imposer les salaires directement en Suisse. Désormais, les entreprises de l’artisanat de la construction doivent verser des cautions, ce qui est un plus. Mais, en cas de sous-traitance en cascade, cet instrument n’est souvent d’aucun secours. Les entreprises qui pratiquent la sous-enchère salariale peuvent se cacher derrière ces chaînes de sous-traitance. Cela ne constitue pas uniquement un danger pour la protection des salaires, mais peut aussi menacer la couverture conventionnelle (par CCT), en cela que le nombre des entreprises présentes dans les organisations patronales diminue au contraire de celui des entreprises louches. 
</p><p>L’Autriche, un membre de l’UE, a renforcé ses mesures d’accompagnement depuis l’extension à l’Est de la libre circulation des personnes. Elle a introduit une responsabilité solidaire. En outre, les entreprises étrangères doivent annoncer les salaires versés avant le début des missions, ce qui facilite les contrôles.
</p><p>La commission du Conseil national chargée de ces questions est favorable à la responsabilité solidaire et à l’annonce préalable des salaires. Le Conseil des États, par contre, freine l’introduction d’une responsabilité solidaire efficace, entre autres suite à l’intervention du conseiller fédéral Schneider-Ammann.
</p><h3><b>D’importantes mesures sont toujours requises</b></h3><p>Pour que l’immigration soit contrôlée et que les salaires suisses soient garantis, certaines améliorations sont nécessaires. Le nombre des contrôles doit être augmenté, afin de correspondre à l’évolution de l’immigration et de l’emploi. L’actuel plafonnement du nombre des contrôles des entreprises qui détachent de la main-d’œuvre en Suisse est contreproductif. S’y ajoute la surévaluation du franc, qui nécessite un contrôle renforcé des salaires. Si les cantons découvrent des cas de sous-enchère salariale, ils doivent, eux ou la Confédération, édicter des salaires minimums. Le SECO doit, en tant qu’autorité de haute surveillance, résoudre les problèmes d’application des mesures d’accompagnement. 
</p><p>Les lacunes existant au plan de la loi doivent être éliminées. Les mesures contre l’indépendance fictive et les amendes infligées en cas d’infraction aux salaires minimums doivent être rapidement appliquées. La réglementation en matière de responsabilité solidaire adoptée par la commission du Conseil national compétente est efficace et n’implique aucune bureaucratie. Elle peut et doit être introduite aussi rapidement que possible. </p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Salaires et CCT</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-780</guid><pubDate>Thu, 24 May 2012 16:17:00 +0200</pubDate><title>Mesures d’accompagnement : des lacunes au plan de la loi - l’Autriche est en avance</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/mesures-d-accompagnement-des-lacunes-au-plan-de-la-loi-l-autriche-est-en-avance</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors de la prochaine session parlementaire, il sera question de l’élargissement des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes avec l’Union européenne (UE). La commission du Conseil national chargée de l’examen préalable de cet objet veut combler certaines lacunes que contient la loi, mais le Conseil fédéral freine de manière totalement incompréhensible l’introduction d’une responsabilité solidaire efficace. </p><p>Grâce aux mesures d’accompagnement, la Suisse dispose a priori d’un instrument qui lui permet de contrôler l’arrivée de main-d’œuvre sur son territoire. Le principe à leur base est le suivant : quiconque travaille en Suisse doit recevoir un salaire suisse et bénéficier de conditions de travail suisses. Si ce principe est appliqué de manière conséquente au moyen de contrôles, de salaires minimums et de sanctions, il est possible de protéger les salaires suisses et les employeurs ne peuvent pas engager une main-d’œuvre étrangère bon marché aux dépens des travailleurs et travailleuses indigènes. 
</p><h3>Des lacunes à combler </h3><p>Malheureusement, les mesures d’accompagnement ont des lacunes au plan de la loi, dont des entreprises irresponsables tirent profit pour tourner les dispositions suisses sur les salaires. Les problèmes sont en particulier ceux de l’indépendance fictive et de la sous-traitance en cascade. La Commission de gestion du Conseil national l’a aussi clairement constaté. 
</p><p>Avec l’extension à l’Est de l’Europe de la libre circulation des personnes, il est devenu encore plus difficile d’imposer les salaires suisses. Comment les personnes chargées des contrôles peuvent-elles contrôler sérieusement les livrets de salaire en Pologne ou en Hongrie ? Il faut donc que les mesures d’accompagnement permettent d’imposer les salaires directement en Suisse. Désormais, les entreprises de l’artisanat de la construction doivent, dans de nombreuses branches, verser des cautions, ce qui est un plus. Mais, en cas de sous-traitance en cascade, cet instrument n’est souvent d’aucun secours. Ces derniers temps, on a découvert un plus grand nombre de chaînes de sous-traitance constituées d’entreprises de l’UE des 8 (Europe centrale et orientale), qui violaient grossièrement les conditions de travail suisses. Pour sa part, l’Autriche, un membre de l’UE, a renforcé ses mesures d’accompagnement depuis l’extension à l’Est de la libre circulation des personnes. Elle a introduit une responsabilité solidaire. En outre, les entreprises étrangères doivent annoncer les salaires versés avant le début des missions, ce qui facilite les contrôles. 
</p><h3>Nécessaire, la responsabilité solidaire doit être introduite rapidement </h3><p>La Commission de l’économie et des redevances a décidé, en mars dernier, de combler ces lacunes de la loi. Elle a adopté des mesures de lutte contre l’indépendance fictive et pour l’annonce préalable des salaires. En matière de lutte contre les abus commis en cas de sous-traitance en cascade, elle s’est prononcée, pour les mandats tant privés que publics, en faveur de la responsabilité solidaire (l’entreprise contractante, la première donc, est coresponsable du respect ou non des salaires et des conditions de travail suisses par les entreprises à qui elle fait sous-traiter des mandats). Mais le Conseil des États freine l’introduction d’une telle responsabilité solidaire, entre autres suite à l’intervention du conseiller fédéral Schneider-Ammann. On court ainsi le risque d’en arriver finalement qu’à une variante de responsabilité solidaire peu efficace et d’une application bureaucratiquement lourde. Et dire que ce projet est pourtant mûr : la commission compétente du Conseil national a adopté une responsabilité solidaire efficace et n’impliquant aucune lourdeur bureaucratique. Elle peut et doit être introduite aussi rapidement que possible. </p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-769</guid><pubDate>Fri, 11 May 2012 14:48:00 +0200</pubDate><title>Libre circulation des personnes et mesures d’accompagnement: Des mesures à développer encore plus !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/libre-circulation-des-personnes-et-mesures-d-accompagnement-des-mesures-a-developper-encore-plus</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Grâce aux mesures d’accompagnement, la Suisse dispose fondamentalement d’un instrument lui permettant de contrôler l’immigration de la main-d’œuvre. Le principe à la base des mesures d’accompagnement est le suivant&nbsp;: celui qui travaille en Suisse doit recevoir un salaire suisse et accéder à des conditions de travail suisses. L’application rigoureuse de ce principe, au moyen de contrôles minutieux, de salaires minimums et de sanctions sévères, permettrait de protéger les salaires suisses et les employeurs ne pourraient pas engager des forces de travail à bon marché à l’étranger au détriment des travailleurs et des travailleuses de ce pays. 
</p><p><b>Faire respecter les salaires suisses – combler les lacunes des mesure d’accompagnement</b></p><p>Malheureusement, les mesures d’accompagnement ont de notables lacunes que des firmes irresponsables peuvent utiliser pour contourner les conditions salariales helvétiques. Les problèmes proviennent surtout des indépendants fictifs et de la sous-traitance en cascade. Avec l’élargissement à l’Est, faire respecter les salaires suisses est devenu encore plus difficile. C’est la raison pour laquelle les mesures d’accompagnement doivent permettre de faire respecter directement les salaires en Suisse. Actuellement, les entreprises de l’artisanat du bâtiment sont obligées, dans de nombreuses branches, de déposer une caution. C’est en partie utile. Mais dans les cas de sous-traitance en cascade, ce moyen reste le plus souvent sans effet. L’Autriche, membre de l’UE, a durci ses mesures d’accompagnement lors de l’élargissement à l’Est, en introduisant une responsabilité solidaire. En outre, les entreprises étrangères doivent procéder à une annonce préalable des salaires, ce qui facilite les contrôles. La commission du Conseil national compétente a approuvé cette proposition. Au Conseil des États, toutefois, le conseiller fédéral Schneider-Ammann est intervenu contre une responsabilité solidaire efficace&nbsp;! C’est inacceptable. Pour protéger les salaires suisses, il faut introduire et appliquer rapidement&nbsp;: </p><ul><li><p>les mesures contre l’indépendance fictive,</p></li><li><p>l’annonce préalable des salaires,</p></li><li><p>une responsabilité solidaire efficace.</p></li></ul><p><b>Problèmes d’exécution&nbsp;: contrôles supplémentaires et protection par le biais des salaires minimaux</b></p><p>L’application des mesures d’accompagnement reste problématique. Il y a eu moins de contrôles l’an passé, alors que le nombre d’emplois en Suisse augmentait et que l’immigration se développait. Et dans les branches sans protection par des salaires minimaux, on a constaté une recrudescence de la sous-enchère salariale. Depuis 2009, le taux d’infractions y est passé de 6 à 11 pour cent, doublant quasiment&nbsp;! En 2012, la situation ne devrait pas s’être améliorée, au contraire&nbsp;: la surévaluation du franc suisse doit avoir poussé certains patrons à rechercher de la main-d’œuvre bon marché à l’étranger. Les branches particulièrement touchées sont celles de l’horticulture (taux d’infractions&nbsp;: 11&nbsp;%), celle du commerce (de détail) (11&nbsp;%) et de l’industrie (18&nbsp;%). La loi (CO art. 360a) établit clairement qu’en cas de sous-enchère répétée, des salaires minimaux doivent être introduits. Mais aucun canton alémanique n’a encore promulgué de salaire minimum. L’USS exige en conséquence&nbsp;:</p><ul><li><p>l’introduction rapide et rigoureuse de salaires minimaux lors de dumping salarial </p></li><li><p>davantage de contrôles stricts dans les branches sans salaires minimaux – en particulier lors de nouvelles embauches et dans les régions frontalières </p></li><li><p>davantage de ressources pour les contrôles dans les branches à CCT étendue et la suppression du plafonnement dans les accords de prestations de la Confédération. </p></li></ul><p><b>Pas d’affaiblissement des mesures d’accompagnement à l’occasion du règlement des «&nbsp;questions institutionnelles&nbsp;» avec l’UE.</b></p><p>La Commission européenne exige de la Suisse qu’elle s’adapte à l’évolution juridique de l’UE dans le cadre des bilatérales. Mais justement, la direction suivie par l’UE en matière de protection des salaires est trop laxiste. Dans plusieurs de ses jugements, la Cour européenne de justice a tenté de saper cette protection. L’USS s’est toujours prononcée pour de bonnes relations, régulées, avec l’UE – mais à condition que les salarié(e)s en Suisse tirent avantage de cette ouverture vers l’Europe. On ne peut donc approuver une solution à cette question de l’évolution conjointe de la législation que si la Suisse ne déroge pas d’un millimètre au principe qui veut qu’en Suisse, des salaires suisses soient versés. La règle des 8 jours, les cautions et les autres mesures de protection des salaires suisses ne sont pas négociables.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Salaires et CCT</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-768</guid><pubDate>Mon, 30 Apr 2012 19:38:00 +0200</pubDate><title>Dossier N° 87: Négociations conventionnelles et collectives 2011/2012</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/dossier-n-87-negociations-conventionnelles-et-collectives-2011-2012</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Le présent document tente de récapituler les principaux résultats des négociations conventionnelles et salariales de l’an passé. Il se fonde sur une enquête réalisée par l’USS auprès de ses syndicats et ne concerne que les secteurs dans lesquels ces derniers concluent des conventions collectives de<br>travail (CCT). Il a été tenu compte des résultats annoncés avant le 20 février 2012, dans la mesure où ils étaient disponibles.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-750</guid><pubDate>Fri, 27 Apr 2012 16:45:00 +0200</pubDate><title>Rapport sur la mise en œuvre des mesures d’accompagnement en 2011 - Moins de contrôles, plus de pression sur les salaires : il reste beaucoup à faire</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/rapport-sur-la-mise-en-oeuvre-des-mesures-d-accompagnement-en-2011-moins-de-controles-plus-de-pression-sur-les-salaires-il-reste-beaucoup-a-faire</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Le rapport du SECO sur la mise en œuvre des mesures d’accompagnement en 2011 donne une image très inquiétante de la situation. Premièrement, moins de contrôles ont été réalisés, alors que le nombre des personnes occupées et l’immigration ont augmenté. Deuxièmement, plus de cas de sous-enchère ont été mis au jour dans des branches particulièrement sensibles, c’est-à-dire surtout des branches qui ne sont pas protégées au moyen de salaires minimums. Depuis 2009, le taux d’infraction y a presque doublé, passant de 6 à 11 % ! Les branches principalement concernées sont celles de l’horticulture et du commerce (de détail), avec un taux d’infraction de 11 % chacune, ainsi que de l’industrie, avec un taux de 18 %.
</p><p>Dans pareille situation, la Confédération et les cantons doivent faire ce qui est clairement prévu par la loi (Code des obligations, art. 360a), à savoir : introduire, en cas de sous-enchère répétée, des salaires minimums. Or, rien de tel ne s’est encore passé dans les branches concernées. La Confédération et les cantons doivent protéger les salaires dans l’horticulture et dans certaines parties du commerce de détail (chaussure, habillement) en introduisant des salaires minimums. Pour l’industrie, il faut identifier les secteurs à problème et envisager d’y introduire aussi des salaires minimums.
</p><p>Le nombre des contrôles doit être adapté aux chiffres de l’emploi et de l’immigration. En outre, la surévaluation du franc va accroître la pression sur les salaires, ce qui implique une vigilance re-doublée. Il faut donc que les commissions paritaires reçoivent les moyens nécessaires pour cela. </p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-758</guid><pubDate>Fri, 27 Apr 2012 11:41:00 +0200</pubDate><title>Faible progression dans les branches sans conventions collectives de travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/faible-progression-dans-les-branches-sans-conventions-collectives-de-travail</link><description>Indice suisse des salaires 2011</description><content:encoded><![CDATA[<p>En 2011, les salaires suisses ont faiblement augmenté de 1 %, compte tenu d’une inflation de 0,7 % l’année de négociation (2010). Une évolution constatée est particulièrement inquiétante : les salaires non négociés dans le cadre de conventions collectives de travail (CCT) sont restés nettement à la traîne des salaires conventionnels (CCT).
</p><p>En 2011, les salaires conventionnels ont augmenté de 1,6 % (publication de l’OFS du 25.4). Il se peut que ces évolutions différenciées soient imputables à la pression qui s’exerce sur les salaires dans les branches sans salaires minimums. Le rapport du SECO sur la mise en œuvre des mesures d’accompagnement publié le 27 avril montre en effet que les cas de sous-enchère salariale constatés sont plus nombreux dans ces branches.  </p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-741</guid><pubDate>Tue, 27 Mar 2012 14:01:00 +0200</pubDate><title>L’USS exige que le conseil fédéral combatte les licenciements antisyndicaux</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-uss-exige-que-le-conseil-federal-combatte-les-licenciements-antisyndicaux</link><description>Le tribunal fédéral tâcle les droits syndicaux</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’USS s’insurge contre la décision du tribunal fédéral, qui a donné raison à tamedia en jugeant que le licenciement du président de la commission du personnel du «Tages Anzeiger&nbsp;» Daniel Suter n’était pas abusif. Ce dernier avait été licencié pour «&nbsp;motifs économiques&nbsp;» juste avant le début de négociations importantes qu’il devait mener au nom de ses collègues. Ce licenciement antisyndical, contraire à l’esprit du partenariat social, avait particulièrement choqué.
</p><p class="Texte"><span lang="FR-CH">En acceptant des «&nbsp;motifs économiques&nbsp;» comme justification pour licencier un représentant du personnel, le tribunal fédéral affaiblit les salariés qui s’engagent pour défendre les intérêts de leurs collègues et, partant, le partenariat social. Un tel licenciement, prononcé en période de négociations, montre que certains employeurs refusent un partenariat social qui se déroule entre deux partenaires égaux. </span></p><p class="Texte"><span lang="FR-CH">L’USS exige désormais du Conseil fédéral qu’il présente enfin au Parlement un projet de renforcement de la protection contre le licenciement antisyndical, qui soit digne de ce nom et conforme aux engagements internationaux de la Suisse. Elle exige notamment que les victimes de ces licenciements puissent être réintégrées et que les employeurs ne puissent plus invoquer n’importe quel prétexte pour mettre au pas les représentants du personnel.&nbsp; </span></p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-699</guid><pubDate>Fri, 23 Mar 2012 15:26:00 +0100</pubDate><title>Halte aux licenciements antisyndicaux, un scandale antidémocratique ! </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/halte-aux-licenciements-antisyndicaux-un-scandale-antidemocratique</link><description>RÉSOLUTION
Adoptée par le Congrès de l’USS du 5/6 novembre 2010</description><content:encoded><![CDATA[<p>Dans tous les pays démocratiques, les travailleurs et les travailleuses qui exercent une fonction syndicale spécifique bénéficient d’une importante protection contre les licenciements. En Suisse, cette protection se limite à un strict minimum. Qui plus est, si un tribunal juge qu’un représentant syndical a été abusivement licencié, l’indemnité prévue peut être – tout au plus – de six mois de salaire et aucune réintégration de la personne concernée ne peut être ordonnée.
</p><p>Qu’il soit possible de se «&nbsp;racheter&nbsp;» à si bon compte constitue un affront à la démocratie et une violation du droit international, à savoir&nbsp;: la convention n° 98 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) que la Suisse a ratifiée. C’est pourquoi l’Union syndicale suisse (USS) a déposé plainte contre la Suisse auprès de l’OIT en 2003. Ensuite, l’OIT a tancé la Suisse, mais le Conseil fédéral et l’Administration fédérale, invoquant le blocage des employeurs sur cette question, n’ont pas voulu agir. 
</p><p>Lors de la dernière crise, les licenciements antisyndicaux ont fortement augmenté. Plusieurs entreprises – et parmi elles, certaines qui aiment à se présenter au public comme étant des modèles (Tamedia, Manor) – ont procédé à des licenciements abusifs de représentant(e)s syndicaux. Ce faisant, elles se sont débarrassées de leur critique et opposition en leur sein pour pouvoir réaliser sans heurts des restructurations contre la volonté du personnel. Ce style «&nbsp;marche ou crève&nbsp;», ce recours impératif à la muselière est absolument contraire à toute notion de partenariat social et de société démocratique. Le personnel et le syndicat y sont pris en tenailles. Les syndicats de l’USS ont dénoncé à la faveur d’une campagne publique ce scandale qui se répand dramatiquement. Ce qui a enfin amené entretemps le Conseil fédéral à reconnaître qu’il y avait lieu d’agir. Dans son projet de renforcement de la protection contre le licenciement de personnes qui signalent des faits répréhensibles dans leur entreprise, il entend désormais aussi protéger les représentant(e)s syndicaux. 
</p><p>Le congrès de l’USS réaffirme que
</p><p>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; les licenciements antisyndicaux et la répression antisyndicale sont un affront à l’État de droit et indignes d’une démocratie&nbsp;;
</p><p>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; le mouvement syndical continuera à dénoncer publiquement les licenciements antisyndicaux, car les entreprises qui appliquent des méthodes autoritaires doivent savoir qu’il leur en coûtera cher. Les syndicats continueront à mener campagne contre les licenciements antisyndicaux, pour renforcer les droits syndicaux dans les entreprises et pour que les employeurs qui en entravent l’exercice soient lourdement sanctionnés&nbsp;;
</p><p>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; si les négociations et efforts déployés en faveur d’une meilleure protection des représentant(e)s syndicaux contre les licenciements devaient échouer, l’USS renouvellera sa plainte auprès de l’OIT&nbsp;; elle étudiera aussi le recours à des&nbsp; initiatives au niveau parlementaire et politique. Dans toutes les négociations de CCT, la question de la protection des représentants du personnel et délégués syndicaux sera prioritaire&nbsp;;
</p><p>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; les propositions faites par le Conseil fédéral pour améliorer la protection contre les licenciements de représentant(e)s syndicaux et des élu(e) des travailleurs doivent aussi permettre la réintégration des personnes abusivement licenciées,&nbsp; En effet, la réintégration des victimes de licenciement antisyndical&nbsp;constitue :
</p><p>a.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; la meilleure mesure de dissuasion à l’égard des employeurs qui bafouent la démocratie et méprisent le partenariat social. Les attaques contre la démocratie ne «&nbsp;s’expient&nbsp;» pas uniquement en versant de l’argent&nbsp;;
</p><p>b.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; la meilleure réparation des torts subits par les victimes de licenciement antisyndical&nbsp;;
</p><p>c.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; un renforcement de la compétence des démocrates à défendre la démocratie et à combattre la tyrannie.</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-135</guid><pubDate>Mon, 19 Mar 2012 14:20:00 +0100</pubDate><title>La balle est dans le camp des partenaires sociaux</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-balle-est-dans-le-camp-des-partenaires-sociaux</link><description>Initiative populaire « 6 semaines de vacances pour tous »</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le rejet de l’initiative populaire « 6 semaines de vacances pour tous » n’est pas un plébiscite pour encore plus de stress au travail, des horaires encore plus longs et une disponibilité à travailler 24 heures sur 24 et sept jours sur sept ! Le non des citoyen(ne)s a au contraire la valeur d’un mandat adressé aux partenaires sociaux appelés à trouver des solutions communes pour diminuer la pression exercée au travail sur les salarié(e)s.
</p><p>Les opposants à l’initiative – Conseil fédéral, partis de droite, employeurs – n’ont cessé de souli-gner durant la campagne qui a précédé la votation qu’ils partageaient la revendication de base de cette initiative – plus de temps de repos pour les travailleurs et travailleuses -, mais qu’ils refusaient toute réglementation au plan de la loi. Aux employeurs donc de prouver maintenant que ce n’était pas là des paroles en l’air, prononcées surtout pour gagner ce scrutin. L’Union syndicale suisse (USS) et ses syndicats leur rappelleront d’ailleurs ces déclarations lors des prochaines négociations collectives et demanderont que des solutions soient trouvées pour mieux protéger les salarié(e)s, diminuer le stress au travail et augmenter le temps libre. Pour leur part, les politiques devront améliorer la protection des salarié(e)s dans les branches où l’on ne trouve pas de partenaires sociaux en mesure de négocier.
</p><p><b>Jean Christophe Schwaab</b> (078 690 35 09), secrétaire central de l’USS,<br><b>Daniel Lampart</b> (079 205 69 11), premier secrétaire de l’USS et économiste en chef de l’USS,<br><b>Paul Rechsteiner</b> (079 277 61 31), président de l’USS et<br><b>Ewald Ackermann</b> (079 660 36 14), service de la communication de l’USS se tiennent à votre disposition pour tout complément d’information. </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-689</guid><pubDate>Mon, 19 Mar 2012 14:04:00 +0100</pubDate><title>Il faut briser le tabou des salaires !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/il-faut-briser-le-tabou-des-salaires</link><description>Nouvelle large alliance de femmes pour l’égalité des salaires</description><content:encoded><![CDATA[<p>Une nouvelle large alliance de femmes s’est constituée en Suisse dans la perspective du 7 mars (Equal Pay Day) et du 8 mars (Journée internationale de la femme). Réunissant des femmes des milieux de la politique, de l’économie et des syndicats, elle est unanime à dire qu’il faut, maintenant, que l’égalité des salaires progresse une fois pour toutes. En effet, en violation évidente des prescriptions légales en vigueur, les femmes gagnent en moyenne 18,4 % de moins que les hommes pour un travail de valeur égale. Cette alliance regroupe les Business and Professional Women (BPW), les Femmes de l’USS, les Femmes du PBD, les Femmes PDC suisses, les Femmes PRL Les libéraux-radicaux et les Femmes socialistes suisses.
</p><p>S’il est vrai que les approches concrètes de ces diverses organisations de l’alliance peuvent diverger, toutes ces dernières sont d’accord pour dire que le tabou des salaires doit être brisé et qu’il faut en parler ouvertement. Ensemble, ces organisations demandent aux entreprises d’adhérer librement au Dialogue sur l’égalité des salaires et de faire contrôler leurs salaires. Or, le fonctionnement de ce Dialogue, lancé en 2009, apparaît déficient, car seulement 20 entreprises y ont adhéré.
</p><p>L’exemple d’une grande entreprise comme les CFF, – ils ont participé à la conférence de presse tenue aujourd’hui par l’alliance – montre que si l’étage des dirigeants fait preuve de bonne volonté, le Dialogue sur l’égalité des salaires fonctionne sans aucun problème.
</p><p><b>Renseignements :</b></p><p>Ursula Haller, conseillère nationale PBD, Business and Professional Women, 079 330 72 60<br>Christa Markwalder, conseillère nationale, Femmes PRL Les libéraux.-radicaux, 079 222 52 80<br>Barbara Schmid-Federer, conseillère nationale, les Femmes PDC suisses, 079 629 54 49<br>Franziska Teuscher, conseillère nationale, coprésidente de la Commission féminine de l’USS, 079 608 91 03<br>Marina Carobbio, conseillère nationale, les Femmes socialistes suisses, 079 214 61 78<br>CFF : Press@sbb.ch ; 051 220 41 11</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-44</guid><pubDate>Fri, 02 Mar 2012 15:09:00 +0100</pubDate><title>La responsabilité solidaire est une nécessité</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-responsabilite-solidaire-est-une-necessite</link><description>Modification des mesures d’accompagnement à la libre circulation      
des personnes</description><content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;L’Union syndicale suisse (USS) constate avec satisfaction que le Conseil fédéral reconnaît désormais le problème que pose l’indépendance fictive dans le cadre de la libre circulation des personnes. Le message adopté aujourd’hui sur la «&nbsp;Modification des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes&nbsp;», à l’intention des Chambres fédérales montre que le gouvernement veut renforcer les mesures d’accompagnement. Les nouvelles sanctions prévues en cas d’indépendance fictive et d’infractions commises contre des conditions de salaire et de travail contraignantes représentent un premier pas important et correspondent à ce que l’USS demande depuis longtemps. 
</p><p>Mais la protection contre la sous-enchère pratiquée par des entreprises sous-traitantes reste insuffisante. Au bout de ces chaînes qui pratiquent la sous-enchère et sont souvent constituées de plusieurs entreprises sous-traitantes, on trouve les travailleurs et les travailleuses, leurs salaires et leurs conditions de travail. C’est pourquoi l’USS demande l’introduction d’une responsabilité solidaire. Une telle mesure contraindrait à juste titre chaque entrepreneur contractant à endosser la responsabilité du respect, par les entreprises sous-traitantes, des conditions de travail légales et des salaires contractuellement fixés. &nbsp; 
</p><p>&nbsp;</p><p>Daniel Lampart (079 205 69 11), économiste en chef et premier secrétaire de l’USS, et<br>Marco Kistler (079 297 79 23), Service de l’information de l’USS, se tiennent à votre disposition pour tout complément d’information. &nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-43</guid><pubDate>Fri, 02 Mar 2012 11:52:00 +0100</pubDate><title>L’externalisation de MétéoSuisse est inutile et injustifiée</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/l-externalisation-de-meteosuisse-est-inutile-et-injustifiee</link><description>Position de l’USS concernant la révision de la loi sur la météorologie et la climatologie (LMét)
</description><content:encoded><![CDATA[<p class="Texte"><span lang="FR-CH">L’Union syndicale suisse (USS) rejette la révision totale de la loi sur la météorologie et la climatologie (LMét) que propose aujourd’hui le Conseil fédéral, principalement en raison de l’externalisation inutile et injustifiée de MétéoSuisse qu’elle prévoit. Une telle mesure risquerait de remettre en cause la qualité des prestations de cette dernière. Ce faisant, le gouvernement cède à une mode, sans présenter d’analyse concernant d’éventuelles lacunes. Or, MétéoSuisse fournit un service public très prisé, d’un niveau scientifique incontesté. Pas question de démantèlement ici&nbsp;!</span></p><p class="Texte"><span lang="FR-CH">Une évaluation du Contrôle fédéral des finances n’a détecté aucune lacune qui justifierait une révision. Bien au contraire, en raison d’une réglementation surabondante due à la révision, la loi simple, en vigueur depuis dix ans seulement, deviendrait bien plus compliquée. Des prestations fournies gratuitement dans l’intérêt public seraient désormais à la charge de la Caisse fédérale et les prestations destinées à des tiers renchériraient. La réduction du personnel prévue menace la qualité légendaire de ce service que de nouvelles instances de contrôle et une mercatique zélée ne seront guère en mesure d’améliorer. Penser remédier à l’insatisfaction croissante du personnel, à laquelle il faut s’attendre, en intégrant plus les syndicats aux décisions concernant ce dernier est une évidence et apparaît louable. Mais cela ne compense pas les inconvénients que présente cette réforme inutile.&nbsp; </span></p><p class="Agencementdutexte"><span lang="FR">&nbsp;</span></p><p class="Agencementdutexte"><b><span lang="FR">Rolf Zimmermann (079 756 89 50)</span></b><span lang="FR">, secrétaire dirigeant de l’USS, se tient à votre disposition pour tout complément d’information. </span></p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-729</guid><pubDate>Fri, 24 Feb 2012 13:48:00 +0100</pubDate><title>Votation du 11 mars 2012 : initiative « 6 semaines de vacances pour tous »: OUI à un droit aux vacances plus équitable !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/votation-du-11-mars-2012-initiative-6-semaines-de-vacances-pour-tous-oui-a-un-droit-aux-vacances-plus-equitable</link><description>En Suisse, les vacances sont très inégalement réparties. Les salarié(e)s dont les horaires sont longs et les salaires bas sont précisément les plus discriminés. Un argument supplémentaire pour l’initiative qui demande 6 semaines de vacances pour tous et toutes.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Dans son dossier récemment consacré aux vacances, l’Office fédéral de la statistique (OFS) arrive à une conclusion peu surprenante : celles et ceux qui ne bénéficient déjà pas d’une bonne durée du travail et d’un bon salaire sont aussi pénalisés en matière de vacances. Les données des graphiques ci-dessous concernent l’année 2010.
</p><p>Alors que seuls 48&nbsp;% des salarié(e)s avec un revenu annuel maximal de 60&nbsp;000 francs bénéficient de 5 semaines ou plus de vacances, ce taux passe à un confortable 77&nbsp;% chez les gros salaires de plus de 110&nbsp;526 francs par an (1<sup>er</sup> graphique). La situation est semblable en matière de temps de travail hebdomadaire&nbsp;: seuls 50&nbsp;% des salarié(e)s qui travaillent 43&nbsp;heures ou davantage par semaine ont 5&nbsp;semaines ou plus de vacances par année. Pour ceux et celle qui travaillent moins de 41&nbsp;heures hebdomadaires, cette proportion s’élève déjà à 65&nbsp;% (2<sup>e</sup> graphique). 
</p><p>Mais ce n’est pas tout. La taille de l’entreprise a aussi une forte influence sur la durée du temps de repos concédé aux salarié(e)s. Alors que dans les plus petites entreprises, de quatre salarié(e)s au maximum, 42&nbsp;% seulement des collaborateurs et collaboratrices ont 5 semaines ou plus de vacances, ce taux grimpe à 70&nbsp;% dans les grandes entreprises de plus de 100 employé(e)s.
</p><p>Malgré ces chiffres, les adversaires de l’initiative ne se lassent pas de répéter leur ritournelle du libre marché. L’attribution des vacances et leur durée doivent être laissées aux branches économiques, il ne faut en aucun cas d’intervention légale dans ce domaine. C’est pourtant justement ce laisser-faire qui est à l’origine de la répartition actuelle, complètement inégalitaire, des vacances. L’État étant resté passif, le libre marché a redistribué de bas en haut non seulement les gains, mais aussi le temps de récupération.
</p><p>Les bas salaires privent déjà celles et ceux qui travaillent durement de leur part de la valeur produite&nbsp;; s’octroyer des profits supplémentaires au prix de leur santé, en leur refusant un temps de récupération suffisant, est totalement indéfendable. Ce dernier point au moins peut être changé le 11 mars. L’initiative «&nbsp;6 semaines de vacances pour tous&nbsp;» introduira immédiatement 5&nbsp;semaines de vacances pour tout le monde et, pendant les 5&nbsp;ans qui suivront, ajoutera chaque année un jour de vacances supplémentaire. Au terme de cette période, tous les salarié(e)s auront au moins 6 semaines de vacances, indépendamment de leur horaire de travail, de leur revenu et de l’entreprise qui les emploie. Bref&nbsp;: un droit aux vacances plus équitable pour tous et toutes.
</p><p>N’oubliez donc pas: jusqu’au 11 mars, OUI à l’initiative «6 semaines de vacances pour tous! »
</p><p>Le dossier sur les vacances de l’Office fédéral de la statistique (OFS) peut être consulté à l’adresse suivante&nbsp;:&nbsp; <br><a href="http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/03/02/blank/dos/01.html" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/03/02/blank/dos/01.html</a>.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-691</guid><pubDate>Thu, 16 Feb 2012 13:39:00 +0100</pubDate><title>Dossier 82: Consommer 24 heures sur 24, c’est travailler 24 heures sur 24</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/dossier-82-consommer-24-heures-sur-24-c-est-travailler-24-heures-sur-24</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>La question des horaires de travail, en particulier les ouvertures des magasins, est sur toutes les lèvres. Le Conseil national s’apprête à se prononcer sur la libéralisation complète des horaires d’ouverture des échoppes (lesdits « shops ») de stations-service. Les citoyens et citoyennes des cantons de Lucerne et Zurich voteront bientôt sur la prolongation des horaires d’ouverture des commerces. Ceux des cantons d’Argovie, de Genève et de Soleure viennent de se prononcer sur cette même question. Et d’autres propositions pour étendre les horaires d’ouverture, le travail de nuit et du dimanche dans d’autres types d’entreprises et d’autres régions sont actuellement pendantes.
</p><p>Il ne s’agit cependant pas là de propositions isolées. Vu l’ampleur, la systématique et la récurrence des attaques auxquelles on assiste, il s’agit plutôt d’une « stratégie du salami », dont le but est de vider petit à petit de sa substance l’interdiction de travailler la nuit ou le dimanche. Ses adeptes commencent par s’attaquer aux horaires des magasins, mais visent à terme toutes les entreprises. En effet, une attaque frontale contre deux principes de la loi sur le travail (LTr) qui protègent la santé, la vie sociale et familiale du personnel ainsi que la tranquillité publique n’aurait probablement aucune chance de s’imposer. En revanche, plusieurs petites attaques isolées et ciblées ont plus de chances de l’emporter, même si le peuple donne tort aux partisans de la flexibilité totale dans huit votations sur dix.
</p><p>Le présent dossier fait le tour des attaques en cours contre le repos nocturne et dominical, explique les conséquences de la dérégulation rampante des horaires de travail et montre que la législation actuelle est suffisamment souple pour que les biens et services vraiment indispensables puissent être proposés à n’importe quelle heure. De fait, pour ce qui n’est pas indispensable, attendre le lendemain est tout à fait raisonnable.
</p><p>Si l’on n’y prend pas garde, une société qui ne se repose jamais, avec des entreprises qui tournent 24 heures sur 24, s’instaurera petit à petit. Avec pour corollaire, une dégradation de la santé, de la vie sociale, de la vie familiale et de la qualité de vie de très nombreuses personnes.
</p><p>Selon l’Enquête suisse sur la population active 2010 de l’Office fédéral de la statistique, 13,4 % de la population active travaillent régulièrement ou parfois la nuit et 25,2 % régulièrement ou parfois le dimanche (dont 20,1 % en étant payé). </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-310</guid><pubDate>Tue, 31 Jan 2012 15:00:00 +0100</pubDate><title>Au cœur du problème : le détachement de salarié(e)s sans contrôle des risques de sous-enchère </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/au-coeur-du-probleme-le-detachement-de-salarie-e-s-sans-controle-des-risques-de-sous-enchere</link><description>La libre circulation des personnes dans les États européens sans mesures d’accompagnement efficaces débouche, à court ou moyen terme, sur des mouvements sociaux de protestation. Les grèves sauvages qui se multiplient actuellement en Grande-Bretagne en témoignent.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Un projet de nouvelle construction dans une raffinerie de pétrole à North Killingholme (Lindsey Oil Refinery) est à l’origine de ces protestations. Après appel d’offres, le groupe pétrolier Total, propriétaire des installations, confia le contrat à une entreprise italienne qui prévoyait d’occuper 300 travailleurs italiens et portugais sur ce chantier.
</p><p>Le 28 janvier, le personnel permanent de la raffinerie a entamé son action de protestation, en reprenant un slogan déjà utilisé il y a un an et demi par le Premier ministre Gordon Brown, fraîchement élu à ce poste, lors du premier jour du congrès annuel du Labour&nbsp;: «&nbsp;des emplois britanniques pour les travailleurs britanniques&nbsp;». Les grévistes demandaient que les travaux de la construction soient réalisés par des salarié(e)s indigènes, la région comptant suffisamment de personnel qualifié en attente de travail. Cette grève sauvage s’est ensuite étendue à environ une vingtaine de raffineries et centrales électriques, dans lesquelles des travaux devaient aussi être confiés à des entreprises étrangères. 3'000 tra­vailleuses et travailleurs entrèrent alors en grève.
</p><p>À la suite des négociations menées par les syndicats britanniques Unite et GMB (Bri­tain’s General Union), la grève de la Lindsey Oil Refinery s’est terminée le 4 février&nbsp;: les grévistes approuvèrent un accord qui, outre le détachement des travailleurs italiens, pré­voyait la création de 100 postes supplémentaires pour des nationaux. Mais d’autres grè­ves et d’autres actions sont annoncées dans tout le pays.
</p><h3>Le détachement sans mesures d’accompagnement</h3><p>Les protestations ont pour cible la pratique, répandue en Grande-Bretagne, d’adjudication privée ou publique de grosses commandes à des entreprises étrangères avec pour corol­laire le détachement de salarié(e)s étrangers. Le slogan initial «&nbsp;British Jobs for British people&nbsp;»&nbsp;» fut reformulé sous une forme plus neutre par les syndicats en un «&nbsp;Fair access to jobs&nbsp;» (Pour un accès équitable à l’emploi). Contrairement à la Suisse, où les syndicats se sont engagés pour le maintien des conditions de travail suisses usuelles dans la localité en cas de détachement, les syndicats britanniques ont pour objectif la diminution de ces détachements. Mais le nœud du problème réside aussi, en Grande-Bretagne, dans la sous-enchère salariale et sociale qui naît du détachement des travailleuses et travailleurs.
</p><p>La raison de la grève chez Lindsay Oil Refinery provient finalement des mauvaises conditions de travail «&nbsp;offertes&nbsp;» par l’entreprise italienne de construction. Bien que le groupe Total, en tant que donneur d’ordre, ait demandé à ses sous-traitants de respecter contractuellement la convention collective de travail (CCT) en vigueur localement, les recherches menées depuis par les syndicats ont montré que l’entreprise italienne ne le faisait pas. D’une part, les salaires étaient versés sans aucune transparence et d’autre part, les clauses protectrices de la CCT en matière d’horaires de travail, de temps de pause et d’indemnités étaient contournées. Or, ce contournement n’est pas illégal. Selon les lignes directrices de l’Union européenne (UE) et la jurisprudence, les CCT qui ne sont pas dé­clarées de force obligatoire — comme dans le cas de la raffinerie de pétrole Lindsey Oil&nbsp;— ne sont pas contraignantes en cas de détachement. Comme la Grande-Bretagne n’effectue pas de contrôle lors du détachement de travailleuses et travailleurs, chaque vérification des conditions de travail repose sur des observations partielles, des déclara­tions et des suppositions. Une situation qui condamne les syndicats à l’impuissance et détériore encore la situation.
</p><h3>L’extrême droite saute sur l’occasion</h3><p>Les grèves sont sauvages, mais souvent initiées, ou épaulées, par les délégué(e)s syndi­caux. La réglementation antisyndicale de l’ère Thatcher — toujours en vigueur — interdit aux syndicats de soutenir ce genre de mouvement de grèves spontanées. Les syndicats ont alors dû endosser un rôle de médiateur et négocier des accords pour régler le litige. Conjointement, le syndicat Unite a tenté de modérer les accents nationalistes du mouve­ment de grève. Car le slogan «&nbsp;Britsh jobs for British people&nbsp;» est rapidement devenu du pain béni pour le British National Party (BNP), organisation d’extrême droite. Celui-ci a essayé de capter le mouvement de grève, ce qu’il a en partie réussi. La plateforme Inter­net, très visitée, des partisans du mouvement<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0509_DB_Greves_GB.doc#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>, est soutenue par le BNP.
</p><p>Les petits partis de gauche sont divisés sur cette question. Quelques-uns soutiennent la grève, les autres la condamnent comme un mouvement raciste. Au début, le Labour Party — au gouvernement — fit encore preuve d’une certaine compréhension pour la cause des grévistes. Mais par la suite, durant les actions de protestation, il a durement critiqué le mouvement. Le ministre de l’Économie Peter Mandelson&nbsp; a accusé les grévistes d’attiser la haine raciale. Gordon Brown a, pour sa part, jugé que les grèves sauvages n’étaient pas justifiées, mais contreproductives. Les syndicats craignent que ces déclarations n’amènent la classe ouvrière britannique à se détacher encore plus du Labour Party pour se tourner vers le BNP.
</p><h3>Les syndicats réagissent</h3><p>Le syndicat Unite a élaboré un plan en trois points afin d’empêcher l’escalade&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>Des accords sont nécessaires pour garantir aux salarié(e)s indigènes l’accès aux em­plois lors de la passation de marché à des entreprises étrangères.</li><li>Des enquêtes plus approfondies doivent être menées sur la pratique d’adjudication des travaux. Lorsqu’il s’agit de soumissions publiques, les pouvoirs publics sont obligés de respecter les standards sociaux.</li><li>La jurisprudence européenne, qui favorise la sous-enchère salariale et sociale, doit être annulée.</li></ul><p>Sur ce dernier point, Unite a lancé une campagne accompagnée d’une pétition.
</p><p>On ne voit pas clairement comment le syndicat va mettre en pratique son slogan «&nbsp;Pour un accès équitable à l’emploi&nbsp;». Finalement, cette revendication ne peut être réalisée que si les mêmes conditions de travail locales sont appliquées aux salarié(e)s aussi bien indi­gènes que détachés. Sinon, l’engagement de salarié(e)s autochtones aux conditions de travail du pays d’origine de l’entreprise n’aurait rien «&nbsp;d’équitable&nbsp;». Ce n’est pas la question de savoir qui a accès à l’emploi qui doit figurer au premier rang — car elle ne peut que stimuler la xénophobie. La question est plutôt&nbsp;: à quelles conditions de travail, l’accès à l’emploi doit-il être garanti&nbsp;?
</p><p>C’est cette logique que les syndicats suisses ont suivie lors de l’élaboration des mesures d’accompagnement de la libre circulation des personnes. Véritable produit d’exportation politique, cette logique leur a permis un parcours pour ainsi dire sans faute.
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0509_DB_Greves_GB.doc#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1"><sup>[1]</sup></a><a href="http://www.britishwildcats.com/" target="_blank" rel="noreferrer">www.britishwildcats.com</a>.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-346</guid><pubDate>Tue, 31 Jan 2012 12:44:00 +0100</pubDate><title>De la parole aux actes !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/de-la-parole-aux-actes</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Le conseiller fédéral Schneider-Amman a invité aujourd’hui, les partenaires sociaux à se prononcer sur le rapport «&nbsp;Du personnel qualifié pour la Suisse&nbsp;»,&nbsp;lors d’une table ronde organisée par le Département fédéral de l’économie (DFE). 
</p><p>L’USS juge favorablement les propositions esquissées dans le rapport. Le catalogue de mesures présentées reste cependant au stade de la déclaration d’intention. Les moyens à mettre en œuvre pour leur réalisation sont encore loin d’être concrets. Pourtant, tous les acteurs sont d’accord sur un point&nbsp;: la formation est un élément central de notre économie et de notre société et elle doit être promue à tous les niveaux.
</p><p>Depuis plusieurs années, les syndicats attendent l’élaboration d’une loi sur la formation continue qui permette enfin d’améliorer l’accès des adultes à une formation quel que soit l’âge et le niveau de qualifications. Aujourd’hui, les obstacles à la formation du personnel peu qualifié et des femmes restent énormes. Le DFE mettra en consultation d’ici la fin de l’année une nouvelle loi sur la formation continue. L’USS attend du projet de loi qu’îl présente de véritables améliorations pour les salarié(e)s, en particulier&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>l’introduction d’un congé de formation payé, comme cela existe déjà dans les pays voisins,</li><li>une promotion systématique des compétences de base chez les adultes.</li></ul><p>En parallèle, il est nécessaire d’agir au niveau des conditions de travail et des conditions-cadre pour exercer une activité professionnelle. Encore trop de femmes avec charge de famille renoncent à exercer une activité professionnelle à la hauteur de leur compétence, parce que les conditions de travail et de salaires ne sont pas suffisamment attractives. Il faut des améliorations significatives en particulier au niveau&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>des salaires (par exemple dans l’enseignement et les professions de la santé),</li><li>des aménagements du temps de travail (réduction du temps de travail, temps partiel, planification),</li><li>des structures d’accueil pour la petite enfance et les enfants en âge scolaire.</li></ul><p></p>  ]]></content:encoded><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-421</guid><pubDate>Fri, 27 Jan 2012 17:22:00 +0100</pubDate><title>L’USS conteste que PUSH soit un syndicat apte à conclure une CCT</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-uss-conteste-que-push-soit-un-syndicat-apte-a-conclure-une-cct</link><description>Accord entre ISS Aviation et PUSH</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’association PUSH, qui ne compte aucun membre chez ISS Aviation, a été appelée à la rescousse par cette dernière pour conclure une convention collective de travail (CCT) dont l’unique objectif est de contourner le Syndicat suisse des services publics (ssp) et le personnel d’ISS en grève depuis bientôt près de trois mois. L’Union syndicale suisse (USS) considère que PUSH n’est pas un syndicat apte à conclure une CCT. En effet, elle n’offre pas les garanties d’indépendance par rapport à l’employeur pourtant exigées par les règles du droit collectif du travail. 
</p><p>PUSH, qui n’est membre ni de l’USS, ni de la Communauté Genevoise d’Action Syndicale (CGAS), ni d’aucune autre faîtière syndicale, apparaît comme téléguidée par les employeurs, en particulier afin de briser des conflits collectifs. Ainsi, l’adresse de PUSH est bien souvent celle de l’employeur et les démarches enjoignant le personnel de rejoindre cette association sont souvent le fait de supérieurs hiérarchiques. Ses délégués «&nbsp;syndicaux&nbsp;» sont le plus souvent des cadres des entreprises avec lesquelles elle prétend «&nbsp;négocier&nbsp;». En outre, PUSH affirme systématiquement vouloir éviter les conflits du travail et prend le plus souvent le parti de l’employeur en signant des accords qui lui sont favorables, respectivement qui sont défavorables aux salariés. Dans ces conditions, PUSH ne saurait être considérée comme un syndicat apte à défendre réellement les intérêts de ses membres et à rester indépendant par rapport à la partie patronale. 
</p><p>L’USS soutient donc les démarches du ssp visant à ce que PUSH ne soit pas reconnue comme organisation apte à conclure une CCT. </p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2951</guid><pubDate>Fri, 14 Oct 2011 10:51:00 +0200</pubDate><title>Manifestation à Genève pour les droits syndicaux</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/manifestation-a-geneve-pour-les-droits-syndicaux</link><description>Près de 200 syndicalistes ont exigé, vendredi 7 octobre à Genève, à l’occasion de la Con-férence internationale du Travail de l’Organisation internationale du Travail (OIT), pour demander plus de respect à l’égard des droits syndicaux et une meilleure protection contre les licenciements antisyndicaux.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Afin qu’il soit possible d’avoir une activité syndicale dans une entreprise pour obtenir une amélioration des conditions de travail, il faut prévoir une protection spéciale. Il faut en particulier qu’un membre de commission du personnel ne puisse pas être licencié à cause de son engagement syndical. Sur toute la planète, cette protection contre les licenciements qualifiés d’antisyndicaux est sous pression et la Suisse n’y fait pas exception. Elle a même été blâmée par l’OIT pour sa protection insuffisante des délégué(e)s syndicaux au sein des entreprises. Mais à ce jour, si peu de choses ont changé. La demande faite à la Suisse par l’OIT d’améliorer la protection des délégué(e)s syndicaux se heurte à l’opposition de la majorité bourgeoise des Chambres fédérales qui fait la sourde oreille, prétendant que la liberté entrepreneuriale aurait la priorité sur la protection des salarié(e)s syndicalement engagés. 
</p><p>C’est pourquoi, à l’occasion de la dernière Conférence internationale du Travail de l’OIT à Genève, la Communauté genevoise d’action syndicale, l’Union syndicale suisse et le syndicat Unia ont organisé une action dans le but d’attirer l’attention sur les abus commis dans ce domaine en Suisse. Les 200 syndicalistes présents ont notamment parlé des menaces proférées dans une entreprise contre un collaborateur pour son engagement syndical. Le message est clair&nbsp;: il faut, une fois pour toutes, que les choses bougent en matière de protection des délégué(e)s syndicaux contre la pression et l’arbitraire au travail qu’ils subissent trop souvent encore.</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-416</guid><pubDate>Fri, 01 Oct 2010 17:28:00 +0200</pubDate><title>L’USS juge les sanctions prévues trop faibles</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-uss-juge-les-sanctions-prevues-trop-faibles</link><description>Une meilleure protection contre les licenciements antisyndicaux est nécessaire
</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) apprend avec satisfaction que le Conseil fédéral entend enfin améliorer la protection contre les licenciements de représentant(e)s syndicaux et de lanceurs et lanceuses d’alerte. Mais les sanctions proposées sont bien trop faibles&nbsp;: pour les grandes entreprises, une indemnité maximale de douze mois n’est guère dissuasive. En outre, les représentant(e)s du personnel, les syndicalistes et les lanceurs et lanceuses d’alerte qui seront victimes d’un licenciement abusif perdront définitivement leur emploi. Ils n’auront en effet aucun droit à être réintégrés et tomberont donc au chômage ou ne pourront plus faire valoir leurs droits sur leur lieu de travail.
</p><p>L’USS demande donc instamment au Conseil fédéral de fixer des sanctions dignes de ce nom, d’améliorer la protection contre les licenciements antisyndicaux et de prévoir la possibilité de réintégrer les personnes abusivement licenciées. Des mesures plus déterminées sont nécessaires, car, ces derniers mois, le nombre de licenciements abusifs de représentant(e)s du personnel ou de syndicalistes a dramatiquement augmenté. 
</p><p>À cela s’ajoute que la Suisse a été condamnée par l’Organisation internationale du Travail (OIT) parce qu’elle ne respecte pas les normes de protection internationales en matière de licenciements antisyndicaux. Or, ces normes font partie des droits humains fondamentaux.</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-426</guid><pubDate>Wed, 08 Sep 2010 17:15:00 +0200</pubDate><title>Il faut étendre l’obligation de plan social - Pas d’assainissements d’entreprise sur le dos du personnel</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/il-faut-etendre-l-obligation-de-plan-social-pas-d-assainissements-d-entreprise-sur-le-dos-du-personnel</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>L’USS salue la proposition du Conseil fédéral d’introduire une obligation de conclure un plan social. Ce progrès social était nécessaire depuis longtemps, tant la protection des salarié(e)s contre les effets négatifs des licenciements collectifs a accumulé de retard par rapport aux pays voisins. L’USS regrette cependant que cette obligation ne s’applique qu’aux entreprises de plus de 250 salarié(e)s. Elle demande que ce seuil soit abaissé à 100 salarié(e)s, afin qu’un plus grand nombre de travailleurs et travailleuses bénéficient d’une atténuation des conséquences de licenciements collectifs. 
</p><p>En revanche, l’USS rejette la proposition du Conseil fédéral de délier les acquéreurs d’une entreprise en faillite de leur obligation de reprendre tels quels tous les contrats de travail. Il n’est pas acceptable que l’assainissement d’une entreprise se fasse sur le dos de son personnel. Lors d’un assainissement, c’est en effet le maintien des emplois qui doit figurer au premier plan. Or, la flexibilité du droit suisse du travail donne déjà une marge de manœuvre suffisante aux employeurs. La suppression de cette protection reviendrait à reporter le coût des assainissements d’entreprises sur l’assurance-chômage. 
</p><p>L’affirmation comme quoi l’obligation pour le nouvel employeur de reprendre tous les contrats de travail rendrait les reprises plus difficiles, respectivement comme quoi sa suppression les rendrait plus efficaces, ne repose sur aucune preuve empirique. À notre connaissance, il n’existe aucun cas où un acquéreur potentiel d’une entreprise en faillite y aurait renoncé à cause de l’obligation de reprendre les contrats de travail aux mêmes conditions. En revanche, les cas de faillites abusives, déclenchées uniquement pour ne pas avoir à honorer des créances salariales, sont malheureusement monnaie courante. De même, les pseudo-assainissements, dont l’objectif réel est plutôt de licencier du personnel, sont une réalité et des mesures doivent être prises pour les éviter. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-429</guid><pubDate>Thu, 02 Sep 2010 17:08:00 +0200</pubDate><title>Le Comité de l’USS se solidarise avec les grévistes</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-comite-de-l-uss-se-solidarise-avec-les-grevistes</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Lors de sa première réunion après la pause estivale, le Comité de l’Union syndicale suisse (USS) a adopté une résolution de solidarité avec le personnel en grève de l’entreprise ISS Aviation (nettoyage d’avions) de l’aéroport de Genève&nbsp;:
</p><p>«&nbsp;Depuis plus de 50 jours, le personnel d’ISS Aviation de l’aéroport de Genève est en grève. Il refuse les baisses violentes de salaire que l’entreprise veut imposer et le fait que cette dernière a dénoncé la convention collective de travail (CCT) en vigueur. Pour certaines catégories du personnel, ces baisses de salaire seraient de 25&nbsp;% (&nbsp;!). ISS veut que le salaire maximum d’une nettoyeuse passe de 4847,75 (après 20 années de pratique) à 3550 francs. 
</p><p>Le Comité de l’USS estime qu’une telle offensive est purement et simplement insultante et porte atteinte à la dignité des personnes concernées. ISS Aviation, qui est une entreprise mondiale et non une petite boîte qui lutterait pour sa survie, doit continuer à verser des salaires décents et à respecter la CCT en vigueur. 
</p><p>Le Comité de l’USS se solidarise avec les grévistes. Il demande avec insistance au gouvernement genevois, qui est l’«&nbsp;autorité concédante&nbsp;» pour les entreprises actives à l’aéroport, de s’opposer avec détermination à de telles baisses des salaires.&nbsp;»</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-433</guid><pubDate>Thu, 12 Aug 2010 16:52:00 +0200</pubDate><title>Dumping salarial par les autorités – le gouvernement genevois sème la misère</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/dumping-salarial-par-les-autorites-le-gouvernement-genevois-seme-la-misere</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis le 8 juillet – soit depuis plus d’un mois -, le personnel d’ISS Aviation (nettoyage d’avions) de l’aéroport de Genève est en grève. Il se bat contre la dénonciation de la convention collective de travail (CCT) et la baisse des salaires. Pour certaines catégories du personnel, ISS veut imposer des baisses de près de 25&nbsp;% (&nbsp;!). Et cela, pour des salaires qui ne permettent de toute façon guère de vivre dans un endroit aussi cher que Genève. Un exemple&nbsp;: selon les dispositions de la CCT dénoncée, une nettoyeuse peut arriver, après vingt ans d’activité, à un salaire maximum de 4847,75 francs. Et ce montant devrait être encore abaissé à 3550 francs. Socialement, c’est purement et simplement une insulte et une attaque contre la dignité des travailleuses et travailleurs. 
</p><p>Pire encore&nbsp;: ce dumping salarial est favorisé par l’État de Genève, qui est l’«&nbsp;autorité concédante&nbsp;». La société Aéroport international de Genève (AIG), qui est présidée par le président du gouvernement cantonal, le radical François Longchamp, est tenue de veiller à ce que les salaires versés à l’aéroport soient corrects. Or, en lieu et place de cela, AIG s’est opposée aux grévistes. 
</p><p>Le ssp et l’USS demande au gouvernement genevois de mettre un terme à cette politique de démolition. Il n’est quand même pas possible qu’un gouvernement (sa majorité) décrète des salaires de misère pour sa propre population.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2946</guid><pubDate>Thu, 29 Jul 2010 10:44:00 +0200</pubDate><title>Un nouveau guide de l’USS</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/un-nouveau-guide-de-l-uss</link><description>Pendant de longues années, on n’a pas disposé d’ouvrage juridique à jour présentant le droit collectif du travail d’un point de vue syndical. Une lacune que l’Union syndicale suisse USS) a désormais comblée avec son nouveau guide. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Le droit collectif du travail a évolué ces dernières années en raison de nouvelles obligations internationales, de la reprise des dispositions du droit communautaire et de l’introduction de mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes avec l’Union européenne (UE). C’est pourquoi le nouvel article constitutionnel sur la liberté syndicale, entré en vigueur au 1er janvier 2000, les modifications intervenues dans le code des obligations (CO) et dans la loi fédérale permettant d’étendre le champ d’application de la convention collective de travail (CCT), la LECCT, demandaient la&nbsp; publication d’un guide juridique sur le droit collectif du travail. Rien de ce genre, toujours sous l’angle syndical, n’avait en effet été réalisé depuis le «&nbsp;Commentaire de la convention collective de travail&nbsp;» de Schweingruber et Bigler, publié durant le dernier quart du 20e siècle…
</p><p>Désormais un nouveau guide est à disposition en français. Outre un commentaire des dispositions du CO concernant la CCT et la LECCT, il aborde les bases, constitutionnelles et de droit international, du droit collectif du travail, ainsi que la participation en entreprise et les dispositions du CO relatives au contrat-type de travail. Au-delà des aspects purement juridiques, l’importance économique des CCT y est également développée. 
</p><h3>Auteur(e)s et thèmes</h3><p>Ce guide offre, notamment aux secrétaires syndicaux, des explications utiles et de première qualité sur des questions juridiques d’actualité comme, par exemple, les effets de la paix du travail, l’admissibilité des mesures de lutte ou la validité des CCT. Il s’adresse donc également aux avocat(e)s et aux autorités judiciaires, de même qu’aux départements du personnel des entreprises qui sont régulièrement confrontés à des problèmes de droit du travail dans leurs activités quotidiennes. 
</p><p>Quel(le)s auteur(e)s pour quels thèmes&nbsp;? Ci-après, en quelques mots, le sommaire du guide&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>Arthur Andermatt&nbsp;: liberté syndicale et droit de grève&nbsp;;</li><li>Christian Bruchez, Doris Bianchi, Christoph Häberli, Thomas Gabathuler, Giacomo Roncoroni, Peter Schmid&nbsp;: commentaires d’articles du CO sur les CCT et le contrat-type de travail&nbsp;;</li><li>Susanne Kuster Zürcher&nbsp;: liberté syndicale dans le contexte international&nbsp;;</li><li>Romolo Molo&nbsp;: la Convention 98 de l’OIT et la liberté syndicale en Suisse&nbsp;;</li><li>Andreas Rieger&nbsp;: développement et importance des CCT en Suisse&nbsp;;</li><li>Thomas Gabathuler&nbsp;: participation des travailleurs et travailleuses&nbsp;;</li><li>Giacomo Roncoroni&nbsp;: commentaire de la LECCT.</li></ul><p>Cet ouvrage (500 p.) est publié par l’USS aux éditions Helbing Lichtenhahn. Son prix est de 78 francs (en librairie ou sur le site <a href="http://www.helbing-shop.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.helbing-shop.ch</a>).</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-436</guid><pubDate>Tue, 20 Jul 2010 16:46:00 +0200</pubDate><title>Les sanctions en cas de licenciement abusif d’un représentant du personnel sont trop faibles</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-sanctions-en-cas-de-licenciement-abusif-d-un-representant-du-personnel-sont-trop-faibles</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>L’USS salue le récent jugement du tribunal des prud’hommes de Zurich, qui a confirmé que le licenciement du président de la commission du personnel de TA-Media en pleine négociation de plan social était abusif. 
</p><p>Mais ce jugement démontre aussi que les sanctions en cas de licenciement abusif de représentants du personnel sont trop faibles. Le tribunal n’a accordé qu’une indemnité de trois mois de salaire. De telles sanctions n’ont pas le moindre effet dissuasif. En effet, une grande entreprise comme TA-Media peut s’acquitter sans problème d‘un tel montant. Des employeurs hostiles au partenariat social peuvent donc facilement se débarrasser de leurs employés syndiqués ou des représentants du personnel. Les travailleurs qui défendent les intérêts de leurs collègues doivent donc toujours craindre pour leur emploi, en particulier lorsqu’ils négocient avec leur employeur pour sauver des emplois en cas de difficultés ou pour amoindrir les conséquences sociales d’une restructuration. 
</p><p>La Suisse a été condamnée par l’OIT sur plainte de l’USS, car sa législation ne respecte pas les standards minimaux protégeant la liberté syndicale et le partenariat social. Ce jugement démontre à nouveau l’urgence et la nécessité d’une amélioration de la protection contre le licenciement antisyndical. L’USS exige que les syndicalistes et les représentants du personnel licenciés abusivement puissent être réintégrés.&nbsp; </p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-457</guid><pubDate>Tue, 22 Jun 2010 16:26:00 +0200</pubDate><title>L’« oubli » des assurances sociales doit être sanctionné </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/l-oubli-des-assurances-sociales-doit-etre-sanctionne</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Les contrôles concernant le travail au noir font état de nombreuses infractions au droit des assurances sociales. Or, les annonces «&nbsp;oubliées&nbsp;» ou le versement «&nbsp;oublié&nbsp;» de cotisations sociales n’ont guère de conséquences pour l’employeur. Celui-ci peut se refaire une virginité simplement en effectuant une annonce après coup. 
</p><p>Cette constatation a été confirmée aujourd’hui par la publication du rapport du Secrétariat d’État à l’économie sur la mise en œuvre de la loi fédérale sur le travail au noir en 2009. L’Union syndicale suisse (USS) juge cette situation inacceptable&nbsp;: les annonces nécessaires doivent être faites aux assurances sociales dès que le travail commence. Pour l’USS, une chose est claire&nbsp;: l’employeur qui ne le fait pas doit être sanctionné.
</p><p>Une remarque positive est cependant à faire&nbsp;: les contrôles effectués par les cantons et les sanctions infligées depuis 2008 ont augmenté. </p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-461</guid><pubDate>Tue, 01 Jun 2010 16:15:00 +0200</pubDate><title>Madame Leuthard doit s’engager pour le respect des conventions de l’OIT !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/madame-leuthard-doit-s-engager-pour-le-respect-des-conventions-de-l-oit</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Invitée par le Directeur général de l’Organisation internationale du Travail (OIT), la Présidente de la Confédération prononcera l’allocution d’introduction de la Conférence internationale du Travail 2010 qui s’ouvre demain à Genève. À cette occasion, le chef de la délégation des travailleurs et travailleuses de Suisse, Vasco Pedrina, lui demandera de s’engager personnellement pour une protection efficace des représentant(e)s et des délégué(e)s syndicaux contre le licenciement. Madame Doris Leuthard doit clairement s’engager pour qu’à la faveur de la révision prévue du Code des obligations (CO), les personnes licenciées abusivement en raison de leur activité syndicale puissent être réintégrées dans leur entreprise.
</p><p>Aujourd’hui, des employeurs peu scrupuleux ont facilement la possibilité de faire taire les travailleuses et travailleurs syndicalement engagés en les licenciant. Même en cas d’abus constaté par un tribunal, ils n’ont en effet qu’à verser une maigre indemnisation privée de tout effet dissuasif. Ces derniers temps, les licenciements antisyndicaux se sont d’ailleurs multipliés. Pour l’année 2009, l’USS a recensé 15 cas. 
</p><p>Pour le pays hôte de l’OIT et la plus ancienne démocratie du monde, l’existence d’une protection à ce point lacunaire de personnes qui ne font qu’exercer leurs droits sur leur lieu de travail est plus qu’indigne. De ce fait, la Suisse viole aussi des conventions de l’OIT ratifiées par elle. L’Union syndicale suisse (USS) demande depuis des années que, comme c’est nécessaire, on modifie la législation ici concernée. C’est pourquoi elle a déposé plainte auprès de l’OIT, une plainte qui a abouti à la condamnation de la Suisse. Pour l’heure, une nouvelle plainte de l’USS est suspendue auprès de l’OIT. L’USS la relancera si aucune solution convaincante ne devait être trouvée lors de la révision du CO en matière de protection des syndicalistes actifs. </p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2929</guid><pubDate>Tue, 18 May 2010 10:31:00 +0200</pubDate><title>L’initiative pour des salaires minimums est prête</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-initiative-pour-des-salaires-minimums-est-prete</link><description>Le 17 mai, une soixantaine de délégué(e)s ont adopté à l’unanimité le texte de l’article constitutionnel qui figurera dans l’initiative populaire pour des salaires minimums. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Pour les syndicats, la chose est claire&nbsp;: la protection et l’amélioration des salaires passe d’abord par les conventions collectives de travail (CCT). C’est pourquoi l’initiative (voir texte par ailleurs) vise à protéger les salaires d’abord à travers l’encouragement de ces dernières et, donc, des salaires minimums qu’elles prévoient. Mais l’initiative demande aussi un salaire minimum légal national, qui devra être régulièrement adapté à l’évolution des salaires et des prix. La raison d’être d’un tel salaire est qu’aujourd’hui, près de 60&nbsp;% des travailleurs et travailleuses ne sont pas couverts par une CCT, et qu’il ne sera guère possible de rapidement réduire cette proportion. Actuellement, près de 400&nbsp;000 salarié(e)s de Suisse touchent un salaire inférieur à 22 francs de l’heure. Impossible, pour eux, de vivre dignement. C’est pourquoi les délégué(e)s de l’USS ont décidé que l’initiative demanderait un salaire minimum légal de 22 francs (pour 2011). Des exceptions ne seraient possibles que pour les activités ayant un caractère essentiellement de formation et le bénévolat, ou encore pour les engagements dans l’entreprise de la famille. 
</p><h3>Pourquoi un salaire horaire&nbsp;?</h3><p>Les suppléments cantonaux à ce salaire minimum ont suscité un débat parmi les délégué(e)s. La majorité d’entre eux s’est prononcée pour une formulation potestative (les cantons peuvent…), alors que la délégation genevoise préférait une formulation impérative. Une autre proposition genevoise a, par contre, été acceptée par la majorité&nbsp;: elle prévoit que les cantons devront désigner les autorités chargées de contrôler que le salaire minimum est bien respecté. Autre débat&nbsp;: pourquoi inscrire dans la constitution fédérale un salaire horaire et non mensuel&nbsp;? La réponse du Comité de l’USS&nbsp;: fixer un salaire mensuel aurait nécessité que l’on aborde la question de la durée du travail. Mais, lors de la campagne pour l’initiative, on travaillera avec des salaires mensuels. Celle-ci sera lancée soit à l’automne prochain soit au printemps 2011. La date précise dépend pour l’essentiel de l’éventuel lancement d’un nouveau référendum par les syndicats durant le deuxième semestre 2010.
</p><h3>Résolutions</h3><p>Les délégué(e)s de l’USS ont aussi adopté trois résolutions. Concernant le piètre projet relatif aux réseaux de soins intégrés – le Conseil national en débattra cet été – l’USS demande que la quote-part soit limitée dans la loi à un montant maximal de 700 francs par an, l’obligation pour les caisses de contracter avec tous les réseaux de soins intégrés reconnus, ainsi que l’abolition des primes de sortie et des contrats léonins. 
</p><p>Concernant la nouvelle et arrogante vague de bonus, l’USS demande un impôt sur ces derniers. Pour chaque franc de traitement dépassant le million, 20 centimes devront être perçus au titre de l’impôt et redistribués aux bas et moyens revenus. Enfin, l’USS se prononce, sans hésitation aucune, contre l’initiative demandant l’exclusion des criminels étrangers, et tous les contre-projets du même tabac. Il ne doit pas exister de droit parallèle punissant systématiquement les mêmes crimes de manière différente selon la nationalité des coupables. 
</p><h3>Le texte de l’initiative pour des salaires minimums</h3><p><b>Art.&nbsp;110a Protection des salaires</b></p><ol><li>La Confédération et les cantons adoptent des mesures pour protéger les salaires sur le marché suisse de l’emploi.</li><li>Ils encouragent en particulier à cette fin l’adoption et le respect de salaires minimums d’usage dans la localité, la profession et la branche dans les conventions collectives de travail.</li><li>La Confédération édicte un salaire minimum légal. Ce salaire est indexé régulièrement sur l’évolution des salaires et des prix, dans une mesure qui ne peut être inférieure à l’évolution de l’indice des rentes AVS.</li><li>Le salaire minimum légal est applicable à tous les travailleurs en tant que limite inférieure contraignante. La Confédération peut édicter des dérogations pour des rapports de travail particuliers.</li><li>Les dérogations et l’indexation du salaire minimum légal sur l’évolution des salaires et des prix sont édictées avec le concours des partenaires sociaux.</li><li>Les cantons peuvent édicter des suppléments contraignants au salaire minimum légal.</li></ol><p><b>Disposition transitoire ad art.&nbsp;110a (Protection des salaires)</b></p><p>Le salaire minimum légal se monte à Fr.&nbsp;22.-- par heure. Au moment de l’entrée en vigueur, ce montant est majoré de l’évolution des salaires et des prix accumulée depuis 2011 conformément à l’art.&nbsp;110a, al.&nbsp;3.
</p><p>Le Conseil fédéral met en vigueur l’art.&nbsp;110a au plus tard trois ans après son acceptation par le peuple et les cantons. 
</p><p>Si aucune loi d’application n’est entrée en vigueur dans ce délai, le Conseil fédéral édicte les dispositions d’application par voie d’ordonnance avec le concours des partenaires sociaux.
</p><p>Les cantons désignent les autorités compétentes. Ces dernières veillent à ce que les salaires minimums soient appliqués (ceci reste une formulation provisoire).&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-464</guid><pubDate>Mon, 17 May 2010 16:13:00 +0200</pubDate><title>L’initiative pour des salaires minimums prête à être lancée</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-initiative-pour-des-salaires-minimums-prete-a-etre-lancee</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>La soixantaine de délégué(e)s de l’Union syndicale suisse (USS) réunis à Berne le 17 mai a adopté à l’unanimité le texte de l’article constitutionnel qui figurera dans l’initiative pour des salaires minimums. 
</p><p>Cette initiative vise en premier lieu à protéger les salaires en encourageant les conventions collectives de travail et les salaires minimums qui s’y trouvent fixés. À titre subsidiaire, elle demande la création d’un salaire minimum national légal qui sera régulièrement adapté – au minimum comme l’indice des rentes AVS – à l’évolution des salaires et des prix. Ce salaire minimum légal devra se monter à 22 francs de l’heure en 2011. Aujourd’hui, 400&nbsp;000 salarié(e)s se situent au –dessous de ce seuil. En outre, la Confédération pourra prévoir des exceptions, notamment pour des rapports de travail ayant surtout un caractère de formation.
</p><p>Les délégué(e)s de l’USS ont également adopté trois résolutions. Concernant le piètre projet relatif aux réseaux de soins intégrés – le Conseil national en débattra en été -, l’Assemblée des délégué(e)s de l’USS demande que la quote-part soit limitée dans la loi à un montant maximal de 700 francs par an, l’obligation pour les caisses de contracter avec tous les réseaux de soins intégrés reconnus, ainsi que l’abolition des primes de sortie et des contrats léonins. 
</p><p>Concernant la nouvelle et arrogante vague de bonus, l’USS demande un impôt sur ces derniers. Pour chaque franc de traitement dépassant le million, 20 centimes devront être perçus au titre de l’impôt et redistribué aux bas et moyens revenus. Enfin, l’USS se prononce, sans hésitation aucune, contre l’initiative demandant l’exclusion des criminels étrangers, et tous les contre-projets du même tabac. La raison en est qu’il ne doit pas exister de droit parallèle punissant systématiquement les mêmes crimes de manière différente selon la nationalité des coupables. </p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-465</guid><pubDate>Mon, 10 May 2010 16:12:00 +0200</pubDate><title>Plus que jamais, il faut défendre les droits des apprenti(e)s !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/plus-que-jamais-il-faut-defendre-les-droits-des-apprenti-e-s</link><description>Nouvelle édition du best-seller de l’USS « Je défends mes droits »</description><content:encoded><![CDATA[<p>La Commission de jeunesse de l’USS publie une 7<sup>ème</sup> édition remaniée de son best-seller, la brochure «&nbsp;Je défends mes droits – jeune, apprentie, apprenti, tes droits de A à Z&nbsp;». Cette édition, mise à jour et augmentée, donne des explications sur des tendances inquiétantes mais malheureusement bien réelles du monde du travail actuel. Le guide pratique des apprenti(e)s aborde les questions de salaire (avec des nouveaux articles intitulés «&nbsp;sous-enchère&nbsp;» ou «&nbsp;salaire minimum&nbsp;»), de la précarité («&nbsp;stage&nbsp;», «&nbsp;travail temporaire&nbsp;», «&nbsp;travail sur appel&nbsp;»), de la migration («&nbsp;mesures d’accompagnement&nbsp;», «&nbsp;autorisation de séjour&nbsp;»), de la situation sur le marché de l’emploi («&nbsp;caisse de chômage&nbsp;», «&nbsp;travail convenable&nbsp;», «&nbsp;changement de place d’apprentissage&nbsp;») ainsi que de la santé et de la sécurité au travail («&nbsp;dyslexie&nbsp;», «&nbsp;troubles du déficit de l’attention&nbsp;», «&nbsp;dépression&nbsp;»). La place des jeunes dans la société est également présente, avec des articles sur la «&nbsp;participation politique&nbsp;» ou le «&nbsp;courage civil&nbsp;». 
</p><p>Le monde du travail est en effet devenu plus difficile aussi pour les jeunes. La pénurie des places d’apprentissage, la montée du chômage et la dégradation de la protection légale des jeunes travailleurs ont malheureusement laissé des traces&nbsp;: un nombre croissant de jeunes s’adressent aux syndicats pour recevoir conseils et aide. Leur santé se dégrade, les accidents de travail impliquant des jeunes sont trop nombreux et les salaires des apprenti(e)s stagnent. La situation pourrait même dégrader davantage&nbsp;: en adoptant une révision de la loi sur l’assurance-chômage qui fait la part belle aux réductions de prestations pour les jeunes chômeurs et chômeuses, le Parlement fédéral a montré qu’il était prêt à passer les intérêts des jeunes par pertes et profits et n’hésite pas à leur faire subir des discriminations. Après la diminution de l’âge de protection des jeunes travailleurs, quel mauvais coup la majorité bourgeoise s’apprête-t-elle à faire aux jeunes&nbsp;?
