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         xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
         xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>SGB RSS Feed</title><link>https://sgb.ch/</link><description>Beiträge des SGB</description><language>de-CH</language><copyright>Schweizerischer Gewerkschaftsbund</copyright><pubDate>Fri, 08 May 2026 12:09:37 +0200</pubDate><lastBuildDate>Fri, 08 May 2026 12:09:37 +0200</lastBuildDate><atom:link href="https://www.uss.ch/publications/articles/rss" rel="self" type="application/rss+xml" /><generator>Schweizerischer Gewerkschaftsbund</generator><item><guid isPermaLink="false">news-11674</guid><pubDate>Thu, 07 May 2026 21:57:30 +0200</pubDate><title>30 ans de Loi fédérale sur l’égalité </title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/30-ans-de-loi-federale-sur-legalite</link><description>Au boulot, toutes et tous égaux? 
Le 1er juillet 2026 à 18h à Berne</description><content:encoded><![CDATA[<p><span lang="FR-CH">Le 1<sup>er</sup> juillet 2026 marquera le 30<sup>ème</sup> anniversaire de la Loi fédérale sur l'égalité entre femmes et hommes (LEg). Pourtant, l’égalité au travail est encore loin d’être atteinte : les femmes gagnent en moyenne 1&nbsp;364 francs de moins que les hommes, les professions comptant une importante proportion de femmes continuent d’être moins bien payées, une femme sur deux est victime de harcèlement sexuel sur son lieu de travail.&nbsp;</span></p><p><span lang="FR-CH">Nous profitons de l’anniversaire de la LEg pour faire le point&nbsp;: où en est l'égalité dans la vie professionnelle aujourd'hui&nbsp;? Où subsistent des lacunes&nbsp;? Et quels sont les leviers d’action&nbsp;?</span></p><p><strong>Mercredi le 1<sup>er</sup> juillet 2026, 17h45 – Kino Rex Bern, Schwanengasse 9, 3011 Berne&nbsp;</strong><span style="font-family:&quot;Aptos&quot;,sans-serif;font-size:12.0pt;line-height:115%;"><strong>&nbsp;</strong></span></p><p><a href="https://events.bfh.ch/event-details.html?id=Gleichstellung_im_Erwerbsleben_-_eine_Momentaufnahme3696858416&amp;lang=fr" target="_blank" class="link--arrow" rel="noreferrer"><span style="font-family:&quot;Aptos&quot;,sans-serif;font-size:12.0pt;line-height:115%;">Inscription…</span></a></p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/e/4/csm_Schnecke-Crackingart-Locarno_Foto-SGB-TF_fa2ca1201d.jpg" length="370039" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11673</guid><pubDate>Thu, 07 May 2026 18:43:45 +0200</pubDate><title>Merci, Benoît ! Danke, Urban !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/merci-benoit-danke-urban</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"><span lang="FR-CH">Le 1<sup>er</sup> mai, Benoît Gaillard et Urban Hodel ont remis la codirection de la communication de l’USS. Par leur travail de communication et de mobilisation, ils ont contribué de manière décisive à la nette acceptation de la 13<sup>e</sup> rente AVS, au rejet de l’âge de la retraite à 67 ans et au refus de la réforme antisociale de la LPP.</span></p><p><span lang="FR-CH">Trois objets de politique sociale en votation en l’espace de six mois, trois victoires. Le plus grand succès reste, sans conteste, la 13<sup>e</sup> rente AVS. Une initiative populaire syndicale qui, avec plus de 58 % de oui, a franchi le cap de la double majorité du peuple et des cantons. Et cela face à un adversaire qui disposait d’un budget de campagne deux fois plus élevé et prétendait représenter de «&nbsp;larges milieux&nbsp;». Benoît et Urban ont grandement contribué à ce que cette amélioration des rentes, attendue depuis trop longtemps, réunisse une majorité. Le même dimanche de votation, l’initiative sur les rentes des Jeunes Libéraux-Radicaux était également balayée, avec plus de 74&nbsp;% de non.</span></p><p><span lang="FR-CH">Six mois plus tard à peine, la réforme de la LPP passait à son tour devant le peuple. Rien que le terme « déduction de coordination » suffit à plonger des salles de conférence entières dans un sommeil profond. Malgré cela, Benoît et Urban ont réussi à faire comprendre les enjeux essentiels de la révision&nbsp;: les assuré-e- s risquaient de payer plus pour moins de rentes. Qui sait expliquer la politique des caisses de pension de façon à se faire écouter et à susciter le non connaît son métier.</span></p><p><span lang="FR-CH">On se souvient aussi de la manifestation pour les rentes à Berne à l’automne 2021, de la campagne pour le pouvoir d’achat en 2023 ou des mobilisations féministes annuelles autour du 14 juin. À maintes reprises, la pression et l’écho médiatique sont venus de la rue.</span></p><p><span lang="FR-CH">Derrière ces succès, il y a également un travail de fond minutieux. Benoît et Urban ont développé de manière systématique les canaux en ligne et la présence de l’USS sur les réseaux sociaux. Ils ont su transformer une petite base d’adresses en un outil permettant des mobilisations rapides et de grande ampleur. Et ils ont accompli tout cela sans négliger le reste&nbsp;: le travail relationnel, la disponibilité, le coup de fil au bon moment, les luttes menées ensemble.&nbsp;</span></p><p><span lang="FR-CH">Avant leur départ, comme une sorte de travail de fin d’études, ils ont encore conçu la campagne syndicale du non contre l’initiative chaos de l’UDC, soumise au vote le 14&nbsp;juin prochain. Cette initiative menace la libre circulation des personnes et risque de provoquer le démantèlement des mesures d’accompagnement, avec des conséquences directes sur les salaires et les emplois. Le fait que la position de l’USS soit claire et visible sur ce dossier est aussi à mettre à leur crédit.</span></p><p>Tous deux poursuivent désormais leur engagement ailleurs. Benoît Gaillard a fait son entrée au Conseil national. Urban Hodel devient co-secrétaire général de l’Association suisse des locataires et participe à l’élaboration de l’initiative sur les loyers. Ils restent des alliés dans ce combat.</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/a/9/csm_yess_8e34e8e63a.jpg" length="53048" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11654</guid><pubDate>Sat, 25 Apr 2026 15:40:23 +0200</pubDate><title>1er mai 2026 : Défendre les salaires et les emplois – Non au repli sur soi !</title><link>https://1er-mai.ch</link><description>Appel, matériel et le programme de 1er mai 2026 pour toute la Suisse sur 1er-mai.ch</description><content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/veranstaltungen/1.Mai26_Web_1600_fr.png" length="300250" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11637</guid><pubDate>Sat, 25 Apr 2026 09:45:00 +0200</pubDate><title>Protection des jeunes travailleurs et travailleuses insuffisante : un nombre disproportionné d’accidents professionnels chez les apprenti-e-s</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/protection-des-jeunes-travailleurs-insuffisante</link><description>Des risques élevés pour la santé et la vie</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Chaque année en Suisse, environ 23’000 jeunes se blessent pendant leur formation professionnelle. Cela correspond à près d’un-e apprenti-e sur neuf. Le risque d’accident est ainsi deux fois plus élevé que chez les travailleurs et travailleuses adultes. Trois quarts des formateurs et formatrices ne disposent d’aucun temps pour la formation et l’encadrement des apprenti-e-s. Malgré des bases légales claires, la protection de la santé et la sécurité des apprenti-e-s ne sont pas garanties.</p><p>Les jeunes entre 15 et 24 ans sont particulièrement touchés par les accidents professionnels. Outre le manque d’expérience et de routine, ils souffrent surtout d’un encadrement et d’une supervision insuffisants par des formateurs et formatrices qualifié-e-s disposant de ressources temporelles adéquates. Parallèlement, les apprenti-e-s sont soumis à une forte pression de performance.</p><p>Les accidents typiques surviennent lors de travaux avec des machines ou manuels, en trébuchant ou en chutant, ou encore à cause de corps étrangers, souvent aux yeux et aux mains.</p><p>Chaque année, deux à trois accidents du travail impliquant des apprentis sont mortels, notamment dans l’agriculture, la sylviculture et la construction. Beaucoup de ces accidents se produisent déjà durant la première année d’apprentissage, ce qui indique clairement des lacunes dans l’introduction, l’encadrement et la surveillance.</p><h3 class="heading--h4">De bonnes lois, une mise en œuvre insuffisante</h3><p>Les bases légales sont claires : les jeunes bénéficient d’une protection particulière et les employeurs ont envers eux un devoir de diligence accru. Les travaux dangereux sont en principe interdits et les exceptions strictement limitées.</p><p>Les activités dangereuses ne sont autorisées pour les apprenti-e-s qu’à titre exceptionnel, lorsqu’elles sont indispensables à la formation et qu’elles se déroulent dans des conditions de sécurité strictes. Le problème réside donc clairement dans l’application des règles, qui relève de la responsabilité des entreprises formatrices. Des études montrent que, dans la pratique, la sécurité au travail et la protection de la santé passent trop souvent au second plan en raison de la pression de productivité, d’un manque de qualification et de négligences.</p><h3 class="heading--h4">Un encadrement insuffisant et une mauvaise délégation des responsabilités</h3><p>Un problème central est le manque d’encadrement des apprenti-e-s dans de nombreuses entreprises. Des enquêtes représentatives révèlent une situation préoccupante : 76 % des formateurs et formatrices ne disposent d’aucune ressource en temps pour assurer la formation et le suivi des apprenti-e-s.</p><p>Parallèlement, on attend des apprenti-e-s qu’ils identifient eux-mêmes les risques et qu’ils disent proactivement STOP. Des campagnes comme « Apprentissage en toute sécurité » sont justes et importantes, mais de transférer la responsabilité aux apprenti-e-s, souvent mineurs, est hautement problématique. En raison de leur position hiérarchique, les apprenti-e-s ont un statut faible et peuvent difficilement s’opposer à des situations dangereuses. La sécurité au travail est clairement une tâche de direction et ne doit pas être déléguée aux apprenti-e-s.</p><h3 class="heading--h4">Une charge psychique en hausse</h3><p>Outre les risques physiques, les charges psychiques des apprenti-e-s augmentent également. Le stress et la pression temporelle ont un impact direct sur la sécurité au travail. Pourtant, les risques psychosociaux restent encore trop peu pris en compte ou sont minimisés dans la formation et dans les entreprises.</p><h3 class="heading--h4">Agir maintenant</h3><p>Renforcer la formation professionnelle implique de placer la protection des apprenti-e-s au centre. L’Union syndicale suisse (USS) exige la mise en œuvre conséquente de toutes les dispositions relatives à la protection des jeunes travailleurs et travailleuses, en particulier dans les domaines de la sécurité au travail, de la protection de la santé ainsi que des temps de travail et de repos.</p><p>Cela implique une prise de responsabilité claire des entreprises formatrices, une tolérance zéro face aux violations, ainsi que du temps et des ressources pour les formateurs et formatrices, y compris une formation initiale et continue obligatoire.</p><p>Il faut également des contrôles réguliers par les autorités de surveillance ainsi que, de manière générale, des conditions de travail sûres et favorables à la santé, avec des possibilités de récupération suffisantes, notamment sous forme de davantage de vacances.&nbsp;</p><p>Une formation ne doit ni rendre malade ni être dangereuse. La protection des apprenti-e-s est non négociable et constitue une condition minimale pour une formation professionnelle attractive.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Auszubildende-Werkstatt-Qualitaetskontrolle-Kopftuch_fotografixx-iStock.jpg" length="436560" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11628</guid><pubDate>Fri, 17 Apr 2026 15:40:00 +0200</pubDate><title>Les excédents pour les directions des finances, la facture pour la population </title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/les-excedents-pour-les-directions-des-finances-la-facture-pour-la-population</link><description>Finances cantonales 2025 </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Comme chaque année, les comptes cantonaux affichent un résultat bien meilleur que prévu. Mais ces excédents ne sont pas gratuits : la population en paie la facture, notamment à travers les paquets d’économies mis en œuvre par les cantons et des réductions de primes insuffisantes. Il est temps que ces pratiques cessent.</p><p>À la mi-avril, les résultats des comptes 2025 sont désormais disponibles pour l'ensemble des cantons. Comme toujours, ceux-ci bouclent sur un résultat nettement meilleur que budgété. En 2025, l’écart se révèle toutefois plus marqué que ces dernières années. Pour 2025, les cantons tablaient sur un déficit total de 1,12 milliard de francs dans leurs comptes de résultats. Au final, ils affichent un excédent de 2,81 milliards. Autrement dit, les cantons se sont trompés de près de 4 milliards de francs. Pour mémoire, en 2024 déjà, les cantons s’étaient déjà largement fourvoyés en 2024, mais l’écart entre budget et comptes n’atteignait « que » 2,41 milliards de francs.</p><h3 class="heading--h5">Excédents : rien d’étonnant</h3><p>Presque tous les cantons justifient ces écarts significatifs par des effets inattendus sur les recettes, sous forme de rentrées fiscales plus élevées et de distributions de bénéfices de la Banque nationale (BNS). S’agissant des impôts, on ne peut pas parler de surprise : ces recettes supplémentaires découlent d’une pratique récurrente, selon laquelle les cantons sous-estiment délibérément les recettes, alors qu’ils ne font pas preuve de la même prudence pour les dépenses. Quant aux bénéfices de la BNS, la distribution multipliée par trois n’était certes pas prévisible au moment de l’établissement des budgets. Mais là aussi, les cantons se sont manifestement montrés beaucoup trop prudents dans leurs budget (la moitié des cantons s'attendait à une absence de distribution, ou tout au plus à une distribution simple). Pour autant, l'effet BNS n’est pas décisif. Car même en le mettant de côté, l’écart entre les budgets et les comptes cantonaux atteint encore 2,61 milliards de francs, soit davantage que l’année précédente.</p><h3 class="heading--h5">La population paie la facture</h3><p>Le problème de l’excédent n’est pas l’excédent en soi, mais le fait qu’il ne puisse pas être utilisé. Dans presque tous les cantons, il atterrit dans le mécanisme du frein à l’endettement ou est mis en réserve. Pour en arriver là, il a bien fallu que quelqu’un paie la facture, au sens propre. Et cette facture, c'est la population qui la règle. L’an dernier encore, les ménages à bas et moyens revenus ont dû faire face à des coûts bien trop élevés, souvent en hausse, pour l’accueil extrafamilial des enfants. Ils ont aussi payé l'addition d’une politique du logement ratée, avec des loyers qui continuent de flamber. Et surtout, ils ont encaissé un nouveau coup de massue avec les primes d’assurance-maladie. Imaginez un instant que les cantons n’aient pas simplement mis une partie ces excédents de côté, mais les aient utilisés au bénéfice de la population (laquelle paie au final les impôts). Il ne faut pas beaucoup d’imagination pour voir ce que cela changerait.&nbsp;</p><h3 class="heading--h5">Réductions de primes : au bon vouloir des cantons</h3><p>Prenons l’exemple des réductions des primes d’assurance-maladie. Celles-ci grimpent massivement depuis des années. Autrement dit, les assuré-e-s doivent sans cesse participer à la progression des coûts de l’assurance de base de manière dynamique. Les cantons, eux, ne participent pas dynamiquement à cette hausse. Ils déterminent à leur guise les moyens consacrés aux réductions et bien souvent, ils renoncent à les augmenter. Parfois, ils les réduisent même – en dépit de la croissance de la population et de la progression des primes. Le minimum serait donc que les cantons affectent une partie de leurs excédents à un allègement des assuré-e-s.</p><h3 class="heading--h5">Réductions de primes : en faire plus pour la population, exemple chiffré</h3><p>En 2025, les primes ont augmenté en moyenne de 5,7 %. Si l’on tient aussi compte de la croissance démographique, la somme totale des primes a progressé de 2,60 milliards de francs par rapport à l’année précédente. Avec leurs excédents, qui atteignent 2,81 milliards de francs, les cantons auraient donc les moyens d’absorber entièrement cette hausse en 2025, tout en restant dans les chiffres noirs. Et s’ils se limitaient à prendre en charge l’augmentation des primes des assuré-e-s qui bénéficient déjà de réductions de primes (en moyenne 29,5 % des assuré-e-s), la facture ne serait que de 768 millions de francs. Il leur resterait alors encore 2,04 milliards de francs d’excédent.</p><p>Pour une famille de quatre personnes au bénéfice de réductions de primes, cela représenterait un allègement de 700 francs. En comparaison, ce montant est à lui seul sept fois supérieur à la prétendue « aide aux ménages » mise en avant au printemps dans la campagne autour de l’initiative SSR « 200 francs, ça suffit ! ».</p><h3 class="heading--h5">Conclusion</h3><p>Il est temps que les cantons soulagent réellement les finances de la population. Le moyen le plus simple et le plus rapide est d’augmenter les réductions de primes d’assurance-maladie. Mais avant toute chose, les cantons doivent renoncer aux paquets d’économies insensés que bon nombre d'entre eux s’apprêtent à lancer ou appliquent déjà. Continuer à économiser sur le dos de la population est non seulement indécent du point de vue des finances publiques, mais également totalement malvenu au regard de la conjoncture actuelle.</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/0/5/csm_muenz_franken_kleingeld_fuenfliber_assalve_iStock_916e817b22.jpg" length="220123" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11640</guid><pubDate>Fri, 17 Apr 2026 11:07:23 +0200</pubDate><title>La LAMal a 30 ans : célébrons les acquis, corrigeons les défauts</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/la-lamal-a-30-ans-celebrons-les-acquis-corrigeons-les-defauts</link><description>30e anniversaire de la loi sur l’assurance-maladie LAMal</description><content:encoded><![CDATA[<p><span lang="FR-CH">Née en 1996, la loi sur l'assurance-maladie (LAMal) célèbre ses 30 ans. Avec des primes qui écrasent les budgets, beaucoup n’ont sans doute pas le cœur à la fête. Il ne faut pourtant pas jeter le bébé avec l’eau du bain&nbsp;: la loi a apporté beaucoup de choses positives, en particulier un accès universel et non discriminatoire à des soins de qualité. Avant la LAMal, les caisses privées faisaient la pluie et le beau temps. Elles pouvaient refuser d’assurer, exclure des assuré-e-s ou varier les primes selon les personnes. Et aujourd’hui&nbsp;? Les primes sont presque trois fois plus élevées qu’à l’introduction de la LAMal. Autant dire qu’on préfère ne pas imaginer à quoi ressemblerait aujourd’hui un système sans règles, ni garde-fous comme celui qui régnait l’époque.</span></p><p><span lang="FR-CH">Cela dit, la LAMal reste un compromis politique. Du point de vue syndical, il était donc insuffisant dès le départ. Ruth Dreifuss, ancienne conseillère fédérale et ancienne secrétaire centrale de l’USS, résume la situation ainsi&nbsp;:</span></p><blockquote><p><span lang="FR-CH">«&nbsp;Le 30<sup>e</sup> anniversaire de la LAMal marque à la fois un succès et un nouveau départ.&nbsp;»</span></p></blockquote><p><span lang="FR-CH">Ce nouveau départ doit permettre de corriger deux défauts majeurs&nbsp;:</span></p><ul><li><span lang="FR-CH">le financement profondément antisocial du système. Les primes par tête sont un modèle totalement dépassé. Il est temps de l’abolir&nbsp;;</span></li><li><span lang="FR-CH">les reliquats du système des caisses. Bien qu’obligatoire et universelle, l’assurance de base continue d’être gérée par 40 entreprises privées. Résultat&nbsp;: les assuré-e-s subissent aujourd’hui encore l’arbitraire des caisses, par exemple lorsque le médecin-conseil d’une assurance refuse une garantie de prise en charge des frais.</span></li></ul>]]></content:encoded><category>Santé</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gesundheit/Gesundheitskosten-Arztin-rechnet_AndreyPopov-ist.jpg" length="314587" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11607</guid><pubDate>Thu, 02 Apr 2026 11:03:36 +0200</pubDate><title>Les salaires minimums renforcent la formation continue sans compromettre la formation professionnelle</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/les-salaires-minimums-renforcent-la-formation-continue-sans-compromettre-la-formation-professionnelle</link><description>Nouvelle étude</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Une nouvelle étude met en lumière les effets positifs de l’introduction de salaires minimums sur la formation continue de l’ensemble des salarié-e-s&nbsp;: les salaires minimums cantonaux favorisent la formation continue financée par les employeurs sans nuire à celle des apprenti-e-s.</p><p>Une nouvelle étude du Swiss Leading House «&nbsp;Economics of Education&nbsp;» contredit un argument central des opposant-e-s aux salaires minimums : l’introduction de salaires minimums cantonaux ne nuit ni à la formation professionnelle ni à la formation des apprenti-e-s. Au contraire, elle incite les entreprises à investir davantage dans la formation continue formelle et générale, suivie pendant les heures de travail aux frais des employeurs.</p><h3 class="heading--h5">Les salaires minimums ne menacent pas la formation professionnelle</h3><p>En général, trois groupes de travailleuses et travailleurs sont exclus du champ d’application des salaires minimums cantonaux : les apprenti-e-s, les étudiant-e-s en stage ainsi que les personnes engagées dans des programmes d’insertion professionnelle.</p><p>Malgré cela, les opposant-e-s affirment régulièrement que les salaires minimums inciteraient les entreprises à offrir moins de places d’apprentissage, ou détourneraient les jeunes des apprentissages. Or selon l’étude, aucun élément ne permet d’étayer ces affirmations. Ni la part des entreprises formatrices ni la proportion de personnes peu qualifiées ou d’apprenti-e-s dans l’effectif total ne changent après l’introduction de salaires minimums cantonaux. L’étude écarte également l’hypothèse inverse, à savoir que les apprenti-e-s remplaceraient les travailleuses et travailleurs peu qualifié-e-s. Bien que les apprenti-e-s en soient exclus et gagnent nettement moins, les salaires minimums n’influencent pas la formation professionnelle initiale.</p><h3 class="heading--h5">Les salaires minimums favorisent sensiblement et durablement la formation continue</h3><p>L’étude a analysé les effets de l’introduction de salaires minimums cantonaux entre 2018 et 2022 dans cinq cantons (Neuchâtel, Jura, Genève, Tessin, Bâle-Ville). Les résultats parlent d’eux-mêmes :</p><ul><li>la participation des travailleuses et travailleurs à une formation continue augmente d’environ 8&nbsp;%&nbsp;;</li><li>l’intensité de la formation continue – c’est-à-dire le temps consacré – progresse d’environ 14&nbsp;%&nbsp;;</li><li><p>les effets se manifestent dès l’année d’introduction et sont encore visibles aujourd’hui.</p><p>&nbsp;</p></li></ul><p>En d’autres termes, l’introduction de salaires minimums cantonaux accroît en moyenne de trois points de pourcentage la probabilité que les salarié-e-s participent à une formation continue, ainsi que l’intensité de la formation d’environ une demi-heure par mois.</p><p>Il est intéressant de noter que l’augmentation concerne principalement les formations continues formelles et générales, qui permettent l’acquisition de compétences valorisables aussi en dehors de l’entreprise actuelle. Par ailleurs, ces formations supplémentaires se déroulent majoritairement pendant les heures de travail et sont presque intégralement financées par les employeurs.</p><h3 class="heading--h5">Des effets positifs non seulement pour les bas salaires, mais pour l’ensemble des salarié-e-s</h3><p>Après l’introduction des salaires minimums, tous les employé-e-s, indépendamment de leur ancienneté, suivent davantage de formations continues, sur des durées plus longues. En outre, l’étude met en évidence des retombées favorables. En particulier, la formation continue n’augmente pas uniquement chez les personnes soumises au salaire minimum, mais également chez les salarié-e-s dont le revenu est largement supérieur. Les salaires minimums renforcent ainsi clairement les qualifications d’une part substantielle des travailleuses et travailleurs.</p><h3 class="heading--h5">Enseignement central</h3><p>Selon les auteur-e-s, ces résultats montrent que les entreprises réagissent à la hausse des coûts salariaux non pas en licenciant des employé-e-s, mais en cherchant, dans leur propre intérêt, à accroître la productivité de leur personnel grâce à davantage d’investissements dans la formation continue. Cela ne signifie toutefois pas qu’elles partagent systématiquement avec celui-ci les gains tirés des formations continues. Des études antérieures révèlent en effet que les travailleuses et travailleurs obtiennent généralement des hausses de salaire après une formation continue uniquement en changeant d’employeur.</p><h3 class="heading--h5">Conclusion du point de vue syndical</h3><p>Les résultats de l’étude sont très importants du point de vue de la politique du marché du travail et de la formation :</p><ul><li>les salaires minimums et la formation professionnelle ne sont pas antinomiques&nbsp;;</li><li>les salaires minimums accroissent les investissements dans la formation continue&nbsp;;</li><li>les travailleuses et travailleurs sont doublement gagnants, puisqu’ils améliorent à la fois leur salaire et leurs compétences.</li></ul><p>Pour l’Union syndicale suisse, ces enseignements soulignent le lien indissociable entre salaires équitables et qualification professionnelle. Les salaires minimums cantonaux ne sont pas seulement un instrument contre le dumping salarial. Ils constituent aussi un levier efficace pour développer la formation continue, accroître la productivité et améliorer les perspectives professionnelles des travailleuses et travailleurs.</p><p><br>Lien vers l’étude dans sa version originale&nbsp;:<br><a href="http://repec.business.uzh.ch/RePEc/iso/leadinghouse/0242_lhwpaper.pdf" target="_blank" class="link--icon--external" rel="noreferrer"><i class="fa-solid fa-file-pdf" aria-hidden="true"></i> «Minimum Wages and Provision of Training.» Swiss Leading House «Economics of Education» Working Paper No. 242, 2025. By Katarina Zigova and Thomas Zwick</a></p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/bildung/Weiterbildung-Seminar_stockfour-ist.jpg" length="347885" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11585</guid><pubDate>Tue, 17 Mar 2026 16:19:50 +0100</pubDate><title>L’USS manifeste son soutien au personnel de Stadtbus Winterthur</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/sgb-unterstuetzt-das-personal-beim-stadtbus-winterthur</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Les conditions de travail se dégradent dans le secteur des transports publics. A Winterthur, les travailleur.euses ont cherché en vain durant plus d’un an une négociations sérieuse.</p><p>Elles et ils ont dû se résoudre à se mettre en grève le 3 mars.</p><p>L’Exécutif communal, à majorité Rose-Verte, doit entrer en matière sur des revendications légitimes :</p><ul><li>Meilleure compensation des heures de nuit et du dimanche qui doivent être comptabilisées dès 20 heures au lieu de 22 heures</li><li>Fin du service de replacement à trop brève échéance</li><li>Suppression des heures négatives<br>&nbsp;</li></ul><p>Der Stadtrat mit seiner rot-grünen Mehrheit muss auf die legitimen Forderungen eintreten:</p><ul><li>Bessere Entschädigung der Nacht- und Sonntagsstunden. Diese sind neu bereits ab 20 Uhr statt erst ab 22 Uhr anzurechnen.</li><li>Schluss mit kurzfristig angesetzten Einspringerdiensten.</li><li>Abschaffung der Minusstunden.<br>&nbsp;</li></ul>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Transports</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/servicepublic/Stadtbusse_Winterthur_cc-by-sa-JoachimKohlerHB.jpg" length="311377" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11577</guid><pubDate>Mon, 16 Mar 2026 09:15:00 +0100</pubDate><title>Non à l’initiative du chaos de l’UDC : défendons nos emplois et nos salaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/non-a-linitiative-du-chaos-defendons-nos-emplois-et-nos-salaires-discours-maillard</link><description>Intervention de Pierre-Yves Maillard, président de l&#039;USS, à la conférence de presse du 16 mars 2026</description><content:encoded><![CDATA[<p><i><sup>Seul la version orale fait foi.</sup></i></p><p class="lead">L’initiative extrême de l’UDC entraînera des conséquences dangereuses pour notre pays. Elle met en péril nos emplois, nos salaires et nos rentes. Pour freiner l’immigration, elle accepte le risque de récession. Parallèlement, elle menace de provoquer une hausse des primes maladie. L’initiative s’appliquera dès 9,5 millions d’habitant-e-s, ce qui correspond à une croissance démographique minimale de 4 % environ. Par ailleurs, le texte remet en question des acquis sociaux essentiels, en particulier les mesures d’accompagnement, qui protègent les salaires et les droits des salarié-e-s, et que l’UDC cherche à abolir depuis des années.</p><p><span lang="FR-CH">Cette initiative est synonyme de chaos. Son acceptation entraînera la&nbsp;résiliation des accords bilatéraux&nbsp;avec l’Union européenne. Or l’économie mondiale est déjà sous pression : les États-Unis se détournent de plus en plus du commerce multilatéral. La Chine cherche à stimuler son industrie à grands renforts de subventions et de dumping. Dans ce contexte, l’UDC voudrait que la Suisse se coupe sans raison de l’UE, son principal partenaire commercial. On peut débattre des problèmes liés à la croissance. Mais il ne faut surtout pas perdre de vue qu’au final, ce sont les travailleuses et les travailleurs qui feront les frais de cette récession imposée.</span></p><p><span lang="FR-CH">L’incertitude économique et les crises sont néfastes pour les salaires. Lorsque les entreprises investissent et exportent moins, les revenus fléchissent aussi. Et si dans le même temps, on affaiblit la protection des salaires, on ouvre grand la porte au dumping salarial. C’est précisément ce qui risque de se produire si les Bilatérales – et donc les mesures d’accompagnement – sont remises en cause.</span></p><h3 class="heading--h5"><span lang="FR-CH">Le plafonnement démographique rigide menace nos rentes</span></h3><p><span lang="FR-CH">L’AVS fonctionne parce que de nombreuses personnes actives y cotisent. Or, une grande partie des personnes qui immigrent en Suisse sont jeunes et exercent une activité professionnelle. Leurs cotisations contribuent à stabiliser nos assurances sociales. Si leurs cotisations disparaissent, d’importantes lacunes de financement se formeront. La pression sur les rentes augmentera.</span></p><p><span lang="FR-CH">Les caisses de pension seront elles aussi touchées. Des analyses montrent que les rentes pourraient baisser d’un montant allant jusqu’à 2500 francs par an. En parallèle, la hausse des prix et l’incertitude économique affaibliront le pouvoir d’achat des retraité-e-s.&nbsp;</span></p><p><span lang="FR-CH">Il y a d’ailleurs un élément qu’on oublie trop souvent dans le débat politique. La Suisse fait face à une réalité démographique, celle du vieillissement de la population. Sans immigration, il y aura toujours moins de jeunes qui travaillent, qui cotisent et qui font tourner l’économie. Aujourd’hui, sur 100 femmes en âge d’avoir des enfants, on ne compte qu’environ 65 filles à long terme. En d’autres termes, sans immigration, il y aura au minimum un tiers de naissances en moins dans notre pays. Notre population diminuera et vieillira. Le déclin économique guette.</span></p><p><span lang="FR-CH">Les auteurs de l’initiative du chaos prétendent qu’on pourrait simplement gérer la migration avec de nouveaux contingents. Mais l’histoire nous apprend autre chose. Dans les périodes de croissance, la migration a toujours été élevée, même avec un système de contingents. La différence, c’est qu’à l’époque, beaucoup de travailleuses et de travailleurs étaient privés de droits, mal payés, voire employés au noir.</span></p><p><span lang="FR-CH">La libre circulation des personnes a amélioré la condition de ces personnes. Elle permet de travailler légalement, d’avoir des droits sociaux, et de faire respecter des standards minimaux. Sans oublier qu’elle protège également les salaires des travailleuses et travailleurs en Suisse.</span></p><h3 class="heading--h5"><span lang="FR-CH">Des conséquences désastreuses pour le service public et les primes d’assurance-maladie</span></h3><p><span lang="FR-CH">J’ajoute un point central&nbsp;: à l’heure actuelle, notre économie et notre service public fonctionnent grâce à une main d’œuvre qualifiée étrangère. Dans la santé, par exemple, environ la moitié des médecins viennent de l’étranger. Il en va de même d’une grande partie du personnel soignant. Si ces professionnel-le-s viennent à manquer, c’est l’accès aux soins qui se retrouve compromis. L’expérience britannique après le Brexit montre ce qui se passe alors&nbsp;: diminution du personnel, détérioration de la qualité des soins et augmentation des risques pour les patient-e-s.</span></p><p><span lang="FR-CH">Enfin, cette initiative aura aussi un impact sur les primes d’assurance-maladie. En moyenne, les personnes actives paient nettement plus de primes qu’elles ne perçoivent de prestations. Leurs cotisations aident à financer les coûts de santé de la population âgée. Si le nombre d’actifs diminue, cet argent manquera et les primes augmenteront pour tout le monde.</span></p><p><span lang="FR-CH">L’initiative de l’UDC n’est pas dans l’intérêt des travailleuses et travailleurs.</span><br><span lang="FR-CH">Elle n’est pas dans l’intérêt des retraité-e-s.</span><br><span lang="FR-CH">Et elle n’est pas dans l’intérêt de notre pays.</span></p><p><span lang="FR-CH">Parce qu’elle met en danger des emplois, remet en cause la protection des salaires et affaiblit nos rentes. En cette période de troubles mondiaux et de conflits commerciaux croissants, où la Suisse peut elle aussi se retrouver prise entre deux feux, nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de jouer aux apprentis sorciers.</span></p><p><span lang="FR-CH">C'est pourquoi l’Union syndicale suisse et ses syndicats mèneront une campagne visible et déterminée, et diront clairement non à cette initiative.</span></p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/veranstaltungen/260316_MK-ChaosIniNein_FSchuetz_2.jpg" length="391861" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11573</guid><pubDate>Fri, 13 Mar 2026 11:11:49 +0100</pubDate><title>Défendre les salaires et les emplois – Non au repli sur soi</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/defendre-les-salaires-et-les-emplois-non-au-repli-sur-soi-appel-1er-mai</link><description>Appel pour le 1er mai 2026</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Guerres, droits de douane et catastrophes : l’incertitude gagne du terrain dans le monde. Et c’est précisément maintenant que nous allons voter sur l’initiative populiste de l’UDC qui pourrait plonger la Suisse dans le chaos. Son acceptation entraînerait la résiliation des accords bilatéraux avec l’UE, notre principal partenaire commercial. Elle mettrait ainsi nos emplois en péril. Le niveau des salaires en Suisse est lui aussi menacé, puisque la fin de la libre circulation des personnes signifierait la fin de la protection des salaires. L’absence de contrôles ouvrirait la voie au dumping salarial.</p><p>C’est pourquoi les syndicats se mobiliseront le 1<sup>er</sup>&nbsp;mai&nbsp;2026 sous le mot d’ordre&nbsp;:</p><h3 class="heading--h5">Défendre les salaires et les emplois – Non au repli sur soi</h3><p><span lang="FR-CH">La Suisse et les pays de l’UE subissent une énorme pression politique et économique de la part des États-Unis de Donald Trump. En ces temps incertains, rompre avec nos voisins serait une grave erreur. Des études sur ce projet radical de l’UDC prédisent un ralentissement de l’activité économique, une diminution des investissements et une hausse des licenciements.&nbsp;</span></p><p><span lang="FR-CH"></span></p><p><span lang="FR-CH">La restriction du droit de séjour et du regroupement familial précariserait les conditions de travail. Parallèlement, les contrôles des salaires prévus par les mesures d’accompagnement seraient abolis. Le dumping salarial et le travail au noir prendraient une ampleur inquiétante. Les conséquences seraient dramatiques pour l’ensemble des travailleuses et travailleurs&nbsp;!</span></p><p><span lang="FR-CH"></span></p><p><span lang="FR-CH">De plus, l’initiative compromet nos rentes. Comme le nombre de personnes à la retraite augmente, le plafonnement de la population ferait reculer la part des personnes actives dans la l’ensemble de la population. Avec la fin de la libre circulation, l’AVS perdrait des centaines de milliers de cotisant-e-s et des milliards de recettes. Un nombre toujours plus limité de personnes actives devrait financer les retraites d’un nombre croissant de retraité-e-s. Dans le même temps, le repli économique ferait grimper les prix. Résultat : moins de moyens pour l’AVS et moins de pouvoir d’achat pour les retraité-e-s.</span></p><p><span lang="FR-CH"></span></p><p><span lang="FR-CH">Le 1<sup>er</sup> mai, mobilisons-nous contre le repli sur soi. Défendons nos salaires et nos emplois&nbsp;!</span></p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-11609</guid><pubDate>Wed, 11 Mar 2026 12:23:00 +0100</pubDate><title>Crise du logement: la responsabilité est politique, pas migratoire</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/crise-du-logement-la-responsabilite-est-politique-pas-migratoire</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>En Suisse, le logement d’utilité publique, c’est-à-dire à but non lucratif, s’appuie sur une longue tradition, notamment syndicale. Pourtant, la proportion de ce type d’habitat y reste marginale : moins de 4&nbsp;% des logements appartiennent à des maîtres d’ouvrage d’utilité publique. Face à la flambée des loyers et à la tension sur le marché locatif (voir graphique ci-dessous), il faut relancer d’urgence la construction de logements d’utilité publique. Alors que des instruments existent, la politique du logement est pourtant au point mort depuis des années, au niveau fédéral comme dans la plupart des cantons. Cette paralysie fait surtout le jeu des auteurs de l’initiative dite «&nbsp;du chaos&nbsp;». Partout, ils prétendent que l’immigration serait responsable de la pénurie de logements. C’est faux. Sous l’influence du lobby immobilier, ce sont les choix politiques de ces milieux, et d’autres, qui bloquent méthodiquement toute avancée en matière de logement.</p><p>La Constitution oblige la Confédération à encourager la construction de logements d’utilité publique. Une loi existe depuis près de 25&nbsp;ans, mais elle n’a été appliquée jusqu’ici que de manière très limitée. Il existe néanmoins deux instruments d’encouragement indirect. Par leur intermédiaire, la Confédération accorde des prêts à des conditions avantageuses ou se porte garante de capitaux à bas taux d’intérêt. Cela réduit les coûts de construction et, en fin de compte, les coûts du logement. Le problème, c’est que ces deux dispositifs sont à bout de souffle, littéralement pris d’assaut. Le rapport annuel le reconnaît noir sur blanc&nbsp;: [Nous enregistrons] «&nbsp;une demande exceptionnellement élevée de financements. [...] Il n’est donc malheureusement pas possible de satisfaire toutes les demandes de financement&nbsp;».</p><p>Il faut remédier au plus vite à cette sous-dotation en augmentant massivement le volume d’attribution de ces deux enveloppes. Au niveau fédéral, il n’existe pas de levier plus simple et plus rapide pour donner un véritable coup d’accélérateur au logement d’utilité publique. Une telle mesure ne coûterait rien aux contribuables. Au contraire, la Confédération y gagnerait même, simplement moins que ce que les banques empochent aujourd’hui grâce à des taux d’intérêt bien trop élevés.</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/servicepublic/Wohnungsprobleme-Mieter_iStock-skynesher_1434333253.jpg" length="305379" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11546</guid><pubDate>Tue, 24 Feb 2026 19:04:30 +0100</pubDate><title>Solidarité avec l’Ukraine</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/solidarite-avec-lukraine</link><description>Manifestation du 28 février et appel aux dons</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Cette semaine marque le quatrième anniversaire du début de la guerre d’agression contre l’Ukraine. Depuis le premier jour, les syndicats suisses sont solidaires de l’Ukraine, de la population ukrainienne et des syndicats nationaux. Le samedi 28 février, une manifestation de solidarité aura lieu à Berne, organisée par la Société ukrainienne en Suisse. L’USS s’associe à cet appel, tout comme de nombreuses autres organisations, partis et représentant-e-s de la société civile.&nbsp;</p><h3 class="heading--h5">Programme du 28 février 2026</h3><p>14h00 – Rendez-vous à la Schützenmatte, Berne (départ du cortège)<br>15h00 – Rassemblement sur la Place fédérale</p><p>La manifestation sera animée par la Société ukrainienne de Suisse. De nombreuses organisations suisses engagées en faveur de l’Ukraine soutiennent la tenue de l’événement. Des personnalités diplomatiques sont également conviées. &nbsp;</p><h3 class="heading--h5">Campagne de dons de l’organisation d’entraide Solidar Suisse</h3><p>Solidar Suisse, l’organisation suisse de coopération au développement issue de l’Œuvre suisse d’entraide ouvrière (OSEO), poursuit sa campagne de collecte de fonds pour soutenir la population en Ukraine, éprouvée par l’épuisement, le froid et les conséquences de la guerre d’agression. &nbsp;</p><p><a href="https://solidar.ch/fr/ukraine-4-ans-apres-lutter-contre-lusure/?utm_campaign=SGB-Webseite" target="_blank" class="button" rel="noreferrer">Vers la campagne de dons</a></p>]]></content:encoded><category>International</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/5/3/csm_DEF_SGB_Non_a___la_guerre_21b3de3d9d.png" length="11545" type="application/pdf"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11541</guid><pubDate>Tue, 24 Feb 2026 15:41:06 +0100</pubDate><title>La couverture CCT augmente, mais lentement </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-couverture-cct-augmente-mais-lentement</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Les conventions collectives de travail (CCT) régulent les conditions de travail. Parmi leurs principaux avantages, elles garantissent des salaires décents, définissent des horaires de travail et des droits aux vacances largement supérieurs au minimum légal et permettent des contrôles pour lutter contre le dumping salarial. Dans de nombreux métiers du bâtiment, les CCT instaurent en outre la possibilité de partir à la retraite de manière anticipée. En bref, les CCT garantissent les avancées obtenues par les syndicats. Il est donc réjouissant de constater que le nombre de travailleuses et travailleurs soumis à une CCT progresse. Ils étaient récemment environ 2,1 millions, soit plus de la moitié de l’ensemble des personnes salariées susceptibles d’être couvertes par une CCT (voir graphique).</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/a/e/csm_260128_Couverture_CCT_0fb5869cb3.png" length="647374" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11496</guid><pubDate>Wed, 11 Feb 2026 12:12:59 +0100</pubDate><title>Signez maintenant : pour des loyers justes et abordables</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/signez-maintenant-pour-des-loyers-justes-et-abordables</link><description>Initiative populaire</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"><span lang="FR-CH">Depuis des années, les loyers augmentent plus vite que les salaires. Certains bailleurs résilient des baux pour rénover, puis relouer plus cher. Trop souvent, en particulier de groupes immobiliers axés sur le profit, ces augmentations s’appuient sur des pratiques abusives qui font exploser les prix. L’initiative sur les loyers veut précisément introduire des outils efficaces afin d’empêcher les loyers abusifs.</span></p><p class="lead"><span lang="FR-CH">L’objectif est d’éviter que toujours plus de personnes ne doivent quitter leur cadre de vie faute de pouvoir suivre la hausse des loyers. Se loger ne doit pas être un luxe&nbsp;!</span></p><h3 class="heading--h5"><span lang="FR-CH"><strong>Le système actuel de contrôle ne fonctionne pas</strong></span></h3><p><span lang="FR-CH">Aujourd’hui, le contrôle de la légalité des loyers repose sur les locataires. Ce système ne fonctionne pas. Une étude estime qu’en Suisse, rien qu’en 2023, plus de dix milliards de francs ont été encaissés sous forme de loyers abusifs.</span></p><p><span lang="FR-CH">La récolte de signatures est dans la dernière ligne droite&nbsp;: 108&nbsp;000 signatures ont déjà été réunies. Cela montre à quel point la situation est urgente.</span></p><p><span lang="FR-CH">Notre objectif est d’obtenir 130&nbsp;000 signatures, afin de déposer l’initiative avec une marge de sécurité. Il manque donc encore un peu plus de 20&nbsp;000 signatures.&nbsp;</span></p><h3 class="heading--h5"><span lang="FR-CH"><strong>Un coup de main pour la dernière ligne droite</strong></span></h3><p><span lang="FR-CH">Commandez des </span><a href="https://initiative-loyers.ch/signer/" target="_blank" rel="noreferrer"><span lang="FR-CH">feuilles de signatures</span></a><span lang="FR-CH"> sur le </span><a href="https://initiative-loyers.ch" target="_blank" rel="noreferrer"><span style="color:windowtext;text-decoration:none;text-underline:none;" lang="FR-CH">site de l’Initiative sur les loyers</span></a><span lang="FR-CH">. Faites signer vos amis, vos proches et vos voisins, puis renvoyez les feuilles. Ensemble, envoyons un signal clair pour des loyers justes.</span></p><p><a href="https://initiative-loyers.ch/signer/" target="_blank" class="button" rel="noreferrer"><span lang="FR-CH">Signer l'initiative</span></a></p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/kampagnen/Mietpreisinitative_FR.jpg" length="175084" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11480</guid><pubDate>Thu, 29 Jan 2026 16:34:00 +0100</pubDate><title>Plus d’argent dans le porte-monnaie ? L’initiative « 200 francs, ça suffit » n’y changera rien</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/plus-dargent-dans-le-porte-monnaie-linitiative-200-francs-ca-suffit-ny-changera-rien</link><description>Informations et arguments sur la votation du 3 mars</description><content:encoded><![CDATA[<p><strong>Jamais on n’avait vu les partisans de l’initiative SSR se préoccuper autant du pouvoir d’achat de la population active que dans la campagne de votation actuelle. Aussi transparente que cynique, la stratégie de ces personnes ne doit pas nous faire perdre de vue l’enjeu réel&nbsp;: le démantèlement pur et simple du média public qu’est la SSR. Si le texte aboutit, le pouvoir économique dictera les opinions, et la désinformation deviendra la norme dans notre pays.</strong></p><p class="text-justify"><span lang="FR-CH">En Suisse alémanique, les auteur-e-s de l’initiative «&nbsp;200 francs, ça suffit&nbsp;» font campagne avec le slogan «&nbsp;Mehr Geld für unsere Büezer&nbsp;» (c’est-à-dire «&nbsp;Plus d’argent pour nos travailleuses et travailleurs&nbsp;»). Difficile de faire plus grossier et plus éhonté. Car la recette pour faire économiser de l’argent aux salarié-e-s ou augmenter leur pouvoir d’achat est simple. Il suffit d’accorder des salaires et des rentes décents, ainsi que des loyers et des primes abordables. Si l’on obtient des améliorations tangibles dans ces quatre domaines, l’essentiel sera atteint.</span></p><p class="text-justify"><span lang="FR-CH">Or nul besoin de grandes recherches pour savoir que les promoteurs de l’initiative SSR sont aussi les plus grands adversaires du pouvoir d’achat, et mènent actuellement une vaste offensive contre les salaires minimum légaux et pour l’extension du travail dominical et de nuit. En réalité, les travailleuses et travailleurs risquent de se retrouver avec moins d’argent dans leur porte-monnaie en fin de mois.</span></p><p class="text-justify"><span lang="FR-CH">Même logique pour les rentes. Les partisans de l’initiative s’attaquent systématiquement à l’AVS, avec un objectif unique, celui de faire pression pour relever l’âge de la retraite et, partant, abaisser les rentes.</span></p><p class="text-justify"><span lang="FR-CH">Quant aux primes maladie&nbsp;? Toute tentative d’augmenter les subsides, sans parler de l’introduction pourtant élémentaire de primes fixées en fonction du revenu, se heurte à un refus catégorique.</span></p><p class="text-justify"><span lang="FR-CH">Restent les loyers. Sur ce terrain, Gregor Rutz, pourfendeur en chef de la SSR et figure de proue des propriétaires immobiliers en Suisse, s’emploie au quotidien à garantir que la population active et locataire ne bénéficie d’aucun allégement.</span></p><p class="text-justify"><span lang="FR-CH">Le constat est sans appel. Un oui à l’initiative sur la SSR ne permettra certainement pas à «&nbsp;nos travailleuses et travailleurs&nbsp;» d’avoir plus d’argent dans leur porte-monnaie. Loin de là. Certes, les petites économies finissent par s’additionner. L’initiative ferait effectivement baisser la dépense annuelle par ménage d’environ 100 francs dans un premier temps. Mais ne nous y trompons pas. 100 francs par an représentent 27 centimes par jour, soit un café crème toutes les deux semaines… à partager avec toute la famille. L’effet de l’initiative sur le pouvoir d’achat est dérisoire pour les ménages. Pour les grandes entreprises en revanche, la situation est différente. Le texte mis en votation entend exonérer les personnes morales de la redevance RTV. Les initiants parlent évidemment moins volontiers de ce cadeau (financé en fin compte par la collectivité et taillé surtout pour les grands groupes). Il est vrai que dans une campagne, reconnaître qu’on se moque ouvertement des travailleuses et travailleurs n’est pas très vendeur.</span></p><p class="text-justify"><span lang="FR-CH">Si manifestement l’enjeu pour les auteurs n’est pas le pouvoir d’achat, quel est donc leur objectif&nbsp;? Ils prétendent que la réduction de moitié de la redevance obligerait la SSR à se concentrer sur son mandat de base. Sans même ouvrir le débat sur ce que pourrait être une telle mission, on constate une première chose&nbsp;: les initiants ont déjà, malheureusement, atteint ce but. Sous la pression de l’initiative, le Conseil fédéral a en effet fortement réduit la redevance RTV, poussant la SSR à une cure d’austérité (soit dit en passant, ce sont les salarié-e-s de la SSR qui en sont les premières victimes).&nbsp;</span></p><p class="text-justify"><span lang="FR-CH">Deuxième évidence&nbsp;: aucun mandat, même défini en des termes raisonnables, ne serait encore finançable en cas d’acceptation de l’initiative. La concession porte actuellement sur l’information, la culture, la formation, le divertissement et le sport, pour toutes les régions du pays et toutes les régions linguistiques. Les initiants le savent parfaitement. Car leur objectif n’est pas de recentrer la SSR, mais de la démanteler. Le conseiller national UDC Erich Hess affirmait récemment ceci&nbsp;: «&nbsp;cette initiative ne va pas assez loin. Il faudrait en réalité abolir cette redevance obligatoire. Elle constitue toutefois un pas dans la bonne direction&nbsp;.»</span></p><p class="text-justify"><span lang="FR-CH">Que l’initiative SSR ne vise ni à améliorer le pouvoir d’achat des salarié-e-s, ni à définir plus précisément la mission du média public, mais bel et bien à démanteler la SSR n’est pas une surprise. Il faudra cependant s’en souvenir au moment de remplir son bulletin de vote le 8&nbsp;mars. Car quelle que soit l’issue du scrutin, la bataille politique autour de la SSR reprendra dès le lendemain, dans un rapport de forces qui sera soit favorable, soit défavorable.</span></p>]]></content:encoded><category>Communication et medias</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/kampagnen/SRG-Webseite-2-FR.jpg" length="1927760" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11473</guid><pubDate>Mon, 26 Jan 2026 15:05:00 +0100</pubDate><title>Une large majorité contre des baisses de salaire imposées par la loi</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/une-large-majorite-contre-des-baisses-de-salaire-imposees-par-la-loi</link><description>Enquête de l’USS sur l’attaque du Parlement contre les salaires minimums</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Un sondage représentatif commandé par l’Union syndicale suisse (USS) est sans appel : la Suisse ne veut pas de baisses de salaires par voie législative. En effet, 63&nbsp;% des votant-e-s rejetteraient une loi qui permettrait de passer outre aux salaires minimums cantonaux ou communaux lorsqu’une convention collective de travail (CCT) prévoit des minimums inférieurs. Seuls 26&nbsp;% approuveraient un tel texte et 10&nbsp;% des personnes interrogées se disent indécises.&nbsp;</p><p>On le voit&nbsp;: la population soutient clairement les salaires minimums cantonaux adoptés démocratiquement. Les salarié-e-s des secteurs à bas salaires doivent rester protégés et les décisions prises dans les urnes respectées. Véritable attaque contre le fédéralisme, ce projet aurait très peu de chances en votation. L’USS a d’ailleurs averti l’été dernier qu’elle lancerait un référendum si le Parlement entendait revenir sur des décisions populaires cantonales.</p><p>Le rejet s’observe pratiquement dans tous les groupes de population. Dans les deux régions linguistiques, comme dans toutes les classes d’âge, tous les niveaux de formation et tous les camps politiques, le non l’emporte nettement. Sur le fond, la position de la population est tout aussi claire&nbsp;: ce qui dérange le plus, c’est l’impact négatif sur les bas salaires et le mépris des décisions démocratiques prises en votation. Beaucoup de personnes interrogées soulignent que les salaires minimums sont légitimés démocratiquement et ne doivent pas être contournés par une loi fédérale. Les réponses aux questions complémentaires vont dans le même sens : en cas de conflit entre salaires minimums cantonaux et dispositions d’une CCT, la majorité veut maintenir la protection offerte par les salaires minimums.</p><p><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/agenda/2026/GAV_Mindestlohn_Praesentation.pdf">Télécharger l’enquête au format PDF</a> (n'existe qu'en allemand)</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/graph/260126_Umfrage-Ergebnisse_fr.svg" length="53751" type="image/svg+xml"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11475</guid><pubDate>Thu, 22 Jan 2026 12:16:54 +0100</pubDate><title>Débrancher l&#039;information ? NON à l&#039;initiative SSR</title><link>https://www.uss.ch/initiative-ssr-non</link><description>Infos, arguments et matériel pour la votation sur l&#039;initiative radicale</description><content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/a/2/csm_SRG-Webseite-1-FR_010e7dd153.jpg" length="124136" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11465</guid><pubDate>Tue, 13 Jan 2026 12:04:57 +0100</pubDate><title>OUI à l&#039;initiative pour un fonds climat</title><link>https://www.uss.ch/fondsclimat-ini</link><description>Investir pour la prospérité, l&#039;emploi et l&#039;environnement</description><content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/kampagnen/klimafondsini-kampagne_ohne_02.png" length="2641224" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11460</guid><pubDate>Mon, 12 Jan 2026 09:30:00 +0100</pubDate><title>Conférence des retraité-e-s de l’USS : ensemble pour des rentes solides et contre l’initiative dangereuse de l’UDC</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/conference-des-retraitees-ensemble-pour-des-rentes-solides-et-contre-linitiative-dangereuse-de-l-udc</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 27 mars 2026 aura lieu une nouvelle édition de la Conférence des retraité-e-s de l’USS, devenue un rendez-vous traditionnel. Au centre des discussions : le renforcement de la prévoyance vieillesse pour toutes et tous, ainsi que l’initiative de l’UDC dite «&nbsp;du chaos&nbsp;». Cette dernière menace non seulement les salaires et les emplois, mais risque également de plonger l’AVS et les soins dans le chaos.</p><p>Après l’acceptation historique de la 13<sup>e</sup> rente AVS et le double refus de l’arnaque de la LPP et du relèvement de l’âge de la retraite, d’autres décisions majeures en matière de prévoyance vieillesse sont attendues au Parlement : financement de la 13<sup>e</sup> rente, plafonnement des rentes pour les couples mariés, et avenir des rentes de veuve et de veuf. Gabriela Medici, co-responsable du secrétariat central de l’USS, proposera un tour d’horizon syndical des débats en cours pour des rentes solides.</p><p>Autre point central de la conférence : l’initiative de l’UDC « Pas de Suisse à 10 millions », dite «&nbsp;du chaos&nbsp;». Daniel Lampart, également co-responsable du secrétariat central, exposera les dangers concrets de ce texte radical. Celui-ci menace les salaires, les emplois, et risque de plonger l’AVS et les soins dans le chaos en aggravant la pénurie de personnel et de cotisant-e-s. Cette initiative dangereuse ferait grimper les coûts pour tout le monde et compromettrait le bon fonctionnement de la Suisse.</p><p>Enfin, la conférence discutera du réseautage et de la fidélisation des membres après la retraite. Comment les syndicats peuvent-ils valoriser l’expérience et les compétences des retraité-e-s ? Quels dispositifs existent déjà ? Qu’est-ce qui fonctionne ? Des échanges d’expériences entre fédérations et régions sont prévus.</p><p><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/agenda/2026/260327_Programme_FR.pdf" target="_blank" class="button" title="télécharger en format PDF" rel="noreferrer">Programme complet</a></p><p><a href="https://uss.sgb.ch/civicrm/event/register?reset=1&amp;id=51" target="_blank" class="button" title="s&apos;inscrire maintenant" rel="noreferrer">Inscription</a></p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/renten/aeltere-Seminar-Teilnehmerin-Workshop-Konferenz_vm-ist457758283.jpg" length="301438" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11452</guid><pubDate>Wed, 17 Dec 2025 10:15:44 +0100</pubDate><title>Votations du 8 mars : Recommandations de vote de l&#039;USS</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/votations-du-8-mars-recommandations-de-vote-de-luss</link><description>Le 8 mars 2026, quatre objets seront soumis au vote sur le plan fédéral. Le Comité de l’USS a arrêté les mots d’ordre suivants :</description><content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/votations-du-8-mars-recommandations-de-vote-de-luss#c20277" target="_self" class="link--arrow">NON à l'initiative populaire « 200 francs, ça suffit ! (initiative SSR) »</a>&nbsp;</p><p><a href="https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/votations-du-8-mars-recommandations-de-vote-de-luss#c20278" target="_self" class="link--arrow">OUI à l'initiative populaire « Pour une politique énergétique et climatique équitable : investir pour la prospérité, le travail et l’environnement (initiative pour un fonds climat) »</a></p><p><a href="https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/votations-du-8-mars-recommandations-de-vote-de-luss#c20279" target="_self" class="link--arrow">Liberté de vote sur la loi fédérale du 20 juin 2025 sur l’imposition individuelle</a></p><p>Pas de consigne de vote sur l'initiative populaire sur l’argent liquide.&nbsp;</p><h2 class="heading--h6"><br>Explications :</h2>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Communication et medias</category><category>Énergie et environnement</category><category>Finances et fiscalité</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/0/3/csm_Abstimmung-Infobroschuere-claudio-schwarz-unsplash_36cb16ffaf.jpg" length="48009" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11446</guid><pubDate>Fri, 12 Dec 2025 15:40:18 +0100</pubDate><title>Un État efficace a besoin de moyens suffisants</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/un-etat-efficace-a-besoin-de-moyens-suffisants</link><description>À propos de l&#039;étude sur les coûts administratifs réalisée par les associations économiques suisses</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 24 novembre 2025, les quatre grandes faîtières économiques suisses – l’Union patronale suisse, l’Union suisse des arts et métiers, l’Union suisse des paysans et economiesuisse – ont présenté en grande pompe une étude sur les coûts de la bureaucratie en Suisse. Les estima-tions avancées quant aux économies potentielles dans l’administration publique sont « auda-cieuses », comme l’a relevé la NZZ elle-même. Hansueli Schöchli, journaliste économique à la NZZ, avait déjà souligné à l’époque plusieurs insuffisances.</p><p>En revanche, la question des données de base n’a suscité aucune discussion. L’étude s’appuie sur les données de l’indice « Doing Business » de la Banque mondiale, couvrant les années 2006 à 2020. Aucune donnée plus récente n’est disponible. Et pour cause : l’indice a été abandonné en 2021, après que de graves irrégularités et manipulations ont été mises au jour les années précédentes. On ignore dans quelle mesure ces manipulations ont pu fausser les résultats de l’étude. Mais le fait qu’elles ne n’ont été mentionnées nulle part ne peut qu’interpeller.</p><p>À supposer que l’indice conserve malgré tout une certaine valeur informative, il est intéressant de voir quels pays sont cités comme modèles d’efficacité bureaucratique par l’étude et les fé-dérations économiques. En l’occurrence, il s’agit de la Suède et du Danemark, deux États dont la quote-part fiscale est particulièrement élevée (ce taux mesure la somme des impôts, taxes et cotisations sociales publiques en proportion du produit intérieur brut). Autrement dit : il s’agit de pays dotés d’un secteur public relativement important.</p><p>Cela suggère que l’investissement dans l’appareil d’État est une condition essentielle à une administration efficace. Pour approfondir cette hypothèse, il vaut la peine d’examiner un autre indicateur de la Banque mondiale : le « Government Effectiveness Index ». Cet indice mesure la manière dont est perçue la qualité des services publics, de la fonction publique ainsi que de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques par le gouvernement. Pour les pays de l’OCDE et les 27 États membres de l’UE, on observe que ceux affichant une quote-part fiscale élevée tendent à offrir des prestations publiques de meilleure qualité que ceux dont l’État dis-pose de peu de moyens.<br>Il existe bien sûr des exceptions. La Grèce et l’Italie présentent une quote-part fiscale relative-ment élevée, mais un indice d’efficacité gouvernementale peu convaincant. Un État bien doté en ressources ne garantit donc pas automatiquement des services publics de qualité. Mais il en constitue très probablement une condition essentielle.&nbsp;</p><p>Seuls trois pays combinent une faible quote-part fiscale avec un indice d’efficacité gouverne-mentale élevé : l’Australie, l’Irlande et la Suisse. L’Irlande constitue un cas particulier. De nom-breuses multinationales y sont domiciliées à des fins fiscales, sans véritable activité produc-tive, ce qui gonfle artificiellement le PIB et fait mécaniquement baisser la quote-part fiscale. Pour mieux refléter la réalité économique, l’office irlandais de la statistique publie un indica-teur alternatif, le revenu national brut modifié, qui neutralise ces effets de la mondialisation. Si l’on calcule la quote-part fiscale sur la base de cet indicateur, le taux irlandais grimpe nette-ment, confirmant lui aussi le lien entre un secteur public développé et des prestations éta-tiques de qualité.</p><p>Même le cas particulier de la Suisse mérite d’être relativisé. La faible quote-part fiscale suisse s’explique en partie par le fait que, contrairement à d’autres pays, les primes d’assurance-maladie et les cotisations à la prévoyance professionnelle (2e pilier) ne sont pas incluses dans le calcul. Selon le Conseil fédéral, la quote-part fiscale aurait été supérieure de plus de 11 points en 2010 si ces deux éléments avaient été pris en compte.&nbsp;</p><p>Il apparaît donc qu’un État solide et correctement financé n’est pas une menace, mais bien une condition pour des services publics de qualité, dont l’économie elle-même profite large-ment. Réduire les dépenses publiques ne devrait dès lors pas être une fin en soi. C’est pour-quoi le programme d’allègement 2027, tout comme l’interprétation restrictive du frein à l’endettement, méritent d’être sérieusement réexaminés.</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/veranstaltungen/230916_kaufkraft_pouvoir-achat/230916_demo_schilder_foto-c-manu-friedrich.jpg" length="185657" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11410</guid><pubDate>Tue, 02 Dec 2025 10:49:31 +0100</pubDate><title>Loyers excessifs, pénurie de logements</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/loyers-excessifs-penurie-de-logements</link><description>Il est grand temps de relancer la construction de logements d’utilité publique</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les locataires sont confrontés depuis longtemps déjà à des loyers excessifs et une pénurie de logements aiguë partout dans le pays. Malgré l’urgence politique, c’est pourtant l’immobilisme qui règne depuis des années tant au niveau fédéral que dans la plupart des cantons. Pas besoin d’être un expert pour savoir ce qu’il faut faire pour remédier à la fois à la rareté des logements et aux loyers trop élevés : s’engager beaucoup plus résolument en faveur de la construction de logements d’utilité publique à but non lucratif.</p><p>Au vu de la flambée des loyers et de la tension sur le marché locatif, il faut de toute urgence relancer la construction de logements d’utilité publique. À l’échelle suisse, ceux-ci représentent actuellement une part infime du marché. À peine 4 % des logements occupés appartiennent à des maîtres d’ouvrage d’utilité publique (coopératives). Or selon l’article 108 de la Constitution fédérale, la Confédération doit encourager non seulement l’abaissement des coûts du logement, mais aussi la construction de logements d’utilité publique. Ce mandat constitutionnel a pris forme il y a plus de vingt ans avec l’adoption de la loi sur le logement (LOG).</p><p>Cette loi prévoit des instruments de soutien direct et indirect. Si les premiers n’ont toujours pas été mis en œuvre à ce jour, les seconds restent largement marginaux depuis leur introduction. Parmi eux figure notamment le Fonds de roulement (FdR), qui accorde aux maîtres d’ouvrage d’utilité publique des prêts à taux préférentiels au titre d’aide initiale pour la construction, la rénovation ou l’acquisition d’immeubles, ainsi que l’achat de terrains constructibles. Autre instrument, la Centrale d’émission pour la construction de logements (CCL) permet aux maîtres d’ouvrage de logements d’utilité publique d’accéder à des capitaux à long terme à des conditions avantageuses grâce à un système de cautionnements. Ce dispositif permet au bout du compte de proposer des loyers plus abordables.</p><p>Entre 2004 et 2024, le FdR a encouragé la réalisation de près de 30 000 logements. De son côté, la CCL soutenait, fin 2024, plus de 38 000 unités réparties dans un peu plus de 1000 ensembles immobiliers à travers toute la Suisse. À première vue, ces chiffres peuvent paraître considérables. Mais à l’échelle du parc immobilier suisse, qui compte près de cinq millions de logements, ils ne représentent guère plus qu’une goutte d’eau dans l’océan. Il faut aussi garder à l’esprit que la Confédération, les cantons et les communes ont drastiquement réduit leur soutien financier au logement d’utilité publique à partir de la seconde moitié des années 1990. La construction de logements abordables s’est brutalement effondrée, ce qui explique la pénurie actuelle. Au cours des quelque trente dernières années, si la construction de logements d’utilité publique avait été soutenue au même niveau que dans les années 1980 et la première moitié des années 1990, on compterait aujourd’hui environ 30 000 logements à loyer modéré supplémentaires sur le marché. Avec à peine 37 000 unités locatives vacantes, cet apport ferait une réelle différence.</p><p>Les erreurs du passé ont été partiellement corrigées ces dernières années. Les villes, en particulier Genève et Zurich, se sont remises à agir plus activement, comme le montrent les chiffres des statistiques financières. Au niveau fédéral également, on note quelques améliorations ponctuelles, par exemple l’assouplissement des conditions d’octroi des prêts du FdR pour l’année en cours. Un constat s’impose malgré tout : ces mesures ne suffisent clairement pas. Et les décisions nécessaires doivent maintenant être prises sans délai. Ainsi, le Conseil fédéral a décidé d’augmenter de 150 millions de francs la dotation du FdR pour les années 2030 à 2034, dans le cadre de ses mesures d’accompagnement de l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions ». Le Parlement doit maintenant en débattre sans attendre. Et surtout, il doit prévoir une hausse bien plus ambitieuse. Par ailleurs, les taux d’intérêt appliqués aux prêts du FdR doivent impérativement diminuer. Le conseiller fédéral Parmelin pourrait le faire dès demain, en usant de sa compétence d’édicter des ordonnances. Le crédit d’engagement actuel servant à cautionner les activités d’emprunt de la CCL expire à la fin de 2027. Mais selon la centrale, les moyens encore disponibles sont loin de suffire pour couvrir les besoins actuels. Il faut donc de toute urgence que le Conseil fédéral augmente significativement les moyens alloués à cet instrument.&nbsp;</p><p>Compte tenu du retard pris en matière de logements à loyers modérés, l’ensemble de ces mesures reste insuffisant pour enrayer la pénurie et faire baisser les loyers. En plus des outils de soutien indirects, il faut donc activer sans plus tarder la mise en œuvre d’instruments de promotion directs, tels que prêts fédéraux à taux zéro, cautionnements de la Confédération et participations au capital. Comme évoqué plus haut, ces instruments sont prévus de longue date dans la loi sur le logement, et donc prêts à être appliqués : il ne reste plus qu’à les mettre en œuvre ! Il est grand temps que le Parlement et le Conseil fédéral, de même que les cantons assument enfin leurs responsabilités. Souhaité par le lobby immobilier, l’attentisme n’est en réalité plus une option depuis longtemps.<br>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/wirtschaft/Zuerich_Kraene_CC0_Lizenz.jpg" length="273068" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11350</guid><pubDate>Sat, 15 Nov 2025 14:16:00 +0100</pubDate><title>Améliorer la formation pour endiguer les interruptions d’apprentissage</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/ameliorer-la-formation-pour-endiguer-les-interruptions-dapprentissage</link><description>Conditions de la formation professionnelle initiale</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Dans la dernière édition de la revue La Vie économique, publiée par le Secrétariat d’État à l’économie (SECO), Nicole Cornu, Secrétaire centrale responsable de la politique de la formation et de la politique de la jeunesse à l’Union syndicale suisse (USS), analyse les causes des ruptures de contrat d’apprentissage et demande l’amélioration des conditions de formation dans la formation professionnelle initiale.</p><p>Environ un quart des contrats d’apprentissage en Suisse est résilié en cours de formation, souvent en raison d’un sentiment d’être débordé, d’un manque de soutien, d’une mauvaise ambiance de travail ou de harcèlement sexuel. Selon une étude récente de Workmed, près de 22 % des personnes en apprentissage envisagent d’interrompre leur formation. Sont particulièrement touchés les métiers dans lesquels les femmes sont fortement représentées, comme les soins ou la coiffure.</p><p>Les interruptions d’apprentissage ne sont donc pas des échecs individuels, mais le reflet de conditions de travail et de formation inadaptées. Dans les faits, 76 % des formatrices et formateurs ne disposent pas même du temps nécessaire pour assurer leur mission centrale, selon une étude de la Haute école fédérale en formation professionnelle (HEFP). Parallèlement, seuls 90 % des jeunes obtiennent un diplôme du degré secondaire II, ce qui signifie que, vingt ans après sa définition, l’objectif politique de 95 % n’est toujours pas atteint.</p><p>C’est pourquoi l’USS réclame :</p><ul><li>une amélioration de la qualité de la formation en entreprise selon des standard obligatoires ;</li><li>davantage de temps et de reconnaissance des formatrices et formateurs grâce à des taux d’occupation minimaux et des formations continues ;</li><li>un suivi efficace de l’apprentissage (définition de la charge maximale de travail, visites obligatoires en entreprise, contrôles inopinés et possibilités d’intervention), ainsi qu’un travail social en milieu scolaire au niveau national ;</li><li>un droit institutionnalisé d’être consulté et davantage de vacances pour les apprenti-e-s (minimum de huit semaines).</li></ul><p>Seul un apprentissage équitable et adapté aux jeunes permettra de réduire efficacement le taux de résiliation des contrats d’apprentissage et d’assurer ainsi la relève.</p><p><a href="https://dievolkswirtschaft.ch/fr/2025/10/ameliorer-la-formation-pour-endiguer-les-interruptions-dapprentissage/" target="_blank" rel="noreferrer">L’intégralité de la prise de position de Nicole Cornu dans La Vie économique est disponible ici.</a></p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/banner/Ausbildung_Lehrlinge-im-Gespraech-mit-Meister_iStock-SolStock_kl.jpg" length="501608" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11344</guid><pubDate>Thu, 30 Oct 2025 14:03:14 +0100</pubDate><title>Valoriser le travail des femmes au lieu d’instaurer une nouvelle obligation de servir </title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/valoriser-le-travail-des-femmes-au-lieu-dinstaurer-une-nouvelle-obligation-de-servir-service-citoyen</link><description>NON à l’initiative sur le service citoyen le 30 novembre 2025</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) rejette catégoriquement une nouvelle obligation généralisée de servir. L’initiative service citoyen touche principalement les femmes, qui effectuent déjà aujourd'hui la majorité du travail non rémunéré et doivent vivre avec des salaires plus bas. Une obligation de servir généralisée aggraverait encore ces inégalités, au détriment des femmes. &nbsp;</p><p>Par ailleurs, les modalités de l’obligation de servir seraient élargies&nbsp;: à l’avenir, en plus de l’armée, du service civil et de la protection civile, d’autres formes d’engagement devraient être reconnues. Le texte de l’initiative reste cependant très vague à ce sujet. Le Conseil fédéral estime que des fonctions politiques, l’engagement dans les corps de sapeurs-pompiers volontaires ou encore les activités actuelles du service civil (soins, garde d’enfants, école, protection de la nature) pourraient également être reconnues comme service citoyen. &nbsp;</p><p>Le nombre de personnes astreintes passerait de 35&nbsp;000 à environ 70&nbsp;000. Une grande partie d’entre elles devrait être affectée à des domaines dans lesquels ce sont aujourd’hui majoritairement des femmes qui exercent un travail qualifié et rémunéré, notamment dans les structures d’accueil des enfants et les établissements de soins. Si des dizaines de milliers de personnes astreintes au service citoyen devaient soudainement être engagées dans ces secteurs, la qualité des prestations dans ces secteurs baisserait, car elles seraient fournies de manière moins professionnelle. En parallèle, la pression sur les salaires et les postes de travail augmenterait, par exemple dans les établissements médico-sociaux. &nbsp;</p><p>Les domaines de la santé et du social sont aujourd’hui confrontés à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Et sans les femmes, ils ne fonctionneraient pas. Les salaires modestes et la lourde charge de travail ont pour conséquence un taux de rotation du personnel élevé. Le taux de rotation s’aggraverait encore avec l’arrivée massive de personnes non qualifiées devant effectuer un service citoyen. Et il est à craindre qu’une partie du personnel qualifié régulier finisse par être remplacée par une main-d’œuvre non qualifiée, volatile et bon marché.</p><p>Au lieu d’investir des fonds publics pour former davantage de professionnel-le-s et améliorer les conditions de travail pour attirer du personnel qualifié en suffisance, l’initiative mènerait à retirer des femmes qualifiées et expérimentées de leurs postes clés pour leur demander d’effectuer un service citoyen ailleurs, où elles seraient à peine défrayées. Le comble serait que des femmes doivent s’absenter de leur travail rémunéré et essentiel dans les soins et l’accueil des enfants pour fournir un service citoyen non rémunéré dans ces mêmes secteurs&nbsp;! &nbsp;</p><p>La solidarité, l’engagement pour la collectivité et le bénévolat en faveur de meilleures conditions de vie font partie des valeurs fondamentales du mouvement syndical. Il est important d’améliorer les conditions-cadres de ces engagements, mais l’instauration d’un service obligatoire généralisé n’est pas la bonne approche. En assumant une part nettement plus importante du travail non rémunéré pour l’éducation des enfants ou l’accompagnement de personnes malades en dehors de leur activité professionnelle, les femmes effectuent déjà tous les jours un service citoyen&nbsp;! Il n’est pas question de leur demander de faire un effort supplémentaire pour la collectivité sans salaire décent. Outre une revalorisation des salaires dans les métiers majoritairement occupés par des femmes, il serait beaucoup plus pertinent de réduire les journées de travail pour permettre une meilleure répartition du travail non rémunéré entre les hommes et les femmes et une meilleure conciliation avec un engagement bénévole. Sans oublier de renforcer la protection contre le licenciement des personnes qui s’engagent pour les autres. &nbsp;</p><p>Pour conclure&nbsp;: l'initiative Service citoyen impose aux femmes encore plus de travail sous-payé et détériore les conditions de travail dans les professions dites féminines. C'est vraiment la dernière chose dont nous avons besoin&nbsp;!&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/0/3/csm_Abstimmung-Infobroschuere-claudio-schwarz-unsplash_36cb16ffaf.jpg" length="48009" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11340</guid><pubDate>Sat, 25 Oct 2025 12:59:00 +0200</pubDate><title>Nous sommes le véritable contre-poison.</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/nous-les-syndicats-de-ce-pays-nous-sommes-le-veritable-contre-poison</link><description>Discours de Pierre-Yves Maillard au Congrès d&#039;Unia 2025 à Brigue</description><content:encoded><![CDATA[<p>Chères et chers collègues,</p><p>J’aimerais d’abord vous remercier et vous féliciter d’avoir choisi le Valais pour ce Congrès d’Unia. Le Valais est une terre ouvrière et syndicale. D’abord, c’est une région syndicale Unia qui chaque année augmente le nombre de ses membres. Elle montre que c’est possible ! Tous les arguments qu’on entend sur l’individualisme grandissant, les nombreux projets politiques à mener, la baisse du nombre d’emplois dans nos secteurs classiques, tout cela existe aussi en Valais, mais cette région augmente ses effectifs et elle le fait alors qu’une forte concurrence des syndicats chrétiens existe. Cela doit nous inspirer partout en Suisse.&nbsp;</p><p>Ensuite le Valais a été une terre ouvrière par la construction des barrages, des ponts et tunnels qui ont marqué le développement économique de la Suisse. Ces grands chantiers ont été menés à bien parce que des ouvriers de notre pays, mais aussi et surtout des ouvriers venus chez nous pour travailler y ont sacrifié souvent leur santé, leur vie de famille et parfois leur vie. En cette année 2025, nous pensons aux 86 travailleurs et aux 2 travailleuses qui ont perdu la vie sur le chantier du barrage de Mattmark le 30 août 1965. Ont été ensevelis sous ces tonnes de glaces et de roches, 56 Italiens, 23 Suisses, 4 Espagnols, 2 Allemands, 2 Autrichiens et 1 apatride. Nous rendons hommages à ces victimes du travail, comme à celles du chantier de Malley dans le canton de Vaud de juillet 2024 et tous les trop nombreux morts au travail.</p><p>Ces événements montrent aussi à quel point nos infrastructures suisses existentielles ont été construites avec et grâce à l’immigration. A ceux qui perdent la mémoire, on devra rappeler cette histoire, lors de la prochaine votation sur l’initiative de l’UDC sur la Suisse à dix millions.&nbsp;</p><p>Depuis plus de cinquante ans, nous votons régulièrement sur cette question de l’immigration et de l’asile. Le principal parti de droite en Suisse en a fait son principal thème de campagne. Depuis des décennies, la politique suisse ou le peuple acceptent des mesures qui vont dans le sens de ce parti. Et qu’est-ce que cela change ? A part durcir la vie des personnes qui viennent chez nous, à peu près rien. La Suisse connaît depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, une longue phase d’expansion économique. Et cela entraîne de l’immigration. On peut le tourner dans tous les sens, l’immigration n’est rien d’autre que la conséquence de la croissance économique.&nbsp;</p><p>Celles et ceux qui veulent vraiment une baisse de l’immigration devraient donc voter pour une récession, soit plus de chômage, moins de recettes pour l’AVS et pour nos services publics, donc plus de pauvreté et d’austérité. C’est l’un des résultats possibles de cette initiative. Mais pour éviter cela, si cette initiative passe, les ultralibéraux de l’UDC feront venir les travailleurs étrangers illégalement pour mieux les exploiter ou ils créeront des permis de séjour au rabais, sur le mode des saisonniers. Que l’on remette en place des contingents, des statuts précaires, cela ne change qu’une chose : les travailleurs viennent chez nous tout aussi nombreux, mais ils ont moins de droits et sont donc davantage exploités, ce qui augmente encore la concurrence avec les travailleurs qui vivent déjà en Suisse.<br>Ce qu’il faut faire c’est donc limiter cette concurrence et mieux protéger les salaires. C’est la stratégie syndicale. C’est celle que nous avons appliquée dans les négociations avec l’Europe.</p><p>Chères et chers collègues, nous avons été et nous restons intransigeants dans cette négociation. Nous avons fait échec au premier projet d’accord cadre qui aurait fragilisé l’ensemble de notre dispositif de protection des salaires. Nous nous continuons à nous battre contre l’accord sur l’électricité qui nous entraine vers une libéralisation complète de ce secteur vital, alors que cette libéralisation a échoué partout.&nbsp;</p><p>Mais dans l’accord de stabilisation de la libre-circulation, contrairement à l’accord-cadre, la seconde négociation a apporté quelques améliorations. Le nouveau projet nous permet de décider nous-mêmes le nombre des contrôles des salaires et de continuer à opérer avec des commissions paritaires pour les contrôles et les sanctions. Par contre, le délai d’annonce est réduit et la caution est fortement affaiblie. C’est la raison pour laquelle, nous avons demandé des mesures de compensation. Nous avons obtenu du Conseil fédéral 14 mesures qui améliorent l’information et la mise en œuvre des contrôles et qui garantissent que les sanctions soient mieux appliquées. Et nous avons obtenu enfin une mesure, la 14ème, qui protège mieux les représentants du personnel contre le licenciement.</p><p>Je le dis ici avec clarté. Les partis et milieux économiques qui veulent ces accords doivent accepter ces 14 mesures. S’ils en affaiblissent une seule, alors c’est qu’ils démontrent que ces accords à leurs yeux n’ont pas beaucoup de valeur. Car aucune de ces mesures ne fait de mal aux entreprises qui fontcorrectement leur travail et respectent nos lois. Economiquement, elles ne coûtent presque rien. Donc les refuser ou les contester, c’est en fait refuser ces nouveaux accords avec l’Europe. Dans ces conditions, si même les employeurs signalent la faible valeur qu’ils accordent à ces accords, ils ne devront pas s’étonner si à notre tour nous nous y opposons en cas d’attaque contre l’une ou l’autre des mesures proposées par le Conseil fédéral.</p><p>Nous sommes prêts à nous engager pour une économie prospère en Suisse. Nous l’avons fait dans le passé, lors du développement des accords bilatéraux, contre l’initiative de rattrapage de l’UDC, pendant la période Covid et récemment lors de l’adoption des taxes douanières.&nbsp;</p><p>Mais nous voulons que cette prospérité profite à toutes et tous. Une économie qui fait travailler les gens avec toujours plus d’intensité et qui leur laisse moins d’argent sur leur compte à la fin de l’année, c’est une économie qui n’a pas d’avenir. Et c’est ce qui se passe chez nous en Suisse. La hausse des loyers, la hausse des primes d’assurance-maladie et la stagnation des salaires sont un poison lent qui détruit la confiance de la population dans notre modèle économique et démocratique.&nbsp;</p><p>Nous, les syndicats de ce pays, nous sommes le véritable contre-poison. Nous avons déjà apporté un remède concret avec la 13ème rente AVS qui sera versée pour la première fois en décembre 2026. Nous sommes le meilleur remède quand nous obtenons des améliorations dans la CCT Coop comme Unia vient de le faire. Les maçons qui luttent avec courage et exemplarité pour améliorer leurs conditions de travail et leurs salaires sont la meilleure thérapie économique et démocratique qu’il faut à notre pays. Et c’est le cas de toutes vos luttes et négociations pour obtenir un peu plus de cette richesse que l’on crée.</p><p>Tous les Trump de ce temps, toutes les extrêmes droites autoritaires ne sont que des remèdes de charlatans. Ils ne servent qu’à préserver encore pour un temps les privilèges des milliardaires. D’ailleurs, ils sont tous soit milliardaires eux-mêmes, soit financés par les milliardaires. C’est la même soupe ultralibérale saupoudrée de xénophobie et de démagogie.&nbsp;</p><p>Nous sommes l’alternative, nous l’avons toujours été. Nous améliorons la vie de celles et ceux qui doivent travailler pour vivre.&nbsp;</p><p>Alors bon congrès à vous toutes et tous. Renforcez-vous, renforcez-nous, nous avons une grande responsabilité. Notre démocratie a besoin de notre force pour survivre et se développer.</p><p>Merci pour votre attention<br>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/personen/PYM-Unia-Kongress-2025_c_MFriederich.jpg" length="110627" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11338</guid><pubDate>Thu, 23 Oct 2025 11:56:41 +0200</pubDate><title>Retard salarial important : les salaires sont trop bas</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/retard-salarial-important-les-salaires-sont-trop-bas</link><description>Écart entre productivité et salaires</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les salarié·e·s en Suisse deviennent de plus en plus performants. Ils fabriquent de plus en plus de produits et fournissent de plus en plus de services dans le même temps. En moyenne, leur productivité augmente d'environ 1 % par an. En fait, les salaires devraient aussi augmenter dans les mêmes proportions. Car quand la productivité augmente, c'est possible même sans réduire les bénéfices. Mais ces dix dernières années, les travailleuses et travailleurs ont trop peu profité de la prospérité: leur productivité a augmenté plus vite que les salaires. Plus grave encore : parfois, le pouvoir d'achat des salaires a baissé, car les prix ont augmenté plus vite que les salaires.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/graph/nl/ecart-salaires-productivite_FR.jpg" length="311587" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11336</guid><pubDate>Wed, 22 Oct 2025 14:23:45 +0200</pubDate><title>L’USS dit oui au paquet européen – non à la libéralisation du marché de l’électricité</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/luss-dit-oui-au-paquet-europeen-non-a-la-liberalisation-du-marche-de-lelectricite</link><description>Le Comité de l’USS adopte la réponse à la consultation sur le paquet européen</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le Comité de l’USS a adopté aujourd’hui la réponse à la consultation sur le paquet européen. Dans cette prise de position, l’USS confirme soutenir le paquet européen, à condition que le Parlement reprenne sans modification le paquet du Conseil fédéral en matière de protection des salaires. L’USS rejette en revanche l’accord sur l’électricité et l’ouverture complète du marché de l’électricité qui en découle.</p><p>L’USS soutient le paquet européen pour autant que les salaires et le service public soient garantis. Au cœur de l’Europe, la Suisse a besoin de bonnes relations dûment réglées avec l’UE. En outre, la libre circulation des personnes assortie de mesures d’accompagnement efficaces constitue une avancée pour les travailleuses et les travailleurs de ce pays. Il est dès lors essentiel que les quatorze mesures de protection des salaires prévues dans le paquet soient mises en œuvre intégralement. Elles constituent la condition pour que le paquet européen serve les intérêts des travailleuses et travailleurs.</p><p>L’USS rejette en revanche l’accord prévu sur l’électricité. Celui-ci démantèlerait un service public de l’électricité éprouvé et mettrait fin à l’approvisionnement de base, pourtant fiable. Avec la guerre en Ukraine, on a récemment mesuré ce que de tels changements impliquent : envolée des prix pour les consommatrices et consommateurs ainsi que les entreprises, et en parallèle profits extraordinaires injustifiés pour les géants de l’électricité actifs dans le négoce. L’accord et l’ouverture complète du marché de l’électricité en Suisse compromettent un approvisionnement électrique stable, abordable et écologique. L’approvisionnement énergétique doit rester une tâche publique.</p><p>L’USS demande en outre que le paquet européen – à l’instar des accords bilatéraux précédents – soit soumis au référendum facultatif. Comme jusqu’ici, la population doit pouvoir décider de l’évolution des relations avec l’UE. Les bilatérales III ne constituent pas un nouveau traité international. À ce stade, elles ne sont donc pas soumises au référendum obligatoire. La majorité des cantons, clairement définie par la Constitution, ne saurait être instrumentalisée ni étendue.</p><p>La réponse complète de l’USS à la consultation est disponible ici : <a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/consultations/2025/251022_Reponse-USS_Relations_Suisse-UE.pdf">télécharger le PDF</a><br>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/internat-eu/Europa-Schweiz_Fahnen_ist-OleksiiLiskonih.jpg" length="481011" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11322</guid><pubDate>Thu, 09 Oct 2025 21:06:47 +0200</pubDate><title>Quand le travail rend malade : stress, pression et absence de limites affectent la santé des travailleuses et travailleurs</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/quand-le-travail-rend-malade-stress-pression-et-absence-de-limites-affectent-la-sante-des-travailleuses-et-travailleurs</link><description>Protéger la santé plutôt qu’imposer un stress permanent</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En Suisse, la pression sur les salarié-e-s ne cesse de s’accentuer. Les journées de travail s’allongent, les exigences augmentent sans relâche. Nombre d’entre eux se sentent déjà épuisés avant même la fin de la semaine. Les derniers chiffres de l’Office fédéral de la statistique (OFS) confirment ce que les syndicats dénoncent depuis longtemps : le stress au travail progresse, tout comme le nombre de personnes épuisées et les absences.</p><p>Pourtant, au lieu de renforcer la protection et de soulager les salarié-e-s, les employeurs et les partis bourgeois exigent toujours plus de flexibilité. Une fausse solution, car derrière ce mot se cache en réalité une exigence de disponibilité quasi permanente pour les travailleuses et travailleurs.</p><h3 class="heading--h4">Un quotidien sous tension, notamment dans les soins, la vente et le service public</h3><p>En sous-effectif chronique, le personnel de santé court d’un patient à l’autre, sans possibilité de faire de pauses. Beaucoup se plaignent de ne même pas avoir le temps de boire ou de reprendre leur souffle. Parallèlement, ils doivent accomplir un nombre croissant de tâches administratives, souvent après leurs heures, sans rémunération supplémentaire.</p><p>Dans le commerce de détail, la pression est également bien réelle. Les plannings changent à la dernière minute, les employé-e-s en sont informé-e-s via des groupes de discussion et doivent parfois remplacer des collègues au pied levé durant le week-end. Dans ces conditions, difficile d’organiser ses loisirs ou sa vie de famille.</p><p>Dans la fonction publique et les administrations, le tableau est tout aussi sombre. La charge de travail augmente, les postes vacants ne sont pas repourvus et les nouveaux outils numériques accélèrent certes les processus, mais aggravent surtout le stress. Le personnel a le sentiment de courir en permanence après le temps, sans plus avoir de prise sur sa charge de travail. Sans surprise, cette évolution se reflète dans les chiffres&nbsp;: près d’une personne active sur quatre se sent fréquemment stressée (<a href="https://www.bfs.admin.ch/asset/de/31866442" target="_blank" class="link--icon--external" rel="noreferrer">OFS</a>). Plus de la moitié des salarié-e-s déclarent être exposé-e-s sur leur lieu de travail à plusieurs risques physiques et psychosociaux en même temps (pression du temps, monotonie du travail, absence de pauses, bruit, mauvaises conditions ergonomiques, etc.). Les secteurs de la santé et du social sont particulièrement touchés. Une personne sur trois y subit régulièrement un stress intense. Beaucoup sont au bord du gouffre – l’épuisement émotionnel progresse, signal d’alerte évident d’un burn-out imminent.</p><h3 class="heading--h4">Flexibilité, mais pour qui&nbsp;?</h3><p>On entend souvent dire que le travail se flexibilise. Mais dans les faits, cette flexibilisation se traduit le plus souvent par davantage de contrôle hiérarchique et moins de prévisibilité pour les employé-e-s. Dans les branches aux horaires irréguliers, comme l’hôtellerie-restauration, les soins ou le commerce de détail, les plannings sont souvent modifiés à la dernière minute. Celles et ceux qui ont une famille ou dépendent de structures d’accueil subissent de ce fait une pression constante. L’Enquête suisse sur la population active (ESPA) révèle qu’environ un quart des salarié-e-s doivent adapter leur temps de travail à court terme au moins une fois par semaine sur ordre de l’employeur, et un autre quart au moins une fois par mois (<a href="https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr.assetdetail.16804544.html" target="_blank" class="link--icon--external" rel="noreferrer">OFS</a>). Dans le même temps, ce sont surtout les hommes avec un niveau de formation élevé qui bénéficient d’une vraie flexibilité horaire. Les personnes avec un haut niveau de formation ou occupant des postes à responsabilité peuvent en effet plus souvent aménager librement leur temps de travail. À l’inverse, les femmes, les jeunes et les personnes actives dans les services ont des marges de manœuvre nettement plus restreintes. Dans des secteurs comme les soins, l’hôtellerie-restauration ou le commerce de détail, les changements de dernière minute rendent la conciliation entre vie professionnelle et vie privée extrêmement difficile.</p><h3 class="heading--h4">Les absences augmentent parce que le travail rend malade</h3><p>Quand les salarié-e-s sont épuisé-e-s, à bout ou blessé-e-s, ils et elles finissent par manquer au travail. Les absences pour raisons de santé représentent de loin la cause principale d’absence en Suisse. En 2024, elles ont totalisé 330 millions d’heures, un chiffre en hausse de plus de 50&nbsp;% en quinze ans (<a href="https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/travail-remuneration/activite-professionnelle-temps-travail/heures-travail/absences.html" target="_blank" class="link--icon--external" rel="noreferrer">OFS</a>). En moyenne, les salarié-e-s s’absentent aujourd’hui environ neuf jours de travail par an, avec des pics bien plus élevés dans les métiers sous forte pression, comme les soins. Le stress lié au travail coûte environ 6,5 milliards de francs à l’économie. (<a href="https://friendlyworkspace.ch/system/files/documents/2022-12/Feuille_d_information_076_PSCH_2022-11_-_Job_Stress_Index_2020-2022.pdf" target="_blank" class="link--icon--external" rel="noreferrer">Santé suisse</a>).</p><h3 class="heading--h4">Protéger la santé plutôt qu’imposer un stress permanent</h3><p>Stress, épuisement et absences ne sont plus des phénomènes marginaux. Un nombre croissant de salarié-e-s atteignent leurs limites – non pas par manque de résistance, mais parce que conditions de travail, effectifs et repos ne sont plus alignés. Malgré cela, la protection légale de la santé reste souvent lettre morte. Dans de nombreux cantons, les inspections du travail manquent cruellement de personnel, si bien que les contrôles des horaires et des risques sanitaires ne sont effectués qu’au compte-goutte, voire uniquement sur plainte. Les risques psychosociaux – comme le stress, la pression temporelle ou le surmenage – sont rarement pris en compte ou systématiquement suivis. Autre problème&nbsp;: la Suisse ne compte qu’environ 130 médecins du travail, soit un pour 20&nbsp;000 travailleuses et travailleurs. En comparaison, ce rapport est d’un pour 10&nbsp;000 en Allemagne et d’un pour 6000 en France. Ce manque de ressources empêche la prévention à large échelle et l’évaluation indépendante des risques sanitaires liés au travail. Sans personnel spécialisé en nombre suffisant, la protection préventive de la santé reste illusoire.&nbsp;</p><p>Afin d’empoigner sérieusement la question de la santé des salarié-e-s, il conviendrait de renforcer les contrôles, de développer la médecine du travail et de faire appliquer systématiquement la protection sur le lieu de travail. Cela passe par des limites claires à la charge de travail, des horaires prévisibles, des périodes de repos suffisantes et le droit à la déconnexion. Ce n’est qu’à ce prix que le travail pourra rester productif, équitable – et digne.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/9/4/csm_ueberarbeitet_burnout_ist-thodonal_da09961c93.jpg" length="149109" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11319</guid><pubDate>Wed, 08 Oct 2025 13:48:58 +0200</pubDate><title>Pénurie de personnel soignant : les soins sont en danger</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/penurie-de-personnel-soignant-les-soins-sont-en-danger</link><description>Manifestation à Berne le 22 novembre</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le personnel des hôpitaux, des EMS et des services d’aide et de soins à domicile travaille à la limite de ses forces. Nombre de professionnel-le-s de la santé s’épuisent ou quittent la profession. La pénurie de personnel soignant s’aggrave, la sécurité des soins est menacée.&nbsp;L’initiative sur les soins infirmiers devait remédier à la situation. Quatre ans après son adoption claire par le peuple, elle n’est toujours pas mise en œuvre. L’Union syndicale suisse (USS) soutient l’appel de la vaste alliance du personnel de santé pour des soins de santé sûrs et de bonnes conditions de travail, et appelle à manifester en masse pour les soins infirmiers le 22&nbsp;novembre sur la Place fédérale à Berne.&nbsp;</p><h3 class="heading--h4"><span lang="FR-CH">Soins sous tension</span></h3><p><span lang="FR-CH">Dans les soins psychiatriques, les EMS et les hôpitaux, la pénurie de personnel est chronique. Le personnel soignant témoigne de situations éthiquement inacceptables. Une prise en charge de qualité des patients demande du temps, en particulier auprès des personnes âgées ou atteintes de démence. Quand il faut soigner à la chaîne, le personnel soignant n’est plus en mesure de répondre aux besoins des patient-e-s. La situation est aussi précaire chez les médecins.&nbsp;Les journées à rallonge, le manque de formation continue et l’épuisement croissant sont devenus la norme. La santé du personnel en pâtit, tout comme la qualité des soins.</span></p><h3 class="heading--h4"><span lang="FR-CH">Une loi lacunaire</span></h3><p><span lang="FR-CH">En décembre, le Conseil national débattra de la deuxième étape de mise en œuvre de l’initiative sur les soins infirmiers, à savoir la nouvelle loi fédérale sur les conditions de travail dans le domaine des soins infirmiers (LCTSI). Mais le projet actuel du Conseil fédéral est insuffisant&nbsp;: il ne prévoit aucune prescription en matière de dotation en personnel et aucune solution de financement.&nbsp;Il passe ainsi à côté des objectifs essentiels de l’initiative populaire.</span></p><p><span lang="FR-CH">Sans de bonnes conditions de travail, il n’y a ni sécurité des soins ni soins dignes de ce nom.</span></p><h3 class="heading--h4"><span lang="FR-CH">Ensemble pour des soins de qualité</span></h3><p><span lang="FR-CH">C’est pourquoi l’alliance du personnel de santé appelle à une manifestation nationale le 22 novembre sur la Place fédérale à Berne, sous le mot d’ordre&nbsp;: </span><i><span lang="FR-CH"><strong>«&nbsp;Couverture en soins : la santé, c’est nous, pour vous&nbsp;».</strong></span></i><span lang="FR-CH">&nbsp;</span><br><span lang="FR-CH">L’alliance pour de bonnes conditions de travail, davantage de personnel, un financement sûr et la mise en œuvre cohérente de l’initiative sur les soins infirmiers est soutenue par le SSP, Unia, l’ASI, Syna, le SCIV, l’asmac et l’USS.</span></p><h3 class="heading--h4"><strong>Manifestation :</strong></h3><p class="lead"><i class="fa-solid fa-calendar-day" aria-hidden="true"></i> &nbsp;Sam<span lang="FR-CH">edi 22 novembre 2025</span><br><i class="fa-solid fa-clock" aria-hidden="true"></i> &nbsp;<span lang="FR-CH">14&nbsp;h&nbsp;15&nbsp;</span><br><i class="fa-solid fa-location-dot" aria-hidden="true"></i> &nbsp;<span lang="FR-CH">Place fédérale, Berne</span></p>]]></content:encoded><category>Santé</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/b/0/csm_Pflegerin-am-Boden_iSt_s-m-karlsson_8556a97eab.jpg" length="53918" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11318</guid><pubDate>Wed, 08 Oct 2025 11:59:30 +0200</pubDate><title>Primes maladie : un fardeau qui ne cesse de s’alourdir</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/primes-maladie-un-fardeau-qui-ne-cesse-de-salourdir</link><description>Depuis dix ans, les primes maladie et les frais médicaux à la charge des assuré-e-s ne cessent d’augmenter. </description><content:encoded><![CDATA[<p><span lang="FR-CH">Le phénomène de la hausse des primes maladie est peut-être devenu habituel, mais les travailleuses et travailleurs ne peuvent s’y résigner. En 2026, les primes grimperont à nouveau, avec une augmentation moyenne de 4,4 %. Une famille de quatre personnes, qui payait déjà la somme ahurissante de près de 10&nbsp;000 francs en 2016, devra s'acquitter de 14&nbsp;000 francs l'an prochain. Même les hausses de salaire les plus élevées ne permettent pas de suivre un tel rythme.</span></p><h3 class="heading--h4">Stratégie absurde du changement de caisse</h3><p>Le camp bourgeois prétend que les assuré-e-s pourraient freiner la hausse des primes en optant chaque année pour la caisse-maladie la moins chère. Mais cette stratégie de changement systématique est aussi absurde que coûteuse. Elle ne génère surtout globalement aucune économie, car pour l’ensemble des assurée-e-s, une règle reste valable&nbsp;: les primes reflètent les coûts. Par ailleurs, quatre assuré-e-s sur cinq ont déjà opté pour un modèle d’assurance alternatif (soins intégrés, médecin de famille, télémédecine, etc.). La marge d’optimisation individuelle est donc pratiquement épuisée.</p><h3 class="heading--h4">Des primes qui étranglent aussi l’économie</h3><p>Ce financement antisocial du système de santé ne se contente pas de pénaliser les travailleuses et les travailleurs. Il freine aussi la consommation intérieure. Ce que la population doit consacrer aux primes, elle ne peut plus le dépenser au restaurant ou pour un abonnement de fitness.</p><h3 class="heading--h4">Taxe pour les consultations aux urgences</h3><p>Malgré leur injustice, les primes par tête restent une vache sacrée. L’initiative d’allègement des primes, soutenue par les syndicats, a malheureusement été rejetée il y a plus d’un an. La mise en œuvre du contre-projet prévoit certes une hausse des subsides de primes dans certains cantons. Celle-ci reste toutefois très modeste et n’interviendra qu’en 2028. Dans le même temps, de nouvelles charges se profilent. Le Parlement veut introduire une taxe sur les consultations aux urgences et relever les franchises minimales. Ces projets sont inacceptables et doivent être combattus avec détermination. À l’inverse, les cantons doivent enfin prendre leurs responsabilités et investir davantage pour assurer un financement équitable du système de santé.</p><p class="text-right"><span style="font-size:0.7em;">Cet article est d’abord paru dans le </span><a href="https://www.workzeitung.ch/2025/10/krankenkassenpraemien-eine-zumutung-ohne-ende/" target="_blank" rel="noreferrer"><span style="font-size:0.7em;">journal work</span></a><span style="font-size:0.7em;">.</span></p>]]></content:encoded><category>Santé</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gesundheit/Gesundheitskosten-Arztin-rechnet_AndreyPopov-ist.jpg" length="314587" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11307</guid><pubDate>Tue, 07 Oct 2025 11:14:00 +0200</pubDate><title>Colloque juridique le 3 novembre 2025</title><link>https://www.uss.ch/colloque-juridique</link><description>Cette année, le colloque traditionnel de l&#039;USS se focalise sur le droit du travail collectif du point de vue de la science et de la pratique.</description><content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/9/9/csm_Bundesgericht-Lausanne_wikimedia-Norbert_Aepli_cc-by_259e0325f1.jpg" length="308796" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11233</guid><pubDate>Thu, 11 Sep 2025 14:45:17 +0200</pubDate><title>La maternité pèse lourdement sur les salaires des femmes </title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/la-maternite-pese-lourdement-sur-les-salaires-des-femmes</link><description>Le rapport du Conseil fédéral confirme l&#039;existence d&#039;une discrimination salariale</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"><span lang="FR-CH">Le dernier rapport du Conseil fédéral sur les causes de l’écart salarial entre les hommes et les femmes révèle l’ampleur de la pénalité salariale liée à la maternité en Suisse. Le mariage et la maternité freinent fortement la progression des salaires des femmes et creusent durablement l’écart salarial avec les hommes. L’USS réclame des mesures pour favoriser la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale et des contrôles dans les entreprises pour débusquer la discrimination salariale directe.</span></p><p><span lang="FR-CH">Sur la base des données de l’enquête suisse sur la structure des salaires (ESS) 2022 et en réponse au Postulat Dobler (22.4500), le Conseil fédéral a récemment présenté un rapport analysant en détail les différences de salaires entre les femmes et les hommes. Plusieurs constats émergent de ce rapport&nbsp;:&nbsp;</span></p><ul><li><span style="font-family:Symbol;" lang="FR-CH"></span><span lang="FR-CH">Le salaire des femmes est généralement inférieur à celui des hommes, quelles que soient les caractéristiques explicatives considérées</span></li><li><span style="font-family:Symbol;" lang="FR-CH"></span><span lang="FR-CH">Parmi les facteurs qui expliquent l’écart salarial médian entre les femmes et les hommes, l’état civil et la parentalité jouent un rôle prépondérant. Les femmes mariées gagnent en moyenne nettement moins que les hommes mariés et le manque à gagner se creuse encore davantage chez les femmes qui ont des enfants. Le salaire médian des femmes mariées avec enfant(s) est inférieur de 21% à celui des hommes dans la même situation. En comparaison, l’écart salarial entre les hommes et les femmes célibataires sans enfant(s) est de 1,9%.</span><span style="color:#EE0000;" lang="FR-CH"></span></li><li><span style="font-family:Symbol;" lang="FR-CH"></span><span lang="FR-CH">Avec l’âge, l’écart salarial augmente, en particulier pour les personnes mariées: le niveau de salaire des femmes mariées stagne, tandis que celui des hommes mariés continue d’augmenter.</span></li><li><span style="font-family:Symbol;" lang="FR-CH"></span><span lang="FR-CH">Plus les positions professionnelles sont élevées, plus l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes s’accroît.</span></li><li><span style="font-family:Symbol;" lang="FR-CH"></span><span lang="FR-CH">L’âge et l’état civil sont les facteurs où les différences salariales inexpliquées sont les plus marquées. A caractéristiques observables comparables, parmi les personnes de plus de 50 ans, les femmes gagnent en moyenne 8,5% de moins que les hommes. Et parmi les personnes mariées, l’écart salarial non expliqué se monte même à 8,8%. En comparaison, l’écart salarial non expliqué atteint 2,8% chez les célibataires.&nbsp;</span></li></ul><p><span lang="FR-CH"></span></p><p><span lang="FR-CH">Ces chiffres mettent en lumière l’ampleur de la pénalité salariale liée à la maternité en Suisse. L’USS salue l’intégration de ces nouveaux indicateurs dans le monitoring de l’écart salarial à l’avenir. Il est particulièrement important de continuer à documenter la pénalité salariale liée à la maternité. Le rapport du Conseil fédéral interpelle sur les éléments structurels qui la favorise, notamment la répartition inégale du travail non rémunéré qui repose encore essentiellement sur les femmes (tâches domestiques et pour s’occuper des enfants), les possibilités restreintes et coûteuses d’accueil extrafamilial des enfants et les conditions de travail incompatibles avec les obligations familiales.</span></p><p><span lang="FR-CH">L’USS demande des investissements publics beaucoup plus importants dans l’accueil extrafamilial des enfants. Il est également impératif d’augmenter les salaires dans les professions majoritairement exercées par les femmes. Même avec un CFC en poche, quatre femmes sur dix gagnent moins de 5000 francs par mois, et une sur quatre doit même se contenter d’un salaire de moins de 4500 francs. Pour l’USS, des salaires d’au moins 5000 francs après l’apprentissage et d’au moins 4500 francs pour tout le monde doivent devenir la norme. C’est dans des secteurs comme la prise en charge d’enfants, les soins aux personnes âgées ou le commerce de détail qu’une telle revalorisation est la plus urgente.</span></p><p><span lang="FR-CH">En outre, l’ampleur des différences salariales inexpliquées, particulièrement parmi les personnes mariées et de plus de 50 ans, doit conduire les autorités à instaurer des contrôles et des sanctions du respect de l’égalité salariale au sein des entreprises. La Loi sur l’égalité doit être renforcée dans ce sens.&nbsp;</span></p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gleichstellung/Kinder_zuhause_davidpereiras-photocase.jpg" length="735485" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11236</guid><pubDate>Thu, 11 Sep 2025 12:39:00 +0200</pubDate><title>Numérisation : un nouveau business autour de nos rentes ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/numerisation-un-nouveau-business-autour-de-nos-rentes</link><description>Il faut des avantages pour les assurés, pas pour les banques et les assurances</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">On entend souvent que les gens ne comprennent pas le système de prévoyance vieillesse. Cet argument sert volontiers à justifier la demande de davantage de conseil financier – voire l’accès des banques à l’ensemble des données de prévoyance. Or le problème ne vient pas des assuré-e-s, mais bien des informations, trop complexes et disparates.</p><p>La numérisation offre ici un fort potentiel. Mais elle ne fonctionne actuellement pas dans l’intérêt des assuré-e-s. Aujourd’hui, d’importants moyens financiers et humains sont consacrés à une multitude de « pools informatiques » des caisses de compensation AVS. Cela entraîne des coûts élevés, sans bénéfice direct pour les assuré-e-s. Plutôt que de maintenir des systèmes parallèles, il serait plus judicieux de centraliser davantage la numérisation. Cela permettrait de réduire les coûts et de garantir un accès équivalent pour toutes et tous – quelle que soit leur caisse de compensation.</p><p>C’est précisément ce que propose le Conseil fédéral avec un projet qu’il transmettra, espérons-le, bientôt au Parlement. La loi sur les systèmes d’information des assurances sociales (LSIAS) jettera les bases d’une administration moderne, efficace et transparente du 1er pilier. Elle vise à simplifier les démarches, améliorer l’échange de données entre assuré-e-s, employeurs et caisses, et ainsi préparer l’AVS à l’ère numérique. L’USS soutient clairement cette orientation. Mais nous exigeons que la numérisation ne s’arrête pas à l’administration. Il faut également introduire une carte AVS numérique avec un système d’alerte précoce qui fournisse chaque année aux assuré-e-s un aperçu de leurs années de cotisation et signale suffisamment tôt les éventuelles lacunes. C’est la seule manière d’éviter les pertes de rentes et de renforcer la confiance dans l’AVS. Cet aspect est d’autant plus important qu’une personne sur cinq présente aujourd’hui des lacunes de cotisation.</p><h3 class="heading--h5">Accès des assureurs aux données de prévoyance ?&nbsp;</h3><p>Dans le 2e pilier, les risques sont en revanche considérables. Banques, assureurs et sociétés de conseil cherchent de plus en plus à obtenir un accès direct aux données de prévoyance. C’est précisément ce que demande <a href="https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/amtliches-bulletin/amtliches-bulletin-die-verhandlungen?SubjectId=67062" target="_blank" title="Parlamentsseite öffnen" rel="noreferrer">l’intervention Ettlin</a>, qui sera débattue ces prochains jours au Conseil national. L’USS rejette fermement cette proposition. Il ne s’agit pas ici de transparence au bénéfice des assuré-e-s, mais de l’instauration d’un nouveau marché pour le secteur financier. Aujourd’hui déjà, de plus en plus de personnes assurées optent pour le retrait en capital plutôt que pour la rente, au risque de compromettre leur sécurité financière. Au lieu de garantir des rentes sûres, l’avoir de vieillesse est orienté vers des placements risqués. Résultat : les salarié-e-s sont incité-e-s à retirer leur capital, et à un assumer seuls les risques. Des sociétés de conseil comme VZ en tirent profit, tandis que la sécurité collective du 2e pilier est affaiblie, au risque de devoir accroître les dépenses pour les prestations complémentaires.</p><p>La solution ne réside donc pas dans un nouveau marché du conseil au profit de la finance, mais dans des documents clairs, compréhensibles et uniformes – tant pour l’AVS que pour le 2e pilier. La transparence crée de la sécurité sans générer de nouvelles dépendances envers les banques et les assureurs.</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Prévoyance professionnelle</category><category>AVS</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/renten/Seniorin-am-PC_style-photographs-photocase.jpg" length="538151" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11228</guid><pubDate>Wed, 10 Sep 2025 15:46:04 +0200</pubDate><title>La Suisse ne peut faire cavalier seul</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/la-suisse-ne-peut-faire-cavalier-seul</link><description>Droits de douane américains et franc fort</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil des États a décidé à l’unanimité de prolonger la durée maximale d’indemnisation en cas de réduction de l’horaire de travail de 18 à 24 mois. Cette décision est importante pour les travailleuses et travailleurs des branches concernées. Les droits de douane imposés par l’administration Trump – 39 % pour les produits suisses, plus les surtaxes de 50 % sur les métaux – représentent un fardeau pour les entreprises suisses actives sur le marché américain. À cela s’ajoute l’appréciation du franc. Dans ce contexte, le recours au chômage partiel contribue de manière décisive au maintien des emplois.&nbsp;</p><p>Ces dernières semaines, les droits de douane imposés par Donald Trump ont dominé l’actualité économique. Sur le plan réel cependant, la plupart des entreprises suisses ne sont pas directement touchées. Près de 99 % de la population active travaillent dans des secteurs ou des métiers pas ou peu concernés par les droits de douane américains.</p><p>Les entreprises exportatrices ont pris différentes mesures pour réduire l’impact de ces droits de douane. Certaines ont constitué d’importants stocks aux États-Unis avant leur entrée en vigueur. D’autres adaptent leurs chaînes d’approvisionnement et optimisent leur création de valeur ou leur déclaration en douane. Si la Suisse parvient, ces prochaines semaines, à s’entendre avec les États-Unis sur une solution qui allège sensiblement la charge douanière, la situation pourrait s’apaiser. Des incertitudes subsistent toutefois – d’autant qu’il n’est pas clair si l’accord douanier conclu entre la Commission européenne et les États-Unis sera politiquement accepté au sein de l’UE. Ces questions modifieront la manière dont les pays européens traitent avec les États-Unis et auront également des répercussions sur la Suisse.</p><h3 class="heading--h5">Le franc fort, principal problème</h3><p>Le cours du franc suisse pose un problème plus grave. Ces derniers mois, il s’est nettement apprécié. Sa valeur extérieure réelle dépasse désormais le niveau atteint après l’abandon du taux plancher en 2015. La Banque nationale suisse minimise ce problème, comme l’a montré la récente interview de son président Martin Schlegel le 8 septembre. Depuis les erreurs récentes de sa direction générale, la BNS n’a plus le contrôle du cours du franc. L’USS attend d’elle qu’elle s’engage en faveur d’un taux de change soutenable et qu’elle recrée un environnement plus stable en faveur des entreprises confrontées à une situation difficile.</p><p>La politique fortement nationaliste menée par le gouvernement Trump soulève aussi des questions fondamentales en matière de sécurité de l’approvisionnement en Suisse et en Europe. Pour des produits-clés, dont les microprocesseurs et les principes actifs pharmaceutiques, l’Europe est fortement dépendante de la Chine et de l’Inde. Dans un monde dominé par les États-Unis, l’Europe s’était reposée sur l’idée que l’approvisionnement resterait dans une certaine mesure garanti, même en période de crise. Cette donne a changé.&nbsp;</p><h3 class="heading--h5">La Suisse doit agir</h3><p>Dans ces domaines, il est totalement illusoire de penser que la Suisse peut faire cavalier seul. Elle doit renforcer sa coopération avec l’Union européenne. Ces dernières années, l’UE s’est emparée de cette question, sous le concept « d’autonomie stratégique ». Mais de nombreux défis restent à relever. La Suisse doit s’engager de manière proactive. La question se pose aussi de savoir si elle ne devrait pas conclure avec l’UE un accord bilatéral qui inclurait une répartition des tâches et des garanties réciproques.<br>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Économie extérieure</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/6/5/csm_muenz_franken_kleingeld_fuenfliber_assalve_iStock_ca1b7687a9.jpg" length="220123" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11225</guid><pubDate>Wed, 10 Sep 2025 07:09:23 +0200</pubDate><title>L’introduction des compléments de titre « Professional Bachelor » et « Professional Master » ne suffit pas. De vraies améliorations s’imposent</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/lintroduction-des-complements-de-titre-professional-bachelor-et-professional-master-ne-suffit-pas-de-vraies-ameliorations-simposent</link><description>Révision de la LFPr</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 8 Settembre, le Conseil des États a approuvé à l’unanimité le paquet de mesures 25.046 visant à renforcer la formation professionnelle supérieure. L’Union syndicale suisse (USS) soutient le renforcement de cette filière, mais critique le fait qu’avec l’introduction des nouveaux compléments de titres « Professional Bachelor » et « Professional Master », le projet passe à côté des véritables problèmes.</p><p>Certaines mesures font consensus, comme la protection de l’appellation « école supérieure », l’introduction de l’anglais comme langue d’examen supplémentaire possible ou encore la flexibilisation des études postdiplômes ES (EPD ES). En revanche, le nouvel article 44a LFPr a suscité des débats controversés au Conseil des États.</p><h3 class="heading--h5">Du marketing et du symbolisme à l’état pur</h3><p>Attribuer le titre de « Professional Bachelor » aux brevets fédéraux / examens professionnels et aux diplômes ES, ainsi que celui de « Professional Master » aux diplômes fédéraux / examens professionnels supérieurs, revient à plaquer des titres simplifiés (deux compléments de titres pour trois types de diplômes sur quatre niveaux différents) sur le système de la formation professionnelle supérieure extrêmement hétérogène.</p><p>Cette volonté de simplification en deux niveaux, censée faciliter la communication, risque au contraire de semer la confusion et de susciter de fausses attentes, au lieu de renforcer la lisibilité, la transparence et la valeur des diplômes. Il n’est donc guère surprenant que l’ATS et la SRF aient parlé, le jour même, de la création de nouveaux « titres ». On peut craindre qu’il s’agisse là d’une prophétie autoréalisatrice.</p><h3 class="heading--h5">Un manque de cohérence au niveau international</h3><p>Ce particularisme suisse compromet également la comparabilité : en Allemagne, le « Bachelor professional » n’existe qu’au niveau 6 ; en Suisse, il devrait être attribué dès le niveau 5, pour les examens professionnels.</p><p>Certaines filières critiques, notamment dans le domaine de la santé, sont particulièrement menacées : dans les soins, les titulaires d’un brevet et d’un diplôme ES porteraient tous deux le même complément « Professional Bachelor » – alors que les niveaux de formation sont très différents et que les diplômes sont successifs (ils s’inscrivent dans une progression). Un paradoxe, dans la mesure où le monde politique cherchait à renforcer la distinction entre les profils des différentes filières de formation.</p><h3 class="heading--h5">Revendications de l’USS : de vraies améliorations&nbsp;</h3><p>La formation professionnelle ne peut se contenter d’intitulés cosmétiques. Elle a besoin de réels progrès :</p><ul><li>l’introduction coordonnée et l’utilisation harmonisée des nouveaux compléments de titre avec les deux pays pionniers que sont l’Allemagne et l’Autriche, ainsi qu’un échange d’expériences sur l’utilité et l’efficacité desdits compléments ;</li><li>la structuration claire et compatible au niveau international des diplômes suisses, y compris des nouveaux compléments de titre, dans le cadre national / européen des certifications pour les diplômes de la formation professionnelle (CNC / CEC) ;</li><li>une coopération renforcée entre la formation professionnelle et les hautes écoles, afin d’améliorer la coordination, de mieux définir les profils respectifs et de garantir la reconnaissance mutuelle des formations et la perméabilité entre les filières ;</li><li>un allègement financier pour les personnes engagées dans la formation professionnelle supérieure, y compris une participation des employeurs aux coûts de formation continue. Les frais de cours et d’études doivent être compétitifs par rapport aux hautes écoles spécialisées ;</li><li>des améliorations matérielles des conditions de formation et de travail dans la formation professionnelle de base et l’apprentissage (notamment davantage de vacances).</li></ul><p>Le dossier est désormais entre les mains de la Commission de la science, de l’éducation et de la culture du Conseil national (CSEC-N). Il sera probablement inscrit à l’ordre du jour de la session d’hiver (du 1er au 19 décembre 2025) et le Conseil national le traitera en tant que second conseil.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/banner/Ausbildung_Lehrlinge-im-Gespraech-mit-Meister_iStock-SolStock_kl.jpg" length="501608" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11213</guid><pubDate>Wed, 03 Sep 2025 09:57:38 +0200</pubDate><title> Mattmark 1965 : lendemains d’une catastrophe</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/mattmark-1965-lendemains-dune-catastrophe</link><description>Article rédigé par Vasco Pedrina, ancien coprésident du syndicat Unia</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Il y a soixante ans, le 30 août 1965, le glacier de l’Allalin surplombant le chantier de construction du barrage de Mattmark, dans la vallée de Saas, s’effondrait sur les ateliers, bureaux, cantines et dortoirs des ouvriers, tuant 88 personnes. Crainte, voire même annoncée selon la recherche historique, cette catastrophe a été qualifiée d’imprévisible par les autorités politiques, judiciaires et même religieuses puisque Dieu a été appelé à la rescousse. L’imprévisibilité permettait d’évacuer toute responsabilité. Une page noire de l’histoire suisse.</p><p>Soixante ans après le drame le plus grave sur un lieu de travail, il faut se demander si le Valais et la Suisse en ont tiré les leçons. Dans trois domaines en tous cas, la catastrophe a laissé des traces positives et durables : la prévention des catastrophes naturelles, la prévention des accidents de travail et la politique migratoire.</p><p>Pour prendre la mesure des progrès de la prévention des catastrophes, il suffit de comparer Mattmark 1965 : 88 morts, dont la majorité des ouvriers saisonniers italiens, aucun système d’alarme, comportement déplorable de la direction des travaux et des autorités, et Blatten 2025 : 1 mort, système d’alarme et d’intervention exemplaires, sans besoin de recours ni à la Justice, ni à Dieu.</p><p>Sur la prévention des accidents et la politique migratoire, un rôle éminent a été joué par le syndicaliste et politicien tessinois Ezio Canonica. En 1965, il était secrétaire central de la Fédération des ouvriers du bâtiment (FOBB). Les ouvriers italiens du chantier et les familles des victimes disaient qu’il était « le seul Suisse à les avoir défendus ». Suite à son remarquable engagement, il est devenu en peu de temps une figure nationale de premier plan, comme président de son syndicat (1968), comme principal adversaire de James Schwarzenbach lors de la votation sur son initiative xénophobe (1970), comme Conseiller national (1971) et président de l’USS (1973), et enfin comme candidat au Conseil fédéral. C’est grâce à son interpellation parlementaire au Conseil fédéral de 1972, entre les procès de 1re et 2e instance, et à une pression syndicale constante, que les systèmes de contrôle et de prévention des accidents sur les chantiers, et plus généralement sur les lieux de travail, ont fait de rapides et importants progrès, à tel point qu’aujourd’hui la Suva est citée comme un exemple d’assurance-accidents en Europe.</p><p>Il a été plus difficile pour Ezio Canonica et ses successeurs d’amener les syndicats et la Suisse à se départir de la fermeture, à relent xénophobe, de la politique migratoire de l’après-guerre. Le Tessinois a été le premier dirigeant de poids qui, dès le début des années 1960, s’est rendu compte que les trois prémisses de cette politique étaient fausses.</p><p>Premièrement, l’immigration n’était pas un phénomène transitoire. Même une politique discriminatoire à l’instar du statut de saisonnier ne changerait rien au fait que les immigrés étaient là pour rester. Donc, s’il s’agissait déjà d’un phénomène structurel durable, il valait mieux ouvrir les syndicats aux immigrés et les intégrer socialement. La solidarité, telle qu’elle s’était manifestée à Mattmark, allait donner une nouvelle force au syndicalisme.</p><p>Deuxièmement, les immigrés n’étaient pas des concurrents des autochtones sur le marché du travail mais au contraire, ils rendaient souvent possible l’avancement de la carrière professionnelle des travailleurs suisses et la progression plus rapide de leur salaire. S’il existait des coupables pour les cas fréquents de dumping salarial, ce n’était pas les immigrés mais leurs employeurs. Il était plus judicieux de promouvoir l’unité entre travailleurs immigrés et suisses pour imposer ensemble la parité des salaires et des droits.</p><p>Troisièmement, au temps de la Guerre froide, Ezio Canonica s’est opposé à l’idée que les immigrés représentaient une menace sociale et politique, même si de nombreux Italiens et Espagnols votaient dans leur pays pour les partis communistes ou sympathisaient avec eux. Au contraire, le Tessinois voyait leur marginalisation comme la vraie source à terme d’instabilité. Canonica a tiré toutes les conséquences de cette analyse pour son propre syndicat, pour l’USS et pour son engagement politique. C’est une des raisons pour lesquelles 29 des 88 victimes étaient affiliés au syndicat du bâtiment. Il était hors de question de ne pas défendre leurs intérêts avec toute la détermination nécessaire, indépendamment de leur nationalité.</p><p>La catastrophe de Mattmark – comme cinq ans plus tard le vote de l’initiative Schwarzenbach – a représenté une première secousse qui a permis de repenser notre rapport à l’immigration. Mattmark 1965 est ainsi aux débuts d’un tournant vers l’ouverture de la politique syndicale qui a mis 20 ans à se réaliser. La Suisse officielle, quant à elle, a mis quinze ans de plus pour s’ouvrir aux Européens. La véritable percée a eu lieu entre 2002 et 2004, avec la fin du système des contingents et l’abolition du statut de saisonnier, suite aux Accords bilatéraux I, dont celui sur la libre circulation des personnes et les mesures de protection des salaires.<br>Cet héritage de Mattmark doit être préservé. Il faudra donc s’opposer à la nouvelle initiative anti-étrangers de l’UDC et s’engager pour que le Parlement et le peuple disent Oui au « paquet de stabilisation » des Bilatérales III et aux mesures internes de protection des salaires, telles qu’elles sont proposées par le Conseil fédéral.</p><p><i>Cet article a été publié le 30 août 2025 en français dans </i><a href="https://www.letemps.ch/opinions/mattmark-1965-lendemains-d-une-catastrophe?srsltid=AfmBOoosCuGAf0k5I8Zpd5CTGM_OzaBA8BriLDFVGoNnduSCGgCGTnW8" target="_blank" title="Vasco Pedrina in Le Temps" rel="noreferrer"><i>Le Temps</i></a><i>.</i></p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Mattmark.jpg" length="305483" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11200</guid><pubDate>Fri, 22 Aug 2025 13:21:04 +0200</pubDate><title>Oui au service public numérique, oui à la nouvelle e-ID !</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/oui-au-service-public-numerique-oui-a-la-nouvelle-e-id</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La Suisse accuse un sérieux retard sur le plan international : à l’heure actuelle, nous ne disposons toujours pas de carte d’identité numérique. Or, un tel outil est indispensable non seulement pour moderniser les procédures administratives, mais aussi pour une multitude de démarches et d’activités du quotidien. Le nouveau (second) projet de loi prévoit l’introduction d’une e-ID digne de confiance, facultatif, fiable et surtout non soumise à des intérêts commerciaux. Il mérite clairement notre soutien. Les syndicats disent résolument oui à la nouvelle e-ID.&nbsp;</p><p>Nous voterons prochainement sur la loi fédérale sur l’identité électronique et d’autres moyens de preuves électroniques. Il s’agit de la deuxième tentative du Conseil fédéral et du Parlement pour introduire enfin une identité électronique, devenue urgente. Le premier projet avait été rejeté par le peuple il y a plus de quatre ans – à juste titre et fort heureusement d’ailleurs. Les syndicats s’étaient eux aussi fermement opposés à une e-ID privatisée, laquelle aurait, dans le pire des cas, permis la livraison de nos données personnelles les plus sensibles à des multinationales. Le Conseil fédéral et le Parlement ont tiré les leçons de cet échec et élaboré une nouvelle version, aujourd’hui soumise au vote.&nbsp;</p><h3 class="heading--h5">Combler le retard et renforcer la sécurité</h3><p>L’élément central de cette nouvelle loi, c’est que la Confédération sera la seule autorité habilitée à délivrer l’e-ID et à mettre à disposition « l’infrastructure de confiance » nécessaire. Selon le projet refusé, il aurait été explicitement interdit à la Confédération d’émettre sa propre e-ID. La nouvelle solution respecte des principes essentiels : minimisation des données, stockage décentralisé, et protection des données dès la conception (privacy by design). De plus, elle assure également la compatibilité avec les normes européennes en matière d’identification électronique.</p><p>Mais pourquoi a-t-on besoin d’une e-ID ? Aujourd’hui, nous faisons nos achats en ligne, nous effectuons des paiements, nous modifions nos contrats d’assurance-maladie. Nous interagissons aussi toujours plus électroniquement avec les autorités. Ces échanges impliquent en permanence le traitement et la sauvegarde de données personnelles sensibles. Dans le monde réel, nous devons nous identifier pour toute démarche : au guichet postal, dans le train, à la douane ou lors d’un contrôle de police. Mais dans le cyberespace, cette obligation d’identification connaît de grosses lacunes. Résultat : de nombreux processus ne sont pas sécurisés, voire ne sont pas proposés du tout en ligne, alors que rien ne l’empêcherait techniquement. Le plus souvent, nous devons scanner notre carte d’identité ou notre passeport et les envoyer par e-mail de manière non sécurisée. Une méthode archaïque et fastidieuse s’il en est.</p><h3 class="heading--h5">Mission publique et minimisation des données</h3><p>Permettre à la population de prouver son identité en ligne est une mission fondamentale de l’État. Il est plus que temps qu’il l’assume aussi dans l’espace numérique. Nous avons désormais un projet de service public numérique d’identification, au service de l’intérêt général et non du profit privé. Une e-ID publique, décentralisée et non traçable est une infrastructure indispensable pour nous permettre de garder le contrôle sur nos données personnelles. Au lieu d’envoyer les données sur des serveurs étrangers, le nouveau système les stocke de manière décentralisée dans une application sur smartphone fournie par la Confédération. Cette solution garantit également la liberté de choix : c’est toujours nous qui décidons quelles données nous souhaitons transmettre. Exemple concret : lors d’une commande de vin en ligne, il suffit de prouver sa majorité. Il n’est pas nécessaire d’envoyer sa date de naissance précise, ni son état civil. L’e-ID applique ainsi systématiquement le principe de minimisation des données transmises.</p><h3 class="heading--h5">Il ne s’agit pas de processus numériques, mais de notre vie réelle</h3><p>L’introduction de l’e-ID est une condition de base urgente pour faire avancer de nombreux projets de numérisation dans le domaine public. À titre d’exemple, le nouveau registre national des dons d’organes, adopté par la population il y a plus de trois ans, n’a toujours pas pu être mis en œuvre, faute d’e-ID. Il ne s’agit donc pas seulement d’améliorer quelques processus numériques : c’est bien la vie réelle des gens qui est concernée. C’est aussi le cas pour le dossier électronique du patient, attendu depuis longtemps, ou pour de nombreuses démarches dans le domaine de la prévoyance vieillesse, qui nécessitent une e-ID. Nous ne pouvons plus nous permettre d’attendre. Les syndicats recommandent donc clairement : Oui au service public numérique, oui à l’e-ID !</p>]]></content:encoded><category>Communication et medias</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/Rechenzentrum.jpg" length="659139" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11185</guid><pubDate>Mon, 14 Jul 2025 16:40:54 +0200</pubDate><title>Hausses d’impôts, pertes pour l’AVS et renchérissement des logements en propriété</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/hausses-dimpots-pertes-pour-lavs-et-rencherissement-des-logements-en-propriete</link><description>Argumentaire de l&#039;USS sur l&#039;abolition de la valeur locative</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’abolition de l’imposition de la valeur locative n’est rien d’autre qu’un allégement fiscal pour les personnes gagnant bien leur vie ou fortunées. Elle aboutirait à des inégalités fiscales massives, à des risques accrus de surchauffe immobilière et à davantage de travail au noir. En outre la Confédération, les cantons et les communes s’exposent à des pertes fiscales se chiffrant en milliards de francs. Il est donc à craindre que les ménages de locataires subissent des hausses d’impôts pour compenser ces déficits. Les pertes de l’AVS et des autres assurances sociales se chiffreraient en millions de francs aussi. L’Union syndicale suisse (USS) rejette par conséquent ce projet et recommande de voter « NON » lors du scrutin populaire du 28 septembre 2025.</p><h3 class="heading--h5">La propriété immobilière est aujourd’hui un bien de luxe</h3><p>Posséder sa propre maison ou son appartement est aujourd’hui un luxe. En raison des prix élevés du marché, 10 % seulement de la population peut encore s’offrir un bien immobilier. Dans bien des cas, les personnes ayant acheté un logement il y a 20 ans sont aujourd’hui millionnaires. Au cours de cette période, les prix des appartements ou maisons en propriété ont plus que doublé sur le plan suisse.</p><h3 class="heading--h5">Désavantage fiscal des locataires</h3><p>Quand des locataires cherchent à placer leur argent, ils paient des impôts sur le rendement réalisé. Il en va de même pour les propriétaires immobiliers, grâce à la valeur locative. Ils ont investi leur fortune dans la pierre et n’ont plus à payer de loyer. La valeur locative aboutit à ce que le rendement « naturel » des logements en propriété soit lui aussi imposé. Ce n’est que justice car sans l’imposition de la valeur locative, les locataires seraient discriminés fiscalement.</p><h3 class="heading--h5">Cadeau fiscal aux personnes aisées</h3><p>L’abolition de la valeur locative profiterait essentiellement aux personnes fortunées. Les propriétaires immobiliers ont manifestement davantage de fortune et des revenus plus élevés que la majorité des gens en Suisse. Les personnes à bas revenus habitent en grande partie dans des appartements loués.</p><h3 class="heading--h5">Prix immobiliers encore plus élevés</h3><p>Si la valeur locative était supprimée, les prix immobiliers s’en ressentiraient. Car la propriété immobilière deviendrait encore plus attrayante pour les personnes réalisant de hauts revenus ou fortunées. Ces gens seraient disposés à payer davantage encore pour des appartements ou des maisons. Selon une estimation de l’association des propriétaires fonciers de Winterthour, la hausse de prix serait d’environ 13 %. Le rêve de devenir propriétaire s’éloignerait encore plus pour les personnes réalisant un salaire normal.</p><h3 class="heading--h5">Pertes fiscales se chiffrant en milliards et hausses d’impôts pour les locataires</h3><p>L’abolition de la valeur locative conduirait à des pertes fiscales se chiffrant en milliards. La Confédération, les cantons et les communes estiment ces pertes à près de deux milliards de francs. Certains cantons ont déjà annoncé qu’ils subiraient ainsi de lourds déficits. Aux Grisons, le manque à gagner avoisinerait 90 millions de francs par an. Le canton de Zurich verrait lui échapper 300 millions de francs, ce qui l’obligerait à augmenter les impôts de 3 %. Autrement dit, ce serait aux locataires de financer par des hausses d’impôts les cadeaux fiscaux consentis aux riches propriétaires immobiliers.</p><h3 class="heading--h5">Augmentation du travail au noir</h3><p>Comme à l’avenir les frais d’entretien ne seraient plus déductibles, toujours plus de travaux de rénovation s’effectueraient au noir. Selon Friedrich Schneider, expert du travail au noir, il faut s’attendre à une croissance de l’économie souterraine de 450 à 650 millions de francs &nbsp;par an sur le plan suisse. Une telle évolution aurait des conséquences négatives pour les assurances sociales comme pour la prévoyance vieillesse des travailleuses et travailleurs. L’AVS et les autres assurances sociales subiraient des pertes de près de 50 millions de francs par an.<br><br>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/steuern-zahlen/Miete-Schluesseluebergabe_ist-alla-petrenko.jpg" length="256324" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11030</guid><pubDate>Thu, 10 Jul 2025 16:00:00 +0200</pubDate><title>Un chatbot répond aux questions sur l&#039;apprentissage professionnel</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/un-chatbot-repond-aux-questions-sur-lapprentissage-professionnel-droits-des-apprenti-e-s</link><description>Les droits des apprenti-e-s en un clic</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Que faire lorsque le patron exige des heures supplémentaires ou que les frais ne sont pas payés&nbsp;? La jeunesse syndicale de l'USS soutient les apprenti-e-s avec une nouvelle offre numérique&nbsp;: sur la plateforme <a href="https://www.droits-des-apprentis.ch" target="_blank" rel="noreferrer">www.droits-des-apprentis.ch</a>, un chatbot répond désormais 24&nbsp;heures sur&nbsp;24 à toutes les questions sur les conditions de travail, les vacances, le salaire ou les heures supplémentaires&nbsp;; cela, gratuitement, anonymement et sans utiliser un jargon technique.</p><p><span lang="FR">Pour que les apprenti-e-s connaissent leurs droits et puissent les faire valoir, l'Union syndicale suisse (USS) a mis à disposition sous forme numérique «&nbsp;Je défends mes droits&nbsp;», le manuel destiné aux apprenti-e-s qui a fait ses preuves. Le nouveau chatbot s'appuie sur ce manuel, sur la longue expérience des syndicats en matière de conseil et sur d'autres sources vérifiées. Les apprenti-e-s peuvent saisir directement leurs questions et obtenir immédiatement des réponses claires, par exemple sur les droits aux vacances pendant la période scolaire ou sur la légalité des heures supplémentaires. Pour les cas plus complexes, le chatbot renvoie vers les services cantonaux compétents ou vers le service de conseil juridique des syndicats.</span></p><h3 class="heading--h4"><span lang="FR"><strong>Soutien pour les apprenti-e-s</strong></span></h3><p><span lang="FR">Derrière cette offre, on trouve la jeunesse syndicale de l'USS, qui s'engage depuis des années en faveur de conditions de travail équitables pendant l'apprentissage. L'objectif de la plateforme est de soutenir les jeunes à un stade précoce, avant que des conflits ne surviennent, ou de leur offrir une première orientation en cas de problèmes. L'offre est déjà largement utilisée.</span></p><p><span lang="FR">En plus du chatbot, le manuel de référence numérique de A à Z est maintenu. Plus de 400 mots-clés clairement formulés et classés par ordre alphabétique (p. ex. A comme «&nbsp;Assurance-accidents&nbsp;», R comme «&nbsp;Racisme ou V comme «&nbsp;Vacances&nbsp;») fournissent des informations sur les questions juridiques et pratiques qui se posent dans le quotidien des apprenti-e-s.</span></p><h3 class="heading--h4"><span lang="FR"><strong>Contraintes psychologiques&nbsp;: forte pression sur les apprenti-e-s</strong></span></h3><p><span lang="FR">Des études récentes confirment qu'il y a vraiment urgence&nbsp;: selon l'enquête de WorkMed (2025), 61&nbsp;% des apprenti-e-s disent souffrir de problèmes psychologiques, souvent déclenchés ou aggravés par leur formation. Un tiers d'entre eux se sentent limités dans leur apprentissage. Les principales raisons sont les longues heures de travail, le manque de vacances et la pression scolaire. Plus d'un cinquième envisagent d'abandonner leur apprentissage, en particulier lorsqu'ils rencontrent des problèmes avec leur formateur ou leur formatrice.</span></p><p><span lang="FR">L'enquête menée en 2024 par Unia auprès des apprenti-e-s révèle également des dysfonctionnements alarmants&nbsp;: de nombreux apprenti-e-s souffrent de stress, de surcharge de travail et de discrimination. Presque tous se sentent épuisés, plus de la moitié travaillent régulièrement plus de neuf heures par jour, souvent en violation de la loi.</span></p><p><span lang="FR">La plateforme </span><a href="http://www.droits-des-apprentis.ch" target="_blank" rel="noreferrer"><span lang="FR">www.droits-des-apprentis.ch</span></a><span class="Auszeichnungfett"></span><span lang="FR">veut remédier à cette situation en proposant une offre aisément accessible qui informe, renforce et oriente. Le nouveau chatbot constitue une étape importante vers davabntage d'autonomie et de soutien pour les jeunes dans leur vie professionnelle.</span></p><h3 class="heading--h4"><span lang="FR"><strong>Un grand écho témoin des besoins existants</strong></span></h3><p><span lang="FR">La forte demande montre que les apprenti-e-s ont besoin d'informations sur leurs droits qui soient simples et accessibles. Pendant les six premiers mois de 2025, la plateforme a déjà enregistré plus de 347&nbsp;000 visites. De plus, ces derniers mois, l'USS a créé une chaîne TikTok qui, avec plus de 60&nbsp;000 likes et de nombreuses interactions, montre à quel point le thème des «&nbsp;droits des apprenti-e-s&nbsp;» est important.</span></p><p><span lang="FR">Le large soutien apporté à la pétition «&nbsp;8 semaines de vacances pour les apprenti-e-s&nbsp;» », qui a recueilli 168&nbsp;000 signatures, souligne également l'importance du problème. Les apprenti-e-s veulent non seulement connaître leurs droits et pouvoir se défendre, mais aussi améliorer leurs conditions de travail et leurs droits.</span></p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Lernender_Werkstatt_AGeorgiev-ist.jpg" length="209659" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11026</guid><pubDate>Mon, 07 Jul 2025 08:03:00 +0200</pubDate><title>Cinq ans d’obligation d’analyser les salaires – un anniversaire au goût amer</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/cinq-ans-dobligation-danalyser-les-salaires-un-anniversaire-au-gout-amer</link><description>Action symbolique de la coalition contre la discrimination salariale</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Des syndicalistes, politiciennes, représentantes d’organisations professionnelles et de défense des droits des femmes se sont réunies le 30 juin 2025 autour d’une action symbolique à Berne pour marquer le 5<sup>ème</sup> anniversaire de l’entrée en vigueur des analyses de l’égalité salariale dans la Loi sur l’égalité (Leg). Ensemble, elles ont protesté contre la discrimination salariale persistante à l’égard des femmes, les grosses lacunes de la LEg et sa mise en œuvre largement insuffisante au sein des grandes entreprises en Suisse.</p><p>Pour rappel,&nbsp;les femmes gagnent toujours en moyenne 1&nbsp;364 francs par mois de moins que les hommes (secteurs privé et public confondus). Près de la moitié de cet écart salarial moyen (48,2&nbsp;%) ne s'explique pas par des facteurs dits «&nbsp;objectifs&nbsp;», tels que la branche, la formation, l'âge, etc. La part de cette différence non explicable a même augmenté ces dernières années, passant de 44&nbsp;% en 2012 à 48,2&nbsp;% en 2022. En chiffres absolus, cela représente un manque à gagner d’environ 8&nbsp;000 francs par année pour les femmes. Même avec un CFC en poche, quatre femmes sur dix gagnent moins de 5&nbsp;000 francs par mois, et une sur quatre doit même se contenter d’un salaire de moins de 4&nbsp;500 francs.</p><h3 class="heading--h4"><strong>Les analyses sans effet</strong></h3><p>La révision de la LEg entrée en vigueur en juillet 2020 devait contribuer à corriger l’écart salarial entre les femmes et les hommes, en obligeant toutes les entreprises comptant plus de 100 salarié-e-s à procéder à une analyse des salaires pour déceler d’éventuelles inégalités de traitement. Celles-ci doivent ensuite faire vérifier cette analyse par un organe indépendant agréé ou une représentation des travailleuses et travailleurs et en communiquer les résultats à leurs employé-e-s. Or ces dispositions légales ont une portée beaucoup trop limitée&nbsp;: d’une part, elles concernent seulement 0,84&nbsp;% de toutes les entreprises en Suisse, employant au total environ 45&nbsp;% des travailleuses et travailleurs du pays, et d’autre part, leur mise en œuvre dépend de la bonne volonté des employeuses et employeurs, car la loi ne prévoit ni contrôles ni sanctions si elles ne sont pas respectées.</p><p>Cette portée limitée a été confirmée par un bilan intermédiaire publié en mars 2025 par le Conseil fédéral, qui révèle que plus de la moitié des employeuses et employeurs concernés n’ont pas pleinement respecté les dispositions prévues dans la LEg. C’est l’obligation d’information qui a été la moins respectée et ceci, même dans le secteur public appelé à servir d’exemple. Et c’est dans l’hôtellerie et la restauration que les analyses ont été le plus rarement menées.</p><h3 class="heading--h4"><strong>L’union des forces avec la Coalition contre la discrimination salariale</strong></h3><p>Début mars 2025, 52 organisations, dont l’USS et diverses fédérations membres, ont adressé une lettre ouverte au Conseil fédéral lui demandant de réviser à nouveau la LEg pour en combler les nombreuses lacunes. C’est avec cette initiative qu’est née «&nbsp;la Coalition contre la discrimination salariale&nbsp;». Réunies à Berne autour d’un gâteau d’anniversaire dont chaque part représentait l’une des lacunes de la loi actuelle, des représentantes de cette coalition ont appelé le Parlement à adopter rapidement des mesures pour enfin rendre les analyses de l’égalité salariale plus efficaces et éradiquer la discrimination salariale persistante.</p><p>Parmi ces mesures figure l’introduction de contrôles pour vérifier que les entreprises concernées procèdent bel et bien aux analyses de leurs salaires ainsi que de sanctions dissuasives pour celles qui manquent à leurs obligations. En outre, la coalition réclame l’application de la loi aux entreprises dès 50 employé-e-s, la répétition régulière des analyses sans exception, une plus grande transparence dans la communication des résultats aux salarié-e-s et l’abolition de la clause qui prévoit la fin de l'obligation d'analyser les salaires en 2032.</p><h3 class="heading--h4"><strong>Pour une revalorisation générale des salaires des femmes et une meilleure conciliation entre vie professionnelle et familiale</strong></h3><p>Tant que le Conseil fédéral et le Parlement refuseront obstinément de prendre des mesures, l’USS continuera à dénoncer l’inacceptable discrimination salariale des femmes et à s’engager pour une revalorisation des salaires des femmes. Nous demandons une revalorisation salariale générale dans les professions majoritairement exercées par des femmes. Des salaires d’au moins 5&nbsp;000 francs après l’apprentissage et d’au moins 4&nbsp;500 francs pour tout le monde doivent devenir la norme. C’est dans des secteurs comme la prise en charge d’enfants, les soins aux personnes âgées ou le commerce de détail qu’une telle revalorisation est la plus urgente.</p><p>L’amélioration des revenus des femmes passe aussi obligatoirement par une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie familiale et une répartition plus équitable du travail rémunéré et non rémunéré au sein des couples. Il faut donc impérativement des investissements publics plus importants dans l’accueil extrafamilial des enfants, comme le demande par exemple l'<a href="https://creches-abordables.ch/" target="_blank" class="link--icon--external" rel="noreferrer">initiative pour des crèches abordables</a> qui est soutenue par l’USS et a déjà été déposée à la Chancellerie fédérale.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/veranstaltungen/250630_Lohngleichheits-Aktion-1-c-Unia.JPG" length="364133" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11033</guid><pubDate>Thu, 03 Jul 2025 14:25:00 +0200</pubDate><title>Les effets des campagnes pour un salaire minimum</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-effets-des-campagnes-pour-un-salaire-minimum</link><description>Analyse à l&#039;occasion du 20e anniversaire d&#039;Unia</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Pas de salaire inférieur à 4 000 francs : tel était le slogan sous lequel Unia et d'autres syndicats de l'USS ont lutté à partir de 2010contre les salaires de misère. Jetons un regard en arrière à l'occasion du vingtième anniversaire d'Unia. Les campagnes pour un salaire minimum comptent parmi les plus grands succès remportés par Unia au cours de ses 20 ans d'existence. Cette revendication n'était en fait que partiellement nouvelle : à la fin des années 1990, les syndicats qui ont précédé à Unia revendiquaient qu’aucun salaire ne soit inférieur à 3 000 francs. La première campagne menée à l'époque a été un succès à plusieurs égards. Elle a permis de lutter efficacement contre les bas salaires et d'obtenir, après une longue période, d’importantes avancées salariales.&nbsp;</p><p><span style="font-family:&quot;Aptos&quot;,sans-serif;font-size:12.0pt;line-height:115%;" lang="FR">L’élément nouveau de la deuxième campagne sur les salaires a été l'initiative populaire pour un salaire minimum national de 4&nbsp;000 francs. Bien qu’elle ait tristement échoué dans les urnes, cette initiative n’a pas été sans effet. Grâce à elle, le montant de 4&nbsp;000 francs s'est imposé dans l'opinion publique comme le seuil d'un salaire tout juste décent. Dans le sillage de l'initiative, les travailleurs et travailleuses ont pu imposer avec le soutien d'Unia des salaires plus élevés dans les conventions collectives de travail (CCT). Dans l'hôtellerie-restauration, un 13<sup>e</sup> mois de salaire a enfin pu être introduit et dans les secteurs du nettoyage et du commerce de détail, les bas salaires ont augmenté d'environ 10&nbsp;% entre 2010 et 2016. Dans la construction également, de nombreux salaires ont pu être relevés au-dessus du seuil des 4&nbsp;000 francs. Et dans la CCT de l'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (MEM), un salaire minimum a été fixé pour la première fois dans l'histoire.</span>&nbsp;</p><h3 class="heading--h4"><strong>Ne pas s’endormir sur ses lauriers</strong>&nbsp;</h3><p><span style="font-family:&quot;Aptos&quot;,sans-serif;font-size:12.0pt;line-height:115%;" lang="FR">Le succès est appréciable. Grâce à la campagne, les bas salaires ont, entre 2010 et 2016, augmenté plus fortement que les salaires moyens et élevés (cf. graphique). Comme lors de la première campagne, il a été possible de faire reculer la propagation des bas salaires. Les travailleurs et travailleuses et leurs syndicats ne peuvent malheureusement pas s’endormir sur leurs lauriers. Depuis la fin de la dernière campagne, l'évolution des salaires a été décevante. Aujourd'hui encore, trop de travailleurs et travailleuses sont trop peu payés. Les syndicats de l'USS se sont donc fixé un nouvel objectif&nbsp;: personne ne doit gagner moins de 5&nbsp;000 francs avec un apprentissage et moins de 4&nbsp;500 francs sans apprentissage. L’heure est venue de réécrire l'histoire.</span></p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/kampagnen/4000er-Kampagne.jpg" length="203258" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-11028</guid><pubDate>Wed, 02 Jul 2025 08:46:00 +0200</pubDate><title>Non au dumping salarial : l&#039;USS soutient la pénalisation du non-respect des prescriptions en matière de travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/non-au-dumping-salarial-luss-soutient-la-penalisation-du-non-respect-des-prescriptions-en-matiere-de-travail</link><description>Prise de position de l’USS sur l&#039;initiative parlementaire</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"><span lang="FR">L'Union syndicale suisse (USS) s'engage résolument en faveur de conditions de travail équitables et de salaires justes. Dans sa prise de position sur l'initiative parlementaire contre le non-respect des conditions de travail obligatoires (21.470), elle soutient le renforcement prévu de la loi contre la concurrence déloyale (LCD), dans le but de pouvoir poursuivre pénalement les violations intentionnelles des dispositions impératives du droit du travail. Dans un même temps, l’USS demande en plus que les travailleurs et travailleuses soient expressément exemptés de toute responsabilité pénale et qu'une obligation d'information et de documentation soit introduite en cas d'infraction.</span></p><p><span lang="FR">Les entreprises tentent régulièrement de se procurer un avantage concurrentiel par le biais du dumping salarial et social, au détriment de leurs employé-e-s et de l'ensemble du secteur. Le versement des salaire minimums et des cotisations sociales n'est toutefois pas facultatif, tout comme le respect des normes minimales en matière de jours de congé, de temps de travail et de repos. Ce sont là des obligations légales&nbsp;!</span></p><h3 class="heading--h4"><span lang="FR"><strong>Les lacunes du droit en vigueur doivent être comblées</strong></span></h3><p><span lang="FR">Néanmoins, les infractions aux dispositions du droit du travail ne sont guère sanctionnées au civil, ce qui est une situation indéfendable. La LCD autorise certes des poursuites pénales en cas de publicité déloyale ou de violation de secrets d’affaires, mais pas en cas de dumping salarial ou de non-respect des normes minimales du droit du travail.</span></p><p><span lang="FR">Cette lacune nuit non seulement aux salarié-e-s concernés, mais aussi aux entreprises qui se comportent correctement. Celles-ci doivent en effet rivaliser avec des entreprises qui peuvent proposer des offres moins chères en contournant les dispositions légales. En conséquence, les conditions de travail d'autres employé-e-s du secteur concerné se retrouvent sous pression.</span></p><p><span lang="FR">Pour ces raisons, l’USS se félicite du fait qu'à l'avenir, les entreprises puissent être poursuivies pénalement si elles enfreignent délibérément les dispositions légales de protection et se positionnent ainsi de manière déloyale sur le marché.</span></p><h3 class="heading--h4"><span lang="FR"><strong>Les salarié-e-s n’ont pas à être considérés comme des criminel-le-s.</strong></span></h3><p><span lang="FR">L'USS demande toutefois aussi que les salarié-e-s soient expressément exclus de toute punissabilité. Quiconque agit sur instruction de son employeur et se trouve dans une relation de dépendance hiérarchique ne peut être tenu responsable d'infractions qu'il ou elle n'a pas commises de son plein gré. Cette précision doit figurer clairement dans le texte de la loi.</span></p><p><span lang="FR">L'USS soutient également l'exigence selon laquelle les salarié-e-s concernés et les partenaires sociaux doivent être obligatoirement informés des infractions constatées. C'est la seule façon pour eux de préserver leurs droits et de prendre les mesures qui s'imposent. L'USS estime en outre nécessaire que la Confédération établisse des statistiques sur les infractions constatées, afin que les commissions tripartites cantonales et la Commission tripartite fédérale puissent réagir en cas d'abus répétés et demander, par exemple, la mise en place de contrats-types de travail prévoyant des salaires minimaux.</span></p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/2/a/csm_Bundeshaus_Curia-Confoederationis-Helveticae_iStock-RomanBabakin_ebcb62b137.jpg" length="372406" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10850</guid><pubDate>Tue, 01 Jul 2025 11:28:43 +0200</pubDate><title>Nombreuses expériences négatives liées au système de contingents</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/nombreuses-experiences-negatives-liees-au-systeme-de-contingents</link><description>Rapport de l&#039;Observatoire : Commentaire de l&#039;USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’initiative isolationniste de l’UDC (« Pas de Suisse à 10 millions ») a relancé la discussion sur la politique migratoire de la Suisse. Le niveau du débat est toutefois préoccupant. La libre circulation des personnes fait l’objet de critiques, en l’absence de toute discussion sérieuse sur une solution alternative viable. De même, la clause de sauvegarde du paquet Suisse-UE est célébrée comme un grand progrès, sans que personne sache comment elle serait mise en œuvre et ce qu’elle apporte au juste. Beaucoup de personnes parlent encore de contingents, alors que la Suisse a fait de mauvaises expériences en la matière.</p><p>L’histoire du système suisse de contingents est celle de plusieurs décennies de tentatives infructueuses et finalement abandonnées de réglementer l’immigration par des plafonds et d’autres exigences. « Les contingents étaient toujours adaptés à la demande du marché du travail et l’immigration n’était pas limitée » (Mario Gattiker, NZZaS, 14 août 2018) . Les conditions de travail et de séjour étaient parfois effrayantes, dans le cas des saisonniers notamment. Dans bien des cas, l’intégration sociale laissait gravement à désirer. Bien des travailleuses et travailleurs se retrouvaient à l’AI, et la productivité a souffert d’un tel régime.</p><p>Les systèmes d’admission permettent et imposent toutefois de gérer la « qualité » de la migration – notamment les conditions de travail, les droits de séjour et de sécurité sociale, ainsi que les qualifications. Or comparaison à l’appui, la libre circulation des personnes combinée à une protection efficace des salaires fait mieux sur ce plan que les systèmes de contingents ou à points.</p><p>Le niveau d’immigration découle de la situation économique, ainsi que de l’internationalisation de l’économie et de l’utilisation d’Internet lors des recherches d’emploi. Jusqu’en 2000, il fallait acheter la presse locale pour connaître les postes à repourvoir. Par la suite, le marché de l’emploi a misé sur Internet, et les postes vacants sont devenus visibles dans le monde entier. L’UE a introduit dès 1993 la libre circulation des personnes, et la Suisse ne l’a fait qu’en 2002/4. Il n’empêche qu’au cours des 20 dernières années, les Pays-Bas et le Danemark ont connu une plus forte immigration que la Suisse.<br>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/kampagnen/jobs-und-loehne/Lohnkontrolle_Unia-sw.jpg" length="118491" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-4401</guid><pubDate>Fri, 27 Jun 2025 07:25:00 +0200</pubDate><title>Petits boulots d’été</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/petits-boulots-d-ete</link><description>Ce qu’il faut savoir sur les jobs de vacances</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L'été est là, et avec lui les grandes vacances. Pour de nombreux écoliers, gymnasiens et étudiants, c'est aussi le temps des petits boulots qui permettront de se faire un peu d'argent de poche, d'en mettre de côté pour les prochaines vacances, de payer son permis de conduire et, très souvent, de financer les études. Lorsqu'on occupe ce genre d'emploi, on est un salarié ou une salariée comme les autres. Et qui dit salarié, dit dispositions du droit du travail, salaire décent et respect des règles de la sécurité au travail.</p><h3>À partir de quel âge et pour quelle durée?</h3><p>On ne peut fort heureusement pas faire travailler les enfants à partir de n'importe quel âge. La loi sur le travail (LTr) ne l'autorise qu'à partir de 15 ans, 13 ans pour les travaux légers, voire moins de 13 ans pour les manifestations sportives et culturelles, à des conditions spécifiques et sur autorisation d'une autorité cantonale (art. 30 LTr, art. 7 OLT 5). Dans tous les cas, les moins de 18 ans ont besoin de l'assentiment de leurs parents avant de signer un contrat de travail.</p><p>L'ordonnance 5 de la LTr (OLT 5) précise les règles qui s'appliquent aux jeunes travailleurs et travailleuses de moins de 18 ans. Elle précise notamment l'interdiction d'employer les jeunes à des travaux dangereux, dans certaines branches (discothèques, bars, cabarets, entreprises cinématographiques, cirque et spectacle - art. 4 à 6 OLT 5). Le travail dominical n'est autorisé que pour les jeunes ayant achevé leur scolarité obligatoire, au maximum un dimanche sur deux et uniquement dans la restauration (où ne peuvent être employés que les plus de 16 ans), la garde d'animaux et les boulangeries (art. 13 OLT 5). Dans les zones touristiques, le travail dominical est possible dans les entreprises répondant aux besoins des touristes pendant toute la durée des vacances d'été (art. 15 OLT 5, art. 25 OLT 2). Quant au travail de nuit, il est interdit aux moins de 18 ans en dehors d'une formation professionnelle (art. 12 OLT 5).</p><p>La durée de travail des moins de 13 ans ne peut pas excéder trois heures par jour et neuf heures par semaine (art. 10 OLT5). Les jeunes de plus de 13 ans n'ayant pas terminé leur scolarité obligatoire peuvent travailler jusqu'à 8 heures par jour (40 heures par semaine) pendant la moitié de la durée des vacances scolaires, entre 6h00 et 18h00, avec une pause d'au moins une demi-heure pour toute plage de travail de 5 heures et plus (art. 11 OLT 5). Pour tous les jeunes, la durée du travail ne dépassera pas celle des autres employés de l'entreprise (maximum 9 heures par jour) et leur travail doit être compris dans une période de 12 heures (art. 31 al. 1 LTr). Ils ont droit à un repos quotidien d'au moins 12 heures consécutives (art. 16 OLT 5). Le soir, les moins de 16 ans ne peuvent être employés que jusqu'à 20h00, les 16 à 18 ans jusqu'à 22h00(art. 31 al. 2 LTr).</p><h3>En cas de danger, je dis STOP !</h3><p>Les petits boulots d'été sont souvent l'occasion de faire connaissance avec le monde du travail. Or, ce dernier n'est pas exempt de dangers, qui n'apparaissent pas toujours au premier coup d'œil. Et le risque d'accident de travail est très élevé lors du premier emploi, surtout pendant les premiers jours.</p><p>Même si l'on est engagé pour une durée très courte, il faut donc particulièrement faire attention aux prescriptions de sécurité. Avant de commencer, il faudra être attentif aux instructions de l'employeur et les respecter scrupuleusement, même si elles paraissent de prime abord inutiles ou exagérées. Dans tous les cas, les travaux dangereux sont interdits au moins de 18 ans. Si malgré tout, je suis confronté à un danger, je dois oser dire STOP et demander l'aide d'un ou une collègue expérimenté. Les accidents, parfois, ne pardonnent pas.</p><h3>Bien assuré !</h3><p>Négliger les assurances sociales dans le cas d'un petit job de vacances peut coûter très cher. Tous les travailleurs et travailleuses, quel que soit leur âge, doivent être obligatoirement assurés à l'assurance-accidents par leur employeur. S'ils travaillent moins de 8 heures par semaine chez le même employeur, cette assurance ne couvre que les accidents professionnels. En travaillant 8 heures par semaine et plus, tous les accidents sont couverts. En cas d'accident, l'employeur doit avertir les parents (art 32 LTr). Pour les rapports de travail de moins de 3 mois, il n'y a pas d'obligation de payer le salaire en cas de maladie. Les autres cotisations sociales (AVS/AI/APG) ne sont obligatoires qu'à partir de l'année où l'on a ses 18 ans. Si l'employeur ne paie pas ses cotisations, il s'agit de travail au noir et cela entraîne des sanctions.</p><h3>Salaires minimaux et salaires d'usage</h3><p>À ce jour, il n'existe pas de salaire minimum légal. L'employeur est obligé de respecter les conventions collectives de travail (CCT) et les contrats-type de travail (CTT). Pour les petits boulots de vacances sont notamment importantes les CCT de l'hôtellerie-restauration, du bâtiment, du nettoyage, des entreprises du commerce de détail (Coop, Migros), celle pour le travail temporaire et les CTT cantonaux pour l'agriculture. La plupart des salaires minimums conventionnés sont accessibles sous <a href="http://www.service-cct.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">www.service-cct.ch</a>.</p><p>S'il n'existe pas de CCT ou CTT fixant des salaires minimums, les employeurs sont tenus de respecter les salaires d'usage de la branche et de la région. Les salaires d'usage peuvent être consultés sur <a href="http://www.salaire-uss.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">www.salaire-uss.ch</a>.</p><p>L'USS recommande un salaire minimum de 22 francs de l'heure.</p><h3>Et les vacances ?</h3><p>Enfin, il ne faut pas oublier les vacances, auxquelles chaque travailleur et chaque travailleuse a droit, même s'il occupe son emploi... pendant ses vacances. Si l'on est payé à l'heure, un supplément de salaire de 10,64 % pour les moins de 20 ans, de 8,33 % pour les plus de 20 ans doit être payé en sus du salaire. Sur le décompte de salaire, ce supplément doit être identifiable comme tel.</p><p><strong>Astuce :</strong> La Commission jeunesse de l'USS met à disposition des jeunes et de leurs proches une brochure contenant toutes les informations utiles sur le droit du travail. Celle-ci peut être commandée sur <a href="/services/brochures-livres/commander" class="link link--internal">notre site web</a>. Et elle existe aussi en version en ligne sur <a href="https://www.droits-des-apprentis.ch" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">www.droits-des-apprentis.ch</a></p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/4/e/csm_ferienjob-junge-frau-cafebar_iStock-highwaystarz-617895934_dc3eaa6489.jpg" length="236572" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10722</guid><pubDate>Mon, 23 Jun 2025 11:58:06 +0200</pubDate><title>Solidarité et participation</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/conference-solidarite-et-participation</link><description>Conférence sur la migration de l&#039;USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Réponses syndicales au populisme de droite et à la haine</p><p>Dans le monde entier, l'extrême droite travaille main dans la main avec les milliardaires, les libertariens et les milieux fondamentalistes contre les travailleurs et travailleuses. En attisant la haine à l’égard des migrant-e-s, elle occulte vrais problèmes. Les questions de redistribution des richesses de la société sont refoulées, la sécurité sociale et le droit du travail démantelés.</p><p>En Suisse aussi, une partie de l'élite économique mise sur le nationalisme et la xénophobie. Par exemple avec la dangereuse initiative de l'UDC « Pas de Suisse à 10 millions ! », qui attaque frontalement la libre circulation des personnes et la protection des salaires.</p><p>Le mouvement social et syndical doit s'affirmer face à cette alliance entre l'extrême droite, les milliardaires de la technologie et les néoliberaux. Nos armes les plus puissantes sont notre cohésion et notre engagement en faveur du progrès social, de la prospérité équitablement répartie et de la solidarité.</p><p>Lors de la Conférence de l'USS sur la migration, nous voulons discuter du danger du populisme de droite et échanger sur les stratégies syndicales pour l'inclusion et la participation. Ce n'est qu'ensemble que nous pourrons repousser les attaques contre nos droits et lutter pour l'égalité.</p><p><strong>13 septembre 2025, 9h30 - 16h45, Berne, Unia (Weltpoststr. 20)</strong></p><p><a href="http://www.uss.ch/inscription-cm-25" target="_blank" rel="noreferrer"><strong>Inscription à la conférence</strong></a></p><h3 class="heading--h5">Programme</h3><p>09h30 Arrivée et café<br>10h00 <strong>Ouverture</strong><br>10h15 <strong>Discours d'introduction</strong> de Pierre-Yves Maillard (USS)<br>10h30 <strong>Table ronde</strong> « Lutte contre le populismue de droite » avec Vania Alleva (Unia), Lisa Mazzone (les VERT-E-S), Alessandro Pelizzari (HETSL) und Damir Skenderovic (Université de Fribourg). Modération : Kaspar Surber (WOZ)<br>11h30 <strong>Questions</strong> de public<br>12h15 <strong>Action photo&nbsp;</strong><br>12h30 Pause de midi<br>14h00 <strong>Introduction aux groupes de travail</strong><br>14h15<br><strong>1.) Arguments &amp; stratégies contre l'initiative de l'UDC</strong> avec Urban Hodel (USS) et Marie Saulnier Bloch (Unia)<br><strong>2.) Initiative pour la démocratie</strong> avec Agnese Zucca et Tarek Naguib (Action Quatre Quarts)<br><strong>3.) Micro-combats</strong> avec Sophie Guignard (Solidarité sans frontières) et Itziar Marañón (Campax)<br>15h30 Pause café<br>15h45 <strong>Retour en plénière,</strong> compte-rendu des groupes de travail<br>16h00 <strong>Résolution &amp; propositions</strong><br>16h45 <strong>Clôture</strong></p>]]></content:encoded><category>Migration</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/b/f/csm_190330_SGB-Miko_IMG_8815_79278cfc74.jpg" length="205500" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10717</guid><pubDate>Tue, 17 Jun 2025 16:16:44 +0200</pubDate><title>Grande manifestation nationale: Solidarité avec Gaza - Le Conseil fédéral suisse doit enfin agir</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/nationale-grossdemo-solidaritaet-mit-gaza-der-schweizer-bundesrat-muss-endlich-handeln</link><description>Appel à la manifestation le 21 juin, à 16h00, à Berne</description><content:encoded><![CDATA[<p>De plus en plus d’organisations, dont Amnesty International, affirment qu’Israël commet un génocide contre les palestinien.ne.s à Gaza. Les intentions de nettoyage ethnique ont été exprimées clairement par le gouvernement Israelien. Les crimes de guerre du 7 octobre 2023 du Hamas et d’autres groupes armés palestiniens ne justifient en rien les actes génocidaires et crimes de guerre commis par Israël.</p><p>L’armée israélienne a tué plus de 54’000 personnes en un an et demi, dont au moins 15’000 enfants. Ce bilan ne prend pas en compte toutes les morts indirectes et les corps encore sous les décombres à ce jour. A cela s’ajoute l’usage délibéré de la famine comme arme de guerre sur plus de deux millions d’habitants de la bande de Gaza et la politique d’occupation et d’apartheid excercée de longue date par Israel dans les territoires occupés qui est clairement contraire au droit international.</p><p>En tant qu’Etat dépositaire des Conventions de Genève et siège du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, la Suisse a une responsabilité particulière. L’inaction, en particulier du DFAE, est inacceptable et doit changer immédiatement.</p><p><strong>Nous demandons au Conseil fédéral de :</strong></p><ol><li>S’engager activement pour l’instauration d’un cessez-le-feu immédiat, durable et contrôlé par la communauté internationale, ainsi que pour la levée sans délai du blocus de Gaza.</li><li>Condamner clairement les crimes de guerre documentés commis par Israël et soutenir toutes les initiatives visant à empêcher tout déplacement forcé ou expulsion illégale de la population de Gaza et de Cisjordanie.</li><li>Reprendre sans délai le financement de l’aide humanitaire d’urgence à Gaza via l’UNRWA en débloquant au minimum les fonds annuels versés jusqu’en 2023.</li><li>Mettre un terme sans délai à toute coopération militaire avec Israël ainsi qu’aux exportations liées à la sécurité.</li><li>Interdire aux entreprises suisses toute participation à l’occupation des territoires palestiniens – en particulier en matière d’armements, de technologies à double usage et de systèmes de surveillance.</li><li>Reconnaître sans réserve le droit du peuple palestinien à l’autodétermination collective et s’engager résolument pour sa mise en oeuvre concrète.</li><li>OEuvrer à la libération de tout.e.s les otages et les prisonniers détenus arbitrairement en Israël et dans le territoire palestinien occupé,<br>conformément au droit international.</li></ol><h3 class="heading--h5">Lieu et date</h3><p>Samedi le 21 juin, à 16h00, Schützenmatte, Berne&nbsp;</p><h3 class="heading--h5">Code de conduite</h3><p>Cet appel à manifester est porté par une coalition d’organisations et d’acteurs politiques oeuvrant pour un engagement plus courageux de la Suisse face à la situation et pour une mise en oeuvre des revendications adressées au Conseil Fédéral. Cette manifestation est autorisée et pacifique, ouverte et accessible à toute personne souhaitant adresser des revendications claires au Conseil fédéral. La propagande haineuse, le racisme, l’islamophobie ou l’antisémitisme ne seront pas tolérés.</p><h3 class="heading--h5">Soutien</h3><p>À la date du 12 juin 2025, les organisations suivantes soutiennent l’appel : Palestine solidarity Switzerland, Campax, PS Suisse, JVJP (Voix juive pour la démocratie et la justice en Israël/Palestine), Amnesty, Unia, Union syndicale suisse, jeunes vert·e·x·s, JS Suisse, Les vert·e·s, GSsA</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>International</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/veranstaltungen/250621_gazademofr-kl.png" length="1049335" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10666</guid><pubDate>Tue, 10 Jun 2025 13:06:59 +0200</pubDate><title>Rendre les logements enfin abordables </title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/rendre-les-logements-enfin-abordables</link><description>Signez maintenant l&#039;initiative sur les loyers !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La crise du logement fait rage et les loyers ne sont plus guère abordables. Pourtant, il ne se passe rien sur le plan politique depuis des années. Une initiative sur les loyers a désormais été lancée. Les syndicats la soutiennent, car elle permettrait enfin de rendre à nouveau les loyers plus abordables. L'un des plus grands problèmes de pouvoir d'achat des travailleurs et travailleuses sera ainsi efficacement atténué.</p><p>Depuis des années, la hausse des loyers est la principale menace sur le pouvoir d'achat pour des millions de ménages. Alors que les un-es ploient sous la charge des loyers, les caisses des autres sont pleines à craquer. D’après une étude souvent citée, les locataires ont payé en tout 10 milliards de francs de loyer en trop pour la seule année 2023. Cela signifie que le lobby immobilier a empoché cette somme sous forme de rendements abusifs.</p><h3 class="heading--h1 heading--h5">Les groupes immobiliers ont le vent en poupe</h3><p>Alors qu'en 2000, 31 % des logements loués appartenaient à des groupes immobiliers, ce chiffre est passé à 45 % aujourd'hui. En conséquence, toujours plus de logements servent d'« objets de rendement ». Les loyers explosent ainsi de manière disproportionnée au plus tard lorsqu'un tel « objet » est rénové. Et avant cela, les logements sont souvent massivement vidés de leurs occupant-e-s. Les familles et les retraité-e-s aux budgets serrés sont expulsés et ne peuvent plus se permettre de louer un autre logement à un nouveau loyer onéreux, encore moins dans le même environnement.</p><p>Ces 20 dernières années, les loyers ont augmenté de près de 25 %, les salaires malheureusement beaucoup moins. Comme le logement est le poste de dépenses le plus important dans presque tous les budgets des ménages, cette hausse pèse particulièrement sur les salarié-e-s, qui sont dans leur très grande majorité des locataires. Ces coûts supplémentaires grèvent très fortement leur pouvoir d'achat. À la fin du mois, ils ont de moins en moins d’argent dans leur porte-monnaie et peuvent donc de moins en moins se permettre d’en dépenser. Finalement, c'est l'ensemble de l'économie qui souffre de la soif de profit des sociétés immobilières.&nbsp;</p><h3 class="heading--h5">Que demande l’initiative sur les loyers ?</h3><p>Le droit du bail fixe aujourd'hui la manière dont les loyers doivent être calculés. Les frais effectifs induits doivent être couverts et un rendement raisonnable, c’est-à-dire plafonné, doit pouvoir être atteint. La jurisprudence du Tribunal fédéral indique aujourd'hui un rendement net maximal autorisé de 3,5 % (taux d'intérêt de référence plus 2 %). Mais dans la pratique, ce taux est de souvent et de manière générale dépassé. Dans la réalité, on exige aujourd'hui fréquemment un loyer aussi élevé que possible au lieu d'un loyer conforme à la loi. Les rendements abusifs sont monnaie courante. Cette situation concerne surtout les personnes qui doivent chercher un nouveau logement dans des villes où le parc de logements est limité. Toutefois, le problème se propage rapidement aussi en dehors des centres, surtout dans les agglomérations et les régions touristiques. Et pourquoi cela ? Parce que les loyers ne sont presque nulle part systématiquement contrôlés. Or c'est précisément ce que demande l'initiative sur les loyers.</p><p>Une chose est certaine : les loyers ne baisseront jamais d'eux-mêmes pour atteindre un niveau conforme à la loi. Par conséquent, il faut instaurer un contrôle légal obligatoire des loyers (avec possibilité d'adaptation par la suite). C'est exactement ce que veut l'initiative sur les loyers. Seul un contrôle automatique et régulier des loyers peut garantir que ces derniers soient fixés correctement. L'effet préventif de ces contrôles devrait à lui seul entraîner un mouvement positif.</p><p>En plus du contrôle des loyers qu'elle exige, l'initiative sur les loyers inscrira une fois pour toutes dans la Constitution que les loyers ne doivent pas dépasser un rendement équitable. L’initiative garantirait que les groupes immobiliers ne puissent plus se contenter d'invoquer des formulations légales élastiques ou des jugements de tribunaux qui les arrangent.</p><p><strong>C'est pourquoi, pour faire enfin baisser les loyers, il faut signer maintenant l'initiative populaire.</strong><br>[<a href="https://initiative-loyers.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">Commandes de feuilles de signatures sur la page de la campagne</a>]<br>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/kampagnen/Mietpreisinitative_FR.jpg" length="175084" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10664</guid><pubDate>Tue, 10 Jun 2025 08:49:47 +0200</pubDate><title>L’ouverture du marché est dysfonctionnelle</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/louverture-du-marche-est-dysfonctionnelle</link><description>Accord sur l’électricité entre la Suisse et l’UE</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L'accord prévu sur l'électricité contraindrait la Suisse à ouvrir intégralement son marché de l'électricité. Cela signifie que le système suisse actuel d'approvisionnement de base protégé devrait être démantelé et qu'il ne resterait plus qu'un modèle amputé. Cela ne voudrait rien dire de bon pour les ménages privés, pas plus que pour la transition énergétique.&nbsp;</p><h3 class="heading--h5">L'électricité : banale, mais absolument indispensable&nbsp;</h3><p>Le courant électrique est un produit aussi banal que vital. D'une part, il est totalement invisible, inodore et uniforme ; d'autre part, il est l'ingrédient de base indispensable à presque tous les aspects de la vie sociale et économique. Pour les ménages privés, il est donc essentiel que l'électricité soit toujours fiable et qu'ils soient alimentés en courant à des prix stables et équitables. Contrairement aux préférences des un-e-s et des autres en matière de chips ou de biscuits, la plupart des gens ne se soucient cependant pas de la couleur du logo de leur fournisseur d'énergie ou des modalités de connexion à son Espace client. Du point de vue des consommateurs et consommatrices, il n'y a par conséquent pas grand-chose à attendre du libre choix du fournisseur d'électricité : l'électricité reste de l'électricité et la nouvelle « expérience client » faite lors du changement de fournisseur d'électricité est donc des plus modestes. La fiabilité de l'approvisionnement en électricité et le prix de celle-ci restent vraiment les seuls éléments décisifs pour l’ensemble des ménages et des entreprises. Or, à moyen et long terme, ces deux facteurs ne peuvent pas être influencés par des décisions individuelles de consommation, mais résultent intégralement de l'architecture de l'approvisionnement en électricité. Le développement rapide des énergies renouvelables, soit le tournant énergétique, la stabilité et l'extension nécessaire des réseaux électriques, la numérisation de la distribution et, de ce fait, l'optimisation de la demande en fonction du temps, tels sont les facteurs qui détermineront à moyen et long terme le niveau des prix de l'électricité et la sécurité de l'approvisionnement de la population suisse ; non pas les bienfaits qui seraient à tirer du libre choix du fournisseur d'électricité.&nbsp;</p><h3 class="heading--h5">Prix de l’électricité : en Suisse, pas de coup de massue du jour au lendemain&nbsp;</h3><p>Si le libre choix du fournisseur d'électricité prévu pour les petits client-e-s n'était qu'un gadget sans grande valeur ajoutée, on pourrait s'en accommoder. Mais l'ouverture du marché est liée à des inconvénients et des dangers considérables, tant du point de vue des consommateurs et consommatrices que de celui des producteurs. Tout d'abord, du côté de la consommation : là où le libre choix existe depuis des années, comme en Allemagne ou en Angleterre, les ménages sont totalement exposés aux aléas du marché. Ils en ont fait brutalement les frais lors de la crise du prix de l'électricité qui a suivi l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Dans certains pays, les tarifs moyens de l'électricité pour les ménages ont presque triplé du jour au lendemain. En Angleterre, alors que le prix du kilowattheure était de 10,5 centimes d'euro en mars 2021, il était passé en moyenne à 28,1 centimes d'euro une année plus tard et il existe des exemples encore plus extrêmes dans certains cas. Ce choc des prix a fait basculer des millions de ménages dans la pauvreté à travers l'Europe, ce qui a nécessité l'adoption de mesures de soutien sociopolitiques telles que le fameux « plafonnement des prix de l'électricité ». Dans l'approvisionnement de base suisse, les prix sont cependant restés stables dans un premier temps et n'ont été augmentés pour 2023 et 2024 qu'avec les modifications tarifaires autorisées une seule fois par an. Les augmentations de prix ont certes été substantielles en Suisse également, mais leur ampleur a été bien moindre, avec une hausse de 7,9 centimes/kilowattheure à 15,6 centimes/kilowattheure répartie et lissée sur deux ans ; et elles ont pu être anticipées longtemps à l'avance pour les clients finaux. &nbsp;</p><h3 class="heading--h5">Frustration des petits consommateurs et consommatrices de l'UE&nbsp;</h3><p>Sur le marché européen ouvert, les petits client-e-s ne sont cependant pas uniquement confrontés à des prix de l'électricité élevés et très fluctuants. Il n'est pas rare qu'ils doivent aussi faire face à la faillite soudaine du fournisseur qu'ils ont choisi. Sur le marché libre, l'électricité est un objet de spéculation. En conséquence, d'innombrables entreprises de commercialisation et de négoce s'y bousculent avec des stratégies agressives destinées à attirer les client-e-s ; cela, sans produire elles-mêmes un seul kilowattheure d'électricité. En cas de spéculations malheureuses, les ménages concernés se retrouvent soudainement sans fournisseur. Par conséquent, afin d'éviter les arnaques, les faillites et les coupures de courant, l'Union européenne (UE) a dû mettre en place un cadre réglementaire compliqué et administrativement lourd pour garantir la protection des consommateurs et consommatrices. Avec l'ouverture du marché, un tel cadre réglementaire devra également être créé en Suisse. C’est une absurdité, car, au lieu d'essayer dès le départ d'éliminer à grands frais les problèmes induits par l'ouverture du marché, on pourrait aussi tirer les leçons des mauvaises expériences qui ont été faites et renoncer à cette ouverture.&nbsp;</p><h3 class="heading--h5">Le tournant énergétique risque d'être ralenti&nbsp;</h3><p>Concernant la production, la question décisive est incontestablement de savoir si l'ouverture du marché de l'électricité accélère le tournant énergétique, c'est-à-dire si elle accélère le développement massif et rapide des énergies renouvelables, ou si elle ne risque pas plutôt de le ralentir. Pourquoi de nombreux arguments plaident-ils en faveur de la seconde alternative ? Tout investisseur a besoin de sécurité en matière de planification. Pour l'infrastructure électrique, cela signifie que les entreprises d'approvisionnement en énergie doivent pouvoir prévoir dans une certaine mesure quelle quantité d'électricité elles pourront vendre pendant de nombreuses années et à quel prix. L'ouverture du marché a cependant l'effet inverse : les actuels gestionnaires de réseau de distribution y seront exposés à la concurrence et devront faire leurs preuves. Parallèlement, ils seraient toujours tenus par la loi de fournir l'approvisionnement de base résiduel optionnel, mais ne sauraient pas aujourd'hui combien de client-e-s souhaiteraient acheter de l'électricité demain, ni à quel prix. Une seule chose est claire : le nombre de client-e-s approvisionnés dans le cadre de l'approvisionnement de base et au-delà varierait alors beaucoup plus fortement. Et ce, de plus en plus rapidement, car selon l'accord négocié, à moyen terme, on ne pourra plus changer de fournisseur d'électricité tous les ans comme actuellement, mais bientôt en l’espace de 24 heures seulement ! Ce qui variera aussi fortement, c'est le prix de l'électricité, car les entreprises énergétiques doivent bien sûr acheter aux prix du marché l'électricité qu'elles ne produisent pas elles-mêmes. On couperait ainsi l’herbe sous les pieds des gestionnaires de réseau de distribution, ou on affaiblirait considérablement leur sécurité de planification et d'investissement, au moment même où l'on exige d'eux un engagement maximal pour investir dans l'avenir des énergies renouvelables. L'ouverture du marché risque donc clairement de freiner la transition énergétique. C’est pourquoi le CEO de Swisspower, l'association des services industriels suisses, s'est par exemple exprimé comme suit dans la NZZ au sujet de l'accord sur l'électricité : « Je crains toutefois que la libéralisation complète du marché de l'électricité qui en résulte ne retarde plutôt le développement de la production d'électricité renouvelable dans notre pays », des propos qu’il justifie par l'effet inhibiteur sur les investissements qu’aura la plus grande volatilité des prix sur un marché de l'électricité ouvert.&nbsp;</p><h3 class="heading--h5">EWZ vs EKZ : un exemple concret éloquent&nbsp;</h3><p>Pour terminer, voici un exemple zurichois concret : l'Elektrizitätswerk der Stadt Zürich (EWZ) fournit à la population de la ville de Zurich 100 % d'électricité renouvelable indigène provenant en majeure partie de ses propres centrales hydroélectriques dans les Alpes grisonnes ainsi que de participations à des centrales partenaires. Selon la loi, cette électricité doit aujourd'hui être fournie aux petits client-e-s aux coûts de production, ce qui représente, pour les habitant-e-s de la ville de Zurich, 7,7 centimes par kilowattheure (année en cours). Le tarif énergétique de la ville de Zurich est donc inférieur de 6 centimes à la valeur médiane suisse (13,7 ct./kWh). Au-delà des frontières de la ville, le fournisseur local d'énergie dans la plupart des communes zurichoises est l'Elektrizitätswerke des Kantons Zürich (EKZ). L'EKZ dispose certes d'une substantielle production propre renouvelable, mais elle ne peut couvrir que tout juste 31 % des besoins en électricité (exercice 2023/2024). Le reste de l'électricité doit être acheté en plus, ce qui, pendant ces dernières années de prix élevés sur le marché, a fortement influencé le prix final pour les petits client-e-s : pour l'année tarifaire en cours, le prix (net) de l'électricité d'EKZ s'élève à 15,7 centimes le kilowattheure, soit plus du double du tarif d'EWZ. Conclusion : les client-e-s d'EKZ ont été indirectement exposés au marché – donc aux prix de l'électricité très fluctuants et en principe très élevés de ces dernières années, et ils en ont littéralement payé le prix fort. Des prix plus bas et un approvisionnement sûr ne sont en revanche possibles qu'avec une production nationale aussi développée que possible grâce aux énergies renouvelables, comme le montre de manière impressionnante l'exemple d'EWZ.&nbsp;<br>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/3/b/csm_Stromleitung_flickr-pixelteufel_cc-by_e69834080a.jpg" length="232964" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10651</guid><pubDate>Wed, 28 May 2025 10:53:00 +0200</pubDate><title>Ouverture des commerces : les décisions populaires doivent être suivies d’effets</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/ouverture-des-commerces-les-decisions-populaires-doivent-etre-suivies-deffets</link><description>L’USS s’oppose à l’extension du travail dominical</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 18 mai, les citoyen-ne-s saint-gallois ont refusé pour la quatrième fois de prolonger les heures d'ouverture des commerces. Dans d'autres cantons également, ce forcing a échoué à plusieurs reprises dans les urnes. Malgré cela, le Parlement fédéral veut ouvrir la porte à davantage de travail le dimanche : selon lui, au lieu de quatre dimanches d'ouverture des commerces, les cantons devraient à l'avenir pouvoir en autoriser jusqu'à douze, ce qui serait problématique en particulier pour les travailleurs et travailleuses ayant une famille. L'USS s'oppose fermement à une nouvelle libéralisation des heures d'ouverture des commerces.</p><p>Aujourd'hui déjà, les commerces du canton de Saint-Gall peuvent rester ouverts de 6 à 19 heures. La majorité du Grand Conseil, proche des employeurs, a malgré tout décidé d’étendre massivement ces heures d’ouverture. À la suivre, il aurait été possible d'ouvrir de 5 à 22 heures, y compris le samedi. Mais près de deux tiers des votant-e-s ont dit non. C'est donc la quatrième fois que les citoyen-ne-s saint-gallois rejettent de prolonger les heures d'ouverture des commerces.</p><p>Pour le moment, le personnel de vente peut respirer : aujourd'hui déjà, il souffre des longues journées de travail, d’une flexibilité permanente, d’un sous-effectif, sans oublier les bas salaires. De plus, étendre les heures d'ouverture aurait aussi touché d'autres branches, comme le nettoyage, la sécurité et la logistique. Le résultat clair de la votation est donc un signal important pour nombre de travailleurs et travailleuses.&nbsp;</p><p>Mais la prochaine contrainte menace déjà : le Parlement fédéral prévoit actuellement de mettre en œuvre une initiative cantonale du canton de Zurich. Selon elle, il deviendrait possible d'ouvrir les commerces jusqu'à douze dimanches par an, ce qui serait particulièrement problématique pour les employé-e-s ayant une famille. En semaine, ils ne voient en effet guère leurs enfants en raison des longues journées de travail et il n'est pas rare que le dimanche soit le seul jour où il leur est possible de passer du temps ensemble.</p><p>L'USS s'oppose à l'extension du travail dominical parce qu'il nuit à la santé. Les médecins du travail mettent en garde : moins de temps de repos augmente le risque d’épuisement professionnel et de dépression. Les familles souffrent en outre de la suppression du dimanche passé en commun. Et la cohésion sociale aussi s'en trouve affaiblie : le dimanche appartient au repos, à la culture, aux loisirs, pas au travail.</p><p>Les citoyen-ne-s ont clairement exprimé leur volonté : lors des trois quarts des votations populaire sur l’extension des heures d'ouverture des commerces, celle-ci a été rejetée, ces dernières années. Beaucoup de cantons renoncent même aux quatre dimanches d’ouverture sans autorisation actuellement autorisés. Pourquoi donc exercer encore plus de pression et ajouter des contraintes ? Il n'est pas nécessaire de libéraliser davantage. Et il faut respecter les décisions du peuple ainsi que les personnes qui se tiennent derrière les caisses des magasins.</p>]]></content:encoded><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/9/9/csm_mediathek_coop_supermarkt_13_5435cba10f.jpg" length="278759" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10652</guid><pubDate>Tue, 27 May 2025 09:29:00 +0200</pubDate><title>Non au mépris pour les gens qui se lèvent tôt</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/non-au-mepris-pour-les-gens-qui-se-levent-tot</link><description>Discours de Pierre-Yves Maillard, président de l&#039;USS lors de la conférence de presse sur l&#039;attaque contre les salaires minimaux cantonaux</description><content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/personen/Pierre-Yves_Maillard_c-yoshikokusano-pour-luss.jpg" length="224527" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10640</guid><pubDate>Mon, 19 May 2025 13:28:30 +0200</pubDate><title>Participer maintenant pour rendre la formation professionnelle plus attrayante</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/participer-maintenant-pour-rendre-la-formation-professionnelle-plus-attrayante</link><description>Consultation sur l&#039;attractivité de la formation professionnelle</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La formation professionnelle est sous pression. Toujours moins de jeunes ont envie de faire un apprentissage professionnel. Jusqu'au 16 juin 2025, les personnes intéressées par cette question peuvent faire part à la Confédération de leurs critiques et de leurs propositions concernant la formation professionnelle en Suisse. L'USS appelle à une large participation.</p><p>Sur mandat du conseiller fédéral Guy Parmelin, le Secrétariat d'Etat à la formation, à la recherche et à l'innovation (SEFRI) a lancé une vaste consultation sur l'attrayance de la formation professionnelle. Le but est de dresser, d'ici l'automne 2025, un état des lieux établissant quel besoin en actions concrètes existe dans ce domaine.</p><p>L'Union syndicale suisse (USS) salue expressément cette démarche et y participe avec sa propre prise de position. En tant que membre de la Conférence tripartite sur la formation professionnelle (CTFP), elle invite tous les syndicats, les organisations de salarié-e-s et les commissions du personnel, de même que les apprenti-e-s, les formateurs et formatrices (en entreprise) et les formateurs et formatrices pratiques, les enseignant-e-s des écoles professionnelles, les animateurs et animatrices socio-culturels jeunesse et les parents à déposer également une prise de position. L’heure est venue d'attirer l'attention sur les préoccupations des apprenti-e-s et de s'engager de manière critique et constructive pour de meilleures conditions de formation et de travail.</p><h3 class="heading--h5">Pourquoi participer ?</h3><p>De nombreux jeunes en apprentissage disent qu'ils ne vont pas bien et souffrent de problèmes psychiques. La raison la plus souvent invoquée est les charges qu’ils supportent dans l'entreprise formatrice. Beaucoup ont l'impression que leurs problèmes durant leur apprentissage ne sont pas pris en considération. Ils n'osent pas les aborder ouvertement, ni avec les formateurs et formatrices de leur entreprise, ni avec les enseignant-e-s de l'école professionnelle. Ils disent s'inquiéter du manque de compréhension pour les erreurs qu’ils commettent pendant leur formation et souffrent des longs horaires de travail et du peu de vacances. Alors que leurs camarades du degré secondaire II bénéficient de 13 semaines de vacances, eux, les apprenti-e-s doivent se contenter de cinq semaines seulement, malgré des horaires hebdomadaires chargés et la triple charge du travail en entreprise, de l'école et de l'apprentissage à la maison. Il ne faut donc pas s'étonner si la part de la formation professionnelle duale diminue par rapport aux écoles de formation générale du degré secondaire II. En outre, le nombre de résiliations de contrats d'apprentissage et les taux d'échec aux examens finaux restent importants.</p><p>Le document mis en consultation ne mentionne ouvertement qu'une partie de ces problèmes. C'est pourquoi il faut maintenant réagir clairement du point de vue des travailleurs et travailleuses. Ceux-ci ont échangé sur les problématiques précitées lors du Forum de dialogue OrTra employés du 21 mai. Et l'USS rédigera une prise de position type sur la base des réactions.</p><h3 class="heading--h5">Comment déposer une prise de position</h3><p>Dans le cadre de la consultation, le SEFRI met à disposition un formulaire à cet effet. Les prises de position peuvent être envoyées jusqu'au 16 juin 2025, soit en ligne via Microsoft Forms, soit via un formulaire Word.&nbsp;</p><p><a href="https://www.sbfi.admin.ch/sbfi/fr/home/formation/fpc/pilotage-et-politique-de-la-formation-professionnelle/projets-et-initiatives/attrait-de-la-formation-professionnelle.html" target="_blank" class="button" title="Konsultation Berufsbildung" rel="noreferrer">Toutes les informations sont disponibles ici.</a></p><h3 class="heading--h5">Notre position</h3><p>Dans sa prise de position, l'USS s'engagera pour de meilleures conditions de formation et de travail. Concrètement, cela signifie par exemple une augmentation de la qualité de la formation en entreprise, la généralisation dans les écoles professionnelles d’un travail social en milieu scolaire professionnel, un meilleur encadrement, un meilleur accompagnement et un meilleur soutien, davantage de contrôles par l'autorité cantonale de surveillance de l'apprentissage, une meilleure protection de la santé/des jeunes travailleurs et travailleuses et plus de vacances. La voix des apprenti-e-s et des salarié-e-s doit être entendue et incluse dans le développement de la formation professionnelle.<br>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/6/8/csm_jungeFrauInWerkstatt_aerogondo-iStock_39047413ba.jpg" length="160504" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10614</guid><pubDate>Wed, 30 Apr 2025 12:37:26 +0200</pubDate><title>Pas touche aux salaires minimums !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pas-touche-aux-salaires-minimums</link><description>Un salaire, ça doit permettre d’en vivre</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Au Conseil national, une attaque menace de gravement s'en prendre aux salaires minimums et au fédéralisme en vigueur en Suisse. Selon elle, les cantons seront privés de leurs pouvoirs, des décisions démocratiquement prises annulées et les travailleurs et travailleuses pauvres («&nbsp;working poor&nbsp;») devront à nouveau être pris en compte. Le Parlement doit mettre le holà à cette attaque anticonstitutionnelle.</p><p><span style="height:38px;margin-left:-371px;margin-top:75px;position:absolute;width:30px;z-index:251659264;"></span><span lang="FR">En prévoyant de mettre en œuvre la motion Ettlin, le Parlement a lancé une attaque particulièrement grave contre les salaires des travailleurs et travailleuses, et en même temps contre la Constitution fédérale, la souveraineté des cantons et le fédéralisme. Tout cela doit se faire dans le cadre de la révision de la loi permettant d’étendre le champ d’application de la convention collective de travail.&nbsp;</span></p><p><span lang="FR">La Constitution fédérale autorise les cantons à introduire des salaires minimums pour des raisons de politique sociale, afin d'éviter les travailleurs et travailleuses pauvres, c'est-à-dire les personnes qui ne peuvent pas vivre de leur salaire malgré un travail à temps plein. Car sinon, l'État, le canton ou la commune doivent intervenir avec l'aide sociale et les prestations complémentaires. Non seulement cela porte atteinte à la dignité des personnes concernées, mais cela représente également un subventionnement inouï des entreprises dont le modèle économique repose sur des salaires trop bas. Un salaire doit suffire pour vivre - en particulier dans les régions où les prix sont élevés. Les contribuables ne doivent plus subventionner les entreprises qui paient des salaires de misère.</span></p><h3 class="heading--h5"><span lang="FR"><strong>Pas question que des décisions démocratiques et la Constitution fédérale soient bafouées</strong></span></h3><p><span lang="FR">Plusieurs cantons et villes (dont ceux de Neuchâtel, Genève ainsi que les villes de Zurich et de Winterthour) ont mis fin à cette situation inacceptable en introduisant des salaires minimums légitimés démocratiquement, confirmés par des votations populaires, des lois et le Tribunal fédéral.</span></p><p><span lang="FR">Déjà lors de la campagne de votation nationale de 2013 sur le salaire minimum, les opposant-e-s avaient promis que s'il n'existait pas de salaire minimum national, les cantons auraient au moins la compétence sociopolitique d'empêcher l’existence de travailleurs et travailleuses pauvres en édictant des salaires minimums cantonaux correspondants.</span></p><p><span lang="FR">Nous vivons maintenant au Palais fédéral le risque d'une violation ouverte de la Constitution&nbsp;: certains milieux veulent arracher aux cantons leur compétence, contre la volonté de la population concernée et le contenu de la Constitution fédérale. À travers une simple révision de la loi permettant d’étendre le champ d’application de la convention collective de travail, il serait possible de supprimer le fédéralisme prévu par la Constitution et la compétence des cantons en matière de salaires minimums socio-politiques. Des particuliers pourraient enfreindre le droit public cantonal contraignant en concluant une convention collective de travail déclarée de force obligatoire.&nbsp;</span></p><p><span lang="FR">La modification de la loi permettant d’étendre le champ d’application de la convention collective de travail sera soumise au vote du Conseil national en juin. Le Parlement doit revenir à la raison et stopper cette révision. Si la compétence des cantons d'introduire des salaires minimums obligatoires suffisants pour vivre est supprimée en violation de la Constitution, l'USS s'y opposera par tous les moyens nécessaires.</span></p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/8/a/csm_Bundeshaus-waehrend-Session_c8e044838c.jpg" length="261446" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10612</guid><pubDate>Wed, 30 Apr 2025 10:44:06 +0200</pubDate><title>Coop : des salaires bas malgré un gros succès</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/coop-des-salaires-bas-malgre-un-gros-succes</link><description>Même avec des profits et une productivité en hausse, le géant du commerce continue de payer des salaires bas</description><content:encoded><![CDATA[<p><span lang="FR-CH">Coop se porte super bien. Le géant du commerce de détail est en pleine croissance et fait des profits importants. Rien qu'en 2024, il a enregistré un bénéfice net de 585 millions de francs. Une somme considérable qui permettrait à la coopérative d'accorder une augmentation de salaire de 10 % à tous ses employé-e-s. Coop doit son succès à sa capacité à s'adapter mieux que ses concurrents aux nouvelles habitudes d'achat. Aujourd'hui, les consommatrices et consommateurs font moins souvent leurs grosses courses hebdomadaires et achètent plutôt plusieurs fois par semaine de plus petites quantités. Ils se rendent pour cela dans des magasins de quartier ou sur le chemin du travail. Coop est la mieux placée pour profiter de cette tendance, car elle gère le réseau de magasins le plus dense, avec près de 1000 points de vente. Mais le géant orange réalise aussi un chiffre d'affaires important parce qu'il adapte bien ses prix à sa clientèle : il vend des produits bio et autres produits premium aux client-e-s aisés. Ceux qui doivent faire plus attention à leur budget sont attirés par la marque bon marché Prix Garantie.</span></p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/7/c/csm_mediathek_coop_take_away_verkaeuferin_kaffee_f0fb0eec66.jpg" length="192982" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10588</guid><pubDate>Tue, 08 Apr 2025 11:46:26 +0200</pubDate><title>Programme d’austérité de la Confédération : le plat principal peu ragoûtant d’un menu immangeable</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/programme-dausterite-de-la-confederation-le-plat-principal-peu-ragoutant-dun-menu-immangeable</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil fédéral et le Parlement ont choisi depuis longtemps déjà la voie de l’austérité. Du point de vue de la politique financière, cette option est inutile, économiquement erronée et représente une impertinence pour la population et le personnel de la Confédération. C’est encore plus vrai pour le «&nbsp;Programme d’allègement budgétaire&nbsp;2027&nbsp;» présenté par le Conseil fédéral. Les syndicats vont s’y opposer avec détermination.&nbsp;</p><h3 class="heading--h4">Marge d’interprétation de la droite</h3><p>Selon les critères de Maastricht, les pouvoir publics en Suisse présentent un taux d’endettement net de 25&nbsp;%, alors que ce dernier est de 65&nbsp;% en Allemagne. Le prochain gouvernement allemand à dominante bourgeoise a récemment décidé de créer préalablement, parallèlement au corset étroit du frein à l’endettement, un fonds spécial de 500&nbsp;milliards d’euros. Le gouvernement suisse indubitablement dominé lui aussi par la droite s’obstine à vouloir appliquer une politique d’austérité sévère et prévoit, avec son «&nbsp;Programme d’allègement budgétaire 2027&nbsp;», des économies annuelles (supplémentaires) de plus de 3&nbsp;milliards de francs. Pour comparaison, si l’on voulait investir en Suisse dans le futur avec les mêmes ambitions que l’Allemagne, cela représenterait, par rapport à la taille de l'économie, un montant d'environ 100&nbsp;milliards de francs. On pourrait faire beaucoup de choses avec cet argent&nbsp;: corriger les manquements de la transition énergétique par un programme d'investissement public substantiel&nbsp;; remédier à l'énorme manque de personnel indigène dans le secteur de la santé et des soins par une offensive en matière de formation et de salaires&nbsp;; donner à l'assurance obligatoire des soins en cas de maladie, financée de manière totalement antisociale, une base de financement solidaire&nbsp;; combler le retard flagrant en matière de numérisation, bien au-delà de l'administration publique, etc.</p><h3 class="heading--h4">L’austérité, une hypothèque pour les générations futures</h3><p>L’Allemagne pourra se permettre d’avoir son fonds spécial parce qu’il n’existe tout simplement aucune alternative pour une économie et une société qui fonctionnent. Il suffit de penser par exemple au retard en matière d’investissement dans l’infrastructure ferroviaire, que les générations passées ont laissé aux générations actuelles et futures (pour reprendre les termes des défenseur-e-s du frein à l’endettement). Si l’Allemagne le peut, la Suisse le pourrait bien sûr aussi (voir la comparaison «&nbsp;maastrichtienne&nbsp;» ci-dessus). Cependant, la Suisse pourrait, voire devrait renoncer d'urgence à la politique d'austérité qu'elle a adoptée. Car celle-ci est financièrement inutile, économiquement totalement erronée et représente une impertinence pour la population.&nbsp;</p><p>Les principaux problèmes de la politique financière suisse ne sont pas les dettes et les déficits, mais les excédents et l’augmentation de la fortune de l’État au détriment des ménages privés et des assurances sociales. Les revers de cette politique sont, d’une part, une baisse persistante du pouvoir d’achat de larges couches de la population et, de l’autre, un sous-financement (ou un financement inéquitable) des investissements et des services publics.&nbsp;</p><h3 class="heading--h4">Un programme d’austérité inutile, ne serait-ce que sur le plan comptable</h3><p>Entre-temps, la Confédération, les cantons et les communes disposent de plus de120&nbsp;milliards de francs de capitaux propres C’est pourquoi, il faudrait en premier lieu adapter le frein à l'endettement conformément à la Constitution de sorte que la Confédération puisse à l'avenir dépenser autant qu'elle gagne au lieu de réaliser des excédents structurels qui seront finalement toujours improductivement «&nbsp;mis de côté&nbsp;». Ces excédents résultent de manière chronique, d’une part, de la sous-estimation des recettes et, de l’autre, du dépassement des dépenses. Ensemble, ces écarts se sont élevés à chaque fois à 2,1&nbsp;milliards de francs en moyenne entre 2005 et 2021, et même à 2,7 milliards de francs pour la dernière année comptable 2024 Le parallèle intéressant à faire avec ce chiffre est qu’il correspond exactement au volume d’économies supplémentaires prévu par le Conseil fédéral pour 2027. Cela signifie que, sur le long terme, les écarts budgétaires annuels rendront à eux seuls les mesures d'économie prévues déjà presque obsolètes.</p><h3 class="heading--h4">Une politique financière difficile à digérer depuis longtemps déjà</h3><p>Le programme d’austérité mis en consultation par le Conseil fédéral n’est pas du tout, comme déjà mentionné, le hors d’œuvre, mais quasiment le plat principal d’un menu peu ragoûtant que de nombreuses entrées immangeables ont déjà précédé, et dont voici quelques exemples seulement&nbsp;: pour 2024 et 2025, d’énormes «&nbsp;coupes transversales&nbsp;» ont et auront lieu, la participation financière de la Confédération à l’assurance-chômage a été réduite et le personnel de la Confédération ainsi que l’aide au développement en particulier doivent supporter des coupes radicales au profit d’une augmentation massive et dépourvue de toute stratégie des dépenses de l’armée. Et maintenant, le plat de résistance&nbsp;: économies dans l’AVS et les réductions des primes-maladie, augmentation du prix des billets des transports publics ainsi que des taxes d’études, érosion sous l’angle de la politique financière des objectifs climatiques, net affaiblissement de la formation et de la recherche, nouvelles coupes dans le personnel, etc. La liste exhaustive des 59&nbsp;mesures est bien trop longue.</p><h3 class="heading--h4">Des coupes perceptibles à court et à long terme</h3><p>Les dégâts causés par la politique d’austérité et ceux qui s’y ajouteraient si le programme d’austérité était adopté sont perceptibles à de nombreux niveaux. D’une part, de manière très directe et à court terme. Si la Confédération réduit par exemple ses contributions aux écoles polytechniques fédérales, aux universités et aux hautes écoles spécialisées, les taxes d'études seront tout simplement doublées (le Conseil fédéral lui-même part de ce principe). Conséquence directe&nbsp;: la sélection sociale dans l’enseignement supérieur continuera d’augmenter et de ce fait aussi, à long terme, la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Indirectement et à long terme, ce sont surtout les effets des coupes prévues en dehors du budget de la Confédération qui se feront sentir, comme par exemples pour le fonds d'infrastructure ferroviaire. Si on réduit ces apports de 200&nbsp;millions de francs par an comme prévu, il ne se passera pas grand-chose aujourd’hui. Mais un jour ou l’autre, le réseau ferroviaire sera peut-être devenu vétuste et un train sur deux partira avec du retard. Les voyageurs et voyageuses allemands en Suisse - et cela nous ramène au point de départ de cet article - se rappelleraient alors avec étonnement l'état actuel des chemins de fer allemands. Ce serait faire preuve d’une stupidité absolue que de laisser les choses aller aussi loin.</p><p>C’est pourquoi les syndicats continueront à s’engager de toutes leurs forces contre cette politique d'austérité néfaste.</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/c/4/csm_Bundeshaus-mit-Blitzen_unsp-micaelhintze_05499777b2.jpg" length="181160" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10569</guid><pubDate>Mon, 31 Mar 2025 11:38:55 +0200</pubDate><title>Lacunes de cotisations à l’AVS : un problème qui va s’aggravant</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/lacunes-de-cotisations-a-lavs-un-probleme-qui-va-saggravant</link><description>Les nouveaux chiffres montrent que toujours plus de personnes ont des lacunes de cotisations, avec d’énormes conséquences pour leurs rentes</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En Suisse, de nombreuses personnes ont des lacunes de cotisations à l’AVS. C’est problématique parce que chaque année de cotisation manquante réduit la rente de 2,3&nbsp;%, ce qui peut représenter jusqu’à 60&nbsp;francs de rente de moins par mois et ce, sur toute la vie. &nbsp;</p><h3 class="heading--h5">Pourquoi peut-il y avoir des lacunes de cotisations, comment cela peut-il se produire ?</h3><ul><li>Manque d’information&nbsp;: beaucoup ne se rendent pas compte qu'ils ont des années sans cotisation parce qu'ils ne vérifient pas régulièrement leur compte AVS.</li><li>Travail au noir&nbsp;: si un employeur ne paie pas de cotisations AVS, des lacunes de cotisations en découlent ; en Suisse c’est un problème plus important que beaucoup ne le pensent.</li><li>Accident ou maladie&nbsp;: les indemnités journalières en cas d’incapacité de travail de longue durée ne sont pas soumises à cotisation AVS. La période concernée ne compte alors pas pour le calcul de la rente.</li><li>Séjour à l’étranger&nbsp;: une personne qui a vécu à l’étranger pendant ses études ou pendant un certain temps peut se retrouver avec des lacunes de cotisations.</li></ul><h3 class="heading--h5">Comment le problème pourrait-il être résolu&nbsp;?</h3><p>L’Union syndicale suisse (USS) propose les mesures suivantes&nbsp;:</p><ol><li>Une meilleure information&nbsp;:&nbsp;<br>avec un certificat AVS délivré chaque année automatiquement à l’ensemble des assuré-e-s afin qu’ils puissent détecter d’éventuelles lacunes de cotisations&nbsp;;<br>en plus, des services de conseil gratuits pour comprendre les conséquences des lacunes de cotisations sur la rente.</li><li>Des possibilités de paiement rétroactifs plus flexibles&nbsp;:<br>la personne qui a des lacunes de cotisations dont sans en être responsable (p.&nbsp;ex. parce que l’employeur n’a pas déclaré correctement le travail) devrait pouvoir effectuer des paiements rétroactifs.</li><li>Nouvelles obligations de cotiser à l’AVS&nbsp;:<br>Les indemnités journalières en cas de maladie ou d’accident doivent être soumises à l’AVS afin que les périodes concernées soient prises en compte dans le calcul de la rente AVS.</li><li>Adaptations pour jeunes salarié-e-s&nbsp;:<br>Les apprenti-e-s et autres jeunes salarié-e-s doivent mieux pouvoir valoriser pour leur future retraite les cotisations qu’ils ont versées pendant l’apprentissage.</li></ol><h3 class="heading--h5">Pourquoi est-ce important&nbsp;?&nbsp;</h3><p>En Suisse, l’AVS est le pilier principal de la prévoyance vieillesse. Les personnes qui ont des lacunes de cotisations reçoit une rente plus basse&nbsp;; il s’agit précisément souvent des personnes qui ont déjà les revenus les plus faibles. C’est pourquoi l’USS demande des réformes afin que plus de personnes reçoivent une rente AVS complète.</p>]]></content:encoded><category>AVS</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/9/a/csm_aeltereFrau-muss-rechnen_wenigGeld_banabana-san_istock_9833d4c1c3.jpg" length="185174" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10563</guid><pubDate>Mon, 31 Mar 2025 10:01:00 +0200</pubDate><title>Solidarité plustôt que la haine – l&#039;union fait la force !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/solidarite-plustot-que-la-haine-lunion-fait-la-force-mai2025</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"><strong>L'appel de l'Unions syndicale suisse pour le </strong><a href="https://1er-mai.ch" target="_blank" rel="noreferrer"><strong>1<sup>er</sup> mai 2025</strong></a></p><p>Dans le monde entier, l'extrême droite travaille main dans la main avec les milliardaires, les libertariens et les fondamentalistes de tous bords contre les gens qui vivent de leur travail. Une contre-révolution du grand capital contre les progrès sociaux des dernières décennies est en cours. L'égalité des genres et d'autres droits acquis de haute lutte sont attaqués de front. La propagation d’un discours de haine contre les étrangers et les minorités permet de détourner l'attention des vrais problèmes et de refouler la question de la répartition des richesses, tandis que l'État et le droit du travail sont démantelés.</p><p>La prospérité croissante peut et doit profiter à tout le monde dans la société. Mais aujourd'hui, les employeurs et les détenteurs du capital refusent de plus en plus aux travailleuses et travailleurs leur juste part, alors que l'économie est florissante. Conséquence : le pouvoir d'achat des gens qui travaillent diminue, tandis que les actionnaires et les propriétaires fonciers s'enrichissent.</p><p>En Suisse aussi, une grande partie de l'élite économique mise de plus en plus sur le nationalisme et la xénophobie. Les migrant-e-s sont désignés comme boucs émissaires et la politique d'asile est instrumentalisée. Pendant ce temps, aucune solution n'est jamais proposée aux problèmes concrets de la population tels que la perte du pouvoir d'achat et la hausse des loyers.&nbsp; Au contraire : sous prétexte de pénurie de main-d'œuvre qualifiée, le patronat exige par exemple des horaires de travail plus longs et un âge de la retraite plus élevé, et veulent vider le droit du travail de sa substance.</p><p>L'extrême droite se retrouve en position de dicter toujours davantage l'agenda politique. Par exemple avec la dangereuse initiative de l'UDC contre une « Suisse à 10 millions », qui sera soumise au Parlement au printemps. Cette initiative isolationniste entraînerait une politique de l'asile encore plus restrictive et conduirait à la fin de la libre circulation des personnes et de la protection des salaires à travers les mesures d’accompagnement. Les élites politico-économiques ne s'opposent plus à cette évolution menaçante. Au lieu de cela, elles jettent de l'huile sur le feu, en se ralliant aux demandes de contrôles aux frontières, en faisant de la lutte contre l’immigration un but en soi à coup de clauses de sauvegardes et de quotas, et en demandant de fermer les portes aux personnes venues chercher refuge en Suisse.</p><p>Aujourd'hui plus que jamais, le mouvement social et syndical doit s'affirmer face à l'alliance de l'extrême droite, des multinationales et des élites néolibérales. Notre cohésion et notre engagement pour le progrès social, pour une prospérité équitablement répartie, pour la justice et l'égalité constituent l'arme la plus puissante contre leurs attaques. Nous le savons : avec une large mobilisation de l’immense majorité de la population qui dépend de son travail pour vivre, il est possible de repousser les menaces – et même d'obtenir des améliorations. C'est pourquoi les syndicats appellent à la résistance en cette journée internationale des droits des travailleuses et des travailleurs :</p><ul><li>Contre l'exclusion des personnes migrantes !</li><li>Contre la politique du bouc&nbsp;émissaire sur le dos des minorités !</li><li>Contre le démantèlement social et la concentration des richesses dans les mains de quelques-uns !</li></ul><p><a href="https://1er-mai.ch" target="_blank" rel="noreferrer"><strong>La solidarité plutôt que la haine : l'union fait la force !</strong></a></p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/veranstaltungen/250501_1-Mai25-Socials-square-FR.svg" length="113111" type="image/svg+xml"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10543</guid><pubDate>Wed, 26 Mar 2025 14:00:00 +0100</pubDate><title>Non à de nouvelles injustices fiscales, non à la suppression de la valeur locative </title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/non-a-de-nouvelles-injustices-fiscales-non-a-la-suppression-de-la-valeur-locative</link><description>Recommandation de vote de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La suppression de l'imposition de la valeur locative mènerait à une inégalité fiscale massive, augmenterait la pression sur le marché du logement et inciterait davantage au travail au noir. En outre, la Confédération, les cantons et les communes risqueraient de perdre des milliards d'impôts. L'Union syndicale suisse&nbsp;(USS) rejette donc ce projet et recommande de voter «&nbsp;NON&nbsp;» lors de la votation populaire.&nbsp;</p><p>La suppression de l'imposition de la valeur locative passera en votation au second semestre&nbsp;2025. La loi fédérale sur le changement de système d'imposition de la propriété du logement est soumise au référendum obligatoire. Le vote aura probablement lieu en septembre ou novembre de cette année.&nbsp;</p><p>Voici les principaux arguments avancés par les salarié-e-s contre la suppression de cet instrument fiscal&nbsp;:&nbsp;</p><ul><li>Inégalité fiscale&nbsp;: 61&nbsp;% des ménages suisses sont locataires. Les locataires ne peuvent pas déduire leur loyer de leurs impôts, alors qu'ils doivent payer des impôts sur d'autres placements. L'imposition de la valeur locative permet donc une égalité de traitement fiscal. Sans cette règle, les propriétaires de logements seraient avantagés. </li><li>Conséquences pour le marché du logement&nbsp;: la pression sur le marché immobilier continuerait de s'accroître. La propriété du logement deviendrait plus attrayante et plus chère grâce à ces nouveaux avantages fiscaux. Dans le même temps, les propriétaires ne seraient plus encouragés à quitter des appartements trop grands. </li><li>Augmentation du travail au noir&nbsp;: avec la suppression de la déduction des frais d'entretien, on s'attend à davantage de rénovations effectuées de manière illégale. Cela aurait des conséquences négatives sur les assurances sociales et donc sur la prévoyance vieillesse des salarié-e-s. </li><li>Pertes fiscales&nbsp;: la Confédération, les cantons et les communes devraient s'attendre à une baisse des recettes d'environ 1,7&nbsp;milliard de francs.&nbsp;</li></ul><p>Le Comité de l'USS a donc décidé de recommander le rejet du projet. Durant la campagne de votation, l'USS informera spécifiquement sur les aspects du projet liés à la politique de redistribution et sur les vastes conséquences négatives de l'abolition de la valeur locative.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/steuern-zahlen/Miete-Schluesseluebergabe_ist-alla-petrenko.jpg" length="256324" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10542</guid><pubDate>Tue, 25 Mar 2025 08:28:32 +0100</pubDate><title>Marché de l&#039;électricité : L&#039;approvisionnement de base suisse fait ses preuves</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/marche-de-lelectricite-lapprovisionnement-de-base-suisse-fait-ses-preuves</link><description>Un bon service public est payant </description><content:encoded><![CDATA[<p><span lang="FR-CH">Souvenons-nous&nbsp;: lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, les marchés de l'énergie ont connu de grandes turbulences. Dans la plupart des pays européens, les prix de l'électricité ont alors augmenté de façon spectaculaire, quasiment du jour au lendemain, parfois jusqu'à quintupler&nbsp;! En Suisse toutefois, les prix pour les petits clients et clientes sont restés stables dans un premier temps. Cela s'explique parce que nous avons toujours un approvisionnement de base protégé pour les ménages et les PME, avec des prix réglementés qui ne peuvent être ajustés qu'une fois par an.</span><span lang="FR">&nbsp;</span></p><h3 class="heading--h4"><span lang="FR-CH"><strong>Niveau bas</strong></span><span lang="FR"><strong>&nbsp;</strong></span></h3><p><span lang="FR-CH">Bien sûr, la Suisse n'est pas non plus à l'abri des fluctuations de prix sur les marchés internationaux : les ménages ont également dû souffrir des hausses de tarifs ces deux dernières années. Cependant, la hausse des prix a d'abord été lissée et non pas soudaine, et deuxièmement, le niveau des prix pour les petits consommateurs et consommatrices en Suisse est encore très bas aujourd'hui par rapport aux pays européens comparables, comme le montre le graphique. Seuls le Danemark et l'Autriche font mieux. Et ce, principalement parce que ces deux pays misent depuis des années beaucoup plus sur les énergies renouvelables&nbsp;: la construction d'éoliennes a certes un coût initial, mais le vent est ensuite gratuit.</span><span lang="FR">&nbsp;</span></p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/umwelt-energie/Stromleitung_Hochspannung_SchweizerLandschaft_ist-makasana.jpg" length="386126" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10541</guid><pubDate>Tue, 25 Mar 2025 07:43:27 +0100</pubDate><title>Les caisses de pension, un marché juteux</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/les-caisses-de-pension-un-marche-juteux</link><description>L&#039;USS demande des règles claires : les intérêts des assuré-e-s doivent être au centre des préoccupations !</description><content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size:11.0pt;line-height:115%;" lang="FR-CH">La prévoyance professionnelle est un pilier central de la sécurité sociale en Suisse. Mais dans la pratique, il apparaît régulièrement que les intérêts des assuré-e-s ne sont pas suffisamment protégé-e-s. Trop souvent, les entreprises et les compagnies d'assurance à but lucratif utilisent les structures du 2<sup>e</sup> pilier pour servir leurs propres intérêts financiers, au détriment des assuré-e-s et de leurs retraites.</span></p><p><span style="font-size:11.0pt;line-height:115%;" lang="FR-CH">L'Union syndicale suisse (USS) salue donc en principe le nouveau projet de directive de la Commission de haute surveillance de la prévoyance professionnelle (CHS PP), qui définit des exigences minimales pour les actes juridiques entre les caisses de pension et les personnes qui leur sont proches. Ces règles constituent un pas important vers plus de transparence et une surveillance plus uniforme. En effet, seule la divulgation et la réglementation des conflits d'intérêts peuvent empêcher que les assuré-e-s soient lésé-e-s par des frais excessifs ou des constructions contractuelles défavorables.</span></p><p><span style="font-size:11.0pt;line-height:115%;" lang="FR-CH">Cependant, la directive ne va pas assez loin. Il n'y a encore aucun contrôle concret de l'efficacité du 2<sup>e</sup> pilier. Les prestataires privés peuvent toujours imposer des primes de risque élevées, des frais administratifs excessifs ou des frais de gestion de fortune coûteux sans qu'une réglementation efficace ne les empêche de le faire. Il est urgent d'apporter des modifications législatives supplémentaires afin de garantir que le capital de prévoyance profite réellement aux assurée-e-s et pas principalement aux actionnaires des prestataires privés.</span></p><p><span style="font-size:11.0pt;line-height:115%;" lang="FR-CH">En outre, l'USS souligne que les nouvelles exigences en matière de transparence ne doivent pas entraîner de charges administratives supplémentaires inutiles. Il serait en effet contre-productif d'obliger des institutions de prévoyance qui fonctionnent bien, sont efficaces et autonomes à s'affilier à des prestataires à but lucratif en raison d'une bureaucratie excessive. Il faut plutôt prendre des mesures adaptées à la taille et à la structure des institutions de prévoyance concernées.</span></p><p><span style="font-size:11.0pt;line-height:115%;" lang="FR-CH">Une chose est sûre : la prévoyance professionnelle doit à nouveau s'orienter davantage vers son objectif initial, à savoir garantir les retraites des salarié-e-s. L'USS demande à la CHS PP de s'engager pour plus de transparence, mais aussi pour un véritable contrôle de l'efficacité du 2<sup>e</sup> pilier. Les assuré-e-s ne doivent plus être les victimes d'un système qui fait passer les intérêts financiers de tiers avant leur propre sécurité sociale.</span></p><p><span style="font-size:11.0pt;line-height:115%;" lang="FR-CH"></span></p><p><span style="font-size:11.0pt;line-height:115%;" lang="FR-CH">Pour en savoir plus, consultez la prise de </span><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/consultations/2025/250207_GM_OAK_Nahestehende.pdf" target="_blank" rel="noreferrer"><span style="font-size:11.0pt;line-height:115%;" lang="FR-CH">position complète</span></a><span style="font-size:11.0pt;line-height:115%;" lang="FR-CH"> (PDF, qu'en allemand).</span></p>]]></content:encoded><category>Prévoyance professionnelle</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/0/d/csm_Mann-Frau-50plus_Beratungsgespraech-freundlich_iStock-AlexRaths_9d81410ef3.jpg" length="140984" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10513</guid><pubDate>Tue, 18 Feb 2025 08:42:19 +0100</pubDate><title>Procédure de qualification uniforme au lieu d&#039;un examen final écrit</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/procedure-de-qualification-uniforme-au-lieu-dun-examen-final-ecrit</link><description>Réforme de l’enseignement de la culture générale dans la formation professionnelle</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les syndicats se sont toujours engagés à renforcer l’enseignement de la culture générale (ECG) dans la formation professionnelle afin que les apprenti-e-s, qu'ils soient jeunes ou adultes, puissent se développer le mieux possible sur le plan personnel, social et professionnel et réaliser leur potentiel. Non seulement dans leur rôle de salarié-e, mais aussi en tant qu'individu-e, citoyen-ne et membre de la société. Outre l'enseignement professionnel, l’ECG transmet des compétences fondamentales telles que la capacité à communiquer, l'éducation civique et la pensée critique, contribuant ainsi de manière significative à l'égalité des chances. L’ECG vise à soutenir au mieux les apprenti-e-s dans leurs ressources personnelles et leur autonomie. En ce qui concerne la mobilité sociale, l'ECG doit donc être conçu de manière aussi large et indépendante que possible, tout en étant axé sur la pratique et l'action.</p><p>Après presque vingt ans, l'ordonnance sur les prescriptions minimales pour ECG dans la formation professionnelle initiale doit être entièrement révisée. Lors de la consultation, l'USS s'est prononcée en faveur d'un renforcement de l'ECG sous la forme d'une uniformisation et d'un renforcement de son caractère obligatoire, et a demandé que la nouvelle ordonnance réglemente à l'avenir l'ECG de la même manière pour toutes les formations professionnelles initiales. L'USS a également demandé que la mise en œuvre dans les cantons et l'élaboration des programmes scolaires cantonaux soient aussi uniformes que possible.</p><p>Le Secrétariat d'État à la formation, à la recherche et à l'innovation (SEFRI) avait mis en consultation une révision de l'ordonnance qui avait été élaborée en commun dans le cadre du partenariat et qui prévoyait une refonte de la procédure de qualification. L'examen final de l'ECG, jusque-là écrit, devait être remplacé par un mélange de note d'expérience et de travail final (comprenant une présentation et un entretien d'examen). L'USS a soutenu cette proposition et s'est prononcée en faveur d'une plus grande importance accordée à la note d'expérience dans le cadre de sa réponse à la consultation.</p><h4>Des normes uniformes au lieu de l'arbitraire cantonal</h4><p>Lors de sa réunion du 12 février, la Commission de la science, de l'éducation et de la culture du Conseil des États (CSEC-E) s'est soudainement prononcée en faveur du maintien de l'examen final écrit ou, du moins, en faveur de la liberté de mise en œuvre accordée aux cantons à cet égard. Cette décision va à l'encontre de la proposition élaborée en partenariat avec les associations professionnelles, qui visait à réorganiser la procédure de qualification en se basant sur les notes d'expérience et en revalorisant le travail final avec une présentation et un examen oral approfondi.</p><p>Cela signifierait que les différents règlements cantonaux pourraient continuer à exister. Cela reviendrait à renoncer à l'obligation de qualité à l'échelle nationale, l'un des principaux objectifs de la réforme. L'USS continue de soutenir l'objectif d'harmonisation de la culture générale à l'échelle nationale, défini au début du projet de réforme «Culture générale 2030», afin de garantir l'égalité des chances et l'égalité des droits pour tous les apprenti-e-s. Aujourd'hui déjà, il existe des différences considérables dans la mise en œuvre de l'enseignement de culture générale entre les cantons et les écoles professionnelles, ce qui rend la comparaison difficile. Une solution nationale augmenterait la mobilité des apprenti-e-s et garantirait l'équivalence des diplômes.</p><h4>Renforcer les compétences pratiques plutôt que des formes d'examen obsolètes</h4><p>Le projet de réforme «Formation générale 2030» mise sur le renforcement des compétences opérationnelles des apprenti-e-s. L'examen final actuel est un vestige d'une pédagogie révolue qui ne reflète plus les exigences actuelles en matière de culture générale. En revanche, un travail de fin d'études axé sur la pratique, avec une présentation orale suivie d'un entretien d'examen, favorise l'application durable des connaissances et des compétences dans des situations réelles et représente une opportunité pour de nombreux apprenti-e-s.</p><h4>Les syndicats réclament une mise en œuvre contraignante de la réforme</h4><p>L'USS demande au SEFRI et au Conseil fédéral de maintenir la révision prévue de l'ordonnance et d'ancrer le travail de fin de formation, y compris la présentation et l'entretien d'examen, comme nouvelle norme dans la procédure de qualification de la culture générale, en plus des notes d'expérience qui doivent être conservées. Une solution uniforme au niveau national est essentielle pour garantir la comparabilité et la perméabilité des diplômes. La formation professionnelle ne doit pas se transformer en un patchwork de modalités d'examen différentes d'un canton à l'autre.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/banner/Ausbildung_Lehrlinge-im-Gespraech-mit-Meister_iStock-SolStock_kl.jpg" length="501608" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10481</guid><pubDate>Wed, 05 Feb 2025 13:49:54 +0100</pubDate><title>Grippe, refroidissement, virus, bactéries : vos droits et devoirs au travail </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/grippe-refroidissement-virus-bacteries-vos-droits-et-devoirs-au-travail</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">C’est la saison de la grippe. Actuellement, la première vague traverse la Suisse à partir de l’ouest. Gérer de manière sûre la maladie au travail est, précisément en ce moment, un thème central pour les salarié-e-s et les employeurs et employeuses. Pour pouvoir garantir un environnement au travail équitable et favorable à la santé, toutes les parties concernées doivent connaître leurs droits et leurs devoirs. Ci-après, vous trouverez ce qu’il faut &nbsp;savoir à ce sujet et pour quelles améliorations l’USS bat.</p><h4>Certificats médicaux seulement à partir du troisième jour</h4><p>Un ou une médecin vous établit un certificat médical d’arrêt maladie qui confirme que la personne concernée n’est pas en mesure, à cause d’une maladie, de fournir le travail contractuellement prévu. L’incapacité de travail se rapporte à votre activité concrète. Ainsi, un « simple » enrouement, peut suffire pour empêcher une employée d’un centre d’appels de faire son travail.&nbsp;</p><p>Le certificat indique le début et la durée probable de l’incapacité de travail. Le diagnostique reste, quant à lui, confidentiel, seule est faite la différence entre maladie et accident. Pour éviter une charge administrative inutile, il est judicieux de demander un certificat médical seulement à partir du troisième jour de maladie. Devoir le faire à partir du premier jour de maladie entraînerait une charge supplémentaire pour la personne malade et le système de santé. Les employeurs et employeuses devraient ainsi ne pas exiger de certificat médical à partir du premier jour de maladie.</p><h4>Nécessité d’une assurance d’indemnités journalières en cas de maladie obligatoire dès le premier jour</h4><p>En Suisse, nous n’avons pas d’assurance d’indemnités journalières en cas de maladie obligatoire à partir du premier jour. Actuellement, le droit à la poursuite du versement du salaire dépend de la branche, de la convention collective de travail et de la durée des rapports de travail. Les jours de carence, pour lesquels les salarié-e-s ne reçoivent pas leur salaire en cas de maladie, sont non seulement antisociaux, mais représentent aussi un danger pour la santé. Ils mettent les salarié-e-s sous pression pour que, bien que malades, ils se rendent au travail afin de s’éviter des pertes de revenu. Cela repousse la guérison, accroît le risque de contagion pour les collègues de travail et occasionne à long terme des coûts de santé plus élevés. Une assurance d’indemnités journalières en cas de maladie obligatoire à partir du premier jour serait une garantie financière pour tout le monde et empêcherait des pratiques dangereuses pour la santé.</p><h4>Le présentéisme, un problème sous-estimé</h4><p>Les employeurs et employeuses sont appelés à créer une culture d’entreprise qui donne la priorité à leurs employé-e-s, fixe des règles claires en matière de déclaration de maladie et fasse obstacle au présentéisme, c’est-à-dire à la présence au travail de personnes atteintes dans leur santé. Passer à du télétravail en cas de maladie est rarement une bonne idée. Certes, cela peut éviter des contagions, mais le travail en cas de maladie peut également freiner la guérison et, dans le pire des cas, avoir pour effet que l’on devient encore plus malade. Donc, celle ou celui qui est malade est malade et doit se rétablir.</p><p>L’employeur ou l’employeuse est tenu de protéger la santé de ses employé-e-s. C’est pourquoi verser un bonus aux personnes qui n’ont pas connu de jours de maladie est aussi une mauvaise idée. Cela entraîne du présentéisme avec les conséquences déjà mentionnées pour la santé et peut constituer une violation de ce devoir de protéger la santé de leurs employée-s-s qu’ont les employeurs et employeuses. De tels bonus sont aussi des plus problématique sous l’angle de la législation sur le travail et pourraient causer des problèmes juridiques pour les employeurs et employeuses concernés.</p><h4>Que puis-je faire si je suis en arrêt maladie ?</h4><p>Lorsque l’on est malade, rien ne doit être fait qui puisse mettre en danger la guérison. Les activités permises dépendent du type de maladie en question. En cas de stress psychique ou de certaines autres maladies, les promenades peuvent être bénéfiques, alors qu’en cas de grippe avec fièvre, un repos strict est indiqué. En cas de migraines, il est logique que l’on ne reste pas collé à un écran, alors qu’en cas de grippe intestinale, on peut aussi placer quelques posts sur les réseaux sociaux.&nbsp;</p><p><span style="font-family:&quot;Aptos&quot;,sans-serif;font-size:11.0pt;line-height:107%;" lang="FR">Si vous voulez en savoir plus, adressez-vous à </span><a href="/luss/federations-affiliees#c12334"><span style="font-family:&quot;Aptos&quot;,sans-serif;font-size:11.0pt;line-height:107%;" lang="FR">votre syndicat</span></a><span style="font-family:&quot;Aptos&quot;,sans-serif;font-size:11.0pt;line-height:107%;" lang="FR"> ou aux </span><a href="/luss/unions-cantonales#c12660"><span style="font-family:&quot;Aptos&quot;,sans-serif;font-size:11.0pt;line-height:107%;" lang="FR">permanences juridiques des unions syndicales cantonales</span></a><span style="font-family:&quot;Aptos&quot;,sans-serif;font-size:11.0pt;line-height:107%;" lang="FR">.</span></p><h4><span lang="FR">Autres lectures complémentaires&nbsp;: &nbsp;</span></h4><ul><li><a href="https://www.rts.ch/audio-podcast/2025/audio/droit-du-travail-et-arret-maladie-28757577.html" target="_blank" rel="noreferrer">Contexte de la RTS</a> sur le droit du travail et la maladie sur le droit du travail et la maladie avec Juliette Ancelle, avocate, spécialiste FSA en droit du travail</li><li>Informations du <a href="https://www.seco.admin.ch/seco/fr/home/Arbeit/Personenfreizugigkeit_Arbeitsbeziehungen/Arbeitsrecht/merkblaetter--informationen.html" target="_blank" rel="noreferrer">SECO sur le maintien du salaire en cas de maladie</a> (voir <span style="font-family:&quot;Aptos&quot;,sans-serif;font-size:11.0pt;line-height:107%;" lang="FR">«&nbsp;</span>Versement du salaire en cas de maladie<span style="font-family:&quot;Aptos&quot;,sans-serif;font-size:11.0pt;line-height:107%;" lang="FR"> » </span>)</li><li><a href="https://www.weka.ch/themes/ressources-humaines/salaire-et-remuneration/poursuite-du-versement-du-salaire/article/poursuite-du-versement-du-salaire-des-regimes-confus/" target="_blank" rel="noreferrer">Informations complémentaires sur le maintien du salaire en cas de maladie</a></li><li>Contexte des <a href="https://www.weka.ch/themes/ressources-humaines/salaire-et-remuneration/poursuite-du-versement-du-salaire/article/maintien-du-salaire-en-cas-de-maladie-droits-et-obligations/" target="_blank" rel="noreferrer">droits et obligations en matière de maintien du salaire en cas de maladie</a></li><li><a href="https://www.weka.ch/themes/ressources-humaines/gestion-du-personnel/management-de-la-sante/article/presenteisme-travailler-lorsquon-est-malade/" target="_blank" rel="noreferrer">Pour en savoir plus sur le problème du présentéisme</a></li></ul>]]></content:encoded><category>Santé</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/c/8/csm_Krank-am-Arbeitsplatz_torwai-iStock_kleiner_1a6f8d00d4.jpg" length="118333" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10457</guid><pubDate>Tue, 17 Dec 2024 16:48:15 +0100</pubDate><title>8 semaines de vacances pour les apprenti-e-s : un investissement nécessaire pour renforcer les apprentissages</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/8-semaines-de-vacances-pour-les-apprenti-e-s-un-investissement-necessaire-pour-renforcer-les-apprentissages</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) demande que toutes et tous les apprenti-e-s de Suisse aient à l’avenir droit à 8 semaines de vacances. Cette revendication a été décidé le 29 novembre 2024 par l’Assemblée des délégué-e-s de l’USS et présentée le 3 décembre 2024, à l’Intergroupe parlementaire Travail.&nbsp;</p><p>La formation professionnelle duale est la colonne vertébrale de l’économie suisse, mais la charge supportée par les apprenti-e-s est énorme. Alors que leurs contemporain-e-s des gymnases profitent de 13 semaines de vacances, les apprenti-e-s doivent se contenter de 5 semaines seulement ; cela, malgré un horaire hebdomadaire lourd et la triple charge du travail en entreprise, de l’école et de l’apprentissage à domicile.&nbsp;</p><p>Cette inégalité de traitement non seulement menace la santé des apprenti-e-s, mais réduit aussi l’attractivité de la formation professionnelle en général, explique la présidente de la Commission USS de la jeunesse, Félicia Fasel. « Avec 8 semaines de vacances, nous permettons aux jeunes de récupérer comme ils en ont besoin et renforçons en même temps la formation professionnelle initiale en tant que pilier important de notre économie. »</p><h4>Un besoin d’agir urgent</h4><p>Les défis auxquels est confronté le système de formation professionnelle duale sont manifestes :</p><ul><li>pénurie de candidat-e-s à l’apprentissage, </li><li>nombreuses résiliations de contrats d’apprentissage, </li><li>taux d’échec inquiétant lors des examens finaux,</li><li>baisse du nombre des apprenti-e-s titulaires d’une maturité professionnelle acquise durant l’apprentissage (appelée MP1).</li></ul><p>En outre, une enquête récente de la Jeunesse d’Unia montre que près de la moitié des apprenti-e-s souffre de stress et d’épuisement.</p><h4>Tout le monde y gagnera</h4><p>Des vacances en plus, cela n’améliorera pas seulement la santé des jeunes, mais rendra la formation professionnelle plus attrayante et représentera une contribution importante à la lutte contre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Une meilleure récupération profitera à la santé ainsi qu’au développement personnel des jeunes, de même qu’à leur participation à la vie sociale.</p><h4>Notre revendication</h4><p>L’USS demande que 8 semaines de vacances figurent, pour l’ensemble des apprenti-e-s, dans la loi ou soient réglées dans le cadre des conventions collectives de travail (CCT). En renforçant les droits des apprenti-e-s, nous assurons l’avenir de notre société et de notre économie.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/banner/Ausbildung_Lehrlinge-im-Gespraech-mit-Meister_iStock-SolStock_kl.jpg" length="501608" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10426</guid><pubDate>Thu, 21 Nov 2024 12:09:31 +0100</pubDate><title>Finances cantonales 2025 : des perspectives favorables, mais pas pour la population</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/finances-cantonales-2025-des-perspectives-favorables-mais-pas-pour-la-population</link><description>Analyse des finances cantonales budget 2025</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Vouloir économiser à tous crins au niveau de la Confédération est en fait un projet chimérique. La réalité est cependant que cette dernière doit sans cesse prendre à sa charge davantage de dépenses des cantons. Comme le montre l’analyse annuelle de l’Union syndicale suisse (USS), la situation financière des cantons est, dans sa grande majorité, très confortable. Tant pour l’année 2024 que pour 2025, il faut à nouveau s’attendre à de copieux excédents. Toutefois, si la façon de penser la politique financière ne change pas, les gens ne verront pas grand-chose de ces derniers.</p><h4>Bons comptes financiers, mais population ignorée</h4><p>Une fois tous les comptes 2023 des cantons clôturés, il est apparu au printemps 2024 que l’excédent cumulé des comptes de résultats s’élevait au total à 2,2 milliards de francs alors qu’un déficit cumulé de 1,6 milliard avait d’abord été budgétisé. Les cantons se sont donc trompés de 3,8 milliards en tout. Quant à l’année 2024, il faudra attendre la présentation des comptes au printemps prochain pour savoir à quoi s’en tenir. Pour l’année à venir, 18 cantons sur 26 budgétisent un déficit d’un montant cumulé de 510 millions au total. En comparaison avec l’année précédente, les attentes des cantons sont ainsi, plus positives dans l’ensemble pour 2024 : le déficit cumulé budgétisé pour 2024 se montait à 1 070 millions, c’est-à-dire deux fois plus. Si l’on compare les déficits budgétisés avec les comptes 2023, on peut alors à nouveau s’attendre, tant pour l’année en cours que, et encore plus, pour l’année à venir, à des copieux excédents. Le problème de ces derniers est qu’ils ne sont ni affectés aux investissements si urgents non réalisés à ce jour dans la formation ou les soins, par exemple, ni au renforcement du pouvoir d’achat des salarié-e-s (p. ex. via le développement absolument nécessaire des réductions des primes-maladie), sans parler d’une « compensation du renchérissement » digne de ce nom pour le personnel des cantons. Non, à cause des règles rigides des freins cantonaux à l’endettement, ces excédents « sont mis de côté », c’est-à-dire servent à poursuivre le développement improductif et absurde de la fortune.&nbsp;</p><h4>Budgets erronés et nouvelles idées</h4><p>Le taux de fortune nette (fortune nette par rapport à la performance économique) indiqué par les cantons, ou calculé par l’USS, va ainsi continuer à augmenter, selon les budgets 2025, de 5,93 % dans les budgets 2024 à 6,04 % dans les budgets 2025. L’« exactitude de la budgétisation » des cantons joue également à chaque fois un rôle dans l’accroissement de la fortune : les cantons budgétisent chroniquement – aussi par rapport à la Confédération – des dépenses trop élevées et des recettes trop basses. Pendant le dernier exercice comptable clôturé (2023), l’erreur de budgétisation était en moyenne de 6,09 %. Cela veut dire que le solde du compte de résultat était, par rapport aux recettes, proportionnellement aussi supérieur d’autant au résultat budgétisé. Ici aussi, l’excédent réalisé « disparaît » principalement dans les freins à l’endettement. Comme solution de rechange, plusieurs cantons (p. ex. Bâle, Argovie) discutent depuis peu de l’introduction de règles sur le remboursement de l’impôt : les excédents comptables supérieurs à un certain montant doivent automatiquement être redistribués à la population. Avec de telle mesures, plus d’argent reviendrait certes à cette dernière, mais, premièrement, leur mise en œuvre risque – en cas de distribution par tête ou même proportionnellement au revenu imposable – d’être antisociale et, deuxièmement, une règle aussi stricte serait clairement en contradiction avec la flexibilité nécessaire à une politique des dépenses prudente.</p><h4>Risque de baisses d’impôts… pour les mauvaises personnes</h4><p>La situation de la fortune et celle des revenus restera donc bonne dans la plupart des cantons l’année prochaine aussi et continuera même de s’améliorer dans de nombreux cantons. Cela a déjà été l’occasion de nouvelles baisses d’impôt surtout en faveur des ménages à haut revenu, mais, à nouveau, des entreprises aussi. S’y ajoute que dans les cantons importants par rapport à l’introduction de l’impôt minimal de l’OCDE (Bâle, Genève, Zoug, Lucerne, etc.), le relèvement à réaliser des impôts sur les entreprises est en majorité utilisé pour financer des programmes de subventions à grande échelle destinés à ces mêmes entreprises, ou à leur personnel spécialisé hautement rémunéré, et qu’il s’agit ainsi de revenir sur ce relèvement.&nbsp;</p><h4>Hôpitaux et écoles : le service public toujours sous pression</h4><p>Un contraste frappant avec la situation de la fortune des cantons décrite ci-dessus, ou comme revers de la même médaille, est observé en ce qui concerne la situation du service public dans les régions. Depuis des années, on économise sur le personnel de l’État et l’année prochaine, on risque un gel des salaires et parfois même une baisse des salaires nominaux. Les réductions des primes-maladie ne suivront certainement pas, dans la plupart des cantons, le rythme des nouvelles hausses des primes en 2025, ce qui amputera à nouveau le pouvoir d’achat de la population. Le sous-financement grave des hôpitaux prendra de l’ampleur, de même que la pénurie de personnel dans les soins. Et dans le domaine de la formation, on se trouve confronté à un important recul des investissements, alors que l’on connaît simultanément une pénurie de personnel. Tous ces chantiers nécessitent une nouvelle façon de penser et un vaste engagement syndical.&nbsp;<br>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/0/5/csm_muenz_franken_kleingeld_fuenfliber_assalve_iStock_916e817b22.jpg" length="220123" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10360</guid><pubDate>Fri, 11 Oct 2024 10:29:07 +0200</pubDate><title>Tromperie sur la marchandise : non à EFAS le 24 novembre 2024</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/tromperie-sur-la-marchandise-non-a-efas-le-24-novembre-2024</link><description>Non aux détériorations pour les assuré-e-s, les patient-e-s et le personnel de santé</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"><span lang="FR-CH">«&nbsp;Tout vient à point à qui sait attendre&nbsp;»&nbsp;: c’est dans cette logique que les partisans d’EFAS tentent de nous faire accepter leur projet. Comme le Parlement a travaillé d’arrache-pied à cette réforme pendant 15&nbsp;ans, on ne peut quand même pas tout gâcher en dernière minute par un référendum. Eh bien, non seulement c’est possible, mais c’est même indispensable&nbsp;! Car EFAS est un cadeau empoisonné ficelé par le Parlement, avec des risques démesurés et des effets secondaires gravissimes pour les </span><span lang="FR-CH">payeurs de primes comme pour les personnes très âgées et le personnel de santé</span><span lang="FR-CH">.</span></p><p><span lang="FR-CH"></span></p><h3 class="heading--h4"><span lang="FR-CH"><strong>Un financement social n’a jamais été le but du projet</strong></span></h3><p><span lang="FR-CH">EFAS a d’emblée été mal conçu&nbsp;: car au-delà du financement uniforme des prestations – qui en soi n’est pas une mauvaise idée –, il a toujours été question d’une clé de répartition «&nbsp;neutre en termes de coûts&nbsp;» pour sa mise en œuvre. Rien ne devait changer au financement profondément anti-social, qui repose essentiellement sur de très lourdes primes par tête et seulement dans une moindre mesure sur les impôts. Le Parlement a d’ailleurs rejeté au fil des ans toutes les propositions progressistes visant à augmenter fortement la contribution financière des cantons au profit des payeuses et payeurs de primes. Il est d’autant plus scandaleux que des politiciennes et politiciens bourgeois et des lobbyistes prétendent aujourd’hui qu’avec EFAS, nos factures de primes vont diminuer. Au contraire, l’écrasante charge des primes grevant les ménages ne fera qu’augmenter. Même le Conseil fédéral reconnaît qu’avec cette réforme, les primes s’alourdiront de 42&nbsp;% (!) d’ici 2030. Et encore ces prévisions pèchent par optimisme. Car l’étude en question est dépassée, datant d’avant le coup de massue des trois dernières années. Sans compter que les prévisions de primes sur une période aussi longue sont tout sauf fiables.</span></p><p><strong><span lang="FR-CH"></span></strong></p><h3 class="heading--h4"><span lang="FR-CH"><strong>Les payeuses et payeurs de primes passeront à nouveau à la caisse</strong></span></h3><p><span lang="FR-CH">Quoi qu’il en soit, même le principe de neutralité dans la répartition des coûts a rapidement été jeté par-dessus bord et remplacé par un modèle encore plus défavorable aux payeuses et payeurs de primes. Car suite aux pressions incompréhensibles exercées par les cantons, le Parlement a décidé d’inclure également les soins de longue durée (EMS et aide et soins à domicile) dans la «&nbsp;formule&nbsp;» du financement uniforme. Or à l’heure actuelle, les soins de longue durée sont l’unique domaine de prestations où la loi plafonne le financement par les primes. Partout ailleurs, les primes croissent au rythme des coûts, soit des prix surfaits des médicaments ou des salaires éhontés des CEO de caisses-maladie et des médecins spécialistes. Et maintenant, il est prévu de supprimer purement et simplement de la loi le plafonnement de la part des primes dans le domaine des soins de longue durée. Concrètement, en cas de séjour en EMS,&nbsp;le financement des soins par les primes s’alourdirait avec EFAS de presque 600&nbsp;francs en moyenne – par mois&nbsp;! Et comme si cela ne suffisait pas, il est prévu de déplafonner aussi la participation aux coûts facturés par journée d’EMS ou dans l’aide et les soins à domicile. Alors même que nulle part ailleurs en Europe, la population n’est autant mise à contribution qu’en Suisse pour le financement des frais médicaux. C’est incroyable.</span></p><h3 class="heading--h4"><span lang="FR-CH"><strong>Un véritable agenda, qui ne prend plus la peine de se cacher</strong></span></h3><p><span lang="FR-CH">La réforme va donc bien au-delà de la mise en place d’un «&nbsp;financement uniforme&nbsp;», aux dépens des assuré-e-s comme des patient-e-s et du personnel de santé. Les lobbyistes de cette réforme ont indiqué de manière étonnamment claire, durant la session d’automne du Conseil des Etats, que d’autres étapes suivront. Le jour même où la ministre de la santé était contrainte d’annoncer la prochaine hausse des primes, les sénatrices et sénateurs ont décidé, d’abord, que la franchise minimale pourrait être périodiquement majorée. Ensuite, que les caisses-maladie pourront désormais choisir librement les hôpitaux et les cabinets médicaux dont elles souhaitent régler les factures de traitement de leurs assuré-e-s. L’introduction de la pleine «&nbsp;liberté de contracter&nbsp;» est à l’ordre du jour. Or la levée de l’obligation de contracter éveille bien des convoitises dans le contexte du scrutin EFAS&nbsp;: si la réforme devait aboutir, ce serait à l’avenir aux caisses de répartir entre les médecins et les hôpitaux la totalité des ressources financières, et donc aussi les 13&nbsp;milliards de francs d’argent des contribuables dont, à l’heure actuelle, les cantons sont seuls à disposer et à surveiller le bon emploi. À l’avenir, comme le souligne une étude de la Confédération, les caisses-maladie «&nbsp;influeront plus fortement sur le parcours thérapeutique, par le biais des garanties de prise en charge des coûts&nbsp;». De telles perspectives ne sont pas faites pour rassurer.</span></p><p><strong><span lang="FR-CH"></span></strong></p><h3 class="heading--h4"><span lang="FR-CH"><strong>Les bonnes résolutions ne servent à rien, seul un non à EFAS stoppera le lobby</strong></span></h3><p><span lang="FR-CH">Les vrais partisans d’EFAS espèrent tout au plus que leur réforme apportera au système de santé des améliorations censées se faire sentir à long terme et encore seulement, comme le dit en substance une étude d’accompagnement du projet, pour autant que tous les acteurs changent vraiment de comportement. Bien d’autres acteurs poursuivent à travers EFAS leur agenda axé sur une maximisation des profits du système de santé, et donc sur une médecine à deux vitesses. Toutes ces personnes ont en commun d’approuver, par leur oui à EFAS, les détériorations explicitement inscrites dans la loi pour les assuré-e-s, les patient-e-s et le personnel de santé. Ce n’est pas acceptable, même s’il a fallu quinze ans pour en arriver là. Par conséquent, un non à EFAS s’impose le 24&nbsp;novembre.</span></p>]]></content:encoded><category>Santé</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/kampagnen/efasvisual-2_art_02.jpg" length="176774" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10358</guid><pubDate>Fri, 11 Oct 2024 09:36:41 +0200</pubDate><title>NON à la nouvelle attaque contre les locataires</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/non-a-la-nouvelle-attaque-contre-les-locataires</link><description>Le 24 novembre 2 x « non »</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Au lieu de se préoccuper une bonne fois de la pénurie de logements qui sévit actuellement et de veiller à ce que les loyers soient abordables, le Parlement cède face à l’appât du gain du lobby de l’immobilier et veut continuer à dégrader encore plus le droit du bail. Voilà où on va en arriver ! Le 24 novembre prochain, nous devons opposer un NON massif à cette attaque contre les locataires et, donc, les salarié-e-s.&nbsp;</p><h3 class="heading--h4"><span><strong>Gâcher encore plus une soupe déjà immangeable&nbsp;</strong></span></h3><p>En 2022, les locataires de Suisse ont dépensé 13 % de plus pour leur loyer qu’il y a 15 ans (pour une inflation globale de 3,3 % pendant la même période). Pas étonnant que les loyers élevés soient aujourd’hui une des principales causes de la situation financière difficile dans laquelle se trouvent des centaines de milliers de ménages.&nbsp;</p><p>Alors que les uns souffrent, les caisses des autres débordent allègrement : selon une étude indépendante souvent citée, conformément à la législation en vigueur, les locataires ont payé, uniquement en 2023, 10 milliards de francs en trop pour leurs loyers. Cela signifie que le lobby de l’immobilier a empoché ce montant sous la forme de rendements locatifs abusifs. Au lieu de mettre une fois pour toutes fin à cette violation systématique de la loi, la majorité de droite du Parlement a même doublé la mise au bénéfice de HEV, Swiss Prime site et compagnie, et décidé de dégrader massivement le droit du bail.&nbsp;</p><h3 class="heading--h4"><span><strong>Locataires à la porte, loyers à la hausse</strong></span></h3><p>Selon la loi en vigueur, la sous-location est un droit acquis aux locataires. Mais aujourd’hui déjà, ceux-ci ont toujours besoin de l’accord du bailleur ou de la bailleuse. Le projet de révision de la loi prévoit d’introduire une série de motifs arbitraires pour le refus unilatéral d’une sous-location. Désormais, les locataires pourraient même être licenciés en cas de légers « vices de forme » lors d’une sous-location ; et ce, quasiment sans préavis ! Voilà pour le premier coup de boutoir. La deuxième révision de la loi adoptée par le Parlement vise à restreindre la protection des locataires en cas de résiliation du bail pour cause de besoin personnel par le bailleur ou la bailleuse. Cela, bien que le besoin personnel soit, aujourd’hui déjà, souvent utilisé comme prétexte pour une résiliation. Le but est alors simplement de remettre ensuite le logement sur le marché à un prix plus élevé ! Avec la modification de la loi prévue, cela serait encore plus facile. Même des locataires âgés qui vivent depuis des années dans leur appartement pourraient être mis à la rue !</p><h3 class="heading--h4"><strong>Enfin un répit, pas de l’air encore plus irrespirable !</strong></h3><p>Le plan du lobby de l’immobilier est clair et précis : d’abord, on expulse plus facilement les locataires et ensuite, on augmente encore plus les loyers. Afin de bien réussir la seconde étape, deux autres modifications de la loi se trouvent déjà dans les « starting blocks ». Elles visent à rendre encore plus difficile la contestation d’un loyer abusif et à inscrire de facto dans la loi la logique des loyers du marché.</p><p>Toutes ces mesures auront pour effet que la spirale des prix des loyers continuera à s’accélérer et que le nombre de logements abordables continuera à diminuer. Cela semble assez surréaliste : comme si les loyers n’étaient pas déjà exorbitants depuis des lustres et si les logements libres et abordables étaient légion dans les grandes agglomérations ! Il est évident qu’au lieu de nouveaux reculs, il faut absolument faire des progrès substantiels dans le droit du bail et sur le marché du logement. Les propositions en ce sens sont sur la table depuis longtemps : les mesures les plus urgentes seraient la mise en œuvre immédiate d’un contrôle régulier du rendement locatif admissible ainsi que le développement rapide des instruments de promotion de la construction de logements prévue depuis une éternité dans la Constitution fédérale.</p><p>Mais d’abord, nous devons mettre ensemble le holà à la tactique du salami qui va dans le sens opposé, mise en œuvre par le lobby de l’immobilier. Et cela, avant même que ne commence le découpage du saucisson empoissonné. Le 24 novembre, un NON massif à ces deux dégradations du droit du bail s’impose.&nbsp;<br>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/servicepublic/Umzug_Auszug_unfreiwillig_Kuendigung_fizkes-iSt.jpg" length="283890" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10276</guid><pubDate>Wed, 02 Oct 2024 08:53:00 +0200</pubDate><title>Protection contre le licenciement abusif dans le droit suisse du travail : situation actuelle et perspectives</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/colloquejuridique2024</link><description>Colloque juridique de l’USS 2024</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le manque de protection contre le licenciement abusif en Suisse a été un thème récurrent ces dernières années. Les tribunaux ont ouvert de nouvelles voies dans l’interprétation des lois en vigueur, par exemple en ce qui concerne les salarié·e·s âgés ou l’égalité. Et, sous l’influence de la jurisprudence et d’engagements internationaux, la discussion autour de la révision de lois, en particulier sur la protection des représentant·e·s des travailleurs et travailleuses et des lanceurs et lanceuses d’alerte, s’est enflammée.</p><p>Le colloque juridique de l’USS fera le point et présentera des perspectives relativement aux exigences et évolutions actuelles en matière de protection contre le licenciement abusif. Des expert-e-s de haut niveau venant des milieux scientifiques et de la pratique présenteront certains aspects d’actualité de la doctrine et de la jurisprudence et donneront des impulsions importantes pour la mise en œuvre juridique et pratique d’une protection moderne contre le licenciement. Le colloque juridique s'adresse aux spécialistes et aux personnes intéressées. Les frais de participation sont réduits pour les membres des syndicats et les étudiant·e·s.</p><p><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/agenda/2024/Colloque_juridique_USS_2024.pdf" target="_blank" class="button" rel="noreferrer"><i class="fa-solid fa-file-pdf" aria-hidden="true"></i> Voir le programme complet</a></p><p><a href="https://uss.sgb.ch/civicrm/event/register?reset=1&amp;id=39" target="_blank" class="button" rel="noreferrer"><i class="fa-solid fa-pen" aria-hidden="true"></i> Inscrivez-vous au colloque</a></p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/5/f/csm_frau_alleine_verzweifelt_buerosituation_d0b0426b9a.jpg" length="152767" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10321</guid><pubDate>Tue, 17 Sep 2024 11:26:51 +0200</pubDate><title>Il est temps d’augmenter les salaires. </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/il-est-temps-daugmenter-les-salaires</link><description>Grande manifestation le 21 septembre à Berne</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les syndicats appellent à une grande manifestation samedi 21 septembre à Berne pour soutenir leurs revendications salariales.</p><p>L'évolution des salaires de ces dernières années est plus que décevante. Malgré la situation globalement bonne de l’économie, les salaires réels sont aujourd'hui inférieurs au niveau de 2019. Après déduction du renchérissement, les travailleurs et travailleuses ont un salaire inférieur à il y a 5 ans. Ce retard salarial doit maintenant être rattrapé. La conjoncture se présente bien et les marges des entreprises restent favorables.</p><p>C'est pourquoi les fédérations de l'USS demandent des augmentations de salaire allant jusqu'à 5 %. Il n'est pas acceptable que les travailleurs et travailleuses gagnent toujours moins en termes réels alors que la productivité augmente. Il faut maintenant rattraper ce retard pour que la valeur du travail soit à nouveau suffisamment reconnue.</p><p>L'évolution des salaires en Suisse est alarmante. Les salarié-e-s dans des secteurs différentes se battent à chaque fin de mois avec des factures élevées, des loyers et des primes de l'assurance maladie en hausse et des salaires trop bas, qui leur permettent de moins en moins de vivre. Les augmentations de salaire substantielles sont maintenant impératives !</p><p>Cela vaut également pour le secteur public. De nombreux cantons et la Confédération sont en retard dans la compensation du renchérissement. Après des années de baisse des salaires réels, le besoin d’amélioration en matière de salaires est très grand.&nbsp;</p><p><strong>Il est donc temps d’augmenter les salaires. Nous demandons des augmentations de salaire allant jusqu'à 5 %.</strong><br>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/a/7/csm_240921_il-est-temps__2-3_fr_eeaff9e2b9.png" length="44963" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10311</guid><pubDate>Fri, 06 Sep 2024 11:36:30 +0200</pubDate><title>L’USS condamne les mesures d’économies irresponsables dans le secteur de la formation et de la jeunesse</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/luss-condamne-les-mesures-deconomies-irresponsables-dans-le-secteur-de-la-formation-et-de-la-jeunesse</link><description>Les propositions du « rapport Gaillard » mettent en péril l’égalité des chances et la capacité de notre pays d’affronter l’avenir</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) est très inquiète et choquée par les propositions que le groupe d’experts Réexamen 2024 des tâches et des subventions vient de publier (rapport Gaillard). Elle dénonce notamment les coupes brutales prévues dans le secteur de la formation et de la jeunesse, qui mettent en péril l’égalité des chances et la capacité de notre pays d’affronter l’avenir.</p><h4>La formation professionnelle et continue est en danger</h4><p>Le rapport propose des coupes massives, par exemple dans les contributions forfaitaires allouées aux cantons pour la formation professionnelle ainsi que dans les contributions liées à des innovations et des projets pour la formation professionnelle et la formation continue. En proposant de supprimer la loi fédérale sur la loi continue, le groupe d’experts lance un signal clair contre l’apprentissage à vie. Or c’est une erreur fatale au vu des exigences croissantes du marché du travail, avec les obligations de formation continue qui s’ensuivent. Au lieu de renforcer les possibilités de formation continue, il est prévu de les réduire encore – une évolution que l’USS condamne fermement.</p><h4>Attaques contre la formation professionnelle et l’intégration des jeunes réfugié-e-s</h4><p>La réorientation de la politique d’intégration des requérant-e-s d’asile (jeunes et jeunes adultes) sur la formation professionnelle s’avère d’autant plus risquée qu’il est prévu de limiter à quatre ans l’obligation d’indemnisation financière de la Confédération, indépendamment de la réussite de l’intégration. Une telle mesure d’économies vise en premier lieu à mettre les cantons sous pression, mais fait au final des jeunes et des jeunes adultes les otages du bras de fer entre la Confédération et les cantons à propos des obligations de financement, mettant ainsi en péril l’intégration sur le marché du travail. En plus d’être injuste socialement, cette mesure est contreproductive, aujourd’hui où le besoin de main-d’œuvre bien formée tant suisse que d’origine étrangère se fait cruellement sentir.</p><h4>Taxes prohibitives pour les étudiant-e-s et les jeunes</h4><p>Le rapport propose notamment d’augmenter massivement les taxes d’études en vigueur dans les hautes écoles suisses (en parlant de manière alambiquée de « renforcement du financement par les utilisateurs »). Les taxes doubleraient pour les étudiant-e-s indigènes, voire quadrupleraient pour les étudiant-e-s étrangers. De telles mesures sont inacceptables car elles entravent l’accès aux études et aboutiraient à un système de formation à deux vitesses. La formation ne saurait être un bien de luxe – il s’agit d’un droit fondamental et elle doit rester accessible à tout le monde, indépendamment de sa situation financière. En outre, le rapport prévoit de réduire de 10 % le forfait fédéral alloué dans le domaine de la mobilité internationale, ce qui nuirait gravement aux chances des jeunes sur un marché du travail de plus en plus internationalisé.</p><h4>Affaiblissement du pôle de recherche suisse</h4><p>En outre, la suppression préconisée des contributions liées à des projets des hautes écoles cantonales signerait l’arrêt de mort d’importants projets portant sur l’égalité des chances (égalité, diversité et inclusion) ou sur l’encouragement de la relève scientifique. Or de telles activités sont nécessaires pour renforcer le pôle de recherche suisse, en cette période de crise et d’incertitudes.</p><p>L’USS refuse catégoriquement les propositions du « rapport Gaillard ». Les coupes prévues dans le secteur de la formation et de la jeunesse hypothèquent les chances d’avenir de la jeune génération et affaiblissent le pôle suisse de la formation et de la recherche. L’USS appelle donc le Conseil fédéral et le Parlement à renoncer à ces mesures d’épargne antisociales et dommageables pour l’avenir, et à investir plutôt dans une politique de formation forte, équitable et tournée vers l’avenir.<br>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/steuern-zahlen/junge_frau_verzweifelt_rechnungen_taschenrechner_lores.jpg" length="491982" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10259</guid><pubDate>Mon, 24 Jun 2024 13:19:30 +0200</pubDate><title>Avantages de la libre circulation avec protection des salaires – besoin d’amélioration</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/avantages-de-la-libre-circulation-avec-protection-des-salaires-besoin-damelioration</link><description>Commentaire du rapport de l&#039;observatoire du 24.6.2024</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le débat sur la politique migratoire suisse est plus que jamais d’actualité, depuis le lancement par l’UDC de sa nouvelle initiative isolationniste (« initiative sur la durabilité »). Ce qui est nouveau, c’est que le président d’economiesuisse s’en mêle en tenant des propos critiques sur l’immigration. Face à ces critiques, la vraie question est de savoir quelle serait l’alternative au système actuel, basé sur la libre circulation des personnes assortie de mesures d’accompagnement. Un système à points ou de contingents serait-il réellement plus favorable aux travailleuses et travailleurs ?</p><p>D’autres pays comme le Canada, l’Australie ou le Royaume-Uni se servent de systèmes à points . Il n’est possible d’immigrer dans de tels pays qu’à condition de remplir les critères fixés par l’État. Il faut par exemple détenir un diplôme universitaire et bien maîtriser la langue nationale. Or beaucoup d’universitaires ayant émigré au Canada doivent se contenter d’emplois auxiliaires – par exemple dans l’hôtellerie-restauration ou en conduisant des taxis. Et comme la protection des salaires laisse à désirer, les études menées révèlent de fortes pressions sur les salaires. En Suisse par contre, il faut un contrat de travail pour immigrer dans le cadre de l’ALCP. Grâce à cette précaution et à la protection des salaires en place, la participation au marché du travail et la situation salariale sont meilleures en Suisse. Au Canada, seuls 44 % des universitaires récemment arrivés dans le pays occupent des postes nécessitant un diplôme de degré tertiaire. En Suisse, ce chiffre est bien plus élevé.<br>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/kampagnen/jobs-und-loehne/Lohnkontrolle_Unia-sw.jpg" length="118491" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10251</guid><pubDate>Fri, 31 May 2024 16:23:00 +0200</pubDate><title>Un cessez-le-feu, paix et une solution juste pour tous les habitants d’Israël et de Palestine</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/un-cessez-le-feu-paix-et-une-solution-juste-pour-tous-les-habitants-disrael-et-de-palestine</link><description>Résolution de l&#039;assemblée des délégué-e-s de l&#039;USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 1er décembre 2023 déjà, l’Union syndicale suisse (USS) adoptait une résolution <a href="/themes/detail/appel-a-la-paix-a-gaza">« Pour la paix et la sécurité en Israël et en Palestine : cessez-le-feu à Gaza »</a>, et constate maintenant avec inquiétude la détérioration dramatique au niveau juridique et humanitaire.</p><p>L’USS est choquée par la spirale de la violence au Proche-Orient. En Israël plus de mille civils innocents ont été victimes de la terreur du Hamas le 7 octobre 2023. Elles/Ils ont été torturé-e-s, violé-e-s, enlevé-e-s et massacré-e-s. Depuis lors, l’armée israélienne a tué ou causé la mort de au moins 35’000 de civils y compris beaucoup d’enfants dans le cadre d’une campagne inacceptable et complètement disproportionnée de déplacement et de destruction dans la bande de Gaza. Le siège israélien de Gaza a bloqué l'entrée de produits de base tels que l'eau, la nourriture et le carburant, obligeant plus de deux millions d'habitants à lutter pour leur survie. La catastrophe humanitaire causée par 16 années de blocus illégal de la bande de Gaza occupée par Israël ne fera qu'empirer si les combats ne cessent pas immédiatement.</p><p>La guerre est toujours une mauvaise réponse et ne fait que causer des souffrances, mais dans ce cas, elle est rendue encore plus odieuse car les belligérants continuent de commettre de graves violations du droit international humanitaire et des crimes de guerre, mis en évidence par les rapports des Nations unies et des ONG. L’escalade de la violence entraîne aussi de plus en plus de souffrances et de victimes en Cisjordanie et dans la zone frontalière entre Israël et le Liban et lors d’attaques de roquettes à l’encontre d’Israël. La poursuite de la violence dans les territoires occupés illégalement par Israël en Cisjordanie constitue un autre facteur de risque d'escalade.</p><p>Nous rappelons que tous ces actes de violence sont régulièrement justifiés par des actes d’agression commis auparavant par la partie adverse. Mais cela ne change rien au fait que la terreur et les crimes de guerre et contre l’humanité commis des deux côtés n’ont aucune justification et que la violence génère toujours plus de violence.</p><p>C’est pourquoi nous demandons :</p><ul><li>Un cessez-le-feu immédiat, durable et sans conditions de toutes les parties au conflit. L’armée israélienne doit immédiatement stopper ses attaques, se retirer de Gaza, lever le blocus et permettre l’accès à l’aide humanitaire urgente à Gaza. Le groupe terroriste Hamas doit stopper ses tirs de roquettes sur Israël.&nbsp;</li><li>La libération immédiate des otages capturés par le Hamas en Israël.</li><li>La libérastion imméridate de tous les Palestiniens arrêtés de manière extrajudiciaire.</li></ul><p>Nous sommes solidaires avec les victimes, la population civile innocente en Palestine et en Israël. Les souffrances doivent cesser. Et nous exprimons tout particulièrement notre vive reconnaissance et notre entière solidarité aux personnes en Palestine et en Israël qui, malgré la détresse, l’épouvante et la souffrance s’opposent aux belligérants de tous côtés et continuent à s’engager pour une coexistence pacifique des populations au Proche-Orient indépendamment de la religion, de la nationalité et de l’origine : militant-e-s de partis de gauche et syndicats, ONG ainsi que pacifistes, démocrates et antiracistes.</p><p>Pour donner une chance à ces forces de la paix, il faut le soutien ferme de la communauté internationale pour une paix durable. Ce qui est notamment nécessaire :</p><ul><li>Le soutien ferme de l’aide humanitaire sur place, en particulier par l’UNRWA.</li><li>Le renoncement à la livraison à Israël d’armes et de biens à double usage qui pourraient être impliqués dans les actes de guerre et les violations de droits humains à Gaza et en Cisjordanie ; l’abandon de tout transfert de technologie et de savoir-faire en particulier d’institutions suisses qui pourraient conduire à des violations des droits humains à Gaza et en Cisjordanie.</li><li>Le soutien à l’enquête de la Cour pénale internationale et de la CIJ concernant des crimes des parties au conflit.&nbsp;</li><li>Le Hamas doit être désarmé durablement et dissout.</li><li>Des sanctions appropriées contre le gouvernement israélien jusqu’à ce qu’il mette fin à la colonisation illégale dans les territoires occupés. Des sanctions contre les pays qui ont soutenu et financé les attaques terroristes du Hamas du 7 octobre.</li><li>La reconnaissance de la Palestine comme État souverain selon le droit international.</li><li>Sous surveillance internationale, la mise en œuvre et la garantie d’une solution à deux Etats qui assure une coexistence pacifique, la démocratie et les droits humains pour les habitant-e-s d’Israël et de Palestine.&nbsp;</li></ul><p>L’USS demande au Conseil fédéral, à reconnaître la Palestine comme État souverain et de s’engager dans toutes les instances (y c. auprès du Conseil de sécurité de l’ONU et de la CIJ) pour ces revendications, en apportant une contribution substantielle. Nous appelons également les autorités suisses et la direction des universités à respecter le droit à la liberté d'expression et à cesser les répressions contre les manifestant-e-s pacifiques.</p>]]></content:encoded><category>International</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/internat-eu/Frieden-Fahne-Flagge_jmimages-ist.jpg" length="1185497" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10206</guid><pubDate>Mon, 13 May 2024 15:14:48 +0200</pubDate><title>Comptes annuels 2023 : des cantons avec des caisses pleines à craquer</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/comptes-annuels-2023-des-cantons-avec-des-caisses-pleines-a-craquer</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Alors que la Confédération accélère d’une manière économiquement et financièrement absurde – la mise en place à tous les niveaux de programmes d’austérité, les comptes annuels 2023 de la plupart des cantons font apparaître une grande marge de manœuvre. Cette dernière doit d’autant plus être exploitée dans l’intérêt de la population.</p><h4>Erreurs de budget sur les recettes et les dépenses</h4><p>Après la présentation des comptes annuels 2023 de tous les cantons, on constate un excédent cumulé des comptes de résultat de 2,2 milliards de francs, pour un déficit budgétisé de1,6 milliard. Les cantons justifient cette « erreur de calcul » de 3,8 milliards principalement par des recettes plus importantes que prévu, provenant avant tout du produit de l’imposition des entreprises, mais aussi de l’impôt sur le revenu ainsi que de placements financiers et – dans quelques rares cantons – des recettes de ventes d’électricité. Du côté des charges, beaucoup de cantons ont indiqué que les dépenses entraînées par les personnes en quête de protection provenant d’Ukraine ont été moins élevées que ce qui avait été budgétisé (cela, d’une part parce que le nombre des personnes ayant besoin de protection a été moins grand que prévu et, de l’autre, parce que la Confédération a pris en charge une part plus grande des coûts que ce qui avait été budgétisé). Également souvent signalées, les dépenses de personnel plus basses que prévues, ce qui, indépendamment du besoin général en personnel, est incompré-hensible parce que, pour l’an dernier, les adaptations de salaire budgétisées de presque tous les cantons étaient déjà restées très en deçà du renchérissement.&nbsp;</p><h4>Bénéfice de la BNS : une budgétisation bien trop optimiste</h4><p>L’absence totale de distributions du bénéfice de la Banque nationale suisse (BNS) l’an dernier est ressortie de manière négative dans de nombreux comptes. Si l’on cumule les montants en question ici, les cantons ont budgétisé des versements de la BNS de 1,6 milliard pour 2023 (en moyenne, cela correspondait à un peu plus d’une double distribution budgétisée). Et cela, même si l’on peut bien argumenter qu’au moment de l’établissement des budgets un renonce-ment nécessaire aux distributions du bénéfice de la BNS était déjà largement prévisible. Si l’on ajoute le poste BNS à la différence avérée entre budget et comptes, l’écart se monte en tout à 5,4 milliards de francs, une somme exorbitante.&nbsp;</p><h4>Imposition des entreprises : de graves disparités&nbsp;</h4><p>On trouve des cantons dont les comptes positifs attirent particulièrement l’attention. Ainsi, les comptes de résultat des cantons de Zurich et d’Argovie présentent un résultat meilleur, de 351 millions, respectivement 416 millions, que budgétisé (pour Zurich, malgré une distribution du bénéfice de la BNS budgétisée à 239 millions). La différence est cependant encore plus marquée pour les cantons de Bâle-Ville (421 millions), Zoug (213 millions) et, surtout, Genève, dont les comptes bouclent sur pas moins de 1,9 milliard de mieux que budgétisé. Et il s’agit précisément, avec ce trio – honni soit qui mal y pense – des trois cantons qui profiteront le plus de l’application par la Suisse de l’imposition minimale des entreprises selon l’OCDE. De fait, selon le projet de la Confédération adopté, les trois quarts des recettes supplémentaires de l’« impôt complémentaire », comme il est appelé, resteront dans les cantons. Genève, Zoug et Bâle-Ville en toucheront la part du lion. Cela, même si le produit de l’impôt sur les entreprises y est déjà extrêmement élevé et, justement l’an dernier – encore avant la mise en œuvre de l’impôt de l’OCDE –, a continué à augmenter dans une mesure exceptionnellement forte. Il est de ce fait déjà clair aujourd’hui que les cantons – surtout ceux qui sont financièrement solides – auront d’autant plus la responsabilité d’engager explicitement les milliards supplémentaires at-tendus pour le bien-être de la population locale.</p><h4>Réductions des primes-maladie</h4><p>Parmi les choses les plus graves, il y a sans aucun doute l’absence de volonté des cantons de réduire les primes-maladie (voir aussi d’anciennes analyses de l’USS). Depuis des années, une grande partie des cantons se désengagent de cette tâche qui leur est intégralement assignée, ce qu’ils n’ont malheureusement pas craint de faire l’an dernier : alors qu’en 2023, les primes moyennes ont augmenté dans toute la Suisse de pas moins de 5,4 % (et qu’en plus la popula-tion aussi), au moins sept cantons ont, selon les premiers chiffres des comptes, continué à di-minuer en termes nominaux les moyens qu’ils destinent aux réductions des primes. Ce n’est là rien d’autre qu’un affront fait à la population « normale », dont la charge, en plus du nouveau bond des primes auquel elle doit faire face, s’alourdit davantage. Au lieu de les réduire, les can-tons devraient au contraire substantiellement augmenter les moyens qu’ils allouent aux réduc-tions des primes. Et ils pourraient le faire sans aucun problème et immédiatement. En effet, comme pendant les deux dernières années, les excédents comptables cumulés des cantons (2,2 milliards de francs) auraient suffi pour doubler les moyens affectés aussi en 2023 par eux aux réductions des primes !<br>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/0/5/csm_muenz_franken_kleingeld_fuenfliber_assalve_iStock_916e817b22.jpg" length="220123" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10194</guid><pubDate>Tue, 30 Apr 2024 13:58:31 +0200</pubDate><title>Nombre de membres en hausse dans les syndicats de l’USS</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/nombre-de-membres-en-hausse-dans-les-syndicats-de-luss</link><description>Première augmentation d’effectifs depuis dix ans</description><content:encoded><![CDATA[<p><span lang="FR-CH">L’USS, qui constitue de loin la plus grande organisation faîtière syndicale de Suisse, comptait à la fin de l’année dernière 315&nbsp;790&nbsp;membres (+0,19&nbsp;%). Les syndicats affiliés à l’USS affichent ainsi leur première hausse d’effectifs depuis dix ans, avec près de 600&nbsp;membres supplémentaires. En outre, la proportion de femmes atteint avec 32,8&nbsp;% un nouveau record. Alors qu’elle perdait 1363&nbsp;hommes (-0,64&nbsp;%), l’USS compte désormais dans ses rangs 1963&nbsp;femmes supplémentaires (+1,93&nbsp;%).</span></p><p><span lang="FR-CH">Cette croissance tient aussi à l’adhésion des deux fédérations HelvetiCA (contrôleuses et contrôleurs aériens) et SPV (corps enseignant vaudois). Or même sans ces adhésions, la diminution d’effectifs aurait été bien inférieure à 1&nbsp;% (-2284&nbsp;</span><span style="font-family:&quot;Cambria Math&quot;,serif;" lang="FR-CH">≙</span><span lang="FR-CH"> -0,72&nbsp;%), soit le plus faible taux de sorties enregistré depuis 2016. L’évolution des membres a été particulièrement réjouissante au syndicat du personnel de cabine kapers, en hausse de presque 20&nbsp;% (+462&nbsp;</span><span style="font-family:&quot;Cambria Math&quot;,serif;" lang="FR-CH">≙</span><span lang="FR-CH"> +19,41&nbsp;%). Quant aux fédérations en recul, leur dynamique baissière s’est fortement ralentie.</span></p><p>Effectifs 2023/22 des fédérations affiliées à l'USS</p><figure class="table" style="height:888px;width:962px;"><table class="contenttable"><tbody><tr><td><strong>Fédération</strong></td><td><strong>2023</strong></td><td><strong>2022</strong></td><td><strong>Femmes 2022</strong></td><td><strong>Part des femmes en %</strong></td></tr><tr><td>Unia</td><td>174’540</td><td>175’274</td><td style="height:13.5pt;width:72pt;">48’203</td><td style="height:13.5pt;width:80pt;">27.63</td></tr><tr><td>SEV</td><td>36’916</td><td>37’237</td><td style="border-top-style:none;height:13.5pt;">7’228</td><td style="border-top-style:none;height:13.5pt;">19.58</td></tr><tr><td>SSP</td><td>32’037</td><td>32’142</td><td style="border-top-style:none;height:13.5pt;">18’553</td><td style="border-top-style:none;height:13.5pt;">57.91</td></tr><tr><td>syndicom</td><td>29’034</td><td>29’181</td><td style="border-top-style:none;height:13.5pt;">9’255</td><td style="border-top-style:none;height:13.5pt;">31.88</td></tr><tr><td>SIT</td><td>9’165</td><td>9’258</td><td style="border-top-style:none;height:13.5pt;">4’925</td><td style="border-top-style:none;height:13.5pt;">53.74</td></tr><tr><td>APC</td><td>7’378</td><td>7’669</td><td style="border-top-style:none;height:13.5pt;">2’172</td><td style="border-top-style:none;height:13.5pt;">29.44</td></tr><tr><td>ASEB</td><td>5’691</td><td>6’306</td><td style="border-top-style:none;height:13.5pt;">1’926</td><td style="border-top-style:none;height:13.5pt;">33.84</td></tr><tr><td>AvenirSocial</td><td>3’785</td><td>3’815</td><td style="border-top-style:none;height:13.5pt;">2’712</td><td style="border-top-style:none;height:13.5pt;">71.65</td></tr><tr><td>kapers</td><td>2’842</td><td>2’380</td><td style="border-top-style:none;height:13.5pt;">1’870</td><td style="border-top-style:none;height:13.5pt;">65.80</td></tr><tr><td>SSM</td><td>2’666</td><td>2’739</td><td style="border-top-style:none;height:13.5pt;">1’156</td><td style="border-top-style:none;height:13.5pt;">43.36</td></tr><tr><td>GaraNto</td><td>2’614</td><td>2’719</td><td style="border-top-style:none;height:13.5pt;">409</td><td style="border-top-style:none;height:13.5pt;">15.65</td></tr><tr><td>SSPM</td><td>2’476</td><td>2’516</td><td style="border-top-style:none;height:13.5pt;">1’545</td><td style="border-top-style:none;height:13.5pt;">62.40</td></tr><tr><td>SPV</td><td>2’232</td><td>— <sup>1</sup></td><td style="border-top-style:none;height:15.75pt;">1’875</td><td style="border-top-style:none;height:15.75pt;">84.01</td></tr><tr><td>USDAM</td><td>1’687</td><td>1’719</td><td style="border-top-style:none;height:13.5pt;">710</td><td style="border-top-style:none;height:13.5pt;">42.09</td></tr><tr><td>ScèneSuisse</td><td>1’350</td><td>1’384</td><td style="border-top-style:none;height:13.5pt;">747</td><td style="border-top-style:none;height:13.5pt;">55.33</td></tr><tr><td>HelvetiCA</td><td>652</td><td>— <sup>1</sup></td><td style="border-top-style:none;height:14.25pt;">119</td><td style="border-top-style:none;height:14.25pt;">18.25</td></tr><tr><td>Nautilus</td><td>530</td><td>561</td><td style="border-top-style:none;height:13.5pt;">14</td><td style="height:13.5pt;">2.64</td></tr><tr><td>ESPA</td><td>262</td><td>267</td><td style="height:15.75pt;">11</td><td style="height:15.75pt;">4.20</td></tr><tr><td>New Wood</td><td>23</td><td>23</td><td style="height:16.5pt;">12</td><td style="height:16.5pt;">52.17</td></tr><tr><td><strong>Total</strong></td><td><strong>315’790</strong></td><td><strong>315’190</strong></td><td><strong>101’479</strong></td><td style="border-top-style:none;height:20.1pt;"><strong>32.76</strong></td></tr></tbody></table></figure><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><p><sup>1</sup>Adhésion 2023</p><p>&nbsp;</p><p>Abbréviations (voir tableau) :</p><figure class="table"><table class="contenttable"><tbody><tr><td>Unia :</td><td>Le syndicat</td></tr><tr><td>SEV :</td><td>Syndicat du personnel des transports</td></tr><tr><td>SSP :</td><td>Syndicat des Services publics</td></tr><tr><td>syndicom :</td><td>Syndicat des médias et de la communication</td></tr><tr><td>SIT :</td><td>Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleurs</td></tr><tr><td>APC :</td><td>Association du personnel de la Confédération</td></tr><tr><td>ASEB :</td><td>Association suisse des employés de banque</td></tr><tr><td>AvenirSocial :</td><td>Association professionnelle suisse du travail social</td></tr><tr><td>SSM :</td><td>Syndicat suisse des mass media</td></tr><tr><td>GaraNto :</td><td>Le syndicat compétent du personnel des douanes</td></tr><tr><td>SSPM :</td><td>Société suisse de pédagogie musicale</td></tr><tr><td>kapers:</td><td>Syndicat du personnel de cabine</td></tr><tr><td>SPV:</td><td>Société pédagogique vaudoise</td></tr><tr><td>USDAM :</td><td>Union suisse des artistes musiciens</td></tr><tr><td>ScèneSuisse&nbsp;:</td><td>Association des professionnels des arts de la scène</td></tr><tr><td>HelvetiCA:</td><td>Association suisse des contrôleuses et contrôleurs aériens (HelvetiCA, Swiss Controllers Association)</td></tr><tr><td>Nautilus:</td><td>Syndicat du personnel de la navigation</td></tr><tr><td>ESPA:</td><td>easyJet Switzerland Pilots Association</td></tr><tr><td>New Wood:</td><td>Syndicat New Wood des Nations Unies</td></tr></tbody></table></figure><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/7/6/csm_demostart160923_sgb-tf_f50d3619d6.jpg" length="479065" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10187</guid><pubDate>Thu, 25 Apr 2024 12:55:01 +0200</pubDate><title>Non à l’initiative « pour la liberté et l’intégrité physique »</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/non-a-linitiative-pour-la-liberte-et-lintegrite-physique</link><description>Position de l&#039;USS</description><content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size:12.0pt;" lang="FR-CH">L'USS rejette clairement l'initiative, car elle n'offre aucun avantage aux travailleurs et conduira au contraire à une insécurité juridique, notamment en ce qui concerne les mesures de protection prises par l'Etat sur le lieu de travail pendant les pandémies.</span></p><p><span style="font-size:12.0pt;" lang="FR-CH">L'initiative populaire intitulée "Pour la liberté et l'intégrité physique" demande que toute atteinte à l'intégrité physique ou mentale, notamment les vaccinations, soit soumise au consentement explicite des personnes. Elle souhaite limiter la portée de mesures qui seraient prescrites par l'Etat. Les initiants militent en particulier contre une obligation de vaccination qui n'existe pas et qui est purement théorique.</span></p><p><span style="font-size:12.0pt;" lang="FR-CH">L'initiative est toutefois formulée de manière très large ou peu claire et pourrait avoir une influence négative sur de nombreux domaines de l'action de santé publique.</span></p><p><span style="font-size:12.0pt;" lang="FR-CH">Ironiquement, l'initiative ne concerne pas les relations entre personnes privées, de sorte que les employeurs pourraient continuer à fixer des mesures telles que des prescriptions de vaccination dans le contrat de travail. En revanche, la protection de la santé par la loi serait limitée. C’est inacceptable, et il faut donc voter clairement non à cette initiative.</span></p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/e/f/csm_delegiertenversammlung2018-abstimmung_Foto-SGB-TF_fbddb64d07.jpg" length="190601" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10183</guid><pubDate>Thu, 25 Apr 2024 12:00:40 +0200</pubDate><title>Pour les assuré-e-s et le personnel de la santé : NON au frein aux coûts !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/pour-les-assure-e-s-et-le-personnel-de-la-sante-non-au-frein-aux-couts</link><description>Les bonnes raisons pour un NON clair le 9 juin</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’initiative pour un frein aux coûts ni ne résout le problème du financement antisocial, ni n’économise là où il le faudrait. Si elle était acceptée, on devrait bien au contraire craindre que la médecine à deux vitesses et la politique d’austérité sur le dos du personnel ne continuent à se développer. C’est pourquoi un NON clair à cette dangereuse initiative s’impose le 9 juin prochain.</p><h3 class="heading--h4">Une logique erronée</h3><p>L’initiative pour un frein aux coûts veut qu’à l’avenir «&nbsp;les coûts évoluent conformément à l’économie nationale et aux salaires moyens&nbsp;». Si cela n’est pas le cas, les partenaires tarifaires dans un premier temps et ensuite la Confédération et les cantons devront prendre des mesures visant à faire baisser les coûts. L’initiative part de la logique selon laquelle il suffirait d’économiser suffisamment et de manière efficace pour que les primes-maladie baissent et que les problèmes de financement du système de santé suisse soient résolus. Cette approche est très dangereuse et ce, à plusieurs égards.&nbsp;</p><h3 class="heading--h4">Affairisme et sur-approvisionnement en soins&nbsp;: un important potentiel d’économies</h3><p>Selon plusieurs rapports officiels, on pourrait économiser soi-disant facilement 20&nbsp;% des dépenses sans entraîner de limitation des soins ni de réduction de la qualité. De fait, le potentiel d’économies dans le système de santé est sans doute considérable et il est absolument nécessaire de juguler le gaspillage, le sur-approvisionnement et l’affairisme existants. Finalement, il s’agit ici d’un domaine essentiel du service public qui doit à juste titre, aussi dans tous les autres domaines, satisfaire à des exigences et à des contrôles budgétaires clairs. Qu’est-ce qui ne fonctionne pas&nbsp;? Prenons trois exemples&nbsp;: l’industrie pharmaceutique fait des affaires en or avec l’assurance de base&nbsp;: le prix des médicaments est bien trop élevé et le recours aux génériques bien trop rare. Les hôpitaux privés et, à travers les assurances complémentaires, les assureurs se jettent toujours sur les traitements rentables, opèrent trop souvent et chargent ainsi directement l’assurance de base. Et la numérisation n’existe encore nulle part dans le système de santé suisse, ce qui coûte toujours plus cher et doit enfin changer (on trouve désormais à l’étranger suffisamment d’exemples qui fonctionnent).&nbsp;</p><h3 class="heading--h4">Le financement antisocial et la charge des primes subsisteraient</h3><p>Mais potentiel d’économies ou pas, même si l’on pouvait économiser 20&nbsp;% avec des mesures «&nbsp;indolores&nbsp;», cela ne résoudrait en aucun cas le problème du financement antisocial à travers des primes individuelles (par tête). Nous retrouverions alors le niveau des primes de 2018. Or c’est précisément cette année qu’a été lancée l’initiative des 10&nbsp;%, parce que la charge des primes supportée par les ménages à bas ou moyen revenu avait déjà pris des proportions inacceptables.&nbsp;</p><h3 class="heading--h4">Mise en œuvre dangereuse par un parlement sous la coupe d’un lobby</h3><p>Concernant les coûts, la réalité politique en matière de santé est à vrai dire beaucoup plus sombre. Une grande partie des mesures de maîtrise des coûts jugées judicieuses par les syndicats est bloquée depuis des années par un Parlement sous la coupe d’un lobby, ce qui concerne tout aussi bien le financement social de l’assurance-maladie. Parmi ces opposants, on trouve aussi une partie non négligeable du parti même qui a lancé l’initiative pour un frein aux coûts&nbsp;: Le Centre. Et c’est précisément ce Parlement qui devrait mettre un jour en œuvre cette dernière en cas d’acceptation. C’est pourquoi on devrait alors s’attendre à ce que des économies soient faites là où elles n’ont absolument pas lieu d’être faites, c’est-à-dire dans le personnel et la qualité des soins.&nbsp;</p><h3 class="heading--h4">Pour le personnel,&nbsp;c’est l’inverse d’économies qui est de mise&nbsp;</h3><p>C’est connu, le personnel de la santé est à bout de souffle depuis des années et souffre chroniquement d’une pression aux économies qui continue à s’accroître. S’ajoute à cela la pénurie de personnel déjà existante, qui ne cesse de s’aggraver et qui augmentera encore plus ces prochaines années en raison de l’évolution démographique. C’est pour cela que ce dont on a besoin, c’est de la mise en œuvre sans délai de l’initiative sur les soins infirmiers acceptée par une grande majorité de la population. Et cette initiative est le contraire d’un frein aux coûts dans le domaine du personnel&nbsp;!</p><h3 class="heading--h4">Une armoire à poisons pour développer la médecine à deux vitesses</h3><p>Si l’on n’économisait pas dans le personnel, des coupes risqueraient alors d’être faites dans les soins ainsi que concernant leur accès. L’armoire à poisons pour ce faire de la droite est pleine à ras bord&nbsp;: «&nbsp;assurance-maladie light pour les personnes de condition modeste&nbsp;», compte épargne-santé, franchises allant jusqu’à 10&nbsp;000&nbsp;francs, coupes drastiques dans le catalogue des prestations, développement des assurances complémentaires, etc. Il est clair que tout cela économiserait des coûts dans l’assurance de base, mais à un prix sociétal et social inacceptable. La médecine à deux vitesses s’est déjà beaucoup trop développée dans notre système de santé. Cela, surtout à cause de l’importante participation des assuré-e-s aux coûts (en sus de la charge des primes) qui dissuade toujours plus de personnes à bas revenu de se rendre chez le médecin, même lorsqu’il est urgent de le faire.&nbsp;</p><h3 class="heading--h4">Contre-projet et initiative des 10&nbsp;%&nbsp;: des solutions bien meilleures pour freiner les coûts</h3><p>L’initiative pour un frein aux coûts est la clé de l’armoire à poisons de la majorité parlementaire sous la coupe d’un lobby. Elle entraînerait une désolidarisation encore plus prononcée dans le système de santé. C’est pourquoi il faut clairement la rejeter. Dans ce cas, c’est le contre-projet indirect adopté par le Parlement qui entrerait en vigueur. Celui-ci donne à la Confédération et aux cantons la compétence d’agir sur les tarifs, ce qui devrait avoir une incidence positive pour les payeurs et payeuses de primes. Mais il y a plus important encore&nbsp;: le OUI à l’initiative d’allègement des primes le 9 juin est non seulement le meilleur moyen de réduire la charge des primes, mais aussi de baisser les coûts. Cela, parce que la Confédération et les cantons auront enfin, avec le développement des réductions des primes qui en découlera, un grand et vrai intérêt commun de s’opposer à la puissance du lobby de la pharma, des assureurs complémentaires et des hôpitaux privés ainsi que de limiter efficacement la course aux profits qu’il mène au détriment des primes et des contribuables.</p>]]></content:encoded><category>Santé</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gesundheit/Gesundheitskosten-Arztin-rechnet_AndreyPopov-ist.jpg" length="314587" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10179</guid><pubDate>Wed, 24 Apr 2024 15:53:58 +0200</pubDate><title>Pas d’économies dans la formation !</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/pas-deconomies-dans-la-formation</link><description>Commentaire de l&#039;USS sur le message FRI 2025 - 2028</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Dès fin avril commence l’examen préalable dans les commissions compétentes du prochain Message FRI 2025-2028, qui définit les priorités et le cadre financier dans les domaines de la formation, de la recherche et de l’innovation. Pour l’Union syndicale suisse (USS), c’est le moment de se positionner clairement encore une fois contre les propositions d’économies de la Confédération.</p><h3 class="heading--h4"><strong>Pour une priorisation du domaine FRI</strong></h3><p>Selon le Message FRI 2025-2028, le Conseil fédéral veut maintenir l’objectif « La Suisse reste leader dans la formation, la recherche et l’innovation ». En ce sens, la Suisse doit mieux exploiter son potentiel de main-d’œuvre et investir nettement plus dans la formation et la formation continue. Cela nécessite une offensive en matière de formation, y compris une priorisation politique des investissements liés.<br>Par le passé, les investissements dans le domaine FRI ont toujours été adaptés par la Confédération à la croissance attendue du nombre de personnes en formation et d’étudiant-e-s. Le Message FRI 2025-2028 marque une nette rupture. Il menace de détériorer les conditions d’encadrement, d’accroître la dépendance vis-à-vis des fonds de tiers, d’engendrer une perte de qualité de la formation, de restreindre les admissions et le nombre de places de formation, de réduire les prestations et d’augmenter les taxes d’études.</p><h3 class="heading--h4"><strong>Cadre financier insuffisant</strong></h3><p>Selon le projet mis en consultation début juin 2023, le Conseil fédéral proposait pour le domaine FRI une enveloppe financière de 29,7 milliards de francs, ainsi qu’une augmentation des moyens nominaux de 2 %. Dans sa réponse à la consultation, l’Union syndicale suisse (USS) avait exigé un taux de croissance moyen réel d’au moins 2,5 %, ainsi que l’abandon du plafonnement. Le renchérissement prévu doit être compensé et les dépenses doivent adaptées à l’augmentation du nombre d’étudiant-e-s. Mais le Conseil fédéral veut désormais plafonner la croissance nominale des moyens non corrigée du renchérissement à seulement 1,6 %, et a encore réduit le projet d’un demi-milliard de francs à 29,2 milliards dans le cadre du plan financier de la législature, sans pour autant adapter les objectifs et les priorités d’encouragement. Compte tenu du renchérissement et de l’augmentation attendue du nombre de personnes en formation et d’étudiant-e-s, le Message FRI 2025-2028 proposé par le Conseil fédéral est de facto un projet d’économie, équivalant à un démantèlement de la formation et de la recherche.</p><h3 class="heading--h4"><strong>Non à la cannibalisation des différents domaines de la formation</strong></h3><p>Les différents domaines de la formation (formation professionnelle, formation supérieure, formation continue) ne doivent pas être mis en concurrence. Malgré toute l’excellence prônée, la Suisse n’atteint pas son objectif de 95 % de jeunes de 25 ans titulaires d’un diplôme du sec. II ; et environ 300’000 actifs de 25 à 50 ans ne disposent d’aucun diplôme professionnel. À raison, la formation continue a été donc été définie comme priorité d’encouragement dans le Message FRI 2025-2028. C’est juste et important pour relever les défis urgents de la société. D’autant plus qu’au vu de l’évolution démographique, la Suisse doit mieux exploiter son potentiel de main-d’œuvre indigène en améliorant l’intégration des migrant-e-s, des femmes et des travailleuses et travailleurs seniors sur le marché du travail.</p><h3 class="heading--h4"><strong>Contre les économies faciles dans la formation</strong></h3><p>À cause d’une interprétation stricte du frein à l’endettement, le Conseil fédéral veut maintenant faire des économies, malgré le faible niveau d’endettement de la Suisse en comparaison internationale. Car il ne prend en compte que le côté des dépenses. L’équilibre du budget fédéral pourrait également être atteint par des recettes supplémentaires, mais cela n’est guère discuté. À la place, des coupes transversales linéaires de 1,4 % sur toutes les dépenses faiblement liées s’imposent, qui touchent le Domaine FRI de manière disproportionnée. La politique fédérale considère la plupart des postes de dépenses du Domaine FRI comme des « dépenses faiblement liées ». Elles doivent être utilisées pour des corrections budgétaires à court terme pour assainir le budget. En bref, malgré toutes les assurances du contraire, c’est dans la formation qu’il faut désormais économiser.</p><h3 class="heading--h4">Le parlement doit corriger le tir</h3><p>Si le Conseil fédéral ne veut pas voir de marge de manœuvre pour des raisons de politique financière, le parlement doit maintenant agir. Une entreprise politiquement difficile, à une époque où l’argent est vite dépensé pour le sauvetage de banques ou l’armée. L’USS et ses fédérations membres s’engageront de toutes leurs forces pour que la Suisse fasse suivre la proclamation de son leadership en matière de formation, de recherche et d’innovation par des actes.<br>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/3/2/csm_ETH-Zuerich_Foto_josipivankovicunsplash_96d259b181.jpg" length="318023" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10171</guid><pubDate>Wed, 17 Apr 2024 14:46:51 +0200</pubDate><title>Plafonner enfin le pire des impôts</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/plafonner-enfin-le-pire-des-impots</link><description>Discours de Pierre-Yves Maillard lors de la conférence de presse sur l’initiative d’allègement des primes</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 9 juin, le peuple suisse aura une chance qui ne se représentera pas avant longtemps. Il pourra enfin régler un problème que la majorité politique ne veut pas traiter. Il pourra corriger une anomalie fiscale scandaleuse et donner une limite constitutionnelle au pire des impôts, en votant oui à l’initiative d’allègement des primes d’assurance-maladie.<br>&nbsp;</p><h3 class="heading--h4"><strong>Où sont les esprits libéraux&nbsp;?</strong></h3><p>Le monde politique et médiatique suisse est sans doute l’un de ceux qui compte la plus grande densité d’esprits qui se disent libéraux. Il y a des libéraux écolos, des libéraux conservateurs, des ultralibéraux, etc. Alors comment se fait-il que la Suisse ait inventé un impôt qui n’a pas de limite&nbsp;? La prime d’assurance-maladie doit être payée par tous, y compris par les enfants. D’autres assurances sont obligatoires, mais l’assurance-maladie s’impose à toute la population. On n’est pas obligé de posséder une voiture ou une maison et donc de s’assurer contre les risques qu’entraîne la possession de ces biens. Mais on est obligé de s’assurer contre les risques de maladie et accidents.</p><p>La prime d’assurance-maladie est donc techniquement un prélèvement obligatoire. Si on ne la compte pas dans la comparaison internationale des quote-part fiscales, c’est à cause d’une particularité unique&nbsp;: ce sont des entités privées qui la prélèvent. Ainsi, on peut croire que la Suisse a une quote-part fiscale inférieure aux autres pays de l’OCDE. Même Economiesuisse, dans un communiqué du 22 décembre 2014, trouve cela étrange et fait remarquer que si, comme tous les pays de l’OCDE, nous comptions l’assurance-maladie obligatoire dans la quote-part fiscale, celle-ci serait plus élevée que la moyenne en Suisse, à près de 40&nbsp;% du PIB.</p><p>La Suisse a donc inventé un impôt injuste, prélevé par tête, qui ne se voit pas dans les comparaisons internationales et qui n’est soumis à aucune limite. Des décisions privées, seulement validées par l’administration, en fixent le montant. Cet impôt inique peut donc augmenter chaque année sans l’aval d’aucun Parlement ou du peuple. Tous les autres impôts connaissent une limite dans la loi ou dans la Constitution, sauf la prime d’assurance-maladie. Or le consentement à l’impôt est un principe cardinal d’une démocratie dite «&nbsp;libérale&nbsp;». Mais les esprits libéraux en Suisse trouvent cette situation normale.</p><p>Cette anomalie s’explique par une raison simple : cet impôt sans limite ne fait mal ni aux riches, ni aux entreprises, mais aux gens qui travaillent et à la classe moyenne. C’est pourquoi c’est le seul qu’on laisse augmenter chaque année.<br>&nbsp;</p><h3 class="heading--h4"><strong>Ce n’est pas l’initiative qui génère les coûts</strong></h3><p>On entend les opposants à notre initiative dire que notre initiative entraînerait des coûts exorbitants. Des chiffres effrayants sont articulés. Les modèles déjà existants de plafonnement des primes aux Grisons et dans le canton de Vaud montrent que ces scenarios effrayants ne se réalisent pas dans la pratique. Dans le canton de Vaud, après l’introduction du plafonnement à 10% de la charge d’assurance-maladie, les autres impôts n’ont pas été augmentés. Ils ont au contraire baissé. Plutôt que de faire des théories, pour une fois, on peut observer les effets d’une idée dans la réalité. Et cela montre que notre idée est possible et finançable.</p><p>Mais surtout, il faut dire une chose. Ceux qui parlent des milliards de coût de notre initiative font semblant d’oublier que ces coûts ne sont pas générés par l’initiative. Notre initiative ne crée aucune prestation de santé supplémentaire. Elle remplace simplement par un plafonnement l’actuelle solution de facilité qui consiste à envoyer chaque année à la population une facture de prime plus haute. Au lieu de cela, à partir d’une certaine limite, la facture reviendrait à la collectivité, et alors la majorité politique devrait prendre ses responsabilités, et faire enfin les économies qui s’imposent. Le Centre et la droite disent qu’il y en a beaucoup de possibles. Ils devront enfin les mettre en œuvre.<br>&nbsp;</p><h3 class="heading--h4"><strong>Alors, on veut des aides ciblées pour la population active ou pas ?</strong></h3><p>Pendant la campagne sur la 13ème rente AVS, la droite, le centre et les milieux patronaux ont admis que notre population connaît un problème sérieux de baisse de son pouvoir d’achat. Mais ils ont combattu la 13ème rente parce que, selon eux, elle ne bénéficiera pas aux jeunes et qu’elle n’est pas ciblée. Notre initiative pour le plafonnement des primes répond à ces deux objections. Elle est ciblée sur les familles et les personnes à revenu moyen et elle intègre les actifs. Il y a autant d’actifs que de retraités qui souffrent de primes d’assurance-maladie qui pèsent 15 ou même 20% de leur revenu net.</p><p>Malgré cela, maintenant, le Centre, la droite et les milieux patronaux combattent quand même notre initiative d’allègement des primes. En fait, ils ne veulent rien faire, ni pour les actifs, ni pour les retraités. Ni des mesures générales, ni des mesures ciblées. La baisse du pouvoir d’achat de la population n’est pas leur problème. Ils n’ont rien à proposer. Rien.<br>&nbsp;</p><h3 class="heading--h4"><strong>Après juin, vient septembre</strong></h3><p>Après le 9 juin, il sera trop tard. Et dans les cinq prochaines années, le peuple suisse n’aura plus aucune occasion de se libérer du fardeau des primes. La machine infernale à augmenter le pire des impôts s’est emballée et les lobbyistes au Parlement empêchent les économies rapides et efficaces. Donc septembre 2024 viendra avec de nouvelles augmentations importantes de primes. Puis septembre 2025. Puis septembre 2026. Puis septembre 2027, et ainsi de suite. Le seul espoir est le 9 juin 2024. Après, il sera trop tard. Alors il faut voter un oui massif à l’initiative d’allègement des primes.</p><p>Pierre-Yves Maillard, président de l’USS</p>]]></content:encoded><category>Santé</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/personen/Pierre-Yves_Maillard_c-yoshikokusano-pour-luss.jpg" length="224527" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10158</guid><pubDate>Thu, 11 Apr 2024 12:16:28 +0200</pubDate><title>Baisser les primes, augmenter les salaires !</title><link>https://www.uss.ch/1mai</link><description>1er Mai 2024 : l&#039;appel et les infos et dates de toute las Suisse</description><content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/kampagnen/1mai/1mai2024_FR_1200x900.jpg" length="65507" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10149</guid><pubDate>Tue, 26 Mar 2024 16:20:49 +0100</pubDate><title>Oui le 9 juin 2024 à la loi sur l’électricité</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/oui-le-9-juin-2024-a-la-loi-sur-lelectricite</link><description>Assurer l&#039;approvisionnement et les emplois, renforcer le service public</description><content:encoded><![CDATA[<h4>Teneur</h4><p>Cette loi sur l’électricité (loi relative à un approvisionnement en électricité sûr reposant sur des énergies renouvelables) est une révision de la loi sur l’approvisionnement en électricité (LApEl) ainsi que de la loi sur l’énergie (LEne). Elle est pour l’essentiel un projet relatif à la poursuite et au développement de divers instruments d’encouragement des énergies renouvelables et, ainsi, de la mise en œuvre rapide de la Stratégie énergétique 2050. Cette dernière prévoit l’abandon total des agents énergétiques fossiles et atomiques, raison pour laquelle – afin de remplacer le parc nucléaire et d’électrifier la mobilité et les systèmes de chauffage – les sources d’énergie renouvelable (soleil, vent, eau) doivent être massivement et rapidement développées. Si cela était laissé au bon vouloir du marché, un échec serait certain. Ci-après, quelques axes importants de la loi sur l’électricité :</p><ul><li>Les objectifs de développement et les instruments d’encouragement se focalisent clairement sur le développement du solaire à partir de l’infrastructure existante. Afin de renforcer la production pendant le semestre hivernal, s’y ajoute un développement limité des installations solaires dans les Alpes, des éoliennes et des centrales hydrauliques. Les trois quarts environ de ce développement se feront sur la base de l’infrastructure existante. La loi modifie aussi, en rapport avec le développement dans les surfaces libres, plusieurs dispositions de protection du paysage. La pesée des intérêts reste toutefois intacte.</li><li>La loi sur l’électricité ne prévoit pas uniquement le développement de la production d’énergie renouvelable, mais aussi la mise en œuvre de mesures d’efficacité. Jusqu’en 2035, il s’agira d’économiser 2 TWh par année à travers des efforts en matière d’efficacité. Désormais, les fournisseurs d’électricité seront contraints d’économiser à travers de telles mesures chez leurs client-e-s 2 % d’électricité par rapport à la même période de l’année précédente.</li><li>Les décisions du Parlement ont également modifié la base légale de calcul des tarifs de l’énergie. Désormais, la production propre indigène d’énergie renouvelable devra servir pour une part minimum à l’approvisionnement de base et y être facturée selon les coûts de production. L’électricité potentiellement achetée en plus devra en outre être acquise selon des stratégies qui « les (les gestionnaires de réseau) prémunissent le mieux possible contre les fluctuations de prix du marché ». La disposition sur les tarifs de l’approvisionnement de base diffère donc considérablement du « principe du prix axé sur le marché ». Cela permettra en particulier de mettre également enfin un terme aux « petits jeux » autorisés, grâce auxquels les entreprises énergétiques ont pu répercuter en partie légalement des coûts d’acquisition élevés payés pour les client-e-s libres sur les client-e-s bénéficiant de l’approvisionnement de base.</li><li>Important : l’ouverture intégrale du marché de l’électricité, actuellement à nouveau débattue dans le cadre des négociations avec l’Union européenne, faisait partie intégrante du projet du Conseil fédéral de loi sur l’électricité. Le Parlement a toutefois complètement biffé du projet de loi une libéralisation totale, et cela dès le début des délibérations.</li></ul><h4>Appréciation</h4><ul><li>La loi sur l’électricité s’intègre a priori bien dans l’approche syndicale de la « transition énergétique en tant que service public » et mérite de ce fait notre soutien. Avec la transformation accélérée du système énergétique, le besoin de main-d’œuvre croît aussi dans les secteurs concernés des branches de l’énergie et de la construction. Et fondamentalement, en renforçant la sécurité d’approvisionnement, on renforce simultanément la sécurité de l’emploi.</li><li>Les nouvelles règles concernant la fixation des tarifs énergétiques dans l’approvisionnement de base seront à long terme synonymes, pour les petits client-e-s, de prix équitables et stables, ce qui est très important sous l’angle du pouvoir d’achat. En outre, l’abandon des agents énergétiques fossiles et atomiques rendra la Suisse plus indépendante des livraisons d’énergie et de matières premières par l’étranger et donc moins sensible aux crises géopolitiques et aux flambées des prix sur les marchés mondiaux.</li><li>La loi sur l’électricité n’est pas parfaite. Par exemple, les mesures d’efficacité déjà mentionnées seront financées à travers une majoration, évaluée à 0,2 centime/KWh, du tarif d’utilisation du réseau. Cette mesure doit toutefois être considérée en relation avec la hausse du tarif de l’énergie d’en moyenne presque 5 centimes/kWh durant l’année écoulée. En outre, le supplément sur les coûts de transport reste plafonné par la volonté du législateur à 2,3 centimes/kWh, tandis que les coûts des renforcements du réseau de distribution seront désormais supportés de manière solidaire, à parts égales, par l’ensemble des consommateurs et consommatrices– à la campagne comme en ville.</li><li>Du point de vue syndical, il est de plus absolument déterminant que l’ouverture totale du marché de l’électricité initialement prévue dans le cadre de ce projet ait pu être une nouvelle fois empêchée. Les ménages privés demeurent ainsi des clients et clientes protégés pour l’approvisionnement de base, ce qui leur garantit à long terme des prix équitables et stables. De leur côté, les entreprises cantonales ou communales d’approvisionnement en énergie bénéficieront de la sécurité de planification nécessaire.</li></ul><h4>Principaux arguments syndicaux</h4><ol><li>Avec la loi sur l’électricité, le tournant énergétique devient enfin une réalité. La loi permet de produire davantage de courant à partir d’énergies renouvelables (eau, soleil, vent), d’améliorer l’efficacité énergétique et dès lors de sortir des énergies fossiles, ce qui s’impose pour faire face à l’urgence climatique.</li><li>La loi sur l’électricité renforce la sécurité d’approvisionnement et donc aussi la sécurité des emplois en Suisse. Le besoin de main-d’œuvre augmentera dans les branches de l’énergie et de la construction, et les syndicats veilleront à ce que les emplois verts créés soient aussi des emplois de qualité.</li><li>Grâce à la loi sur l’électricité, le tournant énergétique n’est pas laissé au bon vouloir du marché mais a pour principal acteur le service public suisse, qui a fait ses preuves. Les petits clients et clientes demeurent ainsi protégés pour l’approvisionnement de base et bénéficieront à long terme de prix de l’électricité équitables et stables.<br>&nbsp;</li></ol>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/3/b/csm_Stromleitung_flickr-pixelteufel_cc-by_e69834080a.jpg" length="232964" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10071</guid><pubDate>Wed, 06 Dec 2023 11:52:50 +0100</pubDate><title>Financement des soins de longue durée : flambée des primes en vue avec EFAS</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/financement-des-soins-de-longue-duree-flambee-des-primes-en-vue-avec-efas</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le projet de politique de la santé visant au financement uniforme des prestations ambulatoires et hospitalières (EFAS) entrera dans sa phase finale durant la session parlementaire d’hiver. Alors que les pressions pour réformer le système en place se font toujours plus fortes, EFAS passe aujourd’hui dans les milieux professionnels pour être la panacée. Cet acronyme fait miroiter des économies se chiffrant en milliards– alors même qu’au départ, ses concepteurs n’avaient jamais cherché à réaliser des économies.</p><p>Le projet entrera en décembre dans sa cinquième (!) législature, ce qui ne plaide guère en sa faveur. EFAS a subi de multiples remaniements. Il a notamment été décidé d’intégrer les prestations de soins de longue durée (en EMS et à domicile) dans le financement uniforme. Une décision fatale, qui coûterait très cher aux payeurs de primes et au personnel soignant.</p><p>Le directeur d’ARTISET, fédération active dans la branche des soins de longue durée, a argumenté au nom d’autres acteurs du secteur que l’inclusion des soins dans le projet EFAS était indispensable car « dans le financement actuel des soins, les collectivités publiques supportent une part croissante des coûts, alors que la part à charge des assureurs-maladie diminue ». Encore heureux qu’il en aille ainsi ! Chaque fois que les coûts de la santé augmentent – en raison du remboursement de nouveaux médicaments hors de prix ou de l’augmentation du volume des prestations couvertes par les assurances complémentaires –, la hausse est aussitôt répercutée dans sa totalité sur les primes. Cet « impôt par tête » s’alourdit ainsi d’année en année et fera un bond de presque 9 % l’année prochaine. Or le renchérissement des primes ne fait pas la distinction entre l’avocate d’affaires et l’horticulteur-paysagiste. Pour la première cela ne change pas grand-chose, alors que le second subit une ponction insupportable sur son pouvoir d’achat.</p><p>À ce jour, le législateur n’a plafonné le financement par les primes que dans un seul secteur, à savoir les soins de longue durée. Et c’est précisément cet article de loi qu’EFAS ferait passer à la trappe ! À l’avenir, les cantons n’auraient plus à régler le « financement résiduel », et donc les payeurs de primes devraient en plus cofinancer la dynamique des coûts du secteur qui, pour des raisons démographiques, affiche la plus forte croissance annuelle. Ce n’est pas tout : comme la participation aux coûts à verser dans ce secteur – donc les coûts de soins que les gens doivent payer de leur propre poche – dépend aussi de la contribution fixée aujourd’hui à charge de l’assurance, ce plafonnement disparaîtrait également avec EFAS. Avec pour effet qu’à moyen terme, la participation aux coûts serait elle aussi en forte hausse.</p><p>La seule manière d’empêcher cette explosion des primes imputable à EFAS consisterait à fixer le nouveau tarif des soins de longue durée au plus bas niveau possible. Or un tarif à prix cassés reviendrait à faire des économies sur le dos du personnel soignant. Alors que ce dernier tend déjà à déserter la profession, victime d’épuisement. Plus de deux ans après l’acceptation massive de l’initiative sur les soins, il faudrait au contraire investir de manière ciblée en vue d’améliorer les conditions de travail, et par là garantir la qualité et la sécurité de l’offre d’approvisionnement en soins. Dans l’immédiat, il appartient au Parlement de refuser net le projet EFAS.<br>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Santé</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/f/b/csm_Altenheim_iStock-wavebreakmedia-820254064_476e1e8228.jpg" length="179275" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10201</guid><pubDate>Fri, 01 Dec 2023 15:14:00 +0100</pubDate><title>Appel à la paix à Gaza</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/appel-a-la-paix-a-gaza</link><description>Position de l&#039;Union syndicale suisse</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’USS condamne fermement les attaques terroristes du 7 octobre menées par le Hamas, lors desquelles des Israéliens choisis au hasard ont été tués, blessés ou pris en otage. Ces attaques contre la population civile israélienne sont les plus brutales jamais commises depuis Gaza, et rien ne saurait les justifier. L’USS condamne tout aussi fermement la réaction disproportionnée de l’armée israélienne, qui multiplie depuis lors les frappes aériennes sur la bande de Gaza. La population civile palestinienne, qui vit depuis des années déjà sous la dictature brutale du régime du Hamas tout en subissant un blocus inacceptable exercé par Israël, est désormais exposée à des bombardements continus et, faute de soins médicaux, le bilan humain s’alourdit chaque jour. Il faut mettre un terme à cette crise.</p><p>L’USS s’engage résolument en faveur d’un monde où la paix et la démocratie reposent sur l’État de droit et la pleine application du droit international. Elle appelle à un cessez-le-feu et à la création immédiate de corridors humanitaires vers la bande de Gaza, afin d’y soulager la détresse des civils palestiniens. L’USS exige encore la libération inconditionnelle de tous les otages israéliens, le désarmement du Hamas sous l’égide de la communauté internationale et le transfert de la bande de Gaza sous un gouvernement palestinien démocratique et respectueux de l’État de droit. De son côté, le gouvernement israélien devra respecter ses obligations découlant du droit international et mettre en œuvre les décisions de l’ONU. Dans cet esprit, le Conseil fédéral s’engagera en faveur d’une paix durable dans la région et pour un rapide cessez-le-feu.</p><p>En outre, l’USS tient à exprimer sa solidarité avec les travailleuses et travailleurs qui poursuivent leur engagement inlassable afin de couvrir les besoins fondamentaux de la population et demande de veiller à ce que leur protection soit assurée.</p>]]></content:encoded><category>International</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/7/c/csm_DV_Benoit_a8607e43fd.jpg" length="288743" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10018</guid><pubDate>Tue, 07 Nov 2023 13:41:00 +0100</pubDate><title>Les retraitées et retraités demandent des rentes correctes</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/les-retraitees-et-retraites-demandent-des-rentes-correctes</link><description>Plus de 150 retraité-e-s participent au grand sommet des retraité-e-s</description><content:encoded><![CDATA[<p class="contentpasted0"><span style="mso-ansi-language:FR-CH;" lang="FR-CH">Sous le slogan «&nbsp;Travailler plus pour moins de rentes&nbsp;? Maintenant, c’est tout l’enjeu&nbsp;!&nbsp;», plus de 150&nbsp;retraité-e-s engagés se sont retrouvés au début de novembre à Berne. L’Union syndicale suisse avait invité au grand sommet des retraité-e-s, en collaboration avec Travail.Suisse, la Fédération des associations de retraité-e-s et de l’entraide en Suisse (FARES) et l’Association de défense et de détente des retraités (AVIVO Suisse).</span></p><p class="contentpasted0"><span style="mso-ansi-language:FR-CH;" lang="FR-CH">Ce n’est pas un hasard si, pour la première fois depuis presque 20&nbsp;ans, les retraité-e-s des organisations de travailleurs et les deux grandes associations faîtières de seniors font à nouveau front commun. L’inflation, la hausse des loyers et les primes d’assurance-maladie élevées frappent de plein fouet les retraité-e-s. D’ici fin 2024, les seniors auront perdu en pouvoir d’achat l’équivalent d’un mois entier de rente. Seule la 13<sup>e</sup>&nbsp;rente AVS permettrait de combler cette lacune de rente toujours plus béante.</span></p><p class="contentpasted0"><span style="mso-ansi-language:FR-CH;" lang="FR-CH">Pierre-Yves Maillard, président de l’USS, a rappelé à quel point l’histoire de la Suisse est intimement liée à celle de l’AVS. Depuis 75&nbsp;ans le premier pilier, pièce maîtresse de la Suisse sociale, incarne la solidarité et la cohésion du pays et réduit les écarts entre riches et pauvres. Kurt Regotz, ex-président du syndicat Syna, a tiré son chapeau aux luttes communes menées sur le terrain de la prévoyance vieillesse et appelé à un engagement commun contre les plans de démantèlement scandaleux des banques, des employeurs et des jeunes libéraux-radicaux. En effet, ce n’est qu’une mobilisation collective qui permettra de remporter en 2024 les votations importantes sur les retraites. L’ancienne conseillère fédérale Ruth Dreifuss a rappelé la grande force de l’AVS. Les adaptations régulières de rentes dans l’AVS sont d’autant plus importantes pour les retraité-e-s qu’aucune compensation du renchérissement n’est prévue dans le deuxième pilier. Depuis longtemps déjà, les rentes AVS sont à la traîne de l’évolution des salaires. Seule une augmentation pourrait remédier à cette évolution. Paul Rechsteiner, ancien président de l’USS, a invité les personnes présentes à peser de tout leur poids sur les décisions à prendre en matière de retraites. L’anniversaire de l’AVS a également été dûment célébré. Depuis 75&nbsp;ans, les retraité-e-s peuvent compter sur l’AVS pour assurer une partie de leur revenu durant leur vieillesse et en cas de décès.</span></p><p class="contentpasted0"><span style="mso-ansi-language:FR-CH;" lang="FR-CH">À la fin de leur sommet, les retraité-e-s présents ont lancé un signal clair. Dans une résolution adoptée à l’unanimité, ils demandent une politique des rentes pour et non contre les intérêts de la population. Une bonne vie à la retraite présuppose aussi une vie agréable pour les plus jeunes. Une société qui fonctionne bien, solidaire et responsable, de bonnes conditions de travail, des salaires corrects et un équilibre social dans un environnement intact sont indispensables à tout âge. Concrètement, les participant-e-s ont émis les revendications suivantes&nbsp;:</span></p><ul><li><p class="contentpasted0"><span style="font-family:Symbol;mso-bidi-font-family:Symbol;mso-fareast-font-family:Symbol;"></span><span style="font-family:Symbol;mso-ansi-language:FR-CH;mso-bidi-font-family:Symbol;mso-fareast-font-family:Symbol;" lang="FR-CH"></span><span style="mso-ansi-language:FR-CH;" lang="FR-CH">À moyen terme, plus aucun revenu tiré des rentes inférieur à 5000&nbsp;francs et dès à présent une 13<sup>e</sup>&nbsp;rente AVS pour tout le monde. Par conséquent&nbsp;: </span><i><span style="mso-ansi-language:FR-CH;" lang="FR-CH">OUI à l’initiative populaire «&nbsp;Mieux vivre à la retraite&nbsp;»&nbsp;!</span></i></p></li><li><p class="contentpasted0"><span style="font-family:Symbol;mso-ansi-language:FR-CH;mso-bidi-font-family:Symbol;mso-fareast-font-family:Symbol;" lang="FR-CH"></span><span style="mso-ansi-language:FR-CH;" lang="FR-CH">Développement ciblé de l’AVS, solidaire et financée selon le système avantageux de la répartition. Seul le pilier principal de la prévoyance vieillesse, à la fois performant et non bureaucratique, peut rapidement garantir à tout le monde des rentes plus élevées au financement sûr, indépendamment des aléas boursiers et de l’industrie financière.</span></p></li><li><p class="contentpasted0"><span style="font-family:Symbol;mso-ansi-language:FR-CH;mso-bidi-font-family:Symbol;mso-fareast-font-family:Symbol;" lang="FR-CH"></span><span style="mso-ansi-language:FR-CH;" lang="FR-CH">Halte à l’érosion constante des droits à la retraite dans les caisses de pensions. Donc&nbsp;: </span><i><span style="mso-ansi-language:FR-CH;" lang="FR-CH">NON à la coûteuse et antisociale révision de la LPP&nbsp;!</span></i></p></li><li><p class="contentpasted0"><span style="font-family:Symbol;mso-ansi-language:FR-CH;mso-bidi-font-family:Symbol;mso-fareast-font-family:Symbol;" lang="FR-CH"></span><span style="mso-ansi-language:FR-CH;" lang="FR-CH">Quiconque a travaillé toute sa vie mérite une bonne retraite. Les augmentations de l’âge de la retraite sont contre-productives et ne signifient rien d’autre qu’un nouveau démantèlement des rentes. Un refus net s’impose&nbsp;: </span><i><span style="mso-ansi-language:FR-CH;" lang="FR-CH">NON à l’initiative sur les rentes&nbsp;!</span></i></p></li></ul>]]></content:encoded><category>AVS</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/4/d/csm_Sommet-retraites-USS-Lucas_Dubuis-5_3000px_17b0623cd7.jpg" length="171758" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-10020</guid><pubDate>Mon, 06 Nov 2023 16:18:00 +0100</pubDate><title>Fritz Leuthy : décès d’un éminent syndicaliste</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/fritz-leuthy-deces-dun-eminent-syndicaliste</link><description>Hommage de Paul Rechsteiner</description><content:encoded><![CDATA[<p><span style="color:#0C0C0C;font-family:&quot;Arial&quot;,sans-serif;font-size:10.5pt;line-height:150%;">L’Union syndicale suisse a toujours su recruter des personnes d’exception. Fritz Leuthy en fait partie. Pendant des décennies, jusqu’à son départ à la retraite en 1991, il a marqué de son empreinte la politique des syndicats suisses. Sur le dossier phare des assurances sociales, mais aussi comme responsable du secrétariat de l’USS, où il a veillé d’une main ferme à la cohérence de la ligne politique. Et où il s’est efforcé de concilier les positions souvent divergentes des fédérations. Ce n’était pas une mince affaire alors, entre la FTMH, poids lourd aux idées plutôt conservatrices, et d’autres fédérations comme la VPOD (futur SSP), Typographia ou le SLP qui voulaient souvent foncer.</span></p><p><span style="color:#0C0C0C;font-family:&quot;Arial&quot;,sans-serif;font-size:10.5pt;line-height:150%;">Fritz était employé de gare aux CFF de formation. Il est passé par l’École ouvrière durant les années où Max Weber, après avoir quitté le Conseil fédéral pour rejoindre le mouvement syndical, s’occupait d’éducation ouvrière. Dès 1960, Fritz Leuthy a lui-même travaillé à la Centrale suisse d’éducation ouvrière. Il a toujours excellé à rendre compréhensibles même les sujets les plus complexes. En 1970, il a été élu secrétaire de l’USS.</span></p><p><span style="color:#0C0C0C;font-family:&quot;Arial&quot;,sans-serif;font-size:10.5pt;line-height:150%;">Dans les décennies suivantes on voit mal qui, professeurs compris, possédait une telle expertise des assurances sociales, de l’AVS notamment. Ce n’était pas un savoir académique mais un savoir concret, utile à l’élaboration et à la mise en œuvre de fructueuses stratégies syndicales. Et des outils pour la construction et le développement de l’Etat social, principal acquis national de la Suisse du 20e&nbsp;siècle. Les syndicats ont joué un rôle décisif sur ce plan.</span></p><p><span style="color:#0C0C0C;font-family:&quot;Arial&quot;,sans-serif;font-size:10.5pt;line-height:150%;">Les mérites de Fritz Leuthy se sont surtout révélés dans la phase dynamique des années 1970. Notamment lors de la 8e&nbsp;révision de l’AVS. Les prestations de l’AVS ont alors largement doublé, moyennant une hausse substantielle des prélèvements salariaux. Ainsi seulement, l’AVS est devenue la base de la prévoyance professionnelle que nous connaissons aujourd’hui encore. C’est le conseiller fédéral Tschudi qui a enchaîné ces réformes politiques à un rythme rapide, devenu le «&nbsp;Tschudi-Tempo&nbsp;». Or Hans Peter Tschudi agissait toujours en étroite concertation avec l’USS, à laquelle il était très lié. En l’occurrence avec Fritz Leuthy, qui brillait par sa compétence et son intégrité.</span></p><p><span style="color:#0C0C0C;font-family:&quot;Arial&quot;,sans-serif;font-size:10.5pt;line-height:150%;">A sa façon, Fritz Leuthy a également marqué de son empreinte la 10e révision de l'AVS. Il a été, en quelque sorte, le père de l'importante&nbsp;revalorisation des revenus les plus bas dans le calcul de la rente. Des travaux préparatoires au message du Conseil fédéral, il avait d'abord semblé impossible de faire prévaloir son point de vue. Cependant, il est finalement parvenu durant le traitement parlementaire à faire adapter la formule de calcul. Ce changement, qui a rendu&nbsp;l'AVS plus sociale, porte d'ailleurs dans le jargon technique de l'AVS toujours son nom (en allemand "Leuthy-Knick").</span></p><p><span style="color:#0C0C0C;font-family:&quot;Arial&quot;,sans-serif;font-size:10.5pt;line-height:150%;">À titre personnel, je n’ai fait plus ample connaissance avec Fritz Leuthy que dans les années 1990, à une époque où l’État social était en butte aux attaques de la droite et où la moindre avancée sociale donnait lieu à d’interminables bras de fer. Les échanges réguliers avec Fritz sur les développements importants et les questions stratégiques ont beaucoup compté à mes yeux, y compris durant mes années de présidence de l’USS. Il suivait de près les succès et les revers et maîtrisait parfaitement l’ensemble des enjeux.</span></p><p><span style="color:#0C0C0C;font-family:&quot;Arial&quot;,sans-serif;font-size:10.5pt;line-height:150%;">Fumeur de cigares, Fritz Leuthy ressemblait par son apparence extérieure aux syndicalistes traditionnels de sa génération. Dans sa modestie naturelle, il ne cherchait pas à se faire remarquer des médias, mais à obtenir des résultats sur le terrain. Il savait pourtant aussi faire preuve d’ironie, s’intéressait aux nouveaux développements et était à l’écoute des jeunes générations.</span></p><p><span style="color:#0C0C0C;font-family:&quot;Arial&quot;,sans-serif;font-size:10.5pt;mso-ansi-language:DE-CH;mso-bidi-language:AR-SA;mso-fareast-font-family:Calibri;mso-fareast-language:DE-CH;mso-fareast-theme-font:minor-latin;">Fritz Leuthy a contribué comme peu d’autres à son époque au développement d’une Suisse sociale. Son nom restera à tout jamais gravé dans l’histoire des syndicats suisses.</span></p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/e/8/csm_Foto_Fritz_Leuthy_38767b4f0b.jpg" length="307995" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9976</guid><pubDate>Wed, 04 Oct 2023 09:26:33 +0200</pubDate><title>Sommet des retraité·e·s : Travailler plus pour moins de rentes ? Maintenant, c&#039;est tout l&#039;enjeu !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/sommet-des-retraitees-travailler-plus-pour-moins-de-rentes-maintenant-cest-tout-lenjeu</link><description>Discussion le 3 novembre, avec entre autres Pierre-Yves Maillard, Ruth Dreifuss, Kurt Regotz et Paul Rechsteiner</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Sous le titre «&nbsp;Travailler plus pour moins de rentes&nbsp;? Maintenant, c'est tout l'enjeu&nbsp;!&nbsp;» l'Union syndicale suisse invite, en collaboration avec Travail.Suisse, la FARES et l'AVIVO, au Sommet des retraité-e-s.</p><p>Le renchérissement, la hausse des loyers et l’explosion des primes d’assurance-maladie touchent les retraité-e-s de plein fouet. Ils et elles vont perdre l’équivalent d’un mois entier de rente en pouvoir d’achat d’ici fin 2024. Mais au lieu de résoudre le problème, les employeurs, les banques et leurs lobbyistes au parlement veulent l’aggraver en réhaussant à 67 ans l’âge de la retraite et en baissant encore les rentes des caisses de pension ! Nous devons dans les urnes mettre un terme à cette politique qui nuit aux intérêts de la population.</p><p>La Constitution l’affirme clairement depuis plus de 50 ans&nbsp;: après une longue vie de travail, la retraite doit permettre de vivre correctement. Les mois à venir vont être décisifs&nbsp;: réussirons-nous à faire un premier pas, mais un pas important dans la bonne direction avec une 13<sup>e</sup> rente AVS&nbsp;? Ou les dangereuses attaques contre nos rentes vont-elles se concrétiser&nbsp;? <strong>Le 3 novembre 2023</strong>, nous les retraité-e-s donnerons un signal clair : en Suisse, il y a assez d’argent pour des rentes décentes, et pas seulement pour les hauts revenus. Nous avons besoin d’un système de retraite qui fonctionne pour toute la population, et non contre les intérêts de l’immense majorité.</p><p><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/agenda/2023/211103_Sommet_Retraite-e-s_Invitation.pdf" target="_blank" class="button" rel="noreferrer">&nbsp;Programme complet&nbsp;<i>&nbsp;</i></a> &nbsp;<a href="https://uss.sgb.ch/civicrm/event/register?reset=1&amp;id=31" target="_blank" class="button" rel="noreferrer">Inscription&nbsp;<i>&nbsp;</i></a></p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Prévoyance professionnelle</category><category>AVS</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/renten/aeltere-Seminar-Teilnehmerin-Workshop-Konferenz_vm-ist457758283.jpg" length="301438" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9971</guid><pubDate>Mon, 02 Oct 2023 15:03:30 +0200</pubDate><title>Il faut maintenant dire stop au lobby immobilier !</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/il-faut-maintenant-dire-stop-au-lobby-immobilier</link><description>Référendums contre la révision du droit du bail </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"><strong>Explosion des loyers, pénurie de logements, vague de résiliations&nbsp;: comme si la situation n’était pas déjà assez grave, le Parlement vient de céder à la pression des lobbys de l’immobilier et d’opter pour une dégradation drastique du droit du bail. Pour les syndicats, c’est tout simplement inadmissible. Il faut maintenant à tout prix dire stop dans les urnes aux différentes associations de propriétaires fonciers et immobiliers.</strong></p><p class="heading--h4"><strong>Attaques de tous bords contre les locataires</strong></p><p>Sur le fond, le droit du bail n’est pas mauvais. En effet, selon la loi, les bailleurs ne peuvent encaisser des revenus locatifs que pour couvrir les frais et obtenir un rendement limité. Ça, c’est la théorie.&nbsp;Dans la pratique, les locataires ont payé au total près de 80 milliards de francs de trop au cours des 15 dernières années en raison de rendements locatifs abusifs&nbsp;: c’est la principale conclusion d’une étude commandée en externe par l’Association suisse des locataires et souvent citée. Mais il y a pire&nbsp;: selon un jugement du Tribunal fédéral, le «&nbsp;rendement limité&nbsp;» mentionné dans la loi peut désormais être supérieur de 1,5&nbsp;% à ce qu’il était jusqu’à présent.</p><p>Nous assistons donc d’une part à une violation continuelle du droit et d’autre part, à une interprétation extrêmement favorable du droit de bail par le lobby immobilier. À cela s’ajoute maintenant une attaque politique en règle de ce même lobby contre les locataires&nbsp;: dans une stratégie bien orchestrée, pas moins de quatre initiatives parlementaires visent, d’une part, à affaiblir le droit de bail et, d’autre part, à poser les bases légales pour des loyers encore plus élevés. Le premier pas est un fait accompli&nbsp;: le Parlement a définitivement adopté l’affaiblissement du droit du bail lors de la session d’automne. Un double référendum, soutenu par les syndicats, a été immédiatement lancé contre cette décision.</p><p class="heading--h4"><strong>Mettre les gens à la porte&nbsp;: la solution de facilité</strong></p><p>Selon la loi en vigueur, la sous-location est un droit acquis aux locataires. Mais aujourd’hui déjà, ils ont chaque fois besoin de l’accord du bailleur. Le projet de révision de la loi prévoit d’introduire une série de motifs arbitraires pour le refus unilatéral d’une sous-location. Désormais, les locataires pourraient même être licenciés en cas de légers «&nbsp;vices de forme&nbsp;» lors d’une sous-location – et ce quasiment sans préavis&nbsp;! Voilà pour le premier coup de boutoir. La deuxième révision de la loi adoptée par le Parlement vise à restreindre la protection des locataires en cas de résiliation du bail pour cause de besoin personnel par le bailleur. À l’avenir, ce besoin personnel ne devra plus être «&nbsp;urgent&nbsp;», ce qui signifie que la pesée des intérêts qui se fait habituellement sera toujours en faveur du bailleur. Aujourd’hui déjà, le besoin personnel est souvent utilisé comme prétexte pour une résiliation. Le but est simplement de remettre ensuite le logement sur le marché à un prix plus élevé. Avec la modification de la loi prévue, cela serait encore plus facile. Même des locataires âgés qui vivent depuis des années dans leur appartement pourraient ainsi être mis à la rue sans qu’il y ait d’évaluation de cas de rigueur&nbsp;!</p><p class="heading--h4"><strong>Fini les régressions, place aux progrès&nbsp;!</strong></p><p>On se frotte les yeux à deux reprises lorsqu’on voit comment le lobby immobilier avance ses pions et ses intérêts sur le plan politique, sans aucune gêne, voire même avec insolence. Son plan est déterminé et limpide&nbsp;: d’abord, on expulse plus facilement les locataires et ensuite, on augmente encore plus les loyers. Afin de bien réussir la seconde étape, deux autres initiatives parlementaires se trouvent déjà dans les «&nbsp;starting blocks&nbsp;». Elles seront certainement lancées immédiatement après les élections. Ces propositions visent à rendre encore plus difficile la contestation d’un loyer abusif ou non usuel par rapport au quartier et à inscrire de facto dans la loi la logique des loyers du marché.</p><p>Toutes ces mesures ont en commun le fait que la spirale des prix des loyers va continuer à s’accélérer et que le nombre de logements abordables va continuer à diminuer. Cela semble assez surréaliste&nbsp;: comme si les loyers n’étaient pas déjà exorbitants depuis des lustres et si les logements libres et abordables étaient légion dans les grandes agglomérations&nbsp;! Il est évident qu’au lieu d’un nouveau recul, il faut absolument faire des progrès substantiels dans le droit du bail et sur le marché du logement. Les propositions en ce sens sont sur la table depuis longtemps&nbsp;: les mesures les plus urgentes seraient la mise en œuvre immédiate d’un contrôle régulier du rendement locatif admissible par l’introduction d’une obligation de révision ainsi que le développement rapide des instruments de promotion de la construction de logements d’utilité publique – instruments qui sont d’ailleurs inscrits dans la Constitution fédérale&nbsp;!</p><p class="text-justify heading--h4"><strong>Inertie totale du côté du ministre du logement Guy Parmelin</strong></p><p>Et pourtant&nbsp;: le conseiller fédéral Guy Parmelin pratique la politique de l’autruche depuis des années dans ce dossier. On en veut pour preuve le dernier «&nbsp;événement&nbsp;» en la matière&nbsp;: au printemps, il a été décidé lors d’une «&nbsp;table ronde&nbsp;» qu’un plan d’action serait éventuellement mis en place, à un moment donné, pour atténuer la pénurie de logements et de loyers. Bien entendu, cela ne se fera que lorsque cela conviendra au lobby immobilier, représenté en masse autour de ladite table ronde. Il ne reste donc plus qu’à espérer que le nouveau Parlement élu cet automne sera plus favorable aux locataires et mettra enfin le lobby immobilier au pas. Mais avant d’en arriver là, nous devons combattre les attaques en cours contre le droit du bail par tous les référendums nécessaires.</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/servicepublic/Wohnungsprobleme-Mieter_iStock-skynesher_1434333253.jpg" length="305379" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9962</guid><pubDate>Wed, 20 Sep 2023 15:25:00 +0200</pubDate><title>Manifestation pour une bonne prévoyance vieillesse avec une 13e rente AVS</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/manifestation-pour-une-bonne-prevoyance-vieillesse-avec-une-13e-rente-avs</link><description>Les seniors des syndicats célèbrent le 75e anniversaire de l&#039;AVS</description><content:encoded><![CDATA[<p>C’était il y a 75 ans&nbsp;: en 1948, la Suisse introduisait ce pilier central du système social qu’est l’assurance vieillesse et survivants (AVS). Les seniors du mouvement syndical veulent marquer par une manifestation cet anniversaire d’une institution qui a assuré pendant des décennies la solidarité et la cohésion dans notre société et entre les générations et qu’il faut à tout prix préserver et de renforcer.<br>&nbsp;</p><p class="heading--h4">En route pour la manifestation «&nbsp;75 ans de l'AVS&nbsp;», lundi 25 septembre 2023, de 15h à 16h, à la Waisenhausplatz à Berne&nbsp;!&nbsp;</p><p>Les thèmes de la manifestation seront, d’une part, les défis croissants auxquels nos systèmes de sécurité sociale sont confrontés, notamment la menace d’un relèvement de l’âge de la retraite et la possible réduction des prestations des caisses de pension et, d’autre part, la perte du pouvoir d’achat des retraité-e-s ainsi que plusieurs autres préoccupations sociales. Les revendications sont multiples&nbsp;:</p><ul><li>Les rentes doivent suffire pour vivre. L'objectif constitutionnel (art. 112) doit enfin être respecté&nbsp;! La 13e rente AVS est indispensable pour s'en approcher.</li><li>Non aux baisses dans le 2e pilier&nbsp;! La réforme de la LPP n'est qu'un vaste gâchis&nbsp;: il faudrait payer plus pour toucher enocre moins de rente&nbsp;? Non merci&nbsp;!</li><li>Les primes-maladie explosent et les subsides sont totalement insuffisants. Pour plus de solidarité&nbsp;: la caisse unique, maintenant&nbsp;!</li><li>Une politique de santé digne aussi pour les personnes âgées&nbsp;!</li><li>Mettre des priorités en matière de politique de vieillesse, de logement et de politique sociale.</li><li>Un sujet qui n'est presque jamais abordé&nbsp;: la violence envers les personnes âgées. La société dans son ensemble doit prendre ses responsabilités et agir avec détermination.</li></ul><p>Les organisatrices et organisateurs veulent s’engager ensemble pour la sécurité sociale de toutes les générations, mais aussi pour une politique qui respecte la dignité et les droits des générations plus âgées. Nous voulons donner un signal fort pour l’avenir de nos systèmes sociaux et lutter pour une société plus juste et plus solidaire.</p><p>Les personnalités suivantes, notamment, y prendront la parole&nbsp;: Barbara Gysi, Pierre-Yves Maillard, Katharina Prelicz-Huber, Hans Stöckli, Vania Alleva, Vasco Pedrina et Rita Schmid.</p>]]></content:encoded><category>AVS</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/e/2/csm_200305_Initiative_13.AHV.Rente0448_aca7855a5d.jpg" length="343805" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9958</guid><pubDate>Wed, 20 Sep 2023 09:40:00 +0200</pubDate><title>Pour un virage climatique syndical : Tout le monde à la manif pour le climat le 30 septembre !</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/pour-un-virage-climatique-syndical-tout-le-monde-a-la-manif-pour-le-climat-le-30-septembre</link><description>Les syndicats appellent à une large participation à la manifestation nationale pour le climat du 30 septembre à Berne.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La planète brûle et la Suisse sommeille&nbsp;: voilà comment résumer à la fois l’état du climat mondial et la politique climatique de notre pays. Cette situation n’est pas tenable&nbsp;: il faut enfin prendre des mesures ambitieuses si nous voulons atteindre l’objectif «&nbsp;Zéro net d’ici à 2050&nbsp;», objectif que le peuple a décidé. Les travailleuses et les travailleurs sont concernés de façon existentielle. C’est pourquoi l’USS fait partie de l’Alliance climatique suisse et soutient la grande manifestation pour le climat qui aura lieu le 30 septembre à Berne.</p><p><strong>Le réchauffement climatique n’est pas un phénomène lointain, que ce soit dans l’espace ou dans le temps. Il a lieu ici et maintenant. </strong>Il est d’origine humaine et constitue une menace existentielle pour nous toutes et tous. La Suisse est l’un des plus grands pollueurs au monde&nbsp;: son empreinte de gaz à effet de serre par habitant-e est plus de deux fois supérieure à la moyenne internationale, et ce sans compter les émissions importées ou les émissions des entreprises suisses à l’étranger.</p><p>Au bout du compte, le réchauffement climatique est le <strong>produit d’un ordre économique mondial extrêmement inégalitaire. Aujourd’hui, les 10&nbsp;% les plus riches du monde sont responsables de plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre.</strong> Et en même temps, le réchauffement climatique touche surtout les parties les plus pauvres de la population, y compris en Suisse. Les travailleuses et travailleurs qui sont exposés à des températures de plus en plus élevées et à des risques naturels toujours plus importants dans le cadre de leur travail sont généralement aussi les moins bien payés. Raison pour laquelle les collègues de ces branches sont également plus exposés en dehors du travail, par exemple, parce qu’ils ne peuvent s’offrir un logement abordable que dans des régions périphériques mal desservies ou le long d’axes de circulation bruyants et pollués dans les agglomérations. <strong>Il est donc évident que le virage climatique ne pourra jamais se faire sans un tournant social</strong>, même en Suisse. Toutes les tentatives visant à faire supporter les coûts de la protection du climat à l’ensemble de la population, tout en épargnant les plus fortuné-e-s, sont vouées à l’échec.</p><p>Le marché ne résoudra certainement pas non plus ce qui est LE problème mondial du siècle actuel&nbsp;: ainsi, <strong>les nombreux instruments de l’économie de marché pour lutter contre la crise climatique ont largement échoué depuis leur introduction.</strong> Le meilleur exemple en est le commerce des émissions, les mesures de compensation ainsi que toutes sortes d’«&nbsp;engagements volontaires de l’économie&nbsp;», très appréciés jusqu’ici dans la politique climatique suisse. Le point commun de toutes ces approches est, en fin de compte, la croyance erronée en une innovation technologique révolutionnaire qui se produirait à un moment donné et qui nous propulserait d’un coup dans un «&nbsp;avenir zéro net&nbsp;», sans que le fonctionnement de base de notre vie économique ne doive changer de quelque façon que ce soit.</p><p>Dans notre système économique, l’exploitation des salarié-e-s va de pair avec l’exploitation des ressources naturelles. <strong>Nous sommes toutefois convaincus que le progrès économique ne doit pas être simplement synonyme d’augmentation des dommages. Au contraire, une transition énergétique flanquée de mesures sociales permet également une évolution positive durable du marché du travail.</strong> Mais pour que la transformation écologique se fasse de manière solidaire, personne ne doit être laissé pour compte à cause des changements structurels qui s’imposeront. Il faut donc des investissements publics, non seulement pour les nouvelles infrastructures et technologies, mais aussi pour la formation, la reconversion et le soutien des salarié-e-s dans les secteurs concernés. L’objectif premier doit être la création d’emplois durables, sains et bien rémunérés&nbsp;: les «&nbsp;emplois verts&nbsp;» doivent impérativement être de «&nbsp;bons emplois&nbsp;». C’est aussi pour cette raison que les syndicats participent de façon conséquente à <strong>l’</strong><a href="/fondsclimat" target="_blank" class="link link--internal"><strong>initiative « Fonds climatique</strong></a><strong> pour une politique équitable en matière d’énergie et de climat&nbsp;».</strong></p><p>La transformation écologique est depuis de nombreuses années une préoccupation centrale des syndicats. Ensemble, nous avons lutté contre la libéralisation du marché de l’électricité et contribué au développement des énergies renouvelables et d’un service public respectueux du climat. Pour nous, une chose est sûre&nbsp;: <strong>le tournant climatique est le projet collectif de l’avenir qui ne peut être mis en œuvre que de manière collective et négociée démocratiquement. Le renforcement du service public en est le levier central.</strong> Des exemples historiques tels que le développement du réseau ferroviaire et la création des CFF ou la construction des centrales hydroélectriques et du réseau électrique le montrent&nbsp;: les programmes publics collectifs synonymes de progrès n’ont pas d’alternative. Et leur réussite est durable. De la même manière, la protection du climat et le tournant énergétique doivent enfin être pris à bras le corps. Pour que cela se fasse – et rapidement–, il faut faire pression à tous les niveaux&nbsp;: dans la politique, dans les branches économiques et dans la rue&nbsp;!</p><p><strong>C’est dans cet esprit que les syndicats appellent à une large participation à la manifestation nationale pour le climat du 30 septembre à Berne.</strong></p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/1/4/csm_welt-klima-schuetzen_iStock-nito100_63d2fe3f36.jpg" length="115150" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9934</guid><pubDate>Fri, 08 Sep 2023 15:32:31 +0200</pubDate><title>Un service public fort est plus que jamais nécessaire !</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/un-service-public-fort-est-plus-que-jamais-necessaire</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Des économies continuent à être réalisées dans le service public. Or il s’agit de le renforcer !</p><p>Les élections du Conseil national et du Conseil des États auront lieu cet automne, l’occasion pour les syndicats de poser de nouveaux jalons pour renforcer le service public. Un regard en arrière montre que la législature actuelle fait du sur place dans ce domaine, en positif comme en négatif : d’un côté, les syndicats ont gagné d’importantes batailles, notamment en empêchant la privatisation de PostFinance et l’ouverture complète du marché de l’électricité. D’un autre côté, d’importantes avancées ont échoué, telles que l’aide aux médias ou la promotion de logements abordables.</p><p class="heading--h4">Quatre offensives pour les années à venir</p><p>Les raisons ne manquent pas pour lancer une vaste offensive de renforcement de tous les domaines du service universel. L’expérience de la pandémie, les enseignements tirés de la crise de l’approvisionnement énergétique et le virage à effectuer face à l’urgence climatique le montrent : sans un service public performant sur tout le territoire, la Suisse aurait pu être à l’arrêt et risquerait même un arrêt à l’avenir. Les projets immédiats suivants sont prioritaires :</p><ul><li>Le mandat de base de La Poste doit être tourné vers l’avenir et être donc renforcé. Cela signifie maintenir le « groupe intégré Poste » et autoriser PostFinance à octroyer des crédits. Après la chute de Crédit Suisse, nous savons à quel point une « banque populaire » qui gère sérieusement ses affaires est importante pour les ménages et les PME en Suisse.</li><li>L’initiative demandant la diminution de moitié de la redevance SSR est une déclaration de guerre contre le service public des médias. C’est de tout le contraire dont nous avons besoin ! Une couverture médiatique diversifiée et solide est indispensable pour une démocratie qui fonctionne et ne peut être obtenue qu’avec une véritable aide aux médias.</li><li>En matière de service public numérique, la Suisse est à la traîne par rapport aux pays pionniers. En refusant la gestion par des entreprises privées d’une e-ID, la population suisse a toutefois été claire : sur Internet aussi, les services de base doivent être fournis publiquement et avec le minimum de données ; ils doivent être développés et gérés démocratiquement. D’autant que nous avons maintenant besoin d’une-ID étatique, d’un dossier électronique du patient et de solutions de mobilité connectées. Les entreprises d’État que sont La Poste, Swisscom et les CFF ont ici leur rôle à jouer.</li><li>Les objectifs climatiques exigent de continuer à développer les transports publics. En lieu et place, le Conseil fédéral veut économiser : il prévoit des coupes de plusieurs milliards dans le développement des infrastructures ainsi qu’une réduction des subventions du trafic régional voyageur. Le Parlement, qui sera réélu sous peu, doit ici corriger le tir et s’appuyer sur le succès de la politique des transports de ces dernières années.</li></ul><p>Ces améliorations sont à portée de main et réalisables à court terme. Pour cela, les syndicats doivent mettre la pression sans relâche, que ce soit en politique, au sein des branches ou dans la rue.</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/servicepublic/Daniel_Rihs-13_Photo_personal_service_public_bundeshaus_beschnitten.jpg" length="335575" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9903</guid><pubDate>Wed, 30 Aug 2023 09:17:56 +0200</pubDate><title>La charge pour les ménages dépasse largement la facture déjà salée des primes</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/la-charge-pour-les-menages-depasse-largement-la-facture-deja-salee-des-primes</link><description>Participation aux coûts en matière de santé</description><content:encoded><![CDATA[<p class="text-justify lead">Les primes de l’assurance-maladie sont déjà exorbitantes et elles ne cessent d’augmenter. Il en va de même en ce qui concerne les dépenses directes des ménages pour des prestations de santé entrant ou n’entrant pas dans l’assurance de base. La charge globale supportée par les ménages est aujourd’hui si élevée dans notre système de santé que nous sommes –lentement mais sûrement – sur la voie d’une véritable médecine à deux vitesses.&nbsp;</p><p class="heading--h4">Forte hausse de la participation directe aux coûts dans l’assurance de base</p><p>Les primes-maladie vont une nouvelle fois fortement augmenter l’an prochain. Ainsi, après les bonds de 2023 et 2024, la facture des primes devrait s’élever en 2024 à 15&nbsp;200&nbsp;francs pour une famille de quatre personnes (avec un enfant âgé de plus de 19 ans et un autre de moins de 19 ans), soit encore près de 2000&nbsp;francs de plus que l’an dernier. Dans les cantons les plus chers, cette famille devra même dépenser plus de 19&nbsp;000&nbsp;francs pour ses primes&nbsp;; et cela, avant même d’avoir une seule fois bénéficié d’une prestation de santé ou pris un seul médicament. <strong>Et lorsqu’une maladie survient ne serait-ce qu’une seule fois, la facture s’alourdit immédiatement pour les assuré-e-s.</strong> De fait en Suisse, il n’y a pas que les primes qui coûtent cher&nbsp;: la participation financière exigée des ménages est aussi horriblement onéreuse.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Santé</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/steuern-zahlen/pleite_kein_geld_leere_hosentaschen.jpg" length="318354" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9900</guid><pubDate>Tue, 29 Aug 2023 09:37:31 +0200</pubDate><title>Primes et réduction des primes : état des lieux</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/primes-et-reduction-des-primes-etat-des-lieux</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="heading--h4">Hausses de primes en 2023/2024</p><p>L’année dernière, l’augmentation de la prime moyenne d’assurance-maladie a atteint 6,6&nbsp;% en moyenne suisse, et une forte hausse est également à prévoir pour l’année prochaine. Sur la base des chiffres et des informations actuellement disponibles, il faut s’attendre en 2024 à une augmentation des primes d’au moins (!) 7,5&nbsp;%. Les calculs détaillés à l’origine de ce chiffre <a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/graph/Annexe_primes.pdf" target="_blank" class="link link--download" rel="noreferrer">figurent en annexe</a>.</p><p>En raison des hausses de primes de 2023 et 2024, une famille de quatre personnes (un enfant âgé de plus de 19&nbsp;ans et un enfant de moins de 19&nbsp;ans) doit s’attendre à recevoir l’année prochaine des factures de primes à hauteur de 15&nbsp;200&nbsp;francs en tout, soit pratiquement 2000&nbsp;francs de plus que l’année dernière. Dans les cantons les plus chers, la même famille devra même consacrer plus de 19&nbsp;000&nbsp;francs à ses primes – et cela sans avoir sollicité le moindre soin de santé ni obtenu aucun médicament. En cas de besoin de traitement, il lui faudra encore payer les participations aux coûts (franchise, quote-part, taxe hospitalière) et les autres dépenses non remboursées (soins dentaires, nombreux médicaments, etc.).</p><p class="heading--h4">État des lieux de la réduction des primes</p>]]></content:encoded><category>Santé</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gesundheit/Gesundheit_Kosten_Stethoskop_Frankenscheine_iStock-Scharvik_web.jpg" length="423576" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9897</guid><pubDate>Fri, 25 Aug 2023 09:29:38 +0200</pubDate><title>Finances fédérales : pas d’alarmisme déplacé</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/finances-federales-pas-dalarmisme-deplace</link><description>Extrapolation positive pour l’année 2023</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La stratégie d’économies à tout crin du Conseil fédéral tend à se fissurer. Avec la publication de la première extrapolation pour l’année 2023, le lugubre tableau brossé par le Département fédéral des finances s’éclaircit sérieusement. Dans tous les cas, en plus d’être inutiles d’un point de vue budgétaire, les coupes prévues nuiraient surtout à la population.</p><p class="heading--h4">Coupes prévues à grande échelle</p><p>Le Conseil fédéral a adopté ces derniers mois d’importantes décisions de politique budgétaire. Avec les coupes transversales de 2&nbsp;% prévues dans le budget 2024, la baisse des taux de croissance cibles des «&nbsp;arrêtés financiers pluriannuels&nbsp;» (transports publics, culture, coopération au développement, etc.) ainsi que de larges coupes dans des dépenses fortement liées (assurance-chômage, AVS, prise en charge extrafamiliale, infrastructure ferroviaire), le Conseil fédéral mène une politique d’austérité rigoureuse et à grande échelle, qui serait à long terme désastreuse pour la population.</p><p>L’USS a déjà souligné en début d’année que cette nouvelle cure d’austérité est aberrante d’un point de vue macroéconomique et absolument inutile, au vu de l’état général des finances publiques. Car à l’heure actuelle, les collectivités publiques affichent une fortune nette dépassant 400&nbsp;milliards de francs, soit plus de la moitié de la performance économique totale du pays. En outre, la Confédération accumule au fil des ans dans ses comptes, en ne réalisant pas certaines dépenses, des actifs qui sont «&nbsp;parqués&nbsp;» de manière improductive dans le frein à l’endettement. Entre 2005 et 2021, les soldes de crédits ont avoisiné 2,6&nbsp;milliards de francs par an, soit quasiment le montant du volume d’économies visé par le Conseil fédéral qui s’élève à 2,7&nbsp;milliards par an. À elle seule, cette comparaison montre qu’en plus d’être dommageables à l’économie publique, les mesures d’économies n’ont plus de raison d’être sous l’angle budgétaire.</p><p class="heading--h4">La première extrapolation établie fait vaciller bien des certitudes</p><p>Au printemps déjà, le Conseil fédéral avait créé des faits accomplis (ou visait à le faire), en se fondant sur de sombres prévisions budgétaires. Entre-temps, la première extrapolation établie pour 2023 est venue lever l’alerte&nbsp;: car selon les chiffres actualisés publiés à la mi-août, le solde de financement négatif attendu pour 2023 n’est plus que de 1,5&nbsp;milliard de francs – contre 4,8&nbsp;milliards dans le budget. Il est vrai que la différence, qui tient surtout au mécanisme de sauvetage destiné au secteur de l’électricité, est de nature purement comptable. Mais cette extrapolation révèle aussi des améliorations concrètes&nbsp;: ainsi, l’impôt fédéral direct laisse prévoir des recettes supplémentaires de 900&nbsp;millions tandis que du côté des dépenses, les nouveaux soldes de crédits inutilisés et les moindres besoins escomptés au titre des personnes à protéger en provenance d’Ukraine entraînent une embellie d’un milliard de francs par rapport au budget.</p><p>Le tableau morose de la situation budgétaire sur lequel se fondait la politique d’austérité du Conseil fédéral s’est donc bien éclairci. Les coupes prévues dans les dépenses, d’abord aberrantes et ensuite toxiques pour la population, paraissent d’autant plus critiquables, compte tenu de l’actuelle crise du pouvoir d’achat. La résistance s’impose à tous les niveaux. En voici trois exemples particulièrement saisissants.</p><p class="heading--h4">Transports publics&nbsp;: politique tarifaire en contradiction avec la politique climatique et la politique d’investissement</p><p>La hausse du prix des billets de 3,7&nbsp;% en moyenne sur le plan suisse annoncée par la branche des transports publics à partir de décembre 2023 ne doit pas être mise en œuvre. Car il s’agit d’une conséquence directe de la décision du Conseil fédéral de procéder à des coupes budgétaires dans le trafic voyageurs régional. Le Parlement doit amener le Conseil fédéral à faire marche arrière au plus vite. Une hausse du prix des billets – de plus de 3,7&nbsp;% dans bien des cas – frapperait de plein fouet la population travailleuse, dont le pouvoir d’achat est déjà bien malmené en ce moment. En outre, des billets de transport plus coûteux donneraient un signal désastreux sur le terrain de la politique climatique&nbsp;: pour amener les gens à utiliser davantage les transports publics (ce qui est l’objectif déclaré du Conseil fédéral), il faut encourager ce transfert au lieu de l’entraver. Et si l’on investit depuis des années des milliards dans l’extension de l’infrastructure ferroviaire, c’est bien pour exploiter pleinement cette infrastructure&nbsp;!</p><p class="heading--h4">Culture&nbsp;: de bons plans, mais des moyens financiers en baisse</p><p>Les intentions du Conseil fédéral en matière de politique culturelle sont tout aussi contradictoires. Le message culture 2025-2028 mis en consultation avant la pause estivale souligne clairement l’importance de la culture pour le renforcement de la cohésion sociale et de la participation culturelle comme pour la promotion de la durabilité, et propose de nouveaux instruments d’encouragement ou axes d’action. Or il faudrait mener à bien toutes ces tâches avec des moyens non pas en hausse, mais en baisse. Outre les coupes de 2&nbsp;% prévues dès l’année prochaine, le budget des dépenses culturelles ne croîtra les années suivantes que de 1,2&nbsp;% (au lieu de 2,9&nbsp;% comme dans la période actuelle). Au vu du renchérissement et de la croissance démographique, une telle situation aboutira à une réduction brutale des dépenses courantes consacrées aux musées, aux beaux-arts, au cinéma, à la musique, à la littérature ou au théâtre. Et cela alors même que dans le secteur de la culture, les revenus des travailleuses et travailleurs sont déjà presque toujours bas, comme le montre un rapport récemment adopté par le Conseil fédéral. D’où l’urgence d’améliorer le message culture à l’issue de la consultation et de porter les moyens alloués, compte tenu de l’amélioration de la situation budgétaire, à un niveau permettant d’atteindre de manière réaliste les objectifs de soutien prévus.</p><p class="heading--h4">Coopération internationale&nbsp;: mise en concurrence des solidarités</p><p>Le message sur la coopération internationale 2025-2028 est lui aussi en consultation. Selon les orientations esquissées par le Conseil fédéral, les ressources destinées aux pays les plus pauvres de la planète seraient sous pression de trois manières à la fois&nbsp;: d’abord, les moyens prévus diminueront globalement de 2&nbsp;% dès l’année prochaine, puis leur rythme de croissance annuelle à partir de ce niveau plus bas sera plus lent, enfin il est prévu de biffer entièrement du budget de la coopération au développement les montants supplémentaires, afin de les réserver à la reconstruction de l’Ukraine. Le Conseil fédéral cherche ainsi délibérément à mettre en concurrence les solidarités&nbsp;: bien entendu, la Suisse doit s’engager massivement en faveur de l’Ukraine malmenée par la guerre d’agression de la Russie, mais ces moyens exceptionnels doivent être alloués en plus du budget courant. Si comme le prévoit le message, l’aide humanitaire ou de fructueux projets de développement menés dans les pays les plus pauvres de la planète se voyaient privés du jour au lendemain de 1,5&nbsp;milliard de francs, les conséquences seraient dramatiques pour la population locale. Et la Suisse ferait piètre figure dans les comparaisons internationales.</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/0/5/csm_Zahlungsfristen_Kalender_Geld_Rechner_ist-doucefleur-899321150_be97c09046.jpg" length="115726" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9879</guid><pubDate>Tue, 01 Aug 2023 08:00:00 +0200</pubDate><title>1848 et 1948: la Suisse devient démocratique, puis sociale.  </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/discours-maillard-aout-2023</link><description>Discours du Président de l&#039;USS à l&#039;occasion du 1er août 2023</description><content:encoded><![CDATA[<p>Cette année 2023 marque l’anniversaire de deux événement qui ont fait notre pays.</p><p>En 1848, il y a 175 ans, la Suisse devenait la première démocratie d’Europe. Il avait fallu pour y arriver plusieurs révolutions cantonales et même une brève guerre civile, la fameuse guerre du Sonderbund.</p><p>Elle avait opposé les cantons catholiques conservateurs et les cantons protestants radicaux qui venaient de chasser du pouvoir les vieilles familles patriciennes des grandes villes et d’abolir leurs régimes de privilèges. Après la victoire des forces révolutionnaires, le suffrage n’était pas encore vraiment universel, puisqu’il n’était accordé qu’aux hommes, mais la rupture avec les privilèges de castes était faite.</p><p>En 1877, cette jeune démocratie radicale est la première à limiter la durée du travail dans les usines et à interdire le travail des enfants de moins de 14 ans, suite à une modification de la Constitution qui donne à l’Etat le droit de limiter la liberté économique pour le bien commun. Dans les décennies qui suivent 1848, la Suisse est considérée comme un modèle démocratique pour toute l’Europe. Karl Marx en fait l’éloge et le chancelier autrichien Metternich craint l’extension de ce modèle et le rôle de refuge que notre pays joue pour les activistes révolutionnaires.</p><p>L’accélération de l’industrie et du libre-échange produisent alors des richesses toujours plus importantes, mais toujours plus mal réparties. Le creusement des inégalités et l’insécurité économique accablent le monde ouvrier, qui se développe massivement. Il n’y a ni système de retraites, ni protection sociale contre le risque d’accident, de maladie ou de chômage. Quand il n’y a plus de travail dans une famille ouvrière, les enfants et les parents ont faim.</p><p>C’est pourquoi les syndicats se sont créés à la fin du 19eme siècle et se sont réunis dans l’Union syndicale suisse en 1880. Ils demandent une sécurité sociale pour le monde du travail. Sans force suffisante au Parlement, les syndicats soutiennent et organisent des grèves et vont en 1918 jusqu’à une grève générale, pour demander un système politique plus juste et des droits sociaux. Parmi les revendications principales: la création d’une assurance vieillesse.&nbsp;</p><p>La grève générale est rapidement réprimée par l’armée et n’aboutit pas immédiatement dans ses revendications. Mais le pouvoir radical est obligé d’admettre le suffrage proportionnel pour les élections au Conseil national, en 1919, les socialistes entrent en force au Parlement. Le principe d’une AVS, lui, est inscrit en 1925 dans la Constitution.</p><p>Après une première tentative infructueuse d’instaurer un projet ultra-minimaliste, ce n’est qu’en 1948 que l’AVS est enfin réalisée. C’était il y a 75 ans, 100 ans exactement après la création de la Suisse moderne et démocratique. 1948 est la deuxième date dont nous fêtons un anniversaire important cette année.</p><p>Lors du vote populaire qui a lieu an 1947, les opposants à l’AVS argumentent comme toujours avec la peur. Dans leur campagne, ils pronostiquent la faillite de cette assurance sociale pour la fin des années 60... Mais ils ne parviennent plus à faire peur et perdent massivement. Et à la fin des années 60, alors que le nombre de rentiers a pourtant déjà explosé, le Parlement ne constate aucune faillite de l’AVS. Au contraire, il estime que les rentes sont insuffisantes pour vivre et, en deux révisions, il les double! Auparavant, il a déjà baissé l’âge de la retraite des femmes de 3 ans.</p><p>Dans les premières décennies de l’histoire de l’AVS, la démographie évolue dans le même sens qu’aujourd’hui. L’espérance de vie augmente et le nombre de rentiers aussi. Mais on ne s’en formalise pas. Dans tous les partis, on admet qu’il faut des rentes suffisantes pour vivre et payer pour cela des cotisations suffisantes.&nbsp;</p><p>Au demeurant, la croissance du nombre de rentiers est compensée par l’arrivée toujours plus importantes des femmes dans le marché du travail rémunéré et par l’augmentation de la productivité. Dans les années 1950, à peine une femme sur quatre travaille pour un salaire et paie des cotisations. Ainsi il est abusif de dire, comme le fait le Conseil fédéral aujourd’hui, qu’il y avait, au moment de la création de l’AVS, 6 actifs pour 1 rentier et qu’il n’y en aurait que 3 aujourd’hui. Cette comparaison est trompeuse.</p><p>En 1948, il y avait en fait 6 personnes de 18 à 65 ans pour une personne de plus de 65 ans. Mais la moitié de ces personnes de 18 à 65 étaient des femmes. Or, à l’époque, l’écrasante majorité des femmes, tout en étant très actives, ne travaillaient pas pour un salaire et ne cotisaient donc pas à l’AVS. Elles étaient donc tout autant dépendantes que les rentiers. Si l’on veut être précis, on doit donc dire qu’au moment de la création de l’AVS, il y avait en fait, 3,6 actifs au sens AVS du terme, 2,4 femmes au foyer et 1 rentier.&nbsp;</p><p>Si l’on compte le nombre d’emplois rémunérés par rapport à l’ensemble de la population de la Suisse, on constate en fait une grande stabilité entre l’époque de la création de l’AVS et aujourd’hui, soit environ 50% d’emplois équivalents plein temps par rapport à l’ensemble de la population.&nbsp;</p><p>Avec le temps, les femmes se sont formées, ont pris un travail rémunéré et ont cotisé. Ainsi, la masse salariale a augmenté autant que le besoin de rentes et les finances de l’AVS sont restées saines et ont permis d’améliorer les rentes. Et si cela ne suffit pas, pour améliorer les rentes, on peut augmenter modérément les cotisations, ce qui revient à reporter le salaire à plus tard, vers le temps de la retraite et à répartir ainsi le revenu sur toute la vie.&nbsp;</p><p>Grâce à cette stratégie, encore aujourd’hui, l’AVS a des finances saines, puisqu’elle a fini l’année 2022 avec 1,7 milliards d’excédent de cotisations par rapport aux rentes, ainsi qu’avec une fortune de 47 milliards, la plus haute de son histoire. La situation s’améliorera encore ces prochaines années, puisqu’une hausse de la TVA apportera deux millards supplémentaires, sans parler des effets d’économies de la funeste hausse de l’âge de la retraite des femmes décidée de très peu en 2022. Aujourd’hui aussi donc, on a les moyens d’augmenter enfin à nouveau les rentes et d’accepter l’initiative de l’USS pour une 13eme rente AVS qui sera soumise au Peuple l’an prochain.</p><p>Mais, en cette fête nationale 2023, posons-nous la question: pourquoi la création de l’AVS a-t-elle été possible en 1948? Et pourquoi, pendant les décennies suivantes a-t-on trouvé dans le consensus les solutions de financement pour améliorer les rentes, même en présence d’une forte augmentation de l’espérance de vie ?&nbsp;</p><p>Ce n’est pas que la Suisse était plus riche qu’aujourd’hui. Au contraire, elle était beaucoup plus endettée et, au sortir de la guerre, connaissait un important chômage. Ce n’est pas non plus à cause de la croissance des « trente glorieuses », puisque justement, en 1948, on est avant cette période. On ne peut pas savoir qu’elle aura lieu. Ainsi, on ne peut pas dire que l’AVS et la sécurité sociale ont été créées à cause de la croissance des « trente glorieuses ». On peut probablement davantage dire le contraire: c’est la création et le développement de la sécurité sociale qui ont contribué à la croissance des décennies d’après-guerre, en réduisant les inégalités et en distribuant du pouvoir d’achat à celles et ceux qui n’en avaient jamais eu.</p><p>La bonne réponse, c’est que la Suisse et le monde venaient de vivre une expérience tragique qui avait menacé leur existence-même: une guerre mondiale effroyable, où toutes les démocraties d’Europe avaient failli disparaître.</p><p>La faim et la misère qui s’étaient propagées dans le monde pendant la crise du capitalisme des années 1930 ont vite été identifiées comme une cause de la crise des démocraties européennes au profit des régimes fascistes et nazis qui ont provoqué la guerre. Après cette expérience, de nombreuses forces politiques et même patronales ont enfin compris que le droit de vote et la liberté du commerce ne suffisent pas à nourrir une personne tout au long de sa vie. Et si les peuples vivent constamment dans la peur de manquer de l’essentiel, alors ils perdent confiance en la démocratie.</p><p>C’est de cette conviction qu’est née l’AVS. C’est pourquoi il est naturel de lier 1848 et 1948. La démocratie est liée à la sécurité sociale. La démocratie n’est sûre et durable que si tout le peuple obtient par elle une forme concrète de sécurité sociale, qui le protège contre les risques de la vie et de la conjoncture économique.</p><p>C’est cette leçon que nos anciens ont retenu de l’histoire. Et c’est cette leçon que de nombreuses élites économiques et politiques ont aujourd’hui oubliée.&nbsp;</p><p>Depuis deux ou trois décennies, au lieu de renforcer la sécurité sociale, et particulièrement l’AVS, ils la diffament et font tout pour l’affaiblir. Ce mouvement a lieu partout dans les démocraties occidentales. Depuis lors, partout dans ces démocraties, les forces d’extrême droite remontent, lentement, mais sûrement et les démocraties se fragilisent.</p><p>En nous battant pour la sécurité sociale, comme les anciens avant nous, nous nous battons pour la démocratie. C’est pourquoi nous fêtons aujourd’hui dignement ces deux dates fondatrices de notre pays: 1848 et 1948. Et c’est pour renforcer la confiance du peuple dans notre pays et dans notre démocratie que nous nous battrons l’an prochain pour renforcer enfin à nouveau l’AVS par cette 13eme rente et pour combattre la baisse des rentes LPP.&nbsp;</p><p>Le progrès d’un pays doit apporter régulièrement un peu plus de confiance en l’avenir à toutes celles et ceux qui y travaillent et à leurs enfants. C’est pourquoi il faut enfin retrouver le sens de notre histoire suisse, faite de liberté, de démocratie et de sécurité sociale.</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/personen/Pierre-Yves_Maillard_Bundeshaus.jpg" length="341008" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9844</guid><pubDate>Tue, 04 Jul 2023 10:00:00 +0200</pubDate><title>Avantages et risques de l’accord sur la libre circulation des personnes</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/avantages-et-risques-de-laccord-sur-la-libre-circulation-des-personnes-rapport-observatoire</link><description>Commentaire et analyse de l&#039;USS sur le rapport de l’Observatoire de 2023</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Dans son commentaire du rapport de l'Observatoire 2023 sur la libre circulation des personnes (<a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/communiques/230704__Commentaire_LampartDaniel_Rapport_Observatoire.pdf" target="_blank" class="link--icon--external" rel="noreferrer">voir le document complet</a>), l'Union syndicale suisse fournit des arguments fondés ainsi que des données factuelles. Elle montre les chances mais aussi les risques que comporte l'accord sur la libre circulation des personnes.</p><h3 class="heading--h4">Conclusions de l'USS</h3><p>La libre circulation des personnes assortie des mesures d’accompagnement a globalement amélioré la situation des travailleuses et travailleurs. La « qualité » de l’immigration a progressé. Il n’y a par contre guère de corrélation entre le nombre de personnes immigrant en Suisse et la libre circulation des personnes. Ce sont la situation économique et l’internationalisation de l’économie et de la société qui jouent ici un rôle moteur.</p><p>L’accord sur la libre circulation des personnes a hélas aussi facilité deux formes d’activité potentiellement précaires – le travail temporaire et le détachement de main-d’oeuvre. Le système suisse de protection suisse des salaires a certes permis à ce jour de combattre les plus graves abus. Mais il reste lacunaire : le personnel temporaire s’expose à avoir de moins bonnes conditions de travail que la main-d’oeuvre fixe, ce qui confère au travail temporaire un avantage injustifié sur le marché. En outre, la protection des salaires est incomplète. De nombreuses branches d’activité ou professions, comme le commerce de détail ou le secteur de la santé et du social (crèchesgarderies, EMS, etc.) ne bénéficient pas à ce jour de conventions collectives de travail prévoyant des salaires minimums.</p><p>L’USS se bat afin que les accords bilatéraux et la libre circulation des personnes profitent aux travailleuses et travailleurs au lieu de leur nuire. Elle s’engage pour une protection efficace des salaires et refuse clairement toute dégradation en la matière. Il est par conséquent nécessaire d’améliorer les conditions d’engagement de la main-d’oeuvre temporaire ainsi que la protection offerte par les conventions collectives de travail.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/kampagnen/jobs-und-loehne/Lohnkontrolle_Unia-sw.jpg" length="118491" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9786</guid><pubDate>Wed, 17 May 2023 16:40:09 +0200</pubDate><title>Non à la mise en œuvre injuste de l’impôt minimal OCDE</title><link>https://www.uss.ch/ocde-non</link><description>Des billets plus chers, moins d’AVS et une moins bonne formation pour nos jeunes ?</description><content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/3/7/csm_230515_OCDE_OV2_8ffd1b2e86.jpg" length="151551" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9741</guid><pubDate>Fri, 28 Apr 2023 13:35:44 +0200</pubDate><title>La baisse des effectifs des syndicats de l’USS ralentit</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/la-baisse-des-effectifs-des-syndicats-de-luss-ralentit</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS), de loin la plus grande faîtière syndicale suisse, comptait 315&nbsp;190 membres à la fin de l’année dernière (-1,92&nbsp;%). Le recul des effectifs a ainsi pu être freiné après les difficiles années Covid. La part des femmes syndiquées est restée stable à 32,2&nbsp;%.</p><p>En 2022, seules AvenirSocial (Association professionnelle du travail social) et l’Association des professionnels des arts de la scène ScèneSuisse ont enregistré une hausse de leurs effectifs. Dans les autres fédérations, le nombre de membres a certes un peu reculé, mais moins que ces dernières années. Cependant, le syndicat du personnel de cabine kapers, l’Association des employés de banque ASEB et le syndicat de la navigation Nautilus ont enregistré un net recul.</p><p>Dans ces trois cas, la cause se trouve dans les séquelles directes ou indirectes de la crise du Covid&nbsp;: chez kapers, les suppressions d’emplois pendant la crise ont été massives. Chez Nautilus, le retrait des pavillons des navires suisses de haute mer s’ajoute aux conséquences de la crise de la pandémie&nbsp;; aujourd’hui, environ un quart de navires en moins battent pavillon suisse qu’avant les années Covid. L’ASEB de son côté a dû constater qu’il était plus difficile de recruter de nouveaux membres pendant la période «&nbsp;calme&nbsp;» de la pandémie.</p><p class="heading--h4">Effectifs 2022/21 des fédérations affiliées à l'USS</p><table style="height:888px; width:962px" class="contenttable"><tbody><tr><td><strong>Fédération</strong></td><td class="text-center"><strong>2022</strong></td><td class="text-center"><strong>2021</strong></td><td class="text-center"><strong>Femmes 2022</strong></td><td class="text-center"><strong>Part des femmes en %</strong></td></tr><tr><td>Unia</td><td class="text-right">175’274</td><td class="text-right">177’805</td><td class="text-right">47’715</td><td class="text-center">27.22</td></tr><tr><td>SEV</td><td class="text-right">37’237</td><td class="text-right">37’681</td><td class="text-right">7’389</td><td class="text-center">19.84</td></tr><tr><td>SSP</td><td class="text-right">32’142</td><td class="text-right">32’952</td><td class="text-right">18’598</td><td class="text-center">57.86</td></tr><tr><td>syndicom</td><td class="text-right">29’181</td><td class="text-right">29’701</td><td class="text-right">9’284</td><td class="text-center">31.82</td></tr><tr><td>SIT</td><td class="text-right">9’258</td><td class="text-right">9’467</td><td class="text-right">4’902</td><td class="text-center">52.95</td></tr><tr><td>APC</td><td class="text-right">7’669</td><td class="text-right">8’006</td><td class="text-right">2’254</td><td class="text-center">29.39</td></tr><tr><td>ASEB</td><td class="text-right">6’306</td><td class="text-right">6’961</td><td class="text-right">2’158</td><td class="text-center">34.22</td></tr><tr><td>AvenirSocial</td><td class="text-right">3’815</td><td class="text-right">3’775</td><td class="text-right">2’733</td><td class="text-center">71.64</td></tr><tr><td>SSM</td><td class="text-right">2’739</td><td class="text-right">2’843</td><td class="text-right">1’177</td><td class="text-center">42.97</td></tr><tr><td>GaraNto</td><td class="text-right">2’719</td><td class="text-right">2’855</td><td class="text-right">421</td><td class="text-center">15.48</td></tr><tr><td>SSPM</td><td class="text-right">2’516</td><td class="text-right">2’609</td><td class="text-right">1’569</td><td class="text-center">62.36</td></tr><tr><td>kapers</td><td class="text-right">2’380</td><td class="text-right">2’708</td><td class="text-right">1’755</td><td class="text-center">73.74</td></tr><tr><td>USDAM</td><td class="text-right">1’719</td><td class="text-right">1’726</td><td class="text-right">717</td><td class="text-center">41.71</td></tr><tr><td>ScèneSuisse</td><td class="text-right">1’384</td><td class="text-right">1’364</td><td class="text-right">770</td><td class="text-center">55.64</td></tr><tr><td>Nautilus</td><td class="text-right">561</td><td class="text-right">614</td><td class="text-right">15</td><td class="text-center">2.67</td></tr><tr><td>ESPA</td><td class="text-right">267</td><td class="text-right">269</td><td class="text-right">10</td><td class="text-center">3.75</td></tr><tr><td>New Wood</td><td class="text-right">23</td><td class="text-right">23</td><td class="text-right">12</td><td class="text-center">52.17</td></tr><tr><td><strong>Total</strong></td><td class="text-right"><strong>315’190</strong></td><td class="text-right"><strong>321’359</strong></td><td class="text-right"><strong>101’479</strong></td><td class="text-center"><strong>32.20</strong></td></tr></tbody></table><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><p>Abbréviations (voir tableau) :</p><table class="contenttable"><tbody><tr><td>Unia :</td><td>Le syndicat</td></tr><tr><td>SEV :</td><td>Syndicat du personnel des transports</td></tr><tr><td>SSP :</td><td>Syndicat des Services publics</td></tr><tr><td>syndicom :</td><td>Syndicat des médias et de la communication</td></tr><tr><td>SIT :</td><td>Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleurs</td></tr><tr><td>APC :</td><td>Association du personnel de la Confédération</td></tr><tr><td>ASEB :</td><td>Association suisse des employés de banque</td></tr><tr><td>AvenirSocial :</td><td>Association professionnelle suisse du travail social</td></tr><tr><td>SSM :</td><td>Syndicat suisse des mass media</td></tr><tr><td>GaraNto :</td><td>Le syndicat compétent du personnel des douanes</td></tr><tr><td>SSPM :</td><td>Société suisse de pédagogie musicale</td></tr><tr><td>kapers :</td><td>Syndicat du personnel de cabine</td></tr><tr><td>USDAM :</td><td>Union suisse des artistes musiciens</td><td>&nbsp;</td></tr><tr><td>ScèneSuisse&nbsp;:</td><td>Association des professionnels des arts de la scène</td></tr><tr><td>Nautilus:</td><td>Syndicat du personnel de la navigation</td></tr><tr><td>ESPA:</td><td>easyJet Switzerland Pilots Association</td></tr><tr><td>New Wood:</td><td>Syndicat New Wood des Nations Unies</td></tr></tbody></table>]]></content:encoded><category>Suisse</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/aktionen/210918_Haende_weg_von_unseren_Renten0529.jpg" length="335991" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9730</guid><pubDate>Thu, 20 Apr 2023 18:25:12 +0200</pubDate><title>De meilleurs salaires. De meilleures retraites. L’égalité maintenant !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/de-meilleurs-salaires-de-meilleures-retraites-legalite-maintenant</link><description>Appel de l&#039;USS pour le 1er Mai 2023</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les revenus de l’immense majorité de la population ne font que de baisser. Pendant que les prix, les primes d'assurance-maladie et les loyers augmentent, les salaires sont à la traîne et les retraites diminuent encore. Et pas seulement en Suisse : la question sociale et la bataille pour la répartition des richesses sont à nouveau au cœur des préoccupations sur le plan international. Dans toute l’Europe, le mouvement en faveur de meilleurs salaires et de bonnes retraites fait descendre des millions de travailleurs et travailleuses dans la rue. Depuis 133 ans, le 1er Mai marque les luttes pour le progrès social et la justice. Il prend cette année une importance particulière.</p><p>Néanmoins, les attaques lancées par les classes supérieures se poursuivent, en Suisse comme dans le monde entier&nbsp;: leur part du gâteau n’est jamais assez grosse. Nombre de travailleurs et travailleuses sont actuellement confrontés à la baisse de leur salaire réel parce que tout augmente. Dans les métiers à majorité de femmes en particulier, on ne cesse de répéter qu’il n’y a pas assez d'argent pour pouvoir verser des salaires décents. En revanche, pour la place financière, les milliards ne manquent jamais. Les grandes banques sont sauvées sans hésitation –&nbsp;et sans même exiger de régulation bancaire ou de restitution des bonus versés aux managers. Ce soutien inconditionnel aux géants de la finance n'est rien d’autre qu’une injure faite à tous les travailleurs et travailleuses à qui l’on a refusé une augmentation l'année dernière, malgré la hausse du coût de la vie et des loyers, et qui voient donc leur niveau de vie se détériorer. L'échec du capitalisme de casino doit être suivi d'effets&nbsp;: la finance doit servir les travailleuses et les travailleurs. Pas l'inverse.&nbsp;</p><p>Cette règle vaut aussi pour les retraites&nbsp;: plutôt que de renforcer les profits des assurances et des banques dans les deuxième et troisième piliers, il faut une AVS forte et pas de nouvelles détériorations des rentes. Avec l'initiative populaire pour une 13e rente AVS, nous pouvons franchir une première étape importante dans cette direction, au lieu d'investir de nouveaux milliards dans une réforme des caisses de pension qui impose aux actifs de payer plus… pour toucher moins. Le référendum contre la révision de la LPP doit permettre à la population d’empêcher par les urnes cette nouvelle baisse des rentes.</p><p>Un salaire doit suffire pour vivre. Les bas et moyens salaires doivent donc augmenter nettement. C’est dans ce but que les syndicats appellent à descendre dans la rue. Avec des visions et des objectifs ambitieux&nbsp;: il faut relancer la machine du progrès social&nbsp;! Le 1er Mai symbolise et rappelle que les luttes sont nécessaires, et qu’elles ont, par le passé, porté leurs fruits. C’est aux gens qui travaillent dur de recevoir une plus grosse part du gâteau, et non aux plus riches. D’où le caractère absolument essentiel de l'offensive sur les salaires portée par les syndicats&nbsp;: aucun salaire inférieur à 5000 francs pour les personnes actives qui ont fait un apprentissage, et au moins 4500 francs pour tous. Le besoin de rattrapage est le plus grand dans les branches où les femmes sont très présentes. Les femmes n’accepteront plus des salaires trop bas et des temps partiels contraints. Au contraire, la rémunération des femmes doit être revalorisée et le travail de garde et d'accompagnement, qui constitue aussi du travail, doit être pris en compte dans le montant de la rente. Les syndicats s'investissent dans cette lutte pour l’égalité le 1er Mai, et ils se mobilisent aussi pour la grève féministe du 14 juin 2023. Car la question de l'égalité est essentielle&nbsp;: sans égalité réelle, pas de justice. C'est pourquoi nous demandons&nbsp;: <strong>De meilleurs salaires. De meilleures retraites. L’égalité maintenant&nbsp;! Tout le monde dans la rue le 1er Mai 2023&nbsp;!</strong></p><p><strong><a href="https://www.mai2023.ch/fr" target="_blank" class="link--arrow" rel="noreferrer">Toutes les informations et dates des manifestations sur www.mai2023.ch</a></strong></p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/1._Mai/SGB_1.Mai-23_FR_1600x1200px_WEB.jpg" length="664811" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9728</guid><pubDate>Thu, 20 Apr 2023 09:20:00 +0200</pubDate><title>Une politique climatique efficace en tant que mission de service public : OUI à la loi climat !</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/une-politique-climatique-efficace-en-tant-que-mission-de-service-public-oui-a-la-loi-climat</link><description>Le réchauffement climatique frappe les salarié-e-s et les parties les plus pauvres de la population</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les syndicats soutiennent la loi sur les objectifs en matière de protection du climat, sur l’innovation et sur le renforcement de la sécurité énergétique, c’est-à-dire la loi climat (LCI) sur laquelle nous voterons le 18 juin prochain. Enfin, la Suisse se fixe des objectifs contraignants en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et dégage des fonds pour les atteindre. C’est une bonne chose pour les travailleurs et les travailleuses qui subissent déjà et de plus en plus souvent les effets délétères du réchauffement climatique.</p><h3 class="heading--h4">La Suisse face à ses responsabilités</h3><p>Le réchauffement climatique n’est pas un phénomène temporellement ou géographiquement éloigné de nous, mais a lieu ici et maintenant, est un effet de l’action humaine et représente un danger existentiel pour nous tous et toutes. Pays parmi les plus riches de la planète ayant bâti son développement économique sur une consommation excessive des énergies fossiles, la Suisse est par conséquent tout particulièrement appelée à assumer ses responsabilités. Mais la crise climatique est avant tout aussi le résultat d’un ordre économique mondial des plus inéquitables. À l’heure actuelle, les 10&nbsp;% de la population les plus riches sont responsables de plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre. Parallèlement, le réchauffement climatique frappe la partie la plus pauvre de la population&nbsp;; cela, en Suisse aussi. De fait, il concerne surtout la construction, l’agriculture, les transports, le tourisme et les soins. Et la plupart du temps, celles et ceux qui sont concernées sont des salarié-e-s plutôt mal rémunérés professionnellement exposés à des températures toujours plus élevées et des dangers naturels croissants.</p><p>Dans un tel contexte, la politique climatique doit une fois pour toutes être comprise pour ce qu’elle est réellement&nbsp;: une nécessité fondamentale et incontournable pour tout le monde. Le «&nbsp;changement climatique&nbsp;» relève précisément du service public, comme l’approvisionnement en énergie ou les transports publics. Il est le projet d’avenir collectif auquel nous aurions d’ailleurs dû nous attaquer ensemble il y a longtemps, au lieu de l’ignorer dans un premier temps pour l’abandonner ensuite au marché qui n’a fait qu’aggraver les problèmes en usant d’instruments inefficaces comme les programmes de compensation et les engagements volontaires. Ce dont nous avons par conséquent un besoin urgent, c’est d’un programme public d’amélioration de grande envergure et à cet égard, la LCI représente la pierre angulaire.</p><h3 class="heading--h4">Des objectifs clairs et des instruments efficaces</h3><p>Le principal objectif de la LCI est la réduction rapide et, comme le dit explicitement la loi, socialement acceptable des émissions de gaz à effet de serre&nbsp;: moins 75&nbsp;% jusqu’en 2040, zéro émission net jusqu’en 2050. Les autres objectifs de la nouvelle loi sont, premièrement, l’adaptation aux effets négatifs depuis longtemps apparus du réchauffement climatique ainsi que, secondement, l’orientation des flux financiers de manière à les rendre respectueux du climat, un domaine dans lequel la place financière suisse porte une responsabilité particulière.</p><p>En tant qu’à proprement parler mesure principale, la LCI prévoit des investissements publics d’au total 3,2&nbsp;milliards de francs. Cela, d’une part pour accélérer le remplacement des installations de chauffage au mazout, au gaz et électriques ainsi que pour des mesures dans le domaine de l’efficacité énergétique (2 milliards) et, d’autre part, pour encourager le recours à des «&nbsp;technologies et processus innovants&nbsp;» dans l’économie (1,2 milliard). Pour pouvoir profiter d’un encouragement au plan technologique, les entreprises devront cependant élaborer des «&nbsp;feuilles de route&nbsp;» ad hoc substantielles et également ramener de toute façon à zéro leurs émissions nettes jusqu’en 2050 au plus tard (objectif zéro net).</p><h3 class="heading--h4">Un mieux pour les locataires</h3><p>Environ 60&nbsp;% des chauffages fonctionnent toujours au mazout ou au gaz et environ 10&nbsp;% sont électriques. Et presque un chauffage fossile sur deux continue à être remplacé par un chauffage de même type. Concernant les bâtiments, le potentiel de réduction des émissions est de ce fait énorme, seules les transformations nécessaires progressent bien trop lentement. Les fonds destinés à encourager les changements à travers le programme d’impulsion prévu par la LCI représentent donc de l’argent investi de manière extrêmement efficace, surtout pour les locataires aussi. En effet, même si, par exemple, les pompes à chaleur sont plus avantageuses à l’usage que les chauffages fossiles, leur installation est plus onéreuse, ce qui se traduit souvent par une hausse des loyers, ou en sert de prétexte. Si la Confédération prend à sa charge une partie des frais d’assainissement, la marge de manœuvre pour d’éventuelles hausses des loyers s’en trouve substantiellement réduite. En plus d’une baisse des charges résultant de chauffages moins chers à l’usage, les locataires seront en fin de compte financièrement avantagés. De toute façon, il est clair que si les propriétaires, les bailleurs, reçoivent de l’argent de la Confédération pour remplacer un chauffage, les locataires doivent absolument en profiter&nbsp;!</p><h3 class="heading--h4">Un mieux pour les salarié-e-s</h3><p>Pour nous les syndicats, c’est-à-dire pour les salarié-e-s à bas ou moyen revenu et avec un coût de la vie toujours plus élevé, il est absolument déterminant que la LCI soit mise en œuvre, comme prévu, de manière totalement acceptable du point de vue social&nbsp;: si des employeurs reçoivent de l’argent pour des technologies nouvelles, ces dernières doivent être développées avec les salarié-e-s et non pas introduites contre eux. Les syndicats s’engageront pour qu’il en soit ainsi, tant au niveau de la Confédération que dans les entreprises. Notre but supérieur est ici la création d’emplois durables, sains et bien rémunérés. Les «&nbsp;emplois verts&nbsp;» doivent obligatoirement être aussi des «&nbsp;emplois de qualité&nbsp;». Et de tels emplois, il y en aura car, comme l’estime une étude de la ZHAW, à lui seul, le développement modéré des énergies renouvelables créera 50&nbsp;000 emplois supplémentaires déjà jusqu’en 2035.</p><h3 class="heading--h4">Il faut plus encore&nbsp;: un fonds climat&nbsp;!</h3><p>Les investissements déclenchés par la LCI sont très importants. Mais ils ne suffisent malheureusement de loin pas pour ramener à zéro jusqu’en 2050 – voire plus tôt comme ce serait en réalité nécessaire – le niveau des émissions de gaz à effet de serre en Suisse. C’est précisément pour cette raison que les syndicats soutiennent en plus l’<a href="/fondsclimat" class="link link--internal">initiative pour un fonds climat</a> qui demande qu’une offensive de financement à long terme et socialement équitable soit lancée en vue de mettre en œuvre la transition écologique. Ce fonds climat encore à créer devra permettre des investissements publics non seulement en faveur de nouvelles infrastructures et technologies, mais aussi de la formation ainsi que de la reconversion des salarié-e-s et des aides à apporter à ces derniers dans les branches concernées. C’est pourquoi, qui dit A et soutient la loi climat doit nécessairement aussi dire B et signer l’initiative pour un fonds climat.</p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Arbeiter-Solarpanel-Kontrolle-erneuerbareEnergie_dusanpetkovic-ist.jpg" length="259636" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9721</guid><pubDate>Thu, 20 Apr 2023 09:00:00 +0200</pubDate><title>Remède de cheval à la Confédération, manne providentielle dans les cantons : une combinaison toxique pour la population</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/remede-de-cheval-a-la-confederation-manne-providentielle-dans-les-cantons-une-combinaison-toxique-pour-la-population</link><description>Alors que les cantons croulent sous les excédents, l’austérité annoncée est un non-sens total</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil fédéral prévoit un programme d’austérité brutal. L’augmentation des prix des transports publics n’est qu’un petit avant-goût de ce que ce programme pourrait signifier pour la population en général. En même temps, les cantons nagent dans l’opulence et en veulent encore plus avec l’imposition minimale de l’OCDE. Ensemble, nous devons arrêter cette absurdité.</p><h3 class="heading--h4">La meilleure situation au monde</h3><p>Autant le dire tout de suite&nbsp;: la politique d’austérité appliquée depuis peu par le Conseil fédéral est un non-sens économique et d’une inutilité totale vu l’état général des finances publiques. Souvenons-nous&nbsp;: après quelques difficultés de mise en route et sous la pression des syndicats, le Conseil fédéral a fait quelques bonnes choses pendant la pandémie de Covid. En garantissant les revenus, l’État a mis l’économie à l’abri d’un effondrement général. Cela a entraîné des dépenses supplémentaires extraordinaires, auxquelles l’État n’a eu aucun mal à faire face grâce à sa situation financière très confortable – surtout en comparaison internationale. Même après la pandémie, la valeur nette du patrimoine des pouvoirs publics dépasse les 400 milliards de francs, ce qui correspond à plus de la moitié de la performance économique annuelle.</p><h3 class="heading--h4">259 milliards pour les banques mais un remède de cheval pour la population</h3><p>Après la pandémie, sans doute dans un esprit d’autoflagellation collective, la majorité bourgeoise du Conseil fédéral avait dressé un portrait sombre de la situation financière future – dont l’on sait aujourd’hui qu’il forçait le trait –, exigeant «&nbsp;d’enfin se serrer la ceinture&nbsp;». Le ministre des finances d’alors annonça donc une nouvelle cure d’austérité, graduellement durcie et concrétisée par la nouvelle cheffe du Département fédéral des finances (DFF). C’est le résultat piètre et inattendu des comptes de 2022 qui aurait fait pencher la balance en faveur de la cure radicale qui est maintenant sur la table. Pourtant, ledit résultat découle surtout de restructurations comptables et d’effets ponctuels de la mise en œuvre de la RFFA (recettes de l’impôt anticipé). Il n’est en aucun cas le fruit de problèmes structurels.</p><p>Dans ce contexte, on peine à comprendre la radicalité des mesures d’économie annoncées. Car des coupes sont prévues à tous les niveaux&nbsp;: dans la culture (qui ne s’est pas encore relevée de la période Covid)&nbsp;; dans les transports publics (dont la conséquence directe est la hausse des prix des billets)&nbsp;; dans l’AVS (sérieusement&nbsp;?)&nbsp;; dans l’instruction publique (malgré l’augmentation du nombre d’élèves) et dans la coopération internationale (épargner aux dépens des plus pauvres ne fait pas mal en Suisse). Les syndicats feront tout ce qui est en leur pouvoir contre les mesures annoncées.</p><h3 class="heading--h4">Des cantons qui «&nbsp;s’étonnent&nbsp;» de vivre à nouveau dans l’abondance</h3><p>En matière de mesures d’austérité, les cantons font preuve d’une grande retenue en ce moment. Attention, la remarque n’a rien d’un éloge. Bien au contraire&nbsp;: la publication des comptes annuels 2022 de tous les cantons révèle un excédent cumulé de 3,3 milliards de francs alors que le déficit budgétisé était de 1,2 milliard. Ils expliquent tous cette «&nbsp;erreur de calcul&nbsp;» de 4,5 milliards notamment par des revenus plus élevés que prévu. Ceux-ci auraient leur origine dans les recettes des impôts sur les sociétés et dans les distributions des bénéfices de la Banque nationale. La première cause est évidente, car lorsque les budgets 2022 ont été établis, l’ampleur et la rapidité du redressement économique post-Covid n’étaient pas prévisibles. Pourtant, contrairement à ce qui fut le cas en 2021, la multiplication par six des bénéfices de la Banque nationale était totalement prévisible pour les budgets 2022. Elle ne peut donc pas être sérieusement avancée pour justifier les excédents élevés.</p><h3 class="heading--h4">Des excédents bien «&nbsp;planqués&nbsp;»</h3><p>Ces colossaux excédents cantonaux ne sont pas nouveaux. L’USS les pointe du doigt et les dénonce depuis des années déjà. Le principal problème ici est que du fait des règles budgétaires restrictives pratiquées dans presque tous les cantons, ces fonds ne sont pas affectés à des dépenses ou à des investissements productifs. Ils sont absorbés par la constitution insensée et continue du patrimoine (voir ci-dessus la mention de 400 milliards). Et ce chiffre serait encore plus élevé si les cantons n’avaient pas, en plus, copieusement pioché dans la boîte à malices comptable pour le bouclement 2022. Des centaines de millions ont ainsi été soit versés au capital propre avant la clôture de l’exercice comptable, soit parqués dans la «&nbsp;réserve politico-financière&nbsp;», ou encore utilisés pour le débit anticipé de futures tranches annuelles entières de contributions d’assainissement des caisses de pensions. Tout cela dans le seul but de ne pas faire paraître la situation trop réjouissante, afin de ne pas susciter des «&nbsp;convoitises&nbsp;». Si l’on additionne ces étranges transactions, plus d’un milliard additionnel vient s’ajouter aux 4,5 milliards susmentionnés.</p><h3 class="heading--h4">Une répartition déséquilibrée des tâches et dépenses</h3><p>Les formidables excédents des cantons ne résultent pas seulement des recettes. Ils proviennent aussi et surtout des économies réalisées sur les moyens octroyés aux tâches publiques essentielles comme les réductions de primes-maladie, les soins de longue durée ou le financement de la transition énergétique. Ces retombées négatives de la politique financière des cantons pèsent d’autant plus lourd face à la tentative actuelle de changement de cap de la Confédération en matière de politique des dépenses. Car il faut s’attendre à ce que cette dernière ne vienne plus sans autre pallier aux défaillances des cantons – comme cela s’était en quelque sorte «&nbsp;établi&nbsp;», au plus tard depuis le début de la pandémie. Qu’il s'agisse du parachute de secours d’Axpo, des Ukrainien-ne-s en quête de protection, de la transition énergétique ou du dossier électronique du patient&nbsp;: à plusieurs reprises, la Confédération a pris en charge une large part des dépenses, et cela même dans des domaines de compétence réservés aux cantons. Il convient de corriger enfin l’équivalence fiscale («&nbsp;Qui décide, paie&nbsp;»), qui est bancale depuis longtemps.</p><h3 class="heading--h4">L’imposition minimale de l’OCDE&nbsp;: le rejet crée un nouvel équilibre</h3><p>Cette correction ne doit pas provenir d’un paquet d’économies aberrant adopté par la Confédération, mais plutôt de l’usage productif des excédents astronomiques des cantons. Comme nous l’avons déjà mentionné, ceux-ci revêtent, à eux seuls, bien plus d’importance que le coût provisoire de 2,7&nbsp;milliards des plans d’économie concoctés par le Conseil fédéral. Il serait logique de conclure que les cantons n’ont qu’à verser cette somme à la Confédération – une idée moins extravagante qu’il n’y paraît. L’on pourrait aussi proposer une mise en œuvre judicieuse de l’imposition minimale de l’OCDE, qui permettrait à la Confédération de se procurer elle-même les ressources supplémentaires nécessaires. Elle a pourtant pris la décision inverse, contraire au bon sens, en laissant aux cantons la part du lion de ces recettes additionnelles. Voilà une raison suffisante pour rejeter franchement cet objet (mise en œuvre de l’imposition minimale de l’ODCE) lors de la votation de juin. Pour promouvoir ensuite une nouvelle mouture globalement équilibrée sur le plan de la politique financière, et claquer la porte du placard à poisons qui contient les plans d’austérité de Karin Keller-Sutter.</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/7/6/csm_Wirtschaft-Ungleichheit-Miniaturmenschen_hyejin_kang-iStock_6575ceb724.jpg" length="91069" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9694</guid><pubDate>Tue, 04 Apr 2023 15:42:18 +0200</pubDate><title>Message de félicitations à Sophie Binet, nouvelle secrétaire générale de la CGT </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/message-de-felicitations-a-sophie-binet-nouvelle-secretaire-generale-de-la-cgt</link><description>Pour le président de l&#039;USS, son élection est un signe de force et de renouveau</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 53<sup>e</sup> Congrès de la Confédération générale du travail (CGT) française a élu le 31 mars Sophie Binet au poste de secrétaire générale. Elle succède à Philippe Martinez. Dans lemessage de félicitations qu'il lui a adressé, le président de l'USS Pierre-Yves Maillard estime qu'il s'agit d'un «&nbsp;signe de force et de renouveau&nbsp;» pour l'organisation et pour le syndicalisme en général.</p><p>Voici la lettre dans son intégralité :</p><p>Chère Sophie Binet, chère collègue,</p><p>Par la présente et au nom de l’Union syndicale suisse (USS), plus grande fédération de syndicats de notre pays, je vous transmets mes chaleureuses félicitations pour votre désignation à la fonction de secrétaire générale de la CGT. Votre élection est un signe de force et de renouveau pour votre organisation et pour le syndicalisme en général.</p><p>La situation est marquée par de nouvelles attaques violentes contre le travail et contre les systèmes sociaux. Les systèmes publics de retraites font, dans nos deux pays, l’objet de tentatives d’affaiblissement incessantes et inacceptables. Nous vous témoignons notre plein soutien dans votre lutte actuelle contre la réforme prévoyant une hausse de l’âge légal de départ.</p><p>Nous serons également rassemblés par le combat contre les velléités libérales de nos gouvernements et des instances européennes. Nous profitons de remercier la CGT pour le soutien qu’elle nous a toujours apporté, notamment au sein de la Confédération européenne des syndicats, face à un projet d’accord entre la Suisse et l’UE qui mettrait en cause nos salaires et notre service public.</p><p>Nous partageons pleinement votre appel à l’unité au sein des organisations de défense du monde du travail. Nous vous souhaitons du succès, dans la résistance et dans la conquête, pour les années à venir.</p><p>Avec mes salutations solidaires et collégiales,</p><p>UNION SYNDICALE SUISSE<br> Pierre-Yves Maillard<br> Président</p>]]></content:encoded><category>International</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/e/c/csm_CGT_Sophie_Binet_CC_BY_3-0_326e009fc4.jpg" length="24508" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9684</guid><pubDate>Fri, 31 Mar 2023 14:19:33 +0200</pubDate><title>Conseils et indemnisations pour les victimes de l’amiante et leurs proches</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/conseils-et-indemnisations-pour-les-victimes-de-lamiante-et-leurs-proches</link><description>Fondation Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (EFA)</description><content:encoded><![CDATA[<p>Chaque année en Suisse, près de 200 personnes reçoivent un diagnostic de mésothéliome (tumeur maligne de la plèvre ou du péritoine). La grande majorité de ces tumeurs sont dues au contact avec l’amiante. Les fibres de cette dernière sont mille fois plus fines qu’un cheveu. Si elles atteignent les alvéoles pulmonaires les plus externes et la plèvre ou le péritoine voisins, elles peuvent – même après plusieurs dizaines d’années – être à l’origine d’une tumeur maligne, souvent mortelle. Les personnes les plus menacées sont celles qui ont travaillé sans mesures de protection avec des matériaux contenant de l’amiante. Mais le voisinage de ces entreprises ou chantiers ainsi que des enfants qui auraient joué dans la cour avec de tels matériaux sont également concernés, de même que les membres de leur famille qui ont par exemple lavé des vêtements contaminés par des fibres d’amiante. Beaucoup ignorent même à quel moment ou à quel endroit ils ont été en contact avec de l’amiante, jusqu’à ce que tombe le diagnsotic&nbsp;: mésothéliome.</p><p>Le diagnostic pousse nombre de personnes concernées et de proches à leurs limites. L’espérance de vie moyenne en cas de maladie due à un mésothéliome n’est en effet que d’environ 18&nbsp;mois. Il faut ajouter à cela que l’assurance-accident (LAA) n’offre une couverture que si la maladie a été causée par un contact professionnel avec l’amiante. De ce fait, pour les personnes que la LAA ne couvre pas, des problèmes financiers s’ajoutent encore aux charges physiques et psychiques.</p><p>C’est pour ces dernières qu’intervient la Fondation Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (EFA), fondée par les partenaires sociaux, dont l’USS. Elle se bat pour que ces personnes soient rapidement indemnisées de manière équitable, même si elles n’ont pas été en contact avec l’amiante dans le contexte d’une activité professionnelle. En plus, l’EFA conseille les personnes touchées par la maladie, les proches ainsi que l’opinion publique et fait de la sensibilisation au sujet des problèmes entraînés par la manipulation d’amiante. Elle conseille également toute personne intéressée par les questions en rapport avec une maladie éventuellement causée par l’amiante.</p><p>La Fondation EFA fournit également des informations sur le droit de s’annoncer en vue de se faire indemniser et la façon de procéder.</p><p><strong>Des conseils compétents</strong></p><p>Pour cette offre de conseils, la Fondation EFA recourt à la compétence de spécialistes expérimentés afin d’aider les victimes de l’amiante et leurs proches ainsi que les personnes intéressées en leur fournissant des informations fondées. À cet effet, elle a mis en place un care-service en français, allemand et italien. À Lausanne, Zurich et Lugano, des infirmiers et infirmières diplômés répondent à toutes les questions que peut soulever une maladie due à l’amiante. Lorsque les questions sont plus techniques, ils mettent les victimes (ou autres personnes demandeuses) en contact avec des spécialistes extérieurs, comme des médecins ou des assurances sociales. Ces services sont gratuits.</p><p><strong>Où trouver conseils et aide financière&nbsp;?</strong></p><p>Si vous avez contracté une tumeur maligne de la plèvre ou du péritoine (mésothéliome) après 1996 à la suite d’un contact avec l’amiante en Suisse, êtes un membre de la famille proche ou avez une procuration d’une personne concernée, vous pouvez solliciter une aide financière&nbsp;: <a href="https://www.stiftung-efa.ch/fr/nous-aidons/indemnisation" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">https://www.stiftung-efa.ch/fr/nous-aidons/indemnisation</a>.</p><p>Le care-service de la Fondation EFA répond à vos premières questions&nbsp;: <a href="https://www.stiftung-efa.ch/fr/nous-aidons/conseil" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">https://www.stiftung-efa.ch/fr/nous-aidons/conseil</a></p><p>CARE-SERVICE français<br> +41 21 623 38 00<br><a href="#" data-mailto-token="thpsav1jhyl4zlycpjlGswck5jo" data-mailto-vector="7" class="link link--mail">care-service(at)lpvd.ch</a></p><p>CARE-SERVICE allemand<br> +41 44 268 20 00<br><a href="#" data-mailto-token="thpsav1jhyl4zlycpjlGsbunl4gblypjo5jo" data-mailto-vector="7" class="link link--mail">care-service(at)lunge-zuerich.ch</a></p><p>CARE-SERVICE italien<br> +41 91 973 22 80<br><a href="#" data-mailto-token="thpsav1jhyl4zlycpjlGslnhwvst5jo" data-mailto-vector="7" class="link link--mail">care-service(at)legapolm.ch</a></p><p>Fonds Fondations pour l’indemnisation des victimes de l’amiante (EFA)<br> c/o Union syndicale suisse<br> Monbijoustrasse 61<br> 3007 Berne</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/2/1/csm_asbestsanierung_bermau_iStock_5253d400a6.jpg" length="226233" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9657</guid><pubDate>Fri, 10 Mar 2023 10:03:32 +0100</pubDate><title>EFAS : une pseudo-réforme qui risque de faire beaucoup de dégâts </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/efas-une-pseudo-reforme-qui-risque-de-faire-beaucoup-de-degats</link><description>Financement uniforme des prestations ambulatoires et stationnaires : rien d’autre qu’une privatisation partielle de l’assurance de base</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Une maturation longue ne garantit pas nécessairement un meilleur goût&nbsp;: c’est en tout cas ce que l’on peut dire de la révision «&nbsp;EFAS&nbsp;» de la LAMal qui remonte à une intervention déposée en… 2009. Près de 14 ans plus tard, cette révision est à nouveau traitée par la Commission de la santé du Conseil national. Elle doit impérativement être rejetée.</p><p>Le système de santé est aujourd’hui confronté à deux crises majeures en même temps&nbsp;: l’approvisionnement est en grande difficulté et le financement est aux soins intensifs depuis un bon moment déjà. D’un côté, nous avons une pénurie toujours plus criante de personnel et de médicaments. De l’autre côté, force est de constater que de larges couches de la population ne peuvent plus vraiment payer des primes individuelles et des coûts additionnels qui sont déjà trop élevés et ne cessent d’augmenter.</p><p>C’est dans ce contexte que le lobby des assurances présente aujourd’hui son projet de «&nbsp;financement uniforme des soins ambulatoires et stationnaires (EFAS)&nbsp;» comme le grand coup de balai qui s’attaquerait aux racines de nombreux dysfonctionnements du système de santé. Si seulement&nbsp;! Malheureusement, EFAS est avant tout une pseudo-réforme qui risque de faire des dégâts énormes.</p><p class="heading--h4">Plus d’argent ni de pilotage</p><p>En gros, EFAS n’est rien d’autre qu’une privatisation partielle de l’assurance de base&nbsp;: avec ce projet, les quelque 11 milliards de francs d’impôts que les cantons dépensent actuellement pour les hôpitaux seraient simplement transférés aux assureurs. Ceux-ci devraient ensuite répartir les fonds dans tous les domaines des soins par le biais de l’«&nbsp;Institution commune LAMal&nbsp;» – déjà existante (dans laquelle les cantons pourraient siéger, mais seulement à titre consultatif) – selon une clé de répartition uniforme au niveau national. Le pouvoir de pilotage des caisses augmenterait donc fortement (qui paie commande&nbsp;!), au détriment des cantons qui en ont pourtant la légitimité démocratique. Pire encore&nbsp;: ceux-ci ne pourraient même pas formuler des mandats de prestations pour tous ces milliards (comme c’est normalement partout le cas dans le service public).</p><p class="heading--h4">Les principales incitations négatives demeurent</p><p>Bien sûr qu’il est absurde d’avoir un financement différent pour les traitements ambulatoires et les interventions stationnaires (les cantons participent à hauteur de 55&nbsp;% au domaine stationnaire et pas du tout à l’ambulatoire). Mais la simple suppression de cette différence ne changerait rien au fait que les systèmes tarifaires existants et inchangés continuent à produire des soins excédentaires coûteux (les interventions lucratives sont rentables) et des lacunes non moins coûteuses dans d’autres soins. Et ce qui nous coûte le plus cher à toutes et tous, c’est la surabondance de soins dans l’assurance complémentaire&nbsp;: c’est là que les affaires sont rentables, tant pour les caisses que pour les hôpitaux privés, car les bénéfices peuvent être conservés.</p><p>C’est pourquoi – et c’est prouvé – on y traite trop et on facture ensuite une grande partie à l’assurance de base. Un scandale permanent auquel EFAS ne changerait absolument rien. Au contraire&nbsp;: dans sa première version du Conseil national, EFAS ferait même un nouveau cadeau de plusieurs centaines de millions aux hôpitaux privés, puisqu’ils recevraient désormais une indemnisation majorée de 30&nbsp;%.</p><p class="heading--h4">Soins de longue durée&nbsp;: «&nbsp;far west&nbsp;» et primes encore plus élevées</p><p>Autre point totalement incompréhensible&nbsp;: contrairement au Conseil national, le Conseil des États a également intégré les soins de longue durée dans le financement uniforme. Concrètement, cela signifie que le domaine de soins qui connaît aujourd’hui la croissance la plus rapide – en raison du vieillissement de la société – serait désormais entièrement cofinancé par les primes. En effet, le plafonnement actuel de la contribution des primes aux soins de longue durée, qui constitue l’une des rares barrières efficaces contre la croissance galopante des primes, a été complètement supprimé de la loi par le Conseil des États. C’est inacceptable. C’est un affront pour les ménages à bas et moyens revenus pour lesquels la charge de primes est déjà chroniquement beaucoup trop élevée et ne cesse d’augmenter encore. Mais c’est aussi un affront pour le personnel de santé et les patient-e-s&nbsp;: aujourd’hui, la loi prévoit que les cantons sont responsables du «&nbsp;financement résiduel&nbsp;» des établissements médico-sociaux (EMS) et des services d’aide et de soins à domicile. Et là, les choses ne tournent pas rond. Il est avéré que les cantons paient constamment trop peu, ce que les EMS tentent de compenser par une pression croissante sur le personnel et par des participations élevées – parfois illégales – des patient-e-s aux frais.</p><p>Mais au lieu de remédier à ces dysfonctionnements et de veiller au respect de la loi, le Conseil des États veut purement et simplement supprimer les articles correspondants dans la loi. Le résultat serait une sorte de «&nbsp;far west&nbsp;» dans le financement des soins, et il ne faudrait pas chercher bien loin ceux qui en pâtiraient le plus&nbsp;: ce serait à nouveau les patient-e-s et le personnel. Ce qui est perfide dans cette affaire, c’est que les soins de longue durée ont été intégrés dans la réforme, notamment sous la pression des cantons. En effet, les cantons s’en sortiraient financièrement mieux à long terme – au détriment des gens qui paient les primes&nbsp;!</p><p class="heading--h4">Participation aux coûts en hausse, réductions de primes en baisse</p><p>Avec EFAS, les assuré-e-s ne risquent pas seulement de voir leurs primes augmenter, mais aussi leur participation aux coûts. En effet, d’une part, dans le domaine des soins de longue durée, le texte de loi prévoit explicitement que le plafonnement actuel de la contribution des patient-e-s ne s’appliquera plus que pendant cinq ans. D’autre part, en cas d’hospitalisation stationnaire, la totalité des frais de traitement serait désormais facturée en tenant compte de la franchise et de la quote-part (aujourd’hui, c’est à peine la moitié).</p><p>De plus, le cœur même d’EFAS, soit une «&nbsp;clé de financement uniforme au niveau national&nbsp;», signifie que chaque canton devrait adapter sa clé de financement actuelle à la moyenne suisse. Et cela devrait se faire soit par une hausse des primes (encore&nbsp;!), soit en augmentant les dépenses fiscales. Et une augmentation des dépenses fiscales pourrait rapidement entraîner à son tour une hausse des primes. En effet, l’un des premiers domaines où les cantons font généralement des économies en cas de dépenses supplémentaires est celui des réductions de primes pour les ménages dans le besoin – le passé l’a suffisamment montré.</p><p class="heading--h4">Les économies annoncées&nbsp;? Des promesses en l’air&nbsp;!</p><p>Pour ne pas avoir à entrer dans les détails des nombreuses aberrations – nous venons de les énumérer – de la réforme, de nombreux partisans d’EFAS se contentent souvent d’évoquer les «&nbsp;centaines de millions de francs&nbsp;» que leur projet permettrait d’économiser. Là aussi, il s’agit d’une affirmation totalement creuse, car il n’existe aucune étude et donc aucun chiffre étayé sur les économies possibles grâce à EFAS. Si l’on se penche sur les passages en petits caractères, on trouve un peu plus d’honnêteté. En effet, Santésuisse écrit textuellement ceci&nbsp;: «&nbsp;EFAS ne résout pas le problème fondamental de l’augmentation excessive des coûts de la santé&nbsp;».</p><p>Cette petite phrase en dit long et une chose est sûre&nbsp;: le Parlement doit stopper la réforme EFAS. Et à la place, la politique de santé devrait enfin se concentrer sur l’essentiel et le plus urgent&nbsp;: le renforcement de la couverture des soins (notamment par une amélioration du statut du personnel), des mesures efficaces de maîtrise des coûts (notamment par une baisse des prix des médicaments, une réforme des systèmes tarifaires et la fin de toute forme d’affairisme dans l’assurance complémentaire) ainsi qu’un financement social par des réductions de primes substantiellement plus étoffées.</p>]]></content:encoded><category>Santé</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gesundheit/Gesundheit_Kosten_Stethoskop_Frankenscheine_iStock-Scharvik_web.jpg" length="423576" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9617</guid><pubDate>Wed, 01 Feb 2023 14:11:48 +0100</pubDate><title>Initiative sur la BNS : interruption de la récolte des signatures</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/initiative-sur-la-bns-interruption-de-la-recolte-des-signatures</link><description>Le Comité de l’USS renonce à l&#039;initiative populaire « Renforcer l’AVS grâce aux bénéfices de la Banque nationale (initiative sur la BNS) »</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 1<sup>er</sup> février, le Comité de l’USS a décidé d’interrompre la récolte des signatures en faveur de l’initiative populaire sur la BNS et, par conséquent, de renoncer à notre initiative populaire «&nbsp;Renforcer l’AVS grâce aux bénéfices de la Banque nationale (initiative sur la BNS)&nbsp;». Cette décision n’a été facile à prendre pour personne, surtout étant donné l’engagement déjà fourni. Mais à cause des pertes record enregistrées par la BNS en 2022, il est nettement plus difficile de faire passer le message de l’initiative. Le déficit de la BNS a clairement freiné la récolte de signatures.</p><p>En raison du rapide tournant pris par les taux d’intérêt, du nouveau contexte inflationniste et de l’offensive menée contre les rentes du 2<sup>e</sup> pilier, de nouvelles questions et de nouveaux défis se posent en matière de prévoyance vieillesse. De ce fait, les priorités et les ressources doivent être accordées aux projets centraux en cours comme la 13<sup>e</sup>&nbsp;rente AVS et le référendum qui menace le projet sur le 2<sup>e</sup> pilier.</p><p>Il reste qu’il est juste et important que les milliards de la BNS à disposition soient affectés à l’AVS, c’est-à-dire à bon escient, parce que tout le monde en profitera. La répartition juste des excédents réalisés par la BNS reviendra certainement à l’ordre du jour, mais on ne sait pas encore avec quelle rapidité la réserve pour distributions futures se reconstituera. L’USS continuera à s’occuper activement de ce thème.</p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Finances et fiscalité</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/kampagnen/SNB-Initiative/SNB_Initiative_breit_FR_1200x900.jpg" length="1177948" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9543</guid><pubDate>Tue, 13 Dec 2022 12:59:45 +0100</pubDate><title>Payer plus pour toucher encore moins ? Pas question ! Il faut tout simplement des meilleures rentes pour les femmes</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/payer-plus-pour-toucher-encore-moins-pas-question-il-faut-tout-simplement-des-meilleures-rentes-pour-les-femmes</link><description>Pourquoi cette réforme n&#039;est pas acceptable</description><content:encoded><![CDATA[<p>On entend souvent dire que la LPP, c’est trop compliqué. Ce n’est pas faux&nbsp;: le système a de nombreuses subtilités. Mais il y a aussi des faits qui sont très faciles à comprendre. Par exemple&nbsp;: les femmes touchent un tiers de moins de rente que les hommes. Il faut donc que les rentes des femmes augmentent très vite, grâce à un financement qui doit rester abordable pour les assurées.</p><p>Avant la votation sur AVS&nbsp;21, le Parlement et sa majorité avaient multiplié les belles promesses. Les femmes devaient travailler plus longtemps jusqu’à la retraite, mais verraient en revanche leurs rentes du 2e&nbsp;pilier augmenter. À peine trois mois plus tard, c’est la désillusion. Ce que propose le Parlement n’apporte aucune amélioration. Pire, pour de nombreuses femmes, cette révision de la LPP entraîne même une baisse des rentes, alors les cotisations prélevées sur leur salaire va augmenter. Ainsi, une femme de 49 ans devrait à l’avenir payer 100 francs de plus chaque mois, mais recevrait environ 200 francs de moins de rente une fois arrivée à la retraite, car le taux de conversion va être abaissé. Le taux de conversion détermine le pourcentage de l’avoir de vieillesse que l’on reçoit chaque année sous forme de rente.</p><p>Mais quelque chose ne joue pas dans cette histoire. En effet, même sans réforme de la LPP, les rentes du 2e piliers n’ont cessé de fondre comme neige au soleil depuis plus de dix ans. Et cela, alors que les caisses de pension croulaient sous les bénéfices issus des marchés boursiers et immobiliers. Dans le 2e pilier, il est devenu habituel d’avoir une faible rémunération de l’épargne, des taux de conversion en baisse, des frais en hausse, mais de l’autre côté des bénéfices plus élevés pour les caisses de pensions et les assurances. Autrement dit, les caisses de pensions pompent toujours plus dans notre épargne – près de 6 milliards de francs par année. Avec autant d’argent, on pourrait facilement augmenter les rentes des femmes. Malheureusement, ce n’est pas ce qui se dessine. Et donc les vendeuses toucheront toujours des rentes dérisoires alors que les banques feront des bénéfices toujours importants. Et les rentes des femmes resteront trop basses pendant encore longtemps.</p><p>Pourquoi donc ce blocage de la part des conseillers aux États&nbsp;? Pourquoi les milliards ne peuvent-ils pas être utilisés pour améliorer les retraites plutôt que pour les bonus des banques et les bénéfices des assurances&nbsp;? Malheureusement, de nombreux parlementaires sont liés avec ce secteur d’activité par des mandats et des sièges dans les conseils d’administration. Mais nous ne devons pas être les victimes de ces lobbyistes, nous pouvons et devons maintenir la pression.</p><p>Dans tous les cas de figure, l’AVS fonctionne mieux pour les femmes que le 2e&nbsp;pilier. En effet, le travail d’éducation des enfants est pris en compte et mène à des rentes plus élevées. De plus, contrairement aux caisses de pension, personne ne fait de bénéfices sur nos retraites. Mais le point le plus important, c’est que les personnes avec les plus hauts salaires cotisent beaucoup plus que les personnes à revenu moyen, alors que leur rente AVS est plafonnée. L’AVS est donc une bonne affaire pour 90&nbsp;% de la population. C’est le principe génial de l’AVS&nbsp;: ce système permet d’assurer qu’une caissière, une vendeuse ou un boulanger touchent eux aussi une retraite décente. Nous devons absolument renforcer cette AVS. L’année passée, nous avons donc lancé l’initiative pour une 13e rente AVS. Cette mesure permettra de renforcer l’AVS en général et d’améliorer les rentes des femmes.</p>]]></content:encoded><category>Prévoyance professionnelle</category><category>AVS</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/kampagnen/Mailing-AHV21_1080X7202.jpg" length="109583" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9525</guid><pubDate>Mon, 28 Nov 2022 14:44:57 +0100</pubDate><title>Les cantons gardent les cordons de la bourse serrés, au détriment de la population</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/les-cantons-gardent-les-cordons-de-la-bourse-serres-au-detriment-de-la-population</link><description>Budgets cantonaux 2023</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les cantons continuent d’afficher une santé financière solide, comme le démontre l’analyse annuelle de l’USS. Et pourtant&nbsp;: tout indique, dans leurs budgets 2023, qu’ils ne prennent toujours pas leurs responsabilités en vue de renforcer le pouvoir d’achat de la population.</p><p class="heading--h4">Des excédents généreux, des recettes constantes</p><p>Une fois que les comptes 2021 ont été clôturés, on a pu constater au printemps 2022 que les cantons se sont trompés de 5,7&nbsp;milliards de francs au total dans leurs prévisions budgétaires. Au lieu du déficit prévu de 2,9 milliards, les comptes de résultats de l’ensemble des cantons se soldent par un excédent cumulé de 2,8 milliards de francs. Avec un contexte économique qui s’est sensiblement assombri depuis, rien n’aurait été plus judicieux que d’utiliser ces excédents inattendus de manière constructive pour la population. Malheureusement, c’est tout le contraire qui s’est produit&nbsp;: les «&nbsp;freins à l’endettement&nbsp;» cantonaux, tous plus rigides les uns que les autres, ont accaparé cet argent de manière quasi automatique, ce qui fait qu’il a été mis de côté au profit de l’économie financière plutôt que d’être investi dans les domaines névralgiques de l’économie réelle.</p><p>Malgré le contexte économique difficile, la situation dans les administrations cantonales des finances devrait demeurer assez détendue l’année prochaine. Ainsi, tous les cantons s’attendent à une augmentation des recettes fiscales&nbsp;: +5,5&nbsp;% par rapport au budget 2022, soit une hausse cumulée de 2,6&nbsp;milliards. Les distributions de bénéfices de la Banque nationale suisse (BNS) s’annoncent nettement moins bonnes pour l’année à venir, mais les cantons sont tout à fait en mesure de se passer d’une partie de ces ressources, voire, dans le pire des cas, de la totalité. En effet, rappelons-nous que cette année, ils ont pu encaisser une sextuple distribution, soit le maximum, sans que cela n’ait été prévu aucun budget.</p><p>Pour l’année prochaine, 13 cantons sur 26 ont prévu un déficit à leur budget, pour un montant cumulé de 224&nbsp;millions. Mais comme les directions des finances semblent «&nbsp;abonnées&nbsp;» aux erreurs massives de budgétisation (ou du moins d’estimation), on peut supposer sans crainte qu’avec de telles prévisions, les comptes 2023 seront au final «&nbsp;très noirs&nbsp;». On l’a bien vu plus haut&nbsp;: le déficit budgété pour 2021 était plus de dix fois supérieur à celui prévu pour 2023, et pourtant, il s’est finalement transformé en un excédent comptable énorme.</p><p class="heading--h4">Faire du surplace&nbsp;: un choix délétère</p><p>Du côté des charges, il est clair que les cantons se verront confrontés à un besoin de dépenses élevé. Ceci d’une part en raison de facteurs à long terme&nbsp;: le nombre d’élèves continue d’augmenter fortement dans les écoles, tout comme les besoins dans les soins de longue durée, liés à l’évolution démographique. D’autre part, les effets de la pandémie continuent de se faire sentir, tant sur le plan économique (par exemple dans les transports publics ou la culture) que sur le plan sanitaire (vaccination et tests). Enfin, la guerre en Ukraine a fait apparaître une série de nouveaux postes budgétaires, ou une augmentation des postes existants, tels les dépenses pour les personnes en quête de protection et la hausse des prix de l’énergie.</p><p>Des besoins élevés en matière de dépenses et une marge de manœuvre financière solide&nbsp;: l’équation serait parfaite. Mais les cantons se font grippe-sous. Certes, à l’exception du Jura, presque aucun canton n’a prévu de plan d’austérité important. Mais compte tenu de l’augmentation du coût de la vie et de l’importance des besoins en investissement, le simple fait de «&nbsp;faire du surplace&nbsp;» est synonyme d’une politique financière extrêmement conservatrice.</p><p class="heading--h4">Réductions de primes&nbsp;: aux cantons de prendre leurs responsabilités</p><p>L’exemple le plus flagrant est celui des réductions de primes-maladie&nbsp;: dans la plupart des cantons, les réductions de primes budgétées pour 2023 augmenteront beaucoup moins que ne le font les primes et la démographie. Cumulées, les dépenses des cantons pour ce poste budgétaire seront relevées de 4,2&nbsp;% seulement. Elles devraient toutefois augmenter d’au moins 7,4&nbsp;% pour ne serait-ce que maintenir leur part actuelle – déjà très modeste – au financement de l’assurance de base (ce taux correspondrait à une hausse des primes de 6,6&nbsp;% plus la croissance démographique de 0,8&nbsp;%). Et même là, ils n’auraient encore rien fait de plus pour atténuer enfin quelque peu la charge exorbitante que font peser les primes-maladie sur les ménages à bas et moyens revenus (ou alors pour alléger par ce biais les prix de l’énergie et les frais annexes qui ont eux aussi fortement augmenté).</p><p>Les cantons justifient cette posture conservatrice en matière de politique financière par une devise qui revient sans cesse, à tout le moins depuis la pandémie de coronavirus&nbsp;: la Confédération décide, elle doit donc payer – qu’il s'agisse du sauvetage d’Axpo, des dépenses pour les personnes en quête de protection venues d’Ukraine ou, justement, des réductions de primes. Mais cette attitude n’est compatible ni avec les compétences politiques ni avec le poids des cantons en matière de politique financière. C’est pourquoi il s’agit maintenant de tout mettre en œuvre – dans le cadre des discussions cantonales sur les budgets 2023 et au-delà – pour que la marge de manœuvre disponible soit enfin utilisée au bénéfice de la population et que les dépenses et investissements supplémentaires nécessaires de toute urgence soient effectués.</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/0/5/csm_Zahlungsfristen_Kalender_Geld_Rechner_ist-doucefleur-899321150_be97c09046.jpg" length="115726" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-9457</guid><pubDate>Fri, 04 Nov 2022 10:43:30 +0100</pubDate><title>Relever le défi ensemble : il faut signer maintenant l’initiative pour un fonds climat</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/relever-le-defi-ensemble-il-faut-signer-maintenant-linitiative-pour-un-fonds-climat</link><description>Tournant climatique : faire du surplace n’est pas une option</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le réchauffement climatique a lieu ici et maintenant. Il est produit par l’être humain et représente pour nous toutes et tous une menace existentielle. Continuer «&nbsp;comme avant&nbsp;» dans la politique climatique n’est tout simplement plus possible. Au lieu de compter sur le marché, nous devons désormais enfin miser sur des solutions collectives. C’est précisément ce que veut l’initiative pour un fonds climat.</p><p><strong>Le marché ne fait pas le job</strong></p><p>Ce n’est définitivement pas le marché qui va résoudre le problème planétaire du réchauffement climatique. En effet, la plupart des instruments basés sur des mécanismes de marché pour lutter contre la crise climatique n’ont rien donné depuis leur introduction. Ou du moins, ils ont beaucoup trop peu contribué à la réduction rapide nécessaire des émissions de gaz à effet de serre. Le meilleur exemple en est le commerce des émissions ainsi que toutes sortes d’«&nbsp;engagements volontaires de l’économie&nbsp;», particulièrement appréciés dans la politique climatique en Suisse. Au cœur de toutes ces approches, on trouve le fameux mirage des innovations technologiques révolutionnaires qui se produiront un jour ou l’autre et qui nous propulseront en un clin d’œil dans un «&nbsp;avenir zéro net&nbsp;», sans que rien ne change dans le fonctionnement de base de notre vie économique.</p><p><strong>La politique climatique comme service public</strong></p><p>S’il y avait du temps à foison pour cela, on pourrait comprendre que les milieux économiques se lancent dans ce genre de loterie. Mais nous n’avons vraiment plus le temps de faire des essais et d’espérer que ça marche&nbsp;: le réchauffement climatique a lieu ici et maintenant, et la limitation du réchauffement mondial à 1,5 degré – pourtant absolument nécessaire – semble de plus en plus inatteignable, selon les expert-e-s.</p><p>Que faire alors&nbsp;? Certainement pas «&nbsp;continuer comme avant&nbsp;» ou «&nbsp;faire un peu plus de ce qu’on a fait jusqu’à présent&nbsp;». La politique climatique, ou plutôt son objectif, à savoir un environnement durablement sain et une économie qui profite à toutes et tous, doit enfin être comprise pour ce qu’elle est&nbsp;: un bien fondamental et indispensable, auquel tout le monde a droit. En ce sens, la «&nbsp;transformation climatique&nbsp;» fait partie du service public au même titre que l’approvisionnement énergétique ou les transports publics (qui sont eux-mêmes des leviers fondamentaux pour un climat sain). La transition climatique est LE projet d’avenir collectif et central, qui ne peut être mis en œuvre efficacement que si cela se fait de manière collective et négociée démocratiquement. Et pour cela, il faut un programme public progressiste à grande échelle, comme le demande l’initiative du fonds climatique.</p><p><strong>Un fonds climatique pour une approche globale</strong></p><p>L’initiative «&nbsp;Pour une politique énergétique et climatique équitable&nbsp;: investir dans la prospérité, le travail et l’environnement&nbsp;» a été lancée conjointement par le PS, Les Vert-e-s et les syndicats. La création d’un fonds climatique – doté de moyens à hauteur de 0,5 à 1&nbsp;% du produit intérieur brut – doit permettre de financer les mesures nécessaires pour faire face au tournant climatique de manière globale et avec succès. Cela implique non seulement la «&nbsp;décarbonation&nbsp;» de tous les secteurs de l’économie et de la vie (transports, bâtiments, industrie, agriculture, etc.), mais aussi l’accompagnement des changements structurels qui en découlent sur le marché du travail et dans la formation. Car pour que la transformation écologique se fasse de manière solidaire, personne ne doit être laissé pour compte en raison des changements. Des investissements publics sont donc nécessaires non seulement pour les nouvelles infrastructures et technologies, mais aussi pour la formation, la reconversion et le soutien des travailleuses et des travailleurs dans les secteurs concernés.</p><p>L’objectif suprême doit être la création d’emplois durables, sains et bien rémunérés&nbsp;: les «&nbsp;emplois verts&nbsp;» doivent impérativement être de «&nbsp;bons emplois&nbsp;». De plus, les travailleuses et les travailleurs ne sont pas seulement directement concernés par les changements structurels, ils en sont aussi les acteurs. Car en fin de compte, seuls les employé-e-s dans les entreprises disposent des connaissances et des capacités pratiques nécessaires au développement de nouvelles technologies et à la mise en œuvre de modèles d’affaires respectueux du climat.</p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/1/4/csm_welt-klima-schuetzen_iStock-nito100_63d2fe3f36.jpg" length="115150" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-8428</guid><pubDate>Tue, 11 Oct 2022 16:40:44 +0200</pubDate><title>Santé : d’abord un financement social, puis une juste maîtrise des coûts</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/sante-dabord-un-financement-social-puis-une-juste-maitrise-des-couts</link><description>La hausse des primes-maladie n’est pas une fatalité</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">«&nbsp;Les primes augmentent parce que les coûts explosent&nbsp;»&nbsp;: cela fait des années que l’on leurre les gens avec cette prétendue loi de la nature. Une logique qui fait le beurre de l’industrie pharmaceutique et du lobby des assurances, au détriment des assuré-e-s et du personnel des soins.</p><p class="heading--h4">Hausse des primes 2023&nbsp;: pas une fatalité</p><p>Les primes d’assurance-maladie augmentent chaque année au même rythme que les dépenses de l’assurance de base. Lorsque ce n’est pas le cas, c’est-à-dire si l’augmentation des primes d’une année ne couvre pas, a posteriori, la hausse des coûts, les primes augmenteront d’autant plus fortement l’année suivante. C’est exactement ce qui se passe pour les primes 2023. Hausse des coûts = hausse des primes&nbsp;: un peu partout en Suisse, cette équation est assénée comme une sorte loi de la nature. Mais il n’en est rien. Il s’agit avant tout d’une conséquence de notre législation, qui a certes défini une assurance sociale avec la loi sur l’assurance-maladie (LAMal), mais qui a conçu son financement de manière explicitement antisociale.</p><p>Il ne s’agit pas seulement d’une anomalie en tant que telle, mais également en comparaison avec les autres pays&nbsp;: alors que dans presque tous les pays occidentaux de l’OCDE, l’assurance-maladie est financée à environ 80&nbsp;% par des contributions liées au revenu (impôts ou cotisations salariales), cette part n’atteint que quelques maigres 30&nbsp;% ( !) en Suisse. L’essentiel des dépenses est financé par les primes, donc par un impôt par tête.</p><p class="heading--h4">Programme immédiat pour un financement plus social&nbsp;: maintenant plus que jamais&nbsp;!</p><p>La Suisse est un pays riche&nbsp;: elle peut s’offrir une excellente couverture en matière de santé – et c’est heureux&nbsp;! Comme sa population connaît un vieillissement prononcé, les dépenses dans les domaines de polymorbidités et des soins de longue durée augmentent – ce qui est tout à fait normal&nbsp;! À eux seuls, ces deux facteurs entraînent chaque année une hausse substantielle des dépenses de santé dans le pays. Raison de plus pour comprendre que la charge des primes des assuré-e-s ne pourra jamais être ramenée à un niveau acceptable pour les ménages à bas et moyens revenus par la seule mise en œuvre de «&nbsp;mesures de maîtrise des coûts&nbsp;» dont on parle depuis des années, aussi efficaces et performantes soient-elles.</p><p>Un financement social n’est possible que s’il y a des décisions politiques en ce sens. Et les projets pour y parvenir sont aujourd’hui sur la table, prêts à l’emploi&nbsp;: le Conseil national a ainsi adopté un contre-projet à l’initiative du PS et de l’USS sur l’allègement des primes-maladie (2,2 milliards de francs supplémentaires pour les réductions de primes). Il a aussi transmis une motion qui prévoit que la Confédération prendra une mesure d’urgence en allouant 900 millions de francs de plus aux réductions de primes pour l’année à venir. Au tour maintenant au Conseil des États d’adopter ces projets le plus rapidement possible – ce serait la moindre des choses&nbsp;! Et attention&nbsp;: les réductions de primes ne sont pas une aumône de l’État. Il s’agit tout simplement de moyens pour la santé publique financés en fonction du revenu, comme c’est le cas partout ailleurs en Europe.</p><p>Et comme les réductions de primes ne sont que partiellement financées par la Confédération, les cantons ont eux aussi une forte responsabilité&nbsp;: ils doivent désormais faire en sorte, dans leurs budgets 2023, que les dépenses pour les réductions de primes augmentent de manière substantielle (la plupart des cantons les ont drastiquement réduites pendant des années). Faute de quoi, c’est comme s’ils décidaient d’une hausse d’impôts de facto pour les revenus bas et moyens (s’il manque des subsides, les primes nettes sont beaucoup trop élevées).</p><p class="heading--h4">L’interdiction de bénéfices doit enfin s’imposer</p><p>Une fois que cette transformation, certes minimale, vers un financement plus social de l’assurance de base aura été décidée par la Confédération et les cantons – et rien ne s’y oppose aujourd’hui – on pourra, on devra même reparler de la maîtrise des coûts. Et notamment du fait qu’un peu partout, des bénéfices sont réalisés au détriment de l’assurance de base, bien que cela soit explicitement interdit par la loi&nbsp;: des hôpitaux privés s’enrichissent grâce à des interventions sélectives dans le cadre de forfaits par cas lucratifs, et les assurances complémentaires en profitent par la même occasion&nbsp;; des groupes pharmaceutiques bloquent les génériques et mettent sur le marché de nouveaux médicaments pour lesquels ils imposent, grâce à leur redoutable pouvoir de lobbying, des prix à cinq ou six chiffres, au détriment de l’assurance de base&nbsp;; enfin, les caisses d’assurance maladie – qui ferment souvent au minimum un œil – laissent passer des factures coûteuses en masse au lieu d’unir leurs forces et d’investir enfin de manière substantielle dans la prévention et les soins coordonnés. C’est de ces sujet, à savoir les «&nbsp;gros poissons&nbsp;», que nous devrions parler. Et certainement pas de l’introduction d’une taxe d’urgence ou la hausse des franchises.</p><p class="heading--h4">Mettre fin à l’exode du personnel de soins</p><p>Reste un autre chantier&nbsp;: l’amélioration de la qualité et des conditions de travail dans les soins. Dans ce domaine, les décisions sont même déjà prises depuis un moment&nbsp;: en novembre 2021, la population a massivement voté en faveur de l’initiative sur les soins infirmiers. Mais depuis, rien ne bouge&nbsp;! Sauf peut-être la situation dans les hôpitaux et les homes qui s’est encore dégradée. Actuellement, plus de 300 soignant-e-s quittent chaque mois la profession. Alors que le personnel soignant aurait enfin dû pouvoir souffler un peu après la pandémie, on continue de déverser toujours plus de travail sur toujours moins de personnes, ce qui aggrave sans arrêt la situation en matière de soins.</p><p>L’initiative sur les soins infirmiers doit enfin être mise en œuvre, et rapidement. À commencer par les <a href="https://www.sbk.ch/fr/news-single/exode-dans-les-soins-stopper-les-abandons-de-la-profession-cinq-mesures-durgence-a-mettre-en-oeuvre" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">cinq mesures immédiates</a> demandées par les organisations de personnel soignant. Sinon, le système de santé suisse sera certes toujours le plus cher d’Europe, mais il ne pourra plus jamais être le meilleur. En plus du personnel soignant, ce sont bientôt aussi les patients qui en feront les frais.</p>]]></content:encoded><category>Santé</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/9/d/csm_Krankenhaus-Operation_Santiago-Nunez_photocase_011c844ab8.jpg" length="186001" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-8384</guid><pubDate>Fri, 16 Sep 2022 10:24:09 +0200</pubDate><title>Approvisionnement énergétique : le marché nous a coûté cher</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/approvisionnement-energetique-le-marche-nous-a-coute-cher</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Empêcher la libéralisation complète du marché de l’électricité s’est révélé être, pour les petits clients en Suisse, la meilleure protection contre les flambées des prix de l’électricité. Il s’agit aujourd’hui de tirer les bonnes leçons de cette expérience. Bonne nouvelle&nbsp;: l’extinction des feux a déjà sonné chez les adeptes les plus fervents du marché libre.</p><p class="heading--h4">L’approvisionnement de base comme bouclier de protection</p><p>Il y a peu de temps encore, personne ne s’attendait à cette double tuile&nbsp;: peu avant le choc redouté des primes-maladie, les ménages en Suisse doivent aussi faire face à des hausses brutales du prix de l’électricité. Bien sûr, les coûts de l’électricité sont depuis longtemps un poste non négligeable au budget d’un ménage moyen. Mais ils restaient jusqu’ici presque insignifiants comparés aux primes d’assurance-maladie et aux loyers. Il y a essentiellement deux raisons à cela&nbsp;: premièrement, le fait d’avoir réussi à empêcher jusqu’à présent la libéralisation totale du marché de l’électricité a protégé les petits consommateurs des hausses de prix brutales sur les marchés internationaux de l’énergie. Et deuxièmement, dans l’approvisionnement de base, l’électricité renouvelable produite en Suisse (qui représente tout de même deux tiers du total) ne peut être facturée plus cher que le coût de production. L’année prochaine, cette «&nbsp;règle du prix de revient&nbsp;» profitera en particulier aux ménages qui habitent dans la zone de desserte d’un fournisseur d’énergie produisant lui-même une part élevée de son électricité.</p><p class="heading--h4">Production d’électricité&nbsp;: les mythes liés au marché</p><p>D’autres fournisseurs d’énergie, en revanche, doivent acheter beaucoup d’électricité sur les marchés internationaux et prévoient dès lors de répercuter des hausses de prix faramineuses sur leurs client-e-s finaux. Pourquoi cela&nbsp;? D’une part, contrairement à ce qui s’est passé pour l’approvisionnement de base, la large ouverture du marché n’a malheureusement pas pu être évitée dans le domaine de la production d’électricité. Les prix de l’électricité peuvent donc s’envoler à la bourse (avec les bénéfices astronomiques que cela implique pour de nombreux grands groupes énergétiques). Et ce sont la population ordinaire et les entreprises qui en paient le prix fort.</p><p>D’autre part, la Suisse a malheureusement raté l’occasion d’augmenter la part des nouvelles énergies renouvelables à un niveau substantiel à travers une offensive d’investissements publics et ce, principalement en raison de la politique d’obstruction menée par la droite pendant des années («&nbsp;la stratégie énergétique a échoué&nbsp;!&nbsp;»). Cela lui aurait aussi permis de se libérer dès aujourd'hui de la dépendance économique et géopolitique des énergies fossiles (tout en mettant en œuvre une politique climatique exemplaire). Pour les uns, c’était tout simplement inutile (ou alors ils misaient à nouveau sur l’énergie nucléaire, peu efficiente, dangereuse et beaucoup plus coûteuse pour les pouvoirs publics). Pour d’autres, il fallait aussi laisser au marché le soin de s’en occuper. Ce qui, en temps normal, ne l’intéresse aucunement.</p><p class="heading--h4">Se mettre à l’abri du marché&nbsp;: oui, mais…</p><p>Dans le domaine de l’approvisionnement en énergie, les errements dus à une foi aveugle dans le marché apparaissent au grand jour. Le meilleur exemple en est la revendication récente des partisans les plus fervents de l’ouverture partielle du marché de l’électricité (Union suisse des arts et métiers, entre autres)&nbsp;: ils demandent aujourd’hui que les gros consommateurs qui ont choisi de passer dans le marché libre puissent revenir à l’approvisionnement de base protégé. Maintenant que ça chauffe, ils préfèrent prendre leurs distances avec le marché libéralisé. Si l’on fait abstraction de la perte totale de crédibilité, c’est tout-à-fait compréhensible de leur part, et même absolument nécessaire pour les entreprises concernées. Car aucune société ne peut maintenir sa production si les dépenses en énergie représentent soudain 30&nbsp;% des coûts totaux au lieu de 3&nbsp;%. Mais une autre chose est sûre&nbsp;: celui qui a le droit de revenir dans l’approvisionnement de base pour sauver son entreprise devra aussi y rester par la suite (tout comme c’est le cas actuellement lors d’un passage au marché libre). Il ne doit certainement pas pouvoir le quitter à la première occasion possible, à savoir lorsque les prix de l’électricité baisseront à nouveau.</p><p class="heading--h4">Il faut des mesures concrètes tout de suite</p><p>S’éloigner du marché en développant les services de base et les investissements publics dans les énergies renouvelables&nbsp;: c’est ainsi que l’on pourrait mettre en place deux mesures déterminantes à moyen terme pour un approvisionnement énergétique abordable et climatiquement neutre. Des mesures qui semblent subitement susceptibles de réunir de larges majorités. Mais, pour revenir à ce qui a été dit en introduction, elles ne permettront pas de résoudre le grave problème de l’augmentation du prix de l’électricité auquel les ménages privés devront faire face dès l’année prochaine. Pour cela, il faut des mesures urgentes et efficaces rapidement. Voici celles qui s’imposent&nbsp;:</p><ul><li><strong>Plafonnement des taxes&nbsp;:</strong> Le prix de l’électricité se compose du tarif de l’énergie et de différentes taxes d’État. Il est donc relativement facile pour l’État de faire en sorte que ces dernières n’augmentent pas l’année prochaine. Mais pour cela, la réserve hydroélectrique prévue («&nbsp;un montant élevé qui se chiffre en centaines de millions&nbsp;») et les dépenses supplémentaires du gestionnaire du réseau de transport (également un montant à trois chiffres en millions) devraient absolument être financées par des fonds publics, et non – comme c’est prévu pour l’instant – par une augmentation du tarif d’utilisation du réseau.</li><li><strong>Contrôle des tarifs&nbsp;:</strong> L’ElCom, l’autorité de surveillance et d’approbation des tarifs, doit surveiller méticuleusement les entreprises d’approvisionnement en énergie. Il faut absolument éviter que les entreprises qui ne sont pas touchées par la hausse internationale des prix de l’électricité surfent sur la vague générale et tentent, par des tours de passe-passe, d’augmenter également les prix de l’électricité pour leurs clients finaux dans l’approvisionnement de base.</li><li><strong>Rôle des cantons et des communes&nbsp;:</strong> Presque toutes les entreprises d’approvisionnement en énergie sont détenues – majoritairement ou entièrement – par les cantons et les communes. Ces derniers sont donc particulièrement tenus de veiller à ce que l’augmentation des tarifs de l’énergie soit aussi modérée que possible. La réduction des réserves de l’entreprise, là où elles existent, doit être une condition préalable à une répercussion inchangée de l’augmentation des prix du marché sur les clients finaux.</li><li><strong>Plafonnement du tarif de l’électricité&nbsp;:</strong> Comme l’a fait la France pour 2022 (et vient de le prolonger pour 2023), le tarif de l’électricité de base pourrait être plafonné jusqu’à un certain quota de consommation. Les moyens pour y parvenir seraient disponibles, ou sont en train de s’accumuler grâce aux bénéfices élevés que font actuellement les grands groupes énergétiques.</li></ul>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/3/b/csm_Stromleitung_flickr-pixelteufel_cc-by_e69834080a.jpg" length="232964" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-8280</guid><pubDate>Wed, 01 Jun 2022 15:21:05 +0200</pubDate><title>Crise du Covid : les femmes ont été plus durement touchées</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/crise-du-covid-les-femmes-ont-ete-plus-durement-touchees</link><description>Une étude de la CFQF abonde dans le sens de la politique d’égalité de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lorsqu’une crise vient se greffer sur des inégalités existantes, celles-ci se renforcent&nbsp;: c’est là la conclusion d’une <a href="https://www.ekf.admin.ch/ekf/fr/home/documentation/etudes-et-recommandations.html" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">étude du bureau BASS</a> et publiée par la Commission fédérale pour les questions féminines (CFQF) après deux années de pandémie.</p><p>Cette analyse genrée se concentre sur les effets des mesures étatiques de lutte contre le coronavirus et de soutien aux branches économiques et aux personnes frappées par cette crise. Le constat est amer&nbsp;: celles qui en ont le moins bénéficié sont les personnes – des femmes pour la plupart – travaillant dans les métiers dits essentiels. Elles ont pourtant apporté une contribution cruciale au bon fonctionnement de la société au cours de ces mois de crise, trop souvent dans de mauvaises conditions de travail et avec des salaires dérisoires. Grâce à cette étude, la CFQF comble toutefois une lacune importante dans l’analyse de la lutte publique contre la pandémie. De plus, ses recommandations vont dans le sens de la politique d’égalité de l’USS et lui apportent de ce fait un soutien précieux.</p><p>Globalement, l’emploi a diminué pendant la pandémie en raison des mesures gouvernementales et des fermetures d’entreprises, mais les différents groupes de travailleuses et travailleurs ont été touchés à des degrés très divers. Le volume de travail qui a été le plus fortement réduit est celui des salarié-e-s occupant de très faibles pourcentages, donc en majorité des femmes. Bien sûr, la perte de revenu a été compensée par l’indemnité de chômage partiel, mais en partie seulement (80&nbsp;%). Ce n’est qu’à partir de décembre 2020 que les plus bas salaires ont eu droit à une indemnisation à 100&nbsp;%. Conséquence&nbsp;: les ménages à faible revenu comme les familles monoparentales par exemple ont subi des pertes de revenus particulièrement douloureuses.</p><p>Les autorités n’ont pas eu le réflexe de relever le genre des bénéficiaires de l’indemnité de chômage partiel. Il n’est dès lors pas possible de se prononcer sur la répartition entre hommes et femmes. Mais on sait que les entreprises de services comme les salons de coiffure ou d’esthétique – où travaillent beaucoup de femmes – ont touché moins d’indemnités de chômage partiel et d’aides financières.</p><p>Et les employé-e-s dans les ménages privés (88&nbsp;% de femmes) étaient même complètement exclues des aides Covid. L’explication de la Confédération est pour le moins cynique&nbsp;: rien ne les empêchait de continuer à travailler. En réalité, bon nombre de ces employées qui ne bénéficient pas de la protection de la loi sur le travail ont perdu leur emploi, n’ont pas pu se défendre et étaient souvent dans l’impossibilité de retourner dans leur pays d’origine en raison des restrictions sanitaires.</p><p>Pour ce qui est du télétravail, environ la moitié des personnes en emploi l’ont pratiqué au moins partiellement pendant la pandémie. Alors que cette possibilité était offerte à quelque 60&nbsp;% des employé-e-s des classes salariales supérieures, seuls 28&nbsp;% des salaires les plus bas ont pu en profiter. Logiquement, ce sont donc davantage les hommes qui ont pu poursuivre leur activité professionnelle depuis la maison. Malgré tout, les femmes en télétravail se sont retrouvées nettement plus souvent confrontées à des difficultés de concilier travail et famille, surtout dans les familles avec des enfants d’âge scolaire. Comme trop souvent, ce sont majoritairement les mères qui ont renoncé à leur travail rémunéré pour s’occuper des enfants.</p><p>Grâce à l’insistance de l’USS, des allocations pour perte de gain ont été mises en place peu après le début de la pandémie pour de telles situations. Mais en raison d’une communication déficiente de la part de la Confédération, de nombreux parents n’étaient pas conscients qu’ils y avaient également droit lorsqu’ils travaillaient à domicile. Heureusement, les fermetures d’écoles n’ont duré que peu de temps en Suisse, ce qui a permis d’éviter des conséquences plus graves sur l’égalité.</p><p>Sur la base de cette étude, la commission fédérale a émis une série de recommandations afin de renforcer la capacité de résilience de l’économie et de la société à travers davantage d’égalité. Du point de vue syndical, les recommandations suivantes nous semblent particulièrement importantes&nbsp;:</p><ul><li><strong>Recommandation 1&nbsp;: Il faut développer l’accueil extrafamilial et périscolaire des enfants ainsi que son financement par les pouvoirs publics et assurer sa continuité durant les crises.</strong> Avec la pandémie, l’USS a encore renforcé son engagement dans ce domaine. Pour la même raison, la Commission de la science, de l’éducation et de la culture du Conseil national (CSEC-N) a mis en consultation au printemps 2022 un projet de loi pour un engagement accru et pérenne de la Confédération dans le domaine de l’accueil des enfants. L’initiative sur les crèches, dont l’USS est une des organisations porteuses, va un peu plus loin&nbsp;: elle prévoit un droit légal à une place d’accueil, une part de financement plus importante par les pouvoirs publics ainsi qu’une amélioration de la qualité et des conditions de travail.</li><li><strong>Recommandation 2&nbsp;: Il faut définir les conditions-cadres pour le télétravail et partager égalitairement le travail de «&nbsp;care&nbsp;».</strong> L’USS a toujours souligné que le télétravail n’est pas la panacée pour régler la question de la conciliation et qu’en l’absence de réglementation, il comporte des risques sanitaires et sociaux pour les travailleuses et travailleurs. Même après la pandémie, il s’agit de veiller à ce que les arrangements concernant le travail à domicile bénéficient aux employé-e-s et non pas en premier lieu aux employeurs.</li><li><strong>Recommandation 3&nbsp;: Il faut renforcer l’intégration professionnelle des femmes et instaurer pour les parents un droit à réduire leur taux d’occupation après la naissance d’un enfant, assorti d’un droit à revenir à leur taux d’occupation initial.</strong> &nbsp;Pour que le travail rémunéré et non rémunéré soit réparti équitablement entre femmes et hommes et que le travail de «&nbsp;care&nbsp;» ne représente plus un risque de pauvreté pour les femmes, il faut des conditions-cadres appropriées. Un temps partiel transitoire en fait partie. Il s’agit également de développer les congés de maternité et de paternité ainsi qu’un congé parental selon le modèle européen. L’objectif à long terme de l’USS est la réduction du temps de travail sans perte de salaire pour les groupes à bas revenus.</li><li><strong>Recommandation 4b&nbsp;: Il faut revaloriser le travail à bas salaire et garantir une meilleure protection salariale en cas de crise.</strong> Les femmes sont surreprésentées dans les branches à bas salaires. La précarité de ces emplois n’est pas seulement problématique en cas de crise&nbsp;: elle est aussi une des raisons importantes du fait que les femmes ont des revenus plus faibles pendant leur vie active. L’USS continue donc de se battre pour des salaires minimums et la revalorisation des professions à forte proportion de femmes.</li><li><strong>Recommandation 6&nbsp;: Il faut prévoir un soutien spécifique pour les personnes employées dans des ménages privés.</strong> Le travail dans les ménages privés doit être soumis sans condition à la loi sur le travail, comme le demande l’USS depuis longtemps. Les mesures publiques en cas de crise doivent être conçues de manière à ce que les employé-e-s sans papiers et en situation d’emploi précaire ne passent pas entre les mailles du filet.</li></ul><p>Une analyse de la pandémie de Covid sous l’angle de l’égalité des genres était attendue depuis longtemps. L’étude publiée par la CFQF comble partiellement cette lacune et apporte ainsi une contribution importante à la gestion des crises à venir. Les recommandations de la commission correspondent à la politique d’égalité menée jusqu’ici par l’USS et servent d’arguments en faveur de mesures politiques.</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Égalité des sexes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/3/0/csm_Kindergarten_Kinder_essen_iStock-Andrey-Kuzmin_9333f0feb2.jpg" length="135859" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-8206</guid><pubDate>Mon, 02 May 2022 17:15:00 +0200</pubDate><title>L’indépendance financière des femmes a besoin de conditions-cadres pour l&#039;accueil des enfants</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/lindependance-financiere-des-femmes-a-besoin-de-conditions-cadres-pour-laccueil-des-enfants</link><description>La nouvelle loi proposée par la CSEC-N constitue un pas important vers la mise en place de conditions-cadres. Mais cela ne suffit pas.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Selon un nouvel arrêt du Tribunal fédéral (TF), les mères n’ont plus automatiquement droit à une contribution d’entretien après un divorce. Pour les femmes, cette pratique accentue la pression à rester financièrement indépendantes pendant le mariage. Mais pour que cela soit possible, il faut qu’il y ait une offre abordable et accessible de structures d’accueil extrafamilial et parascolaire des enfants. La Commission de la science, de l’éducation et de la culture du Conseil national (CSEC-N) entend aider à la réalisation de cet objectif au moyen de davantage de subventions fédérales et de conventions-programmes conclues entre la Confédération et les cantons. C’est là un bon début, mais, avec l’initiative sur les crèches, l’Union syndicale suisse (USS) propose des mesures plus durables.</p><p>Le 29 avril dernier, la CSES-N a décidé par 18 voix contre 7 qu’à l’avenir, la Confédération prendrait à sa charge jusqu’à un cinquième des frais d’accueil extrafamilial et parascolaire des enfants afin de faire baisser les coûts assumés par les parents. En tant que financement axé sur la personne, la contribution de la Confédération sera versée directement aux familles. En outre, la Confédération participera au développement futur de l’accueil extrafamilial des enfants ainsi que de l’encouragement précoce via des conventions-programmes.</p><p>À travers ces décisions, la commission veut mettre en œuvre l’initiative parlementaire 21.403 «&nbsp;Remplacer le financement de départ par une solution adaptée aux réalités actuelles&nbsp;» déposée par elle il y a bien une année grâce à la ténacité de l’USS. Ce faisant, elle met fin à la tactique du salami qui avait régné jusque-là en matière d’aides financières de la Confédération dans ce domaine. Depuis 2003, le Parlement n’avait en effet accordé et prolongé à chaque fois ces aides que pour quelques années. Désormais, la contribution de la Confédération à la réduction des coûts des parents doit devenir pérenne et pour les conventions-programmes aussi des bases légales permanentes seront créées.</p><p>Le projet de loi de la CSES-N constitue un changement de paradigme. Jusque-là, la Confédération et les politicien-ne-s de droite avaient estimé que le financement de l’accueil extrafamilial et parascolaire était l’affaire des cantons. Avec la nouvelle loi, cette compétence passe en partie au plan national. Et c’est là quelque chose de toute urgence nécessaire afin de remplacer par des normes uniformes l’actuelle mosaïque que constituent, d’un canton à l’autre, les différents barèmes parentaux, la densité de l’offre et la qualité de la prise en charge.</p><p>Dans les cantons qui connaissent une offre quantitativement et qualitativement insuffisante ou pratiquent des barèmes élevés, toujours trop de familles sont encore contraintes d’organiser l’accueil de leurs enfants au plan privé. Si personne dans la parenté ne peut ou ne veut intervenir, cela veut dire, dans la majorité des cas, que la mère réduit son activité professionnelle ou y renonce dans son intégralité pour se consacrer au travail familial. Les femmes prennent ainsi un grand risque financier&nbsp;: leur revenu est ou sera inférieur de presque 40&nbsp;% à celui des hommes, aussi bien pendant qu’elles exercent une activité lucrative qu’une fois à la retraite.</p><p>Ce printemps, un arrêt du TF a remis en question la contribution d’entretien versée aux mères après un divorce, renforçant très fortement de ce fait le risque pour elles de basculer dans la pauvreté. Après un divorce, la personne qui a renoncé pendant son mariage à une carrière professionnelle pour s’occuper du travail ménager et familial ne peut plus forcément espérer toucher une contribution d’entretien. Avec cet arrêt, le TF se base sur une situation idéale, dans laquelle le travail rémunéré et le travail non rémunéré sont équitablement répartis en deux moitiés égales, mais pas sur la réalité. Ainsi, l’accord conclu par un couple, selon lequel lui est responsable du revenu de la famille alors qu’elle s’occupe de manière non rémunérée des enfants et du ménage, ne serait tout à coup plus valable après un divorce. Pour la femme, cela signifie qu’en plus du travail familial non rémunéré – qui continue, elle devra reprendre du jour au lendemain une activité rémunérée alors que ses chances sur le marché de l’emploi sont sérieusement diminuées.</p><p>Cet arrêt du TF devrait faire clairement voir aux conservateurs incurables que l’accueil extrafamilial et parascolaire des enfants n’est pas une affaire privée, mais une tâche qui incombe à toute la société. Car, pour réduire le risque de tomber dans la pauvreté après un divorce, il ne suffit pas de trouver un emploi aussi rapidement que possible. Les femmes doivent bien au contraire rester financièrement indépendantes déjà pendant le mariage. Pour que cela soit possible, il faut certaines conditions-cadres, dont celle, impérative, de l’existence de structures d’accueil de qualité&nbsp;; et cela, sous la forme d’un service public abordable, adapté aux besoins et mis à la disposition de toutes les familles.</p><p>La nouvelle loi proposée par la CSEC-N constitue une contribution importante à la mise en place de ces conditions-cadres. Mais cela ne suffit pas&nbsp;: malgré la contribution de la Confédération, la part payée par les parents en Suisse continuera à faire partie des plus élevées d’Europe. Et la commission rate, avec son projet, l’occasion d’améliorer durablement la qualité des conditions de travail et des salaires dans les structures d’accueil. En effet, si les contributions de la Confédération (financement axé sur la personne) vont directement aux parents et pas aux cantons, elles ne peuvent pas vraiment être liées à des critères qui entraîneraient des améliorations en matière de conditions de travail.</p><p>Pour réaliser cette amélioration durable de l’offre de structures d’accueil dans toute la Suisse, l’USS a lancé, avec le Parti socialiste et d’autres partenaires, l’initiative sur les crèches (initiative «&nbsp;Pour un accueil extrafamilial des enfants qui soit de qualité et abordable pour tous&nbsp;») lors de la Journée internationale des femmes. Cette initiative ancre dans la Constitution fédérale un droit pour tous les enfants à une place d’accueil, également pour ceux qui ont un important besoin d’assistance, par exemple en raison d’un handicap. Si la Confédération devra supporter deux tiers des coûts, les parents devront par contre consacrer au maximum 10&nbsp;% du revenu de la famille à l’accueil de leurs enfants. Et surtout, l’initiative prévoit des conditions de travail et des salaires qui correspondent à la valeur et la responsabilité que représente cette activité. La loi proposée par la CSEC-N est le début d’une politique familiale nationale moderne. Avec l<a href="https://creches-abordables.ch/" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">’initiative sur les crèches</a>, les choses doivent avancer.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/3/0/csm_Kindergarten_Kinder_essen_iStock-Andrey-Kuzmin_9333f0feb2.jpg" length="135859" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-8193</guid><pubDate>Wed, 27 Apr 2022 10:27:00 +0200</pubDate><title>Recul des effectifs au cours de la deuxième année de pandémie</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/recul-des-effectifs-au-cours-de-la-deuxieme-annee-de-pandemie</link><description>Évolution des effectifs en 2021 : l’USS compte 321 359 membres</description><content:encoded><![CDATA[<p>Plus grande faîtière syndicale de Suisse, l’USS comptait à la fin de l’année 2021 – deuxième année de pandémie – très exactement 321&nbsp;359 membres (-2,37&nbsp;%). La part de femmes parmi les personnes syndiquées a poursuivi sa croissance pour atteindre 32,2&nbsp;%.</p><p>Au cours de l’année écoulée, les syndicats ScèneSuisse (issu de la fusion du SBKV avec l’association tessinoise TASI), AvenirSocial et l’USDAM ont enregistré une hausse de leurs effectifs. À Genève, le SIT a pratiquement réussi à maintenir ses effectifs. Dans les autres fédérations, les effectifs ont diminué. Le recul est particulièrement prononcé dans le secteur de l’aviation, brutalement durement touché par la crise sanitaire (Kapers, ESPA).</p><p>D’une manière générale, le recrutement de membres dans les entreprises a été plus difficile en raison des mesures liées à la pandémie, même si beaucoup de travailleuses et travailleurs étaient fortement impactés par la crise. Ce facteur touche le syndicat Unia (construction, industrie des machines, services) mais aussi syndicom et le SEV.</p><p class="heading--h4">Effectifs 2021/20 des fédérations affiliées à l'USS</p><table style="height:888px; width:962px" class="contenttable"><tbody><tr><td><strong>Fédération</strong></td><td class="text-center"><strong>2021</strong></td><td class="text-center"><strong>2020</strong></td><td class="text-center"><strong>Femmes 2021</strong></td><td class="text-center"><strong>Part des femmes en %</strong></td></tr><tr><td>Unia</td><td class="text-right">177&nbsp;805</td><td class="text-right">182 716</td><td class="text-right">48&nbsp;235</td><td class="text-center">27,1</td></tr><tr><td>SEV</td><td class="text-right">37&nbsp;681</td><td class="text-right">38 082</td><td class="text-right">7 610</td><td class="text-center">20,2</td></tr><tr><td>SSP</td><td class="text-right">32&nbsp;952</td><td class="text-right">33 874</td><td class="text-right">18&nbsp;946</td><td class="text-center">57,5</td></tr><tr><td>syndicom</td><td class="text-right">29&nbsp;701</td><td class="text-right">30 181</td><td class="text-right">9 367</td><td class="text-center">31,5</td></tr><tr><td>SIT</td><td class="text-right">9 467</td><td class="text-right">9 518</td><td class="text-right">5 026</td><td class="text-center">53,1</td></tr><tr><td>APC</td><td class="text-right">8 006</td><td class="text-right">8 248</td><td class="text-right">2 324</td><td class="text-center">29</td></tr><tr><td>ASEB</td><td class="text-right">6 961</td><td class="text-right">7 341</td><td class="text-right">2 414</td><td class="text-center">34,7</td></tr><tr><td>AvenirSocial</td><td class="text-right">3 775</td><td class="text-right">3 754</td><td class="text-right">2 692</td><td class="text-center">71,3</td></tr><tr><td>GaraNto</td><td class="text-right">2 855</td><td class="text-right">2 971</td><td class="text-right">432</td><td class="text-center">15,1</td></tr><tr><td>SSM</td><td class="text-right">2 843</td><td class="text-right">2 872</td><td class="text-right">1 225</td><td class="text-center">43,1</td></tr><tr><td>Kapers</td><td class="text-right">2 708</td><td class="text-right">2 995</td><td class="text-right">1 967</td><td class="text-center">72,6</td></tr><tr><td>SSPM</td><td class="text-right">2 609</td><td class="text-right">2 683</td><td class="text-right">1 623</td><td class="text-center">62,2</td></tr><tr><td>USDAM</td><td class="text-right">1 726</td><td class="text-right">1 713</td><td class="text-right">722</td><td class="text-center">41,8</td></tr><tr><td>ScèneSuisse</td><td class="text-right">1 364</td><td class="text-right">1 236</td><td class="text-right">771</td><td class="text-center">56,5</td></tr><tr><td>Nautilus</td><td class="text-right">614</td><td class="text-right">649</td><td class="text-right">15</td><td class="text-center">2,4</td></tr><tr><td>ESPA</td><td class="text-right">269</td><td class="text-right">293</td><td class="text-right">10</td><td class="text-center">3,7</td></tr><tr><td>New Wood</td><td class="text-right">23</td><td class="text-right">23</td><td class="text-right">12</td><td class="text-center">52,2</td></tr><tr><td><strong>Total</strong></td><td class="text-right"><strong>321&nbsp;359</strong></td><td class="text-right"><strong>329 149</strong></td><td class="text-right"><strong>103 391</strong></td><td class="text-center"><strong>32,2</strong></td></tr></tbody></table><p>Abbréviations (voir tableau) :</p><table class="contenttable"><tbody><tr><td><p>Unia :</p></td><td>Le syndicat</td></tr><tr><td>SEV :</td><td><p>Syndicat du personnel des transports</p></td></tr><tr><td>SSP :</td><td>Syndicat des Services publics</td></tr><tr><td>syndicom :</td><td><p>Syndicat des médias et de la communication</p></td></tr><tr><td>SIT :</td><td>Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleurs</td></tr><tr><td>APC :</td><td>Association du personnel de la Confédération</td></tr><tr><td>ASEB :</td><td>Association suisse des employés de banque</td></tr><tr><td>AvenirSocial :</td><td><p>Association professionnelle suisse du travail social</p></td></tr><tr><td>GaraNto :</td><td>Le syndicat compétent du personnel des douanes</td></tr><tr><td>SSM :</td><td>Syndicat suisse des mass media</td></tr><tr><td>Kapers :</td><td><p>Syndicat du personnel de cabine</p></td></tr><tr><td>SSPM :</td><td><p>Société suisse de pédagogie musicale</p></td></tr><tr><td>USDAM :</td><td>Union suisse des artistes musiciens</td></tr><tr><td>ScèneSuisse :</td><td>Association des professionnels des arts de la scène</td></tr><tr><td>Nautilus :</td><td><p>Syndicat du personnel de la navigation</p></td></tr><tr><td>ESPA :</td><td>easyJet Switzerland Pilots Association</td></tr><tr><td>New Wood :</td><td>Syndicat New Wood des Nations Unies</td></tr></tbody></table>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/sgb/mitglieder_2020_eric_roset.jpg" length="433572" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-8191</guid><pubDate>Mon, 25 Apr 2022 10:16:43 +0200</pubDate><title>Oui à la loi sur le cinéma !</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/oui-a-la-loi-sur-le-cinema</link><description>Votations du 15 mai</description><content:encoded><![CDATA[<p>Berne, le 20 avril 2022, Reto Wyss</p><p class="lead"><br> Qui pâture un champ entier doit aussi parfois planter quelques semis : Netflix, Disney &amp;Co. réalisent des centaines de millions de profits en Suisse. Une petite part de ces recettes doit-elle être investie dans la production de films suisses ? Telle est la question qui sera posé<span class="no-hyphenation"></span>e le 15 mai. Les syndicats disent OUI à la révision de la loi sur le cinéma.</p><h3>Netflix ne se prononce pas sur « sa » lex</h3><p>Avec la révision de la loi sur le cinéma, les plateformes de streaming comme Netflix, Amazon Prime, Sky, Apple TV ou Disney+ seront contraintes d'investir chaque année quatre pour cent de leurs recettes engrangées en Suisse dans la création cinématographique de notre pays. Ceux qui ne satisferont pas à cette obligation dans un délai de quatre ans devront payer une taxe de remplacement.</p><p>À ce jour, on n’a guère entendu les plateformes concernées dans la campagne de votation. Pour trois raisons simples sans doute : premièrement, les dispositions de ce type n'ont rien de nouveau pour les services de streaming puisqu’ils doivent se conformer depuis des années à des règles beaucoup plus strictes chez nos voisins européens– avec une obligation d'investir de 20 % en Italie et même de 25 % en France. Deuxièmement, ces entreprises savent parfaitement que la fiscalité punitive dont parlent les partisan-e-s du référendum relève du pur mensonge. Une obligation d'investissement n’a rien à voir avec cela, au contraire : le bénéfice qui résultera de ces investissements restera en intégralité aux mains des plateformes. Et troisièmement, Netflix &amp; Co. peinent certainement à croire qu’avec leurs chiffres d'affaires de plusieurs centaines de milliers de francs, une obligation d'investir pour un volume de même pas 20 millions de francs puisse donner lieu aux débats grotesques auxquels nous assistons en ce moment.</p><h3>Encaisser en Suisse, transférer à l’étranger</h3><p>Mais que se passe-t-il concrètement aujourd'hui dans les coulisses ? Tout comme Zalando, par exemple, qui importe en Suisse des vêtements et des chaussures en masse sans créer un centime de valeur ajoutée au niveau local, les plateformes de streaming inondent le marché suisse avec des (grandes) productions presque exclusivement étrangères. Elles encaissent ainsi en Suisse, pays au fort pouvoir d’achat, de grosses sommes d'argent qui partent ensuite entièrement à l’étranger. Quant aux chaînes de télévision privées nationales, elles sont tenues de verser depuis plusieurs décennies 4 % de leur chiffre d’affaires à la production cinématographique suisse. Cet apport constitue une contribution importante au développement de la création cinématographique nationale. Il serait donc tout à fait naturel que les services de streaming internationaux (mais aussi les chaînes de télévision étrangères qui diffusent des fenêtres publicitaires suisses) soient, eux aussi, enfin obligés d’apporter leur écot. En fait, il est incompréhensible que ce ne soit pas encore le cas. Les petites entreprises de télévision suisses qui ne diffusent quasiment pas de films ou dont le chiffre d’affaires minimum n’atteint pas 2,5 millions de francs sont d’ailleurs - contrairement à ce qu’affirment les opposant-e-s à la loi - toujours dispensées de l’obligation d’investir (lorsque leur chiffre d’affaires dépasse ce montant minimum, elles peuvent même déduire jusqu’à un demi-million de francs de prestations publicitaires de l’obligation d’investir).</p><h3>La révision garantit des emplois - les prix des abonnements restent inchangés</h3><p>La nouvelle obligation d’investissement favorise l’emploi de cinéastes suisses et contribuera à améliorer leurs conditions de travail. Et cela sans devoir investir un seul franc du contribuable. De plus, les branches en amont et en aval de l’industrie du cinéma profiteraient aussi de la révision de la loi. Si en revanche l’on renonçait à ce projet, l’intégralité des recettes des services de streaming et des chaînes internationales continuerait à disparaître à l’étranger. Et cette somme continue de progresser fortement chaque année. D’ailleurs, l’affirmation que l’obligation d’investir se répercutera sur le prix des abonnements est encore une affabulation des partisan-e-s du référendum. Car même dans les pays où cette obligation est substantielle, les prix demeurent beaucoup plus faibles qu’en Suisse (et en France, ils n'ont pas non plus augmenté après l’introduction de cette obligation). Si la place de cinéma coûte plus cher en Suisse, c'est principalement parce que les groupes étrangers profitent du pouvoir d’achat plus élevé de la population suisse. Réinvestir une petite part au moins de ces sommes permettrait de ne pas perdre totalement cette surtaxe au profit de l’étranger… Comment s’y opposer&nbsp;?</p><h3>Ne plus laisser les géants du web faire comme bon leur semble</h3><p>Si certes les 18 millions de francs que la révision de la loi sur le cinéma pourrait rapporter ne sont qu’une modique somme (qui correspond à 15 % du budget du dernier James Bond, frais publicitaires exclus !), c'est une question de principe : les entreprises de plateforme étrangères (qu’elles s’appellent Facebook, Zalando, Netflix ou Smood) doivent-elles pouvoir générer et retirer des profits de manière débridée, ou voulons-nous établir de nouvelles règles, lorsque cela s'avère nécessaire, afin d’intégrer ces entreprises dans l’économie réelle et de les faire partager la responsabilité de garantir des emplois sûrs et de bonnes conditions de travail ? Nous, les syndicats, sommes en faveur de cette dernière solution – c'est pourquoi nous disons OUI à la révision de la loi sur le cinéma le 15 mai.</p>]]></content:encoded><category>Communication et medias</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/medien-kultur/Locarno-Filmest-Piazza-Grande_ccbysa-pardofestival-wikimedia.jpg" length="642176" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-8176</guid><pubDate>Tue, 12 Apr 2022 13:26:04 +0200</pubDate><title>Encore des surplus : il faut enfin faire quelque chose pour la population ! </title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/encore-des-surplus-il-faut-enfin-faire-quelque-chose-pour-la-population</link><description>Publication des comptes cantonaux 2021</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Des excédents record malgré la pandémie et des pistes complètement fausses pour les utiliser&nbsp;: voilà comment se présentent les finances cantonales après la publication des comptes 2021. Il faut que ça change&nbsp;!</p><p class="heading--h4">5,2 milliards de plus dans les caisses que prévu</p><p>Après la présentation de la quasi-totalité des comptes des cantons pour l’année écoulée, le constat est simple&nbsp;: les cantons roulent sur l’or. En effet, ils ont réalisé un excédent cumulé de 2,7 milliards dans leurs comptes de résultats, alors même qu’ils tablaient dans leurs budgets sur un déficit de 2,5 milliards. Les ministres cantonaux des finances se sont donc trompés de pas moins de 5,2 milliards&nbsp;! À l’exception de trois cantons, tous les bilans sont nettement positifs, alors que les budgets étaient dans le rouge presque partout. Admettons&nbsp;: au moment de l’élaboration des budgets 2021 (automne 2020), il n’était pas évident de prévoir de manière fiable comment la conjoncture allait évoluer tellement les incertitudes liées à la pandémie étaient élevées. À cela s’est ajouté le fait que la Banque nationale a décidé, avec la Confédération, de verser une plus grande part de ses bénéfices aux cantons pendant l’exercice comptable. Tout de même&nbsp;: l’erreur de budgétisation est si grande que ces deux facteurs ne suffisent de loin pas à l’expliquer.</p><p>Il y a en effet deux autres éléments sur lesquels il est tout à fait possible d’influer et qui jouent un rôle décisif&nbsp;: premièrement, même en période de pandémie, les directeurs et directrices des finances ont gardé la vieille habitude – assez peu sérieuse, il faut le dire – de faire des budgets massivement à côté de la cible et ce, de manière prévisible. Ces erreurs de budgétisation étaient même devenues une «&nbsp;coutume&nbsp;» récurrente dans la plupart des cantons ces dernières années, comme l’a démontré l’USS à de multiples reprises dans ses analyses des finances cantonales. Et il n’est pas rare que les écarts dépassaient largement les dix pour cent. Deuxièmement, les cantons ont très bien réussi à refiler presque exclusivement à la Confédération les charges financières supplémentaires liées aux mesures de soutien prises en raison de la pandémie («&nbsp;C’est toi qui as ordonné les fermetures, donc c’est toi qui paies la facture&nbsp;»)&nbsp;: selon les calculs, jusqu’à 90&nbsp;% de ces charges ont été imputés à la caisse fédérale.</p><p class="heading--h4">Le problème, ce ne sont pas les surplus, c’est ce qu’on en fait&nbsp;!</p><p>Au bout du compte, les caisses cantonales n’ont donc pas subi de préjudice. Elles ont même presque profité des répercussions de la pandémie sur la politique financière. Et il n’y aurait rien à y redire si les cantons savaient aussi utiliser cet avantage de manière judicieuse et productive pour la population et l’économie. Ce n’est malheureusement pas le cas, bien au contraire. En effet, dans la plupart des cantons, une grande partie des excédents qui dépassent les prévisions est immédiatement versée dans les caisses destinées aux freins à l’endettement. Ceux-ci sont encore bien plus draconiens dans la plupart des cantons qu’au niveau fédéral. Ainsi, au lieu d’être utilisés à bon escient et de manière ciblée, les fonds sont simplement amassés et accroissent le patrimoine, sans autre objectif. Et pourtant, ce ne sont pas les besoins en investissement qui manquent. Il suffit de penser à la nécessaire transformation de la production d’énergie, extrêmement urgente du point de vue de la politique climatique et d’approvisionnement énergétique&nbsp;; à la pénurie de personnel dans le domaine des soins, de plus en plus aiguë depuis la pandémie&nbsp;; ou encore au financement du système de santé (voir plus loin).</p><p>Au lieu de s’attaquer à ces projets d’avenir, avec toute la créativité et les moyens nécessaires, les cantons – au-delà du frein à l’endettement – ne font souvent que miser encore une fois sur la stratégie éculée des baisses d’impôts. Dans plus de la moitié des cantons, les taux et coefficients d’imposition des personnes morales et/ou physiques ont été réduits dans le cadre des derniers débats budgétaires, ou de telles décisions sont sur le point d’être prises. Et là où les gouvernements ont renoncé à de tels projets, ce sont les parlements qui les ont imposés (dans le canton de Zurich, par exemple). Cette situation est vraiment paradoxale, puisque tous les responsables sont bien conscients que l’introduction d’un taux d’imposition minimal de 15&nbsp;% sur les bénéfices des entreprises, exigée par l’OCDE, est imminente et qu’elle entraînera une augmentation des impôts dans la plupart des cantons. Dans certains cantons, les baisses d’impôts qui viennent d’être décidées deviendront ainsi caduques avant même d’avoir pu être mises en œuvre. Et c’est très bien comme ça.</p><p class="heading--h4">Mettre fin au sous-financement des réductions de primes-maladie</p><p>Les cantons devraient au contraire réfléchir enfin sérieusement à la raison pour laquelle ils continuent à réaliser des excédents (et ce même pendant ou après une pandémie) en dépit de taux d’imposition historiquement bas. La réponse est toute simple&nbsp;: parce qu’ils ne dépensent pas assez. Le système de santé en est un exemple éclatant&nbsp;: nulle part ailleurs en Europe il y a aussi peu d’argent public alloué aux soins de base que dans notre pays. Les ménages doivent au contraire assumer une charge de plus en plus insupportable avec les primes individuelles et la participation directe aux coûts. Rien qu’au cours des dix dernières années, la part des réductions de primes (subsides) dans le financement de l’assurance de base – seul élément financé par l’impôt avec le financement des hôpitaux par les cantons – a même été divisée par deux. Les cantons en sont presque les seuls responsables. Et ils devront encore plus en répondre cet automne, lorsque les primes-maladie vont selon toute vraisemblance augmenter massivement. Il ne peut y avoir aucune autre priorité (ou&nbsp;: la seule et unique priorité serait de) que de décider, enfin, d’une augmentation substantielle des moyens alloués aux réductions de primes, tant au niveau fédéral que cantonal.</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/d/b/csm_Geldscheine-Taschenrechner_iStock-disqis_925475424_4176b275e8.jpg" length="210876" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-8150</guid><pubDate>Tue, 05 Apr 2022 10:47:02 +0200</pubDate><title>NON à la suppression de l’impôt anticipé : le référendum est déposé !</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/non-a-la-suppression-de-limpot-anticipe-le-referendum-est-depose</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le référendum contre la suppression sans contrepartie de l’impôt anticipé sur les obligations a abouti&nbsp;: une large alliance référendaire a déposé aujourd’hui les près de 60&nbsp;000 signatures authentifiées auprès de la Chancellerie fédérale à Berne. L’Union syndicale suisse (USS) combattra cette baisse d’impôts injuste.</p><p>L’impôt anticipé est un «&nbsp;impôt de garantie&nbsp;» prévu pour que les investisseurs déclarent correctement leurs revenus de placements. S’ils ne le font pas, 35&nbsp;% de ces gains vont quand même dans les caisses de l’État. Supprimer cet impôt anticipé – comme l’a décidé le Parlement à la demande du lobby des banques et des grands groupes – revient donc à donner carte blanche à la fraude fiscale pour les riches de Suisse et de l’étranger, au détriment de la collectivité. Mais le projet contient aussi une inégalité de traitement crasse, car les gens qui ont un compte d’épargne ordinaire resteront soumis à l’impôt anticipé.</p><p>On veut donc alléger la facture pour les fraudeurs et les gros investisseurs alors que les salarié-e-s sont de plus en plus écrasés sous le poids des hausses des primes-maladie et des loyers. «&nbsp;La droite ne cesse de creuser cette inégalité&nbsp;», souligne Pierre-Yves Maillard, président de l’USS et conseiller national socialiste. «&nbsp;Et ce sont précisément les gens qui continueront de payer l’impôt anticipé sur leur compte d’épargne qui sentiront aussi le manque d’argent des pouvoirs publics pour des tâches importantes, à cause des énormes pertes fiscales engendrées par cette réforme.&nbsp;»</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/aktionen/PYM_Verrechnungssteuer_Referendum_UEbergabe.jpeg" length="1008333" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-8125</guid><pubDate>Tue, 15 Mar 2022 11:36:49 +0100</pubDate><title>Paix, liberté, solidarité !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/paix-liberte-solidarite-appel1ermai</link><description>Appel de l&#039;USS pour le 1er Mai 2022</description><content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/e/7/csm_220501_1erMai_2c540f6972.jpg" length="145879" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-8100</guid><pubDate>Thu, 24 Feb 2022 09:28:41 +0100</pubDate><title>Service public : l’approvisionnement de base ne doit pas être dans un carcan</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/service-public-lapprovisionnement-de-base-ne-doit-pas-etre-dans-un-carcan</link><description>Session de printemps : deux motions veulent brider les entreprises publiques</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Envoyer son chien dehors sous la pluie, puis s’étonner qu’il revienne mouillé&nbsp;: voilà en gros la logique d’un nouveau groupe parlementaire, qui s’irrite de la modernisation en cours dans les anciennes régies fédérales. Son nom&nbsp;? «&nbsp;Fair ist anders!&nbsp;». En français, ce serait quelque chose comme&nbsp;: «&nbsp;L’équité, c’est autre chose&nbsp;!&nbsp;» ou «&nbsp;L’équité, ce n’est pas ça&nbsp;!&nbsp;» Tout un programme, en effet.</p><p>Depuis quelque temps déjà, les entreprises de la Confédération se retrouvent sous le feu roulant des critiques, tant de la part des milieux politiques que des médias. La Poste est particulièrement visée&nbsp;: profitant d’une position de monopole garantie par l’État, elle provoquerait, selon eux, une distorsion du marché avec la multiplication de ses acquisitions de sociétés. Et elle éliminerait des entreprises concurrentes de manière ciblée. Swisscom aussi est attaquée&nbsp;: elle profiterait de sa position dominante dans le domaine de l’accès au réseau pour évincer les autres opérateurs de télécommunications par des méthodes déloyales. Enfin les CFF sont accusés d’être inertes et lents. L’avenir du rail passe par davantage de concurrence, que ce soit en Suisse ou au niveau international, estiment les voix critiques.</p><h4>Décision de principe lors de la session de printemps</h4><p>Mais on n’en restera pas à une simple pluie de reproches. Les milieux politiques veulent prendre les choses en main le plus vite possible et «&nbsp;serrer la bride aux entreprises d’État&nbsp;». C’est précisément ce que veulent deux motions des conseillers aux États Beat Rieder et Andrea Caroni qui doivent être traitées au Conseil national lors de la session de printemps. Elles demandent au Conseil fédéral d’élaborer des modifications de loi afin d’«&nbsp;endiguer les distorsions de concurrence provoquées par les entreprises publiques&nbsp;». Ce que cela veut dire, en clair&nbsp;? Que la Poste renonce à toutes ses activités en dehors du monopole des lettres&nbsp;; que les hautes écoles spécialisées cessent immédiatement d’acquérir des fonds de tiers&nbsp;; que les hôpitaux publics se voient privés de presque tous leurs moyens et que les banques cantonales ferment leurs portes. La liste pourrait s’allonger indéfiniment.</p><p>Au Conseil des États, ces deux motions ont déjà trouvé une majorité, et le lobbying est intense en ce moment au Conseil national, notamment avec la création d’un nouveau groupe parlementaire intitulé «&nbsp;Fair ist anders!&nbsp;». Ce groupe déplore que les entreprises publiques soient devenues des concurrentes directes de sociétés de droit privé et d’entreprises artisanales. Il exige que ces dernières puissent se battre à armes égales.</p><p>Les membres de ce groupe semblent avoir la mémoire courte&nbsp;: avant le passage au 21e siècle, les PTT ont été démantelés (donnant naissance à deux sociétés anonymes, la Poste et Swisscom) et les CFF ont également été transformés en SA. Il s’agissait là d’évolutions liées à l’euphorie de la concurrence qui régnait alors en Europe. Le mot d’ordre était alors que les entreprises publiques étaient trop lourdes et qu’elles devaient désormais s’adapter à la concurrence. Ce changement les forcerait à innover et à se concentrer davantage sur les prestations de services, ce qui bénéficierait finalement à l’ensemble de la population avec plus de qualité et des prix inférieurs. Or, ces libéralisations ont été exigées et mises en œuvre en premier lieu par les mêmes milieux qui se plaignent aujourd’hui que les entreprises qu’ils ont poussées à la concurrence se comportent désormais effectivement comme des concurrents – c’est quand même un comble&nbsp;! C’est un peu comme si vous envoyiez votre chien dehors alors qu’il pleut et que vous vous étonniez ensuite qu’il revienne mouillé…</p><p>Au lieu de critiquer le fait que la Poste investisse dans le changement numérique – notamment en rachetant des entreprises spécialisées déjà bien plus avancées en la matière – ces personnes devraient au contraire se féliciter que le «&nbsp;géant jaune&nbsp;» ne se contente pas de cultiver son petit pré carré du monopole des lettres – en déclin – et reste figé dans la «&nbsp;correspondance papier d’hier&nbsp;». Mais que bien au contraire, elle aille de l’avant avec cette transformation indispensable et réalise même régulièrement des succès. Il faudrait plutôt veiller à ce que le personnel ne soit pas oublié dans cette transformation et que tous les employé-e-s soient parties prenantes.</p><h4>L’approvisionnement de base a un coût</h4><p>Il y a un autre élément qui fait que ces attaques contre la Poste, Swisscom et compagnie sont totalement déplacées&nbsp;: dans le cadre de la garantie du service public sur l’ensemble du territoire, les entreprises fédérales sont tenues de remplir un mandat de service universel. Ce mandat constitue la plupart du temps une activité largement déficitaire (les coûts nets du service universel postal s’élevaient par exemple à 230 millions de francs en 2020). Si elles ne veulent pas dépendre de subventions pour assurer ce mandat, elles n’ont d’autre choix que de réaliser des modestes recettes «&nbsp;sur le marché&nbsp;». Et elles ne peuvent le faire que dans un cadre très restreint, précisément pour prévenir de potentielles «&nbsp;distorsions du marché&nbsp;». Ainsi, Postfinance n’a actuellement toujours pas le droit d’octroyer elle-même des crédits, sans intermédiaire, alors qu’elle est obligée par ailleurs de satisfaire aux même exigences - coûteuses – en matière de capital que toutes les autres grandes banques. Le groupe parlementaire mentionné plus haut veut que les règles du jeu soient les mêmes pour tout le monde&nbsp;? D’accord&nbsp;: donnons enfin à Postfinance le droit d’octroyer des crédits. Mais les motions de Beat Rieder et Andrea Caroni sont extrêmement contradictoires et hautement dangereuses. Elles doivent être fermement rejetées.</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/b/6/csm_Logistik_Foto-Schweizerische-Post-AG_fec61868d9.jpg" length="380498" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-8072</guid><pubDate>Wed, 16 Feb 2022 10:47:24 +0100</pubDate><title>Solidarité avec la plate-forme luxembourgeoise de la Grève des femmes* JIF</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/solidarite-avec-la-plate-forme-luxembourgeoise-de-la-greve-des-femmes-jif</link><description>L’USS soutient la revendication d’une manifestation le 8 mars au cœur de la Ville de Luxembourg</description><content:encoded><![CDATA[<p>La bourgmestre de Luxembourg, Lydie Polfer, veut que la manifestation traditionnellement organisée le 8 mars par la plate-forme luxembourgeoise de la Grève des femmes* «&nbsp;Journée internationale des femmes (JIF)&nbsp;», à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, ait lieu dans la périphérie de la capitale. Dans un message de solidarité signé par le président de l’USS, Pierre-Yves Maillard, et Regula Bühlmann secrétaire de l’USS responsable de l’égalité, l’USS déclare soutenir la revendication de la plate-forme JIF de pouvoir manifester cette année aussi au centre de Luxembourg. L’USS demande au «&nbsp;gouvernement luxembourgeois, à la bourgmestre Lydie Polfer et à la police luxembourgeoise de respecter le principe de proportionnalité et d’autoriser le déroulement au centre-ville de Luxembourg de la manifestation traditionnelle et pacifique organisée le 8 mars à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.&nbsp;»</p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Égalité des sexes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/e/e/csm_manif_femmes_9b9ae7af0b.jpg" length="205267" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-8043</guid><pubDate>Tue, 08 Feb 2022 13:54:53 +0100</pubDate><title>Faire des économies sur le dos des pauvres : un scandale !</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/faire-des-economies-sur-le-dos-des-pauvres-un-scandale</link><description>Nouveau durcissement annoncé de la loi sur les étrangers et l’intégration (LEI)</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Après avoir durci sans arrêt la législation sur les étrangers et les étrangères en pénalisant les bénéficiaires de l’aide sociale, le Conseil fédéral veut aujourd’hui carrément raboter l’aide sociale pour tous les ressortissant-e-s d’États tiers. Avec cette mesure, il vide de sa substance le droit constitutionnel à une aide en situation de détresse et crée une société à deux vitesses indigne. L’Union syndicale suisse (USS) combattra ce projet.</p><p>Les ressortissant-e-s d’États tiers n’auront droit qu’à une aide sociale réduite pendant les trois années suivant l’obtention d’une autorisation de séjour&nbsp;: c’est la modification de la loi fédérale sur les étrangers et l’intégration (LEI) que le Conseil fédéral a mise en consultation en janvier. Ce durcissement est vanté comme étant une mesure d’économie et un moyen de réduire l’attractivité de la Suisse en tant que pays d’immigration. En outre, cette réduction de l’aide sociale devrait inciter les immigré-e-s à s’intégrer dans le monde du travail. Quel cynisme&nbsp;! L’intégration professionnelle n’est pas qu’une simple question de bonne volonté des personnes concernées. Elle suppose avant tout l’existence d’un marché de l’emploi accessible aux personnes qui n’ont pas de passeport suisse. Avec sa proposition, le Conseil fédéral s’accommode de la violation de deux principes constitutionnels&nbsp;: l’article 8, alinéa 1 stipule l’égalité devant la loi de «&nbsp;tous les êtres humains&nbsp;» et l’article 12, le droit d’obtenir de l’aide dans des situations de détresse.</p><p>Le projet de modification mis en consultation atteint un nouveau palier dans une voie vers toujours plus de discriminations envers les personnes touchées par la pauvreté. La révision de la loi sur les étrangers (LEtr) et la LEI ont déjà rendu plus précaire la vie dans notre pays des personnes dépourvues d’un passeport suisse. Auparavant, une autorisation d’établissement ne pouvait être retirée que dans des cas exceptionnels et ne le pouvait plus du tout après 15 années de séjour. Aujourd’hui, le recours à l’aide sociale peut conduire à une expulsion de la Suisse ou à un déclassement de l’autorisation d’établissement, indépendamment de la durée globale du séjour. Bien sûr, il faut en général que la personne à l’aide sociale en porte la «&nbsp;responsabilité personnelle&nbsp;» pour qu’elle puisse faire l’objet d’une sanction. Mais le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) en laisse l’exécution aux cantons. Et ceux-ci interprètent différemment – et parfois très librement – le critère de la responsabilité personnelle. De plus, depuis 2021, la prolongation des autorisations de séjour des personnes à l’aide sociale nécessite l’accord du SEM. La pauvreté est toujours plus criminalisée. Ces durcissements de la législation ont pour conséquence que bon nombre de personnes touchées par la pauvreté et qui n’ont pas de passeport suisse renoncent à l’aide sociale afin de ne pas mettre en péril le droit à séjourner ou à s’établir en Suisse.</p><p>La pandémie du coronavirus a clairement mis en lumière les conséquences de cette politique inhumaine. En effet, de nombreux migrant-e-s travaillent dans des branches particulièrement touchées par les fermetures dues à la pandémie. Et les indemnités de chômage partiel, qui couvraient seulement 80&nbsp;% du salaire jusqu’à la fin 2020 encore, ne permettaient pas aux petits revenus de vivre décemment. Par peur de mettre en danger la sécurité de leur séjour en plus de leur sécurité financière, beaucoup de ces personnes ont renoncé à faire valoir leur droit à une aide.</p><p>Le fait que le Conseil fédéral mette en consultation de nouvelles mesures visant à restreindre le droit à l’aide sociale pour les ressortissant-e-s de pays tiers est une véritable gifle pour des personnes qui ont été les plus durement frappées par la pandémie&nbsp;: tous ces gens qui n’ont pas eu le loisir de faire du télétravail avec un emploi sûr pendant ces deux dernières années, mais qui étaient en première ligne dans le commerce de détail, la secteur de la santé ou des nettoyages pour contribuer à surmonter cette crise&nbsp;; toutes ces personnes qui ont d’abord été touchées par des fermetures d’entreprises avant d’être les premières à retourner au travail pour satisfaire les besoins d’autrui dans les restaurants ou les salons de coiffure. L’USS s'opposera résolument à cette mesure et à d’autres visant à criminaliser les pauvres et à créer une société à deux vitesses&nbsp;: le droit à l’égalité des droits et à l’aide de l’État dans les situations de détresse ne doit pas être bafoué par la législation sur les étrangers et les étrangères.</p>]]></content:encoded><category>Migration</category><category>Politique sociale</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/steuern-zahlen/junge_frau_verzweifelt_rechnungen_taschenrechner_lores.jpg" length="491982" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-8041</guid><pubDate>Fri, 04 Feb 2022 15:58:47 +0100</pubDate><title>OUI à l’aide aux médias, c’est aussi dire NON à l’avidité du camp opposé</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/oui-a-laide-aux-medias-cest-aussi-dire-non-a-lavidite-du-camp-oppose</link><description>Votation du 13 février sur le paquet d’aides aux médias</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Ils se battent pour la démocratie, l’indépendance et la crédibilité&nbsp;: c’est du moins ce que clament à corps et à cri les pontes du camp opposé à l’aide aux médias. Mais dans le fond, c’est surtout d’argent qu’il s’agit pour bon nombre d’entre eux. Le leur.</p><p>Mais d’où viennent donc les millions injectés dans la publicité contre les soi-disant «&nbsp;milliards d’impôts&nbsp;» (sic&nbsp;!) pour les «&nbsp;millionnaires des médias (zurichois)&nbsp;», respectivement pour un non au paquet d’aides aux médias&nbsp;? Impossible de le savoir réellement, puisque la transparence fait encore cruellement défaut en Suisse sur le financement des campagnes de votations et d’élections. Il est toutefois évident que les milieux qui ont déboursé autant pour la campagne du non savent très bien qu’il s’agit là d’un «&nbsp;investissement&nbsp;» qui, à long terme, leur sera directement profitable. En effet, en cas de non au paquet d’aides aux médias, on n’en restera pas simplement au statu quo. La concentration du paysage médiatique poursuivra inexorablement son cours. Et les victimes en seront les citoyen-ne-s (appauvrissement du contenu informatif, indispensable à la démocratie), les journalistes (toujours plus de suppressions d’emplois et de diminutions des salaires) et la population rurale (là où il y a peu d’habitant-e-s, cela vaut encore moins la peine d’avoir une couverture journalistique). Ceux qui profitent de cette évolution sont les protagonistes qui parviennent à se tailler une part toujours plus grande d’un gâteau publicitaire qui ne cesse de fondre (de plus en plus d’argent de la publicité part vers Google et Facebook). Un exemple emblématique est celui de l’empire opaque de la presse gratuite de l’ancien conseiller fédéral Christoph Blocher&nbsp;: bien positionné du côté des recettes (position idéale sur le marché publicitaire) et en totale maîtrise du côté des dépenses (faibles coûts en raison des contributions modestes de la part des rédactions).</p><p>Mais ces quelques protagonistes de la branche des médias ne seraient de loin pas les seuls à bénéficier d’un refus du paquet d’aides aux médias. Ce n’est pas un hasard si les médias sont aussi appelés le «&nbsp;quatrième pouvoir&nbsp;»&nbsp;: ils ne se contentent pas de relater les événements, mais ont une fonction de contrôle démocratique indispensable. Les escapades de Pierre Maudet à Genève, les remous autour de la fondation Bührle à Zurich, les détails de la connivence avec l’industrie pharmaceutique à Bâle ou le cartel de la construction dans le canton des Grisons&nbsp;: toutes ces situations et péripéties ne seraient peut-être jamais parvenues au grand jour sans un travail journalistique sérieux et fondé. Autrement dit&nbsp;: là où les médias (locaux) sont moins présents pour les tenir à l’œil, les gens de pouvoir ont beaucoup plus de marge de manœuvre pour agir à leur guise. Et, s’il le faut, même au détriment des gens ordinaires&nbsp;: les contribuables, les consommatrices et consommateurs, les salarié-e-s.</p><p>En ce sens, le camp du non au paquet d’aide aux médias a raison lorsqu’il dit qu’il s’agit, le 13 février, d’une question de principe&nbsp;: voulons-nous abandonner définitivement la couverture en informations à la loi du marché et nous contenter d’une simple «&nbsp;soupe&nbsp;» qui génère des clics ou des tirages, et donc des recettes publicitaires&nbsp;? Ou sommes-nous prêt-e-s à reconnaître comme il se doit la fonction sociale et démocratique irremplaçable de l’information journalistique et à définir par conséquent un service public (au moins minimal) dans ce domaine&nbsp;? Les syndicats s’engagent avec détermination pour ce deuxième principe et appellent à voter OUI au paquet d’aide aux médias.</p>]]></content:encoded><category>Communication et medias</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/servicepublic/Zeitungen-Onlinemedien_iSt-seb_ra_klein.jpg" length="697391" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-8002</guid><pubDate>Mon, 20 Dec 2021 14:24:18 +0100</pubDate><title>Publireportages et vidéos de chats ne suffisent pas : il faut une information de qualité et des conditions de travail correctes. OUI au paquet médias !</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/qualitaetsinformation-und-anstaendige-arbeitsbedingungen-statt-publireportagen-und-katzenvideos-ja-zum-medienpaket</link><description>Votation populaire du 13 février 2022</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les conditions de travail des journalistes se dégradent depuis des années, en même temps que la diversité des médias s’appauvrit. Facebook et Google en profitent financièrement, tout comme Tamedia, Ringier et consorts. L’heure est à un changement de cap, et il commence par <a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/Abstimmungen/220213/2112_Argumentaire_Aide_medias_RW.pdf" target="_blank" class="link link--download" rel="noreferrer">un OUI au paquet médias</a>.</p><p>Pourquoi les médias recevraient-ils des fonds publics&nbsp;? Après tout, les journaux et les émissions de télévision privées sont des produits comme tous les autres, vendus aux consommatrices et consommateurs intéressés. Or c’est faux&nbsp;: un paysage médiatique qui fonctionne n’est pas comme un millefeuille ou un abonnement à Netflix, et son financement ne saurait être entièrement garanti par les recettes générées sur le marché. Il en va depuis longtemps ainsi, et aujourd’hui plus que jamais. Pourquoi&nbsp;?</p><p>Premièrement, les comptes rendus basés sur les faits jouent un rôle majeur dans une société de l’information démocratique&nbsp;: nos médias sont un pilier du processus de formation de l’opinion publique, sans lequel il n’y aurait jamais de débat démocratique approfondi. Deuxièmement, et comme corollaire de ce qui précède, les médias sont un élément indispensable du service public. Or ce dernier ne peut être financé par le marché, ou du moins pas entièrement. Si les CFF devaient financer aujourd’hui leur réseau public au maillage subtil par le seul prix des billets, plus personne ne prendrait le train. C’est bien pourquoi les chemins de fer sont subventionnés – à juste titre.</p><p class="heading--h4">Halte à une évolution dommageable</p><p>L’offre médiatique de base bénéficie depuis longtemps d’un soutien public, sous forme par exemple de tarifs préférentiels d’acheminement des journaux à faible tirage. Or ce modèle minimal de service public dans le domaine des médias n’est plus compatible avec les nouvelles réalités de la branche des médias&nbsp;: à l’heure de l’érosion des recettes d’abonnement et de l’effondrement de la manne publicitaire, les problèmes des médias suisses sont énormes. En particulier les journaux, les magazines, les chaînes radio ou TV à petit budget informant au niveau local n’arrivent plus guère à se maintenir à flot. Par conséquent, non seulement l’offre médiatique subit un déclin quantitatif et qualitatif, mais des emplois disparaissent ou les conditions de travail se dégradent au quotidien. Le mouvement de concentration, s’accroît au même rythme, et avec lui le pouvoir des grands groupes Tamedia, Ringier et consorts dont les propriétaires sont déjà richissimes.</p><p>Une autre évolution est observable en parallèle&nbsp;: une part croissante des contributions médiatiques ne sont plus ni imprimées ni diffusées sur les ondes, mais paraissent en ligne. Même si ce n’est pas un problème en soi, cela montre à quel point le processus de concentration dans Internet est avancé. Il n’est dès lors plus possible de générer en ligne, avec les seules recettes réalisées auprès du public, un financement suffisant pour une solide offre de médias qui ne se spécialise ni dans les fausses nouvelles, ni dans les vidéos de chats. Car en Suisse aussi, le pouvoir des géants d’Internet est incomparablement plus grand que celui des grands éditeurs. Avec leurs recettes publicitaires déjà supérieures à deux milliards de francs, Facebook, Google et consorts privent le journalisme d’information d’une précieuse manne financière.</p><p class="heading--h4">Des mesures raisonnables, pour le service public dans les médias</p><p>Si le monde politique reste les bras croisés, l’évolution décrite ci-dessus va encore s’accélérer. C’est précisément pourquoi il faut le paquet médias&nbsp;: il donnera un peu d’oxygène à la branche des médias et à ses plus de 11&nbsp;000 journalistes engagés, et permettra d’adapter et de compléter l’offre existante des médias. Avec une brochette de mesures limitées à sept années – allant de réductions à grande échelle pour la distribution des médias au soutien des petits médias en ligne, en passant par le soutien à la formation. D’importantes mesures structurelles en font aussi partie, à l’instar de l’obligation de négocier des CCT dans la distribution matinale.</p><p>Du côté syndical, un OUI au paquet médias s’impose&nbsp;: ce train de mesures permettra d’encourager, indépendamment des choix technologiques effectués, le journalisme d’information sur l’ensemble du territoire suisse. Grâce au modèle dégressif de subventions, les petits médias – à commencer par les nouveaux sites d’information, les journaux locaux des régions périphériques ou encore des revues thématiques s’adressant à la population migrante – recevront une large part des aides prévues. Cette solution renforcera l’accès de toutes les parties du pays et de tous les groupes de la population à une information de qualité et financièrement à la portée du plus grand nombre.</p><p>En cas d’échec du paquet médias, tout continuera comme jusqu’ici&nbsp;: Facebook et Google accapareront une part croissante des recettes publicitaires (pour des prestations nulles sur le plan de l’information&nbsp;!), les médias locaux ou régionaux continueront de mourir les uns après les autres et les rares formats restants des grands groupes de médias se rempliront encore davantage de publireportages et de fenêtres de diffusion payantes. Or c’est précisément cette évolution qui limite toujours plus aujourd’hui l’indépendance et la diversité des médias. Pour inverser la tendance, le 13&nbsp;février, il faudra voter OUI au paquet médias&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Communication et medias</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/logos/Logo_Medienpaket_2_FR.png" length="43829" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7925</guid><pubDate>Fri, 12 Nov 2021 15:04:19 +0100</pubDate><title>OUI à la loi COVID-19 !</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/oui-a-la-loi-covid-19</link><description>Votations du 28 novembre</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les modifications décidées par le Parlement concernent plusieurs domaines. Elles sont très importantes notamment pour les travailleurs et travailleuses. Il est donc primordial que la loi COVID-19 ne soit pas rejetée en référendum&nbsp;: un OUI dans l’urne s’impose.</p><p>Pourquoi votons-nous à nouveau sur la loi COVID-19&nbsp;? Le 19 mars, le Parlement a adopté des modifications à la loi COVID et les a déclarées urgentes en vertu de la Constitution. La loi est donc déjà entrée en vigueur, mais pour l’heure seulement pour une durée limitée à un an, soit jusqu’au 18 mars 2022. Nous voterons à nouveau le 28 novembre sur ce sujet parce que le référendum a été lancé contre la loi. À l’origine de ce référendum&nbsp;: des groupements issus de l’UDC, l’association des «&nbsp;Amis de la Constitution&nbsp;» ainsi que le groupe d’action des cantons primitifs, le mouvement de jeunes et d’étudiant-e-s «&nbsp;Mass-Voll&nbsp;» («&nbsp;la coupe est pleine&nbsp;») ainsi que les opposant-e-s aux vaccins du «&nbsp;Réseau Choix Vaccinal&nbsp;».</p><h4>Des aides financières sont en jeu</h4><p>On fait souvent croire que nous ne votons que sur le certificat Covid le 28 novembre. Mais de nombreuses autres mesures sont en jeu, dont des mesures de soutien financier destinées à celles et ceux qui sont touchés économiquement par la pandémie&nbsp;: personnes, entreprises ou branches entières. Il s’agit là de l’extension des aides aux entreprises dans les cas de rigueur, de l’APG pour les travailleuses et travailleurs indépendants, mais aussi des indemnités journalières supplémentaires pour les personnes au chômage. Les garanties pour les manifestations devant public («&nbsp;parapluie de protection&nbsp;») et le droit à des aides financières pour les intermittent-e-s de la culture ont également été décidés en mars. Les syndicats se sont battus pour ces aides&nbsp;!</p><p>Outre ces importantes mesures d’aide économique, la loi permet d’exempter les personnes vaccinées de l’obligation de quarantaine et autorise le Conseil fédéral à se procurer et à fabriquer des médicaments contre le Covid. Elle simplifie le processus d’authentification des signatures récoltées pour les initiatives populaires et oblige le Conseil fédéral à accroître la participation des partenaires sociaux ainsi que des gouvernements cantonaux aux processus décisionnels concernant la pandémie. Enfin, la loi exige la mise en place d’un système national de traçage des contacts et crée les bases légales pour l’établissement et l’utilisation du certificat Covid. Un certificat qui doit être élaboré et émis sur une base volontaire et personnelle. Il doit aussi être infalsifiable et conforme au droit sur la protection des données.</p><p>On le voit bien&nbsp;: la loi ne fait pas que régler des détails concernant le certificat Covid. Celui-ci trouve d’ailleurs déjà sa légitimation dans la loi sur les épidémies (LEp), tout comme de nombreuses autres mesures de lutte contre la pandémie, comme par exemple l’obligation du port du masque. Par contre, un rejet de la loi Covid engendrerait une grande insécurité juridique, en particulier chez les travailleuses et travailleurs et dans le monde économique&nbsp;: en cas de NON, les dispositions concernant les aides économiques, l’exemption de quarantaine et le certificat ne resteraient en vigueur que jusqu’au 18 mars 2022.</p><h4>Pourquoi l’USS soutient-elle la loi&nbsp;?</h4><p>Parce qu’elle garantit que les personnes frappées par la pandémie, en particulier les salarié-e-s et celles travaillant dans la culture touchent des aides si elles se retrouvent en difficulté économique. Parce qu’elle a créé une base démocratique pour lutter contre la pandémie et fixe des garde-fous clairs pour le Conseil fédéral. Parce qu’elle impose que les syndicats soient entendus. La loi Covid est donc un bon instrument de lutte contre les pandémies et doit être préférée au droit d’urgence ou aux ordonnances fondées directement sur la loi sur les épidémies.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Corona_Mitarbeiter_Gastro_Reinigung_iSt-Antonio_Diaz.jpg" length="361406" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7895</guid><pubDate>Mon, 01 Nov 2021 12:22:00 +0100</pubDate><title>OUI à l&#039;initiative sur les soins infirmiers</title><link>https://www.uss.ch/actuel/campagnes/oui-a-linitiative-sur-les-soins-infirmiers</link><description>De bonnes conditions de travail pour des soins de qualité</description><content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/Abstimmungen/211128/inisoinsinfirmiers-sujet-hp3-4.jpg" length="1382440" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7909</guid><pubDate>Wed, 27 Oct 2021 12:23:00 +0200</pubDate><title>30 octobre 2021 :  Journée d’action des syndicats pour plus de salaire et de meilleures conditions de travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/30-octobre-2021</link><description>Mobilisations à Berne, Genève, Olten, Zurich et Bellinzone</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les salaires des travailleurs et travailleuses font depuis des années du surplace. C’est pourquoi les problèmes de pouvoir d’achat s’étaient aggravés déjà avant la crise du coronavirus. Pendant cette dernière, les travailleurs et travailleuses ont fourni des prestations extraordinaires dans de nombreuses branches. Les carnets de commandes de beaucoup entreprises sont pleins, mais celles-ci menacent de geler à nouveau les salaires dans tout le pays, alors que les prix augmentent pour les salarié-e-s ordinaires.</p><p>Et les politiques ne font rien pour améliorer les revenus des salarié-e-s. Avec les baisses d’impôts pour les entreprises et les couches supérieures de la société qu’ils ont déjà décidées ou qu’ils prévoient, le Conseil fédéral et le Parlement prennent la direction inverse. Après la crise financière, l’appel à corriger la répartition inégale des revenus et de la fortune s’est fait toujours plus pressant dans le monde entier. Mais les politiques prennent la direction opposée.</p><p>Quelques employeurs et employeuses attaquent même toujours plus les conventions collectives de travail et les syndicats au plan politique pour que les travailleurs et travailleuses reçoivent à l’avenir une part du gâteau encore plus petite.</p><p>Pas d’accord, disent clairement et sans équivoque aucune les syndicats&nbsp;! C’est pour cela qu’ils mobilisent et descendront dans la rue pour demander plus de salaire et des meilleures conditions de travail&nbsp;: le 30 octobre, dans toute la Suisse et pour toutes les professions, à Genève, Olten, Zurich et Bellinzone, ainsi qu’à Berne, spécialement pour le personnel de la santé&nbsp;:</p><p><strong>Genève, </strong>rassemblement à 13 h, Place des Vingt-Deux-Cantons, départ&nbsp;: 13h30<br><a href="https://geneve.unia.ch/manifestations-du-30-octobre" target="_blank" class="link--arrow" rel="noreferrer">Infos d'Unia sur la manif à Genève</a></p><p><strong>Berne, </strong>manifestation pour le personnel de la santé : rassemblement à 13 h, Schützenmatte, départ : 13h30.<br><a href="https://ssp-vpod.ch/campagnes/santeenlutte/" target="_blank" class="link--arrow" rel="noreferrer">Infos et formulaire d’inscription du SSP sur la manif à Berne</a></p><p><strong>Olten, </strong>rassemblement à 13 h, Bifangstrasse, départ : 13h30.<br><a href="https://biel-solothurn.unia.ch/demo-30-oktober" target="_blank" class="link--arrow" rel="noreferrer">Infos d'Unia sur la manif à Olten </a></p><p><strong>Zurich, </strong>rassemblement à 13 h, Helvetiaplatz, départ : 13h30 Uhr<br><a href="https://zuerich-schaffhausen.unia.ch/demo-30-oktober" target="_blank" class="link--arrow" rel="noreferrer">Infos d'Unia sur la manif à Zurich</a></p><p><strong>Bellinzone: </strong>rassemblement à 13h, Piazzale Stazione, départ : 13h30.<br><a href="https://ticino.unia.ch/attualita/manifestazione-30-ottobre" target="_blank" class="link--arrow" rel="noreferrer">Infos d’Unia sur la manif à Bellinzone</a></p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Salaires et CCT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gewerkschaftspolitik/Demo-Megafon_iStock-andyworks.jpg" length="433359" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7899</guid><pubDate>Thu, 21 Oct 2021 10:10:31 +0200</pubDate><title>Égalité des genres et discrimination fondée sur le genre dans le monde du travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/egalite-des-genres-et-discrimination-fondee-sur-le-genre-dans-le-monde-du-travail</link><description>Colloque juridique de l’USS le 25 novembre 2021</description><content:encoded><![CDATA[<p>La loi sur l’égalité (LEg) a été révisée en 2020 et cette année, l’USS a publié le commentaire à son sujet. La thématique de la discrimination dans le monde du travail n’a rien perdu de son actualité : année après année, les statistiques relèvent des différences de salaire considérables entre les hommes et les femmes. Alors qu’une bonne moitié de cet écart peut s’expliquer par des critères objectifs comme la formation, l’expérience et la branche, le reste est de la discrimination salariale pure et simple.</p><p>Mais la discrimination fondée sur le genre va au-delà de cette question : dans un arrêt, le Tribunal fédéral constate que les discriminations sur le lieu de travail en raison de l’orientation sexuelle ne tombent pas sous la LEg&nbsp;! Dans un tel contexte, comment traiter les discriminations à l’égard des femmes et des personnes LGBTQIA+&nbsp;?</p><p>Des intervenant-e-s de haut niveau issus des milieux scientifiques et de la pratique feront le point sur la doctrine juridique ainsi que sur les besoins éventuels d’action.</p><p>&nbsp;</p><p><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/agenda/2021/Flyer-USS-ColloqueJurid-21_web.pdf" target="_blank" class="button" rel="noreferrer"><i class="fa-file-pdf far">&nbsp;</i>&nbsp; Télécharger le programme complet</a><br><a href="https://uss.sgb.ch/civicrm/event/register?id=18&amp;reset=1" target="_blank" class="button" rel="noreferrer"><i class="fa-pencil-alt fas">&nbsp;</i>&nbsp;Inscription en ligne</a></p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/b/4/csm_CollJuridique21_3db93fc732.jpg" length="149856" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7897</guid><pubDate>Wed, 20 Oct 2021 16:06:50 +0200</pubDate><title>Résister est la seule et unique réponse</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/resister-est-la-seule-et-unique-reponse</link><description>Après l’agression de l’extrême droite contre la CGIL : grande manif et message de solidarité de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>Des centaines de milliers de membres des syndicats ont manifesté le 16 octobre dernier à Rome sous le slogan «&nbsp;Fini le fascisme&nbsp;: pour l’emploi, la participation et la démocratie&nbsp;». Telle est leur réponse à l’attaque du siège principal de la Confédération syndicale italienne CGIL. Ce dernier avait été pris d’assaut et mis à sac le 9 octobre, à la suite des débordements qui avaient accompagné une manifestation à Rome d’opposant-e-s à la vaccination. Plusieurs membres de la direction du parti fasciste Forza Nuova y avaient activement participé.</p><p>Dans un message de solidarité, le président de l’Union syndicale suisse (USS), Pierre-Yves Maillard, et le secrétaire de l’USS responsable des questions internationales, Luca Cirigliano, soulignent que «&nbsp;Les intimidations et les destructions n’empêcheront pas les syndicats démocratiques de lutter pour améliorer le sort des gens qui travaillent.&nbsp;»</p><p>On a pu notamment le voir à travers la puissante réponse donnée par le mouvement syndical italien, une semaine à peine après. Lors de cette grande manifestation de centaines de milliers de personnes, des membres des syndicats, côte à côte avec une population troublée par cette évolution et issue de la gauche jusqu’au centre droit, ont demandé que la violence politique prenne fin et que les partis néofascistes soient interdits «&nbsp;sans délai&nbsp;», comme l’a précisé le président de la CGIL, Maurizio Landini.</p><p>L’Italie discute actuellement d’une interdiction des organisations fascistes résurgentes. Sous le fascisme, le mouvement syndical italien avait dû déplorer d’innombrables victimes. Après la Deuxième Guerre mondiale aussi, il a régulièrement été exposé à des attaques de l’extrême droite. En 1955 et 1964 par exemple, des bombes ont explosé au siège principal de la CGIL.</p>]]></content:encoded><category>International</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/veranstaltungen/211016_cgil_demo_maipiufascismi_rom_fronttransparent.jpg" length="980197" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7893</guid><pubDate>Tue, 19 Oct 2021 10:37:06 +0200</pubDate><title>Oui à l’initiative sur les soins infirmiers : évidemment !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/oui-a-linitiative-sur-les-soins-infirmiers-evidemment</link><description>Pour des soins de qualité et de bonnes conditions de travail</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Depuis bientôt deux ans, les concerts d’applaudissements pour le personnel soignant sont accompagnés d’un complet déni de réalité de la part du monde politique. La population peut enfin y changer quelque chose le 28 novembre&nbsp;: avec un oui à l’initiative sur les soins infirmiers, les très anciens dysfonctionnements dans le domaine des soins seraient enfin abordés, dans l’intérêt du personnel et de nous toutes et tous.</p><p>«&nbsp;Qui choisit la profession soignante ne le fait pas pour le salaire mais plutôt par idéal&nbsp;», selon le président de l’association zurichoise des hôpitaux, cité dans les médias pendant la première phase de la pandémie de coronavirus. Difficile à battre en termes de mépris pour le personnel infirmier, cette déclaration peut induire la réponse suivante&nbsp;: l’idéal est devenu aussi problématique que le salaire.</p><p>Bien avant la pandémie, l’expérience du quotidien professionnel dans les soins était déjà loin d’être idéale&nbsp;: dans une enquête réalisée en 2019 auprès du personnel soignant, près d’un tiers des personnes interrogées a déclaré avoir été en congé maladie pour des raisons professionnelles une ou plusieurs fois pendant un mois ou plus. De même, un-e soignant-e sur trois a enfreint plus de cinq fois par mois la période de repos légale de onze heures entre deux périodes de travail. Presque toutes les personnes interrogées ont aussi déclaré se sentir épuisées. Et elles sont unanimes à affirmer que la pénurie chronique de personnel et la pression aux économies a déjà un impact sur la qualité des soins.</p><h3 class="heading--h4">Courte longévité professionnelle, forte dépendance envers l’étranger</h3><p>Tout cela a des conséquences tangibles&nbsp;: celles et ceux qui n’en peuvent plus, partent. La durée moyenne de maintien dans la profession du personnel soignant qualifié est de 15 ans seulement, ce qui est très peu par rapport aux autres groupes professionnels. Particulièrement préoccupant et coûteux&nbsp;: un-e soignant-e sur trois quittant prématurément la profession a moins de 35 ans.</p><p>On assiste donc à un exode continu dans le domaine de la santé et des soins de longue durée, qui ne peut être compensé que par l’engagement de personnel soignant venu de l’étranger&nbsp;: la Suisse est le pays occidental qui emploie le plus d’infirmiers et infirmières formés à l’étranger&nbsp;; un tiers de l’ensemble de notre personnel soignant est d’origine étrangère. Et nous le savons tous&nbsp;: sans ces personnes, les EMS et hôpitaux seraient paralysés. Que se serait-il passé au plus fort de la pandémie, si la France et l’Italie avaient fermé leurs frontières non seulement aux vacanciers mais aussi aux milliers de frontaliers et frontalières&nbsp;? Nos voisins ont urgemment besoin de leur propre personnel soignant formé à grands frais, indépendamment de la pandémie. On le remarquera bientôt en Suisse, car les conditions de travail du personnel soignant sont en train de s’améliorer dans tous les pays européens.</p><h3 class="heading--h4">L’offre ne correspond pas à la demande&nbsp;: augmentez les salaires&nbsp;!</h3><p>Alors qu’en Suisse «&nbsp;l’offre&nbsp;» en personnel soignant baisse, la «&nbsp;demande&nbsp;» pour ce même personnel va beaucoup augmenter ces prochaines décennies, ne serait-ce qu’en raison du vieillissement de la population. Aujourd’hui déjà, 11 000 (!) postes de soignant-e-s sont vacants et d’ici 2029, il faudra au total 70’000 infirmières et infirmiers supplémentaires. Il est donc clair que la Suisse a besoin immédiatement d’une offensive massive en matière de formation, comme le demande l’initiative sur les soins infirmiers. Il est tout aussi clair que les professions soignantes ne vont pas devenir plus attractives, sans amélioration des conditions de travail et des perspectives de carrière. Et cela inclut bien entendu les salaires&nbsp;: par rapport au salaire moyen de l’ensemble de l’économie, le personnel soignant de tous les pays européens de l’OCDE gagne plus qu’en Suisse (à l’exception de la Lettonie et de la Lituanie). Chez nous, la moitié des aides-soignant-e-s doivent se contenter d’un salaire de moins de 4000 francs à plein temps. Si l’offre et la demande ne correspondent pas, il est logique de d’augmenter les salaires dans le cas des soins. C’est précisément ce qu’exige l’initiative sur les soins infirmiers, en plus d’une offensive de formation, une rémunération appropriée des prestations de soins, des conditions de travail conformes aux revendications et des possibilités de développement professionnel.</p><h3 class="heading--h4">Remplissez enfin votre devoir&nbsp;!</h3><p>Un oui à l’initiative sur les soins infirmiers est une évidence. C’est une claire invitation aux politiciens et politiciennes à remplir enfin leur devoir et garantir un bon accès aux soins dans toute la Suisse et à long terme. Ni plus ni moins.</p><p>Concernant les coûts que les opposants brandissent pour critiquer l’initiative, c’est un peu comme pour le climat&nbsp;: à long terme, les coûts de l’inaction sont encore plus élevés. Mais contrairement à ce qui se passe dans la politique climatique, en matière de soins nous ne pouvons absolument pas compter sur les autres pour payer à notre place.</p>]]></content:encoded><category>Santé</category><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/Abstimmungen/211128/pflegeini-sujet-fr.jpg" length="187958" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7731</guid><pubDate>Fri, 10 Sep 2021 14:19:37 +0200</pubDate><title>Les vieilles recettes de plans d’économies ont toujours aussi mauvais goût</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/les-vieilles-recettes-de-plans-deconomies-ont-toujours-aussi-mauvais-gout</link><description>Session parlementaire d’automne : nouvelles attaques de la droite sur le service public</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La pandémie de coronavirus montre bien l’importance de renforcer et même de développer le service public. Et pourtant&nbsp;: lors de la prochaine session parlementaire d’automne, l’approvisionnement de base du pays se trouvera dans plusieurs domaines sous le feu des attaques.</p><p>Le service public suisse, avec son efficacité et sa couverture sur l’ensemble du pays, a été absolument indispensable pour faire face correctement à la crise que nous traversons depuis un an et demi maintenant. Après la première vague de la pandémie déjà, l’USS a publié un <a href="https://www.uss.ch/corona-virus/detail/dossier-n-139-simplement-essentiel-le-service-public-dans-la-crise" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">Dossier </a>consistant qui met en évidence de manière détaillée le rôle-clé des divers domaines d’approvisionnement de base. En effet, il ne s’agissait pas uniquement de la bonne performance du système public de santé, mais également de la fiabilité des transports publics, du tour de force logistique de la Poste, de la couverture médiatique posée de la SSR ainsi que de nombreux autres domaines du service public et de leur main d’œuvre qui étaient au cœur de «&nbsp;la Suisse qui fonctionne&nbsp;» - et le sont encore.</p><p class="heading--h4">Des attaques sur tous les fronts</p><p>Pourtant, cet approvisionnement de base si indispensable se retrouve aujourd’hui sous le feu de plusieurs attaques féroces de la part des protagonistes de la droite néolibérale et conservatrice&nbsp;:</p><ul><li>Ils veulent <a href="https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/postfinance-bundesrat-immer-mehr-auf-abwegen" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">brader complètement Postfinance</a> et semblent prêts à regarder s’écrouler tout le modèle d’affaires de la Poste (et avec lui l’approvisionnement postal de base).</li><li>Ils veulent <a href="https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/non-a-la-privatisation-de-l-assurance-de-base" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">largement privatiser le secteur stationnaire des soins</a> en obligeant les cantons à verser chaque année plus de 10 milliards de francs – jusqu’ici destinés aux hôpitaux – directement aux caisses maladie privées.</li><li>Ils veulent <a href="https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/il-ny-aura-pas-de-tournant-energetique-avec-un-marche-de-lelectricite-liberalise" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">libéraliser le marché de l’électricité</a> et pourront ensuite assister à l’agonie et la disparition des fournisseurs locaux d’énergie. La transition énergétique s’en trouve elle aussi menacée.</li><li>Ils veulent «&nbsp;adapter l’offre à la demande&nbsp;» dans les transports publics, qui n’ont pas encore retrouvé leur taux d’occupation d’avant la crise sanitaire, plutôt que de miser sur leur développement, indispensable en termes de politique climatique.</li><li>Enfin, cerise sur le gâteau, ils veulent aussi dérouler le tapis rouge aux Blochers et Tettamantis du secteur des médias au lieu de consolider un minimum de service public médiatique au moyen du train de mesures adopté au Parlement.</li></ul><p class="heading--h4">Une offensive venant de cantons alpins</p><p>Mais au-delà de ces attaques sur certains secteurs de l’approvisionnement public de base, le Parlement aura à se prononcer au cours de la session d’automne sur d’autres interventions qui remettent fondamentalement en question le service public. Ainsi les conseillers aux États Beat Rieder (PDC/VS) et Andrea Caroni (FDP/AR) demandent au Conseil fédéral dans des motions identiques de modifier la loi pour «&nbsp;endiguer les distorsions de concurrence provoquées par les entreprises publiques&nbsp;».</p><p>Ce que cela veut dire concrètement&nbsp;? Que la Poste renonce à toutes ses activités hors du monopole pour le courrier. Que les hautes écoles spécialisées renoncent à toute forme de financement externe, les hôpitaux font faillite (disparition des «&nbsp;prestations d’intérêt général&nbsp;») et les banques cantonales ferment leurs portes. On se demande bien à quoi ces deux messieurs ont pensé en déposant ces motions.</p><p>Il est toutefois particulièrement irritant que les représentants des régions périphériques se comportent comme les principaux détracteurs des entreprises fédérales. Après tout, ce sont précisément leurs cantons d’origine qui bénéficient le plus – et à tous égards – des services de base qui existent à l’échelle nationale. Ce n’est pas le conseiller aux États Beat Rieder qui peut dire le contraire, lui qui, lorsqu’il s’agit de son propre pré carré, se bat bec et ongle pour le maintien d’une succursale postale locale, une bonne correspondance de bus ou de généreuses subventions pour l’énergie hydroélectrique.</p><p class="heading--h4">Un service public au service du virage climatique</p><p>Les syndicats se battront avec véhémence contre les projets de coupes et de démantèlement. Pour l’USS, il est clair que le service public ne doit en aucun cas être affaibli, mais doit au contraire être développé et étendu. Ce d’autant plus au vu de ce qui est probablement le plus grand défi actuel, le tournant climatique&nbsp;: c’est LE projet collectif pour l’avenir et il ne peut être mis en œuvre efficacement que par des négociations collectives et démocratiques. Avec un service public fort comme levier central.</p><p>Au fil de l’histoire, des exemples emblématiques tels que l’expansion du réseau ferroviaire et la création des Chemins de fer fédéraux suisses (CFF) ou la construction de centrales hydroélectriques et du réseau électrique le démontrent&nbsp;: les programmes collectifs publics qui vont dans le sens du progrès ne connaissent pas d’alternative. Et leur succès est durable. De la même manière, nous devons maintenant prendre en main la transition énergétique. Si nous laissions cette tâche aux investisseurs privés, elle serait vouée à l’échec, car au lieu de tendre vers le bien commun, ils ne viseraient que le profit.</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Menschen-in-Bewegung_photocase_rclassen.jpg" length="556912" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7701</guid><pubDate>Mon, 23 Aug 2021 11:15:35 +0200</pubDate><title>Augmenter les subsides aux primes maladies au lieu de faire des cadeaux fiscaux aux plus riches !</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/augmenter-les-subsides-aux-primes-maladies-au-lieu-de-faire-des-cadeaux-fiscaux-aux-plus-riches</link><description>Votations du 26 septembre : l’USS soutient l’initiative 99 %</description><content:encoded><![CDATA[<p>Que feriez-vous si vous aviez 26 millions de francs&nbsp;? Pour la plupart des gens, avoir autant d’argent est presque inimaginable. Mais pour les 50&nbsp;000 personnes les plus riches en Suisse, c’est juste «&nbsp;normal&nbsp;». Ce 1&nbsp;% de la population de notre pays possède 43&nbsp;% de la fortune totale&nbsp;! Ces personnes sont propriétaires d’entreprises, d’immeubles d’habitations, de forêts et de terres agricoles, et elles en font leurs affaires. Les dividendes et les revenus des loyers rapportent beaucoup d’argent&nbsp;: ça peut vite atteindre un million de francs par année.</p><p>Avec la flambée du marché des actions et de l’immobilier, les très riches sont devenus encore plus riches. L’écart des fortunes et des revenus n’a cessé de se creuser depuis les années 1990&nbsp;: à l’époque, le pourcent le plus riche de la population possédait 33&nbsp;% de la fortune totale. Depuis, ils ont non seulement profité du boom des marchés financiers, mais aussi de la politique fiscale. En effet, de nombreux cantons ont sensiblement baissé les impôts sur le revenu, l’impôt sur la fortune a été divisé par deux à bien des endroits et l’impôt sur les successions a été aboli pour les descendant-e-s directs.</p><p>Pour nous, personnes à petits et moyens revenus, la situation n’est pas du tout la même&nbsp;: les salaires ont certes augmenté petit à petit – grâce aux campagnes syndicales en faveur des salaires minimaux et de meilleurs salaires en général. Mais la politique n’a pas du tout été de notre côté&nbsp;: la Confédération et les cantons ont préféré baisser les impôts pour les nanti-e-s plutôt que d’augmenter les subsides pour les primes d’assurance-maladie. Résultat&nbsp;: de plus en plus de ménages n’arrivent plus à faire face aux coûts que représentent les primes maladie, qui engloutissent souvent bien plus de 10&nbsp;% du revenu des ménages. À cela s’ajoutent les loyers qui ne cessent d’augmenter et la pénurie de logements dans les centres. Pour de nombreuses familles et ménages, il est de plus en plus difficile de boucler les fins de mois avec leur salaire ou leur rente.</p><p>Pourtant, les représentant-e-s des classes aisées et de l’économie aux Chambres fédérales ne l’ont toujours pas compris. Au contraire&nbsp;: ces élu-e-s préparent de nouvelles baisses d’impôts pour les actionnaires et les investisseurs. Les titulaires d’obligations ne devraient plus payer d’impôt anticipé et l’émission d’actions serait exemptée d’impôt (suppression du droit de timbre d’émission). En plus, les rentes de la prévoyance vieillesse devraient baisser encore pour que les gros revenus puissent payer moins de cotisations&nbsp;! L’USS combat ces projets par voie de référendum.</p><p>L’initiative 99&nbsp;% va plus loin&nbsp;: elle exige un changement de cap en faveur de la population ordinaire. Elle prévoit d’imposer davantage les plus hauts revenus et de faire bénéficier la population des recettes fiscales que cela engendrerait. Par exemple en augmentant enfin les subsides pour les primes d’assurance-maladie et en relevant les rentes AVS. C’est pourquoi l’USS soutient cette initiative.</p><p class="text-center"><br><a href="/actuel/campagnes/combattre-les-inegalites-imposer-plus-justement-les-revenus-du-capital" class="button">Site web de la campagne de l'USS</a></p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/f/7/csm_darktable.0C7N80_4023ca8720.jpg" length="220649" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7755</guid><pubDate>Mon, 23 Aug 2021 10:37:00 +0200</pubDate><title>Combattre les inégalités : Imposer plus justement les revenus du capital</title><link>https://www.uss.ch/actuel/campagnes/combattre-les-inegalites-imposer-plus-justement-les-revenus-du-capital</link><description>OUI à l’initiative 99 % le 26 septembre 2021 !</description><content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/kampagnen/99prozent/99parc_grafik.png" length="43581" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7693</guid><pubDate>Mon, 09 Aug 2021 15:42:55 +0200</pubDate><title>Le OUI au mariage pour toutes et tous est aussi important pour les salarié-e-s !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/le-oui-au-mariage-pour-toutes-et-tous-est-aussi-important-pour-les-salarie-e-s</link><description>Votation du 26 septembre 2021</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’inégalité au plan juridique favorise les discriminations. Les salarié-e-s LGBTIQ ne le savent que trop bien. C’est pourquoi l’introduction, depuis trop longtemps en souffrance, du mariage pour toutes et tous en Suisse constitue un pas important vers plus de justice précisément aussi dans le monde du travail. Les syndicats s’engagent de toutes leurs forces pour un OUI le 26 septembre&nbsp;!</p><p>En matière d’égalité juridique des personnes LGBTIQ (lesbiennes, gays, bisexuel-le-s, trans, personnes intersexes et queer), la Suisse est depuis 20 ans à la traîne de ses voisins européens. Si, à la suite de l’extension de la protection contre la discrimination dans le code pénal, ce retard s’est récemment à nouveau réduit, une grave lacune subsiste néanmoins concernant l’accès au mariage civil. Après plusieurs essais au niveau parlementaire, une votation populaire va avoir lieu le 26 septembre prochain sur le «&nbsp;mariage pour tous&nbsp;» en raison du référendum saisi avec succès par les milieux de la droite conservatrice contre le projet adopté par une large majorité du Parlement.</p><p class="heading--h4">Des améliorations concrètes dans le monde du travail</p><p>La révision adoptée du Code civil accorde aux couples du même sexe non seulement le droit au mariage, mais aussi la naturalisation facilitée de la ou du partenaire ainsi que l’adoption conjointe et – pour les couples mariés de femmes – l’accès au don de sperme en Suisse. Jusqu’à ce jour, les couples homosexuels étaient privés de tous ces droits qui vont de soi pour les couples hétérosexuels&nbsp;; cela, malgré l’introduction en 2007 du «&nbsp;partenariat enregistré&nbsp;».</p><p>La nouvelle loi faciliterait également beaucoup les choses lorsqu’il s’agit d’indiquer son état civil.&nbsp; La Suisse ne connaît actuellement pas de «&nbsp;mariage civil light&nbsp;» ouvert indifféremment à tout le monde, comme par exemple le PACS français que les couples hétérosexuels peuvent aussi choisir. En conséquence, la spécification de l’état civil («&nbsp;en partenariat enregistré&nbsp;»), demandée en particulier lors d’une candidature à un emploi, implique aujourd’hui toujours qu’il y ait automatiquement outing. Et à l’heure actuelle, ce dernier a encore, dans un monde du travail de loin pas encore libéré de préjugés et de discriminations, des conséquences par trop souvent pénalisantes pour les personnes concernées, que ce soit déjà par le refus d’une embauche ou, par après, à travers une exclusion sociale sur le lieu de travail ou des moqueries lors de l’excursion de l’entreprise.</p><p>Mais au-delà, il est important pour le monde du travail que, par exemple, beaucoup de grandes firmes (et aussi quelques conventions collectives de travail) prévoient des réglementations en faveur des couples travaillant dans la même entreprise, comme le droit à prendre des vacances en même temps. De telles dispositions ne s’appliquent pas encore partout, aussi pour les partenariats enregistrés. Ici, le mariage pour toutes et tous offrirait une solution.</p><p class="heading--h4">Il restera encore beaucoup à faire, même après</p><p>Le mariage pour toutes et tous n’est pas uniquement un signal attendu depuis trop longtemps à l’intention de la société mais également un message clair adressé aux employeurs et employeuses et selon lequel, les personnes LGBTIQ sont désormais placées sur un pied pratiquement d’égalité au plan juridique (à tout le moins les lesbiennes et les gays) avec les hétérosexuel-le-s et cette égalité doit aussi être systématiquement appliquée dans le monde du travail.</p><p>Pour les syndicats, le combat contre les discriminations dans le monde du travail se poursuivra aussi après le 26 septembre. Car les mêmes droits, tant face au bureau d’état civil que devant l’autel, n’empêcheront pas, par exemple, les licenciements abusifs des personnes trans pendant la transition ou la double discrimination des travailleuses lesbiennes. Or, après un OUI au «&nbsp;mariage pour tous&nbsp;» le 26 septembre, on pourra d’autant mieux se focaliser précisément sur ces abus concrets. Un «&nbsp;non&nbsp;» ramènerait par contre la Suisse de nombreuses années en arrière en matière de politique de l’égalité.</p>]]></content:encoded><category>LGBT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gleichstellung/Frau-Regenbogenfahne_Eva-Blanco-Fotografia_photocase.jpg" length="1053971" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7662</guid><pubDate>Thu, 15 Jul 2021 10:10:41 +0200</pubDate><title>Conférence de la migration de l’USS 2021</title><link></link><description>«Participation, oui, précarisation, non : droits fondamentaux et sécurité pour toutes et tous»
Samedi 4 septembre 2021 à Berne.</description><content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded><category>Migration</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/veranstaltungen/miko-illustration.jpg" length="270412" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7655</guid><pubDate>Tue, 29 Jun 2021 09:59:57 +0200</pubDate><title>Non à la suppression du droit de timbre</title><link>https://www.uss.ch/actuel/campagnes/non-a-la-suppression-du-droit-de-timbre</link><description>Le Parlement a décidé de supprimer le droit d’émission sur le capital propre. Ce nouveau privilège fiscal est inacceptable.</description><content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/kampagnen/stempelsteuer-droitdetimbre/DroitDeTimbre-4-3.png" length="82237" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7650</guid><pubDate>Fri, 25 Jun 2021 10:35:39 +0200</pubDate><title>La situation des salarié-e-s s’améliore, mais des pas supplémentaires sont nécessaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-situation-des-salarie-e-s-sameliore-mais-des-pas-supplementaires-sont-necessaires</link><description>Libre circulation des personnes avec des mesures d’accompagnement efficaces: un système progressiste. Commentaire de l’USS sur le rapport observatoire</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le nombre d’immigrant-e-s est principalement déterminé par la situation économique et le besoin des entreprises en main-d’oeuvre. C’est ce que montre l’histoire de la politique migratoire suisse, ou encore la comparaison de la Suisse avec des pays dont les politiques d’immigration sont basées sur des systèmes dits à points, parfois liés à des contingents (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande).</p><p>Ce qui peut et doit être piloté, c'est la « qualité » de la migration. À savoir les conditions de travail, les droits en matière de séjour et de sécurité sociale ainsi que les qualifications. À cet égard, l’actuel système de libre circulation des personnes avec des mesures d'accompagnement est bien meilleur que les autres systèmes. Toute personne souhaitant immigrer en Suisse dans le cadre de la libre circulation a besoin d’un emploi ou d’un contrat de travail. Les mesures d’accompagnement veillent à la protection des salaires. Et de meilleurs droits de séjour et de sécurité sociale permettent aux migrant-e-s de mieux se défendre contre les abus.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/internat-eu/CH-EU_stadtratte-iStock.jpg" length="303602" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7619</guid><pubDate>Tue, 15 Jun 2021 13:40:13 +0200</pubDate><title>Protection des salarié-e-s : Guy Parmelin devra tenir ses engagements </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/guy-parmelin-veut-ameliorer-la-protection-des-salarie-e-s-en-suisse</link><description>Conférence annuelle de l’OIT : coronavirus et protection contre le licenciement</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le président de la Confédération Guy Parmelin a inauguré le 7 juin à Genève la 109e Conférence internationale du Travail 2021, plus haute instance de l’Organisation internationale du Travail (OIT), l’agence de l’ONU qui traite des questions relatives au travail dans le monde. Lors de son allocution, le conseiller fédéral s’est engagé à améliorer la protection des travailleurs et travailleuses en Suisse.</p><p>Nous prenons au mot Monsieur Parmelin&nbsp;: la Suisse n’a en effet toujours pas mis en œuvre les recommandations de l’OIT concernant l’amélioration de la protection contre les licenciements contraires aux droits fondamentaux. La médiation mise en route en 2019 sur mandat du Conseil fédéral et sous la présidence de Franz Steinegger n’a donné encore aucun résultat.</p><p>Le Conseil fédéral s’est engagé vis-à-vis des partenaires sociaux et de l’OIT à proposer, au plus tard en 2022, une révision de la loi conforme aux exigences du droit international (conventions de l’OIT, CEDH). La pression est forte sur le gouvernement suisse&nbsp;: si rien ne se passe, la Suisse se retrouvera à nouveau dans le viseur de la commission de l’application des normes de l’OIT (la plus haute juridiction du travail de l’ONU).</p><p>Autre sujet abordé lors de la grande réunion annuelle&nbsp;: la protection de la santé comme faisant partie intégrante de la protection des salarié-e-s. En Suisse, les gens travaillent beaucoup trop, trop longtemps et de manière trop irrégulière. La réglementation du temps de travail y est unilatéralement favorable aux employeurs, et le droit du travail suisse n’est plus – et depuis fort longtemps – un modèle en matière de protection contre l’épuisement professionnel ou contre l’effacement des limites entre temps libre et temps de travail. De plus, nous faisons face actuellement à des phénomènes tels que la multiplication du télétravail, mais aussi à des initiatives parlementaires extrêmes qui veulent de fait supprimer la protection de la santé au travail. Dans ce contexte, nous prenons de nouveau Monsieur Parmelin et le Conseil fédéral au mot&nbsp;: la Suisse a besoin de plus de protection de la santé au travail, pas de moins.</p><p class="heading--h4">COVID-19 au cœur des débats&nbsp;: plus de protection, moins de précarité</p><p>La crise du coronavirus a mis en lumière les défaillances criantes dans le monde du travail en matière de sécurité au travail et de protection de la santé. Les rapports de l’OIT sur ce sujet en témoignent clairement.</p><p>Pour de nombreuses personnes, le lieu de travail est l’endroit où elles ont été infectées par le virus. Souvent, la protection la plus élémentaire faisait et fait toujours défaut, aussi en Suisse, comme l’ont constaté de nombreux salarié-e-s. Et ça coince encore trop souvent dans l’application de la protection de la santé en Suisse&nbsp;: le nombre d’inspecteurs et d’inspectrices, et donc la densité des inspections, est trop faible pour garantir efficacement le respect des dispositions de la loi sur le travail.</p><p>La Suisse n’a pas encore signé la Convention n° 155 de l’OIT sur la protection de la santé. De plus, la loi sur le travail ne vaut même pas pour tous les salarié-e-s&nbsp;: l’agriculture ou le travail domestique par exemple en sont exclus. Il est donc impératif que la conférence de l’OIT de l’année prochaine désigne la sécurité et la santé au travail comme des droits fondamentaux sur le lieu de travail. Il est tout aussi urgent que la Suisse augmente la fréquence des inspections dans le domaine de la protection de la santé ainsi que leur financement.</p><p>La pandémie a mis au jour la «&nbsp;brutalité insupportable des inégalités multiples et grandissantes dans nos sociétés, qui trouvent souvent leur origine dans le monde du travail&nbsp;», a souligné à cette occasion le directeur général de l’OIT Guy Ryder. Pour lutter contre ce phénomène, il faut des emplois sûrs avec des salaires équitables et une sécurité sociale complète. La crise du COVID-19 doit servir d’opportunité pour créer un monde du travail avec une bonne protection de la santé, avec de l’égalité et sans conditions de travail précaires. La Suisse a encore beaucoup à faire pour y parvenir.</p><p class="heading--h4">Les femmes et les migrant-e-s sont les plus durement touchés</p><p>Au début de la crise sanitaire, la précarité et la pauvreté en Suisse sont devenues visibles pour tout le monde. On a vu se former de longues files d’attente pour la distribution de colis alimentaires dans des villes riches comme Genève et Zurich, une vision complètement inusitée. L’État a alors pris rapidement des mesures pour contenir les pires conséquences de la lutte contre pandémie. Il a mis en place des structures tripartites pour gérer au mieux cette crise et a toujours consulté au préalable les partenaires sociaux, en particulier les syndicats. Cet effort a été reconnu lors de la conférence de l’OIT.</p><p>Malgré ces mesures importantes, de nombreuses personnes sont passées entre les mailles du filet social. Les «&nbsp;travailleurs et travailleuses pauvres&nbsp;», c’est-à-dire les personnes qui n’ont pas eu droit au chômage partiel ou à un salaire, comme le personnel de nettoyage sur appel dans les ménages privés, ont été contraints de se rendre aux distributions de nourriture.</p><p>Aujourd’hui encore, on y voit des migrant-e-s sans permis de séjour&nbsp;; ou avec un permis, mais sans aucun droit à l’assurance chômage ou à l’aide sociale&nbsp;; ou encore des personnes qui n’osent pas demander l’aide sociale de peur de perdre leur droit de résidence. Le droit à l’assistance en cas de besoin est un droit fondamental en Suisse. Mais les migrant-e-s qui font usage de ce droit peuvent perdre leur permis de séjour pour cette raison. C’est inacceptable.</p><p>Les femmes, et surtout les femmes migrantes, sont les plus durement touchées, comme en témoignent les rapports de l’OIT. Pourtant, leur travail est d’une valeur inestimable, en particulier dans les professions essentielles, comme par exemple celles des soins. Elles assurent l’approvisionnement de base de la société et le fonctionnement du système de santé. Et leur travail ne s’arrête pas là&nbsp;: arrivées à la maison, beaucoup d’entre elles doivent encore s’occuper des enfants et même assumer des tâches scolaires lorsque les écoles et les jardins d’enfants sont fermés. Il s’agit d’une charge énorme, en particulier pour les femmes migrantes, qui ne sont souvent pas en mesure d’aider leurs enfants parce qu’elles ne maîtrisent pas la langue scolaire ou ne disposent pas de connaissances numériques suffisantes.</p><p>La Conférence de l’OIT l’a bien montré&nbsp;: des améliorations s’imposent dans tous ces domaines. Aussi – surtout&nbsp;! – dans ce pays riche qu’est la Suisse, où les différences salariales sont particulièrement choquantes et les outils de contrôles trop faibles.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/logos/ilo_logo_beschnitten.png" length="92369" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7600</guid><pubDate>Sun, 06 Jun 2021 10:54:00 +0200</pubDate><title>Plus de protection et un engagement syndical fort pour une Europe sociale</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/plus-de-protection-et-un-engagement-syndical-fort-pour-une-europe-sociale</link><description>Résolution de la 301e Assemblée des délégué-e-s de l&#039;USS du 28 mai 2021</description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis le début des négociations sur l’accord-cadre avec l’Union européenne (UE), les syndicats ont clairement défendu la position suivante : la protection des salaires doit être garantie (« ligne rouge »).Ce principe devrait d’ailleurs aller de soi. Mais au fil des négociations, il est devenu de plus en plus évident que des représentant-e-s de l’UE, mais aussi les employeurs et des conseillers fédéraux PLR en Suisse voulaient affaiblir considérablement la protection des salaires. Dans ce contexte, il n’y avait pas d’autre issue que de mettre un terme aux négociations sur l’accord-cadre. Pour les travailleurs et travailleuses en Suisse, le prix à payer pour cet accord aurait été tout simplement trop élevé. L’accord aurait menacé la protection des salaires et le service public. Pour les syndicats, c’était inacceptable.</p><p>La protection des salarié-e-s doit être renforcée, et non affaiblie. Et ce renforcement doit avoir lieu en Suisse comme dans l’Union européenne. Une position que partagent d’ailleurs les homologues de l’USS dans les pays européens ainsi que la faîtière syndicale européenne CES. L’USS va – avec les syndicats européens – poursuivre son engagement pour qu’il y ait des progrès sur cette question. Il faut plus de conventions collectives de travail (CCT) avec une protection efficace des salaires. Il faut aussi des salaires minimaux édictés par l’État pour les branches et les professions sans CCT. Dans aucun pays européen, les contraintes ne sont aussi importantes qu’en Suisse pourqu’une CCT soit déclarée de force obligatoire («quorum des employeurs»). Certaines évolutions récentes sont préoccupantes, comme le développement du commerce en ligne international dominé par des entreprises à très bas salaires telles qu’Amazon et Zalando, eté troitement lié aux entreprises de logistique et à leurs chaînes de soustraitance. Le travail syndical transfrontalier doit se renforcer si l’on veut mettre le holà à ces voies royales de la précarisation.</p><p>Au cours des dernières semaines, les milieux patronaux suisses ont exigé un affaiblissement de la protection des salarié-e-s, prétextant la rupture des négociations sur l’accord-cadre (programmes dits de renforcement de la compétitivité). L’USS s’opposera fermement à de telles tentatives.</p><p>L’introduction de la libre circulation des personnes – avec les mesures d’accompagnement – a constitué un progrès social, car elle a accordé plus de droits aux travailleurs et travailleuses ayant un passeport européen. Mais de nouvelles améliorations sont nécessaires, surtout s’agissant du chômage, du droit au séjour, de l’accès à la sécurité sociale et du droit au regroupement familial pour les citoyen-ne-s de l’UE.</p><p>Les accords bilatéraux sont importants pour les salarié-e-s. Une escalade entre la Commission européenne et la Suisse n’est pas souhaitable. Même si les points de vue diffèrent concernant l’accord-cadre, les contrats existants doivent être respectés. La Suisse doit donc débloquer au plus vite le milliard de cohésion qui contribue à réduire l’écart de richesse en Europe et à renforcer les structures démocratiques. En face, l’UE s’est engagée dans les accords bilatéraux à la reconnaissance mutuelle de produits, à la coopération dans le domaine de la recherche, etc.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/aktionen/180905_USS-action-ligne-rouge.jpg" length="679085" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7595</guid><pubDate>Fri, 04 Jun 2021 14:58:42 +0200</pubDate><title>La Suisse doit contribuer à une Europe sociale </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-suisse-doit-contribuer-a-une-europe-sociale</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>La Suisse se trouve au cœur de l'Europe. Notre avenir est étroitement lié à celui de nos pays voisins. C'est en étroite collaboration avec nos partenaires que nous pouvons le mieux contribuer à relever les grands défis du XXIe siècle : l'accroissement des inégalités sociales et de la précarité, l'urgence climatique et la perte de biodiversité, ainsi que l'autoritarisme et les guerres.</p><p>Après l'échec de l'accord-cadre, il faut une nouvelle approche qui mette au premier plan les intérêts communs de l'ensemble de la population : le développement de la coopération, la mise en place de mécanismes de péréquation financière et le renforcement des droits de tous les salarié-e-s, quelle que soit leur origine, permettront d'atteindre un équilibre social ou un nivellement par le haut des niveaux de vie. La Suisse peut et doit participer à cette nouvelle approche de l'intégration européenne.</p><p class="heading--h4">Changement de paradigme nécessaire</p><p>Nous nous sommes opposés au projet actuel l'accord-cadre parce qu'il donnait la priorité à l'accès au marché pour les entreprises plutôt qu'à la protection des salaires et des conditions de travail. Sa mise en œuvre aurait mis en péril les "mesures d'accompagnement" et affaibli le service public. Les forces sociales en Europe - de la Confédération européenne des syndicats aux groupes progressistes du Parlement européen - ont soutenu notre souci de garantir le maintien de mesures efficaces contre le dumping salarial. En effet, l'affaiblissement de la protection salariale aurait été préjudiciable aux employé-e-s en Suisse, quelle que soit leur origine. Et la lutte contre le dumping salarial au sein de l'UE reste la préoccupation de toutes les forces progressistes.</p><p>En même temps, nous avons repoussé l'attaque des conservateurs nationaux contre la libre circulation des personnes - en première ligne contre l’initiative xénophobe de limitation lancée par l’UDC. Maintenant, la voie est libre pour une véritable contribution de la Suisse à une Europe sociale.</p><p>Pour cela, il faut un changement de paradigme politique : la Suisse doit construire une relation stable avec l'UE sur la base des intérêts communs de l'ensemble de la population : sur la sécurité et la justice sociale, ainsi que sur une liberté de mouvement associée à des droits forts pour les salarié-e-s. C’est pour cela que nous nous engageons&nbsp;:</p><p class="heading--h4">Premièrement : renforcer le pilier social de la coopération</p><p>En 2017, l'UE a adopté les principes d'un "pilier européen des droits sociaux" et, depuis, des lois-cadres prospectives (directives) fondées sur ces principes. Si les États membres de l'UE leur donnent corps dans leur mise en œuvre et si les organes de l'UE les reconnaissent comme référence dans les litiges juridiques, ils peuvent façonner l'avenir du projet européen. La Suisse, pour sa part, doit adhérer aux mêmes normes de droit du travail et protéger les travailleurs et travailleuses en conséquence.</p><p>Nous exigeons donc que la Suisse s'engage à respecter ces principes et qu'elle adopte les dispositions les plus importantes des directives européennes existantes et en cours d'élaboration, qui mettent en œuvre ces principes&nbsp;: amélioration des standards minimaux en matière de contrats de travail, mise en application de l'égalité salariale, congé parental, promotion de la couverture CCT et obligation de respecter les CCT, droit de codécision dans les entreprises, protection ou égalité de traitement des rapports de travail atypiques (travail temporaire, etc.), renforcement du devoir de diligence entrepreneurial.&nbsp;</p><p>Les modalités du rapprochement de la Suisse aux normes européennes – que ce soit dans le cadre d’un traité ou sous forme de paquets Swisslex comme ce fut le cas dans les années 1990 – sont secondaires par rapport à leur contenu : elles doivent contribuer à améliorer les droits des salarié-e-s et leurs conditions de vie.</p><p class="heading--h4">Deuxièmement&nbsp;: renforcer les contributions de solidarité de la Suisse avec les pays de l’Union européenne</p><p>La pauvreté et les travailleuses et travailleurs pauvres existent aussi en Suisse. C'est l'expression d'une inégalité sociale croissante, contre laquelle nous luttons avec véhémence. Mais dans l'ensemble, la Suisse est un pays prospère. Il n'y a nulle part ailleurs plus de super-riches qu'ici. Cela étant, la Suisse peut et doit contribuer au rattrapage d’écart de richesse entre les différentes régions d’Europe. C’est juste en regard de notre niveau global de prospérité et c’est lucide si l’on veut que les zones à bas coûts de production en Europe puissent se développer sans devoir compter sur leur avantage concurrentiel lié à un bas coût du travail.</p><p>Nous demandons donc que la Suisse augmente significativement sa contribution au Fonds de cohésion pour les pays d'Europe de l'Est. Elle doit développer également des projets de coopération dans le cadre du "plan de relance de l'UE" pour le redressement après Corona et reprendre les initiatives prometteuses de l’UE, comme la « garantie pour la jeunesse&nbsp;» européenne, qui veut veiller à ce que tous les jeunes de moins de trente ans bénéficient d’un emploi, d’une formation continue, d’un apprentissage ou d'un stage.</p><p>Dans le domaine de la formation et de la recherche également, la Suisse doit se montrer généreuse et contribuer davantage que ce qu’elle reçoit aux projets communs européens. Le développement de bourses d’échange, facilitant l’accueil de jeunes en formation chez nous ou les séjours de jeunes de Suisse en Europe doivent être renforcés</p><p class="heading--h4">Troisièmement : égalité des droits sociaux pour les citoyens de l'UE travaillant et vivant en Suisse</p><p>L'introduction de la libre circulation des personnes combinée à des droits du travail et à une protection des salaires solides en 2002 a représenté un progrès historique. Nous voulons poursuivre cette success story en renforçant la sécurité de séjour, la sécurité sociale et le droit au regroupement familial des citoyen-ne-s de l'UE en Suisse, notamment en cas de chômage. La Suisse devrait adopter ces éléments importants de la directive sur la libre circulation des personnes sans affaiblir la protection des salaires. En outre, les citoyens européens des nouveaux et des anciens États membres de l'UE ne doivent plus être traités de manière inégale en ce qui concerne les permis d'établissement.</p><p>Les révisions récentes des législations concernant les étranger-ère-s et donc aussi des personnes en provenance de l’UE ont introduit des discriminations inacceptables dans l’accès à l’aide sociale par exemple. Nous défendons le fait que le travail donne des droits égaux à celles et ceux qui vivent en Suisse quelle que soit leur nationalité. Il faut revoir la législation sociale suisse et la modifier dans ce sens. Les restrictions d’accès à la naturalisation liée au fait d’avoir été au bénéfice de prestations sociales doivent aussi être levées.</p><p class="heading--h4">Quatrièmement : coopération pour une plus grande justice fiscale</p><p>La sécurité sociale ne peut être financée durablement que si les personnes et les entreprises sont effectivement imposées selon leur capacité économique. Quelques cantons suisses pratiquent depuis des décennies une concurrence fiscale avec des impôts toujours plus bas pour les entreprises, et apparaissent comme un paradis fiscal pour les évadés fiscaux et les sociétés «&nbsp;boîtes aux lettres&nbsp;». Cela doit enfin cesser.</p><p>La Suisse doit faire un grand pas vers l'UE de sa propre initiative et rechercher un accord étroit sur les normes fiscales. Nous demandons au Conseil fédéral de s'engager en faveur d'un taux d'imposition minimal substantiel pour l'imposition des entreprises rentables. Il faut que la Suisse se prépare à reprendre une norme correspondante adoptée par l’UE et à préconiser l’imposition des multinationales là où elles génèrent leurs bénéfices. En outre, la Suisse doit s'engager à coopérer dans la lutte contre la fraude fiscale, l'évasion fiscale, le blanchiment d'argent et la criminalité économique et négocier un plan d'action correspondant.</p><p class="heading--h4">La mise en œuvre de la protection salariale doit être adaptée à la situation sur place tout en faisant l’objet de coopération internationale</p><p>De plus, chaque Etat doit conserver, d'une part, le droit de fixer des normes minimales plus exigeantes en matière de conditions de travail et de salaires applicables à tous les travailleurs et travailleuses, quelle que soit leur origine. Et d’autre part de mettre en place des dispositifs de contrôle efficaces adaptés à la situation réelle sur place pour les faire respecter. A ces conditions seulement, l’on pourra éviter un nivellement par le bas de la protection salariale et des salaires.</p><p>Mais la Suisse peut aussi approfondir sa collaboration avec l’UE dans ce domaine. En demandant formellement son adhésion à l’ « Autorité européenne du travail&nbsp;» (ELA) et à la tripartite « Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail » (Eurofound), la Suisse peut apporter une contribution concrète à la garantie des conditions de travail au-delà des frontières et empêcher la sous-enchère.</p><p class="text-right"><strong>Pierre-Yves Maillard, </strong>président de l'USS</p><p class="text-right"><strong>Adrain Wühtrich, </strong>président de Travail.Suisse</p><p class="text-right"><strong>Vania Alleva, </strong>vice-présidente de l' USS et présidente d'Unia</p><p class="text-right"><strong>Arno Kerst, </strong>vice-président de Travail.Suisse et président de Syna</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/aktionen/180905_USS-action-ligne-rouge.jpg" length="679085" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7590</guid><pubDate>Wed, 02 Jun 2021 11:21:17 +0200</pubDate><title>En finir avec un approvisionnement de base à courte vue</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/en-finir-avec-un-approvisionnement-de-base-a-courte-vue</link><description>L’approvisionnement des biens essentiels doit faire partie intégrante du service public</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil fédéral veut réinstaurer le stockage obligatoire d’éthanol. Mais admettre que sa suppression était une grave erreur ne suffit pas. Cette leçon doit se manifester de façon beaucoup plus large dans les orientations futures du service public.</p><p>Nous nageons dedans aujourd’hui, mais tout le monde s’en souvient&nbsp;: lorsque la pandémie a éclaté au printemps dernier, nous nous sommes retrouvés littéralement «&nbsp;à sec&nbsp;». Le désinfectant est subitement devenu une denrée rare. Bien sûr, des distilleries et des brasseries se sont rapidement lancées dans la production d’éthanol (de moindre qualité). Mais cette pénurie n’était pas sans conséquence, et le personnel de santé dans les hôpitaux et les homes en ont fait la cruelle expérience.</p><p><strong>Du café, mais pas de produit désinfectant</strong></p><p>Pour éviter la pénurie de tels biens essentiels en cas de crise, il existe en Suisse un système de stockage obligatoire. La liste comprend des produits tels que le riz, le mazout ou les antidouleurs, et même le café&nbsp;! Mais l’éthanol, nécessaire à la production de désinfectants, fait malheureusement défaut depuis quelques années. En effet, le stock obligatoire d’éthanol a été supprimé dans le cadre de la privatisation de l’ancien «&nbsp;Alcosuisse&nbsp;». Une mauvaise décision, fatalement.</p><p><strong>Produire en flux tendu ne suffit pas en cas de crise</strong></p><p>Au moins, le Conseil fédéral a réagi relativement vite et sur cette question en ouvrant, il y a quelques semaines de cela, une procédure de consultation sur le rétablissement du stockage obligatoire d’éthanol. Ce geste est bien sûr à saluer. Mais avec cette (seule) proposition, notre gouvernement s’arrête malheureusement à mi-chemin, car la pénurie de désinfectants n’est pas juste la conséquence d’une mauvaise décision isolée concernant la levée de l’obligation de stockage. Elle dénote plutôt une conception fondamentalement erronée du service universel, respectivement du service public dans nombre de ses domaines. La pandémie a en effet clairement montré qu’il peut y avoir des conséquences gravissimes à soumettre des secteurs économiques et de soins essentiels à une «&nbsp;gestion en flux tendu&nbsp;» ou à la logique du profit en vigueur sur le marché.</p><p>Or c’est malheureusement ce qui a aussi eu lieu à grande échelle dans le secteur de la santé lorsque, avec l’introduction du nouveau financement hospitalier il y a bientôt dix ans, les hôpitaux ont été «&nbsp;drillés&nbsp;» au principe de la concurrence. Conséquence&nbsp;: une réduction progressive des «&nbsp;prestations de réserve&nbsp;» qui sont en général inemployées et ne génèrent donc aucun profit. Ainsi, des lits de réserve ont été supprimés, des stocks de masques éliminés, l’effectif en personnel comprimé à l’extrême et d’importants investissements reportés. Longtemps, cela a marché – à l’importante exception que les soignant-e-s souffrent depuis des années déjà du manque de personnel qui en découle. Jusqu’à l’arrivée de la pandémie, qui a entraîné brusquement des situations de pénurie un peu partout&nbsp;: les unités de soins intensifs manquaient de lits, les masques étaient une denrée rare et les hôpitaux de la protection civile se sont rapidement avérés vétustes et inutilisables. Certes, la riche Suisse est parvenue, là aussi relativement vite, à pallier à ces carences et, par un tour de force général, à augmenter le nombre de lits de soins intensifs ainsi qu’à fournir suffisamment de respirateurs artificiels. Mais quelques mois plus tard, alors que démarrait la deuxième vague du virus, le nombre de lits était à nouveau fortement réduit et le «&nbsp;jeu&nbsp;» reprenait à zéro. Un jeu qui, en fin de compte, a non seulement été onéreux, mais a malheureusement aussi eu son prix en vies humaines.</p><p><strong>Si ça coûte, ça doit fonctionner</strong></p><p>Une des leçons fondamentales à tirer de cette pandémie est que les domaines essentiels des soins ne doivent pas être soumis à la «&nbsp;logique pour périodes de vaches grasses&nbsp;» du marché, mais être partie intégrante du service universel, c’est-à-dire de l’infrastructure publique. Ou ils doivent le redevenir. C’est la seule manière de garantir que nous pourrons maintenir le «&nbsp;stockage obligatoire&nbsp;» partout où nous en avons besoin en cas de crise. Que cela soit cher n’est, premièrement, pas un argument et, deuxièmement, s’avère tout simplement faux. Car le vrai scandale de la pandémie est le suivant&nbsp;: d’une part le système suisse de la santé, trop axé sur la concurrence, est extrêmement cher en comparaison internationale – parmi les pays de l’OCDE, seule la population des États-Unis dépense plus pour sa santé. D’autre part , notre pays a connu nettement plus de décès dus au coronavirus que de nombreux autres pays européens comparables, où les dépenses de santé sont bien inférieures aux nôtres (parmi eux, l’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas et les pays scandinaves).</p><p>Mais revenons à l’éthanol&nbsp;: là aussi, le Conseil fédéral n’entend faire qu’un timide pas en avant. En effet, la réintroduction du stockage obligatoire sous l’égide de l’Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays, qui fonctionne pratiquement comme un «&nbsp;partenariat public-privé&nbsp;», est compliquée et sujette à des pannes (comme en témoignent de nombreux exemples passés). Il s’agit par exemple de mettre en place et de contrôler un système complexe et coûteux, avec des quotas de stockage obligatoires pour des dizaines d’entreprises privées. Il serait beaucoup plus simple de faire revivre Alcosuisse et de lui confier la gestion centralisée d’un stock obligatoire d’éthanol.</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/8/5/csm_Desinfektion-haende-spruehnebel_iStock-zsv3207_5d6cc34e7e.jpg" length="268363" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7587</guid><pubDate>Wed, 02 Jun 2021 09:43:17 +0200</pubDate><title>Il faut en finir avec les listes noires et les primes individuelles !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/il-faut-en-finir-avec-les-listes-noires-et-les-primes-individuelles</link><description>Session d&#039;été : des décisions importantes concernant le financement du système de santé et l&#039;accès aux soins</description><content:encoded><![CDATA[<h3 class="heading--h4">Des restrictions anticonstitutionnelles</h3><p>Selon la Constitution fédérale, toute personne en Suisse doit pouvoir recevoir «&nbsp;les soins nécessaires à sa santé&nbsp;». Cependant, depuis l'introduction des «&nbsp;listes noires&nbsp;» en 2010, ce principe a été gravement violé. Avec ces listes, les cantons peuvent recenser les «&nbsp;mauvais payeurs de primes&nbsp;» et restreindre leur accès aux services de santé, leur laissant uniquement le droit aux traitements d’urgence qui ne sont pas définis plus précisément.</p><p>On a vu à plusieurs reprises que les conséquences pouvaient être dramatiques&nbsp;: en 2018 par exemple, un patient séropositif du canton des Grisons s’est vu refuser le financement de ses médicaments par sa caisse maladie parce qu’il était en retard dans le paiement de ses primes. L’homme est ensuite décédé de maladies concomitantes du sida. Son arrêt de mort n’était pas signé par le virus VIH, mais par la liste noire de son canton.</p><p>Lorsque ces listes ont été introduites, leurs défenseurs partaient de l’idée – aberrante – que les assuré-e-s concernés ne voulaient pas régler leurs factures et qu’on parviendrait ainsi à les y obliger. Mais le problème, ce n’est pas la volonté de payer&nbsp;: c’est plutôt le fait que de plus en plus d’assuré-e-s n’arrivent tout simplement plus à payer leurs primes-maladie. Ainsi en 2019, à l’échelle nationale, 421&nbsp;000 assurés ont été mis aux poursuites en raison de primes impayées. Cause directe de cette situation qui s’aggrave chaque année&nbsp;: le financement antisocial du système de santé suisse, qui, dans l’assurance de base, est couvert à 80&nbsp;% par les primes individuelles et pour 22&nbsp;milliards de francs supplémentaires à travers la participation directe de la population aux coûts. Avec ce système, on fait tout pour que les ménages aux revenus modestes ou moyens soient poussés vers l’insolvabilité en matière d’assurance maladie. Et ce n’est pas tout&nbsp;: ils sont aussi victimes du jeu malsain que jouent les caisses maladie en faisant de ces encaissements un véritable «&nbsp;business&nbsp;». Elles envoient par exemple chaque facture de prime séparément aux poursuites et perçoivent ainsi chaque fois des frais de traitement bien juteux.</p><p>La Commission de la santé du Conseil des États souhaite certes mettre un terme à certaines de ces pratiques, mais elle a fait volte-face sur le point le plus important. Dans le projet de loi qu’elle a mis en consultation, elle voulait également abolir les listes noires, mais il y a quelques semaines, elle a soudainement changé son fusil d’épaule. Cette décision totalement incompréhensible doit absolument être corrigée au Conseil des États&nbsp;!</p><h3>Seule solution durable&nbsp;: un financement social</h3><p>À long terme, un autre aspect s’avère encore plus important&nbsp;: les partis de droite et du centre doivent enfin admettre que le financement antisocial du système de santé suisse a des conséquences graves et dommageables pour la santé publique. En faisant ce pas, ils permettraient d’attaquer les problèmes à la racine. La mesure la plus efficace dans l’immédiat serait de limiter la charge des primes à un maximum de 10&nbsp;% du revenu disponible d’un ménage.</p><p>C’est précisément ce que demande l’initiative d’allègement des primes soutenue par l’USS, qui sera bientôt abordée au Parlement. Mais avant cela, le Parlement aura déjà l’occasion de poser des jalons importants lors de sa prochaine session. Il peut par exemple enfin progresser dans la réduction des réserves excédentaires de l’assurance-maladie en acceptant les initiatives déposées en ce sens par les cantons du Tessin, de Genève, du Jura, de Fribourg et de Neuchâtel qui sont actuellement en discussion. Après une pandémie, rien ne peut justifier le fait que les caisses-maladie restent assises sur une montagne de plus de 12&nbsp;milliards de francs de réserves, des réserves qui ne cessent de croître, d’ailleurs. Cet argent appartient aux assuré-e-s et la moitié au moins doit leur être remboursée sans plus tarder.</p><h3>Non à la taxe sur les urgences</h3><p>En outre, il est impératif que le Conseil des États, lors de la session d’été, maintienne son refus d’introduire une «&nbsp;taxe pour les cas bénins aux urgences hospitalières&nbsp;» demandée par le Conseil national dans le cadre d’une initiative parlementaire. Il est absolument inadmissible de puiser encore davantage dans les poches des gens malgré leur participation aux coûts déjà affreusement élevée. Comme si on partait du principe qu’ils se rendent aux urgences – coûteuses – de l’hôpital «&nbsp;pour le fun&nbsp;» ou parce qu’ils n’ont aucune conscience des coûts réels que cela engendre dans les cas inutiles. Partout, on manque de médecins de famille, et celles et ceux qui pratiquent ne sont plus forcément disponibles 24 heures sur 24, comme c’était peut-être le cas autrefois. Et à raison. Il est donc logique que de temps à autre, un cas bénin atterrisse aux urgences d’un hôpital. Et cela reste nettement moins cher que d’empêcher l’admission de vraies urgences à cause de cette nouvelle taxe. Car c’est précisément ce qui risque d’arriver&nbsp;: aujourd’hui déjà, un-e assuré-e sur cinq renonce pour des raisons financières à des prestations médicales pourtant nécessaires.</p>]]></content:encoded><category>Santé</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/a/7/csm_Arztgespraech-Formular_istockphoto-Cameravit_834c1bcf75.jpg" length="49460" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7581</guid><pubDate>Fri, 28 May 2021 11:50:49 +0200</pubDate><title>Loi sur le CO2 : la campagne du Non est hypocrite et mensongère</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/loi-sur-le-co2-la-campagne-du-non-est-hypocrite-et-mensongere</link><description>Votations du 13 juin : les syndicats disent résolument OUI à la loi sur le CO2</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Cela fait des semaines que l’UDC – telle une marionnette des riches lobbys pétroliers – crie au loup contre la loi sur le CO2 en propageant de façon éhontée des affirmations clairement fausses. Pour les syndicats, impossible de faire autre chose que de secouer la tête face à ces inepties et, surtout, d’appeler à une puissante mobilisation en faveur de la loi sur le CO2&nbsp;!</p><h4>Mentir ne coûte rien</h4><p>Les opposant-e-s à la loi sur le CO2 mènent depuis des semaines une campagne truffée de mensonges comme jamais. Pour la plupart, ils ne nient pas (ou&nbsp;: ne nient plus&nbsp;!) le réchauffement climatique d’origine humaine - dans un pays comme la Suisse, touché depuis longtemps et plus que la moyenne par le changement climatique, ce serait un peu fort de café. Non, ils mentent ouvertement sur les effets de répartition financière des mesures proposées. «&nbsp;1000 francs de charges supplémentaires pour une famille de quatre personnes&nbsp;»&nbsp;: le slogan de campagne de l’UDC occulte complètement le fait que la plupart des taxes supplémentaires seront reversées directement aux ménages sous forme de remboursements par habitant-e. Ce qui veut dire que dans bien des cas, les familles à faibles revenus auront plus – et non pas moins – d’argent dans leur porte-monnaie à la fin du mois. Si l’on suit la logique de l’UDC, on pourrait tout aussi bien affirmer que les retraité-e-s souffrent financièrement des prélèvements de la TVA destinés à l’AVS, ou que les agriculteurs et agricultrices sont pénalisés par les impôts nécessaires au financement des paiements directs agricoles.</p><h4>Le lobby de l’immobilier qui se mue en défenseur des locataires…</h4><p>Mais il y a plus choquant encore&nbsp;: l’UDC se la joue soudainement grande représentante des locataires de ce pays. Et ce, alors qu’aucun autre parti – à l’exception du PLR – ne s’est engagé aussi systématiquement en faveur des intérêts du lobby immobilier et contre ceux des locataires. Un exemple&nbsp;: à la quasi-unanimité (334 voix contre 2), le parti a décidé de voter contre l’initiative populaire pour plus de logements abordables.</p><p>Bien sûr, la loi sur le CO2 entraînera des coûts supplémentaires dans le domaine des bâtiments. Le chauffage au mazout deviendra légèrement plus cher en raison de l’augmentation de la taxe sur le CO2 et l’installation de systèmes de chauffage respectueux du climat a un certain coût initial. Cependant, sur la durée de vie totale d’une installation de chauffage, les pompes à chaleur et autres systèmes similaires sont d’ores et déjà souvent moins chers que le chauffage au mazout. C’est d’autant plus vrai si, en même temps, on isole mieux le bâtiment et que l’on réduit ainsi les besoins en chauffage. Ces rénovations continueront à être fortement subventionnées par le biais du fonds climatique et des programmes énergétiques cantonaux.</p><p>Il n’y a donc aucune raison factuelle qui permette d’expliquer pourquoi il y aurait une charge supplémentaire pour les locataires avec les nouvelles taxes et exigences de la loi sur le CO2. Il existe pourtant bel et bien une menace, mais pas à cause de la loi sur le CO2. Avec la nouvelle érosion de la protection des locataires voulue par la droite, c’est la prochaine révision du droit du bail qui risque de coûter cher aux locataires. Là, l’UDC est bien sûr de la partie.</p><h4>Des multinationales étrangères en renfort</h4><p>Lors de la votation sur les avions de chasse l’an dernier, les entreprises internationales d’armement ont pris grand soin d’éviter d’apparaître comme des actrices ou des mécènes de la campagne du Oui. Cela aurait été perçu – à juste titre – comme une ingérence inacceptable dans le processus démocratique en Suisse.</p><p>Dans le cas de la votation sur la loi CO2 en revanche, il n’y a pas eu de tollé sur le fait que l’association pétrolière («&nbsp;Avenergy&nbsp;»), dominée par de grandes entreprises étrangères (Shell, BP, Total, Eni), non seulement soutienne la contre-campagne en arrière-plan, mais qu’elle la cofinance et la codirige aussi dans une large mesure, de la collecte des signatures jusqu’au jour de la votation. Ainsi, lorsqu’il s'agit de mettre des bâtons dans les roues de la politique climatique dans la «&nbsp;Suisse souveraine&nbsp;», l’UDC n’est que trop heureuse de pouvoir compter sur un solide soutien de l’étranger.</p><h4>L’alternative au OUI ? De la science-fiction&nbsp;!</h4><p>Inventive, l’UDC a présenté sa propre «&nbsp;solution&nbsp;» pour lutter contre le changement climatique&nbsp;: recourir à l’hydrogène. Une stratégie qui relève toutefois largement de la science-fiction.&nbsp;: en effet, pour convertir ne serait-ce que les transports privés motorisés à l’hydrogène, il faudrait multiplier par cinq la quantité d’électricité produite et importée en Suisse, ce qui est absolument irréaliste.</p><p>Au lieu de produire de l’hydrogène, on pourrait utiliser les capacités électriques supplémentaires directement comme technologie de propulsion pour l’électromobilité, qui est depuis longtemps «&nbsp;prête pour le marché&nbsp;», comme le prévoit d’ailleurs la loi sur le CO2. Et éviter ainsi les énormes pertes de conversion énergétique occasionnées par la production d’hydrogène. Mais on peut chercher tant qu’on veut dans le plan «&nbsp;Plan Imark&nbsp;»&nbsp;: pas de trace de cette réflexion. Cela se comprend&nbsp;: ce plan n’est pas censé contenir du sérieux, mais doit plutôt faire illusion, au moins jusqu’à la votation. Cependant, tout cela ne rend pas plus vrais les mensonges sur la redistribution financière de la loi sur le CO2.</p><h4>Le OUI est nécessaire, aussi – surtout&nbsp;! – pour les travailleurs et travailleuses</h4><p>Du point de vue syndical, on ne peut que dire et redire&nbsp;: non, la loi sur le CO2 n’est pas parfaite, en particulier parce qu’elle ne suffira pas à la réalisation absolument indispensable des objectifs climatiques suisses (zéro émission d’ici 2050). Elle est néanmoins bien équilibrée et conçue de telle sorte que ni les travailleurs et travailleuses, ni la population rurale ne seront pénalisés, mais surtout les riches qui polluent le plus. Dire OUI à la loi, c’est donc avant tout dire OUI au fait de commencer – enfin – à mettre en œuvre une politique climatique efficace. Et personne ne peut avoir un plus grand intérêt à cela que les travailleurs et travailleuses. Car ce sont eux qui souffriront en premier et le plus durement des bouleversements causés par le réchauffement climatique.</p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/1/4/csm_welt-klima-schuetzen_iStock-nito100_63d2fe3f36.jpg" length="115150" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7568</guid><pubDate>Sat, 22 May 2021 15:44:00 +0200</pubDate><title>Du respect! De meilleurs salaires, de meilleures rentes.</title><link>https://www.14juin.ch/</link><description>Nous sommes encore loin de l’égalité. C’est pourquoi nous nous mobilisons à nouveau le 14 juin.</description><content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/kampagnen/4_femmes_transparent.png" length="1094066" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7525</guid><pubDate>Sat, 22 May 2021 15:21:00 +0200</pubDate><title>Oui à la loi sur le CO2 !</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/oui-a-la-loi-sur-le-co2</link><description>Enfin une politique climatique pour la Suisse</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">À l’unanimité, le Comité de l’Union syndicale suisse a décidé de recommander le OUI à la loi sur le CO2 (votation du 13 juin). Cette loi représente en effet la base qui permettra à la Suisse d’enfin progresser dans la lutte contre le réchauffement climatique. Les travailleurs et travailleuses en ont précisément bien besoin.</p><h3 class="heading--h4">Il était plus que temps</h3><p>Après de nombreuses années pendant lesquelles la majorité de droite du Parlement fédéral a choisi une attitude qui revenait pratiquement à nier politiquement l’existence du réchauffement climatique, le Conseil national et le Conseil des États se sont enfin mis d’accord, lors de la dernière session d’automne, sur un compromis a minima de politique climatique et adopté la révision de la loi sur le CO2. Celle-ci représente la base pour atteindre les buts auxquels la Suisse a souscrit depuis longtemps au plan international en matière de climat («&nbsp;objectif zéro net&nbsp;» d’émissions jusqu’en 2050). Ces objectifs devraient certes, premièrement, être encore plus ambitieux et, deuxièmement, ne seront, selon les expert-e-s, pas non plus réalisés avec cette seule loi sur le CO2. Néanmoins, la révision de cette dernière revêt une importance inestimable. En effet, elle signe même l’entrée de la Suisse dans une politique climatique digne de ce nom. Ainsi, si notre pays ne va pas de ce fait recoller, sur le plan international, au peloton de tête des nations exemplaires – auquel elle appartiendrait en fait en raison de sa prospérité et des fautes climatiques commises dans le passé qui vont de pair –, toujours est-il qu’elle ne tombe pas encore plus bas.</p><p class="heading--h4">Le changement climatique a bien lieu</p><p>Le changement climatique n’est pas un phénomène éloigné dans le temps ou l’espace, mais a lieu depuis longtemps. Cela, avant tout ici et maintenant&nbsp;: en Suisse les températures augmentent deux fois plus que la moyenne mondiale. C’est non seulement très onéreux (p. ex. en ce qui concerne l’entretien et la protection des infrastructures), mais cela préoccupe beaucoup la population, et surtout celles et ceux qui sont «&nbsp;professionnellement occupés&nbsp;». Car il fait plus chaud avant tout aussi au travail, que ce soit sur les chantiers, dans les transports, le tourisme ou encore les soins. La santé des personnes concernées en souffre toujours plus et cela, à un double égard&nbsp;: les personnes les plus exposées à la chaleur et aux intempéries sont pour la plupart des travailleurs et travailleuses qui touchent des bas salaires. En plus, ils ont bien moins la possibilité de profiter des oasis vertes des centres-villes que, par exemple, de se retrouver dans des petits appartements loués au bord de voies d’accès bruyantes, avec d’importantes émissions polluantes.</p><p class="heading--h4">Socialement tout à fait supportable</p><p>Une politique climatique efficace est dont non seulement absolument incontournable, elle est on ne peut plus clairement aussi dans l’intérêt des travailleurs et travailleuses. Ici, les mesures de réduction des gaz à effet de serre doivent être littéralement prises «&nbsp;à la source&nbsp;» et faire en sorte que la plus grande partie des réserves d’énergie fossile encore dans le sol (pétrole, gaz naturel) ne soit même pas captée. La loi sur le CO2 choisit cette voie en introduisant des valeurs limites plus strictes concernant les chauffages au mazout et les nouveaux véhicules à moteur à combustion. En outre, les taxes d’incitation sont un outil important pour augmenter l’attractivité de la mobilité sans CO2 ainsi que des systèmes de chauffage sans émission polluante. De telles taxes supplémentaires doivent cependant être largement remboursées à la population et empêcher par là que la charge financière des ménages à bas ou moyens revenus ne s’alourdisse encore plus. Car ceux-ci, premièrement, souffrent aujourd’hui déjà de loyers trop chers et de primes-maladie bien trop élevées et, deuxièmement, sont de toute façon à l’origine de beaucoup moins d’émissions que les ménages riches qui possèdent une résidence secondaire et trois autos. La loi sur le CO2 tient compte de ce droit à être remboursé, car, tant le produit de la taxe (augmentée) sur le CO2 prélevée sur les combustibles que celui de la nouvelle taxe sur les billets d’avions et les vols privés seront, pour la plus grande part, redistribués à la population sur une base individuelle. Ainsi, les ménages à faible revenu (et en conséquence à l’origine de peu d’émissions) recevront finalement à moyen terme plus d’argent que ce qu’ils auront payé et, dans certains cas, verront à long terme leur charge augmenter tout au plus dans une faible mesure</p><p class="heading--h4">Une pierre angulaire pour de nouveaux emplois</p><p>La loi sur le CO2 ne représente pas uniquement la pierre angulaire d’une politique climatique sérieuse, mais constitue aussi la base pour de nouveaux programmes d’investissement nécessaires. En plus d’une grande somme destinée à l’assainissement des bâtiments, cette loi alloue des fonds, par exemple pour le développement des liaisons ferroviaires nocturnes et de technologies alternatives de propulsion dans l’aviation. Ces programmes d’investissement en faveur de la transition écologique devront être fortement financièrement augmentés et développés, une fois la loi sur le CO2 acceptée&nbsp;; cela, avec les ressources fiscales générales. On trouve ici au centre la transition énergétique vers un approvisionnement complet à l’aide d’énergies renouvelables. L’énorme développement de l’énergie solaire nécessaire à cet effet aura non seulement pour effet que la Suisse pourra réellement atteindre les objectifs climatiques qui figurent dans la nouvelle loi sur le CO2 – et même, espérons-le, les dépasser –, mais créera aussi des milliers de nouveaux emplois durables dans tout le pays.</p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/1/4/csm_welt-klima-schuetzen_iStock-nito100_63d2fe3f36.jpg" length="115150" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7571</guid><pubDate>Thu, 20 May 2021 15:03:53 +0200</pubDate><title>La pauvreté n’est pas un crime</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/la-pauvrete-nest-pas-un-crime</link><description>Par peur de perdre leur permis de séjour, beaucoup de migrant-e-s renoncent à l&#039;aide sociale.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les personnes migrantes sont souvent très durement touchées par la pandémie de coronavirus. Même en situation de détresse, beaucoup d’entre elles n’osent pas frapper à la porte de l’aide sociale de peur de voir leur statut de séjour mis en danger. Le 27 mai, la Commission des institutions politiques du Conseil national discutera d’une initiative parlementaire visant à atténuer cette injustice.</p><p>Perte d’emploi, chômage partiel, accident ou maladie&nbsp;: ces événements peuvent facilement faire basculer une vie et engendrer des situations dramatiques. Bien sûr, la Suisse dispose en principe d’un filet de sécurité pour de telles situations&nbsp;: le droit fondamental à l’assistance aux personnes dans le besoin. Mais même si ce droit – inscrit dans la Constitution – s’applique à toutes les personnes résidant en Suisse, les migrant-e-s en sont de fait exclus, même s’ils ont une résidence légale en Suisse. En effet, le recours à l’aide sociale peut entraîner la perte de leur droit de séjour.</p><p>Depuis l’entrée en vigueur de la loi sur les étrangers et l’intégration (LEI) en janvier 2019, même les personnes qui sont nées en Suisse et y ont grandi ou y ont le cœur de leur vie courent ce risque. Les migrant-e-s qui disposent d’un permis de séjour régulier et qui auraient droit à l’aide sociale craignent les conséquences d’une telle demande et s’abstiennent tout simplement, pour ne pas devoir quitter ce qui est désormais devenu leur pays&nbsp;: la Suisse.</p><h4>Incompatible avec un État social</h4><p>Cette situation s’est exacerbée avec la pandémie de coronavirus&nbsp;: de nombreux migrant-e-s travaillent dans des secteurs à bas salaires qui ont été particulièrement touchés par les fermetures. Même les baisses de revenus dues au chômage partiel les touchent cruellement, et une perte d’emploi peut littéralement menacer leur existence. Le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) a bien émis une directive selon laquelle une demande d’aide sociale en raison de la pandémie ne doit pas être pénalisée par la LEI. Mais l’interprétation de la directive est du ressort des cantons, et bon nombre des personnes concernées craignent que la marge de manœuvre ne soit pas utilisée en leur faveur. Contrairement aux ressortissant-e-s suisses dans la même situation, elles s’abstiennent donc de faire usage de leur droit fondamental à ce soutien.</p><p>Tout comme les personnes avec un passeport suisse, les personnes migrantes contribuent au bon fonctionnement de la société. Elles sont plus nombreuses que la moyenne à travailler dans les professions dites essentielles. Elles paient leurs impôts et s’impliquent dans des associations ou font du bénévolat. Mais lorsqu’elles ont besoin de l’aide de l’état, la LEI les punit en rétrogradant ou en annulant leur autorisation de séjour. Cette discrimination d’une partie de la population n’est tout simplement pas compatible avec le principe de solidarité qui constitue la base d’un État social.</p><p>Le 27 mai, la Commission des institutions politiques du Conseil national (CIP-N) peut corriger cette inégalité de traitement&nbsp;: l’initiative parlementaire «&nbsp;La pauvreté n’est pas un crime&nbsp;» propose en effet de modifier la LEI afin de redonner aux migrant-e-s un peu plus de sécurité en matière d’autorisation de séjour. Avec cette modification, les personnes sans passeport suisse ne devraient plus perdre leur permis de séjour à cause d’un recours à l’aide sociale si elles résident en Suisse depuis au moins dix ans d’affilée et conformément aux règles. L’adoption de cette initiative parlementaire serait un signal important envers les milieux qui veulent restreindre encore davantage les droits fondamentaux des personnes sans passeport suisse et durcir la loi sur les étrangers et l’intégration.</p>]]></content:encoded><category>Migration</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/d/6/csm_Arbeitsintegration_B_7cb35aa781.jpg" length="382808" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7570</guid><pubDate>Thu, 20 May 2021 12:46:04 +0200</pubDate><title>Des forums de dialogue pour mieux impliquer les groupes concernés</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/des-forums-de-dialogue-pour-mieux-impliquer-les-groupes-concernes</link><description>Du nouveau dans la gouvernance de la formation professionnelle</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La formation professionnelle est une tâche qui relève de la Confédération, des cantons et des organisations du monde du travail (OrTra). Ces trois partenaires associent leurs efforts en faveur d'une formation professionnelle de qualité. Les employé-e-s et leurs intérêts sont représentés à tous les niveaux. Des «&nbsp;forums de dialogue&nbsp;» ont été créés pour améliorer la participation des différents protagonistes. Le premier «&nbsp;Forum de dialogue OrTra-Employé-e-s&nbsp;» aura lieu le 23 juin 2021, sous la présidence de l’Union syndicale suisse (USS) et de Travail.Suisse.</p><p>La <a href="https://tbbk-ctfp.ch/fr/" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">Conférence tripartite de la formation professionnelle (CTFP)</a> existe depuis le 1er janvier 2021. Elle sert d’interface entre les différents organes (niveau opérationnel) et le Sommet national (niveau politique). Du point de vue stratégique, elle pilote la formation professionnelle sur la base du partenariat et assure son développement. Les salarié-e-s sont représentés au sein de la CTFP par leurs deux organisations faîtières, l’Union syndicale suisse et Travail.Suisse.</p><p>Les <a href="https://tbbk-ctfp.ch/fr/organisation/forums-de-dialogue" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">forums de dialogue</a> revêtent une importance particulière dans la nouvelle structure des organes de la formation professionnelle. Ils assurent une large implication et un échange direct des parties prenantes entre elles et avec les autres membres de la CTFP. Il existe quatre forums de dialogue au total, en fonction des groupes cibles. Pour les salarié-e-s, c’est le Forum de dialogue OrTra-Employé-e-s qui est le plus à même de se pencher sur leurs problématiques. Ce forum est organisé et présidé par l’USS et Travail.Suisse.</p><p>Les deux thèmes suivants - en lien avec des groupes cibles -&nbsp;seront abordés lors du premier <strong>Forum de dialogue OrTra-Employé-e-s</strong>&nbsp;:</p><ul><li>Personnes issues de la migration&nbsp;: quels sont leurs besoins et préoccupations dans le cadre de la formation professionnelle&nbsp;? (coordination&nbsp;: Union syndicale suisse (USS), contact&nbsp;: Nicole Cornu, secrétaire centrale de l’USS en charge de la politique de formation, <a href="#" data-mailto-token="thpsav1upjvsl5jvyubGzni5jo" data-mailto-vector="7" class="link link--mail">nicole.cornu(at)sgb.ch</a>)</li><li>Personnes en situation de handicap&nbsp;: quels sont leurs besoins et préoccupations dans le cadre de la formation professionnelle&nbsp;?<br> 	(coordination&nbsp;: Travail.Suisse, contact&nbsp;: Bruno Weber-Gobet, responsable de la politique de formation, <a href="#" data-mailto-token="thpsav1dlilyGayhchpszbpzzl5jo" data-mailto-vector="7" class="link link--mail">weber(at)travailsuisse.ch</a>)</li></ul><p>Le Forum de dialogue OrTra-Employé-e-s aura lieu en ligne le <strong>mercredi 23 juin de 09h15 à 12h15</strong>. Sont invités à participer&nbsp;: des représentant-e-s des deux organisations faîtières de salarié-e-s, de leurs fédérations membres, de leurs membres associés, des membres avec statut d’observateur et d’autres organisations des groupes-cibles. Le forum se tiendra en ligne par vidéoconférence. La participation est limitée à 40 personnes.</p><p>Le Forum de dialogue OrTra-Employé-e-s offre une plateforme permettant de recueillir le point de vue des salarié-e-s en matière de formation professionnelle et de prendre ainsi le pouls de la situation. Il est aussi l’occasion de discuter de certaines problématiques et d’échanger de bonnes pratiques. Le forum de dialogue prend la forme d’un séminaire et vise à produire des résultats concrets (par exemple, des propositions à soumettre à la CTFP). Ainsi, il contribue à influencer la manière de traiter les différentes thématiques.</p><p>Les personnes intéressées à participer sont priées de s’annoncer auprès des contacts indiqués ci-dessus.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/f/f/csm_organisation_f_911bbc9e7f.jpg" length="91184" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7553</guid><pubDate>Tue, 11 May 2021 13:37:51 +0200</pubDate><title>On risque d’assister à la criminalisation arbitraire de syndicalistes engagés !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/on-risque-dassister-a-la-criminalisation-arbitraire-de-syndicalistes-engages</link><description>Votations du 13 juin : l’USS dit NON à la loi sur les mesures policières MPT</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Imposer à des personnes «&nbsp;potentiellement dangereuses&nbsp;» des mesures répressives en dehors du cadre de toute procédure pénale&nbsp;: voilà ce que veut la loi fédérale sur les mesures policières de lutte contre le terrorisme (MPT). De telles mesures porteraient gravement atteinte aux droits des personnes concernées, parmi lesquelles on pourrait d’ailleurs voir un jour aussi apparaître des syndicalistes dérangeants ou des militant-e-s pour le climat qui sortent des clous. Ces mesures sont un péril pour les principes de base de l’État de droit. Voilà pourquoi l’USS rejette la loi et soutient le référendum.</p><p>Le problème de cette loi, c’est que les termes clé sont définis de manière tellement large et vague qu’ils en deviennent dangereux en eux-mêmes&nbsp;: ce ne seraient pas seulement des terroristes («&nbsp;potentiels&nbsp;») qui se retrouveraient dans le collimateur de policiers zélés, mais peut-être un jour aussi des personnes engagées et pacifiques, comme des syndicalistes.</p><ul><li>Avec cette nouvelle définition de l’«&nbsp;activité terroriste&nbsp;», toute tentative d’influencer ou de transformer l’ordre public pourraient tomber sous le coup de la loi si elle se fait ou est encouragée – aux yeux de la police – par la «&nbsp;propagation de la crainte&nbsp;». On veut donc fonder l’application de mesures répressives sur de pures suppositions.</li><li>La simple estimation qu’une personne «&nbsp;propage la crainte&nbsp;» suffirait. Une telle définition de l’activité terroriste est beaucoup trop vague et peut facilement mener à des abus, puisqu’elle est extrêmement subjective.</li><li>La loi autorise une conception très extensive de la notion de «&nbsp;dangerosité&nbsp;», qui pourrait à l’avenir s’appliquer aussi à des citoyen-ne-s irréprochables. Parler de la dangerosité d’une personne ou de son comportement futur relève toujours de la spéculation. Et celle-ci sera toujours liée à des convictions. Il y a donc un risque élevé que ce soient les orientations politiques des autorités judiciaires qui déterminent qui sera considéré comme «&nbsp;potentiellement dangereux&nbsp;». Mais aussi, que les mesures soient appliquées de manière discriminatoire et qu’elles limitent ainsi le droit à la liberté d’expression ou à la lutte syndicale</li></ul><p>Cerise sur le gâteau&nbsp;: la loi soumise à la votation prévoit que presque toutes les mesures (surveillance, obligation de se présenter et interdictions de contacts) peuvent être ordonnées par la police fédérale (fedpol) et non par un tribunal. Seule l’interdiction de quitter un périmètre doit être prononcée par la justice. Quant à l’examen a postériori par le Tribunal administratif fédéral, son efficacité risque bien d’être faible.</p><p>L’interdiction quitter un périmètre n’est rien d’autre qu’une assignation à résidence. Elle permet d’enfermer quelqu’un chez lui jusqu’à neuf mois, sans preuve et sur la base de simples soupçons (!). Seule la vague supposition que cette personne pourrait être «&nbsp;dangereuse&nbsp;» suffit. Cette mesure pourrait toucher de nombreuses personnes, engagées politiquement, qui n’ont rien à voir avec le terrorisme. Et pourquoi pas aussi des syndicalistes dans le cadre d’une lutte collective.</p><p>Conclusion&nbsp;: pour l’USS, cette loi est incompatible avec les droits fondamentaux. Elle est donc indéfendable dans un État de droit. Nous recommandons de rejeter la loi fédérale sur les mesures policières de lutte contre le terrorisme (MPT), car si elle était acceptée, elle permettrait de s’en prendre à toute personne qui dérange un peu trop&nbsp;: syndicalistes, personnalités politiques, journalistes, mais aussi à des personnes qui critiquent l’État ou à certains militant-e-s pour le climat.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/e/9/csm_Bundeshaus_Bern_-_Federal_palace_of_Switzerland_852909e44f.jpg" length="309035" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7551</guid><pubDate>Mon, 10 May 2021 15:27:40 +0200</pubDate><title>Voter oui à la loi COVID-19 pour maintenir le filet social et économique</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/voter-la-loi-covid-19-pour-maintenir-le-filet-social-et-economique</link><description>Votations du 13 juin : l’USS dit OUI à la loi COVID-19</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La crise du coronavirus met tout le pays à rude épreuve. Mais grâce à plusieurs mesures exceptionnelles de garantie des revenus, telles que le chômage partiel élargi et les indemnités de perte de gains, la Suisse s’en sort un peu mieux que d’autres pays. Une bonne partie de ces mesures de protection sociale et de soutien ont leur base légale dans la loi COVID-19, sur laquelle nous votons le 13 juin. En cas de refus, elles seraient supprimées rapidement et les salarié-e-s en feraient les frais. Le Comité de l’USS recommande donc à l’unanimité de voter OUI à la loi COVID-19.</p><p>La loi est déjà en vigueur depuis septembre 2020, car elle avait été déclarée urgente par le Parlement. Mais le référendum a été lancé et a abouti. Si la loi COVID-19 est rejetée le 13 juin, une grande partie des mesures de soutien sera remise en question. Et les salarié-e-s en seront les premières victimes, car il y aura plus de chômage et plus de pression sur les salaires.</p><p class="heading--h4">Les enjeux sont énormes</p><p>Sans loi COVID-19, toutes les mesures qui ont permis d’ajuster les indemnités de chômage partiel (RHT) à cette situation particulière de pandémie disparaîtront. Concrètement, les salarié-e-s les moins bien payés verront leurs indemnités de chômage partiel (RHT) baisser. Actuellement, les salaires jusqu’à 4340&nbsp;francs sont compensés au-delà des 80&nbsp;% habituels. Les employé-e-s sur appel et les employé-e-s temporaires n’auront plus aucun droit aux indemnités de chômage partiel. Pour les entreprises, le recours au chômage partiel redeviendra beaucoup plus bureaucratique, alors même qu’elles se retrouvent souvent en grande difficulté en raison de la crise économique. Tout cela met en péril de nombreux emplois.</p><p>Mais il n’y a pas que le chômage partiel&nbsp;: une foule d’autres mesures et d’aides financières tomberont à l’eau. Dans les domaines des arts et de la culture mais aussi ceux du sport et des médias, de nombreuses personnes seront obligées de se tourner vers l’aide sociale. Les aides d’urgence et les aides cantonales destinées à leur permettre de traverser la période d’activités réduites disparaîtront.</p><p>Enfin, la protection particulière pour les employé-e-s vulnérables et le versement du salaire pendant une quarantaine seront aussi remis en question. Lorsque le travail en entreprise n’est pas possible en toute sécurité, les personnes vulnérables n’auront plus droit aux indemnités pour perte de salaire (APG) via la Confédération. Et la base légale pour le certificat COVID fera subitement défaut.</p><p class="heading--h4">Les syndicats peuvent peser sur les décisions</p><p>Même si le référendum passe, le Conseil fédéral pourra toujours interdire des événements et fermer des magasins. Et il sera toujours possible d’émettre des autorisations sous conditions, par exemple pour les personnes vaccinées ou avec un test négatif. Car c’est la loi sur les épidémies (LEp) qui fournit la base légale pour de telles décisions. Et nous ne votons pas sur cette loi le 13 juin.</p><p>Il semble que cette pandémie soit bientôt surmontée. C’est ce que nous espérons toutes et tous, bien sûr. Mais nous n’en avons aucune certitude. Or, avec la loi COVID-19, les syndicats ont la garantie qu’ils seront systématiquement consultés lorsque le Conseil fédéral adoptera des mesures ayant un impact sur le monde du travail.</p><p>Cette disposition de la loi est primordiale du point de vue de l’USS. Car c’est justement grâce à l’implication précoce et au travail acharné des syndicats que des majorités ont pu être trouvées ces derniers mois pour d’importantes revendications syndicales – parfois même contre la résistance du Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR) et du SECO. C’est ça qui a fait que la Suisse traverse cette pandémie avec moins de casse que de nombreux autres pays. Et c’est pour cela qu’il faut voter OUI le 13 juin à la loi COVID-19.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Politique sociale</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/7/3/csm_ferme_iStock-brightstars_30de959177.jpg" length="134644" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7546</guid><pubDate>Sat, 01 May 2021 14:32:11 +0200</pubDate><title>La peur a eu son temps. Maintenant, il faut de l’espoir, de la présence et de la lutte !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/die-zeit-der-angst-ist-vorbei-jetzt-ist-die-zeit-der-hoffnung-der-praesenz-und-des-kampfes-gekommen</link><description>L&#039;allocution du 1er mai de Pierre-Yves Maillard, président de l&#039;USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="heading--h4">Chéres et chers collègues,</p><p>Quel plaisir de vous revoir&nbsp;! Quelle joie de retrouver nos places et nos rues et de montrer l’existence concrète et vivante du mouvement ouvrier suisse&nbsp;!</p><p>Nous sortons lentement et difficilement d’une triste période. Il y a eu les malades et les décès. Il y a eu la pression sur les homes, les hôpitaux et toute la première ligne de soins. Il y a eu le chômage, la destruction d’emplois et la baisse des revenus. Aujourd’hui encore, entre le chômage technique et le chômage, 560 mille personnes dépendent de l’assurance chômage pour vivre. Avant la crise c’était 5 fois moins&nbsp;! Depuis des mois, dans nos aéroports, dans la gastronomie ou le tourisme, des centaines de milliers de familles doivent vivre avec 20% de revenu en moins.</p><p>Quels dégâts cette crise va-t-elle laisser derrière elle&nbsp;? Comment les jeunes vont-ils retrouver le goût et la possibilité de se rencontrer et de vivre dans le monde réel et pas virtuel&nbsp;? Comment vont-ils trouver leur chemin dans le monde du travail&nbsp;? Comment nos travailleurs âgés mis récemment au chômage vont-ils pouvoir retrouver un emploi&nbsp;?</p><p>Les doutes et les craintes pour l’avenir s’accumulent. Il y avait la crise climatique, il y a maintenant cette crise sanitaire dont la fin n’est pas clairement visible et qui pourrait revenir. Et il y a les risques géopolitiques qui s’accumulent.</p><p>La question est&nbsp;: comment agir dans ce contexte de peurs et de doutes&nbsp;?</p><p>A cette question, il n’y a pas de réponse facile. Mais une chose au moins est certaine. Pendant les pandémies, la lutte pour les intérêts ne s’arrête pas. Ceux qui ont des intérêts et des profits à défendre ne se mettent pas en quarantaine. Et la médecine ne propose pas de vaccin contre l’injustice sociale qui se développe. C’est nous, le mouvement syndical, les forces du progrès social qui sommes le vaccin. Et si nous nous arrêtons de lutter, si nous ne bougeons et n’agissons plus, l’injustice, les inégalités vont exploser&nbsp;!</p><p>Selon l’OIT, plus de 255 millions d’emplois ont été supprimés en 2020 dans le monde. Des centaines de millions d’enfants ne vont plus à l’école, la scolarisation des filles a subi un recul massif, ce qui fait perdre des décennies de lutte contre les mariages précoces et forcés. Les inégalités de revenu explosent, dans le monde et en Suisse. L’épargne de tant de petits indépendants ou de salariés a été détruite, mais les profits, les gains boursiers, la spéculation, les bonus et l’orgie de dividendes n’ont pas fait de pause.</p><p>Pour guérir le monde de ces maux qui ont explosé, il faudra de l’action syndicale et politique. Ce premier mai où nous nous montrons, dans la prudence raisonnable, est indispensable à cette action.</p><p>Pendant la crise, l’USS a agi avec le plus d’engagement possible auprès des autorités pour limiter la casse sociale que cette crise a provoquée. Dans les milieux patronaux, dans l’administration et au Conseil fédéral, on croyait au début de cette crise que les stabilisateurs sociaux classiques suffiraient. Il était question de leur ajouter quelques dizaines de millions disponibles dans le budget 2020 du département de l’économie.</p><p>Nous avons dit que cela ne suffirait pas&nbsp;! Nous avons proposé un plan, qui a été suivi dans les grandes lignes et qui prévoyait l’extension et l’assouplissement des règles du chômage technique et la création d’une nouvelle assurance perte de gains pour les indépendant. Ainsi, les personnes avec contrat de travail temporaire ou à durée déterminée ont pu être aidés. Et après des mois de tentatives infructueuses, nous avons enfin pu en décembre obtenir une petite amélioration de l’indemnisation RHT pour les bas revenus.</p><p>Nous nous sommes battus pour que la solution dite des «&nbsp;cas de rigueur&nbsp;» évolue vers une logique d’indemnisation des entreprises et des personnes interdites de travail. Les moyens prévus par le Conseil fédéral ont ainsi pu être décuplés. Nous avons travaillé, avec les acteurs concernés, à améliorer les aides dans le domaine de la culture.</p><p>Nos syndicats qui représentent les salariées et salariés dans les écoles, les crèches et le secteur de la santé ont eu le sens des responsabilités pour revendiquer les protections et les moyens d’action nécessaires. Mais ils ont compris la nécessité d’assurer la continuité du service public pour le bien des enfants et des patients. On peut être fiers de cette attitude et de cette action syndicale.</p><p>Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour réduire les dommages et aider notre pays à traverser cette épreuve. Mais aujourd’hui, il faut constater que cette action d’influence auprès des autorités ne suffit plus. Aujourd’hui, il faut que l’Etat comprenne qu’il doit enclencher la réparation des dégâts de cette crise. Sa responsabilité va plus loin que la seule lutte contre la circulation d’un virus et de ses variants. On parle de perte de pouvoir d’achat, mais ce concept est réducteur. Le pouvoir d’achat, c’est, pour le plus grand nombre, simplement, le pouvoir de vivre normalement et d’offrir à ses enfants un minimum de sécurité et de loisirs. C’est la bonne vie, avec sa part de joie et de légèreté.</p><p>Ce sont les moyens nécessaires à cette bonne vie qu’il faut donner à la population. Ils existent. Il y a cinq à six milliards d’argent en trop dans les caisses des caisses maladie. La pandémie a encore augmenté cet excédent. Donc il faut le rendre aux gens, simplement et rapidement. Cette mesure permettrait, sans endetter aucune collectivité publique de redonner 2000 francs d’un coup à une famille de 4 personnes, par exemple. On peut trouver que c’est peu, mais pour une famille ouvrière, ce serait une aide appréciée et bienvenue.</p><p>Il faut donner à nos jeunes des garanties qu’on ne les laissera pas tomber. Après les sacrifices qu’ils ont acceptés, il faut leur donner la sécurité de trouver une première formation ou un premier emploi. C’est possible si la Confédération, les cantons et les partenaires sociaux se mobilisent et dépassent quelques dogmes.</p><p>Nous avons obtenu que les chômeuses et chômeurs âgés en fin de droit aient droit dès 60 ans à une rente-pont. Dès juillet, cette nouvelle assurance sociale va entrer en vigueur. Il faudra s’assurer que les droits soient vite reconnus, sans bureaucratie et avec les moyens nécessaires. Et il faudra obtenir que les limites d’accès excessives fixées par la Parlement et le Conseil fédéral soient vite corrigées.</p><p>Il sera indispensable de relancer les secteurs sinistrés et de développer les stratégies durables pour les secteurs du tourisme, de la gastronomie, de la culture et du trafic aérien notamment.</p><p>Et nous devrons enfin obtenir les moyens de renforcer notre première ligne de soins. La logique du profit et de la concurrence dans le secteur de la santé est ruineuse et nous laisse démunis quand une crise sanitaire survient. A ce moment, on constate que tout fonctionne en flux tendu, qu’il n’y a pas de réserve de capacité. Les équipes déjà fatiguées et exposées doivent en faire encore plus. D’un autre côté, certains actes médicaux électifs, certains équipements techniques continuent de générer des profits et des rémunérations excessives. La première ligne de soins doit être renforcée, revalorisée, dans les salaires et conditions de travail, les effectifs et les infrastructures.</p><p>Voilà quelques exemples de ce que l’Etat, sur le plan national et cantonal, doit entreprendre dans les mois qui viennent. Le tournant social est la condition pour une sortie de crise durable et vivable pour toutes et tous. C’est le tournant social qui est d’actualité. C’est son heure dans l’histoire. Même les élites américaines l’ont compris. On ne peut précariser indéfiniment celles et ceux qui travaillent et produisent. On ne peut pas pousser la concurrence de tous contre tous sans limite. On ne peut pas laisser se creuser les inégalités jusqu’à l’obscénité&nbsp;!</p><p>Nous ne céderons pas un pouce de terrain à une énième prolongation da la logique libérale qui cherche encore et toujours à affaiblir notre modeste protection des salaires et nos services publics. Aux néolibéraux de tous les pays et de tous les partis nous disons ceci&nbsp;: entre une cure néolibérale imposée de l’extérieur ou imposée de l’intérieur, nous n’avons pas de préférence. Nous les combattrons l’une et l’autre. Et nous aurons la population qui travaille et qui produit avec nous&nbsp;!</p><p>Et nous combattrons avec la plus grande énergie la provocation faite à la grève des femmes, le plus grand mouvement social de notre pays depuis un siècle. Cette provocation inacceptable, c’est le relèvement de l’âge de la retraite des femmes&nbsp;! Nous ne voulons pas de ce recul. Dans un pays dont la Banque nationale fait 38 milliards de profits en trois mois, on peut renoncer à creuser encore les inégalités de rentes entre femmes et hommes. Et on peut financer une 13ème rente AVS&nbsp;!</p><p>Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est le tournant social. Mais pour l’obtenir, nous devrons nous battre et nous mobiliser.</p><p>La peur a eu son temps. Maintenant, il faut de l’espoir, de la présence et de la lutte&nbsp;!</p><p>Nous allons essayer d’ouvrir cette période avec vous.</p><p>Alors merci d’être là, merci d’avoir gardé l’esprit syndical de solidarité et de combativité. Cet esprit est notre principale ressource, c’est notre force. Elle fera la différence entre un monde invivable et un monde juste et durable&nbsp;!</p><p>Merci d’être mobilisés aujourd’hui, merci pour votre attention et vive le 1er mai&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/personen/Pierre-Yves_Maillard_c-yoshikokusano-pour-luss.jpg" length="224527" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7529</guid><pubDate>Mon, 19 Apr 2021 09:47:19 +0200</pubDate><title>Situation dramatique du secteur de l’aviation : l’heure est aux mesures d’aide</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/situation-dramatique-du-secteur-de-laviation-lheure-est-aux-mesures-daide</link><description>Initiative &quot;Back in the Air&quot;</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’aviation compte parmi les branches d’activité les plus sinistrées. Le trafic aérien s’est effondré en Suisse, sous l’effet des restrictions épidémiologiques. Le nombre de mouvements à l’aéroport de Zurich n’atteint même pas le quart de son niveau d’avant la crise du COVID-19.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Transports</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/mk-cp/swiss_flugzeug.jpg" length="2054021" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7523</guid><pubDate>Mon, 12 Apr 2021 09:43:00 +0200</pubDate><title>Pour un nouveau départ social !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/pour-un-nouveau-depart-social</link><description>Appel de l&#039;USS pour le 1er Mai 2021</description><content:encoded><![CDATA[<p>La pandémie bouleverse le monde et le marché du travail. Cette crise historique laissera des traces profondes et douloureuses au niveau social et économique. Des centaines de milliers de personnes ont été – et sont encore – frappées par des licenciements ou doivent craindre pour leur emploi. Nos collègues des secteurs de la vente, des services ou du tourisme se sont vu raboter une partie de leurs revenus pendant des mois.</p><p>Les personnes à faibles revenus sont celles qui souffrent le plus, alors qu’au même moment, l’argent afflue sans discontinuer dans les villas de luxe grâce aux gains boursiers. Les rapports de travail deviennent de plus en plus précaires. Et les travailleuses et travailleurs de la vente en ligne, en plein essor lui, doivent encaisser plus de stress, des heures de travail non payées et des contrats temporaires.</p><p>Nous voulons maintenant que ce printemps soit synonyme d'espoir&nbsp;: l’espoir que les choses vont s’améliorer et qu’un nouveau départ social est possible&nbsp;! Des modèles que l’on croyait immuables ont été complètement renversés par la crise. Cette crise réveille aussi la volonté des mouvements sociaux d’œuvrer pour enfin revaloriser les professions mal payées et introduire de nouvelles formes de sécurité sociale.</p><p>Ainsi, nous pourrons nous attaquer de front à l’injustice de la répartition actuelle des revenus. Les coûts de la pandémie ne doivent pas être portés par les travailleuses et travailleurs. La sortie de crise ne peut se faire qu’avec des perspectives d’avenir et une sécurité financière pour toutes et tous.</p><p>La solidarité a regagné toute son importance, et avec elle, la lutte pour un changement fondamental après des décennies de domination néolibérale. Ce qu’il faut, c’est une reprise pour les travailleuses et travailleurs – avec le plein emploi, de meilleurs salaires et des retraites plus sociales. <strong>Le moment est venu «&nbsp;Pour un nouveau départ social&nbsp;!&nbsp;»</strong></p><p class="text-right"><strong><a href="https://www.mai2021.ch/fr/" target="_blank" class="link--arrow" rel="noreferrer">www.mai2021.ch</a></strong></p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Politique sociale</category><category>Économie</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/2/a/csm_1er-mai-fr_3d8d659ab5.png" length="87425" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7520</guid><pubDate>Wed, 07 Apr 2021 09:56:19 +0200</pubDate><title>Recrutement syndical plus difficile</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/recrutement-syndical-plus-difficile</link><description>329 149 membres : l’évolution des effectifs de l’USS en 2020</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Fin 2020, année du coronavirus, l’Union syndicale suisse (USS) comptait 329&nbsp;149 membres (-2,36&nbsp;%). Pour la faîtière syndicale la plus importante du pays, l’évolution des effectifs féminins demeure réjouissant. Le nombre des femmes syndiquées à l’USS a augmenté tant en chiffres absolus que proportionnellement, pour atteindre le chiffre de 105&nbsp;312, soit 32&nbsp;%.</p><p>L’an dernier, les syndicats New Wood, SBKV, AvenirSocial, USDAM, Kapers et SIT ont enregistré une hausse de leurs effectifs. Nouvel arrivé au sein de l’USS, l’easyJet Switzerland Pilots Association (ESPA) compte 293 membres. Les effectifs des autres fédérations affiliées à l’USS sont restés stables ou ont légèrement reculé.</p><p>Bien que nombre de salarié-e-s soient directement touchés par la crise du coronavirus, le recrutement dans les entreprises ou dans la rue a été rendu très difficile par toutes les restrictions liées à la pandémie. Et avec le changement structurel persistant que connaissent la quasi-totalité des secteurs de syndicalisation traditionnels, le recul des effectifs syndicaux se poursuit. En plus d’Unia (construction, industrie des machines, prestations de service), les syndicats syndicom et SEV notamment affichent des effectifs en baisse. Au SEV, le nombre des décès parmi les retraité-e-s dépasse l’arrivée de nouveaux membres professionnellement actifs.</p><p>Par contre, dans les branches mises à très rude épreuve par la pandémie, Unia (plus grand syndicat suisse) a nettement augmenté ses effectifs (professions de la santé&nbsp;: +6,3&nbsp;%, nettoyage&nbsp;: +4&nbsp;%, économie domestique&nbsp;: +2,2&nbsp;%, hôtellerie-restauration&nbsp;: +1,7&nbsp;%). Et le SSP aussi a pu stabiliser le nombre de ses membres.</p><p class="heading--h4">Effectifs 2020/19 des fédérations affiliées à l'USS</p><table style="height:888px; width:962px" class="contenttable"><tbody><tr><td><strong>Fédération</strong></td><td class="text-center"><strong>2020</strong></td><td class="text-center"><strong>2019</strong></td><td class="text-center"><strong>Femmes 2020</strong></td><td class="text-center"><strong>Part des femmes au total, en %</strong></td></tr><tr><td>Unia</td><td class="text-right">182 716</td><td class="text-right">188 259</td><td class="text-right">49 049</td><td class="text-center">26.8</td></tr><tr><td>SEV</td><td class="text-right">38 082</td><td class="text-right">39 225</td><td class="text-right">7 757</td><td class="text-center">20.4</td></tr><tr><td>SSP</td><td class="text-right">33 874</td><td class="text-right">33 911</td><td class="text-right">19 391</td><td class="text-center">57.1</td></tr><tr><td>syndicom</td><td class="text-right">30 181</td><td class="text-right">30 911</td><td class="text-right">9 496</td><td class="text-center">31.5</td></tr><tr><td>SIT</td><td class="text-right">9 518</td><td class="text-right">9 511</td><td class="text-right">4 980</td><td class="text-center">52.3</td></tr><tr><td>APC</td><td class="text-right">8 248</td><td class="text-right">8 436</td><td class="text-right">2 372</td><td class="text-center">28.8</td></tr><tr><td>ASEB</td><td class="text-right">7 341</td><td class="text-right">7 768</td><td class="text-right">2 558</td><td class="text-center">34.9</td></tr><tr><td>AvenirSocial</td><td class="text-right">3 754</td><td class="text-right">3 668</td><td class="text-right">2 714</td><td class="text-center">72.3</td></tr><tr><td>SSPM</td><td class="text-right">2 683</td><td class="text-right">2 821</td><td class="text-right">1 660</td><td class="text-center">61.9</td></tr><tr><td>GaraNto</td><td class="text-right">2 971</td><td class="text-right">3 112</td><td class="text-right">427</td><td class="text-center">14.4</td></tr><tr><td>SSM</td><td class="text-right">2 872</td><td class="text-right">2 954</td><td class="text-right">1 259</td><td class="text-center">43.8</td></tr><tr><td>Kapers</td><td class="text-right">2 995</td><td class="text-right">2 981</td><td class="text-right">2 203</td><td class="text-center">73.6</td></tr><tr><td>USDAM</td><td class="text-right">1 713</td><td class="text-right">1 680</td><td class="text-right">698</td><td class="text-center">40.8</td></tr><tr><td>SBKV</td><td class="text-right">1 236</td><td class="text-right">1 195</td><td class="text-right">704</td><td class="text-center">57</td></tr><tr><td>Nautilus</td><td class="text-right">649</td><td class="text-right">665</td><td class="text-right">19</td><td class="text-center">2.9</td></tr><tr><td>ESPA</td><td class="text-right">293</td><td class="text-right">–</td><td class="text-right">13</td><td class="text-center">4.4</td></tr><tr><td>New Wood</td><td class="text-right">23</td><td class="text-right">17</td><td class="text-right">12</td><td class="text-center">52.2</td></tr><tr><td><strong>Total</strong></td><td class="text-right"><strong>329 149</strong></td><td class="text-right"><strong>337 114</strong></td><td class="text-right"><strong>105 312</strong></td><td class="text-center"><strong>32</strong></td></tr></tbody></table><p>Abbréviations (voir tableau) :</p><table class="contenttable"><tbody><tr><td><p>Unia :</p></td><td>Le syndicat</td></tr><tr><td>SEV :</td><td><p>Syndicat du personnel des transports</p></td></tr><tr><td>SSP :</td><td>Syndicat des Services publics</td></tr><tr><td>syndicom :</td><td><p>Syndicat des médias et de la communication</p></td></tr><tr><td>ASEB :</td><td>Association suisse des employés de banque</td></tr><tr><td>APC :</td><td>Association du personnel de la Confédération</td></tr><tr><td>SIT :</td><td>Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleurs</td></tr><tr><td>GaraNto :</td><td><p>Le syndicat compétent du personnel des douanes</p></td></tr><tr><td>AvenirSocial :</td><td>Professionnels du travail social Suisse</td></tr><tr><td>SSM :</td><td>Syndicat suisse des mass media</td></tr><tr><td>USDAM :</td><td><p>Union suisse des artistes musiciens</p></td></tr><tr><td>SMPV :</td><td><p>Société suisse de pédagogie musicale</p></td></tr><tr><td>Kapers :</td><td>Association du personnel de cabine</td></tr><tr><td>SBKV :</td><td>Association suisse des artistes de théâtre, cinéma et télévision</td></tr><tr><td>Nautilus :</td><td><p>Syndicat du personnel de la navigation</p></td></tr><tr><td>ESPA :</td><td>easyJet Switzerland Pilots Association</td></tr><tr><td>New Wood :</td><td>Syndicat du personnel de l’ONU à Genève</td></tr></tbody></table>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/1._Mai/445175716_6989198552_o.png" length="879886" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7507</guid><pubDate>Fri, 26 Mar 2021 08:48:27 +0100</pubDate><title>Un pont pour la rente-pont : moins de personnes passeront entre les mailles du filet</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/un-pont-pour-la-rente-pont-moins-de-personnes-passeront-entre-les-mailles-du-filet</link><description>Des améliorations pour la prestation transitoire pour chômeurs et chômeuses</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Décidée il y a moins d’une année, la prestation transitoire pour personnes qui arrivent en fin de droit après 60 ans est rien de moins que la plus jeune assurance sociale en Suisse. Depuis, l’Union syndicale suisse (USS) n’a eu de cesse de faire en sorte que ces prestations entrent en vigueur le plus vite possible. D’autant plus que la situation des chômeurs et chômeuses, passé un certain âge, est devenue encore plus préoccupante avec la crise du coronavirus.</p><p>L’automne dernier, le Parlement n’était pas encore prêt à voir la réalité en face. Mais peu avant Noël, sur pression de l’USS, il a finalement émis une disposition qui donne la possibilité à toute personne de faire une demande de prestation transitoire en juillet, pour autant qu’elle ait épuisé ses prestations de chômage après le 1er janvier 2021 et qu’elle remplisse toutes les autres conditions – très strictes – pour avoir droit à cette prestation. Ce n’était qu’une demi-solution, car elle aidait uniquement les personnes qui avaient les moyens de tenir financièrement jusqu’en juillet. Il y a trois mois, il semblait impossible d’obtenir davantage.</p><p>Mais aujourd’hui, on voit que l’obstination de l’USS sur ce sujet a payé&nbsp;: lors de la session de printemps, les majorités requises ont pu être trouvées au Parlement pour améliorer la situation. Désormais, toutes les personnes au chômage qui atteignent l’âge de 60 ans jusqu’au 1er&nbsp;juillet et qui ont cotisé au moins 20 ans à l’AVS ne pourront pas être mises en fin de droit avant l’entrée en vigueur de la prestation transitoire.</p><p>Même cette nouvelle solution ne résoudra pas tous les problèmes des personnes qui sont au chômage alors qu’elles sont en fin de carrière. Et les personnes directement concernées par cette décision devront se soumettre, dès le mois de juillet, à un processus d’inscription très exigeant. Au terme duquel elles pourraient découvrir, dans certains cas, qu’elles n’ont finalement pas droit à la prestation transitoire pour maintenir correctement et dignement leur avoir de prévoyance vieillesse. Le SECO estime tout de même que quelque 930 personnes bénéficieront de cette nouvelle mesure. Conclusion&nbsp;: avec de la persévérance, on peut trouver les majorités qu’il faut pour atténuer les effets catastrophiques du chômage pour les personnes en fin de carrière.</p>]]></content:encoded><category>Prévoyance professionnelle</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/b/4/csm_senior-abrechnungen-iStock-milkos_2bc3297f72.jpg" length="152242" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7506</guid><pubDate>Wed, 24 Mar 2021 19:10:17 +0100</pubDate><title>Chômage en hausse et baisses de revenus : il faut en faire plus</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/chomage-en-hausse-et-baisses-de-revenus-il-faut-en-faire-plus</link><description>Rencontre des partenaires sociaux avec Guy Parmelin</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les partenaires sociaux étaient invités le 24 mars par le président de la Confédération Guy Parmelin à une rencontre de haut niveau sur la crise liée au coronavirus. L’Union syndicale suisse (USS) y a souligné la dégradation de la situation du marché du travail avec la pandémie qui se prolonge. L’USS a présenté les mesures qui devraient être prises pour éviter que les salaires et les emplois ne soient encore plus menacés qu’ils le sont déjà.</p><p>Le nombre de personnes au chômage a grimpé à nouveau ces dernières semaines&nbsp;: il atteint près de 160&nbsp;000 (désaisonnalisé). C’est 50&nbsp;000 de plus qu’avant le début de la crise à la fin de l’hiver 2020. À ce nombre s’ajoutent les très nombreuses personnes mises au chômage partiel, surtout dans les branches des services qui sont (partiellement) fermées. Le sous-emploi se situe à plus de 10&nbsp;% (équivalents plein temps), selon des estimations de l’USS.</p><p>Ce sont toujours les travailleuses et travailleurs avec des faibles revenus qui sont les plus touchés, que ce soit par le chômage partiel ou par le chômage tout court. Ces personnes travaillent surtout dans l’hôtellerie-restauration, dans le secteur culturel ou dans d’autres branches de services (salle de sport, etc.). Elles subissent des baisses de revenus qui peuvent être cruelles. Selon le dernier sondage SRF/Sotomo, les personnes à bas salaires n’ont aujourd’hui plus que 78&nbsp;% de leur revenu d’avant la crise. En cas de chômage partiel, elles arrivent à 80&nbsp;%, ce qui prouve bien que l’augmentation des indemnités de chômage partiel décidée au Parlement n’est pas assez efficace.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Économie</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gesundheit/Corona-Wirtschaft_iStock-ffikretow.jpg" length="104925" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7489</guid><pubDate>Tue, 09 Mar 2021 17:53:19 +0100</pubDate><title>Travail dominical : pas de déréglementation sous prétexte de la pandémie</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/travail-dominical-pas-de-dereglementation-sous-pretexte-de-la-pandemie</link><description>Aussi le Conseil National s’oppose d’étendre le travail dominical dans la loi COVID-19</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les commissions de l’économie du Conseil des États et du Conseil National voulaient prendre prétexte de la pandémie pour étendre le travail du dimanche. Heureusement, après le Conseil des États, le Conseil National a lui aussi refusé cette modification opportuniste de la loi Covid-19, renonçant donc à cette attaque éhontée contre les conditions de travail du personnel de la vente. Il faut régler les problèmes auxquels sont confrontés les travailleuses et les travailleurs aujourd’hui, non pas les aggraver.</p><p>Après le non clair du Conseil des États, c’est le Conseil National qui a rejeté par 96 voix contre 93 une extension du travail du dimanche. À travers une modification de dernière minute de la loi COVID-19, les commissions (CER) avaient proposés de tripler, jusqu’à fin 2022, le nombre de dimanches avec ouverture des magasins. Un vote favorable aurait été une gifle pour le personnel de la vente, qui sort d’une année particulièrement difficile sur le plan des conditions de travail ainsi que du pouvoir d’achat, en raison du chômage partiel.</p><p>Lors des débats, il a été rappelé qu’augmenter les ouvertures n’apporte pas de hausse de chiffre d’affaire, comme le montrent plusieurs études. Au contraire&nbsp;: elles entraînent des pertes, en particulier pour les petits commerces. De plus, le personnel de la vente s’est toujours prononcé clairement contre le travail du dimanche, lors de sondages sur ce sujet.</p><p>Enfin, des parlementaires ont pointé du doigt – à raison – le procédé inacceptable au plan de l’État de droit&nbsp;: la loi COVID-19 ne peut être utilisée et dévoyée pour aller vers une dégradation de la protection de la santé des travailleuses et travailleurs. Bien au contraire&nbsp;: les salarié-e-s ont droit à davantage de protection compte tenu des nombreux sacrifices consentis au cours de la pandémie.</p><p>Les scrutins du week-end ont de tout évidence pesé sur la décision. En effet, la population du canton&nbsp;de Berne a rejeté le 7 mars le projet de doubler le nombre d’ouvertures&nbsp;dominicales par année. Et le même jour, dans le canton de Zoug, la prolongation des horaires d’ouverture des magasins a été refusée.</p><p>L’USS refuse fermement que le travail dominical soit étendu. Il est prouvé que les ventes dominicales augmentent les risques psychosociaux pour le personnel de la vente qui, pendant la pandémie, a déjà fortement souffert de stress dans les commerces à grandes surfaces de vente ainsi que de la peur d’être infecté et de violentes pertes de salaire à cause du chômage partiel. Que les commissions veuillent faire passer en plus cette libéralisation aussi inutile que nuisible comme mesure prise dans le cadre de la protection des salarié-e-s, témoigne, à l’égard des personnes concernées, d’un manque de respect encore jamais vu.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/9/9/csm_mediathek_coop_supermarkt_13_5435cba10f.jpg" length="278759" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7474</guid><pubDate>Thu, 25 Feb 2021 15:14:53 +0100</pubDate><title>Semaine de cours féministes</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/semaine-de-cours-feministes</link><description>Journée internationale des Droits des femmes</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 8 mars est la Journée internationale des Droits des femmes - nous la célébrons généralement ensemble à l'extérieur. Cette année, les choses sont différentes : bien que la pandémie de Corona ait clairement montré combien le travail des femmes* est indispensable et sous-estimé, nous n'avons pas le droit de nous réunir physiquement ce 8 mars.</p><p>Mais nous nous rencontrerons quand même dans le cadre d'une semaine de cours féministes – organisée par l'USS et Movendo, l'institut de formation des syndicat. Apprenez-en plus sur <a href="https://movendo-digital.ch/frauen/?lang=fr" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">movendo-digital.ch</a> à partir du 3 mars sur des sujets tels que la planification de la retraite par et pour les femmes, l'histoire des syndicats dans une perspective féministe, la violence et le harcèlement sexuels sur le lieu de travail et ce que tu peux faire à ce sujet, l'impact du Covid-19 sur les femmes et la répartition inégale du travail rémunéré et non rémunéré entre les femmes et les hommes.</p><p>Ensuite, pendant la semaine du 8 mars, tu pourras discuter en ligne avec les oratrices et les autres personnes intéressées, en clarifiant les questions et en faisant des projets sur la manière dont nous allons avancer sur notre parcours féministe. Ainsi, lorsqu’on nous permettra de nous mobiliser à nouveau à l'extérieur - par exemple le 14 juin - nous serons prêtes !</p><p><a href="https://movendo-digital.ch/frauen/?lang=fr#services" target="_blank" class="button" rel="noreferrer">Vers l’aperçu des cours</a></p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gleichstellung/jungeFrau-Headset-Homeoffice-Videokonferenz_fizkes-istock.jpg" length="251170" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7460</guid><pubDate>Wed, 17 Feb 2021 18:34:21 +0100</pubDate><title>Accueil des enfants : la Confédération peut déjà – et doit – en faire plus !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/accueil-des-enfants-la-confederation-peut-deja-et-doit-en-faire-plus</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’objectif de l’USS est de faire de l’accueil extra-familial des enfants un service public. Il faut pour cela une modification de la Constitution. Mais celle-ci donne aujourd’hui déjà beaucoup plus de marge de manœuvre à la Confédération que le Conseil fédéral ne veut bien l’admettre. Une récente expertise juridique montre que Berne pourrait se montrer bien plus active que maintenant en faveur d’une politique familiale cohérente au niveau national. Celle-ci est donc possible… et absolument nécessaire&nbsp;! Les familles et le personnel des structures d’accueil doivent bénéficier des mêmes conditions-cadres de qualité à travers tout le pays.</p><p>Pour l’USS, l’accueil extra-familial des enfants doit être organisé comme un service public et financé par les pouvoirs publics, comme l’enseignement à l’école obligatoire. Il devrait aller de soi que tous les enfants bénéficient d’une structure d’accueil publique, tout comme il est naturel qu’ils et elles aillent à l’école publique. Mais cela requiert une modification de la Constitution, ce qui ne se fait pas du jour au lendemain, bien entendu</p><p>Actuellement, l’accueil extra-familial des enfants en Suisse relève du fédéralisme pur et dur&nbsp;: les contributions que versent les parents se situent, selon les cantons, quelque part entre 36 et 70&nbsp;% des coûts réels. Les conditions de travail dans les structures d’accueil sont réglées différemment dans chaque canton. Il y a parfois une CCT (Genève et Vaud), la plupart du temps pas. Dans quelques villes, les enfants ont droit à une place de crèche, mais autrement, les parents doivent parfois inscrire leurs enfants à la crèche avant même leur conception s’ils veulent avoir seulement une chance d’en obtenir une&nbsp;! Il n’y a même pas de statistique nationale en la matière qui donnerait une idée plus précise de l’offre et de la demande&nbsp;: la Suisse n’a jusqu’ici pas jugé nécessaire de s’en doter.</p><p>Pour défendre l’absence de politique nationale de l’accueil des enfants et sa maigre contribution financière (50 millions de francs par année), le Conseil fédéral invoque la Constitution&nbsp;: celle-ci laisse en effet aux cantons la compétence en matière de politique familiale, et la Confédération n’y intervient que subsidiairement (art. 116 al. 1). Le gouvernement a réitéré cette position dans le rapport sur la politique de la petite enfance, publié en février&nbsp;: le Conseil fédéral y déplore en effet des lacunes dans la politique de la petite enfance, en particulier en matière d’accueil extra-familial. Il se dit prêt à étudier l’opportunité de réaliser une statistique nationale de l’accueil. Mais guère plus&nbsp;: c’est à peu près tout ce qu’il propose pour combler les lacunes constatées.</p><p>Et pourtant&nbsp;: la Confédération pourrait se permettre de faire bien davantage si elle considérait l’accueil des enfants pas uniquement sous l’angle de la politique familiale, mais également comme faisant partie de la politique de l’égalité et du marché du travail. Une expertise juridique, elle aussi publiée en février, s’est penchée sur les compétences de la Confédération dans le domaine de l’accueil extra-scolaire et extra-familial (Pascal Mahon et Batsheba Huruy, 2021). Cette expertise fait la démonstration que la Constitution, avec l’art. 8. al. 3 (égalité) et l’art. 10 al.1 (protection des travailleurs et travailleuses) permet au Conseil fédéral de s’engager bien davantage.</p><p>La Confédération peut donc – et doit – mettre en place des conditions-cadres pour une politique familiale cohérente au plan national, sans même changer la Constitution. Elle devra organiser le financement des structures de façon à ce que la famille López à Zurich ne paie pas beaucoup plus que la famille Vuillemier à Lausanne pour la garde des enfants&nbsp;; elle devra aussi édicter des prescriptions concernant la qualité et les conditions de travail, avec, pour toute la Suisse, un taux d’encadrement adéquat au niveau pédagogique et qui ne compte pas les stagiaires dans l’encadrement professionnel, ainsi que des salaires correspondant aux exigences et responsabilités de ce travail. La Confédération doit aussi soutenir les cantons et les communes dans cette tâche avec un financement approprié. Enfin, elle ne devrait pas seulement étudier la possibilité de faire une statistique nationale, mais la réaliser. Et doter l’Office fédéral de la statistique de ressources adéquates pour le faire.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/3/0/csm_Kindergarten_Kinder_essen_iStock-Andrey-Kuzmin_9333f0feb2.jpg" length="135859" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7454</guid><pubDate>Tue, 16 Feb 2021 16:45:40 +0100</pubDate><title>Carte d’identité électronique : un monopole privé déjà à l’affut</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/carte-didentite-electronique-un-monopole-prive-deja-a-laffut</link><description>Votation populaire sur la loi sur l’identité électronique (e-ID)</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le géant Swiss Sign Group est fin prêt à dominer le marché des cartes d’identité ou passeports électroniques (e-ID). Les 20 grandes entreprises réunies dans ce consortium représentent près de 30&nbsp;% de l’économie suisse. Voulons-nous vraiment confier l’émission de l’identité électronique, donc de nos données les plus sensibles, à ce monopole&nbsp;? La réponse ne peut être que non.</p><h4>La population se montre sceptique</h4><p>Les signes semblent indiquer un rejet le 7 mars&nbsp;: selon les derniers sondages, la loi fédérale sur les services d’identification électronique (LSIE) a du mal à s’imposer auprès de la population suisse. Ce n’est guère surprenant&nbsp;: en 2019 déjà, un sondage représentatif de Demoscope indiquait que 87&nbsp;% des habitantes et habitants souhaitent obtenir leur passeport numérique (e-ID) exclusivement auprès de l’État, ce qu’exclut malheureusement la loi soumise à votation dans moins de trois semaines. Bien que la Conseillère fédérale responsable ne cesse de promouvoir l’e-ID en affirmant effrontément le contraire (comme d’ailleurs lors de la récente campagne de votation sur l’initiative entreprises responsables), si la loi est adoptée, nous devrons dans les faits acheter le passeport numérique au guichet de l’UBS ou à la succursale de la CSS (à un prix encore inconnu, la loi ne dit rien à ce sujet).</p><h4>«&nbsp;Conditions générales&nbsp;» dans l’ordonnance</h4><p>Même si l’Office fédéral de la police (au fait, pourquoi cet office&nbsp;?) doit d’abord vérifier les identités personnelles avant de les transmettre aux fournisseurs d’identité privés, la loi interdirait à l’État de proposer sa propre e-ID. Il ne pourrait le faire qu’à titre subsidiaire et dans des conditions parfaitement improbables, à savoir si aucune entreprise privée ne fournit une solution d’identification «&nbsp;sûre et interopérable&nbsp;».</p><p>La définition de la «&nbsp;sécurité des données personnelles&nbsp;» et de l’«&nbsp;interopérabilité de l’e-ID&nbsp;» n’est pas connue, car ces questions (cruciales) ne seront définies que dans l’ordonnance sur ce sujet. En vue de la votation, cette ordonnance aurait dû être disponible depuis longtemps. C’est du moins la procédure transparente habituelle, également promise par le Conseil fédéral.</p><p>La seule chose que nous savons de l’ordonnance, grâce aux recherches des journalistes, est que le groupe chargé de sa rédaction comprend précisément des représentant-e-s des entreprises prêtes à offrir une e-ID privée. Ces personnes rédigent donc elles-mêmes les conditions générales de leurs futurs produits et services légitimées par l’État&nbsp;!</p><p>Cela fait peur et nourrit pas la confiance, loin s’en faut. Pourtant, cette confiance est fondamentale pour une large acceptation de la nouvelle identité électronique, qui – nous ne le nions pas – est nécessaire et urgente. Après tout, nous sommes censés l’utiliser désormais pour remplir nos déclarations d’impôts, accéder au dossier électronique des patients ou (ce qui n’est pas souhaitable pour d’autres raisons) participer à des votations et élections.</p><h4>Schaffhouse montre la voie</h4><p>Si la LSIE est acceptée, une entreprise est déjà dans les startingblocks pour sa mise en œuvre pratique&nbsp;: «&nbsp;Swiss Sign Group&nbsp;», un consortium de 20 grandes entreprises suisses représentant au total près de 30&nbsp;% de la production économique suisse. Voulons-nous vraiment confier l’émission de notre identité électronique, et donc de nos données les plus sensibles, à ce monopole privé&nbsp;? Il faut espérer que non. En tout cas, nous ne pourrions pas éviter ce consortium (ne serait-ce qu’en raison de l’«&nbsp;interopérabilité&nbsp;» légale entre les fournisseurs d’e-ID).</p><p>Et même si d’autres fournisseurs s’installaient, il s’agirait probablement de grands groupes étrangers avec de gros moyens, voire des «&nbsp;pieuvres avides de données&nbsp;» comme Facebook ou Google. L’exemple de Schaffhouse resterait l’exception&nbsp;: pionnier, ce canton a déjà annoncé qu’en cas d’acceptation de la loi, il demanderait l’accréditation de son e-ID cantonale. L’e-ID de Schaffhouse est un modèle conceptuel réussi, indiquant comment une identité électronique sûre et fiable doit être construite&nbsp;: sous la souveraineté de l’État, légitimée démocratiquement et mise à disposition comme un service public.</p><p>Personne n’attend d’un service étatique qu’il développe lui-même l’e-ID entièrement (ou même partiellement)&nbsp;; la Confédération ne construit pas non plus les autoroutes elle-même. Pour cela, il existe un système de marchés publics, des procédures d’appel d’offres et des entreprises spécialisées, comme l’exemple de Schaffhouse l’a bien démontré.</p><p>Faisons donc confiance aux personnes qui ne veulent pas confier au secteur privé cette tâche régalienne essentielle, et rejetons vigoureusement la LSIE le 7 mars. C’est la seule façon d’introduire une e-ID sûre et fiable en tant que partie du service public numérique.</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/kampagnen/e-id/web_Privatiser-le-passeport-suisse-NON.jpg" length="611098" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7423</guid><pubDate>Wed, 20 Jan 2021 17:36:11 +0100</pubDate><title>Le chômage partiel au secours de la formation professionnelle</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/le-chomage-partiel-au-secours-de-la-formation-professionnelle</link><description>Formation des apprenti-e-s : un soutien bienvenu aux entreprises</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil fédéral a décidé le 20 janvier d’étendre le chômage partiel aux apprenti-e-s. Le gouvernement veut ainsi soutenir financièrement les entreprises formatrices touchées par les mesures contre la pandémie de coronavirus pour éviter qu’elles ne doivent licencier des apprenti-e-s. Avec cette mesure, elles pourront au contraire continuer de les former. C’est d’ailleurs la condition pour obtenir ces indemnités de réduction d’horaire de travail (RHT), et c’est logique.</p><p>L’USS salue ce soutien financier aux entreprises&nbsp;: il prévoit une garantie pour les apprenti-e-s de poursuivre leur formation, mais pas qu’elles ou ils soient simplement libérés de l’obligation de travailler. Une formation professionnelle n’a pas pour but principal de permettre aux apprenti-e-s de gagner leur vie pendant leur formation, mais d’apprendre leur métier et de se préparer au mieux à leur vie professionnelle.</p><p>En revanche, si une entreprise doit mettre la clé sous la porte à cause de la pandémie, la formation des apprenti-e-s est compromise malgré les RHT. La Confédération est donc appelée, avec les cantons et les organisations du monde du travail (OrTra), à trouver d’autres solutions pour que les jeunes puissent, dans une telle situation, poursuivre leur formation dans une autre entreprise ou sous une autre forme. L’USS fait partie de la Task Force «&nbsp;Perspectives Apprentissage&nbsp;», mise en place par le Conseil fédéral et qui finance et fait la promotion de tels projets.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Formation &amp; Jeunesse</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Teambesprechung-Corona-Masken_iStock-Pixelfit.jpg" length="685375" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7421</guid><pubDate>Wed, 20 Jan 2021 15:43:29 +0100</pubDate><title>Enfin les premiers pas du Seco et du Conseil fédéral pour une meilleure protection de la santé contre le COVID-19</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/enfin-les-premiers-pas-du-seco-et-du-conseil-federal-pour-une-meilleure-protection-de-la-sante-contre-le-covid-19</link><description>Mais il reste encore tant à faire !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="heading--h4">Et pourtant, il bouge encore&nbsp;!</p><p>Il aura fallu attendre que la deuxième vague de la pandémie atteigne son apogée ainsi que d’innombrable démarches des syndicats pour qu’enfin le Conseil fédéral décide, le 13 janvier dernier, des mesures destinées à améliorer la protection au travail contre la contamination au COVID-19. Ces nouvelles mesures sont entrées en vigueur le 18 janvier. Les principales d’entre elles sont les suivantes&nbsp;:</p><ul><li>obligation du travail à domicile,</li><li>précisions concernant l’obligation du port du masque,</li><li>protection des salarié-e-s vulnérables, avec un droit aux allocations pour perte de gain (APG) COVID.</li></ul><p>Le SECO propose aussi une ligne téléphonique pour le monde du travail&nbsp;: tél.: +41 58 462 00 66.</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) avait demandé en novembre 2020 déjà que ces mesures soient prises pour les salarié-e-s vulnérables et s’était prononcée en faveur du télétravail lorsque cela est indiqué en raison de la pandémie. Mais malheureusement, rien n’eut lieu. Cela, alors que de nombreux employeurs encore ne sont même pas obligés de produire un plan de protection&nbsp;!</p><p>Suite au lobbyisme tenace des syndicats, le Conseil fédéral a enfin pris des mesures pour protéger les salarié-e-s du COVID-19. L’USS attend maintenant du SECO qu’il avance sur ce dossier, entre autres avec du matériel d’information et des directives sur le contrôle ainsi que des conseils.</p><p class="heading--h4">Le télétravail doit être supportable aux plans de la santé et financier</p><p>L’obligation de télétravail est à saluer. Mais l’USS est critique concernant la suppression de l’indemnisation des frais induits. Celle-ci doit en effet être comprise de manière extrêmement restrictive. Or l’employeur doit supporter les frais en soi et ceux d’ergonomie, lorsqu’il y en a et qu’ils sont nécessaires. En outre, toutes les places de travail convenant potentiellement au télétravail doivent être immédiatement transférées au domicile des employé-e-s. Et les inspectorats du travail doivent&nbsp;&nbsp; y effectuer des contrôles stricts. Si des employeurs ne respectent pas les dispositions, ils se rendent punissables. Les abus doivent aussi être annoncés aux syndicats, en plus des inspectorats.</p><p class="heading--h4">Il faut plus de mesures</p><p>Malheureusement, ces mesures sont insuffisantes. Les améliorations suivantes sont nécessaires&nbsp;:</p><ul><li>des plans de protection pour toutes les entreprises&nbsp;: chaque entreprise doit enfin disposer d’un plan de protection&nbsp;! Il n’est pas acceptable que des employeurs «&nbsp;sans contact avec le public&nbsp;» aient le droit de naviguer à l’aveuglette.</li><li>Davantage de contrôles et de conseils&nbsp;: le nombre de contrôles sur les lieux de travail est bien trop faible. On a besoin de plus de contrôles surtout lorsque le télétravail n’est pas possible (logistique, construction, commerce de détail, etc.). Les entreprises qui ne peuvent pas respecter les mesures de protection ou ne le veulent pas doivent être rapidement sanctifiée. Si une entreprise ou une partie d’entreprise doit fermer, c’est à la Confédération de prendre en charge les coûts salariaux.</li></ul><p class="heading--h4">Les personnes vulnérables peuvent enfin à nouveau rester à la maison&nbsp;!</p><p>Depuis le début de la deuxième vague, l’USS a demandé qu’une protection supplémentaire soit mise en place pour les employé-e-s particulièrement menacés par le virus. Cette demande a maintenant été satisfaite.</p><p>Les employé-e-s vulnérables incluent aussi, en plus des personnes classiquement vulnérables, les femmes enceintes. Celles-ci jouissent désormais de la double protection de l’ordonnance sur la protection de la maternité ainsi que, parallèlement, de celle que leur offre l’ordonnance 3 COVID-19. Cette dernière protection est, grâce à une application rapide (télétravail ou dispense de l’obligation de travail à travers une simple attestation médicale) ainsi que la solution des APG, plus intéressante que la protection garantie par l’ordonnance sur la protection de la maternité.</p><p>La protection en cascade à suivre ici correspond au modèle qui a fait ses preuves au printemps 2020 et a été en vigueur jusqu’au mois de mai.</p><p>Pendant une interdiction de travailler, un délai en matière de licenciement est appliqué aux personnes vulnérables, comme pour la protection de la maternité, suivant l’article 336c du CO (pas de cas de licenciement abusif selon l’art. 336a CO).</p><p class="heading--h4">La protection en cascade à suivre ici correspond au modèle suivant&nbsp;:</p><ol><li>L’employeur permet à ses employé-e-s vulnérables de s’acquitter de leurs obligations professionnelles depuis leur domicile. À cet effet, il prend les mesures organisationnelles et techniques appropriées. Les employé-e-s n’ont pas droit au remboursement des frais nécessaires pour remplir depuis leur domicile l’obligation de travailler qui leur est ordonnée en vertu de cette disposition (art. 10 al. 3 ordonnance COVID-19 situation particulière.</li><li>S’il n’est pas possible de remplir depuis son domicile les obligations professionnelles habituelles, l’employeur attribue par dérogation au contrat de travail à l’employé-e concerné un travail de remplacement équivalent avec la même rémunération pouvant être exécuté depuis le domicile.</li><li>Si pour des raisons tenant à l’entreprise, la présence d’employé-e-s vulnérables est totalement ou partiellement nécessaire sur place, ceux-ci ont le droit d’être occupés dans leurs activités habituelles si les conditions suivantes sont remplies&nbsp;:</li></ol><ul><li>le poste de travail est aménagé de sorte que tout contact étroit avec d’autres personnes est exclu, à savoir est mis à disposition dans une pièce individuelle ou dans une zone clairement délimitée&nbsp;;</li><li>dans le cas où un contact étroit ne peut pas être évité en tout temps, d’autres mesures de protection sont prises selon le principe STOP (substitution, mesures techniques, mesures organisationnelles, équipement de protection individuelle).