</p><p>Tirée à plus de 50&nbsp;000 exemplaires en français et en allemand, cette nouvelle édition peut être commandée au prix de 4 francs l’exemplaire auprès de l’Union Syndicale Suisse (<a href="#" data-mailto-token="thpsav1pumvGzni5jo" data-mailto-vector="7">info(at)sgb.ch</a>) et consultée gratuitement sur <a href="http://www.jeunesse-syndicale.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.jeunesse-syndicale.ch</a>. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-467</guid><pubDate>Wed, 28 Apr 2010 16:10:00 +0200</pubDate><title>Le Comité de l’USS adopte le texte constitutionnel</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-comite-de-l-uss-adopte-le-texte-constitutionnel</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>À l’unanimité, le Comité de l’USS a adopté – à l’intention de l’Assemblée des délégué(e)s de l’USS du 17 mai prochain qui se prononcera sur le lancement de l’initiative – le texte constitutionnel de cette dernière (cf. infra). Son but est, premièrement, de protéger les salaires via l’encouragement des conventions collectives de travail et des salaires minimaux conventionnels. Elle demande, comme instrument subsidiaire, un salaire minimum légal national régulièrement indexé à l’évolution des prix et des salaires. Ce salaire minimum légal devra entrer en vigueur en 2011 et être de Fr. 22.- l’heure. Aujourd’hui, 400&nbsp;000 salarié(e)s se trouvent au-dessous de ce seuil.
</p><p>Le texte constitutionnel proposé est le suivant&nbsp;: 
</p><p><i>«&nbsp;Art.&nbsp;110a Protection des salaires&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </i></p><ol><li>La Confédération et les cantons adoptent des mesures pour protéger les salaires sur le marché suisse de l’emploi.</li><li>Ils encouragent en particulier à cette fin l’adoption et le respect de salaires minimums d’usage dans la localité, la profession et la branche dans les conventions collectives de travail. </li><li>La Confédération édicte un salaire minimum légal. Ce salaire est indexé régulièrement sur l’évolution des salaires et des prix, dans une mesure qui ne peut être inférieure à l’évolution de l’indice des rentes AVS.</li><li>Le salaire minimum légal est applicable à tous les travailleurs et constitue une limite inférieure contraignante. La Confédération peut édicter des dérogations pour des rapports de travail particuliers.</li><li>Les dérogations et l’indexation du salaire minimum légal sur l’évolution des salaires et des prix sont édictées avec le concours des partenaires sociaux.</li><li>Les cantons peuvent édicter des suppléments contraignants au salaire minimum légal. </li></ol><p><i>Disposition transitoire ad art.&nbsp;110a (Protection des salaires)</i></p><p>Le salaire minimum légal se monte à Fr.&nbsp;22.- par heure. Au moment de l’entrée en vigueur, ce montant est majoré de l’évolution des salaires et des prix accumulée depuis 2011 conformément à l’art.&nbsp;110a, al.&nbsp;3.
</p><p>Le Conseil fédéral met en vigueur l’art.&nbsp;110a au plus tard trois ans après son acceptation par le peuple et les cantons. 
</p><p>Si aucune loi d’application n’est entrée en vigueur dans ce délai, le Conseil fédéral édicte les dispositions d’application par voie d’ordonnance avec le concours des partenaires sociaux.&nbsp;»
</p><p>&nbsp;</p><p>Plus d'information dans le discours attaché de Vania Alleva, membre du comité du Syndicat UNIA, et la documentation sur la thématique.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-481</guid><pubDate>Wed, 20 Jan 2010 15:36:00 +0100</pubDate><title>Pas sur le dos des salarié(e)s!</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pas-sur-le-dos-des-salarie-e-s</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Le Conseil fédéral a approuvé aujourd’hui, au nom d’un „assainissement facilité“ des entreprises, le principe selon lequel les contrats de travail ne devront plus être transférés automatiquement à la nouvelle société en cas de reprise. Cette décision est choquante, et le Parlement doit remettre les pendules à l’heure. 
</p><p>En période de crise économique, les faillites se multiplient, et c’est justement la raison pour laquelle il faut protéger efficacement les emplois. Or, avec ses propositions de révision de la procédure d’assainissement des entreprises, le Conseil fédéral met en péril un grand nombre de places de travail. Lors de l’assainissement d’une entreprise, le maintien des postes de travail doit avoir la priorité absolue. Il n’est pas normal que, au moyen d’un assainissement, le parc de machines soit converti en argent ou que l’entreprise soit dépecée pour être ensuite vendue par morceaux. Pour l’USS, il est inacceptable que les travailleurs et travailleuses puissent demain être licenciés sans délai lorsqu’une entreprise est assainie. 
</p><p>Le Conseil fédéral a néanmoins reconnu les effets négatifs de ses projets et, à titre de compensation, il propose d’instaurer une obligation de mettre en place un plan social. L’USS demande depuis fort longtemps l’obligation légale de prévoir un plan social. En période de crise économique, cette obligation se justifie d’autant plus. Quand les entreprises sont encore capables de dégager des moyens pour payer des parachutes dorés à des managers incompétents, elles ont également assez de moyens pour financer des indemnités de licenciement, des stages de recyclage ou des retraites anticipées pour les travailleurs et travailleuses mis à la porte.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-485</guid><pubDate>Thu, 17 Dec 2009 15:20:00 +0100</pubDate><title>Le Conseil fédéral reconnaît enfin qu’il faut agir</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-conseil-federal-reconnait-enfin-qu-il-faut-agir</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Le Conseil fédéral a décidé d’étendre à d’autres catégories de salarié(e)s la protection contre le licenciement des travailleurs ou travailleuses qui dénoncent des faits répréhensibles dans leur entreprise. Les représentant(e)s des syndicats et les membres des commissions d’entreprise pourront ainsi profiter d’une meilleure protection contre les licenciements abusifs.
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS), qui a signalé depuis longtemps cette situation inacceptable, salue la volonté manifestée par le gouvernement suisse d’étendre cette protection. Enfin, ce dernier est aussi conscient du fait que le courage civique dont font preuve certains salarié(e)s de Suisse ne doit pas être puni par un licenciement. Le Conseil fédéral entend aussi réexaminer la dureté des sanctions qui prévoient aujourd’hui, en cas de licenciement abusif, tout au plus le versement de six mois de salaire. L’USS demande d’ailleurs que les licenciements abusifs grossiers soient déclarés nuls. 
</p><p>Dans la crise actuelle, de nombreux représentant(e)s des travailleurs et travailleuses ont été les victimes de licenciements abusifs et réduits ainsi au silence. Qui fait preuve de courage sur son lieu de travail mérite d’être mieux protégé.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-495</guid><pubDate>Tue, 17 Nov 2009 14:55:00 +0100</pubDate><title>Évolution des salaires 2006-2008 : deux années perdues à de nombreux égards</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/evolution-des-salaires-2006-2008-deux-annees-perdues-a-de-nombreux-egards</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Durant les années de bonne conjoncture, il est plus facile d’éliminer certains déséquilibres dans la structure des salaires et de corriger certaines évolutions socialement douteuses que pendant des années de récession&nbsp;; cela, parce que les entreprises alors ont plus d’argent grâce à la bonne situation économique. Les résultats de l’Enquête suisse sur la structure des salaires (ESS) 2008 qui nous sont présentés dressent cependant un tableau inquiétant. Les cadres et les hommes sont les principaux gagnants de la reprise dans les années 2006 à 2008. Les salaires des femmes ont fait du surplace et l’écart entre les salaires s’est fortement creusé dans de nombreuses branches. Pour contrer cette évolution, il faut lancer une offensive sur les salaires minimums, et procéder de manière automatique à l’examen des discriminations à l’encontre des salaires féminins.
</p><h3>Des écarts salariaux qui se creusent encore plus</h3><p>La bonne conjoncture des années 2006 à 2008 a surtout entraîné une forte hausse des traitements des cadres. Ces traitements ont augmenté de 11,5&nbsp;%, après avoir déjà crû, de 2004 à 2006 (+5,4&nbsp;%), plus que la moyenne. La situation de la grande majorité des travailleurs et travailleuses s’est même dégradée, après déduction du renchérissement. Par exemple, les salarié(e)s sans fonction de cadre ont même reçu, en 2008, 0,5&nbsp;% de moins en termes réels qu’en 2006. L’écart entre les salaires des cadres et ceux de la majorité des travailleurs et travailleurs s’est nettement creusé en Suisse.
</p><p>Dans certaines branches, cette évolution est très marquée. Les chefs se sont servis alors que les salaires des employé(e)s allait même jusqu’à baisser. Ce fut le cas dans les banques, pour prendre un exemple. Alors que les salaires de cadres ont augmenté de bien plus de 30&nbsp;%, la majorité des employé(e)s ordinaires des banques ont même gagné 80 francs environ de moins qu’en 2006. On retrouve une situation semblable dans la branche des «&nbsp;Transports terrestres&nbsp;» (CFF et autres transports publics, transports routiers)&nbsp;: les salaires des cadres y ont augmenté de près de 10&nbsp;% quand ceux du personnel baissaient de 0,1&nbsp;%. En tant qu’exploitant et donneurs d’ordres des transports publics, la Confédération, les cantons et les communes sont clairement coresponsables de ces écarts.
</p><p>Le tableau des branches soumises à des conventions collectives de travail (CCT) prévoyant des salaires minimums est plus positif. Dans la construction et l’hôtellerie-restauration, mais aussi dans le commerce de détail (CCT avec les grandes entreprises), les écarts entre les salaires des cadres et ceux des employé(e)s ont même pu être en partie réduits.
</p><h3>Bas salaires&nbsp;: une situation qui reste explosive</h3><p>Ces dernières années, ce sont surtout les offensives lancées par les syndicats en faveur de salaires minimums qui ont permis d’atténuer le problème des bas salaires. Toutefois, ces derniers sont toujours et encore une réalité et l’évolution entre 2006 et 2008 inquiète. La part des postes à plein temps rémunérés moins de Fr. 3500.- par mois a quelque peu diminué (de 6,2 à 5,4&nbsp;%), ce qui, en comparaison avec les années passées, est plutôt modeste. Mais, dans de nombreux emplois à bas salaires, les hausses ont été mangées par le renchérissement. Le problème des emplois à bas salaire est le plus grave dans le secteur des services (services personnels, hôtellerie-restauration, commerce de détail). Cependant, les très bas salaires sont également restés répandus dans certains pans de l’industrie (p. ex. habillement). La situation est particulièrement alarmante dans la branche des services personnels (salons de coiffure, instituts de beauté, etc.). Ici, la majorité du personnel même qualifié – par exemple les employé(e)s qui ont fait un apprentissage – gagne moins de Fr. 3600.-. Après déduction du renchérissement entre 2006 et 2008, le salaire de ces personnes a diminué de 2&nbsp;%. Cette branche n’est pratiquement pas protégée par des salaires minimums (s’y ajoute un vide conventionnel pour la coiffure). Le problème des bas salaires ne sera pas maîtrisé si l’on ne lance pas de nouvelles offensives pour des salaires minimums. En l’absence d’une politique active dans ce domaine, on risque au contraire de voir les bas salaires tomber encore plus bas qu’aujourd’hui.
</p><h3>L’écart entre salaires féminins et salaires masculins s’est creusé</h3><p>Concernant l’égalité entre femmes et hommes, la période 2006 et 2008 a aussi été un échec. Alors que l’on était parvenu à réduire quelque peu l’écart entre salaires féminins et salaires masculins depuis la fin des années 1990, ce dernier s’est remis à se creuser pour la première fois depuis 2006. Le but consistant à éliminer les inégalités de salaires entre les sexes et, ainsi, à remplir le mandat constitutionnel de l’égalité entre femmes et homme s’éloigne donc encore plus.
</p><p>Au niveau fédéral, les employeurs et les syndicats ont lancé en mars 2009 le Dialogue sur l’égalité des salaires. L’objectif est ici de contrôler sur une base de partenariat social les salaires des femmes afin d’établir s’il y a discrimination ou non à l’encontre de celles-ci. Le creusement de l’écart des salaires montre clairement que ces contrôles sont plus nécessaires que jamais. Mais l’élimination des discriminations directes ne sera pas synonyme d’égalité intégrale des salaires. Pour cela, il faudrait aussi qu’il y ait égalité des chances en matière de formation continue, etc.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-496</guid><pubDate>Fri, 13 Nov 2009 14:52:00 +0100</pubDate><title>Les syndicats ont obtenu des hausses des salaires réels</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-syndicats-ont-obtenu-des-hausses-des-salaires-reels</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="PresseText"><span lang="FR">Nous connaissons désormais les premiers accords salariaux conclus lors des négociations de cette année. Ils montrent que, pour l’heure, les hausses des salaires réels sont la règle (cf. tableau infra). Les syndicats sont ainsi parvenus à éviter que la récession ne se répercute pleinement l’an prochain sur l’économie intérieure. </span></p><p class="PresseText"><span lang="FR">Des hausses de salaire ne sont toutefois pas certaines partout. Dans quelques branches et entreprises en effet, des patrons essaient de repousser les négociations pour qu’elles aient lieu une fois que la récession aura atteint l’économie intérieure. En outre, avec culot et sans tenir compte du fait que deux tiers des salarié(e)s sont occupés dans des branches dont les affaires sont bonnes ou satisfaisantes, certains représentants patronaux ont exigé un gel général des salaires. Or ce serait là du poison pour l’économie qui a autant besoin de hausses des salaires que d’une injection de vitamines. Il faut en plus, pour éviter une aggravation de la situation économique, que les fonds destinés à la réduction des primes-maladie soient augmentés dans la même mesure que la hausse de ces dernières l’an prochain. </span></p><p class="PresseText"><span lang="FR">Le tableau des résultats des accords salariaux conclus à ce jour par Unia et le Syndicat suisse des services publics (ssp) se trouve sur la page suivante</span><span lang="FR">.</span></p><p class="PresseText">&nbsp;</p><p class="Text"><b><span lang="FR">Vue d’ensemble des négociations salariales</span></b></p><p class="Text">&nbsp;</p><table class="contenttable"><thead><tr><th scope="col"><p><span class="Zusatzfett"><span lang="FR">Branche / entreprises (toutes UNIA)<br></span></span></p></th><th scope="col">Hausses des salaires effectifs</th><th scope="col">Hausses des salaires minimums</th><th scope="col">Nombre de personnes concernées</th></tr></thead><tbody><tr><td>Coops</td><td><p><span lang="FR">jusqu’à Fr. 4500/mois&nbsp;:</span><span class="TextCar"><b><span lang="FR">plus Fr. 40.- (moyenne&nbsp;: 1%</span></b></span><span class="Zusatzfett"><b><span lang="FR">)</span></b></span></p><p><span lang="FR">depuis Fr. 4500..-/mois plus 0,75&nbsp;%</span></p></td><td><p><span lang="FR">plus Fr. 100 .- par mois </span></p><p><span lang="FR">(moyenne&nbsp;: 2,5&nbsp;%)</span></p></td><td><p><span lang="FR">40’000</span></p></td></tr><tr><td>Lidl</td><td><p><b><span lang="FR">plus 5&nbsp;% de la masse salariale</span></b></p></td><td><p><span lang="FR">de Fr. 100.- à Fr. 250 p.- par mois</span></p></td><td><p><span lang="FR">1000</span></p></td></tr><tr><td><p><span class="Zusatzfett"><span lang="FR">Nettoyage (Suisse alémanique)</span></span></p></td><td></td><td><b><span lang="FR">plus 2&nbsp;%</span></b></td><td><span lang="FR">35’000</span></td></tr><tr><td><p><span class="Zusatzfett"><span lang="FR">Nettoyage (Suisse romande)<br></span></span></p></td><td></td><td><p><b><span lang="FR">de 1,25&nbsp;% à 1,55&nbsp;%</span></b></p></td><td><span lang="FR">6000</span></td></tr><tr><td><p><span class="Zusatzfett"><span lang="FR">Construction en bois</span></span></p></td><td><p><span lang="FR">- plus 1&nbsp;% à titre général</span></p><p class="Briefanrede"><span lang="FR">- plus 1,5&nbsp;% progression d’échelon</span></p><p><b><span lang="FR">au total&nbsp;: 2,5&nbsp;%</span></b></p><p><span lang="FR">pour 70&nbsp;% des employé(e)s</span></p></td><td><span lang="FR">plus 1&nbsp;%</span></td><td><span lang="FR">12’000</span></td></tr><tr><td><p><span class="Zusatzfett"><span lang="FR">Gros oeuvre</span></span></p></td><td><p><span lang="FR">- plus 1&nbsp;% à titre général</span></p><p class="Briefanrede"><span lang="FR">- plus Fr. 1.-/jour (repas de midi) </span></p><p><span lang="FR">soit une hausse de</span></p><p><b><span lang="FR">Fr. 70.- à Fr. 80.-/mois</span></b></p></td><td></td><td><p><span lang="FR">80’000</span></p></td></tr><tr><td><p><span class="Zusatzfett"><span lang="FR">Sucrerie d’Aarberg</span></span></p></td><td><p><b><span lang="FR">plus 1&nbsp;%</span></b></p></td><td></td><td><span lang="FR">275</span></td></tr><tr><td><span class="Zusatzfett"><span lang="FR">Lindt &amp; Sprüngli</span></span></td><td><p><b><span lang="FR">plus 1&nbsp;% à 1,5&nbsp;%</span></b></p></td><td></td><td></td></tr><tr><td><p><span class="Zusatzfett"><span lang="FR">Industrie horlogère</span></span></p></td><td><p><span lang="FR">Seul le renchérissement est négocié chaque année</span></p></td><td><p><span lang="FR">plus Fr. 100.-</span></p></td><td><p><span lang="FR">41’000</span></p></td></tr></tbody></table><p class="Text">&nbsp;</p><table class="contenttable"><tbody><tr><td><p class="Text"><span class="Zusatzfett"><span lang="FR">Canton de Soleure </span></span></p><p class="Text"><span class="Zusatzfett"><span lang="FR">(tous = ssp) </span></span></p></td><td><p class="Text"><span lang="FR">1&nbsp;% à titre général plus octroi des annuités</span></p></td></tr><tr><td><p class="Text"><span class="Zusatzfett"><span lang="FR">Cantons de Bâle-Ville et Bâle-Campagne</span></span></p></td><td><p class="Text"><span lang="FR">Anuités à titre individuel</span></p></td></tr><tr><td><p class="Text"><span class="Zusatzfett"><span lang="FR">Canton de Fribourg</span></span></p></td><td><p class="Text"><span lang="FR">Mécanismes salariaux garantis (= 1&nbsp;%)&nbsp;; d’autres points ouverts</span></p></td></tr><tr><td><p class="Text"><span class="Zusatzfett"><span lang="FR">Hôpitaux du canton d’Argovie</span></span></p></td><td><p class="Text"><span lang="FR">1,5&nbsp;% en tout (dont au moins 1&nbsp;% pour annuités)</span></p></td></tr><tr><td><p class="Text"><span class="Zusatzfett"><span lang="FR">Ville de Zurich</span></span></p></td><td><p class="Text"><span lang="FR">Compensation du renchérissement au 1.4.2010&nbsp;; plus 35 millions de francs pour des augmentations</span></p></td></tr><tr><td><p class="Text"><span class="Zusatzfett"><span lang="FR">Centrales électriques du canton de Zurich</span></span></p></td><td><p class="Text"><span lang="FR">1,7&nbsp;% à titre individuel</span></p></td></tr><tr><td><p class="Text"><span class="Zusatzfett"><span lang="FR">Centrales électriques du canton d’Argovie</span></span></p></td><td><p class="Text"><span lang="FR">1,2&nbsp;% (dont 0,34&nbsp;% pour tous les employé(e)s</span></p></td></tr><tr><td><p class="Text"><span class="Zusatzfett"><span lang="FR">Hôpital du Jura et homes</span></span></p></td><td><p class="Text"><span lang="FR">Annuités individuelles octroyées (= 2,3&nbsp;% en moyenne</span></p></td></tr><tr><td><p class="Text"><span class="Zusatzfett"><span lang="FR">Ville de Thoune </span></span></p></td><td><p class="Text"><span lang="FR">Annuités octroyées (= 1,25&nbsp;%)</span></p></td></tr></tbody></table><p class="PresseAuskunftspersonundTel">Plus d'information dans les discours de :</p><ul><li><b>Andreas Rieger</b>, coprésident du syndicat UNIA</li><li><b>Daniel Lampart</b>, économiste en chef de l'USS</li><li><b>Stefan Giger</b>, secrétaire central ssp</li></ul><p class="PresseAuskunftspersonundTel">en annexe.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2461</guid><pubDate>Mon, 09 Nov 2009 14:48:00 +0100</pubDate><title>Claire décision de principe en faveur d’une initiative pour des salaires minimums</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/claire-decision-de-principe-en-faveur-d-une-initiative-pour-des-salaires-minimums</link><description>Berne, le 9 novembre 2009</description><content:encoded><![CDATA[<p>Réunis aujourd’hui à Berne, les délégué(e)s de l’Union syndicale suisse (USS) ont clairement approuvé – à l’unanimité moins une abstention – le principe d’une initiative populaire pour des salaires minimums. D’une part, celle-ci devra contenir en priorité une disposition sur l’encouragement des conventions collectives de travail (CCT) prévoyant des salaires minimums. D’autre part, et subsidiairement, elle devra fixer un salaire minimum général. Le Secrétariat de l’USS a été chargé d’élaborer des dispositions détaillées à ce sujet. Et c’est à l’AD de mai 2010 ou, si l’examen du texte devait prendre plus de temps, au Congrès de l’USS de novembre 2010, qu’il reviendra de prendre la décision finale quant aux revendications exactes de cette initiative. Toutes les personnes qui sont intervenues aujourd’hui ont donné pour principale raison à cette décision, de s’attaquer à ce fléau national que sont les très bas salaires via une initiative populaire, le fait qu’il n’est quasiment pas possible, dans les branches qui connaissent de tels salaires, de progresser à l’aide de l’outil syndical traditionnel que sont les CCT. Car seule la moitié des 400&nbsp;00 personnes qui gagnent actuellement moins de 3500 francs par mois (x 13) bénéficient aujourd’hui de la protection d’une CCT. 
</p><p>Auparavant, les délégué(e)s de l’USS ont adopté à l’unanimité une résolution demandant que l’on arrête de mener une politique qui aggrave encore plus la crise et qu’au contraire, des hausses de salaire de 1,5 à 2,5&nbsp;% soient accordées ainsi qu’un chèque pour atténuer l’explosion des primes-maladie, qu’il soit procédé à des investissements publics et qu’une offensive de formation continue soit lancée en lieu et place des mesures d’austérité prises au détriment des gens ordinaires, et que la durée d’indemnisation par l’assurance-chômage soit prolongée. 
</p><p>Dans son exposé introductif, le président de l’USS, Paul Rechsteiner, a mis en évidence l’offensive groupée actuellement menée en Suisse contre l’État social. Pratiquement toutes les assurances sociales sont touchées. Mais les syndicats lutteront, énergiquement et dans le cadre d’une alliance aussi vaste que possible, pour défendre leurs acquis – et, donc, une Suisse sociale.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-499</guid><pubDate>Wed, 21 Oct 2009 14:42:00 +0200</pubDate><title>Pas d’effet domino pour le travail de nuit!</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pas-d-effet-domino-pour-le-travail-de-nuit</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>La décision du tribunal administratif fédéral rendue publique aujourd’hui met une fois de plus les choses au point en matière de travail de nuit:&nbsp; Il n’est pas possible de déroger pour des raisons futiles à l’interdiction de travailler la nuit ancrée dans la loi sur le travail.&nbsp; 
</p><p>La travail de nuit est une lourde charge pour les travailleuses et travailleurs, il met leur santé en danger et ne doit donc être autorisé qu’exceptionnellement. 
</p><p>Faire ses achats dans des supermarchés de stations-service n’est pas un besoin avéré de la population. Le plaisir du shopping de quelques-uns ne justifie en aucun cas un assouplissement de l’interdiction de travailler la nuit. 
</p><p>Si les supermarchés des stations-service pouvaient ouvrir la nuit, d’autres magasins, dans les gares ou au centre des villes ne tarderaient pas à demander l’égalité de traitement et obtiendraient des dérogations similaires. Cela provoquerait un véritable effet domino. Bientôt, des milliers d’employées et d’employés du commerce de détail pourraient être forcés de travailler la nuit.&nbsp; 
</p><p>Il est donc tout à fait justifié de fermer les supermarchés des stations-service pendant la nuit. La protection des travailleurs doit être prise au sérieux, en particulier en temps de crise.&nbsp; 
</p><p>L’Union Syndicale Suisse se battra bec et ongle contre tout assouplissement de la protection des travailleurs et veillera à une application rigoureuse de la loi sur le travail.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-501</guid><pubDate>Wed, 14 Oct 2009 14:39:00 +0200</pubDate><title>L’Assemblée des délégué(e)s (AD) l’Union syndicale suisse (USS) du 9 novembre prendra une décision de principe.</title><link>https://www.uss.ch/luss/organes/detail/l-assemblee-des-delegue-e-s-ad-l-union-syndicale-suisse-uss-du-9-novembre-prendra-une-decision-de-principe</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="PresseText"><span lang="FR">Le 14 octobre, le Comité de l’USS a décidé de proposer à l’AD du 9 novembre prochain de prendre une décision de principe concernant le lancement d’une initiative populaire pour un salaire minimum. La décision finale sera prise par l’AD de mai ou celle de novembre 2010. </span></p><p class="PresseText"><span lang="FR">Depuis leur campagne «&nbsp;Pas de salaires au-dessous de 3000 francs&nbsp;!&nbsp;», lancée en 1999, l’USS et ses syndicats étudient de manière approfondie la question d’un salaire minimum. Au printemps dernier, l’USS a créé un groupe d’expert(e)s chargé d’étudier dans le détail cette problématique et d’examiner l’éventuel lancement d’une initiative populaire à ce sujet. De plus, des initiatives populaires cantonales visant le même but ont été lancées - et certaines déposées -, une initiative au plan fédéral ayant également été annoncée. Enfin, le congrès du syndicat Unia a pris une décision semblable.</span></p><p class="PresseText"><span lang="FR">Le Comité de l’USS a choisi d’articuler une telle initiative autour de deux axes&nbsp;: encouragement en priorité des conventions collectives de travail prévoyant des salaires minimaux et, subsidiairement, fixation d’un salaire minimum général. Avant d’équilibrer avec précision ces deux axes, d’autres clarifications seront encore nécessaires après la décision de principe de l’AD de novembre.</span></p>]]></content:encoded><category>Décisions des organes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-511</guid><pubDate>Fri, 04 Sep 2009 14:23:00 +0200</pubDate><title>Lancement d’une campagne pour une meilleure protection contres les licenciements antisyndicaux</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/lancement-d-une-campagne-pour-une-meilleure-protection-contres-les-licenciements-antisyndicaux</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Une soixantaine de syndicalistes, dont de nombreux membres de commissions du personnel et des personnes concernées, ont demandé une meilleure protection des représentant(e)s syndicaux, lors d’une journée d’étude sur cette question. Ils ont aussi décidé de lancer une campagne intitulée «&nbsp;Licenciements antisyndicaux&nbsp;: ça suffit&nbsp;!&nbsp;», dans le but de faire connaître à l’opinion publique les lacunes de la protection légale dans ce domaine. Une partie substantielle de cette campagne est constituée par une lettre ouverte de représentant(e)s du personnel dans les entreprises adressée au Conseil fédéral à qui il est instamment demandé qu’il fasse une fois pour toutes en sorte que cette protection soit efficace. 
</p><p>Le contexte&nbsp;: la Suisse protège extrêmement peu contre les licenciements abusifs les syndicalistes actifs dans les entreprises. Or, il est nécessaire – ce qui va aussi de soi dans les pays limitrophes – que les syndicalistes qui s’acquittent activement de leurs tâches syndicales de représentation soient protégés. Précisément en pleine crise, de nombreux représentant(e)s du personnel et délégué(e)s syndicaux ont en effet permis d’éviter des coupes claires dans le personnel et garanti ainsi des emplois. 
</p><p>Par leur attitude, les autorités suisses violent aussi le droit international. L’Union syndicale suisse (USS) a signalé qu’elle maintenait la plainte contre la Suisse qu’elle a déposée auprès de l’Organisation internationale du Travail (OIT) et présentera à la commission compétente de cette dernière de nouveaux cas de licenciements antisyndicaux. La Suisse a déjà été condamnée par l’OIT à cause de sa protection lacunaire des syndicalistes actifs dans les entreprises. Pour sa part, le syndicat Unia va aussi chercher à améliorer cette protection dans le cadre des négociations conventionnelles à venir. </p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-513</guid><pubDate>Thu, 27 Aug 2009 14:21:00 +0200</pubDate><title>Grippe A : le salaire doit aussi être versé en cas de pandémie</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/grippe-a-le-salaire-doit-aussi-etre-verse-en-cas-de-pandemie</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>En juillet dernier, le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) a ouvert sur la page d’accueil de son site Web un FAQ (Foire aux questions&nbsp;: «&nbsp;Pandémie et entreprises&nbsp;») sur les droits et devoirs des employeurs et des travailleurs et travailleuses, une initiative qui est à saluer. Or, le droit du travail y est interprété, sur quelques aspects fondamentaux, de manière défavorable aux travailleurs et travailleuses. Après intervention de l’USS, le SECO a certes revu sa copie, mais la nouvelle version continue à donner, sur des questions importantes pour ces derniers, des réponses lacunaires ou, sans autre forme de procès, toujours en leur défaveur. Désormais, une expertise de Me Bernard Waeber, un spécialiste du droit du travail, confirme que certaines interprétations du SECO sont erronées.
</p><p>Ainsi, contrairement à ce que pense le SECO, les personnes contraintes de s’occuper de leurs enfant(s) malade(s) doivent continuer à toucher sur plus de 3 jours leur salaire pendant une pandémie, car il s’agit là d’un devoir d’assistance selon la loi.
</p><p>En outre, les employeur(e()s doivent aussi continuer à verser les salaires si leur entreprise est fermée provisoirement pour cause de grippe A, que cette fermeture ait été ordonnée par les autorités ou qu’ils l’aient décidée de leur propre chef. Le droit prévoit en effet clairement que l’employeur(e) supporte aussi le risque entrepreneurial, même lorsqu’il ne porte pas la responsabilité d’événements extérieurs, comme une pandémie. Et les travailleurs et travailleuses n’ont pas à rattraper ultérieurement le temps de travail ainsi perdu.
</p><p>L’Union patronale et d’autres organisations patronales (hotelleriesuisse, Gastrosuisse) ont repris tel quel ce FAQ. Pour que la protection des travailleuses et travailleurs durant une pandémie soit garantie, les erreurs constatées dans ce document doivent de toute urgence être corrigées. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2945</guid><pubDate>Mon, 24 Aug 2009 10:43:00 +0200</pubDate><title>Pour les deux tiers des entreprises, la situation est bonne — 80 à 120 francs d’augmentation de salaire, c’est nécessaire, possible et pertinent</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pour-les-deux-tiers-des-entreprises-la-situation-est-bonne-80-a-120-francs-d-augmentation-de-salaire-c-est-necessaire-possible-et-pertinent</link><description>Les fédérations de l’USS revendiquent pour 2010 des augmentations de salaire de 80 à 120 francs, ou d’environ 1,5 à 2 %. Cela n’a rien d’exagéré, car en Suisse, deux tiers des salarié(e)s travaillent dans des entreprises qui, en 2009, ont réalisé de bons résultats ou au moins des résultats satisfaisants. L’augmentation des salaires contribuera à soutenir le marché intérieur. Les baisses de salaires sont inacceptables.</description><content:encoded><![CDATA[<p>120 francs pour le bâtiment, autant ou presque autant dans les arts et métiers, 100 francs à la Migros et probablement la même chose à la Coop, 100 francs aussi dans les transports routiers privés&nbsp;: voilà les revendications concrètes présentées par le coprésident d’Unia Andreas Rieger lors de la conférence de presse de l’USS du 20 août. Les requêtes du Syndicat de la Communication vont dans la même direction, comme l’a détaillé le président central Alain Carrupt&nbsp;; dans le secteur des télécoms comme à la Poste, le syndicat réclame 2&nbsp;% d’augmentation de salaire. Et Judith Bucher, du ssp, a demandé au moins 1,5 à 2&nbsp;% pour les annuités et les promotions du personnel des services publics.
</p><h3>Nécessaire et supportable</h3><p>L’économie peut-elle le supporter&nbsp;? ont demandé les journalistes. Oui, elle le peut, et dans la majorité des cas sans problème aucun. Car, contrairement au sombre tableau que l’on dresse, de nombreuses branches se portent très bien en Suisse, a répondu l’économiste en chef de l’USS, Daniel Lampart, qui mentionna nommément les secteurs des transports et des communications, du bâtiment, du commerce, des administrations publiques, de la santé et de l’éducation, ainsi qu’une partie de l’industrie (industrie alimentaire et des boissons, industrie pharmaceutique) et le secteur financier (banques cantonales, Raiffeisen, Credit Suisse). Ces entreprises occupent environ les deux tiers de tous les salarié(e)s du pays. Pour refuser d’augmenter les salaires réels, les entreprises de ces branches et secteurs devront — selon le président de l’USS Paul Rechsteiner — invoquer de bien mauvaises excuses.
</p><p>Il est évident que les salaires en hausse sont le carburant dont a besoin le moteur du marché intérieur. Les augmentations de 2009, obtenues lors des négociations de 2008, ont assuré le maintien du pouvoir d’achat de la majorité des salarié(e)s et ainsi, le fonctionnement d’un marché intérieur encore robuste. Il en va exactement de même pour l’actuel cycle de négociations salariales, qui portera ses fruits durant une année 2010 qui s’annonce menaçante. Inversons le raisonnement&nbsp;: sans une augmentation des salaires, l’année prochaine risque de voir le marché intérieur s’affaisser, entraînant ainsi une croissance encore plus forte du chômage, qui sera de toute façon déjà marquée.
</p><h3>Les baisses de salaire&nbsp;: un poison&nbsp;</h3><p>Les syndicats prennent en compte les problèmes que connaissent certains secteurs de l’industrie. Pour les entreprises qui se portent bien, Unia revendique un montant fixe de 100 francs et plus (respectivement entre 1,5 et 2,5&nbsp;%). Dans les entreprises où les commandes ont reculé, mais qui se sont «&nbsp;fait du gras&nbsp;» avec les super-bénéfices de ces dernières années, cette revendication est ramenée entre 80 et 100 francs. Et dans les entreprises qui vont mal et qui, de ce fait, veulent baisser les salaires&nbsp;? Unanimement, les syndicats refusent ces baisses&nbsp;: «&nbsp;Il s’agit d’un poison pour la conjoncture, car elles anéantissent le pouvoir d’achat. Elles sont également fatales à la motivation des employés. Enfin, elles pénalisent doublement les travailleurs concernés&nbsp;: d’abord par la réduction de salaire, ensuite par la baisse liée des allocations de l’assurance-chômage et des autres assurances sociales.&nbsp;» (Andi Rieger). Et Daniel Lampart de préciser&nbsp;: ce qui fait défaut à ces entreprises, c’est la demande, et la baisse des salaires n’y remédie en rien. Pour que la demande reprenne, il faut au contraire des mesures internationales de soutien à la conjoncture. Donc, des hausses de salaire dans tous les pays.
</p><h3>Déprécier le franc — réduire le prix de l’électricité</h3><p>Si certaines entreprises d’exportation ont des problèmes de coûts, ceux-ci doivent être résolus via une dépréciation du franc suisse. Une dépréciation de 3 petits centimes aurait, pour elles, un effet sur les coûts similaire à une réduction des salaires de 10&nbsp;%. Et cela leur rendrait service à toutes. Une réduction du prix de l’électricité est aussi nécessaire à ces entreprises. Le gouvernement et le parlement doivent revenir sur l’ouverture du marché de l’électricité qui, dans de nombreuses firmes, a provoqué une hausse allant jusqu’à 20&nbsp;% de son prix.
</p><h3>Compenser complètement l’augmentation des primes des caisses-maladie</h3><p>En 2010, les pertes de pouvoir d’achat pourraient aussi provenir d'ailleurs&nbsp;: du côté de l’explosion des primes des caisses-maladie et de l’augmentation de la taxe saur le CO2. C’est prioritairement la Confédération qui est concernée, puisqu’elle pourrait agir par un subventionnement des primes égal à leur augmentation et par une rétrocession immédiate de la taxe sur le CO2. Une lueur d’espoir est apparue à ce propos, la commission du Conseil national compétente proposant cette rétrocession immédiate, ainsi que la prolongation du chômage partiel à 24 mois — une exigence avancée par les syndicats dès les premières manifestations de la crise, le chômage partiel pouvant être considéré comme une solution de rechange, nettement plus sociale, aux baisses de salaires.
</p><h3>D’autres revendications dans les négociations salariales</h3><p>Dans l’industrie comme dans le secteur tertiaire, Unia continue d’accorder une grande importance à l’égalité salariale entre femmes et hommes. Les femmes doivent percevoir des augmentations de salaire spécifiques et les salaires dans les entreprises doivent être systématiquement analysés sous l’angle de la discrimination.
</p><p>Le ssp, la CNPC (Communauté de négociation du personnel de la Confédération) et le SEV, en ce qui concerne les entreprises de transports concessionnaires, demandent en plus des augmentations de salaire, des réductions du temps de travail ou un allongement de la durée des vacances.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2942</guid><pubDate>Fri, 14 Aug 2009 10:38:00 +0200</pubDate><title>Les baisses de salaire sont un poison pour la conjoncture</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-baisses-de-salaire-sont-un-poison-pour-la-conjoncture</link><description>Dans certaines entreprises industrielles comme Rieter ou Alu Menziken, la direction a imposé ces dernières semaines des baisses de salaire. Une gifle pour les salarié(e)s concernés. Pendant les années de vaches grasses, ils ont dû assister au spectacle d’actionnaires et de dirigeants qui empochaient les bénéfices et aujourd’hui, la situation s’étant dégradée, ce serait à eux de faire des sacrifices financiers !?</description><content:encoded><![CDATA[<p>Qui plus est, les baisses de salaire sont du poison pour la conjoncture. Jusqu’à ce jour, l’économie intérieure n’a été largement épargnée par la récession que grâce aux bons accords salariaux conclus lors des négociations de l’automne 2008. Si on économise maintenant sur les salaires, le pouvoir d’achat fera défaut à l’économie suisse en 2010. Conséquence&nbsp;: une récession massive qui ne frappera plus uniquement le secteur des exportations, mais l’économie intérieure aussi. 
</p><p>L’écrasante majorité des entreprises exportatrices n’ont aucun problème de coûts de production. Selon un sondage du KOF, le Centre de recherches conjoncturelles de l’École polytechnique fédérale de Zurich, la compétitivité des prix est restée bonne. Ce qui manque aux entreprises, c’est la demande, et la baisse des salaires n’y remédie en rien. Pour que la demande reprenne, il faut au contraire des mesures internationales de soutien à la conjoncture. Donc, des hausses de salaire dans tous les pays. 
</p><p>Si certaines entreprises ont des problèmes de coûts, ceux-ci doivent être résolus via une dépréciation du franc suisse et une baisse du prix de l’électricité. Selon la branche, les frais de personnel ne représentent que 18 à 25 pour cent des coûts totaux. Une baisse de 10 pour cent des salaires n’entraînerait de ce fait qu’une diminution de 2 pour cent environ de ces coûts. L’effet, sur les coûts des entreprises, d’une baisse de 3 petits centimes du franc par rapport à l’euro serait le même. Si la Banque nationale procédait à une telle dépréciation, les produits des entreprises suisses seraient 2 pour cent moins chers à l’étranger. De manière générale, la conjoncture en profiterait et toutes les entreprises aussi. Les entreprises exportatrices pourraient proposer leurs marchandises pour moins cher et les entreprises tournées vers le marché intérieur pourraient vendre plus, car les produits étrangers renchériraient quelque peu.
</p><p>Pour nombre de grandes entreprises, l’ouverture du marché de l’électricité a provoqué une hausse de 20 pour cent au moins du prix de cette dernière. Et souvent (industries des métaux et du papier), l’électricité représente 5 pour cent ou plus des coûts totaux. Pour réduire ces derniers, il faut que le prix de l’électricité retrouve son niveau antérieur, à savoir&nbsp;: que le gouvernement et le parlement reviennent sur l’ouverture de ce marché. Les coûts totaux baisseraient alors de 1 à 2 pour cent, soit autant que les effets dus à une baisse de 10 pour cent des salaires.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Économie</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-516</guid><pubDate>Thu, 09 Jul 2009 14:12:00 +0200</pubDate><title>Le Conseil fédéral s’obstine !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-conseil-federal-s-obstine</link><description>Plainte de l’USS auprès de l’OIT concernant la protection des droits syndicaux</description><content:encoded><![CDATA[<p class="PresseText"><span lang="FR-CH">On connaît depuis hier la réponse du Conseil fédéral au sujet de la plainte déposée par l’Union syndicale suisse (USS) auprès de l’Organisation internationale du Travail (OIT) pour une protection plus efficace des droits syndicaux. Le Conseil fédéral, malgré une première condamnation par l’OIT n’est pas disposé à prendre, comme le lui demande cette dernière, les mesures légales nécessaires pour empêcher de nouveaux abus en cette matière, c’est-à-dire pour que les représentant(e)s syndicaux ne fassent plus l’objet de licenciements abusifs, mais soient protégés comme il se doit.</span></p><p class="PresseText"><span lang="FR">L’USS va donc maintenir sa plainte auprès des instances compétentes de l’OIT, afin que les représentant(e)s syndicaux licenciés abusivement soient réengagés (et pas uniquement «&nbsp;consolés&nbsp;» par un maximum de 6 mois de salaire). La confédération syndicale va ainsi tout entreprendre pour que la Suisse soit à nouveau condamnée par l’organisation internationale et mettra sur pied des actions pour que ce sujet obtienne enfin dans ce pays toute l’attention qui lui est due. </span></p><p class="PresseText"><span lang="FR">La décision du Conseil fédéral de ne rien faire est d’autant plus regrettable que, ces derniers temps, les licenciements antisyndicaux se multiplient. Or, un partenariat social conscient de ses responsabilités, cela nécessite – et surtout en période de crise – que les membres des commissions d’entreprise ,qui doivent tout particulièrement s’exposer dans le cas de restructurations et de mesures semblables, bénéficient aussi d’une protection particulière. Sous cet angle, la décision du gouvernement est non seulement en contradiction avec la convention concernée de l’OIT – une convention que la Suisse a ratifiée-, mais aussi une prise de position pour un net affaiblissement des syndicats. </span></p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2941</guid><pubDate>Tue, 23 Jun 2009 10:36:00 +0200</pubDate><title>Pour une vraie protection contre les licenciements collectifs</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pour-une-vraie-protection-contre-les-licenciements-collectifs</link><description>Une vague de licenciements collectifs menace. Les syndicats sont résolus à en contrer les effets, entre autres au moyen d’une amélioration du droit du travail. En l’état, ce dernier est totalement impuissant à protéger les salarié(e)s comme il se doit. Les trois principales revendications de l’USS et de ses syndicats : une meilleure protection contre les licen-ciements collectifs et antisyndicaux et l’obligation de conclure des plans sociaux. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis 30 ans, aucun syndicaliste quel qu’il soit n’avait vécu un été social aussi chaud, a récemment estimé devant la presse Renzo Ambrosetti, le coprésident du syndicat Unia. Et l’on risque en effet d’assister à des licenciements collectifs en masse également dans des entreprises qui pourraient s’en passer. Une réaction s’impose donc. Renzo Ambrosetti demande qu’il n’y ait désormais plus de licenciements collectifs&nbsp;:</p><ul><li>sans épuisement préalable des possibilités offertes par la réduction de l’horaire de travail (chômage partiel)&nbsp;;</li><li>tant que les entreprises distribuent des dividendes et que les salaires de certains managers dépassent le demi-million de francs&nbsp;;</li><li>tant que les entreprises – qui ont dégagé des bénéfices souvent substantiels au cours des dernières années – disposent des réserves financières requises.</li></ul><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h3>Le Conseil fédéral doit agir </h3><p>Le président de l’USS, Paul Rechsteiner, a également demandé que la protection des travailleurs et travailleuses contre les licenciements collectifs soit améliorée. On sait – et cela, au moins depuis la crise des années 1990 – que les dispositions suisses qui s’y rapportent doivent être adaptées aux standards européens et qu’il y a lieu, de ce fait, d’introduire chez nous aussi l’obligation de conclure un plan social. À l’époque, l’USS était intervenue auprès du Conseil fédéral et l’Office fédéral de la justice avait déjà un projet «&nbsp;fin prêt&nbsp;», un projet qui prévoyait des droits de consultation améliorés et l’obligation de conclure un plan social. Mais le conseiller fédéral Blocher, nouvellement élu, «&nbsp;tiroirisa&nbsp;» tout cela en son temps. D’où l’appel lancé par Paul Rechsteiner au Conseil fédéral pour qu’il intervienne en raison de l’actuel «&nbsp;durcissement brutal des relations de travail&nbsp;».
</p><h3>Autre chose qu’un tigre de papier&nbsp;! </h3><p>À cet effet, les droits de consultation doivent être améliorés. Certes garantis sur le papier et permettant en principe d’élaborer des propositions en cas de restructuration, ces droits sont inefficaces. Selon Doris Bianchi, secrétaire centrale de l’USS en charge de ce dossier, les entreprises n’entrent souvent même pas en matière sur les propositions du personnel consulté. Il faut que cela cesse une bonne fois et que l’on adapte nos dispositions aux réglementations européennes, qui prévoient des droits d’être informés bien plus importants, ainsi que des sanctions en cas de non-observation de la procédure de consultation. Avant tout cependant, il faut que cette dernière aboutisse à un accord entre le personnel et l’entreprise, si nécessaire au moyen d’instances d’arbitrage. Outre ces droits, l’USS demande une meilleur protection contre le licenciement de représentant(e)s syndicaux. Tant Renzo Ambrosetti que Denise Chervet, secrétaire centrale de l’Association suisse des employés de banque, ont souligné, exemples à l’appui (Georg Fischer AG, Müller Martin, UBS), que les droits de consultation n’étaient très fréquemment dans les faits qu’un chiffon de papier. 
</p><p>Prochainement, l’USS transmettra à la conseillère fédérale Widmer-Schlumpf une requête centrée sur trois revendications&nbsp;: de meilleurs droits de consultation, une meilleure protection des représentant(e)s du personnel contre le licenciement et l’obligation de conclure un plan social en cas de licenciement collectif.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-522</guid><pubDate>Mon, 08 Jun 2009 13:48:00 +0200</pubDate><title>Plainte de l’USS auprès de l’OIT concernant la protection contre les licenciements antisyndicaux</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/plainte-de-l-uss-aupres-de-l-oit-concernant-la-protection-contre-les-licenciements-antisyndicaux</link><description>L’USS rappelle à la conseillère fédérale Leuthard que l’on ne peut pas traîner éternellement les pieds </description><content:encoded><![CDATA[<p>Aujourd’hui 9 juin, l’Union syndicale suisse (USS) a protesté par une action symbolique devant le siège genevois de l’Organisation internationale du Travail (OIT). Le Conseil fédéral refuse en effet de légiférer pour protéger comme il se doit les représentant(e)s syndicaux contre les licenciements abusifs. Quelques victimes de licenciements antisyndicaux ont participé à cette action. Celle-ci a été organisée à l’occasion de la visite de la conseillère fédérale Doris Leuthard à l’OIT lors de la commémoration du 90 anniversaire de cette dernière. De cette même OIT qui… a demandé à plusieurs reprises au gouvernement suisse d’agir sur cette question. La conseillère fédérale Doris Leuthard a été invitée à faire en sorte que la Suisse, le pays hôte de l’OIT, ne prêche pas le respect des droits démocratiques uniquement pour le Tiers Monde, mais les applique elle-même sur son propre territoire. 
</p><p>Un peu d’histoire&nbsp;: en 2003, l’USS a déposé une plainte contre la Confédération devant le Comité de la liberté syndicale du Bureau international du Travail (BIT). Elle portait sur le fait que la législation suisse ne protège pas assez les travailleurs et travailleuses contre les licenciements antisyndicaux, alors que la Suisse a ratifié en 1999 la convention 98 de l’OIT sur la liberté syndicale, convention qui prévoit pareille protection. L’USS y exigeait aussi que les licenciements antisyndicaux soient annulés et pas uniquement indemnisés par le versement d’au maximum six mois de salaire (dans la réalité, il s’agit la plupart du temps de deux ou trois mois). En 2004, le Comité de la liberté syndicale a accepté cette plainte et prié la Suisse de mettre sa législation en conformité avec les normes internationales du travail. Mais le Conseil fédéral refuse d’obtempérer, se fondant sur le refus des patrons qui n’estiment pas nécessaire d’agir. En 2006, l’USS a soumis à une nouvelle reprise au même comité du BIT plusieurs cas récents de travailleurs syndiqués licenciés à cause de leur engagement syndical. Et le comité du BIT a à nouveau prié la Suisse de mettre sa législation en conformité avec la convention 98, lui suggérant de s’inspirer de la loi sur l’égalité entre femmes et hommes, qui prévoit l’annulation d’un licenciement reconnu abusif. Mais une nouvelle fois, le Conseil fédéral a refusé d’agir.
</p><p>Pour l’USS, une chose est claire&nbsp;: cette politique qui consiste à toujours reporter à plus tard la résolution de ce problème et à se cacher derrière les patrons, leur accordant ainsi de facto un droit de veto, doit prendre une bonne fois fin. Car aujourd’hui, en pleine crise, les licenciements antisyndicaux se multiplient (Manor à Genève, Karl Mayer AG, «&nbsp;Tages-Anzeiger&nbsp;», «&nbsp;Bund&nbsp;»). Ce faisant, on cherche, dans ce contexte, à dégoûter directement – et à titre dissuasif – les représentations du personnel dans leur lutte pour le maintien d’emplois. C’est pourquoi, si le Conseil fédéral persiste dans sa passivité, l’USS veillera à ce que la Suisse soit à nouveau mise en accusation lors de la Conférence internationale du Travail de 2010. Ces dernières années, parmi les pays qui se sont retrouvés sur le banc des accusés, on trouvait&nbsp; la Birmanie, la Chine ou le Bélarus …
</p><h3>Un témoignage personnel</h3><p>Lors de la conférence de presse qui a suivi cette action symbolique, le président de la commission du personnel du «&nbsp;Tages-Anzeiger&nbsp;», Daniel Suter, licencié en 2009, a présenté son témoignage. Daniel Suter travaillant depuis 22 ans comme rédacteur dans ce quotidien. Il y a cinq ans, il a mis sur pied une commission du personnel avec d’autres collègues et contre l’avis de l’entreprise. Son licenciement dans le cadre d’un licenciement collectif représente clairement à ses yeux une attaque contre cette commission du personnel. Dès le départ, il s’agissait de la dégoûter de s’opposer à des licenciements collectifs. Ce que Daniel Suter commente en ces termes&nbsp;: «&nbsp;Aussi longtemps que le législateur n’empêchera pas ces congés abusifs - les employeurs coupables […] devant […] être condamnés […] aussi à la réintégration des personnes abusivement licenciées - la protection des représentant(e)s des travailleurs restera une illusion.&nbsp;»
</p><p>&nbsp;</p><p>En annexe, vous trouverez les discours compets de :</p><ul><li><b>Daniel Suter</b>, président de la commission du personnel du quotidien Tages-Anzeiger, licencié à la mi-mai 2009</li><li><b>Vasco Pedrina</b>, chef de la délégation des travailleurs/euses de Suisse à la Conférence internationale du Travail 2009</li><li><b>Christian Bruchez</b>, avocat, expert en droit du travail</li></ul><p>et la <b>chronologie </b>de la plainte.</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-529</guid><pubDate>Thu, 07 May 2009 13:31:00 +0200</pubDate><title>Beurk… Madame la conseillère fédérale Widmer-Schlumpf !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/beurk-madame-la-conseillere-federale-widmer-schlumpf</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>C’est précisément en pleine crise économique que notre ministre de la Justice, Evelyn Widmer-Schlumpf, entend faciliter les licenciements en cas d’assainissements d’entreprises.
</p><p>Les propositions faites par le Département fédéral de justice et police (DFJP) dans le cadre de la ré­vision de la loi sur la poursuite pour dette et la faillite – une révision qui court jusqu’au 8 mai – pré­voient de favoriser les assainissements d’entreprises en bout de course, en permettant à ces derniè­res de jeter plus vite à la rue leurs collaborateurs et collaboratrices. Ce serait ainsi à ces derniers de payer l’addition pour les entreprises en proie à de graves difficultés financières. En effet, selon les propositions gouvernementales, l’acquéreur d’une entreprise chétive pourrait désormais les licencier sans délai. Contrairement à ce que prévoit le droit en vigueur, le transfert automatique des contrats de travail disparaîtrait lors de la de reprise d’une entreprise. Le DFJP veut en outre que l’entité qui réalisera l’assainissement puissent licencier sans délai les salarié(e)s, même si l’entreprise continuait ses activités. 
</p><p>Pour l’Union syndicale suisse (USS), ces propositions sont autant de gifles pour les salarié(e)s. Ceux-ci doivent casquer pour une crise dont ils ne sont pas responsables. 
</p><p>À cause de cette dernière, les faillites d’entreprises vont se multiplier. On n’a pas le droit de réagir en procédant à des déréglementations et au démantèlement social. Il faut trouver des solutions qui permettent de maintenir les emplois et d’offrir des perspectives d’avenir aux salarié(e)s. L’actuelle crise économique nécessite en outre l’introduction d’une obligation légale de négocier des plans so­ciaux en cas de licenciements collectifs. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-530</guid><pubDate>Wed, 06 May 2009 13:26:00 +0200</pubDate><title>L’USS crée une commission d’expert(e)s </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-uss-cree-une-commission-d-expert-e-s</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>En Suisse, un peu plus de 40 pour cent seulement des salarié(e)s travaillent dans des professions où existent des salaires minimaux. Comparé avec d’autres pays, où la loi prévoit de tels salaires, c’est peu. Or, les salaires minimaux obligatoires sont l’unique instrument permettant d’empêcher effica­cement la sous-enchère salariale. Le dernier rapport du SECO sur l’application des mesures d’accompagnement montre clairement que, dans de nombreuses branches sans salaires minimaux - p. ex. coiffure, «&nbsp;Santé et action sociale&nbsp;» -, les employeurs suisses font pression sur les salaires.
</p><p>Pour protéger ces derniers, il faut lancer une offensive pour des salaires minimaux. Le Comité de l’Union syndicale suisse (USS) a décidé aujourd’hui de créer une commission d’expert(e)s sur cette question. Sa tâche sera d’analyser la situation en matière de salaires minimaux et d’établir dans quelles branches ceux-ci sont nécessaires pour protéger les salarié(e)s contre la sous-enchère. Cette commission devra aussi évaluer quels instruments (conventions collectives de travail, contrats-type ou prescriptions légales) sont les plus efficaces pour introduire de tels salaires. Elle étudiera aussi la né­cessité d’une éventuelle initiative populaire à ce sujet. </p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-533</guid><pubDate>Mon, 27 Apr 2009 13:25:00 +0200</pubDate><title>Les salarié(e)s ont été privés des fruits de la reprise!</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-salarie-e-s-ont-ete-prives-des-fruits-de-la-reprise</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>L’indice suisse des salaires 2008 publié aujourd'hui par l’Office fédéral de la statistique montre qu’avec une augmentation moyenne de 2&nbsp;% des salaires nominaux et une inflation de 2,4&nbsp;%, les salaires réels ont diminué de 0,4&nbsp;%. Ainsi, les salarié(e)s ont, en termes réels, disposé de moins d’argent en 2008 que l’année précédente&nbsp;; de surcroît, ce recul des salaires réels a pratiquement réduit à néant les augmentations, pour la plupart modestes, des salaires réels obtenues les années précédentes. De 2004 à 2008, la hausse moyenne des salaires réels n’a donc été que de 0,1&nbsp;% par an. En d’autres termes, la dernière reprise économique n’a eu pratiquement aucun effet financier positif pour les salarié(e)s. Ceux-ci n’ont pas eu droit à ses fruits. Cette chute des salaires réels est due à l’explosion du prix du pétrole l’an dernier, une hausse du prix du pétrole qui, rappelons-le, s’explique en grande partie par la spéculation.
</p><p>Qu’en 2007 et 2008, l’écart entre les salaires des femmes et ceux des hommes se soit creusé est in­quiétant. En résumé, si les patrons ont reconnu du bout des lèvres qu’il devait y avoir plus d’égalité salariale entre les sexes, ils n’ont rien fait de concret dans ce sens. 
</p><p>Que la reprise n’ait presque rien apporté aux personnes qui l’ont créée sera corrigé par les résultats des négociations conclues en 2008. Les négociations se réfèrent toujours au renchérissement enre­gistré durant l’année écoulée. C’est donc le renchérissement élevé de 2008 qui a été déterminant pour les accords salariaux conclus pour 2009. Nombre de ces derniers ont un 3 avant la virgule et devraient ainsi – l’inflation devant être faible selon les prévisions – corriger la «&nbsp;mauvaise année&nbsp;» que fut 2008.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-534</guid><pubDate>Thu, 23 Apr 2009 13:23:00 +0200</pubDate><title>Vu le nombre des infractions, des mesures s’imposent</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/vu-le-nombre-des-infractions-des-mesures-s-imposent</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Le rapport du SECO sur la mise en œuvre des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes en 2008 prouve indubitablement le rôle important joué par celles-ci dans la protection des salaires et des conditions de travail en Suisse. Pour environ 28&nbsp;000 entreprises contrôlées, pres­que 4000 infractions en matière de salaire ont été découvertes. Soit 14 infractions pour 100 entre­prises. Le nombre de ces infractions n’a pas baissé depuis les années 2006/2007.
</p><h3>Il est urgent d’augmenter les contrôles des employeurs indigènes</h3><p>La situation s’est aggravée concernant les employeurs suisses. D’où l’importance de la hausse pré­vue du nombre des contrôles d’entreprises indigènes. La forte augmentation des infractions dans les branches «&nbsp;Santé humaine et action sociale&nbsp;» et «&nbsp;Salons de coiffure et instituts de beauté&nbsp;» est parti­culièrement inquiétante. Dans ces deux branches, le taux d’infraction a nettement augmenté par rapport à la dernière période passée sous revue (2006/2007). Pour la branche de la coiffure, la persistance d’un vide conventionnel depuis le début 2007 a fait pression sur les salaires. Sans pro­tection garantie par une convention collective de travail (CCT), les salaires d’ores et déjà bas de cette branche resteront sous pression.
</p><h3>Infractions contre l’obligation d’annonce</h3><p>Par rapport à la dernière période passée sous revue, les infractions à l’obligation d’annonce ont fortement augmenté. Or, une entreprise qui ne s’annonce pas ne peut pas être contrôlée. Pour la protection des salaires et des conditions de travail suisses, il faut donc absolument que les entrepri­ses s’annoncent correctement. L’espoir suscité par la mise en place à cet effet d’un nouveau site In­ternet devrait être déçu. Tant que toutes les infractions contre l’obligation d’annonce ne seront pas punies d’une amende, elles se poursuivront. 
</p><h3>Le problème des pseudo-indépendant(e)s</h3><p>Les pseudo-indépendant(e)s sont un grave problème. Près d’un quart des contrôles ont fait apparaî­tre que des prestateurs de services s’étaient faussement déclarés indépendants. Ce problème s’est aggravé. Durant la période 2006/2007, la part des pseudo-indépendant(e)s était encore de 11 pour cent. 
</p><h3>Mauvaise moralité de paiement des amendes</h3><p>Concernant les amendes infligées, la moralité de paiement laisse toujours à désirer. Dans certains cantons, seuls 50 à 60 pour cent d’entre elles ont été acquittés. Une solution à ce problème est&nbsp; l’introduction de cautions prévues dans les CCT étendues (de force obligatoire). 
</p><h3>Pas de sanctions pour les infractions relatives aux contrats-types de travail </h3><p>On ne dispose toujours pas de base légale pour sanctionner d’office les infractions relatives aux contrats-types de travail. Cela, alors que le nombre des rapports de travail pour lesquels le salaire est protégé par un contrat-type est en augmentation. Il faut que le Parlement fédéral crée une base légale pour ces cas. </p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-539</guid><pubDate>Wed, 01 Apr 2009 13:16:00 +0200</pubDate><title>L’USS proteste contre un licenciement arbitraire – Les recommandations pour les votations populaires du 17 mai</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-uss-proteste-contre-un-licenciement-arbitraire-les-recommandations-pour-les-votations-populaires-du-17-mai</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Siégeant aujourd’hui à Berne, le Comité de l’USS a assuré Maria Pralong, vendeuse licenciée par Manor Genève et le syndicat concerné Unia de son total soutien dans leur lutte pour un réengage­ment. Marisa Pralong, déléguée du syndicat Unia, a été licenciée pour s’être montrée critique, dans un article de journal, au sujet des conditions de travail pendant les ventes nocturnes de fin d’année. En outre, ce licenciement viole clairement la liberté syndicale. Il prouve de manière éclatante que, comme l’Organisation internationale du Travail l’a aussi constaté, les représentant(e)s syndicaux sont insuffisamment protégés en Suisse contre les licenciements abusifs.
</p><p>Le Comité de l’USS a aussi fait parvenir un message de solidarité aux médecins de famille et au per­sonnel des cabinets et des laboratoires qui ont manifesté aujourd’hui dans la rue en faveur de soins médicaux de base efficients. 
</p><p>L’USS a aussi adopté ses recommandations pour les votations fédérales du 17 mai prochain. Elle re­commande ainsi un OUI à l’article constitutionnel sur les médecines complémentaires. Cet article crée ainsi une base pour la reprise de ces dernières dans l’assurance de base, ce qui devrait finale­ment faire baisser les coûts. Concernant la révision de la loi sur les documents d’identité (passeports biométriques), le Comité de l’USS a décidé de ne faire aucune recommandation. 
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-544</guid><pubDate>Sun, 08 Feb 2009 12:20:00 +0100</pubDate><title>Oui la libre circulation des personnes grâce aux mesures d’accompagnement </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/oui-la-libre-circulation-des-personnes-grace-aux-mesures-d-accompagnement</link><description>Mais les questions que les gens se posent doivent être prises au sérieux</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les Suissesses et les Suisses ont à nouveau dit oui à la libre circulation des personnes. Ce faisant, ils ont envoyé paître l’UDC, l’ASIN et les Démocrates Suisses et leur propagande. Ce oui est aussi à mettre au crédit de l’Union syndicale suisse (USS) qui est parvenue, en dépit des oppositions qui se sont manifestées, à lier la libre circulation des personnes à la mise en place de mesures d’accompagnement destinées à protéger les salaires et les conditions de travail du pays. 
</p><p>Les chiffres sortis des urnes montrent toutefois aussi que les gens sont inquiets pour leurs emplois. Au vu de la crise économique actuelle, la plus grave depuis la Deuxième Guerre mondiale, ces craintes sont justifiées, même si elles ont été attisées par les arguments xénophobes des adversaires de la libre circulation.
</p><p>La nécessité de cette dernière ayant donc été confirmée une nouvelle fois par le peuple, il importe maintenant que le Conseil fédéral et les patrons tiennent leur promesse d’appliquer de manière plus stricte les mesures d’accompagnement. En font aussi partie le renoncement au démantèlement prévu de la protection des salaires dans le droit des marchés publics et l’introduction d’une convention collective de travail dans la branche de la poste.
</p><p>Maintenant, il faut s’attaquer activement contre la crise. À cet égard, l’USS a fait des propositions - offensive de formation continue, programme public d’investissements d’au moins 5 milliards de francs, renforcement du pouvoir d’achat des bas et moyens revenus et lutte contre la cherté du franc - qui doivent être rapidement réalisées. Les acteurs politiques feraient preuve de négligence s’ils se donnaient l’illusion qu’après l’issue positive de ce scrutin, les problèmes économiques vont désormais se résoudre d’eux-mêmes. </p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-582</guid><pubDate>Wed, 25 Apr 2007 14:18:00 +0200</pubDate><title>Le travail temporaire en Suisse</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-travail-temporaire-en-suisse</link><description>Dossier Nº 48</description><content:encoded><![CDATA[<p>De 2004 à 2006, le travail temporaire en Suisse a augmenté de près de 60 %. Par rapport à 1993, il a même quadruplé. La forte progression du travail temporaire n’est pas un phénomène spécifiquement helvétique. Tous les pays européens, pour lesquels des données sont disponibles, ont enregistré durant la même période une montée très nette de l’emploi temporaire.&nbsp;</p><p>Le dossier est en allemand avec&nbsp;compte-rendu en français (résumé et conclusion).</p>]]></content:encoded><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-408</guid><pubDate></pubDate><title>Des salaires minimums décents sont nécessaires pour pouvoir en vivre</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-salaires-minimums-decents-sont-necessaires-pour-pouvoir-en-vivre</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Le moteur de l’économie ronfle, les entreprises encaissent de juteux bénéfices. Mais notre pays compte toujours d’innombrables travailleurs et travailleuses pauvres, lesdits «&nbsp;working poor&nbsp;», c’est-à-dire des personnes qui sont pauvres alors qu’elles travaillent à plein temps. Pour un pays&nbsp; riche comme le nôtre, c’est un signe évident de pauvreté.
</p><p>Pour mettre fin à cette situation inacceptable, l’Union syndicale suisse (USS) a mis au point une initiative populaire pour des salaires minimums. Elle doit garantir que personne, travaillant à plein temps, ne gagne moins de 4000 francs par mois. Elle veut aussi introduire des salaires minimums dans le plus grand nombre possible de branches, respectivement protéger ceux qui existent déjà&nbsp;; cela, à travers les conventions collectives de travail (CCT). L’initiative pour des salaires minimums sera l’un des principaux points abordés par le congrès de l’USS, samedi prochain à Berne. La récolte des signatures commencera à la mi-janvier.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-117</guid><pubDate></pubDate><title>Quand enseignantes et enseignants apprennent à se défendre</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/quand-enseignantes-et-enseignants-apprennent-a-se-defendre</link><description>Le mouvement de protestation des enseignant(e)s contre des conditions de travail inac-ceptables a désormais aussi atteint la Suisse alémanique. À Zurich, leur initiative « Schule im Sinkflug » (« L’école en chute libre ») est parvenue à déclencher un large mouvement. Et à Berne, des milliers d’enseignant(e)s sont descendus dans la rue à la mi-novembre. Leur slogan : « Wir bilden die Zukunft – aber nicht gratis ! »(« Nous formons/construisons le futur – mais pas gratuitement ! »).</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’association bernoise des enseignant(e)s, le LEBE, et la section bernoise du Syndicat suisse des services publics (ssp) avaient lancé un appel commun&nbsp;: ils et elles sont venus, de tout le canton, devant l’Hôtel de ville de la capitale, sous la pluie. Ils étaient 4000 à 5000, soit près du tiers de tout le corps enseignant. Leur message au gouvernement et au parlement cantonaux était clair&nbsp;: «&nbsp;«&nbsp;Nous formons/construisons le futur – mais pas gratuitement&nbsp;!&nbsp;». Concrètement, ils demandent la réintroduction de l’évolution garantie des salaires et l’adaptation de ces derniers à l’ancien système&nbsp;; une réduction de leur cahiers des charges d’une heure de cours pour tout le monde et d’autres heures encore pour les maîtres et maîtresses de classe et les nouveaux enseignant(e)s&nbsp;; des classes plus petites et l’enseignement en équipe. Pour 2011, ils demandent aussi la pleine compensation du renchérissement et 1,5&nbsp;% de hausse individuelle des salaires. 
</p><h3>Premier succès à Zurich</h3><p>La pénurie d’enseignant(e)s, la très bonne étude réalisée par l’association faîtière des enseignants de Suisse alémanique (LCH) et l’initiative «&nbsp;L’école en chute libre&nbsp;», lancée par les enseignant(e)s des bords de la Limmat, ont déclenché à Zurich, et même au-delà, un largement mouvement de solidarité. Les enseignant(e)s justifient ainsi leur action&nbsp;: «&nbsp;Nous disons oui à l’intégration, à l’individualisation, au travail en équipe et à la participation, mais nous disons non à des projets de réformes réalisés dans la précipitation, à des horaires surchargés, à des moyens pédagogiques inadaptés et à des classes trop nombreuses&nbsp;». Le parlement cantonal a, pour une fois, évalué correctement la situation dans les écoles et clairement augmenté les salaires de départ des enseignant(e)s, n’en déplaise aux élus UDC. Un premier pas qui devra être suivi d’autres, tant à Zurich qu’à Berne et ailleurs. 
</p><p>Plus d'information:&nbsp;www.schule-im-sinkflug.ch.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-407</guid><pubDate></pubDate><title>Salaires minimums, rentes satisfaisantes et lutte contre le chômage</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/salaires-minimums-rentes-satisfaisantes-et-lutte-contre-le-chomage</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) maintient que, relativement à la conférence sur la pauvreté de ce jour, lors de laquelle des stratégies de lutte contre cette dernière seront discutées, des salaires minimums équitables, un État social performant et une formation professionnelle qui s’occupe aussi d’intégrer les personnes rencontrant des difficultés scolaires, constituent les meilleurs moyens pour faire obstacle à la pauvreté. 
</p><p>C’est pourquoi l’USS lancera, au début de l’année prochaine, son initiative pour des salaires minimums. Elle prévoit des salaires horaires minimums de 22 francs (environ 4000 francs par mois) et concernera aussi des branches qui ne connaissent toujours pas de salaires convenus par les partenaires sociaux.
</p><p>En outre, l’USS s’engage pour une sécurité sociale de qualité dans ce pays. La reprise économique doit servir au lancement d’une offensive à mener dans le cadre de la lutte contre le chômage.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-618</guid><pubDate></pubDate><title>Pas question de saper la protection des salaires !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pas-question-de-saper-la-protection-des-salaires</link><description>L’USS proteste devant l’Ambassade de l’Union européenne</description><content:encoded><![CDATA[<p>À l’occasion d’une manifestation devant l’Ambassade de l’Union européenne (UE) à Berne, l’Union syndicale suisse (USS) et ses syndicats affiliés ont protesté aujourd’hui contre le risque de voir les autorités de l’UE essayer de supprimer certains éléments essentiels des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes, c’est-à-dire de la protection des salaires. En effet, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont décidé hier, dans la perspective du Conseil des Ministres des 16 et 17 décembre, de prendre en point de mire l’obligation d’annoncer 8 jours à l’avance les détachements de travailleurs en Suisse, les contributions pour les frais d’exécution des CCT et le nouveau système de cautions. 
</p><p>Or, la Suisse a précisément négocié en 2009 avec les États de l’UE concernés et conclu un accord prévoyant des facilitations d’application à cet égard. Qu’aujourd’hui l’UE fasse à nouveau pression en développant les mêmes critiques concernant les mesures d’accompagnement revient à violer le principe de la bonne foi&nbsp;; ce qui est doublement inacceptable. 
</p><p>Dans l’UE, des voix se font toujours plus entendre, qui demandent de la Suisse qu’elle reprenne la jurisprudence de la Cour européenne de justice en matière de libre circulation des personnes. La Suisse ne doit l’accepter en aucun cas, sinon la Cour européenne de justice, sur plainte d’entreprises de l’UE, ruinerait la protection des salaires en Suisse. 
</p><p>Comme l’USS en Suisse, les syndicats de la CES ont manifesté ou se sont mis en grève&nbsp;(voir <a href="http://www.etuc.org" target="_blank" rel="noreferrer">www.etuc.org</a>) dans de nombreux pays. La CES a en effet décrété ce 15 décembre 2010 journée d’action européenne placée sous le slogan&nbsp;: «&nbsp;Non à l’austérité pour tous et aux bonus pour quelques-uns&nbsp;!&nbsp;». Les syndicats européens exigent une approche déterminée de la crise – avant tout via des investissements infrastructurels globaux et la conversion écologique, d’une part, et, de l’autre, le développement de nouvelles sources de financement, notamment au travers d’une taxe sur les transactions financières, une deuxième sur les bonus excessifs et une autre encore sur les bénéfices non réinvestis. Dans d’autres pays aussi, la politique toujours plus antisyndicale des autorités de l’UE a été durement critiquée.
</p><p>&nbsp;</p><p>La lettre de protestation à l'Ambassadeur Michael Reiterer, le discours de Renzo Ambrosetti, coprésidente du Syndicat Unia, la note d'information concernant la protection des salaires et le flyer de la CES sont attachées.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-106</guid><pubDate></pubDate><title>Quel(s) habit(s) l’employeur peut-il prescrire ou proscrire ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/quel-s-habit-s-l-employeur-peut-il-prescrire-ou-proscrire</link><description>Tant l’UBS que la Radio Télévision Suisse (RTS) viennent d’édicter de nouvelles directives vestimentaires plutôt détaillées. La première a été commentée par la presse internationale (du « Times » britannique à « l’Humanité » française), la seconde a été révélée par l’hebdomadaire satirique romand « Vigousse ». Ces directives contiennent des détails plutôt intimes, allant jusqu’à conseiller ou interdire certains types de sous-vêtement ou de décolletés. En outre, en cette période de fêtes de fin d’année, nombreux sont les commerces à vouloir affubler leur personnel de costumes de circonstance, par exemple de Père Noël. Il est donc utile de rappeler les règles du droit du travail concernant l’habillement des salarié(e)s et sur ce que l’employeur peut leur imposer ou interdire.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Lorsqu’il exige de porter des vêtements de travail (p. ex. blouse pour personnel soignant, tablier de cuisine, uniforme) et autres équipements spéciaux (p. ex. de sécurité), l’employeur doit rembourser tous les frais (art. 327-327a Code des obligations, CO), y compris ceux de nettoyage et d’entretien. Chacun(e) devant, en principe, se vêtir pour se rendre à son travail (mais aussi pour la plupart des activités qui ont lieu en dehors de son lieu de travail), l’employeur n’est donc pas obligé de rembourser les frais d’habillement pour des vêtement «&nbsp;normaux&nbsp;». L’obligation de remboursement ne vaut que lorsque qu’il est impossible d’effectuer son travail avec ses vêtements usuels, par exemple en raison de règles d’hygiène. Il faut aussi noter que cette règle légale n’est malheureusement pas impérative et peut être modifiée, y compris au détriment du travailleur ou de la travailleuse, par un simple accord. 
</p><h3>Un droit certes…</h3><p>Mais jusqu’où l’employeur peut-il aller lorsqu’il souhaite imposer une certaine tenue vestimentaire (p. ex. tailleur pour les femmes, complet-cravate pour les hommes), sans que cette dernière soit considérée comme vêtement de travail&nbsp;? En principe, le droit de l’employeur de donner des directives (art. 321d CO) comprend celui d’imposer une certaine tenue vestimentaire. Ce droit est d’autant plus étendu que l’employé(e) est amené à être en contact avec la clientèle, les fournisseurs ou les partenaires commerciaux ou à exercer une fonction de représentation de son entreprise. Le droit d’imposer des tenues vestimentaires sera aussi plus étendu en fonction du standing de l’entreprise et des usages de la branche. Il pourra même s’étendre à d’autres éléments de style que l’habillement, tels que piercing et tatouages (pour autant qu’ils soient visibles), mais seulement dans les cas où de tels attributs sont réellement à même de nuire à l’image de l’entreprise concernée. 
</p><h3>…mais limité</h3><p>Le droit de l’employeur de donner des directives est cependant limité par son obligation de protéger la personnalité de ses employé(e)s (art. 328 CO). Il ne peut notamment pas donner d’instructions chicanières ou portant atteinte à la personnalité de son personnel. En matière d’habillement, des prescriptions de tenue vestimentaires destinées à du personnel sans contact avec la clientèle, sans fonction de représentation ou dans une branche sans usage vestimentaire ne seront donc qu’exceptionnellement acceptables. En outre, des instructions trop détaillées ou portant sur des détails trop intimes, par exemple les sous-vêtements, ne sont pas acceptables non plus, même pour les personnes amenées à représenter leur entreprise ou travaillant dans une branche aux standards vestimentaires stricts. Imposer un déguisement, même lorsqu’il se rapporte à la période de l’année (Noël, Pâques, Halloween), n’est pas possible sans l’accord de chaque travailleur et travailleuse concerné, sauf s’il ou elle a été expressément engagé pour produire une prestation artistique ou pour des tâches d’animation exigeant le port d’un déguisement. 
</p><p>Enfin, l’employeur doit respecter l’égalité entre femmes et hommes. Il ne peut donc pas imposer des règles de tenues vestimentaires détaillées à l’un des deux sexes si l’autre n’a que peu de règles à respecter. Par exemple, la récente directive de l’UBS n’ordonnant qu’aux femmes de veiller, si elles ont les cheveux décolorés, à ce que les racines soient «&nbsp;toujours impeccables&nbsp;», n’est pas acceptable étant donné qu’aucune règle similaire ne s’applique aux hommes. Il faut en outre rejeter catégoriquement l’argument comme quoi certaines tenues, en particulier féminines, «&nbsp;encourageraient le harcèlement sexuel&nbsp;» et pourraient donc être interdites par l’employeur au titre de son obligation de prévenir ces comportements. En effet, ce sont les coupables de harcèlement qu’il faut punir. Les victimes ne peuvent en aucun cas être considérées comme «&nbsp;coresponsables&nbsp;» parce qu’elles portent une tenue aguichante.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-107</guid><pubDate></pubDate><title>Autrefois : un cauchemard, aujourd’hui : une histoire à succès</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/autrefois-un-cauchemard-aujourd-hui-une-histoire-a-succes</link><description>Les accords de branche peuvent être une voie pour réaliser la retraite anticipée ou à la carte. Une voie qui sera d’autant plus souvent empruntée que la bataille livrée actuelle-ment au plan politique est axée sur le niveau des rentes AVS. À ce jour, le syndicat Unia a conclu une vingtaine d’accords sur la retraite anticipée. Une chose étonne ici : les em-ployeurs, qui ont tout d’abord combattu par tous les moyens la retraite anticipée, ont trouvé leur chemin de Damas, c’est-à-dire s’y sont finalement convertis. </description><content:encoded><![CDATA[<p>4 novembre 2002&nbsp;: grève nationale dans la construction. La grande majorité des chantiers du pays sont à l’arrêt. 12 novembre 2002&nbsp;: les syndicats SIB<sup>[1]</sup> et Syna signent avec la Société suisse des entrepreneurs la convention collective de travail pour la retraite anticipée dans le secteur principal de la construction (CCT RA)&nbsp;; un acquis qui est le fruit des actions du 4 novembre. La conclusion de cet accord fut l’apogée de la lutte des travailleurs et travailleuses de la construction et de leur syndicat, le SIB, pour l’introduction de la retraite anticipée. Cette grève réduisit en effet à néant l’opposition patronale. Pour les syndicats, elle fut un succès majeur du siècle. Et la concrétisation d’un progrès social des plus nécessaires, car les salarié(e)s de ce secteur appartiennent aux catégories de la population dont l’espérance de vie est la plus faible. 
</p><h3>Aujourd’hui&nbsp;: une histoire à succès</h3><p>Faisons un saut dans le temps pour passer au 12 novembre 2010. Daniel Schlatter, directeur de la Fondation FAR (créée pour la retraite anticipée), conclut comme suit son exposé présenté lors d’une journée de travail et bourse aux informations sur la retraite anticipée&nbsp;: «&nbsp;La retraite flexible dans le secteur principal de la construction est une histoire à succès.&nbsp;» Les syndicalistes applaudissent, mais aussi ces employeurs qui s’étaient si longtemps et si brutalement opposés à la retraite anticipée et qui sont désormais persuadés que l’on a créé ensemble quelque chose de bien. Que les temps peuvent changer&nbsp;!
</p><p>Lors de cette journée, quatre accords de branche sur la retraite anticipée ont aussi été présentés. Outre la FAR du secteur principal de la construction, il existe aussi le RESOR<sup>[2]</sup>, le MPR<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1910_Ackermann_Retraite-anticipee_Branches.docx#_ftn3" target="_blank" name="_ftnref3"><sup>[3]</sup></a> et le RAMB<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1910_Ackermann_Retraite-anticipee_Branches.docx#_ftn4" target="_blank" name="_ftnref4"><sup>[4]</sup></a>. Le tout dernier de ces accords est le MPR, qui a été conclu en 2008 et dont les premiers travailleurs et travailleuses profiteront dès janvier 2011. Les trois autres modèles ont été introduits en&nbsp; 2003 et 2004.
</p><h3>Qui reçoit quoi et combien cela coûte</h3><p>Le tableau ci-dessous montre que ces accords – ils sont pour la plupart déclarés de force obligatoire, c’est-à-dire s’appliquent à toute la branche, donc également aux entreprises qui ne sont pas affiliées à des organisations patronales – se ressemblent beaucoup dans leurs dispositions concernant les droits acquis. Le niveau des prestations et leur financement sont également très similaires. 
</p><p>Vue d’ensemble des ayants-droit, des prestations et des cotisations :</p><table summary class="contenttable"><thead><tr><th scope="col"><b>Contrat/</b><span>rentes actuelles</span></th><th scope="col"><b>Qui, depuis quand&nbsp;?<span><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1910_Ackermann_Retraite-anticipee_Branches.docx#_ftn5" target="_blank" name="_ftnref5"><b><sup>[5]</sup></b></a></span></b></th><th scope="col"><b>Prestations</b></th><th scope="col"><b>Cotisations</b></th></tr></thead><tbody><tr><td><p><b>FAR</b></p><p>8562 en tout, dont 4658 en cours</p></td><td><span>Dès 60 ans</span></td><td><span>Rente annuelle de 65&nbsp;% du salaire moyen + Fr. 6000.-&nbsp;; mais au maximum 80&nbsp;% de la dernière année de travail ou au maximum 2,4 x la rente AVS maximale simple</span></td><td><p>Patr*.&nbsp;: 4&nbsp;%</p><p>Sal.*&nbsp;: 1,3&nbsp;%</p></td></tr><tr><td><p><b>RESOR</b></p><p>273 en cours</p></td><td><span>Dès 62 ans</span></td><td><span>75 % du salaire moyen des 3 dernières années, mais au minimum Fr. 3800.-&nbsp;; au maximum Fr. 4800.-&nbsp;; reprise des cotisations LPP (mais pas AVS)</span></td><td><span>Patr. et Sal.&nbsp;: chacun 0.9&nbsp;%</span></td></tr><tr><td><p><b>RAMB</b></p><p>2009&nbsp;: 25</p></td><td><span>Dès 62 ans</span></td><td><span>Maximum Fr. 4750.- + au maximum Fr. 180.- pour les cotisations AVS et 11&nbsp;% du salaire mensuel pour les cotisations LPP</span></td><td><span>Patr. et Sal.&nbsp;: chacun 1&nbsp;%</span></td></tr><tr><td><p><b>MPR</b></p><p>Dès janvier 2011</p></td><td><span>Dès 63 ans (60)</span></td><td><p>70 % de la perte (RTT* aussi possible)&nbsp;; possible dès 60 ans, mais en suite compensation de&nbsp;:</p><p>27,5&nbsp;%&nbsp;: 60 ans</p><p>35&nbsp;%&nbsp;: 61 ans</p><p>47,5&nbsp;%&nbsp;: 62 ans</p></td><td><p>Patr.&nbsp;: 0.95&nbsp;%</p><p>Sal.&nbsp;: 0,65&nbsp;%</p></td></tr></tbody></table><p>* Patr. = patron&nbsp;; Sal. = salarié&nbsp;; RTT = réduction du temps de travail
</p><h3>Autres modèles</h3><p>Dans les secteurs couverts par Unia, on compte actuellement dans les 20 CCT prévoyant la retraite anticipée. Celle-ci est la plupart du temps conçue selon les modèles décrits plus haut. Mentionnons par exemple&nbsp;: le secteur du marbre et granit (Suisse alémanique), Holcim, la branche automobile du Valais et divers contrats d’entreprise. D’autres contrats, pour la plupart cantonaux, sont conçus selon le modèle RESOR. Dans l’industrie horlogère, il a été convenu en 2007 qu’une retraite anticipée peut être prise une année avant l’âge de l’AVS. Les personnes qui le font ont droit à au maximum 24&nbsp;000 francs par an.
</p><h3>Conclusion (provisoire)</h3><p>Le nombre des accords conclus est remarquable, comme l’est aussi la volte-face des employeurs sur cette question. Mis à part la FAR, des accords qui ont sensiblement amélioré la qualité de vie de leurs bénéficiaires ont été conclus hors des projecteurs médiatiques. En outre, les fonds créés à cet effet reposent sur des bases financières solides. Ces modèles ont de l’avenir. D’autres branches suivront sans doute.
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1910_Ackermann_Retraite-anticipee_Branches.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> À l’origine, avec la FTMH, la FCTA et le «&nbsp;petit&nbsp;» unia de la fusion qui donnera naissance à Unia. 
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1910_Ackermann_Retraite-anticipee_Branches.docx#_ftnref2" target="_blank" name="_ftn2">[2]</a> RESOR = Caisse de retraite anticipée de second œuvre romand et tessinois. 
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1910_Ackermann_Retraite-anticipee_Branches.docx#_ftnref3" target="_blank" name="_ftn3">[3]</a> MPR = Modèle de préretraite dans le secteur des toitures et façades.
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1910_Ackermann_Retraite-anticipee_Branches.docx#_ftnref4" target="_blank" name="_ftn4">[4]</a> RAMB = Retraite Anticipée de la Métallurgie et du Bâtiment à Genève.
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1910_Ackermann_Retraite-anticipee_Branches.docx#_ftnref5" target="_blank" name="_ftn5">[5]</a> Parmi les conditions, on trouve toujours une durée préalable durant laquelle la personne aura dû avoir travaillé dans le domaine concerné. La plupart du temps, il s’agit de 20 années dont les dernières (7 ou 10) d’activité ininterrompue, ou tout au plus par 2 ans de chômage. Les années manquantes se traduisent souvent par une baisse correspondante des prestations.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Politique sociale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-396</guid><pubDate></pubDate><title>Après beaucoup d’ombres au tableau, une lueur d’espoir en cette fin d’année ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/apres-beaucoup-d-ombres-au-tableau-une-lueur-d-espoir-en-cette-fin-d-annee</link><description>Licenciements antisyndicaux : rétrospective annuelle</description><content:encoded><![CDATA[<p>Une rétrospective de l’année 2010 montre que l’on a recensé de nouveaux cas de personnes – la plupart du temps, des représentant(e)s du personnel - licenciées en raison de leurs fonctions syndicales. Les deux cas les plus récents ont eu lieu en Suisse romande dans le secteur des soins (ALSMAD, l’Association lausannoise pour l’aide et le maintien à domicile, et l’EMS Fort Barreau de Genève). Les deux représentantes du personnel licenciées travaillaient depuis plusieurs années dans leurs établissements respectifs. 
</p><p>Tous ces licenciements antisyndicaux violent des normes légales ratifiées par la Suisse. Dans les pays qui nous entourent, ils seraient annulables, ou ne pourraient même pas être prononcés. Le problème en Suisse est le suivant&nbsp;: même si un tribunal constate le caractère abusif d’un tel licenciement, la sanction infligée ne consiste qu’en une indemnité d’au maximum six mois de salaire, qui est versée à la victime. Une sanction aussi légère n’a aucun effet dissuasif. 
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) et ses syndicats se battent depuis des années pour mettre un terme à cette situation inacceptable. Après avoir longtemps bloqué ce dossier, le Conseil fédéral apparaît maintenant disposé à faire bouger les choses. En effet, dans le cadre de la législation sur les lanceurs d’alertes, il propose de mieux protéger aussi les représentant(e)s du personnel contre les licenciements abusifs. Et les licenciements de tels représentant(e)s pour raisons économiques seraient désormais automatiquement déclarés abusifs. Toutefois, le projet de loi ne prévoit que de doubler la sanction financière susmentionnée. Pour l’USS, il est clair qu’une législation qui entend protéger efficacement les salarié(e)s qui endossent des fonctions syndicales de représentation doit également permettre la réintégration des personnes abusivement licenciées. De fait, seule une telle disposition protégera contre les licenciements abusifs et garantira des négociations d’égal à égal entre partenaires sociaux. De plus, le droit à la réintégration après un licenciement abusif ne serait pas quelque chose de nouveau, la loi sur l’égalité entre femmes et hommes le prévoyant déjà depuis une quinzaine d’années. 
</p><p>Le texte de la réponse de l’USS à la consultation sur ce projet de loi se trouve sur le site de l’USS&nbsp;: <a href="http://www.uss.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.uss.ch</a>.</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-108</guid><pubDate></pubDate><title>Des buts partiellement atteints – construction et pouvoirs publics : trop bas</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-buts-partiellement-atteints-construction-et-pouvoirs-publics-trop-bas</link><description>En août 2010, les fédérations affiliées à l’Union syndicale suisse (USS) demandaient, pour 2011, une hausse de salaire de 2 à 3 pour cent, compensation du renchérissement et part des salarié(e)s aux gains de productivité compris. La plupart des accords ont été désormais conclus. Dressons-en un premier bilan.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Dans de nombreuses branches et entreprises, le but de 2 à 3 pour cent a pu être atteint. Cela fut par exemple le cas dans le commerce de détail (Coop), dans la branche poste et télécommunication (Poste), dans l’industrie (Rockwell, V-Zug) et dans divers secteurs de la construction (installations électriques). Les revendications syndicales se sont avérées réalistes.
</p><p>La plupart des accords conclus dans la construction sont par contre insatisfaisants. Or, la construction tourne à plein régime depuis un certain temps dans notre pays. Les maçons et les monteurs triment durement. De nombreuses heures supplémentaires sont effectuées et on travaille même le samedi. Qu’il faille tirer pour la deuxième année consécutive un bilan négatif dans cette branche est un affront pour les salarié(e)s de cette dernière. Dans le secteur principal de la construction, les employeurs ont rompu les négociations. Et les installateurs sanitaires ne recevront, par exemple, que 50 francs par mois en plus (augmentation générale).
</p><p>Dans le secteur public, les hausses des salaires réels sont la règle, ce dont il y a lieu de se réjouir. Mais en raison de mesures d’austérité pour la plupart inutiles, les accords sont loin derrière ceux de l’économie privée. Ce qui aura un effet boomerang car les problèmes de recrutement, dont on se plaint, aujourd’hui déjà, dans les pouvoirs publics (pénurie d’enseignant(e)s et de personnel soignant p. ex.) s’accentueront encore plus.
</p><p>Voir tableau attaché :&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-617</guid><pubDate></pubDate><title>Plus d’argent pour vivre pour les petits et moyens revenus</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/plus-d-argent-pour-vivre-pour-les-petits-et-moyens-revenus</link><description>L’USS présente ses priorités et la conjoncture de 2011</description><content:encoded><![CDATA[<p class="Text"><span lang="FR"></span></p><p>Les salaires des personnes qui touchent des petits ou moyens revenus subissent depuis des années une forte pression. Ces derniers ont toujours moins d’argent pour vivre. Une famille de quatre personnes dispose, une fois déduits les impôts, les taxes, les frais de logement et les primes de caisse-maladie, de moins de 1400 francs environ qu’il y a dix ans. Une famille disposant d’un haut revenu a en revanche plus de 19&nbsp;000 francs de plus à disposition. 
</p><p>Les salaires les plus élevés ont explosé (depuis 1996, le nombre de «&nbsp;salarié(e)s&nbsp;» millionnaires a été presque multiplié par six, passant à 2800 personnes), alors que les salarié(e)s ordinaires étaient sous pression. De plus, les revenus les plus élevés et les fortunes les plus importantes profitent de cadeaux fiscaux à hauteur d’environ 7 milliards de francs, alors que les salarié(e)s ordinaires souffrent constamment des hausses des primes de caisses-maladie et des loyers.
</p><p>Cette année, un but prioritaire de l’USS est de combattre cette évolution funeste et de faire en sorte que les bas et moyens revenus, ainsi que les retraité(e)s, aient plus d’argent pour vivre et que les assurances sociales restent performantes. L’Union syndicale suisse (USS) veut y parvenir entre autres de la manière suivante&nbsp;: </p><ul><li>en lançant, à fin janvier, la récolte de signatures pour l’initiative sur les salaires minimums&nbsp;; elle protégera tous les salaires au moyen de salaires minimums inscrits dans les conventions collectives de travail ou d’un salaire minimum légal de 22 francs de l’heure&nbsp;;</li><li>la spéculation sauvage poussant le cours du franc à la hausse, l’USS insiste pour que les banques ne puissent ni spéculer sur le franc ni donner des recommandations de placement en ce sens&nbsp;; la Banque nationale doit intervenir de manière ciblée&nbsp;; pour les entreprises touchées, il faut examiner un taux de change spécial&nbsp;; plus de 100&nbsp;000 emplois sont en jeu&nbsp;;</li><li>«&nbsp;AVSplus&nbsp;» sera concrétisé&nbsp;: qui gagne 5000 francs et moins par mois doit, une fois à la retraite, toucher 80&nbsp;% de son ancien revenu sous forme de rentes AVS et du 2e pilier (20&nbsp;% de plus qu’aujourd’hui)&nbsp;; le taux de remplacement de 60 % visé à ce jour pour toutes les catégories de revenus est trop bas et n’est adapté qu’aux revenus mensuels de 7000 francs et plus.</li><li>Les révisions en cours de l’AI, de l’assurance-maladie (soins intégrés) et de l’assurance-accidents seront suivies de près. L’USS luttera contre tout démantèlement comme, par exemple, des hausses de quote-part au détriment des assuré(e)s.&nbsp;</li></ul><p class="GliederungText"><span lang="FR"></span></p><h2>&nbsp;</h2><p>Les discours de :</p><ul style="font-style: italic; "><li><span><b>Paul Rechsteiner</b></span>, président de l'USS</li></ul><ul style="font-style: italic; "><li><span><b>Daniel Lampart</b></span>, économiste en chef et premier secrétaire de l'USS&nbsp;</li></ul><ul style="font-style: italic; "><li><span><b>Doris Bianchi</b></span>, adjointe au premier secrétaire de l'USS</li></ul><p>sont attachés.</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-394</guid><pubDate></pubDate><title>Certes un premier pas, mais bien trop timide</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/certes-un-premier-pas-mais-bien-trop-timide</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Le Conseil fédéral propose, dans le cadre d’une révision du Code des obligations (la consultation prend fin ces jours), de renforcer les sanctions infligées en cas de licenciement abusif. C’est une bonne chose. Mais notre gouvernement, bien qu’allant dans la bonne direction, reste bien trop timide.
</p><p>Aujourd’hui, les licenciements déclarés abusifs par un tribunal sont punis d’au maximum six mois de salaire. Désormais, ils devraient l’être d’au maximum 12 mois de salaire, un durcissement qui ne donne pas pour autant un caractère dissuasif à cette mesure. 
</p><p>Le Conseil fédéral propose aussi que les licenciements de représentant(e)s du personnel prononcés pour des raisons économiques soient automatiquement déclarés abusifs. C’est également un progrès, mais, là encore, bien trop maigre. 
</p><p>Pour l’Union syndicale suisse (USS), il est clair qu’une législation qui veut protéger efficacement les travailleurs et travailleuses appelés à représenter le personnel doit aussi permettre la réintégration de la personne abusivement licenciée. De fait, seule une telle disposition protégera de manière suffisamment préventive et garantira des négociations d’égal à égal entre partenaires sociaux. De plus, le droit à la réintégration après un licenciement abusif ne serait pas quelque chose de nouveau, la loi sur l’égalité entre femmes et hommes le prévoyant déjà depuis une quinzaine d’années, sans que personne n’ait jamais eu à s’en plaindre.
</p><p>La longue liste de licenciements antisyndicaux de ces dernières années, et jusqu’à récemment, montre qu’il est urgent d’agir sur cette question. 
</p><p>Le texte de la réponse de l’USS à la consultation sur ce projet de loi se trouve sur le site de l’USS&nbsp;: <a href="http://www.uss.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.uss.ch</a>, Documents (page d’accueil), Procédures de consultation&nbsp;: réponses de l’USS («&nbsp;Révision partielle du code des obligations - sanction en cas de congé abusif ou injustifié&nbsp;»).</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-7</guid><pubDate></pubDate><title>Enfin une lueur d’espoir ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/enfin-une-lueur-d-espoir</link><description>Les choses se mettraient-elles enfin à bouger ? Apparemment, en ce qui concerne la pro-tection contre les licenciements antisyndicaux. C’est à la mi-janvier que prendra fin la procédure de consultation fédérale sur un projet de loi qui entend améliorer cette protec-tion. Mais bien timidement…</description><content:encoded><![CDATA[<p>En 2010, on a à nouveau recensé des cas de personnes – la plupart du temps, des représentant(e)s du personnel - licenciées en raison de leurs fonctions syndicales. Les deux cas les plus récents ont eu lieu en Suisse romande dans le secteur des soins (ALSMAD, l’Association lausannoise pour l’aide et le maintien à domicile, et l’EMS Fort Barreau de Genève). Les deux représentantes du personnel licenciées travaillaient depuis plusieurs années dans leurs établissements respectifs. 
</p><p>Tous ces licenciements antisyndicaux violent des normes légales ratifiées par la Suisse. Dans les pays qui nous entourent, ils seraient annulables, ou ne pourraient même pas être prononcés. Le problème en Suisse est que même si un tribunal constate le caractère abusif d’un tel licenciement, la sanction infligée ne consiste qu’en une indemnité d’au maximum six mois de salaire versée à la victime. Une sanction si légère n’a aucun effet dissuasif. 
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) et ses syndicats se battent depuis des années pour mettre un terme à cette situation inacceptable. En 2002, ils ont déposé plainte auprès de l’Organisation internationale du Travail contre la Suisse. Après avoir longtemps bloqué ce dossier, le Conseil fédéral apparaît maintenant disposé à faire bouger les choses. En effet, dans le cadre de la législation sur les lanceurs d’alertes, il propose de mieux protéger aussi les représentant(e)s du personnel contre les licenciements abusifs. Et les licenciements de tels représentant(e)s pour raisons économiques seraient désormais automatiquement déclarés abusifs. Toutefois, le projet de loi ne prévoit que de doubler la sanction financière susmentionnée. Pour l’USS, il est clair qu’une législation qui entend protéger efficacement les salarié(e)s qui endossent des fonctions syndicales de représentation doit également permettre la réintégration des personnes abusivement licenciées. De fait, seule une telle disposition protégera contre les licenciements abusifs et garantira des négociations d’égal à égal entre partenaires sociaux. De plus, le droit à la réintégration après un licenciement abusif ne serait pas quelque chose de nouveau, la loi sur l’égalité entre femmes et hommes le prévoyant déjà depuis une quinzaine d’années.</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-12</guid><pubDate></pubDate><title>Les employeurs ne font pas confiance au partenariat social</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-employeurs-ne-font-pas-confiance-au-partenariat-social</link><description>La consultation sur les améliorations de la protection contre le licenciement abusif, en particulier des syndicalistes et des délégués du personnel, vient de s’achever. Force est de constater que les fronts sont très divisés. Les partis se divisent selon un axe gauche-droite clair, la gauche soutenant la position de l’USS, la droite se rangeant derrière l’Union Patronale, qui refuse toute amélioration.</description><content:encoded><![CDATA[<p>La position de l’Union Patronale est particulièrement choquante, car celle-ci va même jusqu’à soustraire totalement cette question au partenariat social. En effet, jusqu’à présent, les patrons avaient toujours prétendu que la question du licenciement antisyndical relevait des partenaires sociaux et devait être réglée dans les conventions collectives de travail (CCT). Le récent jugement d’un tribunal genevois dans l’affaire Manor/Marisa Pralong avait cependant confirmé que les partenaires sociaux ne peuvent interdire purement et simplement le licenciement antisyndical dans les CCT, car les articles correspondant du CO sont «&nbsp;absolument impératifs&nbsp;», donc non modifiables, même en faveur des travailleurs. Or, dans leur réponse à la consultation, les patrons refusent que les dispositions sur le licenciement antisyndical deviennent «&nbsp;relativement impératives&nbsp;», c’est-à-dire modifiables en faveur des travailleurs. 
</p><p>Moralité&nbsp;: les organisations patronales veulent des licenciements antisyndicaux, y compris dans des situations que les tribunaux ont jugé scandaleuses, par exemple le licenciement du président de la commission du personnel juste avant l’ouverture de négociations sur un plan social comme dans le cas du «&nbsp;Tages-Anzeiger&nbsp;» à Zurich. Et ce n’est pas tout&nbsp;: ils ne veulent pas que les partenaires sociaux puissent introduire des dispositions pour défendre le partenariat social. En effet, protéger les syndicalistes et les délégués du personnel n’est pas seulement un moyen de défendre les droits fondamentaux des travailleurs, c’est aussi un instrument qui permet de garantir la bonne application des CCT. 
</p><p>En ouvrant une consultation sur le sujet, le Conseil fédéral a enfin admis qu’il y a un urgent besoin de mieux protéger les travailleurs contre le licenciement abusif. Même si ses propositions sont insuffisantes, c’est déjà une importante victoire pour l’USS, qui va donc continuer à se mobiliser pour que défendre ses droits et ses collègues sur son lieu de travail ne puisse plus être réprimé par les employeurs.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-616</guid><pubDate></pubDate><title>Des salaires minimums pour empêcher les pressions sur les salaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-salaires-minimums-pour-empecher-les-pressions-sur-les-salaires</link><description>Initiative sur les salaires minimums : l’USS lance la récolte de signatures </description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 25 janvier 2011, les syndicats de l’USS ont lancé la récolte de signatures pour l’initiative sur les salaires minimums intitulée «&nbsp;Pour la protection de salaires équitables (Initiative sur les salaires minimums)&nbsp;». Cette initiative vise à stopper la pression toujours plus grande qui s’exerce sur les salaires&nbsp;; cela, à travers, d’une part, l’encouragement des conventions collectives de travail prévoyant des salaires minimums et, de l’autre l’introduction d’un salaire minimum légal national de 22&nbsp;francs de l’heure (salaire mensuel de Fr.&nbsp;3800.- pour 40 heures hebdomadaire, resp. Fr.&nbsp;4000.- pour 42 heures).
</p><p>«&nbsp;L’évolution des deux dernières décennies est marquée par la pression énorme qui s’est exercée sur les bas et les moyens salaires, alors que les salaires élevés et très élevés explosaient…&nbsp;», a rappelé Paul Rechsteiner, le président de l’USS, lors de la conférence de presse qui a accompagné le lancement de cette initiative. Et s’«&nbsp;il y a dix ans de cela, les syndicats (…) en lançant une campagne (…) intitulée «&nbsp;Pas de salaire au-dessous de 3000 francs&nbsp;!&nbsp;» [, ont pu stopper] cette tendance négative, à tout le moins pour les très bas revenus (…) aujourd’hui, il apparaît que (…) les nouveaux moyens proposés par l’initiative sont désormais nécessaires pour faire pièce aux pressions sur les bas et les moyens salaires (…) et pour inverser la tendance...&nbsp;»
</p><p>L’économiste en chef de l’USS, Daniel Lampart, a réfuté l’argument selon lequel les salaires minimums entraîneraient une hausse du chômage. Selon lui au contraire, ils permettront à certaines personnes de renoncer à un deuxième emploi et en inciteront d’autres à quitter l’aide sociale pour retrouver un emploi. De plus, «&nbsp;Les salaires minimums entraînent une répartition des revenus plus égale, car ils améliorent la situation des bas et moyens revenus&nbsp;», ce qui est juste et favorise la consommation. De fait «&nbsp;ces classes de revenus économisent moins que les hauts revenus, si tant est qu’elles sont en mesure d’économiser. En rendant la répartition des revenus moins inégale, il faut donc aussi s’attendre à ce que plus d’argent soit injecté dans le circuit économique pour la consommation.&nbsp;» En outre, les salaires minimums ne provoquent pas de hausse des prix. En effet, «&nbsp;depuis 1998, le salaire minimum le plus bas figurant dans une CCT – attention&nbsp;: suite à des négociations entre les partenaires sociaux -, qui était alors de 2350 francs par mois, est passé à 3393 francs (+44&nbsp;%) (…) Par contre, les prix des restaurants et des hôtels ont largement crû à l’unisson des prix habituels des prestations de services en Suisse.&nbsp;» Selon lui, le salaire minimum légal interviendra lorsque la conclusion d’une convention collective de travail n’est pas possible. Là aussi, les salaires doivent permettre de vivre&nbsp;!
</p><p>Vania Alleva, vice-présidente de l’USS et membre du comité directeur du syndicat Unia, a rappelé la longue liste de salarié(e)s concernés par les salaires minimums, à savoir&nbsp;: les travailleurs et travailleuses agricoles, de l’industrie de l’alimentation et du textile ainsi que les paysagistes, sans oublier les employé(e)s de maison, d’entreprises de nettoyage, de centres d’appel, de services de transport de courrier, de services à la personne – des coiffeurs et coiffeuses aux esthéticiennes – et de certaines parties du commerce de détail. Mais d’autres branches et professions auxquelles on n’aurait pas pensé sont aussi concernées, comme les assistant(e)s en pharmacie ou les salarié(e)s des technologies de l’information. On devrait ne surtout pas oublier que presque un(e) travailleur/travailleuse sur dix touche un salaire inacceptable. Environ 300&nbsp;000 femmes et 100&nbsp;000 hommes sont concernés.
</p><p>La présidente de kapers, l’association du personnel de cabine, Valérie Hauswirth, a présenté des exemples particulièrement choquants&nbsp;: «&nbsp;Le salaire de départ d’un membre d’équipage de la compagnie Swiss est de Fr.&nbsp;3300.- (maîtrise de 2 langues) et de Fr.&nbsp;3400.- (3 langues) et atteint, après trois années, un montant de Fr.&nbsp;3500.-, respectivement Fr.&nbsp;3600.-.&nbsp;» Or, il ne s’agit pas là d’une activité auxiliaire&nbsp;: «&nbsp;Pour être membre d’un équipage, il faut être âgé d’au moins 18&nbsp;ans, avoir un diplôme professionnel ou une maturité, un passeport suisse ou européen (Union européenne) avec un permis de séjour B ou C, des qualités personnelles comme l’amabilité, certaines prédispositions à travailler dans les services, l’aptitude à travailler en équipe, etc. et être en excellente santé.&nbsp;» Et chez Air Berlin, le salaire de départ est même de 2900 misérables francs. 
</p><p>La conseillère nationale socialiste tessinoise Marina Carobbio a souligné que les salaires minimums représentent un pas important vers l’égalité des salaires entre femmes et hommes. Elle a également précisé que les bas salaires sont très répandus au Tessin, même dans l’horlogerie&nbsp;: «&nbsp;Dans cette branche, les employés gagnent seulement 2500 francs par mois, malgré un accord qui prévoit une augmentation de 100 francs chaque année sur trois ans, à partir de 2400 francs en 2008. Une indécence&nbsp;!&nbsp;» Ainsi, à travers cette initiative sur les salaires minimums, «&nbsp;Nous voulons une Suisse solidaire&nbsp;». 
</p><p>L’initiative de l’USS et de ses syndicats sur les salaires minimums est soutenue par le Parti socialiste, LCH (association faîtière des enseignant(e)s alémaniques), les Vert-e-s, Alternative Liste / Linke, La Gauche, l’Œuvre suisse d’entraide ouvrière (OSEO), le PCS, la Jeunesse socialiste, les Jeunes Vert-e-s, la Fédération des associations des retraités et de l’entraide en Suisse (FARES), IG Sozialhilfe et le KABBA – Komittee der Arbeitslosen und Armutsbetroffenen.
</p><p>Pour plus d’informations sur l’initiative&nbsp;: <a href="http://www.salaires-minimums.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.salaires-minimums.ch</a></p><p>&nbsp;</p><p>Des discours de</p><ul><li><b>Paul Rechsteiner</b>, président de l'USS</li></ul><ul><li><b>Daniel Lampart</b>, économiste en chef de l'USS</li></ul><ul><li><b>Vania Alleva</b>, vice-présidente de l'USS et membre du comité directeur du Syndicat UNIA</li></ul><ul><li><b>Valérie Hauswirth</b>, présidente de kapers</li></ul><ul><li><b>Marina Carobbio</b>, conseillère nationale (TI)</li></ul><p>et la <b>documentation sur les salaires minimum</b> sont attachées.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-615</guid><pubDate></pubDate><title>L’affaiblissement de la protection des salaires n’est pas négociable</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-affaiblissement-de-la-protection-des-salaires-n-est-pas-negociable</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse a aujourd’hui clairement fait savoir qu’elle n’accepterait, sous aucune condition, un affaiblissement des mesures d’accompagnement dans le cadre de l’évolution future des accords bilatéraux. Elle revendique bien au contraire leur application pleine et entière.
</p><p>Le président de l’USS a constaté que l’UE critique les mesures d’accompagnement, bien qu’au cours des négociations un accord ait été trouvé (exemples : cautions, délais d’annonce, interdiction de travail temporaire provenant de l’étranger). L’exigence récente de l’UE de reprise de son évolution juridique est un « point (…) particulièrement dangereux pour le système suisse de protection des salaires » puisque « la jurisprudence de la Cour européenne de justice s’est développée dans un sens catastrophique, à l’encontre des intérêts des salarié(é)s ces trois dernières années (…). C’est la substance même des mesures d’accompagnement qui est en cause lorsque — comme dans la récente jurisprudence de la Cour européenne, qui fait référence pour l’application du droit communautaire — la liberté de commerce et d’industrie dans le marché intérieur prend soudainement le pas sur les droits du travail nationaux. Il en va de même quand ce n’est plus, comme actuellement en Suisse, le lieu de prestation qui importe pour les conditions de travail, mais le principe du lieu de provenance. » Le Conseil fédéral ne doit donc rien concéder sur cette question, les syndicats sont prêts à combattre résolument un futur paquet de négociation contenant un affaiblissement de la protection du salaire.
</p><p>L’économiste en chef de l’USS, Daniel Lampart a mis en évidence les lacunes de l’application des mesures d’accompagnement : malgré les infractions constatées en matière de salaire, trop peu de salaires minimaux ont été édictés, particulièrement en Suisse alémanique, où les mesures d’accompagnement sont insuffisamment appliquées. Daniel Lampart a exigé, entre autres, des salaires minimaux dans les petites entreprises du nettoyage et de la sécurité — pour les journalistes également — ainsi qu’une rapide déclaration d’extension du champ d’application de la CCT du travail temporaire par le Conseil fédéral.
</p><p>En outre, Daniel Lampart a mis le doigt sur des manques dans le recours aux moyens prévus par les mesures d’accompagnement. Les amendes infligées aux entreprises qui détachent des travailleurs depuis l’étranger ne sont effectives que dans la moitié des cas. « C’est pourquoi il faut introduire des cautions (garanties) dans les CCT ».
</p><p>Deux autres lacunes ont été soulignées par Renzo Ambrosetti, le coprésident d’Unia. Pour éliminer « l’irresponsabilité organisée de la chaîne des sous-traitants, la responsabilité solidaire doit être introduite ». Ce faisant, les entreprises générales seraient responsables du respect de salaires corrects. De plus, des moyens légaux supplémentaires sont nécessaires pour corriger la croissance massive des faux indépendant(e)s. Pour Renzo Ambrosetti, l’extension de la CCT à toutes les entreprises du secteur du nettoyage, respectivement l’application des prescriptions de la CCT à tous les fournisseurs des branches concernées est urgente.
</p><p>&nbsp;</p><p>Des discours de&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><b>Paul Rechsteiner</b>, président de l'USS,</li><li><b>Daniel Lampart</b>, économiste en chef de l'USS,</li><li><b>Renzo Ambrosetti</b>, coprésident du Syndicat UNIA,</li></ul><p>une <b>note d'information</b> sur la protection des salaires et la <b>position de l'USS</b> concernant l'illegalité de payer les salaires en euros l'USS &nbsp;sont attachés.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-11</guid><pubDate></pubDate><title>Une vraie leçon de capitalisme</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/une-vraie-lecon-de-capitalisme</link><description>Dans la branche du nettoyage et de l’entretien des bâtiments, le nombre de salarié(e)s est aujourd’hui de 50 % plus élevé qu’à la fin des années 1990. Une évolution nettement plus marquée que celle de l’emploi total qui, durant le même laps de temps, a crû d’un peu plus de 10 %. La branche du nettoyage n’a pas autant progressé parce qu’on nettoie plus en Suisse que par le passé, mais parce que de nombreuses externalisations de ces activités ont été réalisées. Avant celles-ci, ces travailleurs et travailleuses étaient statistiquement enregistrés dans le secteur où ils et elles nettoyaient (banques, hôpitaux, etc.). Aujourd’hui, ils ne figurent plus dans ces secteurs, mais dans celui du nettoyage. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Ces externalisations ont empoisonné les conditions de travail de cette branche. Le salaire minimum y est d’environ 20 francs de l’heure, si l’on prend en considération l’indemnité de vacances et la part du 13e salaire. Si le personnel du nettoyage était directement employé, par exemple, par les banques, les salarié(e)s recevraient environ 27 francs de l’heure&nbsp;; même celles qui touchent le salaire minimum le plus bas. 
</p><p>Ce sont surtout des grandes entreprises – UBS, Crédit Suisse, Novartis, Swisscom – qui ont externalisé le nettoyage de leurs bâtiments. L’UBS, par exemple, l’a fait en 2006, en autonomisant ses services de nettoyage sous la forme d’une nouvelle entreprise du nom de Edelweiss FM. Dans de nombreux cas, il a été exigé des entreprises de nettoyage extérieures qu’elles reprennent les anciennes conditions de travail des employé(e)s. Mais ce ne fut le cas que provisoirement. Premièrement en effet, cette branche, qui connaît d’importantes fluctuations, a pu, lors de nouvelles embauches, convenir de salaires plus bas. Deuxièmement, des entreprises de nettoyage ont été vendues à d’autres entreprises qui n’étaient pas tenues de respecter ces accords. Ce fut aussi le cas de l’ancienne entreprise de nettoyage de l’UBS, Edelweiss FM, qui fut reprise par ISS, une entreprise internationale avec siège au Danemark. 
</p><p>Dans les milieux syndicaux, ISS est surtout connue comme étant l’entreprise qui a dénoncé en 2010 la convention collective de travail de l’aéroport de Genève&nbsp;; cela, afin de pousser les salaires à la baisse. Un culot que le Syndicat suisse des services publics, le ssp, en déclenchant une grève. ISS est propriété des fonds d’investissement de Private Equity qui, à leur tour, appartiennent à la famille Wallenberg, de l’oligarchie suédoise ainsi qu’à la banque d’investissement Goldman Sachs.
</p><p>La boucle est ainsi bouclée. Les banques et les grandes entreprises externalisent les travaux de nettoyage afin d’économiser des coûts, respectivement pour faire plus de profits. Ces économies se font en grande partie aux dépens des nettoyeuses et nettoyeurs, dont les salaires minimums baissent fortement. De ce fait, les entreprises de nettoyage peuvent enregistrer des bénéfices qui, à leur tour, reviennent aux banques qui ont achetées ces mêmes entreprises&nbsp;!
</p><p>L’initiative de l’USS sur les salaires minimums pourrait mettre fin à cette pression sur les salaires au détriment du personnel de nettoyage. En effet, si ce dernier gagne plus, l’externalisation de ces activités n’en vaudra plus la peine.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-19</guid><pubDate></pubDate><title>Une adaptation nécessaire aux réalités du monde du travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/une-adaptation-necessaire-aux-realites-du-monde-du-travail</link><description>L’initiative populaire « 6 semaines de vacances pour tous » prévoit de faire passer de 4 à 6 semaines le droit légal aux vacances. Une revendication qui répond à un besoin avéré des travailleurs et des travailleuses de ce pays.</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’augmentation du droit aux vacances visée par cette initiative permettrait notamment d’alléger le stress qui pèse sur de nombreux salarié(e)s et d’en réduire, de ce fait, nettement les effets négatifs. De surcroît, ceux-ci sont extrêmement coûteux pour l’économie. En effet, les coûts du stress au travail sont estimés à environ 10 milliards de francs par an, soit 2&nbsp;% du PIB. Et ils pourraient bien aller croissant ces prochaines années, car les salarié(e)s doivent aujourd’hui faire face à des conditions toujours plus difficiles&nbsp;: accroissement de la précarité et de la pénibilité, difficultés à concilier vie familiale et professionnelle, etc. 
</p><p>Augmenter le droit aux vacances serait parfaitement supportable pour les entreprises. Son prix, 6,6 milliards de francs par an, ne correspond finalement qu’à une hausse de salaire d’environ 0.4&nbsp;% par an sur 6 ans ou à une diminution du temps de travail de… 10 minutes par jour. Ce montant est, au surplus, nettement inférieur au coût du stress au travail. Il existe en outre une marge de manœuvre importante pour réduire le temps de travail en Suisse, par exemple grâce à plus de congés. En effet, sur ces 20 dernières années, la productivité a augmenté beaucoup plus vite que les salaires, pour une durée du travail moyenne qui est restée pratiquement stable (une diminution d’à peine… 18 minutes par semaine en 18 ans&nbsp;!). La Suisse fait d’ailleurs partie du peloton de tête européen des durées du travail les plus longues. Qui plus est, les salarié(e)s de ce pays accumulent chaque année des heures supplémentaires correspondant à environ 100&nbsp;000 postes à plein temps&nbsp;!
</p><p>Il convient enfin de relever que les droits aux vacances stipulés par les conventions collectives de travail (CCT) ou par les lois sur le personnel des collectivités publiques, bien que représentant souvent des améliorations sensibles par rapport aux 20 jours par an accordés par le Code des obligations, restent très en-deçà de l’objectif de l’initiative. Il existe en effet de nombreuses CCT comptant plusieurs milliers d’assujettis (p. ex. nettoyage en Suisse alémanique, routiers suisses, coiffure, boucherie, sécurité privée) qui ne prévoient pas de droit aux vacances allant au-delà du minimum légal. D’autres le font, mais cela ne va que rarement au-delà de 5 jours supplémentaires. Enfin, ces améliorations ne concernent souvent que les salarié(e)s d’un certain âge (p. ex. les plus de 55 ans) ou les apprenti(e)s. Une semaine supplémentaire de vacances pour tous améliorerait déjà la situation de plus de 3&nbsp;100&nbsp;000 travailleurs et travailleuses, alors que les deux semaines supplémentaires préconisées par l’initiative augmenteraient le droit aux vacances de la quasi-totalité des salariés suisses. Le compte est vite fait&nbsp;!
</p><p>L’USS soutient donc l’initiative «&nbsp;6 semaines de vacances pour tous&nbsp;». Augmenter les congés pour diminuer le stress au travail et permettre aux travailleurs et travailleuses de mieux profiter de leur vie familiale et sociale n’est en effet pas un luxe, mais une adaptation nécessaire aux réalités du monde du travail moderne.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-20</guid><pubDate></pubDate><title>À qui le tour ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/a-qui-le-tour</link><description>Le libéral-radical Christian Lüscher lance, concernant le shops des stations-service, une initiative « portes toujours ouvertes ». À droite, où le sort des personnes qui y travaillent, qui doivent y travailler, n’inquiète guère. Une chose est certaine, le débat sur les heures d’ouverture des commerces est loin d’être clos. </description><content:encoded><![CDATA[<p>S’il y a un mythe bien ancré dans les têtes des partis bourgeois, c’est sans doute aucun celui qui veut que la société aurait évolué vers le 24 heures sur 24 et que les besoins des consommateurs et consommatrices exigent que les heures d’ouverture des commerces s’y adaptent. Que ce mythe ne repose sur rien d’autre que des suppositions toutes théoriques n’empêche pas cette droite de vouloir faire accroire à l’opinion publique que ceux qui défendent les droits des travailleurs concernés pour des «&nbsp;vieux archaïques plus en phase avec la société&nbsp;». Or, personne ne constate une évolution significative des «&nbsp;besoins des consommateurs&nbsp;», ni une «&nbsp;tendance inéluctable&nbsp;» menant à une société qui ne se repose jamais. En effet, le rythme «&nbsp;travail de jour en semaine, repos de nuit et le week-end&nbsp;» reste celui de l’immense majorité de la population et des services qui lui sont destinés (sauf les services d’urgence). 
</p><p>La loi sur le travail (LTr) se base sur ce qui est toujours une réalité sociale et postule l’interdiction de principe du travail nocturne et dominical, sauf en cas de besoin impérieux dûment démontré. Les tribunaux rappellent régulièrement que la santé et la vie sociale des travailleurs passe avant les profits des grandes enseignes du commerce de détail ou d’hypothétiques «&nbsp;besoins des consommateurs&nbsp;». 
</p><p>Les milieux économiques et les partis bourgeois sont conscients qu’une attaque frontale contre ces principes cardinaux du droit du travail n’aurait pas la moindre chance de succès&nbsp;; ce qui a été confirmé par les votes populaires dans les cantons qui ont, en grande majorité, rejeté les tentatives de libéraliser les horaires d’ouverture des magasins. Ces milieux, économiques et politiques, procèdent par conséquent en appliquant leur désormais traditionnelle «&nbsp;stratégie du salami&nbsp;». Or, chaque tranche de salami ouvre un petit peu plus la porte à une libéralisation totale des heures d’ouverture de tous les commerces, puis à une libéralisation, totale aussi, de tous les horaires de travail. En effet, pour un commerce qui ouvre en dehors des heures habituelles, ce sont toute une série de services (sécurité, nettoyage, livraison, etc.) qui doivent, eux aussi, s’adapter pour être à disposition 24 heures sur 24. 
</p><p>Dernière tranche en date&nbsp;: l’initiative Lüscher (PLR/GE), qui vise à libéraliser totalement le travail de nuit dans les shops de stations-service le long des grands axes routiers. Et à nouveau, cette proposition ne s’appuie que sur une pseudo «&nbsp;évolution des besoins des consommateurs&nbsp;». Que le travail de nuit soit mauvais pour la santé – et c’est prouvé - ne semble pas émouvoir ses partisans, pas plus le fait que les stations-service soient des lieux de travail dangereux, en particulier la nuit&nbsp;: il ne se passe en effet pas une semaine sans que les médias rapportent un braquage. En outre, l’absence de solution de garde pour les enfants ou de transports publics pendant la nuit ne pèse guère dans la balance face à la volonté du commerce de détail de ne jamais fermer ses magasins. La commission de l’économie et des redevances du Conseil national a donc malheureusement accepté l’initiative Lüscher à une large majorité. 
</p><p>Mais l’USS continuera à s’opposer fermement à toute nouvelle libéralisation des horaires de travail. Affaire à suivre.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-381</guid><pubDate></pubDate><title>Déjà 25 414 signatures de récoltées</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/deja-25-414-signatures-de-recoltees</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>En deux mois seulement, plus de 25&nbsp;000 personnes ont signé l’initiative de l’Union syndicale suisse (USS) sur les salaires minimums. Par ce geste, elles montrent qu’elles veulent que les conventions collectives de travail offrent une protection plus efficace contre les pressions qui s’exercent sur les salaires de tous les travailleurs et travailleuses. Et elles soutiennent aussi l’introduction d’un salaire minimum légal de 22 francs de l’heure. Cela, afin que tous les hommes et toutes les femmes qui travaillent dans ce pays reçoivent un salaire décent. 400&nbsp;000 personnes en profiteraient, dont une grande majorité de femmes.
</p><p>Le succès rencontré par l’initiative syndicale «&nbsp;pour la protection de salaires équitables&nbsp;» rend les dirigeants de l’économie toujours plus nerveux. Ainsi, ces dernières semaines, on a toujours plus souvent pu lire des textes dirigés contre le salaire minimum légal. C’est donc au stade de la récolte des signatures pour cette initiative déjà qu’economiesuisse, Avenir Suisse et d’autres porte-voix de l’économie se battent sur le terrain idéologique et tentent de fournir des arguments à leurs partisans. 
</p><p>Du jeudi 31 mars au samedi soir 2 avril, l’USS donnera un coup d’accélérateur à son initiative. Dans toute la Suisse, elle récoltera des signatures à plus d’une centaine de stands et sera soutenue dans cette démarche par d’autres organisations alliées. Le but est de rassembler quelques dizaines de milliers de signatures supplémentaires.
</p><p>Vous trouverez plus d’informations sur les stands de récolte de signatures et au sujet de l’initiative sur les salaires minimums ici
</p><p><a href="http://www.salaires-minimums.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.salaires-minimums.ch</a></p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-377</guid><pubDate></pubDate><title>L’inflation a presque entièrement mangé les hausses de salaire</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-inflation-a-presque-entierement-mange-les-hausses-de-salaire</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>En 2010, les salaires réels ont pratiquement stagné. Cette année, la hausse de 0,8&nbsp;%des salaires nominaux a été mangée par l’inflation. Et des augmentations des primes de caisse-maladie s’y sont ajoutées, si bien que, finalement, le revenu disponible des salarié(e)s de ce pays a même été inférieur à ce qu’il était l’année précédente. 
</p><p>Lors des négociations de 2009, l’inflation était de -0,5&nbsp;%. Mesurés à l’aune de cette inflation négative, les accords salariaux auraient été positifs pour l’année 2010. Ce qui ne change rien à la réalité décrite plus haut…
</p><p>Une chose positive ici, c’est que les salaires des femmes ont augmenté un peu plus (1,1&nbsp;%). Ce qui comble une petite partie de la différence avec les salaires des hommes. Mais, à ce rythme, il faudrait encore des décennies pour que cette différence soit entièrement comblée. C’est pourquoi l’Union syndicale suisse (USS) mène une campagne sur l’égalité des salaires entre femmes et hommes, dont l’apogée sera la journée nationale d’action et de grève du 14 juin prochain.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-28</guid><pubDate></pubDate><title>Il faut relever les salaires les plus bas et stopper la sous-enchère salariale</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/il-faut-relever-les-salaires-les-plus-bas-et-stopper-la-sous-enchere-salariale</link><description>Près de 400 000 personnes gagnent moins de 4000 francs par mois. Et les salaires de celles et ceux qui ne doivent pas « tout simplement » se battre pour survivre sont aussi sous pression. C’est pour cela que l’Union syndicale suisse (USS) a lancé son initiative sur les salaires minimums.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Éhonté&nbsp;! En Suisse, près de 10 % des personnes exerçant une activité lucrative sont si peu rémunérés qu’ils ne sont pratiquement pas en mesure de s’en sortir, et encore moins s’ils ont une famille à nourrir. Près de 300&nbsp;000 femmes et 100&nbsp;000 hommes gagnent – calculé en équivalent plein temps – moins de 4000 francs par mois, soit moins de 22 francs de l’heure. Et il ne s’agit de loin pas uniquement de personnes qui, en raison de graves problèmes, ne seraient parvenus qu’imparfaitement à se former. Il s’agit aussi de personnes qualifiées, au bénéfice d’un apprentissage et/ou d’une expérience professionnelle. 
</p><p>Les salaires des salarié(e)s plus ou moins correctement rémunérés sont également sous pression. En externalisant des activités auparavant effectuées dans et par elles, des entreprises veulent économiser de l’argent. Précisément en recourant à des emplois temporaires et non fixes. Et, concernant les femmes, c’est en avançant un argument «&nbsp;léger&nbsp;», comme celui du manque d’années d’expérience ou d’une expérience inadéquate, que certains justifient le versement de salaires plus bas que pour les hommes. 
</p><p>C’est à cause de ces deux réalités que, le 25 janvier dernier, l’USS a lancé son initiative populaire sur les salaires minimums. L’USS veut relever les salaires les plus bas à un niveau un tant soit peu acceptable et protéger les salarié(e)s de ce pays contre la pression accrue qui s’exerce sur leurs salaires. C’est pourquoi son initiative prévoit, d’une part, un salaire minimum légal de 22 francs de l’heure – ou 4000 francs par mois – et, de l’autre, l’encouragement, par la Confédération et les cantons, de l’inscription de salaires minimums obligatoires dans les conventions collectives de travail. Aujourd’hui en effet, seuls 40&nbsp;% des salarié(e)s sont protégés par des salaires minimums. Or, ces derniers étoufferaient l’emploi de celles et ceux qui devraient en profiter, affirment à cor et à cris les adversaires de cette initiative. Mais si c’était vrai, pourquoi les syndicats ont-ils pu obtenir en dix ans près de 50&nbsp;% de hausse des salaires minimums à la Coop et à la Migros&nbsp;?
</p><p>Les salaires minimums sont un instrument de protection des salaires des plus utiles. Pas étonnant que l’initiative syndicale ait déjà pu rassembler 25&nbsp;000 signatures au moins en plein hiver. Les week-ends des 1er et 2 avril, l’USS organise une première grande action de récolte nationale de signatures. Plus de 100 stands, répartis dans tout le pays, sont déjà prévus et chaque jour, de nouveaux sont annoncés.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-612</guid><pubDate></pubDate><title>Une politique salariale et fiscale intelligente pour contrecarrer le creusement des écarts salariaux</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/une-politique-salariale-et-fiscale-intelligente-pour-contrecarrer-le-creusement-des-ecarts-salariaux</link><description>Avec son rapport sur la répartition des revenus et de la fortune en Suisse ces quinze dernières années, l’Union syndicale suisse (USS) offre une vue d’ensemble scientifique qui manquait jusqu’à ce jour sur ces questions. Le résultat de cette étude est clair : les profiteurs des dix à quinze dernières années sont les hauts et très hauts revenus, tant en ce qui concerne les salaires que la fortune, comme l’a souligné le président de l’USS, Paul Rechsteiner.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="Text"><span lang="FR"></span></p><p>Les 40&nbsp;000 personnes les mieux payées ont vu leurs salaires réels augmenter de plus de 20&nbsp;%, alors que les bas et moyens salaires n’ont progressé que d’environ 2 à 4&nbsp;%, c’est-à-dire bien moins que la croissance de la productivité. Cet élargissement de la fourchette salariale est dû à l’individualisation de la politique salariale. Cette fourchette s’élargit en effet le plus dans les branches où le versement de bonus est le plus courant (banques, assurances). La situation apparaît meilleure dans les branches actives en matière de salaires minimums et dotées de bonnes conventions collectives de travail (CCT). Giorgio Tuti, président du Syndicat du personnel des transports (SEV) et vice-président de l’USS, constate que grâce à un taux de syndicalisation élevé, on arrive à maintenir des rapports comparativement acceptables entres les salaires des professions aux exigences simples et les classes de salaire supérieures. Mais, ajoute-t-il, la pression exercée par les entreprises va clairement dans la direction opposée.
</p><p>La politique fiscale et la politique en matière de taxes ont entièrement été au service des revenus les plus élevés et des fortunes les plus grandes. Conséquence&nbsp;: en 2008, une famille de quatre personnes à hauts revenus disposait d’un revenu disponible supérieur de 14&nbsp;000 francs par rapport à 1998. Par contre, les familles à moyens et, tout particulièrement, à bas revenus n’avaient en 2008 guère plus d’argent pour vivre que dix années auparavant (Fr.&nbsp;2700.-, resp. Fr. 300.-).
</p><p>Le résumé de Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS, est clair&nbsp;: «&nbsp;La politique salariale individualisée et les bonus privent les bas et moyens revenus de leur part des plus-values créées.&nbsp;» Pour que la situation devienne plus juste, des hausses générales de salaire sont nécessaires. Le 13e salaire doit remplacer les bonus et tous les salaires doivent être protégés par des salaires minimums, via des CCT et un salaire minimum légal de 22 francs de l’heure, comme le demande&nbsp; l’initiative de l’USS sur les salaires minimums.
</p><p>La politique fiscale et la politique en matière de taxes doivent profiter aux bas et moyens revenus. L’USS rejette les baisses d’impôts en faveur de l’épargne-logement, la suppression du droit d’émission pour les obligations et la révision de l’imposition de la propriété du logement. Cet argent public doit servir à garantir un financement plus juste de l’assurance-maladie. La priorité doit être donnée à une réduction plus conséquente des primes de caisse-maladie.
</p><p>Le rapport de l’USS sur la répartition des revenus et de la fortune peut être chargé (en allemand, sauf un résumé d’une page) sur <a href="http://www.verteilungsbericht.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.verteilungsbericht.ch</a>.
</p><p class="Text"><span lang="FR"></span></p><p class="Text">&nbsp;</p><p class="Text">Attachés, vous trouvez les discours de :</p><ul style="font-style: italic; "><li><span><b>Paul Rechsteiner</b></span>, président de l'USS</li></ul><ul style="font-style: italic; "><li><span><b>Daniel Lampart</b></span>, économiste en chef de l'USS</li></ul><ul style="font-style: italic; "><li><span><b>Giorgio Tuti</b></span>, vice-président de l'USs et président du SEV</li></ul>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-30</guid><pubDate></pubDate><title>Une majorité à côté des réalités du monde du travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/une-majorite-a-cote-des-realites-du-monde-du-travail</link><description>[Translate to fr:] Am 17. März hat der Nationalrat die Volksinitiative «6 Wochen Ferien für alle» von Travail.Suisse abgelehnt. Er hat damit eine Chance verpasst, einen Ausgleich zum zunehmenden Stress zu schaffen.</description><content:encoded><![CDATA[<p>En rejetant l’initiative «&nbsp;6 semaines de vacances pour tous&nbsp;», le Conseil national vient de rater une belle opportunité d’améliorer la santé des travailleurs et des travailleuses ainsi que d’adapter le droit du travail aux réalités modernes. En effet, une augmentation des vacances serait notamment un moyen efficace pour réduire le stress au travail, dont les coûts annuels se montent à quelque 10 milliards de francs, soit environ 2% du PIB. La majorité bourgeoise préfère donc que l’économie continue à assumer ces charges… et que la santé des salarié(e)s continue d’en pâtir. 
</p><p>Une augmentation à 6 semaines de la durée des vacances bénéficierait à la totalité des salarié(e)s suisses. En effet, malgré de nombreux progrès dans les conventions collectives de travail (CCT), beaucoup de travailleurs et travailleuses, même âgés, ne bénéficient que du minimum légal de 4 semaines. Un grand nombre ne bénéficie que d’améliorations marginales. Or, le coût d’une augmentation de la durée des vacances à 6 semaines pour tous serait modeste&nbsp;: 6,6 milliards de francs, ce qui est dans tous les cas inférieur aux coûts du stress au travail. En outre, 2 semaines de vacances supplémentaires ne correspondent qu’à une diminution du temps de travail de… 10 minutes par jour. 
</p><p>La santé au travail est l’un des défis du monde du travail actuel, et ce dans toutes les branches. Augmenter les vacances pour diminuer le stress et améliorer la qualité de vie est un projet moderne, en phase avec les réalités. Visiblement, certains ne l’ont toujours pas compris.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-375</guid><pubDate></pubDate><title>Le droit de dire NON, quand cela devient trop dangereux !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-droit-de-dire-non-quand-cela-devient-trop-dangereux</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>En Suisse, plus de 250 000 accidents de travail ont lieu chaque année. Cent d’entre eux sont mortels et beaucoup débouchent sur une grave invalidité. L’Union syndicale suisse (USS) entend contribuer à faire baisser ces chiffres dans le cadre de la campagne de la SUVA (CNA) et de la Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail (CFST) «&nbsp;Vision 250 vies&nbsp;». Concrètement, il s’agit de diviser par deux le nombre de décès et de cas d’invalidité. 250 vies s’en trouveraient protégées et autant de cas d’invalidité grave évités. 
</p><p>Pour l’USS, il est clair qu’aucun travail, si important soit-il, ne saurait justifier que l’on mette sa vie en danger. Les syndicats doivent veiller à ce que tous les travailleurs et toutes les travailleuses aient, sans condition aucune, le droit d’interrompre leur travail dès que la protection de leur santé et leur sécurité ne sont plus garanties. 
</p><p>C’est pourquoi, dans le cadre de cette campagne, l’USS présente tout spécialement, sur un dépliant au format d’une carte de crédit, les principaux droits des travailleurs et travailleuses en matière de sécurité au travail. À l’enseigne de <b>«&nbsp;Halte&nbsp;! La sécurité d’abord&nbsp;!&nbsp;»</b>, elle rappelle que les employeurs doivent prendre toutes les mesures de protection nécessaires et que les salarié(e)s doivent y participer en s’informant, en parlant entre eux et en agissant lorsque surgissent des problèmes. 
</p><p>Le prospectus existe en français, allemand, italien, portugais, espagnol, serbo-croate, turc et albanais. Il sera distribué gratuitement aux syndicalistes à partir du 28 avril, Journée mondiale pour la sécurité et la santé au travail et peut être commandé à&nbsp;: <a href="#" data-mailto-token="thpsav1pumvGzni5jo" data-mailto-vector="7">info(at)sgb.ch</a> ou aux syndicats affiliés à l’USS.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-374</guid><pubDate></pubDate><title>Un signal fort en faveur des salaires minimums, de la justice redistributive et de l’égalité hommes-femmes </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/un-signal-fort-en-faveur-des-salaires-minimums-de-la-justice-redistributive-et-de-l-egalite-hommes-femmes</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté hier et aujourd’hui dans plus de 50 localités du pays à l’occasion du 1er Mai, le seul jour férié célébré simultanément dans le monde entier, pour demander des salaires minimums et plus de justice redistributive, exiger aussi des assurances sociales fortes, la concrétisation de l’égalité entre femmes et hommes et un monde plus solidaire. L’USS avait placé le 1er Mai 2011 sous le slogan <a name="_Hlt291936657"></a>«&nbsp;Halte au dumping&nbsp;! Des salaires minimums maintenant&nbsp;!&nbsp;». Dans de nombreuses localités, des signatures ont également été récoltés à l’appui de l’initiative populaire de l’USS pour des salaires minimums. En l’espace de trois mois,&nbsp;plus de 66’000 personnes l’ont déjà signée. Les manifestants ont presque partout fustigé le creusement des inégalités entre une élite qui se targue de manière éhontée d’empocher des revenus et d’accumuler des fortunes exceptionnellement élevés et les gens ordinaires dont les salaires subissent des pressions toujours plus fortes.&nbsp; 
</p><p>Partout, la bataille a été déclarée ouverte contre ces disparités sociales en forte augmentation. A St-Gall, Paul Rechsteiner, le président de l’USS, a évoqué un remède&nbsp;: «&nbsp;Nous demandons des hausses générales des salaires réels et la compensation automatique du renchérissement pour tout le monde, cette conquête sociale peu spectaculaire mais importante aux yeux de la population. Et cela, en lieu et place des bonus, des primes et des excès d’un tout petit nombre. Et il nous faut enfin des salaires minimums, de bonnes conventions collectives de travail et un minimum légal pour les branches qui ne possèdent pas de conventions collectives. Vingt-deux francs par heure ou 4000 francs par mois sont le minimum.&nbsp;» 
</p><p>La politique fiscale antisociale, qui aggrave les écarts de revenus, a été dénoncée par tous les orateurs. Exemple, Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS, qui s’exprimait à Thalwil&nbsp;: «&nbsp;Les nombreux cadeaux fiscaux accordés par la Confédération et les cantons aux hauts revenus et aux nantis coûtent des milliards de francs. Et ce sont les familles qui doivent compter chaque franc qui passent à la caisse. Ces familles paient des taxes plus élevés, des impôts indirects plus élevés, des primes d’assurance-maladie plus élevées. Une famille de la classe moyenne de quatre personnes a aujourd’hui moins d’argent pour vivre qu’il y a dix ans, bien que la croissance économique ait enregistré une hausse de 15 pour cent durant cette même période.&nbsp;»
</p><p>Outre la nécessité de disposer d’assurances sociales fortes, et en particulier d’améliorer l’AVS, les orateurs ont abordé un autre thème, le démantèlement de l’Etat. Alain Carrupt, coprésident de Syndicom et membre du comité présidentiel de l’USS, s’exprimait à Zurich&nbsp;: «&nbsp;Les libéralisations et les privatisations sont le carburant du moteur d’une répartition inéquitable. C’est la raison pour laquelle nous combattrons avec succès les prochaines privatisations et libéralisations.&nbsp;»&nbsp;&nbsp; 
</p><p>En bonne place parmi les revendications, l’égalité entre femmes et hommes. Un grand nombre d’orateurs et d’oratrices ont stigmatisé le fait que l’écart entre les salaires masculins et féminins avait recommencé à s’élargir ces derniers temps. Les syndicats, associés à de nombreuses organisations, entendent dénoncer ce scandale à l’occasion d’une campagne de grande ampleur. Le 14 juin, ils mèneront des actions sur ce thème dans toute la Suisse. Il est également prévu d’organiser des débrayages symboliques. La vice-présidente de l’USS Vania Alleva a pris la parole à Uster&nbsp;: «&nbsp;Nos revendications sont claires. Des salaires féminins plus élevés, enfin le même salaire pour un travail de valeur égale, et des conditions de travail compatibles avec la vie de famille. Le 14 juin n’est cependant pas une journée réservée aux femmes. Nous avons besoin de tout le monde – femmes et hommes – pour avancer sur le chemin de l’égalité.&nbsp;»
</p><p>L’USS condamne fermement le Black Blo<a name="_Hlt292017523"></a>c qui, à Zurich, a essayé – heureusement sans succès – d’empêcher la présidente de la Confédération, Micheline Calmy-Rey, de prendre la parole. Le 1er Mai n’est pas fait pour empêcher le débat mais pour avancer des arguments porteurs d’avenir.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-373</guid><pubDate></pubDate><title>Les cantons de Suisse alémanique doivent rapidement édicter des salaires minimums </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-cantons-de-suisse-alemanique-doivent-rapidement-edicter-des-salaires-minimums</link><description>L’USS s’inquiète de l’ampleur que prend la sous-enchère salariale</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le dernier rapport sur l’application des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes donne une image inquiétante de la réalité. Le nombre des infractions en matière de salaires a augmenté. Dans des cantons comme ceux d’Argovie, Appenzell Rhodes-Intérieures, Appenzell Rhodes-Extérieures ou Bâle-Campagne, un quart à un tiers des employeurs versent des salaires trop bas. Vu ces cas de sous-enchère salariale, on ne comprend pas pourquoi pas un seul canton de Suisse alémanique n’a introduit à ce jour de salaires minimums sur son territoire pour protéger les travailleurs et travailleuses concernés. La loi dit en effet clairement qu’en cas de sous-enchère salariale, des salaires minimums doivent être édictés. 
</p><p>Les salaires minimums représentent aussi un puissant instrument pour contrôler le marché de l’emploi. De fait, s’il est garanti que les employeurs doivent verser le même salaire à leurs employé(e)s étrangers qu’aux indigènes, seule la main-d’œuvre étrangère manquant en Suisse sera engagée. Ainsi, les travailleurs et travailleuses indigènes ne se font pas évincés. 
</p><p>La branche du travail temporaire connaît toujours des problèmes très importants. 41&nbsp;% des agences de travail temporaire versent des salaires trop bas (selon les contrôles effectués dans le cadre des conventions collectives de travail, CCT). La CCT de cette branche doit donc être rapidement appliquée dans toute la Suisse. Et les cantons doivent retirer leur autorisation d’exploiter aux agences de travail temporaire coupables de sous-enchère salariale. C’est la loi qui l’exige&nbsp;!
</p><p>Dans les branches couvertes par une CCT étendue (p. ex. la construction), la sous-enchère salariale peut être combattue à l’aide d’amendes, ce qui est une bonne chose. Mais de nombreux employeurs essaient de tourner les dispositions sur les salaires en recourant à de pseudo-indépendant(e)s. La tendance est ici à la hausse. C’est pourquoi une base légale est urgente afin que l’on puisse combattre efficacement ce phénomène des pseudo-indépendant(e)s. 
</p><p>De nombreux cas de sous-enchère salariale ont été découverts grâce aux contrôles effectués dans la branche du nettoyage. Celle-ci n’étant que partiellement protégée au moyen de salaires minimums, il faut que les salaires minimums conventionnels (de la CCT) s’y appliquent partout, y&nbsp; compris dans les petites entreprises de Suisse alémanique.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-38</guid><pubDate></pubDate><title>La barre des 40 000 signatures déjà franchie</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-barre-des-40-000-signatures-deja-franchie</link><description>La récolte des signatures pour l’initiative des syndicats sur les salaires minimums marche comme sur des roulettes. Deux mois tout juste après son  lancement, plus de 40 000 personnes ont déjà signé cette initiative. Un succès qui n’étonne pas étant donné la pression sur les salaires, voire la sous-enchère constatée dans des cas extrêmes, qui règne actuellement. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Tout récemment, à Marbach dans le canton de Saint-Gall, un des cas les plus crasses de sous-enchère salariale a été découvert. Chicorée Suisse cherche dans cette région des collaborateurs et collaboratrices devant travailler 50 heures par semaine debout pour un salaire de 12,50 francs de l’heure&nbsp;;&nbsp; soit un salaire de misère net de moins de 2000 francs par mois. Ce qui rend cette exploitation d’êtres humains encore plus grave, c’est qu’elle figure dans la bourse des emplois de l’office régional de placement…
</p><p>Plutôt que de faire de la publicité à un dumping de cet acabit, les autorités devraient s’y attaquer concrètement. Avec l’initiative de l’Union syndicale suisse (USS) sur les salaires minimums, pareils agissements ne seraient plus tolérés. Elle demande en effet que plus personne en Suisse ne gagne moins de 22 francs de l’heure, c’est-à-dire 4000 francs par mois. Environ 400&nbsp;000 personnes profiteraient de ce salaire minimum, une majorité de femmes, car elles sont particulièrement victimes de discriminations salariales.
</p><p>Mais les personnes «&nbsp;rétribuées&nbsp;» avec la plus grande parcimonie ne sont pas les seules à pâtir de la pression qui s’exerce sur les salaires. Cette dernière touche aussi les salarié(e)s ordinaires. De fait, toujours plus d’entreprises externalisent certaines activités à des entreprises qui rémunèrent moins bien leur personnel que ce n’était le cas avant l’externalisation. Ou alors, elles occupent du personnel temporaire bon marché. En outre, les hausses de salaire accordées ne sont pas à la hauteur de ce qui serait justifié. Tout cela pèse sur les paies des employé(e)s «&nbsp;normaux&nbsp;». 
</p><p>Pour que tous les salaires soient protégés, l’initiative de l’USS demande, en plus d’un salaire minimum légal, que l’on encourage l’inscription dans les conventions collectives de travail de salaires minimums. Ceux-ci garantissent en effet que les personnes concernées touchent les salaires usuels dans leur profession ou branche.
</p><p>Ces deux buts de l’initiative sont largement acceptés dans la population, comme cela apparaît lors des récoltes de signatures. Les journées d’actions de fin mars/début avril ont donc été logiquement fructueuses. Des milliers de signatures ont été récoltées si bien que l’initiative a, en peu de temps, déjà franchi la barre des 40&nbsp;000 signatures.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-36</guid><pubDate></pubDate><title>Halte au dumping ! Des salaires minimums, maintenant !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/halte-au-dumping-des-salaires-minimums-maintenant</link><description>Appel du 1er Mai de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>Comme si de rien n’était, les capitaines d’industrie et les managers de haut vol empochent à nouveau des millions de bonus. Technocrates complices et politiciens inféodés veillent à ce qu’ils puissent se servir en toute tranquillité.
</p><p>Le résultat&nbsp;? Jamais les riches n’auront été aussi riches. Jamais le fossé entre l’élite et la population laborieuse n’aura été aussi profond.
</p><p>En même temps, les salaires des gens ordinaires sont mis sous pression. Toujours plus d’activités sont externalisées vers des entreprises bon marché. Le chômage reste élevé. Le nombre des emplois temporaires croît massivement. Les salaires des femmes sont à la traîne derrière ceux des hommes. D’un autre côté, les loyers ne cessent d’augmenter, de même que les taxes. Qui plus est, les offensives dirigées contre les assurances sociales se suivent en rangs serrés. 
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) combat cette politique des nantis. Elle veut des emplois sûrs, des rentes et des salaires décents. Et un État qui soit performant, en mesure de compenser les inégalités sociales.
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>En lieu et place de bonus, nous avons besoin de hausses de salaire pour tout le monde. Les salarié(e)s doivent être protégés au moyen de salaires minimums. C’est d’ailleurs dans ce but que l’USS a lancé une initiative populaire. Pour près de 400&nbsp;000 salarié(e)s, le salaire minimum légal qu’elle demande - 22 francs de l’heure ou 4000 par mois - sera un apport précieux. Mais les effets de l’initiative iront bien au-delà de la protection contre la sous-enchère salariale et la lutte contre la répartition inéquitable des revenus. Les femmes en particulier, toujours et encore discriminées à cet égard, en profiteront aussi. Le 14 juin, journée nationale d’action et de grève, nous nous opposerons à cette discrimination salariale et relanceront ainsi l’égalité entre femmes et hommes.</li><li>Nous n’accepterons jamais que l’on démolisse la Suisse en matière d’AVS, d’AI, d’assurance-chômage et accidents. Nous n’accepterons jamais qu’en Suisse, les personnes socialement défavorisées soient à nouveau contraintes de mendier. Avec notre projet AVSplus, nous voulons combler les manques financiers dont souffrent les bas et moyens revenus une fois à la retraite. Les aîné(e)s doivent pouvoir vivre dans la dignité&nbsp;!</li><li>Il faut, une fois pour toutes, en finir avec les cadeaux fiscaux offerts aux riches, des cadeaux qui se traduisent, pour les gens ordinaires, par des hausses de taxes et une régression sociale à grande échelle. Les successions importantes doivent être imposées. L’assurance-maladie doit reposer sur un financement plus juste et la construction de logements d’utilité publique doit être encouragée.</li></ul><p>Nous voulons la liberté, l’égalité et la solidarité pour tous et toutes, dans le monde entier. C’est pourquoi, ce 1er Mai 2011, nous espérons, avec les syndicats d’Afrique du Nord, que le soulèvement des peuples de cette région les conduise à un avenir plus juste.</p>]]></content:encoded><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-368</guid><pubDate></pubDate><title>Non à 24 heures de travail sur 24 imposées dans la vente, aussi dans les échoppes des stations-service !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/non-a-24-heures-de-travail-sur-24-imposees-dans-la-vente-aussi-dans-les-echoppes-des-stations-service</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) et le syndicat Unia rejettent énergiquement l’initiative parlementaire Lüscher qui veut que les échoppes (shops) des stations-service situées le long des autoroutes et des grands axes routiers puissent rester ouvertes tous les dimanches et toute la nuit. Les partisans d’une flexibilisation totale du monde du travail veulent continuer à couper une nouvelle tranche de salami dans la protection des salarié(e)s contre le travail nocturne et dominical.
</p><p>Membre du comité directeur d’Unia et vice-présidente de l’USS, Vania Alleva critique les visées libéralisatrices des employeurs. Elle estime que l’initiative Lüscher constitue une offensive inacceptable contre le droit du travail et une liberté importante pour les salarié(e)s, à savoir&nbsp;: celle de ne pas devoir être disponible 24 heures sur 24. Les conséquences de cette initiative seraient en effet funestes&nbsp;: le travail nocturne et dominical entraîne plus de stress et nuit à la santé. Il augmente les risques de cancer, les problèmes cardiaques et les troubles cardio-vasculaires ainsi que de la digestion et du sommeil. En outre, de nombreuses mères qui élèvent seules leur(s) enfant(s) travaillent dans la vente. Pour elles, travailler de nuit et le dimanche est particulièrement difficile, car elles ne trouvent alors pas de solution de garde pour leur(s) enfant(s). Souvent aussi, le dimanche est le seul jour où les mères de familles monoparentales et les enfants ont congé en même temps. Et, finalement, le travail de nuit dans les échoppes de stations-service est dangereux, les braquages étant très fréquents à ces heures. 
</p><p>De fait, cette initiative ouvre la voie à une déréglementation générale des horaires de travail. Si les échoppes des stations-service situées le long des grands axes urbains et dans les agglomérations peuvent ouvrir plus longtemps, d’autres commerces devront les suivre pour rester concurrentiels. De plus, des salarié(e)s d’autres branches (nettoyage, livraisons, sécurité, informatique, etc.) devraient aussi travailler plus souvent la nuit et le dimanche pour garantir le bon fonctionnement des échoppes de stations-service. La prochaine étape vers une déréglementation totale des heures d’ouverture des commerces et des horaires de travail est déjà en préparation&nbsp;: le Conseil national vient d’accepter la motion Hutter qui veut que les cantons puissent fixer eux-mêmes les horaires de travail. Si les États acceptent aussi cette motion, l’interdiction de travailler la nuit et le dimanche se trouvera vidée d’un seul coup de toute sa substance. 