</li></ul><p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 4. L’employé-e concerné peut refuser un travail qui lui est attribué si l’employeur ne remplit pas les conditions stipulées aux chiffres 1 à 3 ou s’il/elle estime que, malgré les mesures prises par l’employeur, le risque d’être infecté par le coronavirus est trop élevé pour lui/elle. L’employeur peut alors demander un certificat médical.</p><p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 5. S’il n’est pas possible d’occuper l’employé-selon les chiffres 1 à 4 ou si ce celui-ci/celle-.ci refuse le travail qui lui est attribué au sens du chiffre 2, alors l’employeur le ou la libère de son obligation de travail et continue à lui verser son salaire.</p><p>Pour faire valoir son droit à l’APG COVID, c’est l’article 2 alinéa 3quater de l’ordonnance sur les pertes de gain COVID-19 du 20 mars 2020 qui s’applique. L’Office fédéral des assurances sociales n’a pas encore publié de nouvelles informations sur la façon dont la procédure d’annonce sera aménagée.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/4/8/csm_Handwerker-Mundschutz-Pause_iStock-sam_thomas_c5c3cb6511.jpg" length="246696" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7415</guid><pubDate>Tue, 19 Jan 2021 15:24:28 +0100</pubDate><title>La carte d’identité numérique délivrée par une banque ? Pas question !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/la-carte-didentite-numerique-delivree-par-une-banque-pas-question</link><description>Votation populaire sur la loi sur l’identité électronique</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’identité électronique (e-ID) est sans aucun doute devenue indispensable. Mais la solution choisie par le Parlement et le Conseil fédéral est tout simplement dangereuse. Du point de vue démocratique, il est inacceptable que la carte d’identité soit ainsi privatisée. Et les risques en matière de données sont énormes. Il faut donc voter NON le 7 mars à la loi sur fédérale sur les services d’identification électronique (LSIE).</p><p class="heading--h4">Un besoin incontesté</p><p>Aujourd’hui, Internet ne sert pas uniquement à faire des achats, des paiements ou à adapter sa police d’assurance-maladie. Les relations avec les autorités aussi se font de plus en plus par voie électronique. Des données personnelles et sensibles sont donc continuellement traitées et stockées. Partout où cela a lieu dans le monde réel, nous devons nous identifier&nbsp;: au guichet de la poste, dans le train, à la frontière, dans les services de l’administration. Sur Internet, cette obligation de s’identifier n’est pas possible sans qu’il y ait de grosses lacunes. Ainsi, de nombreux processus ne sont pas sécurisés et d’autres ne sont pas du tout proposés en mode numérique, alors que cela ne représenterait pas de problème sur le plan technique. Le besoin d’une identification électronique (e-ID) facile d’utilisation et fiable est donc clair. Une e-ID en ligne remplit la même fonction qu’une pièce d’identité présentée pour pouvoir réceptionner un courrier recommandé, pour conclure un contrat de téléphonie mobile ou pour acquérir un extrait du registre des poursuites. L’e-ID est ainsi l’équivalent numérique de la carte d’identité et contient en conséquence les mêmes données personnelles (sensibles).</p><p class="heading--h4">À la banque ou au supermarché&nbsp;?</p><p>Dommage, donc, que le projet d’e-ID mis au point par le Conseil fédéral et le Parlement ne soit pas à la hauteur de son nom. Si le «&nbsp;e&nbsp;» est bien correct, ce n’est malheureusement pas le cas du «&nbsp;ID&nbsp;». En tout cas pas en ce qui concerne les exigences strictes en matière de confiance auxquelles doit répondre en général – et à juste titre – une pièce d’identité officielle. La production d’un passeport est une tâche éminemment régalienne. Elle doit relever de l’État, ou d’autorités légitimées démocratiquement et ne doit pas être confiée aux lois du marché. Or c’est précisément ce que prévoit la LSIE. Selon elle, l’e-ID sera fournie par des entreprises privées. Ce sont elles qui émettront le «&nbsp;passeport&nbsp;», le commercialiseront, entretiendront l’infrastructure nécessaire et apparaîtront comme les interlocuteurs directs des citoyen-ne-s. Le service des passeports pourrait ainsi être installé dans la filiale d’une banque ou dans un supermarché. La Confédération n’apparaîtrait à aucun moment directement&nbsp;: selon la loi, elle n’aura le droit de proposer elle-même aucune e-ID «&nbsp;sur le marché&nbsp;» et même pas d’acquérir une participation à une entreprise qui fournit de telles e-ID. Du point de vue démocratique, c’est inacceptable, comme le pense aussi la majorité écrasante de la population. En effet, selon un sondage représentatif de Demoscope, 87&nbsp;% des habitant-e-s veulent obtenir leur e-ID de l’État, contre seulement 2&nbsp;% qui le souhaitent d’une entreprise privée. Ce qui n’est pas surprenant&nbsp;: qui aimerait retirer son passeport à un guichet d’UBS, à une caisse de la Migros ou dans une agence locale de la CSS&nbsp;?</p><p class="heading--h4">Monopole en embuscade</p><p>Actuellement, les défenseurs de l’e-ID axent leur publicité d’une part sur le libre choix&nbsp;: chaque citoyen-ne pourra choisir par quel fournisseur privé il ou elle aimerait se voir délivrer sa carte d’identité numérique. Un choix qui n’offre d’ailleurs aucun attrait&nbsp;: en effet, qu’une carte d’identité ou un support électronique soit «&nbsp;rouge La Mobilière&nbsp;» ou «&nbsp;vert Vaudoise assurances&nbsp;», elle devra assumer exactement les mêmes, et finalement banales, fonctions. Mais on n’aurait même pas ce libre choix, car, sur le «&nbsp;marché des e-ID&nbsp;», tout va être axé sur la constitution d’un monopole, c’est-à-dire un fournisseur unique. Et cela fait d’ailleurs longtemps que ce dernier se prépare, en coulisses, sous le nom de «&nbsp;SwissSign Group&nbsp;». Une fois la LSIE acceptée, ce consortium – porté par une vaste alliance d’entreprises, composée en majorité de banques, d’assurances et de caisses-maladie – occuperont rapidement une position dominante sur le marché pour devenir l’unique fournisseur d’e-ID. S’il devait y avoir quand même des concurrents, il s’agira très probablement de puissants géants des technologies étrangers, comme Apple, Amazon ou Google, autant de noms qui n’inspirent pas particulièrement la confiance dans le traitement de données personnelles sensibles.</p><p class="heading--h4">Abus&nbsp;: les bonnes intentions ne suffisent pas</p><p>Et la LSIE pose justement problème en ce qui concerne les données personnelles. Avec des fournisseurs privés d’identité, les données personnelles des utilisateurs et utilisatrices sont fournies lors de chaque connexion à un compte («&nbsp;login&nbsp;»), des données qui peuvent être stockées jusqu’à six mois selon la loi. Une fois «&nbsp;entré&nbsp;», chaque utilisateur d’e-ID peut être suivi à la trace. Certes, ces données ne doivent pas être utilisées commercialement, c’est-à-dire vendues à des tiers, mais SwissSign Group est porté par tellement d’entreprises que ce ne devrait même plus être nécessaire. Et de manière très générale, plus il y a de recoupement, plus grand est le potentiel d’abus concernant les données personnelles&nbsp;; cela, même avec de bons articles de loi et de bonnes intentions.</p><p class="heading--h4">Pack de base ou «&nbsp;passeport première classe&nbsp;»</p><p>Avec une identité électronique privatisée, les citoyen-ne-s seraient réduits à l’état de consommatrices et consommateurs et devraient acquérir leur carte d’identité électronique «&nbsp;sur le marché&nbsp;». La loi ne dit absolument rien sur un plafonnement des prix. L’expérience montre malheureusement qu’en cas de monopole, ceux-ci sont en général trop élevés. Les «&nbsp;e-citoyen-ne-s&nbsp;» auront certes une marge de manœuvre quant au type d’identité électronique, puisque la loi prévoit trois variantes selon le degré de sécurité ou les possibilités d’utilisation. Les personnes qui ne doivent pas regarder au prix pourront s’offrir un «&nbsp;passeport de première classe&nbsp;», les autres se contenteront du «&nbsp;pack de base&nbsp;». Indépendamment du prix, il faut en plus s’attendre à ce que les fournisseurs d’identité électronique feront tout pour capter le plus de client-e-s possible. Avec l’e-ID, la population pourra être toujours plus poussée, même contre son gré, vers les canaux numériques, par exemple, si certains processus ou services deviennent disponibles en ligne seulement et plus du tout sur papier (changement de caisse-maladie, ouverture d’un compte bancaire, etc.). Ce qui représenterait un problème pour toute une partie de la population, notamment les personnes âgées.</p><p class="heading--h4">Conclusion&nbsp;:</p><p>Oui, il faut absolument une carte d’identité numérique. Mais certainement pas sous la forme d’une e-ID à la sauce Credit Suisse, AXA ou SwissLife (tous membres de SwissSign Group). Une pièce d’identité électronique doit être fournie par l’État&nbsp;: c’est la condition pour qu’elle obtienne la confiance de la population. Bien sûr, cette identité électronique ne doit pas forcément être développée de A à Z par la Confédération elle-même (même si l’EPFL ou l’EPFZ seraient tout à fait en mesure de le faire). Berne ne construit pas non plus elle-même les routes nationales&nbsp;! Nous appelons à voter NON le 7 mars à cette loi sur l’identité électronique. Puis à dire Oui sans tarder à l’introduction d’une carte d’identité électronique émise par l’État et dans laquelle on peut avoir confiance. La preuve que c’est possible sans problème&nbsp;? Schaffhouse utilise depuis plusieurs années et avec succès une e-ID émise par le canton.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Services Publics</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/f/e/csm_E-ID-Plakatwand-DE-FR-v1_a1110dc391.jpg" length="168675" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7407</guid><pubDate>Thu, 07 Jan 2021 09:20:00 +0100</pubDate><title>Assurer les salaires, les rentes et les emplois, aujourd’hui et demain</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/assurer-les-salaires-les-rentes-et-les-emplois-aujourdhui-et-demain</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="heading--h4">Le sous-emploi atteint des niveaux record</p><p>Le monde du travail a beaucoup souffert et reste marqué par la crise du coronavirus. Fin 2020, le sous-emploi dans le pays se situait autour des 10&nbsp;% (calculé en équivalents plein temps), un ordre de grandeur qui n’a plus rien à voir avec d’autres récessions, comme par exemple celle qui a suivi la crise financière de 2008. Et la situation aurait été encore bien pire sans les mesures de stabilisation socio-politiques (chômage partiel, APG, etc.) qui ont été prises. Il suffit, pour s’en convaincre, de regarder ce qui se passe aux États-Unis où le chômage a grimpé de façon vertigineuse.</p><p>Ce sont en général les personnes qui n’ont pas de rapports de travail stables qui subissent de plein fouet les effets d’une crise économique. Donc&nbsp;: les jeunes, les employé-e-s avec des contrats à durée déterminée ainsi que d’autres formes précaires de contrat de travail, comme le travail sur appel entre autres. Pendant la crise sanitaire, la participation des 15-24 ans au marché du travail a fortement diminué. Cette tendance est préoccupante, non seulement pour l’avenir des personnes concernées, mais aussi pour celui de l’économie de notre pays.</p><p>Parallèlement, il est encore plus difficile pour les personnes au chômage de retrouver un emploi en raison de l’arrêt partiel des activités économiques. Le nombre d’arrivées en fin de droit risque d’augmenter. Les personnes de plus de 55 ans sont les plus touchées&nbsp;: dans cette catégorie, le taux de chômage a augmenté jusqu’en novembre.</p><p class="heading--h4">Les problèmes de pouvoir d’achat s’aggravent en particulier pour les faibles revenus</p><p>Les personnes à faible revenu sont elles aussi durement touchées. En effet, les mesures sanitaires concernent avant tout l’hôtellerie-restauration, le tourisme et la culture, autant de domaines où l’on trouve davantage de personnes qui gagnent relativement peu. Elles sont aussi plus souvent au chômage et surreprésentées parmi les personnes au chômage partiel (réduction de l’horaire de travail, RHT). L’augmentation des indemnités RHT décidée tout récemment par le Parlement va certes atténuer leurs problèmes, ce qui est une bonne chose, mais n’en profiteront que les salarié-e-s dont le salaire est très bas.&nbsp;</p><p>S’y ajoute le fait que les salaires en général n’augmentent guère, alors que la charge que représentent les primes-maladie demeure élevée. Les problèmes de pouvoir d’achat et de revenu, déjà présents avant la crise du coronavirus, n’ont donc pas été résolus, ils se sont au contraire encore aggravés. La consommation privée s’en trouve affectée et, de ce fait, également l’évolution conjoncturelle.</p><p class="heading--h4">La crise frappe la Suisse à un moment difficile</p><p>La crise du coronavirus frappe l’économie suisse à un moment difficile. La forte surévaluation du franc n’a pas seulement freiné le secteur exportateur, mais aussi les activités d’investissement. Les exportations suisses de machines industrielles ont été divisées par deux depuis 2008 et sont retombées cette année au niveau de 1988. La croissance des investissements – surtout dans les catégories d’avenir des TIC, de la R&amp;D et des logiciels – a même été inférieure à celle enregistrée dans la zone euro pourtant frappée par la crise.</p><p>Des années 1990 à la crise financière de 2008, l’économie suisse a profité de l’évolution sur les marchés financiers. Le fort mouvement à la hausse sur ces derniers a permis de financer confortablement les caisses de pensions. La place financière en a également bénéficié et le cours du franc a été favorable à l’économie réelle. Depuis la crise financière, les choses ont cependant pris la direction inverse&nbsp;: d’une part, l’économie réelle souffre beaucoup de l’appréciation du franc et, de l’autre, le financement du 2e pilier devient plus compliqué. Ainsi, le montant des nouvelles rentes diminue, alors que les cotisations sont toujours plus élevées.</p><p>Peu de pays dépendent autant des marchés financiers que la Suisse avec son importante place financière et les fonds massifs des caisses de pensions. De plus, l’économie est fortement exposée aux variations de taux de change, car la Suisse dépend fortement des exportations et a sa propre monnaie dont le cours varie. Évaluations et dévaluations ont donc un impact plus important sur le PIB que dans la plupart des autres pays.</p><p>Cette évolution défavorable depuis la crise financière peut encore se renforcer. En effet, en raison de la baisse des revenus des placements financiers, les acteurs financiers tendent à augmenter le capital investi pour atteindre leurs objectifs de rentrées, ce qui réduit à nouveau le potentiel de rendement sur les marchés. Ce cycle ne concerne pas que les caisses de pension, dont le capital augmente par la hausse des cotisations, mais par exemple aussi les avoirs de l’assurance-accidents. En outre, la baisse des rentes du 2e pilier auront pour effet qu’un plus grand nombre de personnes ouvrira un compte de prévoyance dans le 3e pilier.</p><p class="heading--h4">Conclusions en matière de politique économique et revendications</p><p>L’année 2021 sera exigeante sur le plan économique et social. L’objectif immédiat reste la préservation des emplois et des salaires pendant la crise du coronavirus. Dès que celle-ci sera sous contrôle (vaccins et immunité des personnes guéries, entre autres), tout devra être entrepris pour relancer la conjoncture et réduire l’important taux de sous-emploi. Pour que la Suisse puisse faire face aux défis de l’avenir, il faut absolument reconsidérer notre dépendance à l’égard des marchés financiers. Le rapport prix-prestation de la prévoyance vieillesse peut être amélioré par un renforcement du système de répartition. La politique monétaire doit faire plus d’efforts pour contrer l’appréciation toxique du franc, qui compromet l’évolution de domaines d’investissement importants pour l’avenir et celle de l’économie réelle. La transition écologique aussi a besoin d’une économie réelle intacte. Il en découle les revendications suivantes&nbsp;:</p><ul><li>distribuer les réserves excédentaires des primes-maladie à hauteur de 5 milliards de francs, ce qui permettra, à un moment difficile, de fournir une impulsion de plus de 500 francs par personne pour le pouvoir d’achat. Il faut en plus augmenter les subsides pour les réductions des primes-maladie&nbsp;;</li><li>augmenter le nombre des indemnités journalières de l’assurance-chômage et prolonger les délais-cadres dans l’assurance-chômage jusqu’au printemps, comme lors de la première vague de la pandémie. Les chômeurs et chômeuses âgés ou qui se trouvent dans des branches et des professions totalement ou partiellement fermées ont particulièrement besoin de ces mesures&nbsp;;</li><li>prendre d’autres mesures de soutien pour les branches fermées afin d’éviter faillites et licenciements, par exemple en versant plus de fonds via l’outil du chômage partiel. L’efficacité des solutions prévues pour les cas de rigueur n’est que partielle et les aides sont trop lentes à arriver à destination&nbsp;;</li><li>fournir des garanties financières au secteur de la santé, fortement mis à contribution, qui en a pour mettre en place les ressources nécessaires. Soumis à de lourdes contraintes, le personnel a plus que mérité une hausse de salaire&nbsp;;</li><li>renforcer le système de répartition dans la prévoyance vieillesse, via des composantes de répartition dans le compromis trouvé par les partenaires sociaux sur la révision de la LPP et via une 13e&nbsp;rente AVS. Les demandes de nouveaux allégements fiscaux concernant le 3e pilier sont complètement aberrantes. Enfin, une partie des bénéfices de la BNS doit être allouée à l’AVS&nbsp;;</li><li>lutter systématiquement contre l’appréciation du franc&nbsp;; il y a encore du potentiel d’amélioration en la matière si la BNS communique plus clairement et se donne des objectifs conséquents[2].</li></ul><p>&nbsp;</p><p>[1] &nbsp;&nbsp;&nbsp; Estimation réalisée avec un modèle VAR pour la période 1994-2019. Variables&nbsp;: indice du cours de change réel selon la BRI et PIB réels.</p><p>[2] &nbsp;&nbsp;&nbsp; Cf. à ce sujet blog de Daniel Lampart (en allemand)&nbsp;: <a href="https://www.sgb.ch/themen/wirtschaft/detail/schweizer-maschinenexporte-auf-dem-niveau-von-1988-bekaempfung-der-frankenueberbewertung-ist-ueberfaellig-und-moeglich" target="_blank">www.sgb.ch/themen/wirtschaft/detail/schweizer-maschinenexporte-auf-dem-niveau-von-1988-bekaempfung-der-frankenueberbewertung-ist-ueberfaellig-und-moeglich</a>.</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Économie</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/f/0/csm_sous_emploi_085d1005a7.png" length="77879" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7404</guid><pubDate>Thu, 07 Jan 2021 09:08:00 +0100</pubDate><title>Le niveau des prestations est en danger</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/le-niveau-des-prestations-est-en-danger</link><description>Prévoyance vieille : décisions stratégiques en 2021</description><content:encoded><![CDATA[<p>En Suisse comme au plan international, la crise du coronavirus démontre de manière éclatante à quel point des assurances sociales fortes sont importantes. C’est tout particulièrement le cas pour ce qui est du chômage partiel. Mais une prévoyance vieillesse préservée est aussi synonyme de stabilité et de sécurité. Les États-Unis sont à cet égard un exemple négatif&nbsp;: à cause d’une sécurité des rentes insuffisante et individualisée, de nombreux Américain-e-s sont contraints, pour des raisons financières, de continuer à travailler même une fois à la retraite. Il apparaît désormais que les régions où le taux de pauvreté des personnes âgées est plus élevé sont souvent aussi des régions à fort taux d'infection. En effet, de nombreux Américain-e-s de plus de 65 ans doivent, pour des raisons financières, continuer à travailler après leur retraite et ces personnes âgées sont moins susceptibles de pouvoir faire du télétravail, car elles occupent souvent des emplois dits essentiels dans la logistique ou dans la prise en charge de tiers. C’est pourquoi des chercheurs et des chercheuses recommandent au législateur américain, pour lutter contre la pandémie, de tenir davantage compte des frais de subsistance des personnes âgées lors de l’élaboration des mesures de relance économique et des réformes des retraites. Il s’agit d’empêcher par tous les moyens que la situation ne devienne à ce point précaire aussi en Suisse. Mais chez nous aussi, les rentes permettent toujours moins de vivre et la pression qui s’exerce sur elles continue à s’accentuer.</p><p>En 2021, parallèlement à la gestion de la crise du coronavirus, la prévoyance vieillesse sera un des thèmes prioritaires de l’Union syndicale suisse (USS). Car c’est au cours de cette année que les jalons seront posés pour assurer matériellement les rentes actuelles et futures. Les jeunes comme les moins jeunes sont concerné-e-s dans une même mesure. Les personnes qui risquent le plus avec les réformes en cours sont celles qui touchent des salaires trop bas ou moyens. Les plus concernées sont les femmes. D’une part, le compromis des partenaires sociaux LPP 21 permettra d’améliorer sensiblement et rapidement les rentes scandaleusement basses des femmes, mais, de l’autre, le Parlement prépare un projet de démantèlement de l’AVS qui impliquera des pertes annuelles sur les rentes pouvant aller jusqu’à 1200 francs en ce qui concerne les femmes.</p><p class="heading--h4">Pour les bénéficiaires de rentes moyennes, aller chez le coiffeur est un luxe</p><p>Il y a tout juste trois semaines, le Parlement a décidé – avec seulement deux voix contre – d’augmenter les indemnités de chômage partiel pour les très petits salaires. Ainsi, depuis quelques jours, la loi COVID-19 garantit intégralement les salaires jusqu’à 3&nbsp;470 francs par mois. Le Parlement a donc reconnu que le coût de la vie en Suisse est tel que les personnes qui ont un bas salaire ne peuvent se passer d’un cinquième de leur revenu sans se retrouver en grande difficulté.</p><p>Mais les problèmes de pouvoir d’achat dont il s’agit de protéger les personnes à très bas revenu dans le cadre de la lutte contre la pandémie sont déjà une réalité pour la moitié des retraitée-e-s, car la rente médiane des personnes parties à la retraite en 2018 s’élève à 3&nbsp;449 francs par mois (AVS + 2e pilier).</p><p>Si l’on compare ce montant avec ce que les statistiques indiquent comme dépenses usuelles pour une personne seule de plus de 65 ans, on voit bien qu’il ne reste plus grand-chose pour vivre une fois payés les impôts, les primes d’assurance-maladie et le loyer. Aller au restaurant ou chez le coiffeur devient un luxe que beaucoup de retraité-e-s ne peuvent que rarement s’offrir. Même si ces personnes ont travaillé toute leur vie.</p><p><strong>Rente médiane AVS et LPP en 2018 :&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 3&nbsp;449</strong></p><p>Impôts :&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 266<br> Loyer et charges :&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 1&nbsp;035<br> Primes de caisse-maladie :&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 408<br> Taxes et émoluments :&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 25</p><p><strong>Revenu disponible :&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 1&nbsp;715</strong></p><p>Produits alimentaires/boissons et tabac : &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp; 422<br> Vêtements/chaussures : &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp; 59<br> Dépenses de santé : &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp; 216<br> Assurances : &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp; 268<br> Ameublement/entretien : &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp; 96<br> Autres dépenses ménagères : &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; 85<br> Téléphone/Internet/courrier, etc. : &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp; 89<br> Ordinateur, appareils radio/TV : &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; 45<br> Journaux/livres/abonnements, etc. : &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp; 42<br> Transports : &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp; 172<br> Soins corporels, etc. : &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp; 65</p><p><strong>Revenu disponible restant :&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 156</strong></p><p>Restaurant/hôtel : &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; 133<br> Loisirs/bien-être/culture : &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp; 212<br> Cadeaux/dons :&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 40</p><p>Sources&nbsp;: OFS Statistique des nouvelles rentes, EBM 2015-2017.</p><p>Et pour de nombreuses femmes, même cette rente de 3&nbsp;449 francs reste hors de portée. Actuellement, la rente médiane des femmes qui touchent l’AVS et une rente du 2e pilier est inférieure à 3&nbsp;000 francs par mois. Et si l’on considère l’ensemble des femmes, cette rente médiane tombe même bien plus bas, puisque près d’un tiers des femmes ne touche même aucune rente du 2e pilier.</p><p class="heading--h4">Le niveau des rentes doit être la pierre angulaire de toute réforme</p><p>Selon la Constitution, les prestations du 1er pilier (AVS et AI) doivent couvrir les besoins vitaux, alors que celles du 2e pilier (prévoyance professionnelle) doivent, sur cette base, permettre de maintenir le niveau de vie de manière appropriée.</p><p>Mais ces objectifs constitutionnels très clairs offrent un contraste terrible avec les rentes effectivement versées. Même si une personne remplit toutes les conditions et qu’elle a versé les cotisations exigées par la loi sans interruption pendant toute sa vie professionnelle, elle doit s’attendre à une petite rente. En effet, les prestations AVS et LPP maximales possibles protégées par la loi correspondent à un montant de 4&nbsp;370 francs par mois pour un homme seul en 2021.</p><p>Pendant de nombreuses années, les prestations surobligatoires du 2e pilier ont fait illusion et ont masqué le fait que la concrétisation de la prévoyance vieillesse telle qu’exigée par la Constitution est restée en plan à mi-chemin. Les rentes moyennes du 2e pilier sont désormais en baisse depuis des années déjà. En cause&nbsp;: d’une part, le taux de conversion en baisse dans la partie surobligatoire et, d’autre part, en raison du rendement nettement moindre (intérêts) des avoirs de prévoyance. Elles ne sont donc plus en mesure de pallier le manque de protection par la loi.</p><p>Le Conseil fédéral ferme les yeux sur cette réalité, même s’il ne cesse d’affirmer qu’il est pour le maintien du niveau des prestations dans la prévoyance vieillesse. Ses propositions de réforme de l’AVS vont même dans le sens contraire&nbsp;:</p><p>Si l’on se base sur la rente AVS médiane, le relèvement de l’âge de la retraite de 64 à 65 ans pour les femmes est synonyme d’une baisse de prestation d’environ 1&nbsp;200 francs par année pour les femmes concernées. Cela, pour autant qu’elles puissent travailler et cotiser jusqu’à 64 ans, car les perspectives sur le marché du travail sont encore moins bonnes pour les travailleuses âgées, que pour leurs collègues masculins.</p><p>Même si la rente AVS minimale a augmenté de 10 francs par mois au début de l’année, le système de l’AVS est tel que les rentes couvrent une part toujours plus ténue du dernier salaire des nouveaux retraité-e-s parce qu’avec l’indice mixte, elles ne sont adaptées que tous les deux ans, pour une moitié aux salaire et pour l’autre au renchérissement. Le Conseil fédéral estime que l’indice du taux de remplacement passera des 100&nbsp;% initiaux (1980) à 86&nbsp;% en 2030, c’est-à-dire bien 14&nbsp;% de moins. Seule l’initiative pour une 13e rente AVS permettra de &nbsp;contrer cette tendance.</p><p class="heading--h4">Pertes de rentes dans le 2e pilier</p><p>Il y a cinq ans, l’USS publiait pour la première fois un aperçu des taux de conversion en baisse et du déclin des rentes du 2e pilier. Aujourd’hui, les banques et les assurances parlent pratiquement tous les mois de la chute vertigineuse des rentes des caisses de pensions.</p><p>Depuis maintenant plus de dix ans, les assuré-e-s paient ainsi toujours plus pour leur 2e pilier pour, toucher quand même des rentes toujours moindres. En 2019, les cotisations ont certes légèrement reculé, mais cela s’explique par une hausse plus forte des salaires soumis à cotisation. Si cette hausse avait été comparable à celle de l’année précédente, les cotisations auraient aussi augmenté.</p><p>En 2021, la pression sur les rentes du 2e pilier devrait donc continuer à s’accentuer. De nombreuses caisses de pensions ont d’ailleurs déjà décidé de nouvelles baisses des taux techniques et des taux de conversion. Les actuels faibles taux d’intérêt en sont la raison. Ces faibles taux d’intérêt sont particulièrement problématiques pour cette forme de prévoyance financée selon un système par capitalisation. La part du rendement sur le capital aux revenus du 2e pilier a déjà baissé drastiquement. Alors qu’en 1987, avec 32,6&nbsp;%, elle correspondait encore au fameux «&nbsp;troisième cotisant&nbsp;», cette part est tombée à 19,9&nbsp;% en 2018. Pendant ce temps, les cotisations des assuré-e-s à la caisse de pension n’ont cessé d’augmenter dans la même mesure. En 1987, le rendement du capital était d’environ 2&nbsp;300 francs par assuré-e (l’équivalent de 3&nbsp;400 francs aux prix de 2018). L’assuré-e cotisait alors en moyenne pour 4&nbsp;800 (7 000) francs, part de l’employeur incluse. En 2018, le rendement était de 4&nbsp;333 francs et les cotisations se montaient à 13&nbsp;400 francs. Cette évolution est d’autant plus frappante que le capital global du 2e pilier a énormément augmenté au cours de cette période&nbsp;: de 158 milliards de francs en 1987, il est passé à 865 milliards en 2018. La part du rendement du capital au capital a donc baissé de plus de 6&nbsp;% dans les années 1990 à moins de 1,9&nbsp;% en 2018.</p><p>En comparaison européenne, les coûts globaux de la sécurité sociale en Suisse se situent dans le peloton du milieu des pays d’Europe de l’Ouest et du Nord, avec environ un quart du PIB. Mais si l’on prend les dépenses par habitant-e corrigées du pouvoir d’achat, la Suisse est le deuxième pays européen le plus cher[1]. C’est d’autant plus préoccupant que le taux de remplacement de la prévoyance vieillesse en Suisse est très à la traîne par rapport à celui des autres pays. Concrètement, nous payons énormément plus pour des prestations nettement inférieures. En témoignent les comparaisons avec des pays de l’OCDE ainsi que des études internationales sur la prévoyance vieillesse[2].</p><p class="heading--h4">Conclusions et revendications</p><p>Toute personne mérite une bonne rente après une vie de travail. Même si la Constitution le stipule depuis près de 50 ans, nous ne cessons de nous éloigner de cet objectif. L’USS est convaincue que, plus que jamais, nous avons besoin d’un engagement fort pour de bonnes rentes.</p><p>Il y a plusieurs moyens pour atteindre les objectifs constitutionnels en termes de prestations de vieillesse&nbsp;: en renforçant l’AVS, en améliorant les prestations du 2e pilier ou en combinant les deux approches. Cela dépend de plusieurs facteurs&nbsp;: d’une part, il y a la question de la performance intrinsèque du système par capitalisation du 2e pilier et de celle du système de répartition de l’AVS. D’autre part, les effets de redistribution des deux systèmes sont différents. Dans ce contexte, l’USS considère que les conséquences et les revendications suivantes s’imposent&nbsp;:</p><ul><li>Il faut renforcer l’AVS pour que les rentes, et en particulier les rentes des femmes, soient suffisantes pour vivre. Pour aller dans ce sens, l’USS a lancé, avec une large alliance d’organisations de salarié-e-s, de partis politiques et d’organisations de retraité-e-s, l’initiative populaire «&nbsp;pour une 13e rente AVS&nbsp;». Elle sera déposée cette année.</li><li>Les projets de réforme en cours devront être évalués à l’aune du niveau des rentes. Les projets qui entraîneront une baisse des rentes sont condamnés à échouer dans les urnes.</li><li>Les objectifs de prestation prévus dans la Constitution devraient être atteints au meilleur prix possible. Le droit à des rentes aussi élevées que possible doit dès lors pouvoir s’acquérir par des cotisations les plus basses possible. Pour l’écrasante majorité des personnes professionnellement actives, le système de répartition génère les prestations de loin les plus importantes par franc de cotisation. C’est pourquoi il faut donc renforcer ce système dans la prévoyance vieillesse en introduisant la composante de répartition prévue dans le compromis des partenaires sociaux sur la réforme de la LPP, et à travers une 13e rente AVS.</li><li>Afin de couvrir de manière solidaire les besoins financiers supplémentaires nécessaires dans la prévoyance vieillesse, il faut en outre prévoir pour les rentes AVS une contribution provenant des bénéfices de la Banque nationale.</li><li>Les projets de réforme en cours devront être évalués à l’aune du niveau des rentes de vieillesse qu’ils proposent. Toute réforme qui entraînerait des baisses de rentes est vouée à l’échec en votation populaire.</li><li>Le renforcement du 3e pilier tellement vanté par les banques et les assurances ne représente pas une option valable pour assurer sa prévoyance vieillesse. Pour l’écrasante majorité de la population, le 3e pilier n’offre pas une sécurité de revenu.</li></ul><p>&nbsp;</p><p>[1] &nbsp;&nbsp;&nbsp; Voir OFS, Protection sociale&nbsp;: Panorama 2020, mars 2020, p. 3.</p><p>[2] &nbsp;&nbsp;&nbsp; OCDE, Taux de remplacement nets des pensions, Hommes, % des gains de pré-retraite&nbsp;; <a href="https://data.oecd.org/fr/pension/taux-de-remplacement-nets-des-pensions.htm" target="_blank" rel="noreferrer">data.oecd.org/fr/pension/taux-de-remplacement-nets-des-pensions.htm</a>.</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Politique sociale</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/mk-cp/210107/rentes_en_baisse.png" length="91997" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7402</guid><pubDate>Thu, 07 Jan 2021 09:02:00 +0100</pubDate><title>Protéger le monde du travail des effets de la crise et rétablir une perspective d’avenir : la nécessité d’un agenda salarial et social ambitieux en 2021</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/proteger-le-monde-du-travail-des-effets-de-la-crise-et-retablir-une-perspective-davenir-la-necessite-dun-agenda-salarial-et-social-ambitieux-en-2021</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Le tableau en ce début d’année sur le front du travail est sombre. De très nombreux ménages ont subi, en 2020, des pertes de revenus très importantes, et abordent donc 2021 dans une situation moins bonne que 2020. La sous-occupation atteint des sommets : en fait, le manque d’activité, en additionnant chômage, sous-emploi et chômage partiel, atteint un record de 10&nbsp;%. Et les perspectives économiques restent incertaines, nourrissant une peur justifiée de la précarité pour de nombreuses catégories, des plus jeunes qui entrent sur le marché du travail aux travailleurs et travailleuses en fin de carrière.</p><p>Nous devons constater que la lutte des autorités fédérales et cantonales contre la pandémie a eu des conséquences extrêmement injustes. Quand la situation se dégrade, l’État interdit des activités et laisse ainsi supporter seulement à une partie de la population le coût économique de mesures prises au nom de la santé de tous. Or ces personnes n’ont commis aucune faute. Au contraire, elles se sont souvent conformées de manière très disciplinée à de multiples injonctions sur les mesures de protection à prendre. Mais à chaque étape, et cela s’aggrave lors de cette dite «&nbsp;deuxième vague&nbsp;», l’État ne prévoit rien d’efficace pour remplacer les revenus de celles et ceux à qui il interdit de travailler. Les épidémiologistes qui multiplient les appels aux restrictions, les autorités sanitaires et les exécutifs qui les décident n’ont jamais préparé eux-mêmes en même temps les mesures de soutien économiques et sociales adéquates.</p><p>L’affirmation «&nbsp;nous ne laisserons personne au bord du chemin&nbsp;» prononcée au nom du Conseil fédéral par la présidente de la Confédération n’est ainsi pas vérifiée sur le terrain.</p><p>Et si nous avons évité le pire, c’est par ce qui a été conquis de haute lutte par les syndicats et quelques organisations économiques auprès du Conseil fédéral ou souvent directement au Parlement. Il a fallu notre engagement sans relâche, par exemple, pour que le chômage partiel soit étendu aux contrats de travail à durée limitée et atypiques. Pour que des allocations soient introduites en faveur des parents empêchés de travailler par une fermeture d’école ou une quarantaine dans une classe. Et pour que les revenus le plus modestes soient compensés à 100% par le chômage partiel, évidemment. Rien de tout cela n’a été prévu d’emblée comme accompagnement des mesures prises.</p><p>Aujourd’hui, ce sont des centaines de milliers de personnes qui doivent se débrouiller dans les affres de la bureaucratie suisse, renvoyées d’un service à l’autre, sans prise en compte de la spécificité de leur situation. Quant aux systèmes d’aide que le Parlement a pu à grand peine mettre sur pied, ils ont des effets de seuil injustes, par exemple avec la limite trop élevée et arbitraire de 40&nbsp;% de perte de chiffre d’affaires, et manquent donc souvent leur cible.</p><p>Enfin, les hommes et les femmes qui travaillent dans le système de santé, et qui ont payé de leur personne pour assurer les soins essentiels, attendent toujours une rémunération correcte de leur effort hors du commun. L’organisation du système de santé comme un marché et l’incitation aux prestataires de rechercher la rentabilité maximale a démontré son inadaptation pour faire face à des événements extraordinaires : il faudra retenir cette leçon pour les évolutions à venir du financement des soins. Mais dans l’immédiat, c’est le personnel qui a fait les frais de ces insuffisances, et une reconnaissance de cet engagement s’impose. Le fait que les quarantaines ne soient pas toujours possibles pour le personnel des EMS est à ce titre inacceptable. Il faut des renforts en personnel en EMS et dans les hôpitaux pour cette année 2021. Le Conseil fédéral et les cantons doivent les ordonner et les financer. Ces renforts sont justes pour soulager les équipes et efficaces pour donner une meilleure capacité de résistance à notre système de santé, ce qui peut permettre d’éviter de prendre dans la précipitation des mesures excessives, car trop peu concertées et évaluées.</p><p class="text-center"><strong>***</strong></p><p>Nous entamons donc l’année dans une situation désastreuse du point de vue de la cohésion nationale. Les secteurs sacrifiés dans cette crise, les travailleuses et travailleurs, salariés ou indépendants, qui s’y engagent, ainsi que leurs familles ont de quoi se sentir abandonnés par le pays et ses autorités. Il s’agit des secteurs du tourisme, de l’hôtellerie-restauration, de la culture, des loisirs, du sport, du voyage, de l’événementiel, notamment. Ce sont des centaines de milliers de personnes qui travaillent. Avec leur famille, leur nombre dépasse sans doute le million de personnes, précarisées. Et de l’autre côté, ceux que l’on a découverts essentiels doivent se contenter, pour le moment, de travailler encore plus dur sans vraies perspectives d’améliorations salariales durables.</p><p>Mais cette situation est également une catastrophe pour notre cohésion sociale. La crise aura eu pour conséquence de renforcer massivement les inégalités. Les professions touchées par les destructions d’emplois et le chômage partiel sont celles qui sont les moins rémunérées. À l’inverse, les salaires les plus élevés ont été nettement moins touchés. Quant aux marchés des capitaux et aux revenus qu’ils génèrent, ils se portent mieux que jamais. Nous ne pouvons pas tolérer qu’une pandémie débouche, à la fin, sur un renforcement des écarts de salaire et de fortune.</p><p>Pour éviter que ce sentiment d’abandon et de trahison ne se fige pour longtemps, il est possible d’agir, à la condition que cette fois, le Conseil fédéral ne laisse aucun espace à la bureaucratie et soit capable de faire arriver rapidement chez les personnes concernées une indemnisation concrète. La mise en œuvre des aides dites pour «&nbsp;cas de rigueur&nbsp;» doit avoir lieu dans les prochaines semaines, et le Conseil fédéral doit faire usage de toutes les marges de manœuvre légales pour les rendre le plus accessibles possible. Limiter autant que possible la destruction de places de travail est un effort qui mérite qu’on y consacre toutes les ressources à disposition en ce début d’année, pour éviter des catastrophes sociales chez les jeunes et les travailleurs et travailleuses en fin de carrière, mais aussi pour accélérer la reprise une fois la pandémie maîtrisée.</p><p>De la même manière, nous attendons que la garantie à 100&nbsp;% des salaires en cas de chômage partiel soit effective au moment du versement des indemnités de janvier. Et que les aides prévues pour le secteur de la culture et de l’événementiel parviennent enfin à leurs destinataires, dans tous les cantons. Une fois cette première aide délivrée, il faudra que le Conseil fédéral donne une perspective sérieuse et stable de reprise d’activité au secteur culturel.</p><p>Enfin, quoi qu’on fasse, largement plus d’un million de salarié-e-s ont perdu cette année 20&nbsp;% de leur revenu pendant un mois ou davantage. Ce sont essentiellement des salarié-e-s situés dans les bas niveaux de salaire. Des estimations ont été faites cet été sur l’impact moyen de ces pertes pour l’ensemble des habitant-e-s de notre pays. Nous savons donc, si l’on sort de la vision moyenne pour se concentrer sur celles et ceux qui ont été réellement touchés, que les pertes se montent à plusieurs milliers de francs par ménage concerné. Ces pertes conduisent les ménages concernés à être encore davantage exposés au risque de ne pas pouvoir faire face à une dépense imprévue, notamment au sujet de leur santé.</p><p>D’un autre côté, chaque ménage suisse de quatre personnes dispose d’un carnet d’épargne d’environ 2000 francs stocké pour lui par son assureur-maladie. Les réserves excédentaires LAMal se montent en effet à 5&nbsp;milliards environ, ce qui représente largement 500 francs par personne.</p><p>Il n’y a pas de meilleur moment pour redistribuer cet argent aux assuré-e-s. D’une part, cela permettrait de combler une partie des pertes de pouvoir d’achat des ménages touchés par la crise. D’autre part, nous savons désormais que l’un des buts de ces réserves (financer le système de santé en cas de pandémie) n’a pas lieu d’être. La pandémie, nous l’avons eue et tout indique qu’elle n’aura pas nécessité le prélèvement massif sur les réserves craint par les assureurs.</p><p>Cette redistribution est donc possible et nécessaire. Pour qu’elle se fasse dans des conditions équitables et sûres, il n’y a qu’un moyen&nbsp;: une redistribution à tous les habitant-e-s de ce pays, adultes et enfants, de la même somme en francs. C’est le seul moyen d’être équitable et d’éviter les effets d’aubaine ou les injustices qu’une redistribution en fonction de la situation de chaque assureur ne manquerait pas de provoquer. Nous avons proposé un dispositif légal complet lors du premier examen de la loi COVID-19 au printemps. Cette proposition reste sur la table.</p><p class="text-center"><strong>***</strong></p><p>Comme je l’ai dit, la crise a frappé très injustement le monde du travail. Les plus bas revenus, les salarié-e-s les plus précaires, les personnes les plus vulnérables ont payé un lourd tribut. Non seulement il faut éviter que cette injustice ne s’aggrave encore cette année, mais il faut aussi inverser la tendance sur le long terme.</p><p>Cela nous renforce dans les combats que nous mènerons, en 2021, et qui vont au-delà des conséquences de la pandémie. Ainsi, le dossier de la prévoyance vieillesse est à un carrefour. Le Parlement menace de dégrader les prestations de l’AVS, en particulier pour les femmes. Les rentes du deuxième pilier s’érodent dans un environnement de taux durablement bas&nbsp;: notre système souffre de sa dépendance aux marchés financiers. Et la droite parlementaire veut renforcer avec le 3e pilier une prévoyance privée qui ne s’adresse qu’aux plus hauts revenus.</p><p>Face à cela, nous serons à l’offensive. Nous ferons aboutir dans les mois qui viennent notre initiative pour une 13e rente AVS. Et nous défendrons le compromis des partenaires sociaux sur la LPP, qui contribue à résoudre les plus importants problèmes du 2e pilier.</p><p>Plus largement, nous voulons que le pays sorte de cette épreuve en renforçant la solidarité, et qu’il préserve la confiance en l’avenir pour nos jeunes. Nous continuerons à demander aux autorités de tenir leurs nombreux engagements dans ce sens, et de faire preuve d’équilibre et de justice dans leurs décisions. Mais aussi, et dès que la situation pandémique le permettra, nous retournerons dans la rue avec toute la force nécessaire, pour l’emploi et pour les salaires. Car il n’est pas question d’accepter que le monde du travail paie pour une crise dont il n’est aucunement responsable.</p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category><category>Économie</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/mk-cp/210107/210107_JMK-PYM.jpg" length="379078" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7386</guid><pubDate>Wed, 16 Dec 2020 15:41:18 +0100</pubDate><title>Les requérant-e-s déboutés devraient pouvoir terminer leur apprentissage</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/les-requerant-e-s-deboutes-devraient-pouvoir-terminer-leur-apprentissage</link><description>Le Conseil national fait des pas en avant dans le domaine de l’asile</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">C’est un pas vers la fin d’une pratique inhumaine&nbsp;: les requérant-e-s d’asile qui sont intégré-e-s au marché du travail et qui effectuent un apprentissage devraient pouvoir rester en Suisse le temps de terminer leur formation, même si leur demande d’asile est refusée entretemps. Le Conseil national a approuvé une motion en ce sens. Si le Conseil des États lui emboîte le pas, on en aurait fini avec la pratique aberrante de renvoyer des jeunes personnes sans formation dans un pays qu’elles ont quitté justement par manque de perspectives d’avenir.</p><p>La décision est on ne peut plus claire&nbsp;: plus de deux tiers des élu-e-s du Conseil national (129 contre 54) ont dit oui à la motion 20.2925 «&nbsp;Pas d'interruption d’un apprentissage en cours à l’échéance d'une longue procédure d’asile. Permettre aux demandeurs d’asile déboutés de terminer leur formation en cours&nbsp;», déposée par la commission des institutions politiques (CIP-N). Jusqu’ici, les personnes déboutées devaient interrompre leur apprentissage et quitter la Suisse sans pouvoir terminer leur formation, ce qui était problématique aussi pour leur employeur. Mais surtout, cela voulait dire que leurs chances d’intégrer le marché du travail – même dans leur pays d’origine – se trouvaient sérieusement mises à mal. Il est tout simplement inhumain de compromettre ainsi l’avenir de ces jeunes.</p><p>Et pourtant, le Conseil fédéral et une minorité de la CIP-N voulaient maintenir cette pratique. Leur argument&nbsp;: elle fait partie d’un arsenal de mesures visant à empêcher les appels d’air et à décourager les gens de venir en Suisse dans l’espoir d’un avenir meilleur. Heureusement, le Conseil national ne l’a pas entendu de cette oreille et a mandaté le Conseil fédéral d’adapter les bases légales de telle sorte que les requérant-e-s d’asile au bénéfice d’un contrat d’apprentissage ou de formation en bonne et due forme puissent terminer leur formation professionnelle initiale (CFC) même en cas de décision négative et ce, grâce à une prolongation du délai de départ.</p><p>Par ailleurs, le Conseil national n’est même pas entré en matière sur une proposition de modifier la loi fédérale sur les étrangers et l’intégration (LEI)&nbsp;: la modification prévoyait de restreindre gravement la liberté de mouvement des requérant-e-s d’asile, des personnes admises à titre provisoire et des personnes à protéger en leur interdisant de voyager à l’étranger. Même le fait qu’elle permettait aux personnes concernées de changer plus facilement de canton ne pouvait pas compenser ce durcissement sévère.</p><p>Reste à espérer que la Chambre des cantons suive le Conseil national lors de la session de printemps et qu’elle contribue ainsi à ce que la Suisse devienne un peu plus accueillante pour les personnes sans passeport helvétique, au lieu de nuire à leurs perspectives professionnelles et de restreindre leur liberté de mouvement.</p>]]></content:encoded><category>Migration</category><category>Formation &amp; Jeunesse</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/sgb/Nationalratssaal_der_Schweiz-Superikonoskop-Wikimediacommons-ccbysa.jpg" length="337362" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7362</guid><pubDate>Thu, 10 Dec 2020 09:57:04 +0100</pubDate><title>La pression syndicale a payé : droit à la rente-pont dès janvier 2021</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/la-pression-syndicale-a-paye-droit-a-la-rente-pont-des-janvier-2021</link><description>Le Parlement a suivi la revendication de l’USS et a accepté d’avancer de six mois le droit à la nouvelle rente-pont.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">C’est une victoire pour les syndicats et surtout un grand soulagement pour les personnes concernées&nbsp;: le Parlement a suivi la revendication de l’USS et a accepté d’avancer de six mois le droit à la prestation transitoire pour les chômeurs et chômeuses qui arrivent en fin de droit peu de temps avant l’âge de la retraite. Cette mesure permettra d’atténuer un tout petit peu les effets dévastateurs de la crise qui frappent de plein fouet ces personnes en particulier.</p><p><strong>Sombres perspectives</strong></p><p>Pour les personnes qui sont au chômage à plus de 55 ou 60 ans, la situation est de plus en plus inquiétante. Alors que la situation s’est un peu améliorée chez les jeunes au cours de l’été, le taux de chômage chez les personnes en fin de carrière continue de grimper. Le groupe des 60-64 ans est le plus durement touché&nbsp;: le nombre de chômeurs et chômeuses dans cette tranche d’âge a atteint en octobre un sommet historique avec 11&nbsp;397 personnes. Et la part du chômage de longue durée sur l’ensemble des chômeurs et chômeuses est à son plus haut niveau depuis la dernière révision de loi sur l’assurance-chômage (LACI) en 2011.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Prestation transitoire</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/b/b/csm_aeltererMann-nachdenklich-am-Fenster_nadofotos-iStock_5669f08aa7.jpg" length="117954" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7361</guid><pubDate>Wed, 09 Dec 2020 15:00:06 +0100</pubDate><title>Avec Logib 2, plus d’excuses pour les PME de moins de 50 employé-e-s</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/avec-logib-2-plus-dexcuses-pour-les-pme-de-moins-de-50-employe-e-s</link><description>Analyse de l’égalité salariale : un nouvel outil bientôt à disposition</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Désormais, les petites entreprises peuvent aussi analyser leurs salaires sous l’angle de la discrimination. C’est en effet chose possible grâce au Module 2 de Logib que la Confédération met à disposition en «&nbsp;accès anticipé&nbsp;» depuis le 3 décembre 2020 (en français: mi-janvier). Plus ancien, le Module &nbsp;1 de Logib ne peut être utilisé que par les entreprises d’au moins 50 employé-e-s.</p><p>Bien que l’égalité salariale entre femmes et hommes figure depuis des décennies dans la Constitution fédérale et la loi sur l’égalité, les petites et moyennes entreprises de moins de 50 employé-e-s (PME) n’avaient à ce jour pas la possibilité de contrôler elles-mêmes si elles respectaient l’égalité salariale. Logib, le modèle d’analyse standard de la Confédération qui continuera à être utilisé, repose sur une méthode statistique dont les résultats ne sont fiables qu’à partir d’une cinquantaine de dossiers. C’est pour cela que les syndicats de l’Union syndicale suisse (USS) demandaient depuis longtemps une méthode qui fonctionne aussi pour les entreprises de plus petite taille. Une premier projet pilote a eu lieu en 2011 déjà, mais l’introduction définitive de la nouvelle méthode a été retardée de plusieurs années, malgré la pression exercée par l’USS.</p><p>Ce n’est que presque dix années après le projet pilote que la Confédération met enfin le Module&nbsp;2 de Logib à disposition. Contrairement au Module 1, le Module 2 se base sur l’évaluation analytique du travail. Avec cette méthode, l’entreprise définit les exigences et les charges liées à un travail et calcule une valeur fonctionnelle. L’instrument contrôle ensuite si la même rémunération est versée pour deux postes de travail de même valeur fonctionnelle, ce qui permet de faire apparaître d’éventuelles discriminations salariales.</p><p>Ce nouvel instrument d’analyse ne sera certes lancé, officiellement et accompagné de cours de formation ainsi que d’une assistance technique, qu’à partir du mois de mai. Mais les entreprises intéressées peuvent maintenant déjà s’annoncer pour accéder de manière anticipée à cet outil. En allemand dans un premier temps, mais les versions française et italienne seront prêtes vers la mi-janvier. Cela veut dire qu’aucune entreprise – même de petite taille – ne pourra plus prétendre respecter l’égalité salariale, mais ne pas être en mesure de le prouver, faute d’instrument de contrôle.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/e/4/csm_Schnecke-Crackingart-Locarno_Foto-SGB-TF_fa2ca1201d.jpg" length="370039" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7347</guid><pubDate>Fri, 27 Nov 2020 11:10:02 +0100</pubDate><title>Quand les enfants doivent rester à la maison : que faire?</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/quand-les-enfants-doivent-rester-a-la-maison-que-faire</link><description>Allocations perte de gain (APG) pour les parents</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’école ou la crèche ferme ses portes parce qu’elle manque d’enseignant-e-s ou de personnel socio-éducatif à cause de la pandémie&nbsp;? Les enfants sont mis en quarantaine&nbsp;? Un vrai casse-tête pour les parents&nbsp;! Beaucoup d’entre eux ignorent que dans ce cas de figure, ils ont droit à des allocations pour perte de gains (APG). Il leur suffit de les demander auprès de la caisse de compensation AVS.</p><p>Pour les parents, le calme relatif de l’été appartient définitivement au passé&nbsp;: aujourd’hui, les nouvelles infections au coronavirus se chiffrent chaque jour par milliers. Même si les écoles et les crèches restent ouvertes, il y a de plus en plus de cas où les enfants doivent rester chez eux&nbsp;: lorsque des membres du personnel sont en quarantaine ou ont contracté le coronavirus, il n’est parfois plus possible de maintenir la garde des enfants ou l’activité scolaire. Ou alors ce sont les enfants eux-mêmes qui doivent se mettre en quarantaine parce qu’ils ont eu un contact étroit avec une personne infectée.</p><p>Si les solutions de garde des enfants disparaissent ainsi, les parents ont non seulement le droit de s’occuper de leurs enfants, c’est même leur devoir légal. Les employeurs doivent les libérer à cette fin, même en cas de télétravail lorsque celui-ci n’est pas conciliable avec la garde des enfants. Mais il n’est pas clair s’ils doivent verser le salaire de l’employé-e pendant ce laps de temps.</p><p>Depuis le début de la pandémie, l’Union syndicale suisse (USS) s’est battue pour que les salarié-e-s soient aidés financièrement lorsqu’ils ou elles doivent, dans la situation actuelle de pandémie, rester à la maison pour s’occuper de leurs enfants. Avec succès&nbsp;: les parents ont droit dans ces cas aux APG. Ainsi, le problème de garde ne se transforme pas, en plus, en problème financier.</p><p>Malheureusement, cette solution est encore trop peu connue du grand public. Trop de personnes encore ne savent pas qu’elle existe ou renoncent à faire valoir leur droit par peur des tracasseries administratives. Pourtant la démarche n’est pas si compliquée&nbsp;: si vous devez vous occuper vous-même de votre enfant à cause de la pandémie, le plus simple est de demander à votre employeur de faire la demande d’allocations auprès de la caisse de compensation AVS compétente. Sinon, vous pouvez déposer directement une telle demande auprès de la caisse de compensation AVS de votre canton&nbsp;:<a href="https://www.ahv-iv.ch/fr/Corona-perte-de-gain" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer"> www.ahv-iv.ch/fr/Corona-perte-de-gain</a>.</p><p>Même si l’on n’est pas touché soi-même, on peut soutenir les parents qui travaillent en diffusant ces renseignements le plus possible autour de soi. Nous ne pouvons pas accepter qu’une solution existe, mais quelle n’est pas utilisée faute d’en avoir connaissance.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gleichstellung/Kinder_zuhause_davidpereiras-photocase.jpg" length="735485" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7346</guid><pubDate>Fri, 27 Nov 2020 11:01:12 +0100</pubDate><title>La Suisse, championne de la conciliation travail-famille, vraiment ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/la-suisse-championne-de-la-conciliation-travail-famille-vraiment</link><description>Enquête suisse sur la population active ESPA</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La Suisse ne peut pas se vanter d’avoir une politique familiale particulièrement progressiste. La plupart des statistiques que l’OFS publie périodiquement sur ce sujet, et en particulier sur la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, en témoignent. Mais aujourd’hui, cette donne a quelque peu changé&nbsp;: selon la dernière Enquête suisse sur la population active (ESPA 2018), la Suisse fait partie des premières de classe en Europe en ce qui concerne la conciliation travail-famille.</p><p>Lorsqu’on regarde de plus près les chiffres de l’ESPA, on constate que ce sont surtout les employé-e-s les mieux payés et les cadres qui bénéficient d’une certaine flexibilité dans leurs horaires de travail. Près de 70&nbsp;% des salarié-e-s (mais plus d’hommes que de femmes) peuvent au pied levé décaler d’une heure le début ou la fin de leur journée de travail, en général pour des raisons familiales. Et une bonne moitié des employé-e-s peuvent prendre un jour de congé sans devoir le déduire de leurs vacances. Pour l’Office fédéral de la statistique (OFS), cette flexibilité peut effectivement simplifier la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, par exemple lorsqu’il y a collision entre les horaires de crèches et ceux d’un-e pendulaire. Mais cela ne suffit de loin pas pour faire de la Suisse un pays exemplaire en la matière, ne serait-ce que parce que les personnes les moins bien payées peuvent encore trop rarement bénéficier de tels aménagements.</p><p>D’autres données de l’ESPA 2018 rappellent que la Suisse est restée un pays en voie de développement en ce qui concerne la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle&nbsp;: même si la situation s’est quelque peu améliorée depuis 2010, la Suisse est toujours en tête des pays dans lesquels les femmes réduisent leur activité professionnelle – ou l’arrêtent complètement – pour s’occuper de leurs enfants. Et ce n’est pas tout&nbsp;: en plus de réduire leur temps de travail, ce qui entraîne des baisses de revenu et une plus grande dépendance financière, elles se tournent souvent, après la naissance de leurs enfants, vers des activités professionnelles impliquant moins de responsabilités ou d’exigences. Les femmes (et quelques hommes) privilégient souvent la garde de leurs enfants au détriment de leur indépendance financière et d’un travail passionnant. Dans ce contexte, les conclusions que tire l’OFS, à savoir que le temps partiel favoriserait la conciliation travail-famille, paraissent plutôt cyniques.</p><p>Car concilier travail et famille ne veut justement pas dire renoncer à une partie de son revenu et à des défis professionnels pour assurer la garde des enfants ou la prise en charge d’un-e proche. Cela ne veut pas dire que les mamans doivent faire des pauses prolongées dans leur activité professionnelle. Et ça ne veut pas dire non plus que les parents doivent commencer le travail plus tard ou partir plus tôt parce que les horaires de travail habituels sont beaucoup trop longs et que les heures d’ouverture des crèches sont trop restreintes. Le fait que les personnes avec des obligations familiales doivent recourir à ce gymkhana pour y arriver montre bien, une fois de plus, qu’une réelle conciliation travail-famille n’existe pas en Suisse.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/5/e/csm_Vater-stillt-Kleinkind_O_Lypa-iStock_6e3671e848.jpg" length="133364" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7339</guid><pubDate>Wed, 25 Nov 2020 15:52:51 +0100</pubDate><title>Les pilotes d’Easyjet rejoignent l’USS</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/les-pilotes-deasyjet-rejoignent-luss</link><description>Les délégué-e-s de l&#039;USS acceptent à l&#039;unanimité l&#039;adhésion par voie de circulaire</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le syndicat des pilotes d’Easyjet (Easyjet Switzerland Pilots’ Association, ESPA) a formulé à l’été 2020 une demande d’adhésion à l’Union syndicale suisse (USS). L’ESPA représente environ 90% des pilotes d’easyjet en Suisse. Conformément aux statuts de l’USS, la décision d’admettre une nouvelle organisation revient à l’assemblée des délégués. Etant donné les restrictions en vigueur, celle-ci a statué par voie circulaire, et s’est prononcée à l’unanimité en faveur de l’admission de cette nouvelle organisation. Il s’agit du premier syndicat de pilotes à rejoindre l’USS, qui comprend par ailleurs plusieurs fédérations actives dans le domaine du trafic aérien et des activités liées.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Transports</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/logos/verbaende/ESPA_logo.jpg" length="850198" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7277</guid><pubDate>Wed, 21 Oct 2020 10:14:00 +0200</pubDate><title>Pas de bénéfices avec l’argent des primes !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/pas-de-benefices-avec-largent-des-primes</link><description>Il faut stopper le lobby des caisses-maladie</description><content:encoded><![CDATA[<p>Alors que les choses s’étaient, brièvement, quelque peu calmées avec lui, le lobby des caisses-maladie s’est à nouveau fait remarquer de manière impressionnante en menant un «&nbsp;raid surprise&nbsp;» à la Commission fédérale de la sécurité sociale et de la santé publique (CSSS). Cette dernière a en effet accepté lors de sa dernière réunion une proposition du PLR autorisant légalement les caisses-maladie à réaliser des bénéfices dans l’assurance de base, c’est-à-dire à empocher de l’argent provenant des primes.</p><p>Concrètement, l’article de loi adopté signifie que les assureurs qui conviendront avec les fournisseurs de prestations (hôpitaux, cabinets médicaux, etc.) de prix inférieurs aux tarifs officiellement négociés disposeraient librement de 25&nbsp;% des économies réalisées par ce biais. Totalement inacceptable&nbsp;! De fait, il n’est, comme cela va de soi, pas permis de faire des bénéfices dans les assurances sociales. La loi en vigueur le dit de manière claire et nette. Comment s’imaginer, par exemple, qu’une partie de la rente AVS soit retenue parce que le prix du pain aurait baissé et qu’ainsi, par exemple, l’on octroierait de généreuses hausses de salaires aux cadres mêmes de cette dernière&nbsp;?! Et oui, cela fait vraiment tiré par les cheveux.</p><p>Il faut donc absolument stopper cette attaque contre l’interdiction de réaliser des bénéfices que prévoit la loi sur l’assurance-maladie&nbsp;; et cela, déjà au niveau du Parlement, lors de sa prochaine session d’hiver. Qu’année après année, des bénéfices exorbitants soient engrangés avec les assurances complémentaires est déjà suffisamment scandaleux. Car il ne s’agit pas non plus là tout simplement d’une règle de la liberté économique. Chaque franc de bénéfice engendré par les assurances complémentaires doit aussi être en partie payé avec de l’argent provenant des primes de l’assurance de base. Cela, parce que la majorité des frais médicaux d’une personne assurée au plan privé est prise en charge par l’assurance de base. Il faut aussi que cela s’arrête&nbsp;!</p><p>Restent encore 75&nbsp;% des économies réalisées comme décrit plus haut&nbsp;: ceux-ci devraient, selon la proposition du PLR, servir par exemple à augmenter les réserves. Comme par hasard&nbsp;! On a appris il y a quelques semaines que, malgré la pandémie, les caisses-maladie étaient assises sur une montagne de réserves de plus de 11 milliards de francs. Cet argent, ce n’est rien d’autre que les primes individuelles trop élevées des années passées&nbsp;! Or la charge que représentent les primes pour les ménages de Suisse devient toujours plus insupportable et, en conséquence, les problèmes de pouvoir d’achat gagnent en importance, précisément en cette période de crise économique. C’est pour cela que l’Union syndicale suisse (USS) demande qu’au moins la moitié de ces 11 milliards de francs soit immédiatement rétrocédée à la population. Une chose est tout à fait certaine, c’est qu’il n’y a pas lieu d’accumuler encore plus de réserves, comme le PLR l’a demandé à la CSSS.</p>]]></content:encoded><category>Santé</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/9/d/csm_Krankenhaus-Operation_Santiago-Nunez_photocase_011c844ab8.jpg" length="186001" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7273</guid><pubDate>Thu, 15 Oct 2020 10:02:39 +0200</pubDate><title>Pour de meilleures conditions de travail et plus de reconnaissance : les professions de la santé doivent enfin être revalorisées !</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/les-metiers-des-soins-doivent-enfin-etre-revalorises</link><description>Du 26 au 31 octobre : semaine de protestation de l’ « Alliance des professions de la santé »</description><content:encoded><![CDATA[<p>La pandémie de coronavirus a soudain mis les professionnel-le-s des soins au centre de toutes les attentions. Ces métiers étaient pourtant déjà essentiels depuis longtemps, que ce soit dans les hôpitaux de soins aigus, dans les maisons de naissance, dans les homes ou les soins à domicile. Mis à part des concerts d’applaudissements, la crise sanitaire a surtout procuré au personnel soignant une énorme surcharge&nbsp;: plus de travail, plus d’insécurité et surtout plus de risques pour leur santé et celle de leurs proches. Et le monde politique en a rajouté une couche en suspendant temporairement, dans les unités COVID-19 des hôpitaux, les dispositions du droit du travail concernant les heures de travail et de repos. Lorsque la première vague s’est calmée, plusieurs employeurs du secteur ont même tenté de forcer le personnel de rattraper des heures négatives dans les hôpitaux ou les sections qui avaient dû fermer leurs portes pendant la période d’urgence sanitaire, ce qui est totalement illicite.</p><p>L’été et le répit qu’il a apporté aurait pu être l’occasion de revoir les choses sur le fond et de donner enfin au personnel de la santé ce qu’il méritait déjà bien avant la crise sanitaire&nbsp;: des horaires de travail mieux réglementés et plus de temps passé auprès des patient-e-s&nbsp;; des salaires qui rendent à peu près justice au caractère essentiel des métiers des soins&nbsp;; et tout simplement plus de personnel. Revaloriser ainsi les professions de la branche n’est pas seulement urgent pour les salarié-e-s eux-mêmes&nbsp;: c’est également une condition sine qua non pour faire face à l’évolution démographique. D’ici 2030, nous aurons besoin en Suisse d’environ 600&nbsp;000 soignant-e-s supplémentaires. Les trouver sera aussi une question d’offre et de demande, une réalité qui devrait d’ailleurs interpeller particulièrement les partis de droite au Parlement&nbsp;: si l’offre n’est pas bonne, c’est-à-dire les conditions de travail et les salaires, les demandeurs et demandeuses d’emplois dans les soins seront trop peu nombreux pour combler les besoins croissants. Pire encore&nbsp;: de nombreuses personnes travaillant dans les soins quitteront le métier prématurément parce qu’elles n’en pourront plus.</p><p>L’USS soutient l’«&nbsp;Alliance des professions de la santé&nbsp;», formée par des syndicats et des associations professionnelles de la branche des soins (dont des fédérations membres de l’USS comme le SSP et Unia ainsi que l’ASI avec statut d’observatrice).</p><p class="heading--h4">L’Alliance exige une revalorisation des métiers de la santé à travers trois revendications concrètes&nbsp;:</p><ul><li><strong>«&nbsp;Une prime corona, sous forme d’au moins un salaire mensuel supplémentaire pour les charges exceptionnelles&nbsp;». </strong><br> 	Certains cantons et hôpitaux l’ont déjà fait, les autres doivent maintenant aussi s’y mettre.</li><li><strong>«&nbsp;Davantage de droits sur le lieu de travail – un droit de participation plus étendu et une meilleure protection&nbsp;».</strong><br> 	Le personnel de soins doit enfin être entendu, dans les hôpitaux et les homes comme dans le monde politique.</li><li><strong>«&nbsp;De meilleures conditions de travail – contre le minutage des soins et pour l’application de la loi sur le travail&nbsp;».</strong><br> 	Le minutage excessif des processus de travail au détriment des bénéficiaires et du personnel, les horaires de travail trop longs et souvent changeants, les salaires trop bas&nbsp;: ça suffit&nbsp;!</li></ul><p>L’ « Alliance des professions de la santé » veut faire entendre ces revendications avec des actions dans toute la Suisse au cours de la dernière semaine d’octobre. Participez vous aussi&nbsp;!<br> &nbsp;</p><p><strong><sup>Les membres de l'Alliance :</sup></strong><br><sup>SSP-VPOD, ASI-SBK, Syna, Unia, USS, Travail.Suisse, FSSF - Fédération suisse des sages-femmes, FSAF - Fédération suisse des associations professionnelles du domaine de la santé, ASE - Association suisse des ergothérapeutes, sa'ges - Association suisse pour le travail social dans le domaine de la santé, SCIV - Syndicats chrétiens du Valais, OCST - Sindacato dell'Organizzazione Cristiano Sociale, SIT - Sindacati Indipendenti Ticinesi, LABMED - Association professionnelle suisse des techniciennes et techniciens en analyses biomédicales et ASMTT - Association suisse des professions médico-techniques et médico thérapeutiques de la santé</sup></p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/3/1/csm_Klatschen-am-Fenster_iSt-mediamasmedia_nurredaktionell_108d1ce4c6.jpg" length="248511" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7272</guid><pubDate>Wed, 14 Oct 2020 17:02:52 +0200</pubDate><title>Des places d’apprentissage en suffisance grâce à la task force des partenaires sociaux</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/des-places-dapprentissage-en-suffisance-grace-a-la-task-force-des-partenaires-sociaux</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Le marché du travail a été secoué par la pandémie du coronavirus. Ce qui a aussi touché les places d’apprentissage. Au printemps dernier, des craintes sont par conséquent apparues, selon lesquelles, cette année, les jeunes terminant leur scolarité obligatoire ne devaient que difficilement trouver une place d’apprentissage. Grâce à la task force nationale «&nbsp;Perspectives Apprentissage 2020&nbsp;», au sein de laquelle collabore aussi l’USS, il a été possible de faire en sorte que ce scénario ne devienne pas réalité&nbsp;: 76&nbsp;500 contrats d’apprentissage ont ainsi été signés, ce qui a même permis qu’en septembre 2020, davantage de jeunes ont pu entamer un apprentissage qu’en 2019. Et le chômage de celles et ceux qui ont terminé un apprentissage n’a pas été plus grave, à cause de la pandémie, que les autres années.</p><p>La task force «&nbsp;Perspectives Apprentissage 2020&nbsp;» a connu ces succès grâce à trois projets&nbsp;:</p><ul><li>communication et mise en évidence des mesures existantes et de nouvelles mesures&nbsp;;</li><li>monitorage du marché des places d’apprentissage et du marché de l’emploi pour les jeunes diplômé-e-s- ainsi que</li><li>soutien à des projets d’encouragement des places d’apprentissage.</li></ul><p>Il faut rester vigilant, même si la situation dans laquelle se trouvent actuellement celles et ceux qui ont terminé leur scolarité obligatoire ou un apprentissage est redevenue plus calme. Le mandat de la task force «&nbsp;Perspectives Apprentissage 2020&nbsp;» court jusqu’à fin 2020. En 2021, la task force suivra de près, aussi sous l’angle du processus relatif au choix d’une profession, la situation des jeunes en fin de scolarité obligatoire. Et l’Union syndicale suisse (USS) continuera à observer le marché des places d’apprentissage ainsi que l’évolution du chômage des jeunes pour demander, si nécessaire, que d’autres mesures soient prises.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Formation &amp; Jeunesse</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/banner/Ausbildung_Lehrlinge-im-Gespraech-mit-Meister_iStock-SolStock_kl.jpg" length="501608" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7260</guid><pubDate>Wed, 30 Sep 2020 13:43:55 +0200</pubDate><title>Primes-maladie 2021 : 0,5 % d’augmentation, c’est encore trop !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/primes-maladie-2021-05-daugmentation-cest-encore-trop</link><description>Il faut réduire la montagne de réserves excédentaires</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La prime moyenne de l’assurance maladie augmentera globalement de 0,5&nbsp;% en 2021, avec des variations selon les cantons. C’est moins que depuis bien des années, mais pour les gens qui doivent payer les primes en cette période de crise économique due à la pandémie, c’est encore trop.</p><p>Pour le système de santé en Suisse, cette année a représenté un véritable défi. Au printemps, la pandémie du coronavirus a exigé un effort colossal de la part du personnel hospitalier. Il a fallu augmenter les ressources dans l’urgence et les financer. Mais cette question financière n’est justement pas très claire&nbsp;: la réponse à la pandémie a certes engendré des coûts, mais d’un autre côté, les hôpitaux et cabinets médicaux ont dû renoncer pendant près de deux mois à toutes les interventions non urgentes. Celles-ci n’ont pas toutes été rattrapées depuis. Les coûts, et donc les recettes correspondantes, ne se sont pas produits, comme le confirment – ou le déplorent –&nbsp; les hôpitaux et les médecins.</p><p class="heading--h3">Les primes ne cessent d’augmenter, mais les réserves aussi</p><p>Les caisses-maladie contestent une baisse des coûts, sans toutefois produire des chiffres concrets. Et c’est notamment pour cela qu’elles veulent augmenter les primes pour l’année à venir. En même temps, elles soulignent que la hausse serait plus forte si elles ne pouvaient pas puiser dans les réserves constituées par le passé. Ce raisonnement ne tient absolument pas la route&nbsp;: en effet, les primes de l’assurance de base augmentent à moyen terme au même rythme que les coûts bruts. Comme elles doivent être fixées à l’avance, il peut y avoir chaque année des décalages plus ou moins importants. Lorsque la même année, les coûts bruts augmentent plus fortement que les primes, les caisses peuvent puiser dans les réserves pour compenser.</p><p>Mais que s’est-il passé en 2019, par exemple&nbsp;? La prime moyenne a augmenté de 1&nbsp;%, les coûts bruts de leur côté ont grimpé de 4,9&nbsp;%. On aurait donc pu s’attendre à une baisse des réserves. Mais c’est tout le contraire qui s’est produit&nbsp;: les réserves ont grossi de… 21&nbsp;%&nbsp;! L’administration évoque des gains en bourse, mais même avant le crash financier de 2008, la manne n’a jamais été aussi généreuse, loin s’en faut. Cette histoire pourrait se répéter l’année 2020&nbsp;: la prime moyenne a augmenté de 0,2&nbsp;%et les coûts devraient, selon les dires des caisses, grimper de plusieurs points de pourcentage. Pourtant nous savons déjà que les réserves ne vont pas baisser pour autant, elles grossiront de nouveau substantiellement, cette fois de 13&nbsp;%&nbsp;!</p><p class="heading--h3">Les réserves appartiennent aux assuré-e-s</p><p>Pourquoi est-ce un problème? Eh bien parce que les réserves ne sont rien d’autre qu’une accumulation d’argent provenant des primes et que, par conséquent, elles appartiennent aux assuré-e-s. Les réserves sont constituées en prévision des éventuelles périodes de crise sanitaire. C’est exactement ce que nous vivons avec la pandémie du coronavirus. Pourtant, au lieu de baisser, les réserves continuent d’augmenter. Ce que l’USS exige depuis des années devient une évidence&nbsp;: la montagne de réserves (plus de 11 milliards&nbsp;!) doit baisser tout de suite, au moins de moitié.</p><p>La crise du coronavirus est bien la preuve que les caisses-maladie n’ont pas besoin de tout cet argent amassé, alors que la population, elle, aura bien besoin de chaque franc dans son portemonnaie pendant la période difficile que nous traversons. En termes de politique économique, on ne peut pas faire pire que de prendre de l’argent aux gens ordinaires en pleine crise pour le placer de manière non productive.</p><p class="heading--h3">Le fardeau des primes augmente de bien plus que 0,5&nbsp;%</p><p>Même avec une hausse modérée des primes, la charge relative qu’elles représentent dans le budget des ménages va prendre l’ascenseur, car de nombreux salarié-e-s doivent faire face à des baisses drastiques de leurs revenus. Perte d’emploi, chômage partiel avec seulement 80&nbsp;% d’un salaire déjà modeste&nbsp;: dans tous ces cas, la charge des primes-maladie devient tout simplement insupportable. Si en plus, ces personnes tombent malades, elles doivent encore une fois mettre la main à la poche. Nulle part ailleurs en Europe, la participation directe aux coûts de la santé n’est plus élevée qu’en Suisse (franchise, quote-part, soins dentaires, etc.).</p><p>À cela s’ajoute le fait que les personnes à la santé plus fragile paient souvent des primes plus élevées, et que ces mêmes primes augmentent davantage que la «&nbsp;prime moyenne&nbsp;» définie depuis peu par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), qui correspond à une valeur moyenne, franchises et modèles d’assurance confondus.</p><p class="heading--h3">Initiative d’allègement des primes&nbsp;: ça urge&nbsp;!</p><p>Il faut donc réduire les réserves sans tarder et les restituer aux assuré-e-s. Mais ça ne suffit pas&nbsp;: depuis des années, la plupart des cantons diminuent fortement les moyens mis à disposition pour les réductions individuelles de primes (subsides). C’est pourtant le seul et unique instrument qui permet d’atténuer la charge que représentent les primes exorbitantes pour les ménages à revenu faible ou moyen. L’USS et le PS ont déposé il y a plusieurs mois déjà l’initiative d’allègement des primes-maladie qui prévoit que les ménages ne consacrent pas plus de 10&nbsp;% du revenu disponible aux primes-maladie. Il faut maintenant que le Conseil fédéral et le Parlement mettent les gaz et traitent rapidement cette initiative. Soit il y aura un bon contre-projet, soit nous aurons enfin une votation populaire sur un financement équitable du système de santé.</p>]]></content:encoded><category>Santé</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/steuern-zahlen/Rechnungen-viele_iStock-rawpixel_klein.jpg" length="556986" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7282</guid><pubDate>Wed, 30 Sep 2020 12:10:49 +0200</pubDate><title>Deux semaines de congé paternité ne sont que le début</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/deux-semaines-de-conge-paternite-ne-sont-que-le-debut</link><description>Un Oui clair et net au congé paternité</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Oui très clair au congé paternité de deux semaines montre que les citoyennes et citoyens sont pour l’égalité et souhaitent rattraper le retard de la Suisse en matière de politique familiale. Les pouvoirs publics doivent enfin développer sérieusement l’accueil extrafamilial et extrascolaire des enfants pour garantir la conciliation travail-famille même après les premiers mois de vie du bébé. Par ailleurs, un congé parental doit être la prochaine étape.</p><p>Le très large Oui au congé paternité de deux semaines montre bien que les citoyennes et citoyens souhaitent rattraper enfin le retard de la Suisse en matière d’égalité et ne veulent plus être la lanterne rouge européenne. Ce congé paternité doit être le premier pas vers une politique familiale qui permet aux hommes et aux femmes d’assumer de façon égalitaire leur famille et les revenus de l’activité professionnelle.</p><p>Pour cela, il faut en priorité un renforcement en matière de prise en charge des enfants&nbsp;: la Suisse doit développer les structures d’accueil extrafamilial et extrascolaire des enfants et les organiser comme un service public gratuit. Après la Grève des femmes* de 2019, l’USS a intensifié son engagement en faveur de structures d’accueil à grande échelle et comme service public. Elle se voit confortée dans son engagement par ce vote qui plébiscite le congé paternité.</p><p>Dans la mise en œuvre au niveau des branches et des entreprises l’Union syndicale suisse (USS) et ses fédérations se battront pour que le nouveau congé paternité légal vienne s’ajouter aux acquis déjà existants dans les conventions collectives de travail (CCT). Les journées de congé paternité figurant dans les CCT doivent être additionnées aux deux semaines que la Suisse a plébiscitées aujourd’hui. Car dix jours, ce n’est qu’un minimum absolu. Il faudra encore le développer.</p><p>L’USS continuera de s’engager aux côtés d’autres organisations pour un congé parental d’une durée suffisante. De nombreuses études démontrent que le congé parental n’est pas seulement bénéfique pour les enfants et les parents mais également pour l’économie et la société. Il aide les mères et les pères à se répartir équitablement les tâches professionnelles et familiales sans retomber dans les vieux schémas de répartition des rôles&nbsp;: un congé parental de longue durée favorise l’implication des pères dans la prise en charge des enfants et l’intégration professionnelle des mères.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/5/e/csm_Vater-stillt-Kleinkind_O_Lypa-iStock_6e3671e848.jpg" length="133364" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7287</guid><pubDate>Wed, 30 Sep 2020 12:05:57 +0200</pubDate><title>Opération de self-service fiscal stoppée net</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/operation-de-self-service-fiscal-stoppee-net</link><description>Déductions fiscales pour enfants : un avertissement sans ambiguïté à la majorité du Parlement</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les électrices et électeurs suisses ont rejeté aujourd’hui une baisse d’impôt pour les hauts revenus qui était déguisée en soutien aux familles. 70&nbsp;% de la baisse d’impôt pour 20&nbsp;% des familles les mieux loties&nbsp;: cette mesure était totalement inadéquate face aux problèmes concrets de pouvoir d’achat rencontrés par les ménages en Suisse. Les projets socialement injustes sont condamnés à échouer devant le peuple. Le Parlement devra en tenir compte pour les réformes à venir.</p><p>Le rejet d’un projet fiscal totalement déséquilibré est une excellente nouvelle pour l’Union syndicale suisse (USS). Le mécanisme choisi avait pour effet de réserver l’impact favorable aux familles ayant les plus hauts revenus. Dans le contexte actuel de crise, alors que de nombreuses familles avec des revenus bas ou moyens font face à d’importantes difficultés pour boucler les fins de mois, l’absurdité de ce projet est apparue plus clairement encore.</p><p>Pour favoriser l’activité des femmes et la répartition égalitaire des tâches entre les parents, l’augmentation de la déduction pour frais de garde –&nbsp;qui n’était pas contestée par le référendum –&nbsp;ne peut apporter qu’une contribution marginale. Au contraire, il faut s’atteler à résoudre les problèmes structurels de l’accueil de jour des enfants en Suisse. Cela passe par la création de places d’accueil à un rythme soutenu ainsi que par un abaissement de la participation demandée aux parents. L’USS poursuivra son engagement pour que l’accueil de jour soit conçu comme un véritable service public.</p><p>De plus, pour l’USS, soutenir le pouvoir d’achat des travailleuses et travailleurs aux salaires bas et moyens reste une priorité absolue. Il s’agit autant d’éviter aux personnes concernées par le chômage partiel ou une perte d’emploi de chuter dans la précarité que de lutter contre une spirale économique vers le bas. Le Non sorti des urnes aujourd’hui ouvre le champ pour des mesures efficaces et rapides qui profitent à tous, comme la réduction des primes d’assurance-maladie par la baisse des réserves des assurances.</p><p>«&nbsp;Dans une situation sociale et économique aussi tendue, soutenir le pouvoir d’achat des familles est une nécessité absolue&nbsp;: ce constat semble largement partagé. Mais nous avons besoin d’un mécanisme qui atteigne réellement sa cible&nbsp;», relève Pierre-Yves Maillard, président de l’USS. «&nbsp;Le refus opposé à cette baisse pour les plus hauts revenus le démontre&nbsp;: les projets socialement injustes ne peuvent qu’échouer en votation populaire&nbsp;».</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/e/3/csm_200927_Abstimmungsparty_e96f1d3316.jpg" length="259075" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7256</guid><pubDate>Wed, 30 Sep 2020 11:33:36 +0200</pubDate><title>Les pilotes d’Easyjet en voie d’intégrer l’USS</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/les-pilotes-deasyjet-en-voie-dintegrer-luss</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Le syndicat des pilotes d’easyjet Suisse a demandé son affiliation à l’Union syndicale suisse à l’été 2020. Ce syndicat, qui représente environ 90% des pilotes d’Easyjet, serait la première organisation de pilotes à rejoindre la faîtière en Suisse. Pour le comité de l'ESPA, « le rattachement à l’USS nous renforce dans la perspective des discussions et négociations à venir sur la restructuration de l’entreprise&nbsp;».&nbsp;</p><p>La situation est aujourd’hui difficile dans le secteur aérien comme dans bon nombre d’autres secteurs économiques en raison des restrictions liées à la lutte contre la pandémie. Il est plus que jamais nécessaire de défendre les emplois et les conditions de travail de l’ensemble des salariés de toutes les professions concernées, et de faire entendre leur voix. Bon nombre de salarié-e-s de l’aviation sont déjà organisés au sein des fédérations de l’USS, principalement à Kapers et au SSP pour ce qui est du personnel de cabine. « &nbsp;En adhérant à notre faîtière, les pilotes d'easyjet donnent un signal important en faveur la défense commune et solidaire des intérêts des salariés des compagnies aériennes », se réjouit Pierre-Yves Maillard, président de l’USS.</p><p>Conformément aux statuts, la demande d’adhésion a été approuvée par le comité de l’USS en septembre 2020. La décision définitive d’acceptation de l’adhésion revient à l’assemblée des délégué-e-s du&nbsp;20 novembre.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Transports</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/logos/verbaende/ESPA_logo_quadratisch.jpg" length="861182" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7250</guid><pubDate>Sun, 27 Sep 2020 13:00:00 +0200</pubDate><title>Droits égaux et protection des salaires efficace sont la meilleure solution pour tous les travailleurs, européens et suisses</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/droits-egaux-et-protection-des-salaires-efficace-sont-la-meilleure-solution-pour-tous-les-travailleurs-europeens-et-suisses</link><description>Déclaration de la Confédération européenne des syndicats (CES) sur le refus en Suisse de l’initiative dite « de limitation »</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’initiative populaire dite « de limitation » attaquait frontalement le modèle suisse associant libre-circulation des personnes et contrôle des salaires et des conditions de travail. Son acceptation aurait signifié la fin de la libre-circulation des personnes entre l’Union européenne et la Suisse, ainsi qu’une remise en question des mesures d’accompagnement.</p><p>La Confédération européenne des syndicats (CES) se félicite de son rejet clair en votation populaire aujourd’hui, le 27 septembre. Les mesures d’accompagnement obtenues et mises en œuvre par les syndicats suisses sont un exemple et un modèle non-discriminatoire pour le renforcement des droits des travailleuses et des travailleurs, pour la mobilité équitable et pour une Europe sociale. Elles garantissent que les retombées de l’ouverture économique se traduisent par des emplois correctement rémunérés, sans pression sur les salaires.</p><p>La CES s’engage dans toute l’Europe et auprès des instances de l’Union européenne pour des mesures efficaces contre le dumping salarial et la dégradation des conditions de travail. Laisser faire la sous-enchère salariale et la concurrence sauvage ne provoque que la défiance envers les institutions à tous les niveaux. Au contraire, seule une Europe qui assure une protection juste et efficace aux gens qui travaillent a de l’avenir. Plusieurs pays membres et les instances de l'UE changent actuellement d’approche sur ces questions, sous la pression syndicale. Il faut poursuivre le mouvement dans ce sens – et non affaiblir les protections en place.</p><p>Le refus clair de l’initiative populaire qui voulait revenir au système des contingents discriminatoire contre les travailleurs venant de l’UE et affaiblir les règles sur le marché du travail est une victoire d’étape. Avec les syndicats suisses, la CES continuera à s’engager pour défendre les mesures d’accompagnements et la protection des salaires autonome en Suisse, d’où que viennent les attaques. Ces mesures montrent la voie à suivre : l’Europe a besoin de plus de droits pour les travailleuses et travailleurs, de plus de protection des salaires et de plus de contrôles.</p><p>C’est pourquoi la CES soutient la position des syndicats de Suisse à propos du projet d'accord-cadre avec l’UE. Ce nouvel accord ne doit en aucun cas servir de moyen pour démanteler les mesures d’accompagnement qui visent à protéger tous les travailleurs, établis en Suisse comme détachés, du dumping social et du nivellement des salaires par le bas.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/7/5/csm_ETUC_56c14105a9.png" length="156518" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7170</guid><pubDate>Tue, 15 Sep 2020 12:49:00 +0200</pubDate><title>La libre circulation des personnes combinée aux mesures d’accompagnement : un régime migratoire à l’épreuve</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/la-libre-circulation-des-personnes-combinee-aux-mesures-daccompagnement-un-regime-migratoire-a-lepreuve</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Comparée à d’autres systèmes d’immigration, la solution suisse de libre circulation des personnes combinée à des mesures d’accompagnement efficaces fait bonne figure&nbsp;: moins de sous-enchère salariale et de travail au noir, et une forte participation des personnes immigrantes au monde du travail.</p><p><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/KI/La_libre_circulation_des_personnes_combine__e_aux_mesures_daccompagnement_-_un_re__gime_migratoire_a___le__preuve.pdf" target="_blank" class="link link--download" rel="noreferrer">Une analyse en sept point de Daniel Lamprt, économiste en chef de l'USS</a></p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Migration</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/KI/schnitt_broschure_baracken_d_rz_2010_image.png" length="1552081" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7195</guid><pubDate>Fri, 28 Aug 2020 16:28:08 +0200</pubDate><title>Analyse de l&#039;égalité salariale</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/analyse-de-legalite-salariale</link><description>Offre de formation continue sur la Loi sur l’égalité révisée</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le premier juillet, la révision de la Loi sur l’égalité est entrée en vigueur: jusqu’au 30 juin 2021, les entreprises comptant de plus de 100 salarié-e-s doivent vérifier s’il existe en leur sein une discrimination salariale au détriment des femmes. L’analyse doit au moins être contrôlée par l’organe de révision. Dans l’idéal, cependant, l’analyse est réalisée en intégrant les représentants syndicaux, ce qui contribue à la transparence et à la confiance dans le processus.</p><p>Les syndicats disposent de compétences et d’une longue expérience dans la lutte contre la discrimination salariale liée au genre. Pour que les représentants des salarié-e-s (membres d’une commission du personnel et secrétaires syndicaux) puissent participer sur un pied d’égalité aux analyses, il est cependant utile qu’ils et elles se forment à cet effet. Sur mandat de l’USS, Movendo propose aux membres des fédérations syndicales affiliées des cours d’un jour consacrés aux les analyses salariales. En plus d’une présentation des bases légales et scientifiques de l’analyse de l’égalité salariale, le cours comprend une partie pratique. Au cours de celle-ci, les participants pourront développer des arguments en faveur d’une participation des représentants des employés, apprendre à connaître les outils utilisé pour les analyses, et se préparer au processus concret avec des check-lists des étapes à suivre.</p><p><a href="https://www.movendo.ch/fr/ereignis/analyse-de-legalite-salariale-219641" target="_blank" class="link--arrow" rel="noreferrer">Les dates et le formulaire d’inscription se trouvent sur la nouvelle page d’accueil de Movendo.</a></p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/6/0/csm_Kalender-eintragen_pra-chid_iStock_cbae4847b9.jpg" length="115157" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7183</guid><pubDate>Thu, 27 Aug 2020 14:50:00 +0200</pubDate><title>OUI au congé paternité</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/oui-au-conge-paternite</link><description>Objectif : congé parental !  Le congé paternité n’est qu’un début !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 27 septembre, la Suisse a l’occasion de rattraper un peu de son retard en matière d’égalité. Aujourd’hui, les pères n’ont droit qu’à un seul jour de congé lors de la naissance d’un enfant – c’est moins que pour un déménagement ! En disant Oui à un congé paternité de deux semaines, nous donnerons un signal pour que les hommes prennent leur part dans les tâches liées aux enfants. Sur cette question, la Suisse est encore à l’âge de pierre : la plupart des pays européens ont, en plus d’un congé maternité, un congé paternité digne de ce nom et un congé parental de plusieurs mois.</p><p class="lead"><strong>→ Le congé paternité doit devenir un droit pour tous les salariés</strong><br> Certaines entreprises offrent déjà aux hommes plus que la journée de congé prévue par la loi lors de la naissance d’un enfant. Mais ce droit ne devrait pas dépendre de l’employeur : il devrait s’appliquer à tout le monde, comme une assurance sociale.</p><p class="lead"><strong>→ Un petit pas vers plus d’égalité</strong><br> De plus en plus de pères jouent un rôle actif dans leur famille. Mais bien souvent, le schéma classique s’applique : l’homme assure le revenu, la femme porte l’essentiel de la responsabilité des enfants. Les mères consacrent en moyenne près de deux fois plus de temps aux travaux ménagers que les pères, et une fois et demie de plus à la prise en charge des enfants. Si nous voulons une répartition des tâches plus équilibrée, les pères doivent pouvoir s’impliquer dès le début et à égalité dans la vie familiale.</p><p class="lead">Un congé paternité de deux semaines ne résoudra évidemment pas tous les problèmes d’égalité femmes-hommes. Il faudra d’autres mesures pour avancer vraiment dans ce domaine. La Suisse ne pourra pas faire l’économie d’un congé parental de plusieurs mois. Et l’accueil extrafamilial pré- et parascolaire des enfants doit être massivement développé pour répondre réellement aux besoins.</p><p class="lead">Cependant, le congé paternité est un progrès concret pour une meilleure répartition des tâches au sein des famille. Un Oui net et clair à cette première étape est donc nécessaire.</p><p class="lead">&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité</category><category>Égalité des sexes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/8/6/csm_congeparental_7889251117.png" length="246246" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7182</guid><pubDate>Thu, 27 Aug 2020 12:13:38 +0200</pubDate><title>NON le 27 septembre à l&#039;anarque fiscale !</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/non-a-lanarque-fiscale</link><description>Les plus riches profitent, la classe moyenne paie</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Augmenter les déductions fiscales pour enfants : la proposition est en apparence séduisante. Mais c’est en fait une arnaque. La prétendue aide aux familles soumise en votation n’est rien d’autre qu’une baisse d’impôt pour les plus hauts revenus. Ce sont les classes moyennes qui paieraient l’addition. Il faut empêcher cela !</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/6/9/csm_nonalarnarquefiscale_e82ad45d3e.png" length="213461" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7191</guid><pubDate>Mon, 24 Aug 2020 18:55:00 +0200</pubDate><title>Congé paternité et égalité des sexes : il est temps de sortir de l’âge de pierre !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/conge-paternite-et-egalite-des-sexes-il-est-temps-de-sortir-de-lage-de-pierre</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 27 septembre, la Suisse aura l’occasion de réduire quelque peu le retard pris par elle en matière d’égalité des sexes. En effet, en disant OUI à un congé paternité de deux semaines, elle fera comprendre que les enfants ne sont uniquement l’affaire des femmes, mais aussi celle des hommes. Rejeter ce projet reviendrait à nous maintenir dans l’âge de pierre en matière d’égalité.</p><p>Alors que la plupart des pays européens connaissent, en plus de l’assurance-maternité, un congé paternité digne de ce nom, un congé parental de plusieurs mois, voire les deux cumulés, nos incorrigibles conservateurs et conservatrices combattent le projet d’un congé paternité de deux semaines avec un référendum sur lequel nous nous prononcerons le 27 septembre.</p><p>Petit rappel&nbsp;: pour avoir un impact durable en matière d’égalité, la Commission fédérale pour les questions familiales (COFF) estime qu’en plus du congé maternité et du congé paternité, un congé parental d’au moins 24 semaines est nécessaire. L’initiative populaire à l’origine de l’actuel projet avait pour un but, afin de convaincre une majorité, un congé paternité de quatre petites semaines. Elle a été retirée au profit d’un compromis encore plus modeste&nbsp; trouvé par le Parlement, soit deux semaines. Et notre voisine l’Europe de secouer la tête, en voyant qu’en 2020, la riche Suisse va voter pour dire si elle veut se permettre un congé paternité aussi ridiculement court.</p><p><strong>Un important message à faire passer</strong></p><p>Mais avec ce minimum, nous pouvons quand même faire passer un message important, à savoir que les enfants sont aussi une «&nbsp;affaire&nbsp;» d’hommes, et que les pères ont un rôle important à jouer dans la famille à cet égard. C’est plus que nécessaire, car en Suisse, les femmes continuent à assumer la responsabilité principale dans ce domaine. Dans quatre familles sur cinq, la mère reste à la maison lorsque l’enfant est malade. En moyenne, les mères investissent presque deux fois plus de temps dans les travaux ménagers que les pères et une fois et demie de plus dans la garde des enfants. &nbsp;</p><p>Et ce n’est pas sans conséquences&nbsp;: les mères réduisent leur taux d’occupation ou renoncent totalement à leurs activités professionnelles pour pouvoir faire face à cette responsabilité. Les salaires qu’elles touchent pour leurs activités professionnelles sont inférieurs à ceux des hommes parce qu’elles se retrouvent dans des emplois moins bien rémunérés ou tout simplement parce qu’elles font l’objet de discriminations salariales. Et une fois à la retraite, elles recevront des rentes plus basses, qui ne leur permettront guère de subvenir à leurs besoins. Mais les pères aussi souffrent&nbsp;: ils sont en effet sous pression, car ils doivent nourrir leur famille et sont moins pris au sérieux comme personnes de référence pour leurs enfants.&nbsp;</p><p>Le contexte du coronavirus a en outre clairement fait apparaître que les situations dans lesquelles la responsabilité des enfants est principalement assumée par un seul sexe présentent une moins bonne résistance aux crises&nbsp;: non seulement les femmes travaillent dans leur famille sans recevoir de rémunération, mais on les trouve également plus souvent que les hommes dans des professions (sous-)payées qui sont indispensables au fonctionnement de la société et ne peuvent guère être exercée à partir du domicile. C’est ainsi que d’innombrables vendeuses, de femmes s’occupant de la garde d’enfants, de femmes médecins et d’infirmières ont été en grande difficulté, le printemps dernier, pour concilier la garde de leurs enfants avec leur activité professionnelle.</p><p><strong>Le but reste le même&nbsp;: un vrai congé parental</strong></p><p>À lui seul, un congé paternité de deux semaines ne résoudra pas ces problèmes d’égalité entre les sexes et ne rendra pas la société résistante aux crises. Nous devons prendre des mesures supplémentaires, qui sont d’ailleurs depuis longtemps déjà la norme dans d’autres pays. Nous devons avoir pour but un congé parental de plusieurs mois pour que les femmes et les hommes puissent négocier et organiser sur un pied d’égalité les responsabilités concernant le revenu familial et la garde de l’enfant, même après les premières semaines. Les femmes ne doivent plus être discriminées au plan salarial pour qu’il n’apparaisse plus économiquement judicieux qu’elles – et non les pères – réduisent leur taux d’occupation afin de pouvoir s’occuper des enfants. Et l’accueil extrafamilial de ces derniers doit être conçu comme un service public et financé par les pouvoirs publics pour que les parents voient leur charge diminuer. Avoir des enfants ne soit plus synonyme pour les femmes de risquer basculer dans la pauvreté.</p><p>Un OUI à ce congé paternité de deux (petites) semaines est quand même nécessaire pour avoir une base sur laquelle nous pourrons construire la suite. Ce OUI de notre part à ce premier pas est le seul moyen qui nous permettra de nous attaquer aux étapes suivantes qui nous mèneront à une société moderne et égalitaire, une société dans laquelle les parents se répartissent équitablement la responsabilité du revenu familial et de l’éducation des enfants.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/5/e/csm_Vater-stillt-Kleinkind_O_Lypa-iStock_6e3671e848.jpg" length="133364" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7185</guid><pubDate>Thu, 20 Aug 2020 16:38:00 +0200</pubDate><title>Grossesse : l’employeur a des responsabilités !</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/grossesse-lemployeur-a-des-responsabilites</link><description>L’employeur doit protéger du coronavirus ses employées enceintes, sinon il doit continuer de verser leur salaire même si elles ne travaillent pas !</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les femmes enceintes sont considérées comme des personnes vulnérables. Telle est la conclusion à laquelle est arrivée l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) le 5 août dernier après l’évaluation, avec la Société suisse de gynécologie et d'obstétrique (SSGO), membre de la FMH, des derniers résultats scientifiques concernant le COVID-19. Cette conclusion a des conséquences importantes pour les personnes concernées. Elles doivent être dûment protégées. Si ce n’est pas le cas, une «&nbsp;interdiction d’affectation&nbsp;» peut être prononcée et le salaire devra être versé. Plus de précisions dans la présente contribution et dans la notice en annexe.</p><h4>Obligations de l'employeur</h4><p>Selon l’article 6 de la loi sur le travail et l’article 10 de l’ordonnance sur les mesures destinées à lutter contre l’épidémie de COVID-19 en situation particulière (ordonnance COVID-19 situation particulière), l’employeur est tenu de garantir la protection de la santé de ses employé-e-s sur leur lieu de travail et l’application des mesures de prévention contre le COVID-19. Il doit donc prendre toutes les mesures qui protègent ses employé-e-s vulnérables, comme les femmes enceintes.</p><p>Les employeurs doivent garantir que leurs employé-e-s peuvent respecter les recommandations de l’OFSP en matière d’hygiène et de distanciation sociale. À cet effet, il s’agit de prévoir des mesures ad hoc et de les mettre en œuvre. Si la distance recommandée entre les personnes ne peut pas être observée, des mesures doivent être prises selon le Principe STOP (substitution, technique, organisation, protection individuelle). Les employeurs et les responsables des entreprises sont responsables du choix et de la mise en œuvre de ces mesures. Les frais induits sont à leur charge.</p><p>L’ordonnance sur la protection de la maternité demande qu’en cas d’exposition au SARS-CoV-2, le risque sanitaire pour la mère et l’enfant soit évalué en fonction des activités, du statut immunitaire de la salariée et des mesures de protection prises. Il faut établir qu’une telle exposition n’entraîne pas d’atteinte à la santé de la mère et de l’enfant. La façon dont une femme enceinte doit être protégée sur son lieu de travail dépend des conditions de travail dans ce lieu. Une analyse de risque est nécessaire si une telle exposition ne peut pas être exclue. Le trajet pour se rendre au travail en fait partie. L’analyse de risque, qui sera réalisée par une personne compétente indépendante, est à la charge de l’employeur. Elle peut être demandée par le médecin traitant de la femme enceinte (voir ci-dessous).</p><p>Attention&nbsp;: il revient à l’employeur de prouver qu’il n’existe pas d’exposition au virus sur le lieu de travail&nbsp;!</p><p>Si la protection ne peut pas être garantie, une autre activité, sans danger, doit être proposée à la femme enceinte ou le télétravail rendu possible.</p><h4>Drois des femmes</h4><p>Si une salariée constate qu’elle est enceinte, elle doit en parler à son médecin traitant. Celui-ci est responsable de l’évaluation de l’état de santé et de l’efficacité des mesures de protection. Il peut exiger une analyse de risque.</p><p>Si aucune mesure n’est possible ou si l’employeur ne fait pas procéder à une analyse de risque, ou encore s’il n’applique pas les instructions du médecin traitant, la femme enceinte a le droit et le médecin le devoir d’en tirer les conséquences&nbsp;: <strong>le médecin est habilité à formuler des adaptations des conditions de travail ou à prononcer une interdiction d’affectation, via un certificat médical</strong>.</p><p>S’il existe un tel certificat ou si l’employeur ne peut pas proposer une activité de remplacement équivalente et sans danger (p. ex. télétravail), <strong>celui-ci doit continuer à verser 80&nbsp;% du salaire sans que l’employée ait à fournir un travail</strong>.</p><h4>Pendant la grossesse, les femmes sont protégées contre le licenciement</h4><p>Pendant la grossesse, une protection contre le licenciement est appliquée&nbsp;: les salariées n’ont pas le droit d’être licenciées pendant la totalité de la grossesse et pendant les 16 semaines qui suivent la naissance (art. 336c Code des obligations). La protection contre le licenciement commence dès le début de la grossesse, même si la salariée licenciée n’apprend qu’après coup qu’elle était déjà enceinte au moment de son licenciement. Un licenciement prononcé pendant le délai de protection est nul, c’est-à-dire qu’il reste sans effet aussi une fois échu le délai de protection.</p><p>Un employeur ne peut donc pas résilier le contrat d’une femme enceinte parce que celle-ci a obtenu une interdiction d’affectation.</p><h4>Comment agir en cas de problème ?</h4><ul><li><strong>Consulter en cas de grossesse le médecin traitant (gynécologue ou autre) et éventuellement exiger à travers lui une analyse de risque s’il n’en existe pas ou s’il y a un doute à ce sujet.</strong> Pour en savoir plus : <a href="https://www.sggg.ch/fr/pour-les-femmes/" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">Gynécologie Suisse SSG</a>.</li><li>Chercher le dialogue avec <strong>l’employeur</strong></li><li>En cas de <strong>problèmes</strong>, prendre contact avec le <a href="https://www.uss.ch/luss/federations-affiliees" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">syndicat de la branche</a>, l’<a href="https://www.iva-ch.ch/fr/a-propos/inspections-du-travail-de-suisse-et-du-liechtenstein" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">inspectorat cantonal du travail</a> concerné ou le SECO (<a href="#" data-mailto-token="thpsav1jvyvuhcpybzGzljv5hktpu5jo" data-mailto-vector="7" class="link link--mail">coronavirus(at)seco.admin.ch</a> et tél. +41 58 462 00 66)</li></ul><p>En cas de licenciement contraire à la loi et nul, il faudrait immédiatement chercher à emprunter la voie judiciaire. Pour cela, on peut avoir recours à l’aide des <a href="https://www.uss.ch/luss/federations-affiliees" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">services juridiques des syndicats</a> ou des <a href="https://www.ch.ch/fr/conflits-travail-contacts/" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">offices juridiques cantonaux compétents en cas de conflit du travail</a>.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gesundheit/Schwangerschaft_Arzt_Gynaekologe_iStock-BluePlanetStudio.jpg" length="210032" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7184</guid><pubDate>Wed, 05 Aug 2020 15:49:00 +0200</pubDate><title>Primes impayées : les listes noires doivent disparaître !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/primes-impayees-les-listes-noires-doivent-disparaitre</link><description>Consultation de la commission de la santé : la position de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>«&nbsp;Toute personne bénéficie des soins nécessaires à sa santé&nbsp;»&nbsp;: dans son article 41, la Constitution fédérale stipule que la Confédération et les cantons s’engagent à remplir cette mission. Mais en modifiant en 2010 la réglementation relative aux primes-maladie impayées, la Confédération a créé la condition d’une grave violation de cet article constitutionnel, qui perdure aujourd’hui encore. En effet, les cantons sont habilités à dresser la liste des assuré-e-s qui ne paient pas leurs primes-maladie et à limiter leur accès aux prestations de santé à des «&nbsp;prestations relevant de la médecine d’urgence&nbsp;», celles-ci n’étant pas définies plus précisément. Les effets très concrets de cette nouvelle réglementation ont parfois défrayé la chronique, comme par exemple avec le cas de ce patient grisonnais séropositif de cinquante ans, à qui sa caisse-maladie avait refusé de financer en 2018 les médicaments dont il avait besoin parce qu’il était en retard avec le paiement de ses primes. La caisse-maladie a estimé qu’il ne s’agissait pas là d’une situation d’urgence. Cette personne est ensuite décédée de maladies concomitantes au sida. Son arrêt de mort n’avait pas été prononcé par le VIH, mais bien par la liste noire.</p><p><strong>Pas un refus, mais une incapacité de payer&nbsp;!</strong></p><p>Lors de la mise en place des listes noires, on est parti de l’idée erronée que les assuré-e-s concernés ne voulaient pas payer leurs primes-maladie et que ces listes pourraient les inciter à s’en acquitter. Aujourd’hui, tout le monde devrait avoir compris que le problème n’est pas le refus de payer ses primes, mais bien plutôt l’incapacité de le faire. Et que cette incapacité continue à être largement répandue parmi les assuré-e-s. En 2019 en effet, 421&nbsp;000&nbsp;assuré-e-s ont été mis en poursuite en Suisse à cause d’arriérés de paiements des primes de l’assurance obligatoire des soins. Et selon une étude des président-e-s de communes zurichois, un tiers (!) de la totalité des poursuites concerne les primes des caisses-maladie.</p><p>Le système de santé suisse fait fausse route et son financement est socialement injuste. Alors que chez nos voisins européens, l’assurance de base est principalement financée à travers des cotisations basées sur les revenus, les primes individuelles suisses et la participation des assuré-e-s aux coûts représentent de loin la majeure partie du financement. Et c’est justement ce système qui conduit les ménages à bas ou moyens revenus à l’insolvabilité, malgré la possibilité d’avoir recours à des réductions de primes. De fait, celles-ci ont été réduites depuis des années dans presque tous les cantons. En outre, toujours plus d’argent est prélevé sur les postes budgétaires concernés pour financer précisément des arriérés de paiements, ce qui est totalement contradictoire. Si un canton diminue les réductions de primes pour financer, avec de l’argent pris sur l’ensemble du poste budgétaire inchangé, la hausse des dépenses dues aux arriérés de paiements (comme c’est arrivé à plusieurs reprises), il crée alors tout simplement les conditions pour encore plus d’arriérés de paiements. On attise ainsi un cercle vicieux dont les assuré-e-s concernés sont les premiers à pâtir.</p><p><strong>Un objectif social au lieu des listes noires&nbsp;!</strong></p><p>Il est affligeant de constater qu’il a fallu qu’on prenne connaissance aux Chambres fédérales du grave cas précité pour que la façon de voir les choses se modifie quelque peu. Résultat&nbsp;: une procédure de consultation sur l’abolition des listes noires. Il s’agit aussi, dans le cadre de cette révision, de réfréner l’appétit des caisses-maladie&nbsp;: il est inacceptable que certaines d’entre elles gagnent même de l’argent avec les assuré-e-s confrontés à des difficultés de paiement. Or c’est ce qu’elles font aujourd’hui en facturant des «&nbsp;frais administratifs&nbsp;» exorbitants pour retards de paiement, des frais qu’elles perçoivent de surcroît sur chaque facture de prime. Sans compter que les cantons leur remboursent actuellement au moins 85&nbsp;% des arriérés de paiement.</p><p>À plus long terme et au-delà de la présente révision, il faudrait que la droite reconnaisse une bonne fois pour toutes les conséquences graves et, en fin de compte, préjudiciables à la santé publique, du financement antisocial du secteur suisse de la santé et qu’elle se montre prête à s’attaquer aux racines du mal. La mesure la plus efficace dans l’immédiat consisterait à limiter le poids des primes à un maximum de 10&nbsp;% du revenu disponible des ménages. C’est précisément ce que demande l’initiative qui veut alléger le poids des primes-maladie, une initiative que soutient l’Union syndicale suisse et qui sera prochainement débattue au Parlement fédéral.</p>]]></content:encoded><category>Santé</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/steuern-zahlen/Rechnungen-viele_iStock-rawpixel_klein.jpg" length="556986" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7025</guid><pubDate>Mon, 15 Jun 2020 19:07:15 +0200</pubDate><title>Pierre-Yves Maillard nouveau président de l’Institut de formation Movendo</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/pierre-yves-maillard-nouveau-president-de-linstitut-de-formation-movendo</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le président de l’Union syndicale suisse, également conseiller national vaudois, a été élu président de Movendo, l’Institut de formation des syndicats, lors de l’Assemblée des délégué-e-s fin mai. Il succède à Corinne Schärer.</p><p>Pour Maillard, la formation et la formation continue constituent la base centrale pour représenter les intérêts des collègues de travail dans les entreprises et les différentes branches. Que ce soit les formations sur le contrôle effectif de l'égalité des salaires entre femmes et hommes, la formation continue des membres d'une commission du personnel, les formations visant une participation accrue aux des salarié-e-s aux régimes de retraite ou celles ciblant les aptitudes en communication personnelle dans le travail et la vie quotidienne : « Pour négocier à hauteur d’yeux avec les employeurs, nous devons disposer des connaissances nécessaires ». L'Institut de formation est un pilier central d'un mouvement syndical de base et offre de grands avantages aux membres. De plus, la formation a une importance sociale importante. Movendo apporte ainsi une contribution à la « démocratisation du savoir », a déclaré Maillard à l’occasion de sa prise de fonction.</p><p>L'Institut de formation est soutenu par différentes fédérations de l’USS et propose chaque année quelque 250 cours sur des sujets liés au monde du travail. Les offres sont ouvertes à toute personne intéressée. Les syndicats prennent en charge au moins un cours par an pour leurs membres.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/f/7/csm_IMG_4011_a4dd4ca788.jpg" length="95999" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7023</guid><pubDate>Mon, 15 Jun 2020 18:30:57 +0200</pubDate><title>Reconnaître l’urgence, mais apporter des solutions plus ciblées et plus justes!</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/reconnaitre-lurgence-mais-apporter-des-solutions-plus-ciblees-et-plus-justes</link><description>Pouvoir d’achat des familles : Non à l’arnaque fiscale</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les mesures de lutte contre la pandémie que nous avons, espérons-le, traversée, et la situation de crise économique que nous traverserons encore malheureusement pendant quelques temps, sont à l’origine de problèmes très aigus pour tout le monde en Suisse. Les familles ne sont pas épargnées&nbsp;: pour nombre d’entre elles, qui ne passaient les fins de mois qu’à grand-peine, chômage partiel ou indemnités pour indépendants signifiaient certes une aide bienvenue, mais aussi le début d’un casse-tête&nbsp;: comment faire avec 10, 20, 30% de revenu en moins&nbsp;? D’autant plus que le chômage partiel, par exemple, a concerné 50% des employés dans les branches les moins bien rémunérées, mais seulement un cinquième des salariés les mieux payés[1]. Et c’est sans compter le chômage tout court, puisque 55'000 personnes de plus se sont ajoutées au nombre des demandeurs d’emplois depuis février (chiffre corrigé des variations saisonnières).</p><p>Le problème immédiat que rencontrent des centaines de milliers de ménages dans notre pays est celui du pouvoir d’achat. Comme les partisans du projet fiscal, nous reconnaissons, plus encore dans ce nouveau contexte, la nécessité d’un effort de la Confédération pour le pouvoir d’achat des familles, mais nous contestons la méthode utilisée, qui ne profite pas à celles et ceux qui en ont le plus urgent besoin.&nbsp;Car de ces 370 millions de dépenses fiscales, plus de 70% profiteront au cinquième des familles dont les revenus sont les plus élevés. Et pourtant, si l’on est prêt à consacrer plus d’un tiers de milliard, par an, à soulager les familles de ce pays, il y&nbsp;aurait des idées efficaces&nbsp;et simples à mettre en œuvre&nbsp;pour atteindre vraiment le but et les besoins des gens. Ainsi, les primes payées pour tous les enfants de Suisse représentent 1.812 milliards[2]. Et il s’agit aussi d’un impôt. Dès lors, tant qu’à baisser un impôt, autant viser celui qui fait le plus mal.&nbsp;En tenant compte des réductions de primes déjà versées, avec 370 millions de francs, on peut financer pour le même tarif un rabais généralisé de 25% sur toutes les primes de tous les enfants de moins de 18 ans de Suisse à charge des familles.</p><p>Concrètement, cela signifie&nbsp;:</p><ul><li>Pour une famille avec deux enfants et un revenu d’environ 110'000 francs brut (donc un peu plus de 90'000 nets)&nbsp;:</li></ul><ol><li>Le projet de loi n’a aucun effet lorsque les deux parents travaillent</li><li>Si un seul des parents travaille, il fait baisser la facture fiscale d’environ 210 francs par an[3]</li><li>Au contraire, une baisse des primes de 25% permettrait d’alléger leur facture de 300 francs par enfant[4], 600 francs en tout, soit près de 3 fois plus&nbsp;!</li></ol><ul><li>Pour toutes les familles dont le revenu brut annuel se situe au-dessous, l’équation est plus simple&nbsp;: le projet ne leur apporte rien. Un allègement des primes leur offre les mêmes 600 francs.</li><li>Et même pour la classe moyenne supérieure, le calcul est vite fait&nbsp;: jusqu’à 190'000 francs annuels, grosso modo, l’allègement pour les primes de deux enfants apporterait plus que la baisse fiscale&nbsp;!</li></ul><p>Alléger les charges obligatoires qui pèsent sur les familles n’est pas seulement réaliser une priorité de tous les programmes&nbsp;politiques.&nbsp;C’est répondre à une nécessité absolue face à la situation sociale et économique que nous connaissons.&nbsp;Mais nous avons besoin d’un projet qui atteigne vraiment sa cible. Celui-ci ne le fait pas.</p>]]></content:encoded><category>Santé</category><category>Finances et fiscalité</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/7/a/csm_Referendum-Kinderabzug_U-Karte_sgb_franz_v4-1_6c5bdcd96a.jpg" length="277632" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-7008</guid><pubDate>Fri, 05 Jun 2020 17:32:00 +0200</pubDate><title>50 ans de l’initiative Schwarzenbach: plus jamais ça!</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/50-ans-de-linitiative-schwarzenbach-plus-jamais-ca</link><description>Pour le 50e anniversaire du refus de l&#039;initiative Schwarzenbach, Vasco Pedrina revient sur l&#039;évolution de la politique migratoire syndicale.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 7 juin 1970, il y a exactement 50 ans, a eu lieu la mémorable votation populaire sur l’initiative Schwarzenbach, la deuxième d’une série interminable d’initiatives xénophobes ayant occupé notre pays jusqu’à l’« initiative de limitation » de l’UDC à venir. Conseiller national pour l’« Action nationale contre la surpopulation étrangère » en 1967, James Schwarzenbach voulait avec son initiative limiter la proportion de ressortissants étrangers à 10% de la population totale. Selon les estimations, plus de 300’000 étrangères et étrangers auraient dû quitter la Suisse si elle avait été acceptée. Un passage du texte de l’initiative disposait que la Confédération aurait dû veiller à ce qu’aucun citoyen suisse ne puisse être licencié pour quelque raison que ce soit tant que des étrangers et étrangères étaient employés dans la même entreprise et dans la même catégorie professionnelle. Fort de tabac !</p><p><strong>Participation hors du commun</strong></p><p>La campagne de votation très émotionnelle (à l’époque, les méchants étrangers étaient surtout des Italiens, aujourd’hui cités en exemple) a conduit à l’un des taux de participation les plus élevés jamais enregistrés (74 %). Heureusement, l’initiative a été rejetée, mais avec un modeste score de 54% de non. Elle a obtenu ses meilleurs résultats dans les cantons agricoles catholiques et dans le triangle industriel de Bâle, Berne, Zurich, en particulier dans les quartiers ouvriers de ces villes. Pour notre pays, cette votation a marqué une césure à plusieurs égards. Avec les mesures de limitation prises avant la votation et l’introduction du « plafonnement global » par la suite, elle a fortement influencé le cours de la politique migratoire de la Confédération pendant des décennies. Elle a été accompagnée d’un durcissement des statuts de séjour discriminatoires. Durant la crise économique de 1975/1977, le chômage a, de fait, été exporté, de sorte que les souhaits de Schwarzenbach ont été temporairement réalisés du point de vue quantitatif.</p><p>Comme jamais auparavant, cette votation a été une épreuve pour les syndicats. Certaines sections de différents syndicats n’ont pas suivi la recommandation de voter « non » émise par l’USS. Des commissions d’entreprises ont fait dissidence. Il y a eu des démissions de membres et même des scissions, comme dans l’industrie du papier quelques années plus tard. Selon les sondages, 55% des membres des associations de l’USS ont voté pour. Le choc a été profond dans nos rangs, mais avec le temps, il a conduit à une réflexion et à une remise en question positive. Mais pas dans le sens des souhaits des idéologues en chef de l’UDC actuelle. Une raison essentielle de la division réussie – du point de vue de Schwarzenbach – des travailleuses et travailleurs à cette époque réside malheureusement dans l’attitude des syndicats envers la politique des étrangers depuis les années 1950. En 1956, une résolution de l’USS disait déjà : « La politique du marché du travail doit viser en premier lieu à maintenir le plein-emploi et à protéger les places de travail de nos travailleurs autochtones ». Les syndicalistes ont été parmi les premiers à exiger du Conseil fédéral un arrêt net de l’immigration et même des mesures de démantèlement, en le répétant plusieurs fois durant les années 1960 (comme dans une lettre au Conseil fédéral sur l’accord d'immigration avec l’Italie en 1964).&nbsp;</p><p><strong>Changement d'attitude syndical</strong></p><p>Longtemps convaincus que l’immigration n’était qu’un phénomène temporaire, ils ont par leur attitude contribué à préparer le terrain à la propagation d’idées xénophobes. En 1960, le programme de travail de l’USS stipulait par contre déjà : « La main-d’œuvre étrangère ne peut être employée qu’aux mêmes conditions de travail et de vie que les travailleurs autochtones ». Cette idée que le dumping salarial nuit finalement à tous les salariés et salariées a ouvert la porte à une politique de solidarité faisant des intérêts communs des salariés autochtones et étrangers une priorité. La leçon que les syndicats ont lentement mais sûrement tirée de la votation de l’époque est qu’une attitude défensive envers la main-d’œuvre étrangère mène finalement à une impasse, tout comme la conception de l’immigration comme une simple ressource de réserve. Avec la syndicalisation croissante des migrant-e-s, la situation a changé assez radicalement. Leur intégration dans les syndicats a accéléré leur acceptation dans la société comme partie intégrante de notre pays. Mais il a fallu plus de dix ans et notamment l’initiative « être solidaires en faveur d'une nouvelle politique à l'égard des étrangers » (en allemand « Mitenand-Initiative » pour que tous les syndicats se prononcent clairement en faveur de l’abolition du statut inhumain de saisonnier. Puis, encore deux décennies ont passé avant que la révolution copernicienne de la politique migratoire des syndicats se traduise dans la réalité sociale avec l'entrée en vigueur des accords bilatéraux avec l’UE en 2002 : l’introduction de la libre circulation des personnes sur la base de l’égalité des droits et d’une forte protection pour tous. Les mesures d’accompagnement ont constitué une avancée sans précédent dans la réglementation du marché du travail et la protection des salaires. Ce programme exactement contraire à celui de l’initiative Schwarzenbach est une réussite tardive mais réelle.&nbsp;</p><p><strong>Non au retour de la politique de Schwarzenbach</strong><br> Lors de la votation populaire du 27 septembre sur l’ « initiative de limitation » de l’UDC, il s’agit d’empêcher la réintroduction de la politique de Schwarzenbach, qui a déjà échoué une fois. Un coup d’œil sur l’histoire montre que les instruments du contingentement et des statuts discriminatoires ont échoué sur toute la ligne : non seulement ils n’ont pas permis de réduire l’immigration qui dépend avant tout des fluctuations économiques, mais ce système a longtemps maintenu à un faible niveau la productivité dans des branches importantes (construction, agriculture, hôtellerie-restauration), au détriment de l’ensemble de l’économie. L’exploitation des travailleurs étrangers est inhumaine - non seulement pour les travailleurs concernés, mais aussi pour leur famille entière et leurs enfants. Enfin, l’ancienne politique migratoire de la Suisse encourageait la pression salariale pour tous sur le marché du travail. Plus jamais ça !</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Migration</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/internat-eu/auslaenderausweis_c_niederlassungsbewilligung_beschnitten.jpg" length="198149" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6991</guid><pubDate>Thu, 28 May 2020 12:41:10 +0200</pubDate><title>Chômage et coronavirus : la prestation transitoire plus nécessaire que jamais</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/chomage-et-coronavirus-la-prestation-transitoire-plus-necessaire-que-jamais</link><description>Au Parlement de décider pendant la session d’été</description><content:encoded><![CDATA[<p>Durant les trois mois de la crise du coronavirus, de mars à mai, le chômage a véritablement explosé en Suisse, passant d’environ 105&nbsp;000 personnes à plus de 160&nbsp;000 (données corrigées des variations saisonnières). Du jamais vu&nbsp;! Seules les garanties de salaire proposées sous la forme du chômage partiel et de l’allocation pour perte de gain liée au coronavirus versée aux parents, ont permis d’éviter le pire comme ce qui est arrivé aux États-Unis. Dans ce pays en effet, 20 millions de personnes ont perdu leur emploi pendant le seul mois d’avril. Mais le danger n’est pas encore écarté en Suisse, les perspectives conjoncturelles restant moroses.</p><p class="heading--h3">La crise a durement frappé les plus de 55 ans</p><p>La hausse du chômage a été particulièrement forte chez les jeunes. Parce que les entreprises ont freiné leurs recrutements, la recherche d’un emploi pour ce groupe de personnes, qui venaient de terminer leur formation, sortaient de l’école de recrues ou revenaient d’un séjour à l’étranger, s’est avérée particulièrement difficile. Certes un peu moins visibles que les jeunes, les actifs et actives plus âgés ont cependant aussi fortement souffert de la crise. En principe, les plus de 55 ans sont beaucoup moins souvent à la recherche d’un emploi que leurs jeunes collègues, et pourtant le nombre de nouveaux chômeurs et chômeuses parmi eux a augmenté de près de 50&nbsp;% en mars et avril. C’est très inquiétant.</p><p>Beaucoup de personnes concernées, avec qui nous avons été en contact dans notre travail syndical quotidien, nous ont dit avoir enfin trouvé un emploi après de longues recherches pendant ces deux dernières années. Mais à peine la crise du coronavirus a-t-elle éclaté qu’elles ont été licenciées. Le chômage augmentant, les chances de trouver un travail diminuent. De plus, il leur manque souvent les années de cotisations à l’assurance-chômage nécessaires pour toucher à nouveau suffisamment d’indemnités journalières. Que personne n’est abandonné pendant la crise est donc une affirmation qui sonne creux à leurs oreilles.</p><p class="heading--h3">Il faut stopper la dégringolade sociale</p><p>La situation financière des chômeurs et chômeuses âgés sans emploi malgré d’innombrables recherches se dégrade fortement une fois qu’ils se trouvent en fin de droit au chômage. À un moment ou à un autre, impossible pour eux d’éviter l’aide sociale. Mais il se peut alors que, pour recevoir une aide financière, ils doivent d’abord puiser dans leurs avoirs de vieillesse. Et cela, alors même qu’ils ont déjà dû utiliser presque toute leur fortune. Le recours aux prestations complémentaires pendant la retraite est ainsi programmé, avec la hausse des coûts induite pour les assurances sociales. La personne qui a travaillé durant toute sa vie doit bénéficier à la fin de son parcours professionnel d’une couverture sociale meilleure, décente. Et c’est précisément pour cela que les partenaires sociaux et le Conseil fédéral ont mis en route la prestation transitoire. Celle-ci n’est toutefois qu’un petit pas en avant. C’est pourquoi il est d’autant plus important que le Parlement tranche définitivement à ce sujet au mois de juin et que le Conseil fédéral mette ensuite rapidement en vigueur cette mesure.</p><p class="heading--h3">La prestation transitoire, une solution minimale et finançable</p><p>Avant la crise du coronavirus encore, certains ont critiqué le fait que cette nouvelle mesure sociale destinée aux travailleurs et travailleuses âgés avait été élaborée et discutée trop rapidement, alors que l’USS demandait depuis des années déjà un tel instrument social. Au vu des prises de décisions du Parlement et du Conseil fédéral désormais connues sur les mesures d’aide liées à la crise du coronavirus, le rythme pris avec la prestation transitoire semble cependant tout à coup largement modéré. C’est d’ailleurs d’autant plus vrai en ce qui concerne les coûts budgétisés pour la prestation transitoire. Ils correspondent à ce que coûterait le non remboursement de 0,4&nbsp;% des crédits aux entreprises liés au coronavirus (pour comparaison, le conseiller fédéral Ueli Maurer table sur un taux de défaut de 10&nbsp;%, et un taux encore plus élevé est très probable).</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Politique sociale</category><category>Prestation transitoire</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/3/2/csm_Frau-ue55-mitRegenschirm-draussen_photocase-kemai_1a66e1892a.jpg" length="181513" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6990</guid><pubDate>Thu, 28 May 2020 11:39:01 +0200</pubDate><title>Soins : après les concerts d’applaudissements, il faut enfin des actes !</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/soins-apres-les-concerts-dapplaudissements-il-faut-enfin-des-actes</link><description>Le Parlement doit renforcer la couverture de base</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">C’est tout simple&nbsp;: aux concerts d’applaudissements auxquels on a pu assister durant la crise du coronavirus doivent maintenant succéder des actes concrets afin d’améliorer les conditions de travail dans le domaine des soins. Il y a longtemps que le besoin existe. Espérons que «&nbsp;grâce&nbsp;» à la pandémie, les derniers parlementaires qui en doutaient encore ont aussi fini par le comprendre.</p><p>Dans une enquête sur les soins de longue durée effectuée auprès du personnel soignant par le syndicat Unia en 2019 – soit longtemps avant l’arrivée du coronavirus –, 28&nbsp;% des personnes questionnées ont répondu avoir été une ou plusieurs fois pendant un mois ou plus en arrêt maladie pour des raisons professionnelles. Pour 30&nbsp;% du personnel soignant, la durée du repos légal de onze heures entre deux équipes est interrompue plus de cinq fois par mois. Et 59&nbsp;% des aides-soignantes déclarent toucher un salaire inférieur à 4&nbsp;000 francs pour un plein temps.</p><p class="heading--h3">En finir avec le refus de la réalité</p><p>«&nbsp;La personne qui choisit une profession dans les soins ne pense pas d’abord à son salaire, mais plutôt à un idéal&nbsp;». C’est là tout ce que trouve à dire Monsieur Christian Schär, président de l’Association des hôpitaux zurichois, sur la situation dans les soins (NZZ, 8.4.2020). On constate le même genre de «&nbsp;perspicacité&nbsp;» dans les propos du conseiller en santé tant écouté, Willy Oggier, pour qui, «&nbsp;si l’on augmente maintenant leur salaire [des infirmiers et infirmières] de manière forfaitaire, il y a le risque que beaucoup réduisent leur temps de travail&nbsp;» (Bund, 25.5.2020). Réduire son temps de travail parce que l’on est trop bien payé&nbsp;! Ce serait ce que les soignant-e-s ont à l’esprit…</p><p>Espérons que depuis la crise du coronavirus, pareils propos sur la situation du personnel soignant, à ce point éloignés de la réalité et carrément dégradants, appartiennent définitivement au passé. Car la chose est claire&nbsp;: en Suisse, nous aurons besoin de 65&nbsp;000 soignant-e-s de plus jusqu’en 2030. Et aujourd’hui déjà, aucun pays occidental n’occupe plus de personnel soignant formé à l’étranger que la Suisse. Parallèlement, la durée moyenne de l’exercice professionnel dans cette branche n’est justement que de 15 ans, ce qui n’étonne pas au vu des résultats de l’enquête précitée sur le stress et les salaires. La thérapie est donc aussi claire que le diagnostic&nbsp;: la Suisse doit former énormément plus de personnel soignant (surtout des infirmiers et infirmières) et, en même temps, améliorer fortement les conditions de travail dans ce secteur. Et les travailleuses et travailleurs peuvent compter, sur ce point, sur le soutien de la population. La pétition de soutien aux soignantes et soignants, lancée par le SSP en pleine crise, a ainsi atteint les 80 000 signatures en un rien de temps.</p><p class="heading--h3">Il faut appliquer maintenant l’initiative sur les soins infirmiers</p><p>Ce sont là deux revendications centrales de l’initiative sur les soins infirmiers de l’Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI), soutenue par l’USS, qui sont depuis longtemps déjà en discussion au Parlement. Fin 2019, le Conseil national a adopté un contre-projet indirect à cette initiative qui, s’il va nettement moins loin que les revendications indispensables de cette dernière, offre toutefois une base de qualité et susceptible d’être développée. La commission préparatoire du Conseil des États a cependant raté cette occasion et, en lieu et place, a continué à tailler dans ce contre-projet, tout en le rendant favorable aux caisses-maladie. Les concerts d’applaudissements ont donc désormais à nouveau cédé la place au déni de réalité. Mais le Conseil des États aura la possibilité, lors de la session d’été, de revenir sur ces décisions et de faire en sorte que les conditions de travail soient enfin améliorées de manière substantielle dans le domaine des soins. Car, pour revenir aux leçons de la crise du coronavirus, qui sait si, lors de la prochaine pandémie, la France et l’Italie ne vont pas fermer uniquement leurs frontières pour les touristes, mais aussi pour leurs milliers de frontaliers et frontalières qui, pendant la crise du coronavirus, ont infatigablement continué à travailler dans nos hôpitaux (et cela, surtout dans les cantons les plus durement touchés, ceux du Tessin et de Genève)&nbsp;? On n’ose pas imaginer quelles débordements la vague d’infections entraînerait alors dans le système de santé de notre pays.</p><p class="heading--h3">Beaucoup de questions d’approvisionnement en soins en marge du personnel</p><p>Mais au-delà du besoin en personnel, la crise du coronavirus a désormais aussi mis au centre de l’attention l’urgence des questions d’approvisionnement en soins. Ainsi, on a parfois gravement manqué, au début, de matériel de protection, ce qu’il aurait été facile d’éviter et qui, espérons-le, le sera à l’avenir. Mais les choses sont plus complexes en ce qui concerne la disponibilité de remèdes d’une importance vitale. Certes, par exemple, 70&nbsp;% du marché des génériques sont couverts en Suisse par deux entreprises nationales, mais celles-ci reçoivent les principes actifs nécessaires à leur production presque exclusivement de quelques rares fabriques qui se trouvent en Chine. On savait déjà, avant que l’interruption des chaînes d’approvisionnement mondiales suite à l’éclatement de la pandémie nous le montre, qu’une dépendance aussi unilatérale à l’égard de l’étranger, parallèlement à une concentration sur peu de partenaires commerciaux, pouvait s’avérer problématique. Par le passé, des goulets d’étranglement toujours plus fréquents étaient en effet déjà apparus concernant la disponibilité d’antibiotiques et de vaccins. Il faut par conséquent sérieusement envisager de reprendre en Suisse la production de médicaments d’importance vitale, ainsi que de renforcer durablement la pharmacie de l’armée et d’investir à long terme de manière ciblée dans la recherche sur les maladies transmissibles. Le Parlement traitera à juste titre aussi de ces questions lors de la session d’été.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Santé</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/f/b/csm_Altenheim_iStock-wavebreakmedia-820254064_476e1e8228.jpg" length="179275" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6989</guid><pubDate>Thu, 28 May 2020 11:33:57 +0200</pubDate><title>Un conte de fées </title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/un-conte-de-fees</link><description>Télétravail sans CCT : risques et effets secondaires</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Beaucoup y voyaient un remède miracle&nbsp;: on travaille à la maison et, à côté, on cuisine, on fait les nettoyages et on joue avec les enfants. Plus besoin de sortir de chez soi pour se rendre au travail ni de son pyjama pour travailler – sauf peut-être quand il s’agit de se montrer dans de fastidieuses visioconférences. Même si beaucoup de personnes concernées par le télétravail l’ont momentanément bien accepté pendant la crise du coronavirus et ont fait preuve d’un grand sens de l’improvisation, tout n’est pas si simple. Si le télétravail devient permanent, des règles claires sont alors nécessaires pour empêcher que l’on ne se retrouve en pleine jungle et pour garantir que les travailleurs et travailleuses soient protégés.</p><p>Ce n’est pas seulement depuis qu’il a fallu se retrancher chez soi pour des raisons médicales que l’on connaît les risques et les effets secondaires du télétravail&nbsp;: manque de place, enfants bruyants, mobilier et ordinateur inconfortables, liaison Internet trop lente, mélange entre travail et temps libre, isolement social. Ce genre de situation peut constituer une charge pour celles et ceux qui la vivent, surtout si elle s’installe dans la durée.</p><p>Toujours plus d’études ainsi que de décisions de tribunaux font apparaître au grand jour les côtés sombres du télétravail, tel qu’il est actuellement vécu. Aujourd’hui, des employeurs ne remplissent souvent pas leurs obligations légales à son sujet. Or la loi sur le travail (LTr) s’applique aussi à lui dans son intégralité, qu’il soit ordonné par l’employeur ou souhaité par l’employé-e-. En d’autres termes, l’employeur est contraint par la loi de garantir un aménagement du poste de travail et un matériel ergonomiques (meubles, écran, clavier, mais aussi éclairage, etc.) ainsi que le respect de la protection contre l’épuisement professionnel ou l’excès de travail (pauses, droit à ne pas être joignable). L’employeur doit en outre respecter la protection des données de son employé-e et éviter de le surveiller.</p><p class="heading--h3">Le télétravail ne doit pas servir à économiser</p><p>À la différence du remboursement des frais relatifs aux instruments de travail et au matériel utilisé, le remboursement des frais prévu à l’article 327a du Code des obligations est obligatoire (CO) pour l’employeur, qui ne peut pas y renoncer à travers un accord conclu avec son employé-e. Cela signifie que celui-ci a droit à ce que son employeur lui rembourse la totalité des frais imposés par l’exécution du travail. Seule condition&nbsp;: les frais doivent être vraiment nécessaires à l’activité professionnelle. En font partie l’électricité, Internet, le papier les réparations, etc. S’il n’y avait pas de répartition stricte des frais, l’employeur pourrait économiser le loyer, le mobilier et l’infrastructure sur le dos de son personnel.</p><p class="heading--h3">Pas de CCT, donc pas de protection contre les abus</p><p>Les règles sont claires&nbsp;: la LTr, le CO et la loi sur la protection des données s’appliquent tous trois au télétravail. Les tribunaux ont d’ailleurs développé une pratique dans ce domaine. Ces bases légales offrent à proprement parler une bonne protection aux salarié-e-s&nbsp;:</p><ul><li>L’employeur doit, en fonction de chaque cas, faire en sorte que le poste de télétravail soit ergonomique (chaise, bureau, écran, etc.) et peut devoir rendre des comptes à ce sujet à l’inspectorat du travail.</li><li>Les frais courants et ceux entraînés par les appareils utilisés doivent être supportés par l’employeur et même, selon les cas, le loyer.</li><li>Dans le télétravail, l’employeur doit respecter les pauses ainsi que le repos nocturne et dominical&nbsp;; il existe un droit et une obligation à ne pas être joignable (débranchement du serveur, désactivation des appareils à certains moments, etc.).</li></ul><p>Malheureusement, ces règles et la jurisprudence des tribunaux restent souvent lettre morte. Car, à cause d’une protection contre le licenciement insuffisante en Suisse, les salarié-e-s qui se défendent individuellement dans ces situations risquent tout simplement d’être sèchement renvoyés. De plus les inspectorats du travail sont fréquemment sous-dotés en personnel et financièrement, et en conséquence ils ne s’occupent pas du télétravail.</p><p>Il est alors d’autant plus important de suivre ici une logique collective et de sortir le télétravail de sa jungle pour l’encadrer et le réguler. Mais on ne peut pas faire porter la responsabilité de cela aux salarié-e-s individuellement, qui, à cause de la protection lacunaire contre le licenciement, ne sont pas en mesure de se défendre sans avoir à craindre de représailles. C’est bien au contraire là qu’intervient le rôle de représentant collectif des intérêts des salarié-e-s qui est celui des syndicats&nbsp;: au moyen de conventions collectives de travail (CCT), il s’agit de garantir que toutes les dispositions légales en question soient vraiment observées, aussi dans le télétravail. Cela concerne&nbsp;:</p><ul><li>l’aménagement ergonomique du poste de télétravail et la responsabilité de l’employeur à cet égard,</li><li>l’indemnisation de tous les frais découlant du télétravail, y compris un éventuel loyer</li><li>le droit de débrancher les appareils, le respect des temps de repos et des pauses,</li><li>la protection des données, l’absence de surveillance du comportement en ligne ou du mode de télétravail,</li><li>le choix uniquement volontaire du télétravail, le droit à au moins un jour de travail au bureau, contre l’isolement social.</li><li>l’adaptation des objectifs en cas de garde simultanée d’enfants ou de prise en charge de proches,</li><li>la définition, via des CCT, de mesures sanitaires et de contrôles dans le télétravail, après consultation de spécialistes de la protection de la santé (pool MSST).</li></ul><p>S’il n’était pas possible d’imposer des CCT dans ce domaine, il faudrait alors résoudre la question de l’inspection du télétravail ainsi que demander éventuellement que soient fixées, dans une ordonnance ou la loi, des règles claires en matière de frais et spécifiques concernant la protection des données.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Homeoffice_photocase_3438236.jpg" length="700887" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6988</guid><pubDate>Thu, 28 May 2020 11:22:08 +0200</pubDate><title>Accueil des enfants : Le soutien gratuit à l’économie et à la société chancèle </title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/accueil-des-enfants-le-soutien-gratuit-a-leconomie-et-a-la-societe-chancele</link><description>Nouveaux chiffres de l’OFS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Sans structures d’accueil extrafamilial des enfants, l’économie et la société suisses seraient à peine en mesure de fonctionner. Selon les chiffres les plus récents de l’OFS, presque deux tiers des enfants de moins de 13 ans sont pris en charge par des structures d’accueil extrafamilial. Mais la part de prise en charge de l’accueil par les grands-parents est égale à celle des crèches et structures d’accueil extra-scolaire confondus. La crise due à la pandémie a démontré clairement que ce fonctionnement est aussi un vecteur d’instabilité.</p><p>L’augmentation de l’offre de l’accueil des enfants dans des structures institutionnelles est nécessaire pour couvrir un réel besoin&nbsp;: actuellement, pour 7% des enfants gardés dans la sphère privée (par les parents ou des membres de la famille), il faudrait une place d’accueil en structure. Et pour 11% des enfants accueillis dans des crèches ou des structures d’accueil extrafamilial, les parents souhaiteraient pouvoir augmenter la prise en charge. Les coûts élevés (en moyenne, 4% du revenu brut de la famille) et la pénurie de places sont les deux obstacles principaux.</p><p>Pour ces raisons, les grands-parents sont devenus un pilier très important de la politique familiale en prenant en charge annuellement 160 millions d’heures de garde des enfants, couvrant ainsi un tiers du besoin d’accueil. Avant l’âge de la scolarité obligatoire, cette part est particulièrement élevée et se monte à 40%. Pour les familles sans passé migratoire, les grands-parents sont la solution de garde de loin la plus habituelle (49%). L’économie et la société profitent massivement de ce travail gratuit d’une valeur de 8 milliards de francs, selon l’estimation de l’OFS, correspondant au montant épargné par les parents et les pouvoirs publics.</p><p>L’accueil par les grands-parents est plus répandu dans les régions rurales, au Tessin et en Suisse alémanique qu’en Suisse romande. En Suisse occidentale et dans les régions urbaines, non seulement les enfants sont plus pris en charge en-dehors de la famille, mais les familles misent aussi davantage sur les institutions d’accueil (crèches et garderies). Il y a ainsi dans les villes de ces régions une offre de places d’accueil extrafamilial dans des institutions pour l’âge préscolaire tendanciellement plus élevée&nbsp;: pour 1000 enfants en âge préscolaire, Zurich offre 600 places, Lausanne presque 500. A titre de comparaison, dans des villes les plus petites de la Suisse alémanique et le Tessin, on a 200 places pour 1000 enfants à Bülach, un peu moins de 150 à Illnau-Effretikon, et près de 300 à Lugano.</p><p>L’après-pandémie ne permettra plus de se reposer sur les grands-parents seulement pour assurer la conciliation entre vie familiale et activité professionnelle. Ce système s’est révélé trop fragile. L’importance des grands-parents dans la vie des petits-enfants est incontestable. Cependant ce n’est pas leurs devoir de décharger les parents pour permettre à ces derniers de travailler. Il en résultera une augmentation du besoin de places d’accueil pour au moins un tiers des enfants en Suisse.</p><p>En Suisse, le renforcement des structures d’accueil extrafamilial des enfants pour l’âge préscolaire et scolaire, après la période de pandémie que nous venons de connaître, sera incontournable. Il sera nécessaire d’agir en particulier dans les régions rurales, surtout en Suisse alémanique et au Tessin. La Confédération et les cantons doivent rapidement mettre en place une stratégie à l’échelle de tout le pays, qui engage aussi les cantons ruraux. La société ne doit plus compter sur le travail gratuit des grands-parents. L’accueil des enfants sert toute la société et par conséquent son organisation doit être portée par elle et son financement doit être solidaire. Il est du devoir des autorités d’enfin assumer leurs responsabilités pour mettre en place un service public financé par les pouvoirs publics pour des structures d’accueil extrafamilial et parascolaire des enfants. Laissons aux grands-parents le rôle d’offrir du répit aux parents en leur permettant une sortie de temps à autre, d’accueillir leur petits-enfants un weekend et de dépanner parfois lors d’une urgence. Mais ne les forçons pas à être un pilier bénévole mais irremplaçable de la politique familiale de la Suisse.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Égalité</category><category>Politique sociale</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/1/9/csm_Kindergarten_Marcobir-iStock_62ff0a353b.jpg" length="198344" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6505</guid><pubDate>Thu, 14 May 2020 16:07:48 +0200</pubDate><title>Pour les syndicats, la protection du climat ne doit pas attendre !</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/pour-les-syndicats-la-protection-du-climat-ne-doit-pas-attendre</link><description>Déclaration à l’occasion du 15 mai 2020.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Notre population et les travailleurs et travailleuses doivent faire face&nbsp;à des défis sans précédent pour surmonter la pandémie sur le plan médical,&nbsp;social et économique. La crise a frappé l’ensemble de la&nbsp;planète de plein fouet.</p><p>En ce qui concerne la crise climatique, la situation est tout&nbsp;autre : annoncée depuis des décennies, elle se rapproche de plus en plus&nbsp;et son caractère urgent se fait toujours plus sentir. Cette crise aussi&nbsp;est&nbsp;globale et représente une menace existentielle. Mais ni les aides publiques, ni&nbsp;les comportements individuels, ni les innovations techniques ne pourront nous&nbsp;sauver demain si nous n’agissons pas&nbsp;aujourd’hui. La surexploitation conduit au&nbsp;déséquilibre des écosystèmes et c’est là que la crise climatique et les&nbsp;pandémies trouvent leur origine. Les catastrophes vont continuer de se&nbsp;multiplier si nous&nbsp;ne renversons pas la vapeur maintenant.</p><p>La pandémie a mis de nombreuses branches quasiment à l’arrêt : le&nbsp;trafic aérien est cloué au sol, le prix du pétrole en chute libre, le tourisme&nbsp;paralysé ; l’agriculture est en péril et la production et le&nbsp;transfert de&nbsp;biens au niveau mondial sont interrompus pour plusieurs mois. Le trafic&nbsp;pendulaire s’est presque éteint et celui lié aux achats transfrontaliers n’est&nbsp;plus possible. La qualité de l’air est&nbsp;meilleure, l’eau plus propre et les&nbsp;émissions ont chuté d’un seul coup. En revanche, le commerce en ligne a pris le&nbsp;dessus et les gens ont tendance à éviter les transports publics. On ne peut&nbsp;donc pas&nbsp;parler d’une évolution favorable à la protection durable du&nbsp;climat !</p><p>Les conséquences de la pandémie pèsent sur les salarié-e-s, et tout&nbsp;particulièrement sur les plus mal payés et les moins bien protégés. Elles pèsent&nbsp;aussi sur les familles, les personnes âgées et les plus&nbsp;faibles dans notre&nbsp;société. Des emplois sont supprimés, des indépendant-e-s perdent des commandes.&nbsp;Les conséquences d’un bouleversement climatique seront tout aussi&nbsp;dévastatrices. Mais nous&nbsp;pouvons aussi décider d’associer la sortie de la crise&nbsp;actuelle avec davantage de protection du climat.</p><p>Il faut préserver les emplois et en créer de nouveaux. La protection de&nbsp;la santé au travail doit être assurée et les coûts de la crise doivent être&nbsp;portés de manière solidaire. En tant que syndicats, nous&nbsp;nous engageons pour&nbsp;renforcer cette tendance et présenter des perspectives à long terme.</p><p>Ce qu’il faut maintenant, ce sont des investissements dans la protection&nbsp;de la santé des gens qui travaillent, dans les transports publics, dans la&nbsp;recherche et l’innovation technologique, dans la transition&nbsp;énergétique, dans&nbsp;les reconversions et la formation continue des travailleurs et travailleuses&nbsp;des branches en difficulté. De plus, il faut améliorer substantiellement les&nbsp;conditions de travail dans les&nbsp;domaines des soins, de la garde&nbsp;des enfants&nbsp;et de&nbsp;l’assistance.&nbsp;Toutes ces&nbsp;mesures apportent une meilleure&nbsp;stabilité au monde du travail. Notre société en&nbsp;sera renforcée pour faire face aux défis à venir. Et ce sera bénéfique pour le&nbsp;climat.</p><p>Nous nous engageons pour le climat, et à poursuivre la collaboration entre&nbsp;syndicats et collectifs régionaux pour le climat.<br><br><i>Une déclaration de l'Union syndicale suisse USS et des syndicats Unia, SSP, SEV et syndicom.</i></p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/1/4/csm_welt-klima-schuetzen_iStock-nito100_63d2fe3f36.jpg" length="115150" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6490</guid><pubDate>Fri, 08 May 2020 17:31:00 +0200</pubDate><title>Pour des structures d’accueil qui puissent résister aux crises</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/pour-des-structures-daccueil-qui-puissent-resister-aux-crises</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La session spéciale du Parlement a débouché sur un léger plus en faveur de l’accueil extrafamilial des enfants&nbsp;: la Confédération va participer avec un montant de 65 millions de francs au soutien des structures d’accueil méchamment malmenées par la crise. Il en faudra toutefois nettement plus si nous voulons pouvoir compter à l’avenir sur un réseau de structures d’accueil qui puisse résister aux crises. Objectif&nbsp;: l’organisation de l’accueil des enfants doit être conçue comme un service public. C’est ce que demande d’ailleurs une initiative parlementaire issue des rangs de l’USS.</p><p>La Suisse est en train sortir tout doucement de la crise sanitaire liée au coronavirus et de tenter d’apprivoiser cette nouvelle «&nbsp;normalité&nbsp;» – à distance. Restaurants, magasins et écoles rouvriront dans quelques jours et de nombreux salarié-e-s pourront de nouveau se concentrer sur leur travail – en télétravail ou sur place – plutôt que sur le soutien aux enfants pour l’enseignement à distance. Et nombreux sont celles et ceux qui attendent les prochaines vacances pour pouvoir vraiment récupérer de ces mois de double charge. Cette crise a démontré une chose&nbsp;: le télétravail n’est pas une solution à long terme pour mettre sous le même toit activité professionnelle et garde des enfants.</p><p>Mais en réalité, les difficultés pour la garde des enfants risquent bien de persister pendant et après la sortie de cette crise&nbsp;: la participation des grands-parents restera incertaine encore un bon moment et les structures d’accueil extrascolaires et extrafamiliales devront continuer d’appliquer des mesures accrues de protection de la santé. Pour faire face à cette nouvelle donne, il faut suffisamment de personnel et de places ainsi que de l’espace&nbsp;: du personnel non vulnérable pour s’occuper des enfants par petits groupes avec une dotation adaptée&nbsp;; des places pour accueillir aussi les enfants qui ne peuvent plus être gardés par leurs grands-parents&nbsp;; enfin assez d’espace pour pouvoir appliquer les mesures de protection de la santé.</p><p>Avec de telles exigences, impossible pour les structures d’accueil d’assumer leur activité avec leurs propres moyens. En Suisse, l’accueil extrafamilial a été laissé trop longtemps aux mains du marché, censé réguler l’offre et la demande, pour qu’elles aient aujourd’hui des réserves financières suffisantes. C’est pourquoi ce secteur a moins bien résisté à la crise que d’autres parties du service public&nbsp;: avec les restrictions actuelles, 70&nbsp;% des crèches et garderies pourraient survivre trois mois au maximum sans financement additionnel, selon des calculs de kibesuisse. Des structures développées pendant des années, parfois avec des aides financières de la Confédération, pourraient disparaître rapidement. Et qui en paierait le prix&nbsp;? Outre les exploitant-e-s et les employé-e-s des crèches et garderies, ce seraient surtout les parents, et principalement les mamans qui réduiraient leur activité professionnelle ou l’abandonneraient tout simplement. Il va sans dire que ce serait une énorme régression en termes d’égalité&nbsp;! Malgré cela, le Conseil fédéral a refusé de recourir au droit d’urgence pour décider du financement additionnel nécessaire, comme il l’avait pourtant fait en mars pour maintenir ouvertes les structures d’accueil.</p><p>En session spéciale, le Parlement a voulu corriger le tir et a décidé d’allouer 65 millions de francs à cette fin. Espérons que ce montant, plutôt modeste, incitera les cantons à y ajouter leurs propres contributions financières pour garantir le maintien des places d’accueil. Mais ce n’est pas assez&nbsp;: plus que le maintenir, il faut développer le nombre de places d’accueil pour les enfants pour parvenir à répondre à la demande croissante. La Confédération et les cantons doivent lancer ce développement, le coordonner et le financer. Et il faudra le faire sur la base d’un concept solide et viable, comme le demandent 40 organisations réunies dans la <a href="https://www.uss.ch/corona-virus/detail/laccueil-de-jour-des-enfants-au-coeur-de-la-strategie-de-sortie" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">coalition pour l’accueil des enfants</a> dans un <a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/communiques/200428_Appel_Coalition_accueil_de_jour_F.pdf" target="_blank" class="link link--download" rel="noreferrer">appel</a>. Objectif&nbsp;: organiser l’accueil extrafamilial et extrascolaire des enfants comme un service public, selon le modèle de la formation scolaire. Dans la foulée de la Grève des femmes* de l’année passée, l’USS a décidé de soutenir ce changement de paradigme en lançant un projet en ce sens. Présidente du SSP, Katharina Prelicz-Huber a fait un premier pas au plan politique&nbsp;: lors de la session spéciale du Parlement cette semaine, elle a déposé, avec le président de l’USS Pierre-Yves Maillard, l’initiative parlementaire <a href="https://www.parlament.ch/de/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20200413" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">«Familien- und Schulergänzende Kinderbetreuung als Teil des Service Public»</a> (pour l’instant seulement en allemand).</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Égalité</category><category>Services Publics</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/3/0/csm_Kindergarten_Kinder_essen_iStock-Andrey-Kuzmin_9333f0feb2.jpg" length="135859" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6491</guid><pubDate>Fri, 08 May 2020 17:25:00 +0200</pubDate><title>Face au coronavirus, tout le monde n’est pas égal financièrement</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/face-au-coronavirus-tout-le-monde-nest-pas-egal-financierement</link><description>La crise du coronavirus le prouve : la santé publique nécessite un financement public</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La situation d’urgence sanitaire actuelle le démontre sans aucune équivoque&nbsp;: la santé n’est pas une affaire privée. Il faut maintenant que cela s’applique aussi globalement au financement du secteur suisse de la santé.</p><p>La pandémie liée au coronavirus ne va peut-être pas avoir une grande incidence sur les prochaines primes-maladie. En effet, la presque totalité des coûts supplémentaires induits par le COVID-19 concerne le domaine hospitalier stationnaire cofinancé par les cantons et qu’en même temps, les traitements en ambulatoire, domaine entièrement financé par les primes, se sont limités pendant des semaines aux cas urgents. Toutefois, si des coûts supplémentaires devaient en découler pour les caisses-maladie, ce n’est, selon leurs propres dires, pas un problème, car ils auraient de fait déjà constitué précisément à cet effet les réserves bien garnies qui dépassent largement le minimum légal.</p><p>Et nous nous retrouvons ainsi au cœur du problème&nbsp;: les réserves sont elles aussi intégralement financées par les primes-maladie. Si elles sont exagérément dissoutes, cela veut tout simplement dire qu’un vendeur de chaussures devra participer financièrement dans une mesure plus grande à la gestion de la crise du coronavirus qu’une avocate d’affaires. Et, face au virus, nous serions- une nouvelle fois – pas tous égaux.</p><h4>Un nouveau mode de financement</h4><p>La situation actuelle montre bien que le financement de notre système de santé est non seulement antisocial, mais qu’il est même préjudiciable pour la santé publique. Lorsqu’une personne qui présente des symptômes du COVID-19 ne se fait pas tester parce qu’elle ne veut ou ne peut pas payer elle-même ce test (par exemple en cas de franchise élevée), cela coûtera très vite bien plus cher à l’ensemble de la société, car le virus aura le temps de se propager bien davantage.</p><p>À court terme, la première solution s’impose d’elle-même&nbsp;: il faut que les traitements liés au COVID-19 soient pris en charge par les fonds publics et qu’ils soient surtout exemptés de la participation directe aux coûts par les assuré-e-s (quote-part). Mais ça ne suffira pas&nbsp;: le problème financier dans le système suisse de santé ne s’appelle pas COVID-19. C’est surtout le fait que les assuré-e-s doivent d’une part s’acquitter d’un impôt individuel (la prime) et d’autre part payer encore de leur propre poche plus que dans tout autre pays de l’OCDE (franchise, quote-part, médicaments et traitements exclus du catalogue de prestations). La crise sanitaire actuelle devrait nous ouvrir enfin les yeux et nous inciter à transformer de fond en comble le financement de notre système de santé. L’initiative pour l’allègement des primes-maladie déposée en janvier par le PS Suisse et l’USS est la prochaine occasion de mettre en route cette transformation. Son objectif&nbsp;: aucun ménage ne devrait consacrer plus de 10&nbsp;% de son revenu disponible aux primes-maladie. Le Conseil fédéral doit soutenir cet «&nbsp;objectif 10&nbsp;%&nbsp;» et recommander rapidement le oui à l’initiative.</p><h4>Repenser l’indemnisation des coûts</h4><p>Une fois que les moyens sont prélevés – soit actuellement environ 80 milliards de francs par année –, on pourrait s’attendre à ce qu’ils soient utilisés à bon escient. Ce n’est pourtant pas le cas&nbsp;: le système actuel d’indemnisation des coûts (points Tarmed pour l’ambulatoire et forfaits par cas SwissDRG pou le domaine hospitalier) entraîne toute une série d’incitations négatives qui, à leur tour, conduisent à la fois à des pénuries et à une surabondance de l’offre. L’offre excédentaire coûte cher, parce qu’elle entraîne des interventions inutiles et donc des frais qui pourraient être évités. La pénurie aussi coûte cher&nbsp;: des interventions nécessaires n’ont pas lieu, avec pour conséquence des frais ultérieurs potentiellement encore bien plus élevés.</p><p>Là aussi, la crise liée au coronavirus nous apprend beaucoup, tout particulièrement en ce qui concerne la pénurie de l’offre. Ainsi, le plan pandémie influenza – souvent cité mais malheureusement peu pris en compte avant cette crise – exposait en 2018 déjà dans le détail où il fallait quelles réserves de matériel de protection, de médicaments et de places de traitement en cas de situation grave. Mais le système actuel d’indemnisation n’est pas fait pour de telles mesures de prévention&nbsp;: les caisses-maladie n’ont aucun intérêt à porter les coûts supplémentaires que cela engendrerait (elles devraient augmenter les primes et perdraient des assuré-e-s) et les hôpitaux ne sont pas en mesure de les assumer, car ils ne sont pas inclus dans les forfaits par cas. Conclusion&nbsp;: il faut non seulement un financement public du système de santé, mais également un système d’indemnisation public, c’est-à-dire centralisé, assorti d’une définition des prestations qu’il s’agit d’indemniser. Ce qui voudrait dire, par exemple&nbsp;: plus de stocks de masques de protection et moins de prothèses de hanches.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Santé</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/a/7/csm_Arztgespraech-Formular_istockphoto-Cameravit_834c1bcf75.jpg" length="49460" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6492</guid><pubDate>Fri, 08 May 2020 17:20:00 +0200</pubDate><title>Allocations pour les parents et sortie du semi-confinement</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/allocations-pour-les-parents-et-sortie-du-semi-confiment</link><description>Qu&#039;est-ce qui fonctionne et qu&#039;est-ce qui doit encore être amélioré ?</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En cette période de crise sanitaire, les allocations pour perte de gain (APG) ont été élargies aux parents d’enfants de moins de 12 ans qui ont une activité professionnelle&nbsp;: elle doit leur permettre de ne pas perdre leur salaire s’ils ne peuvent plus travailler, ou pas autant que d’habitude, parce que la garde de leurs enfants par des tiers n’est momentanément pas possible.</p><p>Après un démarrage un peu timide, le nombre d’indemnités journalières de perte de gain versées aux parents a plus que doublé ces deux dernières semaines. C’est bon signe, car un premier bilan intermédiaire de l’USS indiquait que ces APG pour parents peinaient à se faire connaître. Pourtant la charge supportée par les parents travaillant tout en s’occupant de leurs enfants à domicile ne faisait que croître.</p><p>Plusieurs employeurs et employeuses ont fait des efforts depuis pour renseigner leurs employé-e-s sur cette possibilité. Sur pression de l’USS, l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) a précisé que les salarié-e-s en télétravail n’étaient pas exclus de ces APG et il a actualisé son aide-mémoire sur le sujet. Au début mai, près de 2600 parents avaient touché ces allocations. Le Conseil fédéral s’attendait à 60&nbsp;000 demandes. D’où vient cet écart énorme&nbsp;? Les syndicats reçoivent pourtant continuellement des questions de la part de parents débordés et désécurisés. Et même la presse de droite commence à parler de la pression croissante que vivent les familles et en particulier les femmes (https://www.nzz.ch/zuerich/coronavirus-in-zuerich-lockdown-veraendert-den-alltag-von-muettern-ld.1553723).</p><h4>Et après le 11 mai&nbsp;?</h4><p>Nous entrons le 11 mai dans une nouvelle phase de cette crise sanitaire et l’incertitude autour de la garde des enfants prendra alors une tournure différente. Avec la réouverture de nombreuses entreprises (commerce de détail, hôtellerie-restauration, p. ex.), beaucoup d’autres parents devront à nouveau se rendre au travail alors que la garde de leurs enfants est loin de fonctionner de nouveau comme avant. Il est vrai que les écoles reprendront le même jour, mais la charge pour les parents n’en sera que partiellement allégée. Dans de nombreux cantons, il y aura une période de transition avec une reprise progressive de l’enseignement dans les salles de classe. Les accueils extrascolaires auront pour leur part un calendrier de transition différent. Un exemple&nbsp;: dans le canton de Zurich, on maintient la recommandation de garder ses enfants autant que possible à la maison ou en milieu privé. Les communes zurichoises continuent donc de limiter l’offre des accueils extrascolaires. Et la garde par les grands-parents est toujours exclue, sans que l’on sache jusqu’à quand. Dans ce contexte, on se contente de demander aux parents – et aux employeurs et employeuses – de se montrer compréhensifs et flexibles. Au lieu de leur expliquer que même après le 11 mai, le recours aux APG pour parents reste une possibilité tant que la garde des enfants par des tiers n’est pas possible en raison de la crise sanitaire.</p><p>Pourtant l’ordonnance d’urgence est claire sur cette question&nbsp;: si les enfants ne peuvent pas, ou seulement partiellement, aller à l’école ou à l’accueil de jour en raison des restrictions cantonales (p. ex. demi-classes), ou si les personnes qui les gardent ne peuvent le faire parce qu’elles font partie des groupes à risque, le droit aux APG pour parents demeure. Ce droit ne s’éteint que si une solution de garde a pu être trouvée, si l’enfant atteint ses douze ans ou en cas de levée de toutes les restrictions. Comme toutes les ordonnances d’urgence, cela vaut jusqu’à nouvel ordre ou jusqu’à ce que la disposition expire le 16 septembre.</p><h4>Séparer garde des enfants et activité professionnelle</h4><p>Si l’on veut réussir la sortie de cette période de restrictions et de fermetures, les parents qui travaillent aussi professionnellement doivent savoir s’ils auront droit et accès – ou non – à des places dans les structures d’accueil, et si oui, à quel prix. Car tant que la garde des enfants n’est pas assurée, ils ont l’obligation légale de s’occuper de leurs enfants. Personne ne doit perdre son emploi à cause de cela ou être contraint d’y consacrer ses jours de vacances. Ce point est particulièrement important pour les parents qui ne peuvent effectuer leur travail depuis la maison.</p><h4>Pas de double charge avec le télétravail</h4><p>Même pour les parents forcés de faire du télétravail pour des raisons de santé, l’activité professionnelle et la garde des enfants doivent impérativement être séparées. Après huit semaines de semi-confinement, les employeurs et employeuses ont eu suffisamment de temps pour trouver des solutions pour que les temps de travail et de repos puissent s’appliquer correctement aussi dans le télétravail. Si ce n’est pas possible, ils peuvent recourir aux APG pour leurs employé-e-s parents. En effet, même en télétravail et indépendamment des éventuelles obligations familiales, le travail de nuit entre 23h et 6h du matin reste interdit et le temps de repos quotidien d’au moins onze heures consécutives reste une obligation à respecter. Les parents en télétravail (et surtout eux&nbsp;!) ont le droit de dormir, de récupérer et d’être protégés contre l’épuisement (burnout).</p><p>Pour conclure, voici une petite suggestion de leçon de calcul avec vos enfants à la maison&nbsp;: partons du principe (c’est plus simple) que la période de repos s’étend de 20h à 7h du matin. C’est vrai&nbsp;: pour le travail après 20h, l’employeur ou l’employeuse doit déjà obtenir la participation du personnel, selon la loi. Partons aussi du principe que les enfants sont capables de s’occuper seuls pendant deux heures le matin et deux heures l’après-midi, au maximum. Pour des enfants de 12 ans, cette limite supérieure est même assez optimiste. Combien de personnes faut-il pour s’occuper d’eux en dehors de ces heures pour que les parents puissent faire leurs heures de travail régulières&nbsp;?</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Égalité</category><category>Politique sociale</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gleichstellung/Kinder_zuhause_davidpereiras-photocase.jpg" length="735485" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6493</guid><pubDate>Fri, 08 May 2020 17:10:00 +0200</pubDate><title>Crise du coronavirus : les cantons aussi doivent prendre leurs responsabilités</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/crise-du-coronavirus-les-cantons-aussi-doivent-prendre-leurs-responsabilites</link><description>À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’importance économique des cantons n’est pas négligeable. Ils doivent maintenant mettre tout leur poids dans la balance pour limiter autant que possible les dégâts de la crise économique majeure qui se dessine. Et le temps presse.</p><p>Dès le 20 mars, la Confédération a commencé à mettre en place des plans de sauvetages conséquents avec des mesures pour atténuer les effets de la crise du coronavirus sur l’économie. D’abord largement insuffisantes, ces mesures ont été continuellement étendues et les moyens mis à disposition ont augmenté en conséquence. Pourtant, force est de constater que les milliards d’aide décidés par le Conseil fédéral ne suffisent pas. C’est surtout le cas dans les branches et les secteurs de la société qui font face à des pertes importantes et qui n’ont tout simplement rien reçu jusqu’ici. Mais c’est aussi le lot de tous les salarié-e-s ayant des salaires bas ou moyens, qui sont au chômage partiel et doivent se débrouiller avec 20&nbsp;% de moins de revenu.</p><p>Aujourd’hui, nombreux sont celles et ceux – les syndicats en font partie – qui demandent à la Confédération de continuer d’améliorer la réponse et de combler au plus vite les lacunes du «&nbsp;parapluie de protection&nbsp;» mis en place. Le temps presse. Mais les cantons aussi doivent prendre leurs responsabilités. En effet, en temps normal et dans notre pays fédéraliste, ce sont eux qui pourvoient pour plus de 40&nbsp;% aux dépenses publiques, soit bien plus que la Confédération. Jusqu’ici, beaucoup d’entre eux ont toutefois fait la sourde oreille et renvoient à la Confédération&nbsp;: celle-ci devrait prendre en charge la totalité des pertes de revenus puisque c’est elle qui a édicté les ordonnances d’urgence à l’origine de ces pertes.</p><h4>Le fédéralisme n’existe pas que par beau temps</h4><p>Tout d’abord, nous pouvons nous estimer chanceuses et chanceux que la Confédération ait su assez rapidement faire en sorte qu’il y ait des règles et des mesures uniformes à l’échelle du pays. Surtout si l’on se rappelle la confusion du début avec des mesures et dispositions cantonales prises en ordre très dispersé et l’impact négatif que cela a pu avoir. Mais il est tout aussi clair que les cantons gardent leurs responsabilités en ce qui concerne leurs missions essentielles, et ce, d’autant plus en période de crise&nbsp;: la formation, la santé, les soins et l’assistance.</p><p>Ils en ont non seulement la responsabilité, ils ont aussi les moyens nécessaires et la possibilité de mettre en place des mesures de soutien. Comme l’USS le démontrait déjà dans sa dernière <a href="https://www.uss.ch/themes/economie/detail/dossier-n-136-analyse-des-finances-cantonales-2019-2020" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">Analyse des finances cantonales</a>, les 26 cantons disposaient, ensemble, d’une fortune nette cumulée de 35 milliards de francs. Avec l’évolution favorable de l’économie, cette fortune a continué d’augmenter au cours de l’année passée, selon un premier aperçu&nbsp;: la totalité (!) des comptes d’État cantonaux ont bouclé sur des résultats meilleurs que ce qui était au budget, souvent avec des écarts énormes. Les excédents de bénéfice cumulés atteignent 3,3 milliards (contre 510 millions prévus aux budgets). Il manque toutefois encore les comptes du canton du Tessin. En 2019, les cantons ont donc pu mettre des fonds supplémentaires de côté qui sont aujourd’hui à disposition pour amortir, par des mesures concrètes, les effets de la pandémie de coronavirus sur l’économie. De nombreux cantons ont déjà commencé à utiliser ces moyens&nbsp;: ainsi, Vaud a mis de côté rétroactivement plus de 400 millions dans les comptes 2019 pour les affecter à des mesures de soutien à l’économie. Le canton de Bâle-Ville accorde des crédits transitoires supplémentaires à hauteur de 50 millions et une aide supplémentaire pour les indépendant-e-s (+20 millions). Enfin le canton de Zurich prend en charge 80&nbsp;% des pertes de revenu des crèches et garderies, pour ne citer que quelques exemples.</p><h4>Réduire les excédents, faire de nouvelles dettes</h4><p>La liste des mesures cantonales est longue et très variée (l’USS a compilé une <a href="https://www.uss.ch/corona-virus/detail/suivi-des-mesures-cantonales" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">vue d’ensemble</a> régulièrement mise à jour de toutes ces mesures). Mais compte tenu des défis économiques auxquels nous allons faire face – on s’attend en 2020 à la plus grande crise économique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale –, la plupart de ces mesures paraissent déjà presque «&nbsp;c cosmétiques&nbsp;». Grâce à leur poids économique, les cantons doivent dès lors contribuer à ce que le «&nbsp;choc de la demande&nbsp;» reste autant que possible contenu, après un «&nbsp;choc de l’offre&nbsp;» dû à la fermeture temporaire de pans entiers de l’économie. Il s’agira d’éviter autant que faire se peut les pertes de revenu et les pertes d’emplois, sinon les comptes cantonaux s’en ressentiront, eux aussi, d’autant plus.</p><p>Pour éviter cet effondrement ou le contenir, les cantons ne pourront pas juste se contenter de puiser dans les excédents juteux accumulés ces dernières années. Ils devront au contraire mobiliser davantage de moyens et s’endetter tout simplement, comme le fait la Confédération. Avec les taux d’intérêts négatifs – qui semblent être là pour rester un moment encore –, on peut partir du principe que les cantons gagneraient même à faire des emprunts&nbsp;! De plus, le taux d’endettement en Suisse est très largement en deçà des règles de l’Union européenne en la matière, soit les critères de Maastricht (la dette publique ne doit pas dépasser 60&nbsp;% de la performance économique), qui sont eux-mêmes lettre morte depuis belle lurette. Aux cantons maintenant de prendre leurs responsabilités et d’agir sans tarder.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Finances et fiscalité</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/d/b/csm_Geldscheine-Taschenrechner_iStock-disqis_925475424_4176b275e8.jpg" length="210876" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6496</guid><pubDate>Fri, 08 May 2020 16:15:00 +0200</pubDate><title>Même sans manifestation, on peut montrer la réalité du monde du travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/meme-sans-manifestations-on-peut-montrer-la-realite-du-monde-du-travail</link><description>1er Mai numérique : une première !</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les travailleurs et travailleuses sont frappés de plein fouet par la crise liée au coronavirus&nbsp;: beaucoup d’entre eux gagnent moins d’argent et ont du mal à joindre les deux bouts. Des emplois disparaissent. En plus, il y a la double charge du télétravail (ou de la peur pour sa santé sur le lieu de travail) et de la garde des enfants à la maison. Pour nous, il était donc d’autant plus important cette année de mettre en lumière à l’occasion du 1er Mai les réalités du monde du travail, sous la devise&nbsp;: «&nbsp;Solidarité, plus que jamais&nbsp;!&nbsp;». Pas une mince affaire&nbsp;: c’était en effet la première fois en 130 ans que le 1er Mai ne pouvait pas être célébré avec des manifestations et des cortèges.</p><p>Au cœur du dispositif «&nbsp;alternatif&nbsp;»&nbsp;: une émission en direct sur Internet. On a pu y voir et entendre notamment le président de l’USS Pierre-Yves Maillard, la vice-présidente du PS Suisse Ada Marra, le secrétaire syndical Giangiorgio Gargantini (Unia Tessin) et Vanessa Monney, secrétaire syndicale au SSP. D’une même voix, les intervenant-e-s ont souligné l’importance de la solidarité, surtout en période de crise comme aujourd’hui. Pour Pierre-Yves Maillard, il s’agira de convaincre les gens du bien-fondé d’un projet solidaire et du modèle social. L’USS a d’ailleurs lancé le même jour l’<a href="https://www.sortie-de-crise-solidaire.ch/" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">appel « Pour une sortie de crise solidaire »</a>. Cet appel exige que les personnes à salaires bas ou moyens touchent l’intégralité de leur rémunération en cas de chômage partiel. Il demande aussi une interdiction des dividendes dans les entreprises qui ont perçu des aides publiques ou ont eu recours au chômage partiel. Et surtout&nbsp;: pas de licenciements dus au coronavirus&nbsp;!</p><p>En plus de cette grande manifestation numérique, nous avons pu bénéficier de nombreuses contributions venant des unions syndicales cantonales ou régionales ainsi que des fédérations&nbsp;: des dizaines de vidéos provenant des quatre coins de la Suisse et de nombreux ateliers et discussions via vidéo. Le mouvement syndical a fait preuve avec brio de sa force et de sa capacité d’innovation. Dans plusieurs cantons, cette mobilisation a été complétée par des actions réelles, soit aux fenêtres et aux balcons, soit par petits groupes de personnes arborant des banderoles dans la rue ou sur les places.</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/4/2/csm_hinterdenkulissen_o_f196df04fc.jpg" length="272848" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6495</guid><pubDate>Thu, 07 May 2020 13:11:42 +0200</pubDate><title>Les apprenti-e-s ne doivent pas faire les frais du COVID-19 !</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/les-apprenti-e-s-ne-doivent-pas-faire-les-frais-du-covid-19</link><description>Des mesures et des idées pour que personne ne reste sur le carreau</description><content:encoded><![CDATA[<h3 class="heading--h4">Priorité n° 1 : recevoir un titre reconnu en été 2020</h3><p>Quelque 75&nbsp;000 apprenti-e-s de dernière année devaient passer leur examen de fin d’apprentissage cet été. Et voilà que le coronavirus est venu tout chambouler, pour ces jeunes comme pour le reste de la société. Dès le lendemain de l’annonce du Conseil fédéral que la Suisse passait en situation extraordinaire au sens de la loi sur les épidémies, l’USS s’est associée aux partenaires sociaux et aux autorités fédérales et cantonales pour travailler d’arrache-pied afin de trouver des solutions permettant à ces jeunes d’obtenir leur titre cet été.</p><p>Le Sommet national de la formation professionnelle du 9 avril, présidé par le Conseiller fédéral Guy Parmelin, a approuvé le compromis durement négocié par les partenaires sociaux pour permettre à chaque profession de choisir la variante la plus appropriée pour organiser les examens pratiques, tout en respectant les prescriptions de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) pour protéger les apprenti-e-s, les formateurs et formatrices en entreprise et les expert-e-s. Les cantons pouvaient ensuite demander une exception motivée par la situation particulière due au COVID-19. Les examens scolaires ont, quant à eux, été annulés et les notes acquises seront utilisées pour la moyenne finale. Parallèlement à ces travaux, une multitude de questions sont apparues, par exemple l’emploi des apprenti-e-s dans la situation extraordinaire, le chômage partiel des apprenti-e-s, les répétant-e-s, les pondérations, le calculs des notes, etc. Enfin, s’agissant des examens de maturité professionnelle, ils ont été annulés dans toute la Suisse et remplacés par les notes d’école.</p><h3>Priorité n° 2&nbsp;: obtenir une place d’apprentissage pour la rentrée 2020</h3><p>Une fois la solution pour les examens de fin d’apprentissage sous toit, l’USS et les partenaires sociaux se sont attelés à la situation des futurs apprenti-e-s. Tout d’abord, il faut assurer que les jeunes qui terminent leur scolarité obligatoire trouvent une place d’apprentissage pour la rentrée alors qu’il n’y a quasiment pas de stages de découverte ni d’entretiens d’embauches depuis mi-mars. Le nombre de places d’apprentissage risque de diminuer dans certaines branches et cantons particulièrement touchés par la crise.</p><p>L’USS a proposé des mesures concrètes pour pallier ce problème, notamment de financer 100&nbsp;% des salaires aux entreprises bénéficiant de la réduction de l’horaire de travail (chômage partiel) si elles recrutent des apprenti-e-s. Une autre proposition consiste à réduire les prêts contractés par les entreprises de 1000 francs par apprenti-e engagé, voire de 2000 francs pour les entreprises qui accueilleront en septembre les jeunes qui n'ont pas trouvé de place d'apprentissage en été. Les cantons romands ont, quant à eux, proposé de créer un «&nbsp;bonus apprenti&nbsp;» sous forme de financement du salaire de l’apprenti-e pendant une certaine période. Sans oublier le coaching des jeunes durant cette période particulière. Ces propositions seront discutées dans une Task force sur les perspectives de l’apprentissage 2020 qui a été instituée par le ministre de l’Économie cette semaine.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Formation &amp; Jeunesse</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/banner/Ausbildung_Lehrlinge-im-Gespraech-mit-Meister_iStock-SolStock_kl.jpg" length="501608" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6482</guid><pubDate>Fri, 01 May 2020 18:07:36 +0200</pubDate><title>Pour une sortie de crise solidaire !</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/pour-une-sortie-de-crise-solidaire</link><description>Appel pour une garantie des salaires et pas de licenciements liés au coronavirus !

</description><content:encoded><![CDATA[<p>La Confédération garantit aux entreprises 60 milliards de francs d’aides dans la crise du coronavirus, et pourtant les chiffres du chômage augmentent massivement. C’est inacceptable. Les entreprises reçoivent ce soutien pour sauvegarder les emplois et continuer à payer les salaires, pas pour verser des dividendes à leurs propriétaires. Il ne peut donc pas y avoir de licenciements liés au coronavirus !</p><p>Plus d’un million et demi de personnes sont au chômage partiel et ne reçoivent que 80% de leur salaire habituel. Beaucoup de salarié-e-s ont de la peine à s’en sortir et à subvenir aux besoins de leur famille. Nous demandons que les salaires jusqu’à 5000 francs net soient entièrement compensés.</p><p>Pour beaucoup, une perte de salaire de 20% est difficilement supportable, surtout quand il est déjà bas en temps normal. Les personnes actives dans l’hôtellerie-restauration gagnent en moyenne 4100 francs par mois (pour un emploi à plein temps). Après cette baisse de 20%, cela laisse un salaire d’environ 3300 francs ! Près de la moitié des gens au chômage partiel travaille dans des branches à bas salaires. En revanche, dans celles aux salaires les plus élevés, il n’y a pratiquement pas de chômage partiel, et donc pas de perte de salaire.</p><p>Maintenir le pouvoir d’achat est désormais d’une importance capitale. C’est vrai en premier lieu pour les salarié-e-s à faibles et moyens revenus, qui ont déjà suffisamment de soucis avec la garde des enfants, l’insécurité de l’emploi et la santé de leurs proches. Mais c’est aussi vrai pour la conjoncture économique en Suisse. C’est pourquoi nous demandons que les actifs qui touchent jusqu’à un revenu moyen reçoivent la pleine compensation de leur salaire en cas de chômage partiel, et qu’avec les milliards de la Confédération, les entreprises garantissent les emplois.</p><p><a href="https://www.sortie-de-crise-solidaire.ch" target="_blank" class="link--arrow" rel="noreferrer">Signez l'appel</a></p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/8/e/csm_SGB_Solodarisch_Logo_FR_mitweissraum_c7e1617962.png" length="93514" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6472</guid><pubDate>Tue, 28 Apr 2020 18:52:00 +0200</pubDate><title>Personnes vulnérables : les employeurs doivent respecter la loi !</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/personnes-vulnerables-les-employeurs-doivent-respecter-la-loi</link><description>Grâce à la pression des syndicats, les employé-e-s vulnérables sont à nouveau protégés</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Après un mois de peur et d’incertitude pour les travailleurs et travailleuses vulnérables, le Conseil fédéral a enfin revu sa copie – sous la pression des syndicats&nbsp;: les personnes vulnérables ne peuvent plus être contraintes de se rendre sur le lieu de travail. Reste à faire entendre ce message aux employeurs et employeuses*.</p><p>En édictant une interdiction de travail pour les employé-e-s vulnérables le 16 mars, le Conseil fédéral avait trouvé une bonne solution, facile à comprendre&nbsp;: les employé-e-s des groupes à risque (ou «&nbsp;employé-e-s vulnérables&nbsp;») devaient soit faire du télétravail, soit rester chez eux sans travailler – sur présentation d’une attestation médicale – tout en touchant leur salaire. Mais quelques jours plus tard seulement, le 20 mars, le Conseil fédéral cédait à la pression de certains employeurs et supprimait de facto cette protection.</p><p>Depuis cette date, les syndicats se sont démenés pour que le gouvernement fasse marche arrière. Et ça a payé&nbsp;: le 17 avril, cette protection a été rétablie. Mais l’ordonnance ainsi révisée est un peu plus complexe et fastidieuse que la version initiale sur ce point. Conséquence&nbsp;: l’incertitude persiste chez les salarié-e-s. Et certains patron-ne-s ne se gênent pas de continuer de forcer des personnes vulnérables à se rendre au travail, au mépris du droit et de leur devoir de diligence. C’est inadmissible&nbsp;: les employeurs doivent respecter le droit en vigueur depuis le 17 avril&nbsp;!</p><h4>En principe&nbsp;: seulement sur une base volontaire</h4><p>Le nouvel article 10c de l’ordonnance 2 COVID-19 prévoit une sorte d’hiérarchisation des dispositions par palier&nbsp;: la première solution, c’est le télétravail. À l’autre bout de la chaîne, il y a le droit, pour l’employé-e, de continuer de toucher son salaire sans devoir travailler s’il ou elle reste à la maison (pour des raisons motivées). Cette disposition correspond à une interdiction de travail, comme elle existe par exemple pour les femmes enceintes.</p><p>Dans le détail, l’enchaînement des dispositions se présente ainsi&nbsp;: lorsque le travail ne peut absolument pas être effectué depuis la maison (ni d’ailleurs une éventuelle activité de remplacement), l’employeur peut proposer à l’employé-e de venir travailler sur place, moyennant des conditions très strictes (deuxième palier)&nbsp;:</p><ul><li>L’employé-e travaillera sur le lieu de travail seulement si (et aussi longtemps que) c’est nécessaire pour des raisons d’exploitation de l’entreprise.</li><li>La place de travail doit être aménagée de telle sorte que «&nbsp;tout contact étroit avec dʼautres personnes soit exclu, notamment en mettant à disposition un bureau individuel ou une zone clairement délimitée où la distance minimale de deux mètres est respectée&nbsp;».</li><li>Dans les cas où «&nbsp;un contact étroit sʼavère parfois inévitable, des mesures de protection appropriées sont prises, selon le principe STOP (substitution, mesures techniques, mesures organisationnelles, équipement de protection individuelle)&nbsp;».</li><li>Par ailleurs, l’alinéa 5 prévoit que l’employeur doit toujours consulter l’employé-e concerné avant de prendre les mesures prévues (tâches de substitution à effectuer à la maison ou dans l’entreprise, mise en œuvre des normes de sécurité).</li></ul><p>On voit bien à quel point les exigences de protection de la santé sont élevées – et c’est tout à fait justifié.</p><p>Enfin, même si l’employeur remplit toutes les conditions, l’employé-e vulnérable peut refuser de se rendre sur le lieu de travail (troisième et dernier palier) si&nbsp;:</p><ul><li>l’employeur ne remplit pas les conditions précitées</li><li>ou si, «&nbsp;pour des raisons particulières&nbsp;», l’employé-e «&nbsp;estime que le risque d’infection au coronavirus est trop élevé malgré les mesures prises par l’employeur…&nbsp;».</li></ul><p>Ces raisons peuvent être multiples&nbsp;:</p><ul><li>méfiance envers les mesures prises par l’employeur,</li><li>anxiété personnelle,</li><li>risques sur le chemin du travail, par exemple lorsqu’il faut utiliser les transports publics.</li></ul><p>Les motifs pour un refus d’accomplir une tâche sont laissés à une interprétation assez ouverte. L’employé-e peut faire valoir sa vulnérabilité par une déclaration personnelle. Il peut la faire confirmer par une attestation médicale si l’employeur l’exige. Il est bien entendu exclu de faire figurer un diagnostic sur l’attestation (protection des données).</p><p>D’un point de vue juridique, on peut même se poser la question si les personnes à risque qui sont particulièrement anxieuses ou sensibles ne devraient pas bénéficier d’un certificat médical d’incapacité de travail pour maladie. En effet, ces personnes sont «&nbsp;dans l’incapacité de travailler sur le lieu de travail&nbsp;» pour des raisons psychiques pendant cette pandémie. Il s’agirait alors d’une incapacité de travail au sens de l’art. 324a du Code des obligations et l’employeur, respectivement l’assurance d’indemnité journalière, serait tenu de fournir les prestations en conséquence (salaire ou indemnités).</p><p>Même sans être en arrêt maladie, l’employé-e vulnérable a le droit de toucher intégralement son salaire. Il peut aussi donner son accord pour que l’employeur demande les indemnités de chômage partiel pour lui.</p><h4>Protection contre le licenciement jusqu’à la fin de la pandémie</h4><p>Concrètement, l’article 10c de l’ordonnance contient une interdiction de travail. Et dans les cas d’interdiction de travail, il y a des délais de protection contre le licenciement comme c’est le cas par exemple pour les femmes enceintes et en période d’allaitement. Par analogie, le même délai de protection vaut pour l’interdiction de travail basée sur l’ordonnance sur le COVID-19. C’est d’ailleurs ce qui correspond à la volonté du législateur&nbsp;: personne ne doit être licencié lorsqu’elle ou il n’a aucune chance de retrouver un emploi. En effet, aucun employeur ne voudra embaucher une personne en sachant que celle-ci ne sera pas en mesure de venir travailler en raison de son facteur de risque.</p><p>Le but de l’ordonnance 2 Covid-19 est de protéger la population au plan épidémiologique. Il faut que le moins de personnes possible soient infectées par le coronavirus. Pour que l’article de l’ordonnance qui concerne les employé-e-s vulnérables ait la plus haute efficacité possible, il serait utile que les employé-e-s vulnérables puissent informer leur employeur de leur situation de personne à risque. Mais la plupart ne le feront que si cela ne met pas en péril leur place de travail. Voilà pourquoi, du point de vue de l’USS, les employé-e-s vulnérables bénéficient d’un délai de protection contre le licenciement tant que la pandémie n’est pas finie.</p><p><sup>* Dans la suite de l'article, le mot «&nbsp;employeur&nbsp;» sera utilisé comme terme générique à la place d’«&nbsp;employeur et employeuse&nbsp;», afin de ne pas alourdir la lecture du texte.</sup></p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/8/3/csm_aeltererArbeiter_RainStar-iStock_kleiner_67970833b6.jpg" length="225197" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6473</guid><pubDate>Fri, 24 Apr 2020 19:01:28 +0200</pubDate><title>1er Mai 2020 : Solidarité, plus que jamais !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/1er-mai-2020-solidarite-plus-que-jamais</link><description>Appel pour le 1er Mai</description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis 130 ans, nous célébrons le premier mai la journée des travailleuses et travailleurs, au nom du progrès social, de la justice et des droits humains. Pour la première fois dans l’histoire, il n’y aura cette année en Suisse ni manifestations ni rassemblements à cette occasion. Malgré tout, nous sommes uni-e-s, et sous le slogan « Solidarité, plus que jamais&nbsp;! », nous marquerons cette journée –&nbsp;principalement de manière numérique&nbsp;–&nbsp; avec des débats et une émission en ligne.</p><p>Il y aurait de très nombreuses raisons de se faire entendre dans les rues en ce 1<sup>er</sup> Mai. La crise actuelle révèle la précarité dans laquelle se trouvent nombre de travailleuses et de travailleurs. Une fois de plus, les moins bien payé-e-s sont aussi les plus touchés. Plus d’un million et demi de personnes sont au chômage partiel et voient leur revenu réduit de 20 %, en très grande partie dans les secteurs insuffisamment payés. Boucler les fins de mois devient difficile&nbsp;: il faut donc des indemnités qui remplacent 100 % du salaire. Et face aux employeurs qui, malgré 60 milliards d’aides publiques, suppriment des places de travail, nous avons besoin d’une protection contre le licenciement et d’une interdiction de verser des dividendes.</p><p>Ce sont les travailleuses et les travailleurs qui maintiennent le pays en vie&nbsp;: voilà qui apparaît clairement lorsque bon nombre d’entre eux doivent cesser leur activité. Dans le même temps, il faut reconnaître l’importance de ce que font celles et ceux qui continuent à œuvrer, dans l’ombre ou au front, durant la crise. Le service public comme fondement de la vie en société, mais aussi la logistique, la vente, et tant d’autres ont fait la preuve de leur caractère central –&nbsp;et pourtant, les salarié-e-s n’y reçoivent bien souvent ni la rémunération suffisante, ni le respect nécessaire. Il faut du changement&nbsp;: nous sommes toutes et tous indispensables, nous méritons de meilleurs salaires et de meilleurs droits.</p><p>La demande de justice sociale s’impose, pour ce 1<sup>er</sup> Mai extraordinaire, comme rarement au cours des dernières décennies. Hormis un ciel un peu plus clair et moins de pollution, ce virus ne sème en tant que tel ni vertu, ni bienfaits. Il ne transformera pas tout seul le capitalisme dans le sens que nous souhaitons. Pour l’instant, les conséquences de cette pandémie affaiblissent les faibles et nous privent des moyens et occasions de nous rencontrer. Comme toujours au cours de notre histoire, les possibilités de changer les choses vers le progrès ne résident ni dans les catastrophes, ni dans les maladies, ni dans les guerres, mais dans l’accumulation de nos forces militantes et dans nos capacités d’analyse, de propositions et d’action. En ce premier mai plus que jamais, il faut donc que nous disions ce qu’il faut à notre pays et à nos sociétés pour qu’elles restent humaines. Dans des circonstances compliquées, organisons-nous, resserrons nos rangs, renforçons nos liens avec nos ami-e-s, nos collègues, utilisons tous les moyens disponibles pour renforcer notre mouvement. Mobilisé, le mouvement ouvrier est le meilleur vaccin pour protéger notre société et ses membres de l’inégalité et de la dislocation. Solidarité, plus que jamais !</p><p class="text-right"><a href="https://www.mai2020.ch/fr" target="_blank" class="link--arrow" rel="noreferrer">mai2020.ch</a></p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/kampagnen/1mai/1ermai2020-4-3.png" length="26039" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6449</guid><pubDate>Tue, 14 Apr 2020 13:00:00 +0200</pubDate><title>L’État doit sauver les crèches pour éviter une crise ultérieure</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/letat-doit-sauver-les-creches-pour-eviter-une-crise-ulterieure</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Fallait-il une crise comme celle que nous vivons pour le réaliser enfin&nbsp;? Personne ne peut désormais plus ignorer que les crèches et autres structures d’accueil pour les enfants sont essentielles au fonctionnement de notre société. Il faut donc absolument qu’elles puissent traverser cette période sans subir de dégâts. En mars, le Conseil fédéral a ordonné le maintien des structures d’accueil en vertu du droit d’urgence. Il est toutefois resté muet sur le financement de cette activité. Depuis, cantons, communes et institutions elles-mêmes se démènent pour trouver des solutions alors que certains parents continuent de payer des places en crèche qu’ils n’utilisent plus, ou n’ont plus le droit d’utiliser.</p><h4>Situation déficitaire et risquée</h4><p>Pour les crèches comme pour les parents, la situation actuelle est très compliquée&nbsp;: on demande aux parents de renoncer à utiliser les structures d’accueil et de garder leurs enfants à la maison. Ou on leur en refuse carrément l’accès s’ils exercent un métier non essentiel. Ils doivent pourtant souvent continuer de payer la place de leur enfant, sauf si une autre réglementation est prévue soit dans le contrat avec la crèche, soit par la commune ou le canton.</p><p>Les crèches et garderies sont tenues de maintenir leur activité par petits groupes d’enfants. Mais ce service est déficitaire&nbsp;: selon des calculs dans les cantons, ces baisses de recettes atteignent facilement des dizaines de milliers de francs par mois. Si cette perte ne peut être compensée, de nombreuses structures d’accueil pourraient voir leur survie menacée. Le chômage partiel n’est souvent pas une option, car l’accueil en petit groupe nécessite autant de personnel. Ou il n’est tout simplement pas possible d’y avoir recours puisque les crèches restent ouvertes. Et comme les crèches ne sont pas des entreprises à but lucratif, elles ne seront pas non plus en mesure de rembourser des emprunts éventuels. Sans l’aide des pouvoirs publics, il faut donc s’attendre à ce que des milliers de places en crèches manquent après cette crise sanitaire. Surtout si les grands-parents manquent toujours à l’appel, pour des questions de risque sanitaire. Après la crise du coronavirus, nous risquons donc de vivre une crise de l’accueil des enfants&nbsp;!</p><h4>Attentes déçues</h4><p>Les attentes étaient grandes, le 3 avril, que le Conseil fédéral présente un plan de sauvetage pour les crèches et garderies&nbsp;: les cantons attendaient une décision fédérale sur le financement de l’activité en petits groupes&nbsp;; les crèches espéraient un soutien pour leur situation financière précaire. Mais rien de tout cela&nbsp;: lors de sa conférence de presse ce jour-là, le Conseil fédéral n’a tout simplement rien dit sur les possibilités de financement des crèches en cette période d’épidémie.</p><p>Par son silence, le gouvernement fait durer une situation des plus contradictoires&nbsp;: d’une part, en décidant que l’accueil des enfants doit être maintenu, il reconnaît qu’il s’agit d’un service essentiel et ordonne par droit d’urgence quelque chose qui relève normalement de la compétence des cantons. D’autre part, il refuse d’utiliser ce même droit d’urgence pour réglementer l’organisation et le financement de cette activité qui se fait dans des conditions difficiles. Il se défausse sur les cantons, les communes et les institutions d’accueil pour trouver des solutions.</p><h4>Différences entre les cantons</h4><p>De nombreux cantons romands avaient déjà pris les devants avant cette crise sanitaire&nbsp;: les crèches y bénéficient souvent d’une garantie de déficit si elles sont affiliées à un réseau qui prévoit cela. Cela représente un avantage indéniable dans la situation actuelle. Par contre, les cantons et les communes alémaniques réagissent en ordre très dispersé au mutisme du Conseil fédéral&nbsp;: anticipant l’ordonnance du Conseil fédéral, le canton de Bâle-Ville et la ville de Zurich ont décidé avant le 3 avril déjà de soutenir financièrement les crèches et de décharger les parents. Ailleurs, certains cantons font des pieds et des mains pour trouver leurs propres solutions&nbsp;: Soleure puise 500&nbsp;000 francs dans la collecte du Jeûne fédéral et dans les héritages non réclamés et demande une contribution de solidarité aux communes&nbsp;; Zoug a voté un crédit d’urgence de 2,8 millions de francs&nbsp;; Bâle-Campagne paie 80&nbsp;% des pertes et Saint-Gall accorde des crédits sans intérêts qui ne devront être remboursés que dans certaines circonstances. D’autres cantons attendent toujours des réponses de la Berne fédérale et plusieurs ne s’expriment pas publiquement sur la question du financement.</p><h4>L’État doit prendre en charge les déficits</h4><p>Mais on ne peut plus se permettre d’attendre&nbsp;: la Confédération, les cantons et les communes doivent de toute urgence prendre ce problème à bras le corps et sauver les places dans les crèches et les autres structures d’accueil. Il s’agit de rien de moins que d’éviter une crise de l’accueil des enfants&nbsp;! Les pouvoirs publics doivent assumer cette responsabilité&nbsp;: ce n’est ni aux parents, qui doivent renoncer aux prestations, ni aux crèches de subir les conséquences et de porter les déficits entraînés par la crise actuelle. L’État doit aussi prendre en charge les frais supplémentaires des parents qui travaillent dans des domaines essentiels (p. ex. la santé) et qui ont besoin de plus de journées de crèche en raison de cette épidémie. La Suisse a besoin de crèches, pendant la crise sanitaire et après. Elle se doit de les soutenir.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Services Publics</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/1/9/csm_Kindergarten_Marcobir-iStock_62ff0a353b.jpg" length="198344" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6450</guid><pubDate>Tue, 14 Apr 2020 09:32:33 +0200</pubDate><title>Un titre de qualité pour les apprenti-e-s grâce à une solution équilibrée </title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/un-titre-de-qualite-pour-les-apprenti-e-s-grace-a-une-solution-equilibree</link><description>Des certificats d&#039;apprentissage malgré la crise du coronavirus</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Permettre aux apprenti-e-s d’obtenir leur certificat dans les meilleures conditions possibles : cet objectif est atteint grâce à la solution trouvée entre partenaires sociaux. Prévoyant le passage des examens pratiques dans le respect des normes sanitaires, il garantit la qualité des titres octroyés cette année. Il s’agit maintenant de garantir le bon recrutement des apprenti-e-s pour l’an prochain, notamment en envisageant un soutien accru pour les entreprises formatrices.&nbsp;</p><p>Le 9 avril 2020, les partenaires sociaux se sont mis d’accord sur les modalités permettant aux 75&nbsp;000 apprenti-e-s de dernière année d’obtenir leur titre jusqu’à l’été. Les mesures de l’OFSP seront respectées pour protéger les apprenti-e-s, mais aussi les expert-e-s et les formateurs et formatrices en entreprise. Si les examens scolaires de culture générale et de connaissances professionnelles n’auront pas lieu, les examens pratiques pourront être réalisés. Chaque branche pourra choisir parmi trois variantes pour le travail pratique. Cela permettra de tenir compte des situations particulières des branches et des cantons. Les apprenti-e-s pourront donc obtenir des diplômes de qualité et reconnus sur le marché du travail pour leur avenir professionnel.</p><p>L’USS a participé activement à la construction de ce compromis et salue son adoption, le 9 avril, par le Sommet national de la formation professionnelle sous la conduite du Ministre de l’économie, le conseiller fédéral Guy Parmelin.</p><p>L’USS attend des autorités cantonales et des associations professionnelles qu’elles veillent à une mise en œuvre des examens pratiques conforme aux prescriptions sanitaires et que la surveillance des examens soit intensifiée cette année afin d’assurer des conditions d’examens et d’évaluation équitables et justes pour les apprenti-e-s. Pour les branches très sollicitées comme la santé ou le commerce de détail, l’USS demande une attention particulière pour les examens pratiques.</p><p>Si un premier pas important concernant les examens de fin d’apprentissage a ainsi été franchi, il reste néanmoins plusieurs questions importantes à traiter. À commencer par le recrutement des apprenti-e-s pour la prochaine année. En effet, actuellement il n’est pas possible aux candidat-e-s d’effectuer des stages de découverte et les procédures de recrutement sont entravées. Il faut absolument inciter les entreprises à poursuivre l’engagement des apprenti-e-s afin d’éviter que trop de jeunes se retrouvent sur le carreau à la rentrée. L’USS demande à la Confédération et aux cantons d’intégrer cet aspect dans toutes les réflexions et mesures concernant l’économie, par exemple une réduction de l’horaire de travail ou un cautionnement plus favorables pour les entreprises qui recrutent des apprenti-e-s.</p><p>Il faudra également se préoccuper des apprenti-e-s des autres années qui n’auront pas pu suivre leur formation scolaire et pratique complète durant cette période et qui auront des lacunes à rattraper. Ces lacunes seront d’autant plus grandes pour des apprenti-e-s ayant des difficultés scolaires ainsi que celles et ceux d’origine migratoire qui rencontrent parfois des difficultés linguistiques et d’utilisation des outils numériques. Il est indispensable de développer des mesures adéquates pour permettre à ces jeunes de poursuivre leur formation dans les meilleures conditions.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Formation &amp; Jeunesse</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/banner/Ausbildung_Lehrlinge-im-Gespraech-mit-Meister_iStock-SolStock_kl.jpg" length="501608" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6448</guid><pubDate>Wed, 08 Apr 2020 17:00:00 +0200</pubDate><title>Même en temps de pandémie, la garde des enfants ne doit pas être pas une affaire privée !</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/meme-en-temps-de-pandemie-la-garde-des-enfants-ne-doit-pas-etre-pas-une-affaire-privee</link><description>Bilan intermédiaire mitigé : les allocations perte de gain pour les parents ne sont qu’une partie de la solution</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Environ un quart des travailleuses et travailleurs a des enfants âgés de moins de 15 ans. Ils sont, depuis un mois, directement touchés par les fermetures d’écoles et de garderies, mais aussi par l’impossibilité pour les grands-parents d’assumer des tâches de garde. Ces derniers apportent en effet une contribution substantielle en la matière&nbsp;: l’Office fédéral de la statistique évalue leurs prestations à 160 millions d’heures par an.</p><p>La conciliation entre travail et vie familiale pendant la crise actuelle place les parents dans une situation difficile. Seule une petite partie des salarié-e-s en activité peut réellement déléguer la garde des enfants. En fonction de l’âge et de l’autonomie des enfants, de nombreuses familles sont mises à rude épreuve depuis des semaines et il est à craindre que la charge retombe largement sur les femmes.</p><p>L’obligation de maintenir le versement du salaire pour les employeurs lorsque l’employé-e est partiellement ou entièrement empêché de travailler en raison d’une obligation de garde est controversée sur le plan juridique. De premiers exemples montrent que les manières de faire varient fortement. L’USS s’est donc engagée très tôt pour une garantie fédérale des salaires en cas d’absences dues à la garde des enfants. Le 20 mars, c’est-à-dire une semaine après la fermeture des écoles, le Conseil fédéral a entendu cette demande et introduit une allocation pour perte de gain destinée aux parents.</p><h4>Allocation perte de gain pour parents&nbsp;: une solution partielle</h4><p>L’allocation perte de gain introduite protège les parents contre une baisse de salaire lorsqu’ils ne peuvent pas effectuer leur travail comme de coutume en raison de l’absence de solution de garde pour les enfants. Elle est payée sous la forme d’indemnités journalières, comme c’est toujours le cas pour les allocations perte de gain, à partir du quatrième jour d’absence totale ou partielle pour cause de garde, et au plus tôt à partir du jeudi 16 mars 2020. Le droit aux prestations dure jusqu’au moment où les parents peuvent à nouveau travailler (ou travailler à leur taux usuel) parce que les mesures prises par les autorités sont levées ou que la garde peut être assurée autrement. Vous trouverez des renseignements détaillés dans la notice d'information de l'USS à ce sujet (voir ci-dessous).</p><p>Le Conseil fédéral a prévu que l’allocation doit être demandée par chaque parent séparément auprès d’une caisse de compensation AVS. Il faut, pour cela, une liste des jours d’absence pour cause de garde des enfants, une attestation émise par l’employeur de la perte de salaire, les fiches de salaire des trois derniers mois et, pour les parents d’enfants en âge préscolaire, une confirmation écrite de la fermeture de la garderie. Si l’employeur continue à payer le salaire pendant cette période, il peut demander le paiement des indemnités directement à la caisse, comme c’est souvent le cas pour le congé maternité.</p><p>Grâce à cette allocation pour parents, ceux-ci reçoivent 80&nbsp;% de leur salaire brut (au maximum 196 francs par jour). Lorsque les deux parents travaillent, ils peuvent se répartir les jours de garde comme ils l’entendent, mais pour chaque jour, seul un parent peut bénéficier de l’allocation.</p><p>L'indemnité n'est pas versée automatiquement. Les salarié-e-s doivent en faire la demande auprès de la caisse de compensation AVS compétente. Les formulaires se trouvent en ligne sur la <a href="https://www.ahv-iv.ch/fr/Contacts" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">page d'accueil des caisses de compensation</a>. Si c'est l'employeur qui fait la demande, il peut télécharger les documents au même endroit. Les personnes qui ont plusieurs employeurs, eux-mêmes affiliés à différentes caisses de compensation AVS, ne doivent déposer leur demande qu'auprès d'une seul de ces caisses. Mais celle-ci doit comprendre les fiches de salaire de tous les employeurs. Celles et ceux qui sont à la fois employé-e-s et indépendant-e-s doivent faire la demande auprès de la caisse de compensation à laquelle ils cotisent comme indépendant-e. Lorsque les deux parents ont droit à l'allocation, une seule caisse est compétente, à savoir celle du premier des deux qui a fait la demande.</p><p>Environ un tiers des travailleuses et travailleurs effectuent l’ensemble de leurs tâches en télétravail depuis mi-mars et 20&nbsp;% le font au moins en partie, selon un <a href="https://sotomo.ch/site/wp-content/uploads/2020/04/SRG_sotomo_Monitoring_Coronakrise_W2.pdf" target="_blank" class="link link--external-blank" rel="noreferrer">sondage de Sotomo</a> pour la chaîne alémanique SRF (disponible en allemand seulement). Même s’ils télétravaillent, les parents qui doivent garder leurs enfants ne peuvent bien souvent assurer qu’une partie des prestations habituelles. Si cela conduit à une réduction du salaire, l’allocation perte de gain pour parents peut être sollicitée. Il est donc important de bien discuter avec l’employeur du travail qui peut réellement être fait depuis le domicile.</p><p><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/communiques/200331_Notice_informations_Coronavirus_APG_pour_parents.pdf" target="_blank" class="link--arrow" rel="noreferrer">Autres questions et réponses : Notice d'information de l'USS sur les APG pour parents</a></p><h4>Trop peu connue</h4><p>Les demandes d’allocations peuvent être déposées depuis trois semaines et les premiers versements ont lieu depuis Pâques. Il n’est techniquement pas possible, à ce jour, d’évaluer combien de parents ont fait valoir leurs droits pour compenser des absences au travail dues à la garde des enfants. Un premier bilan intermédiaire sur la base des expériences des fédérations de l’USS montre que les employeurs communiquent de manière très variable la façon dont les parents salarié-e-s doivent gérer la charge conjuguée du travail et de la garde. L’allocation pour parents n’est que rarement évoquée, et très peu de personnes concernées en ont connaissance. Certains employeurs progressistes reconnaissent le temps consacré à la garde comme du temps de travail. À l’inverse, nombreux sont ceux qui demandent aux parents de puiser dans leurs jours de vacances pour compenser. Dans d’autres cas, certains employeurs qui ont un besoin impératif de leur personnel (en particulier dans le secteur de la santé) exigent une présence ininterrompue et demandent la mise en place d’offres de garde d’urgence. Enfin certains employeurs menacent de licenciement les parents qui ne pourraient pas se présenter en raison de problèmes de garde –&nbsp;et dans quelques cas malheureusement, la menace a été mise à exécution.</p><p>Ceci conduit à la situation paradoxale que les parents se sentent surchargés en cette période, quand bien même une partie de la solution existe bel et bien. Il n’est pas surprenant que l’étude de Sotomo de début avril arrive à la conclusion que la pression due à l’école à domicile et à la garde des enfants s’est accrue au cours des deux dernières semaines. Cette situation est aussi problématique du point de vue de la politique d'égalité. Pour l’USS, la question de la garde des enfants n’est pas une affaire privée. Elle s’est donc engagée pour la solution simple de l’allocation pour parents. Il appartient maintenant aux employeurs d’en faire usage au lieu d’accroître le stress pesant sur les parents qui travaillent.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Services Publics</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gleichstellung/Kind-malt_Miss_X_photocase.jpg" length="801738" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6425</guid><pubDate>Tue, 31 Mar 2020 16:10:00 +0200</pubDate><title>Télétravail : petit guide et règles en vigueur</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/teletravail-petit-guide-et-regles-en-vigueur</link><description>Travailler depuis son domicile : à quoi faut-il faire attention ?</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En cette période de pandémie de coronavirus, nous sommes toutes et tous est appelés à prendre des mesures spéciales et à faire preuve d’une bonne dose de créativité et de flexibilité, aussi dans l’organisation du travail. Le télétravail gagne en importance. Mais quelles sont les règles applicables au télétravail&nbsp;? À quoi devez-vous veiller lorsque vous travaillez depuis la maison&nbsp;? Et comment éviter de se sentir peu à peu seul face à cette crise sanitaire&nbsp;?</p><p>Le Conseil fédéral et l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) recommandent vivement d’introduire le télétravail chaque fois que c’est possible sur le plan technique et organisationnel, pour favoriser la distance sociale nécessaire. Cela peut éviter les déplacements et l’utilisation des transports publics, et donc un risque élevé de contagion par le coronavirus avec propagation de l’épidémie. En même temps, moins de personnes sont au travail, ce qui minimise les contacts interpersonnels et donc le risque d’infection sur le lieu de travail. L’isolement dans les grands bureaux ouverts devient possible.</p><p>Pour les personnes particulièrement vulnérables au coronavirus, le télétravail est même obligatoire. S’il n’est pas possible, l’employé-e doit quand même rester à la maison et l’employeur est tenu de lui verser l’intégralité de son salaire, conformément à l'art. 10c Ordonnance 2 COVID-19. Bien que le Conseil fédéral ait entre-temps assoupli cette protection absolue, les syndicats feront tout ce qui est en leur pouvoir pour qu’il revienne en arrière.</p><h4>Horaires précis et ergonomie</h4><p>Le principe le plus important pour le télétravail est le suivant&nbsp;: si vous devez travailler depuis votre domicile, vous restez soumis à la loi sur le travail. Cela signifie que toutes ses dispositions (interdiction de travailler la nuit et le dimanche, périodes de repos, pauses) doivent être pleinement respectées. Votre employeur doit vous en informer, de préférence par une fiche d’information écrite. Il est aussi important de fixer des heures de travail précises, y compris les heures de disponibilité et les heures où vous n’êtes pas atteignable (et que les appareils électroniques sont éteints). Parce que les heures de travail et les heures de loisirs doivent être clairement séparées.</p><p>Si vous devez vous occuper d’enfants parallèlement au télétravail, parce que les crèches ou les écoles sont fermées en raison de l’épidémie, votre employeur doit adapter les objectifs en conséquence, afin que vous puissiez concilier vos responsabilités professionnelles et privées.</p><p>Les règles de pauses en entreprise sont à transposer si possible sans changement dans votre télétravail. Les échanges par courriel ou les «&nbsp;pauses-café virtuelles&nbsp;» via des applications de communication peuvent aider à éviter la perte d’interaction sociale avec les collègues. Certes, ce n’est pas pareil, mais un échange avec des collègues sur les expériences de télétravail est particulièrement bénéfique pour vous et votre entreprise, surtout si cette forme de travail n’est pas usuelle et donc nouvelle pour les personnes concernées.</p><p>Il existe aussi des règles claires concernant les infrastructures&nbsp;: l’ergonomie de la place de travail doit être reproduite dans le télétravail. Mieux la place de travail est aménagée, plus le risque de douleurs physiques est faible. Idéalement, un poste de travail bien aménagé dispose aussi d’une surface de travail suffisante (dans l’idéal, au moins 160&nbsp;x&nbsp;80&nbsp;cm) et d’une chaise réglable en hauteur, de sorte que les pieds reposent fermement sur le sol et que le clavier puisse être utilisé avec les épaules détendues. Il est également important d’avoir suffisamment d’espace pour se déplacer autour de la surface de travail, un bon éclairage du poste de travail pour éviter l’éblouissement direct ou indirect, une vue ou une fenêtre sur l’extérieur, et enfin un environnement sûr sans risque de trébucher ou de tomber.</p><h4>Dépenses et accident de travail</h4><p>Il est clair qu’en période de coronavirus et de bureaux à domicile aménagés à la hâte, les exigences doivent être adaptées selon le principe de proportionnalité. Mais il faut respecter des normes minimales. Le principe général est que tous les frais ou dépenses engagés dans le télétravail doivent être pris en charge par l’employeur. L’employeur doit également vous fournir l’équipement et le matériel dont vous avez besoin pour votre travail.</p><p>Si vous suivez ces conseils, vous pouvez être sûr d’accomplir votre télétravail en toute sécurité sans nuire à votre santé. Et si quelque chose devait arriver, les mêmes couvertures légales en cas d’accident, de maladie professionnelle et de maladie s’appliquent que pour le travail habituel. Par exemple, un accident pendant les heures de télétravail est considéré comme un accident professionnel.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Homeoffice_photocase_3438236.jpg" length="700887" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6426</guid><pubDate>Thu, 26 Mar 2020 18:16:00 +0100</pubDate><title>Pas question d&#039;exposer à nouveau les travailleuses et travailleurs vulnérables !</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/pas-question-dexposer-a-nouveau-les-travailleuses-et-travailleurs-vulnerables</link><description>Assouplissement des mesures de protection : le Conseil fédéral doit faire marche arrière</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">À peine introduite, la protection du personnel vulnérable a été fortement réduite par le Conseil fédéral et l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Cette décision prise un peu en catimini met en danger la santé et la vie de milliers de personnes. Les conséquences en sont la peur et l’insécurité au travail.</p><p>Le message était clair et net&nbsp;: le 16 mars, le Conseil fédéral a complété l’ordonnance 2 sur les mesures de lutte contre le coronavirus (ordonnance 2 COVID-19) par une section sur la protection des personnes particulièrement vulnérables. Elles «&nbsp;doivent rester chez elles et éviter les regroupements de personnes&nbsp;» (art. 10b). Et elles travaillent «&nbsp;depuis leur domicile. Si cela n’est pas possible, l’employeur leur accorde un congé avec maintien du paiement de leur salaire&nbsp;» (article 10c).</p><p>La progression de la pandémie liée au coronavirus oblige le Conseil fédéral à adapter en permanence l’ordonnance à la situation actuelle. La dernière grande mise à jour a eu lieu le 20 mars avec l’interdiction des rassemblements de plus de cinq personnes, et des mesures pour amortir la perte de revenus.</p><p>Le communiqué de presse du Conseil fédéral taisait en revanche un autre changement, et non le moindre&nbsp;: l’article 10c al. 2 dispose dorénavant que les personnes vulnérables ne pouvant pas effectuer leur travail à domicile mais seulement au lieu de travail habituel doivent exercer leur activité si l’employeur garantit les «&nbsp;mesures organisationnelles et techniques à même de garantir le respect des recommandations de la Confédération en matière d’hygiène et d’éloignement social&nbsp;». Ce n’est qu’en cas d’impossibilité qu’elles se verront accorder un congé avec maintien du paiement du salaire. Avec ce revirement après seulement quatre jours, le Conseil fédéral et l’OFSP mettent en danger la santé et la vie de milliers d’employé-e-s vulnérables dans toutes les branches.</p><h4>Porte ouverte aux abus</h4><p>L’alinéa en question ne précise pas quelles «&nbsp;mesures&nbsp;» doivent être prises et en quoi elles diffèrent des mesures habituelles. Pour rappel, il existe recommandation d’éviter les transports publics pour les personnes vulnérables, et l’OFSP les enjoint à ne pas quitter leur domicile, sauf pour des activités vitales comme la visite chez le médecin ou l’achat de nourriture. Et tout d’un coup, elles et ils sont censés retourner travailler au bureau, sur le chantier ou à la caisse de la Migros&nbsp;?</p><p>Dans la pratique, le nouvel alinéa 2 ouvre la porte aux abus&nbsp;: les employeurs utiliseront des mesures alibi pour obliger les employé-e-s vulnérables à travailler sur place (construction, commerce de détail, bureaux) ou même à l’extérieur (soins à domiciles, nettoyage). Des litiges et une grande incertitude en résulteront. Mais surtout, il existe un risque que des employé-e-s vulnérables soient infectés par le coronavirus sur leur lieu de travail ou sur le chemin du travail, parce qu’ils ont été obligés de venir travailler au lieu de rester devant leur ordinateur à domicile ou d’être mis en congé pour raisons médicales.</p><p>La nouvelle disposition a été introduite à la demande des employeurs sans aucune consultation des professionnel-le-s de la santé au travail ou des syndicats. Elle doit être supprimée immédiatement. En fin de compte, elle met en péril la confiance fondamentale dans les mesures de la Confédération pour le monde du travail. L’USS appelle les conseillers fédéraux responsables, Alain Berset et Guy Parmelin, à agir immédiatement et à revenir à la formulation initiale. Pour les employé-e-s particulièrement exposés, les seules options sont le travail depuis le domicile ou la mise en congé. En outre, des décisions aussi graves dans le domaine de la protection de la santé ne peuvent plus être prises sans consultation préalable des syndicats.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/8/3/csm_aeltererArbeiter_RainStar-iStock_kleiner_67970833b6.jpg" length="225197" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6424</guid><pubDate>Thu, 26 Mar 2020 16:29:07 +0100</pubDate><title>La garde des enfants en pleine période de coronavirus</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/la-garde-des-enfants-en-pleine-periode-de-coronavirus</link><description>La crise sanitaire actuelle met en évidence le rôle essentiel des structures d&#039;accueil.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Au quotidien, nous considérons certaines choses comme allant de soi&nbsp;: le matin, amener les petits à la garderie ou chez les grands-parents avant de se rendre au travail&nbsp;; demander à la grand-mère si elle peut, au pied levé, garder le petit qui est tombé malade&nbsp;; pendant les vacances scolaires, envoyer l’aînée au zoo avec son grand-père… Et puis soudain, du jour au lendemain, tout cela n’est plus possible. Soudain l’on se rend compte à quel point la contribution – gratuite&nbsp;! – des grands-parents, mais aussi d’innombrables employé-e-s de garderies – dont le salaire est modeste malgré les pénibles conditions de travail –, à quel point en temps normal leur contribution au fonctionnement de la société est immense.</p><p>Aujourd’hui, le soutien des grands-parents pour la prise en charge des enfants fait totalement défaut – et il pourrait s’écouler un certain temps avant que leurs petits enfants ne puissent les approcher sans représenter une menace pour leur santé, voire pour leur vie. Les écoles aussi sont fermées. Certes, le Conseil fédéral a ordonné aux cantons d’organiser un service d’accueil minimum pour la garde scolaire (jusqu’en 6e primaire ou 8H) et préscolaire pour les parents qui, dans cette situation extraordinaire, n’ont pas de solution de garde. Parallèlement, les institutions de garde d’enfants doivent prendre les mesures de sécurité nécessaires pour protéger leur personnel et stopper la propagation du coronavirus. Pourtant, en matière de garde d’enfants, cela n’est guère possible : Comment consoler à deux mètres de distance&nbsp;? Et langer…&nbsp;? De plus, contrairement au personnel de santé, les employé-e-s de garderie ne disposent ni de vêtements protecteurs, ni de masques.</p><h4>Inégalités entre les familles</h4><p>La Confédération ne dit pas comment résoudre ces problèmes – car le fédéralisme helvétique confie cette tâche aux cantons. Et ceux-ci s’exécutent, mais de manières très différentes. Certains cantons appellent les parents à garder leurs enfants à la maison, mais leur laissent le soin de décider s’ils sont raisonnablement en mesure de le faire – ainsi, dans plusieurs cantons, les employé-e-s en télétravail peuvent faire garder leurs enfants pour pouvoir être un tant soit peu productifs. D’autres cantons réservent leur offre de garde d’enfants aux parents dont la profession est d’importance systémique.</p><p>Toutefois, même la définition des professions «&nbsp;d’importance systémique&nbsp;» diverge sensiblement d’un canton à l’autre. Si les professions de la santé y sont toujours incluses, quelques cantons ont exclu des bénéficiaires de cette prestation les vendeuses de denrées alimentaires, pourtant si précieuses à l’heure actuelle. Cette prolifération d’approches différentes est une source d’insécurité pour les garderies, elle provoque la résistance légitime des professionnels de l’accueil des enfants et entraîne de profondes inégalités entre les familles du pays. Il y a lieu de définir des critères applicables dans toute la Suisse afin de réglementer l’accès à la garde professionnelle des enfants et de préciser la procédure à suivre dans les cas de grande difficulté.</p><h4>Comme un véritable service public</h4><p>Dans la situation exceptionnelle que nous vivons, il apparaît de façon douloureuse à quel point l’organisation et le financement de la garde des enfants comme un véritable service public universel seraient importants. Tandis que les écoles publiques, fermées pour cause de pandémie, peuvent investir leur énergie et leurs ressources dans l’organisation de l’école à distance et de l’accueil d’urgence, les garderies se retrouvent confrontées à des problèmes qui peuvent remettre en question leur existence même&nbsp;: selon les cantons, l’on demande aux familles de renoncer aux prestations des garderies, ou on leur en refuse carrément l’accès, et pourtant les structures d’accueil sont tributaires des contributions des parents pour survivre financièrement. Dans bien des cas, le chômage partiel n’est pas une solution, car pour pouvoir assurer le fonctionnement par petits groupes, ces structures ont besoin de leurs employé-e-s.</p><p>Afin de ne pas risquer de perdre une large part des indispensables places en garderie à cause du coronavirus, il est impératif de prendre pour l’ensemble du pays des mesures telles que celles décidées par le canton de Bâle-Ville&nbsp;: les parents ne doivent payer leur contribution que s’ils sollicitent la garde, et c’est le canton qui paie pour compenser les pertes (déduction faite des indemnisations de tiers, par ex. pour la réduction de l’horaire de travail, et de la diminution des dépenses pour frais de matériel), jusqu’au retour à la normale.</p><p>Lorsque la situation se sera normalisée, nous devrons trouver des réponses aux questions telles que celles-ci&nbsp;: quel travail est vraiment d’importance systémique et nécessaire au fonctionnement de la société&nbsp;? Comment voulons-nous l’organiser, et surtout le financer&nbsp;? Il est grand temps d’accorder une plus juste reconnaissance à celles est ceux qui ont la responsabilité de la santé et du bien-être d’autrui, de valoriser leurs salaires et d’améliorer leurs conditions de travail.</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><category>Travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gleichstellung/Kinder_zuhause_davidpereiras-photocase.jpg" length="735485" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6420</guid><pubDate>Wed, 25 Mar 2020 15:42:53 +0100</pubDate><title>Suivi des mesures cantonales</title><link>https://www.uss.ch/corona-virus/detail/suivi-des-mesures-cantonales</link><description>Coronavirus</description><content:encoded><![CDATA[<p>En complément des mesures prises par la Confédération, la plupart des cantons mettent en œuvre des mesures supplémentaires pour atténuer les conséquences économiques. L'USS suit l'évolution de ces mesures en continu et met à disposition une <a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/div/Crise_Corona_economie_cantons.pdf" target="_blank" class="link link--download" rel="noreferrer">vue d'ensemble</a> mise à jour régulièrement.&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Coronavirus</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/8/d/csm_Kantone_der_Schweiz_wenigerbunt-01_e63e6191d5.png" length="518318" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6385</guid><pubDate>Fri, 28 Feb 2020 14:55:31 +0100</pubDate><title>Déductions pour les riches au lieu de solutions pour les retraites</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/deductions-pour-les-riches-au-lieu-de-solutions-pour-les-retraites</link><description>La motion Ettlin joue avec les peurs autour des rentes de vieillesse</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Une motion du sénateur démocrate-chrétien Erich Ettlin promet aux femmes une meilleure prévoyance vieillesse. Mais dans les faits, ce texte n’apporte que des déductions fiscales pour les riches.</p><p>Le Conseil national se penchera au cours de la session de printemps sur une motion du conseiller aux États Erich Ettlin (PDC, OW), qui demande la possibilité de faire des rachats supplémentaires et déductibles dans le 3<sup>e</sup> pilier a. Avec cette proposition, Erich Ettlin entend s’attaquer au problème de la baisse des rentes du 2<sup>e</sup> pilier, réduire l’écart de rentes des femmes, qui n’ont souvent qu’une petite rente LPP en raison des tâches familiales, et renforcer la prévoyance vieillesse pour la classe moyenne. Ce sont là des objectifs louables, mais la mesure proposée n’est pas la bonne. Elle profitera surtout aux personnes ayant de très bons revenus, au détriment de la collectivité.</p><p>En effet, le 3<sup>e</sup> pilier est avant tout un instrument d’épargne fiscale et n’apporte pratiquement aucune couverture financière à la retraite. Raison pour laquelle très peu de gens ont des avoirs dans un 3<sup>e</sup> pilier, ou alors des avoirs minimes. Les prestations des comptes de 3<sup>e</sup> pilier sont par conséquent assez faibles. En 2017, la prestation moyenne pour les femmes était d’environ 41&nbsp;000 francs, pour les hommes de 49&nbsp;000 francs. Pas de quoi vivre bien longtemps.</p><p>En même temps, seuls soit 13&nbsp;% de l’ensemble des contribuables peuvent se permettre de verser le maximum déductible de 6826 francs par année sur un compte de 3<sup>e</sup> pilier a. Selon une étude de l’Administration fédérale des finances, ce sont les ménages disposant d’un revenu net de 150&nbsp;000 et plus qui font le plus usage de la déduction fiscale pour le 3<sup>e</sup> pilier. Les personnes avec des revenus bas ou moyens, comme un facteur ou une vendeuse, n’ont pas les moyens de verser grand-chose sur un compte de 3<sup>e</sup> pilier&nbsp;: elles ont besoin de leur argent pour vivre.</p><p class="heading--h4">Versements dans le 3<sup>e</sup> pilier a, selon classe de revenu</p><table style="height:151px; width:994px" class="contenttable"><tbody><tr><td>&nbsp;</td><td>0-50 000</td><td>50 000-100 000</td><td>100 000-150 000</td><td>150 000-200 000</td><td>200 000-250 000</td><td>250 000+</td></tr><tr><td>Zoug</td><td>216</td><td>1588</td><td>3542</td><td>5883</td><td>6863</td><td>6322</td></tr><tr><td>Berne</td><td>221</td><td>1411</td><td>3880</td><td>6422</td><td>7952</td><td>8171</td></tr></tbody></table><p>&nbsp;</p><p>Source&nbsp;: Peters (2011)<sup>1</sup></p><p>Même Erich Ettlin le reconnaît. C’est pourquoi il ne veut pas d’une hausse des montants maximaux, mais plutôt créer des possibilités de rachats. Concrètement, il demande dans sa motion que l’on puisse verser tous les cinq ans un montant supplémentaire maximal d’environ 35&nbsp;000 francs dans un 3e pilier a. À condition d’avoir un emploi rémunéré et de n’avoir pas toujours versé le maximum déductible par le passé. Mais cette possibilité de rachat reste elle aussi hors de portée pour les gens qui ne gagnent pas des salaires élevés. Et ce sont ces mêmes revenus élevés qui peuvent déjà se payer des rachats – déductibles à 100&nbsp;% – dans leur caisse de pensions et combler ainsi d’éventuelles lacunes dans leur prévoyance. Les personnes qui gagnent de plus en plus en avançant dans la vie ne doivent pas pouvoir, en plus, bénéficier de déductions d’impôts. Ces personnes ont déjà la possibilité d’alimenter leur prévoyance vieillesse. Malgré cela, les commissions compétentes des deux Chambres fédérales ont adopté cette motion, contre la recommandation du Conseil fédéral et sans analyse approfondie des répercussions qu’elle aurait.</p><h4 class="heading--h4">Privatisation rampante de la prévoyance vieillesse</h4><p>Les pertes fiscales dues au 3<sup>e</sup> pilier n’ont plus été chiffrées depuis des années. En 2005, elles ont été estimées à 450 millions de francs pour le seul niveau fédéral.<sup>2</sup> Et depuis, les versements dans des comptes de 3<sup>e</sup> pilier ont beaucoup augmenté. Actuellement, on parle d’environ dix milliards de francs par année, ce qui correspond grosso modo à un tiers des cotisations annuelles à l’AVS. On peut donc partir du principe que les pertes fiscales ont augmenté en conséquence. Avec un taux marginal d’imposition présumé de 25&nbsp;%, cela équivaut à quelque 2,5 milliards de francs. En déduisant l’imposition ultérieure, au moment du retrait, au taux (fictif, mais réaliste) de 5&nbsp;%, on arrive tout de même à des pertes de l’ordre de 2 milliards. Impossible de voir actuellement à combien s’élèveraient les pertes fiscales supplémentaires liées à la motion Ettlin. Ce qui paraît évident en revanche, c’est que l’évolution vers une privatisation rampante de la prévoyance vieillesse s’accélère. Car le développement du 3<sup>e</sup> pilier se fait auprès des banques et des assurances, qui en tirent des bénéfices.</p><h4 class="heading--h4">La seule solution&nbsp;: renforcer l’AVS</h4><p>Pour l’USS, il est évident qu’on ne peut pas s’attaquer aux problèmes réels des rentes avec cette motion. Les allègements fiscaux dans la prévoyance vieillesse profitent surtout aux hauts, voire très hauts revenus. Les possibilités de rachat exigées dans la motion ne feraient qu’accroître les économies d’impôts des personnes qui gagnent beaucoup. Pour toutes les autres classes de revenu, le renforcement de l’AVS est la meilleure solution. Raison pour laquelle l’USS lance le 5 mars 2020 l’initiative pour une 13<sup>e</sup> rente AVS.</p><p><sup>1</sup> Peters, R. (2011): Steuerabzüge, wer profitiert? (en allemand seulement, avec résumé en français) <a href="https://www.estv.admin.ch/dam/estv/de/dokumente/allgemein/Dokumentation/Zahlen_fakten/berichte/2011/Steuerabz%C3%BCge%20Wer%20profitiert.pdf.download.pdf/2011_Steuerabzuege.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">www.estv.admin.ch/dam/estv/de/dokumente/allgemein/Dokumentation/Zahlen_fakten/berichte/2011/Steuerabz%C3%BCge%20Wer%20profitiert.pdf.download.pdf/2011_Steuerabzuege.pdf</a></p><p><sup>2 </sup>Peters, R. (2009) : Les cotisations au 3<sup>e</sup> pilier a<br><a href="https://www.estv.admin.ch/dam/estv/de/dokumente/allgemein/Dokumentation/Zahlen_fakten/berichte/2009/Les%20cotisations%20au%20pilier%203a.pdf.download.pdf/2009_Pilier3a_f.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">www.estv.admin.ch/dam/estv/de/dokumente/allgemein/Dokumentation/Zahlen_fakten/berichte/2009/Les%20cotisations%20au%20pilier%203a.pdf.download.pdf/2009_Pilier3a_f.pdf</a></p>]]></content:encoded><category>Prévoyance professionnelle</category><category>AVS</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/renten/Seniorin-am-PC_style-photographs-photocase.jpg" length="538151" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6383</guid><pubDate>Fri, 28 Feb 2020 14:50:04 +0100</pubDate><title>Prestation transitoire : un progrès social à portée de main</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/prestation-transitoire-un-progres-social-a-portee-de-main</link><description>La prestation transitoire au menu de la session de printemps</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les difficultés que rencontrent les salarié-e-s âgés sur le marché du travail sont connus et de plus en plus graves. Lors de la session de printemps, le Parlement aura la possibilité, avec la prestation transitoire, de prendre enfin une mesure concrète.</p><p>L’OCDE l’affirme depuis des années, le SECO le confirme depuis un certain temps et les syndicats de l’Union syndicale suisse (USS) peuvent l’observer quotidiennement «&nbsp;sur le terrain&nbsp;»&nbsp;: la Suisse a un problème de discrimination des plus âgé-e-s sur le marché du travail. Trop souvent, les personnes qui cherchent un emploi après 50 ans, ou au plus tard après 55 ans, font face à des réticences plus fortes et des critères plus sévères de la part des employeurs et employeuses. Cette réalité est d’ailleurs reconnue depuis longtemps comme un problème puisque les travailleuses et travailleurs âgés ont déjà droit pendant plus longtemps à des indemnités journalières de l’assurance-chômage. Mais cette durée de perception plus longue ne compense de loin plus tous les problèmes qui se posent à eux lorsqu’ils cherchent un emploi. La part des personnes de plus de 50 ans parmi les chômeurs et chômeuses de longue durée a augmenté de 50&nbsp;% pendant les dix dernières années. Et désormais, un chômeur ou une chômeuse de plus de 60 ans sur deux se retrouve en fin de droit. Même si l’on parle partout dans le pays de pénurie de main-d’œuvre qualifiée, c’est une bien piètre consolation pour les personnes concernées&nbsp;: leurs connaissances et leur longue expérience professionnelles ne semblent pas compter. Elles sont en quelque sorte poussées sur une voie de garage.</p><p>La prestation transitoire présentée par le Conseil fédéral et les partenaires sociaux s’attaque – enfin&nbsp;! – très concrètement aux problèmes des travailleurs et travailleuses âgés. Et cela, à travers une couverture sociale convenable pour la période financièrement très difficile qui s’écoule entre le moment où la personne arrive en fin de droit et celui où elle atteint l’âge ordinaire de la retraite. La prestation transitoire est la pointe d’un «&nbsp;iceberg&nbsp;» de mesures (projets pilotes, programmes d’impulsion, analyse des potentiels, etc.) qui misent à juste titre sur la réinsertion des salarié-e-s âgés dans le marché du travail. Mais elle revêt d’autant plus d’importance qu’elle représente une planche de salut décente pour toute personne qui reste sans emploi même après 200 ou 300 offres de candidatures.</p><h4>Un compromis efficace</h4><p>Pourtant, lors de la dernière session parlementaire, le Conseil des États a sabré dans le projet de prestation transitoire au point de le rendre méconnaissable&nbsp;; cela, tant en ce qui concerne la durée de la prestation que son montant. La Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national (CSSS-N) a substantiellement corrigé ce faux pas lors de sa dernière séance et décidé, en acceptant un ensemble de propositions, plusieurs nouveautés judicieuses. Ainsi, toutes les personnes de 60 ans et plus en fin de droit devront pouvoir toucher une prestation transitoire. Autrement dit, l’arrivée en fin de droit ne devra pas avoir explicitement lieu après le 60e anniversaire. Ceci empêche le couperet, problématique et finalement arbitraire, de la limite d’âge et les «&nbsp;effets de seuil&nbsp;» se trouvent de ce fait lissés. Parallèlement, l’introduction d’une durée minimale d’assurance de cinq ans après l’âge de 50 ans garantira que la prestation transitoire reste spécifiquement destinée aux salarié-e-s- âgés en fin de droit. La CSSS-N a décidé, à juste titre, que les bonifications pour tâches éducatives et d’assistance pourront aussi être prises en compte pour la durée minimale d’assurance. Cette réglementation s’avère particulièrement importante pour les femmes. De plus, l’actuelle génération des ayants droit pourra déjà profiter de la prestation transitoire.</p><h4>Alignement sur les prestations complémentaires</h4><p>Le modèle adopté en commission contient toutefois aussi des coupes. La suppression des cotisations d’épargne LPP comme faisant partie des dépenses reconnues fait particulièrement mal. Au moins la reprise très importante des cotisations de risque LPP garantira-t-elle la poursuite de l’assurabilité dans le 2e pilier, qui vient d’être décidée dans le cadre de la réforme des prestations complémentaires (PC). Autre coupe douloureuse&nbsp;: la réduction du seuil de la fortune à la moitié de celui des PC. Il sera par conséquent de 50&nbsp;000&nbsp;francs pour les personnes seules et de 100&nbsp;000 francs pour les couples. Ainsi, les personnes en fin de droit devront davantage puiser dans leur fortune avant de pouvoir toucher une prestation transitoire, ce qui augmentera à long terme pour elles le risque d’avoir besoin de prestations complémentaires.</p><p>Fondamentalement, le modèle adopté par la CSSS-N s’appuie beaucoup plus sur le système éprouvé des PC, comme le Conseil des États l’avait d’ailleurs aussi demandé. Toutes les conditions sont donc réunies pour que les deux Chambres fédérales mènent à terme le débat sur cet important objet de politique sociale lors de la session de printemps et puissent ainsi répondre enfin concrètement aux problèmes auxquels font face les travailleurs et travailleuse âgés.</p>]]></content:encoded><category>Prestation transitoire</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/8/3/csm_aeltererArbeiter_RainStar-iStock_kleiner_67970833b6.jpg" length="225197" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6382</guid><pubDate>Fri, 28 Feb 2020 14:44:21 +0100</pubDate><title>Responsabilité des multinationales : il est temps d’annoncer la couleur</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/responsabilite-des-multinationales-il-est-temps-dannoncer-la-couleur</link><description>Le Parlement doit trancher rapidement</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’initiative sur la responsabilité des entreprises veut mettre fin à un modèle d’affaires hypocrite&nbsp;: celui qui consiste à profiter de bonnes conditions cadre dans notre pays tout en foulant aux pieds les droits humains dans le reste du monde. Si le Parlement ne parvient pas à s’entendre sur un contre-projet efficace, le peuple votera bientôt sur l’initiative.</p><p>L’initiative «&nbsp;Entreprises responsables – pour protéger l’être humain et l’environnement&nbsp;» (ou «&nbsp;Initiative pour des multinationales responsables&nbsp;») a été déposée à la Chancellerie fédérale le 10 octobre 2016. Et cela fait bientôt trois ans et demi que le Conseil fédéral et le Parlement bataillent pour définir leur position face à cette importante initiative populaire qui bénéficie d’un soutien des plus larges. On pourrait aussi dire qu’ils bataillent avec eux-mêmes&nbsp;: dans un premier temps, le Conseil fédéral a reconnu le besoin de régulation décrit par l’initiative pour la quasi-totalité des domaines d’action, avant – bizarrement – de recommander son rejet au Parlement… Depuis lors, les Chambres fédérales ont débattu pendant d’innombrables séances de commissions et en plénum de toutes sortes de contreprojets potentiels. Ce qui l’automne dernier semble avoir remis en appétit le Conseil fédéral dans sa nouvelle composition&nbsp;: celui-ci a opéré un virage à 180 degrés pour quand même présenter un contreprojet au Parlement. Un projet qui ne vaut toutefois même pas le papier sur lequel il est écrit.</p><h4>Trois variantes lors de la session de printemps</h4><p>C’est donc une bonne chose qu’en raison des délais légaux, le Parlement doive impérativement prendre une décision définitive concernant l’initiative pour des multinationales responsables et un éventuel contreprojet au cours de la session de printemps. Trois variantes sont possibles&nbsp;: soit le Conseil des États adopte le contreprojet défendu par le Conseil national, ce qui, malgré des coupes douloureuses dans le contenu de l’initiative, garantirait une rapide mise en œuvre de réglementations légales efficaces et, par conséquent, le retrait de l’initiative. Soit, au contraire, les Chambres n’arrivent pas à s’accorder, ce qui ferait obstacle à un contreprojet, sous quelque forme que ce soit, et conduirait alors rapidement à une votation populaire sur l’initiative. Même conséquence bien sûr pour la troisième possibilité, soit l’adoption par le Parlement du contreprojet édulcoré du Conseil fédéral.</p><h4>Menace pour la réputation et les emplois</h4><p>L’Union syndicale suisse (USS) demande au Conseil des États de passer maintenant à l’acte et d’adopter le contreprojet facilement applicable présenté par le Conseil national. Il ne s’agit absolument pas ici (pas plus qu’avec l’initiative) de faire cavalier seul, comme cela a été insinué&nbsp;: de nombreux pays européens – dont la France et les Pays-Bas – connaissent aujourd’hui des règles contraignantes sur la responsabilité des multinationales dans le monde, qui vont clairement plus loin que les idées du Conseil national. Et beaucoup d’autres États membres de l’Union européenne (UE), tout comme l’UE elle-même, sont sur le point d’introduire de telles règles. Si la Suisse se ferme à cette évolution, sa réputation en souffrira à moyen terme. À plus long terme, elle sera confrontée à la pression internationale – rappelez-vous le secret bancaire et les régimes fiscaux. Un pays comme le nôtre, dont le taux d’exportation s’élève à 70&nbsp;%, ne peut pas se le permettre. On doit bel et bien affirmer que dire non à tout en matière de responsabilité des multinationales, c’est mettre à moyen terme en danger des emplois dans le secteur des exportations.</p><p>Nous, les syndicats, sommes un mouvement international. Pour l’USS, il est évident que les multinationales qui ont leur siège principal en Suisse ne doivent pas recevoir de nos autorités une carte blanche sur le respect – ou, justement, le non-respect – de conditions de travail décentes dans d’autres parties du monde. L’entreprise dont le siège est en Suisse et qui profite des bonnes conditions offertes par cette dernière doit respecter à l’étranger les droits humains, dont font notamment partie, dans le monde du travail, les huit conventions fondamentales de l’Organisation internationale du Travail (OIT). Et elle doit obligatoirement contrôler que c’est le cas. Il faut que d’éventuelles infractions, sciemment commises ou évitables, puissent avoir des conséquences. Car quiconque cause un dommage doit en rendre compte. Tout simplement.</p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Économie extérieure</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/kampagnen/kovi/KoVi-f.jpg" length="172919" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6345</guid><pubDate>Fri, 31 Jan 2020 16:40:00 +0100</pubDate><title>Quand les spéculateurs immobiliers font dans l’affabulation</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/quand-les-speculateurs-immobiliers-font-dans-laffabulation</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Avec leur campagne intensive de désinformation, les opposant-e-s à l’initiative pour des logements abordables semblent faire mouche. Si l’on en croit le dernier sondage SSR, le résultat s’annonce serré. Ainsi, l’appât du gain de quelques personnes ou sociétés suffit pour s’attaquer à une tentative raisonnable de répondre à un besoin fondamental de toute personne en Suisse, à savoir trouver un logement correct et abordable. Et celles-ci ne reculent devant aucun argument fallacieux.</p><p>Un des reproches fait à l’initiative, c’est qu’elle intervient dans le marché libre – un péché capital au plan idéologique aux yeux de certain-e-s. Mais cet argument ne fait pas long feu&nbsp;: toute personne qui cherche un logement abordable en Suisse sait pertinemment que le marché libre ne fonctionne pas, en tout cas pas pour répondre aux besoins de la population.</p><p>La fable devient carrément perfide lorsque les mêmes spéculateurs utilisent abusivement l’argument lié aux caisses de pensions&nbsp;: ils affirment que celles-ci perdraient de l’argent si les rendements baissaient sur le marché de l’immobilier. Alors qu’en réalité, c’est exactement le contraire qui se produirait&nbsp;: les investisseurs institutionnels (coopératives, mais aussi caisses de pensions) qui ont des stratégies à long terme n’ont pratiquement aucune chance dans un marché surchauffé par la spéculation effrénée&nbsp;: en effet, il est difficile de concurrencer les lois de la spéculation si l’on vise le long terme et la stabilité plutôt que le profit maximum à court terme. Celles et ceux qui pratiquent la spéculation sont d’ailleurs les seuls qui profiteraient d’un rejet de l’initiative.</p><h4>Une affaire rentable</h4><p>Avec l’initiative, les cantons et les communes disposeraient d’un levier pour acheter des terrains pour la construction d’habitat d’intérêt public lorsqu’ils le souhaitent. Que ce soit à, Genève, Zurich ou Berne, à Vevey, Coire, Uster ou Liestal, ou même dans des hauts lieux touristiques comme Zermatt, Ascona, Engelberg ou Adelboden&nbsp;: il y a partout aussi des travailleurs et travailleuses et des retraité-e-s qui doivent consacrer une trop grande part de leur revenu à des loyers exorbitants.</p><p>Cette initiative offre une meilleure perspective pour la construction d’habitat d’intérêt public. Les coopératives proposent de bons logements à des prix abordables. De plus, la promotion de logements abordables n’est même pas une opération à perte&nbsp;: le Fonds de roulement qui permet à la Confédération d’accorder des prêts avantageux à des coopératives a rapporté depuis 10 ans quelque 26 millions de francs de bénéfices dans les caisses fédérales.</p><p>Conclusion&nbsp;: les affabulations des spéculateurs avides ne tiennent pas la route&nbsp;! L’initiative est aussi séduisante que modeste, et elle ne coûtera même pas un centime aux contribuables. Le marché du logement en Suisse a besoin d’un OUI fort le 9 février à l’initiative pour davantage de logements abordables.</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/b/8/csm_patrik_tschudin-flickr-CC_BY_2.0_baustelle_basel_erlenmatt_wohnungsbau_2_61dec98428.jpg" length="431591" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6346</guid><pubDate>Fri, 31 Jan 2020 15:30:00 +0100</pubDate><title>Égalité salariale : la commission veut améliorer la loi… un tout petit peu</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/egalite-salariale-la-commission-veut-ameliorer-la-loi-un-tout-petit-peu</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>La Commission de la science, de l’éducation et de la culture du Conseil national (CSEC-N) veut instaurer plus de transparence dans la lutte contre les discriminations salariales. Il est certes réjouissant de voir que la majorité de cette commission voit qu’il est nécessaire d’améliorer après coup la loi sur l’égalité (LEg), qui vient d’être révisée. Mais cette dernière n’en demeure pas moins très lacunaire, notamment parce que la CSEC-N n’a pas le courage de procéder à des améliorations substantielles.</p><p>À l’été 2020, la Suisse aura une LEg révisée afin de mieux pouvoir agir contre les discriminations salariales. Mais cette loi est faible, très faible même, entre autres parce que la majorité parlementaire de droite a fait des pieds et des mains lors de la dernière législature pour empêcher qu’elle ne soit améliorée. Ainsi, selon la LEg révisée, seules les entreprises occupant 100 personnes et plus sont tenues d’analyser leurs salaires sous l’angle de la discrimination. Et c’est en vain que l’on chercherait des sanctions dans cette loi. Sans parler de la date de péremption de juin 2032 dont celle-ci a été flanquée&nbsp;!</p><p>La CESC-N de la nouvelle législature fait au moins preuve d’un peu plus d’ouverture. Elle a certes rejeté en bloc trois initiatives parlementaires et une initiative cantonale qui demandaient d’autres améliorations (les dernières élections n’ont pas réussi à débarrasser totalement le Parlement de sa coloration patriarcale)&nbsp;: la CSEC-N ne veut ni abaisser à 50 employé-e-s le seuil obligeant une entreprise à analyser ses salaires, ni prévoir des sanctions ou une liste noire des entreprises en défaut. La CSEC-N ne veut pas non plus accorder plus de compétences aux cantons dans la mise en œuvre de l’égalité salariale. Mais elle a au moins déposé elle-même une initiative parlementaire demandant que les discriminations salariales soient un peu plus vigoureusement combattues que ce que prévoit la loi actuellement&nbsp;: afin qu’il y ait plus de transparence, les résultats des analyses des salaires devront être présentées à la Confédération. Cette dernière pourra ainsi mieux évaluer l’efficacité de la LEg et, le cas échéant, l’adapter.</p><p>Il y a lieu de se réjouir que la CSEC-N admette que la LEg révisée est insuffisante et propose une amélioration. Mais cela ne va pas suffire pour donner plus de mordant à un tigre de papier. Renoncer à des sanctions et à une meilleure participation des syndicats constitue une lacune fondamentale dans la mise en œuvre réelle de l’égalité salariale. L’USS demande au Parlement qu’en plus de l’initiative parlementaire de la CSEC-N, il accepte aussi les interventions rejetées par celle-ci afin de donner avec la LEg révisée une vraie chance à l’égalité salariale.</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/sgb/Nationalratssaal_der_Schweiz-Superikonoskop-Wikimediacommons-ccbysa.jpg" length="337362" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6316</guid><pubDate>Fri, 20 Dec 2019 12:11:24 +0100</pubDate><title>Au travail, dans la rue, partout : Oui à la protection contre la haine !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/au-travail-dans-la-rue-partout-oui-a-la-protection-contre-la-haine</link><description>Le 9 février, OUI à l&#039;extension de la norme pénale antiracisme</description><content:encoded><![CDATA[<p>Un homme aime un homme, une femme aime une femme : en Suisse comme ailleurs en Europe, c’est tout naturel aujourd’hui. Ce qui est moins répandu par contre, c’est la protection légale ainsi que l’acceptation sociale des personnes LGBTI (lesbiennes, gays, bi-, trans- et intersexuel-le-s) : la Suisse n’est qu’au 27e rang dans le classement européen en la matière ! Pour les lesbiennes et les gays, les insultes personnelles, le refus de certains services voire même des agressions n’appartiennent malheureusement toujours pas au passé.</p><p>À l’initiative du syndicaliste Matthias Reynard, le Parlement a donc inscrit dans la loi la protection des lesbiennes, des gays et des bisexuel-le-s contre la haine et la discrimination. Pour être précis, il a été décidé d’étendre l’article de la norme pénale contre le racisme au critère de l’orientation sexuelle. Ainsi, on pourra à l’avenir poursuivre pénalement les personnes ou organisations qui appellent à la haine contre les lesbiennes, les gays et les bisexuel-le-s. Mais cela ne plaît pas aux bigot-e-s et aux réactionnaires dans ce pays. Raison pour laquelle nous voterons le 9 février sur cette modification de la loi.</p><p>La discrimination se produit là où ou les gens passent du temps, et donc trop souvent aussi sur le lieu de travail. Les personnes LGBTI sont particulièrement touchées : moqueries, remarques obscènes et exclusion sociale sont monnaie courante dans le monde du travail. Parfois, la discrimination va même plus loin, p.ex. jusqu’au licenciement ou au refus d’embaucher. C’est là que la norme pénale élargie permettra d’intervenir et de fournir enfin une base légale pour se défendre contre de telles pratiques abusives. Qualifier ce changement de la loi d’« atteinte à la liberté d’expression », comme le font les opposant-e-s, est tout simplement pitoyable.</p><p>En tant que syndicats, nous nous battons depuis longtemps pour une société et un monde du travail où chaque personne est traitée équitablement et appréciée à sa juste valeur, indépendamment de la couleur du passeport, de l’âge, de la religion, du genre ou, justement, de l’orientation et de l’identité sexuelles. L’égalité à tous les niveaux devrait aller de soi et est un principe constitutionnel. Pourtant même dans le monde du travail, elle doit être défendue – et parfois (re)conquise – tous les jours. Les syndicats s’engagent dans cette lutte, dans les entreprises comme dans la politique.</p><p>Conclusion : la votation du 9 février a une portée symbolique importante. Voulons-nous d’une Suisse où chacun et chacune a sa place et se sent en sécurité et apprécié ? Ou voulons-nous continuer de laisser quelques individus attaquer les minorités pour diviser la société ? Notre réponse est claire : Oui à la protection contre les discriminations !</p>]]></content:encoded><category>LGBT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/b/8/csm_queere-eier-diskrimierung-lgbt_galitskaya-iStock_d5d1365f59.jpg" length="179885" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6312</guid><pubDate>Mon, 16 Dec 2019 14:32:19 +0100</pubDate><title>Apporter des solutions aux problèmes plutôt qu’exploiter des inquiétudes</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/apporter-des-solutions-aux-problemes-plutot-quexploiter-des-inquietudes</link><description>Retraite, sécurité sociale, Europe : sans les syndicats, pas de solution</description><content:encoded><![CDATA[<p>La semaine a été marquée par une série d’importantes décisions sur la scène politique fédérale. Il y a&nbsp;celle du Conseil fédéral annoncée aujourd’hui concernant le deuxième pilier : la mise&nbsp;en œuvre du compromis des partenaires sociaux apporte la preuve que les acteurs économiques du pays sont capables de trouver des solutions à l’un des plus sérieux&nbsp;problèmes actuels&nbsp;pour le pouvoir d’achat, celui de la baisse continue des rentes.&nbsp;Les employeurs comme les employés prennent leurs&nbsp;responsabilités, notamment en augmentant leurs contributions.&nbsp;De plus,&nbsp;grâce à la&nbsp;création d’un supplément de rente financé solidairement par répartition, la réforme ne fait pas que stabiliser le niveau général des rentes, mais améliore aussi le niveau&nbsp;aujourd’hui insuffisant&nbsp;des&nbsp;prestations du 2<sup>e</sup>&nbsp;pilier pour les bas et moyens salaires et notamment pour les femmes.<br><br> Quant au&nbsp;vote du Conseil des Etats sur&nbsp;la prestation transitoire (rente-pont) pour les salarié-e-s en fin de carrière, il faut se réjouir que notre revendication soit enfin reconnue sur le principe,&nbsp;tout en regrettant l’improvisation et la mesquinerie des modifications apportées à une courte majorité par le Conseil des Etats.&nbsp;Mais nous pouvons espérer que le Conseil national corrige&nbsp;ces points et qu’une&nbsp;majorité se dessine enfin pour ce renforcement indispensable de notre sécurité sociale.</p><p><br> En nous engageant pour ce projet, nous démontrons, encore une fois, que nous préférons un traitement sérieux des problèmes que rencontrent les gens dans le pays, à l’agitation&nbsp;<br> &nbsp;</p><p class="heading--h4">Défendre et&nbsp;renforcer le dispositif actuel de protection des salaires</p><p><br> Dans les deux cas, nous trouvons sur notre route&nbsp;des milieux qui s’opposent aux solutions pragmatiques, mais ne prennent même pas la peine d’en apporter d’autres. Cet état de fait n’est&nbsp;cependant pas le fruit du hasard : pour l’UDC, la recette la plus efficace est de laisser se développer les problèmes et se dégrader la situation des gens dans le pays. Ceci dans le but,&nbsp;ensuite, de récolter les fruits électoraux de la frustration.<br><br> Ce cynisme se concrétise avec l’initiative UDC de résiliation de la libre circulation des personnes. La fin de la libre circulation impliquerait la rupture brutale des accords bilatéraux avec&nbsp;l’UE et l’entrée dans une période de l’histoire de notre pays où les néolibéraux de l’UDC donneraient le ton. La mise en pièces dans la foulée des mesures de protection des salaires et de&nbsp;soutien aux CCT étendues serait programmée. Elles donneraient&nbsp;tout le pouvoir aux employeurs, libres&nbsp;d’engager des travailleurs et travailleuses précaires et sans droit et d’organiser ainsi une&nbsp;concurrence délétère sur le marché du travail.<br><br> C’est pourquoi&nbsp;la campagne contre l’initiative de résiliation et pour une meilleure sécurité sociale&nbsp;constituera l’un des combats majeurs du début de l’année 2020.&nbsp;Nous défendrons avec&nbsp;force l’égalité des droits pour celles et ceux qui travaillent chez nous. Toutes celles et ceux qui travaillent en Suisse doivent recevoir des salaires suisses.</p><p class="heading--h4">Respect des principes et pragmatisme font notre force</p><p>Par cette lutte contre l’initiative de l’UDC, nous renforcerons notre position sur l’avenir des relations de notre pays avec l’Union européenne : une ouverture régulée, fondée sur un&nbsp;dispositif de protection des salaires autonome fort,&nbsp;qu’il&nbsp;faut&nbsp;continuer à développer.&nbsp;Nous continuerons à défendre&nbsp;des règles et des mécanismes&nbsp;dont la nécessité n’est plus à démontrer,&nbsp;tout en faisant preuve de pragmatisme, comme nous l’avons toujours fait, lorsque des questions se posent dans l’application des règles. Malgré les pressions&nbsp;et les désirs médiatiques que nous changions d’avis, notre position reste la même :&nbsp;il n’y a aucune raison d’affaiblir les règles légales obtenues, ni de nous priver du droit de les renforcer de manière autonome. Si des problèmes légitimes quant à leur mise en œuvre&nbsp;apparaissent, les syndicats ont toujours été ouverts à des solutions pragmatiques et nous continuerons à l’être.&nbsp;</p><p>Nous nous battrons donc avec détermination pour de bons emplois et une protection des salaires forte, contre une initiative de résiliation hostile aux travailleuses et travailleurs!</p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/personen/DSC_0721_bearbeitet-1.jpg" length="61705" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6294</guid><pubDate>Tue, 10 Dec 2019 18:33:00 +0100</pubDate><title>Solidarité avec les syndicats français</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/solidaritaet-mit-den-franzoesischen-gewerkschaften</link><description>Message de l&#039;USS à propos de la lutte contre la réforme des retraites en France</description><content:encoded><![CDATA[<p>L'USS exprime toute sa solidarité envers les travailleurs et travailleuses en France ainsi qu'avec leurs syndicats dans leur mobilisation contre le projet de réforme des retraites. Dans leur message de solidarité, le président de l'USS Pierre-Yves Maillard et le secrétaire central Luca Cirigliano qualifient le projet d' « inacceptable&nbsp;» et soulignent qu'il ne peut que « saper la confiance des travailleuses et travailleurs dans la stabilité des pensions&nbsp;». Ils assurent les manifestant-e-s et les syndicats de soutien dans ce combat et leur souhaitent « courage, détermination, et succès&nbsp;».</p>]]></content:encoded><category>International</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/aktionen/Jeanne_Menjoulet-flickr_CC_BY_2.0_191205_frankreich_paris_rentenreform_demo_transparent_macronie_bientot_fini.jpg" length="320343" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6271</guid><pubDate>Thu, 28 Nov 2019 18:30:00 +0100</pubDate><title>Le Conseil national peut et doit renforcer le domaine des soins </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/le-conseil-national-peut-et-doit-renforcer-le-domaine-des-soins</link><description>La pénurie de personnel et la dégradation de la qualité des soins guettent </description><content:encoded><![CDATA[<p>Selon l'OCDE, aucun pays occidental n'emploie autant de personnel infirmier formé à l'étranger que la Suisse : un quart de notre personnel infirmier possède un diplôme étranger, et plus du tiers est d'origine étrangère. La formation du personnel soignant en Suisse est donc largement financée par des pays étrangers et (plus pauvres), et notre pays contribue ainsi à la pénurie de personnel soignant en dehors de ses frontières. Ce qui n'a pas empêché l'aggravation de la pénurie de personnel de soins aussi chez nous. À terme, la demande en personnel infirmier formé ne cessera d'augmenter, en raison de l'évolution démographique.</p><h3>Stress élevé, salaires trop bas</h3><p>Dans ce contexte, le quotidien actuel des soins est préoccupant : depuis des années, la concurrence entre les hôpitaux et les homes déclenchée par le nouveau financement hospitalier et des soins s'exerce sur le dos du personnel. En même temps, la complexité des cas ne cesse de croître, ce qui contribue à une augmentation de l'intensité du travail. Résultat : stress, problèmes de qualité et une durée moyenne d'exercice de la profession faible, soit à peine 15 ans. Il suffit d'examiner les salaires dans le secteur des soins pour trouver une explication suffisante : par rapport au salaire moyen dans l'OCDE, seules la Lituanie et la Lettonie paient moins leur personnel soignant que la Suisse !</p><p>Il est donc urgent de renforcer sensiblement les conditions de travail et ainsi l'attractivité des professions de soins. Cela doit passer par une rémunération adéquate, des horaires de travail raisonnables et par le développement des compétences professionnelles. L'initiative sur les soins infirmiers de l'ASI - membre de l'USS avec statut d'observatrice - aborde toutes ces questions et exige un paquet complet de mesures pour renforcer la qualité et la quantité des soins. Certes les modifications de loi et décisions présentées dans le cadre d'un contre-projet indirect représentent des progrès évidents dans le domaine de la création de nouvelles places de formation et du renforcement des compétences, mais elles ne contiennent aucune mesure d'amélioration des conditions de travail ou de promotion de la qualité. De plus, les fonds que la Confédération doit fournir conformément au contre-projet dépendent fortement de la participation des cantons. Si certains d'entre eux ne bougent pas, la nouvelle loi restera sans effet. La plus grande faiblesse de la révision est que la prestation indépendante du personnel soignant devra être liée aux " accords avec les assurances ". Cette nouvelle tentative du lobby des assureurs maladie de saper, par des voies détournées, l'obligation contractuelle envers les prestataires de services est tout à fait inacceptable. C'est précisément ce genre de tentative qui a déclenché le lancement de l'initiative sur les soins !</p><h3>Contre-projet : des améliorations nécessaires</h3><p>Pour l'USS, il est donc clair que le nouveau Conseil national doit retirer l'" article de lobbying " du projet le plus vite possible lors de la session d'hiver, et ensuite améliorer ce contre-projet en vue d'un éventuel retrait de l'initiative. Il faut des mesures contraignantes pour l'amélioration des conditions de travail (obligation de CCT), des directives claires en matière de cofinancement par les cantons et des obligations légales d'amélioration de la qualité des soins. Enfin et surtout, les modifications de loi ne doivent pas être limitées à une durée de huit ans, comme proposé par le Conseil fédéral. Ce serait malhonnête parce que la " pénurie de personnel infirmier " n'aura pas disparu d'ici là. De plus, d'un point de vue démocratique, la mode actuelle consistant à produire des lois avec dates d'expiration est fondamentalement discutable.</p>]]></content:encoded><category>Santé</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/f/b/csm_Altenheim_iStock-wavebreakmedia-820254064_476e1e8228.jpg" length="179275" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6277</guid><pubDate>Thu, 28 Nov 2019 17:00:00 +0100</pubDate><title>Non au sabotage du partenariat social ! </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/non-au-sabotage-du-partenariat-social</link><description>Le Conseil des États doit rejeter la motion Baumann </description><content:encoded><![CDATA[<p>La Commission de l'économie et des redevances du Conseil des États (CER-E) a récemment lancé une attaque frontale contre le partenariat social et la protection cantonale des salaires dans les cantons frontaliers que sont Neuchâtel, le Jura, et le Tessin. Aujourd'hui, la balle est dans le camp du Conseil des États : la motion Baumann, qui a lancé le pavé dans la mare, doit être rejetée, et ce, peu avant la votation au printemps sur l'initiative catastrophique contre la voie bilatérale (initiative " de limitation ").</p><p>Le texte (motion 18.3934) porte le joli nom de « Renforcer le partenariat social dans le cadre de conventions collectives nationales de travail ». Ceci est plutôt cynique, car cette motion veut en fait empêcher les cantons de prendre des mesures contre les salaires trop bas : les salaires minimaux cantonaux ne s'appliqueraient plus dans les secteurs où une convention collective de travail (CCT) déclarée de force obligatoire contient également des dispositions sur les salaires. La motion ne veut rien de plus que de produire des travailleurs et travailleuses pauvres.</p><p>Pourtant, selon la Constitution fédérale, les cantons sont compétents pour légiférer en matière de politique sociale. Ils peuvent donc également déterminer que les salaires doivent couvrir le minimum vital. C'est pourquoi, lors du débat sur un salaire minimum national, les opposants à l'initiative ont toujours bien souligné que les cantons pouvaient introduire un salaire minimum si nécessaire. Et le Tribunal fédéral a confirmé cette compétence.</p><h3>Des exceptions à la baisse</h3><p>Une mise en œuvre de la motion Baumann constituerait une violation flagrante de la Constitution et un sabotage du partenariat social. Les CCT pourraient être dévoyées dans le but d'affaiblir encore davantage un droit du travail déjà bien fluet et de contourner la volonté du législateur. Au lieu de garantir de meilleures conditions que les normes minimales légales pour les salarié-e-s, elles permettraient au contraire de faire des exceptions, à la baisse. Il serait aussi dangereux que scandaleux que les CCT puissent servir d'instrument pour faire baisser les salaires légaux.</p><p>Il est inquiétant que cette atteinte à la souveraineté des cantons vienne précisément de la part du Conseil des États. La motion s'attaque en effet aux salaires des employé-e-s dans les régions frontalières des cantons de Neuchâtel et du Jura, mais aussi au Tessin et à Bâle, où une loi cantonale sur le salaire minimum fait actuellement l'objet d'un débat. Il faut espérer que la nouvelle Chambre des États suivra la proposition du Conseil fédéral, des cantons et des syndicats et rejettera la motion Baumann au lieu de torpiller la paix sociale en Suisse.</p><p>Les intentions et les méthodes du motionnaire sont particulièrement dangereuses en cette période précédant la votation sur l'initiative de l'UDC. Les cantons frontaliers avaient introduit des salaires minimaux cantonaux comme une des mesures pour lutter contre la pression sur les salaires dans le cadre de la libre circulation des personnes. Ces cantons se verraient désormais privés de cet outil par le Parlement : du pain béni pour l'initiative " de limitation " !</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Salaires et CCT</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/e/9/csm_Bundeshaus_Bern_-_Federal_palace_of_Switzerland_852909e44f.jpg" length="309035" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6275</guid><pubDate>Thu, 28 Nov 2019 16:00:00 +0100</pubDate><title>Une prestation transitoire pour une meilleure protection sociale !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/une-prestation-transitoire-pour-une-meilleure-protection-sociale</link><description>Salarié-e-s de 55+ : le Conseil des États a les cartes en mains </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La Suisse a un problème sur le marché du travail: la discrimination fondée sur l'âge. Bien que la pénurie de main-d'œuvre qualifiée fasse parler d'elle depuis des années, les plus de 55 ans n'en ressentent que peu les effets.</p><p>Entre 2014 et 2018, le chômage a comme prévu diminué dans tous les groupes d'âge, mais chez les plus de 55 ans, il a augmenté, malgré une belle période de prospérité économique. De plus, la proportion de contrats de travail précaires augmente chez les travailleurs et travailleuses plus âgés : depuis des années, le travail temporaire et les activités accessoires augmentent à un rythme supérieur à la moyenne chez les plus de 55 ans.</p><p>C'est pourquoi l'OCDE demande depuis longtemps à la Suisse de légiférer contre la discrimination fondée sur l'âge, la dernière fois dans son rapport sur la Suisse publié récemment. Concrètement, cela signifie qu'il faut enfin introduire chez nous une protection renforcée contre le licenciement pour le personnel de longue durée. Il s'agit d'une norme éprouvée dans les pays européens voisins, ainsi que dans certaines CCT de branches en Suisse. La nouvelle composition du parlement redonne espoir : à en croire les réponses&nbsp;« smartvote »des nouveaux élu-e-s, une meilleure protection contre le licenciement a de bonnes chances d'être mise en œuvre au Parlement.</p><h3>Prévenir durablement la pauvreté liée à l'âge</h3><p>De plus, l'amélioration de la protection sociale pour les chômeurs et chômeuses plus âgés en fin de droit reste une préoccupation urgente. Car une fois au chômage, les personnes plus âgées courent un risque très élevé d'arriver en fin de droit. L'Office de l'économie et des impôts du canton de Zurich déclare qu'aujourd'hui, une personne au chômage sur deux (!) âgée de plus de 60 ans finit par se retrouver en fin de droit. Et souvent, voici ce qui suit : les personnes concernées doivent vivre de leur fortune (souvent avec le capital LPP) avant de pouvoir bénéficier de l'aide sociale. En même temps, cela jette les bases de la pauvreté et de la dépendance envers les prestations complémentaires (PC). Les personnes concernées se voient privées de toute dignité : elles ont&nbsp;« trimé&nbsp;» toute leur vie et ont cotisé aux assurances sociales. Au zénith de leur expérience professionnelle, on les laisse tomber et elles atterrissent dans un néant professionnel et financier.</p><p>La prestation transitoire (PT) proposée par le Conseil fédéral remédie à cette situation: elle doit garantir aux personnes de plus de 60 ans un niveau de vie équivalent aux PC jusqu'à ce qu'elles atteignent l'âge ordinaire de la retraite, et en même temps assurer leur rente ensuite. Ainsi, la PT comble le fossé entre l'arrivée en fin de droit et la rente, et prévient la pauvreté chez les personnes âgées. Les dépenses sont tout à fait gérables : comme la Confédération et les cantons économiseront sur les PC ordinaires ainsi que sur l'aide sociale, les coûts nets de la PT ne dépasseront pas 200 millions de francs par an.</p><h3>Décision lors de la session d'hiver</h3><p>Lors de la session d'hiver, le Conseil des États doit tout mettre en œuvre pour adopter rapidement la nécessaire révision législative, avec quelques améliorations importantes : tout d'abord, la PT doit prendre effet pour les chômeurs âgés de plus de 55 ans (ou des personnes en fin de droit de plus de 57 ans), parce que tous les indicateurs du marché du travail indiquent que les problèmes mentionnés augmentent rapidement dès cette tranche d'âge. Limiter les PT aux personnes en fin de droit seulement dès 62 ans, comme l'exigent les employeurs et le PLR, serait une marque de mépris envers les personnes concernées. Même un geste purement symbolique serait mieux reçu !</p><p>Le Conseil des États doit également améliorer le plafond des prestations transitoires proposé par le Conseil fédéral. Ce dernier implique que de nombreuses personnes concernées dans les cantons où les loyers et les primes sont élevés n'auraient même pas droit au niveau de vie des PC. Et là aussi, la demande alternative de la droite - abaisser encore le plafond - est tout à fait incompréhensible : il ne s'agirait ni plus ni moins que d'une&nbsp;« aide sociale par la porte de derrière&nbsp;» et tromperait ainsi également les personnes concernées.</p>]]></content:encoded><category>Prestation transitoire</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/6/5/csm_Frau-ue55-nachdenklich-Fenster_photocase-gu.ju._471161b42a.jpg" length="74380" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6238</guid><pubDate>Fri, 08 Nov 2019 14:03:00 +0100</pubDate><title>Finances cantonales 2020 : grosses fortunes, peu d’investissements </title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/finances-cantonales-2020-grosses-fortunes-peu-dinvestissements</link><description>Le vent tourne dans la situation financière des cantons </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les cantons ont désormais tous publié leur budget et leur planification financière et l'USS peut à nouveau présenter son analyse détaillée de l'état des finances cantonales. En plus des indicateurs généraux, nous avons examiné de plus près les domaines de dépenses qui sont en augmentation, comme la formation et les soins de longue durée.</p><p>La haute conjoncture économique des dernières années s'est aussi ressentie dans les caisses cantonales. Ainsi en 2018, les recettes fiscales des cantons ont augmenté globalement de 3,6 % par rapport à 2017, soit nettement plus que la croissance de la création de valeur. Pour 2020, la majorité des cantons continue de tabler sur une croissance des recettes fiscales, mais elle s'annonce nettement plus faible. Ce ralentissement s'explique en partie par des perspectives économiques un peu moins roses, mais il est aussi un signe avant-coureur de la mise en œuvre de la réforme fiscale RFFA dans les cantons (dans la plupart des cantons, les premières révisions des lois fiscales cantonales entreront en vigueur dès le 1.1.2020). Ainsi, sept cantons au total s'attendent même à une baisse des rentrées fiscales, malgré une économie en croissance. À Bâle-Ville, la baisse devrait être de près de 5 %. C'était pourtant l'un des cantons pour lesquels la réforme nationale semblait taillée sur mesure pour permettre une mise en œuvre sans incidence sur les revenus.</p><h3>Baisse des excédents malgré le peu d'investissements</h3><p>En 2020, les excédents budgétaires structurels (c.-à-d. le résultat du compte financier corrigé des fluctuations de la conjoncture et des fluctuations exceptionnelles) devraient diminuer dans 15 cantons sur 26. Logiquement, cela devrait découler d'une augmentation des dépenses d'investissements. En effet, d'une part, de nombreux domaines ont besoin d'investissements de taille (en particulier dans la formation et les soins de longue durée) et, d'autre part, le contexte persistant des taux d'intérêt bas ou négatifs ainsi que le ralentissement de l'économie appellent une politique active d'investissements. Pourtant, c'est tout le contraire qui se passe dans de nombreux cantons : selon les budgets présentés, les dépenses d'investissements devraient diminuer dans 12 cantons sur 26 en 2020. La détérioration des résultats structurels du compte financier ne s'explique donc pas par une politique active d'investissements, mais elle découle bien souvent des mises en œuvre cantonales de la RFFA. Cette évolution est préoccupante : la transformation des systèmes cantonaux de l'imposition des entreprises ne devrait pas être dévoyée dans le but de raviver la concurrence fiscale intercantonale à un niveau encore plus bas.</p><h3>Grosse erreur budgétaire, grosse fortune</h3><p>Dans ses publications antérieures sur les finances cantonales, l'USS avait déjà constaté que l'exactitude de la budgétisation laissait à désirer dans presque tous les cantons. Ceux-ci se montrent en effet presque toujours trop pessimistes dans leurs budgets et se retrouvent systématiquement avec de meilleurs résultats. Ces erreurs budgétaires ont même empiré dans l'exercice financier 2018 et atteignent 5,5 % en moyenne suisse (c.-à-d. que les comptes des cantons sont, concernant les recettes globales, de 5,5 % supérieurs aux résultats budgétisés). L'USS constate également de façon répétée que les cantons noircissent systématiquement le tableau, non seulement en établissant leur budget, mais aussi lorsqu'ils font état de leur fortune. Souvent, l'endettement est grossi parce que la fortune n'est pas prise en compte en lien avec la dette brute ou, à tout le moins, pas dûment comptabilisée. Correctement déclarée, la fortune nette consolidée des cantons (fortune moins dettes brutes) se montait à presque 32 milliards de francs en 2017. Elle a continué d'augmenter de 10 % entre 2017 et 2018 pour atteindre près de 35 milliards de francs (!).</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/d/b/csm_Geldscheine-Taschenrechner_iStock-disqis_925475424_4176b275e8.jpg" length="210876" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6235</guid><pubDate>Thu, 24 Oct 2019 15:46:06 +0200</pubDate><title>Une grande victoire pour les femmes</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/une-grande-victoire-pour-les-femmes</link><description>Katharina Prelicz-Huber, présidente du SSP, membre du Comité présidentiel de l’USS et nouvelle conseillère nationale zurichoise, s’exprime à propos de cette élection 2019 historique pour les femmes et pour le climat 
</description><content:encoded><![CDATA[<p>Il y a quelques mois, nous disions : le 14 juin n’est que le début ! Avec une mobilisation historique de plus de 500 000 femmes, nous avons prouvé qu’en tant que syndicats, nous sommes la force motrice du progrès social. Et la journée électorale de dimanche nous a donné raison : cinq mois seulement après la Grève des femmes*, les élections fédérales se sont transformées en élections des femmes. Nous avons conquis 20 sièges de plus au Parlement et la part des femmes sous la coupole est passée de 32 % à 42 %.</p><p>Globalement, les forces progressistes et de gauche se sont nettement étoffées. La voix des salarié-e-s au Parlement fédéral s’en trouve renforcée. Pour moi qui suis une syndicaliste verte, cela signifie qu’il faut aller de l’avant non seulement sur la question du climat, mais également sur tout ce qui est urgent dans le domaine social. Comme par exemple les rentes des femmes dans le 2e pilier et dans l’AVS qui, dans leur globalité sont scandaleusement basses. Nous avons besoin d’une réforme sociale de la prévoyance-vieillesse qui bénéficierait tout particulièrement aux femmes. Nous avons besoin rapidement de solutions pour la conciliation famille-travail, la revalorisation des métiers « féminins » et pour remédier aux salaires des femmes qui demeurent trop bas. Il est temps d’amorcer la transformation socio-écologique de notre économie et de notre société, comme les syndicats l’exigent d’ailleurs depuis longtemps.</p><p>Les victoires donnent des responsabilités. Le 14 juin n’était que le début, le 20 octobre la confirmation. À nous maintenant de nous mettre au travail, ensemble. Au Parlement comme dans les entreprises et dans la rue.</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Égalité des sexes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/personen/kph.png" length="315902" type="image/png"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6234</guid><pubDate>Thu, 24 Oct 2019 15:10:36 +0200</pubDate><title>« Les perspectives s’améliorent nettement pour le monde du travail »</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/les-perspectives-s-ameliorent-nettement-pour-le-monde-du-travail</link><description>Pierre-Yves Maillard, président de l&#039;USS commente les éléctions fédérales</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les élections du 20 octobre 2019 ont réellement changé la donne. Pour Pierre-Yves Maillard, président de l’USS et nouvellement élu au Conseil national, la voie est ouverte pour des projets réellement progressistes au Parlement. La vigueur des mobilisations sociales – pour l’égalité et pour le climat – qui s’est traduite dans les urnes démontre que la population attend des changements concrets.</p><p>« Ces élections modifient tous les rapports de force politiques pour la législature à venir », estime Pierre-Yves Maillard. « Nous avions un bloc bourgeois composé du PLR et de l’UDC qui pouvait tout bloquer au Conseil national. Dorénavant, des compromis sociaux incluant les partis du centre peuvent disposer d’une majorité ». Le président de l’USS y voit déjà une situation nettement plus favorable pour les solutions négociées récemment avec les employeurs, comme l’accord sur la prévoyance professionnelle, ou avec le Conseil fédéral, comme la rente-pont pour les travailleurs et travailleuses âgés. « Pouvoir réussir au Parlement déjà, sans devoir passer par des initiatives populaires ou des référendums, est une chance – mais aussi une grande responsabilité – pour les forces de progrès. »<br><br> D’importants combats se dessinent aussi en-dehors du Parlement. Il s’agit, d’abord, de poursuivre l’extraordinaire dynamique de la Grève des femmes*, qui n’a pas joué un rôle négligeable dans l’arrivée de nombreuses nouvelles parlementaires. « Avec le mouvement pour l’égalité et les grèves des jeunes pour le climat, la Suisse atteint un niveau de mobilisation politique qu’elle n’a plus connu depuis des décennies. Les syndicats devront contribuer à traduire cette mobilisation en avancées. »<br><br> La défense des conditions de travail sera aussi à l’agenda début 2020 avec la votation populaire sur l’initiative de l’UDC contre la libre-circulation des personnes. « Face à cette initiative, nous défendrons la voie bilatérale, la libre-circulation et les mesures d’accompagnement comme un tout, parce que ce tout profite aux salarié-e-s. » Et de poursuivre : « Après plus d’une année de discussions sur ces sujets, la population a compris l’importance de la protection des salaires. Et nous dirons la vérité sur les intentions de l’UDC : détruire le système des conventions collectives, réduire les droits des employé-e-s et faire pression sur le niveau des salaires suisses. » Pierre-Yves Maillard rappelle que les syndicats « défendent une harmonisation par le haut sur le plan européen, et que l’ensemble des syndicats soutiennent cette position ! »<br><br> La nouvelle composition du Parlement doit justement permettre de trouver des réponses politiques efficaces aux questions liées aux salaires, au pouvoir d’achat ou à la prévoyance. « Ce n’est que par des compromis susceptibles de convaincre une majorité et apportant des améliorations concrètes dans le quotidien qu’on évitera une instrumentalisation xénophobe de la question européenne. »<br><br> &nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/c/1/csm_PierreYvesMaillard_YoshikoKusani_cut_2bcdc3b84e.jpg" length="101469" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6226</guid><pubDate>Mon, 30 Sep 2019 08:45:29 +0200</pubDate><title>Primes-maladie 2020 : pas que des bonnes nouvelles !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/primes-maladie-2020-pas-que-des-bonnes-nouvelles</link><description>Derrière les hausses modérée de primes se cachent encore trop d&#039;inégalités, comme le montre l&#039;analyse de l&#039;USS.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Comme on s'y attendait la hausse des primes-maladie pour l'année prochaine s'avère, selon les cantons, de modérée à faible. Enfin une bonne nouvelle, surtout pour les assuré-e-s. En effet, les hausses souvent massives des dernières années étaient en contradiction avec toute une série de mesures efficaces prises pour maîtriser les coûts. Mais cette annonce cache des choses moins réjouissantes : les inégalités restent criantes et le principe de solidarité est mis à mal.</p><p>Les caisses maladie ont enfin réagi et commencé à réduire les excédents de réserves pharamineux qu'elles avaient réussi à accumuler grâce aux primes. Et à les redistribuer aux assuré-e-s. Mais presque tout le monde s'accorde pour dire que ces primes 2020 sont bien plus une sorte d'accalmie passagère que l'annonce du début d'une tendance durable. Les prévisions des coûts pour les prochaines années sont en effet déjà reparties à la hausse (<a href="https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/sante/article/details/primes-2020-juste-une-accalmie-passagere/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">lire l'article à ce sujet</a>).</p><h3>Prime standard vs. prime moyenne</h3><p>En y regardant de plus près, même l'annonce de cette semaine cache des choses moins réjouissantes : ainsi, la hausse moyenne de 0,3 % (adultes) publiée par l'OFSP se base pour la deuxième année consécutive sur la " prime moyenne ". Comme celle-ci résulte de la moyenne de tous les modèles d'assurance et de franchises à option, elle ne tient pas compte des désavantages que ces modèles comportent pour les assuré-e-s, en particulier une plus forte participation aux coûts qui peut vite, en cas de maladie, engloutir plusieurs fois la somme économisée par une faible hausse des primes. Si l'on prend, comme c'était le cas jusqu'en 2017, la prime standard (modèle de base, franchise de 300 francs), la hausse des primes pour 2020 se révèle nettement plus importante : +0,8 %. Aujourd'hui, près de 20 % des habitant-e-s sont encore assurés selon un modèle standard, et ce sont souvent des personnes qui ne peuvent pas se permettre, en raison de leur état de santé, de choisir des options comme une franchise élevée par exemple.</p><h3>Le principe de solidarité déjà écorné</h3><p>Même si les primes augmentent plus fortement précisément pour ces assuré-e-s, un " lobby d'experts " n'a pas pu s'empêcher, dès l'annonce des primes 2020, de réclamer à nouveau à grand bruit des rabais de primes plus importants en fonction des franchises à options. Et ils l'ont fait en ressortant un vieil argument déjà maintes fois ressassé : les " jeunes et les personnes en bonne santé " paient aujourd'hui beaucoup trop pour les " vieux et les malades ". Tout d'abord, cette affirmation est complètement fausse si l'on considère le problème dans son ensemble : aujourd'hui, une personne de 95 ans ne doit pas seulement assumer des primes qui sont en moyenne de 43 % plus élevées. Elle paie aussi en franchise et en participation aux coûts quelque 195 % de plus qu'une personne de 25 ans (sans parler des frais supplémentaires pour le home ou les soins à domicile, les taxes hospitalières, les médicaments, etc.).</p><p>Deuxièmement, c'est tout simplement la caractéristique de base d'une assurance que les personnes en bonne santé (respectivement les " malades potentiels ") contribuent au financement des personnes malades. Dans chaque assurance, il y aura toujours - ce n'est pas un scoop ! - un groupe de personnes qui paie davantage ou qui perçoit moins de prestations qu'un autre. Et c'est le cas tout particulièrement dans l'assurance de base LAMal. Mais c'était précisément la volonté politique que de fournir un approvisionnement de base en soins de santé pour tout le monde, sans discrimination. Troisièmement, il faut rappeler que les rabais de primes accordés actuellement pour les franchises à option sont de toute manière trop élevés au niveau actuariel, selon des calculs de l'OFSP. Autrement dit : ils permettent d'ores et déjà aux assuré-e-s en bonne santé de se soustraire en partie au principe de la solidarité financière dans l'assurance de base (" pool de risques uniforme ").</p><h3>Différences frappantes entre les cantons</h3><p>En plus des différences entre les groupes d'assuré-e-s, l'annonce des primes 2020 comprend aussi des écarts importants entre les cantons. Ainsi, les primes baissent de 1,5 % dans le canton de Lucerne, mais elles grimpent de 2,9 % à Neuchâtel ! Cette forte disparité est l'expression d'une organisation boiteuse de l'assurance de base, qui est mise en œuvre par le biais de plus de 50 caisses privées dans un total de 42 régions de primes. Cette fragmentation entraîne régulièrement des distorsions financières auxquelles les assuré-e-s se trouvent livrés de façon arbitraire et sans aucune alternative (sans même parler des changements de caisse, qui sont souvent des démarches fastidieuses et sans grands effets). Dans le canton de Neuchâtel par exemple, la principale raison de cette hausse de primes massive se trouve dans le fait que près de la moitié de la population de ce canton est assurée auprès de la caisse bon marché Assura. Celle-ci a calculé trop chichement ses réserves au cours des dernières années, contrairement à presque toutes les autres caisses. Elle se rattrape aujourd'hui par des hausses de primes.</p><p>L'exemple de Neuchâtel est on ne peut plus clair : avant que certains cantons ne se retrouvent otages de quelques rares caisses, voire d'une seule, ils devraient, si la population le souhaite, avoir la possibilité de créer eux-mêmes une caisse maladie cantonale. C'est précisément ce que le gouvernement vaudois a demandé récemment (une initiative cantonale est à prévoir aux Chambres fédérales). Cela permettrait d'en finir avec les variations des réserves. Mais surtout, on pourrait enfin investir efficacement dans la prévention et faire des économies dans les frais administratifs.</p>]]></content:encoded><category>Santé</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/a/7/csm_Arztgespraech-Formular_istockphoto-Cameravit_834c1bcf75.jpg" length="49460" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6214</guid><pubDate>Fri, 20 Sep 2019 11:00:00 +0200</pubDate><title>Le SSP à Strasbourg pour défendre le droit de grève en Suisse</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-ssp-a-strasbourg-pour-defendre-le-droit-de-greve-en-suisse</link><description>Avec son arrêt dans le cas de la grève à l’hôpital de La Providence à Neuchâtel, le Tribunal fédéral remet gravement en question le droit de grève en Suisse. Le SSP a donc décidé d’aller devant la Cour européenne des droits de l’homme afin de défendre ce droit fondamental.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Ces personnes étaient descendues dans la rue, car elles ne voyaient plus d'autre moyen de défendre leurs conditions de travail. En devenant le nouveau propriétaire de l'hôpital de La Providence à Neuchâtel en 2012, le groupe de cliniques privées Genolier avait résilié la convention collective de travail afin de pouvoir réduire les salaires et les allocations et allonger la durée du travail. Mais pas seulement : il avait également refusé de discuter avec les salarié-e-s de cet hôpital privé.</p><p>C'est peut-être pour cette raison que la grève a été largement soutenue par la population locale. Mais après un long bras-de-fer, le groupe Genolier a tout simplement licencié les grévistes. Aux yeux de ces derniers et de leur syndicat SSP, une chose est sûre : en procédant ainsi, le groupe s'est mis en marge de la loi. Il est vrai que la Suisse ne connaît toujours pas - et ce n'est pas glorieux - de protection contre le licenciement digne de ce nom pour les militant-e-s syndicaux. Mais en même temps, elle garantit le droit de grève à l'article 28 de sa Constitution.</p><h3>Décision scandaleuse</h3><p>Plus de sept ans se sont écoulés depuis cette grève. Entretemps, le cas est allé jusqu'au Tribunal fédéral (TF), qui a rendu cette année son arrêt, une décision scandaleuse aux yeux des syndicats : la défense des conditions de travail existantes, garanties par une CCT cantonale largement ancrée, était "disproportionnée", et la grève par conséquent illicite.</p><p>Jusqu'alors, la jurisprudence était claire. Une grève est licite lorsqu'elle remplit les conditions formelles suivantes : a) les revendications portent sur les relations de travail ; b) elle est soutenue par un syndicat ; c) une résolution du conflit a été tentée par voie de négociations et a échoué, d) elle ne met pas en danger l'existence même de l'entreprise. Dans son arrêt sur les grévistes de La Providence, le Tribunal fédéral s'écarte de cette ligne et va beaucoup plus loin : désormais, même des grèves purement défensives pourraient être déclarées illicites si les juges estiment qu'une dégradation des conditions de travail est tolérable. Ce qui, de facto, signerait l'arrêt de mort du droit de grève.</p><h3>Néfaste pour le système de santé</h3><p>Les syndicats ne peuvent et ne veulent pas accepter cela. C'est pourquoi le Syndicat des services publics (SSP) a décidé de faire recours contre ce jugement auprès de la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg. L'USS soutient cette démarche. "La concurrence déloyale sur le dos des salarié-e-s ruine le système de santé suisse", a martelé le président de l'USS Pierre-Yves Maillard lors de la conférence de presse du SSP sur ce sujet. Et l'ancien ministre vaudois de la santé d'ajouter : "Aucune lutte démocratique contre ce phénomène n'est 'disproportionnée'". La Suisse se doit de respecter, enfin, les droits fondamentaux du travail, tels qu'ils sont garantis par l'Organisation internationale du travail (OIT).</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/3/7/csm_European_Court_of_Human_Rights_cc-by-sa_Cherryx-Wikimediacommons_2a7997dd48.jpg" length="300451" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6213</guid><pubDate>Thu, 19 Sep 2019 17:26:00 +0200</pubDate><title>Pour une meilleure protection sociale des chômeurs et chômeuses plus âgés</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/pour-une-meilleure-protection-sociale-des-chomeurs-et-chomeuses-plus-ages</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Jamais il n'y a eu autant de personnes de 55 à 64 ans sur le marché du travail qu'aujourd'hui. Pourtant, les personnes de cette tranche d'âge au sein de la population active n'ont de loin pas toutes un emploi sûr, bien au contraire. Deux facteurs expliquent cette situation : d'une part, la pression toujours plus forte qui s'exerce depuis quelques années sur les travailleurs et travailleuses plus âgés a entraîné une hausse du nombre d'engagements précaires. D'autre part, le chômage des travailleurs et travailleuses plus âgés n'a cessé d'augmenter.</p><p>Sur le plan de la politique sociale, cela se manifeste tout d'abord par une durée de perception moyenne des indemnités journalières de chômage nettement plus longue chez les travailleurs et travailleuses plus âgés (chômage de longue durée). Cette durée a pris des proportions telles que cela fait belle lurette qu'elle n'est plus compensée par la durée maximale d'indemnisation prévue par la loi sur l'assurance-chômage (LACI), durée qui a été prolongée pour les assuré-e-s plus âgés ou de longue date ; raison pour laquelle, le risque de se trouver en fin de droit a nettement augmenté pour ces derniers.</p><p>La possibilité de réussir à retourner sur le marché du travail après s'être trouvé en fin de droit est donc malheureusement très faible passé un certain âge, ce qui représente pour toutes les personnes concernées une expérience douloureuse, tant au niveau psychique que financier. Financièrement, ce n'est pas seulement la couverture des années jusqu'à la retraite qui représente un problème, mais bien les options actuellement à disposition pour traverser ces années. Dans la plupart des cas, ces options auront pour conséquence, jusqu'à nouvel ordre, que les problèmes de revenus perdureront aussi après l'âge ordinaire de la retraite. En effet, un arrêt prématuré de la vie active entraîne inévitablement des pertes ultérieures en matière de rentes.</p><h3>Un pas dans la bonne direction, mais des améliorations s'imposent</h3><p>L'USS exige depuis longtemps un vaste train de mesures destinées à améliorer la situation des salarié-e-s plus âgés. Il faut d'une part des mesures préventives, comme une protection contre le licenciement pour les salarié-e-s plus âgés et de longue date, une protection concrète contre la discrimination liée à l'âge, des offres efficaces de formation continue en cours d'emploi ainsi qu'une orientation plus spécifique des services publics de placement sur les besoins des chômeurs et chômeuses plus âgés. Mais parallèlement, il est indispensable que les lacunes existant dans la sécurité sociale pour les années précédant la retraite soient enfin comblées. C'est pourquoi, l'USS salue vivement l'introduction, proposée par le Conseil fédéral, d'une prestation transitoire pour chômeurs et chômeuses plus âgés.</p><p>La prestation transitoire proposée résout un problème socio-politique aigu à l'échelle du pays pour la somme raisonnable de moins de 300 millions de francs (coûts bruts) par année. En plus, ces coûts bruts peuvent être relativisés par des économies importantes prévisibles dans les prestations complémentaires ordinaires (PC) ainsi que dans l'aide sociale. Mais ces coûts relativement bas s'expliquent aussi, et pour une bonne part, par la définition plutôt restrictive du cercle des ayants droit.</p><h3>Conditions trop restrictives</h3><p>L'USS est toutefois d'avis que les conditions d'octroi prévues pour la prestation transitoire sont nettement trop restrictives et qu'elles excluent trop de chômeurs et chômeuses plus âgés du droit à la prestation. En effet, cela fait un bon moment que tous les indicateurs montrent que les difficultés des salarié-e-s plus âgés augmentent nettement dès l'âge de 55 ans, et non à 60 ans. La prestation transitoire doit donc intervenir au plus tard pour ce premier groupe d'âge.</p><p>En revanche, l'affirmation répétée de la droite que ce nouveau filet social incitera les employeurs et employeuses à licencier davantage les employé-e-s plus âgés puisque ces derniers seront mieux protégés est une vue de l'esprit. Il suffit de jeter un coup d'œil vers le canton de Vaud qui connaît une rente-pont semblable depuis 2011 pour s'apercevoir que cet argument ne tient pas debout. L'expérience s'est avérée très positive et aucun effet "d'incitation négative" n'a été observé. Ce que confirment d'ailleurs les employeurs et employeuses de la place. Évidemment, car aucune entreprise n'a intérêt à se passer à la légère de l'expérience de ses employé-e-s de longue date.</p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/6/5/csm_Frau-ue55-nachdenklich-Fenster_photocase-gu.ju._471161b42a.jpg" length="74380" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6217</guid><pubDate>Thu, 19 Sep 2019 16:41:02 +0200</pubDate><title>Primes 2020 : juste une accalmie passagère</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/primes-2020-juste-une-accalmie-passagere</link><description>Malgré la hausse modérée des primes prévue pour 2020, le problème principal reste le même : un mode de financement extrêmement antisocial (primes par personne) et une participation aux coûts exorbitante pour les assuré-e-s. </description><content:encoded><![CDATA[<p>La semaine prochaine, jeudi plus précisément, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) annoncera les nouvelles primes d'assurance maladie pour l'année 2020, avec cette fois des augmentations assez modérées. Et on devrait assister à une vague d'autocongratulation : la Confédération se félicitera d'avoir pris des mesures efficaces pour maîtriser la hausse des coûts (en particulier l'intervention tarifaire Tarmed) ; les médecins souligneront leur sens des responsabilités (et écarteront du revers de la main la nécessité d'introduire le budget global) ; enfin, les caisses maladie se feront passer pour "prévenantes" puisqu'elles auront réussi à éviter aux assuré-e-s le choc d'une forte hausse des primes.</p><p>Personne n'ignore qu'il s'agira là, au mieux, d'une demi-vérité. Tout d'abord, la hausse (momentanément) modérée des coûts de la santé fait d'ores et déjà partie du passé : après une augmentation des coûts de 2,6 % en 2017 et de 2,8 % en 2018, le Centre de recherches conjoncturelles de l'EPFZ KOF prévoit des hausses de 3,7 % pour 2019 et de 3,6 % pour 2020. Et ces hausses se répercuteront inévitablement sur les primes, avec le décalage temporel habituel.</p><p>Mais avant d'en arriver là, les caisses doivent enfin faire le ménage dans leurs comptes. Aujourd'hui, elles nagent littéralement dans l'argent à force d'avoir fixé des primes trop élevées par le passé : fin 2018, les réserves accumulées correspondent pratiquement au double de ce qui est prescrit par la loi. Cet argent appartient aux assuré-e-s. Il doit leur être restitué sous forme de primes plus basses. Et les caisses pourront bien s'éviter de coûteuses campagnes de pseudo-autocongratulation.</p><h3>Alléger les primes : indispensable initiative</h3><p>Autre point qui n'incite pas à l'optimisme : malgré une année 2020 qui s'annonce pas trop terrible en termes de primes, le problème central et aigu de l'approvisionnement en soins de santé en Suisse demeure le même : un mode de financement extrêmement antisocial (primes par personne) et une participation aux coûts exorbitante pour les assuré-e-s. Et même si les prévisions du KOF ne se réalisent pas et que d'autres mesures de maîtrise des coûts devaient déployer leurs effets : la charge des primes est aujourd'hui déjà beaucoup trop élevée, notamment pour les familles (monoparentales) et les retraité-e-s.</p><p><a href="https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/sante/article/details/la-sante-doit-etre-abordable-pour-tout-le-monde-oui-a-linitiative-dallegement-des-primes-maladie/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">L'initiative d'allègement des primes du PS Suisse et de l'USS</a> est donc indispensable : elle vise l'introduction d'un plafonnement des primes à 10 % du revenu disponible. Dès que cette initiative aboutira, elle devra être traitée en priorité au Parlement. Un autre projet de réforme doit en revanche être enterré au plus vite : le <a href="https://www.uss.ch/actuel/page-daccueil/details/le-financement-uniforme-va-couter-cher-aux-payeurs-et-payeuses-de-primes/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">"financement uniforme"</a>. Cette révision de la LaMal veut une extension sans précédent du pouvoir des caisses sur le financement et la gouvernance du système de santé. Pas besoin de faire un dessin pour démontrer que les caisses maladie sont tout sauf recommandables pour remplir ce rôle : il suffit de voir leur politique d'affaires actuelle, notamment l'accumulation de réserves indécentes et les salaires faramineux des cadres supérieurs.</p>]]></content:encoded><category>Santé</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/9/d/csm_Krankenhaus-Operation_Santiago-Nunez_photocase_011c844ab8.jpg" length="186001" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6185</guid><pubDate>Tue, 17 Sep 2019 11:16:00 +0200</pubDate><title>Protection des données : un projet de loi déficient !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/protection-des-donnees-un-projet-de-loi-deficient</link><description>Le Conseil national doit de toute urgence revoir la copie</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La nouvelle loi sur la protection des données (LPD) a quatre gros défauts : elle n'est pas efficace, elle est contraire aux droits fondamentaux, elle empire la situation actuelle et elle est incompatible avec l'Union européenne (UE). Si le Conseil national ne l'améliore pas substantiellement, elle doit être rejetée.</p><p>Même la NZZ a rapporté cette mise en garde du préposé fédéral à la protection des données : le projet pour une nouvelle loi sur la protection des données est insuffisant. S'il n'est pas corrigé, l'Union européenne (UE) pourrait même lui refuser l'équivalence européenne.</p><p>Que s'est-il passé ? Le parlement était chargé de renforcer la protection des données et de l'adapter à la transformation numérique. Mais il a fait à peu près le contraire. On ne peut en aucun cas parler ici d'un renforcement, contrairement à ce qu'a fait l'UE avec sa nouvelle législation sur la protection des données.</p><h3>Violation du droit international</h3><p>Une des choses les plus choquantes pour des salarié-e-s, c'est que la majorité au Parlement n'a même pas prévu, dans l'article 4, de protéger le traitement de données ultrasensibles telles les affiliations syndicales. Cette lacune représente une violation ouverte du droit international pourtant ratifié par la Suisse, notamment de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH) ainsi que des conventions de l'OIT sur ce sujet.</p><p>L'UE est en train d'examiner le niveau de protection des données des pays tiers, dont celui de la Suisse. L'Office fédéral de la justice a dû répondre à des questions relatives à la situation légale actuelle, à l'état de la révision en cours de la loi ainsi qu'à la nature de la mission et des moyens concrets qui sont à la disposition du préposé fédéral à la protection des données.</p><p>Le résultat de cet examen devrait être disponible au printemps 2020. La Commission pourra ainsi prendre une décision au plus tard à la fin mai, comme le prescrit le règlement général de l'UE sur la protection des données. Si rien ne change dans le projet suisse de révision, Bruxelles devra vraisemblablement refuser l'équivalence à la Suisse.</p><h3>Faire ses devoirs</h3><p>Avec un projet de nouvelle loi sur la protection des données tel qu'il se présente actuellement, il n'y a qu'une chose à faire : le renvoyer à la commission avec le mandat d'élaborer un projet qui réponde au minimum aux exigences suivantes :</p><ul><li>être compatible avec la convention STE 108 (Conseil de l'Europe) ainsi qu'avec le droit de l'OIT;</li><li>garantir la reconnaissance de l'équivalence avec le règlement (UE) 2016/679</li><li>être compatible avec les accords de Schengen ;</li><li>avoir au moins le même degré de protection que ne le garantit la LPD actuellement en vigueur.</li></ul>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Droit du travail</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/recht/Datenschutz_Schloss-Tastatur_Jonathan_Schoeps_photocase.jpg" length="672064" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6179</guid><pubDate>Mon, 09 Sep 2019 10:20:00 +0200</pubDate><title>Améliorations en vue pour les parents et les proches d’adultes dépendants</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/ameliorations-en-vue-pour-les-parents-et-les-proches-d-adultes-dependants</link><description>Aide aux proches et congé paternité : deux sujets importants au Conseil national cet automne</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil national se penchera lors de sa session d'automne sur le congé de paternité ainsi que sur des aides aux personnes qui s'occupent de proches requérant des soins (" proches dépendants "). Les élu-e-s doivent saisir cette occasion d'apporter enfin des améliorations sensibles pour les personnes qui s'occupent des autres en plus de leur activité professionnelle.</p><p>Lorsqu'on s'occupe de proches ou d'enfants, on n'a qu'à se débrouiller soi-même : voici à peu près la devise des chantres du libéralisme économique en Suisse. Toujours selon les mêmes préceptes, ce type de travail est non rémunéré et pris sur les temps libres, souvent au détriment du revenu d'activité et de la prévoyance vieillesse. Plus de quelques jours de congé pour les nouveaux papas ? Un congé parental pour permettre aux familles de s'organiser ? Des périodes de congé pour s'occuper d'un proche malade ? Une sécurité financière pour les personnes qui s'occupent de leurs proches malades et qui déchargent ainsi le système de santé ? Rien de tout cela ! La Suisse est un pays en voie de développement en ce qui concerne les allègements et les aides pour les personnes qui assument des responsabilités pour leurs proches. Cette fois, le Conseil national a la possibilité d'atténuer quelque peu ces carences par le biais de plusieurs propositions.</p><p>Le 11 septembre, il débattra de l'initiative pour un congé paternité de quatre semaines et du contre-projet indirect du Conseil des États, qui propose deux semaines. Ce n'est pas beaucoup, mais tout de même... Une recommandation du National en faveur de l'initiative représenterait un signe important que l'on va vers une politique familiale progressiste.</p><p>Le 23 septembre, ce sont les aides aux personnes s'occupant de proches dépendants qui seront à l'ordre du jour. Selon le Conseil fédéral, les salarié-e-s auraient le droit de prendre jusqu'à trois jours de congé payés pour s'occuper de proches malades, comme c'est déjà le cas pour les parents d'enfants malades. Par ailleurs, le projet prévoit l'extension des bonifications pour tâches d'assistance dans l'AVS aux proches de personnes ayant seulement une légère impotence.</p><h3>Congés d'assistance de longue durée</h3><p>Mais le Conseil fédéral a raté l'occasion de présenter au Parlement l'option d'accorder des congés de plus longue durée pour des proches d'adultes malades ou accidentés. Le monde politique devra trouver des solutions pour ces personnes, car ce genre de responsabilités les obligent souvent - et majoritairement des femmes - à réduire leur taux d'activité rémunérée ou à l'abandonner complètement, avec les conséquences dramatiques pour leur sécurité financière, particulièrement à la retraite. Il faudrait donc introduire des congés d'assistance de longue durée, mais aussi la possibilité de réduire temporairement le taux d'activité rémunérée tout en gardant le droit de l'augmenter à nouveau par la suite.</p><p>Des améliorations tangibles seront apportées pour les parents qui ont des enfants gravement malades ou blessés : ils pourront prendre jusqu'à 14 semaines de congé réparties sur une période de 18 mois, pour avoir le temps pour les soins et l'assistance. Ces congés pourront être pris en journées ou en semaines. Cette avancée est à saluer, mais dans certains cas, il faudrait des congés nettement plus longs. Lorsqu'un enfant a un cancer par exemple, il a besoin de soins et d'assistance pendant 64 semaines en moyenne, selon le rapport du Conseil fédéral. Il revient donc aux politiques de combler la lacune de 50 semaines qui demeure avec la réglementation proposée.</p><p>Cet automne, le Conseil national a les cartes en mains pour améliorer la situation de personnes qui portent la responsabilité d'enfants ou d'adultes proches. Les propositions sont sur la table. Le Conseil national doit maintenant les adopter et les améliorer. Après la Grève des femmes* du 14 juin, c'est le moins qu'il puisse faire.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Politique sociale</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/gleichstellung/Vater-mit-kleinem-Kind_Eva_Blanco_Fotografia_photocase.jpg" length="849742" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6180</guid><pubDate>Mon, 09 Sep 2019 10:20:00 +0200</pubDate><title>Soutien au climat et à la jeunesse pour le climat</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/soutien-au-climat-et-a-la-jeunesse-pour-le-climat</link><description>Climat : les syndicats seront de la partie le 28 septembre !</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le changement climatique connaît une accélération fulgurante. Pour les syndicats du monde entier, la question d'un engagement pour des mesures efficaces est cruciale. En tant que pays enclavé, la Suisse est fortement touchée par le réchauffement climatique : l'énergie hydraulique, pilier de notre approvisionnement en électricité, est menacée, des villages entiers sont emportés par des glissements de terrain, des routes et des voies ferrées sont ensevelies. Les coûts sociaux et économiques s'annoncent exorbitants si le monde politique n'agit pas rapidement.</p><p>Ce sont les plus faibles qui seront les plus frappés par les conséquences négatives du réchauffement climatique, c'est-à-dire les personnes avec des faibles revenus, que ce soit chez nous ou au niveau mondial. C'est pourquoi nous, syndicalistes, nous engageons pour que le changement climatique puisse être freiné, mais aussi pour que les mesures contre le changement climatique soient socialement acceptables. Le mouvement syndical se trouve dans une position-clé en termes de lutte pour la protection climatique : nous nous engageons pour une politique durable au-delà des intérêts partisans. L'économie et le marché du travail suisses ne peuvent être assurés qu'avec de bonnes conditions de travail et une transition énergétique financée de manière solidaire !</p><p>La jeunesse pour le climat demande un soutien visible. Et elle en a besoin afin que le monde politique bouge enfin ! C'est pourquoi la <a href="https://www.klimademo.ch/?lang=fr" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">mobilisation pour le climat le 28 septembre</a> doit être vraiment très importante. Rendez-vous à 13h30 à la Schützenmatte à Berne, ou à 14h00 sur la Place fédérale.</p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/1/8/csm_Climatestrike_manuellopez-wikimedia_cc-by-sa_4b58a47c5a.jpg" length="645916" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6178</guid><pubDate>Mon, 09 Sep 2019 10:10:00 +0200</pubDate><title>Loi sur la poste : les cantons se montrent étonnamment tenaces</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/loi-sur-la-poste-les-cantons-se-montrent-etonnamment-tenaces</link><description>La résistance ne faiblit pas contre les fermetures d&#039;offices de poste.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Peut-être bien que la Poste et le Conseil fédéral ont sous-estimé la situation et ne s'attendaient pas à une telle ténacité de la part des cantons et des communes dans leur mobilisation contre le démantèlement du réseau des offices de poste. Le 16 septembre, ce sera au tour des initiatives parlementaires des cantons de Genève, Bâle-Ville et Soleure d'être traitées au Conseil des États.</p><p>La commission compétente CTT-E propose le rejet de ces initiatives, mais uniquement parce qu'elle veut d'ores et déjà élaborer un projet de loi sur la base d'une initiative parlementaire identique déposée par le canton du Jura. Le projet de loi devrait être prêt dans un an.</p><p>Mais d'ici-là, si on n'arrive pas à freiner la Poste, il n'y aura plus que 750 offices de poste sur les 1000 qui restent encore à l'heure actuelle. Il y a bien le postulat de la CTT-N (19.3532) qui appelle le Conseil fédéral à exiger de la Poste une planification à plus long terme de l'approvisionnement postal de base. Ce postulat sera traité au Conseil national le 12 septembre, mais il ne parviendra pas à empêcher la poursuite du démantèlement. Le Conseil fédéral, lui, n'a pas de problème accepter le postulat.</p><p>En revanche, la motion Berberat (19.3749) pourrait bien représenter le " frein à main " nécessaire. Elle passera déjà le 10 septembre au Conseil des États et demande tout simplement un moratoire sur les nouvelles fermetures d'offices de poste jusqu'à ce que le projet de loi de la CTT-E soit prêt. Bien sûr, le Conseil fédéral rejette l'idée et renvoie à l'ordonnance révisée sur la poste, en vigueur depuis janvier 2019. Dans cette ordonnance, les critères d'accessibilité ont été adaptés et s'appliquent désormais au niveau des cantons et des agglomérations.</p><p>Mais, et c'est le hic, ces critères concernent aussi les agences postales. Ce qui fait qu'ils ne peuvent pas empêcher ne serait-ce qu'une seule nouvelle fermeture d'office de poste ! Impossible en tout cas de reconstruire ainsi un approvisionnement de base complètement lézardé. Les agences postales, c'est bien connu, ne sont pas en mesure d'offrir un service complet. C'est particulièrement vrai pour le trafic des paiements, puisqu'elles ne pourront jamais répondre aux normes de sécurité. Il faut donc absolument que la motion Berberat soit adoptée le 10 septembre !</p>]]></content:encoded><category>Poste</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/3/9/csm_Mike_Knell-Flickr_CC_BY-SA_2.0_post_postauto_poststelle_appenzell_teufen_postfinance_1564a12e64.jpg" length="196026" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6177</guid><pubDate>Mon, 09 Sep 2019 09:35:00 +0200</pubDate><title>Le « financement uniforme » va coûter cher aux payeurs et payeuses de primes !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/le-financement-uniforme-va-couter-cher-aux-payeurs-et-payeuses-de-primes</link><description>À la session d&#039;automne, le Conseil national peut mettre le holà au lobby des caisses-maladie.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Après la récente prise de position du Conseil fédéral sur le projet de réforme du lobby des assurances, le Parlement va maintenant aborder ce " financement uniforme ". En cas d'acceptation du projet, de nouvelles sources de bénéfices s'ouvriront aux caisses-maladie et aux hôpitaux privés. Aux dépens des payeurs et payeuses de primes, bien sûr !</p><p>Cela fait des années que les faîtières des caisses-maladie se plaignent de fausses incitations onéreuses qu'il s'agirait d'enfin éliminer. Elles se gardent bien de dire qu'elles font elles-mêmes partie des principaux acteurs à en tirer parti. Par exemple, elles font en sorte, lors des négociations sur les tarifs stationnaires, que leurs assurances complémentaires lucratives soient favorisées partout où cela est possible, ce qui occasionne souvent des coûts supplémentaires pour les cantons. Toutefois, le modèle commercial des caisses-maladie et des hôpitaux privés est depuis longtemps sous pression. En effet, le Conseil fédéral et les cantons misent à juste titre sur davantage d'interventions peu compliquées en ambulatoire (c.-à-d. sans nuit à l'hôpital). Cela ne plaît absolument pas aux hôpitaux privés qui se sont largement dotés en appareils, installations et pavillons coûteux (voir <a href="https://www.medinside.ch/de/post/hirslanden-so-schnell-verpuffen-800-millionen-franken" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">"Hirslanden: So schnell verpuffen 800 Millionen Franken"</a>, en allemand). Et les caisses-maladie ne sont pas non plus contentes de cela, car elles gagnent aujourd'hui de l'argent surtout avec les assurances complémentaires dans le domaine stationnaire, désormais en recul.</p><p>Face à cette évolution, elles ne sont bien sûr pas restées sans rien faire. D'un côté elles remanient depuis des années leur modèle d'affaires et deviennent petit à petit non seulement des assureurs, mais également des fournisseurs de prestations. Ainsi l'assurance maladie Swica par exemple, avec sa chaîne de cabinets de groupe Medgate (en collaboration avec... la Migros !). D'un autre côté, elles se montrent de plus en plus agressives dans leur prise d'influence, au plan politique, sur la régulation de l'assurance de base. Elles sont en première ligne avec les membres rémunérés de leurs conseils d'administration et de divers autres organes qui siègent aussi à la commission de la politique de santé publique du Conseil national : Raymond Clottu (UDC/Groupe Mutuel), Ulrich Giezendanner (UDC/KPT), Sebastian Frehner (UDC/Groupe Mutuel), Heinz Brand (UDC/Santésuisse), Lorenz Hess (PBD/Visana), Ruth Humbel (PDC/Concordia) und Bruno Pezzatti (PLR/Groupe Mutuel).</p><h3>Préserver l'accès non discriminatoire</h3><p>Le " financement uniforme " est le projet phare du lobby des caisses-maladie. Selon ce modèle, les cantons devraient participer à parts égales et sans surcoût au financement des soins ambulatoires et stationnaires (actuellement, les cantons ne financent que les traitements stationnaires, à hauteur de 55 %). L'idée est bonne, en principe. Mais elle devient problématique dans la mesure où elle prévoit de prendre la somme aujourd'hui fournie par les cantons (soit environ huit milliards de francs) pour la refiler littéralement aux caisses-maladie. Celles-ci pourraient alors distribuer ces fonds selon leur bon vouloir aux prestataires de soins. Et qui en profiteraient le plus ? Les cliniques privées notamment (même celles qui ne figurent pas sur les listes des cantons !) et par conséquent, les modèles d'assurances complémentaires des caisses-maladie.</p><p>Le système de santé est un élément du service public : il fait partie de l'approvisionnement public de base. Personne ne choisit s'il ou elle tombe malade ni quelles " prestations " il ou elle aimerait avoir. La santé, ce n'est pas du Coca Cola. Il est donc impératif de mettre le holà à la mainmise éhontée des protagonistes privés sur la gouvernance dans le système de santé. Le mieux, ce serait que le Conseil national le fasse déjà lors de la session d'automne qui commence sous peu. La régulation et la planification de l'approvisionnement en santé publique doit rester intégralement la mission des pouvoirs publics. Ce n'est qu'ainsi qu'un accès non discriminatoire aux prestations peut être garanti pour toutes les couches de la population.</p><p>Cet accès est d'ailleurs sous pression depuis longtemps, en raison d'un mode de financement antisocial. Mais même avec le " financement uniforme ", les payeurs et payeuses de primes ne gagneraient rien du tout, au contraire : le mécanisme de financement proposé conduirait même à ce que la participation aux coûts pour les assuré-e-s, déjà exorbitante à l'heure actuelle, augmente encore davantage. Et si la revendication alternative des cantons devait être entendue, à savoir que les soins de longue durée soient intégrés au " financement uniforme ", elle résulterait inévitablement en une poussée supplémentaire et prolongée des primes. Car avec l'évolution démographique, il n'y a aujourd'hui pratiquement pas un poste de dépense qui augmente plus rapidement que les soins de longue durée. Ceux-ci font tout autant partie de l'approvisionnement public de base que les soins médicaux et doivent dès lors aussi être financés principalement par des fonds publics, c'est-à-dire par des recettes fiscales prélevées en fonction du revenu. Un nouveau transfert sur les primes par personne serait absolument intolérable pour une bonne partie de la population.</p>]]></content:encoded><category>Santé</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/steuern-zahlen/pleite_kein_geld_leere_hosentaschen.jpg" length="318354" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6156</guid><pubDate>Thu, 22 Aug 2019 16:02:35 +0200</pubDate><title>Développement continu de l’AI : premières rectifications par la commission du Conseil des États</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/developpement-continu-de-l-ai-premieres-rectifications-par-la-commission-du-conseil-des-etats</link><description>Plusieurs décisions défavorables aux bénéficiares AI ont été corrigées. Mais d&#039;autres améliorations sont indispensables.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Dès la rentrée après la pause estivale, la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil des États (CSSS-E) s'est penchée sur l'assurance-invalidité (AI). Après plusieurs coupes sur le dos des bénéficiaires de rentes AI, la révision actuelle du Conseil fédéral (" Développement continu de l'AI ") vise un soutien accru à l'intégration professionnelle, au conseil et au suivi, ainsi qu'à une meilleure coordination au sein même de l'AI.</p><p>Le besoin de poursuivre de toute urgence ces objectifs est évident. L'USS s'est engagée en faveur de la révision - qui porte bien son titre - lors de la consultation et au cours des débats ce printemps au Conseil national. Mais le Conseil national a saisi l'occasion pour procéder à de nouvelles coupes budgétaires : il a ainsi décidé de réduire les rentes pour enfants et d'introduire un système linéaire de rentes qui entraînerait des baisses de prestations conséquentes, particulièrement pour les personnes avec un taux d'invalidité élevé (entre 60 % et 69 %). Actuellement, ces personnes touchent une rente de trois-quarts (75 %). Avec les rentes linéaires, elles ne recevraient qu'une rente correspondant à leur taux d'invalidité. Et ce, bien que ces mêmes personnes n'ont pratiquement aucune chance de trouver un emploi à temps partiel complémentaire. Ce changement de système est inacceptable pour les personnes concernées, il est complexe et coûteux.</p><p>Autre point qui ne convainc pas dans cette décision : concrètement, les diminutions de rentes ainsi induites vont probablement déplacer les coûts vers les prestations complémentaires. Ainsi, l'AI parviendra de moins en moins à remplir sa mission d'assurer le minimum vital même pour les taux d'invalidité élevés. Or, près de la moitié des bénéficiaires de l'AI ont déjà besoin des prestations complémentaires pour assurer leur existence.</p><h3>Renforcer l'intégration professionnelle</h3><p>La commission d'examen du Conseil des États a corrigé une partie de ces décisions, ce qui est à saluer. Elle a surtout rejeté unanimement la diminution des rentes pour enfants. Mais elle a approuvé le nouveau système de rentes, avec les effets négatifs que nous avons décrits pour les bénéficiaires de l'AI. Au moins, les personnes de 55 ans ou plus ne seront pas soumises aux réductions de rentes entraînées par ce nouveau système. Nous saluons aussi le fait que, comme aujourd'hui, il ne faudra pas un taux d'invalidité de 80 % pour avoir droit à une rente complète. La commission a suivi dans ce cas le Conseil national, contre l'avis de l'Union patronale.</p><p>Au cours des prochains débats parlementaires, l'USS s'engagera tout spécialement pour que les mesures d'intégration professionnelle soient renforcées. Car, malgré des objectifs en ce sens lors des dernières révisions, la participation au marché du travail des personnes en situation de handicap continue de stagner. Il serait donc grand temps pour des mesures plus contraignantes. La dernière décision du Conseil national en la matière représente la limite inférieure.</p>]]></content:encoded><category>Assurance-invalidité</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/1/4/csm_Staenderat_Schweiz_WikimediaCommons-Superikonoskop-ccbysa_920e7f8cea.jpg" length="349062" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6155</guid><pubDate>Thu, 22 Aug 2019 15:33:15 +0200</pubDate><title>La Poste doit absolument maintenir un service public</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/la-poste-doit-absolument-maintenir-un-service-public</link><description>Fermeture des offices postaux : ça suffit ! Signez la pétition !</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le syndicat syndicom en a marre et il a raison : avec le Comité de Muotathal, il a lancé une pétition pour le sauvetage des offices postaux. Ce comité avait en effet lutté contre la fermeture du dernier office postal dans ce village schwytzois, en vain. L'Union syndicale suisse partage ce combat : le démantèlement des offices postaux doit cesser maintenant, sinon toutes les dispositions légales pour sauvegarder le réseau postal arriveront trop tard ! Signez la pétition sur <a href="http://www.monofficepostal.ch" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">www.monofficepostal.ch.</a></p><p>Personne ne conteste le fait que La Poste opère dans un contexte difficile. Le volume du courrier diminue et La Poste a la mission pernicieuse de devoir atteindre pour Postmail une croissance rentable et un rendement comparable à celui de la branche, comme le lui dicte le Conseil fédéral dans les objectifs stratégiques. Ce qu'elle a d'ailleurs à nouveau réussi en 2018, avec un résultat d'exploitation de 338 millions de francs. Pour les syndicats, la population et les arts et métiers, cela constitue un bas de laine suffisant pour investir dans le service public.</p><p>Mais la direction de La Poste ne le voit pas du tout de cet œil. Elle poursuit son chemin du démantèlement et fait tout ce qu'elle peut pour externaliser le mandat de service public à d'autres organismes, qui peuvent le remplir pour moins cher, mais pas mieux. Comment un gérant de kiosque peut-il s'occuper d'un envoi en nombre s'il n'arrive pratiquement plus à se déplacer au milieu de tous ses articles ? Comment faire s'il n'y a pas de place de parc devant le magasin ou la pharmacie ? Comment aider les clients si les agences ne peuvent accepter des versements en liquide et ne peuvent verser des montants dépassant 500 francs ?</p><h3>Les cantons bougent</h3><p>Au vu du fort mécontentement exprimé envers La Poste, le Conseil fédéral a procédé l'année passée à quelques modifications dans l'ordonnance sur la poste. Mais le renforcement des critères d'accessibilité ne parvient pas à freiner le démantèlement des offices postaux, puisqu'une agence y est considérée comme équivalente à un office. En d'autres mots, c'est : retour à la case départ.</p><p>Mais depuis deux ans, plusieurs cantons (Jura, Tessin, Valais et Genève) ont déposé des initiatives parlementaires pour la sauvegarde de la desserte postale de base. Et actuellement, la Commission des transports et des télécommunications du Conseil des États (CTT-E) planche sur un projet de loi basé sur l'initiative jurassienne (17.314).</p><p>Jusqu'à présent, le Conseil fédéral n'a pas bougé d'un iota sur les objectifs de rentabilité pour La Poste. Les dividendes semblent plus importants que le service à la population. Mais cela pourrait changer complètement : d'une part, le DETEC a une nouvelle patronne, donc l'objectif déclaré est d'avoir un service public de qualité. D'autre part, la présidence de PostCom, l'autorité de régulation postale, va changer elle aussi. PostCom ne s'était jusque-là pas vraiment distinguée par sa mission de surveillance, bien au contraire. Alors qu'elle devait veiller à ce que le niveau des conditions de travail reste comparable chez les différents prestataires du marché postal, c'est elle qui a fixé l'an dernier un salaire horaire minimum de 18,27 francs et la semaine de travail usuelle pour la branche à 44 heures ! Deux décisions que ne font qu'encourager les conditions de travail précaires dans de nombreuses entreprises de logistique au lieu d'améliorer les conditions générales.</p><p>Avec le soutien de l'USS, syndicom veut maintenant faire pression, par le biais d'une pétition, pour que la loi sur la poste soit modifiée en faveur d'un meilleur service public. Le temps presse si nous voulons maintenir le réseau encore existant d'offices postaux. www.monofficepostal.ch</p>]]></content:encoded><category>Poste</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/servicepublic/meinepoststelle.jpg" length="92683" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6154</guid><pubDate>Thu, 22 Aug 2019 14:31:21 +0200</pubDate><title>Responsabilité des entreprises : maintenant plus que jamais !</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/responsabilite-des-entreprises-maintenant-plus-que-jamais</link><description>Le Conseil fédéral se prend pour l’organe de lobbying des multinationales</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le bras de fer autour de l'initiative pour des multinationales responsables connaît un nouveau chapitre pas très glorieux. La tactique dilatoire ne peut plus continuer : il faut adopter des règles efficaces afin d'assurer un comportement responsable des multinationales suisses à l'étranger.