</p><p>Pour l’USS et Unia, il est clair que la santé, la sécurité, la vie sociale et familiale des salarié(e)s ne peuvent pas être sacrifiées sur l’autel des intérêts des propriétaires d’échoppes de stations-service. En outre, il est manifeste qu’aucun besoin avéré des consommateurs et consommatrices ne justifie l’ouverture prolongée des commerces. Ces dernières années, la population a rejeté neuf fois sur dix dans les urnes des projets de libéralisation similaires.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-37</guid><pubDate></pubDate><title>Souvenirs de demain</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/souvenirs-de-demain</link><description>1er Mai 2011</description><content:encoded><![CDATA[<p>Hubert Schaller* (trad. D. Süri)
</p><p>Les autoroutes furent construites.
</p><p>Les minarets sont interdits.
</p><p>Les journaux sont remplis :
</p><p>le nouveau scandale bancaire,
</p><p>le nouveau film alimentaire,
</p><p>le nouveau président,
</p><p>le progrès annoncé tous les jours
</p><p>en boucle.
</p><p>&nbsp;</p><p>Les vieux mensonges alimentent toujours les questionneurs.
</p><p>Les politiciens jonglent avec les pour cents électoraux.
</p><p>Les accidents nucléaires sont enregistrés très exactement.
</p><p>La météo tient ce qu’elle promet.
</p><p>&nbsp;</p><p>Les syndicats marchandent des pour-cent de salaires.
</p><p>Les opposants à la mondialisation finissent en prison.
</p><p>Le pape se rend à Hollywood.
</p><p>Les requérants d’asile sont renvoyés chez eux.
</p><p>L’opposition fait de la tactique avec l’adversaire.
</p><p>&nbsp;</p><p>Qu’attendons-nous encore,
</p><p>là où la multiplication miraculeuse des bonus s’invite à table,
</p><p>là où le patriotisme de l’Albisgüetli prospère,
</p><p>et que l’ennui suinte à la commissure des lèvres,
</p><p>là où le bonheur familial goutte comme du miel de la boîte à images
</p><p>et que les petits riches sont solidaires des grands riches.
</p><p>&nbsp;</p><p>Qui donc parle sans cesse d’insatisfaits,
</p><p>là où tous se rendent en pèlerinage aux urnes les joues empourprées d’optimisme
</p><p>et affirment imperturbablement 
</p><p>que nous sommes un peuple de Dieu extra-européen.
</p><p>Qui donc se porte mieux que nous,
</p><p>qui, patiemment et avec application, accroissons le bien-être
</p><p>et érigeons des murs contre le regard des envieux.
</p><p>&nbsp;</p><p>Et lorsqu’une nouvelle crise économique éclate
</p><p>et lorsque l’avant-dernier travailleur est licencié
</p><p>et qu’il ne reste pas pierre sur pierre,
</p><p>infrangibles et fermes
</p><p>nous sentons sous nos pied
</p><p>la roche inébranlable
</p><p>de la haute finance.
</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;Hubert Schaller, né en 1955, professeur de gymnase et poète, vit à Alterswil (FR). En 1984, le prix de littérature du canton de Fribourg lui a été décerné. Publications : Trommelfellschläge (poésies, 1985)&nbsp;; Drùm (poésies, 2005). Publie régulièrement des chroniques et essais dans différents journaux et revues.
</p><p>(Traduction D. Süri) 
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-366</guid><pubDate></pubDate><title>Offensive en matière de contrôle des nouveaux engagements et task force pour résoudre les problèmes d’application de la loi</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/offensive-en-matiere-de-controle-des-nouveaux-engagements-et-task-force-pour-resoudre-les-problemes-d-application-de-la-loi</link><description>Les délégué(e)s de l’USS veulent durcir et compléter 	
les mesures d’accompagnement</description><content:encoded><![CDATA[<p>Des mesures d’accompagnement dures et efficaces s’imposent pour garantir les salaires, les conditions de travail et les emplois en Suisse. Le besoin d’agir est important. Car la sous-enchère salariale est répandue, comme le montre le tout dernier rapport du Secrétariat d’État à l’économie. Or, malgré cette situation alarmante, l’application de la loi fait apparaître de grands problèmes&nbsp;: dans toute la Suisse alémanique, aucun salaire minimum n’a été édicté, alors que cette mesure est prescrite par la loi en cas de sous-enchère salariale. Il est souvent impossible d’appliquer des sanctions pour les infractions constatées. Pour remédier à cette situation inacceptable, les délégué(e)s de l’USS, réunis à Berne, ont arrêté le train de mesures suivant&nbsp;:
</p><p>La moitié des nouveaux engagements en Suisse doivent être contrôlés. Les nouveaux engagements présentent, de fait, le plus grand risque de sous-enchère salariale. Et 50&nbsp;% des entreprises étrangères qui détachent de la main-d’œuvre doivent aussi être contrôlés.
</p><p>Bien que la sous-enchère salariale soit répandue, la Confédération et les cantons de Suisse alémanique n’édictent pas de salaires minimums, alors que la loi le leur prescrit. Une task force nationale, incluant les syndicats, doit mettre fin à ces problèmes d’application.
</p><p>Les lacunes suivantes de la loi doivent être comblées&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>obligation de produire des documents attestant qu’une activité est indépendante&nbsp;; compétence pour les contrôleurs d’imposer une interruption de l’activité en cas de soupçon d’activité faussement indépendante&nbsp;;</li><li>la Confédération et les cantons doivent infliger des amendes pour toute infraction à un contrat-type de travail&nbsp;; les employeurs pratiquant la sous-enchère doivent verser après coup la différence de salaire due&nbsp;;</li><li>les licenciements auxquels il a été procédé en vue d’engager une main-d’œuvre meilleur marché doivent pouvoir être annulés&nbsp;;</li><li>en cas de sous-enchère salariale, la responsabilité civile incombe par principe au maître d’œuvre, mais à tout le moins à l’entreprise générale (responsabilité solidaire)&nbsp;;</li><li>abolition de la discrimination de la main-d’œuvre indigène par rapport à la main-d’œuvre provenant de l’Union européenne (UE) en matière de participation et de licenciements collectifs. Des entreprises internationales ne doivent pas pouvoir mettre à la rue du personnel uniquement parce que c’est plus simple en Suisse.</li></ul><p>Les délégué(e)s de l’USS se sont en outre préoccupés de la situation des rentiers et rentières. La répartition inégale des revenus et de la fortune s’aggrave une fois la retraite arrivée. Beaucoup de rentes ne permettent pas de garantir le niveau de vie antérieur. Cela, aussi parmi les personnes qui ont travaillé toute leur vie durant. Sans relèvement des rentes, la garantie de passer ses vieux jours dans la dignité est menacée. C’est pourquoi l’USS a lancé son projet «&nbsp;AVSplus&nbsp;», qui demande de compléter les rentes AVS des anciens travailleurs et travailleuses en fonction de leur revenu.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-45</guid><pubDate></pubDate><title>Il suffi de le faire !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/il-suffi-de-le-faire</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Mardi 3 mai, le Secrétariat d’État à l’économie, le SECO, a publié son rapport sur la mise en œuvre des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes. Selon ce dernier, 38&nbsp;% des entreprises qui détachent du personnel en Suisse et 41&nbsp;% des entreprises suisses contrôlées font pression sur les salaires. Et, par rapport à l’année précédente, les cas d’abus ont augmenté en 2010.
</p><p>En soi, ces chiffres sont inquiétants. Mais le fait que les autorités ne s’attaquent qu’avec la plus grande mollesse et tiédeur aux infractions commises en matière de salaire est encore plus inquiétant. Et ce n’est pas faute d’instruments&nbsp;! La loi dit clairement qu’en cas de sous-enchère répétée, des salaires minimums doivent être édictés&nbsp;: soit en étendant la convention collective de travail (CCT), soit via un contrat-type de travail (CTT) prévoyant des salaires minimums obligatoires. 
</p><p>Comme l’indiquent les chiffres officiels, les cas de sous-enchère salariale s’accumulent, mais à ce jour, seuls des cantons de Suisse latine ont édicté des CTT. Les cantons alémaniques ne font pas ce qu’ils devraient faire. C’est de l’aveuglement social parce qu’ainsi, les travailleurs et travailleuses indigènes se voient refuser, comme la main-d’œuvre venant de l’étranger, la protection qui leur revient. Et c’est aussi jouer là avec le feu, car cette attitude négligente de non-intervention politique renforce la méfiance des gens à l’égard de la libre circulation des personnes.
</p><p>Les salaires minimums sont l’alpha et l’oméga d’une politique qui protège la main-d’œuvre résidente contre la concurrence déloyale. Mais encore faudrait-il l’appliquer…
</p><p>De plus, il est et reste nécessaire de mettre en œuvre rapidement sur tout le territoire national la CCT destinée à la branche temporaire. Dans le nettoyage, une branche où les cas de sous-enchère salariale constatés dépassent également la moyenne, il faut que les salaires minimums de la CCT s’appliquent aussi aux petites entreprises de Suisse alémanique. Il est enfin urgent de créer une base légale qui permette de combattre efficacement les faux-indépendant(e)s. Car nombre de travailleuses et travailleurs détachés ne sont indépendants que sur le papier. Les entreprises qui les ont détachés, ingénieuses et tortueuses, leur ont en effet conseillé de se déclarer comme tels afin de pouvoir contourner la protection légale minimale. 
</p><p>Les faits sont là. Les moyens de les corriger aussi. Il suffit de le faire&nbsp;!
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-48</guid><pubDate></pubDate><title>Heures d’ouverture des commerces de détail : La loi de la jungle va-t-elle s’installer ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/heures-d-ouverture-des-commerces-de-detail-la-loi-de-la-jungle-va-t-elle-s-installer</link><description>À la surprise générale, et contre l’avis du Conseil fédéral qui a appelé à maintenir la protection des travailleurs et travailleuses, la majorité de droite du Conseil national a accepté la motion du libéral-radical zurichois Markus Hutter. Cette motion demande que la loi sur le travail (LTr) puisse être adaptée aux horaires d’ouverture des commerces, que les cantons seraient libres de fixer. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Bien emballée dans le désormais habituel discours des ultralibéraux, dont l’unique souhait est de satisfaire le moindre désir, plus fantasmé que réel, des consommateurs et consommatrices, cette motion ne demande rien moins que les autorités cantonales puissent vider la LTr de sa substance&nbsp;! 
</p><h3>À terme, tous les salarié(e)s sont visés</h3><p>De fait, si les cantons étaient libres de fixer les horaires d’ouverture des magasins comme bon leur semblent, l’interdiction d’employer du personnel la nuit ou le dimanche sauterait totalement dans le commerce de détail. Or, il s’agit là de principes cardinaux de la LTr visant à protéger la santé et la vie tant sociale que familiale des travailleurs et travailleuses. On sait en effet que le travail nocturne et les horaires flexibles sont dangereux pour la santé et qu’il est difficile, sinon impossible, d’assumer ses responsabilités familiales en dehors des horaires habituels de la société&nbsp;; cela, en particulier parce que les solutions de garde d’enfants ne sont pas disponibles à ces moments. Enfin, la vie sociale est fortement entravée lorsque l’on n’a pas congé en même temps que sa famille ou ses amis. Mais les partisans d’une société qui ne se repose jamais n’en ont cure. Ils se moquent totalement de ce que l’ouverture des magasins 24 heures sur 24 force d’autres secteurs économiques (par exemple la logistique, la sécurité, le nettoyage) à s’adapter et à ne plus connaître de temps de repos. À terme donc, c’est l’ensemble des salarié(e)s qui pourraient être amenés à subir des horaires de travail totalement flexibilisés. 
</p><h3>Des tranches de saucisson indigestes&nbsp;!</h3><p>C’est en effet bien là l’objectif des partisans de la flexibilité intégrale. Mais comme ils n’osent pas s’en prendre frontalement aux dispositions de protection des travailleurs et travailleuses, par peur du verdict populaire, ils procèdent par la désormais habituelle «&nbsp;stratégie du saucisson&nbsp;». Chaque «&nbsp;tranche&nbsp;» est plus facile à faire avaler, car la population croit qu’elle ne concerne qu’un nombre restreint de personnes. Toutefois, si l’on additionne ces tranches, on constate alors l’ampleur des dégâts&nbsp;: après le travail dominical dans les commerces des grandes gares, le travail nocturne et dominical pour les jeunes travailleurs et travailleuses et la possibilité données aux cantons d’autoriser les ouvertures dominicales 4 dimanches par an, voici venir l’ouverture 24 heures sur 24 des échoppes de stations-service (initiative Lüscher, actuellement en consultation) et la motion Hutter, qui compte laisser aux cantons le soin d’instaurer la loi de la jungle dans leurs magasins, sans que la Confédération ne puisse y mettre le holà. Et les tranches suivantes sont déjà en préparation&nbsp;! Le Parti libéral-radical (PLR) zurichois a en effet obtenu que le Conseil d’État de ce canton intervienne auprès de la Confédération pour augmenter à 200 m2 la surface maximale des magasins autorisés à ouvrir n’importe quand pour vendre n’importe quoi. 
</p><h3>PLRT&nbsp;: triste «&nbsp;projet de société&nbsp;» et logique abracadabrantesque</h3><p>Cette offensive contre le droit du travail et pour la consommation débridée semble être le seul «&nbsp;projet de société&nbsp;» actuel d’un PLR déboussolé par ses récents déboires électoraux. L’on peine d’ailleurs à comprendre comment les radicaux-libéraux comptent manœuvrer pour faire croire que ces propositions visent un quelconque intérêt général. En effet, elles sacrifient la santé et la vie sociale des salarié(e)s de la vente aux désirs d’une petite minorité de noctambules désireux de consommer à toute heure. Elles ne servent en outre que les intérêts des grandes chaînes du commerce de détail et menacent des milliers d’emplois dans les petits commerces des villages et des quartiers. Pour atteindre ces objectifs peu légitimes, le PLR semble en outre prêt à vouer aux gémonies l’État protecteur des salarié(e)s, État qu’ils ont pourtant largement contribué à construire. Enfin, ces propositions sont en totale contradiction avec les propositions sécuritaires du même PLR&nbsp;: alors que ses élus dans les exécutifs font, par exemple, tout pour limiter la vente d’alcool aux supporters sportifs, le PLR souhaite en même temps libéraliser les heures d’ouverture des échoppes de stations-service dont une bonne partie du chiffre d’affaire repose… sur la vente d’alcool aux noctambules. 
</p><p>Fort heureusement la population n’est, dans sa grande majorité, pas dupe et sait fort bien que la possibilité de consommer 24 heures sur 24 ne justifie pas que l’on porte atteinte à la santé et la vie sociale des salarié(e)s. Les votes populaires à ce sujet dans les cantons le démontrent d’ailleurs aisément&nbsp;: dans 90% des cas, les tentatives de libéraliser les heures d’ouverture des commerces et les horaires de travail ont été rejetées dans les urnes.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-53</guid><pubDate></pubDate><title>La Suisse doit soutenir les efforts internationaux </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-suisse-doit-soutenir-les-efforts-internationaux</link><description>La commission de la sécurité sociale et de la santé publique (CSSS) du Conseil national a accepté l’initiative parlementaire de la socialiste genevoise Liliane Maury-Pasquier et mis en consultation un projet de ratification de la convention n° 183 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur la protection de la maternité. Elle propose aussi de procéder à une petite adaptation de la loi sur le travail (LTr), afin d’ancrer dans la loi que le temps consacré à l’allaitement sur le lieu de travail doit être salarié. Ce point est le seul où une adaptation de la législation suisse à la convention n° 183 est nécessaire.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Actuellement, le temps consacré à l’allaitement sur le lieu de travail est considéré comme du temps de travail (art. 35a al. 2 LTr, art. 60 OLT 1). Mais que ce temps doive être rémunéré ou pas n’est pas clair. La loi est muette sur le sujet. Certains postulent, par exemple, qu’il doit être payé comme une absence en cas de maladie (art. 324a CO). Cela est problématique, d’une part, parce qu’allaiter ne saurait être considéré comme une maladie et, de l’autre, parce que cette durée de paiement du salaire est limitée, en particulier lors de rapports de travail courts. La CSSS propose donc, pour garantir la sécurité juridique, de modifier l’article 35a LTr&nbsp;: l’ordonnance devra définir la durée d’allaitement sur le lieu de travail qui donne droit à un salaire. 
</p><p>Cette proposition est une très bonne nouvelle pour la cause de l’égalité. Elle soutient concrètement les mères qui travaillent et élimine une discrimination salariale&nbsp;: en effet, la possibilité d’avoir du «&nbsp;temps de travail non rémunéré&nbsp;» pour allaiter ne concerne évidemment que les femmes. Cette proposition n’aura qu’un impact minime, si ce n’est marginal, sur les charges salariales, car cela ne correspond qu’à une durée très réduite. Et il faut ajouter qu’en pratique, de très nombreux employeurs versent déjà un salaire pour le temps consacré à l’allaitement. 
</p><p>Il faut enfin saluer le principe de la ratification de la convention de l’OIT n° 183 sur la protection de la maternité. En effet, cette convention donne une assise internationale à de nombreuses mesures de protection des femmes enceintes et des mères qui travaillent, telles que l’assurance-maternité, la protection contre le licenciement pendant et après la grossesse, l’interdiction de discrimination, la protection de la santé et, bien sûr, des mesures en faveur de l’allaitement. La Suisse, qui souhaite jouer à l’avenir un rôle important au sein de l’OIT, se doit de montrer qu’elle soutient ses normes et ratifie ses conventions qui apportent des réponses aux problèmes actuels du monde du travail, même s’il faut pour cela procéder à des adaptations de sa propre législation. En l’espèce, l’adaptation nécessaire est mineure et un refus de la Suisse d’encourager la protection de la maternité au niveau international serait incohérent avec sa stratégie de défense des droits humains et ne serait certainement pas compris par ses partenaires.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-607</guid><pubDate></pubDate><title>Les salaires minimums ont le vent en poupe – 85 % de la population en veulent </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-salaires-minimums-ont-le-vent-en-poupe-85-de-la-population-en-veulent</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>En Suisse comme en Europe, les salaires minimums ont le vent en poupe. Tel est le résultat d’un rapport d’expert(e)s de l’Union syndicale suisse (USS) présenté par cette dernière lors d’une conférence de presse. Les salaires minimums sont un instrument efficace de lutte contre la sous-enchère salariale. Selon Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS et coauteur du rapport&nbsp;: «&nbsp;S’ils sont suffisamment élevés, ils entraînent une répartition plus équilibrée des revenus, parce qu’ils améliorent la situation des bas et moyens revenus.&nbsp;»
</p><p>Les salaires minimums sont toujours plus souvent recommandés comme moyen efficace de lutte contre la sous-enchère salariale, ainsi que pour l’amélioration du niveau des salaires. Cela, également parce qu’il ne faut pas s’attendre à ce qu’ils aient une incidence négative en matière de chômage.
</p><p>Daniel Lampart souligne aussi qu’en Suisse, les salaires minimums devraient en premier lieu être introduits à travers un renforcement des conventions collectives de travail (CCT), puis, au plan national, via la loi. C’est ce que demande l’initiative de l’USS, lancée il y a cinq mois, «&nbsp;Pour la protection de salaires équitables (Initiative sur les salaires minimums)&nbsp;». 
</p><p>«&nbsp;L’initiative de l’USS pour l’introduction d’un salaire minimum national est très bien accueillie au sein de la population&nbsp;», rappelle Paul Rechsteiner, le président de l’USS. À ce jour, 80&nbsp;000&nbsp;citoyen(ne)s l’ont signée. Que l’idée d’un salaire minimum national recueille une large adhésion est aussi prouvé par un sondage représentatif réalisé, pour l’USS et Unia, par l’Institut Link. Selon ce sondage, 85&nbsp;% de la population sont favorables à l’introduction d’un salaire minimum légal pour résoudre le problème des salaires trop bas. À la question du niveau minimal que devrait atteindre ce salaire pour être équitable, le montant moyen donné est de 4&nbsp;487&nbsp;francs, près de 500&nbsp;francs de plus que dans l’initiative de l’USS. Ces résultats impressionnants du sondage n’étonnent pas si l’on considère que presque 70&nbsp;% des sondé(e)s sont persuadés qu’en Suisse, nombreux ou très nombreux sont ceux et celles qui ne peuvent pas vivre de leur travail.
</p><p>Avec ses journées d’action du 30 juin au 2 juillet dans toute la Suisse, l’USS produira une accélération dans la récolte de signatures pour son initiative. 
</p><p>Danièle Lenzin, coprésidente de syndicom, le syndicat des médias et de la communication, prouve que les CCT resteront l’alpha et l’oméga d’une fixation correcte des salaires. Dans le secteur des médias écrits de Suisse alémanique et du Tessin, où il n’y a plus de CCT depuis 2004, une grande partie des salaires stagne, l’écart entre salaires masculins et féminins se creuse et les honoraires des journalistes libres se réduisent pratiquement comme peau de chagrin. Dans la librairie, syndicom veut profiter de l’impulsion fournie par l’initiative sur les salaires minimums pour, à la faveur des prochaines négociations collectives, fixer des salaires minimums plus élevés.
</p><p>Alessandro Pelizzari, secrétaire régional d’Unia Genève, prouve la nécessité d’un salaire minimum légal pour le canton de Genève, avant tout avec les frontalières et frontaliers&nbsp;: «&nbsp;Alors que le salaire médian des frontaliers était inférieur de 10,7&nbsp;% à celui des suisses en 2000, cet écart est passé à 16,3&nbsp;% en 2008.&nbsp;» C’est pourquoi des mesures d’accompagnement plus dures et un salaire minimum légal constituent «&nbsp;le meilleur rempart contre toute tentative xénophobe de division des travailleurs et travailleuses.&nbsp;»
</p><p>Le rapport d’expert(e)s «&nbsp;Mindestlöhne – Situation und Handlungsbedarf&nbsp;» (en allemand seulement) peut être commandé auprès de l’USS ou acheté en librairie (ISBN 978-3905708806). Plus d’information au sujet de l’initiative sur les salaires minimums&nbsp;: <a href="http://www.salaires-minimums.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.salaires-minimums.ch</a>.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p><p>Plus d'information dans les discours attachés de:</p><ul><li><b>Paul Rechsteiner</b>, président de l'USS</li></ul><ul><li><b>Daniel Lampart</b>, économiste en chef et premier secrétaire de l'USS</li></ul><ul><li><b>Danièle Lenzin</b>, coprésidente de syndicom (en allemand)</li></ul><ul><li><b>Alessandro Pelizzari</b>, secrétaire régional UNIA Genève&nbsp;</li></ul><p>et dans le résumé de l'études (en allemand)</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-606</guid><pubDate></pubDate><title>Pas de dumping par le biais des engagements temporaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pas-de-dumping-par-le-biais-des-engagements-temporaires</link><description>Mêmes conditions de travail pour la main-d’œuvre temporaire</description><content:encoded><![CDATA[<p class="Text"><span lang="FR"></span></p><p>Le travail temporaire est une forme de travail précaire et constitue très souvent une source de sous-enchère salariale. 41&nbsp;% des agences de travail temporaire ne respectent pas, par exemple, les conditions minimales de travail des CCT. Le travail temporaire a quadruplé de volume ces 15 dernières années, sous l’influence aussi de la libre circulation des personnes avec l’UE.
</p><p>Avant la dernière votation populaire sur l’élargissement de la libre circulation (à la Roumanie et à la Bulgarie en 2009), les autorités promirent de renforcer les mesures de protection des conditions de travail, également dans le domaine du travail temporaire. A ce jour, toutefois, une convention collective de travail étendue à la branche du travail temporaire n’existe toujours pas.
</p><p>L’objectif visé est que les conditions de travail de la main-d’œuvre temporaire soient les mêmes que celles du personnel fixe. Dans une annexe, la CCT devra dresser la liste des autres CCT et entreprises qui appliquent cette égalité de traitement. Le point crucial selon Paul Rechsteiner, le président de l’USS, est que, recourant contre la déclaration d’extension&nbsp;: «&nbsp;les employeurs de diverses branches refusent depuis longtemps d’appliquer leurs CCT aussi aux travailleurs et travailleuses temporaires&nbsp;; et cela, afin de pouvoir appliquer à la main-d’œuvre temporaire des conditions inférieures au niveau prévu dans ces CCT». Même des entreprises de la Confédération, comme les CFF, ne veulent pas offrir le niveau de protection de leurs CCT à leur personnel temporaire.
</p><p>Daniel Lampart, l’économiste en chef de l’USS, demande par conséquent que «&nbsp;La Confédération (veille) à ce que l’égalité de traitement soit aussi garantie en Suisse, à tout le moins en contraignant les anciennes régies à figurer dans cette annexe de la future CCT et en faisant pression sur les grandes entreprises et branches... Si l’on n’arrive pas à doter la branche temporaire d’une CCT efficace, il faudra ancrer le principe de l’égalité de traitement dans la loi.&nbsp;» Enfin, Daniel Lampart estime aussi que la Confédération doit édicter en plus un contrat-type de travail avec des salaires minimums obligatoires&nbsp;: «&nbsp;La location en Suisse de services de ressortissant(e)s étrangers de l’UE doit en outre être limitée aux personnes détentrices d’un permis de séjour ou d’établissement (permis B ou C).&nbsp;»
</p><p>Vania Alleva, vice-présidente de l’USS et membre du comité directeur d’Unia, montre, exemples à l’appui, pourquoi certaines entreprises refusent d’appliquer leur CCT à leur personnel temporaire. Selon elle, chez Novartis Stein, un(e) employé(e) sur cinq n’a qu’un contrat de durée déterminée. Concrètement, cela signifie ceci&nbsp;: le salaire horaire des opérateurs/opératrices en chimie est habituellement de 34 francs, mais la plupart des temporaires ne reçoivent que 26 francs environ. L’entreprise économise ainsi plus de 20&nbsp;% de coûts salariaux. La CCT de la location de services devrait empêcher une telle sous-enchère.
</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><p><i>Plus d'information dans les discours de :</i></p><ul style="font-style: italic; "><li><span><b>Paul Rechsteiner</b></span>, président de l'USS</li></ul><ul style="font-style: italic; "><li><span><b>Daniel Lampart</b></span><span>, économiste en chef et premier secrétaire de l'USS</span></li></ul><ul style="font-style: italic; "><li><span><b>Vania Alleva</b></span><span>, vice-présidente de l'USS, membre du comité directeur du Syndicat UNIA</span></li></ul>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-51</guid><pubDate></pubDate><title>Elles doivent être durcies et complétées</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/elles-doivent-etre-durcies-et-completees</link><description>Il faut durcir les mesures d’accompagnement pour garantir les salaires, les conditions de travail et les emplois en Suisse. Le besoin d’agir est ici important. On le voit aux nom-breuses infractions commises et au refus de la Confédération et des cantons d’introduire des salaires minimums, malgré le mandat légal. Il y a un problème d’application de la loi. Cette aggravation de la situation nécessite un durcissement des mesures.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Pour empêcher les abus, l’assemblée des délégué(e)s de l’USS du 20 mai dernier a adopté le train de mesures suivant&nbsp;: 
</p><p><b>Une offensive en matière de contrôles&nbsp;:</b> 50&nbsp;% des nouveaux engagements en Suisse doivent être contrôlés. Les nouveaux engagements présentent de fait le plus grand risque de pression sur les salaires. D’où la nécessité d’augmenter le nombre des contrôles. En outre, 50&nbsp;% des entreprises étrangères qui détachent de la main-d’œuvre doivent être contrôlés.
</p><p><b>Une offensive en matière de salaires minimums&nbsp;:</b> bien que la sous-enchère salariale soit répandue, la Confédération et les cantons de Suisse alémanique n’édictent pas de salaires minimums. Une task force nationale, incluant les syndicats, doit mettre fin aux problèmes d’application. En cas de sous-enchère, il faut&nbsp; protéger les salaires au moyen de salaires minimums obligatoires, ainsi que la loi le prescrit. 
</p><p><b>Le comblement des lacunes de la loi&nbsp;: </b></p><p>&nbsp;</p><ul><li>lutte contre les faux-indépendant(e)s&nbsp;: obligation de produire des documents attestant que l’activité est indépendante&nbsp;; compétence attribuée aux contrôleurs d’imposer une interruption de l’activité&nbsp;;</li><li>sanctionnement des infractions aux contrats-type de travail&nbsp;: la Confédération et les cantons doivent infliger des amendes pour chaque infraction de ce type&nbsp;; les employeurs pratiquant la sous-enchère doivent verser après coup la différence de salaire due&nbsp;;</li><li>protection contre les licenciements abusifs&nbsp;: les licenciements auxquels il a été procédé en vue d’engager une main-d’œuvre meilleur marché doivent pouvoir être annulés&nbsp;;</li><li>responsabilité solidaire&nbsp;: en cas de sous-enchère salariale, la responsabilité civile doit incomber par principe au maître d’œuvre, mais à tout le moins à l’entreprise générale&nbsp;;</li><li>abolition de la discrimination de la main-d’œuvre indigène par rapport à la main-d’œuvre provenant de l’Union européenne (UE) en matière de participation (reprise de la réglementation de la directive de l’UE sur les comités d’entreprise européens) ainsi que de licenciements collectifs (reprise de la directive de l’UE). Des entreprises internationales ne doivent pas pouvoir licencier du personnel en Suisse uniquement parce que c’est plus simple dans notre pays.</li></ul><p></p>    ]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-355</guid><pubDate></pubDate><title>La nécessité d’agir a été reconnue – Des problèmes à résoudre rapidement </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-necessite-d-agir-a-ete-reconnue-des-problemes-a-resoudre-rapidement</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) salue les mesures discutées le mercredi 7 juillet par le Conseil fédéral en vue de renforcer les mesures d’accompagnement (lutte contre les pseudo-indépendant(e)s et durcissement des sanctions en cas d’infractions en matière de salaires minimums). Ces mesures doivent désormais être mises le plus rapidement possible en œuvre. 
</p><p>Pour protéger les salaires et les conditions de travail suisses, il est particulièrement important de s’attaquer aux problèmes identifiés lors de la réunion entre les directions des partenaires sociaux et l’Administration, qui a précédé la décision du Conseil fédéral, à savoir&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>la forte pression sur les salaires constatée avec les nouvelles embauches,</li><li>le fait que les cantons de Suisse alémanique n’aient pas édicté de salaires minimums malgré une sous-enchère salariale répandue,</li><li>l’application concrète de sanctions en cas d’abus.</li></ul><p>Le groupe de travail mis sur pied devra proposer des recommandations après la pause estivale, afin qu’il soit possible de prendre des contremesures. Les salarié(e)s suisses doivent être protégés des effets négatifs de la libre circulation des personnes.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-359</guid><pubDate></pubDate><title>L’avertissement donné pour activité syndicale doit être retiré</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-avertissement-donne-pour-activite-syndicale-doit-etre-retire</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 6 juillet 2011, le Comité de l’Union syndicale suisse (USS) a demandé, dans une lettre adressée au conseil d’administration des Transports publics de la région lausannoise (tl), de retirer sans délai l’avertissement et la menace de licenciement qui ont été adressés au représentant syndical Aïssam Echchorfi. 
</p><p>Mais pourquoi une telle sanction&nbsp;? Aïssam Echchorfi avait envoyé, en décembre 2010, à ses collègues de travail des courriels et textos ainsi que via Facebook des informations sur des actions de mobilisation syndicales. L’USS rappelle aux tl que l’exercice des droits syndicaux est garanti par la Constitution fédérale et le droit international. Vouloir y faire obstacle par le biais d’avertissements et de menaces de licenciement constitue une intimidation inacceptable dans une démocratie et un État de droit.
</p><p>Si les tl ne retirent pas cet avertissement et ne reviennent pas sur leur refus d’une hausse ordinaire de salaire, l’USS se réserve le droit de soumettre ce cas aux instances compétentes de l’Organisation internationale du travail (OIT).&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-353</guid><pubDate></pubDate><title>L’allaitement sur le lieu de travail doit donner droit à un salaire</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-allaitement-sur-le-lieu-de-travail-doit-donner-droit-a-un-salaire</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse USS salue la volonté de la Suisse de ratifier la convention no 183 de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur la protection de la maternité. Cette convention ancre au niveau international de nombreuses mesures de protection des femmes enceintes et des mères sur leur lieu de travail. Parmi ces mesures, l’assurance-maternité, la protection contre le licenciement pendant la grossesse et après l’accouchement, l’interdiction de discrimination ou des mesures en faveur de l’allaitement. &nbsp;
</p><p>Cette ratification nécessite une adaptation de la loi sur le travail (LTr), qui améliorera la sécurité juridique pour les mères qui allaitent. &nbsp;La durée des pauses d’allaitement donnant droit à un salaire sera clairement réglée dans la loi. En effet, l’allaitement sur le lieu de travail est aujourd’hui considéré comme du temps de travail, mais la loi ne dit pas si cela donne droit à un salaire. La modification de la LTr supprimera cette discrimination salariale. 
</p><p>La réponse à la consultation est disponible sur <a href="http://www.uss.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.uss.ch</a>.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-55</guid><pubDate></pubDate><title>Un jugement contre les droits syndicaux et le partenariat social</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/un-jugement-contre-les-droits-syndicaux-et-le-partenariat-social</link><description>Le Tribunal cantonal de Zurich a annulé le jugement de première instance dans l’affaire Tamedia/Daniel Suter. Un mépris total pour les droits syndicaux et le partenariat social.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Daniel Suter, président de la commission du personnel du quotidien «&nbsp;Tages-Anzeiger&nbsp;», avait été licencié quelques jours avant le début de négociations sur un plan social, négociations qu’il devait mener au nom de ses collègues. Le tribunal de première instance avait jugé ce licenciement abusif. Selon lui, un employeur ne peut invoquer de motif économique comme «&nbsp;motif justifié&nbsp;» permettant de licencier un ou une représentant(e) élu du personnel (art. 336 al. 2 lit. b CO) avant le début d’une négociation. En effet, licencier le principal négociateur côté travailleurs revient à vider le partenariat social de sa substance. 
</p><h3>Un énorme pas en arrière</h3><p>Malheureusement, l’instance supérieure a cassé ce jugement. Condamnée en première instance à verser une indemnité de 3 mois de salaire, une somme dérisoire pour une entreprise affichant un chiffre d’affaire de plusieurs centaines de millions de francs, Tamedia avait fait recours. L’argumentation du Tribunal cantonal est un affront aux droits syndicaux et au partenariat social. Selon son jugement, des motifs économiques, même incertains, peuvent être invoqués pour licencier des représentant(e)s du personnel. Un employeur qui craint de mauvaises affaires peut restructurer, y compris aux dépens des représentant(e)s du personnel. Il n’a pas besoin pour cela d’être réellement dans les chiffres rouges. Le fait que la situation se soit améliorée depuis la restructuration ne peut être invoqué a posteriori pour contester la pertinence des «&nbsp;motifs économiques&nbsp;» avancés par l’employeur.&nbsp; Cependant, le tribunal a admis qu’il convenait d’examiner très attentivement ces «&nbsp;motifs économiques&nbsp;», car sinon, le renversement du fardeau de la preuve prévu par l’article 336 alinéa 2 lettre b CO serait de facto supprimé&nbsp;: selon cette disposition, c’est en effet l’employeur qui doit prouver qu’il licencie pour un autre motif que l’activité en tant que représentant(e) du personnel. Malheureusement, le tribunal n’a guère suivi son propre raisonnement et a finalement donné raison à Tamedia. 
</p><h3>Une correction qui s’impose</h3><p>Daniel Suter, soutenu par syndicom, le syndicat des médias et de la communication, fera recours au Tribunal fédéral. Mais, quelle que soit son issue, ce procès démontre que la protection contre le licenciement antisyndical doit absolument être renforcée en Suisse. Les syndicalistes et représentant(e)s du personnel doivent pouvoir être réintégrés à leur place de travail s’ils sont victimes d’un licenciement abusif et, comme le propose le Conseil fédéral, ils ne doivent pas pouvoir être licenciés pour motif économique, afin d’éviter que l’employeur n’invoque ce prétexte pour se débarrasser de ses salarié(e)s qui défendent les droits de leurs collègues. Le jugement du tribunal zurichois, qui s’appuie sur une jurisprudence récente du Tribunal fédéral[1] a donné l’employeur une très grande marge de manœuvre pour se servir de ce prétexte.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-350</guid><pubDate></pubDate><title>Il faut s’attaquer à la racine du problème</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/il-faut-s-attaquer-a-la-racine-du-probleme</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) est déçue de voir que le Conseil fédéral ne veuille pas s’attaquer à la racine du problème que constitue le franc fort et n’ait pas décidé, avec la Banque nationale (BNS), d’introduire un taux de change plancher de 1,40 franc pour 1 euro.
</p><p>Les 2 milliards promis par le gouvernement sont une goutte d’eau dans la mer. À elles seules, les caisses de pensions ont subi, à cause du franc fort, des pertes comptables évaluées à près de 50 milliards de francs. S’ajoutant à la pression sur les prix et au risque d’une hausse du chômage dans l’économie d’exportation, la cherté du franc coûtera bientôt plus de 100 milliards de francs à la Suisse. 
</p><p>La force opérationnelle mise sur pied par le gouvernement est chargée de mettre au point des mesures ciblées. Celles qui ont été introduites pendant la crise financière concernant l’assurance-chômage doivent être prolongées. Il faut en outre trouver une solution pour les caisses de pensions en sous-couverture, lors de liquidations d’entreprises ou de suppressions d’emplois. 
</p><p>Afin que les salaires ne soient pas mis sous pression, les entreprises doivent faire l’objet de contrôles intenses, en particulier concernant les nouveaux engagements. En cas de sous-enchère, il s’agit d’introduire des salaires minimums. Enfin, les salaires versés en euros sont illégaux.</p>]]></content:encoded><category>Politique monétaire</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-61</guid><pubDate></pubDate><title>En toute sécurité et pour un salaire honnête</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/en-toute-securite-et-pour-un-salaire-honnete</link><description>L’été est là, et avec lui les grandes vacances. Pour de nombreux écoliers, écolières, gym-nasiennes, gymnasiens, étudiantes et étudiants, c’est aussi le temps des petits boulots qui permettront d’arrondir l’argent de poche, d’en mettre de côté pour les prochaines va-cances et, très souvent, de financer les études. Lorsqu’on occupe ce genre d’emploi, on est un salarié, ou une salariée comme les autres. Et qui dit salarié(e), dit règles du droit du travail. Et, bien sûr, salaire. Mais aussi : sécurité au travail.</description><content:encoded><![CDATA[<h3>À partir de quel âge&nbsp;et pour quelle durée?</h3><p>On ne peut fort heureusement pas faire travailler les enfants à partir de n’importe quel âge. La loi sur le travail (LTr) ne l’autorise qu’à partir de 15 ans, 13 pour les travaux légers, voire moins de 13 pour les manifestations sportives et culturelles, à des conditions spécifiques et sur autorisation d’une autorité cantonale (art. 30 LTr, art. 7 OLT 5). Dans tous les cas, les moins de 18 ans ont besoin de l’assentiment de leurs parents avant de signer un contrat de travail. 
</p><p>L’ordonnance 5 de la LTr (OLT 5) précise les règles qui s’appliquent aux jeunes travailleurs et travailleuses de moins de 18 ans. Elle précise notamment l’interdiction d’employer les jeunes à des travaux dangereux, dans certaines branches (discothèques, bars, cabarets, entreprises cinématographiques, cirque et spectacle – cf. art. 4 à 6 OLT 5) et à quelles conditions ils peuvent être exceptionnellement astreints au travail dominical. Le travail dominical n’est autorisé que pour les jeunes ayant achevé leur scolarité obligatoire, au maximum un dimanche sur deux et uniquement dans la restauration (où ne peuvent être employés que les plus de 16 ans), la garde d’animaux et les boulangeries (art. 13 OLT 5). Dans les zones touristiques, le travail dominical est possible dans les entreprises répondant aux besoins des touristes pendant toute la durée des vacances d’été (art. 15 OLT 5, art. 25 OLT 2). Quant au travail de nuit, il est interdit aux moins de 18 ans en dehors d’une formation professionnelle (art. 12 OLT 5).
</p><p>La durée de travail des moins de 13 ans&nbsp; ne peut pas excéder plus de trois heures par jour et neuf heures par semaine (art. 10 OLT5). Les jeunes de plus de 13 ans n’ayant pas terminé leur scolarité obligatoire peuvent travailler jusqu’à 8 heures par jour (40 heures par semaine) pendant la moitié de la durée des vacances scolaires, entre 6 heures et 18 heures, avec une pause d’au moins une demi-heure pour toute plage de travail de 5 heures et plus (art. 11 OLT 5). Pour tous les jeunes, la durée du travail ne dépassera pas celle des autres employés de l’entreprise (maximum 9 heures par jour) et leur travail doit être compris dans une période de 12 heures (art. 31 al. 1 LTr). Ils ont droit à un repos quotidien d’au moins 12 heures consécutives (art. 16 OLT 5). Le soir, les moins de 16 ans ne peuvent être employés que jusqu’à 20 heures, les 16-18 ans jusqu’à 22 heures (art. 31 al. 2 LTr). 
</p><h3>Le travail, c’est la santé&nbsp;?</h3><p>Les petits boulots d’été sont souvent l’occasion de faire connaissance avec le monde du travail. Or, ce dernier n’est pas exempt de dangers, qui n’apparaissent pas toujours au premier coup d’oeil. Et le risque d’accident de travail est très élevé lors du premier emploi, surtout pendant les premiers jours. 
</p><p>Même si l’on est engagé pour une durée très courte, il faut donc particulièrement faire attention aux prescriptions de sécurité. Avant de commencer, il faudra être attentif aux instructions de l’employeur et les respecter scrupuleusement, même si elles paraissent de prime abord inutiles ou exagérées. Et, si ce dernier ne veut pas en donner et que l’on estime en avoir besoin, il faut avertir sans délai l’inspectorat du travail et le syndicat. Dans tous les cas, les travaux dangereux sont interdits au moins de 18 ans. 
</p><h3>Bien assuré&nbsp;!</h3><p>Négliger les assurances sociales dans le cas d’un petit job de vacances peut coûter très cher. Tous les travailleurs et travailleuses, quel que soit leur âge, doivent être obligatoirement assurés à l’assurance-accidents par leur employeur. S’ils travaillent moins de 8 heures par semaine chez le même employeur, cette assurance ne couvre que les accidents professionnels et, au-delà, tous les accidents. En cas d’accident, l’employeur doit avertir les parents (art 32 LTr). Pour les rapports de travail de moins de 3 mois, il n’y a pas d’obligation de payer le salaire en cas de maladie. Les autres cotisations sociales (AVS/AI/APG)&nbsp; ne sont obligatoires qu’à partir de l’année où l’on a ses 18 ans. Si l’employeur ne paie pas ses cotisations, il s’agit de travail au noir et cela entraîne des sanctions. 
</p><h3>Tout travail mérite salaire et tout travailleur, toute travailleuse a droit à des vacances</h3><p>Comme il n’existe pas de salaire minimum légal, le salaire peut être librement convenu par les parties au contrat. Même si c’est en général l’employeur qui a le dernier mot, il est obligé de respecter les conventions collectives de travail (CCT) étendues et les contrats-type de travail (CTT). Pour le petits boulots de vacances sont notamment importants la CCT nationale de l’hôtellerie-restauration, les CCT du bâtiment, du nettoyage, des entreprises du commerce de détail (Coop, Migros, CCT cantonales et communales) et les CTT cantonaux pour l’agriculture. Les employeurs doivent en outre respecter les salaires d’usage de la branche et de la région, que l’on peut consulter sur <a href="http://www.salaire-uss.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.salaire-uss.ch</a>. 
</p><p>S’il n’existe pas de salaire minimum obligatoire (CCT ou CTT), l’USS recommande un salaire de Fr. 15.- bruts de l’heure pour les jeunes n’ayant pas terminé leur scolarité obligatoire et de Fr. 22.- pour les autres travailleurs et travailleuses non qualifiés. En effet, chaque travail mérite un salaire honnête. Le fait que ce soit un petit boulot de vacances ne justifie pas un salaire plus bas que pour un travailleur ou une travailleuses «&nbsp;normal&nbsp;». Ce que le ou la jeune salarié(e) fera ensuite de son salaire (p. ex. financer ses loisirs) non plus. 
</p><p>Enfin, il ne faut pas oublier les vacances, auxquelles chaque travailleur et chaque travailleuse a droit, même s’il occupe son emploi… pendant ses vacances. Si l’on est payé à l’heure (ce qui est en général le cas pour les petits boulots), un supplément de salaire de 10,64% (correspondant aux 5 semaines de vacances auxquelles ont droit les jeunes de moins de 20 ans&nbsp;; s’ils ont plus de 20 ans, le supplément horaire est de 8,33 %) doit être payé en sus du salaire, ce que de nombreux employeurs oublient. Sur le décompte de salaire, ce supplément doit être identifiable comme tel. 
</p><p>&nbsp;</p><h3>Pour en savoir plus&nbsp;: &nbsp; </h3><p>www.jeunesse-syndicale.ch
</p><p>Le syndicat Unia a édité une brochure destinée aux salariés payés à l’heure, que l’on peut consulter et commander ici&nbsp;: &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br><a href="http://www.unia.ch/Flexible-a-tout-prix.2569.0.html?&amp;L=1#c11838" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.unia.ch/Flexible-a-tout-prix.2569.0.html?&amp;L=1#c11838</a></p><p>La LTr&nbsp;: <a href="http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_11.html" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_11.html</a></p><p>L’OLT 5&nbsp;: <a href="http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_115.html" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_115.html</a></p><p>La liste des travaux dangereux interdits aux jeunes&nbsp;: &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_115_2.html" target="_blank" rel="noreferrer">www.admin.ch/ch/f/rs/c822_115_2.html</a></p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-624</guid><pubDate></pubDate><title>Des hausses générales de 2 à 3 %, mais au moins 100 francs en plus du renchérissement </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-hausses-generales-de-2-a-3-mais-au-moins-100-francs-en-plus-du-rencherissement</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="Text"><span lang="FR"></span></p><p>Les principaux syndicats des diverses branches affiliés à l’Union syndicale suisse (USS) revendiquent des hausses de salaire oscillant entre 2 et 3&nbsp;%, mais au moins 100 francs par mois en plus de la compensation du renchérissement. Ces hausses devront être générales et les versements uniques seront refusés. C’est là le seul moyen de relever les bas et moyens salaires, car ils ont besoin de combler leur retard pris. En effet, seuls les hauts et les très hauts salaires ont profité de la reprise entre 2004 et 2008. Les autres ont perdu en valeur réelle.
</p><p>«&nbsp;Il apparaît toujours plus que des faux prétextes sont cherchés pour carotter des adaptations de salaire aux travailleurs et travailleuses&nbsp;» a déclaré aux médias le président de l’USS, Paul Rechsteiner. Or, la plupart des branches ont des carnets de commandes bien remplis et engrangent des bénéfices. De plus, beaucoup d’entreprises se plaignent d’un manque de main-d’œuvre. 
</p><p>Pour Daniel Lampart, l’économiste en chef de l’USS, il est donc clair qu’il y a de l’argent pour des hausses de salaire. Il a aussi précisé que «&nbsp;Le problème du franc fort n’est très souvent pas pertinent pour les négociations salariales de cette année. Près de 90&nbsp;% des salarié(e)s de Suisse travaillent dans des branches qui ne sont pas sensibles au taux de change.&nbsp;»
</p><p>Selon Aldo Ferrari, membre du comité directeur du syndicat Unia, des hausses de salaire d’au&nbsp; moins 100 francs, en plus de la compensation du renchérissement, sont nécessaires, possibles et judicieuses dans les services, la construction, l’artisanat et&nbsp; l’industrie. Et dans l’industrie pharmaceutique, la hausse devra même être de 150 francs. En 2012, l’hôtellerie et la restauration doivent introduire pour tout le monde le 13e mois intégral convenu il y a plusieurs années déjà. Et dans la branche de la coiffure, Unia revendique l’introduction d’un 13e mois qui n’a que trop attendu. 
</p><p>Cette année, Confédération, cantons et communes enregistreront des milliards de francs d’excédents. La marge de manœuvre pour augmenter les salaires de 2 à 3&nbsp;% existe, a expliqué la présidente du Syndicat suisse des services publics (ssp), Katharina Prelicz-Huber. Et il s’agit aussi améliorer les conditions de travail dans les services publics et d’y engager plus de personnel.
</p><p>L’Association suisse des employés de banque (ASEB) constate depuis des années des écarts tendanciellement croissants entre bas et hauts salaires, ainsi qu’entre femmes et hommes. En outre, la part des bonus, qui sont exclus des négociations, tend à augmenter. L’ASEB veut une hausse des salaires fixes et les commissions du personne doivent pouvoir contrôler la répartition des salaires, a déclaré Denise Chervet, sa secrétaire centrale.
</p><p>Dans les transports publics aussi, les entreprises versent toujours plus souvent uniquement des primes, au lieu d’adapter les salaires. Les hausses de salaire sont une mesure durable, alors que les primes sont uniques. Or le pouvoir d’achat des salarié(e)s ne concerne pas qu’une seule année, a précisé Giorgio Tuti, le président du Syndicat du personnel des transports (SEV). Ce dernier revendique de vraies hausses des salaires de 2 à 3&nbsp;%, car il faut empêcher une baisse du pouvoir d’achat (resp. à cause de nouvelles ponctions pour les caisses de pensions).
</p><p class="Text">&nbsp;</p><p class="Text">Les discours de</p><ul><li style="font-style: italic; "><span>Paul Rechsteiner</span>, Präsident des SGB</li><li style="font-style: italic; "><span>Daniel Lampart</span>, Chefökonom des SGB</li><li style="font-style: italic; "><span>Hansueli Scheidegger</span>, Unia-Geschäftsleitung, Leiter Sektor Bau</li><li style="font-style: italic; "><span>Alain Carrupt</span>, Präsident Gewerkschaft Kommunikation</li><li><span>Denise Chervet</span><span>, Zentralsekretärin Schweiz. Bankpersonalverband (SBPV</span>)</li></ul><p>sont attachés.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-59</guid><pubDate></pubDate><title>90 assassinats, 2500 arrestations, 5000 licenciements</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/90-assassinats-2500-arrestations-5000-licenciements</link><description>Chaque année, la Confédération syndicale internationale (CSI), dont l’USS fait partie, dresse l’impressionnante liste des violations des droits syndicaux sur la planète. Dans son rapport pour l’année 2010, c’est à nouveau la Colombie qui se retrouve en première place, avec 49 assassinats de syndicalistes !</description><content:encoded><![CDATA[<p>La triste leçon de ce rapport sur les actes antisyndicaux commis en 2010 dans 143 pays peut se résumer ainsi&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>90 assassinats de syndicalistes, dont 45 pour la seule Colombie&nbsp;;</li><li>75 menaces de morts&nbsp;;</li><li>2500 arrestations au moins&nbsp;;</li><li>5000 licenciements au moins pour cause d’activité syndicale.</li></ul><p>Les tendances mises en exergue dans ce rapport incluent le non-respect des législations du travail par les gouvernements, le manque d’aide au financement de l’inspection ou de la protection, l’absence des droits et les abus à l’encontre des travailleurs et travailleuses migrants dans le monde entier ainsi &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; que l’exploitation de la main-d’œuvre principalement féminine dans les zones franches d’exportation. 
</p><p>Au Moyen-Orient, le rapport de 2010 dépeint un tableau des gouvernements qui tentent de réprimer leur peuple engagé pour l’amélioration de sa vie au plan économique et de l’empêcher de le faire au moyen d’une représentation syndicale, de hausses de salaires et de la négociation collective. La répression des activités syndicales libres a en effet aussi été l’une des racines des révoltes dans les pays arabes. 
</p><p>Mais en Europe non plus, aucune raison de se vanter à ce chapitre. Les mesures d’austérité prises par de nombreux gouvernements pour combattre les importants déficits dus à la crise économique et financière mondiale ont eu des conséquences néfastes pour de nombreux travailleurs et travailleuses&nbsp;: baisse des salaires, remise en question de rentes, coupes budgétaires... La situation des syndicats est restée particulièrement difficile en Ukraine, en Russie, en Biélorussie et en Turquie. 
</p><p>La présence peu glorieuse de la Suisse dans ce rapport s’explique principalement par les reproches de licenciements antisyndicaux et d’absence de protection spéciale pour les délégué(e)s des salarié(e)s qui lui sont faits.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-602</guid><pubDate></pubDate><title>L’USS ne tolérera aucune sous-enchère salariale et exige un taux de change plancher de Fr. 1,40 pour 1 euro</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/l-uss-ne-tolerera-aucune-sous-enchere-salariale-et-exige-un-taux-de-change-plancher-de-fr-1-40-pour-1-euro</link><description>La surévaluation du franc est synonyme de pression sur les salaires et de suppression d’emplois</description><content:encoded><![CDATA[<p>Si le franc reste surévalué, le risque de sous-enchère salariale se renforcera ces prochains temps. Telle est la conclusion alarmante que l’on peut tirer de la conférence de presse tenue par l’Union syndicale suisse (USS) le 5 septembre, à Berne. Aujourd’hui déjà, nombre de salarié(e)s subissent les conséquences douloureuses du franc fort&nbsp;: prolongation de la durée du travail, délocalisations, réductions des salaires ou baisse des salaires des frontaliers et frontalières. La politique du laisser-faire «&nbsp;se paiera par la disparition de nombreux emplois, le climat de travail se dégradera et, dans le pire des cas, cela se terminera par une désindustrialisation et une crise économique&nbsp;», a averti Paul Rechsteiner, le président de l’USS. 
</p><p>Il n’est pas possible de compenser une surévaluation du franc de 20&nbsp;% en prenant des mesures dans les entreprises, car cela signifierait qu’il faudrait diviser les salaires par deux. Qui pourrait vivre d’un tel salaire&nbsp;?
</p><p>Pour protéger les salaires, les emplois et les entreprises, une certaine stabilité du cours de change est nécessaire&nbsp;; celui-ci doit refléter la réalité économique. Pour Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS, le taux de change plancher doit être de Fr.&nbsp;1,40 pour 1&nbsp;euro. Aujourd’hui, le franc est surévalué de bien plus de 20&nbsp;%. Et les craintes d’une inflation sont exagérées.
</p><p>Mandaté par l’USS, Michael Bernegger, un expert de la politique monétaire, a analysé l’actuelle force du franc. Son étude montre en quoi elle est due à des facteurs tant internationaux que nationaux et comment ces deux aspects se sont mutuellement influencés. Son analyse détaillée débouche sur des solutions possibles pour la politique de la Banque nationale suisse (BNS), des solutions encore jamais discutées dans des publications ou dans des médias. Grâce au soutien politique dont elle bénéficie à nouveau aujourd’hui, la BNS devrait être en mesure de fixer un taux de change plancher compatible avec l’objectif d’inflation et de l’imposer sur le marché.
</p><p>Coprésident d’Unia, Andreas Rieger, a appelé les employeurs et leurs organisations à arrêter la dangereuse partie de poker contre les salaires et la durée du travail. Il leur a demandé d’agir dans l’intérêt de toute l’économie et de toute la population, et de soutenir la BNS avec les syndicats.
</p><p>L’USS n’exige pas uniquement que l’on s’attaque à la racine du problème du franc largement surévalué. Elle s’oppose énergiquement aux abus qui se propagent désormais sur le marché du travail. Les nouveaux engagements sont tout particulièrement menacés par la sous-enchère salariale. C’est pourquoi il faut augmenter nettement le nombre des contrôles. Et lorsqu’un cas de sous-enchère salariale est découvert, la Confédération et les cantons doivent édicter des salaires minimums qui protègent les salaires suisses. Et TOUS les salaires, pas seulement les plus bas, mais aussi ceux de la main-d’œuvre qualifiée.
</p><p>&nbsp;</p><p>Les discours de
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>Paul Rechsteiner, président de l'USS</li><li>Daniel Lampart, économiste en chef de l'USS</li><li>Andreas Rieger, coprésident du Syndicat Unia</li><li>Jean Christophe Schwaab, secrétaire centrale de l'USS</li></ul><p> sont attachés. Le discours de Michael Bernegger, specialiste du politique monetaire, est attaché en allemand.<br></p>]]></content:encoded><category>Politique monétaire</category><category>Économie extérieure</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-347</guid><pubDate></pubDate><title>L’USS demande des mesures contre le stress !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-uss-demande-des-mesures-contre-le-stress</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) s’inquiète de la montée du stress au travail décrite par l’étude du Seco publiée aujourd’hui. Elle s’inquiète notamment de la très nette augmentation de la part des salariés qui subissent du stress sur leur lieu de travail (de 27&nbsp;% à 34&nbsp;% entre 2000 et 2010) et du nombre important de salarié(e)s qui doivent prendre des substance soit dopantes, soit calmantes pour tenir le coup face aux cadences de travail difficiles. 
</p><p>L’USS exige des mesures pour limiter les conséquences du stress au travail, dont les coûts annuels ont précédemment été estimés à 10 milliards de francs par an. Il s’agit notamment de supprimer les modèles d’organisation du temps de travail qui génèrent du stress, par exemple le travail sur appel, le temps de travail «&nbsp;basé sur la confiance&nbsp;» ou la disponibilité permanente, en particulier grâce aux smartphones. L’USS exige en outre des mesures contre la précarisation des rapports de travail et les bas salaires, eux aussi facteurs de stress. &nbsp;
</p><p>L’USS s’engage également pour une baisse du temps de travail, par une augmentation du droit aux vacances et une baisse générale de la durée hebdomadaire du travail. L’étude du Seco a en effet souligné qu’un temps de travail trop élevé est facteur de stress. Elle confirme que les entreprises qui augmentent le temps de travail à cause du cours de l’euro font fausse route aussi du point de vue de la santé des salarié(e)s. 
</p><p>L’USS demande enfin une amélioration des droits de participation des salarié(e)s, car être impliqué dans les décisions est un facteur qui permet de diminuer le stress.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-60</guid><pubDate></pubDate><title>Les salaires minimums ne sont pas synonymes de hausse du chômage !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-salaires-minimums-ne-sont-pas-synonymes-de-hausse-du-chomage</link><description>La position, souvent défendue comme un dogme, selon laquelle les salaires minimums feraient augmenter le chômage n’est désormais plus qu’une affabulation pure et simple. Le rapport sur les salaires minimums récemment publié par l’Union syndicale suisse (USS), le prouve.</description><content:encoded><![CDATA[<p>C’est un groupe d’expert(e)s de haut niveau qui est l’auteur de ce rapport. Celui-ci s’attelle d’abord à étudier la fréquence des bas salaires et des salaires minimums en Suisse. Le deuxième chapitre est consacré à la politique menée en matière de salaires minimums dans plusieurs États de l’Union européenne. Il débouche sur la constatation que, depuis le milieu des années 1990, les salaires minimums ont connu un nouvel essor.
</p><p>Dans son troisième chapitre, le rapport pose la question de l’incidence des salaires minimums sur l’emploi et la répartition des revenus. Pour y répondre, plus de 50 études scientifiques – dont de nombreuses à caractère empirique – ont été dépouillées. Les résultats obtenus montrent clairement que les salaires minimums, respectivement leur relèvement, n’entrainent ni hausse ni à recul du chômage, contrairement à ce que certains «&nbsp;théoriciens&nbsp;» ont toujours considéré comme devant être leur conséquence inéluctable, conclut Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS. Des études plus récentes font même apparaître que, le cas échéant, un salaire minimum peut avoir une influence positive sur l’emploi. Et l’OCDE et l’OIT tiennent compte de cette réalité aujourd’hui établie.
</p><p> Le dernier chapitre est rédigé sous un angle juridique. Il tente principalement de répondre à la question de la façon dont on peut réguler les salaires minimums en Suisse.
</p><p>«&nbsp;Mindestlöhne. Situation und Handlungsbedarf. Bericht der SGB-Expertengruppe Mindestlohn&nbsp;» (n’existe qu’en allemand), 127 p., Fr. 12,50 en librairie (ISBN: 978-3 905708-80-6)&nbsp;; peut être commandé auprès de l’USS (<a href="#" data-mailto-token="thpsav1pumvGzni5jo" data-mailto-vector="7">info(at)sgb.ch</a>).</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-345</guid><pubDate></pubDate><title>Le Conseil fédéral abondonne les salarié(e)s dans la tourmente</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-conseil-federal-abondonne-les-salarie-e-s-dans-la-tourmente</link><description>Salaires en euros et frontaliers</description><content:encoded><![CDATA[<p>La réponse négative, de ce jour,&nbsp; du Conseil fédéral à la proposition parlementaire d’interdire les salaires en euros abandonne les salarié(e)s de Suisse dans la tourmente. Les principes légaux sont pourtant clairs : si les entreprises paient les salaires en euros, afin de transmettre le risque de change aux salarié(e)s, voire même si elles ne font qu’indexer les salaires à un cours de l’euro trop bas, elles transfèrent le risque d’entreprise à leur personnel. Ce qui est interdit par le droit du travail. Des telles diminutions de salaires représentent une participation inacceptable à un développement négatif des affaires.
</p><p>Il est positif&nbsp; que le Conseil fédéral se soit exprimé clairement contre le fait que les frontaliers ne puissent être plus mal payés que la main-d’oeuvre indigène. Ce genre d’inégalité de traitement &nbsp;va à l’encontre du principe de non-discrimination de l’accord sur la libre circulation des personnes (art. 2). L’USS attend des autorités de surveillance qu’elles appliquent sans faille ce principe.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-344</guid><pubDate></pubDate><title>Bien que des lacunes sensibles soient comblées, un renforcement supplémentaire s’impose toujours </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/bien-que-des-lacunes-sensibles-soient-comblees-un-renforcement-supplementaire-s-impose-toujours</link><description>Mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le renforcement des mesures d’accompagnement mis en consultation par le Conseil fédéral est important pour la&nbsp; protection des salaires et des emplois en Suisse. Il permettra de mettre fin aux agissements des employeurs qui essaient de ne pas verser les salaires usuels dans notre pays en faisant passer leurs employé(e)s pour des soi-disant indépendant(e)s. Et, il sera aussi possible à l’avenir d’infliger des amendes aux employeurs qui ne respectent pas les salaires minimums des contrats-types de travail. Ainsi se trouveront comblées des lacunes sensibles de l’actuel dispositif de protection prévu par les mesures d’accompagnement.
</p><p>Pour protéger nos salaires et nos emplois, le renforcement de ces dernières est nécessaire et urgent. Une large unanimité règne à ce sujet. C’est pourquoi la procédure doit être accélérée. Pour l’heure, l’entrée en vigueur de ces mesures d’accompagnement renforcées n’est en effet prévue que pour le début 2013.
</p><h3>Une offensive en matière de contrôles est nécessaire</h3><p>À cause du franc fort, la pression sur les salaires et les conditions de travail suisses s’accentue, notamment lors des nouveaux engagements, qui devaient déjà faire face auparavant à une telle pression. À ce sujet, l’Union syndicale suisse (USS) demande instamment le lancement d’une offensive en matière de contrôles&nbsp;: là où il y a sous-enchère salariale, Confédération et cantons doivent introduire des salaires minimums, ainsi que la loi l’exige. Et les sanctions doivent être durcies&nbsp;; en introduisant la responsabilité solidaire, il s’agit d’empêcher que les entreprises fautives n’échappent au paiement des amendes qui leur sont infligées, L’USS attend du groupe de travail des partenaires sociaux et du SECO qu’ils adoptent des mesures allant dans ce sens.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-66</guid><pubDate></pubDate><title>10 idées reçues… et la vérité à ce sujet</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/10-idees-recues-et-la-verite-a-ce-sujet</link><description>Les syndicats ont gagné l’immense majorité des votes populaires concernant les horaires des magasins. Les arguments des partisans de la libéralisation sont toujours les mêmes et peuvent être démontés facilement. Voici les dix exemples principaux :</description><content:encoded><![CDATA[<p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><b><span lang="FR">Les horaires flexibles ne créent pas d’emplois. </span></b><span lang="FR">Un franc dépensé le dimanche ne peut l’être la semaine (et vice-versa). Le pouvoir d’achat des consommatrices et consommateurs ne devient pas extensible parce que les plages horaires pour le dépenser sont plus grandes. Les emplois créés en dehors des heures d’ouverture habituelles ont donc de fortes chances d’être supprimés en semaine. En outre, la libéralisation des horaires entraîne une forte tendance à la disparition des petits commerces au profit des grandes enseignes: les petits commerces des quartiers et des villages qui peuvent ouvrir le dimanche (parce ce sont des entreprises familiales) perdent ce qui est un de leurs derniers avantages concurrentiels si une grande surface proche peut ouvrir aux mêmes heures. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><b><span lang="FR">Les pays qui ont libéralisé leurs horaires d’ouverture des commerces font des expériences négatives.</span></b><span lang="FR"> Une comparaison internationale faite par le Seco a montré que les libéralisations auxquelles on a assisté dans d’autres pays ont eu des effets contrastés et conclut que la libéralisation «&nbsp;peut avoir des effets économiques tant positifs que négatifs&nbsp;». Dernier exemple en date&nbsp;: le Portugal. La libéralisation complète des ouvertures dominicales vide les commerces des centres-ville pour déplacer la clientèle vers les grands centres commerciaux des périphéries. De tels déplacements de clientèle génèrent du trafic motorisé. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><b><span lang="FR">Les salarié-e-s qui travaillent la nuit et le dimanche ne sont pas tous volontaires. </span></b><span lang="FR">En théorie, la loi sur le travail (LTr) stipule que les travailleurs doivent donner leur consentement pour être occupés la nuit ou le dimanche. En pratique, l’employeur n’engage tout simplement pas celle ou celui qui ne veut pas travailler en dehors des horaires habituels et menace souvent de licenciement le personnel occupé en semaine qui n’est pas d’accord de travailler aussi le dimanche, par exemple en faisant miroiter que «&nbsp;d’autres seraient d’accord de travailler le dimanche…&nbsp;». </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">4.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><b><span lang="FR">Les salarié-e-s qui travaillent la nuit et le dimanche n’ont pas tous droit à un supplément de salaire.</span></b><span lang="FR"> En cas de travail dominical, le supplément n’est dû que si le travailleur ne travaille au maximum que… 6 dimanches par an (soit un tous les deux mois). Dès le 7<sup>ème</sup> dimanche de travail par an, le supplément n’est plus obligatoire. Or, dans la plupart des branches qui bénéficient d’une dérogation à l’interdiction de travailler le dimanche, le nombre de dimanches de travail peut aller jusqu’à… 40 par an (soit un seul dimanche de congé par mois&nbsp;!). Pour le travail de nuit, la majoration de salaire n’est due que pour un maximum de 24 nuits par an seulement. Dans tous les cas, les conditions de travail dans le commerce de détail sont loin d’être enviables&nbsp;: bas salaires et conditions de travail précaires (p. ex. sur appel) y sont la règle. Lors d’enquête réalisées auprès du personnel de la vente, les syndicats constatent que les horaires irréguliers sont cause de forte pression et de stress. Enfin, ce sont des emplois dangereux&nbsp;: les commerces ouverts la nuit sont souvent victimes de brigandages. Et le travail de nuit est aussi dangereux pour la santé: il peut notamment causer des troubles cardiaques, du sommeil, de la digestion et augmente le risque de cancer.</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">5.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><b><span lang="FR">Les salarié-e-s qui travaillent le dimanche et la nuit ne sont pas tous des étudiant-e-s sans charge de famille ou des gens qui veulent absolument travailler en dehors des horaires habituels.</span></b><span lang="FR"> Certes, de nombreux étudiant-e-s sont ravis de trouver un petit boulot le dimanche parce que les bourses d’études sont insuffisantes. Il n’en demeure pas moins que la majorité des salarié-e-s appelés à travailler le dimanche sont ceux qui travaillent aussi la semaine et dont l’emploi n’est pas qu’un simple appoint pendant les études, mais constitue l’activité professionnelle principale. La majorité de ces salarié-e-s sont des femmes, et parmi elles de nombreuses mères de famille monoparentale, dont la situation familiale n’est guère compatible avec des horaires irréguliers. Enfin, bon nombre des salarié-e-s concernés sont en situation précaire, ce qui les force à accepter n’importe quel emploi. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR-CH">6.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><b><span lang="FR">Les horaires flexibles ou irréguliers ne concernent pas que «&nbsp;quelques salarié-e-s&nbsp;» du commerce de détail. </span></b><span lang="FR">Lorsqu’un magasin ouvre en dehors des horaires habituels, toutes les entreprises à son service doivent en faire de même&nbsp;: livraison, logistique, sécurité, nettoyage, informatique, etc. Et, plus on ira vers une société qui ne se repose jamais, plus d’autres services devront à leur tour être disponibles 24h/24&nbsp;: transports publics, crèches, etc. </span><span lang="FR-CH"></span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">7.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><b><span lang="FR">Les besoins des consommateurs n’ont pas changé&nbsp;; ceux-ci ne veulent pas consommer 24h/24.</span></b><span lang="FR"> Lors de la plupart des votations aux niveaux fédéral, cantonal et communal, les citoyens refusent de prolonger les horaires d’ouverture des commerces, que ce soit le soir, le samedi ou le dimanche. Entre 2006 et 2010, les syndicats ont gagné 90&nbsp;% des scrutins sur le sujet. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">8.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><b><span lang="FR">La présence de personnel n’est pas déterminante pour les heures d’ouverture, mais plutôt ce qu’on a le droit de vendre. </span></b><span lang="FR">Les partisans de la libéralisation prétendent que l’assortiment des magasins qui ouvrent déjà la nuit et le dimanche peut être étendu, étant donné que «&nbsp;le personnel est déjà sur place&nbsp;». Avec cet argument, on nivelle la protection des travailleurs par le bas, puisqu’il suffirait d’un seul produit autorisé à la vente 24h/24 pour que tout le magasin ouvre selon ces mêmes horaires. C’est la nécessité de protéger les salarié-e-s qui définit l’assortiment.</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">9.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><b><span lang="FR">Les horaires de travail légaux protègent les salarié-e-s et ne sont pas un «&nbsp;carcan&nbsp;» qui empêche de consommer la nuit et le dimanche.</span></b><span lang="FR"> Le dimanche, on peut acquérir n’importe quel bien et service dans les grandes gares et les aéroports. Dans les autres gares et le long des axes routiers à forte fréquentation touristique, les voyageurs et les automobilistes peuvent se procurer ce dont ils ont besoin le dimanche et la nuit jusqu’à 1h du matin. Dans les régions touristiques, les magasins destinés aux touristes peuvent ouvrir le dimanche. La nuit et/ou le dimanche, les Boulangeries, magasins de fleurs, stations-service, les cafés et restaurants et pharmacies peuvent ouvrir. On peut donc se procurer sans problème ce dont on a vraiment besoin. Pour ce qui n’est pas indispensable, attendre le lendemain ou le lundi suivant est tout à fait suffisant. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">10.&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><b><span lang="FR">La libéralisation totale du travail nocturne ou dominical est bel et bien en marche. </span></b><span lang="FR">Chaque tentative de libéralisation n’est qu’une «&nbsp;tranche du salami&nbsp;». Dès que la flexibilisation a été introduite dans une branche, même pour un très petit nombre de salarié-e-s, même pour une seule région ou un seul canton, même pour un type précis de commerce, les partisans du travail 24h/24 veulent aller plus loin. Parfois, ils prétendent que si une catégorie de commerces peut ouvrir en dehors des horaires habituels, il s’agit d’une «&nbsp;distorsion de concurrence&nbsp;» et se servent de cet argument pour exiger d’autres libéralisations. Leur objectif est donc bien la libéralisation totale des horaires de travail. Mais, comme ils savent qu’une attaque générale contre le repos dominical, le repos nocturne et les horaires réguliers et prévisibles n’aurait aucune chance en votation populaire, ils procèdent par petites tranches de salami, pour mieux faire passer la pilule. Heureusement, les salarié-e-s concernés et la population voient clair dans leur jeu et ne se laisseront pas rouler dans la farine&nbsp;!</span></p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-74</guid><pubDate></pubDate><title>Une hausse des salaires de 2 à 3 pour cent, mais au moins 100 francs 	 et le renchérissement en plus </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/une-hausse-des-salaires-de-2-a-3-pour-cent-mais-au-moins-100-francs-et-le-rencherissement-en-plus</link><description>Ces dernières années, ce sont surtout les hauts salaires qui ont augmenté, alors que les bas et moyens salaires stagnaient. Il est aujourd’hui plus que temps qu’un tournant ait lieu : les syndicats de l’USS, principales organisations de salarié(e)s dans leurs branches respectives, demandent par conséquent des hausses de salaire de 2 à 3 %, mais au moins 100 francs en plus de la compensation du renchérissement.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Malgré le franc fort, les carnets de commandes sont pleins dans la plupart des branches économiques et les bénéfices pleuvent. Environ 90&nbsp;% des salarié(e)s de Suisse travaillent dans des branches qui ne sont pas concernées par le franc fort ou ne le sont que marginalement. 
</p><p>L’argent pour des hausses de salaire est donc bien là. Les employeurs doivent enfin assumer leurs responsabilités à l’égard de leurs employé(e)s et leur verser des salaires équitables. Il n’est plus question que seuls les hauts et très hauts salaires profitent de la croissance et que l’écrasante majorité des salarié(e)s ne reçoivent que des miettes. 
</p><p>Les revendications détaillées que les grandes fédérations de l’USS émettront lors des négociations salariales en cours et à venir apparaissent sur le tableau ci-dessous.</p><table summary class="contenttable"><thead><tr><th scope="col">Syndicat</th><th scope="col">Brance</th><th scope="col">Revendication</th></tr></thead><tbody><tr><td><b>Unia</b></td><td>Industrie</td><td><p>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; De Fr.&nbsp;100.- à Fr.&nbsp;150.- d’augmentation générale</p><p>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Contrôle des salaires relativ. aux discriminations</p></td></tr><tr><td></td><td><span>Construction&nbsp;: premier et second œuvre</span></td><td><p>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Fr.&nbsp;100.- d’augmentation générale + renchérissement</p><p>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Fr.&nbsp;100.- pour les salaires minimums</p></td></tr><tr><td></td><td><span>Sécurité privée</span></td><td><span>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; De 2 à 3&nbsp;% d’augmentation générale</span></td></tr><tr><td></td><td><span>Hôtellerie-restauration</span></td><td><span>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; 13</span><sup>e</sup><span>&nbsp;mois intégral pour tout le monde (déjà décidé)</span></td></tr><tr><td></td><td><span>Commerce de détail</span></td><td><p>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Fr.&nbsp;100.- d’augmentation générale + renchérissement</p><p>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Contrôle des salaires relativ. aux discriminations</p></td></tr><tr><td><span><b>SEV</b></span></td><td><span>CFF, entrepr. de transport concessionnées</span></td><td><span>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Décision fin septembre</span></td></tr><tr><td><span><b>ssp</b></span></td><td><span>Services publics</span></td><td><span>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; De 2 à 3&nbsp;% d’augmentation générale (+ progression d’échelon, compensation du renchérissement et autres revendic. qualitatives comme le maintien des temps de repos, le paiement du temps supplémentaire et suffisamment de personnel qualifié)</span></td></tr><tr><td><span><b>CNPC</b></span></td><td><span>Confédération</span></td><td><span>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; 2&nbsp;% + compensation du renchérissement</span></td></tr><tr><td><span><b>syndicom</b></span>&nbsp;</td><td><span>Poste</span></td><td><span>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; 3&nbsp;%</span></td></tr><tr><td></td><td><span>Swisscom</span></td><td><span>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Déjà décidé&nbsp;: 2,6&nbsp;%</span></td></tr><tr><td></td><td><span>Presse et impression</span></td><td><span>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Fr.&nbsp;100.- + compensation du renchérissement (décision déf. le 24.9.)</span></td></tr><tr><td><span><b>ASEB</b></span></td><td><span>Banques</span></td><td><p>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; De 0,5 à 1,5&nbsp;% d’augmentation générale + compensation du renchérissement selon le résultat de l’entreprise</p><p>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Participation au Dialogue sur l’égalité des salaires entre femmes et hommes</p></td></tr></tbody></table><table border="1" cellspacing="0" cellpadding="0" class="contenttable"><tbody></tbody></table>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-338</guid><pubDate></pubDate><title>Évaluation alarmante en matière de mesures d’accompagnement</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/evaluation-alarmante-en-matiere-de-mesures-d-accompagnement</link><description>Insuffisance d’application et refus d’exécuter le travail de la part des autorités laissent prospérer le dumping salarial</description><content:encoded><![CDATA[<p>C’est maintenant officiel&nbsp;: le dumping salarial est une réalité en Suisse. Et au lieu de combattre conséquemment la sous-enchère salariale, les autorités enjolivent la situation. Ces conclusions de la Commission de gestion du Conseil national (CdG-N) confirment un état de fait critiqué depuis longtemps par les syndicats. Il y a insuffisance d’application – voire en partie refus d’exécuter le travail — en matière de dumping salarial. 