</p><p>En septembre 2017 déjà, le Conseil fédéral avait recommandé le rejet de l'initiative pour des multinationales responsables. Pourtant, il reconnaissait " les buts de l'initiative sur le fond " et estimait " qu'il est nécessaire d'agir en faveur des droits humains et de la protection de l'environnement dans le domaine de l'économie ". Comme trop souvent cependant, ces objectifs doivent être atteints uniquement par le biais de " l'engagement volontaire de l'économie ", un engagement que le Conseil fédéral juge déjà existant. Cette vision du gouvernement suisse est assez illusoire, comme le prouvent, malheureusement, les trop nombreuses nouvelles sur des sociétés suisses à l'étranger qui ne se comportent justement pas volontairement de manière très louable : au Pérou, des agriculteurs et agricultrices indigènes sont chassés de leurs terres, en Colombie, l'eau potable est polluée et en République démocratique du Congo, les employé-e-s dans les mines travaillent dans des conditions intolérables.
</p><p>Le postulat de l'initiative pour des multinationales responsables est aussi limpide que logique : les entreprises ayant un siège en Suisse doivent veiller à ce que leurs activités commerciales respectent les droits humains et syndicaux ainsi que les normes environnementales reconnues au plan international. Elles doivent rendre des comptes sur ce sujet. Des violations de ces devoirs devraient avoir des conséquences et les entreprises devraient être tenues responsables si l'on veut que le respect de ces droits s'impose dans toutes les branches.
</p><h3>Des règles claires</h3><p>L'initiative a du succès et atteint dans des sondages plus de 70 % d'avis favorables, un courant de sympathie qui fait trembler de nombreuses personnalités politiques de droite. C'est pourquoi l'éventualité d'assister à l'adoption d'un contre-projet fort n'est toujours pas exclue, même après les débats parlementaires interminables qui ont déjà eu lieu. C'est précisément ce que le Conseil fédéral veut éviter à tout prix. Dans une démarche tout à fait habituelle, il a donc statué à nouveau sur l'initiative : il a tout simplement repris son apologie de l'engagement volontaire des entreprises pour la transformer en contre-projet indirect. Les raisons de ce geste sont évidentes et maladroites en même temps : faire miroiter une volonté d'agir, mais surtout faire en sorte que tout reste comme avant.
</p><p>Au lieu de se prendre pour le groupe de lobbying des multinationales, le Conseil fédéral serait bien avisé d'admettre enfin qu'il faut des règles claires pour mettre fin à des agissements irresponsables avérés à l'étranger. C'est du moins aussi ce que semble penser la Commission compétente du Conseil des États, qui a décidé récemment de poursuivre les délibérations sur un contre-projet. </p>]]></content:encoded><category>Économie extérieure</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-6115</guid><pubDate>Thu, 11 Jul 2019 18:03:58 +0200</pubDate><title>Le Parlement a pris ses responsabilités, au tour des cantons de le faire !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-parlement-a-pris-ses-responsabilites-au-tour-des-cantons-de-le-faire</link><description>Révision de la loi sur les marchés publics (LMP)</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors de la révision totale de la loi sur les marchés publics, les syndicats sont parvenus à empêcher un certain nombre de détériorations. C'est au tour des cantons désormais de prendre leurs responsabilités.</p><p>La loi fédérale sur les marchés publics (LMP) est un objet crucial pour les salarié-e-s en Suisse. Si la révision avait mal tourné, elle aurait ouvert grand la porte à la sous-enchère salariale et sociale. Il est d'autant plus réjouissant que les syndicats aient réussi à empêcher des détériorations lors de cette révision de la loi sur les marchés publics. La proposition d'abandonner le principe du lieu d'exécution était particulièrement préoccupante : elle aurait entraîné une forte augmentation de la sous-enchère. Avec la nouvelle LMP, les Chambres fédérales se sont éloignées de la spirale infernale et ruineuse des prix pour aller vers davantage de de qualité sociale et durable : une belle victoire pour les syndicats ! L'USS se réjouit aussi du fait que la caisse de pension publique Publica ne sera pas soumise à la LMP.
</p><p>Il reste toutefois encore beaucoup à faire, et c'est maintenant aux cantons d'agir : ils doivent introduire de nouvelles mesures permettant de mieux lutter contre les abus et la précarisation, comme les chaînes de sous-traitants interminables, les faillites abusives et le travail temporaire.
</p><h3>Le principe du lieu d'exécution protège les salarié-e-s suisses de la sous-enchère</h3><p>Le Parlement a décidé de maintenir le principe du lieu d'exécution, qui a fait ses preuves. Ce qui veut dire qu'une entreprise qui brigue l'obtention d'un mandat public doit respecter les salaires et les conditions de travail du lieu où la prestation sera fournie. Exemple : une entreprise tessinoise qui soumet une offre pour la construction d'une grande halle à Zurich devra verser des salaires zurichois à ses employés. Si, comme cela se dessinait au début des débats, le Parlement avait adopté le principe du lieu de provenance, les conditions à appliquer seraient celles du lieu où l'entreprise a son siège ou est établie. L'entreprise tessinoise pourrait donc soumettre son offre avec des salaires tessinois. Mais avec un tel changement de paradigme, les soumissionnaires issus de cantons connaissant de bonnes conditions de travail seraient désavantagés par rapport à ceux de cantons " à bas salaires ". Pour rester concurrentiels, ils devraient procéder à une détérioration des conditions de travail dans leur propre entreprise. Conclusion : le principe du lieu de provenance de l'entreprise enclencherait une spirale vers le bas.
</p><p>Le principe du lieu d'exécution est donc crucial pour qui tient à protéger les salaires et les conditions de travail usuels dans la localité et la branche. Le Parlement a décidé de privilégier le principe du lieu d'exécution. Les cantons doivent maintenant adapter leur concordat intercantonal sur les marchés publics afin d'y réintroduire le principe du lieu d'exécution.
</p><h3>Limiter les chaînes de sous-traitants</h3><p>Plusieurs autres volets de la protection des salarié-e-s dans les marchés publics sont de la compétence cantonale. Les gouvernements et parlements cantonaux doivent maintenant prendre l'initiative et adapter les lois cantonales en conséquence.Ainsi, la chaîne de sous-traitants doit être limitée à un seul niveau. Aujourd'hui, dans la construction surtout, il n'est pas rare que les maîtres d'ouvrage ne savent même plus qui fait quel travail sur quel chantier et à quelles conditions, tellement ils ont de sous-traitants. Souvent, la Confédération, les cantons et les communes ne savent pas non plus qui, au final, fait quel travail. Cela crée un terrain extrêmement propice aux scandales puisque la probabilité de sous-enchères salariale et sociale, respectivement de travail au noir, augmente de façon exponentielle à chaque niveau supplémentaire de sous-traitance. Raison de plus pour mettre le holà à cette pratique néfaste, à tout le moins dans le domaine des marchés publics.
</p><h3>Attester de la conformité à la CCT, limiter le travail temporaire</h3><p>Dans les cantons, la loi doit aussi prévoir que des documents réellement fiables soient fournis pour attester de la conformité à la convention collective de travail (CCT) avant qu'un mandat ne soit octroyé à une entreprise d'une branche soumise à une CCT.
</p><p>Il est important aussi que les cantons limitent le recours au travail temporaire dans les marchés publics. Genève montre l'exemple en la matière : des discussions sont actuellement en cours pour inscrire dans la loi l'ancien règlement cantonal qui prévoyait de limiter à 20 % le taux d'employé-e-s temporaires sur les marchés publics.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-6113</guid><pubDate>Thu, 11 Jul 2019 16:43:11 +0200</pubDate><title>Maintien du niveau des rentes et supplément de rente financé solidairement</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/maintien-du-niveau-des-rentes-et-supplement-de-rente-finance-solidairement</link><description>Compromis des partenaires sociaux pour la réforme de la LPP</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Même si la Suisse est toujours plus prospère, les rentes du 2e pilier ne cessent de baisser depuis dix ans. Nombreuses sont les personnes qui constatent, révoltées, que les rentes promises autrefois ne correspondent plus du tout à la réalité. Et tout cela, parce que la crise financière a fait chuter les taux d'intérêt et que les banques et compagnies d'assurances font de gros bénéfices sur le dos des assuré-e-s.</p><p>C'est dans ce contexte que l'USS a négocié les bases d'une réforme du 2e pilier avec les partenaires sociaux. La semaine passée, la proposition des partenaires sociaux a pu être transmise au conseiller fédéral Alain Berset, puis rendue publique. Et cette semaine, le Comité de l'USS a reconnu que cette proposition représente un résultat acceptable, avec des concessions de la part de tous les partenaires sociaux. Il a dès lors approuvé à son tour ce modèle de réforme.</p><p>Au cœur du compromis : l'introduction dans la LPP d'un supplément de rente durable et solidaire, qui permettra de maintenir le niveau actuel des prestations malgré une baisse directe du taux de conversion minimal de 6,8 % à 6 %. Ce supplément rente sera financé par le biais d'une cotisation de 0,5 % sur tous les salaires jusqu'à concurrence d'environ 850 000 francs par année. Il sera versé individuellement à toutes les personnes touchant à l'avenir une rente du 2e pilier. Première conséquence de ce modèle : les personnes à faible revenu ou travaillant à temps partiel, qui sont aujourd'hui cruellement désavantagées dans le 2e pilier, toucheront immédiatement une rente LPP plus élevée. Les personnes à revenu plus élevé contribuent pour environ un tiers à cette hausse des rentes. Ainsi, avec un salaire annuel de 50 000 francs, l'assuré-e versera environ 250 francs de plus de cotisation par année pour toucher après la retraite quelque 1200 à 1500 francs de plus par année en rente LPP, indépendamment du capital vieillesse accumulé. Cette formule renforce la solidarité dans le 2e pilier et améliore par ailleurs le rapport coût-prestation de la LPP, un aspect particulièrement important dans le contexte actuel de taux d'intérêts très bas.</p><p>La proposition prévoit en outre des changements du côté des cotisations des salarié-e-s au 2e pilier : d'une part, la déduction de coordination est divisée par deux, ce qui, à long terme, entraîne une amélioration des rentes pour les temps partiels. Ce point revêt une importance primordiale pour les femmes. Il est toutefois lié à une augmentation des prélèvements salariaux. D'autre part, le modèle introduit un lissage des taux de cotisation salariale entre les jeunes et les moins jeunes salarié-e-s : à partir de 45 ans, les cotisations n'augmenteront plus. Cette approche prend en compte les inquiétudes liées au fait que les cotisations plus élevées réduisent les perspectives professionnelles des salarié-e-s plus âgés.</p><h3>Aperçu du résultat des négociations</h3><p>&nbsp;</p><table border="1" cellpadding="0" cellspacing="0" style="width:361.25pt" class="contenttable"><tbody><tr><td style="border-color:windowtext; border-image:initial; border-left-style:solid; border-right-style:solid; border-top-style:solid; border-width:1pt; vertical-align:top; width:134.45pt"><p><i>&nbsp;</i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-image:initial; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:1pt solid windowtext; vertical-align:top; width:63.75pt"><p><strong><i>Régime en vigueur</i></strong></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-image:initial; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:1pt solid windowtext; vertical-align:top; width:163.05pt"><p><strong><i>Compromis des partenaires sociaux</i></strong></p></td></tr><tr><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-image:initial; border-left:1pt solid windowtext; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:134.45pt"><p><strong><i>Seuil d’entrée</i></strong></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:63.75pt"><p><i>21&nbsp;330</i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:163.05pt"><p><i>21&nbsp;330</i></p></td></tr><tr><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-image:initial; border-left:1pt solid windowtext; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:134.45pt"><p><strong><i>Déduction de coordination</i></strong></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:63.75pt"><p><i>24&nbsp;885</i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:163.05pt"><p><i>12&nbsp;443</i></p></td></tr><tr><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-image:initial; border-left:1pt solid windowtext; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:134.45pt"><p><strong><i>Taux de conversion minimal</i></strong></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:63.75pt"><p><i>6,8&nbsp;%</i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:163.05pt"><p><i>6,0&nbsp;%</i></p></td></tr><tr><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-image:initial; border-left:1pt solid windowtext; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:134.45pt"><p><strong><i>Bonifications de vieillesse</i></strong></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:63.75pt"><p><i>&nbsp;</i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:163.05pt"><p><i>&nbsp;</i></p></td></tr><tr><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-image:initial; border-left:1pt solid windowtext; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:134.45pt"><p><i>&nbsp; 21-24</i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:63.75pt"><p><i>-</i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:163.05pt"><p><i>-</i></p></td></tr><tr><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-image:initial; border-left:1pt solid windowtext; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:134.45pt"><p><i>&nbsp; 25-34</i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:63.75pt"><p><i>7&nbsp;%</i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:163.05pt"><p><i>9&nbsp;%</i></p></td></tr><tr><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-image:initial; border-left:1pt solid windowtext; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:134.45pt"><p><i>&nbsp; 35-44</i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:63.75pt"><p><i>10&nbsp;%</i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:163.05pt"><p><i>9&nbsp;%</i></p></td></tr><tr><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-image:initial; border-left:1pt solid windowtext; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:134.45pt"><p><i>&nbsp; 45-54</i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:63.75pt"><p><i>15&nbsp;%</i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:163.05pt"><p><i>14&nbsp;%</i></p></td></tr><tr><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-image:initial; border-left:1pt solid windowtext; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:134.45pt"><p><i>&nbsp; 55-âge de </i><i>référence</i><i></i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:63.75pt"><p><i>18&nbsp;%</i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:163.05pt"><p><i>14&nbsp;%</i></p></td></tr><tr><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-image:initial; border-left:1pt solid windowtext; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:134.45pt"><p><i>&nbsp;</i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:63.75pt"><p><i>&nbsp;</i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:163.05pt"><p><i>&nbsp;</i></p></td></tr><tr><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-image:initial; border-left:1pt solid windowtext; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:134.45pt"><p><strong><i>Supplément de rente</i></strong><i></i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:63.75pt"><p><i>&nbsp;</i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:163.05pt"><p><i>&nbsp;</i></p></td></tr><tr><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-image:initial; border-left:1pt solid windowtext; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:134.45pt"><p><i>1<sup>e</sup>-5<sup>e</sup> année de la génération de transition</i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:63.75pt"><p><i>-</i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:163.05pt"><p><i>200 </i><i>francs / mois</i><i></i></p></td></tr><tr><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-image:initial; border-left:1pt solid windowtext; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:134.45pt"><p><i>6<sup>e</sup>-10<sup>e</sup> année</i><i></i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:63.75pt"><p><i>-</i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:163.05pt"><p><i>150 francs / mois</i></p></td></tr><tr><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-image:initial; border-left:1pt solid windowtext; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:134.45pt"><p><i>11<sup>e</sup>-15<sup>e</sup> année</i><i></i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:63.75pt"><p><i>-</i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:163.05pt"><p><i>100 francs / mois</i></p></td></tr><tr><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-image:initial; border-left:1pt solid windowtext; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:134.45pt"><p><i>à partir de la 16<sup>e</sup> année</i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:63.75pt"><p><i>-</i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:163.05pt"><p><i>Montant par année civile fixé par le Conseil fédéral</i></p></td></tr><tr><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-image:initial; border-left:1pt solid windowtext; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:134.45pt"><p><i>Financement</i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:63.75pt"><p><i>-</i></p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left:none; border-right:1pt solid windowtext; border-top:none; vertical-align:top; width:163.05pt"><p><i>0,5&nbsp;% (du revenu soumis à l’AVS)</i></p></td></tr></tbody></table><p>L'USS a examiné les effets du modèle élaboré sur le montant des rentes et sur les cotisations pour chaque classe de salaire dans le régime LPP obligatoire. Ces calculs confirment que le niveau des prestations sera maintenu. Ils ne sont en revanche pas vraiment appropriés pour établir des prévisions individuelles des rentes, car ils ne prennent pas en compte les évolutions individuelles des salaires. De plus, les postulats conservateurs utilisés dans les simulations LPP concernant l'évolution des salaires et des taux d'intérêts entraînent en général une sous-estimation considérable des rentes.</p><p>De nombreuses personnes assurées dans la prévoyance professionnelle ont en outre des solutions surobligatoires (env. 85 % des assuré-e-s ont des parts d'assurance surobligatoire). On trouve ainsi actuellement des employé-e-s du commerce de détail ou des assistant-e-s en soins et santé communautaire dans le régime surobligatoire, qui n'ont pas de déduction de coordination, ou alors une déduction plus basse. Mais en même temps, il y a dans ces mêmes métiers beaucoup de salarié-e-s qui n'ont que la couverture LPP obligatoire. Dans le cas du surobligatoire, les répercussions du modèle proposé sont plus difficiles à évaluer. Mais les personnes travaillant à temps partiel en particulier verront leur part obligatoire du 2e pilier augmenter. Elles seront ainsi mieux protégées par le nouveau cadre légal.</p><h3>Et maintenant ?</h3><p>La Constitution fixe des objectifs clairs en matière de prévoyance et l'USS fonde sa position sur ces mêmes objectifs : les rentes de l'AVS et du 2e pilier doivent permettre de " maintenir leur niveau de vie de manière appropriée ". L'USS a toujours souligné qu'il n'y a aucune marge de manœuvre pour une baisse des rentes et que le système de répartition doit jouer un rôle plus important. C'est sur la base de ces convictions que l'USS s'engagera en faveur du compromis trouvé avec les partenaires sociaux pour la LPP. La prévoyance professionnelle est une assurance sociale paritaire. Le fait que les partenaires sociaux puissent s'entendre sur une solution pour les paramètres légaux minimaux représente un message fort. Le Conseil fédéral a laissé entendre qu'il voulait lancer le processus législatif en reprenant le résultat des négociations comme proposition de réforme. Les premières réactions des partis, mais aussi de la branche du 2e pilier, semblent indiquer que le compromis est considéré comme susceptible de trouver une majorité. Mais le projet n'est pas à l'abri de violentes attaques, et pas uniquement de la part de l'usam et de l'UDC. La composante de répartition est particulièrement dans la ligne de mire des opposant-e-s. Si le compromis devait être détricoté, l'USS devrait également remettre en question son soutien au modèle.</p><p>Par ailleurs, le résultat de ces négociations ne doit pas cacher le fait que le 2e pilier subit des sorties de capitaux de l'ordre de milliards de francs au bénéfice des compagnies, gestionnaires de fortune et courtiers. L'USS va donc continuer de se battre pour des restrictions de gains plus sévères, des primes de risques appropriées, de la transparence sur les frais administratifs ainsi que pour des certificats d'assurance LPP uniformes et compréhensibles. Et elle poursuivra bien entendu son objectif de renforcer l'AVS, la réalisation sociale la plus importante en Suisse et l'une des plus grandes conquêtes du mouvement syndical.</p>]]></content:encoded><category>Prévoyance professionnelle</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/0/d/csm_Mann-Frau-50plus_Beratungsgespraech-freundlich_iStock-AlexRaths_9d81410ef3.jpg" length="140984" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6109</guid><pubDate>Mon, 08 Jul 2019 14:59:11 +0200</pubDate><title>Soutien pour Mickaël Béday après un licenciement antisyndical</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/soutien-pour-mickael-beday-apres-un-licenciement-antisyndical</link><description>Plus de 100 manifestant-e-s exigent la réintégration du délégué syndical</description><content:encoded><![CDATA[<p>Plus de cent personnes ont manifesté ce lundi midi devant le siège de l'entreprise de composants d'horlogerie Dubois Dépraz au Lieu, dans la vallée de Joux (VD). Elles réclament la réintégration à son poste de Mickaël Béday, délégué syndical licencié il y a deux semaines sur la base de motifs douteux.
</p><p>Président de l'USS, Pierre-Yves Maillard s'est rendu sur place pour prendre part à cette manifestation de soutien. "Tout le monde prône le partenariat social", a-t-il déclaré devant les manifestant-e-s. "Mais sans une vraie réelle participation des salarié-e-s, ou si ceux-ci doivent craindre un licenciement lorsqu'ils et elles s'engagent, le partenariat social perd tout son sens."
</p><p>Le 24 juin, Mickaël Béday s'est vu signifier son licenciement pour des prétendues négligences. Auparavant, il avait subi de manière répétée des critiques de la part de l'entreprise en raison de son engagement syndical. Pour le syndicat Unia et pour les manifestant-e-s, il est évident que Dubois Dépraz cherchait un prétexte pour se débarrasser d'un représentant du personnel qui " dérangeait ". Ils exigent dès lors que M. Béday puisse réintégrer son poste dans l'entreprise et poursuivre son activité de délégué syndical.
</p><p>Ce nouveau cas démontre une fois de plus à quel point il serait important d'avoir une protection efficace contre le licenciement pour les représentant-e-s du personnel et les personnes engagées au plan syndical. Et à quel point la Suisse est malheureusement déficiente en la matière. Quelques semaines avant la Conférence annuelle de l'Organisation internationale du Travail (OIT), la Suisse a même atterri sur la liste noire des pays qui violent les conventions de l'OIT. Et ce, précisément l'année du centenaire de l'organisation onusienne et alors que la conférence allait être présidée, en juin, par l'ambassadeur suisse Jean-Jacques Elmiger.
</p><p>Au moins, cette liste noire a produit son effet : le conseiller fédéral Guy Parmelin a montré sa volonté d'améliorer, enfin, la protection contre les licenciements abusifs de salarié-e-s engagés au plan syndical. Il a proposé une médiation entre syndicats et patronat, accompagnée par des experts de l'OIT. Ce revirement a incité l'USS à approuver le retrait de la Suisse de la fameuse liste noire. Les parties ont désormais douze mois pour élaborer et présenter des propositions de solutions afin que la protection contre le licenciement en Suisse atteigne enfin le niveau des conventions de l'OIT. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-6107</guid><pubDate>Fri, 05 Jul 2019 15:04:46 +0200</pubDate><title>Coopération internationale : il faut renforcer la dimension sociale !</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/cooperation-internationale-il-faut-renforcer-la-dimension-sociale</link><description>L’abandon prévu d’objectifs ayant fait leurs preuves est dangereux</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Dans le cadre de la collaboration internationale, la Suisse, non seulement ne satisfait pas à ses obligations générales, mais ne remplit clairement pas non plus le mandat de sa propre Constitution, qui prévoit qu'elle " contribue notamment à soulager les populations dans le besoin et à lutter contre la pauvreté ". La définition des objectifs et des priorités revêt ici aussi, étant donné les fonds substantiels engagés - environ 3 milliards de francs par an -, une grande importance.</p><p>La stratégie de coopération internationale entre 2021 et 2024 mise en consultation par le conseiller fédéral I. Cassis a été largement débattue dans les médias. Les priorités fixées dans cette stratégie pour une meilleure gestion de la migration et le nouveau critère des intérêts de la Suisse ont en particulier soulevé de grosses vagues.
</p><p>L'Union syndicale suisse (USS) aussi a vertement critiqué ce changement de paradigme. Selon elle, la coopération internationale doit continuer à se baser sur la référence aux valeurs de solidarité et d'universalité, et pas sur un mot d'ordre tape-à-l'œil du genre " La Suisse d'abord ! ". Le but à court terme de la réduction de la migration n'a vraiment pas sa place ici. S'il est vrai qu'une coopération au développement intelligente peut dans les faits créer des alternatives à l'émigration, cela ne se fait toutefois que dans l'optique du long terme, et aucunement sans tenir compte d'autres influences comme par exemple l'importance croissante du changement climatique comme cause de fuite hors de son pays.
</p><p>Cela, indépendamment du fait que force est de constater avec lucidité que, pour les personnes concernées, la migration ne constitue pas une opportunité moins intéressante - à tout le moins sous l'angle financier - que la lutte efficace contre ses causes : sur toute la planète, les migrants envoient en effet chaque année dans leurs pays d'origine pour plus de 400 milliards de dollars. C'est plus du triple de tous les montants publics consacrés à l'aide au développement et cela représente ainsi une part importante des recettes des pays en développement. 
</p><h3>Un travail décent</h3><p>Dans l'esprit de l'Agenda 2030 de l'ONU pour le développement durable, à la conception duquel elle a contribué de manière déterminante, la Suisse demande que la dimension sociale de la coopération internationale soit nettement renforcée. Pour les travailleurs et travailleuses, l'objectif numéro 8 du développement durable de cet Agenda est absolument central. Il demande qu'un travail décent soit garanti à toutes les femmes et à tous les hommes et satisfasse à des critères clairs.
</p><p>Dans son dernier rapport annuel 2019 sur les développements futurs, l'Organisation internationale du Travail (OIT) arrive cependant à la conclusion décevante qu'au " rythme actuel des progrès effectués, l'objectif du travail décent pour tous [...] semble impossible à atteindre dans de nombreux pays " d'ici 2030. Il est donc d'autant plus important que la collaboration internationale aussi s'oriente davantage sur cet objectif. La stratégie Coopération internationale (CI) 2021-2024 présentée se situe cependant, avec son engagement pour " la création de marchés et [...] la création d'emplois ", largement en deçà de la revendication du " travail décent ", car il fait l'impasse sur les dimensions centrales que sont la qualité la durabilité des emplois.
</p><h3>Ne pas affaiblir l'égalité</h3><p>Les syndicats critiquent en outre le fait que l'égalité des genres va sensiblement perdre en importance dans le nouveau message. Dans le message 2017-2010, elle était à juste titre définie comme étant l'un des deux seuls thèmes transversaux (" L'élimination des discriminations fondées sur le sexe est à la fois un objectif et une condition du développement. "). Mais désormais, elle ne va apparaître dans les objectifs que comme un élément de l'état de droit. C'est incompréhensible, par exemple si l'on sait que, dans le monde, les femmes assument encore, selon l'ONU, trois fois plus de travail domestique et de soins non rémunérés que les hommes. Ou qu'aujourd'hui dans le monde, une fille entre 15 et 19 ans sur cinq subit des violences sexuelles, pour ne donner que deux chiffres.
</p><h3>Être enfin politiquement cohérent</h3><p>Les effets de la coopération internationale ne doivent jamais être considérés pour eux seuls. Car, en fin de compte, on n'a rien gagné si la coopération internationale doit en même temps juguler péniblement des effets négatifs qu'elle a même provoqués elle-même dans les pays producteurs, à travers des politiques commerciale, fiscale, environnementale et agricole non durables.
</p><p>Mais c'est parfois précisément comme ça : la Suisse se classe par exemple au 21e rang sur les 27 pays industrialisés prix en compte par l'indice, généralement reconnu, de l'engagement des États en matière de développement (" Commitment to Development Index "). La politique environnementale (forte exportation de pollution de l'environnement et de l'air dans les pays en développement), la politique agricole (droits de douane élevés sur les produits agricoles) ou politique financière (maintien des niches fiscales existantes et secret bancaire), par exemple, contribuent à ce mauvais classement. C'est pourquoi l'OCDE a demandé à plusieurs reprises à notre pays de mener une politique plus cohérente en faveur du développement durable, ainsi que d'identifier les incidences négatives de sa politique intérieure sur les pays en développement et de les éliminer systématiquement. Or cette optique fait également largement défaut dans la stratégie qui nous est présentée. </p>]]></content:encoded><category>Économie extérieure</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-6083</guid><pubDate>Tue, 11 Jun 2019 15:36:07 +0200</pubDate><title>Proches-aidants : les trop timides propositions du Conseil fédéral</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/proches-aidants-les-trop-timides-propositions-du-conseil-federal</link><description>Le parlement devra encore améliorer le projet de loi</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Souvent, ce sont des proches qui s'occupent des personnes âgées ou dépendantes de soins. Cette responsabilité est difficilement conciliable avec une activité professionnelle. Récemment, le Conseil fédéral a adressé au Parlement des propositions à ce sujet. Les mesures présentées vont dans la bonne direction, mais les parlementaires doivent encore les améliorer.</p><p>Avec sa loi fédérale sur l'amélioration de la conciliation entre activité professionnelle et prise en charge de proches, le Conseil fédéral propose des améliorations dont le besoin se faisait cruellement sentir. De fait, ce sont souvent des proches, dans la majorité des cas des femmes, qui prennent en charge des membres de la famille dépendants de soins et/ou âgés. La revendication de l'Union syndicale suisse (USS), selon laquelle les services de soins et de prise en charge en cas de besoin doivent être abordables pour tout le monde et de qualité, n'est de loin pas encore devenue réalité. Dans ce domaine, les pouvoirs publics doivent assumer une bien plus grande responsabilité. Souvent, ce sont des belles-filles, des compagnes, des sœurs qui viennent à la rescousse lorsque qu'un-e de leurs proches a besoin de soins ou d'être pris en charge ; et cela, trop souvent au détriment de leurs propres revenus professionnels. Ces personnes ont de toute urgence besoin d'être aidées afin que leur engagement ne porte pas atteinte à leur santé et n'entraîne pas, pour elles-mêmes, des conséquences financières fâcheuses.</p><p>Le Conseil fédéral a transmis au Parlement le projet de loi, qui est accueilli favorablement par la majorité des participants à la consultation. Concrètement, il propose que non seulement les parents d'enfants mineurs, mais aussi tous les travailleurs et travailleuses aient le droit, si un-e proche est malade, de quitter rapidement leur travail sans devoir renoncer à leur salaire. Mais les trois jours par cas prévus par le Conseil fédéral ne sont pas suffisants. Et la limite maximale de dix jours par an est l'expression d'une soumission inutile face aux organisations patronales qui avaient refusé le projet lors de la consultation.</p><h3>Pas pour la prise en charge d'adultes</h3><p>Le Conseil fédéral veut aussi que les parents d'enfants gravement malades ou accidentés puissent prendre un congé payé de 14 semaines au plus. Cette mesure soulagera grandement la situation des familles concernées, même si 14 semaines ne suffiront pas dans de nombreux cas. L'USS salue aussi le fait que ce congé pourra être pris sous forme de jours séparés, comme suggéré lors de la consultation. Cette manière souple de procéder permettra aux parents de mieux répartir les jours de congé sur le délai-cadre - trop court - de 18 mois. En revanche, il est choquant que la protection contre le licenciement ne dure que 6 mois, et non les 18 mois du délai-cadre. Il est urgent de corriger cela. En outre, le Conseil fédéral renonce malheureusement à prévoir des congés de longue durée pour la prise en charge de proches adultes. Ainsi, des travailleurs et travailleuses en fin de carrière continueront de se voir poussés à quitter plus tôt la vie professionnelle parce qu'ils doivent assumer la responsabilité de leurs parents âgés.</p><p>La troisième amélioration sur laquelle le Parlement va se prononcer concerne les bonifications pour tâches d'assistances de l'AVS. À l'avenir, une personne qui s'occupe de proches au bénéfice d'une allocation pour impotence faible (avant : moyenne) y aura également droit. Ce droit sera étendu aux concubins, le critère de conjoint ou de parenté n'étant plus appliqué. Il s'agit là d'un pas important vers une diminution du risque de pauvreté de proches aidants. On ne comprend par contre pas pourquoi le Conseil fédéral n'a pas repris les améliorations proposées par l'USS lors de la consultation : renoncer à mettre sur pied d'égalité le partenariat enregistré et le mariage est sans rapport avec la réalité sociale ; ce point doit absolument être corrigé. Et la définition du partenariat de vie en tant que ménage commun existant depuis au moins cinq ans est par trop rigide. L'USS est d'avis que deux années et/ou un enfant en commun suffisent largement pour attester de l'existence d'un partenariat de vie.</p><p>L'USS appelle les Chambres fédérales à rapidement adopter ces améliorations importantes et à procéder aux corrections du projet du Conseil fédéral qui s'imposent. Les personnes qui prennent en charge le bien-être d'autrui méritent que l'État et la société assument aussi la responsabilité de leur bien-être. Il appartient aux politiques de mettre cela en œuvre.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Santé</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/8/a/csm_Bundeshaus-waehrend-Session_1e7fa2a8e8.jpg" length="365495" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6068</guid><pubDate>Tue, 04 Jun 2019 18:02:00 +0200</pubDate><title>Marchés publics : protéger les salarié-e-s et éviter un nouveau conflit avec l’UE</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/marches-publics-proteger-les-salarie-e-s-et-eviter-un-nouveau-conflit-avec-l-ue</link><description>Le Conseil des États doit prendre ses responsabilités</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Parlement procède actuellement à une révision totale de la loi fédérale sur les marchés publics (LMP). Cet objet est crucial pour les salarié-e-s en Suisse, car si elle tourne mal, cette révision ouvrirait grand la porte à la sous-enchère salariale et sociale et pourrait créer de nouveaux conflits avec l'Union européenne (UE). La proposition d'abandonner le principe du lieu d'exécution est particulièrement inquiétante : elle entraînerait forcément une forte augmentation de la sous-enchère. Le Conseil des États doit enfin prendre les choses en mains.</p><h3>Le principe du lieu d'exécution protège les salarié-e-s suisses de la sous-enchère</h3><p>Les deux principes (lieu d'exécution et lieu de provenance) définissent quelles conditions de travail une entreprise doit respecter lorsqu'elle brigue l'obtention d'un mandat public. Avec le principe du lieu de provenance, ce sont les conditions du lieu où l'entreprise soumissionnaire a son siège ou est établie qui s'appliquent. Le principe du lieu d'exécution exige le respect des conditions du lieu où la prestation est fournie. Exemple : une entreprise tessinoise qui soumet une offre pour la construction d'une grande halle à Zurich devra, avec le principe du lieu d'exécution, verser des salaires zurichois ; avec le principe du lieu de provenance, elle peut soumettre ses offres avec des salaires tessinois. Avec le principe du lieu de provenance, les soumissionnaires de cantons connaissant de bonnes conditions de travail seraient désavantagés par rapport à ceux de cantons " à bas salaires ". Pour rester concurrents, ils devraient viser une détérioration des conditions de travail dans leur propre entreprise. Conclusion : le principe du lieu de provenance de l'entreprise enclencherait une spirale vers le bas.</p><p>Le principe du lieu d'exécution est donc crucial pour qui tient à protéger les salaires et les conditions de travail usuels dans la localité et la branche. Il est aussi un élément central des mesures d'accompagnement : il est sensé empêcher par exemple qu'une entreprise polonaise exécute un mandat à Bâle en versant des salaires valables en Pologne. La proposition du Conseil fédéral de miser désormais sur le principe du lieu de provenance constitue une rupture avec la philosophie des mesures d'accompagnement. Dans un revirement incompréhensible, la Commission de l'économie et des redevances du Conseil des États (CER-E) a subitement tourné sa veste et, par la voix prépondérante de son président, a tranché en faveur du principe du lieu de provenance, contrairement à ses décisions antérieures. La chambre des cantons doit désormais rectifier le tir.</p><p>Dans l'économie privée, les conditions de travail usuelles du lieu resteraient valables alors qu'elles ne le seraient plus pour les marchés publics. Ceci est incompréhensible. Ce qui l'est encore davantage, c'est que le Conseil fédéral s'obstine dans son message à vouloir introduire le principe du lieu de provenance. Pourtant de nombreuses organisations des arts et métiers, des organisations patronales et syndicales ainsi que les cantons ont rejeté ce changement de principe lors de la consultation.</p><h3>Limiter les chaînes de sous-traitants</h3><p>Plusieurs autres volets de la protection des salarié-e-s doivent être pris en compte dans cette révision. Ainsi, la chaîne de sous-traitants doit être limitée à un seul niveau. Aujourd'hui, dans la construction surtout, il n'est pas rare que les maîtres d'ouvrage ne savent même plus qui fait quel travail sur un chantier et à quelles conditions, tellement ils ont de sous-traitants. Souvent, la Confédération, les cantons et les communes ne savent pas non plus qui, au final, fait quel travail. Cela crée un terrain extrêmement propice aux scandales, puisque la probabilité de sous-enchères salariale et sociale, respectivement de travail au noir augmente de façon exponentielle à chaque niveau supplémentaire de sous-traitance. Raison de plus pour mettre le holà à cette pratique néfaste, à tout le moins dans le domaine des marchés publics.</p><h3>Attester la conformité à la CCT</h3><p>La révision devrait aussi prévoir que des documents réellement fiables devront être fournis pour attester de la conformité à la convention collective de travail (CCT) avant qu'un mandat soit octroyé à une entreprise d'une branche soumise à une CCT.</p><h3>Non à la subordination inutile et inappropriée de la caisse Publica à la LMP</h3><p>L'USS estime que les institutions de prévoyance professionnelle de droit public ne devraient pas être soumises à la loi sur les marchés publics. Ce serait en contradiction fondamentale avec la loi sur la prévoyance professionnelle (LPP), en particulier avec le principe de la gestion paritaire des caisses de pensions. La définition des rapports des institutions de prévoyance professionnelle de droit public avec les employeurs affiliés est une des attributions inaliénables, ne pouvant pas non plus être déléguée, de l'organe suprême de l'institution de prévoyance (art. 51a, al. 2, let. p LPP).</p><p>Les avoirs de prévoyance gérés appartiennent aux assuré-e-s, pas aux pouvoirs publics. Les institutions de prévoyance de droit public des cantons et des communes ne relèvent pas non plus du champ d'application subjectif du droit des marchés publics selon l'annexe I/appendice 2 de l'accord de l'OMC sur les marchés publics (AMP) encore en vigueur (cf. aussi l'arrêt 2C_6/2016 du 18 juillet 2016, consid. 3.5).</p><h3>Les entreprises contrôlées par la Confédération (ex. Swisscom) doivent être soumises à la loi</h3><p>Aujourd'hui, la situation dans le domaine des télécommunications et des techniques de l'information et de la communication (TIC) est paradoxale. Les investissements réalisés dans les réseaux de télécommunications (fibre optique, câble de cuivre, technologies sans fil) continuent à être élevés, mais des mandats sont désormais aussi attribués à des entreprises qui ne sont pas soumises à la CCT de la branche. Il est par ailleurs inquiétant de voir que de nombreux acteurs du marché appartiennent désormais à des grands groupes étrangers et obtiennent, pour certains, des mandats très importants. Comme ces entreprises ne sont pas soumises à la CCT de la branche, il est pratiquement impossible d'en contrôler les conditions de travail.</p><p>Soumettre à la LMP des entreprises comme Swisscom (Suisse) SA ou d'autres sociétés sous contrôle de la Confédération est le seul moyen de s'assurer que les mandats soient à l'avenir attribués uniquement à des entreprises qui respectent les conditions salariales et de travail usuelles dans la localité et la branche.</p><p>D'entente avec syndicom, le syndicat des médias et de la communication, l'USS exige donc que Swisscom et les autres entreprises sous contrôle de la Confédération soient soumises à la LMP.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Droit du travail</category><category>Salaires et CCT</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/8/a/csm_Bundeshaus-waehrend-Session_1e7fa2a8e8.jpg" length="365495" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6067</guid><pubDate>Tue, 04 Jun 2019 12:40:00 +0200</pubDate><title>Congé paternité : quatre semaines minimum !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/conge-paternite-quatre-semaines-minimum</link><description>Le Conseil des États ne doit pas rater le train de la politique familiale</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Quatre semaines de congé paternité ou seulement deux ? La question est aux mains du Conseil des États. Une chose est sûre : si la Suisse ne veut pas voir passer sous son nez le train de la politique familiale, elle doit enfin faire en sorte que les enfants ne soient plus seulement l'affaire des femmes, mais celle des parents.</p><p>Aujourd'hui, les enfants sont encore avant tout une affaire de femmes. S'ils tombent malades, c'est la maman qui reste à la maison. Lorsque la baby-sitter ne peut pas venir ou que le père doit tout d'un coup renoncer à sa " journée papa ", c'est encore la maman qui organise une solution de remplacement. Et dans la plupart des familles, les pères travaillent à plein temps et les mères à temps partiel, quand ce n'est pas carrément sans rémunération.</p><p>Conséquences : le marché du travail ne compte pas assez de mères parmi les professionnelles. Et lorsque les mères travaillent, elles gagnent moins parce qu'elles obtiennent des postes moins bien rémunérés. Après la retraite, les rentes sont totalement insuffisantes. Dans une telle configuration, même un divorce représente un risque de pauvreté. Et les pères courent le danger de passer du statut de papa du soir à papa d'un week-end sur deux ou d'une semaine sur deux. Pourtant, les enfants pourraient aussi devenir une affaire d'hommes si on laissait les pères prendre des responsabilités dès le début.</p><p>En Suisse, on n'a pas vraiment l'air de vouloir cela. Dans l'Union européenne (UE) et dans presque tous les pays de l'OCDE, les pères ont dès le début la possibilité de s'impliquer activement dans la prise en charge des enfants. Congé paternité et congé parental leur permettent de construire dès la naissance une relation étroite et autonome avec leurs enfants. En Suisse par contre, on ne connaît ni le congé paternité inscrit dans la loi, ni le congé parental. Il y a un grand rattrapage à faire pour que les enfants ne restent pas encore et toujours une affaire de femmes. L'initiative pour le congé paternité, qui doit être traitée au Conseil des États lors de la session d'été, en est une bonne occasion.</p><h3>Mettre les priorités au bon endroit</h3><p>Bien sûr, des règlements d'entreprise ou de CCT existent qui accordent aux pères plus d'une journée, journée qui ne suffit d'ailleurs souvent même pas pour être présent pour toute la durée de l'accouchement. Mais le droit de passer un temps approprié avec l'enfant nouveau-né doit revenir à tous les pères, et pas seulement à ceux qui ont la chance de travailler dans une entreprise favorable à la famille.</p><p>Même le Conseil fédéral admet que le besoin existe. Mais il veut privilégier des mesures liées à la garde des enfants et rejette un congé paternité prévu par la loi. Pourtant la question n'est pas soit l'un, soit l'autre : il faut un congé paternité et une meilleure offre d'accueil extrafamilial qui permette aux pères comme aux mères de concilier vie de famille et vie professionnelle.</p><p>La question des coûts a toujours été l'argument principal contre une meilleure politique familiale. Mais nous devons établir des priorités. Les dépenses publiques pour l'accueil préscolaire des enfants sont difficiles à estimer puisque le Suisse ne dispose pas de tels calculs. Mais l'OCDE part du principe que les pouvoirs publics suisses versent dans ce domaine moins de 0,2 % du produit intérieur brut par année, soit à peine 1,3 milliard de francs. Ce n'est qu'un quart environ de ce que la Confédération dépense chaque année pour la défense nationale. De même, les dépenses hypothétiques de congé paternité pour les indemnités de perte de gain de l'APG ne représenteraient que la moitié de celles versées pour les indemnités de service.</p><h3>Pour la société et pour l'économie</h3><p>Pour le Conseil des États, il s'agit de faire les bons choix : faire des économies dans la politique familiale n'est pas une stratégie d'avenir. De nombreuses études montrent que la politique familiale est une priorité judicieuse au niveau sociétal et avantageuse aussi au plan économique. C'est pourquoi l'USS exige depuis longtemps des solutions qui vont au-delà du minimum légal de 14 semaines de congé maternité payé à 80 %. Et il faut un congé paternité. Nous considérons qu'un minimum de huit semaines serait approprié pour une bonne récupération après l'accouchement et un démarrage réussi de la vie de famille. À la suite des congés liés à la naissance, un congé parental inspiré du modèle européen s'avérerait utile afin de soulager les parents dans l'organisation du quotidien familial.</p><p>Mais pour cette session d'été, concentrons-nous d'abord sur la solution minimale : la Suisse doit enfin avoir un congé paternité. Il doit durer quatre semaines pleines, comme le stipule l'initiative, et non pas seulement les deux prévues dans le contre-projet de la commission du Conseil des États. Pour que tous les pères puissent faire partie intégrante de la famille, assumer la responsabilité des enfants et décharger les mères, et ce, indépendamment de leur employeur. Pour que les enfants ne soient plus l'affaire des femmes, mais celle des parents.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/5/e/csm_Vater-stillt-Kleinkind_O_Lypa-iStock_6e3671e848.jpg" length="133364" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6071</guid><pubDate>Tue, 04 Jun 2019 11:00:16 +0200</pubDate><title>Lanceurs d&#039;alerte : plutôt pas de révision qu’une pseudo-solution hypercomplexe !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/lanceurs-dalerte-plutot-pas-de-revision-qu-une-pseudo-solution-hypercomplexe</link><description>L’USS et le rejet par le National du projet de loi sur les lanceurs d’alerte</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Pour la deuxième fois déjà, le Conseil national a rejeté, lundi dernier, un projet de protection des lanceurs et lanceuses d'alerte. À juste titre, estime l'USS. En effet, " les meilleures intentions ne suffisent pas toujours ", comme l'a si bien dit la conseillère nationale socialiste zurichoise Min Li Marti, mais pas sans préciser aussi qu'il valait mieux enterrer décemment ce projet que l'accepter. </p><p>Un examen plus attentif montre en effet pourquoi ce dernier n'est pas parvenu à rassembler une majorité derrière lui et n'a pas non plus été approuvé par les syndicats. La révision avait pour mandat les deux objectifs suivants : </p><ul><li>améliorer la protection des lanceurs et lanceuses d'alerte, </li><li>augmenter la sécurité juridique. </li></ul><p>Deux objectifs qui n'ont pas été atteints, le contraire s'étant même produit. 
</p><p>La révision proposée n'aurait pas protégé les lanceurs et lanceuses d'alerte et cela, pour une raison fondamentale, que les actuelles majorités au sein du Parlement ne permettent pas de corriger. On aurait pu réglementer cette protection de manière concise et systématique, par exemple via la protection contre le licenciement du Code des obligations (art. 336 CO) ou dans une loi particulière (p. ex. comme législation-cadre ou à travers la révision du droit de la société anonyme, afin de différencier en fonction de la personne morale). Mais au lieu de cela, on nous a présenté une " solution " qui intègre la " protection " des lanceurs et lanceuses d'alerte dans les devoirs de diligence ou de fidélité des travailleurs et travailleuses (art. 321a CO) ! Ainsi, cette protection se voit transformée en son contraire : le devoir, pour les travailleurs et travailleuses, de se soumettre, en cas de signalement d'un dysfonctionnement, à une procédure incroyablement complexe. 
</p><p>En même temps, toute la question centrale de la protection contre le licenciement a été tout simplement ignorée. Même si un lanceur ou une lanceuse d'alerte avait fait tout juste, un tribunal n'aurait pu octroyer qu'une indemnité représentant au maximum six mois de salaire ; cela, alors que, comme le montre une étude, cette indemnité se monte en réalité plutôt à 2 ou 3 mois de salaire. 
</p><p>Et on aurait quand même perdu son boulot. Comment appeler ça une protection ? L'Organisation internationale du Travail (OIT) parle le même langage. Elle a mis la Suisse sur une liste noire à cause de l'absence de protection contre les licenciements abusifs. 
</p><p>Restait encore la question de la sécurité juridique. Formellement, le projet était trop compliqué et trop technique. La formulation d'en tout et pour tout sept articles comportant de nombreux alinéas et lettres est totalement atypique pour le CO. Cette loi devrait être écrite dans un langage clair et simple de manière à ce que chacun et chacune puisse la comprendre. Cela n'a pas été le cas ici. Même si l'on se donne de la peine de lire plusieurs fois le texte, on ne le comprend pas. Des juristes aussi ont du mal à la comprendre. Un-e profane, qu'il s'agisse d'une employeuse ou d'un travailleur, n'aurait pas pu s'y retrouver sans l'aide onéreuse d'une avocate ou d'un juriste. Même l'Administration fédérale a dû recourir à un graphique pour représenter et faire comprendre le système proposé à la Commission des affaires juridiques du Conseil national ! 
</p><p>Ce projet aurait découragé les travailleurs et travailleuses. Ils n'auraient pratiquement plus eu le droit de s'adresser aux autorités, sans parler des médias ou d'autres " tiers ". Le projet de " protection " des lanceurs et lanceuses d'alerte serait ainsi devenu une muselière pour ces derniers et il aurait protégé les employeurs et employeuses en lieu et place des travailleurs et travailleuses. 
</p><p>Les auditions et les entretiens avec des avocat-e-s spécialisés sur ces questions, l'Université de Saint-Gall, l'OIT et les syndicats ont montré que cette réforme ne satisfaisait personne et que tous et toutes la considéraient même comme un recul par rapport au statu quo. Moins de sécurité juridique, plus de conflits au travail et devant les tribunaux, moins de solutions adaptées à chaque cas particulier. On doit lui préférer le statu quo avec la jurisprudence établie. Pour toutes ces raisons, la décision de rejeter ce projet inadapté était la bonne. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-6066</guid><pubDate>Mon, 03 Jun 2019 18:00:00 +0200</pubDate><title>Session d&#039;été : SSR, personnel de la Confédération, droit du bail</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/session-dete-ssr-personnel-de-la-confederation-droit-du-bail</link><description>Le Parlement doit soutenir le service public et les locataires </description><content:encoded><![CDATA[<h3>La SSR doit revenir à une production décentralisée des programmes :<br> le 5 juin au Conseil des États</h3><p>Le soir-même de la votation réussie contre l'initiative " No Billag ", la direction de la SSR a suscité l'irritation auprès de ses collaborateurs et collaboratrices : au lieu de les remercier pour leur engagement sans faille, elle a préféré annoncer un plan d'économies à hauteur de 100 millions de francs. Les économies devaient se faire grâce à une hausse du rendement et par des réinvestissements, déclarait alors Gilles Marchand, directeur général de la SSR. Il fallait donc économiser dans l'immobilier et non dans l'offre de programmes.</p><p>Entretemps, les décisions du Conseil d'administration de la SSR se sont précisées et ne manquent pas de surprendre : la majeure partie des émissions d'information de la rédaction radio de la SRF sont transférées vers le site du Leutschenbach, en périphérie de Zurich. Seule la rédaction du Palais fédéral reste à Berne. La société de production TPC est réintégrée au sein de la SSR et logée elle aussi au Leutschenbach, dans ce qui était jusqu'ici un garage sous-terrain. La SSR investit environ 200 millions de francs pour la transformation du garage et pour la nouvelle rédaction (" Newsroom ") au Leutschenbach. La Suisse romande aussi est concernée par ces efforts de " concentration " : à Lausanne, la construction prévue du Campus RTS sur le site de l'EPFL coûtera au bas mot 110 millions de francs. Apparemment, le plan d'économies passe surtout par des investissements colossaux dans le parc immobilier de la SSR.</p><p>Conseiller aux États fribourgeois, le PDC Beat Vonlanthen a donc déposé une initiative parlementaire pour " La diversité à la place de la concentration. Garantir une production de programmes par la SSR qui soit décentralisée " (18.449). Celle-ci sera traitée lors de la session d'été, plus exactement le 5 juin, par le Conseil des États. À noter que cette initiative parlementaire a lourdement échoué devant la Commission des transports et des télécommunications du Conseil des États (CTT-E). Ses membres sont convaincus que les décisions de la SSR sont la voie de l'avenir. Mais pourquoi, en fait ? L'USS plaide clairement pour l'adoption de l'initiative parlementaire.</p><h3>Encore un carcan pour le personnel de la Confédération ?<br> Le 13 juin au Conseil des États</h3><p>Les parlementaires qui veulent faire des économies sur le personnel de la Confédération se lancent dans une nouvelle tentative avec la motion de la Commission des finances du Conseil national (18.4090). Il s'agit cette fois d'un plafonnement des dépenses de personnel de l'administration fédérale de façon à ce qu'elles ne dépassent pas le montant inscrit au budget 2019. Concrètement, cela signifie qu'à l'avenir, ni une augmentation des postes, ni même une compensation du renchérissement ne seront possibles. Pas de problème, estiment les auteur-e-s de la motion : la numérisation rend tout plus efficace, on pourra donc supprimer des postes à certains endroits et en créer des nouveaux ailleurs. Le texte, très succinct, de la motion ne laisse pas franchement transparaître des connaissances poussées des auteur-e-s en la matière. On ignore s'ils savent réellement quel est l'impact des nouveautés technologiques dans l'administration fédérale. Mais une majorité au Conseil national s'est laissée persuader par ce scénario. Une fois de plus, ce discours annonce des économies sur le personnel, et cela semble toujours la chose à faire. Le Conseil des États doit maintenant rejeter clairement cette motion. Une gestion moderne du personnel ne se fait pas ainsi.</p><h3>Droit du bail : le National peut dénouer le blocage le 20 juin</h3><p>Le droit du bail fait l'unanimité : il ne plaît à personne. Mais les raisons de ce rejet sont des plus diverses. La Commission des affaires juridiques du Conseil des États (CAJ-E) a déposé une motion en vue de la révision des règles applicables à la fixation des loyers, motion qui se concentre surtout sur le rendement net, le loyer usuel dans la localité et le quartier, et la possibilité de contester un loyer initial (18.4101). Le Conseil fédéral est prié de faire des propositions qui seraient aussi équitables pour les locataires que pour les propriétaires. Cette motion a l'appui du Conseil des États et de la Commission des affaires juridiques du Conseil national (CAJ-N). Mais cette dernière diverge sur un point important : contrairement au Conseil des États, elle ne veut pas laisser de côté les autres interventions parlementaires, qui défendent de façon très partiale les intérêts des lobbys de l'immobilier : elle souhaite les voir toutes traitées en même temps. Il s'agit de trois initiatives parlementaires déposées par les conseillers nationaux Olivier Feller et Philippe Nantermod (PLR). La première prévoit que le rendement locatif admissible pourra dépasser le taux hypothécaire de référence de jusqu'à deux pourcents (17.491). Avec la deuxième (17.514), les loyers ne peuvent être considérés comme abusifs et donc contestés qu'en cas de pénurie de logement. Et même dans ce cas, uniquement s'il y a une situation personnelle difficile et que le loyer a été considérablement augmenté par rapport à la location précédente (17.515). Tout cela représente une provocation, une attaque éhontée contre les droits des locataires.</p><p>Les trois motions ont été transmises par la CAJ-N, mais de justesse, à une voix près (12 à 11). Nous espérons maintenant que le Conseil national prenne, comme la chambre des cantons, la sage décision d'accepter la motion du Conseil des États et de rejeter les trois autres interventions, afin que le Conseil fédéral puisse faire son travail.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Services Publics</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/e/9/csm_Bundeshaus_Bern_-_Federal_palace_of_Switzerland_852909e44f.jpg" length="309035" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6147</guid><pubDate>Fri, 24 May 2019 15:00:00 +0200</pubDate><title>Obtenir l’égalité aussi après la retraite</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/obtenir-l-egalite-aussi-apres-la-retraite</link><description>Au lieu de s’en prendre à l’âge de la retraite des femmes, il faut enfin augmenter les rentes AVS. Et nous ferons grève pour cela aussi le 14 juin !</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les femmes ont de nombreuses raisons de faire la grève. L’une d’entre elles, c’est que même à l’âge de la retraite, l’égalité pour les femmes n’est pas garantie. Plus de 40 ans après l’introduction du principe des trois piliers pour assurer un niveau de vie correct après la retraite, les femmes touchent toujours de rentes nettement plus basses que celles des hommes.
</p><p>Nombreuses sont les femmes qui quittent la vie professionnelle avant d’atteindre l’âge de la retraite de 64 ans. Six ans avant cet âge, trois femmes sur quatre sont encore dans la vie professionnelle ou en recherche d’emploi. À 63 ans, elles ne sont plus que 46,2&nbsp;%. Et à temps partiel pour l’immense majorité. Pourquoi&nbsp;? Parce que beaucoup d’entre elles n’ont plus la santé pour continuer de travailler. Des conditions de travail difficiles physiquement et psychologiquement peuvent être usantes à la longue.
</p><p>Mais les femmes de plus de 55 ou 60 ans ne quittent pas seulement le marché du travail à cause de leur propre santé&nbsp;: souvent, elles sont appelées à s’occuper de proches malades ou ayant besoin d’assistance. Lorsque les parents, les beaux-parents ou le partenaire de vie ont besoin de soins et d’assistance, de nombreuses femmes trouvent normal de cesser ou de réduire leur activité lucrative pour assumer ces tâches non rémunérées.
</p><p>De plus, beaucoup de grand-mères s’occupent de leurs petits-enfants et apportent ainsi une contribution importante pour la conciliation travail-famille pour les femmes plus jeunes. En 2012, une femme de 55 à 64 ans sur six s’occupait régulièrement d’enfants ne vivant pas sous le même toit. Les grands-mères comblent les lacunes dans l’offre de garde d’enfants extrafamiliale et peuvent être d’une grande aide pour des parents qui ont des horaires de travail irréguliers ou lorsqu’il faut remplacer au pied levé une gardienne absente, par exemple lors de maladie.
</p><p>Notre système de prévoyance vieillesse ne reconnaît pas à sa juste valeur cette implication des femmes dans le travail domestique, d’éducation, de soins et d’assistance, car les trois piliers de la prévoyance vieillesse ne garantissent une couverture suffisante que si l’on a contribué suffisamment et sans discontinuer aux cotisations sociales.
</p><p>Aujourd’hui encore, la plupart des femmes doivent compter avant tout sur la rente AVS&nbsp;. La quasi-totalité des femmes touchent une rente AVS. Grâce aux bonifications pour tâches éducatives et d’assistance, au «&nbsp;splitting&nbsp;» entre époux ainsi qu’à la formule de rente, les femmes perçoivent à peu près les mêmes montants que les hommes. L’AVS est donc la seule assurance sociale à apporter une vraie compensation pour la répartition inégale du travail non rémunéré de soins et d’assistance entre les femmes et les hommes. Mais le problème, c’est qu’avec les taux actuels des rentes AVS, celles-ci ne suffisent pas à elles seules à assurer le minimum existentiel après l’âge de la retraite.
</p><p>Pour la majorité des femmes, la prévoyance professionnelle ne permet pas forcément de mieux s’en sortir&nbsp;: un tiers des femmes retraitées ne touche aucune rente ou capital du 2<sup>e</sup> pilier. Et celles qui sont affiliées à une caisse de pension ne touchent que des rentes équivalentes à la moitié de celles des hommes. En 2017, une nouvelle rente médiane LPP s’élevait à 1221 francs pour les femmes contre 2301 francs pour les hommes.
</p><p>Pour les femmes, l’AVS joue donc un rôle beaucoup plus important dans  l’assurance vieillesse. C’est pourquoi nous disons haut et fort&nbsp;:<b>  au lieu de s’en prendre à l’âge de la retraite des femmes, il faut  enfin augmenter les rentes AVS. Et nous ferons grève pour cela aussi le  14 juin&nbsp;!</b></p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-6020</guid><pubDate>Thu, 16 May 2019 14:23:00 +0200</pubDate><title>Le Tribunal fédéral bétonne la discrimination des salarié-e-s LGBTI</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/le-tribunal-federal-betonne-la-discrimination-des-salarie-e-s-lgbti</link><description>Une réalité sociale purement et simplement niée au plan juridique</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Dans un arrêt publié récemment, le Tribunal fédéral (TF) a rejeté le recours d'un employé de l'armée homosexuel. Pour l'USS, cette interprétation beaucoup trop restrictive de la loi sur l'égalité est déplorable. Une action politique doit intervenir d'urgence.</p><p>En 2015, un employé de l'armée s'est vu refuser la prolongation de son contrat à durée déterminée. Cet homme a fait valoir que ce refus avait été décidé en raison de son homosexualité. Il a donc déposé un recours auprès du Tribunal fédéral en se basant sur l'interdiction de la discrimination inscrite dans la loi sur l'égalité (art. 3 LEg). La cour a rejeté ce recours dans son arrêt du 5 avril 2019 (8C_594/2018), communiqué le 30 avril. Dans son argumentation, le TF explique que les personnes homosexuelles " ne peuvent invoquer le fait d'avoir été victime d'une discrimination directe au sens de la LEg ". Au mépris de la situation juridique, le tribunal interprète la loi sur l'égalité d'une manière excessivement étroite et exclut ainsi de son champ d'application une population particulièrement vulnérable, les LGBTI. Ceci est contraire, par exemple, à ce qui figure dans le Commentaire de la loi sur l'égalité, de Claudia Kaufmann et Sabine Steiger-Sackmann (2009).</p><p>Pour de nombreuses personnes LGBTI en Suisse, la discrimination en milieu professionnel reste une réalité vécue au quotidien. Selon des sondages récents, 70 % des salarié-e-s homosexuels ont vécu au cours des trois dernières années des discriminations sur la base de leur orientation sexuelle. Pour les personnes trans, les discriminations, voire les licenciements basés sur l'identité sexuelle sont encore plus fréquents.</p><h3>La Suisse à la traîne</h3><p>Dans ce contexte, le refus du Tribunal fédéral de garantir pour les salarié-e-s LGBTI la protection juridique que leur procurerait la loi sur l'égalité est grave. Apparemment, il faut désormais passer par des démarches politiques pour parvenir à une interdiction explicite, dans le monde du travail, de la discrimination basée sur l'orientation sexuelle (LGB), l'identité de genre (T) et les caractéristiques sexuelles (I). Une telle interdiction s'intégrerait dans l'élargissement, déjà adopté au Parlement dans le cadre du Code pénal, de l'interdiction de discriminer sur le critère de l'orientation sexuelle (l'identité de genre et les caractéristiques sexuelles restent malheureusement exclus de cet élargissement).</p><p>L'arrêt du TF montre à quel point en Suisse, la législation comme la jurisprudence restent très à la traîne par rapport à l'évolution de la société et aux besoins des personnes LGBTI. Dans le dernier classement européen de l'organisation faîtière LGBTI sur la situation juridique et sociale des personnes LGBTI, la Suisse demeure au 22e rang ( !), loin derrière les pays voisins comme la France, l'Allemagne et l'Autriche. Il reste donc vraiment beaucoup à faire !</p>]]></content:encoded><category>LGBT</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/9/9/csm_Bundesgericht-Lausanne_wikimedia-Norbert_Aepli_cc-by_259e0325f1.jpg" length="308796" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6023</guid><pubDate>Thu, 16 May 2019 09:45:00 +0200</pubDate><title>Finances cantonales : il ne faut pas économiser, mais investir !</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/finances-cantonales-il-ne-faut-pas-economiser-mais-investir</link><description>Par exemple dans les réductions des primes-maladie</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La Confédération n'est pas la seule à enregistrer des excédents records, les cantons nagent aussi dans les millions. Rien ne serait plus préjudiciable que d'accentuer à nouveau par là la concurrence fiscale.</p><p>Qu'Ueli Maurer, notre ministre des Finances, se trompe traditionnellement dans ses calculs n'est pas nouveau. Alors qu'il a déjà bouclé les comptes de 2017 sur un excédent de 2,8 milliards de francs, les comptes de 2018 présentent même un excédent de recettes de 2,9 milliards. Et à chaque fois, le budget annonçait des pertes substantielles. La tactique est transparente : contraindre l'Administration et les services publics à suivre, en matière des dépenses, une discipline qui permette d'affecter ensuite au désendettement d'étonnantes (peut-être pas tant que ça...) rentrées supplémentaires. En des temps où, d'une part, la dette atteint déjà un bas niveau encore jamais vu et, de l'autre, les intérêts négatifs nous permettraient en fait de réaliser des bénéfices avec l'endettement, cette tactique est cependant particulièrement incompréhensible ! C'est ainsi que le FMI a invité pour une xième fois la Suisse, dans son <a href="https://www.imf.org/en/News/Articles/2019/04/01/mcs-040119-switzerland-staff-concluding-statement-of-2019-article-iv-mission" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">rapport </a>à son sujet, à assouplir son frein à l'endettement financièrement très restrictif afin de dépasser non seulement le ralentissement économique momentané en procédant à des dépenses supplémentaires, mais aussi de rattraper le retard accumulé avec le temps au plan des investissements.</p><p>Il est moins traditionnel que le tableau des comptes annuels soit absolument le même pour les cantons. Les excédents cumulés présentés pour l'année 2018 se sont montés à plus de 2,3 milliards de francs, alors que, dans l'ensemble, on avait aussi budgétisé des pertes. Penser que les cantons ont été plus habiles dans leurs planifications financières - par exemple parce qu'ils sont plus petits et mieux gérables - c'était se tromper. Mais, rien de nouveau ici : dans ses analyses (pour la dernière, voir <a href="https://www.sgb.ch/fileadmin/user_upload/Dokumente/Dossier/131D-F_RW_Kantonsfinanzen.pdf" target="_blank">www.sgb.ch/fileadmin/user_upload/Dokumente/Dossier/131D-F_RW_Kantonsfinanzen.pdf</a> ], l'USS a montré à plusieurs reprises que les cantons peignaient systématiquement le diable sur la muraille lorsqu'ils établissaient leurs budgets et sous-estimaient en outre leurs fortunes nettes. Ici, ce n'était toutefois la plupart du temps pas en premier lieu un bon prétexte pour refuser des "envies" de dépenses. On voulait au contraire pouvoir tirer le plus possible de munitions lors de chaque nouvelle bataille de la concurrence fiscale à laquelle se livrent les cantons. Conséquence : un programme d'austérité chassait l'autre.</p><p>Cette politique d'austérité agressive a laissé des traces : dans les dépenses sociales et de santé (alors que le nombre des cas de maladie et la quantité de soins prodigués augmente en réalité à cause de la démographie !), dans la formation (alors que le nombre d'élèves ne cesse d'augmenter !), dans les infrastructures publiques (alors que la population croît toujours dans l'ensemble !) et dans les administrations publiques (alors que le personnel de l'État a dû avaler un gel des salaires des années durant !). Il est depuis longtemps évident que cela ne peut plus continuer, et pas seulement pour les syndicats et la gauche. Dans le canton d'Obwald, la droite unie se bat pour des hausses d'impôts après avoir pratiquement fait tomber en faillite ce canton avec sa stratégie agressive de baisses d'impôt. Mais elle a été freinée par la péréquation financière nationale (PFN) : le canton d'Obwald est passé de canton receveur à canton contributeur et a dû ainsi commencer à verser une partie de ses recettes fiscales dans le cadre de la PFN, des recettes fiscales dont il ne disposait pas du tout et qu'il a donc dû à nouveau générer. Cela, en corrigeant les anciennes baisses radicales d'impôt.</p><h3>Possibilités économiques différentes</h3><p>Indépendamment du préjudice causé en principe par la concurrence fiscale entre les cantons, la Suisse se prête mal à ces pratiques en raison de ses structures à la fois de petite taille et variées. Nos unités territoriales ne sont pas au nombre de 26 régions économiques géographiquement délimitées, mais au contraire des cantons de pendulaires, des cantons montagnards, des centres économiques, des centres névralgiques d'innovation, des centres d'attraction touristique, etc. En conséquence, les conditions et les possibilités économiques sont différentes. S'il est question, dans le fédéralisme allemand, de concurrence entre les places économiques ou fiscales - pour prendre un contre-exemple -, on est tout compte fait en présence d'unités en concurrence au niveau des länder allemands qui, pour une part, sont plus étendus que la Suisse et comptent un plus grand nombre d'habitant-e-s que notre pays. Le Bade-Wurtemberg (11 millions d'habitant-e-s), la Bavière (13 millions) et la Rhénanie-du-Nord-Westphalie (18 millions) sont à n'en pas douter des régions économiques et d'approvisionnement autonomes qui ne dépendent ni d'un hôpital ni d'un opéra sis dans le land voisin ou devraient en planifier l'existence ensemble.</p><p>Revenons en Suisse. Avec leurs 2,3 milliards de francs, les cantons ne manquent actuellement pas d'argent. Ce qui est déterminant, c'est que cet argent ne serve pas pour une nouvelle ronde de concurrence fiscale. Or, sous le prétexte d'une "mise en œuvre du projet fiscal national", beaucoup de cantons ne préparent rien d'autre. C'est pourquoi l'USS a déjà annoncé l'automne dernier qu'elle soutiendrait tous les référendums saisis contre de tels projets cantonaux. À Berne, cela a marché, malheureusement pas à Bâle. Et nombre de décisions importantes doivent encore suivre.</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/steuern-zahlen/Rechnungen-viele_iStock-rawpixel_klein.jpg" length="556986" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-6145</guid><pubDate>Tue, 14 May 2019 15:00:00 +0200</pubDate><title>Un salaire moindre pour un travail équivalent</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/un-salaire-moindre-pour-un-travail-equivalent</link><description>Les partis de droite et les organisations patronales se défendent bec et ongles contre les mesures contraignantes en faveur de l’égalité salariale.</description><content:encoded><![CDATA[<div class="elementor-element elementor-element-28a7e9fb elementor-widget elementor-widget-theme-post-content"><div class="elementor-widget-container"><p>Les femmes ont de nombreuses raisons de faire la grève. L’une d’entre  elles est que plus de 20 ans après l’entrée en vigueur de la loi sur  l’égalité, à travail équivalent, les femmes gagnent toujours, sans  «&nbsp;raison apparente&nbsp;», 8,4&nbsp;% de moins que les hommes&nbsp;: cet écart salarial  ne s’explique pas, il est donc fondé uniquement sur la discrimination.  Cela contrevient non seulement à la loi sur l’égalité, mais aussi à la Constitution fédérale, qui dit clairement: «&nbsp;L’homme et la femme ont droit à un salaire égal pour un travail de valeur égale&nbsp;».
</p><p>Mais les partis de droite&nbsp;et les organisations patronales se défendent bec et ongles contre les mesures contraignantes en faveur de l’égalité salariale. Ils se soustraient à leur responsabilité et justifient la discrimination salariale persistante en prétendant que les femmes tendent à travailler à temps partiel et à avoir moins d’expérience professionnelle que les hommes. De plus, si elles sont mères, elles seraient moins prêtes à se «&nbsp;donner&nbsp;» dans leur travail. Mais ces explications sont fausses.  
</p><p>Dès leur plus jeune âge, les filles reçoivent moins d’<a href="https://static.halifax.co.uk/assets/pdf/media-centre/press-releases/2016-06-03-childrens-pocket-money-press-release.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">argent de poche</a>  que les garçons. L’argent de poche n’a rien à voir avec les  prestations, mais les filles en reçoivent 12&nbsp;% de moins. Peut-être parce  qu’elles sont plus réservées, moins exigeantes, ou tout simplement  parce qu’elles sont des filles. 
</p><p>Les jeunes femmes aussi sont moins rémunérées lors de l’entrée dans la vie active. En moyenne, leur <a href="http://www.nfp60.ch/SiteCollectionDocuments/nfp60_marti_zusammenfassung_projektergebnisse_lang.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">salaire est de 8&nbsp;% inférieur</a>  à celui du premier emploi de leurs homologues masculins. La plus grande  partie de cette différence ne peut pas être expliquée par des facteurs  objectifs. Lors de l’entrée sur le marché du travail, les femmes et les  hommes ont la même expérience professionnelle. L’expérience ne peut donc  pas être invoquée pour expliquer cet écart salarial.
</p><p>Les attentes stéréotypées à l’égard des femmes et des hommes et de  leur travail en sont plus probablement la cause. De nombreuses <a href="https://boris.unibe.ch/69439/1/lohngerecht.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">études </a>ont  en effet montré que le genre de la personne devant nous influence la  manière dont nous la jugeons&nbsp;: les sujets femmes admettent toucher un  salaire plus bas que les hommes dans des situations fictives identiques.  Il ne s’agit pas d’une pénalité de maternité due au travail à temps  partiel et aux obstacles à la carrière, mais bien d’une pénalité  féminine pour exactement la même prestation. Il en va de même de la  pénalité de 7&nbsp;% lors de l’entrée des femmes sur le marché du travail, et  de l’écart salarial inexpliqué de 8,4&nbsp;% pour l’ensemble de l’économie  révélé par l’enquête sur la structure des salaires.
</p><p>Nous voulons donc que la loi sur l’égalité révisée soit rapidement appliquée et que les entreprises suisses doivent analyser leurs salaires sous l’angle des discriminations. Mais cela ne suffit pas. La Confédération doit effectuer des contrôles dans les entreprises et pouvoir sanctionner les employeuses et employeurs qui discriminent les femmes au niveau salarial. C’est la raison pour laquelle nous ferons grève le 14 juin. 
</p><p>&nbsp;</p></div></div>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-6143</guid><pubDate>Tue, 30 Apr 2019 13:03:00 +0200</pubDate><title>Un écart salarial de vingt pour cent</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/un-ecart-salarial-de-vingt-pour-cent</link><description>Les femmes ont des perspectives professionnelles et de carrière moins bonnes et des salaires moins élevés parce qu’elles sont régulièrement confrontées à des discriminations.</description><content:encoded><![CDATA[<div class="elementor-element elementor-element-28a7e9fb elementor-widget elementor-widget-theme-post-content"><div class="elementor-widget-container"><p>Les femmes ont plein de raisons de faire la grève. L’une d’entre elles est qu’elles gagnent en moyenne pratiquement 20&nbsp;% de moins que les hommes pour leur travail rémunéré. Près de la moitié de cet écart est purement discriminatoire (vous trouverez plus de détails à ce sujet dans notre prochaine édition). Mais la discrimination salariale n’est que la pointe de l’iceberg, car même la différence de salaire que l’on dit «&nbsp;explicable&nbsp;» cache des discriminations dont on n’entend pratiquement pas parler dans le débat public. Ainsi, il est compréhensible qu’un responsable de département gagne plus, par exemple, qu’une cheffe d’équipe dans son département. Il ne s’agit pas là, en effet, d’une discrimination SALARIALE.
</p><p>Mais on peut tout de même se demander pourquoi lui est devenu responsable de département, alors qu’elle est restée cheffe d’équipe. Est-ce que les deux ont postulé&nbsp;? A-t-il plus d’expérience et est-il plus qualifié qu’elle&nbsp;? A-t-elle choisi, après sa scolarité obligatoire, une formation «&nbsp;typiquement féminine&nbsp;»&nbsp;? L’employeur a-t-il octroyé à son collègue davantage de formation continue&nbsp;? Si tous deux ont les mêmes qualifications, est-ce que l’homme est allé peut-être boire deux ou trois bières avec le chef alors que sa collègue allait chercher ses enfants à la crèche&nbsp;? Ou encore, le chef pense-t-il tout simplement que l’homme sera plus à la hauteur qu’elle, bien que leurs qualifications soient les mêmes&nbsp;? «&nbsp;Instinctivement&nbsp;» en quelque sorte&nbsp;? Peut-être n’a-t-elle pas postulé pour la direction du département parce qu’elle n’était pas intéressée ou ne se croyait pas capable d’occuper ce poste&nbsp;? Peut-être aussi parce qu’elle s’occupe régulièrement de sa mère qui a besoin de soins et n’a plus assez de disponibilité&nbsp;?  
</p><p>Les femmes ont des perspectives professionnelles et de carrière moins bonnes et des salaires moins élevés parce qu’elles sont régulièrement confrontées à des discriminations qui les freinent&nbsp;: non-recrutement et non-promotion des femmes dites «&nbsp;en âge de procréer&nbsp;»&nbsp;; licenciements de 10&nbsp;% des travailleuses lorsqu’elles deviennent mères&nbsp;; réticence des employeurs et employeuses ainsi que des politicien-ne-s de droite de créer des conditions de travail qui laissent aux salarié-e-s assez d’énergie et de temps pour les tâches non rémunérées d’assistance et de soins. Enfin, il est également question ici des remarques stupides et du harcèlement sexuel qui rabaissent les femmes et les mettent au pied du mur. 
</p><p>Ces discriminations ont pour effet que les femmes sont extrêmement surreprésentées dans le secteur des bas salaires, mais tout autant sous-représentées dans celui des hauts salaires&nbsp;: 63&nbsp;% des emplois pour lesquels le salaire est inférieur à 4000 francs sont occupés par des femmes. Dans les emplois où les salaires sont supérieurs à 16&nbsp;000 francs, les femmes ne sont que 18&nbsp;% (<a href="https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/actualites/quoi-de-neuf.assetdetail.7206414.html" target="_blank" rel="noreferrer">Enquête suisse sur la structure des salaires 2016, Office fédéral de la statistique</a>).
</p><p>Pour ces raisons, nous voulons que la loi sur l’égalité entre femmes et hommes soit appliquée sans concession et que les discriminations dans le monde du travail rémunéré ne soient plus tolérées. Nous voulons que les conventions collectives de travail (CCT) des branches où la part des femmes est élevée garantissent des conditions de travail équitables. C’est pour cela que nous faisons grève le 14 juin&nbsp;!</p></div></div>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5965</guid><pubDate>Thu, 18 Apr 2019 11:10:00 +0200</pubDate><title>Risques de maladie liés à une longue semaine de travail : les femmes sont doublement exposées !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/risques-de-maladie-lies-a-une-longue-semaine-de-travail-les-femmes-sont-doublement-exposees</link><description>Les études sont claires: travailler plus de 40 heures par semaine est néfaste pour la santé</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">On tombe plus rapidement malade si l'on travaille régulièrement plus que 40 heures par semaine. Et cette réalité est encore plus prononcée pour les femmes. Le Parlement veut désormais introduire la semaine de 80 heures et abolir la saisie du temps de travail, ce qui pourrait s'avérer désastreux pour la santé de nombreux salarié-e-s. L'" Alliance contre le stress et le travail gratuit " combat ce projet dangereux !</p><p>Deux études publiées récemment <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0927537118300502?via%3Dihub" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">[1]</a>&nbsp;<a href="https://drc.bmj.com/content/6/1/e000496" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">[2]</a> montrent que chaque heure travaillée au-delà d'un volume de travail de 40 heures nuit à la santé. Et c'est particulièrement vrai pour les femmes cumulant les charges comme le travail de soins et d'assistance (" care ") !
</p><p>Pour ces enquêtes, 7065 Canadiennes et Canadiens ont été suivis pendant douze ans. Le résultat est effrayant : le risque de développer un diabète était de 63% chez les participantes travaillant régulièrement 45 heures par semaine ou plus ! Ces femmes ont été comparées à des volontaires travaillant entre 35 et 40 heures : celles-ci ne présentaient pas un tel risque.
</p><p>Même une légère augmentation du temps de travail a un effet sur la santé, selon l'étude : en ajoutant une heure au temps de travail hebdomadaire, le nombre de visites chez le médecin a augmenté de 13 %. Et la perception de son propre état de santé s'est détérioré de 2 % à cause de l'augmentation du temps de travail.
</p><h3>Double stress</h3><p>Les chercheurs et chercheuses ont démontré que le " facteur fatal " est à chercher du côté des heures (supplémentaires) de travail. D'autres facteurs nuisibles pour la santé ont été vérifiés : le résultat n'a pas changé de manière significative lorsque des facteurs comme le tabagisme, la consommation d'alcool, le manque de mouvement ou un indice de masse corporelle accru ont été ajoutés !
</p><p>L'étude montre que toute forme de travail au-delà de 40 heures par semaine tend à être néfaste. Mais pour les femmes, ce risque est encore plus élevé. Trop souvent, elles assument, outre un travail rémunéré, la plus grande partie du travail non rémunéré, que l'on appelle le travail de " care , comme par exemple s'occuper d'enfants ou de proches. Cela implique un double stress pour les femmes, avec les effets en conséquence sur leur santé.
</p><p>L'inégalité salariale entre femmes et hommes (écart salarial genré) vient s'ajouter aux facteurs mentionnés ci-dessus : les femmes gagnent moins, en général, pour le même travail, mais aussi parce qu'elles ont plus souvent des emplois mal rémunérés. Tout cela entraîne un stress supplémentaire, avec là aussi des répercussions négatives sur la santé.
</p><h3>Non à la semaine de 80 heures !</h3><p>Malgré ces constats limpides et basés sur des faits, les partis de droite en Suisse veulent supprimer pour une grande partie des employé-e-s toutes les dispositions de protection contre le stress et l'épuisement professionnel (" burnout ") prévues dans droit du travail. La révision en cours impliquerait pour de nombreux employé-e-s que la semaine de 80 heures, et même le travail dominical, deviendraient obligatoires sur demande de l'employeur. La saisie du temps de travail pourra aussi être complètement abolie : Adieu, le contrôle du temps de travail !
</p><p>Avec ses partenaires de l'" Alliance contre le stress et le travail gratuit ", l'USS se défendra contre ces propositions scandaleuses, par voie de référendum si nécessaire !
</p><p>&nbsp;</p><h3><b>Alliance contre le stress et le travail gratuit :</b></h3><p>Union syndicale suisse (USS), Travail.Suisse, Société suisse de médecine du travail (SSMT), Association suisse des employés de banque (ASEB), Fédération Suisse des Associations professionnelles du domaine de la Santé (FSAS), Association suisse des médecins-assistant-e-s et chef-fe-s de clinique (ASMAC), ainsi que les syndicats Syna, syndicom, Unia et SSP</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-6141</guid><pubDate>Wed, 17 Apr 2019 14:45:00 +0200</pubDate><title>Faire la grève dans le cadre de la Grève des femmes*, qu’est-ce que cela signifie ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/faire-la-greve-dans-le-cadre-de-la-greve-des-femmes-qu-est-ce-que-cela-signifie</link><description>La Grève des femmes* du 14 juin 2019 s’adresse aux employeurs et employeuses, mais aussi à l’État et la société toute entière. </description><content:encoded><![CDATA[<p>En 1991, l’Office fédéral de l’industrie, des arts et métiers et du  travail (OFIAMT) considérait que la Grève des femmes ne comptait pas  comme «&nbsp;conflit de travail&nbsp;», raison pour laquelle l’OFIAMT ne fit pas  de statistiques sur la participation à cette grève. Le Dictionnaire  historique de la Suisse écrit au sujet de «&nbsp;<a href="http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16528.php" target="_blank" rel="noreferrer">Grèves&nbsp;</a>»  : « On entend par grève la cessation collective du travail par des  salariés sous contrat, dans le but d’obtenir des avantages  professionnels ». L’auteur de l’article parvient à ne faire aucune  mention de la Grève des femmes de 1991, pas même dans le paragraphe  qu’il dédie à la catégorie des grèves «&nbsp;politiques&nbsp;». Pourtant, si nous  nous tenons à la définition donnée plus haut, le 14 juin 1991, il y a  bien eu des cessations collectives du travail par des salariés – pardon,  salariées – sous contrat. Ces deux exemples nous montrent que la Grève  des femmes de 1991 dépassait à bien des égards le cadre de ce qui est  entendu traditionnellement sous le terme de grève. Revenir sur la  question de ce que signifie une grève féministe nous est utile pour  envisager les multiples modes de grève possibles et nécessaires le 14  juin 2019.
</p><p>La Grève des femmes* du 14 juin 2019 s’adresse aux employeurs et employeuses, mais aussi à l’État et la société toute entière. Nous luttons pour que l’égalité inscrite dans la Constitution soit enfin réalisée, dans toutes les sphères de nos vies, dont celle du travail. Nous revendiquons du temps, de l’argent et du respect, pour tout le travail que nous effectuons au quotidien, qui continue à être dévalorisé et rendu invisible. Un des premiers éléments qui sort du cadre de la notion traditionnelle de grève, c’est la manière par laquelle nous définissons le travail. Au-delà du travail salarié, nos revendications touchent aussi le travail non rémunéré. Les tâches domestiques, c’est du travail. Cuisiner, laver, nettoyer, c’est du travail. S’occuper du bien-être physique et psychique de ses proches, c’est du travail. Pour atteindre l’égalité véritable, la prise en compte et la réorganisation de ce travail non rémunéré sont donc essentielles. 
</p><p>Nos revendications, étroitement liées à cette définition du travail, dépassent la notion de grève telle que définie par et pour des hommes. Elles portent certes sur les salaires, la durée du temps de travail, les conventions collectives, nos droits syndicaux, comme notre droit de faire la grève. Mais nous réclamons plus que ça. Nous exigeons la fin du harcèlement sexuel, l’abolition des barrières à notre liberté reproductive<a href="https://www.14juin.ch/2019/04/16/faire-la-greve-dans-le-cadre-de-la-greve-des-femmes-quest-ce-que-cela-signifie/#_ftn1" target="_blank" rel="noreferrer">[1]</a> et le respect. Pour le travail salarié et pour le travail non rémunéré.
</p><p>Que pouvons-nous retenir de tout cela en vue du 14 juin 2019&nbsp;? Que pour faire entendre nos revendications, nous ferons grève. En faisant valoir notre définition du travail et nos revendications, nous nous approprions ce moyen de lutte et nous franchissons les barrières d’une conception restrictive de la grève qui n’est pas à la hauteur de nos combats. Nous refuserons d’accomplir nos tâches habituelles, qu’elles soient rémunérées ou pas. En nous organisant avec nos amies, voisines et connaissances, nous briserons l’isolement du travail domestique. Nous ferons la grève de la consommation et ne fixerons aucun rendez-vous pour ce jour-là. Avec nos collègues et l’aide des syndicats, nous nous organisons sur nos lieux de travail pour mener des actions collectives. Les formes de grève et nos actions seront multiples. Nous pouvons, par exemple, ne pas nous présenter à notre poste, faire une pause prolongée à 11h du matin, tenir des piquets de grève, faire la grève du zèle, porter du violet, des badges ou des foulards, chanter une chanson de grève, quitter nos lieux de travail à 15h30… et bien plus encore. Solidaires les unes des autres, à chacune le mode d’action le plus approprié à sa situation. Toutes ensemble, nous irons manifester et occuperons l’espace public.
</p><p>Et qui sait…&nbsp;? Peut-être que 2019 sera l’année où nos chers damoiseaux les statisticiens et historiens cesseront de nous effacer de leurs calculs et de leurs récits. Sinon, nous avons d’excellentes statisticiennes et historiennes qui sauront mesurer l’ampleur de cette grève et écrire notre histoire.
</p><p>&nbsp;</p><hr class="wp-block-separator"><p><a href="https://www.14juin.ch/2019/04/16/faire-la-greve-dans-le-cadre-de-la-greve-des-femmes-quest-ce-que-cela-signifie/#_ftnref1" target="_blank" rel="noreferrer">[1]</a>  Bien qu’interdite, la question «&nbsp;Souhaitez-vous avoir des enfants&nbsp;?&nbsp;»  continue de nous être posée lors de nombreux entretiens d’embauche. Ce  n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres de comment, dans le monde du  travail, on essaye de contrôler nos choix reproductifs.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5966</guid><pubDate>Tue, 16 Apr 2019 18:09:00 +0200</pubDate><title>Il faut miser sur un premier pilier solide !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/il-faut-miser-sur-un-premier-pilier-solide</link><description>Les débats sur le financement de l’AVS s’enveniment</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Ces dernières semaines, le financement de l'AVS a de plus en plus souvent été au centre du débat public sur la prévoyance vieillesse. Après le mauvais résultat des placements l'an dernier, c'est au tour du résultat global négatif de l'AVS en 2018 d'être annoncé. Le débat est également alimenté par le vote sur la réforme fiscale et le financement de l'AVS (RFFA) le 19 mai. Il est donc temps de faire le point sur la situation.</p><p> Pour le conseiller fédéral Alain Berset, la prochaine réforme de l'AVS presse et une augmentation de l'âge de la retraite des femmes est inévitable, indépendamment de l'issue de la votation de mai. L'USS est d'accord sur un seul point avec le Conseil fédéral : l'AVS a besoin de davantage d'argent, donc une réforme est nécessaire. Mais le Conseil fédéral oublie que l'élévation de l'âge de la retraite des femmes a été l'une des causes principales de l'échec de la dernière réforme de la prévoyance vieillesse. L'USS refuse l'égalisation de l'âge de la retraite, parce que la situation des femmes n'est pas comparable à celle des hommes sur le marché du travail. Vouloir discuter d'une hausse de l'âge de la retraite est de toute manière vain tant que retrouver un emploi après l'avoir perdu reste difficile pour les salarié-e-s de 50 à 60 ans. Et pour les femmes en particulier, le marché du travail n'est aucunement parvenu à permettre à un maximum de personnes de travailler jusqu'à ce qu'elles atteignent l'âge ordinaire de la retraite.
</p><h3>Un Non sans appel à l'augmentation de l'âge de la retraite des femmes</h3><p>Outre l'USS, tous les partis de gauche ainsi que l'ensemble des associations féminines et plusieurs cantons romands ont clairement signalé lors de la consultation qu'ils refusent l'augmentation de l'âge de la retraite des femmes. Et tous les sondages récents sur le sujet le confirment : l'élévation de l'âge de la retraite des femmes ne recueille pas la majorité (cf. baromètre des préoccupations du CS de décembre 2018; sondage gfs.bern de l'été 2018). Le Conseil fédéral devrait bien réfléchir avant de plomber la prochaine réforme avec une augmentation de l'âge de la retraite des femmes. Tous les commentaires en ce sens, dans le contexte de la votation RFFA, semblent particulièrement polémiques.
</p><h3>Financement solide de l'AVS</h3><p>L'AVS est un bienfait pour la Suisse. Pour la grande majorité de la population, l'AVS est la principale composante du revenu à la retraite. Contrairement aux rentes de la caisse de pension qui baissent pour les nouveaux retraité-e-s, les rentes AVS versées continuent d'être régulièrement ajustées à l'évolution des salaires et à l'inflation. Bien que l'AVS soit fondamentalement saine, elle aura temporairement besoin d'argent supplémentaire cette prochaine décennie, car la génération dite du baby-boom fait actuellement augmenter le nombre de retraité-e-s plus vite que la moyenne. L'an dernier, l'AVS a perdu un total de 2,2 milliards de francs. Ces dix prochaines années, les résultats d'exploitation négatifs devraient se maintenir.
</p><p>Les citoyens et citoyennes trancheront sur une source de financement possible le 19 mai 2019 : avec la RFFA le Parlement souhaite apporter deux milliards de francs supplémentaires par an à l'AVS, en augmentant légèrement la cotisation sur les salaires et par une hausse du financement fédéral. Cela correspond à la logique du financement de l'AVS, un modèle qui a fait ses preuves et qui est très social. Les contributions de la Confédération et l'augmentation des cotisations salariales conduiraient les entreprises et les hauts revenus à participer plus fortement au financement de l'AVS que par le biais d'une augmentation, prévue dans la révision de l'AVS, de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Les 800 millions de francs issus des caisses fédérales proviendraient en grande partie de recettes fiscales. Et les prélèvements salariaux ne sont pas seulement positifs pour la contribution de l'employeur : les 10% des salaires les plus élevés paient près d'un tiers des cotisations AVS. Mais les rentes AVS, elles, sont plafonnées. Résultat : 92 % des assuré-e-s reçoivent plus de l'AVS qu'ils ne lui versent.
</p><p>En cas d'acceptation du projet RFFA, le pour cent démographique de la TVA introduit en 1999 serait enfin versé intégralement à l'AVS et ainsi, une revendication syndicale de longue date serait honorée. Actuellement, seul 0,83 % va à l'AVS. Les recettes supplémentaires prévues avec la RFFA couvriront les besoins financiers supplémentaires de l'AVS jusqu'au milieu des années 2020. Cela nous donne du temps et facilite notre lutte contre des détériorations de la prévoyance vieillesse. Malheureusement le financement supplémentaire de l'AVS est lié à la réforme fiscale contestée en raison des pertes qu'elle entraînera dans les cantons et les communes. 
</p><p>Indépendamment du résultat du vote du 19 mai, l'USS se préoccupe du bon financement de la principale œuvre sociale de la Suisse lors de l'arrivée à la retraite des baby-boomers, et de la répartition solidaire des besoins de financement du 1er pilier entre toutes les tranches d'âge et tous les revenus. Aujourd'hui déjà, le patronat et le Conseil fédéral font pression pour réduire les prestations AVS, que ce soit par un âge de la retraite plus élevé ou en attaquant la compensation du renchérissement (indice mixte). Cette situation est intenable pour de larges couches de la population compte tenu du niveau déjà modeste de leurs rentes. D'autant plus que les rentes des caisses de pension des nouveaux retraité-e-s baissent, et que les rentes AVS sont de plus en plus à la traîne par rapport à l'évolution des salaires, malgré des augmentations régulières.
</p><p>Conclusion : il est urgent d'augmenter les rentes AVS pour assurer un niveau de rente décent aux futurs retraité-e-s. Sinon, la pauvreté des personnes âgées risque de s'étendre à nouveau. L'USS élabore actuellement une initiative pour une 13ème rente AVS. </p>]]></content:encoded><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5967</guid><pubDate>Tue, 16 Apr 2019 15:20:00 +0200</pubDate><title>Pour un droit des armes moderne et plus sûr et une appartenance forte à l’espace Schengen</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pour-un-droit-des-armes-moderne-et-plus-sur-et-une-appartenance-forte-a-l-espace-schengen</link><description>Sécurité : OUI à la révision partielle de la loi sur les armes</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Ces dernières années, la violence armée est montée en puissance et peut nous toucher au quotidien : pensons aux attentats perpétrés à " Charlie Hebdo " à Paris ou dans les mosquées de Christchurch. De nombreux États y ont réagi en modernisant leur législation sur les armes, afin de rendre plus difficile l'acquisition de certaines armes particulièrement dangereuses par des terroristes et des criminels potentiels.</p><p>Ainsi l'Union européenne (UE) entend-elle, avec sa nouvelle directive sur les armes, instaurer l'obligation de marquage, d'enregistrement et donc de traçabilité des éléments essentiels des armes semi-automatiques. La Suisse veut transposer cette directive dans sa législation nationale, car actuellement, les armes automatiques et semi-automatiques ne sont enregistrées que de manière très lacunaire dans les registres des armes cantonaux.
</p><p>Le Conseil fédéral et le Parlement prônent une solution sur mesure pour notre pays, qui tient compte de la tradition suisse du tir et du tir sportif tout en améliorant notre sécurité à toutes et tous. Cette révision de la loi doit aussi être conçue de façon à permettre à la Suisse de rester dans l'espace de sécurité Schengen de l'UE, qui revêt une importance capitale pour notre pays, notamment dans le tourisme et l'économie. Le peuple votera le 19 mai sur cette révision partielle de la législation sur les armes.
</p><h3>De quoi s'agit-il exactement ?</h3><p>La plupart des adaptations sont minimes et de nature technique. Seule véritable innovation : la création d'un registre cantonal des armes semi-automatiques. Désormais, si l'on veut posséder une arme, il faudra être membre d'une société de tir ou prouver que l'on a suivi des cours pour apprendre à se servir d'une arme semi-automatique. Concrètement, la loi suisse sur les armes réglementera les points suivants :</p><ul><li>Comme à l'heure actuelle, il restera possible de garder son fusil d'assaut après le service militaire pour autant que la fonction entièrement automatique soit désactivée.</li><li>Dans le cadre du tir sportif, les armes semi-automatiques munies d'un chargeur de grande capacité demeureront autorisées, comme par ex. le fusil d'assaut militaire.</li><li>Comme maintenant, aucun test médical ni psychologique ne sera requis pour pouvoir posséder ou acheter une arme semi-automatique.</li><li>Il n'existera pas de registre national des armes, mais uniquement des registres cantonaux.</li><li>Les chasseuses et les chasseurs pourront continuer d'utiliser leurs armes.</li></ul><p>Quiconque possède déjà une arme semi-automatique devra l'annoncer dans un délai de trois ans au bureau cantonal des armes (si elle n'est pas déjà enregistrée). En cas d'acquisition d'un telle arme, il faudra attester après cinq ans et après dix ans l'usage régulier de l'arme ou l'affiliation à une société de tir. À l'avenir, les collectionneurs et collectionneuses devront prouver que ces armes sont stockées en toute sécurité et qu'ils tiennent une liste de leurs armes à feu.
</p><h3>Plus de sécurité à peu de frais</h3><p>Des adaptations modestes en somme, et sans grands frais (s'il y en a). Elles garantiront que ces armes dangereuses ne tombent pas entre de mauvaises mains, pour la plus grande sécurité de nous toutes et tous. La sécurité en sera renforcée aussi sur certains lieux de travail où, ces dernières années, la peur des armes à feu s'est accrue, à juste titre : fonctionnaires, agent-e-s de police ou personnel de vente par exemple. La police sera mieux à même de prévenir, ou du moins d'élucider, le commerce et le trafic ainsi que les crimes commis avec ce type d'armes.
</p><p>Enfin, un OUI le 19 mai renforcera notre appartenance à l'espace Schengen. L'échange électronique d'informations entre les autorités suisses et européennes pourra se poursuivre comme maintenant. L'économie et le tourisme suisses continueront à bénéficier de la circulation transfrontalière sûre et facilitée. Dans les aéroports européens, les voyageurs et voyageuses suisses profiteront des avantages de la liberté de voyager et ne devront pas recommencer à faire la queue pendant des heures dans les files réservées aux pays tiers.
</p><p>Qui donc choisirait de renoncer à plus de sécurité et de prospérité dans son propre pays, et à plus de liberté en voyage, uniquement parce que la loi sur les armes connaît quelques ajustements ponctuels ? Voilà pourquoi le 19 mai, les syndicats diront OUI à la modernisation de la loi sur les armes. </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-6061</guid><pubDate>Mon, 15 Apr 2019 15:05:00 +0200</pubDate><title>Les femmes subissent un manque à gagner de plus de 100 milliards</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/les-femmes-subissent-un-manque-a-gagner-de-plus-de-100-milliards</link><description>C’est le travail gratuit fourni par les femmes qui joue un rôle encore plus important.</description><content:encoded><![CDATA[<p>En Suisse, les femmes ont une foule de raisons de faire la grève.  L’une d’entre elles étant qu’à la fin du mois, leur salaire est  inférieur de 41,5 % en moyenne à celui des hommes  <a href="http://www.denknetz.ch/wp-content/uploads/2019/03/Einkommens_GGAU_Madoerin.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">L’économiste Mascha Madörin</a>  a calculé que dans notre pays, les femmes étaient privées de plus de  100 milliards de francs par an à cause de cet écart de revenu. C’est  trois fois plus que ce que l’État dépense pour l’éducation, et un tiers  des dépenses de consommation des ménages privés.
</p><p>Bien sûr, cet écart global des revenus du travail est en partie dû au  fait que le salaire horaire moyen des femmes est plus faible que celui  des hommes. Mais c’est  le travail gratuit fourni par les femmes qui joue un rôle encore plus  important. Le travail de« care », c’est-à-dire la prise en charge des  enfants, les soins aux malades, le ménage et l’accompagnement des  personnes âgées, est encore et toujours considéré comme une affaire de  femmes. Beaucoup d’hommes ne se sentent, tout simplement, pas concernés.  Ou bien leurs supérieur-e-s ne les autorisent pas à travailler à temps  partiel pour pouvoir prendre soin de leurs proches et du ménage. Donc  les femmes s’en occupent : une partie d’entre elles au titre de  migrantes du « care » et de garde-malades 24 heures sur 24 sous contrat  précaire et mal rémunéré, et les autres gracieusement, en qualité de  compagnes, d’épouses ou de belles-filles. Mais dans les deux cas, c’est  au détriment de leur sécurité financière et de leur indépendance  économique. Ce « travail gratuit » constitue en réalité un impôt payé  majoritairement par les femmes, sans qu’elles puissent en espérer une  quelconque contrepartie : en 2016, selon <a href="https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/travail-remuneration/travail-non-remunere/compte-satellite-production-menages.assetdetail.4622498.html" target="_blank" rel="noreferrer">l’Office fédéral de la statistique</a>,   les femmes ont accompli du travail non rémunéré pour une valeur de 250  milliards de franc (contre 160 milliards pour les hommes), une somme de  travail sans laquelle notre société ne fonctionnerait pas, voire ne  survivrait pas !  
</p><p>En effet, comment une société survivrait-elle sans enfants ? Des  enfants qui par ailleurs sont le catalyseur de l’inégalité des revenus  entre les sexes : une  <a href="https://www.henrikkleven.com/uploads/3/7/3/1/37310663/kleven-landais-sogaard_gender_feb2017.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">équipe de recherche autour d’Henrik Kleven</a>  a montré qu’au Danemark, les femmes paient littéralement l’arrivée du  premier enfant par une « peine de maternité » correspondant à un bon  cinquième de leur salaire, alors que jusque-là, elles gagnaient presque  autant que les hommes (contrairement à ce qui se passe en Suisse). Les  deux tiers de cette « peine de maternité » s’expliquent par le fait  qu’elles travaillent moins et donc gagnent moins, voire qu’elles  renoncent totalement à exercer une activité lucrative. Ce constat ne  surprend guère et s’applique aussi à la Suisse, comme le montre   <a href="https://www.republik.ch/2018/12/17/die-mutterschaftsstrafe" target="_blank" rel="noreferrer">Lukas Tschan</a>  dans son travail de séminaire. Mais cela ne justifie pas pour autant  que les femmes doivent subir la totalité des pertes de revenus pour se  charger du travail familial, ni que l’âge venu, elles touchent des  retraites largement inférieures. Tandis que les pères sont plus nombreux  à voir leur travail rémunéré et qu’ils gagnent mieux leur vie que les  hommes sans enfants. 
</p><p>Par conséquent, nous exigeons que les pouvoirs publics investissent dans des structures de «&nbsp;care&nbsp;» abordables, de bonne qualité, offrant des conditions de travail et de salaire équitables, afin de réduire la charge du travail gratuit imposée aux femmes. Nous exigeons&nbsp;un congé de paternité, un congé parental et des congés pour motifs familiaux pour que les hommes puissent mieux assumer leurs responsabilités envers le travail de «&nbsp;care&nbsp;». Et nous exigeons pour toutes et tous la diminution du temps à consacrer à l’activité lucrative afin d’avoir plus de temps pour nous-mêmes et pour nos proches. C’est pour cela que nous ferons la grève le 14 juin&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5959</guid><pubDate>Wed, 10 Apr 2019 13:22:00 +0200</pubDate><title>Toutes les fêtes du 1er Mai 2019</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/toutes-les-fetes-du-1er-mai-2019</link><description>PLUS POUR VIVRE !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="Texte"><span lang="FR"></span></p><p>Vous trouvez ici l'ensemble des manifestations, événements et autres fêtes organisés dans toute la Suisse à l'occasion du 1er Mai 2019. Cette année aussi, plus de cinquante fêtes du 1er Mai auront lieu dans tout le pays. Elles seront centrées sur la revendication de mettre le curseur sur une nouvelle direction. Car le moment est venu pour PLUS de salaire, PLUS de rente, PLUS de justice salariale, PLUS d'égalité, PLUS de réduction des primes, PLUS de protection des salaires et PLUS de temps pour soi-même. Bref, nous revendiquons PLUS POUR VIVRE. Et cela, aussi lors de la Grève des femmes du 14 juin (vers l'appel...)
</p><p><a href="https://docs.google.com/spreadsheets/d/1FoD3ZMlw0c332lWgojAOJjISBN6j2T4n2anhHsn6TJQ/edit?usp=sharing" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Toutes les manifestations sous forme de liste</a>. La carte ci-dessous et la liste sont régulièrement mises à jour et complétées. Merci dee communiquer vos corrections et les manifestations manquantes à : <a href="#" data-mailto-token="thpsav1thaaophz5wylpzzlyGzni5jo" data-mailto-vector="7" class="mail">matthias.preisser(at)sgb.ch</a>. </p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5948</guid><pubDate>Wed, 10 Apr 2019 10:05:00 +0200</pubDate><title>PLUS POUR VIVRE !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/plus-pour-vivre</link><description>Appel de l’USS pour le 1er Mai 2019</description><content:encoded><![CDATA[<p> Si nous, les travailleurs et travailleuses, sommes solidaires et défendons ensemble nos intérêts, nous pouvons obtenir beaucoup. Au sein de l'entreprise par exemple : grâce à une grève, la rédaction de l'Agence télégraphique suisse (ATS) a contraint la direction à annuler le licenciement de tous les rédacteurs et rédactrices de plus de 60 ans.
</p><p>La solidarité et l'unité, ça paie aussi au niveau de toute une branche : grâce à une mobilisation exemplaire et à des grèves d'avertissement, les travailleurs et travailleuses du bâtiment ont non seulement pu sauver et assurer le maintien de leur retraite à 60 ans, ils ont en même temps arraché de haute lutte une hausse de salaire méritée depuis longtemps.
</p><p>En politique aussi, nous pouvons, nous, les travailleurs et travailleuses, faire bouger beaucoup de choses si nous nous engageons solidairement pour défendre nos intérêts : ce n'est que parce que les syndicats sont intervenus avec fermeté que le débat sur l'accord-cadre entre la Suisse et l'Union européenne (UE) s'est enfin focalisé sur la préservation de la protection des salaires et des mesures d'accompagnement.
</p><h3>Attaques contre la protection des salaires</h3><p>Bien sûr, nous savons que la protection des salaires est une épine dans le pied de beaucoup de monde dans les milieux patronaux, économiques et politiques. Aujourd'hui, ces mêmes personnes se placent du côté des arts et métiers du Sud de l'Allemagne et des idéologues de la Commission européenne qui veulent démanteler notre protection des salaires et imposer les règles peu contraignantes de l'UE. Nous, les syndicats, sommes favorables à la libre circulation des personnes : elle constitue une réussite et protège les travailleurs et travailleuses de la discrimination, quelle que soit leur provenance. Mais elle peut le faire uniquement si elle va de pair avec une protection des salaires forte. Nous voulons protéger les salaires, pas les frontières ! Ceci dit, la protection des salaires doit être améliorée : les contrôles montrent en effet un taux d'infraction élevé. Nombre d'entreprises ne versent pas des salaires suisses ou trichent d'une autre manière. Il faut donc clairement PLUS, et non moins, de protection des salaires. Ce n'est qu'ensemble que nous pouvons repousser l'offensive contre notre protection des salaires lancée par le conseiller fédéral Ignazio Cassis, soutenu par de grandes sociétés.
</p><p>Être solidaires et lutter ensemble a un effet très concret et direct sur les salaires : ces dernières 20 années, nous, les syndicats, sommes parvenus à relever substantiellement les salaires les plus bas. Le fruit de nos campagnes réussies contre les bas salaires et pour un salaire minimum de 4000 francs récolte même les louanges de certains tenants du libéralisme économique lorsqu'ils soulignent qu'en Suisse, les écarts entre les bas et les hauts salaires sont moindres qu'ailleurs.
</p><p>Mais beaucoup de choses vont encore très mal sur le front des salaires. Alors que les rémunérations des grands managers atteignent à nouveau des hauteurs astronomiques, comme avant l'éclatement de la crise financière, les salaires réels des salarié-e-s ordinaires stagnent depuis deux ans. Souvent, la compensation du renchérissement n'a même pas été versée. Manifestement, les employeurs et employeuses n'ont que trop volontiers oublié et jeté par-dessus bord ce principe de la compensation pendant les années d'inflation zéro. L'heure est clairement venue pour PLUS de salaire.
</p><h3> L'heure de la Grève des femmes est venue</h3><p>C'est surtout vrai pour les femmes, car leurs salaires sont toujours à la traîne par rapport à ceux des hommes. Bien que l'égalité entre femmes et hommes figure depuis 1981 dans la Constitution et, depuis 1996, dans la loi, la situation laisse à désirer à de nombreux égards, et pas seulement en matière salariale. La majeure partie du travail fait à la maison est fournie par les femmes. Mais ce n'est ni reconnu comme travail, ni valorisé. Conséquence : des salaires de misère et des petites rentes. Des économies sont faites dans l'offre de structures d'accueil des enfants et dans celle des soins. Sur le dos des femmes, qui comblent les lacunes. Et la violence sexuelle et sexiste reste répandue. De toute évidence, il faut PLUS de salaire, plus de temps et du respect. C'est pourquoi l'heure de la Grève des femmes* du 14 juin est venue.
</p><p>Nous devons aussi être solidaires et nous battre ensemble contre la baisse de notre pouvoir d'achat. Une baisse causée, entre autres, par la hausse continuelle des primes-maladie. Le Conseil fédéral avait promis que ces dernières ne devaient pas dépasser 8 % du budget des ménages. Or aujourd'hui, nous payons souvent bien plus. Les cantons ont économisé et mis un frein aux réductions de primes. Quelques-uns les ont même carrément diminuées. Il est clair qu'il faut, au contraire, PLUS de réductions des primes. Première étape pour y parvenir : la charge que les primes représentent doit baisser à 10 % du budget des ménages, comme le veut l'initiative pour l'allègement des primes soutenue par l'USS.
</p><p>Le pouvoir d'achat des futurs retraité-e-s est aussi soumis à forte pression : ces dernières années, les nouvelles rentes du 2e pilier n'ont cessé de baisser. Pourtant, à part l'USS et ses alliés, les acteurs politiques ne veulent pas voir la bombe sociale à retardement que représente cette situation. Au lieu de se pencher sur le montant des rentes, ils préfèrent parler démographie et relèvement de l'âge de la retraite pour tout le monde. Il est clairement temps pour PLUS de rente. Pour cela, il faut augmenter les rentes AVS afin que la prochaine génération de retraité-e-s touche elle aussi des rentes décentes.
</p><h3>Mettre le curseur vers une nouvelle direction</h3><p>Être solidaire, lutter ensemble, il faut aussi le faire face aux attaques contre nos règles fondamentales sur la protection des travailleurs et travailleuses. Devant les journalistes étrangers, l'Union patronale aime se targuer du fait que le droit suisse du travail est extrêmement flexible et libéral. Les mêmes milieux veulent pourtant aujourd'hui s'en prendre à l'obligation d'enregistrer la durée du travail, aux temps de repos et aux durées maximales de travail. Au contraire : il faut clairement PLUS de temps pour vivre, et non moins. Nous, les syndicats, nous combattons énergiquement ces attaques et revendiquons ce qui n'a que trop attendu : cinq semaines de vacances pour tout le monde.
</p><p>Il faut mettre le curseur vers une nouvelle direction : le moment est venu pour PLUS de salaire, PLUS de rente, PLUS de justice salariale, PLUS d'égalité, PLUS de réduction des primes, PLUS de protection des salaires et PLUS de temps pour soi-même. Bref, nous revendiquons PLUS POUR VIVRE. </p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5915</guid><pubDate>Fri, 29 Mar 2019 14:00:00 +0100</pubDate><title>Franchises de l&#039;assurance-maladie : restons-en là ! </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/franchises-de-lassurance-maladie-restons-en-la</link><description>À la dernière minute, le Parlement dégomme la hausse des franchises</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La menace d'un référendum a eu son effet. La majorité des parlementaires a refusé lors du vote final que les franchises augmentent automatiquement avec les coûts de la santé. Mais cette posture devra aussi être maintenue après les élections !</p><p>Après la gifle reçue par l'UDC avec son projet de faire augmenter à toute vitesse par les Chambres fédérales les franchises de l'assurance de base, l'UDC s'est rappelée au dernier moment que 2019 était une année électorale ! Elle a ainsi fait volte-face et, dans sa majorité - c'est-à-dire sans ses lobbyistes des assurances-maladie -, rejeté le projet, rejoignant ainsi les partis de gauche. Pour les asssurée-e-s, c'est pour l'insatant une très bonne nouvelle. Alors que la charge financière représentée par les primes individuelles ne sont plus guère supportables pour nombre de ménages, c'est d'autant plus vrai de la participation aux coûts en cas de maladie. Une hausse constante des franchises aurait non seulement été de ce fait des plus antisociales, mais aurait aussi menacé la santé des gens.</p><p>La question d'une hausse de la participation aux coûts n'est néanmoins de loin pas encore liquidée. En effet, d'une part, d'autres interventions parlementaires sont en cours de traitement (p. ex. pour l'introduction d'une taxe de consultation et d'un paiement pour les urgences), d'autre part, des parlementaires de droite ont déjà annoncé qu'ils remettraient la hausse des franchises à l'ordre du jour juste après les élections. Parce qu'il est difficile de moins prendre les gens pour des imbéciles, ils se justifient en parlant d'une " symétrie des sacrifices " qui devra s'appliquer à l'avenir. Par-là, la droite veut dire que non seulement les assuré-e-s, mais aussi les fournisseurs de prestations doivent contribuer à la maîtrise des coûts. Comment être plus stupide ?! Premièrement, une hausse des franchises - combinée ou non avec autre chose - ne diminuera tout au plus que marginalement les coûts et, deuxièmement, une symétrie des sacrifices, cela signifiera pour ces personnes qu'à une extrémité, les primes augmenteront et qu'à l'autre, les prestations baisseront.</p><p>Mais indépendamment de cela, le débat sur la maîtrise des coûts dure depuis longtemps et certes, à juste titre. Compte tenu de la charge financière existante, les assuré-e-s ne comprennent pas pourquoi les génériques coûtent en Suisse toujours 140 % de plus que dans les pays européens comparables. Ils n'acceptent pas que, dans l'assurance de base, on trouve encore presque 60 caisses-maladie qui, d'une part, pour une " offre " identique, dépensent beaucoup d'argent pour les séduire avec leur publicité et, de l'autre, contrôlent souvent de manière lacunaire les factures des médecins et des hôpitaux. Et ils ne comprennent pas non plus que dans la petite Suisse, chaque canton continue à largement mitonner sa soupe dans son coin, avec pour conséquence de grandes différences de primes.</p><p>Notre conclusion est claire : ce qui est dit avant les élections doit rester valable après. L'USS s'engagera de toute façon contre une hausse de la participation des assuré-e-s aux coûts et pour une diminution de la charge des primes</p>]]></content:encoded><category>Santé</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/5/e/csm_Dirk_Vorderstrasse-flickr_medikamente_pillen_tabletten_krank_arbeitsunfaehig_arbeitsunfaehigkeitsbescheinigung_8f773be567.jpg" length="87749" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-5914</guid><pubDate>Fri, 29 Mar 2019 12:20:00 +0100</pubDate><title>« Un accord-cadre doit profiter aux travailleurs et travailleuses »</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/un-accord-cadre-doit-profiter-aux-travailleurs-et-travailleuses</link><description>Interview avec Daniel Lampart, économiste en chef de l&#039;USS : « Les syndicats veulent une Europe sociale »</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Oui à une Europe sociale, non aux dégradations de la protection des salaires et des mesures d'accompagnement. Pour le premier secrétaire et économiste en chef de l'USS, un point est particulièrement important concernant notre position par rapport à l'Union européenne (UE) : la politique européenne doit profiter aux travailleurs et travailleuses.</p><header><p>Interview par Matthias Preisser et Thomas Zimmermann</p></header><p><b>Daniel Lampart, certains à gauche reprochent à l'USS qu'elle va dans le mur avec l'accord-cadre et, par-là, de menacer les Accords bilatéraux. Les syndicats sont-ils désormais contre l'UE ?</b></p><p><b>Daniel Lampart</b> : Un pays plutôt petit comme la Suisse, situé au centre de l'Europe, a besoin d'entretenir des relations de qualité et stables avec l'UE. Cela explique pourquoi nous nous sommes toujours engagés en faveur d'une ouverture à l'Europe et la libre circulation des personnes. Mais nous avons aussi toujours dit que les travailleurs et travailleuses devaient en profiter. C'est grâce à nous qu'une protection des salaires et des mesures d'accompagnement ont été mises en place. Et nous sommes fiers que les mesures d'accompagnement suisses fassent partie des meilleures d'Europe. Aujourd'hui, le conseiller fédéral Ignazio Cassis suit pour la première fois une politique européenne qui vise à retourner l'intégration européenne contre les travailleurs et travailleuses. C'est là emprunter une voie totalement erronée. La politique européenne doit profiter aux travailleurs et travailleuses et la protection des salaires doit être améliorée, certainement pas dégradée.
</p><p><b>Pourquoi vous préoccupez-vous du salaire touché par un travailleur ou une travailleuses détaché si les règles en vigueur dans son pays sont respectées et s'il y retourne une fois terminée sa mission en Suisse ?</b></p><p><b>D. Lampart</b> : Ce point est important. La libre circulation des personnes a entraîné d'importants progrès, comme par exemple l'abolition du statut de saisonnier. La disparition de cette forme précaire de travail a été une amélioration pour tout le monde. Mais le détachement de main-d'œuvre a créé une nouvelle forme de travail précaire. Des entreprises étrangères de l'artisanat, du secteur de la sécurité ou de l'informatique ont pu venir beaucoup plus facilement en Suisse pour y fournir leurs services. Dans l'artisanat allemand, le salaire moyen est d'environ 3 700 francs, il est même de 900 francs en Pologne. Nous avons par contre les salaires les plus élevés d'Europe, avec un salaire moyen de 5 000 à 6 000 francs dans l'artisanat. Chez nous, les mesures d'accompagnement sont donc déterminantes : si on en arrive à ce que les salaires allemands ou polonais deviennent la norme dans l'artisanat, nos salaires se trouveront alors a priori sous pression, le chômage augmentera et les entreprises qui se comportent correctement perdront des parts de marché. Nos peintres ou menuisiers qualifiés devraient tout à coup recourir à l'aide sociale, toute la formation professionnelle se détériorerait. Ce serait catastrophique !
</p><p><b>L'UE a fait des progrès dans la protection des salaires et reconnaît le principe du salaire usuel local. Pourquoi ses directives en la matière ne suffisent-elles pas selon vous ?</b></p><p><b>D. Lampart</b> : Nous luttons pour une Europe sociale, pour des salaires équitables, afin que les employeurs et employeuses ne puissent pas monter les salarié-e-s les uns contre les autres. De nombreux syndicats européens, nos organisations sœurs et la Confédération européenne des syndicats nous exhortent à ne pas céder. Les conventions collectives de travail (CCT) suisses n'ont pas à avoir honte face à celles des autres pays européens, mais nous devons les imposer. Nous procédons au plus grand nombre de contrôles de tout le continent ; cela, aussi parce que nous avons les salaires les plus élevés. Avec ses commissions paritaires, notre système de contrôle est unique en Europe. Cependant, la pression exercée par les entreprises de l'artisanat allemand et la Commission européenne pour que nous effectuions moins de contrôles et infligions moins d'amendes est forte. De notre point de vue, M. Cassis a répandu sciemment des informations trompeuses en colportant qu'il n'était question que du délai d'annonce de huit jours avant un détachement. Mais il s'agit de bien davantage : voulons-nous, en Suisse, mettre en péril nos CCT, y compris les contrôles et les amendes, en laissant la Cour de justice de l'UE décider des mesures d'accompagnement et en donnant voix au chapitre à la Commission européenne, deux organisations qui se mettent souvent du côté des entreprises ? Pour elles, l'accès au marché est plus important que la protection des salaires. Cela profiterait à celles et ceux qui n'ont jamais voulu des mesures d'accompagnement : Christoph Blocher et sa fille, Avenir Suisse, Economiesuisse.
</p><p><b>Mais aujourd'hui, on voit par exemple des syndicalistes apparaître à côté de Christoph Blocher dans l'émission " Arena ". N'est-ce pas dangereux de s'allier de facto avec une UDC isolationniste ?</b></p><p><b>D. Lampart</b> : Sur ce sujet, les divergences entre l'aile économique de l'UDC et nous sont grandes. L'ancien conseiller fédéral Christoph Blocher est un antisyndicaliste. Lui et sa fille ont violemment attaqué les mesures d'accompagnement, car ils ne veulent pas de protection des salaires. Ils représentent la ligne dure du patronat, avec qui nous n'avons rien en commun. Mais nous ne sommes pas un parti : dans nos rangs, nous avons des membres de l'UDC avec lesxquels la collaboration est très bonne.
</p><p><b>Comment faire sentir cela aussi dans les médias plutôt que rester un peu ans l'ombre de l'UDC ?</b></p><p><b>D. Lampart</b> : Nous ne sommes pas dans l'ombre de l'UDC. Les syndicats ont déclaré que la protection des salaires est essentielle pour l'Europe, et les médias en ont parlé. Mais même nos éditeurs zurichois riches qui roulent sur l'or, comme Ringier et la famille Coninx, veulent casser les salaires : Ils ne veulent même pas d'une CCT. Et aujourd'hui, ils nous dénigrent dans leurs colonnes. Heureusement qu'il y a la presse syndicale !
</p><p><b>L'été dernier, les syndicats ont dit : on ne négocie pas. Cela a été interprété par beaucoup comme un refus de discuter. Comment sortir de cette impasse ?</b></p><p><b>D. Lampart </b>: Ce n'est pas une impasse. Messieurs Cassis et Schneider-Ammann ont franchi la ligne rouge fixée par le Conseil fédéral, qui stipulait qu'on ne négocierait pas sur les mesures d'accompagnement. Nous parlons volontiers avec tout le monde, mais nous ne discuterons pas du démantèlement des mesures d'accompagnement. Nous défendons des personnes qui ont déjà du mal à tourner avec leur salaire. À de nombreuses reprises, des gens m'ont assuré de leur soutien et m'ont dit : surtout, ne lâchez pas, restez fermes ! C'était parfois très émouvant.
</p><p><b>Sans accord-cadre, l'UE menace de prendre des mesures de rétorsion. Est-ce que ce ne sera pas difficile à tenir ?</b></p><p><b>D. Lampart</b> : Nous avons montré que nous sommes capables de résister à la pression. La pression la plus forte est d'ailleurs venue de notre propre pays, des deux conseillers fédéraux PLR, du secrétaire d'État M. Balzaretti, du PLR, de tous les opposants aux mesures d'accompagnement. Nous avons tenu bon et la base a conforté notre position. Peut-être qu'il y aura maintenant encore de la pression de la part de la Commission européenne à propos de l'équivalence boursière ou de l'accès au marché pour la technique médicale. Mais ces problèmes peuvent être résolus. Ils ne peuvent en tout cas pas justifier que nous cédions sur les mesures d'accompagnement.
</p><p><b>Les syndicats veulent une Europe sociale, une Suisse ouverte. Ne devraient-ils pas bouger maintenant et chercher un compromis ?</b></p><p><b>D. Lampart</b> : Nous nous battons pour des bons salaires, des emplois sûrs, une couverture sociale de très grande qualité. En Suisse comme en Europe. C'est pour cela que nous avons soutenu des accords bilatéraux assortis de mesures d'accompagnement. Mais si les objectifs de politique européenne portent préjudice aux salarié-e-s ou entraînent des détériorations, nous disons non.
</p><p><b>Maintenant que les auditions ont eu lieu, que doit faire le Conseil fédéral ?</b></p><p><b>D. Lampart</b> : Il doit maintenir son mandat de négociation, c'est-à-dire pas de négociations sur la protection des salaires. Nous ne pouvons plus accepter que MM. Cassis et Balzaretti soient nos négociateurs. Le Conseil fédéral doit dire à l'UE qu'un accord-cadre " à la Cassis ", ça ne marche pas. Et il doit se demander comment et avec qui continuer de travailler sur ce dossier. Il veut traiter en même temps l'initiative dite " de limitation " (de l'immigration) de l'UDC. Nous rejetons clairement cette initiative, car elle nuit aux salarié-e-s et menace la voie bilatérale. Le Conseil fédéral doit donner maintenant la priorité à la lutte contre cette initiative. On verra ensuite où on en est l'accord-cadre. Nous ne sacrifierons de toute façon pas la protection des salaires. En fin de compte, un accord-cadre doit profiter aux travailleurs et travailleuses. </p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5916</guid><pubDate>Fri, 29 Mar 2019 11:30:00 +0100</pubDate><title>La protection des salaires est une affaire européenne : OUI à une Europe sociale !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-protection-des-salaires-est-une-affaire-europeenne-oui-a-une-europe-sociale</link><description>Résolution du Parlement européen sur l’accord-cadre Suisse-UE : réaction de l&#039;USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>L'Union syndicale suisse (USS) prend acte de la résolution du Parlement européen en faveur de la conclusion rapide d'un accord-cadre entre la Suisse et l'Union européenne (UE). L'USS regrette que ce texte contienne une évaluation négative des mesures d'accompagnement et maintient que celles-ci ne sont ni discriminatoires, ni contraires à la libre circulation des personnes.
</p><p>Au contraire : ces mesures correspondent à l'exigence fondamentale de l'accord sur la libre circulation avec l'UE, qui enjoint la Suisse d'accorder aux salarié-e-s venant de l'UE les mêmes " conditions de vie, d'emploi et de travail " que celles accordées aux nationaux (art.1d de l'accord). La Suisse est donc tenue de protéger la main-d'œuvre venant de l'UE de la sous-enchère salariale. À noter qu'un tiers des heures de travail effectuées en Suisse le sont par des personnes n'ayant pas le passeport helvétique. En bref : les mesures d'accompagnement garantissent que l'on verse les " mêmes salaires pour le même travail au même endroit ". Elles protègent ainsi travailleurs et travailleuses de l'UE comme ceux de la Suisse.
</p><p>Depuis quelque temps, l'UE accorde elle aussi une plus grande importance à l'objectif du " même salaire pour le même travail au même endroit ". Cet objectif a été inscrit dans la directive sur le détachement des travailleurs et la directive de mise en œuvre. Mais l'UE n'a pas encore le même niveau de protection que la Suisse. Les idéologues de la Commission européenne, la droite et les partis conservateurs ainsi que les représentant-e-s du patronat ont réussi à faire obstacle aux mesures plus strictes de protection des salaires exigées par les syndicats européens et par les partis progressistes.
</p><p>Il fallait donc s'attendre à ce que les mêmes cercles s'imposent dans le débat parlementaire et qu'ils exigent dans la résolution le démantèlement de la protection suisse des salaires. Pourtant, comme la Suisse a les salaires les plus élevés d'Europe, les salarié-e-s doivent être d'autant plus protégés.
</p><p>Ce qui est inadmissible, c'est que ces milieux aient trouvé des complices en la personne d'Ignazio Cassis, auprès du PLR, des Vert'Libéraux et d'une partie de l'économie suisse pour accomplir leur entreprise de démantèlement de la protection des salaires en Suisse, via l'accord-cadre tel que présenté maintenant. L'USS combattra ces tentatives avec fermeté, au besoin en passant par un référendum
</p><p> L'USS se réjouit de constater qu'au cours des débats au Parlement européen, la très forte minorité de représentant-e-s syndicaux, de forces de gauche et progressistes s'est engagée pour que la Suisse puisse maintenir son niveau de protection des salaires. C'est par un vote très serré (330 voix contre 303) que le paragraphe critiquant les mesures d'accompagnement a été maintenu dans la résolution. L'USS se battra à son tour aux côtés de ces forces progressistes pour une Europe sociale, c'est-à-dire une Union européenne disposant d'une meilleure protection des salaires et des droits des salarié-e-s. Elle enverra une délégation pour participer à la manifestation pour une Europe sociale le 26 avril à Bruxelles. L'USS a également lancé l'appel <a href="https://protegeons-les-salaires-pas-les-frontieres.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">"Protégeons les salaires, pas les frontières"</a>, qui reçoit de plus en plus de soutien des rangs des forces progressistes en Europe. </p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5905</guid><pubDate>Mon, 18 Mar 2019 11:22:00 +0100</pubDate><title>Il faut arrêter de plumer les assuré-e-s !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/il-faut-arreter-de-plumer-les-assure-e-s</link><description>Le référendum contre l’explosion des franchises est inévitable</description><content:encoded><![CDATA[<p>Nulle part ailleurs en Europe, la participation des assuré-e-s aux coûts de la santé est plus élevée qu'en Suisse. Ce seul fait met en évidence à quel point la hausse continuelle des franchises, et donc un nouveau report des coûts sur les assuré-e-s, est une mesure antisociale. Le Comité présidentiel de l'USS propose par conséquent au Comité de l'USS de soutenir le référendum contre l'adaptation automatique des franchises à l'évolution des coûts de la santé.</p><p>Pour de nombreux salarié-e-s, le fardeau des primes-maladie est déjà trop lourd. Mais ce n'est pas tout : lorsque l'on tombe malade, il faut encore sortir le portemonnaie pour financer les traitements nécessaires. En plus des primes, il faut payer la franchise, la quote-part et les taxes hospitalières et de soins. Et comme si cela ne suffisait pas, le Parlement à majorité de droite, sous la pression du lobby des assureurs-maladie, vient d'adopter définitivement une augmentation automatique des franchises. La charge pour les assuré-e-s ne serait même plus plafonnée. Contrairement, par exemple, à la charge fiscale des gros actionnaires, riches héritières ou héritiers ou des super riches au bénéfice d'un forfait fiscal, pour rappeler une réalité bien différente !</p><p>La décision du Parlement constitue une attaque contre tous les assuré-e-s, mais plus particulièrement envers les retraité-e-s et les malades chroniques : ces personnes ont déjà du mal à assumer les frais de santé et peuvent encore moins se permettre de renoncer à un traitement. Elles le font pourtant de plus en plus souvent, avec les risques que cela implique pour leur santé et des coûts qui au final reviennent souvent encore plus cher !</p><h3>Des affirmations absurdes</h3><p>Mais la population ne se laissera pas berner par les arguments des partis de droite et du lobby des caisses-maladie. Ceux-ci ont en effet affirmé que plus d'un million d'assuré-e-s pourraient diminuer leurs primes de "40 % ou plus" en changeant de caisse, de franchise et de modèle d'assurance. C'est tout simplement scandaleux ! Primo, un changement de caisse entraîne l'année d'après une hausse de la prime d'autant plus juteuse. Et secundo : toutes les personnes qui ont besoin d'un traitement ne peuvent pas simplement augmenter leur franchise pour économiser sur les primes. Cela leur coûtera beaucoup plus cher puisqu'elles devront ensuite chaque fois payer de leur poche le montant total de la franchise plus élevée !</p><p>Au lieu de culpabiliser les assuré-e-s, la majorité de droite au Parlement ferait bien de revoir sa copie et de décider enfin de mesures efficaces pour maîtriser les coûts, de manière à ne pas charger davantage les personnes ni à nuire à la qualité des soins : en agissant par exemple sur les prix des médicaments, les assurances complémentaires et la transparence des données ! Mais pour cela, il faudrait d'abord se libérer de l'influence des lobbys des assurances et de l'industrie pharmaceutique et renoncer à l'un ou l'autre siège dans un conseil d'administration.</p>]]></content:encoded><category>Santé</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/5/b/csm_aeltereFrau-muss-rechnen_wenigGeld_banabana-san_istock_20635cf273.jpg" length="185174" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-5896</guid><pubDate>Mon, 04 Mar 2019 14:40:00 +0100</pubDate><title>Augmenter les franchises ? Surtout pas maintenant !	</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/augmenter-les-franchises-surtout-pas-maintenant</link><description>Après le jugement récent du Tribunal fédéral, le Conseil des États doit revoir sa copie.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Dans un <a href="https://www.bger.ch/files/live/sites/bger/files/pdf/fr/8C_228_2018_yyyy_mm_dd_T_f_08_41_38.pdf" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">arrêt du 22 janvier sur les réductions de primes-maladie</a>, le Tribunal fédéral a de nouveau démontré que le financement du système de santé suisse n'est plus viable tel qu'il est aujourd'hui : dans 25 cantons sur 26, les réductions de primes ne respectent pas les prescriptions fédérales. Depuis des années et dans tout le pays, des assuré-e-s paient des primes nettes trop élevées, en particulier les familles à revenus bas et moyens. Et chaque année, on en rajoute. Les cantons doivent maintenant changer de cap et relever les réductions de primes au moins à un niveau conforme à la loi. De nombreux cantons ont d'ores et déjà annoncé qu'ils étaient en train de le faire (Valais, Neuchâtel, Saint-Gall, Lucerne). D'autres suivront bientôt, sinon de nouvelles plaintes devront être déposées.
</p><p>Mais il y a autre chose d'essentiel à retenir de ce jugement : la charge globale qui pèse sur les assuré-e-s à revenus bas ou moyens a pris des proportions intolérables. On le voit bien si l'on se rappelle qu'en l'an 2000, les primes versées représentaient encore 8 % du budget des ménages, alors qu'elles atteignent aujourd'hui presque le double, soit 14 %. Et ce n'est pas tout : la participation aux coûts (franchise, quote-part, taxe hospitalière et de soins, certains médicaments etc.) a pour sa part plus que doublé depuis l'introduction de la loi fédérale sur l'assurance-maladie (LAMal).
</p><h3>Donner d'un côté, reprendre de l'autre</h3><p>La pression pour agir sur les primes est forte : il y a non seulement ce jugement du Tribunal fédéral, mais il y aura aussi le dépôt de l'initiative « d'allègement des primes » qui vient d'être lancée par le PS et l'USS. Ayant probablement conscience de cela, la majorité de droite au Parlement oriente désormais ses ambitions sur une hausse de la participation aux coûts. Elle veut ainsi introduire une taxe de soins d'urgence et une taxe de consultation par la même occasion, rien de moins. Surtout, elle veut augmenter fortement les franchises : la commission compétente du Conseil des États a suivi le National en acceptant le projet d'adaptation automatique des franchises à l'évolution des coûts (cf le <a href="https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/sante/article/details/des-franchises-plus-elevees-ne-sont-pas-supportables/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">commentaire de l'USS</a> à ce sujet.
</p><p>Le message n'est que trop limpide : ce que l'on mettra dans la poche des assuré-e-s d'un côté (avec, peut-être, des réductions de primes plus substantielles) sera aussi vite soutiré de l'autre côté (hausse de la participation aux coûts). La majorité de droite au parlement prend apparemment les assuré-e-s pour des idiot-e-s !
</p><p>Rien n'est encore décidé : le Conseil des États peut encore tirer le frein à main lors de la session de printemps. Toute autre décision serait complètement incompréhensible, surtout après l'arrêt du Tribunal fédéral sur les réductions de primes. </p>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5891</guid><pubDate>Fri, 01 Mar 2019 15:22:00 +0100</pubDate><title>Logements abordables : l’initiative est prise en otage</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/logements-abordables-l-initiative-est-prise-en-otage</link><description>L’initiative de l’ASLOCA est liée à la réalimentation du fonds de roulement</description><content:encoded><![CDATA[<p>En principe, on ne devrait pas s'en prendre à celles et ceux qui sont partis. Mais il est difficile de dire que Johann Schneider-Ammann a fait bouger quoi que ce soit en termes de politique du logement pendant son mandat de plus de huit ans au Conseil fédéral. Sa seule action a été celle de s'efforcer de rétrograder l'office fédéral compétent sur ce sujet. Autrement, il a toujours minimisé le sujet et a fermé les yeux bien fort. Et pourtant, pendant toute la durée de son mandat, l'offre de logements abordables a fondu comme neige au soleil dans presque toute la Suisse. Aujourd'hui encore, le marché est équilibré uniquement dans le segment des loyers élevés et dans les régions périphériques sans une bonne desserte en transports publics.</p><p>L'initiative de l'Association suisse des locataires (ASLOCA) et des Coopératives d'habitation Suisse veut soutenir la construction de logements d'utilité publique, dont la part stagne actuellement à moins de 5 % du marché global du logement. Dans les grandes villes de Suisse alémanique, cette part est beaucoup plus élevée et les bailleurs de logements d'utilité publique y sont les garants de la mixité sociale. Mais la demande est si forte qu'obtenir un tel logement, c'est presque comme gagner le gros lot à la loterie. Et il arrive effectivement que les logements soient attribués par tirage au sort. La pression ne va pas baisser et les terrains abordables se font de plus en plus rares. Sauf si l'initiative est acceptée : elle prévoit en effet un droit de préemption pour la construction de logements d'utilité publique, y compris pour les terrains appartenant aux entreprises proches de la Confédération.</p><p>Avec le soutien de l'ensemble du Conseil fédéral, notre ancien ministre du logement a déniché un stratagème finaud pour donner le coup de grâce à l'initiative : lui présenter un contre-projet indirect prévoyant la réalimentation du fonds de roulement. Ce fonds est géré par les deux organisations faîtières de la construction de logements d'utilité publique. Son crédit-cadre actuel est épuisé. Il doit être réalimenté par un nouveau crédit-cadre de 250 millions de francs, mais seulement si l'initiative est retirée ou rejetée. L'ASLOCA et les bailleurs de logements d'utilité publique se retrouvent dos au mur.</p><p>Le Conseil national a soutenu (est-ce surprenant ?) ce procédé lors de la session d'hiver, mais il a refusé une augmentation du fonds. La Commission de l'économie et des redevances du Conseil des États (CER-E) a suivi le National et la chambre des cantons tranchera lors de la session de printemps. Le Conseil des États pourrait mettre fin à ce chantage en séparant la réalimentation du fonds du sort de l'initiative. Et il pourrait ainsi prouver qu'il veille toujours à ce que la culture politique étatique et démocratique soit respectée.</p><p>Les syndicats soutiennent l'initiative et approuvent aussi une dotation plus élevée du fond de roulement, à 375 millions de francs. La Confédération et les cantons doivent unir leurs efforts pour améliorer l'offre aujourd'hui insuffisante des logements abordables. Les jeunes petits salarié-e-s, les familles et les retraité-e-s ont besoin de ces logements abordables.</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/b/8/csm_patrik_tschudin-flickr-CC_BY_2.0_baustelle_basel_erlenmatt_wohnungsbau_2_61dec98428.jpg" length="431591" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-5893</guid><pubDate>Fri, 01 Mar 2019 12:25:51 +0100</pubDate><title>Semaine de 70 heures, burnout, travail gratuit: non, non et non!</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/semaine-de-70-heures-burnout-travail-gratuit-non-non-et-non</link><description>Session parlementaire de printemps : le Conseil des États doit stopper les attaques contre la loi sur le travail</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 6 mars, le Conseil des États aura la possibilité de mettre le holà aux attaques ignobles qui visent la loi sur le travail. Les représentant-e-s des cantons devraient écouter les critiques accablantes émises à ce sujet par les milieux qui sont en première ligne sur ces questions : inspectorats cantonaux du travail, médecins du travail, Églises et syndicats, entre autres.
</p><p>Depuis les dernières élections fédérales, la droite du pays s'attaque frontalement aux travailleurs et travailleuses, à leur santé comme à leur porte-monnaie et à leur vie sociale. Deux initiatives parlementaires (Keller-Sutter et Graber) veulent supprimer des pans importants de la loi sur le travail pour plus de 30 % des salarié-e-s " exerçant une fonction dirigeante " ou considérés comme des " spécialistes " (paragraphes dits " élastique ") : il s'agit des règles en vigueur contre le travail gratuit et pour la protection contre l'épuisement professionnel. La réglementation "anti-burnout" du temps de travail dispparaîtrait pour ces personnes, sans compensation et bien sûr&nbsp;contre leur gré.
</p><p>La définition de leur temps de travail disparaîtrait ainsi de la loi et cela, contre leur gré bien sûr. Aucune durée hebdomadaire maximale du travail ne s'appliquerait plus : la semaine de 70 heures et plus deviendrait la norme. Enfin, le travail de nuit et du dimanche deviendrait " normal " pour les professions de bureau et bien d'autres encore : de la comptable au laborantin, en passant par la physiothérapeute. L'objectif de ces attaques ? Travailler pour moins cher aux détriment de la santé des salarié-e-s.
</p><p>Les résultats de la procédure de consultation sur ces questions viennent d'être publiés par la Commission de l'économie et des redevances du Conseil des États (CER-E) : ils sont accablants ! Le communiqué lénifiant et enjolivant de la Commission n'y change rien : tous les milieux directement concernés comme la Société suisse de médecine du travail, les inspectorats cantonaux du travail, l'Alliance pour le Dimanche avec les Églises nationales ainsi que nombre de gouvernements cantonaux ne veulent pas des réformes demandées par les deux initiatives parlementaires précitées. Ce qui n'empêche par la CER-E de louvoyer. Une partie des modifications a ainsi été mise momentanément entre parenthèses, l'autre allant au Conseil fédéral.
</p><p>Il serait pourtant grand temps de saisir l'opportunité de stopper une fois pour toutes cet exercice de démantèlement radical de la loi sur le travail ! Au Conseil des États d'en décider. </p>]]></content:encoded><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5866</guid><pubDate>Thu, 28 Feb 2019 13:00:00 +0100</pubDate><title>L’Europe a besoin d’un Parlement plus social</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/l-europe-a-besoin-d-un-parlement-plus-social</link><description>Pourquoi les élections européennes sont importantes aussi en Suisse et comment voter si l&#039;on est citoyenne ou citoyen européen</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les citoyen-ne-s de l'Union européenne (UE) éliront leurs député-e-s au Parlement européen entre le 23 et le 26 mai. Cette échéance a aussi son importance dans un pays non membre de l'UE comme la Suisse, car les citoyen-ne-s de l'UE qui vivent dans notre pays ont la possibilité de participer à ces élections ! Voici comment ils doivent s'y prendre.</p><h3>Pourquoi ces élections sont-elles importantes ?</h3><p>Le Parlement européen joue un rôle déterminant pour la législation de l'UE. Dans les faits, toutes les prescriptions importantes de l'UE doivent être acceptées par cette chambre. Si le Parlement rejette un projet, celui-ci n'entre pas en vigueur. Les député-e-s européens décident aussi des finances et de la composition du gouvernement de l'UE, c'est-à-dire de la Commission européenne. Quelle direction l'UE va-t-elle prendre ces cinq prochaines années ? La réponse à cette question sera tranchée dans les urnes, avec les élections au Parlement européen.</p><h3>En quoi la Suisse est-elle concernée ?</h3><p>En raison des divers accords bilatéraux qu'elle a conclus avec l'UE, la Suisse est obligée, dans certains domaines, de reprendre le droit européen. C'est pourquoi il est très important de savoir qui fera les lois de l'UE ces cinq prochaines années et ce, non seulement pour tous les citoyen-ne-s européens, mais aussi pour les Suissesses et les Suisses.</p><h3>Une évolution inquiétante</h3><p>L'évolution politique actuelle donne malheureusement matière à inquiétude. Partout dans l'UE, les mouvements radicaux montent en puissance. Pour eux, les acquis sociaux comme la sécurité sociale et les droits des travailleurs et travailleuses représentent une menace. Ces mouvements attisent en outre les peurs face aux migrant-e-s et plaident pour une politique nationaliste et égoïste. Ils considèrent par exemple que l'égalité des sexes remet en cause les " valeurs traditionnelles ". Pour ces raisons, il est important d'élire des personnes qui s'engagent vraiment pour les droits des minorités et des plus faibles, des personnes qui luttent pour les droits des travailleurs et des travailleuses ainsi que pour une Europe sociale.</p><h3>Aller voter pour une Europe plus sociale</h3><p>Les élections européennes auront lieu du 23 au 26 mai, chaque État déterminant le jour précis du scrutin sur son sol. Les citoyen-ne-s de l'UE domiciliés en Suisse ont aussi la possibilité de donner leur voix à une Europe plus sociale. Mais pour cela, ils et elles doivent s'assurer d'être inscrits sur une liste électorale. Chaque pays a sa propre procédure.</p><h3>Plus d'informations sur:</h3><p><a href="https://www.elections-europeennes-2019.eu/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">www.elections-europeennes-2019.eu</a></p><p>En choisissant la langue de votre pays d'origine sur cette page, vous trouverez les renseignements pertinents.</p>]]></content:encoded><category>International</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/3/a/csm_EUParl_wikimedia_Diliff-ccbysa_67efbcb029.jpg" length="343083" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-5874</guid><pubDate>Thu, 28 Feb 2019 09:20:00 +0100</pubDate><title>Révision de l’AI : développer et non démanteler</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/revision-de-l-ai-developper-et-non-demanteler</link><description>La révision de l&#039;assurance-invalidité ne doit pas se transformer en un nouvel exercice d’économies.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le Conseil fédéral n'a pas tout à fait tort en décrivant la révision en cours de l'assurance invalidité (AI) comme un " développement de l'AI ", plutôt que de l'appeler simplement " 7e révision ", dans la lignée des révisions précédentes qui étaient surtout des exercices d'économies. Ce projet apporte effectivement des éléments qualitatifs importants en mettant l'accent sur la réinsertion, le conseil et l'accompagnement ainsi que sur la coordination. Mais le premier tour de délibérations au sein de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique (CSSS) du Conseil national a révélé que la route est encore longue avant que ces points ne soient davantage renforcés et surtout que l'on rejette au Parlement une nouvelle série de mesures d'économies faites sur le dos des assuré-e-s.
</p><h3>Les mesures d'économie évitées et celles qui pendent au nez</h3><p>En commission, certaines attaques aberrantes de la droite ont été pour l'instant rejetées (ex. : " Pas de rente AI avant l'âge de 30 ans ! "). Mais la commission a aussi décidé d'une série de nouvelles mesures d'économie. Ainsi, la majorité de la commission veut supprimer le versement, pendant une formation professionnelle, des indemnités journalières lors de pertes de gains liées à une invalidité. Par ailleurs, les rentes pour enfants seraient réduites de 25 %. Mais il y a plus grave encore : la décision de principe d'introduire un système de rentes linéaire, décision que le Conseil fédéral a lui aussi déjà prise.
</p><p>Mis à part le fait que le système proposé ne serait absolument pas linéaire et qu'il créerait de fausses incitations, il entraînerait aussi des diminutions de rentes douloureuses, précisément pour les personnes qui ont les moins bonnes perspectives de trouver un emploi à temps partiel (taux d'invalidité de 60 % à 69 %). Ce nouveau système, combiné avec la diminution des rentes pour enfants, signifierait pour de nombreuses familles des pertes de revenus conséquentes (dans le pire des cas : suppression d'un quart des prestations). Cette situation entraînerait inévitablement un transfert des coûts vers les prestations complémentaires, comme on a pu souvent l'observer par le passé. Le Conseil national doit donc renoncer à ces deux mesures, et ce, même s'il tient compte uniquement des coûts. Heureusement, le seuil de 80 % de degré d'invalidité pour l'obtention d'une rente complète, exigée avec acharnement par l'Union patronale, a été définitivement balayée.
</p><h3>Une réinsertion contraignante</h3><p>Depuis 2017, l'AI enregistre des excédents et pourra vraisemblablement rembourser sa dette résiduelle auprès du Fonds AVS d'ici 2030, malgré une croissance démographique constante. Cette évolution financière n'est pas tellement due à une politique de réinsertion réussie dans le passé. Elle doit plutôt être reliée aux coupes induites par les révisions 4, 5 et 6 de l'AI. On a de plus en plus restreint l'accès à l'AI et les prestations des ayants droit ont été réduites à plusieurs reprises (notamment à la charge des prestations complémentaires). La pression sur une politique de réinsertion réussie est aujourd'hui très forte à cause justement des révisions du passé. Tout comme le besoin accru d'emplois pour des personnes avec une rente partielle. Aujourd'hui, les personnes avec une invalidité rencontrent toujours de grandes difficultés à reprendre leur emploi, ou même à entrer sur le marché du travail. Les promesses faites jadis par les employeurs peinent malheureusement à se concrétiser. L'USS soutient dès lors les conventions de collaboration entre partenaires sociaux, prévues dans le cadre de la présente révision de l'AI. Ces conventions visent l'insertion et la réinsertion dans le marché du travail primaire. Mais elles ne suffisent pas : il faut des dispositions légales contraignantes pour pouvoir enfin réaliser des progrès tangibles et durables. C'est pourquoi une minorité au sein de la commission exige que les entreprises de plus de 250 salarié-e-s soient obligées de compter dans leurs effectifs au moins 1 % de personnes touchées ou menacées par une invalidité. Ce taux d'un pour cent est vraiment un minimum. </p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5878</guid><pubDate>Tue, 26 Feb 2019 17:45:00 +0100</pubDate><title>Salaire minimum : aucune conséquence négative à Neuchâtel</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/salaire-minimum-aucune-consequence-negative-a-neuchatel</link><description>Le salaire minimum a démontré deux effets principaux : une hausse des plus basses rémunérations et la transformation de &quot;mini-jobs&quot; précaires en emplois réguliers.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Frayeur et alarmisme ont beaucoup agité les milieux économiques neuchâtelois avant l'introduction du salaire minimum cantonal plébiscité par le peuple en 2011. Les opposants sont allés jusqu'au Tribunal fédéral, mais celui-ci a balayé leur recours. En août 2017, Neuchâtel devint ainsi le premier canton en Suisse à appliquer un salaire minimum de 19,70 francs de l'heure. Du côté du patronat, on propageait abondamment l'idée que le canton allait subir des licenciements et des délocalisations, et que la situation du chômage, déjà tendue, allait s'aggraver.</p><p>Un an et demi après, ces mêmes milieux n'en croient probablement pas leurs yeux : entre août 2017 et décembre 2018, le taux de chômage dans le canton est passé du niveau assez élevé de 5,3 % à 4,1 %. Dans le même laps de temps, le canton voisin de Fribourg (sans salaire minimum) a connu une hausse du taux de chômage, de 2,8 % à 3,1 %. Même dans les autres cantons voisins de Vaud et de Berne, le nombre de personnes au chômage a moins reculé qu'à Neuchâtel (cf. graphique ci-dessus). Pendant cette année et demie depuis l'introduction du salaire minimum, Neuchâtel s'en sort mieux aussi en termes d'évolution de l'emploi que la grande région Espace Mittelland, qui englobe, outre le canton de Neuchâtel, ceux de Berne, Fribourg, Soleure et du Jura.</p><p>Cette évolution n'est pas très surprenante pour les économistes spécialistes du marché du travail, ni pour les lectrices et lecteurs réguliers de cette rubrique. Cette histoire neuchâteloise en rappelle une autre : les milieux économiques allemands avaient eux-aussi crié à la catastrophe avant l'introduction en 2015 du salaire minimum allemand (cf. Wirtschaftslektion, nov. 2017, dans le magazine alémanique VPOD). Quatre ans plus tard, l'Allemagne affiche le taux de sans-emploi le plus bas depuis la réunification du pays. Les études scientifiques ne relèvent aucune conséquence négative, ou seulement des effets infimes, du salaire minimum sur l'emploi.</p><p>Il a au contraire entraîné une hausse des salaires les plus bas et la transformation de " mini-jobs " précaires en emplois réguliers. Les entreprises étaient visiblement en mesure de compenser ces rémunérations plus élevées en réduisant leurs marges, en augmentant les prix ou en améliorant la productivité. L'augmentation du pouvoir d'achat des bas revenus devrait par ailleurs avoir eu des effets positifs supplémentaires sur l'emploi. Ces exemples de Neuchâtel et de l'Allemagne confirment les recherches scientifiques récentes : les salaires minimaux ne conduisent que rarement à des pertes d'emplois. Ils améliorent plutôt et surtout la situation des personnes faiblement rémunérées.</p>]]></content:encoded><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5879</guid><pubDate>Tue, 26 Feb 2019 17:18:00 +0100</pubDate><title>Pour plus de temps, plus d’argent et du respect : Femmes* en grève le 14 juin 2019 !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/pour-plus-de-temps-plus-d-argent-et-du-respect-femmes-en-greve-le-14-juin-2019</link><description>Les préparatifs de la Grève des femmes* du 14 juin 2019 battent leur plein.</description><content:encoded><![CDATA[<p>À moins de quatre mois de la Grève des femmes*, les préparatifs tournent à plein régime : dans toute la Suisse, des collectifs régionaux sont à l'œuvre. Sous le slogan : " Femmes* en grève le 14 juin 2019 : pour plus de temps, plus d'argent et du respect ! ", l'USS et ses fédérations ont récemment adopté une série de revendications qui devront faire avancer sérieusement l'égalité dans le monde du travail.
</p><p>Il y a longtemps que l'idée d'une journée de lutte des femmes était dans l'air. À l'été 2017, le Conseil fédéral soumet au Parlement une révision de la loi sur l'égalité. Enfin ! Cela faisait trois ans déjà que le même Conseil fédéral avait reconnu officiellement qu'il fallait agir sur le plan législatif pour l'égalité salariale. Les organisations féminines et les syndicats ont dû exercer une forte pression pour que la ministre de la justice Simonetta Sommaruga puisse proposer des mesures concrètes en dépit des fortes résistances lors de la consultation. Le projet était plutôt dilué : il ne prévoyait ni l'obligation de contrôle pour toutes les entreprises, ni sanctions. Et il fallait s'attendre à ce que la majorité de droite l'affaiblisse encore, ou le fasse carrément capoter.
</p><p>Toute cette lenteur et ce rétropédalage en matière d'égalité salariale, ainsi que la bataille sur la hausse de l'âge de la retraite pour les femmes n'ont fait qu'attiser la colère de nombreuses femmes. À mesure que la parole grondait de plus en plus fort contre le sexisme au quotidien, les premières voix exigeant une nouvelle Grève des femmes* se firent entendre. Surtout en Suisse romande.
</p><h3>Un mouvement bien vivant</h3><p>Dès le début 2018, les choses se sont enchaînées coup sur coup : des dizaines de milliers de femmes ont manifesté en janvier lors des Marches des femmes à Genève et Zurich pour protester contre le sexisme et exiger l'égalité réelle. Ces femmes ont prouvé qu'en Suisse aussi, le mouvement des femmes est très vivant. En janvier, le Congrès des femmes de l'USS a décidé de transmettre au Congrès de l'USS de décembre 2018 la proposition de soutenir la Grève des femmes* 2019 et d'y prendre une part active.
</p><p>Dès le mois de juin, des militantes romandes ont entrepris la préparation concrète, avec parmi elles de nombreuses syndicalistes, mais aussi des femmes jusque-là non politisées. Et dès l'été, des rencontres ont eu lieu en Suisse alémanique et au Tessin. La grande manifestation pour l'égalité salariale (#ENOUGH ), qui a rassemblé pas moins de 20 000 personnes au centre de Berne en septembre, a été l'occasion pour le mouvement pour la Grève de femmes* d'attirer haut et fort l'attention sur les projets du 14 juin 2019. L'emballement pour la grève des femmes* 2019 s'est emparé de toute la Suisse.
</p><h3>Manifeste des collectifs romands</h3><p>Au début de cette année, les Collectifs romands ont publié un Manifeste en dix-neuf points qu'ils avaient élaboré ensemble. Les nombreuses raisons et revendications de la grève que l'on peut lire dans ce manifeste ne laissent pas de place au doute : il faut des changements fondamentaux pour permettre à l'égalité de s'imposer dans toutes les sphères de notre société.
</p><p>En ce qui concerne le monde du travail, le Comité de l'USS a adopté les objectifs qu'il entend poursuivre dans le cadre de la Grève des femmes*. L'USS a décliné en revendications concrètes les revendications du manifeste des Collectifs romands concernant le monde du travail.
</p><h3>Éliminer le sexisme au travail</h3><p>Sous le terme " plus d'argent ", l'USS revendique la revalorisation financière et sociétale du travail des femmes. Pour y parvenir, il faut des analyses des salaires dans les entreprises avec contrôles et sanctions, des conventions collectives de travail dans les branches où la proportion de femmes est importante, un salaire minimum de 4000 francs, des réglementations dans la loi sur le travail pour le travail rémunéré dans les ménages privés et des rentes AVS décentes, sans relèvement de l'âge de la retraite.
</p><p>Le slogan du dernier Congrès des femmes de l'USS était : " Notre temps vaut plus que ça ! ". L'USS reprend cette revendication et exige plus de temps et d'argent pour le travail de soin et d'assistance. Elle demande aussi la suppression du travail sur appel et de l'obligation d'être constamment joignable, ainsi qu'un pensum à plein temps réduit à 30 heures hebdomadaires. Il faut par ailleurs un droit à une réduction provisoire de son taux d'occupation assorti du droit de retrouver son emploi, un congé de maternité de 24 semaines et au moins 8 semaines de congé de paternité, ainsi qu'un congé parental d'au moins 24 semaines, réparties de façon paritaire. Les femmes et les hommes qui s'occupent de leurs proches doivent avoir droit à des congés suffisants et les pouvoirs publics doivent investir substantiellement dans les soins et l'assistance (" care ").
</p><h3>Violences sexistes : tolérance zéro</h3><p>" Last but not least ", l'USS exige le respect au travail et l'élimination du sexisme. La protection contre le licenciement doit être renforcée en cas de maternité et de soins prodigués à des proches. L'USS exige aussi la tolérance zéro face à la violence sexiste et veut une prévention efficace contre le harcèlement sexuel au travail, ainsi que des dispositions légales adaptées. Le fardeau de la preuve doit être allégé. </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5871</guid><pubDate>Mon, 25 Feb 2019 10:38:00 +0100</pubDate><title>Réforme des prestations complémentaires : il faut absolument encore apporter des corrections !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/reforme-des-prestations-complementaires-il-faut-absolument-encore-apporter-des-corrections</link><description>Les sanctions lors du retrait de capital sont aberrantes et préjudiciables</description><content:encoded><![CDATA[<p>La révision des prestations complémentaires (PC) arrive dans la dernière ligne droite au Parlement. Une chose est d'ores et déjà claire : les chambres n'ont malheureusement pas suivi l'objectif du Conseil fédéral de maintenir le niveau des prestations. Ainsi, les dernières décisions de la Commission sociale du Conseil national visent à réduire les prestations de 697 millions de francs, ce qui ne serait tout simplement pas vivable pour les personnes concernées. Le Conseil des États veut lui aussi faire des économies : 598 millions de francs au total. Cette différence de 100 millions a toute son importance, car elle est attribuable en grande partie à la volonté de la commission (CSSS-N) de sanctionner le retrait de capital. Selon cette exigence, tous les cas de retrait de capital du 2e pilier devraient être punis par une réduction de 10 % des prestations complémentaires annuelles.</p><p>En 2015, plus de la moitié des nouveaux retraité-e-s avaient retiré une partie de leur avoirs vieillesse, selon le Contrôle fédéral des finances (CFF). Dans plus d'un tiers des cas, le montant retiré était inférieur à celui, alors en vigueur, de la fortune librement disponible dans le domaine des PC. Ces chiffres montrent deux choses : premièrement, le retrait de capital est très répandu ; et deuxièmement, les montants retirés ne se prêtent pas du tout à une dilapidation de la fortune. En plus, la révision des PC prévoit de toute manière des règles très strictes en matière d'utilisation de la fortune. Si les bénéficiaires de PC ne se tiennent pas à ces règles, elles et ils pourront également être sanctionnés. Malgré cela, la Commission du National a maintenu sa volonté de sanctionner toutes les formes de retrait de capital par une réduction de 10 % des PC. Ce qui peut représenter une perte de 500 francs (à la maison), mais tout aussi bien de 5000 francs (en EMS). Lors du débat final de la révision, le Conseil national devra enfin remettre les pieds sur terre et supprimer ces mesures injustes.</p><p>Il reste une autre divergence entre les deux chambres fédérales : elle porte sur les montants de la fortune librement disponibles. Ceux-ci représentent une sorte de " bas de laine " qui a toute son importance, en particulier pour les personnes allant en EMS, alors que le financement des soins à domicile laisse encore beaucoup à désirer. Le Conseil national veut réduire cette franchise de 30 %. Cette mesure est irresponsable et conduirait à de nouveaux cas d'aide sociale, ce qui est et reste explicitement interdit par la loi sur les PC.</p><h3>Augmenter les loyers PC maximaux : une mesure nécessaire</h3><p>Au final, même avec les correctifs que le National doit encore y apporter, cette réforme est acceptable uniquement parce qu'elle augmente enfin, et pour la première fois depuis 2001, la limite maximale des montants pour les loyers PC. Ce point est terriblement important pour les bénéficiaires de prestations complémentaires. Mais aux yeux de l'USS, il est indispensable que le Conseil fédéral use à l'avenir de sa compétence pour adapter les loyers maximaux par voie d'ordonnance, exactement comme il le fait pour le minimum vital ou les rentes AVS.</p><p>Il est inacceptable que, dans notre société, les personnes les plus démunies financièrement restent prisonnières du renchérissement alors que les hauts salarié-e-s continuent de voir leurs revenus augmenter grâce à ce même renchérissement.</p><p>On ne le rappelle jamais assez : les bénéficiaires de prestations complémentaires, en grande majorité des femmes, ont dans la plupart des cas versé des cotisations sociales pendant des décennies. La Constitution leur garantit le droit à un minimum social d'existence. Le Conseil national devra lui aussi reconnaître ce droit lors de son dernier débat sur la révision des PC.</p>]]></content:encoded><category>Santé</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/8/a/csm_Bundeshaus-waehrend-Session_1e7fa2a8e8.jpg" length="365495" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-5842</guid><pubDate>Tue, 05 Feb 2019 16:20:00 +0100</pubDate><title>Un acte de solidarité envers les membres les plus fragiles de la société</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/un-acte-de-solidarite-envers-les-membres-les-plus-fragiles-de-la-societe</link><description>Le point de vue de Vasco Pedrina et Daniel Lampart sur la deuxième contribution suisse à certains pays de l’UE</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le parlement débat en ce moment-même de la deuxième contribution au développement pour certains pays de l'Union européenne (UE)*. En 2006, peu après l'élargissement de l'UE aux pays de l'Est, les citoyennes et les citoyens suisses ont accepté d'investir un milliard de francs sur dix ans afin de réduire les disparités sociales entre l'Europe de l'Est et l'Europe de l'Ouest. La Suisse doit poursuivre cet engagement.</p><p>L'UDC et la gauche radicale s'y opposent. Égoïste, l'UDC s'oppose par principe à toute coopération au développement, à plus forte raison si elle est destinée aux pays de l'UE. La gauche radicale justifie son refus surtout par les développements politiques dans les pays de l'Est. Elle trouve inadmissible que la Suisse apporte un large soutien financier à des gouvernements de plus en plus autoritaires, violant les droits humains et les principes démocratiques, comme c'est le cas en Pologne, en Hongrie et dans d'autres pays.</p><p>Les syndicats sont eux aussi très préoccupés par les développements politiques en Europe centrale et orientale. Mais cette deuxième contribution de la Suisse vise à soutenir la société civile et les couches défavorisées de la population dans ces pays, et non leurs gouvernements douteux. Si la Suisse suivait la logique de la gauche radicale, elle serait contrainte de réduire de trois quarts sa coopération au développement dans le monde, qui parvient en grande partie dans des pays où la démocratie est imparfaite !</p><p>Notre position est claire : grâce aux accords bilatéraux, la Suisse accède au marché intérieur de l'UE et profite des avantages qui en découlent. Elle doit donc poursuivre sa contribution à la réduction des disparités économiques régionales dans l'UE. Les expériences de la première contribution à l'élargissement ont été globalement positives. Selon l'USS, les enseignements tirés de ces expériences doivent servir à mieux cibler la deuxième contribution tant au niveau thématique que géographique. Les projets doivent toujours contribuer à réduire les disparités sociales. Ils visent à renforcer la société civile et les partenaires sociaux, mais en aucun cas l'autoritarisme dans des pays comme la Hongrie, la Pologne, la République tchèque ou la Slovaquie. Les deux nouvelles priorités, la migration et la formation professionnelle, peuvent apporter un soutien efficace dans l'atteinte de ces objectifs. L'USS salue le fait que des États comme la Grèce, particulièrement touchés par la migration, bénéficient d'une aide de 200 millions de francs, soit un sixième du montant total. Mais cette contribution doit être utilisée exclusivement pour la protection et l'intégration des personnes accueillies.</p><p>Le développement économique et social des pays d'Europe centrale et du Sud-Est progresse à des rythmes différents. Des pays comme la Pologne ou la Hongrie toucheront donc nettement moins de la deuxième contribution. Une part beaucoup plus importante est accordée aux pays économiquement moins développés comme la Roumanie et la Bulgarie. Mais même en Pologne ou en Hongrie, de nombreuses personnes vivent encore en dessous du minimum vital et n'ont pas ou peu accès aux services publics. Cela concerne en particulier les minorités (par ex. les Roms en Hongrie), mais aussi les personnes âgées, les personnes handicapées, les migrant-e-s et d'autres groupes socialement défavorisés. Nous saluons donc le fait que dans ces grands pays, la Suisse veuille affecter au moins la moitié des fonds aux régions éloignées et moins développées. Ces montants seront utilisés pour les services de base (par ex. raccordement aux canalisations et approvisionnement en eau potable) et le domaine social (soins aux personnes âgées et handicapées, intégration des minorités dans les jardins d'enfants et les écoles). En Hongrie et en Pologne notamment, la société civile et l'indépendance de la justice sont particulièrement menacées. La Suisse souhaite créer un fonds pour la société civile dans les pays partenaires afin de renforcer le rôle et la responsabilité de cette société civile face à un secteur public qui doit rendre des comptes.</p><p>Dans les pays d'Europe centrale et du Sud-Est, les migrant-e-s sont insuffisamment intégrés à la société et à l'économie. La question des réfugié-e-s est utilisée dans le discours populiste à des fins très discutables. Mais la Suisse n'a pas tort de poursuivre son dialogue avec ces pays sur une politique humaine en matière d'asile et de réfugié-e-s. De plus, des pays comme la Pologne ou la République tchèque ont la possibilité de mieux intégrer socialement et économiquement le grand nombre de travailleurs et travailleuses migrants (venant notamment des régions ukrainiennes en guerre), par des mesures spécifiques d'intégration. Même si la rhétorique actuelle au niveau national est choquante, le besoin de soutien au niveau local est très important (par ex. soutien aux villes polonaises dans la mise en œuvre de leurs politiques d'intégration).</p><p>Une autre question controversée dans ce contexte est de savoir si la Suisse doit lier son engagement pour une deuxième contribution à l'attitude de l'UE quant à l'évolution de l'accord-cadre institutionnel négocié entre la Suisse et l'UE. Si la Suisse, comme l'exigent les syndicats, refuse l'accord-cadre sous sa forme actuelle et insiste pour poursuivre les négociations, il est d'autant plus important d'envoyer des signaux positifs à l'UE. Avec un oui à la deuxième contribution, un non au référendum sur la loi sur les armes en mai et un non à l'initiative dite " de limitation " de l'UDC, l'an prochain ou dans deux ans.</p><p>&nbsp;</p><p>______________________</p><p>* Pour une bonne vue d'ensemble au sujet de la deuxième contribution : <a href="https://dievolkswirtschaft.ch/fr/2018/11/bruggmann-messerli-12-2018fr/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">" Réduire les disparités au sein de l'UE ", par Hugo Bruggmann et Siroco Messerli, dans La vie économique 12/2018</a></p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/internat-eu/CH-EU_stadtratte-iStock.jpg" length="303602" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-5844</guid><pubDate>Thu, 31 Jan 2019 17:37:36 +0100</pubDate><title>Marchés publics : des conditions de travail équitables doivent être la norme</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/marches-publics-des-conditions-de-travail-equitables-doivent-etre-la-norme</link><description>Les pouvoirs publics jouent un rôle important dans l’économie suisse et le marché du travail.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les pouvoirs publics, soit la Confédération, les cantons et les communes, jouent un rôle important dans l’économie suisse. Près de 8 % du produit intérieur brut, le PIB, proviennent de leurs acquisitions et de leurs mandats. Plus de 300 000 emplois dépendent des marchés publics. La puissance détenue par la Confédération, les cantons et les communes est de ce fait essentielle pour le marché suisse du travail. Elles n’en sont donc que plus importantes, ces règles qui veillent à ce que, lors de marchés publics, les travailleurs et travailleuses soient correctement rémunérés par les producteurs et les fournisseurs de marchandises et de services et leurs conditions de travail décentes. Et il est tout aussi important que les réglementations arrêtées par les partenaires sociaux soient respectées.</p><p>Avec le message sur la révision totale des marchés publics de la Confédération dont va s’occuper le Conseil national, c’est toutefois absolument l’inverse qui nous est proposé. L’Union syndicale suisse (USS) n’est pas d’accord, tout comme Travail.Suisse et les syndicats Unia et Syna.
</p><p>Du point de vue des travailleurs et travailleuses, les principales revendications sont le maintien du principe du lieu d’exécution de la prestation, la limitation des chaînes de sous-traitants, le respect des conventions collectives de travail (CCT) et l’implication des entreprises publiques.
</p><h3>Un « salaire égal pour un travail égal au même endroit »</h3><p>Si la volonté du Conseil des États devait s’imposer, il y aurait plus de sous-enchère salariale en Suisse demain. Ici, les mots-clés sont : principe du lieu d’exécution de la prestation ou principe du lieu de provenance de l’entreprise. Donc, ou bien c’est l’application uniforme du niveau salarial du lieu où la prestation est fournie qui prévaut, ou bien ce sont les différents niveaux de salaire selon les lieux de provenance des soumissionnaires qui servent de référence. Bref, il s’agit de savoir s’il existe une concurrence loyale entre les entreprises, avec les mêmes conditions ou si l’on en arrive à une concurrence dommageable aux employé-e-s entraînant finalement une spirale à la baisse. Pour l’USS et les syndicats, il est clair qu’il faut en rester au principe équitable du lieu d’exécution de la prestation.&nbsp; 
</p><h3>Non aux chaînes de sous-traitance</h3><p>On ne doit pas tout faire soi-même. De nombreuses bonnes expériences ont été faites, précisément dans la construction, avec des entreprises générales. Celles-ci coordonnent les travaux et assument la responsabilité en ce qui concerne le respect des cadres fixés en matière de coûts et de durée, mais ne fournissent pas elles-mêmes l’ensemble des prestations. Elles transmettent par exemple le gros œuvre à une autre entreprise, les travaux de couverture à une deuxième et l’installation sanitaire à une troisième. A priori, rien à redire à une telle réglementation avec des sous-traitants. Mais il est par contre absurde que les pouvoirs publics autorisent une chaîne sans fin de sous-traitants, avec laquelle le carreleur mandate un sous-traitant qui, à son tour, en mandate un autre…
</p><p>On perd alors toute vue d’ensemble quant à l’observation des conditions de travail et salariales. Plus la chaîne de sous-traitants est longue, plus il est probable qu’il y aura des cas de sous-enchère salariale et sociale. Ces derniers temps, on a toujours plus souvent assisté, avec ce genre de structures, à des faillites abusives ou frauduleuses et à des fraudes aux assurances sociales. Pour ces raisons, il faut que le Parlement décide qu’il ne doit y avoir qu’un seul niveau de sous-traitance pour la même prestation, ainsi que la Commission des redevances et de l’économie du Conseil des États aussi l’a prévu. Impossible sinon de limiter les abus et les fraudes.
</p><h3>Les règles des CCT doivent être appliquées et leur application contrôlée </h3><p>En outre, les maîtres d’ouvrage publics doivent faire contrôler la conformité des entreprises soumissionnaires aux CCT. Et sur la base des contrôles qui auront effectivement eu lieu, les organes paritaires d’exécution de la CCT pourront simplement confirmer que les entreprises soumissionnaires et, éventuellement, les sous-traitants ont été contrôlés quant au respect par eux des conditions de travail et salariales et qu’aucune infraction de leur part n’a été constatée. Une formulation à ce sujet a déjà été développée dans l’ordonnance sur les travailleurs détachés. Elle est donc praticable et garantit à la fois transparence et sécurité.
</p><h3>Les mêmes règles pour les entreprises publiques</h3><p>Qu’un service public soit proposé par une institution publique ou sous la forme juridique d’une entreprise contrôlée par les autorités publiques ne doit pas entraîner de différence de qualité concernant les normes appliquées. Ce n’est qu’en soumettant des entreprises comme Swisscom aux règles en vigueur pour les marchés publics que l’on peut assurer qu’à l’avenir, les mandats ne seront confiés qu’à des entreprises qui respectent les conditions de travail et salariales usuelles dans la région et la branche. 
</p><h3>Synthèse</h3><p>Si les pouvoirs publics doivent procéder à des achats, il faut que des conditions de travail équitables soient la norme. La révision totale de la loi fédérale sur les marchés publics prévue devra créer la base permettant d’empêcher que l’argent public ne mette en danger les normes sociales, mais au contraire les garantisse. Les syndicats en appellent par conséquent au Conseil national pour qu’il s’engage en faveur de telles réglementations. <br><br></p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5832</guid><pubDate>Fri, 18 Jan 2019 15:59:55 +0100</pubDate><title>Un peu plus d’AVS et des orientations importantes</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/un-peu-plus-d-avs-et-des-orientations-importantes</link><description>Assurances sociales : les nouveautés en 2019</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En ce début d'année, les retraité-e-s AVS touchent enfin un petit peu plus de rente. Mais ce petit supplément ne suffira pas à compenser la hausse constante des coûts de la santé. Il faut donc de toute urgence augmenter les rentes AVS de façon substantielle. Pour ce faire, le financement additionnel sur lequel nous voterons en mai en même temps que la réforme fiscale pourrait constituer une base.</p><p>Pour la première fois depuis quatre ans, les rentes AVS connaissent une hausse. Mais il s'agit d'une hausse minime : dix francs de plus pour la rente minimale, qui passe à 1185 francs, alors que la rente maximale monte de 20 francs pour atteindre 2370 francs. Les prestations complémentaires et l'allocation pour impotent sont elles aussi légèrement revues à la hausse. Du côté des cotisations, le minimum passe à 482 francs (+4 fr.) et la cotisation volontaire AVS/AI à 922 francs (+8 fr.).</p><p>La prévoyance professionnelle obligatoire ne connaît pas de changement majeur cette année. Le taux d'intérêt minimum se maintient pour la quatrième année consécutive à son niveau historiquement bas de 1 %. La Commission LPP a même souhaité l'abaisser à 0,75 %. Même si le Conseil fédéral n'a pas suivi cette recommandation, les avoirs-vieillesse continuent de subir des rendements inférieurs à la moyenne. Conséquence : des pertes significatives sur les futures rentes.</p><h3>Un 2e pilier en difficulté</h3><p>Autres légères hausses en 2019 : dans le 2e pilier, le montant de coordination passe à 24 885 francs et le seuil d'accès à 21 330 francs. Pour la prévoyance individuelle 3a, la déduction maximale sera de 6826 francs. Les cotisations LPP pour les chômeurs, elles, baissent fortement de 1,5 % à 0,25 % en raison d'un taux de couverture élevé et d'un niveau de chômage relativement bas. Enfin, les rentes de survivant-e-s et d'invalidité octroyées depuis 2015 seront augmentées cette année de 1,5 % dans le 2e pilier.</p><p>Les problèmes du 2e pilier sont considérables : depuis plusieurs années, les rentes moyennes des caisses de pension diminuent. En cause : les taux d'intérêts et les taux de conversion en baisse constante, surtout dans le domaine surobligatoire. Et alors que les salarié-e-s cotisent toujours davantage, les assurances, les banques et autres consultants continuent d'encaisser des milliards en frais d'administration et honoraires. Il faut combattre vigoureusement cette tendance : avec cette baisse continue du niveau des rentes, on perd complètement de vue l'objectif constitutionnel selon lequel le 1er et le 2e pilier doivent, ensemble, permettre de " maintenir le niveau de vie de manière appropriée ". Les rentes doivent augmenter et non baisser. C'est pourquoi il est urgent d'élever les rentes AVS.</p><h3>Deux milliards pour l'AVS ?</h3><p>La hausse continuelle des primes-maladie pèse aussi sur le budget des ménages. La prime standard de l'assurance obligatoire des soins augmente cette année de 2,7 % pour un adulte de plus de 25 ans, alors qu'elle baisse de 13,5 % pour les jeunes adultes (&lt; 25 ans). Si l'Office fédéral de la santé publique (OFAS) évoque une hausse de 1,2 % seulement, c'est qu'il présente pour la première fois l'évolution des primes basée sur la prime moyenne prévue, et non plus sur la prime standard (avec franchise de 300.- et libre-choix du médecin). Actuellement, une majorité d'assuré-e-s renoncent déjà au libre-choix du médecin et optent pour une franchise plus élevée. Les primes peuvent ainsi se maintenir à un niveau modéré, mais en cas de maladie, la participation aux coûts s'avère nettement plus salée.</p><p>Un certain nombre de mesures ont été prises ou sont en cours d'élaboration afin de freiner la hausse des coûts de la santé : en décembre 2018, le prix de plusieurs centaines de médicaments et autres produits ont dû baisser. Et dès 2019, certaines prestations jusqu'ici stationnaires ne seront prises en charge que si elles sont fournies en mode ambulatoire (p.ex. opération des varices, des hémorroïdes et des hernies, ou encore arthroscopies du genou).</p><p>Le 19 mai, les citoyennes et citoyens voteront sur la réforme fiscale et le financement de l'AVS (RFFA). Ce projet permettrait d'injecter deux milliards de francs supplémentaires par année dans l'AVS. Le mode de financement serait on ne peut plus social : une légère hausse des cotisations salariales. Ce financement supplémentaire de l'AVS est couplé à la nouvelle mouture, controversée, de la Réforme de l'imposition des entreprises III.</p><h3>Coupes redoutées dans l'AI</h3><p>La révision des prestations complémentaires, elle, se trouve encore en plein processus parlementaire. Les différends retournent au Conseil national et, le cas échéant, en conférence de conciliation. Nous avons réussi à faire passer une augmentation moyenne de 19 % des montants maximaux pour le loyer ainsi que la disposition prévoyant que les personnes plus âgées au chômage puissent laisser leur avoir LPP dans l'institution de prévoyance et plus tard toucher une rente. Malgré cela, les prestations complémentaires sont menacées de nouvelles coupes budgétaires et les conditions d'octroi pourraient se voir restreintes.</p><p>Des coupes sont à craindre aussi dans la révision de l'AI. Pour le Conseil fédéral, cette révision devait être sans effet sur les coûts, mais la Commission du Conseil national a opté pour des mesures d'économie. La réduction de 25 % des rentes pour les enfants des bénéficiaires AI est particulièrement choquante. Et l'introduction du système de rentes linéaire cache des réductions de rentes. Point positif à relever : les mesures pour une meilleure insertion professionnelle des jeunes ayant des problèmes psychiques.</p>]]></content:encoded><category>Santé</category><category>Assurance-accidents</category><category>Assurance-invalidité</category><category>Assurance-chômage</category><category>Prévoyance professionnelle</category><category>AVS</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/b/4/csm_senior-abrechnungen-iStock-milkos_2bc3297f72.jpg" length="152242" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-5831</guid><pubDate>Fri, 18 Jan 2019 15:55:03 +0100</pubDate><title>Victimes de l’amiante : 1,4 million pour les survivant-e-s</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/victimes-de-l-amiante-1-4-million-pour-les-survivant-e-s</link><description>Le Fonds d’indemnisation s’étend à de nouveaux ayants droit</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Fin 2018, la Fondation Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante (Fondation EFA) a autorisé le versement d'1,4 million de francs à 23 survivant-e-s de victimes de l'amiante. La fondation a également élargi le cercle des ayants droit : désormais, les personnes dont le cancer dû à l'amiante (mésothéliome malin) a été reconnu comme maladie professionnelle peuvent toucher des indemnisations.</p><p>Le rôle premier de la Fondation EFA est de dédommager les personnes dont le mésothéliome n'est pas reconnu comme une maladie professionnelle. Il s'agit en particulier de proches qui ont par exemple lavé des vêtements contaminés et n'ont ainsi pas eu un contact professionnel avec l'amiante. Les bricoleurs de loisir aussi entrent dans cette catégorie. Dès maintenant, les personnes ayant eu un contact d'ordre professionnel avec l'amiante peuvent aussi être indemnisés par le Fonds. Les montants seront toutefois inférieurs à ceux versés aux personnes sans assurance LAA.
</p><p>Ces 23 nouveaux cas portent à 56 le nombre total de personnes qui ont perçu des indemnités du Fonds EFA, pour une somme globale de 5,8 millions de francs. Quinze nouvelles requêtes sont à l'étude. Les demandes étant moins nombreuses que prévu, la Fondation EFA a lancé une campagne de communication. Mais avec des demandes en hausse, le Fonds doit pouvoir compter sur toujours plus de ressources financières. La fondation appelle donc " instamment " le monde de l'économie et de l'industrie à faire davantage de dons. Jusqu'à l'échéance prévue en 2025, la fondation aura besoin de 100 millions de francs pour remplir sa mission.
</p><p>Aujourd'hui encore, quelque 120 personnes se voient diagnostiquer un mésothéliome mortel. Le Conseil de la Fondation EFA est composé de représentant-e-s d'associations et d'entreprises qui financent le Fonds, ainsi que de victimes de l'amiante et de syndicats. Le victimes souffrant de mésothéliome et leurs proches peuvent consulter le site à <a href="http://www.stiftung-efa.ch/fr/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">www.stiftung-efa.ch</a> pour des renseignements sur la fondation ou s'adresser directement au Service Center Assistance (041 418 89 79, <a href="#" data-mailto-token="thpsav1nlzbjolGzapmabun4lmh5jo" data-mailto-vector="7" class="mail">gesuche(at)stiftung-efa.ch</a>). </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5818</guid><pubDate>Fri, 14 Dec 2018 11:41:14 +0100</pubDate><title>Pas d’accord-cadre au détriment de nos salaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pas-d-accord-cadre-au-detriment-de-nos-salaires</link><description>Daniel Lampart, premier secrétaire de l’USS, sur les attaques contre les mesures d&#039;accompagnement</description><content:encoded><![CDATA[<p class="Text"><span lang="FR">A cause des attaques contre les mesures d’accompagnement, de nombreuses personnes ont pris conscience ces derniers mois de l’importance de la protection salariale en Suisse et de l’importance de repousser ces attaques. Pas seulement en Suisse: Ces derniers mois, l’Union syndicale suisse a reçu beaucoup de lettres des principaux syndicats européens, lui demandant de ne pas céder sur les mesures d’accompagnement. Pour que la protection salariale en Europe progresse et non régresse. </span></p><p class="Text"><span lang="FR">La plupart des adversaires des mesures d’accompagnement vivent dans notre pays: l’aile économique de l’UDC avec la conseillère nationale Magdalena Martullo-Blocher, le think tank des grandes entreprises „Avenir Suisse“, mais aussi une partie de l’entourage des conseils fédéraux PLR. A l’étranger, la Commission européenne y est particulièrement opposée. Les artisans allemands sont divisés, nombre d’entre eux s’étant accommodés des mesures d’accompagnement suisses. Eux-mêmes veulent davantage de protection salariale pour éviter la concurrence du dumping. </span></p><p class="Text"><span lang="FR">Les mesures d’accompagnement ont été introduites dans le cadre des accords bilatéraux I, après le non du peuple à l’EEE. Les accords bilatéraux n’ont une chance en votation populaire que s’ils profitent à l’ensemble de la population. Et avec la garantie qu’en Suisse seront versés des salaires suisses. La Suisse a les salaires les plus élevés en Europe, et nécessite donc la meilleure protection. En Allemagne, les artisans qualifiés gagnent 3‘200 francs, en Pologne seulement 850 francs, alors que le salaire versé en Suisse est d’un peu plus de 5‘849 francs. Sans protection salariale, même nos spécialistes qualifiés sont menacés de finir à l’aide sociale! </span></p><p class="Text"><span lang="FR">Les entreprises européennes ont un très bon accès au marché, malgré la protection salariale. Par rapport à la population résidente, la Suisse est le pays d’Europe qui compte le plus d’entreprises étrangères actives dans la construction, la sécurité ou l’informatique. Elles réalisent chez nous un chiffre d’affaires annuel d’environ 2,5 milliards de francs.</span></p><p class="Text"><span lang="FR">La publication de l’accord-cadre confirme les pires craintes. Les mesures d’accompagnement sont attaquées dans leur substance. La Suisse doit reprendre le droit européen, faible sur la protection salariale. La Cour de justice européenne et la Commission européenne, qui ont attaqué la protection salariale dans plusieurs pays de l’UE, ont désormais aussi leur mot à dire sur nos mesures d’accompagnement. Elles peuvent nous mettre sous pression pour que nous contrôlions beaucoup moins d’entreprises étrangères. Pire encore: elles peuvent attaquer le cœur des conventions collectives de travail suisses. Une partie des autorités de l’UE s’est toujours opposée à ce que les CCT soient appliquées par des commissions paritaires formées d’employeurs et de syndicats. La CJUE pourrait décider qu’il s’agit d’une discrimination de principe envers les entreprises européennes. Il est également regrettable que les instruments d’annonce préalable, de caution et le test de faux travail indépendant soient supprimés. De plus, la Suisse ne pourrait quasiment plus introduire de nouvelles mesures de protection salariale. </span></p><p class="Text"><span lang="FR">En Suisse doivent être versés des salaires suisses. Cette promesse doit rester valable. Le présent accord-cadre n’offre aucune garantie. Les syndicats le rejettent et le combattront par référendum si nécessaire. </span></p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5774</guid><pubDate>Tue, 20 Nov 2018 13:25:27 +0100</pubDate><title>Ignazio Cassis, un danger pour la Suisse</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/ignazio-cassis-un-danger-pour-la-suisse</link><description>La protection efficace des salaires en Suisse n’est pas un obstacle à la poursuite de la voie bilatérale, mais bien une condition.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis plusieurs jours, nous assistons à nouveau au spectacle désolant d’un chef de la diplomatie suisse, Ignazio Cassis, qui saisit chaque occasion pour appeler à sacrifier la protection des salaires en Suisse face à la Commission européenne. Ses propos dans une interview au magazine numérique « Republik » (<a href="https://www.republik.ch/2018/11/09/an-der-bar-mit-ignazio-cassis" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">lien</a>, en allemand) sont particulièrement extrêmes. De toute évidence, le conseiller fédéral PLR a complètement disjoncté. 
</p><p>Rappelez-vous : pendant cinq ans, depuis le début des négociations sur un accord-cadre avec l’Union européenne (UE), la Suisse a toujours qualifié la protection des salaires comme une ligne rouge à ne pas franchir. À la mi-juin de cette année, M. Cassis a commencé à s’en prendre à la protection des salaires, de concert avec son négociateur en chef Roberto Balzaretti et le ministre de l’économie Johann Schneider-Ammann. Et ils sont revenus à la charge de manière répétée. La protection des salaires en Suisse n’est pas négociable.
</p><p>A chaque occasion, les deux conseillers fédéraux PLR et leurs subordonnés politiques prétendent malgré tout que la protection européenne des salaires est comparable à celle de la Suisse. Si c’était vraiment le cas, si cette protection était aussi bonne dans l’UE qu’en Suisse, pourquoi alors voudraient-ils supprimer des pans entiers de notre système de protection qui a fait ses preuves, dans le but avoué de faciliter l’accès au marché pour les entreprises européennes ? Aucun des « bradeurs » de la protection des salaires n’a pu donner une réponse à cette question toute simple.
</p><p>Si malgré l’évidence, quelqu’un était tenté d’accorder encore quelque crédit à ces affirmations, il ou elle a dû enterrer ses dernières illusions mardi dernier au plus tard : la Cour de justice de l’Union européenne (à ne pas confondre avec la Cour européenne des droits de l’homme) a en effet déclaré non valable une bonne partie de la protection des salaires en Autriche. Une fois de plus, la Cour a fait passer la liberté commerciale d’une entreprise de construction pratiquant la sous-enchère salariale avant la protection sociale des travailleurs et travailleuses. À noter que le système autrichien de protection est beaucoup moins strict que celui de la Suisse !
</p><p>Maintenant, ou M. Cassis et son négociateur en chef M. Balzaretti comprennent enfin que la ligne rouge décrétée par le Conseil fédéral pour la protection des salaires a de très bonnes raisons d’être, même en matière de contenu. Et ils défendent à nouveau la position de la Suisse au lieu de dénigrer la protection salariale. Ou alors ils se transforment véritablement en un danger majeur pour la Suisse. Peut-on encore s’étonner de ce que la Commission européenne se montre intraitable avec la Suisse sur cette question si notre ministre des affaires étrangères lui-même et les secrétaires d’État en charge du dossier se positionnent de plus en plus ouvertement du côté de Bruxelles ? Alors qu’ils devraient défendre la ligne du Conseil fédéral…
</p><p>La protection efficace des salaires en Suisse, élaborée de manière indépendante et non discriminante, n’est pas un obstacle à la poursuite de la voie bilatérale, mais bien une condition. C’était le cas dans le passé. Et ça ne changera pas à l’avenir. Les égarements de notre ministre des affaires étrangères n’y changeront rien.<br><br></p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5768</guid><pubDate>Thu, 15 Nov 2018 07:45:00 +0100</pubDate><title>Pour la retraite anticipée et des conditions de travail dignes</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pour-la-retraite-anticipee-et-des-conditions-de-travail-dignes</link><description>Construction: la plus grande mobilisation depuis des décennies
</description><content:encoded><![CDATA[<p> 3 000 personnes au Tessin, 2 500 à Genève, 1500 à Fribourg, à Neuchâtel, dans le Jura et en Valais, 1 000 à Berne, plus de 4 000 à Lausanne, et dernièrement plus de 4 000 à Zurich. Ces deux dernières semaines, plus de 16 000 travailleurs et travailleuses de la construction ont délaissé leur travail en signe de protestation et sont descendus dans la rue. La raison de ce qui représente la plus grande mobilisation dans le secteur de la construction depuis la grande journée de grève réussie en bloquant le tunnel du Baregg il y a 15 ans est l’attaque des entrepreneurs contre l’acquis pour lequel les travailleurs et travailleuses de la construction s’étaient battus à l’époque : la retraite anticipée à 60 ans.
</p><p>Les entrepreneurs voulaient d’abord repousser l’âge de la retraite de deux ans ou diminuer la rente d’un tiers. Réaction: 18 000 travailleurs et travailleuses de la construction sont descendus dans la rue en juin. La Société suisse des entrepreneurs a donc cédé et offert de garantir financièrement la retraite à 60 ans et d’augmenter les salaires qui avaient été gelés pendant quatre années.<br>Un chantage a alors suivi : soudain les entrepreneurs n’étaient prêts à financer la retraite à 60 ans qu’à condition de pouvoir imposer une détérioration massive des horaires et conditions de travail. En clair : travail sur appel avec des journées de 12 heures, voie ouverte au dumping salarial avec des réductions salariales en cas de changement de poste, et suppression de la protection en cas de mauvais temps.
</p><p>Les travailleurs de la construction ont désormais clairement et fermement démontré qu’ils sont prêts à se battre pour la retraite à 60 ans et une convention collective nationale de travail prévoyant des conditions de travail correctes et des dispositions protégeant leur santé. Les entrepreneurs ont dû être impressionnés. Quoi qu’il en soit, les négociations ont repris et leur dénouement est ouvert. L’USS est elle aussi impressionnée par le courage manifesté par les&nbsp; travailleurs et travailleuses de la construction qu’elle soutient dans leur lutte pour la retraite anticipée et des conditions de travail dignes. Les délégué-e-s de l’USS l’ont récemment exprimé dans une <a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/blogs/lampart/medianlohn.png" target="_blank" class="download" rel="noreferrer">résolution adoptée le 28 septembre</a> dernier.
</p><p>Dans le canton de Genève, les maçons ont pour leur part décidé de suspendre leurs mesures de lutte jusqu’en janvier 2019 afin de permettre le déroulement des négociations collectives avec le patronat. <br><br></p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5767</guid><pubDate>Thu, 15 Nov 2018 07:30:00 +0100</pubDate><title>Le cours de l’histoire ne peut pas être inversé </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/le-cours-de-l-histoire-ne-peut-pas-etre-inverse</link><description>Ambiance digne de commémoration des 100 ans de la grève générale à Olten</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le silence s'installe lorsque Antonio raconte ce qui s'est passé il y a 15 ans : " Nous voulions une retraite anticipée, nous nous sommes battus et avons atteint cet objectif. Maintenant, je suis heureux d'être à la retraite anticipée et de pouvoir profiter de la vie ". Un tonnerre d'applaudissements accueille la fin de cette séquence vidéo. C'était l'époque de la grande mobilisation, de la journée nationale de grève pour la retraite à 60 ans dans la construction. Aujourd'hui, nous sommes le 10 novembre 2018, un froid samedi d'automne. La grève est le sujet qui a réuni plus de 1 400 personnes dans les anciens ateliers des CFF à Olten.</p><p>Le lieu de la réunion n'a pas été choisi au hasard : il y a longtemps, une grève y a eu lieu ici et Olten a joué un rôle central. Le Comité d'action d'Olten, qui avait appelé il y a exactement 100 ans à une grève générale nationale le 12 novembre 1918, s'est réuni ici après l'occupation militaire de Zurich et Berne. Plus de 250 000 travailleuses et travailleurs se mirent en grève jusqu'au 14 novembre 1918. Contre leur exploitation. Pour une Suisse plus sociale. Et pour davantage de participation politique. Ils exigeaient notamment la journée de huit heures, le système électoral proportionnel, le droit de vote des femmes et l'assurance vieillesse et invalidité.</p><p>Par leur manifestation, l'Union syndicale suisse (USS), le Parti socialiste et la Société Robert Grimm voulaient non pas une fête, mais une commémoration. Hommage au courage et à la détermination des grévistes et de leur famille, compte tenu de la présence militaire et du manque d'approvisionnement alimentaire de l'époque. Hommage aux trois jeunes travailleurs abattus le matin du dernier jour de grève, par-derrière à Granges, l'un d'eux ayant mêmes les mains dans les poches de son pantalon, après l'annonce de la fin de la grève, par des soldats. Hommage à l'importance de cette grève générale unique dans l'histoire de la Suisse, qui au début du 20e siècle a posé les jalons décisifs menant à une Suisse moderne, plus sociale et plus juste. " La gauche est au cœur de la Suisse moderne ", a déclaré Christian Levrat, président du Parti socialiste. " Et elle est forte lorsqu'elle est unie. "</p><p>Car si la grève a été interrompue sans que ses revendications aient été satisfaites, elle a été suivie de progrès en termes de conditions de travail, de politique sociale et de participation politique. " Ce qui était au départ une défaite s'est transformé en un énorme succès avec le temps ", a déclaré le président de l'USS Paul Rechsteiner dans son discours. " Un succès retentissant à l'image de ce formidable mouvement. Il a changé la Suisse. Les travailleuses et travailleurs s'étaient battus pour leur reconnaissance et leur respect ".</p><p>" La grève générale a écrit le programme du progrès pour la Suisse au 20e siècle ", a-t-il poursuivi. La journée de huit heures a été introduite peu après la grève générale. De plus en plus de conventions collectives de travail ont garanti des salaires et conditions de travail décents. Il a fallu attendre un peu plus longtemps, trente ans, pour que l'AVS soit créée. Et les femmes ont même dû attendre près de 60 ans avant d'enfin obtenir le droit de vote. - " Imaginons que la Suisse ait introduit le droit de vote des femmes en 1918 ! Comme les grévistes l'avaient exigé ", s'est exclamé Paul Rechsteiner sous les applaudissements des nombreuses femmes présentes. Dans son discours, la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga a aussi souligné l'importance des femmes et la nécessité de lutter contre la discrimination et pour l'égalité.</p><p>Avant le début de la cérémonie commémorative, de nombreuses femmes avaient dénoncé haut et fort l'inégalité salariale persistante et attiré l'attention sur l'un des temps forts de l'année politique à venir : la deuxième grève générale des femmes. Devant, sur le grand écran qui domine la manifestation, l'une des icônes du mouvement féministe et syndical raconte l'histoire d'il y a plus de 25 ans, Christiane Brunner, ancienne présidente de la FTMH, coprésidente de l'USS, conseillère nationale et conseillère aux États socialiste, que la droite a empêchée de devenir conseillère fédérale, mais surtout un des moteurs de la grève des femmes du 14 juin 1991. Elle raconte que l'organisation de cette grève n'a pas seulement été une activité politique difficile, mais qu'elle a aussi donné lieu à de nombreux moments de plaisir et de surprise qui contribuèrent à la qualité particulière de cet événement.</p><p>Le plaisir, la fête, l'ambiance ne doivent pas être négligés même aujourd'hui. C'est ce qu'ont souligné les roulements de tambour du groupe de percussions P-Train, les rythmes entraînants de l'ensemble de cuivres des CFF, ainsi que les chants et sons tantôt combatifs, tantôt méditatifs du chœur Linksdrall. Tous, ils ont traversé une manifestation divertissante pleine d'ambiance et de dignité.</p><p>Une manifestation qui ne veut pas seulement regarder en arrière, mais aussi questionner le passé, en observant les enseignements à en tirer sur la voie d'une société plus sociale, plus ouverte et plus juste. Des représentants et représentantes des mouvements de grève de ces dernières années ont fait part de leurs expériences à travers des enregistrements vidéo. Annick, fière d'avoir participé à la première grève dans les hôpitaux fribourgeois. Ivan, pour qui la grève des ateliers CFF à Bellinzone a été une démonstration de fierté, de force et de dignité. Larissa qui se rappelle tous les jours, en regardant son sifflet de la grève de l'ATS, qu'il est possible de se défendre et de faire bouger les choses. Gianluca des compagnies de navigation du Lac Majeur, pour qui le courage et la dignité de ses collègues se sont exprimés lors de la grève. Vincent, encore impressionné par la fierté lisible dans les yeux des grévistes des transports publics genevois. Tous soulignent que rien n'aurait été possible sans la cohésion, la détermination et la participation de tout le monde.</p><p>Ouvrier du bâtiment à la retraite anticipée, Antonio aussi en a conscience. Tout comme sa responsable syndicale, Vania Alleva. La présidente d'Unia rappelle dans son discours qu'a lieu actuellement la plus grande mobilisation de travailleurs et travailleuses depuis des décennies, toujours dans la construction. Les entrepreneurs menacent de repousser l'âge de la retraite dans la construction au-delà de 60 ans, s'ils ne sont pas en mesure d'imposer leurs coupes claires dans la convention collective nationale de travail. Mais ils ont montré une chose à Olten, pendant une bonne heure et demie : on ne peut pas inverser le cours de l'histoire. La lutte pour le progrès se poursuit et peut aboutir si nous sommes unis et luttons ensemble. Avec persévérance et engagement. Et avec la conscience des générations précédentes qui nous ont ouvert la voie.</p>]]></content:encoded><category>La Grève générale</category><category>Suisse</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/b/5/csm_DSCF1004_ebe0544f62.jpg" length="135577" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-5764</guid><pubDate>Tue, 13 Nov 2018 16:13:30 +0100</pubDate><title>Un syndicaliste qui a marqué toute une génération</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/un-syndicaliste-qui-a-marque-toute-une-generation</link><description>À la mémoire de Fritz Reimann (1924 - 2018)</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Fritz Reimann est décédé le 7 novembre à Thoune, à l'âge de 94 ans. Ancien président de l'USS et de la FTMH, il était l'une des figures de proue du mouvement syndical suisse des années 1970 à 1990.</p><p>Né le 22 septembre 1924 à Oberdorf dans le Fricktal, fils d'un petit paysan et forestier, il était le cadet d'une famille de sept enfants. À la fin de sa scolarité, il a eu la chance - ce sont ses mots - de faire un apprentissage d'outilleur et de découvrir ainsi un monde nouveau. Travailleur qualifié, il exerce son métier pendant six ans, dont une année et demie en France. À 21 ans, le jeune Fritz adhère à la Fédération suisse des ouvriers sur métaux et horlogers (FOMH, devenue FTMH en 1972) et se retrouve rapidement président d'une commission d'entreprise.
</p><p>Il devient syndicaliste professionnel à la FOMH en 1951 et travaille pendant huit ans comme permanent à Aarau, puis dès 1959 comme secrétaire syndical à Thoune, où le personnel militaire constitue la majorité des effectifs. Élu secrétaire central de la FTMH en 1973, il est responsable de l'artisanat du métal et du personnel militaire, jouant aussi un rôle central dans la branche de l'industrie des machines. Fritz Reimann devient président de la FTMH de 1980 à 1988. À peu près à la même période, il préside l'Union syndicale suisse (USS ; 1982 - 1990), une fonction qu'il n'a pas vraiment cherchée, mais qu'il a acceptée par loyauté envers son syndicat qui voulait voir assurée sa propre ligne au sein de la direction de l'USS.
</p><p>Parallèlement, il mène au sein du PS une carrière politique qui le conduit du législatif de Thoune (1962-1976) au Grand Conseil bernois (1974-1978), puis au Conseil national (1979-1991). Peut-être même aurait-il pu, lui, l'homme des négociations et du partenariat social, aller encore plus loin : la droite veut en effet faire de lui le successeur de Willi Ritschard au Conseil fédéral. Mais Fritz Reimann refuse catégoriquement toutes les sollicitations en ce sens. Il estime que son rôle est et reste celui du syndicaliste de terrain.
</p><p>Fritz Reimann incarne ainsi une génération entière de syndicalistes suisses qui, pendant les années dorées de la croissance économique, croyaient à la politique contractuelle et au partenariat social, ainsi qu'à l'amélioration constante de la situation matérielle de la classe ouvrière. Il se considérait comme un " réaliste progressiste ", qui se basait toujours sur le principe du contrat. Pour beaucoup de jeunes, surtout après 1968, cette position était trop consensuelle. Fritz Reimann s'est d'ailleurs souvent bagarré avec eux. Ironie du sort, après l'ère Thatcher, les mêmes (un peu moins) jeunes ont souvent dû se battre pour un partenariat social désormais délaissé par le patronat...
</p><p>Pendant ses loisirs, Fritz Reimann aimait faire de la montagne. Pas avec un piolet et des cordes, comme il l'expliquait un jour : il préférait des sommets plus sûrs qu'il gravissait avec endurance et détermination. En politique aussi, il a atteint tous les sommets qu'il visait, déclarait à l'occasion de son départ de la présidence de l'USS son successeur Walter Renschler. Fritz Reimann était " un homme de l'équilibre, mais pas du faux compromis ", poursuivait Walter Renschler dans son hommage. Il ne cherchait pas la confrontation pure et dure, mais n'en avait pas peur. Il doit le succès de sa double carrière, syndicale et politique, à ses qualités personnelles : il était un homme sur qui on pouvait compter, très engagé sur le plan syndical et socio-démocrate et de caractère conciliant. L'USS gardera toujours de lui un souvenir ému et plein de respect. </p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5752</guid><pubDate>Fri, 02 Nov 2018 14:55:00 +0100</pubDate><title>La tradition suisse en matière de droits fondamentaux demande un  NON à l’initiative anti-droits humains de l’UDC </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/la-tradition-suisse-en-matiere-de-droits-fondamentaux-demande-un-non-a-l-initiative-anti-droits-humains-de-l-udc</link><description>Réflexions jurisiques sur l&#039;initiative de l&#039;UDC</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En comparaison avec les autres pays, les tribunaux suisses et en particulier le Tribunal fédéral (TF) ont fait preuve depuis très longtemps d'ouverture à l'égard du droit international et des droits humains. Depuis décembre 2017, le droit de l'Organisation internationale du Travail (OIT) occupe aussi une place centrale dans la jurisprudence de nos tribunaux lorsqu'il est question de protection des droits humains, notamment des travailleurs et travailleuses ainsi que des syndicalistes. </p><h3>Droit international et Constitution fédérale main dans la main </h3><p>Comme le font apparaître plusieurs études, le droit international, surtout la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH), joue un rôle très important dans la jurisprudence de notre Cour suprême, le TF. On peut notamment l'expliquer par le fait que l'absence de juridiction constitutionnelle pour les lois fédérales a donné à ce dernier, après la ratification de la CEDH, la possibilité de mettre en place une protection des droits fondamentaux permettant une interprétation de notre constitution conforme à ces derniers. La protection des droits humains est ainsi considérée comme plus importante que les lois fédérales. 
</p><p>Depuis 1959, la Cour européenne des droits de l'homme (CrEDH), respectivement l'organisation qui l'a précédée, n'a cessé de trancher en faveur des travailleurs et travailleuses et pris en compte les normes de l'OIT. Tout(e) Suisse peut porter plainte devant la CrEDH s'il estime que ses droits sont violés. 
</p><h3>En Suisse, une protection qui passe traditionnellement par les droits humains </h3><p>En Suisse, les droits humains ont été codifiés très tôt déjà, comparativement à nos voisins, et surtout appliqués dans une jurisprudence constante. Chez nos voisins par contre, l'échec de la Révolution française a entraîné un retour aux temps anciens, lorsque la protection des droits humains n'existaient pas encore. 
</p><p>La première constitution fédérale de 1848 a représenté une avancée fondamentale. Elle contient un catalogue des droits humains tirés de ceux de la Révolution française. Désormais, en cas de violation de ces libertés individuelles garanties par la constitution fédérale et les constitutions cantonales, tout(e) un(e) chacun(e) pouvait adresser un recours de droit public, à l'époque encore au Conseil fédéral ou, en dernière instance, à l'Assemblée fédérale. 
</p><p>Très tôt, ces libertés ne furent plus uniquement des principes, c'est-à-dire des directives adressées au législateur, mais des droits individuels subjectifs permettant aux individus de se défendre contre un État (tout puissant). En cas de violations de ces libertés, par exemple par la police ou une instance administrative, le citoyen ou la citoyenne pouvait faire valoir ses droits fondamentaux à travers une plainte individuelle. Sur cette question, la Suisse était en avance par rapport aux autres pays. 
</p><p>Les droits constitutionnels ont été complétés et renforcés lors des révisions de 1866, 1974, 1969 et 1971 de la constitution. Cela, surtout sous la pression de la CEDH, des normes de l'OIT et d'autres règles du droit international. 
</p><p>À partir de 1874, le législateur fédéral transféra toujours plus la jurisprudence au TF sur les droits constitutionnels, et le TF devint pratiquement seul compétent pour ces questions après 1911. Avec la création de l'OIT, puis des Pactes de l'ONU relatifs aux droits humains, respectivement de la CEDH, le droit international gagna toujours plus en importance pour les tribunaux suisses et servit à mieux concrétiser et mettre en valeur notre propre constitution.
</p><h3>Utilité du droit international : l'exemple des droits des syndicats à accéder aux lieux de travail et à y informer le personnel </h3><p>Récemment, le TF a à nouveau saisi l'occasion de renforcer les droits humains garantis par le droit international et la constitution fédérale (arrêt de principe 144 I 50 du 6.9.2017). Se basant sur la liberté syndicale garantie par l'article 28 de cette dernière et en application de l'article 11 de la CEDH ainsi que des normes y relatives de l'OIT, le TF déduisit pour les syndicats un droit à accéder aux lieux de travail et à y informer le personnel. 
</p><p>Il s'agissait ici de trancher, suite à un recours du Syndicat suisse des services publics (SSP) contre une décision du gouvernement tessinois. Ce dernier, en tant qu'employeur, soumettait l'accès à ses locaux et l'exercice d'activités syndicales à l'intérieur de ceux-ci à certaines conditions très restrictives. La réglementation contestée prévoyait qu'en principe les syndicats n'avaient pas droit à accéder aux lieux de travail s'ils n'avaient pas reçu au préalable une autorisation en ce sens de la Chancellerie cantonale. La distribution de tracts et la mise à disposition de périodiques ne pouvaient pas non plus avoir lieu sans autre, mais devaient, toujours selon la décision du gouvernement tessinois, être demandées aux administrateurs locaux des bâtiments concernés. 
</p><p>Au vu de ces circonstances, le TF devait décider si, sur la base des articles précités de la constitution fédérale et de la CEDH ainsi que des articles 22 du Pacte II de l'ONU et 8 du Pacte I de l'ONU, les syndicats ont le droit d'accéder aux lieux de travail et à y informer le personnel. 
</p><p>La réponse fut oui. Selon la constitution fédérale, la CEDH et les conventions nos 87 et 98 de l'OIT, un droit d'accéder aux bâtiments de l'employeur doit, selon le TF, être a priori accordé aux syndicats pour, dans le cas présent, le secteur public. Ce n'est en effet que par là que les syndicats se voient garantir la possibilité réelle d'exercer toutes les activités préservant la capacité de fonctionner de leur organisation et du partenariat social et de poursuivre leurs buts statutaires.
</p><h3> Pas question de renoncer à la protection des droits humains </h3><p>Ce sont précisément ces garanties juridiques que l'UDC veut supprimer le 25 novembre avec son initiative anti-droits humains. En modifiant l'article 190 de la constitution fédérale, celle-ci veut que pour le TF (et toutes les autres autorités qui appliquent le droit), ne soient à l'avenir applicables que les accords de droit international soumis à référendum. L'initiative toucherait ainsi non seulement la CEDH, mais aussi 43 conventions de l'OIT ratifiées par la Suisse dans le but de protéger les travailleurs et travailleuses ! 
</p><p>En Suisse, aucune juridiction constitutionnelle ne nous protège contre des lois fédérales qui violeraient des libertés garanties par les droits fondamentaux. C'est pour cela que l'article 190 de la constitution fédérale prévoit ici une sécurité, à savoir que le droit international, comme la CEDH ou le droit de l'OIT, font aussi foi. Le droit international ratifié par notre pays assume donc cette fonction, car il garantit largement, via la CEDH et les conventions de l'OIT, les mêmes droits fondamentaux et humains que notre constitution. 
</p><p>En même temps, ce droit international est souvent plus détaillé et fixe des prescriptions plus précises quant à la manière d'aménager les droits. En plus de l'exemple susmentionné soit l'obtention de haute lutte par les syndicats du droit d'accéder aux lieux de travail et d'y informer le personnel, l'application du droit international a entraîné d'autres succès pour les travailleurs et travailleuses de Suisse. Ainsi, grâce aux plaintes déposées par l'USS et le SSP auprès de l'OIT, il a été établi que la Suisse devait réformer le droit du licenciement trop peu favorable aux travailleurs et travailleuses contenu dans son Code des obligations. En outre, la CrEDH a par exemple constaté récemment que les règles appliquées en Suisse en matière de prescription aux victimes de l'amiante sont arbitraires et que les personnes concernées ont été lésées. Toutes ces victoires des travailleurs et travailleuses de Suisse auraient été inimaginables sans la protection des droits fondamentaux garantie par le droit international. 
</p><p>Pour maintenir cette protection, il faut voter NON le 25 novembre prochain à l'initiative anti-droits humains de l'UDC. </p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5750</guid><pubDate>Fri, 02 Nov 2018 12:34:43 +0100</pubDate><title>Protection salariale et droits humains</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/protection-salariale-et-droits-humains</link><description>Paul Rechsteiner, Président de l’USS au sujet de l’initiative anti-droits humains de l’UDC</description><content:encoded><![CDATA[<p> L'UDC fait sa propagande pour l'initiative anti-droits humains ("initiative pour l'autodétermination") comme si la protection des salaires suisses lui tenait soudainement à cœur. Et elle abuse d'une citation de l'ancienne conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey en la sortant complètement de son contexte pour prétendre à tort que l'initiative de l'UDC peut défendre la protection salariale.
</p><p>C'est non seulement faux, c'est aussi hypocrite.
</p><p>Depuis le début, l'UDC a toujours combattu les mesures d'accompagnement pour protéger les salaires suisses. L'acceptation de l'initiative de l'UDC n'apporterait absolument rien à la protection salariale.
</p><p>La plus grande menace pesant actuellement sur la protection des salaires n'émane pas de l'UE, mais des milieux helvétiques qui aimeraient volontiers l'abaisser au niveau européen, à commencer par les conseillers fédéraux radicaux.
</p><p>En politique intérieure, les syndicats se sont battus pour les mesures de protection des salaires. A l'avenir aussi, c'est la politique interne qui continuera à être déterminante pour la protection salariale en Suisse.
</p><p>L'initiative de l'UDC menace les droits humains. Les droits élémentaires des travailleurs et travailleuses et des syndicats font aussi partie des droits humains. La liberté d'association est un droit humain. La liberté de s'associer syndicalement est un droit humain. Les droits humains se caractérisent par le fait qu'ils ne s'arrêtent pas aux frontières d'un pays. Il s'agit du plus grand acquis de notre civilisation.
</p><p>La Suisse est un Etat de droit. Mais dans de nombreux pays, les droits de l'homme - dont en particulier les droits des travailleurs et travailleuses et des syndicats - ne sont pas garantis. Fixer des règles nationales primant sur les droits humains, comme l'a fait Poutine, serait un signal fatal pour la Suisse. L'UDC ne fait rien d'autre : son initiative cible un arrêt du Tribunal fédéral fondé sur les droits de l'homme. Il s'agit donc d'une initiative contre nos propres juges.
</p><p>Les droits humains, en particulier les droits garantis par la Convention européenne des droits de l'homme, ont apporté d'innombrables avancées aux citoyen-ne-s suisses.
</p><p>La Convention des droits de l'homme a joué un rôle décisif dans l'octroi du droit de vote aux femmes en 1971 (les citoyennes d'Appenzell Rhodes-Intérieures ont attendu jusqu'en 1991). Mais les droits humains ont aussi été déterminants dans de nombreux cas individuels. Ce n'est qu'à la suite d'un jugement rendu à Strasbourg que la veuve d'Hans Moor, installateur de turbines chez ABB décédé d'une grave maladie pulmonaire liée à l'amiante, a pu faire valoir ses droits. Auparavant, un délai de prescription avait toujours été invoqué, malgré la cause avérée de la maladie.
</p><p>Les droits humains sont un acquis décisif pour les citoyen-ne-s suisses. Les affaiblir nuit justement aussi aux salarié-e-s.
</p><p>Mais c'est en Suisse que la bataille pour la protection salariale doit être gagnée. C'était ainsi dans le passé, et cela doit rester comme cela à l'avenir. </p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Droits syndicaux</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5727</guid><pubDate>Tue, 16 Oct 2018 15:48:24 +0200</pubDate><title>Le 25 novembre, NON à une « initiative anti-droits humains »</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-25-novembre-non-a-une-initiative-anti-droits-humains</link><description>L’initiative de l’UDC sur « l’autodétermination » veut réduire la protection de tout un chacun, et surtout celle des travailleurs et travailleuses </description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 25 novembre, les citoyen(ne)s suisses pourront voter sur la toute dernière attaque de l’UDC contre les droits humains. Cette initiative, qui veut supprimer la protection qu’offrent tant la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) que les conventions de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sous prétexte d’« autodétermination », aurait des conséquences funestes, surtout pour les travailleurs et travailleuses de Suisse. L’Union syndicale suisse (USS) recommande de lui opposer un NON clair.
</p><h3>Protection des droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses</h3><p>La CEDH et le droit international de l’onusienne OIT garantissent des droits importants à l’ensemble des travailleurs et travailleuses, dont, par exemple, celui de se syndiquer dans son entreprise et d’échanger des informations. Ou la protection contre les licenciements prononcés uniquement pour activité syndicale. Ou encore la garantie pour les syndicats de pouvoir visiter le personnel sur son lieu de travail et le conseiller. Et enfin, last but not least, la protection des lanceurs et lanceuses d’alerte.
</p><p>Les salarié(e)s et le personnel syndiqué dépendent au quotidien d’un régime des droits humains opérationnel. L’égalité entre femmes et hommes dans les assurances sociales est aussi garantie par ce biais. La Cour européenne des droits de l’homme (CrEDH) de Strasbourg a prononcé à ce sujet un arrêt novateur et amélioré par là le droit d’une jeune mère à des rentes. 
</p><p>Or, l’UDC entend supprimer ces protections juridiques. En modifiant l’article 190 de la Constitution fédérale, son initiative ferait obstacle à l’application non seulement de la CEDH, mais aussi des 43 conventions de l’OIT sur la protection des travailleurs et travailleuses ratifiées par la Suisse ! 
</p><p>&nbsp;</p><h3>Le droit international, une garantie pour les droits humains</h3><p>En Suisse, aucune juridiction constitutionnelle ne nous protège contre les lois fédérales qui violeraient des libertés garanties par des droits fondamentaux. C’est pourquoi l’article 190 de la Constitution fédérale prévoit que le droit international ratifié par la Suisse, comme la CEDH ou le droit de l’OIT, est déterminant. 
</p><p>C’est ainsi que suite aux plaintes déposées par l’USS et le SSP devant l’OIT, on a pu constater que la Suisse doit réformer sa législation, peu favorable aux salarié-e-s, en matière de licenciement telle que la prévoit le Code des obligations. Et le Tribunal fédéral a tout récemment estimé que les syndicats ont le droit d’accéder aux lieux de travail et d’y informer le personnel. La CrEDH a en outre constaté, il y a peu, que les règles appliquées en matière de prescription aux victimes suisses de l’amiante sont arbitraires.
</p><p>Ce sont là autant de victoires pour les travailleurs et travailleuses concernés en Suisse qui, en l’absence de la protection des droits fondamentaux garantie par le droit international, auraient été inimaginables. 
</p><p>&nbsp;</p><h3>On ne peut plus démocratique</h3><p>L’initiative de l’UDC prétend vouloir sauver la démocratie. C’est de la poudre aux yeux ! De fait, tous les accords internationaux qui pourraient déployer leurs effets en Suisse sont légitimés par le Parlement et/ou les citoyen-ne-s. L’UDC veut dénoncer cette protection des droits fondamentaux démocratiquement ratifiée. C’est pour cela qu’un NON clair s’impose le 25 novembre prochain.<br><br></p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5723</guid><pubDate>Thu, 11 Oct 2018 15:25:07 +0200</pubDate><title>Le 25 novembre : NON à l’article sur la surveillance des assuré-e-s !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/le-25-novembre-non-a-l-article-sur-la-surveillance-des-assure-e-s</link><description>Trop de pouvoir pour les compagnies d&#039;assurances</description><content:encoded><![CDATA[<p><b>Il faut combattre les abus de prestations sociales. Mais le projet de révision du droit des assurances sociales fait tout autre chose&nbsp;: il accorde des prérogatives totalement disproportionnées à des fins de surveillance privée. Ainsi, c’est l’ensemble de la population qui se verrait soupçonnée d’abus. Le 25 novembre, il faut donc dire un NON en bloc à cette atteinte à nos droits fondamentaux.</b></p><p>&nbsp;</p><p><b>Assurances sociales&nbsp;: les abus sont rares, la lutte fonctionne</b></p><p>Les assurances sociales constituent un acquis social, car elles nous préservent des risques sociaux que peuvent engendrer les accidents, les maladies et le chômage. Chacun d’entre nous peut être concerné un jour ou l’autre. Les assurances sociales sont là pour tout le monde, et nous participons toutes et tous à leur financement. C’est pourquoi nos cotisations nous ouvrent le droit aux prestations lorsque le risque se réalise. 
</p><p>Les salarié-e-s ont tout intérêt à ce que les assurances sociales puissent accomplir leur mission et ne fassent pas l’objet d’abus. D’où la nécessité de combattre la fraude dans l’ensemble des assurances sociales. D’ailleurs, le droit des assurances sociales dispose d’instruments efficaces pour lutter contre, mais aussi pour réprimer, la perception abusive de prestations. Et le système fonctionne bien&nbsp;: les abus sont rares, ils n’augmentent pas, les moyens existants permettent de les débusquer et de les sanctionner. Il n’est pas nécessaire de créer de nouveaux outils. 
</p><p>&nbsp;</p><p><b>Une «&nbsp;base légale&nbsp;» tout sauf inoffensive</b></p><p>A l’automne 2016, la Cour européenne des droits de l’homme avait jugé, à raison, que la Suisse ne disposait pas d’une base légale suffisante pour permettre le recours à des «&nbsp;détectives sociaux&nbsp;». Le Parlement s’est alors empressé de créer cette base légale – accordant bien plus d’importance à la rapidité du processus qu’aux libertés fondamentales. En effet, on ne s’est pas contenté de rédiger les dispositions légales nécessaires. On en a profité pour renforcer l’État fouineur et démanteler les droits fondamentaux. Avec cet article de loi, non seulement toutes et tous les bénéficiaires de prestations sociales sont soupçonnés d’office, mais les assureurs privés se trouvent dotés de compétences qui dépassent largement celles des autorités judiciaires. Voilà pourquoi l’USS a soutenu le référendum contre l’espionnage des assuré-e-s et appelle à voter clairement NON le 25 novembre. 
</p><p>&nbsp;</p><p><b>Tout le pouvoir aux compagnies d’assurance&nbsp;? </b></p><p>Contrairement à la pratique actuelle, le nouvel article sur la surveillance s’applique à presque toutes les assurances sociales. Outre les assurances accidents (comme la SUVA) et l’AI, les caisses-maladie et l’assurance-chômage sont concernées. Et même l’AVS, avec les prestations complémentaires et les allocations pour impotent-e-s. Ce champ d’application jette une suspicion générale sur presque toute la population de notre pays et permet à tout instant de violer notre sphère privée – en toute légalité&nbsp;!
</p><p>Par-dessus le marché, la disposition sur la surveillance a ceci de choquant qu’une fraudeuse ou qu’un fraudeur potentiel ne serait pas poursuivi par la police, qui est neutre, mais par des assurances, dont certaines privées. Or il est évident que par nature, celles-ci ont tout intérêt à suspendre le versement de prestations. Il faut savoir que le nouveau texte habilite l’assurance à ordonner une surveillance par des détectives, à en fixer la date et à décider s’il existe assez d’indices concrets pour ce faire. Par ailleurs, les assurances seront libres de se transmettre les rapports rédigés suite aux observations. N’est-ce pas extrêmement inquiétant du point de vue du droit sur la protection des données&nbsp;?
</p><p>&nbsp;</p><p><b>Davantage de compétences que dans la lutte antiterroriste </b></p><p>La modification législative proposée permet la surveillance des assurés par des détectives privés ainsi que l’utilisation (au minimum) de caméras, d’appareils d’enregistrement et de traceurs GPS. Elle autorise donc des atteintes graves aux droits fondamentaux. En outre, le Parlement a explicitement renoncé – forte pression du lobby des assureurs oblige – à imposer que les mesures d’observation soient ordonnées par une instance judiciaire. Par conséquent, les pouvoirs des espions mandatés par les compagnies d’assurance privées seront plus larges que ceux concédés aux autorités judiciaires publiques. 
</p><p>De plus, avec cet article, la surveillance exercée sur les assurés ne se limiterait pas aux «&nbsp;lieux accessibles au public&nbsp;». En effet, les détectives seraient même autorisés à observer un assuré s’il se trouve «&nbsp;dans un lieu librement visible depuis un lieu accessible au public&nbsp;» (dans un jardin ou à la fenêtre par ex.). Cela est pourtant interdit aux autorités judiciaires à l’heure actuelle – même avec l’ordonnance d’un juge. 
</p><p>&nbsp;</p><p><b>Ne pas toucher aux «&nbsp;gros poissons&nbsp;»</b></p><p>Lutter contre les abus dans les assurances sociales – dans le cadre traditionnel d’un Etat de droit – s’avère important pour garantir des ressources qui reviennent de droit aux bénéficiaires de prestations. Il en va de même des recettes&nbsp;: un franc perçu de façon illégitime nuit à l’Etat social tout autant qu’un franc indûment non versé. Voilà qui nous amène directement au sujet de la l’évasion fiscale&nbsp;:
</p><p>Lors de la même session, le Parlement a renoncé à durcir le droit pénal fiscal. Concrètement, il a empêché que le secret bancaire soit enfin levé à l’intérieur de nos frontières. En conséquence, à l’inverse de la fraude fiscale, la soustraction d’impôt demeure explicitement impunie. Avec pour effet de soustraire à l’Etat des montants qui se chiffrent en dizaines de milliards<a href="file:///I:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2018/181011_Wyss_Surveillance_des_assures_F.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>. Or, ces pertes continuelles de recettes fiscales atteignent des sommes autrement plus importantes que celles que ne pourrait jamais générer la lutte contre les abus commis dans les assurances sociales (sans parler des ressources supplémentaires que l’article sur la surveillance pourrait apporter<a href="file:///I:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2018/181011_Wyss_Surveillance_des_assures_F.docx#_ftn2" target="_blank" name="_ftnref2">[2]</a>). En d’autres termes&nbsp;: là où les abus coûtent beaucoup plus cher, on lève le pied. On prend soin de laisser l’argent tranquille, mais on n’hésite pas à faire intrusion dans la sphère privée de presque tous les assurés en Suisse. 
</p><hr><p><a href="file:///I:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2018/181011_Wyss_Surveillance_des_assures_F.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> "Tax Evasion in Switzerland: The Roles of Deterrence and Tax Morale", Lars P. Feld / Bruno S. Frey (2006).
</p><p><a href="file:///I:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2018/181011_Wyss_Surveillance_des_assures_F.docx#_ftnref2" target="_blank" name="_ftn2">[2]</a> Selon des estimations généreuses de l’OFAS, l’AI aurait un potentiel de 178 millions. Le potentiel total d’économie serait donc largement inférieur au milliard.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5704</guid><pubDate>Fri, 28 Sep 2018 11:14:54 +0200</pubDate><title>Lutter ensemble pour une Europe sociale</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/lutter-ensemble-pour-une-europe-sociale</link><description>Mesures d’accompagnement : les syndicats européens montrent leur solidarité avec l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p><b>Dans son combat pour défendre les mesures d'accompagnement, l'Union syndicale suisse (USS) a reçu des messages de solidarité de la part de la Confédération européenne des syndicats ainsi que de nombreuses confédérations et syndicats nationaux en Europe. La protection des salaires et des conditions de travail est en effet cruciale pour une Union européenne viable et sociale.</b></p><p>Jusque-là, la politique européenne de la Suisse reposait sur le principe qu'elle doit être utile aux personnes, peu importe quel passeport ils possèdent. C'était en particulier le cas pour la voie bilatérale. C'est pourquoi l'USS, avec ses consœurs européennes et la Confédération européenne des syndicats (CES), revendiquait, avec succès : il faut protéger les salaires et les conditions de travail, pas les frontières !
</p><h3>L'Europe doit devenir plus sociale</h3><p>Ces dernières années, les intérêts des travailleurs et travailleuses n'ont malheureusement pas toujours été prioritaires au sein des instances de l'Union européenne (UE). Au contraire : la politique d'austérité dictée par Bruxelles depuis 2008 dans de nombreux pays ainsi que les occasions ratées d'améliorer la protection des salarié-e-s ont poussé beaucoup de citoyens européens dans les bras des partis de la droite nationaliste et populiste. Ils sont fatigués de l'UE.
</p><p>Jusque dans les années 1990 pourtant, la législation et la jurisprudence de l'UE avaient une orientation sociale. La non-discrimination était au cœur de la directive sur le détachement de la main d'œuvre, tout comme le droit d'être payé et traité correctement et de manière équitable. Ce n'est qu'au début du 21è siècle que la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) et la Commission européenne ont commencé à placer les intérêts des entreprises avant ceux des travailleurs et travailleuses. Subitement, le droit et la jurisprudence de l'UE devinrent un moyen de péjorer les conditions de travail plutôt que de les améliorer. Des jugements antisyndicaux ou attaquant la protection publique des salaires témoignent clairement de ce changement. Ces décisions ainsi que de nouvelles règles communautaires ont ouvert la voie à la sous-enchère salariale et ont mis des bâtons dans les roues aux pays à hauts salaires qui voulaient introduire des mesures de protection plus fortes.
</p><p>Le Brexit est probablement la conséquence la plus dramatique de cette erreur politique : la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE a surtout été plébiscitée parce que les salarié-e-s britanniques craignaient pour leurs salaires et leurs conditions de travail. D'autant plus que leur gouvernement, pour des raisons idéologiques, n'a pas voulu fixer des mesures d'accompagnement pour la protection des salaires et des conditions de travail. Aujourd'hui, la question de la sous-enchère salariale s'est invitée dans les campagnes électorales, même dans des pays comme la République tchèque, la Pologne ou la Hongrie, et est utilisée par les partis de la droite nationaliste.
</p><h3>Il faut de meilleures mesures d'accompagnement, et non des moins bonnes</h3><p>En Suisse par contre, la protection salariale a été jusqu'ici constamment améliorée, car tout le monde comprenait que sans cette protection, les conditions de travail et le tissu social dans notre pays à hauts salaires seraient menacés et l'adhésion à la voie bilatérale finirait par s'effriter. Hélas, les conseillers fédéraux PLR et leur entourage ont brisé ce consensus. Ils suivent une logique néolibérale et veulent raboter la protection des salarié-e-s, et donc les mesures d'accompagnement.
</p><p>C'est dans ce contexte que certains membres de la Commission européenne ainsi que des entreprises, en particulier du Sud de l'Allemagne, tentent de remettre en question la protection contre la sous-enchère salariale et sociale dans le cadre de la discussion sur un éventuel accord-cadre entre la Suisse et l'UE. Ce sont les mêmes qui font parallèlement tout ce qu'ils peuvent pour empêcher aussi au sein de l'UE la mise en place de normes sociales contraignantes et d'une protection des salarié-e-s.
</p><p>En Suisse, cette protection reste supérieure, mais à Bruxelles, les choses sont en train de changer peu à peu. Sous la pression des syndicats européens, la Commission dirigée par Jean-Claude Juncker a bien amorcé une timide réorientation vers une Europe plus sociale. Un cap qui s'est déjà matérialisé dans la nouvelle directive pour l'application de la directive sur le détachement de 2014, puis au milieu de cette année dans la révision de la directive sur le détachement. Ces avancées sont à saluer, au même titre que d'autres propositions faites dans le cadre de l'initiative européenne pour " un pilier des droits sociaux ". Mais on ignore pour l'heure comment ces mesures seront concrètement mises en œuvre d'ici deux ans dans les pays de l'UE et si elles pourront se maintenir devant la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE). Car c'est elle qui décidera, dans des cas particuliers, comment le principe abstrait d'un " même salaire pour le même travail dans le même pays " peut être appliqué. La CJUE s'est montrée jusque-là plutôt sévère en ce qui concerne la " proportionnalité " des mesures de protection salariale.
</p><h3>Les syndicats européens comptent sur la Suisse</h3><p>Prétendre aujourd'hui que la protection salariale au sein de l'UE est juridiquement au même niveau que celle de la Suisse relève d'une méconnaissance crasse du sujet. Et propager cette affirmation sans ou en connaissance de cause revient à s'opposer, volontairement ou non, aux forces progressistes en Europe, et en particulier au mouvement syndical européen. Ce n'est donc pas un hasard si les syndicats européens demandent à leurs consœurs helvétiques de rester intransigeantes sur les mesures d'accompagnement, pour le bien des salarié-e-s.
</p><p>Car la nouvelle directive d'application et la directive révisée sur le détachement a été obtenue après un âpre combat de la part de la CES et des forces progressistes au Parlement européen. Elles représentent le maximum de ce qu'il était possible d'atteindre au plan politique. Si, comme prévu, le camp progressiste devait reculer lors des prochaines élections européennes de 2019, les projets de réformes sociales bénéficiant aux personnes et aux salarié-e-s pourraient avoir la vie encore plus dure à l'avenir.
</p><p>C'est pourquoi la CES et en particulier des syndicats de l'Europe de l'Est, où les salarié-e-s sont souvent victimes de sous-enchère sociale et salariale, demandent à l'USS de rester fermes dans sa lutte sur les mesures d'accompagnement. L'USS a reçu des lettres de solidarité des Confédérations syndicales de Bulgarie, Roumanie, mais aussi de Pologne et de Hongrie. Elles y font part de leur soutien à l'USS dans ce combat et l'encouragent à résister face aux chantres du marché intérieur dans la Commission européenne. Un affaiblissement de la protection des salaires en Suisse donnerait un signal catastrophique pour les forces syndicales progressistes en Europe. Car pour elles, la révision de la directive sur le détachement n'était qu'un premier pas dans la bonne direction : celle d'une Europe sociale, qui garantit le même et juste salaire pour tous les salarié-e-s de l'UE.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5701</guid><pubDate>Thu, 27 Sep 2018 17:05:00 +0200</pubDate><title>La protection contre le licenciement : un droit humain</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-protection-contre-le-licenciement-un-droit-humain</link><description>Colloque juridique de l’Union syndicale suisse</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La protection contre le licenciement en Suisse est en train de bouger : grâce à la protection des droits fondamentaux inscrite dans la Constitution fédérale, à la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH), aux conventions de l'Organisation internationale du Travail (OIT) ainsi qu'à une jurisprudence progressiste, la situation a évolué positivement. Le besoin d'agir se fait quand même sentir, en particulier dans la législation. Cette dynamique a été le fil conducteur du dernier colloque juridique de l'Union syndicale suisse (USS). </p><h3>Importance des conventions de l'OIT et de la CEDH pour les tribunaux </h3><p>Lors du colloque de l'USS, trois experts ont présenté dans leurs exposés respectifs l'importance croissante des conventions de l'OIT en particulier en ce qui concerne la liberté syndicale (nos 87 et 98), ainsi que celle de la CEDH dans la jurisprudence du Tribunal fédéral (TF) : il s'agissait de Pascal Mahon, docteur en droit et professeur à l'Université de Neuchâtel, Kurt Pärli, docteur en droit et professeur à l'Université de Bâle, et Luca Cirigliano, docteur en droit, secrétaire central de l'USS. 
</p><p>Dans un arrêt de principe (2c_499/2015, BGE 144 I 50), le Tribunal fédéral a statué que les syndicats ont accès aux lieux de travail. Le cas soumis au TF se rapporte à une plainte du Syndicat suisse des services publics (SSP) concernant des emplois dans le canton du Tessin. Mais le jugement dépasse le cadre du service public et peut s'appliquer également à des emplois dans le privé. Dans la publication de son arrêt, le Tribunal fédéral a statué pour la première fois que le droit de l'OIT a, par le biais de la CEDH, un impact direct sur l'interprétation de la liberté syndicale selon l'article 28 de la Constitution. L'OIT et la CEDH préconisent une meilleure protection contre le licenciement et des droits d'accès aux lieux de travail pour les syndicats. 
</p><p>Cette nouvelle pratique permet de mieux combattre en particulier les licenciements abusifs ainsi que de résoudre les problèmes liés aux droits d'accès aux lieux de travail et d'information des syndicats. La même remarque s'applique à la possibilité d'intenter une action contre l'employeur devant la Cour européenne des droits de l'homme. 
</p><h3>Au plan judiciaire, la lutte contre les licenciements discriminatoires doit être renforcée </h3><p>L'exposé de la professeure Karine Lempen de l'Université de Genève a montré de manière impressionnante quelle a été l'évolution ces dernières années de la pratique du TF en faveur des travailleurs et travailleuses âgés et des femmes, licenciés pour des raisons discriminatoires. Des arrêts pionniers ont été évoqués. Ainsi, il n'est désormais plus permis de licencier des travailleurs et travailleuses âgés et de longue date dans leur entreprise sans prendre diverses mesures et sans leur accorder un droit à être au préalable entendus. En cas contraire, le licenciement est considéré comme étant abusif. 
</p><p>Partant d'une étude de l'Université de Genève, Madame Lempen, a cependant aussi fait apparaître que, précisément en matière de licenciements discriminatoires de femmes, le tribunal n'applique souvent pas la loi sur l'égalité entre femmes et hommes, mais uniquement les dispositions générales du droit du travail. Effrayant ! En effet, les femmes qui luttent, par exemple, contre des discriminations salariales, perdent ainsi la possibilité d'être réengagées et ne bénéficient pas du renversement du fardeau de la preuve, une disposition qui est avantageuse pour elles. On doit par conséquent se donner pour objectif que l'article 10 de la loi sur l'égalité soit toujours appliqué. Et les juges, tout comme les avocat(e)s, doivent davantage y veiller. 
</p><h3>L'OIT demande toujours une révision du Code des obligations </h3><p>L'intervention de Madame Karen Curtis, docteure en droit et directrice adjointe de la Commission de l'application des normes de l'OIT, fut finalement saisissante. Sur la base des recommandations faites à notre pays par l'OIT, Madame Curtis a montré que la Suisse doit modifier son Code des obligations pour être conforme aux normes du droit international. Tant en raison des obligations relevant de l'OIT de même que de la CEDH, il apparaît de fait clairement qu'en raison du droit de l'OIT et de la CEDH, le droit suisse du licenciement en cas de congés antisyndicaux ainsi que de membres de commissions du personnel ou d'organes de caisses de pensions doit prévoir la réinsertion de la personne licenciée. En outre, les actuelles indemnisations habituellement accordées par les tribunaux en cas d'abus, deux à trois salaires mensuels, sont beaucoup trop basses aux yeux de l'OIT. Car elles ne sont pas suffisamment dissuasives. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5671</guid><pubDate>Fri, 07 Sep 2018 11:22:00 +0200</pubDate><title>Lutte contre les crimes de haine et les discriminations au travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/lutte-contre-les-crimes-de-haine-et-les-discriminations-au-travail</link><description>Une norme pénale contre la discrimination des LGBT qui a trop attendu</description><content:encoded><![CDATA[<p>La discrimination des personnes LGBT est aussi une réalité quotidienne en Suisse. Ainsi la " LGBT+Helpline " mise en place en novembre 2016 enregistre en moyenne deux délits de haine par semaine, et l'ampleur de la violence physique présente dans presque un tiers des cas est particulièrement choquante. Les chiffres réels prenant en compte les cas non annoncés sont en outre sans doute très élevés.</p><p>Mais les discriminations ne s'arrêtent pas aux portes du monde du travail. Selon une enquête de la " Fédération Genevoise des Associations LGBT ", 52 % des personnes transgenre, 32 % des lesbiennes et 21 % des gays ont été confrontés à différentes formes de discriminations en raison de leur orientation sexuelle et/ou de leur identité de genre. Les discriminations matérielles des personnes transgenre aussi sont vraiment énormes : selon le Transgender Network Switzerland (TGNS), un licenciement sur trois de personnes transgenre qui a lieu en Suisse est " justifié " par l'identité de genre.</p><p>Ces chiffres montrent qu'il est plus que temps d'ancrer dans la loi que les discriminations en raison de l'orientation sexuelle ou l'identité de genre doivent être poursuivies pénalement. Sinon, il est tout simplement impossible d'agir au pénal contre ces discriminations, ainsi que le Tribunal fédéral l'a constaté à plusieurs reprises. Lors de la session d'automne, le Conseil national traitera de l'initiative parlementaire Reynard sur ces questions : " Lutter contre les discriminations basées sur l'orientation sexuelle ", initiative qui veut une modification du Code pénal. L'Union syndicale suisse (USS) demande au Parlement d'intégrer le plus rapidement possible cette norme pénale sur la discrimination des personnes LGBT. Mais au-delà, les dispositions sur l'interdiction de la discrimination en raison du sexe devraient être étendues afin d'ancrer aussi la lutte contre le sexisme à cet endroit dans la loi.</p><p>Les délits de haine à l'égard des personnes LGBT ne vont cependant pas totalement disparaître parce qu'ils sont punissables. Il est donc d'autant plus important de les recenser statistiquement et de les analyser, comme le demande la motion Quadranti " Recensement statistique des crimes haineux fondés sur l'orientation sexuelle, l'identité de genre, l'expression de genre ou les caractéristiques sexuelles ". Si elle franchissait ces étapes juridiques, la Suisse progresserait clairement dans le classement annuel d'ILGA (Association internationale des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexes) des pays européens les plus respectueux à l'égard des personnes LGBT. Un classement où elle n'occupe actuellement que le 22e rang.</p>]]></content:encoded><category>LGBT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5670</guid><pubDate>Fri, 07 Sep 2018 11:13:35 +0200</pubDate><title>Encore et encore contre le personnel de la Confédération</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/encore-et-encore-contre-le-personnel-de-la-confederation</link><description>Les interventions de la session</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 17 septembre, le Conseil des États traitera toute une série d'interventions concernant le personnel de la Confédération. Et toutes relèvent du même état d'esprit : " Moins, c'est mieux ". </p><p>Moins, c'est mieux, soit, en d'autres termes : moins de personnel de la Confédération et moins de salaire. Au Conseil des États de mettre une fois pour toutes fin à pareille mentalité ! La motion qui veut plafonner le nombre d'emplois de l'Administration fédérale à son niveau de 2014, ou à 35 000 emplois à plein temps, est déjà passée plusieurs fois dans les deux Commissions des finances et les deux Chambres. Dans son rapport (18.032), le Conseil fédéral a montré qu'elle est de facto réalisée. La Commission des finances du Conseil des États demande désormais à son président, dont la voix est prépondérante, de trancher. À la trappe ! 
</p><p>La motion 16.3399 est du même tabac : elle vise à baisser de 8 % les mandats attribués à l'extérieur. Le Conseil national l'a aussi fait passer. 
</p><p>L'UDC ne cesse de critiquer le système salarial appliqué dans l'Administration fédérale, alors qu'un rapport externe est aussi arrivé à la conclusion qu'il est en soi cohérent et surtout qu'il ne représente justement pas un facteur de coûts. La motion 16.3973 demande que toutes les allocations soient supprimées et que l'horaire de travail fondé sur la confiance n'entraîne pas un relèvement automatique du salaire. Le Conseil national a trouvé cela bien, au Conseil des États de s'y opposer. 
</p><p>Et l'UDC, encore une fois sur le salaire des employé(e)s de la Confédération : la motion 16.3974 veut que les salaires soient adaptés à ceux du privé, c'est-à-dire bien sûr vers le bas. Seulement : ils y sont plus élevés pour les fonctions de cadres supérieurs ! Comparativement, les salaires des classes de salaire inférieures de l'Administration fédérale sont supérieurs au privé. Cela concerne les artisans(e)s, les mécanicien(ne)s, les logisticien(ne)s, le personnel de nettoyage, les huissiers et huissières ainsi que les activités des loges. Faut-il couper dans ces salaires ? La compensation du renchérissement doit être négociée chaque année. La loi sur le personnel de la Confédération prévoit uniquement que le Conseil fédéral peut compenser le renchérissement en fonction de la situation économique et financière. Or cette seule possibilité est une épine dans le pied des parlementaires de la droite et cet article doit être abrogé selon eux (motion 17.3978). </p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5652</guid><pubDate>Mon, 27 Aug 2018 08:35:52 +0200</pubDate><title>#Enough18 : nous en avons assez !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/enough18-nous-en-avons-assez</link><description>Faisons pression maintenant pour l’égalité salariale</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Dans la politique suisse de l'égalité des sexes, les rouages sont très grippés. Et cette année aussi : la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil des États a dit non à une initiative pour un congé de paternité de quatre semaines, soit déjà très court en comparaison internationale, et mise sur le compromis du compromis : deux semaines.</p><p>Le Conseil des États n'a accepté que des mesures édulcorées pour l'égalité salariale et ces dernières n'auraient même pas passé le cap de la commission préparatoire du Conseil national sans la voix prépondérante de sa présidente. Les 24 et 25 septembre, le plénum décidera s'il faut enfin agir efficacement, un petit peu, ou alors pas du tout contre la discrimination salariale des femmes.
</p><p>Nous avons besoin d'une Madame Égalité
</p><p>L'Union syndicale suisse (USS) a mis des propositions sur la table : pour que la loi sur l'égalité (LEg) révisée puisse déployer tous ses effets, il faut qu'une Madame Égalité de la Confédération puisse contrôler si les entreprises respectent la loi et prononcer des sanctions en cas d'infractions. Mais cela commence à être extrêmement serré : les organisations patronales se battent bec et ongles pour leur droit à verser des salaires inégaux et les politiciens de droite, ainsi que quelques politiciennes, semblent encore très disposés à répondre à leurs souhaits.
</p><p>La lanterne rouge Suisse
</p><p>Il est cependant plus que temps que quelque chose se passe et que la Suisse fasse un grand pas en avant en matière d'égalité entre femmes et hommes. Car, vue depuis l'Europe, la politique suisse en cette matière a précisément des airs archaïques. Alors que tous les pays de l'OCDE connaissent au moins un congé de paternité et/ou un congé parental prescrits par une loi, et beaucoup ont les deux, la Suisse discute actuellement pour savoir si les jeunes pères " frais émoulus " doivent avoir droit à plus que le jour de congé destiné aux " affaires personnelles ".
</p><p>La part aux frais totaux de prise en charge extrafamiliale des enfants assumée en Suisse par les parents doit constituer un record. Et nous n'avons pas non plus à être fiers de notre performance au chapitre de l'égalité salariale. Selon Eurostat, l'office de statistique de l'Union européenne (UE) - nous n'avons pas encore les chiffres de l'Office fédéral de la statistique - la Suisse se trouvait en 2016 au-dessus de la moyenne de l'UE, avec 17 % de différence entre les hommes et les femmes. Et cela fait des années que la différence de salaire discriminatoire se monte à environ 7 %, ce qui ne se corrigera pas avec des mesures volontaires.
</p><p>Nous en avons et en voulons assez !
</p><p>Pour que les choses avancent, il est nécessaire que les femmes et les syndicats fassent pression. Le samedi 22 septembre, deux jours avant le débat sur la révision de la LEg censée nous rapprocher de l'égalité salariale, nous irons sur la Place fédérale et dirons haut et fort que c'en est assez ! Nous montrerons que nous en avons assez d'attendre depuis une éternité une vraie égalité de traitement. Que nous en avons assez d'entendre des excuses selon lesquelles des mesures comme le congé de paternité et les analyses de salaires seraient trop chers. Assez aussi d'assertions comme celles selon lesquelles les discriminations salariales n'existeraient pas et que lorsque c'est le cas, les femmes en sont elles-mêmes responsables.
</p><p>Et nous devons montrer que nous voulons obtenir suffisamment d'argent pour notre travail, des rentes suffisantes pour notre retraite et suffisamment de reconnaissance pour ce que nous faisons. Avec #Enough18, la manifestation nationale pour l'égalité salariale et contre les discriminations, nous ferons passer un message à l'intention du Parlement : donnez-nous ce qui nous revient ! Engagez-vous en décidant des mesures efficaces pour l'égalité salariale !
</p><p>Nous nous retrouverons le 22 septembre à 13 h 30 sur la Schützenmatte, à Berne. La manifestation finale aura lieu à 15 h sur la Place fédérale. Ensuite, il y aura de la musique féministe avec DJ Stéphanie et la bière de l'égalité brassée en exclusivité pour l'USS. </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5650</guid><pubDate>Fri, 24 Aug 2018 15:53:36 +0200</pubDate><title>Des patrons cyniques</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-patrons-cyniques</link><description>Protection contre l’épuisement professionnel</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">À coups de grandes et onéreuses affiches placardées depuis quelques semaines en Suisse alémanique, l'Association Suisse d'Assurances (ASA) s'inquiète de l'explosion du nombre des cas d'épuisement professionnel. Le timing ne pourrait pas être plus cynique, car la commission compétente du Conseil des États veut démanteler massivement la protection des travailleurs et travailleuses. </p><p>La Commission des redevances et de l'économie de la Chambre des cantons veut en effet mettre en œuvre les initiatives parlementaires de la conseillère aux États Karin Keller-Sutter (PLR) et du conseiller aux États Konrad Graber (PDC). C'est fin juin qu'elle a lâché cette bombe et présenté son projet de démantèlement qui doit pratiquement rayer la protection contre l'épuisement professionnel de l'actuelle loi sur le travail. 
</p><p>Serait-ce là un cas pour l'ASA qui se fait des soucis à cause de l'épuisement professionnel ? Mais attention : l'ASA est membre de l'Union patronale suisse. Et quelles personnalités sont présentes dans les comités de cette dernière ? Mme Keller-Sutter (à qui l'on attribue des ambitions de conseillère fédérale) et M. Graber (qui représente les intérêts des employeurs des fiduciaires d'Expertsuisse, une branche dans laquelle les salarié(e)s sont pressés comme des citrons avec des temps de travail excessivement longs...). 
</p><p>Avec la révision géante du Conseil des États faite selon les vœux de Mme Keller-Sutter et M. Graber, la loi sur le travail cesserait d'exister, en matière de protection contre l'épuisement professionnel, précisément pour celles et ceux qui en ont le plus besoin, soit les cadres moyens, les " travailleurs et travailleuses du savoir " qui pratiquent souvent le télétravail, mais aussi les spécialistes, pour lesquels le calme et la concentration sont l'alpha et l'oméga de leurs activités (que l'on pense ici seulement au travail exigeant des réviseurs et réviseuses ou des personnes occupées dans le domaine de la santé). Un " bel " effet secondaire des " réformes " est que les employeurs et employeuses pourraient en plus profiter de travail gratuit, car les heures supplémentaires de celle ou celui qui n'a pas le droit d'enregistrer ses temps de travail ne seraient plus payées ni compensées. Pas mal, pour les patrons économes ! 
</p><p>Les réformes supprimeraient le principe du volontariat qui existe aujourd'hui lorsqu'il est question de flexibilité et le droit à enregistrer son temps de travail disparaîtrait également ainsi que les prescriptions en matière de durée maximale du travail, de travail du dimanche et de travail de nuit. Le droit suisse du travail est déjà le plus favorable aux employeurs et employeuses de toute l'Europe. Faut-il vraiment le déplumer encore plus au détriment de la santé psychique avec une flexibilité unilatérale à la sauce patronale ? Voulons-nous encore plus de cas d'épuisement professionnel, plus de travail gratuit, moins de salaire ? 
</p><p>Les syndicats et les associations de salarié(e)s rejettent ces exigences inacceptables. Ils demandent au Parlement de reprendre enfin ses esprits et d'enterrer les initiatives parlementaires Graber et Keller-Sutter. Car elles entraîneraient des coûts économiques et de la souffrance. Mais peut-être que les syndicats recevront un soutien inattendu. Ou les inquiétudes de l'ASA quant à l'augmentation des cas d'épuisement professionnel ne valent même pas le papier (cher) sur lequels elles ont été affichées et répandues ?</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5637</guid><pubDate>Wed, 08 Aug 2018 10:00:00 +0200</pubDate><title>Pourquoi les lignes rouges ne doivent pas être franchies</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pourquoi-les-lignes-rouges-ne-doivent-pas-etre-franchies</link><description>Mesures d’accompagnement : la Suisse ne doit pas lâcher
</description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis plusieurs semaines, deux conseillers fédéraux et de nombreux médias suisses s’emploient à ridiculiser ce que l’on appelle la règle des huit jours. De quoi s’agit-il&nbsp;? Pourquoi de telles attaques contre une règle qui fonctionne très bien pour la Suisse depuis de nombreuses années&nbsp;? 
</p><p>En principe, tout est clair&nbsp;: notre gouvernement a affirmé à plusieurs reprises que la protection salariale en Suisse n’est pas négociable. Il s’agit là d’une «&nbsp;ligne rouge&nbsp;», a-t-il dit et redit, pas plus tard que début juillet. Mais nos deux conseillers fédéraux libéraux-radicaux font comme si ces décisions ne les concernent pas. Dans une vaste mise en scène médiatique, ils jettent en pâture la protection contre la sous-enchère salariale.
</p><p> Cette attaque des conseillers fédéraux libéraux-radicaux contre la protection des salaires est tout simplement irresponsable. Ils risquent délibérément de faire un tort irréparable aux relations entre la Suisse et l’Union européenne (UE). Car dans le débat actuel, l’enjeu va bien au-delà de la question du délai des huit jours.
</p><p> Dans un document d'information clair, l'USS explique brièvement et de manière concise comment les mesures d'accompagnement ont été mises en place, pourquoi la règle des huit jours est efficace et non discriminatoire, ainsi que les conséquences fatales du comportement des conseillers fédéraux libéraux-radicaux pour la Suisse et la coopération avec l'UE.
</p><p><b><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/consultations/2026/260211_JE_VL_AEnderung_Ergaenzungsleistungen.pdf" class="download">Plus...</a>&nbsp;&nbsp;</b>(PDF)&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p><h5>Renseignements :</h5><p>Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS, tel. 031 377 01 06
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5619</guid><pubDate>Mon, 09 Jul 2018 09:17:00 +0200</pubDate><title>La Confédération européenne des syndicats soutient les camarades suisses</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-confederation-europeenne-des-syndicats-soutient-les-camarades-suisses</link><description>Intervention au plus haut niveau</description><content:encoded><![CDATA[<p> « Qu'ils soient résidents ou détachés en Suisse, tous les travailleurs et travailleuses doivent avoir la garantie de salaires et conditions de travail identiques », explique Luca Visentini, secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats dans une lettre à la haute responsable des Affaires étrangères Federica Mogherini et Marianne Thyssen, commissaire au travail et aux affaires sociales de l'UE. En intervenant au plus haut niveau de l'Union européenne, Luca Visentini soutient les camarades suisses dans la discussion sur les mesures d'accompagnement.
</p><p>Le chef de l'union renvoie à la situation particulière de la Suisse due à sa situation géographique et à ses salaires élevés, nécessitant une protection spéciale. « La règle des 8 jours, la garantie et les contrôles basés sur le risque en particulier se sont révélés efficaces », déclare Luca Visentini dans sa lettre.
</p><p>La Confédération européenne des syndicats tire à la même corde que les organisations suisses USS et Travail Suisse : « Le principe de l'égalité de salaire pour un même travail au même endroit doit s'appliquer partout en Europe ». C'est pourquoi poursuit Luca Visentini, « dans les négociations entre la Suisse et l'UE sur un accord-cadre, les mesures d'accompagnement doivent être exclues de l'équation ». 
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5616</guid><pubDate>Thu, 05 Jul 2018 12:57:37 +0200</pubDate><title>Accord à l&#039;ATS : le solide résultat d’une action de solidarité exemplaire</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/accord-a-lats-le-solide-resultat-d-une-action-de-solidarite-exemplaire</link><description>L&#039;USS félicite la rédaction de l&#039;ATS pour sa ténacité et la solidarité exemplaire dont elle a fait preuve avec les collègues âgés !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Qui l'aurait pensé ? Que les rédacteurs et rédactrices de l'ATS puissent encore obtenir quelque chose avec leurs associations Syndicom et Impressum. L'employeuse ATS est contrainte de revoir sa stratégie de licenciements. La ténacité des collaboratrices et collaborateurs de l'entreprise et une large solidarité ont eu leurs effets. </p><p>Dans un premier temps, il avait été décidé que l'ATS serait intégrée à Keystone SA (actuellement à participation autrichienne majoritaire) et que l'importante fortune de 20 millions de francs devrait être répartie entre les actuels propriétaires (éditeurs et SSR). Ce démantèlement devait se faire sans égards pour les collaborateurs et collaboratrices de longue date de l'ATS et la fonction exercée par cette dernière dans l'approvisionnement de contenus médiatiques dans tout le pays. Il s'agissait de préparer le fournisseur de service public à sa fusion avec une agence à but lucratif, Keystone. Dure comme fer, telle était la position des éditeurs, et le conflit autour de l'ATS fut mené comme étant représentatif pour tous les autres projets de démantèlement dans le domaine des médias. Le CEO de l'ATS renvoya sans autre forme de procès les rédacteurs et rédactrices concernés à l'assurance-chômage. Finalement, on a cofinancé cette dernière en tant qu'employeuse et on n'a d'obligations qu'envers les actionnaires. 
</p><p>La décision prise ensuite en assemblée par la rédaction de l'ATS de continuer à faire grève après l'échec d'une grève d'avertissement en janvier n'en fut que plus impressionnante. Après quatre jours, les négociations commencèrent, la grève étant alors suspendue. Mais les négociations ne débouchèrent sur rien. En lieu et place, l'employeuse essaya, au mois d'avril, de faire intervenir l'Office fédéral de conciliation en matière de conflits collectifs du travail du Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche. Les revendications de la rédaction de l'ATS étaient claires : suspension des licenciements prononcés, solution permettant aux collaborateurs et collaboratrices âgés touchés de vivre décemment et un bon plan social. 
</p><p>Commença alors la phase démoralisante d'une attente des mois durant de la proposition d'arbitrage de l'Office fédéral de conciliation. La rédaction et les syndicats se trouvaient les mains liées. Entre-temps la Commission de la concurrence accepta la fusion ATS-Keystone, avec effet rétroactif dès janvier 2018. Et la rédaction de l'ATS commença à se rapetisser. 
</p><p>Cent quarante-huit jours après la décision de faire grève prise par celle-ci, la Commission fédérale de conciliation fit connaître, à fin juin, le résultat de son arbitrage. Le démantèlement aura lieu, mais l'employeuse devra revoir son indigne et peu ragoûtante stratégie de licenciements. Pour la première fois dans l'histoire de la branche des médias, des réengagements de rédacteurs et rédactrices remerciés auront lieu. Toutes celles et ceux qui ont plus de 60 ans seront réengagés aux mêmes conditions qu'avant et tous et toutes bénéficieront d'une protection contre le licenciement jusqu'à leur arrivée à l'âge ordinaire de la retraite. Le plan social prévoit des améliorations substantielles et la mise en place d'un fonds pour cas de rigueur. Les collaborateurs et collaboratrices qui ont dû baisser leur taux d'occupation ainsi que les stagiaires auront la priorité pour les éventuels postes vacants. 
</p><p>L'Union syndicale suisse (USS) félicite la rédaction de l'ATS pour sa ténacité et la solidarité exemplaire dont elle a fait preuve avec les collègues âgés ! Nous soutenons la rédaction dans ses revendications vis-à-vis de la nouvelle direction de Keystone-ATS et ses propriétaires. Le principe du service public doit être ancré dans le statut de la rédaction, la commission de la rédaction doit avoir les mêmes droits qu'avec l'ATS et le personnel doit être représenté au sein du conseil d'administration.</p>]]></content:encoded><category>Communication et medias</category><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5601</guid><pubDate>Wed, 27 Jun 2018 15:08:03 +0200</pubDate><title>&quot;100 ans de SUVA : jetons un regard sur le passé et un autre vers l’avenir&quot;</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/100-ans-de-suva-jetons-un-regard-sur-le-passe-et-un-autre-vers-l-avenir</link><description>Discours de Paul Rechsteiner : 100 ans SUVA</description><content:encoded><![CDATA[<p>La SUVA est née d’une extrême détresse. Le nombre des décès liés à l’activité professionnelle était, avec 1&nbsp;000 personnes par an, 25 fois plus élevé qu’aujourd’hui proportionnellement au nombre des personnes actives. Une personne sur trois était victime d’un accident du travail. Pour celles qui étaient concernées, un décès ou un cas d’invalidité les faisait basculer, eux et/ou leurs familles, dans la misère. Aujourd’hui, ce n’est heureusement plus le cas. Un énorme progrès social.</p><p>À elle seule, la détresse sociale n’a pas modifié la manière de penser. Pour cela, il a fallu que le mouvement ouvrier organisé fasse pression pendant des décennies. Mais finalement, la création de la SUVA (Caisse nationale suisse en cas d’accidents, CNA) n’aurait pas été possible sans les entrepreneurs et des politiciens de droite dotés d’un sens aigu de leur responsabilité sociale. L’engagement de Ludwig Forrer, conseiller national PLR devenu ensuite conseiller fédéral, fut exceptionnel. C’est de lui qu’est la formule saillante&nbsp;: «&nbsp;Responsabilité est synonyme de conflit et assurance, de paix&nbsp;».</p><p>Aujourd’hui, 100 ans plus tard, nous pouvons fêter ce qui est une histoire réussie, qui n’a pas été de soi. L’histoire de catastrophes, comme celles de Mattmark ou de l’amiante, nous rappelle aussi que leur gestion a été un processus controversé et douloureux. Ici, la SUVA a joué un rôle important, irremplaçable. Le risque d’accident fait partie des risques existentiels auxquels tout individu est exposé. La SUVA offre une assurance-accidents pour un rapport prix/prestations remarquable. Elle aide de manière exemplaire en cas de réadaptation. Et, par ses contrôles sur le terrain et la prévention, elle contribue substantiellement à la sécurité au travail. La chaussure de sécurité de la SUVA est un objet culte. Qu’il s’agisse de casques, de valeurs limites ou de sécurité des machines, chaque accident évité, chaque maladie professionnelle qui ne se déclare pas est quelque chose de particulièrement heureux pour les personnes concernées et leurs familles. Mais aussi pour les entreprises. Car les accidents et les maladies professionnels se révèlent coûteux. Le mélange de prévention, d’assurance et de réadaptation mis en place au fil de décennies est la clé du modèle de réussite qu’est la SUVA.</p><p>Lors de la séance constitutive de la SUVA, le 2 octobre 1912 à Lucerne, le conseiller fédéral Edmund Schulthess a dit, dans un discours visionnaire adressé aux membres du conseil d’administration, que leur tâche consistait à répondre aux espoirs des amis de l’institution et à se réconcilier avec ses opposants. Et qu’ils y parviendront surtout s’ils prouvent qu’une institution mise en place sur décision de l’État peut aussi avoir une action rationnelle et économique. Selon lui encore, pareille efficacité de la part du conseil d’administration, allant de pair avec une gestion conciliante des dommages, ne manquera pas de générer de la sympathie et de la reconnaissance dans tous les milieux. Il apparaît aujourd’hui que le Conseil fédéral a misé, avec le soutien du Parlement et du peuple, sur le bon cheval d’une entreprise de droit public avec participation directe des syndicats et des associations patronales. La gestion commune de la nouvelle institution par les partenaires sociaux, avec la Confédération dans le rôle de surveillante, était la clé de solutions efficaces et proches des diverses branches économiques. En des temps qui vécurent de grandes tensions sociales, et même une lutte des classes ouverte, la création de la SUVA a été une démarche courageuse, mais aussi novatrice.</p><p>Plus tard aussi, les représentant(e)s des travailleurs et travailleuses et les employeurs et employeuses sont toujours parvenus à mettre au premier plan leurs intérêts communs et à dépasser l’un ou l’autre blocage idéologique. La dernière fois, avec la révision, entrée en vigueur l’an dernier, de la loi sur l’assurance-accidents entamée au Palais fédéral sous de mauvais auspices. Le succès du deuxième essai montre de manière impressionnante à quel point la SUVA est acceptée et l’impact qu’ont les partenaires sociaux lorsqu’ils se montrent unis face aux institutions politiques.</p><p>La SUVA est en bonne santé et se porte mieux que d’autres assurances sociales ou non. Qu’il en aille ainsi est aussi à porter au crédit de ses collaborateurs et collaboratrices engagés et compétents qui s’identifient beaucoup à l’institution SUVA et à leur importante tâche.</p><p>Mais la SUVA, et surtout l’assurance-accidents, n’a pas le droit de s’endormir sur ses lauriers. Une assurance-accidents de qualité, telle est la condition pour que le progrès économique soit au rendez-vous à l’ère de l’industrie et des machines. La couverture sociale et le progrès économique ont marché main dans la main. Avec la numérisation, nous nous trouvons aujourd’hui, dans un contexte qui a changé, face à des défis semblables. Pensons par exemple ici à la problématique des maladies professionnelles psychosociales.</p><p>En tant qu’institution, la SUVA devra affronter les défis du piège stratégique que représente la révision de la loi de 1984. En 1984, le prix politique payé pour obtenir de grandes améliorations dans de nombreux domaines a été de limiter le domaine d’activité de la SUVA essentiellement au secteur industriel. Le secteur secondaire reste important pour la Suisse, mais personne ne peut refuser de voir qu’il occupe, aujourd’hui encore, 20&nbsp;% des personnes professionnellement actives. En 1984, cette part était de 40&nbsp;%. Une SUVA qui s’arme pour les 100 prochaines années doit accepter ce défi stratégique. Dans l’intérêt non seulement de l’économie industrielle avec ses risques d’accident spécifiques, mais aussi de toutes les personnes actives. Et finalement, de toute l’économie.</p><p>Déjà lors de la dernière révision de la loi sur l’assurance-accidents, les syndicats avaient essayé de convaincre politiquement les employeurs et employeuses et les politicien(ne)s de droite à l’esprit ouvert d’aborder ce problème. Il y aurait plusieurs options ici. Malheureusement, le courage a manqué pour ouvrir ce chapitre, bien que beaucoup nous donnent raison sur cette question. Dans les années à venir, ce courage sera cependant à nouveau requis, dans l’intérêt de solutions tournées vers l’avenir. Ici, nous pouvons nous orienter sur la clairvoyance de la génération des fondateurs de la SUVA, des conseillers fédéraux radicaux Forrer, Deucher et Schulthess. Face aux échecs et aux reculs, ils ne se sont pas laissé décourager dans la poursuite d’un but reconnu comme juste&nbsp;; cela, jusqu’à ce que la percée fut possible.</p><p>Aujourd’hui, l’assurance-accidents et son institution centrale, la SUVA, est comme un phare dans le paysage des assurances sociales. Face aux risques jumeaux de l’accident et de la maladie, nous ne pouvons que rêver à de telles solutions. À la fin du 19<sup>e</sup> siècle et au début du 20<sup>e</sup>, la Suisse était un pays socialement progressiste. Aussi en comparaison internationale. Pensons à la création de l’Organisation internationale du Travail à Genève. Celle-ci aura 100 ans l’an prochain. Laissons-nous inspirer par cet esprit qui a permis que la SUVA soit possible. La Suisse a le droit d’en être fière.</p><p>&nbsp;</p><p>(discurs traduit)</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Assurance-accidents</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/2/3/csm_Rechsteiner_Paul_farbig_2015_0bb1339f52.jpg" length="151031" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-5598</guid><pubDate>Fri, 22 Jun 2018 10:29:45 +0200</pubDate><title>Un chahut parlementaire qui cache le vrai but de l’initiative de l’UDC</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/un-chahut-parlementaire-qui-cache-le-vrai-but-de-l-initiative-de-l-udc</link><description>Une initiative contre les droits humains qui attaque directe contre les travailleurs et travailleuses </description><content:encoded><![CDATA[<p> Le Conseil national a débattu pendant neuf bonnes heures, lors de la session d'été, au sujet de l'" initiative pour l'autodétermination " de l'UDC. Parce que cette dernière voulait profiter de ces délibérations pour propager dans le public ses balivernes sur les " juges étrangers " avec marionnettes et scotch sur la bouche, et les sempiternelles mêmes questions. Or ce spectacle préélectoral a fait oublier qu'il s'agit là plus que d'une simple campagne électorale. Le but de l'initiative n'est rien moins que la dénonciation de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH).