</p><p>Les points principaux de la critique de la CdG-N sont les suivants&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>Les salaires sont mis sous pression particulièrement lors de nouvelles embauches.</li><li>Au mépris de cette pression à la baisse des salaires, il n’y a pas un seul canton en Suisse alémanique qui ait introduit des salaires minimaux pour protéger les rémunérations.</li><li>Quelques cantons ont même volontairement renoncé à constater le dumping salarial.</li><li>Les instruments de protection sont lacunaires&nbsp;: ainsi il n’est pas possible de demander des comptes aux &nbsp;entreprises sous-traitantes qui pratiquent la sous-enchère salariale. Les exemples récemment découverts de cas de dumping sur les chantiers le montrent clairement. L’Union syndicale suisse exige que la Confédération et les cantons combattent systématiquement ce dumping. En ce qui concerne la pression sur les salaires lors de l’embauche, une offensive de contrôle, afin de mettre en pleine lumière le dumping, est nécessaire. Là où les salaires sont sous pression, les cantons et la Confédération doivent introduire des salaires minimaux. C’est ce que prévoit la loi. Et les lacunes du dispositif de protection doivent être comblées (p. ex. en introduisant la responsabilité solidaire).</li></ul><p>Le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann est l’ultime responsable de l’application correcte des mesures d’accompagnement. Ce mandat n’est pas rempli si les salaires sont soumis à une pression à la baisse, mais que la Confédération et les cantons ne luttent pas conséquemment contre cette situation. Le conseiller fédéral Schneider-Ammann doit donc prendre des mesures sans tarder afin que les salaires soient garantis en Suisse et que le dumping salarial soit combattu par tous les moyens.&nbsp;&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-72</guid><pubDate></pubDate><title>Retour à l’expéditeur !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/retour-a-l-expediteur</link><description>La révision de  la loi sur la poursuite pour dettes et la faillite (LP) est on peut plus menacée par un échec. Un échec dont les syndicats pourraient s’accommoder. Car, selon leur analyse, les points négatifs pèsent plus lourd que les améliorations.</description><content:encoded><![CDATA[<p>La majorité de la Commission des affaires juridiques du Conseil national rejette le projet de révision de la LP consacrée à l’assainissement des entreprises en difficultés. Elle propose de ne pas entrer en matière. L’Union syndicale suisse (USS) soutient cette position. En effet, ce projet de révision comporte trop de dangers et de lacunes pour être acceptable en l’état. Il ne tient entre autres pas suffisamment compte des intérêts des créanciers, notamment des salarié(e)s.
</p><h3>Une attaque inacceptable contre un des principes cardinaux du contrat de travail</h3><p>Selon le projet de révision de la LP, lors d’un assainissement, l’entreprise repreneuse aurait désormais le choix de reprendre ou non les contrats de travail de l’entreprise à assainir. L’USS rejette cette proposition de délier les repreneurs d’une entreprise en faillite de leur obligation de reprendre tels quels tous les contrats de travail. Cette obligation est en effet une des garanties importantes du droit du contrat de travail. Il n’est pas acceptable que l’assainissement d’une entreprise se fasse sur le dos de son personnel. Lors d’un assainissement, c’est en effet le maintien des emplois qui doit figurer au premier plan. Or, la flexibilité du droit suisse du travail, en particulier la grande liberté de licencier qu’il prévoit, donne déjà une marge de manœuvre suffisante aux employeurs. La suppression de cette protection reviendrait dans bien des cas à reporter le coût des assainissements d’entreprises sur l’assurance-chômage. 
</p><p>L’affirmation selon laquelle l’obligation pour le nouvel employeur de reprendre tous les contrats de travail rendrait les reprises plus difficiles, respectivement comme quoi la suppression de cette obligation les rendrait plus efficaces, ne repose sur aucune preuve empirique. À notre connaissance, il n’existe aucun cas où un acquéreur potentiel d’une entreprise en faillite y aurait renoncé à cause de l’obligation de reprendre les contrats de travail aux mêmes conditions. En revanche, les pseudo-assainissements, dont l’objectif réel est plutôt de licencier du personnel, sont une réalité. 
</p><h3>Mettre un terme aux faillites en chaînes</h3><p>Le projet de révision de la LP contient enfin une lacune importante qui justifie que le Conseil fédéral revoie sa copie&nbsp;: il ne contient en effet aucune mesure pour juguler les faillites abusives en chaîne, phénomène que l’on rencontre de plus en plus fréquemment, surtout dans le bâtiment et les arts et métiers. Souvent, des employeurs peu scrupuleux se déclarent en faillite pour éviter de devoir verser à leur personnel les arriérés de salaire et de cotisations sociales, puis recréent aussitôt une autre entreprise active dans la même branche, en employant souvent le même personnel, mais sous une autre raison sociale. Cette nouvelle entreprise fait ensuite rapidement faillite pour les mêmes raisons, et ainsi de suite. Vu l’ampleur que ce phénomène est en train de prendre, il est nécessaire d’y apporter des réponses fermes, y compris sur le plan du droit pénal.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-334</guid><pubDate></pubDate><title>La situation devrait s’améliorer</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-situation-devrait-s-ameliorer</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) et sa Commission féminine saluent la décision de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique (CSSS) du Conseil national, qui propose à ce dernier de ratifier la Convention n° 183 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur la protection de la maternité ainsi que de modifier la loi sur le travail (LTr) pour que les mères qui allaitent sur leur lieu de travail aient droit à une pause payée. 
</p><p>En effet, le droit au salaire n’est pas toujours garanti en cas d’allaitement sur le lieu de travail. Dans un jugement très récent (fin octobre 2011), le Tribunal cantonal genevois a d’ailleurs refusé d’accorder un droit au salaire pendant l’allaitement, même s’il ne s’agissait que d’un petit montant. La modification de la LTr que propose la CSSS apportera donc une clarification juridique bienvenue et améliorera concrètement la situation des mères qui allaitent au travail. Il s’agit en outre d’une mesure favorisant l’allaitement, dont les vertus en matière de santé publique ne sont plus à démontrer.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-330</guid><pubDate></pubDate><title>La fourchette salariale reste très ouverte</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-fourchette-salariale-reste-tres-ouverte</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>La tendance qui se dégage des résultats de l’Enquête suisse sur la structure des salaires 2010 est positive. L’importante différence existant entre les salaires des cadres et ceux des travailleurs et travailleuses sans fonction de cadre s’est restreinte. Et l’on constate que l’écart entre les salaires des hommes et ceux des femmes a également quelque peu diminué.
</p><p>Malgré cette tendance positive, les écarts salariaux sont restés très grands. Par exemple, le salaire médian des cadres supérieurs et moyens est toujours le double du salaire médian des femmes sans fonction de cadre. Quant à l’écart entre les salaires des employé(e)s et des ouvriers/ouvrières et ceux des cadres supérieurs, il est resté énorme. Les bonus, grâce auxquels les cadres se distribuent des parts importantes du budget destiné au personnel, en sont une cause. 
</p><p>Le problème des bas salaires n’a pas non plus été résolu. Près de 11&nbsp;% des salarié(e)s – dans la majorité, des femmes - gagnent moins de 4000 francs par mois. C’est pour améliorer cette situation que l’USS, ses fédérations et quelques alliés ont lancé l’initiative sur les salaires minimums. Plus de 125&nbsp;000 signatures ont déjà été récoltées. Elle sera déposée à la Chancellerie fédérale à fin janvier.
</p><p>La différence de salaire entre femmes et hommes se monte toujours à plus de 20&nbsp;%. Même si elle continuait à diminuer ces prochaines années de 0,9 point de pour-cent par an, il faudrait 40 ans&nbsp; pour que l’égalité des salaires entre les sexes soit effective en Suisse. Cette situation est contraire à la loi et doit donc être rapidement corrigée.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-327</guid><pubDate></pubDate><title>Résultats des négociations salariales 2011/2012</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/resultats-des-negociations-salariales-2011-2012</link><description>Dans l’ensemble, les accords sont bons, mais insuffisants dans les services</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les négociations salariales 2011/2012 ont pris fin dans une grande partie des branches et entreprises. Pour une bonne part, les accords conclus prévoient des hausses de salaire oscillant entre 1,5 et 2,5&nbsp;%, l’inflation ayant été d’environ 0,3&nbsp;% en 2011 (voir tableau). Dans ces cas, les revendications des syndicats de l’Union syndicale suisse (USS) ont été réalisées. Ceux-ci demandaient des hausses des salaires réels de 1,3 à 2,3&nbsp;% (2 à 3&nbsp;% moins l’inflation de 0,7&nbsp;% supposée alors).
</p><p>Dans la plupart des branches de l’économie intérieure, la situation, en 2011, est bonne et les recettes de la Confédération, des cantons comme des communes augmentent. Même dans l’économie d’exportation, on trouve de nombreuses entreprises qui font de bonnes affaires et peuvent donc verser des salaires plus élevés.
</p><p>Vu ce contexte, quelques résultats apparaissent totalement insuffisants, notamment dans les services. Chez Coop et Migros, les salaires n’augmenteront guère, une fois le renchérissement déduit. Dans la sécurité privée, aucun accord n’a été conclu. Et, les patrons de certaines banques ont même refusé toute augmentation digne de ce nom à leurs employé(e)s (p. ex. le Crédit Suisse), alors que l’argent pour ce faire est là ainsi que le prouvent les salaires totalement exagérés versés aux grands managers et dans les banques d’investissement. La construction est aussi un problème. Alors que les travailleurs et travailleuses n’y ont jamais effectué autant d’heures supplémentaires ces dix dernières années, aucun accord n’a cependant encore été trouvé. Dans les cantons et les communes, il n’est pas question que les hausses de salaire méritées soient remises en cause par une politique d’austérité erronée.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-326</guid><pubDate></pubDate><title>En Suisse, on doit verser des salaires suisses !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/en-suisse-on-doit-verser-des-salaires-suisses</link><description>Consultation sur les modifications apportées aux mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) se félicite des propositions avancées par le Conseil fédéral pour lutter contre l’«&nbsp;indépendance fictive&nbsp;» ainsi que pour sanctionner les infractions aux salaires minimums stipulés dans des contrats-type de travail (CTT) ou des conventions collectives de travail (CCT) «&nbsp;étendues de manière facilitée&nbsp;». L’indépendance dite «&nbsp;fictive&nbsp;» représente une stratégie surtout répandue dans le second œuvre et appliquée par des entreprises qui cherchent à contourner les salaires minimums suisses. Qu’il soit impossible de punir des infractions aux salaires minimums de CTT a pour effet que l’application de ces derniers ne peut que s’avérer insuffisante.
</p><p>Les propositions du Conseil fédéral ne comblent toutefois qu’une partie des lacunes qui grèvent les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes. Pour que des salaires suisses soient versés en Suisse, il faut résoudre comme suit les problèmes qui se posent&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>Pour combattre la pression toujours plus forte qui s’exerce sur les salaires via des chaînes de sous-traitance, la Confédération doit introduire une responsabilité solidaire efficace.</li><li>Les cantons, surtout en Suisse alémanique doivent introduire des salaires minimums s’ils constatent des cas de sous-enchère. La Confédération doit faire en sorte que les cantons appliquent cette prescription légale. Les branches les plus concernées ici sont l’horticulture ainsi que certains pans du journalisme et du commerce de détail.</li><li>Il faut nettement augmenter le nombre des contrôles des nouvelles embauches pour lesquelles le risque de pression sur les salaires est particulièrement grand.&nbsp;</li></ul><p></p>  ]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-83</guid><pubDate></pubDate><title>Le Conseil fédéral ne peut plus refuser de se mettre au travail !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-conseil-federal-ne-peut-plus-refuser-de-se-mettre-au-travail</link><description>Le 21 octobre dernier, dans l’ombre du dernier sprint électoral final qui le fit passer à l’arrière-plan, un rapport de la Commission de gestion du Conseil national (CdG-N) confirmait l’existence manifeste de sous-enchère salariale en Suisse et, du coup, le peu d’entrain du Conseil fédéral à y mettre fin. L’Union syndicale suisse (USS) ne dit pas autre chose, mais de manière plus claire : Conseil fédéral et autorités sont coupables de refuser de se mettre au travail.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Dans les conclusions que la CdG-N tire du rapport «&nbsp;Évaluation de la surveillance et des effets des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes&nbsp;» demandé au Contrôle parlementaire de l’administration (CPA), celle-ci constate sommairement «&nbsp;qu’il peut être conclu à&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>des pressions réelles sur les salaires&nbsp;;</li><li>une application partielle et inégale des mesures d’accompagnement&nbsp;;</li><li>un pilotage tardif, complexe et mal ciblé ;</li><li>la [sic] communication est basée sur des données inadaptées.&nbsp;»</li></ul><p>Le rapport du CPA, c’est-à-dire l’enquête à proprement parler, désigne les points sombres suivants&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>-&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; les salaires sont mis sous pression particulièrement lors de nouvelles embauches&nbsp;;</li><li>malgré cette pression à la baisse, il n’y a pas un canton de Suisse alémanique qui ait introduit des salaires minimums pour protéger les rémunérations&nbsp;; quelques cantons ont même volontairement renoncé à constater la sous-enchère salariale&nbsp;;</li><li>les instruments de protection sont lacunaires&nbsp;: ainsi, il n’est pas possible, en cas de sous-traitance à la chaîne, de demander des comptes aux entreprises qui pratiquent la sous-enchère salariale&nbsp;; les exemples de sous-enchère récemment découverts sur les chantiers le montrent clairement.</li></ul><p>Pour l’USS, il est clair que la Confédération et les cantons doivent combattre systématiquement cette sous-enchère salariale. Ils doivent, une fois pour toutes arrêter de… ne rien faire. En ce qui concerne la pression sur les salaires lors des nouvelles embauches, une offensive de contrôle doit être lancée, afin de mettre en pleine lumière la sous-enchère. Là où les salaires sont sous pression, les cantons et la Confédération doivent introduire des salaires minimums. C’est ce que prévoit la loi. Et les lacunes du dispositif de protection doivent être comblées (p. ex. en introduisant la responsabilité solidaire).
</p><p>Le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann est l’ultime responsable de l’application correcte des mesures d’accompagnement. Ce mandat n’est pas rempli si les salaires sont soumis à une pression à la baisse, mais que la Confédération et les cantons ne luttent pas de manière conséquente contre cette situation. Le conseiller fédéral Schneider-Ammann doit donc prendre des mesures sans tarder, afin que les salaires soient garantis en Suisse et que la sous-enchère salariale soit combattue par tous les moyens.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-319</guid><pubDate></pubDate><title>Jouer avec les bilatérales, c’est jouer avec nos emplois !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/jouer-avec-les-bilaterales-c-est-jouer-avec-nos-emplois</link><description>La Suisse doit-elle reconduire l’accord sur la libre circulation des personnes et l’étendre à la Bulgarie et à la Roumanie, derniers pays ayant adhéré à l’Union européenne (UE) ? Nous répondrons à cette question le 8 février prochain. L’Union syndicale suisse (USS) recommande vivement le OUI. Parce qu’elle a veillé à ce que des barrières nous protègent de la sous-enchère salariale. Des barrières qui ne sauraient tolérer aucune brèche d’aucune sorte. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Au fond, la liberté, c’est toujours quelque chose de bien. La libre circulation des person­nes aussi et, donc, le droit de pouvoir travailler dans un autre pays sans passer par par­cours du combattant bureaucratique et d’autres obstacles insurmontables. Il y a cependant un «&nbsp;hic&nbsp;»&nbsp;: ce qui ne promet, au premier coup d’œil, que des avantages aux gens qui font preuve d’initiative, recèle en réalité un grand potentiel de dangers pour le marché du tra­vail. Les personnes qui peuvent travailler dans un pays économiquement très supérieur au leur sont plutôt disposées à le faire à des conditions moins bonnes que les conditions usuelles, parce que, de toute façon, elles gagnent plus que dans leur pays. Et les em­ployeurs des pays de migration peuvent ainsi exulter de pouvoir puiser dans un réservoir de main-d’œuvre bon (meilleur) marché. C’est à cause de ces dangers que l’USS a, dès le départ, fait clairement dépendre son acceptation de la libre circulation des personnes de la mise en place de mesures d’accompagnement efficaces contre la sous-enchère salariale. 
</p><h3>Les mesures d’accompagnement protègent les salaires et les conditions de travail suisses</h3><p>En suivant leur ligne&nbsp;: oui à la libre circulation des personnes, mais pas sur le dos des salaires et des conditions de travail, les syndicats ont enregistré quelques succès. Grâce aux mesures d’accompagnement, 150 inspecteurs et inspectrices effectuent des contrôles dans tout le pays et peuvent infliger des amendes si nécessaire. Dans les cantons et à la Confédération, des commissions tripartites surveillent le marché du travail. Si elles cons­tatent que les salaires suisses font l’objet de pressions, elles peuvent introduire des salai­res minimaux. Ainsi, dans les cantons de Genève et du Tessin, des salaires minimaux ont été édictés pour l’économie domestique, les esthéticiennes et le personnel des centres d’appels. Grâce aux mesures d’accompagnement aussi, d’importantes conventions col­lectives de travail (CCT) ont été étendues, c’est-à-dire rendues de force obligatoire (net­toyage en Suisse alémanique, sécurité et construction en bois). De ce fait, les anciens moutons noirs doivent désormais respecter les conditions de travail usuelles. Enfin, les syndicats sont parvenus à améliorer substantiellement ces mesures durant les derniers mois.
</p><h3>Les accords bilatéraux sont indispensables aux salarié(e)s de Suisse </h3><p>On peut aussi voir les choses sous un autre angle et se demander ce qu’il adviendra si c’est le non qui s’impose le 8 février. La réponse à cette question est évidente&nbsp;: tous les autres accords bilatéraux conclus avec l’UE tomberont au minimum pour un certain temps, ce qui aura de graves conséquences. La Suisse est en effet un petit pays qui a be­soin d’entretenir des relations clairement définies et de collaborer étroitement avec l’UE, ce que garantissent précisément les accords bilatéraux en vigueur. Si bien que, si ces der­niers devaient être caducs, des emplois seraient menacés en Suisse, ainsi que le niveau des salaires, que ce soit en raison d’une baisse des exportations ou de délocalisations. 
</p><h3>Ne jouons pas avec le feu</h3><p>Les autorités ont donc raison de souligner les avantages apportés à la Suisse par les ac­cords bilatéraux. Mais elles seraient aussi bien avisées de faire en sorte que toute sous-enchère salariale disparaisse. C’est pourquoi, malgré sa «&nbsp;profession de foi&nbsp;» en faveur du OUI, l’USS maintient qu’en matière de travail intérimaire, une offensive est nécessaire pour imposer l’application des normes légales. Et le président Hans Rudolf Merz ne doit pas oublier que sa proposition d’un droit des marchés publics prévoyant l’abandon, pour les entreprises suisses, du respect des conditions de travail du lieu de la prestation, pour­rait empoisonner non seulement la paix sociale dans nos frontières, mais aussi nos rela­tions avec l’UE.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-87</guid><pubDate></pubDate><title>Pourquoi une consultation si l’on ne tient pas compte de ses résultats ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pourquoi-une-consultation-si-l-on-ne-tient-pas-compte-de-ses-resultats</link><description>L’initiative Lüscher (PLR, GE) est une tranche de salami supplémentaire dans la stratégie qui vise à lever petit à petit l’interdiction de travailler la nuit et le dimanche. Ses partisans, comme toujours, tentent de minimiser son impact en prétendant qu’il ne s’agit que de « rendre service aux consommateurs » en traduisant dans la loi ce qui serait « entré dans les mœurs depuis longtemps ». Mais les résultats de la consultation fédérale sur cette initiative démontrent que le front du refus est bien trop large pour qu’on puisse décemment prétendre qu’il s’agit de « simplement s’adapter à l’évolution de la société ».</description><content:encoded><![CDATA[<p>Parmi les opposants à la libéralisation, on trouve bien entendu les syndicats, les partis de gauche et les Églises, traditionnels défenseurs du repos nocturne et dominical. La plupart des cantons se joignent à leur refus. Mais il y a aussi les organisations de petits commerçants et des cafetiers-restaurateurs. Elles refusent ce qu’elles considèrent à juste titre comme une concurrence déloyale&nbsp;: en effet, selon la proposition Lüscher, les échoppes de stations-services pourraient vendre n’importe quoi à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, y compris le dimanche. Les médecins du travail, les inspecteurs et inspectrices du travail ainsi que la FMH (Fédération des médecins suisses) sont également opposés à cette libéralisation, car elle fait peser un gros risque sur la santé des travailleurs et travailleuses concernés. On sait en effet que le travail de nuit peut causer des troubles cardiaques, du sommeil, de la digestion et, c’est une étude récente qui l’affirme, peut doubler le risque de sclérose en plaque chez les jeunes. Les organisations de jeunesse et les milieux de la prévention contre les dépendances combattent aussi la proposition Lüscher, au nom de la protection contre la surconsommation de boissons alcoolisées, qui représentent une bonne partie du chiffre d’affaires nocturne de ces «&nbsp;shops&nbsp;». Enfin, des organisations environnementales craignent une augmentation des nuisances dues au trafic motorisé généré par la clientèle des stations-services. 
</p><p>Malheureusement, la majorité de la Commission de l’économie et des redevances (CER) du Conseil national a choisi d’ignorer purement et simplement les résultats de la consultation qu’elle avait elle-même lancée&nbsp;! Elle propose au plénum d’entériner ce pas supplémentaire vers une libéralisation totale des horaires d’ouverture de tous les commerces. La prochaine tranche de salami est d’ailleurs en passe d’être coupée, car le Conseil national a déjà accepté la motion Hutter (PLR/ZH), selon laquelle les cantons pourraient, lorsqu’ils fixent les horaires d’ouverture des magasins sur leur territoire, ignorer la législation fédérale sur la protection de la santé des travailleurs et travailleuses.
</p><p>Le Conseil national doit donc prendre connaissance des résultats de cette consultation, c’est-à-dire de la forte opposition manifestée, et donner la priorité à la protection de la santé et de la vie privée des travailleurs et travailleuses concernés, plutôt qu’aux profits des marchands d’essence.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-92</guid><pubDate></pubDate><title>Développement, recul et renaissance</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/developpement-recul-et-renaissance</link><description>Les conventions collectives de travail (CCT) règlent les conditions de travail d’une grande partie du monde du travail, donc de la vie quotidienne des personnes concernées. Le 24 novembre, les partenaires sociaux et le Conseil fédéral traiteront du développement futur des CCT, dans le cadre de la commémoration du centenaire de l’entrée de celles-ci dans le code des obligations. Ci-après, un bref retour sur leur histoire.</description><content:encoded><![CDATA[<p>En 1877, après un âpre débat, la Suisse introduit la loi sur les fabriques. Elle prévoit la journée de travail de 11 heures, l’interdiction du travail des enfants (moins de 14 ans) et de sévères restrictions au travail de nuit. À ce moment, les CCT se comptent presque sur les doigts d’une seule main. Ceux et celles qui combattent l’exploitation des salarié(e)s misent en effet d’abord sur un droit national du travail et sur la grève.
</p><p>En 1911, la situation n’est pas fondamentalement différente lorsque la CCT fait son entrée dans le code suisse des obligations. Le Conseil fédéral de l’époque espère que l’encouragement des CCT atténuera quelque peu la lutte des classes. Car la Suisse du début du XXème siècle – contrairement à ce qu’un mythe idéalisera ultérieurement – n’est pas un pays où règne la concordance. En réalité, on y fait souvent grève. À la fin des années 1920, le nombre de travailleurs et travailleuses susceptibles d’être soumis à une CCT<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1411_Ackermann_100-CCT.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a> à l’être effectivement est clairement inférieur à 10%. Il faudra attendre dix ans pour que cela commence à changer. On assistera alors à une première vague de CCT. Les plus importantes sont la convention nationale du secteur principal de la construction, la convention horlogère et l’accord de paix du travail dans l’industrie des machines. Lorsque la guerre éclate, près d’un quart des rapports de travail sont définis par une CCT. La deuxième vague commencera dès 1944 (chimie et produits alimentaires, textile), si bien qu’en 1950, près de 50&nbsp;% des salarié(e)s profitent de la protection d’une CCT.
</p><h3>D’instrument de redistribution à «&nbsp;modèle de fin de série&nbsp;»</h3><p>Ce taux de couverture conventionnelle ne changera guère jusqu’au début des années 1990. Pendant, quatre décennies, la CCT aura été un instrument permettant une redistribution un tant soit peu juste des richesses produites. Les salaires – comme c’est prévu dans les CCT – grimpent, les vacances augmentent de 4 à 6 ou 7 semaines (pour les plus âgés) et la durée hebdomadaire du travail diminue de 41 à 40 heures. Simultanément, les CCT abordent de nouveaux thèmes&nbsp;: formation continue, participation du personnel, protection de la santé, égalité des sexes…
</p><p>Pendant la crise des années 1990, les néolibéraux s’attaquent de front aux CCT. Le patron des patrons d’alors, Guido Richterich, les qualifie de «&nbsp;modèles de fin de série&nbsp;». Leur contenu s’amincit. La compensation automatique du renchérissement est éliminée, quelques CCT transfèrent les négociations salariales au niveau de l’entreprise (banques, chimie bâloise, industrie graphique). Ainsi, l’individualisation des rémunérations gagne en importance, entraînant un creusement toujours plus important des écarts entre les salaires. La tertiarisation persistante du monde du travail a en outre pour effet que les CCT, surtout répandues dans les arts et métiers et l’industrie, couvrent un nombre toujours moindre de rapports du travail. En 1996, un niveau plancher est atteint&nbsp;: on ne compte plus que 1&nbsp;269&nbsp;000 travailleurs et travailleuses à bénéficier d’une CCT, soit un taux de couverture qui passe au-dessous de la barre des 50&nbsp;%.
</p><h3>La renaissance</h3><p>En 2009, l’Office fédéral de la statistique dénombrait 614 CCT couvrant en tout 1,7 million de travailleurs et travailleuses. Le taux de couverture est ainsi repassé au-dessus de 50&nbsp;%. La tendance des années 1990 s’est donc inversée. Et pourquoi cette renaissance&nbsp;?</p><ol><li>Après la suppression en grande partie du statut de fonctionnaire à la Confédération et dans les cantons, les rapports de travail comme à la Poste, aux CFF et chez Swisscom, mais aussi dans le secteur de la santé sont désormais réglés à l’aide de CCT.</li><li>Dans le secteur tertiaire, quelques nouvelles CCT ont pu être conclues (nettoyage, sécurité privée, petites CCT régionales dans le commerce de détail).</li><li>La constellation politique qui s’est mise en place avec la libre circulation des personnes favorise cette renaissance. Si l’on veut empêcher que les conditions de travail ne se dégradent, on doit disposer d’un cadre de référence, ce que les CCT, surtout celles qui prévoient des salaires minimums, constituent idéalement. Dans ce contexte, mais aussi grâce aux campagnes menées par les syndicats, le poids normatif des salaires minimums conventionnels s’est accru. Et l’on en arrive à un plus grand nombre de CCT étendues (déclarées de force obligatoire).</li></ol><p>La CCT visée pour le travail temporaire, dont l’entrée en vigueur ne cesse d’être torpillée, montre que cette évolution se poursuit, de manière certes non linéaire, mais tortueuse. La CCT en tant qu’expression d’une stratégie de recherche d’un consensus par la négociation peut toutefois aussi être source de conflits. On le voit actuellement avec le renouvellement de la convention nationale du secteur principal de la construction. C’est précisément dans cette branche que fut introduite en 2003, après un conflit très dur, la retraite anticipée convenue par les partenaires sociaux, qui est devenue depuis lors un modèle pour de nombreuses réglementations conventionnelles semblables. Un autre thème toujours plus souvent repris dans les CCT ces dernières années est celui de la conciliation profession/famille. 
</p><p>Sous l’angle de la couverture quantitative, le modèle de la CCT apparaît donc aujourd’hui comme très solide et apte à renouveler son contenu. 
</p><p><b>Tableau 1&nbsp;: Couverture conventionnelle (par CCT) selon Rieger 2009<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1411_Ackermann_100-CCT.docx#_ftn2" target="_blank" name="_ftnref2"><sup>[2]</sup></a></b></p><table class="contenttable"><thead><tr><th scope="col"></th><th scope="col">Faible (&lt;30%)</th><th scope="col">Moyenne (de 30 à 60%)</th><th scope="col"><span>Élevée (&gt; 60&nbsp;%)</span></th></tr></thead><tbody><tr><td><span>Secteurs</span></td><td><span>primaire</span></td><td><span>tertiaire</span></td><td><span>secondaire</span></td></tr><tr><td><span>Formation</span></td><td><span>supérieure</span></td><td></td><td><span>non-qualifié(e), apprentissage</span></td></tr><tr><td><span>Salaires</span></td><td><span>&lt; Fr.&nbsp;6000.-</span></td><td><span>de Fr.&nbsp;4500.- à Fr.&nbsp;6000.-</span></td><td><span>&lt; Fr.&nbsp;4500.-</span></td></tr></tbody></table><p><b>Tableau 2&nbsp;: Les 5 plus grandes CCT de Suisse</b></p><table class="contenttable"><thead><tr><th scope="col"><span>Branche/entreprise</span></th><th scope="col"><span>Nombre d’affilié(e)s</span><span><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1411_Ackermann_100-CCT.docx#_ftn3" target="_blank" name="_ftnref3"><sup>[3]</sup></a></span></th></tr></thead><tbody><tr><td><span>Hôtellerie-restauration</span></td><td><span>206&nbsp;000</span></td></tr><tr><td><span>Industrie des machines</span></td><td><span>110&nbsp;000</span></td></tr><tr><td><span>Secteur de la construction</span></td><td><span>80&nbsp;000</span></td></tr><tr><td><span>Banques</span></td><td><span>80&nbsp;000</span></td></tr><tr><td><span>Migros</span></td><td><span>65&nbsp;000</span></td></tr></tbody></table><p>&nbsp;</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1411_Ackermann_100-CCT.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1"><sup>[1]</sup></a> La couverture conventionnelle (= par une CCT) renvoie ici, et après, au nombre des personnes susceptibles d’être soumises à une CCT et non à l’ensemble des salarié(e)s. Les indépendant(e)s et les cadres ne sont de ce fait pas pris en compte.
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1411_Ackermann_100-CCT.docx#_ftnref2" target="_blank" name="_ftn2"><sup>[2]</sup></a> Andreas Rieger&nbsp;: Développement et importance des CCT en Suisse, p. 112, in&nbsp;: Ouvrage collectif, «&nbsp;Droit collectif du travail&nbsp;» Bâle 2010.
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1411_Ackermann_100-CCT.docx#_ftnref3" target="_blank" name="_ftn3"><sup>[3]</sup></a> Idem, p. 111, chiffres de 2006.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-313</guid><pubDate></pubDate><title>Dire oui, pour mieux se protéger</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/dire-oui-pour-mieux-se-proteger</link><description>On peut tourner cela dans tous les sens : sans accords bilatéraux, la crise économique sera encore plus violente en Suisse. Raison pour laquelle, un oui s’impose, le 8 février, à la libre circulation des personnes. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Qu’on le veuille ou non, si la Suisse met fin à la libre circulation des personnes avec l’Union européenne (UE), tous les autres accords tomberont. Un pays exportateur situé en plein centre de l’UE ne peut pas se permettre d’entretenir avec son principal partenaire commercial des relations qui ne seraient pas clairement définies. Ce serait économique­ment un non-sens. À l’heure où les vagues de la crise (financière) internationale attei­gnent nos rivages, jouer de manière écervelée avec un régime aux effets stabilisateurs serait effectivement suicidaire.
</p><p>Le oui de l’Union syndicale suisse (USS) à la libre circulation des personnes n’est pas un oui d’angélisme. L’USS a une ligne en cette matière, pour parer aux dangers qui peuvent être liés à cette libre circulation. Une ligne suivie depuis le début du bilatéralisme, qui continuera à être suivie et qui trouve son expression dans la «&nbsp;philosophie&nbsp;» des mesures d’accompagnement, à savoir&nbsp;: oui à la libre circulation, mais pas aux dépens des sala­rié(e)s de ce pays. Ou, vu sous l’angle de ces mesures&nbsp;: lorsque des patrons cupides veu­lent profiter d’une nouvelle offre de forces de travail européennes pour faire de la sous-enchère salariale et dégrader les conditions de travail, il faut absolument les en empêcher. 
</p><p>C’est dans ce but que l’USS a développé les mesures d’accompagnement, une protection concrète encore à étoffer. Celui ou celle qui considère avec mépris les succès obtenus ces dernières années (extension facilitée des conventions collectives de travail, possibilité de contrats-types de travail avec salaires minimaux obligatoires, mise en place de 150 ins­pecteurs et inspectrices, commissions tripartites cantonales, …) ne sont que des «&nbsp;mons­tres&nbsp;» de bureaucratie devrait jeter une bonne fois un coup d’œil à l’histoire récente et, plus précisément, vers le milieu des années 90. À cette époque, le la était donné, en ma­tière de régulation du travail, par le patron des patrons d’alors, Monsieur Richterich, qui estimait, ainsi que sa nombreuse «&nbsp;suite&nbsp;», que les conventions collectives de travail étaient devenues obsolètes et que des lois faméliques à l’envi devaient suffire pour régler le strict minimum nécessaire… Si l’on a vraiment assisté à un changement radical tant invoqué, c’est bel et bien à ce chapitre, non&nbsp;? 
</p><p>C’était d’ailleurs nécessaire. Et les choses continueront à évoluer dans ce sens. Notre oui, ce 8 février en sera le garant.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-79</guid><pubDate></pubDate><title>Une victoire pour les salarié(e)s !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/une-victoire-pour-les-salarie-e-s</link><description>La majorité du Conseil national (PS, Verts, UDC) a rejeté, par 97 voix contre 42 l’entrée en matière sur le projet de révision de la loi sur la poursuite pour dettes et la faillite (LP) consacrée à l’assainissement des entreprises en difficulté, une position que l’USS soutenait aussi. En effet, le projet de révision de la LP, s’il contient quelques propositions in-téressantes, comporte trop de dangers et de lacunes pour être acceptable en l’état. Il ne tient notamment pas assez compte des droits des créanciers, en particulier des salarié(e)s.</description><content:encoded><![CDATA[<p>La minorité (PLR, PDC, PBD), soutenue par le Conseil fédéral (et economiesuisse), proposait d’entrer en matière. Le dossier va passer maintenant au Conseil des États. 
</p><h3>Il ne faut pas supprimer l’obligation de reprendre tous les contrats de travail en cas de faillite </h3><p>Un des principes cardinaux du droit du contrat de travail est l’obligation faite à tout repreneur de reprendre tous les salarié(e)s aux mêmes conditions, y compris s’il s’agit d’une entreprise en faillite (art. 333 CO). Cette règle revêt une importance capitale en pratique, notamment dans l’industrie. Elle permet d’éviter que les conditions de travail ne soient dégradées par le simple fait du changement de propriétaire. La suppression de l’obligation de reprendre tous les contrats de travail en cas de faillite aurait donc été un coup très dur pour les salarié(e)s concernés. L’USS fera en sorte que ce principe soit maintenu. De ce point de vue, le refus de l’entrée en matière est une excellente nouvelle.&nbsp; 
</p><h3>Plans sociaux&nbsp;: une contrepartie incertaine et insuffisante</h3><p>Le Conseil fédéral propose, en contrepartie, l’obligation de conclure un plan social dans les grandes entreprises. L’USS avait certes revendiqué une telle mesure à maintes reprises. Mais la version proposée ne pouvait pas la satisfaire, car l’introduction des plans sociaux, comme prévu dans le projet rejeté par le Conseil national, ne compenserait pas la perte de l’obligation de reprendre tous les contrats. En effet, comme elle ne s’appliquerait qu’aux entreprises d’au moins 250 salarié(e)s, cette obligation de plan social n’aurait qu’une portée pratique restreinte. En outre, il n’est de loin pas sûr que la majorité bourgeoise du Parlement fédéral aurait accepté pareille contrepartie, bien qu’elle soit modeste, car les milieux patronaux y sont très hostiles. Il n’était donc pas exclu que l’obligation de reprendre les contrats de travail en cas de faillite soit supprimée sans compensation aucune. Dans ce cas, les salarié(e)s auraient été perdants sur les deux tableaux. 
</p><p>Il n’en demeure pas moins que l’introduction d’une obligation de négocier et de conclure un plan social reste nécessaire, tant la protection des salarié(e)s contre les effets négatifs des licenciements collectifs est lacunaire en Suisse, surtout lorsqu’on la compare aux pays voisins. L’USS n’abandonnera donc pas cette revendication pour autant. 
</p><h3>Il y a encore du pain du sur la planche pour juguler les faillites en chaîne</h3><p>Le projet de révision de la LP contient enfin une lacune importante qui justifie que le Conseil fédéral revoie sa copie&nbsp;: il ne contient en effet aucune mesure pour juguler les faillites abusives en chaîne, phénomène de plus en plus fréquent, notamment dans le bâtiment et les arts et métiers. En effet, des employeurs peu scrupuleux se déclarent en faillite pour éviter d’avoir à payer salaires, fournisseurs et charges sociales. Puis, ils refondent presque immédiatement, et sous une autre raison sociale, une entreprise qui déploie la même activité, souvent avec le même personnel. Cette «nouvelle» entreprise ne tarde pas à faire faillite à son tour en laissant des salaires, des factures et des cotisations sociales impayés, et ainsi de suite... À chaque fois, les pertes sont en grande partie mises à la charge de la collectivité, en particulier de l’assurance-chômage. Ces faillites abusives en chaîne peuvent aussi provoquer d’autres faillites subies, cette fois-ci, par les créanciers honnêtes, par exemple les fournisseurs. Lors d’une nouvelle mouture de la révision de la LP, il conviendra par conséquent d’apporter une réponse ferme à ces abus.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-306</guid><pubDate></pubDate><title>Les mesures d’accompagnement doivent être appliquées comme il se doit</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-mesures-d-accompagnement-doivent-etre-appliquees-comme-il-se-doit</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>La crise économique qui est en train de s’installer avec une grande violence dans notre pays a marqué de son empreinte le résultat sorti des urnes le 8 février, ce qui constitue un contexte fort différent de celui de haute conjoncture dans lequel avaient eu lieu les deux scrutins sur les bilatérales de 2000 et 2006. Net, ce dernier oui aux bilatérales montre que les citoyennes et citoyens, soucieux de garantir la sécurité de l’emploi, n’ont pas voulu mettre en danger les relations économiques stables que la Suisse entretient avec l’Union européenne (UE), de loin notre principal partenaire commercial. Tel était aussi l’avis des syndicats.
</p><p>Une nouvelle fois, ce oui clair a essentiellement dépendu de l’existence de mesures d’accompagnement destinées à protéger les salaires. Un marché du travail qui s’ouvre est synonyme de risques, des risques auxquels on peut toutefois parer. C’est pourquoi il a été si important que les syndicats soient parvenus, avec la mise en place des mesures d’accompagnement, à imposer le principe selon lequel, en Suisse, on doit verser des sa­laires suisses. Sous la pression des syndicats, ces mesures ont d’ailleurs été renforcées dans la perspective de la dernière votation&nbsp;; cela, principalement à travers l’augmentation du nombre des contrôles et, comme promis, la mise en œuvre dans des secteurs précaires (branche du travail temporaire et économie domestique) de prescriptions sur les salaires minimaux. L’application conséquente de ces mesures sera surtout déterminante durant la période économiquement difficile qui nous attend. Sinon les accords bilatéraux conclus avec l’UE ne pourront pas continuer à fonctionner avec succès. Aux autorités, tant fédé­rales que cantonales, de remplir leurs obligations à ce chapitre. 
</p><p>Il est tout aussi important que l’on mette désormais sur rail une politique de lutte contre les effets de la crise, qui mérite ce nom. S’il est vrai que celle-ci aurait été nettement plus grave en cas de rejet des bilatérales, le oui à ces dernières ne doit pas servir de prétexte pour ne pas prendre toutes les mesures nécessaires et possibles afin de lutter contre le chômage. L’Union syndicale suisse (USS) a récemment présenté un train de mesures re­présentant environ 1 pour cent du produit intérieur brut, celles annoncées et préparées à ce jour par la Confédération étant largement insuffisantes. Ce train de mesures est «&nbsp;la&nbsp;» solution qui s’impose aujourd’hui. Et le oui du 8 février constitue une bonne base pour l’appliquer.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-300</guid><pubDate></pubDate><title>Lacunaire, la législation suisse doit être améliorée</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/lacunaire-la-legislation-suisse-doit-etre-amelioree</link><description>La crise bancaire et les tragiques événements de la maison de retraite « Paradies » à Zurich rappellent à quel point il est important que des faits répréhensibles (de la mal-traitance à la protection des délinquants fiscaux) commis à l’intérieur d’une entreprise soient signalés à l’employeur, aux autorités, voire, si ni employeur ni autorité ne pren¬nent des mesures, au grand public. Malheureusement, le droit suisse, contrairement aux législations de la plupart des pays développés, est bien lacunaire à ce chapitre... </description><content:encoded><![CDATA[<p>La Suisse protège fort mal les salarié(e)s qui signalent de tels faits. Ils sont en effet sou­vent licenciés, car leur employeur considère qu’en signalant ces faits, ils violent leur de­voir de fidélité. Et, même lorsqu’ils finissent par obtenir gain de cause, ce n’est qu’après de longues années de procès, qu’ils ont dû assumer seuls, tout en ayant été parfois stig­matisés comme «&nbsp;traîtres&nbsp;» dans leur propre branche. C’est ce qui est arrivé à un employé de banque tessinois dans un cas récemment jugé par le tribunal fédéral. Un autre do­maine où une meilleure protection contre le licenciement en cas de signalement de faits répréhensibles est celui de la santé. En effet, le personnel soignant est souvent le premier à remarquer les mauvais traitements que subissent les pensionnaires de homes ou maisons de retraite. C’est d’autant plus important si les personnes concernées sont trop âgées, malades ou handicapées pour se plaindre ou n’ont pas de proches qui pourraient interve­nir. Malheureusement, les employé(e)s qui dénoncent ces mauvais traitements perdent souvent leur emploi, et sont même parfois mis sur une «liste noire» de personnes à ne pas réengager. De nombreux syndicats, notamment le SSP Vaud, se battent d’ailleurs avec vigueur pour améliorer leur situation. 
</p><h3>Le conseil fédéral à contre-courant </h3><p>Le Conseil fédéral avait été chargé en son temps, suite à l’adoption de la motion Gysin (PS/BL), de mieux protéger les whistleblowers contre le licenciement. Cette proposition s’inscrit dans une tendance mondiale à mieux défendre ce groupe de personnes, ainsi que le montre l’exemple de Barack Obama qui en a fait un des points forts de sa campagne et de son mandat. Malheureusement, l’avant-projet du gouvernement helvétique, qui vient d’être mis en consultation, rate largement sa cible. Le Conseil fédéral, s’appuyant sur le dogme de la «&nbsp;liberté contractuelle&nbsp;», se contente en effet d’appliquer la procédure habi­tuelle en cas de licenciement abusif&nbsp;aux travailleurs et travailleuses qui signalent des faits répréhensibles et se font ensuite licencier. Malheureusement, une telle «&nbsp;protection&nbsp;» n’a pas d’effet dissuasif sur l’employeur et est donc inefficace. Elle ne donne en effet droit qu’à une indemnité d’en moyenne deux à trois mois de salaire. Et, une fois le licen­ciement prononcé, il ne peut être révoqué, si bien que la personne concernée se retrouve sans emploi, alors même qu’elle défendait un intérêt public légitime. Il faut aussi relever ici que les travailleurs et travailleuses qui signalent des faits répréhensibles se trouvent souvent dans une situation plus précaire que d’autres employé(e)s victimes d’un licen­ciement abusif. Ils ont, comme dans l’exemple évoqué plus haut, beaucoup de peine à retrouver un emploi dans leur branche, car ils n’obtiennent souvent pas de bon certificat de travail. L’employé de banque tessinois concerné, a dû, pendant les quatre ans qu’a duré la procédure, assumer seul les frais de sa défense et affronter des difficultés à re­trouver un emploi à cause de son licenciement, pour n’obtenir au final qu’une indemnité sans grand effet sur son ex-employeur. L’Organisation internationale du Travail (OIT), en acceptant la plainte de l’USS pour violation de la convention 98 sur la liberté syndicale, a d’ailleurs admis que le licenciement abusif au sens de la loi&nbsp;est une protection insuffi­sante. 
</p><p>Cette trop faible protection risque d’avoir pour effet de dissuader les employé(e)s qui remarquent des activités répréhensibles de les dénoncer. En effet, il y a fort à parier que de nombreux whistleblowers potentiels, lorsqu’ils mettront en balance leur propre intérêt (conserver leur emploi) avec un intérêt public incertain, privilégieront nettement le pre­mier. Ainsi, la réglementation proposée risque fort de rester lettre morte. 
</p><h3>Le licenciement d’un whistleblower doit être annulable</h3><p>Pour ces raisons, l’USS a exigé une amélioration concrète de la protection contre le licen­ciement, par exemple en introduisant une possibilité d’annuler le congé sur le modèle de la loi sur l’égalité. Il est en effet indispensable que les salarié(e)s, par nature très bien placés pour découvrir des faits répréhensibles qui se passent sur leurs lieux de travail, puissent les dénoncer sans risquer des représailles. Le Conseil fédéral admet d’ailleurs dans son rapport explicatif qu’une telle protection serait efficace, mais, aveuglé par le dogme de la liberté contractuelle, il a tout de même renoncé à cette possibilité, malgré ses avantages évidents. Pourtant, comme toute liberté, la liberté contractuelle doit pouvoir être limitée quand un intérêt public l’exige. Or, lorsqu’il s’agit de dénoncer des maltrai­tances comme de débusquer des fraudeurs au fisc, l’intérêt public est évident.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-297</guid><pubDate></pubDate><title>Contre la crise : emplois et sécurité sociale ! </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/contre-la-crise-emplois-et-securite-sociale</link><description>Appel de l’USS pour le 1er Mai 2009</description><content:encoded><![CDATA[<p>Qui a provoqué la crise&nbsp;? Les managers et les banquiers à la recherche effrénée du profit à tout prix. Qui paie les pots cassés&nbsp;? Les honnêtes gens. Ospel et les autres spéculateurs en chef ont perdu leur honneur, les travailleuses et les travailleurs leur emploi. C’est intolérable&nbsp;! Nous nous opposons absolument à ce que la crise se résolve sur le dos des personnes de condition modeste&nbsp;! La balle est dans le camp du patronat et de la classe politique.
</p><p>Les dernières années ont été prospères pour la plupart des employeurs. Ils ont empoché les bénéfices ou constitué des réserves. Ils disposent donc des ressources nécessaires pour endiguer la crise. Nos exigences&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><b>Pas de licenciement maintenant&nbsp;!</b> Le chômage partiel est, à la rigueur, une solu­tion possible.</li><li><b>Offensive de formation continue&nbsp;:</b> comme le volume de travail diminue, c’est maintenant que les entreprises doivent former leur personnel et recevoir pour ce faire le soutien des pouvoirs publics&nbsp;; ainsi, nous serons parés pour le moment où l’économie redémarrera.</li><li><b>Hausse des salaires pour tous et toutes,</b> et en particulier des salaires minimaux&nbsp;: pas de salaire inférieur à 3500&nbsp;francs&nbsp;; ou 4500&nbsp;francs pour les personnes au béné­fice d’une formation&nbsp;!</li><li><b>Suffisamment de places d’apprentissage</b> pour les jeunes&nbsp;! Engagement dans l’entreprise des apprenti(e)s qui y ont achevé leur formation&nbsp;!</li></ul><p>&nbsp;</p><p>L’État doit lui aussi lutter énergiquement contre la crise. Quand l’embrasement généralisé menace, on ne se sert pas d’un tuyau d’arrosage pour y faire face. Alors qu’il apparaît toujours plus clairement que les banquiers agissent sans scrupule aucun, l’État n’a pas le droit de qualifier d’acceptable l’entêtement de l’UBS à vouloir verser des bonus. Obama, et Brown, ainsi que Sarkozy et Merkel lancent d’énormes programmes conjoncturels, tandis que notre classe politique bourgeoise se contente de quelques petits projets. C’est inacceptable&nbsp;! Nos revendications&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><b>Des programmes d’investissement de 5&nbsp;milliards de francs au bas mot&nbsp;!</b> L’État a généreusement volé au secours de l’UBS. Maintenant, il doit mettre les excédents de ces dernières années au service de l’emploi. Cette politique a un double avan­tage&nbsp;: l’argent investi reviendra dans les caisses publiques et l’État encouragera une reconversion écologique attendue depuis trop longtemps.</li><li><b>Renforcement du pouvoir d’achat&nbsp;:</b> il faut non seulement relever les salaires, mais également stabiliser les primes de caisse-maladie ou augmenter leur réduction. Une forte augmentation des allocations familiales est tout aussi nécessaire. De la sorte, c’est le pouvoir d’achat des bas et moyens revenus qui s’accroîtra, là où c’est le plus nécessaire et le plus efficace. Les programmes de baisse d’impôts de Mon­sieur Merz n’avantageront que les personnes d’ores et déjà aisées. Ces cadeaux ont le double inconvénient d’être inéquitables et de ne pas stimuler la conjoncture.</li></ul><p>La droite veut démanteler les prestations sociales sans se soucier du prix que les person­nes devront alors payer. Les fossoyeurs du social font penser à ces apprentis sorciers qui laissent pourrir, voire veulent supprimer, les protections anti-avalanches avant l’hiver le plus enneigé de mémoire d’homme&nbsp;! Ici aussi, nous opposons une fin de non-recevoir à toute solution qui ferait payer la crise aux personnes de condition modeste&nbsp;! Nos exigen­ces&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><b>Une assurance-chômage efficace&nbsp;:</b> pas de réduction des prestations&nbsp;!</li><li><b>La consolidation de l’AI&nbsp;:</b> l’UDC et l’USAM veulent faire traîner encore plus le dossier du financement de l’AI, avant de mettre les prestations en coupe réglée sous prétexte d’endettement excessif&nbsp;; nous devons opposer un non catégorique à ces manœuvres&nbsp;!</li><li><b>Pas de réduction des prestations dans la 11<sup>e</sup> révision de l’AVS&nbsp;!</b> Sinon, nous ferons en sorte qu’elle échoue à nouveau devant le peuple.</li><li><b>Non au pillage des rentes du deuxième pilier&nbsp;!</b> Nous combattrons l’abaissement du taux de conversion minimal.</li></ul><p>Nous refusons de payer les pots cassés par les profiteurs dont la cupidité a provoqué la crise. Nous ne tolérerons pas que l’égalité des sexes, l’égalité salariale et le développe­ment de l’accueil extrafamilial des enfants fassent les frais de la crise. En tenant compte des demandes des salarié(e)s, nous garantissons davantage de cohésion sociale, davantage de justice. C’est cette lutte que livrent les syndicats. Une lutte qu’il vaut la peine de livrer.</p>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-294</guid><pubDate></pubDate><title>Vacances, salaires minimaux et congé de paternité : des progrès</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/vacances-salaires-minimaux-et-conge-de-paternite-des-progres</link><description>La majorité des hausses de salaires négociées pour 2009 par les syndicats de l’Union syndicale suisse (USS) oscille entre 2 et 3 %. Le moment auquel l’accord a été conclu est déterminant ici. Concernant les conventions collectives de travail (CCT) renouvelées, on constate de fréquentes améliorations à la rubrique « vacances ».</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’aperçu des résultats auxquels les négociations conventionnelles et salariales ont abouti en 2008/2009 montre d’abord que quelques nouvelles CCT ont été conclues. Cela concerne notamment le domaine couvert par le SEV (Syndicat du personnel des trans­ports) qui dispose désormais d’une CCT-cadre pour les chemins de fer à voie normale (durée indéterminée), ainsi qu’une CCT avec les Chemins de fer appenzellois et d’une autre conclue avec RailGourmio (restauration ferroviaire). Au chapitre des CCT renou­velées, on remarquera celle - contestée, mais nettement acceptée par quatre cinquièmes des membres en votation générale - que comedia a conclue dans les arts graphiques. Ce CCT, masculin en l’occurrence, améliore certes la situation des salaires minimaux conventionnels, mais introduit aussi une baisse des indemnités de nuit. Le renouvellement de la CCT de la chimie et de la pharma bâloises (Unia) s’est traduit par quelques nou­veaux acquis en faveur de la famille.
</p><p>Le conflit dans la construction
</p><p>Ce conflit, de toute évidence le plus dur de tous, a concerné le secteur principal de la construction. Les entrepreneurs avaient dénoncé la convention nationale en 2007 parce qu’ils voulaient obtenir plus de flexibilité en matière d’horaires de travail et reporter le risque entrepreneurial sur leurs employé(e)s. La nouvelle CCT n’a pu être conclue au printemps 2008 qu’après une vague de grèves (automne 2007) et une médiation des pou­voirs publics, toutefois après deux tentatives. On a ainsi trouvé, pour les indemnités en cas d’intempéries, de pannes techniques ou de pénurie de travail, une solution acceptable pour les patrons et transparente pour les salarié(e)s. C’est sans devoir passer par un conflit de cette ampleur que le ssp (Syndicat suisse des services publics) a pu renouveler une vingtaine de CCT dans les domaines du social, des soins et de la santé, des transports publics suburbains, de l’énergie et de la formation. Pour sa part, la presse de Suisse alé­manique et du Tessin connaît toujours un vide conventionnel. C’est en 2004 que les édi­teurs ont résilié la CCT parce qu’ils ne voulaient plus régler la question des salaires à ce niveau, mais à celui des entreprises. Ce qui a entraîné l’opposition des syndicats. 
</p><p>L’aperçu de l’USS fait encore apparaître que beaucoup de CCT renouvelées prévoient une amélioration en matière de vacances. Et, souvent, les salaires minimaux ont aussi été augmentés, parfois nettement. En ce qui concerne l’égalité des sexes et la possibilité de concilier travail professionnel et famille, des progrès ont également été accomplis. Cela concerne notamment le congé de paternité qui a été prolongé dans plusieurs branches. 
</p><p>Négociations salariales
</p><p>Les accords salariaux conclus parlent d’abord du moment où ils ont été négociés. La plu­part de ceux qui avaient déjà abouti en novembre 2008 ont un 3 devant la virgule. Cela vaut pour la plupart des accords trouvés dans l’artisanat de la construction, pour quelques uns dans l’industrie, ainsi que pour de nombreux services (Poste, Swisscom, Coop, Mi­gros et quelques administrations cantonales). Les accords conclus à partir de décembre sont clairement moins bons, pour une part à cause de la forte baisse du renchérissement et, pour l’autre, en raison des effets psychologiques de la crise financière. L’USS s’attend, pour 2009, à une augmentation d’environ 3&nbsp;% des salaires nominaux pour les domaines où ceux-ci sont négociés. En cas de stagnation des prix à la consommation, cela repré­sentera un renforcement substantiel du pouvoir d’achat. 
</p><p>Le Dossier «&nbsp;Négociations conventionnelles et salariales 2008 / 2009&nbsp;» (E. Ackermann, USS, avril 2009) peut être commandé à l’USS pour un montant de 4 francs (info@sgb.ch) ou téléchargé sur le site de l’USS&nbsp;: www.uss.ch, rubrique des téléchargements.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-298</guid><pubDate></pubDate><title>Pas question de faire l’impasse sur les obligations sociales !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pas-question-de-faire-l-impasse-sur-les-obligations-sociales</link><description>Qui acquiert aujourd’hui une entreprise faillie reprend automatiquement ses employé(e)s restants, les contrats de travail existants et les créances des salarié(e)s échues avant le transfert de l’entreprise. Or, il sera question de tirer un trait sur presque tout cela si le Département fédéral de justice et police (DFJP) parvient à imposer ses vues. Mais l’Union syndicale suisse (USS) rejette énergiquement cette révision.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le DFJP veut réviser la LP. Ses propositions visent en particulier la procédure concorda­taire, ou d’assainissement. Mais le droit du contrat de travail est aussi concerné.
</p><p>L’USS est surprise de voir qu’alors que nous sommes dans une grave récession économi­que, on se lance dans une révision qui fait aussi peu cas des intérêts des salarié(e)s. En cas d’insolvabilité, les prescriptions en vigueur offrent déjà une protection insuffisante à ces derniers. Par exemple, l’obligation de négocier un plan social en cas de licenciement collectif fait défaut. Contrairement aux autres créanciers, les salarié(e)s sont même dou­blement concernés par la crise et l’insolvabilité de leur employeur. D’une part, en tant que créanciers, leurs arriérés de salaire et leurs salaires futurs sont menacés. De l’autre, ils risquent de perdre leur emploi, leur revenu économique étant ici alors en jeu. Lors de l’élaboration du projet, on a accordé beaucoup trop peu d’attention à ce dernier aspect.
</p><h3>Des droits tout simplement gommés&nbsp;!</h3><p>L’USS rejette ce projet, car les propositions faites visent à affaiblir la position des sala­rié(e)s. Selon l’avant-projet, le transfert automatique des rapports de travail en cas de reprise d’entreprise serait exclu durant le sursis concordataire, ainsi que dans le cadre d’une faillite ou d’un concordat par abandon d’actifs. L’acquéreur d’une entreprise faillie ne devrait ainsi plus reprendre les collaboratrices et collaborateurs restants ou pourrait modifier sur-le-champ les conditions de travail. 
</p><p>De plus, concernant les créances des salarié(e)s échues dès avant le transfert de l’entreprise, la responsabilité solidaire de l’ancien employeur et du nouvel acquéreur de l’entreprise tomberait. L’acquéreur devrait ainsi répondre uniquement des créances des salarié(e)s repris. Qui plus est, en cas d’assainissement, les droits de participation du per­sonnel seraient limités. En résumé, ces modifications proposées permettraient au nouvel acquéreur de gommer purement et simplement les droits acquis des salarié(e)s concer­nés… qui deviendraient ainsi les dindons de la farce. 
</p><h3>Des visées purement idéologiques</h3><p>Mais comment donc le DFJP est-il arrivé à de telles propositions&nbsp;? Il «&nbsp;argumente&nbsp;» en prétendant que le transfert automatique des rapports de travail empêcherait des assainis­sements. Or, l’affirmation selon laquelle l’application de l’article 333 CO rendrait les as­sainissements plus difficiles, voire impossibles ne repose sur aucune preuve empirique, même embryonnaire. Par contre, le but visé ici est clair&nbsp;: il s’agit de donner plus de poids à la liberté des employeurs. Les assainissements, qui ne sont possibles que si les créances échues des salarié(e)s ne doivent pas être payées, sont aussi très problématiques d’un point de vue économique. Ils grèvent en effet excessivement l’assurance-chômage à tra­vers les indemnités en cas d’insolvabilité et débouchent fréquemment sur de nouveaux assainissements. Que le législateur entende même favoriser des assainissements aussi bancals est choquant.
</p><p>Au demeurant, le droit suisse du contrat de travail offre, de par sa flexibilité, suffisam­ment de possibilités pour adapter les conditions de travail en cas de changement d’employeur. La pratique montre en outre qu’en cas de transferts d’entreprises, des ac­cords entre le nouvel et l’ancien employeur ainsi que les partenaires sociaux sont tout à fait courants. L’encouragement d’accords entre les partenaires sociaux est en effet la seule amorce constructive de solution pour favoriser des assainissements.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-305</guid><pubDate></pubDate><title>Le licenciement de Marisa Pralong doit être annulé !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-licenciement-de-marisa-pralong-doit-etre-annule</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">La liberté syndicale, soit le droit de s’affilier à un syndicat et de participer à des activités syndicales, fait partie – au même titre que l’interdiction du travail des enfants ou celle du travail forcé – du noyau intangible des droits des travailleurs. De tels droits s’appliquent dans le monde entier, indépendamment de leur reconnaissance ou non par les États. L’Organisation internationale du travail (OIT), qui promeut un travail décent pour tous, a son siège en Suisse. Notre pays a reconnu la liberté syndicale aussi bien dans la Constitu­tion fédérale (art.&nbsp;28 Cst.) que dans les conventions internationales qu’elle a ratifiées. Concrètement, la Suisse est tenue de respecter les pactes des Nations Unies relatifs aux droits de l’homme, la Convention européenne des droits de l’homme, de même que les conventions 87 et 98 de l’OIT. Or tous ces textes garantissent le droit de s’affilier à un syndicat et de participer à des activités syndicales.</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Au vu de cette situation juridique, le licenciement de la déléguée syndicale Marisa Pra­long faisant suite à ses activités syndicales viole des droits fondamentaux élémentaires que toute démocratie se doit de garantir. Par conséquent, un tel acte ne lèse pas seulement les intérêts individuels de Marisa Pralong. Il s’agit en même temps d’une attaque fla­grante contre le droit de s’engager sur le plan syndical. Et en dernier lieu d’une attaque contre les syndicats et la défense des intérêts des travailleurs, lesquels ont besoin des syn­dicats pour assurer la protection de leurs conditions de travail. Le licenciement de Marisa Pralong doit donc être annulé.</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Cette exigence vaut malgré les lacunes de la législation suisse sur le travail. Les droits fondamentaux – et donc la liberté syndicale – restent valables même si le Code des obli­gations ne prévoit pas une protection suffisante contre les licenciements, en l’occurrence l’annulation des licenciements contraires aux droits fondamentaux. Comme le droit suisse ne garantit pas la protection contre les licenciements antisyndicaux, l’Union syndicale suisse (USS) a déposé en 2003, pour la première fois de son histoire, une plainte auprès du Comité de la liberté syndicale de l’OIT. L’action a abouti et en novembre 2006, ce comité a invité la Suisse à garantir un régime de protection contre les licenciements anti­syndicaux qui prévoie l’annulation du licenciement et le réengagement, par analogie aux cas de licenciements discriminatoires en raison du sexe. Ce précédent ne restera pas sans conséquences.</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Ainsi, au cas où le licenciement contraire aux droits fondamentaux de Marisa Pralong ne serait pas annulé, nous n’hésiterons pas à soumettre cette nouvelle atteinte à la liberté syndicale au Comité de la liberté syndicale de l’OIT. Quiconque prétend, comme le font les autorités suisses, que les licenciements abusifs pour motifs antisyndicaux ne consti­tuent pas un problème concret en Suisse, devra alors se rendre à l’évidence. D’autant plus que l’OIT (et son Comité de la liberté syndicale) siège à Genève.</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Le licenciement de Marisa Pralong intervient à une époque où même les États-Unis ont réalisé que la dégradation systématique des droits des travailleurs (et des salaires), rendue possible par l’affaiblissement des syndicats, a des conséquences désastreuses au niveau tant social que macro-économique. Le programme électoral d’Obama, que Walmart a combattu à coups de millions, prévoyait en particulier l’adoption de l’Employee Free Choice Act (EFCA), projet de loi facilitant la représentation syndicale dans les entrepri­ses. Si en Suisse un grand groupe privé croit pouvoir fouler aux pieds les droits syndicaux fondamentaux, comme cela vient de se passer avec Marisa Pralong, il se trompe lourde­ment.</span></p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-96</guid><pubDate></pubDate><title>Avant que la fin de la première mi-temps ne soit sifflée</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/avant-que-la-fin-de-la-premiere-mi-temps-ne-soit-sifflee</link><description>L’initiative sur les salaires minimums est là, et bien là. Le seuil des 120 000 signatures a été clairement franchi. L’Union syndicale suisse (USS) appelle aux dernières récoltes de signatures et au retour des listes même incomplètes. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Les syndicats ont joué une première mi-temps avec engagement, efficacité et tout en rapidité. En dix mois, ils ont récolté 121&nbsp;000 signatures pour leur initiative populaire qui demande l’introduction d’un salaire minimum légal et l’encouragement de l’inscription de salaires minimums dans les conventions collectives de travail (CCT). Toutes ces signatures n’ont pas encore été validées, si bien que leur nombre devrait normalement diminuer quelque peu. D’un autre côté cependant, de nouvelles signatures devraient s’y ajouter, car l’USS a appelé à en récolter et à tout lui retourner, même sur des listes incomplètes, jusqu’au 9 décembre. L’initiative sera sans doute déposée à la Chancellerie fédérale vers la fin janvier 2012.
</p><p>Une chose est d’ores et déjà certaine&nbsp;: il faudra encore attendre trois à quatre années pour que les citoyennes et citoyens puissent se prononcer en votation sur cet objet, à savoir&nbsp;: sur l’introduction d’un salaire minimum de 4000 francs pour un travail à plein temps. L’idée de ne pas uniquement passer par les CCT pour fixer des salaires minimums, mais aussi par la loi ou d’autres mesures légales gagne toujours plus en importance. L’exemple le plus récent se trouve certainement en Allemagne. La coalition de droite au gouvernement a rejeté pendant des années l’introduction d’un salaire minimum demandée par la confédération syndicale DGB et la gauche. Or, aujourd’hui, la chancelière Angela Merkel en personne et une part non négligeable de son entourage direct ont effectué une volte-face sur cette question. Madame Merkel entend en effet mettre sur pied une commission, placée sous la houlette des partenaires sociaux, qui serait chargée d’édicter un salaire minimum pour les branches où aucune négociation salariale n’a lieu. C’est là un signe positif qui parle en faveur du salaire minimum outre-Rhin. 
</p><p>Pour en savoir plus sur l’initiative des syndicats sur les salaires minimums&nbsp;: <a href="http://www.salaires-minimums.ch" target="_blank" rel="noreferrer">www.salaires-minimums.ch</a></p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-600</guid><pubDate></pubDate><title>Le franc est trop fort et les mesures d’accompagnement sont trop faibles </title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/le-franc-est-trop-fort-et-les-mesures-d-accompagnement-sont-trop-faibles</link><description>La pression sur les salaires et le dumping salarial en passe d’échapper à tout contrôle </description><content:encoded><![CDATA[<p>Les conséquences de la force du franc sont dramatiques, comme l’a exposé aujourd’hui, devant les médias, l’économiste en chef de l’USS Daniel Lampart : les exportations et les nuitées sont en baisse, les caisses de pension devraient avoir subi à ce jour des pertes comptables de près de 30 milliards de francs, les entreprises vont de plus en plus s’approvisionner à l’étranger et les ménages pratiquent avec assiduité le tourisme des achats. Si le pouvoir d’achat recule du fait d’une hausse du chômage ou à cause des salaires qui n’augmentent que très peu, c’est la récession qui menace... Actuellement, « nous assistons à toutes les formes possibles et imaginables de pression sur les salaires », constate Renzo Ambrosetti, coprésident du syndicat Unia : simple baisse des salaires, allongement non payé de la durée du travail, introduction de salaires en euros pour l’ensemble ou « seulement » une partie du personnel, fixation du salaire ou de l’allongement du temps de travail en fonction de marges de fluctuation du taux de change totalement arbitraires. Le syndicat Unia s’est battu contre plusieurs cas de ce genre au moyen d’actions dans les entreprises ou de démarches juridiques.
</p><p>L’évolution de ces derniers mois le montre très clairement : le dispositif défensif des mesures d’accompagnement présente des lacunes trop importantes. L’Union syndicale suisse tire la sonnette d’alarme : les mesures d’accompagnement sont conçues pour être efficaces si le cours du franc est « équitable ». Si le franc est surévalué de 20%, elles ne sont pas assez performantes. «&nbsp;Nous devons rendre la protection des salaires capable d’affronter tous les climats », exige le président de l’USS Paul Rechsteiner.
</p><p>Pour assurer la protection des salaires même en situation de crise des taux de change, l’USS demande que les mesures suivantes soient prises : </p><ul><li>Il faut attaquer le problème de la surévaluation du franc à la racine. Pour protéger les salaires et les emplois, un cours de 1 franc 40 pour 1 euro est une nécessité.</li><li>La Banque nationale suisse (BNS) doit relever son taux plancher. Il faut au moins un cours de 1 franc 40.</li><li>En cas de fortes turbulences sur les marchés financiers, il n’est pas exclu d’assister à un repli sur le franc. Dans ce cas, la BNS et la Confédération devront soit introduire en plus des contrôles des mouvements de capitaux, soit restreindre la libre négociabilité du franc.&nbsp;</li><li>Les mesures d’accompagnement doivent être renforcées de telle manière que les salaires soient de toute façon protégés :&nbsp;50 pour cent des nouvelles embauches et des entreprises qui détachent de la main-d’œuvre doivent être contrôlés. Pour 2012, la Confédération doit, dans le cadre du train de mesures contre le franc fort, prévoir les moyens financiers nécessaires à cet effet. Si l’on découvre de la sous-enchère salariale, la Confédération et les cantons doivent édicter des salaires minimums qui protègent les salaires suisses. Le Département fédéral de l’économie est responsable de l’exécution de ce mandat par la Confédération et les cantons. S’il n’agit pas, il se rend coresponsable des pressions qui s’exercent sur les salaires. Les amendes doivent être plus sévères, pour que la sous-enchère salariale n’en vaille pas la peine (amendes plus élevées, responsabilité solidaire).</li><li>Le Conseil fédéral doit prolonger de 12 à 18 mois la durée maximale du chômage partiel, pour éviter les licenciements. Et il doit présenter rapidement un deuxième train de mesures contre le franc fort. En plus d’une contribution supplémentaire pour augmenter les contrôles des salaires, ce paquet doit comprendre notamment des mesures contre les baisses de rentes dans le 2e pilier (en cas de licenciements ou de liquidations).</li><li>Les petites et moyennes entreprises doivent elles aussi pouvoir s’assurer contre des fluc-tuations du cours du change. Les banques cantonales et l’assurance contre les risques à l’exportation doivent offrir des possibilités à cet égard.&nbsp;</li></ul><p>&nbsp;</p><p>Des discours de</p><ul><li><b>Paul Rechsteiner</b>, président de l'USS</li></ul><ul><li><b>Daniel Lampart</b>, économiste en chef et premier secrétaire de l'USS</li><li><b>Renzo Ambrosetti</b>, coprésident du Syndicat UNIA</li></ul><p>sont attachés.</p>]]></content:encoded><category>Politique monétaire</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-603</guid><pubDate></pubDate><title>C’est maintenant l’heure des bas et des moyens salaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/c-est-maintenant-l-heure-des-bas-et-des-moyens-salaires</link><description>Les revendications salariales des fédérations de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>La grande majorité des entreprises suisses vont enregistrer des bénéfices juteux cette année. Malgré l’actuelle surévaluation du franc, les perspectives pour l’an prochain sont également positives. Les salarié(e)s doivent profiter de cette évolution réjouissante sous la forme de hausses sensibles de leurs salaires. Car ils ont contribué de manière déterminante à la bonne situation dans laquelle se trouve l’économie suisse.
</p><p>Les salarié(e)s à bas et moyens revenus ont été les perdants&nbsp; de la dernière reprise conjoncturelle, de 2004 à 2008. Les principaux profiteurs ont été les hauts et très hauts revenus. Cela ne doit plus se reproduire. Des hausses générales des salaires s’imposent. Elles sont la base d’une évolution des salaires juste et équilibrée ainsi que du remplacement des bonus par des salaires fixes.
</p><p>Dans ces discours attachés de
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><b>Paul Rechsteiner</b>, présidente de l'USS</li><li><b>Daniel Lampart</b>, économiste en chef de l'USS</li><li><b>Aldo Ferrari</b>, membre de comité directeurs du syndicat UNIA</li><li><b>Giorgio Tuti</b>, président du SEV</li><li><b>Denise Chervet</b>, secrétaire centrale ACEB</li></ul><p>nous montrerons qu’existe une marge de manœuvre pour des hausses de salaire. Nous aborderons aussi la question de l’importance des négociations salariales pour la répartition des revenus et la politique conjoncturelle et présenterons des pronostics concernant la situation conjoncturelle.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-95</guid><pubDate></pubDate><title>Un mois très mauvais…</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/un-mois-tres-mauvais</link><description>Rarement on aura vu, au cours d’un même mois, autant d’attaques contre la liberté syn-dicale. Or, c’est là un droit garanti par la constitution fédérale, à son article 28, ainsi que par de nombreuses conventions internationales. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Ces attaques contre la liberté syndicale, auxquelles assistons ces derniers temps, se caractérisent par leur violence et par le mépris du partenariat social dont ont fait montre leurs auteurs. Les syndicats concernés (Unia, syndicom et le ssp) se battront avec le soutien de l’USS pour que la liberté syndicale soit toujours respectée. 
</p><h3>Membres de la commission du personnel licenciés sur un prétexte bidon</h3><p>Dans le canton de Vaud, Tesa et Edipresse ont montré le peu de cas qu’elles font de la négociation entre partenaires sociaux. Chez Edipresse, un membre féminin de la commission du personnel a été licencié pour «&nbsp;motifs économiques&nbsp;», en violation de la CCT. Ce cas fait suite au licenciement du président de la commission du personnel du «&nbsp;Tages-Anzeiger&nbsp;» (dont le propriétaire, Tamedia, vient de racheter les activités suisses d’Edipresse) juste avant le début de négociations sur un plan social et dont le cas est toujours pendant devant le Tribunal fédéral. Chez Tesa, deux membres de la commission du personnel ont été licenciés juste après des négociations ardues, lors desquelles la commission s’était opposée avec succès à une augmentation du temps de travail sans compensation. L’employeur a donné un prétexte bidon pour justifier le licenciement immédiat et contourner ainsi la CCT. La raison invoquée (une pétition) est non seulement fausse, mais elle ne permettrait pas de justifier légalement une telle mesure de rétorsion. La situation n’a, pour l’heure, par encore trouvée d’issue. Au Tessin, une entreprise industrielle a annoncé au président de la commission du personnel lors d’un rencontre dédiée aux négociations salariales annuelles… son intention de le licencier&nbsp;!
</p><h3>La diffamation contre la grève</h3><p>Aux Hôpitaux universitaires genevois, plusieurs mouvements de grève sont en cours ou viennent de se terminer&nbsp;: transporteurs et transporteuses de patient(e)s, aides-soignantes, laborantin(e)s, nettoyeurs et nettoyeuses. Les grévistes protestent notamment contre la dégradation du service public due à des coupes budgétaires et le blocage des réévaluations salariales. La direction de l’hôpital, pour terroriser le personnel, jeter le discrédit sur les grévistes et imposer abusivement un «&nbsp;service minimum&nbsp;» qui n’existe dans aucune loi, a carrément prétendu dans la presse que «&nbsp;la grève a mis des vies humaines en danger&nbsp;» et déposé plainte pénale. Ces accusations erronées ne sont rien d’autre qu’une attaque en règle contre le droit de grève. Même grévistes, les salarié(e)s appliquent scrupuleusement leur éthique professionnelle et veillent à ce que leurs actions ne portent pas atteinte à la santé des patient(e)s. 