</p><p>Avec la modification de la Constitution fédérale qu'elle propose, l'UDC veut soi-disant renforcer la souveraineté de la Suisse. Ainsi, la Constitution devrait passer avant le droit international et les traités internationaux en contradiction avec certaines de ses dispositions seraient dénoncés. Ce qui vous a des airs de souveraineté est en fait un grossier affaiblissement de nos droits individuels fondamentaux.
</p><p>Petit retour en arrière : le vrai élément déclencheur du lancement de l'initiative, c'est un arrêt du Tribunal fédéral de 2012, selon lequel la CEDH passe non seulement avant les lois fédérales, mais aussi la Constitution. Il va de soi que les droits fondamentaux et humains sont universels et passent donc avant toute loi et toute constitution. Ce qui, bien sûr, ne convient pas à l'UDC. Celle-ci émet toujours des revendications qui remettent en cause les droits fondamentaux. Et là, tant la CEDH que la Cour européenne des droits de l'homme (CrEDH) dérangent, car elles protègent en Suisse les gens contre la violation de leurs droits fondamentaux.
</p><p>Mais il n'est pas seulement question ici de la protection de minorités. Derrière l'initiative en effet, on trouve en dernière analyse non seulement une politique hostile aux droits humains, mais aussi une attaque directe contre les travailleurs et travailleuses de Suisse. Pour défendre leurs intérêts face aux employeurs, ceux-ci ont besoin d'un régime de droits humains qui fonctionne correctement. À cet égard, le droit international joue un rôle central.
</p><p>La CEDH et le droit international de l'Organisation internationale du Travail (OIT) garantissent divers droits à tous les travailleurs et travailleuses. Comme celui de s'organiser dans les entreprises et d'échanger des informations. Ou la protection contre des licenciements décidés uniquement en raison d'activités syndicales. Ou encore la garantie que les syndicats puissent rendre visite au personnel à son lieu de travail et le conseiller. Et, last but no least, la protection des lanceurs et lanceuses d'alerte.
</p><p>Et l'égalité de traitement entre femmes et hommes dans les assurances sociales est aussi garantie par ce biais. La CrEDH de Strasbourg a prononcé à ce sujet un arrêt qui fait date en Suisse et grâce auquel le droit des jeunes mères à des rentes s'est amélioré.
</p><p>En résumé, une acceptation de l'initiative concernerait la CEDH et 43 conventions de l'OIT qui garantissent une protection essentielle aux travailleurs et travailleuses. Car la Suisse n'a pas de Cour constitutionnelle pour intervenir lorsque des lois fédérales violent nos libertés que protègent des droits fondamentaux. C'est pourquoi, selon la Constitution en vigueur, le droit international, comme la CEDH et le droit de l'OIT, sont aussi déterminants. C'est ainsi que le droit international ratifié par notre pays assume cette fonction de protection. Car le droit international garantit largement, à travers la CEDH et les conventions de l'OIT, les droits fondamentaux et humains, comme notre Constitution. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5594</guid><pubDate>Thu, 21 Jun 2018 09:58:23 +0200</pubDate><title>« Égalité salariale : mettons la pression ! »</title><link>https://www.uss.ch/themes/detail/egalite-salariale-mettons-la-pression</link><description>L’USS a lancé une vaste campagne intitulée « Égalité salariale : mettons la pression ! », ce que l’on peut sans autre aussi comprendre au sens littéral.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">L’égalité salariale progresse difficilement au Parlement. Le renvoi en commission du projet de révision de la loi sur l’égalité par le Conseil des États en février s’est heurté à une énorme résistance à l’extérieur du Palais fédéral. Les syndicats et les organisations de femmes ont mis en place une pression très forte et le discours public a changé de ton, aussi au Conseil des États. Le projet de révision a désormais été clairement accepté par 27 voix contre 15. Un succès pour les syndicats et les organisations féminines amies. Mais il faut accentuer encore plus la pression. Car le projet, déjà pas très tranchant, s’est même émoussé sur quelques points. Ainsi, le nombre des entreprises obligées de contrôler leurs salaires a par exemple été fortement baissé. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR"><b>La campagne</b><br>Pour ces raisons, l’USS a lancé une vaste campagne intitulée «&nbsp;Égalité salariale&nbsp;: mettons la pression&nbsp;!&nbsp;», ce que l’on peut sans autre aussi comprendre au sens littéral. En effet, l’Union syndicale suisse a fait brasser par la brasserie «&nbsp;La Nébuleuse&nbsp;» une bière spéciale de l’égalité afin de porter la discussion dans un public plus large encore. Elle peut être consommée dans tout le pays, dans de nombreux bars et restaurants et lors d’autres événements. Les sous-bocks qui l’accompagnent peuvent être envoyés comme cartes postales à des élu(e)s du Conseil national. Le but est de mettre en place la pression nécessaire sur le Parlement pour que non seulement une révision soit adoptée, mais surtout qu’elle contienne les améliorations qui s’imposent et devienne un instrument réellement efficace. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Cette campagne va déboucher sur la grande manifestation nationale du 22 septembre sur la Place fédérale, à Berne – un lieu assorti aux délibérations parlementaires sur la loi </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR"><b>Informer et soutenir&nbsp;:</b></span><br> ⇒ <a href="https://www.fb.com/mettons.la.pression" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Soutenir la campagne sur Facebook</a></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">⇒ <a href="https://www.mettons-la-pression.ch" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Goûter la bière ou commander des sous-bocks</a></span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">⇒ <a href="/themes/detail/egalite-salariale-mettons-la-pression">Autres informations sur l’égalité salariale</a></span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">⇒ <a href="/themes/detail/manifestation-nationale-pour-legalite-salariale-et-contre-les-discriminations-enough18">Informations sur la manif du 22.9.2018 et les trains spéciaux gratuits</a></span></p>]]></content:encoded></item><item><guid isPermaLink="false">news-5592</guid><pubDate>Thu, 21 Jun 2018 08:39:01 +0200</pubDate><title>&quot;La Suva doit échapper au piège stratégique !&quot;</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/la-suva-doit-echapper-au-piege-strategique</link><description>Vasco Pedrina, ancien Coprésident de l&#039;USS et d&#039;Unia et ancien Conseil d&#039;administation, sur les 100 ans de la Suva</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les 100 ans de la Suva sont célébrés cette année un peu partout comme une réussite. Et à raison, estime Vasco Pedrina. Mais il s'agit aussi de ne pas tomber dans un piège stratégique. La Suva doit défricher de nouveaux champs d'action.</p><p><strong>USS: Vasco, tu as eu affaire toute ta vie professionnelle à la Suva. Quels sont les principaux défis que la Suva doit affronter pour l'avenir ?</strong></p><p><strong>Vasco Pedrina:</strong> Tout d'abord, je voudrais souligner que la Suva est une réussite. Ceci est dû à son statut d'entreprise publique que les partenaires sociaux gèrent en responsabilité conjointe. Ajoutez à cela le bon mélange de produits, à savoir les trois domaines de la prévention, de l'assurance et de la réadaptation, ainsi que d'excellents employé(e)s qui sont vraiment fiers de travailler pour un tel service social. La Suva est très saine aujourd'hui, mais son avenir est en danger. Si les conditions-cadres juridiques de la Suva ne changent pas, le piège stratégique qui lui a été tendu se refermera sur elle.</p><p><strong>Quel piège stratégique ?</strong></p><p>Lors de la révision de 1984 de l'assurance-accidents, les syndicats et la bourgeoisie avaient conclu un accord qui a permis de couvrir tous les employés par l'assurance-accident et de continuer à garantir de très bonnes prestations, telles que des rentes représentant environ 90 % du dernier salaire, ce qui est l'un des chiffres les plus élevés d'Europe. En même temps, on s'était mis d'accord sur une expansion modérée des prestations. Mais le prix à payer a été trop élevé : à savoir limiter le monopole de la Suva au secteur secondaire, c'est-à-dire à l'industrie et l'artisanat. Le problème est qu'en 1984, le secteur secondaire employait environ 40 % des salarié(e)s ; aujourd'hui, il n'emploie plus qu'un peu plus de 20 %. Cela risque de saigner lentement la Suva. Une privatisation rampante de l'assurance-accident est en cours.</p><p><strong>Mais la Suva n'assure-t-elle pas encore presque 2 millions de salarié(e)s ...</strong></p><p>C'est exact, mais c'est moins de la moitié des salarié(e)s. Dans le passé, la Suva assurait 70 % et plus de tous les salarié(e)s. Le nombre absolu d'assuré(e)s ne diminuera pas rapidement tant que l'emploi dans son ensemble augmentera. Cependant, les bouleversements imminents, en partie dans le contexte de la numérisation, entraîneront une réduction. Je pourrais aussi parler du phénomène de l'externalisation, connu depuis des années. Si les entreprises industrielles sous-traitent le nettoyage ou la restauration, par exemple, ces salarié(e)s sont perdus pour la Suva. Conclusion : l'érosion du secteur secondaire met en danger la Suva. Le champ d'activité de la Suva doit être élargi. Nous avons abordé ce défi lors de la révision de la LAA de 2013/16, mais sans succès. Nous avons tout du moins pu empêcher les détériorations, comme la possibilité qui était prévue qu'une partie de l'administration publique puisse passer aux assurances privées.</p><p><strong>Que suggères-tu pour sortir de ce piège stratégique ?</strong></p><p>Une première proposition - que nous avions examinée plus en détail dans le cadre de la dernière révision - consistait à développer le champ d'activité de la Suva. La Suva pourrait couvrir toutes les administrations publiques ou la santé ou l'ensemble du commerce de gros et de détail. Deuxième proposition : introduire un " modèle allemand ". Cela voudrait dire : l'assurance-accidents obligatoire serait assignée à la SUVA, l'assurance complémentaire aux assureurs privés. Cependant, ce modèle ouvre la voie à des conflits de démarcation imprévisibles. Un autre modèle : la Suva offre également une assurance d'indemnités journalières-maladie. Je pense que la première voie est probablement la plus prometteuse.</p><p><strong>Pourquoi le Parlement devrait-il soudainement céder ou, en d'autres termes, pourquoi le soutien aux assurances privées devrait-il soudainement s'affaiblir ?</strong></p><p>Parce que les chiffres parlent d'eux-mêmes. Et en faveur de la Suva : pour chaque franc versé, 95 centimes reviennent aux assuré(e)s de la Suva. Seulement 5 centimes sont utilisés pour l'administration. Les assurances privées ne restituent que 80 à 85 centimes à l'assuré(e), au moins 15 centimes finissent dans leurs poches. C'est un argument fort en faveur de la Suva, mais cela ne suffira pas sur une question idéologique aussi vivement contestée. Cela m'amène au deuxième défi.</p><p><strong>Qui serait ?</strong></p><p>Pourquoi avons-nous réussi à fonder la Suva il y a 100 ans ? Non seulement à cause de la pression soutenue du mouvement ouvrier, mais aussi grâce à l'aile sociale des employeurs et des forces bourgeoises. Le conseiller national PLR, et plus tard conseiller fédéral, Ludwig Forrer, en a été le moteur. Malheureusement, le néolibéralisme et l'UDC ont presque étouffé l'aile sociale des associations patronales, du PLR et du PDC. Cela doit changer. Pour nous, cela signifie que les syndicats et les forces politiques progressistes doivent augmenter massivement la pression sociale d'en bas, afin que les entrepreneurs et les partis de centre-droite prennent également davantage conscience de la nécessité de former une aile sociale au sein de leurs rangs.</p><p><strong>Et le troisième défi ?</strong></p><p>Ce sont des questions factuelles. Premièrement, la catastrophe de l'amiante n'est toujours pas résolue. La SUVA doit encore faire face à de nombreuses tâches, telles que la prévention et la charge qui doit être répartie plus équitablement entre les secteurs, ou la création du nouveau fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante. Il faut toutefois rappeler que la Suva - après les turbulences des années 70 et 80 - a accompli beaucoup de choses et est aujourd'hui un modèle en Europe. La deuxième question est la bombe à retardement des maladies professionnelles psychosociales. C'est surtout la prévention qui est mal réglementée à cet égard ; il serait bienvenu que ce soit de la compétence de la Suva . Troisième mot-clé : la numérisation. Prenons par exemple le différend avec UBER sur le statut d'indépendant ou de salarié des chauffeurs de taxi : la SUVA devrait également être responsable de ces employés, sans autre forme de procès.</p><p><strong>Cette année, la Suva fête ses 100 ans. Une opportunité de relever ces défis ?</strong></p><p>Absolument. Les syndicats ne veulent pas seulement célébrer. Nous profiterons des célébrations pour souligner que la Suva ne doit pas être un modèle en voie de disparition progressive, mais qu'elle doit se libérer du piège stratégique.</p><h5>Vasco Pedrina</h5><ul><li>Vasco Pedrina, coprésident de l'USS de 1994 à 1998, de la FOBB puis du SIB de 1991 à 2004 et coprésident d'Unia 2004 à 2006 avait déjà travaillé avec la Suva dans les années 1980 en tant que secrétaire de la Commission de l'USS pour la sécurité et la protection de la santé au travail. Vasco Pedrina a été le moteur de la campagne pour l'interdiction de l'amiante. De 2007 à fin 2016, il a été membre du Conseil d'administration de la Suva, dont les sept dernières années en tant que vice-président.</li></ul>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category><category>Assurance-accidents</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/personen/Vasco-Pedrina-Unia.jpg" length="150871" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-5590</guid><pubDate>Thu, 21 Jun 2018 07:57:00 +0200</pubDate><title>Primes des caisses-maladie : d’importantes différences</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/primes-des-caisses-maladie-d-importantes-differences</link><description>Ne pas assouplir encore plus la solidarité</description><content:encoded><![CDATA[<p> Indépendamment de l'état de santé et de l'âge, les primes-maladie appliquées en Suisse depuis l'entrée en vigueur de la loi sur l'assurance-maladie en 1996 sont unifiées au plan régional. C'est un important acquis qui a renforcé de manière déterminante le caractère d'assurance solidaire concernant les soins médicaux. Le gros défaut ici est que les primes sont malheureusement fixées indépendamment du porte-monnaie. Raison pour laquelle elles sont devenues une charge financière trop lourde pour nombre de ménages à bas ou moyen revenu. Ce problème est connu de tout le monde. L'USS s'engage depuis des années pour des primes dépendantes du revenu.
</p><p>Mais le fait que, malgré l'existence de la prime unique selon la loi, les primes effectivement payées se différencient de façon significative tant selon l'âge que l'état de santé est cependant généralement moins connu. <a href="https://www.helsana.ch/docs/helsana-praemienreport-2018.pdf" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Un rapport de l'économiste de la santé Pius Gyger</a> présente des études récentes à ce sujet. Si l'on ne prend pas uniquement en compte la prime standard (prime moyenne avec libre choix du médecin et franchise de 300 francs) communiquée par l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), mais les primes effectivement payées, on obtient le tableau suivant : une assurée de 25 ans a payé en 2016 une prime mensuelle moyenne de 299 francs, alors qu'un assuré de 95 ans a payé 427 francs la même année. Cette différence de 43 % (!) est due au choix du modèle d'assurance et de franchise, c'est-à-dire qu'elle s'explique par le fait que les jeunes en bonne santé peuvent plutôt choisir un modèle avec restriction (p. ex. télémédecine) et une franchise élevée (p. ex. Fr. 2 500.-), deux éléments qui se traduisent par une réduction de la prime. Si l'on considère en plus la participation directe des assuré(e)s aux coûts, la différence entre jeunes et personnes âgées s'agrandit et atteint même 55 %. Les assuré(e)s âgés et donc plus souvent malades doivent davantage recourir aux prestations de santé et payer de ce fait une plus de quote-part (y c. forfaits hospitaliers et pour soins).
</p><p>Les primes augmentent donc non seulement avec le temps (moyenne annuelle depuis 1996 : 4,6 %), mais en plus aussi avec l'âge. Si l'on répartit la différence susmentionnée de 43 % sur les 70 années de vie pertinentes ici, on obtient une hausse supplémentaire des primes de 0,5 % par année d'âge.
</p><p>L'existence de divers modèles d'assurance et franchises donne en théorie l'impression d'une liberté de choix qui n'existe pas comme telle dans la pratique. Ce n'est généralement pas une fausse modestie qui permet aux assuré(e)s de choisir un modèle avec une franchise élevée ou un modèle HMO, mais uniquement l'état de santé et le porte-monnaie. Ainsi l'OFSP est arrivé l'an dernier dans<a href="https://www.bag.admin.ch/dam/bag/fr/dokumente/kuv-aufsicht/krankenversicherung/auswahl-und-wechsel-franchisen-in-okp.pdf.download.pdf/auswahl-und-wechsel-franchisen-in-okp.pdf" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer"> un rapport (en allemand seulement)</a> à la conclusion que les assuré(e)s choisissent en majorité leurs franchises individuellement en fonction des prestations brutes qu'ils attendent. En d'autres termes, les gens se comportent précisément comme le système le leur demande. Si l'on est plus souvent malade (resp. plus âgé), on accepte une prime plus élevée pour avoir une franchise plus basse. Mais en fin de compte, on paie quand même plus.
</p><p>Les assuré(e)s ne choisissent donc pas des primes plus basses uniquement parce qu'ils le veulent, mais aussi parce qu'ils le peuvent. Une fois âgés, toujours plus ne le peuvent plus à cause de leur santé et ils doivent alors faire face à une charge financière supplémentaire. La solidarité prévue par la loi dans l'assurance de base se trouve précisément mise à rude épreuve par l'évolution démographique. Cependant pas parce que - comme le prétendent les idéologues bourgeois de la liberté de choix - les jeunes doivent payer toujours plus pour les personnes âgées, mais parce que ces dernières doivent payer des primes beaucoup plus élevées que les jeunes... qui deviendront en outre un jour encore plus âgés.
</p><p>D'ailleurs, les primes effectivement payées ne se différencient pas uniquement selon l'âge, mais aussi selon le sexe. En 2016, les primes des femmes étaient en moyenne 8 % plus élevées que celles des hommes. </p>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5567</guid><pubDate>Thu, 07 Jun 2018 17:21:25 +0200</pubDate><title>Intervention du conseiller aux États Paul Rechsteiner sur Projet fiscal 17</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/intervention-du-conseiller-aux-etats-paul-rechsteiner-sur-projet-fiscal-17</link><description>Ici, le texte intégral de cette intervention</description><content:encoded><![CDATA[<p>Dans la vie, il y a des choses qui se développent comme prévu. Et d’autres avec lesquelles c’est moins souvent le cas. Évaluer le nouveau contexte est alors un exercice ardu. Mais nous avons été élus aussi pour gérer des constellations imprévues et y répondre.
</p><p>Il aurait été plus simple de prendre position sur la mouture de Projet fiscal 17 adoptée par le Conseil fédéral. La seule chose claire était que cette réponse du Conseil fédéral au refus par le peuple de la troisième réforme de l’imposition des entreprises n’était pas acceptable. Malgré le soutien sans faille des organisations de l’économie, des partis de droite et des gouvernements cantonaux. Cela avait d’ailleurs été la même chose avec le projet qui a échoué. Le peuple n’avale pas des projets aussi unilatéraux.  
</p><p>Mais maintenant, nous nous trouvons face à un nouveau contexte. La commission a corrigé le projet sur des points importants. C’est pourquoi nous avons aussi besoin d’une nouvelle appréciation.
</p><p>Les nouvelles décisions sur le financement de l’AVS sont tout à fait positives. Il ne s’agit pas que des deux milliards de francs environ de recettes supplémentaires qui créeront également une dynamique positive pour l’avenir. La combinaison de davantage de fonds de la Confédération avec des pour mille de salaire est un financement social des rentes AVS. Les ressources de la Confédération reposent surtout sur les impôts. Et les pour mille de salaire ne sont pas seulement une bonne chose pour la part des employeurs. Dans l’AVS, la part des salarié(e)s est, jusqu’à un revenu de 150&nbsp;000 francs, très rentable. Le pourcent le plus élevé des revenus contribue pour presque 10&nbsp;% aux cotisations AVS. Ou, pour le dire en chiffres&nbsp;: celui qui encaisse cinq millions de salaire et bonus paie aujourd’hui 420&nbsp;000 francs à l’AVS sur son revenu, cotisations patronales et de l’employé(e)s confondues. À l’avenir, ce sera 435&nbsp;000 francs. Les revenus élevés et très élevés sont entièrement soumis à cotisation. Cela différencie l’AVS des autres assurances. 
</p><p>Les cotisations salariales versées à l’AVS n’ont plus été adaptées depuis 1975. Donc depuis plus de 40 ans. Et depuis le premier pour-cent de TVA pour la démographie, il y a plus de 20 ans, il n’y a plus eu de nouvelles recettes pour l’AVS. Le nouveau financement additionnel n’a que trop attendu. Il apporte une bouffée d’air frais pour les prochaines années. Aussi pour un projet de réforme social qui n’est plus soumis à une pression au démantèlement. Ou à la menace du relèvement de l’âge de la retraite. Les deux milliards destinés à l’AVS sont un argument décisif pour dire oui au paquet de la commission.
</p><p>On peut juger positif que ce projet supprime des statuts fiscaux devenus indéfendables en comparaison internationale. C’est un pas important vers l’abolition de pratiques fiscales dommageables, comme l’OCDE les a définies. 
</p><p>La partie fiscale du projet est une bonne chose, mais aussi le niveau fédéral. Les recettes à ce plan sont en effet tout à fait garanties. Contrairement à la troisième réforme de l’imposition des entreprises en son temps, l’assujettissement intégral des entreprises à l’impôt sera maintenu demain au niveau fédéral. S’ajoute qu’à ce niveau, l’imposition des dividendes sera relevée à 70&nbsp;% et les dérogations fiscales au principe de l’apport de capital partiellement supprimées. 
</p><p>On souhaiterait certes que la correction concernant le principe de l’apport de capital et l’imposition des dividendes aille plus loin. Il n’y a aucune raison d’imposer moins les dividendes que les salaires. Mais la proposition va, pour la première fois depuis des années, dans la bonne direction. On revient partiellement sur la scandaleuse deuxième réforme de l’imposition des entreprises. À l’avenir, les actionnaires devront payer plus d’impôt qu’avec les règles de cette réforme. 
</p><p>Les baisses d’impôt en partie massives pour les entreprises que plusieurs cantons ont prévues sont problématiques et négatives. Cette évolution ne touche cependant pas la Confédération, mais les cantons concernés. Il n’est pas simple d’avoir une vue d’ensemble des mesures planifiées. C’est difficile parce que quelques cantons sont déjà bien avancés avec des baisses importantes des impôts ou en ont mis sur rail. Indépendamment du projet dont nous débattons aujourd’hui.
</p><p>J’aimerais faire expressément observer qu’il n’y a aujourd’hui aucune raison de réduire de manière générale l’imposition des entreprises seulement parce qu’un nombre limité d’entreprises actuellement privilégiées devra payer à l’avenir les impôts ordinaires. En comparaison internationale et européenne, la fiscalité des entreprises en Suisse est déjà basse, même sans nouvelles baisses des impôts. S’y ajoute que, jusqu’à ce que les entreprises actuellement privilégiées soient soumises à l’imposition ordinaire, il y aura un long délai transitoire. Les entreprises doivent aussi payer des impôts. Elles demandent à bénéficier des prestations publiques, à commencer par les infrastructures, l’éducation et la formation jusqu’à l’État de droit et à la justice, tout comme les personnes physiques. Les entreprises doivent donc aussi payer en conséquence des impôts. 
</p><p>Nous ne connaissons malheureusement pas aujourd’hui d’harmonisation matérielle des impôts cantonaux au plan fédéral. Par exemple avec des taux d’imposition minimaux. La contribution versée aux cantons, à travers une hausse de leur part de l’impôt fédéral direct, reste un point critique du projet. 
</p><p>Il n’est d’ailleurs pas précisé que les cantons doivent utiliser cette contribution supplémentaire provenant de l’impôt fédéral direct pour baisser leurs impôts. L’affectation de ces fonds n’est pas liée. Comme le message du Conseil fédéral le dit (p. 2596), cet argent peut aussi bien servir à des investissements dans les infrastructures. Le financement des institutions destinées à l’accueil des enfants afin de favoriser la conciliation entre profession et famille en fait par exemple partie. Ou, ce qui serait urgent dans certaines régions, un financement plus substantiel des réductions des primes-maladie.
</p><p>Mais cette bataille contre des baisses erronées des impôts des entreprises et pour des investissements judicieux doit être menée dans les cantons. Probablement d’abord dans le canton de Berne. 
</p><p>Dans mon évaluation globale, j’arrive par conséquent à la conclusion que le projet de la commission mérite d’être soutenu.
</p><p>Enfin, comme en son temps avec la prévoyance vieillesse, je précise à nouveau, afin d’éviter tout malentendu, que, ce qui va de soi, je prends ici position à titre personnel et dans le cadre de ma fonction de conseiller aux États. L’Union syndicale suisse que je préside adoptera comme toujours sa position définitive démocratiquement, une fois les délibérations terminées.
</p><p>&nbsp;</p><p>Berne, le 7 juin 2018&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
</p><p>Paul Rechsteiner, conseiller aux États, Saint-Gall</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5562</guid><pubDate>Tue, 05 Jun 2018 14:52:27 +0200</pubDate><title>Les tracasseries des caisses-maladie doivent cesser</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/les-tracasseries-des-caisses-maladie-doivent-cesser</link><description>Pour le renforcement de l’assurance de base</description><content:encoded><![CDATA[<p> La cheffe de la plus grande caisse-maladie de Suisse, la CSS, a proposé il y quelques semaines une franchise de 10 000 francs pour tout le monde. Selon elle, le système de santé a besoin de nouvelles idées..., ce qui est urgent en raison de l'" explosion des coûts " qui le frappe. Pour se situer par rapport à cette " piste de réflexion ", rappelons qu'actuellement, 3 400 francs sont dépensés chaque année par personne dans l'assurance de base sociale. Une franchise de 10 000 francs reviendrait donc à une " triple " suppression de celle-ci. La stratégie qui sous-tend cette proposition est la suivante : une fois que l'indignation de la population se sera calmée, il restera sans doute quelque chose de cette proposition absurde qui pourrait, par exemple, aider les interventions visant une plus grande participation des assuré(e)s aux coûts de santé encore pendantes au <a href="/themes/detail/non-a-une-plus-grande-participation-aux-couts-dans-le-domaine-de-la-sante">Parlement </a>à passer la rampe.
</p><p>Mais les caisses-maladie ne font pas seulement parler politiquement d'elles en avançant des propositions de marché radicales, elles créent sans cesse un malaise même avec leurs activités centrales. Voyons-en ci-après les mauvais exemples les plus récents.</p><ul><li>La caisse-maladie Sympany essaie au moyen d'un " truc " au niveau de ses remboursements de dégoûter ses assuré(e)s, comme en a parlé la <a href="https://www.srf.ch/sendungen/kassensturz-espresso/krankenkasse-schickt-rueckzahlung-via-teure-checks-2" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">télévision suisse alémanique</a>. Elle effectue ces remboursements à l'aide de chèques postaux frappés d'une taxe de 20 francs entièrement à la charge de l'assuré(e).</li><li>La Swica et d'autres misent, sans avertir les gens ni leur poser la question, sur des <a href="https://www.lematin.ch/suisse/caisses-maladie-espionnent-clients/story/26623524" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">traqueurs de profils</a>. Grâce à eux, elles peuvent par exemple s'adresser à des client(e)s de manière ciblée via des données de Facebook.</li><li>Helsana et d'autres proposent des <a href="https://www.rts.ch/info/suisse/9525872-helsana-assurances-complementaires-epinglee-sur-la-protection-des-donnees.html" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">applications </a>avec lesquelles, par exemple, des rabais de primes peuvent être récoltés d'une manière ludique à travers une activité sportive. Le paiement se fait ici avec des données. Le Préposé fédéral à la protection des données a rappelé à l'ordre la caisse en raison de l'usage qu'elle fait de ces données. Cela n'a pas impressionné cette dernière qui continue à faire de la pub pour son application, violant de ce fait toujours le principe de l'égalité des primes dans l'assurance de base.</li><li>L'ÖKK a atteint pour sa part un triste <a href="http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/La-mort-d-un-malade-du-sida-souleve-des-questions-29920870" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">sommet </a>en refusant à un assuré séropositif de lui payer les médicaments dont il avait besoin. Il est finalement mort du SIDA !</li></ul><p>La cheffe de la CSS a raison. Il faut en effet lancer de nouvelles idées. Mais cela, en mettant enfin au pas les caisses-maladie. L'assurance-maladie sociale garantit de par la loi un accès non discriminatoire aux soins médicaux de base. Mais la gestion administrative de l'assurance est une affaire ennuyeuse. Elle consiste à recevoir des factures, de les contrôler et de payer selon la loi. Telle est, ni plus ni moins, la tâche des caisses-maladie.
</p><p>Actuellement, deux initiatives populaires se trouvent au stade de la récolte des signatures. L'initiative pour des primes plus justes : " <a href="https://primesplusjustes.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Assurance-maladie. Pour une liberté d'organisation des cantons</a> " veut permettre à ces derniers de fixer eux-mêmes les primes et de financer les coûts. L'exécution des tâches administratives serait commandée aux assureurs et contrôlée en conséquence. L'initiative " <a href="https://stop-lobby-assureurs.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Pour un Parlement indépendant des caisses-maladie </a>" demande que les membres du Parlement ne puissent pas siéger dans l'organe de direction ou de surveillance d'une caisse-maladie. Ces initiatives sont plus qu'une réflexion. Mais il n'en reste pas moins encore beaucoup à faire pour garantir une couverture médicale de haute qualité pour tout le monde et des bonnes conditions de travail. </p>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5560</guid><pubDate>Tue, 05 Jun 2018 14:27:42 +0200</pubDate><title>Cinq bonnes raisons de dire OUI à la loi sur les jeux d’argent</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/cinq-bonnes-raisons-de-dire-oui-a-la-loi-sur-les-jeux-d-argent</link><description>Dire OUI le 10 juin est social, judicieux et raisonnable</description><content:encoded><![CDATA[<p> Le 10 juin prochain, les citoyen(ne)s du pays se prononceront au sujet d'une nouvelle loi sur les jeux d'argent. L'Union syndicale suisse (USS) recommande de glisser un OUI dans l'urne parce qu'il y a beaucoup de raisons pour le faire. La nouvelle réglementation prévoit en effet que les recettes des opérateurs de jeux de hasard seront enfin soumises à l'impôt et qu'ainsi, l'AVS et la collectivité en profiteront. Ci-après, nous aimerions répondre aux cinq principales questions qui se posent.
</p><h3>Mais pourquoi donc une loi ?</h3><p>Jusqu'à ce jour, il n'existait pas en Suisse de possibilités règlementées de jouer à des jeux de hasard en ligne. Néanmoins, ou précisément à cause de cela, un marché illégal des jeux d'argent en ligne a vu le jour. Il réalise désormais chaque année un chiffre d'affaires de plus de 250 millions de francs. Les opérateurs se trouvent à l'étranger, ne paient ni impôt ni taxe en Suisse sur leurs recettes et ne respectent pas les principes de l'ordre juridique suisse et les règles relatives aux jeux d'argent. La nouvelle loi créera pour la première fois en Suisse un instrument légal destiné aux jeux de hasard en ligne.
</p><h3>Qu'y gagneront les travailleurs et travailleuses ?</h3><p>La collectivité doit aussi profiter des recettes des opérateurs de jeux d'argent. C'est déjà le cas aujourd'hui avec les casinos et les loteries. Et cela doit le devenir aussi pour les jeux d'argent en ligne. La nouvelle loi garantit que les opérateurs ne seront pas les seuls à profiter de leurs recettes, mais l'AVS aussi, dont le système bénéficie de chaque franc supplémentaire qu'elle reçoit, ce qui soulagera financièrement d'autant les salarié(e)s. Mais le sport et la culture en profiteront également. Et il ne s'agit pas de petits montants. Actuellement, 270 millions de franc par année provenant uniquement des casinos et des loteries vont à l'AVS. Avec la nouvelle législation, il s'agira d'encore plus de millions.
</p><h3>Une meilleure protection pour les personnes victimes d'addiction ?</h3><p>Oui, car pour la première fois, les règles de la protection des personnes dépendantes du jeu s'appliqueront aussi aux jeux d'argent en ligne. Dans les casinos en ligne illégaux jusqu'à aujourd'hui, il n'existe ni protection ni contrôle.
</p><h3>La loi ne fonctionnera-t-elle pas comme une censure ?</h3><p>Internet n'est pas et ne doit pas être un espace de non-droit. Avec la nouvelle loi, les sites Internet de quiconque ne respecte pas la loi sur les jeux d'argent, n'a pas de concession et ne participe donc pas au financement de la collectivité pourront être bloqués. Il n'y a pas à l'heure actuelle d'autre moyen d'empêcher que le droit soit contourné et que des casinos étrangers en ligne se soustraient aux impôts et aux taxes. En appliquant le droit comme le prévoit la nouvelle loi, il n'est nullement porté atteinte aux droits fondamentaux à la libre information et à la liberté d'opinion. Il ne saurait par conséquent pas être question de censure.
</p><h3>Que se passera-t-il si la loi est refusée ?</h3><p>Ce sera alors l'ancienne loi qui restera en vigueur. Autrement dit, les casinos en ligne continueront à être interdits et il ne sera pas possible de garantir à travers eux des contributions à l'AVS, au sport et à la culture ainsi que d'agir contre les opérateurs non autorisés de l'étranger.
</p><p>Pour ces raisons, il est social, judicieux et raisonnable de dire OUI, le 10 juin, à la loi sur les jeux d'argent. </p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category><category>Économie</category><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5558</guid><pubDate>Tue, 05 Jun 2018 14:05:25 +0200</pubDate><title>Système financier suisse : Nous ne sommes pas des cobayes</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/systeme-financier-suisse-nous-ne-sommes-pas-des-cobayes</link><description>Monnaie pleine : le 10 juin, NON à une initiative risquée et nuisible au pouvoir d’achat !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> L'initiative Monnaie pleine veut réformer en profondeur le système financier suisse. Bien qu'elle contienne quelques réflexions théoriques justes, elle doit être rejetée dans la pratique. Cela, à cause des risques incalculables qu'elle recèle et parce qu'elle attaque le pouvoir d'achat.</p><p>L'initiative Monnaie pleine chamboulerait de fond en comble le système financier suisse. La Banque nationale suisse (BNS) serait la seule à avoir le droit d'émettre de la monnaie. Aujourd'hui, des banques commerciales créent aussi une part de l'argent. Cela, en prêtant à des client(e)s une partie de l'argent qui se trouve sur nos comptes bancaires. Selon l'initiative, les banques privées n'auront plus le droit de créer de l'argent, mais continueront à octroyer des crédits et à gérer des comptes. Cette séparation des tâches est censée protéger contre les crises financières. En outre, si elle veut accroître la masse monétaire, la BNS devra distribuer gratuitement (" sans dette ") à la collectivité le nouvel argent créé par elle.
</p><p>Sur le papier, l'initiative présente quelques avantages : les comptes de paiement seraient intégralement garantis avec l'argent de la BNS et les banques ne feraient plus faillite si tous leurs clients veulent fermer simultanément leurs comptes de paiement. (Cela ne s'appliquerait cependant pas aux comptes d'épargne et les krachs bancaires entraînés par des crises des crédits resteront possibles.) Mais tout cela n'est que de la théorie. À ce jour, pas un seul pays n'a mis en place un système de monnaie pleine, aucun test pratique n'a encore eu lieu. Ce qui n'est pas étonnant, car un tel changement de système va de pair avec de grandes incertitudes, ses conséquences sont des plus incertaines. Si la Suisse voulait introduire un système de monnaie pleine, elle deviendrait l'unique cobaye sur toute la planète de cette théorie monétaire.
</p><h3>Désavantages financiers</h3><p>Outre ces énormes impondérables, les salarié(e)s et les retraité(e)s dont la fortune est modeste risquent de subir de graves désavantages financiers. Sous le régime de la monnaie pleine, plus aucun intérêt ne sera servi sur les comptes de paiement en francs parce que la monnaie pleine sera mise en circulation " sans dette ". En cas d'inflation, l'argent des comptes bancaires perdra donc de sa valeur. Pour que le régime de la monnaie pleine ne soit pas contourné, il faudra prévoir des délais de détention, respectivement de liquidation, stricts pour les comptes d'épargne. Impossible, contrairement à aujourd'hui, de retirer rapidement son épargne. Par conséquent, détenir un compte d'épargne ne représentera à l'avenir une option réaliste que pour les ménages fortunés. Surtout, dans les régions frontalières, les salaires et les achats devraient de ce fait être davantage payés en euros, car ces derniers ne feraient pas l'objet de ces restrictions.
</p><p>L'initiative prescrit prioritairement à la BNS un contrôle de la masse monétaire. D'autres buts de politique monétaire comme le plein emploi, la stabilité des prix ou du taux de change passeraient après. Mais la Suisse a fait par le passé des expériences négatives avec le contrôle de la masse monétaire, raison pour laquelle la BNS mise avant tout, dans sa politique monétaire, sur la gestion des taux d'intérêt et du taux de change. Une politique monétaire menée à travers la masse monétaire n'est plus guère possible, aussi parce que le franc est négocié dans le monde entier. D'importants risques pour les emplois et l'évolution conjoncturelle découlent de cet usage limité des instruments de la politique monétaire. De plus, l'initiative Monnaie pleine biffe de la Constitution fédérale la surveillance de la BNS par la Confédération.
</p><h3>Corriger les défauts autrement</h3><p>Les syndicats critiquent depuis longtemps les défauts du système financier. La crise financière de 2008 a été la conséquence d'une spéculation irresponsable de la part des banques ainsi que de contrôles et de régulations trop laxistes de la part de l'État. C'est à cela qu'il faut s'attaquer, avec des règles plus strictes et une surveillance plus étroite. Mais nous n'avons pas besoin d'une expérimentation de théorie monétaire réalisée in vivo et dont l'issue est incertaine. Car si cela tourne mal, l'addition sera pour les travailleurs et les travailleuses. </p>]]></content:encoded><category>Économie</category><category>Politique monétaire</category><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5535</guid><pubDate>Thu, 24 May 2018 16:46:40 +0200</pubDate><title>Marchés publics : les travailleurs doivent être protégés contre la sous-enchère !</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/marches-publics-les-travailleurs-doivent-etre-proteges-contre-la-sous-enchere</link><description>Révision totale de la loi sur les marchés publics : la responsabilité du Parlement est grande</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> La loi fédérale sur les marchés publics (LMP) fait l'objet d'une révision totale. Cet objet est central pour les travailleurs et travailleuses de Suisse parce qu'une LMP mal conçue pourrait ouvrir tout grand la porte à la sous-enchère salariale et sociale. En particulier la proposition de renoncer au principe du lieu où la prestation est fournie entraînerait une énorme sous-enchère. </p><h3>Protection des salaires usuels locaux : le principe du lieu où la prestation est fournie </h3><p>Principe du lieu de provenance de l'entreprise ou principe du lieu où la prestation est fournie ? Dans les deux cas, la question est de savoir quelles conditions de travail les entreprises doivent respecter lorsqu'il est question d'un marché public. Avec le principe du lieu de provenance de l'entreprise, celle-ci respecte les conditions du lieu où elle a son siège ou est établie. Par contre, le principe du lieu où la prestation est fournie impose à l'entreprise soumissionnaire de respecter les conditions de travail valables là où elle réalise la prestation. Prenons un exemple : une entreprise tessinoise qui fait des offres pour la construction d'une grande halle à Zurich doit, selon le principe du lieu où la prestation est fournie, verser des salaires zurichois. Avec le principe du lieu de provenance de l'entreprise, elle peut soumissionner avec des salaires tessinois. Ainsi, avec de principe, les soumissionnaires de cantons où les conditions de travail sont bonnes sont désavantagés par rapport à ceux des cantons " à bas salaires ". Pour rester concurrentielles, elles devraient donc viser une dégradation de leurs propres conditions de travail. Le principe du lieu de provenance de l'entreprise nous enclencherait une spirale descendante. 
</p><h3>Plus le même droit pour la même chose </h3><p>Le principe du lieu où la prestation est fournie, qui veut protéger les salaires et conditions de travail usuels dans la branche et la localité, est donc central pour tout le monde. C'est de fait aussi un élément central des mesures d'accompagnement. Il faut empêcher, par exemple, qu'une entreprise polonaise puisse exécuter un mandat à Bâle en versant des salaires polonais. La proposition du Conseil fédéral de miser désormais sur le principe du lieu de provenance de l'entreprise rompt ainsi avec la philosophie des mesures d'accompagnement. Dans le secteur privé, la protection des conditions de travail usuelles locales s'appliquerait, mais pas dans le public. Incompréhensible. Et il est encore plus incompréhensible que le Conseil fédéral s'obstine à vouloir ce principe du lieu de provenance de l'entreprise dans son message adressé au Parlement. En effet, de nombreuses organisations de l'artisanat, des employeurs et employeuses ainsi que des travailleurs et travailleuses ainsi que les cantons ont rejeté ce principe dans leurs réponses à la consultation fédérale. 
</p><h3>La LMP est centrale pour les conditions de travail </h3><p>D'autres points doivent être aussi pris en considération dans l'intérêt des salarié(e)s. Ainsi, les chaînes de sous-traitance doivent être limitées à un seul niveau. Aujourd'hui, précisément dans la construction, il est fréquent que, face à une telle quantité de sous-traitants, les maîtres d'ouvrage n'arrivent plus à savoir qui fait vraiment quoi à quelles conditions et à quel moment sur le chantier. La Confédération également, comme les cantons et les communes ne savent souvent pas qui a finalement effectué quel travail. Les scandales sont aussi programmés, car la probabilité de sous-enchère salariale et sociale, ou de travail au noir, augmente de façon exponentielle avec chaque nouveau niveau de sous-traitance. C'est pourquoi il est important que l'on mette au moins dans les marchés publics le holà à cette pratique néfaste de la sous-enchère. 
</p><p>Il faut également que, pour prouver la conformité à la convention collective de travail (CCT), des attestations sérieuses soient produites ; cela, avant l'attribution du mandat à une entreprise d'une branche soumise à une CCT. 
</p><p>La Commission de la concurrence (COMCO) ne doit pas avoir à l'avenir non plus de droit de recours en matière de marchés publics. Précisément parce que, par le passé, la COMCO a souvent critiqué des réglementations cantonales sur les marchés publics en matière de respect de dispositions figurant dans des conventions collectives de travail et de limitation des chaînes de sous-traitants. 
</p><h3>Non à une soumission à la loi inutile et contraire au système des caisses de pensions publiques </h3><p>Aux yeux de l'USS, les institutions de prévoyance de droit public ne devraient pas être soumises à la LMP. Ce serait en effet fondamentalement en contradiction avec la loi fédérale sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité (LPP), surtout avec le principe de la gestion paritaire des caisses de pensions. La définition des rapports des institutions de prévoyance professionnelle de droit public avec les employeurs affiliés est une des attributions inaliénables qui ne peuvent pas non plus être déléguées de l'organe suprême de l'institution de prévoyance (art. 51a, al. 2, let. p LPP). Les avoirs de prévoyance gérés appartiennent aux assuré(e)s, pas aux pouvoirs publics. Les institutions de prévoyance de droit public des cantons et des communes ne relèvent pas du champ d'application subjectif du droit des marchés publics selon l'annexe I/appendice 2 de l'accord de l'OMC sur les marchés publics (AMP) encore en vigueur (cf. aussi l'arrêt 2C_6/2016 du 18 juillet 2016, consid. 3.5). 
</p><h3>Oui, des entreprises contrôlées par la Confédération doivent être soumises à la loi </h3><p>Aujourd'hui, la situation dans le domaine des télécommunications et des techniques de l'information et de la communication (TIC) est paradoxale. Les investissements réalisés dans les réseaux de télécommunications (fibre optique, câble de cuivre, technologies sans fil) continuent à être élevés, mais des mandats sont désormais aussi attribués à des entreprises qui ne sont pas soumises à la CCT de la branche. Il est inquiétant de voir que de nombreux acteurs du marché, dont des grands groupes étrangers reçoivent toutefois pour une part des mandats très importants. Comme ces entreprises ne sont pas non plus soumises à la CCT de la branche, il est pratiquement impossible d'en contrôler les conditions de travail. 
</p><p>C'est seulement si l'on soumet Swisscom (Suisse) SA à la LMP que l'on peut garantir que les mandats seront à l'avenir attribués à des entreprises qui respectent les conditions de travail et les salaires en usage dans la branche et la localité. 
</p><p>Avec syndicom, le syndicat des médias et de la communication, l'Union syndicale suisse (USS) est d'avis que Swisscom ainsi que les autres entreprises contrôlées par la Confédération doivent être soumises à la LMP. </p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5534</guid><pubDate>Thu, 24 May 2018 16:32:21 +0200</pubDate><title>Sans-papiers : un état des lieux plutôt que des décisions prises à la va-vite</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/sans-papiers-un-etat-des-lieux-plutot-que-des-decisions-prises-a-la-va-vite</link><description>Le Conseil national recouvre la raison</description><content:encoded><![CDATA[<p>Des interventions brutales dans la vie des sans-papiers. C'est ce que la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national (CSSS-N) demandait à travers une motion. Selon celle-ci, supprimer le droit légal aux assurances sociales, ne plus garantir des soins de santé qu'à travers un service de l'État et vider de sa substance les droits des enfants, en particulier celui à la formation, c'est vouloir " une législation cohérente ". <a href="http://www.uss.ch/themes/migration/article/details/les-droits-fondamentaux-des-sans-papiers-foules-aux-pieds/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">(Voir USS)</a></p><p>Avant que cette motion ne soit traitée en plénum lors de la session d'été, la Commission des institutions politiques du Conseil national (CIP-N) s'est penchée sur cette question afin de rédiger un co-rapport. Mais au vu du volume des modifications envisagées et sachant que leurs conséquences n'auraient guère été prévisibles en l'absence d'un examen sérieux, elle a renoncé à un tel co-rapport. En lieu et place, elle demande à travers un postulat que la situation des sans-papiers soit étudiée avant d'en arriver à modifier la législation dans la précipitation.</p><p>Cela devrait avoir ramené à la raison les membres de la CSSS-N. Cette dernière a en effet retiré le 18 mai sa triste motion antisociale. Le 12 juin, le Conseil national se prononcera par conséquent sur la question de savoir si la situation des sans-papiers doit être analysée de manière exhaustive, et non plus afin de décider si des êtres humains dépourvus d'autorisation de séjour doivent aussi être privés de leurs droits fondamentaux.</p><p>L'Union syndicale suisse (USS) salue ce changement et attend d'une analyse sérieuse qu'elle montre quelles possibilités existent de régulariser et non de criminaliser ces personnes. Les expériences faites en Suisse font apparaître que c'est la seule manière possible d'empêcher le travail au noir et de rendre la vie des sans-papiers supportable. Le canton de Genève avance dans ce domaine avec l'opération Papyrus et d'autres villes, comme Bâle, veulent en faire de même. L'USS attend du Parlement qu'il s'engage dans cette voie, se considère également comme le représentant de personnes sans droit de vote et protège en conséquence leurs droits.</p>]]></content:encoded><category>Migration</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/e/9/csm_Bundeshaus_Bern_-_Federal_palace_of_Switzerland_852909e44f.jpg" length="309035" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-5532</guid><pubDate>Thu, 24 May 2018 16:26:07 +0200</pubDate><title>Imposer enfin des montants maximaux plus élevés pour les loyers </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/imposer-enfin-des-montants-maximaux-plus-eleves-pour-les-loyers</link><description>Les PC et la fable de l’explosion des coûts</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Lors de la session d'été, le Conseil des États peut mettre le holà à l'énorme démantèlement social décidé par le Conseil national en matière de prestations complémentaires (PC).</p><p>L'Union patronale suisse n'arrête pas de parler d'" explosion des coûts " à propos des PC. Ce faisant, elle ne prend premièrement pas en compte, relativement à l'évolution passée, du fonctionnement de la sécurité sociale suisse et deuxièmement, relativement au futur, raconte des mensonges. Prenons le passé : malgré des mesures d'austérité draconiennes, en particulier dans l'AI, on est parvenu grâce aux PC à respecter un tant soit peu l'obligation de verser des rentes qui couvrent les besoins vitaux, comme le prescrit la Constitution fédérale. Aujourd'hui, 46 % des retraité(e)s ont aussi besoin de PC et le Parlement serait bien avisé d'en prendre acte dans la révision de l'AI. Il n'existe aucune marge de manœuvre vers le bas. 
</p><p>Et regardons aussi vers le futur : si l'on voulait enfin renforcer le 1er pilier, il faudrait interdire aux gens de vieillir afin de contenir l'augmentation pronostiquée des dépenses des PC ces prochaines années. En effet, celle-ci s'explique pour sa plus grande partie par l'évolution démographique. Vouloir faire des coupes ici, ce serait violer la Constitution et toucherait surtout les femmes qui représentent plus des deux tiers des retraité(e)s AVS au bénéfice de PC. 
</p><p>S'ajoute à cela que même si les baby-boomers arrivent maintenant à la retraite, la hausse annuelle des coûts des PC de 2,5 % pronostiquée jusqu'en 2030 est tout sauf une " explosion des coûts ". Avec une croissance potentielle de l'économie de 1,7 % et une inflation normalisée de 1 % (hypothèses du Plan financier de la Confédération), il n'y a plus du tout de croissance des coûts réels. L'Union patronale devrait aussi en prendre connaissance. 
</p><p>La commission compétente du Conseil des États l'a de toute façon fait. Elle a témoigné de plus de compréhension, lorsqu'elle a traité de la révision des PC, et corrigé une grande partie de l'orgie de coupes à laquelle s'était laissé aller le Conseil national. Selon elle, les montants maximaux pris en compte au titre du loyer devront être nettement augmentés, le versement en capital des avoirs du 2e pilier continuera à ne pas être sanctionné et le montant du remboursement des primes-maladie restera substantiel. 
</p><p>Malheureusement, elle a omis d'encourager le logement encadré, alors qu'il aurait été une variante très avantageuse pour éviter des entrées prématurées en EMS beaucoup plus onéreuses. La position adoptée concernant la prise en compte de la fortune reste en outre très préoccupante : certes, proposer que les PC soient restituées en cas d'héritage est une mesure moins radicale qu'introduire des limites de fortune en cas de prêt garanti sur la propriété du logement. Mais la première mesure revient pratiquement à créer un impôt sur les successions pour les pauvres. En Suisse, on aurait toutefois beaucoup plus besoin enfin (à nouveau) d'un impôt sur les successions pour les personnes aisées, ce qui est à juste titre la norme dans les pays qui nous entourent. Enfin l'entêtement de la commission concernant le contrôle du style de vie en cas de renoncement à la fortune est choquant et une prestation liée aux besoins, comme les PC, garantie par la Constitution est a priori indigne. 
</p><p>Quant aux améliorations de la révision, il est décisif que la Chambre des cantons maintienne au moins la hausse des loyers maximaux proposée par le Conseil fédéral. Les réductions localement possibles de 10 % de cette hausse ne sont pas un problème à moyen terme. En effet, le taux de couverture de 90 % nécessaire ici n'est déjà pas atteint dans la plupart des régions, un problème qui s'aggravera aussi à moyen terme avec les nouveaux loyers maximaux fixes. La possibilité créée dans cette disposition d'augmenter aussi de 10 % le montant pris en compte au titre du loyer devrait par conséquent être vraiment saisie par les cantons. 
</p><p>La baisse effective (!) des loyers maximaux proposée par la Conseil national est absolument inacceptable. Espérons que le Conseil des États clarifiera sans ambigüité cela à travers les décisions qu'il prendra lors de la session d'été. </p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5531</guid><pubDate>Thu, 24 May 2018 14:00:06 +0200</pubDate><title>L&#039;UDC veut moins de protection pour tous et toutes</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/ludc-veut-moins-de-protection-pour-tous-et-toutes</link><description>Des conséquences catastrophiques notamment pour les travailleurs et travailleuses</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 30 mai, le Conseil national se prononcera sur la toute dernière attaque de l'UDC contre les droits humains. Il débattra de l'initiative contre les droits humains de ce parti qui, sous prétexte d'" autodétermination ", aimerait supprimer la protection offerte par la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH) et des conventions de l'Organisation internationale du Travail (OIT). Ce qui serait fatal pour les travailleurs et travailleuses de ce pays.</p><p>L'UDC ne souhaite rien d'autre que dénoncer en catimini la CEDH ainsi que des conventions de l'OIT. Elle prétend vouloir renforcer par là la souveraineté de la Suisse. Mais dans les faits, les droits qui sont les nôtres, à nous tous et toutes, s'en trouveraient affaiblis. Ceux que la CEDH garantit figurent comme droits fondamentaux dans notre Constitution. Ils ne sont pas un droit étranger, mais un droit suisse. Tailler dans nos droits humains, c'est affaiblir notre démocratie, notre sécurité et notre liberté.
</p><h3>Travailleurs et travailleuses aussi visés</h3><p> Les salarié(e)s et les personnes syndiquées ont précisément besoin au quotidien de droits humains qui fonctionnent. De fait, la Constitution, la CEDH et le droit international de l'OIT nous reconnaissent divers droits fondamentaux : liberté d'association au sein de l'entreprise et d'échanger des informations sur cette dernière, protection contre le licenciement antisyndical, protection des lanceurs d'alerte et droits d'accéder aux entreprises et d'informer le personnel. 
</p><p>Mais le droit des femmes à l'égalité de traitement avec les hommes dans les assurances sociales est aussi garanti. La Cour européenne des droits de l'homme (CrEDH) de Strasbourg a rendu à ce sujet un jugement phare pour la Suisse et amélioré de ce fait les rentes d'une jeune mère. 
</p><h3>La CEDH et 43 conventions de l'OIT touchées </h3><p>Ce sont précisément ces garanties juridiques que l'UDC entend supprimer. En modifiant l'article 190 de la Constitution, l'initiative demande que seuls les traités internationaux soumis à référendum soient désormais déterminants pour le Tribunal fédéral (et toutes les autres autorités chargées d'appliquer le droit). L'initiative concernerait par conséquent non seulement la CEDH mais aussi 43 conventions de l'OIT que la Suisse a ratifiées pour protéger les travailleurs et travailleuses ! 
</p><h3>Le droit international, une garantie pour les droits humains </h3><p>En Suisse, aucune juridiction constitutionnelle ne nous protège si une loi fédérale viole les libertés garanties par les droits fondamentaux. C'est pourquoi l'article 190 de la Constitution représente une sécurité. Le droit international, comme la CEDH et le droit de l'OIT, est aussi déterminant. C'est ainsi que le droit international ratifié par la Suisse assume cette fonction. En effet, le droit international (CEDH et conventions de l'OIT) garantit largement les mêmes droits fondamentaux et humains que notre Constitution. 
</p><p>Mais, parallèlement, ce droit international entre souvent plus dans les détails et donne des directives plus précises concernant la façon de donner forme à ces droits. Il a ainsi été possible de constater sur la base des plaintes déposées par l'USS et le SSP auprès de l'OIT que la Suisse doit réformer son droit du licenciement peu favorable aux salarié(e)s selon le Code des obligations (CO). Et le Tribunal fédéral a récemment déclaré que les syndicats ont le droit d'informer et d'accéder aux lieux de travail. La CrEDH a en outre tout récemment constaté que les règles appliquées dans notre pays en matière de prescription pour les victimes de l'amiante sont arbitraires. Autant de victoires pour les personnes concernées travaillant en Suisse, des victoires qui seraient impensables si la protection fondamentale selon le droit international n'existait pas. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5530</guid><pubDate>Thu, 24 May 2018 13:52:03 +0200</pubDate><title>Délai de prescription 20 ans : un bon compromis du Parlement </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/delai-de-prescription-20-ans-un-bon-compromis-du-parlement</link><description>Maintenant, le financement du fonds doit être garanti</description><content:encoded><![CDATA[<p>Lors de cette session d'été, le Parlement discutera du droit de la prescription. Durant le processus d'élimination des divergences, il s'agira de traiter la proposition d'un nouveau délai de 20 ans. L'Union syndicale suisse (USS) est favorable à cette solution en cela qu'elle représente un compromis très helvétique. Il faut maintenant donner une base financière solide au fonds créé pour les victimes de l'amiante. 
</p><p>Aujourd'hui, le délai maximal de prescription prévu par le Code des obligations est de dix ans. Un tel délai fait l'impasse sur les risques modernes pour la santé, surtout sur ceux courus au travail. En effet, nombre de dommages n'apparaissent chez leurs victimes qu'après dix ans. Ou certaines maladies ne se déclarent que 12 ou 15 ans après avoir été causées. Dans de tels cas, le droit suisse ne prévoit aucune possibilité d'intenter une action en justice. Cette lacune a aussi été critiquée par la Cour européenne des droits de l'homme. En 2014, elle a clairement constaté qu'un délai de prescription de dix ans ne répond pas aux exigences de la Convention européenne des droits de l'homme. 
</p><p>À l'avenir, le délai de prescription doit être porté à 20 ans dans la loi. Les victimes de dommages pourront ainsi porter plainte plus longtemps contre des dommages constatés tardivement seulement. Cette prolongation à 20 ans est très modérée. Elle représente le strict minimum pour satisfaire aux normes du droit international. L'USS y est favorable et souligne l'importance revêtue par la gestion de la catastrophe de l'amiante. Le fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante (EFA) est en étroite relation avec la modernisation du droit de la prescription. Opérationnel depuis une année, c'est l'économie qui est responsable de son financement. </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5521</guid><pubDate>Thu, 17 May 2018 12:14:15 +0200</pubDate><title>Des grands axes concernant le Projet fiscal 17</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/des-grands-axes-concernant-le-projet-fiscal-17</link><description> Appréciation de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>Mercredi 16 mai, la Commission de l’économie et des redevances du Conseil des États (CER-E) a présenté des grands axes concernant le Projet fiscal 17. La mise en oeuvre concrète de ces propositions n’a cependant pas encore été précisée. L’Union syndicale suisse (USS) évaluera ces dernières lorsque les détails seront connus.<br><br>Selon ce qui a été présenté mercredi, les propositions de la commission représentent une nette amélioration par rapport au projet du Conseil fédéral. Les 2 milliards destinés à l’AVS permettent de stabiliser pendant quelques années le résultat de répartition de l’AVS. Cela fera non seulement tomber la pression sur les prestations, en particulier sur l’âge de la retraite des femmes, mais les contributions de la Confédération et les cotisations salariales seront telles que les entreprises et les hauts revenus participeront davantage au financement de l’AVS qu’avec la hausse de la TVA prévue dans le cadre de la révision de l’AVS. C’est aussi une bonne chose qu’en corrigeant en partie le principe de l’apport de capital, la commission soit entrée en matière sur une demande de l’USS.<br><br>Par contre, les baisses des impôts sur le bénéfice planifiées par les cantons sont très problématiques et exagérées. Des pans entiers de la population ont dit non à la troisième réforme de l’imposition des entreprises (RIE III) parce qu’ils craignaient d’importantes pertes fiscales et charges supplémentaires. S’ajoute à cela que les fortes baisses des impôts sur le bénéfice vont en principe de pair avec une hausse des loyers. Dans les cantons de Lucerne et Zoug, la situation du logement est toujours plus insupportable pour les salarié(e)s ordinaires. Le premier test en vrai aura lieu dans le canton de Berne à propos de la baisse de l’impôt sur le bénéfice. La population se prononcera en effet bientôt suite à un référendum.</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5519</guid><pubDate>Wed, 16 May 2018 15:50:56 +0200</pubDate><title>La loi d’Ueli Maurer est pour les assurances, pas pour les assuré(e)s</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/la-loi-d-ueli-maurer-est-pour-les-assurances-pas-pour-les-assure-e-s</link><description>Révision de la loi fédérale sur le contrat d’assurance : les critiques de l&#039;USS</description><content:encoded><![CDATA[<p> Le Conseil fédéral a présenté une révision de la loi sur le contrat d'assurance (LCA) qui représenterait une énorme dégradation de la situation pour les assuré(e)s de Suisse. Par rapport aux compagnies d'assurances, ceux-ci verraient leur position clairement se détériorer. Les anciens problèmes subsisteraient et de nouveaux seraient créés. Pour ces raisons, l'Union syndicale suisse (USS) rejette le projet de LCA présenté par le Conseil fédéral. Ce " courrier " doit définitivement retourner à son expéditeur. 
</p><h3>De nombreuses interventions demandent des améliorations...</h3><p> Ces dernières années, de nombreuses interventions ont été faites au Parlement pour demander des améliorations concernant la LCA. Nombre d'entre elles venaient de syndicats et d'organisations de consommateurs et consommatrices. 
</p><p>Il s'agissait de faire barrage à l'arbitraire des assureurs. Aujourd'hui, on peut pratiquement dissimuler tout ce qui est imaginable et possible dans les conditions générales des contrats. C'est ainsi que souvent, bien qu'on ait payé pendant des années des primes en tant qu'assuré(e)s, on ne reçoit aucune prestation en cas de sinistre ; une réponse négative avec renvoi à la partie du contrat écrite en petits caractères... 
</p><p>Le projet de révision de la LCA douche cruellement les espoirs de voir l'actuelle loi améliorée. 
</p><h3>Le projet de LCA sera synonyme de dégradations </h3><p>En lieu et place, le projet du Conseil fédéral entraînera des dégradations et donnera plus de puissance aux assurances pour agir à leur guise. </p><ul><li>Un des principaux points négatifs est la possibilité pour l'assureur de modifier unilatéralement le contrat. Cela permettrait aux assurances d'adapter d'un jour à l'autre les conditions du contrat, sans l'accord de l'assuré(e) ! </li><li>Les travailleurs et travailleuses âgés pourraient être exclus de l'assurance d'indemnités journalières en cas de maladie. </li><li>Suite à un licenciement ou si le contrat de l'assurance d'indemnités journalières en cas de maladie est dénoncé, les assurances auraient à l'avenir le droit de supprimer ou de suspendre après coup des prestations prévues pour des sinistres survenus.</li></ul><h3> Assurances d'indemnités journalières en cas de maladie : toujours pas de solution </h3><p>Les régimes d'assurance corrects sont d'une importance capitale, surtout pour les travailleurs et travailleuses. En Suisse, ceux-ci sont particulièrement mal protégés contre la maladie. Il n'existe pas d'assurance obligatoire pour protéger contre une perte de gain due à une maladie qui n'entraîne pas une invalidité, mais seulement une assurance facultative. Cette dernière est souvent soumise à la LCA. C'est pourquoi il serait urgent d'agir sur cette question, mais rien de tout cela dans le projet de LCA. 
</p><p>Il serait pourtant urgent que le législateur résolve les problèmes suivants : </p><ul><li>Le calcul et la fixation des primes sont opaques et incompréhensibles pour l'assuré(e). La surveillance exercée par la FINMA (Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers) sur les tarifs est extrêmement faible. Il est difficile de comparer les offres. En conséquence, le marché est contrôlé par les courtiers. </li><li>Le manque de transparence de la politique menée en matière de primes par les compagnies d'assurance a pour effet qu'après un cas de sinistre ayant entraîné une longue période pendant laquelle des indemnités journalières ont été versées, il faut s'attendre à ce que les primes augmentent. À leur tour, ces hausses ont une incidence négative sur l'emploi des travailleurs et travailleuses âgés. Ceux-ci ne peuvent en effet pas y faire face. </li><li>Étant donné l'autonomie contractuelle régnante, le preneur d'assurance (employeur) et la compagnie d'assurance peuvent convenir que les prestations sont suspendues à partir du moment où le rapport de travail prend fin. Celle ou celui qui est licencié alors qu'il est malade perd ainsi son droit à un salaire de remplacement et, en raison de sa maladie, n'a qu'un accès limité aux indemnités journalières de l'assurance-chômage. Et, avec une assurance d'indemnités journalières privée en cas de maladie, les délais sont serrés et les primes excessives. La protection des travailleurs et travailleuses tombés malades n'est donc dans les faits pas suffisante contre la perte du gain. </li><li>De nombreux aspects de la coordination entre les indemnités en cas de maladie et les prestations de l'AI ne sont pas clairs non plus. La question de l'équivalence entre les indemnités journalières en cas de maladie et l'obligation pour l'employeur de continuer à verser le salaire (art. 324a, al. 4 Code des obligations) ou la définition des prestations assurées sont également à l'origine de problèmes dans la pratique. </li></ul><p>Ces lacunes de l'assurance dont les travailleurs et travailleuses âgés ressentent plus les effets sont critiquées par de nombreux milieux et des améliorations sont demandées. Beaucoup d'interventions au Parlement, dont celles de Paul Rechsteiner, le président de l'USS, en demandent aussi. Mais au lieu de résoudre des problèmes brûlants, le projet de loi se concentre sur les intérêts des assureurs.
</p><h3> Synthèse </h3><p>Globalement, on voit qu'ici, le conseiller fédéral Ueli Maurer se laisse manifestement dicter par l'Association suisse d'assurances une loi inacceptable pour la population de Suisse. C'est pour cela que l'USS rejette fermement ce scandaleux projet de loi. </p>]]></content:encoded><category>Santé</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5516</guid><pubDate>Wed, 16 May 2018 12:12:02 +0200</pubDate><title>Colloque juridique du 21 septembre 2018</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/colloque-juridique-du-21-septembre-2018</link><description>État des lieux sur la protection contre le licenciement : regard en arrière et en avant</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le colloque des juristes de l’USS de 2018 traitera de la question de la protection contre le licenciement. 
</p><p>La pratique juridique de la protection contre le licenciement selon le droit du travail a développé ces dernières années une dynamique que beaucoup ne soupçonnaient pas. Selon l’interprétation faite du Code des obligations et de la Loi sur l’égalité, par exemple, des arrêts inédits ont été rendus. Dans le domaine de la révision des lois concernées aussi, la discussion sur la protection contre le licenciement des représentations du personnel ou des lanceurs et lanceuses d’alerte qui se poursuit est notamment influencée par les obligations juridiques internationales. Lors du colloque juridique de l’USS de cette année, ces aspects seront mis en évidence. Des intervenant(e)s de haut niveau, venant des milieux de la science, de l’Administration et de la pratique présenteront les principales évolutions de la jurisprudence y relative du Tribunal fédéral et d’autres tribunaux du pays, mais aussi de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et des prescriptions du droit de l’Organisation internationale du Travail (OIT). Dans la deuxième partie du colloque, la discussion abordera sous un angle prospectif la question de l’aménagement futur du droit du licenciement.
</p><h5>&nbsp;PLUS D'INFORMATION</h5><p><b>Vendredi 21 septembre 2018, </b>10 h 15 à 17 h 00, à Berne.
</p><p><b><a href="https://www.uss.ch/fileadmin/user_upload/Dokumente/Diverses/Veranstaltungen/180921_USS-colloque-juridique.pdf" target="_blank" class="download" rel="noreferrer">Programme</a></b> (PDF)
</p><p><b><a href="http://inscription.uss.ch" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Inscription en ligne</a></b></p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5487</guid><pubDate>Mon, 30 Apr 2018 19:11:36 +0200</pubDate><title>Manifestation nationale pour l&#039;égalité salariale et contre les discriminations #ENOUGH18</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/manifestation-nationale-pour-legalite-salariale-et-contre-les-discriminations-enough18</link><description>Samedi 22 septembre 2018 à Berne.</description><content:encoded><![CDATA[<p>La Suisse est bien connue pour faire avancer l’égalité entre femmes et homme à une allure d’escargot. Au 21e siècle, le pouvoir et l'argent sont toujours inégalement répartis entre les hommes et les femmes en Suisse : les femmes sont sous-représentées en politique et aux postes importants dans l’économie et gagnent en moyenne 600 francs de moins par mois que les hommes pour un travail de valeur équivalente. Les mesures de lutte contre les discriminations à l’égard des femmes continuent de se heurter à une grande résistance, alors que tout le monde en bénéficierait.
</p><p>Et pourtant, les discriminations salariales ne s’envoleront pas en fumée si on les ignore. Ni le temps ni le marché n’y remédieront. Nous ne devons pas plus au temps qu’au marché le droit de vote et d’éligibilité pour les femmes, le droit du mariage ou l’assurance-maternité. Il a toujours fallu lutter pour le progrès. Les femmes et les hommes qui ont travaillé à ces améliorations, ont mis la pression en descendant dans la rue ou se sont battus pour l’égalité au Parlement.
</p><p>Et, il faudra à nouveau mettre la pression en 2018. On attend toujours des mesures en faveur de l’égalité salariale, qui pourtant menacent de s’enliser dans un labyrinthe par-lementaire sans issue en raison des tactiques mises en œuvre pour les étouffer. Avec une grande manifestation le 22 septembre, nous voulons envoyer un signal clair pour que les choses avancent. Nous manifestons sur la place Fédérale pour montrer que nous, les femmes, nous voulons notre part du pouvoir et de l’argent. Ne reportons plus le problème aux calendes grecques : l’égalité salariale, maintenant!
</p><h2>Samedi 22 septembre 2018</h2><p>Rassemblement à 13.30 h à la Schützenmatte à Berne. Ensuite cortège direction la Place Fédérale.
</p><h2>Horaires des trains</h2><p><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion-gbkz/Generationensolidaritaet.jpg" target="_blank" rel="noreferrer">Les horaires et plus de renseignements sur les trains spéciaux depuis la Suisse occidentale et orientale et à partir de Bâle </a>(PDF)
</p><h2>Soutenu par</h2><p>Association suisse pour les droits des femmes (ADF), Association suisse des employés de banque ASEB, Basler Frauenvereinigung für Friede und Fortschritt (BFFF), Business &amp; Professional Women (BPW), campagne "16 jours d'activisme contre la violence faite aux femmes", Campax, cfd, Conseil Suisse des Activités de Jeunesse (CSAJ), Coordinamento Donne della Sinistra, FAFTplus, Femmes protestantes en Suisse (FPS), Fédération Solidarité Femmes de Suisse, Femmes socialistes suisses, Femmes PDC, Femwiss, Frauen Aargau, GrossmütterRevolution, Jeunes vert-e-s, Jeunesse Socialiste Suisse (JS), Les Verts Suisse, LCH - association faîtière des enseignants de langue allemande, Marche mondiale des femmes, männer.ch, Organizzazione Cristiano Sociale ticinese, Organisation suisse des lesbiennes (LOS), PBD, Pink Cross, PS Suisse, SBK/ASI, Syna, Syndicat du personnel des transports (SEV), Syndicat Interprofessionnel de travailleuses et de travailleurs (SIT), Syndicat suisse des mass médias (SSM), Syndicat suisse des services publics (SSP), Syndicats chrétiens du Valais (SCIV), Syndicom Syndicat des médias et de la communication, Terre des Femmes, Travail.Suisse, Unia, Union syndicale suisse (USS), We can’t keep quiet, WIDE Switzerland, Women’s March Geneva, Women’s March Zurich, WyberNet.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5461</guid><pubDate>Tue, 24 Apr 2018 13:46:32 +0200</pubDate><title>Défendre les CCT. Et l’égalité salariale. Point final ! </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/defendre-les-cct-et-l-egalite-salariale-point-final</link><description>Fête du travail : il a toujours fallu se battre pour le progrès social</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 1er Mai est le seul jour férié non religieux au monde. A l'origine, il a été initié par un mouvement d'hommes et de femmes démunis. Ce qui a commencé en 1890 avec la demande d'une journée de huit heures a changé à maintes reprises en termes de contenu. Ce qui est resté, c'est l'actualité et la nécessité d’une évolution sociale.
</p><p>Cette année, l'accent est mis sur l'égalité des salaires entre les sexes. Cette revendication faisait déjà partie du programme fondateur de l’Union syndicale suisse en 1880 et est inscrite comme principe dans la Constitution fédérale depuis 1981. Mais les femmes continuent d'être victimes de discriminations salariales. En moyenne, elles gagnent 600 francs de moins par mois que les hommes pour un travail équivalent. Avec toutes les conséquences négatives, y compris en termes de sécurité sociale, par exemple sur les rentes des caisses de pension. Les derniers grands progrès ont suivi la grève des femmes de 1991. &nbsp;2018 doit être l'année où il apparaîtra clairement que plus personne ne peut tolérer les discriminations à l'égard des femmes : l'égalité salariale. Point final.
</p><p>En même temps, nous vivons une année où des employeurs arrogants s'attaquent à des conventions collectives clés pour la Suisse. Il y a 16 ans, pour la première fois en Suisse, la retraite à 60 ans a été inscrite dans une convention collective, celle de la construction. Et avec la convention collective de travail des CFF, un acquis du Contrat social a été réalisé par la suppression des licenciements pour des raisons économiques : la sécurité sociale comme base de changements majeurs. Mais ce ne sont pas seulement ces conventions collectives de travail centrales qui doivent être défendues. La Suisse a besoin de conventions collectives de travail plus nombreuses et de meilleure qualité. Pour améliorer les salaires et les conditions de travail pour tous. Et pas seulement pour les quelques-uns qui trônent au sommet des entreprises.
</p><p>La demande d’un service public de qualité et abordable pour tout un chacun reste d'actualité. Il y a quelques semaines, le référendum sur No Billag a une fois de plus montré à quel point la fonction publique était fortement ancrée dans la population. Et contrairement à une perception répandue, surtout chez les jeunes générations. Ce qui s'applique à la radio et à la télévision ne s'applique pas moins aux services ferroviaires et postaux, ainsi qu'à la formation et aux soins. 
</p><p>Le 1er Mai symbolise la nécessité du progrès social. Mais cela nous rappelle aussi que le progrès n’est jamais venu tout seul. Il a toujours fallu se battre. C'est aussi vrai aujourd'hui qu'à l'époque.</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5447</guid><pubDate>Wed, 18 Apr 2018 13:22:29 +0200</pubDate><title>Toutes les fêtes du 1er Mai 2018</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/toutes-les-fetes-du-1er-mai-2018</link><description>Egalité salariale. Point final !</description><content:encoded><![CDATA[<p><b>Cette année aussi, plus de cinquante Fêtes du 1er Mai seront  organisées dans toute la Suisse. </b></p><p><a href="https://docs.google.com/spreadsheets/d/1ix8NcC2oIsGtDk9j1xJpbKp9O_yeHGOfu9rX9gqLl1w" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">La même vue d'ensemble sous forme de tableau</a>. Merci de communiquer vos corrections et les manifestations manquantes à : <a href="#" data-mailto-token="thpsav1thaaophz5wylpzzlyGzni5jo" data-mailto-vector="7" class="mail">matthias.preisser(at)sgb.ch</a>. </p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5446</guid><pubDate>Wed, 18 Apr 2018 11:53:53 +0200</pubDate><title>Appel pour le 1er Mai</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/appel-pour-le-1er-mai</link><description>Les inégalités de salaires entre femmes et hommes n&#039;ont que trop duré.
</description><content:encoded><![CDATA[<h2>Egalité salariale. Point final&nbsp;!</h2><p>&nbsp;</p><p>Depuis 37 ans, notre Constitution exige l’égalité entre femmes et hommes, dans le monde professionnel aussi. Depuis 22 ans, la loi sur l’égalité exige un salaire égal pour un travail de valeur équivalente. 
</p><p>Et maintenant&nbsp;? Quelle est la réalité suisse&nbsp;?
</p><p>Les salaires des femmes ont toujours du retard sur ceux des hommes. Et 40&nbsp;% des différences de salaires ne peuvent pas s’expliquer objectivement&nbsp;: elles découlent de discriminations. En moyenne, les femmes reçoivent chaque mois 600 francs de moins que les hommes.<br><br>Depuis la révolution française, «&nbsp;égalité&nbsp;» rime pourtant avec «&nbsp;liberté&nbsp;». Sans égalité, la liberté ne peut se déployer. «&nbsp;One man, one vote&nbsp;» a représenté un premier pas, mais pour les hommes uniquement. Les femmes ont dû patienter. Très longtemps dans notre pays. Elles ont attendu encore plus longtemps des progrès en matière d’égalité. Mais la patience a ses limites&nbsp;: sur l’égalité salariale, elle est à bout.<br><br>Heureusement que les femmes et les syndicats sont là pour faire avancer les choses. Depuis 30 ans, sans répit et avec opiniâtreté. Ce qui a permis de faire quelque peu reculer les écarts salariaux. Et pourtant, les discriminations sont tenaces. Les mesures volontaires dans les entreprises ne suffisent pas. Raison pour laquelle, le Conseil fédéral est enfin prêt à exiger un peu plus de responsabilité et de prise de conscience par la voie légale. Mais que fait la majorité masculine au Conseil des États ? Elle tire le frein à main et espère gagner à l’usure. &nbsp; <br><br>C’est un affront. Un affront fait aux femmes et à la démocratie. Quand on viole la Constitution ou la loi, on est amendé ou incarcéré. Par contre, pour l’égalité salariale, la majorité du Conseil des&nbsp;États veut une législation différente.<br><br>Car ce que les femmes se voient refuser chaque année sur la base du prétexte facile de la bureaucratie revient à frauder les salaires sur leur dos. Nous sommes nombreux et nombreuses à lutter contre cette politique du «&nbsp;laisser-faire – laisser-aller&nbsp;». Nous sommes de plus en plus nombreux et nombreuses à exiger : «&nbsp;Égalité salariale. Point final !&nbsp;»<br><br>On va descendre dans la rue. Parce que la discrimination n’a pas sa place en Suisse. Cela va au-delà de l'égalité salariale. Si les mêmes politiciens qui mettent les bâtons dans les roues de l'égalité salariale veulent plus de travail de nuit et du week-end, 
</p><p>nous disons alors NON&nbsp;!<br><br>S’ils veulent démonter notre prévoyance vieillesse,
</p><p>nous disons alors NON&nbsp;!<br><br>S’ils veulent toujours plus alléger la charge des entreprises aux dépens des travailleurs et travailleuses et des retraité(e)s ainsi qu’aux dépens d’un service public fort, &nbsp;
</p><p>nous disons alors NON&nbsp;! Comme nous l’avons déjà dit à la réforme de l’imposition des entreprises III<br><br>Et quand ils épargnent les riches en ne laissant que des miettes à toutes celles et ceux qui ont besoin de soutien, et là encore, en les soumettant à une surveillance et un harcèlement illimité,
</p><p>nous disons alors NON&nbsp;!<br><br><b>Parce que nous défendons la justice sociale et un monde du travail équitable.</b></p><p><b>Et l’égalité salariale en fait partie. Point final&nbsp;!</b></p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5441</guid><pubDate>Mon, 16 Apr 2018 15:52:54 +0200</pubDate><title>Pour une loi sur les jeux d’argent sociale </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/pour-une-loi-sur-les-jeux-d-argent-sociale</link><description>Jeux d’argent sur Internet à armes égales avec les casinos suisses</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L'USS considère que la modification actuelle de la loi sur les jeux d'argent est judicieuse. Les jeux de hasard doivent également être possibles sur Internet, mais seulement si les casinos suisses et étrangers se battent à armes égales. Ce qui est essentiel pour l’USS dans cette révision, c’est qu’elle garantisse que les bénéfices des jeux en ligne reviennent à l'AVS et au grand public.</p><p>Cette révision est une adaptation logique et modérée aux développements des dernières années de l'actuelle loi sur les jeux d'argent. Les offres de casinos en ligne seront désormais légales. Comme il y avait une lacune légale à cet égard, des fournisseurs étrangers souvent douteux et domiciliés dans des pays peu réglementés s’y sont précipités et un marché illégal des jeux d'argent en ligne s'est malheureusement développé. Ces «&nbsp;casinos en ligne&nbsp;» étrangers ne se soucient pas de la dépendance au jeu des utilisateurs et ne participent pas non plus à l’intérêt commun de la Suisse. &nbsp;
</p><h3>Sur Internet oui, mais seulement si… </h3><p>Cela devrait maintenant changer&nbsp;: les casinos en ligne sont maintenant autorisés, mais ils doivent respecter certaines normes minimales de sécurité. Le blanchiment d’argent est interdit, et l’objectif principal est d'assurer que les impôts et donc leurs contributions au financement des assurances sociales sont payés par ces casinos. Cela supprime la discrimination dont souffrent les casinos suisses&nbsp;: selon la législation actuelle, par exemple, un casino en ligne chinois avec des offres pour la Suisse n’a pas à payer d’impôts en Suisse.
</p><h3>Une contribution au financement de l’AVS </h3><p>Pour les syndicats, le financement des assurances sociales est au centre de la révision de la loi sur les jeux de l'argent. L’USS est également favorable à la protection des joueurs et à l'égalité de traitement entre les casinos suisses et étrangers et donc à la préservation des emplois locaux.
</p><p>Croyez-le ou non, mais la moitié des bénéfices des casinos indigènes sont aujourd'hui versés dans les caisses de l'AVS, soit 270 millions de francs, et 47 millions de francs aux cantons qui les abritent. Ces cantons peuvent utiliser les bénéfices de la loterie pour financer des projets artistiques, de bienfaisance et sportifs. Les impôts sur les loteries en faveur des fonds cantonaux de loterie et des fonds sportifs s'élèvent à environ 540 millions de francs ! L'industrie étrangère des jeux d'argent, par contre, ne paie pas un centime pour notre intérêt commun. C’est inacceptable !
</p><p>Raison pour laquelle, l’USS recommande à la population de voter Oui à la révision de la loi sur les jeux d’argent. </p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Finances et fiscalité</category><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5963</guid><pubDate>Fri, 13 Apr 2018 14:48:00 +0200</pubDate><title>Une évolution réjouissante : les syndicats se féminisent</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/une-evolution-rejouissante-les-syndicats-se-feminisent</link><description>343 806 membres : l’évolution des effectifs de l’USS en 2018</description><content:encoded><![CDATA[<p>Fin 2018, la faîtière syndicale de loin la plus importante du pays, l'Union syndicale suisse (USS), comptait 343 806 membres (-2,67 % par rapport à 2017). On notera tout particulièrement l'évolution du nombre des femmes syndiquées qui a atteint 105 090. Pour la première fois de l'histoire de l'USS, plus de 30% de ses membres sont des femmes (30,6 %). 
</p><p>L'année dernière, les syndicats AvenirSocial, SSPM, Nautilus et SIT ont enregistré une hausse de leurs effectifs, les autres fédérations connaissant un recul. Ce dernier s'explique surtout par la baisse du nombre de salarié-e-s fixes travaillant dans les branches où ces fédérations ont beaucoup de membres. Ce phénomène est un problème pour les syndicats, car il est beaucoup plus difficile de syndiquer les salarié-e-s temporaires. Sont aussi concernés ici, outre Unia (construction, commerce de détail, industrie des machines), Syndicom et le SEV. Pour Syndicom, les nouvelles adhésions n'ont pas compensé les départs dus à la brutalité du changement structurel vécu par les branches de l'impression et des médias. Pour le SEV, les décès parmi les retraité-e-s ont été plus nombreux que les nouvelles adhésions d'actifs et d'actives. Le nombre des membres du SSP est resté pratiquement stable. 
</p><p>&nbsp;</p><p><b>Effectifs des fédérations de l'USS 2017/18 </b></p><table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" class="contenttable"><colgroup><col span="5" width="80" style="width:60pt"></colgroup><tbody><tr style="height:41.25pt"><td height="55" width="80" class="xl64" style="height:41.25pt; width:60pt">Fédération</td><td align="center" width="80" class="xl64" style="border-left:none; width:60pt">2018</td><td align="center" width="80" class="xl65" style="border-left:none; width:60pt">2017</td><td width="80" class="xl65" style="border-left:none; width:60pt">Femmes 2018</td><td width="80" class="xl65" style="border-left:none; width:60pt">Par des femmes au total</td></tr><tr style="height:15.0pt"><td height="20" class="xl66" style="height:15.0pt">Unia</td><td align="right" class="xl66">193'096</td><td align="right" class="xl67">200'236</td><td align="right" class="xl68" style="border-left:none">48'709</td><td align="right" class="xl69" style="border-left:none">25.23</td></tr><tr style="height:15.0pt"><td height="20" class="xl70" style="height:15.0pt; border-top:none">SEV</td><td align="right" class="xl70" style="border-top:none">39'942</td><td align="right" class="xl71" style="border-top:none">40'723</td><td align="right" class="xl72" style="border-top:none; border-left:none">8'289</td><td align="right" class="xl69" style="border-left:none">20.75</td></tr><tr style="height:15.0pt"><td height="20" class="xl70" style="height:15.0pt; border-top:none">SSP</td><td align="right" class="xl70" style="border-top:none">33'997</td><td align="right" class="xl71" style="border-top:none">34'252</td><td align="right" class="xl72" style="border-top:none; border-left:none">18'947</td><td align="right" class="xl69" style="border-left:none">55.73</td></tr><tr style="height:15.0pt"><td height="20" class="xl70" style="height:15.0pt; border-top:none">syndicom</td><td align="right" class="xl70" style="border-top:none">31'809</td><td align="right" class="xl71" style="border-top:none">32'737</td><td align="right" class="xl72" style="border-top:none; border-left:none">9'957</td><td align="right" class="xl69" style="border-left:none">31.30</td></tr><tr style="height:15.0pt"><td height="20" class="xl70" style="height:15.0pt; border-top:none">SIT</td><td align="right" class="xl70" style="border-top:none">9'512</td><td align="right" class="xl71" style="border-top:none">9'480</td><td align="right" class="xl72" style="border-top:none; border-left:none">4'784</td><td align="right" class="xl69" style="border-left:none">50.29</td></tr><tr style="height:15.0pt"><td height="20" class="xl73" style="height:15.0pt; border-top:none">APC</td><td align="right" class="xl73" style="border-top:none">8'649</td><td align="right" class="xl71" style="border-top:none">8'867</td><td align="right" class="xl72" style="border-top:none; border-left:none">2'422</td><td align="right" class="xl69" style="border-left:none">28.00</td></tr><tr style="height:15.0pt"><td height="20" class="xl70" style="height:15.0pt">ASEB</td><td align="right" class="xl70">7'817</td><td align="right" class="xl71" style="border-top:none">7'919</td><td align="right" class="xl72" style="border-top:none; border-left:none">2'595</td><td align="right" class="xl69" style="border-left:none">33.20</td></tr><tr style="height:15.0pt"><td height="20" class="xl73" style="height:15.0pt; border-top:none">AvenirSocial</td><td align="right" class="xl73" style="border-top:none">3'561</td><td align="right" class="xl71" style="border-top:none">3'418</td><td align="right" class="xl72" style="border-top:none; border-left:none">2'532</td><td align="right" class="xl69" style="border-left:none">71.10</td></tr><tr style="height:15.0pt"><td height="20" class="xl70" style="height:15.0pt">SSPM</td><td align="right" class="xl70">2'968</td><td align="right" class="xl71" style="border-top:none">3'341</td><td align="right" class="xl72" style="border-top:none; border-left:none">1'810</td><td align="right" class="xl69" style="border-left:none">60.98</td></tr><tr style="height:15.0pt"><td height="20" class="xl70" style="height:15.0pt; border-top:none">garaNto</td><td align="right" class="xl70" style="border-top:none">3'207</td><td align="right" class="xl71" style="border-top:none">3'316</td><td align="right" class="xl72" style="border-top:none; border-left:none">438</td><td align="right" class="xl69" style="border-left:none">13.66</td></tr><tr style="height:15.0pt"><td height="20" class="xl70" style="height:15.0pt; border-top:none">SSM</td><td align="right" class="xl70" style="border-top:none">2'899</td><td align="right" class="xl71" style="border-top:none">3'000</td><td align="right" class="xl72" style="border-top:none; border-left:none">1'214</td><td align="right" class="xl69" style="border-left:none">41.88</td></tr><tr style="height:15.0pt"><td height="20" class="xl70" style="height:15.0pt; border-top:none">Kapers</td><td align="right" class="xl70" style="border-top:none">2'824</td><td align="right" class="xl71" style="border-top:none">2'827</td><td align="right" class="xl72" style="border-top:none; border-left:none">2'067</td><td align="right" class="xl69" style="border-left:none">73.19</td></tr><tr style="height:15.0pt"><td height="20" class="xl70" style="height:15.0pt; border-top:none">USDAM</td><td align="right" class="xl70" style="border-top:none">1'688</td><td align="right" class="xl71" style="border-top:none">1'690</td><td align="right" class="xl72" style="border-top:none; border-left:none">673</td><td align="right" class="xl69" style="border-left:none">39.87</td></tr><tr style="height:15.0pt"><td height="20" class="xl70" style="height:15.0pt; border-top:none">SBKV</td><td align="right" class="xl70" style="border-top:none">1'121</td><td align="right" class="xl71" style="border-top:none">1'129</td><td align="right" class="xl72" style="border-top:none; border-left:none">622</td><td align="right" class="xl69" style="border-left:none">55.49</td></tr><tr style="height:15.0pt"><td height="20" class="xl73" style="height:15.0pt; border-top:none">Nautilus</td><td align="right" class="xl73" style="border-top:none">699</td><td align="right" class="xl71" style="border-top:none">695</td><td align="right" class="xl72" style="border-top:none; border-left:none">19</td><td align="right" class="xl69" style="border-left:none">2.72</td></tr><tr style="height:16.5pt"><td height="22" class="xl74" style="height:16.5pt">New Wood<sup>&nbsp;</sup></td><td align="right" class="xl73">17</td><td align="right" class="xl75" style="border-top:none">17</td><td align="right" class="xl76" style="border-top:none; border-left:none">12</td><td align="right" class="xl69" style="border-left:none">70.59</td></tr><tr style="height:15.75pt"><td height="21" class="xl77" style="height:15.75pt; border-top:none">Total</td><td align="right" class="xl77" style="border-left:none">343'806</td><td align="right" class="xl78" style="border-left:none">353'647</td><td align="right" class="xl79" style="border-left:none">105'090</td><td align="right" class="xl80">30.57</td></tr></tbody></table><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><p><b>Sens des abréviations</b></p><table border="1" cellpadding="0" cellspacing="0" style="border-collapse:collapse; border:none" class="contenttable"><tbody><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">APC</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-left:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">Association du personnel de la Confédération</span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">ASEB</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">Association suisse des employés de banque</span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">AvenirSocial</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">Professionnels du travail social en Suisse</span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">Garanto</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">Syndicat du personnel de la douane et des gardes-frontières</span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">kapers</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">Syndicat du personnel de cabine</span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">Nautilus</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">Syndicat des marins</span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">New Wood</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">Syndicat des employé(e)s des organisations des Nations Unies à Genève</span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">SBKV</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">Association suisse des artistes dramatiques (Suisse alémanique)</span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">SEV</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">Syndicat du personnel des transports</span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">SIT</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">Syndicat interprofessionnel des travailleuses et travailleurs</span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">SSM</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">Syndicat suisse des mass media</span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">SSP</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">Syndicat suisse des services publics</span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">SSPM</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">Société suisse de pédagogie musicale</span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">Syndicom</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">Syndicat des médias et de la communication</span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">Unia</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">Le syndicat </span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">USDAM</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p class="bodytext"><span lang="FR">Union suisse des artistes musiciens</span></p></td></tr></tbody></table>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5453</guid><pubDate>Fri, 13 Apr 2018 14:48:00 +0200</pubDate><title>353 647 membres à fin 2017: Évolution des effectifs de l’USS l’an dernier</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/353-647-membres-a-fin-2017-evolution-des-effectifs-de-l-uss-l-an-dernier</link><description>Fin 2017, l’Union syndicale suisse (USS) comptait exactement 353 647 membres. En l’espace d’une année, la plus grande faîtière syndicale du pays a ainsi essuyé un léger recul de 1,1 % de ses effectifs, le nombre des organisations lui étant affiliées restant le même, soit seize. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Fin 2017, l’Union syndicale suisse (USS) comptait exactement 353&nbsp;647 membres. En l’espace d’une année, la plus grande faîtière syndicale du pays a ainsi essuyé un léger recul de 1,1&nbsp;% de ses effectifs, le nombre des organisations lui étant affiliées restant le même, soit seize. 
</p><p>29,7&nbsp;% des membres de l’USS sont des femmes. Ainsi, la part de ces dernières au sein de l’USS a quelque peu augmenté (2016&nbsp;: 29,6&nbsp;%).
</p><p>Des seize fédérations affiliées à l’USS, trois ont vu leurs effectifs augmenter en 2017&nbsp;: l’ASEB, AvenirSocial et kapers. Les effectifs du très petit syndicat New Wood sont restés inchangés par rapport à 2016. Les douze autres syndicats membres de l’USS ont par contre perdu des membres par rapport à il y a deux ans. En 2015, Unia franchissait la limite des 200&nbsp;000 membres, se maintenant à ce niveau l’an dernier aussi. Unia a progressé dans le secteur des services (désormais plus de 56&nbsp;000 membres) et reculé dans l’industrie, la construction et l’artisanat. 
</p><p>Les nouvelles arrivées chez Syndicom n’ont pas permis de compenser les départs dus au changement structurel toujours en cours dans le secteur de l’imprimerie et celui des médias. Au SEV, le nombre des décès parmi les retraité(e)s a dépassé celui des nouvelles arrivées d’actifs et actives. 
</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" style="width:300.0pt; border-collapse:collapse" class="contenttable"><tbody><tr style="height:41.25pt"><td width="104" style="width:78.0pt; border:solid windowtext 1.0pt; background:   #F2F2F2; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:41.25pt"><p><b><span lang="FR">Fédération</span></b></p></td><td width="57" style="width:42.05pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-left:   none; background:#F2F2F2; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:41.25pt"><p><b><span lang="FR">2017</span></b></p></td><td width="80" style="width:60.0pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-left:   none; background:#F2F2F2; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:41.25pt"><p><b><span lang="FR">2016</span></b></p></td><td width="80" style="width:60.0pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-left:   none; background:#F2F2F2; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:41.25pt"><p><b><span lang="FR">Femmes   2017</span></b></p></td><td width="80" style="width:59.95pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-left:   none; background:#F2F2F2; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:41.25pt"><p><b><span lang="FR">Par des   femmes au total</span></b></p></td></tr><tr style="height:15.0pt"><td valign="bottom" width="104" style="width:78.0pt; border-top:none; border-left:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:none; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p><b>Unia</b></p></td><td valign="bottom" width="57" style="width:42.05pt; border-top:none; border-left:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:none; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>200236</p></td><td valign="bottom" width="80" style="width:60.0pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:   0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>201'170</p></td><td width="80" style="width:60.0pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>47998</p></td><td width="80" style="width:59.95pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>23.97</p></td></tr><tr style="height:15.0pt"><td valign="bottom" width="104" style="width:78.0pt; border-top:none; border-left:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:none; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p><b>SEV</b></p></td><td valign="bottom" width="57" style="width:42.05pt; border-top:none; border-left:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:none; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>40723</p></td><td valign="bottom" width="80" style="width:60.0pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:   0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>41'355</p></td><td width="80" style="width:60.0pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>8510</p></td><td width="80" style="width:59.95pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>20.90</p></td></tr><tr style="height:15.0pt"><td valign="bottom" width="104" style="width:78.0pt; border-top:none; border-left:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:none; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p><b>SSP</b></p></td><td valign="bottom" width="57" style="width:42.05pt; border-top:none; border-left:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:none; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>34252</p></td><td valign="bottom" width="80" style="width:60.0pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:   0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>34'747</p></td><td width="80" style="width:60.0pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>19060</p></td><td width="80" style="width:59.95pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>55.65</p></td></tr><tr style="height:15.0pt"><td valign="bottom" width="104" style="width:78.0pt; border-top:none; border-left:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:none; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p><b>syndicom</b></p></td><td valign="bottom" width="57" style="width:42.05pt; border-top:none; border-left:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:none; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>32737</p></td><td valign="bottom" width="80" style="width:60.0pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:   0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>34'171</p></td><td width="80" style="width:60.0pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>10269</p></td><td width="80" style="width:59.95pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>31.37</p></td></tr><tr style="height:15.0pt"><td valign="bottom" width="104" style="width:78.0pt; border-top:none; border-left:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:none; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p><b>SIT</b></p></td><td valign="bottom" width="57" style="width:42.05pt; border-top:none; border-left:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:none; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>9480</p></td><td valign="bottom" width="80" style="width:60.0pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:   0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>9'482</p></td><td width="80" style="width:60.0pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>4687</p></td><td width="80" style="width:59.95pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>49.44</p></td></tr><tr style="height:15.0pt"><td valign="bottom" width="104" style="width:78.0pt; border:none; border-left:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p><b>APC</b></p></td><td valign="bottom" width="57" style="width:42.05pt; border:none; border-left:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>8867</p></td><td valign="bottom" width="80" style="width:60.0pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:   0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>9'084</p></td><td width="80" style="width:60.0pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>2429</p></td><td width="80" style="width:59.95pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>27.39</p></td></tr><tr style="height:15.0pt"><td valign="bottom" width="104" style="width:78.0pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-right:none; padding:   0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p><b>ASEB</b></p></td><td valign="bottom" width="57" style="width:42.05pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-right:none; padding:   0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>7919</p></td><td valign="bottom" width="80" style="width:60.0pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:   0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>7'875</p></td><td width="80" style="width:60.0pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>2639</p></td><td width="80" style="width:59.95pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>33.32</p></td></tr><tr style="height:15.0pt"><td valign="bottom" width="104" style="width:78.0pt; border:none; border-left:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p><b>AvenirSocial</b></p></td><td valign="bottom" width="57" style="width:42.05pt; border:none; border-left:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>3418</p></td><td valign="bottom" width="80" style="width:60.0pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:   0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>3'381</p></td><td width="80" style="width:60.0pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>2406</p></td><td width="80" style="width:59.95pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>70.39</p></td></tr><tr style="height:15.0pt"><td valign="bottom" width="104" style="width:78.0pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-right:none; padding:   0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p><b>SSPM</b></p></td><td valign="bottom" width="57" style="width:42.05pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-right:none; padding:   0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>3341</p></td><td valign="bottom" width="80" style="width:60.0pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:   0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>3'347</p></td><td width="80" style="width:60.0pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>2040</p></td><td width="80" style="width:59.95pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>61.06</p></td></tr><tr style="height:15.0pt"><td valign="bottom" width="104" style="width:78.0pt; border-top:none; border-left:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:none; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p><b>Garanto</b></p></td><td valign="bottom" width="57" style="width:42.05pt; border-top:none; border-left:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:none; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>3316</p></td><td valign="bottom" width="80" style="width:60.0pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:   0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>3'322</p></td><td width="80" style="width:60.0pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>448</p></td><td width="80" style="width:59.95pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>13.51</p></td></tr><tr style="height:15.0pt"><td valign="bottom" width="104" style="width:78.0pt; border-top:none; border-left:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:none; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p><b>SSM</b></p></td><td valign="bottom" width="57" style="width:42.05pt; border-top:none; border-left:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:none; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>3000</p></td><td valign="bottom" width="80" style="width:60.0pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:   0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>3'047</p></td><td width="80" style="width:60.0pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>1222</p></td><td width="80" style="width:59.95pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>40.73</p></td></tr><tr style="height:15.0pt"><td valign="bottom" width="104" style="width:78.0pt; border-top:none; border-left:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:none; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p><b>kapers</b></p></td><td valign="bottom" width="57" style="width:42.05pt; border-top:none; border-left:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:none; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>2827</p></td><td valign="bottom" width="80" style="width:60.0pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:   0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>2'792</p></td><td width="80" style="width:60.0pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>2077</p></td><td width="80" style="width:59.95pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>73.47</p></td></tr><tr style="height:15.0pt"><td valign="bottom" width="104" style="width:78.0pt; border-top:none; border-left:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:none; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p><b>USDAM</b></p></td><td valign="bottom" width="57" style="width:42.05pt; border-top:none; border-left:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:none; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>1690</p></td><td valign="bottom" width="80" style="width:60.0pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:   0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>1'717</p></td><td width="80" style="width:60.0pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>668</p></td><td width="80" style="width:59.95pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>39.53</p></td></tr><tr style="height:15.0pt"><td valign="bottom" width="104" style="width:78.0pt; border-top:none; border-left:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:none; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p><b>SBKV</b></p></td><td valign="bottom" width="57" style="width:42.05pt; border-top:none; border-left:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:none; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>1129</p></td><td valign="bottom" width="80" style="width:60.0pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:   0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>1'146</p></td><td width="80" style="width:60.0pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>629</p></td><td width="80" style="width:59.95pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>55.71</p></td></tr><tr style="height:15.0pt"><td valign="bottom" width="104" style="width:78.0pt; border:none; border-left:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p><b>Nautilus</b></p></td><td valign="bottom" width="57" style="width:42.05pt; border:none; border-left:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>695</p></td><td valign="bottom" width="80" style="width:60.0pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:   0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>918</p></td><td width="80" style="width:60.0pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>20</p></td><td width="80" style="width:59.95pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.0pt"><p>2.88</p></td></tr><tr style="height:16.5pt"><td valign="bottom" width="104" style="width:78.0pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-right:none; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:16.5pt"><p><b>New Wood</b><sup></sup></p></td><td valign="bottom" width="57" style="width:42.05pt; border-top:solid windowtext 1.0pt; border-left:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:none; border-right:none; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:16.5pt"><p>17</p></td><td valign="bottom" width="80" style="width:60.0pt; border-top:none; border-left:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:none; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:16.5pt"><p>17</p></td><td width="80" style="width:60.0pt; border:none; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:16.5pt"><p>9</p></td><td width="80" style="width:59.95pt; border-top:none; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:16.5pt"><p>52.94</p></td></tr><tr style="height:15.75pt"><td width="104" style="width:78.0pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; background:#F2F2F2; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.75pt"><p><b>Total</b></p></td><td width="57" style="width:42.05pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-left:none; background:#F2F2F2; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.75pt"><p><b>353647</b></p></td><td width="80" style="width:60.0pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-left:none; background:#F2F2F2; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.75pt"><p><b>357'571</b></p></td><td width="80" style="width:60.0pt; border-top:solid windowtext 1.0pt; border-left:none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:none; background:#F2F2F2; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.75pt"><p><b>105'111</b></p></td><td width="80" style="width:59.95pt; border-top:none; border-left:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:none; background:#F2F2F2; padding:0cm 3.5pt 0cm 3.5pt; height:15.75pt"><p><b>29.72</b></p></td></tr></tbody></table><header><p><b><br>Sens des abréviations</b></p><table border="1" cellpadding="0" cellspacing="0" style="border-collapse:collapse; border:none" class="contenttable"><tbody><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">APC</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-left:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">Association du personnel de la Confédération</span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">ASEB</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">Association suisse des employés de banque</span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">AvenirSocial</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">Professionnels du travail social en Suisse</span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">Garanto</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">Syndicat du personnel de la douane et des gardes-frontières</span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">kapers</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">Syndicat du personnel de cabine</span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">Nautilus</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">Syndicat des marins</span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">New Wood</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">Syndicat des employé(e)s des organisations des Nations Unies à Genève</span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">SBKV</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">Association suisse des artistes dramatiques (Suisse alémanique)</span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">SEV</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">Syndicat du personnel des transports</span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">SIT</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">Syndicat interprofessionnel des travailleuses et travailleurs</span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">SSM</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">Syndicat suisse des mass media</span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">SSP</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">Syndicat suisse des services publics</span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">SSPM</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">Société suisse de pédagogie musicale</span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">Syndicom</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">Syndicat des médias et de la communication</span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">Unia</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">Le syndicat </span></p></td></tr><tr><td valign="top" width="127" style="width:95.5pt; border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">USDAM</span></p></td><td valign="top" width="458" style="width:343.35pt; border-top:none; border-left:   none; border-bottom:solid windowtext 1.0pt; border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"><p><span lang="FR">Union suisse des artistes musiciens</span></p></td></tr></tbody></table><p><b><br></b></p></header>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5373</guid><pubDate>Wed, 11 Apr 2018 11:38:49 +0200</pubDate><title>Non à l’initiative Monnaie pleine – Oui à la loi sur les jeux d’argent</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/non-a-l-initiative-monnaie-pleine-oui-a-la-loi-sur-les-jeux-d-argent</link><description>Les recommandations de l&#039;USS pour les votations du 10 juin 2018</description><content:encoded><![CDATA[<p>La Suisse doit-elle introduire un système de monnaie pleine&nbsp;? &nbsp;La réponse de l’Union syndicale suisse est non. Elle rejette l'initiative Monnaie pleine qui sera soumise au vote le 10 juin. Les risques et les effets secondaires négatifs pour les travailleurs et les travailleuses sont trop importants. L'initiative exige qu'à l'avenir, non seulement les pièces et les billets soient produits uniquement par la Banque nationale, mais aussi la monnaie électronique. Aujourd'hui, les banques normales y contribuent également. Il est par contre incontesté qu'en cas de vote favorable à l'initiative, les comptes d'opérations de paiement seraient entièrement garantis avec l'argent de la Banque nationale (mais pas les comptes d'épargne) et que les faillites de banque résultant d'un retrait massif de fonds seraient exclues. Cependant, ces avantages sont compensés par un certain nombre d'inconvénients. Ainsi, si l'initiative Monnaie pleine était acceptée, les salarié(e)s et les retraité(e)s risqueraient de perdre du pouvoir d'achat. Aucun intérêt ne serait plus servi sur les comptes de paiement, ce qui entraînerait des pertes en cas d'inflation. Et les comptes d'épargne ne pourront plus être soldés librement. L'épargne serait beaucoup plus difficile pour les personnes à faible revenu et ayant peu de fortune, et ne serait plus que réservée aux riches. 
</p><h3>L’objectif de plein emploi de la BNS ne serait plus assumé</h3><p>L'initiative empêcherait également la Banque nationale de poursuivre les objectifs de plein emploi et de stabilité des prix et des taux de change. Le passé a montré que la gestion de la masse monétaire à elle seule augmente les risques pour l'emploi et le développement économique. De plus, même un système de monnaie pleine n'exclurait pas les crises financières. Car celles-ci proviennent généralement de l'activité de crédit et non des opérations de paiement. Enfin, le Comité de l’USS rejette également l'initiative, car le nouvel article constitutionnel priverait la Confédération de la surveillance de la Banque nationale.<br><br><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/veranstaltungen/femkongress_2025/251121_Feministischer_Kongress0182.jpg" class="download">Plus d'informations... (PDF)</a></p><h3>Contributions sociales et prévention de la dépendance</h3><p>L’Union syndicale suisse approuve la loi sur les jeux d’argent. Elle veille à ce que tous les fournisseurs de jeux d'argent actifs en Suisse versent des contributions à l'AVS. En même temps, elle garantit que les bénéfices nets des loteries et des paris sportifs puissent continuer à bénéficier à des organismes d’utilité publique (culture, affaires sociales et sport). La loi sur les jeux d'argent autorisera désormais les tournois de poker et des offres de jeu de hasard en ligne. Leur nombre a explosé ces dernières années, en particulier sur les sites Internet étrangers. Toutefois, ces prestataires ne paient pas aujourd'hui d'impôts sur les gains réalisés en Suisse. Cela devrait maintenant changer. Désormais, ils devront avoir une licence pour la Suisse, payer des cotisations aux assurances sociales et participer à la prévention contre la dépendance au jeu. L’accès au site de fournisseurs qui ne respectent pas ces dispositions pourrait à l'avenir se voir refuser. Une mesure plus légère pour faire respecter la loi n'est pas évidente. Dans l'ensemble, le Comité de l’USS a estimé que les avantages de la loi révisée prédominaient. C'est pourquoi il a décidé de recommander le oui. </p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Politique monétaire</category><category>Santé</category><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5358</guid><pubDate>Tue, 03 Apr 2018 16:10:58 +0200</pubDate><title>SUVA : des personnes concernées qui s’impliquent</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/suva-des-personnes-concernees-qui-s-impliquent</link><description>100 ans de collaboration centrée sur la recherche de solutions</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> En 1912, le peuple suisse dit oui, lors d'une deuxième votation, à la création d'une assurance-accidents. En 1918, la SUVA, alors appelée Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents, une institution essentiellement placée sous l'influence des partenaires sociaux, se mit au travail. Ci-après, le discours prononcé par Nico Lutz, membre du comité directeur d'Unia et de la Commission du Conseil de la SUVA, à l'occasion du centenaire de cette dernière. </p><p>Si la Suva n'existait pas depuis cent ans déjà, il faudrait tout de suite l'inventer. L'État, les organisations de travailleurs et les organisations d'employeurs portent ensemble l'une des plus importantes œuvres sociales de notre pays. Engendrée par une situation de détresse et par un manque éclatant, celle-ci s'est révélée, durant ses cent ans d'existence, être une excellente solution. 
</p><p>Si la Suva est un exemple de réussite, c'est aussi parce qu'au sein de cette organisation, employeurs et travailleurs se concentrent sur leurs intérêts communs et sont en mesure de dépasser l'une ou l'autre de leurs réticences idéologiques. Les résultats de cette collaboration axée sur la recherche de solutions sont là: cent ans de succès pour l'une des œuvres sociales les plus réussies, les plus efficaces et les plus performantes de notre pays. 
</p><h3>Sécurité au travail : dans l'intérêt de tous et toutes </h3><p>L'approche de la Suva est remarquablement simple: elle consiste à impliquer les intéressés. Les salariés ont un intérêt personnel direct à un travail de prévention sans lacunes, une sécurité au travail élevée et une protection de la santé étendue. La collaboration des syndicats au sein de nombreux collèges d'experts de la Suva, du Conseil de la Suva et de la Commission du Conseil, qui a le caractère d'un conseil d'administration, permet de prendre directement en compte les préoccupations et le point de vue des travailleurs. 
</p><p>Il arrive néanmoins que les positions divergent dans certains cas concrets. Les mesures visant à accroître la sécurité au travail entraînent aussi des charges et peuvent provoquer des retards. Dans le cas des " règles vitales " et de la charte " STOP en cas de danger ", tous les intéressés ont parfaitement su élaborer des consignes concrètes qui constituent des mesures de sécurité indispensables. Sur d'autres points, il est plus difficile de trouver un terrain d'entente. Par exemple sur la question de savoir à partir de quand il n'est plus acceptable, voire même carrément dangereux de devoir travailler dehors par des températures glaciales, lorsque le gel et la neige règnent en maîtres. Sur ce plan, nous sommes d'avis qu'on peut faire mieux. 
</p><h3>Syndicats et employeurs : une plus grande crédibilité </h3><p>Mais d'une manière générale, la Suva jouit d'un très large appui parmi la population, justement en raison de l'implication directe des milieux syndicaux et patronaux. 
</p><p>La collaboration des partenaires sociaux au sein de la Suva renforce également la crédibilité de cette dernière dans le monde politique lorsqu'il est question d'assurance-accidents et de sécurité au travail. La dernière révision de la LAA en est un exemple édifiant. Sinon, comment expliquer que le compromis auquel sont parvenus les partenaires sociaux après avoir remis l'ouvrage sur le métier ait passé aussi rapidement la rampe du Parlement, et ce pratiquement sans modifications. La collaboration pratiquée au sein des organes de la Suva et la confiance réciproque qu'elle fait naître ont joué un rôle essentiel. 
</p><p>Sans cette collaboration, des réponses moins satisfaisantes auraient été apportées à nombre de problèmes délicats tels que la catastrophe provoquée par l'amiante. À ce propos, le travail de prévention de la Suva, qui est essentiel, n'est pas seul en cause. Il en va également d'une répartition plus équitable des risques, respectivement des charges liées à l'amiante, entre les branches assurées à la Suva, ce qui sera réalité à partir de l'an prochain grâce à une réassurance interne. Et il s'agit du Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante, qui a pu commencer son travail au milieu de l'an dernier avec le soutien actif de la Suva. Enfin, il y a aussi la révision en cours du droit de prescription, dans le cadre de laquelle un compromis porteur d'avenir se profile enfin. 
</p><h3>Ouverture aux services </h3><p>La fondation de la Suva, il y a cent ans de cela, fut une réalisation hors du commun et un acte courageux pendant une période troublée. À l'époque, l'économie suisse était marquée par le développement de l'emploi dans le secteur secondaire. C'est dans la perspective de cette mutation que la Suva a été créée. Le tissu économique a fortement changé au cours des cent dernières années. Alors qu'en 1920, près des trois quarts de la population active travaillaient dans les secteurs primaire et secondaire, plus des trois quarts des personnes occupées exercent aujourd'hui une profession du tertiaire. La Suisse aura toujours un secteur de la construction et une industrie de production. Cependant, l'importance que revêtira la Suva au cours des prochaines décennies dépendra aussi des branches qu'elle sera appelée à assurer. Il faut espérer que, là aussi, des décisions porteuses d'avenir et courageuses seront prises - afin que, dans un siècle, nos descendants puissent faire le bilan de deux cents ans de réussite de la Suva. </p>]]></content:encoded><category>Assurance-accidents</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5357</guid><pubDate>Tue, 03 Apr 2018 08:53:46 +0200</pubDate><title>Multinationales responsables : l’autodéclaration ne marche pas </title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/multinationales-responsables-l-autodeclaration-ne-marche-pas</link><description>Des dispositions efficaces pour assurer le respect des droits humains à portée de main.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> L'"autodéclaration" est un concept en vogue. Ainsi le Conseil des États a-t-il récemment décidé de renvoyer à la commission une révision déjà passablement modérée de la loi sur l'égalité, la priant d'examiner des alternatives comme des "modèles d'autodéclaration". En clair, les PDG sont censés témoigner par leur signature que dans leur entreprise, les femmes ne sont pas moins bien payées que les hommes - sans obligation de publicité, sans mesures concrètes, et donc sans aucun effet. </p><p>Certains politiciens proches des milieux économiques rêvent de faire pareil avec l'initiative pour des multinationales responsables, qui demande juste que les multinationales suisses respectent scrupuleusement les droits humains et les droits des travailleuses et des travailleurs à l'étranger. Ce qui, pour beaucoup d'entreprises, apparaît comme une évidence est tout bonnement ignoré par de trop nombreuses autres depuis des décennies. À l'étranger, elles prétendent pouvoir agir comme bon leur semble, au mépris des êtres humains et de l'environnement. Que ce soit dans l'exploitation des matières premières, dans les finances, la construction de machines ou l'industrie textile, les violations des droits humains avec une participation directe ou indirecte de sociétés suisses sont malheureusement toujours monnaie courante. 
</p><h3>L'exemple de Glencore </h3><p>Les agissements du premier négociant mondial de matières premières ont déjà fait couler beaucoup d'encre, et chaque fois il a promis de s'amender. Récemment encore, une délégation d'IndustriAll - la confédération internationale des syndicats de l'industrie - a rendu visite aux mines de cobalt de Glencore au Congo. La <a href="http://www.industriall-union.org/fr/rdc-la-mission-dindustriall-constate-que-glencore-maltraite-gravement-ses-salaries-des-mines-de" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">mission international</a>e a constaté des "violations des droits humains et du travail systémiques" : des pratiques déplorables en matière de santé et de sécurité, des menaces constantes de renvoi, de la discrimination et du racisme, de faibles rémunérations et de la discrimination salariale. Imperturbable - ou en réaction à ce rapport ? -, Glencore vient de publier pour 2017 un excédent d'exploitation de trois milliards de dollars. Les grands gagnants sont évidemment les nombreux actionnaires de la riche Europe, et surtout de Suisse. 
</p><h3>Une initiative populaire à même d'obtenir la majorité </h3><p>Glencore démontre l'inefficacité de l'autodéclaration de manière exemplaire. En effet, "l'engagement dans la protection de l'environnement, de la défense des droits humains et des droits des travailleurs " compte depuis des années parmi les "valeurs essentielles" de cette entreprise. Pourtant, à intervalles réguliers, des situations scandaleuses sont mises au jour. Voilà pourquoi l'initiative pour des multinationales responsables a été lancée, et pourquoi elle est soutenue par l'écrasante majorité du peuple suisse (voir l'article en allemand du quotidien zurichois <a href="https://www.tagesanzeiger.ch/schweiz/standard/exklusive-umfrage-deutliche-mehrheit-fuer-konzerninitiative/story/28882582" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Tages Anzeiger</a>. 
</p><p>En ce moment, l'initiative fait l'objet de délibérations au Parlement. La Commission de l'économie du Conseil national a déjà rédigé une contre-proposition reprenant les éléments majeurs. À elle de saisir enfin l'opportunité, ou sa réputation ne sera pas la seule ternie. </p>]]></content:encoded><category>Économie extérieure</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5355</guid><pubDate>Wed, 28 Mar 2018 16:54:45 +0200</pubDate><title>Non à une plus grande participation aux coûts dans le domaine de la santé ! </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/non-a-une-plus-grande-participation-aux-couts-dans-le-domaine-de-la-sante</link><description>Une limite franchie depuis longtemps déjà</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En Suisse, le problème le plus urgent dans le domaine de la santé, c'est son financement antisocial. Or, quelques incorrigibles veulent augmenter la participation des gens aux coûts. </p><p>Le Conseil fédéral vient de présenter son rapport sur l'adaptation automatique des franchises à l'évolution des coûts de l'assurance obligatoire donnant suite à la motion Bischofberger. Pour les assuré(e)s, ce message est une nouvelle désastreuse. À l'avenir, ils devront y aller encore plus de leur poche pour les soins médicaux de base. Et cela, alors qu'en Suisse, la participation aux coûts, qui est de 27 %, atteint un niveau record en comparaison avec les pays de l'OCDE. En Allemagne, les assuré(e)s doivent directement payer eux-mêmes 13 % de ces coûts, et en France, 7 %. Ces chiffres ne tiennent pas compte des effets depuis longtemps aussi insupportables pour de larges couches de la population du système des primes individuelles, également unique en Europe. 
</p><h3>Adaptation automatique des franchises </h3><p>Concrètement, le projet propose d'adapter automatiquement les franchises (aujourd'hui entre 300 et 2 500 francs) à l'évolution des coûts. Il s'agirait par là d'augmenter la " vérité des coûts " et de renforcer la " responsabilité individuelle " des assuré(e)s. Les caisses-maladie et les partis de droite (qui siègent dans les conseils d'administration de ces caisses) semblent s'être mis d'accord sur une chose : la personne qui n'est pas en bonne santé, c'est-à-dire qui doit souvent recourir à un traitement médical et, par conséquent, choisit une franchise basse, cette personne génère inutilement des coûts et se comporte de manière irresponsable. Finalement, cette attitude a pour effet de détruire l'assurance obligatoire solidaire. Les soins médicaux vont devenir une marchandise comme toutes les autres : la personne qui veut des soins s'achètera quelque chose. 
</p><h3>Renoncer à des soins peut aussi être dangereux </h3><p>Cette adaptation de la loi suggère qu'aujourd'hui, les gens courent chez le médecin pour le moindre petit bobo, ce qu'une participation encore plus élevée aux coûts les empêcherait par conséquent à juste titre de faire. Or c'est le contraire qui est vrai ! En Suisse, plus de 20 % de la population renoncent selon l'OCDE à des soins médicaux pour des raisons financières. Et il ne s'agit depuis longtemps plus seulement de cas bagatelle, mais toujours plus d'un renoncement dangereux à des prestations entraînant des coûts importants. Le relèvement automatique des franchises aggravera encore plus ce problème : le libre accès à des soins médicaux de base s'en trouverait automatiquement réduit. 
</p><h3>Pas un mot sur les structures incitatives </h3><p>S'il y a une offre surabondante, ce ne sont pas les assuré(e)s qui en sont la cause, mais des structures incitatives erronées présentes dans un système de santé complexe. Au lieu de s'occuper précisément d'elles, Bischofberger et Cie, se dérobant de ce fait à leurs responsabilités, veulent que la loi prévoie que les coûts soient automatiquement répercutés. Or, d'innombrables mesures immédiatement applicables pour freiner efficacement les coûts sont sur la table : interdire les tarifs abusifs des assurances complémentaires, transposer d'avantage les traitements dans le domaine ambulatoire, introduire un système de prix de référence pour faire baisser le prix des médicaments, renforcer les contrôles des factures, etc. La liste des mesures efficaces permettant d'économiser ni sur le dos des assuré(e)s ni sur celui du personnel soignant est longue. Il y a lieu maintenant de les mettre enfin en œuvre. </p>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5349</guid><pubDate>Thu, 22 Mar 2018 09:47:08 +0100</pubDate><title>UBER veut duper tout le monde, mais n’y parvient pas ! </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/uber-veut-duper-tout-le-monde-mais-n-y-parvient-pas</link><description>Numérisation : tous à armes égales grâce au droit du travai</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> La série de décisions prises par les autorités sur UBER s'est enrichie d'un nouveau chapitre. Tout récemment, le SECO a décidé qu'UBER, le service de taxis numérique et l'exploitant d'une plate-forme, doit être considéré, relativement à la location de services, comme un employeur. </p><p>Le chat ne renonce jamais aux souris. En plus clair, UBER a sciemment essayé à une nouvelle reprise de tourner les contraintes légales locales pour se créer des avantages par rapport à ses concurrents directs. 
</p><p>UBER avait déjà fait une impression négative aux autorités compétentes en matière de sécurité sociale, ainsi qu'à la SUVA. Sous la pression des syndicats et de travailleurs et travailleuses bernés, les autorités ont dû constater qu'UBER était un employeur tout à fait normal et n'avait de ce fait pas à être traité différemment, par exemple, d'une autre centrale de taxis travaillant avec le téléphone traditionnel et non une application avec géolocalisation. UBER appelle certes les contrats qu'il conclut avec ses conducteurs et conductrices des " mandats ", mais, à proprement parler, on est en présence ici d'indépendance fictive. Résultat de ces conflits : UBER doit verser à ses employé(e)s les cotisations sociales. 
</p><p>Désormais, le SECO affirme également qu'UBER doit respecter les dispositions de protection concernées prévues par le droit suisse. Cette fois, il s'agit du " prêt " de conducteurs et conductrices d'autres entreprises. Là aussi, UBER avait argué, contre toute évidence juridique, qu'il n'était pas un employeur, mais simplement une entreprise utilisant un logiciel. 
</p><h3>Le droit du travail est apte à traiter de la numérisation </h3><p>Ces décisions montrent que le droit suisse du travail est a priori apte à traiter de la numérisation. Mais il est important que les autorités appliquent à tous les mêmes règles et ne favorisent pas les fournisseurs numériques par rapport à ceux qui sont traditionnels. Cela, en particulier lorsque les exploitants de plates-formes tentent de se créer des avantages concurrentiels déloyaux à travers une pseudo-indépendance ! 
</p><p>Sous cet angle, les interventions développées au Parlement pour demander un assouplissement du droit des assurances sociales et du travail (initiatives parlementaires Keller-Sutter et Graber pour la suppression de pans entiers de la loi sur le travail, initiative parlementaire Burkart pour la journée de travail de 17 heures dans le télétravail, postulat du PLR pour la création d'un nouveau statut de travailleur de plate-forme) doivent être considérées comme des tentatives cyniques de déréglementer sur le dos des salarié(e)s. Cet agenda de la déréglementation encourage passablement les moutons noirs de la branche, donc aussi UBER. 
</p><h3>Combler les lacunes de la protection des salarié(e)s </h3><p>L'Union syndicale suisse (USS) mettra tout en œuvre pour empêcher ces dégradations. Ce qu'il faut au contraire, c'est combler les actuelles lacunes de la protection des travailleurs et travailleuses apparues avec la numérisation. Il faut : </p><ul><li>que les autorités lancent une offensive en matière de contrôles concernant le travail au noir numérique et contre les violations du droit du travail ; </li><li>mettre en place des réglementations pour le télétravail là où la protection des travailleurs et travailleuses est lacunaire (p. ex. dans les domaines de la santé et des coûts matériels), ainsi qu'en ce qui concerne la responsabilité ; </li><li>interdire que les contrats de travail conclus avec des exploitants de plates-formes prévoient un arbitrage des litiges à l'étranger. </li></ul><p>La numérisation doit en effet profiter aux salarié(e)s et non leur être préjudiciable. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5344</guid><pubDate>Wed, 21 Mar 2018 10:47:15 +0100</pubDate><title>Grève générale : recherche, débats, films, théâtre, expos.....</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/greve-generale-recherche-debats-films-theatre-expos</link><description>Aperçu du centenaire</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 10 novembre prochain, les syndicats, le PS et la Société Robert Grimm organisent une manifestation commune dans l'ancien atelier des CFF à la gare d'Olten. Cent ans plus tôt, le Comité d'Olten avait décidé d'organiser une grève générale à durée indéterminée....</p><p>La grève générale reste d'actualité et constitue une menace puissante pour les anciens opposants des syndicats : au début de l'année, Christoph Blocher a rendu un premier " honneur " au chef de grève Robert Grimm dans son discours de Berchtolds. Cependant, sa tentative de le diffamer a échoué car, grâce au colloque des historiens de l'USS de novembre dernier, les médias étaient déjà si bien informés qu'ils ont pu démontrer le manque d'expertise du tribun UDC.</p><h3>Débat sur de grandes questions</h3><p>Aujourd'hui encore, les experts continuent de débattre intensivement des grandes questions posées par la grève générale. Il s'agit notamment de savoir si elle a été une victoire pour les travailleurs, même si les revendications n'ont pas pu être appliquées immédiatement. Ou si ce fut finalement les forces réactionnaires qui ont été victorieuses, ces mêmes forces qui ont ensuite déterminé le destin de la Suisse. La grève a-t-elle été le dernier recours face à une situation d'urgence ou le résultat de calculs politiques de la direction du PS ? Il n'aurait peut-être même plus été nécessaire de faire la grève, puisque la situation de l'approvisionnement s'était détendue et que la demande d'une plus grande implication de la gauche politique était déjà en bonne voie. Ou encore : les syndicats ont-ils été forcés de faire la grève par des unions ouvrières radicales ou en ont-ils eu la maîtrise ?</p><h3>Publications</h3><p>Unia a publié le livre <a href="https://www.unia.ch/fr/monde-du-travail/de-a-a-z/droits-syndicaux/livre-greves/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">" Les grèves du 21e siècle "</a> à temps, pour le début de l'année de la grève générale. Il rappelle que les grèves font partie des instruments du mouvement syndical et ne sont pas à ranger au musée. Des chercheurs publient de nombreux articles dans des revues scientifiques et des journaux. Une des principales publications sur la grève générale est l'anthologie bilingue de l'Association pour l'étude de l'histoire du mouvement ouvrier (AEHMO) en collaboration avec la revue Traverse qui sortira au début de l'été. Puis, peu après, l'éditeur Hier&amp;Jetzt publiera un volume consacré au projet du Fonds national " Guerre et crise : perspectives historiques sur la Grève générale suisse de novembre 1918, replacée dans l'histoire de la culture, des sexes et des émotions ". Les Universités de Zurich et de Berne organisent en outre des séries de conférences.</p><h3>Pièces de théâtre et films</h3><p>Plusieurs lycées consacrent des journées thématiques et des projets de théâtre scolaire à la grève générale. Un grand projet théâtral réunissant des participants de tous les cantons sera réalisé dans l'ancien atelier des CFF à Olten - les répétitions de " 1918. Ch " ont déjà commencé et la première est prévue pour la mi-août. En février déjà, le documentaire de 90 minutes " Der Generalstreik " de Hansjürg Zumstein a été diffusé à la télévision SRF. RTS et RSI passeront également le film. Un documentaire de Frédéric Hausamann, cofinancé par la RTS, est en cours de réalisation et devrait être diffusé en été. La SRF a fourni aux écoles un vaste matériel pédagogique avec un petit film d'animation sur la grève générale sur Myschool.</p><h3>Expositions</h3><p>Début mars, le Nouveau Musée de Bienne a ouvert ses portes avec " Krieg und Frieden / guerre et paix ", une exposition bilingue sur les événements dans la région horlogère. D'autres musées régionaux, à Schaffhouse, Soleure et Granges, ainsi que le Kornhausforum de Berne suivront. Et enfin, l'exposition du Musée national de Zurich clora cette année de célébrations.</p><h3>Le matériel de l'USS et du PS</h3><p>Le PS sera présent sur les canaux sociaux tout au long de l'année avec la campagne #GrèveGénérale. L'USS présente sur son site Internet consacré à la <a href="http://generalstreik.ch/?lang=fr" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">grève générale</a> les informations pertinentes. Des documents originaux s'y trouvent, ainsi qu'une brochure contenant les interventions du colloque du 15 novembre 2017 et une chronologie des événements. La publication, qui compte plus de 100 pages, peut également être commandée gratuitement auprès de l'USS. Une présentation Powerpoint-type sera disponible sous peu. Elle a pour but de permettre aux syndicalistes de soulever plus facilement la question de la grève générale lors d'assemblées. Et cent ans plus tard, le slogan historique pour tous les syndicalistes est : " Fourbissez vos armes ! Réservez le 10 novembre ! Et au plaisir de vous revoir à Olten. "</p>]]></content:encoded><category>La Grève générale</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/e/2/csm_11-bloch__rosa_sozialarchiv_7fe5eaf323.jpg" length="264657" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-5343</guid><pubDate>Tue, 20 Mar 2018 16:43:00 +0100</pubDate><title>Le Conseil national veut une baisse inacceptable des PC </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/le-conseil-national-veut-une-baisse-inacceptable-des-pc</link><description>La Chambre haute doit corriger le tir</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Incompréhensible : la réforme des prestations complémentaires (PC) est devenue un pur exercice de démantèlement. Le Conseil des États doit absolument renverser la vapeur.</p><p>L'USS a pris connaissance avec une certaine incompréhension des décisions prises par le Conseil national sur la révision des PC. La Chambre basse n'a même pas réussi à atteindre l'objectif de maintenir les prestations que le Conseil fédéral s'était donné. Bien qu'à l'origine séparée, la proposition absolument nécessaire d'augmenter les maxima pris en compte pour le loyer a été liée au projet de révision des PC. Finalement, la révision prévoit des économies annuelles nettes de plus de 900 millions.</p><h3>Cap sur le démantèlement</h3><p>Parties intégrantes du minimum social d'existence garanti constitutionnellement par le premier pilier, les PC ne doivent pas basculer dans la logique de l'assistance sociale que l'on doit quémander. Avec le contrôle du mode de vie prévu, c'est-à-dire des règles strictes sur le niveau de consommation autorisé et l'utilisation de petites fortunes modestes, c'est exactement ce qui risque de se produire. Le Conseil national a fixé à 25 000 francs (pour les personnes physiques) le forfait autorisé pour la fortune, c'est beaucoup trop bas. Cela signifierait que de nombreux résidents d'EMS, en particulier, ne seraient guère en mesure de faire face aux dépenses personnelles réelles encourues dans de nombreux cantons.</p><p>La réduction de la couverture des primes-maladies est également incompréhensible pour l'USS. Comme elle va jusqu'à 40 %, cela conduira tout d'abord les personnes assurées concernées à avoir encore plus tôt besoin de plus de moyens. En outre, cette mesure devrait raviver la course que les cantons se mènent pour diminuer les subsides à l'assurance-maladie. En plus des bénéficiaires de PC, des ménages modestes entiers souffriront de l'augmentation constante des primes. La décision du Conseil national de calculer le remboursement des primes par les PC en fonction des primes de référence cantonales est encore plus grave. Or, dans pratiquement tous les cantons, la prime de référence est nettement inférieure à la prime moyenne actuellement prise en compte -- dans de nombreux cantons, la différence est en moyenne de 30 % !</p><h3>Loyers : virage pervers</h3><p>Mais ce n'est malheureusement pas tout : l'adaptation attendue depuis longtemps des maxima pris en compte au titre du loyer dans les PC, c'est-à-dire leur augmentation, n'a pas seulement été affaiblie par le Conseil national, elle a en fait été abolie. Les loyers ont augmenté de 24 % depuis 2001 (année de la dernière adaptation), toutefois, l'adaptation des maxima ne devrait même pas atteindre 5 % en moyenne. Et encore, avec une porte dérobée permettant aux cantons de réduire les nouveaux maxima d'un montant forfaitaire de 10 %. Combinées, ces deux mesures conduisent à une diminution moyenne (!) du loyer maximum pris en compte de 6 % ! Ce qu'il ne faut pas oublier, c'est qu'un hausse de ces maxima soulagerait notablement les cantons, car cela éviterait de coûteuses admissions en homes pour personnes âgées. C'est d'autant plus vrai pour les logements encadrés pour lesquels le Conseil national a refusé une aide de 90 millions de francs prévue au départ.</p><h3>Point positif : les chômeurs et chômeuses âgés restent dans leur caisse de pension</h3><p>Du point de vue syndical, la seule décision positive est d'avoir permis aux chômeurs et chômeuses de plus de 58 ans de rester dans leur caisse de pension. Cette décision va également dans la bonne direction en vue des tractations à venir sur la révision de la LPP. En ce qui concerne la prévoyance professionnelle, tous les assuré(e)s retraités doivent pouvoir continuer à retirer leur capital. Heureusement, le Conseil national a rejeté l'interdiction de retrait du capital prévue par le Conseil fédéral et le Conseil des États - cette interdiction étant toutefois complétée par la sanction inacceptable d'une réduction forfaitaire de 10 % des PC annuelles en cas de retrait du capital. Des corrections massives sont maintenant nécessaires au Conseil des États. Les sénateurs et sénatrices ne doivent pas permettre de telles réductions du minimum social d'existence à la retraite et en cas d'invalidité. En effet, à plus long terme, ce sont à nouveau les cantons qui devraient compenser ces baisses en augmentant leurs dépenses sociales.</p>]]></content:encoded><category>Prestations complémentaires</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/9/a/csm_171120_SGB_reto_wyss.0010_a2e1b34ee1.jpg" length="142884" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-5341</guid><pubDate>Tue, 20 Mar 2018 08:45:32 +0100</pubDate><title>Décès de Benno Hardmeier</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/deces-de-benno-hardmeier</link><description>Il a déterminé le sort de l’USS pendant 30 ans.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Benno Hardmeier est décédé le 14 mars 2018. Benno a été une figure marquante de l’USS dans la seconde moitié du 20e siècle. De 1960 à 1990, il occupait un poste de secrétaire central de l’USS.</p><p>Benno, né en 1930, était issu d'une famille sociale-démocrate de Winterthour. Il a complété ses études économiques par une thèse sur «&nbsp;L'histoire des idées sociales-démocrates en Suisse de 1920 à1945&nbsp;». A partir de 1957, Benno a travaillé dans le service social des usines Hoesch à Dortmund. En 1959, il a été élu secrétaire central du PS. L’USS l’a recruté une bonne année plus tard. Benno a répondu à l'appel, car il voulait, selon ses propres termes, faire usage des «&nbsp;possibilités de façonner la politique économique&nbsp;».
</p><p>Pendant ses 30 ans à l’USS, Benno a été responsable de la politique économique générale. Il s’est surtout occupé de la politique agricole, énergétique et des consommateurs, domaines qu’il a façonnés. Il a été l'un des chefs de file de la campagne pour l'initiative pour la participation, qui a été rejetée par le peuple en 1976. Alors qu’il a longtemps été en faveur de l'énergie nucléaire, il a changé d’avis après la catastrophe de Tchernobyl et préconisé un changement de politique énergétique au sein de l’USS. Pendant 10 ans, il a été rédacteur en chef de «&nbsp;Gewerkschaftliche Rundschau&nbsp;». Il a également écrit plusieurs articles sur l'histoire des syndicats. Ses textes étaient fluides, compréhensibles et solides, tout en ne perdant pas de vue l’essentiel. 
</p><p>Mais nous nous souvenons aussi de Benno le musicien dans le privé. Quand il jouait de l'alto ou du violon dans un quatuor, au service du son et de l'harmonie, c'était alors par pur plaisir du collectif - et collectivement. Et une image, pour ainsi dire, de la maxime qui a accompagné son long engagement dans la politique syndicale. 
</p><p>Pour cela aussi, Benno, nous souhaitons te remercier. </p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5331</guid><pubDate>Fri, 09 Mar 2018 12:45:29 +0100</pubDate><title>Consommateurs et salarié(e)s enfin mieux protégés</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/consommateurs-et-salarie-e-s-enfin-mieux-proteges</link><description>Le Conseil national se prononce pour un délai de prescription plus long</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 7 mars, le Conseil national, et c'est réjouissant, a suivi sa commission lors du débat sur le droit de la prescription dans le Code des obligations (CO) et s'est prononcé pour un délai de 20 ans. Un pas dans la bonne direction pour satisfaire aux normes minimales du droit international.</p><p>Selon le CO, le délai de prescription est aujourd'hui de dix ans seulement. Un délai aussi court ne tient pas compte des risques encourus actuellement par la santé, notamment avec le travail. De fait, beaucoup de dommages ne peuvent être constatés chez les victimes qu'après 10 ans. Ou des maladies ne se déclarent souvent qu'après 12 ou 15 ans. On le voit d'une manière particulièrement claire et choquante avec les victimes de l'amiante qui ne sont souvent tombées malades qu'une décennie après leur exposition à cette substance. 
</p><p>Dans de tel cas, le droit suisse ne prévoit aucune possibilité d'intenter une action au civil. Actuellement, les victimes civiles ou professionnelles de l'amiante ne peuvent légalement pas rendre quelqu'un responsable de leur problème. Une lacune que la Cour européenne des droits de l'homme (CrEDH) a aussi critiquée. Cela fait quatre ans déjà qu'elle a clairement affirmé qu'un délai de prescription de dix ans était en contradiction avec la Convention européenne des droits de l'homme. 
</p><p>L'Union syndicale suisse (USS) partage cet avis. Les syndicats estiment qu'il faut résoudre la question du droit de prescription de manière neutre sur le plan technologique, mais dans l'intérêt des victimes. Le meilleur moyen de le faire est de travailler avec des délais de prescription relatifs courts ne s'ouvrant qu'à partir du moment où le dommage est constaté. 
</p><p>Le Conseil national a toutefois voulu maintenir des délais de prescription absolus. En décidant un relèvement modéré de la prescription à 20 ans (deux fois plus qu'aujourd'hui), il a choisi le strict minimum afin de satisfaire aux normes techniques et du droit international. Les victimes, par exemple les salarié(e)s ou les consommateurs et consommatrices, pourraient ainsi porter plainte pendant une période plus longue pour des dommages qui n'auraient été constatés que tardivement. L'USS salue cette prolongation. 
</p><p>L'USS signale en outre l'importance du fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante créé pour gérer cette catastrophe sanitaire, un fonds qui est en rapport avec la modernisation du droit de prescription. Les premières personnes ont déjà été indemnisées, mais il manque toujours de moyens financiers pour le doter correctement. Ce serait en premier lieu à l'économie de passer des paroles aux actes et de garantir son financement. De plus, les syndicats s'engagent pour un renforcement de la prévention et pour que les dispositions sur l'analyse de la présence ou non d'amiante et son élimination lors de transformations ou de démolitions de bâtiments soient appliquées de manière plus stricte. </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5330</guid><pubDate>Fri, 09 Mar 2018 11:12:48 +0100</pubDate><title>Le peuple a parlé, les politiques continuent de se déchaîner</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/le-peuple-a-parle-les-politiques-continuent-de-se-dechainer</link><description>Après le non à No Billag, que se passe-t-il avec le service public ?</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">&nbsp;71,6 %de non à l'initiative No Billag ! Un résultat on ne peut plus clair pour une initiative aux intentions claires comme de l'eau de roche, et qui aurait brisé la nuque à l'émetteur financé avec la redevance. Difficile de faire mieux, devrait-on penser.</p><p>Mais à peine les locaux de vote étaient-ils fermés et les premières projections articulées que déjà, les politicien(ne)s se bousculaient à nouveau devant les micros pour dire haut et fort où, selon eux, la SSR devait être mise au régime et comment il fallait une bonne fois lui donner des limites. Le même jour, la direction de la SSR annonçait les grands axes d'un programme d'économies à hauteur de 100 millions de francs. 
</p><p>Que se passe-t-il donc avec le service public ? De toute évidence, la population le veut. Les entreprises et les politiques donnent par contre un tour de vis en matière d'offre, d'emplois et de coûts. Sont concernés les CFF, la Poste et Swisscom. Des milliers d'emplois sont supprimés, le trafic ferroviaire intérieur de marchandises est massivement réduit, des points de vente des CFF et des offices de poste sont fermés. Et bien que les citoyen(ne)s mettent leur véto aux privatisations et externalisations, comme ce dernier dimanche de votation l'a à nouveau montré de manière exemplaire avec les services industriels de Windisch et Kölliken, les politiques, pas du tout impressionnés, continuent à faire de la propagande pour elles. 
</p><p>CarPostal triche-t-elle pour toucher trop de subventions ? À privatiser ! Il faut plus de concurrence ! La distribution d'eau dans le canton de Zurich ? Désormais partiellement privatisée. L'approvisionnement en électricité ? À absolument libéraliser intégralement ! Des millions de dettes à l'hôpital communal de Triemli ? Externalisation immédiate ! Quel que soit le problème que connaisse tel ou tel service public, la cure à prescrire est toujours la même. Le peuple est-il incorrigible ? Étonnée, la rédactrice en chef du " Tages-Anzeiger " constate, vu le résultat fait par No Billag, que, pour les gens, une institution comme la SSR est " manifestement plus importante que la maxime économique de base selon laquelle on ne paie que ce que l'on consomme ". 
</p><p>Le peuple s'est donc montré irrationnel lors de cette votation. Peut-être est-il sentimental ? Qui plus est, notons que cette maxime de base n'existe absolument pas. Contrairement aux expériences montrant qu'un service public financé uniquement de manière commerciale ne peut proposer qu'une offre misérable. Si l'on cherche à savoir en quoi la plus grande concurrence et les privatisations ont amélioré concrètement le service public, on ne trouve pas grand-chose. 
</p><p>Il y a à peine deux ans, une autre initiative est passée en votation, l'initiative " En faveur du service public ". Elle était formulée en termes équivoques et sa mise en œuvre aurait pu entraîner beaucoup de bagarres avec un Parlement favorable aux privatisations. Les syndicats l'ont combattue, mais à l'époque aussi, il est devenu clair avant la votation que la population veut un contrôle fort de la part des pouvoirs publics, elle veut un approvisionnement en services qui soit abordable et de qualité dans toutes les régions du pays. 
</p><p>Depuis lors, cela n'a fait que s'accentuer. La colère suscitée par les fermetures d'offices de poste doit être comprise comme un symptôme. Ce n'est pas de la sentimentalité, et pas seulement non plus de la solidarité avec les aîné(e)s qui ont besoin de guichets. C'est la certitude qu'un approvisionnement dans l'ensemble du pays, avec des prestations de service public abordables représente une valeur inestimable, économiquement parlant aussi. Pas question de se mettre à démanteler si l'on n'a pas de solution de rechange convaincante ! 
</p><p>Il va de soi que la SSR doit relever les défis de notre temps et de la numérisation et aménager en conséquence son offre avant tout dans le domaine en ligne. Mais les politicien(ne)s qui ne veulent aujourd'hui que démanteler et réduire l'offre de la SSR devraient mieux réfléchir. Le volume de l'approvisionnement en médias que nous aurons demain dépendra toujours dans une grande mesure de l'offre d'un émetteur financé par une redevance. Et celle-ci est la base d'une société informée et majeure. Et les politicien(ne)s ont besoin de cette dernière, non ? </p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Communication et medias</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5329</guid><pubDate>Fri, 09 Mar 2018 09:57:08 +0100</pubDate><title>Discrimination salariale : les femmes en colère</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/discrimination-salariale-les-femmes-en-colere</link><description>La politique d&#039;obstruction du Conseil des États met les femmes en colère, de la gauche jusqu&#039;à la droite</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Une année après le tricotage de bonnetS devant le Palais fédéral et la Marche des femmes, la majorité du Conseil des États ne reconnaît toujours pas les signes du temps et renvoie en commission une révision déjà amaigrie de la loi sur l'égalité entre femmes et hommes pour la rendre encore plus maigre. Cette politique d'obstruction met très en colère les femmes, de la gauche jusqu'à la droite. </p><p>Il y a une année, les femmes ont tricoté des bonnets roses devant le Palais fédéral, manifestant par là dans la bonne humeur contre le fait qu'au plus tard depuis Trump, la discrimination à leur encontre était redevenue " admissible ". Le 19 mars 2017, 15 000 personnes ont, à l'occasion de la Marche des femmes à Zurich, fait descendre dans la rue les " pussy hats ", ces petits bonnets roses avec des oreilles de chat, et fait entendre leurs protestations contre la discrimination. L'originalité de ces actions n'est pas parvenue à cacher la grande colère qui habite les femmes, une colère contre le sexisme, la discrimination et la haine. 
</p><p>L'appel des femmes date d'une année et la colère a encore grandi depuis lors. En effet, l'économie et les politiques jouent les autruches pour ne pas devoir prendre en compte les revendications des femmes. Ainsi, le 28 février, le Conseil des États débattait du projet présenté par le Conseil fédéral pour mettre en œuvre l'égalité salariale, un projet déjà fortement écorné par la commission préparatoire de la Chambre des cantons. L'espoir que cette version amaigrie passe quand même le cap des délibérations était intact. Mais la rapporteuse de la commission, la conseillère aux États PDC Anne Seydoux-Christe, les conseillères nationales présentes dans la salle et les visiteuses, dont des représentantes de l'Union syndicale suisse (USS), qui avaient rempli les tribunes à ras bord durent assister sidérées au renvoi en commission du projet, sous des prétextes cousus de fil blanc. Cela, sur proposition de Konrad Graber, le collègue de parti d'Anne Seydoux-Christe. Premièrement, les mesures proposées ne seraient pas efficaces et devraient donc être durcies et, secondement, il faudrait examiner des modèles pour des mesures volontaires. 
</p><p>Les hommes du PLR, du PDC et de l'UDC ne se sont pas beaucoup inquiétés du fait qu'en la matière, des mesures volontaires sont tout le contraire d'un durcissement. Ils ont montré leur force parce qu'ils le pouvaient. Ce n'était pas une alliance de droite, mais une alliance d'hommes. En vain, la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga signala qu'après des décennies d'inefficacité, les mesures volontaires avaient tout simplement fait leur temps. La majorité des conseillers aux États parut uniquement contente de pouvoir torpiller les mesures pour l'égalité des salaires sans avoir à reconnaître ne pas en vouloir du tout. Ainsi, la Commission de la science, de l'éducation et de la culture, y compris le président de l'USS, Paul Rechsteiner, qui en est membre, se trouve maintenant, après trois discussions approfondies à ce sujet, face à la tâche ingrate de remplir, lors d'une nouvelle séance le 19 avril, un mandat comportant des demandes les plus contradictoires. 
</p><p>Pour les femmes, le temps du tricotage de bonnets est passé. Des femmes des syndicats aux politiciennes de droite, elles ont perdu patience et réclament haut et fort ce qui leur est dû. C'est devenu évident lors de la journée internationale de lutte des femmes, le 8 mars. Soutenues par les partis et les organisations féminines, les femmes des syndicats ont appelé à des manifestations à Genève, Aarau et Berne. Mille personnes en colère sont venues. 
</p><p>Mais la lutte va bien au-delà du 8 mars et touche bien plus que le camp de la gauche. L'organisation féminine faîtière <a href="https://www.alliancef.ch/index.php/de/projekte/68-lohngleichheit" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">alliance F</a> dénonce publiquement un Conseil des États favorable aux discriminations avec le hashtag #nichtmeinStänderat (pas mon Conseil d'État), les <a href="http://www.femmes-pdc.ch/2018/03/02/1896/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">femmes du PDC</a> attaquent frontalement et même celles du PLR twittent en des termes inhabituellement tranchants contre la décision de la Petite Chambre. Les syndicats de l'USS vont poursuivre leur combat pour des contrôles et des sanctions. Le prochain moment fort sera le 1er Mai, lors duquel nous demanderons : l'" Égalité salariale. Point final ! </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5313</guid><pubDate>Thu, 22 Feb 2018 11:23:12 +0100</pubDate><title>Les droits fondamentaux des sans-papiers foulés aux pieds</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/les-droits-fondamentaux-des-sans-papiers-foules-aux-pieds</link><description>Le Conseil national doit suivre l’exemple genevois</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Depuis une année, le canton de Genève fait des expériences positives avec l'opération Papyrus. Celle-ci veut faciliter la vie des personnes dépourvues de statut de séjour. La Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national (CSSS-N) fonce brutalement par contre dans la direction opposée.</p><p>Le 7 mars, le Conseil national traitera la motion " Pour une législation cohérente sur les sans-papiers " de la CSSS-N. En contradiction avec son nom, celle-ci ne veut pas améliorer la sécurité sociale des sans-papiers, mais la faire voler en éclats. Ainsi, des personnes sans papiers perdraient demain leur droit légal aux prestations des assurances sociales et, en cas de maladie, ne disposeraient plus que d'un service financé par l'État, avec annonce aux autorités de la migration en cas de traitement.</p><p>Le droit à la formation aussi devrait être touché. Les enfants sans papiers scolarisés devraient également être annoncés aux autorités. Ce qui se passerait si le Parlement acceptait cette funeste motion est évident : par peur d'être découverts, les sans-papiers n'enverraient plus leurs enfants à l'école et ne demanderaient plus d'assistance médicale. Et le travail au noir s'en trouverait encouragé, car l'illégalité ne diminue pas la demande de force de travail.</p><p>Avec ces idées, la CSSS-N foule aux pieds les droits fondamentaux d'une partie importante de la population. C'est d'autant plus effrayant que seuls les socialistes, les Vert(e)s et une PDC se sont opposés à cette motion. De quoi se demander où sont restés le C des élu(e)s PDC, de L des verts-libéraux et le D des représentant(e)s du Parti bourgeois démocratique. La motion fait fi des valeurs chrétiennes. Elle n'est ni libérale ni digne d'une démocratie qui doit aussi défendre les intérêts des minorités sans droit de vote.</p><p>L'Union syndicale suisse (USS) demande au Parlement qu'il défende l'ensemble de la population et ne prive pas des personnes sans droit de vote de leurs droits fondamentaux. La Suisse doit au contraire suivre l'exemple genevois et régulariser la situation des personnes sans statut de séjour, au lieu de les criminaliser encore plus.</p>]]></content:encoded><category>Migration</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/f/8/csm_SansPapier-Alain-Cour_Foto-Fernand-Melgar_cc-by-sa_ab055b23bb.jpg" length="183669" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-5308</guid><pubDate>Wed, 21 Feb 2018 09:20:54 +0100</pubDate><title>Service public : test de stress parlementaire </title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/service-public-test-de-stress-parlementaire</link><description>Débats sur les transports, la Poste, la SSR et le personnel de la Confédération</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors de cette session, le Conseil national s'occupera de quatre objets qui touche le service public. Ils concernent le transport de personnes et de marchandises, la SSR, la Poste et le personnel de la Confédération. </p><h3>Transports </h3><p>Avec l'organisation de l'infrastructure ferroviaire (OBI), c'est un poids lourd qui passera pour la deuxième fois au Conseil national le 27 février. Lors de la session d'automne, ce dernier avait renvoyé le projet au Conseil fédéral, le chargeant d'examiner entre autres l'externalisation de CFF Cargo. Mais le Conseil des États, lui, y tenait. Entre-temps, le gouvernement a proposé, dans son rapport sur les possibilités de développement de CFF Cargo, d'élargir l'actionnariat de cette entreprise de transport de marchandises sur rail pour lui permettre de mieux s'imposer sur un marché âprement disputé. La Commission des transports et des télécommunications du Conseil national (CTT-N) propose maintenant au Conseil national de passer à la discussion par article. Elle veut en outre ajouter une disposition permettant d'autoriser les autocars grandes distances s'ils ne concurrencent pas de manière essentielle le trafic ferroviaire à longue distance et concurrencent dans une moindre mesure le trafic régional de voyageurs (art. 9 loi sur le transport de voyageurs). En octroyant une concession à l'entreprise Domo, l'Office fédéral des transports (OFT) a contourné le processus démocratique. Il est donc d'autant plus important que le Conseil national reprenne le leadership sur cette question. Car d'autres demandes de concession ont déjà été faites par des entreprises d'autocars. En outre, l'USS soutient cette proposition qui n'a été faite que grâce à la voix prépondérante de la présidente de la commission. Ferme, la CTT-N demande également au Conseil fédéral de proposer, en raison de la situation réelle dans les villes du pays, une conception pour les terminus de bus qui faciliterait des solutions multimodales en matière de trafic, sans augmenter les embouteillages déjà existants à proximité des gares. Après le passage en force de l'OFT, c'est devenu encore plus urgent, car la pression sur des arrêts centraux de bus dans les villes s'accentue énormément. 
</p><h3>Médias </h3><p>Le destin de service public dans les médias se jouera avec la votation du 4 mars. Mais indépendamment de " No Billag ", la pression sur la SSR est très élevée. Déjà lors de la dernière session, le Parlement a traité de nombreuses interventions qui visaient à imposer des garde-fous au Conseil fédéral concernant la nouvelle loi sur les médias. Deux objets sont maintenant à l'ordre du jour du Conseil national pour le 27 février. Tous deux veulent renforcer la " diversité médiatique ". Une initiative parlementaire radicale (16.422), dans laquelle il faut voir une réaction à l'entreprise commune Admeira, entend ne permettre à la SSR de collaborer avec d'autres entreprises que s'il est prouvé que la diversité médiatique s'en trouve renforcée. Cette disposition devra figurer dans l'actuelle loi sur la radio et la télévision (LRTV). La CTT du Conseil des États (CTT-E) a rejeté cette initiative, mais y a répondu avec sa propre motion qui veut obliger la SSR à coopérer davantage à tous les niveaux avec des médias privés, une motion déjà acceptée par le Conseil des États lors de la dernière session d'automne. La CTT du Conseil national l'a renforcée en demandant que cette disposition soit déjà intégrée dans une révision anticipée de la LRTV, et pas seulement dans la nouvelle loi sur les médias. Il y aurait urgence, tel est l'argument avancé. Une fois de plus, on donne ainsi la (fausse) impression que la SSR serait responsable du recul de la presse écrite. 
</p><h3>La Poste </h3><p>À la grande colère persistante due à la suppression très rapide d'offices de poste dans toutes les régions du pays s'ajoute maintenant le scandale des subventions trop élevées reçues par CarPostal SA pour le transport régional de voyageurs et voyageuses ! La Poste porte ainsi un énorme préjudice à l'image du service public. S'agit-il de mauvaise gestion ou d'auto-sabotage ? Lors de cette session, il appartiendra au Conseil national d'accepter la motion de la CTT-E sur la Planification stratégique du réseau d'offices postaux (17.3356). Cette entreprise liée de la Confédération doit tenir compte des besoins de la population et le Conseil fédéral, en tant que propriétaire de la Poste, doit tout autant assumer sa responsabilité en prenant au sérieux les avertissements donnés. Il faut préserver le service public et les pouvoirs publics le peuvent mieux que les privés tenus par les objectifs que leur fixent leurs actionnaires en matière de bénéfices. Le débat en cours devrait être l'occasion pour le rappeler à tout le monde. C'est pourquoi, le 1er mars, le Conseil national devra ficeler cette motion sur la planification stratégique du réseau d'offices postaux et la faire parvenir au plus vite au gouvernement ! 
</p><h3>Personnel de la Confédération </h3><p>On pourrait penser que le personnel de la Confédération est le bouc émissaire du Parlement. C'est d'autant plus étonnant que, dans leurs activités politiques, les parlementaires ont constamment ses prestations sous les yeux. Mais la pression exercée sur le personnel de la Confédération ne faiblit pas ! Le 6 mars, le Conseil national traitera la motion de la Commission des finances du Conseil national (17.3978) qui demande l'abrogation des dispositions sur la compensation du renchérissement figurant dans la loi sur le personnel de la Confédération. Aujourd'hui, l'article 16 de cette loi prévoit que le renchérissement peut être compensé si la situation économique et financière le permet. Mais la majorité de la commission est opposée même à cette seule option, appliquant la devise selon laquelle " ce qui n'a pas le droit d'être, ne saurait être ". Qui peut encore parler ici de raison lucide ?! </p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5307</guid><pubDate>Wed, 21 Feb 2018 09:07:23 +0100</pubDate><title>Non à l&#039;initiative de l’UDC contre les droits humains</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/non-a-linitiative-de-l-udc-contre-les-droits-humains</link><description>L’UDC ne veut que le droit suisse, mais lequel ?</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Le 13 mars, le Conseil des États se prononcera sur la toute dernière attaque de l'UDC contre les droits humains. Il débattra de l'initiative contre les droits humains de ce parti qui, sous prétexte d'" autodétermination ", aimerait supprimer la protection offerte par la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH) et des conventions de l'Organisation internationale du Travail (OIT). Ce qui serait fatal pour les travailleurs et travailleuses de ce pays. </p><p>L'UDC souhaite dénoncer en catimini la CEDH ainsi que des conventions de l'OIT. Elle prétend renforcer par là la souveraineté de la Suisse. Mais dans les faits, les droits qui sont les nôtres, à nous tous et toutes, s'en trouveraient affaiblis. Ceux que la CEDH garantit figurent comme droits fondamentaux dans notre Constitution. Ils ne sont pas un droit étranger, mais un droit suisse. Tailler dans nos droits humains, c'est affaiblir notre démocratie, notre sécurité et notre liberté. 
</p><h3>Travailleurs et travailleuses aussi visés </h3><p>Les salarié(e)s et les personnes syndiquées ont précisément besoin au quotidien de droits humains qui fonctionnent. De fait, la Constitution, la CEDH et le droit international de l'OIT nous reconnaissent divers droits fondamentaux : liberté d'association au sein de l'entreprise et d'échanger des informations sur cette dernière, protection contre le licenciement antisyndical, protection des lanceurs d'alerte et droits d'accéder aux entreprises et d'informer le personnel. Mais le droit des femmes à l'égalité de traitement avec les hommes dans les assurances sociales est aussi garanti. La Cour européenne des droits de l'homme (CrEDH) de Strasbourg a rendu à ce sujet un jugement phare pour la Suisse et amélioré les rentes d'une jeune mère. 
</p><h3>43 conventions de l'OIT et la CEDH touchées </h3><p>Ce sont précisément ces garanties juridiques que l'UDC entend supprimer. En modifiant l'article 190 de la Constitution, l'initiative demande que seuls les traités internationaux soumis à référendum soient désormais déterminants pour le Tribunal fédéral (et toutes les autres autorités chargées d'appliquer le droit). L'initiative concernerait non seulement la CEDH mais même 43 conventions de l'OIT que la Suisse a ratifiées pour protéger les travailleurs et travailleuses ! 
</p><h3>Le droit international, une garantie pour les droits humains </h3><p>En Suisse, aucune juridiction constitutionnelle ne nous protège si une loi fédérale viole les libertés garanties par les droits fondamentaux. C'est pourquoi l'article 190 de la Constitution représente une sécurité. Le droit international, comme la CEDH et le droit de l'OIT, est aussi déterminant. C'est ainsi que le droit international ratifié par la Suisse assume cette fonction. En effet, le droit international (CEDH et conventions de l'OIT) garantit largement les mêmes droits fondamentaux et humains que notre Constitution. Mais il entre souvent plus dans les détails et donne des directives plus précises concernant la façon de donner forme à ces droits. Il a ainsi été possible de constater sur la base des plaintes déposées par l'USS et le SSP auprès de l'OIT que le droit du licenciement suisse peu favorable aux salarié(e)s contenu dans le Code des obligations (CO) doit être réformé. La CrEDH a en outre tout récemment constaté que les règles appliquées dans notre pays en matière de prescription pour les victimes de l'amiante sont arbitraires. Dans les deux cas, ce sont là de grandes victoires pour les personnes concernées travaillent en Suisse. 
</p><h3>Droit de la prescription au Conseil national </h3><p>La grande Chambre devra se demander si, selon le CO, la prescription ne doit pas intervenir après 10 ans, mais seulement après 20 ans. Pour l'USS, il ne s'agit certes pas là de la solution optimale, mais d'une proposition quand même raisonnable, et d'un minimum absolu afin de satisfaire aux normes du droit international. 
</p><p>Dans son arrêt du 11 mars 2014, la CrEDH a clairement spécifié qu'un délai de prescription de 10 ans ne correspond plus aux risques actuels pour la santé au travail, car de nombreux dommages ne surviennent qu'après 10 ans. L'USS aurait certes préféré des délais de prescription relative brefs, c'est-à-dire ne commençant qu'au moment où le dommage est connu. Si les Chambres fédérales veulent toutefois fixer des délais de prescription absolus, alors c'est 20 ans qu'il faut prévoir ici. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5300</guid><pubDate>Tue, 20 Feb 2018 10:34:08 +0100</pubDate><title>Dommages désormais prescrits après 20 ans ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/dommages-desormais-prescrits-apres-20-ans</link><description>Le Conseil national discute de délais de prescription plus longs </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Le Conseil national discutera le 7 mars du droit de prescription prévu dans le Code des obligations (CO). La commission préparatoire propose désormais un délai de prescription de 20 ans, faisant un pas dans la bonne direction. </p><p>Selon le CO le délai de prescription maximal est aujourd'hui de 10 ans. Un délai de prescription aussi court ne tient pas compte des risques encourus avec le travail moderne, du fait que beaucoup de dommages ne peuvent être constatés qu'après 10 ans. Ou alors des maladies ne se déclarent souvent qu'après 12 ou 15 ans... Dans de tels cas, il n'est pas possible actuellement en droit suisse de déposer plainte. Cette lacune a aussi été critiquée par la Cour européenne des droits de l'homme. En 2014, elle a clairement jugé qu'un délai de prescription de 10 ans ne respectait pas la Convention européenne des droits de l'homme. 
</p><p>La Commission juridique du Conseil national propose également de prolonger le délai de prescription à 20 ans. Les victimes de dommages, par exemple les travailleurs et travailleuses ou les consommateurs et consommatrices, auraient ainsi plus de temps pour demander réparation (pour un dommage constaté tardivement). Pareille prolongation est modérée et représente le minimum absolu si l'on veut respecter les standards internationaux. L'USS y est favorable et rappelle aussi, dans ce contexte, le fonds destiné à la gestion de la catastrophe de l'amiante (EFA), une mesure en rapport direct avec la modernisation du droit de la prescription. </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5299</guid><pubDate>Tue, 20 Feb 2018 10:16:47 +0100</pubDate><title>Égalité salariale : on passe aux actes, svp !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/egalite-salariale-on-passe-aux-actes-svp</link><description>Renforcer, pas affaiblir !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Bien que les organisations patronales se battent bec et ongles contre toute mesure en faveur de l'égalité salariale entre femmes et hommes, le projet de révision de la loi sur l'égalité (LEg) passera le 28 février au Conseil des États. Mais dans une version affaiblie. Au plénum de corriger. </p><p>L'an dernier, la conseillère fédérale Simonetta Sommarugas a tenu la promesse qu'elle avait faite lors du 12e Congrès des femmes de l'USS de 2013 et présenté au Parlement un projet destiné à mettre fin à la discrimination salariale persistante subie par les femmes. Le 28 février prochain, le Conseil des États débattra des propositions du Conseil fédéral et de sa commission préparatoire, la Commission de la science, de l'éducation et de la culture (CSEC-E). 
</p><h3>Conseil fédéral : plus de transparence </h3><p>Le projet de révision de la LEg a cependant perdu pas mal de plumes depuis lors. L'opposition de la droite et des organisations patronales est trop forte pour que le projet octroie à la Confédération la compétence en matière d'intervention proposée à plusieurs reprises par les expert(e)s. Le Conseil fédéral propose uniquement que les analyses des salaires dans les entreprises aient lieu tous les quatre ans. Elles généreraient plus de transparence et représentent un instrument important contre la discrimination salariale. Mais cet instrument serait plus efficace si les entreprises qui ne respectent pas l'égalité salariale étaient menacées de sanctions. Or là, le courage a fait défaut au Conseil fédéral, déjà au stade de la consultation. 
</p><h3>Commission : projet affaibli </h3><p>Cependant, pour une petite majorité de la commission préparatoire des États, la demande de plus de transparence va, elle aussi, manifestement déjà trop loin. En effet, elle estime que seules les entreprises occupant plus de 100 personnes doivent être concernées par la révision. Le Conseil fédéral avait proposé la limite de 50 personnes car, à partir de cette taille, l'application des instruments statistiques ne pose aucun problème. La commission veut ainsi ne soumettre qu'un petit pourcent des entreprises, même pas la moitié des salarié(e)s du pays, à l'obligation d'analyser leurs salaires. Que la majorité de la commission veuille renoncer aux analyses salariales faites par des expert(e)s éprouvés inquiète également. Il semble indifférent à ces membres de la CSEC-E que le savoir nécessaire pour ces analyses existe. 
</p><p>La majorité de la commission veut en outre abroger la loi avant même qu'elle n'ait pu déployer des effets. Ainsi, après douze ans, on devrait en avoir fini avec la transparence salariale, que les mesures aient eu ou non des effets. Le Conseil fédéral propose aussi de réexaminer l'application de la loi après dix ans, mais de n'en décider la prorogation qu'ensuite. Et enfin, la majorité de droite de la commission veut que les entreprises dont les analyses salariales auront montré qu'il n'y a aucune discrimination en leur sein n'aient dorénavant plus à en réaliser. 
</p><h3>Les patrons ne veulent rien du tout </h3><p>Les organisations patronales se battent bec et ongles même contre ce projet qui a perdu quasiment toutes ses plumes. Pour eux, les mesures contre la discrimination doivent être volontaires : notre instinct&nbsp; nous dira bien ce qu'il faut faire et, si nécessaire, les femmes concernées pourront porter plainte. Merci bien ! Et perdre du coup leur emploi ? 
</p><p>Des salaires qui ne sont pas les mêmes pour des activités de valeur égale, c'est une réalité. Qui est toujours là, malheureusement ! Or notre Constitution demande ici des salaires égaux. Dans quels domaines tolère-t-on que la Constitution ne soit toujours pas respectée ?! Dans quels domaines l'application de dispositions constitutionnelles passe-t-elle par des mesures volontaires ?! Pour ces raisons, il est clair, aux yeux de l'USS que nous voulons l'égalité salariale. Point barre ! 
</p><h3>On a besoin de mesures opérantes </h3><p>Le Conseil des États doit s'opposer aux tentatives de couler la révision faite par la droite de sa commission. Il doit reprendre, comme variante minimale, les propositions du Conseil fédéral et les améliorer avec celles de la minorité de la commission. De plus, la loi doit octroyer au Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes une compétence en matière d'investigation et la qualité pour agir ainsi qu'obliger les entreprises à présenter les mesures qu'elles prévoient si elles découvrent des discriminations salariales en leur sein. Ces mesures sont nécessaires pour que l'égalité salariale entre femmes et hommes demandée par la Constitution fédérale devienne enfin réalité. </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5294</guid><pubDate>Mon, 19 Feb 2018 10:53:40 +0100</pubDate><title>Révision des PC : pas d’économies sur le dos des plus pauvres !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/revision-des-pc-pas-d-economies-sur-le-dos-des-plus-pauvres</link><description>Le projet de révision reste ambigu</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 14 mars, le Conseil national traitera en second conseil la révision partielle des prestations complémentaires (PC). La Chambre basse doit améliorer la proposition pour que la révision atteigne l’objectif fixé par le Conseil fédéral de maintenir les prestations.</p><p>&nbsp;</p><p>Alors qu’on pensait qu’elles seraient provisoires, les prestations complémentaires sont depuis longtemps une partie du premier pilier de la prévoyance vieillesse à laquelle on ne peut plus renoncer. Elles endossent aussi un rôle central dans le système du financement des soins et sont absolument indispensables pour compléter les rentes AI. Les PC ont aussi une grande importance dans le système de la réduction des primes d’assurance-maladie&nbsp;: actuellement déjà, 40&nbsp;% des moyens à disposition servent à payer les primes des bénéficiaires de PC.</p><p>D’un point de vue syndical, le nombre élevé de personnes qui dépendent des PC lorsqu’elles sont invalides ou retraitées montre qu’il faut tout d’abord augmenter les retraites et veiller à ce que les primes-maladie soient abordables. L’objectif de maintien du niveau des prestations proposé par le Conseil fédéral dans la révision partielle de la loi sur les PC est minimal dans ce contexte.</p><h3>L’adaptation du montant pris en compte pour le loyer corrige les baisses de prestations</h3><p>Au stade actuel des délibérations, il faut une interprétation très généreuse pour considérer que le niveau des prestations est garanti. Et cela aussi uniquement parce que la révision de la loi sur les PC a été couplée à l’adaptation du montant maximum pris en compte pour le loyer. Cette adaptation nécessaire n’est toutefois pas une mesure de maintien du niveau des prestations, mais la compensation indispensable des baisses en croissance insidieuse des prestations depuis 2001 (les loyers ont augmenté en moyenne de plus de 20&nbsp;% depuis).</p><p>Le projet dans son ensemble est aussi ambigu. Les nouveaux montants pris en compte pour le loyer soulageraient réellement les bénéficiaires de PC, ce qui est aussi valable pour les suppléments de loyers pour les appartements protégés. Ce progrès est toutefois opposé à un certain nombre de coupes&nbsp;: au lieu de la prime-maladie moyenne, à l’avenir ce ne serait plus que le montant de la réduction de prime la plus élevée qui serait pris en compte dans le calcul des PC. Ce montant est dans toujours plus de cantons nettement plus bas que les primes effectives. Cette nouvelle définition permettrait d’économiser plus de 120 millions (tendance en forte augmentation) que les bénéficiaires de PC devraient assumer. Ce sont là des assuré(e)s qui sont dans une situation économique difficile.</p><h3>Contrôles du mode de vie</h3><p>A quoi s’ajoute que la réforme se propose de réduire d’un tiers la fortune laissée à la libre disposition des bénéficiaires de PC et de durcir les règles de la renonciation à la fortune. Et le danger d’introduire un contrôle plus sévère du mode de vie n’est pas écarté. Toutes les dépenses des bénéficiaires de PC seraient ainsi en principe examinées sur des années en arrière, ce qui signifierait que les retraité(e)s ne pourraient rien se permettre qui dépasse le minimum vital.</p><p>Le Parlement a encore la possibilité de corriger cette proposition et de l’amener à l’objectif de la garantie des prestations. Dans le contexte des nouveaux milliards d’excédent inattendus de la Confédération, il est évident qu’il ne faut pas économiser chez les plus pauvres. Il faut en outre absolument renoncer à d’autres mesures d’économie, notamment en ce qui concerne la baisse de la contribution de la Confédération aux réductions de primes-maladie. Celle-ci est totalement inadéquate dans le cadre du projet de révision présent et méconnaît complètement la réalité vécue par les gens qui paient des primes dans ce pays&nbsp;: les primes-maladie corrigées de l’inflation ont augmenté de 128&nbsp;% en 20 ans.</p>]]></content:encoded><category>Prestations complémentaires</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/d/f/csm_Simon_Bleasdale_flickr_CC-BY-NC-ND2_alte_Frau_mensch_spaziergang_ahv_rente_natur_old_see_6dc98a3339.jpg" length="207258" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-5289</guid><pubDate>Wed, 14 Feb 2018 11:58:55 +0100</pubDate><title>Initiative No Billag : sans redevances, un paysage médiatique dévasté</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/initiative-no-billag-sans-redevances-un-paysage-mediatique-devaste</link><description>La Suisse a besoin d’un financement public pour son service public médiatique, mais pas d’une initiative No Billag</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Radio et TV ne sont pas gratuites. Mais chaque centime en vaut la peine pour le pluralisme des médias et le respect des minorités, écrit Nina Fargahi, rédactrice en cheffe de l'édition allemande d'Edito, le magazine suisse des médias et journaliste indépendante.</p><p>Dans aucun autre pays européen, les redevances radio-télévision ne sont aussi chères qu'en Suisse. Il y a des raisons à cela : selon la Constitution fédérale, la SSR est tenue de proposer dans les quatre langues nationales des programmes pour tous les habitant(e)s du pays. Or ces marchés sont trop petits pour qu'il soit possible de financer ces programmes d'abord à travers la publicité. C'est pourquoi la Suisse a absolument besoin d'un financement public pour son service public médiatique, mais pas d'une initiative No Billag.
</p><p>L'information et les émissions de divertissement ne sont pas gratuites. Les émissions radiophoniques et avant tout celles de télévision sont justement chères à produire. Celles d'information surtout occasionnent des coûts élevés. Même sur les marchés de grande taille, il est difficile de les financer avec la publicité. Par exemple, le Nachtjournal de la chaîne commerciale allemande RTL, un média plutôt de boulevard, est extrêmement apprécié, mais pas rentable. Et s'il n'a pas été supprimé, cela tient bien sûr à ses bons taux d'audience. Aux États-Unis aussi, les grandes chaînes télévisuelles ABC, NBC et CBS se battent contre des coûts trop élevés. Toutes ont dû sans exception réduire leurs réseaux de correspondant(e)s.
</p><p>Mais alors, comment financer l'offre médiatique ? Quand même à travers la publicité ? En 2016, les chaînes de la SSR ont diffusé pour 361 millions de francs de publicité. Avec ces recettes publicitaires, la SSR ne couvre qu'un quart de ses dépenses. Et impossible de développer encore plus la publicité. Cela, aussi parce qu'en raison de la petite taille des marchés, elle n'est pas assez intéressante. Et parce qu'une part toujours plus importante du volume publicitaire va chez Google, Facebook et Cie.
</p><p>Comme solution pour la SSR, les auteurs de l'initiative No Billag prônent des offres payantes. Même si chacun sait que les télévisions à péage sont tout au plus rentables pour le sport, les films et les séries. Et même si toujours moins de personnes sont prêtes à s'abonner à un journal, et encore moins à une offre en ligne.
</p><p>Il est donc clair que si l'on veut réussir à proposer dans notre pays une radio et une télévision avec un programme d'information et de divertissement conçu pour la Suisse, il faut des redevances ou une autre forme de financement public. Sinon, c'est impossible. En cas d'acceptation de No Billag, le paysage radiophonique et télévisuel suisse volerait en éclats. Et pas seulement la SSR, mais aussi 21 radios locales et 13 télévisions régionales qui dépendent également des redevances de Billag. Pas besoin d'être bardé de diplômes en économie pour en arriver à cette constatation objective. Tout le monde devrait voir que l'on ne peut pas imaginer que la SSR survive si on lui supprime les trois quarts de ses recettes. Quant aux télévisions régionales, No Billag annihilerait plus de la moitié de leurs recettes.
</p><p>Cela ne suffirait même pas pour un programme minimal en Suisse romande, au Tessin et dans la Suisse rhéto-romane. Ces marchés sont trop petits. Aujourd'hui déjà, 57 % du produit des redevances leur sont destinés, même si leurs habitants n'y contribuent qu'à hauteur de 27 % en payant les leurs.
</p><p>C'est pour cela que l'initiative No Billag concerne bien plus que les redevances. Si elle était acceptée, la Confédération n'aurait ni le droit de percevoir des redevances radio-TV, ni celui de garantir un soutien financier. Non seulement ce serait la fin de la SSR dans sa forme actuelle, mais la Confédération aurait aussi les mains liées en matière de politique des médias. Quiconque pourrait enchérir pour obtenir une concession n'aurait plus à s'efforcer de proposer un programme d'information présentant les événements de manière fidèle et respectant la diversité des opinions. Il n'aurait pas à contribuer à la libre formation de l'opinion et au développement culturel et ne devrait pas non plus tenir compte des particularités du pays. Il ne serait alors plus possible d'imaginer une présentation des événements couvrant tout le pays qui soit tant financièrement que politiquement indépendante.
</p><p>Nous devons donc corriger notre première phrase ci-dessus : dans aucun autre pays européen, le pluralisme des médias et le respect des minorités ne sont aussi chers qu'en Suisse. Mais chaque centime en vaut la peine. </p>]]></content:encoded><category>Communication et medias</category><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5281</guid><pubDate>Tue, 06 Feb 2018 12:09:22 +0100</pubDate><title>Non à No Billag : Sauvez votre émission préférée!</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/non-a-no-billag-sauvez-votre-emission-preferee</link><description>Affichez la couleur : commandez votre drapeau contre cette initiative destructrice!</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Même si les sondages sont actuellement plus favorables au rejet de l’initiative No Billag, la votation n’est de loin pas encore gagnée. La population va bientôt recevoir son matériel, il est donc encore temps de montrer la couleur en défendant votre émission préférée en suspendant un drapeau à votre fenêtre ou balcon. </p><p>Regardez-vous régulièrement « le 19h30 » ou « Mise au point » ? Est-ce en écoutant « Forum » que vous vous tenez au courant de l’actualité politique ? Commandez maintenant le drapeau de votre émission préférée sur <a href="https://monemissionpreferee.ch" target="_blank" rel="noreferrer">monemissionpreferee.ch</a> et accrochez-le à la maison ou au bureau afin de donner un signal très clair contre l’initiative « No-Billag ».
</p><p>L'initiative « No Billag », sur laquelle nous voterons le 4 mars 2018, n'est pas seulement une menace pour notre démocratie, notre liberté d'opinion et une information neutre et indépendante. Si elle est acceptée, non seulement les chaînes de radio et télévision publiques (SRF, RTS, RSI, RTR) sont menacées mais de nombreuses chaînes de radio et télévision privées devront également réduire, voire interrompre leurs programmes. Cela signifie la fin pour un grand nombre d’émissions de radio et de télévision populaires, écoutées et regardées par de nombreux Suisses. Afin éviter cela, l'Association « pour le maintien de mon émission préférée », une association politiquement indépendante, a été fondée. Une campagne nationale de drapeaux vise à montrer la diversité et la popularité de l'offre médiatique financée par la redevance radio et télévision. Depuis le début de la campagne, début janvier 2018, plus de 1000 drapeaux ont été commandé et flottent au vent aujourd'hui dans tout le pays.  Sur le site web de la campagne monemissionpreferee.ch, vous pouvez sélectionner et commander votre émission ou station de radio préférée parmi 270 sujets. Le prix de 25 Fr. couvre les frais de production et d'envoi. Si ce prix est trop élevé, il est possible de commander à un prix réduit de 15 Fr. Avec un prix de 40 Fr., vous soutenez la campagne et permettez à d'autres personnes de commander à un prix réduit.   S'il devait rester de l'argent après le vote du 4 mars 2018, celui-ci sera reversé à des associations à but non lucratif et à des projets qui s’engagent pour un journalisme indépendant dans le monde entier.</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Communication et medias</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5277</guid><pubDate>Mon, 05 Feb 2018 15:49:32 +0100</pubDate><title>L’initiative No Billag menace 13 500 emplois</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/l-initiative-no-billag-menace-13-500-emplois</link><description>Les conséquences d&#039;un Oui à No Billag seraient catastrophiques pour l&#039;emploi</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"><span lang="FR">Un Oui à No Billag n’aurait pas seulement des conséquences désastreuses sur les plans étatique, démocratique, régional, linguistique et médiatique. Si l’initiative était acceptée, elle aurait aussi des répercussions existentielles sur celles et ceux qui travaillent dans la culture et les médias&nbsp;: 13&nbsp;500 emplois et 1,8 milliards de francs sont en jeu. Une dégradation des conditions de travail feraient aussi baisser la qualité des médias. </span></p><p><span lang="FR">L’acceptation de l’initiative le 4 mars signerait la fin de la SSR telle que nous la connaissons. Une petite partie de ses 6000 employé(e)s pourraient conserver leur emploi, et encore. Les employé(e)s des 34 radios et télévisions locales et privées qui actuellement reçoivent 67,5 millions de la redevance connaîtraient le même sort. Si les chaînes privées ne parvenaient pas à trouver très rapidement des sources de financement, 900 autres emplois équivalents plein temps seraient aussi menacés. </span></p><p><span lang="FR">Les acteurs culturels seraient aussi fortement mis sous pression par No Billag. Non seulement le cinéma devrait se passer des créneaux horaires favorables que lui offre la télévision, mais aussi de 27,5 millions de francs par an. Le Pacte de l’audiovisuel qui règle la collaboration entre la SSR et la branche du cinéma suisse depuis 1997 disparaîtrait. Sans ce soutien, des films comme «&nbsp;Home&nbsp;», «&nbsp;Ma vie de courgette&nbsp;» ou des productions télévisuelles comme «&nbsp;Anomalia&nbsp;» ou «&nbsp;Quartier des banques&nbsp;» ne seraient plus tournés. </span></p><p><span lang="FR">L’institut de recherche BAK Basel a calculé en 2016 les effets économiques du service public financé par la redevance. Résumé&nbsp;: «&nbsp;Pour chaque franc créé directement par des activités de production des médias de service public, 90 centimes de plus sont générés dans d’autres entreprises.&nbsp;» La création de valeur s’élève, selon l’étude, à 1,8 milliard de francs. Aux emplois directs de la SSR et des radios/télévisions privées, s’ajoutent encore au moins autant d’emplois indirectement dépendants de la redevance. En tout, 13&nbsp;500 personnes occupent des postes générés par le service public financé par la redevance. La plupart d’entre eux devraient chercher un nouvel emploi si No Billag passait devant le peuple. Certains arriveraient à s’en sortir en travaillant de manière indépendante, mais la plus grande partie devrait tout simplement changer de métier</span><b>.</b><span lang="FR">En effet, l’industrie audiovisuelle suisse s’atrophierait très nettement en cas d’acceptation, et ne pourrait plus offrir un revenu qu’à peu de ces personnes. </span></p><p><span lang="FR">Le naufrage de la SSR et des chaînes locales privées qui bénéficient d’une part de la redevance menace aussi les deux dernières conventions collectives de travail dans le domaine des médias, la CCT SSR et la convention de branche d’Unikom (radios non commerciales essentiellement suisses alémaniques). La CCT SSR qui couvre 5000 personnes définit des standards professionnels d’un niveau correct. On a vu ce qu’a provoqué le vide conventionnel dans la presse écrite en Suisse alémanique et au Tessin. Depuis 2004, les conditions de travail, les salaires et les honoraires des journalistes ainsi que des photographes se dégradent. Les droits d’auteurs sont foulés aux pieds, la séparation entre éditorial et publicité, à savoir la liberté journalistique au sein des rédactions sont autant de principes journalistiques qui s’éteignent. Des conditions de formation réglées pour ceux qui débutent dans la profession sont des offres rares venant la plupart du temps de petites rédactions. Les grands groupes engagent par contre à tour de bras des stagiaires sans aucun concept de formation mais avec par contre la garantie d’être exploités. </span></p><p>De bonnes conditions de travail sont essentielles pour garantir la qualité des médias et la formation de la relève du fait que dans le journalisme, on apprend son métier «&nbsp;sur le tas&nbsp;». Raison pour laquelle il faut qu’il y ait, en plus des places des cursus de formation, de bonnes places de stage ainsi que des personnes qualifiées qui puissent et désirent transmettre leur savoir à la relève. A cet égard également, la SSR effectue un travail exemplaire&nbsp;: ses stages de 12 à 24 mois très prisés offrent à celles et ceux qui débutent dans la profession toute la formation nécessaire au métier de journaliste. Avec la disparition de la SSR, les conditions de formation et de travail se dégraderaient massivement, ce qui, à relativement brève échéance, se reflèterait dans une baisse de la qualité du journalisme. </p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Communication et medias</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5272</guid><pubDate>Thu, 01 Feb 2018 14:14:10 +0100</pubDate><title>Pour un monde du travail non discriminatoire, aussi pour les LGBT !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/pour-un-monde-du-travail-non-discriminatoire-aussi-pour-les-lgbt</link><description>Selon une nouvelle étude, la discrimination est marquée </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La Fédération Genevoise des Associations LGBT (lesbiennes, gays, bisexuel[le]s et transgenres) a montré, dans une étude dont l'USS a soutenu la publication, que l'homophobie, la biphobie et la transphobie au travail n'appartiennent de loin pas encore au passé. Ce qui a aussi des conséquences concrètes.</p><p>Pour nombre de personnes, les discriminations au travail font toujours partie du quotidien, en Suisse également. Les personnes ayant une transidentité sont particulièrement concernées. Selon un <a href="https://www.transgender-network.ch/wp-content/uploads/2013/09/Factsheet_Transfair_FR.pdf" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">sondage du Transgender Network Switzerland" (TGNS)</a> , le licenciement d'une personne trans sur trois est explicitement " justifié " par son identité de genre. Leur taux de chômage se monte aussi à environ 20 %. Il est donc plusieurs fois supérieur à la moyenne suisse.</p><p>Ces chiffres prouvent qu'il y a encore beaucoup à faire pour en arriver à un monde du travail non discriminatoire. Et les personnes trans ne sont pas les seules concernées, les gays, les lesbiennes et les bisexuel(le)s le sont également. La Fédération Genevoise des Associations LGBT a désormais montré, dans une <a href="http://diversite-au-travail.ch/wp-content/uploads/2015/10/Fede_guide_BP_OK_web.pdf" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">étude</a> récemment publiée par elle et soutenue par l'USS ce qu'est très concrètement le quotidien, en Suisse, des personnes LGBT. Principale leçon à en tirer : le privé est professionnel. Dans sa deuxième partie, l'étude définit des mesures pour une stratégie de la diversité au niveau des entreprises. Ces mesures doivent en particulier aider les petites et moyennes entreprises à prévenir les manifestations d'homophobie, de biphobie et de transphobie et à mettre en place une culture du respect et de l'égalité vécue au quotidien.</p><p>Mais au plan légal aussi, beaucoup reste à faire. Selon le dernier classement annuel " Rainbow Europe " d'ILGA, l'Association internationale des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexes, la Suisse ne se trouvait qu'au 26e rang ( !) en 2017 concernant la situation au plan juridique et sociétal des personnes LGBT. C'est largement derrière nos voisins français et allemands. Il y a une raison à cela : le mariage et les droits qui vont de pair (p. ex. dans la prévoyance vieillesse) sont toujours réservés aux seuls couples hétérosexuels. Mais le Parlement n'est pas resté inactif. Il a accepté une intervention qui va dans la bonne direction. La balle est depuis longtemps dans le camp de l'Administration fédérale qui s'est donné jusqu'à l'été 2019 pour agir. Les attentes croissent en conséquence !</p><p>La <a href="http://www.uss.ch/luss/organes/commission-lgbt/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Commission LGBT</a> de l'USS</p>]]></content:encoded><category>LGBT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5265</guid><pubDate>Tue, 30 Jan 2018 10:01:25 +0100</pubDate><title>Prescription: la commission se rallie finalement aux 20 ans </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/prescription-la-commission-se-rallie-finalement-aux-20-ans</link><description>Des délais plus longs pour porter plainte</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La Commission juridique du Conseil national a décidé le 26 janvier de revenir sur le classement du projet de révision du droit de prescription. Finalement, elle demande aussi 20 ans et effectue ainsi un pas dans la bonne direction. </p><p>Le droit de prescription ne doit plus fonctionner avec de tout petits délais de 10 ans comme aujourd’hui, mais avec des délais de désormais 20 ans. La Commission juridique du Conseil national le souhaite finalement elle aussi. Les victimes de dommages, p. ex. les travailleurs et travailleuses ou les consommateurs et consommatrices, auraient ainsi plus de temps pour demander réparation pour un dommage (constaté tardivement). Une augmentation du délai de prescription de 10 à 20 ans est modérée et représente le minimum absolu pour respecter les standards internationaux. &nbsp;
</p><p>La Cour européenne des droits de l’homme (CrEDH) a, dans son arrêt du 11 mars 2014, clairement jugé que le délai de prescription suisse de 10 ans ne respectait pas la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH). Un délai de prescription aussi court ne tient pas compte des risques encourus avec le travail moderne du fait que beaucoup de dommages ne peuvent être constatés qu’après 10 ans. Si des travailleurs ou des locataires sont en contact avec des poussières nocives, le cancer qu’elles pourraient causer ne se déclarerait souvent qu’après 12 ou 15 ans… Dans de tels cas, il n’est pas possible actuellement en droit suisse de déposer plainte, étant donné également que le Tribunal fédéral en fait une interprétation trop stricte.  
</p><h3>Rendre le droit de prescription compatible avec la CrEDH</h3><p>L’USS partage l’avis de la CrEDH. L’USS estime qu’il faut résoudre la question du droit de prescription de manière neutre sur le plan technologique, mais dans l’intérêt des victimes. Le meilleur moyen de le faire est de travailler avec des délais de prescription relatifs courts qui ne sont ouverts qu’à partir du moment où le dommage est constaté. Si les conseils devaient s’en tenir à une prescription absolue, il faudrait alors la fixer à 20 ans au moins, comme la commission l’a maintenant décidé. &nbsp;
</p><h3>Résoudre la tragédie de l’amiante, renforcer la prévention</h3><p>Pour faire face à la catastrophe de l’amiante, un fonds d’indemnisation a en outre été créé afin de gérer le passé. Les premières personnes ont déjà été indemnisées, mais il manque toujours de moyens financiers pour le doter correctement. Ce serait en premier lieu à l’économie de faire son devoir pour l’alimenter. &nbsp;
</p><p>L’USS et ses fédérations s’engagent également pour que la prévention continue à être renforcée et que les cantons mettent en œuvre strictement les dispositions sur l’analyse et l’élimination de l’amiante lors de rénovations et de démolitions. </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5260</guid><pubDate>Thu, 25 Jan 2018 09:15:56 +0100</pubDate><title>Détruire la SSR : l&#039;éternel rêve de la droite</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/detruire-la-ssr-leternel-reve-de-la-droite</link><description>Idéologie et... business: rien à voir avec l&#039;histoire qu&#039;on nous raconte</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> La dernière attaque avec pour cible la SSR n'a pas été ourdie au café du Commerce par un jeune politicien de droite, mais a pour but de réaliser un vieux rêve de la droite : détruire la SSR pour des raisons à la fois économiques et idéologiques. </p><p>L'histoire de No Billag que l'on aime à raconter est la suivante : en 2013, une poignée de jeunes de droite s'est retrouvée pour boire quelques verres. C'est à cette occasion que leur est venue l'idée de l'initiative No Billag. Les jeunes militant(e)s libéraux-radicaux, puis un groupe de dissidents libertaires (appelé up!) se mirent alors à l'ouvrage et récoltèrent, grâce à un engagement soutenu, les signatures nécessaires pour leur initiative radicale. Cela, sans le soutien de leurs organisations ou partis respectifs. Une impressionnante histoire de David contre Goliath. Mais tout est faux. 
</p><p>Reprenons notre histoire par le début : la première organisation anti-SSR a été créée il y a quatre décennies déjà, par Walther Hofer, conseiller national UDC et homme de la Guerre froide. Son Association suisse de télévision et de radio (connue sous le nom de club H.) multiplia les assauts contre la SSR. Un jeune politicien de droite était de la partie : Christoph Blocher. Le club H. ne resta pas longtemps seul. Sans cesse, de nouvelles organisations situées à droite de l'échiquier politique se mirent à polémiquer contre l'" émetteur public de gauche " et son soi-disant monopole. Outre l'aspect idéologique, il s'agissait aussi à chaque fois de faire des affaires. 
</p><p>Bien que leurs attaques sur le fond se soient avérées peu fructueuses, les opposants à la SSR enregistrèrent un succès commercial au milieu des années 1980 : le premier article constitutionnel sur la radio et la télévision autorisait les chaînes privées. Mais la ruée vers l'or d'éditeurs établis et d'investisseurs étrangers à la branche fut rapidement suivie d'une gueule de bois. Quadrilingue et morcelé en petite parties, le marché suisse, était bien trop limité. Les émetteurs privés encore en activité aujourd'hui sont des émetteurs locaux aux mains d'éditeurs et des émetteurs non commerciaux, comme Radio Fribourg ou Léman Bleu à Genève, qui reçoivent chaque année 60 millions de francs de subventions pris sur le produit de la redevance radio-TV. 
</p><p>Aujourd'hui, les opposants à la SSR rêvent à nouveau de s'en mettre plein les poches. Si on pensait autrefois - ce que la réalité a démenti de manière impressionnante - que l'on pouvait gagner beaucoup d'argent en Suisse avec des programmes journalistiques de radio-TV financés par la publicité, on croit aujourd'hui qu'en détruisant la SSR, l'argent de la publicité finira dans les poches des éditeurs indigènes. Alors que chacun sait que ceux qui en profiteraient le plus, ce sont les chaînes de télévision étrangères avec leurs fenêtres publicitaires suisses. 
</p><p>Mais celles et ceux qui s'opposent à la SSR pour des raisons idéologiques s'en moquent. Car ils veulent détruire l'émetteur indépendant qu'est la SSR pour mieux pouvoir influencer l'opinion publique. Et là, la situation s'est radicalement modifiée depuis le début du 21e siècle. Le potentiel financier des opposants à la SSR a énormément augmenté, surtout la disposition de quelques milliardaires suisses à investir dans le contrôle des médias. Les sorties shopping de Christoph Blocher en sont une illustration frappante, de même que l'histoire pas très claire de la prétendue ou réelle tentative de reprise de Ringier par des milieux de droite proches de l'importateur d'automobiles Walter Frey. 
</p><p>Et ici intervient à nouveau la troupe d'Oliver Kessler. Le mouvement de jeunes de droite soi-disant si idéaliste ne s'est nullement trouvé tellement seul dans le paysage politique comme on veut nous le faire accroire avec cette resucée du " combat de David contre Goliath ". Déjà tout au début, il y a un don à six chiffres de Walter Frey (Citation : " Lorsque je suis de la partie, l'argent ne joue aucun rôle. "). C'est la " Wochenzeitung ", en possession des courriels en question, qui l'a révélé. Et No Billag a aussi reçu le soutien massif de l'USAM qui a joint des feuilles de signatures à son journal. Ce que fit bien sûr aussi la " Weltwoche ". 
</p><p>Synthèse : la dernière attaque dirigée contre la SSR fait partie d'une vieille tradition de la droite. Elle n'est ni la conséquence des soi-disant excès ou de la prétendue arrogance de la SSR, ni une demande de la génération du numérique qui, en raison des nouvelles attitudes en matière de médias, se moquerait de la SSR (mais consulterait les médias Internet de celle-ci pour contrôler la véracité d'infos). No Billag doit permettre au vieux rêve de destruction de la SSR de se réaliser. C'est pourquoi, elle a été plus ou moins ouvertement soutenue dès le début tant sur le fond que financièrement. 
</p><h3>Le réseau de droite du meneur de No Billag </h3><p>Le réseau le plus développé des auteurs de l'initiative les relie à la droite de l'échiquier politique. Cela concerne tout particulièrement Oliver Kessler, le meneur de No Billag. Il a derrière lui une solide carrière politique et professionnelle à droite. Né en 1986, il fait déjà de la politique au collège, entre autres comme webmestre d'un forum en ligne où les propos racistes ou faisant l'apologie de la violence étaient à l'ordre du jour. En 2008, il entrera à l'UDC, dont il deviendra secrétaire d'une section cantonale. Après un bref passage au poste de rédacteur en chef de la " Schweizerzeit ", le magazine nationaliste de l'ex-UDC Ulrich Schüler, il est désormais vice-directeur de l'" Institut libéral ", un groupe de réflexion qui n'existerait sans doute plus sans la générosité de Christoph Blocher. Parallèlement, Oliver Kessler ne craint pas de se frotter au milieu de la théorie du complot et antisémite </p>]]></content:encoded><category>Communication et medias</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5259</guid><pubDate>Thu, 25 Jan 2018 09:02:49 +0100</pubDate><title>Des pas concrets vers la conciliation famille-profession</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/des-pas-concrets-vers-la-conciliation-famille-profession</link><description>Accueil extrafamilial des enfants</description><content:encoded><![CDATA[<p> La semaine passée, une décision de la Commission de la science, de l'éducation et de la culture du Conseil des États (CSEC-E) est passée un peu inaperçue, car c'est sur l'entrée en matière ou non de cette dernière sur le projet de révision de la loi sur l'égalité que se concentrait d'abord notre attention. Or cette autre décision est réjouissante elle aussi et, qui plus est, on ne peut plus concrète : la CSEC-E veut en effet, comme la commission-sœur du Conseil national, prolonger de quatre ans le programme d'aides financières destinées à l'accueil extrafamilial des enfants. 
</p><p>À l'origine, le Conseil fédéral et le Parlement avaient prévu que ce soutien financier aux nouvelles places dans les crèches ne dureraient que jusqu'au 31 janvier 2019. Les deux CSEC ont désormais compris les critiques émises depuis longtemps par les syndicats, à savoir qu'il n'existe actuellement de loin pas assez de structures d'accueil extrafamilial des enfants, raison pour laquelle leur encouragement doit aller au-delà de 2019. 
</p><p>Ce qui réjouit les femmes et les hommes professionnellement actifs, réjouit aussi les employeurs et les employeuses. L'Union patronale suisse salue en effet la décision de la CSEC, alors qu'il n'y a pas même une année, elle s'était battue contre la poursuite de ces aides financières. De quoi espérer que les partenaires sociaux trouvent d'autres possibilités encore de s'engager en faveur de la conciliation entre famille et profession. </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5256</guid><pubDate>Wed, 24 Jan 2018 14:12:39 +0100</pubDate><title>La commission veut s’imposer à tout prix !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-commission-veut-s-imposer-a-tout-prix</link><description>Déréglementation inacceptable de la loi sur le travail</description><content:encoded><![CDATA[<p> La majorité de la Commission de l'économie et des redevances du Conseil des États (CER-E) est incorrigible. Elle a décidé de poursuivre ses travaux sur la mise en œuvre des deux initiatives parlementaires Graber et Keller-Sutter. Ce faisant, elle ignore un rapport du Conseil fédéral rédigé suite aux postulats Derder et Reynard, selon lequel le droit suisse du travail est extrêmement déréglementé et tout est de ce fait pratiquement possible. Elle ne tient en outre aucun compte des mises en garde de la Fédération des médecins suisse (FMH) qui s'est prononcée sans équivoque aucune contre les initiatives Graber et Keller-Sutter. 
</p><p>Ces deux initiatives entraîneraient, pour un très grand nombre de salarié(e)s, du travail gratuit, plus de stress et un plus grand risque d'épuisement professionnel. Cela, alors que le droit du travail largement réformé est en vigueur depuis le 1er janvier 2016 seulement et que l'obligation d'enregistrer sa durée du travail a été supprimée pour beaucoup de cadres. 
</p><p>Selon l'Enquête suisse sur la population active 2016 (ESPA), le modèle d'annualisation du temps de travail, sans durée hebdomadaire maximale, voulu par le conseiller aux États Graber pourrait s'appliquer à environ 46 % des salarié(e)s. Ces personnes remplissent en effet les critères en matière de fonction et de formation (bachelor ou diplôme d'une école supérieure). Si l'on considère aussi le critère des horaires prescrits par l'employeur, ce sont toujours au moins 25 % des salarié(e)s qui seraient soumis au nouveau régime. 
</p><p>Quant au renoncement à l'enregistrement de la durée du travail (modèle Keller-Sutter), selon l'ESPA, près de 26 % des salarié(e)s seraient concernées, car ils exercent une fonction de supérieur(e) hiérarchique. Faute de statistiques, il n'est pas possible de dire avec précision quelle serait la taille du groupe des spécialistes touchés. Mais cette question devrait se poser pour une part importante des salarié(e)s. 
</p><p>Comme les initiatives Graber et Keller-Sutter devraient être mises en œuvre parallèlement, ni l'enregistrement de la durée du travail, ni les prescriptions de protection à travers des durées maximales de travail et l'interdiction du travail dominical ne s'appliqueraient plus aux catégories de salarié(e)s susmentionnées. L'annualisation du temps de travail demandée par l'initiative Graber, inadéquate ne serait-ce que pour des raisons de protection de la santé, tournerait finalement à la farce. Comment avoir une vue d'ensemble du temps de travail annuel si le chef interdit de l'enregistrer ? 
</p><p>Pour ces raisons, l'Union syndicale suisse (USS) demande, comme les organisations spécialisées en matière de santé et de nombreuses autres organisations, que la CER-E recouvre enfin la raison et stoppe ses travaux sur la mise en œuvre de toutes les interventions parlementaires qui visent à déréglementer la loi sur le travail. </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5254</guid><pubDate>Mon, 22 Jan 2018 11:11:27 +0100</pubDate><title>Non à No Billag : sauvons notre service public radio-TV</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/non-a-no-billag-sauvons-notre-service-public-radio-tv</link><description>La journaliste Anne Payot explique les conséquences dramatiques d&#039;un éventuel Oui à No Billag.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> La Suisse romande a tout à perdre d'un oui à l'initiative No Billag. Les conséquences seraient dramatiques, tant pour la RTS que pour les télévisions et radios régionales.</p><p>Privées de deux tiers de leur revenu, ces médias disparaîtraient inéluctablement, et ceux qui survivraient au massacre ne seraient plus en mesure d'assurer leur mission de service public régional.
</p><p>Quelle chance en tant que Romand(e)s d'avoir des radios et télévisions locales de qualité ! Car nous sommes un tout petit marché pour les entreprises qui gèrent ces médias de proximité que la publicité ne suffit généralement pas à financer. C'est la raison d'être du système helvétique de la redevance, qui profite pleinement aux Romand(e)s et aux habitants d'autres régions périphériques, comme le Tessin ou les Grisons. La redevance finance non seulement les médias de la SSR, mais aussi une vingtaine de radios et télévisions régionales romandes.
</p><p>Si la Suisse leur accorde cette importance, c'est parce que l'article 93 alinéa 2 de notre Constitution mentionne que " La radio et la télévision contribuent à la formation et au développement culturel, à la libre formation de l'opinion et au divertissement. Elles prennent en considération les particularités du pays et les besoins des cantons. Elles présentent les événements de manière fidèle et reflètent équitablement la diversité des opinions ". Le bon fonctionnement démocratique implique un quatrième pouvoir fort dans toutes les régions linguistiques du pays. Or les médias helvétiques sont déjà dans la tourmente, en particulier la presse écrite qui voit disparaître ses titres et ses médias se concentrer en peu de mains. Et les initiants proposent d'en rajouter une couche, en asséchant l'offre radio-télévision.
</p><p>En Suisse romande, leur assaut contre le pluralisme des médias menace dans le détail 6 chaînes RTS, ainsi que 5 télévisions et 8 radios régionales. Or les diffuseurs locaux et régionaux remplissent eux aussi un rôle de service public important, en participant notamment à la cohésion nationale. Les affaiblir revient à affaiblir la démocratie. Sans redevance, des chaînes comme La Télé, Radio Chablais ou RFJ tireraient simplement la prise, et des émissions aussi populaires que Forum ou Sport dimanche disparaîtraient.
</p><p>Sous prétexte que les consommateurs et consommatrices doivent pouvoir choisir ce qu'ils paient, No Billag est en réalité une machine à créer du chômage. En Suisse romande, 4000 emplois au bas mot sont menacés. Près de la moitié concerne la RTS, qui emploie 1243 personnes à Genève et 590 à Lausanne, essentiellement des journalistes et animateurs ou animatrices. Les chaînes privées ne sont pas en reste. Rien que pour les radios régionales romandes, 311 personnes sont sur la sellette, des emplois pourtant formateurs qui servent de tremplin à la jeunesse. Sans oublier tous les autres emplois menacés, car indirectement liés, dans l'audiovisuel, la culture, le commerce local, les services techniques, etc.
</p><p>No Billag, c'est une catastrophe d'un point de vue économique, mais aussi culturel. Le marché romand est bien trop petit pour pouvoir produire du contenu de service public rentable. Mais il intéresse d'autres acteurs, notamment des chaînes françaises qui se frottent les mains à l'idée de voir disparaître la SSR. Tout comme Google et Facebook, qui prendraient volontiers le relais d'une information qui n'aurait plus rien de régional. La suppression de la redevance pourrait aussi faire le beurre d'un milliardaire, qui déciderait de s'engouffrer dans la brèche en bâtissant un empire médiatique à la Berlusconi au service de ses seuls intérêts personnels.
</p><p>Directement ou indirectement, tous les citoyens et citoyennes de ce pays et entreprises romandes profitent de la diversité des programmes radio-TV de qualité. Or le service public médiatique a un coût qu'il faut bien financer. L'ensemble des gouvernements cantonaux romands rejettent l'initiative. Ne laissons pas les arguments égoïstes et la vision à court terme l'emporter. Evitons de mettre à mort nos médias régionaux et votons massivement non le 4 mars 2018. </p>]]></content:encoded><category>Communication et medias</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5245</guid><pubDate>Thu, 11 Jan 2018 09:03:05 +0100</pubDate><title>Quand la Suisse faisait grève</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/quand-la-suisse-faisait-greve</link><description>« Centenaire de la Grève générale »</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> La brochure du colloque historique organisé par l'USS sur le centenaire de la Grève générale est désormais publiée. Dix auteur(e)s y évoquent les causes, les conflits et les conséquences de l'événement le plus important de l'histoire suisse du 20e siècle. </p><p>Cette année, la Grève générale fêtera son centenaire. Afin de célébrer comme il se doit cet événement majeur de l'histoire moderne de la Suisse, l'USS a organisé, le 15 novembre dernier, un colloque historique conçu comme coup d'envoi à l'année commémorative 2018. Huit historien(ne)s y ont abordé ce sujet, chacun(e) dans une perspective spécifique. Certains se sont concentrés sur le rôle des opposants à la grève, comme les patrons (Pierre Eichenberger), les banques (Marc Perrenoud) ou les milices de la droite (Andreas Thürer). Pour leur part, Adrian Zimmermann et Bernard Degen ont essayé de prouver la véracité d'une phrase de Grimm selon qui les vaincus de cette grève étaient finalement des vainqueurs, soit leur succès à moyen et long terme. Maria Meier, avec le thème de la pénurie alimentaire, Elisabeth Joris avec celui des droits des femmes et Silvia Arlettaz avec celui de la politique de la migration complètent ce tableau. Ces exposés et une introduction du président de l'USS, Paul Rechsteiner, sont donc désormais accessibles à tous et à toutes dans une brochure bilingue qui vient de sortir de presse : " 100 Jahre Landesstreik - Centenaire de la grève générale ". On y trouvera aussi un bref aperçu de la table ronde sur la valeur historique de la Grève générale organisée à la même occasion. 
</p><h3>Pas seulement pour les spécialistes </h3><p>Outre les interventions précitées, la brochure propose des documents photographiques et deux contributions supplémentaires sur la chronologie des événements relatifs à la grève. Celles-ci seront surtout d'une aide certaine pour les personnes qui abordent pour la première fois ce thème, car elles décrivent ce qui s'est concrètement passé lors de la Grève générale. Celle de Stefan Keller est centrée sur le 6 novembre, soit la Grève générale au sens étroit du terme, et celle d'Adrian Zimmermann est une chronologie (1914-1919) qui englobe les causes et les conséquences de cet événement. Elle établit aussi que la grève de novembre 1918 a été tout sauf une explosion soudaine due à la détresse sociale de l'époque, mais possède sa propre histoire. 
</p><p>Bref, cette brochure s'avérera utile tant aux " débutant(e)s " qu'aux " avancé(e)s " en cette matière. Gratuite, elle peut être <a href="#" data-mailto-token="thpsav1pumvGbzz5jo" data-mailto-vector="7" class="mail">commandée </a>auprès de l'USS. En cas de commande de plusieurs exemplaires cependant, les frais induits (port et autres) seront facturés. Et à ne pas oublier : le <a href="http://generalstreik.ch/?lang=fr" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">site de la Grève générale</a> qui continue à donner les informations les plus fraîches concernant le centenaire et les manifestations s'y rapportant. </p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5243</guid><pubDate>Wed, 10 Jan 2018 13:12:16 +0100</pubDate><title>Une occasion ratée et presque rien de nouveau</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/une-occasion-ratee-et-presque-rien-de-nouveau</link><description>Assurances sociales 2018</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Seules des modifications minimes sont prévues pour les assurances sociales cette année.</p><h2> AVS</h2><h3> Les rentes restent au même niveau</h3><p>Le refus devant le peuple de Prévoyance vieillesse 2020 en septembre 2017 a repoussé à plus tard le financement additionnel de l'AVS, ainsi que la révision du 1er pilier comme du 2e. Le projet aurait substantiellement augmenté les rentes AVS. Les rentes AVS et AI demeurent donc au même niveau pour 2018 puisqu'il n'y pas eu non plus d'indexation automatique des rentes à l'évolution des prix et des salaires cette année. Les autorités fédérales justifient cette stagnation par le fait que l'indice des prix et des salaires n'a que faiblement augmenté. La dernière augmentation des rentes remonte au 1er janvier 2015. 
</p><h3>La loi sur les fonds de compensation entre en vigueur </h3><p>La nouvelle loi fédérale sur l'établissement chargé de l'administration des fonds de compensation de l'AVS, de l'AI et du régime des APG institue les bases légales pour la transformation du fonds en un établissement de droit public. La mise en service du nouvel établissement " compenswiss (Fonds de compensation AVS/AI/APG) " aura lieu le 1er janvier 2019. 
</p><h2>Assurance-invalidité (AI)</h2><h3> Supplément plus élevé pour les soins intenses </h3><p>Les familles qui soignent à domicile une personne gravement malade ou un enfant lourdement handicapé recevront un montant plus élevé de la part de l'AI. Le "supplément pour soins intenses" augmente à partir de 2018. Il passe de 470 à 940 francs par mois pour au moins 4 heures par jour de sopins intenses, de 940 à 1645 francs pour au moins 6 heures et de 1410 à 2350 pour au moins 8 heures. 
</p><h3>Nouvelle méthode pour calculer le taux d'invalidité </h3><p>L'ordonnance révisée sur l'AI entrera en vigueur dans le courant de l'année 2018. La méthode de calcul des rentes AI (dite " mixte ") en sera améliorée. A l'avenir, on tiendra compte des conséquences d'une atteinte à la santé non seulement sur l'exercice d'une activité professionnelle, mais aussi dans la même mesure sur l'accomplissement des tâches habituelles (comme par exemple les tâches ménagères). Grâce à cela, les personnes qui travaillent à temps partiel seront moins discriminées, en particulier les femmes. Jusqu'à présent, un emploi à temps partiel a entraîné un taux d'invalidité moins important que pour une activité à plein temps. 
</p><h3>Le financement additionnel est arrivé à échéance </h3><p>En septembre 2009, une hausse transitoire de la TVA de 0,4 % au profit de l'AI a été acceptée en votation. Comme prévu, ce financement additionnel est arrivé à échéance au 31.12.2017. A partir de 2018, de nouveaux taux de TVA sont en vigueur. Le taux normal est désormais de 7,7% (anc. 8%), le taux spécial hébergement de 3,7% (3,8%), le taux réduit restant fixé à 2,5%. 0,1% d'augmentation va au FAIF (Financement et aménagement de l'infrastructure ferroviaire).
</p><h2>Prévoyance professionnelle </h2><h3>Taux d'intérêt minimal historiquement bas </h3><p>En 2016, le taux d'intérêt minimal dans la prévoyance professionnelle obligatoire a été abaissé à un niveau historiquement bas de 1 %. Sur recommandation de la Commission fédérale de la prévoyance professionnelle, il reste en 2018 identique. La rémunération du capital de vieillesse continuera ainsi à être trop faible. Les taux d'intérêt qui demeurent très bas en sont la raison, alors que les actions ou l'immobilier rémunèrent bien. Le taux minimal LPP a varié entre 1985 et 2011 entre 2 et 4 %. 
</p><h3>Rentes de survivants et d'invalidité LPP inchangées </h3><p>Les rentes de survivants et d'invalidité de la prévoyance professionnelle obligatoire restent aussi au même niveau en 2018. Les rentiers et rentières du 2e pilier n'ont aucun droit à une adaptation de leur rente de vieillesse. Les caisses de pension renoncent partout à une indexation. 
</p><h2>Assurance-maladie </h2><h3>Les primes continuent à atteindre des sommets</h3><p> En 2018, les primes standard de l'assurance-maladie obligatoire ont en moyenne augmenté de 4 % (+4,5 % l'année précédente). Les primes des enfants sont à nouveau celles qui augmentent le plus (+5 %). L'augmentation varie selon les cantons. Depuis l'introduction de la loi fédérale sur l'assurance-maladie, les primes ont effectivement doublé. Le Conseil fédéral augmente de 292 à 340 francs par mois les primes des militaires de métier actifs et retraités qui sont assurés contre la maladie et l'accident à l'assurance militaire. Les primes devraient ainsi de nouveau couvrir les coûts occasionnés par les maladies, ce qui n'était plus le cas récemment. 
</p><p>Dans le courant de l'année 2018, des mesures seront présentées pour endiguer les coûts de la santé. Dans un rapport d'experts, le Conseil fédéral présente les mesures existantes, prévues ou complètement nouvelles destinées à diminuer les coûts de la santé couverts par l'assurance-maladie obligatoire. Ce rapport d'experts va influencer le débat sur la politique de la santé. 
</p><p>Depuis le 1er janvier 2018, les nouveaux tarifs TARMED entrent en vigueur. Ils concernent toutes les prestations médicales et paramédicales facturées aux patient(e)s. Bien qu'il n'y ait aucun changement dans les prestations pour les assuré(e)s, des économies d'environ 470 millions de francs (1,5 % du volume des primes) devraient être réalisées. 
</p><h2>Réformes 2018 : risque de durcissement avec les prestations complémentaires · </h2><ul><li>La réforme des prestations complémentaires va aussi occuper le Parlement en 2018. Après le Conseil des États, le Conseil national va à son tour traiter le sujet. Des mesures de démantèlement avec de graves conséquences pour les séniors et les personnes handicapées se sont imposées dans les commissions parlementaires. Ainsi, des économies devraient être faites sur le remboursement des primes-maladie ou les franchises sur la fortune dans le calcul des prestations complémentaires devraient être réduites. Seule perspective réjouissante : on est parvenu à faire augmenter le montant maximal imputable au loyer, une mesure qui était tant attendue. · </li><li>Le Parlement va s'occuper en outre de l'évolution à venir de l'AI. Le message estime nécessaire d'agir auprès des enfants et des jeunes qui ont des problèmes de santé ainsi qu'auprès des malades psychiques. Est également prévue l'introduction d'une échelle de rentes linéaire. </li><li>Après le refus de la réforme de la prévoyance vieillesse en 2017, la procédure de consultation sur une nouvelle révision commencera en 2018. Le Conseil fédéral prévoit, dans un premier temps, de réviser l'AVS et de veiller à un financement additionnel de celle-ci. On s'attaquera à la prévoyance professionnelle dans un deuxième temps. </li></ul>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5240</guid><pubDate>Mon, 08 Jan 2018 16:17:46 +0100</pubDate><title>Détruire la radio et la TV? Mais à quel prix? </title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/detruire-la-radio-et-la-tv-mais-a-quel-prix</link><description>Un plaidoyer syndical contre No Billag</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Nous votons le 4 mars prochain sur l'initiative No Billag. Il ne s'agit pas seulement de savoir si nous continuerons à payer une redevance pour la radio et la télévision. L'enjeu est bien plus important. Pour tous les salarié(e)s également. Il s'agit de programmes de radio et de télévision auxquels l'on puisse se fier et qui ne sont pas uniquement conçus pour être rentables ou répondre aux intérêts de partis politiques, de certains groupes de la société.</p><p>Le 25 novembre 2011, par une matinée grise, Novartis lâche une bombe : la multinationale pharmaceutique veut supprimer 2000 emplois, dont 320 à Prangins (VD). Sans nécessité aucune. La colère gronde alors. Pas seulement celle des personnes concernées. Le Conseil fédéral, le gouvernement et le parlement vaudois ainsi que de larges pans de la population réagissent et soutiennent la lutte qui se soldera par une victoire des employé(e)s de Novartis et de leur syndicat. Les emplois seront sauvés.
</p><h3>14 000 emplois en jeu</h3><p>Changement de scène. Mars 2017. Cent vingt employé(e)s de la SSR et de diverses chaînes de radio-TV discutent de l'initiative No Billag pendant le congrès de leur syndicat SSM. L'atmosphère est tendue. Parce que les professionnels de l'audiovisuel savent parfaitement que si l'initiative est acceptée, leur emploi sera menacé un an plus tard. En tout, 7000 emplois sont directement menacés et 6500 dans des entreprises sous-traitantes. Car sans redevance, les revenus de leurs employeurs s'effondrent : -50 % pour les chaînes locales et -75 % pour la SSR. N'importe quelle entreprise ferait faillite dans pareille situation. Raison pour laquelle les employé(e)s de la SSR ont décidé de se battre pour leurs emplois. Ils ont en outre constitué des réserves pour les luttes à venir.
</p><p>Alors que les employé(e)s de Novartis se sont attiré une large sympathie, dans le cas de No Billag, beaucoup de médias critiquent la moindre déclaration des personnes concernées, un parti pris totalement inapproprié dans une campagne de votation. Mais pour nous syndicalistes, il est toutefois évident que si nos emplois sont supprimés sans raison, nous nous défendons. Et les autres syndicats soutiennent les collègues menacés.
</p><h3>Un pan important du service public détruit</h3><p>No Billag détruirait non seulement des milliers d'emplois. Mais en plus, une partie importante du service public serait dans l'œil du cyclone, un service dont la société bénéficie et que le marché ne pourrait à lui seul financer. La radio et surtout la télévision coûtent cher à la production. Les marchés en Suisse sont très petits. Raison pour laquelle la publicité rapporte trop peu pour produire un large programme offrant de l'information et du divertissement dans les quatre régions linguistiques. Sans ce service public, un programme de base commercial pourrait subsister en Suisse alémanique. Mais ce serait la fin des programmes en Suisse romande, au Tessin et dans les Grisons.
</p><p>Le mandat clair des médias de service public est également crucial : ils doivent contribuer à la formation de l'opinion et présenter les différents points de vue de manière factuelle. Il est évident qu'ils n'y parviennent pas toujours. Sinon les responsables de la communication de tous les partis, de la droite à la gauche, ainsi que de toutes les grandes organisations ne les accuseraient pas à tour de rôle de faire preuve de partialité. L'USS la première, quand la télévision suisse-alémanique ne pipe mot de la manifestation qui a rassemblé 20 000 personnes à Berne pour de bonnes retraites.
</p><p>Si tous se plaignent, ces chaînes n'ont donc pas d'orientation politique, que ce soit à droite ou à gauche. Raison pour laquelle 80 % de ces plaintes, peu importe le plaignant, sont rejetées par l'organe de médiation. D'un point de vue syndical, il est clair que nous avons besoin de médias qui parlent de nos demandes et nous laissent exprimer notre point de vue. Ces médias sont aussi en droit de nous critiquer. La loi leur impose toutefois de nous traiter comme les patrons, comme tous les partis. Sans programmes de radio et de télévision tenus par la loi de traiter les partis et toute association sur pied d'égalité, impossible à une démocratie de fonctionner. Ce mandat de service public qui consiste à refléter la diversité des opinions en Suisse de manière fidèle et équitablement ne doit pas disparaître de la Constitution fédérale.
</p><h3>L'indépendance de la SSR dérange les initiants</h3><p>Mais c'est justement cette voix indépendante qui passe mal auprès des initiants. C'est pour cela qu'ils veulent détruire la radio et la télévision en Suisse. Ce n'est pas une coïncidence si la plupart des initiants sont ultra-libéraux et veulent imposer leur dogme au paysage médiatique aussi. Afin d'influencer ensuite l'opinion publique avec des offres de base.
</p><p>Mais le prix à payer est élevé. Pour la formation de l'opinion publique. Pour la cohésion nationale. Mais aussi pour notre porte-monnaie. Car si les chaînes qui bénéficient de la redevance disparaissent, nous devrons conclure des abonnements onéreux pour le sport, les films et les autres prestations. Et finalement payer bien plus que les 365 francs par an pour un programme complet avec des informations fiables, du sport suisse, du divertissement et de la culture. Le prix à payer est bien trop élevé. Raison pour laquelle l'USS et ses fédérations disent clairement Non à No Billag. </p>]]></content:encoded><category>Communication et medias</category><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5232</guid><pubDate>Wed, 20 Dec 2017 17:08:27 +0100</pubDate><title>Le droit du travail est prêt pour la numérisation </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-droit-du-travail-est-pret-pour-la-numerisation</link><description>Le colloque de l’USS le confirme : peu d’adaptations sont nécessaires </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Le droit suisse du travail est armé pour faire face aux défis de la numérisation. Mais des améliorations sont nécessaires, en particulier pour lutter contre le travail au noir numérique et le travail gratis ainsi qu'en matière de protection de la santé et de télétravail. Tel est en quelques mots le bilan du colloque juridique de haut niveau organisé à la mi-décembre par l'Union syndicale suisse (USS). </p><p>Une chose est claire : la numérisation doit être aménagée de manière à ce qu'elle serve aux travailleurs et travailleuses. Pour y arriver, l'USS et ses syndicats veulent recourir à tous les instruments juridiques et politiques existants. 
</p><h3>Les mêmes devoirs, aussi pour les employeurs sur plate-forme ! </h3><p>Si, en se servant des instruments éprouvés du droit contractuel, on analyse minutieusement de nombreux fournisseurs de plates-formes en étant attentif à chaque cas individuel, il apparaît clairement que, très souvent, on est en présence de contrats classiques. C'est ce qu'ont constaté lors du colloque Bassem Zein, de l'Office fédéral de la justice, et Ndiya Onuoha, de l'Office des assurances sociales du canton de Zurich. Conclusion : les personnes qui travaillent sur des plates-formes informatiques ont droit à ce qui est prévu dans le Code des obligations (vacances, heures supplémentaires, délais de congé, indemnisation pour service de piquet) et le droit des assurances sociales (cotisations AVS, assurance-chômage, 2e pilier, aussi de l'employeur, indemnité journalière en cas d'accident, etc.). 
</p><p>Les employeurs comme le service de taxis UBER, qui donne à ses contrats une appellation erronée, ne pratiquent rien d'autre que l'indépendance fictive et encouragent de ce fait le travail au noir numérique. Pour l'USS, c'est inacceptable. Les participant(e)s au colloque ont clairement montré que l'arsenal juridique à disposition permet déjà de faire constater l'existence de travail au noir numérique. Il appartient à toute autorité compétente de veiller à l'égalité des droits, à ce que la concurrence reste loyale et que les travailleurs et travailleuses soient protégés comme il se doit, ainsi que de contrôler que les lois sont respectées. Ce dernier point concerne surtout la loi sur le travail (LTr) et la loi sur l'assurance-accidents (LAA). S'y ajoutent les lois sur les assurances sociales, l'ordonnance sur les chauffeurs et des règles appliquées dans l'industrie. 
</p><h3>Stratégies procédurales contre la précarisation </h3><p>Lors du colloque, des stratégies procédurales contre les risques découlant du travail sur plate-forme ont été présentées. Leur but est de permettre aux syndicats d'agir contre les employeurs qui, sous prétexte de numérisation, veulent spolier leur personnel des dispositions de protection légales élémentaires. Se basant sur une expertise juridique, Anne Meier a montré que les syndicats ne disposent pas uniquement des instruments de la LTr et de la LAA, mais aussi de ceux qui se trouvent dans la loi contre la concurrence déloyale. De plus, des droits fondamentaux, notamment ceux qui figurent dans la Constitution fédérale et la Convention européenne des droits de l'homme, on peut déduire le droit des syndicats à informer électroniquement les employé(e)s. 
</p><h3>Quelques adaptations ponctuelles des lois sont nécessaires </h3><p>Le droit suisse du travail est-il encore adapté à l'ère de la numérisation ? Oui, s'il est systématiquement appliqué par les autorités. Surtout lorsqu'il s'agit de lutter contre le travail au noir numérique et de respecter les règles des assurances sociales ainsi que celles de la protection des travailleurs et travailleuses (LTr, LAA), les autorités sont tenues de procéder à des contrôles systématiques et conformes aux principes de l'égalité juridique. 
</p><p>Des problèmes existent dans le domaine couvert par la loi fédérale sur le droit international privé (LDIP). En outre, les salarié(e)s du télétravail sont trop peu protégés. C'est pourquoi l'USS demande que la loi fédérale sur le travail à domicile soit adaptée en conséquence. Dans le télétravail aussi, les questions de responsabilité, d'ergonomie, de protection des données et de mise à disposition de matériel ainsi que de remboursement des dépenses doivent faire l'objet de réglementations spécifiques. C'est à une conclusion similaire que le Conseil fédéral est arrivé en 2016 dans son rapport sur le télétravail. Mais, cela n'a malheureusement été suivi d'aucune action concrète. 
</p><p>La LDIP doit être modifiée pour que les exploitants de plates-formes n'aient en particulier pas le droit de prévoir dans leurs contrats de travail des clauses d'arbitrage ou des éléments de droit étranger. Par exemple, il n'est pas question qu'UBER prescrive à ses employé(e)s qu'en cas de litige, ils n'ont pas le droit de faire appel à un tribunal des prud'hommes suisse, mais doivent prendre à leur charge une procédure d'arbitrage aux Pays-Bas extrêmement chère et lourde, qui se fera en plus en anglais ! De telles clauses sont clairement illégales, car elles contreviennent à l'article 27 du Code civil suisse. La pratique des tribunaux va montrer si ces clauses sont considérées dans tout le pays comme excessivement contraignantes. D'une manière ou d'une autre, l'USS demande que la LDIP soit adaptée et que le Tribunal fédéral modifie en faveur des travailleurs et travailleuses sa jurisprudence concernant l'article 341 du Code des obligations ; cela, également pour les rapports de travail internationaux. 
</p><h3>Une brochure sur la protection de la santé </h3><p>Une brochure de l'USS sur les questions soulevées par la protection de la santé au travail à l'ère de la numérisation a été présentée lors du colloque dans sa version allemande (la version française sortira pendant la deuxième moitié du mois de janvier). Elle explique dans un langage très accessible, mais précis, quels sont les instruments juridiques à la disposition des secrétaires syndicaux, des commissions du personnel et des personnes de confiances ou militant(e)s syndicaux. Il est possible de la commander auprès de l'USS. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5228</guid><pubDate>Mon, 18 Dec 2017 11:53:58 +0100</pubDate><title>Le travail non rémunéré est réparti trop inégalement </title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/le-travail-non-remunere-est-reparti-trop-inegalement</link><description>Du travail non seulement bénévole mais vital</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Bien plus de la moitié du travail effectué en Suisse n’est pas rémunéré. Les femmes en effectuent plus de la moitié ce qui a des répercussions négatives sur elles.</p><p>On travaille beaucoup en Suisse&nbsp;: au total, 17,1 milliards d’heures en 2016. C’est ce que montre le compte satellite de production des ménages de l’OFS. Réparti sur toutes les personnes en âge de travailler, cela représente 52,7 heures par semaine pour les femmes et 52,5 heures par semaine pour les hommes.&nbsp; 
</p><p>Alors que les hommes et les femmes travaillent presque le même nombre d’heures, le salaire que les femmes en tirent est très différent. Les femmes exécutent 61,3&nbsp;% des 9,2 milliards d’heures de travail non rémunéré, alors que les hommes effectuent 61,5&nbsp;% du travail rémunéré. Cela a comme conséquence que les hommes en âge de travailler reçoivent un salaire pour facilement trois cinquièmes de leur travail, contre deux cinquièmes pour les femmes. Les femmes renoncent donc à une grande quantité d’argent en s’occupant de leurs enfants pour leur donner les meilleures chances dans la vie ou en accompagnant leurs proches âgés pour leur offrir une existence digne en fin de vie. La société et l’économie pourrait difficilement fonctionner sans cet énorme engagement non rémunéré. Mais pour les femmes, cela signifie toutefois un risque de pauvreté et des rentes plus basses à la retraite. A quoi s’ajoute encore la discrimination salariale. 
</p><h3>En aucun cas «&nbsp;bénévole&nbsp;»</h3><p>Il est donc fondamentalement faux de décrire le travail non rémunéré de travail bénévole, comme c’est trop souvent le cas, faute d’y avoir réfléchi. L’engagement bénévole dans un cadre bénévole ou l’aide informelle aux voisins sont des soutiens importants de la société. Mais ils ne représentent que 7&nbsp;% du travail non rémunéré. Les 93&nbsp;% restants sont des tâches indispensables à la (sur)vie&nbsp;: s’occuper des enfants, préparer les repas, prendre en charge les malades. Si cela n’était pas fait, ce serait le chaos. 
</p><p>Le volume du travail non rémunéré a augmenté entre 2013 et 2016&nbsp;: les femmes et les hommes en Suisse effectuent plus de travail ménager et investissent davantage de temps dans la prise en charge et les soins de leurs semblables. Quant à savoir s’il faut en chercher les causes dans les mesures d’austérité des cantons et des communes dans le secteur du care ou si les exigences en matière d’éducation et de ménage ont augmenté, nul ne saurait y répondre. On ne peut toutefois que se réjouir que les hommes assument aussi une partie du travail supplémentaire et se sont engagés pendant plus d’heures non payées.&nbsp; 
</p><h3>Objectif&nbsp;: cinquante-cinquante</h3><p>Le but doit toutefois être d’atteindre la parité&nbsp;: les hommes et les femmes se partagent également le travail rémunéré et non rémunéré. Hommes et femmes auraient les mêmes possibilités de s’occuper de leur sécurité financière et de leurs semblables. La politique doit agir afin que nous arrivions à cela&nbsp;: le travail rémunéré ne doit pas continuer à être décloisonné et dérégulé, il faut au contraire garantir la conciliation entre travail rémunéré et non rémunéré. Dans cette optique, nous ne devrions pas travailler plus mais au contraire moins contre rémunération. Des offres abordables et accessibles à tous dans la prise en charge, les soins et la santé doivent être une part importante des services publics. L’OFS estime que le travail non rémunéré effectué en 2016 a une valeur de 408 milliards de francs. Si nous investissions ne serait-ce qu’une infime partie de cette somme dans le service public, nous nous approcherions d’une société où les hommes et les femmes pourraient s’engager dans la même mesure pour eux-mêmes que pour les autres. </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5224</guid><pubDate>Thu, 14 Dec 2017 15:55:59 +0100</pubDate><title>Des réductions des primes plus importantes</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/des-reductions-des-primes-plus-importantes</link><description>Le prix de la santé doit être abordable</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Concernant les prestations, il est juste de supprimer des incitations fausses et des structures inefficaces. Mais un financement social - comme ce qui se fait chez nos voisins - reste la priorité absolue. </p><p>Fin octobre, le Conseil fédéral a présenté le rapport d'expert(e)s très attendu sur la maîtrise des coûts de la santé. Depuis lors, il est beaucoup question des mesures que le rapport propose la plupart du temps en matière d'offre. Cela, tout à fait à juste titre, car il part d'un potentiel d'économies de 20 %, dans l'assurance de base ; cela, sans toucher à la qualité. Ce chiffre paraît élevé, mais même s'il ne s'agissait que de 15 %, nous aurions alors économisé quatre années de hausse de primes. 
</p><h3>Coûts de la santé : la Suisse est la plus antisociale </h3><p>C'est en cela aussi que consiste toujours le principal problème. Indépendamment de ce qui peut être économisé du côté des coûts, le financement de la santé reste fortement antisocial en Suisse. Le rapport annuel de l'OCDE sur la santé donne les tout nouveaux chiffres à ce sujet. Il donne à notre pays tout seul la première place parmi les pays de l'OCDE : la participation des privés aux coûts de la santé y représente 5,3 % du budget moyen des ménages (moyenne OCDE : 3 %). Ces 5,3 % ne concernent pas uniquement ces éléments des coûts que sont la franchise, la quote-part, la participation au coût des soins et les forfaits hospitaliers, mais par exemple aussi l'ensemble des coûts des traitements dentaires. Dans les pays de l'OCDE, ceux-ci figurent la plupart du temps dans le catalogue des prestations que finance l'assurance. 
</p><p>Mais attention, la Suisse se trouve en première place quant à la participation des individus aux coûts sans qu'il soit en rien tenu compte des primes de l'assurance de base qui, chez nous, sont individuelles (" per capita "), alors qu'en Europe, elles prennent la forme de taxes prélevées sur les salaires, dont elles dépendent donc, ou même de recettes fiscales perçues selon un barème progressif. 
</p><p>Dans ce contexte, pas étonnant que, selon le même rapport, 21 % de la population renoncent au moins à un traitement médical pour des raisons de coûts (3e place). C'est se montrer presque cynique que de soupçonner que cela ne concerne que des cas sans gravité que l'on a pu à juste titre éviter, comme le fait une partie du lobby des assurances. Se pose en outre la question de savoir à partir de quel moment le renoncement à une prestation ne se paie finalement pas en termes de coûts. 
</p><h3>Réduction des primes : renverser la tendance </h3><p>Actuellement, les réductions des primes sont le seul instrument permettant de corriger directement le financement antisocial de la santé. Mais cela, dans une mesure toujours moindre : de 2007 à 2016, les contributions cantonales aux réductions des primes ont diminué dans neuf cantons, alors que celles-ci augmentaient de 40 % en termes réels ! Et les récentes mesures d'austérité - comme celles engagées dans les cantons de Berne, Soleure et Argovie - ne sont pas encore prises en compte ici, sans parler du canton de Lucerne qui a réclamé à des personnes dans le besoin le remboursement de réductions payées. 
</p><p>Il est plus que temps de redresser la barre en matière de réduction des primes. Cela, notamment aussi parce que les mesures mentionnées au début concernant les coûts entraîneront un transfert de traitements stationnaires vers le domaine ambulatoire et ainsi, tendanciellement, une hausse accélérée des primes (les prestations ambulatoires sont supportées à 100 % par les personnes qui paient les primes). 
</p><p>L'Union syndicale suisse (USS) demande que le fardeau des primes supporté par les ménages soit limité à 10 % au maximum du revenu net, selon un système solidaire impliquant et la Confédération et les cantons. </p>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5208</guid><pubDate>Thu, 07 Dec 2017 08:54:46 +0100</pubDate><title>Pas question d’oublier les droits humains, ni de donner un signal erroné !</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/pas-question-d-oublier-les-droits-humains-ni-de-donner-un-signal-errone</link><description>Accord de libre-échange avec la Turquie</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les négociations sur la modernisation de l'accord de libre-échange avec la Turquie sont sur le point de prendre fin. L'Union syndicale suisse (USS) demande que rien ne soit signé sans amélioration perceptible de la situation en matière de droits humains dans ce pays. </p><p>Vendredi 24 novembre, le Conseil des ministres de l'Association européenne de libre-échange (AELE) s'est mis d'accord sur le fond pour conclure les négociations au sujet de la modernisation et de l'élargissement de l'accord de libre-échange existant. Le nouvel accord devrait entre autres contenir un " chapitre sur la durabilité " relatif au respect de normes sociales et environnementales. 
</p><p>Dans une situation politique normale, une telle révision serait à saluer, l'économie suisse dépendant dans une grande mesure du commerce international. Ajouter à l'accord un chapitre sur les droits humains et les normes environnementales est, dans ce cadre, le résultat d'une revendication des syndicats et d'ONG. 
</p><p>Mais : la situation politique est depuis longtemps tout sauf normale en Turquie. Selon Amnesty International, plus de 130 000 employé(e)s de l'État - dont des dizaines de milliers d'enseignant(e)s et des centaines de juges et de syndicalistes - ont été licenciés et/ou emprisonnés depuis l'échec du coup d'État. De très nombreux maires membres de l'opposition ont été destitués et des parlementaires ont été incarcérés. Des centaines d'ONG ont dû stopper leurs activités, l'institution nationale des droits humains a été dissoute. Des dizaines de journalistes (aussi des étrangers) se trouvent en détention préventive et la Turquie n'a pratiquement plus de presse libre. 
</p><p>Dans ce contexte, la ratification prévue de cet accord est un signal totalement erroné. Cela, tant à l'adresse du gouvernement turc que pour tous les autres pays qui font pression depuis des mois sur le régime d'Erdogan. Ce serait là rendre un mauvais service à la population turque également, en particulier à la minorité kurde. L'accord visé avec la Turquie menace en outre la crédibilité de tous les chapitres sur la durabilité introduits dans ce genre d'accord depuis 2010. Il faut en effet partir de l'idée qu'en l'absence de mécanismes de sanctions, le gouvernement turc prouverait très rapidement que ces dispositions sont malheureusement sans grande valeur. 
</p><p>Suite à l'annexion de la Crimée par la Russie, l'AELE a gelé à juste titre le processus de négociation avec l'union douanière Russie-Biélorussie-Kazakhstan. Il n'y a aucune raison de se montrer plus souple avec la Turquie. C'est pourquoi l'USS a envoyé une lettre au Conseil fédéral pour lui demander de faire d'une amélioration substantielle de la situation en matière de droits humains une condition à la ratification de l'accord. </p>]]></content:encoded><category>Économie extérieure</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5206</guid><pubDate>Thu, 07 Dec 2017 00:00:00 +0100</pubDate><title>Vania Alleva: « Dans l’ensemble, les grèves ont toujours payé »</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/vania-alleva-dans-l-ensemble-les-greves-ont-toujours-paye</link><description>Les grèves au 21e siècle d’Unia revient sur le regain de luttes collectives depuis 2000</description><content:encoded><![CDATA[<p> Alors que les commémorations du centenaire de la grève générale de 1918 viennent de débuter, Unia publie un ouvrage sur les grèves au 21e siècle. Loin d'être un instrument désuet, le recours ultima ratio à la grève se justifie toujours plus face au durcissement d'un patronat qui souvent ne veut plus discuter. Il s'agit aussi pour les salarié(e)s de défendre leur dignité. Entretien avec Vania Alleva, présidente d'Unia et vice-présidente de l'USS : enjeux, enseignements et défis à l'ère du numérique.
</p><p><b>La Suisse connaît un regain de grèves depuis le tournant du siècle. Comment l'expliquer ?</b></p><p><b>Vania Alleva :</b> Il y a un durcissement général du côté patronal. Et, en raison du contexte économique plus difficile, c'est aussi plus compliqué d'arriver à améliorer les conditions salariales et de travail en négociant sans un véritable rapport de force. La grève est donc un instrument pour faire valoir les attentes des salarié(e)s, mais aussi pour amener la contrepartie à la table des négociations.
</p><p><b>Un des derniers conflits de travail, celui de l'EMS Notre-Dame à Genève, montre que le personnel réagit collectivement dans des secteurs d'activité toujours plus divers. Quels enseignements en tirer ?</b></p><p>La grève est un instrument de lutte collective qui n'est plus cantonné dans les secteurs traditionnels. C'est aussi l'instrument des employé(e)s de branches modernes des services. Plus aucune branche n'est à l'abri d'un conflit social. Un aspect central du nouveau cycle de grèves tient au rôle actif des salarié(e)s du secteur des services. Cela correspond à une féminisation grandissante. Toujours plus de femmes jouent un rôle de meneuses.
</p><p><b>Le droit de grève est inscrit dans la Constitution depuis 2000, mais la paix du travail est un des fondamentaux du partenariat social suisse. Quelle est la marge de manœuvre des syndicats dans ce contexte ?</b></p><p>En Suisse, la paix du travail est surtout dans les têtes, parce qu'on nous le répète depuis des décennies. En plus, les patrons essayent de criminaliser ces instruments de lutte collective. Il y a un travail de sensibilisation à mener : le droit de grève est un instrument légitime. Un syndicat qui n'est pas en mesure de mener une grève ne dispose pas d'un rapport de force lui permettant d'arriver à des résultats. C'est déterminant pour être au même niveau que les patrons à la table des négociations.
</p><p><b>La grève est-elle antipatriotique ou néfaste à la Suisse, comme le prétendent la droite et le patronat ?</b></p><p>Cela n'a rien à voir avec la nationalité. Au contraire, nous sommes de plus en plus souvent confrontés à un patronat qui ne prend pas au sérieux ses propres responsabilités, qui ne veut même pas discuter avec les syndicats des exigences des salarié(e)s. C'est plutôt cet aspect-là qui est antipatriotique. Ce n'est pas la grève qui est anti-suisse, mais un patronat qui ne respecte pas le partenariat social.
</p><p><b>Unia a soutenu une centaine de grèves depuis son existence, quel bilan en tirer, sur les plans matériel, humain et syndical ?</b></p><p>Dans l'ensemble, les grèves ont toujours payé ; contre des baisses de salaire et le dumping salarial; des licenciements ont parfois été évités, ou leur nombre réduit. Dans beaucoup de cas, nous avons pu au moins améliorer le plan social. Il est très rare qu'aucun des objectifs fixés n'ait été atteint. Même dans ce cas, les grévistes se disent : on aura au moins essayé. Mais une grève n'est jamais facile pour les salarié(e)s. Il faut donc de graves injustices pour que le personnel décide d'entrer en grève. Sur le plan humain, au-delà des conditions de travail ou d'une menace de licenciement, c'est souvent le manque de respect qui est le déclencheur.
</p><p><b>L'organisation du monde du travail a changé. Comment organiser une réponse collective dans des secteurs où les travailleurs sont de plus en plus isolés ?</b></p><p>C'est un grand défi non seulement pour les grèves, mais aussi pour le travail syndical que d'arriver à atteindre les gens dans un marché du travail toujours plus fragmenté. Mais comme les conditions de travail se précarisent et il faut davantage se défendre pour les améliorer. Nous devons trouver de nouveaux moyens de communication pour atteindre ces salarié(e)s, par exemple les contacter en dehors du travail, dans d'autres réseaux. Il faut aussi utiliser les moyens de communication actuels pour mener de nouvelles formes de lutte collective, un peu différentes de la grève traditionnelle.
</p><p><b>Une grève à l'ère du numérique, c'est possible ?</b></p><p>Oui, la numérisation peut aider à mener certaines grèves. Par exemple des grévistes allemands m'ont raconté comment ils ont paralysé le système informatique d'une entreprise : celle-ci ne pouvait plus ni envoyer, ni recevoir de mails. Nous devons donc aussi utiliser les instruments de l'ère du numérique pour de nouvelles formes de lutte collective
</p><h5>Grèves au 21e siècle</h5><p>Grèves au 21e siècle revient sur treize grèves qui ont marqué les deux premières décennies de ce siècle avec force témoignages et analyses. Des entretiens avec divers syndicalistes permettent ensuite d'entrevoir comment envisager et organiser des grèves. Le président de l'USS, Paul Rechsteiner, apporte pour sa part un éclairage juridique et politique sur les droits fondamentaux que sont le droit de grève et la liberté syndicale. Un panorama des pratiques, des rapports de force entre syndicats et employeurs et des droits dans l'Union européenne complète le tableau que dresse cet ouvrage très instructif.</p><ul><li>Vania Alleva et Andreas Rieger, Grèves au 21e siècle, Rotpunktverlag, Zurich, 2017</li></ul>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5205</guid><pubDate>Wed, 06 Dec 2017 14:20:40 +0100</pubDate><title>Les régions périphériques existent encore !</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/les-regions-peripheriques-existent-encore</link><description>Le Conseil des États freine le désengagement de la Poste</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil des États a accepté plusieurs interventions qui demandent que le retrait de la Poste de certaines régions soit freiné. Le Conseil fédéral doit maintenant revoir les critères d'accessibilité des offices de poste et des agences postales de sorte qu'à l'avenir, il y en ait encore aussi dans les régions périphériques. </p><p>La Chambre des cantons a freiné le désengagement de la Poste, mais n'a pas de solution au problème. Les ardents défenseurs d'une communication basée sur WhatsApp entre grands-parents et petits-enfants n'en ont pas non plus. Si certains de leurs commentaires faits pendant la session dénotent une certaine suffisance, lorsque certains d'entre eux demandent à la Poste de faire des régions des incubateurs d'innovations, ils ne sont pas à la bonne adresse. Ce n'est en effet pas la Poste qui assure la couverture numérique des vallées, mais Swisscom. Cette dernière travaille à nouveau mieux avec les petites entreprises électriques régionales et locales. La rapidité avec laquelle l'infrastructure numérique se développera ces prochaines années ne dépend pas tellement de la puissance financière des acteurs en présence, mais de la volonté des politiques. Nos élu(e)s devraient tous le savoir aussi : ni le marché ni l'évolution technologique ne pilote le service public. 
</p><h3>Ne pas sacrifier les régions périphériques pour augmenter un peu les bénéfices de la Poste </h3><p>C'est notamment parce que les entreprises d'infrastructure y sont en majorité ou totalement en mains publiques que l'approvisionnement en services est excellent en Suisse. La desserte des régions périphériques par les transports publics et leur approvisionnement en électricité, médias et services postaux sont la traduction d'une volonté politique. Celle-ci préserve la compétitivité et la viabilité des régions périphériques. On n'a pas le droit de renoncer tout simplement à pareille qualité que garantissent des labels suisses pour permettre à la Poste de faire encore un peu plus de profits. 
</p><p>Dans ce contexte, la décision du Conseil des États en faveur d'une meilleure accessibilité de la Poste dans tout le pays est quand même tournée vers l'avenir, même si les commentateurs des réseaux sociaux rient à gorge déployée, quand la direction de la Poste s'énerve. De fait, grâce au commerce en ligne, l'envoi de colis est en plein renouveau. Et l'envoi de lettres profite de sa popularité sans faille : les PME misent à nouveau plus sur la publicité glissée dans les boites aux lettres. Même les envois en nombre de lettres permettent de faire des bénéfices intéressants aussi à l'ère du numérique. Mais pour cela, on a besoin d'offices de poste ou d'agences postales aptes à faire face. 
</p><h3>Garde-fous </h3><p>Les décisions prises par le Conseil des États posent des garde-fous au groupe de travail chargé par Doris Leuthard de proposer des solutions au problème du service universel dans le domaine postal. Tout le monde attend impatiemment ces propositions. Et si en plus la Poste veut faire d'une des régions structurellement faibles un incubateur d'innovations, personne ne s'y opposera. Elle en aurait tout à fait la puissance financière, même en continuant à verser le salaire de ses facteurs et factrices. </p>]]></content:encoded><category>Poste</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5179</guid><pubDate>Thu, 23 Nov 2017 09:17:57 +0100</pubDate><title>Budget 2018 : ce qui a été promis à l&#039;AVS lui appartient!</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/budget-2018-ce-qui-a-ete-promis-a-lavs-lui-appartient</link><description>Le personnel de la Confédération à nouveau bouc émissaire ?</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Lors des négociations sur le budget 2018, les Chambres fédérales traiteront deux dossiers brûlants. D'une part, celui de l'AVS, qui doit recevoir SON argent. De l'autre, celui de l'austérité aveuglement appliquée sur le dos du personnel de la Confédération à laquelle il faut mettre fin une fois pour toutes.</p><p>À cause du rejet de Prévoyance vieillesse 2020 par le peuple, les finances de l'AVS ne recevront pas l'an prochain les milliards de TVA versés jusqu'à la fin de l'année à l'AI. De plus, la réforme des retraites aurait aussi entraîné une hausse de la participation de la Confédération au financement de l'AVS. Elle aurait en effet dû verser en 2018 442 millions de francs de plus au fonds de l'AVS. Cette dépense figure en conséquence également dans le budget 2018, mais le rejet de la réforme dans les urnes a aujourd'hui pour effet que la Confédération n'a plus à verser ce montant, ce qui pourra générer un excédent. 
</p><h3>442 millions pour l'AVS </h3><p>Pour l'USS, il est clair que cet excédent doit quand même profiter à l'AVS. La hausse de la participation de la Confédération au financement de l'AVS n'a fait l'objet de critiques ni pendant les délibérations du Parlement, ni durant la campagne qui a précédé la votation. En outre, l'AVS a besoin de moyens financiers supplémentaires. La Commission des finances du Conseil national a appliqué cette logique. Sa commission sœur des États aimerait au contraire faire partiellement profiter le Fonds d'infrastructure ferroviaire (FIF) de cet allégement budgétaire. 
</p><p>C'est là une divergence que les Chambres fédérales doivent éliminer pendant la session d'hiver au profit de l'AVS. Alors que le FIF peut compter, à partir de 2018, sur des recettes supplémentaires provenant de la TVA, la situation financière de l'AVS est toujours plus tendue. L'augmentation de la dépense faite par la Confédération pour l'AVS a été budgétisée. Pas question que cet argent serve à d'autres fins ! 
</p><h3>Économiser, économiser... </h3><p>Pour la troisième fois déjà, une minuscule majorité de la Commission financière du Conseil national, la droite pure et dure, veut économiser dans l'aide au développement et aux pays de l'Est, l'asile et les mesures de prévention. Mais c'est avant tout, et à tout prix, dans le budget du personnel de la Confédération que des coupes doivent être faites, selon elle ! Une minorité toujours battue de peu des commissions des deux Chambres fait front contre cette ligne radicale. 
</p><h3>Un nouveau gel des salaires ? </h3><p>De quoi est-il question dans ce budget ? La caisse de pensions PUBLICA doit adapter ses bases techniques. Une baisse du taux technique est donc à l'ordre du jour et, avec elle, des baisses des prestations supérieures à 10 % pour les employé(e)s de l'Administration fédérale si l'employeuse, n'injecte pas davantage de fonds. Le Conseil fédéral serait disposé à le faire, mais seulement en imposant pour la troisième fois un gel des salaires au personnel. Maintenant, il affecte simplement les 32 millions de francs budgétisés à l'origine pour une éventuelle compensation du renchérissement à la seule caisse de pensions. Globalement, il veut réaliser un financement additionnel de 64 millions de francs dans le budget 2018, la moitié, justement en réaffectant les mesures salariales budgétisées. Les associations du personnel ont mis en garde contre cet amalgame entre politique salariale et mesures relatives à la caisse de pensions, car c'est précisément ce qu'elles craignaient et que la Commission financière du Conseil national veut imposer maintenant : pas de financement additionnel pour le 2e pilier et pas de compensation du renchérissement. Mais un mince espoir subsiste que le personnel ne parte pas les mains complètement vides. En effet, une minorité de la Commission financière du Conseil des États veut non seulement garantir un financement additionnel pour le 2e pilier, mais aussi accorder la compensation du renchérissement. 
</p><h3>Rigueur budgétaire en tête </h3><p>Année après année, le Conseil fédéral essaie de prendre les devants sur les parlementaires fervents de démantèlement en pratiquant de lui-même à l'avance la rigueur budgétaire. Ainsi, il a déjà décidé, dans son Programme de stabilisation, de procéder dans son domaine propre, l'Administration, à une nouvelle coupe de 150 millions de francs pour l'année 2018. Mais la droite des politicien(ne)s spécialistes de finances le surpasse régulièrement : non seulement, elle ne veut rien donner du tout au personnel, mais elle vise par-dessus le marché une coupe supplémentaire de 152 millions de francs dans l'effectif du personnel. Il ne s'agit heureusement là que d'une proposition de minorité. Mais elle n'a été refusée que de justesse lors des débats de la commission... </p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5177</guid><pubDate>Tue, 21 Nov 2017 17:00:54 +0100</pubDate><title>Revenus élevés : une envolée effrénée</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/revenus-eleves-une-envolee-effrenee</link><description>Nouveaux chiffres sur la répartition des revenus en Suisse
</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Isabel Martinez, la nouvelle secrétaire centrale de l'USS, continue ses recherches sur la répartition des revenus. Dans sa toute dernière <a href="http://www.socialchangeswitzerland.ch/?p=1306" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">publication</a>, elle montre qu'en Suisse, les revenus des superriches continuent à augmenter. Et que, d'une année à l'autre, les plus riches sont très souvent toujours les mêmes. Nous lui avons posé quatre questions.</p><p><b>uss-infos : Isabel Martinez, tu es une spécialiste de la répartition des revenus. Les revenus des superriches ont-ils baissé à cause de la crise comme on pouvait s'y attendre ?</b></p><p>Non, cela n'a pas eu lieu. Si l'on a bien observé un léger recul chez les superriches en 2009, ceux qui ont été le plus concernés ont été le 0,01 % des contribuables. Le revenu de ces personnes provient pour une grande part de revenus de capitaux qui se sont brusquement effondrés à cause de la crise financière mondiale. Pour les moins riches, en particulier les 10 % supérieurs, mais aussi le 1 % supérieur, ce sont par contre les revenus du travail qui constituent l'élément fixe du revenu. Pour eux, le recul des revenus a été bien moindre. Mais, en comparaison avec la hausse continue des revenus élevés depuis le milieu des années 1990, le recul n'a fait que de freiner la tendance à la hausse observée. Celle-ci ne s'est pas inversée. Les chiffres les plus récents, jusqu'en 2013, indiquent en outre que les revenus élevés se sont déjà repris et que leur hausse se poursuit ; cela, également grâce à l'évolution positive des marchés mondiaux d'actions. 
</p><p><b>Qui sont les superriches de la Suisse ? S'agit-il avant tout de grands managers, de propriétaires d'entreprises, de personnes qui ont hérité d'un empire, de sportifs de haut niveau ? </b></p><p>Les données à ce sujet sont maigres. Je travaille avec des données fiscales anonymisées et celles de l'AVS qui ne donnent aucune information sur les personnes mêmes. Mais nous savons qu'il faut avoir un revenu annuel brut de tout juste 320 000 francs pour appartenir au 1 % supérieur des personnes professionnellement actives. Les grands managers, les propriétaires d'entreprises et les sportifs de haut niveau en font donc certainement partie. Mais de nombreux avocat(e)s et conseillers ou conseillères touchent également des traitements aussi importants. 
</p><p><b>On parle toujours de superriches et de gros salaires au masculin. Qu'en est-il des femmes ?</b></p><p>La réalité n'est pas belle. Parmi les 10 % supérieurs, il n'y avait que 14 % de femmes en 2010. Des 4 300 personnes les mieux rémunérées (le 0,1 % supérieur), elles étaient tout juste 190, soit 4,5 %. Ces chiffres sont accablants si l'on pense que pendant la même année, 46 % des personnes soumises à l'AVS étaient des femmes. La raison en est avant tout que nombre de femmes travaillent à temps partiel. 
</p><p><b>S'agit-il toujours des mêmes personnes d'une année à l'autre ? </b></p><p>Non, d'une année à l'autre, il y a des sorties et des entrées dans le club du 1 % supérieur. 20 % des personnes qui en sont membres une année n'en font plus partie l'année suivante. Cela signifie aussi, à l'inverse, que 80 % se retrouvent l'année suivante dans le 1 % supérieur des gros revenus. Après dix années, le renouvellement de ce dernier concerne 40 % tout juste des personnes. Ces chiffres sont comparables à ceux d'autres pays, États-Unis compris. Dans une nouvelle étude, je montre que la mobilité des revenus des gros salaires calculée ainsi n'a guère augmenté depuis la moitié des années 1990, malgré une inégalité croissante. Les revenus élevés ont donc augmenté, la probabilité de rester " au sommet " n'a pas diminué et les inégalités de revenu ont augmenté dans l'ensemble. </p>]]></content:encoded><category>Repartition</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5174</guid><pubDate>Tue, 21 Nov 2017 10:36:39 +0100</pubDate><title>Le droit du travail est déjà très flexible</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-droit-du-travail-est-deja-tres-flexible</link><description>Engagement du Conseil fédéral pour la protection de la santé</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Certains parlementaires bourgeois semblent être atteints par la fièvre de la dérèglementation. Sous couvert de divers prétextes, ils exigent la suppression des protections des travailleurs et des travailleuses. On a d’abord entendu que la numérisation exigerait davantage de travail de nuit, puis qu’en raison du franc fort, il faudrait travailler 60 ou 70 heures par semaine et enfin, que «&nbsp;la suppression de la bureaucratie&nbsp;» légitimait la liquidation des suppléments pour les heures supplémentaires. </p><p>Mais le Conseil fédéral l’écrit maintenant noir sur blanc&nbsp;: le droit du travail suisse permet d’organiser le temps de travail de manière très flexible. Aujourd’hui déjà, les horaires flexibles, l’annualisation du temps de travail ou même le travail sur appel sont largement répandus. Dans ce dernier cas, le droit du travail suisse apporte une extrême flexibilité en comparaison européenne&nbsp;: le Tribunal fédéral qui s’est positionné sur un emploi sur appel a maintenu que le temps de travail à effectuer ne devait même pas être obligatoirement déterminé ou déterminable dans le contrat de travail. Le droit du travail suisse autorise non seulement la flexibilité mais également des situations précaires. &nbsp;
</p><p>Le droit du travail suisse autorise aussi de faire travailler les salarié(e)s depuis partout&nbsp;: télétravail, desk-sharing. Depuis 2016, on peut aussi renoncer à l’enregistrement du temps de travail ou le simplifier (total journalier). En résumé&nbsp;: beaucoup de choses sont autorisées, presque tout est possible. 
</p><h3><b>Le niveau minimal doit être celui de la protection de la santé </b></h3><p>Le Conseil fédéral maintient à raison dans son rapport&nbsp;: il faut mettre certaines limites à la flexibilité sur la durée ou le moment de la prestation de travail. Le droit public de la protection des travailleurs et travailleuses prévoit pour la majorité des salarié(e)s une durée maximale de la journée et de la semaine de travail ainsi que des temps de repos. Il faut justifier d’un besoin urgent ou d’une indispensable nécessité pour pouvoir employer du personnel la nuit ou le dimanche.&nbsp; 
</p><p>Ce ne sont là ni des chicanes ni de la bureaucratie. Les régulations sur les temps de repos et de pause ont, selon le Conseil fédéral, surtout pour but de limiter la charge qui pèse sur les travailleurs et travailleuses. Ils doivent être protégés de journées de travail trop longues. C’est ainsi que les répercussions &nbsp;négatives sur la santé et les capacités de rendement doivent être évitées. 
</p><h3><b><span lang="FR-CH">Certaines branches peuvent profiter d’exceptions</span></b></h3><p>Le Conseil fédéral rappelle encore que l‘ordonnance 2 sur la loi sur le travail tient compte des particularités de certaines branches économiques par des dispositions spéciales. Cette ordonnance autorise d’autres temps de repos, d’autres durées hebdomadaires de travail ou p. ex. la possibilité de travailler le samedi ou le dimanche. Chaque branche ou chaque entreprise est libre de demander à bénéficier de telles exceptions ou d’en discuter dans le cadre du partenariat social. Le SECO peut même accorder des autorisations uniques à des entreprises. 
</p><p>Il est donc clair pour l’USS qu’il faut lutter par tous les moyens contre les initiatives parlementaires qui visent à déréguler encore plus un droit du travail déjà très flexible. Elles amèneraient en effet plus de stress, davantage de burn-out et de travail gratuit. Le rapport du Conseil fédéral montre que des interventions, comme la motion Portmann déposée au Conseil national, sont totalement injustifiées. Celle-ci veut autoriser les «&nbsp;partenaires sociaux&nbsp;» (non définis) à déroger aux prescriptions de l’ordonnance sur l’enregistrement du temps de travail. C’est une invitation à l’abus, or, c’est encore moins compréhensible que, depuis le 1<sup>er</sup> janvier, l’enregistrement du temps de travail a déjà été supprimé ou très fortement simplifié pour beaucoup d’employeurs. </p>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5173</guid><pubDate>Mon, 20 Nov 2017 16:21:12 +0100</pubDate><title>Le Parlement demande que la Poste remplisse son rôle de service public</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/le-parlement-demande-que-la-poste-remplisse-son-role-de-service-public</link><description>Session d‘hiver II : les deux chambres discutent de la stratégie de la Poste </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Est-ce que les politiciens vont quand même stopper la Poste avant qu’il ne soit trop tard&nbsp;? Le Conseil des Etats discutera intensément de la Poste le 30 novembre. Sept interventions sont sur la table dont certaines ont déjà été adoptées par le Conseil national. </p><p> Le Conseil des Etats a déjà accepté lors de la session d’automne une motion de sa commission sur la planification stratégique des offices de poste que le Conseil national traitera à son tour cet hiver. Plusieurs motions et initiatives parlementaires exigent une intervention contre le démantèlement très rapide du réseau d’offices de poste. La commission préparatoire de la Chambre haute refuse les interventions des cantons du Tessin et du Valais. Mais uniquement parce que leurs demandes figurent déjà dans les différentes motions que la commission recommande d’accepter et qui ont déjà été adoptées par le Conseil national. Cela permet d’accélérer le processus politique, car le temps presse puisque la Poste continue à créer une situation de fait accomplis en fermant les offices de Poste.  
</p><h3>Etude sur l’utilisation de la Poste</h3><p>Pendant ce temps, le groupe de travail initié par la Présidente de la Confédération sur le service universel rempli par la Poste a siégé deux fois sous une importante pression. Un report du traitement des interventions au Conseil des Etats était prévu jusqu’à ce que le groupe de travail ait présenté ses résultats. Le Conseil des Etats avance cependant. Les résultats d’un sondage représentatif effectué par demoSCOPE sur mandat de l’OFCOM au sujet de l’utilisation de la Poste par la population et les PME ont été publiés&nbsp;: alors que le trafic des paiements ne joue qu’un rôle accessoire, les offices de poste restent importants pour les colis et le courrier, les nouvelles offres de la Poste ne sont par contre que peu connues. Justement pour les PME d’une plus grande taille, les prestations des bureaux de poste sont centrales. Cette étude devrait avoir son importance dans le débat au Conseil des Etats. Le groupe de travail de Doris Leuthard ne siège par contre qu’en janvier. Mais alors avec un objectif clair du Parlement sur ce qu’on attend du service public de la Poste. &nbsp;&nbsp; </p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Poste</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5162</guid><pubDate>Thu, 09 Nov 2017 09:12:29 +0100</pubDate><title>Besoin urgent de rentes plus élevées: encore et toujours !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/besoin-urgent-de-rentes-plus-elevees-encore-et-toujours</link><description>Le programme de l’Assemblée des délégué(e)s de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lorsque les primes de l’assurance-maladie prennent l’ascenseur, les rentes AVS ne peuvent pas rester au sous-sol. Les délégué(e)s de l’USS ont donc exigé une augmentation des rentes AVS lors de leur assemblée du 3 novembre. Dans le deuxième pilier, il ne faut plus pouvoir réaliser de profits. &nbsp;</p><p>Le rejet du projet Prévoyance vieillesse 2020 a ruiné les chances de voir enfin une augmentation des rentes AVS. L’âge de la retraite des femmes est certes resté à 64 ans, mais de nombreux problèmes ne sont pas réglés et vont s’aggraver si rien n’est fait. 
</p><h3>Les problèmes subsistent</h3><p>Ainsi les primes de l’assurance-maladie et les autres dépenses de santé accaparent une partie toujours plus grande des rentes AVS. Les nouvelles rentes du deuxième pilier sont mises sous pression à cause de taux d’intérêt toujours bas, mais aussi parce que les banques et les assurances écument cette assurance à leur profit. Lorsque l’on ne trouve plus d’emploi à la fin de sa carrière professionnelle, on perd dans la plupart des cas le droit à la rente de sa dernière caisse de pension. De très nombreuses femmes ont des rentes modiques, voire médiocres. Pour ne pas aggraver ses déficits, l’AVS devra bénéficier de ressources supplémentaires ces prochaines années. Il faut que la nouvelle réforme de la prévoyance vieillesse résolve ces problèmes. Ce n’est qu’ensuite que les rentes de la prévoyance vieillesse pourront répondre à l’exigence constitutionnelle de maintenir «&nbsp;de manière appropriée son niveau de vie antérieur&nbsp;».
</p><p>C’est pourquoi, dans la perspective de la nouvelle réforme de la prévoyance vieillesse, l’Assemblée des délégué(e)s de l’USS du 3 novembre a décidé d’un paquet de mesures destinées d’une part à mettre la question du niveau des rentes au premier plan et d’autre part à réfréner la recherche de profits dans le deuxième pilier. 
</p><h3>Les primes de l’assurance-maladie accaparent de plus en plus les rentes</h3><p>A la retraite, le poste de la santé pèse particulièrement lourd dans le budget. Les primes de l’assurance-maladie et les dépenses de santé grimpent bien plus fortement que les rentes AVS. Les ménages de retraité(e)s disposent en conséquence de moins en moins de ressources de l’AVS pour répondre aux autres frais de subsistance. Dans ces vingt dernières années, les primes de l’assurance-maladie ont plus que doublé (+ 228&nbsp;%). Durant la même période, la rente AVS moyenne a aussi augmenté, mais de 21&nbsp;% environ, et n’a donc pas suivi le rythme des primes. La différence explique pourquoi une partie de plus en plus importante de la rente AVS sert à payer ces primes. S’y ajoutent les franchises, la quote-part et les dépenses de santé que les caisses-maladie ne couvrent pas.
</p><p>Des rentes plus hautes permettraient un rééquilibrage. Le secrétariat de l’USS étudiera et développera dans le courant de l’année prochaine des solutions concrètes pour réaliser cette revendication.&nbsp; 
</p><h3>Améliorer le niveau des rentes des femmes</h3><p>La situation de la rente des femmes est aussi restée au cœur des préoccupations. Car dans les prochaines décennies, les travailleuses qui partiront à la retraite auront certes été plus actives professionnellement que la génération précédante, mais n’en auront pas moins une mauvaise couverture de leurs besoins. En effet, elles auront été le plus souvent employées à temps partiel, auront connu des interruptions de carrière pour cause de charges familiales et dû accepter des salaires trop bas. Une dégradation du niveau des prestations à travers l’élévation de l’âge de la retraite des femmes, comme le proposent les employeurs et les partis bourgeois, ne peut donc être acceptée. Au contraire, il faudra améliorer le niveau des rentes des femmes.
</p><h3>Des cotisations plus élevées</h3><p>Le non au financement additionnel de l’AVS a supprimé des moyens dont elle avait besoin pour sa stabilité financière. Sans nouvelles ressources, des déficits apparaîtront dans l’AVS ces prochaines années. L’Assemblée des délégué(e)s estime qu’il faut l’éviter. Elle demande donc que la stabilisation des finances de l’AVS s’effectue par le biais d’une augmentation des cotisations salariales. 
</p><h3>Pas de profits dans le deuxième pilier</h3><p>Malgré le rejet de la réforme de la prévoyance vieillesse, les rentes des caisses de pensions sont mises sous pression. La baisse du taux de conversion est à l’ordre du jour de la plupart des caisses. Pour remédier à la baisse des rentes qui en découle, de nombreux assuré(e)s doivent épargner plus, en cotisant davantage ou plus longtemps. En même temps, le deuxième pilier reste une affaire lucrative pour les banques et les assurances. L’Assemblée des délégué(e)s de l’USS a donc demandé qu’une campagne syndicale soit menée contre les profits dans le deuxième pilier. Car des entreprises à la recherche de profits ne doivent pas pouvoir s’enrichir sur le dos d’une assurance sociale. </p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5160</guid><pubDate>Wed, 08 Nov 2017 14:45:34 +0100</pubDate><title>Egalité salariale: Une loi qui ait plus de mordant</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/egalite-salariale-une-loi-qui-ait-plus-de-mordant</link><description>Avancer!</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Les délégué(e)s de l'USS estiment qu'il faut rendre la loi sur l'égalité plus incisive. Alors seulement, l'égalité salariale pourra être efficacement soutenue. </p><p>Plus de 20 ans après l'entrée en vigueur de la loi sur l'égalité, les médias ne semblent plus s'offusquer qu'elle ne soit pas respectée. Ils ne considèrent qu'il ne vaut même plus la peine d'en parler. Ce n'est pas le cas des délégué(e)s de l'USS : ils ont lors de leur assemblée du 3 novembre 2017 décidé d'enfin mettre un terme à ce scandale qui perdure. Ils saisissent l'occasion de la révision actuelle de la loi sur l'égalité pour exiger des procédures définitivement plus incisives contre les discriminations salariale. 
</p><h3>Un tout petit premier pas </h3><p>La révision grâce à laquelle le Conseil fédéral veut inviter les entreprises à contrôler leurs salaires, est faible. Elle représente toutefois un petit pas dans la bonne direction. On doit d'ailleurs ce petit pas aux syndicats, aux femmes syndiquées surtout, comme ce fut le cas pour l'introduction de la loi sur l'égalité en 1996. Sans nous, sans notre engagement, sans notre travail de persuasion, auprès du Conseil fédéral également, les entreprises pourraient continuer à choisir librement si elles respectent le mandat constitutionnel ou pas. Au gré des humeurs et de la conjoncture. Elles devront désormais au moins s'en préoccuper. Les analyses régulières donneraient la possibilité aux entreprises ouvertes à l'égalité de corriger leur système salarial et d'adapter les salaires des femmes à ceux des hommes. Et contrairement aux dires d'organisations patronales et de politiciens bourgeois, beaucoup d'entreprises sont prêtes à le faire : selon un sondage réalisé en 2015, la moitié des entreprises accepteraient des mesures étatiques à cet égard, un quart les salueraient même. Les délégué(e)s de l'USS veulent aussi que ce tout petit pas vers l'égalité salariale soit fait et soutiennent le projet. 
</p><h3>Une autorité habilitée à faire des contrôles... </h3><p>Toutefois, les délégué(e)s de l'USS n'estiment pas que ce soit suffisant : les patrons qui ne veulent pas qu'on mette le nez dans la manière dont ils fixent les salaires, ceux qui paient moins les femmes parce qu'elles n'apportent qu'un salaire d'appoint et ceux qui partent du principe que les femmes fournissent moins de prestations que les hommes doivent être soumis à la loi. Quand la loi sur l'égalité en était encore au stade de projet, il était clair que l'Etat devait aussi assumer des responsabilités. Une autorité habilitée à contrôler et à sanctionner était déjà prévue, mais le Parlement l'avait ensuite supprimée. Elle reste nécessaire, comme les évaluations et les enquêtes le montrent régulièrement. 
</p><h3>... et à sanctionner </h3><p>Les délégué(e)s de l'USS exigent donc que la responsabilité de mettre en œuvre la loi sur l'égalité ne soit plus du seul ressort des entreprises et des femmes. Il faut plutôt instaurer une autorité qui puisse contrôler par sondages et sur demande des employé(e)s et de leurs représentant(e)s si les entreprises analysent leurs salaires et suppriment les discriminations. Et si cela ne devait pas être le cas, cette autorité doit aussi pouvoir prononcer des sanctions. Ce n'est qu'ainsi que nous pouvons arriver à rendre la lutte contre les discriminations suffisamment contraignante. Les syndicats exigent en outre d'être davantage impliqués dans la mise en œuvre de la loi, comme le projet de loi le prévoit. 
</p><h3>Le réveil doit sonner </h3><p>L'USS va lutter pour cette amélioration dans la société et au Parlement. Un mouvement fort et uni de syndicats et de femmes doit réveiller la politique et les médias afin que le scandale rampant des discriminations salariales ne continue pas à infester la société, mais, au contraire, soit fermement éradiqué. Les délégué(e)s de l'USS veulent rassembler les forces et tout mettre en œuvre pour que la révision de la loi puisse amener des améliorations. Une initiative, comme l'AD de mars l'avait demandée, serait alors prématurée. L'USS sera donc prête, si la révision de la loi devait échouer, à lancer au besoin une initiative. </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5140</guid><pubDate>Thu, 26 Oct 2017 09:01:28 +0200</pubDate><title>Que signifie le libre-échange  pour les syndicats ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/que-signifie-le-libre-echange-pour-les-syndicats</link><description>Un colloque de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">TISA/AGCS, TTIP, CETA ? Toute tête syndicale bien pleine sait de quoi il s'agit. Mais est-ce vraiment le cas ? ça le sera sans doute, une fois qu'elle aura participé au colloque syndical sur le libre-échange.</p><p> La gauche et, donc, aussi les syndicats ont depuis longtemps des débats critiques et souvent aussi controversés sur la politique en matière de libre-échange. Rien d'étonnant à cela, car la nouvelle génération des milieux qui croient au libre-échange demande avec toujours plus d'insistance un accès global du secteur privé à un nombre aussi grand que possible de services. Les réglementations politiques des États-nations et le service public risquent alors de devoir se contenter de jouer les seconds violons. Des tribunaux privés de commerce et également, ce qui est nouveau, des tribunaux destinés à protéger les investissements représentent un danger pour la compétence des États, mais aussi pour les droits sociaux fondamentaux. 
</p><p>Admettons-le, Trump freine actuellement l'élargissement du libre-échange. Le débat s'est calmé. S'y ajoute que le protectionnisme gagne aussi en importance dans d'autres pays. Pour l'heure, on est en plein blocage et l'actuelle politique en cette matière se caractérise par son manque de clarté. Mais cela peut rapidement changer. 
</p><h3>Colloque sur le libre-échange et les syndicats </h3><p>Ce manque de clarté précité sera précisément au centre d'un colloque (français/allemand) que l'Union syndicale suisse (USS) organise le 24 novembre à Berne. À cette occasion, nous aimerions nous poser les questions suivantes : </p><ul><li>Comment les syndicats et les autres forces progressistes se positionnent-ils ?</li><li>Qu'est-ce qui nous différencie de Trump et consorts ?</li><li>Où se situent, dans le domaine des services publics et des clauses sociales, les frontières, les limites de ce qui est négociable ?</li></ul><p>Les ateliers et les interventions traiteront entre autres les sujets suivants : </p><ul><li>accords de libre-échange et services publics sous l'angle de la privatisation,</li><li>accords de libre-échange, infrastructures et transports,</li><li>projets transfrontaliers pour une Europe sociale,&nbsp;</li><li>évolution du droit européen sur la mobilité : quelle importance pour le marché du travail suisse ?</li></ul>]]></content:encoded><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5138</guid><pubDate>Tue, 24 Oct 2017 14:58:25 +0200</pubDate><title>Apprentissage : 9 500 jeunes sur le carreau !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/apprentissage-9-500-jeunes-sur-le-carreau</link><description>Un baromètre des places d’apprentissage trop optimiste </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le baromètre des places d'apprentissage publié le 19 octobre 2017 par le Secrétariat à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) est trop optimiste. L’USS demande que la surveillance de l’apprentissage soit renforcée. </p><p class="Texte">Le nouveau baromètre des places d’apprentissage minimise les difficultés que rencontrent les jeunes sur le marché des places d'apprentissage. Si l'offre des places dépasse en chiffres absolus la demande, la situation des jeunes n'est cependant pas aussi rose. La demande de places d'apprentissage a augmenté de 13&nbsp;% par rapport à 2017, alors que le nombre de places proposées n’a augmenté que de 3&nbsp;%. Près de 9&nbsp;500 jeunes n'avaient pas trouvé de place d'apprentissage ou d’autre solution au 31 août 2017.</p><p class="Texte">Plusieurs branches proposent aujourd'hui un nombre de places insuffisant. C'est le cas notamment dans les métiers majoritairement féminins comme la santé et le social. Pour cette raison, les jeunes femmes sont souvent contraintes de postuler beaucoup plus souvent que les jeunes hommes. Une situation insatisfaisante et discriminatoire. </p><p class="Texte">De l'autre côté, dans plusieurs branches, un nombre important de places ne sont pas occupées, notamment dans les métiers de la construction et des services. Les employeurs mettent la faute sur les jeunes, qui ne seraient pas à la hauteur, ou sur le manque de publicité faite dans les écoles ou auprès des familles. En réalité, les branches concernées sont souvent celles où les jeunes sont vite considérés comme une main-d'œuvre bon marché et où la qualité de la formation et les mesures de sécurité passent au second plan. </p><p class="Texte">C'est pourquoi l'USS demande que la Confédération et les cantons renforcent la surveillance de l'apprentissage et veillent à améliorer la mise en œuvre des mesures de protection en faveur des apprenti(e)s.</p>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5135</guid><pubDate>Mon, 23 Oct 2017 13:34:47 +0200</pubDate><title>Le Conseil fédéral préfère les jeux olympiques au congé paternité</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/le-conseil-federal-prefere-les-jeux-olympiques-au-conge-paternite</link><description>Deux poids, deux mesures</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La majorité masculine de droite du Conseil fédéral a non seulement envoyé balader la modeste initiative en faveur d’un congé paternité, mais aussi les propositions de contre-projet du conseiller fédéral Berset. Cela coûte trop cher, voilà sur quoi s’appuie l’argumentation. </p><p>Les 420 millions annuels que coûterait le congé paternité de quatre semaines sont trop chers pour les hommes du Conseil fédéral. Ce dernier a par contre trouvé le même jour les milliards nécessaires à une candidature aux jeux olympiques. 
</p><h3>La Suisse est la lanterne rouge en matière de congé paternité </h3><p>Quand il s’agit du droit à un congé parental pour la naissance d’un enfant, la Suisse est à la traîne de l’Europe&nbsp;: alors que dans l’UE, les parents peuvent prendre chacun au moins quatre mois de congé parental par enfant, les jeunes parents ont ici 14 semaines de congé maternité et juste un jour de congé paternité. Cela suffit à peine pour que les pères puissent assister à la naissance de leur enfant et que les mères puissent s’en remettre. La nouvelle organisation et la création d’une entité en tant que famille famille ont définitivement besoin de plus de temps. 
</p><p>De l’avis du Conseil fédéral, c’est l’affaire des employeurs et des partenaires sociaux. Le Gouvernement veut pour sa part se concentrer sur l’accueil extra-familial des enfants et prévoit pour cela un dixième du budget des jeux olympiques&nbsp;: 100 millions d’aide financière pendant cinq ans… 
</p><h3>Les syndicats continuent à aller de l’avant </h3><p>Les syndicats font leurs devoirs&nbsp;: le développement du congé paternité a été un des fers de lance des améliorations apportées dans les CCT, plus d’un père profite donc d’un congé paternité d’une, deux semaines, ou encore plus. Mais il est inacceptable que les solutions pour les parents dépendent de la collaboration des employeurs ou non. Car beaucoup d’entre eux craignent les coûts et l’organisation que l’absence payée des pères implique. Ce qu’ils acceptent sans broncher pour les cours de répétition annuels serait subitement un problème à la naissance d’un enfant comme si apprendre à tuer serait un objectif plus noble que d’accompagner un enfant pour sa venue au monde. 
</p><p>Raison pour laquelle un minimum légal supérieur à un jour est urgemment nécessaire. Le Conseil fédéral justement, qui veut encourager l’intégration dans le marché du travail des femmes par l’initiative visant à combattre la pénurie de personnel qualifié devrait avoir un intérêt à répartir la responsabilité de l’éducation des enfants entre les deux parents. Un congé paternité serait un premier petit pas, mais urgemment nécessaire. 
</p><h3>La famille&nbsp;: pas seulement une affaire privée</h3><p>Les autres étapes importantes que l’USS demande depuis longtemps déjà sont un congé maternité plus long payé à 100&nbsp;% et 12 semaines de congé parental chacun qui permettent non seulement un bon départ dans la vie de famille, mais qui facilitent aussi l’organisation ultérieure du quotidien. Cela permettrait aux parents de repenser la représentation enlisée des rôles et s’occuper ensemble des revenus de la famille et de l’éducation des enfants. La famille n’est pas qu’une affaire privée&nbsp;: elle est l’affaire des hommes et des femmes, et, si la Confédération est sérieuse avec l’initiative visant à combattre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, également celle des pouvoirs publics. La Suisse doit créer un avenir où le grand événement unique n’est pas plus important que le travail familial permanent. L’initiative en faveur du congé de paternité offre cette chance. </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5121</guid><pubDate>Tue, 03 Oct 2017 14:23:00 +0200</pubDate><title>Ne pas affaiblir l’obligation d’annonce</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/ne-pas-affaiblir-l-obligation-d-annonce</link><description>Mise en œuvre de l&#039;initiative du 9 février: le taux de chômage doit rester à 5%</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’obligation d’annonce des postes vacants décidée dans le cadre de la mise en œuvre de l’art. 121a Cst. (initiative contre l’immigration de masse) doit bénéficier aux chômeurs et chômeuses âgés. Cette obligation doit être conçue de telle sorte que dès son introduction, les personnes concernées aient réellement accès aux offres d’emploi. L’USS estime donc que dès le départ, que le seuil de chômage à partir duquel les postes vacants doivent être annoncés doit être de 5%. Mais il ne faut pas conditionner cette obligation à un taux de 8% dans un premier temps à un taux 8%, comme le proposent les cantons.
</p><p class="bodytext">L’échelonnement voulu par les cantons qui aurait trouvé un écho favorable auprès du Conseil fédéral, selon la NZZ am Sonntag et d’autres médias, fait courir le risque que l’obligation d’annonce ne soit tout simplement contournée par les entreprises. Il instaurerait en outre une insécurité du droit pour les entreprises. </p><p class="bodytext">Il est actuellement très facile pour les entreprises d’annoncer les postes vacants (p. ex. sur <a href="http://www.job-room.ch" target="_blank" rel="noreferrer">www.job-room.ch</a>). Il est par contre possible de faire preuve de flexibilité en ce qui concerne le délai pendant lequel les postes vacants sont exclusivement communiqués aux ORP. Tout particulièrement dans la phase d’introduction de cette nouvelle réglementation. Les ORP devraient rapidement communiquer aux entreprises s’ils n’ont probablement pas ou seulement peu de candidats appropriés. Le délai d’attente devrait alors tomber.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5119</guid><pubDate>Tue, 03 Oct 2017 14:00:20 +0200</pubDate><title>Repenser le paysage médiatique </title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/repenser-le-paysage-mediatique</link><description>mediaFORTI: appel pour des médias forts en Suisse</description><content:encoded><![CDATA[<p class="Text"><span lang="DE-CH">Le quatrième pouvoir est en danger. </span>Dans le monde entier. En Suisse, le paysage médiatique dibut des transformations radicales. Modèles d’affaire caducs, disparition de journaux ou de magasines, concentration des médias en peu de mains, large perte de qualité, attaques des médias de service public ne sont quelques mots-clés qui décrivent cette révolution. Une telle dégradation de la presse est dangereuse pour notre démocratie. Toujours plus de monde le ressent. Raison pour laquelle le groupe mediaFORTI, composé de journalistes, d’éditeurs, de producteurs et d’intellectuels a lancé un appel à repenser le paysage médiatique suisse.  </p><p class="Text"><a href="https://www.mediaforti.ch/fr/" target="_blank" rel="noreferrer">Lire l’appel et le signer</a></p>]]></content:encoded><category>Communication et medias</category><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5113</guid><pubDate>Thu, 28 Sep 2017 14:36:27 +0200</pubDate><title>Briser l&#039;élan débordant des entreprises de service public</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/briser-lelan-debordant-des-entreprises-de-service-public</link><description>Le Conseil des Etats estime le service universel, mais critique les entreprises publiques</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lorsqu’on fait dévier deux grandes entreprises comme la Poste et les CFF de leur trajectoire alors qu’elles foncent à pleine vitesse, on peut dire qu’il s’agit d’un signal fort. Comme celui donné par le Conseil des Etats lors de cette session d’automne. </p><p>En plénum, le Conseil des États a fait passer un moratoire sur la fermeture des points de vente de billets CFF gérés par des tiers. La présidente de la Confédération a essayé en vain de dissuader les conseillères et conseillers aux Etats d’intervenir à ce sujet. Plus elle argumentait, moins nombreux étaient, selon elle, les points de vente menacés de fermeture. A la fin de son plaidoyer, il n’y avait en tout plus que dix points de vente litigieux et 0,8&nbsp;% des billets&nbsp;! Mais tout cela ne servit à rien.
</p><p>Il lui appartient désormais de faire en sorte que les CFF s’abstiennent de toute nouvelle fermeture de ces points de vente jusqu’en 2020. Et elle ferait bien de s’engager sérieusement pour cela, car la grogne suscitée par ce grand fournisseur de service universel était palpable pendant cette session. 
</p><h3>Ne pas réorganiser la Poste sans contrôle </h3><p>Le Conseil des États a aussi mis les bâtons dans les roues de la Poste dont la politique de démantèlement des offices postaux provoque depuis longtemps une énorme colère, plus uniquement dans les campagnes mais désormais aussi dans les villes. Face aux critiques, la présidente de la Confédération voulait prendre les devants en créant avant la session un groupe de travail sur le service universel postal. Cette méthode typiquement suisse (la mise en place d’un groupe de travail) n’a pas empêché la Chambre haute de traiter la motion de sa commission sur la planification des offices postaux. Le Conseil fédéral sera obligé «&nbsp;d’exiger de la Poste, sans tarder, qu'elle lui remette un schéma de planification du réseau postal.&nbsp;». Et le Conseil des Etats a aussitôt esquissé ce que nous attendions&nbsp;: la transparence sur les intentions, une stratégie à long terme, l’évaluation des besoins de clients en matière de service à domicile et d’agences ainsi que l’analyse des critères d’accessibilité. Des propositions doivent en outre être élaborées dans un délai d’un an. &nbsp;
</p><p>La présidente de la Confédération y était opposée. Plus elle s’exprimait à la tribune, plus le déficit des offices postaux croissait. De 200 millions de francs aujourd’hui encore, il serait déjà de 400 millions en 2022. Désirer un boucher, un magasin et une poste dans chaque village serait romantique, mais pas contemporain. 
</p><p>Cela ne servit à rien, le Conseil des Etat a transmis la motion avec 31 voix contre 5. 
</p><h3>Oui au modèle de redevance dans les médias de service public</h3><p>Court répit pour la SSR dans le dénigrement permanent&nbsp;: à l’issue d’un débat émotionnel et engagé qui a vu 69 politicien(ne)s monter à la tribune, le Conseil national a rejeté l’initiative «&nbsp;No Billag&nbsp;» avec 122 voix contre 42. Le contre-projet de l’UDC, secondée par economiesuisse et qui prévoyait de diviser par deux la redevance, a été rejeté en plénum, un peu moins clairement, mais avec une majorité tout aussi claire de 108 voix contre 70. C’est un bon point de départ pour la campagne contre l’initiative qui reste tout de même dangereuse. Le Conseil national a sauvé le modèle de la redevance, mais n’a toutefois pas défendu coûte que coûte la SSR. Les votes ont été différenciés. 
</p><p>La SSR continue à provoquer avec la plateforme publicitaire Admeira. Le Conseil des Etats a transmis la motion de sa commission des transports et des télécommunications (CTT) qui demande que des coopérations de la SSR avec d’autres partenaires médiatiques contribuent au renforcement de la diversité des opinions et des offres. </p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Communication et medias</category><category>Poste</category><category>Transports</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5111</guid><pubDate>Wed, 27 Sep 2017 14:34:13 +0200</pubDate><title>La réforme des retraites: une occasion manquée</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/la-reforme-des-retraites-une-occasion-manquee</link><description>Mais les objectifs de Prévoyance vieillesse 2020 sont toujours d&#039;actualité</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le refus de Prévoyance vieillesse 2020 est un revers douloureux du point de vue social. Ou plus exactement&nbsp;: une belle occasion manquée pour effectuer des progrès sociaux. Le projet aurait solidement financé l’AVS pendant plusieurs années. </p><p>Et le système des retraites aurait été modernisé d’une manière sociale, avec des avantages pour presque tous et toutes. 
</p><h3>Le Non est plus facile</h3><p>Le résultat de la votation confirme une fois de plus que quand il s’agit de retraites, le Non est plus facile qu’un Oui à un changement. A y regarder de plus près, ce furent surtout des arguments relevant de la politique sociale qui ont conduit au Non. Les associations économiques ne se sont pas limitées, dans leur campagne, à dresser les générations les unes contre les autres. Elles avaient, avec leurs alliés de droite, toujours refusé des améliorations aux retraité(e)s. Leurs affiches arboraient pourtant le slogan «&nbsp;Punir les retraités&nbsp;» parce que les retraité(e)s ne recevaient pas le supplément AVS. Beaucoup de personnes âgées qui ont de la peine à nouer les deux bouts avec leurs rentes ont suivi cet argument. Cela ne parle toutefois pas en faveur de rentes AVS moins bonnes, mais plutôt meilleures pour tout le monde. Les opposant(e)s à la réforme risquent encore de trébucher sur leur propre campagne. 
</p><p>Beaucoup de femmes ont voté Non parce qu’elles ne pouvaient accepter le relèvement de l‘âge de la retraite. Et cela d’autant plus que les femmes en Suisse gagnent toujours significativement moins que les hommes. L’égalité salariale qui n’est toujours pas réalisée après l’acceptation de l’article constitutionnel à ce sujet était et demeure un facteur important dans la question de la formation de l’opinion. 
</p><h3>Protestation contre les caisses de pension</h3><p>La détérioration continue des rentes des caisses de pension a aussi régulièrement provoqué un important mécontentement dans le débat indépendamment de la votation sur la loi. Cela en a motivé plus d’un à déposer un Non dans l’urne en signe de protestation. 
</p><p>S’il y a une leçon à tirer immédiatement de la votation, c’est que la proposition de financement a mieux passé que le projet de loi. Il en était allé autrement par le passé. Ce qui signifie qu’une majorité en faveur d’un financement additionnel pour l’AVS serait à portée de main. Quant à savoir si la sagesse et la clairvoyance politiques sont là pour se concentrer dans un premier temps seulement sur le financement additionnel, permettez-moi d’en douter. Ce serait rapidement réalisable à condition que la volonté politique soit là, si cela passait par la cotisation salariale d’un pour mille presqu’incontestée pendant la campagne de votation. Car aucune votation obligatoire ne serait nécessaire à ce sujet. 
</p><h3>Continuer à défendre les retraites</h3><p>Pour les syndicats, il reste clair que les retraites seront défendues contre tout démantèlement. Que nous ayons échoué de peu dimanche ne change rien au fait que les victoires syndicales contre le démantèlement des retraites lors des votations de 2004 et 2010 ont été bien plus importantes (plus de deux tiers ou 70% de Non). Les vainqueurs de dimanche vont bientôt butter contre leurs limites. 
</p><p>Malgré la défaite de dimanche, une AVS forte reste un objectif central de la lutte syndicale. Il y a 70 ans déjà, l’introduction de l’AVS n’a été possible que parce que le mouvement ouvrier ne s’était pas laissé décourager, malgré plusieurs échecs et avait continué à lutter. Il y a un an, l’initiative AVSplus a obtenu 40% d’acceptation. Pour Prévoyance vieillesse 2020, ce sont presque 48% de voix favorables. L’objectif d’améliorer les rentes AVS reste d’actualité. Indépendamment de l’occasion manquée dimanche. A elle seule, la diminution des rentes des caisses de pension due aux taux d’intérêt bas sur le marché des capitaux le justifie. Ainsi que l’augmentation des primes-maladie qui est toujours moins couverte par les rentes AVS. </p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Prévoyance professionnelle</category><category>Politique sociale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5106</guid><pubDate>Wed, 27 Sep 2017 11:40:56 +0200</pubDate><title>Formation professionnelle supérieure : hausse des subventions</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/formation-professionnelle-superieure-hausse-des-subventions</link><description>La fermeté des syndicats a payé !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Dès l'an prochain, toute personne se préparant à un examen professionnel fédéral sera financièrement soutenu, directement et dans une mesure fortement accrue. Le Conseil fédéral en a décidé ainsi à la mi-septembre. Aussi sous la pression des syndicats. </p><p>Le 15 septembre, le Conseil fédéral a approuvé le nouveau financement des cours préparatoires aux examens professionnels fédéraux. Dès le 1er janvier 2018, toutes les personnes ayant suivi des cours préparatoires agréés et l'examen, sans nécessairement le réussir, pourront demander le remboursement a posteriori de 50 % des coûts effectifs de formation. Le remboursement maximal atteindra 9 500 francs pour les examens professionnels et 10 500 francs pour les examens professionnels supérieurs. Cette nouvelle subvention fédérale corrigera enfin une inégalité entre la formation professionnelle et la formation générale puisque les cours préparatoires peuvent dépasser les 20 000 francs, alors que les taxes d'études dans une haute école sont de l'ordre de 6 000 francs pour le niveau Bachelor. Voilà déjà une victoire d'étape. 
</p><h3>En l'absence de moyens, des avances seront possibles </h3><p>Mais il y a mieux encore ! En effet, sur la pression des milieux de gauche et syndicaux, un régime d'exception a été introduit par le Parlement, contre l'avis du Conseil fédéral et de son Administration. Pour les personnes ayant des difficultés financières, il sera désormais possible d'obtenir une avance sur le remboursement afin qu'elles ne renoncent pas à se former faute de moyens. Lors de la consultation concernant cette nouvelle subvention, nous avions découvert avec stupéfaction que pour avoir droit à cette avance, une personne seule sans enfant devait justifier d'un impôt fédéral direct nul, ce qui correspond à un revenu mensuel brut de 2 107 francs. Qui peut vivre décemment avec un tel salaire en Suisse ? Personne ! Raison pour laquelle l'USS avait contesté avec fermeté ce seuil et demandé qu'il soit revu à la hausse en proposant un modèle alternatif fondé sur la loi sur les prestations complémentaires. Pour mémoire, cette loi avait également été utilisée comme référence pour le salaire minimum introduit dans le canton de Neuchâtel. Selon nos calculs, le revenu mensuel brut aurait alors été de 3 300 francs, ce qui n'est pas encore la panacée, mais une amélioration substantielle. Or, voilà que le Conseil fédéral revoit sa copie et relève ce seuil à 3 200 francs. Une belle victoire pour les syndicats ! Et surtout une aide bienvenue pour les personnes concernées, qui pourront améliorer leurs conditions de travail et d'existence grâce à une nouvelle qualification. </p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5099</guid><pubDate>Wed, 20 Sep 2017 14:35:35 +0200</pubDate><title>Fragments de la session d’automne</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/fragments-de-la-session-d-automne</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p><b>L’élection au Conseil fédéral et le débat qui ne fait que commencer sur la suppression des re-devances radios et télévision ont occupé la première moitié de la session. Petit coup de projec-teur sur trois interventions qui n’ont pas bénéficié des feux de la rampe médiatique.</b></p><p>&nbsp;</p><h3>Moratoire sur la suppression des points de vente de billets CFF gérés par des tiers </h3><p>Il est possible d’acheter des billets CFF auprès des communes, des offices de poste, dans des magasins Migros ou ailleurs encore, dans ce que l’on nomme des points de vente gérés par des tiers. Les CFF voulaient liquider progressivement ces offres à l’époque de l’évolution digitale. Ils prévoient la fermeture de 52 de ces points de vente jusqu’à début 2018. 
</p><p>L’agenda prévu a soulevé des oppositions. La commission compétente de la Chambre basse a exigé que ce démantèlement soit soumis à un moratoire (jusqu’à 2020). La motion a franchi le cap du Conseil national cet été. Le Conseil des Etat l’a aussi acceptée le 13 septembre contre l’avis du Conseil fédéral et de la majorité de la commission. Ces derniers estimaient que la politique n’avait pas à se mêler des affaires d’une entreprise, même si cette entreprise est de de service public. L’argument principal des partisans du moratoire&nbsp;: les personnes exclues de la numérisation doivent pouvoir conserver un accès à l’achat de billets. «&nbsp;Les CFF devraient fonctionner sans obstacles pour toute la population&nbsp;», a commenté Paul Rechsteiner. 
</p><p>C’est au tour du Conseil fédéral de reprendre le dossier - affaire à suivre. 
</p><p>&nbsp;</p><h3><b>Pas de meilleure protection contre le dumping salarial au Tessin</b></h3><p>La conseillère nationale Marina Carobbio (PS TI) a demandé par une motion que les mesures d’accompagnement soient optimisées dans les cantons particulièrement concernés par le dumping salarial. Elle visait l’élargissement des conditions permettant de déclarer une CCT de force obligatoire. Le conseiller national UDC tessinois Lorenzo Quadri a pour sa part demandé dans un postulat allant dans la même direction de faciliter les conditions pour fixer des salaires minimums cantonaux différenciés qui ne se basent pas uniquement sur le minimum octroyé par l’aide sociale. 
</p><p>Les deux interventions ont été rejetées par le Conseil fédéral et le 18 septembre par le Conseil national. Le PS et les Verts ont massivement voté en leur faveur, la droite tout aussi massivement contre.
</p><p>&nbsp;</p><h3>Pas de formation continue particulière pour les mères célibataires</h3><p>La conseillère nationale Martina Munz (PS SH) a demandé par une motion d’améliorer l’intégration sur le marché du travail des mères célibataires dans le cadre de l’initiative contre la pénurie de personnel qualifié, grâce à des formations continues et de rattrapage. Elle motive sa demande par le fait qu’une famille monoparentale sur six est pauvre. Et, pour atteindre ces personnes, il faut un programme qui soit taillé sur mesure, en raison de leur charge globale. Le Conseiller fédéral Schneider-Ammann ne voit pas de raison particulière d’agir puisque la formation continue est tout d’abord une question de «&nbsp;responsabilité individuelle&nbsp;» et ensuite «&nbsp;dans l’intérêt de l’employeur&nbsp;». Beaucoup est déjà entrepris à cet égard. Obéissante, la droite a suivi&nbsp;: avec 60 Oui contre 125 Non, la motion a été rejetée le 18 septembre. </p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Égalité des sexes</category><category>Services Publics</category><category>Transports</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5088</guid><pubDate>Fri, 15 Sep 2017 11:52:42 +0200</pubDate><title>Jeu cynique envers les bénéficiaires de prestations complémentaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/jeu-cynique-envers-les-beneficiaires-de-prestations-complementaires</link><description>Arguments hypocrites du PLR et UDC contre Prévoyance vieillesse 2020</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Des rentes AVS plus élevées, une meilleure prise en compte des bas revenus dans la prévoyance professionnelle, plus de flexibilité pour prendra sa retraite : Prévoyance vieillesse 2020 est un grand pas en avant pour les bas revenus. Le PLR et l'UDC sont d'autant plus hypocrites et cyniques lorsqu'ils prétendent se soucier des bénéficiaires de prestations complémentaires (PC).</p><p>Dans la réforme des PC, ils s'engagent précisément pour des baisses. D'ailleurs, ce sont justement eux qui combattent Prévoyance vieillesse 2020 et, donc, l'augmentation des rentes qui permettrait pourtant à des milliers de personnes de ne plus devoir recourir aux PC.</p><p>Les syndicats et les partis de gauche s'engagent pour des rentes qui permettent de vivre dignement une fois à la retraite. La Constitution l'exige. " Prévoyance vieillesse 2020 augmente les rentes AVS de 840 francs par année et permet une bien meilleure prise en compte du temps partiel et des bas revenus dans le 2e pilier. La réforme libère des milliers de personnes de leur dépendance à l'égard des prestations complémentaires, et est de fait un grand progrès social. ", déclare la conseillère aux États (GE) Liliane Maury Pasquier.</p><p>Les employeurs, economiesuisse, le PLR et l'UDC jouent ici à un jeu cynique. D'abord, ils combattent l'augmentation des rentes AVS, ce qui amène toujours plus de retraité-e-s à recourir aux PC. Ensuite, dans le cadre de la réforme des PC, ils se battent pour une baisse de ces dernières. Et maintenant, pendant la phase finale de la campagne, ils jouent les défenseurs des bénéficiaires de PC. Et, ils occultent consciemment le fait qu'aucun bénéficiaire actuel de PC ne verra sa situation se dégrader, puisque la réforme ne touchera que les nouveaux retraité-e-s.</p><p>Prétendre qu'un-e bénéficiaire de PC ayant un revenu de 30 000 francs devrait payer chaque année 144 francs de plus de TVA, c'est même une " fake news ". De fait, un rapide calcul montre que cette personne ne subirait cette dépense supplémentaire que si elle achetait pour 48 000 francs, pour un revenu annuel de 30 000 francs...Cela montre deux choses : le PLR et l'UDC n'ont aucune idée de la réalité vécue par les gens qui ont peu d'argent. Et ils ne craignent pas de manipuler les chiffres pour tromper les gens.</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category><category>Politique sociale</category><category>Prestations complémentaires</category><category>AVS</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/d/f/csm_Simon_Bleasdale_flickr_CC-BY-NC-ND2_alte_Frau_mensch_spaziergang_ahv_rente_natur_old_see_6dc98a3339.jpg" length="207258" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-5081</guid><pubDate>Tue, 12 Sep 2017 11:47:11 +0200</pubDate><title>Les 70 francs: insignifiants ou énormes? </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/les-70-francs-insignifiants-ou-enormes</link><description>Les contradictions des opposants à Prévoyance vieillesse 2020, selon Paul Rechsteiner</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les opposants à la réforme des retraites se contredisent grotesquement dans le débat public. D’un côté, ils se moquent du supplément AVS de 70 francs en le qualifiant de «&nbsp;su-sucre&nbsp;». De l’autre côté, ils trouvent ce supplément tellement grave et dramatique qu’ils sont prêts à faire capoter la réforme pour cela. Alors qu’ils ne contestent pas que la réforme apporte un financement additionnel important du système des retraites. 
</p><p>Quand on y regarde de plus près, cela s’explique rapidement&nbsp;: ce qui est insignifiant pour les uns est énorme pour les autres. Si quelqu’un gagne 500&nbsp;000 francs par an, l’augmentation de rente est pour lui ridicule. Mais quand on gagne 500&nbsp;000, on paie aussi 750 francs de cotisations AVS en plus par an. 
</p><p>Tous les bas et moyens revenus vivent la situation inverse. Quelqu’un qui gagne 4000 francs par mois ne paie que 6 francs de cotisations en plus, donc 72 francs par an. L’augmentation de rentes s’élève par contre à 840 francs par an (12 X 70 francs), peu importe le niveau de son revenu. Et pour les couples de retraités, c’est encore mieux. Pour la plupart, les rentes de couple augmentent de 2&nbsp;700 francs par an. &nbsp;
</p><p>L’AVS est l’assurance sociale la plus performante de Suisse. Et la plus socialement la plus équitable. Et c’est bien ce qui dérange les opposants de droite. </p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5070</guid><pubDate>Thu, 07 Sep 2017 17:13:27 +0200</pubDate><title>Les syndicats ont le droit d’accéder aux entreprises</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-syndicats-ont-le-droit-d-acceder-aux-entreprises</link><description>Important arrêt du Tribunal fédéral</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Dans un nouvel arrêt de principe (2C_499/2015) du 6 septembre dernier, le Tribunal fédéral (TF) a établi que la liberté syndicale donne aux syndicats le droit d'accéder aux entreprises et d'informer leurs personnels. </p><p>Cet arrêt du TF annule une décision du Conseil d'État tessinois qui interdisait aux syndicats l'accès aux bâtiments de l'administration cantonale. Dans un premier temps, le Syndicat suisse des services publics (SSP) avait recouru contre cette décision devant le tribunal cantonal, mais en vain. Maintenant, le TF lui donne raison. Si l'arrêt lausannois ne s'applique, à strictement parler, qu'au secteur public, l'Union syndicale suisse (USS) estime toutefois que, par analogie, il doit aussi être étendu au secteur privé. 
</p><p>Cet arrêt de l'instance judiciaire la plus élevée du pays confirme l'opinion juridique de l'USS, à savoir que les syndicats doivent pouvoir informer leurs membres et entrer dans les entreprises. Sinon, il ne leur est pas possible d'assumer réellement leur rôle. 
</p><p>En Suisse, les droits d'accès aux entreprises et d'informer des syndicats découlent de toute une série de dispositions, soit de l'article 28 de la Constitution fédérale et des conventions nos 87, 98 et 135 de l'Organisation internationale du Travail. La Convention européenne des droits de l'homme permet aussi, à son article 11 (Liberté de réunion et d'association), aux travailleurs et travailleuses d'avoir des activités nécessaires à leur syndicat : en premier lieu, informer et recruter des membres. 
</p><h3>Une interprétation large s'impose </h3><p>Il est évident que les droits des syndicats à accéder aux entreprises et à informer leurs personnels doivent être interprétés de manière large. Il peut s'agir ici de la distribution de tracts sur les parkings des entreprises, de la mise à disposition de brochures dans les locaux de pause, de l'affichage d'informations sur les tableaux ad hoc ou d'entretiens personnels avec les employé(e)s sur le site de l'entreprise. La consultation des travailleurs et travailleuses en fait également partie, de même que l'utilisation de moyens électroniques, notamment l'intranet et les messageries. 
</p><p>Le TF a établi que l'interdiction faite aux syndicats d'accéder à une entreprise viole le droit supérieur. Si certaines modalités sont observées (on peut imaginer une annonce préalable, un accord sur le moment choisi ou le nombre de personnes), l'accès à l'entreprise, la prise de contact avec le personnel, sera autorisé </p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5065</guid><pubDate>Wed, 06 Sep 2017 16:15:09 +0200</pubDate><title>Lancement d&#039;un appel à la défense des retraites</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/lancement-dun-appel-a-la-defense-des-retraites</link><description>L&#039;association pour la défense de l’AVS s&#039;engage pour le compromis raisonnable PV 2020</description><content:encoded><![CDATA[<p> Un groupe de citoyennes et citoyens, inquiets de l'issue du scrutin du 24 septembre 2017, a lancé ce matin un <a href="https://www.compromis-raisonnable.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">appel au peuple à voter 2x Oui en faveur d'un compromis raisonnable et de la défense des retraites</a>. Cent quarante personnes de tous bords politiques, de toute condition sociale, salariés, employeurs, scientifiques, artistes et retraités ont déjà signé cet appel.