</p><h3>Basse vengeance après le succès d’une grève</h3><p>Le personnel de Barbey SA dans le canton de Vaud a, grâce à une grève en mai 2010, obtenu de nombreuses améliorations de ses conditions de travail. En outre, tous les salarié(e)s qui avaient fait valoir leurs droits devant les tribunaux ont obtenu gain de cause. Mauvaise perdante et décidément peu respectueuse des lois, l’entreprise a déposé une plainte abusive en dommages-intérêts de 3,5 millions de francs contre le syndicat Unia. Elle a en outre obtenu la condamnation pénale pour diffamation d’un secrétaire syndicale, dont les propos se basaient pourtant sur des témoignages de salarié(e)s concernés. Ces pratiques scandaleuses montrent que certains employeurs n’hésitent pas à criminaliser le mouvement syndical pour avoir les coudées franches et des salarié(e)s dociles. 
</p><h3>Lueur d’espoir&nbsp;: un syndicat a le droit de dire qu’un employeur qui abuse… abuse</h3><p>Heureusement, un tribunal fribourgeois a montré que le bon sens existe encore. Le Tribunal de police de la Broye a levé toute les accusations contre le syndicat et les travailleurs qui avaient dénoncé publiquement et de bonne foi les agissements clairement abusifs de l’agence de location de services OK personnel SA. Une victoire pour les libertés d’expression et syndicale.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-290</guid><pubDate></pubDate><title>La moitié des salarié(e)s protégés par une CCT</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-moitie-des-salarie-e-s-proteges-par-une-cct</link><description>De plus en plus de salarié(e)s sont protégés par une convention collective de travail (CCT) en Suisse. C’est ce que montre la nouvelle statistique à ce sujet. De 1,52 million en 2005, ils sont passé à 1,68 million en 2007 déjà. Ainsi, les conditions de travail de la moitié des salarié(e)s pouvant être assujettis à une CCT sont réglées par un contrat collectif. Un progrès, certes… mais le verre continue d’être à moitié vide.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Durant la crise des années 90, les idéologues néolibéraux, en particulier le président des patrons Guido Richterich, ne considéraient les CCT que comme un modèle à bout de course. Selon lui, elles n’avaient plus qu’une importance limitée pour un nombre toujours plus faible de salarié(e)s de l’industrie et des arts et métiers. L’autre partie — en expansion — de l’économie devait pouvoir se développer en étant «&nbsp;libérée&nbsp;» des contraintes d’une CCT. Cette position, ainsi que le changement structurel intervenu dans l’emploi, a influencé l’évolution réelle du nombre des employé(e)s assujettis à des CCT. Dans la première moitié des années 90, leur nombre n’a cessé de reculer,&nbsp; jusqu’à se monter à 1,2 million en 1996, soit 45&nbsp;% des salarié(e)s pouvant être assujettis à une CCT<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0809_AR_CCT_Suisse.doc#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>.
</p><p><b>Graphique 1&nbsp;: Évolution des salarié(e)s assujettis à une CCT de 1991 à 2007, en milliers</b></p><p>Depuis le passage au nouveau millénaire toutefois, les CCT gagnent de nouveau du terrain. En 2007, 1,68 million de salarié(e)s étaient assujettis à une CCT, soit 50&nbsp;% des salarié(e)s susceptibles de l’être.
</p><h3>La renaissance</h3><p>Trois raisons expliquent cette renaissance des CCT. La première réside dans la suppression du statut de fonctionnaire à la Confédération et dans de nombreux cantons. Depuis lors, des CCT sont aussi négociées dans le secteur public, à la Poste, aux CFF et chez Swisscom, mais également, par exemple, pour tous les employé(e)s des hôpitaux du canton de Berne.
</p><p>La deuxième raison est que les syndicats, en particulier Unia et les organisations qui l’ont précédée, ont pris en main la construction syndicale dans le secteur des services privés, depuis le milieu des années 90. Ce qui a débouché sur une série de nouvelles CCT dans le commerce de détail et d’autres branches.
</p><p>La troisième raison se trouve dans la libre circulation des personnes en provenance de l’Union européenne. Afin d’empêcher la sous-enchère salariale, les associations patronales des branches du marché intérieur étaient prêtes, en collaboration avec les syndicats, à régler les conditions de travail dans des CCT au champ d’application étendu. C’était le cas dans les secteurs de la sécurité privée et du nettoyage, et dans bien d’autres branches artisanales. La déclaration d’extension du champ d’application d’une CCT permet d’assujettir tous les salarié(e)s de la branche concernée. L’augmentation des CCT dites étendues (ou «&nbsp;de force obligatoire) a contribué de manière significative au développement du taux de couverture des CCT.
</p><p>Graphique 2&nbsp;: Proportion de salarié(e)s assujettis à une CCT par rapport &nbsp;&nbsp; <br> au nombre des assujetti(e)s potentiels.
</p><p>&nbsp;</p><table class="contenttable"><tbody><tr><td width="220" height="28"><table class="contenttable"><tbody><tr><td><p><b>Couverture par CCT en&nbsp; Suisse</b></p></td></tr></tbody></table> &nbsp;</td></tr></tbody></table><p>Source&nbsp;: Rieger 2009&nbsp;; Oesch 2007 + 2008&nbsp;; propres estimations pour 2010 sur &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; la base des CCT conclues.
</p><p>Cette renaissance des CCT est sans aucun doute positive et s’est encore poursuivie après la statistique la plus récente de 2007&nbsp;: depuis lors, la CCT pour le travail temporaire a, entre autres, été négociée et la branche de la coiffure a mis fin à son vide conventionnel, ce qui fait qu’en 2010, la proportion pourrait bien s’établir autour des 52&nbsp;%.
</p><h3>Les déserts</h3><p>Néanmoins, le verre reste à moitié plein seulement. Les pays nordiques ou l’Autriche connaissent notamment un taux de couverture des CCT de 80&nbsp;% et plus. Autour de 50&nbsp;% des salarié(e)s en Suisse continuent à ne pas bénéficier d’une telle couverture. Seuls quelques-uns de ces «&nbsp;sans-protection&nbsp;» ont une situation suffisamment bonne pour pouvoir se passer de CCT en cas de besoin. Pour les autres, c’est même le contraire, puisque beaucoup de secteurs à bas salaires et à conditions de travail partiellement précaires ne connaissent pas de CCT&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>des dizaines de milliers de salarié(e)s dans le secteur à bas salaire de l’économie domestique et dans les services à la personne (soins corporels, etc.)&nbsp;;</li><li>des dizaines de milliers de salarié(e)s dans le domaine du sport, des loisirs et de la culture&nbsp;;</li><li>des dizaines de milliers d’employé(e)s dans le secteur de la branche informatique, très instable&nbsp;;</li><li>des dizaines de milliers d’employé(e)s dans les assurances&nbsp;;</li><li>des milliers de journalistes de Suisse alémanique et du Tessin, dont la CCT a été dénoncée .</li></ul><p>Dans d’autres branches, seule une partie du personnel est assujettie à une CCT, alors que des centaines de milliers de salarié(e)s restent sans cette protection&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>dans le commerce de détail, où les grandes firmes Manor, Denner, Aldi, Lidl, Spar, etc. ne connaissent pas de CCT, et tous les petits magasins de détail encore moins&nbsp;;</li><li>dans l’industrie, où une partie de la chimie, de l’industrie alimentaire, mais aussi de l’industrie des machines refuse de signer une convention&nbsp;;</li><li>dans le domaine des transports, dans le secteur de la santé, etc.</li></ul><p>Dans toutes ces branches, le patronat applique le principe du «&nbsp;charbonnier maître chez soi&nbsp;». Que les travailleuses et travailleurs, avec les syndicats, frappent à leur porte et ils se verront opposer un non sec et sonnant. Cela en Suisse, pays toujours célébré pour son «&nbsp;partenariat social&nbsp;»&nbsp;!
</p><p>Un salaire minimum garanti
</p><p>Si 50&nbsp;% des salarié(e)s susceptibles d’être conventionnés sont assujettis à une CCT, c’est une proportion moindre qui profite de l’existence d’un salaire minimum garanti. Car certaines conventions, comme celle de l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux, ne contiennent aucun salaire minimal, alors que des salarié(e)s (en particulier des femmes) y travaillent pour des salaires bien inférieurs à 4’000 francs&nbsp;!
</p><p>Pour ces raisons, une commission d’expert(e)s de l’USS examine actuellement la question d’un salaire minimum légal en Suisse.
</p><p>Les syndicats peuvent donc prendre positivement acte d’une certaine renaissance des CCT ainsi obtenue; mais la revendication d’«&nbsp;une CCT pour toutes et tous&nbsp;!&nbsp;» n’est encore de loin pas réalité.
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0809_AR_CCT_Suisse.doc#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Pour calculer le taux de couverture des CCT, le nombre des personnes couvertes par la CCT doit être comparé au nombre global des salarié(e)s susceptibles d’y être assujettis. Cela n’équivaut pas à toutes les personnes employées, puisque ni le propriétaire de l’entreprise, ni les membres de sa famille qui collaborent dans l’entreprise, ni les cadres, ne peuvent être soumis à une CCT, pas plus que les fonctionnaires d’ailleurs.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-284</guid><pubDate></pubDate><title>Les droits internationaux doivent être garantis !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-droits-internationaux-doivent-etre-garantis</link><description>Le 9 juin dernier, l’Union syndicale suisse (USS) a protesté par une action symbolique devant le siège genevois de l’Organisation internationale du Travail (OIT). Le Conseil fédéral refuse en effet de légiférer pour protéger comme il se doit les représentant(e)s syndicaux contre les licenciements abusifs.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Un peu d’histoire&nbsp;: en 2003, l’USS a déposé une plainte contre la Confédération devant le Comité de la liberté syndicale du Bureau international du Travail (BIT). Elle portait sur le fait que la législation suisse ne protège pas assez les travailleurs et travailleuses contre les licenciements antisyndicaux, alors que la Suisse a ratifié en 1999 la convention 98 de l’OIT sur la liberté syndicale, une convention qui prévoit pareille protection. Dans sa plainte, l’USS y exigeait aussi que les licenciements antisyndicaux soient annulés et pas uniquement indemnisés par le versement d’au maximum six mois de salaire (dans la réalité, il s’agit la plupart du temps de deux ou trois mois). 
</p><p>En 2004, le Comité de la liberté syndicale a accepté cette plainte et prié la Suisse de mettre sa législation en conformité avec les normes internationales du travail. Mais le Conseil fédéral a refusé d’obtempérer, se fondant sur le refus des patrons qui, pour leur part, n’estiment pas nécessaire d’agir. En 2006, l’USS a soumis à une nouvelle reprise au même comité du BIT plusieurs cas récents de travailleurs syndiqués licenciés à cause de leur engagement syndical. Et le comité du BIT a à nouveau prié la Suisse de mettre sa législation en conformité avec la convention 98, lui suggérant cette fois de s’inspirer de la loi sur l’égalité entre femmes et hommes, qui prévoit l’annulation d’un licenciement reconnu abusif. Mais une nouvelle fois, le Conseil fédéral a refusé d’agir.
</p><p>Cette situation est d’autant plus inacceptable que, dans le contexte de la crise mondiale actuelle, qui laisse des traces de plus en plus profondes dans notre pays, un nombre croissant d’employeurs remettent en cause les règles du partenariat social et portent atteinte aux droits syndicaux en se livrant en particulier aux licenciements de nos délégué(e)s syndicaux, voire de représentant(e)s du personnel.
</p><p>Pour preuve, ce qui s’est passé ces derniers mois&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>en février 2009, une vendeuse a été licenciée à Genève pour des motifs purement antisyndicaux par le grand Magasin Manor. Bien que la «&nbsp;Chambre des relations collectives de travail CRTC&nbsp;», un office de conciliation, ait demandé sa réintégration, la direction de Manor ne semble pas vouloir du tout faire marche arrière.</li><li>À la fin avril 2009, la grande fabrique de machines textiles, Karl Mayer AG a licencié, après 39 ans de bons et loyaux services, un militant syndicaliste monteur de profession qui, durant de très nombreuses années, a présidé la commission d’entreprise. Lui aussi avait fait part à un journaliste des problèmes survenus en temps de crise dans son entreprise en restructuration&nbsp;!</li><li>À la mi-mai 2009, dans le cadre d’un plan de restructuration de deux des plus grands journaux suisses alémanique, le «&nbsp;Tages-Anzeiger&nbsp;» et le «&nbsp;Bund&nbsp;», deux journalistes sont licenciés. Tous les deux sont présidents de leur commission d’entreprise respective...</li></ul><p>Il est plus que temps que les autorités changent d’attitude. Le président du groupe des travailleurs et vice-président de la Confédération internationale du Travail de 2009, Sir Roy Trotman, a également lancé un appel dans ce sens à l’attention du gouvernement suisse. Mais si rien ne change, l’USS veillera à ce que la Suisse soit à nouveau mise en accusation lors de la Conférence internationale du Travail de 2010. Ces dernières années, parmi les pays qui se sont retrouvés sur le banc des accusés, on trouvait la Birmanie, la Chine ou le Bélarus… La liberté syndicale implique nécessairement une protection spéciale des représentant(e)s syndicaux contre les licenciements abusifs. Comme l’interdiction du travail des enfants ou du travail forcé, elle fait partie des normes fondamentales du travail, que la Suisse est, elle aussi, tenue de respecter.
</p><h3>Encadré - Un témoignage personnel</h3><p>Pour cette action syndicale devant le siège de l’OIT, Daniel Suter, président de la commission du personnel du «&nbsp;Tages-Anzeiger&nbsp;», qui a été licencié en 2009, a présenté son témoignage. À ses yeux son licenciement dans le cadre d’un licenciement collectif représente de toute évidence une attaque contre la commission du personnel à la création de laquelle il avait participé en son temps. Une commission que, dès le départ, il s’agissait de dégoûter de s’opposer à des licenciements collectifs. Ce que Daniel Suter commente en ces termes&nbsp;: «&nbsp;Aussi longtemps que le législateur n’empêchera pas ces congés abusifs - les employeurs coupables […] devant […] être condamnés […] aussi à la réintégration des personnes abusivement licenciées - la protection des représentant(e)s des travailleurs restera une illusion.&nbsp;»</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-342</guid><pubDate></pubDate><title>Pourquoi une consultation si l’on ne tient pas compte de ses résultats ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pourquoi-une-consultation-si-l-on-ne-tient-pas-compte-de-ses-resultats</link><description>Pas de travail non-stop dans les stations-service !</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les organisations des salarié(e)s, des petits commerces, de l’hôtellerie-restauration, des Églises, de la jeunesse ainsi que presque tous les cantons, les médecins du travail et la FMH (Fédération des médecins suisses) sont opposés à la libéralisation des heures d’ouverture des échoppes des stations-service. C’est ce que montrent les résultats de la consultation réalisée sur l’initiative parlementaire Lüscher (PLR, GE) et c’est ce qu’a choisi d’ignorer purement et simplement la majorité de la commission de l’économie et des redevances (CER) du Conseil national qui vient d’adopter l’initiative Lüscher, montrant ainsi le mépris qui est le sien pour les salarié(e)s concernés et les organisations opposées à une telle libéralisation. 
</p><p>L’ouverture non-stop des échoppes de stations-service voulue par cette initiative accroîtra le travail de nuit et du dimanche ainsi que le stress et dégradera les conditions de travail du personnel directement concerné ainsi que des salarié(e)s occupés dans des domaines au service de ces échoppes (nettoyage, livraison, sécurité, etc.). Or, avec cette décision arrogante, la majorité de la CER n’a fait qu’un pas vers «&nbsp;le&nbsp;» but, soit&nbsp;: la libéralisation totale de tous les horaires de travail. Mais la prochaine étape est déjà en cours, car le Conseil national a déjà accepté la motion Hutter (PLR/ZH) selon laquelle les cantons pourraient, lorsqu’ils fixent les horaires d’ouverture des magasins sur leur territoire, ignorer la législation fédérale sur la protection de la santé des travailleurs et travailleuses. 
</p><p>Le Conseil national doit une bonne fois prendre connaissance des résultats de cette consultation, c’est-à-dire de la forte opposition manifestée par les cantons dans ce cadre contre une telle libéralisation, demande la vice-présidente de l’USS et membre du comité directeur d’Unia, Vania Alleva. Quant à Jean Christophe Schwaab, secrétaire central de l’USS en charge de ce dossier. il ajoute que, pour les syndicats, l’enjeu n’est pas, ici, une coutume qui serait «&nbsp;surannée&nbsp;», mais la protection concrète de la santé et de la vie privée des travailleurs et travailleuses concernés.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-103</guid><pubDate></pubDate><title>Le gouvernement tessinois refuse l’accès des syndicats aux établissements du canton</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-gouvernement-tessinois-refuse-l-acces-des-syndicats-aux-etablissements-du-canton</link><description>Incroyable, mais vrai : le Conseil d’État tessinois a décidé que les syndicats n’avaient plus le droit d’accéder aux établissements du canton. Cette mesure est en contradiction avec la liberté syndicale garantie par la Constitution fédérale. En outre, ce même gouvernement restreint encore plus les possibilités pour les syndicats de s’exprimer en tant que tels, comme si nous vivions en plein absolutisme… </description><content:encoded><![CDATA[<p>«&nbsp;Du jamais vu en Suisse […] une décision anticonstitutionnelle et sans valeur, mais néanmoins très grave&nbsp;: c’est en effet un acte dangereux contre les droits des travailleurs de l’ensemble du Canton du Tessin&nbsp;». Les termes dans lesquels est rédigée la résolution de l’union syndicale tessinoise a des accents dramatiques. Car c’est la réalité qui est ainsi. Mais reprenons tout cela dans l’ordre. 
</p><p>Le 29 novembre 2011, le Conseil d’État tessinois a fait parvenir aux associations du personnel de l’État une lettre dans laquelle il les informait de sa décision concernant les activités syndicales dans l’administration cantonale. Dans sa missive, le gouvernement stipule que les syndicats du personnel de l’État n’ont fondamentalement plus le droit d’accéder aux bâtiments du canton pour leurs activités syndicales. Et si les syndicats souhaitent utiliser une salle de l’administration pour y aborder, en dehors des heures de travail, des thèmes concernant le personnel de l’État, ils devront désormais disposer d’une autorisation délivrée par la Chancellerie cantonale. Enfin, la distribution d’informations syndicales devra passer par les services cantonaux de l’information et de conciergerie. 
</p><p>Cette décision est en contradiction avec la Constitution. L’avocat Arthur Andermatt, spécialiste de ces questions, affirme sans équivoque aucune que «&nbsp;De la liberté de coalition garantie par la nouvelle Constitution fédérale se déduit aussi le droit des syndicats à accéder aux entreprises.&nbsp;»&nbsp;(trad. USS). Selon lui, les limites à l’activité de recrutement syndical dans l’entreprise sont uniquement que le bon fonctionnement de cette dernière ne doit pas être dérangé par cette activité. Le droit d’informer et le droit de recruter s’appuient directement sur la Constitution, ces activités syndicales sont donc protégées. Jean Christophe Schwaab, spécialiste du droit du travail et secrétaire central de l’USS, constate que «&nbsp;Cette décision du gouvernement tessinois est d’autant plus incompréhensible que l’on est en droit d’attendre des pouvoir publics qu’ils témoignent de plus de sensibilité à l’égard du partenariat social.&nbsp;» 
</p><p>Pour l’USS, il est donc clair que le gouvernement tessinois doit revenir sur cette décision scandaleuse. C’est aussi ce que demande le Syndicat suisse des services publics, le ssp, directement concerné ici et soutenu par l’OCST (syndicat chrétien) ainsi que le CCS (organisations des fonctionnaires radicaux). Le ssp a aussi chargé un avocat de faire recours contre cette décision. 
</p><p>Mais comment le gouvernement cantonal tessinois a-t-il bien pu en arriver là&nbsp;? «&nbsp;Le «&nbsp;mobile du crime&nbsp;» n’est un secret pour personne. En effet, en 2010, le ssp avait distribué au Tessin des tracts contre la proposition d’introduire le salaire au mérite dans une nouvelle loi sur le personnel de l’État. Ensuite, les citoyens et citoyennes tessinois avec sèchement rejeté ce projet cantonal…&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-105</guid><pubDate></pubDate><title>Un succès important pour le personnel de la Confédération</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/un-succes-important-pour-le-personnel-de-la-confederation</link><description>Dans un premier temps, le Conseil national avait décidé, sur proposition de l’extrême-droite, d’économiser 150 millions de francs sur le dos du personnel de la Confédération. Grâce à un travail de lobbyisme acharné, les organisations du personnel de la Confédé-ration sont finalement parvenues à retourner la vapeur. On est rassuré. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Ce qui est évident n’apparaît malheureusement pas toujours comme tel. Par exemple, au début de la session parlementaire d’hiver, on ne savait absolument pas que l’offensive provocatrice lancée par l’UDC et quelques-uns de ses alliés contre le personnel de la Confédération, lors des délibérations sur le budget 2012, pouvait être contrée. Or, l’argument, selon lequel les dépenses supplémentaires entraînées par les décisions du Parlement nécessitaient aussi que l’effectif du personnel soit suffisant, s’est finalement aussi imposé au Conseil national le 15 décembre dernier. C’est réjouissant. Espérons que le dénigrement répugnant dont est l’objet le personnel de la Confédération de la part de l’extrême droite cessera une fois pour toutes. 
</p><p>Au début de la session d’hiver, on devait supposer que la majorité de la commission parlementaire favorable à la proposition de l’UDC Zuppiger, de diminuer de 150 millions de francs (3&nbsp;%) les crédits destinés au personnel de la Confédération, allait aussi s’imposer au Conseil national. Mais si, dans une première étape, ce dernier suivit largement cette proposition de coupe budgétaire, la Communauté de négociation du personnel de la Confédération (CNPC) – elle regroupe l’Association du personnel de la Confédération (APC), le Syndicat suisse des services publics (ssp), le Syndicat du personnel de la douane et des gardes-frontière (garaNto), l’Association du personnel de l’Office fédéral de la police (APfedpol) – réagit immédiatement en envoyant une lettre aux membres des deux Chambres. Dans cette lettre, elle demandait instamment aux député(e)s qu’ils suivent une politique du personnel responsable et que le résultat des négociations entre les partenaires sociaux soit respecté. Avançant des arguments soigneusement choisis, les syndicats soulignaient les raisons expliquant la hausse des frais de personnel – les décisions prises au niveau politique – et corrigeaient la fausse «&nbsp;vérité&nbsp;», répandue par d’aucuns, d’un renchérissement qui serait «&nbsp;surcompensé&nbsp;». 
</p><p>Logique, le Conseil des États traita alors le budget comme la concrétisation évidente de décisions démocratiquement prises et fut unanime à refuser les coupes claires voulues par l’extrême droite. Cette attitude conforta aussi le Conseil fédéral qui, par la bouche de Madame Eveline Widmer-Schlumpf, appela à la raison. Mais, une nouvelle fois, elle n’obtint que le soutien de la minorité de gauche de la commission du Conseil national, alors que le «&nbsp;nouveau centre&nbsp;» cherchait des pseudo-compromis. Et finalement, le Conseil national basculait, par 86 voix contre 82, du côté de la raison et du sérieux en matière de politique budgétaire. Les emplois et les mesures salariales sont désormais garantis.
</p><p>Ainsi, l’engagement des syndicats du personnel de la Confédération a payé. Espérons que la majorité raisonnable des Chambres respectera à l’avenir la valeur du travail et l’efficience des employé(e)s de la Confédération et que les préjugés réchauffés seront remisés dans le placard à balais de la politique.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-104</guid><pubDate></pubDate><title>Les gares sont des lieux publics où les droits politiques s’exercent</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-gares-sont-des-lieux-publics-ou-les-droits-politiques-s-exercent</link><description>L’Office fédéral des transports (OFT) vient de prendre une décision importante pour le mouvement syndical, mais aussi pour les partis et les organisations politiques et, partant, pour tous les citoyens et citoyennes de ce pays. Il a en effet confirmé que les gares sont des espaces publics et que, dans les espaces publics, l’usage des droits politiques, par exemple la récolte de signatures ou les actions lors de campagnes de votations, ne saurait être restreint de manière disproportionnée.</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’OFT a admis le recours d’un parti politique contre la Sudostbahn et les Appenzeller Bahnen, qui avaient refusé qu’une action à caractère politique se déroule dans la gare d’Herisau, en se fondant sur leur «&nbsp;règlement de la gare&nbsp;». Les CFF interdisent également les actions à caractère politique, arguant que cela « entrave le flux des pendulaires&nbsp;». Il faut relever à ce sujet que, malgré ce «&nbsp;risque d’entrave&nbsp;», les CFF accordent généreusement des autorisations à des entreprises privées pour mener des actions à but commercial dans les gares, même si d’immenses stands publicitaires entravent beaucoup plus le flux des voyageurs et voyageuses que quelques militant(e)s en train de récolter des signatures… 
</p><h3>Pourquoi le commercial et pas le politique&nbsp;?</h3><p>De fait, les transports publics sont une tâche de l’État, même s’il la délègue à des entreprises. Celles-ci sont donc, comme l’État, liées aux droits fondamentaux lorsqu’elles exercent des tâches publiques, peu importe qu’elles soient de droit privé ou public. Les droits fondamentaux protègent l’exercice des droits politiques, par exemple la distribution de tracts, la récolte de signatures pour des initiatives, des référendums ou des pétitions, les actions de campagne ou la tenue de stands en période de votation ou d’élection. Les activités politiques qui, comme les distributions de tracts ou les récoltes de signatures, n’entraînent qu’un usage restreint du domaine public parce qu’elles ne nécessitent aucune infrastructure et ne gênent pas vraiment le passage des voyageurs et voyageuses, sont possibles sans autorisation. Et il serait même illégal, car disproportionné, de les soumettre à une telle procédure. 
</p><p>En revanche, la tenue d’un stand peut être soumise à autorisation, parce que cela nécessite un usage accru du domaine public. Mais l’entreprise de transport ne peut refuser cette dernière sans raison impérieuse et doit respecter l’égalité de traitement, en particulier si elle a précédemment donné des autorisations similaires pour des actions à but commercial. Prétendre qu’un stand perturberait le passage des voyageurs et voyageuses ne fait certainement pas partie de ces raisons impérieuses, étant donné que, jusqu’à présent, des actions commerciales ont pu avoir lieu sans que cet argument soit avancé. 
</p><p>Enfin, l’obligation légale des entreprises de transports d’afficher une «&nbsp;neutralité politique&nbsp;» n’est pas touchée par le déroulement d’actions politiques dans les gares, du moment qu’il est clair pour le public que c’est un parti ou une autre organisation qui le met sur pied et non l’entreprise de transport en question. Les CFF ne peuvent donc pas s’appuyer sur leur «&nbsp;neutralité&nbsp;» pour interdire l’exercice des droits politiques dans les gares. 
</p><h3>… ainsi que le syndical&nbsp;?</h3><p>Pour les syndicats, cette décision a encore un autre avantage. Si les entreprises de transports publics sont liées aux droits fondamentaux, elles sont aussi liées à la liberté syndicale (art. 28 de la Constitution fédérale et nombreuses conventions internationales). Elles doivent donc, dans les mêmes conditions que précédemment évoqué, accepter que des actions syndicales se tiennent dans les gares. 
</p><p>Les CFF ont malheureusement fait recours au Tribunal fédéral dans une cause similaire, espérant pouvoir continuer à privilégier l’usage commercial des gares et à y interdire l’exercice des droits politiques. Stratégie regrettable d’une entreprise qui devrait se rappeler qu’elle appartient à la Confédération, donc au peuple suisse&nbsp;! 
</p><p>Pour en savoir plus&nbsp;: Lukas MATHIS, Die Ausübung politischer Rechte auf Bahnhofsarealen (L’exercice des droits politique dans les gares), Jusletter (revue juridique en ligne sur <a href="http://www.weblaw.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.weblaw.ch</a>) du 12 décembre 2011 (en allemand).</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-280</guid><pubDate></pubDate><title>En toute sécurité et pour un salaire honnête</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/en-toute-securite-et-pour-un-salaire-honnete</link><description>L’été est là, et avec lui les grandes vacances. Pour de nombreux écoliers, écolières, gym-nasiennes, gymnasiens, étudiantes et étudiants, c’est aussi le temps des petits boulots qui permettront d’arrondir l’argent de poche, d’en mettre de côté pour les prochaines va-cances et, très souvent, de financer les études. Lorsqu’on occupe un tel petit emploi, on est un salarié, ou une salariée comme les autres. Et qui dit salarié(e), dit règles du droit du travail. Et, bien sûr, salaire. Mais aussi : sécurité au travail.</description><content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p><h3>À partir de quel âge&nbsp;et pour quelle durée?</h3><p>On ne peut fort heureusement pas faire travailler les enfants à partir de n’importe quel âge. La loi sur le travail (LTr) ne l’autorise qu’à partir de 15 ans, 13 pour les travaux légers, voire moins de 13 pour les manifestations sportives et culturelles, à des conditions spécifiques et sur autorisation d’une autorité cantonale (art. 30 LTr, art. 7 OLT 5). Dans tous les cas, les moins de 18 ans ont besoin de l’assentiment de leurs parents avant de signer un contrat de travail. 
</p><p>L’ordonnance 5 de al LTr (OLT 5) précise les règles qui s’appliquent aux jeunes travailleurs et travailleuses de moins de 18 ans. Elle précise notamment l’interdiction d’employer les jeunes à des travaux dangereux, dans certaines branches (discothèques, bars, cabarets, entreprises cinématographiques, du cirque et du spectacle – cf. art. 4 à 6 OLT 5) et à quelles conditions ils peuvent être exceptionnellement astreints au travail dominical. Le travail dominical n’est autorisé que pour les jeunes ayant achevé leur scolarité obligatoire, au maximum un dimanche sur deux et uniquement dans la restauration (où ne peuvent être employés que les plus de 16 ans), la garde d’animaux et les boulangeries (art. 13 OLT 5). Dans les zones touristiques, le travail dominical est possible dans les entreprises répondant aux besoins des touristes pendant toute la durée des vacances d’été (art. 15 OLT 5, art. 25 OLT 2). Quant au travail de nuit, il est interdit aux moins de 18 ans en dehors d’une formation professionnelle (art. 12 OLT 5).
</p><p>La journée de travail des moins de 13 ans&nbsp; ne peut pas durer plus de trois heures par jour et neuf heures par semaine (art. 10 OLT5). Les jeunes de plus de 13 ans n’ayant pas terminé leur scolarité obligatoire peuvent travailler jusqu’à 8 heures par jour (40 heures par semaine) pendant la moitié de la durée des vacances scolaires, entre 6 heures et 18 heures, avec une pause d’au moins une demi-heure pour toute plage de travail de 5 heures et plus (art. 11 OLT 5). Pour tous les jeunes, la durée du travail ne dépassera pas celle des autres employés de l’entreprise (maximum 9 heures par jour) et leur travail doit être compris dans une période de 12 heures (art. 31 al. 1 LTr). Ils ont droit à un repos quotidien d’au moins 12 heures consécutives (art. 16 OLT 5). Le soir, les moins de 16 ans ne peuvent être employés que jusqu’à 20 heures, les 16-18 ans jusqu’à 22 heures (art. 31 al. 2 LTr). 
</p><h3>Le travail, c’est la santé&nbsp;?</h3><p>Les petits boulots d’été sont souvent l’occasion de faire connaissance avec le monde du travail. Or, ce dernier n’est pas exempt de dangers, qui n’apparaissent pas toujours au premier coup d’oeil. Et le risque d’accident de travail est très élevé lors du premier emploi, surtout pendant des premiers jours. 
</p><p>Même si l’on est engagé pour une durée très courte, il faut donc particulièrement faire attention aux prescriptions de sécurité. Avant de commencer, il faudra être attentif aux instructions de l’employeur et les respecter scrupuleusement, même si elles paraissent de prime abord inutiles ou exagérées. Et, si ce dernier ne veut pas en donner pas et que l’on estime en avoir besoin, il faut avertir sans délai l’inspectorat du travail et le syndicat. Dans tous les cas, les travaux dangereux sont interdits au moins de 18 ans. 
</p><h3>Bien assuré&nbsp;!</h3><p>Négliger les assurances sociales dans le cas d’un petit job de vacances peuvent coûter très cher. Tous les travailleurs et travailleuses, quel que soit leur âge, doivent être obligatoirement assurés à l’assurance-accidents par leur employeur. S’ils travaillent moins de 8 heures par semaine chez le même employeur, cette assurance ne couvre que les accidents professionnels et, au-delà, tous les accidents. En cas d’accident, l’employeur doit avertir les parents (art 32 LTr). Pour les rapports de travail de moins de 3 mois, il n’y a pas d’obligation de payer le salaire en cas de maladie. Les autres cotisations sociales (AVS/AI/APG)&nbsp; ne sont obligatoires qu’à partir de l’année où l’on a ses 18 ans. Si l’employeur ne paie pas ses cotisations, il s’agit de travail au noir et cela entraîne des sanctions. 
</p><h3>Tout travail mérite salaire&nbsp;; tout travailleur, toute travailleuse a droit à des vacances</h3><p>Comme il n’existe pas de salaire minimum légal, le salaire peut être librement convenu par les parties au contrat. Même si c’est en général l’employeur qui a le dernier mot, il est obligé de respecter les conventions collectives de travail (CCT) étendues et les contrats-type de travail (CTT). Pour le petits boulots de vacances, sont notamment importants la CCT nationale de l’hôtellerie-restauration, les CCT du bâtiment, du nettoyage, des entreprises du commerce de détail (Coop, Migros, CCT cantonales et communales) et les CTT cantonaux pour l’agriculture. Les employeurs doivent en outre respecter les salaires d’usage de la branche et de la région, que l’on peut consulter sur <a href="http://www.salaire-uss.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.salaire-uss.ch</a>. 
</p><p>S’il n’existe pas de salaire minimum obligatoire (CCT ou CTT), l’USS recommande un salaire de Fr. 15.— bruts de l’heure pour les jeunes n’ayant pas terminé leur scolarité obligatoire et de Fr. 20.— pour les autres travailleurs et travailleuses non qualifiés. En effet, chaque travail mérite un salaire honnête. Le fait que ce soit un petit boulot de vacances ne justifie pas un salaire plus bas que pour un travailleur ou une travailleuses «&nbsp;normal&nbsp;». Ce que le jeune salarié fera ensuite de son salaire (p. ex. financer ses loisirs) non plus. 
</p><p>Enfin, il ne faut pas oublier les vacances, auxquelles chaque travailleur et chaque travailleuse a droit, même s’il occupe son emploi… pendant ses vacances. Si l’on est payé à l’heure (ce qui est en général le cas pour les petits boulots), un supplément de salaire de 10,64% (correspondant aux 5 semaines de vacances auxquelles ont droit les jeunes de moins de 20 ans) doit être payé en sus du salaire, ce que de nombreux employeurs oublient. Sur le décompte de salaire, ce supplément doit être identifiable comme tel. 
</p><p>&nbsp;</p><h3>Pour en savoir plus&nbsp;: &nbsp; </h3><p>www.jeunesse-syndicale.ch
</p><p>&nbsp;</p><p>Le syndicat Unia a édité une brochure destinée aux salariés payés à l’heure, que l’on peut consulter et commander ici&nbsp;: &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br><a href="http://www.unia.ch/Flexible-a-tout-prix.2569.0.html?&amp;L=1#c11838" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.unia.ch/Flexible-a-tout-prix.2569.0.html?&amp;L=1#c11838</a></p><p>La LTr&nbsp;: <a href="http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_11.html" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_11.html</a></p><p>L’OLT 5&nbsp;: <a href="http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_115.html" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_115.html</a></p><p>La liste des travaux dangereux interdits aux jeunes&nbsp;: &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_115_2.html" target="_blank" rel="noreferrer">www.admin.ch/ch/f/rs/c822_115_2.html</a></p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-281</guid><pubDate></pubDate><title>La cause n’est pas la libre circulation des personnes, mais une politique qui aggrave la récession </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-cause-n-est-pas-la-libre-circulation-des-personnes-mais-une-politique-qui-aggrave-la-recession</link><description>On peut combattre la pression sur les salaires et les conditions de travail en appliquant de manière conséquente les mesures d’accompagnement. Mais contre une politique d’austérité et d’absorption du pouvoir d’achat, qui aggrave la récession, ces dernières ne sont d’aucune utilité. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Avec son dernier rapport consacré aux effets de la libre circulation des personnes sur le marché suisse de l’emploi en 2008 (rapport de l’Observatoire), le SECO a surtout procédé à un aperçu rétrospectif d’une phase de bonne conjoncture. Mais il est très intéressant de connaître l’incidence &nbsp;de la libre circulation sur l’emploi et les conditions de travail en Suisse durant l’actuelle récession. Le fait est qu’en cas de récession, la pression sur les salaires et les conditions de travail augmente à cause du chômage élevé, ce qui est un phénomène largement indépendant de l’existence d’un marché de l’emploi ouvert ou non. Pour la première fois dans l’histoire de la Suisse cependant, dans l’actuelle récession, nous disposons avec les mesures d’accompagnement d’un instrument qui nous permet de lutter contre cette pression. Les commissions paritaires et les cantons peuvent mettre à jour les cas de sous-enchère salariale et les combattre si elles appliquent de manière conséquente ces mesures. 
</p><p>Toutefois, le danger à proprement parler pour la sécurité de l’emploi et les conditions de travail suisses ne vient pas de l’extérieur, mais de l’intérieur. L’an prochain, la crise risque de s’aggraver dramatiquement à cause de la politique financière des pouvoirs publics. L’État va se mettre à moins dépenser et les caisses-maladie absorberont une part importante du pouvoir d’achat des gens. Cette politique d’austérité et de «&nbsp;vampirisation&nbsp;» de la population amplifiera la récession, et coûtera près de 50&nbsp;000 emplois si le gouvernement et le parlement ne font rien contre elle. 
</p><h3>La mauvaise politique</h3><p>L’actuelle récession place la politique suisse du marché de l’emploi devant une épreuve difficile. Dans ses prévisions, le Conseil fédéral s’attend, pour 2010, à ce que le nombre des chômeurs et chômeuses dépasse les 200&nbsp;000. Du jamais vu&nbsp;! En sont responsables les gouvernements et parlements aux niveaux fédéral, cantonal et communal. Avec la baisse du pouvoir d’achat à hauteur de milliards de francs (hausses des primes maladie, pas de rétrocession rapide du produit de la taxe sur le CO2) et les programmes d’austérité qui se profilent aux plans cantonal et communal, les pouvoirs publics créeront encore plus de chômage au lieu de le combattre. 
</p><p>Avec un chômage important qui touchait près de 100&nbsp;00 personnes à l’automne 2008. la Suisse a déjà entamé un fléchissement conjoncturel. Lors de la dernière reprise, le chômage ne s’est que faiblement résorbé, alors que, comparativement, le PIB et l’emploi augmentaient fortement. C’est là surtout une conséquence du démantèlement des prestations de sécurité sociale. Ces dernières années, l’âge de la retraite des femmes a été relevé, l’octroi de rentes AI s’est fait plus restrictif et les âges réglementaires donnant droit à une rente de la prévoyance professionnelle ont été relevés. La conséquence en fut qu’en 2007, près de 50&nbsp;000 personnes de plus qu’auparavant se sont trouvées sur le marché de l’emploi ou à l’assurance-chômage. Par contre, une concurrence sans merci de la main-d’œuvre indigène par des travailleurs et travailleuses de l’Union européenne (UE) ne devrait guère avoir joué de rôle ici. Sous le régime de la libre circulation des personnes aussi, les salarié(e)s de l’UE n’obtiennent d’autorisation de séjour que s’ils ont un emploi en Suisse. Ce qui est en revanche nouveau, c’est que&nbsp;: a) les agences de travail temporaire peuvent recruter du personnel dans l’UE et, b), les entreprises étrangères peuvent travailler en Suisse jusqu’à 90 jours (entreprises détachant de la main-d’œuvre). Le volume de travail fourni ici ne correspond toutefois qu’à 15&nbsp;000 emplois environ. La levée des contingents appliqués jusqu’en juin 2007 n’a guère influé sur l’immigration, car, par le passé, ces contingents n’étaient dans l’ensemble pas épuisés. Elle a uniquement conduit à un transfert des autorisations pour un séjour durable en autorisations pour des séjours de courte durée. 
</p><p>On a introduit les mesures d’accompagnement pour empêcher que la main-d’œuvre indigène ne soit soumise à une concurrence sans merci et q&nbsp;&nbsp; ue les conditions de travail ne se dégradent. Avec des contrôles et des sanctions, on peut garantir le respect des mêmes conditions d’embauche par tous les employeurs. Si la main-d’œuvre indigène et celle étrangère doivent être engagées aux mêmes conditions, il vaut alors la peine pour les employeurs suisses de renoncer à recruter du personnel à l’étranger et les entreprises qui détachent des travailleurs et travailleuses en Suisse n’ont pas d’avantage concurrentiel par rapport aux employeurs indigènes.
</p><p>Par le passé, l’immigration de main-d’œuvre étrangère a rapidement réagi lorsque la situation économique suisse se dégradait, le solde migratoire des années 1996 et 1997 ayant même été négatif. En ce qui concerne la situation actuelle, on remarque déjà la présence d’indices qui laissent clairement entendre que l’immigration devrait fortement reculer. Selon le type de séjour, les reculs oscilleront entre 15 et 30 pour cent. Car, pour la libre circulation des personnes aussi, aucune autorisation de séjour n’est délivrée à une personne dépourvue d’un emploi sur la durée en Suisse. Et si moins d’emplois sont créés, l’immigration diminue obligatoirement.
</p><h3>Des contrôles plus fréquents</h3><p>De manière générale, n’oublions pas que s’il n’y avait pas de libre circulation des personnes, il n’y aurait pas non plus d’accords bilatéraux avec l’UE. La conséquence en serait que les entreprises suisses d’exportation devraient faire face à encore plus de difficultés pour vendre leur production dans l’UE qu’elles n’en rencontrent aujourd’hui déjà avec l’actuelle crise. Cela étant, la réponse à la question de savoir dans quelle mesure la libre circulation des personnes aura une incidence négative sur la main-d’œuvre étrangère durant la crise dépend essentiellement de l’application des mesures d’accompagnement. Si les autorités ne font rien pour empêcher que les conditions suisses de travail soient respectées, il faut s’attendre à ce que celles-ci se dégradent. Par exemple, la hausse de 20 pour cent du nombre des contrôles promise par le Conseil fédéral lors de l’extension de la libre circulation des personnes à la Roumanie et à la Bulgarie doit devenir le plus rapidement possible réalité. Il faut surtout que les employeurs suisses soient plus souvent contrôlés, parce que ce sont eux qui occupent la majorité du personnel dans ce pays. En outre, il faut édicter avec fermeté des salaires minimaux dans les secteurs où les salaires sont sous pression. Tant la convention collective de travail pour le travail temporaire que le contrat-type de travail dans l’économie domestique doivent être le plus rapidement possible déclarés de force obligatoire pour la totalité des employeurs concernés. Et les nombreuses infractions dans le secteur de la santé et de l’action sociale découvertes en 2007 nécessitent la mise en place de mesures de protection supplémentaires. 
</p><p>L’an prochain, la politique économique et la politique sociale joueront un rôle déterminant pour l’évolution du chômage. Si le Conseil fédéral et les Chambres fédérales persistent dans leur politique d’austérité et d’absorption du pouvoir d’achat, qui amplifie la récession, le chômage augmentera fortement. L’Union syndicale suisse exige par conséquent un train de mesures de relance qui permette de lutter contre le chômage, au lieu d’y faire basculer toujours plus de monde.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-275</guid><pubDate></pubDate><title> La protection des travailleurs et travailleuses n’a pas à être « bagatellisée »</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-protection-des-travailleurs-et-travailleuses-n-a-pas-a-etre-bagatellisee</link><description>Les Chambres fédérales ont adopté l’automne passé une loi fédérale qui ne protège pas de manière satisfaisante la population du tabagisme passif. C’est pourquoi une vaste alliance de plus de 40 organisations a lancé, au mois de mai, une initiative populaire « Protection contre le tabagisme passif », qui demande une protection globale de tous les salarié(e)s, ainsi qu’une réglementation claire et uniforme  pour toute la Suisse. </description><content:encoded><![CDATA[<p>La loi sur la protection contre le tabagisme passif adoptée par les Chambres fédérales le 3 octobre 2008 ne mérite pas son nom. Elle autorise la fumée dans les locaux d’une surface inférieure à 80m2 et toutes les entreprises de l’hôtellerie-restauration pourront continuer à avoir des locaux fumeurs. Des serveuses et serveurs continueront donc à y travailler dans la fumée des cigarettes, mettant ainsi leur santé en danger. Selon cette loi, aucun travailleur ni aucune travailleuse ne pourra toutefois y être contraint. Ici, la règle sera certainement de passer d’abord par des «&nbsp;volontaires&nbsp;». La loi prévoit que les employé(e)s travaillant dans des locaux fumeurs devront donner leur consentement par écrit. Selon le Parlement fédéral, ce dernier devra être stipulé dans le contrat de travail, ce qui garantira que les personnes concernées s’exposeront librement au tabagisme passif. Bref, une «&nbsp;bagatellisation&nbsp;» de la protection des travailleuses et travailleurs. 
</p><h3>Des consentements «&nbsp;librement&nbsp;» donnés</h3><p>Pour l’Union syndicale suisse (USS), cette façon de procéder avec la protection des travailleuses et travailleurs est non seulement cousue de fil blanc, mais parfaitement déloyale. Il est clair que, dans un contrat de travail, il n’y a pas de consentement «&nbsp;librement&nbsp;» donné. Ici, le ou la salarié(e) occupe toujours la position la plus faible. Lorsque l’on travaille, c’est pour en vivre, raison pour laquelle on accepte parfois des conditions de travail de moins bonne qualité – c’est-à-dire malsaines -, parce que l’on n’a pas le choix. Surtout aujourd’hui. En effet, pendant une crise économique, la principale maxime est&nbsp;: «&nbsp;Marche ou crève&nbsp;!&nbsp;».
</p><p>Qui donc risquera son emploi en refusant de travailler dans des locaux fumeurs&nbsp;? Sans doute personne. Les expériences faites avec le travail de nuit et du dimanche le montrent bien, car là aussi, il s’agit uniquement de personnes ayant «&nbsp;librement choisi&nbsp;». De fait, malgré son impopularité auprès des salarié(e)s, ce type de travail a explosé en Suisse.
</p><p>De même, il est clair que la responsabilité en matière de protection de la santé au travail ne peut pas être reportée sur les salarié(e)s eux-mêmes. Outre l’obligation de verser un salaire, celle de veiller à leur santé fait partie des obligations fondamentales de l’employeur. Impossible donc de la déléguer aux travailleurs et travailleuses en les contraignant à donner leur consentement à des atteintes à leur santé. &nbsp;
</p><h3>Un modèle dangereux</h3><p>L’USS craint que cette manière d’agir ne fasse école. On pourrait s’imaginer ainsi, par exemple dans le cas de travaux de désamiantage, qu’au lieu de prendre toutes les mesures de protection existantes, des employeurs exhortent désormais leurs employé(s) à donner leur consentement par écrit à de telles activités et s’offrent par là à bon marché un certificat de bonne conscience concernant des travaux malsains et dangereux. Pour toutes ces raisons, l’USS rejette cette loi et soutient l’initiative populaire «&nbsp;Protection contre le tabagisme passif&nbsp;» lancée par une quarantaine d’organisations actives dans les domaines de la santé, de la prévention, de la protection des consommateurs et consommatrices, ainsi que de jeunes et de parents. 
</p><p>Si l’initiative passe, les travailleurs et travailleuses ne seront plus confrontés à un dilemme&nbsp;: protection de leur santé ou maintien de leur emploi. En outre, elle mettra un terme à l’actuel capharnaüm des prescriptions cantonales divergentes, car elle demande une réglementation uniforme et efficace pour tout le pays. Son but est qu’en Suisse, tous les locaux fermés accessibles au public ou servant de lieux de travail soient non fumeurs. Les entrepreneur(e)s de l’hôtellerie-restauration pourront cependant aménager des «&nbsp;fumoirs&nbsp;» où aucun service ne sera assuré. Chaque signature pour cette initiative est un geste en faveur d’une protection efficace des travailleurs et travailleuses. 
</p><p>Des listes de signatures peuvent être commandées sous&nbsp;: www.sansfumee-oui.ch.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-273</guid><pubDate></pubDate><title>Aggravation de la situation</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/aggravation-de-la-situation</link><description>Si le nombre de syndicalises assassinés dans le monde en 2008 a été inférieur à celui de 2007, les licenciements et les incarcérations pour activité syndicale ont augmenté. Le rapport annuel de la Confédération syndicale internationale (CSI)  s’attend cependant à des « éclaircies », notamment  aux États-Unis et en Australie. Quant à la Suisse, elle est aussi montrée du doigt, à juste titre. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Selon le rapport annuel de la CSI, 2008 a une nouvelle fois été une année dangereuse pour les syndicalistes. Des violations des droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses ont en effet été constatées dans 143 pays.
</p><h3>Des assassinats trop souvent «&nbsp;ignorés&nbsp;» par les gouvernements&nbsp;!</h3><p>Sur toute la planète, 76 syndicalistes ont été assassinés en 2008 (2007&nbsp;: 91) en raison de leurs actions de défense des droits des travailleurs et travailleuses. Pour la seule Colombie, ce nombre est de 49 (2007&nbsp;: 39), ce qui en fait le pays le plus dangereux sur terre pour les syndicalistes. Au Guatemala, neuf syndicalistes ont été assassinés et quatre aux Philippines ainsi qu’au Venezuela, trois au Honduras, deux au Népal et un en Irak, au Nigeria, au Panama, en Tunisie et au Zimbabwe. Dans bien des cas, les gouvernements ont été directement ou indirectement impliqués dans ces assassinats. Cinquante graves menaces de mort ont été recensées en tout dans sept pays, conjointement avec 100 cas d’agressions physiques dans 25 pays. 
</p><p>Les gouvernements d’au moins neuf pays (Birmanie, Burundi, Chine, Cuba, Iran, Corée du Sud, Tunisie, Turquie et Zimbabwe) ont été responsables de l’emprisonnement de syndicalistes en raison de leurs activités légitimes en faveur des travailleurs et travailleuses. Selon Guy Ryder, secrétaire général de la CSI&nbsp;: «&nbsp;les autorités (…) sont, dans certains cas, complices des assassinats avec des employeurs sans scrupules.&nbsp;»
</p><h3>Licenciements systématiques</h3><p>Quelques 7500 cas de licenciements de travailleurs et travailleuses impliqués dans des activités syndicales ont été enregistrés dans 68 pays, dont 20 rien qu’en Afrique. Ces cas ne sont toutefois que la partie visible de l’iceberg dans la mesure où de nombreux autres licenciements ne sont pas rapportés. Le pays qui détient le record a été la Turquie, où plus de 2000 licenciements ont été rapportés et où le gouvernement est resté intolérant à l’égard des activités syndicales en général. En Indonésie (600 cas), au Malawi, au Pakistan, en Tanzanie et en Argentine aussi, des centaines de syndicalistes ont été licenciés pour leurs activités légitimes. 
</p><p>En Birmanie, en Chine, au Laos, en Corée du Nord, au Vietnam, ainsi que dans d’autres pays, seuls les syndicats officiels contrôlés par l’État sont autorisés, alors qu’en Arabie saoudite, de réelles activités syndicales demeurent pratiquement impossibles. Au Belarus, on observe toujours une intense ingérence du gouvernement dans les affaires syndicales. 
</p><h3>Des menaces spécifiques</h3><p>La CSI mentionne en outre l’impact de la crise financière mondiale, qui s’est fait sentir fin 2008, exerçant une pression supplémentaire sur la sécurité de l’emploi, les salaires et les conditions de travail. La tendance à bafouer gravement les droits des travailleurs et travailleuses dans les zones franches d’exportation s’est renforcée en 2008, ce qui concerne notamment&nbsp;: l’Albanie, les Bahamas, le Belize, le Costa Rica, le Guatemala, le Honduras, la Jamaïque, la Jordanie, le Mexique, le Nicaragua, la Pologne, la République dominicaine, le Salvador et le Sultanat d’Oman. Mais encore&nbsp;: 22 autres pays ont été critiqués en raison de l’exploitation des travailleurs et travailleuse migrants qui, généralement, ne bénéficient même pas des droits les plus fondamentaux pour se défendre.
</p><h3>Quelques lueurs d’espoir</h3><p>Et dans les pays industrialisés&nbsp;? Le rapport de la CSI note une augmentation du recours aux agences de sous-traitance de main-d’œuvre, une pratique qui sape les salaires, les conditions de travail et les droits au travail. Du côté positif, il convient de mentionner que les changements de gouvernement en Australie et aux États-Unis font espérer de nouvelles protections pour les travailleurs et travailleuses dans ces deux pays où les niveaux s’étaient avérés extrêmement bas ces dernières années. 
</p><p>Un certain optimisme est de mise concernant le Burkina Faso, le Kenya et le Mozambique, qui reconnaissent et autorisent désormais la syndicalisation, tandis qu’aux Maldives, la nouvelle constitution du pays garantit la liberté syndicale et le droit de grève. 
</p><h3>Suisse&nbsp;: affligeant</h3><p>Certes la situation en Suisse ne se caractérise pas par des assassinats ou autres incarcérations de syndicalistes. Le rapport du CSI constate toutefois que tout n’y est pas rose&nbsp;: «&nbsp;Aucun progrès n’a été accompli pour améliorer la protection juridique contre les licenciements antisyndicaux. Plusieurs syndicalistes, dans au moins cinq entreprises, ont perdu leur emploi durant l’année [2008]. Les mesures visant à empêcher les syndicats de se rendre sur les lieux de travail sont en hausse. Le géant du commerce de détail Migros s’est une nouvelle fois distingué par ses politiques antisyndicales.&nbsp;»
</p><p>Source&nbsp;: &nbsp;http://survey09.ituc-csi.org
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-550</guid><pubDate></pubDate><title>Salaires minimums : situation et mesures requises. Rapport d’expert(e)s de l’USS sur les salaires minimums  (version abrégée) </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/salaires-minimums-situation-et-mesures-requises-rapport-d-expert-e-s-de-l-uss-sur-les-salaires-minimums-version-abregee</link><description>DOSSIER N° 80</description><content:encoded><![CDATA[<p class="Texte"><span lang="FR-CH">Le présent <i>Dossier</i> constitue la version abrégée du rapport «&nbsp;</span><span lang="FR-CH">Mindestlohn – Situation und Handlungsbedarf - Bericht der SGB-Expertengruppe Mindestlohn&nbsp;» (publié uniquement en allemand). Le groupe d’expert(e)s qui a rédigé ce rapport était composé des personnes suivantes&nbsp;: </span><span lang="FR-CH">Doris Bianchi, Stefan Giger, Daniel Lampart, Danièle Lenzin, Alessandro Pelizzari, Andreas Rieger et Georges Tissot. Il a bénéficié du soutien rédactionnel de Doris Bianchi, Daniel Lampart, Isabel Martinez, Gabriela Medici et Jean Christophe Schwaab. Cette version a pour but de présenter les résultats du rapport sous une forme ramassée.&nbsp;</span></p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-222</guid><pubDate></pubDate><title>Demi-échec au Parlement fédéral </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/demi-echec-au-parlement-federal</link><description>En matière de sécurité sociale des acteurs culturels, un premier pas a certes été franchi au Parlement fédéral. Mais on n’est pas encore au bout de nos peines. Espérons que le nouvel arrivé sous la Coupole bernoise permettra de progresser sur ce dossier urgent. </description><content:encoded><![CDATA[<p>L’examen de la Loi sur l’encouragement de la culture (LEC) par le Conseil national s’est soldé sur un demi-échec. Certes, la disposition&nbsp;qui prescrit que la Confédération et Pro Helvetia devront désormais verser un pourcentage de leurs subventions artistiques à la caisse de pension ou à une autre forme de prévoyance professionnelle des artistes concernés a été confirmée. La Chambre du peuple a ainsi suivi la recommandation de sa commission et accepté la nouvelle mouture de l’article de loi. Ce faisant, elle a confirmé sa ligne, car c’est en effet de ses rang qu’était issue cette proposition qui était ensuite sortie légèrement modifiée des débats du Conseil des États. 
</p><p>Mais le Conseil national n’est malheureusement pas allé jusqu’au bout. Il a refusé pour la deuxième fois une motion demandant des améliorations de la couverture de sécurité sociale des travailleurs «&nbsp;atypiques&nbsp;», notamment les acteurs culturels. Pourtant, le Conseil des États l’avait acceptée et le Conseil fédéral ne s’y opposait pas. 
</p><p>Ce refus est doublement problématique. D’une part, parce que cette proposition risque d’être définitivement enterrée. En effet, une première mouture de la motion, déposée par la commission de la science, de l’éducation et de la culture du Conseil national ayant déjà été refusée au printemps 2009, il y a fort à parier que ce second échec sera fatal et qu’une nouvelle opportunité d’améliorer la sécurité sociale des artistes ne se représentera pas à court terme. D’autre part, le changement de titulaire du Département fédéral de l’intérieur (DFI) implique que les syndicats et les milieux culturels devront recommencer leur travail de conviction qui avait fini par payer auprès de M. Couchepin. Il faut désormais espérer que M. Burkhalter, le nouveau chef du DFI, sera sensible aux difficultés des acteurs culturels et acceptera de trouver des solutions pour que l’extinction des lumières de la scène ne laisse plus la place aux lacunes de couverture sociale.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Politique sociale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-552</guid><pubDate></pubDate><title>Négociations conventionnelles  et salariales 2010 / 2011 </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/negociations-conventionnelles-et-salariales-2010-2011</link><description>DOSSIER N° 78</description><content:encoded><![CDATA[<p class="Texte"><span lang="FR-CH">Le présent document entend récapituler les principaux résultats des négociations conventionnelles et salariales de l’an passé. Il se fonde sur une enquête réalisée par l’USS auprès de ses syndicats et ne concerne que les secteurs dans lesquels ces derniers concluent des conventions collectives de travail (CCT). Il a été tenu compte des résultats annoncés avant le 20 février 2011, dans la mesure où ils étaient disponibles.</span></p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-263</guid><pubDate></pubDate><title>Travailler 24 heures sur 24 ? Non merci !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/travailler-24-heures-sur-24-non-merci</link><description>Initiative Lüscher : l’USS et Unia critiquent vivement le Conseil fédéral</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) et Unia, le principal syndicat actif dans la branche du commerce de détail se félicitent que le Conseil fédéral refuse d’autoriser les ventes 24 heures sur 24 dans toute la Suisse. Mais il est quand même inacceptable que les échoppes situées sur les aires de repos des autoroutes ou «&nbsp;le long d’axes de circulation importants à forte fréquentation touristique&nbsp;» puissent, à l’avenir, occuper leur personnel 24 heures sur 24. Les syndicats invitent instamment le Parlement à rejeter ce projet.
</p><p>Vania Alleva, membre du comité directeur d’Unia, critique la décision du Conseil fédéral. Selon elle, le gouvernement ne respecte pas une liberté importante des travailleurs et travailleuses, celle de ne pas avoir à être disponible 24 heures sur 24. Obtenue de haute lutte, la limitation du travail nocturne et dominical se trouve ainsi vidée de son sens. Et le secrétaire central de l’USS Jean Christophe Schwaab d’exiger des Chambres fédérales qu’en raison de la forte résistance suscitée par ce projet, elles corrigent en plénum cette proposition idéologique à courte vue.
</p><p>Pour le Conseil fédéral, la vente de la totalité des articles doit être possible entre 1 et 5 heures dans les échoppes de stations-service situées sur les aires de repos des autoroutes et «&nbsp;le long d’axes de circulation importants à forte fréquentation touristique&nbsp;». Cette décision va certes moins loin que l’initiative parlementaire Lüscher. Il n’empêche que l’extension du travail de nuit est totalement inutile et erronée. Pour le personnel occupé dans ces commerces, ainsi que pour celui qui travaille dans des secteurs qui leur sont directement liés (nettoyage, livraison, sécurité), elle sera synonyme de plus de stress, de conditions de travail dégradées, de problèmes de santé et d’entraves à la vie de famille. En outre, le travail de nuit dans les échoppes de stations-service est dangereux, car les agressions y sont fréquentes.
</p><p>Il apparaît ainsi, le Conseil fédéral accorde plus d’importance aux intérêts de quelques chaines de magasins qu’à la protection des travailleurs et travailleuses. C’est d’autant moins compréhensible que l’écrasante majorité de la population ne veut pas d’extension du tout des heures d’ouverture des commerces. On le voit dans les résultats des votations de ces dernières années, lors desquelles 90&nbsp;% des projets de libéralisation des heures d’ouverture ont nettement fait naufrage. Les politiques aussi devraient enfin prendre connaissance de ces signaux clairs. 
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-554</guid><pubDate></pubDate><title>Rapport sur la réparation des revenus et de la fortune en suisse</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/rapport-sur-la-reparation-des-revenus-et-de-la-fortune-en-suisse</link><description>Dossier N° 77</description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis les années 1990, la répartition des revenus et de la fortune est devenue un des thèmes brûlants en Suisse. De vastes pans de la population ont depuis longtemps l’impression qu’ils n’ont plus assez d’argent pour vivre, alors que notre pays est toujours plus riche. Manifestement, l’argent finit dans d’autres poches que celles des bas et moyens revenus.&nbsp;C’est pour cela que l’Union syndicale suisse (USS) a décidé d’analyser la répartition des revenus et de la fortune.
</p><p>&nbsp;</p><p>Le dossier est en allemand avec un résumé français.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-556</guid><pubDate></pubDate><title>Des salaires décents et des rentes suffisantes ; Davantage de revenus pour vivre ; Assumer solidairement les risques de la vie </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-salaires-decents-et-des-rentes-suffisantes-davantage-de-revenus-pour-vivre-assumer-solidairement-les-risques-de-la-vie</link><description>DOSSIER N° 74</description><content:encoded><![CDATA[<p>Conférence de presse annuelle de l’USS du 5 janvier 2011</p>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Politique sociale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-562</guid><pubDate></pubDate><title>Négociations conventionnelles et salariales 2009 / 2010 </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/negociations-conventionnelles-et-salariales-2009-2010</link><description>DOSSIER N°68</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le document que vous tenez en main tente de récapituler les principaux résultats des négocia­tions conventionnelles et salariales de l’an passé. Il se fonde sur une enquête réalisée par l’USS auprès de ses fédérations et ne concerne que les secteurs dans lesquels ces dernières concluent des conventions collectives de travail (CCT). Il a été tenu compte des résultats annoncés avant le 20 février 2010, dans la mesure où ils étaient disponibles.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-218</guid><pubDate></pubDate><title>Des fonctionnaires patronaux coupés des réalités</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-fonctionnaires-patronaux-coupes-des-realites</link><description>Pour des raisons idéologiques, les fonctionnaires patronaux préconisent à longueur de journée un gel des salaires. Mais la réalité n’est pas de leur côté. Car deux tiers des entreprises de ce pays se portent bien et elles négocieront des hausses de salaire avec les syndicats.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les banques réalisent des profits de plusieurs milliards et leurs dirigeants veulent s’octroyer des bonus de même ampleur, comme si rien ne s’était passé. Dans l’industrie pharmaceutique, des bons résultats trimestriels sont annoncés. Le commerce de détail a connu un chiffre d’affaires en hausse tout au long de 2009. Dans le second œuvre du bâtiment, les salarié(e)s travaillent le samedi, car les patrons n’ont pas engagé de personnel supplémentaire. Dans le secteur des machines et des équipements électriques, secoué par la crise, seul un tiers des entreprises ont annoncé des mesures d’assainissement ou introduit le chômage partiel. L’analyse de l’USS se confirme&nbsp;: les deux tiers des entreprises font de bonnes — ou de satisfaisantes — affaires en 2009.
</p><p>Dans cette situation, des fonctionnaires patronaux veulent imposer un gel des salaires. Selon le directeur de l’Union suisse des arts et métiers, Monsieur Bigler, les augmentations de salaire doivent être l’exception. Les excédents de bénéfices doivent se retrouver exclusivement dans les poches des actionnaires et des hauts dirigeants.
</p><p>Des études montrent que les crises dans le secteur des exportations se transmettent au marché intérieur dans un délai de neuf mois à une année. Comme le chômage augmente et qu’en conséquence, le pouvoir d’achat s’affaiblit, les branches du commerce de détail, du bâtiment, des transports, etc. sont menacées par la crise dans un avenir proche. Ce risque serait massivement accru si aucune augmentation de salaire n’était accordée. Les accords salariaux de 2009 définissent le pouvoir d’achat en 2010. Un gel des salaires contracterait ainsi la clientèle des entreprises suisses, d’autant plus que l’augmentation des primes des caisses-maladie soustraira deux milliards de francs au pouvoir d’achat.
</p><p>Heureusement, les fonctionnaires des associations patronales sont très éloignés de la réalité des entreprises. On le voit déjà dans le cas de Coop, dont le personnel touchera un salaire plus élevé en 2010. Même le maître plâtrier-peintre ou le chef d’une entreprise d’isolation ne pourront pas expliquer à leurs salarié(e)s pourquoi ils doivent travailler le samedi sans obtenir pour autant un meilleur salaire. Les syndicats pourront donc négocier des hausses de salaire dans de nombreuses branches et entreprises.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-566</guid><pubDate></pubDate><title>Négociations conventionnelles et salariales 2008 / 2009 </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/negociations-conventionnelles-et-salariales-2008-2009</link><description>DOSSIER N° 64</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le document que vous avez sous les yeux tente de récapituler les principaux résultats des négocia­tions conventionnelles et salariales de l’an passé. Il se fonde sur une enquête réalisée par l’USS auprès de ses fédérations et ne concerne que les secteurs dans lesquels ces dernières concluent des conventions collectives de travail (CCT). Il a été tenu compte des résultats annoncés avant le 20 février 2009, dans la mesure où ils étaient disponibles.&nbsp; &nbsp;&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-567</guid><pubDate></pubDate><title>Conditions de travail favorisant la santé des travailleurs âgés </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/conditions-de-travail-favorisant-la-sante-des-travailleurs-ages</link><description>Dossier N° 63</description><content:encoded><![CDATA[<p>Dans les pays européens industriellement très développés, la répartition de la population par âge se décale vers le haut. Cette tendance se remarque également en Suisse et subsistera durant les prochaines décennies. De ce fait, dans les entreprises, l’âge du personnel s’élève. Le présent rapport de base fournit un résumé des études et enquêtes majeures, suisses et étrangères, traitant sous leurs divers aspects les capacités des travailleurs âgés. Il examine le lien entre les conditions de travail et les aspects de la santé ainsi que leurs répercussions sur les travailleurs âgés. La définition courante considère les travailleurs comme âgés à partir de 50 ans.
</p><p>Ce rapport informe le public de la position de l’USS et sert de document de base pour les revendications envers les partenaires sociaux et le monde politique. Il a été initié dans le cadre d’un programme prioritaire de la Commission spécialisée en protection de la santé et sécurité au travail de l’USS, ayant pour thème «&nbsp;Des postes de travail sains et sûrs pour les travailleurs âgés&nbsp;». En 2007, le programme prioritaire a été soutenu financièrement par la Suva.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-211</guid><pubDate></pubDate><title>Contre la discrimination sur le lieu de travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/contre-la-discrimination-sur-le-lieu-de-travail</link><description>Les salarié(e)s séropositifs ont aussi droit à un climat de travail exempt de toute discri-mination et l’USS s’engage à ce que leurs droits soient respectés.</description><content:encoded><![CDATA[<p>En Suisse, environ 25’000 personnes sont séropositives ou vivent avec le sida. Ce sont surtout des adultes en âge de travailler. Près de 70&nbsp;% des personnes séropositives sont professionnellement actives, le plus souvent à plein temps. Grâce aux progrès du traitement médical, elles peuvent généralement vivre et travailler normalement durant des années et des décennies. Toutefois, nombre d’entre elles, la réalité quotidienne est encore faite de rejet, d’exclusion, de violation de la protection des données et de discriminations. C’est la raison pour laquelle l’USS s’engage, afin que les salarié(e)s séropositifs puissent réellement bénéficier de leurs droits.
</p><h3>Risque de transmission</h3><p>Le risque effectif de transmission de la séropositivité dans la vie professionnelle est souvent surestimé. Dans la plupart des professions, il est pratiquement nul. Même dans le domaine médical, le risque d’une contamination par piqûre infectée est inférieur à 0,3&nbsp;%. Logiquement, il n’y a donc pas en Suisse de professions interdites aux personnes séropositives. Les employeurs ne peuvent exiger de test VIH des postulant(e)s à un emploi et/ou leur poser des questions concernant leur statut VIH. Ces tests ne permettent pas de déterminer l’aptitude au travail du moment. Si la question est néanmoins posée, le ou la postulant(e) a le droit de donner une réponse erronée.
</p><h3>Travail quotidien/absences</h3><p>L’infection par le VIH n’a généralement pas d’influence sur l’aptitude au travail de la personne touchée, qui ne tombe pas plus souvent malade que les autres. Le succès de la thérapie dépend de manière décisive de la prise régulière et systématique des médicaments prescrits. Il est essentiel que les salarié(e)s reçoivent un soutien afin de pouvoir suivre le plus fidèlement possible le plan thérapeutique. Cela implique surtout la possibilité de prendre discrètement ses médicaments ou des collations en dehors des heures de repas officielles, lorsque les médicaments ne peuvent être absorbés à jeun. Les changements de rythme de travail doivent être prévisibles, afin que les personnes concernées puissent, si nécessaire, adapter leur plan thérapeutique. Cela vaut aussi pour les éventuelles heures supplémentaires.
</p><p>On recommande aux malades de se soumettre régulièrement (tous les trois mois) à un contrôle médical et à un examen du système immunitaire. Si ces rendez-vous médicaux ne peuvent être pris que durant les horaires de travail réguliers, ils doivent pouvoir se faire sans déduction de salaire. Pour les autres absences pour maladie, les personnes séropositives sont soumises aux règles habituelles concernant la perte de salaire. Dans des cas concrets, il est possible et souhaitable qu’à travers une organisation plus flexible du travail, le nombre des absences soit réduit.
</p><h3>Protection des données</h3><p>Les questions sur le statut sérologique de la personne sont contraires au droit. De même, la diffusion de la connaissance d’une infection par le VIH à un tiers sans consentement explicite de la personne concernée représente une atteinte à la personnalité et une violation de la loi sur la protection des données. La connaissance de l’infection ne peut en aucune circonstance être transmise à quiconque.
</p><h3>Indemnités journalières/caisses de pensions</h3><p>Les caisses de pensions et les assurances peuvent se renseigner sur l’état de santé en ce qui concerne la partie surobligatoire. Les réponses à ces questions doivent correspondre à la vérité. Les médicaments modernes font de la séropositivité une maladie chronique, la plupart du temps soignable. Dans de nombreux cas, les assurances continuent de considérer, malgré tout, les personnes séropositives comme des malades en fin de vie. Celles-ci ne peuvent conclure d’assurance complémentaire. En outre, des problèmes surgissent régulièrement au sujet des indemnités journalières de l’assurance de l’entreprise, ainsi qu’en matière d’exclusions. Cela met en danger de manière inadmissible la sécurité sociale des personnes vivant avec le VIH ou le sida . Les collaboratrices et collaborateurs séropositifs ne doivent pas être discriminés. Cette absence de discrimination peut résulter de l’affiliation à une assurance d’indemnités journalières collective qui renonce à l’enquête sanitaire auprès des salarié(e)s. Cela représente de plus une meilleure solution pour l’entreprise, car le risque de versement du salaire en cas de maladie reste calculable. Pour les salarié(e)s exclus de l’assurance des indemnités journalières, c’est l’entreprise elle-même qui doit payer.
</p><h3>Discrimination/harcèlement psychologique</h3><p>Malgré les campagnes d’information, la méconnaissance du VIH, ainsi que les peurs conscientes ou inconscientes d’une contamination, conduisent à la diffusion de rumeurs et de préjugés dont découlent assez souvent des comportements discriminatoires et des attitudes dévalorisantes. Le harcèlement psychologique peut avoir des effets importants sur l’estime de soi de la personne qui le subit et générer des maladies physiques et psychiques. Les employeurs doivent donc encourager une communication ouverte dans l’entreprise et fournir les informations permettant d’éliminer les craintes infondées.
</p><h3>Protection contre les licenciements </h3><p>Les personnes séropositives ne peuvent être licenciées au seul motif de leur infection. Les licenciements signifiés pour des raisons inhérentes à la personnalité sont abusifs (art. 336 du CO). Dans ce cas, le ou la salarié(e) peut réclamer une indemnité de six mois de salaire. Pendant les périodes où la personne touchée ne peut fournir, partiellement ou totalement, sa prestation de travail pour cause de maladie, elle ne peut pas être congédiée pour d’autres raisons non plus. Dans ce cas, le licenciement est nul et le rapport de travail continue d’exister, comme si le congé n’avait pas été donné.
</p><h3>Aide aux personnes touchées/informations</h3><p>L’Aide suisse contre le sida (ASS) réalise des projets de prévention contre le VIH et le sida et s’engage au côté des personnes touchées, pour leurs besoins, leurs droits et l’égalité de traitement dans la société. Elle dispose d’un service de conseil juridique et de centres d’accueil ou les personnes séropositives reçoivent conseils, formation et soutien sur les différents aspects de la vie après l’infection par le VIH. À l’adresse web <a href="http://www.workpositive.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.workpositive.ch</a>, elle publie une plate-forme, rédigée avec compétence, pour les employeurs et les salarié(e)s.
</p><h3>Sur la scène politique </h3><p>L’effet de la lutte contre les discriminations est toujours influencé par la volonté politique et la sensibilisation de la société à la nécessité de protéger les personnes séropositives. Mais la lutte contre les discriminations dans le domaine du travail nécessite aussi des instruments juridiques. État de droit moderne, la Suisse se doit d’offrir les mêmes chances initiales à tout le monde et de lutter contre les discriminations. C’est la raison de la position de l’USS pour une interdiction générale de discriminer au niveau législatif.
</p><p>L’épidémie de VIH/sida représente un des défis les plus difficiles au développement et au progrès social dans le monde. Il est donc essentiel de suivre et de participer aux efforts entrepris au niveau international. L’OIT prépare pour sa conférence de juillet 2010 des recommandations en matière de «&nbsp;sida sur le lieu de travail&nbsp;» à l’intention des États membres. Ici aussi, l’USS sera appelée à prendre activement position
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-574</guid><pubDate></pubDate><title>Salaires minimum en suisse</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/salaires-minimum-en-suisse</link><description>Dossier n° 56</description><content:encoded><![CDATA[<p>En 1997, l’économie suisse est sortie d’une récession d’une durée inhabituellement longue, de six années consécutives de stagnation. Cette longue crise n’a pas seulement fait grimper le chômage à un taux élevé, elle a aussi pesé de tout son poids sur l’évolution des salaires&nbsp;: entre 1991 et 1998, les salaires réels n’ont augmenté globalement que d’un pour-cent et demi. Comme la TVA a été introduite à la même époque et que les primes des caisses-maladie prenaient l’ascenseur, le revenu disponible des dix pour-cent de ménages actifs les plus pauvres a diminué de 5,2 pour cent entre 1990 et 1998. Conséquence, une forte croissance du nombre de salaires qui ne suffisent pas pour vivre. L a Suisse faisait face à un problème aigu de travailleurs pauvres, les working poor. Dans ce contexte, l’Union syndicale suisse (USS) a lancé en 1998 sa campagne sur les salaires minimaux et demandé qu’aucun salaire ne descende désormais au-dessous de 3000 francs.
</p><p>&nbsp;</p><p>Le dossier est en allemand avec un résumé français.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-576</guid><pubDate></pubDate><title>Négociations conventionnelles et salariales 2007 / 2008 </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/negociations-conventionnelles-et-salariales-2007-2008</link><description>DOSSIER N°54</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le document que vous avez sous les yeux tente de récapituler les principaux résultats des négocia­tions conventionnelles et salariales de l’an passé. Il se fonde sur un sondage réalisé par l’USS au­près de ses fédérations membres et ne couvre que les secteurs économiques dans lesquels ces der­niè­res ont conclu de nouvelles conventions collectives de travail (CCT). Il a été tenu compte des ré­sultats jusqu’au 15 février 2008, dans la mesure où ils étaient disponibles. Les principales abrévia­tions figurent sous le point 3.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-205</guid><pubDate></pubDate><title>D’abord beaucoup de bruit, puis beaucoup de placebos, mais pas d’actions…</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/d-abord-beaucoup-de-bruit-puis-beaucoup-de-placebos-mais-pas-d-actions</link><description>Le Conseil fédéral se lamente sur la libre circulation des personnes et prononce des oracles sur les rapports qu’elle entretient avec le chômage. Ce faisant, il ne pipe mot de ce qu’aucune ligne de l’accord bilatéral concerné ne lui interdit de lutter contre le chômage. Il préfère les placebos aux actions. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Mois après mois, la Suisse compte 5000 nouvelles personnes au chômage, qui seront plus de 200&nbsp;000 en 2010. Du jamais vu. Alors que, il y a 20 ans de cela, la Suisse connaissait un taux de chômage très bas en comparaison internationale, elle risque désormais toujours plus de glisser dans le milieu du peloton des nations. Plusieurs pays, dont par exemple le Danemark ou les Pays-Bas, sont déjà mieux classés que nous. 
</p><p>Le problème est «&nbsp;fait maison&nbsp;». La mauvaise politique conjoncturelle des années 1990 a provoqué une hausse massive du chômage. Jusqu’à la fin des années 1990, 300&nbsp;000 personnes sont arrivées en fin de droit&nbsp;; une grande partie d’entre elles n’a plus jamais retrouvé de place dans le monde du travail, une autre faisant la navette entre boulots précaires et chômage. En outre, depuis le nouveau millénaire, les prestations sociales se sont dégradées. Le relèvement de l’âge de la retraite des femmes et le durcissement de la pratique dans l’AI ont eu pour effet qu’il y a aujourd’hui environ 50&nbsp;000 personnes de plus qu’à la fin des années 1990 à avoir besoin d’un emploi. Ce qui restreint les chances d’en trouver un pour les nouveaux et nouvelles qui arrivent sur le marché du travail et débouche sur un transfert de l’AVS et de l’AI vers l’assurance-chômage. 
</p><h3>La logique de la droite aggrave les problèmes</h3><p>Ces dernières semaines, la libre circulation des personnes a été décrite, surtout par la droite politique, comme favorisant le chômage. L’UDC exige que l’accord s’y rapportant soit dénoncé. Le côté positif de tout cela est celui-ci&nbsp;: le fait que le chômage représente un problème important pour la Suisse est désormais politiquement reconnu aussi par l’extrême droite. Toutefois, si la politique du marché du travail suit la logique de la droite, le problème du chômage s’aggravera. Si l’accord sur la libre circulation des personnes est dénoncé, les Accords bilatéraux I tomberont et il sera plus difficile d’appliquer l’accord sur le libre échange. C’est surtout l’industrie d’exportation qui en souffrirait, elle qui, aujourd’hui déjà, subit de plein fouet la crise. Simultanément, à cause de la discussion sur l’immigration, il n’est pas possible d’activer de nouvelles mesures efficaces contre le chômage, comme par exemple le renforcement du pouvoir d’achat, une offensive de formation continue ou l’augmentation du nombre d’indemnités journalières en cas de chômage. Il est symptomatique que le Conseil fédéral ait fait savoir la semaine passée qu’il allait examiner au printemps 2010 s’il faut activer la clause de sauvegarde. C’est là purement et simplement un placebo inutile. En effet, comme il y a peu de travail en Suisse, l’immigration accuse un recul si prononcé que le seuil prévu par cette clause<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1509_DL_Libre-circulation.doc#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a> ne sera pas du tout atteint. 
</p><h3>Renforcer l’efficacité des mesures d’accompagnement</h3><p>Les syndicats ont réussi à imposer des mesures d’accompagnement pour contrer les effets négatifs de la libre circulation des personnes. Si les patrons doivent verser à la main-d’œuvre en provenance de l’Union européenne (UE) des salaires aussi élevés que pour la main-d’œuvre de Suisse, ils donneront alors la priorité à cette dernière. Mais si l’application des mesures d’accompagnement s’est améliorée, des lacunes importantes subsistent. Sanctionner les entreprises qui pratiquent la sous-enchère est un problème encore pendant. Les infractions aux contrats-type de travail ne sont punies d’une amende qu’en cas d’action civile. Il est toujours difficile de faire appliquer des sanctions à l’étranger, ainsi que contre des sous-entreprises. Une base légale est ici nécessaire pour que les autorités puissent infliger une amende en cas d’infraction à un contrat-type, pour introduire des cautions dans toutes les conventions collectives de travail (CCT) au champ d’application étendu (de force obligatoire), de même que pour mettre en place une responsabilité solidaire de l’employeur plus stricte. Dans les branches où il y a pression sur les salaires, des salaires minimaux doivent être prévus. Les CCT de force obligatoire des branches du nettoyage et de la sécurité privée doivent être étendues aux petites entreprises et, dans la santé et l’agriculture, ainsi que dans l’économie domestique et le travail temporaire, des salaires minimaux doivent être ancrés dans les CCT de force obligatoire ou dans les contrats-type. 
</p><p>Le secteur de la santé montre de manière exemplaire comment des employeurs recourent à une main-d’œuvre étrangère pour pouvoir maintenir en Suisse leurs mauvaises conditions de travail. Une étude réalisée en septembre 2009 par l’institut gfs.berne Recherche en politique, communication et société pour H+ Les Hôpitaux de Suisse montre clairement que de nombreux hôpitaux ont de la peine à trouver du personnel soignant, parce que les horaires de travail ne sont pas attrayants, les salaires étant, quant à eux, trop bas. Dans les hôpitaux suisses aussi, il est courant de licencier des femmes médecins enceintes, les postes devenus vacants étant repourvus avec des médecins de l’UE.
</p><p>Dans ce contexte, la pratique du grand écart mise en œuvre par l’UDC mérite notre attention. Lors de sa toute dernière assemblée des délégués, ce parti nous a resservi, en la célébrant, la vieille répartition surannée des rôles entre hommes et femmes. Ces dernières devraient ainsi à nouveau s’occuper exclusivement du ménage et des enfants. Et lors de la même assemblée, l’UDC a demandé que l’accord sur la libre circulation des personnes soit dénoncé. Mais qui devra faire le travail actuellement fourni par les femmes dans leur profession, si celles-ci s’occupent à nouveau exclusivement du ménage et des enfants&nbsp;?
</p><h3>Le problème, ce n’est pas de pouvoir, mais de vouloir</h3><p>Les syndicats continueront à se battre pour de meilleures conditions de travail et des mesures de lutte contre le chômage. C’est là l’unique manière de protéger les travailleurs et travailleuses contre les conséquences négatives de la crise. À cet égard, l’accord sur la libre circulation des personnes ne constitue pas un obstacle. La Suisse a le droit de faire tout son possible pour lutter contre le chômage, pour autant qu’elle ne discrimine pas la main-d’œuvre de l’UE par rapport à celle indigène. Si elle le veut, elle peut étendre un filet de salaires minimaux sur l’ensemble du pays, créer des garanties pour l’emploi, introduire des dispositions de protection contre le licenciement, etc. Et elle peut également décider librement de mesures de soutien à la conjoncture. Le Conseil fédéral et les Chambres doivent faire leur travail, maintenant. Le bilan des mesures déjà prises contre la crise est clairement insuffisant.
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1509_DL_Libre-circulation.doc#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1"><sup>[1]</sup></a> Seuil permettant la réintroduction de contingents si un certain pourcentage d’autorisations de séjour par rapport à une moyenne calculée sur les trois années précédentes est dépassé.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-584</guid><pubDate></pubDate><title>Négociations conventionnelles et 	salariales 2006 / 2007 </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/negociations-conventionnelles-et-salariales-2006-2007</link><description>DOSSIER N° 46</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le document que vous avez sous les yeux tente de récapituler les principaux résultats des négocia­tions conventionnelles et salariales de l’an passé. Il se fonde sur un sondage réalisé par l’USS au­près des fédérations membres et ne couvre que les secteurs économiques dans lesquels ces derniè­res ont conclu de nouvelles conventions collectives de travail (CCT). Il a été tenu compte des résultats jusqu’au 20 février 2007, dans la mesure où ils étaient disponibles.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-586</guid><pubDate></pubDate><title>Argumentaire : Loi fédérale sur la coopération avec l’Europe de l’Est </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/argumentaire-loi-federale-sur-la-cooperation-avec-l-europe-de-l-est</link><description>Dossier Nº 44</description><content:encoded><![CDATA[<p>Après l’effondrement du «&nbsp;socialisme réel&nbsp;» en Europe de l’Est et en Asie centrale, le parle­ment a décidé que la Suisse devait encourager le passage à la démocratie et à l’économie so­ciale de marché dans les anciens pays communistes (aide à la transition). Pour ce faire, depuis 1989, il a accordé des crédits-cadres et des crédits additionnels d’un montant total de 3,45 milliards de francs. Le 24 mars 1995, il a créé une première base légale sous forme d’arrêté fédéral de portée générale de durée limitée. Chaque année, ce sont 200 millions qui sont dé­pensés au titre de l’aide à la transition.
</p><p>Cet arrêté fédéral vient à expiration début mars 2008 et doit être reconduit. Cela se fera à tra­vers la nouvelle loi fédérale sur la coopération avec les États d’Europe de l’Est (en bref, loi sur la coopération avec l’Europe de l’Est), dont la durée est limitée à 10 ans. L’UDC et l’ASIN ont saisi le référendum contre cette loi. La votation du 26 novembre porte donc sur cette loi.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-195</guid><pubDate></pubDate><title>Victoire après onze jours de grève !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/victoire-apres-onze-jours-de-greve</link><description>Au début, il y avait même deux grèves à l’aéroport international de Genève (AIG), dans deux entreprises d’assistance au sol. Celle de Dnata n’a duré que 2 jours, une solution ayant rapidement pu être trouvée. Par contre, celle de Swissport n’a pris fin que le 13 janvier. Le Syndicat suisse des services publics (ssp) a encadré les grévistes dans leur combat avec, notamment, l’appui du SIT, d’Unia et d’autres organisations syndicales encore, ainsi que politiques. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Les revendications du personnel de Swissport - une hausse des salaires, l’abolition de la retenue salariale de 20&nbsp;% sur les trois premiers jours de maladie (soi-disant pour lutter contre l’absentéisme…), une amélioration des allocations pour travail irrégulier -, les grévistes n’ont pas craint de les porter à bout de bras en pleine période de fort trafic aérien (les vacances d’hiver). Et le 9 janvier, 300 personnes sont même venues manifester avec et pour les grévistes, cortège et discours à l’appui devant les portes de l’AIG. 
</p><p>Au final, une victoire, estime le ssp&nbsp;: suppression de la pénalité salariale de 20&nbsp;%, augmentation de 40 francs des salaires de base, introduction d’une prime de 100 francs pour port de charges, bonification supplémentaire de 35 centimes pour les heures de nuit et du dimanche. Bref&nbsp;: 190 francs de plus par mois. On ne peut que se féliciter de la détermination des grévistes et des syndicats, à qui l’Union syndicale suisse (USS) a d’ailleurs fait connaître son entière solidarité, sous la signature de son président et de son premier secrétaire, respectivement Paul Rechsteiner et Rolf Zimmermann. 
</p><p>Mais tout n’est sans doute pas fini à l’AIG du bout du lac où, dénoncent les syndicats, la concurrence effrénée à laquelle se livrent les compagnies d’aviation dégrade tant et plus les conditions de travail du personnel. 2010 pourrait, devrait, connaître d’autres conflits dans d’autres entreprises de l’aéroport. Syndicalement parlant, on pourrait, on devrait s’en réjouir, non&nbsp;?
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-592</guid><pubDate></pubDate><title>12 problèmes de politique salariale en Suisse </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/12-problemes-de-politique-salariale-en-suisse</link><description>Dossier Nº 38</description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis le début des années 90, les salaires, corrigés de l’inflation, ont pratiquement fait du surplace en Suisse&nbsp;: entre 1993 et 2004, les salaires réels ont augmenté en tout de quatre petits pour cent. À l’exception des banques, des assurances et de l’industrie chimique, les salaires ont stagné. De ce point de vue, les années 90 ont été une décennie perdue. Les comparaisons internationales font aussi apparaître cette croissance anémique. Entre 1995 et 2005, les salaires réels ont augmenté de 23% aux États-Unis, de 26% en Grande-Bretagne et même de 28% en Suède. Avec ses 4%, la Suisse se retrouve à la traîne, lâchée par le peloton. Même en Allemagne, championne du monde de la modération salariale, les salaires réels ont augmenté deux fois plus qu’en Suisse.&nbsp;
</p><p>Cette croissance molle des salaires a aggravé toute une série de problèmes de politique salariale.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-634</guid><pubDate></pubDate><title>Revendications salariales des syndicats de l’USS</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/revendications-salariales-des-syndicats-de-l-uss</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Quelles seront, lors des prochaines négociations - qui seront sans doute ardues dans certaines branches -, les revendications salariales des syndicats de l’USS&nbsp;? 
</p><p>Des représentants de divers syndicats de l’USS souhaitent non seulement vous présenter leurs revendications, mais aussi les justifier en fonction des branches concernées. Parallèlement, l’USS exposera les différentes situations dans lesquelles se trouvent les secteurs, ainsi que des revendications devant permettre d’endiguer les effets de la crise. Elle va notamment présenter des propositions de mesures économiques comme solutions de rechange sociales et appropriées aux baisses de salaire que les entreprises sont toujours plus tentées d’appliquer en leur sein. Ces propositions prennent en compte les problèmes de coûts rencontrés par les entreprises concernées. Finalement, les acteurs politiques sont aussi appelés à contrecarrer un nouveau recul du pouvoir d’achat. 
</p><p>En annexe, vous trouverez les discours de :</p><ul><li><b>Paul Rechsteiner,</b> président de l’USS, conseiller national</li></ul><ul><li><b>Daniel Lampart, </b>économiste en chef de l’USS</li></ul><ul><li><b>Andreas Rieger, </b>coprésident du syndicat Unia</li></ul><ul><li><b>Alain Carrupt, </b>président du Syndicat de la Communication</li></ul>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-594</guid><pubDate></pubDate><title>Droits fondamentaux et modernisation du droit suisse du tra-vail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/droits-fondamentaux-et-modernisation-du-droit-suisse-du-tra-vail</link><description>Dossier Nº 36</description><content:encoded><![CDATA[<p>En Allemagne, en France, en Italie, on observe un débat public et des mesures concernant l’affaiblissement des normes légales et conventionnelles protégeant les salariés, notamment contre les licenciements; rarement, l’allongement de la durée conventionnelle du travail s’accompagne d’une extension de la protection contre les licenciements économiques; une telle extension, pouvant aller, dans un exemple concret, jusqu’en 2012, a été qualifiée de «&nbsp;monstrueuse&nbsp;» par la Neue Zürcher Zeitung. <i>A chacun ses monstres</i>.
</p><p>Cela étant, le débat dans les pays qui nous entourent ne doit pas occulter le fait que, dans aucun de ces pays, aucune voix, même la plus réactionnaire, n’ose réclamer le droit, pratiqué en Suisse, de licencier sans motif ou pour un motif abusif. 
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-595</guid><pubDate></pubDate><title>Le développement du secteur des salaires bas, 1998 - 2002</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-developpement-du-secteur-des-salaires-bas-1998-2002</link><description>Dossier Nº 35</description><content:encoded><![CDATA[<p>En 1998, la politique salariale fut l’un des points abordés par l’Union syndicale suisse (USS), lors de son Congrès de Davos. À ce chapitre, les congressistes décidèrent entre autres de lancer une campagne contre les salaires inférieurs à 3000 francs. Suite à une longue période de stagnation, les bas salaires avaient aggravé la précarisation et la pauvreté en Suisse. Et la population avait toujours plus conscience de l’existence des «&nbsp;travailleurs pauvres&nbsp;», les «&nbsp;working poor&nbsp;». Après six années de récession et étant donné le fort taux de chômage à l’époque, les salarié(e)s qui touchaient des petits salaires risquaient de sortir bredouilles de la reprise économique annoncée, un danger alors renforcé par l’introduction attendue de la libre circulation des personnes avec les pays de l’Union européenne (UE). Il s’agissait donc, en lançant un débat public sur les bas salaires, de redresser la barre. Le but visé était de sortir la question salariale d’un contexte uniquement fédératif et de la &nbsp;«&nbsp;politiser&nbsp;». La mise en œuvre de la campagne sur les salaires minimaux s’est déroulée à divers niveaux.&nbsp;
</p><p>Le dossiers est en allemand avec un résumé en français.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-598</guid><pubDate></pubDate><title>Les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-mesures-d-accompagnement-a-la-libre-circulation-des-personnes</link><description>Dossier Nº 32</description><content:encoded><![CDATA[<p>Entré en vigueur en 2002, l’Accord sur la libre circulation des personnes prévoit l’abolition, depuis le 1er juin 2004, de la priorité accordée en Suisse aux travailleurs et travailleuses indigènes ainsi que du contrôle des conditions de travail et de salaire des ressortissant(e)s de l’Union européenne (UE).
</p><p>C’est en particulier la disparition du contrôle des conditions de travail et de salaire qui a amené le parlement helvétique à élaborer des mesures d’accompagnement. Jusqu’à fin juin 2004, le système de contrôle en vigueur des conditions de travail et de salaire de la main-d’œuvre provenant de l’étranger a reposé sur l’ordonnance du 6 octobre 1986 limitant le nombre des étrangers (OLE&nbsp;; RS 823.21). Le système de contrôle de l’OLE, qui s’applique toujours pour les ressortissant(e)s d’États tiers, est général&nbsp;; il prend effet dès la prise d’emploi et agit donc de manière préventive. Il est cependant discriminatoire, puisque seule la main-d’œuvre étrangère y est soumise. Les salarié(e)s suisses peuvent accepter un emploi à n’importe quelles conditions et sans contrôle administratif préalable.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-599</guid><pubDate></pubDate><title>Les CCT sont synonymes de protection, de progrès et de relations stables</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-cct-sont-synonymes-de-protection-de-progres-et-de-relations-stables</link><description>100 ans de conventions collectives de travail (CCT) – une « success story »</description><content:encoded><![CDATA[<p>«&nbsp;La CCT est la voie royale&nbsp;», a déclaré aujourd’hui, à Berne, le chef du Département fédéral de l’économie, le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann, lors de la journée organisée à l’occasion du centenaire des CCT. La Suisse a été le premier pays à ancrer de tels contrats dans la loi.
</p><p>Pendant la dernière décennie, les CCT ont connu un essor fulgurant, surtout grâce aux mesures d’accompagnement destinées à protéger les salaires et les emplois. Aujourd’hui, plus de la moitié des travailleurs et travailleuses profitent d’une CCT. Ce sont 1,7 million de personnes, dont les conditions de travail sont régies par une CCT. Et ces conditions sont supérieures au minimum prévu par la loi.
</p><p>«&nbsp;Grâce à l’inscription dans les CCT de salaires minimums, de la retraite anticipée et d’autres conquêtes, la situation des salarié(e)s de Suisse s’est nettement améliorée&nbsp;», a précisé Paul Rechsteiner, le président de l’Union syndicale suisse (USS). 
</p><p>Les CCT continuent leur développement&nbsp;; cela, dans la direction de la retraite anticipée, de l’égalité entre femmes et hommes, de l’adaptation des durées de travail ainsi que de la formation initiale et continue. Pour le conseiller fédéral Schneider- Amman, il est clair que «&nbsp;si nous soignons l’outil CCT, nous continuerons à figurer parmi les gagnants.&nbsp;»
</p><h3>Particulièrement important maintenant</h3><p>«&nbsp;Les avantages que présente des relations employeur(e)s/employé(e)s structurées et constructives sont flagrants, surtout dans une économie ouverte et fortement dépendante de l’exportation&nbsp;», a encore dit Thomas Daun, le directeur de l’Union patronale suisse. 
</p><p>Plus de 170 personnes provenant des milieux de l’économie, des autorités et de la science ont participé à la journée «&nbsp;100 ans de CCT. Les 100 ans d’un pilier du partenariat social&nbsp;», qui durera encore jusqu’à 17 heures. Les organisateurs en sont l’Union patronale suisse, l’USS et Travail.Suisse.
</p><p>Attaché, vous trouvez le <b>discours de&nbsp;Paul Rechsteiner</b>, président de l'USS, sur les CCT.</p><ul></ul>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-620</guid><pubDate></pubDate><title>La majorité des accords déjà conclus correspondent aux revendications</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-majorite-des-accords-deja-conclus-correspondent-aux-revendications</link><description>Négociations salariales 2010/2011 : bilan intermédiaire</description><content:encoded><![CDATA[<p>Aujourd’hui, les syndicats de l’Union syndicale suisse (USS) ont dressé un bilan intermédiaire des négociations en cours. Les accords conclus à ce jour montrent que les hausses obtenues se situent, pour leur majorité, dans la fourchette revendiquée par les syndicats de l’USS, soit entre 2 et 3&nbsp;%. Les hausses sont inférieures dans le secteur public, en raison de programmes d’austérité pour la plupart inutiles. L’écart qui se maintient entre les salaires du secteur public et ceux de l’économie privée va accentuer encore plus les problèmes de recrutement auxquels sont confrontés les pouvoirs publics (pénurie d’enseignant(e)s et de personnel soignant), estime Daniel Lampart, l’économiste en chef de l’USS.
</p><p>Daniel Lampart a aussi signalé que, dans les branches où les négociations se poursuivent, l’argent pour financer des augmentations de salaire correctes est bien là. La situation conjoncturelle s’améliorant aussi, il existe un grand besoin de rattrapage pour les salaires, constate le coprésident d’Unia, Andreas Rieger. C’est pourquoi le refus manifesté en la matière diverses branches des arts et métiers ainsi que par la Migros est d’autant plus incompréhensible. Giorgio Pardini, le vice-président du Syndicat de la Communication a qualifié l’accord conclu avec la Poste de signal important pour toute la branche des communications, un signal dont tous les services publics devraient à proprement parler s’inspirer.
</p><h3><b><span lang="FR-CH">Vue d’ensemble de divers accords salariaux conclus à ce jour</span></b></h3><p>&nbsp;</p><table class="contenttable"><thead><tr><th scope="col">Branche / entreprise</th><th scope="col">Résultat</th></tr></thead><tbody><tr><td><span>Coop (Unia)</span></td><td><p class="Text"><span lang="FR">Jusqu’à un salaire mensuel de Fr- 5000 CHF&nbsp;: au moins 3&nbsp;%</span></p><p class="Text"><span lang="FR">Travailleurs/travailleuses de longue date&nbsp;: jusqu’à 4,3&nbsp;%</span></p><p class="Text"><span lang="FR">Dès un salaire mensuel de Fr. 5000.-&nbsp;: au moins 2&nbsp;%</span></p></td></tr><tr><td><span>Constructions en bois (Unia)</span></td><td><p class="Text"><span lang="FR">Jusqu’à 10 ans d’expérience professionnelle&nbsp;: au moins 1,8&nbsp;%</span></p><p class="Text"><span lang="FR">Tous les autres&nbsp;: de Fr. 80.- à Fr- 120.-</span></p><p class="Text"><span lang="FR">Hausses des salaires minimums pour les employé(e)s de bureau et les personnes en formation&nbsp;: jusqu’à Fr. 74.-</span></p></td></tr><tr><td><span>Second-œuvre romand (Unia)</span></td><td><p class="Text"><span lang="FR">Au moins Fr. 100.- pour tout le monde</span></p><p class="Text"><span lang="FR">À l’avenir, indexation automatique des salaires au renchérissement</span></p><p class="Text"><span lang="FR">Grâce à une harmonisation régionale, les salaires minimums sont augmentés jusqu’à Fr. 250.-</span></p></td></tr><tr><td><span>M PS (horlogerie, Unia)</span></td><td><span>Fr. 90.- d’augm. générale</span></td></tr><tr><td><span>Fabricants de fourniture automobile du canton l’Argovie (Unia)</span></td><td><span>Au moins 2,3&nbsp;%</span></td></tr><tr><td><span>Rockwell Automation, Aarau AG (Unia)</span></td><td><span>2,3&nbsp;%</span></td></tr><tr><td><span>Holcim (Unia)</span></td><td><p class="Text"><span lang="FR">De Fr. 100.- à Fr. 150.-&nbsp;; en moyenne Fr. 120.-</span></p><p class="Text"><span lang="FR">Hausse des salaires minimums de 1,8 à 2,3&nbsp;%&nbsp;; à l’avenir, il seront&nbsp; automatiquement&nbsp; indexés au renchérissement et adaptés à l’évolution des salaires dans l’entreprise</span></p></td></tr><tr><td><span>Poste (Syndicat de la Communication)</span></td><td><span>En tout, 2,8&nbsp;%</span></td></tr><tr><td><span>Télégenève (Syndicat de la Communication)</span></td><td><span>2,8&nbsp;%</span></td></tr><tr><td><span>Canton d’AG (ssp)</span></td><td><span>1,75&nbsp;%</span></td></tr><tr><td><span>Canton d’OW (ssp)</span></td><td><span>1,8&nbsp;%</span></td></tr><tr><td><span>Canton de TG (ssp)</span></td><td><span>2&nbsp;% d’augm. générale, 1&nbsp;% d’augm. individuelle</span></td></tr><tr><td><span>Ville d’Aarau (ssp)</span></td><td><span>1,5&nbsp;%</span></td></tr><tr><td><span>EPF Zurich (ssp)</span></td><td><span>0,6&nbsp;% de compensation du renchérissement et 1,2&nbsp;% par le passage à l’échelon supérieur de la classe de salaire</span></td></tr><tr><td><span>CCT des entreprises de bus soleuroises (ssp)</span></td><td><span>1,5&nbsp;% d’augm générale et hausse de l’allocation pour service de piquet</span></td></tr><tr><td><span>Énergie (divers accords, ssp)</span></td><td><span>De 1,6&nbsp;% à 2,3&nbsp;%</span></td></tr></tbody></table><p>&nbsp;</p><p>Plus d'information dans ces discours de :&nbsp;</p><ul><li><b>Daniel Lampart</b>, économiste en chef de l'USS</li><li><b>Andreas Rieger</b>, coprésident du Syndicat UNIA</li></ul><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-177</guid><pubDate></pubDate><title>La réintégration doit aussi être possible</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-reintegration-doit-aussi-etre-possible</link><description>Cela fait des années que l’Union syndicale suisse (USS) se bat pour une meilleure pro-tection contre les licenciements antisyndicaux. L’USS est même intervenue à plusieurs reprises dans ce sens auprès de l’Organisation internationale du Travail (OIT) et y a déposé une plainte contre la Suisse. Rappelée à l’ordre par l’OIT, cette dernière a déjà expliqué que, dans le cadre de la législation sur les lanceurs et lanceuses d’alertes, des solutions à ce problème seraient cherchées. L’USS continue à demander que les repré-sentant(e)s syndicaux abusivement licenciés puisses être réintégrés. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Un ou une représentant(e) syndical peut toucher au plus six mois de salaire lorsque son licenciement a été reconnu abusif par un tribunal. Dans les faits, il ne s’agit la plupart du temps que de deux ou trois mois. Et pourquoi faut-il aussi leur donner le droit d’être réintégré&nbsp;?
</p><h3>Le système n’exclut pas d’office une réintégration</h3><p>La protection contre le licenciement prévue à l’article 10 de la loi sur l’égalité (LEg) prévoit la possibilité d’annuler un licenciement lorsqu’il a été prononcé pour une personne qui s’est opposée à une discrimination. Dans le message du Conseil fédéral concernant la LEg, le Conseil fédéral estime que les articles 336ss CO «&nbsp;n’offrent pas une protection suffisante&nbsp;», notamment en cas de congés de rétorsion, pour lesquels, «&nbsp;une protection accrue se justifie&nbsp;». Or, les licenciements antisyndicaux sont souvent prononcés en représailles à une action syndicale légale. Ils s’apparentent donc aux congés-rétorsion contre lesquels la LEg apporte une protection. 
</p><p>En outre, le gouvernement juge qu’une annulation du licenciement est nécessaire «&nbsp;si l’on entend permettre aux travailleuses d’exercer leurs droits pendant le rapport de travail déjà…&nbsp;». Protéger les syndicalistes contre le licenciement antisyndical poursuit un même objectif&nbsp;: permettre aux travailleurs et travailleuses d’exercer leurs droits fondamentaux (liberté syndicale) sur leur lieu de travail, et non pas uniquement une fois les rapports de travail terminés.
</p><h3>Marginalisation</h3><p>Le travailleur victime d’un licenciement abusif est souvent mis au ban de sa branche pendant toute la durée des procédures judiciaires (contestation du licenciement, procès, recours), ce qui peut durer de nombreuses années. Durant cette période, il risque d’être marginalisé au sein de sa propre branche et de se retrouver au chômage, voir d’être contraint de recourir à l’aide sociale. Même s’il finit par obtenir réparation, l’indemnité d’au maximum six mois de salaire ne permet en général pas de réparer le préjudice subi durant plusieurs années.
</p><h3>L’obstacle de la peur </h3><p>Un licenciement antisyndical frappe en général une personne connue par ses collègues pour son engagement syndical et fait très peur au reste du personnel de l’entreprise, voire de la branche et de la région concernées. Les gens oseront ainsi encore moins devenir un jour des militant(e)s syndicaux actifs. Pareille mise au pas des salarié(e)s est incompatible avec un partenariat social reposant sur une discussion entre partenaires égaux.
</p><h3>Contraire au droit international</h3><p>La jurisprudence constante du Comité de la liberté syndicale de l’OIT exige la possibilité de réintégration en cas de licenciement antisyndical, faute de quoi la législation ne respecte pas la convention 98.
</p><p>Tous nos pays voisins connaissent la possibilité d’annuler le licenciement d’un(e) syndicaliste ou d’un membre d’une commission du personnel. En Autriche et en France, le licenciement d’un(e) représentant(e) du personnel ou d’un(e) délégué(e) syndical n’est possible qu’avec l’accord d’un(e) juge ou d’un(e) inspecteur/inspectrice du travail. En Italie, un juge peut ordonner la réintégration immédiate d’un(e) syndicaliste licencié abusivement. En Allemagne, le licenciement d’un(e) représentant(e) du personnel n’est possible qu’avec l’accord de la commission d’entreprise.</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-630</guid><pubDate></pubDate><title>« Tu te tais ou tu pars ! » - C’est indigne de notre démocratie</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/tu-te-tais-ou-tu-pars-c-est-indigne-de-notre-democratie</link><description>Accompagnés de 200 représentant(e)s de commissions d’entreprise, l’Union syndicale suisse (USS) et le syndicat Unia ont remis au Conseil fédéral une lettre ouverte qui exige une meilleure protection contre les licenciements antisyndicaux et antidémocratiques. Il n’est pas question que des représentant(e)s du personnel soient punis quand ils exercent leurs tâches conformément à la loi. Cette lettre ouverte a été signée par 1234 membres de représentations du personnel. Elle demande la mise en place d’une protection efficace contre les licenciements abusifs et la création d’une base légale permettant d’annuler les licenciements abusifs de représentant(e)s du personnel. </description><content:encoded><![CDATA[<p>En Suisse, il est possible de simplement licencier des personnes qui exercent des mandats syndicaux, comme par exemple les membres de commissions d’entreprise. Et si le caractère abusif d’un tel licenciement antidémocratique est constaté par un tribunal, le réengagement de la personne concernée n’est pas prescrit&nbsp;; cela, contrairement à ce qui est le cas dans les pays limitrophes. 
</p><p>«&nbsp;Le droit et la liberté de créer des syndicats et d’agir syndicalement (…) font partie des normes de travail fondamentales, (…) qui doivent être respectées et garanties sur toute la planète&nbsp;», a constaté le président de l’USS, Paul Rechsteiner, lors de la conférence de presse de ce jour. Et c’est là un droit que la Suisse s’est engagée à respecter en ratifiant la Convention n° 89 de l’Organisation internationale du Travail (OIT). C’est pour cela qu’en 2003, l’USS a déposé auprès de l’OIT une plainte contre la Suisse. Alors que le Comité de la liberté syndicale de l’OIT a ensuite blâmé la Suisse, le Conseil fédéral n’a, jusqu’à récemment, rien fait pour modifier en conséquence la loi. Les employeurs ne veulent pas d’une meilleure protection, leur argument étant que de tels cas sont rares. «&nbsp;(La) quinzaine de cas d’abus en 2009 (…) n’est selon nous que le sommet de l’iceberg&nbsp;», constate Renzo Ambrosetti, le coprésident d’Unia. «&nbsp;La démocratie et le partenariat social ne peuvent pas s’arrêter aux portes de l’entreprise&nbsp;!&nbsp;», s’est-il encore exclamé. Il est donc urgent et nécessaire que le Conseil fédéral propose une solution. 
</p><p>&nbsp;</p><p>Dans une lettre ouverte adressée au gouvernement, des membres de commissions d’entreprise et des représentant(e)s du personnel critiquent l’augmentation du nombre des licenciements antisyndicaux et exigent du Conseil fédéral qu’il prenne des mesures. «&nbsp;Manor m'a licenciée en raison d'un article paru fin décembre 2009 dans la Tribune de Genève dans lequel je me prononçais contre l'extension des heures d'ouverture des commerces&nbsp;», a expliqué Marisa Pralong, vendeuse à Genève. «&nbsp;La liberté d'opinion et d'expression est un des garants de la démocratie. Or, j'ai été licenciée en raison de mes opinions&nbsp;», a-t-elle encore ajouté. Pour sa part, Ernst Gabathuler a été licencié alors qu’il était membre, puis président, de la commission d’entreprise depuis des décennies. Même la maison-mère allemande a dû reconnaître qu’en Allemagne, il ne serait pas possible d’agir de la sorte. Selon Ernst Gabathuler, il est «&nbsp;choquant que les syndicalistes et les personnes de confiance du syndicat ne bénéficient pas d’une protection particulière contre le licenciement, quand ils s’engagent pour les intérêts du personnel et qu’ainsi il leur faut parfois tenir tête à la direction.&nbsp;»
</p><p>&nbsp;</p><p>Ces derniers mois, des représentant(e)s des syndicats se sont entretenus avec les deux conseillères fédérales responsables de ces questions, Mesdames Doris Leuthard et Eveline Widmer-Schlumpf, et leurs départements respectifs. Le nombre important de nouveaux cas, ainsi que le risque d’une nouvelle condamnation de la part de l’OIT ont incité le Conseil fédéral à enfin mettre à l’ordre du jour la question d’une meilleure protection contre le licenciement dans le cadre de la législation sur les lanceurs et lanceuses d’alertes, ces personnes qui signalent des faits répréhensibles ayant lieu dans leur entreprise. Outre les personnes qui signalent de tels faits, il s’agira désormais de mieux protéger contre des licenciements abusifs aussi les personnes qui assument des responsabilités syndicales. La procédure de consultation sur cette législation débutera très probablement dès le deuxième semestre de cette année. Pour l’heure, les syndicats ont tendu la main et décidé de geler pendant cette période leur plainte auprès de l’OIT. Mais si la nouvelle voie choisie ne devait pas déboucher sur une amélioration décisive – l’élément central étant toujours la possibilité d’annuler un licenciement abusif -, alors l’USS et Unia relanceraient cette plainte.
</p><p>&nbsp;</p><p>En annexe, vous trouverez des discours de :</p><ul><li><b>Paul Rechsteiner</b>, président de l'USS,</li><li><b>Renzo Ambrosetti</b>, coprésident du Syndicat UNIA,</li><li><b>Marisa Pralong</b>, vendeuse licenciée par Manor,</li><li><b>Ernst Gabathuler</b>, représentant syndical de longue date,</li></ul><p>la <b>documentation </b>des licenciement antisyndicaux en Suisse et la <b>lettre ouverte</b> au Conseil fédéral.</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-178</guid><pubDate></pubDate><title>À ne plus banaliser, mais à limiter (encore plus) strictement</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/a-ne-plus-banaliser-mais-a-limiter-encore-plus-strictement</link><description>Des années durant, le Secrétariat d’État à l’économie, le SECO,  a généreusement auto-risé le travail de nuit sans alternance avec un travail de jour. Suite à une plainte du syn-dicat Unia, il s’est fait remettre à l’ordre par le Tribunal fédéral. Et il en a tiré les leçons. Aujourd’hui en effet, il met en consultation des propositions applicables. Mais pour l’Union syndicale suisse (USS), leur formulation n’est pas encore assez claire.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le nombre de personnes occupées normalement de nuit en Suisse a très fortement augmenté ces dix dernières années. Il était de 206&nbsp;000 en 2009 contre 165&nbsp;000 en 1999. Pourquoi cette hausse d’un bon quart&nbsp;? Les raisons sont, d’une part, la croissance de l’emploi dans le secteur de la santé et de nouveaux besoins de consommation pour le secteur des produits alimentaires, ainsi que d’autres services. D’autre part, la pratique des autorités d’exécution de la loi sur le travail a également été généreuse. Conséquence&nbsp;: le principe de l’interdiction du travail de nuit s’est trouvé clairement vidé de sa substance.
</p><p>C’est Unia qui a enrayé la machine à banaliser le travail de nuit. Unia s’est en effet battu, avec succès – et jusqu’au Tribunal fédéral – contre autorisation une de travail de nuit sans alternance accordée avec une nonchalance par trop prononcée par le SECO à la Micarna (abattoirs de la Migros). S’étant fait sonner les cloches, celui-ci décida alors de modifier et clarifier les règles en matière de travail de nuit sans alternance. La procédure de consultation à ce sujet court jusqu’au 9 avril.
</p><h3>Changer d’équipe doit rester la règle</h3><p>Pour l’USS, il est évident que les dérogations à l’interdiction du travail de nuit ne doivent être octroyées qu’avec retenue. Elle demande instamment que changer d’équipe reste la règle ici. Dans sa réponse à cette consultation, elle souligne que «&nbsp;le travail de nuit sans alternance est la forme la plus extrême de travail de nuit, car il transforme réellement la nuit en jour.&nbsp;» Elle est ainsi strictement opposée à ce que travail de nuit sans alternance et travail de nuit avec alternance soient mis sur un même pied. Dès qu’existe du travail de jour, les personnes concernées par le travail de nuit doivent entrer dans un système de rotation qui leur permette d’alterner régulièrement travail de jour et travail de nuit.
</p><p>Les «&nbsp;problèmes de recrutement&nbsp;», comme on les appelle (= certain(e)s veulent uniquement travailler de nuit…) ne justifient aux yeux de l’USS le travail de nuit sans alternance que si l’entreprise concernée a élaboré, avec la participation du personnel, un plan d’équipe équitable et conforme au droit, et que le changement d’équipe entraîne, pour la majorité des collaborateurs et collaboratrices touchés, des problèmes de santé ou des difficultés à remplir des obligations familiales. Ce que les entreprises auront à prouver au moyen de procès-verbaux d’assemblées d’entreprise ou de commissions du personnel.
</p><p>En outre, l’USS exige que toutes les personnes travaillant de nuit sans alternance avec un travail de jour soient informées de manière transparente de leurs droits de participation et des mesures spéciales de protection de la santé à prendre.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-631</guid><pubDate></pubDate><title>Pour des mesures d’accompagnement avec plus de punch</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pour-des-mesures-d-accompagnement-avec-plus-de-punch</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Sortant sa grosse artillerie rhétorique, l’UDC a provoqué l’an dernier un débat sur la libre circulation des personnes. L’Union syndicale suisse (USS) aimerait vous présenter une appréciation de dernière du point de vue de ses membres. Elle souhaite également dresser le bilan des mesures d’accompagnement à la libre circulation.
</p><p>Une chose est claire&nbsp;: il faut que ces mesures aient plus de punch. Nous aimerions aussi vous dire où et comment cela doit se faire dans ces discours de :</p><ul><li><b>Paul Rechsteiner</b>, président de l'USS</li></ul><ul><li><b>Daniel Lampart</b>, économiste en chef de l'USS</li></ul><ul><li><b>Renzo Ambrosetti</b>, coprésident du Syndicat UNIA</li></ul>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-637</guid><pubDate></pubDate><title>Il faut en finir ave une protection bidon !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/il-faut-en-finir-ave-une-protection-bidon</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>La crise se traduit aussi par une multiplication des licenciements collectifs. Cette augmentation inquiétante a aussi des raisons politiques. En effet, aucun pays comparable à la Suisse ne restreint aussi mollement que le nôtre le recours aux licenciements collectifs Nulle part ailleurs, il n’est donc possible de faire usage de ces derniers. Tant en ce qui concerne la consultation préalable du personnel que l’obligation de conclure un plan social et la protection contre le licenciement, les prescriptions appliquées chez nous sont toutes totalement inoffensives. En font les frais les travailleurs et les travailleuses qui peuvent se trouver à la rue plus rapidement que dans le reste de l’Europe 
</p><p>Dans ces discours en annexe de </p><ul><li>Paul Rechsteiner, président de l’USS, conseiller national</li></ul><ul><li>Renzo Ambrosetti, coprésident du syndicat Unia</li></ul><ul><li>Doris Bianchi, secrétaire centrale de l’USS</li></ul><ul><li>Denise Chervet, secrétaire centrale de l’Association suisse des employés de banque (ASEB)</li></ul><p>l'USS présente, sur la base d’exemples concrets, les effets catastrophiques de cette protection lacunaire et expose ses revendications en faveur de son ajustement au niveau européen.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-169</guid><pubDate></pubDate><title>Les œillets de mai</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-oeillets-de-mai</link><description>Werner Wüthrich : Une contribution littéraire au 1er Mai 2010</description><content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;
</p><p>I&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Lorsque j’étais jeune, ma mère, qui aimait les fleurs, disait de temps en temps que, dans la vie, il faudrait beaucoup plus souvent les laisser parler. À l’époque, je n’ai jamais compris pourquoi les fleurs devaient pouvoir parler.
</p><p>Des années plus tard, lors d’une discussion avec mes parents, j’évoquai le prix de littérature des syndicats «&nbsp;Arbeit und Alltag&nbsp;», qui avait incité beaucoup de gens à se mettre à l’écriture. Au moment du départ, mon père me tendit ses deux mains et remarqua simplement qu’<i>elles</i> avaient travaillé toute leur vie et auraient aussi des choses à raconter. Au service d’autrui comme travailleur ou pour la famille ou, de temps en temps, pour faire le poing dans la poche. Il ajouta ensuite, avec un petit sourire malicieux : - Un écrivain devrait au moins pouvoir faire <i>ça - </i>Faire quoi, dis-je - <i>ça</i>, justement, répondit mon père : amener les mains à dire des choses et les fleurs à parler.
</p><p>II&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Le 1<sup>er</sup> Mai en France, lors de la Fête du Travail, on a pour habitude de s’offrir un bouquet de muguet en guise de porte-bonheur. Le muguet devient symbole du printemps, signe de l’éveil, de la joie de vivre et d’un avenir meilleur.
</p><p>Dans bien d’autres pays, c’est un œillet que l’on porte à la boutonnière et dans les manifestations du 1<sup>er</sup> Mai. Sur toute la planète, cette fleur est ainsi devenue le symbole de la Fête du 1<sup>er</sup> Mai et de la journée internationale du Travail.
</p><p>Dans le monde entier, le 1<sup>er</sup> Mai, on arbore la couleur rouge. Les travailleurs et les travailleuses organisés ont un insigne rouge sur leur veste, leur chandail ou leur chemise et portent, année après année, les principales revendications de la manifestation sur des banderoles rouges. Il y eut d’abord celle de la journée de huit heures dans les usines, puis celle d’une protection sociale minimale. Aujourd’hui, l’État est <i>aussi</i> un État social, donc une conquête des partis progressistes, des syndicats et des mouvements, qu’il faut défendre.
</p><p>III&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Si les mains du père désiraient dire des choses et si les fleurs de la mère devaient parler, alors seul - c’est certain - un œillet du 1<sup>er</sup> Mai pouvait le faire. Je l’imaginai devant moi : un peu stylisé ou dans le style gravure sur bois, tenu par une main, en pleine floraison et de la couleur du 1<sup>er</sup> Mai. Et parce que la main tient la fleur de l’oeillet, tendre, fraîche et inaltérable, elle est aussi un poing.
</p><p>Voilà ! Tout d’un coup cette image se met à parler : l’œillet de mai et la main disent à l’observateur la longue histoire mouvementée de notre 1<sup>er</sup> Mai. Mais elles ne font pas que parler de ce qui a été vécu et de ce qui s’est passé : une image peut fort bien poser des questions. Sur notre avenir, sur l’avenir du mouvement ouvrier et syndical dans le monde entier, comme sur celui de notre planète.
</p><p>Clairement, nettement, comme mes parents le souhaitèrent jadis, j’entends cette image de l’œillet du 1<sup>er</sup> Mai me parler d’une histoire inouïe, jamais racontée à l’école, qui s’est déroulée le 1<sup>er</sup> Mai 1886 au Haymarket à Chicago. L’origine et le début de la journée internationale du Travail, le 1<sup>er</sup> Mai; la grève de plusieurs jours aux États-Unis à cette époque; les affrontements violents entre la police et les travailleurs qui manifestaient, et les morts à la clef.
</p><p>IV&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Cette année, on portera de nouveau la couleur rouge. Des calicots rouges avec le slogan «&nbsp;Arbeit, Lohn und Rente - statt Profit und Gier&nbsp;!&nbsp;»/&nbsp;»Du boulot, des salaires et des rentes&nbsp;!&nbsp;»/«&nbsp;Lavoro, salario et rendite per tutti&nbsp;!&nbsp;». En France, à la Fête du Travail, on distribuera du muguet. Dans de nombreux pays, on portera des œillets de mai, des insignes du 1<sup>er</sup> Mai et d’innombrables drapeaux rouges flotteront sur les manifestations.
</p><p>Au fond, on en est conscient, l’œillet de mai et sa couleur ne représentent qu’une certaine attitude. Qui, me dis-je, fut en réalité toujours très vivante dans chaque génération et l’emporta constamment sur d’autres attitudes face à la vie. Ce serait donc une attitude de la conscience, allant par le monde l’esprit ouvert et sans dogmatisme. Sans préjugés, mais avec un point de vue toujours clairement défini sur les contradictions sociales, l’évolution humaine et les menaces pour l’environnement. Et un engagement, dans le sens de l’histoire du 1<sup>er</sup> Mai ou comme l’a dit un penseur connu : la vision du monde la plus dangereuse et celle de qui n’a pas encore commencé à voir le monde.
</p><p>De cette manière, l’œillet de mai - comme ce souvenir de mon père et ma mère - est devenu porteur de sens, puisque les fleurs, finalement, parlent <i>aussi </i>et que les mains peuvent <i>quand même</i> dire des choses.
</p><h3>Notice bio-bibliographique&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </h3><p> Werner Wüthrich, est né en 1947 à Ittigen près de Berne. Fils d’un fermier, il étudie à l’Université de Vienne le théâtre, la philologie allemande et la philosophie. Depuis 1972, il travaille comme auteur dramatique indépendant et écrivain. Lauréat du prix Doron en 2004. Il est aussi connu comme spécialiste de Brecht, animateur d’ateliers d’écriture et de cours sur le théâtre.&nbsp; <br> Ses œuvres récemment publiées sont «&nbsp;1948-Brechts Zürcher Schicksalsjahr&nbsp;» (Chronos Verlag, Zurich), «&nbsp;Emil Zbinden&nbsp;» (Limmat Verlag, Zurich) et le long récit «&nbsp;Zimmerwald&nbsp;»paru dans l’ouvrage collectif «&nbsp;Die sie Bauern nannten&nbsp;» (Verlag Huber, Frauenfeld).</p>]]></content:encoded><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-642</guid><pubDate></pubDate><title>Pour une formation meilleure et plus de places de formation</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/pour-une-formation-meilleure-et-plus-de-places-de-formation</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>La crise va frapper les jeunes de plein fouet. La situation sur le marché des places d’apprentissage devient encore plus précaire qu’elle ne l’était déjà. Il est de ce fait urgent de créer des places de formation. Et les écoles à plein temps aussi doivent relever le défi. D’un point qualitatif également, des progrès s’imposent. L’extension urgente de la formation en entreprise ne doit pas faire oublier cet aspect du problème. Pour une part, les résultats des sondages réalisés par les syndicats auprès des apprenti(e)s sont inquiétants. Ceux-ci critiquent le fait que leurs salaires stagnent parfois depuis des années et qu’à cause de la suppression de certaines mesures de protection relevant du droit du travail, les charges qu’ils doivent supporter s’accroissent, mettant toujours plus leur santé en danger. 
</p><p>La Commission de jeunesse de l’Union syndicale suisse (USS) présente un aperçu des problèmes auxquels les jeunes sont confrontés dans la formation professionnelle, ainsi que des pro­positions de solutions dans ces discours en annexe de : </p><ul><li><b>Jean Christophe Schwaab</b>, secrétaire central de l’USS</li></ul><ul><li><b>Elena Obreschkow,</b> secrétaire à la jeunesse Unia</li></ul><ul><li><b>Laetitia Magnin</b>, secrétaire à la jeunesse Unia Région Genève</li></ul><ul><li><b>Jérôme Hayoz, </b>responsable de la Jeunesse SEV (Syndicat du personnel des transports)</li></ul>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-175</guid><pubDate></pubDate><title>Le travail : un moyen de gagner sa vie ou de la perdre ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-travail-un-moyen-de-gagner-sa-vie-ou-de-la-perdre</link><description>Chaque année, plus de 2 millions de personnes – dont 12 000 enfants – meurent par la faute du métier qu’elles exercent et plus de 160 millions contractent une maladie professionnelle. Chaque année aussi, des substances toxiques tuent 340 000 salarié(e)s, l’amiante provoquant à elle seule la mort de 100 000 personnes. Le 28 avril, les syndicats rendront hommage à ceux et celles qui ont perdu la vie, qui ont été blessés ou qui souffrent de maladies professionnelles.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Cette tragédie «&nbsp;silencieuse&nbsp;» se déroule loin des projecteurs des médias et ne secoue guère la conscience de notre société. En Suisse également, les accidents mortels au travail méritent au plus un entrefilet dans les quotidiens et les maladies professionnelles sont cataloguées d’inévitables, dans un élan de frivolité coupable. Or, les chiffres sont effrayants pour la Suisse aussi&nbsp;:
</p><p>En 2007, 111&nbsp;personnes ont péri au travail et 136 sont mortes des suites d’une maladie professionnelle reconnue, dont 108 pour la seule amiante. De la sorte, le risque de mortalité est élevé en Suisse. Avec 2,3&nbsp;accidents professionnels mortels pour 100&nbsp;000&nbsp;postes à plein temps, nous caracolons loin devant l’Angleterre (1,4), l’Allemagne (1,9) ou la France (2,0). En Italie, où chaque accident mortel au travail fait des vagues, ce risque est de 2,6 et n’est donc pas sensiblement plus élevé qu’en Suisse.
</p><p>En Suisse aussi, nous nous plaisons à refouler l’idée que le travail peut tuer. Nous nous souhaitons ainsi bonne route et conseillons fréquemment de rouler avec prudence, alors que pratiquement personne ne conseille de faire attention au travail. Nous voyons dans les accidents professionnels des dommages collatéraux à la charge de l’assurance-accidents. Or, l’accident professionnel, surtout, est rarement le fait du hasard. Si l’on recherche les causes d’un accident du travail ou de conditions de travail peu salubres, on trouve d’habitude un rythme effréné, des mesures d’économies ou encore un manque de formation et d’information. Les employeurs ne cessent de se démettre de leur responsabilité de garantir des conditions de travail sûres et salubres. En fin de compte, cette négligence est toujours considérée comme une peccadille et on prend comme prétexte la responsabilité individuelle des salarié(e)s pour justifier le laxisme dans l’application des dispositions relatives à la santé et à la sécurité au travail.
</p><h3>Vision 250 vies</h3><p>Néanmoins, la SUVA et les inspections cantonales du travail ont reconnu que des mesures s’imposent et lancé en 2009 une campagne de prévention pour réduire les cas de décès. Appelée «&nbsp;Vision 250 vies&nbsp;», elle a pour but de diminuer de moitié le risque de mortalité en Suisse à l’horizon 2015. L’USS la soutient expressément, car elle vise à renforcer les contrôles en entreprise. Voilà longtemps déjà que la centrale syndicale exige une intensification des inspections en matière de santé et de sécurité au travail. En parallèle, l’USS et ses fédérations mèneront à bien des projets d’information ponctuels dans le cadre de cette campagne.
</p><h3>Journée internationale de commémoration</h3><p>La Journée internationale de commémoration du 28&nbsp;avril est l’occasion de prendre conscience de la souffrance provoquée par chaque accident de travail et chaque maladie professionnelle. Organisée depuis 1996 par le mouvement syndical international, elle est reconnue comme journée officielle de commémoration par l’Organisation internationale du travail et 20&nbsp;États. La Suisse ne s’est pas encore jointe à ces États et l’USS interviendra dans ce sens. Toutefois, le 28 avril est davantage qu’une journée de commémoration des victimes du passé et doit être mis au service de l’information et de la sensibilisation en matière de santé et de sécurité au travail. Dès lors, la Confédération syndicale internationale a choisi «&nbsp;Les syndicats rendent le travail plus sûr&nbsp;» comme thème commun à la journée d’action de cette année. Les syndicats jouent un rôle capital dans l’instauration de conditions de travail sûres et salubres. En effet, les accidents et les maladies professionnels ne sont pas des problèmes ou des coups du sort individuels, mais ont toujours une dimension collective, de sorte que seule une action commune permet de les prévenir.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-174</guid><pubDate></pubDate><title>Du boulot, des salaires et des rentes !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/du-boulot-des-salaires-et-des-rentes</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Les profiteurs ont plongé la planète dans la crise. Et ce serait aux travailleurs et travailleuses de casquer&nbsp;! Le chômage ne diminue pas, alors que les intégristes du bonus se font toujours plus arrogants. Ils n’ont pas eu longtemps honte d’avoir causé un tel désastre. Aujourd’hui déjà, ils revendiquent sans vergogne aucune le droit de se remplir les poches.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> En haut, un petit nombre fait bombance, quand en bas, ils sont nombreux à devoir toujours plus se serrer la ceinture. Ça ne peut plus durer&nbsp;! À nous de dire NON et d’exiger&nbsp;: du boulot, des salaires et des rentes&nbsp;!
</p><p>Le <b>boulot</b>, c’est pour la plupart d’entre nous bien plus qu’une sécurité matérielle, une condition d’existence. C’est pour cela que nous voulons que les patrons assument leurs responsabilités et évitent de licencier. Les entreprises doivent aussi créer de toute urgence plus de places d’apprentissage et garder les apprenti(e)s qui ont terminé leur formation. 
</p><p>Jusqu’à maintenant, l’État et les politiques n’ont que mollement combattu la crise. Nous exigeons désormais que les bonus soient imposés. L’argent ainsi récolté doit être redistribué à la population. Non seulement c’est une mesure juste, mais aussi cela soutiendra la consommation et créera par conséquent à nouveau des emplois. Il faut également lancer de vastes programmes de formation continue pour les travailleurs et les travailleuses. Au lieu d’économiser aveuglément dans les transports publics, il faut investir massivement dans les infrastructures publiques et la conversion écologique. Et il appartient à la Banque nationale de stopper un envol du franc dont les conséquences sont fatales pour la Suisse.
</p><p>Les <b>salaires </b>ne sont pas uniquement la contre-valeur du travail. Ils sont aussi l’huile qui fait tourner les rouages de la conjoncture. Des hausses de salaire s’imposent, en premier lieu pour celles et ceux qui en ont instamment besoin pour vivre. Elles renforceront le pouvoir d’achat des gens. Le marché intérieur s’en trouvera plus solide, ce qui est plus que nécessaire si l’on ne veut pas que le chômage continue de s’étendre. Et on a également besoin de salaires minimums justes, qui permettent de vivre décemment. Les syndicats vont s’engager pour ces salaires. D’une part, lors des négociations avec les patrons et, de l’autre, en lançant, cette année encore, une initiative populaire pour qu’en Suisse, les salaires de misère appartiennent désormais au passé. 
</p><p>Les <b>rentes </b>permettent aux personnes qui n’ont plus d’activité lucrative de vivre dans une relative sécurité. Tout récemment, les partis de droite se sont attaqués frontalement aux retraites. Unis comme jamais, ils ont posé les jalons d’un démantèlement généralisé de toutes les assurances sociales. Le peuple les a certes déjà remis à l’ordre, et de manière impressionnante, mais ils n’estiment pas pour autant devoir tirer les leçons de cette votation du 7 mars sur le 2e pilier. La révision de l’assurance-chômage décidée par la droite veut punir la population pour les fautes commises par les managers. Confondant de manière perverse cause et effet, elle veut en effet punir les jeunes et les chômeurs et chômeuses de longue durée. C’est pourquoi nous allons retourner ce projet à son expéditeur. Les révisions de l’AVS, de l’AI et de l’assurance-accidents s’inspirent toujours et encore d’un même cynisme pur et dur. De plus, le larbin des banques qui siège au Conseil fédéral veut distribuer des cadeaux fiscaux aux nantis, tout en réduisant les prestations des assurances sociales. Nous ne sommes pas d’accord&nbsp;! Celle ou celui qui gagne peu ou dont le salaire est dans la moyenne a besoin de rentes de vieillesses plus élevées, pas de plus maigres. Les jeunes sans-travail et les chômeurs et chômeuses de longue durée doivent être mieux protégés. 
</p><p>Comme ils ont empêché le vol des rentes du 2e pilier, les syndicats empêcheront pareille régression sociale&nbsp;!
</p><p>Les syndicats veulent que les gens soient respectés, indépendamment de leur compte bancaire. Ils veulent l’égalité des salaires, quel que soit le sexe des gens, l’égalité des chances, quel que soit le passeport, ainsi qu’un développement durable et solidaire, au-delà des frontières nationales. 
</p><p>Notre monde recèle beaucoup de richesses. Elles doivent uniquement être réparties avec plus d’équité.</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-701</guid><pubDate></pubDate><title>Le licenciement de Marisa Pralong doit être annulé!</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-licenciement-de-marisa-pralong-doit-etre-annule</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;
</p><p>La liberté syndicale, soit le droit de s’affilier à un syndicat et de participer à des activités syndicales, fait partie – au même titre que l’interdiction du travail des enfants ou celle du travail forcé – du noyau intangible des droits des travailleurs. De tels droits s’appliquent dans le monde entier, indépendamment de leur reconnaissance ou non par les Etats. L’Organisation internationale du travail (OIT), qui promeut un travail décent pour tous, a son siège en Suisse. Notre pays a reconnu la liberté syndicale aussi bien dans la Constitution fédérale (art.&nbsp;28 Cst.) que dans les conventions internationales qu’elle a ratifiées. Concrètement, la Suisse est tenue de respecter les pactes des Nations Unies relatifs aux droits de l’homme, la Convention européenne des droits de l’homme, de même que les conventions 87 et 98 de l’OIT. Or tous ces textes garantissent le droit de s’affilier à un syndicat et de participer à des activités syndicales.
</p><p>Au vu de cette situation juridique, le licenciement de la déléguée syndicale Marisa Pralong faisant suite à ses activités syndicales viole des droits fondamentaux élémentaires que toute démocratie se doit de garantir. Par conséquent, un tel acte ne lèse pas seulement les intérêts individuels de Marisa Pralong. Il s’agit en même temps d’une attaque flagrante contre le droit de s’engager sur le plan syndical. Et en dernier lieu d’une attaque contre les syndicats et la défense des intérêts des travailleurs, lesquels ont besoin des syndicats pour assurer la protection de leurs conditions de travail. Le licenciement de Marisa Pralong doit donc être annulé.
</p><p>Cette exigence vaut malgré les lacunes de la législation suisse sur le travail. Les droits fondamentaux – et donc la liberté syndicale – restent valables même si le Code des obligations ne prévoit pas une protection suffisante contre les licenciements, en l’occurrence l’annulation des licenciements contraires aux droits fondamentaux. Comme le droit suisse ne garantit pas la protection contre les licenciements antisyndicaux, l’Union syndicale suisse (USS) a déposé en 2003, pour la première fois de son histoire, une plainte auprès du Comité de la liberté syndicale de l’OIT. L’action a abouti et en novembre 2006, ce comité a invité la Suisse à garantir un régime de protection contre les licenciements antisyndicaux qui prévoie l’annulation du licenciement et le réengagement, par analogie aux cas de licenciements discriminatoires en raison du sexe. Ce précédent ne restera pas sans conséquences.
</p><p>Ainsi, au cas où le licenciement contraire aux droits fondamentaux de Marisa Pralong ne serait pas annulé, nous n’hésiterons pas à soumettre cette nouvelle atteinte à la liberté syndicale au Comité de la liberté syndicale de l’OIT. Quiconque prétend, comme le font les autorités suisses, que les licenciements abusifs pour motifs antisyndicaux ne constituent pas un problème concret en Suisse, devra alors se rendre à l’évidence. D’autant plus que l’OIT (et son Comité de la liberté syndicale) siège à Genève.
</p><p>Le licenciement de Marisa Pralong intervient à une époque où même les Etats-Unis ont réalisé que la dégradation systématique des droits des travailleurs (et des salaires), rendue possible par l’affaiblissement des syndicats, a des conséquences désastreuses au niveau tant social que macro-économique. Le programme électoral d’Obama, que Walmart a combattu à coups de millions, prévoyait en particulier l’adoption de l’Employee Free Choice Act (EFCA), projet de loi facilitant la représentation syndicale dans les entreprises. Si en Suisse un grand groupe privé croit pouvoir fouler aux pieds les droits syndicaux fondamentaux, comme cela vient de se passer avec Marisa Pralong, il se trompe lourdement.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-709</guid><pubDate></pubDate><title>Les mesures d’accompagnement doivent être appliquées, car la sous-enchère menace </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-mesures-d-accompagnement-doivent-etre-appliquees-car-la-sous-enchere-menace</link><description>Prise de position de l’USS concernant les rapports du SECO</description><content:encoded><![CDATA[<h3>Protection des salaires et des conditions de travail</h3><p>La libre circulation des personnes fait partie des accords bilatéraux conclus avec l’Union européenne (UE). La Suisse ayant besoin de pouvoir collaborer étroitement avec l’UE et d’entretenir avec elle des relations structurées, de tels accords sont nécessaires. Mais une ouverture pure et simple du marché suisse du travail mettrait en danger les salaires et les emplois. C’est pourquoi la population n’a dit oui à la libre circulation des personnes qu’à la condition que les salaires et les conditions de travail soient protégés à l’aide de mesures d’accompagnement, car&nbsp;: &nbsp;</p><ul><li>si les employeurs doivent engager du personnel de l’étranger aux conditions appliquées à la main-d’œuvre indigène, ils donneront leur préférence à cette dernière&nbsp;; en effet, les coûts de recrutement et certaines incertitudes (bonne connaissance de la façon de travailler en Suisse entre autres) sont moindres avec la main-d’œuvre indigène&nbsp;; </li></ul><ul><li>si cette main-d’œuvre dotée de qualifications particulières qui fait défaut dans notre pays vient y travailler, les salarié(e)s indigènes peuvent y gagner&nbsp;; il est alors possible de maintenir ou développer la production en Suisse&nbsp;; ce qui ne serait pas possible dans la même mesure en l’absence de ces qualifications étrangères. </li></ul><p>Pour que la population suisse puisse profiter des avantages apportés par les accords bilatéraux et pour empêcher que ces derniers n’aient une incidence négative, les salaires et les conditions de travail suisses doivent être protégés. 
</p><h3>Les mesures d’accompagnement sont efficaces si la Confédération et les cantons les appliquent</h3><p>L’instrument de protection que sont les mesures d’accompagnement a pour une grande part été amélioré ces dernières années. Ces mesures sont absolument nécessaires. Les rapports&nbsp;du&nbsp;SECO&nbsp;montrent en effet que lorsque des contrôles ont lieu, on découvre de nombreux employeurs qui essaient de faire pression sur les salaires et les conditions de travail. Dans les branches qui connaissent des salaires minimums obligatoires, il est possible de leur infliger des amendes et de les contraindre à verser les salaires dus. Les récidivistes sont même menacés de suspension. Lorsqu’un employeur sait qu’il devra passer à la caisse s’il verse des salaires trop bas, il se garde de toute infraction aux conditions de travail suisses. 
</p><p>Des problèmes existent cependant dans les branches sans salaires minimums obligatoires. Si des contrôleurs tombent sur un employeur qui verse des salaires trop bas, ils peuvent certes exiger de lui qu’il verse des salaires corrects, mais ne peuvent l’y contraindre s’il s’y refuse. En 2009, ce fut le cas de 40&nbsp;% des employeurs suisses. Ces branches sont donc menacées par la sous-enchère. Y protéger les salaires n’est possible que si la Confédération ou les cantons y introduisent des salaires minimums, comme le prévoient les mesures d’accompagnement. Or à ce jour et &nbsp;malgré des cas régulièrement mis au jour de sous-enchère salariale, seuls l’ont fait les cantons de Genève (économie domestique, esthéticiennes), du Tessin (centres d’appels, esthéticiennes) et du Valais (maintenance et nettoyage industriel). Les autres cantons ne font rien. Quant à la Confédération, elle prépare des salaires minimums dans l’économie domestique (aide et soins privés à domicile, etc.).
</p><p>Les rapports du SECO montrent clairement qu’il faut agir. Dans les secteurs du nettoyage et de la sécurité privée, les salaires minimums ne s’appliquent qu’aux grandes et moyennes entreprises (nettoyage en Suisse alémanique&nbsp;: dès 6 employé(e)s&nbsp;; sécurité&nbsp;: dès 10 employé(e)s), alors que de nombreux cas de sous-enchère salariale y ont été découverts. Ces salaires minimums doivent aussi s’appliquer aux petites entreprises. Dans l’économie domestique également, l’absence de ces derniers risque d’entraîner de la sous-enchère. De même, dans l’industrie (en particulier la chimie et l’industrie des machines), on constate une pression sur les salaires de départ. Dans la chimie, les salaires moyens des personnes effectuant des séjours de longue durée et ceux des frontalières et frontaliers ont baissé entre 2006 et 2008, respectivement de 8,4 % et de 4,2&nbsp;%, ainsi que de 2 % dans l’industrie des machines<a href="typo3/#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>. 
</p><h3>Problèmes d’application concernant les faux indépendant(e)s et les sous-traitants</h3><p>Un autre problème est celui des lacunes contenues dans les mesures d’accompagnement. Les infractions aux salaires minimums prévus par des contrats-types de travail ne sont punies d’une amende que s’il y a action civile. Une base légale est donc nécessaire ici. L’application des sanctions à l’étranger, ou à des sous-traitants – désormais plus fréquentes sur le marché suisse - reste difficile. Pour contrer ce risque, il faut au moins introduire dans les conventions collectives de travail (CCT) le versement de cautions, mais une meilleure solution serait ici une responsabilité solidaire plus sévère. L’augmentation du nombre de faux indépendant(e)s mine la protection offerte par les CCT, en particulier dans le second œuvre. Là aussi des contre-mesures doivent être prises (meilleure identification, sanctions plus lourdes).
</p><h3>Agences de travail temporaire&nbsp;: des difficultés persistantes</h3><p>Le rapport sur les mesures d’accompagnement montre que les agences de travail temporaire commettent toujours plus fréquemment des infractions aux salaires minimums que les autres employeurs. Elles font partie des principaux profiteurs de la libre circulation des personnes. Jusqu’à l’introduction de cette dernière, elles ne pouvaient louer à des entreprises suisses que les services de personnes au bénéfice d’une autorisation de séjour. Avec la libre circulation des personnes, on a assisté en plus à l’arrivée de frontalières et frontaliers, de personnes au bénéfice d’un permis pour séjour de courte durée ou de personnes soumises à l’obligation de s’annoncer (séjour jusqu’à 90 jours). De ce fait, le nombre des travailleurs temporaires a augmenté en Suisse. Si la CCT étendue destinée aux agences de travail temporaire – elle est actuellement en suspens – devait échouer suite à la résistance des employeurs, il faudrait alors édicter un CTT. La location de services de la main-d’œuvre provenant de l’UE doit être limitée aux personnes bénéficiant d’une autorisation de séjour (permis B), comme c’était déjà le cas avant l’introduction de la libre circulation des personnes. 
</p><hr><p><a href="typo3/#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Selon l’Enquête sur la structure des salaires 2006 et 2008.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-156</guid><pubDate></pubDate><title>Plus d’inspections du travail = des coûts de santé moindres</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/plus-d-inspections-du-travail-des-couts-de-sante-moindres</link><description>Non-observation de la réglementation des pauses, horaires irréguliers ou trop longs, charges lourdes à porter, mauvaise aération des locaux, plans d’équipe astreignants, autant de situations à l’origine de problèmes de santé. Le conseiller national et syndicaliste d’Unia Marc Chopart-Acklin en a fait l’objet d’une intervention parlementaire. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Ils sont importants, les contrôles destinés à établir si les prescriptions de protection de la santé sur le lieu du travail (horaires, ergonomie, organisation du travail) sont respectées. Ainsi, par exemple, 18&nbsp;% des salarié(e)s souffrent de maux de dos en partie dus à leur travail. Les coûts de santé entraînés par une protection lacunaire de cette dernière sont énormes. On les estime à environ 10 milliards de francs par an. 
</p><h3>0,17 pour cent des entreprises contrôlées</h3><p>Or, la densité des contrôles effectués par les inspectorats cantonaux du travail est extrêmement modeste. Selon le Recensement des entreprises 2008, il existe en Suisse près de 450&nbsp;000 établissements où travaillent 4,1 millions de personnes. La même année, les inspectorats cantonaux du travail ont annoncé 12&nbsp;251 visites d’entreprises au Secrétariat d’État à l’économie, le SECO. Si l’on en déduit les visites relevant de la loi sur l’assurance-accidents (LAA) - les cantons sont pour l’essentiel indemnisés à travers du supplément de prime LAA pour la prévention des accidents et maladies professionnels -, ne restent que 801 visites. Autrement dit, 0,17&nbsp;% seulement des entreprises ont été contrôlées sur un an concernant principalement le respect par elles de la loi sur le travail. 
</p><h3>Non à la déréglementation&nbsp;!</h3><p>Les cantons ont donc pratiquement abandonné l’application de cette loi. Son caractère de droit public n’entre ainsi plus en ligne de compte. Que les durées maximales du travail soient respectées ou non dans une entreprise, ou que les atteintes à la santé dues à une mauvaise aération, au bruit ambiant, à un éclairage déficient ou à des postures malsaines y soient la règle, tout cela ne semble plus relevé que du privé. Alors qu’en fin de compte, ce sont les pouvoirs publics qui ont à assumer les coûts de santé induits. «&nbsp;Les conditions de travail ne doivent plus continuer à être déréglementées&nbsp;», dit Max Chopart-Acklin.
</p><p>Le SECO exerce la haute surveillance de l’application de la loi sur le travail. Dans son intervention au Parlement, le syndicaliste demande au Conseil fédéral d’étudier comment améliorer la situation actuelle, ainsi que de rédiger un rapport à ce sujet. Ce faisant, on garantira une importante contribution, fournie par les inspectorats cantonaux du travail, à la baisse des coûts de santé. Espérons que la Confédération et les cantons, mais aussi les employeurs, comprendront ce message et agiront en conséquence. La loi sur le travail doit être respectée pour que la santé des travailleurs et des travailleuses soit protégée.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-158</guid><pubDate></pubDate><title>Quand mots et actes n’ont pas grand-chose en commun</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/quand-mots-et-actes-n-ont-pas-grand-chose-en-commun</link><description>La Suisse se comporte de manière totalement inconséquente avec les droits syndicaux. Pour ne pas dire que, sur certaines questions, elle s’en moque carrément. Et certains vont même s’en servir comme « argument » publicitaire pour attirer des entreprises dans notre pays ! Mais lorsque la Conférence internationale du Travail commence ses travaux, c’est reparti avec les grandes déclarations dégoulinantes d’hypocrisie…</description><content:encoded><![CDATA[<p>Bien que pays hôte de l’Organisation internationale du Travail (OIT), la Suisse se permet de ne pas appliquer une des conventions fondamentales de cette dernière, la Convention 98 (ratifiée en 1999), qui protège les syndicalistes et les représentant(e)s du personnel contre le licenciement antisyndical. Alors que sa législation, pour respecter cette convention, devrait prévoir l’annulation du licenciement antisyndical et la réintégration de la victime, la Suisse se contente de prévoir une indemnité d’au maximum 6 mois de salaire qui n’a pas le moindre effet dissuasif sur les employeurs souhaitant se débarrasser de leurs employé(e)s syndiqués. Parce que notre pays a été sommé par l’OIT, suite à une plainte de l’USS, d’adapter son Code des obligations, les choses semblent avoir quelque peu bougé. Mais reconnaissons qu’à ce jour, personne ne sait si les autorités veulent vraiment introduire une protection digne de ce nom contre les licenciements antisyndicaux. 
</p><h3>La faible protection des salarié(e)s comme outil de promotion économique</h3><p>Le canton d’Obwald, sous-enchérisseur fiscal notoire, ne se vend pas uniquement grâce à des cadeaux fiscaux. Sur le site internet de sa promotion économique figure bien en évidence le fait que la législation suisse sur le travail est très peu protectrice. L’absence de protection contre le licenciement y est particulièrement mise en avant. Ainsi, la flexibilité du droit du travail au mépris des droits fondamentaux n’est plus seulement un combat idéologique, mais un argument tout ce qu’il y a de plus pratique&nbsp;: comme bon nombre d’autres pays, la Suisse souhaite croître aux dépens des droits des salarié(e)s, chez elle et dans les autres pays.
</p><h3>Le droit de grève injustement entravé</h3><p>La grève n’a pas bonne réputation en Suisse. Interrogés au hasard, bon nombre de ressortissant(e)s suisses diront d’ailleurs croire que «&nbsp;la grève est interdite&nbsp;». Or, il s’agit là d’un droit garanti noir sur blanc depuis désormais 10 ans dans la Constitution fédérale. Malheureusement, le Tribunal fédéral l’entrave en obligeant les organisations syndicales en grève à respecter le «&nbsp;principe de la proportionnalité&nbsp;». Ce principe, certes courant en droit suisse mais totalement absent de la disposition constitutionnelle garantissant le droit de grève, permet à de nombreux tribunaux de rendre de manière abusive une action syndicale illégale, ouvrant ainsi la porte à des plaintes pénales contre les militant(e)s et les syndicalistes impliqués. Cette menace de représailles pénales est une entrave manifeste à ce qui est pourtant un droit humain fondamental, sans lequel, comme l’a dit justement le Tribunal fédéral allemand du travail, la négociation collective ne serait «&nbsp;qu’une action de mendicité&nbsp;». Notre Tribunal fédéral se contente, lui, d’une interprétation erronée de la Constitution. 