</p><p>Pour eux, la Suisse a réussi à développer un bon système de prévoyance vieillesse qui a été constamment adapté aux besoins de la société et à l'évolution démographique. Ils estiment qu'il faut à nouveau le faire car, sans réforme, l'AVS accumulera des déficits et les pressions sur les retraites s'accroîtront. L'AVS et le 2e pilier se complètent, mais quand les rentes baissent, il faut pouvoir y apporter une compensation, ce dont la réforme s'acquitte. De même qu'elle garantit à l'AVS, l'assurance sociale la plus importante de Suisse, les moyens financiers dont elle a besoin.
</p><p>L'AVS, comme notre démocratie vivent depuis leur création de compromis. S'ils peuvent parfois être douloureux, ils permettent à notre société de faire face à ses défis. Et le défi actuel est de défendre notre prévoyance vieillesse.
</p><p>" Prévoyance vieillesse 2020 est une réforme comme la Suisse sait les mener, dans le respect des intérêts de chacun, dans une recherche commune de solutions. Elle se fonde sur l'esprit de solidarité avec lequel la Suisse s'est construite ", ajoutent-ils en conclusion de l'appel.
</p><p>Parmi <a href="https://www.compromis-raisonnable.ch/tous-les-signatures" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">les premiers signataires</a> qui appellent à voter 2x Oui à Prévoyance vieillesse 2020 se trouvent notamment l'ancien conseiller aux Etats tessinois Marty Dick, la présidente d'Unia Vania Alleva, l'ancien président de la direction des CFF Benedikt Weibel, le directeur du Centre Patronal Christophe Reymond, le professeur d'économie Cédric Tille, le président de la Fédération des Entreprises Romandes Ivan Slatkine, l'ancienne conseillère aux Etats genevoise Christiane Brunner, le vice-président d'Unia Aldo Ferrari ou encore la directrice de la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie Claudine Amstein. Liste complète des signataires </p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category><category>AVS</category><category>Prévoyance professionnelle</category><category>Suisse</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5061</guid><pubDate>Wed, 06 Sep 2017 09:20:19 +0200</pubDate><title>Les salarié(e)s ne sont pas du gibier à libre disposition   </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-salarie-e-s-ne-sont-pas-du-gibier-a-libre-disposition</link><description>Épuisement professionnel et au travail gratuit : une commission ouvre tout grand la porte</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Une large coalition rejette les initiatives parlementaires Graber et Keller-Sutter. Mais la Commission de l'économie et des redevances du Conseil des États (CER-E) a récemment chargé l'Administration fédérale de transférer dans la loi ces interventions. On court par conséquent le risque d'assister à un énorme démantèlement de la protection la plus élémentaire des travailleurs et travailleuses. </p><p>Les initiatives Graber et Keller-Sutter veulent supprimer, pour une part importante des travailleurs et travailleuses, l'enregistrement de la durée du travail et les prescriptions qui limitent le temps de travail. L'ensemble des faîtières des salarié(e)s ainsi que les principaux syndicats du pays se sont prononcés contre ces interventions et les spécialistes de la santé, les médecins du travail s'élèvent, eux aussi, clairement contre elles.</p><ul><li>Ces interventions font appel à des concepts juridiques nouveaux (" travailleurs qui exercent une fonction dirigeante " et " spécialistes "), qui ne sont pas définis dans le droit du travail. On trouve de nombreuses fonctions dirigeantes dans les entreprises, aussi aux échelons inférieurs de la hiérarchie. De plus, nombre de travailleurs et travailleuses possèdent une très bonne formation et sont des spécialistes. Les personnes qui touchent des petits salaires devraient aussi travailler comme leurs chefs qui sont nettement mieux payés et n'enregistrent pas la durée de leur travail. Ils se retrouveraient dans une situation financière encore plus mauvaise qu'aujourd'hui, car en supprimant l'enregistrement du temps de travail, les heures et le travail supplémentaires ne pourraient plus être payés. Comme les concepts " travailleurs qui exercent une fonction dirigeante " et " spécialistes " sont vraiment flous, plus d'un tiers des salarié(e)s seraient concernés.</li><li>Pour des milliers de travailleurs et travailleuses, de nombreuses dispositions matérielles importantes de la loi sur le travail, comme la durée hebdomadaire maximale du travail, le repos nocturne, le temps de repos, le travail du dimanche, les pauses et les suppléments de salaire, ne s'appliqueraient plus. Ils perdraient ainsi leur protection.</li><li>Il est prouvé aujourd'hui que, pour les travailleurs et travailleuses, le stress est l'un des problèmes les plus importants. Pour essayer de le réduire, la personne qui peut se le permettre travaille aujourd'hui à temps partiel. C'est précisément pour celles et ceux qui travaillent à temps partiel - leur nombre ne cesse d'augmenter - que l'enregistrement de la durée du travail est nécessaire. Sinon, la part de travail fourni gratuitement aux entreprises augmente toujours plus.</li><li>Pour beaucoup, la timbreuse appartient au passé. Grâce à la numérisation, l'enregistrement de la durée du travail est aujourd'hui chose très aisée, en tout temps et en tout lieu.</li><li>Les interventions parlementaires précitées veulent raccourcir le temps essentiel aux travailleurs et travailleuses dans leur vie privée pour se régénérer et avoir une vie sociale. La conséquence en est l'insatisfaction, le stress, davantage d'absences dues à la maladie et donc, finalement, de problèmes sociétaux. La Suisse repose essentiellement sur un système de milice que ces initiatives parlementaires attaquent frontalement (politique, pompiers, armée, sport, musique, etc.). La possibilité de concilier famille et profession, qu'il y aurait lieu d'améliorer étant donné la pénurie de personnel qualifié, s'en trouverait d'autant plus menacée.</li></ul><p>Après la décision de la commission, l'Administration fédérale se voit confier le rôle, impossible à jouer, de concrétiser juridiquement ces initiatives parlementaires sans mettre en danger la santé des travailleurs et des travailleuses ainsi que la possibilité de concilier famille et profession ; cela, sans faire du travail gratuit la norme. 
</p><h3>Une plateforme contre les intérêts de ses propres membres... </h3><p>Que la " plateforme " d'Employé suisse, de la Société des employés de commerce (SEC Suisse) et de l'Association suisse des cadres (ASC) s'associe au chœur de ceux qui veulent démanteler les protections accordées par la loi sur le travail est contraire aux intérêts mêmes des travailleurs et travailleuses. De fait, la plateforme demande l'introduction de la semaine de 60 heures et de la journée de 15 heures. L'USS dit clairement non à cette demande. 
</p><p>Les deux propositions de la plateforme sont dangereuses pour la santé et vont à l'encontre d'une meilleure conciliation entre vie privée et professionnelle. Elles contredisent aussi les résultats de toutes les études pertinentes selon lesquelles, en Suisse, les employé(e)s à plein temps travaillent déjà beaucoup et le stress augmente au travail. Le sondage de SEC Suisse a même montré que les employé(e)s ne souhaitaient pas d'horaires plus longs mais préféraient plutôt enregistrer leur temps de travail. Et ce sont justement les cadres et la main-d'œuvre très qualifiée visés par la dérégulation voulue par la plateforme qui se plaignent d'un stress croissant et de la baisse de leur autonomie dans la gestion du temps de travail. 
</p><p>L'introduction de la semaine de 60 heures ainsi que la possibilité d'étendre la journée de travail à 15 heures et de ne laisser que 9 heures pour le repos et la famille ouvrent grand la porte à l'épuisement professionnel et aux maladies dues au stress. Cela, d'autant plus si l'enregistrement du temps de travail devait être en même temps supprimé, comme des interpellations pendantes le demandent au Parlement. L'élimination des heures supplémentaires que cela impliquerait provoquerait davantage de travail gratuit. </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5060</guid><pubDate>Wed, 06 Sep 2017 09:06:01 +0200</pubDate><title>Fermetures d’offices postaux toujours à l’ordre du jour</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/fermetures-d-offices-postaux-toujours-a-l-ordre-du-jour</link><description>Les Chambres fédérales ajournent la discussion</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">À vrai dire, le Conseil des États voulait débattre de la fermeture d'offices de poste pendant la session d'automne. Mais entre-temps, la conseillère fédérale Doris Leuthard a mis en place un groupe de travail sur le service postal universel. La commission concernée de la Chambre des cantons veut d'abord attendre le rapport de ce dernier. </p><p>Il était prévu que le Conseil des États traite de toute une série d'interventions relatives à la Poste. Deux initiatives cantonales (Tessin et Valais) demandent le renforcement des outils juridiques permettant à la Commission fédérale de la poste et à la population de s'opposer à la fermeture d'offices de poste. Elles demandent aussi que les critères d'accessibilité de services postaux soient revus et que les conditions de travail des employé(e)s des agences postales soient améliorées. Le traitement de ces deux initiatives cantonales et de cinq autres motions concernant la même thématique est désormais renvoyé à plus tard.
</p><h3> Un rapport cet automne encore </h3><p>La raison : la conseillère fédérale Doris Leuthard a mis en place un groupe de travail sur le service postal universel dirigé par l'Office fédéral de la communication. Ce faisant, la conseillère fédérale réagit au mécontentement croissant suscité par le démantèlement fulgurant des offices postaux. Si les choses se déroulent comme la Poste l'entend, il n'y aura à moyen terme plus qu'environ 800 offices de poste à proprement parler, c'est-à-dire offrant la palette complète des services. Le rapport du groupe de travail doit être terminé cet automne encore. En outre, les résultats d'une étude sur les usagers et usagères de la Poste seront ensuite publiés. Ce n'est qu'ensuite que la Commission des transports et des télécommunications du Conseil des États se prononcera sur les interventions précitées. 
</p><h3>Être présent numériquement et sur le terrain </h3><p>La motion de la commission sur la planification stratégique du réseau d'offices postaux sera toutefois discutée en plénum comme prévu. Le Conseil fédéral la rejette en renvoyant au groupe de travail et à l'étude déjà mentionnée. Mais cela ne va aucunement empêcher le Conseil des États d'accepter quand même cette motion. En effet, l'Administration fédérale et le Conseil fédéral n'ont jusqu'à présent réagi que de manière défensive aux critiques du démantèlement. Ainsi, l'inquiétude des communes et de la population quant au service postal universel est plus que justifiée. Et rien à voir ici avec de la nostalgie ! On est en droit d'exiger d'une entreprise proche de la Confédération ayant un mandat de service universel qu'elle franchisse l'étape de la numérisation et, parallèlement, épuise toutes les possibilités offertes à elle de rester présente sur le terrain. La Poste doit d'abord prouver cette volonté. 
</p><p>Que le Conseil national ait décidé, lors de la session d'été, d'exiger des CFF qu'ils poursuivent jusqu'en 2020 le financement des points de vente de billets gérés par des tiers montre que si ce n'est peut-être pas le cas du Conseil fédéral, les parlementaires, eux, ont très bien entendu la grande colère provoquée par la situation dans les entreprises proches de la Confédération. La motion sur le moratoire en question sera traitée par le Conseil des États le 13 septembre prochain. </p>]]></content:encoded><category>Poste</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5059</guid><pubDate>Tue, 05 Sep 2017 17:33:37 +0200</pubDate><title>Une commission des plus myopes</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/une-commission-des-plus-myopes</link><description>Session d’automne : restructuration et extension des réseaux électriques</description><content:encoded><![CDATA[<p>La Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie du Conseil des États (CEATE-E) veut sauver la branche de l'électricité, mais elle fait tout pour lui couper l'herbe sous les pieds. Elle confirme en effet sa décision initiale de supprimer l'article 6 alinéa 5 de la loi sur l'approvisionnement en électricité (LApEl). Ainsi, les gestionnaires de réseaux de distribution ne seraient à l'avenir plus obligés de faire profiter les consommateurs et consommatrices captifs du courant acheté à bas prix sur le marché.
</p><p>La loi prévoit ceci : le bénéfice tiré du libre accès au réseau doit être répercuté proportionnellement sur les consommateurs et consommatrices captifs, les client(e)s finaux. Sur cette base, la Commission fédérale de l'électricité (ElCom), l'autorité fédérale indépendante de régulation dans le domaine de l'électricité, applique une valeur moyenne (calculée à partir d'un mixe énergétique) afin de contrôler les prix de l'approvisionnement de base des gestionnaires de réseaux de distribution Si le gestionnaire acquiert du courant sur le marché et en produit aussi lui-même, il n'a alors pas le droit répercuter la totalité des coûts de production sur le client final. Il y a une année seulement, le Tribunal fédéral a décidé que cette méthode reposant sur des prix moyens était fiable. 
</p><h3>Une CEATE-E butée </h3><p>Lors de la session d'été, le Conseil des États a suivi sa commission et voulu supprimer cette disposition. L'autre solution proposée par la CEATE du Conseil national (CEATE-N) était que l'énergie hydraulique soit la seule à être fournie aux consommateurs et consommatrices captifs, une idée qui ne trouva toutefois pas de majorité au Conseil national. Depuis lors, la CEATE-N se demande comment soutenir l'énergie hydraulique, tandis que la CEATE-E maintient que les client(e)s finaux doivent payer le prix intégral de la production nationale. Elle y voit un signal pour le renforcement de l'énergie hydraulique. Honni soit qui mal y pense ! Les premières à profiter de cette décision, qui semble traduire quelque entêtement, ce seraient les centrales nucléaires du pays. Elles qui, avec des coûts de production allant jusqu'à 7 centimes le kilowattheure, sont sorties depuis longtemps du marché. 
</p><h3>Pas un blanc-seing pour une libéralisation intégrale </h3><p>Le Conseil des États devrait à nouveau suivre sa commission, alors que le Conseil national doit y faire pour la deuxième fois obstacle pendant la troisième semaine de la session. En effet, si cette proposition passe le cap du Parlement, elle sera un blanc-seing pour une libéralisation intégrale du marché de l'électricité. Les client(e)s finaux devraient-ils être contraints de consommer de l'énergie nucléaire, quand une majorité des citoyen(ne)s ont dit oui à la Stratégie énergétique 2050 ? Cela va forcément se payer. </p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5057</guid><pubDate>Tue, 05 Sep 2017 15:04:01 +0200</pubDate><title>AVS : Non au diktat des caisses vides !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/avs-non-au-diktat-des-caisses-vides</link><description>Le jeu de vilains du PLR et de l&#039;UDC: affamer d&#039;abord, démanteler ensuite!</description><content:encoded><![CDATA[<p>Mon ancien voisin Giovanni était monteur de pneu mais, en raison de problèmes de dos, il avait dû arrêter de travailler dans son domaine à la fin des années 90. L’AI lui avait alors accordé une demi-rente. Comme il livrait des journaux, il arrivait à peu près à s’en sortir. En 2012, Giovanni a été convoqué par l’AI qui voulait réexaminer sa rente au titre d’une «&nbsp;révision des rentes axée sur l'intégration&nbsp;». L’AI a alors estimé que les douleurs étaient supportables. La rente de Giovanni a été réduite de moitié, alors que son état de santé n’avait pas évolué et qu’il ne pouvait envisager augmenter son temps de travail. Depuis, Giovanni lutte pour s’en sortir financièrement. Il a dû demander des prestations complémentaires. 
</p><p>De telles réductions de rentes sont les conséquences des mesures d’économie qui ont été imposées dans l’AI. Petit rappel pour se rafraîchir la mémoire&nbsp;: l’AI s’est enfoncée dans les dettes au milieu des années 90. Le PLR et l’UDC ont refusé au Parlement d’augmenter les cotisations salariales ou d'assurer un financement additionnel, comme cela aurait été nécessaire. Et cela, en sachant très bien ce qu’ils faisaient. Leur objectif est d’imposer un diktat des caisses vides&nbsp;: il faut qu’il y ait des déficits choquants pour pouvoir s’attaquer à l’Etat social et le démanteler. Comme l’a fait avant eux Margret Thatcher en Angleterre. Cette tactique des caisses vides et du démantèlement social a malheureusement réussi avec l’AI.
</p><p>Et maintenant, ils réitèrent leur jeu de vilains avec l’AVS. Le PLR et l’UDC refusent un financement additionnel de l’AVS. Ils luttent de toutes leurs forces contre la réforme de la Prévoyance vieillesse 2020. Car, selon leurs idéologues, l’AVS doit péricliter. Afin qu’elle accumule les déficits et puisse être redimensionnée à la baisse. On connaît d’ailleurs les mesures d’économie qui seront prises après des déficits importants&nbsp;: la retraite à 67 ans pour tout le monde et la suppression de l’indexation des rentes au coût de la vie et à l’évolution des salaires. Ce sont les mêmes cercles qui combattent maintenant un renforcement de l’AVS que ceux qui le faisaient déjà lors de son introduction. Les gens doivent prévoir eux-mêmes leur prévoyance vieillesse. Et alimenter les banques et les assurances. C’est ainsi que les profits financiers augmentent. 
</p><p>En votant 2x Oui le 24 septembre, nous pouvons empêcher que ce diktat des caisses vides ne s’impose dans l’AVS. Grâce à Prévoyance vieillesse 2020, l’AVS reste financièrement équilibrée. Et cela à un coût modéré pour la population. La TVA ne sera augmentée que de 0,3 points 8,3% à partir de 2021 seulement. Ce financement additionnel permet d’assurer les rentes AVS et leur indexation aux salaires et au renchérissement. Si les caisses de l’AVS ne sont pas vides, le PLR et l’UDC ne pourront plus justifier la retraite à 67 ans. Et cela malgré l’arrivée à la retraite de la génération des baby-boomers. Nous devons assurer la sécurité des rentes des retraité(e)s d’aujourd’hui et de demain. 
</p><p>Dans le cas de l’AI, la droite a réussi à affamer une assurance sociale. Giovanni le paie avec une rente AI réduite de moitié et la perte de son indépendance économique. En ce qui concerne l’AVS, nous pouvons contrecarrer le jeu de vilains du PLR et de l’UDC, en votant 2x Oui le 24 septembre. </p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5056</guid><pubDate>Tue, 05 Sep 2017 14:16:21 +0200</pubDate><title>La nouvelle loi sur les médias suscite des attentes élevées</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/la-nouvelle-loi-sur-les-medias-suscite-des-attentes-elevees</link><description>La politique des médias est un des points forts de la session d’automne</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La politique des médias constituera un point fort de la session d’automne qui est tout d’abord marquée par l’élection au Conseil fédéral. Le Conseil national délibérera sur l’initiative «&nbsp;No Billag&nbsp;» et les motions y ayant trait. Ces décisions vont influencer la nouvelle loi sur les médias. </p><p>Le conseil national traite pendant cette session de nombreuses interventions sur la SSR et l’initiative «&nbsp;No Billag&nbsp;». Une nette majorité de sa Commission des transports et des télécommunications (CTT-N) lui demande de rejeter l’initiative. Un projet direct ou indirect a également été rejeté, mais de manière moins nette. Un contre-projet ne devrait donc avoir que peu de chance en plénum. Comme le Conseil national est le second conseil, la votation pourrait avoir lieu au printemps 2018 déjà. Ce serait une bénédiction que cet agrégat idéologique ne fasse plus obstacle afin que nous ayons vraiment la voie libre pour discuter de la nouvelle loi sur les médias que l’OFCOM prépare actuellement.
</p><h3>Limiter les concessions? </h3><p>Une motion de la CTT-N a pour objectif de supprimer la réglementation restrictive qui veut qu’un diffuseur puisse demander des concessions pour au maximum deux chaînes de télévision et deux stations de radio. Certes, le Conseil fédéral semble sur le principe ouvert à supprimer cette règle stricte, mais refuse tout de même la motion. Un élargissement de la zone de desserte n’apporterait pas plus de stabilité aux diffuseurs. Maintenant déjà, grâce au câble, les programmes de télévision dépassent leur zone de diffusion et à travers Internet, ils ne connaissent déjà plus de frontières. Mais, malgré cela, l’information de qualité ne peut pas se refinancer par le marché. En supprimant des zones de desserte définies, le problème s’aggraverait puisque certaines zones seraient doublement financées par la redevance. Le Conseil fédéral rejette de ce fait la motion mais veut aborder la question dans le cadre de la nouvelle loi sur les médias. L’USS soutient le rejet de la motion. La suppression de cette restriction ne sauve pas la diversité des médias. Elle irait sans aucun doute dans le sens des Médias du groupe AZ, mais ce n’est pas vraiment efficace. &nbsp;
</p><h3>Vampiriser la SSR&nbsp;? </h3><p>Une autre motion de l’entreprenante CTT-N exige de la SSR qu’elle laisse les diffuseurs régionaux profiter de ses programmes. Les diffuseurs locaux, selon l’idée derrière cette motion, n’ont jamais les moyens financiers de la SSR pour produire eux-mêmes des émissions de qualité. Ils devraient toutefois pouvoir utiliser les produits de la SSR de manière accessible, par conséquent pas gratuitement. Ce modèle de contenu partagé serait particulièrement attractif pour les émissions d’information. Mais, selon la conception de la CTT, ces contenus ne seraient pas juste rediffusés intégralement par les chaînes locales, mais uniquement fragmentairement pour une deuxième diffusion. Une minorité de la CTT rejette cette motion parce qu’elle n’apporte pas de valeur ajoutée à la diversité de la couverture médiatique, mais soulève beaucoup de questions de droit d’auteur. Le Conseil fédéral veut par contre tenir compte du modèle du contenu partagé dans la nouvelle loi sur les médias. On souhaite probablement atténuer de la sorte les pressions sur la SSR. L’USS partage toutefois l’évaluation de la minorité de la CTT-N. Afin d’éviter d’ouvrir grand la porte aux abus, un modèle de partage de contenu doit être réglé de manière très détaillée. On attend beaucoup de la nouvelle loi sur les médias sur ce point. 
</p><h3>Enterrer Swiss Pop&nbsp;? </h3><p>Ensuite, la CTT-N veut aussi brider la SSR. Par postulat, elle veut limiter le nombre de chaîne TV et de stations de radio. Les chaînes thématiques sans publicité comme Radio Swiss Jazz, Swiss Pop et Swiss Classic sont particulièrement une épine dans le pied de la majorité de la commission. Le Conseil fédéral est aussi prêt à entrer en matière sur ce postulat dans la perspective de la nouvelle loi sur les médias. L’USS trouve que c’est une erreur. Le Conseil fédéral semble surtout se laisser guider par l’objectif immédiat de réduire la pression. On place très haut la barre pour la nouvelle loi. Celle-ci ne devrait toutefois pas servir les besoins des diverses parties prenantes, mais plutôt garantir un service public de qualité à l’époque numérique. 
</p><h3>Coopération controversée </h3><p>Des motions sur la SSR sont aussi traitées au Conseil des Etats, comme celle de la CTT-E sur la garantie de la diversité des médias qui a été adoptée à l’unanimité. Elle veut créer les fondements de la coopération de la SSR avec les autres diffuseurs dans la nouvelle loi sur les médias. Des coopérations qui renforcent la diversité d’opinions et d’offres. On ne peut guère y être opposé. Mais le Conseil fédéral l’est, il rejette la motion. 
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Communication et medias</category><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5055</guid><pubDate>Tue, 05 Sep 2017 11:52:51 +0200</pubDate><title>L’appel « 2x Oui – Femmes pour l’AVS » est lancé</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/l-appel-2x-oui-femmes-pour-l-avs-est-lance</link><description>Les retraites des femmes doivent enfin s’améliorer, estiment les nombreuses signataires. </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Un large groupe de femmes de tous horizons a lancé mardi 5 septembre un appel des «&nbsp;Femmes pour l’AVS&nbsp;» sur le site <a href="http://www.deux-fois-oui.ch" target="_blank" rel="noreferrer">www.deux-fois-oui.ch</a>. </p><p>Le destin de nos retraites va se jouer ces prochains jours. Presque toutes les grandes organisations de femmes recommandent de voter 2x Oui à Prévoyance vieillesse 2020, malgré la hausse de l’âge de la retraite. 
</p><p>Si elles s’engagent pour ce compromis, c’est que la réforme améliore enfin les retraites des femmes, qu’elle renforce l’AVS, le pilier de la prévoyance vieillesse qui a le plus d’importance pour elles et parce qu’elle consolide financièrement notre système de retraites.<br> Le nombre de femmes qui signent cet appel sur le site <a href="http://mailinglisten.us12.list-manage.com/track/click?u=647db55d72613e12b978da16f&amp;id=b94bf97414&amp;e=c0a1b4defb" target="_blank" rel="noreferrer">www.deux-fois-oui.ch</a> augmente d’heure en heure. Leur message est clair : </p><ul><li>Les retraites des femmes doivent enfin s’améliorer, celles des femmes qui travaillent à temps partiel aussi.</li><li>Une AVS solide est essentielle pour les femmes&nbsp;: il n’y a que dans l’AVS que le travail familial non rémunéré soit générateur de rente.</li><li>Les femmes disent donc 2x Oui à Prévoyance vieillesse 2020.</li></ul><p>Parmi le groupe de femmes qui a eu l’idée de lancer cet appel, figurent notamment deux secrétaires centrales de l’USS, Regula Bühlmann, en charge des questions d’égalité, et Doris Bianchi, spécialiste des assurances sociales. 
</p><p>Elles demandent aux femmes qui refusent le statu quo de signer cet appel et de le relayer dans les médias sociaux.</p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5036</guid><pubDate>Mon, 28 Aug 2017 10:23:30 +0200</pubDate><title>PV 2020 : ce n’est pas en répétant de fausses informations qu’elles deviennent vraies</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/pv-2020-ce-n-est-pas-en-repetant-de-fausses-informations-qu-elles-deviennent-vraies</link><description>Cinq affirmations erronées de la presse des consommateurs sur la réforme des retraites</description><content:encoded><![CDATA[<p class="Text">Le groupe qui édite notamment Bon à savoir, K-Tipp et Saldo, tire à boulets rouges sur la réforme des retraites, à tel point qu’on peut se demander si ces journaux font encore de l’information aux consommateurs ou s’ils mènent campagne&nbsp;? C’est du moins l’impression qui ressort de la lecture de la dernière édition de K-Tipp. Une chose est sûre, le magazine ne se lasse pas de répandre des contre-vérités sur Prévoyance vieillesse 2020. K-Tipp jette en outre de la poudre aux yeux en ce qui concerne les caisses de pension. Heureusement, d’autres journaux de service et de conseils, comme Beobachter, par exemple, informe de manière factuelle leurs lecteurs. </p><p class="Text">Dans ce débat essentiel pour l’avenir de nos retraites, il est important de rétablir les faits pour pouvoir mener une discussion sur des bases correctes. Voici les cinq informations fausses du dernier numéro de K-Tipp (qui seront selon toute probabilité également colportées dans le numéro de Bon à savoir à paraître de septembre)&nbsp;:</p><p class="Text">·&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La TVA n’augmente pas de 0,6&nbsp;%, mais seulement de 0,3&nbsp;% à 8,3&nbsp;% à partir de 2021. Tout magazine des consommateurs doit savoir que, si le Non à Prévoyance vieillesse l’emporte, même si la TVA devrait baisser de 0,3&nbsp;%, les prix des biens de consommation courante ne baisseront pas vraiment. </p><p class="Text">·&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les rentes des caisses de pension ne seront pas réduites de 12&nbsp;%. Car, à l’opposé du projet de Vol des rentes de 2010, les pertes occasionnées par la baisse du taux de conversion seront compensées. A quoi s’ajoute que les assuré(e)s à la prévoyance professionnelle obligatoire profiteront d’une garantie des acquis pendant 20 ans qui sera financée solidairement par toutes les caisses de pension. </p><p class="Text">·&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les contributions aux caisses de pension ne seront pas augmentées pour tous de 1&nbsp;%. Cela n’est valable que pour la part obligatoire de la prévoyance professionnelle et encore pas pour toutes les classes d’âge. Plus de 80&nbsp;% des assuré(e)s bénéficient d’une prévoyance vieillesse surobligatoire où ils épargnent bien plus qu’ils ne sont obligés de le faire. </p><p class="Text">·&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les couples recevront jusqu’à 2712 francs de rentes AVS supplémentaires par an et pas seulement 1365 francs comme le prétend K-Tipp. Chaque époux profite du supplément de 840 francs et le plafond de la rente de couple est relevé. </p><p class="Text">·&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le supplément AVS de 840 francs sera indexé annuellement au renchérissement et à l’évolution des salaires, comme les rentes. Il n’est pas fixe, comme le prétend K-Tipp. </p><p class="Text">Il est en outre particulièrement perfide que la presse des consommateurs fasse croire à son lectorat que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes pour les caisses de pension&nbsp;: comme si les caisses de pension allaient appliquer un taux de conversion de 6,8&nbsp;% en cas de Non le 24 septembre… Ces journaux négligent le fait que la grande majorité des caisses de pension appliquent un taux de conversion inférieur à 6%. Le taux moyen des quelque 1700 caisses de pension s’élève à 5,63&nbsp;%. Et la tendance est malheureusement toujours à la baisse. </p><p class="Text">Il est donc d’autant plus nécessaire d’améliorer les rentes AVS, comme la réforme de la Prévoyance vieillesse 2020 le prévoit. C’est la raison pour laquelle tous les syndicats et organisations de salarié(e)s de Suisse recommandent de voter 2x Oui le 24 septembre. </p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5025</guid><pubDate>Wed, 16 Aug 2017 09:43:26 +0200</pubDate><title>« Cette réforme est équilibrée et nécessaire »  </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/cette-reforme-est-equilibree-et-necessaire</link><description>Pour Liliane Maury Pasquier, les femmes ont aussi quelque chose à gagner de Prévoyance Vieillesse 2020</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La conseillère aux Etats genevoise Liliane Maury Pasquier explique pourquoi, en tant que femme de gauche, elle défend la réforme des retraites. Parce qu’elle améliore la situation de beaucoup de femmes travaillant à temps partiel et celle des bas revenus. Et parce qu’elle renforce le 1er pilier dans lequel les femmes sont gagnantes. Interview.</p><h3>Pourquoi, en tant que femme socialiste, vous engagez-vous pour Prévoyance Vieillesse 2020 qui prévoit de faire travailler les femmes un an de plus&nbsp;? </h3><p>Précisément parce qu’elle ne prévoit pas que cela, sinon, je l’aurais refusée&nbsp;! Cette réforme est en fait la dernière chance que nous ayons pour à la fois consolider l’AVS, le premier pilier dans tous les sens du terme de tout notre système d’assurances sociales, mais aussi afin de garantir le niveau des rentes pour toutes les personnes qui vont partir à la retraite à plus ou moins long terme. Car nous avons réussi à obtenir des contreparties pour les personnes qui y perdraient. Je peux donc la défendre parce que c’est une réforme équilibrée, qui est non seulement nécessaire mais qui remplit les objectifs que je m’étais fixés.&nbsp; 
</p><h3>Une des contreparties est la meilleure couverture du travail à temps partiel dans le 2e pilier qui concerne surtout les femmes. Mais cela a aussi un coût qui réduit le pouvoir d’achat des bas salaires. Que dites-vous à une jeune vendeuse qui travaille à temps partiel et ne gagne pas 3000 francs par mois&nbsp;?</h3><p>Je lui dirais deux choses. La réforme améliore la situation des personnes qui travaillent à temps partiel parce que celui-ci est pris en compte, ce qui n’est pas du tout le cas actuellement. Ensuite, ces personnes doivent certes cotiser plus, comme toutes les autres d’ailleurs, mais elles ont accès au 2e pilier, ce qui leur permettra d’améliorer leur situation à l’âge de la retraite. Nous avons aussi tenu compte de la question du pouvoir d’achat des bas salaires&nbsp;: on ne pouvait pas leur demander de cotiser depuis le premier franc de revenu. On n’a donc pas supprimé la déduction de coordination comme le voulait la droite, mais on l’a abaissée, à la fois pour tenir compte des objectifs de retraite, mais aussi de leur quotidien actuel. 
</p><h3>Vous êtes opposée à la solution de la droite dure qui veut tout compenser dans le 2e pilier&nbsp;? &nbsp;</h3><p>Si toutes les baisses de rentes sont compensées dans le 2e pilier, on pénalise particulièrement les personnes qui ont des bas revenus. En compensant cette baisse de rente par 70 francs dans l’AVS, on renforce le 1er pilier qui est le pilier le plus favorable aux femmes. Pourquoi&nbsp;? Les modifications apportées par la 10e révision de l’AVS avec le bonus éducatif et le splitting ont si bien amélioré la situation des femmes qu’elles touchent plus de rentes que les hommes alors qu’elles cotisent moins. Cette surcompensation nécessaire, voulue, a atteint son objectif dans l’AVS. Alors que ce n’est pas le cas dans le 2e pilier où les femmes ont des rentes beaucoup moins importantes que les hommes. 
</p><h3>Pourquoi les femmes devraient-elles travailler plus longtemps alors que l’égalité salariale est à la peine et qu’elles assument la grande majorité du travail non rémunéré&nbsp;?</h3><p>Il faudrait le demander à quelqu’un de droite&nbsp;! Pendant les travaux parlementaires, nous avons proposé de ne pas relever l’âge de la retraite des femmes, ce qui a été largement refusé par le Parlement. Nous avons proposé de n’augmenter l’âge de la retraite des femmes que dans la mesure où la différence de salaire se réduirait. Il y aurait eu un mécanisme d’adaptation&nbsp;: on gagne 2% d’égalité salariale, on travaille un ou deux mois de plus. Mais bien sûr, cela a été refusé. Nous avons dû faire des compromis, et chercher des solutions, que nous avons trouvées, puisqu’il y a ces améliorations dans le 2e pilier, pour les temps partiels et les petits revenus. Et avec l’augmentation de 70 francs, on permet à une femme (ou à un homme) qui a un revenu de moins de 40&nbsp;000 francs de prendre une retraite à 64 ans sans diminution de rente par rapport à la situation actuelle. C’est une compensation qui nous paraît extrêmement importante&nbsp;: ces femmes-là ne vont rien perdre, elles vont y gagner, comme tous les autres, avec la consolidation du système. 
</p><h3>Pourquoi le Non n’est-il pas une option pour vous&nbsp;?</h3><p>Parce qu’un Non le 24 septembre signifierait qu’on maintient la situation actuelle. Dans le meilleur des cas, on arrive éventuellement à bloquer les propositions de réforme absolument négatives pour les assuré(e)s et les cotisant(e)s voulues par la droite. Mais cela veut aussi dire beaucoup d’énergie et d’investissement. Et au final, il n’y aurait toujours pas de solution pour éviter que le trou du fonds AVS ne se creuse. On a longtemps dit, à juste titre, que les prévisions étaient toujours assez pessimistes. Mais même si on est moins négatif que les prévisions actuelles pour les dix prochaines années, on ne peut occulter l’arrivée massive des désormais «&nbsp;papy-boomers&nbsp;», à la retraite. C’est inévitable. Et c’est ce passage-là qui nécessite des moyens supplémentaires. Et si on ne fait rien, on n’aura plus les moyens de payer les rentes. </p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category><category>AVS</category><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5022</guid><pubDate>Wed, 09 Aug 2017 10:34:45 +0200</pubDate><title>Semaines décisives pour l&#039;AVS</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/semaines-decisives-pour-lavs</link><description>Paul Rechsteiner, président de l&#039;USS met en garde : « Ne nous laissons pas berner! » </description><content:encoded><![CDATA[<p><b>Les vacances arrivent à leur fin, la campagne sur Prévoyance vieillesse 2020 est lancée. L'issue de la votation reste ouverte.</b></p><p>Les syndicats s'engagent avec toutes les autres organisations de salarié(e)s pour un double Oui. Cet engagement uni est indispensable parce que les citoyens et les citoyennes se voient confrontés à une grande confusion.
</p><p>Les adversaires eux-mêmes ne contestent pas que l'AVS a besoin de recettes supplémentaires. Mais au lieu d'accepter le modeste financement additionnel par le biais de la TVA, ils soutiennent le Non dans le but d'enfin posséder un levier qui leur permette de réduire les prestations, ce pour quoi ils n'ont pas encore réussi à trouver de majorité.
</p><p>La politique de l'endettement est toxique pour les assurances sociales. Nous l'avons amèrement constaté avec l'assurance-invalidité. La solidité du financement de l'AVS n'est comparable à aucune autre. Ce fût le cas jusqu'à maintenant. Nous versons les mêmes cotisations salariales depuis 1975, alors que le nombre de retraité(e)s a plus que doublé depuis. Une seule fois, il y a 20 ans, il a fallu ajouter un point de TVA.
</p><p>Et maintenant, il faut à nouveau 0,6% de TVA. Il ne sera plus jamais possible de financer l'AVS à un coût aussi avantageux. Notre portemonnaie ne sentira d'ailleurs pas la moitié de cette augmentation, 0,3%, puisque nous la payons déjà aujourd'hui. Si le Non l'emporte, ce 0,3% est perdu pour l'AVS. Il s'agit de plus d'un milliard de francs.
</p><p>L'avenir de l'AVS n'est assuré que si l'autre partie du projet obtient aussi la majorité du peuple : la révision conjointe de l'AVS et de la loi sur la prévoyance professionnelle obligatoire, donc la réforme de la Prévoyance vieillesse 2020.
</p><p>Le relèvement de l'âge de la retraite des femmes à 65 ans est douloureux pour plus d'une personne. C'est compréhensible. Toutefois, en fin de compte, quand on prend tout en considération, le projet est clairement positif. Pour la première fois depuis des décennies, les rentes AVS seront à nouveau améliorées : 840 francs par an pour les personnes vivant seules et plus de 2700 francs pour la majorité des couples. Ce sont des améliorations qui se ressentent dans le budget des ménages à revenus modestes. N'oublions pas non plus les améliorations qu'apporte la réforme aux personnes qui travaillent à temps partiel et aux salarié(e)s âgés.
</p><p>Les prochaines six semaines sont déterminantes pour l'avenir de nos retraites. Et montreront la voie quant à l'avenir de l'AVS, cette pièce maîtresse de l'Etat social suisse. Nous avons tout en main pour pouvoir gagner cette votation. Contre ceux qui veulent nous berner en montant les jeunes contre les vieux.
</p><h3>Paul Rechsteiner, président de l'Union syndicale suisse </h3>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category><category>AVS</category><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5016</guid><pubDate>Wed, 26 Jul 2017 10:36:10 +0200</pubDate><title>Le droit suisse relatif aux licenciements est contraire aux droits de l’homme </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-droit-suisse-relatif-aux-licenciements-est-contraire-aux-droits-de-l-homme</link><description>Conséquences d’un nouveau jugement de la Cour Européenne des Droits de l’Homme </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Un nouveau jugement rendu par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (Cour eur. DH) le confirme&nbsp;: le Code suisse des obligations (CO) n’est pas assez dissuasif pour empêcher les licenciements antisyndicaux.  </p><p>Dans un nouveau jugement, la Cour eur. DH (Tek Gida Is Sendikasi contre la Turquie, du 4&nbsp;avril 2017) a précisé la situation juridique requise afin de protéger des licenciements abusifs prononcés en raison de l’affiliation à un syndicat. Conclusion&nbsp;: la sanction prévue par le Code suisse des obligations (CO) à son art. 336a lors de licenciement abusif de représentants du personnel, de membres de conseils de fondation de caisses de retraite ou de lanceurs d’alerte, soit une indemnité maximale de six mois de salaire, n’offre pas une protection juridique efficace car elle n’est pas assez dissuasive.  
</p><h3>Contenu du jugement de la Cour eur. DH </h3><p>Une entreprise turque licencie plusieurs salariés membres d’un syndicat. Elle invoque «&nbsp; des motifs économiques&nbsp;» (fluctuations du marché) et «&nbsp;des insuffisances professionnelles&nbsp;» (résultats insuffisants). Le tribunal de dernière instance turc juge pourtant ces licenciements abusifs, estimant que les salariés ont été débauchés en raison de leur adhésion au syndicat. En application des lois en la matière, le tribunal condamne le patron soit à verser à chaque salarié licencié une indemnité équivalant à un an de salaire, soit à réintégrer les personnes congédiées. L’employeur opte alors pour le versement des douze mois de salaire.  
</p><p>Suite à la plainte du syndicat qui s’ensuivit, la Cour eur. DH dut se pencher sur la question de savoir si, lors d’un licenciement abusif antisyndical, le versement d’une indemnité à hauteur de 12 mois de salaire pouvait suffire, ou s’il ne faudrait pas systématiquement donner le choix au salarié entre l’indemnité et la réintégration.  
</p><h3>Considérants de la Cour eur. DH  </h3><p>Dans son jugement depuis dûment étayé, la Cour eur. DH rappelle que l’art. 11 de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) protège la liberté syndicale en tant qu’aspect particulier de la liberté d’association, et que l’Etat est tenu de garantir la jouissance de cette liberté. Certes, en cas d’infraction touchant au cœur de la liberté syndicale, le législateur national disposerait d’une certaine marge d’appréciation. Et le licenciement antisyndical en ferait partie. Mais la marge d’appréciation devrait s’interpréter de manière très restrictive.  
</p><p>Le patron ayant opté pour les dommages et intérêts plutôt que pour la réintégration, le syndicat a perdu tous ses membres dans l’entreprise. La liberté syndicale en pâtit, voire le syndicat lui-même.  
</p><p>Par conséquent, pour assurer la protection contre les licenciements antisyndicaux, la Cour eur. DH recommande d’examiner minutieusement l’effet de la protection offerte par la loi. Il conviendrait d’analyser la situation afin de déterminer si la sanction prévue pour le patron est assez dissuasive lorsque les salaires des employés sont bas, ou lorsque la force financière de l’entreprise est importante. Pour la Cour eur. DH, ce n’est pas le cas dans la législation turque puisque d’une part le patron a le choix de verser l’indemnité ou de réintégrer le salarié, et que d’autre part en présence de salaires faibles, une indemnité d’un an de salaire ne s’avère pas toujours dissuasive.  
</p><p>La Cour eur. DH en conclut que dans sa législation, la Turquie ne prévoit pas de condamnations suffisamment sévères pour décourager les employeurs. Rappelons que lors de licenciements abusifs antisyndicaux, la loi turque exige, en l’absence de réintégration, le versement d’une indemnité minimale correspondant à douze mois de salaire… 
</p><h3>Besoin d’agir en Suisse  </h3><p>L’indemnité demandée est donc deux fois plus élevée qu’en Suisse&nbsp;! Puisque «&nbsp;notre&nbsp;» art.&nbsp;336a CO impose, en cas de licenciement abusif, une indemnité maximale (!) de six mois de salaire. De plus, comme le démontre une étude de l’Université de Saint-Gall/FAA-HSG, les tribunaux se contentent la plupart du temps de pitoyables deux à trois mois de salaire. Ils n’atteignent presque jamais la limite des six mois de salaire. 
</p><p>Compte tenu des prescriptions claires de la Cour eur. DH, il apparaît clairement que le droit suisse en matière de licenciements n’est en rien conforme à la CEDH en cas de licenciement abusif pour l’exercice de droits fondamentaux.  
</p><p>Voici quelques années déjà, l’USS avait porté plainte auprès de l’OIT pour manque de protection contre les licenciements en faveur des militants syndicaux, des membres de commission du personnel et des membres de conseil de fondation. L’OIT avait accepté cette plainte, constatant que l’art. 336 CO ne respectait pas les prescriptions du droit international, pourtant ratifié par la Suisse, et auquel elle est liée. En particulier, il s’agit d’une violation des conventions 87 et 98 de l’OIT sur la protection du droit et de la liberté syndicale. Malgré cela, la loi n’a pas été modifiée. A ce jour, sous la pression des patrons et des partis de la droite bourgeoise, le Conseil fédéral a mis au rebut toutes les propositions soumises en vue d’améliorer la législation. 
</p><p>Comme le montre la récente décision de la Cour eur. DH, la politique de l’autruche pratiquée par le Conseil fédéral ne fera pas de vieux os. Tôt ou tard, la Cour eur. DH, mais aussi l’OIT, condamneront la Suisse pour violation de l’art. 11 CEDH. Il vaudrait mieux ne pas devoir en arriver là. Réviser le CO dans de brefs délais épargnerait bien des tourments aux victimes de licenciements antisyndicaux. L’USS est prête à y apporter sa contribution constructive.  </p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5015</guid><pubDate>Tue, 25 Jul 2017 12:04:05 +0200</pubDate><title>Prévoyance vieillesse 2020: OUI franc et massif des artistes</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/prevoyance-vieillesse-2020-oui-franc-et-massif-des-artistes</link><description>Positif pour les créateurs culturels</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Quiconque gagne sa vie en tant qu'artiste tirera profit de Prévoyance vieillesse 2020. Suisseculture, l'association faîtière des créateurs artistiques, appelle à voter deux fois OUI le 24 septembre. </p><p>Maria Becker, grande comédienne suisse du siècle dernier décédée en 2012 à l'âge de 92 ans, lança un jour à l'interviewer qui relevait l'admiration suscitée par son engagement artistique à un âge respectable : " Vous voulez connaître la vérité ? L'AVS ne me suffit pas pour vivre et je ne touche pas de rente d'une caisse de retraite, donc j'ai besoin d'un revenu supplémentaire ". Il faut savoir qu'aujourd'hui encore, la situation décrite avec tant de franchise par la grande dame du théâtre helvétique est vécue par une vaste majorité des créateurs culturels. Car du fait des modestes revenus perçus pendant leur vie active, les professionnels de la culture perçoivent, l'âge venu, une rente AVS guère supérieure au minimum de 14 100 francs pour une personne seule. 
</p><h3>Souvent précaire </h3><p>Lorsque les artistes ne sont plus en mesure de réaliser un revenu en plus de leur rente, ils dépendent rapidement de l'aide sociale. Bien sûr, chacun a droit à des prestations complémentaires jusqu'à concurrence du minimum vital, et peut se tourner vers des organismes publics et privés de secours en cas de détresse. Mais il est dur de devoir vivoter à la limite du minimum vital à un grand âge, et beaucoup ressentent à juste titre comme une humiliation le fait de devoir mendier de l'aide après une vie librement déterminée de travail intense et créatif. En outre, avant de pouvoir accéder aux prestations complémentaires, la fortune privée doit être dépensée en intégralité. Cela inclut aussi les propres œuvres d'art - ou celles d'amies et d'amis -, des instruments de musique ou un atelier acquis antérieurement. 
</p><p>Une enquête menée en 2016 auprès d'artistes de toutes les branches a révélé un revenu moyen total (fruit de la création artistique et de toute autre activité) de Fr. 40 000 par an. La situation financière de la moitié des plus de 2600 participants s'avère donc pour le moins précaire. En conséquence, au vu des revenus minimaux obtenus durant les années de vie professionnelle, il est impossible d'octroyer un statut prioritaire à la prévoyance privée pour la vieillesse. D'autant plus que la plupart des artistes ne bénéficient pas de cotisations patronales et doivent financer seuls la totalité de leur prévoyance vieillesse. Seuls 36 % des femmes et 41 % des hommes interrogés possèdent un 2e pilier. En matière de prévoyance privée, les chiffres sont un peu meilleurs puisque 49 % des personnes interrogées disposent d'un pilier 3a. 
</p><h3>Positif pour les créateurs culturels </h3><p>Malheureusement, dans le secteur culturel aussi, les femmes sont défavorisées sur le plan de la promotion, comme l'a démontré récemment un sondage de genre dans l'industrie cinématographique. La retraite AVS à 64 ans leur apporte peu d'avantages puisque dans les professions artistiques libres, les femmes (et les hommes) travaillent en général aussi longtemps que leur santé le leur permet. En revanche, les créateurs culturels des deux sexes tireraient profit d'une augmentation de la rente AVS ainsi que de la flexibilisation du départ à la retraite, comme le prévoit le projet de réforme " Prévoyance vieillesse 2020 ". Ils auraient ainsi la possibilité de repousser le moment de la retraite et de toucher des rentes AVS plus élevées une fois privés du revenu d'un travail. 
</p><p>Par ailleurs, les nombreux artistes indépendants qui, outre leur activité artistique, ont un emploi à temps partiel tireraient eux aussi avantage de la réforme " Prévoyance vieillesse 2020 ". Grâce à la baisse de la déduction de coordination du 2e pilier, ils pourraient verser des cotisations plus élevées pour leur prévoyance vieillesse, voire bénéficier d'un 2e pilier dont ils étaient exclus jusque-là. De plus, les modifications modestes et apparemment insignifiantes de la LPP apporteront une sécurité juridique accrue aux nombreux salarié(e)s qui changent fréquemment de patron dans le monde du cinéma, du théâtre et de la musique. 
</p><p>Pour toutes ces raisons, Suisseculture et ses associations de créateurs artistiques affiliées appellent à voter OUI aux deux projets " Réforme Prévoyance vieillesse 2020 " et " Financement additionnel de l'AVS ". 
</p><h5>Qui est Suisseculture ? </h5><p>Suisseculture est l'organisation faîtière des organisations de créateurs artistiques et de professionnels des médias de Suisse. Les associations suivantes lui sont affiliées : 
</p><p>ACT - Association des créateurs de théâtre indépendants ; AdS - Autrices et auteurs de Suisse ; ARF/FDS - Association suisse des scénaristes et réalisateurs de films ; ASTEJ - association suisse de théâtre pour l'enfance et le jeune public ; dansesuisse - association des danseuses, danseurs, et des personnes qui travaillent pour la danse professionnelle en Suisse ; impressum - Les journalistes suisses ; ktv - Association artistes - théâtre - promotion, Suisse ; association des musiciens suisses ; Pro Cirque ; ProLitteris ; ProLitteris - fondation de prévoyance ; PpS - photographes professionnels suisses ; SBKV, Association suisse des professionnels de la scène ; SSFA, Société suisse des femmes artistes ; SIG - Coopérative suisse des artistes interprètes ; SMS - Syndicat musical suisse ; USDAM - Union Suisse des Artistes Musiciens ; GSFA - Groupement Suisse du Film d'Animation ; SSA - Société Suisse des Auteurs ; SSM - Syndicat suisse des massmedia ; ssfv - syndicat suisse film et vidéo ; ssrs - syndicat suisse romand du spectacle ; syndicom - syndicat des médias et de la communication ; ASM - Association Suisse des Musiciens ; SUISA ; SUISA - Fondation pour la musique ; SUISSIMAGE ; vfg - Association des créateurs photographes ; USPP - Union Suisse des Photographes Professionnels ; VISARTE - Société des artistes visuels suisse. 
</p><p><b>Johanna Lier</b>, écrivaine/comédienne, est présidente de Suisseculture, <b>Hans Läubli</b> est directeur de Suisseculture </p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Politique sociale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5011</guid><pubDate>Fri, 14 Jul 2017 09:23:42 +0200</pubDate><title>Plan B ? Mais quel plan B ? La retraite à 67 ans, en fait !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/plan-b-mais-quel-plan-b-la-retraite-a-67-ans-en-fait</link><description>Le plan B du PLR à Prévoyance vieillesse 2020 coûtera bien plus cher</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Plus d'un parmi vous ont dû avoir des sueurs froides ce week-end en découvrant le plan B du PRL à Prévoyance vieillesse 2020 (PV 2020). Surtout celles et ceux qui ne gagnent pas beaucoup ou tout simplement normalement. Ce que le PLR propose en cas d'échec de PV 2020 coûterait très cher, beaucoup plus cher. Et comme par hasard, la revendication du PLR de la retraite à 67 ans, défendue becs et ongles jusqu'il y a peu, a disparu du " wording " du parti. Mais ne nous leurrons pas. </p><p class="Texte"><span lang="FR">Economiesuisse, l’Union patronale et l’USAM ont décidé de faire le dos rond depuis quelques mois. Quasiment jusqu’à la votation finale sur la réforme de la Prévoyance vieillesse, ils n’en démordaient pas&nbsp;: l’âge de la retraite doit augmenter, jusqu’à 67 ans au moins. Et si possible, sans que le peuple ne puisse se prononcer, en instaurant un mécanisme d’intervention automatique fortement douteux sur le plan technique et démocratique. L’âge de la retraite aurait ainsi augmenté automatiquement dès que les réserves de l’AVS seraient descendues en-dessous d’un certain niveau. </span></p><p class="Texte"><span lang="FR">Heureusement, ils n’ont pas réussi à s’imposer au Parlement. Mais il est clair que ceux qui veulent faire échouer Prévoyance vieillesse 2020 n’ont de loin pas abandonné. Même s’ils font semblant actuellement d’avoir oublié leur revendication centrale. Dans leur plan B, composé de «&nbsp;trois petits paquets&nbsp;», ils l’appellent désormais des «&nbsp;mesures techniques&nbsp;». La libérale <i>NZZ am Sonntag</i> les décrit comme des mesures politiquement peu contestées, alors que ce n’est pas le cas. Il y a encore quelques mois, le relèvement automatique à 67 ans faisait partie du plan B, enrobé dans le concept de «&nbsp;dépolitisation&nbsp;» de l’âge de la retraite. Ce qui vaut d’ailleurs aussi pour la «&nbsp;dépolitisation du taux de conversion&nbsp;» voulue par Nantermod et ses coéquipiers du PLR. A savoir, tout ramener à des mesures techniques, sorties du champ démocratique. Le fait est que l’USAM clamait encore il y peu, dans un communiqué, que le «&nbsp;relèvement progressif de l’âge de la retraite à 67 ans&nbsp;» était un «&nbsp;impératif absolu&nbsp;». </span></p><p class="Text"><b><span lang="FR">Dizaines de milliers de francs plus cher</span></b></p><p class="Text"><span lang="FR">Il ne faut pas être devin pour comprendre que derrière ces mesures techniques, se cache une nouvelle mouture de cette idée centrale. Economiesuisse, l’Union patronale et l’USAM, le PLR et l’UDC veulent non seulement faire travailler les gens plus longtemps, mais ils propagent aussi une solution qui reviendrait bien plus cher aux bas et moyens revenus. La baisse du taux de conversion de leur plan B serait compensée uniquement dans le 2<sup>e</sup> pilier. Et cela reviendra très cher aux jeunes qui ont de bas revenus. Un homme de 24 ans dont le revenu annuel est de 40&nbsp;000 francs devrait, selon les </span><a href="https://www.parlament.ch/centers/documents/fr/mm-sgk-n-2017-03-10-beschluesse-reform-2020-f.pdf" target="_blank" rel="noreferrer"><span lang="FR">calculs fournis au Parlement</span></a><span lang="FR">, payer 30&nbsp;760 francs de plus jusqu’à sa retraite qu’avec Prévoyance vieillesse 2020. Pour un salaire de 55&nbsp;000 francs, ce seraient même 37'875. </span></p><p class="Text"><span lang="FR">La raison de ces coûts nettement plus élevés réside dans le fait que chacun n’épargnerait alors que pour soi. Dans le plan B, pas de solidarité, au contraire de Prévoyance vieillesse 2020. La votation du 24 septembre porte par conséquent aussi sur cette question centrale&nbsp;: est-ce que le crédo de l’économie qui veut que chacun à l’avenir économise uniquement pour lui-même doit s’imposer&nbsp;? Ou, en acceptant le supplément AVS, on renforce le pilier le plus solidaire de notre prévoyance vieillesse et qui offre le meilleur rapport coûts/prestations. </span></p><p class="Text"><b><span lang="FR">Précipiter l’AVS dans les déficits</span></b></p><p class="Text"><span lang="FR">Economiesuisse, l’Union patronale, l’USAM, le PLR &amp; Co. vont mettre toutes leurs forces dans cette campagne contre Prévoyance vieillesse 2020. En faisant capoter le projet, ils souhaitent précipiter l’AVS dans une spirale de déficits. Le plan B ne l’empêchera pas. Un nouveau projet prendrait plusieurs années. Des années pendant lesquelles l’AVS, sans le financement additionnel octroyé par Prévoyance vieillesse 2020 sera dans les chiffres rouges. Même avec une mise en œuvre rapide du plan B en l’an 2021, comme le prônent ses auteurs, plus de 5 milliards seraient soustrait à l’AVS. C’est ce qu’il faut éviter. Autant voter 2x Oui et assurer les retraites à un coût raisonnable que payer plus tard bien plus et accélérer la retraite à 67 ans. </span></p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category><category>AVS</category><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5009</guid><pubDate>Thu, 13 Jul 2017 11:54:10 +0200</pubDate><title>Augmentations de rentes grâce à PV 2020</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/augmentations-de-rentes-grace-a-pv-2020</link><description>Pari gagné : maintien ou même augmentation des rentes pour la grande majorité</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le niveau des rentes de neuf personnes sur dix sera bel  et bien maintenu avec la réforme Prévoyance vieillesse 2020. Seuls les  hommes de 39 à 44 ans gagnant bien leur vie ont quelque chose à y  perdre. Selon les derniers calculs de l’OFAS, les gagnants sont tout  particulièrement les femmes à revenus plutôt bas et les familles  disposant de relativement peu de moyens. </p><p>La situation des femmes qui travaillent à temps partiel ou qui ne  sont que peu rémunérées va définitivement s’améliorer avec Prévoyance  vieillesse 2020. Une femme d’actuellement 24 ans et qui gagne 3500  francs par mois verra ses rentes AVS et LPP augmenter de 255 francs par  mois, soit 3060 francs par an. Dans cette catégorie de salaires, une  femme de 44 ans s’en tire aussi avec une rente plus élevée&nbsp;: elle  percevra 2136 francs de plus par an. Idem pour les femmes qui gagnent  nettement mieux leur vie&nbsp;: toutes catégories d’âge confondues, avec un  salaire de 5200 francs par mois, leurs rentes seront meilleures  qu’actuellement.
</p><p>Prévoyance vieillesse 2020 améliore également les futures rentes des  hommes de toutes les catégories d’âges qui gagnent jusqu’à 5200 francs  par mois. Pour une fois, ce sont les hommes dans la force de l’âge et  gagnant bien leur vie qui sont légèrement pénalisés&nbsp;: les quadras aisés  de sexe masculin essuient effectivement une petite perte, au maximum 40  francs par mois. Or, avec leurs salaires, ils disposent d’une marge  financière amplement suffisante pour compléter leur retraite d’une  manière ou d’une autre.  
</p><h3>Coup de pouce aux familles modestes</h3><p>La réforme sera définitivement favorable aux familles composées d’un  couple marié avec deux enfants. Et ce sont celles qui disposent de  moyens restreints qui voient leur sort s’améliorer le plus. Si les deux  salaires cumulés atteignent 8700 francs (5800 et 2900 francs), les  suppléments de rentes vont de 302 à 478 francs par mois, selon les  catégories d’âge. Les plus jeunes familles pourront compter sur un bonus  pour leur retraite de 5736 francs par an (rente maximale plafonnée), ce  qui est loin d’être négligeable. 
</p><p>Pour les familles dont les parents ont 44 ans et un revenu moyen  (11&nbsp;000 francs en tout) comme pour celles qui sont aisées (14&nbsp;000  francs), le supplément AVS compensera amplement la baisse de rente du 2e  pilier. Le niveau actuel est donc maintenu pour ces gens-là. 
</p><h3>Une réforme qui aide ceux qui en ont besoin </h3><p>Ces chiffres devraient faire réfléchir plus d’une personne avant  d’aller voter le 24 septembre. La réforme Prévoyance vieillesse 2020  s’avère être positive pour les futures retraites de 90,8&nbsp;% de la  population, à un coût bien moindre que ce que la droite voulait. On  améliore en effet les rentes de certaines catégories défavorisées, on  les maintient pour quasiment toutes les autres, grâce au supplément AVS  et aux mécanismes de compensation dans le 2e pilier. Le tout en  consolidant les finances de l’AVS et en stabilisant le 2e pilier. Pari  gagné&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category><category>AVS</category><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5006</guid><pubDate>Wed, 12 Jul 2017 14:34:09 +0200</pubDate><title>Enfin mieux répartir le travail entre hommes et femmes</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/enfin-mieux-repartir-le-travail-entre-hommes-et-femmes</link><description>Travail non rémunéré selon l’enquête suisse sur la population active 2016</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les hommes et les femmes sont égaux sur le plan du nombre d’heures travaillées en Suisse, mais pas du tout sur le nombre d’heures rémunérées. Et si des enfants sont en jeu, le problème s’aggrave. Il est temps de mieux répartir les tâches. </p><p>Les derniers résultats de l’enquête sur la population active de l’Office fédéral de la statistique (OFS) montrent que les hommes sont aussi travailleurs que les femmes&nbsp;: ils effectuent 47 heures par semaine en moyenne. Toutefois, les femmes accomplissent les deux tiers de ces heures en n’étant pas rémunérées, alors que les hommes reçoivent un salaire pour trois cinquièmes des heures travaillées. Le travail non rémunéré, en particulier le temps consacré à la famille et au ménage, restent donc l’apanage des femmes essentiellement. 
</p><h3>Evolution trop lente</h3><p>Depuis 2010, la différence se réduit néanmoins très légèrement&nbsp;: le travail rémunéré des femmes a augmenté d’une heure pour atteindre 16,6 heures hebdomadaires, alors que les hommes ont réduit leur taux d’occupation de 0,8&nbsp;% à 27,3&nbsp;% et consacrent 1,7 heure de plus aux tâches domestiques et familiales. Tout cela est bien joli, mais l’évolution est beaucoup trop lente pour espérer atteindre une répartition équilibrée entre travail rémunéré et non rémunéré en un laps de temps raisonnable. &nbsp;
</p><h3>Le facteur enfants est lourd de conséquences</h3><p>Ce qui se passe quand les enfants arrivent est particulièrement préoccupant. La charge de travail hebdomadaire augmente massivement à 69,6 heures par semaine pour la mère, comme le père. Par contre, le travail rémunéré baisse légèrement pour la mère, mais augmente fortement pour le père. Les mères investissent alors la moitié plus de temps pour s’occuper des enfants. Les pères veulent de plus en plus passer du temps avec leurs enfants et soigner leur relation avec eux, ce qui est bien. Mais le travail domestique reste le domaine des femmes qui en accomplissent deux fois plus en nombre d’heures. Et quand les femmes augmentent leur temps de travail salarié, les hommes ne se précipitent pas pour combler le manque de bras à la maison. Ce sont plutôt d’autres femmes qui s’en occuperont dans des conditions de travail misérables. L’Etat doit à cet égard créer des conditions-cadres légales et mettre à disposition des offres de service public abordables et correspondant aux besoins. 
</p><h3>Réduction de la semaine de travail</h3><p>Le travail domestique et familial qui reste devrait ensuite être réparti équitablement entre hommes et femmes, comme le travail rémunéré. Les hommes doivent augmenter leur participation au travail non rémunéré dans tous les domaines, pas seulement dans les moments privilégiés avec les enfants. Quant aux femmes, elles doivent accomplir plus de travail rémunéré. Il serait dès lors judicieux de répartir différemment le travail et de réduire la durée hebdomadaire du travail, comme la Commission féminine de l’USS le demande depuis des années. Les hommes auraient ainsi le temps de s’occuper du ménage, des enfants et des proches. Et être une femme ne serait alors plus un risque de pauvreté. </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4984</guid><pubDate>Thu, 06 Jul 2017 12:55:54 +0200</pubDate><title>L’AVS a 70 ans : il est temps de la renforcer</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/l-avs-a-70-ans-il-est-temps-de-la-renforcer</link><description>De la création de l’AVS à Prévoyance vieillesse 2020 par Ruth Dreifuss</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’ancienne conseillère fédérale et syndicaliste rappelle la lutte qui a précédé la votation de 1947 pour introduire l’AVS, cette pierre angulaire de la politique sociale suisse que la droite ne voulait pas, pas plus qu’aujourd’hui. Il aura fallu dix révisions pour améliorer ses prestations. Prévoyance vieillesse permettra quant à elle de maintenir les rentes en renforçant l’AVS. Une réforme équilibrée qui nécessite un double Oui le 24 septembre. &nbsp; </p><p>Il y a 70 ans jour pour jour, le peuple suisse approuvait la loi sur l'assurance vieillesse et survivants. C'était à la fois l'aboutissement d'un long combat syndical et socialiste, et le début de la lutte pour protéger réellement les personnes âgées, les veuves et les orphelins. 
</p><h3>L’AVS, un droit, non une aumône</h3><p>Le combat pour l'AVS figurait déjà parmi les revendications de la grève générale de 1918 et n'avait cessé d'être au cœur de l'action syndicale. En 1925, peuple et cantons inscrivaient dans la constitution fédérale l'obligation de la mettre en place. Mais les oppositions de la droite allaient torpiller un premier projet de loi. En 1947, la campagne de votation, provoquée par un nouveau référendum lancé par les mêmes adversaires, a mobilisé toutes les forces syndicales. Pour obtenir enfin une assurance dont les principes n'ont pas variés depuis&nbsp;: toutes et tous sont assurés, ils n'ont à rendre compte à personne de leurs choix de vie, les cotisations sont proportionnelles au revenu alors que la rente maximale est plafonnée. En d'autres termes, comme l'écrivait l'USS dans les mois précédant la votation du 6 juillet 1947, c'est un droit et non une aumône, chacun est tenu d'y participer, le fort aide le faible. La solidarité est la pierre angulaire de l'AVS. Et l'AVS est la pierre angulaire de la politique sociale de la Suisse.
</p><h3>Longue lutte pour des améliorations</h3><p>L'introduction de l'AVS marque aussi le début d'une longue lutte&nbsp;: les rentes versées dès 1948 étaient bien trop chichement comptées pour éradiquer la misère des travailleurs et travailleuses mis à la retraite. Il aura fallu neuf révisions de l'AVS pour approcher de ce but, il en aura fallu une dixième pour que les femmes se voient reconnaître le droit à une rente autonome, améliorée par la prise en considération des tâches éducatives et d'assistance. Il aura aussi fallu que la prévoyance professionnelle, autrefois facultative et liée à l'entreprise ou à la branche, soit rendue obligatoire et permette de maintenir le niveau de vie antérieur.
</p><h3>Mêmes adversaires, mêmes arguments que jadis  </h3><p>Aujourd'hui, nous menons à nouveau campagne pour une révision de la prévoyance vieillesse. Nous retrouvons les mêmes adversaires que jadis, les mêmes arguments opposés au renforcement de l'AVS par rapport à la prévoyance professionnelle. Nous devons contrer la même stratégie qui consiste à creuser les déficits de la prévoyance vieillesse pour justifier ensuite la réduction massive des prestations. Nous voulons à la fois maintenir le niveau des rentes issues des deux piliers et assurer leur équilibre financier à moyen terme. Cela demande des sacrifices&nbsp;: une légère augmentation de la fiscalité et des sommes versées par les employeurs et les travailleurs et travailleuses, mais aussi l'augmentation progressive de l'âge de la retraite des femmes.
</p><h3>Equilibre entre coûts et bénéfices </h3><p>Les seules réformes réussies, qui ont été acceptées et qui ont amélioré la situation des personnes âgées, sont celles qui ont réalisé un équilibre entre les coûts et les bénéfices. Le 24 septembre prochain, une telle réforme, équilibrée, ne se fera que si le peuple et les cantons acceptent à la fois le projet de loi et l'augmentation de la taxe à la valeur ajoutée. Le 7 juillet 1947, un OUI suffisait pour que l'AVS naisse&nbsp;! Le 24 septembre 2017, il en faudra deux pour qu'elle se renforce&nbsp;! </p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Prévoyance professionnelle</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4962</guid><pubDate>Wed, 21 Jun 2017 14:11:35 +0200</pubDate><title>Égalité salariale : ce qui est possible en Islande…</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/egalite-salariale-ce-qui-est-possible-en-islande</link><description>Maríanna Traustadóttir à Berne le 5 juillet</description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis la nuit des temps, l'Islande a des femmes fortes qui ne se laissent pas régenter. Et cela, aussi au travail et en matière de salaire. Et pourtant, ce pays, où la différence de salaire entre hommes et femmes est la plus faible au monde, franchit une nouvelle étape. Cette île va en effet être le premier État à exiger dans une loi des entreprises qu'elles prouvent que leurs salaires sont égaux pour un travail de valeur égale. La loi s'appliquera à toutes les entreprises comptant plus de 25 employé(e)s. 
</p><h3>Et la Suisse ? </h3><p>Les femmes suisses attendent toujours la justice salariale. En moyenne, la différence de salaire avec les hommes est de 18,1 % (2014), dont 42 % ne peuvent pas s'expliquer par la formation, l'âge, l'ancienneté, la fonction, etc. En d'autres termes, les femmes se font voler 7,6 % de salaire. 
</p><p>Sous la pression des syndicats et des féministes, le Conseil fédéral veut certes s'attaquer à la discrimination salariale persistante et améliorer la loi sur l'égalité, mais la droite avec, derrière elle, les employeurs qui tirent les ficelles, ne veut pas de mesures contraignantes. Elle freine autant qu'elle peut. Désormais, les femmes des syndicats et les organisations féminines organisent contre cela une veille qui a lieu chaque mercredi sur la Place fédérale. Jusqu'à ce que le Conseil fédéral présente un message. 
</p><p>La Suisse a-t-elle quelque chose à apprendre de l'Islande ? Maríanna Traustadóttir, responsable de l'égalité des sexes à la confédération syndicale islandaise ASI est aussi la mère de cette loi. Sur invitation de l'Union syndicale suisse (USS) et de Travail.Suisse, elle présentera mercredi 5 juillet (hôtel Bern à Berne, 18 h) la loi islandaise et discutera de la situation suisse avec des représentantes de l'USS, du Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes et d'Avenir Suisse. </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4959</guid><pubDate>Wed, 21 Jun 2017 09:51:40 +0200</pubDate><title>Loi sur l’égalité: bien intentionnée mais mal appliquée</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/loi-sur-l-egalite-bien-intentionnee-mais-mal-appliquee</link><description>Application lacunaire, selon un nouveau rapport d&#039;évaluation</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"><b>Un rapport d'évaluation de la Confédération montre que l'application de la loi sur l'égalité LEg est toujours lacunaire. Le verdict est en défaveur de la partie plaignante dans une majorité des cas. Il est grand temps de changer radicalement d'approche: il faut enfin instaurer la transparence sur les salaires et une instance officielle de surveillance de l'application de la LEg&nbsp;!</b></p><p>Cela n'a pas beaucoup évolué depuis 2005 quand une évaluation de la loi sur l'égalité avait déjà montré que son application était lacunaire. Les chances de succès pour les parties plaignantes qui entament une procédure selon la loi sur l'égalité sont même encore plus mauvaises qu'à cette époque. Alors que jusqu'en 2004, au moins 42&nbsp;% des jugements aboutissaient tout ou en partie en leur faveur, cela n'a plus été le cas que pour 37,5&nbsp;% des verdicts par la suite. Et ce n'est pas parce que les discriminations dénoncées étaient une vue de l'esprit de la part des plaignantes, mais parce que les tribunaux maîtrisent trop peu l'application de la loi sur l'égalité. Ils ont ainsi souvent fait l'erreur de traiter des licenciements discriminatoires selon le droit des obligations plutôt que selon la loi sur l'égalité - une procédure qui fait passer à la trappe l'allègement du fardeau de la preuve. Selon la loi sur l'égalité, la partie plaignante ne doit que rendre plausible une discrimination, c'est à la partie adverse de faire la preuve du contraire, ce qui représente un outil important dans la lutte contre la discrimination en raison du sexe. Il est particulièrement choquant que les actions en justice perdues aient encore souvent coûté des milliers de francs aux plaignantes. 
</p><h3>Les plaintes contre les congés-représailles n'ont aucune chance</h3><p>Actuellement, il n'y a pas grand-chose à gagner à intenter un procès en discrimination salariale. Si ce n'est de perdre son travail&nbsp;: dans 84&nbsp;% des procédures examinées, le rapport de travail avait été rompu au moment où le jugement était rendu. Quand les plaignantes ne sont pas parties d'elles-mêmes, elles ont souvent reçu leur congé. Les congés-représailles sont certes interdits par la loi sur l'égalité, mais les chances de gagner un tel procès sont très réduites&nbsp;: 11 plaintes sur 12 ont échoué pendant la période sous revue. 
</p><p>Le risque individuel pour les travailleuses est moins important si une plainte collective est déposée par les syndicats ou d'autres organisations. Les plaintes collectives sont des actions en constatation, les personnes concernées doivent tout de même porter plainte pour que les discriminations constatées soient supprimés au cas où les employeurs mis en cause n'entreprenaient pas d'eux-mêmes des démarches. Ce n'est donc pas étonnant que le nombre de plaintes collectives ait au moins été divisé par deux. 
</p><h3>Davantage de licenciements discriminatoires </h3><p>Depuis 2005, c'est avant tout le palmarès peu glorieux des discriminations alléguées qui a changé&nbsp;: les discriminations salariales détenaient alors la palme, suivies par les cas de harcèlement sexuel et en troisième position, on trouvait les licenciements discriminatoires. Depuis 2005, le nombre de ces derniers a doublé pour atteindre un tiers&nbsp;: ils se situent en tête, avec les discriminations salariales. La moitié de ces licenciements discriminatoires sont une réaction des employeurs à la grossesse et à la maternité. Ce n'est pas tolérable. 
</p><h3>Réviser la loi sur l'égalité</h3><p>Douze ans après la première évaluation de la loi sur l'égalité, l'analyse actuelle montre aussi que la loi représente certes une avancée importante, mais que son application comporte des lacunes éclatantes. Les auteures du rapport d'évaluation concluent avec des recommandations pour une protection efficace contre les discriminations. Elles exigent notamment la transparence des salaires, des contrôles de l'application par les autorités, un renforcement du droit de l'action collective ainsi que la formation des juges, des autorités de conciliation et des avocat(e)s.&nbsp; 
</p><p>Les syndicats s'engagent pour beaucoup de ces revendications depuis longtemps. C'est maintenant à nos représentant(e)s politiques d'enfin prendre le taureau par les cornes quand ils réviseront la loi sur l'égalité. </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4957</guid><pubDate>Wed, 21 Jun 2017 09:24:25 +0200</pubDate><title>Les CFF se distancient d’Uber</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-cff-se-distancient-d-uber</link><description>Une victoire syndicale </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Les CFF renoncent à une collaboration avec le service de VTC américain Uber. Maintenant, La Poste doit leur emboîter le pas. C'est ce que réclament les syndicats Unia, syndicom et SEV. </p><p>" Les CFF ont su faire preuve de sensibilité sociale : Il ne faut pas que des sociétés sérieuses cautionnent des entreprises qui pratiquent la sous-enchère " commente le président du syndicat du personnel des transports SEV, Giorgio Tuti à propos du succès commun remporté contre Uber par les syndicats SEV, Unia et syndicom. En effet, le 16 juin 2017, les CFF ont annoncé renoncer à la collaboration envisagée avec Uber. Ce faisant, ils satisfont à une exigence formulée par les trois syndicats : les entreprises qui abusent de leurs employés et contournent les prescriptions légales ne doivent pas pouvoir commercer avec l'Etat. 
</p><h3>CarPostal SA doit suivre </h3><p>Ce qui est possible pour les CFF doit l'être aussi pour l'entreprise CarPostal. Il faut savoir que celle-ci exploite d'ores et déjà l'application " NordwestMobil ", dans laquelle elle intègre les services d'Uber. Le message lancé par Unia, le syndicat du personnel des transports et syndicom est limpide : " Nous demandons à la société mère et entreprise proche de l'Etat, La Poste, de retirer immédiatement Uber de son application et de l'en exclure aussi longtemps que le groupe de transport à la demande ne respectera pas les lois suisses et les décisions officielles. " Cette demande s'adresse également aux Transports publics bâlois (BVB), qui recourent à la plateforme " NordwestMobil ", et à la ville de Bâle, propriétaire des BVB. 
</p><h3>Longue liste de péchés </h3><p>Uber refuse de considérer ses chauffeurs comme des employés et il ne paie pas les cotisations sociales obligatoires, par exemple. C'est illégal et cela favorise l'indépendance fictive. Tant la SUVA qu'une expertise juridique du professeur Kurt Pärli (Université de Bâle) ont clairement défini Uber comme un employeur, qui doit donc assumer ses devoirs en tant que tel. Par ailleurs, Uber appelle régulièrement des chauffeurs non dotés d'une licence à effectuer des transports illégaux. Si la police attrape ces chauffeurs, ce sont eux qui risquent des sanctions. Tandis qu'Uber s'en tire en toute impunité. Enfin, ce service de VTC va jusqu'à se payer le luxe d'ignorer les interdictions administratives. </p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Droit du travail</category><category>Transports</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4954</guid><pubDate>Mon, 19 Jun 2017 14:38:17 +0200</pubDate><title>Le Conseil fédéral doit intervenir auprès de la Poste !</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/le-conseil-federal-doit-intervenir-aupres-de-la-poste</link><description>Echos de la session d’été au Conseil national</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Des débats importants pour le service public ont eu lieu au Conseil national lors de la dernière session. Commentaire. </p><p class="Text">Le Conseil national a traité quelques interventions sur la Poste pendant la session d’été. Le démantèlement qui se fait à grande vitesse des offices de poste butte contre l’incompréhension. Une motion de la Commission des transports et des télécommunications (CTT-N) sur la législation sur la poste (17.3012) a demandé que les critères servant à mesurer l'accessibilité soient fixés autrement. Elle demande aussi que les agences postales offrent tous les services de la Poste, donc aussi les envois en grand nombre et l’entier du service des paiements. Les exploitants des agences doivent aussi être indemnisés pour leurs prestations à hauteur d'un montant couvrant au minimum leurs coûts. Cette motion a été acceptée par une majorité remarquablement élevée de 172 voix contre 13 et 4 abstentions.  </p><p class="Text">Deux motions de la conseillère nationale Viola Amherd ont également été adoptées demandant l’adaptation des critères de démantèlement de la Poste et plus de transparence de sa part. Doris Leuthard, la cheffe du département concerné, s’est toutefois montrée droite dans ses bottes pendant le débat&nbsp;: la Poste délivrerait des prestations exceptionnelles, qui n’ont pas d’égal en Europe. Mais elle ne pouvait pas non plus complètement ignorer les pressions, ce qui l’a poussée à commander une étude du DETEC pour l’automne sur le critère d’«&nbsp;un office de poste pour chaque région d'aménagement du territoire&nbsp;». Le changement évident de mentalité de la majorité du Conseil national est un succès à mettre sur le compte de Syndicom. Le syndicat fait du lobbying depuis des mois contre la fermeture des offices de Poste. Et c’est aussi Syndicom qui joue la transparence puisqu’il publie sur son site une carte montrant où les offices de poste sont menacés. </p><p class="Text"><b>Retour à l’expéditrice pour le soutien des centrales hydrauliques </b></p><p class="Text">La Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie (CEATE-N) voulait que le plénum adopte encore une mesure de soutien pour la force hydraulique dans le cadre des décisions sur le réseau électrique. Apparemment, les entreprises électriques avaient au préalable convaincu la majorité de la commission qu’il était minuit moins cinq pour pouvoir encore sauver les ressources électriques indigènes. L’intention était de modifier la loi de l'approvisionnement en électricité (LApEl) de telle sorte que le consommateur final du marché captif ne puisse plus qu’être livré en courant hydraulique. Un soutien concret des producteurs était promis et en même temps l’apaisement des vagues autour de la redevance hydraulique. </p><p class="Text">Auparavant, le Conseil des Etats avait tenté une approche qui voulait que les fournisseurs d’électricité livrent exclusivement du courant produit maison (hydraulique mais aussi nucléaire) aux petits clients captifs alors que les gros clients auraient été les seuls à profiter des avantages du marché électrique bon marché. Le modèle avait été rejeté par la majorité de la CEATE-N comme étant plus cher et pas écologique. Leur concept n’a pas non plus passé la rampe de la majorité du conseil et retourne à l’expéditrice. La commission va probablement demander aux producteurs davantage de transparence sur les coûts. Les différentes évaluations de la profitabilité de la force hydraulique sont fort éloignées. Le Conseil fédéral va bientôt présenter un projet pour modifier la redevance hydraulique, projet que les cantons alpins attendent avec inquiétude. Pour les régions structurellement faibles comme les Grisons et le Valais, les recettes provenant de cette redevance sont existentielles. &nbsp;</p><p class="Text">Les points de divergence du projet de loi sur la restructuration et l’extension des réseaux électriques retournent au Conseil des Etats. Il s’agit à cet égard avant tout de la question des compteurs d’électricité intelligents&nbsp;: qui doit en assumer les coûts&nbsp;? Est-ce que le montage et le maintien de ces «&nbsp;smart meters&nbsp;» doivent être réservés aux gestionnaires des réseaux&nbsp;?</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Poste</category><category>Énergie et environnement</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4950</guid><pubDate>Fri, 16 Jun 2017 10:41:50 +0200</pubDate><title>Toujours plus d’associations en faveur de Prévoyance vieillesse 2020</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/toujours-plus-d-associations-en-faveur-de-prevoyance-vieillesse-2020</link><description>Le camp du oui se renforce</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Après les grands syndicats de Suisse, le PS, Alliance F,  les paysans et le Conseil suisse des aînés, c’est au tour de la  deuxième plus grande faîtière de retraité(e)s de dire Oui à la réforme  des retraites. La société des employés de commerce s’est aussi rangée  dans le camp du Oui. &nbsp;</p><p>La Fédération des associations des retraités et de l’entraide en  suisse (FARES) soutient à son tour Prévoyance vieillesse 2020. Le débat a  été nourri le 9 juin à Berne. Chacun a pu présenter ses arguments et  faire entendre sa voix. Mais en fin de compte, c’est quasiment à  l’unanimité que les délégué(e)s se sont prononcés en faveur de la  réforme, avec 25 voix pour, 1 contre et une abstention. Un résultat  clair comme de l’eau de roche, malgré la recommandation de l’Avivo de  voter Non. Les arguments qui jouent en faveur de Prévoyance vieillesse  2020 ont donc largement convaincu.
</p><h3>Enfin un pas contre la discrimination à l’encontre des femmes</h3><p>Pour la FARES, il est essentiel que la réforme permette de garantir  les rentes actuelles et d’assurer le financement de l’AVS pendant les 15  prochaines années. C’était le principal argument retenu en faveur du  Oui. L’organisation a aussi estimé que la hausse de la TVA de 0,3% que  la population va effectivement ressentir était tout à fait supportable.  Ce n’est pas cher payer pour absorber le nombre accru de nouveaux  retraité(e)s et stabiliser l’AVS. L’augmentation de l’âge de la retraite  des femmes est certes regrettable, mais les délégué(e)s de la FARES ont  estimé que les avantages étaient néanmoins prépondérants, puisque&nbsp;:  «&nbsp;un pas est enfin fait contre la discrimination envers les femmes au  niveau des caisses de pension». Les améliorations pour les travailleurs  âgés qui perdraient leur emploi ont également pesé dans la balance. 
</p><h3>Les employé(e)s de commerce aussi pour</h3><p>La Société des employés de commerce suisse (SEC) a quant à elle  emboîté le pas aux autres fédérations qui représentent les travailleurs  et les travailleuse&nbsp;: les délégués de la SEC, forte de 47&nbsp;000 membres,  se sont clairement exprimés en faveur d'une réforme qui va «dans la  bonne direction» lors de leur assemblée à Yverdon-les-Bains le 10 juin.  La faitière a également lancé un appel à l’Etat et aux entreprises à  mettre en place des incitations pour contribuer à une politique de la  vieillesse économiquement et socialement juste.
</p><h3>Renforcer, assurer et moderniser</h3><p>Le camp des partisans de la réforme des retraites se renforce de  semaine en semaine. Voilà qui va dans le bon sens. Car en effet, il faut  absolument renforcer l’AVS, le pilier le plus social et le plus  redistributeur ‒ pour les femmes notamment ‒ ainsi qu’assurer et  moderniser le système des retraites. Prévoyance vieillesse 2020 le  permet justement. </p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category><category>AVS</category><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4930</guid><pubDate>Wed, 07 Jun 2017 15:46:57 +0200</pubDate><title>Prolongation du congé de maternité en cas d’hospitalisation du ou de la nouveau-né(e)</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/prolongation-du-conge-de-maternite-en-cas-d-hospitalisation-du-ou-de-la-nouveau-ne-e</link><description>Le Parlement veut combler une lacune</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Parlement entend combler une lacune du congé de maternité. En cas de longue maladie du ou de la nouveau-né(e), le congé de maternité de la mère pourra être prolongé. Une bonne décision.</p><p>&nbsp;Le problème : si un ou une nouveau-né(e) doit être hospitalisé pendant au moins trois semaines, la mère peut repousser le début de la perception de ses allocations de maternité jusqu'au moment où elle prend son enfant à la maison. Mais la loi ne dit pas explicitement si la femme a, dans le cas d'un tel report, le droit de toucher une allocation pendant la durée de l'hospitalisation de l'enfant. Or, elle n'a pas le droit de travailler pendant cette période. 
</p><p>La solution : dans de tels cas, le versement des allocations de maternité sera prolongé. Aujourd'hui, la loi le limite à 98 jours. La prolongation sera d'au moins 21 jours et c'est au Conseil fédéral qu'il appartiendra de fixer le nombre maximum en complétant dans ce sens la loi sur les allocations pour perte de gain. 
</p><p>La décision : par 113 voix contre 67 (principalement de l'UDC), le Conseil national a choisi cette solution, le Conseil des États ayant déjà accepté la motion à son origine lors de la session d'hiver 2016. Au Conseil fédéral désormais, qui lui était aussi favorable, de mettre en œuvre la décision des Chambres. 
</p><p>Les coûts : chaque année, mille nouveau-né(e)s sont hospitalisés pendant plus de trois semaines ; cela, pour 80 000 naissances. Pour une prolongation pendant 56 jours du versement des allocations de maternité, l'Administration a calculé des coûts de 5 millions de francs. L'important soulagement que la solution trouvée apportera aux familles concernées ne sera donc pas cher du tout. 
</p><h3>Autre décision du Parlement : aucun droit à réduire son taux d'occupation en cas de naissance</h3><p>La conseillère nationale socialiste Nadine Masshardt (BE) s'est par contre heurtée à un mur avec son initiative parlementaire qui demandait le droit de réduire d'au maximum 20 % son taux d'occupation suite à une naissance, comme c'est prévu pour le personnel de la Confédération. Le but de cette proposition était d'impliquer davantage les pères dans la garde des enfants. Les petites - ce qui resterait à définir - entreprises ne seraient pas concernées par cette réglementation. 
</p><p>Tous les arguments avancés furent sans effet. La majorité de droite du Conseil national estima doctrinairement qu'on ne saurait ajouter ici une nouvelle réglementation et que la liberté contractuelle n'admet aucune entorse. Ainsi parla le conseiller national UDC Egloff. Et le plénum suivit : par 110 voix contre 67, il décida de ne pas donner suite à cette initiative. </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4929</guid><pubDate>Wed, 07 Jun 2017 15:08:25 +0200</pubDate><title>16 000 apprenti(e)s sur le carreau</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/16-000-apprenti-e-s-sur-le-carreau</link><description>Baromètre des places d’apprentissage</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les projections du baromètre des places d'apprentissage publiées le 7 juin dernier minimisent les difficultés que rencontrent les jeunes sur le marché des places d'apprentissage. Si l'offre de ces places dépasse en chiffres absolus la demande, la situation des jeunes n'est cependant pas aussi rose. La demande de places d'apprentissage a augmenté de 7,6 % par rapport à 2016, alors que le nombre de places proposées est resté stable. Près 16 000 jeunes n'avaient pas encore décroché en avril leur place d'apprentissage pour la rentrée. 
</p><p>Plusieurs branches proposent aujourd'hui un nombre de places insuffisant. C'est le cas notamment dans les métiers majoritairement féminins comme la santé et le social. Pour cette raison, les jeunes femmes sont souvent contraintes de postuler beaucoup plus souvent que les jeunes hommes. Une situation insatisfaisante et discriminatoire. 
</p><p>De l'autre côté, dans plusieurs branches, un nombre important de places ne sont pas occupées, notamment dans les métiers de la construction, des services et de la vente. Les employeurs mettent la faute sur les jeunes, qui ne seraient pas à la hauteur, ou sur le manque de publicité faite dans les écoles ou auprès des familles. En réalité, les branches concernées sont souvent celles où les jeunes sont vite considérés comme une main-d'œuvre bon marché et où la qualité de la formation et les mesures de sécurité passent au second plan. 
</p><p>C'est pourquoi l'USS demande que la Confédération et les cantons renforcent la surveillance de l'apprentissage et veillent à améliorer la mise en œuvre des mesures de protection en faveur des apprenti(e)s. </p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4927</guid><pubDate>Tue, 06 Jun 2017 14:23:43 +0200</pubDate><title>La protection suisse contre le licenciement à l’ordre du jour de l&#039;OIT</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-protection-suisse-contre-le-licenciement-a-l-ordre-du-jour-de-loit</link><description>La Conférence de l’OIT parlera du renforcement des droits fondamentaux au travail</description><content:encoded><![CDATA[<p>Chez nous, les personnes syndicalement actives et les lanceurs d'alerte continuent d'être insuffisamment protégés contre le licenciement abusif. C'est pourquoi l'Union syndicale suisse veillera à ce qu'il soit question de ce sujet lors de la 106e Conférence de l'Organisation internationale du Travail (OIT). 
</p><p>Le problème est le suivant : en Suisse, les personnes syndicalement actives et les lanceurs d'alerte ne sont protégés que d'une manière très lacunaire contre les licenciements abusifs. Ils peuvent être licenciés en raison de leur participation à des négociations collectives ou d'activités syndicales, voire même parce qu'ils posent des questions dérangeantes. Et même lorsqu'un tribunal constate le caractère abusif de leur licenciement, ils peuvent tout au plus s'attendre à six mois de salaire à titre de dédommagement. Dans la réalité, il s'agit la plus part du temps de deux à trois mois seulement. Ainsi, les recommandations de l'OIT concernant la liberté d'association et le droit de négociation collective ne sont pas respectées ! 
</p><h3>Le Conseil fédéral doit agir </h3><p>Lors de la 106e Conférence de l'OIT, qui se tient du 5 au 16 juin à Genève, l'USS s'engage pour que ces questions reviennent sur la table. En effet, la conférence va discuter du renforcement nécessaire des principes et des droits au travail. Elle élaborera à cet effet un rapport avec des recommandations à l'intention des gouvernements. Ce rapport développera la " Déclaration sur la justice sociale pour une mondialisation équitable " adoptée par l'OIT en 2008. L'USS demandera que le rapport traite aussi de la liberté syndicale et, donc, de la protection contre le licenciement des personnes syndicalement actives. Il faut montrer par ce biais au Conseil fédéral qu'il y a lieu d'agir en matière de protection contre le licenciement antisyndical. 
</p><h3>Une mondialisation sociale.... </h3><p>La 106e Conférence de l'OIT veut en outre poser des jalons sociaux concernant la migration, la transformation écologique de l'économie et le libre-échange. Il apparaît toujours plus que l'OIT est la seule en mesure de donner des impulsions importantes pour une mondialisation plus juste et plus sociale. Cela touche en particulier la dimension sociale du libre-échange. D'autres organisations, comme l'Organisation mondiale du commerce, le Fonds monétaire international ou le G8, ne disposent pas du savoir-faire en la matière ou de la volonté politique nécessaire. Une preuve du rôle important joué par l'OIT est la reprise de ses exigences dans les 17 objectifs de développement durable de l'Agenda 2030 des Nations Unies. L'objectif numéro 8 demande en effet un travail décent, le respect de la liberté syndicale et le plein-emploi. 
</p><h3>...au lieu de Trump et Cie </h3><p>Les chiffres suivants montrent toute l'importance que revêt une mondialisation socialement aménagée. Selon les prévisions, le nombre de personnes au chômage sur toute la planète devrait dépasser les 200 millions en 2017. Les emplois précaires concernent 1,5 milliard de personnes dans le monde. Et ils ont fortement augmenté en Europe et aux États-Unis aussi, alors qu'en même temps, les gouvernements appliquent des programmes d'austérité. Dans la majorité des 34 États membres de l'OCDE, l'écart entre les revenus des plus riches et ceux des plus pauvres atteint un niveau jamais vu depuis trois décennies. Une mondialisation, si elle respecte les normes sociales et les droits fondamentaux privera aussi les populistes à la Trump ou Le Pen du terreau sur lequel ils prospèrent. L'engagement de l'OIT pour encourager la croissance de l'emploi et, simultanément, défendre ainsi que développer les droits des travailleurs et travailleuses se révèle de ce fait solide également sous l'angle politique. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4915</guid><pubDate>Mon, 29 May 2017 19:07:37 +0200</pubDate><title>L’UBS fait de la pub pour une épargne-prévoyance à haut risque</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/l-ubs-fait-de-la-pub-pour-une-epargne-prevoyance-a-haut-risque</link><description>Placements de 3e pilier problématiques pour les salarié(e)s ordinaires</description><content:encoded><![CDATA[<p>UBS parle mal de l’AVS depuis des années pour pouvoir vanter ses produits dans le cadre du 3e pilier. En mai 2017, la banque a lancé une <a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/mk-cp/241001_EFAS/241001_MK_EFAS_Pierre-Yves_Maillard.pdf" class="download">nouvelle offensive</a> qui recommande des structures de portefeuille pour ses nouvelles cotisations d’épargne avec un taux élevé d’actions. Pour les personnes de 35 et 44 ans, elle suggère 75% d’actions (!). Pour les 45 à 54 ans, la proportion d’actions reste à un niveau très élevé (47%). C’est totalement fallacieux. 
</p><h3>AVS plus avantageuse que le 3e pilier</h3><p>L’USS a pour sa part calculé <a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/mk-cp/241001_EFAS/241001_MK_EFAS_David_Roth.pdf" class="download">les avantages et les désavantages du 3e pilier par rapport à l’AVS</a>&nbsp;: les salariés normaux s’en sortent mieux avec l’AVS. Pour les couples, la différence en faveur de l’AVS est de 350&nbsp;000 francs. Pour les célibataires, ce montant est de plus de 200&nbsp;000 francs. Les coûts administratifs de l’AVS sont bien moindres puisqu’aucun actionnaire ou manager surpayé n’y gagne un centime. L'AVS est en outre financée socialement. Les gros salaires cotisent beaucoup plus qu’ils ne perçoivent. Au profit des revenus bas et moyens. 
</p><p>L’épargne-prévoyance pour le 3e pilier dont le taux en actions est élevé qu'UBS promeut n’est pas seulement chère, mais aussi risquée. De grandes pertes sont possibles. A la différence de l’AVS, mais aussi des caisses de pension. Les actions représentent une catégorie de placements risquée&nbsp;: celui qui aurait acheté une action UBS en 2006 pour sa prévoyance vieillesse la payait environ 65 francs. Pendant la crise qui a suivi, son cours s’est effondré. L’action ne s’est d’ailleurs jamais complètement remise. Elle ne vaut actuellement plus qu’environ 16 francs. Une grande partie de la fortune investie est partie en fumée. 
</p><h3>Retraité(e)s captifs</h3><p>Des comparaisons sur le long terme montrent que les actions réalisent en moyenne des rendements un peu plus élevés. Toutefois, les rendements moyens ne sont pas significatifs pour ce type d’investisseurs. Quand on a besoin d’argent, par exemple après la retraite, on doit vendre ses actions à un moment précis. Et si on joue de malchance, les marchés sont alors justement baissiers. <a href="https://www.group.pictet/corporate/fr/home/media_relations/corporate_publications/special/performance.html" target="_blank" rel="noreferrer">Les chiffres de la banque Pictet</a> montrent que les actions suisses entre 1950 et aujourd’hui ont conclu 17 années sur 67 en baisse, soit 28% des années. Les différentes stratégies de placement peuvent être comparées avec les mêmes chiffres. Un fonds avec 75% d’actions a par exemple eu des rendements moins bons dans 10 cas sur 50 qu’avec une stratégie plus sûre comportant uniquement des obligations (pour une personne de 44 ans jusqu’à la retraite). &nbsp;
</p><p>Aucun risque de cette sorte avec l’AVS, puisqu’elle est financée par des revenus courants (cotisations salariales, contribution de la Confédération) et n’investit qu’à la marge dans des produits financiers. Les caisses de pension courent aussi des risques bien moindres. Comme elles assurent les actifs et les rentiers, elles ne doivent pas vendre leurs actions à un moment donné, à la différence des individus. &nbsp;
</p><p>Raison pour laquelle, tous les salarié(e)s qui ont des revenus bas à moyens devraient dire Oui à la hausse des rentes AVS prévue par Prévoyance vieillesse 2020.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>AVS</category><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4914</guid><pubDate>Mon, 29 May 2017 16:19:13 +0200</pubDate><title>PV 2020: Pourquoi UBS démolit l’AVS</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/pv-2020-pourquoi-ubs-demolit-l-avs</link><description>Répandre la panique pour faire des affaires, sans scrupules, sur le dos de citoyens apeurés. </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Depuis des années, UBS publie au moins une fois par an une soi-disant étude sur l’AVS qu’elle se fait un plaisir de dégommer. La dernière remonte à la semaine dernière. Mais cette fois-ci, je n’en ai pas cru mes yeux. Quelques jours plus tôt, un conseiller d’UBS me remettait un prospectus publicitaire qui lui aussi peignait l’avenir de la prévoyance vieillesse en noir. Il est dès lors évident que la stratégie sans scrupules d’UBS ne vise qu’à faire des affaires sur le dos des citoyens apeurés en leur vantant sa nouvelle épargne-prévoyance à haut risque. </p><p>UBS répand la panique selon un schéma bien rôdé. La banque brandit la menace de la démographie et assène sans relâche aux potentiels clients que l’AVS a de gros problèmes de financement. Mais pas un mot sur le fait que l’AVS verse actuellement plus du double de rentes (2,2 millions) qu’en 1975 (900&nbsp;000), sans que les cotisations n’aient jamais été augmentées. Pas un mot non plus sur le fait que toutes les études qui depuis 30 ans prévoyaient un trou financier désastreux ont été démenties. Il est effectivement impossible de prévoir à aussi long terme que ne le fait UBS. L’Office fédéral des assurances sociales a pour sa part fait des prévisions jusqu’en 2045 qui prennent en compte une augmentation de la productivité pourtant très prudente. Résultat&nbsp;: il faudrait un léger financement additionnel d’un peu plus de 1&nbsp;% du PIB. L’étude d’UBS ne vaut donc même pas le papier sur lequel elle a été écrite.&nbsp; 
</p><p>Depuis peu, UBS insiste aussi sur les problèmes de caisses de pension. Elles sont incontestablement dans une situation difficile en raison des taux d’intérêts extrêmement bas. Ce n’est pourtant pas une raison de présenter le système des trois piliers comme si le premier pilier s’écroulait et le deuxième présentait de larges fissures alors que le 3e pilier serait dans un état irréprochable. Car le problème des taux d’intérêts bas se pose également pour le 3e pilier, comme pour tout système de prévoyance par capitalisation. 
</p><h3>75% d'actions pour un 3e pilier: cher et risqué</h3><p>Mais UBS n’en a que faire&nbsp;: elle promeut dans son prospectus des fonds de prévoyance qui comportent jusqu’à 75&nbsp;% d’actions. Sans aucun scrupule, même si la banque écrit en tout petit que plus le pourcentage d’actions augmente, plus les fluctuations de valeurs et donc les risques sont importants. Et si je dois prendre ma retraite pendant que la Bourse est en crise&nbsp;? Et ce n’est pas là un scénario catastrophe de syndicaliste. En ce qui concerne les comptes de prévoyance du 3e pilier défiscalisés, je ne peux en effet pas décider librement quand je retire le capital, ni quand je paie des impôts dessus. 
</p><p>Sur les 67 dernières années boursières, 19 ont clôturé sur une baisse. Cela veut dire presque tous les quatre ans. C’est un risque bien trop élevé pour tous ceux qui ne sont pas très fortunés, comme l’explique <a href="http://http://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/suisse/article/details/lubs-fait-de-la-pub-pour-une-epargne-prevoyance-a-haut-risque/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">cet article</a>. UBS se garde bien de dire que ses produits sont chers. Les traders, les bourses, les fonds et la banque, chacun ramasse son écot sur mon 3e pilier. Au contraire de l’AVS&nbsp;: elle est gérée de manière tellement économique et efficiente que notre assurance sociale est celle qui peut de loin générer le plus de rente avec chaque franc de cotisation.
</p><h3>Traders, assureurs et banquiers ne gagnent rien avec l'AVS</h3><p>Et comme, grâce au système de financement par répartition, toutes les cotisations salariales financent directement les rentes des retraité(e)s, il n’y a pas d’argent à se faire pour les banques et les assurances. UBS brandit plutôt la peur du vieillissement démographique et essaie de monter les générations les unes contre les autres. Celles et ceux qui bénéficient maintenant de leur retraite ont, pendant leur vie active, financé la retraite des séniors d’alors. Et celles et ceux qui actuellement travaillent et cofinancent de leurs cotisations les retraites actuelles, pourront bénéficier plus tard de l’AVS.
</p><p>Une AVS solide et des caisses de pensions stables ne sont pas dans l’intérêt des banques, des assurances et de leur association economiesuisse. Ils ne voient donc pas d’un très bon œil Prévoyance vieillesse 2020 qui renforce l’AVS et sécurise les retraites. Et préfèrent peindre le diable sur la muraille pour nous convaincre de la nécessité de contracter un 3e pilier onéreux et très risqué. Ne nous laissons pas entraîner dans ce jeu de dupe. En votant Oui au compromis Prévoyance vieillesse 2020, nous pouvons contrecarrer leurs plans. Le 24 septembre, la balle est dans notre camp.</p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4910</guid><pubDate>Wed, 24 May 2017 10:10:28 +0200</pubDate><title>Soutien pour la force hydraulique : un terrain glissant</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/soutien-pour-la-force-hydraulique-un-terrain-glissant</link><description>La stratégie des réseaux électriques en discussion au Conseil national</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors de la session d’été, le Conseil national devra traiter, en tant que second conseil, la restructuration et l’extension des réseaux électriques. Il lui appartiendra de corriger les erreurs du conseil prioritaire, et de veiller à ce que la population ne soit pas forcée de payer pour les erreurs d’investissements commises par les consortiums de l’électricité. </p><p>L’Union syndicale suisse (USS) s’est déjà exprimée sur la conception du projet lors de la procédure de consultation. Elle soutient le principe ORARE (Optimisation du Réseau avant Renforcement avant Extension). L’évolution technologique est extrêmement dynamique. Maîtrise décentralisée de la demande et gestion de l’injection orientée sur les réseaux coûtent moins cher et sont toujours plus respectueux de l’environnement qu’une extension des réseaux. En outre, il existera aussi dans quelques années des possibilités de stockage décentralisé adaptées au marché. Pour toutes ces raisons, il est largement inutile de développer le réseau de distribution déjà dans un futur proche. Le danger d’une infrastructure des réseaux chère et très surdimensionnée est réel. Cela, aussi parce que les coûts pourraient être répercutés sur les consommateurs et consommatrices finaux. Le risque d’une erreur de planification ne serait donc pas supporté par les gestionnaires de réseaux de distribution ou Swissgrid et non plus par les cantons et la Confédération. 
</p><h3>Garantir la protection des données</h3><p>Grâce à un réseau intelligent et à la mise en place de compteurs d’électricité intelligents, les gestionnaires de réseaux de distribution pourront à l’avenir disposer d’une foison de données sur leur clientèle, des données qui leur permettront de gérer l’approvisionnement en électricité de manière différenciée et en ménageant les ressources. Cela posera toutefois des exigences élevées en matière de protection des données et l’utilisation de ces dernières supposera l’accord du consommateur ou de la consommatrice final. L’USS soutient ici la modification proposée par la Commission l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie du Conseil national (CEATE-N).
</p><p>Le câblage souterrain n’est pas toujours meilleur pour l’environnement, mais il correspond certainement toujours aux vœux de la population concernée. Les lignes d’une tension de moins de 220kV (kilovolts) devraient par conséquent être enterrées là où c’est possible et judicieux, mais le surcoût ne doit par contre pas être répercuté sur les consommateurs et consommatrices finaux. Sur ce point aussi, l’USS soutient la CEATE-N.
</p><h3>Corriger le Conseil des États</h3><p>Tout tourne actuellement autour du soutien destiné à la force hydraulique indigène. On ne comprend pas pourquoi le Conseil des États a décidé de supprimer l’alinéa 5 de l’article 6 de la loi sur l’approvisionnement en électricité (LApEl), qui, sur le marché administré, oblige les gestionnaires de réseaux de distributions à répercuter sur leur clientèle le bénéfice qu’ils tirent du libre accès aux réseaux. Sur cette question, la CEATE-N a corrigé à juste titre cette décision, même si la solution de rechange qu’elle propose représente également une intervention sensible dans l’approvisionnement de base. On attend maintenant du Conseil national qu’il donne en plus une impulsion à la transition énergétique. En effet, la CEATE-N pense qu’il faut compléter l’article 1 alinéa 6 de la LApEl de sorte que les consommateurs et consommatrices finaux ne reçoivent que de l’électricité produite par des centrales hydrauliques indigènes. C’est là bien sûr quelque chose de sournois, car ainsi, l’article 5, s’il n’est pas biffé, devient obsolète, car il n’y aura plus d’avantages tarifaires dans ce modèle. 
</p><h3>Pas question de libéraliser encore plus le marché de l’électricité</h3><p> Avec toutes ces mesures inventives destinées à soutenir la force hydraulique indigène, on s’engage sur un terrain glissant, car elles impliquent pratiquement que l’on soit altruiste, de toute façon que le consommateur et la consommatrices finaux s’identifient fortement à cette force hydraulique indigène. Ce sont de fait eux qui payeront ces mesures de soutien. Le tout ne fonctionnera qu’aussi longtemps que nous conserverons l’actuelle structure du marché de l’électricité dans laquelle les petits consommateurs et consommatrices n’ont pas la liberté de choisir. L’USS s’engage vigoureusement pour que le marché de l’électricité ne soit pas largement libéralisé. Mais il faut que la population le veuille et il n’est pas question qu’elle soit contrainte d’éponger les investissements inappropriés des consortiums de l’électricité. Sinon, l’appel à une libéralisation intégrale se fera en effet rapidement entendre. Et, dans l’actuelle situation du marché, cela signifierait la fin de l’industrie électrique indigène. </p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4906</guid><pubDate>Wed, 24 May 2017 09:42:55 +0200</pubDate><title>Révision des PC : pas d’économies chez ceux qui n’ont rien à économiser </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/revision-des-pc-pas-d-economies-chez-ceux-qui-n-ont-rien-a-economiser</link><description>Le Conseil des Etats doit corriger le tir </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil des Etats s’empare de la loi sur les prestations complémentaires. Le projet de révision contient de bonnes propositions comme l’adaptation du montant maximal pris en compte pour le loyer, mais aussi pas mal de détériorations qui trahissent un grand manque de sensibilité sociale.</p><p>Environ 300&nbsp;000 personnes âgées ainsi que handicapées dépendent actuellement des prestations complémentaires (PC) pour pouvoir boucler leurs fins de mois. Et elles sont toujours plus nombreuses. Parce que le niveau des rentes ne suit pas l’évolution du coût de la vie. Il est donc important que les rentes soient améliorées. La réforme Prévoyance vieillesse 2020 y contribuera. L’amélioration des rentes AVS&nbsp;: 840 francs ou jusqu’à 2&nbsp;712 francs pour les couples ainsi que les adaptations dans le 2e pilier amélioreront le revenu des personnes à bas salaires. Ces améliorations sont urgentes. Il est donc d’autant plus étonnant que le Parlement veuille économiser 300 millions de francs dans le cadre de la révision de la loi fédérale sur les prestations complémentaires à l'assurance-vieillesse, survivants et invalidité. (LPC). Les personnes dont les primes d’assurance-maladie sont remboursées par les PC souffriraient particulièrement de ces mesures d’économie.</p><p>Le Conseil des Etat traitera la révision de la LPC pendant la session d’été. Le projet mélange du bon avec du nettement moins bon. Le relèvement du montant maximal pris en compte pour le loyer est une adaptation positive incontournable. Mais les détériorations, comme la baisse des franchises sur la fortune et celle du montant minimal de la PC, toucheront durement les bénéficiaires de PC.&nbsp;</p><p>Economies dans le remboursement&nbsp;?</p><p>Ce sera encore plus le cas avec le remboursement des primes d’assurance-maladie. Actuellement, les bénéficiaires de PC se font rembourser l’équivalent de la prime moyenne cantonale. A l’avenir, le remboursement serait plafonné au niveau de la réduction de prime individuelle moyenne du canton. Cette proposition enlève aux bénéficiaires de PC 120 millions par an. Mais la Commission du Conseil des Etats en a encore rajouté une couche et aimerait carrément modifier les bases de calcul. Sa majorité demande en effet qu’un montant forfaitaire à hauteur de la troisième prime-maladie la meilleur marché dans le canton soit pris en compte dans le calcul des PC. Le but est est d’inciter les bénéficiaires de PC à s’assurer au prix le moins cher possible. La minorité de la commission aimerait au contraire s’en tenir à la proposition du Conseil fédéral, qui se base sur un montant forfaitaire correspondant à la prime moyenne cantonale ou régionale.</p><p>La proposition de la majorité de la commission restreindrait la liberté des bénéficiaires de PC de choisir leur caisse-maladie. Dans certains cantons, il n’y a pas trois assurances à disposition qui soient moins chères que la prime moyenne.</p><p>Attaque des plus faibles</p><p>En plus, l’incitation voulue à changer de caisse-maladie pour une caisse meilleur marché ne fonctionne pas chez les bénéficiaires de prestations complémentaires&nbsp;:</p><p>§ Pour les bénéficiaires de PC qui ont besoin en permanence de soins et d’assistance, le simple changement d’assurance-maladie n’est guère réalisable. Ils dépendent à cet égard du soutien de proches ou d’une instance de conseil.</p><p>§ Les bénéficiaires de PC ne disposent que de peu de moyens. Ils dépendent donc du fait que leur caisse-maladie rembourse vite et sans faire de problèmes leurs factures de médecin. Les assurances qui offrent les primes les plus basses ne disposent pourtant souvent que d’un service lacunaire et traînassent avec leurs remboursements. Pour les bénéficiaires de PC, passer à une caisse bon marché conduirait donc à des problèmes financiers.</p><p>Une concentration des bénéficiaires de PC dans les caisses bon marché ferait rapidement augmenter leurs primes, parce que la structure de risques de ces caisses-maladie deviendrait défavorable. En même temps, les changements permanents de caisse-maladie qui sont administrativement lourds s’intensifieraient pour tous les assuré(e)s selon la LAMAL.</p><p>L’USS est opposée à cette mauvaise incitation à faire des économies sur le dos des bénéficiaires de PC. Cela veut tout simplement dire qu’une part moindre de leurs frais de santé leur serait remboursée. Ils devront économiser ces coûts supplémentaires sur leurs besoins vitaux. Une telle attaque contre ceux qui sont déjà faibles n’est pas acceptable. L’USS est intervenue à ce sujet auprès du Conseil des Etats.</p>]]></content:encoded><category>Prestations complémentaires</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/5/b/csm_aeltereFrau-muss-rechnen_wenigGeld_banabana-san_istock_20635cf273.jpg" length="185174" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-4903</guid><pubDate>Tue, 23 May 2017 10:53:57 +0200</pubDate><title>Le grand chantier de la Poste : numériser n’est pas démanteler</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/le-grand-chantier-de-la-poste-numeriser-n-est-pas-demanteler</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La Poste mise sur la transformation numérique. Cela se reflète surtout dans la réduction des prestations analogiques, étant donné qu’elle ferme à grande échelle des bureaux de poste dans toute la Suisse. L’opposition se lève dans le monde politique, sur le plan national et cantonal. Heureusement&nbsp;!</p><p>&nbsp;</p><p>Rappelons que la Poste a un mandat de service universel qui concerne la population entière. Il n’y a pas que quelques personnes âgées qui ont besoin d’un bureau de poste, les PME sont aussi concernées, car les agences postales ne sont plus en mesure d’accepter des envois en nombre ou d’offrir tous les services financiers.&nbsp; <br></p><h3>Pas de critères élastiques</h3><p>Le mardi 30 mai, le Parlement traite diverses interventions qui se penchent sur cette restructuration ou démantèlement de la Poste, c’est selon. On sait que l’ordonnance sur la Poste fixe que 90&nbsp;% de la population dispose d’un bureau de poste ou d’une agence postale qui soit atteignable en 20 minutes à pied ou en transports en commun. Ces critères ont été définis il y a 5 ans et ils se révèlent être à tel point extensibles qu’ils seraient encore respectés si, dans le canton des Grisons où la topographie est extrêmement complexe, un office de poste sur deux ne fermait. 
</p><p>Une motion de la Commission des transports et des télécommunications CTT exige maintenant que ces critères d’accessibilité soient revus. Les agences postales devraient à l’avenir pouvoir offrir tous les services de la Poste, le service complet des paiements également. Et ils devraient couvrir les frais occasionnés. L’USS se félicite de cette motion. &nbsp;
</p><h3>La Poste a des obligations à remplir</h3><p>Une motion de Viola Amherd va dans la même direction. Sa motion demande aussi au Conseil fédéral d’adapter les critères afin de freiner la Poste dans son euphorie de démantèlement. Elle prie la Poste et PostCom de donner plus d’informations sur ce démantèlement. C’est syndicom, le syndicat de la Poste qui les livre actuellement. A l’aide notamment d’une carte en ligne qui est actualisée en permanence. Elle montre quels offices de poste sont menacés dans chaque canton. Une action qui a non seulement rencontré un important écho médiatique, mais a aussi provoqué des interventions dans presque chaque Parlement cantonal et des manifestations locales contre la fermeture des offices de poste menacés. Le syndicat ne s’oppose pas à une transformation des services postaux, puisque la Poste doit aussi effectivement améliorer le service universel avec des offres numériques. Mais le syndicat lutte pour les droits de la population fixés dans la législation. Le Poste doit garantir le service universel. Elle a des obligations à remplir. </p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Poste</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4902</guid><pubDate>Tue, 23 May 2017 10:11:29 +0200</pubDate><title>Congé maternité: Au Conseil national de combler la lacune</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/conge-maternite-au-conseil-national-de-combler-la-lacune</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors de la session parlementaire d’été, le Parlement doit combler une lacune de l’actuelle réglementation concernant la naissance d’un enfant et le congé de maternité. Il s'agit de rallonger le congé maternité si un nouveau-né doit longtemps séjourner à l'hôpital. </p><p>Les femmes n’ont pas le droit de travailler pendant les huit semaines suivant un accouchement. Or, si un nouveau-né doit rester à l’hôpital pour cause de maladie ou de naissance prématurée, la mère ne peut pas demander les prestations de l’assurance-maternité pendant la durée de l’hospitalisation. La mère peut certes repousser à certaines conditions son congé de maternité, si le séjour en hôpital de son enfant dure au moins trois semaines après l’accouchement, mais comme l’interdiction de travailler s’applique quand même, cette période n’est pas indemnisée. C’est ce que la commission veut modifier avec sa motion. Elle veut en effet prolonger le congé de maternité du temps que dure le séjour à l’hôpital de l’enfant, s’il dure plus de trois semaines. Cette mesure, financée à l’aide des allocations pour perte de gain, ne serait pas chère parce qu’elle ne concernerait qu’un nombre limité de cas. Elle allégerait toutefois considérablement la charge des familles concernées. 
</p><p>&nbsp;</p><p>Le Conseil des États a accepté, lors de la session d’hiver, la motion de sa commission. La commission du Conseil national recommande aussi à ce dernier, par 15 voix contre 9, de l’accepter. L’Union syndicale suisse (USS) attend maintenant de la Chambre du peuple qu’elle suive cette recommandation. L’allocation de maternité suisse est déjà calculée au plus juste et n’est même pas suffisante avec un enfant en bonne santé pour réorganiser le quotidien de la famille. Tant qu’il ne sera pas possible de développer l’assurance-maternité en tenant compte des besoins existants et de manière à pouvoir relever les défis à venir, il faut qu’au moins, l’on comble les lacunes les plus visibles. Toute autre attitude reviendrait à faire la sourde oreille, au détriment des familles. </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4879</guid><pubDate>Fri, 12 May 2017 16:00:10 +0200</pubDate><title>L’économie contre un renforcement de l’AVS, comme à sa création en 1947</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/l-economie-contre-un-renforcement-de-l-avs-comme-a-sa-creation-en-1947</link><description>Les ennemis de l’AVS sont toujours les mêmes associations économiques, rappelle le président de l’USS, Paul Rechsteiner</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 5 mai dernier, le Comité directeur d’economiesuisse a décidé, contre l’avis de l’économie romande, de recommander le NON à la réforme de la prévoyance vieillesse 2020. La Chambre des Arts et Métiers, le Parlement de l’USAM, a fait de même fin avril et a déclaré qu’elle «&nbsp;s’engagera activement&nbsp;» contre le projet. Les deux plus grandes associations économiques sont sur la ligne de l’Union patronale suisse qui a annoncé qu’elle mènerait une importante campagne contre «&nbsp;le développement nuisible de l’AVS&nbsp;». 
</p><p>Il est donc temps de rappeler une fois de plus que le contexte est le même que celui qui prévalait il y a des décennies lors de la création de l’AVS&nbsp;: lors de la campagne de votation légendaire de 1947, l’Union patronale suisse, l’USAM et le Vorort, l’association qui a précédé economiesuisse, étaient farouchement opposés à l’instauration de l’AVS. L’histoire leur a pourtant donné tort. L’AVS est la principale réalisation sociale de la Suisse moderne. 
</p><p>Le 24 septembre 2017, il s’agit de poser une nouvelle fois des jalons fondamentaux. Est-ce que l’AVS recevra les milliards de TVA qui seront libérés par la fin du financement additionnel qui était attribué à l’AI&nbsp;? Est-ce que le 0,3&nbsp;% de TVA supplémentaire à partir de 2021 garantira le financement des rentes de la génération des baby-boomers pendant plus de dix ans&nbsp;? Parviendra-t-on, après des années de stagnation, à enfin améliorer, modestement mais tout de même sensiblement, les rentes des nouveaux retraités de 840 francs par an pour les personnes vivant seules et jusqu’à 2712 francs pour les couples&nbsp;?
</p><p>Ou laissera-t-on les adversaires de l’AVS s’imposer&nbsp;? Car le plan des adversaires est clair&nbsp;: ils veulent affamer financièrement l’AVS. Et relever l’âge de la retraite à 67 ans pour tous. Le relèvement de l’âge de la retraite à 67 ans ne serait rien d’autre qu’une baisse massive des rentes. 
</p><p>L’AVS est le premier pilier de la prévoyance vieillesse. Pas seulement dans la Constitution, mais aussi dans la réalité. Et elle doit plutôt être renforcée qu’affaiblie le 24 septembre prochain.</p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4870</guid><pubDate>Wed, 10 May 2017 08:47:59 +0200</pubDate><title>Bon pour l’environnement, le climat et l’emploi</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/bon-pour-l-environnement-le-climat-et-l-emploi</link><description>Cinq raisons de dire OUI à la Stratégie énergétique 2050</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Depuis Tchernobyl au moins, l'Union syndicale suisse (USS) et ses syndicats sont pour la sortie du nucléaire. Aujourd'hui, cette sortie est possible. C'est pourquoi - mais ce n'est pas là la seule raison - l'USS soutient la Stratégie énergétique 2050 sur laquelle nous voterons le 21 mai. </p><ol><li>&nbsp;Qu'on le veuille ou non, le temps des centrales nucléaires en Suisse prend fin. Même la " plus jeune " d'entre elles a déjà 33 ans. Chaque remise à niveau devient plus chère et le risque ne diminue pas pour autant parce que nous n'avons guère d'expérience avec l'exploitation de si vieilles centrales. Leur production est de bien 20 térawattheures d'électricité, une quantité qui devra être produite autrement. Sans attendre encore plus.</li><li>La Stratégie énergétique 2050 veut accélérer le développement des énergies renouvelables en augmentant le supplément sur les coûts de transport de l'énergie et en raccourcissant en partie la liste des projets en attente. Désormais, il n'y aura pas uniquement des primes d'injection, mais aussi des rétributions uniques. C'est là une solution pragmatique pour les petites et plus grandes installations photovoltaïques. Le supplément sera payé avec la facture d'électricité, qui augmentera d'environ 30 francs par année pour un ménage moyen. C'est supportable.</li><li>3. Grâce aux investissements dans l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables, des emplois seront maintenus, d'autres créés. Toutes les régions du pays en profiteront. Ces emplois correspondent à différents niveaux de qualifications. Une bonne chose pour le site industriel suisse.</li><li>4. La Suisse est mobile et on ne voit pas quand cela s'arrêtera. Le trafic motorisé continuera à augmenter rapidement ces prochaines années. Les prévisions parlent d'une augmentation pouvant aller jusqu'à 18 % pour le trafic individuel, 37 % pour celui des marchandises. La croissance du trafic aérien est la plus forte, une charge pour le climat que rien ne vient compenser. La Stratégie énergétique 2050 imposera au moins aux nouveaux véhicules qu'ils respectent les normes de l'Union européenne. C'est déjà ça.</li><li>La Stratégie énergétique 2050 pose des garde-fous pour accroître l'efficacité énergétique et faire baisser la consommation d'énergie. Ce sont là les deux piliers du changement énergétique, une vraie politique climatique. Fini les combustibles et les carburants fossiles ! Les bâtiments et le trafic produisent aujourd'hui les plus importantes émissions de CO2. Pour cette raison, nous devons investir dans l'efficacité énergétique et réduire notre consommation d'électricité ; cela, pour pouvoir utiliser cette dernière de manière qui épargne le climat.</li></ol><p>En résumé, la charge qui pèse sur le climat n'a pas de limite. Il ne sert à rien de rappeler le bon bilan CO2 que la Suisse connaît grâce aux centrales hydroélectriques et nucléaires. Cela n'influe pas sur le changement climatique qui aura des conséquences énormes pour notre pays à cause de sa topographie. Tous ceux et toutes celles qui disent non à la Stratégie énergétique 2050 et tous ceux et toutes celles qui trouvent que c'est aux autres d'agir manquent une dernière occasion d'accélérer le tournant énergétique. Si le non gagne dans les urnes, le résultat ne sera qu'un blocage. Et ça, nous ne pouvons pas nous le permettre ! </p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4868</guid><pubDate>Tue, 09 May 2017 10:45:29 +0200</pubDate><title>Le principe du lieu de provenance est synonyme de sous-enchère</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-principe-du-lieu-de-provenance-est-synonyme-de-sous-enchere</link><description>Marchés publics : dangereux changement de cap du Conseil fédéral</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil fédéral veut réviser les marchés publics. Mais concernant les problèmes qui se posent, il ne fait pas preuve d'une grande intuition. Sa proposition de renoncer au principe du lieu d'exécution ferait exploser la concurrence déloyale. </p><p>Dans le cadre de la révision totale de la loi fédérale sur les marchés publics (LMP), le Conseil fédéral propose des innovations quelque peu " tordues ". La plus dangereuse est le remplacement du principe du lieu d'exécution par celui de provenance.
</p><h3> Pour protéger les salaires usuels locaux, il faut maintenir le principe du lieu d'exécution </h3><p>Qu'est-ce que cela signifie ? Ces deux principes, qui renvoient à des lieux différents, déterminent quelles conditions de travail une entreprise doit respecter lorsqu'elle soumissionne pour un mandat public. Selon le principe du lieu de provenance, celle-ci doit appliquer les conditions en vigueur là où elle est établie. Alors que selon le principe du lieu d'exécution, les conditions en vigueur là où le travail se fait prévalent. Prenons un exemple : une entreprise du Jura qui soumissionne pour la construction d'une grande halle à Genève doit, avec le principe du lieu d'exécution, respecter les salaires genevois, mais les salaires jurassiens sont à verser si l'on applique le principe du lieu de provenance. Dans ce dernier cas, les soumissionnaires des cantons où les conditions de travail sont bonnes se trouvent désavantagés par rapport à ceux des " cantons à bas salaires ". Pour pouvoir affronter cette concurrence, ils devraient dégrader leurs propres conditions de travail. Bref, le principe du lieu de provenance enclencherait une spirale descendante.
</p><h3>Plus le même droit pour la même chose </h3><p>Le principe du lieu d'exécution est quelque chose de central pour protéger les salaires et les conditions de travail en usage dans les régions et les branches. Il est aussi un élément essentiel des mesures d'accompagnement. Sa fonction est d'empêcher, par exemple, qu'une entreprise polonaise puisse verser des salaires polonais sur un chantier public lausannois. La proposition du Conseil fédéral de ne plus appliquer que le principe du lieu de provenance rompt ainsi avec la philosophie des mesures d'accompagnement. La protection des conditions de travail en usage dans les régions s'appliquerait dans l'économie privée, mais pas dans le secteur public. C'est incompréhensible. Et que le Conseil fédéral s'obstine, dans son message au Parlement, à vouloir ce principe du lieu de provenance l'est encore plus. En effet, de nombreuses organisations de l'artisanat, patronales et de salarié(e)s ainsi que les cantons ont exprimé leur refus de changer de principe dans le cadre de la procédure de consultation. 
</p><h3>Au tour de la commission du Conseil national </h3><p>La prochaine instance qui traitera cette révision de la LMP est la Commission de l'économie et des redevances du Conseil national. Elle le fera le 16 mai. L'Union syndicale suisse (USS), Travail.Suisse et leurs fédérations respectives l'ont invitée à corriger les erreurs du Conseil fédéral et à revenir au principe du lieu d'exécution. Toute autre attitude serait un signal pour davantage de sous-enchère. 
</p><h3>Autres points que les syndicats veulent changer </h3><ul><li>La Commission de la concurrence (COMCO) ne doit plus avoir de droit de recours en matière de marchés publics. L'obligation d'informer la COMCO doit par conséquent être biffée ; cela, aussi à l'article 9 alinéa 2 de la loi sur le marché intérieur. Et pourquoi ? Parce que, ces derniers temps, la COMCO a critiqué des réglementations cantonales sur les marchés publics en matière de respect de dispositions figurant dans des conventions collectives de travail et de limitation des chaînes de sous-traitants.</li><li>Les chaînes de sous-traitants doivent être limitées à un seul niveau.</li><li>Concernant la conformité à la CCT, des attestations sérieuses devront être obtenues.</li></ul>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4854</guid><pubDate>Wed, 03 May 2017 13:59:41 +0200</pubDate><title>Aides financières pour l’accueil des enfants: tout vient à point à qui sait attendre !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/aides-financieres-pour-l-accueil-des-enfants-tout-vient-a-point-a-qui-sait-attendre</link><description>Le Conseil national pose les bons jalons </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">A son tour, le Conseil national donne le feu vert&nbsp;: la Confédération pourra investir 100 millions de francs dans l’accueil extrafamilial des enfants sur les cinq prochaines années. Une décision de la Chambre haute orientée vers l’avenir. </p><p>Le Parlement a longuement délibéré sur cet objet qui pourtant était quasiment incontesté en consultation. Il a pourtant failli échouer plusieurs fois parce qu’economiesuisse et ses acolytes politiques ne voulaient pas décharger les parents qui travaillent. Le 2 mai, le Conseil national a pourtant accepté la proposition du Conseil fédéral d’investir 100 millions au cours des cinq prochaines années dans l’accueil extrafamilial des enfants. Nos arguments ont aussi convaincu les partis bourgeois. Dans la fraction PLR en particulier, certains sont revenus à la raison plutôt que de se laisser guider par la seule idéologie. 
</p><p><b>Les parents suisses paient trop</b></p><p>La plus grande partie des fonds promis doit aider les cantons à réduire les contributions financières des parents qui sont en Suisse beaucoup trop élevées. Il était temps&nbsp;! En Suisse, les parents assument les deux tiers des frais de garde, alors que dans les pays européens voisins, la part parentale n’est que d’un tiers environ. Il n’est donc pas étonnant que toujours plus de femmes décident de ne pas avoir d’enfants ou si elles en ont, leur sacrifie leur carrière professionnelle. L’investissement prévu représente un signal positif mais se situe encore bien loin du 1% du PIB que l’OCDE recommande d’investir dans l’accueil extrafamilial des enfants. 
</p><p>Nous devons garder cet objectif à l’esprit car la garde des enfants est une responsabilité que la société doit assumer et que les pouvoirs publics doivent fournir. 
</p><p>Une plus petite partie des aides financières doit aller à des offres d’accueil qui couvrent mieux les besoins des familles&nbsp;: c’est aussi nécessaire, parce qu’en effet, pendant les vacances ou en dehors des heures d’ouverture habituelles, il y a des lacunes qui mettent les parents qui travaillent face à d’importants défis. 
</p><p><b>Conditions de travail correctes</b></p><p>L’USS constate avec satisfaction que le Parlement a refusé une politique rétrograde. Il faut désormais encore davantage prendre en compte les besoins des enfants et du personnel d’encadrement. Des critères fondés sur la pédagogie et le développement de la personnalité doivent être établis pour obtenir le financement des structures d’accueil des enfants. Il faut également que des standards minimaux soient établis sur les conditions d’embauche et de formation pour le personnel qui travaille dans des structures d’accueil. La conclusion d’une CCT déclarée de force obligatoire s’est jusqu’à présent heurtée au refus de l’association de la branche. 
</p><p>Nous voulons pour l’avenir des structures d’accueil de bonne qualité qui offrent de bonnes conditions de travail et qui répondent aux besoins de toutes les familles sans grever leur budget. Le Parlement a fait un pas important en avant en acceptant les aides financières pour l’accueil extra-familial des enfants. L’USS s’engage pour qu’il soit suivi d’autres avancées. </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4820</guid><pubDate>Mon, 10 Apr 2017 11:16:48 +0200</pubDate><title>À qui profiterait vraiment un échec de Prévoyance vieillesse 2020 ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/a-qui-profiterait-vraiment-un-echec-de-prevoyance-vieillesse-2020</link><description>Clairement à l&#039;UDC, à la droite libérale et à l&#039;Union patronale suisse. Mieux vaut couler toute la révision plutôt que renforcer l’AVS, telle est leur devise.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Le renforcement de l'AVS donne des boutons à l'UDC, à la droite libérale et à l'Union patronale suisse. Elles préfèrent tout faire capoter que devoir accepter les 70 francs.</p><p>C'est avec exactement le nombre nécessaire de voix, 101, que le Conseil national a adopté la réforme Prévoyance vieillesse 2020. À une voix près, le travail de cinq années aurait été réduit à néant. L'Union patronale et ses soutiens de la droite, qui se sont battus avec acharnement jusqu'à la dernière minute contre ce projet, n'acceptent pas leur défaite. Ils veulent donc couler Prévoyance vieillesse 2020 dans les urnes, le 24 septembre. Ils se frotteraient définitivement les mains, car ce n'est un secret pour personne : pour des raisons profondément idéologiques, ils préféreraient un nouvel échec de la réforme de la prévoyance vieillesse afin de pouvoir imposer leur vision. Quelques années de déficits supplémentaires de l'AVS ouvriraient une voie royale à l'augmentation de l'âge de la retraite à 67 ans pour tous et toutes ainsi qu'à la réduction des prestations dans un premier temps, puis à l'étouffement progressif du premier pilier au profit d'une capitalisation privée.
</p><h3>La retraite version UDC ? Capitalisation !</h3><p>Lors de son congrès extraordinaire du 4 mars 2000, l'UDC revendiquait déjà la transformation de l'AVS en un système de retraites par capitalisation : exit le système de financement solidaire par répartition. Le parti souhaite depuis longtemps privatiser les assurances sociales et individualiser la prévoyance-vieillesse. De solidarité dans la prévoyance vieillesse, l'UDC n'en veut point, même pas pour ses paysans. Un bonus dans l'AVS est son pire cauchemar, le bâton dans les roues de sa philosophie du moins d'État.
</p><p>L'UDC bâlois Sebastian Frehner poussait d'ailleurs des cris d'orfraie pendant le débat final au Parlement, estimant que le système des trois piliers serait " déséquilibré ", si on privilégiait le premier pilier. Rarement un projet aura rendu l'UDC aussi agressive. Plus tard, sur les ondes de la Radio romande, le conseiller national UDC Raymond Clottu déclarait qu'il serait carrément " injuste " que des personnes qui n'ont pas ou peu cotisé au 2e pilier - beaucoup de femmes, de paysans, de petits indépendants - reçoivent un bonus AVS. Mieux vaut faire couler toute la révision plutôt que renforcer l'AVS, telle est la devise de l'UDC.
</p><p>Rien de bien nouveau en soi. Dans les années 1940 déjà, soit dès les débuts de l'AVS, les patrons, le milieu de la finance et la droite faisaient tout pour maintenir les rentes à un niveau aussi bas que possible, car plus les rentes sont basses, plus les affaires que les banques et les assurances réalisent avec la prévoyance vieillesse sont grasses. Hans Sulzer, le président de l'organisation devenue&nbsp; economiesuisse, déclarait en 1945 que l'AVS était le " premier stade de la dictature " (sic !). Et n'oublions pas que le système de répartition de l'AVS prive les spéculateurs d'argent parce que les jeunes paient directement les rentes des moins jeunes, au lieu de placer les capitaux sur les marchés financiers.
</p><h3>Dans le lit de l'UDC</h3><p>Depuis les élections de 2015, l'Union patronale suisse (UPS) marche en outre main dans la main avec l'UDC. L'Union patronale veut réduire le rôle de l'État et des institutions sociales au minimum vital. Et favoriser l'épargne individuelle. Et par là-même les banques et les assurances. Le financement solidaire de l'AVS n'a jamais plu à l'organisation patronale. Son vice-président, Jean-Marc Probst, estime qu'"un gonflement des prestations de l'AVS n'est pas concevable". Tout sauf renforcer l'AVS. La solution sortie du chapeau en dernière minute au Parlement par Martin Kaiser (UPS) était aussi de cet ordre-là. Une solution qui aurait démesurément augmenté les cotisations au 2e pilier et aurait coûté beaucoup plus cher. Rien d'étonnant de la part de l'homme qui a clairement déclaré que les patrons feraient échouer la réforme si les 70 francs n'étaient pas abandonnés.
</p><h3>Arrière-garde idéologique</h3><p>Le bloc bourgeois semble donc oublier toute règle arithmétique quand le spectre d'une AVS forte est brandi. C'est la fameuse "ligne rouge à ne pas franchir" de la PLR Isabelle Moret. Une ligne qui s'appuie sur une solide arrière-garde d'idéologistes. Le think tank Institut libéral prône par exemple la disparition de l'AVS pour des raisons éthiques et économiques ainsi que la libéralisation du 2e pilier. "Comment s'offrir une retraite sans AVS, ni 2e pilier?", titrait au sujet de cette thèse Emanuel Garessus (Le Temps), dont on connaît les penchants libéraux. Le directeur de l'Institut libéral, Pierre Bessard, y qualifie l'AVS "d'impôt" mais "non de facteur de solidarité puisque cette dernière est volontaire et individuelle". De là à ce que l'UDC qualifie les cotisations AVS d'impôt, il n'y a qu'un pas! Quant à Avenir Suisse, l'autre groupe de réflexion libéral, il prône depuis longtemps la retraite à 67 ans comme étant "la seule solution" envisageable. Une rengaine dont Pascal Couchepin se faisait déjà le chantre en 2004. Et qui sera plus facile à imposer si la réforme actuelle ne passe pas.
</p><h3>Le comble de l'hypocrisie</h3><p>Mais la palme de l'hypocrisie dans ce débat revient à Isabelle Moret qui se fait soudain la défenderesse des femmes avec l'argument fallacieux de la caissière qui payerait la rente de M. Berset. Alors que justement, en renforçant l'AVS pour la première fois depuis des décennies, en lui assurant une stabilité financière, on s'assure aussi que M. Berset et d'autres gros salaires continuent à verser des montants élevés dans l'AVS pour financer la rente améliorée de la caissière. Et c'est bien ça qui fait mal au ventre au bloc bourgeois. Le même bloc bourgeois, UDC en tête, qui freine des quatre fers toute mesure concrète en faveur de l'égalité entre hommes et femmes. Car un refus de la réforme ne fera pas avancer l'égalité salariale. </p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category><category>AVS</category><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4814</guid><pubDate>Wed, 05 Apr 2017 10:13:16 +0200</pubDate><title>357 516 membres à la fin 2016</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/357-516-membres-a-la-fin-2016</link><description>Évolution des effectifs de l’USS l’an dernier</description><content:encoded><![CDATA[<p>Fin 2016, l'Union syndicale suisse (USS) comptait exactement 357 516 membres. Ainsi, la confédération syndicale de loin la plus grande du pays a subi en une année une baisse de 1 % de ses effectifs, le nombre des organisations qui lui sont affiliées restant pour sa part inchangé. 
</p><p>29,6 % des membres de l'USS sont des femmes, dont la part a légèrement augmenté (2015 : 29,5 %). 
</p><p>Des 16 fédérations affiliées à l'USS, trois ont vu leurs effectifs augmenter par rapport à 2015. Unia, qui avait franchi l'an dernier la frontière des 200 000, s'est maintenu à ce niveau élevé (+ 6 membres). Unia a progressé dans le secteur des services (désormais environ 55 000 membres) et légèrement reculé dans le secteur de l'industrie, ce qui est en particulier à imputer à l'évolution conjoncturelle dans ce domaine. Les syndicats kapers (personnel de cabine de l'aviation) et Nautilus (navigation) ont vu leurs effectifs augmenter. Le plus petit syndicat de l'USS, New Wood (personnel des Nations Unies) comptait, fin 2016, le même nombre de membres qu'en 2015. Les douze autres syndicats ont perdu des membres. 
</p><p>Le changement structurel dans la branche des arts graphiques et des médias a eu une incidence négative sur les effectifs de Syndicom, le Syndicat des médias et de la communication. Concernant le SEV, le Syndicat du personnel des transports, le nombre de décès parmi les retraité(e)s de l'organisation a été supérieur à celui des nouveaux membres actifs. </p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4805</guid><pubDate>Tue, 04 Apr 2017 10:30:44 +0200</pubDate><title>Accueil extrafamilial des enfants : aides financières à bout touchant</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/accueil-extrafamilial-des-enfants-aides-financieres-a-bout-touchant</link><description>Une petite avancée tout de même innovatrice est possible</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Si on veut encourager l’égalité et lutter contre le manque de personnel qualifié, on doit s’engager pour davantage de places d’accueil extrafamilial pour les enfants. L’USS attend cet engagement de la part du Conseil national. La Chambre basse traitera le dossier des «&nbsp;Aides financières pour l’accueil extrafamilial des enfants&nbsp;» le 2 mai.</p><p>Ce fut une naissance aux forceps. Ce n’est qu’après de longues hésitations que le Conseil des Etats, lors de la session de printemps, s’est enfin montré favorable à des aides financières pour l’accueil extrafamilial des enfants. Le Conseil fédéral souhaite investir les 100 millions qui sont prévus d’une part pour réduire les contributions parentales à la garde de leurs enfants et de l’autre pour mieux adapter les offres aux besoins des familles. Une idée judicieuse, même s’il faudrait beaucoup plus de moyens&nbsp;: l’OCDE et l’ONU préconisent de consacrer au moins 1% du PIB, la Suisse en est encore bien loin. &nbsp;
</p><p>La Commission du Conseil des Etats n’a toutefois accepté la proposition que du bout des lèvres, par 13 voix contre 11, et une minorité importante veut encore réduire le budget de moitié. Et pourtant, si le Conseil national prend au sérieux l’initiative pour combler le manque de personnel qualifié, il doit accepter la proposition et même la développer plutôt que la réduire. 
</p><h3>Les frais de garde sont bien plus élevés que chez nos voisins</h3><p>Les frais de garde élevés représentent une pierre d’achoppement pour les femmes qui souhaitent augmenter leur taux d’activité. Cette situation contribue largement au manque de personnel qualifié. La Suisse accuse un gros retard sur le reste de l’Europe&nbsp;: la participation des parents aux frais de garde sont ici entre une fois et demie et deux fois et demies plus élevés que chez nos voisins. Ceci alors que les places de crèche ne sont pas en soi plus chères, mais parce que les pouvoirs publics contribuent beaucoup moins. Si nous ne voulons pas nous faire distancer, nous devons mettre à disposition des parents qui travaillent des offres d’accueil extrafamilial qualitativement bonnes et abordables. &nbsp;
</p><h3>Un pilier important </h3><p> Si la proposition surmonte maintenant l’obstacle du Conseil national, nous aurons franchi une étape certes modeste mais tout de même innovatrice qui va dans la direction d’une société plus juste&nbsp;: des mesures pour améliorer la conciliation entre famille et travail ou formation sont un pilier important de la politique d’égalité et une condition pour pouvoir mieux répartir le travail rémunéré et non rémunéré entre femmes et hommes. </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4804</guid><pubDate>Mon, 03 Apr 2017 14:26:33 +0200</pubDate><title>Conférence de la migration: mêmes droits pour tous</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/conference-de-la-migration-memes-droits-pour-tous</link><description>Une cinquantaine de syndicalistes ont discuté des lacunes en matière de démocratie </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La Suisse est devenue la terre d’immigration qu’elle n’a jamais voulu être, Kijan Espahangizi chercheur spécialisé sur les questions de racisme, en est persuadé. Et pourtant cette évolution est positive pour la Suisse et ses syndicats, tel est le résumé que l’on peut faire de la conférence de la migration de l’USS du 1er avril 2017.</p><p>A quoi devrait ressembler le vivre ensemble entre les migrant(e)s et les indigènes&nbsp;? Et comment les syndicats peuvent y contribuer&nbsp;? Ces questions ont été discutées par environ 50 syndicalistes lors de la Conférence de la Migration de l’USS du 1er avril à Berne à l’Hôtel Ador.</p><h3>Une politique solidaire à partir des années 70 seulement</h3><p>La présidente d’Unia, Vania Alleva, a expliqué dans son intervention que les syndicats n’ont pas toujours été exemplaires face aux migrant(e)s. Pendant longtemps, ils n’ont syndiqué que les travailleurs avec un passeport suisse. Les syndicats défendaient une politique d’octroi de permis restrictive pour protéger les emplois des Suisses et Suissesses. Ce n’est que dans les années 70 qu’ils ont amorcé un tournant en faveur d’une politique étrangère solidaire. Ils ont alors refusé l’initiative Schwarzenbach qui aurait conduit à l’expulsion automatique de 300&nbsp;000 travailleurs étrangers. Depuis, l’organisation des migrant(e)s, dont la proportion atteint 50&nbsp;% chez Unia, par exemple, est devenue un moteur de la lutte pour l’égalité. Des succès comme le rejet de l’initiative de «&nbsp;mise en œuvre&nbsp;» de l’UDC en est un signe.</p><h3>Racisme&nbsp;: un problème de démocratie</h3><p>Alors que Vania Alleva a surtout sollicité l’unité des syndicalistes, le chercheur Kijan Espahangizi, chercheur dans le domaine du racisme de l’EPLZ et de l’Université de Zurich, a plaidé en faveur de la diversité&nbsp;: les immigré(e)s proviennent de contextes divers et ont des besoins aussi différents que les personnes qui sont nées en Suisse. Le chercheur a mis en garde contre les discours inflationnistes sur la migration&nbsp;: si dans les années 90, la migration étaient devenue un concept de combat et a donné de la force aux activistes, elle est actuellement stigmatisante. Avec le terme «&nbsp;migrant(e)s&nbsp;», nos «&nbsp;semblables sont ostracisés et portent la marque de tous les problèmes sociétaux possibles.&nbsp;» La migration est devenue un discours qui justifie l’inégalité de traitement d’êtres humains et le manque de participation. Pour Espahangizi, le racisme n’est pas un problème dû à la migration, mais un problème lié à la démocratie. Raison pour laquelle on devrait avant tout parler de démocratie, de répartition des ressources et de vivre ensemble plutôt que de parler de migration.</p><h3>S'attaquer aux lacunes en matière de démocratie</h3><p>Les syndicats sont prêts à le faire, comme l’a montré le débat qui a suivi&nbsp;: Gülizar Cestan (présidente du SSP Région Zurich), Patrizia Mordini (responsable du groupe égalité de Syndicom), Marília Mendes (Unia) et Kijan Espahangizi ont échangé sur la manière dont les syndicats peuvent mener une politique de la migration dans une société post-migrante sans stigmatiser les personnes et diviser. L’offensive en faveur de la naturalisation de l’USS, les campagnes de votation et les projets comme des programmes de mentorat sont des mesures syndicales importantes. La discussion s’est poursuivie dans le cadre d’ateliers pendant l’après-midi. Conclusion&nbsp;: la nécessité d’agir est importante, mais la motivation des syndicats à aborder les lacunes en matière de démocratie en Suisse est tout aussi importante.</p>]]></content:encoded><category>Migration</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/e/e/csm_Migrationskonferenz2017_20cf99856f.jpg" length="175884" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-4775</guid><pubDate>Tue, 14 Mar 2017 15:43:37 +0100</pubDate><title>Soixante documents sonores sur l’histoire de l’USS à découvrir</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/soixante-documents-sonores-sur-l-histoire-de-l-uss-a-decouvrir</link><description>Écouter les voix d’autrefois</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Vous vous intéressez à l'histoire des syndicats ? Vous aimeriez aussi " entendre " des bribes de cette histoire ? C'est possible avec les 60 documents sonores désormais accessibles. </p><p>Tout apprendre de l'initiative sur la participation, entendre l'histoire de la Grève générale, accompagner les " Chants du travail libre " ou écouter l'introduction de Richard Müller (président USS intérim de 1978 à 1982) et les discours de Georges-André Chevallaz et Jean-Pascal Delamuraz au Congrès USS de 1982. Ce sont là quelques exemples de documents sonores que vous pourrez découvrir grâce au travail de numérisation de la Phonothèque nationale suisse. 
</p><p>Depuis les années 2000, la bibliothèque de l'USS remet les cassettes, disques et CD de ses fonds à la Phonothèque nationale suisse. 
</p><p>On compte actuellement une soixantaine de documents qui peuvent être classés en quatre catégories :</p><ul><li>les documents enregistrés lors de conférences et congrès à fin de documentation du mouvement syndical ;</li><li>les documents créés pour les campagnes de l'USS ;</li><li>les documents acquis, enregistrés ou créés pour les cours politiques ou culturels de la CEO (Centrale d'éducation ouvrière, qui a précédé Movendo, l'institut de formation des syndicats) ;</li><li>les chants du mouvement ouvrier du fonds Thomas Hensel.</li></ul><p> La Phonothèque nationale suisse a développé un vaste réseau de stations d'écoute et il vous est possible d'écouter ces documents dans de nombreuses institutions culturelles, dont toutes les bibliothèques universitaires. 
</p><p>Sous le lien qui suit, vous trouverez la liste des documents déjà digitalisés et les lieux d'écoute de votre région : 
</p><p><a href="http://www.fonoteca.ch/cgi-bin/oecgi3.exe/inet_fnbasefondsnamedetail?NAME_ID=74975.011&amp;LNG_ID=FRA" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Liste des documents existants et des lieux d'écoute</a></p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4765</guid><pubDate>Wed, 08 Mar 2017 18:10:49 +0100</pubDate><title>PV 2020 : « Notre soutien au projet du Conseil des Etats est indispensable »</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/pv-2020-notre-soutien-au-projet-du-conseil-des-etats-est-indispensable</link><description>L’ancienne coprésidente de l’USS et égérie féministe explique pourquoi elle s’oppose à un référendum</description><content:encoded><![CDATA[<p>Aujourd’hui le projet Prévoyance vieillesse 2020 me fait sortir de la réserve que je m’étais imposée depuis ma retraite, tellement il est important pour le futur de notre prévoyance vieillesse et tellement les décisions sont difficiles à prendre. 
</p><h3>Projet équilibré, pour les femmes aussi</h3><p>Le Conseil des Etats a fait un travail remarquable de précision et d’équilibre entre la baisse des prestations et la sauvegarde du niveau général des rentes pour les hommes comme pour les femmes. Tout en assurant le financement de l’AVS à long terme. La droite du Conseil national n’a qu’un objectif&nbsp;: démanteler le plus de prestations possibles et faire en sorte que le financement de l’AVS ne soit pas assuré. Pendant mes 16 ans de parlementaire à Berne, je n’ai jamais vu de bataille aussi acharnée entre les deux chambres. Entre le Conseil des Etats d’un côté qui veut un projet équilibré et la majorité du Conseil national de l’autre côté, qui veut tirer la corde à soi et se positionner en sauveur de notre prévoyance vieillesse au détriment de l’intérêt général. 
</p><h3>Précipiter l’AVS dans les chiffres rouges</h3><p>Il faut bien saisir que la droite n’a qu’un seul objectif, quels que soient les moyens d’y parvenir&nbsp;: elle veut que l’AVS ne dispose plus de suffisamment de rentrées pour garantir les rentes et pouvoir décider, dans la panique de l’urgence pécuniaire, qu’il faut augmenter l’âge de la retraite pour tout le monde à 67 ans au moins. Pour cela elle propose un bricolage uniquement dans la prévoyance professionnelle qui est plus complexe à comprendre et à maîtriser, elle charge le bateau dans le démantèlement des prestations, elle introduit même un mécanisme automatique dans l’AVS pour que l’augmentation de l’âge de la retraite suive en ligne directe la perte de ressources dans l’AVS. La droite sait qu’en suivant cette ligne, elle entraînera un référendum et qu’elle risque de perdre devant le peuple. Mais cela lui est bien égal, car si les référendaires gagnent, on reviendra au statu quo et l’AVS s’enfoncera dans les chiffres rouges à très court terme. Alors l’opinion sera mûre pour accepter en votations populaires une augmentation de l’âge de la retraite pour tout le monde. 
</p><h3>Pas de comparaison avec la RIE III</h3><p>Je sais que nous sommes gonflés à bloc par notre succès sur le référendum sur la RIE 3, il y avait une pression internationale pour que nous abolissions les statuts spéciaux des entreprises. La droite a chargé le bateau et il a coulé. Il n’y a toutefois aucune comparaison possible avec un référendum contre Prévoyance vieillesse 2020. Nous n’avons aucune pression internationale pour changer notre système de prévoyance vieillesse, on en restera donc au système actuel et on laissera l’AVS faire des déficits et nos caisses de pension se débrouiller avec l’augmentation de l’espérance de vie et l’absence de rendement des placements. 
</p><h3>Une augmentation de 70 francs non négligeable pour les femmes</h3><p>Nous avions combattu l’augmentation de l’âge de la retraite des femmes de 62 à 64 ans dans la 10ème révision de l’AVS, c’était une hausse difficile à avaler, nous avions perdu le référendum. Mais dans la 10ème révision il y avait aussi l’introduction du partage des cotisations pour les personnes mariées et de la bonification éducative. Ces avancées ont permis une augmentation significative des retraites AVS pour les femmes. Dans le projet prévoyance vieillesse 2020 du Conseil des Etats il y a aussi une augmentation de l’âge de la retraite des femmes de 64 à 65 ans, c’est aussi difficile à avaler, cette soi-disant égalité alors qu’elle n’est pas réalisée dans la société. Mais il y a également une augmentation de la rente AVS de 70 francs par mois, cela fera du bien au portemonnaie des femmes pour lesquelles ces 70 francs par mois ne sont pas négligeables. 
</p><p>Je vois combien il est difficile de trancher, mais je suis persuadée que nous sommes à un tournant essentiel pour l’avenir de notre système de prévoyance vieillesse. Notre soutien au projet du Conseil des Etats est indispensable pour combattre les objectifs de la droite et pour assurer l’équité et la stabilité dans notre système suisse de prévoyance vieillesse.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4756</guid><pubDate>Thu, 02 Mar 2017 09:56:10 +0100</pubDate><title>Davantage de droits pour les migrants et les migrantes !</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/davantage-de-droits-pour-les-migrants-et-les-migrantes</link><description>Conférence de la migration de l’USS, le 1er avril 2017</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le samedi 1er avril prochain se déroulera à Berne la Conférence de la migration de l'USS. Ensemble, les participants discuteront des voies mais aussi des stratégies à développer pour tendre vers l'égalité des droits. </p><p>Au cours des dernières années, les débats en matière de migration ont été de plus en plus systématiquement marqués par la montée de certaines formes de xénophobie et ce, même si forces de gauche et libéraux progressistes ont récemment remporté deux succès importants lors de votations fédérales, envoyant du coup l'UDC au tapis. La droite populiste et conservatrice empile les votations - et les provocations ! - et ne cesse de jouer sur les peurs et le rejet de l'autre. De fait, la migration clive et polarise aujourd'hui les opinions. 
</p><p>Comment faire face ? Comment promouvoir les mêmes droits pour tout le monde ? Quelles peuvent être les réponses syndicales ? Ces questions seront au centre des débats qui animeront la prochaine Conférence de la migration de l'USS. Une première présentation développera l'idée de la nécessité d'une participation impliquant des droits égaux pour toutes et tous. Une seconde contribution reviendra sur les luttes engagées par le mouvement syndical depuis les années 1970 en faveur d'une égalité des droits et des salaires. Enfin, une table ronde et une discussion clôtureront les débats de la matinée. 
</p><p>Dans l'après-midi, des groupes de travail et des ateliers de discussion seront constitués afin de discuter de thèmes actuels liant action syndicale et migration. Nous vous attendons nombreux le samedi 1er avril à Berne, car le sujet qui y sera traité est crucial. </p>]]></content:encoded><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4755</guid><pubDate>Thu, 02 Mar 2017 08:55:16 +0100</pubDate><title>L’USS « cant keep quiet » le 8 mars“</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/l-uss-cant-keep-quiet-le-8-mars</link><description>La lutte contre le sexisme et l’intolérance placée au cœur de la Journée internationale des femmes</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Ralliée au jeune mouvement féministe post-trumpiste " We cant keep quiet ", l'USS invite à organiser des actions et à manifester le 8 mars. Renouveau féministe ? Interview de Regula Bühlmann, secrétaire centrale de l'USS en charge du dossier de l'égalité. </p><p><b>Pourquoi l'USS se joint-elle au mouvement " We cant keep quiet " ?</b></p><p>Nous organisons chaque année des actions avec nos fédérations. La dernière grande manifestation a été celle du 7 mars 2015 à Berne, qui avait déjà réuni 12 000 personnes au sein d'une large coalition. Mais cette année, les provocations sexistes et racistes de M. Trump ont déclenché quelque chose de puissant. La force du mouvement " We cant keep quiet " est qu'il ne se focalise pas sur des revendications spécifiques, il invite à protester contre le sexisme, les discriminations en tous genres et l'intolérance. C'est aussi un appel à la paix et au respect des droits humains ainsi que de la démocratie. 
</p><p><b>Peut-on parler d'un nouveau mouvement féministe ?</b></p><p>Non, je dirais plutôt que le mouvement féministe s'est renforcé. Il réunit d'ailleurs des féministes de longue date et des jeunes femmes qui ne s'étaient encore jamais engagées. Mais l'élection de Trump a fait office de réveil. Les gens ont subitement réalisé que l'égalité était loin d'être réalisée. Cela, alors que beaucoup pensaient que ce n'était plus un problème, que femmes et hommes étaient libres de faire les choix qu'ils voulaient, réduisant tout à des questions individuelles. Or, ils ont compris que si quelqu'un comme Trump pouvait être élu, ce n'était pas un problème individuel, mais un problème structurel. Les médias sociaux ont aussi beaucoup aidé à collectiviser des problèmes soi-disant individuels. On l'avait déjà constaté avec le tollé qu'avait provoqué l'émission d'Arena " Frauen an den Herd ? " (" Femmes aux fourneaux ?") et le #SchweizerAufschrei sur les réseaux sociaux en Suisse alémanique. 
</p><p><b>Quelles sont les revendications spécifiquement syndicales de ce 8 mars ?</b></p><p>La sécurité sociale et économique pour toutes les femmes, ce qui passe par des retraites décentes et la reconnaissance, dans les assurances sociales, du travail féminin non rémunéré. La question des salaires décents et justes pour les femmes reste une revendication importante, avec un salaire minimum fixé à 4000 francs, une revalorisation des salaires et des moyens légaux pour les contrôler, des moyens qui soient assortis de sanctions. Et enfin, toute la question du travail de soins et d'accompagnement, ledit " care " : il doit être correctement rémunéré et se faire dans de bonnes conditions. Les pouvoirs publics doivent aussi améliorer les prestations de manière à les rendre abordables pour toutes et tous. Dans le monde professionnel, la conciliation entre travail rémunéré et famille doit être garantie. 
</p><p><b>L'inégalité salariale est un serpent de mer syndical : comment faire enfin avancer ce dossier ?</b></p><p>Le Conseil fédéral va rendre avant l'été son message au sujet de la révision de la loi sur l'égalité. Les Chambres commenceront leur travail cet automne probablement. Nous avons besoin d'une large alliance pour réussir à améliorer l'application de l'égalité. Le système actuel est beaucoup trop lourd pour les femmes qui déposent une plainte pour inégalité salariale. Sans une plus grande transparence des salaires, ces plaintes sont très difficiles. L'obligation prévue de contrôler les salaires représente tout de même un pas en avant, même si nous continuons à exiger des sanctions pour les entreprises qui ne la respecteraient pas. On a notamment vu que la moitié des employeurs qui ont analysé leur structure salariale ont ensuite adapté les salaires des femmes. Il ne s'agit pas de travailler contre les employeurs, mais plutôt avec eux, pour qu'ils prennent conscience des inégalités. 
</p><p><b>Selon une étude universitaire romande, les inégalités apparaissent à la naissance du premier enfant : les couples retombent alors dans une répartition traditionnelle des rôles. Comment se fait-il que les jeunes ne se rendent pas compte des inégalités plus tôt ?</b></p><p>Sur le plan légal, on a quasiment atteint l'égalité. On n'est plus à l'époque où les femmes n'avaient pas le droit de vote. Par contre, un modèle néolibéral imprègne les structures et les conditions-cadres : la répartition traditionnelle des rôles reste privilégiée. Un jeune couple pensera choisir la meilleure solution financière sur le moment, mais ce n'est pas un choix librement consenti. Et ce n'est pas non plus une décision prise en connaissance de cause : bien peu se rendent compte, par exemple, des répercussions du temps partiel sur la retraite ou sur une carrière. Ce n'est que plus tard, après une éventuelle séparation, que ces inégalités deviennent évidentes. 
</p><p><b>Les médias semblaient se désintéresser de la question des inégalités entre femmes et hommes. Fallait-il que des centaines de milliers de femmes descendent dans la rue aux États-Unis pour que le mouvement reparte en Suisse aussi ?</b></p><p>Il est clair que cela n'a pas fait de mal ! En Suisse, le seuil de tolérance n'était peut-être pas encore dépassé. Et celles et ceux qui se débattent dans la précarité, entre jobs mal rémunérés, enfants et ménage n'ont souvent pas le temps de s'engager. J'espère qu'avec " We cant keep quiet ", nous allons faire comprendre au grand public qu'il y a encore du chemin pour aboutir à l'égalité. Et que ce n'est pas une lutte entre hommes et femmes, mais que tout le monde en profite.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4750</guid><pubDate>Wed, 01 Mar 2017 09:51:53 +0100</pubDate><title>Légiférer sur le télétravail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/legiferer-sur-le-teletravail</link><description>Une étude de l’OIT confirme qu’il y a un besoin</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Une <a href="http://www.ilo.org/global/about-the-ilo/newsroom/news/WCMS_544140/lang--fr/index.htm" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">nouvelle étude de l'OIT</a> met en évidence les avantages et les difficultés du télétravail. Elle demande, comme l'USS, que les personnes concernées bénéficient d'une protection légale. </p><p>Les technologies numériques permettent toujours plus de travailler où et quand on le souhaite : depuis la maison, l'étranger ou même pendant les vacances. Ce qui est positif sur divers aspects : moins de trafic pendulaire et un meilleur équilibre entre travail et famille. Mais, en même temps, les salarié(e)s sont exposés au risque de travailler plus longtemps, à une intensification du travail et à des interférences entre travail et temps libre. Cela peut provoquer du stress, des maladies et des problèmes sur le plan de la vie sociale, comme le constate une nouvelle étude de l'OIT. Les salarié(e)s qui travaillent régulièrement depuis la maison sont en effet plus stressés que ceux qui ne travaillent qu'au bureau. Ils souffrent davantage de problèmes de sommeil et d'angoisses. 
</p><p>Le Conseil fédéral a aussi constaté ces problèmes dans son rapport de 2016, mais n'a pas voulu légiférer. 
</p><h3>Mettre en œuvre les recommandations de l'OIT </h3><p>Le rapport de l'OIT fait plusieurs recommandations. Il exige que tous les salarié(e)s qui effectuent du télétravail soient traités de la même manière. Le télétravail doit de ce fait être pratiqué en conformité avec la loi et librement consenti. Il faut s'assurer que les personnes qui travaillent à la maison puissent continuer à échanger avec leurs collègues. Le temps de travail et l'interdiction du travail de nuit et du dimanche ainsi que les pauses doivent aussi répondre aux prescriptions de la médecine du travail, respectivement de la loi sur le travail. Il faut en outre enregistrer la durée du travail. C'est actuellement aisément et partout réalisable, par exemple avec des applications sur smartphone ou PC. 
</p><p>L'enregistrement du temps de travail à une époque où l'on doit être joignable en permanence est particulièrement important. On ne peut accepter que les personnes qui effectuent du télétravail fournissent du travail gratuit, s'exploitent elles-mêmes et risquent le burnout. 
</p><h3>Les propositions de l'USS </h3><p>Les prescriptions sur la protection de la santé doivent aussi s'appliquer au télétravail : en particulier l'enregistrement du temps de travail et les dispositions sur les temps de repos, de même que la durée maximale du travail. Les conventions collectives de travail doivent aussi prévoir des mesures de protection contre les risques pour la santé physique et psychique, ainsi qu'une régulation du télétravail. Dans les branches et les entreprises concernées, il faut aussi réguler, par exemple par la voie conventionnelle, cette tendance à être joignable en permanence grâce aux technologies modernes. 
</p><p>Il faut aussi urgemment agir sur les questions du matériel, des frais et de la protection des données. Le rapport de l'OIT l'indique également. Actuellement, les frais de matériel notamment sont souvent reportés sur les salarié(e)s. En Suisse, c'est le cas selon l'interprétation que l'on fait de la loi. Il y a aussi des lacunes législatives dans la protection des données. L'employeur peut ainsi contrôler le comportement des salarié(e)s et même de leurs proches en surveillant leur présence en ligne et le flux des données. 
</p><h3>Adapter la loi sur le travail à domicile </h3><p>Les syndicats de l'USS ont décidé à la dernière AD d'inclure systématiquement les requêtes liées au télétravail dans les CCT. D'importantes lacunes demeureront quand même : presque 50 % des salarié(e)s ne bénéficient pas d'une CCT. Pour ces salarié(e)s, il faut légiférer. Mais comment ? 
</p><p>Le plus simple serait de rassembler dans un seul texte de loi toutes les dispositions actuelles sur la sécurité au travail et la protection de la santé, le volontariat, ainsi que les questions touchant à la protection des données et aux coûts du télétravail. Le rapport de l'OIT signale qu'il faut aborder sur le plan juridique les répercussions négatives possibles du télétravail. Le Conseil fédéral l'a aussi concédé en 2016, en particulier pour le respect de la sécurité au travail et la protection de la santé. 
</p><p>La loi sur le travail à domicile (LTrD) règle actuellement le travail industriel et artisanal traditionnel effectué à la maison. C'est un paradoxe : il existe des dispositions spéciales dans une loi pour une forme de travail qui n'existe presque plus alors que ce n'est pas le cas du télétravail qui pourtant augmente. Cela ne coûterait pas grand-chose d'adapter la LTrD au télétravail moderne. Conformément au rapport de l'OIT, l'USS demande donc que le Conseil fédéral concrétise les dispositions nécessaires sur le télétravail dans la LTrD et modifie cette loi. </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4744</guid><pubDate>Thu, 23 Feb 2017 11:17:38 +0100</pubDate><title>Protéger le personnel de la Confédération contre le programme de stabilisation !</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/proteger-le-personnel-de-la-confederation-contre-le-programme-de-stabilisation</link><description>Session parlementaire de printemps: aperçu</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Les délibérations sur le Programme de stabilisation arriveront à terme à la session de printemps. Les principales divergences subsistant à ce jour entre les deux chambres concernent les nouvelles mesures d'économie de 100 millions pour 2018 et 2019. Ces mesures voulues par le Conseil national dans le domaine propre de l'Administration fédérale sont irresponsables et purement idéologiques.</p><p>Le Conseil national s'est déjà défoulé sur le personnel de la Confédération avec une coupe supplémentaire de 50 millions dans le budget 2017, une mesure qui provoque actuellement énormément de difficultés dans les divers départements fédéraux. Et une nouvelle coupe de 25 millions dans le domaine du personnel de la Confédération a déjà été inscrite à titre conservatoire dans le Plan financier 2018-2020. Cela n'empêche pas la majorité de la Commission des finances du Conseil national d'être déterminée à maintenir ses divergences avec le Conseil des États et à saigner le domaine propre de l'Administration en le privant de 100 millions supplémentaires en 2018 comme en 2019.
</p><h3>Les loyalistes</h3><p>Cette attitude est purement idéologique et ne répond aucunement à une nécessité réelle. Le 22 février, le Conseil fédéral a pris connaissance de comptes annuels excellents, un résultat qui n'est plus une exception depuis longtemps, mais constitue la règle. Or il faudrait quand même couper dans le domaine du personnel de la Confédération... Mais pourquoi donc ? Parce que c'est la manière la plus facile pour la droite de montrer qu'elle " dégraisse " l'État. L'exercice n'est pas dangereux pour elle, car il faut beaucoup pour que les employé(e)s de la Confédération laissent éclater leur colère. Ce n'est pas dans leurs habitudes de déverser du fumier devant le Palais fédéral, mais ils continueront à vider les corbeilles à papier des parlementaires les plus obsédés par les économies ainsi que répondre aux interventions les plus complexes.
</p><p>Il est honteux d'exploiter de la sorte cette loyauté. Ce ne peut pas être le fait d'un Parlement appelé en principe à prendre ses décisions réfléchies et responsables. L'Union syndicale suisse (USS) appelle les membres raisonnables du Conseil national à renvoyer au Conseil fédéral les divergences qui subsistent encore concernant le Programme de stabilisation 2017-2020. On a assez économisé ! </p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4743</guid><pubDate>Thu, 23 Feb 2017 10:14:35 +0100</pubDate><title>Prévoyance vieillesse 2020 : la seule voie praticable est celle du Conseil des Etats</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/prevoyance-vieillesse-2020-la-seule-voie-praticable-est-celle-du-conseil-des-etats</link><description>Session parlementaire de printemps: aperçu</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> A la session de printemps, le Parlement doit terminer de traiter le dossier Prévoyance vieillesse 2020. L'USS ne peut accepter une réforme que si l'élimination des dernières divergences entre les deux chambres se fait sur la ligne du Conseil des Etats.</p><p>En préambule, il faut savoir qu'autant le Conseil national que celui des Etats, en ayant définitivement décidé d'augmenter l'âge de la retraite des femmes à 65 ans, exigent de celles-ci un sévère démantèlement de leurs prestations, démantèlement que l'on ne peut que difficilement digérer. Ce qui ne pourrait d'ailleurs arriver que si ce recul est intégré à un projet où les points positifs l'emportent. La proposition de la commission compétente du Conseil national ne remplit pas ces conditions.
</p><p>Les solutions proposées par les deux commissions sont fortement divergentes. Le Conseil national ne veut compenser les baisses de rentes dues à la réduction du taux de conversion que dans le 2e pilier. Cette solution est trop chère pour les bas revenus. En outre, cela durerait trop longtemps pour que de telles améliorations de rentes soit tangibles. Le maintien de la solution de financement qui relèverait la retraite à 67 ans est aussi inadmissible. Le Conseil des Etats mise par contre sur des rentes AVS plus élevées. Il a admis que l'AVS avait démontré tout au long de son existence qu'elle était la plus efficace et la plus stable financièrement.
</p><p>Avec la proposition du Conseil des Etats, on améliorerait à nouveau l'AVS pour la première fois depuis 20 ans, grâce à la pression des syndicats. Le supplément de rentes de 840 francs par an pour les nouveaux retraité(e)s est la première augmentation forfaitaire depuis 40 ans. Le tabou sur une amélioration des rentes AVS serait ainsi brisé. L'augmentation de la retraite à 67 ans serait aussi par là-même balayée. D'autres points positifs figurent également dans ce projet, dont notamment de meilleures rentes des caisses de pension pour les personnes qui travaillent à temps partiel, un droit aux rentes de sa caisse de pension si on perd son emploi sur le tard et la consolidation du financement de l'AVS jusqu'en 2030.
</p><p>En résumé: du point de vue des travailleurs et des travailleuses, il n'y a que les propositions du Conseil des Etats qui soient adéquates pour régler le problème des rentes. Il faut espérer que les préoccupations des travailleurs et des travailleuses soient prises au sérieux au Parlement et que les dernières divergences soient éliminées en suivant la ligne du Conseil des Etats. Ensuite, les délégué(e)s de l'USS devront décider le 24 mars si les divers avantages de la réforme permettent de neutraliser le recul que représente l'augmentation de l'âge de la retraite des femmes. </p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4737</guid><pubDate>Wed, 22 Feb 2017 11:55:55 +0100</pubDate><title>Lutter efficacement contre le travail au noir, enfin!</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/lutter-efficacement-contre-le-travail-au-noir-enfin</link><description>Session parlementaire de printemps: aperçu</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Selon un rapport d’évaluation du Conseil fédéral, le travail au noir n’est toujours pas assez fermement combattu en Suisse. Le Parlement doit maintenant en tirer les conséquences quand il traitera de la loi sur le travail au noir. Parce que les employeurs qui emploient au noir lèsent non seulement les salarié(e)s, mais aussi la collectivité.</p><p>Le travail au noir induit des lacunes dans les assurances sociales et ouvre grand la porte aux dumpings social et salarial. Les employeurs qui emploient au noir se livrent en outre à une concurrence déloyale face aux employeurs qui se comportent correctement. Le Parlement doit tenir compte de tous ces éléments dans la révision de la loi sur le travail au noir (LTN) &nbsp;sur laquelle il se penche à la session de printemps.  
</p><p>L’USS demande que la lutte contre le travail au noir soit cohérente. Il y a encore beaucoup à faire à ce niveau. Il est central que les employeurs aient déclaré les salarié(e)s aux assurances sociales au premier jour de travail. Dans la réforme de la LTN, il faut de ce fait annuler les interventions parlementaires de la droite qui veulent revenir sur cette obligation, à savoir déclarer immédiatement les travailleurs aux assurances sociales et leur fournir un certificat d’assurance. La lutte contre le travail au noir impose que les employeurs puissent déclarer de manière non bureaucratique mais rapide leurs salarié(e)s.
</p><h3>Les amendes doivent être dissuasives</h3><p>L’idée de certains parlementaires, qu’une minorité de la Commission compétente du Conseil des Etats veut suivre, de supprimer les sanctions en cas de violations des obligations d’annonce et d’établissement de relevés (art. 18a LTN) consterne les syndicats. L’USS invite le Parlement non seulement à accepter les dispositions sur les sanctions proposées par le Conseil fédéral (1000 francs au maximum, 5000 francs en cas de récidive), mais plutôt à les durcir.  
</p><p>Les employeurs qui violent l’obligation de déclarer les nouveaux salarié(e)s doivent être sanctionnés d’une amende allant jusqu’à 30&nbsp;000 francs et jusqu’à 50&nbsp;000 en cas de récidive. Sinon, les employeurs pourraient gagner gros en employant au noir et s’en sortir avec une amende d’à peine 1000 francs s’ils sont découverts. L’effet dissuasif est nul&nbsp;! 
</p><p>Il faut en ensuite établir un lien entre cette législation et celle sur les marchés publics. Ceux qui emploient des salarié(e)s au noir doivent être systématiquement exclus de l’attribution des marchés publics. 
</p><h3>Meilleure coopération</h3><p>Si l’on veut améliorer la lutte contre le travail au noir, les différentes autorités doivent en plus mieux coopérer entre elles, mais aussi avec les organes paritaires, quand il existe une CCT étendue. En présence de travail au noir, qui peut aussi impliquer des violations des dispositions conventionnelles (décomptes de salaires erronés, etc.), les autorités doivent aussi informer les organes paritaires et inversement. Sans une telle coopération, il n’est pas possible de lutter efficacement contre le travail au noir à une époque où il augmente dans des branches où les mesures d’accompagnement devraient en fait aussi se déployer efficacement.
</p><h3>Légaliser les sans-papiers</h3><p>L’USS appelle également le Parlement à légaliser la situation des personnes qui sont en Suisse depuis longtemps mais travaillent sans permis de séjour (sans-papiers). Cette avancée, qui n’a que trop tardé, libérerait de nombreux travailleurs, souvent des travailleuses employées dans le travail domestique, les soins ou la gastronomie, de la précarité et de l’exploitation. Cela couperait durablement l’herbe sous les pieds de ceux qui veulent employer au noir dans ces branches.&nbsp;&nbsp; </p>]]></content:encoded><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4736</guid><pubDate>Wed, 22 Feb 2017 11:22:53 +0100</pubDate><title>Renforçons ce qui fonctionne bien dans l’infrastructure ferroviaire!</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/renforcons-ce-qui-fonctionne-bien-dans-l-infrastructure-ferroviaire</link><description>Session parlementaire de printemps : aperçu</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 9 mars, le Conseil national sera la première Chambre à se prononcer sur les propositions du Conseil fédéral au sujet du projet de loi sur l’organisation de l’infrastructure ferroviaire (OBI). La prise de décisions constructives renforçant globalement un système de transport qui fonctionne bien sans porter atteinte à l’environnement et à la population relèvera ainsi de sa responsabilité. 
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) est contente de voir le Conseil fédéral se prononcer sans équivoque aucune en faveur du modèle de chemins de fer intégrés. L’infrastructure et l’exploitation regroupées garantiront les synergies et l’efficacité pour faire face à la forte augmentation prévue des transports de voyageurs/voyageuses et de marchandises ces prochaines années. À cet effet, nous avons précisément besoin en Suisse, vu le volume généralement élevé du trafic, d’entreprises de transport sur rail qui soient solides. Sinon, nous n’en viendrons pas à bout. 
</p><p>Le transport des marchandises par la voie terrestre (rail ou route), maritime ou par la voie des airs n’est pas seulement un secteur en plein boom, mais aussi une branche économique très sensible dans laquelle les entreprises se mènent une lutte sans merci. L’environnement et la population situés le long des grands couloirs par où les transports passent sont soumis à d’importantes contraintes. Les conditions de travail dans les transports sont dures et sans cesse sous la menace de dégradations. À son tour, cela accroît considérablement le risque d’accidents. Et le Parlement a énormément aggravé la situation dans les transports ferroviaires en introduisant avec la révision de la loi sur le transport de marchandises (LTM) l’obligation pour ceux-ci d’être financièrement autonomes. Il serait donc plus que nécessaire de renforcer la compétitivité des entreprises de chemin de fer en régulant les conditions de travail qui y sont appliquées. Il faudrait aussi soutenir la mise en réseau et la collaboration afin que le transport puisse se faire autant que possible de la manière la plus efficace et dans le respect de l’environnement. En effet, tout tournera autour de la logistique ces prochaines années. 
</p><p>La proposition de la Commission des transports et des télécommunications du Conseil national (CTT-N) de faire de CFF Cargo une société indépendante, sous la forme d’une holding, est fondamentalement erronée. Aujourd’hui déjà, le transport routier intérieur est massivement avantagé. En livrant les marchandises réparties dans des petits véhicules, les entreprises de logistique parviennent sans difficulté aucune à contourner l’interdiction pour les poids lourds de circuler la nuit. Lors du traitement de la LTM, il y a une année et demie, il avait déjà été question d’externaliser CFF Cargo. À l’époque, le Conseil national avait été freiné par le Conseil des États. C’est maintenant la deuxième tentative dans ce sens de la CTT-N. Par là, celle-ci veut aussi aller encore plus loin que le postulat de son homologue des États, qui demande au Conseil fédéral un rapport sur les possibilités de développement de CFF Cargo.
</p><p>L’USS demande au Conseil national de rejeter la proposition de renvoi faite par la CCT-N avec sa propre proposition relative à CFF Cargo et, en lieu et place, d’entrer en matière sur le projet OBI du Conseil fédéral.</p>]]></content:encoded><category>Transports</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4735</guid><pubDate>Wed, 22 Feb 2017 11:14:15 +0100</pubDate><title>100 millions pour encourager l’accueil extrafamilial des enfants </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/100-millions-pour-encourager-l-accueil-extrafamilial-des-enfants</link><description>Session parlementaire de printemps: aperçu</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Il ne tient qu’au Conseil des Etats de redonner un élan à l’accueil extrafamilial des enfants. Il doit au moins accepter un geste qui va dans la bonne direction même s’il ne suffit pas. Les 100 millions d’aide permettront toutefois d’apporter une petite contribution à la meilleure employabilité des femmes à des taux d’occupation acceptables pour leurs futures retraites.&nbsp; </p><p>Afin que l’initiative visant à combattre la pénurie de personnel qualifié permette de faire avancer les choses, le Conseil fédéral a proposé l’été dernier que les aides financières à l’accueil extrafamilial des enfants soit prolongée&nbsp;: pendant cinq ans, 100 millions doivent permettre de réduire les contributions des familles et de mieux couvrir les besoins des parents qui travaillent. Un petit montant, une maigre proposition. L’affaire n’a quasiment pas fait l’objet de contestation pendant la procédure de consultation, mais a provoqué depuis pas mal de remous.
</p><p>Pour rappel: en novembre 2016, la Commission de la science, de l'éducation et de la culture (CSEC) du Conseil des Etats a décidé, après avoir auditionné l’Union patronale et economiesuisse, mais pas les syndicats (!), de ne pas entrer en matière sur la proposition du Conseil fédéral et de ne pas non plus l’examiner en détail. Le Conseil des Etats a corrigé cette décision irréfléchie et renvoyé le dossier à la CSEC pour qu’il le traite sérieusement. La commission a fait ses devoirs et, le 21 février, a largement suivi la proposition du Conseil fédéral. Le 14 mars, celle-ci revient au Conseil des Etats. 
</p><h3>Important pour les futures retraites</h3><p>Le Conseil des Etats ferait bien de rejoindre la position de sa commission et soutenir les améliorations visées dans l’accueil extrafamilial des enfants. Pendant cette session, le Parlement prendra sa décision finale sur la réforme Prévoyance vieillesse 2020 dont les femmes feront en grande partie les frais. Le Parlement doit donc absolument veiller à ce que celles-ci n’assument pas des pertes de rentes encore plus lourdes. Des mesures comme les aides financières pour l’accueil extrafamilial des enfants aident à décharger les femmes et les hommes du travail familial non rémunéré et leur permettent de travailler à un taux d’occupation qui leur assure des revenus ouvrant le droit à des rentes. 
</p><h3>La direction est la bonne</h3><p>Le Conseil des Etats ne doit donc en aucun cas entrer en matière sur la proposition de minorité de réduire à 50 millions le montant de l’aide. Cent millions représentent déjà une petite somme qui va certes améliorer la situation, mais ne va pas suffire à supprimer le malaise de la conciliation entre famille et travail qui règne en Suisse. Comme l’USS l’a déjà indiqué dans la procédure de consultation, il faut que la participation des pouvoirs publics soit d’au moins 1% du PIB. L’USS demande en outre que des critères de qualité soient définis pour les établissements et les projets subventionnés. Car le bien des enfants et du personnel exige obligatoirement une bonne formation et de bonnes conditions de travail. Il faut aller dans cette direction et pas dans celle de davantage de mesures d’économies et de programmes de démantèlement de l’Etat comme le demandent les politiciens néolibéraux.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4734</guid><pubDate>Wed, 22 Feb 2017 10:26:28 +0100</pubDate><title>Foire d’empoigne irresponsable autour de la SSR</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/foire-d-empoigne-irresponsable-autour-de-la-ssr</link><description>Session parlementaire de printemps : aperçu</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les ennemis de la SSR pourront à nouveau sortir leurs grands couteaux pendant cette session. C’est avec soulagement que nous accueillons la décision de la commission compétente du Conseil des Etats sur l’initiative «&nbsp;No Billag&nbsp;»&nbsp;: rejet unanime. </p><p>Les affrontements sur la SSR ont commencé bien avant le lancement de l’initiative «&nbsp;No Billag&nbsp;». De nouvelles interventions dont le but est de tailler dans la SSR sortent constamment de la Commission des transports et des télécommunications (CTT). Au bénéfice des privés qui, prétendument, ne peuvent pas prospérer à l’ombre de la surpuissante SSR. Privés auxquels on devrait maintenant attribuer un plus gros morceau du gâteau publicitaire ou une plus large part de la redevance. Ou qui pourraient reprendre toutes les émissions de la SSR. Certains aimeraient bien limiter la SSR aux émissions d’actualité ou carrément tirer la prise de certaines de ses radios. Et le Parlement se prononcerait sur les concessions. La mission de la SSR serait alors probablement réduite à ce que les autres médias ne veulent pas faire ou à ce qui arrange le Parlement. Exagéré que tout cela&nbsp;? Forçons-nous le trait&nbsp;? Dramatisons-nous inutilement&nbsp;?
</p><p><b>Ne saignons pas à blanc la SSR</b></p><p>Pas du tout. Puisque quelques parlementaires veulent aller jusqu’au bout pendant cette législature. L’initiative «&nbsp;No Billag&nbsp;» est à cet égard très utile si elle pouvait offrir l’occasion d’élaborer un contre-projet. Qui ressemblerait aux interventions issues de la CTT-N. Interventions qui permettraient déjà de tester les rapports de force et que nous devons clairement faire échouer. 
</p><p>Une chose est claire: seul le modèle de financement actuel de la SSR garantit une couverture dans tout le pays, seul un programme complet assure la fidélité du public, seule l’indépendance politique est un gage de qualité. Le plus important défi reste principalement de conserver le public, surtout le plus jeune public. Cela ne sera pas possible si l’offre Internet n’est pas développée. Car tout se joue du côté des médias sociaux et des grandes entreprises de télécommunication. 
</p><p><b>Garantir la qualité d’une information indépendante</b></p><p>Il ne faut pas moins de SSR à l’avenir, mais très clairement plus de service public dans tous les médias. Il faut en parler. Il n’y a pas vraiment d’alternative à la SSR, en tant qu’émetteur public. Et, comme on peut le constater en ce moment régulièrement à chaque fois qu’une rédaction de journal coupe dans ses effectifs ou carrément disparaît, comme cela vient de se produire avec le Temps et l’Hebdo, il y a de moins en moins d’alternative. Le journalisme de qualité coûte et est irremplaçable. C’est de cela qu’il faut parler. Le temps manque aux médias locaux. La foire d’empoigne autour de la SSR est irresponsable. </p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Communication et medias</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4733</guid><pubDate>Wed, 22 Feb 2017 10:18:56 +0100</pubDate><title>Le transport régional de voyageurs doit être financé correctement</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/le-transport-regional-de-voyageurs-doit-etre-finance-correctement</link><description>Session parlementaire de printemps: aperçu</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le Conseil fédéral veut allouer un crédit d’engagement pour le financement des prestations du transport régional de voyageurs, un objet qui passera au Conseil des États le 8 mars prochain. Le but est d’offrir aux entreprises une meilleure sécurité dans leur planification. L’Union syndicale suisse (USS) soutient cette idée. Mais en ne voulant libérer les fonds prévus que par tranches de deux années, le Conseil fédéral compromet la réalisation de ses objectifs. On ne réalise pas des investissements du jour au lendemain, des délais longs et des plans financiers réalistes sont nécessaires. Et si le crédit sert à amortir des programmes d’austérité, il devient alors contreproductif. 
</p><p>Mais étaler sur deux ans le versement des contributions fédérales n’est pas le seul point contesté, le montant du crédit d’engagement l’est également. Les cantons et les transports publics demandent que ce dernier soit relevé à 4,104 milliards de francs. Pour arriver à ce chiffre, ils partent de l’idée que la Confédération, les cantons et les entreprises prendraient chacun un tiers du surcoût à sa charge (par rapport à la situation planifiée). C’est déjà là un compromis, car la Confédération devrait, selon la loi sur le transport de voyageurs, participer pour moitié à l’indemnisation des prestations commandées conjointement. La Commission des transports et des télécommunications du Conseil des États soutient cette demande. 
</p><p>L’USS s’engage pour le relèvement du crédit d’engagement destiné au transport régional de voyageurs et voyageuses. Les cantons disposeront d’une faible marge de manœuvre ces prochaines années, les gains en efficacité des entreprises ont déjà été épuisés et les usagers et usagères ne voudront pas accepter de nouvelles hausses des prix. Parallèlement, la lourde charge représentée par le réseau de communication entraîne un besoin toujours croissant d’investissements et d’entretien que l’on n’a absolument pas le droit de repousser à plus tard. </p>]]></content:encoded><category>Transports</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4718</guid><pubDate>Tue, 14 Feb 2017 15:21:57 +0100</pubDate><title>RIE III: un dimanche qui ouvre des perspectives</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/rie-iii-un-dimanche-qui-ouvre-des-perspectives</link><description>Le président de l&#039;USS au sujet du NON à la troisième réforme des entreprises</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’année 2017 a commencé sous de mauvais auspices. Donald Trump a déclenché tout ce que l’on pouvait craindre, dès son entrée en fonction à la présidence de la plus grande puissance mondiale&nbsp;: haine et exclusion, ainsi que de nouveaux privilèges pour les riches couplés à un démantèlement social. En Europe, le climat n’est pas beaucoup plus serein. En Suisse également, ces tendances politiques ne nous sont pas étrangères. Les résultats de la votation de dimanche dernier sont donc d’autant plus réjouissants. </p><p>En 2004 déjà, la gauche avait réussi à faire échouer un paquet fiscal. Mais, cette fois-ci, avec la RIE III, nous avons gagné seuls et contre les cantons, contrairement à ce qui s’était passé en 2004. Ce qui rend cette victoire encore plus précieuse. En diffusant le message que cette réforme fiscale allait coûter 1000 francs à tous les ménages, les syndicats ont réussi, malgré de modestes moyens financiers, à apporter une contribution centrale à la campagne. 
</p><h3>Les entreprises doivent aussi payer des impôts</h3><p>Le NON à ce projet de prestige de la droite signifie qu’il faudra tenir compte de certains principes pour la nouvelle mouture. Personne ne nie qu’il faille abolir les privilèges fiscaux des sociétés-écrans ou des autres constructions visant à éviter des impôts. Rien ne justifie toutefois de lier l’abrogation des statuts spéciaux à une baisse généralisée de l’imposition des entreprises qui se ferait sur le dos de tout un chacun. Les entreprises doivent aussi payer des impôts. Comme tout le monde. Les entreprises dépendent aussi de personnes bien formées, d‘un réseau de transports efficace et d’un état de droit qui fonctionne. Elles doivent aussi payer pour cela. Le nouveau projet devra en tenir compte. 
</p><h3>Prochain test: le renforcement de l'AVS</h3><p>Le résultat qui est sorti des urnes dépasse néanmoins la politique fiscale. Il montre qu’un tournant social est nécessaire. Une politique au détriment des salarié(e)s ordinaires est arrivée à ses limites. Le prochain test sera l’avenir des retraites&nbsp;: en renforçant l’AVS dans son rôle d’assurance de base pour toute la population. L’AVS n’a pas la même importance pour les revenus bas et moyens que pour ceux qui gagnent beaucoup, ces derniers doivent toutefois contribuer solidairement à son financement. Les réductions de primes-maladie et les allocations pour enfants doivent aussi devenir un sujet. 
</p><h3>Offensive de naturalisations</h3><p>Ce dimanche de votation n’est pas seulement remarquable pour les perspectives sociales qu’il ouvre. L’acceptation du projet sur la naturalisation et la défaite ainsi imposée à la chasse aux sorcières menée par l’UDC est aussi un signe clair contre l’exclusion et en faveur de davantage de droits. Un vote contre la tendance actuelle à l’isolationnisme. Les communes doivent maintenant agir par une offensive en faveur de la naturalisation des première et surtout deuxième générations. 
</p><h3>Deux victoires en peu de temps</h3><p>Quelque chose d’autre s’est encore produit dimanche: malgré un déséquilibre massif des moyens financiers, une campagne offensive a permis de remporter la victoire. Pour la deuxième fois en peu de temps, et une victoire comparable à celle, éblouissante, contre l’initiative inhumaine de l’UDC dite de «&nbsp;mise en œuvre&nbsp;». La démocratie directe ouvre de nouvelles perspectives. Des perspectives pour une Suisse vivante et diversifiée. </p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><category>Migration</category><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4712</guid><pubDate>Thu, 09 Feb 2017 10:30:46 +0100</pubDate><title>Temps de travail : pas question de déréguler encore plus</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/temps-de-travail-pas-question-de-dereguler-encore-plus</link><description>Il faut mettre des limites hebdomadaires au temps de travail</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> De longues durées du travail détruisent la santé psychique et physique. Une étude australienne montre que travailler plus de 39 heures par semaine a des répercussions négatives sur la santé. En Suisse, où la durée moyenne du travail est déjà plus élevée, on parle de déréguler aussi les temps de repos et les durées maximales hebdomadaires. </p><p>Travailler plus de 39 heures par semaine nuit à la santé. Phénomène qui est encore aggravé quand les dispositions sur le temps de repos ne sont pas respectées. La Suisse, où le temps de travail moyen stagne depuis des années à 42 heures devrait justement prendre très au sérieux les résultats de cette <a href="http://www.anu.edu.au/news/all-news/a-healthy-work-limit-is-39-hours-per-week" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">nouvelle étude</a> de la Australian National University (ANU). Depuis l'abandon du taux plancher pour le franc, de nombreuses entreprises ont encore augmenté le temps de travail hebdomadaire. 
</p><h3>Durée du travail hebdomadaire idéale pour la santé </h3><p>L'étude explique que des durées du travail élevées mettent en danger la santé psychique et physique d'une personne parce que celle-ci a moins de temps pour se nourrir correctement, prendre soin de sa santé et se reposer. Cela est d'autant plus valable pour les femmes qui, en raison de leurs tâches domestiques et de l'assistance prodiguée aux proches, sont souvent confrontées à une double journée. 
</p><p>Selon l'étude, la limite psychologique d'une durée hebdomadaire de travail saine est de 34 heures pour les personnes qui s'occupent de proches et du travail domestique. L'étude qui est unique en son genre a utilisé les données de plus de 8000 salarié(e)s australiens. 
</p><h3>Semaine de 50 heures ? </h3><p>Les résultats de cette étude sont aussi pertinents dans le débat politique suisse. Les conseillers aux Etats Graber et Keller-Sutter veulent supprimer la durée maximale hebdomadaire de travail et l'interdiction du travail de nuit et du dimanche pour des salarié(e)s du secteur des services ainsi que l'obligation d'enregistrer le temps de travail. Des semaines de 50 heures et plus pourraient devenir la norme. Les répercussions sur la santé des salarié(e)s seraient catastrophiques. Le nombre déjà élevé de burnouts en Suisse exploserait inévitablement. 
</p><p>Les motions cyniques de Graber et Keller-Suter ne sont donc clairement pas indiquées quand on voit la réalité des faits. Il faut plutôt améliorer la protection psychosociale des salarié(e)s en enregistrant davantage le temps de travail et en respectant les dispositions protectrices sur le temps de travail de la loi sur le travail. Et si une réforme devait être entreprise, il faudrait plutôt baisser la durée maximale du temps de travail. </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4701</guid><pubDate>Tue, 07 Feb 2017 10:55:20 +0100</pubDate><title>Vingt fois plus de moyens pour faire avaler l’arnaque fiscale du siècle </title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/vingt-fois-plus-de-moyens-pour-faire-avaler-l-arnaque-fiscale-du-siecle</link><description>La fronde populaire peut encore faire tomber les Goliath de l’économie</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Rapport de 1 à 20 pour les encarts publicitaires et les  affiches en faveur des partisans de la RIE III&nbsp;: un nouveau combat à la  David contre Goliath résume cette campagne. Mais le pouvoir de l’argent  ne fait pas tout. Comme l’initiative Minder l’avait montré, Goliath peut  s’effondrer sous la fronde populaire. C’est maintenant une question de  mobilisation, jusqu’à la dernière minute. </p><p class="ParagrSPnormaux">Rien qu'au mois de janvier, les partisans de  la troisième réforme des entreprises (RIE III) ont dépensé 2 millions de  francs en affiches et encarts publicitaires. Depuis le début de la  campagne en octobre, ce ne sont pas moins de 3,3 millions de francs qui  ont été déboursés, d'après Media Focus. Les organisations économiques  ont sur cette campagne une force de frappe 20 fois plus puissante que  celle du Comité contre la RIE III. Quant au nombre d’encarts  publicitaires, selon l’Année politique suisse, un Institut de  l’Université de Berne, le rapport serait de 8 à 1. En faveur des tenants  de l’économie et de la droite, cela va sans dire. &nbsp; </p><p class="ParagrSPnormaux">Ces chiffres ne couvrent toutefois ni les  imprimés ni la publicité en ligne. En plus des quelques 3 millions de  tous-ménage distribués par l’USAM, économiesuisse s’est encore payé le  luxe de produire des tous-ménages locaux, spécifiques à presque tous les  cantons romands. Coûts de ces imprimés&nbsp;: près d’un million de francs  qui s’ajoutent aux chiffres cités plus haut. Soit au moins 4 millions de  francs.</p><p class="ParagrSPnormaux">L’argent ne peut pas tout</p><p class="ParagrSPnormaux">Rarement l’économie n’aura déboursé autant  pour faire passer un de ses projets. Or, le pouvoir de l’argent ne fait  pourtant pas tout. Pas toujours du moins. Malgré les millions investis  dans la campagne contre l’initiative Minder en 2013, économiesuisse  avait perdu, et massivement, contre un comité d’initiative qui possédait  40 fois moins de moyens. </p><p class="ParagrSPnormaux">Une telle débauche de moyens cache  nécessairement des intérêts gigantesques. Il est évident que dépenser  quelques millions pour récupérer des milliards de baisse d’impôts sur  les bénéfices en vaut la peine&nbsp;: autant d’argent à redistribuer aux  actionnaires répartis dans le monde. La population n’est toutefois pas  dupe. Elle se rend compte qu’elle devra en payer un lourd tribu. </p><p class="ParagrSPnormaux">Mais rien n’est encore gagné. A nous de nous  mobiliser jusqu’à la dernière minute pour prouver qu’en démocratie, la  fronde populaire peut abattre un géant, même lourd de plusieurs  millions. </p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4693</guid><pubDate>Thu, 02 Feb 2017 16:22:30 +0100</pubDate><title>Des obstacles à la naturalisation à abaisser</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/des-obstacles-a-la-naturalisation-a-abaisser</link><description>Naturalisation facilitée des jeunes de la 3e génération</description><content:encoded><![CDATA[<p>Si les citoyen(ne)s avaient voté il y a quelques semaines, la naturalisation facilitée des jeunes étrangers de la 3e génération aurait été clairement acceptée. En fait, c'est quelque chose qui va de soi. Finalement, les personnes concernées, des petits-enfants d'immigré(e)s, sont nées ici et sont donc depuis longtemps des Vaudois, des Jurassiennes ou des Valaisans... Mais la scandaleuse campagne d'affiches avec une femme en burqa menace aujourd'hui ce qui va de soi. 
</p><p>Le tout dernier sondage de la SSR montre à nouveau un taux de " oui " élevé (66 %). Cependant, par rapport au premier sondage, les " pour " et les " plutôt pour " ont reculé de 8 %. Cela devrait encore suffire pour une majorité du peuple, mais avec cette tendance, le la majorité des cantons n'est plus assurée. 
</p><p>L'analyse détaillée des résultats du sondage nous apprend des choses très intéressantes. Par exemple, la part des " non " des sympathisant(e)s du PLR a triplé par rapport au premier sondage. Il incombe donc aux libéraux-radicaux d'inverser cette tendance et de contrer la campagne menée par quelques UDC avec les affiches précitées, comme ils y étaient parvenus lors de la campagne contre l'initiative dite " de mise en œuvre ". 
</p><p>Au PLR de neutraliser l'argument selon lequel la Confédération n'a pas le droit de s'immiscer dans les compétences cantonales. Le fait est qu'avec la naturalisation facilitée des petits-enfants d'immigré(e)s aussi, les cantons seront entendus et pourront faire appel. En outre, la Confédération dispose déjà de compétences en matière de naturalisations, à savoir avec la procédure facilitée destinée aux conjoints étrangers de Suisses et Suissesses. On voit alors à quel point la situation actuelle est absurde. Alors que les conjoints étrangers des Suisses et de Suissesses profitent aujourd'hui déjà de délais raccourcis, de démarches administratives réduites et de frais moindres, les jeunes étrangers de la 3e génération nés dans notre pays doivent passer par une procédure exigeante, longue et onéreuse. 
</p><p>Il est temps que nous abaissions les obstacles mis à l'obtention du passeport suisse. C'est pourquoi il faudra clairement voter OUI le 12 février à la naturalisation facilitée des jeunes étrangers de la 3e génération. </p>]]></content:encoded><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4692</guid><pubDate>Thu, 02 Feb 2017 15:13:38 +0100</pubDate><title>Le Conseil fédéral veut soutenir les proches aidants</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/le-conseil-federal-veut-soutenir-les-proches-aidants</link><description>Un signe de reconnaissance pour une assistance non rémunérée</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Reconnaissant les signes du temps, le Conseil fédéral entend soutenir les proches aidants, tant sous l'angle financier que sous celui du temps. L'Union syndicale suisse (USS) salue cette décision importante et attend avec impatience le projet concret d'ici la fin de l'année. </p><p>En Suisse, on travaille plus longtemps sans être rémunéré qu'en l'étant. En 2013, le nombre d'heures de travail non rémunérées était de 8,7 milliards (heures payées : 7,7 milliards). L'Office fédéral de la statistique estime que cela représente 410 milliards de francs, une contribution irremplaçable pour une économie qui fonctionne. Les femmes en fournissent 62 %. Derrière ces chiffres, il y a des personnes et leur histoire, des personnes qui consacrent leur énergie et leur temps à s'occuper d'enfants ou à dispenser des soins à des proches ; cela, tout en devant assurer leur propre revenu et celui de leur famille en ayant une activité professionnelle. Stress et travail en quantité excessive en sont les conséquences à court terme. À long terme, le temps investi dans des activités non rémunérées au lieu d'activités rémunérées se traduit par un manque d'argent et des lacunes dans la prévoyance vieillesse. 
</p><h3>Congé payé en cas de soins </h3><p>Le Conseil fédéral veut décharger ces personnes à l'aide de plusieurs mesures. Actuellement, les parents peuvent prendre jusqu'à trois jours de congé par maladie pour soigner leur enfant. Demain, ils devraient aussi pouvoir le faire pour des parents adultes malades et l'employeur devrait aussi continuer à verser leur salaire. Et dans le cas d'enfants gravement malades ou victimes d'un accident, le gouvernement veut également permettre un congé pour tâches d'assistances, afin que les parents ne soient plus contraints de renoncer à leur activité professionnelle. Il envisage entre autres, dans une variante, de compenser la perte de salaire par une allocation similaire à celle versée en cas de maternité. Une telle solution est vraiment nécessaire, car ces cas de maladie et d'accidents peuvent grever lourdement le porte-monnaie des familles. Les pertes financières sont en effet cruciales dans ce genre de situation. Le Conseil fédéral doit aussi prévoir que ces congés payés pour tâches d'assistance, ou ces réductions momentanées du temps de travail (comme c'est déjà courant en France, en Allemagne et en Autriche) soient aussi accordés à des personnes qui doivent assister des proches adultes. Comme c'est souvent pendant la dernière phase de la vie professionnelle qu'il faut porter assistance à des proches âgés, le retour ensuite dans le monde du travail n'est de fait guère possible. 
</p><h3>Extension des bonifications pour tâches d'assistance </h3><p>Un autre progrès est l'ajout proposé par le Conseil fédéral à la loi sur l'AVS. Les bonifications pour tâches d'assistance à des personnes présentant au moins une impotence moyenne, déjà reconnues par cette loi, devraient être octroyées aussi aux personnes qui prodiguent des soins ou une assistance à un parent atteint d'une impotence faible, voire éventuellement aux concubins. Les bonifications pour tâches éducatives et les bonifications pour tâches d'assistance sont déjà la principale raison pour laquelle les hommes et les femmes sont presque sur pied d'égalité dans l'AVS. C'est pour cela que, afin qu'il y ait égalité effective au plan de la rente, l'AVS doit être renforcée et la reconnaissance du travail non rémunéré étendue au 2e pilier. 
</p><h3>L'assistance à des tiers est une tâche publique </h3><p>L'USS est impatiente de voir quelle offre concrète le Conseil fédéral prévoit pour soutenir les proches aidants. À ses yeux, il faut moins se focaliser sur le développement du travail bénévole, non rémunéré, que sur une plus grande participation des pouvoirs publics. L'accueil extrafamilial des enfants, l'assistance aux personnes âgées et malades ainsi que la couverture médicale doivent être accessibles à tout un chacun - contre paiement ou non -, d'un haut niveau de qualité et adaptés aux besoins existants. Outre les amorces de solutions judicieuses du Conseil fédéral destinées à décharger les proches aidants sur le plan financier, l'USS attend que l'on s'efforce davantage d'alléger cette charge au plan temporel. Le Conseil fédéral doit comprendre l'assistance apportée à des personnes qui en ont besoin comme une responsabilité qui relève de la société et non des individus, et renforcer ce type de prestations, comprises comme faisant partie intégrante du service public. </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4690</guid><pubDate>Thu, 02 Feb 2017 08:39:57 +0100</pubDate><title>Le stress doit être combattu pas démultiplié !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-stress-doit-etre-combattu-pas-demultiplie</link><description>Deux membres du Conseil des États veulent donner le feu vert à encore plus de stress</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">De plus en plus de personnes se sentent stressées au travail. Cela n'empêche pas les conseillers aux États K. Graber et K. Keller-Sutter de vouloir ouvrir tout grand la porte au stress dans le secteur des services en permettant des durées de travail excessives. </p><p>Une <a href="http://www.unia.ch/fr/actualites/actualites/article/a/13244/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">nouvelle étude d'Unia</a> confirme que le stress au travail augmente pour les professions de bureau. 15,4 % des personnes interrogées se sentent toujours et 54,4 % souvent stressées. Seuls 6,2 % reconnaissent n'être jamais ou que rarement stressés. 58,7 % donnent le " travail contre la montre " comme principal motif de stress, 46 % des " interruptions fréquentes ", 40,5 % la " pression à la performance ", 34,3 % des " instructions de travail imprécises ", 29,9 % des " journées de travail trop longues " et 17,5 % le " travail pendant le temps libre ". 
</p><p>Le sondage montre aussi qu'aujourd'hui encore, la prévention dans les entreprises contre les risques psychosociaux comme le stress est trop faible, alors que depuis 2015, une opération d'exécution prioritaire du SECO et des inspectorats cantonaux du travail est en cours. 
</p><h3>Un emploi sur trois en point de mire </h3><p>Il est fort intéressant de noter que le sondage d'Unia a été précisément réalisé auprès de catégories de travailleurs et travailleuses directement concernées par les initiatives parlementaires K. Graber et K. Keller-Sutter destinées au " personnel dirigeant " et aux " spécialistes " des services. Petit rappel : ces initiatives veulent supprimer, pour ces catégories de personnes, la protection matérielle de la santé garantie par les durées maximales de travail, les pauses et l'interdiction du travail de nuit et du travail dominical. 
</p><p>Or les personnes titulaires d'un diplôme de degré tertiaire (écoles supérieures et formation professionnelle supérieure) qualifiables de " spécialistes " représentent environ 40 % de la population âgée dite active. Le " personnel dirigeant " représente, lui, environ 34 % des salarié(e)s. Les données fournies par le sondage d'Unia montrent de façon impressionnante que ce sont précisément ces catégories qui souffrent fortement du stress au travail ! 
</p><h3>" La santé, ce n'est pas notre affaire " </h3><p>Le renoncement total à l'enregistrement de la durée du travail est de plus cyniquement justifié par le souhait qu'auraient les travailleurs et travailleuses d'être autonomes et " vendu " comme prouvant la confiance placée en eux par les employeurs. Or il est clair que les systèmes de saisie du temps de travail qui permettent d'être flexible et ne réduisent pas l'autonomie quant à l'aménagement de l'horaire sont déjà possibles sans autre aujourd'hui dans le cadre de la législation sur le travail ! Les dispositions sur l'enregistrement de la durée du travail n'ont été déréglementées qu'à partir du 1er janvier 2016 et nombre d'employeurs s'en disent satisfaits. Seuls les représentant(e)s des branches les plus idéologisées, comme Expertsuisse (association des experts suisses en audits, fiscalité et fiduciaire) ou l'Alliance réflexion suisse (regroupement informel de l'Association Suisse d'Assurances, Fiduciaire Suisse et ICTS Switzerland) veulent, avec leurs revendications extrémistes, continuer à vider de sa substance la protection des travailleurs et travailleuses. Et se moquent royalement de la santé de ces derniers ! 
</p><h3>La commission veut tout de même approfondir la question </h3><p>L'Union syndicale suisse (USS) et ses fédérations s'opposent à ces projets qui déboucheront finalement sur du travail gratuit. La commission préparatoire du Conseil national ne les a pas tout simplement acceptés sans broncher, mais entend clarifier cette problématique jusqu'au mois de mai. L'USS est satisfaite de cette décision prise sous le signe de la raison. Elle s'engagera également pour que les domaines problématiques de la " joignabilité permanente " et du télétravail soient mieux réglementés. Quant à ses fédérations, elles feront en sorte que les conventions collectives de travail définissent des mesures efficaces de protection de la santé contre les risques psychosociaux, donc y compris le stress.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4683</guid><pubDate>Mon, 30 Jan 2017 14:06:10 +0100</pubDate><title>Naturalisation: le cas Kopp ou ce que provoquent les délais de résidence </title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/naturalisation-le-cas-kopp-ou-ce-que-provoquent-les-delais-de-residence</link><description>Faire de longs trajets pour ne pas devoir recommencer depuis le début</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le brouhaha fédéraliste qui impose de longs délais de résidence cantonaux et communaux cause des problèmes aux jeunes adultes qui entament une procédure de naturalisation ordinaire. Car ceux-ci, qui ont encore un pied dans la formation et l’autre dans la vie professionnelle, doivent être mobiles. Mais en sont empêchés s’ils désirent devenir suisses. </p><p>Prenons l’exemple de Daniel Kopp, actuellement collaborateur scientifique de l’EPFZ. Début 2011, Daniel Kopp, d’origine allemande mais domicilié en Suisse depuis 21 ans, change son lieu de résidence de Zurich à Berne pour des raisons professionnelles. Après avoir attendu les deux ans de délais de résidence exigés, il dépose sa demande de naturalisation pendant l’été 2013. Deux ans plus tard encore (&nbsp;!), la procédure est enfin enclenchée. Daniel Kopp a toutefois entretemps terminé son master à Berne et trouvé un bon emploi à Zurich. Mais il doit conserver son domicile à Berne, parce que s’il déménageait à Zurich, il devrait recommencer la procédure dès le début. Et attendre à nouveau deux ans puisque Zurich exige au moins deux ans de résidence ininterrompue dans la commune avant de pouvoir entamer une procédure. Il en résulte de nombreux mois de trajets quotidiens entre Berne et Zurich jusqu’à ce que la naturalisation soit enfin achevée, au bout de presque trois ans. Et cela parce que l’Administration bernoise a traîné. Mais cet exemple illustre bien à quel point la règle d’un long délai de résidence continue est dépassée pour des jeunes qui entrent dans le marché du travail. 
</p><h3>La mobilité, essentielle pour les jeunes</h3><p>Les jeunes doivent être mobiles, peu importe la couleur de leur passeport. Ils effectuent une formation dans un canton, suivie de stages ou de formation continue dans un autre et trouve un véritable emploi dans un troisième canton. Mais pour des jeunes étrangers qui souhaitent se naturaliser pendant cette période qui peut durer des années, la mobilité souhaitée et exigée par la formation et le monde du travail les pénalise. 
</p><h3>La naturalisation normale est éloignée de la réalité des jeunes </h3><p>La procédure de naturalisation ordinaire dure longtemps. La naturalisation facilitée durerait en moyenne un an et demi, ce qui est aussi relativement long, mais en règle générale un peu moins que la procédure ordinaire. La naturalisation facilitée comporte toutefois un avantage&nbsp;: elle est de la compétence de la Confédération. Le ou la candidat(e) à la naturalisation reste donc mobile. Quand on veut se naturaliser mais qu’on a une possibilité d’obtenir un meilleur emploi dans un autre canton, on peut accepter cette opportunité professionnelle sans devoir recommencer le processus de naturalisation depuis le début. 
</p><p>Au moins six cantons, dont NE, exigent une résidence de 2 ou 3 ans consécutifs dans le canton pour pouvoir initier la procédure. La majorité des cantons (AG, BS, GL, JU, LU, NW, SH, TG, TI, VD, ZG, ZH) exigent même que la résidence soit ininterrompue dans la commune de naturalisation. Ces régulations sont des obstacles à la mobilité des jeunes. 
</p><h3>Quel est le problème des fédéralistes&nbsp;? </h3><p>La naturalisation facilitée des jeunes de la 3e génération est donc tout à fait judicieuse. Mais certains tenants du fédéralisme s’opposent au projet. Pas un seul n’a pourtant protesté quand la naturalisation facilitée, qui est toujours du ressort de la Confédération, a été introduite. Les époux de Suisses et de Suissesses et leurs enfants peuvent en profiter. La Confédération consulte les cantons pour les naturalisations facilitées et ceux-ci ont un droit de véto. C’est aussi le cas pour la naturalisation facilitée des jeunes de la 3e génération. Raison pour laquelle les cantons ont soutenu la proposition. De problème, il n’y en a donc point&nbsp;!
</p><p>En quelques mots, les procédures de naturalisation facilitée sont plus simples, durent moins longtemps et sont moins chères que les procédures ordinaires. Elles n’entravent pas la mobilité des jeunes étrangers de la 3e génération pendant leur formation et les débuts de leur vie professionnelle. Elles déchargent aussi les autorités cantonales. Une véritable situation gagnant-gagnant&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4681</guid><pubDate>Thu, 26 Jan 2017 16:47:47 +0100</pubDate><title>RIE III : la Suisse ne doit pas quitter la ligue des champions</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/rie-iii-la-suisse-ne-doit-pas-quitter-la-ligue-des-champions</link><description>NON le 12 février pour rester en tête du classement mondial</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La Suisse est une oasis pour les entreprises qui y sont peu taxées. De nouvelles baisses coûtent beaucoup et n’apportent rien. Au contraire, elles mettent en danger notre prospérité. &nbsp;</p><p>La troisième réforme de l’imposition des entreprises (RIE III) coûtera au moins 1000 francs par ménage par année, alors que les entreprises en profitent. Rien que ce report des coûts sur les travailleurs et les travailleuses montre à quel point cette réforme est unilatérale. Et la campagne est aussi un affront pour les travailleurs et les travailleuses. Si l’on en croit Ueli Maurer et les organisations économiques, les impôts seraient tout à coup déterminants pour notre prospérité. 
</p><p>Mais toutes celles et ceux qui sont en contact avec les entreprises savent que ce sont la qualité du travail effectué et l’engagement des salarié(e)s qui comptent ici. Si les produits suisses de l’industrie des machines peuvent être compétitifs avec ceux de la Chine et d’autres pays, c’est uniquement parce que la main-d’œuvre de notre pays est en tête de la Ligue des champions mondiale.
</p><p>En matière d’imposition des entreprises, la Suisse fait déjà partie des pays où les impôts sont les plus bas. Il n’y que des pays comme la Bulgarie, la Serbie-Monténégro, le Paraguay ou les Emirats arabes unis qui aient une fiscalité encore plus basse. Ces pays stagnent dans une ligue de bas niveau en termes de qualité du travail. Voilà pourquoi ils n’ont jamais pu attirer les entreprises. De nouvelles baisses seraient, dans le meilleur des cas, de l’argent jeté par la fenêtre. 
</p><p>Pour nos entreprises, l’entrée dans notre Ligue des champions a toutefois un prix qui se nomme impôts. Sans imposition des bénéfices, les actionnaires étrangers pourraient profiter gratuitement des avantages de la Suisse. 
</p><p>La comparaison entre les cantons montre aussi que la fiscalité n’est pas si importante pour les entreprises. Zoug ou Lucerne ont des impôts sur les bénéfices bien plus bas que Zurich. Ils sont situés à moins d’une heure de Zurich. Et pourtant, Zurich est le principal centre économique de Suisse. 
</p><p>Les partisans de la réforme prétendent que les baisses d’impôts et les nouvelles possibilités d’optimisation fiscale en valent la peine. Et pourtant, la réalité dans les cantons montre le contraire. Dans des cantons comme Lucerne, Schwytz, etc. qui ont fortement baissé leur fiscalité des entreprises il y a 5 à 10 ans, les programmes d’austérité se suivent. Bien que les gouvernements aient promis le contraire. Des baisses générales des impôts sur les bénéfices des entreprises provoquent des pertes fiscales durables. 
</p><p>Nous tous en seront les victimes, les travailleurs et travailleuses et les ménages privés. L’exemple du canton de Lucerne nous le montre&nbsp;: les mesures d’austérité sont les suivantes&nbsp;: </p><ul><li>hausse des impôts pour les personnes privées de plus de 5%&nbsp;: un ménage paie chaque année jusqu’à 500 francs de plus. Dans le nouveau train de mesures, une nouvelle hausse de l’impôt cantonal de 1,6 à 1,7% est prévue&nbsp;; </li><li>coupes dans la formation, précisément dans la relève de notre Ligue des champions&nbsp;: celles-ci sont allées si loin que les écoliers ont manifesté contre une semaine de vacances forcées&nbsp;;</li><li>coupes dans les écoles de musique&nbsp;: les cours renchérissent de 150 francs par an par enfant&nbsp;;</li><li>fermeture du bureau des objets trouvés (remplacé par une plateforme Internet).</li></ul><p>La RIE III est mauvaise pour nous tous et toutes, et pour l’avenir de notre pays. C’est pourquoi il faut un NON clair et net à la RIE III le 12 février. </p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4680</guid><pubDate>Thu, 26 Jan 2017 14:28:00 +0100</pubDate><title>Que m’importe ce que j’ai raconté hier sur la RIE III!</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/que-m-importe-ce-que-j-ai-raconte-hier-sur-la-rie-iii</link><description>Conseil fédéral et cantons : contradictions et revirements sur la RIE III</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Le Conseil fédéral et les cantons prétendent que la présente réforme de l'imposition des entreprises, la RIE III, serait équilibrée. Et ils tressent les louanges des différents instruments destinés à économiser des impôts qu'elle contient. Ce qu'ils ne disent pas ? Qu'il n'y a pas si longtemps, nombre d'entre eux critiquaient plusieurs mesures proposées ou les rejetaient carrément. Petite histoire de girouettes...</p><p>Presque chaque semaine, le ministre des Finances, Ueli Maurer fait campagne dans les médias pour la RIE III. Outre l'intox habituelle, selon laquelle, des impôts sur les entreprises plus bas en vaudraient finalement la peine et des menaces effrontées qui annoncent en cas de non la mise en œuvre immédiate de programmes d'austérité, M. Maurer se complaît à vanter les instruments qui permettront d'économiser des impôts grâce à la RIE III. Sur ce dernier point, cette attitude n'étonne pas, car nous nous souvenons que dans une interview accordée en avril 2016, il défendait les affaires peu reluisantes réalisées en offshore, affirmant que ces opportunités devaient exister.
</p><p>Mais il est plus intéressant de noter que M. Maurer se contredit lui-même lorsqu'il fait l'éloge des instruments d'optimisation fiscale de la RIE III. De fait, lors du débat au Conseil national, il a par exemple combattu des réductions d'impôts formulées de manière trop vague en matière d'impôt sur le capital. Selon lui, il n'y aurait pas de base constitutionnelle pour octroyer de telles réductions aussi sur le capital propre servant à des prêts faits à des entreprises du même groupe. En s'appuyant sur cet argument, il demandait au Conseil national de rejeter une proposition allant dans ce sens. En vain. Cela n'empêche toutefois pas aujourd'hui M. Maurer de présenter la RIE III comme une réforme équilibrée.
</p><p>Notre conseiller fédéral est aussi en pleine contradiction au sujet de la super-déduction des frais de recherche et développement (R&amp;D). Nous savons qu'avec elle, les entreprises pourront déduire non pas simplement 100 % de ces frais, mais jusqu'à 150 % ! C'est comme si un pendulaire pouvait déduire de son assiette fiscale une fois et demie le prix de son abonnement général ou ses frais de déplacements. En automne 2014, une chose était claire pour notre conseiller fédéral : " Un allégement supplémentaire supérieur aux dépenses irait de pair avec une baisse importante des recettes et n'est pas nécessaire actuellement du point de vue de la place économique " (trad. USS).
</p><p>Aujourd'hui, ces déclarations sont passées à la poubelle. Dans ses explications sur la votation, le Conseil fédéral célèbre la méga-déduction des frais de R&amp;D : " Il s'agit par-là d'inciter à créer en Suisse des emplois d'avenir. " Mais on n'y parle pas du fait que, pour le choix d'un site en vue d'activités de recherche, d'autres critères sont beaucoup plus importants que le taux de l'impôt, comme par exemple le potentiel de main-d'œuvre qualifiée d'une région, ou la proximité d'universités et d'autres instituts de recherche.
</p><p>Mais le conseiller fédéral Maurer n'est pas le seul à se contredire. Les cantons aussi virent radicalement de bord. Pendant la procédure de consultation sur la RIE III, ils ont rejeté l'introduction d'un impôt sur le bénéfice corrigé des intérêts. À l'époque ils ont écrit que cet instrument pourrait avoir pour effet des pertes fiscales impossibles à supporter, tant à la Confédération que dans les cantons. Aujourd'hui, ils font l'éloge de la RIE III qu'ils disent " équilibrée " et prétendent que seuls quelques rares cantons useraient de cet instrument. Qu'avec Zurich, Bâle-Ville et Zoug, trois cantons économiquement forts aient déjà annoncé qu'ils introduiraient cet instrument, que d'autres les suivent déjà, forçant les autres à faire de même, personne n'en pipe mot.
</p><p>Toujours est-il que les cantons reconnaissent que la RIE III entraînera des pertes fiscales. De nombreux cantons les ont déjà chiffrées. On trouve un tableau d'ensemble incomplet sur le <a href="https://www.estv.admin.ch/dam/estv/fr/dokumente/allgemein/Themen/usr-3/USR-III-Kantone.pdf.download.pdf/USR-III-Kantone_de.pdf" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">site de l'Administration fédérale des contributions</a> (en allemand seulement). Dans l'ensemble, ce seront au moins 3 milliards qui vont manquer. Et ils ne veulent pas dire qui devra éponger ces pertes. Mais ce camouflage statistique s'érode. À la question de savoir s'il peut garantir que ce ne seront pas les contribuables ordinaires qui devront passer à la caisse, le responsable du département genevois de la sécurité et de l'économie, Pierre Maudet, a répondu " Non " lors d'une interview donnée au début de la semaine à la Radio Suisse romande. Les citoyen(ne)s feraient donc bien de prendre cet avertissement au sérieux et de dire NON le 12 février à la RIE III. </p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4677</guid><pubDate>Wed, 25 Jan 2017 13:50:16 +0100</pubDate><title>La Suisse n’aboutira pas sur une liste noire de l’OCDE</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/la-suisse-n-aboutira-pas-sur-une-liste-noire-de-l-ocde</link><description>En cas de NON à la RIE III</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Pascal Saint-Amans, le Monsieur fiscalité de  l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)  dément un argument souvent brandi par les partisans de la réforme. Il  critique aussi le système des «&nbsp;patent box&nbsp;». </p><p>Contrairement à ce qu’affirment certains partisans de la troisième  réforme de l’imposition des entreprise (RIE III), la Suisse n’aboutira  pas automatiquement sur une liste noire de de l’OCDE, «&nbsp;du moins pas  immédiatement&nbsp;», si le texte est rejeté le 12 février. C’est ce qu’a  déclaré Pascal Saint-Amans, directeur du Centre de politique et  d'administration fiscales de l'OCDE, lundi à la Radio romande. Par  conséquent, l’argument selon lequel la Suisse subirait des sanctions  automatiques tombe. 
</p><p>La Suisse s’est effectivement lancée dans cette réforme sous la  pression de l’Union européenne et de l’OCDE. Celles-ci exigent la fin  des statuts fiscaux spéciaux qu’ils estiment dommageables. Si le NON  l’emporte le 12 février, «&nbsp;il en résulterait une discussion entre la  Suisse et ses partenaires&nbsp;», mais pas de liste noire. Pascal Saint-Amans  dit respecter le système de la démocratie directe de la Suisse et donc  la décision souveraine du peuple. Il comprend également que notre  système politique demande un certain temps pour engager des réformes. Il  a toutefois critiqué le système des «&nbsp;patent box&nbsp;», qui ne serait  «&nbsp;sans doute pas la meilleure utilisation des deniers publics&nbsp;». 
</p><p>Un refus de la réforme fiscale ne met donc pas fin aux engagements de  la Suisse face à l’OCDE. Il faudrait évidemment remettre l’ouvrage sur  le métier et revoir l’équilibre d’ensemble. Le Parlement devrait alors  s’accorder sur une réforme de l’imposition des entreprises qui certes  élimine les statuts spéciaux, mais qui soit équilibrée et compense les  pertes fiscales. Le projet initial du Conseil fédéral, que la droite du  Parlement a ensuite défiguré, allait dans ce sens. Ce projet reste une  bonne base de discussion.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>International</category><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4675</guid><pubDate>Wed, 25 Jan 2017 10:34:34 +0100</pubDate><title>Naturalisation facilitée: Oui à un projet vraiment modeste</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/naturalisation-facilitee-oui-a-un-projet-vraiment-modeste</link><description>Petits-enfants de migrant(e)s et conjoint(e)s étrangers: même traitement </description><content:encoded><![CDATA[<p>Quels sont vos sentiments pour vos grands-parents ? Ou pour vos petits-enfants ? La naturalisation facilitée des jeunes de la 3e génération sur laquelle nous voterons le 12 février est un projet très modeste. Presque scandaleusement modeste. Si les grands-parents sont venus en Suisse il y a longtemps, leurs petits-enfants doivent pouvoir maintenant se faire naturaliser plus facilement. Juste en passant : le grand-père de Donald Trump s'est aussi rendu en son temps d'Allemagne aux États-Unis. 
</p><p>La naturalisation facilitée n'est pas synonyme de naturalisation automatique. Celle ou celui qui veut se faire naturaliser devra toujours remplir toutes les conditions posées. Il faut qu'il y ait une demande, l'intégration doit être réussie et les impôts payés. Mais si ces conditions sont remplies, le nouveau droit fédéral prévoira un droit à la naturalisation. Comme c'est par exemple aujourd'hui le cas pour les conjoints de Suisses ou Suissesses. Pour quelle raison devrait-on traiter les petits-enfants moins bien que les conjoints de Suisses ou Suissesses ?
</p><p> Et pourtant, nous sommes aujourd'hui face à un comité UDC qui mène une campagne de dénigrement contre la naturalisation facilité à coups d'affiches représentant une femme en burqa. Or cette dernière n'a strictement rien à voir avec l'objet de la votation. Cette campagne haineuse est donc aussi un test: jusqu'à quel point le comité de l'UDC peut-elle prendre les citoyen(ne)s pour des idiots ? 
</p><p>Concernant l'intégration de personnes venues en Suisse depuis longtemps, notre pays est très avancé, sous l'angle tant économique que social. Il est désormais temps de se rapprocher aussi encore un peu plus de cette réalité aussi en matière de naturalisation. </p>]]></content:encoded><category>Migration</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4669</guid><pubDate>Thu, 19 Jan 2017 14:53:01 +0100</pubDate><title>Des économies qui chasseront les femmes hors du monde du travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/des-economies-qui-chasseront-les-femmes-hors-du-monde-du-travail</link><description>Troisième réforme de l’imposition des entreprises (RIE III)</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Un oui à la RIE III entraînerait des pertes fiscales d'au moins 3 milliards de francs par année. Les riches actionnaires en profiteraient et l'addition reviendrait pour la population suisse. Les femmes seraient tout particulièrement touchées. </p><p>Aujourd'hui déjà, les pouvoirs publics appliquent ou ont appliqué des mesures d'austérité. Acceptée, la RIE III aggraverait fortement la situation. Lorsque les pouvoirs publics économisent, les femmes sont tout particulièrement touchées. D'abord en tant que salariées du secteur des services : dans le domaine de la santé, leur part est de 72 %. Dans la scolarité obligatoire, presque 74 % du corps enseignant sont des femmes. Et dans les structures d'accueils des enfants, elles représentent même 92 % du personnel. Si elle était acceptée, la RIE III forcerait les communes et les cantons à prendre des mesures de démantèlement qui auraient des conséquences sévères pour la formation, les institutions de la formation et le secteur de la santé. Contrairement à ce que promettent les partisans de la RIE III, à savoir que les emplois seraient maintenus, des suppressions d'emplois auraient lieu dans les services publics. Et celles et ceux qui ne perdraient pas le leur se trouveraient confrontés à une dégradation de leurs conditions de travail, soit plus de stress, une pression temporelle accrue, davantage de travail sur appel, et cela, peut-être même pour un salaire inférieur. Les professions de l'aide et de l'assistance à des tiers deviendraient toujours moins attrayantes, un signal erroné à une époque où il y a pénurie de personnel qualifié. 
</p><h3>Les mères, particulièrement concernées </h3><p>La RIE II aurait des conséquences catastrophiques, non seulement pour les employé(e)s des services publics, mais aussi pour celles et ceux qui en ont besoin. Mais là aussi, les femmes seraient particulièrement concernées à cause de la répartition inégale du travail familial entre elles et les hommes. Par exemple, comme les mesures d'austérité entraînent, dans les structures publiques d'accueil des enfants, une diminution des heures d'ouverture et une moins bonne couverture des vacances, de nombreuses femmes seraient probablement poussées à sortir du monde du travail ; cela, surtout si, à cause de la hausse de leur participation financière décidée par les pouvoirs publics, de nombreux parents ne pourraient plus se permettre de placer leurs enfants dans une crèche ou ne le voudraient plus. Si les enfants étaient par exemple encadrés par moins d'adultes, mais plus de stagiaires au lieu d'un personnel qualifié, la qualité baisserait, et la confiance placée dans ces institutions s'en trouverait sapée. 
</p><h3>Vacances supplémentaires imposées aux enfants : et qui s'en occupe pendant ce temps ? </h3><p>Des problèmes similaires sont à craindre en ce qui concerne la formation scolaire et la prise en charge des enfants. Des classes plus grandes, cela signifie aussi que les élèves ont davantage besoin de l'aide de leurs parents. Or toutes les familles n'en sont pas capables. L'égalité des chances entre tous les enfants se trouverait encore plus remise en question. Les mesures comme des vacances imposées, ainsi que c'est le cas dans le canton de Lucerne, ne feraient pas uniquement baisser les salaires des enseignant(e)s, mais provoqueraient aussi des goulots d'étranglement dans la prise en charge des enfants par leurs parents. Que les pouvoirs publics puissent, en cas d'acceptation de la RIE III, proposer une prise en charge payante de ces vacances est chose douteuse. 
</p><h3>Davantage de soins fournis par le secteur privé : et qui s'occupera alors des malades ? </h3><p>Les mesures d'austérité dans la santé sont particulièrement catastrophiques. L'acceptation de la RIE III présente le risque d'une médecine à deux vitesses, selon laquelle seules les personnes disposant de moyens financiers suffisants auraient désormais droit à des soins optimaux. Vu l'actuelle répartition des ressources entre femmes et hommes, il s'agit plus de ceux-ci que de celles-là. Une grande partie des soins et des prises en charge de personnes malades et âgées serait renvoyée au secteur privé, plus cher. Traditionnellement, ce sont les femmes qui interviennent alors dans cette nouvelle situation, au détriment de leur propre sécurité financière. Cela signifierait un renforcement de la pauvreté des femmes âgées. Pour empêcher les conséquences néfastes et antisociales de la RIE III, il faut voter NON le 12 février. Pour la société et pour les femmes. </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4605</guid><pubDate>Tue, 17 Jan 2017 10:38:00 +0100</pubDate><title>L’USAM et Economiesuisse alignent les mensonges sur la RIE III </title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/l-usam-et-economiesuisse-alignent-les-mensonges-sur-la-rie-iii</link><description>Même l’institut BAK Basel se distancie des résultats de son propre rapport de commande </description><content:encoded><![CDATA[<p>Le déroulement de la campagne sur la RIE IIIdonne des inquiétudes sur la manière dont l’opinion publique peut se former sur des objets de votation. Comme les arguments manquent, l’Union suisse des Arts et Métiers (USAM) présente par exemple dans son tous-ménages des conseillers d’Etats suisses-alémanique socialistes, la cheffe des finances de Genève, Sandrine Salerno et le Vert Antonio Hodgers (de Genève également) comme étant prétendument pour la RIE III. Ce qui est faux et a profondément choqué les intéressés. On y trouve même une photo du comité référendaire truquée. Les journaux ont ensuite repris ce week-end, sans une once d’esprit critique, les affirmations d’Ueli Maurer qui déclare que le refus de la RIE III conduirait à un programme d’austérité de plusieurs milliards. Et maintenant, l’USAM et Economiesuisse arrivent avec une étude de BAK Basel qui prévoit des milliards de pertes pour les assurances sociales et les caisses publiques en cas de NON. 
</p><p>Pourtant, en cas de NON à la RIE III, rien ne changerait vraiment par rapport à la situation actuelle. Les entreprises, privilégiées ou pas, payeraient autant d’impôts qu’actuellement. Mais la voie serait ouverte pour remettre l’ouvrage sur le métier et trouver une solution équilibrée et qui coûte moins cher. &nbsp;
</p><p>Même les auteurs de l’«&nbsp;étude&nbsp;», BAK Basel, se distancient de leur propre rapport de commande&nbsp;: «&nbsp;Si la RIE III était rejetée en votation le 12 février 2017, on peut considérer qu’il est très probable qu’une solution alternative conservant les éléments centraux de la RIE III (p. ex. les incitations fiscales à l’innovation) soit obtenue. Les effets quantifiés dans l’étude ne correspondent donc pas aux pertes attendues en cas de refus de la RIE III, mais plutôt au potentiel maximal de pertes (exposure), du fait que la probabilité de ce scénario est à considérer comme très faible.&nbsp;» (p. 37).</p><ul><li>La plupart des cantons ne garantissent pas de privilèges fiscaux (BE ou ZH) ou ils ont certes beaucoup d’entreprises à statut spécial mais ont aussi des impôts très bas (ZG ou depuis peu VD). Dans tous ces cantons, il n’y a quasiment pas de problèmes, même si les privilèges fiscaux étaient abandonnés sans contrepartie. Par contre, la RIE III telle qu’elle est aujourd’hui, avec ses niches fiscales supplémentaires, leur causera de très fortes pertes. &nbsp;</li><li>Certaines mesures doivent être prises dans les cantons de BS et de GE. Les deux cantons comptent un nombre significatif d’entreprises à statut spécial et ont des impôts relativement hauts pour la Suisse. Si la RIE III était refusée, ces cantons devraient instaurer un dispositif fiscal taillé sur mesure. Si besoin est, des lois fédérales pourraient aussi être adaptées. Mais prétendre que Novartis ou Roche quitteraient immédiatement Bâle si la RIE III était refusée, revient à faire de la désinformation délibérée. </li></ul><ul><li>Le rapport d’experts commandé par l’USAM/Economiesuisse part de la fausse supposition que les entreprises se délocaliseraient à l’étranger si la charge fiscale augmentait. Mais où iraient-elles&nbsp;? En Suisse, de nombreux cantons ont déjà un taux d’imposition de 12% (Suisse centrale, VD). Théoriquement, il serait plus probable qu’une entreprise transfère ses activités dans ces cantons plutôt qu’à l’étranger où les impôts sont plus élevés. L’argent resterait alors en Suisse et dans les assurances sociales suisses. Le rapport de BAK Basel repose aussi entre autres sur cette hypothèse («&nbsp;canton de référence ZG&nbsp;»). Les scénarios de pertes fiscales en milliards sont dénués de tout fondement économique. </li></ul><p> L’importance de la charge fiscale dans la décision de s’implanter à un endroit ou à un autre est fortement surévaluée. Le canton de Lucerne souffre actuellement des conséquences de sa politique de baisse massive de la fiscalité des entreprises. La venue espérée d’entreprises en terres lucernoises ne s’est pas produite. Si le critère des impôts était le facteur le plus important, les entreprises immigreraient dans les Emirats arabes unis. Ce qu’elles ne font pas. Et bien que les impôts cantonaux et communaux de Zurich soient environ le double de ceux du canton de Zoug, les banques et les assurances sont implantées à Zurich. Et elles paient normalement leurs impôts sur ces sites suisses. </p><table border="0" class="contenttable"></table>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4656</guid><pubDate>Thu, 12 Jan 2017 11:38:45 +0100</pubDate><title>Naturalisation facilitée : le OUI du bon sens</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/naturalisation-facilitee-le-oui-du-bon-sens</link><description>Si le camarade de club veut devenir suisse, un peu moins de bureaucratie siérait</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les jeunes étrangers et étrangères de la 3e génération qui vivent en Suisse et sont intégrés doivent pouvoir se faire naturaliser plus facilement. Rien de plus normal, même si quelques égarés de l'UDC argumentent au ras des pâquerettes sur cette question. </p><p>Leurs grands-parents ont immigré en Suisse, leurs parents y ont grandi et eux-mêmes vont ou sont allés à l'école ici, parlent la langue locale, marquent des buts avec leur équipe, écoutent la même musique que leurs camarades suisses, suivent une formation chez le menuisier du coin ou la poursuivent à la haute école spécialisée de la région. Bref, ils sont bien intégrés. Mais ce qui leur manque, c'est un passeport rouge à croix blanche. Le Parlement fédéral veut désormais leur permettre, jusqu'à 25 ans, de se faire naturaliser plus facilement. En soi, rien que de plus normal. Une banalité. 
</p><p>Une naturalisation facilitée consiste uniquement en une procédure simplifiée, soit qui dure moins longtemps que la procédure normale et coûte moins cher. C'est ce qui se fait depuis des années avec la naturalisation de conjoints de ressortissant(e)s suisses. Les jeunes qui voudront se faire naturaliser devront donc en faire la demande, remplir certaines conditions, être intégrés et partager les mêmes valeurs fondamentales que nous.
</p><h3> Alors, que reste-t-il encore à discuter ? </h3><p>Pendant longtemps, il n'y a rien eu à discuter. C'était le calme plat, pour le projet fignolé durant des années par le Parlement. Un signe que le bon sens avait enfin trouvé une proposition certes peu spectaculaire, mais attendue depuis trop longtemps. Or aujourd'hui, quelques égarés de l'UDC lancent une campagne d'affichage ciblée sur la burqa. Ils espèrent faire beaucoup de bruit avec cette initiative tellement tapageuse et surréaliste que nous ne leur ferons pas une fleur en entrant en matière sur cette provocation de très bas étage. 
</p><p>Ailleurs, quelques râleurs fédéralistes mettent en garde contre le fait que la naturalisation facilités de la 3e génération relèvera de la Confédération, les cantons en étant exclus. À ceux-là, nous répondons que les cantons pourront toujours s'exprimer et sur chaque cas. 
</p><p>Reste la question du nombre de jeunes qui seront concernés. Le Secrétariat d'État aux migrations a commandé une étude selon laquelle, ils seront environ 50 000. Pour comparaison, la Suisse compte plus de 8 millions d'habitant(e)s, dont plus de 2 millions sont des étrangers et étrangères. Ce seront donc tout juste 2,5 % de ces derniers vivant en Suisse qui seront concernés. 
</p><p>Les pays d'origine les plus concernés sont l'Italie (58 %), suivie par la Turquie (9 %) et l'Espagne (7 %). Près de la moitié des 50 000 jeunes remplissent aujourd'hui déjà la condition d'avoir été à l'école en Suisse pendant au moins cinq ans. Pour les plus jeunes, l'étude estime qu'ils seront 2 300 par an à pouvoir faire demain la demande d'une naturalisation facilitée. 
</p><p>Bref, grâce au projet soumis au scrutin, des jeunes qui se sentent déjà comme des indigènes auront à franchir des obstacles bureaucratiques moins élevés lorsqu'ils voudront se faire naturaliser. Voter oui, c'est faire parler son bon sens. </p>]]></content:encoded><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4649</guid><pubDate>Mon, 09 Jan 2017 14:55:39 +0100</pubDate><title>Nouveau droit d’entretien: améliorations, mi-figue, mi-raisin!</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/nouveau-droit-d-entretien-ameliorations-mi-figue-mi-raisin</link><description>Les mères et les enfants toujours désavantagés </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Depuis le 1er janvier 2017, une nouvelle législation sur l’entretien des enfants est entrée en vigueur. Elle apporte, certes, quelques améliorations, mais elle ne fait que s’attaquer aux symptômes sans toucher le cœur du problème. </p><p>Les enfants ont besoin d’une sécurité financière, d’une prise en charge et de personnes de référence fiables. Cette responsabilité incombe aux parents, même s’ils sont séparés. Pourtant, la séparation des parents continue à représenter un risque de pauvreté pour les enfants&nbsp;: le taux de pauvreté de familles monoparentales se situe à presque 15&nbsp;% et un bon quart d’entre elles encourent un risque de pauvreté. Alors que ce risque est de 6,6&nbsp;%, respectivement de 13,5&nbsp;% pour l’entier de la population (cf. l’étude de l’OFS «&nbsp;<a href="https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home.assetdetail.1320143.html" target="_blank" rel="noreferrer">Pauvreté et privations matérielles des enfants en Suisse 2014</a>&nbsp;»)
</p><p>Pour supprimer ce problème, le Département fédéral de la Justice (DFJ) voulait réviser en même temps le droit d’entretien et le droit d’autorité parentale. Cela n’est pas allé aussi loin, car sous la pression des organisations masculines et de pères, le DFJ a traité le droit d’autorité parentale en premier. L’autorité parentale conjointe est depuis le 1er juillet la règle pour les parents divorcés et non mariés. 
</p><h3>La sécurité financière et une prise en charge stable est un droit de l’enfant</h3><p>Et maintenant, c’est au tour du nouveau droit d’entretien de l’enfant d’entrer en vigueur. La prise en charge est désormais un droit de l’enfant et est considérée comme une partie de l’entretien de l’enfant, et cela indépendamment du fait que ses parents soient ou aient été mariés. La législation révisée reconnaît ainsi que les enfants sont aussi tributaires d’une prise en charge stable, en plus de la sécurité financière qui leur garanti la nourriture, des vêtements et un toit. Quand le parent chez qui l’enfant vit (la plupart du temps chez la mère, rarement chez le père) doit renoncer à une partie de son revenu pour pouvoir assurer cette prise en charge, il a droit à une compensation. Ce que l’on appelle la contribution pour la prise en charge de l’enfant fait partie de l’entretien de l’enfant et pas de l’entretien pour le parent divorcé (qui va par contre être réduit en conséquence). Cette contribution est en outre indépendante du fait que les parents aient été mariés ou pas. Cela crée une égalité pour tous les enfants et toutes les mères. Surtout les mères qui entament une nouvelle relation et qui conservent le droit à une indemnisation pour le manque à gagner. Ce qui est juste, puisque les parents doivent garantir aux enfants une prise en charge stable et fiable.
</p><p>D’autres améliorations suivront: la compétence de la Confédération pour l’aide au recouvrement a été harmonisée, compétence qui dépasse donc les cantons et prévoit que les familles monoparentales n’aient pas seulement droit à l’entretien de la part de l’autre parent, mais puissent aussi être effectivement payé. 
</p><h3>Les mères doivent payer les pots cassés</h3><p>Ces efforts peuvent contribuer à réduire les risques de pauvreté des familles monoparentales. Mais ils ne suffisent toutefois pas, du fait que la nouvelle loi a des lacunes sur certains points décisifs. Il est surtout choquant que les familles monoparentales (donc normalement les femmes et les enfants) continuent à assumer les risques financiers d’un divorce. Si le revenu familial ne suffit pas pour deux ménages après le divorce, le minimum vital est garanti à la personne qui a l’obligation d’entretien, donc en général le père. Les contributions d’entretien sont calculées selon ses capacités financières et peuvent donc être basses, souvent trop basses, pour assurer le minimum vital à la mère et aux enfants. 
</p><p>La mère doit alors se tourner vers l’aide sociale, mais pas le père. La mère doit le cas échéant rembourser l’aide sociale quand sa situation financière s’améliore, pas le père. Et les mères sans passeport suisse doivent, le cas échéant, renoncer à la nationalité suisse, pas le père. Le manque à gagner dans la caisse familiale n’est pas partagé, mais supporté par la seule mère, avec les conséquences qui vont avec pour les enfants. Cette injustice relevée par le Comité CEDEF (Comité de l'ONU pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes) et dénoncée par le Tribunal fédéral a justement été un déclencheur important pour réviser la loi. La raison qui explique que cette injustice se poursuive est comme bien souvent le fédéralisme. L’aide sociale est de la compétence des cantons, la mise en œuvre d’un partage du manque à gagner serait de ce fait trop compliqué et exigerait une modification de la Constitution, s’est excusé le Conseil fédéral.
</p><h3>Répartir équitablement le travail entre femmes et hommes </h3><p>La proposition de l’USS faite dans le cadre de la procédure de consultation d’une contribution d’entretien minimale (à hauteur de la rente de veuve maximale simple) pour chaque enfant, n’a pas été suivie, avec le même argument qu’il faudrait modifier la Constitution&nbsp;: un enfant ne reçoit donc toujours que ce que le père peut payer et pas ce dont il a besoin pour vivre. Mais un changement a au moins été introduit&nbsp;: en cas de divorce, n’est plus seulement fixé le montant de la contribution d’entretien, mais aussi le montant nécessaire permettant d’assurer l’entretien convenable de l’enfant. Cela permet d’adapter la contribution d’entretien si la situation financière du père devait s’améliorer. L’obligation d’entretien de la famille du parent qui assure la prise en charge a été supprimée. Et enfin, un dossier d’aide sociale séparé est désormais établi pour l’enfant, afin que le parent ne doive plus rembourser que l’aide sociale qu’il a reçue pour lui-même. 
</p><p>Cela facilite les choses pour les familles monoparentales, mais ne s’attaque finalement qu’aux symptômes. Afin que les divorces ne conduisent plus à des catastrophes, il faut repenser complètement le système&nbsp;: comme pour le partage du risque financier à la suite d’un divorce, le travail rémunéré et non rémunéré doit être réparti également entre femmes et hommes. Les femmes et les hommes doivent déjà avant un éventuel divorce assumer chacun la responsabilité des finances familiales et d’une relation stable envers leur enfant. Ce n’est qu’ainsi qu’ils pourront s’occuper ensemble des enfants après une séparation. La garde alternée après le divorce qui désormais doit aussi être examinée même contre la volonté d’un parent, ne peut fonctionner que si la responsabilité est partagée également pendant le mariage. La politique doit veiller à créer les conditions cadres correspondantes. </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4647</guid><pubDate>Wed, 04 Jan 2017 15:05:41 +0100</pubDate><title>Assurances sociales</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/assurances-sociales</link><description>Qu’est-ce qui change en 2017 ?</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Pour les assurances sociales, certaines choses ont changé. Ci-après, nous vous présentons les principaux changements qui concerneront les travailleurs et travailleuses depuis cette année. </p><h3>AVS/AI</h3><p> En 2017, les rentes AVS et AI restent les mêmes qu'en 2016 et 2015. La rente AVS minimale se monte donc toujours à 1 175 francs, la rente maximale à 2 350 francs (pour une durée complète de cotisation). Toutes les prestations et cotisations dont le calcul se base sur la rente AVS, également pour les prestations complémentaires et le 2e pilier, restent également identiques. Contrairement à ce qui a eu lieu par le passé, les rentes n'ont pas été adaptées au renchérissement et à l'évolution des salaires selon le rythme bisannuel usuel. Les raisons ? L'inflation négative et la faible évolution des salaires. Pour la première fois dans l'histoire de l'AVS, il en résultera une baisse du taux de remplacement pour les futurs retraité(e)s. Autrement dit, la rente AVS correspondra donc à une partie plus petite du dernier salaire. Les actuels bénéficiaires de rentes AVS aussi sentiront clairement ce gel des rentes. Les primes des caisse-maladie n'étant pas prises en compte dans le calcul du renchérissement, après déduction des frais de logement et de santé, il reste toujours moins d'argent pour vivre. 
</p><p>En 2017, l'obligation pour les caisses de compensation et les employeurs d'envoyer un certificat d'assuré AVS à leurs nouveaux employé(e)s tombe. Ceux-ci perdent ainsi malheureusement la preuve qu'ils avaient été annoncés à l'AVS lorsqu'ils sont entrés en fonction. Par conséquent, ils feraient bien de demander eux-mêmes ce certificat à la caisse de compensation et de contrôler sporadiquement si les cotisations AVS ont été versées par leur employeur. 
</p><h3>Prévoyance professionnelle </h3><p>Les intérêts servis sur les avoirs de vieillesse vont probablement encore baisser en 2017 par rapport aux années passées. Le taux d'intérêt minimal de la prévoyance professionnelle obligatoire baissera de 1,25 à 1 % cette année. C'est le niveau le plus bas jamais atteint depuis l'introduction du 2e pilier obligatoire il y a 32 ans. 
</p><p><b>Partage de la prévoyance en cas de divorce</b></p><p>Concernant le partage de la prévoyance professionnelle, certains changements auront lieu en cas de divorce. Fondamentalement, l'avoir de la prévoyance accumulé pendant le mariage continue à être partagé en deux moitiés entre les deux conjoints, mais le moment déterminant pour le calcul du partage est désormais la date d'introduction de la procédure de divorce et non plus celle de l'entrée en force du jugement, soit la fin de cette procédure. Désormais, le partage se fera aussi même si le conjoint débiteur est déjà à la retraite ou touche une rente AI. Dans de tels cas, la rente peut aussi être partagée et convertie en rente viagère pour le conjoint bénéficiaire. 
</p><p>Depuis 2017, les caisses de pensions et les institutions de libre passage doivent signaler chaque année à la Centrale du 2e pilier tous les détenteurs d'avoirs de prévoyance. Cela permettra aux juges de divorce de contrôler si tous les avoirs ont été partagés. La personne qui reçoit un avoir de vieillesse suite à un divorce mais n'est pas affilié à une caisse de pensions pourra faire convertir cet avoir en rente par la Fondation institution supplétive LPP pour sa retraite. 
</p><p>Les adaptations concernant le partage de la prévoyance contiennent aussi une clause de rétroactivité qui s'adresse en premier lieu aux veuves divorcées. Jusqu'à fin 2017, celles-ci peuvent à certaines conditions demander au tribunal qui prononce le divorce que le partage de la prévoyance se fasse selon le nouveau mode de calcul. 
</p><p><b>Choix de la stratégie de placements</b></p><p>La révision concernant le choix individuel de la stratégie de placements des avoirs de vieillesse entrera en vigueur au deuxième semestre 2017. Les caisses de pensions qui assurent exclusivement les salaires supérieurs à 127 000 francs auront le droit de transférer la totalité du risque de placement sur les assuré(e)s. Si l'évolution des rendements est mauvaise, l'assuré(e) pourra même parfois se trouver confronté, lorsqu'il prendra sa retraite, à un avoir de vieillesse inférieur à les cotisations qu'il avait versées. Un autre aspect de cette révision est la limitation de la perception de la rente. Lors de la retraite ou en cas de décès ou d'invalidité, seule la perception sous forme de capital sera alors possible. 
</p><p><b>Assurance-accidents</b></p><p>La révision de la loi sur l'assurance-accidents (LAA) a clarifié certaines choses quant au début et à la fin de la protection apportée par l'assurance. Ainsi, la couverture de l'assurance-accidents obligatoire commence toujours le premier jour de travail, même si celui-ci tombe sur un week-end ou un jour férié. Et elle se termine le 31e jour après la fin des rapports de travail. Le prolongement de la couverture dure de ce fait tout un mois. Il est ensuite possible de contracter une assurance par convention. 
</p><p><b>Réduction des rentes de l'assurance-accidents après l'arrivée à l'âge AVS</b></p><p>La personne qui reçoit une rente de l'assurance-accidents et atteint l'âge AVS doit désormais s'accommoder d'une baisse de sa rente de l'assurance-accidents. Par cette mesure, le législateur a voulu mettre les droits des invalides par accidents au même niveau que ceux existant dans la prévoyance vieillesse. La réduction n'a toutefois lieu que pour autant que l'assuré(e) ait plus de 45 ans lorsque survient l'accident. Pour un degré d'invalidité inférieur à 40 %, la réduction est de 1 % pour chaque année que la personne a en plus des 45 ans au moment de l'accident. Elle est donc au maximum de 20 %. Pour un degré d'invalidité de 40 %, elle est le double, mais d'au maximum 40 %. Une personne qui a un accident alors qu'elle est âgée de 56 ans et devient invalide à 50 % voit donc sa rente diminuée de 22 % lorsqu'elle atteindra les 65 ans. Ces diminutions n'auront toutefois lieu que pour les assuré(e)s qui atteindront l'âge AVS en 2025 et dans un premier temps, à des taux réduits. La diminution pleine ne se fera qu'à partir de 2029. 
</p><p>L'amélioration de la couverture sociale des victimes de l'amiante décidée dans le cadre de la table ronde est rapidement mise en vigueur. Depuis cette année, l'indemnité pour atteinte à l'intégrité en cas de mésothéliome ou de toute autre tumeur rapidement mortelle est octroyée dès la survenance de la maladie. 
</p><p>Il est désormais précisé que les entreprises étrangères qui font exécuter des travaux en Suisse doiventobserver les prescriptions en matière de prévention des accidents. Elles doivent aussi payer des suppléments pour frais de prévention. 
</p><p><b>Assurance-maladie</b></p><p>En 2017, la prime standard de l'assurance obligatoire des soins a augmenté à nouveau, d'en moyenne 4,5 %. La hausse est différente d'un canton à l'autre. Les primes pour enfants et jeunes adultes connaissent les plus fortes hausses. La contribution pour la prévention générale des maladies augmente aussi cette année. Ce supplément de prime se montait à 2,40 francs par année depuis 1998. Il passe maintenant à 3,60 francs et sera de 4,80 francs en 2018. 5 janvier 2017 uss-infos</p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4644</guid><pubDate>Tue, 27 Dec 2016 11:44:22 +0100</pubDate><title>Quinze milliards de pertes fiscales depuis l’entrée en vigueur de la RIE II</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/quinze-milliards-de-pertes-fiscales-depuis-l-entree-en-vigueur-de-la-rie-ii</link><description>Les recherches de l’USS montrent que la facture de la RIE II est énorme.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Alors que le manque à gagner fiscal dû à la deuxième réforme de l’imposition des entreprises (RIE II) est toujours plus important, les Suisses et Suissesses votent déjà le 12 février sur la réforme suivante, la RIE III. Et une fois de plus, on présente aux citoyens et citoyennes une proposition dont les conséquences financières ne sont qu’à moitié connues. Selon les calculs de l’USS, les pertes fiscales de la réforme précédente se situent entre 9,5 et 13 milliards de francs, auxquels s’ajoute un manque à gagner pour l’AVS de 2 milliards. 
</p><p>En février 2008, la population a dû voter sur la deuxième réforme de l’imposition des entreprises. Le projet fut accepté de justesse, à 20&nbsp;000 voix. Quelques semaines plus tard, la population apprenait que cette réforme fiscale coûterait effectivement des milliards et pas seulement les quelques centaines de millions que le Conseil fédéral annonçait dans le bulletin de votation. 
</p><h3>Omission condamnée par le TF</h3><p>A l’heure actuelle, à savoir huit ans plus tard, la Confédération n’a toujours pas calculé de manière transparente ce que la RIE II a effectivement coûté. A l’époque de la RIE II, le principe de l’apport en capital était au centre des pertes fiscales largement sous-estimées par le Conseiller fédéral Hansrudolf Merz&nbsp;: le Conseil fédéral n’avait pas articulé un seul chiffre à ce sujet. Une omission que le Tribunal fédéral a sévèrement critiquée par la suite. 
</p><p>L’USS a une fois de plus pris la calculette pour y voir plus clair. Et les chiffres font peur. Uniquement en raison de l’apport en capital, les pouvoirs publics ont perdu entre 3 et 6,5 milliards entre 2011 et 2015. Malgré le secret fiscal, l’USS a pu s’appuyer sur les rapports annuels d’entreprises et les registres des actions qui permettent de savoir combien de dividendes ont été imposés ou distribués aux actionnaires exempts d’impôts. 
</p><h3>Finances de l’AVS pénalisées de 2 milliards</h3><p>Les estimations et la réalité sont aussi bien différentes sur d’autres points. Notamment sur les conséquences du changement de l’imposition des dividendes sur les finances de l’AVS. Le Conseil fédéral avait chiffré les pertes pour l’AVS entre 86 et 130 millions. Dans les faits, l’AVS a dû se passer de presque le double de cette somme parce que les propriétaires de sociétés anonymes, au lieu de se verser un salaire soumis à l’AVS, ont préféré se rémunérer avec des dividendes exempts d’impôts. Jusqu’à 2015, il a manqué à l’AVS entre 2,1 et 2,45 milliards. 
</p><h3>Pas de réforme à l’aveuglette</h3><p>En évaluant de manière conservative, la RIE II a finalement coûté entre 9,5 et 13 milliards aux collectivités publiques. Prétendre, comme le font actuellement les autorités fédérales et les partisans de cette nouvelle arnaque qu’est la RIE III, que ses coûts seront «&nbsp;largement compensés par les effets positifs de la réforme sur la croissance économique&nbsp;» est plus qu’aventureux. Le vecteur principal de l’augmentation des recettes de la Confédération a tout simplement été l’augmentation des bénéfices des entreprises (voir <a href="http://www.sgb.ch/aktuell/blog-daniel-lampart/?tx_t3extblog_blogsystem%5Bpost%5D=442&amp;tx_t3extblog_blogsystem%5Bday%5D=21&amp;tx_t3extblog_blogsystem%5Bmonth%5D=12&amp;tx_t3extblog_blogsystem%5Byear%5D=2016&amp;tx_t3extblog_blogsystem%5Baction%5D=show&amp;cHash=f049179c10933ff58c0852d678e868cf" target="_blank" class="external-link-new-window">le blog en allemand de Daniel Lampart</a> à ce sujet) ou la libre circulation des personnes qui a permis de maintenir la compétitivité de la Suisse (comme l’explique le directeur des finances de la Ville de Zürich, dans une <a href="http://www.nzz.ch/zuerich/daniel-leupi-und-die-steuerreform-das-muss-den-firmen-etwas-wert-sein-ld.138700" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">interview à la NZZ</a>). En plus, ce ne sont pas vraiment les entreprises qui ont profité de la RIE II, mais les actionnaires. 
</p><p>Sur cette base, si nous voulons éviter une nouvelle arnaque en milliards, il faut voter non à la RIE III le 12 février 2017. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons obliger le Parlement à élaborer une nouvelle proposition équilibrée pour supprimer les niches fiscales en Suisse. </p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4633</guid><pubDate>Thu, 22 Dec 2016 06:00:00 +0100</pubDate><title>«Prévoyance vieillesse 2020»: M. Kaiser dans le déni de réalité</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/prevoyance-vieillesse-2020-m-kaiser-dans-le-deni-de-realite</link><description>Commentaire de Paul Rechsteiner sur le débat parlementaire</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Après le deuxième passage de « Prévoyance vieillesse 2020 »au Conseil des États et avant les prochains débats au Conseil national, il vaut la peine de jeter un coup d’œil rapide à une affaire qui montre ce que l’Union patronale suisse et ses alliés politiques veulent vraiment : empêcher à tous prix une augmentation de 70 francs de l’AVS pour les nouveaux retraité(e)s. </p><p>À l’automne 2015, le Conseil des États avait adopté une proposition prévoyant un supplément de 70 francs pour l’AVS et le relèvement du plafond pour les couples à 155 % de la rente individuelle maximale. Ce fut ensuite le tour de la commission du Conseil national compétente pour ces questions de se pencher sur le sujet pendant presque neuf mois. Sa majorité de droite, sous la houlette des associations patronales, ficela une proposition qui n’est rien d’autre qu’une baisse brutale des rentes et à laquelle s’ajoute un mécanisme de relèvement automatique de la retraite à 67 ans. 
</p><h3>Aveugle, mais fidèle à la famille politique </h3><p>Le 25 septembre 2016, plus de 40 % des Suisses et Suissesses ont accepté l’initiative AVSplus. Le soir même, l’Union patronale suisse sortait de son chapeau une proposition totalement nouvelle. Elle renonçait à baisser les rentes, mais ajoutait des coûts et des cotisations énormes au deuxième pilier (24 milliards de francs cumulés jusqu’à 2030). La nouvelle proposition patronale a fait foi au sein du PLR, de l’UDC et du PBD, sans qu’une seule heure y ait été consacrée en commission préparatoire. Cette manière de légiférer à l’aveugle est inédite dans l’histoire du Parlement suisse pour un projet de cette importance. La devise était : « Qu’importe le prix à payer, mais il ne faut surtout pas que l’AVS soit améliorée ». 
</p><p>Entretemps, le Conseil des États a achevé sa deuxième lecture. Une majorité stable confirme qu’elle veut améliorer les rentes AVS des nouveaux retraité(e)s. L’Union patronale, economiesuisse et le PLR ont élaboré des propositions de minorité qui ne veulent compenser les pertes de rentes que dans le deuxième pilier, même si cela reviendrait bien plus cher et aboutirait à de moins bonnes rentes que la solution du Conseil des États qui inclut l’AVS. 
</p><h3>Nouvelle pirouette </h3><p>Ce qui est toutefois nouveau, c’est que le tabou de l’amélioration des prestations dans l’AVS est tombé. Il n’y a plus que les 70 francs mensuels qui ne doivent pas passer. Par contre, le plafond des rentes de couples doit être relevé pour une partie d’entre eux et indépendamment de ça, le taux de la baisse de la rente est réduit. Mais n’en bénéficieraient qu’une petite minorité des personnes, les plus démunies, celles qui auraient déjà droit aux prestations complémentaires. Cependant, autant les couples que les célibataires s’en sortiraient nettement moins bien qu’avec les propositions du Conseil des États. Les célibataires ne feraient que cotiser plus, mais ne recevraient pas plus. Il n’empêche que les décisions du Conseil des États concernant l’AVS coûteraient la moitié moins que les propositions de minorité vantées par certains médias comme étant un compromis. Les prestations du modèle de la minorité, au contraire des décisions du Conseil des États, ne seraient pas financées. Voilà pour la logique et le sérieux de ces propositions. 
</p><p>Le dossier « Prévoyance vieillesse 2020 » est dirigé au sein de l’Union patronale par Martin Kaiser. Ce M. Kaiser a encore fait savoir avant les délibérations au Conseil des États que les patrons feraient échouer toute la réforme si les 70 francs n’étaient pas abandonnés. Qui s’étonnera encore que cette organisation, economiesuisse et le PLR aient tout bonnement fait savoir qu’ils préféraient qu’il n’y ait pas de réforme plutôt que cette réforme-là. Il n’y aurait pas besoin de réforme juste pour vouloir réformer. Sur le fond, la seule chose qui soit attaquée est en fait le supplément de rente AVS pour les nouveaux retraité(e)s. 
</p><h3>Le roi est nu</h3><p> La recette de ce M. Kaiser pour la réforme de la prévoyance vieillesse change toute les semaines et parfois même tous les jours. Il ne se laisse pas ébranler par les calculs de l’Office fédéral des assurances sociales qui montrent l’absurdité de ses propositions. Du moins aussi longtemps que des partis comme le PLR et l’UDC suivent, sans poser de questions. 
</p><p>La pièce que l’Union patronale suisse présente rappelle fatalement le conte d’Andersen, « Les Habits neufs de l’empereur ». « Kaiser » signifie en effet « empereur » en allemand. Dans le conte, l’empereur fut longtemps nu devant la foule qui prétendit ne rien remarquer, jusqu’à ce que la vérité sorte de la bouche d’un enfant : « Le roi est nu ! » Jusqu’à quand devrons-nous attendre pour qu’un de ses amis politiques dise la vérité au roi, alias M. Kaiser ? 
</p><h3>Seule la solution du Conseil des États est susceptible de remporter la majorité </h3><p>Le grand défi de la prévoyance professionnelle est le niveau des rentes. Actuellement, les taux de conversion baissent déjà partout en Suisse dans le domaine surobligatoire. Les propositions du Conseil des États sont les seuls à faire contrepoids. Certes, les améliorations de rentes que cette Chambres a décidées sont modestes. Mais elles veillent à ce qu’enfin, après des décennies, l’AVS soit à nouveau améliorée. Et grâce à un montant fixe pour tous les nouveaux retraité(e)s, un peu plus pour les bas revenus que pour les hauts revenus. Si une réforme pouvait surmonter l’obstacle de la votation populaire, à l’inverse des projets de la droite des années 2000, c’est bien celle du Conseil des États. Les propositions de l’Union patronale suisse vont droit dans l’impasse, sur le modèle de l’ère Couchepin. 
</p><p>Des mois passionnants nous attendent. </p>]]></content:encoded><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4637</guid><pubDate>Wed, 21 Dec 2016 16:01:05 +0100</pubDate><title>Joyeux Noël à tous!</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/joyeux-noel-a-tous</link><description>Quelques organisations auxquelles faire un don.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Noël, période propice à la réflexion, aux remerciements et aux dons approche à grands pas. Si vous souhaitez offrir quelque chose en dehors du cercle de votre famille et de vos amis, nous vous recommandons les quelques organisations pour qui les dons sont toujours les bienvenus. De ces dons dépend la poursuite de leur travail essentiel dans des domaines proches des syndicats. 
</p><p>Par exemple&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><p><b><a href="https://www.solidar.ch/fr" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Solidar Suisse </a></b></p><p>Solidar Suisse est l’œuvre d’entraide des syndicats et du PS Suisse. 
</p><p>Dons: Compte postal 80-188-1; IBAN: CH49 0900 0000 1001 4739 9 
</p><p>&nbsp;</p><p><b><a href="http://www.solifonds.ch/fr" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Solifonds</a></b></p><p>Le Solifonds intervient là où il faut, rapidement et sans bureaucratie 
</p><p>Dons: PC 80-7761-7; IBAN: CH5209000000800077617 
</p><p>&nbsp;</p><p><b><a href="http://foerderverein-gss.ch/index.php?home-fr" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Fondation de soutien de l’école syndicale suisse </a></b></p><p>La Fondation aide à assurer la formation de la relève syndicale. 
</p><p>Dons: IBAN CH8709000000300194374 
</p><p>&nbsp;</p><p>Nous vous remercions d’avoir suivi et soutenu nos activités tout au long de cette année et vous souhaitons de joyeuses fêtes de fin d’année. </p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4628</guid><pubDate>Mon, 19 Dec 2016 11:13:02 +0100</pubDate><title>Naturalisation facilitée: Oui, très clairement oui !</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/naturalisation-facilitee-oui-tres-clairement-oui</link><description>Il faut dire oui aux petits-enfants de migrant(e)s le 12 février 2017</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"><span lang="FR-CH">Ils vivent en Suisse, leurs parents aussi et ce fut, ou c’est encore aussi le cas de leurs grands-parents. Aucune différence donc avec tout Suisse et toute Suissesse. Que les jeunes étrangers et étrangères de la troisième génération puissent bénéficier d’une naturalisation facilitée devrait vraiment aller de soi. </span></p><p class="lead"><span lang="FR-CH"></span></p><p class="ParagrSPnormaux">En 2008 déjà, la conseillère nationale vaudoise Ada Marra déposait une initiative parlementaire&nbsp;: «&nbsp;La Suisse doit reconnaître ses enfants&nbsp;». Après plus de huit années de négociations et de débats aux Chambres fédérales, nous allons enfin voter sur cette question&nbsp;! Le 12 février prochain, nous devrons en effet nous prononcer sur une modification de la Constitution fédérale qui vise à faciliter la naturalisation des jeunes issus de la troisième génération. Pour ces personnes nées en Suisse, où elles ont construit toute leur vie, ce sera là un signe clair de reconnaissance.  </p><h3 class="Sous-titreSP">Des conditions strictes</h3><p class="ParagrSPnormaux">Précisons qu’il ne s’agit pas d’un «&nbsp;cadeau&nbsp;». De fait, le projet de naturalisation facilitée prévoit toute une série de conditions à remplir&nbsp;: le demandeur ou la demandeuse, âgé de moins de 25 ans, devra être né en Suisse, y avoir suivi au moins cinq ans de scolarité obligatoire et être détenteur d’une autorisation de séjour ou d’établissement. Ses parents et grands-parents devront entretenir ou avoir entretenu des liens étroits avec notre pays. L’un des parents devra avoir séjourné pendant au moins dix ans en Suisse et y avoir effectué au minimum cinq années d’école. Concernant les grands-parents, il faudra au moins que l’un d’eux soit né en Suisse ou ait été titulaire d’un droit de séjour.</p><h3 class="Sous-titreSP">La preuve par l’acte</h3><p class="ParagrSPnormaux">Qu’est-ce qui changera exactement pour les jeunes gens en question&nbsp;? S’il n’y a rien d’automatique dans la procédure et si les conditions pour une naturalisation facilitée sont clairement définies, les jeunes de la troisième génération n’auront, par contre, plus à prouver qu’ils sont intégrés. Le fardeau de la preuve sera ainsi inversé. Quoi de plus normal pour des personnes qui ont passé l’essentiel de leur vie en Suisse&nbsp;? De plus, la procédure actuelle, très différente selon les cantons, sera harmonisée sur l’ensemble de la Suisse. Les candidat(e)s ne feront ainsi plus face à une sorte de loterie cantonale lorsqu’ils s’engageront dans une procédure de naturalisation&nbsp;! </p><p class="ParagrSPnormaux">Bref, nous voterons pour une procédure simplifiée et unifiée pour des personnes nées et scolarisées en Suisse. L’Union syndicale suisse (USS) dit très clairement «&nbsp;oui&nbsp;» à la naturalisation facilitée des jeunes de la troisième génération et appelle à la mobilisation de ses membres pour qu’ils en fassent autant.</p>]]></content:encoded><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4622</guid><pubDate>Tue, 13 Dec 2016 17:07:51 +0100</pubDate><title>Non à la loi de la jungle !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/non-a-la-loi-de-la-jungle</link><description>Colloque juridique de l’USS : le temps de travail, un thème central pour les syndicats</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le colloque juridique de l'USS de cette année s'est penché sur le thème du temps de travail. Cela implique aussi la question de la protection de la santé et celle de la possibilité de planifier sa vie. Le colloque a montré clairement que les syndicats sont mis au défi. </p><p>Le président de l'USS, Paul Rechsteiner, a rappelé dans son allocution de bienvenue que la problématique du temps de travail appartient aux questions classiques touchant au droit du travail et aux activités syndicales. Une des premières lois dans le domaine de la protection des travailleurs et travailleuses, la loi glaronnaise sur les fabriques, réglait et limitait le temps de travail. Mais le choix du thème du colloque avait aussi des motivations fondamentales et politiques : " Par leurs interventions parlementaires encore en suspens, Konrad Graber et Karin Keller-Sutter demandent un démantèlement radical des dispositions protectrices de la loi sur le travail sont nombreuses. L'USS luttera avec tous ses moyens contre ces détériorations. "
</p><h3> Discriminations indirectes dues à l'aménagement du temps de travail</h3><p> Stéphanie Perrenoud, chargée de cours à l'Université de Neuchâtel, a analysé les discriminations indirectes dues à l'aménagement du temps de travail et à sa planification. Elle a montré que le temps partiel contraint ou les réductions de temps de travail imposées discriminent, le cas échéant les femmes, ce qui enfreint les dispositions de la loi sur l'égalité et la Convention européenne des droits de l'homme. L'aménagement du temps de travail, et des plans d'interventions est discriminatoire s'il n'est pas conciliable avec le travail familial ainsi que d'assistance et de soins (" care ") que les femmes effectuent souvent. Ce qui est au contraire bien plus important est d'être autonome en matière d'horaire de travail et de pouvoir aménager les plans de travail d'une manière participative, non discriminatoire et sûre. L'affichage des horaires, selon l'article 69 de l'ordonnance 1 relative à la loi sur le travail, doit être interprété à la lumière de la loi sur l'égalité, sinon l'employeur se rend responsable d'une discrimination indirecte. 
</p><h3>Planifier le temps de travail et éviter du stress </h3><p>L'affichage des plans d'interventions se fait toujours plus à court terme dans des branches comme la santé, la restauration et le commerce de détail. Cela produit des formes de travail sur appel et de service de permanence (éventuellement non rétribué) contraints. Le stress, pour les salarié(e)s, augmente, la possibilité de planifier son temps de travail, ses obligations ou activités familiales ou autres diminue. L'exposé de Bassem Zein, représentant de l'Office fédéral de la justice, a repris cet aspect dans son exposé. Il a surtout montré que le travail sur appel est restreint par la jurisprudence du Tribunal fédéral, en particulier en ce qui concerne les changements abrupts des horaires de travail : l'employeur est obligé de fournir suffisamment de travail ou, s'il n'y parvient pas, un salaire adéquat. 
</p><p>L'USS a, lors de sa dernière Assemblée des délégué(e)s, retenu cet aspect et exigé que les plans d'interventions soient communiqués au moins quatre semaines à l'avance. Et lorsque ces plans sont modifiés à plus court terme, un supplément de salaire de 25 % doit être versé. Lors d'un service de piquet, le temps d'attente doit être réduit au minimum et le service de permanence doit être honoré d'un supplément d'au moins 25 % de salaire. 
</p><h3>Étude sur la responsabilité liée en matière de stress </h3><p>En raison des formes toujours plus précaires de la planification des interventions et de sa densification croissante du travail, le stress augmente toujours plus. L'épuisement professionnel (" burnout ") est malheureusement devenu la norme dans le monde du travail suisse. Sabine Steiger-Sackmann, professeure à la Haute école des sciences appliquées de Zurich, a observé qu'un quart des salarié(e)s se sentaient actuellement stressés, et qu'encore plus trouvaient que les horaires de travail étaient pénibles. L'USS a mandaté une étude à la professeure sur la manière de procéder concernant la responsabilité en matière de stress, étude qui sera publiée en 2017. Cette étude va se concentrer surtout sur les problèmes procéduraux liés à la production de preuves. Ce sera aussi la tâche des assurances sociales d'utiliser leur possibilité de déposer plainte selon l'article 72 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA), recours contre l'employeur responsable, puisqu'en cas de maladie, le privilège matière de responsabilité (art. 75 al. 2 LPGA) ne s'applique pas. On devrait ainsi empêcher que les coûts ne soient reportés sur la communauté. 
</p><p>Dans le domaine du burnout également, l'USS va passer à l'offensive au plan législatif, Elle s'engagera, dans la réforme à venir de l'assurance-accidents (Annexe 1 à l'art. 14 ordonnance sur l'assurance-accidents), pour que le burnout soit reconnu comme une maladie professionnelle. Le colloque juridique a donné des inputs précieux à cet égard. 
</p><h3>S'opposer au report du risque entrepreneurial sur le personnel </h3><p>Gabriela Riemer-Kafka, professeure à l'Université de Berne, s'est attelée dans son exposé à la question du salaire dû par l'employeur pour le temps consacré au travail par l'employé(e). Quand le taux-plancher a été supprimé par la Banque nationale suisse, beaucoup d'employeurs avaient essayé de reporter le risque lié au taux de change sur les employé(e)s en imposant une prolongation du temps de travail pour le même salaire. Comme elle l'a rappelé dans son exposé, ces reports du risque entrepreneurial sont nuls et non avenus. La professeure Riemer-Kafka a montré quels instruments permettent de combattre de tels reports. 
</p><h3>Le télétravail </h3><p>Luca Cirigliano, responsable du dossier du droit du travail et des conditions de travail à l'USS a traité le problème du télétravail. Le travail à domicile n'a en fait rien de nouveau. Si par le passé, l'artisanat et l'industrie étaient concernés par ce phénomène, c'est le cas aujourd'hui d'activités effectuées en bureau, comme le journalisme, la traduction, l'informatique. Il y a seulement deux semaines, le Conseil fédéral a rendu attentif dans un rapport aux problèmes du télétravail soit la saisie du temps de travail, le respect des temps de repos ou le fait d'être constamment joignable.Luca Cirigliano a développé des revendications concrètes pour adapter le droit suisse du travail au télétravail. Le moyen pour le faire : la modernisation de la loi sur le travail à domicile (LtrD). 
</p><p>Précisions : </p><ul><li>Les exposés du colloque peuvent être écoutés en tant que podcast sur <a href="http:/http://jusletter.weblaw.ch/fr/juslissues/2016/873.html/" target="_blank" class="external-link-new-window">www.jusletter.ch</a> probablement à partir de janvier 2017.</li><li>Un numéro spécial du journal spécialisé " Pratique Juridique Actuelle (PJA) " publiera une transcription écrite des exposés du colloque. Celui-ci paraîtra probablement en mars 2017.</li></ul>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4615</guid><pubDate>Fri, 09 Dec 2016 15:44:32 +0100</pubDate><title>Retour du statut de saisonnier et nouvelles discriminations évités</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/retour-du-statut-de-saisonnier-et-nouvelles-discriminations-evites</link><description>Le président de l&#039;USS sur la mise en oeuvre de l&#039;art. 121a: préférence aux chômeurs non discriminatoire à la place de contingents</description><content:encoded><![CDATA[<p>C’est maintenant sûr: il n’y aura pas de nouveau statut de saisonnier en Suisse, ni de nouveau système de contingents. La menace de voir l’avènement d’un tel système planait depuis l’acceptation de l’initiative UDC contre l’immigration de masse. Nous avons pu l’éviter au Parlement. 
</p><p>Une <a href="http://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/article/details/anciens-contingents-inhumains-et-economiquement-nuisibles/" target="_blank" rel="noreferrer">nouvelle brochure de l’Union syndicale suisse</a> montre à quel point ce système était inhumain et en plus économiquement néfaste.
</p><p>La préférence donnée aux chômeurs et chômeuses qui a été adoptée est le fruit d’une coalition entre le PS et le PLR. Elle a été initiée au Conseil des Etats. Cela a été possible grâce à la votation sur l’initiative de mise en œuvre de l’UDC du 28 février 2016. La nouvelle coalition a été nécessaire parce que la proposition «&nbsp;fidèle&nbsp;» du Conseil fédéral de mettre en œuvre unilatéralement l’initiative UDC contre l’immigration de masse en ayant recours à des contingents menait directement à l’impasse. 
</p><p>L’obligation d’annonce des postes vacants est la base de la <b>préférence donnée aux chômeurs et chômeuses</b> dans des professions qui connaissent un chômage au-dessus de la moyenne. L’annonce aux offices cantonaux de placement doit redonner une chance aux personnes plus âgées en recherche d’emploi. A l’heure actuelle, malgré de bonnes qualifications, elles ne sont souvent même pas invitées aux entretiens d’embauche. &nbsp;
</p><p>L’Union syndicale suisse a élaboré la proposition de l’obligation d’annonce il y a une année, sur la base d’un modèle que d’autres pays ont développé et l’a présentée au public en janvier 2016. La loi qui vient d’être décidée s’appuie là-dessus. 
</p><p>Cela montre qu’en situation difficile, des solutions qui pourtant semblaient politiquement irréalisables au départ sont aussi possibles. Dans la phase actuelle, le contexte était particulièrement exigeant. Non seulement en raison de l’attitude du Conseil fédéral. Mais aussi parce que la direction actuelle de l’Union patronale suisse s’est distancée sur ce thème précisément d’un partenariat social fructueux depuis la fin des années 90 et a même présenté son propre système de contingents. L’élément constituant du partenariat social était qu’aux négociations entre les organisations faitières, des solutions sur des mesures d’accompagnement aux Accords bilatéraux ont pu être trouvées, qui tenaient compte de la libre circulation des personnes. Cela exige une disposition aux compromis, mais surtout la conscience que les accords bilatéraux ne peuvent être politiquement soutenus que si les salaires et les conditions de travail sont efficacement protégés. 
</p><p>Que des solutions aient émergé par cette voie, solutions qui ont aussi passé avec succès la rampe du verdict populaire, est également à mettre sur le compte des conseillers fédéraux alors à la tête du Département de l’économie qui ont pris à cœur leur responsabilité et leur rôle de dirigeant. L’actuel ministre de l’économie ne fait pas preuve de cette disposition ou de cette capacité, contrairement aux deux ministres qui l’ont précédé. Et cela malgré l’importance fondamentale des accords bilatéraux pour l’économie et les emplois. Johann Schneider-Ammann a laissé la Conseillère fédérale en charge du droit des étrangers lui prendre ce dossier des mains. 
</p><p>Les syndicats avaient défini une ligne claire après le 9 février 2014 qui se basait sur trois axes:</p><ol><li>Maintien des bilatérales</li><li>Pas de nouvelles discriminations</li><li>Plus et pas moins de protection pour les salarié(e)s</li></ol><p>Les deux premiers objectifs sont atteints (à la condition que la votation finale au Parlement aille dans ce sens à la fin de la semaine prochaine). Les progrès sur le troisième objectif sont certes insuffisants, mais quand même mesurables. La lutte pour de meilleures mesures de protection, une couverture plus large des conventions collectives de travail et surtout aussi pour qu’elles soient mieux appliquées doit être poursuivie. C’est aussi valable pour la nouvelle obligation d’annonce des postes vacants. La mise en œuvre dans la pratique sera déterminante. Les autorités et surtout les patrons sont maintenant tenus de le faire. 
</p><p>Il vaut ainsi la peine, même par vent contraire, de lutter pour des positions élémentaires. L’expérience faite avec la préférence donnée aux chômeurs et chômeuses le montre une fois de plus. Il faut pour cela que les esprits soient clairs, il faut du discernement et parfois une certaine mobilité. Pour la population active, pour l’économie et pour la Suisse.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Assurance-chômage</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4603</guid><pubDate>Tue, 06 Dec 2016 16:09:46 +0100</pubDate><title>Améliorations arrachées après quatre jours de grève à Neuchâtel</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/ameliorations-arrachees-apres-quatre-jours-de-greve-a-neuchatel</link><description>Les enseignant(e)s ont obtenu des mesures concrètes sur les conditions de travail</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Après une quatrième journée de grève, les syndicats ont décidé le 30 novembre de suspendre leur mouvement. Si le Conseil d’Etat neuchâtelois est resté inflexible sur la nouvelle grille salariale, les grévistes ont tout de même obtenu des améliorations très attendues sur les conditions de travail. Bilan d’un mouvement sans précédent dans le canton. </p><p>Sept heures du matin, mercredi 30 novembre&nbsp;: bougies et pancartes en main, environ 400 enseignant(e)s sont une nouvelle fois rassemblés dans la cour du Château de Neuchâtel. C’est leur quatrième jour de grève. Le Conseil d’Etat in corpore reçoit au même moment les syndicats. Le gouvernement va toutefois réitérer son refus catégorique de retirer la nouvelle grille salariale qui péjore les perspectives d’avenir des jeunes enseignant(e)s. Par contre, il a déjà cédé sous l’impressionnante mobilisation des enseignant(e)s et fait des concessions sur les conditions de travail qui n’ont cessé de se dégrader ces dernières années. Ce n’est pas assez pour les syndicats qui vont obtenir cinq nouvelles concessions lors de cette dernière séance de négociations. &nbsp;
</p><h3>Injustice réparée, mesure salariale pour les jeunes</h3><p>Parmi les améliorations arrachées, on peut notamment citer la décharge d’une période par semaine pour les enseignant(e)s de la 3e à la 6e Harmos pour le travail induit par une maîtrise de classe. Cette mesure répare une inégalité dont ces enseignants étaient victimes par rapport à d’autres collègues. Des décharges pour raison d’âge ou encore l’octroi d’un échelon salarial supplémentaire pour les enseignant(e)s dont le salaire avait été péjoré entre 2015 et 2016 ont encore été obtenus. Cette dernière mesure est particulièrement favorable aux jeunes, «&nbsp;ce qui n’est pas rien, vu la situation économique du canton&nbsp;!&nbsp;», commente Claude Grimm, secrétaire du SSP. Ces concessions coûteront en effet plusieurs millions. Les enseignant(e)s attendent maintenant que le Conseil d’Etat les soutienne face au Parlement.
</p><h3>Un peu plus écoutés au sujet des conditions de travail</h3><p> En fin d’après-midi, les deux syndicats des enseignant(e)s décident donc de suspendre la grève et d’accepter ces améliorations. Les enseignant(e)s se sont enfin sentis un peu plus écoutés pour ce qui est des conditions de travail. Le geste est significatif, ont-ils estimé. «&nbsp;Nous avons réussi à créer un rapport de force qui, nous l’espérons, va nous permettre d’obtenir d’autres avancées, ajoute Claude Grimm. Nous allons continuer à nous battre sur la grille salariale, notamment sur l’évaluation des fonctions.&nbsp;» Et si des points de l’accord ne devaient pas être appliqués, le mouvement reprendrait.  
</p><h3>Se mobiliser pour se faire entendre</h3><p>Jamais le canton de Neuchâtel n’avait connu un tel mouvement de protestation chez les enseignant(e)s, à la mesure aussi des mesures d’austérité qui se suivent&nbsp;: quatre journées de grève réunissant à chaque fois entre 400 et 600 personnes, c’est du jamais vu. Et la plupart des enseignant(e)s qui n’ont pas fait grève ont cependant envoyé des lettres aux parents pour leur dire qu’ils soutenaient le mouvement. Il faut dire que la coupe était vraiment pleine. Les enseignant(e)s neuchâtelois font en effet des sacrifices depuis des années. Mais on leur en demandait de nouveaux, alors qu’ils sont parmi les plus mal lotis de Suisse. Le corps enseignant a toutefois compris que s’il voulait se faire entendre, il devait se mobiliser en masse. Car il en va de la qualité des services publics et de l’avenir des jeunes générations&nbsp;: une bonne formation est essentielle pour maintenir d’excellentes conditions-cadre dans le pays. </p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4601</guid><pubDate>Tue, 06 Dec 2016 13:47:57 +0100</pubDate><title>Télétravail : le Conseil fédéral ne veut pas agir </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/teletravail-le-conseil-federal-ne-veut-pas-agir</link><description>Il faut légiférer sur la protection de la santé et sur le règlement des frais</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le rapport du Conseil fédéral sur le télétravail dénombre beaucoup de problèmes, mais ne propose pas de solution. Pour l’USS, il est par contre clair qu’il faut légiférer sur les aspects problématiques du télétravail.</p><p>Est-ce que l’employeur peut installer son logiciel espion sur l’ordinateur personnel de ses employé(e)s quand ils travaillent à la maison&nbsp;? Est-ce qu’un employé de banque qui travaille à domicile avec un wifi mal sécurisé chez lui est pénalement responsable du vol de données de clients&nbsp;? Est-ce que l’employeur est responsable si ses employé(e)s souffrent d’épuisement professionnel parce qu’ils ont télétravaillé jour et nuit pour atteindre des objectifs impossibles&nbsp;? Le télétravail pose ce type de questions juridiques et bien d’autres encore.  
</p><p>Le Conseil fédéral reconnaît dans son rapport publié à mi-novembre que les dispositions du Code des obligations, des lois sur le travail et sur l’assurance-accident sont fondamentalement applicables au télétravail. Mais cela ne s’appliquerait pas pour le contrôle de la sécurité au travail et la protection de la santé ainsi que pour beaucoup de dispositions de détail des ordonnances. Celles-ci ne s’appliquent que dans une organisation classique du travail où l’aménagement des lieux de travail incombe à l’employeur (p. ex. l’ergonomie du poste de travail, la sécurité des appareils, etc.). 
</p><h3>La santé&nbsp;: également à protéger quand on travaille à domicile</h3><p>Le rapport estime que c’est aussi de la responsabilité de l’employeur que d’aménager le poste de télétravail de manière appropriée. Les temps de repos et de pause doivent aussi être respectés. Mais comment&nbsp;? Le plus simple serait de résumer dans un seul cadre juridique toutes les dispositions sur la sécurité au travail et la santé concernant le télétravail. Le Conseil fédéral accorde aussi qu’il faudrait promulguer des mesures spécifiques pour les concrétiser, surtout en ce qui concerne le respect de la sécurité au travail et de la protection de la santé. 
</p><p>Actuellement déjà, des dispositions spéciales pour le travail artisanal traditionnel à domicile sont inscrites dans la loi sur le travail à domicile (LTrD). C’est un paradoxe. En effet, il existe un cadre juridique pour une forme de travail qui n’existe presque plus, alors que le télétravail ne dispose pas de cadre juridique en vigueur pour les cas d’espèce bien que le nombre de personnes concernées ait fortement augmenté ces dernières années. On pourrait donc facilement adapter la LTrD au télétravail moderne.  
</p><p>L’USS demande donc que le Conseil fédéral concrétise les dispositions nécessaires dans la LTrD et la modifie en conséquence. 
</p><h3>Les frais: pas d’économies sur le dos des employé(e)s </h3><p>Il est aussi urgent de donner un cadre juridique aux questions touchant le matériel, les frais et la protection des données. Les prescriptions existantes soulèvent des questions du fait que les employé(e)s qui font du télétravail doivent fournir leurs prestations dans deux voire même plusieurs lieux. 
</p><p>Souvent, les frais pour le matériel de travail sont reportés sur l’employé(e). Et c’est surtout l’utilisation d’appareils privés pour le travail qui peut être problématique puisque l’art. 327 al. 2 CO prévoit que les frais peuvent être mis à la charge de l’employé(e). Cette disposition n’était pourtant pas destinée à l’informatique moderne mais à l’utilisation de véhicules d’entreprise à titre privé. Selon l’interprétation que l’on fait de l’art. 327a al. 1 du CO, les employé(e)s doivent financer eux-mêmes les frais occasionnés par le télétravail. Car sans disposition à cet égard dans une CCT ou un contrat de travail, l’employeur peut se contenter de financer le poste de travail dans ses locaux. Il n’est pourtant pas acceptable que les employeurs reportent les coûts des infrastructures sur les employé(e)s. 
</p><h3>Les seules CCT ne suffisent pas</h3><p>Les syndicats de l’USS ont à la dernière AD décidé d’inclure aux négociations conventionnelles les questions liées au télétravail. Cela vaut pour les questions du volontariat, de l’isolation sociale, mais aussi pour des questions concrètes comme le temps de travail, la protection de la liberté et du temps de récupération, l’interdiction du travail de nuit. La question des frais occasionnés par les appareils devra aussi être toujours plus réglée par les CCT. 
</p><p>Il y aura tout de même des lacunes&nbsp;: presque 50&nbsp;% des travailleurs et travailleuses en Suisse ne bénéficient pas d’une CCT. Il faut établir un cadre juridique pour ces personnes. Il est donc incompréhensible que le Conseil fédéral reconnaisse qu’il faille agir dans le domaine du télétravail mais n’assume pas sa responsabilité de législateur et d’auteur d’ordonnances.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4587</guid><pubDate>Thu, 24 Nov 2016 16:51:40 +0100</pubDate><title>Les enseignants neuchâtelois en grève contre l’austérité</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/les-enseignants-neuchatelois-en-greve-contre-l-austerite</link><description>Déjà trois jours de grève – Manifestation populaire contre la politique d’austérité du canton</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">De nouvelles mesures d’austérité mettent le canton de  Neuchâtel en effervescence. Les enseignants, durement touchés, ont été  les premiers à réagir&nbsp;: ils entament le 24 novembre leur 3e jour de  grève. Mais ces mesures touchent tous les salarié(e)s, du public comme  du privé, ainsi que leurs familles. Une manifestation pour protester  contre ce serrage de ceinture qui frappe toujours les mêmes est prévue  samedi 26 novembre à La Chaux-de-Fonds. </p><p>«&nbsp;L’Etat économise, l’école agonise&nbsp;». Ce slogan résume bien la  colère des enseignant(e)s neuchâtelois qui sont descendus les 8 et 9  novembre dans la rue dans toutes les régions du canton. La profession  manifeste un ras-le-bol complet face aux mesures d’économie qui  s’accumulent. Cent nouveaux millions pour 2017 annoncés par le canton,  après avoir déjà décidé de raboter 165 millions en 2015. 
</p><h3>Entre 35&nbsp;000 et 75&nbsp;000 francs de pertes sur toute une carrière</h3><p>La goutte qui a fait déborder l’encrier&nbsp;? La nouvelle grille  salariale que le Conseil d’Etat a voulu imposer aux enseignant(s) qui  figurent pourtant déjà tout en bas du classement des rémunérations de  Suisse dans cette profession. Ils devraient encaisser entre 35&nbsp;000 et  75&nbsp;000 francs de pertes tout au long d’une carrière avec cette nouvelle  grille que représentant(e)s du personnel et syndicats avaient  unanimement refusée. De quoi tuer bien des vocations et toute  perspective d’avenir pour les enseignant(e)s en fonction.
</p><p>Une telle dévalorisation de leur profession, alors que les exigences  sont toujours plus élevées et les conditions de travail toujours plus  médiocres, ne pouvait pas glisser comme sur les plumes d’un canard. Les  enseignant(e)s exigent donc que le Conseil d’Etat retire sa grille  salariale. C’est le préalable que l’assemblée de 600 personnes du 9  novembre a posé à l’ouverture de toute nouvelle négociation. Les  discussions informelles qui ont depuis eu lieu avec la conseillère  d’Etat Monika Maire-Hefti n’ont apporté aucun progrès. La grève est donc  maintenue pour le 24 novembre, reconductible le lendemain. Une <a href="http://www.ssp-vpod.ch/fileadmin/vpod_suisse/Neuch%C3%A2tel/Petition_grille_salariale.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">pétition</a> accompagne cette revendication.
</p><h3>«&nbsp;Ce n’est pas toujours aux mêmes de se serrer la ceinture&nbsp;»</h3><p>Si les enseignant(e)s sont durement touchés par la politique  d’austérité du canton, le reste de la fonction publique en prend aussi  un coup. Des dizaines de postes seront supprimés dans le public et le  parapublic. Les horaires de travail passeront de 40 à 41 heures par  semaine. Mais ce n’est pas tout&nbsp;: les subsides aux primes-maladie seront  réduits et des subventions dans la formation, la santé, le social et  les transports baisseront, le tout pour l’équivalent de 40 millions  d’économies. 
</p><p>La population dans son entier va souffrir de ces baisses de  prestations, particulièrement les plus fragiles. Cela, alors que des  cadeaux fiscaux importants ont été faits aux multinationales (impôt sur  le capital des holdings divisé par 100 en cinq ans), aux entreprises  (l’imposition sur les bénéfices baissera encore d’un point à 5% l’an  prochain) et aux plus riches. Les contribuables neuchâtelois ordinaires  qui paient déjà beaucoup d’impôts n’ont par contre pas vu leur facture  diminuer. Il n’y a que les prestations et la qualité des soins, des  écoles et des transports qui diminuent&nbsp;!
</p><p>Las de que ce soit toujours aux mêmes de devoir payer la facture, une  large coalition de partis de gauche, des syndicats et d’associations  appelle à une grande manifestation contre la politique d’austérité du  Conseil d’Etat le 26 novembre à La Chaux-de-Fonds dès 11h. C’est à la  population maintenant de réagir et de dire «&nbsp;stop&nbsp;» à cette politique  qui va droit dans le mur. </p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4579</guid><pubDate>Wed, 23 Nov 2016 14:46:12 +0100</pubDate><title>Austérité impitoyable pour le personnel de la Confédération</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/austerite-impitoyable-pour-le-personnel-de-la-confederation</link><description>Session d’hiver : Programme de stabilisation</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L'Union syndicale suisse (USS) rejette le principe même du Programme de stabilisation du Conseil fédéral parce qu'erroné et inutile. Avec lui, le personnel de la Confédération va en effet se retrouver pris dans l'étau d'un programme d'austérité impitoyable. </p><p>Peut-être serait-il souhaitable que le Parlement change une fois de perspective ? Ce que l'économie privée pratique communément, à savoir faire participer le personnel à la réussite de l'entreprise, ne s'applique pas dans l'Administration fédérale. Au contraire ! Bien que la Confédération enregistre depuis des années des excédents, on continue à tailler dans l'effectif du personnel. La dernière hausse générale de salaire (0,2 %) a eu lieu en 2015. Depuis lors, plus rien. Les premiers concernés sont les personnes qui ont atteint le plafond de leur classe de salaire et ne bénéficient de plus aucune augmentation même si leurs prestations sont de très bonne qualité. Cela représente la moitié des employé(e)s. Ils ne verront à nouveau rien de l'excédent de plus de 2 milliards pronostiqué. 
</p><h3>Menaces sur la retraite anticipée </h3><p>La majorité de la Commission des finances du Conseil national (CdF-N) demande la suppression, dans le cadre du Programme de stabilisation, de la contribution patronale à la rente transitoire (rente-pont) versée en cas de retraite anticipée. Seraient concernées les catégories de personnel particulièrement exposées de l'armée, du corps des gardes-frontière et du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), dont celui de la Direction du développement et de la coopération (DDC). Pour les gardes-frontière, la retraite anticipée sert à tenir compte du fait que ces personnes ne sont guère en mesure d'exercer leur profession jusqu'à l'âge ordinaire de la retraite (65 ans). La même remarque vaut pour les employé(e)s du DFAE et de la DDC qui travaillent à l'étranger dans des endroits dangereux, qu'il s'agisse de catastrophes humanitaires ou de situations politiquement délicates. Et pour l'armée, la retraite anticipée n'est souvent rien d'autre que la compensation d'heures supplémentaires accumulées durant l'ensemble des années d'activité. Dans ces cas, les cotisations patronales destinées à la rente transitoire sont financées avec les gains réalisés sur les mutations, les employé(e)s plus jeunes étant moins chers que les plus âgés qui s'en vont. Le potentiel d'économies de cette mesure serait par conséquent minime, mais les personnes concernées seraient sensiblement touchées. Leur retraite anticipée est en jeu. 
</p><h3>Économies à gogo au détriment du personnel </h3><p>Mais ce n'est pas tout ! La majorité de la CdF-N va encore plus loin avec le Programme de stabilisation. Elle veut encore économiser 100 millions de plus en 2018 et autant en 2019 que ce que veut le Conseil fédéral. Et ces coupes devraient aussi être appliquées à l'effectif du personnel, ce qui, converti en postes de travail, en représenterait plus de 1 000. Le conseiller fédéral Ueli Maurer ne se lasse pas de répéter que l'effectif du personnel, qui représente toujours 8 % seulement de l'ensemble des dépenses de la Confédération, n'est pas un secteur approprié pour appliquer ces mesures d'économies à grande échelle. C'est pourtant exactement ce qui se passe à nouveau aujourd'hui. En plus des économies d'environ 28 millions de francs entraînées par les mesures salariales, le Conseil fédéral a déjà entrepris lui-même une nouvelle " coupe transversale " de 20 millions de francs, soit environ 100 postes de travail. Et la CdF-N arrive maintenant avec une nouvelle proposition de coupe de 50 millions. Ce qui devrait se traduire par la suppression de postes de travail et des licenciements. 
</p><h3>Stopper tout cela maintenant </h3><p>Il appartient maintenant au Parlement de stopper le démantèlement qui frappe le personnel de la Confédération. La pression qui s'exerce sur lui est forte, alors que ce n'est sans doute pas le travail qui manque. Quiconque prend la peine de regarder ce qu'il en est le voit bien. Et c'est là à tout le moins ce que l'on est en droit de demander aux représentant(e)s élus du peuple ! 
</p><p>L'USS rejette le Programme de stabilisation aussi pour des raisons économiques. Le frein à l'endettement est mal appliqué. Dans sa réponse à la <a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/mk-cp/230707/230707_PYM_Lohn-MK.pdf" class="download">consultation fédérale</a> à ce sujet, l'USS dresse la liste des mesures auxquelles il faut renoncer et donne les raisons de le faire. </p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4578</guid><pubDate>Wed, 23 Nov 2016 14:27:14 +0100</pubDate><title>Des aides financières pendant la formation continue</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/des-aides-financieres-pendant-la-formation-continue</link><description>Regards sur la session d’hiver - Message FRI 2017-2020</description><content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p><p class="lead">Le message Formation, Recherche et Innovation (FRI) 2017-2020 contient un programme assorti d’un budget de 26 milliards. Une des quatre priorités est une aide au financement des cours préparatoires aux examens professionnels fédéraux. Il ne reste qu’une petite divergence à éliminer. </p><p>Lors de la session d’automne, grâce aux nombreuses interventions des milieux concernés, les chambres ont adopté le cadre financier du message en augmentant de 395 millions la proposition du Conseil fédéral. C’est une belle victoire d’étape&nbsp;!
</p><p>Il reste une dernière petite divergence à lever lors de la session d’hiver&nbsp;: le moment où la nouvelle subvention aux cours préparatoires aux examens professionnels fédéraux (formation professionnelle supérieures, tertiaire B) sera versée. Il s’agit en effet de ne pas prétériter les personnes aux moyens financiers limités qui pourraient renoncer à suivre cette formation en raison du financement individuel à consentir au départ. Ces cours coûtent plus de Fr.10&nbsp;000.- en moyenne, ce qui constitue une somme souvent inabordable pour une famille de classe moyenne.
</p><p>Toutefois, les divergences sur la manière d’attribuer cette subvention étant minimes, la solution choisie va de toute manière apporter une amélioration bienvenue&nbsp;: il existera alors une possibilité de préfinancement pendant les études pour les personnes qui ont des difficultés financières.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4574</guid><pubDate>Wed, 23 Nov 2016 14:09:39 +0100</pubDate><title>Prévoyance vieillesse 2020 – Le Conseil des Etats tient le bon cap</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/prevoyance-vieillesse-2020-le-conseil-des-etats-tient-le-bon-cap</link><description>Aperçu de la session d’hiver - Au Conseil des Etats de rééquilibrer la réforme</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil des Etats reprend à la session d’hiver le projet Prévoyance vieillesse 2020. Des différences importantes entre les deux chambres concernent la compensation de la baisse du taux de conversion minimal, le financement additionnel de l’AVS, l’augmentation automatique de l’âge de l’AVS et les rentes de veuve et d’orphelin. </p><p>La commission préparatoire du Conseil des Etats a présenté ses propositions le 9 novembre. Elle suit en grande partie les décisions déjà prises par le Conseil des Etats&nbsp;: </p><ul><li>Maintien du supplément AVS de Fr. 70.- et amélioration du plafond pour les couples à 155&nbsp;%</li><li>Meilleure couverture du travail à temps partiel dans la prévoyance professionnelle&nbsp;: la déduction de coordination représente 40&nbsp;% du salaire annuel, montant maximum = Fr. 21&nbsp;150.- </li><li>Financement additionnel par la TVA&nbsp;: augmentation progressive de 1&nbsp;%</li><li>Pas d’augmentation automatique de l’âge de la retraite</li><li>Pas d’adaptation des rentes de veuve et d’orphelin</li></ul><h3>Augmenter les rentes AVS pour compenser les pertes de rentes</h3><p>L’USS salue la direction prise par la commission du Conseil des Etats. Elle considère que la mesure proposée par le Conseil national de compenser la perte de rente uniquement dans la prévoyance professionnelle obligatoire est une mauvaise solution, en raison de la mauvaise forme du 2e pilier. La charge des cotisations pour les assuré(e)s serait bien trop élevée, en particulier pour les salarié(e)s aux revenus modestes. Un exemple&nbsp;: une salariée de 30 ans qui a un revenu de 3000 francs par mois verrait son salaire assuré dans la prévoyance professionnelle obligatoire passer d’actuellement Fr. 11&nbsp;325.- à Fr. 36&nbsp;000.- . La salarié(e)s qui payait jusqu’à présent Fr. 33.- par mois de bonification de vieillesse, devrait en payer Fr.135.- par mois. L’entreprise devra s’acquitter de la même hausse de cotisations. Pour les revenus moyens également, quand on compare les propositions des deux chambres, la variante du Conseil des Etats s’avère être 6 fois meilleur marché. 
</p><h3>Pas de mécanisme d’intervention, ni de retraite à 67 ans </h3><p>L’USS rejette catégoriquement le mécanisme d’intervention prévoyant des mesures automatiques dans l’AVS. Le mécanisme de stabilisation n’est rien d’autre qu’une hausse générale de l’âge de la retraite à 67&nbsp;ans bien camouflée. C’est à nouveau une tentative de coup de force, qui, en regard de la situation des travailleurs et travailleuses âgés sur le marché du travail est cynique et n’aurait de ce fait aucune chance en votation populaire. Pour garantir l’AVS, il faut par conséquent un financement additionnel d’un point de TVA, comme le demande le Conseil des Etats. Suite au transfert du financement additionnel de l’AI à l’AVS, la population ne ressentirait qu’une hausse de 0,7&nbsp;%.
</p><p><b>Résumé&nbsp;</b>: le Conseil des Etats s’efforce de conserver un certain équilibre dans la réforme. Le Conseil national ne fait que soumettre des dégradations sur tous les points importants à la population. Espérons donc que la chambre haute s’en tiendra résolument à ses propositions. </p>]]></content:encoded><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4570</guid><pubDate>Tue, 22 Nov 2016 16:19:01 +0100</pubDate><title>Ne renonçons pas à la Charte sociale européenne</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/ne-renoncons-pas-a-la-charte-sociale-europeenne</link><description>Regards sur la session d’hiver – Une motion isolationniste</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le conseiller national UDC de Courten exige dans une motion que la Suisse renonce à la ratification de la Charte sociale européenne. La Commission de la politique extérieure du Conseil des Etats a refusé la demande par 7 voix contre 4. La Chambre haute traite la motion pendant la session d’hiver. 
</p><p>&nbsp;</p><p>Si la Suisse acceptait cette motion isolationniste sortie de la fabrique UDC, un très mauvais signal serait lancé au Conseil de l’Europe. Cette charte, qui énonce des droits comme des libertés et qui établit un système de contrôle garantissant leur respect par les États parties, est en effet un élément important du Conseil de l’Europe. Y renoncer serait fatal, précisément en ce moment où l’UDC s’oppose régulièrement aux droits humains avec ses initiatives. 
</p><p>L’USS souligne en outre que la motion est problématique selon certains principes de l’Etat de droit puisque le Conseil fédéral est autorisé à signer indépendamment des conventions, mais pas à les ratifier. Et dans ce cas, le Parlement interviendrait à titre préventif. 
</p><p>L’USS demande au Parlement de refuser la motion.</p>]]></content:encoded><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4569</guid><pubDate>Tue, 22 Nov 2016 15:56:45 +0100</pubDate><title>Art. 121a: le modèle des Etats garantit les Bilatérales et améliore la recherche d&#039;emploi</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/art-121a-le-modele-des-etats-garantit-les-bilaterales-et-ameliore-la-recherche-demploi</link><description>Regards sur la session d’hiver – Mise en œuvre de l&#039;initiative contre l’immigration de masse </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La question de la mise en œuvre de l’art. 121a Cst. doit être close à la session d’hiver des Chambres fédérales. Le modèle du Conseil des Etats, qui propose une obligation d’annonce des postes vacants, garantit les Accords bilatéraux et améliore les chances des personnes défavorisées quand elles recherchent un emploi. </p><p>La Commission des institutions politiques du Conseil des Etats (CIP-E) propose à une courte majorité que les entreprises de branches et d’activités où le chômage est plus élevé que la moyenne soient obligées d’annoncer les postes vacants. Ce modèle reprend une revendication de l’USS qui a été présentée pour la première fois au public à sa conférence de presse annuelle de janvier 2016.
</p><h3>Donner une chance dans la recherche d’emploi </h3><p>L’accès aux postes vacants doit dans un premier temps n’être accessible qu’aux personnes en recherche d’emploi. Les Offices régionaux de placement (ORP) peuvent indiquer aux employeurs les personnes qui recherchent un emploi. Celles-ci seront ensuite invitées à un entretien d’embauche. L’employeur doit ensuite se justifier auprès de l’ORP pourquoi il n’embauche pas la personne en question. Pour éviter les répercussions négatives (augmentation du travail temporaire) la CIP-E a donné un mandat fixé dans la loi allant dans ce sens au Conseil fédéral. 
</p><p>A la différence de la proposition du Conseil national, l’obligation d’annonce est indépendante de l’immigration (seuils). Les éventuelles réticences quant à la compatibilité de la variante du Conseil national avec la libre circulation des personnes sont de ce fait éliminées. La CIP-E a en outre éliminé les exceptions pour les séjours de courte durée de moins de neuf mois. Ces exceptions auraient encouragé les conditions de travail précaires. Les plafonds dans le domaine de l’asile devraient aussi disparaître. Cette mesure provient du Conseil fédéral&nbsp;!
</p><p>Malheureusement, seule une minorité de la commission salue une meilleure protection contre le licenciement pour les travailleurs et travailleuses âgés (modification du CO). Pourtant, une telle disposition se fait attendre depuis longtemps. Beaucoup de CCT ont déjà ce type de protections particulières pour les travailleurs et travailleuses âgés. Dans la pratique du Tribunal fédéral, un niveau de protection plus élevé pour les travailleurs âgés avec beaucoup d’ancienneté est aussi une réalité. 
</p><h3>Donner plus de chance aux personnes au chômage</h3><p>Pour rappel: presque tous les acteurs (Conseil fédéral, cantons, employeurs, entre autres) ont proposé après la votation du 14 février 2014 un système de contingents avec des exceptions pour les séjours de courte durée et des limitations dans le regroupement familial. Certains milieux ont même proposé de démanteler la protection des salaires. 
</p><p>A certains moments, les syndicats étaient quasiment les seuls à avoir mis en garde contre les répercussions négatives d’une telle évolution et à s’être engagés pour des mesures sociales et de marché du travail qui ne soient pas discriminatoires. L’obligation d’annonce ne va pas faire des miracles, mais elle va améliorer les chances des personnes qui recherchent un emploi d’en retrouver un, en particulier celles qui sont défavorisées sur le marché du travail, comme les chômeurs/euses âgés, celles qui reprennent une activité professionnelle après un arrêt. Le Secrétariat de l’USS a analysé les répercussions d’une obligation d’annonce en 2015 déjà et est arrivé à un très bon résultat, en faveur des personnes au chômage. 
</p><h3>Au sujet de la bureaucratie</h3><p>Le reproche sur la bureaucratie de cette mesure est tendancieux. Le système des contingents était bien plus bureaucratique. C’est justement la bureaucratie du système, en plus des conditions de travail précaires et la politique des bas salaires, qui a été un des arguments les plus importants pour le supprimer en Suisse. Par contre, l’obligation d’annonce qui est proposée maintenant est une mesure ciblée. Elle se restreint aux professions où il y a beaucoup de chômage. Quand un employeur met un poste au concours, il y aura aussi des chômeurs/euses qui seront en quête d’un tel poste. 
</p><h3>De bonnes expériences avec les ORP </h3><p>Actuellement, les ORP de nombreux cantons travaillent déjà avec les employeurs pour le placement des chômeurs/euses (p. ex. à Zurich ou dans le canton d’Argovie). Les expériences sont généralement positives pour toutes les parties. Il ne viendrait pas à l’idée d’un ORP de proposer à un employeur qui a annoncé un poste vacant une personne n’y correspondant pas. Cela ruinerait rapidement l’acceptation des compétences en placement des ORP auprès de tout le monde, employeurs et chômeurs/euses. 
</p><p>La mesure est en outre compatible avec l’Accord sur la libre circulation des personnes. L’obligation d’annonce, indépendante des chiffres de l’immigration, est déclenchée uniquement en raison du chômage en Suisse. Elle n’est pas discriminatoire, du fait que les frontaliers/ères, par exemple, qui sont tombés au chômage en Suisse, peuvent s’inscrire auprès d’un ORP. Il est par contre peu probable que les ORP croulent sous les demandes. Bien que cette possibilité existe déjà aujourd’hui, peu de frontaliers/ères l’utilisent. </p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4568</guid><pubDate>Tue, 22 Nov 2016 15:30:00 +0100</pubDate><title>Interventions pour davantage de conciliation </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/interventions-pour-davantage-de-conciliation</link><description>Regards sur la session d‘hiver – Congé parental et réduction du taux d’occupation </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Deux initiatives parlementaires exigent des mesures en faveur d’une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie privée. Elles vont dans le bon sens. </p><h3>Congé parental</h3><p>L’initiative parlementaire demande de poser les bases légales pour un congé parental de 14 semaines au maximum, en complément au congé de maternité, qui puisse être pris en partie ou complètement par le père. L’auteure de l’initiative, Rosemarie Quadranti (BD ZH), argumente qu’en Suisse, il n’y a aucune solution pour un congé paternité ni pour un congé parental. La Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national (CSSS-N) ne veut pas donner suite à l’initiative parlementaire (15&nbsp;:7&nbsp;; 1 abstention). Elle argue de coûts allant jusqu’à 1,4 milliard. Une minorité veut y donner suite en se référant au manque de personnel qualifié. 
</p><p>L’USS est clairement d’avis que le congé maternité de 14 semaines est une solution minimale. Une répartition juste du travail rémunéré et non rémunéré entre les sexes n’est possible que si les pères peuvent endosser leur rôle de personne de référence aux premiers stades de la vie de leur enfant. L’USS demande donc qu’en plus d’un congé maternité de 18 semaines payé à 100%, il y ait un congé paternité de 8 semaines et que les parents se partagent à égalité un congé parental de 24 semaines. Celui-ci doit bien sûr être financé solidairement, comme le congé paternité d’ailleurs aussi. Cette initiative parlementaire donne au Parlement une chance de mettre en route, en Suisse aussi, un congé parental moderne, comme c’est la règle dans bien des pays européens. 
</p><h3>Droit à une réduction du taux d'occupation suite à une naissance</h3><p>Les employé(e)s de la Confédération ont le droit de réduire leur taux d'occupation après la naissance d'un enfant de 20%, pour autant que leur taux ne descende pas en-dessous de 60%. Nadine Masshardt (PS BE) suggère par son initiative parlementaire que ce soit aussi le cas pour les autres salarié(e)s. Elle avance entre autres l’argument que les pères pourront ainsi plus s’impliquer dans la garde des enfants et que les mères resteront d’autant plus sur le marché du travail. 
</p><p>La Commission des affaires juridiques du Conseil national (CAJ-N) ne souhaite pas donner suite à cette initiative (12&nbsp;:11, 1 abstention) car elle estime qu’il s’agit d’une intervention dans le droit libéral du travail. L’importante minorité salue au contraire cette disposition et la considère comme favorable à l’égalité entre femmes et hommes, ainsi que comme un moyen de lutter contre le manque de personnel qualifié. &nbsp;
</p><p>La proposition est fondamentalement judicieuse d’un point de vue syndical, en particulier si le taux d’occupation ne peut être inférieur à 60%&nbsp;: une réduction – surtout temporaire – du temps de travail peut améliorer la compatibilité entre vie familiale et vie professionnelle. Mais il faut absolument que des incitations soient aussi créées pour que les pères fassent usage de leur droit à un taux d’occupation réduit. Car le travail à temps partiel est une arme à double tranchant&nbsp;: si les femmes travaillent principalement à temps partiel, cela signifie pour elles qu’elles perdront de l’argent, qu’elles auront à subir des lacunes dans leur prévoyance professionnelle et que leur carrière en souffrira. Par conséquent, la disposition devrait aussi aller de pair avec le droit d’à nouveau augmenter le taux d’activité après une réduction pour des raisons familiales. 
</p><p>Avec cette initiative parlementaire, l’USS attend que le Conseil national s’attaque à l’amélioration de la conciliation entre vie privée et vie professionnelle. Sur le chemin de l’égalité entre hommes et femmes, une réduction significative de la durée du travail est à moyen terme la mesure la plus appropriée plutôt que de continuer à prendre les femmes au piège du temps partiel. </p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4567</guid><pubDate>Tue, 22 Nov 2016 15:16:15 +0100</pubDate><title>Pour améliorer l’accueil des enfants, il faut plus de moyens financiers</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/pour-ameliorer-l-accueil-des-enfants-il-faut-plus-de-moyens-financiers</link><description>Regards sur la session d’hiver – Aide financière à l’accueil extrafamilial des enfants</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Si on veut que les femmes soient davantage employées dans des emplois qualifiés, il faut aussi améliorer la conciliation entre travail et vie privée. Mais il faut alors aussi augmenter les moyens financiers pour ce faire. Comment une commission du Conseil des Etats peut-elle s’opposer à une telle approche&nbsp;? </p><p>Le Conseil fédéral a demandé, dans le cadre de l’initiative visant à pallier la pénurie de personnel qualifié, une prolongation des aides financières à l’accueil extrafamilial pour les enfants&nbsp;: 100 millions devraient soutenir pendant 5 ans les cantons et les communes qui baissent les contributions parentales. Des projets qui répondent mieux aux besoins des parents actifs professionnellement reçoivent aussi des soutiens. 
</p><p>La proposition avait soulevé une forte approbation pendant la procédure de consultation&nbsp;: elle a recueilli le soutien de 83 des 103 participant(e)s à la procédure, dont 18 cantons, tous les partis sauf l’UDC et le PLR, ainsi que les associations faîtières des communes, des villes et des régions de montagne. Sept autres participant(e)s à la procédure de consultation ont cautionné les projets qui répondent aux besoins des parents, dont parmi eux, l’Union patronale suisse. 
</p><h3>Le retour en arrière…</h3><p>La Commission de la science, de l'éducation et de la culture du Conseil des Etats a décidé le 7 novembre, avec la voix prépondérante de la présidente de la commission, de ne pas entrer en matière. En raison du secret de commission, on ne sait pas pourquoi la commission du Conseil des Etat a refusé d’entrer en matière. Il est toutefois clair qu’à l’audition si deux associations économiques étaient certes invitées (économiesuisse et l’Union patronale suisse), les représentant(e)s des salarié(e)s ne l’étaient pas. Il est aussi clair qu’avec la voix prépondérante donnée par la présidente de la commission, au moins un membre PDC a viré de bord et s’est positionné contre son propre «&nbsp;parti des familles&nbsp;». 
</p><h3>… doit être corrigé</h3><p>Le plénum se prononce le 28 novembre. Il est pour l’USS évident que le Conseil des Etats doit corriger la décision incompréhensible de sa commission. Si on veut sérieusement lutter contre la pénurie de personnel qualifié et concrétiser l’égalité entre femmes et hommes, il faut créer les conditions cadre adéquates. Pour la société, la conciliation entre vie privée et vie professionnelle est un pilier important de la politique d’égalité et une condition préalable pour une répartition juste entre le travail rémunéré et non rémunéré entre femmes et hommes. 
</p><p>Dans ce domaine, la Suisse a du retard sur les autres pays de l’Union européenne. En comparaison internationale, les parents doivent assumer une part bien trop élevée des frais de garde extrafamiliale, alors que la participation des pouvoirs publics est trop faible. Cela alors qu’une place d’accueil coûte globalement un montant similaire, corrigé du pouvoir d’achat, que dans les autres pays européens. L’injection de fonds est urgemment nécessaire pour rééquilibrer quelque peu la situation.
</p><h3>Du pain sur la planche &nbsp;</h3><p>La proposition du Conseil fédéral ne suffit cependant pas pour supprimer le malaise de la conciliation en Suisse&nbsp;: le crédit d’engagement de 100 millions est, du point de vue de la participation jusqu’à présent très modique des pouvoirs publics à l’accueil extrafamilial des enfants en Suisse, bien trop faible pour pouvoir combler les lacunes. L’USS exige une contribution des pouvoirs publics à l’accueil extrafamilial des enfants d’au moins 1&nbsp;% du PIB.
</p><p>Il y a encore beaucoup à faire pour améliorer la qualité et les conditions de travail dans les institutions qui accueillent les enfants&nbsp;: presque la moitié des personnes qui travaillent dans ce type d’établissement n’est toujours pas formée. Il manque aussi une convention collective de travail dans l’accueil extrafamilial des enfants. Raison pour laquelle, l’USS exige que la Confédération établisse des critères de qualité pour les établissements et les projets subventionnés ainsi que des standards minimaux pour les conditions d’embauche du personnel, en guise de condition pour le financement.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4565</guid><pubDate>Tue, 22 Nov 2016 13:38:44 +0100</pubDate><title>Bienvenue à la troisième génération!</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/bienvenue-a-la-troisieme-generation</link><description>Une large alliance en faveur de la naturalisation facilitée des petits-enfants d&#039;immigré(e)s </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Ils sont nés et ont grandi en Suisse, tout comme leurs parents avant eux. Notre pays est leur patrie. Mais ils doivent franchir les mêmes obstacles pour obtenir un passeport suisse que des étrangères et étrangers de première génération. Ce scénario, qui concerne encore aujourd’hui les étrangères et étrangers de 3e génération , doit désormais rejoindre les pages d’histoire. La population sera appelée à se prononcer le 12 février prochain.</p><p>Après huit ans de travaux parlementaires, une large majorité du Parlement s’est ralliée à la proposition visant à faciliter la naturalisation des étrangères et étrangers de 3e génération. Une large alliance interpartis partage la vision selon laquelle les personnes, dont les parents et les grands-parents ont déjà vécus en Suisse, font partie intégrante de notre pays et devraient donc pouvoir obtenir plus facilement le passeport rouge à croix blanche. Les syndicats, qui, du fait de leurs nombreux membres étrangers représentent les plus grandes associations de migrant(e)s de Suisse, soutiennent aussi ce projet. 
</p><p>Une demande de naturalisation devrait de toute manière être déposée si ce projet est accepté par le peuple: personne n’obtiendrait de naturalisation automatique. Cependant, les barrières qui compliquent l’accès à la participation au processus démocratique sera levé pour ces personnes. Ce projet est une reconnaissance pour les jeunes, dont les parents sont  déjà nés ou ont vécu ici et qui n’ont pas encore de passeport suisse.
</p><p>Le comité « OUI à la 3e génération » composé de représentant(e)s de presque tous les partis (PS, PLR, PDC, PBD, PVL, Verts et PEV) a présenté ce mardi, en conférence de presse, un appel intitulé «La Suisse doit reconnaître ses enfants!». Cet appel est porté par les anciens conseillers fédéraux Pascal Couchepin, Eveline Widmer-Schlumpf et Ruth Dreifuss. Ce large soutien met en lumière la chance que ces personnes représentent pour la Suisse. 
</p><p>Il apparaît donc comme logique de donner également des droits civiques et un droit de décision politique à part entière à la troisième génération.
</p><p>&nbsp;</p><h5>Fichiers</h5><p><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/kampagnen/ahvx13-avsx13/geschafft.png" class="download">L'Appel pour que la Suisse reconnaisse ses enfants (PDF)</a></p><p><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/kampagnen/ahvx13-avsx13/NousAvonsReussi.png" class="download">La documentation de la conférence de presse (PDF)<br></a></p><h5>Liens</h5><p><a href="http://www.sgb.ch/typo3/www.3eme-generation.ch" target="_blank" class="external-link-new-window">Le site du comité OUI à la 3e génération</a></p>]]></content:encoded><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4562</guid><pubDate>Mon, 21 Nov 2016 16:45:55 +0100</pubDate><title>2,7 à 2,9 milliards de pertes fiscales avec la RIE III</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/2-7-a-2-9-milliards-de-pertes-fiscales-avec-la-rie-iii</link><description>Une réforme très coûteuse!</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La Confédération, refroidie par ses prédictions massivement  en-dessous de la réalité pour la RIE II, ne veut plus se risquer à  articuler des chiffres sur les pertes fiscales pour les cantons et les  communes. La majorité des cantons a cependant fait l’exercice et  communiqué la manière dont ils souhaitaient mettre en œuvre la RIE III  et à combien ils estimaient les pertes fiscales. </p><p>Avec la RIE III, les cantons recevront désormais de la Confédération  21,2% des recettes provenant des impôts fédéraux directs (part  cantonale), au lieu de 17% actuellement. Cela représente 920 millions,  ainsi que 180 millions de péréquation des ressources. 
</p><p>La RIE III grève ainsi la caisse fédérale de 1240 à 1320 millions de  francs et les caisses des cantons de 1503,4 à 1593 millions.
</p><p>En additionnant les informations connues, on parvient à la coquette  somme de 2743,4 à 2913,4 millions de francs (y compris les pertes de la  Confédération). Certains cantons n’ont pas encore communiqué leurs  estimations. 
</p><p>Comme les chiffres sont disponibles, l’USS a fait le travail pour le Conseiller fédéral Maurer. Les voici. 
</p><p>&nbsp;</p><table style="width: 475px; height: 369px; " class="contenttable"><caption>Pertes fiscales des cantons et de la Confédération (en millions de francs) :</caption><tbody><tr><td><a href="http://www.fd.zh.ch/internet/finanzdirektion/de/themen/finanzpolitik/unternehmenssteuerreform.html" target="_blank" rel="noreferrer">Zurich</a></td><td> 635-725</td></tr><tr><td><a href="https://www.be.ch/portal/de/index/mediencenter/medienmitteilungen.assetref/dam/documents/portal/Medienmitteilungen/de/2016/08/2016-08-25-budget-steuerstrategie-de.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">Berne</a>&nbsp; </td><td>316</td></tr><tr><td><a href="https://www.baselland.ch/politik-und-behorden/direktionen/finanz-und-kirchendirektion/medienmitteilungen/umsetzung-der-unternehmenssteuerreform-iii-im/downloads/2016-08.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">BL</a></td><td> 112</td></tr><tr><td><a href="http://www.sgb.ch/typo3/www.bs.ch/dms/migrated/medienmitteilungen/2016/9/8/mm-mm-67084/48493-2_ratschlag_20160901.pdf/2_ratschlag_20160901.pdf" target="_blank">BS</a></td><td>171</td></tr><tr><td><a href="http://appl.fr.ch/friactu_inter/handler.ashx?fid=13180" target="_blank" rel="noreferrer">Fribourg</a></td><td> 96,8</td></tr><tr><td><a href="https://www.ag.ch/media/kanton_aargau/rr/dokumente_8/strategie_1/aufgaben_finanzplan/AFP-2017-Botschaft.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">Aarau</a></td><td>20</td></tr><tr><td><a href="http://www.sh.ch/fileadmin/Redaktoren/Dokumente/Medienmitteilungen/2016/2016-07-11-II-Praes.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">Schaffhouse</a></td><td>Baisse d'impôts de 16 à 12% - Pas d’infos sur les pertes</td></tr><tr><td><a href="https://www.tg.ch/public/upload/assets/21113/Erl%3Futernder%20Bericht%20Steuergesetzrevision.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">Thurgovie</a></td><td>35,8</td></tr><tr><td>St. Gallen </td><td>123,8 (réponse à l’interpellation 51.16.36)</td></tr><tr><td><a href="https://www.so.ch/fileadmin/internet/fd/fd-ksta/pdf/USRIII/USRIII_Pr%C3%A4sentation_Umsetzung.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">Soleure</a></td><td>141</td></tr><tr><td><a href="https://www.gr.ch/DE/Medien/Mitteilungen/MMStaka/2016/Seiten/2016102702.aspx" target="_blank" rel="noreferrer">Grisons</a></td><td>8</td></tr><tr><td><a href="https://www.zg.ch/behoerden/finanzdirektion/direktionssekretariat/aktuell/zug-bereitet-sich-auf-unternehmenssteuerreform-iii-vor" target="_blank" rel="noreferrer">Zoug</a></td><td>Baisse d'impôts de 16 à 12% - Pas d’infos sur les pertes </td></tr><tr><td><a href="http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/votations_elections/fichiers_pdf/Brochure-vote-RIE-III_version_web.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">Vaud</a></td><td>392</td></tr><tr><td><a href="https://www.ge.ch/conseil_etat/RIE-III/welcome.asp" target="_blank" rel="noreferrer">Genève</a></td><td>552</td></tr><tr><td>Autres cantons</td><td>Mise en œuvre pas encore connue</td></tr><tr><td><b>Total Cantons/Communes</b></td><td><b>2603,4-2693,4</b></td></tr></tbody></table><p>&nbsp;</p><p>La Confédération subira aussi des pertes fiscales, du fait quʼun impôt sur le bénéfice corrigé des intérêts sera introduit.
</p><p>&nbsp;</p><table style="width: 475px; height: 32px; " class="contenttable"><tbody><tr><td><a href="https://www.efd.admin.ch/efd/de/home/themen/steuern/steuern-national/reform-der-unternehmensbesteuerung--usr-iii-.html" target="_blank" rel="noreferrer">Confédération ................. &nbsp;</a></td><td>140-220 (impôt sur le bénéfice corrigé des intérêts)</td></tr></tbody></table><p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
</p><p>On aboutit ainsi aux pestes fiscales suivantes pour la Confédération, les cantons et les communes (en millions de francs)&nbsp;:</p><table class="contenttable"><tbody><tr><td><p><b>Total CH/</b></p><p><b>Cantons/Communes&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; <br></b></p></td><td><b> 2743,4-2913,4 </b></td></tr></tbody></table><p><b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br></b></p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4559</guid><pubDate>Wed, 16 Nov 2016 09:26:52 +0100</pubDate><title>Sortie du nucléaire: plus d’emplois</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/sortie-du-nucleaire-plus-d-emplois</link><description>Encore une raison de dire OUI le 27 novembre</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les derniers sondages montrent que le résultat sera serré et que chaque voix compte. Raison pour laquelle l’USS appelle tous les citoyen-ne-s à voter en faveur de la sortie du nucléaire. Des raisons de politique énergétique et environnementale plaident pour la sortie. Mais du point de vue de l’emploi aussi, un OUI va avoir des retombées positives. </p><p>La Fondation Suisse de l’Énergie (SES) a publié ces jours une étude de la Haute école en sciences appliqués de Zurich. Elle s’intitule «&nbsp;Les effets sur l’emploi de la sortie du nucléaire en Suisse&nbsp;» et montre que le solde pour l’emploi du tournant énergétique est positif. En résumé, l’étude dit&nbsp;: plus vite nous sortirons du nucléaire, plus nous passerons de manière conséquente à des énergies renouvelables, plus les effets sur le marché du travail seront alors positifs.
</p><h3>Le démantèlement crée des emplois </h3><p>Une «&nbsp;étude de complaisance&nbsp;» diront les opposant(e)s à l’initiative des Verts. On pourrait conclure cela si l’on ne prenait pas la peine de la lire. Les calculs de cette étude sont très conservateurs puisqu’ils ignorent complètement des aspects importants. En effet, elle ne dénombre que les pertes d’emplois dues au débranchement des centrales nucléaires, mais pas les emplois qui seraient créés par le démantèlement des centrales, des emplois qui ne se limiteraient pas à la seule branche de la construction. 
</p><p>L’Allemagne a une longue expérience en la matière. Les centrales de Rheinsberg et Lubmin près de Greifswald ont été débranchées après la chute du mur et suivent un processus de démantèlement depuis un quart de siècle. Cette année, 100 nouveaux emplois ont encore été mis au concours. Le démantèlement des deux centrales s’avère extrêmement complexe parce qu’il était impossible d’évaluer à l’avance la contamination d’importantes parties de la structure. Beaucoup de processus doivent être créés sur mesure. Ces expériences ne peuvent être simplement transposées aux centrales suisses, étant donné que les réacteurs sont de type différent. Il est toutefois certain que localement, la sortie du nucléaire va créer des postes de travail pendant des décennies, et en outre, des emplois pour du personnel qualifié.&nbsp; 
</p><h3>Pour 2000 de moins, 8000 de plus</h3><p>Mais revenons à l’étude zurichoise: elle table sur la perte de 2000 emplois dans les cinq centrales nucléaires d’ici à 2029 si l’initiative était acceptée et que l’énergie nucléaire devait entièrement être remplacée par du renouvelable. Mais en contrepartie, environ 8000 emplois seraient créés dans les énergies renouvelables. Si l’initiative était refusée, il faudrait compter sur une durée de vie des centrales de facilement 60 ans. Il y aurait là aussi des suppressions de postes, mais l’effet positif sur l’emploi serait bien moindre. Il ne se situerait qu’à 2000 emplois nets, dans la mesure où la stratégie énergétique 2050 était aussi mise en œuvre. Là encore, les emplois qu’implique le démantèlement ne sont pas pris en compte. Les auteurs de l’étude sont d’ailleurs convaincus que la sortie du nucléaire aurait encore un effet positif sur le marché de l’emploi, même si la stratégie énergétique était refusée. Car dans ce cas-là aussi, il faudrait développer un minimum de photovoltaïque, ce qui génèrerait malgré tout 500 emplois nets. 
</p><p>Sans exagérer dans l’optimisme, la sortie du nucléaire chouchoute l’emploi!</p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4556</guid><pubDate>Wed, 09 Nov 2016 15:21:32 +0100</pubDate><title>La qualité des soins avant la rentabilité dans les hôpitaux!</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/la-qualite-des-soins-avant-la-rentabilite-dans-les-hopitaux</link><description>Il faut mettre un frein à la dangereuse politique hospitalière actuelle </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le personnel hospitalier n’en peut plus! Soumis à des pressions insoutenables, il est au bord de l’effondrement. Le 3 novembre dernier, il a fait résonner l’alarme dans de nombreux hôpitaux de tout le pays, à l’appel du SSP. La première étape d’une campagne nationale a ainsi été lancée. Une pétition récolte actuellement des signatures pour soutenir les hôpitaux et les conditions de travail du personnel soignant. </p><p>Les actions ont pris diverses formes dans l’entier du secteur hospitalier suisse: distributions de tracts, discussions, stands d’information, rassemblements ou même une manifestation à Lausanne. Autant de manières de dénoncer la dégradation des conditions de travail dans les hôpitaux publics. Le nouveau système de financement hospitalier qui accroît la concurrence entre les hôpitaux, au profit des seules cliniques privées, et les politiques cantonales d’économies qui se suivent – avec leur lot de rationalisation et de suppressions de postes - mettent sérieusement en difficulté le personnel soignant.
</p><h3>Dégradation des conditions de travail et de la qualité des soins</h3><p>Le constat pour le personnel des hôpitaux publics est amère: les collègues malades ne sont souvent pas remplacés, la dotation est insuffisante, la flexibilité des horaires est de plus en plus incontrôlable. Avec comme conséquence une augmentation du stress et de l’épuisement professionnel. Les salaires ont tendance à se tasser et les contrats de travail précaires s’accumulent, toujours plus de tâches sont assurées par des temporaires. Cette politique dévastatrice met aussi en péril la qualité des soins et des prestations. Elle a également une incidence évidente sur le recrutement de main d’œuvre qualifiée. 
</p><h3>Campagne lancée à l’échelle nationale</h3><p>Cette journée d’action représente la première étape de la campagne nationale «&nbsp;La qualité des soins avant la rentabilité&nbsp;». Car l’enjeu hospitalier est bel et bien national, et dépend d’une loi, la LAMAL, qui ouvre une large brèche pour privatiser le secteur. Les nombreuses actions du 3 novembre ont permis de communiquer aux autorités cantonales et aux directions hospitalières le ras-le-bol du personnel face à des injonctions contradictoires: d’un côté des patient(e)s qui réclament - à juste titre - des soins de qualité&nbsp;; de l’autre, les directives à l’interne ordonnant de faire plus avec toujours moins.
</p><h3>Pétition pour défendre les hôpitaux et les conditions de travail du personnel</h3><p>Pour accompagner les revendications du personnel dans cette campagne, une <a href="https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScUw8S8DJKs6glpt5nSZjDzXwqMoG2u7QvZTB76oah5dcJrWA/viewform?c=0&amp;w=1" target="_blank" rel="noreferrer">pétition</a> a été lancée qui rencontre un grand succès. Elle demande notamment que tous les hôpitaux bénéficiant de subventions étatiques aient l’obligation de respecter les conditions de travail et les salaires en vigueur dans les hôpitaux publics, que les dotations en personnel soient suffisantes par rapport au nombre d’hospitalisations et que les employé(e)s fixes et temporaires soient traités à égalité. Les temps de repos et la planification des horaires figurent également dans ce cahier de revendications. Un «&nbsp;<a href="https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSeHqaDe0oeIJQAqaq-IGmP1DsE2wntuhw7fpzmKLMO5kkVnFA/viewform?c=0&amp;w=1" target="_blank" rel="noreferrer">Stresstest</a>&nbsp;» pour évaluer les conditions de travail a également été mis à la disposition du personnel hospitalier. 
</p><p>Les conditions de travail du personnel soignant concernent toute la population qui est en droit de bénéficier de soins de qualité. Cette préoccupation doit maintenant sortir des couloirs aseptisés des hôpitaux et susciter le débat sur la place publique. N’hésitez donc pas à signer la pétition&nbsp;! 
</p><p>Plus d’informations sur la campagne du SSP <a href="http://www.ssp-vpod.ch/secteurs/mobilisation-3-novembre.html" target="_blank" rel="noreferrer">ici…</a></p>]]></content:encoded><category>Santé</category><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4554</guid><pubDate>Wed, 09 Nov 2016 11:33:21 +0100</pubDate><title>Anciens contingents : inhumains et économiquement nuisibles</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/anciens-contingents-inhumains-et-economiquement-nuisibles</link><description>Une brochure de l&#039;USS présente les faits et quelques témoignages sur les contingents et le statut de saisonnier</description><content:encoded><![CDATA[<p>C'est là le titre, très parlant, de la brochure d'une vingtaine de pages que l'USS vient de publier. Ses auteurs sont Daniel Lampart, premier secrétaire de l'USS, Franziska Bender, collaboratrice scientifique de l'USS, et Ralph Hug, journaliste. Elle décrit la dureté du statut de saisonnier introduit en 1934 et prouve que le contingentement des travailleurs étrangers a été nuisible pour notre économie.</p><p>L'extrême dureté des conditions de vie et de travail de ces " travailleurs invités " (" Gastarbeiter ") comme le décrit si cyniquement la langue allemande, est avant tout illustrée par trois portraits d'anciens saisonniers. Car la Suisse ne souhaitait en fait qu'obtenir de la main d'œuvre anonyme, soumise, interchangeable et surtout bon marché: Et pourtant : " On avait fait appel à de la main-d'œuvre, et ce sont des hommes qui sont arrivés ", comme l'écrivain avec justesse en 1965 le grand écrivain alémanique Max Frisch. Car il s'agissait de ravaler des gens au niveau d'une simple main-d'œuvre, ces portraits illustrent clairement ce phénomène sous ses principales facettes peu glorieuses : interdiction du regroupement familial, logements souvent en pitoyable état, isolement, visites sanitaires humiliantes aux frontières, risque de subir le chantage du patron parce que le changement d'emploi était interdit. Sans parler des enfants cachés, parce que dans l'illégalité...</p><p>Et l'aspect économique ? À cause de l'existence de contingents, il y avait beaucoup de travail au noir, surtout dans l'agriculture et la construction. De plus, les saisonniers étaient clairement moins bien payés que les autochtones. La sous-enchère salariale était de ce fait une triste réalité bien présente. Et parce que l'État ne voulait pas que les saisonniers s'intègrent dans notre société, il misa sur le principe de la rotation de ces derniers. Ce qui fit aussi obstacle à une bonne organisation du travail, au développement d'un esprit d'équipe et freina l'innovation, conduisant l'économie à des retards de productivité.</p><p>Bref, un monde dont on devrait avoir honte, un monde qui ne peut servir de modèle d'avenir que pour que quelques fanatiques par définition incorrigibles.</p><p>Commandes</p><p>Vous pouvez commander des brochures imprimées à <a href="#" data-mailto-token="thpsav1pumvGzni5jo" data-mailto-vector="7" class="mail">info(at)sgb.ch</a></p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4550</guid><pubDate>Tue, 08 Nov 2016 10:54:17 +0100</pubDate><title>Accueil extrafamilial des enfants: la commission du Conseil des Etats bloque</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/accueil-extrafamilial-des-enfants-la-commission-du-conseil-des-etats-bloque</link><description>L’initiative visant à combattre la pénurie de personnel qualifié perd chaque jour un peu plus de couleur</description><content:encoded><![CDATA[<p class="Text">L’initiative de la Confédération visant à combattre la pénurie de personnel qualifié reste pour l’instant un tigre de papier: dégoulinant de déclarations de bonnes intentions mais rien de concret derrière. Le Conseil fédéral a mis en consultation une seule mesure qui aurait pu avoir un effet&nbsp;: 100 millions de francs devraient être investis pour que les communes et les cantons puissent offrir un accueil extrafamilial des enfants un peu moins cher et s’adaptant mieux aux besoins des parents. Une peccadille en comparaison des 5 milliards du budget de l’armée, par exemple. C’est une goutte dans l’océan, mais qui a tout de même le mérite d’exister. Cette mesure a d’ailleurs reçu les faveurs de 83 des 103 organisations consultées, dont tous les partis, à part le PLR et l’UDC. </p><p class="Text">Et pourtant, le 8 novembre, la Commission de la science, de l'éducation et de la culture du Conseil des Etats (CSEC) a décidé qu’elle n’entrerait pas en matière sur cette proposition. Fait croustillant, c’est la présidente de la commission, une PDC, le parti qui défend les familles et a salué cette mesure en consultation, qui a fait pencher la balance vers la non-entrée en matière. Mais l’avis de la majorité bourgeoise de la CSEC semblait déjà établi, avant le débat déjà&nbsp;: pendant l’audition en commission, les employeurs et l’économie avec économiesuisse, l’Union patronale suisse et kibesuisse étaient massivement sous-représentés, alors que les syndicats n’étaient tout simplement pas invités. On fait appel aux salarié(e)s en tant que main-d’œuvre, mais quant à ce dont ils ont besoin pour vraiment participer au marché du travail, cela n’intéresse pas la droite. &nbsp;&nbsp;</p><p class="Text">L’initiative visant à combattre la pénurie de personnel qualifié va ainsi continuer à traîner et ne doit surtout rien coûter. Voilà une politique que l’on ne peut désigner comme cherchant des solutions. Si le Conseil des Etats devait suivre sa commission dans cette mauvaise direction, la politique suisse montrerait alors des signes de grande pauvreté.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4549</guid><pubDate>Mon, 07 Nov 2016 16:54:58 +0100</pubDate><title>Le temps est venu de sortir du nucléaire</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/le-temps-est-venu-de-sortir-du-nucleaire</link><description>L&#039;USS est depuis 30 ans pour l&#039;abandon de l&#039;énergie atomique. </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le prix de l‘électricité prendrait l’ascenseur, l’approvisionnement en électricité ne serait plus assuré et les retombées négatives sur le climat augmenteraient. C’est avec ces affirmations que les groupes énergétiques combattent l’initiative pour sortir du nucléaire. Le problème est qu’elles ne sont pas justes.</p><p>Les grands groupes fournisseurs d’énergie montrent de manière aussi crue qu’alarmante que c’est bien le business qui leur importe avant tout, mais pas la sécurité. Ils se plaignent d’ailleurs des exigences de sécurité de l’autorité de surveillance, l’IFSN et réclament déjà des milliards d’indemnités. Ils se sont ainsi aliéné les dernières sympathies. Leur ligne pour combattre l’initiative se résume essentiellement à brandir l’épouvantail de l’augmentation des prix du courant, du manque de sécurité de l’approvisionnement et de l’impact sur le climat qu’aurait l’importation d’électricité provenant de centrales à charbon. Des chiffres rocambolesques sont avancés, pour être immédiatement démentis. 
</p><h3>Les prix de l’électricité ne vont pas monter en flèche, même avec un OUI </h3><p>Le fait est qu’il n’y a encore jamais eu de moment plus opportun qu’aujourd’hui pour sortir du nucléaire: les prix de l’électricité resteront bas si l’initiative est acceptée parce qu’il y a une surproduction d’électricité sur le plan européen, situation qui ne changerait que si l’économie reprenait rapidement et si les certificats d’émission de CO2 devenaient radicalement plus chers. Malheureusement, aucune des deux solutions n’est en vue. Et les prix de l’électricité suisse sont déterminés par les prix européens. &nbsp;
</p><h3>L’approvisionnement est aussi stable, même avec un OUI </h3><p>Le deuxième argument n’est pas non plus correct&nbsp;: l’approvisionnement en Suisse est stable à un niveau élevé parce que la Suisse dispose du réseau électrique le plus dense d’Europe. Aujourd’hui déjà, une énorme quantité d’électricité entre et sort de Suisse. L’approvisionnement ne sera jamais mis en danger par le débranchement des centrales nucléaires. 
</p><h3>Bilan climatique: quand on veut…</h3><p>Le bilan CO2 de la production d’énergie en Suisse ainsi qu’à l’étranger est bon. Il est meilleur que le bilan européen étant donné qu’en Suisse, l’électricité est produite à 60% par la force hydraulique et à l’étranger, les entreprises électriques suisses apportent une contribution à grande échelle à des installations éoliennes dans le Nord de l’Allemagne. Mais ce courant n’aboutit pas physiquement en Suisse. Toutefois, le bilan climatique peut rester bon si les alternatives sont exploitées&nbsp;: plus de couplage chaleur-force, l’interdiction des chauffages électriques, l’exportation réduite de l’énergie hydraulique propre et naturellement, plus de dynamique dans les projets d’énergie renouvelable dans le pays. Quand on veut, on peut! Cette position n’est absolument pas utopique, mais pragmatique. Si quelqu’un est contre la sortie du nucléaire pour des raisons de protection de l’environnement, il ignore non seulement le risque que représente un accident, mais aussi le problème non résolu sur le plan mondial, et qui s’aggrave toujours plus, du stockage des déchets. 
</p><h3>USS: depuis 30 ans pour la sortie du nucléaire</h3><p>Si l’initiative pour sortir du nucléaire gagnait dans les urnes le 27 novembre, les syndicats de l’USS pourraient célébrer un anniversaire rond. En effet, il y a presqu’exactement 30 ans, le Congrès de l’USS de 1986 avait décidé de soutenir la sortie du nucléaire. L’accident de Tschernobyl avait provoqué cette prise de position unanime. Les syndicats s’étaient alors positionnés à la tête d’un mouvement avec d’autres forces progressistes. Ils sont restés inébranlables, bien que presque tous les membres qui travaillaient pour des entreprises électriques aient quitté les syndicats pour cette raison. </p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4544</guid><pubDate>Thu, 03 Nov 2016 14:31:13 +0100</pubDate><title>Combat pour l&#039;AVS : c’est le commencement, pas la fin</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/combat-pour-lavs-c-est-le-commencement-pas-la-fin</link><description>Paul Rechsteiner, président de l&#039;USS, s&#039;adresse aux délégué(e)s</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les rentes du 2e pilier n'arrêtent pas de plonger. Une bombe sociale à retardement. La seule issue à ce problème, c'est le renforcement de l'AVS. Seule cette dernière est en mesure d'améliorer à peu de frais les rentes de toutes celles et tous ceux qui en ont besoin. Ci-après, le discours avec lequel le président de l'Union syndicale suisse (USS), Paul Rechsteiner, a ouvert l'Assemblée des délégué(e)s de l'USS du 4 novembre 2016.</p><p>Il y a quelques d'années, les délégué(e)s de l'USS ont décidé de remettre l'AVS au centre du débat politique. Après des années de défensive, nous voulions enfin reprendre l'offensive sur le thème des rentes. Conséquence de ces décisions ; le lancement de l'initiative populaire AVSplus afin d'améliorer les rentes AVS de 10 %. Le 25 septembre dernier, nous ne sommes malheureusement pas parvenus à nos fins lors de la votation populaire.
</p><p>Cela n'est pas imputable à la teneur, ni à la qualité de notre initiative, ni non plus à l'engagement de nombreux syndicalistes. Je remercie cordialement pour leur engagement toutes celles et tous ceux qui se sont battus avec une si grande ténacité.
</p><p>Avec ce scrutin sur une augmentation des rentes de l'AVS qui n'avait que trop attendu, nous étions confrontés à une campagne d'une ampleur jamais vue depuis longtemps, qui avait pour but de faire peur aux gens et de les abrutir. Alors qu'elle est une assurance sociale au financement génial, et cela aussi en comparaison internationale, l'AVS a été systématiquement dénigrée. De manière irresponsable, les générations ont été montées les unes contre les autres, les jeunes dressés contre les vieux, alors que l'AVS est l'assurance sociale qui garantit la meilleure compensation des inégalités, aussi entre les générations. Ceux qui ont combattu AVSplus en prétendant qu'elle nuirait aux pauvres parmi les pauvres qui reçoivent des prestations complémentaires ont décroché la timbale. Le cynisme n'a pas de frontières, car ce sont les mêmes qui veulent imposer un démantèlement à hauteur de centaines de millions de francs dans les prestations complémentaires.
</p><p>Les médias, surtout suisses-alémaniques, ont été un chapitre trouble ici, comme ce fut déjà le cas par le passé lorsqu'il était question de rentes. Oublieux de leur mission d'information, ils ont mené une campagne caricaturale contre nous. La télévision suisse-alémanique, un média du service public, a même réussi à tout simplement passer sous silence dans son Téléjournal la plus grande manifestation nationale de ces dernières années : notre manifestation du 10 septembre pour l'AVS.
</p><p>Néanmoins, plus de 40 % des suffrages, soit en tout presqu'un million de personnes, ont dit oui à notre initiative. Et la majorité des cantons de Suisse romande ainsi que celui du Tessin ont dit oui. Nous aurions bien sûr voulu et dû gagner. Mais le petit million de personnes qui a dit oui est un investissement important pour les combats de demain sur la prévoyance vieillesse.
</p><p>La confrontation autour du projet " Prévoyance vieillesse 2020 " n'est qu'un début. Nous devons faire échouer, et le ferons, les provocations antisociales du Conseil national.
</p><p>Mais ce qui se passe aujourd'hui avec les rentes va nettement au-delà de " Prévoyance vieillesse 2020 ". Dans toute la Suisse, les rentes du 2e pilier sont baissées dans une mesure encore inimaginable il y a peu. On paie toujours plus de cotisations, mais pour des rentes qui baissent quand même.
</p><p>Le " taux de remplacement ", soit le montant de la rente par rapport au salaire, se dégrade toujours plus. Notre Constitution dit qu'une fois à la retraite, on doit pouvoir vivre décemment des rentes de l'AVS et du 2e pilier : " Maintenir de manière appropriée son niveau de vie antérieur ", comme elle le dit avec ses mots. Maintenir son niveau de vie une fois à la retraite est un objectif fondamentalement remis en question aujourd'hui. La dégradation constante des rentes du 2e pilier devient ainsi une bombe sociale à retardement.
</p><p>La seule issue à ce problème, c'est le renforcement de l'AVS. Seule cette dernière est en mesure d'améliorer à peu de frais les rentes de toutes celles et tous ceux qui en ont besoin.
</p><p>Tel est le débat que nous devons ouvrir et poursuivre, en en améliorant la qualité : le débat sur des rentes décentes pour la retraite, le débat sur le renforcement de l'AVS.
</p><p>Notre initiative populaire AVSplus n'a qu'ouvert une nouvelle confrontation violente. Ici, nous avons besoin d'un travail de longue haleine, de l'intelligence collective de notre mouvement et des nombreuses personnes qui ont confiance en nous. 4 novembre 2016 </p>]]></content:encoded><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4533</guid><pubDate>Tue, 25 Oct 2016 09:54:39 +0200</pubDate><title>Travailler plus longtemps et contribuer beaucoup plus ? Hors de question !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/travailler-plus-longtemps-et-contribuer-beaucoup-plus-hors-de-question</link><description>Prévoyance vieillesse 2020 : Redresser la barre</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> En matière de Prévoyance vieillesse 2020, il existe de profondes divergences de vue entre un Conseil des Etats pragmatique et un Conseil national à l'idéologie obstinée. Mais quelle route doit prendre le navire pour éviter le naufrage ?</p><p>Le Conseil national et le Conseil des Etats ont déjà pris deux décisions cruciales : le relèvement de l'âge de la retraite des femmes à 65 ans, et l'abaissement du taux de conversion minimum de 6,8 % à 6 %. Au moins, les deux chambres appellent de leurs vœux une compensation des pertes de rentes causées par cette diminution. 
</p><h3>Qui sait compter mise sur l'AVS </h3><p>Le Conseil des Etats veut rétablir l'équilibre par un supplément de 70 francs pour les futurs bénéficiaires de l'AVS et un relèvement à 155 % du plafond AVS des couples. En outre, il souhaite une prévoyance professionnelle obligatoire légèrement renforcée et la préservation des acquis pour la génération transitoire. Quant au Conseil national, il entend compenser la perte uniquement dans le deuxième pilier. S'il n'en tenait qu'à lui, la totalité du salaire brut serait assurée à la prévoyance professionnelle à partir d'un salaire annuel de 21 500.-. Or ce projet concocté par l'Union patronale coûte cher puisque selon l'Office fédéral des assurances sociales, son prix atteindrait les 4,5 milliards de francs en 2030. Par contre, la proposition du Conseil des Etats reviendrait à moins de 3 milliards de francs. 
</p><h3>Boomerang pour les gagne-petit </h3><p>Verser davantage au deuxième pilier serait difficile notamment pour les personnes à faible revenu. Un exemple : Agnès, 30 ans, salaire mensuel de 3000, assure aujourd'hui 11 325 Fr. au deuxième pilier. A l'avenir, pour le Conseil national, la somme assurée s'élèverait à 36 000.-. Aujourd'hui, Agnès verse 33.- par mois de bonifications de vieillesse - ce seraient 135.- à l'avenir, soit plus de 100.- supplémentaires. L'entreprise serait, elle aussi, appelée à débourser ce montant additionnel. Cela va faire mal au portefeuille. 
</p><p>Conclusion : Les salaires nets baisseraient et il deviendrait encore plus compliqué pour les personnes aux bas revenus de subvenir à leurs besoins essentiels. Dans bien des cas, les succès remportés par les campagnes syndicales pour le salaire minimum seraient anéantis en moins de deux. De plus, l'on peut s'attendre à ce que de nombreuses entreprises proposent des emplois à temps partiel pour moins de 21 150.- (le seuil d'entrée LPP) afin d'échapper à l'explosion des cotisations. 
</p><p>De son côté, le Conseil des Etats entend financer le supplément AVS par une augmentation des pourcentages salariaux de 0.15 % chacun. Avec ce modèle, Agnès et son entreprise ne devraient plus payer que 4,5 francs additionnels par mois chacune. 
</p><p>Mais pour les salaires moyens aussi, le modèle du Conseil des Etats s'avère beaucoup plus rentable. Prenons l'exemple de Manuel, 30 ans, salaire annuel 70 000.-. Avec la solution du Conseil des Etats, il devrait payer 472.- de plus par an, mais avec celle du Conseil national 3229.-. Les chiffres parlent d'eux-mêmes... Et expliquent pourquoi l'Union suisse des arts et métiers ne veut rien savoir de la proposition de la grande Chambre. 
</p><h3>Pas d'automatisme pour la retraite à 67 ans </h3><p>L'automatisme décidé par le Conseil national pour la retraite à 67 ans n'a rien à faire dans ce projet. La grande Chambre est résolue à refuser à l'AVS les ressources supplémentaires nécessaires et supportables, et à la prendre à la gorge pour imposer un relèvement de l'âge de la retraite. Et cela à une époque où il n'est guère d'entreprise qui souhaite employer un salarié de plus de 65 ans. Cet automatisme technocratique doit disparaître, même s'il est réglé par un autre projet, soumis au peuple lors d'une autre votation. 
</p><h3>Taxe sur la valeur ajoutée : pas de chantage par la petite porte </h3><p>L'USS ne l'a jamais nié : Les baby-boomers partent à la retraite et cela a un coût, au moins provisoire. C'est pourquoi une augmentation de la TVA de 1 % est nécessaire. Le Conseil des Etats en a décidé ainsi. Pour sa part, le Conseil national est favorable à 0,6 %. Son intention est claire : pousser l'AVS au déficit afin d'imposer la retraite à 67 ans. 
</p><h3>Revenir à la raison, revoir sa position </h3><p>Compenser les diminutions des rentes décidées dans le deuxième pilier par un supplément AVS, enterrer la retraite à 67 ans, assurer un financement suffisant de l'AVS : telles sont, en résumé, les trois clés qui garantissent un certain équilibre au projet. Le Conseil national veut que nous payions davantage pour les mêmes prestations de vieillesse, et qu'en plus nous travaillions plus longtemps. Revenir à la raison et revoir sa position, ce serait faire preuve de discernement et d'intelligence pratique. Il n'est pas encore trop tard... </p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4532</guid><pubDate>Mon, 24 Oct 2016 16:18:47 +0200</pubDate><title>Seule l’initiative permet la sortie programmée </title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/seule-l-initiative-permet-la-sortie-programmee</link><description>L’USS approuve l’initiative « Sortir du nucléaire »</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Pour l'USS, il faut s'engager clairement en faveur de la sortie du nucléaire, et agir vite. Sinon, les propriétaires des centrales nucléaires feront traîner les choses. Au pire ce sera très dangereux, dans le meilleur des cas cela coûtera très cher. L'USS appelle à voter en faveur de l'initiative pour la sortie du nucléaire. </p><p>Avec le concept d'exploitation à long terme, il était du pouvoir du Parlement de proposer une véritable alternative à l'initiative pour la sortie du nucléaire. Même l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (ISFN), en sa qualité d'autorité de surveillance, avait approuvé le concept de la durée d'exploitation prolongeable deux fois au maximum. Un concept qui aurait accru la sécurité et permis une planification claire. Mais le Parlement en a décidé autrement. Suivant la devise " vouloir le beurre et l'argent du beurre ", l'on se dit certes pour la sortie, mais on la reporte sine die. Non seulement cette approche relève de la négligence, mais elle recèle des dangers. Elle sert surtout les intérêts à court terme des propriétaires des centrales nucléaires qui refusent la sortie. Et cela bien que sur le plan économique aussi, tout indique que c'est la voie à prendre. Seule la direction de BKW a décidé de fermer la centrale de Mühleberg en 2019. Une mesure intelligente car BKW s'offre ainsi un positionnement optimal tant dans la planification que dans la mise en œuvre de la désaffectation et du démantèlement des centrales nucléaires. Ce savoir-faire sera très recherché dans toute l'Europe au cours des prochaines décennies.
</p><p>Lorsque les adversaires de l'initiative pour la sortie du nucléaire affirment qu'elle entraînerait le chaos et une sortie non planifiée, ils ne manquent pas d'air. En effet, à l'avenir, les mises hors service à la Beznau I devraient se multiplier puisque les centrales nucléaires de Suisse comptent parmi les plus vieilles du monde. Depuis déjà presque deux ans, Beznau I est déconnectée du réseau pour raison de sécurité. Et on ignore quand l'on y reproduira de l'électricité. En revanche, l'initiative apporterait une clarté urgente et indispensable car les centrales seraient contraintes de quitter le réseau dans un laps de temps limité : leur sortie serait planifiable. Une perspective que les entreprises électriques devraient approuver en réalité vu que les réhabilitations de centrales nucléaires vieillissantes deviendront toujours plus onéreuses et complexes. Il semble néanmoins manifeste que chez les propriétaires de centrales nucléaires, ceux qui ont le pouvoir de décider fassent passer les considérations idéologiques avant les calculs réalistes. Le tragique de l'histoire c'est qu'à la fin, la population paiera le prix fort. Au mieux, le coût sera élevé ; au pire, le risque pris sera considérable, et les conséquences incalculables. 
</p><p>Seule l'initiative garantit une sortie programmée. Qui coûtera cher elle aussi, mais qui ouvre des opportunités à plus long terme pour les experts locaux. A condition qu'elle se fasse assez tôt. </p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4530</guid><pubDate>Mon, 24 Oct 2016 09:30:40 +0200</pubDate><title>9000 jeunes sans solution</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/9000-jeunes-sans-solution</link><description>Baromètre des places d’apprentissage pas aussi rose</description><content:encoded><![CDATA[<p> Le baromètre des places d'apprentissage publié le 20 octobre minimise les difficultés que rencontrent les jeunes sur le marché des places d'apprentissage. Si l'offre de place d'apprentissage dépasse en chiffres la demande, la situation des jeunes n'est cependant pas aussi rose. En effet, 9'000 jeunes n'avaient pas encore trouvé de solution au 31 août 2016, chiffre en nette augmentation (+ 20%) par rapport à 2015.
</p><p> Plusieurs branches proposent aujourd'hui un nombre de places d'apprentissage insuffisant. C'est le cas notamment dans les métiers majoritairement féminins comme la santé et le social. Pour cette raison, les jeunes femmes sont souvent contraintes de postuler beaucoup plus souvent que les jeunes hommes (en moyenne 15 postulations féminines contre 9 postulations masculines). Une situation insatisfaisante et discriminatoire. 
</p><p>De l'autre côté, dans plusieurs branches, un nombre important de places ne sont pas occupées, notamment dans les métiers de la construction, de l'artisanat, de l'industrie. Les employeurs mettent la faute sur les jeunes, qui ne seraient pas à la hauteur, ou sur le manque de publicité faite dans les écoles ou auprès des familles. En réalité, les branches concernées sont souvent celles où les jeunes sont vite considérés comme une main-d'œuvre bon marché et où la qualité de la formation et les mesures de sécurité passent au second plan. 
</p><p>C'est pourquoi l'USS demande que la Confédération et les cantons renforcent la surveillance de l'apprentissage et veillent à améliorer la mise en œuvre des mesures de protection en faveur des apprenti-e-s. </p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4528</guid><pubDate>Thu, 20 Oct 2016 17:01:39 +0200</pubDate><title>Le libre-échange a besoin d’une nouvelle orientation</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/le-libre-echange-a-besoin-d-une-nouvelle-orientation</link><description>Des garanties sociales et démocratiques sont nécessaires</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En soi, le libre-échange n'est pas une mauvaise chose. Mais ceux qui le promeuvent ont, dans un passé très récent, négligé de manière tout à fait impardonnable de penser protection sociale et compensation des inégalités sociales. Outre plus de transparence et un dialogue constant avec la société civile, tout développement du libre-échange nécessite aussi que des mesures d'accompagnement soient décidées pour apporter des garanties aux plans social et démocratique. </p><p>TTP, TTIP, CETA, TISA : le nombre des accords de libre-échange (ALE) récemment conclus (Partenariat transpacifique, TTP) ou en cours de négociation a fortement augmenté. De même que l'opposition aux méga-ALE. Le protectionnisme et le retour dans le " réduit national " sont toujours plus demandés. Telle est la facture pour la mondialisation antisociale à laquelle nous avons assisté ces dernières décennies et dont les grands groupes et les riches ont énormément profité. Les bouleversements insuffisamment encadrés que la mondialisation a entraînés sur les marchés du travail, le creusement toujours plus grand des inégalités de revenus et les attaques dirigées contre les processus démocratiques ne seront pas acceptés sans autre. 
</p><p>Qui plus est, ces méga-ALE formulent des exigences globales. Autrefois, le libre-échange, c'était la libéralisation du commerce des biens. Aujourd'hui, il est surtout question de libéraliser les services financiers et publics, comme les énergies, les marchés publics ainsi que les investissements transfrontaliers. Les autres thèmes centraux sont la protection des brevets et les questions de nature réglementaire, comme les procédures de conciliation en cas de conflits lors de décisions en matière d'investissement. Or tout cela revêt une très grande importance pour les collectivités. 
</p><h3>Plus de transparence et dialogue avec la société civile</h3><p> En soi, le libre-échange n'est pas une mauvaise chose. Pour une économie ouverte comme celle de la Suisse et pour un monde économique toujours plus interconnecté, il représente même une évolution logique, susceptible d'améliorer le bien-être des gens. Mais un libre-échange sans protection sociale ni compensation des inégalités crée beaucoup de perdants et nuit à notre société. Le libre-échange peut sans problème être compatible avec des exigences sociales, écologiques et relevant des droits humains, ainsi qu'avec la démocratie. Mais pour que cela ait lieu, il faut changer d'orientation. Et le protectionnisme n'offre aucune perspective ici. La bonne solution de rechange réside dans un commerce international juste, dont la majorité profite et qui ne laisse pas les perdants sur le carreau. 
</p><p>Il faut d'abord plus de transparence et de dialogue avec la société civile ; cela, dès le début des négociations de tels ALE et pendant tout le temps qu'elles durent. Sinon, la confiance n'est pas au rendez-vous. 
</p><h3>Un premier pas, certes trop pusillanime, a été fait </h3><p>La nouvelle génération d'ALE contient toujours plus de dispositions sur le respect des droits humains et des normes sociales ainsi qu'écologiques. Elles sont souvent fixées dans un chapitre séparé. C'est précisément là un progrès. Mais le problème est leur manque de précision, leur caractère trop peu impératif et l'absence de possibilités de sanction. La plupart du temps, une vraie mise en œuvre (via un monitorage) fait aussi défaut. Avec le TTIP (Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement) par exemple, il est question du respect des normes fondamentales de l'OIT (Organisation internationale du Travail) dans le domaine social. Mais, contrairement à l'Union européenne (UE), les États-Unis n'ont ratifié que 2 de ces 8 normes. 
</p><p>En outre, les tribunaux d'arbitrage internationaux privés, comme l'" Investor-state dispute settlement (ISDS) " (mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États) peuvent remettre en question, en faveur de grands groupes, des normes sociales et environnementales démocratiquement légitimées. Dans les négociations sur le TTIP et dans le cadre des processus de ratification en cours de l'Accord économique et commercial global, AECG avec le Canada (CETA), l'UE a, grâce à la pression publique exercée par les syndicats et la société civile, désormais pris en considération, comme solution de rechange, la création d'un tribunal de commerce international public. C'est là certainement un pas dans la bonne direction mais des garde-fous supplémentaires sont nécessaires pour que les expériences négatives faites par le passé ne se répètent pas. 
</p><h3>Pas de " listes négatives " </h3><p>Pour les services publics, les " listes négatives " prévues dans les nouveaux ALE représentent un des dangers les plus grands. Autrefois, on travaillait avec des " listes positives ". On se limitait en effet à libéraliser uniquement les domaines explicitement mentionnées dans les ALE. Aujourd'hui, c'est l'inverse qui a lieu avec le TTIP et l'AECG. Les domaines qui ne sont pas explicitement cités et exclus sont soumis dans leur totalité aux règles des nouveaux ALE. Prenons un exemple : par bonheur, l'assurance-accidents allemande exige du gouvernement qu'elle soit explicitement exclue du TTIP. Sinon elle serait, sous la pression des grands groupes d'assurance américains, menacée de privatisation ! 
</p><p>Dans ce nouveau contexte, il est clair pour les syndicats que toute libéralisation ou privatisation à venir devra pouvoir être annulée dans le cadre des procédures démocratiques en vigueur. Sinon, conclure des ALE reviendrait à jeter la démocratie par-dessus bord. 
</p><p>Nous sommes absolument persuadés que sans mesures d'accompagnement destinées à apporter des garanties aux plans social et démocratique, les échanges économiques internationaux ne seront plus acceptés par la population comme ils ont besoin de l'être. Le temps presse ! </p>]]></content:encoded><category>Économie extérieure</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4518</guid><pubDate>Wed, 05 Oct 2016 15:04:55 +0200</pubDate><title>Le peuple aura le dernier mot sur ces cadeaux fiscaux ruineux!</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/le-peuple-aura-le-dernier-mot-sur-ces-cadeaux-fiscaux-ruineux</link><description>Le référendum contre la troisième réforme de l’imposition des entreprises a abouti</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Un vaste comité référendaire contre la troisième réforme de l'imposition des entreprises (RIE III) a récolté plus de 70 000 signatures. Cette réforme est démesurée et déséquilibrée. Les signatures authentifiées ont été déposées aujourd'hui à la Chancellerie fédérale. </p><p>L'alliance composée de l'Union syndicale suisse (USS), du PS, des Verts, de la Jeunesse socialiste, des Jeunes Verts, de SolidaritéS, du PST-POP et d'Attac a récolté, durant le délai référendaire, plus de 72'000 signatures. Aujourd'hui, 52 000 signatures authentifiées ont été déposées à la Chancellerie fédérale. Ainsi, l'arnaque de l'imposition des entreprises sera soumise à votation, probablement déjà le 12 février 2017. 
</p><p>La RIE III avait à l'origine pour but d'abolir les privilèges fiscaux interdits au niveau international. En réalité, elle ne fait que créer de nombreuses nouvelles possibilités d'échapper à l'impôt. «Certaines entreprises et leurs actionnaires gagneront des milliards grâce à cette entourloupe fiscale opaque, explique le vice-président du PS Beat Jans, un NON montrerait la voie vers une réforme modérée et équilibrée».
</p><p> Les coûts de la RIE III sont complétement imprévisibles. Elle coûtera au moins 2,7 milliards, soit 1,3 à la Confédération et autant, voire plus, aux cantons et communes. Mais il pourrait bien s'agir d'un montant bien plus élevé. Souvenons-nous de la RIE II : le Tribunal fédéral a lui-même  jugé que la population avait été trompée lors de la votation de 2008. Alors que le Conseil fédéral prévoyait des coûts à hauteur de 900 millions, la facture a été bien plus élevée. Seul un NON à la RIE III empêchera une nouvelle débâcle et une nouvelle arnaque de la population. 
</p><p>Les communes et les villes devraient être particulièrement affectées par ces pertes de plusieurs milliards. Par contre, la seule chose qui est claire en l'occurrence, c'est de savoir qui payera la facture finale: les employé(e)s et les retraité(e)s à bas ou moyens revenus. Pour la vice-présidente de l'USS, Vania Alleva, il est clair que nous devrions tous payer plus d'impôts et plus de taxes à cause de cette réforme ainsi que subir une baisse des prestations.  «C'est pour cela que nous avons saisi le référendum et combattons cette arnaque fiscale». </p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Économie</category><category>Finances et fiscalité</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4513</guid><pubDate>Thu, 29 Sep 2016 16:43:57 +0200</pubDate><title>Troisième génération : enfin une naturalisation facilitée</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/troisieme-generation-enfin-une-naturalisation-facilitee</link><description>Après 8 ans, le Parlement donne son feu vert</description><content:encoded><![CDATA[<p>Après une odyssée parlementaire de huit ans, les Chambres fédérales ont tout de même réussi à atteindre le but visé et accepté l'initiative parlementaire de la socialiste vaudoise Ada Marra " La Suisse doit reconnaître ses enfants ". Les enfants (jusqu'à 25 ans) dont les parents et grands-parents ont déjà vécu en Suisse profiteront ainsi d'une naturalisation facilitée. Cette mesure devra encore passer le cap d'une votation populaire. 
</p><p>Lors de la troisième semaine de la session d'automne, le Conseil national et le Conseil des États ont éliminé leurs deux dernières divergences sur cette initiative. Désormais, il suffira, pour les candidat(e)s à la nationalité qui demandent à profiter de la procédure de naturalisation facilitée, qu'ils établissent " de manière crédible que le grand-parent était titulaire du droit de séjour " et non qu'ils le " prouvent ". De plus, pendant le délai transitoire de cinq ans, les personnes âgées de 25 à 35 ans auront le droit de bénéficier de la même procédure facilitée.
</p><p> L'Union syndicale suisse (USS) salue cette mesure en faveur de la troisième génération, qui devra encore être approuvée par le peuple. L'USS s'engagera en faveur du oui. </p>]]></content:encoded><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4510</guid><pubDate>Wed, 28 Sep 2016 16:09:24 +0200</pubDate><title>TiSA : le monde n’est pas à vendre</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/tisa-le-monde-n-est-pas-a-vendre</link><description>L’USS soutient la manifestation contre TiSA</description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis plusieurs années, les négociations sur l'accord TISA (Accord sur le commerce des services) se déroulent dans le plus grand secret. TISA aurait des répercussions catastrophiques sur le service public. Raison pour laquelle, l'USS a décidé de soutenir la manifestation " Stop TISA " du 8 octobre 2016 à Berne.
</p><p> Depuis février 2012, l'accord commercial sur les services TISA est négocié en dehors du cadre de l'OMC. Les États-Unis, l'Union européenne, le Japon, l'Australie, la Suisse et 20 autres pays représentent plus des deux tiers du commerce mondial des services, y participent. 
</p><p>Or TISA est dangereux, en particulier pour les services publics. Car il fait peser sur les services publics du monde entier la menace d'une vaste libéralisation. Certes, chaque pays est libre de déterminer quel service public il va ouvrir à la concurrence. Toutefois, les délégations de négociations sont (trop) souvent composées de chauds partisans des libéralisations... 
</p><p>Les négociateurs suisses clament que la Suisse ne fait pas d'offre à ce sujet et qu'au contraire, actuellement comme à l'avenir, les services publics ne seront pas soumis à l'accord. Soyons toutefois vigilants, car l'accord contient des pièges. </p><ol><li>Tout d'abord, les négociations ne sont pas transparentes. La position restrictive de la Suisse peut changer selon le cours que prendront les négociations.</li><li>Ensuite, l'accord prévoit des annexes détaillées qui doivent valoir dans tous les pays y prenant part. Wikileaks en a rendu quelques-unes publiques. L'une d'elles veut notamment libéraliser complètement la Poste. Les négociations sur cette annexe sont en outre totalement opaques.</li><li>Et enfin, les États tiers qui ne sont pas partie prenante et qui pourront ou devront adopter l'accord conclu seront soumis à un diktat, et très probablement aussi aux attaques des grands groupes qui espèrent pouvoir fondre sur la proie que sont pour eux les services publics.</li></ol><p>Depuis plusieurs années, des voix critiques contre TISA s'élèvent aussi en Suisse. Beaucoup de syndicats (surtout le SSP), la gauche et les organisations altermondialistes se sont regroupés au sein d'une alliance contre TISA. Cette coalition appelle à manifester le 8 octobre contre cet accord sur les services (et d'autres accords de libre-échange similaires). L'USS soutient la manifestation. Et appelle tous les syndicalistes à y participer. 
</p><h3>Stop TISA, TTIP &amp; Co ! Le 8 octobre 2016, 15 h, Place Fédérale, Berne. Manifestation et fête. Avec des concerts de Tommy Vercetti, Etrit Hasler, Greis </h3>]]></content:encoded><category>Économie extérieure</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4495</guid><pubDate>Thu, 22 Sep 2016 10:04:12 +0200</pubDate><title>Quelques lueurs d’espoir</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/quelques-lueurs-d-espoir</link><description>Session parlementaire d’automne : bilan intermédiaire</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Pour l'Union syndicale suisse (USS), le projet " Prévoyance vieillesse 2020 " et la mise en œuvre de l'initiative " Contre l'immigration de masse " sont les thèmes les plus importants de la session parlementaire en cours. Dans ce rapport intermédiaire, on trouvera, sur d'autres questions, des décisions de portée certes modeste, mais quand même d'une certaine importance. </p><h3>Mesures d'accompagnement : amélioration des instruments </h3><p>Sur ce point-ci, le Conseil des États a suivi le Conseil national : les contrats-type de travail (CTT) étendus de manière facilitée devront pouvoir être prolongés. Chaque commission responsable de ces questions pourra le proposer si elle constate des infractions répétées aux dispositions sur les salaires minimums figurant dans un CTT ou s'il existe des indices clairs qu'en absence de CTT, on assisterait à de tels abus. Les deux Chambres ont en outre décidé que les amendes maximales infligées aux entreprises qui ont enfreint la loi sur les travailleurs détachés passeront de 5 000 à 30 000 francs. En 2015, des amendes ont été ordonnées à au moins 4 400 entreprises dites de détachement. 
</p><h3>Réparation pour les " enfants placés " </h3><p>Après le Conseil national, c'est maintenant le Conseil des États qui a adopté une loi fédérale sur les mesures de coercition à des fins d'assistance et les placements extrafamiliaux antérieurs à 1981 (LMCFA) en tant que contre-projet à l'initiative populaire sur la réparation. Cette dernière devrait par conséquent être retirée. La nouvelle loi prévoit des contributions de solidarité pour les personnes qui ont été victimes de telles mesures de coercition jusqu'en 1981, elle leur donne accès à leur dossier et veut surmonter ce chapitre sombre de l'histoire sociale suisse. La preuve d'un regard sensible sur une ancienne injustice. 
</p><h3>Formation, Recherche et Innovation 2017-2020 </h3><p>Le message Formation, Recherche et Innovation (FRI) 2017-2020 définit les objectifs et les moyens pour la prochaine période. Avec un budget de près de 26 milliards sur quatre ans, ce programme prévoit quatre priorités d'encouragement : le financement des cours préparatoires aux examens professionnels fédéraux, l'encouragement de la relève scientifique, l'augmentation du nombre de diplômes délivrés en médecine humaine, l'encouragement de l'innovation. 
</p><p>Le domaine FRI fait malheureusement les frais du programme de stabilisation 2017-2019 de la Confédération avec une coupe de l'ordre de 485 millions. Le budget proposé ici est nettement insuffisant et va péjorer de nombreux domaines, notamment la formation professionnelle et les hautes écoles. C'est la raison pour laquelle la Commission de la science de l'éduction et de la culture du Conseil national (CSEC-N) avait corrigé le projet en proposant des augmentations à hauteur de 948 millions. Mais lors de la session d'été, le Conseil national avait balayé toutes les propositions d'augmentation et s'était aligné sur la proposition du Conseil fédéral. 
</p><p>La CSEC du Conseil des États a ensuite débattu du Message FRI 2017-2020 dans sa séance du 25 août 2016. Elle a modestement modifié le projet du Conseil fédéral en augmentant, de manière insuffisante, les postes de la formation professionnelle, des hautes écoles et des établissements de recherche d'importance nationale. Elle a en revanche refusé toute augmentation pour la formation continue et les bourses et prêts d'études. Le Conseil des États empoignera le sujet lors de la session d'automne. 
</p><p>L'USS demande que la Confédération renonce impérativement aux mesures d'économie dans le domaine FRI et augmente substantiellement les moyens alloués à la formation professionnelle, les hautes écoles, la formation continue ainsi que les bourses et prêts d'études. C'est indispensable pour maintenir et développer un système de formation de qualité au service des personnes en formation et de l'économie. 
</p><h3>Naturalisation facilitée de la troisième génération </h3><p>Les deux Chambres ne se sont pas encore mises d'accord sur les dispositions concernant la naturalisation facilitée de la troisième génération d'étrangers et d'étrangères. Certes, le Conseil des États a renoncé à s'opposer fondamentalement à l'initiative parlementaire d'Ada Marra " La Suisse doit reconnaître ses enfants ", mais il a maintenu deux différences par rapport au Conseil national. Premièrement, il veut que le séjour des grands-parents soit prouvé. Qu'il soit plus simplement " crédible " avait paru suffisant aux yeux du Conseil National. Espérons que ce dernier s'impose et que les membres de la troisième génération ne doivent pas effectuer des jours durant des recherches dans les archives d'État pour prouver noir sur blanc que leur grand-mère a travaillé à la Longines de 1946 à 1948. Ce ne serait là que pure tracasserie. Deuxième différence, le Conseil national veut aussi permettre aux personnes âgées de plus de 25 ans de profiter pendant une période transitoire de la procédure facilitée de naturalisation. Le Conseil des États est invité à adapter sa position en conséquence. 
</p><h3>Charge des primes-maladie : le Conseil des États persiste dans la passivité </h3><p>Les primes des caisses-maladie doivent représenter au plus 8 % du budget des ménages. C'est ce que voulait le Conseil fédéral il y a 20 années de cela. Les réductions des primes devaient être l'outil pour y arriver. Mais comme les cantons ont des pratiques très différentes en cette matière, la charge effective de ces primes (après réduction) représente entre 7 et 17 % du budget des ménages. La conseillère aux États Liliane Maury Pasquier (PS) proposait dans une motion que cette charge ne puisse pas dépasser 10 % du budget des ménages. Elle ne fut entendue que par la gauche dont les représentant(e)s signalèrent surtout que de très nombreux ménages font face à d'importantes difficultés en raison de la hausse constante des primes. La Chambre des cantons a dit non par 31 voix contre 13 à cette motion qui voulait que l'État compense davantage les disparités sociales. </p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4492</guid><pubDate>Wed, 21 Sep 2016 10:13:08 +0200</pubDate><title>AVSplus: chaque voix compte</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/avsplus-chaque-voix-compte</link><description>Renforçons maintenant le système de retraite par répartition</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les rentes du 2e pilier sont en baisse. Et elles vont continuer à baisser dans un avenir proche. Comment donc maintenir l'actuel niveau des rentes ? Payer encore plus dans le 2e pilier ? Contracter une assurance-vie onéreuse ? Ou faudra-t-il que toujours plus de personnes soient contraintes de demander des prestations complémentaires ? 
</p><p>À cette question précise, l'initiative populaire AVSplus donne la bonne réponse, à savoir qu'il est beaucoup plus efficace d'intervenir au niveau de l'AVS. 
</p><p>Aujourd'hui, toujours moins d'intérêts sont servis sur les cotisations salariales destinées au 2e pilier. Pour l'année prochaine, il faut partir de l'idée que le taux minimal sera de 1 %. Les calculs de ce que sera ce taux en 2020 aboutissent à un taux zéro. 
</p><p>Dans cette situation, un franc de salaire est bien mieux investi avec un système par répartition, comme le connaît l'AVS. Dans l'actuelle phase d'intérêts quasi nuls, voire négatifs, un tel système est la manière la plus efficace de garantir des prestations plus sûres. En effet, l'épargne vieillesse est toujours moins rentable. En outre, les risques d'une baisse du capital augmentent. De fait, pour réaliser les rendements nécessaires, les caisses de pensions doivent effectuer des placements toujours plus risqués. 
</p><p>Les rentes de l'AVS sont sûres également parce que le financement de cette dernière est solidaire. L'obligation de cotiser n'est pas limitée, alors que la future rente est plafonnée. Heureusement que l'AVS existe, car ainsi, les personnes moins privilégiées profitent aussi à travers leur rente AVS de l'énorme croissance des salaires les plus élevés. 
</p><p>Nous devons placer nos cotisations de la manière la plus efficace possible. Dans la crise en cours de la prévoyance vieillesse, qui repose sur la capitalisation (2e pilier), nous ferions bien de renforcer le système de répartition (AVS). 
</p><p>C'est pourquoi : qui sait calculer, dira oui le 25 septembre à AVSplus ! </p>]]></content:encoded><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4476</guid><pubDate>Mon, 12 Sep 2016 10:18:43 +0200</pubDate><title>Le peuple tranchera sur les cadeaux fiscaux ruineux aux entreprises </title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/le-peuple-tranchera-sur-les-cadeaux-fiscaux-ruineux-aux-entreprises</link><description>Le référendum sur la RIE III a déjà abouti</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le référendum contre la troisième réforme des entreprises a déjà récolté 60&nbsp;000 signatures, juste un mois avant la fin du délai référendaire. Il a donc déjà formellement abouti. </p><p>Une large alliance constituée du PS, des Verts, de la JS, des Jeunes Verts, de SolidaritéS, du PST-POP, de l’Union syndicale suisse (USS), d’Unia, du SEV, de Syndicom, du SSP, de l’APC, du SIT, et d’Attac ont récolté les signatures. Une bonne partie de la RIE III n’est pas transparente, voire délibérément opaque, mais une chose est claire&nbsp;: les conséquences financières sont gigantesques. 
</p><p>La réforme de l’imposition des entreprises III prétend abolir les privilèges fiscaux, mis au ban par la communauté internationale. En réalité, beaucoup de nouvelles niches fiscales ont été offertes aux grandes entreprises et aux gros actionnaires. A la place de viser une acceptation internationale, la Suisse se rend à nouveau attaquable et vulnérable. A cause d’instruments compliqués, les pertes sont imprévisibles&nbsp;: au moins 2,7 milliards, mais, à cause des nouvelles niches fiscales, cela pourrait coûter bien plus cher.&nbsp;
</p><p>Les cantons vont perdre des centaines de millions, que les maigres compensations versées par la Confédération ne diminueront que faiblement. Les villes et les communes seront encore plus perdantes, car aucune compensation n’a été prévue pour elles.&nbsp;In fine, ce sont les salarié-e-s et la classe moyenne qui devront passer à la caisse, sous forme d’augmentations d’impôts, de nouvelles taxes et de diminution de prestations publiques. Les emplois publics seront également concernés par les immanquables démantèlements.
</p><p>La RIE II était déjà une arnaque. Le Tribunal fédéral lui-même a jugé que les citoyennes et citoyens avaient été trompé-e-s par la campagne menée lors de la votation sur cette réforme en 2008. A l’époque déjà, les conséquences de l’acceptation de cette réforme n’avaient pas été correctement expliquées. Le fait que la RIE III, avec ses nombreuses lacunes, soit totalement opaque et incompréhensible est une manœuvre calculée et voulue&nbsp;: les citoyennes et citoyens ne sont, de cette manière, pas en mesure de déceler que la grande complexité de ce modèle crée un Eldorado pour les grosses entreprises, leurs actionnaires, leurs conseillers fiscaux et les cabinets d’avocats.
</p><p>Les prochaines semaines permettront de finaliser la phase de récolte, de validation et d’authentification des signatures, afin que le référendum puisse être déposé dans le délai imparti, à savoir le 6 octobre prochain. La votation sera probablement planifiée pour le 12 février 2017 déjà. L’alliance est très confiante sur le fait qu’une majorité de votant(e)s verront clair dans l’arnaque de la RIE III et qu’ils la rejetteront.</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4469</guid><pubDate>Fri, 09 Sep 2016 09:09:04 +0200</pubDate><title>Le OUI à AVSplus évitera un massacre des rentes</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/le-oui-a-avsplus-evitera-un-massacre-des-rentes</link><description>Session parlementaire d’automne : Prévoyance vieillesse 2020</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors de cette session d'automne, le Conseil national traitera le projet de réforme " Pré­voyance vieillesse 2020 ". Il devra alors énormément corriger les décisions de sa com­mission préparatoire. Un oui, le 25 septembre, à l'initiative populaire AVSplus l'y con­traindrait. </p><p>La commission préparatoire du Conseil national a décidé un vrai massacre des rentes. Selon elle, les générations futures vont devoir s'accommoder de milliards de francs per­dus sur leurs rentes et travailler jusqu'à 67 ans. Dire OUI le 25 septembre à l'initiative AVSplus serait la manière la plus élégante, la plus simple et la meilleur marché de stopper ce vaste démantèlement. 
</p><p>La commission du Conseil national propose à ce dernier un projet qui ne va pas maintenir l'actuel niveau des rentes. Les effets qu'auront les décisions de cette commission ? Un démantèlement pur et simple : </p><ul><li>La baisse à 6 % du taux de conversion minimal LPP entraînerait une baisse de 12 % de la rente du 2e pilier, une baisse que la commission ne veut pas compenser. Les mesures compensatoires décidées seront de fait pratiquement sans effet et alourdiront beaucoup trop la charge supportée par les jeunes.</li><li>À cause du renoncement au supplément d'AVS pour les futurs retraité(e)s décidé par le Conseil des États et à la hausse des rentes AVS de couple, le niveau des rentes de l'ensemble des futurs retraité(e)s va baisser.</li><li>Les cotisations du 2e pilier augmenteront, jusqu'à 2 points de pourcentage. Mais les futures générations de retraité(e)s percevront quand même des rentes inférieures de ce pilier.</li><li>La commission préparatoire renonce également à vraiment garantir les droits acquis pour une génération transitoire. Contrairement à ce que le Conseil fédéral et le Conseil des États avaient prévu, il n'y aura pas de solution collective solidaire ici. Les plus de 50 ans subiront aussi des pertes avec leurs rentes. Car les droits acquis ne concerneront que les avoirs de vieillesse économisés jusqu'à ce jour.</li><li>L'âge général de la retraite sera rapidement relevé à 67 ans au moyen d'un méca­nisme prévu dans ce but. Les femmes âgées aujourd'hui de 62 ans seront les pre­mières à devoir travailler plus longtemps. La compensation prévue ici est maigre. Elle n'augmentera les rentes des femmes que de quelques francs. Aucune femme mariée n'en profitera.</li><li>D'autres baisses interviendront. Elles concerneront les rentes de veuve et d'orphelin(e) et, ce qui est nouveau, aussi les rentes pour enfant.</li></ul><p>Le Conseil national ne traitera ce projet qu'après la votation sur AVSplus (25.9). Cela donne donc aux citoyen(ne)s une chance unique d'empêcher ce massacre des rentes en disant OUI à AVSplus. On est en lieu de craindre que sans " instruction " donnée par le peuple, le Conseil national pose les bons jalons sur cette question. </p>]]></content:encoded><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4467</guid><pubDate>Fri, 09 Sep 2016 09:05:45 +0200</pubDate><title>Dans les derniers mètres, mais méchamment secouée</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/dans-les-derniers-metres-mais-mechamment-secouee</link><description>Session parlementaire d’automne : Stratégie énergétique 2050</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les Chambres devraient adopter le premier train de mesure sur la Stratégie énergétique 2050. Pas de quoi être euphorique, mais un tiens, dit-on, vaut mieux que deux tu l'auras...</p><p>Il y a exactement trois ans, le Conseil fédéral a présenté le premier train de mesures de Stratégie énergétique 2050. Entre-temps, ce paquet a été traité dans les deux Chambres fédérales. Il revient maintenant au Conseil national pour l'élimination des divergences. La votation finale est également prévue lors de cette session d'automne. Le bilan de ce projet est forcément en demi-teinte, beaucoup de points ayant été supprimées en cours de route et nombre d'intérêts " servis ". Néanmoins, un oui en grinçant des dents vaudra encore mieux que l'échec de ce projet. 
</p><p>Seules l'efficacité énergétique et la réduction de la consommation permettront la transition énergétique. Stratégie énergétique 2050 stipule que la consommation moyenne d'énergie par tête devra, par rapport à l'an 2000, baisser de 16 % jusqu'en 2020 et de 43 % jusqu'en 2035. Quant à l'électricité, sa consommation devra baisser de 3 % jusqu'en 2020, de 13 % jusqu'en 2035. 
</p><p>Les petites centrales hydroélectriques inefficaces et nuisibles à l'environnement ne seront plus encouragées. À l'avenir, les centrales hydroélectriques ne recevront des primes d'injection qu'à partir d'une puissance de 1 MW. Mais des exceptions à l'interdiction d'encouragement seront possibles. 
</p><p>La rétribution à prix coûtant du courant injecté pour les énergies renouvelables pourra être relevée à 2,3 centimes/kWh, ce qui réduira la liste d'attente du fonds qui sert à financer cette rétribution. Et pour les petites installations photovoltaïques, au lieu d'une prime d'injection, une contribution d'investissement unique sera créée ; elle rapportera certes moins, mais sera plus simple à manier et augmentera la sécurité de la planification. 
</p><p>Grâce à des réglementations allégées concernant l'autoconsommation, on pourra donner une vraie impulsion au développement des énergies renouvelables, les consommateurs et consommatrices finaux pouvant désormais se regrouper en communauté de production. 
</p><p>Les émissions de CO2 des nouvelles automobiles devront être réduites à 95 g CO2/km jusqu'à fin 2020, celles des voitures de livraison à 147 g CO2/km. Ce faisant, la Suisse reprend donc aussi la réglementation en vigueur dans l'Union européenne. 
</p><p>Et concernant l'énergie nucléaire, toujours est-il que l'on est parvenu à ce qu'aucune autorisation générale ne puisse être délivrée pour un nouvelle centrale nucléaire. Cette interdiction ne doit pas non plus être sous-estimée, précisément parce que l'on continue à miser inlassablement sur l'énergie atomique dans plusieurs pays européens. 
</p><p>Le cadeau fait aux producteurs de grandes centrales hydroélectriques (une prime de marché de 1 centime/kWh pour les coûts de production non couverts) est choquant. Et la hausse de la part de la taxe sur le CO2 (désormais 450 millions de francs) affectée à l'assainissement des bâtiments sans renforcement des exigences est une erreur. Les généreux allégements fiscaux accordés aux propriétaires de maisons sont des plus choquants. Les dernières divergences entres les Chambres seront éliminées durant cette session : les déductions fiscales pour les coûts de démantèlement des vieux bâtiments seront-elles possibles sur deux ou quatre périodes fiscales ou d'un seul coup ? </p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4466</guid><pubDate>Fri, 09 Sep 2016 09:03:04 +0200</pubDate><title>Inutile et dommageable</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/inutile-et-dommageable</link><description>Session parlementaire d’automne : Programme de stabilisation </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les tout derniers chiffres du Secrétariat d'État à l'économie, le SECO, incitent à l'optimisme : le PIB a crû de 0,6 % pendant le deuxième trimestre 2016 et les prévisions pour le reste de l'année sont positives. Autre nouvelle également des plus réjouissantes, le Département fédéral des finances a annoncé le 24 août déjà que la Confédération réaliserait cette année aussi un excédent de plus d'un milliard de francs, tout le contraire du déficit budgétisé. Le matelas financier qui se trouve sur le compte de compensation du frein à l'endettement a désormais atteint le niveau record de 24 milliards de francs. Grâce à l'excédent de cette année, on pourra ainsi continuer à éponger des dettes. </p><p>Néanmoins, le Conseil fédéral persiste à appliquer une politique d'austérité qu'il a décidée sur la base de sombres prévisions faites maison. Le programme de stabilisation sera traité par le Conseil des États durant cette session d'automne. L'entrée en matière n'a pas été contestée par sa Commission des finances. Par contre, les décisions concernant les diverses mesures d'économies ont pour une part été prises à une mini-majorité. La commission a rejeté des coupes plus nettes dans la formation et l'agriculture, mais a augmenté de 100 millions les économies en matière de coopération au développement. Toujours est-il qu'elle veut empêcher une baisse du coefficient appliqué pour calculer la contribution de la Confédération aux réductions individuelles des primes de l'assurance-maladie. Par là, on entend éviter une augmentation de la charge des cantons. Les fonds destinés à l'intégration de la population étrangère ne doivent pas non plus baisser. Mais dans l'ensemble, la commission est sans pitié. Elle veut en effet que l'on économise encore plus dans l'Administration que ce que le Conseil fédéral propose, encore une fois 94 millions de francs pour la seule année 2017. 
</p><p>Les minuscules majorités trouvées dans la Commission des finances montrent qu'on assistera à nouveau au Parlement à un affrontement qui mettra en grand danger le budget du personnel de l'Administration. Une chose est déjà certaine : le Conseil fédéral veut à nouveau priver le personnel de la Confédération d'une hausse de salaire en 2017. Or, au plus tard depuis les projections de cet automne, cette mesure de rigueur ne se justifie plus. D'autant plus que, dans son actuel rapport trimestriel, le SECO est inquiet de constater que la consommation des ménages privés faiblit. Ce n'est pas de bon augure car, avec un franc toujours fort, la consommation intérieure reste essentielle pour l'économie locale. </p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4464</guid><pubDate>Fri, 09 Sep 2016 08:59:02 +0200</pubDate><title>Un pas dans la bonne direction</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/un-pas-dans-la-bonne-direction</link><description>Session parlementaire d’automne : mise en œuvre de l’article constitutionnel 121a</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Après les errements du Conseil fédéral avec le système des contingents, la Commission des institutions politiques du Conseil national (CIP-N) a osé se lancer et faire enfin une proposition pour la mise en œuvre de l'article constitutionnel 121a (initiative " Contre l'immigration de masse ") qui soit compatible avec les Accords bilatéraux.</p><p> Par le passé, les contingents et les plafonds ont eu pour conséquence le travail au noir et la précarisation des conditions de travail. De plus, ils sont en contradiction avec les Accords bilatéraux, ce qui constitue un danger pour les emplois et les salaires dans l'économie d'exportation. Les contingents et les plafonds seraient une mauvaise chose pour les travailleurs et travailleuses de Suisse. Mais avec l'obligation de communiquer les postes vacants, la CIP-N a fait un pas dans la bonne direction. De nombreux pays européens, comme la Belgique, le Luxembourg, la Suède et d'autres encore ont déjà fait des expériences positives avec cette mesure. Les chômeurs et chômeuses défavorisés, par exemple en raison de leur âge, dans leurs recherches d'un emploi sont les premiers à en profiter. 
</p><p>On ne comprend toutefois pas pourquoi cette obligation n'entrera pas en vigueur immédiatement et sur la durée, mais uniquement si les chiffres de la migration atteingnent un certain niveau. En Suisse, on n'a pratiquement jamais compté autant de personnes à la recherche d'un emploi qu'aujourd'hui. Et parmi elles aussi de nombreux chômeurs et chômeuses âgés qui ont de très grandes difficultés à en trouver un. 
</p><p>Le minuscule oui à l'initiative " Contre l'immigration de masse " du 9 février 2014 traduisait l'inquiétude ressentie pour leurs salaires et leurs emplois par de nombreuses personnes professionnellement actives ; cela avec un projet sur la libre circulation des personnes qui, pour la première fois, ne contenait que des éléments négatifs pour les travailleurs et travailleuses. Il faut corriger maintenant cette erreur. 
</p><p>La Confédération, les cantons et les partenaires sociaux doivent éliminer rapidement et systématiquement les abus commis en matière de libre circulation des personnes. Et cela, à l'aide de mesures relatives au marché du travail qui ne soient pas discriminatoires, mais compatibles avec les Accords bilatéraux. La protection des salaires doit être améliorée, entre autres en augmentant le nombre des contrôles, en infligeant des amendes plus élevées en cas d'abus et en supprimant les obstacles bureaucratiques à l'extension du champ d'application des conventions collectives de travail. Les travailleurs et travailleuses âgés doivent être mieux protégés contre le licenciement. En outre, les pouvoirs publics et les employeurs doivent davantage participer au financement des structures d'accueil extrafamilial des enfants afin que famille et profession puissent être mieux conciliées. Et la Confédération doit une fois pour toutes mettre en œuvre les propositions faites concernant la formation professionnelle des adultes. </p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4459</guid><pubDate>Thu, 08 Sep 2016 14:33:59 +0200</pubDate><title>À combattre de manière cohérente</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/a-combattre-de-maniere-coherente</link><description>Session parlementaire d’automne : travail au noir</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les employeurs qui " oublient " de déclarer leurs nouveaux employé(e)s aux assurances sociales, ne font pas uniquement du tort aux travailleurs et travailleuses, mais aussi à la collectivité. Si les cotisations aux assurances sociales ne sont pas versées, la voie est alors grand ouverte à la sous-enchère salariale et sociale. De plus, ces employeurs " oublieux " se procurent par ce biais un avantage déloyal par rapport à ceux qui agissent correctement.</p><p>Lors de la session d'automne, il sera discuté de la révision de la loi fédérale concernant des mesures en matière de lutte contre le travail au noir (loi sur le travail au noir, LTN). Pour l'Union syndicale suisse (USS), il faut combattre le travail au noir de manière cohérente. Et à ce chapitre, beaucoup reste à faire. Il est essentiel que l'employeur annonce au plus tard le premier jour de travail son employé(e) aux assurances sociales. La révision de la LTN doit par conséquent revenir sur toutes les interventions parlementaires qui ont supprimé l'obligation pour l'entreprise de déclarer en cours d'année les nouveaux employé(e)s et l'envoi d'un certificat d'assurance. La lutte contre le travail au noir exige que les employeurs déclarent leurs nouveaux employé(e)s aux assurances sociales, de manière certes non bureaucratique, mais rapidement. 
</p><h3>Des amendes dissuasives </h3><p>Les syndicats sont consternés de voir que la Commission de l'économie et des redevances du Conseil national a l'intention de supprimer l'article 18a du projet de LTN. L'USS demande bien au contraire de toute urgence au Parlement de renforcer les dispositions de la LTN relatives aux amendes et de les adapter à la capacité économique des patrons qui agissent illégalement. Celui qui enfreint l'obligation de déclarer ses nouveaux employé(e)s aux assurances sociales doit être puni d'une amende pouvant aller jusqu'à 30 000 francs, 50 000 francs en cas de récidive. Sinon, les employeurs indélicats peuvent gagner gros avec le travail au noir et, s'ils sont découverts, s'en sortir avec quelques milliers de francs d'amende. Un effet dissuasif quasi nul ! Il faut aussi faire ici un lien avec la législation en matière de marchés publics : les employeurs qui engagent du personnel au noir doivent être systématiquement exclus de toute adjudication publique. 
</p><h3>Mieux coopérer </h3><p>Les différentes autorités doivent mieux coopérer entre elles, respectivement avec les organes paritaires si une convention collective de travail au champ d'application étendu existe. En cas de travail au noir pouvant être accompagné de non-respect de dispositions conventionnelles (faux décomptes de salaire, etc.), elles doivent pouvoir en informer les organes paritaires compétents et inversement. En l'absence d'une telle coopération, il est impossible, à une époque où le travail au noir augmente également dans le domaine touché par les mesures d'accompagnement, de le combattre efficacement. 
</p><p>L'USS demande également au Parlement de légaliser une fois pour toutes la situation des personnes professionnellement actives qui sont en Suisse depuis de longues années et ne sont pas titulaires d'une autorisation de séjour, soit les sans-papiers. Faire ce pas, qui n'a que trop attendu, permettrait à un grand nombre de personnes, souvent des femmes, de sortir de la précarité et de l'exploitation présentes dans l'économie domestique, l'économie d'assistance et de soins et l'hôtellerie-restauration. </p>]]></content:encoded><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4458</guid><pubDate>Thu, 08 Sep 2016 14:22:57 +0200</pubDate><title>Pas question de toucher à la qualité !</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/pas-question-de-toucher-a-la-qualite</link><description>Session parlementaire d’automne : Formation, Recherche et Innovation 2017-2020</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Pour améliorer la qualité de la formation, de la recherche, il faut investir. Cela va de soi, mais la droite ne semble pas vouloir le comprendre. </p><p>Le message Formation, Recherche et Innovation (FRI) 2017-2020 définit les objectifs et les moyens pour la prochaine période. Avec un budget de près de 26 milliards sur quatre ans, ce programme prévoit quatre priorités d'encouragement : le financement des cours préparatoires aux examens professionnels fédéraux, l'encouragement de la relève scientifique, l'augmentation du nombre de diplômes délivrés en médecine humaine, l'encouragement de l'innovation. 
</p><p>Le domaine FRI fait malheureusement les frais du programme de stabilisation 2017-2019 de la Confédération avec une coupe de l'ordre de 485 millions. Le budget proposé ici est nettement insuffisant et va péjorer de nombreux domaines, notamment la formation professionnelle et les hautes écoles. C'est la raison pour laquelle la Commission de la science de l'éduction et de la culture du Conseil national (CSEC-N) avait corrigé le projet en proposant des augmentations à hauteur de 948 millions. Mais lors de la session d'été, le Conseil national avait balayé toutes les propositions d'augmentation et s'était aligné sur la proposition du Conseil fédéral. 
</p><p>La CSEC du Conseil des États a ensuite débattu du Message FRI 2017-2020 dans sa séance du 25 août 2016. Elle a modestement modifié le projet du Conseil fédéral en augmentant, de manière insuffisante, les postes de la formation professionnelle, des hautes écoles et des établissements de recherche d'importance nationale. Elle a en revanche refusé toute augmentation pour la formation continue et les bourses et prêts d'études. Le Conseil des États empoignera le sujet lors de la session d'automne. 
</p><p>L'USS demande que la Confédération renonce impérativement aux mesures d'économie dans le domaine FRI et augmente substantiellement les moyens alloués à la formation professionnelle, les hautes écoles, la formation continue ainsi que les bourses et prêts d'études. C'est indispensable pour maintenir et développer un système de formation de qualité au service des personnes en formation et de l'économie. </p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4453</guid><pubDate>Thu, 08 Sep 2016 13:04:33 +0200</pubDate><title>Le Conseil fédéral joue la montre</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/le-conseil-federal-joue-la-montre</link><description>Session parlementaire d’automne : rapport sur le service public de la SSR</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le rapport du Conseil fédéral sur le service public de la SSR a été publié au mois de juin. Il sera traité lors de la session d'automne par le Conseil des États. </p><p>Ce rapport avait été précédé par de vastes auditions de la Commission fédérale des médias (COFEM), qui avait déjà présenté ses conclusions en décembre dernier. Cette commission avait entre autres jugé qu'une autorité de régulation indépendante chargée de s'occuper des questions de convergence entre les médias était nécessaire. Il n'est en effet plus possible du tout d'avoir une politique des médias exclusivement pour le domaine de la diffusion ou des médias écrits et d'ignorer ainsi que les entreprises de télécommunications sont aussi activement présentes depuis très longtemps dans le paysage médiatique. Le Conseil fédéral est par contre d'avis qu'une autorité de régulation n'est pas nécessaire et joue la montre dans tout son rapport. La concession de la SSR échoit fin 2017. Cette concession et celle des médias électroniques privés doivent, selon la volonté du gouvernement, être prolongées telles quelles dans un premier temps. On envisage vaguement une nouvelle loi pour les médias électroniques à la préparation de laquelle on s'attellera après la votation sur l'initiative populaire " Oui à la suppression des redevances radio et télévision (suppression des redevances Billag) ". Cette dernière n'est toutefois nulle part mentionnée dans le rapport, pas plus que le projet de société commune de commercialisation " Admeira " qui réunit Ringier, la SSR et Swisscom. À travers cette étonnante politique de l'autruche, le Conseil fédéral frustre les partisan(e)s d'un service public fort dans les médias et offre à leurs adversaires la meilleure plate-forme pour imprimer dès le départ leur marque au débat. 
</p><p>Les décisions prises le 30 août par la Commission des transports et des télécommunications du Conseil des national (CTT-N), dont l'importance justifiait aux yeux de sa présidente, Natalie Rickli, la tenue d'une conférence de presse, montrent l'orientation prise sur cette question. Pour la concession de la SSR, on aura demain une compétence duale : le Parlement déciderait de la concession générale, le Conseil fédéral uniquement de la concession-cadre. En outre, la commission demande au Conseil fédéral un rapport supplémentaire d'ici la fin de l'année, rapport qui détaillera les prestations de la SSR et des diffuseurs privés (principe de subsidiarité). Et c'est à une grande majorité qu'elle a décidé d'empêcher la publicité en ligne pour la SSR après 2018. Sur un seul point, elle a suivi une proposition initiale de la COFEM : une autorité de régulation doit être créée et son rattachement à la surveillance des télécommunications examiné. 
</p><p>Au Conseil des États, on devrait être plus conscient du fait que la SSR, avec ses prestations journalistes destinées à toutes les régions du pays, est indispensable. Et le lobby des opposant(e)s n'y est pas si fortement représenté. On a le droit de se réjouir que cette Chambre des cantons entame maintenant son débat. </p>]]></content:encoded><category>Communication et medias</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4440</guid><pubDate>Mon, 05 Sep 2016 15:12:13 +0200</pubDate><title>Les employeurs peuvent se permettre AVSplus</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/les-employeurs-peuvent-se-permettre-avsplus</link><description>Depuis l&#039;an 2000, les patrons paient 0,7% de charges sociales en moins. </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">&nbsp;</p><p class="lead">AVSplus coûte aux employeurs et aux salarié(e)s 0,4% chacun de cotisations salariales. Là-dessus, tout le monde s’accorde. Les opposant(e)s à AVSplus prétendent que les charges sociales pèseraient beaucoup trop sur les entreprises et coûteraient des milliers d’emplois. Ils ont juste oublié que, depuis le tournant du siècle, les charges sociales ont baissé pour les entreprises. Il y a donc de la marge. </p><p>Les cotisations salariales pour les assurances sociales sont, depuis l’an 2000, significativement descendues. Selon l’Office fédéral de la statistique, les cotisations salariales versées par les employeurs ont reculé de 0,7% jusqu’à 2013 (pour toute les sociétés de capitaux, sans les banques/assurances). Il s’agit donc plus que les 0,4% qu’ils devraient dépenser pour AVSplus. 
</p><h3>Meilleur marché, pour les entreprises aussi</h3><p>La raison principale en est la baisse de 3 à 2,2% des cotisations à l’assurance chômage (AC), ainsi que des primes d’assurance accident plus basses. En 2014, le pourcent de solidarité pour l’AC a été déplafonné. En 2016, les cotisations pour les APG ont baissé de 0,5% à 0,45%, alors que le salaire maximum assuré par la LAA a été légèrement relevé. Les évaluations de l’OFAS montrent toutefois que depuis, rien ne devrait avoir changé. A l’exception du 2e pilier dont les cotisations ont augmenté. Un renforcement de l’AVS pourrait justement stopper cette évolution. Car l’AVS offre le meilleur rapport coûts/prestations pour les salaires bas et moyens. Cela reviendrait aussi meilleur marché aux entreprises que les solutions toujours plus coûteuses du 2e pilier. 
</p><h3>Répartition plus juste</h3><p>En d’autres mots: les firmes ne peuvent s’offrir cet allègement qu’en raison d’AVSplus. Et surtout&nbsp;: les entreprises réalisent d’importants bénéfices. Les nouveaux chiffres publiés par l’OFS (2013) indiquent un bénéfice brut d’environ 192 milliards de francs (sans les banques, les assurances et les caisses de pension). Les entreprises ont distribué presque 53 milliards de francs de gains. En regard de ces chiffres, les un peu plus de 2 milliards de cotisations patronales pour AVSplus sont extrêmement modestes. AVSplus corrige aussi l’évolution injuste qu’a connue la répartition des richesses ces dernières années&nbsp;: la part de la masse salariale totale des 10% les mieux payés a augmenté de 27,3 à 29,8%. La part du reste des salarié(e)s a baissé. Les cadres et les personnes qui gagnent bien leur vie profitent en outre souvent de la participation de leur employeur à de luxueux rachats dans les caisses de pension. &nbsp;
</p><h3>Effet positif sur l’emploi</h3><p>Les salaires ne sont pas que des coûts, mais aussi des revenus et donc de la consommation. Pour évaluer l’impact de cotisations salariales sur l’emploi, il faut regarder les deux aspects. Dans le cas d’une augmentation des cotisations salariales pour l’AVS, l’effet brut devrait être positif. Et pourquoi? Les bénéficiaires de l’AVS dépensent en général plus qu’ils ne reçoivent. Si les rentes AVS augmentent, le revenu supplémentaire sera dépensé et non pas épargné. Cela conduit donc à une augmentation de la consommation. Le chiffre d’affaire des entreprises augmente, l’emploi aussi. </p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Politique sociale</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4428</guid><pubDate>Thu, 01 Sep 2016 16:58:00 +0200</pubDate><title>Nous n’avons pas de planète « de rechange »</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/nous-n-avons-pas-de-planete-de-rechange</link><description>L’USS soutient « Économie verte ».</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) appelle à dire OUI à l’initiative «&nbsp;Économie verte&nbsp;» («&nbsp;Pour une économie durable et fondée sur une gestion efficiente des ressources&nbsp;»). Cela, parce que l’USS veut effectivement une telle économie. Une nécessité. </p><p>Les temps où l’on avait pour habitude de penser que les syndicats ne disaient oui que si des emplois étaient concernés, c’est du passé. Il y a vieux que l’écologie ne leur est plus quelque chose d’étranger ou d’hostile. Depuis des décennies déjà. Il y a plus de 30 ans que la FOBB – devenue ensuite le SIB, puis Unia –, le syndicat des travailleurs et travailleuses du bois et de la construction, a présenté une nouvelle approche pour un programme qui n’opposait pas développement de l’activité économique, donc les emplois, à la nature et à sa préservation. Par la suite, cette approche, mûrement réfléchie du point de vue écologique, s’est imposée dans la politique syndicale en matière d’énergies et de transports. Vu sous cet angle, le OUI à «&nbsp;Économie verte&nbsp;» représente tout simplement une attitude conséquente. 
</p><h3>Durabilité et gestion efficiente des ressources</h3><p>Cette initiative populaire veut donc une économie qui soit «&nbsp;durable et fondée sur une gestion efficiente des ressources&nbsp;». Elle entend encourager la «&nbsp;fermeture des cycles de vie des matériaux&nbsp;». La Confédération devra fixer des buts en conséquence ainsi que proposer des mesures lorsque ces objectifs ne sont pas atteints. Elle pourra en particulier encourager la recherche et l’innovation de même qu’édicter des prescriptions applicables aux processus de production, aux produits et aux déchets. Enfin, elle pourra également piloter tout cela du point de vue financier, par exemple en mettant en place des incitations fiscales positives et en prélevant sur la consommation des ressources naturelles une taxe d’incitation à affectation liée. 
</p><p>Les formulations de l’initiative sont très ouvertes et répondent au principe de subsidiarité, la Confédération n’intervenant qu’en dernier ressort. De fait, une grande liberté sera laissée aux acteurs de l’économie pour atteindre de manière autonome les objectifs fixés, l’État n’intervenant que s’ils ne sont pas en mesure de développer leurs activités en gérant correctement les ressources. C’est là exactement l’inverse d’une attitude dirigiste ou d’une «&nbsp;économie planifiée&nbsp;». Or c’est précisément ce que les adversaires de l’initiative reprochent à cette dernière… Mais on a l’habitude de voir des nouveaux responsables de campagne recourir aux vieilles ficelles des snipers de l’argumentation… pour se retrouver parfois le bec dans l’eau. 
</p><h3>C’est maintenant que les glaciers fondent&nbsp;!</h3><p>Donc, le 25 septembre prochain, il s’agira de poser, avec «&nbsp;Économie verte&nbsp;» les jalons d’une économie durable et fondée sur la gestion efficiente des ressources. Cette direction est la bonne. Il est nécessaire que nous la prenions. C’est maintenant que les glaciers fondent, que le climat se modifie. Par conséquent, le processus qui doit nous mener à plus de durabilité doit être lancé maintenant aussi, avec plus de détermination encore. Nous ne pouvons en effet plus faire comme si nous avions une planète de rechange pour remplacer l’actuel. </p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category><category>Économie</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4427</guid><pubDate>Thu, 01 Sep 2016 16:39:11 +0200</pubDate><title>Pas question de rééditer le scandale des fiches !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pas-question-de-reediter-le-scandale-des-fiches</link><description>L’USS rejette la nouvelle loi sur le renseignement</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La nouvelle loi sur le renseignement (LRens) accroît considérablement les pouvoirs du Service de renseignement de la Confédération. Désormais, ce dernier pourrait, sans soupçons fondés, pénétrer dans la sphère privée des gens. L’Union syndicale suisse (USS) n’est pas d’accord et appelle à dire NON à la LRens. Nous n’avons pas besoin d’un nouveau scandale des fiches. </p><p>Il va de soi que des terroristes et le crime organisé peuvent être actifs dans notre pays. Nous devons y faire face efficacement, à travers le Ministère public de la Confédération et les polices cantonales, qui disposent des moyens adéquats, tout en devant respecter la loi.
</p><p>Les compétences que la nouvelle LRens veut accorder au Service de renseignement de la Confédération reviennent par contre à prendre tout le monde en point de mire. Tout le monde serait en effet surveillé, pas seulement les criminels. Si le Service de renseignement de la Confédération peut espionner sans restriction aucune, les courriels, Facebook, WhatsApp et les textos, ainsi que filtrer Internet, alors c’est nous tous et toutes qui sommes concernés&nbsp;! D’innombrables données personnelles seront enregistrées et analysées, sans que nous le sachions. Et, c’est grotesque mais probable, le Service de renseignement de la Confédération, perdu dans un océan sans fin de données, deviendrait moins efficace et perdrait de vue ses vrais objectifs …
</p><p>La politique du laisser-faire en matière de renseignements est la meilleure manière d’en arriver à un nouveau fichage de masse de la population. Au 20e siècle, des milliers de syndicalistes actifs ont été fichés parfois durant des dizaines d’années. Être combattif en tant que syndicaliste revenait à être fiché et surveillé&nbsp;! Un voyage en Allemagne de l’Est revenait à être fiché comme potentiel terroriste. Passer une nuit dans une communauté d’habitation revenait à être fiché et à faire l’objet d’une enquête afin de déterminer qui l’on avait peut-être rencontré en de tels lieux. 
</p><p>Nous ne devrions pas ouvrir de porte qui nous ferait à nouveau prendre cette direction. Les interventions en plan pénal suffisent. D’autant plus que le Code pénal dispose de moyens pour intervenir aussi avant un attentat terroriste.</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4423</guid><pubDate>Thu, 25 Aug 2016 09:36:32 +0200</pubDate><title>Prévoyance vieillesse 2020 : un placebo pour les femmes</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/prevoyance-vieillesse-2020-un-placebo-pour-les-femmes</link><description>D’habiles manœuvres pour dissimuler le massacre des rentes</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 19 août, la commission préparatoire du Conseil national a postulé un réel massacre des rentes. Le démantèlement massif se ferait principalement aux dépens des femmes. Alors qu'elles ont déjà actuellement de la peine à joindre les deux bouts quand elles sont à la retraite, en raison de salaires plus bas, du temps partiel et du travail non rémunéré, elles pâtiraient tout particulièrement des économies faites sur les rentes de veuve et pour enfant, ainsi que dans le 2e pilier. Sans même mentionner l'augmentation de l'âge de la retraite des femmes, qui, comme on pouvait le craindre, n'est qu'une première étape sur le chemin de la retraite à 67 ans. 
</p><p>Et pourtant, au milieu du champ de bataille, se trouve une promesse pour les femmes qui, au premier abord, ne va pas dans la direction que prend la réforme : les femmes devraient recevoir des rentes AVS plus élevées, hausse qui correspondrait à la différence de salaire inexpliquée, soit un pourcent d'AVS en plus par pourcent de différence de salaire discriminatoire. Ce qui semble prometteur au premier regard - et c'est ainsi qu'ils pensent nous acheter - est en fait un marché de dupe. Nous avons besoin de l'égalité salariale, là n'est pas la question, et le Parlement a tout en main pour enfin la concrétiser dans le cadre de la révision prévue de la loi sur l'égalité. Mais de là à amadouer les futures rentières avec quelques pourcents d'AVS en plus pour les " indemniser " pour le vol de leur salaire... 
</p><p>A quoi s'ajoute que les rentes maximales ne seront pas touchées. Mariée ? Pas de chance ! Le supplément dépasserait le plafond de la rente de couple. Une rente de plus de 2000 francs ? Félicitations, mais il n'y a plus de place pour la compensation. En fin de compte, peu de femmes profiteraient de l'" indemnité " proposée. 
</p><p>Cette faveur est un remède placebo, avec lequel nous ne nous laisserons pas amadouer. Nous voulons l'égalité des salaires. Et nous voulons des rentes correctes, qui permettent de couvrir le minimum vital, ainsi que la retraite à 64 ans. Il faut être vraiment stupide pour être content avec moins. </p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4417</guid><pubDate>Mon, 22 Aug 2016 10:53:33 +0200</pubDate><title>Notre réponse aux démolisseurs de la sécurité sociale</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/notre-reponse-aux-demolisseurs-de-la-securite-sociale</link><description>Appel pour la grande manifestation « Halte à la baisse des rentes – Renforçons l’AVS! »</description><content:encoded><![CDATA[<p>Aux bottes des plus riches et si loin des préoccupations des gens ordinaires, les parlementaires de droite n’auraient en effet pas pu adopter une position de politique sociale plus isolée. Ils ont obtenu une majorité dans la commission préparatoire du projet Prévoyance vieillesse 2020. Ils veulent réduire massivement les rentes du 2e pilier, sans compensation digne de ce nom. Ils refusent d’augmenter les recettes pour pouvoir imposer l’âge de l’AVS à 67 ans. Pourquoi&nbsp;? Parce que les plus riches dans ce pays, qui n’ont d’ailleurs jamais été aussi riches, ne veulent pas payer plus. 
</p><p>&nbsp;</p><p>Voilà la goutte qui fait déborder le vase.
</p><p>Il faut maintenant donner une réponse forte à cette tentative de massacre. 
</p><p>Il faut maintenant surtout un OUI à l’initiative AVSplus. Cette initiative renforce l’AVS et bénéficie aux personnes qui en dépendent. Elle casse l’élan des démolisseurs de sécurité sociale qui veulent étrangler l’AVS. Ces plans doivent atterrir là où est leur place&nbsp;: dans les scories de l’histoire ou dans le Musée des horreurs antisociales. 
</p><p>Il faut aussi une réponse forte du peuple, qui, telle une brebis, se fait gentiment conduire à l’abatoir par les bouchers de la droite. Nous leur donnerons une réponse le 10 septembre déjà. Raison pour laquelle&nbsp;: venez tous et toutes à la <a href="http://www.uss.ch/actuel/kampagnenseiten-ohne-navigation/manif-nationale-pour-de-bonnes-retraites/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">grande manifestation «&nbsp;Halte à la baisse des rentes – Renforçons l’AVS&nbsp;!&nbsp;»</a></p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Politique sociale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4416</guid><pubDate>Mon, 22 Aug 2016 09:41:25 +0200</pubDate><title>2 x OUI, 1 x NON</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/2-x-oui-1-x-non</link><description>Recommandations de l&#039;USS pour les votations fédérales du 25 septembre 2016</description><content:encoded><![CDATA[<p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Le Comité de l’Union syndicale suisse (USS) a arrêté les recommandations suivantes pour les votations fédérales du 25 septembre prochain&nbsp;: </span></p><h3 class="Sous-titreSP"><span lang="FR">Initiative populaire AVSplus&nbsp;: OUI</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Ce OUI pour une initiative lancée par l’USS elle-même va de soi. À travers cette initiative, l’USS veut d’abord contrer la baisse des rentes, celle qui menace comme celle qui est déjà là. L’AVS doit être renforcée car elle est la forme de prévoyance vieillesse la meilleure, la plus sociale et la plus efficace. </span></p><h3 class="Sous-titreSP"><span lang="FR">Initiative populaire pour une économie verte&nbsp;: OUI</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">L’USS soutient le but visé d’une économie durable et fondée sur une gestion efficiente des ressources ainsi que le transfert de compétences à la Confédération afin que cet objectif puisse être atteint. </span></p><h3 class="Sous-titreSP"><span lang="FR">Loi sur le renseignement&nbsp;: NON</span></h3><p><span lang="FR">L’USS ne veut pas que les services de renseignement disposent de possibilités exagérées de surveiller la population, au point même de violer la sphère privée des gens. <i>Un</i> scandale des fiches, c’est déjà suffisant&nbsp;! </span></p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4407</guid><pubDate>Wed, 17 Aug 2016 11:11:24 +0200</pubDate><title>L’OSEO organise un concours pour ses 80 ans</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/l-oseo-organise-un-concours-pour-ses-80-ans</link><description>L’œuvre Suisse d’Entraide Ouvrière s’engage depuis 80 ans contre la précarité. </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Pas de champagne et de petits fours pour marquer le coup&nbsp;: L’OSEO lance plutôt un concours d’idées pour moderniser les politiques d’intégration professionnelle et sociale. Par les jeunes, pour les jeunes. </p><p>En 1936, le PSS et l’USS ont fondé l’Œuvre Suisse d’Entraide Ouvrière (OSEO) pour apporter la réponse du mouvement ouvrier à la croissance du chômage et de la précarité. Quatre-vingts ans plus tard, ces défis sont toujours là et l’OSEO s’y attelle avec un engagement qui n’a pas faibli. 
</p><h3>Solidarité concrète à l’œuvre</h3><p>L’OSEO, c’est aujourd’hui dix organisations régionales qui agissent concrètement en faveur de l’intégration sociale et professionnelle des jeunes, des moins jeunes, des migrant-e-s ou des personnes précarisées et discriminées, grâce à des aides à la recherche d’emploi, des semestres de motivation, des camps de vacances pour enfants, des cours de langues, des entreprises d’insertion à vocation sociale, etc.
</p><h3>Moderniser les politiques d’insertion professionnelle</h3><p>Pour fêter dignement ses 80 ans, et plutôt que d’organiser le traditionnel cocktail dînatoire-discours-petits fours, le réseau OSEO organise un concours d’idées, afin de trouver comment moderniser les politiques d’intégration sociale et professionnelle. Ce concours s’adresse aux jeunes de tous les cantons et les idées soumises doivent favoriser l’intégration sociale et l’insertion professionnelle des jeunes. Le jury, composé de personnalités issues des milieux politique et économique sélectionnera les six meilleures idées. 
</p><h3>72&nbsp;000 pour mettre en œuvre la meilleure idée</h3><p>Le concours est doté d’un montant global de 80&nbsp;000 CHF dont 8&nbsp;000 CHF seront versés en espèces aux lauréats sous forme de six prix, tandis que le solde sera consacré à l’idée retenue pour être réalisée. Les dossiers de participation sont à envoyer jusqu’au 15 octobre 2016.</p>]]></content:encoded><category>Assurance-chômage</category><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4406</guid><pubDate>Tue, 16 Aug 2016 17:06:25 +0200</pubDate><title>L’UDC attaque une fois de plus les droits fondamentaux!</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-udc-attaque-une-fois-de-plus-les-droits-fondamentaux</link><description>Les syndicalistes sont aussi visés par l’initiative sur la primauté du droit suisse </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’initiative UDC sur la primauté du droit suisse représente une attaque frontale de nos droits fondamentaux. Les salarié(e)s et les membres des syndicats bénéficient justement de droits de l’homme garantis internationalement. Raison pour laquelle, nous devons nous opposer à cette nouvelle tentative de musellement. </p><p>Le 12 août 2016, l’UDC a déposé son initiative à l’intitulé trompeur «&nbsp;Le droit suisse au lieu de juges étrangers&nbsp;». Avec cet objet, l’UDC lance une attaque générale contre les droits fondamentaux des individus dans notre pays. 
</p><h3>Attaque de la Convention des droits de l’homme </h3><p>L’UDC souhaite dénoncer par la bande la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et les conventions de l’Organisation mondiale du travail (OIT). Les initiant(e)s prétendent ainsi renforcer le droit suisse. Mais dans les faits, il s’agit plutôt d’affaiblir les droits de tout le monde. Les droits garantis par la CEDH sont ancrés dans notre Constitution comme des droits fondamentaux. Ce n’est donc pas du droit étranger, mais du droit suisse. En Suisse, il n’existe pas de cour constitutionnelle qui protège nos droits fondamentaux de manière contraignante. La CEDH nous offre justement cette protection depuis bientôt 42 ans, nous lui devons les progrès les plus importants de la législation suisse. Si on taille dans nos droits de l’homme, on restreint notre démocratie, notre sécurité et notre liberté. 
</p><h3>Attaque des droits syndicaux</h3><p>Les salarié(e)s syndiqués dépendent justement d’un système des droits de l’homme qui fonctionne bien. Différents droits fondamentaux sont à notre disposition dans la Constitution, la CEDH et le droit international de l’OIT&nbsp;: le droit de s’organiser et d’échanger dans l’entreprise, la protection contre les licenciements antisyndicaux, la protection des lanceurs d’alerte et les droits d’accès et d’information sur le lieu de travail. 
</p><p>L’UDC veut justement les supprimer. En proposant de changer l’art. 190 de la Constitution fédérale, l’initiative exige que seuls les accords internationaux qui ont été acceptées par le peuple soient déterminants pour le Tribunal fédéral (et toutes les autres autorités chargées d’appliquer le droit). La ratification de la CEDH en 1974 n’a pas été soumise au référendum parce que la Constitution fédérale ne le prévoyait pas encore. La CEDH a donc été acceptée par le Parlement, dans un processus démocratique. 
</p><h3>Attaque des droits fondamentaux et de l’homme</h3><p>Comme il n’y a pas en Suisse de contrôle de la constitutionnalité qui empêche que des lois fédérales ne violent des libertés protégées par les droits fondamentaux, une sécurité figure dans l’art. 190 de la Constitution fédérale&nbsp;: le droit international, comme la CEDH ou les conventions de l’OIT, est aussi déterminant. Le droit international ratifié par la Suisse exerce ainsi cette fonction. En effet, le droit international, par le biais de la CEDH et des conventions de l’OIT, garantit largement les mêmes droits fondamentaux et de l’homme que notre Constitution. Il va toutefois souvent plus dans les détails et indique plus précisément comment respecter ces droits. Les Conventions n° 89 et 98 qui protègent les libertés syndicales se révèlent être très précieuses. Ainsi, grâce à des plaintes de l’USS, on a pu constater que le Code des obligations suisse (CO) peu favorable aux travailleurs et travailleuses devait être réformé. L’initiative UDC désenclencherait cette forme de «&nbsp;réassurance&nbsp;» importante. Elle empêcherait que nos tribunaux protègent par la voie légale les droits fondamentaux et de l’homme contre des lois fédérales (p. ex. la protection contre les licenciements dans le CO). </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4390</guid><pubDate>Tue, 12 Jul 2016 15:43:16 +0200</pubDate><title>Travailler en plein air</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/travailler-en-plein-air</link><description>Il faut se protéger contre les rayons du soleil !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Quiconque est exposé au soleil pendant son travail court un grand risque de contracter un cancer. La Suisse connaît de fait un des plus importants taux de cancer au monde ! Autrement dit, on doit davantage protéger sa peau. </p><p>Actuellement, les syndicats de l'USS distribuent des tubes de crème solaire dans le cadre de leur campagne pour AVSplus. Ils rappellent qu'il n'y a pas que la peau à devoir être protégée, nos rentes devant l'être aussi... mais la peau quand même. En effet, toute personne qui travaille en plein air est en danger. Lorsque l'été est plutôt peu ensoleillé, comme celui que nous avons vécu pendant plusieurs semaines, et les températures relativement basses, les nuages masquent l'intensité du rayonnement solaire. Par temps couvert aussi, jusqu'à 80 % des rayons ultraviolets traversent la couverture nuageuse. Les surfaces claires, comme le métal, le verre, le béton clair ou l'eau reflètent ces rayons et vont même jusqu'à doubler leur effet ! 
</p><h3>Se protéger contre les ultraviolets </h3><p>Celle ou celui qui travaille à l'air libre est plus exposé aux ultraviolets et court de ce fait un risque de cancer de la peau plus élevé. Sont concernés ici les travailleurs et travailleuses de la construction, les couvreurs et couvreuses, les employé(e)s de la voirie, les jardiniers et jardinières, les travailleurs et travailleuses agricoles, les poseurs et poseuses de câbles, les maîtres-nageurs et maître-nageuses, les professeur(e)s de ski, le personnel des remontées mécaniques, etc. 
</p><p>Les ultraviolets peuvent être à l'origine de plusieurs formes de cancer, ainsi que de dommages aux yeux. Pour y parer, il faut se protéger correctement. Les yeux le seront avec des lunettes de soleil. Quant aux parties non protégées de la peau, elles doivent être enduites d'une crème solaire présentant un indice de protection d'au moins 25. Chapeaux à larges bords ou foulards sont également indiqués, de même que des vêtements tissés serrés et de couleurs vives. Et l'on doit étaler à plusieurs reprises de la crème solaire sur sa peau afin de maintenir la protection. 
</p><p>Avec les employé(e)s, les employeurs et employeuses portent ensemble la responsabilité de la protection contre le soleil et la chaleur excessive. Selon l'article 20 de l'ordonnance 3 relative à la loi sur le travail, l'employeur/employeuse est tenu de protéger son personnel " contre tout ensoleillement excessif et contre tout rayonnement calorifique excessif ". Cela, par exemple en distribuant un équipement de protection adapté, ainsi que de la crème solaire. Et, selon l'article 35 de la même ordonnance, " de l'eau potable sera disponible à proximité des postes de travail ". 
</p><h3>La Suisse, un des taux de cancer de la peau le plus élevé au monde</h3><p> La Suisse fait partie des pays dont les taux de cancer de la peau sont le plus élevés sur la planète. Par année, environ 20 à 25 000 personnes sont touchées par des formes de cancer que l'on arrive plutôt bien à soigner (épithéliomas basocellulaires et spinocellulaires). Près de 2 400 sont atteintes d'un mélanome, la plus grave forme de cancer de la peau. Et presque 300 en meurent chaque année. C'est nettement plus qu'à cause du SIDA et à peu près autant que le nombre de personnes qui décèdent suite à un accident de la route ! Les travailleurs et travailleuses les plus touchées sont ceux et celles qui travaillent dehors à cause de leur profession et se sont trop peu protégés contre le rayonnement ultraviolet. Il est plus que temps que nous changions cela ! Les personnes qui travaillent sous le soleil et/ou ont beaucoup de grains de beauté devraient régulièrement faire détecter toute modification de leur peau et consulter à cet effet leur médecin. 
</p><p>Pour plus d'informations sur le sujet :
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><a href="http://derma.ch/fr/spec/melanoma.html" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Ligue suisse contre le cancer</a> : 0800 11 88 11 (appel gratuit, lundi-vendredi, de 9 h à 19 h) </li><li><a href="http://www.suva.ch/fr/startseite-suva/praevention-suva/arbeit-suva/gefahren-filter-suva/hitze-kaelte-belastungen-raeume/sonne-hitze-ozon-suva/filter-detail-suva.htm" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">SUVA&nbsp;</a></li></ul><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4383</guid><pubDate>Tue, 05 Jul 2016 16:02:38 +0200</pubDate><title>AVSplus au lieu de réductions des rentes des caisses de pension </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/avsplus-au-lieu-de-reductions-des-rentes-des-caisses-de-pension</link><description>Le Conseil fédéral ignore les inquiétudes de la population</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Le Conseil fédéral rejette l'initiative AVSplus. Il ignore ainsi la population qui s'inquiète au sujet du montant de ses futures rentes de vieillesse.</p><p>Car les personnes qui partent bientôt à la retraite devront se contenter de rentes toujours plus basses en provenance du 2e pilier. Les caisses de pension abaissent les unes après les autres leurs taux de conversion. Le montant des futures rentes sera donc toujours plus bas. A quoi s'ajoute que le Conseil fédéral et le Parlement veulent réduire le taux de conversion sur la part obligatoire, sans toutefois suffisamment compenser cette baisse. Malgré toutes les belles promesses du Conseil fédéral et du Parlement, le niveau des rentes continue ainsi à baisser. Et les prochaines dégradations que vont subir les retraites, sous la forme d'un relèvement de l'âge de la retraite à 67 ans ou même plus, sont déjà dans le pipeline.
</p><p>Il n'y a que l'initiative AVSplus qui puisse stabiliser le niveau des rentes. Pour une augmentation modeste des cotisations salariales de 0,4% (autant pour les employeurs), tout le monde recevra plus tard une rente nettement plus élevée, en moyenne 2400 Fr./an pour les personnes vivant seules ou 4200 Fr./an pour les couples. Seule l'AVS peut offrir un aussi bon rapport prix/prestations. Un franc de cotisation salariale apporte bien plus de rente, ce qui bénéficie particulièrement aux femmes et aux jeunes. En effet, dans le 2e ou le 3e pilier, ils devraient épargner bien plus d'argent pour pouvoir financer l'augmentation de rente correspondante. L'AVS a un sérieux atout sur les 2e et 3e piliers dans cette phase de taux d'intérêts bas.
</p><p>Pour les retraité(e)s, l'initiative AVS est déterminante afin d'assurer leurs moyens de subsistance. En 2017, les rentes AVS ne seront pas augmentées, pour la première fois depuis l'introduction de l'indice mixte en 1979, du fait que le renchérissement est négatif et que les salaires stagnent. Et pourtant, les primes d'assurance-maladie continuent à augmenter et les loyers restent élevés. En fin de compte, les retraité(e)s auront moins pour vivre l'année prochaine.
</p><p>A cet égard, l'initiative AVSplus est la seule à être d'un quelconque secours. L'initiative marque aussi une avancée sociale pour les bénéficiaires de prestations complémentaires (PC). Ces personnes réduisent ainsi leur dépendance à des PC peu sûres qui sont octroyées en fonction du besoin. Raison pour laquelle les futurs retraité(e)s et retraité(e)s actuels ne peuvent apporter qu'une seule réponse aux plans de réduction des retraites le 25 septembre prochain en votant clairement OUI à l'initiative AVSplus. </p>]]></content:encoded><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4361</guid><pubDate>Wed, 29 Jun 2016 17:02:57 +0200</pubDate><title>Qui sait calculer, renforce l’AVS</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/qui-sait-calculer-renforce-l-avs</link><description>Lancement de la campagne pour l’initiative populaire AVSplus</description><content:encoded><![CDATA[<p class="Text"><span lang="FR"></span></p><p>Les rentes du 2e pilier ne cessent de baisser. La personne qui prendra sa retraite ces prochaines années devra s'attendre à des pertes de rente salées. Parallèlement, les rentes sont à la traîne de l'évolution économique. C'est pour cela qu'il faut relever de 10 % les rentes de vieillesse de l'AVS, ainsi que le demande l'initiative AVSplus. De fait, l'AVS est la prévoyance vieillesse la plus efficiente, la plus sûre et la plus avantageuse de Suisse, comme l'a clairement expliqué l'" Alliance pour une AVS forte ", mercredi, lors du lancement de la campagne de votation.
</p><p>Les rentes du 2e pilier sont sous pression. Bien que nous devions payer toujours plus de cotisations dans ce pilier, ses rentes sont toujours plus basses. Les baisses de 20 % ne sont pas chose rare. Les turbulences qui agitent les marchés financiers vident quasiment de tout leur sens les anciennes promesses de rentes.
</p><p>L'évolution des rentes de l'AVS est par contre calculable et fiable. Grâce à un mode de financement intelligent, l'AVS maîtrise très bien le vieillissement de notre société. Alors que les pourcents de salaire qui lui sont destinés n'ont jamais été relevés depuis 1975 et que seul un pourcent de TVA leur a été ajouté, l'AVS verse aujourd'hui deux fois plus de rentes qu'autrefois. Des rentes qui ont même été adaptées à l'évolution du renchérissement et des salaires. Grâce à ce système de financement qui a fait ses preuves, l'AVS pourra également financer avec un pourcent seulement de TVA l'arrivée à la retraite des baby-boomers.
</p><p>L'AVS est sûre aussi parce qu'elle est beaucoup moins livrée aux forces impétueuses des marchés financiers que le 2e pilier. Comme elle dépense immédiatement sous forme de rentes la majeure partie de ses recettes, elle ne doit placer qu'une fraction de son argent alors que le 2e pilier doit par contre placer le sien de manière à ce qu'il soit rentable. Ce qui rend l'AVS extrêmement efficiente. En effet, cela nécessite pour elle beaucoup moins de coûts pour gérer son capital.
</p><p>Pour ces raisons, il est plus que temps que l'on renforce l'AVS. Afin de garantir le niveau des rentes. Et afin que les gens puissent " maintenir de manière appropriée (leur) niveau de vie antérieur " une fois à la retraite, comme le demande la Constitution fédérale. L'initiative AVSplus veut relever les rentes de vieillesse de l'AVS de 10 %. Pour un modeste 0,4 % de salaire supplémentaire, et autant pour l'employeur, tout le monde recevra une rente nettement supérieure, soit en moyenne 2 400 francs par an pour les personnes vivant seules et 4 200 francs pour les couples mariés. Un tel rapport prix/prestation, seule l'AVS en possède un. Avec elle, un franc de cotisation rapporte le plus sous forme de rente, ce qui profite surtout aux femmes et aux jeunes. Car, dans les 2e et 3e piliers, il faudrait mettre beaucoup plus d'argent de côté pour financer une telle hausse des prestations.
</p><p>Selon l'" Alliance pour une AVS forte ", qui réunit tous les syndicats et les grandes organisations de salarié-e-s du secteur public, les organisations de retraité-e-s FARES et AVIVO, ainsi que le Parti socialiste, les Verts, la Jeunesse socialistes et les Jeunes Vert-e-s, il est donc clair que qui sait calculer, renforce l'AVS.<span lang="FR"></span></p><h5> " Alliance pour une AVS forte " :</h5><p>APC, ASEB, ASI, AvenirSocial, AVIVO, FARES, Femmes socialistes, FSFP, Garanto, jeunes Vert-e-s, JS Suisse, Kapers, LCH, Nautilus, New Wood, POP, PS, PS60+, SBKV, SER, SEV, SIT, SSM, SSP, SSPM, Syna, Syndicom, Travail.Suisse, Unia, USDAM, USS, Vert-e-s, ZV
</p><p class="Text">&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4357</guid><pubDate>Tue, 28 Jun 2016 08:35:35 +0200</pubDate><title>RIE III : inefficace, bien trop chère et injuste</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/rie-iii-inefficace-bien-trop-chere-et-injuste</link><description>Le référendum contre la troisième réforme de l&#039;imposition des entreprises est lancé. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Une alliance formée par les syndicats, la gauche et les Verts a lancé mardi le référendum contre la troisième réforme des entreprises (RIE III). La droite a en effet tellement surchargé le bateau qu’il est impensable de laisser passer la création de nouveaux privilèges et niches fiscaux. Trop, c’est trop&nbsp;!
</p><p>&nbsp;</p><p>Les cadeaux fiscaux aux entreprises et aux gros actionnaires feraient perdre à la seule Confédération au moins 1,3 milliard de francs par an. A quoi s’ajoutent des manques à gagner pour les cantons, les villes et les communes qui sont difficiles à évaluer, mais qui se compteront aussi en milliards. 
</p><p>A l’origine, la RIE III devait éliminer les privilèges fiscaux injustes dont bénéficiaient en Suisse les entreprises et établissements financiers internationaux. Un objectif que l’USS avait aussi défendu, comme l’a expliqué Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en chef de la faîtière syndicale, à la conférence de presse&nbsp;: «&nbsp;Mais les forces de droite ont grossièrement abusé de la réforme pour accorder aux entreprises et à leurs actionnaires de nouveaux privilèges fiscaux encore plus généreux, au détriment des salarié(e)s normaux&nbsp;» 
</p><p>Les entreprises paient déjà actuellement 5% d’impôts de moins qu’en 2000. Tant du point de vue économique que de celui de la répartition des richesses, ces nouveaux privilèges fiscaux sont une erreur. «&nbsp;Les entreprises doivent aussi payer des impôts, car, tout comme les ménages privés, elles profitent de services publics (infrastructures, formation, sécurité du droit, etc.).&nbsp;» Et pourtant, avec la RIE III, certaines entreprises ne paieraient quasiment plus d’impôts. Raison pour laquelle, l’USS est opposée à cette réforme et soutient le référendum. 
</p><p><a href="http://wecollect.rie-3-non.ch" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Signer en ligne ici</a></p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Économie</category><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4351</guid><pubDate>Wed, 22 Jun 2016 16:56:47 +0200</pubDate><title>Droits syndicaux: une étude constate qu’il faut agir !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/droits-syndicaux-une-etude-constate-qu-il-faut-agir</link><description>La Suisse doit enfin adapter la protection contre les licenciements aux droits fondamentaux et au partenariat social</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil fédéral a mandaté deux professeurs de l’Université de Neuchâtel, Jean-Philippe Dunand et Pascal Mahon pour réaliser une étude sur la protection contre le licenciement. La deuxième partie de l’étude, publiée le 22 juin, confirme les résultats catastrophiques déjà mis en avant par la première partie, en particulier en ce qui concerne la protection des grévistes&nbsp;: les auteurs ont décelé d’importants manquements dans la protection contre les licenciements antisyndicaux et abusifs de représentant(e)s du personnel. Le Code des obligations suisse viole les droits fondamentaux établis par l’OIT et par la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH). </p><p>&nbsp;</p><p>On ne doit toutefois pas en rester à la constatation qu’il faut agir. L’USS demande clairement que la Suisse mette la protection contre les licenciements en conformité avec les droits fondamentaux et les besoins d’un réel partenariat social. Si la Confédération ne devait pas assumer ses obligations concernant les droits humains, elle devra s’attendre à de nouvelles plaintes auprès de la Cour européenne des droits de l’homme. Des militant(e)s, des membres de conseils de fondation de caisses de pension licenciés ainsi que d’autres personnes qui ont reçu leur congé pour des motifs antisyndicaux pourraient déposer plainte. L’USS va aussi thématiser le non-respect de conventions de l’OIT&nbsp;: à cet égard, la Suisse risque d’être inscrite sur une liste noire. 
</p><p>&nbsp;</p><p>L’étude neuchâteloise montre justement à quel point les droits fondamentaux garantis internationalement sont importants pour les travailleurs suisses. En effet, la législation de la Cour européenne des droits de l’homme (CrEDH) joue un rôle toujours plus important aux côtés des conventions normatives de l’OIT en Suisse. Les droits sociaux et du travail fixés par l’OIT et la CrEDH garantissent aux travailleurs la possibilité de s’organiser syndicalement dans une entreprise, de mener des négociations conventionnelles sans craintes de représailles et des luttes pour les droits du travail. A cela s’ajoute que les syndicats s’engagent depuis toujours pour que ces droits fondamentaux émancipatoires qui protègent mieux les salarié(e)s de notre pays soient ancrés et étendus. 
</p><p>&nbsp;</p><p>Les droits fondamentaux internationaux apportent une compensation importante à la globalisation qui se fait purement sur le plan économique. Ils prescrivent à l’Etat un devoir concret et positif de protection des salarié(e)s, comme par exemple dans le domaine de la protection contre les licenciements abusifs.</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4340</guid><pubDate>Wed, 15 Jun 2016 10:43:11 +0200</pubDate><title>Des actions ont eu lieu dans toute la Suisse le 14 juin</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/des-actions-ont-eu-lieu-dans-toute-la-suisse-le-14-juin</link><description>&quot;Contrôles des salaires, maintenant!&quot; ont réclamé des centaines de femmes.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Malgré la pluie et de lourds nuages masquant le ciel, dans au moins 17 villes de Suisse, des centaines de femmes ont protesté le 14 juin 2016 contre la persistance des discriminations salariales. Le jour des 25 ans de la légendaire grève des femmes, elles ont dénoncé le fait inacceptable que les femmes gagnent toujours 15% de moins que les hommes et que la moitié de cet écart salarial soit de l’ordre de la pure discrimination.
</p><p>De Genève à St-Gall, de Bâle à Bellinzone, les femmes ont demandé que le tempo s’accélère et que des contrôles des salaires soient instaurés. Il faut à la Suisse une loi sur l’égalité entre femmes et hommes qui soit efficace et qui prévoie donc des contrôles des salaires. Fini les excuses et les discours vaseux de la droite&nbsp;! La loi et la Constitution doivent être respectées. Et dans ces deux textes, est écrit qu’un travail de valeur équivalente doit être rémunéré avec le même salaire. Il faut donc imposer des salaires égaux&nbsp;! C’est aussi simple que cela. Ou plutôt, cela pourrait être si simple!
</p><p>Les femmes sont prêtes: si le Parlement n’agit pas, elles réagiront&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4338</guid><pubDate>Tue, 14 Jun 2016 17:05:50 +0200</pubDate><title>Naturalisation… Une décision qui va dans la bonne direction !</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/naturalisation-une-decision-qui-va-dans-la-bonne-direction</link><description>Le Conseil des Etats accepte la naturalisation facilitée des migrant(e)s de la 3e génération</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’USS salue la décision du Conseil des Etat sur la naturalisation facilitée des migrant(e)s de troisième génération mais regrette les durcissements apportés à la loi. La naturalisation automatique aurait été plus simple. Quant à l’encouragement de la naturalisation de la deuxième génération, les choses bougent au Conseil fédéral. </p><p>Il y a 8 ans déjà, la Conseillère nationale Ada Marra déposait une initiative parlementaire intitulée «&nbsp;La Suisse doit reconnaître ses enfants&nbsp;» qui demandait que les migrantes et les migrants de la troisième génération qui sont nés et ont grandi en Suisse bénéficient d’une procédure facilitée de naturalisation. 
</p><h3>Durcissement regrettable</h3><p>Après le feu vert du Conseil fédéral et du Conseil national, le Conseil des Etats s’est également prononcé en faveur d’une naturalisation facilitée pour la troisième génération. L’USS salue la décision du Conseil des Etats. Le projet repart néanmoins au Conseil national, puisque certaines divergences existent toujours entre les deux instances. La chambre haute a en effet – et l’USS le regrette – durci certaines conditions. Il faudra, par exemple, que les demandes de naturalisation facilitée soient déposées avant l’âge de 25 ans ou encore prouver que l’un des grands-parents a été titulaire d’un permis de séjour alors qu’il suffisait de l’établir de manière crédible dans la version du Conseil national. 
</p><h3>La naturalisation automatique aurait été plus simple</h3><p>Espérons que la Chambre du peuple, malgré sa nouvelle composition, fasse à nouveau preuve de clairvoyance dans ses décisions. Quant à l’USS, et afin d’éviter toutes ces discussions et ces aller-retour entre chambres… elle aurait été tout simplement favorable à une procédure de naturalisation automatique pour les personnes de la troisième génération. 
</p><h3>Offensive de naturalisations</h3><p>De manière parallèle, les syndicats ont d’ailleurs décidé de lancer une offensive de naturalisation, et ce après l’échec de l’initiative de mise en œuvre. Le résultat de la votation du 28 février dernier marque, en effet, une véritable rupture. Une majorité des votants a considéré que les «&nbsp;secondas&nbsp;» et les «&nbsp;secondos&nbsp;» sont partie prenante de la Suisse. L’USS, qui compte parmi ses membres un grand nombre de migrantes et de migrants, invite ainsi tout particulièrement les jeunes étrangers de seconde génération à s’interroger sur une potentielle naturalisation. 
</p><h3>Le Conseil fédéral veut encourager la naturalisation des «&nbsp;secondas&nbsp;» et «&nbsp;secondos&nbsp;»</h3><p>A cet égard, le Conseil fédéral a déclaré être prêt à s’engager afin que la naturalisation des personnes issues de la seconde génération – qui sont nées et ont grandi ici – soit activement encouragée. C’est dans ce sens que la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga a répondu à une interpellation du Président de l’USS et conseiller aux Etats Paul Rechsteiner. En bref, en matière de naturalisation, les choses pourraient enfin bouger dans la bonne direction – et l’USS s’en réjouit.</p>]]></content:encoded><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4334</guid><pubDate>Mon, 13 Jun 2016 14:53:50 +0200</pubDate><title>La Suisse tenue d’améliorer la protection contre le licenciement</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/la-suisse-tenue-d-ameliorer-la-protection-contre-le-licenciement</link><description>Toujours sous observation de l’OIT</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Plus de 6&nbsp;000 délégué(e)s de 187 pays membres de l’Organisation internationale du Travail (OIT) se sont rencontrés à Genève du 29 mai au 5 juin dans le cadre de la Conférence internationale du travail de l’OIT. Parmi les sujets abordés, les droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses. La Suisse est toujours dans le collimateur pour son manque de protection contre les licenciements. Selon l’OIT, il faut une réforme. </p><p>Cette année, le rapport de l’OIT sur la Suisse a été tout sauf rose. Notre pays accuse toujours des lacunes concernant le respect des conventions n°&nbsp;87 et 98, qui protègent la liberté syndicale. 
</p><h3>Protection insuffisante en cas de licenciement abusif</h3><p>Les personnes licenciées en Suisse parce qu’elles se seraient engagées pour défendre les intérêts des travailleurs et travailleuses dans le cadre de négociations collectives, d’organes paritaires de caisses de pensions ou d’autres activités syndicales, ne bénéficient pas d’une protection légale suffisante. Idem pour les lanceurs d’alerte. Dans ces cas en effet, le Code des obligations suisse prévoit uniquement que l’employeur devra verser au maximum six mois de salaire à la personne licenciée. Dans la réalité cependant, il ne s’agit la plupart du temps que de 2 à 3 mois. Une insulte pour les victimes de licenciements abusifs qui ne trouveront ensuite plus d’emploi durant des années et devront parfois même vivre de l’aide sociale. 
</p><h3>La réintégration doit être possible</h3><p>L’OIT a déjà constaté à plusieurs reprises que la Suisse doit réformer son droit en matière de licenciement. Ainsi, dans certains cas, la réintégration de la personne licenciée devrait être possible. En outre, la sanction prononcée par la justice doit être durcie afin de donner plus de poids aux jugements des tribunaux. Il ne faut en effet pas que tant pour Nestlé que le garagiste du village, la sanction maximale ne puisse dépasser les six mois de salaire.
</p><h3>Le président de la Confédération était présent à la conférence de l’OIT </h3><p>Le 30 mai, le président de la Confédération Johann Schneider-Ammann s’est rendu à la Conférence et a prononcé un discours sur l’avenir du monde du travail et l’importance du partenariat social dans un monde globalisé. Il a aussi signé un nouveau protocole de collaboration et de financement entre la Suisse et l’OIT. L’Union syndicale suisse (USS) se félicite de cette visite et de cette signature. 
</p><p>L’USS a toutefois rappelé, lors des discussions tripartites avec le président de la Confédération et la représentation des employeurs suisses à l’OIT, que le problème du manque de protection contre les licenciements antisyndicaux n’était toujours pas résolu. Car il ne peut pas y avoir de partenariat social digne de ce nom si les personnes qui s’engagent pour leurs collègues de travail doivent s’attendre à être licenciées parce qu’elles ont posé des questions ou présenté des revendications dérangeantes. L’USS a clairement fait savoir que, pour être sérieux et global, l’engagement de la Suisse à l’OIT ne peut pas uniquement consister dans la ratification de conventions et le financement de projets. Il doit aussi prévoir la mise en œuvre des obligations de l’État en matière de droit international. Il faut donc améliorer la protection contre les licenciements antisyndicaux dans le Code des obligations. 
</p><h3>Chaînes d’approvisionnement et autres thèmes</h3><p>Un des sujets importants de cette conférence fut entre autres la revendication d’un travail digne dans les chaînes d’approvisionnement. En accord avec la Confédération syndicale internationale (CSI), l’USS demande que l’OIT conclue un accord sur une régulation des normes minimales dans les chaînes internationales d’approvisionnement. Il a aussi été question de l’aménagement plus équitable du libre-échange, au moyen de normes minimales dans le domaine du droit du travail et du droit social. Ici, l’USS demande que les accords de libre-échange prévoient en principe le respect des normes de l’OIT. Un autre thème a été celui des instruments de l’OIT permettant un développement aussi social et durable que possible après des guerres ou des catastrophes naturelles, par exemple au Moyen-Orient ou en Amérique du Sud. </p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4330</guid><pubDate>Thu, 09 Jun 2016 18:22:48 +0200</pubDate><title>La décision du Conseil national est catastrophique !</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/la-decision-du-conseil-national-est-catastrophique</link><description>Formation, recherche et innovation</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 9 juin, le Conseil national a débattu du Message Formation, Recherche et Innovation (FRI) 2017-2020. L'UDC demandait des coupes à hauteur de 1 milliard alors que la Commission de la science, de l'éducation et de la culture du Conseil national (CSEC-CN) demandait un renforcement de près d'un milliard. Après des débats animés, le Conseil national a préféré suivre la proposition du Conseil fédéral. 
</p><p>Les optimistes relèveront deux aspects positifs : tous les partis ont reconnu l'importance de la formation, de la recherche et de l'innovation pour notre pays et les tentatives de l'UDC de couler encore d'avantage le navire ont échoué. 
</p><p>Mais soyons réalistes : le résultat du jour est catastrophique ! Les moyens manqueront pour réaliser les objectifs et les priorités définies dans ce programme qui, rappelons-le, a été élaboré avec une croissance annuelle initiale de 3,2 %. Le Conseil fédéral avait ensuite revu sa copie, pas sur le fond, mais en réduisant les moyens pour aboutir à une croissance annuelle de 2 %. Cela signifie concrètement un manque de l'ordre de 800 millions. Énorme ! C'est pourquoi la CSEC-CN avait demandé de revenir à une croissance de 3,2 % et d'ajouter quelque 950 millions. Malheureusement, elle n'a pas été suivie. 
</p><p>Quelles seront les conséquences ? Le renforcement de la formation professionnelle supérieure se fera au détriment de la formation des apprenti(e)s puisque les cantons devront reporter les charges supplémentaires. Le renforcement des compétences de base des adultes (lecture, écriture, mathématiques, technologies de l'information et de la communication ICT) et la formation continue resteront anecdotiques. Les étudiant(e)s précarisés ne pourront pas entreprendre d'études faute de bourses suffisantes. Les hautes écoles ne pourront pas effectuer les développements nécessaires pour garantir leur place dans un espace de la science mondialisée sujet à une concurrence accrue. 
</p><p>Dès le 20 juin, la CSEC du Conseil des États empoignera le dossier. Elle aura encore la possibilité de corriger cette absurdité avant que le plénum n'en discute à la session d'automne. D'ici-là, il est plus que jamais indispensable de se mobiliser afin d'empêcher que le navire FRI ne coule à pic ! </p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4328</guid><pubDate>Wed, 08 Jun 2016 13:41:18 +0200</pubDate><title>Des contrôles des salaires, maintenant!</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-controles-des-salaires-maintenant</link><description>Un appel – 25 ans après la grève des femmes</description><content:encoded><![CDATA[<p>Une fois de plus, les femmes syndicalistes descendent dans la rue un 14 juin. Et elles continueront à le faire jusqu’à ce qu'elles gagnent autant que les hommes. Un quart de siècle après l’historique grève des femmes et 20 ans après l’entrée en vigueur de la loi sur l’égalité, on n’a pas beaucoup avancé. Les femmes gagnent, selon la manière dont on calcule, entre 15 et 20 % de moins que les hommes. Et presque la moitié de ces écarts est de la pure discrimination. 
</p><p>C’est une raison suffisante pour que le 14 juin les femmes prolongent leur pause de midi d’une heure – et cela dans toute la Suisse. Par des pique-niques de protestation et d’autres actions, nous lançons un signal clair comme de l’eau de roche pour réclamer l’égalité salariale. Nous voulons une amélioration de la loi sur l’égalité, nous voulons des contrôles des salaires, maintenant&nbsp;!
</p><p>Femmes et hommes, personnes actives et retraitées, militant-e-s et politicien-ne-s, toutes et tous sont bienvenus. Venez nombreux et avec le soleil&nbsp;!</p><ul><li>Plus d’informations et toutes les actions</li></ul>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4314</guid><pubDate>Tue, 31 May 2016 13:40:08 +0200</pubDate><title>Qu’est-ce qui rend l’initiative sur le service public si dangereuse ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/qu-est-ce-qui-rend-l-initiative-sur-le-service-public-si-dangereuse</link><description>Trop de pièges !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">De nombreux pièges, mais aucune sécurité en contrepartie. C'est ce qui caractérise l'initiative dite " En faveur du service public ". Une initiative qui offre une grande marge de manœuvre au Parlement. Le calcul est vite fait. </p><p>L'écho médiatique suscité par l'initiative sur le service public est énorme. Tous les autres objets de la votation de dimanche sont loin derrière. Et pourtant, peu de choses ont été clarifiées à ce jour à son sujet. Les interprétations de l'interdiction de faire des bénéfices et de procéder à des subventionnements croisés restent fortement divergentes. Également celles des spécialistes. Il n'y a qu'un point sur lequel tout le monde est d'accord, initiant(e)s et adversaires de l'initiative, monde de la science et Administration fédérale : il appartiendra au Parlement de définir ce que concerne le service universel (les " prestations de base "). Les initiant(e)s veulent manifestement une définition de ce dernier pour les infrastructures des transports, de poste et des télécommunications, ou alors ils veulent, de manière plus précise, une définition du mandat de service universel donné aux CFF, à la Poste et à Swisscom. Ils ne cessent en effet de prétendre qu'une telle définition n'existerait pas. Ce qui est fondamentalement faux, car, aujourd'hui déjà, les lois spéciales destinées aux entreprises d'infrastructure règlent par le menu ce qu'est le service universel. 
</p><h3>Ne tentons pas le Parlement </h3><p>Mais ici aussi, l'initiative n'offre qu'une formulation vague. C'est pourquoi on pourrait imaginer que le Parlement redéfinisse le service universel à la population comme concernant l'ensemble des " biens et services répondant à (des) besoins usuels ", pour citer le Conseil fédéral. Mais sans doute pas vraiment. Sans doute, le Parlement va-t-il se limiter à passer au peigne fin les lois spéciales ainsi que la concession de service universel de Swisscom et à les adapter. 
</p><p>La tentation sera grande, pour le Parlement, de donner au service universel une définition aussi étroite possible. D'une part, c'est ce que la droite a toujours essayé d'obtenir et, de l'autre, avec son interdiction de faire des bénéfices et de procéder à des subventionnements croisés, l'initiative affecterait ensuite le moins possible les entreprises liées à la Confédération. Mais définir de manière restrictive le service universel, cela ne va pas dans la direction voulue par les syndicats. Cela reviendrait en effet à tous égards à desservir la population. En effet, la logique du Parlement serait certainement la suivante : tout ce qui ne fait pas partie du service universel ainsi défini ne sera pas non plus réglementé ni contrôlé. C'est le marché qui s'imposera alors, avec la libre fixation des prix. 
</p><h3>Beaucoup de pièges et aucune sécurité </h3><p>Cela, c'est sûr que nous n'en voulons pas ! Nous sommes pour une définition large du service universel. De toute façon, le service universel devrait au minimum être défini de manière aussi large qu'aujourd'hui. Mais la question de l'interprétation de l'interdiction de faire des bénéfices se posera alors avec une très grande virulence pour la Poste. En effet, celle-ci fait des bénéfices avec l'acheminement des paquets (chacun sait que le commerce en ligne explose) et elle fait bel et bien des bénéfices aussi avec les envois de lettres en nombre et le trafic des paiements. Mais elle ne verse nullement ces bénéfices dans la caisse de la Confédération. Au contraire, elle finance avec eux entre autres le réseau déficitaire des offices de poste. On est alors à tout le moins en droit de présumer que l'interdiction de faire des bénéfices ne favoriserait pas le subventionnement croisé... 
</p><p>On peut tourner et retourner cela comme on voudra, l'initiative contient de nombreux pièges, mais n'offre en contrepartie aucune sécurité. Et il n'y a pas vraiment lieu de se réjouir lorsque, butés, les initiant(e)s annoncent qu'ils saisiraient sans délai le référendum si le Parlement ne mettait pas l'initiative en œuvre comme ils l'entendent. Nous serions alors impliqués durant les années à venir dans un continuel combat défensif. On peut engager ses forces plus intelligemment, par exemple pour améliorer les conditions de travail dans les entreprises concernées ! Car c'est cela qui renforce le plus concrètement le service public ! Ensuite, le postier ou la postière ne devra effectivement plus courir (pour prendre un exemple tant prisé par les initiants). 
</p><h5>Votation du 5 juin : les recommandations de l'USS </h5><ul><li>Initiative " En faveur du service public " : NON</li><li>Initiative " Pour un financement équitable des transports " (" Vache à lait ") : NON </li><li>Initiative " Pour un revenu de base inconditionnel " : NON </li><li>Modification de la loi sur l'asile : OUI </li><li>Modification de la loi sur la procréation médicalement assistée (diagnostic préimplantatoire) : pas de recommandation</li></ul>]]></content:encoded><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4307</guid><pubDate>Wed, 25 May 2016 17:01:40 +0200</pubDate><title>Session parlementaire d&#039;été</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/session-parlementaire-dete</link><description>Bref aperçu des principaux thèmes d&#039;un point de vue syndical</description><content:encoded><![CDATA[<h2>N'instaurons pas des heures d'ouverture des magasins minimales dans tout le pays ! </h2><p class="lead">La majorité de droite du Parlement veut obtenir par la force une loi sur les heures d'ouverture des magasins (LOMag) qui détériorerait drastiquement les conditions de travail du personnel de vente. Si le Conseil des États devait céder, les syndicats saisiraient alors le référendum. </p><p>Luca Cirigliano, secrétaire central de l'USS 
</p><p>L'an dernier, le Conseil des États n'est pas entré en matière sur la loi, le Conseil national l'a par contre acceptée ce printemps. C'est donc à nouveau au tour de la Chambre basse de délibérer - et sa majorité veut se joindre à la décision du Conseil national. 
</p><p>La LOMag veut forcer tous les cantons à avoir les mêmes heures d'ouverture des magasins. Ce qui dérégulerait les horaires de travail, en particulier ceux du soir et du samedi. On édicterait ainsi aux cantons des heures d'ouverture des magasins minimales du lundi au vendredi de 6 à 20 heures et le samedi de 6 à 19 ou 18 heures. 
</p><p>Cette extension des heures d'ouverture se répercuterait négativement sur les travailleurs et travailleuses concernés. C'est particulièrement le cas pour les femmes travaillant à temps partiel qui doivent assumer des tâches éducatives ou de soins, et qui ont de surcroît des conditions de travail précaires. Les travailleurs et travailleuses concernés se sont aussi prononcés contre des heures d'ouverture plus longues dans plusieurs sondages. Il n'y a en outre toujours pas de convention collective de travail (CCT) nationale dans le commerce de détail. L'association patronale de la branche, Swiss Retail Federation, a jusqu'à maintenant obstinément refusé de négocier une CCT. C'est inacceptable. 
</p><p>Les syndicats s'opposent aussi pour une autre raison à cette loi. Elle est représentative de la tactique habituelle du salami destinée à complètement déréguler les horaires de travail. Le commerce de détail est d'abord visé, ce sera ensuite le tour de toutes les branches. Les syndicats doivent veiller à gripper cette machine bien huilée. Ces derniers défendent la santé ainsi que la préservation de la vie familiale et sociale des travailleurs et travailleuses. Raison pour laquelle, ils s'opposent à la dérégulation des horaires de travail. Et voilà pourquoi ils combattront la LOMag par référendum si celle-ci devait être acceptée telle quelle.
</p><h2>Réforme de l'imposition des entreprises III</h2><p class="lead">Pendant cette session, le Parlement va achever ses délibérations sur la troisième réforme des entreprises (RIE III). On ne peut malheureusement pas escompter que la direction prise jusqu'à présent change en quoi que ce soit. L'USS va donc soutenir le référendum contre la RIE III.</p><p>Daniel Lampart, économiste en chef de l'USS
</p><p>L'objectif de RIE III était initialement que la Suisse supprime les privilèges fiscaux injustes dont bénéficient les entreprises et les sociétés financières internationales. L'USS l'avait soutenue. Toutefois, les tenants de la droite bourgeoise ont abusé de cette réforme d'une manière crasse afin de continuer à garantir à leurs entreprises et à leurs actionnaires des privilèges fiscaux. 
</p><p>L'USS estime que la RIE III provoque une nouvelle concurrence fiscale à la baisse étendue. C'est pour ainsi dire pervers que la Confédération attise cette concurrence fiscale en transférant plus d'un milliard de baisses d'impôts aux cantons.
</p><p>Ce qu'on appelle l'" impôt sur les bénéfices avec déduction des intérêts " crée un trou noir dans la législation fiscale suisse. Il faut s'attendre à de grandes pertes fiscales que personne ne peut estimer pour l'instant, comme ce fut déjà le cas pour la deuxième réforme des entreprises. Cet impôt permet aussi aux riches particuliers de diminuer substantiellement leurs contributions fiscales, dans le sens où ils déplacent leur fortune dans une entreprise.
</p><p>Le Conseil national et celui des États ont en outre créé toute une série de privilèges fiscaux (patent box ou boite à brevets, déductions R&amp;D, entre autres). Ils prétendent qu'avec une limitation de la déduction fiscale maximale, ils évitent 80 % des pertes de recettes fiscales. Mais ce n'est que de la poudre aux yeux, car rien qu'avec cette règle, une charge fiscale d'un niveau extrêmement bas de 3 % est totalement légale. 
</p><p>En résumé : la RIE III provoquera d'énormes pertes de recettes fiscales pour la Confédération, les cantons et les communes. Certaines entreprises ne vont presque plus payer d'impôts. Et ce sont les personnes qui gagnent normalement leur vie qui vont devoir passer à la caisse. L'USS refuse de ce fait la RIE III et va soutenir le référendum.
</p><h2>Le programme de législature</h2><p class="lead">Par 91 voix contre 89, le Conseil national a, sans avancer aucun argument valable, éjecté du Programme de législature du Conseil fédéral la révision de la loi sur l'égalité entre femmes et hommes. Le Conseil des États a maintenant la possibilité de corriger cette erreur grotesque. </p><p>Regula Bühlmann, secrétaire centrale de l'USS
</p><p>Depuis que le Conseil fédéral a annoncé des mesures légales contre la discrimination salariale à l'encontre des femmes, la droite et les patrons sont vent debout contre ces mesures et, niant la réalité, contestent l'existence même de cette discrimination. Ne voulant pas que l'on mette le nez dans leurs affaires, ils placent la liberté entrepreneuriale au-dessus des droits fondamentaux et ont en horreur la transparence en matière de salaire. 
</p><p>Après les élections fédérales de l'an dernier, cette position est également plus que majoritaire au sein du Parlement. Après que le Conseil fédéral eut mis en consultation en novembre 2015 la révision on ne peut plus nécessaire de la loi sur l'égalité, le Conseil national a décidé, lors de la session spéciale d'avril 2016, de biffer cet objet du programme de législature du Conseil fédéral. Ce dernier n'aura de ce fait pas à soumettre de message à ce sujet aux Chambres fédérales. 
</p><p>Tout à fait indépendamment de l'appréciation politique que l'on peut faire de la révision en question, stopper net un débat déjà entamé témoigne d'une conception des plus douteuses de la démocratie. Nul besoin d'être de manière générale favorable à des contrôles des salaires pour en discuter. Mais qui prend au sérieux les vœux de la population, estime à leur juste valeur les efforts du Département fédéral de justice et police pour élaborer un projet apte à convaincre une majorité et ne veut pas passer sans autre outre aux réflexions de la majorité des organisations qui ont participé à la procédure de consultation, doit être prêt à mener à terme les délibérations. Telle est la conception du fonctionnement de l'État que nous attendons du Conseil des États. Sa commission a déjà préparé le terrain et recommande de maintenir la révision dans le programme de législature. 
</p><p>Mais au-delà, il n'en reste pas moins que les femmes continuent à ne pas toucher le même salaire que les hommes pour un travail de valeur égale. Sinon, pourquoi la moitié des entreprises qui ont procédé à une analyse de leur système salarial ont-elles adapté ce dernier ? Sans contrôle, elles n'auraient même pas vu qu'il y avait lieu d'agir à ce chapitre. C'est pour cela que l'Union syndicale suisse (USS) demande instamment des contrôles des salaires dans les entreprises de tout le pays ainsi qu'une autorité fédérale habililitée à prononcer des sanctions, des contrôles par sondage et la participation des syndicats aux niveaux national et des entreprises. S'il le veut, le Conseil fédéral peut soumettre au Parlement, même sans prescription figurant dans son programme de législature, un message à ce sujet. S'il le veut... Il est toutefois vrai qu'une prescription dans le programme de législature accentuerait la pression sur le gouvernement pour qu'il le veuille vraiment. Le Conseil des États doit corriger cette mauvaise décision du National et maintenir la pression sur le Conseil fédéral pour qu'il trouve une bonne solution en faveur de l'égalité des salaires.
</p><h2>Naturalisation... Cela pourrait enfin bouger dans le bon sens !</h2><p class="lead">Après l'échec de l'initiative dite " de mise en œuvre ", les syndicats ont décidé de lancer une offensive de naturalisation pour les jeunes étrangers de la deuxième génération. Paul Rechsteiner, président de l'USS, interpellera le Conseil fédéral en ce sens. </p><p>José Corpataux, secrétaire central de l'USS
</p><p>Au lendemain de la votation du 28 février 2016, l'USS, qui compte parmi ses membres un grand nombre de migrantes et de migrants, a invité tout particulièrement les jeunes étrangers de seconde génération à s'interroger sur une potentielle naturalisation. 
</p><p>Le résultat de cette votation marque, en effet, une véritable rupture. Une majorité des votants a considéré que les " secondas " et les " secondos " sont clairement partie prenante de la Suisse. Lors de la prochaine session, le président de l'USS et conseiller aux États Paul Rechsteiner interpellera dans ce sens le Conseil fédéral. Il demandera à ce dernier si celui-ci est prêt à s'engager afin que la naturalisation des personnes issues de la seconde génération - qui sont nées et ont grandi ici - soit activement encouragée et à mener en conséquence une campagne de sensibilisation qui s'adressera tant aux jeunes concernés qu'à leurs parents.
</p><p> En 2008 déjà, la conseillère nationale Ada Marra déposait une initiative parlementaire intitulée " La Suisse doit reconnaître ses enfants ", qui demandait, quant à elle, que les migrantes et les migrants de la troisième génération qui sont nés et qui ont grandi en Suisse bénéficient d'une procédure facilitée de naturalisation. Après le feu vert du Conseil fédéral et du Conseil national, et maintes tergiversations du côté du Conseil des États et de sa Commission des institutions politiques, le projet semble enfin en bonne voie et sera également débattu lors de la session qui vient. La Commission des institutions politiques du Conseil des États a néanmoins quelque peu serré la vis par rapport à la version du Conseil national. Il faudra, par exemple, que les demandes de naturalisation facilitée soient déposées avant l'âge de 25 ans ou encore certifier que l'un des grands parents a été titulaire d'un permis de séjour alors qu'il suffisait de l'établir de manière crédible dans la version du Conseil national. 
</p><p>L'USS ne soutient pas ces durcissements... Elle aurait été favorable à une procédure de naturalisation tout simplement automatique pour les personnes de la troisième génération. Néanmoins, une procédure facilitée peut déjà être considérée comme un premier pas allant enfin dans la bonne direction.
</p><h2>Message FRI 2017-2020</h2><p class="lead">Le Message Formation, Recherche et Innovation (FRI) 2017-2020 sera discuté par le Conseil national le 9 juin.&nbsp;</p><p>Laura Perret, secrétaire centrale de l'USS
</p><p>Ce message tire le bilan de la dernière période (2013-2016) et définit les objectifs et les moyens pour la prochaine période (2017-2020). Avec un budget de près de 26 milliards sur quatre ans, ce programme prévoit quatre priorités d'encouragement : le financement des cours préparatoires aux examens professionnels fédéraux, l'encouragement de la relève scientifique, l'augmentation du nombre de diplômes délivrés en médecine humaine, l'encouragement de l'innovation.
</p><p>Le problème est que ce message FRI a été élaboré avec une croissance initiale annuelle de 3,2 %. Il a subi une cure d'amaigrissement de quelque 800 millions pour tomber à un taux de croissance de 2 %, sans que les objectifs et priorités ne soient adaptés en conséquence. Le domaine FRI fait aussi les frais du programme de stabilisation 2017-2019 de la Confédération avec une coupe de l'ordre de 555 millions. " Faites davantage avec moins de moyens ", en somme.
</p><p>L'USS s'oppose clairement à ces mesures d'austérité. Elle a formulé 5 revendications :· </p><ul><li>un taux de croissance annuelle de minimum 3.9% ;· </li><li>le renforcement de la formation professionnelle supérieure, mais pas au détriment de la formation professionnelle initiale ;· </li><li>l'augmentation du budget des bourses ;· </li><li>l'augmentation du budget de la formation continue ;· </li><li>des profils clairs pour la relève scientifique des Hautes écoles spécialisées, notamment des enseignant(e)s actifs dans la pratique. </li></ul><p>En conclusion, l'USS s'engage pour un renforcement de l'ensemble du système FRI. Ce n'est que dans un esprit de collaboration et de partage que nous pourrons continuer à développer un système de formation excellent qui profite aux personnes en formation et à l'économie.
</p><h2>Intégration des réfugiés</h2><p class="lead">L'arrivée des réfugiés présente de nombreux défis en matière d'intégration dans la société et sur le marché du travail. Afin de favoriser l'intégration professionnelle des réfugiés, le Secrétariat d'État aux migrations (SEM) a lancé un projet-pilote d'apprentissage pour les réfugiés. Celui-ci sera effectif à partir de 2018 et s'adressera à quelque 800 à 1000 personnes par année et par mesure. Il contient un préapprentissage d'intégration et un programme d'acquisition précoce de compétences linguistiques (langue locale). Il démarrera en 2018 et concernera entre 800 et 1 000 personnes par année et mesure. </p><p>Laura Perret, secrétaire centrale de l'USS
</p><p>L'USS salue l'initiative, mais considère que, face à l'ampleur du phénomène, il faut agir plus rapidement et efficacement. Elle soutient les projets d'intégration, à condition qu'ils ne fassent pas concurrence aux rapports de travail existants. Les dispositions minimales fixées dans les conventions collectives de travail (CCT) devraient en principe s'appliquer à tout le monde. Les exceptions doivent être discutées de cas en cas et dument justifiées. De plus, les projets d'intégration doivent avoir une composante de formation importante. Enfin, il faut tenir compte du fait que les réfugiés qui arrivent en Suisse ont souvent vécu des expériences traumatisantes et sont confrontés à diverses difficultés. Une vision holistique de la situation s'impose. 
</p><p>C'est pourquoi le Conseiller aux États Paul Rechsteiner (PS/SG), président de l'USS, a déposé une interpellation pour demander la tenue d'une Conférence nationale sur l'intégration des réfugiés dans la société et sur le marché du travail. Il souhaite la participation de tous les acteurs importants, en particulier des cantons, de l'économie et des partenaires sociaux, afin d'analyser ensemble la situation et de rechercher des solutions. Cette interpellation sera traitée par le Conseil des États le 2 juin.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4304</guid><pubDate>Wed, 25 May 2016 10:19:15 +0200</pubDate><title>Protéger davantage au lieu de prolonger le temps de travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/proteger-davantage-au-lieu-de-prolonger-le-temps-de-travail</link><description>Le temps de travail est toujours plus long en Suisse

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En 2015, les travailleurs et les travailleuses ont travaillé en moyenne davantage que l’année d’avant, l’augmentation est de 2,3%. Dans le même temps, les maladies dues au stress, les «&nbsp;burn out&nbsp;» ou les crises cardiaques dans le cadre professionnel s’accroissent. Les politiciens et les politiciennes qui veulent mettre les travailleurs et les travailleuses encore plus pression doivent être stoppés. </p><p>&nbsp;</p><p>Toutes branches confondues, l’Office fédéral de la statistique (OFS) a enregistré une augmentation des heures travaillées. Ce sont les salariés travaillant à plein temps de l’agriculture qui ont accompli la charge de travail hebdomadaire la plus élevée, avec 44 heures et 48 minutes par semaine en 2015. Suivent, dans l’ordre, les branches «Hébergement et restauration» (42 heures et 17 minutes), «Activités financières et d’assurances» (41 heures et 57 minutes), et «Autres activités de services» (41 heures et 34 minutes).
</p><p>&nbsp;</p><h3>Beaucoup d’heure non recensées parce que le temps de travail n’est pas enregistré</h3><p>Le fait d’être atteignable tout le temps (Smartphones et ordinateurs portables) a conduit les salarié-e-s à travailler de plus en plus pendant leur temps libre, que ce soit pendant les week-ends, les vacances ou même pendant la nuit, sans que ces heures ne figurent dans les statistiques. Les heures de travail effectivement accomplies dépassent ainsi ce qui apparaît dans les statistiques. Il est d’autant plus clair pour les syndicats qu’il faut que le temps de travail soit enregistré. Il faut stopper de nouvelles dérégulations, comme les demandent Karin Keller-Suter et Konrad Graber. Les salarié-e-s ne doivent pas être toujours plus exposés à des heures supplémentaires, au stress et aux «&nbsp;burn out&nbsp;». 
</p><p>&nbsp;</p><h3>Toujours plus de travail pendant le même laps de temps&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </h3><p>Ce qui ressort aussi de l’étude de l’OFS, ou plutôt ce qui est tu, est qu’en Suisse, on travaille énormément en comparaison internationale. Et en même temps, le travail s’est toujours plus densifié ces dernières années, ce qui signifie que plus de travail est fourni pendant le même temps. Cela est à mettre d’une part sur le compte de la rationalisation et de la digitalisation dans les entreprises, donc de l’augmentation de la productivité. Ces gains de productivité n’ont pas été rendus aux salarié-e-s sous forme de semaines de travail plus courtes. Ils ont abouti dans les poches d’employeurs âpres au gain. D’autre part, beaucoup d’entreprises réduisent constamment leur personnel, surtout depuis la décision catastrophique de la Banque nationale d’abandonner le taux plancher. Pour ceux qui restent, les processus de travail s’accélèrent. Et en même temps, ils ont plus de travail. &nbsp;
</p><p>&nbsp;</p><h3>Pas de détérioration de l’enregistrement du temps de travail </h3><p>Les conséquences à tirer de l’étude de l’OFS sont claires: la durée du travail doit enfin être réduite en Suisse et les dispositions de la loi sur le travail sur la protection de la santé psychique au travail doivent être appliquées de manière conséquente. Il n’est pas acceptable que les dispositions sur la durée maximale du temps de travail, sur les pauses et le temps de repos ne soient pas respectées alors que les «&nbsp;burn out&nbsp;» explosent. 
</p><p>Des politiciens comme Karin Keller-Suter ou Konrad Graber, qui veulent que l’enregistrement du temps de travail soit encore péjoré suite à la dérégulation qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2016, doivent revenir à la raison&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4300</guid><pubDate>Tue, 24 May 2016 11:52:56 +0200</pubDate><title>Améliorer la protection contre les licenciements ! </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/ameliorer-la-protection-contre-les-licenciements</link><description>La Conférence de l’OIT a la Suisse à l’œil</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">A la prochaine conférence annuelle de l’OIT, la Suisse devra s’expliquer devant une commission pourquoi elle ne protège pas suffisamment les droits des représentant-e-s syndicaux. Elle risque d’être inscrite sur une liste noire, si elle ne s’adapte pas au droit international. &nbsp; </p><p>La prochaine conférence annuelle de l’Organisation internationale du travail (OIT) a lieu du 30 mai au 11 juin prochains à Genève. Cette année, la Commission de l’OIT qui est responsable du respect des conventions a publié un rapport sur la Suisse. Et il n’est pas tout rose&nbsp;: la Suisse fait preuve d’importants manquements quant au respect des conventions 87 et 98 qui protègent la liberté syndicale. A la suite d’une plainte de l’USS, elle n’a toujours pas mis en œuvre les recommandations de l’OIT qui ont fait. 
</p><h3>La protection contre les licenciements n’est pas suffisante</h3><p> Le rapport constate que les personnes qui sont licenciées parce qu’elles se sont par exemple engagées pour les intérêts des salarié-e-s dans le cadre de négociations conventionnelles ou d’autres activités syndicales, ne bénéficient pas d’une protection légale suffisante. C’est aussi le cas des lanceurs d’alerte. En effet, le droit des obligations suisse ne prévoit que des condamnations de maximum six mois de salaire en guise d’indemnités dans ces cas. Dans les faits, des peines de 2 à 3 mois sont au maximum prononcées&nbsp;: c’est une honte pour des victimes de licenciements abusifs qui ne retrouvent souvent plus de travail pendant des années et doivent même parfois vivre de l’aide sociale.&nbsp; 
</p><h3>OIT: réforme ou liste noire </h3><p>Depuis la plainte à ce sujet de l’USS de 2003, l’OIT a plusieurs fois recommandé à la Suisse de mettre sa protection contre les licenciements en conformité avec les droits humains&nbsp;: la réintégration des salarié-e-s doit par exemple être possible dans certains cas. Ensuite, les sanctions prononcées par les tribunaux doivent être plus sévères afin d’augmenter le pouvoir d’appréciation de la justice. Il n’est en effet pas possible qu’une sanction maximale de six mois de salaire soit prononcée autant pour Nestlé que pour le garagiste du village. 
</p><p>La Suisse devra expliquer à la conférence de la communauté internationale pourquoi elle n’a pas encore adapté la protection contre les licenciements. Les syndicats sont clairs sur le sujet&nbsp;: elle doit enfin mettre en route des réformes de la protection contre le licenciement. Si la Suisse continue à tergiverser, elle finira sur une liste noire de l’OIT. 
</p><h3>Autres sujets abordés</h3><p> Une discussion aura notamment lieu à cette conférence de l’OIT sur le travail décent dans les chaînes de distribution globalisées. On discutera aussi de rendre le libre échange plus équitable en instituant des standards minimums dans les domaines du droit du travail et des droits sociaux. </p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Suisse</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4287</guid><pubDate>Thu, 12 May 2016 09:24:29 +0200</pubDate><title>Réfléchir avant de vouloir donner une leçon</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/reflechir-avant-de-vouloir-donner-une-lecon</link><description>L’USS sur l’initiative « en faveur » du service public</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Tout le monde s'est déjà énervé à cause de la Poste, des CFF ou de Swisscom, ainsi que sur les salaires de leurs managers. C'est exactement ce qui donne de l'élan à l'initiative " En faveur du service public " : on se verrait bien donner une bonne leçon à ces Messieurs, là-haut. Mais attention ! Tirons plutôt les leçons de l'initiative contre l'immigration de masse et mesurons les conséquences désastreuses d'un OUI ! </p><p>Si, pour l'initiative " En faveur du service public ", les citoyens et les citoyennes devaient à nouveau agir en donneurs de leçons, comme ce fut le cas pour l'initiative contre l'immigration de masse, il se pourrait bien que la population se réveille avec une sérieuse gueule de bois au lendemain de la votation. Car l'initiative offre au Parlement une liberté d'action presqu'illimitée pour dépecer le service public actuel et le réduire à son strict minimum. L'initiative dit que le Parlement aura effectivement la tâche de définir le futur service universel, et cela, pas seulement dans les services postaux, de télécommunications et ferroviaires, mais aussi de manière générale, dans tous les domaines. Une occasion que le Parlement dominé par la droite ne va certainement pas laisser passer. Et, personne n'est rassuré quand les initiant-e-s promettent de lancer alors des référendums. Quelle naïveté ! On souhaite améliorer la situation, mais, avec un Parlement aussi intraitable, on ne fera que l'aggraver. Sans compter qu'il faudra utiliser l'outil du référendum, à plusieurs reprises probablement. Référendums dont l'issue est incertaine. Ou comment se compliquer encore plus la vie... Alors autant ne pas tenter le diable ! 
</p><p>Les initiant-e-s souhaitent de prime abord de meilleures prestations et des prix plus bas. Or, pas un mot à ce sujet ne figure dans l'initiative. C'est au contraire avec un démantèlement des prestations qu'il faudra compter. 
</p><h3>Rien de noble dans ces objectifs, au contraire </h3><p>Faire des bénéfices serait interdit. Ainsi, les CFF seraient même obligés de baisser le prix des billets dans le trafic à longue de distance. Ce qui a comme seul effet que l'entreprise serait encore plus déficitaire et que la Confédération devrait injecter encore plus d'argent. Pour l'éviter, le Parlement pourrait alors tout simplement supprimer des lignes entières. 
</p><p>Les subventionnements croisés seront interdits. Actuellement, la Confédération verse annuellement environ 230 millions de francs à La Poste : 180 millions à l'entreprise CarPostal et 50 millions pour le rabais sur l'acheminement des journaux. En contrepartie, la Confédération profite chaque année des bénéfices de son entreprise, à hauteur de 200 millions. C'est presqu'une situation gagnant-gagnant, sauf que la Poste gagne un peu plus. Avec l'initiative, le flux financier ne fonctionne plus que dans un sens, à savoir de la Confédération vers la Poste. Pour l'éviter, le Parlement pourrait alors tout simplement supprimer des lignes de CarPostal et retirer la subvention pour l'acheminement des journaux. 
</p><p>Les salaires des managers devraient baisser, mais l'initiative dit pourtant autre chose : les salaires et les honoraires de tous les collaborateurs ne doivent pas dépasser ceux de l'Administration fédérale. Cela signifie concrètement que tout le système salarial des entreprises proches de la Confédération serait ébranlé. Il n'est absolument pas garanti que les baisses de salaires n'auraient lieu qu'au niveau des managers. Il est aussi particulièrement problématique qu'il n'y ait plus de négociations salariales entre les partenaires sociaux, puisque le Parlement décide s'il y a lieu d'accorder des augmentations de salaires ou pas. Et ce Parlement y est opposé, selon notre expérience. 
</p><h3>Ne pas manger dans la main de la droite </h3><p>Les initiant-e-s ont certainement eu de bonnes intentions, mais leur initiative est un cocktail empoisonné pour les services publics. Plus on approche de la votation, plus ils argumentent de manière populiste, parlent de la " classe politique " qui, en raison de ses abonnements généraux gratuits, n'aurait plus les pieds sur terre. Ils prétendent aussi que nous, les syndicats, nous serions à la solde de ces entreprises. Tout ne serait que querelles de gamins dont on pourrait rire, si cela n'était extrêmement sérieux. Il est vraiment tragique que les initiant-e-s ne semblent pas remarquer que leur initiative mange dans la main de la droite. Car, avant même qu'on interdise à Swisscom de réaliser des bénéfices, elle sera privatisée. Idem pour PostFinance. Cela ne fait pas l'ombre d'un doute. Avant de jouer au donneur de leçon à ces Messieurs, là-haut, il faut bien réfléchir. Les salaires des managers pourraient alors atteindre des sommets encore plus élevés...&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4282</guid><pubDate>Mon, 09 May 2016 14:33:10 +0200</pubDate><title>Veillons à infliger une nouvelle gifle à l’UDC</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/veillons-a-infliger-une-nouvelle-gifle-a-l-udc</link><description>L’USS est pour la révision de la loi sur l’asile</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’USS approuve la nouvelle loi sur l’asile. Sur le fonds tout d’abord, parce que, tous comptes faits, le OUI est défendable. Et sur le plan politique ensuite, parce qu’il faut s’opposer à la xénophobie que l’UDC tente une nouvelle fois de rendre présentable. </p><p>Le point le plus important de la révision actuelle de la loi sur l’asile est l’accélération des procédures, couplée à une assistance juridique gratuite. L’USS a accepté ce compromis. L’accélération des procédures peut certes être considérée comme un recul en matière de droits, mais, devrait être compensée grâce au plus qu’apporte l’assistance juridique. Force est aussi de constater que des procédures plus rigoureuses ne sont pas forcément au désavantage des requérants d’asile. Devoir attendre pendant des années sans pouvoir travailler, vivre dans le provisoire de longue durée sans aucune perspective peut être très paralysant. En résumé, quand on a bien pesé les intérêts, le OUI est défendable, c’est une solution raisonnable. 
</p><h3>Au lieu d’éteindre le feu, l’UDC l’alimente </h3><p>Et ce OUI est encore plus raisonnable quand on se pose la question de savoir à quoi la loi ressemblerait si l’UDC devait gagner son référendum. Car c’est cette même UDC qui, depuis des années, réclame à grands cris des procédures accélérées. Elle a aussi marqué en profondeur la révision actuelle. Mais le parti souhaite toujours autant l’opposition fondamentale. Elle se présente en pompier qui éteindrait le feu, alors qu’elle ne fait que l’alimenter. Elle mise même sur un embrasement, du moins discursif, et espère en profiter. La vitesse à laquelle le parti modifie son argumentation laisse d’ailleurs pantois. Alors que l’assistance juridique gratuite était au centre des critiques de l’UDC pendant des semaines, le couple infernal Köppel-Brunner a soudain prétendu pendant l’émission Arena de la télévision suisse-allemande que la rapidité des procédures était en fait le problème. Cela attirerait les requérants d’asile. Alors qu’avant, c’était la longueur des procédures qui attirait les requérant-e-s d’asile. 
</p><h3>Ne reste qu’à s’assurer que l’UDC reçoive une nouvelle gifle </h3><p>Que dire quand les ténors du parti tirent ainsi des arguments comme d’une pochette-surprise&nbsp;? On réalise alors vite que le OUI à la révision de la loi sur l’asile revêt une dimension plus importante que le NON xénophobe de l’UDC. Et on peut regretter que la gifle que l’UDC a reçue contre son initiative de mise en œuvre soit arrivée trop tard pour pouvoir encore corriger l’envie de confrontation permanente de l’UDC.
</p><p>Il ne reste donc plus qu’à s’assurer que le peuple inflige une nouvelle gifle à l’UDC. </p>]]></content:encoded><category>Migration</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4262</guid><pubDate>Wed, 27 Apr 2016 16:33:29 +0200</pubDate><title>Conseil national : la droite roule les mécaniques</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/conseil-national-la-droite-roule-les-mecaniques</link><description>Égalité des salaires entre femmes et hommes</description><content:encoded><![CDATA[<p>Si la Suisse laisse une majorité de droite la gouverner, le pire est à craindre. Le Conseil national vient d'en donner un exemple magistral lors de sa dernière session extraordinaire. 
</p><p>Normalement, le programme de législature, par lequel le Conseil fédéral se donne lui-même la direction qu'il va suivre, ne pose pas vraiment problème. Cette fois cependant, le Conseil national a imposé au gouvernement tout un cahier de souhaits bourgeois en vue d'adapter ce programme : ajout d'un mécanisme d'intervention dans l'AVS ici, rejet de mesures jugées importunes en matière d'égalité des sexes là. La droite vient en effet de jeter par-dessus bord la représentation minimale par sexe visée à la faveur de la révision du droit des sociétés anonymes, alors qu'elle impose au nom de la concordance, en brandissant une éventuelle exclusion du parti, la représentation quantitative des partis au sein du Conseil fédéral. Elle a également biffé de la révision de la loi sur l'égalité entre hommes et femmes le pas timide que le Conseil fédéral entendait faire pour se rapprocher de l'égalité salariale. 
</p><p>La réalité avérée n'a joué aucun rôle lors des délibérations sur le programme de législature : en toute candeur, le nouveau conseiller national UDC Erich Hess a prétendu que l'égalité des sexes était déjà réalisée et qu'un travail de valeur égale était payé avec la même rémunération. Que les statistiques disent tout autre chose, à savoir que les femmes soient moins bien payées pour leurs activités professionnelles et qu'elles assument encore la majeure partie du travail non rémunéré, n'a absolument pas pesé dans la balance. Ce qui ne sied pas à la majorité de droite doit être éjecté du programme de législature. Simplement parce que cette majorité peut se le permettre. 
</p><p>Ainsi, le Conseil national a montré que les besoins de la population lui étaient indifférents et qu'il pratique le clientélisme. L'égalité des sexes n'est pas une revendication de la minorité parlementaire de gauche qu'il faut combattre, mais une nécessité sociale dont bénéficient les femmes et les hommes, ainsi que l'économie. Et les électrices et électeurs de droite ont aussi besoin d'une AVS qu'aucun mécanisme d'intervention n'affaiblit. Comme tout le reste de la population. Ces interrelations, le Conseil national les a totalement perdues de vue. 
</p><p>Reste à espérer qu'au moins le Conseil fédéral voie plus loin et ne se laisse pas impressionnera par les biscotos du Conseil national. Et aussi qu'il soumette rapidement au Parlement un projet en faveur de l'égalité salariale. Sinon, nous les femmes, nous montrerons nos muscles et réclamerons nos droits par tous les moyens à notre disposition. </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4257</guid><pubDate>Mon, 25 Apr 2016 10:57:52 +0200</pubDate><title>Tous ensemble pour une AVS forte !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/tous-ensemble-pour-une-avs-forte</link><description>Fête du travail 2016 : appel, affiche, histoire, vue d&#039;ensemble des manifesfations</description><content:encoded><![CDATA[<p> À une époque où les patrons prennent le franc fort pour prétexte afin de supprimer à tour de bras des emplois et imposer aux travailleurs et travailleuses des conditions de travail toujours plus flexibles et éprouvantes ;
</p><p>à une époque où la Banque nationale refuse de voir quels sont les vrais problèmes qui se posent et maintient un cours du franc dévastateur sans se préoccuper des conséquences que les travailleurs et les travailleuses sont les premiers à supporter ;
</p><p>à une époque où le fossé entre riches et pauvres se creuse toujours plus et où la droite ne fait pratiquement rien pour le combler, mais l'agrandit encore plus avec sa politique fiscale et financière ;
</p><p>à une époque où les patrons, malgré l'obligation inscrite dans la Constitution, continuent à refuser de verser aux femmes un salaire égal pour un travail de valeur égale et où les partis de droite n'entreprennent rien contre cela ;
</p><p>à une époque où la droite fait s'enchaîner les programmes d'austérité dans les pouvoirs publics et ne se gêne pas de saper toujours plus les services publics ;
</p><p>à une époque où le plus grand parti du pays ne cesse de se déchaîner contre les migrant(e)s et les minorités pour, avec cette politique des boucs émissaires, détourner l'attention des vrais problèmes ;
</p><p>à une époque où les patrons et les partis de droite veulent constamment baisser les prestations de l'AVS, faisant basculer toujours plus de personnes dans la détresse, alors que le paquebot du 2e pilier prend toujours plus l'eau et que la perspective de vivre ses vieux jours matériellement dans la dignité s'obscurcit pour beaucoup ;
</p><p>dans une telle époque, il s'agit de se rassembler, de se battre tous ensemble pour la dignité et la justice sociale, pour les emplois et de bonnes conditions de travail.
</p><h3>Un engagement combatif vaut la peine</h3><p>Le passé nous a appris qu'il vaut la peine que les syndicats fassent preuve d'un engagement combatif. On l'a vu avec la victoire remportée contre l'initiative inhumaine de " mise en œuvre ", une victoire à laquelle ils ont contribué de manière déterminante à montrer à l'UDC où sont les limites à ne pas franchir avec la xénophobie et les attaques contre les fondements, en Suisse, de l'État de droit et des droits humains. Les votations gagnées par les syndicats ces 15 dernières années, grâce auxquelles il a été possible d'empêcher que les prestations de la prévoyance vieillesse ne soient démantelées, le montrent également.
</p><p>Ce combat franchit maintenant une nouvelle étape. Car les patrons et les partis de droite font campagne sans relâche pour un réaménagement de la prévoyance vieillesse qui est contraire à l'esprit de la solidarité. Usant de l'argument massue de l'évolution démographique, ils essaient de faire avaler à la population la soi-disant nécessité de relever l'âge de la retraite et de diminuer les prestations. Et en invoquant la " génération dorée ", ils essaient de persuader les gens que les retraité(e)s roulent en principe sur l'or, provoquant par là un conflit entre les générations.
</p><h3>Battre contre les légendes entrées dans la tête</h3><p>Nous les syndicats, nous nous battons contre toutes ces légendes qui sont entrées dans la tête de beaucoup. Nous savons en effet que la grande majorité des retraité(e)s actuels et futurs n'ont pas besoin que leur rente baisse, mais qu'elle augmente. Et nous savons que l'assurance populaire qu'est l'AVS, l'assurance sociale la plus efficiente, la plus sûre et la plus solidaire, doit être renforcée et non pas affaiblie.
</p><p>Ensemble avec les travailleurs et les travailleuses, ensemble avec les retraité(e)s, nous allons nous battre pour AVSplus. L'enjeu, c'est plus qu'une hausse de 10 % des rentes AVS. L'enjeu c'est de gripper le moteur du démontage social, et d'huiler celui de la justice.
</p><p>Prenons à bras le corps ce tournant social ! D'abord avec l'AVS, cet ouvrage séculaire, cette preuve concrète de solidarité donnée par notre pays. Puis dans le monde du travail et dans la société. Ensemble. Parce qu'un tournant social est nécessaire. Et parce qu'il est possible. </p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category><category>Travail</category><category>Droit du travail</category><category>Politique sociale</category><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4255</guid><pubDate>Mon, 25 Apr 2016 09:46:57 +0200</pubDate><title>Un partenariat social solide dans la formation</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/un-partenariat-social-solide-dans-la-formation</link><description>Profession de foi commune pour l&#039;avenir dans la formation professionnelle</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les résultats réjouissants du sommet national de la formation professionnelle s’est tenu le 18 avril dernier sous la direction du président de la Confédération, Johann Schneider-Ammann, en présence des représentants de la Confédération, des cantons et des milieux politique et économique démontre que le partenariat social pour la formation professionnelle est fort.</p><p>Après d’intenses discussions, les partenaires de la formation professionnelle sont arrivés à un consensus sur plusieurs thèmes importants&nbsp;: vision d’avenir, financement et intégration des réfugiés. L’USS a démontré, une fois de plus, son engagement et sa force de proposition pour faire avancer les dossiers. Elle poursuivra ses efforts dans l’intérêt d’un système de formation performant favorisant l’intégration socio-professionnelle de la population.
</p><h3>Réfléchir sur une vision 2030 de la formation professionnelle</h3><p>Le résultat le plus important concerne le lancement d’une réflexion sur une vision 2030 de la formation professionnelle. Après 12 ans de mise en œuvre de la loi sur la formation professionnelle, le temps est venu de se pencher sur les défis futurs pour le système suisse de formation&nbsp;: démographie, vieillissement de la population, migration, mobilité, disparition de certains métiers, création de nouveaux métiers, digitalisation, industrie 4.0, changement des modèles de travail et des modes de vie, etc. Ce thème a été mis à l’agenda politique suite à l’impulsion de l’USS et des autres organisations faîtières lors des Journées des partenaires de la formation professionnelle qui se sont déroulées les 10 et 11 mars à Berne. Un groupe de travail sera donc mis sur pied avec les partenaires de la formation professionnelle et des experts. Il prendra aussi en compte les interfaces avec la scolarité obligatoire, les hautes écoles, la formation continue, etc.
</p><h3>Donner suffisamment de moyens à la formation professionnelle</h3><p>Un deuxième résultat réjouissant concerne le soutien unanime à une allocation de moyens suffisants pour la formation professionnelle dans le cadre du message FRI 2017-2020 discuté au Parlement cette année. Pour rappel, ce message, approuvé par le Conseil fédéral en février, définit les objectifs et les moyens financiers de la Confédération pour le domaine Formation, Recherche et Innovation (FRI) pour les années 2017 à 2020. Le budget prévu est de l’ordre de 26 milliards de francs. Il est néanmoins préoccupant dans la mesure où il intègre des économies de 555 millions de francs provenant du programme de stabilisation 2017-2019 de la Confédération et prévoit une croissance inférieure à celle de la période précédente (2% contre 3,7% pour la période 2013-2016). A cela s’ajoutent les économies budgétaires opérées dans les cantons. 
</p><p>L’USS a donc proposé de s’engager pour garantir les moyens financiers nécessaires à la mise en œuvre du message FRI 2017–2020, en veillant à ce que le financement de la formation professionnelle supérieure ne se fasse pas au détriment de la formation professionnelle initiale dans les cantons. Cette proposition a reçu le soutien des autres acteurs, ce qui représente un signal fort en prévision des débats parlementaires à venir. Un premier signe positif a été donné par la Commissions de la science, de l'éducation et de la culture du Conseil national (CSEC-N) qui a décidé, lors de sa séance du 14 et 15 avril, d’augmenter de 286 millions de francs les subventions forfaitaires que la Confédération verse aux cantons pour les cours préparatoires aux examens de la formation professionnelle supérieure.
</p><h3>Intégrer les réfugiés par le préapprentissage</h3><p>Le troisième thème important concerne l’intégration des réfugiés. En effet, au vu de la situation internationale dramatique en matière de flux migratoires, qui s’est traduite par 40&nbsp;000 demandes d’asile en Suisse en 2015, l’USS a proposé une mesure pour favoriser l’intégration des réfugiés et des personnes admises à titre provisoire en utilisant des offres et instruments existants, adaptés selon les besoins. Avec à peine 1000 places de préapprentissage d’intégration par année entre 2018 et 2021, le projet du Secrétariat d’Etat aux Migrations n’est de loin pas suffisant pour faire face à l’ampleur du phénomène. La proposition de l’USS a reçu le soutien des autres acteurs. Pour la réaliser, il faudra analyser la situation dans le dialogue entre partenaires, prendre des mesures concertées et assurer la bonne collaboration entre les autorités responsables de la formation et de la migration au niveau fédéral et cantonal.
</p><h3>Deux études mandatées</h3><p>Lors de ce sommet, d’autres thèmes ont également été discutés. Notamment, le développement de la certification professionnelle pour adultes, qui était déjà à l’agenda lors du sommet 2014. Il sera poursuivi, avec notamment deux études qui analyseront les besoins de l’économie et des personnes concernées. L’USS a réitéré son soutien aux mesures permettant aux adultes d’acquérir une qualification de degré secondaire II.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4253</guid><pubDate>Thu, 21 Apr 2016 15:05:18 +0200</pubDate><title>« En faveur du service public » : une initiative semée d’embûches </title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/en-faveur-du-service-public-une-initiative-semee-d-embuches</link><description>La secrétaire centrale de l&#039;USS en charge du dossier du service public explique dans un interview pourquoi les syndicats refusent l&#039;initiative.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Pas de bénéfices dans le service universel, pas de salaires astronomiques pour les managers, l'initiative semble très sympathique au premier abord.&nbsp; Du tout, rétorque Dore Heim, responsable de ce dossier à l’USS. Cette initiative affaiblit les grandes entreprises de service public sans se soucier le moins du monde des conditions de travail. </p><p><b>USS-Infos : Pourquoi ce NON abrupt de l’USS à l’initiative «&nbsp;En faveur du service public&nbsp;» ? Un service universel sans bénéfice ni subventionnement croisé d’autres secteurs, c’est bien, non&nbsp;? Plus besoin de fermer des offices postaux, et qui plus est, les prestations des CFF, de La Poste et de Swisscom seront moins chères. </b></p><p>Dore Heim : Les syndicats n’ignorent pas les défaillances dont souffrent ces entreprises. Avant tout, c’est la volonté de maximiser les profits qui pose problème. Dans plusieurs secteurs, le personnel est sous pression. C’est notamment le cas – malgré les correctifs apportés récemment – des employé-e-s sous contrat de durée déterminée… 
</p><p><b>Mais alors, pourquoi ne pas travailler main dans la main avec les auteurs de l’initiative ? </b></p><p>Nous avons étudié l’initiative dans le détail, puis longuement débattu avec les auteurs du texte, et enfin mandaté une expertise indépendante. Après cet examen minutieux, nous sommes en mesure de dire que ce projet affaiblit énormément le service public, et cela sans pour autant remédier aux insuffisances que nous pointons du doigt. Car le texte de l’initiative est semé d’embûches. Il cible directement les trois grandes entreprises du service public et vise clairement à compromettre la bonne marche de leurs affaires. 
</p><p><b>Comment cela ?</b></p><p>L’initiative ne dit pas explicitement si les entreprises auront encore le droit de faire des bénéfices. Si l’initiative est interprétée de façon restrictive, le trafic longue distance de voyageurs, par exemple, très lucratif à l’heure actuelle pour les CFF, ne pourrait plus à l’avenir leur rapporter de bénéfices à investir dans des secteurs moins rentables. Du moins c’est controversé… Ce qui est sûr, c’est que le versement des bénéfices de La Poste et de Swisscom à la Confédération ne serait plus possible. Celle-ci verrait donc chaque année 600 millions de francs lui échapper, ce qui entraînerait des mesures d’austérité dans d’autres secteurs du service public&nbsp;: au personnel de l’administration d’en payer le prix. Par ailleurs, il est tout à fait évident que Swisscom ne pourrait plus distribuer de dividendes. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Que la Confédération paierait tous les actionnaires privés&nbsp;? En serait-elle capable&nbsp;? Rien n’est moins sûr. Il est bien plus vraisemblable que la Confédération se retire de Swisscom. Un bel autogoal pour le service public&nbsp;! Je le dis sans détour&nbsp;: Notre but n’est pas d’affaiblir ces trois grandes entreprises. Au contraire, nous voulons que les conditions de travail et les prestations de ces entreprises s’améliorent. Or, le texte de l’initiative ne dit rien à ce sujet. 
</p><p><b>Mais on y trouve au moins l’indication que les salaires versés par ces entreprises seraient ajustés sur ceux de l’administration fédérale. En d’autres termes&nbsp;: terminés les salaires abusifs des top managers. L’USS devrait s’en féliciter, non&nbsp;? </b></p><p>S’il ne s’agissait que des salaires des managers, nous approuverions le texte sans hésiter. Mais l’initiative précise&nbsp;: les salaires «&nbsp;versés aux collaborateurs&nbsp;». C’est-à-dire tous les collaborateurs, et pas seulement les chefs. L’ajustement par rapport à l’administration fédérale ne serait pas dramatique non plus, parce que les écarts ne sont sûrement pas énormes. Mais c’est ailleurs que le bât blesse. En effet, les négociations salariales entre partenaires sociaux, habituelles dans les trois entreprises aujourd’hui, disparaîtraient demain. Car les salaires seraient indexés à ceux de l’administration fédérale. Par conséquent, le Parlement déciderait si, oui ou non, il doit y avoir des hausses salariales annuelles dans ces trois entreprises. Dans les faits&nbsp;: les syndicats seraient catapultés hors des négociations salariales. Autant de raisons qui nous font dire NON à cette initiative. </p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4242</guid><pubDate>Fri, 15 Apr 2016 09:56:31 +0200</pubDate><title>1er Mai 2016 : quand et où ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/1er-mai-2016-quand-et-ou</link><description>Aperçu des manifestations organisées lors de la Fête du travail</description><content:encoded><![CDATA[<p>Cette année aussi, plus de cinquante Fêtes du 1er Mai seront organisées dans toute la Suisse. &nbsp;Renvoyant au débat en cours sur un des thèmes centraux pour les syndicaux, soit l'avenir de notre prévoyance vieillesse dans le cadre du projet "Prévoyance vieillesse 2020" et de la votation populaire sur l'initiative syndicale AVSplus qui devrait avoir lieu en septembre, le 1er Mai 2016 est placé sous le slogan " Tous ensemble – pour une AVS forte ".</p><ul><li><a href="https://www.google.com/maps/d/edit?mid=zDdsCP7v8Rx4.k2YTQG3IICVM" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Vue d'ensemble mise à jour au fur et à mesure sous forme de carte</a></li><li><a href="https://docs.google.com/spreadsheets/d/1-6WDMMQrE_QZBUncUx9-OIH7UKubbEwrNd2OsrbgtL0/edit" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">La même vue d'ensemble sous forme de tableau</a></li></ul><p>Merci de communiquer vos corrections et les manifestations manquantes à : <a href="#" data-mailto-token="thpsav1thaaophz5wylpzzlyGzni5jo" data-mailto-vector="7" class="mail">matthias.preisser(at)sgb.ch</a>. </p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4239</guid><pubDate>Wed, 13 Apr 2016 08:47:44 +0200</pubDate><title>Deux initiatives trompeuses et hautement nuisibles</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/deux-initiatives-trompeuses-et-hautement-nuisibles</link><description>L’USS dit NON aux initiatives sur le service public et vache à lait</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 5 juin, nous voterons sur deux initiatives qui auront un effet dévastateur sur le service public. Toutes deux veulent interdire les financements croisés et prétendent que ce serait pour le bien de la population. L’USS dit NON à l’initiative « En faveur du service public&nbsp;» comme à celle «&nbsp;Pour un financement équitable des transports&nbsp;».</p><h3>Tromperie n° 1: l’initiative "En faveur du service public"</h3><p>Aussi sympathique soit-t-elle au premier abord, l’initiative serait en fait dévastatrice pour les CFF, la Poste et Swisscom, tels qu’on les connaît aujourd’hui&nbsp;: elle exige qu’il ne soit plus fait de bénéfices dans les prestations de base, que plus aucun objectif fiscal ne soit visé, et que plus aucun subventionnement croisé au profit d’autres secteurs de l’administration ne puisse être réalisé. Ce qui veut dire que les CCF ne pourraient plus réaliser de bénéfices dans le trafic longue distance, la Poste elle non plus ne pourrait plus faire de bénéfices, il serait interdit à la Confédération de toucher sa participation aux bénéfices de la Poste et Swisscom ne serait en aucun cas autorisé à verser des dividendes à ses actionnaires. Cela signifie en réalité que la Confédération devrait attribuer encore plus d’argent aux CFF pour financer les domaines non rentables. PostFinance serait par contre probablement privatisé. Et la Confédération devrait se retirer de Swisscom, car celle-ci n’aurait pas les moyens financiers de rémunérer tous les autres actionnaires. Pour nous, les syndicats, cela ouvre une très mauvaise perspective, car c’est grâce au fait que ces trois entreprises sont publiques qu’elles ont de bonnes CCT. Elles ont des obligations et imposent des standards qui ont valeur de référence dans toute la branche.
</p><h3>Des salaires de managers raisonnables OUI, l’éviction des syndicats NON</h3><p>L’initiative exige en outre que les salaires de tous les salarié-e-s des entreprises du service public ne dépassent pas ceux de l’Administration fédérale. Nous n’aurions rien contre l’imposition d’une limite supérieure pour les salaires des managers. Mais, si on lit bien l’initiative, cela signifie en fait que le Parlement fédéral déciderait à l’avenir si les employé-e-s des CFF, de la Poste et de Swisscom reçoivent une augmentation de salaire ou pas. Les syndicats perdraient leur pouvoir de négociations, ils seraient à la merci du Parlement. 
</p><p>La Confédération reçoit en moyenne environ 600 millions de francs de participation aux bénéfices de la Poste et de Swisscom. Cet argent n’est en aucun cas utilisé que pour l’armée, comme les initiants le prétendent. Mais aussi pour la formation et la recherche, la coopération, les transports publics et l’Administration fédérale. Justement pour tous les domaines du service public qui sont toujours les premiers touchés quand des mesures d’austérité sont décidées. 
</p><h3>Tromperie n° 2: l’initiative «&nbsp;vache à lait&nbsp;»</h3><p>Les associations d’automobilistes et l’Union suisse des arts et métiers (USDAM) veulent que toutes les recettes de l‘impôt sur les huiles minérales soient attribuées aux routes. Elles font leur publicité avec des feux verts pour les vélos, les voitures et les bus. Elles prétendent que si davantage d’argent était investi dans les routes, cela désengorgerait les agglomérations. On trairait les automobilistes comme des vaches à lait au travers de diverses taxes et d’impôts, mais l’argent filerait ensuite dans la caisse de la Confédération.
</p><h3>Distorsion sans gêne des faits</h3><p>Cela est absolument faux. Rouler en voiture est aujourd’hui meilleur marché qu’il y a 20 ans, l’impôt sur les huiles minérales n’a jamais été adapté au renchérissement et les moteurs sont plus économiques en carburant. Et l’utilisation détournée des recettes tant fustigée? L’impôt sur les huiles minérales n’a pas été créé pour financer les routes. Comme l’impôt sur l’alcool n’est pas utilisé pour financer les soins de la santé, ni l’impôt sur les billets de spectacle attribué à la culture. Dans les faits, chaque année, environ 5 milliards de coûts provoqués par le trafic routier privé ne sont pas couverts par ceux qui les ont occasionnés. Ils doivent être financés par la collectivité, donc aussi par toutes les personnes qui n’ont ni voiture, ni moto. L’initiative creuserait un trou de 1,5 milliard dans la caisse fédérale. On économiserait alors dans la formation et la recherche, la coopération, l’Administration fédérale et dans les transports publics. Alors que l’argent s’accumulerait dans la caisse pour le trafic routier, on ne pourrait pas l’utiliser, à moins de construire le réseau routier sans aucune considération pour le paysage ou les habitations. </p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4236</guid><pubDate>Tue, 12 Apr 2016 10:10:12 +0200</pubDate><title>361 108 membres à fin 2015</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/361-108-membres-a-fin-2015</link><description>L’évolution des effectifs de membres de l’USS l’année dernière
</description><content:encoded><![CDATA[<p>Fin 2015, l’USS comptait 361 108 membres. En une année, l’association faîtière syndicale de loin la plus importante de Suisse a connu un léger recul de 0,6 % - le nombre de fédérations qui lui sont affiliées reste constant. Il est de seize. <br>Le nombre de femmes a augmenté au sein de l’USS. Elles sont désormais 106 564 (+710 par rapport à fin 2014) à être affiliées à l’une de ses seize fédérations. La proportion de femmes a ainsi augmenté en l’espace d’un an de 29,3 % à 29,5 %. <br>Des seize fédérations de l’USS, quatre d’entre elles ont cru. Unia a pour la première fois franchi la barre des 200 000 membres. Le syndicat a gagné plus de 1300 membres et ainsi indubitablement confirmé la tendance ascendante entamée l’année dernière. Les syndicats SSM (radio et télévi-sion), kapers (personnel de cabine dans le trafic aérien) et Nautilus (navigation) ont aussi davan-tage de membres. Le plus petit syndicat, New Wood, compte le même nombre de membres qu’un an plus tôt. Les onze autres syndicats ont perdu des membres, pour la plupart pourtant, le recul a été moindre. &nbsp;<br>Chez Syndicom, les changements structurels dans les branches de l’impression et des médias ont des effets négatifs sur l’évolution des effectifs de membres. Quant au SEV, il n’a pas totalement réussi à compenser les retraité-e-s qui sont décédés en recrutant de nouveaux membres actifs.<br></p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4226</guid><pubDate>Wed, 06 Apr 2016 14:52:12 +0200</pubDate><title>La retraite à 67 ans contredit la réalité du marché du travail</title><link>http://ahvplus-initiative.ch/wp/index.php/2016/04/06/la-retraite-a-67-ans-contredit-la-realite-du-marche-du-travail/?lang=fr</link><description>L&#039;UDC et les radicaux ont tort de demander la retraite à 67 ans. Un sondage de Swiss Life le prouve. Plus de détails sur le blog des rentes de Doris Bianchi.</description><content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded><category>Politique sociale</category><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4208</guid><pubDate>Thu, 31 Mar 2016 09:44:02 +0200</pubDate><title>Les réfugié(e)s doivent pouvoir mener le plus rapidement possible une vie autonome</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/les-refugie-e-s-doivent-pouvoir-mener-le-plus-rapidement-possible-une-vie-autonome</link><description>La position de l’USS sur l’actuelle question des réfugié(e)s</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Comité de l'Union syndicale suisse (USS) est préoccupé par l'évolution de la question des réfugié(e)s. Après analyse de la situation actuelle, il défend la position suivante. </p><p>La Suisse participe de manière solidaire aux efforts déployés au plan international pour résoudre les problèmes existants et à venir. Elle accueille des réfugié(e)s dans le cadre de ses possibilités et fournit sa contribution à l'aide apportée sur place. 
</p><p>Les réfugié(e)s - à savoir celles et ceux qui sont reconnus comme tels et les personnes admises à titre provisoire - doivent pouvoir trouver le plus rapidement possible leur place dans notre pays. Le but est qu'ils puissent mener une vie autonome et se retrouver dans notre société. Ici, l'accès à une activité professionnelle joue un rôle clé. Nombre de réfugié(e)s étant très jeunes, la question d'une formation passe au premier plan pour eux. 
</p><p>La majorité des personnes concernées ont besoin d'une aide directe rapide. Elles doivent entre autres commencer le plus vite possible l'apprentissage d'une langue nationale et recevoir les connaissances de base nécessaires pour vivre en Suisse. Selon la formation dont ces personnes disposent, la meilleure solution passe par un cours ou un emploi. La répartition des réfugié(e)s dans les régions doit tenir compte des connaissances linguistiques de ces derniers. Et des soins médicaux adaptés doivent être prodigués aux personnes qui sont malades ou ont des problèmes psychiques. 
</p><p>Une partie des réfugié(e)s trouve toute seule du travail. Ces personnes ont relativement besoin d'être aidées. Mais, comme toutes les personnes professionnellement actives en Suisse, elles doivent pouvoir profiter des possibilités de formation initiale et continue. Selon les cas, elles ont aussi besoin d'informations à ce sujet ou d'une aide financière. 
</p><p>Avec les réfugié(e)s, il s'agit de dresser dès que possible un bilan de l'exercice d'une activité professionnelle ou d'une formation initiale ou continue. Concernant les mesures dites d'intégration, la collaboration sur le terrain avec les partenaires sociaux s'impose. Les syndicats soutiennent ce type de mesures. Mais il ne faut pas que cela nuise aux salaires et aux emplois des gens qui travaillent dans notre pays, par exemple si les réfugié(e)s servent de main-d'œuvre " bon marché ". Les salaires minimaux fixés dans les conventions collectives de travail doivent en principe être appliqués à tout le monde. Les exceptions à cette règle doivent être traitées au cas par cas et être suffisamment justifiées. En outre, les projets d'intégration doivent prévoir une importante composante de formation. Les actuels obstacles administratifs (interdiction de changer de canton, procédures d'autorisation coûteuses, etc.) mis à l'exercice d'une activité professionnelle sont trop élevés. Il appartient aux entreprises publiques, ainsi qu'à la Confédération, aux cantons et aux communes de jouer un rôle important dans l'intégration des réfugié(e)s. Les partenaires sociaux doivent aussi fournir leur contribution à travers leurs structures paritaires. 
</p><p>L'USS soutient la proposition d'organiser une conférence nationale sur la question des réfugié(e)s. Cette conférence est nécessaire pour trois raisons. Primo, les connaissances relatives aux réfugié(e)s sont vraiment minimes. Les pouvoirs publics ne disposent que de rares informations sur les personnes concernées, par exemple sur leur formation. En l'absence d'analyse à ce sujet, impossible de mettre en œuvre des mesures ciblées. Deuzio, il faut que l'on se mette d'accord sur les mesures nécessaires et la participation des partenaires sociaux. Tercio, la population doit être informée le mieux possible de la situation et des mesures prises. </p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4207</guid><pubDate>Thu, 31 Mar 2016 09:15:29 +0200</pubDate><title>Investir dans les tâches d’assistance et de soins au lieu de baisser les impôts</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/investir-dans-les-taches-d-assistance-et-de-soins-au-lieu-de-baisser-les-impots</link><description>La bonne réponse pour créer des emplois</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La réponse néolibérale habituelle aux crises économiques et au chômage, c'est de baisser les impôts. Mais la manière de toute évidence la meilleure pour créer des emplois, ce sont les investissements, dont les effets seraient le plus sensible dans le domaine des tâches d'assistances et de soins (" care ", soit " l'économie des soins "). Une nouvelle étude de la Confédération syndicale internationale (CSI) le prouve. </p><p>Les baisses d'impôt se traduisent par une baisse des recettes des pouvoirs publics, auxquelles on réagit en prenant des mesures d'austérité, qui débouchent sur des suppressions d'emplois. Que pareil démantèlement soit compensé parce que les gens ont plus d'argent, puisque leurs impôts ont diminué, est tout sauf certain. 
</p><h3>La voie la plus efficace : investir dans l'économie des soins </h3><p>Selon une récente<a href="http://http://www.ituc-csi.org/investir-dans-l-economie-des-soins-16982?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer"> analyse de la CSI</a> concernant l'Australie, le Danemark, l'Allemagne, l'Italie, le Japon, la Grande-Bretagne et les États-Unis, il existe des moyens plus efficaces que les baisses d'impôt pour sortir de la crise. En se basant sur des modélisations, les auteur(e)s de cette étude montrent que les investissements dans l'économie des soins, soit l'assistance et la prise en charge d'enfants ou d'adultes dépendant de soins, constituent l'instrument le plus efficace pour créer des emplois. Si 2 % du PIB des sept pays de l'OCDE précités étaient investis dans l'économie des soins, des emplois seraient créés dans ce secteur, mais aussi chez les sous-traitants, ainsi que - vu la hausse entraînée du revenu des ménages - dans d'autres secteurs encore. La croissance de l'emploi induite, de 2,4 à 6,1 %, est même plus élevée que celle que provoqueraient les mêmes investissements dans la construction (de 1,6 à 3,8 %). 
</p><h3>Les femmes sont les principales gagnantes, mais elles ne sont pas les seules </h3><p>Les investissements dans l'économie des soins pourraient en outre encourager l'intégration des femmes dans le monde du travail et, ainsi, réduire l'écart salarial entre les sexes. D'une part, plus de femmes que d'hommes travaillent dans ce secteur et, de l'autre, si les tâches d'assistance et de soins effectuées dans le cadre familial étaient davantage prises en charge collectivement dans le cadre de l'économie de soins, les personnes ainsi déchargées auraient la possibilité d'augmenter leurs horaires de travail ou, pour celles qui ne travaillent professionnellement pas, de se lancer dans une activité lucrative. En fin de compte, tous les travailleurs et travailleuses profiteraient des effets positifs de ces investissements. Et l'on assisterait à des créations d'emplois également dans des domaines majoritairement masculins comme la construction, puisqu'il faudrait construire ou aménager les lieux nécessaires à la dispense de ces soins. Les auteur(e)s de l'étude arrivent à la conclusion qu'avec ces investissements la hausse de l'emploi se situerait entre 3,3 et 8,2 % pour les femmes, entre 1,4 et 4 % pour les hommes. 
</p><h3>Plusieurs problèmes résolus d'un seul coup </h3><p>L'analyse de la CSI donne de très bonnes raisons d'investir dans l'économie des soins au lieu de baisser encore plus les impôts, et donc d'espérer que l'argent revienne d'une manière ou d'une autre dans le circuit économique. Mais ce type d'investissement en vaudrait aussi la peine à d'autres égards. On constate aujourd'hui d'importantes lacunes dans l'assistance des personnes dépendantes de soins et des personnes âgées, une assistance toujours plus souvent confiée à des migrantes mal payées. Il nous incombe de prendre des mesures contre cela, si nous ne voulons pas que les " vieux jours tristes " et les soins donnés dans des conditions de travail précaires deviennent une " marque de fabrique " de nos temps modernes. Parallèlement, nous connaissons une pénurie de personnel qualifié qui est aussi imputable au fait qu'en Suisse, pour la majorité des parents, concilier famille et profession est encore un vrai parcours du combattant. En définitive, l'économie et les familles profiteraient des investissements effectués dans une assistance et des soins, dispensés à des adultes et des enfants, qui seraient de toute première qualité et abordables pour tout le monde. Une offensive dans l'économie des soins serait de ce fait une réponse idoine au chômage, aux lacunes dans la prise en charge des personnes dépendantes de soins, aux problèmes de conciliation entre famille et profession et à la pénurie de main-d'œuvre qualifiée. Ne reste plus qu'à passer à l'action. </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4201</guid><pubDate>Wed, 30 Mar 2016 09:39:47 +0200</pubDate><title>Pas question de démanteler les services publics !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/pas-question-de-demanteler-les-services-publics</link><description>Recommandation de l’USS pour la votation fédérale du 5 juin</description><content:encoded><![CDATA[<p>Pour la votation fédérale du 5 juin prochain, le Comité de l'USS a adopté les recommandations suivantes : </p><ul><li>Initiative populaire " En faveur du service public " : NON</li><li>Initiative populaire " Pour un financement équitable des transports " : NON </li><li>Initiative populaire " Pour un revenu de base inconditionnel " : NON </li><li>Modification de la loi sur l'asile : OUI</li><li>Modification de la loi sur la procréation médicalement assistée (diagnostic préimplantatoire) : aucune recommandation</li></ul><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR"></span></p><p>Si elle était acceptée, l'initiative " Vache à lait " (" Pour un financement équitable des transports ") donnerait un poids monstrueux à la construction de routes, ce qui entraînerait une énorme pression sur les dépenses en matière de formation et de recherche ainsi que, de manière générale, sur les services publics. L'initiative soi-disant " En faveur du service public " veut quant à elle désormais interdire aux entreprises publiques qui garantissent le service universel de faire des bénéfices. Ce qui ferait globalement obstacle au service universel et poserait tellement de problèmes à ces entreprises publiques qu'un jour ou l'autre, elles seraient menacées de démembrement. C'est pour ces raisons que l'USS et ses syndicats s'opposent énergiquement à ces deux initiatives. 
</p><p>Les recommandations concernant le revenu de base inconditionnel et la modification de la loi sur l'asile ont été décidées à une majorité très nette, respectivement à l'unanimité. L'USS ne fera cependant pas activement campagne contre ces deux objets.
</p><p>&nbsp;</p><h3>&nbsp;</h3><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Services Publics</category><category>Énergie et environnement</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4185</guid><pubDate>Wed, 16 Mar 2016 16:49:59 +0100</pubDate><title>Le veut-il ou pas?</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/le-veut-il-ou-pas</link><description>Égalité salariale : attendre le Conseil fédéral</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 3 mars, la procédure de consultation sur la révision de la loi sur l'égalité entre femmes et hommes, qui devrait enfin nous apporter l'égalité salariale tant attendue, est arrivée à son terme. Heureusement, de nombreuses prises de position vont dans le sens du Conseil fédéral ou, comme l'USS, demandent des mesures plus poussées. On ignore toutefois ce que le Conseil fédéral dans sa nouvelle composition va faire des propositions qui lui ont été soumises. </p><p>Les employeurs continuent à se battre bec et ongles contre les mesures proposées en faveur de l'égalité salariale, même lorsque celles-ci sont relativement inoffensives. Selon eux, ils feraient déjà tout, spontanément et d'eux-mêmes et ils ne seraient pas sexistes. De toute façon, la discrimination salariale n'existe pas, estiment-ils, il s'agit juste d'une erreur de calcul... 
</p><h3>Une vision étroite </h3><p>Ah oui ? Toute statistique recèle sans doute des imprécisions. Professeur émérite de sociologie de l'Université de Lausanne, René Levy a récemment qualifié de " vision étroite " le fait de se focaliser médiatiquement sur l'ampleur, à la décimale près, des discriminations salariales (kontrapunkt, 4.3.2016). Cela revient à " réduire des concepts centraux, comme la discrimination, à leur acceptation individuelle et subjective, comme s'il n'y avait de discrimination salariale que si elle résultait de la volonté de discriminer clairement formulée d'individus identifiables. " 
</p><h3>Jamais méchant de la part d'individus, mais socialement très discriminant </h3><p>Le professeur Levy a raison. La discussion sur l'exactitude de la statistique ou la volonté de discriminer des individus isolés cache le fait que la discrimination est un aspect important d'un problème social. La discrimination arrive souvent sans qu'il y ait intention, mais en raison d'attentes de la société, qui accorde aux femmes et à leur travail moins de valeur, et cela, indépendamment de la productivité. Ainsi, Murphy et Oesch ont pu montrer par des <a href="http://http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2564612" target="_blank" rel="noreferrer">études au Royaume-Uni, en Suisse et en Allemagne</a>, que l'évolution des professions typiquement masculines vers des professions typiquement féminines s'accompagne aussi d'une baisse des salaires. Les différences de salaire entre les professions dominées par les hommes et celles qui le sont par des femmes sont le double dans le privé de ce qu'elles sont dans le public. Murphy et Oesch pensent que les normes sociales sont en bonne partie la cause de ce phénomène. 
</p><p>La plupart du temps, aucune intention mauvaise ne se cache derrière la discrimination salariale, mais plutôt tout simplement des normes sexistes sous-jacentes qu'on nous inculque depuis l'enfance. C'est aussi valable pour Marco Taddei de l'Union patronale suisse qui, dans une interview télévisée (Temps présent, 18.2.2016), trouvait que le niveau inférieur des salaires des femmes ne posait aucun problème quand celles-ci pouvaient profiter du salaire de leur partenaire et vivre ainsi tout à fait confortablement. Les femmes sont " bonnes " pour toucher un salaire d'appoint via un hobby. Ce n'est pas méchant, mais extrêmement discriminatoire !
</p><h3> Quand on y regarde de plus près </h3><p>Voilà pourquoi nous devons nous engager pour que la discrimination salariale n'aille plus de soi. Ce que nous voulons n'est pas chiffrer la discrimination à la virgule près, mais que l'on regarde les choses de plus près pour faire connaître ouvertement la réalité : l'économie et les entreprises doivent se confronter à leurs normes sexuelles et réagir quand des préjugés inconscients font remonter des inégalités douloureuses à la surface. Il faut des mesures étatiques afin que les employeurs réfléchissent sur leurs systèmes salariaux et que les déséquilibres puissent être corrigés, et aussi sanctionnés s'ils devaient contrevenir à la Constitution. Et si les employeurs devaient refuser que l'on regarde les choses de plus près, au Conseil fédéral de les y contraindre. Les décisions tomberont probablement à la fin de l'année. 
</p><h5>" Contrôler et appliquer l'égalité des salaires " </h5><p>Jusqu'à ce que le Conseil fédéral agisse, nous pouvons nous engager au niveau des entreprises pour l'égalité des salaires. Le <a href="http://http://www.movendo.ch/fr/kurse_vertrauensleute/detail.htm?VerdefID=217127" target="_blank" rel="noreferrer">cours de Movendo</a>, l'institut de formation des syndicats, " Contrôler et appliquer l'égalité des salaires " montre comment le faire. Les participant(e)s apprendront notamment à agir sur leur lieu de travail, à actionner les instruments aux plans politiques et de l'entreprise et à identifier les situations qui demandent l'intervention du syndicat. La révision de la loi sur l'égalité entre femmes et hommes sera naturellement également présentée et commentée. Ce cours se tiendra le 21 juin 2016 à Lausanne, Espace Dickens. &nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4180</guid><pubDate>Mon, 14 Mar 2016 10:55:26 +0100</pubDate><title>Socialistes européens contre la guerre de 14-18</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/socialistes-europeens-contre-la-guerre-de-14-18</link><description>Le centenaire de la Conférence de Kiental pour la paix marque aussi les 100 ans de la scission de la gauche</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Après la conférence secrète de paix de Zimmerwald en 1915, l’opposition socialiste s’est revue quelques mois plus tard, fin avril 1916, pour une nouvelle conférence à Kiental. A nouveau il s’agissait de mettre un terme à la guerre et de raviver la lutte des classes. Plusieurs événements célèbrent ce moment charnière de l’histoire de la gauche.</p><p>L’ennemi n’est pas le travailleur au-delà des frontières, mais le patron, tout proche. C’est ainsi que se résumait la tentative de ramener les partis socialistes, qui n’avaient pas combattu l’entrée en guerre en 1914, sur la voie de la lutte des classes. Robert Grimm, le père de la future Grève générale de 1918, a joué un rôle très important dans l’organisation de l’opposition socialiste&nbsp;: en 1915, il a appelé 40 représentants de diverses ailes à gauche du PS à se réunir secrètement à Zimmerwald, un village paysan situé au Sud de Berne. Quelques mois plus tard, une deuxième conférence a lieu du 24 au 30 avril 1916 à Kiental, dans l’Oberland bernois. 
</p><h3>Lenin alors minorisé</h3><p>Le participant le plus célèbre d’un point de vue contemporain était Lenin. Celui-ci veut utiliser la guerre pour s’emparer du pouvoir. Les «&nbsp;centristes de gauche&nbsp;» réunis autour de Robert Grimm souhaitent pour leur part mettre fin à la guerre. Ils appellent de leurs vœux la lutte des classes certes, mais refusent le renversement du pouvoir par la violence. Lenin ne parvient à s’imposer à aucune des deux conférences. En 1917, il réussit toutefois à mener à bien la Révolution bolchévique. Et, à la troisième conférence du mouvement de Zimmerwald, qui se tint cette fois-ci à Stockholm en septembre 1917, il y a eu rupture entre la gauche et le centre. Les bolchéviques convoquèrent ensuite rapidement la troisième internationale, communiste celle-là. La rupture entre socialisme et communisme était elle aussi consommée. 
</p><h3>L’histoire mondiale dans deux villages bernois </h3><p>«&nbsp;Zimmerwald&nbsp;» et «&nbsp;Kiental&nbsp;» font ainsi partie de l’histoire mondiale. Ces deux villages représentent une étape significative dans l’histoire de la gauche et marquent la rupture au sein de celle-ci et son engagement contre la guerre. Sur la plan suisse, ces conférences reflètent aussi le talent politique de Robert Grimm et montrent le début de l’orientation militante du mouvement ouvrier qui atteindra un sommet pendant la Grève générale, trois ans plus tard. Il est donc assez logique que ce soit essentiellement la Société Robert Grimm qui organise les célébrations de cet événement. 
</p><h5>Programme du Centenaire de la Conférence de Kiental&nbsp;: </h5><p>Le 22 avril, Berne&nbsp;: débat «&nbsp;Politique pacifique des femmes&nbsp;»
</p><p>Le 23 avril&nbsp;, Kiental au restaurant Bären&nbsp;: colloque&nbsp; «&nbsp;Le courage pour la paix&nbsp;»
</p><p>Le 24 avril, Kiental au restaurant Bären&nbsp;: vernissage de l’exposition «&nbsp;100 ans de la Conférence de Kiental, Grimm et Lénin à Kiental&nbsp;»
</p><p>Plus d’informations en allemand sur le site de la <a href="http://http://www.robertgrimm.ch/icc.asp?oid=8823" target="_blank" rel="noreferrer">Société Robert Grimm</a></p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4176</guid><pubDate>Wed, 09 Mar 2016 09:27:50 +0100</pubDate><title>Une nouvelle étude prouve le rôle positif joué par les syndicats dans la protection de la santé</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/une-nouvelle-etude-prouve-le-role-positif-joue-par-les-syndicats-dans-la-protection-de-la-sante</link><description>Plus le syndicat est fort, meilleure est la santé</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Plus le syndicat est présent dans l'entreprise, moins il y a d'accidents et, donc, meilleure est la protection de la santé sur le lieu de travail. Une nouvelle étude* de l'institut de recherche allemand sur l'avenir du travail IZA, de Bonn, le prouve. </p><p>Les personnes directement concernées le savent depuis longtemps pour en avoir fait elles-mêmes l'expérience. Dans les entreprises où les syndicats sont actifs à travers des conseillers et conseillères juridiques, des secrétaires, des militant(e)s syndicaux ou des personnes de confiance, les choses vont mieux. En effet, les lois sont plus facilement respectées, la sécurité au travail s'en trouve améliorée et le nombre d'accidents et de cas de maladies professionnels diminue. Conséquence : la satisfaction au travail augmente sur le long terme, ainsi que la productivité des travailleurs et travailleuses. 
</p><h3>Scientifiquement prouvé </h3><p>Une étude scientifique confirme donc aujourd'hui le rôle positif joué par les syndicats concernant la santé au travail. L'institut de recherche allemand précité, vient de présenter les résultats d'une vaste étude réalisée par deux chercheurs. Celle-ci prouve, sur la base de données fournies par les offices américains du travail que la santé des travailleurs et travailleuses est meilleure dans les entreprises où les syndicats sont actifs. 
</p><p>Lorsque quelque chose cloche en matière de conditions de travail, lorsque, par exemple les dispositions de protection de la santé figurant dans la loi sur le travail ou les directives de la loi sur l'assurance-accidents ne sont pas respectées, les travailleurs et travailleuses viennent frapper à la porte du syndicat. Donner des conseils fait partie de leurs missions de base. Les travailleurs et travailleuses se défendent rarement eux-mêmes dans ces situations. Ils ne connaissent pas assez bien la façon de procéder des inspectorats du travail. La même remarque s'applique aux commissions du personnel. Le syndicat leur apporte alors une aide en fournissant des conseils et, si nécessaire, en agissant, car, tant aux États-Unis qu'en Suisse, les syndicats ont aussi la qualité pour porter plainte. 
</p><h3>Essentiel : des CCT de qualité </h3><p>Les dispositions légales sur la sécurité et la protection de la santé au travail sont correctement appliquées surtout là où des syndicats forts et indépendants ont pu négocier, aux plans de l'entreprise ou de la branche, de bonnes conventions collectives de travail (CCT). Cela, parce que ces dernières leur garantissent un accès aux informations ainsi qu'aux lieux de travail. Grâce à cela, ils découvrent rapidement les abus et peuvent en avertir les inspectorats du travail. En outre, les CCT contiennent souvent, en matière de protection de la santé, des dispositions qui vont plus loin que celles de la loi. Le résultat de cette étude n'étonne par conséquent pas : les travailleurs et travailleuses sont mieux protégés au travail contre les risques pour leur santé lorsqu'ils se trouvent dans des entreprises soumises à une CCT et où le partenariat social est institutionnalisé. 
</p><p>Le fait que ce rôle du partenariat social fonctionne vient tout récemment d'être reconnu pour la première fois dans la législation suisse concernée. De fait, avec le nouvel article 73 a de l'ordonnance 1 relative à la loi sur le travail, les travailleurs et travailleuses peuvent désormais renoncer à enregistrer leur temps de travail si les partenaires sociaux se mettent d'accord sur des mesures sanitaires contre les risques psychosociaux.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4178</guid><pubDate>Tue, 08 Mar 2016 00:00:00 +0100</pubDate><title>La mobilisation de la fonction publique genevoise a porté ses premiers fruits</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/la-mobilisation-de-la-fonction-publique-genevoise-a-porte-ses-premiers-fruits</link><description>« Personal stop » abrogé, annuités 2016 restaurées, mais négociations sur les mesures structurelles au point mort </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La situation a quelque peu évolué à Genève depuis l’extraordinaire mobilisation de la fonction publique à la fin de l’année dernière. Les dizaines de milliers de grévistes, les manifestations massives ainsi que les 20&nbsp;000 signatures contre le «&nbsp;Personal stop&nbsp;» ont porté leurs fruits&nbsp;: le Grand Conseil a retiré ce projet. Les annuités 2016 ont aussi été restaurées. Toutefois, ces victoires d’étapes ne doivent pas faire oublier que les négociations avec le Conseil d’Etat sont au point mort. L’échéance des négociations a donc été repoussée d’un mois. &nbsp;</p><p>«C’est bien grâce à la mobilisation du personnel et aux 20&nbsp;000 signatures pour le référendum contre le ‘Personal stop’ récoltées en quelques semaines que le MCG a retourné sa veste&nbsp;», commente Marc Simeth, Président du Cartel intersyndical du personnel de l'Etat et du secteur subventionné. Même si le parti populiste s’est bien gardé de l’avouer. Il s’est néanmoins joint à la gauche pour abroger ce projet extrêmement radical. Le peuple ne votera donc pas sur ce texte accepté le 13 novembre dernier par la droite et le MCG, en plein mouvement de contestation de la fonction publique genevoise. «&nbsp;Personal Stop&nbsp;» voulait un durcissement du mécanisme de frein à l’endettement, à savoir le gel des embauches tant que la dette se situait au-dessus de 8 milliard de francs, contre 12,7 actuellement. Aucun poste de fonctionnaire n’aurait alors pu être créé sans qu’un autre ne soit supprimé ailleurs.
</p><h3>«&nbsp;Chaque gréviste peut se dire que la lutte a payé&nbsp;»</h3><p>Egalement à mettre sur le compte de la mobilisation du personnel, selon Marc Simeth, la restauration de la progression salariale (les annuités) pour 2016&nbsp;: «&nbsp;Chaque manifestant-e, chaque gréviste, qui s’était vu taxé d’extrémiste, de profiteur/euse ou de touriste par une certaine frange de la population et une partie des collègues et qui avait vu son salaire de fin d’année raboté de plusieurs centaines de francs, peut aujourd’hui être fier et dire que la lutte a payé.&nbsp;» Le Comité unitaire de lutte des services publics rappelle toutefois le respect de la disposition légale qui prévoit des annuités ne peut se faire au détriment de l’emploi ou des prestations.
</p><h3>Niet sur toutes les propositions du personnel </h3><p>Car la lutte ne s’arrête pas là. En effet, les négociations avec le Conseil d’Etat sur les mesures structurelles sur le personnel sont au point mort. Le Gouvernement veut toujours réduire la voilure de 5%, notamment en augmentant le temps de travail, en facilitant les licenciements ou encore en ne repourvoyant pas les postes laissés vacants. «&nbsp;Pour l’instant, le Comité unitaire obtient un ‘&nbsp;Niet&nbsp;‘ sur toutes ses propositions de répartir différemment les richesses entre les départements et les services&nbsp;», déplore le syndicaliste. Le Conseil d'Etat s’était pourtant engagé en décembre à ouvrir des discussions sur de nouvelles recettes également. Mais ni un bouclier fiscal, ni une imposition de solidarité des hauts revenus, ni la récupération des bénéfices des régies publiques ne trouvent grâce à ses yeux. 
</p><p>Face à cette impasse, l’échéance des négociations a donc été repoussée d’un mois, au 22 avril. Et la dernière assemblée du personnel a demandé à relancer la <a href="http://www.cartel-ge.ch/data/doc/Petition_unitaire_fonction_publique_octobre_2015.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">pétition unitaire «&nbsp;Non aux mesures structurelles du Conseil d’Etat</a>&nbsp;». Mais tout peut encore changer d’ici fin mars, quand le Conseil d’Etat présentera ses comptes qui pourraient être bien meilleurs que prévus. En attendant, le personnel reste mobilisé. </p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4169</guid><pubDate>Thu, 03 Mar 2016 11:49:48 +0100</pubDate><title>Protection du dimanche</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/protection-du-dimanche</link><description>L’Alliance pour le dimanche demande à être entendue par le Conseil fédéral</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L'Alliance pour le dimanche réagit à l'extension du travail dominical dans le commerce de détail en ce début 2016. Elle demande audience auprès du Conseil fédéral et veut rappeler à la population l'importance du dimanche grâce à un film diffusé sur les réseaux sociaux dès aujourd'hui. </p><p>A l'occasion de ce 3 mars, journée internationale du dimanche comme jour de congé, l'Alliance pour le dimanche veut rappeler la nécessité de défendre le repos dominical. Cela est d'autant plus nécessaire que celui-ci est la cible de nouvelles attaques, principalement dans le domaine du commerce de détail, souvent au nom du tourisme d'achat. A titre d'exemple : · </p><ul><li>Le Conseil fédéral a accordé le 1er février une nouvelle exception à l'interdiction du travail dominical dans des centres commerciaux ; après Foxtown au Tessin, c'est l'Outlet de Landquart qui a été autorisé. Et ce alors que les critères restrictifs fixés par le Conseil fédéral n'ont même pas été vérifiés. L'Alliance attend des explications du Conseil fédéral sur cette question. · </li><li>Dans plusieurs cantons, des lobbys économiques cherchent à étendre le travail dominical dans la vente. C'est le cas à Berne par une motion au Grand Conseil voulant ouvrir les magasins au centre-ville, en Valais et à Genève par des projets d'ouverture des magasins 4 dimanche par an. · </li><li>La Poste Suisse a annoncé tester des livraisons le dimanche par taxis dans plusieurs villes de Suisse pour des clients comme Coop@home et Nespresso. L'Alliance n'accepte pas qu'un service public contourne les interdictions de travailler le dimanche pour des besoins qui ne sont aucunement essentiels et interviendra auprès des sociétés concernées.</li></ul><p>Alors que Conseil fédéral et les chaînes du commerce de détail jurent ne pas vouloir toucher au dimanche dans le cadre de la loi fédérale sur les heures d'ouverture des commerces, ils multiplient les exceptions par voie d'ordonnance et dans les cantons. Inquiète de ce phénomène, l'Alliance demande audience auprès du Conseiller fédéral Schneider-Ammann dans un <a href="http://alliance-dimanche.ch/wp-content/uploads/2016/03/20160303_Brief-an-Bundesrat_ohne-unterschriften_f.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">courrier </a>adressé ce jour. 
</p><p>Parce que le dimanche est essentiel au vivre-ensemble, à l'exercice des activités religieuses, sociales et familiales et à la protection de la santé de tout un chacun, l'Alliance pour le dimanche publie un petit <a href="http://alliance-dimanche.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">film </a>de sensibilisation qui est diffusé dès ce jour sur les réseaux sociaux.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4163</guid><pubDate>Mon, 29 Feb 2016 17:09:28 +0100</pubDate><title>Des hommes s’engagent contre la discrimination salariale </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-hommes-s-engagent-contre-la-discrimination-salariale</link><description>Parce que c’est la seule attitude correcte à adopter !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 29 février 2016, six conseillers nationaux de tous les partis, à l’exception de l’UDC, ont lancé leur <a href="http://www.appel-egalite-salariale.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">appel à l’égalité salariale</a>. Ils s’engagent pour l’égalité salariale, pour une attitude correcte et l’égalité des chances. Et pas parce que, désintéressés, ils souhaitent renoncer aux privilèges salariaux dus à leur sexe. Mais plutôt parce qu’ils ont compris que les discriminations salariales sont un problème de société concernant tout le monde que nous devons tous et toutes combattre. Ces six hommes ont fait un pas courageux. </p><p>Les chiffres concernant les inégalités de salaires que l’Office fédéral des statistiques a publiés le 18 février donnent raison à ces politiciens&nbsp;: de légers changements ont certes eu lieu dans certaines branches, mais nous sommes toujours confrontés à des différences de salaires de 25% dans l’industrie textile et même de 30% dans la finance (ESS, OFS 2016). L’analyse détaillée va montrer quelle est la part inexplicable, donc discriminatoire, de ces différences. 
</p><p>D’autres chiffres publiés le même jour sur la situation professionnelle des femmes et des hommes montrent quelles sont les conséquences des différences de salaires. Ainsi, 59% des femmes actives professionnellement travaillent à temps partiel, alors que ce chiffre s’élève à juste 16% pour les hommes (ESPA, OFS 2016). Réduire son taux d’occupation ou même renoncer à une activité professionnelle fait moins mal quand les salaires ne sont pas aussi maigres. De part et d’autre, on renonce à quelque chose&nbsp;: les femmes à leur carrière et à une partie du salaire, les hommes, qui subviennent souvent aux besoins de leur famille, au contact quotidien avec leurs enfants. Nous connaissons tous les problèmes dus aux divorces qui en résultent: les femmes et les enfants dans une situation de pauvreté, les pères qui ne voient leurs enfants que pendant certains week-ends. 
</p><p>Mais même s’il faut deux revenus pour nourrir une famille, les hommes ont tout intérêt à ce que les femmes reçoivent un salaire équitable&nbsp;: ce qui manque aux femmes, manque aussi dans le porte-monnaie familial. 
</p><p>Et, last but not least, il s’agit d’avoir une attitude correcte. Il faut qu’un travail de valeur équivalente soit rémunéré de la même manière, peu importe le sexe. On éprouve plus de satisfaction à recevoir son salaire quand on sait que les collègues femmes reçoivent aussi un salaire équitable.
</p><p>&nbsp;</p><p class="Text"><span lang="FR-CH"><a href="http://www.appel-egalite-salariale.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.appel-egalite-salariale.ch/</a></span></p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4143</guid><pubDate>Wed, 24 Feb 2016 10:55:41 +0100</pubDate><title>Pas de salaires en dessous de 4000 francs au CHUV! </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/pas-de-salaires-en-dessous-de-4000-francs-au-chuv</link><description>Protestation et pétition d’employé-e-s contre les bas salaires à l’hôpital universitaire</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Une centaine d'employé-e-s du CHUV ont manifesté leur mécontentement dans le hall du CHUV à Lausanne le 18 février dernier. Soutenus par le SSP Vaud, ils ont remis à la direction une pétition demandant la fin des salaires en dessous de 4000 francs bruts par mois. Car il est impossible de vivre avec des salaires aussi bas dans la région lausannoise.</p><p>&nbsp;</p><p>"Vivre dans le canton de Vaud avec des salaires aussi bas, de 3700 francs bruts, ce n'est pas possible, s'exclame David Gigax, secrétaire syndical du SSP Vaud qui soutient les employé-e-s du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). D'autant plus que les conditions de travail sont dures : ces gens se lèvent à 3 heures du matin ! " 
</p><h3>Abolir les salaires en-dessous de 4000 francs </h3><p>Jeudi dernier, une centaine d'employé-e-s des trois classes de salaires les plus basses ont protesté dans le hall de l'hôpital universitaire. Leur message était clair : " Stop aux bas salaires au CHUV ! ". La revendication n'est toutefois pas nouvelle. Depuis l'introduction de la nouvelle grille salariale de l'Etat en 2008, les syndicats demandent la suppression des classes salariales 1, 2 et 3, soit les plus basses du tableau, toutes en-dessous de 4000 francs. En classe 1 et 2, le salaire mensuel en début de carrière est de 3701 francs bruts pour un 100%. Il est de 3751 francs en classe 3. Ces classes concernent essentiellement les emplois logistiques du CHUV (nettoyage, transports, cuisine). 
</p><h3>Des employé-e-s concernés ont témoigné de leur situation </h3><p>Plusieurs employé-e-s ont témoigné pendant le rassemblement, dont un transporteur qui travaille au CHUV depuis treize ans. Il estime que les rémunérations de sa branche sont simplement indécentes. "Quand je parle de nos salaires à certains cadres de l'administration du CHUV, ils ne le croient même pas! 3700 francs bruts, ça fait 3200 francs nets par mois. Avec ce salaire, on ne peut même pas louer un deux pièces dans la région."
</p><h3> Cadeaux fiscaux aux actionnaires mais rien pour les bas salaires ? </h3><p>David Gigax trouve aussi extrêmement choquant que des personnes qui travaillent depuis 27 ans au CHUV soient toujours en classe 2. Il faudrait abolir ces classes de salaires dans le système salarial de l'Etat. " Mais le Conseil d'Etat nous rétorque qu'il n'a pas de moyens pour revaloriser les bas salaires. Quand on voit les cadeaux fiscaux qu'il va faire aux actionnaires et aux patrons avec la troisième réforme de la fiscalité des entreprises (RIE III) ! C'est au Conseil d'Etat de savoir où il veut investir... " 
</p><h3>La pétition a réuni 850 signatures </h3><p>Pendant le rassemblement, une pétition demandant l'abolition des classes 1 à 3 ainsi qu'une revalorisation des salaires des personnes au bénéfice d'un CFC a également été remise à la direction de l'hôpital. En deux semaines, elle a rassemblé 850 signatures d'employé-e-s du CHUV concernés ou solidaires. La pétition sera également transmise au Conseil d'Etat et au Grand Conseil. 
</p><h3>La suite à fin mars </h3><p>La direction a pour l'instant répondu négativement aux revendications exprimées et s'est réfugiée derrière les efforts qu'elle a fournis pour faire passer une centaine de personnes en classe 2 au 1er janvier 2016. Il reste pourtant quelques dizaines d'employé-e-s du CHUV qui ne gagnent toujours pas assez pour vivre décemment. Prochaine échéance pour le personnel : l'assemblée générale de fin mars. Les employé-e-s évalueront alors les réponses concrètes de la direction et décideront de la suite à donner au mouvement. </p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Travail</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4140</guid><pubDate>Tue, 23 Feb 2016 16:09:44 +0100</pubDate><title>Juste, mais insuffisant</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/juste-mais-insuffisant</link><description>Le Conseil fédéral veut durcir les sanctions de la loi sur les travailleurs détachés</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors de la deuxième journée de sa session, le Conseil national se prononcera sur une hausse des amendes infligées aux entreprises qui détachent de la main-d'œuvre. Cette mesure est juste et importante, mais elle n'est de loin pas suffisante, estime l'Union syndicale suisse (USS). </p><p>Le Conseil national va ainsi devoir se prononcer sur le projet du Conseil fédéral qui veut relever de 5 000 à 30 000 francs le plafond des amendes administratives prévues dans la loi sur les travailleurs détachés en cas d'infraction en matière de salaire minimum ou de conditions de travail. Ces amendes s'appliqueront, d'une part, aux employeurs étrangers qui détachent de la main-d'œuvre en Suisse et commettent ce type d'infraction. Mais, d'autre part, les employeurs suisses qui enfreignent les dispositions des contrats-types de travail prévoyant des salaires minimums obligatoires seront aussi concernés. 
</p><p>L'USS est favorable à ce durcissement des sanctions. Le plafond de 5 000 francs en vigueur n'a guère eu d'effet dissuasif, et donc préventif contre la sous-enchère. La majorité de la commission préparatoire du Conseil national le pense aussi. Elle propose par conséquent au plénum d'accepter le projet du gouvernement. 
</p><p>L'USS juge cette mesure juste et importante pour protéger des conditions de travail correctes. Mais pour vraiment s'attaquer à la sous-enchère salariale, elle ne suffit de loin pas. Ce qu'il faut ici, c'est un train global de mesures comme l'Assemblée des délégué(e)s de l'USS en a décidé d'un en novembre 2015, en rapport avec la mise en œuvre de l'initiative " Contre l'immigration de masse ". Les délégué(e)s de l'USS demandent davantage de contrôles des salaires, une prévention de la sous-enchère salariale plus efficace, plus de conventions collectives de travail prévoyant des salaires minimums et des amendes plus salées. Et, au-delà du domaine restreint des mesures d'accompagnement, on a aussi besoin d'une meilleure protection contre le licenciement pour les travailleurs et travailleuses âgés et davantage de moyens pour permettre aux gens de mieux concilier famille et profession, ainsi que pour la formation initiale et continue. </p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4138</guid><pubDate>Tue, 23 Feb 2016 11:36:20 +0100</pubDate><title>Le Conseil national doit adapter le montant maximum pris en compte au titre du loyer</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/le-conseil-national-doit-adapter-le-montant-maximum-pris-en-compte-au-titre-du-loyer</link><description>La couverture des besoins existentiels à la retraite est toujours plus remise en question.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Pour beaucoup de bénéficiaires des prestations complémentaires (PC), c’est un défi quotidien que de couvrir leurs besoins existentiels. Cela s’explique en grande partie par le fait que les PC ne prennent pas suffisamment les loyers en considération. Le Conseil national peut changer cette situation à la prochaine session. &nbsp;</p><p>Le mandat constitutionnel que doivent remplir les rentes du 1er pilier est de couvrir les besoins existentiels. Jusqu’à présent, ce mandat n’a pas été réalisé. Sans revenus complémentaires, les retraité-e-s ne peuvent pas nouer les deux bouts en Suisse, même avec une rente maximale de l’AVS ou de l’AI, donc avec 2350 francs par mois. Ils sont obligés de demander des prestations complémentaires (PC).</p><p>Les PC sont un élément crucial pour assurer la couverture des besoins existentiels. Contrairement à ce que l’on pensait jusqu’à présent, leur importance ne diminue pas, au contraire.</p><h3>Les PC sont centrales pour les invalides et les personnes à la retraite</h3><p>C’est particulièrement marqué dans l’assurance-invalidité. Actuellement, plus de 43% des bénéficiaires d’une rente AI dépendent des prestations complémentaires pour pouvoir nouer les deux bouts. Si pour presque la moitié de tous les invalides de Suisse le revenu des rentes est trop bas, cela montre bien que notre système d’assurance en cas d’invalidité est lacunaire. Les PC ont dû équilibrer le niveau des rentes qui a constamment baissé ces dernières années suite aux nombreuses révisions de l’AI.</p><p>Mais l’importance des PC augmente aussi pour les personnes à la retraite. Le risque, en tant que jeune retraité-e de devoir demander les PC pour pouvoir joindre les deux bouts a considérablement augmenté, de 5,7% en 1999 à 8,6% actuellement, comme le montre une étude de la Haute école de Berne. Cela malgré notre si célèbre système des trois piliers et 30 ans de prévoyance professionnelle obligatoire.</p><h3>Les montants maximaux pris en compte au titre du loyer sont bien trop bas</h3><p>Les PC sont des prestations qui répondent aux besoins. Voilà pourquoi les montants de base pour le calcul des besoins doivent périodiquement être adaptés. Si cette adaptation ne se fait pas, la couverture des besoins existentiels est menacée. Actuellement, le calcul des besoins souffre du fait que les montants maximaux pris en compte au titre du loyer sont bien trop bas. Les personnes vivant seules peuvent faire reconnaître au maximum 1100 francs par mois, et les couples 1250 francs par mois. Peu importe le loyer qu’ils ont effectivement ou s’ils habitent à Genève ou à St-Imier.</p><p>Depuis la dernière adaptation en 2001, les loyers ont augmenté en Suisse d’en moyenne 21%. Le montant maximum pris en compte au titre du loyer couvre toujours moins les frais occasionnés par le loyer. Les personnes concernées doivent compenser la part du loyer non couverte en puisant dans le montant des PC destiné à leur besoins courants. Ils économisent les frais de loyer sur la nourriture, les vêtements ou les transports. Cela menace la couverture des besoins existentiels.</p><h3>Le conseil national doit apporter une correction</h3><p>Les personnes concernées attendent depuis des années que le montant maximum pris en compte au titre du loyer soit augmenté. La situation s’aggrave d’année en année. L’augmentation de ce montant est à l’ordre du jour de la session de printemps du Conseil national. Cette hausse est en souffrance depuis plus de dix ans. La chambre basse doit enfin accepter cette proposition.</p><p>En ce moment, la procédure de consultation pour la révision de la loi sur les prestations complémentaires (LPC) est encore en cours. Sous la pression des cantons, le Conseil fédéral propose pas mal de péjorations dans l’octroi des PC. Tant que le montant maximum pris en compte au titre du loyer n’est pas adapté au niveau actuel des loyers, l’USS estime que l’on ne peut pas ambitionner de révision de la LPC.</p>]]></content:encoded><category>Assurance-invalidité</category><category>Prestations complémentaires</category><category>AVS</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/5/b/csm_aeltereFrau-muss-rechnen_wenigGeld_banabana-san_istock_20635cf273.jpg" length="185174" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-4135</guid><pubDate>Mon, 22 Feb 2016 14:02:35 +0100</pubDate><title>Le premier pas vers le travail 24/24 et 7/7 !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/le-premier-pas-vers-le-travail-24-24-et-7-7</link><description>Loi fédérale sur les heures d’ouverture des magasins</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 29 février, le Conseil national se prononcera sur la loi fédérale sur les heures d'ouverture des magasins (LOMag), dont le but est de contraindre les cantons à appliquer des heures d'ouverture des magasins harmonisées à la hausse. Cela est un danger pour toutes les branches économiques.</p><h3> Menace claire sur les conditions de travail </h3><p>Ces modifications se feront au détriment des travailleurs et travailleuses concernés alors que leurs conditions de travail sont déjà à ce jour particulièrement précaires. Ces personnes, qui sont souvent des femmes assumant des tâches d'éducation et d'assistance, se prononcent régulièrement contre une extension des horaires, du fait que cela induit une dégradation des conditions de travail, comme en attestent une étude du SECO de 2005 et les enquêtes d'Unia dans les cantons les plus libéraux. 
</p><p>Avec la LOMag, les journées de travail (de 6 à 20 heures en semaine, de 6 à 18 heures ou 19 heures le samedi) des employé-e-s de cette branche deviendraient encore plus irrégulières et fragmentées qu'elles ne le sont déjà actuellement. Or, les horaires qui font travailler tard le soir ainsi que leur morcellement et le travail sur appel sont, à l'heure actuelle déjà, la cause d'une augmentation du stress et des cas d'épuisement professionnel (" burnout ") chez les travailleurs et travailleuses. Ils empêchent en outre toujours plus de concilier famille et profession. La nouvelle loi sur les heures d'ouverture des magasins péjorerait ainsi les conditions de travail de plus de 200 000 travailleuses et travailleurs ! 
</p><h3>Les horaires des magasins comme " stratégie du salami " pour un travail 24/24 </h3><p>Les partisans de la dérégulation des horaires de travail savent qu'ils n'ont aucune chance s'ils attaquent frontalement les mesures de protection des travailleurs et travailleuses. Ainsi, le 1er décembre 1996, la révision de la loi sur le travail (LTr), qui prévoyait six dimanches de travail par an dans le commerce de détail, a sombré en vote populaire suite à un référendum syndical. 
</p><p>Plutôt que de subir à nouveau une défaite retentissante suite à une attaque massive contre le repos du soir et du samedi ainsi que nocturne et dominical, les partisans de la dérégulation totale préfèrent aujourd'hui procéder par petites tranches, en espérant que les électeurs n'y verront que du feu. Ils se servent aussi de quelques parlementaires comme M. Lombardi qui, s'ils se déclarent opposés à une libéralisation totale, se mettent néanmoins au service de cet objectif en réclamant des assouplissements ponctuels en faveur d'intérêts sectoriels (p. ex. sous le prétexte du franc fort, comme le fait M. Lombardi dans sa motion qui a engendré la LOMag). Quoi qu'il en soit, chaque petit pas en direction d'horaires dérégulés, même si ceux qui les proposent ne se doutent de rien (ou font mine de se douter de rien), sert l'objectif final de prolonger les horaires d'ouverture de tous les commerces et de supprimer ou limiter l'interdiction de travailler la nuit et le dimanche dans toutes les branches ! Les exemples de l'étranger le démontrent bien : là où on a commencé avec une dérégulation des horaires des ouvertures des magasins, on a tôt ou tard précarisé tous les horaires de travail (Italie, Royaume Uni, etc.). 
</p><p>Avec la LOMag, nous sommes donc en présence d'une véritable " stratégie du salami ", une charcuterie difficile à avaler d'un seul coup, mais délicieuse en petites tranches fines et digestes. Et cela alors que, depuis 2009, les votations cantonales le souverain a toujours rejeté une prolongation des heures d'ouverture des magasins. 
</p><h3>Protection et amélioration de la protection refusées dans une branche antisyndicale </h3><p>Lors d'extensions d'heures d'ouverture, et donc de temps de travail, des mesures de protection pour les salarié-e-s sont nécessaires. Or, les employeurs de la branche s'y refusent. Tout aussi grave, le commerce de détail ne connaît toujours pas de convention collective de travail (CCT) nationale, l'association patronale de cette branche, Swiss Retail Federation (issue de l'Association suisse des grands magasins) a toujours refusé jusqu'à ce jour de négocier une CCT. Cette loi met sérieusement en danger les rares CCT de force obligatoire en vigueur en Suisse romande. Quant aux CCT des grands distributeurs, elles ne prévoient pas de disposition pour protéger les salarié-e-s contre de longues journées de travail. Dans ce contexte, il ne serait pas responsable que le législateur soutienne une loi qui dégrade les conditions de travail alors que les patrons n'assument pas leur responsabilité et refusent de protéger les salarié-e-s. 
</p><p>Les mauvaises conditions de travail et le manque de CCT dans la branche sont encore aggravés par un climat antisyndical très marqué. Plusieurs employeurs du commerce de détail, et pas des moindres, sont fort peu respectueux de la liberté syndicale, un droit fondamental pourtant reconnu par la Constitution fédérale (art. 28) et de nombreuses conventions internationales, dont la Convention Européenne des Droits de l'Homme. Ainsi, la Migros refuse de reconnaître Unia, premier syndicat du pays, comme partenaire conventionnel. La Migros s'est aussi rendu coupable de plusieurs licenciements antisyndicaux (dont celui d'un salarié qui avait averti les autorités d'un grave danger pour la santé de ses collègues). Elle a aussi tenté à plusieurs reprises, par des plaintes pénales abusives, de chasser les syndicats de ses locaux. Manor s'est rendu coupable d'un des licenciements antisyndicaux les plus scandaleux de ces dernières années en renvoyant la présidente d'une section d'Unia parce qu'elle avait dénoncé dans la presse des extensions des horaires voulues par les employeurs. Les mauvaises conditions de travail en vigueur chez Spar ont poussé ses salarié(e)s à des grèves. 
</p><h3>Mesure inefficace contre le franc fort et attaque contre le fédéralisme </h3><p>Les difficultés rencontrées actuellement par le commerce de détail ne proviennent pas des heures d'ouverture différentes d'un canton à l'autre. Le baromètre des préoccupations des consommateurs montre bien que les heures d'ouverture sont une question insignifiante, au contraire des prix. Les cantons qui ont déjà intégralement déréglementé leurs heures d'ouverture (Argovie, Zurich, etc.) n'affichent pas des chiffres d'affaire meilleurs que les autres cantons. La raison d'être de cette loi invoquée ici ne résiste ainsi même pas à un examen superficiel ! 
</p><p>Pour toutes ces raisons l'USS et ses fédérations affiliées vont se battre avec force contre cette loi dangereuse qui s'imbrique dans une stratégie " du salami " de dérégulation pour le personnel de vente, mais aussi pour le reste des branches en Suisse.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4134</guid><pubDate>Mon, 22 Feb 2016 08:55:42 +0100</pubDate><title>Un NON pour l’avenir de la Suisse </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/un-non-pour-l-avenir-de-la-suisse</link><description>L’appel du Président de l’USS Paul Rechsteiner</description><content:encoded><![CDATA[<p> Si l'initiative inhumaine de l'UDC devait passer la rampe, ce dimanche, ce serait une privation de droits sans précédent dans l'histoire de notre pays. Parce que plus d'un cinquième des personnes qui vivent et travaillent chez nous ne sont pas titulaires d'un passeport suisse. Parce qu'une heure de travail sur trois est effectuée par quelqu'un qui ne possède pas la citoyenneté suisse. Parce que des centaines de milliers d'entre eux sont nés en Suisse et ont toujours vécu ici. Parce que ce sont des gens du pays. L'initiative de l'UDC s'en prend directement à ces personnes. Elle porte atteinte à leurs droits. A ceux de leurs enfants et de leurs proches. 
</p><p>Mais ce n'est pas tout. Car si l'UDC remporte cette votation, les conséquences ne seront pas seulement funestes pour toutes les personnes qui vivent ici sans avoir de passeport suisse, mais aussi pour les droits humains. Qui sont nos droits à tous. Ces droits humains qui constituent le principal acquis de l'histoire récente de l'humanité. Et de la Suisse moderne. Ces droits humains que l'UDC, avec sa nouvelle initiative, veut bafouer et subordonner à quelques paraphes nationaux.
</p><p> Sur le plan politique, l'UDC est le fer de lance des attaques contre les acquis sociaux. Si l'UDC réussit à dégrader la situation juridique des gens qui vivent ici mais qui ne sont pas suisses, d'autres offensives contre les acquis sociaux et le droit du travail ne tarderont pas.
</p><p> L'initiative dite de mise en œuvre fait partie de la stratégie de l'UDC, qui vise à détruire les fondements de la Suisse moderne : la Suisse des droits pour tous, la Suisse des acquis sociaux. La Suisse de la diversité et des minorités. La Suisse positive, riche de sa diversité. Voilà pourquoi beaucoup ont conscience de l'importance capitale de la votation de dimanche prochain pour l'avenir de notre pays. 
</p><p>Heureusement, alors que voici quelques semaines encore, nombreux étaient celles et ceux qui considéraient cette votation comme perdue, un mouvement de la société civile s'est créé dans un élan saisissant et inédit (<a href="http://appel-urgent.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">appel-urgent.ch</a>/). Grâce aussi aux syndicats. 
</p><p>Ne perdons pas courage : la votation n'est pas gagnée. Mais le NON est devenu possible. Les voix des syndicalistes contribueront au résultat. A nous de jouer ! A chacune et à chacun d'entre nous ! </p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4128</guid><pubDate>Tue, 16 Feb 2016 09:06:50 +0100</pubDate><title>« Ce sont les traders qui spéculent, pas les négociants de matières premières ! »</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/ce-sont-les-traders-qui-speculent-pas-les-negociants-de-matieres-premieres</link><description>L’initiative contre la spéculation ne menace pas les emplois en Suisse, selon Myret Zaki.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L'initiative de la Jeunesse socialiste " contre la spéculation sur les denrées alimentaires " ne va pas modifier les conditions de travail en Suisse et ne menace pas les emplois dans le secteur du négoce de matières premières. Myret Zaki, rédactrice en chef de l'hebdomadaire " Bilan " ne comprend pas l'argument de la perte d'emplois brandi par les opposants à l'initiative sur laquelle le peuple vote le 28 février 2016. </p><p><span lang="FR">«&nbsp;Le secteur des négociants qui représente environ 20% du PIB genevois (3,9% du PIB suisse), ne serait pas touché par l’initiative&nbsp;», affirme Myret Zaki, qui connaît très bien la finance pour y avoir travaillé avant de devenir journaliste. «&nbsp;Ces négociants, essentiellement actifs dans l’Arc lémanique, à Zoug et un petit peu à Zürich, qui organisent des cargaisons de matières premières physiques, qui affrètent des cargos, ne sont pas dans la spéculation», poursuit la rédactrice en chef du magazine économique «&nbsp;Bilan&nbsp;». Ce secteur représente 35&nbsp;000 emplois en Suisse dont 16&nbsp;000 à Genève. Et d’expliquer que «&nbsp;ce sont les traders qui spéculent, pas les négociants de matières physiques.&nbsp;»</span></p><p><span lang="FR">L’initiative veut en effet interdire aux banques, aux gestionnaires de fortune, aux assurances et aux investisseurs institutionnels d’investir dans des véhicules financiers se rapportant à des matières premières agricoles ou des denrées alimentaires. Il en va de même pour la vente de produits structurés correspondants. La Confédération doit en outre s'engager en faveur d'une lutte efficace à l'échelle mondiale contre la spéculation sur les denrées alimentaires. Par contre, l’initiative ne touche pas au «&nbsp;hedging&nbsp;», à savoir les contrats à terme pour garantir les prix.</span></p><h3><span lang="FR">Arguments de la droite peu étayés</span></h3><p><span lang="FR">Pourquoi la droite martèle-t-elle donc pareillement que l’initiative contre la spéculation amènerait d’importantes pertes d’emplois dans le secteur du négoce&nbsp;? A part que brandir la menace sur les emplois est l’argument favori de la droite pour effrayer la population, il ne se justifie pas vraiment. Myret Zaki ne comprend en tout cas pas ce raisonnement et se demande même si les opposants ont saisi le contenu de l’initiative. «&nbsp;Leurs arguments sur les pertes d’emploi sont peu étayés. Ils prétendent que des négociants ou des banques déménageraient, mais ne disent ni lesquels, ni pourquoi ils le feraient.&nbsp;»</span></p><h3><span lang="FR-CH">Ces produits spéculatifs ne font pas l’unanimité</span></h3><p><span lang="FR-CH">Cette régulation pourrait à la rigueur rendre l’environnement moins compétitif. Mais là encore, elle relativise&nbsp;: </span><span lang="FR">«&nbsp;Eventuellement à la marge, elle pourrait contrarier des professionnels de l'investissement qui proposent des placements basés sur les matières agricoles à leurs clients. Mais à cet égard-là aussi, ces placements ne font pas l'unanimité: certaines banques ont déclaré ne plus vouloir investir dans des produits financiers basés sur les matières agricoles.&nbsp;» </span></p><p><span lang="FR">Cette classe d’actifs est en outre généralement peu représentée dans les portefeuilles, fait-elle encore remarquer. Ce qui au final n’aurait donc que peu ou pas d’influence sur les revenus par exemple des caisses de pension. </span><span lang="FR">&nbsp;</span><span lang="FR">Seuls les fonds à vocation spéculative («&nbsp;hedge funds&nbsp;») qui offrent des produits dérivés liés aux marchés des matières premières seraient vraiment touchés. Or ils sont peu nombreux en Suisse.</span></p><p><span lang="FR">Il est néanmoins clair que l’essentiel de la spéculation sur les denrées alimentaires se fait à New York ou Chicago et pas en Suisse. Toutefois, si l’initiative était acceptée, les banques suisses, qui gèrent tout de même des milliards de titres pour leur clients pourraient tout simplement renoncer à ces produits spéculatifs «&nbsp;de toute manière volatils et de loin pas indispensables&nbsp;». </span></p><p><span lang="FR">Encore un argument de plus pour déposer un Oui dans l’urne le 28 février.</span></p>]]></content:encoded><category>Économie</category><category>Repartition</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4108</guid><pubDate>Thu, 11 Feb 2016 14:57:38 +0100</pubDate><title>Non à une politique basée sur la peur  et le clivage</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/non-a-une-politique-basee-sur-la-peur-et-le-clivage</link><description>Non à l’initiative de mise en œuvre – </description><content:encoded><![CDATA[<p>Ces dernières semaines, l'initiative dite de " mise en œuvre " a été examinée sous toutes ses coutures. Elle a été analysée comme constituant une attaque dirigée contre les Suisses et Suissesses sans passeport suisse qui ont grandi dans notre pays, voire y sont nés. Ces personnes seraient punies de manière disproportionnées uniquement sur la base d'un simple morceau de papier. L'initiative a aussi été décrite comme étant du harcèlement. De fait, le Parlement fédéral a fait son travail et mis en œuvre l'initiative " Pour le renvoi des étrangers criminels ". On a constaté que l'initiative de mise en œuvre représente une nouvelle attaque contre la libre circulation des personnes et des traités internationaux de toute première importance, comme la Convention européenne des droits de l'homme. Et l'on n'a pas non plus oublié de signaler qu'elle criminaliserait davantage certains groupes de la population que d'autres : les délits fiscaux ne seraient pas pris en compte et ceux commis en matière d'assurances sociales pèseraient beaucoup. Même le travail syndical serait plus criminalisé par cette initiative : participer à des actions deviendrait risqué pour nos collègues étrangers parce que, dans le pire des cas, ils pourraient être exclus de Suisse.
</p><p> Tout cela est clair. L'opposition se fait entendre. Mais cette initiative a quand même une chance de gagner. Pourquoi donc ? 
</p><p>Pourquoi cette opposition est-elle nécessaire en raison de cette initiative aussi antidémocratique et inhumaine ? Parce que l'UDC est parvenue à ce qu'une majorité des citoyen(ne)s suisses accordent du crédit à ses arguments. Le succès de son discours destiné à détourner l'attention a eu pour effet que nombre de personnes en Suisse croient que celle-ci a un problème de migration. Si bien que nous gaspillons toujours plus de temps à discuter du soi-disant problème de sécurité au lieu de nous occuper du fossé toujours plus grand entre riches et pauvres, des coupes dans la formation ou de l'égalité salariale toujours pas réalisée. Nous ne parlons pas non plus d'une vraie culture de l'accueil ou du potentiel offert par les migrant(e)s, mais principalement de prétendus déficits. 
</p><p>À travers son discours, l'UDC réussit à diviser la société suisse. Elle accule toujours plus les migrant(e)s dans des conditions de vie et de travail extrêmement précaires. Avons-nous vraiment intérêt à ce que les gens doivent vivre dans la peur ? À ce que leur vie prenne un tournant radical à cause de petites erreurs ? Le Parlement et les tribunaux doivent-il devenir caducs ? Les principes et les droits fondamentaux inscrits dans la Constitution fédérale ne doivent-ils s'appliquer qu'à quelques-uns seulement, alors que les autres se voient toujours plus privés de leurs droits ? Ou voulons-nous une Suisse qui porte haut les valeurs démocratiques, où les gens peuvent vivre dans la dignité et la sécurité ? Une phrase de la Constitution fédérale me vient sans cesse à l'esprit : " ...et que la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres ". 
</p><p>L'opposition a pris de l'ampleur parce que beaucoup sentent qu'il s'agit d'une votation symbolique importante. Si l'UDC gagne, sa politique basée sur la peur et le clivage s'en trouvera légitimée. L'initiative de mise en œuvre est effectivement une attaque dangereuse contre notre État de droit, et même contre notre démocratie. C'est pourquoi le NON est de toute urgence nécessaire si nous voulons conserver et notre État de droit et notre démocratie. </p>]]></content:encoded><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4107</guid><pubDate>Thu, 11 Feb 2016 14:20:21 +0100</pubDate><title>Les lacunes du travail d’assistance s’accentuent</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-lacunes-du-travail-d-assistance-s-accentuent</link><description>Pour plus d’équité et contre de nouvelles formes d’exploitation</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Dans le domaine des soins et de l'assistance (" care "), toujours plus d'emplois sont créés, si bien que l'État doit davantage intervenir, ainsi que les hommes. </p><p>Bien que toujours plus nombreuses à exercer une activité lucrative, les femmes fournissent aujourd'hui encore aussi la majeure partie du travail non rémunéré de soins et d'assistance destiné non seulement aux enfants, mais également à des parents âgés et malades. Ces activités constituent une partie obscure de l'économie. Tant qu'elles sont gratuites, elles n'apparaissent pas dans les statistiques économiques. À cela s'ajoute qu'elles n'obéissent pas à la logique de l'efficience omniprésente dans l'économie. De fait, si nous pouvons fabriquer toujours plus rapidement des automobiles, impossible de consoler des enfants ou d'assister des malades de manière plus efficiente.
</p><h3> Une offre lacunaire</h3><p> Mais les femmes ne sont plus d'accord d'assumer sans condition ces tâches et d'en porter le risque financier. Comme l'espérance de vie augmente, les activités de soins et d'assistance gagnent en importance, toujours moins de femmes renonçant sur la durée à un salaire et une sécurité financière propres pour fournir ce travail " accompli par amour ", dit-on. Et les hommes ne fournissent pas une quantité de travail non rémunéré plus grande que celle de travail rémunéré réalisée par les femmes. Une lacune est donc apparue dans les soins et l'assistance destinés aux enfants et aux personnes dépendantes de soins. Une lacune qui s'accentuera si nous ne redressons pas la barre. 
</p><h3>Une protection lacunaire pour les migrantes concernées</h3><p> Les institutions comme les crèches, les hôpitaux, les soins à domicile ne sont déjà plus en mesure aujourd'hui de combler cette lacune. En raison de la pression aux économies, les soins prodigués aux personnes âgées et malades sont précisément toujours plus repoussés vers le secteur privé. Et des femmes s'engouffrent de nouveau dans la brèche. Les migrantes actives dans les tâches de soins et d'assistance laissent leurs familles au pays pour, dans des conditions de travail précaires et pour un salaire de misère, s'occuper 24 heures sur 24 en Suisse de " parents étrangers ". Le travail au noir est ainsi à l'ordre du jour. Dans de tels arrangements avec les employeurs, la sphère privée et le temps libre sont la plupart du temps des notions qui n'ont pas cours. Bien que la Suisse ait ratifié la convention n° 189 de l'Organisation internationale du Travail (OIT) " sur les travailleuses et travailleurs domestiques " et bien que le Conseil fédéral ait avoué, dans un rapport, qu'il y avait lieu d'agir dans ce domaine, les activités de soins et d'assistance rémunérées ne sont toujours pas soumises à la loi sur le travail. Par conséquent, il manque aux travailleuses concernées une protection efficace de leur santé et de leur intégrité personnelle. 
</p><h3>Une protection quasi nulle, malgré une convention de l'OIT</h3><p> Dans les activités de soins et d'assistance, le danger d'exploitation, de violence ainsi que de sous-enchère sociale et salariale est considérable. C'est pourquoi la convention n° 189 de l'OIT exige qu'en matière de législation du travail et sociale, les travailleurs et travailleuses domestiques soient mis sur pied d'égalité avec les autres employé(e)s. Selon cette convention, des améliorations sont nécessaires, surtout sous l'angle du temps de travail, de la sécurité sociale et des conditions de travail (normes minimales de la sécurité au travail et protection de la santé psychique et physique au travail). Il faut en particulier protéger les employées actives dans le domaine des soins et de l'assistance contre les abus (sexuels), le harcèlement et la violence. En Suisse, bien que la convention précitée ait été ratifiée, ces exigences ne sont pas encore suffisamment remplies. Ainsi, par exemple, les inspectorats du travail n'effectuent aucune visite au travail des personnes actives dans ce type de tâches. 
</p><h3>L'État doit davantage investir</h3><p> La Suisse doit prendre conscience que les activités de soins et d'assistance ne sont pas quelque-chose de privé, mais une tâche nécessaire à la société et sans laquelle l'économie s'effondrerait. Nous avons d'urgence besoin de redéfinir qui fait quoi. La collectivité doit assumer sa responsabilité et investir des ressources dans les places d'accueil des enfants, les établissements de soins, mais aussi dans la fourniture de soins et d'aide à la maison. Les tâches de soins et d'assistance doivent être soumises à la loi sur le travail. Il faut absolument prévoir des temps de travail et de repos réglementés, de même que des salaires minimaux. Quant au reste, il faut le répartir équitablement entre les femmes et les hommes. </p>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Salaires et CCT</category><category>Santé</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4097</guid><pubDate>Mon, 08 Feb 2016 11:04:22 +0100</pubDate><title>Les couples ont déjà beaucoup d’avantages </title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/les-couples-ont-deja-beaucoup-d-avantages</link><description>Non à l’initiative sur la &quot;pénalisation du mariage&quot;, car c&#039;est un mythe</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le PDC prétend que les couples mariés sont pénalisés par les impôts et a pour cette raison déposé son initiative «&nbsp;contre la pénalisation du mariage&nbsp;». Cette affirmation n’est pas nouvelle. Et elle a déjà produit certains effets. Sur le plan de la Confédération, il y a déjà eu plusieurs baisses d’impôts ces dernières années dont les revenus élevés et très élevés ont essentiellement profité. </p><p>Quand on y regarde de plus près, on se rend compte qu’il n’y a en fait pas de pénalisation du mariage. Une étude de l’Administration fédérale sur les impôts cantonaux a par exemple montré que tout particulièrement les couples mariés qui ont des revenus moyens et bas paient en moyenne moins d’impôts sur les revenus que les concubins. Pour les revenus élevés, les concubins sont légèrement mieux lotis. A ce niveau-là, les couples mariés ont des avantages dans l’impôt sur les successions que l’Administration fédérale n’a pas pris en compte dans son analyse. 
</p><h3>800 millions d'avantages dans l'AVS</h3><p>Quand on examine leur situation dans les assurances sociales, les couples mariés sont là aussi privilégiés. Dans une autre étude, la Confédération a chiffré ces avantages à 800 millions par année, rien que dans l’AVS, bien que les rentes soient plafonnées pour les couples (une fois et demie la rente maximale des personnes seules). Pourtant, les rentes de veuves et de veufs, le supplément de veuvage ainsi que la libération de l’obligation de cotiser pour le conjoint sans activité lucrative compensent plus qu’amplement cette limitation. De légers avantages existent aussi dans l’AI. Dans le deuxième pilier, tout dépend de la caisse de pension, à savoir si elle garantit au concubin ou à la concubine une rente de veuf ou de veuve. Ce n’est pas obligatoire. 
</p><h3>Cadeau fiscal aux plus aisés</h3><p>Des baisses générales d’impôts pour les couples mariés ne sont pas nécessaires. En moyenne, les couples mariés sont mieux lotis que les concubins. Cela dépend de la situation concrète dans les cas particuliers. L’acceptation de l’initiative serait l’occasion pour les partis de droite de continuer à baisser les impôts sur le plan fédéral. Ce ne sont quasiment que les revenus élevés et très élevés qui en profiteraient une nouvelle fois. Et ceux qui en pâtiraient seraient les revenus moyens et bas. Car ensuite l’AVS ou les réductions de primes des caisses-maladies pourraient être mises sous pression. Voilà pourquoi il faut voter NON à l’initiative du PDC. </p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4090</guid><pubDate>Wed, 03 Feb 2016 15:15:56 +0100</pubDate><title>Pas question de lâcher là-dessus! La retraite à 64 ans n’est que justice.</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/pas-question-de-lacher-la-dessus-la-retraite-a-64-ans-n-est-que-justice</link><description>La retraite à 64 ans ne fait pas des femmes des profiteuses </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les femmes veulent l’égalité. Elles devraient donc aussi faire l’armée et travailler jusqu’à 65 ans. Voilà comment argumentent les soi-disant faiseurs d’égalité objective, qui ne se rendent pas compte à quel point leur avis est biaisé. </p><p>Nous serions des profiteuses pour qui l’égalité s’arrête là où commencent nos privilèges. Pardon&nbsp;? Les femmes privilégiées dans la prévoyance professionnelle&nbsp;? Une petite rectification par les faits s’avère nécessaire. 
</p><h3>Inégalités reportées sur les rentes</h3><p>Dans les faits: les femmes exécutent bien plus de travail non rémunéré que les hommes et gagnent moins pour le travail rémunéré. Cela n’a pas seulement des répercussions sur la situation des femmes durant leur vie professionnelle, mais aussi ensuite, pendant la retraite&nbsp;: 38% de retraitées n’ont que l’AVS alors que les hommes ne sont que 19%, soit la moitié, dans ce cas. Les rentes du deuxième pilier des femmes sont en moyenne deux fois plus basses que celles des hommes, leur capital est même trois fois plus faible que celui des hommes. On ne peut donc guère parler de femmes privilégiées dans la prévoyance vieillesse. Au contraire, elles paieraient plutôt encore le prix de l’inégalité dans la société quand elles sont à la retraite. 
</p><h3>Soins apportés aux proches </h3><p>A quoi s’ajoute qu’il est pour beaucoup de femmes difficile de rester actives professionnellement jusqu’à 64 ans. Un an avant l’âge ordinaire de la retraite, elles ne sont plus que 41% à l’être. Beaucoup sont soit malades, soit épuisées d’avoir eu à mener de front travail professionnel et travail familial. Les autres doivent souvent réduire leur taux d’occupation ou arrêter de travailler pour soigner des membres de la famille ou des proches. Il n’y a presque pas d’emplois pour les femmes qui veulent recommencer à travailler après s’être arrêtées pour s’occuper ou soigner des proches. Il ne reste alors souvent plus que la retraite anticipée avec son lot de réduction de rente.
</p><p>Les femmes encourent aussi un plus grand risque que les hommes de devenir veuves en raison de leur espérance de vie plus élevée. Leurs partenaires les soignent aussi moins souvent quand elles sont très âgées que ce n’est le cas dans l’autre sens. Cela a des conséquences en matière de soins et de finances, qui peuvent aussi très vite mener à la pauvreté. 
</p><h3>Une maigre compensation </h3><p>Dans l’ensemble, l’âge de la retraite plus bas des femmes est une maigre compensation pour trois raisons: les femmes sont souvent empêchées d’avancer dans leur carrière professionnelle pour s’être occupées de leurs parents, maris, enfants et petits-enfants&nbsp;; ensuite, elles ne peuvent pas vivre de leurs rentes&nbsp;; et enfin, les femmes d’un certain âge ne sont plus du tout voulues sur le marché du travail. L’âge de la retraite des femmes à 65 ans précipiterait plus de femmes dans la pauvreté et serait inacceptable, tant que l’égalité n’a pas été concrétisée. Ne pas vouloir lâcher cela n’a rien à voir avec une attitude de profiteuse… puisque nous n’avons même pas la moitié du gâteau&nbsp;! </p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4086</guid><pubDate>Tue, 02 Feb 2016 16:54:01 +0100</pubDate><title>Nouveau tour de vis dans la lutte contre le dumping salarial à Genève </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/nouveau-tour-de-vis-dans-la-lutte-contre-le-dumping-salarial-a-geneve</link><description>Sous-traitance et dumping salarial dans les marchés publics : la Ville de Genève instaure des règles plus strictes, des sanctions dissuasives et un fonds de responsabilité solidaire.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le canton et la Ville de Genève prennent décidément le problème de la sous-enchère salariale à bras le corps. Après le net renforcement des contrôles sur le plan cantonal, c’est au tour de la Municipalité d’instaurer des règles plus strictes pour les marchés publics&nbsp;: interdiction de la sous-traitance en cascade, amendes allant jusqu’à 10% du contrat et introduction d’un fonds de responsabilité solidaire pour indemniser les salarié-e-s qui n’auraient pas été payés correctement. </p><p>Alors qu’un nouveau cas d’abus vient de défrayer la chronique à Genève – un patron ponctionnait jusqu’à 2500 francs par mois de salaire à des ouvriers polonais pour les loger à plusieurs dans un studio – la ville de Genève emboîte le pas au canton dans sa lutte contre la sous-enchère salariale. Elle introduit une clause contractuelle dans ses appels d’offre qui permet de limiter au maximum les sous-traitances en cascades, source de nombreux cas de dumping salarial. Cette clause est le fruit d’un accord négocié entre syndicats et patrons genevois. 
</p><h3>Sous-traitance en cascade prohibée</h3><p>Le projet genevois va beaucoup plus loin que la récente législation fédérale sur la responsabilité solidaire qui ne prévoit pas que l’adjudicataire principal puisse être tenu pour responsable des salaires non payés par ses sous-traitants. L’accord genevois est en grande partie l’œuvre des syndicats qui se battent depuis des années pour «&nbsp;une réelle responsabilité solidaire&nbsp;». Il introduit des normes strictes et impératives&nbsp;: les adjudicateurs de travaux publics devront contrôler pendant toute la durée des travaux que leurs sous-traitants respectent les conventions collectives de travail en vigueur, qu’elles paient les salaires et les assurances sociales. Interdiction est aussi faite à un sous-traitant de sous-traiter plus loin&nbsp;: c’est totalement inédit en Suisse. Les amendes pouvant aller jusqu’à 10% du contrat d’adjudication devraient aussi être extrêmement dissuasives. 
</p><h3>Création par la Municipalité d’un fonds de responsabilité solidaire</h3><p>Quand une entreprise a été convaincue de sous-enchère salariale, c’est habituellement la croix et la bannière pour les salarié-e-s, souvent étrangers et ne connaissant pas le système légal, de récupérer leur créance devant les tribunaux. En outre, les procédures prennent des années ou n’aboutissent carrément pas, si l’entreprise a disparu dans la nature. Le nouveau fonds de responsabilité solidaire doté de 300&nbsp;000 francs que la Ville de Genève a créé fin janvier soutiendra ainsi les travailleurs lésés. Ce sera à la Ville de récupérer les arriérés de salaire, non plus aux travailleurs. &nbsp;
</p><p>«&nbsp;Avec la mise en place du Fonds de responsabilité solidaire, le renforcement des contrôles et le durcissement des sanctions, une collectivité publique se dote pour la première fois en Suisse d’instruments efficaces pour lutter contre la sous-enchère sur les chantiers publics&nbsp;», note Alessandro Pelizzari, secrétaire régional d’Unia Genève. La Municipalité a en outre voté un crédit de 300&nbsp;000 francs pour doter deux postes de contrôleurs des chantiers. Ils viennent &nbsp;s’ajouter à la nouvelle brigade de contrôleurs paritaires que le canton a mis en place fin 2015 avec les partenaires sociaux. 
</p><h3>Volonté politique de protéger le marché du travail</h3><p>Toutes les mesures prises dans la ville du bout du Lac, mais aussi à Bâle et peut-être bientôt à Zurich (votation le 28 février sur l’initiative Stop dumping) montrent qu’il est possible de renforcer les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes. Il faut toutefois que la volonté politique d’empoigner les problèmes soit présente. Plutôt que de se contenter de crier au loup et de faire le jeu de l’UDC.</p>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4083</guid><pubDate>Tue, 02 Feb 2016 11:26:50 +0100</pubDate><title>« L’initiative est un grotesque programme d’intimidation »</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/l-initiative-est-un-grotesque-programme-d-intimidation</link><description>L’initiative de &quot;mise en œuvre&quot; musèle les activistes syndicaux sans passeport suisse</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Si l’initiative de l’UDC était acceptée, des délits relativement inoffensifs, commis dans le cadre d’actions syndicales ou de manifestations, conduiraient au renvoi automatique des syndicalistes qui n’ont pas la nationalité suisse. Il suffirait qu’ils aient été condamnés pour un autre délit mineur à une amande pécuniaire dans les derniers 10 ans. L’avocat Marc Spescha y voit une manière d’intimider et de réduire au silence les syndicalistes étrangers. Extraits d’une interview réalisée par Markus Fischer, du Service de la communication du SEV. </p><h3>Dans le cadre d’une action syndicale, quels sont les éventuels délits mineurs prévus par l’initiative de mise en œuvre qui conduiraient à l’expulsion automatique&nbsp;?</h3><p>«&nbsp;Si un syndicaliste pénètre sans autorisation sur le site d’une entreprise, c’est une violation de domicile. Et s’il écrit sur une vitrine «&nbsp;Pas de dumping salarial&nbsp;», il s’agit d’un dommage à la propriété, même si c’est joliment fait. Cela suffirait déjà à faire renvoyer son auteur, si cette personne n’avait été condamnée que pour une petite peine pécuniaire au cours des derniers dix ans. Comme par exemple, pour avoir été arrêté par la police après s’être brièvement assoupi au volant en raison de la fatigue et avoir, l’espace de quelques secondes, perdu le contrôle de son véhicule. Ce qui peut donner lieu à une petite peine de quelques jours-amendes avec sursis. Mais cette condamnation antérieure suffit déjà si le conducteur fautif se fait condamner quelques années plus tard pour avoir fait un graffiti syndical sur les murs d’une usine. Il serait alors renvoyé automatiquement.&nbsp;» 
</p><h3>Dans le cadre d’une manifestation syndicale, quel est le risque d’être automatiquement expulsé si l’on devait en venir aux mains avec des contre-manifestants, un service d’ordre privé ou la police&nbsp;?</h3><p>Dans de tels cas, on tombe vite sous le coup des lésions corporelles simples ou de participation à une rixe. Des lésions corporelles relativement légères suffisent, également si l’on n’est que marginalement partie prenante et que l’on se soit vite retiré de la rixe ou abstenu, comme le commentaire de l’art. 133 du Code pénal le précise&nbsp;: «&nbsp;Les personnes ayant pris part [à une rixe], sont celles qui ont distribué des coups, qui ont commis au moins une voie de fait, cela indépendamment du fait que les coups aient été administrés dans le but de l’agression ou de la défense. Est aussi punissable le participant qui s’est extrait de la rixe avant même que ces conditions ne soient réalisées.&nbsp;» Sous le terme de rixe, on comprend «&nbsp;un affrontement violant auquel trois personnes au moins prennent part et au cours duquel, deux ou plus de personnes s’agressent mutuellement.&nbsp;». La violence ou la menace contre les autorités et les fonctionnaires est aussi une infraction vite commise quand la police intervient contre une manifestation ou une action syndicale. A commis cette infraction, selon l’art. 285, la personne qui, en usant de violence ou de menace, aura empêché une autorité, un membre d’une autorité ou un fonctionnaire de faire un acte entrant dans ses fonctions. Le commentaire précise que rien que de l’empêcher d’accomplir l’acte entrant dans ses fonctions ou un acte complémentaire suffit à commettre l’infraction. Comme par exemple que cette personne se débatte quand la police veut l’arrêter. 
</p><h3>La clause de rigueur est-elle bien la principale différence entre l’initiative de «&nbsp;mise en œuvre&nbsp;» et la loi d’application sur l’initiative sur le renvoi&nbsp;?</h3><p>Exactement. Au contraire de ce que prévoit l’initiative de «&nbsp;mise en œuvre&nbsp;», l’application de la loi exige que le juge prenne les circonstances en considération. Quand&nbsp;? Où&nbsp;? Qui&nbsp;? Depuis combien de temps le prévenu est-il en Suisse&nbsp;?A-t-il de la famille, une femme, des enfants&nbsp;? Etc. L’initiative de «&nbsp;mise œuvre&nbsp;» ne laisse le juge que constater si l’infraction a été commise ou pas, et si c’est le cas, automatiquement prononcer l’expulsion du pays. 
</p><h3>Si l’initiative de mise en œuvre était acceptée, comment se défendre contre une expulsion pour un délit relativement mineur comme ceux cités ci-dessus&nbsp;?</h3><p>On peut aller jusqu’au Tribunal fédéral, ce qui serait obligatoire si les juges cantonaux appliquaient à la lettre l’initiative. Le Tribunal fédéral serait submergé de centaines de plaintes à cause d’expulsions prononcées suite à des délits mineurs. Actuellement, on ne recourt quasiment pas contre une peine pécuniaire. A l’avenir, les étrangers seraient obligés de faire recours à cause de l’expulsion qui en découle. Et si le Tribunal fédéral ne cassait pas les jugements, les cas seraient portés devant la Cour européenne des droits de l’homme où ils auraient de bonnes chances de succès. &nbsp;
</p><h3>Indépendamment de l’issue de ces recours, est-ce qu’à cause de l’initiative de mise en œuvre, les activistes syndicaux auraient de plus grands risques d’être confrontés à des problèmes lorsqu’ils participent à des manifs ou à des actions&nbsp;? Leur conseilleriez-vous de se tenir à distance&nbsp;?</h3><p>On peut aussi imaginer que leur réponse soit&nbsp;: «&nbsp;Maintenant cela suffit, on ne me fera pas avaler ça&nbsp;!&nbsp;» La transgression massive de cette norme légale disproportionnée paralyserait l’Etat de droit. Il est par contre plus vraisemblable que les personnes sans passeport suisse auraient tellement peur des conséquences qu’elles renonceraient à de telles activités. L’initiative est non seulement une attaque extrêmement agressive contre l’Etat de droit en tant que fondement de notre démocratie, mais aussi un programme d’intimidation des citoyens et citoyennes critiques. Elle se prête tout à fait à étouffer une démocratie vivante et à faire taire tous les mouvements extra-parlementaires. Les syndicalistes qui s’engageraient de bonne foi pour leurs droits auraient toujours un pied dehors, car le seuil pour aboutir à une infraction menant à l’expulsion est extrêmement bas. </p>]]></content:encoded><category>Migration</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4074</guid><pubDate>Tue, 26 Jan 2016 11:08:38 +0100</pubDate><title>Le réflexe de Pawlow n’est pas de bon conseil en politique</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/le-reflexe-de-pawlow-n-est-pas-de-bon-conseil-en-politique</link><description>Non au conditionnement voulu par l’initiative de mise en œuvre de l’UDC </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le feu de l’opposition a longtemps refusé de s’allumer. Mais beaucoup de personnes inquiètes se manifestent enfin et déclarent avec conviction: «&nbsp;Non, ça ne va pas&nbsp;! Nous nous opposons à cette initiative inhumaine&nbsp;!&nbsp;» Une nouvelle voix dans ce chœur d’opposants s’est faite entendre, celle d’un comité qui en moins de deux jours a récolté près de 440 000 francs pour financer une campagne d’affichage pour le NON dans toute la Suisse. Un site en français (<a href="http://www.appel-urgent.ch" target="_blank" rel="noreferrer">www.appel-urgent.ch</a>) complétera dans la semaine le <a href="http://dringender-aufruf.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">site allemand</a>. &nbsp;&nbsp;</p><p>«&nbsp;L’UDC souhaite, avec l’initiative dite «&nbsp;de mise en œuvre&nbsp;», affaiblir les droits humains et certaines valeurs centrales de notre Constitution, comme le principe de proportionnalité et la séparation des pouvoirs. Les personnes concernées devraient perdre tous leurs droits et les tribunaux seraient réduits à n’être plus que des automates à expulsion. L’initiative est une attaque directe contre les nombreux secondos qui ont toujours vécu ici ou du moins depuis longtemps. Et contre leurs familles. […] Beaucoup de membres des syndicats et leur descendance sont ici concernés de près. C’est en ces termes que le président de l’USS Paul Rechsteiner avait expliqué le 5 janvier aux médias pourquoi l’USS s’opposait fermement à cette initiative.
</p><h3>L’opposition s’élargit </h3><p>A l’époque, le front des opposants contre l’automatisme des expulsions voulu par l’UDC était encore ténu. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Exemples&nbsp;:
</p><p>&nbsp;Le conseiller aux Etats Hans Stöckli et le conseiller national Beat Flach ont lancé un manifeste contre l’initiative. Plus de 270 parlementaires (anciens et actuels) l’ont signé. </p><ul><li>Le syndicat SSP a produit un <a href="https://www.youtube.com/watch?v=WUR6uHK1Z_o" target="_blank" rel="noreferrer">court film</a> (en allemand seulement) et mène une campagne active avec des tracts et d’autres actions. </li><li>Des comités unitaires réunissant partis, syndicats et associations caritatives ou de migrant-e-s se sont constitués un peu partout, dont par exemple le comité genevois <a href="http://www.stopexclusion.ch/2016/01/18/2924/" target="_blank" rel="noreferrer">«&nbsp;Stop exclusion&nbsp;»</a>.</li><li>Cent vingt professeurs de droit, réunis derrière Andreas Auer notamment, ont signé un <a href="http://static.nzz.ch/files/4/8/6/Die+Schweiz+ist+ein+Rechtsstaat-2_1.18677486.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">manifeste</a> (en allemand) pour le NON. Ils critiquent surtout l’automatisme des expulsions, interdisant aux juges de prendre en compte les circonstances. Les procureurs se sont eux-aussi joints au débat en lançant un appel au NON. &nbsp; </li></ul><h3>Le NON aussi visible sur des affiches</h3><p>Le 24 janvier, le Comité contre l’initiative inhumaine de l’UDC est apparu en public pour la première fois. Environ 25 000 personnes ont signé en deux jours son appel. Ce comité notamment constitué autour de l’ancien rédacteur en chef de la TV alémanique Peter Studer, l’ancien Délégué aux réfugiés du Conseil fédéral Peter Arbenz, la romancière Annette Hug et le président de l’Union syndicale suisse (USS) Paul Rechsteiner a été rejoint par de nombreuses personnalités issue de l’économie, de la société civile, la culture et la communauté scientifique. L’objectif de récolter rapidement 200&nbsp;000 francs pour une campagne d’affiches a été atteint en quelques heures. Au lieu des 600 affiches initialement prévues en Suisse alémanique, ce seront plus de 1000 affiches qui pourront être placardées dans toute la Suisse. Le reste de l’argent sera investi dans des annonces dans les journaux.
</p><h3>Pas de réflexe conditionné</h3><p>L’engagement que les signataires montrent est encore plus important que les dons. En signant l’appel, ils montrent qu’ils s’opposent à la propagande de l’UDC. Nous devons utiliser cet élan. Nous ne pourrons gagner cette votation que si de larges cercles de la population montrent clairement leur opposition. 
</p><p>Les attaques récurrentes de l’UDC conditionnent la politique et la réduit à de purs réflexes&nbsp;: A veut forcément dire B, et cela automatiquement. C’est noir ou blanc, la nuance n’y a pas de place. Une condamnation et ouste&nbsp;! Que l’on soit marié, que l’on ait des enfants et que le délit soit mineur, peu importe. Quand le droit est restreint par de tels réflexes barbares, de tels automatismes, on peut aussi bientôt se passer du droit&nbsp;! A quand l’initiative de l’autodétermination&nbsp;?
</p><p>L’UDC veut une politique des réflexes conditionnés. Et un peuple qui se comporte comme le chien de Pawlow. Au stimulus «&nbsp;délit-étranger&nbsp;» répond&nbsp;: «&nbsp;Expulsion immédiate&nbsp;». Cela va à l’encontre de la liberté de pensée. Et des droits humains. Voilà pourquoi un NON à l’initiative absolutiste de l’UDC est indispensable. Cela aurait un effet libérateur. </p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Migration</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4073</guid><pubDate>Tue, 26 Jan 2016 10:57:59 +0100</pubDate><title>Pas de sabotage des NLFA, le projet du siècle en matière de transports</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/pas-de-sabotage-des-nlfa-le-projet-du-siecle-en-matiere-de-transports</link><description>L’USS refuse un deuxième tube routier au Gothard</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La construction d'un 2e&nbsp;tube routier au Gothard compromet la rentabilité de la NLFA ainsi que les intentions de transfert modal qui y sont liées. Les partisans d'un deuxième tube sont prêts à accepter la débâcle des NLFA et la perte de milliards qui en découle ainsi que d’enterrer la protection des Alpes inscrite dans la Constitution. </p><p>Les NLFA permettront de transférer sur le rail la plupart des marchandises en transit, telle était la promesse du Conseil fédéral dans le matériel de vote sur les NLFA destiné aux citoyen-ne-s. A présent, à quelques mois seulement de l'inauguration du tunnel ferroviaire de base du Gothard, la pièce maîtresse des NLFA, le Conseil fédéral veut augmenter les capacités routières et torpiller ainsi les NLFA à long terme. 
</p><p>Que le conseil d’administration des CFF ait tendance à dire oui au deuxième tube suscite la désapprobation au sein du personnel des chemins de fer. L’entreprise étatique des transports que sont les Chemins de fer fédéraux se mobilise ainsi en faveur de la concurrence et oublie que, suite à la mise en service du premier tunnel routier du Gothard en 1980, le transport ferroviaire s'était effondré, de moitié environ pour les voyageurs. Le deuxième tube aussi aura des conséquences négatives pour les NLFA et compromettra massivement leur rentabilité.
</p><h3>Pas de concurrence au transport des marchandises par le rail</h3><p>Les chemins de fer ont les moyens et leur personnel la volonté de transporter les marchandises et les voyageurs par le rail. Ils sont convaincus de la performance de la nouvelle infrastructure et veulent en faire la preuve, Mais cela ne sera possible que si un deuxième tunnel routier ne lui fait pas concurrence, en particulier dans le transport des marchandises.
</p><p>Aujourd'hui déjà, la dégradation des conditions de travail, le non-respect des dispositions en matière de salaire et de temps de travail ainsi que la sous-enchère salariale dans le secteur des transports routiers sont le lot quotidien. La Suisse ne devrait donc pas encourager ces abus en aménageant une route de transit au Gothard. Des milliers de camions qui actuellement choisissent le trajet le plus long par le Brenner, traverseraient alors la Suisse, portant à long terme atteinte aux NLFA.
</p><h3>Volonté du peuple doublement torpillée</h3><p>En construisant un deuxième tube au Gothard, on torpillerait doublement la volonté du peuple&nbsp;: d’une part le concept des NLFA approuvé par le peuple serait enterré, de l’autre la protection des Alpes que le peuple a inscrite dans la Constitution deviendrait une farce. La Confédération n’a pas réussi à limiter le transit des camions à travers les Alpes autant que l’initiative du même nom l’exigeait. En promouvant la construction d’un deuxième tube au Gothard, le Conseil fédéral mène directement à son échec.
</p><p>Il n’y a aucune raison, ni d’un point de vue de politique des transports, ni de celui de la protection des Alpes, de construire un deuxième tube routier au Gothard. Au contraire, le tunnel ferroviaire de base du Gothard qui ouvrira en juin et sera en service en décembre selon les plans, elle la seule solution pour transférer le trafic de la route au rail dans le sens de l’initiative des Alpes, pas seulement pendant les travaux de rénovation du tunnel routier, mais aussi à long terme. </p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Transports</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4072</guid><pubDate>Tue, 26 Jan 2016 10:50:48 +0100</pubDate><title>On ne joue pas avec la nourriture ! </title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/on-ne-joue-pas-avec-la-nourriture</link><description>L’USS approuve l’Initiative &quot;Stop à la spéculation&quot;</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’initiative populaire «Pas de spéculation sur les denrées alimentaires» veille à limiter une spéculation immorale, du moins sur territoire suisse. Les conséquences négatives sur les recettes fiscales et les emplois sont modestes. L’USS a de ce fait décidé de recommander le oui.&nbsp; </p><p>La Jeunesse socialiste a déposé en juin 2014 son initiative «&nbsp;Pas de spéculation sur les denrées alimentaires&nbsp;». Soutenue par le PSS, Les Verts et différentes organisations d’entraide, l’initiative demande que la Confédération édicte des dispositions pour lutter contre la spéculation sur les matières premières agricoles et les denrées alimentaires dans un nouvel article constitutionnel. 
</p><p>Il s’agirait d’interdire aux banques, aux gestionnaires de fortune, aux assurances et aux investisseurs institutionnels d’investir dans des instruments financiers se rapportant à des matières premières agricoles ou des denrées alimentaires. Il en va de même pour la vente de produits structurés correspondants. La Confédération doit en outre s'engager en faveur d'une lutte efficace à l'échelle mondiale contre la spéculation sur les denrées alimentaires. Par contre, l’utilisation de produits dérivés pour couvrir les risques de fluctuation des prix resterait autorisée.
</p><p>L’exécution efficace de cet article constitutionnel, à savoir la surveillance, la poursuite pénale et le jugement relèvent de la compétence de la Confédération. Les entreprises fautives peuvent, indépendamment d'un éventuel manque d'organisation, être sanctionnées directement. Cet alinéa vise à engager la responsabilité des entreprises plutôt qu’à s’attaquer aux employés, comme c’est le cas aujourd’hui. 
</p><h3>Combattre la faim dans le monde</h3><p>&nbsp;</p><p>La faim dans le monde est un scandale absolu, estime Jean Ziegler. Et il sait de quoi il parle en tant qu'ancien rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation. Toutes les cinq secondes, un enfant de moins de 10 ans meurt de faim. Et pourquoi&nbsp;? Pas en raison du manque de nourriture produite, mais de l’accès à celle-ci. «&nbsp;La spéculation pousse les prix à la hausse, explique Jean Ziegler. Selon une étude du PAM les prix des denrées alimentaires de base ont doublé entre 2002 et 2012. Environ 1,1 milliard d’humains vivent dans des bidons-ville où les femmes doivent acheter avec très peu d’argent la nourriture quotidienne. Si les prix des produits alimentaires continuent à augmenter, ces femmes ne seront plus en mesure de nourrir leur famille.&nbsp;»
</p><p>&nbsp;</p><h3>Juguler les paris purement spéculatifs</h3><p>En même temps que les délibérations sur l’initiative avaient lieu, les Chambres fédérales ont fait un pas en direction des initiant-e-s dans le cadre de la loi sur les infrastructures des marchés financiers. En raison du fait que l’Union européenne (UE) et les États-Unis ont introduit des limites aux investissements d’acteurs étrangers au marché de la branche agro-alimentaire, elles ont ajouté dans cette loi un passage qui permet au Conseil fédéral de fixer des limites de position pour les dérivés sur matières premières. Le but est ici de restreindre l’influence de certains acteurs du marché, particulièrement ceux qui ne sont pas directement liés au secteur agro-alimentaire. Dans le domaine des denrées alimentaires, on doit juguler les paris purement spéculatifs sur la hausse ou la baisse des prix. Selon les initiants, c’est là un pas dans la bonne direction, mais qui ne permet pas d’atteindre les buts de l’initiative.
</p><h3>Faibles incidences économiques de l’initiative</h3><p>Si elle était acceptée, l’initiative aurait des incidences économiques limitées. Seuls seraient vraiment touchés les fonds à vocation spéculative («&nbsp;hedge funds&nbsp;»), qui offrent des produits dérivés liés aux marchés des matières premières (denrées alimentaires). Or ils sont peu nombreux en Suisse. Les négociants en matières premières qui font le commerce de denrées alimentaires et ont une certaine importance économique surtout dans l’arc lémanique et à Zoug ne seraient concernés que s’ils font des affaires pas uniquement destinées à assurer le commerce réel. Les banques qui effectuent de telles opérations pour leur propre compte devraient aussi être concernées, mais dans une moindre mesure.
</p><p>Les départs à l’étranger d’entreprises que causerait cette initiative devraient rester limités, si bien qu’on ne devrait pas s’attendre à des pertes fiscales importantes. 
</p><h3>Les caisses de pension peu touchées</h3><p>Les incidences sur le monde des caisses de pensions seraient aussi limitées. Aujourd’hui déjà, les placements qu’elles font dans les produits des matières premières ne représentent qu’un volume très faible. Y renoncer ne poserait pas problème, car les matières premières ne génèrent pas de rendements directs (intérêts, dividendes, etc.). Si les institutions de prévoyance se rabattaient sur d’autres produits, leurs rendements ne baisseraient certainement pas.
</p><p>En fait, l’initiative a surtout un effet préventif. Les discussions aux États-Unis et dans l’UE montrent que la spéculation sur les denrées alimentaires va sans doute faire prochainement l’objet d’une réglementation plus stricte. À cet égard, il s’agit d’éviter que la Suisse n’attire une fois de plus ce genre d’affaires. Or, l’initiative y ferait précisément obstacle d’entrée de jeu.</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4071</guid><pubDate>Tue, 26 Jan 2016 10:30:38 +0100</pubDate><title>Vision discriminatoire et rétrograde du mariage </title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/vision-discriminatoire-et-retrograde-du-mariage</link><description>L’USS dit non à l’initiative trompeuse du PDC « Non à la pénalisation du mariage » </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En liant des éléments de politique fiscale sensés alléger les impôts d’une minorité de couples mariés à une vision du mariage étriquée et conservatrice, l’initiative du PDC est en fait discriminatoire pour les LGBT. De plus, elle trompe le peuple. L’ouverture vers le mariage pour tous serait ainsi durablement bloquée. Et enfin, le manque à gagner fiscal pour la Confédération serait lourd de conséquences. Autant de raisons qui font que l’USS dit non à l’initiative contre la pénalisation du mariage.</p><p>L’initiative «Pour l’égalité fiscale du mariage - &nbsp;Non à la pénalisation du mariage&nbsp;» vise à supprimer les désavantages qui frappent les couples mariés par rapport aux couples de concubins devant l’impôt fédéral direct. Le problème est qu’elle définit le mariage comme étant «&nbsp;l’union durable et réglementée par la loi d’un homme et d’une femme&nbsp;». Elle ancre ainsi dans la Constitution le fait que les couples homosexuels continuent pendant très longtemps à être privés d’une complète égalité de droits en matière de mariage, «&nbsp;ce qui est en contradiction avec les principes d’égalité et de non-discrimination de la Constitution fédérale (articles 8 et 14)&nbsp;», commente Max Krieg, président de la Commission LGBT de l’USS.</p><h3>Mariage pour tous torpillé</h3><p>«&nbsp;Au cas où l’initiative était acceptée, elle torpillerait par ailleurs le processus politique en cours au Parlement pour l’ouverture du mariage civil aux couples de même sexe, ajoute Max Krieg. Un sondage représentatif réalisé en novembre 2015 a en outre montré que 70% de la population était favorable à cette ouverture.&nbsp;»</p><p>Car en effet, le droit du mariage civil et de la famille évolue partout dans le monde. La Cour européenne des droits de l’homme a notamment estimé que le droit à la vie familiale s’appliquait aussi aux couples homosexuels. Et la Cour suprême des Etats-Unis a récemment estimé que les Etats américains ne pouvaient plus interdire le mariage entre personnes du même sexe.</p><h3>Amalgame trompeur et pernicieux</h3><p>Autre problème de cette initiative&nbsp;: elle viole le principe de l’unité de la matière en mêlant plusieurs sujets. En effet, elle empêche le peuple suisse de décider séparément sur deux questions très différentes, l’une fiscale, l’autre sociétale, à savoir l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. Par cet amalgame trompeur et pernicieux dans un même texte, le PDC veut sans y paraître graver dans la Constitution une seule forme de famille, niant complètement la diversité des modèles familiaux existant aujourd’hui. Il muselle ainsi le peuple qui ne peut répondre que par un oui ou un non à deux questions sur lesquelles il peut avoir un avis différent.</p><h3>Cadeau fiscal pour une minorité de revenus élevés</h3><p>Selon la droite, l’initiative du PDC éliminerait une pénalisation fiscale du mariage prétendument importante. En réalité, «&nbsp;seuls 80&nbsp;000 couples mariés parmi les plus aisés bénéficieraient de ce que l’on pourrait appeler un cadeau fiscal&nbsp;», note encore Max Krieg. En effet, suite à un arrêt du Tribunal fédéral, la plupart des cantons ont déjà modifié leurs systèmes d’imposition afin d’éviter l’inégalité de traitement des couples mariés en adoptant le splitting.</p><p>«&nbsp;Le manque à gagner fiscal de la Confédération serait d’environ 1,3 à 2,3 milliards, qui, comme d’habitude, devraient être économisés dans la formation, le social, les services publics, là où on a le plus besoin de moyens», poursuit le syndicaliste. Alors que les finances publiques sont soumises à de fortes pressions et que des vagues d’économies menacent partout, ce n’est pas le moment priver les collectivités publiques de rentrées fiscales.</p><h3>A contre-courant de l’évolution de la société</h3><p>Et enfin, l’initiative sur la pénalisation du mariage est tout simplement rétrograde, quand on observe l’évolution en marche dans le monde, en Amérique du Sud ou en Europe. De nombreux pays, comme la France, le Portugal, l’Espagne, l’Irlande et les pays nordiques, ont adopté le mariage pour tous. «&nbsp;La Suisse serait en Europe de l’Ouest le seul pays à ancrer l’interdiction du mariage pour les personnes de même sexe&nbsp;», conclut Max Krieg.</p>]]></content:encoded><category>LGBT</category><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4064</guid><pubDate>Thu, 21 Jan 2016 09:54:53 +0100</pubDate><title>Et après, le coiffeur devra s’en aller…</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/et-apres-le-coiffeur-devra-s-en-aller</link><description>Non au viol de la Constitution, non à l’initiative de mise en œuvre !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Si elle était acceptée, l'initiative dite de mise en œuvre aurait une incidence funeste sur les assurances sociales et les bénéficiaires étrangers de leurs prestations. En effet, l'" abus en matière d'aide sociale et d'assurances sociales " déboucherait aussi sur des expulsions. Or ce genre d'abus peut arriver rapidement, même sans qu'il y ait malveillance.</p><p> Il y a deux ans, une toute petite majorité a accepté l'initiative " Contre l'immigration de masse ". Il est vite devenu évident que ses effets n'avaient été discutés auparavant que superficiellement. Cela ne doit pas se répéter avec l'initiative de mise en œuvre. 