</p><h3>Que de belles paroles&nbsp;!</h3><p>La Suisse prétend, du moins officiellement, vouloir promouvoir, elle aussi, les droits syndicaux. C’est en tout cas ce que l’on pourrait croire à la lecture de sa prise de position lors de l’ouverture de la Conférence internationale du Travail de l’OIT, en date du 31 mai 2010&nbsp;: «&nbsp;Les droits fondamentaux constituent le socle social minimal internationalement reconnu (liberté d'association et droit de négociation collective&nbsp;; élimination du travail forcé ou obligatoire&nbsp;; abolition du travail des enfants&nbsp;; élimination de la discrimination en matière d'emploi et de profession). Ces droits sont confirmés dans divers instruments et normes fondamentales de l'OIT dont il s'agit d'améliorer le suivi. La Suisse s'engage pour que l'impact des principes et des droits fondamentaux au travail soit plus cohérent au plan international et national.&nbsp;» 
</p><p>Ça, c’était pour les (belles&nbsp;!) paroles. Les faits parlent un tout autre langage, comme le montrent tout ce qui précède. Notre pays ferait bien d’accorder une fois pour toutes ses actes avec ses paroles. Il y gagnerait tant en crédibilité qu’en humanité. 
</p><p>Pour le rapport sur les droits syndicaux&nbsp;: <a href="http://survey.ituc-csi.org/+-Switzerland-+.html" target="_blank" rel="noreferrer">http://survey.ituc-csi.org/+-Switzerland-+.html</a></p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-159</guid><pubDate></pubDate><title>En toute sécurité et pour un salaire honnête</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/en-toute-securite-et-pour-un-salaire-honnete</link><description>L’été est là, et avec lui les grandes vacances. Pour de nombreux écoliers, écolières, gym-nasiennes, gymnasiens, étudiantes et étudiants, c’est aussi le temps des petits boulots qui permettront d’arrondir l’argent de poche, d’en mettre de côté pour les prochaines va-cances et, très souvent, de financer les études. Lorsqu’on occupe un tel petit emploi, on est un salarié, ou une salariée comme les autres. Et qui dit salarié(e), dit règles du droit du travail. Et, bien sûr, salaire. Mais aussi : sécurité au travail.</description><content:encoded><![CDATA[<h3>À partir de quel âge&nbsp;et pour quelle durée?</h3><p>On ne peut fort heureusement pas faire travailler les enfants à partir de n’importe quel âge. La loi sur le travail (LTr) ne l’autorise qu’à partir de 15 ans, 13 pour les travaux légers, voire moins de 13 pour les manifestations sportives et culturelles, à des conditions spécifiques et sur autorisation d’une autorité cantonale (art. 30 LTr, art. 7 OLT 5). Dans tous les cas, les moins de 18 ans ont besoin de l’assentiment de leurs parents avant de signer un contrat de travail. 
</p><p>L’ordonnance 5 de la LTr (OLT 5) précise les règles qui s’appliquent aux jeunes travailleurs et travailleuses de moins de 18 ans. Elle précise notamment l’interdiction d’employer les jeunes à des travaux dangereux, dans certaines branches (discothèques, bars, cabarets, entreprises cinématographiques, cirque et spectacle – cf. art. 4 à 6 OLT 5) et à quelles conditions ils peuvent être exceptionnellement astreints au travail dominical. Le travail dominical n’est autorisé que pour les jeunes ayant achevé leur scolarité obligatoire, au maximum un dimanche sur deux et uniquement dans la restauration (où ne peuvent être employés que les plus de 16 ans), la garde d’animaux et les boulangeries (art. 13 OLT 5). Dans les zones touristiques, le travail dominical est possible dans les entreprises répondant aux besoins des touristes pendant toute la durée des vacances d’été (art. 15 OLT 5, art. 25 OLT 2). Quant au travail de nuit, il est interdit aux moins de 18 ans en dehors d’une formation professionnelle (art. 12 OLT 5).
</p><p>La durée de travail des moins de 13 ans&nbsp; ne peut pas excéder plus de trois heures par jour et neuf heures par semaine (art. 10 OLT5). Les jeunes de plus de 13 ans n’ayant pas terminé leur scolarité obligatoire peuvent travailler jusqu’à 8 heures par jour (40 heures par semaine) pendant la moitié de la durée des vacances scolaires, entre 6 heures et 18 heures, avec une pause d’au moins une demi-heure pour toute plage de travail de 5 heures et plus (art. 11 OLT 5). Pour tous les jeunes, la durée du travail ne dépassera pas celle des autres employés de l’entreprise (maximum 9 heures par jour) et leur travail doit être compris dans une période de 12 heures (art. 31 al. 1 LTr). Ils ont droit à un repos quotidien d’au moins 12 heures consécutives (art. 16 OLT 5). Le soir, les moins de 16 ans ne peuvent être employés que jusqu’à 20 heures, les 16-18 ans jusqu’à 22 heures (art. 31 al. 2 LTr). 
</p><h3>Le travail, c’est la santé&nbsp;?</h3><p>Les petits boulots d’été sont souvent l’occasion de faire connaissance avec le monde du travail. Or, ce dernier n’est pas exempt de dangers, qui n’apparaissent pas toujours au premier coup d’oeil. Et le risque d’accident de travail est très élevé lors du premier emploi, surtout pendant les premiers jours. 
</p><p>Même si l’on est engagé pour une durée très courte, il faut donc particulièrement faire attention aux prescriptions de sécurité. Avant de commencer, il faudra être attentif aux instructions de l’employeur et les respecter scrupuleusement, même si elles paraissent de prime abord inutiles ou exagérées. Et, si ce dernier ne veut pas en donner et que l’on estime en avoir besoin, il faut avertir sans délai l’inspectorat du travail et le syndicat. Dans tous les cas, les travaux dangereux sont interdits au moins de 18 ans. 
</p><h3>Bien assuré&nbsp;!</h3><p>Négliger les assurances sociales dans le cas d’un petit job de vacances peut coûter très cher. Tous les travailleurs et travailleuses, quel que soit leur âge, doivent être obligatoirement assurés à l’assurance-accidents par leur employeur. S’ils travaillent moins de 8 heures par semaine chez le même employeur, cette assurance ne couvre que les accidents professionnels et, au-delà, tous les accidents. En cas d’accident, l’employeur doit avertir les parents (art 32 LTr). Pour les rapports de travail de moins de 3 mois, il n’y a pas d’obligation de payer le salaire en cas de maladie. Les autres cotisations sociales (AVS/AI/APG)&nbsp; ne sont obligatoires qu’à partir de l’année où l’on a ses 18 ans. Si l’employeur ne paie pas ses cotisations, il s’agit de travail au noir et cela entraîne des sanctions. 
</p><h3>Tout travail mérite salaire et tout travailleur, toute travailleuse a droit à des vacances</h3><p>Comme il n’existe pas de salaire minimum légal, le salaire peut être librement convenu par les parties au contrat. Même si c’est en général l’employeur qui a le dernier mot, il est obligé de respecter les conventions collectives de travail (CCT) étendues et les contrats-type de travail (CTT). Pour le petits boulots de vacances, sont notamment importants la CCT nationale de l’hôtellerie-restauration, les CCT du bâtiment, du nettoyage, des entreprises du commerce de détail (Coop, Migros, CCT cantonales et communales) et les CTT cantonaux pour l’agriculture. Les employeurs doivent en outre respecter les salaires d’usage de la branche et de la région, que l’on peut consulter sur <a href="http://www.salaire-uss.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.salaire-uss.ch</a>. 
</p><p>S’il n’existe pas de salaire minimum obligatoire (CCT ou CTT), l’USS recommande un salaire de Fr. 15.— bruts de l’heure pour les jeunes n’ayant pas terminé leur scolarité obligatoire et de Fr. 20.— pour les autres travailleurs et travailleuses non qualifiés. En effet, chaque travail mérite un salaire honnête. Le fait que ce soit un petit boulot de vacances ne justifie pas un salaire plus bas que pour un travailleur ou une travailleuses «&nbsp;normal&nbsp;». Ce que le ou la jeune salarié(e) fera ensuite de son salaire (p. ex. financer ses loisirs) non plus. 
</p><p>Enfin, il ne faut pas oublier les vacances, auxquelles chaque travailleur et chaque travailleuse a droit, même s’il occupe son emploi… pendant ses vacances. Si l’on est payé à l’heure (ce qui est en général le cas pour les petits boulots), un supplément de salaire de 10,64% (correspondant aux 5 semaines de vacances auxquelles ont droit les jeunes de moins de 20 ans&nbsp;; s’ils ont plus de 20 ans, le supplément horaire est de 8,33 %) doit être payé en sus du salaire, ce que de nombreux employeurs oublient. Sur le décompte de salaire, ce supplément doit être identifiable comme tel. 
</p><p>&nbsp;</p><h3>Pour en savoir plus&nbsp;: &nbsp; </h3><p>www.jeunesse-syndicale.ch
</p><p>Le syndicat Unia a édité une brochure destinée aux salariés payés à l’heure, que l’on peut consulter et commander ici&nbsp;: &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br><a href="http://www.unia.ch/Flexible-a-tout-prix.2569.0.html?&amp;L=1#c11838" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.unia.ch/Flexible-a-tout-prix.2569.0.html?&amp;L=1#c11838</a></p><p>La LTr&nbsp;: <a href="http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_11.html" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_11.html</a></p><p>L’OLT 5&nbsp;: <a href="http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_115.html" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_115.html</a></p><p>La liste des travaux dangereux interdits aux jeunes&nbsp;: &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_115_2.html" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_115_2.html</a></p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-712</guid><pubDate></pubDate><title>Versement de salaires en euros : analyse juridique et politique</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/versement-de-salaires-en-euros-analyse-juridique-et-politique</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p> Le Secrétariat a analysé la question de la validité juridique du paiement du salaire en euros, ou de l’adaptation à la baisse des salaires en raison des variations du cours de cette monnaie. En effet, de nombreuses entreprises ont récemment tenté de reporter les effets de ces variations de cours sur les travailleurs/travailleuses en versant en euros les salaires précédemment versés en francs de tout ou une partie de leur personnel. D’autres ont tenté de diminuer les salaires en les indexant à la baisse, arguant que le cours défavorable de l’euro pesait sur le résultat de l’entreprise. Certains n’ont appliqué ces méthodes qu’à leurs travailleurs/travailleuses issus de l’UE ou résidants dans l’UE (frontaliers/frontalières). Parmi les entreprises concernées, on trouve notamment : Mopac Modern Packaging (BE), Stöcklin (BL), Trasfor (TI), Maag Pump (ZH), Dätwyler (UR). Sanofi-Aventis (GE) a quant à elle procédé à des licenciements collectifs, invoquant le cours de l’euro comme motif économique.  
</p><p> Pour les salarié/e/s concernés, cela correspond dans la plupart des cas à une forte diminution du salaire réel. Cette analyse se trouve en annexe. Elle devrait être prochainement publiée dans une revue scientifique, sous une forme légèrement modifiée.  
</p><p> Nous parvenons à la conclusion que, même si l’employeur a une grande liberté en matière de fixation des salaires, le versement du salaire en euros ou l’adaptation à un cours de l’euro défavorable revient à reporter le risque d’entreprise sur les salarié/e/s, ce qui est prohibé par le droit du travail. En outre, de telles pratiques ne sauraient être assimilées à une participation à un résultat négatif de l’entreprise, pratiques admises par la doctrine. Enfin, traiter différemment</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-713</guid><pubDate></pubDate><title>Les salaires minimums : un barrage contre l’injustice</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-salaires-minimums-un-barrage-contre-l-injustice</link><description>Dépôt de l’initiative sur les salaires minimums</description><content:encoded><![CDATA[<p><i><span lang="fr-FR">Après une année de récolte de signatures, l’Union syndicale suisse (USS), avec ses fédérations et des organisations amies, a déposé le 23 janvier 2012 à la Chancellerie fédérale l’initiative populaire «&nbsp;Pour la protection de salaires équitables (Initiative sur les salaires minimums)&nbsp;», munie de plus de 111&nbsp;000 signatures. Elle demande que la Confédération et les cantons encouragent l’inscription dans les CCT de salaires minimums et qu’en complément, tout le monde, hommes et femmes, ait droit à un salaire décent. Pour ce faire, elle exige la fixation d’un salaire minimum légal de 22 francs de l’heure, soit de 4000 francs par mois (semaine de 42 heures). Actuellement, 400&nbsp;000 personnes – dont une grande majorité de femmes – touchent un salaire inférieur à ce montant dans notre pays. Ci-après la brève allocution prononcée par le président de l’USS lors du dépôt de cette initiativep.</span></i></p><p>Avec l’initiative sur les salaires minimums c’est un nouveau chapitre de la politique salariale qui s’ouvre pour la Suisse. Si les 10 à 15 dernières années ont été marquées par l’explosion des hauts et très hauts salaires – dans une mesure éhontée -, il faut entamer maintenant un nouveau cycle en faveur des bas et des moyens salaires. Les salaires minimums sont l’instrument le meilleur pour améliorer les salaires de tous et toutes, donc aussi pour celles et ceux qui sont désavantagés à cet égard. Et si les salaires des personnes qui se trouvent au bas de l’échelle des rémunérations ne peuvent plus faire l’objet de pressions à la baisse, alors celles qui gagnent plus que le minimum en profiteront également. Les bas et moyens salaires doivent à nouveau s’orienter à la hausse.
</p><p>L’initiative sur les salaires minimums permettra la mise en place d’un salaire minimum légal au-dessous duquel il sera interdit d’aller. Mais le partenariat social s’en trouvera renforcé. L’ensemble des conventions collectives de travail (CCT) seront encouragées et passeront au premier plan. Le salaire minimum légal s’appliquera uniquement en l’absence - faute d’organisation patronale ou parce que cette dernière n’en veut pas - d’une CCT décente prescrivant des salaires en conséquence. Il est à prévoir qu’elle entraînera une augmentation, et non une baisse, du nombre de CCT.
</p><p>L’initiative sur les salaires minimums va lancer un nouveau débat. «&nbsp;Le travail, ça doit payer&nbsp;!&nbsp;» est un slogan avec lequel presque tout le monde est sans doute d’accord. Mais c’est alors nécessairement reconnaître aussi que les personnes occupées à plein temps doivent aussi pouvoir vivre de leur salaire, sans avoir à passer par les services sociaux, c’est-à-dire devoir être aidés par des fonds publics. Un salaire minimum d’au moins 22 francs de l’heure, ou 4000 francs par mois, répond parfaitement à cette exigence.  
</p><p>La Suisse a besoin de ce débat. Quiconque n’est pas en mesure de vivre de son salaire en Suisse est la victime d’une injustice. Les salaires minimums sont le meilleur instrument pour mettre fin à pareilles injustices.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-715</guid><pubDate></pubDate><title>Six semaines de vacances : mérité et nécessaire !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/six-semaines-de-vacances-merite-et-necessaire</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Les congés-payés sont un des acquis sociaux importants des syndicats. Les vacances sont en effet indispensables pour la santé, la vie sociale et la vie familiale. Prendre des vacances, c’est faire ce que l’on veut. Quand on veut. C’est plus de temps pour sa famille. C’est voir ses amis. C’est avoir des activités sociales. C’est faire du sport. Ou se laisser aller au farniente. C’est décompresser. Et c’est bon pour la santé&nbsp;: les études médicales s’accordent par exemple sur le fait qu’il faudrait pouvoir prendre régulièrement des blocs d’au moins deux semaines de vacances pour que celles-ci déploient tous leurs effets bénéfiques. Nul doute que six semaines de vacances pour tous les salarié(e)s ne leur apporteraient que des bénéfices&nbsp;!
</p><p>Une augmentation du droit aux vacances favoriserait aussi une meilleure compatibilité de la vie professionnelle avec les obligations familiales. En effet, avoir plus de vacances, c’est pouvoir passer plus de temps avec ses enfants. Cela permet aussi de mieux s’organiser en période de vacances scolaires (13 semaines) ou lorsque les crèches et garderies sont fermées. 
</p><p>Plusieurs conventions collectives de travail (CCT) prévoient certes une cinquième semaine de vacances, d’autres octroient des congés supplémentaires à certaines catégories de salarié(e)s (p. ex. les apprenti(e)s, les plus de 55 ans). Mais il ne faut pas oublier qu’un(e) salarié(e) sur deux ne bénéficie pas d’une CCT. En outre, de nombreux salarié(e)s assujettis à une CCT doivent se contenter du minimum légal, parfois complété d’un ou deux jours supplémentaires seulement. Quant aux salarié(e)s du secteur public, ils ne bénéficient pas tous de jours de vacances allant au-delà des quatre semaines prévues par le Code des obligations. 
</p><p>En presque 30 ans, depuis l’introduction de la troisième et quatrième semaine de vacances en 1984 (grâce à une initiative de l’USS), rien n’a bougé sur le plan légal. La durée du travail a stagné (18 minutes de moins à peine) et a même légèrement augmenté au cours des quatre dernières années. Pourtant, les salarié(e)s ont largement mérité une meilleure participation aux fruits de leur travail&nbsp;: Alors que la productivité du travail a explosé en 25 ans (+21,5&nbsp;%), les salaires réels ont crû cinq fois moins vite sur la même période (+4,3&nbsp;%). En outre, les salarié(e)s de Suisse accumulent bon an, mal an, l’équivalent de 100&nbsp;000 emplois à plein temps en heures supplémentaires. Il y a donc une confortable marge de manœuvre pour baisser le temps de travail et améliorer ainsi la qualité de vie des travailleurs et travailleuses, sans pour autant menacer des emplois. 
</p><p>Cette amélioration aura en outre des effets positifs sur l’économie, car des salarié(e)s mieux reposés sont plus productifs et moins stressés. Or, le stress au travail est un phénomène qui prend de l’ampleur. La part de celles et ceux qui en souffrent augmente, comme la part de celles et ceux qui ne parviennent plus à le gérer. Les coûts pour l’économie sont énormes&nbsp;: environs dix milliards de francs par an selon le SECO. Un chiffre qui relativise nettement les coûts estimés des six semaines de vacances, d’environ six milliards par an. 
</p><p>Une augmentation du droit aux vacances n’est pas qu’une mesure de santé publique. C’est aussi une manière de mieux rétribuer les efforts colossaux fournis par les salarié(e)s de Suisse ces dernières années. Dire oui à l’initiative «&nbsp;6 semaines de vacances pour tous&nbsp;», c’est soutenir un progrès social nécessaire et mérité&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-718</guid><pubDate></pubDate><title>Les clients sont rois, mais pas toujours - Heures d’ouverture des commerces au parlement cantonal zurichois</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-clients-sont-rois-mais-pas-toujours-heures-d-ouverture-des-commerces-au-parlement-cantonal-zurichois</link><description>Le parlement cantonal zurichois propose de rejeter à une très large majorité (100 voix à 67) l’initiative des Libéraux-Radicaux (PLR) « Le client est roi » (« Der Kunde ist König »). De bonne augure pour la votation cantonale de cet automne et un avertissement à tous ceux et toutes celles pour des magasins ouverts 24 heures sur 24 représentent le paradis.</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’initiative du PLR prône la libéralisation totale, dans le canton de Zurich, des horaires d’ouverture des commerces. Selon les initiants, « l’’État n’a pas à prescrire aux consommateurs où et quand ils font leurs achats&nbsp;». Sous le couvert d’une pseudo-liberté d’acheter n’importe quoi n’importe quand (tant pis si c’est à des prix surfaits, comme dans bon nombre de boutiques ouvertes en dehors des horaires usuels…), les partisans de la libéralisation totale des horaires de travail visent surtout, à terme, la suppression totale du repos nocturne et dominical ainsi qu’une prolongation des horaires d’ouverture des magasins.
</p><p>Il s’agit d’une nouvelle tranche de la «&nbsp;stratégie du salami&nbsp;» Les autres tranches sont ici&nbsp;: </p><ul><li><p> l’initiative Lüscher (PLR/GE) pour la libéralisation totale des horaires des échoppes (shops) de stations-service (bientôt devant le Conseil national), </p></li><li><p> la motion Hutter (PLR/ZH) pour que les canton puissent fixer les horaires d’ouverture comme bon leur semble (bientôt devant le Conseil des Etats),</p></li><li><p> la motion Buttet (PDC/VS) pour étendre les ouvertures dominicales aux «&nbsp;régions périphériques&nbsp;» (déposée fin 2011 au Conseil national).</p></li></ul><p>Il n’en demeure pas moins que l’État, lorsqu’il fixe les horaires de travail, assume ses tâches de préserver la santé et la vie sociale des travailleurs, ainsi que la tranquillité publique. Or, ce sont là des tâches autrement plus importantes que les envies de quelques consommateurs impatients. En effet, outre les nuisances pour la santé, la vie sociale et familiale des travailleuses et travailleurs concernés, la prolongation des horaires d’ouverture des commerces crée des nuisances pour le voisinage (trafic routier, attroupement bruyant, nuisances dues à l’alcool). Le parlement zurichois a donc été bien inspiré de ne pas céder aux sirènes de la consommation à outrance. Au peuple maintenant de faire preuve de la même sagesse.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-720</guid><pubDate></pubDate><title>Discrimination salariale sous couvert de franc fort - Salaires vs euro : 1 à 0 !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/discrimination-salariale-sous-couvert-de-franc-fort-salaires-vs-euro-1-a-0</link><description>Récemment, plusieurs entreprises ont voulu reporter sur leurs salarié(e)s les effets de la surévaluation du franc par rapport à l’euro. Plusieurs méthodes ont été tentées : augmentation du temps de travail sans compensation, indexation automatique des salaires au cours de la monnaie ou versement du salaire en euros. L’entreprise Stöcklin de Bâle-Campagne s’y est essayée. Apparemment, c’est raté !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Certaines des entreprises qui ont été tentées d’emprunter cette voie ne s’en sont prises qu’à leurs frontaliers et frontalières. Elles pensaient sans doute que cela passerait mieux auprès de la population… Selon elles en effet, la main-d’œuvre frontalière ne voit pas son pouvoir d’achat diminuer si elle touche un salaire indexé à la baisse ou versé en euros. Or, cette argumentation est fallacieuse pour trois raisons. </span></p><h3 class="Sous-titreSP"><span lang="FR">Valeur du travail, niveau de l’euro et pression sur les salaires</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Tout d’abord, quel que soit le taux de change franc/euro, la valeur du travail des frontaliers et frontalières reste la même que celle de leurs collègues résidant en Suisse. Il n’y a donc pas de raison de baisser leurs salaires. Ensuite, lorsque l’euro était au plus haut par rapport au franc et que le pouvoir d’achat de la main-d’œuvre frontalière en souffrait, personne n’a ne serait-ce qu’évoqué une hausse de leurs salaires pour suivre l’évolution du taux de change. Enfin, s’il était possible de baisser la rémunération des seuls frontaliers et frontalières, les personnes résidant en Suisse seraient confrontées à une forte pression sur leurs propres salaires. Elles n’auraient alors pas d’autre choix que de céder à la sous-enchère ou de perdre leur emploi. </span></p><h3 class="Sous-titreSP"><span lang="FR">Une pratique illégale</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">L’USS a toujours affirmé que ces pratiques soi-disant destinées à contrer la cherté du franc sont illégales, car elles reportent le risque économique sur les salarié(e)s, ce qui est interdit par le droit du contrat de travail. En outre, lorsqu’elles discriminent la main-d’œuvre frontalière ou issue de l’Union européenne (UE), elles violent l’Accord sur la libre circulation des personnes. Un tribunal bâlois vient de donner raison à la grande confédération syndicale. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">L’entreprise Stöcklin à Aesch (BL) avait licencié ses frontaliers qui refusaient une baisse de leur salaire de 6&nbsp;% liée au cours de l’euro. Le tribunal de district d’Arlesheim a considéré que ces congés-modification étaient abusifs. Il soutient ainsi l’argumentation de l’USS comme quoi il est interdit de discriminer les travailleurs et travailleuses ressortissants de l’UE, même de manière indirecte comme c’est le cas ici. Plusieurs professeurs de droit, dont la professeure Epiney de l’Université de Fribourg et le professeur Geiser de l’Université de Saint-Gall ont également défendu ce point de vue. Seules certaines organisations patronales bâloises ont protesté, en se fondant sur une interprétation pour le moins douteuse de la doctrine et de la jurisprudence, pourtant évidentes, liées à l’Accord sur la libre circulation des personnes, que propose le professeur Stöckli de l’Université de Bâle.</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Le cas Stöcklin ira très probablement en appel. Mais comme d’autres procédures judiciaires sont pendantes dans des cas similaires, il ne reste qu’à espérer que les autres tribunaux s’inspireront de cette jurisprudence aussi louable que raisonnable.</span></p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Politique monétaire</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-143</guid><pubDate></pubDate><title>Une hausse générale de salaire de 2à 3 % : c’est mérité, juste et nécessaire</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/une-hausse-generale-de-salaire-de-2a-3-c-est-merite-juste-et-necessaire</link><description>Pour 2011, les fédérations membres de l’USS demandent une hausse des salaires se si-tuant entre 2 et 3 %, soit au moins 150 francs dans la plupart des branches. Et elles com-battront aussi l’individualisation des salaires, car seuls les étages supérieurs en profitent. </description><content:encoded><![CDATA[<p>La grande majorité des salarié(e)s est restée sur sa faim après les dernières négociations salariales (de l’année&nbsp;2009 pour l’année courante 2010); dans certaines branches, comme l’artisanat du bâtiment (second œuvre), il n’y a pas eu un franc d’augmentation des salaires. Alors que la charge de travail est restée normale et que la pression au travail fut très forte. La crise et plus encore, l’angoisse de la crise ont joué leur rôle d’intimidation. En partie, elles ont aussi été utilisées de manière éhontée, comme en témoignent les nouveaux records atteints, en pleine crise, par l’augmentation sans limites des hauts et très hauts salaires.
</p><p>La situation bénéficiaire des entreprises, la productivité croissante et le retard des salaires rendent nécessaire une négociation salariale substantielle pour les salarié(e)s à bas et moyen revenus. Les organisations syndicales dominantes dans les branches, qui sont organisées dans l’Union syndicale suisse, revendiquent des augmentations de salaire générales de deux à trois pour cent. Cela correspond pour la majorité des salarié(e)s à une augmentation de 150 francs au moins.
</p><p>Cette fois, en contrepied de l’individualisation des salaires, souvent prônée par la partie patronale, et qui ne profite finalement qu’aux hauts et très hauts salaires, il faudra parvenir à un accord sur une augmentation générale. Le socle de l’augmentation unitaire de 150 francs est un instrument utile en ce sens. Les augmentations générales ne font pas que développer la justice salariale, mais traduisent aussi le fait que l’essentiel de la production économique se réalise sous l’égide de la coopération. 
</p><p>Dans le cadre de cet accord sur des augmentations générales, une priorité particulière doit être accordée à la hausse des salaires minimaux. Les salaires minimaux conventionnels ne font pas que jouer un rôle protecteur contre les pressions et la sous-enchère salariales; ils contribuent en même temps de manière essentielle à freiner l’inquiétante évolution en ciseaux des salaires, dont l’écartement va croissant. Avec le principe de l’augmentation générale, ils permettent de s’assurer que les gains ne se dirigent pas uniquement vers le haut de l’échelle. 
</p><p>Les accords salariaux contenant des augmentations générales et des salaires minimaux bloquant les pressions à la baisse représentent aussi l’apport relativement le plus efficace à la lutte contre les inégalités de salaires en raison du sexe pour un travail égal ou de valeur égale. L’inégalité salariale entre femmes et hommes en Suisse est et reste un scandale. Des progrès en matière de salaires minimaux sont d’autant plus urgents que les mesures prises sur une base volontaire, comme le dialogue sur l’égalité des salaires, semblent ne pas devoir véritablement progresser. 
</p><p>Une négociation salariale débouchant sur une augmentation générale et substantielle pour l’année prochaine, c’est aussi finalement, du point de vue économique, le meilleur et le plus fort coup de pouce que l’on puisse donner à la relance. Si à l’horizon&nbsp;2011, des augmentations de coûts menacent déjà — comme celle des primes de l’assurance-maladie, qui n’est concrètement formulée que tardivement, mais qui pèse lourdement sur le budget des ménages — les prochaines négociations salariales peuvent et doivent apporter non seulement formellement, mais aussi réellement, quelque chose de plus à la majorité des salarié(e)s. Car elles et ils le méritent.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-722</guid><pubDate></pubDate><title>Nouvel arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne: Les droits des salarié(e)s à nouveau restreints</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/nouvel-arret-de-la-cour-de-justice-de-l-union-europeenne-les-droits-des-salarie-e-s-a-nouveau-restreints</link><description>Avec ses désormais tristement célèbres arrêts Viking, Laval, Luxembourg ou Rüffert, la Cour de justice de l’Union européenne (CJE) a maintes fois donné la priorité aux libertés économiques sur les droits des salarié(e)s, en particulier la liberté syndicale, le droit de grève et la négociation collective. Avec le renvoi préjudiciel du 26 janvier 2012 dans la cause « Kücük » (affaire C-586/10), la CJE s’en prend cette fois aux règles qui régentent les contrats individuels de travail, en particulier les contrats à durée déterminée (CDD) et ouvre une brèche dans le droit du travail qui risque fort de dégrader encore plus la situation des travailleurs précaires.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Cette nouvelle décision de la CJE pourrait avoir pour conséquence de durcir les conditions auxquelles un CDD peut être transformé en contrat à durée indéterminée (CDI), respectivement de faciliter la tâche de l’employeur qui veut justifier le recours à des CDD en chaîne, même sur une longue période.
</p><h3 class="Sous-titreSP"><span lang="FR">13 CDD avec le même employeur ne font pas un CDI&nbsp;!</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Une travailleuse allemande qui avait enchaîné 13 CDD pendant 11 ans dans la même administration publique n’a pas pu obtenir la requalification de cette succession de contrats précaires en un seul CDI. Elle s’appuyait sur la directive 1999/70 CE concernant l’accord-cadre entre partenaires sociaux sur le travail à durée déterminée, une directive qui prescrit aux États-membres de prévenir les abus en cas de CDD successifs en les réputant conclus pour une durée indéterminée lorsqu’il n’existe aucune raison objective de les enchaîner (clause 5). Le droit interne allemand, qui met en œuvre cette directive, prévoit que le remplacement d’un autre travailleur (p. ex. en cas de congé-maladie ou maternité) constitue une «&nbsp;raison objective&nbsp;» autorisant le recours au CDD. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">En principe, la CJE considère qu’une succession de CDD est abusive si son objectif est de satisfaire un besoin en personnel permanent. Dans l’arrêt dit «&nbsp;Kücük&nbsp;» - du nom de la personne en litige avec son employeur, le Land de la Rhénanie-du-Nord – Westphalie -, la CJE estime cependant que, dans une administration ou une entreprise dont un grand nombre de collaborateurs doivent se faire régulièrement remplacer, il n’est pas abusif – donc, il est licite - d’engager une seule et même personne par des CDD en chaîne pendant une longue période&nbsp;; cela, du moment que, lors de chaque CDD, elle effectue un «&nbsp;remplacement&nbsp;». Exiger de l’employeur qui doit faire fréquemment recours à des remplaçants qu’il les engage en CDI irait ainsi au-delà des exigences de la directive européenne. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Cette décision pourrait concerner un grand nombre d’entreprises et d’administrations, en particulier les plus grandes d’entre elles. En effet, lorsque l’on emploie beaucoup de collaborateurs et collaboratrices, les besoins de remplacements «&nbsp;objectivement justifiés&nbsp;» sont nombreux. L’effet pourrait être encore plus dévastateur dans les branches à forte main-d’œuvre féminine comme, par exemple, la santé. </span></p><h3 class="Sous-titreSP"><span lang="FR">Quelle influence sur la Suisse&nbsp;?</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Même si la décision de la CJE ne porte pas sur un domaine du droit européen qui concerne la Suisse, il est toutefois à craindre qu’elle n’ait tout de même des conséquences pour notre pays. En droit suisse, le recours à des contrats à durée déterminée en chaîne est également abusif. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Chez nous, une succession de CDD doit, selon la doctrine juridique, être considérée comme un seul CDI lorsqu’il n’y a pas d’interruption entre les contrats (hormis pour cause de vacances, maladie, maternité, accident, obligation légale, pauses entre les CDD dues à la nature du travail temporaire). Le Tribunal fédéral (TF) est cependant plus conciliant, en particulier avec la location de services. Il considère, par exemple, que, pour qu’il y ait un abus de contrats temporaires en chaîne, il faut que le travailleur concerné ait effectué la même mission dans la même entreprise et que les éventuelles interruptions entre les missions intérimaires n’aient été que de très courte durée (quelques semaines au maximum). Selon la haute cour, le législateur a sciemment voulu donner une certaine «&nbsp;souplesse&nbsp;» aux employeurs, qui justifie, selon lui, une moindre protection des travailleurs et travailleuses intérimaires, même si elle admet que leur situation est précaire (ATF 117 V 248). La nouvelle jurisprudence européenne risque malheureusement d’encourager le TF à poursuivre dans cette voie d’une interprétation large de la licéité des contrats en chaîne. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Du point de vue des salarié(e)s, il est très important d’éviter l’enchaînement de CDD, en particulier dans l’intérim. En effet, dans bien des cas, les travailleurs et travailleuses temporaires ne bénéficient pas des mêmes avantages sociaux que leurs collègues engagés de manière indéterminée. Cela concerne en particulier la couverture par les assurances sociales, le paiement du salaire en cas de maladie, les délais de congé ou l’accès à la formation continue. Heureusement, la nouvelle CCT du travail temporaire, entrée en vigueur au début de l’année, améliore la situation matérielle des travailleurs et travailleuses temporaires, même si celle-ci reste précaire de par la nature de la relation contractuelle existante.</span></p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-149</guid><pubDate></pubDate><title>Le Tribunal fédéral met les points sur les i</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-tribunal-federal-met-les-points-sur-les-i</link><description>Le Tribunal fédéral (TF) vient de confirmer une décision du Secrétariat d’État à l’économie, le SECO, interdisant le travail de nuit dans les officines (ou « shops ») de stations-service pour des activités relevant du commerce de détail (en particulier la nourriture), même si du personnel est présent pour la vente de carburant et la petite res-tauration. Il faut saluer cette décision, qui met un frein à la libéralisation rampante des ouvertures des commerces et des horaires de travail. </description><content:encoded><![CDATA[<p>L’arrêt du TF&nbsp;a aussi le mérite de rappeler les principes qui régissent les exceptions à l’interdiction d’employer du personnel la nuit. Ces exceptions ne sont possibles que pour des raisons économiques impérieuses et ne sont pas justifiables par un vague «&nbsp;besoin des consommateurs&nbsp;», la «&nbsp;demande du marché&nbsp;» ou la présence de personnel assigné à d’autres tâches (p. ex. la vente de carburant) pendant la nuit. Le TF a tapé sur le clou et rappelé que le travail de nuit est néfaste pour la santé, la vie sociale et familiale des travailleurs et travailleuses concernés, autant d’intérêts publics que l’on ne saurait sacrifier à l’intérêt privé de ceux qui souhaitent consommer n’importe quoi n’importe quand. Les exceptions à l’interdiction du travail de nuit ne doivent donc être admises qu’exceptionnellement et de manière restrictive. Le TF a également rappelé à juste titre qu’il est parfaitement possible de ne compter que sur les heures d’ouverture existantes pour se procurer les produits de consommation courante.
</p><p>Mais la lutte pour empêcher une libéralisation totale des horaires d’ouverture des commerces est loin d’être finie. En effet, les partisans de la loi de la jungle en matière d’horaires de travail ont passé à l’offensive au Parlement fédéral. Le libéral-radical genevois Christian Lüscher, piloté par l’association zurichoise «&nbsp;IG Freiheit&nbsp;», a en effet déposé une initiative parlementaire visant à libéraliser totalement les heures d’ouverture des officines de stations-service, une initiative qui sera traitée en commission à fin août. Pour la deuxième fois, on tentera donc d’imposer à l’ensemble du pays les vues d’une minorité de consommateurs zurichois. Car les stations-services concernées se trouvent toutes dans le canton de Zurich et, à ce jour, aucune tentative d’élargir les horaires n’a été signalée ailleurs. Un précédent avait eu lieu lors de la libéralisation du travail dominical dans les grandes gares, elle aussi partie de Zurich suite à un refus du TF de laisser les commerces de sa gare centrale vendre n’importe quoi le dimanche. 
</p><p>Le parallèle avec les ouvertures dominicales dans les grandes gares ne s’arrête d’ailleurs pas là&nbsp;: la libéralisation des horaires des officines de stations-service fait partie de la stratégie du saucisson visant à faire avaler par petites tranches fines à la population une libéralisation totale du travail nocturne et dominical à laquelle elle s’est maintes fois opposée dans les urnes. Entre ces deux tranches, il y avait encore eu la possibilité pour les cantons d’autoriser le travail dominical dans tous les commerces jusqu’à quatre dimanches supplémentaires par an, possibilité qu’ont d’ailleurs refusée de nombreux cantons, dans les parlements ou dans les urnes, lors de victoires référendaires des syndicats. 
</p><p>Il est enfin piquant de constater que, le jour de la publication de l’arrêt du TF, c’était la compagnie pétrolière BP, exploitante des stations-service zurichoises concernées, qui montait au créneau pour se plaindre d’un jugement qu’elle considère «&nbsp;contraire au bon sens&nbsp;». Pour une entreprise engluée jusqu’au cou dans une marrée noire provoquée par des manquements aux prescriptions de sécurité, il fallait oser&nbsp;!
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-146</guid><pubDate></pubDate><title>Plus de 50 jours de grève !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/plus-de-50-jours-de-greve</link><description>Depuis le 8 juillet activement, soutenu par le Syndicat suisse des services publics, le ssp, le personnel d’ISS Aviation (nettoyage d’avions) de l’aéroport de Genève est en grève. Il se bat contre la dénonciation de la convention collective de travail (CCT) et une baisse massive des salaires. Aujourd’hui, le ssp appelle à la grève le 2 septembre .</description><content:encoded><![CDATA[<p>Pour certaines catégories du personnel, ISS veut imposer des baisses de près de 25&nbsp;% (&nbsp;!). Et cela, pour des salaires qui ne permettent de toute façon guère de vivre dans un endroit aussi cher que Genève. Un exemple&nbsp;: selon les dispositions de la CCT dénoncée, une nettoyeuse peut arriver, après vingt ans d’activité, à un salaire maximum de 4847,75 francs. Et ce montant devrait être encore abaissé à 3550 francs. Socialement, c’est purement et simplement une insulte et une attaque contre la dignité des travailleuses et travailleurs
</p><p>Pas étonnant, par conséquent, que les grévistes tiennent le coup et se trouvent maintenant presque à leur cinquantième jour de grève. Si aucune brèche n’a pu être ouverte à ce jour, c’est sans doute parce que la majorité du personnel n’est pas en grève. Cette dernière gène certes les activités d’ISS, mais sans parvenir à les paralyser. Or, Jacqueline*, une des grévistes, affirme clairement que «&nbsp;La plupart des personnes qui continuent à travailler se solidarisent en secret avec nous, nous soutiennent et nous remercient aussi pour notre engagement, mais déclarent ne pas être en mesure, elles-mêmes, de faire grève.&nbsp;» Que le refus de travailler soit plutôt douloureux pour ISS, cela apparaît aussi dans le fait qu’elle a commencé à placer des annonces dans divers journaux romands afin d’y présenter «&nbsp;sa&nbsp;» vérité fortement aménagée.
</p><p>Pire encore&nbsp;: ce dumping salarial est favorisé par l’État de Genève, l’«&nbsp;autorité concédante&nbsp;». La société Aéroport international de Genève (AIG), qui est présidée par le président du gouvernement cantonal, le radical François Longchamp, est tenue de veiller à ce que les salaires versés à l’aéroport soient corrects. Or, en lieu et place de cela, AIG s’est opposée aux grévistes. Entre temps, des négociations entre le ssp et le gouvernement ont eu lieu. On saura dans quelques jours si elles auront été fructueuses. 
</p><p> Le ssp et l’USS demandent au gouvernement genevois de mettre de toute urgence un terme à cette politique de démolition. Il n’est quand même pas possible qu’un gouvernement (sa majorité) veuille décréter des salaires de misère pour sa propre population. 
</p><p>&nbsp;</p><p><i>*&nbsp;Nom fictif, personne connue de la rédaction. </i></p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-723</guid><pubDate></pubDate><title>Votation du 11 mars 2012 : initiative « 6 semaines de vacances pour tous » - Nous l’avons bien mérité !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/votation-du-11-mars-2012-initiative-6-semaines-de-vacances-pour-tous-nous-l-avons-bien-merite</link><description>Le 11 mars 2012, nous voterons entre autres sur l’initiative « 6 semaines de vacances pour tous ». Après des années de maximisation des profits aux dépens des travailleurs et travailleuses, l’heure est enfin venue qu’ils profitent aussi quelque peu des fruits de leur travail. C’est pourquoi il faut dire OUI à six semaines de vacances pour tout le monde.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les profits ont été à la hausse pour les étages supéripeurs, mais celles et ceux d’en bas n’en ont pas vu grand-chose. Cette image pourrait «&nbsp;résumer&nbsp;» ce qui s’est passé ces dernières années. Uniquement entre 1992 et 2007, la productivité a crû de plus de 20 pour cent, alors que les salaires réels stagnaient pratiquement (croissance de moins de 5&nbsp;%).
</p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">La hausse de la productivité n’a donc pas profité à celles et ceux qui en sPont les auteurs. Les bénéfices des entreprises ont en revanche explosé. Et les managers se sont réservé les meilleurs morceaux sous forme de bonus, les actionnaires encaissant, pour leur part, de juteux dividendes. Avec l’initiative pour plus de vacances, nous pourrons récupérer un petit peu de ce dont les patrons nous ont privés ces dernières années. </span></p><h3 class="Sous-titreSP"><span lang="FR">Des heures supplémentaires équivalant à 100&nbsp;000 emplois supplémentaires</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Nous travaillons toujours plus. Non seulement on produit plus en Suisse par heure que dans tout le reste de la planète, mais la durée hebdomadaire du travail y est aussi la plus longue de toute l’Europe, soit de 44 heures en moyenne, contre 41 en Autriche, 40 en Allemagne et 37 en France. Pour la seule année 2010, les personnes occupées à temps plein ont effectué tellement d’heures supplémentaires que 100&nbsp;000 emplois auraient pu être créés. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Et en matière de vacances ainsi que de jours fériés, les salarié(e)s de Suisse se font gruger. Alors que ces jours sont au nombre de 40 par an en Finlande et de 38 en Autriche, ils ne sont que 29 en Suisse. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">L’initiative pour plus de vacances permettra aux travailleurs et travailleuses de ce pays de récupérer et de se reposer aussi longtemps que dans le reste de l’Europe. </span></p><h3 class="Sous-titreSP"><span lang="FR">Le stress rend malade et coûte cher</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Pour les salarié(e)s de Suisse, la seule chose à constamment augmenter, c’est le stress et les dommages qu’il cause à la santé. Et c’est cher&nbsp;! Cher pour les personnes concernées et pour notre économie. Dix milliards de francs, selon l’étude du SECO sur le stress&nbsp;!</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Comme pratiquement personne ne peut échapper à la pression croissante qui s’exerce sur le lieu de travail, une meilleure protection légale s’impose, par exemple en augmentant la durée des vacances. </span></p><h3 class="Sous-titreSP"><span lang="FR">D’abord cinq semaines pour tout le monde, puis six</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Si l’initiative est acceptée, la sixième semaine de vacances ne sera pas immédiatement introduite. En effet, ce sont cinq semaines qui le seront. Ensuite, un jour de vacances sera ajouté chaque année. Ainsi, cinq ans plus tard, tous les travailleurs et toutes les travailleuses de Suisse auront droit à six semaines de vacances.&nbsp; </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Les coûts entraînés par la semaine supplémentaire sont d’ores et déjà couverts par la hausse de la productivité et le seront aussi par le recul des frais engendrés par le stress.</span></p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-727</guid><pubDate></pubDate><title>Journée d’action européenne pour l’emploi et la justice sociale:  Halte au dumping salarial ! Pour une responsabilité solidaire immédiate !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/journee-d-action-europeenne-pour-l-emploi-et-la-justice-sociale-halte-au-dumping-salarial-pour-une-responsabilite-solidaire-immediate</link><description>Durant la crise financière, les États européens ont déversé des milliards par torrents afin de sauver les banques. Maintenant, partout en Europe, les salarié(e)s et les retraité(e)s sont priés de régler la facture. La Confédération syndicale européenne (CSE) combat cette politique désastreuse, entre autres par une journée d’action le 29 février.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Le prochain sommet de l’Union européenne (UE), les 1<sup>er</sup> et 2 mars, prendra des décisions d’une grande portée pour les salarié(e)s. À l’ordre du jour, de nouveaux et brutaux programmes d’austérité qui accroîtront encore plus le chômage. Ce dernier a déjà atteint un record, avec 23,5 millions de chômeurs et chômeuses dans toute l’UE. En outre, les décisions prévues s’en prendront aussi aux salaires et à la sécurité sociale des travailleurs et travailleuses. L’autonomie contractuelle des partenaires sociaux est également en partie menacée. Seule lueur dans ce long tunnel ténébreux, l’introduction, ou le durcissement, de la responsabilité solidaire est envisagée. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Dans la perspective de ce nouveau serrage de vis, la CES a appelé à des journées d’action dans toute l’Europe sous le mot d’ordre&nbsp;: «&nbsp;Trop c’est trop&nbsp;! Des alternatives existent. Pour l’emploi et la justice sociale.&nbsp;» Cet appel a été entendu. Dans presque tous les États européens, les syndicats manifesteront contre une politique d’austérité aveugle et pour des solutions socialement adéquates à la crise de la dette (euro-obligations et reformulation du mandat de la Banque centrale européenne). En Suisse aussi, nous manifesterons. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Les syndicats européens avancent d’autres mesures concrètes comme l’amélioration de la protection contre le dumping salarial et la responsabilité sociale des entreprises dans la chaîne de la sous-traitance. Cette responsabilité doit permettre de stopper la pratique de plus en plus courante, en Suisse aussi, qui voit des entreprises générales déléguer une partie de leur mandat à des entreprises sous-traitantes qui se contrefichent du respect des conditions de travail stipulées par les CCT. Les syndicats suisses passeront à l’action, tout au moins symboliquement, contre ce retour au capitalisme sauvage lors de cette journée européenne. Le 29 février, Unia, soutenu par d’autres syndicats de l’USS, organisera trois actions sur des chantiers à Lausanne, Lugano et Berne, avec pour mot d’ordre: Halte au dumping salarial&nbsp;! Pour une responsabilité solidaire immédiate&nbsp;! </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Des informations supplémentaires concernant la journée d’action européenne se trouvent à cette adresse&nbsp;: <a href="http://www.etuc.org/fr" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.etuc.org/fr</a></span></p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Salaires et CCT</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-728</guid><pubDate></pubDate><title>Protection de la maternité: Le temps de travail doit être rémunéré. Même lorsque l’on allaite !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/protection-de-la-maternite-le-temps-de-travail-doit-etre-remunere-meme-lorsque-l-on-allaite</link><description>Le Conseil national va se prononcer pendant la session qui vient de commencer au sujet de la ratification de la convention n° 183 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur la protection de la maternité, suite à une initiative parlementaire due à la socialiste Liliane-Maury-Pasquier (GE).</description><content:encoded><![CDATA[<p>La Chambre du peuple se prononcera aussi sur une petite modification de l’article 35a de la loi sur le travail (LTr), que cette ratification rendrait nécessaire. Bien que petite, c ette modification n’en est pas moins importante du point de vue de la santé publique comme de l’égalité entre femmes et hommes. En effet, elle traite du paiement du salaire lors de l’allaitement sur le lieu de travail. La majorité de la commission de la santé et de la sécurité sociale (CSSS) propose au plénum de ratifier la convention n°&nbsp;183 et d’accepter la modification de la l’article 35a LTr. L’USS se réjouit de cette proposition et la soutient.
</p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Actuellement, le temps consacré à l’allaitement sur le lieu de travail est considéré par la loi comme du temps de travail<span lang="FR">[1]</span></span>. Mais que ce temps doive être rémunéré ou pas n’est pas clair. À ce sujet, la loi est de fait muette. Une nouvelle jurisprudence a montré que cette absence de règles pose un problème réel&nbsp;: un tribunal genevois a ainsi récemment débouté une travailleuse qui demandait le paiement du temps de travail consacré à l’allaitement.<b></b>La CSSS propose donc, pour garantir la sécurité juridique, de modifier l’article 35a LTr, l’ordonnance devant définir la durée d’allaitement sur le lieu de travail donnant droit à un salaire. </p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Cette proposition est aussi une très bonne nouvelle pour la cause de l’égalité. Elle soutient concrètement les mères qui travaillent et élimine une discrimination salariale. En effet, la possibilité d’avoir du « temps de travail non rémunéré » pour allaiter ne concerne évidemment que les femmes. Cette proposition n’aura par conséquent qu’un impact marginal sur les charges salariales, car cela ne correspond qu’à une durée très réduite. Les montants en jeu le seront donc également. Le litige genevois portait, par exemple, sur quelques centaines de francs seulement. Et il faut ajouter qu’en pratique, de très nombreux employeurs versent déjà un salaire pour le temps consacré à l’allaitement. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">En outre, il convient enfin de saluer le principe de la ratification de la convention n° 183 de l’OIT sur la protection de la maternité. En effet, cette convention donne une assise internationale à de nombreuses mesures de protection des femmes enceintes et des mères qui travaillent, telles que l’assurance-maternité, la protection contre le licenciement pendant et après la grossesse, l’interdiction de discrimination, la protection de la santé et, bien sûr, des mesures en faveur de l’allaitement. La Suisse, qui souhaite jouer à l’avenir un rôle important au sein de l’OIT, se doit de montrer qu’elle soutient ses normes et ratifie ses conventions qui apportent des réponses aux problèmes actuels du monde du travail, même s’il faut pour cela procéder à des adaptations de sa propre législation. En l’espèce, l’adaptation nécessaire est mineure, car notre législation remplit déjà la quasi-totalité des conditions de la convention. Enfin, un refus de la Suisse d’encourager la protection de la maternité au niveau international serait incohérent par rapport à sa stratégie de défense des droits humains et une telle décision ne serait certainement pas comprise par ses partenaires.</span></p><h3 class="Titre2eSPgras"><span lang="FR">Encadré&nbsp;: Le Conseil fédéral soutient les pauses d’allaitement</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Le Conseil fédéral soutient la ratification de la convention n°&nbsp;183 et le fait que les pauses d’allaitement soient rémunérées. Dans sa prise de position du 22 février 2012, il confirme que cela n’aurait qu’un impact mineur sur l’économie. Il estime cependant que la modification de la LTr n’est pas nécessaire et qu’une adaptation d’ordonnance suffit à la sécurité juridique. Il prévoit donc de mettre prochainement un projet en consultation.</span></p><div><hr><div id="ftn1"><p><span lang="FR"><span lang="FR">[1]</span></span> Art. 35a al. 2 LTr, art. 60 OLT 1.</p></div></div>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-131</guid><pubDate></pubDate><title>Le nouveau truc de l’entreprise</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-nouveau-truc-de-l-entreprise</link><description>Depuis près de trois mois, le personnel de l’entreprise de nettoyage d’avions ISS est en grève à l’aéroport de Genève, une grève menée contre d’énormes baisses de salaire. Au-jourd’hui, l’entreprise essaie de contourner le Syndicat suisse des services publics, le ssp. Une manœuvre on ne peut plus transparente.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Ce sont bien 10&nbsp;% du personnel d’ISS, une entreprise internationale aux dimensions gigantesques, qui sont en grève à Genève. ISS veut en effet baisser les salaires des personnes qui nettoient les avions, parfois de plus de 1000 francs par mois&nbsp;; et cela, pour des salaires qui se situent entre 3500 et 4800 francs au maximum et que l’entreprise est même allée jusqu’à qualifier de… «&nbsp;luxueux&nbsp;»&nbsp;!
</p><p>Les grévistes et leur syndicat, le ssp – il a conclu avec ISS une CCT dénoncée en juin par l’entreprise qui l’a remplacée par des contrats individuels avec des salaires fortement revus à la baisse – auraient réussi depuis longtemps déjà à s’imposer s’ils avaient pu mobiliser plus de membres du personnel d’ISS. Mais la peur de perdre sa place et les manœuvres d’intimidation de l’entreprise ne l’ont pas permis. C’est une honte pour une entreprise mondiale qui se présente sur papier glacé comme progressiste. Mais on note aussi un effet collatéral positif de la grève&nbsp;: entre temps, quelques villes qui recourent habituellement aux services d’ISS ont décidé de reconsidérer leur collaboration avec cette dernière en fonction de l’issue de la grève…
</p><p>Pour faire plier les grévistes, ISS a déjà utilisé quelques trucs. Le dernier en date&nbsp;: une pseudo-convention collective de travail (CCT) conclue avec l’association PUSH et prévoyant une fourchette de salaires allant de 3500 à 3800 francs, alors que celle de la CCT signée avec le ssp allait de 3650 à 4850 francs. C’est tout vu.
</p><p>Mais PUSH est-elle apte à conclure une CCT&nbsp;? Le ssp et l’USS répondent NON&nbsp;! Avant la grève, cette association ne comptait aucun membre travaillant chez ISS… Et elle n’est pas non plus en mesure de rester indépendante par rapport à la partie patronale, comme le demande le droit collectif du travail. De fait, son adresse est bien souvent celle de l’employeur. La manœuvre d’ISS consistant à conclure cette CCT bidon fortement défavorable au personnel est plus que transparente.</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-731</guid><pubDate></pubDate><title>Taxation des bonus : peut-être enfin…  Réjouissante décision du Conseil national !</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/taxation-des-bonus-peut-etre-enfin-rejouissante-decision-du-conseil-national</link><description>Comment juguler les bonus pharaoniques ? L’initiative dite « Minder », du nom de son auteur, Thomas Minder, un entrepreneur schaffhousois, entend le faire en renforçant le pouvoir des actionnaires. Récemment, le Conseil national s’est emparé du sujet, des délibérations qui ont abouti, pour l’heure, à une décision réjouissante, soit : un contreprojet qui mérite le détour.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le Conseil national vient d’élaborer un nouveau contre-projet direct à l’initiative populaire «&nbsp;contre les rémunérations abusives&nbsp;», dite «&nbsp;initiative Minder&nbsp;». Alors que, jusqu’à récemment, les parlementaires s’étaient toujours montrés très frileux face à l’idée même de taxer les bonus, la Chambre du peuple s’est finalement prononcée, lors de la session en cours, en faveur d’un contre-projet direct à l’initiative Minder qui vise expressément à lutter contre les rémunérations abusives par des mesures fiscales. Comme le soulignait avec justesse le conseiller national socialiste et secrétaire de l’USS, Jean-Christophe Schwaab, dans son intervention parlementaire, cette nouvelle proposition prend en compte&nbsp;: «&nbsp;l'incompréhension croissante qui règne au sujet des salaires excessifs. Ces salaires choquent la population, peuvent mettre à mal la cohésion sociale, font courir des risques économiques non négligeables, à plus forte raison lorsqu'ils sont sans lien avec les performances réelles des entreprises concernées&nbsp;».
</p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Avec ce contreprojet, les sociétés ne pourront plus considérer les parts de rémunération dépassant les 3 millions par personne et par exercice comme des charges justifiées par l’usage commercial. L’excédent sera imposé. Rappelons que l’initiative Minder veut avant tout juguler les rémunérations excessives par un renforcement du pouvoir des actionnaires, mais ne cherche pas à taxer les bonus et autres rémunérations variables, ni ne leur fixe de plafond. En bref, dans le cadre de l’initiative Minder, le seul «&nbsp;bon sens&nbsp;» des actionnaires devrait suffire à limiter les rémunérations abusives… </span></p><p class="Sous-titreSP"><span lang="FR">Taxer les bonus&nbsp;!</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Pour l’USS, c’est la logique même d’un système à base de rémunérations variables, bonus et autres qui ouvre la porte à toutes les tentations, puisqu’un tel système pousse tout simplement à une prise de risque excessive ou encore à se servir dans la caisse. Plus généralement, l’USS a toujours été à l’encontre des rémunérations excessives. Afin d’éviter toute nouvelle dérive, celles-ci doivent être contenues, soit par taxation, soit par plafonnement, soit même par suppression&nbsp;! L’USS avait déjà fait différentes propositions allant dans ce sens comme, par exemple, la motion Rechsteiner qui proposait déjà de fiscaliser les bonus en septembre 2008 et la proposition faite en janvier 2010 de taxer les bonus des hauts dirigeants à 50&nbsp;%. Mais, malheureusement, sans succès. Dans ce contexte, l’USS ne peut que très vivement saluer la décision prise par le Conseil national. Elle espère que le Conseil des États fera preuve de la même détermination.</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">De toute façon les bonus et autres grasses rémunérations continueront à faire débat. L’initiative lancée par la Jeunesse socialiste suisse «&nbsp;1:12 – Pour des salaires équitables&nbsp;» a déjà abouti en avril 2011. Cette initiative, soutenue par l’USS, stipule que, dans la même entreprise, personne ne doit gagner moins en un an que ce que les salaires les plus élevés permettent de gagner en un mois.</span></p>]]></content:encoded><category>Économie</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-733</guid><pubDate></pubDate><title>Faillites abusives en chaîne:  La droite du Parlement a fini par comprendre</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/faillites-abusives-en-chaine-la-droite-du-parlement-a-fini-par-comprendre</link><description>Ces patrons qui ont tendance à « résoudre » leurs problèmes sur le dos des autres en se mettant en faillite pour ne pas payer des salaires ou des cotisations sociales dues ne seront peut-être bientôt plus qu’un mauvais souvenir. La Chambre du peuple, après celle des cantons, vient en effet d’accepter une motion qui devrait permettre d’endiguer ce genre de faillites abusives. </description><content:encoded><![CDATA[<p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Sans opposition, le Conseil national a accepté une motion du Conseil des États, dont le but est d’endiguer le phénomène des faillites abusives en chaîne. Une bonne chose, car cette motion remplit une des exigences de longue date du mouvement syndical. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">En effet, les syndicats ont dénoncé à maintes reprises et depuis longtemps les agissements scandaleux de certains entrepreneurs qui enchaînent faillites sur faillites, avec pour seul objectif de ne pas payer salaires, cotisations sociales ainsi que factures de fournisseurs. Et, une fois la faillite prononcée, ils recréent immédiatement une nouvelle entreprise, qui ne tarde pas à faire faillite à son tour, laissant, elle aussi, de nouvelles grosses ardoises. Le hic ici, c’est que les travailleurs et travailleuses lésés n’ont en général aucune chance de récupérer la totalité des salaires non versés qui leur sont dus. Bien souvent, ils ont donc travaillé gratuitement…</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Pareilles méthodes ne sont rien d’autre que de la concurrence déloyale et de la sous-enchère. De fait, celui qui sait d’avance qu’il ne paiera pas ce qu’il est doit peut proposer des prix plus bas, au détriment de ses concurrents honnêtes. On comprendra dès lors pourquoi la droite parlementaire, proche des milieux patronaux, a également soutenu cette motion, lors des délibérations des Chambres. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Un pas important a ainsi été accompli, car il apparaît que ces pratiques détestables se sont multipliées ces derniers temps, notamment dans le bâtiment, mais aussi dans d’autres branches. Récemment, les syndicats Unia et syndicom ont, par exemple, dû dénoncer plusieurs de ces entrepreneurs sans scrupules, adeptes des faillites à la chaîne. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Désormais, il appartient au Conseil fédéral de légiférer. On ne peut que lui conseiller de s’inspirer des mesures déjà en vigueur dans d’autres pays. Plusieurs pays européens connaissent en effet des règles qui interdisent la création d’une nouvelle entreprise aux entrepreneurs qui ont fait faillite en laissant ouvertes de nombreuses créances salariales ou d’assurances sociales. Il s’agira cependant aussi de ne pas punir ceux d’entre eux qui font faillite de bonne foi.</span></p>]]></content:encoded><category>Économie</category><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-125</guid><pubDate></pubDate><title>Un bon début, mais les sanctions sont trop faibles</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/un-bon-debut-mais-les-sanctions-sont-trop-faibles</link><description>L’Union syndicale suisse (USS) apprend avec satisfaction que le Conseil fédéral met en consultation un projet de loi pour améliorer la protection contre les licenciements de représentant(e)s syndicaux. Notre gouvernement a en effet longtemps mis les pieds au mur et refusé d’améliorer la protection contre le licenciement antisyndical pour la mettre en conformité avec les engagements internationaux de la Suisse. On ne peut que se féliciter que la campagne contre les licenciements abusifs de syndicalistes ou de représentant(e)s du personnel commence à porter ses fruits.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Malheureusement, le Conseil fédéral s’arrête au beau milieu du gué. En effet, les sanctions proposées sont bien trop faibles&nbsp;: selon le projet mis en consultation, les licenciements antisyndicaux ne donneront droit qu’à une indemnité d’au maximum 12 mois de salaire (contre 6 actuellement), et ils ne pourront toujours pas être annulés. Les employeurs peu respectueux des droits des travailleurs et du partenariat social pourront donc continuer à se débarrasser de leurs employés qui défendent leurs collègues, car une indemnité maximale de douze mois n’est guère dissuasive, en particulier pour les grandes entreprises. Les représentant(e)s du personnel et les syndicalistes qui seront victimes d’un licenciement abusif continueront donc à perdre définitivement leur emploi. Ils n’auront aucun droit à être réintégrés et tomberont donc au chômage ou ne pourront plus faire valoir leurs droits sur leur lieu de travail. 
</p><p>L’USS exige donc l’introduction de sanctions dignes de ce nom en particulier l’annulation du congé et la possibilité de réintégrer les personnes abusivement licenciées. Des mesures plus déterminées sont nécessaires, car, ces derniers mois, le nombre de licenciements abusifs de représentant(e)s du personnel ou de syndicalistes a dramatiquement augmenté, dans toutes les branches et régions du pays. 
</p><p>Deux progrès quand même
</p><p>Il y a malgré tout deux autres progrès à relever dans le projet mis en consultation. D’une part, les règles du licenciement abusif ne seront plus «&nbsp;absolument impératives&nbsp;», mais pourront être modifiées en faveur des travailleurs et travailleuses dans des conventions collectives de travail. D’autre part, les représentant(e)s du personnel élus ne pourront plus être licenciés pour des motifs économiques, mais uniquement pour des motifs inhérents à leur personne. Cette proposition corrige une jurisprudence récente du Tribunal fédéral, qui donnait pratiquement carte blanche aux employeurs souhaitant licencier un représentant du personnel. Selon cette jurisprudence discutable, un employeur estimant que la situation de son entreprise «&nbsp;pourrait éventuellement se dégrader à moyen terme&nbsp;» peut licencier un représentant du personnel pour motif économique. Il était grand temps de corriger cette situation.
</p><p>Afin que cette consultation donne de bons résultats et aboutisse à des progrès tangibles en matière de protection contre le licenciement abusif, il est nécessaire de ne pas relâcher la pression sur les autorités et les organisations patronales. L’USS et ses fédérations continueront donc de dénoncer systématiquement tous les cas de licenciements antisyndicaux. Et, si ce projet de loi n’aboutit pas à un résultat satisfaisant, l’USS demandera à l’OIT de condamner à nouveau la Suisse. En effet, la protection contre le licenciement antisyndical fait partie des normes fondamentales du travail, que la Suisse, pays hôte de l’OIT, se doit de respecter et de promouvoir.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-126</guid><pubDate></pubDate><title>Enfin une obligation de conclure un plan social !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/enfin-une-obligation-de-conclure-un-plan-social</link><description>Le Conseil fédéral a publié son message concernant la révision de la loi sur la poursuite pour dettes et la faillite (LP). Certains de ses aspects revêtent une importance cruciale pour les intérêts des travailleurs et travailleuses.</description><content:encoded><![CDATA[<h3>Plus de reprise automatique des contrats de travail</h3><p>Lors d’un assainissement, l’entreprise repreneuse aura désormais le choix de reprendre ou non les contrats de travail de l’entreprise à assainir. L’Union syndicale suisse (USS) rejette cette proposition de délier les repreneurs d’une entreprise en faillite de leur obligation de reprendre tels quels tous les contrats de travail. Il n’est pas acceptable que l’assainissement d’une entreprise se fasse sur le dos de son personnel. Lors d’un assainissement, c’est en effet le maintien des emplois qui doit figurer au premier plan. Or, la flexibilité du droit suisse du travail, en particulier la grande liberté de licencier, donne déjà une marge de manœuvre suffisante aux employeurs. La suppression de cette protection reviendrait à reporter le coût des assainissements d’entreprises sur l’assurance-chômage. 
</p><p>L’affirmation selon laquelle l’obligation, pour le nouvel employeur, de reprendre tous les contrats de travail rendrait les reprises plus difficiles, respectivement selon laquelle sa suppression les rendrait plus efficaces, ne repose sur aucune preuve empirique. À notre connaissance, il n’existe aucun cas où l’acquéreur potentiel d’une entreprise en faillite y aurait renoncé à cause de l’obligation de reprendre les contrats de travail aux mêmes conditions. En revanche, les pseudo-assainissements, dont l’objectif réel est plutôt de licencier du personnel, sont une réalité. 
</p><h3>Obligation de conclure un plan social pour les entreprises d’au moins 250 salarié(e)s</h3><p>En contrepartie à la suppression de l’obligation de reprendre tous les contrats de travail, le Conseil fédéral propose d’introduire une obligation de conclure un plan social. Ce progrès social était nécessaire depuis longtemps, tant la protection des salarié(e)s contre les effets négatifs des licenciements collectifs a accumulé de retard par rapport aux pays voisins. L’USS a revendiqué à maintes reprises une telle mesure. Il faut cependant regretter que cette obligation ne soit valable que pour les entreprises d’au moins 250 salarié(e)s (0,37% des entreprises privées, occupant près de 39% des salarié(e)s). L’USS demandera donc que ce seuil soit abaissé à 100 salarié(e)s, afin qu’un plus grand nombre de travailleurs et travailleuses (environ un sur deux) bénéficie d’une atténuation des conséquences de licenciements collectifs. 
</p><p>Selon le projet, l’obligation de négocier un plan social est donnée lorsque l’employeur procède au licenciement collectif d’au moins 30 travailleurs/travailleuses sur une durée de 30 jours. Ces licenciements doivent avoir lieu pour des raisons non inhérentes à leur personne. L’employeur doit négocier avec le ou les syndicats parties à la CCT s’il y en a une, la représentation du personnel ou, à défaut, directement avec ce dernier. Si la négociation du plan social n’aboutit pas, un tribunal arbitral arrête un plan social obligatoire, lequel ne devra pas mettre en danger l’existence de l’entreprise. 
</p><p>Malheureusement, le projet prévoit que l’obligation de négocier un plan social ne s’appliquera pas en cas de faillite ou de sursis concordataire. Le Conseil fédéral justifie cette mesure par sa crainte que le remboursement des créanciers, respectivement l’assainissement, soit rendu impossible par un plan social trop généreux. Il prétend également que de telles procédures «&nbsp;surchargeraient&nbsp;» les autorités de poursuites et faillites. Ces arguments ne sont pas pertinents. En effet, soustraire faillite et assainissement de l’obligation de plan social revient à affaiblir encore plus la situation des travailleurs et travailleuses, qui ne bénéficient déjà plus du transfert automatique de leurs contrats de travail au repreneur. Pour ceux dont les contrats ne seront pas repris, il faut des mesures de compensation. En outre, il est tout à fait possible de négocier un plan social qui n’empêche pas l’assainissement. 
</p><p>Soustraire faillite et assainissement à l’obligation de plan social désavantagerait en outre les travailleurs et travailleuses qui n’ont pas pu obtenir un tel plan lors de négociations «&nbsp;libres&nbsp;» et créerait une incitation à ne plus négocier de plan social du tout lorsque la faillite menace, puisque ce ne serait pas obligatoire. Enfin, l’argument de la surcharge des autorités ne tient pas la route&nbsp;: il suffirait de renforcer lesdites autorités, ce qui est d’autant plus nécessaire que le nombre de faillites a augmenté. 
</p><h3>Suppression du privilège pour les créances de TVA </h3><p>Lors d’une faillite, l’ordre de remboursement des créances dépend de leur nature. Elles sont réparties en trois classes et, tant que toutes les créances d’une classe n’ont pas été remboursées, celles des autres classes ne peuvent l’être. Les créances de TVA ont été nouvellement colloquées en deuxième classe. C’était une erreur, car accorder un privilège à une catégorie de créances supplémentaires réduit les chances des autres créances de cette classe (dont font notamment parties la plupart des cotisations aux assurances sociales) de se voir remboursées. L’USS soutient donc cette proposition. 
</p><h3>Éviter les faillites en chaîne abusives</h3><p>Du point de vue de l’USS, il s’agit enfin de profiter de cette révision de la LP pour introduire une norme jugulant le phénomène des faillites en chaînes, qui sont toujours plus fréquentes, notamment dans le bâtiment et les arts et métiers. Souvent, des employeurs peu scrupuleux se déclarent en faillite pour éviter de devoir verser à leurs salarié(e)s les arriérés de salaire et de cotisations sociales, puis recréent aussitôt une autre entreprise active dans la même branche et y emploient souvent le même personnel, mais sous une autre raison sociale. À son tour, cette nouvelle entreprise fera rapidement faillite pour les mêmes raisons, et ainsi de suite... Pour mettre un terme à ces pratiques, l’USS propose qu’un employeur failli dont les dettes d’une ancienne entreprise n’ont pas été toutes remboursées ne puisse être à nouveau inscrit au registre du commerce en tant qu’organe d’une société de personne pendant 5 ans après la faillite. Cette règle a fait ses preuves en Belgique. Une nouvelle disposition pénale punissant les faillites abusives à répétition devrait également être étudiée.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-645</guid><pubDate></pubDate><title>Travailler moins — vivre plus</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/travailler-moins-vivre-plus</link><description>Congrès de l’USS, aperçu : Le travail salarié et les tâches familiales et domestiques doivent  être mieux conciliés : raison pour laquelle le texte pour le congrès de l’USS réclame, dès son intitulé, de pouvoir « Concilier l’horaire de travail avec la famille, les loisirs et la santé ».</description><content:encoded><![CDATA[<p>Ce sont surtout les femmes qui sont confrontées au dilemme du choix entre le travail salarié et les tâches familiales. Une majorité des femmes opte aujourd’hui pour la solution hybride du travail à temps partiel conjugué avec l’exercice de la responsabilité principale des tâches familiales. Le dilemme n’en est pas résolu pour autant. Pour les femmes, il s’exprime ainsi : le travail à temps partiel signifie très souvent — presque toujours dans les cas de séparation d’avec son partenaire — une couverture sociale insuffisante. En revanche, dans la plupart des cas, le travail à plein temps et la famille ne peuvent être conciliés.
</p><h3>Réduire le temps de travail</h3><p>La revendication est donc simple : des horaires de travail plus courts sont nécessaires. Ils faciliteraient aussi la meilleure prise en charge des tâches familiales et domestiques par les hommes travaillant à plein temps. Ce disant, le texte ne s’oppose pas à une autre revendication urgente et nécessaire, celle de l’accueil extrafamilial des enfants. Il ne peut cependant souscrire syndicalement à « l’externalisation complète des tâches familiales au profit d’une activité professionnelle aussi vaste et flexible que possible ».
</p><h3>Un changement de perspective</h3><p>Le texte ne mentionne pas d’objectif chiffré pour la durée hebdomadaire du travail, il demande un changement de perspective : dans le cadre des négociations collectives, les fédérations doivent faire de la réduction de l’horaire de travail hebdomadaire une priorité revendicative, dans l’optique de la conciliation entre vies familiale et professionnelle. Elle doit s’accompagner d’un droit à la réduction (temporaire) de la durée du travail pour des tâches d’assistance, ainsi que du droit à un congé lors de soins de longue durée prodigués à un proche (non seulement lorsqu’il s’agit d’enfants, mais aussi des parents, p. ex.)
</p><p>En outre, le document revendique des horaires prévisibles et fiables. Le congé de maternité doit passer de 14 semaines actuellement à 18 semaines, un congé de paternité de 8 semaines devant être introduit. Dans cette perspective, les syndicats doivent emprunter aussi bien la voie légale que celle de la négociation conventionnelle.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-414</guid><pubDate></pubDate><title>Des mesures contre le travail temporaire et le travail sur appel s’imposent</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-mesures-contre-le-travail-temporaire-et-le-travail-sur-appel-s-imposent</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis 2001, les emplois précaires ont augmenté en Suisse, comme le montre le rapport publié aujourd’hui par le Secrétariat d’État à l’économie (SECO). Un rapport qui sous-estime d’ailleurs l’ampleur du travail temporaire. En effet, selon les statistiques de maison du SECO, le travail temporaire a doublé depuis 2001. 
</p><p>L’augmentation du travail temporaire et du travail sur appel est inquiétant. Pour les personnes concernées, ce type d’activité va de pair avec une grande insécurité. C’est pourquoi la plupart d’entre elles souhaitent des emplois sur la durée et des horaires réguliers. 
</p><p>Les agences de travail temporaire ne cessent de violer les conditions de travail suisses. La sous-enchère salariale reste fréquente chez elles. L’application, dans cette branche, d’une convention collective de travail (CCT) destinée à protéger les salarié(e)s concernés a, jusqu’à aujourd’hui, échoué en raison de l’opposition des employeurs. Or, si la CCT n’est pas pleinement mise en vigueur ces prochains temps, des mesures plus dures s’imposeront. Par exemple, il faudra interdire aux agences de travail temporaire de recruter du personnel à l’étranger. 
</p><p>Pour l’Union syndicale suisse (USS), le travail doit permettre de vivre décemment, être prévisible et conciliable avec les obligations familiales. Le travail sur appel ne remplit pas ces conditions et signifie fréquemment le report du risque entrepreneurial sur les salarié(e)s ainsi que le retour des rémunérations à la journée. Par exemple, l’assurance-chômage ne considère pas le travail sur appel comme du «&nbsp;travail convenable&nbsp;».&nbsp; L’USS s’engage pour son interdiction. Et le service de piquet ne doit être qu’exceptionnellement autorisé, lorsqu’il s’avère indispensable. Dans tous les cas, les interventions doivent être communiquées suffisamment à l’avance et le temps d’attente être rémunéré de manière appropriée.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-410</guid><pubDate></pubDate><title>Enfin un coup d’arrêt à la sous-enchère salariale.</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/enfin-un-coup-d-arret-a-la-sous-enchere-salariale</link><description>Un contrat-type de travail pour le personnel de maison</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le dumping salarial est aujourd’hui une réalité pour les personnes engagées par les ménages privés. Le risque de sous-enchère salariale s’est encore accru avec l’ouverture du marché du travail suisse aux nouveaux membres de l’Union européenne. L’USS est donc soulagée d’apprendre que le Conseil fédéral a réagi à ses mises en garde et qu’un contrat-type de travail (CTT) avec des salaires minimaux a maintenant été édicté.
</p><p>Ce CTT ne représente toutefois qu’une variante minimale. Les salaires minimaux proposés par la commission tripartite étaient déjà si bas, que la protection qu’ils offraient était limitée. Le Conseil fédéral ayant encore diminué ces salaires, leur effet protecteur s’en trouve d’autant plus affaibli. Ces salaires minimaux devront à l’avenir être revus à la hausse.
</p><p>L’instauration d’un CTT avec des salaires minimaux obligatoires est possible depuis l’introduction des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes. Le CTT pour l’économie domestique est le premier de ce genre en Suisse. Jusqu’alors, seuls des contrats-type de travail cantonaux avaient été introduits.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item></channel></rss>