</p><p>L'abus en matière d'aide sociale et d'assurances sociales, un nouveau crime L'initiative de mise en œuvre ne garantirait que l'expulsion rapide de Suisse des criminels étrangers. Selon ses auteurs... En réalité, elle aurait des effets beaucoup plus étendus, ce qui aurait des conséquences négatives pour nous tous. De fait, cette initiative viole des principes essentiels de notre vie en société, comme les droits humains et l'examen par le ou la juge de décisions prononcées. Mais elle aurait également des effets sur notre système de sécurité sociale. À cause d'elle, notre Constitution contiendrait une nouvelle infraction : l'abus en matière d'aide sociale et d'assurances sociales. Mais qu'est-ce donc que cela ? Qui peut s'en rendre coupable ? 
</p><p>Une chose est claire : quiconque touche des prestations d'assurances sociales de manière illégitime doit être puni. Notre droit des assurances sociales connaît déjà un grand nombre de dispositions pénales qui punissent sévèrement les coupables dans ce cas. Notre Code pénal aussi sanctionne durement les escroqueries. Et la législation d'application de l'initiative pour l'expulsion des criminels étrangers décidée par le Parlement fédéral prévoit le délit d'abus en matière d'aide sociale et d'assurances sociales. Cependant, avec l'initiative de mise en œuvre, ce type d'abus devient un crime. Un crime qui ne peut toutefois être commis que par des personnes de nationalité étrangère. En effet, la nouvelle disposition constitutionnelle sur l'abus en matière d'aide sociale et d'assurances sociales concerne exclusivement ces dernières. Si bien que tout le monde ne serait plus égal devant la loi en Suisse. Et la Suisse deviendrait alors un État de non-droit. 
</p><h3>Le médecin allemand oublie une annonce obligatoire ? Expulsé !</h3><p> Tout(e) ressortissant(e)s étranger qui se rend coupable d'un abus en matière d'aide sociale et d'assurances sociales devrait être automatiquement expulsé à partir du moment où le montant du dommage est de 300 francs. Sans concession aucune possible. Et une seule infraction suffirait. Celui qui croit que seules les personnes qui auront triché avec l'AI ou les conducteurs de BMW qui touchent l'aide sociale seraient dans le collimateur de la justice se trompe. L'initiative de mise en œuvre qualifie aussi certains délits mineurs d'abus en matière d'aide sociale et d'assurances sociales. Dès qu'une prestation sociale serait touchée de manière illégitime, on serait en présence d'un tel abus. La malveillance, un dessein d'enrichissement ou le recours à des astuces vicieuses ne seraient pas nécessaires pour qu'il y ait ce genre d'abus. L'inattention ou la méconnaissance du droit suffiraient. Or, étant donné la complexité de notre système de sécurité sociale, la perception illégitime d'une prestation d'une assurance sociale est vite arrivée. Seraient ici concernés des ressortissant(e)s étrangers qui sont très bien intégrés en Suisse, qui y travaillent et y ont leurs familles. Prenons quelques exemples. 
</p><p>Un médecin allemand reçoit une allocation familiale pour sa fille collégienne. Après avoir passé son bac, celle-ci décide de travailler pendant une année à l'étranger avant de poursuivre ses études. Son père oublie alors d'annoncer l'interruption de sa formation et continue de toucher une allocation familiale pour elle bien qu'il n'y ait plus droit. Par cet oubli, il commet un abus en matière d'assurances sociales. Et lorsque cela aura été découvert, il sera immédiatement expulsé en Allemagne. 
</p><p>Devenue mère, une musicienne canadienne touche des allocations de maternité. Mais huit semaines plus tard, elle est engagée pour dix représentations musicales. Oubliant d'annoncer cet engagement à la caisse de compensation, elle continue à toucher des allocations de maternité. Elle aussi risque alors d'être expulsée au Canada. 
</p><p>Un invalide partiel portugais a la possibilité d'augmenter de 10 % son horaire de vendeur, mais il oublie de signaler sa nouvelle situation économique à l'AI et continue de toucher la même rente d'invalidité. Par son oubli, il commet un abus d'assurances sociales et sera expulsé au Portugal lorsque son nouvel horaire de travail sera découvert. 
</p><h3>Le chaos dans les assurances sociales </h3><p>Les autorités responsables des assurances sociales sont aussi concernées par l'initiative de mise en œuvre. Si le peuple l'acceptait, elles devraient coopérer étroitement avec les autorités de poursuite pénale. Ainsi, par exemple, les caisses de pensions devraient leur signaler sans délai la perception illégitime d'une rente par un(e) assuré(e) étranger. Pour les caisses de pensions, cela signifierait qu'elles devraient d'abord connaître la nationalité de leurs assuré(e)s. Des démarches bureaucratiques énormes. Et les compagnies d'assurance-accidents devraient en faire autant, comme les caisses-maladie et d'autres institutions sociales. En outre, toutes, elles devraient informer les assuré(e)s étrangers des conséquences juridiques de la perception illégitime d'une prestation. Établir que ce nouveau délit a été commis serait par conséquent extrêmement complexe et difficile. 
</p><p>En résumé, nous ne manquons pas de lois pour punir l'abus en matière d'aide sociale et d'assurances sociales. Durcir encore plus les lois comme le demande l'initiative de mise en œuvre reviendrait à se doter d'un droit ségrégationniste et toucherait dans leur existence même des ressortissant(e)s étrangers très bien intégrés. À savoir : notre conjoint, notre collègue de travail, notre voisin, notre partenaire de loisirs, notre coiffeur, notre... </p>]]></content:encoded><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4057</guid><pubDate>Wed, 20 Jan 2016 16:06:28 +0100</pubDate><title>« Renforcer le service public. Maintenant plus que jamais ! »</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/renforcer-le-service-public-maintenant-plus-que-jamais</link><description>Journée des syndicats de l’USS du 15 janvier 2016</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L'Union syndicale suisse (USS) et les syndicats SEV (Syndicat du personnel des transports), SSP (Syndicat suisse des services publics), APC (Association du personnel de la Confédération), syndicom (Syndicat des médias et de la communication) et Garanto (Syndicat du personnel de la douane et des gardes-frontière) ont organisé le 15 janvier dernier à Berne une journée largement suivie intitulée " Renforcer le service public. Maintenant plus que jamais ! ". Ci-après, les principaux points à en retenir. </p><p>Pour commencer, Daniel Lampart, premier secrétaire de l'USS, a présenté une analyse à l'origine d'un débat animé : depuis des années, la politique financière de la Confédération, des cantons et des communes se base systématiquement sur des budgets bien trop pessimistes, ce qui légitimerait sa logique d'austérité. Conséquences : la pression sur les services publics croît massivement et les conditions de travail ne cessent de se détériorer. 
</p><p>Le professeur Franz Schultheis a présenté une étude transnationale selon laquelle, le personnel de la poste, des hôpitaux et des administrations interrogé constate l'existence d'une pression constante en matière de coûts et d'efficience. La " mentalité de vendeur " doit toujours plus se substituer à la conception d'un travail effectué pour l'intérêt public. 
</p><p>Anna Sax, économiste, a montré que, dans le secteur de la santé, les ménages avec enfants et les revenus moyens doivent supporter la charge la plus lourde en ce qui concerne les primes des caisses-maladie. Les communes et ces dernières essaient en effet de répercuter les coûts sur les individus. La concurrence à laquelle les hôpitaux se livrent, hôpitaux publics compris, est énorme et ne débouche nullement sur des soins de meilleure qualité. 
</p><h3>Du point de vue des syndicats</h3><p> Quatre introductions sur La Poste, l'Administration fédérale, le trafic ferroviaire et le secteur social ont montré quels étaient les points sensibles ici pour les syndicats. 
</p><p>Daniel Münger, directeur du secteur Logistique à syndicom, a constaté une pression des coûts à La Poste, une entreprise dont la Confédération est coresponsable avec ses " Objectifs stratégiques ". Syndicom défendra le monopole résiduel pour l'acheminement des lettres. Syndicom insistera aussi pour que la numérisation ne se fasse pas sur le dos des employé(e)s et que la population d'un certain âge ne reste pas sur le carreau. 
</p><p>Notamment grâce à son administration performante et efficiente, la Suisse continue à occuper une bonne position en comparaison internationale. René-Simon Meyer, président de l'APC, a condamné l'attitude des parlementaires de droite qui diffament l'Administration fédérale en la traitant de facteur de coût, tout en ne disant mot des prestations indispensables qu'elle fournit à la population, aux cantons et aux communes, ainsi qu'à l'économie privée. Fin 2014, l'Office fédéral des transports a présenté une stratégie pour les transports publics, que Giorgio Tuti, président du SEV, a critiquée comme étant dangereuse et dont il a démasqué les intentions cachées. Selon lui, cette stratégie veut européaniser le système ferroviaire suisse, qui est un succès, et ouvre la voie aux transports longue distance et transfrontalier par bus. Le SEV combattra systématiquement ces tendances. Enfin, Katharina Prelicz-Huber a rappelé la véritable campagne haineuse menée contre les autorités de protection de l'enfance et des adultes l'an dernier. Même en cas d'accord sur une offre, comme par exemple les structures extrafamiliales d'accueil des enfants, il n'est jamais question de qualité, mais toujours de coûts et de prix. Quelles en sont alors les conséquences ? Un personnel qui change très souvent et est trop peu nombreux, de même qu'une énorme pression sur ceux qui restent ainsi qu'une accumulation des cas d'épuisement professionnel. 
</p><h3>La Suisse, une des quotes-parts de l'État les plus basses </h3><p>Marko Köthenbürger, professeur à l'École polytechnique fédérale de Zurich a procédé à une nouvelle analyse de l'importance économique du service public, dans la foulée d'une étude mandatée par les syndicats il y a dix ans. Selon lui, la Suisse a en comparaison internationale une des quotes-parts les plus basses (33 %) et dispose parallèlement d'un service public d'une qualité remarquable. Les entreprises d'infrastructure que sont La Poste, Swisscom et les CFF doivent relever le difficile défi de l'adaptation constante du service universel à l'évolution technologique et aux nouveaux besoins de la population. 
</p><h3>Baisses d'impôt</h3><p> Lors de la table ronde avec laquelle s'est terminée cette journée sur le service public, la conseillère d'État Barbara Egger (BE) et le conseiller d'État Pierre-Yves Maillard (VD) se sont montrés combatifs et optimistes. Selon eux, le service public est d'un bon niveau et s'est même développé malgré les programmes d'austérité des dernières années. Barbara Egger mit à cet égard au premier rang les investissements dans le trafic régional. Pour sa part, Pierre-Yves Maillard a souligné le fait que les privatisations et les externalisations ne sont précisément pas des modèles de réussite en ce qui concerne le service public. Barbara Egger rejette les baisses d'impôts sur les entreprises parce que beaucoup contraire à la solidarité, Pierre-Yves Maillard défendant quant à lui le projet développé sur cette question dans le canton de Vaud, un projet à ses yeux indispensable pour maintenir les emplois et sauver de la substance fiscale. Or on est parvenu à négocier avec les entreprises un train de mesures qui accorde des baisses d'impôt contre des améliorations concrètes des prestations destinées à la population. Dans ce contexte, ce projet est unique et encourage la solidarité. Le public est ensuite intervenu dans ce débat animé. 
</p><p>À l'unanimité, les participant(e)s ont adopté une résolution contre l'initiative " En faveur du service public " qui se révèle comme une initiative de facto anti-service public.
</p><h5>Documents à télécharger</h5><ul><li>Les photos en haute résolution de la journée peuvent être téléchargées <a href="https://www.flickr.com/photos/55425572@N04/sets/72157661486422033" target="_blank" rel="noreferrer">depuis le compte Flickr de l'USS</a></li><li><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/dossiers/157d__Frauenrenten.pdf">Tous les discours de la journée</a></li><li><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/dossiers/210918_Haende_weg_von_unseren_Renten0127.jpg">Discours Alain Carrupt</a></li><li><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion-usv/cathedrale.jpg">Discours Anna Sax</a></li><li><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/aktionen/frauenstreik/2023/FRESHFOCUS_1293979.jpg">Discours Daniel Lampart</a></li><li><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/aktionen/frauenstreik/2023/FRESHFOCUS_1293962.jpg">Discours Giorgio Tuti (all.)</a></li><li><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/sgb/sibe/Branchenloesung_Arbeitssicherheit_Gesundheitsschutz_2023.zip">Discours Katharina Prelicz Huber</a></li><li><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/sgb/sibe/Solution_de_branche_Sante_et_securite_au_travail_2023.zip">Discours Marko Köthenbürger</a></li><li><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Arbeiter-50plus_Werkstatt_ist-Liderina.jpg">Discours René-Simon Meyer</a></li><li><a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/arbeit/Arbeitnehmerin50plus_nachdenklich_ist-Fertnig.jpg">Discours Franz Schultheis (all.)</a></li></ul>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Poste</category><category>Transports</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4056</guid><pubDate>Wed, 20 Jan 2016 14:47:10 +0100</pubDate><title>Stopper le travail, quand plane un soupçon d&#039;abus</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/stopper-le-travail-quand-plane-un-soupcon-dabus</link><description>Le canton de Zurich vote sur l’initiative «Stopper le dumping salarial!»</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 28 février, les citoyen-ne-s du canton de Zurich se prononceront sur l’initiative syndicale «&nbsp;Stopper le dumping salarial&nbsp;». Le texte demande que les travaux puissent être arrêtés quand il y a soupçon fondé de violation de la protection des travailleurs. Si l’initiative était acceptée, des contrôles efficaces des conditions de travail seraient possibles. </p><p>Les syndicats du canton de Zurich constatent un nombre toujours plus important d’abus, de salaires trop bas, d’horaires trop longs qui sembleraient s’être systématisés, particulièrement dans le domaine du travail détaché. Cette spirale à la baisse des prix met également la pression sur les entreprises qui jouent le jeu correctement. Et c’est précisément pour casser cette spirale néfaste qu’Unia Zurich a lancé l’initiative cantonale «&nbsp; Stopper le dumping salarial&nbsp;». Soutenue par les autres syndicats et les partis de gauche ainsi que par un comité d’employeurs et plusieurs commissions paritaires, l’initiative demande essentiellement que les contrôles du marché du travail soient plus efficaces qu’actuellement. Elle propose, et c’est nouveau, que les travaux puissent être interrompus ou l’entreprise fermée, «&nbsp;en cas de soupçons fondés de la part des organes de contrôle de violations des dispositions légales de protection des salarié-e-s ou conventionnelles (CCT étendues).&nbsp;» Et cela, également quand les entreprises refusent de collaborer lors de contrôles.&nbsp; 
</p><h3>Les entreprises correctes n’ont rien à craindre</h3><p>Quelle est l’expérience qui a motivé une telle proposition&nbsp;? Ce sont des contrôles qui ont échoué ou n’ont pas abouti parce que les entreprises ont caché des éléments, fait traîné les choses ou fait semblant de collaborer, puis ont subitement terminé les travaux et renvoyé tous les travailleurs. Car, une fois les travailleurs détachés disparus dans la nature, on ne peut plus rien contrôler et encore moins rectifier les abus ou rattraper les salaires. Il faut pouvoir contrôler efficacement tant que le travail n’est pas fini. L’arrêt des travaux est un gage contre les manœuvres dilatoires. Les entreprises qui jouent le jeu n’ont rien à craindre. Les fraudeurs seront par contre touchés là où ça fait mal. 
</p><h3>Toujours la même rengaine des opposants</h3><p>Les opposants, un comité réunissant artisanat, industrie, banques et partis de droite, ne prennent pas de gants pour lutter contre cette initiative. Le comité prétend que si l’initiative était acceptée, elle ouvrirait grand la porte à une nouvelle inquisition qui paralyserait la moitié de l’économie zurichoise. Pertes d’emplois, ingérence dans la liberté économique et menace sur la garantie de la propriété, tout y passe. Et enfin, le risque pour les autorités de devoir payer des dommages et intérêts, ce qui les retiendrait de demander l’arrêt des travaux et donc d’appliquer l’initiative. Mais heureusement, les employeurs ne sont pas tous de l’avis du comité d’opposants. Beaucoup de patrons honnêtes refusent la concurrence déloyale et soutiennent cette initiative. 
</p><h3>Lutter contre la déliquescence des pratiques </h3><p>Les opposants ne veulent pas lutter efficacement contre la déliquescence des pratiques sur le marché du travail qui pénalise aussi les entreprises locales se comportant correctement. Que ce soit par manque de vision ou pour des raisons purement idéologiques. Ce manque&nbsp; de volonté à combattre le dumping salarial a d’ailleurs créé un environnement favorable au oui à l’initiative contre l’immigration de masse. Dans les cantons de Genève et de Bâle, on l’a par contre compris. Les Bâlois ont accepté en novembre 2015 une initiative améliorant la protection contre la sous-enchère salariale. A Genève, le Grand Conseil a renforcé les contrôles du marché du travail. Depuis le 1.1.2016, syndicats et employeurs peuvent engager chacun douze inspecteurs qui vont renforcer l’équipe d’inspecteurs cantonaux pour contrôler que les conditions de travail sont bien respectées. 
</p><p>Espérons que les citoyen-ne-s zurichois en prendront de la graine!</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4043</guid><pubDate>Mon, 18 Jan 2016 13:51:00 +0100</pubDate><title>Juste sur le plan moral – Manque à gagner fiscal et pertes d’emploi à peine perceptibles </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/juste-sur-le-plan-moral-manque-a-gagner-fiscal-et-pertes-d-emploi-a-peine-perceptibles</link><description>L’USS approuve l’« Initiative Stop à la spéculation »</description><content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p><p class="lead">L’initiative populaire «Pas de spéculation sur les denrées alimentaires» veille à limiter une spéculation immorale, du moins sur territoire suisse. Les conséquences négatives sur les recettes fiscales et les emplois sont modestes. L’USS a de ce fait décidé de recommander le oui. &nbsp;</p><p>&nbsp;</p><p>La Jeunesse socialiste a déposé en juin 2014 son initiative « Pas de spéculation sur les denrées alimentaires ». Soutenue par le PSS, Les Verts et différentes organisations d’entraide, l’initiative demande que la Confédération édicte des dispositions pour lutter contre la spéculation sur les matières premières agricoles et les denrées alimentaires dans un nouvel article constitutionnel. Il s’agirait d’interdire aux banques, aux gestionnaires de fortune, aux assurances et aux investisseurs institutionnels d’investir dans des instruments financiers se rapportant à des matières premières agricoles ou des denrées alimentaires. Il en va de même pour la vente de produits structurés correspondants. La Confédération doit en outre s'engager en faveur d'une lutte efficace à l'échelle mondiale contre la spéculation sur les denrées alimentaires.
</p><p>L’exécution efficace de cet article constitutionnel, à savoir la surveillance, la poursuite pénale et le jugement relèvent de la compétence de la Confédération. Les entreprises fautives peuvent, indépendamment d'un éventuel manque d'organisation, être sanctionnées directement. Cet alinéa vise à engager la responsabilité des entreprises plutôt qu’à s’attaquer aux employés, comme c’est le cas aujourd’hui. 
</p><p>En même temps que les délibérations sur l’initiative avaient lieu, les Chambres fédérales ont fait un pas en direction des initiant-e-s dans le cadre de la loi sur les infrastructures des marchés financiers. En raison du fait que l’Union européenne (UE) et les États-Unis ont introduit des limites aux investissements d’acteurs étrangers au marché de la branche agro-alimentaire, elles ont ajouté dans cette loi un passage qui permet au Conseil fédéral de fixer des limites de position pour les dérivés sur matières premières. Le but est ici de restreindre l’influence de certains acteurs du marché, particulièrement ceux qui ne sont pas directement liés au secteur agro-alimentaire. Dans le domaine des denrées alimentaires, on doit juguler les paris purement spéculatifs sur la hausse ou la baisse des prix. Selon les initiants, c’est là un pas dans la bonne direction, mais qui ne permet pas d’atteindre les buts de l’initiative.
</p><h3>Incidences économiques de l’initiative</h3><p>Si elle était acceptée, l’initiative engendrerait des incidences économiques limitées. Seuls seraient vraiment touchés les fonds à vocation spéculative («&nbsp;hedge funds&nbsp;»), qui offrent des produits dérivés liés aux marchés des matières premières (denrées alimentaires). Or ils sont peu nombreux en Suisse. Les négociants en matières premières qui font le commerce de denrées alimentaires et ont une certaine importance économique surtout dans l’arc lémanique et à Zoug ne seraient concernés que s’ils font des affaires pas uniquement destinées à assurer le commerce réel. Les banques qui effectuent de telles opérations pour leur propre compte devraient aussi être concernées, mais dans une moindre mesure.
</p><p>Les départs à l’étranger d’entreprises que causerait cette initiative devraient rester limités, si bien qu’on ne devrait pas s’attendre à des pertes fiscales importantes. 
</p><p>Les incidences sur le monde des caisses de pensions seraient aussi limitées. Aujourd’hui déjà, les placements qu’elles font dans les produits des matières premières ne représentent qu’un volume très faible. Y renoncer ne poserait pas problème, car les matières premières ne génèrent pas de rendements directs (intérêts, dividendes, etc.). Si les institutions de prévoyance se rabattaient sur d’autres produits, leurs rendements ne baisseraient certainement pas.
</p><p>En fait, l’initiative a surtout un effet préventif. Les discussions aux États-Unis et dans l’UE montrent que la spéculation sur les denrées alimentaires va sans doute faire prochainement l’objet d’une réglementation plus stricte. À cet égard, il s’agit d’éviter que la Suisse n’attire une fois de plus ce genre d’affaires. Or, l’initiative y ferait précisément obstacle d’entrée de jeu. </p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4040</guid><pubDate>Tue, 12 Jan 2016 11:12:53 +0100</pubDate><title>Ne torpillons pas le transfert du trafic de la route au rail ! </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/ne-torpillons-pas-le-transfert-du-trafic-de-la-route-au-rail</link><description>L’USS ne veut pas d&#039;un deuxième tube au Gothard</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’USS soutient la politique de transfert du trafic route sur le rail. La construction d’un deuxième tunnel routier au Gothard saperait la politique approuvée par le peuple à plus d’une reprise. Voilà pourquoi l’USS rejette le deuxième tunnel du Gothard. </p><p>Il n’existe pas d’autre Etat qui, pour des raisons écologiques, ait autant investi que la Suisse pour transférer le trafic de la route au rail. Et qui ait été autant soutenu par le peuple dans cette politique. Voilà pourquoi les citoyens et citoyennes ont approuvé les NLFA, un énorme projet d’infrastructure qui sera bientôt achevé. Depuis 2007, nous traversons les Alpes en polluant moins par le tunnel de base du Lötschberg, dès le mois de juin, nous pourrons aussi le faire par le tunnel du Gothard et en 2020, ce sera au tour du tunnel du Ceneri d’être ouvert. Les camions peuvent ainsi traverser les Alpes par le rail. Et c’est exactement ce qu’a voulu le peuple suisse&nbsp;: protéger les Alpes d’une déferlante de trafic de transit et de la pollution qui s’ensuit.
</p><h3>Construire un tunnel pour ensuite ne l’utiliser qu’à moitié? </h3><p>Cette politique durable est désormais menacée. Comme le tunnel routier du Gothard doit être rénové, le Parlement a décidé de construire un deuxième tube routier. La Conseillère fédérale en charge du dossier et les partisans du projet promettent, qu’une fois les travaux de rénovation terminés, les deux tunnels ne seront utilisés que sur une seule voie. Mais c’est peu crédible. Avec deux voies de réserve, on va forcément les utiliser si le besoin s’en fait sentir. Et quand on sait qu’il y a de la réserve, le besoin se fait vite sentir. Il suffira de quelques bouchons très énervants en période de vacances du côté d’Uri ou du Tessin pour que tout gouvernement opposé à l’ouverture des deux voies dans les deux tunnels finisse par céder. Car qui acceptera de voir une deuxième voie fermée, alors que les bouchons s’accumulent et qu’on roule au pas dans le tunnel&nbsp;?
</p><h3>Mettre en œuvre le transfert de la route au rail, sans céder</h3><p>Si le deuxième tube est construit, les quatre voies seront ouvertes tôt ou tard. Cela rendrait impossible la réduction du trafic de transit transalpin. Les NLFA offrent suffisamment de capacités pour assurer la liaison Nord-Sud et d’enfin mettre à exécution le transfert de la route au rail adopté avec l’initiative des Alpes. C’est aussi valable pour le Tessin. La plupart des syndicalistes tessinois sont du même avis. L’USS a en outre décidé de dire non au Congrès de 2014, sur proposition de l’Union syndicale tessinoise&nbsp;: «&nbsp;L’ouverture plus tard des quatre voies va faire sauter toutes les digues prévues pour empêcher que le trafic ne déferle, ce qui aura des conséquences dévastatrices pour le Tessin et sa population.&nbsp;» 
</p><h3>Investir cet argent ailleurs aurait plus de sens</h3><p>Toutes celles et ceux qui doivent faire des trajets pour se rendre à leur travail perdent du temps dans un trafic congestionné ou s’entassent dans des trains bondés. Voilà pourquoi il faut plutôt investir dans les transports publics d’agglomération. Cela correspond aux besoins de la population. Mais l’argent qui sera absurdement investi au Gothard, manquera ailleurs. La Suisse romande en ferait particulièrement les frais&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Transports</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4039</guid><pubDate>Tue, 12 Jan 2016 11:00:44 +0100</pubDate><title>Le Conseil national doit enfin présenter des solutions équitables aux victimes de l’amiante</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/le-conseil-national-doit-enfin-presenter-des-solutions-equitables-aux-victimes-de-l-amiante</link><description>Nouvelle ronde dans la révision du droit de prescription</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Selon toutes prévisions, le Conseil national traitera lors de sa prochaine session de la réforme du Code des obligations (CO). Il s’agit aussi, dans cette réforme, de légiférer correctement pour les victimes de l’amiante. Leurs demandes ne doivent plus être prescrites avant même que la maladie ne se déclare, comme c’est souvent le cas au bout de 40 ans ou plus après l’exposition aux fibres d’amiante. La législation doit en tenir compte. </p><p>La Cour européenne des droits de l’homme (CrEDH) l’a signalé clairement&nbsp;: le droit de prescription suisse de dix ans ne correspond pas aux standards modernes sur les risques pour la santé. Les maladies dues à l’amiante le montrent de façon éclatante. Le fait que les réclamations qui y sont liées soient déjà prescrites avant même que la maladie ne se déclare empêche systématiquement tout droit à faire valoir des prétentions. Cela contrevient à l’article 6 de la Convention des droits de l’homme, selon la CrEDH. Le Tribunal fédéral s’est rallié à cet avis en révisant son jugement dans son arrêt 4F_15/2014 du 11 novembre 2015. Il a jugé que les prétentions des familles de victimes de l’amiante décédées devaient être examinées malgré que l’instance précédente ait estimé qu’il y avait prescription.&nbsp; 
</p><p>Mais cela ne suffit pourtant pas. Il faut aussi que la loi soit modifiée afin qu’elle corresponde au jugement de la CrEDH et que la sécurité du droit et l’égalité de traitement devant la loi soit valable pour tous&nbsp;! Les deux chambres du Parlement se sont penchées sur les adaptations à faire du CO. 
</p><h3>Conseil des États&nbsp;: ce n’est qu’un pas dans la bonne direction </h3><p>Le projet, tel qu’adopté par la chambre haute en second conseil, prévoit des solutions trop peu différenciées pour les victimes de l’amiante. La commission des affaires juridiques du Conseil des États avait pour sa part encore décidé d’instaurer un délai de prescription absolu de trente ans pour tous les dommages corporels ainsi qu’un régime spécial provisoire pour les maladies dues à l’amiante. Mais le plénum est de nouveau revenu en arrière. Il a décidé que le délai de prescription ne serait que de dix ans au lieu de trente pour les dommages corporels. L’USS est d’avis que le délai ne doit courir qu’à partir du moment où la maladie se déclare, une solution nota bene qui serait déjà possible avec la législation actuelle. 
</p><p>Toujours est-il que le Conseil des États prévoit pour les maladies dues à l’amiante un délai supplémentaire d'un an à partir de l’entrée en vigueur pour les cas où le délai de prescription aurait déjà été dépassé selon la nouvelle législation ou les prétentions en justice auraient déjà été rejetées à cause de la prescription. 
</p><p>L’USS soutient cette règlementation de transition parce qu’elle va dans la bonne direction et reprend la jurisprudence de la CrEDH ainsi que du Tribunal fédéral. Le Conseil national doit reprendre cet élément qui est le minimum absolu envers les victimes de l’amiante. L’USS appuie en outre le Conseil des États dans sa décision de rendre subsidiaire ce régime spécial provisoire, à savoir qu’il ne serait appliqué que si aucun fonds ne fournit des indemnités. Autrement dit&nbsp;: si un fonds qui assure une indemnisation adéquate des dommages corporels dus à l’amiante existe au moment où une demande de dommages et intérêts ou d'indemnité est déposée, cette règlementation de transition n’est plus valable.
</p><h3>La table ronde doit agir </h3><p>Les acteurs de la table ronde sur l’amiante dirigée par l’ancien conseiller fédéral Moritz Leuenberger sont donc invités à agir dans ce sens. Ils doivent veiller à ce que, conformément aux propositions du Conseil des États, un fonds soit constitué pour apporter des prestations appropriées tout d’abord aux victimes et à leurs familles qui ne sont pas couvertes par la loi sur l’assurance-accidents, mais aussi, pour celles qui le sont.&nbsp;&nbsp; 
</p><p>Un tel fonds est aussi dans l‘intérêt des anciens employeurs et des assurances&nbsp;: ils évitent ainsi de longs et couteux procès. Et on pourrait ainsi éviter beaucoup de souffrance aux victimes et à leurs familles qui pourront bénéficier des prestations du fonds sans formalités excessives.&nbsp; 
</p><h3>Faire courir le délai à partir du moment où la maladie se déclare </h3><p>On se doit d’exiger de la part du Tribunal fédéral qu’il établisse sa jurisprudence en respectant les droits humains et fasse courir le début du délai de prescription à partir du moment où le dommage est constaté, à savoir où la maladie se déclare. Cela serait déjà possible avec la législation en vigueur. C’est aussi ce que demande entre les lignes le jugement de la CrEDH.
</p><p>Le Conseil national doit maintenant lors de ses prochaines délibérations trouver des solutions pour le droit de prescription qui ne fasse pas l’impasse sur les souffrances des personnes concernées.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Assurance-accidents</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4038</guid><pubDate>Mon, 11 Jan 2016 13:29:40 +0100</pubDate><title>Cette initiative viole le devoir d’humanité</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/cette-initiative-viole-le-devoir-d-humanite</link><description>Initiative de mise en œuvre : interview avec l’ancien juge fédéral Niccolò Raselli</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Niccolò Raselli, juge fédéral de 1995 à 2012, reste un des plus éminents défenseurs d’une justice qui refuse les automatismes. Si les tribunaux veulent prendre des décisions respectueuses de chaque individu, ils doivent procéder à une pesée des intérêts privés et publics, estime-t-il. C’est pourquoi il s’oppose vigoureusement à l’initiative de mise en œuvre de l’UDC, dont le but est d’imposer une version encore plus dure de l’initiative sur le renvoi des criminels étrangers acceptée en son temps par le peuple et pour laquelle le Parlement suisse a déjà adopté une législation d’exécution. </p><h3>uss-infos&nbsp;: Dans une prise de position, vous avez traité l’initiative de mise en œuvre de «&nbsp;monstre&nbsp;». En tant que juge fédéral, vous étiez connu pour vos propos mesurés. Pourquoi un jugement aussi dur&nbsp;?</h3><p>Niccolò Raselli (NR)&nbsp;: Commençons par l’essentiel, la teneur de l’initiative. L’UDC veut créer un automatisme d’exclusion pour les étrangers et étrangères qui ont fait l’objet d’une condamnation. Cela signifie ceci&nbsp;: des personnes sans passeport suisse condamnés pour un délit – l’initiative dresse un long catalogue des délits visés – seraient automatiquement expulsées de Suisse sans qu’il soit tenu compte de la faute qu’elles ont commise, à savoir de l’importance de la peine infligée. Elles n’auraient plus du tout la possibilité de faire valoir des raisons pour lesquelles leur expulsion apparaît excessive en ce qui les concerne et montrer qu’il n’y a aucun intérêt supérieur justifiant leur expulsion. C’est tout simplement scandaleux&nbsp;! Mais cette initiative est aussi un monstre pour des raisons formelles. Le Parlement fédéral a en effet adopté une loi d’exécution pour l’initiative sur le renvoi des criminels étrangers. Parce que la Constitution l’y contraignait, il y a intégré une clause pour les cas de rigueur. Or, au lieu de saisir le référendum contre cette loi, l’UDC a décidé de lancer son initiative de mise en œuvre, qui va beaucoup plus loin que l’initiative sur le renvoi. Résultat des courses&nbsp;: nous avons deux dispositions constitutionnelles et une législation d’exécution qui se contredisent pour partie. 
</p><h3>uss-infos&nbsp;: Est-il vrai que l’automatisme de l’exclusion frapperait tout particulièrement les «&nbsp;secondos&nbsp;», ces enfants de la deuxième génération d’immigrés&nbsp;?</h3><p>NR&nbsp;: C’est vrai. Une disposition spéciale de l’initiative le veut. Elle dit qu’une personne qui, dans les dix dernières années, a été condamnée pour une raison ou une autre à une peine privative de liberté ou une amende devra être automatiquement expulsée du pays si elle se rend coupable d’un nouveau délit. Comme les délits mineurs sont aussi concernés, les «&nbsp;secondos&nbsp;» seraient particulièrement touchés. De fait, ils ne connaissent, le cas échéant, absolument personne dans le pays où ils devraient être expulsés. Et peut-être n’en parlent-ils même pas la langue.
</p><h3>uss-infos&nbsp;: Pouvez-vous nous donner un exemple&nbsp;? </h3><p>NR&nbsp;: John, un jeune Anglais qui est né et a grandi en Suisse, a été condamné en son temps pour possession d’une plante de cannabis. Quelques années plus tard, il est condamné pour lésions corporelles simples, un délit mineur sanctionné par une amende. Entre-temps, il s’est marié avec une Suissesse et a maintenant deux enfants. Mais tout cela ne lui sert à rien. Il serait quand même automatiquement expulsé de Suisse. Acceptée, l’initiative déchirerait donc des familles. Et ne l’oublions pas&nbsp;: en 2014, 23&nbsp;% environ des Suisses et Suissesses se sont mariés avec des ressortissant(e)s étrangers. 
</p><h3>uss-infos&nbsp;: Vous critiquez le fait que l’automatisme voulu par l’initiative et qui est en contradiction avec la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH), peut être comparé à la politique menée par Poutine. Que voulez-vous dire par là&nbsp;? </h3><p>NR&nbsp;: Finalement, cet automatisme a pour but de mettre les tribunaux hors-jeu. On veut neutraliser le troisième pouvoir que la Constitution contraint à évaluer chaque cas individuellement, ainsi qu’à respecter le principe de la proportionnalité. On veut s’affranchir de la CEDH. Une autre initiative de l’UDC, l’initiative «&nbsp;pour l’autodétermination&nbsp;» prévoit en effet qu’en cas de conflit entre la Constitution fédérale et la CEDH, la Suisse devrait dénoncer cette dernière. C’est la même politique qu’applique Poutine. À la seule différence que lui fait preuve de plus de diplomatie&nbsp;: il n’a pas dénoncé la CEDH, mais fait promulguer dans une loi qu’en cas de conflit entre la constitution russe et la CEDH, la première aura toujours la primauté. 
</p><h3>uss-infos&nbsp;: Et si l’initiative pour l’autodétermination de l’UDC s’imposait dans les urnes, les droits humains, dans la mesure où ils constituent un cadre international pour la Suisse, disparaîtraient-ils&nbsp;?</h3><p>NR&nbsp;: Non, cela ne se passera pas ainsi, car les droits humains inscrits dans le CEDH figurent également dans notre Constitution. Le problème réside seulement en cela que, si cette dernière restreint des droits humains en refusant le droit d’être entendu – comme le veut l’initiative pour l’autodétermination – et refuse l’examen de la proportionnalité, alors aucune instance ne pourra plus intervenir pour corriger une décision antérieure. 
</p><h3>uss-infos&nbsp;: Si vous deviez résumer les raisons de votre non à l’initiative de mise en œuvre, que diriez-vous&nbsp;?</h3><p>NR&nbsp;: L’enjeu de la votation sur cette initiative, ce n’est pas de savoir si les étrangers et étrangères présents en Suisse qui ont eu des problèmes avec la loi pourront ou non rester dans notre pays. Il est bien plutôt de savoir si ces personnes auront le droit d’être ne serait-ce qu’entendues sur leur expulsion du territoire suisse. Il s’agit là de pouvoir déterminer si l’on est en présence d’un cas de rigueur justifiant que la personne concernée puisse exceptionnellement rester en Suisse. Le mécanisme d’expulsion automatique prévu indépendamment de l’importance de la peine prononcée est inhumain.
</p><h5>Tract de l’USS </h5><p>L’Union syndicale suisse (USS) rejette énergiquement l’initiative de mise en œuvre. C’est pourquoi elle a réalisé un <a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/docs/dossiers/156f__salaires_femmes.pdf" class="download">tract</a> à l’intention de ses fédérations et des unions. Si vous voulez vous aussi participer à la lutte contre la politique totalitaire de l’UDC, vous pouvez nous commander gratuitement des tracts à cette adresse <a href="#" data-mailto-token="thpsav1ybao5rlssluilynlyGzni5jo" data-mailto-vector="7">courriel</a>, en mentionnant bien sûr le nombre d’exemplaires souhaité.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4035</guid><pubDate>Wed, 06 Jan 2016 11:27:41 +0100</pubDate><title>Guère de changements pour les rentes, mais des décisions cruciales sont possibles</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/guere-de-changements-pour-les-rentes-mais-des-decisions-cruciales-sont-possibles</link><description>Sécurité sociale : quoi de neuf en 2016 ?</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le présent aperçu des nouvelles prestations et cotisations des assurances sociales en vigueur à partir de 2016 montre que la stabilité l’emporte sur les changements. Mais le peuple pourra aussi décider s’il veut renforcer l’AVS.</p><h3>AVS/AI et APC&nbsp;: baisse des taux de cotisations dans les allocations perte de gain</h3><p>En 2016, les rentes ne changent pas, mais les cotisations ont été adaptées. Le taux de cotisation dans le régime des allocations pour perte de gain (APC) a baissé de 0,5&nbsp;à 0,45&nbsp;% au 1er janvier 2016. Cette cotisation sert à financer la perte de gain en cas de service militaire ou civil, ou encore de protection civile ainsi qu’en cas de maternité. La raison de cette baisse est que les réserves du Fonds APG répondent à nouveau aux exigences minimales légales. Grâce à cette adaptation, la cotisation totale à l’AVS/AI et aux APG passe de 10,3 à 10,25&nbsp;%. La cotisation annuelle minimale pour l’AVS/AI et les APG des personnes sans activité lucrative s’en trouve aussi réduite, passant de 480 à 478 francs.&nbsp;</p><table class="contenttable"><thead><tr><th scope="col">Taux de cotisation</th><th scope="col">Employé(e)</th><th>Employeur</th><th scope="col">Total</th></tr></thead><tbody><tr><td>AVS</td><td>4,2 %</td><td>4,2 %</td><td>8,4 %</td></tr><tr><td>AI</td><td>0,7 %</td><td>0,7 %</td><td>1,4 %</td></tr><tr><td>APG</td><td>0,225 %</td><td>0,225 %</td><td>0,45 %</td></tr><tr><td rowspan="1">Total</td><td rowspan="1">5,125 %</td><td>5,125 %</td><td rowspan="1">10,25 %</td></tr></tbody></table><h3><span lang="FR">Assurance-accidents&nbsp;: relèvement du montant maximal du gain assuré</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">À partir du 1<sup>er</sup> janvier 2016, le montant maximal du gain assuré dans l’assurance-accidents passe de 126&nbsp;000 à 148&nbsp;200 francs. Grâce à ce nouveau plafond, ce sont à nouveau 95&nbsp;% des travailleurs et travailleuses qui voient la totalité de leur salaire assuré. La dernière adaptation avait eu lieu en 2008. Comme, depuis lors, les salaires supérieurs ont augmenté, cette mesure s’imposait. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Ce montant maximal détermine le calcul des primes et des prestations de l’assurance-accidents obligatoire. Mais il est aussi pris en considération pour d’autres assurances sociales. Il est en effet déterminant également pour la fixation des cotisations et des prestations de l’assurance-chômage et le montant maximal des indemnités journalières versées par l’AI. </span></p><p><span lang="FR"><br></span></p><h3><span lang="FR">Assurance-chômage&nbsp;: 2,2&nbsp;% de prélèvement jusqu’à 148&nbsp;200 francs</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">En raison de la hausse susmentionnée, la cotisation de base de 2,2&nbsp;% destinée à l’assurance-chômage (employeur + employé) est désormais également perçue jusqu’à un salaire de 148&nbsp;200 francs, contre 126&nbsp;000 francs jusqu’à fin 2015. </span></p><h3><span lang="FR">Prévoyance professionnelle </span></h3><ul><li>2<sup>e</sup> pilier&nbsp;: un taux d’intérêt historiquement bas</li></ul><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Dans la prévoyance professionnelle, le taux d’intérêt minimal est désormais de 1,25&nbsp;%, un niveau historiquement bas. Par conséquent, les intérêts servis sur les avoirs de vieillesse seront donc inférieurs à ce qu’ils étaient ces années passées.</span></p><ul><li>Adaptations du partage de la prévoyance professionnelle en cas de divorce</li></ul><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">On ne sait pas encore si les nouvelles dispositions sur le partage de la prévoyance professionnelle en cas de divorce entreront en vigueur dans la deuxième moitié de 2016 ou en 2017 seulement. Cette révision clarifie la situation pour les cas de partage de la prévoyance professionnelle lorsqu’un des deux conjoints touche une rente de vieillesse ou une rente d’invalidité. Le partage doit désormais se faire à travers le partage de la rente. Pour son calcul, c’est l’ouverture de la procédure de divorce qui est maintenant déterminante et non plus la date de ce dernier. Les personnes divorcées qui ne peuvent pas verser dans une caisse de pension de l’argent provenant du partage de la prévoyance professionnelle ont la possibilité, une fois à la retraite, de faire transformer par l’institution supplétive cette prestation de libre passage en rente de vieillesse. </span></p><h3>Assurance-maladie </h3><ul><li>Renforcement de la surveillance des caisses-maladie</li></ul><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">La nouvelle loi sur la surveillance de l’assurance-maladie est entrée en vigueur le 1<sup>er</sup> janvier 2016. La surveillance gagne en efficacité et la transparence est aussi améliorée. Autorité de surveillance, l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) peut obliger les assureurs à adapter leurs primes si elles sont trop élevées au regard des coûts. Une mesure qui n’était pas possible jusqu’à ce jour.</span></p><ul><li>Corrections des primes</li></ul><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Cette nouvelle loi doit permettre d’éviter de nouvelles corrections des primes. Concernant les primes des caisses-maladie qui étaient trop élevées (ou trop basses) par rapport aux coûts dans certains cantons entre 1996 et 2013, la différence payée sera prise en compte en 2016. Dans dix cantons (Berne, Uri, Obwald, Nidwald, Glaris, Soleure, Bâle-Campagne, Schaffhouse, Argovie et Jura), les assuré(e)s devront accepter de payer un supplément de prime de 48 francs. Dans le canton de Lucerne, ce supplément sera de 18 francs. Dans tous les cas, il est calculé avec la rétrocession de la taxe environnementale (Fr.&nbsp;5,20 par mois, resp. Fr. 62,40 par an). </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Dans neuf cantons (Appenzell Rhodes-Intérieures, Fribourg, Genève, Grisons, Thurgovie, Tessin, Vaud, Zoug et Zurich), il y aura une bonification sur les primes. Concernant ces cantons, l’OFSP fixera au printemps prochain le montant, qui sera le même pour l’ensemble des assuré(e)s, mais pourra varier d’un canton à l’autre.</span></p><h3>Aide sociale&nbsp;: normes abaissées </h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">À partir de 2016, les cantons et les communes appliquent les nouvelles directives de la Conférence des institutions d’action sociale (CSIAS). Les jeunes adultes sont les premiers touchés. Les normes applicables aux jeunes adultes ayant 25 ans au maximum et vivant dans leur propre ménage baisseront de 20&nbsp;%, passant de 986 à 789 francs. L’allocation d’intégration forfaitaire de 200 francs par mois pour les familles monoparentales est aussi supprimée. Ce qui représente une importante pénalité pour les personnes concernées, des femmes pour la plupart. La compatibilité entre vie professionnelle et vie familiale est encore plus difficile pour les familles monoparentales. En outre, les sanctions seront durcies.</span></p><h3>Les grandes réformes&nbsp;: renforcer l’AVS, c’est possible</h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">2016 marquera un tournant dans l’histoire de l’AVS. Notre <b>initiative populaire AVSplus</b> passera en votation. Nous allons mener une campagne active pour le renforcement de l’AVS. De plus, le Conseil national traitera, en tant que second conseil, le projet de révision «&nbsp;Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;». Deux coupes brutales doivent être combattues ici&nbsp;: le relèvement à 65 ans de l’âge de la retraite des femmes et la baisse à 6&nbsp;% du taux de conversion minimal LPP.</span></p><p>&nbsp;</p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Des adaptations sont aussi prévues en ce qui concerne les <b>prestations complémentaires</b>. Cette réforme fait l’objet d’une procédure de consultation qui court jusqu’au printemps prochain et le Conseil fédéral présentera son message à ce sujet avant la fin 2016. Des détériorations menacent surtout le remboursement des primes de caisses-maladie des séniors et des personnes handicapées. Une nouvelle <b>révision de l’AI</b> est aussi fixée en 2016.</span>Assurance-accidents&nbsp;: relèvement du montant maximal du gain assuré</p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">À partir du 1<sup>er</sup> janvier 2016, le montant maximal du gain assuré dans l’assurance-accidents passe de 126&nbsp;000 à 148&nbsp;200 francs. Grâce à ce nouveau plafond, ce sont à nouveau 95&nbsp;% des travailleurs et travailleuses qui voient la totalité de leur salaire assuré. La dernière adaptation avait eu lieu en 2008. Comme, depuis lors, les salaires supérieurs ont augmenté, cette mesure s’imposait. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Ce montant maximal détermine le calcul des primes et des prestations de l’assurance-accidents obligatoire. Mais il est aussi pris en considération pour d’autres assurances sociales. Il est en effet déterminant également pour la fixation des cotisations et des prestations de l’assurance-chômage et le montant maximal des indemnités journalières versées par l’AI. </span></p><h3>Assurance-chômage&nbsp;: 2,2&nbsp;% de prélèvement jusqu’à 148&nbsp;200 francs</h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">En raison de la hausse susmentionnée, la cotisation de base de 2,2&nbsp;% destinée à l’assurance-chômage (employeur + employé) est désormais également perçue jusqu’à un salaire de 148&nbsp;200 francs, contre 126&nbsp;000 francs jusqu’à fin 2015. </span></p><p class="Sous-titreSP"><span lang="FR">Prévoyance professionnelle </span></p><ul><li>2<sup>e</sup>&nbsp;pilier: un taux d’intérêt historiquement bas</li></ul><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Dans la prévoyance professionnelle, le taux d’intérêt minimal est désormais de 1,25&nbsp;%, un niveau historiquement bas. Par conséquent, les intérêts servis sur les avoirs de vieillesse seront donc inférieurs à ce qu’ils étaient ces années passées.</span></p><ul><li>Adaptations du partage de la prévoyance professionnelle en cas de divorce</li></ul><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">On ne sait pas encore si les nouvelles dispositions sur le partage de la prévoyance professionnelle en cas de divorce entreront en vigueur dans la deuxième moitié de 2016 ou en 2017 seulement. Cette révision clarifie la situation pour les cas de partage de la prévoyance professionnelle lorsqu’un des deux conjoints touche une rente de vieillesse ou une rente d’invalidité. Le partage doit désormais se faire à travers le partage de la rente. Pour son calcul, c’est l’ouverture de la procédure de divorce qui est maintenant déterminante et non plus la date de ce dernier. Les personnes divorcées qui ne peuvent pas verser dans une caisse de pension de l’argent provenant du partage de la prévoyance professionnelle ont la possibilité, une fois à la retraite, de faire transformer par l’institution supplétive cette prestation de libre passage en rente de vieillesse. </span></p><h3>Assurance-maladie </h3><ul><li>Renforcement de la surveillance des caisses-maladie</li></ul><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">La nouvelle loi sur la surveillance de l’assurance-maladie est entrée en vigueur le 1<sup>er</sup> janvier 2016. La surveillance gagne en efficacité et la transparence est aussi améliorée. Autorité de surveillance, l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) peut obliger les assureurs à adapter leurs primes si elles sont trop élevées au regard des coûts. Une mesure qui n’était pas possible jusqu’à ce jour.</span></p><ul><li>Corrections des primes</li></ul><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Cette nouvelle loi doit permettre d’éviter de nouvelles corrections des primes. Concernant les primes des caisses-maladie qui étaient trop élevées (ou trop basses) par rapport aux coûts dans certains cantons entre 1996 et 2013, la différence payée sera prise en compte en 2016. Dans dix cantons (Berne, Uri, Obwald, Nidwald, Glaris, Soleure, Bâle-Campagne, Schaffhouse, Argovie et Jura), les assuré(e)s devront accepter de payer un supplément de prime de 48 francs. Dans le canton de Lucerne, ce supplément sera de 18 francs. Dans tous les cas, il est calculé avec la rétrocession de la taxe environnementale (Fr.&nbsp;5,20 par mois, resp. Fr. 62,40 par an). </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Dans neuf cantons (Appenzell Rhodes-Intérieures, Fribourg, Genève, Grisons, Thurgovie, Tessin, Vaud, Zoug et Zurich), il y aura une bonification sur les primes. Concernant ces cantons, l’OFSP fixera au printemps prochain le montant, qui sera le même pour l’ensemble des assuré(e)s, mais pourra varier d’un canton à l’autre.</span></p><h3>Aide sociale&nbsp;: normes abaissées </h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">À partir de 2016, les cantons et les communes appliquent les nouvelles directives de la Conférence des institutions d’action sociale (CSIAS). Les jeunes adultes sont les premiers touchés. Les normes applicables aux jeunes adultes ayant 25 ans au maximum et vivant dans leur propre ménage baisseront de 20&nbsp;%, passant de 986 à 789 francs. L’allocation d’intégration forfaitaire de 200 francs par mois pour les familles monoparentales est aussi supprimée. Ce qui représente une importante pénalité pour les personnes concernées, des femmes pour la plupart. La compatibilité entre vie professionnelle et vie familiale est encore plus difficile pour les familles monoparentales. En outre, les sanctions seront durcies.</span></p><h3>Les grandes réformes&nbsp;: renforcer l’AVS, c’est possible</h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">2016 marquera un tournant dans l’histoire de l’AVS. Notre <b>initiative populaire AVSplus</b> passera en votation. Nous allons mener une campagne active pour le renforcement de l’AVS. De plus, le Conseil national traitera, en tant que second conseil, le projet de révision «&nbsp;Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;». Deux coupes brutales doivent être combattues ici&nbsp;: le relèvement à 65 ans de l’âge de la retraite des femmes et la baisse à 6&nbsp;% du taux de conversion minimal LPP.</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Des adaptations sont aussi prévues en ce qui concerne les <b>prestations complémentaires</b>. Cette réforme fait l’objet d’une procédure de consultation qui court jusqu’au printemps prochain et le Conseil fédéral présentera son message à ce sujet avant la fin 2016. Des détériorations menacent surtout le remboursement des primes de caisses-maladie des séniors et des personnes handicapées. Une nouvelle <b>révision de l’AI</b> est aussi fixée en 2016.</span></p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category><category>AVS</category><category>Santé</category><category>Assurance-accidents</category><category>Assurance-invalidité</category><category>Assurance-chômage</category><category>Prévoyance professionnelle</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4028</guid><pubDate>Tue, 22 Dec 2015 11:28:28 +0100</pubDate><title>Non à l’attaque de l’UDC contre notre Etat de droit</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/non-a-l-attaque-de-l-udc-contre-notre-etat-de-droit</link><description>Une large coalition s&#039;est formée contre l&#039;initiative dite de &quot;mise en œuvre&quot;.</description><content:encoded><![CDATA[<header><header><p class="lead">« L’initiative de mise en œuvre » de l’UDC est une attaque frontale de notre Etat de droit et de nos institutions. L'USS fait partie d'une large coalition qui s'y oppose. </p></header></header><p>L'initiative de l'UDC sur laquelle le peuple se prononcera le 28 février 2016, viole le principe de la séparation des pouvoirs, prive le parlement démocratiquement élu de certaines de ses prérogatives et remet en question tant les droits fondamentaux que les droits humains. L’UDC utilise les droits populaires comme un pur instrument de campagne électorale. Le PS, les Verts, la Jeunesse socialiste, les Jeunes Verts, Unia, Solidarité sans frontières, FIMM, ECAP et l’Union syndicale suisse ont formé le « Comité pour l’Etat de droit – NON à l’initiative de mise en œuvre », afin de combattre ensemble cette initiative antidémocratique.
</p><p>« En cas d’acceptation de l’initiative, plusieurs centaines de milliers de personnes sans passeport suisse seraient menacées de renvoi en cas de délits bagatelles », prévient la conseillère nationale socialiste Cesla Amarelle. Pour la présidente d’Unia Vania Alleva, « les secondas et secondos, qui ont passé toute leur vie en Suisse, seraient directement concernés. Les renvoyer suite à un délit mineur, alors que le centre de leur vie est ici, est inhumain et discriminatoire. »
</p><p>Pour l’UDC, il ne s’agit que de faire diversion : leur cible réelle est notre Etat de droit. « Les véritables enjeux sont les acquis démocratiques, tels que le droit à une procédure équitable, le traitement égal devant la loi ou l’indépendance des tribunaux », précise le conseiller aux Etats des Verts, Robert Cramer. De plus en plus, l’UDC assimile la démocratie au régime absolu de la majorité. Il est de notre devoir de freiner cette tendance totalitaire.
</p><p>Le conseiller aux Etats socialiste Hans Stöckli craint qu’un oui ne conduise à une insécurité légale et à un chaos juridique. « Nous ne savons pas ce qu’il adviendrait des accords bilatéraux et de la CEDH ; l’initiative n’étant pas compatible avec les traités internationaux. A cela s’ajoute le fait que l’initiative est formulée de manière si rigide qu’elle retire certaines prérogatives du parlement et de la justice. Cela viole le principe de séparation des pouvoirs. »
</p><p>Le « Comité pour l’Etat de droit – NON à l’initiative de mise en œuvre » s’inquiète de voir que les milieux économiques ne prennent pas clairement position contre cette initiative « de mise en œuvre » dangereuse et antidémocratique. Peut-être en sous-estiment-ils les conséquences, ou peut-être ont-ils conclu un marché avec l’UDC. Pourtant, cette initiative, tout autant que l’initiative « le droit suisse au lieu de juges étrangers (initiative pour l’autodétermination) », s’attaque à nos institutions démocratiques et à notre Etat de droit. De tels acquis démocratiques ne devraient pas être sans importance pour les milieux économiques. C’est pourquoi Economiesuisse et consorts sont priés de s’engager une fois pour toutes contre l’initiative de l’UDC.
</p><h5>Renseignements:</h5><p>Comité pour l’Etat de droit – NON à l’initiative de mise en œuvre : c/o PSS Suisse, Spitalgasse 34, CH-3001 Berne, tel. 031 329 69 69 </p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4026</guid><pubDate>Mon, 21 Dec 2015 15:00:52 +0100</pubDate><title>Négociations obtenues après sept jours de grève dans la fonction publique</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/negociations-obtenues-apres-sept-jours-de-greve-dans-la-fonction-publique</link><description>L&#039;accord signé avec le Conseil d&#039;Etat genevois reste fragile. Par contre, le référendum contre &quot;Personal stop&quot; a abouti. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Petite victoire pour la fonction publique genevoise&nbsp;: après sept journées de grève et un nombre égal de manifestations, le Conseil d’Etat a accepté le 17 décembre de signer un protocole d’accord avec le Comité de lutte. De véritables négociations sur la mise en œuvre des mesures structurelles sont enfin ouvertes, y compris sur de nouvelles recettes pour l’Etat. Mais l’accord reste fragile. Par contre, le référendum contre «&nbsp;personal stop&nbsp;» a rapidement abouti. 
</p><p>&nbsp;</p><p>Après le septième jour de grève de la fonction publique depuis début novembre, une légère avancée s’est produite: le Conseil d’Etat a accepté de signer avec le Comité de lutte du service public un protocole d’accord pour négocier des modalités de la mise en œuvre des mesures structurelles. Celles-ci prévoient 5% de réduction des dépenses en personnel sur trois ans. Grâce à la forte mobilisation – certaines manifestations ont réunis jusqu’à 11&nbsp;000 personnes – et à l’unité dont ont fait preuve les employé-e-s du service public, on est passé de l’ultimatum d’un Conseil d’Etat prêt à passer en force à de véritables négociations ouvertes jusqu’au 21 mars 2016. 
</p><p>&nbsp;</p><h3>Accord fragile: deux mois pour trouver une solution pérenne, c'est peu</h3><p>Petite victoire, mais victoire quand même, «&nbsp;Mieux vaut commencer des discussions que rien du tout, déclare Marc Simeth du Cartel intersyndical. Mais l’accord reste fragile&nbsp;: deux mois et demi pour arriver à une situation pérenne pour la fonction publique, c’est très peu.&nbsp;» Le Conseil d’Etat a toutefois accepté de discuter de nouvelles recettes de l’Etat, ce qui n’entrait pas en ligne de compte jusque-là. «L’exécutif a aussi dû admettre que les quatre mesures structurelles, à savoir la hausse du temps de travail, le gel des embauches, la facilitation des licenciements et le blocage des annuités était inacceptable», ajoute Marc Simeth. En échange, le Comité s’est engagé à ne pas faire grève jusqu’au 21 mars. Il renonce aussi temporairement à ses annuités et prend acte de l’objectif du Conseil d’Etat de diminuer les dépenses globales d’un montant de 192 millions de francs sur les trois prochains exercices.
</p><p>Après la signature de l’accord, la fonction publique a encore manifesté jeudi et vendredi, devant le Grand Conseil qui entamait les discussions sur le budget 2016. Ce dernier prévoyait notamment 1% de coupes linéaires dans le personnel. Le projet a été renvoyé vendredi à l’expéditeur, désavouant du même coup le Conseil d’Etat. Le canton de Genève commencera donc l’année 2016 sans budget. 
</p><h3>Le référendum contre «&nbsp;Personal stop&nbsp;» a abouti</h3><p>Dans cette situation très tendue pour la fonction publique genevoise, une nouvelle lui met toutefois du baume au cœur&nbsp;: le référendum contre «&nbsp;personal stop&nbsp;» a abouti en très peu de temps. Il s’oppose au renforcement voulu par la droite d’un frein à l’endettement inscrit dans la loi. «&nbsp;Personal stop&nbsp;» prévoit que tant que la dette n’est pas ramenée au montant des ressources de l’État, les charges de personnel et l’ensemble des charges de fonctionnement de l’État y compris les subventions, les aides sociales et le soutien au monde associatif seront gelés. Le référendum sera déposé mercredi. Le peuple devra donc se prononcer en 2016 contre cette nouvelle attaque des prestations du service public à la population.</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4024</guid><pubDate>Mon, 21 Dec 2015 14:41:16 +0100</pubDate><title>Protéger les salaires, améliorer les rentes mais pas de démantèlement</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/proteger-les-salaires-ameliorer-les-rentes-mais-pas-de-demantelement</link><description>Paul Rechsteiner évoque les principaux objectifs de l&#039;USS pour 2016</description><content:encoded><![CDATA[<h3><span lang="FR">uss-infos&nbsp;: Depuis les élections fédérales, le PLR et l’UDC sont majoritaires au Conseil national. La pression exercée par la droite, qui veut mener une politique très antisociale et globalement contraire aux intérêts des salarié(e)s, s’est accentuée. Quels seront alors les trois principaux défis que l’USS aura à relever en 2016&nbsp;?</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Paul Rechsteiner (PR)&nbsp;: Le premier défi sera de réussir à stabiliser les relations de la Suisse avec l’Union européenne (UE). Nous voulons toujours garantir les emplois et protéger les salaires. Le deuxième défi sera d’améliorer l’AVS. Nous nous battrons pour notre initiative populaire AVSplus qui passera en votation en 2016. Concernant «&nbsp;Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;», le contexte est devenu plus difficile suite aux dernières élections. Une chose est claire&nbsp;: nous combattrons tout projet qui se caractériserait avant tout par une baisse des prestations et n’aurait donc aucune chance devant le peuple. À cet égard, la victoire remportée par les travailleurs et travailleuses de la construction sur la retraite anticipée à 60 ans est un bon signal. D’une part, elle confirme que des rentes décentes sont nécessaires et qu’aucune dégradation n’est acceptable. D’autre part, une hausse des cotisations n’est plus un tabou s’il faut plus d’argent. Mis à part la question des rentes, nous devrons sûrement faire face en 2016 à des attaques plus brutales contre les acquis sociaux figurant dans la loi sur le travail, ainsi qu’à des programmes d’austérité. Mais nous avons des armes. Dans la mesure où des lois seront concernées, nous pouvoir saisir le référendum pour nous opposer à de telles détériorations. </span></p><h3 class="ChapeauSPitalique"><span lang="FR">uss-infos&nbsp;: La droite s’est vivement attaquée au relèvement des rentes AVS. Elle reproche à notre initiative d’appliquer le principe de l’arrosoir et que cette hausse ne serait par conséquent pas finançable. Que lui réponds-tu&nbsp;?</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">PR&nbsp;: Notre principe est le suivant&nbsp;: quiconque a travaillé longuement durant sa vie doit pouvoir vivre décemment de ses rentes AVS et du 2<sup>e</sup> pilier. Ici, l’AVS est l’acteur principal. Or ses rentes ont pris du retard sur les salaires. Un retard qui doit être rattrapé. Cela, d’autant plus qu’une fois à la retraite, les gens qui ont touché des salaires bas ou moyens durant leur vie active doivent «&nbsp;digérer&nbsp;» une baisse sensible de leur revenu. Il est évident qu’il faut davantage de moyens financiers si l’on relève les rentes. Et c’est dans l’AVS que ce besoin supplémentaire d’argent sera le mieux investi. Pensons à nouveau aux travailleurs et travailleuses du bâtiment&nbsp;: les cotisations salariales en valent la peine pour obtenir des rentes meilleures. </span></p><h3 class="ChapeauSPitalique"><span lang="FR">uss-infos&nbsp;: Mais pourquoi les syndicats se concentrent-ils sur l’AVS&nbsp;? </span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">PR&nbsp;: Bien que nous versions toujours plus d’argent dans le 2<sup>e</sup> pilier, nous pouvons être contents si nous parvenons à en maintenir au moins l’acquis. Par contre, pour toutes les personnes à bas ou moyen revenu, l’AVS a toujours un fantastique rapport prestations/prix. Il va donc de soi que nous devons la renforcer, si nous voulons que les retraité(e)s jouissent d’une certaine sécurité financière. </span></p><h3 class="ChapeauSPitalique"><span lang="FR">uss-infos&nbsp;: Passons à autre chose. Le Conseil fédéral veut mettre en œuvre l’initiative «&nbsp;Contre l’immigration de masse&nbsp;» avec une clause de sauvegarde. Ainsi, en l’absence d’accord avec l’UE, des contingents seraient appliqués à partir d’un seuil pas encore chiffré pour faire reculer l’immigration. Cette option est-elle acceptable&nbsp;? </span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">PR&nbsp;: Il faut maintenir les Accords bilatéraux. Nous rejetons clairement le recours à des contingents à travers une nouvelle mouture du statut de saisonnier. Le passé nous a montré que cela n’aboutit qu’à des discriminations et à une politique des bas salaires dans les branches concernées. Avec le nouveau régime, qui donne les mêmes droits à tous et toutes, on a pu améliorer les salaires et renforcer les conventions collectives de travail. Tels sont nos objectifs. Nous continuerons à nous battre pour les atteindre, bien que la situation ait changé. </span></p><h3 class="ChapeauSPitalique"><span lang="FR">uss-infos&nbsp;: Les gens sont désorientés. Ils craignent de perdre leur emploi ou de voir leur salaire baisser. Que faire&nbsp;?</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">PR&nbsp;: Il s’agit de développer encore plus les mesures de protection déjà prises. Les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes ont et ont eu une incidence positive. Mais les nouveaux problèmes demandent des réponses nouvelles. Pas seulement au niveau fédéral. Dans les cantons aussi, les choses ont bougé dans la lutte contre la sous-enchère salariale. Au Tessin, dans les cantons de Bâle-Campagne et de Genève des nouvelles mesures ont été prises. Et dans celui de Zurich, une initiative des syndicats sur cette question passera en votation en février. Ce sont des pas importants qui ont été faits. Et davantage de mesures doivent être prises pour protéger les travailleurs et travailleuses âgés. </span></p><h3 class="ChapeauSPitalique"><span lang="FR">uss-infos&nbsp;: En février, nous voterons entre autres sur l’initiative qui demande la mise en œuvre de l’initiative pour le renvoi des étrangers criminels. Pourquoi un non est-il si nécessaire ici&nbsp;?</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">PR&nbsp;: Le Parlement fédéral a assorti l’article sur le renvoi des étrangers criminels d’une clause pour cas de rigueur. L’initiative de mise en œuvre veut introduire un automatisme qui ne laisse aucune marge de manœuvre aux tribunaux, alors qu’il s’agit de décisions existentielles. Cela viole les droits humains, mais aussi le principe de la séparation des pouvoirs. La mise à l’écart des tribunaux viole l’État de droit. Or, l’enjeu, c’est le destin d’êtres humains, à savoir des étrangers et étrangères de deuxième génération, les «&nbsp;secundos et secundas&nbsp;», qui sont nés et ont grandi dans notre pays. Ainsi que de leurs proches. Ces gens font partie de la Suisse. Pas seulement dans le football, mais aussi lorsqu’ils se sont comportés de manière stupide ou ont commis des péchés de jeunesse. S’il faut les punir pour cela, comme tout le monde, on ne doit pas en plus les priver d’existence sociale. Ce serait sinon une honte pour la démocratie suisse. </span></p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4014</guid><pubDate>Wed, 16 Dec 2015 14:51:52 +0100</pubDate><title>Quatre arguments pour dire Non à l’initiative du PDC sur la pénalisation du mariage</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/quatre-arguments-pour-dire-non-a-l-initiative-du-pdc-sur-la-penalisation-du-mariage</link><description>L&#039;initiative PDC est un boomrang</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En octobre 2012, le PDC a déposé à la Chancellerie fédérale son initiative «&nbsp;Pour le couple et la famille – Non à la pénalisation du mariage&nbsp;». Cette initiative veut, à l’aide d’un article constitutionnel, supprimer les inégalités de traitement dont souffriraient les couples mariés par rapport aux concubins, notamment en matière fiscale et d’assurances sociales, dans l’AVS en particulier, en raison du plafonnement des rentes de couples mariés. L’USS recommande le rejet de l’initiative, comme le Parlement fédéral. </p><p>Pourquoi voter NON à l’initiative PDC, en 4 arguments&nbsp;:
</p><h3>1. Vision conservatrice et discriminatoire du mariage</h3><p>L’initiative ferait entrer dans la Constitution fédérale une conception étroite, conservatrice et obsolète du mariage limitée à la seule «&nbsp;union durable entre un homme et une femme&nbsp;». Cette conception exclut de fait les unions de même sexe et est discriminatoire à l’égard des personnes ayant une autre orientation sexuelle. Elle compromet également de futures étapes d’ouverture en matière de politique sociale et familiale. 
</p><h3>2. Cadeau fiscal pour une minorité plutôt bien lotie</h3><p>Depuis la condamnation du Tribunal fédéral de l’inégalité de traitement des couples mariés par rapport aux couples concubins, les cantons et la Confédération ont largement adapté leur fiscalité. Au niveau cantonal, les couples mariés sont même avantagés. Seuls 80&nbsp;000&nbsp;couples à revenus plutôt élevés et couples de retraités ayant des revenus de plus 50&nbsp;000 francs continuent à payer un impôt fédéral plus élevé que les concubins. Malgré cela, l’initiative causerait chaque année des pertes fiscales de 1,9&nbsp;milliard de francs pour la Confédération et de 390&nbsp;millions pour les cantons et les communes. Des pertes qui, vu la situation financière tendue, devraient être compensées.&nbsp;
</p><h3>3. Au final, pénalisation des couples mariés</h3><p>Dans les assurances sociales, les couples mariés ne sont pas pénalisés, mais dans l’ensemble privilégiés. Si l’AVS désavantage d’une certaine manière les couples mariés (plafonnement à 150&nbsp;% des rentes AVS de couple), en compensation, elle leur offre d’autres avantages (prestations de veuves, splitting pour les couples mariés, exonération de la cotisation pour les partenaires sans activité lucrative, etc.). Une suppression intégrale du plafond coûterait chaque année 2 milliards de francs. En contrepartie, il faudrait supprimer les avantages dont profitent les couples mariées (prestations de veuves, etc.). Ces prestations en faveur des couples mariés s’élèvent chaque année à 2,8 milliards de francs. En fin de compte, la situation des couples mariés serait moins favorable qu’aujourd’hui. 
</p><h3>4. Notre solution&nbsp;: améliorer la situation des couples retraité-e-s par des hausses de rentes</h3><p>Dans l’AVS, à cause du plafond de 150&nbsp;% imposé à la rente de couple par rapport à la rente simple, la hausse de l’activité professionnelle des femmes est trop peu prise en compte. Ici, il est nécessaire de procéder à une adaptation à l’évolution de la société et donc relever le plafond pour les couples comme l’a décidé le Conseil des États dans le cadre de «&nbsp;Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;». Par ailleurs, l’initiative AVSplus est une excellente solution pour améliorer la situation de la plupart des couples mariés à la retraite, en augmentant leur rente de 4200 francs par an.</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4009</guid><pubDate>Fri, 11 Dec 2015 14:57:59 +0100</pubDate><title>Reconduire la grève pour enfin se faire entendre du Conseil d&#039;Etat genevois?</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/reconduire-la-greve-pour-enfin-se-faire-entendre-du-conseil-detat-genevois</link><description>Forte mobilisation de la fonction publique genevoise. A Neuchâtel aussi, on est descendu dans la rue.</description><content:encoded><![CDATA[<p> La mobilisation de la fonction publique genevoise et des secteurs  subventionnés se poursuit. Il faut dire qu'elle a fort à faire pour se  défendre contre les coupes drastiques prévues dans le budget 2016 mais  aussi contre le " Personal Stop " voulu par le Grand Conseil. Six jours  de grève bien suivies entre fin novembre et décembre ont toutefois amené  le Conseil d'Etat à enfin présenter un projet sur la mise en œuvre des  mesures d'économie pour les trois années à venir. Mais tout reste ouvert  à l'heure actuelle, les préavis de grève pour la semaine prochaine sont  maintenus. A Neuchâtel aussi, le personnel du canton est descendu dans  la rue.
</p><h3>Il aura fallu six jours de grève...</h3><p>La fonction publique genevoise a déjà mené six jours de grève et  manifesté à plusieurs reprises. A chaque fois avec retentissement,  jusqu'à 11 000 personnes sont descendues dans les rues. Le personnel de  l'Etat se bat sans relâche depuis le mois de novembre contre des mesures  d'économie drastiques prévue dans le budget 2016 du canton qui auront  des incidences sur les trois prochaines années. Elles prévoient une  réduction linéaire de 5% des coûts de personnel qui impliquerait le gel  des embauches et des salaires, des licenciements facilités, des  privatisations et le licenciement de jusqu'à 1800 personnes ainsi qu'une  augmentation du temps de travail.
</p><p>La détermination exemplaire des Genevois-e-s semble avoir fait bouger  les fronts : le mercredi 9 décembre, le Conseil d'Etat leur a enfin  fourni un projet de mise en œuvre des mesures d'économie. Un projet qui  ne répond de loin pas aux attentes du Comité unitaire de lutte. " Tout  dépendra maintenant des amendements que nous pourrons lui apporter ",  déclare Marc Simeth, président du Cartel intersyndical. La rencontre qui  a lieu ce matin avec le Conseil d'Etat est donc déterminante.  L'assemblée du personnel de lundi soir prochain décidera si le préavis  de grève pour le lendemain et les jours suivants est maintenu. Une chose  est sûre, la fonction publique manifestera à nouveau devant le Grand  Conseil les 17 et 18 décembre qui se prononcera sur le budget 2016.
</p><h3>Référendum contre " Personal Stop " lancé</h3><p>Un deuxième front a encore été ouvert contre la fonction publique  genevoise. Le Grand Conseil à majorité de droite a renforcé le " frein à  l'endettement " dans la loi. L'article intitulé " Personal Stop "  prévoit que tant que la dette n'est pas ramenée au montant des  ressources de l'État, soit une économie de 5 milliards, les charges de  personnel et l'ensemble des charges de fonctionnement de l'État y  compris les subventions, les aides sociales et le soutien au monde  associatif seront gelés. Le référendum a été lancé et le peuple devra se  prononcer en 2016 sur cette nouvelle attaque du service public et de la  qualité des prestations offertes à la population.
</p><h3>La grogne sourd à Neuchâtel aussi</h3><p>La fonction publique neuchâteloise a également manifesté le 1er  décembre devant le siège du Gouvernement cantonal, en marge de la  session du Grand Conseil consacrée au budget 2016. Près d'un millier de  personnes ont exigé que le programme d'assainissement des finances qui  s'attaque au service public et coupe dans les prestations à la  population soit revu. A la suite de quoi, le Grand Conseil a réduit de  deux millions les économies prévues sur la mise en réserve de l'IPC  négatif. Et surtout, le Conseil d'Etat a accepté de repartir sur de  nouvelles bases pour le projet de refonte de la grille salariale que les  syndicats avaient rejeté en bloc. Ils auront désormais voie au  chapitre, ce qui montre une petite ouverture de la part du Gouvernement.  </p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4000</guid><pubDate>Thu, 10 Dec 2015 09:37:29 +0100</pubDate><title>Développement de l’AI: sans intégration professionnelle obligatoire et financement fiable, cela ne marche pas</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/developpement-de-l-ai-sans-integration-professionnelle-obligatoire-et-financement-fiable-cela-ne-marche-pas</link><description>Mise en consultation du projet de révision de l&#039;assurance-invalidité</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le marathon de révisions de l’assurance-invalidité (AI) se poursuit. D’un point de vue syndical, il est clair que le temps des engagements rhétoriques pour l’intégration professionnelle des personnes handicapées est dépassé. Et la Confédération ne doit pas se retirer de ses obligations financières envers l’AI. Ce n’est qu’ainsi que l’on peut envisager un développement de l’AI. &nbsp;
</p><p>Début décembre, le Conseil fédéral a envoyé en consultation ses propositions pour le développement de l’AI. Et, selon ses propres dires, cette fois-ci, les mesures d’économie ne sont pas prioritaires, contrairement aux révisions précédentes. A juste titre, car les personnes à l’AI ne pourraient pas supporter de nouvelles baisses de prestations après la cure draconienne de ces dernières révisions.&nbsp; 
</p><p><b>Risque de détérioration des prestations</b></p><p>Toutefois, en y regardant de plus près, on se rend compte qu’il y a quand même un risque de détérioration des prestations dans cette révision. Par exemple par l’introduction d’un système de rente linéaire. Une variante prévoit qu’une rente AVS complète ne serait attribuée qu’à partir d’une invalidité de 80% contre 70%, comme jusqu’à présent. A nos yeux, une telle hausse du taux d’invalidité pour pouvoir obtenir une rente complète est un pur exercice d’économie sur le dos des personnes gravement invalides. Prétendre qu’une telle mesure &nbsp;encourage une plus grande participation au marché du travail est une illusion. Car celui-ci n’offre aucun poste aux personnes gravement handicapées ne disposant plus que d'une capacité de travail résiduelle extrêmement minime. Pour des économies prévues de 95 millions par an, les rentiers AI vont connaître des difficultés financières et finalement être encore plus contraintes de demander des prestations complémentaires. C’est une pure tactique de transfert des dépenses qui est irresponsable envers les personnes gravement invalides et les prestations complémentaires. 
</p><p>Le nouveau règlement proposé pour les indemnités journalières n’est pas non plus sans incidence sur les coûts. Les économies s’élèvent à un montant allant jusqu’à 51 millions par an. Tout au moins, le Conseil fédéral veut fortement renforcer l’intégration professionnelle des jeunes et des jeunes adultes. 
</p><p>Les adaptations des prestations médicales en cas de maladie congénitale auront aussi une incidence sur le niveau des prestations. Le Conseil fédéral prévoit ici de s’appuyer plus fortement sur l’assurance-maladie. En outre, des maladies congénitales reconnues devraient être à l’avenir éliminées de la liste de celles-ci (p. ex. les malpositions dentaires).
</p><p><b>Aucune mesure contraignante dans l’intégration professionnelle&nbsp; </b></p><p>L’USS estime que la direction prise par cette révision vers une intervention précoce et des mesures d’intégration pour les jeunes en général et ceux qui sont atteints de maladies psychiques est la bonne. Le rapport de l’OCDE sur la santé mentale et l’emploi en Suisse a mis au jour quelques points faibles dans le passage entre l’école et la formation. Les mesures en faveur des jeunes figurant dans la proposition sont donc à saluer. Elles sont toutefois compliquées. Il y manque aussi des mesures pour éviter ou accompagner les ruptures scolaires. 
</p><p>Le projet mis en consultation contient de nouveaux instruments d’intégration. Les employeurs obtiendraient de nouvelles incitations à l’embauche de personnes invalides. Pourtant toutes les mesures ne parviennent pas à convaincre. Ainsi, l’USS est sceptique sur la mesure qui veut que la location de service soit encouragée. 
</p><p>Ce ne sont pourtant pas les incitations à l’embauche des personnes handicapées qui manquent actuellement. Mais l’apport des employeurs en termes d’intégration reste encore bien en-deçà des attentes. Aucune des promesses que les employeurs ont faites dans le cadre de la Révision 6a de l’AI d’intégrer les rentiers et rentières AI même sans quotas d’embauche contraignants, n’ont été tenues. Pour l’USS, il manque dans ce projet des directives efficaces pour l’embauche de personnes invalides. S’en tenir à des incitations n’est apparemment pas suffisant. La possibilité de conclure des accords de coopération entre la Confédération et les partenaires sociaux représente tout de même un pas dans la bonne direction. Avec de tels accords qui prennent exemple sur des modèles qui existent en Suisse romande, des objectifs doivent aussi être définis et des mesures ainsi que des instruments utilisés dans le cadre du partenariat social doivent être soutenus financièrement par l'AI. 
</p><p><b>Les mesures d’économie de la Confédération déstabilisent l’AI</b></p><p>Le développement proposé de l’AI – dans le domaine d’une amélioration de l’intégration professionnelle – ne peut qu’être mise en œuvre si l’AI dispose de suffisamment de moyens. Et justement, il y a un risque que le financement baisse massivement. Dans son programme d’austérité décrit comme le «&nbsp;Programme de stabilisation 2017-2019&nbsp;», le Conseil fédéral veut déstabiliser l’AI&nbsp;: il propose de réduire la participation de la Confédération à l’AI. Celle-ci perdrait ainsi 60 millions par année à partir de 2018 déjà. Sachant que le pour cent additionnel attribué à l’AI tombe fin 2017 et que les dettes de l’AI doivent être remboursées au Fonds AVS, l’AI dépend donc obligatoirement des recettes de la Confédération. L’USS juge donc qu’une telle mesure de déstabilisation n’est pas acceptable. Elle empêche l’assainissement de l’AI et affaiblirait aussi l’AVS. </p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Santé</category><category>Assurance-invalidité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-3998</guid><pubDate>Wed, 09 Dec 2015 11:10:49 +0100</pubDate><title>Secteur de la construction : la retraite à 60 ans garantie !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/secteur-de-la-construction-la-retraite-a-60-ans-garantie</link><description>Succès d’Unia et de Syna : un accord sur le financement des rentes</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le mouvement de protestation de plus de 10&nbsp;000 travailleurs et travailleuses de la construction a été couronné de succès. À la dernière minute, syndicats et employeurs ont trouvé un accord au lieu d’entamer l’année 2016 sur un vide conventionnel pour plus de 80&nbsp;000 salarié(e)s. Et la retraite anticipée est préservée. Cela, si les conférences professionnelles d’Unia et de Syna l’acceptent samedi prochain.</p><p>C’est grâce à une grande grève en 2002 que les travailleurs et travailleuses de la construction ont obtenu la retraite anticipée à 60 ans. Un succès syndical extraordinaire qui garantit une retraite dans la dignité et avec la santé. Mais les employeurs voulaient d’abord faire marche arrière parce que la Fondation pour la retraite anticipée (FAR) avait besoin de plus d’argent. Ils voulaient relever l’âge de la retraite ou diminuer la rente, jusqu’à 1&nbsp;000 francs. En plus, ils refusaient de négocier une nouvelle convention nationale pour le secteur principal de la construction (CN), alors que la validité de la CN en vigueur prend fin avec l’année.
</p><p>Plus de 10&nbsp;000 travailleurs et travailleuses de la construction se sont opposés à la mi-novembre à cette attitude de blocage des patrons en menant plusieurs actions de protestation à travers tout le pays. Et avec succès&nbsp;: les patrons sont revenus à la table de négociation et se sont mis d’accord avec les syndicats Unia et Syna sur la préservation de l’âge de la retraite à 60 ans sans réduction des prestations. À cet effet, les cotisations versées à la FAR seront augmentées de 2 points de pourcentage, 1,5 pour les employeurs et 0,5 pour les salarié(e)s. En contrepartie, les salaires ne seront pas augmentés en 2016.
</p><p>La nouvelle CN prendra effet dès le début de l’année prochaine, jusqu’en 2018. Elle contient quelques adaptations. Nouveauté&nbsp;: le paiement des salaires en argent liquide est désormais interdit. Les partenaires sociaux soulignent par là leur volonté d’améliorer les contrôles. Et ils veulent négocier tous les autres points encore ouverts jusqu’à la moitié de 2017. Les travailleurs et travailleuses de la construction d’Unia et de Syna diront samedi 12 décembre s’ils sont d’accord avec ce résultat. 
</p><p>Plus d’informations <a href="http://www.unia.ch/fr/actualites/actualites/article/a/11869/" target="_blank" rel="noreferrer">sur le site d’Unia</a>.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-3993</guid><pubDate>Mon, 07 Dec 2015 09:35:12 +0100</pubDate><title>Dire oui aux droits de l&#039;homme, c&#039;est dire non à l&#039;&quot;initiative de mise en oeuvre&quot;</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/dire-oui-aux-droits-de-lhomme-cest-dire-non-a-l-initiative-de-mise-en-oeuvre</link><description>7 raisons de dire NON à l’initiative de mise en œuvre de l’UDC</description><content:encoded><![CDATA[<h3>NON à une justice à deux vitesses</h3><p>Les délinquants doivent être punis. Mais en fonction de la gravité de leur délit et non de leur nationalité. On ne peut pas punir différemment des personnes selon leur passeport alors qu’elles ont commis le même délit. L’initiative veut que, pour un même délit, une personne soit sanctionnée d’une amende quand une autre doit s’attendre à des mesures draconiennes allant jusqu’au bannissement de son environnement habituel. 
</p><h3>NON à un automatisme qui méprise la dignité humaine</h3><p>L’initiative veut que des personnes qui n’ont pas un passeport suisse soient, même en cas de délit sans gravité, automatiquement et indépendamment des circonstances expulsées de Suisse. Cela, même si elles y sont nées et y ont grandi. Toujours est-il que la législation d’exécution adoptée par le Parlement pour l’initiative précédente de l’UDC&nbsp;: «&nbsp;Pour le renvoi des étrangers criminels&nbsp;» prévoit une clause pour les cas de rigueur et respecte pour le moins une certaine proportionnalité. Mais c’est précisément ce dont l’«&nbsp;initiative de mise en œuvre&nbsp;» ne veut pas. Or, la proportionnalité, qui est une importante valeur éprouvée dans les faits, passe de ce fait avant la pureté idéologique. 
</p><h3>NON à la marginalisation des étrangers et étrangères qui vivent en Suisse</h3><p>L’initiative fait savoir aux immigrés de la deuxième génération, les «&nbsp;secondos&nbsp;» et les «&nbsp;secondas&nbsp;», qu’ils ne seront pas traités sur pied d’égalité avec les Suisses et les Suissesses s’ils se rendent un jour coupable d’un délit, peut-être même commis par pure légèreté. Ce message «&nbsp;Tu ne dois absolument rien avoir à te reprocher, sinon tu dois partir&nbsp;», est tout sauf favorable à l’intégration. Il dit noir sur blanc «&nbsp;Tu es quelqu’un de deuxième classe.&nbsp;»
</p><h3>NON à la remise en question de l’État de droit</h3><p>La norme constitutionnelle proposée viole les droits fondamentaux qui figurent dans notre Constitution fédérale, la Convention européenne des droits de l’homme et l’Accord sur la libre circulation des personnes conclu avec l’Union européenne. Avec ses prescriptions détaillées, l’initiative agira comme une loi. Elle ne laisse en effet absolument aucune marge d’appréciation au Parlement et aux tribunaux. Elle viole ainsi par deux fois le principe de la séparation des pouvoirs. 
</p><h3>NON au harcèlement </h3><p>La pratique en matière d’expulsion a été durcie depuis l’acceptation de l’initiative «&nbsp;Pour le renvoi des étrangers criminels&nbsp;». Avec la loi d’exécution elle devient encore plus dure. Le Parlement a ainsi suivi dans les délais impartis les principales demandes de cette initiative. Si une loi d’exécution ne plaît pas, on peut toujours saisir le référendum. L’UDC ne l’a pas fait. Au lieu de respecter les règles de jeu de notre démocratie qui font leurs preuves, ce parti mise avec sa deuxième initiative sur un harcèlement inutile et pas conforme à la pratique suisse.
</p><h3>Non aux attaques incessantes et systématiques contre les droits de l’homme</h3><p>Actuellement, l’UDC récolte des signatures en faveur d’une «&nbsp;initiative pour l’autodétermination&nbsp;». Avec elle, l’UDC va encore plus loin sur ces questions. Cette initiative veut en effet mettre fin au caractère obligatoire du droit international sans cependant toucher aux règles impératives de ce dernier. Cela permettrait à l’UDC de lancer des attaques d’une ampleur à ce jour inimaginable contre les droits sociaux et de l’homme. Il faut y faire obstacle. Maintenant déjà&nbsp;!
</p><h3>Non aux étiquettes trompeuses</h3><p>Le terme de «&nbsp;mise en œuvre&nbsp;» suggère que l’on va appliquer une décision décidée depuis longtemps. Cet intitulé est une étiquette trompeuse, car cette initiative et son catalogue de délits va beaucoup plus loin que ce qu’une toute petite majorité du peuple avait accepté en son temps avec l’initiative «&nbsp;Pour le renvoi des étrangers criminels&nbsp;». L’«&nbsp;initiative de mise en œuvre&nbsp;» ne va pas appliquer cette dernière, mais la durcir de manière cruciale.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-3988</guid><pubDate>Fri, 04 Dec 2015 12:08:32 +0100</pubDate><title>Mêmes délits, mêmes peines</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/memes-delits-memes-peines</link><description>NON à l&#039;initiative &quot;de mise en oeuvre&quot; de l&#039;UDC et les autres recommandations de l&#039;USS pour la votation du 28 février 2015</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Il faut dire NON à l’initiative dite «&nbsp;de mise en œuvre&nbsp;», au deuxième tunnel routier au Gothard et à l’initiative contre la «&nbsp;pénalisation du mariage&nbsp;», mais OUI à l’initiative contre la spéculation sur les denrées alimentaires.</p><p>Ces recommandations pour les objets dont il sera question lors de la votation de février prochain ont été adoptées à l’unanimité par le Comité de l’USS.
</p><h3>Initiative de «&nbsp;mise en œuvre&nbsp;» de l’UDC&nbsp;: NON</h3><p>L’USS rejette l’initiative «&nbsp;Pour le renvoi effectif des étrangers criminels (initiative de mise en œuvre)&nbsp;» parce que son acceptation créerait une justice à deux vitesses dans notre pays. La sanction infligée en cas de délit doit être fonction de la nature de ce dernier et non de la nationalité de la personne qui s’en rend coupable. Si quatre jeunes, dont trois Suisses et un immigré de deuxième génération («&nbsp;secondo&nbsp;») pas naturalisé suisse commettent une effraction, on doit leur infliger la même punition. Il n’est pas question que le «&nbsp;secondo&nbsp;», bien intégré en Suisse, soit quand même expulsé en plus. Cela contrevient à la proportionnalité de la peine. Or, celle-ci est non seulement un principe qui figure dans la Constitution fédérale, c’est aussi une maxime populaire éprouvée.
</p><h3>Deuxième tunnel routier au Gothard&nbsp;: NON </h3><p>La construction d’un deuxième tunnel routier au Gothard est en contradiction avec la politique de transfert du trafic de la route au rail soutenue à plusieurs reprises dans les urnes par les citoyen(ne)s. La promesse que les deux tubes ne seront qu’à une voie n’est guère crédible, car pratiquement impossible à tenir. Or, une ouverture un jour ou l’autre des quatre voies rendrait impossible toute réduction du trafic de transit routier à travers les Alpes. La nouvelle ligne ferroviaire à travers les Alpes (NLFA) offre suffisamment de capacités pour assurer la liaison nord-sud pendant la réfection du tunnel existant et mettre en œuvre le transfert précité décidé avec l’acceptation de l’Initiative des Alpes. En 2014 déjà, le congrès de l’USS avait adopté une résolution de l’union syndicale tessinoise qui allait dans ce sens.
</p><h3>Initiative du PDC «&nbsp;Pour le couple et la famille – Non à la pénalisation du mariage&nbsp;»&nbsp;: NON</h3><p>Cette initiative prétend supprimer les désavantages subis par les couples mariés par rapport à d’autres communautés de vie, notamment en matière d’impôts et de prévoyance vieillesse. Dans les assurances sociales, les couples mariés ne sont pas désavantagés, mais, dans l’ensemble, privilégiés à travers certaines prestations qui leur sont spécialement destinées&nbsp;: prestations de veuves, splitting pour les couples mariés, exonération de la cotisation pour les partenaires sans activité lucrative, etc. Une suppression intégrale du plafonnement à 150&nbsp;% des rentes AVS de couple coûterait chaque année 2 milliards de francs. Les actuelles prestations en faveur des couples mariés génèrent une dépense annuelle de 2,8&nbsp;milliards de francs. En fin de compte, la situation des couples mariés serait moins bonne qu’aujourd’hui. De plus, les désavantages qu’ils connaissent par rapport aux couples concubins ont largement été éliminés du droit fiscal.
</p><p>Mais il est vrai que, dans l’AVS, à cause du plafond de 150&nbsp;% mis à la rente de couple par rapport à la rente simple, l’augmentation de l’activité professionnelle des femmes est trop peu prise en compte. Ici, il est nécessaire de procéder à une adaptation aux nouveaux modèles de rôles et donc de relever le plafond comme l’a décidé le Conseil des États dans le cadre de «&nbsp;Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;».
</p><h3>Initiative populaire «&nbsp;Pas de spéculation sur les denrées alimentaires&nbsp;»&nbsp;: OUI</h3><p>Soutenue par le Parti socialiste, les Verts et plusieurs œuvres d’entraide, cette initiative lancée par la Jeunesse socialiste et plusieurs œuvres d’entraide demande un nouvel article constitutionnel chargeant la Confédération d’édicter des prescriptions sur la lutte contre la spéculation sur les matières premières agricoles et les denrées alimentaires.
</p><p>Grâce à elle, ces opérations spéculatives immorales seront limitées au moins sur le territoire suisse. Elle fait en outre passer le message important, selon lequel la population est décidée à endiguer ce genre d’affaires et que la Suisse ne doit pas devenir un refuge pour des spéculations combattues, ou qui vont l’être, dans d’autres pays. Ses conséquences négatives en termes de substance fiscale et d’emplois seraient modestes, ce qui n’empêche pas ses adversaires de les exagérer démesurément. 
</p><hr>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Migration</category><category>Finances et fiscalité</category><category>Transports</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-3975</guid><pubDate>Fri, 27 Nov 2015 09:48:39 +0100</pubDate><title>Les attentes placées dans la table ronde sur l&#039;amiante augmentent</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-attentes-placees-dans-la-table-ronde-sur-lamiante-augmentent</link><description>Session parlementaire d’hiver</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La Commission des affaires juridiques du Conseil des États (CAJ-E) propose à ce dernier un délai de prescription absolu de 30 années pour l’ensemble des dommages corporels futurs. Relativement à la tragédie de l’amiante, c’est là un premier pas dans la bonne direction. Mais il faut trouver des solutions globales et garantissant l’égalité de traitement devant la loi à toutes les victimes de l’amiante, qu’elles soient ou non couvertes par la loi sur l’assurance-accidents (LAA). Aujourd’hui, le Tribunal fédéral accentue la pression en prononçant un arrêt «&nbsp;phare&nbsp;». </p><p>Avec sa proposition d’un délai de prescription de 30 années, la CAJ-E a suivi le Conseil fédéral, contrairement au Conseil national qui avait fixé ce délai à 20 années. Toutefois, cette solution n’est toujours pas satisfaisante pour les victimes de l’amiante, car le mésothéliome (tumeur causée par le contact avec l’amiante) n’apparaît que 40 années ou plus après l’exposition à cette substance. C’est pourquoi la commission veut compléter sa proposition par un régime spécial provisoire. Celui-ci ne fonctionnera cependant que si l’on crée un fonds d’indemnisation généreusement doté pour les victimes de l’amiante, qu’elles puissent ou non profiter des prestations de l’assurance-accidents.
</p><p>La réglementation transitoire proposée pour le Code des obligations (CO) doit permettre, pour les cas de dommages corporels dus à l’amiante déjà prescrits, l’application d’un délai supplémentaire d’une année à partir de l’entrée en vigueur de la modification du CO. Ainsi, des actions pourraient être intentées, subsidiairement aux prestations d’un fonds d’indemnisation. 
</p><p>La proposition de la CAJ-E ne tient donc toujours pas compte de l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme (CrEDH) de Strasbourg. En effet, cet arrêt demande un délai de prescription subjectif qui commence au moment où la maladie se déclare (pas depuis l’exposition). Combiné aux attentes, par le Conseil des États, d’un fonds d’indemnisation bien doté, le régime transitoire destiné aux cas déjà prescrits constitue toutefois un pas important dans la bonne direction. Le Conseil des États est invité à accepter cette proposition et à l’améliorer.
</p><p>Aujourd’hui, le Tribunal fédéral accentue aussi la pression. À la faveur d’un arrêt «&nbsp;phare&nbsp;», voire historique prononcé en novembre, il a décidé que le droit de la prescription en vigueur viole les droits fondamentaux des victimes. Ainsi, l’instance judiciaire la plus élevée du pays fait avancer la mise en œuvre de l’arrêt précité de la CrEDH et n’attend à juste titre pas les politiques. Pour les malades du mésothéliome, l’objection de la prescription n’a dès maintenant plus aucune valeur. 
</p><p>Pour l’Union syndicale suisse (USS), qui est à l’origine de la table ronde sur l’amiante qui siège depuis lors sous la direction de l’ancien conseiller fédéral Moritz Leuenberger, il est clair que si les milieux économiques veulent empêcher une avalanche de procès suite à l’arrêt de la CrEDH et si le Parlement fédéral veut introduire dans le CO une réglementation de la prescription conforme aux droits de l’homme, il faut non seulement que la révision de ce dernier se fasse en conséquence, mais aussi qu’un fonds généreusement doté soit créé pour indemniser les victimes de l’amiante. Ce fonds devra accorder des dommages et intérêts ainsi qu’un versement forfaitaire unique pour le tort subi. Il rétablira donc la justice aussi pour les cas déjà prescrits et, grâce à lui, nous ne serons pas confrontés à des procès onéreux s’étalant sur de longues années. Il faut en outre aussi mettre sur pied un service de soins pour les victimes de l’amiante et leurs proches. Ceux-ci se sentent aujourd’hui bien trop souvent abandonnés face à l’issue mortelle des maladies qu’ils ont contractées à cause de l’amiante.
</p><p> Ainsi, obtiendraient réparation les personnes malades à cause de l’amiante qui ne sont pas couvertes par la LAA. Un tel fonds devrait être financé avant tout par les entreprises qui ont produit et vendu de l’amiante</p>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-3974</guid><pubDate>Fri, 27 Nov 2015 09:42:00 +0100</pubDate><title>Pas de lutte de répartition au sein du personnel de la Confédération</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pas-de-lutte-de-repartition-au-sein-du-personnel-de-la-confederation</link><description>Session parlementaire d’hiver</description><content:encoded><![CDATA[<p> Les interventions sur la politique de sécurité auront le vent en poupe pendant cette session. Les initiatives cantonales des deux Bâle demandant, pour répondre aux besoins de sécurité de la population, le renforcement du Corps des gardes-frontières sont déjà annoncées. Par une initiative cantonale, le canton de Berne veut une nouvelle fois ancrer dans la Constitution que les dépenses de l'armée représentent 1,2 % du PIB. Le groupe UDC a déposé une motion sur un contrôle systématique des frontières qui devrait être mené avec l'appui de l'armée. Toutes ces interventions seront traitées pendant cette session. D'autres, sur la sécurité intérieure, vont probablement encore être déposées.
</p><p>Les auteurs de ces interventions expliquent qu'il faut agir en raison de la grave situation sécuritaire qui règne en Europe. Le problème est que ces vœux d'augmenter les ressources contrastent avec les interventions de la Commission des finances des deux Chambres fédérales qui appellent à une politique d'austérité rigide. La Commission des finances des États exige par une motion un plafonnement des effectifs au niveau de 2015, alors que celle du National demande d'économiser chaque année 1,5 milliard sur les effectifs. Ces deux interventions seront elles aussi traitées pendant la session d'hiver. À cela s'ajoute que le Conseil fédéral a déjà lui-même mis en route un programme d'austérité et qu'il refuse de s'en écarter dans certains domaines au détriment d'autres. Selon le Conseil fédéral, ce programme va affecter l'ensemble des effectifs en 2017 déjà. La motion Leo Müller, qui demande de plafonner les frais de personnel (y compris les prestations externes) de la période 2016 à 2019 au niveau inscrit dans les comptes de l'exercice 2014, n'a pas encore été traitée. Le Conseil fédéral, s'il propose de rejeter la motion, se montre toutefois bienveillant à son égard.
</p><p>Et pour en revenir à la politique de sécurité : le Corps des gardes-frontière effectue un travail difficile. Le syndicat Garanto demande depuis des années que les effectifs soient augmentés. Il faut former les gens avant qu'ils ne puissent être affectés à leurs postes et cela ne se fait pas du jour au lendemain. Personne ne devrait désormais rester indifférent à cette demande. Mais les partis de droite veulent explicitement couper dans les emplois. Le personnel de la Confédération craint qu'on en arrive justement à la lutte de répartition qu'il redoutait. Davantage de contrôles aux frontières contre moins d'enquêtes de l'Office fédéral de la statistique ? Il faut absolument éviter que les partis bourgeois ne tirent profit de la situation actuelle de sorte le service public ne se réduise à peau de chagrin comme ils le désirent. Un service public mité n'est plus capable de réaction. Et personne ne sait où la prochaine crise se prépare. </p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-3973</guid><pubDate>Fri, 27 Nov 2015 09:23:24 +0100</pubDate><title>Réfugiés : n’érigeons pas de barrières !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/refugies-n-erigeons-pas-de-barrieres</link><description>Session parlementaire d’hiver</description><content:encoded><![CDATA[<p><b> Les deux Conseils tiennent une session extraordinaire intitulée " Vague de réfugiés en Europe et contrôles aux frontières ". Une motion que l'UDC a déposée aux Chambres fédérales est au centre de cette session. Elle demande la mise en place de contrôles systématiques aux frontières pour empêcher les passages illégaux, au besoin en réquisitionnant l'armée.</b></p><p>On doit toutefois reconnaître que toutes les interventions sur lesquelles les deux Chambres se pencheront pendant cette session extraordinaire ne sont pas du niveau de l'UDC. Nous pouvons certainement appeler de nos souhaits la motion Grunder " Pour une meilleure intégration des requérants d'asile sur le marché de l'emploi " et discuter de celle du PDC-PEV " Pour une stratégie globale en matière de politique de l'asile ". Par contre, il faut refuser la motion des libéraux qui demande de n'accorder qu'une protection provisoire aux requérants d'asile d'Érythrée.
</p><p>L'intervention de l'UDC est toutefois d'un tout autre ordre. Le parti l'a déposée à la mi-septembre, donc deux mois avant les attentats de Paris. L'UDC est en guerre. Elle veut réquisitionner l'armée pour protéger les frontières. Contre les réfugié(e)s. Le Conseil fédéral devrait réagir " immédiatement " afin d'éviter que la situation ne dégénère. Et cætera... On commence à connaître la musique de l'UDC et de ses propos incendiaires contre les réfugié(e)s. Nous pouvons aussi être sûrs que le parti, après les événements de Paris, va employer un ton encore plus virulent lors des délibérations en plénum.
</p><p>Une tragédie humaine se joue sous nos yeux. Il n'y a plus eu autant d'êtres humains en fuite en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. L'UDC fait de ces personnes qui ont besoin de notre protection des assaillants contre lesquels ont devrait se défendre. Les agrariens ne sont pourtant pas assez vieux pour avoir oublié que la Suisse a fermé ses frontières aux réfugié(e)s pendant la Seconde Guerre mondiale, les renvoyant à une mort certaine.
</p><p>Heureusement que le Conseil fédéral a gardé la tête froide et a recommandé le rejet de cette motion. Il faut toutefois espérer qu'il n'y ait pas, suite aux terribles attentats de Paris, trop de parlementaires qui confondent la cause avec l'effet, à savoir les terroristes avec les réfugié(e)s.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>International</category><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-3972</guid><pubDate>Fri, 27 Nov 2015 09:04:15 +0100</pubDate><title>Mieux vivre pendant la retraite : le Conseil national se penche à son tour sur l’initiative AVSplus</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/mieux-vivre-pendant-la-retraite-le-conseil-national-se-penche-a-son-tour-sur-l-initiative-avsplus</link><description>Session parlementaire d’hiver</description><content:encoded><![CDATA[<article><article><p><b> Quiconque a vécu une vie de dur labeur doit pouvoir vivre décemment pendant sa retraite. C'est exactement ce que demande AVSplus. Le Conseil des États délibérera le 16 décembre sur l'initiative populaire de l'USS.</b></p></article><article><p>Beaucoup de retraité(e)s ne peuvent pas vivre décemment pendant de leurs rentes des 1er et 2e piliers, alors qu'ils ont travaillé et cotisé à l'AVS toute leur vie. C'est pourquoi il faut relever de 10 % les rentes AVS. Améliorer l'AVS en vaut la peine, car elle est la prévoyance vieillesse la plus sûre et présente le meilleur rapport prestations/prix : contrairement au 2e pilier et surtout à la prévoyance privée (3e pilier), les personnes à revenus moyens paieront comparativement peu, avec l'AVS, pour bénéficier d'une hausse sensible de leurs rentes. Un supplément de 10 % sur les rentes AVS courantes et futures apporteraient bien plus d'argent dans le porte-monnaie de la grande majorité de la population. Les personnes vivant seules recevraient en moyenne 200 francs de plus et la plupart des couples 350 francs de plus par mois. Ces suppléments sont pour deux raisons nécessaires. D'une part, les rentes AVS sont toujours plus en retard sur l'évolution des salaires, de l'autre, les rentes des caisses de pension se dégradent.</p></article><h3>À côté des besoins de la population</h3><p>Autant l'initiative AVSplus serait utile pour beaucoup de personnes âgées, autant les partis de droite la refuse avec intransigeance. Le Conseil des États a recommandé son rejet par 33 voix contre 11. La commission préparatoire du Conseil national demande au plénum la même chose par 15 voix contre 8. Le Parlement passe ainsi à côté des besoins des gens.
</p><h3>L'AVS est solide</h3><p>Beaucoup de parlementaires de droite gonflent le problème du financement de l'AVS. Ils espèrent que leur agitation rhétorique va, avec le temps, laisser des traces. Par contre, ils occultent consciemment le fait que l'AVS repose sur des bases financières solides. L'assurance sociale la plus importante de Suisse est dans les chiffres noirs, même si le nombre des retraité(e)s est actuellement dix fois plus important qu'à sa création. L'allongement de la durée de vie et le recul des naissances (vieillissement démographique) ne l'ont pas non plus déstabilisée. L'AVS est parvenue à relever tous ces défis parce que ses recettes augmentent avec le nombre d'actifs et l'augmentation croissante de la productivité. C'est comme dans l'agriculture : alors que les paysan(ne)s représentaient environ 15 % de la population active il y a encore 50 ans, ils ne sont actuellement plus qu'à peine 3,5 %. Or, ils produisent beaucoup plus de denrées alimentaires aujourd'hui. L'augmentation générale de la productivité a les mêmes effets positifs sur les caisses de l'AVS. Comme l'AVS est financée par un prélèvement sur les salaires, le produit des cotisations a toujours été supérieur aux dépenses grâce à la croissance des salaires, sans qu'il ait été nécessaire de hausser les cotisations prélevées sur les salaires depuis 1975. Seul un petit pour cent de TVA a été ajouté à la fin des années 90. Et pourtant, les prophètes autoproclamés prédisent depuis passé 20 ans des énormes déficits à l'AVS.
</p><p>L'AVS sera aussi en mesure de faire aisément face au départ à la retraite, ces prochaines années, de la génération du baby-boom. L'augmentation supérieure à la moyenne du nombre des nouveaux retraité(e)s sera en effet un phénomène passager dont les conséquences pourront être atténuées au moyen de recettes supplémentaires via une hausse de la TVA ; cela, jusqu'à ce que la génération suivante, où la natalité est faible, parte à la retraite.
</p><h3>AVSplus est finançable</h3><p>La hausse des rentes de 10 % coûtera environ 4,1 milliards de francs. L'initiative AVSplus ne prescrit pas de clé de financement spécifique. Il est toutefois logique de relever les cotisations salariales pour améliorer les prestations servies. Le besoin financier correspond à 0,4 % de salaire pour l'employeur/employeuse et l'employé(e) (20 % du financement, soit environ 800 millions de francs, seraient couverts par la contribution de la Confédération). Avec un salaire annuel brut de 54 000 francs, le prélèvement supplémentaire sur le salaire ne serait que de 220 francs par année, pour une hausse de la rente annuelle de plus de 2 000 francs. Un financement via une hausse des cotisations est donc une façon de procéder tout à fait défendable. Les charges salariales annexes pour l'AVS resteraient basses avec 4,6 % pour l'employeur/employeuse et autant pour l'employé(e). Rappelons en outre que les cotisations de l'AVS n'ont pas été adaptées depuis 40 ans, ce qui n'est pas le cas des primes d'assurance-maladie ou des cotisations aux caisses de pension.
</p><h3>Une nouvelle donne pourrait sortir des urnes</h3><p>Mais ça, c'est la réalité des faits. On peut néanmoins craindre que la majorité de droite ne continue à nier ces faits dans le débat autour de l'AVS. Une nouvelle donne pourrait toutefois sortir des urnes. Car au moment de voter, ce sont les gens qui décident eux-mêmes quels sont leurs besoins. </p></article>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Politique sociale</category><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2395</guid><pubDate>Fri, 20 Nov 2015 14:23:00 +0100</pubDate><title>Les choses peuvent bouger !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/les-choses-peuvent-bouger</link><description>Genève et Bâle-Campagne : davantage de contrôles contre la sous-enchère

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) n’a de cesse de critiquer le manque de volonté politique de lutter efficacement contre la sous-enchère salariale. Or, que les choses puissent changer, le Grand Conseil genevois et les citoyen(ne)s de Bâle-Campagne viennent de le prouver.</p><p>Le 13 novembre, le Grand Conseil genevois a décidé de renforcer les contrôles menés contre la sous-enchère salariale. Dès le début de l’année, les syndicats et les employeurs pourront, les uns et les autres, avoir douze inspecteurs ou inspectrices, qui, en plus des inspecteurs et inspectrices cantonaux veilleront au respect des conditions de travail. Cette décision permettra d’augmenter le nombre de ces contrôles également dans les secteurs sans convention collective de travail. Les possibilités pour les entreprises d’empêcher les contrôles des syndicats, comme les plaintes pour violation de domicile, s’en trouvent de ce fait clairement limitées.
</p><h3>À l’origine, une initiative des syndicats</h3><p>La décision du législatif genevois part d’une initiative populaire de la Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS), qui demandait l’introduction de contrôles purement syndicaux, ce dont les patrons ne voulaient bien sûr pas. Après de longues négociations, les partenaires sociaux et le canton se sont mis d’accord sur la création d’une Inspection paritaire des entreprises. Raison pour laquelle, les syndicats ont retiré leur initiative. 
</p><h3>Bâle-Campagne&nbsp;: une meilleure protection dans les marchés publics</h3><p>Le 8 novembre, les citoyen(ne)s de Bâle-Campagne ont accepté, à une écrasante majorité de trois quarts des votant(e)s, une initiative législative demandant une protection efficace contre la sous-enchère salariale dans les marchés publics. Ainsi, entre autres, une peine conventionnelle sera introduite et en cas de suspicion les entreprises concernées feront l’objet d’un contrôle par des organisations professionnelles. 
</p><p>Genève et Bâle-Campagne montrent ainsi deux choses&nbsp;: primo, la sous-enchère salariale préoccupe beaucoup la population et, deuzio, s’ils le veulent et s’ils ont les idées claires, les politiques peuvent agir contre cette sous-enchère. Dans les deux cas, c’est ce qu’ils ont fait.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Travail</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2396</guid><pubDate>Fri, 20 Nov 2015 13:49:00 +0100</pubDate><title>Avenir Suisse redéfinit la discrimination !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/avenir-suisse-redefinit-la-discrimination</link><description>Une triste copie défensive</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 18 novembre, soit, comme par hasard, le même jour où le Conseil fédéral a présenté son projet de révision de la loi sur l’égalité, Avenir Suisse a publié un document censé présenter de nouvelles idées sur l’égalité des sexes. Finalement, ce sont de vieilles salades que l’on essaie de nous resservir. L’analyse se veut objective, contrairement au discours tenu par l’Office fédéral de la statistique et la Confédération, semblerait-il. Mais ce qu’Avenir Suisse nous présente a franchement peu à voir avec l’objectivité et la scientificité. Bon, des études et des auteur(e)s renommés sont cités, ce qui est un bon début, mais les conclusions de Monsieur Marco Salvi et Cie apparaissent parfois des plus audacieuses.
</p><p>Un problème fondamental de ce document est qu’il mélange grossièrement plusieurs niveaux et catégories différents. Les auteur(e)s mélangent en effet des propos qui se rapportent à l’Enquête suisse sur la structure des salaires – une analyse globale de l’économie sans implications juridiques – et des analyses de différentes entreprises. Ils différencient tout aussi peu entre salaire médian et salaires moyens et, parfois, confondent aussi les différences de salaire expliquées et celles qui ne le sont pas&nbsp;; cela, alors qu’ils veulent précisément expliquer ces différences… Par conséquent, impossible bien sûr de tirer de cet embrouillamini des conclusions valables. &nbsp;
</p><p>Passons maintenant au message central de ce document. Selon lui, les femmes sont responsables des inégalités salariales. Ce qui n’est pas nouveau. Ce qui, par contre, l’est, c’est la définition de la discrimination salariale que nous propose Avenir Suisse. Les employeurs ni ne seraient «&nbsp;contre les femmes&nbsp;», ni ne voudraient les payer moins que les hommes. Il ne pourrait donc pas y avoir de discrimination. Et que faisons-nous des attentes, des préjugés stéréotypés et des «&nbsp;attentes sommaires à propos des idéaux des femmes et de leur comportement futur en activité&nbsp;» (p.&nbsp;31)&nbsp;? Mais encore&nbsp;: «&nbsp;Au-delà de la tendance à discriminer liée à une aversion explicite ou à une intention grossière d’exclure, une discrimination implicite a priori non voulue par l’employeur mais pratiquement inévitable s’avère problématique du point de vue de l’individu (p.&nbsp;30). Ce qui n’est pas si grave, car cette «&nbsp;manière de mettre les gens dans des cases se produit presque nécessairement à chaque embauche&nbsp;» (p.&nbsp;30). Ainsi, le problème n’existe pas, ou il n’y a pas lieu de le résoudre, l’État n’a par conséquent pas besoin d’agir. Et nous avons appris une chose&nbsp;: s’il y a intention, il y a discrimination et s’il n’y a pas intention, il s’agit de liberté entrepreneuriale, un dégât collatéral, de toute façon rien de malintentionné. 
</p><p>On ne comprend dès lors pas pourquoi les médias accordent à cette triste prose défensive non scientifique au moins autant d’importance qu’aux deux enquêtes de la Confédération également publiées le 18 novembre, qui s’attaquent à des questions similaires en appliquant des méthodes scientifiques. L’Université de Saint-Gall, INFRAS et la Haute école spécialisée de la Suisse du Nord-Ouest ont étudié le rôle du marché en matière d’égalité salariale et se sont demandé si les méthodes qui servent à analyser les différences de salaire sont pertinentes. Les résultats de ces études sont réjouissants et présentent certaines surprises. En effet, le marché a failli sur cette question, les méthodes d’analyse fonctionnent et deux tiers des entreprises interrogées saluent l’idée de mesures étatiques. En outre, la moitié des entreprises qui ont contrôlé leurs salaires ont ensuite procédé à des adaptations. Faisons donc en sorte que des études pseudoscientifiques ne nous empêchent pas d’en arriver à l’égalité salariale&nbsp;!
</p><p>Et, concernant la demande d’Avenir Suisse, d’améliorer la conciliation entre famille et profession, d’accord&nbsp;! Il faut le faire, mais ne pas oublier que l’égalité salariale doit venir réalité.!</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2391</guid><pubDate>Tue, 17 Nov 2015 09:39:00 +0100</pubDate><title>Les droits fondamentaux protègent les salarié-e-s en Suisse </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-droits-fondamentaux-protegent-les-salarie-e-s-en-suisse</link><description>Par son colloque juridique, l’USS a lancé une campagne de sensibilisation</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En matière de droit du travail, la législation de la Cour européenne des droits de l’homme (CrEDH) joue, avec les normes de l’Organisation internationale du travail (OIT), un rôle toujours plus important en Suisse. Deux nouvelles études (Kaufmann/Good et Pärli) montrent que les droits fondamentaux garantis sur le plan international ont une grande signification en droit du travail pour les salarié-e-s de Suisse. Ces études ont été présentées au colloque juridique de l’USS du 13 novembre à Berne. </p><p>Depuis toujours, les syndicats s’engagent pour que des droits fondamentaux émancipateurs qui protègent mieux les salarié-e-s dans notre pays soient ancrés et développés. Les accords sur les droits sociaux et du travail de l’OIT et de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) se révèlent être particulièrement importants pour le travail syndical qu’effectuent par exemple les secrétaires syndicaux, mais aussi pour l’exercice des libertés syndicales par les salarié-e-s dans les entreprises. Ces bases juridiques permettent aux personnes concernées de s’organiser dans l’entreprise, de mener des négociations conventionnelles sans crainte de représailles et de lutter sur des questions liées au droit du travail. 
</p><p><b>La protection contre les licenciements en droit suisse n’est pas conforme à la CEDH et à l’OIT</b></p><p>Les droits fondamentaux ancrés sur le plan international apportent un rééquilibrage bienvenu à une globalisation souvent uniquement comprise comme étant économique. Ils ordonnent à l’Etat de remplir des obligations concrètes et positives à l’égard des salarié-e-s, par exemple dans le domaine de la protection contre les licenciements abusifs. C’est aussi ce qu’ont montré les exposés et les deux études présentées par les professeurs Christine Kaufmann et Christoph Good (Université de Zurich) ainsi que par le professeur Kurt Pärli (Université de St-Gall/HWZ Winterthur) présentées au colloque de l’USS du 13 novembre. Et pour l’USS, la situation juridique est limpide&nbsp;: le droit suisse en matière de licenciement n’est pour certaines parties ni conforme à la Convention européenne des droits de l’homme, ni à l’OIT.
</p><p>Des invités de haut vol ont honoré de leur présence ce colloque juridique. En plus des auteurs des deux études, la juge de la CrDEH Helen Keller, la juriste de l’OIT Tzehainesh Teklè ainsi que l’avocat spécialisé dans le droit des assurances et de la responsabilité civile David Husmann ont mis en lumière certains aspects de la protection au titre du droit fondamental. Ils ont expliqué l’importance fondamentale de la CrDEH pour la Suisse, l’applicabilité des normes de l’OIT devant les tribunaux suisses ou des plaintes déposées devant la Cour européenne en raison de violation de la Convention européenne des droits de l’homme dans des cas relatifs au droit du travail. 
</p><p><b>Deux nouvelles études</b></p><p>Le colloque de l’USS a aussi permis de lancer une campagne de sensibilisation sur l’importance de la Convention européenne des droits de l’homme ainsi que sur le droit du travail garanti internationalement par l’OIT pour les travailleurs suisses. A une époque où les attaques des droits humains deviennent toujours plus présentables et socialement acceptées, il faut y opposer une campagne d’information auprès des salarié-e-s de Suisse sur l’énorme importance qu’ont ces acquis. Les deux études de Kaufmann/Good et Pärli mandatés par l’USS assoient le travail syndical quotidien en matière de droits fondamentaux et de droit du travail sur des bases juridiques plus solides. Elles vont représenter un instrument de travail précieux pour les secrétaires syndicaux, les avocats et les autorités. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2392</guid><pubDate>Tue, 17 Nov 2015 09:38:00 +0100</pubDate><title>Débrayage des maçons dans toute la Suisse et grève de la fonction publique à Genève</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/debrayage-des-macons-dans-toute-la-suisse-et-greve-de-la-fonction-publique-a-geneve</link><description>Impressionnantes actions collectives contre des démantèlements</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Plus de 10&nbsp;000 maçons ont débrayé pendant la deuxième semaine de novembre pour le maintien de leur retraite à 60 ans et pour une meilleure CN. A Genève, la fonction publique a fait grève pendant trois jours contre les suppressions d’emplois et l’augmentation du temps de travail. Dans les deux cas, il s’agissait de revendications qui touchaient à quelque chose d’élémentaire&nbsp;: vieillir dans la dignité et des conditions de travail décentes.&nbsp; </p><p>En 2002, les maçons ont obtenu la préretraite à 60 ans. Cette remarquable victoire dans la récente histoire syndicale a permis à des milliers de maçons de vieillir dans la dignité et dans un meilleur état de santé. Ce dont ils avaient vraiment besoin. Car dans aucune autre branche, le danger d’invalidité n’est aussi important que dans la construction. Dix ans plus tard, les entrepreneurs veulent pourtant faire marche arrière parce que le fonds pour la retraite anticipée manque momentanément de moyens. La Société suisse des entrepreneurs (SSE) veut relever l’âge de la retraite ou réduire les rentes, la baisse pouvant aller jusqu’à 1000 francs par mois. En même temps, la SSE ne veut pas d’une nouvelle convention nationale, la CN, c’est le nom de la CCT de la construction, bien que celle-ci échoie à la fin de l’année. Il est toutefois bien clair pour les maçons&nbsp;: la CN doit leur apporter davantage de protection de leur santé et contre la sous-enchère salariale. 
</p><p><b>Défense d’acquis essentiels </b></p><p>Contre cette attitude de blocage, les maçons ont lancé des signaux d’avertissement impressionnants du 9 au 11 novembre. Plus 10&nbsp;000 maçons ont pris part à des débrayages de protestation, lundi au Tessin, mardi en Suisse alémanique et mercredi en Suisse romande. Ils ont montré qu’ils veulent être traités avec respect. Et qu’ils sont prêts à poursuivre la lutte si les entrepreneurs refusaient d’œuvrer à la recherche de solutions pour les problèmes qui touchent la construction. Ils ne leur reste que quelques semaines pour éviter que le vide conventionnel ne s’installe dès janvier 2016. Si les entrepreneurs ne cèdent pas d’ici là, des grèves seraient possibles à partir de début 2016. Tout entrepreneur un peu clairvoyant devrait avoir maintenant compris que les travailleurs et leurs syndicats Unia et Syna ne vont pas abandonner leurs acquis essentiels sans livrer bataille, ni laisser pourrir leurs conditions de travail. 
</p><p><b>Genève: la fonction publique contre de brutales économies</b></p><p>A Genève, les employé-e-s de la fonction publique ont fait grève du 10 au 12 novembre contre le programme de réduction des dépenses drastique du gouvernement genevois. Des manifestations ont eu lieu pendant les trois jours, avec toujours autour de 10&nbsp;000 participant-e-s. Mercredi, les employé-e-s de la fonction publique ont manifesté avec les maçons. Les employé-e-s et leurs syndicats, dont le Cartel intersyndical du personnel de l’Etat et du secteur subventionné ainsi que le SSP se défendent contre un programme d’économies extrêmement rigide qui prévoit le gel des embauches et des salaires, des licenciements facilités, des privatisations et le licenciement de jusqu’à 1800 personnes. Pour compenser la réduction des prestations, les employé-e-s restants devraient travailler plus et passer de 40 à 42 heures pour le même salaire. 
</p><p><b>Et voilà que la majorité du législatif fait comme si de rien n’était…</b></p><p>Jeudi, les grévistes ont décidé lors d’une assemblée de lever la grève jusqu’au 1er décembre. Une réelle chance de négocier doit être offerte au gouvernement genevois. Mais s’il ne saisit pas cette opportunité, la grève sera reconduite le 1er décembre, puis de nouveau le 3 décembre. Le 25 novembre les protestataires vont à nouveau se rencontrer et évaluer l’offre du Conseil d’Etat. Pour Marc Simeth, le président du cartel intersyndical, il faut développer le mouvement avec de nouvelles forces et convaincre encore plus de collègues de la nécessité de l’action collective.
</p><p>Le Grand Conseil à majorité de droite a encore entretemps jeté de l’huile sur le feu. Le vendredi 13 novembre, il a adopté un «&nbsp;frein à l’endettement&nbsp;», mesure encore plus dure qui ne peut que faire escalader le conflit en obligeant le gouvernement à faire encore plus d’économies.
</p><p>On n’avait plus vu depuis longtemps en Suisse une telle lutte de la fonction publique contre des détériorations marquantes de ses conditions de travail et&nbsp; plus de stress. Les employé-e-s de la fonction publique ont clairement montré qu’ils ne voulaient pas trinquer pour les cadeaux fiscaux offerts aux entreprises. 
</p><p>Tout peut encore bouger à Genève. On voit pourtant qu’est à l’<span lang="FR-CH">œuvre</span> le manque de discernement de certains qui ne semblent pas comprendre que lorsque l’on sème le vent, on récolte la tempête. Mais ils vont peut-être bientôt le comprendre quand encore plus de monde descendra dans la rue. La grève de la fonction publique a du moins cela de commun avec le débrayage des maçons d’Unia et de Syna. 
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Droit du travail</category><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2387</guid><pubDate>Mon, 16 Nov 2015 12:15:00 +0100</pubDate><title>L’USS Soutient les maçons dans leur lutte pour une CN avec plus de protection et pour la retraite à 60 ans !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-uss-soutient-les-macons-dans-leur-lutte-pour-une-cn-avec-plus-de-protection-et-pour-la-retraite-a-60-ans</link><description>Résolution de l&#039;assemblée des delegueé-e-s du 6 novembre 2015</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Les travailleurs de la construction ont de quoi être en colère. La Société suisse des entrepreneurs (SSE) refuse depuis des mois toute solution en vue d'une nouvelle convention collective de travail, et remet en question leur retraite à 60 ans.</p><p>Le vide conventionnel, le dumping salarial et une péjoration des conditions de travail sur les chantiers sont à craindre. Ce n'est dans l'intérêt de personne. L'Union syndicale suisse (USS) et ses organisations affiliées tiennent donc à assurer de leur soutien et de leur solidarité le syndicat Unia et les maçons de Suisse. Concrètement, les délégués de l'USS invitent la SSE à abandonner son attitude de blocage et à s'en tenir à nouveau aux principes du partenariat social.
</p><p>2015 est une année cruciale pour le partenariat social helvétique: la convention nationale du secteur principal de la construction en Suisse (CN) expire le 31 décembre. Elle règle les conditions de travail de plus de 80 000 travailleurs. Or depuis des mois, la Société suisse des entrepreneurs (SSE) refuse de négocier toute solution avec les syndicats. En outre, les entrepreneurs attaquent la retraite à 60 ans. Alors que les maçons ont un besoin urgent de protection accrue, et non de suppression des garde-fous actuels. L'heure est venue de les protéger contre le dumping salarial et contre les intempéries. Aucune autre branche d'activité n'affiche un risque d'accident aussi élevé que la construction. Chaque année, des vies humaines sont inutilement gâchées sur des chantiers suisses. Ces deux thèmes – le dumping salarial et la sécurité au travail – nous concernent tous.
</p><p>Il faut encore préserver la retraite à 60 ans sur les chantiers. Depuis plus de 10 ans, la fondation FAR garantit aux maçons une vieillesse digne. Or la SSE cherche à torpiller cet acquis majeur du mouvement ouvrier suisse. Les entrepreneurs parlent de relever l'âge de la retraite, ou de réduire les rentes de 1000 francs parfois.
</p><p>La dangerosité et la pénibilité du travail, les pressions salariales et les attaques contre l'âge de la retraite sont loin d'être un problème spécifique à la construction. On assiste à de tels développements dans presque toutes les professions. Le lutte des maçons est dès lors le combat de tous les travailleurs et travailleuses de Suisse. Si l'on ne parvient pas à améliorer la CN et à défendre la retraite des maçons à 60 ans, les pressions redoubleront par effet domino sur toutes les autres CCT.
</p><p>Les délégué-e-s de l'USS et les organisations syndicales affiliées se déclarent donc solidaires des travailleurs de la construction de Suisse et les assurent de leur soutien dans leur lutte pour la convention nationale et pour leur retraite à 60 ans.
</p><p>En parallèle, ils invitent la SSE à régler enfin les problèmes actuels du secteur de la construction. Il est urgent d'adopter une CN offrant plus de protection et de garantir la retraite à 60 ans. Dans le conflit qui couve, tout le mouvement syndical suisse est aux côtés des maçons. </p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2388</guid><pubDate>Tue, 10 Nov 2015 14:06:00 +0100</pubDate><title>6706 personnes ont signé contre les réductions d&#039;emplois et de salaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/6706-personnes-ont-signe-contre-les-reductions-demplois-et-de-salaires</link><description>Protestation et pétition du personnel de la confédération</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"><b>Par leur marche vers le Palais fédéral et leur pétition, les employé-e-s de la Confédération ont protesté aujourd’hui à Berne pour faire reconnaître leur travail et contre le programme d’austérité du Conseil fédéral. </b><b><b>La pétition</b> a été signée par 6 706 collaborateurs et collaboratrices.</b></p><p>Par son action de protestation et sa pétition, le personnel de la Confédération s’oppose au démantèlement des salaires et des emplois. Il demande une politique du personnel responsable, le retour aux principes du partenariat social et l’arrêt du démantèlement des salaires et des conditions de travail. Le personnel de la Confédération fournit un travail de qualité, il est très motivé à offrir les meilleurs services possibles à la population et à l’économie privée. Pour qu’elle puisse relever les futurs défis de politique économique et extérieure, l’Administration fédérale a besoin de suffisamment de ressources.
</p><p>Le personnel de la Confédération réagit ainsi à la pression toujours plus forte à laquelle il est confronté. L’Administration fédérale est diffamée, elle serait inefficiente et superflue. Chaque nouveau poste créé signifierait plus de réglementation et mettrait de ce fait les bâtons dans les roues de l’économie privée, tel est le credo des adeptes de la déréglementation. De nombreuses interventions parlementaires exigent que l’on procède à des coupes radicales et supprime des emplois. Et le programme d’austérité du Conseil fédéral frappe très durement les jeunes employé-e-s et les classes de salaire inférieures&nbsp;: gel des salaires en 2016, progression des salaires divisée par deux et prime de fidélité désormais uniquement après 10 années de service. De plus, à partir de 2017, des centaines de postes seront supprimés, la contribution patronale aux rentes transitoires (rentes-ponts) disparaîtra et un système salarial sans progression des salaires réglementée sera introduit.
</p><p>Les associations du personnel APV, transfair, Garanto, SSP, swissPersona et APfedpol ont lancé ensemble cette pétition à l’intention du Conseil fédéral et transmis aujourd’hui à la Chancellerie fédérale les signatures, aux alentours de midi, lors d’une action de protestation qui a rassemblé des centaines de collaboratrices et collaborateurs. Elles refusent que le personnel de la Confédération doive trinquer pour la baisse des recettes causée par une politique fiscale erronée. Elles soulignent que l’Administration fédérale n’est aucunement surdotée en personnel&nbsp;: depuis des années, les dépenses de personnel ne représentent en effet que 8,4&nbsp;% des dépenses totales de la Confédération et la quote-part de l’État ne cesse de baisser pour atteindre, avec 31,3&nbsp;%, un niveau record en comparaison européenne. Les associations du personnel mettent en garde contre ce programme d’austérité qui provoquerait un démantèlement des prestations servies à la population, aux cantons et à l’économie. </p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Salaires et CCT</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2380</guid><pubDate>Mon, 02 Nov 2015 10:35:00 +0100</pubDate><title>Action de protestation contre le programme d’austérité et les diffamations</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/action-de-protestation-contre-le-programme-d-austerite-et-les-diffamations</link><description>Le personnel de la Confédération se rebiffe

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 4 novembre, le personnel de la Confédération, après avoir marché vers le Palais fédéral, déposera une pétition adressée au Conseil fédéral et signée par plus de 6 500 employé(e)s de la Confédération. Il y exige que son travail soit reconnu et qu’il soit mis fin aux programmes d’austérité et de démantèlement lancés par le gouvernement. Cette action a été organisée par toutes les associations du personnel.</p><p>La pression est énorme et elle s’accentue toujours plus. Depuis une année, une pluie d’interventions parlementaires de droite exigent des coupes radicales dans le personnel de la Confédération et les salaires, ainsi que la réduction de moitié d’offices fédéraux entiers. Les employé(e)s de la Confédération sont traités de fanatiques de la réglementation qui mèneraient la vie dure à l’économie privée. Le Conseil fédéral ne fait rien pour contrer ces insultes. Au contraire, influencé par des prévisions financières pessimistes, il s’efforce de satisfaire à ces interventions avant même qu’elles ne soient traitées aux Chambres fédérales. Le programme d’économies pour l’année 2016 prévoit une coupe de 140&nbsp;millions de francs dans les frais de personnel&nbsp;: gel des salaires, progression des salaires divisée par deux et suppression de la prime de fidélité versée après cinq années d’ancienneté (une semaine de congé supplémentaire). Ces coupes frappent très durement les jeunes employé(e)s, dans les classes de salaire inférieures et chez les nouveaux arrivants. Le frein mis à la progression des salaires aura une très forte incidence sur les inégalités de salaire internes, car les nouveaux collaborateurs et collaboratrices n’atteindront le niveau salarial de leurs collègues qu’après deux fois plus d’années de service, si tant est qu’ils l’atteignent un jour. Aujourd’hui, il faut 15 ans pour arriver au salaire maximum et demain, ce seront 30 ans. 
</p><h3>Troisième réforme de l’imposition des entreprises&nbsp;: le personnel de la Confédération devrait passer à la caisse &nbsp;&nbsp; </h3><p>&nbsp;Alors que la toute dernière extrapolation annonce une fois de plus un très bon résultat pour les comptes de 2015 – au lieu de se monter à 400 millions, l’excédent sera sans doute d’un bon milliard –, le Conseil fédéral maintient sa ligne de l’austérité. Par là, il s’agit pour lui notamment de préparer le terrain à la troisième réforme de l’imposition des entreprises (RIE III). En effet, la Confédération veut dédommager dans ce cadre les cantons pour leurs pertes en leur versant un milliard de francs. Mais le Conseil fédéral ne devra «&nbsp;débloquer&nbsp;» cet argent qu’en procédant à des coupes dans le budget de la Confédération ces prochaines années. Or, comme près de 80&nbsp;% des dépenses sont en fait des paiements de transfert qui ne permettent pas de faire des économies, reste son domaine propre&nbsp;: l’Administration fédérale, 20 % au moins des dépenses, dont font aussi partie les effectifs du personnel. Il y a deux semaines, le Conseil fédéral a annoncé que dans les faits, une grande partie des mesures d’économie des années postérieures à 2016 concernera ce domaine et que d’«&nbsp;importantes coupes budgétaires sont notamment prévues au niveau du personnel&nbsp;».
</p><h3>Des coupes démesurées </h3><p>Le Conseil fédéral ne dévoilera probablement pas les détails du «&nbsp;programme de stabilisation&nbsp;» (qui devrait plutôt s’appeler «&nbsp;programme de démantèlement&nbsp;») avant l’action de protestation du 4 novembre. Mais il faut s’attendre à ce que des centaines de postes soient supprimés. Il a en outre été décidé que tout le système salarial soit réaménagé. À l’avenir, il n’y aura plus de progression réglementée des salaires et la contribution patronale déjà très «&nbsp;allégée&nbsp;», versée par la Confédération pour les rentes transitoires (rentes-ponts), disparaîtra totalement. Si bien que les employé(e)s de la Confédération des classes de salaire inférieures ne pourront plus se permettre de prendre une retraite anticipée. Or il y a lieu de se demander si les offices fédéraux voudront continuer à employer jusqu’à 65 ans leur personnel dans les ateliers, la logistique et le nettoyage 
</p><h3>Le partenariat social foulé aux pieds</h3><p>Avec leur action du 4 novembre, les associations du personnel protestent aussi contre le fait que le Conseil fédéral a foulé aux pieds le partenariat en communiquant parcimonieusement des informations sur ce vaste programme de stabilisation via les médias, que les organisations du personnel n’ont pas été associées à ce processus et que les mesures d’économie n’ont pas été négociées avec elles. </p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2379</guid><pubDate>Mon, 02 Nov 2015 10:26:00 +0100</pubDate><title>Un changement radical de mentalité s’impose</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/un-changement-radical-de-mentalite-s-impose</link><description>Progrès trop lents dans la conciliation entre famille et activité professionnelle 

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Cela fait longtemps que l’Union syndicale suisse (USS) demande que de vrais progrès soient accomplis en matière de conciliation entre la famille et la profession. Depuis l’acceptation dans les urnes de l’initiative «&nbsp;Contre l’immigration de masse&nbsp;», les milieux économiques réalisent lentement qu’il y a lieu d’agir à ce sujet. Aujourd’hui, les femmes au bénéfice d’une formation qui a coûté cher ne doivent plus gaspiller leurs aptitudes «&nbsp;à la maison&nbsp;», mais désensabler le navire de l’économie aux prises avec la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Or, on piétine, car il ne faudrait pas trop dépenser d’argent.</p><p>En matière de conciliation entre famille et profession, un changement radical de mentalité s’impose. La famille n’est pas une affaire privée, les tâches d’assistance et de soins («&nbsp;care&nbsp;») sont un facteur économique important et relèvent des pouvoirs publics. Il faut que la répartition équitable du travail rémunéré et du travail non rémunéré entre les femmes et les hommes devienne enfin réalité. Le modèle néoconservateur «&nbsp;Lui à plein temps, elle à temps partiel&nbsp;», une particularité suisse si tenace, est une impasse. Il implique la dépendance financière des femmes et, pour les hommes, le poids de la responsabilité de principal «&nbsp;soutien de famille&nbsp;». Et il est scandaleux que ce modèle soit en plus favorisé à travers les tarifs des crèches et une pratique fiscale qui punit l’augmentation du taux d’occupation des femmes en engloutissant immédiatement le salaire complémentaire obtenu. 
</p><h3>Il faut valoriser les tâches d’assistance et de soins </h3><p>La société doit une fois pour toutes bouger. Le travail rémunéré des femmes et le travail non rémunéré doivent être revalorisés. Tant que l’absence d’un salaire féminin fera moins mal au budget de la famille que si c’est un salaire masculin qui fait défaut, les femmes «&nbsp;choisiront&nbsp;» le travail non rémunéré. Et tant que les tâches d’assistance et des soins n’auront pas reçu la reconnaissance sociale qui leur est due, elles seront peu intéressantes pour les hommes, surtout s’il ne s’agit plus de s’occuper des enfants, mais de prendre en charge des proches dépendant de soins. 
</p><p>Malgré les obstacles existants, l’intégration des femmes dans le monde du travail professionnel s’est développée. Parallèlement, les hommes réduisent lentement leur charge de travail. Cependant, un nouveau partage du travail non rémunéré entre femmes et hommes n’a pas pour autant lieu. Ce sont plutôt d’autres femmes qui reprennent ces activités d’assistance et de soins. Des migrantes viennent en effet dans notre pays sans leur famille pour s’occuper, dans des conditions précaires, de ces personnes qui dépendent de soins. 
</p><h3>Les pouvoirs publics doivent assumer leurs responsabilités</h3><p>La Suisse doit résoudre elle-même ses problèmes de conciliation entre famille et profession, et pas sur le dos de femmes venant d’autres pays. Les aides financières supplémentaires octroyées pour l’accueil extrafamilial des enfants, que la Confédération vient de décider, sont un pas dans la bonne direction. Mais ce n’est qu’un début. L’accueil des enfants doit être un service public, tout comme la formation. Comment concevoir qu’à côté des écoles gratuites, il y ait des structures d’accueil extrafamilial et extrascolaire coûteuses&nbsp;? Il faut que les pouvoirs publics fournissent les fonds nécessaires à une offre de structures de formation et d’accueil qui soit exhaustive, adaptée aux besoins, de grande qualité et abordable pour tout le monde. L’État doit aussi assumer la responsabilité de la prise en charge des personnes âgées ou dépendant de soins. Confier ces tâches aux privés, comme c’est arrivé avec le nouveau financement des soins, est de toute évidence la mauvaise solution. Il faut au contraire que les pouvoirs publics fournissent des ressources en suffisance, de sorte que les personnes dépendant de soins soient prises en charge par du personnel formé et travaillant dans de bonnes conditions. Cela, pour que les familles n’aient plus, faute de moyens financiers, à se rabattre sur des solutions à moitié légales et précaires, et exploiter des migrantes. 
</p><h3>Nous empoignons le problème&nbsp;!</h3><p>Nous avons aussi besoin de conditions de travail et d’horaires qui permettent aux femmes et aux hommes de concilier famille et profession dans un cadre socialement garanti. L’USS et sa Commission féminine sont prêtes à développer de telles solutions pour en arriver à une vraie égalité des sexes, à les ajuster aux situations existantes et à se battre pour qu’elles deviennent réalité. </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2374</guid><pubDate>Thu, 22 Oct 2015 09:28:00 +0200</pubDate><title>Le nouveau Conseil national ne représente pas la « volonté du peuple » sur les questions de politique sociale</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/le-nouveau-conseil-national-ne-represente-pas-la-volonte-du-peuple-sur-les-questions-de-politique-sociale</link><description>Après les élections : une législature qui s&#039;annonce exigeante</description><content:encoded><![CDATA[<p>Un deuxième tour aura lieu dans de nombreux cantons pour repourvoir les sièges en ballottage du Conseil des États. Mais il est déjà clair aujourd’hui que la différence de composition politique entre le Conseil national et celui des États s’est accentuée. Si les positions des employeurs se sont renforcées au Conseil national sur les questions de politique sociale et des salarié(e)s, cela ne veut pas pour autant dire que ce soit l’expression de la «&nbsp;volonté du peuple&nbsp;». Car beaucoup d’électeurs et d’électrices ont voté pour l’UDC pour des raisons essentiellement liées à des inquiétudes sur des évolutions de la société. Le glissement à droite serait donc une réalité pour les questions de société, mais pas pour la politique sociale et économique.
</p><p>D’un point de vue syndical, les résultats régionaux des élections montrent, à titre indicatif, que les classes de revenus moyens et bas ont à nouveau davantage choisi les forces sociales (PS, Verts, entre autres) dans l’éventail politique. Dans le canton de Zurich, par exemple, celles-ci ont gagné des points dans (presque) toutes les villes et communes de l’agglomération. Dans beaucoup de «&nbsp;quartiers de travailleurs&nbsp;» des villes, mais aussi dans les grandes communes de l’agglomération où le niveau de revenu est moyen ou en dessous de la moyenne, l’UDC a plutôt perdu des parts de suffrage avec sa campagne xénophobe ou en a gagné moins que les forces sociales. 
</p><p>D’un point de vue syndical, il y a surtout deux sujets de large portée qui nous attendent pendant la prochaine législature, à savoir la poursuite des Accords bilatéraux – liée à une solution pour résoudre le problème de la protection des salaires et des emplois – et la prévoyance vieillesse. &nbsp;
</p><p>En ce qui concerne la prévoyance vieillesse, le Conseil des États a fait un pas important, attendu depuis longtemps, en renforçant l’AVS, en augmentant les rentes de 70 francs par mois. Cette décision a été bien reçue dans la population parce que les rentes AVS accusent un retard sur les salaires et les rentes des caisses de pension sont sous pression. C’est aussi pour cette raison que l’USS a lancé son initiative AVSplus qui prévoit une hausse des rentes de 10&nbsp;%. Le Conseil national qui vient d’être élu doit être conscient de ce contexte et prendre ses responsabilités. Sinon, le peuple devra corriger ce qu’il décidera.
</p><p>En ce qui concerne les Accords bilatéraux, il s’agit essentiellement de sécurité des emplois et des salaires. En tant que pays exportateur, la Suisse dépend des Bilatérales. Mais en même temps, il faut éliminer les abus liés à l’Accord sur la libre circulation des personnes que les employeurs commettent. Il faut en outre prendre des mesures pour une meilleure conciliation entre travail et famille.
</p><p>Il est particulièrement absurde que les milieux patronaux exigent que les député(e)s du nouveau Parlement agissent sur le sujet du travail. Par exemple en démantelant la protection des salarié(e)s. Comme si les salaires et les emplois ne s’étaient pas déjà suffisamment retrouvés sous pression à cause de la surévaluation du franc. De telles fantaisies ne sont pas susceptibles de réunir une majorité dans la population.
</p><p>La nouvelle législature promet d’être exigeante. D’une part à cause des dossiers qui nous attendent et, de l’autre, parce que le Conseil national n’est pas suffisamment représentatif sur les questions de politique sociale et des salarié(e)s. Dans ce contexte, le Conseil des États mais aussi le Conseil fédéral revêtent une importance particulière. Les syndicats sont prêts à imposer la volonté du peuple contre de mauvaises décisions. 
</p><p>22 octobre 2015&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; uss-infos</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2372</guid><pubDate>Thu, 15 Oct 2015 11:36:00 +0200</pubDate><title>Mais de quoi donc avez-vous peur ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/mais-de-quoi-donc-avez-vous-peur</link><description>Égalité des salaires</description><content:encoded><![CDATA[<p>8,7&nbsp;%&nbsp;: telle était en 2012 la différence de salaire inexpliquée entre femmes et hommes. Une différence potentiellement discriminatoire, car justifiée par aucun facteur objectif comme la formation, la position professionnelle, etc. L’Office fédéral de la statistique (OFS) a publié en août dernier son analyse des différences de salaire en fonction du sexe&nbsp;; cela, comme toujours, après l’Enquête suisse sur la structure des salaires.
</p><p>Mais cette année, tout est un peu différent. Alors qu’année après année, les chiffres publiés inquiétaient certes, mais n’étaient pas remis en question, cet automne, ils mettent certains milieux en effervescence. La droite, les employeurs, des représentant(e)s de l’économie, secondés avez zèle par les médias, NZZ en première ligne, s’appliquent par tous les moyens à faire planer le doute quant au sérieux du travail de l’OFS. Des experts autoproclamés en matière d’égalité salariale se permettent de qualifier de fumisterie l’analyse de l’OFS et vantent l’exactitude de leurs propres méthodes d’analyse, qui nient bien sûr l’existence de toute discrimination salariale. Désespérément, l’Union patronale suisse publie étude sur étude. La nervosité ambiante est palpable. 
</p><p>Indépendamment du fait que ces méthodes tant vantées manquent totalement de transparence et que leur indépendance scientifique est plus que douteuse, la question de ce dont la droite a tellement peur s’impose lorsque celle-ci évoque le spectre d’une «&nbsp;police des salaires&nbsp;». Qui connaît le projet de révision de la loi sur l’égalité entre femmes et hommes (LEg) annoncé par le Conseil fédéral afin de combattre la discrimination salariale ne peut que rire de ce concept créé de toute pièce. Le projet de loi ne veut qu’instaurer des contrôles de la structure salariale de chaque entreprise effectués à intervalle régulier afin d’établir s’il y a discrimination ou non. Et l’on ne communiquerait que pour faire savoir si l’entreprise a réussi ou non le contrôle. Les détails resteraient secrets. Si même ce tout petit peu de transparence – qui progresse aussi en Europe –, &nbsp;c’est encore trop pour la droite, on peut en conclure qu’elle a quelque-chose à cacher. Les patrons veulent continuer à empêcher que l’on consulte les fiches de salaire. En même temps, ils prétendent que tout est en ordre chez eux. Or si c’était effectivement le cas, ils pourraient tranquillement voir venir le projet de révision de la LEg et faire attester publiquement qu’ils sont blancs comme neige… 
</p><p> Mais les employeurs préfèrent tirer à boulets rouges contre l’analyse, reconnue, de régression et en dénigrent les résultats. Il faut y voir un combat défensif dirigé contre une LEg plus efficace. Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. Afin de ne pas devoir avouer qu’il y a peut-être bien un problème avec les salaires qu’ils versent à leurs employées.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2371</guid><pubDate>Wed, 14 Oct 2015 15:45:00 +0200</pubDate><title>Combattre l’antisyndicalisme jusqu’à Strasbourg</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/combattre-l-antisyndicalisme-jusqu-a-strasbourg</link><description>Colloque juridique de l’USS sur le droit international et le droit du travail</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Avec la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et les normes de l’Organisation internationale du Travail (OIT), les syndicats et les salarié(e)s disposent d’instruments dont ils vont à l’avenir faire un usage plus fréquent. Lors du colloque juridique de l’USS du 13 novembre 2015, deux expertises à ce sujet seront présentées. De quoi accentuer la pression pour faire avancer une bonne fois le Conseil fédéral en matière de protection des travailleurs et travailleuses contre l’antisyndicalisme.</p><p>La CEDH et les normes de l’OIT sont très importantes pour les syndicats et les salarié(e)s de Suisse. Cela concerne tant les membres des commissions du personnel que les secrétaires syndicaux ou les avocat(e)s actifs dans le domaine du droit du travail, mais également l’exercice de la liberté syndicale dans l’entreprise même par les travailleurs et travailleuses. Ces bases juridiques offrent en effet la possibilité de s’organiser au sein d’une entreprise sans crainte de représailles, de mener des négociations conventionnelles (CCT) et de livrer des combats relevant du droit du travail. Lors de ce colloque du 13 novembre, les professeur(e)s Kurt Pärli et Christine Kaufmann présenteront deux nouvelles expertises à ce sujet. M. Kurt Pärli montrera comment appliquer la CEDH dans le droit suisse du travail et Mme Kaufmann expliquera comment les conventions de l’OIT garantissent la protection contre les licenciements antisyndicalistes.
</p><h3>Deux nouvelles expertises</h3><p>Grâce à ces deux expertises, on peut d’ores et déjà prédire qu’en cas de litiges relevant du droit du travail, la voie de la Cour européenne des droits de l’homme (CrEDH) de Strasbourg et les instances de protection juridique de l’OIT, à Genève, gagneront toujours plus en importance pour les syndicats et les spécialistes du droit du travail.
</p><p>La CrEDH est en effet très intéressantes pour les cas particuliers. Aux personnes concernées, dont les droits fondamentaux ne sont pas suffisamment protégés par le droit suisse, elle accorde en effet réparation morale ainsi que dommages et intérêts&nbsp;! De plus, tout arrêt prononcé par elle exerce une forte pression sur le législateur suisse. Ainsi, le Conseil fédéral peut toujours moins choisir de rester passif au chapitre de la protection contre les licenciements antisyndicaux. 
</p><h3>Comment procéder&nbsp;?</h3><p>Le colloque juridique de l’USS, qui s’adresse à un vaste public, ne transmettra pas uniquement des connaissances sur l’importance de la CrEDH et le droit de l’OIT pour la pratique quotidienne en Suisse. Il offrira également une vue d’ensemble de la manière de procéder lorsque l’on veut saisir la CrEDH et/ou les instances de l’OIT. 
</p><p> Lors de ce colloque, outre les deux personnalités déjà citées, la professeure Helen Keller, juge à la CrEDH, et l’avocat David Husmann, qui a lui-même gagné des recours devant cette cour (les cas d’amiante suisses), prendront la parole.
</p><p><a href="http://www.uss.ch/actuel/voelkerrecht/#c5059" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Inscriptions et informations</a></p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2366</guid><pubDate>Sun, 11 Oct 2015 10:30:00 +0200</pubDate><title>La retraite à 67, 68, voire 69 ans ?!</title><link></link><description>Les partis de droite veulent massivement élever l’âge de la retraite.</description><content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Politique sociale</category><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2359</guid><pubDate>Mon, 05 Oct 2015 16:04:00 +0200</pubDate><title>Les syndicats européens sortent avec hésitation de leur réduit national</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/les-syndicats-europeens-sortent-avec-hesitation-de-leur-reduit-national</link><description>Congrès de la Confédération européenne des syndicats</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Pas assez d’Europe, pas de réel mouvement: la Confédération européenne des syndicats n’a pu répondre à la politique d’austérité de l’UE de ces dernières années. Un programme d’action doit à nouveau accroître sa capacité d’action. </p><p>La rude politique d’austérité de l’UE a fait reculer de plusieurs années les acquis des salarié-e-s en Irlande ou dans le Sud de l’Europe. Le mouvement syndical européen a de ce point de vue traversé une de ses pires périodes. La Confédération européenne des syndicats (CES) s’est révélée impuissante et son lobbysme auprès de la Commission européenne dirigée par José Manuel Barroso n’a abouti à rien. Beaucoup de syndicats se sont repliés sur leur réduit national et ont essayé de limiter les dégâts. Il est évident qu’au sein de la Confédération européenne des syndicats, il y avait et il y a toujours pas assez d’Europe et pas de réel mouvement. 
</p><p>Cette situation ne peut perdurer, tous les participants au 13e Congrès de la CES qui a eu lieu du 29 septembre au 2 octobre à Paris étaient unanimes sur ce point. La CES devrait s’instituer en contre-pouvoir à la Commission européenne. Mais pour cela, il faudrait que des actions coordonnées sur le plan européen s’opposent au démantèlement des droits syndicaux et des conventions collectives et s’engagent en faveur d’investissements et d’emplois pour des millions de chômeurs et chômeuses. Mais sur la manière de procéder, la perplexité régnait. La délégation de l’USS s’est prononcée pour une politique des salaires minimums et a demandé à la CES de lancer une campagne contre la sous-enchère salariale et sociale. Par exemple, en soutenant l’initiative citoyenne contre le dumping salarial que la Fédération européenne des travailleurs des transports (ETF) vient de lancer. 
</p><h3>Un nouveau vent syndical se lève</h3><p>L’élection d’une direction rajeunie, avec au poste de secrétaire général, l’Italien Luca Visentini et à la Présidence, Rudy de Leeuw de la CGT, le combattif syndicat belge, a contribué à l’ambiance de renouveau qui a surgi à la fin du Congrès parisien. Une discussion sur la manière d’accroître la capacité d’action de la CES a débuté à Paris. Et le programme d’action qui a été adopté devrait aider la CES à définir ses positions sur les futurs défis qu’elle aura à relever. Un vent d’espoir pour un nouveau mouvement syndical en Europe s’est levé à Paris. Un espoir de mouvement que l’USS et ses syndicats veulent porter. 
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2357</guid><pubDate>Mon, 05 Oct 2015 13:49:00 +0200</pubDate><title>La protection contre les licenciements n’est pas conforme au droit international</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-protection-contre-les-licenciements-n-est-pas-conforme-au-droit-international</link><description>Une étude mandatée par la Confédération débouche sur des conclusions claires</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">C’est désormais officiel : la protection contre les licenciements qu’offre le droit suisse ne remplit ni les exigences de l’OIT, ni celles de la CEDH. Une étude de l’Université de Neuchâtel confirme l’USS dans sa position. Il faut urgemment de meilleures lois!</p><p>Sous la pression de l‘USS et de ses fédérations, le Département fédéral de justice et police et le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) ont mandaté le Centre d’étude des relations de travail de l’Université de Neuchâtel pour réaliser une étude. Celle-ci devait analyser la protection contre les licenciements des salarié-e-s, plus particulièrement de leurs représentant-e-s et vérifier si le droit suisse était en conformité avec le droit international. L’étude est maintenant publique et livre un constat dévastateur&nbsp;: la protection contre le licenciement qu’offre le droit suisse ne remplit ni les prescriptions de l’Organisation internationale du travail (OIT), ni celles de la Convention européenne des droits humains (CEDH). Cette expertise conforte ainsi l’USS dans ses revendications&nbsp;: les lois suisses doivent être urgemment réformées&nbsp;!
</p><h3>Tout a commencé par la plainte de l’USS </h3><p>Il y a déjà quelques années, l’USS a déposé une plainte auprès de l‘OIT contre le manque de protection contre le licenciement pour les militant-e-s, les membres des commissions du personnel ainsi que des conseils de fondation. La plainte a été admise par l’OIT. Mais il ne s’est pas passé grand-chose quant à des améliorations légales concrètes. Toutes les propositions d’améliorations sont jusqu’à présent retournées dans les tiroirs sous la pression des employeurs et de la droite. &nbsp;
</p><p>Pour rappel&nbsp;: en Suisse, la liberté de licencier est quasiment illimitée. Les employeurs peuvent signifier leur congé à des employé-e-s à discrétion, également à ceux qui leur sont désagréables parce qu’ils s’engagent pour les droits de leurs collègues. Si les personnes licenciées portent plainte, les employeurs peuvent compter devoir payer au maximum 6 mois de salaire. La plupart des tribunaux se contentent même de seulement trois mois, un montant ridiculement bas. Aucune réintégration n’est prévue par le Code des obligations (CO), même si le tribunal a reconnu que le licenciement était abusif&nbsp;!
</p><p>Suite à la plainte de l’USS, l’OIT a relevé que cela n’était pas conforme aux conventions de droit international que la Suisse a ratifiées et auxquelles elle est soumise. Cette pratique contrevient surtout aux Conventions 87 et 98 de l’OIT sur la protection de la liberté syndicale. 
</p><h3>Il faut agir urgemment</h3><p>Les employeurs et le Conseil fédéral auraient-ils jusqu’à présent mis en doute le constat de l’OIT&nbsp;? L’étude neuchâteloise, mandatée par la Confédération sous la pression de l’USS et suite à la recommandation de l’OIT, n’arrive pas seulement à la même conclusion, elle va même encore plus loin sur le plan juridique&nbsp;: le CO, constate l’étude, de par son manque de protection contre les licenciements des représentant-e-s du personnel et des salarié-e-s qui s’engagent syndicalement ne contrevient pas qu’aux exigences légales de l’OIT, il viole aussi celles de la CEDH. Les auteurs de l’étude neuchâteloise, les professeurs en droit Jean-Philippe Dunand et Pascal Mahon ainsi que leurs co-auteurs, mettent en garde&nbsp;: si la Suisse ne modifie pas bientôt sa législation, elle sera tôt ou tard condamnée pour violation de son devoir de protection par la Cour de justice européenne. 
</p><p>Les mêmes auteurs livreront au plus tard à l’automne 2016 un rapport sur la deuxième partie de leur mandat d’étude&nbsp;: une étude spécifique sur la protection contre le licenciement abusif de travailleuses et travailleurs qui sont en grève. On peut là aussi facilement prévoir son résultat : le fait qu’en Suisse, il n’y a pas de protection spécifique ou suffisante pour les travailleuses et les travailleurs qui se saisissent de mesures de lutte légitimes, comme la grève, est notoirement connu. Parmi un grand nombre de cas, il est ici fait référence à l’exemple de la clinique privée «&nbsp;La Providence&nbsp;» appartenant au Groupe Genolier où les employé-e-s qui avaient fait grève pour de meilleures conditions de travail et de soin ont été licenciés avec effet immédiat – dans le pire des cas, Genolier ne risque pas plus que le paiement de quelques mois de salaire. &nbsp;
</p><h3>Les revendications de l’USS à l‘ordre du jour</h3><p>L’USS s’engage pour une amélioration de la protection contre les licenciements et a jusqu’ici toujours participé aux discussions de manière constructive. Malheureusement, les employeurs ont jusqu’à présent bloqué toute solution au problème, aidés en cela par le Conseil fédéral et la majorité de droite du Parlement. Tenu compte du résultat dévastateur de l’étude, le Conseil fédéral et le Parlement doivent enfin agir et adapter le CO au droit international. Et les employeurs doivent aussi enfin accepter une amélioration de la protection contre les licenciements dans le droit suisse. 
</p><p>L’USS exige donc que le Conseil fédéral élabore des propositions pour une meilleure protection des représentant-e-s syndicaux pour enfin mettre le droit suisse en conformité avec le droit international. Le droit à la réintégration de personnes abusivement licenciées doit notamment faire partie de ce projet. Car seule la réintégration représente une sanction efficace et dissuasive pour l’employeur qui foule aux pieds la démocratie et le partenariat social en procédant à des licenciements antisyndicaux. On ne rachète pas des violations de droits fondamentaux avec l’équivalent de quelques mois de salaire, somme dérisoire que la plupart des employeurs peuvent payer avec la caisse pour les frais de port. 
</p><p>Des solutions impliquant le droit à la réintégration existent déjà dans le droit du personnel de la Confédération et dans la loi sur l’égalité. L’USS exige que ces bons exemples tirés du droit suisse soient aussi introduits dans le CO. 
</p><h3>Colloque juridique de l’USS </h3><p>L’USS organise le 13 novembre à Berne un colloque juridique bilingue (français/allemand) sur les exigences du droit international dans le droit suisse, en matière de protection contre les licenciements abusifs plus particulièrement. Les personnes intéressées peuvent s’inscrire par <a href="#" data-mailto-token="thpsav1qbypzaluahnbunGzni5jo" data-mailto-vector="7" class="mail">courriel</a>. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category><category>Suisse</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2358</guid><pubDate>Fri, 02 Oct 2015 16:14:00 +0200</pubDate><title>Assurance-accidents : une loi moderne et une SUVA qui n’a pas été affaiblie</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/assurance-accidents-une-loi-moderne-et-une-suva-qui-n-a-pas-ete-affaiblie</link><description>Succès des partenaires sociaux dans la révision de la LAA</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Une loi moderne et une SUVA qui n’a pas été affaiblie. La collaboration des partenaires sociaux s’est avérée payante lors de la révision de la loi sur l’assurance-accidents (LAA).</p><p>Avec la votation finale de l’Assemblée fédérale lors de la session d’automne, la révision de la LAA est désormais sous toit. Les Chambres fédérales ont ainsi modernisé une loi qui datait des années 80&nbsp;; cela, sans affaiblir la SUVA par rapport aux assureurs privés et sans démanteler les prestations d’assurance. Ce résultat n’a été possible que grâce à une collaboration intense entre l’USS et des organisations patronales.
</p><p>La révision de la LAA présentée en son temps par le Conseil fédéral était très différente&nbsp;: sans que cela eût été financièrement nécessaire, elle aurait fait péricliter une assurance sociale qui fonctionne bien. Les assureurs privés auraient pu continuer à faire grossir leurs affaires et la&nbsp;SUVA se serait affaiblie. En outre, le recul des prestations aurait détérioré la situation des invalides par accident. La couverture d’assurance aussi aurait diminué. Mais grâce à une coalition des partenaires sociaux, il a été possible de faire rejeter ce projet et d’empêcher ainsi cette révision. 
</p><h3>La solution des partenaires sociaux</h3><p>Les organisations de salarié(e)s et celles des patrons représentées à la SUVA ont alors décidé d’élaborer ensemble un projet qui devait moderniser la LAA sans remettre en question les acquis de l’assurance-accidents ni le mode de fonctionnement de la SUVA. Les négociations se sont étalées sur plusieurs années. Lorsque l’Association suisse d’assurances, soit les assureurs privés, se rallia au projet négocié par les partenaires sociaux s’ouvrit alors la voie à un traitement non conflictuel par le Parlement de cette nouvelle révision.
</p><p>Du point de vue des travailleurs et travailleuses, cette voie s’est avéré payante. L’assurance-accidents a pu être stabilisée et, alors que dans de nombreuses assurances sociales comme l’AI ou la prévoyance professionnelle, on observait ou observe encore des signes avant-coureurs de démantèlement, on est parvenu à éviter un tel sort à l’assurance-accidents
</p><p>L’assurance-accidents reste donc une assurance sociale qui fonctionne bien et dont les finances sont solides. Et elle profite de la structure de la SUVA&nbsp;: les branches qui comportent des risques d’accident élevés y sont obligatoirement assurées. À travers leurs partenaires sociaux, elles constituent l’organisme responsable de la SUVA, un modèle de réussite. Cela s’explique aussi par le fait que la SUVA ne prend pas uniquement en charge la couverture des risques, mais s’occupe aussi de prévention et pourvoit à la réhabilitation et à la réintégration des personnes victimes d’accidents. 
</p><h3>La SUVA&nbsp;: un avenir garanti</h3><p>Avec la nouvelle LAA, l’avenir de l’assurance-accidents, une assurance sociale fiable, et celui de la SUVA, une institution centrale du partenariat social suisse, sont garantis. La révision clarifie en outre quelques points litigieux qui sont aussi importants pour les assuré(e)s&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><span>Un travailleur ou une travailleuse est assuré à partir du jour où commencent ses rapports de travail (donc même si le premier jour du mois tombe un dimanche).</span></li><li><span>L’assurance prend fin le 31e jour après la cessation des rapports de travail.</span></li><li><span>Après la cessation des rapports de travail, il est possible de conclure une prolongation de l’assurance par convention pour une durée désormais de à six mois.</span></li><li><span>La loi énumère désormais toutes les lésions corporelles assimilées à un accident.</span></li><li><span>Les mesures de prévention des accidents sont aussi étendues aux frontalières et frontaliers ainsi qu’aux travailleurs et travailleuses détachés. Les entreprises étrangères doivent désormais aussi payer des primes pour la prévention, même si elles échappent à l’obligation d’assurance.</span></li></ul><p>On est arrivé à empêcher des détériorations radicales concernant les rentes des invalides par accident à la retraite. Les rentes des assuré(e)s qui sont victimes d’un accident jusqu’à 20 ans avant leur retraite et deviennent invalides seront réduites, mais, avec leurs rentes de vieillesse de l’AVS et celles de leur 2e pilier, ces personnes continueront à quand même bénéficier d’un bon niveau de prestations pendant leur retraite.
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><span>Lorsque l’invalide par accident qui avait plus de 45 ans quand ce dernier est survenu atteint l’âge de la retraite, sa rente LAA sera réduite, à partir de 45 ans, de 2&nbsp;% pour chaque année (exemple&nbsp;: 55 ans d’âge l’année de l’accident = réduction de 20&nbsp;% de la rente LAA à partir de 65 ans). Pour un degré d’invalidité inférieur à 40&nbsp;%, la réduction est de 1&nbsp;%. Grâce à des délais transitoires plus longs, seules les personnes victimes d’un accident après l’entrée en vigueur de la loi seront a priori concernées.</span></li></ul><p>L’extension de l’assurance obligatoire auprès de la SUVA souhaitée par les syndicats n’a pas été obtenue. Toujours est-il que la position de la SUVA n’a pas été affaiblie. En raison des nouvelles règles de gouvernance d’entreprise, celle-ci dispose désormais d’un profil clair et voit son autonomie renforcée. 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><span>L’ancien conseil d’administration devient le «&nbsp;Conseil de la SUVA&nbsp;». Sa composition reste inchangée, soit 40 membres, dont 16 représentant(e)s des travailleurs et travailleuses, 16 représentant(e)s des employeurs et employeuses et 8 représentant(e)s de la Confédération.</span></li><li><span>Un mécanisme de médiation a été mis en place pour clarifier les questions de délimitation concernant l’assujettissement à l’assurance auprès de la SUVA.</span></li><li><span>Les activités accessoires de la SUVA, comme par exemple la gestion de cliniques de réadaptation, sont inscrites dans la loi.</span></li></ul><p>L’assurance-accident a reçu une base légale plus moderne. La voie du partenariat social a profité à toutes les parties.
</p><h3>Encore beaucoup de pain sur la planche</h3><p> Cette issue positive, qui fait suite à un faux départ, ne doit cependant pas masquer les défis que l’assurance-accidents doit relever. Les accidents restent à l’origine de grandes souffrances humaines pour les personnes touchées et leurs proches. Uniquement en 2013, 272 personnes sont décédées sur leur lieu de travail ou suite à une maladie professionnelle. Et les accidents ne surviennent pas par hasard. Dans le monde du travail, ils sont par trop souvent la conséquence de la pression au profit, du manque de temps et de l’absence d’estime pour le personnel. La prévention des accidents et maladies professionnels doit être intensifiée. Ici, il s’agira également d’engager des mesures efficaces contre les maladies liées au stress, afin que le travail ne soit pas un risque pour la santé.</p>]]></content:encoded><category>Assurance-accidents</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2350</guid><pubDate>Fri, 25 Sep 2015 13:10:00 +0200</pubDate><title>Heures d’ouverture des magasins : le Conseil des Etats a enfin compris</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/heures-d-ouverture-des-magasins-le-conseil-des-etats-a-enfin-compris</link><description>Les demandes des syndicats et des cantons prises en compte</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) se félicite de ce que le Conseil des États ait décidé de ne pas entrer en matière sur une prolongation des heures d’ouverture des magasins. On a ainsi enfin tenu compte de l’opposition résolue des travailleurs et travailleuses ainsi que des cantons.</p><p>La décision prise par la petite Chambre est judicieuse à trois égards. Premièrement, la loi sur les heures d’ouverture des magasins aurait dégradé les conditions de travail des vendeurs et vendeuses des cantons touchés&nbsp;; cela, dans une branche à bas salaires où ces conditions sont déjà de toute façon très souvent difficiles (horaires irréguliers, travail sur appel). En outre, le commerce de détail ne connaît pas de convention collective de travail, car l’association patronale SwissRetail refuse à ce jour d’en négocier une. Des études montrent qu’une telle précarisation nuit à la santé des gens et constitue une entrave à la vie de famille. Il serait absurde d’accepter, à cause du «&nbsp;fanatisme quasi religieux&nbsp;» (Luc Recordon, Verts) des turbo-libéralisateurs, des reculs en matière de santé publique.
</p><p>Deuxièmement, les cantons se sont clairement prononcés contre une loi fédérale sur les heures d’ouverture des magasins. Avec elle, plus de la moitié d’entre eux auraient en effet été contraints de prolonger leurs heures d’ouverture. Que la «&nbsp;la population zurichoise doive décider des horaires d’ouverture de la boulangerie de mon village&nbsp;» (Christian Levrat, socialiste) est contraire au principe de la subsidiarité, selon lequel il faut fixer des normes à l’échelon le plus bas possible. Ce n’est pas en vain que le président de l’USS, Paul Rechsteiner (socialiste) a rappelé à ses collègues du Conseil des États le vieux principe libéral suivant&nbsp;: «&nbsp;Si une loi fédérale n’est pas nécessaire, ne la faisons pas.&nbsp;» 
</p><p>Troisièmement, il aurait été dommageable, pour des raisons démocratiques, de contraindre la majorité des cantons à prolonger leurs heures d’ouverture. En effet, les dispositions en vigueur ont été décidées, dans de nombreux cantons, par les citoyen(ne)s qui ont explicitement rejeté toute prolongation. En conséquence, Paul Rechsteiner a demandé à son collègue conseiller aux États Filippo Lombardi (PDC), à l’origine du projet de loi, de demander à la population tessinoise si elle veut adopter une réglementation allant dans le sens de ce que propose maintenant la loi sur les heures d’ouverture des commerces soumise au Parlement. 
</p><p>Grâce à la voix prépondérante de son président, le Conseil des États a décidé de ne pas entrer en matière sur ce projet de loi. Reste à espérer que cette nouvelle ligne raisonnable s’impose également au Conseil national.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2348</guid><pubDate>Wed, 23 Sep 2015 18:01:00 +0200</pubDate><title>La dimension sociale revêt une grande importance</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/la-dimension-sociale-revet-une-grande-importance</link><description>L’Agenda 2030 pour le développement durable: 

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Du 25 au 27 septembre, les dirigeants mondiaux se retrouvent à l’Assemblée générale de l’ONU à New York pour adopter officiellement le «&nbsp;Programme pour un développement durable à l’horizon 2030&nbsp;» (l’Agenda 2030). Le nouvel agenda accorde une place centrale à la dimension sociale. </p><p>&nbsp;Le nouveau programme, auquel la société civile à largement participé, doit remplacer le programme de lutte contre la pauvreté connu sous le nom des «&nbsp;Objectifs du millénaire 2001-2015&nbsp;». Le programme qui s’achève peut afficher quelques importants succès partiels, il a énormément contribué à diminuer de moitié la pauvreté extrême, à lutter contre les maladies et à améliorer l’accès à l’éducation.
</p><p>Cet agenda n’engage pas seulement les pays en développement et émergents à mettre en œuvre les 17 nouveaux objectifs fixés. Les pays donateurs doivent également assumer leurs responsabilités. La Suisse devra elle aussi évaluer sa politique à l’aune de ces objectifs. Et cela vaut pour la politique intérieure. Si l’on respecte le nouveau programme, on ne laisse par exemple pas la transition énergétique partir à vau-l’eau.&nbsp; 
</p><h3>Le travail décent est inscrit </h3><p>Pour la première fois, la communauté internationale associe la lutte contre la pauvreté à la durabilité. La préservation de la planète revêt une grande importance. Et pour la première fois aussi, la dimension sociale occupe la place qui lui revient. Grâce à l’intense travail de lobbying du mouvement syndical international et de l’Organisation internationale du travail, les objectifs centraux de l’«&nbsp;Agenda pour un travail décent&nbsp;» de l’OIT ont pu être intégrés. A cet égard, il ne s’agit pas seulement de plein emploi et d’un travail décent pour tous et toutes, mais aussi de l’emploi des jeunes, des droits égaux pour les femmes et les hommes, du comportement face à la migration, de la lutte contre le travail des enfants et le travail forcé (cela concerne 169 millions de personnes) ainsi que la revendication pour un «&nbsp;socle de protection sociale&nbsp;» qu’il est particulièrement urgent d’instaurer dans les pays émergents. On peut particulièrement se réjouir que l’influente délégation de négociation suisse ait activement contribué à revaloriser la dimension sociale. Car ce n’était pas évident&nbsp;: le premier message du Conseil fédéral sur la coopération au développement et l’aide humanitaire internationales 2013-2015 omettait encore cette dimension. 
</p><p>Le nouvel Agenda 2030 fixe le cadre de l’aide au développement des différents pays. L’expérience faite avec les Objectifs du millénaire montre qu’une telle approche peut s’avérer efficace. Mais le manque de caractère contraignant d’un tel accord international laisse trop de marge de manœuvre aux pays récalcitrants et aux dictatures de ce monde. Le programme prévoit, certes, des instruments pour évaluer la réalisation des objectifs ainsi que leur implémentation, mais pas d’évaluation mutuelle, ni de mécanisme de contrôle externe. 
</p><h3>Le financement est un énorme défi </h3><p>&nbsp;</p><p>En plus de l’aide au développement officielle, pour pouvoir financer cet agenda, il s’agit désormais aussi de mobiliser plus fortement les ressources nationales, de faciliter les transferts d’argent (devises) des migrant-e-s et de rapatrier l'argent détourné. Concernant la coopération fiscale internationale et les restructurations de dettes, les décisions sont restées en-deçà des attentes des pays en développement. La plus grande implication de l'économie privée - avant tout sous forme de partenariats privés-publics - est considérée très positivement dans les cercles gouvernementaux. 
</p><p>Les syndicats et les ONG sont nettement plus critiques. Ils craignent d'une part que la pression n’augmente encore sur l'aide officielle au développement dans le cadre des programmes d'austérité des pays donateurs, et que la recherche du profit ne mène à des abus dans la coopération au développement. Il est particulièrement décevant que les nouveaux instruments fiscaux, comme la taxe sur les transactions financières, dont on discute beaucoup, n’aient pas pu être intégrés. 
</p><p>Ce changement de paradigmes en direction d’un développement durable pourrait toutefois échouer, avant tout à cause de l’insuffisance du financement. L'engagement de la société civile et des syndicats sera d’autant plus important pour que l’«&nbsp;Agenda 2030&nbsp;» atteigne vraiment ses objectifs.</p>]]></content:encoded><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2347</guid><pubDate>Tue, 22 Sep 2015 13:19:00 +0200</pubDate><title>Le Conseil national ne s&#039;est pas défilé: il veut adapter les maxima reconnus pour le loyer dans les PC</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/le-conseil-national-ne-sest-pas-defile-il-veut-adapter-les-maxima-reconnus-pour-le-loyer-dans-les-pc</link><description>Succès de l&#039;action de l&#039;«Alliance pour des prestations complémentaires décentes»</description><content:encoded><![CDATA[<p>Ce matin, juste avant le débat concerné, l'«Alliance pour des prestations complémentaires décentes» a appelé les conseillers nationaux à enfin relever les montants maximaux pris en compte dans le calcul des prestations complémentaires (PC) au titre du loyer. Cette courte action qui a eu lieu devant le Parlement a été un franc succès.</p><p>En effet, le Conseil national a peu après décidé d'entrer en matière sur la proposition du Conseil fédéral de relever les montants maximaux pris en compte dans le calcul des PC au titre du loyer. La chambre du peuple a ainsi refusé de suivre les recommandations de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique (CSSS). Une courte majorité avait proposé de renvoyer aux calendes grecques cette adaptation qui n'a que trop tardé.</p><p>Il faut savoir que les maxima n'ont plus été adaptés depuis 2001, alors que les loyers ont augmenté en moyenne de 21 % pendant la même période ; cette politique de l'atermoiement contraint les personnes concernées à économiser sur leurs frais de nourriture et leurs autres dépenses personnelles. C'est inacceptable. Le Conseil national s'en est rendu compte il y a 4 ans et a demandé au Conseil fédéral (CF) de corriger cette situation. Le CF a élaboré un projet pour relever ces montants de manière différenciée&nbsp;selon les régions.</p><p>Une «Alliance pour des prestations complémentaires décentes» s'est donc constituée face à cette politique inacceptable et insensible. Elle regroupe des organisations de retraité-e-s, de personnes handicapées, l'association des locataires et des syndicats. Ce matin, elle a mené une action sur la place Fédérale sous le slogan «Pour vivre dans la dignité - Pour des prestations complémentaires décentes» juste avant les débats portant sur ce projet. L'alliance a appelé les conseillers nationaux à ne pas suivre les recommandations de la commission. Il serait intolérable que les personnes concernées doivent encore plus longtemps se serrer la ceinture. La chambre du peuple doit accepter la proposition du Conseil fédéral dans son intégralité et ainsi assurer aux membres les plus faibles de notre société une aide très concrète et vitale.</p><p>L'«Alliance pour des prestations complémentaires décentes» continuera à s'engager à l'avenir. Elle combattra avec détermination tout démantèlement dans les prestations complémentaires.</p><h3>L'«Alliance pour des prestations complémentaires décentes» rassemble :</h3><ul><li>Agile - Les organisations de personnes avec handicap</li><li>l'Association de défense et de détente de tous les retraité(e)s et des futur(e)s retraité(e)s (AVIVO)</li><li>Femmes protestantes en Suisse (FPS)</li><li>Grossmütter Revolution</li><li>l'Association suisse des locataires (ASLOCA)</li><li>l'Union syndicale suisse (USS)</li><li>Travail.Suisse</li><li>la Fédération des associations des retraités et de l'entraide en Suisse (FARES)</li></ul><h5>Autres informations :&nbsp;</h5><ul><li>Vous trouverez des photos haute définition sur <a href="https://www.flickr.com/photos/55425572@N04/albums/72157658955549105" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">le compte Flickr de l'USS</a></li></ul>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Politique sociale</category><category>Prestations complémentaires</category><category>AVS</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/0/5/csm_Zahlungsfristen_Kalender_Geld_Rechner_ist-doucefleur-899321150_be97c09046.jpg" length="115726" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-2345</guid><pubDate>Mon, 21 Sep 2015 13:06:00 +0200</pubDate><title>Reconnaissance: oui! Austérité: non!</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/reconnaissance-oui-austerite-non</link><description>Le personnel de la Confédération proteste </description><content:encoded><![CDATA[<p class="Text lead"><span lang="FR-CH">Un très important programme d’austérité menace le personnel de la Confédération. Ce dernier proteste par une première action. </span></p><p class="Default"><span lang="FR-CH">&nbsp;</span></p><p class="Text"><span lang="FR-CH">Gel des salaires en 2016, ralentissement de la progression des salaires pouvant aller jusqu’à deux points de pourcentage, réduction permanente des dépenses en personnel de 165 millions de francs, suppression de la participation patronale aux rentes transitoires (rentes-ponts), suppression de la prime de fidélité, réduction des effectifs dès 2017 et enfin, mise en place d’un nouveau système salarial qui ne contiendra plus aucune progression réglementée des salaires&nbsp;: ce que la Conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf a concocté pour le personnel de la Confédération, contre sa volonté et malgré les protestations des syndicats et des organisations de salarié-e-s, est très difficile à digérer. </span></p><p class="Text"><span lang="FR-CH">Une large alliance s’est formée contre ce projet. Celle-ci a tout d’abord lancé une pétition en signe de protestation. SwissPersona et transfair participent également à cette alliance, en plus de la Communauté de négociation du personnel de la Confédération (CNPC) – dont font partie l’Association du personnel de la Confédération (APC), le syndicat du personnel de la douane et des gardes-frontières (Garanto), le Syndicat des services publics (SSP) et l’Association du Personnel des employés de l’Office fédéral de la police (APfedpol). </span></p><p class="Text"><span lang="FR-CH">La pétition demande au Conseil fédéral de retirer son programme d’austérité, de revenir à une politique du personnel responsable, d’être un partenaire social fiable et de s’engager pour suffisamment de ressources en personnel. Le personnel de la Confédération ne demande pas seulement le maintien des emplois et la stabilité des conditions de travail, mais aussi de la reconnaissance pour son travail&nbsp;: le Conseil fédéral doit enfin apporter une réponse claire et déterminée aux diffamations qu’il subit de la part de quelques parlementaires et médias. </span></p><p class="Text"><span lang="FR-CH">Les employé-e-s de la Confédération méritent de la reconnaissance pour le travail qu’ils fournissent chaque jour au service de la population et de l’économie. Les tâches que l’administration doit assumer sont complexes et le resteront. L’économie, mais aussi les cantons et les communes dépendent à de nombreux égards de la capacité de l’administration à relever les défis internes et externes qui lui sont posés.</span></p><p class="Text"><span lang="FR-CH">La récolte des signatures pour la pétition court jusqu’au 30 octobre. Les signatures seront remises au Conseil fédéral lors d’une action de protestation qui aura lieu le 4 novembre à midi près du Palais fédéral. </span></p><p class="Text"><span lang="FR-CH"></span></p><h5><span lang="FR-CH">Pour de plus amples informations:</span></h5><ul><li>Les sites de la pétition en <a href="http://www.respect-personnel-confederation.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">français</a>, <a href="http://www.respekt-bundespersonal.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">allemand </a>et <a href="http://www.rispetto-personale-confederazione.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">italien</a>.&nbsp;</li></ul>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Salaires et CCT</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2344</guid><pubDate>Mon, 21 Sep 2015 09:49:00 +0200</pubDate><title>Pour une politique d’asile humaine </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/pour-une-politique-d-asile-humaine</link><description>Appel de la Commission des migrations de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Une catastrophe humanitaire se joue actuellement aux frontières de l’Europe, comme en son sein. La Suisse ne peut pas détourner les yeux. Elle doit prendre sa part de responsabilité. L’USS et plus particulièrement sa Commission des migrations demandent une politique d’asile solidaire et humaine. </p><p>Des réfugié-e-s qui s’échouent sur des fils barbelés, des policiers en tenue de combat qui frappent des enfants, des gens qui nagent contre la mort. Pour survivre, des personnes ont dû quitter des situations dramatiques, des camps misérables où ils n’ont aucune perspective, elles sont parties pour un continent qu’ils associaient à l’espoir, alors que sur ce continent, la majorité de la classe politique réagit en construisant des barrières. 
</p><p>Le Suisse ne peut pas fermer les yeux sur la tragédie humanitaire qui se passe à nos frontières. La Commission des migrations estime qu’elle doit apporter sa contribution pour limiter la misère actuelle. Et non seulement en raison de sa longue tradition humanitaire: la Croix-Rouge, les Conventions de Genève et l’accueil de réfugié-e-s pendant des siècles. Mais aussi parce qu’il s’agit de solidarité et de dignité humaine, ainsi que pour répondre aux aspirations de sa population, qui, ces dernières semaines, n’a eu de cesse d’exiger des mesures rapides et efficaces en faveur des réfugié-e-s de la part de ses représentants. Genève, Lausanne, et bientôt toute la Suisse sort dans la rue pour faire montre de solidarité avec ces femmes, ces hommes et ces enfants qui ont dû tout quitter à cause de la guerre et de la misère. Une telle mobilisation populaire impose une réponse à la hauteur de l’esprit et du rôle que la Suisse souhaite jouer dans la Communauté internationale.
</p><h3>La Suisse doit remplir ses obligations</h3><p>Et qui, sinon la Suisse serait en mesure d’adopter une politique d’asile généreuse&nbsp;? Mais aussi une politique facilitant l’intégration de ces nouveaux arrivants sur le marché du travail dans des conditions dignes&nbsp;? Pendant la guerre du Kosovo, la Suisse avait accueilli 53&nbsp;000 réfugié-e-s. Aujourd’hui, elle peut aussi accueillir un nombre comparable de personnes cherchant l’asile. C’est dans ce sens que la Commission des migrations a écrit à tous les membres du Parlement fédéral. Elle lance un appel à nos représentant-e-s sous la Coupole pour qu’ils veillent à adopter une politique d’asile humaine et juste. Elle demande notamment que la Suisse respecte «&nbsp;ses obligations internationales envers l’ensemble des personnes en quête de protection et qu’elle ne renvoie aucune personne au péril de son existence&nbsp;». 
</p><h3>L’USS soutient la manifestation</h3><p>Alors que la Méditerranée est en train de devenir un immense cimetière anonyme, les populistes d’ici se déchaînent sans retenue, propageant un discours haineux et raciste sur le « chaos de l’asile », devenu thème principal de l’été préélectoral en Suisse. L’USS s’oppose clairement à ce discours et s’engage pour une politique d’asile humaine. En accord avec l’Alliance pour une Suisse solidaire, l’USS demande:</p><ul><li><b>Stop aux renvois de réfugié-e-s</b> dans le pays de premier accueil</li><li><b>Aide financière, soutien logistique et médi</b><b><b>cal </b>aux pays</b> situés aux frontières de l’Europe, aux pays de transit ou voisins de conflits, dans lesquels séjournent de nombreux réfugiés, sans coupes budgétaires dans l’aide au développement</li><li><b>Accueil généreux</b> pour les personnes à protéger, participation à un système de quotas européen</li><li><b>Voies d’accès sûres et légales vers l’Europ</b>e, entre autres avec la réinstauration de la procédure d’asile en ambassade</li></ul><p>L’USS a donc décidé de participer à la chaîne humaine et à la manifestation pour une politique d’asile humaine. Cette action est organisée par l’Alliance pour une Suisse ouverte et solidaire. Elle aura lieu&nbsp;: 
</p><h3>Le samedi 26 septembre, 17 h, Schützenmatte, Berne</h3><p>L’USS appelle ses membres à participer à cette manifestation.
</p><p>&nbsp;</p><p><a href="https://sgb.ch/fileadmin/user_upload/Dokumente/Kongress2018/Kongress2018_Podium.jpg">Tract de la manifestation</a> à télécharger</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2340</guid><pubDate>Fri, 18 Sep 2015 13:12:00 +0200</pubDate><title>« C’est un pas de géant que le Conseil des États vient de faire avec l’AVS »</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/c-est-un-pas-de-geant-que-le-conseil-des-etats-vient-de-faire-avec-l-avs</link><description>Décisions du Conseil des États concernant « Prévoyance vieillesse 2020 », interview de Paul Rechsteiner, président de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p><b>Le Conseil des États veut augmenter les rentes de l’AVS, mais maintient le relèvement de l’âge de la retraite des femmes et la baisse du taux de conversion dans le 2e pilier. La hausse des rentes AVS est-elle suffisante pour que les syndicats avalent ces énormes couleuvres&nbsp;?</b></p><p><b>Paul Rechsteiner&nbsp;:</b> Les syndicats sont opposés au relèvement de l’âge de la retraite des femmes ainsi qu’à la baisse du taux de conversion. Malgré mon opposition et celles de quelques autres, le Conseil des États a maintenu ces points. Les syndicats ne dresseront toutefois leur bilan qu’à la fin des délibérations parlementaires pour trancher sur la question d’un référendum. En tant que conseiller aux États qui a fortement influencé ce projet, j’ai déjà dû prendre position. En fin de compte, ce qui a été déterminant pour moi, c’est que nous avons pu empêcher tous les reculs qu’auraient subis les rentiers et rentières actuels et compenser judicieusement ceux qui toucheront les générations futures. 
</p><p><b>Le compromis est donc acceptable&nbsp;?</b></p><p>Les propositions du Conseil fédéral auraient affaibli l’AVS. Celui-ci voulait remettre en question la compensation du renchérissement et libérer partiellement la Confédération du financement de l’AVS. Tous ces points négatifs ont été éliminés. Les actuels retraité(e)s se retrouvent comme si nous avions gagné un référendum. Parallèlement, le financement de l’AVS sera garanti jusqu’en 2030. Un autre point positif est que la baisse du taux de conversion sera largement compensée dans le 2e pilier, entièrement pour les personnes actuellement âgés de 47 ans et partiellement pour les plus jeunes. De plus, pour la première fois depuis 20 ans, les rentes de l’AVS seront améliorées. 840 francs de plus par année pour les personnes vivant seules et plus de 2&nbsp;700 pour les couples. C’est vraiment un bon aboutissement. Négatifs, les signes avant-coureurs du projet sont désormais positifs. C’est pour cela que j’ai soutenu ce résultat.
</p><p><b>Le Conseil des États ne veut relever que les rentes des nouveaux retraité(e)s. Les actuels retraité(e)s n’ont-ils pas, eux aussi, besoin d’une hausse de leurs rentes&nbsp;?</b></p><p>Notre initiative AVSplus demande une hausse des rentes aussi pour les actuels retraité(e)s. Après 20 ans, une amélioration serait en effet à nouveau nécessaire. Mais le Conseil des États ne l’a pas voulu. Toujours est-il que, à part en ce qui concerne l’âge de la retraite des femmes, il a renoncé à tous les autres points négatifs concernant les actuels retraité(e)s. Qui veut que les rentes de tout le monde soient améliorées doit s’engager pour l’initiative populaire. Elle a déjà eu beaucoup plus d’effets que toutes les autres initiatives. Elle a brisé le tabou selon lequel l’AVS ne saurait aucunement être améliorée. Que le Conseil des États table à nouveau sur l’AVS est un pas de géant. Si le projet restait en l’état, ce serait là un premier succès d’AVSplus.
</p><p><b>Le PRL et l’UDC veulent toutefois faire échouer la solution du Conseil des États et combattre la hausse des rentes AVS. Selon eux, ces hausses seraient «&nbsp;totalement à côté de la plaque&nbsp;», «&nbsp;inacceptables&nbsp;», voire «&nbsp;paradoxales&nbsp;» à cause de l’évolution démographique. Que réponds-tu à ces critiques&nbsp;?</b></p><p>Les milieux qui argumentent de la sorte sont restés à l’ère Couchepin&nbsp;: ils veulent détériorer les rentes. Je leur recommande de suivre un cours de base sur le fonctionnement de l’AVS. Ils n’en ont en effet pas compris quelques aspects élémentaires de son financement. Or, l’AVS possède le meilleur mode de financement possible de tous les systèmes de prévoyance vieillesse, un mode de financement qui permet de financer les coûts induits par l’augmentation de l’espérance de vie et du nombre des retraité(e)s. Le principe est simple. Tout le monde doit verser des cotisations sur la totalité de son salaire, mais la rente de la personne qui paie des cotisations sur un revenu d’un million de francs ne sera pas supérieure à celle de la personne qui a un revenu moyen. L’évolution économique et, de ce fait, la hausse des salaires profitent entièrement à l’AVS. C’est cela qui est déterminant pour son financement, pas le nombre de personnes actives par retraité(e), un rapport qui a effectivement diminué depuis la création de l’AVS. Sans ce mode de financement génial, il n’aurait pas été possible de ne jamais relever les cotisations salariales destinées à l’AVS, alors que le nombre des bénéficiaires de l’AVS est passé de 900&nbsp;000 à 2,1 millions, c’est-à-dire doublait presque depuis 1975. Seul un petit pour-cent de TVA a été ajouté.
</p><p><b>Les rentes des jeunes ne sont donc pas menacées, comme ne cessent de nous l’expliquer de soi-disant experts&nbsp;?</b></p><p> Non. Il est précisément dans l’intérêt des jeunes que l’AVS soit renforcée. En effet, s’il n’y avait pas d’AVS, ils devraient, premièrement, à nouveau s’occuper directement de leurs parents, ce qui créerait des liens de dépendance mutuelle difficiles entre jeunes et moins jeunes. Deuxièmement – et c’est encore plus important –, si l’AVS n’existait pas, les jeunes devraient se constituer leur prévoyance vieillesse au plan privé, ce qui serait beaucoup plus cher. L’AVS est la forme de prévoyance vieillesse la plus avantageuse. Pour les gens à bas et moyens revenus, le rapport prix/prestations est imbattable.</p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2336</guid><pubDate>Thu, 17 Sep 2015 14:36:00 +0200</pubDate><title>Le compromis des partenaires sociaux s’impose</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/le-compromis-des-partenaires-sociaux-s-impose</link><description>Loi sur l’assurance-accidents : dernières divergences éliminées</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les deux Chambres fédérales ont désormais éliminé leurs dernières divergences concernant la révision de la loi sur l’assurance-accidents (LAA). Cette révision, qui n’allait pas de soi suite à l’échec en 2008 d’une première mouture, illustre aussi la volonté des partenaires sociaux à agir sur cette question. Ci-après, dans une version légèrement abrégée, une intervention à ce sujet de Paul Rechsteiner, le président de l’USS.</p><p>L’assurance-accidents est la plus ancienne des assurances sociales classiques. Elle fonctionne parfaitement et offre des prestations de qualité. Ses finances sont toujours saines et elle ne coûte pas un centime à la Confédération et aux contribuables, car les employeurs et les employé(e)s lui versent des primes. L’article constitutionnel qui prévoit la création d’une assurance-accidents date de 1890. La loi sur l’assurance-accidents (LAA) est entrée en vigueur en 1911 et, depuis 1918, c’est la SUVA, une institution de droit public, qui la gère. Les décisions de principe prises à l’époque se sont avérées justes, car il faut attendre 1984 pour que la LAA fasse l’objet d’une révision globale. Après plus de 30 ans, une modernisation «&nbsp;légère&nbsp;» de ce texte s’imposait en effet. Elle reprendra le système bien rodé des prestations d’assurance versées pour les accidents professionnels et non professionnels. Avec elle, traitements médicaux et versements d’indemnités journalières relèvent d’une source unique, une grande différence avec l’assurance-maladie. Le même principe est appliqué aux rentes d’invalidité et aux indemnisations pour atteinte à l’intégrité, ainsi q&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; u’à la réglementation du gain assuré. Le compromis concernant la répartition du marché entre la SUVA et les assurances privées date également de 1984. Ici aussi, la révision ne change rien quant à ses principaux axes.
</p><h3>Pas uniquement assurer, mais aussi prévenir </h3><p>Pour comprendre l’importance de l’assurance-accidents et le pourquoi de la qualité de ses prestations, il faut revenir au début de l’ère industrielle. À cette époque, un accident était catastrophique pour la personne touchée et sa famille. Mais les industriels étaient aussi exposés à des risques de responsabilité imprévisibles. C’est en ces temps que vit le jour l’idée d’une assurance-accidents, selon la devise&nbsp;: «&nbsp;La responsabilité civile est synonyme de grève et l’assurance, de paix&nbsp;». Il s’agissait également de couvrir le risque de responsabilité au moyen de prestations d’assurance de qualité. Et ce risque ne devait alors être qu’exceptionnellement supporté. La mise en place d’une assurance-accidents a permis de donner une place importante à la prévention des accidents et des maladies professionnelles, qui font partie des risques. La prévention des accidents a contribué à ce que les travaux à risques, dans l’industrie et l’artisanat, soient effectués dans les meilleures conditions et, de manière générale, à rendre les processus de production plus sûrs. C’est là une contribution dont on ne saurait désormais plus penser se passer. Tout cela, la réforme actuelle le confirme. 
</p><h3>Partenaires sociaux avec discernement </h3><p>Le message de 2008 était bancal à divers égards. Mais surtout, il aurait réduit le volume de l’assurance et détérioré les prestations d’assurance. Il y a presque cinq ans, grâce à une coalition inhabituelle regroupant la Société suisse des entrepreneurs, l’USAM et les syndicats, le Parlement fédéral décidait de renvoyer au Conseil fédéral son projet, chargeant le gouvernement de le revoir et de le limiter à l’essentiel. Les faîtières des partenaires sociaux élaborèrent ensuite un projet de révision de dimensions réduites. La SUVA et l’Association suisse d’assurances se rallièrent aussi aux solutions et compromis trouvés. Le passage quelque peu inaccoutumé par les partenaires sociaux se justifie par le fait que l’assurance-accidents est une assurance pour travailleurs et travailleuses financée par des cotisations de ces derniers et des employeurs. La SUVA est également une institution portée par les associations patronales et les syndicats. 
</p><h3>Les nouveautés </h3><p> Créer une nouvelle réglementation pour les rentes-accident des personnes à la retraite ou, pour le dire en termes de responsabilité civile, de «&nbsp;dommages de rentes&nbsp;»<a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2015/150916_Rechsteiner_Loi-accidents_Revision.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>, est une tâche techniquement très exigeante. Comme la LPP n’existait par lorsque la nouvelle LAA est entrée en vigueur, en 1984, il fallait trouver une solution qui empêche la surindemnisation pendant la retraite, mais fasse simultanément en sorte que les personnes victimes d’un accident continuent à recevoir les prestations qui leur sont dues et qu’en particulier, les dommages de rentes soient couverts. La solution différenciée qui a été trouvée tient compte de l’âge de la personne victime d’un accident, ainsi que du degré d’invalidité pour les rentes partielles. Étant donné qu’aucune rente AI ou du 2e pilier n’est servie pour un degré d’invalidité inférieur à 40&nbsp;%, il faut ici une réglementation différente de celle appliquée aux degrés d’invalidité supérieurs. Les autres points importants de la révision sont les dispositions sur les grands sinistres, des dispositions qui répondent surtout aux demandes des assureurs privés, les dispositions sur la délimitation des secteurs d’activité de la SUVA et des assureurs privés et l’adaptation de l’organisation et de la gouvernance de la SUVA aux réalités actuelles. 
</p><hr><p><a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2015/150916_Rechsteiner_Loi-accidents_Revision.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Un accident qui entraîne une incapacité de gain a pour conséquence de diminuer le montant total des cotisations qui seront versées à l’AVS et, le cas échéant, à la prévoyance professionnelle jusqu’à l’âge de la retraite. La réduction des prestations de vieillesse due à cette lacune de cotisations doit être compensée en droit de la responsabilité civile.</p>]]></content:encoded><category>Assurance-accidents</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2335</guid><pubDate>Thu, 17 Sep 2015 08:57:00 +0200</pubDate><title>Accord sur le commerce des services : un contrat plein d’embûches</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/accord-sur-le-commerce-des-services-un-contrat-plein-d-embuches</link><description>Une conférence du ssp sur TISA montre l’étendue des critiques</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La conférence «&nbsp;TISA&nbsp;: solde des services publics au niveau global&nbsp;?&nbsp;» organisée par le Syndicat suisse des services publics (ssp) le 8 septembre dernier a suscité un large intérêt auprès des 130 personnes qui y ont assisté. Les syndicats jugent dangereuses les négociations sur TISA, l’Accord sur le commerce des services, car pleines d’embuches pour les services publics.</p><p>L’ambassadeur Christian Etter, responsable au SECO des accords commerciaux, a demandé aux personnes présentes de bien vouloir accepter que les négociations sur un tel accord soient nécessairement confidentielles. Selon lui, la Suisse est très intéressée par la conclusion d’un accord sur l’échange de services, car elle possède un important savoir-faire dans ce domaine. L’architecture de TISA, a-t-il précisé, est une structure familière, puisque largement analogue à celle de l’Accord général sur le commerce des services (ACGS, ou GATS en anglais). Pareille comparaison n’était pas nécessairement susceptible de susciter la confiance, car les critiques adressées précisément à cet accord ont trait à la commercialisation de l’approvisionnement de base en services. M. Etter a toutefois souligné que les services publics ne font pas partie de l’offre suisse concernant TISA.
</p><p>Le danger des annexes
</p><p>L’accord s’accompagne actuellement de nombreuses annexes auxquelles nous avons désormais accès grâce à Wikileaks. Leur caractère explosif réside en cela qu’elles s’appliqueraient à toutes les nations contractantes et cela, indépendamment des offres spécifiques et limitées de ces dernières. M. Etter estime cependant qu’à l’heure actuelle, il n’est absolument pas possible de dire quelles annexes seront finalement adoptées, mais, ajoute-t-il, avec TISA, il n’y aura pas d’instance arbitrale non étatique car il ne s’agit pas du tout ici de protection des investissements. Le processus démocratique sera en outre garanti du fait qu’il reviendra au Parlement de ratifier l’accord, le référendum facultatif étant possible. M. Etter considère encore qu’il est regrettable que de nombreuses informations erronées circulent sur TISA, raison pour laquelle le SECO tient sciemment à ce que la transparence soit grande en ce qui concerne le contenu de l’accord et l’ensemble du processus.
</p><h3>Une attaque frontale contre le service public</h3><p>Stefan Giger, secrétaire général du ssp et expert reconnu en cette matière, a maintenu ses critiques fondamentales selon lesquelles, à cause des deux éléments de l’architecture de TISA («&nbsp;rochet&nbsp;» et «&nbsp;gel&nbsp;»), les nouveautés au plan de la législation et les régulations plus poussées ne seront plus possibles en Suisse aussi, en matière de service public. Il doute aussi de la possibilité de maintenir, avec TISA, des réglementations existantes comme par exemple la participation majoritaire de la Confédération chez Swisscom. Isolda Agazzi d’Alliance Sud a analysé TISA sous l’angle des pays du Sud. Elle est certaine que les effets de cet accord sur ces derniers seraient catastrophiques, parce que celui-ci lancerait une vaste privatisation et une commercialisation de l’approvisionnement de base en services. Beat Santschi, président de l’Union suisse des artistes musiciens (USDAM) et représentant de la Coalition suisse pour la diversité culturelle, a calculé que l’encouragement public de la culture se trouvait en Suisse dans un rapport de 9:1 par rapport à l’encouragement privé, alors que ce rapport est l’inverse aux États-Unis. Il craint ainsi que TISA ne mette en danger ce système d’encouragement essentiel à la survie de la culture locale, car il ne permet à vrai dire pas de favoriser les fournisseurs indigènes de services par rapport à ceux étrangers. 
</p><h3>Une attitude de rejet </h3><p> L’ambassadeur Christian Etter a essayé en vain de persuader les participant(e)s à la conférence que la Suisse avait clairement un intérêt économique à conclure des accords commerciaux, qui serviraient aussi à maintenir des emplois. La dernière question, posée par Katharina Prelicz, présidente du ssp et animatrice de la conférence, résume l’attitude de la salle face à TISA&nbsp;: «&nbsp;TISA apportera-t-il plus de justice&nbsp;?&nbsp;», a-t-elle demandé. «&nbsp;Non&nbsp;!&nbsp;» ont répondu unanimement les participant(e)s à la conférence.</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2332</guid><pubDate>Wed, 16 Sep 2015 14:50:00 +0200</pubDate><title>Prévoyance vieillesse 2020 : le plus important projet de réforme depuis longtemps doit garantir des rentes décentes à la majorité de la population</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/prevoyance-vieillesse-2020-le-plus-important-projet-de-reforme-depuis-longtemps-doit-garantir-des-rentes-decentes-a-la-majorite-de-la-population</link><description>Prise de parole du président de l’USS Paul Rechsteiner au Conseil des Etats</description><content:encoded><![CDATA[<p> Prévoyance vieillesse 2020 est le plus vaste et important projet de réforme qu'ait connu la Suisse depuis des années. Il a une influence sur l'existence de centaines de milliers de personnes, de millions de personnes plutôt, qui sont déjà à la retraite et encore plus sur celle des futurs retraité-e-s. Le projet est également un test pour le fonctionnement et la capacité de fonctionnement de nos institutions politiques. Est-ce que le Parlement est en mesure de concocter un projet dans ce domaine sensible qui corresponde à la réalité des habitant-e-s de ce pays et qui de ce fait passe non seulement la rampe de la majorité parlementaire mais aussi celle d'une votation populaire?
</p><p>Le fiasco des réformes des retraites de 2004 et 2010 montre que dans ce domaine, il ne suffit pas qu'un projet représente les vues de la majorité. Le succès d'une réforme des retraites se mesure à l'aune de ce qu'elle signifie concrètement pour la grande majorité des personnes à revenus bas et moyens, donc pour la grande majorité de la population qui dépend de rentes décentes de l'AVS et des caisses de pension. Pour ces personnes, le niveau des rentes résultant de cette réforme sera alors décisif. Elles ne souffriront aucun démantèlement social. Elles veulent et ont besoin de rentes décentes, comme le demande notre Constitution fédérale : "maintenir de manière appropriée son niveau de vie antérieur" à la retraite, par les rentes AVS conjuguées à celle des caisses de pension.
</p><h3>Le projet du Conseil fédéral affaiblirait l'AVS</h3><p>Avec son projet Prévoyance vieillesse 2020, le Conseil fédéral a choisi la bonne méthode. L'AVS et les caisses de pension sont traitées ensemble. La proposition de révision se base ainsi sur l'objectif constitutionnel. Le projet du Conseil fédéral est aussi juste en cela qu'il assure le financement de l'AVS jusqu'en 2020, donc pendant les 15 prochaines années. Quinze ans représentent le laps de temps maximum pour lequel on peut faire des prévisions qui tiennent la route. On sait que les prévisions pour l'AVS ont toujours été trop pessimistes. Elles ont toujours été contredites par la réalité. Mais il est compréhensible de préférer rester prudent quand on fait des prévisions. Autant le projet du Conseil fédéral que celui de la commission prennent comme référence l'objectif d'un niveau du Fonds AVS de 100% pour 2030. Autant le Conseil fédéral que les propositions de la commission atteignent ce niveau.
</p><p>Si la proposition d'un financement additionnel est juste, les autres propositions du Conseil fédéral sur l'AVS sont problématiques. L'assurance sociale qu'est l'AVS serait affaiblie plutôt que d'être renforcée si les propositions du Conseil fédéral étaient appliquées au premier pilier. Il est de ce fait important que la commission ait fortement modifié et amélioré la proposition du Conseil fédéral. Le seul recul qui soit resté après les délibérations de la commission est l'augmentation de l'âge de la retraite des femmes à 65 ans. Ont été éliminés à l'unanimité la dégradation de la compensation du renchérissement par ce qu'on appelle le mécanisme d'intervention, les coupes massives dans les rentes de veuve et le retrait partiel de la Confédération dans le financement de l'AVS. Ce retrait aurait alourdi de plusieurs centaines de millions de francs la facture de l'AVS. Si on tire le bilan des délibérations de la commission, la bonne nouvelle pour les retraités et retraitées AVS est que leurs rentes sont garanties et ne sont pas touchées. On demande par contre aux futures retraitées d'accepter une élévation de l'âge de la retraite, comme d'ailleurs à leurs maris, qui devront attendre un an de plus la rente de couple. Cela reste, suite à la décision de la majorité de la commission, un recul sensible pour toutes les futurs retraité-e-s.
</p><p>La commission est d'accord sur le fait que les 3 pour mille de TVA encore en réserve qui alimentent l'AI jusqu'à fin 2017 doivent être attribués à l'AVS. Si le peuple accepte cette proposition, et tout semble aller dans ce sens, ce serait positif pour l'AVS, mais aussi pour l'économie et la population. En effet, il n'y aurait alors pas d'augmentation de la TVA jusqu'en 2021. Et les deux hausses de 0,3 et de 0,4% qui sont prévues pendant la prochaine décennie sont aussi très bon marché. La dernière hausse de la TVA en faveur de l'AVS, dans les années 1990, remonte à 20 ans. Toutes ces décisions prises par la commission sont positives pour le financement de l'AVS.
</p><h3>Des améliorations réjouissantes</h3><p>La pièce maitresse des propositions de révision issues des délibérations de la commission est toutefois l'amélioration des rentes AVS de 840 francs par an, soit 70 francs par mois pour les personnes seules et, de plus de 2700 francs par an pour la rente de couple maximale. Ces améliorations sont réjouissantes, même si une hausse plus importante pour les personnes seules aurait été souhaitable. Grâce à ce montant supplémentaire fixe, la composante sociale de l'AVS est renforcée, ce qui est positif. L'amélioration s'élève à 6% pour les rentes modestes. Et tout autant pour les couples, ce qui rend la proposition avantageuse essentiellement pour les personnes à revenus moyens. Le fait que les rentes n'ont pas été davantage relevées est lié à la limitation des coûts. Les 0,3 % de cotisations salariales, à raison de 0,15 % à parts égales pour l'employeur et l'employé, sont une solution meilleur marché que la proposition du Conseil fédéral de faire des compensations dans la LPP.
</p><p> La solution passant par l'AVS a par rapport à la solution du Conseil fédéral deux avantages: tout d'abord celui d'un meilleur rapport coût/prestations pour toutes les personnes ayant des revenus moyens et bas et deuxièmement, que l'augmentation des rentes est tout de suite effective. Si on empruntait la voie de la LPP, les assuré-e-s devraient attendre des décennies, car le processus d'épargne par la LPP dure actuellement plus de 40 ans et, à l'avenir, selon la proposition de la commission, 45 ans. Pour des coûts modestes, la proposition de la commission d'améliorer les rentes par l'AVS est positive. 
</p><h3>Au bout de 20 ans, les rentes AVS doivent être à nouveau être améliorées </h3><p>Et pourquoi faut-il aujourd'hui améliorer les rentes de l'AVS? Depuis les années 1980, soit depuis 35 ans, les rentes AVS ont lentement mais sûrement pris du retard sur l'évolution des salaires. Comme le concède aussi le Conseil fédéral dans son message, le retard de rentes se monte à environ 10%. En regard du mandat de prestation constitutionnel, cela met à mal le maintien de manière appropriée du niveau de vie antérieur, autrement dit le taux de remplacement. Pendant longtemps, on ne l'a peut-être pas vraiment remarqué, du fait que les prestations de la LPP ont été mises en place. Mais depuis que les rentes des caisses de pension subissent des pressions toujours plus fortes, le retard des rentes AVS se fait toujours plus sentir. Il faut donc, au bout de 20 ans, qu'il y ait une nouvelle amélioration des rentes AVS. C'est la première amélioration en 20 ans, depuis l'introduction des bonifications pour tâches éducatives et d'assistance apportées par la 10e révision de l'AVS. Et grâce à ces améliorations, cette réforme de l'AVS fut aussi la dernière qui ait abouti.
</p><p> Tout bien considéré, les résultats globaux du travail en commission sont davantage viables que les propositions du Conseil fédéral parce qu'ils prennent plus en considération les besoins sociaux de la population. Il faut encore améliorer certaines choses et je reviendrai sur ces points lors de l'examen de détail. 
</p><h3>La population n'accepte pas qu'une AVS géniale soit affaiblie</h3><p> Le destin de la proposition de révision se décidera sur la question des rentes. Les rentes LPP doivent être garanties et les rentes AVS doivent à nouveau être adaptées à l'évolution des salaires. La population ne va pas accepter que l'AVS, l'assurance sociale centrale de notre système, soit affaiblie au lieu d'être renforcée. Et cela, parce que l'AVS a réussi de façon unique à financer l'augmentation de l'espérance de vie ainsi que du nombre de retraité-e-s, et cela grâce au système de financement génial imposant l'obligation de cotisation sur la totalité des revenus : comme chacun sait, les personnes qui gagnent des millions comme les chasseurs de bonus paient des cotisations AVS sur l'entier de leurs revenus, alors que leurs rentes ne sont pas plus élevées que celles de personnes qui ont des revenus moyens. 
</p><p>Comme aucune autre assurance sociale, l'AVS favorise la cohésion sociale de la Suisse, l'équité sociale et la solidarité entre les générations. Pour toutes les personnes ayant un revenu moyen ou bas, c'est-à-dire jusqu'à un revenu d'environ 150 000 francs par an, le rapport coût/prestations est excellent. L'AVS sert les plus âgés comme les plus jeunes. Sans AVS, les plus âgés se retrouveraient à nouveau dans une situation indigne de dépendance et de pauvreté, les plus jeunes verraient leurs salaires davantage ponctionnés et devraient bien plus épargner qu'aujourd'hui. 
</p><p>N'oublions pas que les cotisations salariales pour l'AVS sont restées les mêmes depuis 40 ans, soit 8,4%, 4,2% à parts égales pour l'employeur et l'employé. Le taux de cotisation moyen aux caisses de pension est désormais de plus de 18%, soit plus du double. De telle sorte que la solution de l'AVS est aussi dans l'intérêt des plus jeunes. 
</p><p>Nous nous trouvons devant une réforme-clé pour l'avenir de la Suisse. Elle réussira si, comme pour celles qui ont jusqu'ici abouti, elle prend en considération les besoins sociaux de la population. 
</p><p>Dans ce sens, je vote pour l'entrée en matière. </p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Politique sociale</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2327</guid><pubDate>Fri, 04 Sep 2015 10:48:00 +0200</pubDate><title>Initiative populaire « Davantage de logements abordables »</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/initiative-populaire-davantage-de-logements-abordables</link><description>Le soutien de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 4 septembre, l’Association suisse des locataires (ASLOCA) lance la récolte des signatures pour son initiative populaire «&nbsp;Davantage de logements abordables&nbsp;». L’Union syndicale suisse (USS) soutient cette initiative qui entend mettre fin à la passivité du Conseil fédéral en matière de logements.</p><p>La situation sur le marché est pour le moins tendue. Ces dernières années, les loyers n’ont pas cessé d’augmenter, alors que la phase de taux d’intérêt bas persiste. Il y a pénurie de logements bon marché. Les perdants sont les personnes à bas ou moyens revenus. Désormais, leur loyer représente pour eux une telle charge qu’ils doivent compter chaque franc dépensé ailleurs et sont contraints de se serrer la ceinture. Une absurdité, tant au plan individuel que social et économique.
</p><h3>La Confédération pourrait, mais ne veut pas</h3><p>Face à cette situation critique, une mesure importante et juste à prendre consisterait à encourager la construction de logements d’utilité publique. Car cela freinerait la hausse ininterrompue des loyers. Or, la Confédération aurait la compétence d’intervenir dans ce sens. L’article 108 de la Constitution fédérale lui demande, depuis 1973 déjà, d’encourager la «&nbsp;construction de logements ainsi que l’acquisition d’appartements et de maisons familiales destinés à l’usage personnel de particuliers et les activités des maîtres d’ouvrage et des organisations œuvrant à la construction de logements d’utilité publique.&nbsp;» La Confédération dispose même, avec la loi sur le logement, d’un instrument légal pour agir. Mais elle n’en fait pas usage. Avec le Programme d’allégement 2003 du budget de la Confédération, celle-ci a gelé les prêts sans intérêt ou à taux favorables destinés à la construction de logements d’utilité publique. Et, malgré un «&nbsp;dialogue en matière de politique du logement&nbsp;» lancé en 2013, elle s’en tient à cette politique. 
</p><h3>10&nbsp;% des logements nouvellement construits devront être d’utilité publique</h3><p>L’Association suisse des locataires veut que les choses bougent maintenant. Dans ce but, elle a mis au point une initiative populaire&nbsp;qui demande à la Confédération et aux cantons un engagement plus soutenu en faveur de logements abordables et d’une plus grande part de logements d’utilité publique. Cette part oscille aujourd’hui, selon la source consultée, entre 4 et 8&nbsp;%. Le but est d’arriver à ce que 10&nbsp;% des logements nouvellement construits soient d’utilité publique. L’initiative veut aussi empêcher que les programmes d’encouragement des pouvoirs publics n’aient pour effet que les locataires soient congédiés ou que les propriétaires entreprennent des transformations de luxe.
</p><p> Les Coopératives d’habitation Suisse, l’Union syndicale suisse (USS), les partis de gauche et d’autres organisations soutiennent cette initiative qu’il est maintenant possible de signer. Tout le monde est bien obligé d’habiter quelque part. Si le marché du logement ne le permet, il faut intervenir au niveau politique.&nbsp;
</p><h5>signer l'initiative&nbsp;</h5><p><a href="http://logements-abordables.ch/fr/initiative-logements/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Ici</a>, vous pouvez signer l'initiative et trouver des informations complémentaires à son sujet.</p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2326</guid><pubDate>Fri, 04 Sep 2015 09:23:00 +0200</pubDate><title>Autres objets importants du point de vue syndical</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/autres-objets-importants-du-point-de-vue-syndical</link><description>Session d&#039;automne II</description><content:encoded><![CDATA[<h2>Montant maximaux pris en compte pour le loyer : l’USS ne veut pas d’un renvoi aux calendes grecques</h2><p>À la demande du Parlement, le Conseil fédéral veut augmenter les montants maximaux pris en compte pour le loyer dans les prestations complémentaires (PC). C’est juste et c’est une bonne chose. Mais maintenant, la majorité bourgeoise de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national (CSSS-N) se braque tout à coup, une volte-face que l’USS n’accepte pas.
</p><p>(Doris Bianchi)La personne qui a du mal à boucler ses fins de mois peut demander des PC à sa rente AVS ou AI. Si elle vit seule, elle ne peut faire prendre en compte que 1&nbsp;100 francs au maximum par mois pour ses frais de loyer, 1&nbsp;250 si elle est mariée. Cette somme ne couvre toutefois de loin pas les frais de loyer élevés que l’on connaît en Suisse. Par conséquent, les personnes concernées doivent s’ôter le pain de la bouche pour s’acquitter d’une partie de leur loyer. La dernière adaptation des maximas en matière de frais de loyer a eu lieu il y a 14 ans. Depuis lors, ces frais ont augmenté en moyenne de plus de 20&nbsp;%. Il est donc plus que temps que ces maximas soient adaptés. Le Conseil fédéral a aussi reconnu qu’il fallait agir. En décembre 2011, la CSSS-N a accepté une révision qui allait dans ce sens. Trois années plus tard, le Conseil fédéral propose au Parlement une révision partielle de la loi sur les PC (LPC), qui prévoit une adaptation modeste de ces maximas.
</p><h3>Une volte-face incompréhensible </h3><p>Fin juin, la même CSSS-N a toutefois décidé de renvoyer ce projet au Conseil fédéral. Une étroite majorité de ses membres étaient d’avis que l’adaptation des maximas pris en compte pour le loyer ne devrait être traitée que dans le cadre de la révision totale de la LPC. Cette adaptation urgente prendrait de ce fait des années de retard et la hausse des maximas n’aurait lieu que vers 2020.
</p><h3>Il faut empêcher le renvoi de cet objet</h3><p>Le Conseil national se prononcera le 22 septembre sur la proposition de renvoi de la commission. L’USS ne veut pas de ce renvoi et va le combattre avec d’autres organisations, de séniors, de personnes handicapées, de femmes et de professionnel(le)s de la santé. Cette alliance, qui se battra aussi dans le cadre de la prochaine révision de la LPLC pour des PC décentes, se montrera publiquement le 22 septembre. Des PC adaptées aux réalités sont en effet indispensables pour que les bénéficiaires de rentes AVS et AI puissent vivre dans la dignité.
</p><p>&nbsp;</p><h2>Le conte de fées des heures d’ouverture des magasins</h2><p>(Luca Cirigliano) Il était une fois un conseiller aux États qui prétendait que si l’on contraignait les cantons à unifier leurs heures d’ouverture des magasins, les effets du franc fort seraient neutralisés… et le tourisme d’achat disparaîtrait.
</p><p>Ce conseiller aux États s’appelle Filippo Lombardi et cette histoire ne se passe pas «&nbsp;il y a bien longtemps, dans un pays lointain&nbsp;», mais cette année et en Suisse. 
</p><p>Ainsi, Monsieur Lombardi prétend que les habitant(e)s de Bâle-Ville ou de Fribourg, par exemple, n’iraient pas faire leurs achats en Allemagne ou en France si les magasins ouvraient en Suisse jusqu’à 20 heures en semaine et 18 heures le samedi… Mais la mémoire de Monsieur Lombardi est parfois défaillante. En effet, des cantons frontaliers comme Zurich ou Argovie connaissent déjà des heures d’ouverture prolongées. Or le tourisme d’achat y est pire qu’ailleurs&nbsp;! Monsieur Lombardi ne lit manifestement pas beaucoup. Et sûrement pas l’étude tout ce qu’il y a de plus officiel du SECO, selon laquelle la prolongation des heures d’ouverture des magasins n’entraîne pas d’augmentation du chiffre d’affaires, mais est même nuisible aux petits commerces (SECO, Volkswirtschaftliche Auswirkungen flexibler Ladenöffnungszeiten, Arbeitsmarktpolitik Nr. 12, Berne 2005, en allemand seulement).
</p><p>Mais Monsieur Lombardi n’est pas seul, que non. La Commission de l’économie et des redevances du Conseil des États a aussi décidé de croire dur comme fer que les heures d’ouverture des magasins imposées, ça marche contre le franc fort&nbsp;! Elle a donc accepté la motion du conseiller aux États Lombardi malgré l’opposition des cantons et des syndicats, et approuvé la prolongation des heures d’ouverture en semaine et le samedi. En agissant de la sorte, elle ne fait aucun cas ni des employé(e)s des commerces qui devront travailler encore plus longtemps, ni des citoyen(ne)s de nombreux cantons. De fait, ces derniers ont refusé ces dernières années ces prolongations lors d’une dizaine de votations populaires. 
</p><p>Les travailleurs et travailleuses concernés par ces prolongations refusent que leurs conditions de travail d’ores et déjà précaires se dégradent encore plus. Qui plus est, le commerce de détail n’a pas de convention collective de travail. Avec les nouveaux horaires-cadres (de 6 à 20 h, la semaine et de 6 à 18 h, le samedi), les journées de travail deviendraient encore plus irrégulières et fragmentées.
</p><p>Il appartient au Conseil des États de faire en sorte que l’on recouvre enfin la raison sur cette question, ainsi que de jouer son rôle de représentant des cantons. Et si tant la Chambre du peuple que celle, plus tard, des cantons continuent à choisir la confrontation avec les cantons et les travailleurs et travailleuses des branches concernées, ce sera finalement le peuple qui tranchera.
</p><p>&nbsp;</p><h2>Personnel de la Confédération&nbsp;: des interventions parlementaires pour bourrer les crânes</h2><p>(Dore Heim) Le personnel de la Confédération est sous le feu des critiques. Les médias parlent de créations d’emplois et d’évolution des salaires scandaleuses. Certaines interventions de parlementaires et des Commissions des finances des deux Chambres fédérales embouchent les mêmes trompettes. Elles seront probablement traitées le 23 septembre au Conseil des États et le lendemain au Conseil national. Mais le Conseil fédéral est déjà prêt maintenant à décider des mesures d’austérité&nbsp;: pas de hausse générale des salaires en 2016, compensation de chaque nouvel emploi avec des mesures internes d’économies et démantèlement brutal des salaires dès 2016. À partir de cette date, l’évolution des salaires pour bonnes prestations sera freinée, dans une mesure pouvant représenter jusqu’à 2&nbsp;points de pourcentage. Concrètement, cela signifie que, comparés aux collègues qui occupent les mêmes fonctions et font le même travail, les salaires des jeunes et des nouveaux employé(e)s seront désormais toujours inférieurs, et de beaucoup&nbsp;! 
</p><p>Tout le monde a oublié que, jusqu’en 2007, 2&nbsp;500 postes avaient été supprimés suite à un vaste programme de démantèlement et qu’en plus, des secteurs entiers avaient été externalisés. Dans les faits, la part des frais de personnel aux dépenses de la Confédération n’a augmenté que de 0,4&nbsp;% ces quatre dernières années, alors que le budget total des dépenses a augmenté de 8&nbsp;%. Avec 31,3&nbsp;%, nous avons en Suisse la quote-part de l’État la plus basse d’Europe. Et cette part baisse tendanciellement. Concernant le personnel, il ne saurait donc être question d’évolution scandaleuse.
</p><p>&nbsp;</p><h2>Initiative «&nbsp;En faveur du service public&nbsp;»&nbsp;: un emballage trompeur et dangereux </h2><p>(Dore Heim) On ne doit pas sous-estimer la popularité de l’initiative populaire «&nbsp;En faveur du service public&nbsp;». La Poste, Swisscom et les CFF sont déjà assez la source d’un mécontentement persistant au sein de la population. Et l’initiative nous fait miroiter, si elle est acceptée, un renforcement des services publics ainsi que des prestations de base de qualité. Bref&nbsp;: la résolution de tous les problèmes qui résultent des pratiques commerciales de ces trois entreprises. Quelle grossière erreur&nbsp;! L’initiative accélérerait bien au contraire la privatisation des secteurs lucratifs de la Poste, de Swisscom et des CFF et occasionnerait d’énormes pertes financières pour la Confédération. Les trois entreprises n’auraient en effet plus le droit de chercher à faire des bénéfices dans les prestations de base et la Confédération n’aurait plus le droit non plus de profiter d’éventuels bénéfices. PostFinance garantit l’approvisionnement de base et est très lucrative. Grâce à elle, 200 millions finissent chaque année dans la caisse de la Confédération. Swisscom est une société par actions de droit privé qui distribue annuellement pour 600 millions de francs de dividendes à la Confédération, son actionnaire majoritaire, une somme qui provient sans doute aussi des bénéfices réalisés avec les prestations de base. Ces recettes, la Confédération les affecte ensuite aux services publics, à la formation, à la santé et au social ainsi qu’à la culture.
</p><p>Quant aux CFF, ils cherchent sciemment à faire des bénéfices dans l’immobilier et les liaisons longue distance – cela fait aussi partie des prestations de base. Le produit qu’ils en tirent, au moins 200 millions, revient ensuite dans l’entreprise pour financer les coûts d’infrastructure et les lignes peu fréquentées. Si ce modèle commercial devait être abandonné, la Confédération devrait intervenir financièrement.
</p><p>L’initiative «&nbsp;En faveur du service public&nbsp;» déboucherait donc sur le pillage de la caisse de la Confédération et sur la privatisation des secteurs bénéficiaires de ces trois entreprises que sont la Poste, Swisscom et les CFF. Elle n’est pas une initiative «&nbsp;en faveur&nbsp;» de quelque chose, mais un emballage trompeur et dangereux.
</p><p>&nbsp;</p><h2>Fonds pour les routes nationales et le trafic d'agglomération&nbsp;: une vache menaçante</h2><p>(Dore Heim) L’USS le craignait et c’est arrivé. L’initiative vache à lait du lobby des routes va influencer la discussion au sujet du fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération (FORTA). Plutôt que de suivre la proposition déjà très modérée du Conseil fédéral qui veut augmenter la surtaxe sur les huiles minérales de 6 petits centimes, la majorité de la Commission des transports et des télécommunications du Conseil des États (CTT-E) propose une hausse de 4 centimes seulement. En contrepartie, elle veut que 55&nbsp;% du produit de l’impôt sur les huiles minérales – contre 50&nbsp;% aujourd’hui – soit 150 millions de plus, soient obligatoirement affectés au financement des routes. Or FORTA prévoit déjà que le produit de l’impôt sur les carburants lui soit versé, ce qui priverait chaque année la caisse de la Confédération d’environ 400 millions de francs. Selon la volonté de la CTT-E, cette perte serait ainsi de 550 millions de francs par an. L’USS refuse cette répartition unilatérale et à courte vue des charges. Le trafic routier engendre aujourd’hui d’importants coûts externes qui se montent à environ 7 milliards de francs par an pour la communauté. Grâce à des moteurs moins gourmands en essence, rouler en voiture est devenu toujours moins cher ces dernières années. Un supplément de seulement 6 centimes serait donc totalement supportable. 
</p><p>Toujours est-il, et c’est un vrai progrès par rapport à la proposition du gouvernement, qu’il convient de souligner que la CTT-E veut réserver entre 9 et 12&nbsp;% de FORTA aux projets concernant les&nbsp; transports publics et la mobilité douce dans les villes et les agglomérations.
</p><p>&nbsp;</p><h2>Stratégie énergétique 2050&nbsp;: la sortie programmée du nucléaire reste urgente</h2><p>(Dore Heim) Les bonnes nouvelles pour commencer&nbsp;: la Commission de l’environnement, de l’aménagement du territoire et de l’énergie du Conseil des États (CEATE-E) présente, pour la consommation privée d’énergie, une réglementation qui pourrait donner une vraie impulsion à la production d’électricité décentralisée à partir d’énergies renouvelables, mais aussi d’installations de couplage chaleur-force. Selon elle, les exploitants d’installations pourraient à l’avenir vendre l’énergie qu’ils produisent sur le lieu même de production, livrer, en tant que propriétaires fonciers, de l’électricité à leurs locataires et fermiers et se regrouper avec d’autres propriétaires fonciers dans le cadre d’une communauté d’autoconsommation. Les locataires et les fermiers auraient bien sûr la possibilité de choisir l’électricité de leur propriétaire ou de continuer à l’acheter auprès de l’entreprise d’approvisionnement locale.
</p><p>La décision prise par la majorité de la CEATE-E de refuser un concept d'exploitation à long terme pour les centrales nucléaires et de donner généreusement aux exploitants de centrales hydrauliques de l’argent provenant du supplément sur les coûts de transport est par contre dure à avaler. Il s’agit en effet d’argent qui serait à proprement parler prévu pour la construction de nouvelles installations de production d’énergies renouvelables. Or, il faudra non seulement payer une contribution d’investissement pour construire des nouvelles centrales hydroélectriques et procéder à des agrandissements, mais aussi soutenir les grandes centrales en difficulté économique. 
</p><p>La durée limitée du soutien apporté aux sources d’électricité renouvelables – au plus tard six ans après l’entrée en vigueur de la loi, soit dès 2031 – est aussi un nouvel élément. À partir de cette date, aucune demande ne devra être acceptée. Cela revient aussi à céder devant les grandes entreprises électriques, car personne ne peut sérieusement croire aujourd’hui qu’après 2031, le tournant énergétique se financera sur le marché. La surcapacité de production d’électricité est trop importante en Europe. Or c’est là que son prix se fixe. Personne ne pense vraiment qu’il sera possible de créer une taxe d’incitation énergétique indépendamment de l’Union européenne. La CEATE-E propose alors maintenant une taxe sur le courant sale qui renchérirait principalement l’importation d’électricité produite à partir de charbon. L’électricité produite par des usines hydroélectriques ou des centrales nucléaires en vaudrait par conséquent à nouveau plutôt la peine. Mais cela pourrait coûter cher à la Suisse, car le rééquipement d'anciens réacteurs nucléaires engloutit des sommes colossales sans que leur mise hors service et l’élimination des déchets radioactifs en deviennent moins chères. La sortie planifiable et programmée du nucléaire reste par conséquent urgente.
</p><p>&nbsp;</p><h2>Pas question d’un moratoire sur l’asile&nbsp;!</h2><p>(José Corpataux) Lors de la session d’automne, les deux Chambres fédérales traiteront une motion de l’UDC intitulée «&nbsp;Pour un moratoire immédiat dans le domaine de l’asile&nbsp;». Selon elle, en recourant au droit de nécessité, le Conseil fédéral doit suspendre partiellement l’application du droit d’asile pour au moins une année. Et la suite en toutes lettres&nbsp;: «&nbsp;Durant cette période, personne ne pourra plus être admis dans la procédure d’asile. Personne ne pourra plus être reconnu comme réfugié ni être admis en Suisse à titre de réfugié contingenté.&nbsp;» Etc. etc. etc.
</p><p> Chaque jour, la télévision nous montre des enfants en pleurs face à des clôtures dressées à des frontières. Cette intervention parlementaire est du pur cynisme. Ses auteurs devraient en avoir honte. Mais pour cela, il faudrait qu’ils soient capables d’avoir de l’empathie.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2325</guid><pubDate>Fri, 04 Sep 2015 09:00:00 +0200</pubDate><title>L’AVS doit être renforcée, pas affaiblie</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/l-avs-doit-etre-renforcee-pas-affaiblie</link><description>Session d’automne I : « Prévoyance vieillesse 2020 » au Conseil des États</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil des États traitera la révision «&nbsp;Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;» lors la session d’automne qui s’ouvre. Sa commission chargée de l’examen préalable (Commission de la sécurité sociale et de la santé publique, CSSS-E) a beaucoup modifié, et ainsi amélioré, le projet du Conseil fédéral. Elle aimerait renoncer à des détériorations des prestations de l’AVS et propose, à la&nbsp; place, d’améliorer les rentes de cette assurance.&nbsp; &nbsp; &nbsp;</p><p>Avec ces nouvelles propositions, le législateur propose enfin, après 20 années, des jalons pour une révision qui se traduira aussi, pour les assuré(e)s, par des rentes AVS meilleures. Ce faisant, la CSSS-E applique la recette fructueuse de la dernière révision réussie (10e) de cette assurance au milieu des années 90 et reprend la revendication syndicale du renforcement de l’AVS.
</p><h3>Deux points très négatifs subsistent </h3><p>La commission n’a malheureusement pas renoncé au relèvement à 65 ans de l'âge de la retraite des femmes.&nbsp;Elle propose en plus d’introduire cette mesure l’année de l’entrée en vigueur de la réforme et de procéder en quatre étapes de trois mois supplémentaires chacune. La phase transitoire serait ainsi réduite à trois ans. La proposition de la commission – mise en vigueur de la réforme dès le 1.1.2018 – signifie concrètement que le relèvement progressif de l’âge de la retraite des femmes commencerait déjà en 2018, pour prendre fin en 2021 et concernerait les femmes nées en 1954 et après. Pour celle nées en 1956 ou après, l’âge de la retraite serait de 65 ans. Une retraite anticipée facilitée pour les personnes ayant une longue durée de cotisation et de bas revenus n’est plus prévue.
</p><p>La CSSS-E maintient aussi la baisse de 6,8 à 6 % du taux de conversion minimal.&nbsp;Elle se prononce toutefois pour le maintien du niveau des prestations grâce à des mesures de compensation, mais la conversion de l’avoir de vieillesse en rente sera énormément moins bonne. De plus, les études scientifiques les plus récentes sur l’acceptabilité des projets de réforme de la prévoyance vieillesse montrent également que la baisse du taux minimal de conversion est ressentie comme une réduction des prestations dangereuse pour l’acceptation d’un projet de réforme. 
</p><p>Ces deux points négatifs pèsent lourdement, l’USS les rejette. Le relèvement de l’âge de la retraite touche les femmes qui ont touché pendant des décennies des salaires discriminatoires parce qu’inférieurs à ceux des hommes et dont le parcours professionnel a subi des interruptions, fautes de structures d’accueil des enfants. Ainsi, leur vie professionnelle sera plus longue alors que leurs perspectives sur le marché du travail sont maigres. C’est pour cela que leur âge de la retraite doit rester fixé à 64 ans et que le taux de conversion minimal doit être maintenu à 6,8 %.
</p><h3>Il est grand temps d’améliorer les rentes AVS</h3><p>En plus du relèvement de l’âge de la retraite des femmes, la commission a biffé tous les points négatifs proposés par le Conseil fédéral concernant l’AVS. 
</p><p>La proposition d’un supplément de rente de 70 francs pour les rentes de vieillesse de l’AVS et le relèvement à 155&nbsp;% du plafond de ces dernières pour les couples mariés représentent des améliorations centrales apportées au projet «&nbsp;Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;». La hausse de 70&nbsp;francs augmentera de manière linéaire la rente minimale de 6&nbsp;%, la rente maximale de 3&nbsp;%. Ainsi, la rente maximale passerait à 2&nbsp;240 francs. Pour les couples, les deux suppléments de 70 francs et le relèvement du plafond représentent une amélioration d’au maximum 226 francs. Par conséquent, le montant des rentes des futurs retraité(e)s qui ont touché des revenus bas ou moyens durant leur vie professionnelle s’en trouvera sensiblement augmenté.
</p><p>Cette amélioration des rentes prendra la forme d’un supplément qui n’entraînera aucun changement pour l’AI et les rentes de survivant(e)s. Elle suit donc la logique de notre initiative AVSplus. Mais elle ne devra profiter qu’aux nouveaux retraité(e)s. Contrairement à notre initiative, les rentes courantes ne seront pas relevées. Les rentes AVS des futurs retraité(e)s offriront de ce fait une couverture un peu plus grande par rapport à leur dernier salaire. D’autre part, cette mesure compensera la baisse des prestations de prévoyance professionnelle dont devront s’accommoder de nombreux futurs retraité(e)s à cause de taux de conversion et d’intérêts toujours plus bas.
</p><p>Une hausse du niveau des rentes à travers l’AVS présente en outre l’avantage d’être immédiate et, donc, de ne pas intervenir seulement après une phase d’épargne de plusieurs décennies. Ce sont surtout les bas et moyens revenus, et d’abord les femmes, qui profiteront d’une amélioration des rentes de vieillesse de l’AVS. L’AVS est souvent leur seule source de revenus. L’amélioration directe des rentes à travers l’AVS est de loin plus avantageuse, pour les femmes proches de la retraite, que le relèvement du niveau des rentes du 2e pilier. En effet, cette génération de femmes ne dispose en règle générale pas du tout d’un 2e pilier ou que d’un 2e pilier minime. Comme la phase pendant laquelle elles pourraient encore épargner est courte, il ne leur serait plus possible du tout de combler leurs lacunes de cotisation, malgré les nouvelles mesures de financement.
</p><h3>Reculs dans la prévoyance professionnelle</h3><p>Dans la prévoyance professionnelle, la baisse à 6&nbsp;% du taux d’intérêt minimal réduira le niveau des rentes. Afin d’empêcher que celles-ci ne baissent, la CSSS-E a décidé de garantir leur niveau à l’aide de diverses mesures de compensation financées par les assuré(e)s du 2e pilier selon le principe de la répartition. Et il sera possible, à travers d’autres mesures (p. ex. début anticipé du processus d’épargne), d’à peu près stabiliser l’actuel niveau des rentes. On ne dispose pas encore de calculs précis, mais les assuré(e)s qui auront entre 40 et 49 ans lors de l’entrée en vigueur de la réforme devraient subir une baisse de leurs prestations du 2e pilier. 
</p><p>Dans l’ensemble, les propositions de l’Union patronale suisse concernant la prévoyance professionnelle sont parvenues à s’imposer. Le taux de conversion sera rapidement baissé et, parallèlement, les mesures de compensation seront plus modestes, ce qui induira des coûts moindres. Afin d’améliorer la couverture d’assurance en cas de travail à temps partiel, il est proposé de ne tenir compte que du taux d’occupation pour le seuil d’accès. Cela devra permettre d’assurer avant tout des travailleurs et travailleuses dont le taux d’occupation est faible.
</p><p>La décision prise par la majorité de la CSSS-E de ne pas modifier la réglementation de la quote-part minimale dans la prévoyance professionnelle gérée par les compagnies d’assurances s’avérera pénalisante pour les assuré(e)s. Les assurances pourront ainsi continuer à s’adjuger d’importants profits. 
</p><p>La commission a cependant repris la revendication syndicale d’une amélioration de la prévoyance vieillesse des chômeurs et chômeuses âgés. Les chômeurs et chômeuses de 58 ans et plus pourront rester dans leur dernière caisse de pensions et ne devront pas cotiser. Ainsi, ils recevront une rente de vieillesse à partir de 65 ans et ne seront plus contraints de retirer leur capital vieillesse.
</p><h3>Garantir l’AVS jusqu’en 2030</h3><p>La CSSS-E tient aussi au financement additionnel de l’AVS via une hausse de la TVA. De 1&nbsp;%, cette hausse est toutefois inférieure à ce que ce proposait le Conseil fédéral (1,5&nbsp;%). La charge supplémentaire effective qu’elle représentera pour la population ne sera cependant que de 0,7&nbsp;%, parce que la première étape de ce financement via la TVA consistera à reprendre pour l’AVS le pour cent de TVA décidé jusqu’en 2017 pour l’AI à titre de financement additionnel. Une première hausse de 0,3&nbsp;point de pourcentage de hausse aura lieu au 1er janvier 2021 et la dernière hausse, de 0,4&nbsp;point de pourcentage, se fera en 2030. De ce fait, la charge représentée par la TVA sera modérée et restera supportable pour la population. Et le budget de l’AVS restera quand même stable jusqu’en 2030.
</p><p>La hausse minime de 0,3&nbsp;point de pourcentage des cotisations de l’AVS est une mesure particulièrement judicieuse (0,15&nbsp;% pour l’employeur, autant pour l’employé[e]s). Après un gel de désormais 40 années du taux de cotisation de l’AVS, cette adaptation n’avait que trop attendue, également si l’on tient compte de la forte augmentation du poids des cotisations de la prévoyance professionnelle ces dernières années. Ici, le taux de cotisation moyen est désormais supérieur à 18&nbsp;%. Les cotisations de l’AVS, qui passeront à 8,7&nbsp;%, seront supportables pour l’économie&nbsp;; cela, avant tout en comparaison avec la hausse des charges salariales annexes auxquelles les entreprises devraient faire face si les propositions du Conseil fédéral devaient être financées dans le cadre de la LPP. Une capitalisation plus forte dans la prévoyance professionnelle aurait entraîné une dépense supplémentaire de 3,2&nbsp;milliards de francs, alors que l’amélioration des rentes de l’AVS générera 1,39&nbsp;milliard de dépenses supplémentaires. Les compensations décidées par la CSSS-E pour la prévoyance professionnelle seront nettement moins chères. Elles se monteront à 1,55&nbsp;milliard de francs. En fin de compte, les propositions de la commission seront plus avantageuses pour les entreprises, surtout dans l’artisanat, où la prévoyance professionnelle est plus souvent déterminante. 
</p><h3>La direction est la bonne, mais les coupes doivent être abandonnées</h3><p>Le projet a trouvé une majorité claire au sein de la commission. Mais il n’est pas encore en mesure d’en faire autant devant le peuple. Le relèvement de l’âge de la retraite des femmes et la baisse du taux de conversion minimal ne seront pas bien accueillis par la population. Le Conseil des États ferait bien d’y renoncer.
</p><p> À cause du financement via la TVA, l’entrée en vigueur de la réforme est fixée au 1er&nbsp;janvier 2018. C’est pourquoi le Conseil national devrait en délibérer jusqu’à la fin 2016. La votation populaire nécessaire pour l’affectation à l’AVS de recettes supplémentaires de la TVA devrait avoir lieu au printemps 2017. Concernant le déroulement des débats au Conseil national, on ne peut actuellement que spéculer. Mais il est clair que la nouvelle composition des Chambres fédérales sera déterminante. Les prochaines élections fédérales représenteront un choix d’orientation pour la prévoyance vieillesse en Suisse. 
</p><hr><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Prévoyance professionnelle</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2317</guid><pubDate>Tue, 25 Aug 2015 09:39:00 +0200</pubDate><title>Concilier famille et profession : non à la politique du rapiéçage</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/concilier-famille-et-profession-non-a-la-politique-du-rapiecage</link><description>La Confédération doit assumer ses responsabilités</description><content:encoded><![CDATA[<p>À vrai dire, tout le monde le sait&nbsp;: les obligations extraprofessionnelles et le travail professionnel doivent pouvoir être conciliés. C’est non seulement une question de respect des besoins de la famille, mais aussi une nécessité économique. Il est absurde, précisément à une époque où la main-d’œuvre spécialisée fait défaut, de renoncer aux femmes uniquement parce qu’à cause du travail familial non rémunéré qu’elles effectuent, elles doivent mettre la pédale douce au plan professionnel.
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) demande depuis longtemps que l’on prenne des mesures comme la mise en place d’une offre de structures d’accueil des enfants qui soit abordable et adaptée aux besoins, une réduction du temps de travail, une aide à l’assistance aux proches dépendants de soin et des salaires qui couvrent les besoins vitaux. Mais trop peu est fait. Le SECO se limite – avec son initiative visant à combattre la pénurie de personnel qualifié – à une politique de «&nbsp;rapiéçage&nbsp;»&nbsp;: un peu d’argent dans l’accueil des enfants, un peu aussi à travers les impôts.
</p><p>Pas étonnant alors que les initiatives privées jaillissent de partout, étant parfois quand même soutenues financièrement par la Confédération. Pro Familia permet à tout un chacun d’évaluer <a href="http://www.familyscore.ch/?_locale=fr" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">en ligne</a> son entreprise en matière de respect des besoins des familles et donne les noms des gagnantes. Un <a href="http://www.teilzeitkarriere.ch/teilzeitmann.html" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">site suisse-alémanique</a> encourage les hommes à réduire leur temps de travail au profit de leurs familles et, sur un <a href="http://www.papizeit.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">autre site</a>, mais aussi en français cette fois, les pères réclament un droit à un congé de paternité. 
</p><p>Ces initiatives sont judicieuses et aident à attirer l’attention sur cette thématique ainsi qu’à faire pression. Toutefois, on ne peut pas s’empêcher de penser que la Confédération délègue ici ses responsabilités aux privés. C’est elle en effet qui aurait intérêt à ce que les anomalies existantes disparaissent et que la possibilité de concilier famille et travail soit la priorité des priorités. Pour que la Suisse ne soit plus la lanterne rouge à ce chapitre.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2311</guid><pubDate>Mon, 24 Aug 2015 13:42:00 +0200</pubDate><title>1 million de personnes atteintes dans leur santé à cause du travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/1-million-de-personnes-atteintes-dans-leur-sante-a-cause-du-travail</link><description>Une nouvelle étude le prouve : le travail peut rendre malade</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En 2013, un bon million de personnes ont souffert d’atteintes à leur santé en raison de leur activité professionnelle. C’est ce que prouve la récente étude de l’Office fédéral de la statistique (OFS) «&nbsp;Accidents et problèmes de santé liés au travail&nbsp;».</p><p>Les principaux résultats de cette étude sont les suivants&nbsp;:</p><ul><li>&nbsp;6&nbsp;% des personnes interrogées ont déclaré avoir été victimes d’un accident de travail, soit 316&nbsp;000 personnes&nbsp;;</li><li>11&nbsp;% des personnes interrogées ont déclaré souffrir d’un problème de santé lié au travail, soit 750&nbsp;000 personnes&nbsp;;</li><li>Les risques d’accident sont les plus élevés dans l’agriculture et la construction&nbsp;; les personnes qui travaillent sur appel ou de manière temporaire sont particulièrement vulnérables, ce qui est aussi vrai des jeunes salariés et des apprenti(e)s&nbsp;;</li><li>60 % des personnes actives occupées sont exposées dans leur travail à au moins un risque physique, 45 % à un au moins risque psychosocial&nbsp;;</li><li>60 % des problèmes de santé consistent en douleurs osseuses, articulaires ou musculaires, qui frappent plus fortement les personnes âgées et celles qui ont un bas niveau de formation&nbsp;;</li><li>19&nbsp;% des personnes interrogées se plaignent du stress, de dépression ou d’angoisse&nbsp;; les bénéficiaires d’une formation supérieure sont plus touchés que la moyenne&nbsp;;</li><li>dans 40&nbsp;% des cas, ces différents troubles ont occasionné des arrêts de travail. 25&nbsp;%&nbsp;des personnes affectées ont été dans l’impossibilité de travailler durant deux semaines au moins.</li></ul><p>Guy Zurkinden (GZ), rédacteur du Syndicat suisse des services publics (ssp) a posé deux questions à ce sujet à Luca Cirigliano (LC), secrétaire central, responsable de ce domaine à l’USS.
</p><p><b>GZ&nbsp;: La santé des salarié(e)s est-elle menacée en Suisse&nbsp;?</b></p><p><b>LC&nbsp;:</b> La situation est très préoccupante. L’étude de l’OFS montre que les risques liés au travail sont partout. Les risques physiques, dits «&nbsp;classiques&nbsp;», restent élevés, mais on assiste aussi à une augmentation des risques «&nbsp;nouveaux&nbsp;»&nbsp;: le stress, le manque de temps, la pression due au manque de personnel atteignent tous les secteurs. Les nouvelles méthodes de management par objectifs, combinées aux coupes sur le personnel et aggravées par un contexte de crise augmentent fortement le stress des salarié(e)s et accentuent les dangers.
</p><p><b>GZ</b><b><b>&nbsp;</b>: Que peuvent faire les syndicats&nbsp;?</b></p><p><b>LC :</b> Les syndicats doivent se battre, d’une part, pour mettre sur pied des mesures de prévention dans les entreprises. Cela inclut des mesures spécifiques contre les risques psycho-sociaux. Il faut aussi étendre la reconnaissance des maladies professionnelles, notamment des troubles psychosociaux.
</p><p>Ces dernières années, les employeurs ont augmenté la productivité en réduisant les coûts du personnel, ce qui a renforcé la pression sur les travailleurs et travailleuses. Ce stress met en danger leur sécurité. Les secteurs de la santé, des services publics, mais aussi de la construction ont été particulièrement touchés. La revendication de l’engagement du personnel nécessaire à l’accomplissement d’une tâche dans de bonnes conditions doit être un combat syndical primordial. 
</p><p> C’est d’autant plus important que c’est la société qui supporte les frais de traitement des personnes atteintes dans leur santé à cause de leur travail. Or, ces coûts sont occasionnés par des employeurs qui mettent trop de pression sur leur personnel et, pour économiser de l’argent, ne prennent aucune mesure de prévention. À lui seul, le traitement des maux de dos liés au travail coûte chaque année 1,5 milliard de francs, comme l’a montré une étude publiée par le SECO (Secrétariat d’État à l’économie) en décembre 2014.
</p><h5>plus d'informations</h5><ul><li>&lt;media 3369 - - "TEXT, 1513-1300, 1513-1300.pdf, 211 KB"&gt;L'étude&lt;/media&gt; du BFS</li><li>L'étude et des données complémentaires sur le <a href="http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/news/publikationen.html?publicationID=6637" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">site du BFS</a></li></ul>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2310</guid><pubDate>Mon, 24 Aug 2015 13:39:00 +0200</pubDate><title>Les entreprises doivent assumer leur responsabilité</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/les-entreprises-doivent-assumer-leur-responsabilite</link><description>Pour une économie sociale et respectueuse de l’environnement</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">D’un point de vue social et environnemental, les entreprises suisses doivent se comporter correctement, aussi à l’étranger. C’est ce que veut l’initiative «&nbsp;Entreprises responsables – pour protéger l’être humain et l’environnement&nbsp;» lancée au printemps dernier par une vaste alliance d’organisations de défense des droits humains.</p><p>Régulièrement, des entreprises suisses aussi s’illustrent à l’étranger par des pratiques commerciales qui ne respectent pas les droits humains ou l’environnement. Or, il est difficile de combattre ces faits, surtout lorsqu’ils concernent des États qui ne connaissent guère de législation sur le travail ou n’en appliquent pas. C’est pourquoi une vaste alliance d’organisations de défense des droits humains a lancé une initiative populaire selon laquelle, les entreprises qui ont leur siège en Suisse devront aussi répondre des violations des droits humains et des normes environnementales commises à l’étranger. Pour ainsi dire à titre préventif, elles devront d’abord établir si elles respectent leur devoir de diligence selon le modèle des Principes directeurs adoptés par l’ONU en 2011. Il s’agit ici pour elles de s’assurer qu’elles ne violent pas les droits humains internationalement reconnus et les standards environnementaux. Et en cas de violation, elles devront alors prendre les mesures qui s’imposent. Elles devront en outre faire en sorte que les entreprises sous leur contrôle aient également des pratiques commerciales correctes.
</p><h3>Le soutien des syndicats</h3><p>La «&nbsp;maman&nbsp;» de cette nouvelle initiative populaire est la pétition «&nbsp;Droit sans frontières&nbsp;» déposée en 2012 par presque les mêmes organisations qui se trouvent derrière l’initiative. Si elle avait à l’époque suscité un débat, le parlement fédéral n’avait pas pu se décider à édicter des règles contraignantes en la matière, misant sur la bonne volonté des entreprises. De quoi inciter l’alliance à revenir à la charge&nbsp;: les droits humains, donc aussi des travailleurs et travailleuses, et les standards écologiques doivent être respectés partout.
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) et quelques-uns de ses syndicats font partie des nombreuses organisations qui soutiennent cette initiative populaire. C’est pourquoi elle appelle à signer cette dernière. 
</p><h5>plus d'informations</h5><ul><li><a href="http://konzern-initiative.ch/?lang=fr" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Site de l'initiative&nbsp;</a></li></ul>]]></content:encoded><category>International</category><category>Économie extérieure</category><category>Politique sociale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2291</guid><pubDate>Fri, 03 Jul 2015 08:22:00 +0200</pubDate><title>Indemnités journalières de l’assurance-accidents : un délai d’attente inutile</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/indemnites-journalieres-de-l-assurance-accidents-un-delai-d-attente-inutile</link><description>Le compromis trouvé sur la loi tient, sauf sur un point</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors de sa session de juin dernier, le Conseil national a débattu de la loi sur l’assurance-accidents (LAA) et accepté à l’unanimité le projet qui lui était soumis. Ce dernier, un compromis proposé par les partenaires sociaux, s’est donc révélé solide. À une exception, que le Conseil des États devra encore corriger.</p><p>Comme pour l’assurance d’indemnités en cas de maladie, le Conseil national veut introduire un délai d’attente avant le versement des indemnités de l’assurance-accidents. Les entreprises et les assureurs devraient donc convenir d’un délai d’attente pouvant aller jusqu’à 30 jours jusqu’au versement de l’indemnité journalière à la personne accidentée et les entreprises pourraient ainsi économiser des primes.
</p><h3>Le délai d’attente diminuerait la protection d’assurance</h3><p>L’introduction d’un délai d’attente dans l’assurance-accidents diminue la protection, prévue dans le droit des assurances sociales, des travailleurs et travailleuses contre les conséquences d’un accident. L’Union syndicale suisse (USS) rejette nettement cette mesure. Et la disposition (art. 16 al. 5 du projet de LAA) en vertu de laquelle il ne doit pas avoir en conséquence de désavantage pour l’assuré(e)s ne changerait rien à cette baisse de la protection.
</p><p>Les expériences faites avec les assurances d’indemnités journalières en cas de maladie montrent clairement que les délais d’attente désavantagent les assuré(e)s. Pendant leur durée, l’obligation de verser le salaire s’applique selon le Code des obligations. L’employeur est ainsi tenu, en cas de maladie de son employé(e)s, de continuer à lui verser son salaire pendant un certain temps calculé en fonction de la durée des rapports de travail. Mais le délai est bref et n’intervient qu’après une durée des rapports de travail d’au moins trois mois. Le maintien du salaire disparaît de ce fait pour les salarié(e)s qui viennent d’être engagés, pour ceux qui ont déjà été malades pendant l’année concernée et pour ceux, bien sûr, dont la durée pendant laquelle le salaire est maintenu est écoulée. Par conséquent, à eux de combler la perte de salaire jusqu’à la fin du délai d’attente. 
</p><h3>Les employeurs ne devraient plus payer pour des accidents-bagatelles</h3><p>Mais la proposition d’un délai d’attente désavantage aussi les employeurs. En cas d’accident-bagatelle entraînant une incapacité de travail de peu de jours, ils devraient continuer à verser eux-mêmes le salaire de la personne accidentée pendant une durée pouvant aller jusqu’à 30 jours. Or les accidents-bagatelles sont la principale part des accidents professionnels. Pour les petites entreprises, comme celles du secteur principal et du second œuvre de la construction, ce type d’accident est un risque qui se réalise souvent, mais un risque que nombre d’entre elles ne sont pas en mesure de supporter seules. L’économie des primes qu’elles pourraient réaliser avec un délai d’attente, ne compenserait pas le transfert du risque sur l’employeur. Au contraire&nbsp;: l’introduction d’un délai d’attente augmenterait plutôt la charge que les primes représentent pour les petites entreprises qui ne peuvent pas se le permettre.
</p><h3>Le délai d’attente augmenterait la charge administrative</h3><p>En outre, un délai d’attente dans l’assurance contre les accidents professionnels va à l’encontre de l’allégement de la charge administrative demandé par les PME. Au lieu de faire régler le maintien du salaire par les assureurs-accidents au moyen d’indemnités journalières, l’entreprise devrait s’en occuper elle-même. Elle serait ensuite confrontée avec la difficile question de la délimitation de la notion d’accident. Même avec un délai d’attente, l’entreprise devrait annoncer l’accident à l’assurance et réaliser les démarches nécessaires. En effet, l’accident devrait être annoncé à l’assureur-accident pour que celui-ci puisse prendre à sa charge les frais de traitement médical. Mais comme l’annonce de l’accident pourrait avoir lieu avec du retard, une gestion efficace par cas et les mesures d’intégration en conséquence deviendraient plus difficiles. La complexité de l’offre en matière d’assurances s’accentuerait également et il faudrait donc encore plus procéder à des clarifications et demander conseil. 
</p><h3>Le délai d’attente serait désavantageux tant pour l’employeur que pour l’employé(e)</h3><p> L’introduction d’un délai d’attente dans l’assurance contre les accidents professionnels désavantagera aussi bien les employeurs que les employé(e)s. C’est à partir de cette opinion que les partenaires sociaux ont élaboré leur proposition de compromis. Et c’est pour cela qu’ils ont renoncé à introduire un délai d’attente dans la LAA. La décision du Conseil national d’en introduire quand même un permet de conclure que les effets négatifs de cette mesure étaient peu connus. Le Conseil des États, qui abordera cette question lors de la session d’automne ou d’hiver, devra corriger cette erreur.</p>]]></content:encoded><category>Assurance-accidents</category><category>Politique sociale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2289</guid><pubDate>Thu, 02 Jul 2015 09:59:00 +0200</pubDate><title>Un événement qui a pesé dans la scission de la gauche</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/un-evenement-qui-a-pese-dans-la-scission-de-la-gauche</link><description>Centenaire de la Conférence de Zimmerwald</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Robert Grimm contre Lénine. Un s’imposera, l’autre s’inclinera. L’Histoire avec un grand H se nourrit de ces événements, de la conférence qui s’est tenue dans le village bernois de Zimmerwald où des représentant(e)s de l’opposition socialiste de l’époque se réunirent secrètement pour s’opposer à la guerre et relancer la lutte des classes. Au début du mois de septembre de cette année, on fêtera le centenaire de la Conférence de Zimmerwald.</p><p>Un des principaux objectifs de la IIe Internationale socialiste créée en 1889 était la compréhension entre les peuples, sur une base pacifique. Déjà lors du Congrès de Bâle de l’automne 1912, les partis socialistes regroupés en son sein avaient dit non à la guerre et appelé à la solidarité internationale du prolétariat. L’ennemi – ainsi pensait-on communément alors – n’était pas le travailleur au-delà des frontières, mais le patron, tout proche, «&nbsp;en haut&nbsp;». Mais lorsque la Première Guerre mondiale éclata, à l’été 1914, cette solidarité s’effondra. Adoptant un point de vue étroitement national, la grande majorité des partis socialistes des États en guerre acceptèrent la guerre, comme une mesure de défense, et votèrent les crédits en conséquence. En Suisse aussi, la trêve politique s’imposa. Robert Grimm, un des chefs de file du parti socialiste, fut l’un des premiers à comprendre assez vite que la classe ouvrière devrait payer l’addition de cette nouvelle donne. En ces temps, il est le leader d’un groupe minoritaire du parti socialiste, qui essaie de substituer dans toute l’Europe la solidarité de classe à l’identité nationale. C’est pour cela qu’il veut rassembler les ailes minoritaires des partis socialistes nationaux opposées à la guerre. Son but est qu’ils se donnent une ligne antiguerre. Il ne parviendra toutefois pas à convaincre le Parti socialiste suisse de proposer ses bons offices. La peur de fâcher les camarades allemands prédominait. Cependant, la direction du parti lui donne carte blanche pour tenter lui-même quelque chose.
</p><h3>Rencontre secrète contre la guerre et la lutte des classes</h3><p>Et il le fera. Grimm et son petit groupe, soutenus par des camarades italiens, invitent plus de 40 représentant(e)s de diverses ailes gauches de partis socialistes à une conférence qui doit se tenir du 5 au 8 septembre 1915 dans la commune agricole de Zimmerwald, au sud de Berne. La réunion est secrète, car ceux de ses participants qui viennent d’États belligérants doivent être protégés de tout acte de vengeance et du reproche d’être des traîtres à la patrie. C’est pourquoi ils se font passer pour des ornithologues. Et, jusqu’aux premières publications dans la presse, personne ne saura qui participa à la conférence de Zimmerwald.
</p><h3>Lénine minoritaire</h3><p>Nombre de participant(e)s à cette conférence devinrent ensuite célèbres parce qu’ils se sont retrouvés à la tête de partis socialistes ou communistes. C’est surtout vrai pour Lénine en exil dans notre pays. Lui et ses partisans voulaient profiter de la guerre pour prendre le pouvoir à la faveur d’un violent soulèvement. Par contre, les «&nbsp;centristes de gauche&nbsp;» rassemblés autour de Grimm voulaient mettre fin à la guerre. Mais si leur mot d’ordre était la lutte des classes, ils refusaient de renverser des gouvernements par la force. Lénine ne réussit pas à s’imposer à Zimmerwald, ni, une année plus tard, lors de la conférence qui suivit à Kiental, mais en 1917, sur le terrain de la Russie. Et, à la troisième conférence du mouvement de Zimmerwald, qui se tint à Stockholm en septembre 1917, il y eut rupture entre la gauche et le centre. Les bolchéviques victorieux en Russie convoquèrent alors rapidement la IIIe internationale, communiste celle-là.
</p><h3>Début de la scission à gauche</h3><p>Tels furent, sommairement, les faits. La conférence de Zimmerwald est un événement important en ce qui concerne la «&nbsp;diversification&nbsp;» du socialisme en, simplifions, trois blocs&nbsp;: réformiste, favorable à la lutte des classes et révolutionnaire. Du point de vue soviétique, cette conférence se situe aux origines d’une tactique défendue publiquement, dont le but est de faire tomber le régime tsariste au pouvoir et de mettre en place le communisme de conseils. C’est pourquoi on ne sera pas étonné de voir que, pendant des décennies, «&nbsp;Zimmerwald&nbsp;» a été perçu par les citoyen(ne)s soviétiques conscients de leur histoire comme un moment qui a précédé la naissance d’une identité historique. Du point de vue des socialistes (suisses), «&nbsp;Zimmerwald&nbsp;» a été et est encore la preuve que l’Histoire peut aussi se faire dans notre pays. Alors «&nbsp;Zimmerwald&nbsp;» est synonyme de lutte courageuse contre la guerre, pour la solidarité internationale du prolétariat et contre les visions étroitement nationalistes. Finalement, «&nbsp;Zimmerwald&nbsp;» montre également tout le talent de Robert Grimm, ainsi que le début d’une orientation militante du mouvement ouvrier suisse qui, trois années après seulement, culminera dans la Grève générale. Reste la commune de Zimmerwald, agricole et artisanale qui, contre sa volonté acquit une célébrité dont elle ne savait que faire. Ainsi, des décennies durant, elle déploya moult efforts pour que l’on ne sache pas que l’histoire mondiale de la gauche avait séjourné pendant trois jours de l’automne 1915 sur son territoire.
</p><h3>Fête du centenaire&nbsp;: une riche palette d’activités</h3><p>Beaucoup de matière donc, et beaucoup de passion, une passion qui ne s’est pas éteinte après 100 ans. Mais comme il n’y a plus d’URSS, un anniversaire fortement dédramatisé aussi. La commune de Zimmerwald sera aussi de la partie. Depuis deux mois, la Conférence de Zimmerwald fait l’objet d’une exposition (en allemand) au musée régional Schwarzwasser de Schwarzenburg. Elle est ouverte chaque dimanche de 14 à 17 heures, jusqu’au 22 novembre 2015 et elle en vaut le détour. La société Robert Grimm, aidée par diverses institutions, a aussi organisé une conférence qui se tiendra les 4 et 5 septembre, avec des participants de haut niveau, de Suisse et d’ailleurs. Le 5 septembre aura lieu à Zimmerwald même une cérémonie de commémoration.
</p><h5>Documentation</h5><ul><li><a href="http://www.regionalmuseum.info/ausstellung-2015/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Information sur l'exposition (en allemand)</a></li><li> &lt;media 3297&gt;Informations sur la conférence (en allemand)&lt;/media&gt;</li></ul>]]></content:encoded><category>International</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2277</guid><pubDate>Wed, 17 Jun 2015 15:08:00 +0200</pubDate><title>AVSplus : urgent, judicieux, finançable</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/avsplus-urgent-judicieux-financable</link><description>L’AVS, un modèle de succès à renforcer avec le relèvement des rentes de 10 %</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les rentes de vieillesse se réduisent comme peau de chagrin. Le Conseil fédéral et la droite veulent même diminuer encore plus les prestations. L'initiative populaire AVSplus de l'USS, sur laquelle nous votons le 25 septembre, permettra d'y remédier. Elle offrira un supplément de 10 % aux rentes AVS. L'Union syndicale suisse (USS) mise sciemment sur un renforcement du 1er pilier parce qu'il est plus social, plus sûr et plus avantageux.</p><p>Les rentes AVS sont toujours plus à la traîne des salaires et les prestations du 2e pilier sont sous pression. C'est pourquoi le revenu perçu sous forme de rentes (1er et 2e piliers) est, aujourd'hui déjà, insuffisant pour beaucoup. Si aucune mesure n'est prise pour y remédier, le problème va encore s'aggraver pour les futurs retraité(e)s. Le projet " Prévoyance vieillesse 2020 " veut même dégrader encore plus les prestations de l'AVS en remettant en question l'indexation sur le renchérissement.
</p><p>C'est pour cela que l'USS a lancé en mars 2013 son initiative populaire " AVSplus : pour une AVS forte ", comme contreprojet à " Prévoyance 2020 ". En décembre de la même année déjà, les initiants pouvaient déposer 112 114 signatures validées à la Chancellerie fédérale. On voit à quel point le problème des rentes trop maigres est brûlant. Logiquement donc, l'initiative bénéficie d'un large soutien. Outre l'USS et ses fédérations, on trouve derrière elle d'autres organisations de salarié(e)s (LCH, SER, FSFP et Syna), le Parti socialiste et les Verts, ainsi que des organisations de retraité(e)s.
</p><h3>Un Conseil des États à courte vue</h3><p><span lang="FR-CH"></span>Et pourtant, c'est avec intransigeance que les Conseils des Etats et national ont refusé AVSplus. Pour comprendre que cette décision est à courte vue, il suffit de regarder ce que représente le revenu touché sous forme de rentes des 1er et 2e piliers par les personnes dont le revenu de l'ancienne activité lucrative était bas ou moyen. De fait, leurs rentes ne leur permettent pas aujourd'hui de " maintenir de manière appropriée [leur] niveau de vie antérieur ". Ce mandat stipulé par la Constitution fédérale n'est donc pas rempli. Par exemple, un monteur-électricien vivant seul et dont le dernier salaire mensuel était de 5 500 francs doit se contenter d'une rente mensuelle de 3 000 francs, c'est-à-dire se serrer nettement plus la ceinture.
</p><h3>Hausse des rentes AVS : urgente, ...</h3><p>Une hausse des rentes de vieillesse de l'AVS est donc urgente. Pas uniquement pour la majorité des actuels retraité(e)s, mais avant tout pour les générations futures de retraité(e)s. Un supplément de 10 % sur la rente AVS, comme AVSplus le prévoit, allégerait considérablement le quotidien des gens qui touchent des rentes aussi maigres. Et la situation actuelle montre précisément qu'il est judicieux de renforcer de manière ciblée le 1er pilier. En effet, les prestations du 2e pilier sont instables : baisse des intérêts servis sur l'avoir de vieillesse accumulé, baisse des taux de conversion. Ces dernières années, la baisse des prestations a été régulièrement à l'ordre du jour. La plupart du temps, les assuré(e)s et leurs employeurs et employeuses ne peuvent maintenir les prestations au même niveau que s'ils versent beaucoup plus d'argent.
</p><h3>... judicieuse ...</h3><p>L'amélioration de l'AVS est un bon investissement. En effet, grâce à un système de financement génial et solidaire, les gens à bas ou moyens revenus touchent plus tard beaucoup plus pour les cotisations versées à AVS que s'ils devaient verser les mêmes montants dans la prévoyance privée. Les femmes profitent notamment plus que la moyenne de l'AVS parce que les activités familiales sont prises en considération dans le calcul de la rente. Malgré des interruptions de leur activité lucrative ou un travail à temps partiel, elles reçoivent des rentes AVS semblables à celles des hommes. Et pour les personnes à bas revenus, grâce à une AVS améliorée de 10 %, leur dépendance à l'égard des prestations complémentaires (PC) diminuera. Ce sera là un progrès social, car les rentes d'une assurance sociale sont plus sûres et moins humiliantes que les prestations versées en fonction d'un besoin comme les PC.
</p><h3>... et finançable</h3><p>Le renforcement de l'AVS est finançable. En dépit de toutes les prévisions faites par l'administration fédérale et le secteur des assurances, l'AVS se révèle extrêmement solide. La principale institution sociale de la Suisse est dans les chiffres noirs, alors que le nombre de rentiers et rentières a sextuplé depuis son introduction, pour dépasser actuellement les deux millions, et qu'aujourd'hui, 2,5 personnes seulement, employées à plein temps, paient désormais pour un rentier ou une rentière.
</p><p>Une hausse des rentes AVS de 10 % coûtera environ 4,1 milliards de francs. Pour financer cette amélioration, le relèvement des cotisations salariales ne doit pas être un tabou. Alors que les autres assurances sociales, comme les caisses maladie et les caisses de pensions, n'ont cessé d'augmenter leurs cotisations ces dernières années, les cotisations versées à l'AVS sont, avec 8,4 %, restées stables depuis 40 ans. AVSplus coûterait 0,4 % de plus pour les employeurs et employeuses et autant pour les employé(e)s. Mais cette hausse garantirait, pour l'écrasante majorité des retraité(e)s, des prestations supérieures de 200 francs par mois, de 350 francs pour les couples.
</p><p>L'Union syndicale suisse (USS) et ses partenaires vont montrer aux citoyen(ne)s, à la faveur d'une campagne solide, qu'une prévoyance vieillesse durable nécessite le renforcement de l'AVS.
</p><h5>informations complémentaires</h5><ul><li><span lang="FR">Argumentaires détaillés sur <a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion-usv/docs/2023/20220501_1mai-vd.jpg" class="download">AVSplus en général</a>, le <a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion-usv/docs/2023/20230501_manif-lausannerip.jpg">financement d’AVSplus</a> ainsi qu’<a href="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion-usv/docs/2023/20200000_Pub-syndicats_nb-1080x301.png" class="download">AVSplus et les prestations complémentaires</a></span></li><li>Le&nbsp;<a href="http://www.uss.ch/themes/politique-sociale/avs/article/details/le-renforcement-necessaire-de-lavs-est-financierement-supportable/" target="_blank" rel="noreferrer">commentaire du président de l'USS, Paul Rechsteiner,</a>&nbsp;concernant le non du Conseil des États</li><li>Le&nbsp;<a href="http://www.initiative-avs.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">site web d'AVSplus</a></li></ul>]]></content:encoded><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2275</guid><pubDate>Wed, 17 Jun 2015 11:08:00 +0200</pubDate><title>Les États doivent prendre des mesures contre les risques psychosociaux</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-etats-doivent-prendre-des-mesures-contre-les-risques-psychosociaux</link><description>104e Conférence internationale du Travail</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La 104e Conférence internationale du Travail s’est tenue à Genève du 1er au 13 juin dernier. Plus de 600 délégué(e)s de presque 200 pays ont abordé à cette occasion divers sujets en rapport avec le travail et le droit du travail. Le secrétaire central de l’Union syndicale suisse (USS) Luca Cirigliano, chef de la délégation suisse des travailleurs et travailleuses à cette conférence, esquisse ci-après avec nous les thèmes qui ont été les plus importants pour la Suisse.</p><p><b>uss-infos&nbsp;: Quels ont été les principaux sujets abordés lors de cette 104e conférence&nbsp;?</b></p><p>Luca Cirigliano (LC)&nbsp;: Du point de vue suisse, je peux nommer quatre thèmes. Le premier a été la question de savoir si le droit de grève peut être dérivé de la convention n°&nbsp;87 de l’Organisation internationale du Travail (OIT). Le deuxième, très important pour nous, a été le rapport sur les risques psychosociaux, le troisième et le quatrième&nbsp;: les discussions sur l’agriculture et le Qatar. 
</p><p><b>uss-infos&nbsp;: Prenons-les dans cet ordre. Quel était l’enjeu du débat sur la convention n°&nbsp;87&nbsp;?</b></p><p>LC&nbsp;: Jusqu’en 2012, il était généralement accepté à l’OIT qu’un droit de grève pouvait être dérivé automatiquement de cette convention sur la liberté syndicale. Mais tout à coup, la délégation anglo-saxonne, renouvelée à cette époque, contesta cette façon de voir et ne voulut plus que la Commission de l’application des normes de l’OIT juge de cas concrets sur la base de cette interprétation de la convention n°&nbsp;87. Or, si elle ne peut pas traiter des cas de grève sur la base de l’interprétation habituelle de cette convention, la commission se trouve complètement paralysée pour toute cette problématique. Lors de la dernière conférence, les employeurs ont cependant changé une nouvelle fois d’avis. Ils acceptent à nouveau que la commission traite de cas considérés comme des violations de la convention n°87. C’est réjouissant et, pour les syndicalistes de nombreux pays, c’est bien sûr aussi une question de vie ou de mort. Ici, les employeurs ont donc capitulé.
</p><p><b>uss-infos&nbsp;: Concernant les risques psychosociaux, avez-vous adopté le rapport&nbsp;?</b></p><p>LC&nbsp;: Oui. Ce rapport s’occupe d’un «&nbsp;monde du travail en mutation&nbsp;», comme il le dit lui-même. Outre les anciens problèmes que sont la précarité et la surcharge de travail, il aborde aussi la question des nouveaux risques psychosociaux&nbsp;: joignabilité permanente des travailleurs et travailleuses «&nbsp;grâce&nbsp;» aux nouvelles technologies, invasion de la vie privée par le travail et stress induit. Le rapport constate ces problèmes et demande aux États d’agir, aux plans des conventions collectives de travail (CCT) et législatif.
</p><p><b>uss-infos&nbsp;: Qu’est-ce que cela signifie pour la Suisse&nbsp;?</b></p><p>LC&nbsp;: Très concrètement, cela signifie que nous devons nous poser par exemple la question d’une définition du syndrome de l’épuisement professionnel en tant que maladie professionnelle. Ou que nous devons réglementer le télétravail dans la loi sur le travail. 
</p><p><b>uss-infos&nbsp;: Le troisième thème que tu as évoqué est celui de l’agriculture</b>.
</p><p>LC&nbsp;: Dans les pays industrialisés, l’agriculture devient toujours plus industrielle et toujours plus de personnes sont engagées en plus des familles propriétaires des exploitations. Or la protection de ces employé(e)s occupe peu de place et ces personnes travaillent très souvent dans des conditions extrêmement précaires. Notre revendication était qu’elles bénéficient de la même protection que les autres travailleurs et travailleuses couverts par la loi sur le travail. Et qu’il faut aussi développer les CCT dans l’agriculture. 
</p><p><b>uss-infos&nbsp;: Et qu’en a-t-il été pour le Qatar&nbsp;?</b></p><p>LC&nbsp;: Il s’est surtout agi du système qatari de la kafala, auquel les migrant(e)s sont obligatoirement soumis et qui en fait quasiment des personnes sans droit. La kafala permet par exemple aux patrons de prendre les passeports des personnes qu’ils embauchent. L’OIT a dénoncé ce système comme étant du travail forcé et appelé le Qatar à l’abolir. Cette forme monstrueuse d’exploitation d’êtres humains concerne surtout les employé(e)s de maison et les travailleurs de la construction. Sur ce dernier domaine, la délégation suisse est aussi intervenue pour critiquer la FIFA qui aurait dû, lors de l’attribution de la Coupe du monde de football, exiger du Qatar qu’il respecte les normes fondamentales du travail de l’OIT.
</p><p><b>uss-infos&nbsp;: Cette dernière Conférence internationale du Travail a-t-elle parlé de la plainte de l’USS déposée contre la Suisse pour violation de la liberté syndicale, soit à cause de sa protection lacunaire contre le licenciement des représentant(e)s syndicaux&nbsp;?</b></p><p>LC&nbsp;: Ce cas se trouve encore à la Commission d’experts de l’OIT. Celle-ci a donné jusqu’en 2016 à la Suisse pour répondre à la recommandation qu’elle lui a faite d’améliorer sa protection contre le licenciement des représentant(e)s syndicaux. Si notre pays ne donne pas d’ici là de réponse ou ne donne qu’une réponse insatisfaisante, un rapport sur ce sujet sera présenté lors de la prochaine Conférence internationale du Travail et la Suisse devrait y être alors publiquement condamnée. Elle se retrouverait ainsi dans le même bateau que le Qatar et la Biélorussie...&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2276</guid><pubDate>Wed, 17 Jun 2015 11:00:00 +0200</pubDate><title>Le renforcement nécessaire de l’AVS est financièrement supportable</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/le-renforcement-necessaire-de-l-avs-est-financierement-supportable</link><description>AVSplus : le commentaire du président Rechsteiner 

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Il fallait bien s’y attendre&nbsp;: le Conseil des États a clairement rejeté notre initiative «&nbsp;AVSplus&nbsp;: pour une AVS forte&nbsp;». Mais, pour la votation populaire, les cartes seront à nouveau brassées. Car un supplément de 10&nbsp;% sur les rentes de vieillesse de l’AVS s’impose. Beaucoup de celles et ceux qui s’intéressent aux faits concrets le comprendront.</p><p>Introduit en 1980, l’indice mixte de l’AVS est une bonne chose pour les rentiers et les rentières. Il adapte les rentes en fonction de la moyenne arithmétique de l’indice des prix et de l’indice des salaires. Contrairement à la prévoyance professionnelle, la compensation du renchérissement est garantie dans l’AVS. Mais pour les futurs rentiers et rentières, l’indice mixte aura des effets plus problématiques. Parce que leurs salaires sont, pour le calcul de la rente, adaptés sur sa base, les rentes auxquelles ils ont par conséquent droit perdent lentement de leur valeur. Depuis 1980, leur retard sur l’évolution des salaires est déjà de 10&nbsp;%, raison pour laquelle une nouvelle adaptation des rentes est nécessaire. En effet, la baisse lente, mais constante, du taux de remplacement de l’AVS ne permet plus de remplir le mandat constitutionnel, à savoir le maintien «&nbsp;de manière appropriée [du] niveau de vie antérieur&nbsp;».
</p><h3>Renforcer l’AVS&nbsp;: une modeste contribution supplémentaire pour une prestation supplémentaire appréciable</h3><p>Dans l’actuelle situation des marchés des capitaux, seules les rentes de l’AVS, dont le financement se fait selon le système par répartition, peuvent être améliorées. Pour la majorité des gens, l’AVS est le pilier central de la prévoyance vieillesse, avant tout pour les femmes. Ces 30 dernières années, les cotisations de la prévoyance professionnelle ont beaucoup augmenté, contrairement à celles de l’AVS. Désormais, elles se montent à plus de 18&nbsp;% et, selon le projet du Conseil fédéral «&nbsp;Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;», elles devront encore être relevées. Cela, pour des rentes modestes qui ne seront touchées que dans des décennies. Pour l’AVS, les cotisations totales sont, avec 8,4 %, restées stables depuis 1975. Le rapport qualité(prestations)/prix de l’AVS est, pour les personnes dont le revenu est égal ou inférieur à 150&nbsp;000 francs, bien meilleur qu’avec le 2e pilier. Et, par rapport aux assurances privées, pour les revenus jusqu’à à 200&nbsp;000 francs. 
</p><p>AVSplus apportera chaque mois aux couples une amélioration de leur rente d’environ 350&nbsp;francs. Par année, cela représentera plus de 4&nbsp;000 francs. Pour les personnes vivant seules, l’amélioration sera d’environ 200&nbsp;francs par mois, ou près de 2&nbsp;500&nbsp;francs par an. Les coûts induits par ces améliorations seront inférieurs à 4&nbsp;o/oo de salaire pour le travailleur et autant pour l’employeur. Vu la substantielle augmentation des rentes qui en découle, ces pour mille ne devraient pas être un tabou. 
</p><h3>Demain aussi sur des bases solides </h3><p>Nous pouvons nous permettre les coûts d’une telle amélioration des rentes parce que le financement de l’AVS est extrêmement solide. Cela, également en tenant compte des défis de l’évolution démographique. Aucune autre assurance que l’AVS n’a été en mesure de faire face financièrement à la prolongation de l’espérance de vie et à l’augmentation du nombre des rentiers et rentières. L’évolution depuis 1975 le montre bien. Le nombre des rentiers et rentières est passé en 40&nbsp;ans, soit depuis 1975, de 900&nbsp;000 à plus de 2 millions. Et aujourd’hui, nous ne payons malgré tout pas plus de pourcentages de salaire qu’en 1975&nbsp;: 4,2&nbsp;% de cotisation pour le travailleur et autant pour l’employeur. Une seule et unique fois, dans la deuxième moitié des années 1990, il a fallu 1&nbsp;% de TVA en plus. Et s’il faut à nouveau 1&nbsp;% de TVA ces dix prochaines années, alors ce sera, avec l’AVS, un placement extrêmement bon.
</p><p>Pourquoi le financement de l’AVS a-t-il permis cette énorme performance&nbsp;? La recette est aussi simple que percutante. L’obligation de cotiser à l’AVS ne connaît aucun plafond. Les revenus d’une activité lucrative les plus élevés et les millions touchés en bonus sont intégralement soumis à l’obligation de cotiser. Mais les rentes sont plafonnées. La rente du millionnaire n’est pas plus élevée que celle de la personne qui a touché un revenu moyen. Tel est le principe simple, mais très efficace, auquel obéit le financement de l’AVS. Pour ces raisons, on peut se permettre une légère hausse des cotisations salariales afin d’obtenir des rentes AVS meilleures. 
</p><h3>Nous devons nous battre</h3><p>Nous nous trouvons à un moment important, crucial. Voulons-nous laisser les rentes AVS perdre insidieusement de leur valeur par rapport à l’évolution économique&nbsp;? Ou voulons-nous à nouveau les renforcer parce qu’après 30 ans, c’est redevenu une nécessité&nbsp;? La réponse est claire&nbsp;: l’AVS, qui est l’institution sociale centrale la plus forte pour la grande majorité des gens, doit être renforcée et non pas affaiblie comme dans le projet «&nbsp;Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;». C’est pour cela que nous devons nous battre.
</p><h5>encadré</h5><p>(tz) Lors de la session d’été, le Conseil des États a décidé de recommander le rejet de l’initiative AVSplus sans lui opposer de contre-projet. La droite veut que l’on vote le plus rapidement possible à son sujet, soit en février, soit en juin 2016. Ainsi, l’USS, ses fédérations membres et ses partenaires se trouvent sans délai en pleine campagne pour AVSplus. Actuellement, nous entamons une offensive de formation dans nos rangs. Des ambassadeurs et des ambassadrices de l’AVS seront dès l’automne à la disposition des syndicats et des partis pour des manifestations, offrant ainsi une bonne base pour les débats sur AVSplus et «&nbsp;Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;». AVSplus est la première votation populaire du processus de réforme en cours. Nous voulons mettre plein gaz. Pour une AVS forte..</p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2270</guid><pubDate>Tue, 16 Jun 2015 08:28:00 +0200</pubDate><title>Travail forcé dans les États du Golfe</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/travail-force-dans-les-etats-du-golfe</link><description>Indice des droits des travailleurs et travailleurs dans le monde</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les États du Golfe figurent parmi les pires pays au monde pour les droits des travailleurs et travailleuses, alors que les travailleurs et travailleuses qui ont été touchés par les mesures d’austérité en Europe ont été confrontés à la détérioration la plus marquée des normes du travail, selon l’Indice CSI (Confédération syndicale internationale) des droits des travailleurs et travailleuses dans le monde 2015.</p><p>L'Indice CSI classe 141 pays à partir de 97 indicateurs internationalement reconnus, afin de déterminer le lieu où les droits des travailleurs et travailleuses sont les mieux protégés dans la loi comme dans la pratique.
</p><p>«&nbsp;Les travailleurs dans les États du Golfe où le système draconien de la kafala est largement répandu sont victimes d’un grand nombre de violations, en raison desquelles le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord s’avèrent être la pire région au monde pour les droits fondamentaux au travail&nbsp;», a indiqué la secrétaire générale de la CSI, Sharan Burrow. Au Qatar et en Arabie saoudite les migrant(e)s continuent en effet à être victimes du travail forcé et exclus de la législation du travail, dans des conditions assimilables à l’esclavage moderne.
</p><p>Europe&nbsp;: des reculs violents
</p><p>Réalisé pour la deuxième fois, l’Indice CSI donne un aperçu de la situation afin que les gouvernements et les entreprises puissent vérifier la manière dont leurs législations et chaînes d'approvisionnement se sont détériorées ou améliorées au cours des 12 derniers mois. Dans cette comparaison, l’Europe fait très mauvaise figure. En effet, les salarié(e)s européens ont connu pendant cette période la détérioration la plus marquée de leurs droits à cause des mesures d’austérité de grande ampleur imposées par les gouvernements. 
</p><p>Dans 73 pays sur 141, les travailleurs et travailleuses font l’objet de licenciements, de suspensions, de baisses de salaires et de rétrogradation pour avoir cherché à négocier de meilleures conditions de travail, tandis que dans 84 pays&nbsp; les employeurs ont adopté des stratégies illégales visant à refuser ou à retarder la négociation avec les syndicats représentatifs.
</p><p>Principales conclusions du rapport
</p><p>·&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Sur un total de 141 pays, le nombre de pays où les travailleurs et travailleuses ont fait l’objet d’arrestations et de détentions arbitraires est passé de 35 à 44, dont l’Espagne et le Brésil.
</p><p>·&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans pratiquement 60&nbsp;% des pays, certains types de travailleurs et travailleuses sont exclus de leurs droits du travail fondamentaux.
</p><p>·&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Des syndicalistes ont été assassinés dans 11 pays, un de plus que l’année dernière (22&nbsp;assassinats rien qu’en Colombie&nbsp;!).
</p><p>·&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 70&nbsp;% des pays privent des travailleurs et travailleuses du droit de grève.
</p><p>·&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Deux tiers des pays privent les travailleurs et travailleuses de leur droit à des négociations collectives.
</p><p>Et la Suisse&nbsp;?
</p><p>L’Indice CSI classe les pays dans cinq catégories. La meilleure est celle où les violations des droits des travailleurs et travailleuses sont sporadiques. Seize États y figurent, dont la Finlande et l’Uruguay. Dans la deuxième catégorie, celle des violations réitérées des droits, on trouve 26 pays dont le Japon et l’Irlande… et la Suisse, qui ne se trouve donc pas sur la marche supérieure du podium. Enfin, dans la toute dernière catégorie, celle où les droits ne sont pas garantis du fait de l’absence de l’État de droit, il y a neuf pays, dont la Syrie, la République centrafricaine et la Palestine.
</p><p>La <a href="http://www.ituc-csi.org/?lang=fr" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">CSI</a> représente 176 millions de travailleurs au sein de 328 organisations affiliées nationales dans 162 pays et territoires.</p>]]></content:encoded><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2269</guid><pubDate>Mon, 15 Jun 2015 13:36:00 +0200</pubDate><title>Ce qu’il faut savoir </title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/ce-qu-il-faut-savoir</link><description>Petits jobs de vacances et droit du travail
</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’été est là, et avec lui les grandes vacances. Pour de nombreux écoliers, gymnasiens et étudiants, c’est aussi le temps des petits boulots qui permettront de se faire un peu d’argent de poche, d’en mettre de côté pour les prochaines vacances et, très souvent, de financer les études. Lorsqu’on occupe ce genre d’emploi, on est un salarié, ou une salariée comme les autres. Et qui dit salarié, dit règles du droit du travail, salaire décent et respect des règles de la sécurité au travail.</p><h3><span>À partir de quel âge&nbsp;et pour quelle durée?</span></h3><p>On ne peut fort heureusement pas faire travailler les enfants à partir de n’importe quel âge. La loi sur le travail (LTr) ne l’autorise qu’à partir de 15 ans, 13 pour les travaux légers, voire moins de 13 pour les manifestations sportives et culturelles, à des conditions spécifiques et sur autorisation d’une autorité cantonale (art. 30 LTr, art. 7 OLT 5). Dans tous les cas, les moins de 18 ans ont besoin de l’assentiment de leurs parents avant de signer un contrat de travail. 
</p><p>L’ordonnance 5 de la LTr (OLT 5) précise les règles qui s’appliquent aux jeunes travailleurs et travailleuses de moins de 18 ans. Elle précise notamment l’interdiction d’employer les jeunes à des travaux dangereux, dans certaines branches (discothèques, bars, cabarets, entreprises cinématographiques, cirque et spectacle –&nbsp; art. 4 à 6 OLT 5). Le travail dominical n’est autorisé que pour les jeunes ayant achevé leur scolarité obligatoire, au maximum un dimanche sur deux et uniquement dans la restauration (où ne peuvent être employés que les plus de 16 ans), la garde d’animaux et les boulangeries (art. 13 OLT 5). Dans les zones touristiques, le travail dominical est possible dans les entreprises répondant aux besoins des touristes pendant toute la durée des vacances d’été (art. 15 OLT 5, art. 25 OLT 2). Quant au travail de nuit, il est interdit aux moins de 18 ans en dehors d’une formation professionnelle (art. 12 OLT 5).
</p><p>La durée de travail des moins de 13 ans ne peut pas excéder plus de trois heures par jour et neuf heures par semaine (art. 10 OLT5). Les jeunes de plus de 13 ans n’ayant pas terminé leur scolarité obligatoire peuvent travailler jusqu’à 8 heures par jour (40 heures par semaine) pendant la moitié de la durée des vacances scolaires, entre 6 heures et 18 heures, avec une pause d’au moins une demi-heure pour toute plage de travail de 5 heures et plus (art. 11 OLT 5). Pour tous les jeunes, la durée du travail ne dépassera pas celle des autres employés de l’entreprise (maximum 9 heures par jour) et leur travail doit être compris dans une période de 12 heures (art. 31 al. 1 LTr). Ils ont droit à un repos quotidien d’au moins 12 heures consécutives (art. 16 OLT 5). Le soir, les moins de 16 ans ne peuvent être employés que jusqu’à 20 heures, les 16-18 ans jusqu’à 22 heures (art. 31 al. 2 LTr). 
</p><h3>En cas de danger, je dis STOP&nbsp;!</h3><p>Les petits boulots d’été sont souvent l’occasion de faire connaissance avec le monde du travail. Or, ce dernier n’est pas exempt de dangers, qui n’apparaissent pas toujours au premier coup d’œil. Et le risque d’accident de travail est très élevé lors du premier emploi, surtout pendant les premiers jours. 
</p><p>Même si l’on est engagé pour une durée très courte, il faut donc particulièrement faire attention aux prescriptions de sécurité. Avant de commencer, il faudra être attentif aux instructions de l’employeur et les respecter scrupuleusement, même si elles paraissent de prime abord inutiles ou exagérées. Dans tous les cas, les travaux dangereux sont interdits au moins de 18 ans. Si malgré tout, je suis confronté à un danger, je dois oser dire STOP et demander l’aide d’un ou une collègue expérimenté. Les accidents, parfois, ne pardonnent pas.
</p><h3>Bien assuré&nbsp;!</h3><p>Négliger les assurances sociales dans le cas d’un petit job de vacances peut coûter très cher. Tous les travailleurs et travailleuses, quel que soit leur âge, doivent être obligatoirement assurés à l’assurance-accidents par leur employeur. S’ils travaillent moins de 8 heures par semaine chez le même employeur, cette assurance ne couvre que les accidents professionnels et, au-delà, tous les accidents. En cas d’accident, l’employeur doit avertir les parents (art 32 LTr). Pour les rapports de travail de moins de 3 mois, il n’y a pas d’obligation de payer le salaire en cas de maladie. Les autres cotisations sociales (AVS/AI/APG)&nbsp; ne sont obligatoires qu’à partir de l’année où l’on a ses 18 ans. Si l’employeur ne paie pas ses cotisations, il s’agit de travail au noir et cela entraîne des sanctions. 
</p><h3>Salaires minimaux et salaires d’usage</h3><p>À ce jour, il n’existe pas de salaire minimum légal. L’employeur est obligé de respecter les conventions collectives de travail (CCT) et les contrats-type de travail (CTT). Pour le petits boulots de vacances sont notamment importants les CCT de l’hôtellerie-restauration, du bâtiment, du nettoyage, des entreprises du commerce de détail (Coop, Migros), la CCT pour le travail temporaire et les CTT cantonaux pour l’agriculture. La plupart des salaires minimaux conventionnés sont accessibles sous <a href="http://www.service-cct.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">www.service-cct.ch</a>.
</p><p>S’il n’existe pas de CCT ou CTT fixant des salaires minimums, les employeurs sont tenus de respecter les salaires d’usage de la branche et de la région. Les salaires d’usage peuvent être consultés sur <a href="http://www.salaire-uss.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">www.salaire-uss.ch</a>. 
</p><p>L’USS recommande un salaire minimum de 22 francs de l’heure.
</p><h3>Et les vacances&nbsp;?</h3><p>Enfin, il ne faut pas oublier les vacances, auxquelles chaque travailleur et chaque travailleuse a droit, même s’il occupe son emploi… pendant ses vacances. Si l’on est payé à l’heure, un supplément de salaire de 10,64% pour les moins de 20 ans, de 8,33&nbsp;% pour les plus de 20 ans doit être payé en sus du salaire. Sur le décompte de salaire, ce supplément doit être identifiable comme tel. 
</p><p> Astuce&nbsp;: La Commission jeunesse de l’USS met à disposition des jeunes et de leurs proches une brochure contenant toutes les informations utiles sur le droit du travail. Celles-ci peuvent être téléchargées sur le site&nbsp;: <a href="http://www.jeunesse-syndicale.ch/actuel/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">www.jeunesse-syndicale.ch</a>.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2265</guid><pubDate>Wed, 10 Jun 2015 16:08:00 +0200</pubDate><title>Thomas Piketty :  « Votre initiative pour un impôt sur les successions est très pertinente. »</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/thomas-piketty-votre-initiative-pour-un-impot-sur-les-successions-est-tres-pertinente</link><description>« Je soutiens bien sûr à 100% votre initiative. »</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> L'économiste désormais réputé mondialement Thomas Piketty a défrayé la chronique en 2013 avec la parution de son ouvrage " Capital au XXIe siècle ", l'ouvrage peut-être le plus important de la décennie selon le prix Nobel d'économie Paul Krugman, selon qui " Nous ne parlerons plus jamais de richesse et d'inégalité de la même manière. " " Capital au XXIe siècle " est notamment consacré au retour des inégalités de patrimoine. Thomas Piketty a accepté de répondre à quelques questions en rapport avec l'initiative populaire pour un impôt sur les successions.</p><p><b>USS: En Suisse, une initiative populaire sur laquelle nous voterons le 14 juin, demande l'introduction d'un impôt national sur les successions à partir de 2 millions et prévoit des conditions avantageuses pour les entreprises ainsi que l'exonération des exploitations agricoles. Qu'en pensez-vous ?</b></p><p>Thomas Piketty: Je soutiens bien sûr à 100% votre initiative, que je trouve très pertinente et très bien présentée. Il n'y a vraiment aucune raison que quelqu'un qui gagne 100 000 ou 500 000 francs suisses paie de lourds impôts, alors que celui qui reçoit un héritage de 5 ou 10 millions de francs suisses ne paie rien ! Cela devrait être partout ainsi, car c'est une question de justice devant le fisc. Dans des pays aux traditions politiques aussi différentes que l'Allemagne, le Royaume-Uni, le Japon, les États-Unis ou la France, il existe toujours un impôt national sur les successions.
</p><p><b>Le taux de l'impôt sur les successions demandé pour la Suisse serait de 20 % pour les fortunes supérieures à 2 millions. Ses adversaires clament que c'est beaucoup trop. Est-ce vraiment trop ?</b></p><p>Pas du tout. Les taux appliqués aux plus hauts patrimoines sont compris entre 30 % et 50 % dans les cinq pays que je viens de citer. Et cela, quelle que soit la couleur politique des gouvernements. Merkel en Allemagne, Cameron au Royaume-Uni, Abe au Japon ne sont pas particulièrement à gauche: et pourtant ils maintiennent des taux élevés sur les plus hautes successions, plus élevés encore que celui de votre projet pour la Suisse. Dans ces pays, cet impôt préserve bien sûr les patrimoines modestes et moyens, qui doivent être encouragés et non taxés. C'est également ce que fait votre projet. Au Japon, le gouvernement de centre-droit vient même de relever à 55 % le taux le plus élevé de l'impôt successoral.
</p><p><b>Toujours selon les adversaires de cet impôt, certains pays n'imposent pas les successions. Qu'en est-il dans les faits ?</b></p><p>C'est vrai qu'il existe des pays sans impôt successoral, comme l'Italie depuis Berlusconi. Mais est-ce que Berlusconi est vraiment l'exemple à suivre pour la Suisse ? </p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2258</guid><pubDate>Thu, 04 Jun 2015 10:25:00 +0200</pubDate><title>L’Europe le peut et le fait</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/l-europe-le-peut-et-le-fait</link><description>Transparence contre discrimination</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La transparence des salaires favorise la mise en œuvre de l’égalité entre femmes et hommes et c’est la tendance que d’y recourir. Un coup d’œil au-delà des frontières le montre. Pour la Suisse, une incitation à se dépêcher.</p><p>L’Union européenne (UE) recommande à ses États membres, qui sont responsables de la mise en œuvre de l’égalité salariale entre femmes et hommes, d’encourager les systèmes salariaux transparents. Une étude réalisée par INTERFACE en 2013 appuie cette recommandation&nbsp;: la transparence des salaires a un effet préventif que l’existence de contrôles et de possibilités de sanctions peut encore renforcer. 
</p><h3>Suède&nbsp;: des contrôles tous les trois ans</h3><p>Plusieurs pays européens s’attaquent aux discriminations salariales au moyen de mesures légales efficaces. Et ça fonctionne. Ainsi, la loi suédoise de 2009 contre les discriminations demande par exemple que les employeurs contrôlent tous les trois ans les salaires afin de corriger les différences discriminatoires. Les entreprises d’au moins 25 employé(e)s doivent aussi, avec la collaboration des organisations de salarié(e)s, mettre au point un plan d’action pour l’égalité salariale. La Suède a ainsi pu faire baisser depuis 2008 de 1,7 point de pourcentage la différence de salaire entre femmes et hommes, la faisant passer à 15,2&nbsp;% (2013).
</p><p>Depuis 2011, l’Autriche contraint aussi les entreprises à publier tous les deux ans des rapports sur les inégalités de salaire. Chez notre voisin, celles-ci sont en recul et il a été possible de les réduire à 18,2&nbsp;%, soit de 0,4 point de pourcentage, entre 2011 et 2012.
</p><h3>Belgique&nbsp;: une analyse de la structure des salaires tous les deux ans</h3><p>La Belgique, où la différence de salaire est en soi déjà basse (6,4&nbsp;% en 2012) a adopté en 2012 une loi sur l’égalité salariale entre femmes et hommes. Cette loi demande aux entreprises de faire apparaître chaque année dans un bilan social les différences de salaire entre femmes et hommes et de procéder tous les deux ans à une analyse comparative de la structure de leurs salaires. Si cette dernière découvre des différences discriminatoires au détriment des femmes, les entreprises doivent alors élaborer un plan d’action. 
</p><p>Des efforts sont actuellement entrepris dans toute l’Europe pour inscrire d’une manière qui soit efficace l’égalité salariale au niveau de la loi. Dernièrement, l’Allemagne a fait les gros titres avec un projet de loi dont le but est la transparence des salaires, et qui sera soumis au parlement en 2015 encore. Chaque employé(e)s devra avoir le droit de savoir selon quels critères son activité est classée. En outre, les entreprises de plus de 500 employé(e)s devront présenter un rapport sur leurs activités concernant la mise en œuvre de l’égalité des salaires. 
</p><h3>Suisse&nbsp;: agir une fois pour toutes</h3><p>Le débat public sur des mesures légales contre les discriminations salariales à l’encontre des femmes ne dit mot de cette tendance observée en Europe. Il donne toujours l’impression qu’avec la révision prévue de sa loi, &nbsp;la Suisse pénètre sur une terra incognita dangereuse. Des mesures plus efficaces contre les inégalités de salaires seraient nuisibles à l’économie et ne se justifieraient de toute façon pas en raison de l’actuel franc fort. 
</p><p>À cet égard, la Suisse serait bien avisée de ne pas se retrouver pour une fois lanterne rouge en matière de politique de l’égalité des sexes, comme ce fut déjà le cas avec le droit de vote des femmes. Il faut au contraire qu’elle pose tout de suite les premiers jalons&nbsp;: aujourd’hui déjà, avec une différence de salaire sexospécifique de 18,9&nbsp;%, elle est bien au-dessus de la moyenne de l’OCDE (15,2&nbsp;%). Au plan européen, elle occupe aussi un des tout derniers rangs. Si elle ne veut pas rater le train européen, il faut que les politiques engagent rapidement des mesures contraignantes incluant des contrôles et des possibilités de sanctions.&nbsp;
</p><h5>petite bibliographie</h5><p><a href="http://www.oecd.org/fr/parite/donnees/genderwagegap.htm" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Données de l'OCDE</a> sur les discriminations salariales
</p><p><a href="http://ec.europa.eu/justice/gender-equality/files/gender_pay_gap/140227_gpg_brochure_web_fr.pdf" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Commission européenne :</a> Éliminer l'écart de rémunération entre les femmes et les hommes au sein de l'Union européenne
</p><p><a href="https://www.bj.admin.ch/dam/data/bj/staat/gleichstellung/res-interface-f.pdf" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">INTERFACE :</a>&nbsp;Instruments étatiques de contrôle et de mise en application permettant de réaliser l'égalité des salaires
</p><p><a href="http://www.sgb.ch/uploads/media/79_BASS_Lohngleichheit.pdf" target="_blank">Dossier 79</a>&nbsp;de l'USS&nbsp;: Bekämpfung Lohndiskriminierung (n'existe qu'en allemand)&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2254</guid><pubDate>Wed, 03 Jun 2015 14:46:00 +0200</pubDate><title>3 OUI pour plus de justice sociale et un service public intact pour les médias</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/3-oui-pour-plus-de-justice-sociale-et-un-service-public-intact-pour-les-medias</link><description>Votations du 14 juin 2015 : les recommandations de l&#039;USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">OUI à l’impôt sur les successions, OUI à l’initiative sur les bourses d’études et OUI à la modification de la loi sur la radio et la télévision. Telles sont les recommandations de l’Union syndicale suisse (USS) pour les votations fédérales du 14 juin prochain. Ci-après, les principales raisons de ces trois OUI.</p><p>Le résultat sera serré, prédisent les sondages au sujet de l’<b>introduction dans la loi sur la radio et la télévision d’une «&nbsp;redevance indépendante des appareils&nbsp;»</b>. Sur cet objet, l’opinion de l’USS est claire. Les cinq raisons suivantes parlent en faveur d’un OUI déterminé&nbsp;:
</p><p>1.&nbsp;&nbsp; Les adversaires veulent étrangler la SSR. S’ils y parviennent, ils porteront d’autres coups contre le service public dans le domaine des médias. Cela, parce qu’ils veulent développer l’offre des médias privés. Or nous n’avons aucunement besoin d’une «&nbsp;berlusconisation&nbsp;» des médias en Suisse&nbsp;!
</p><p>2.&nbsp;&nbsp; Seule une SSR forte est en mesure de proposer une radio et télévision nationale de qualité. Si la SSR se fait voler toujours plus de ses moyens financiers, c’est la qualité qui en pâtira, ainsi que la cohésion nationale, donc les minorités linguistiques. 
</p><p>3.&nbsp;&nbsp; La nouvelle redevance sera plus avantageuse. Quiconque a payé 462 francs jusqu’à aujourd’hui pour regarder la télévision et écouter la radio, ne devra en effet plus payer que 400 francs demain.
</p><p>4.&nbsp;&nbsp; L’actuelle forme de redevance est à la traîne de l’évolution technologique et entraîne des coûts qui seraient évitables. Sans redevance indépendante des appareils, la SSR se retrouvera à la longue exsangue. De fait, toujours plus de personnes pensent ne pas avoir à payer de redevance si elles écoutent la radio et regardent la télévision uniquement via internet. 
</p><p>5.&nbsp;&nbsp; Les bénéficiaires de prestations complémentaires de l’AVS/AI sont exonérés de la redevance. 
</p><p>&nbsp;</p><p>L’USS est partie prenante dans l’<b>initiative pour un impôt sur les successions</b>. Elle se bat pour le OUI à cet objet pour les cinq raisons suivantes&nbsp;:
</p><p>1.&nbsp;&nbsp; Depuis des années, la politique fiscale suisse témoigne d’une mentalité selon laquelle la charge supportée par les différentes classes de revenu n’a pas à être équilibrée. Et les riches profitent ainsi de baisses d’impôt et autres cadeaux fiscaux. L’initiative allégera la charge qui grève les revenus moyens et tiendra donc compte de la Constitution fédérale selon laquelle chacun(e) doit être imposé en fonction de sa «&nbsp;capacité économique&nbsp;». Bref, il est temps que les riches fournissent leur part à la société. 
</p><p>2.&nbsp;&nbsp; En Suisse, la richesse est répartie de manière toujours plus inégale. Les 2&nbsp;% les plus riches possèdent autant de fortune que les 98&nbsp;% restants. Ces 30 dernières années, presque tous les cantons ont supprimé leur impôt sur les successions, ce qui a favorisé la concentration de la fortune. Un impôt sur les successions, comme celui que propose l’initiative, soit avec une franchise de 2 millions de francs, contrera cette évolution. 
</p><p>3.&nbsp;&nbsp; Le produit de l’impôt sur les successions ira pour deux tiers à l’AVS, qui sera renforcée. Selon Paul Rechsteiner, le président de l’USS, les testateurs les plus riches contribueront ainsi à un peu plus d’équilibre au sein de la génération âgée, ce qui est d’autant plus important que les disparités financières et sociales s’accroissent avec l’âge. 
</p><p>4.&nbsp;&nbsp; Un tiers du produit de l’impôt ira aux cantons. Ceux-ci seront ainsi indemnisés parce qu’ils ne pourront plus percevoir d’impôt sur les successions. Les budgets cantonaux profiteront de cette réglementation nationale, car elle stoppera la concurrence fiscale choquante à laquelle les cantons se livrent avec les héritages. En outre, on comprend mal pourquoi ceux-ci sont traités différemment d’un canton à l’autre. 
</p><p>5.&nbsp;&nbsp; L’impôt sur les successions, introduit il y a 30 ans par les radicaux dans presque tous les cantons pour plus d’égalité des chances, est un impôt libéral qui a fait ses preuves depuis longtemps. L’initiative populaire propose un impôt fédéral sur les successions très modéré, prévoyant et favorable à l’emploi. Elle prévoit de fait des réglementations spéciales pour les entreprises et ne met aucunement en danger leur existence.
</p><p>&nbsp;</p><p>Plus de justice sociale, c’est aussi le but de l’<b>initiative sur les bourses d’études</b>, une initiative que l’USS soutient pour les cinq raisons suivantes&nbsp;: 
</p><p>1.&nbsp;&nbsp; La formation reste toujours fortement fonction des couches sociales auxquelles appartiennent les gens. Les enfants d’universitaires étudient nettement plus souvent que ceux dont les parents n’ont pas suivi une formation académique. L’initiative permettra à davantage d’enfants de familles défavorisées d’étudier. 
</p><p>2.&nbsp;&nbsp; L’initiative mettra fin à la jungle des bourses cantonales d’études. Une harmonisation au plan national et à un niveau supérieur est urgemment nécessaire. 
</p><p>3.&nbsp;&nbsp; Les personnes qui suivent aujourd’hui une formation professionnelle supérieure ne reçoivent guère de bourses d’études. L’initiative corrigera aussi cet aspect du problème. Elle réduira également à cet égard le handicap de celles et ceux qui ont choisi la voie de l’apprentissage. 
</p><p>4.&nbsp;&nbsp; Tout le monde se plaint aujourd’hui de la pénurie de main-d’œuvre spécialisée. L’initiative fait une des propositions les plus efficaces pour s’y attaquer. 
</p><p>5.&nbsp;&nbsp; Avec des bourses d’études de qualité, les étudiant(e)s pourront faire rapidement et avec succès des études de qualité, parce qu’ils n’auront plus besoin de sans cesse chercher des petits boulots la plupart du temps mal payés.
</p><p>&nbsp;</p><p> L’USS ne donne pas de recommandation de vote concernant le <b>diagnostic préimplantatoire</b>.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2244</guid><pubDate>Tue, 02 Jun 2015 09:26:00 +0200</pubDate><title>La FIFA doit une fois pour toutes agir contre l’esclavagisme pratiqué au Qatar !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/la-fifa-doit-une-fois-pour-toutes-agir-contre-l-esclavagisme-pratique-au-qatar</link><description>Un énorme scandale</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Sur les chantiers des stades qui abriteront la Coupe du monde de football de 2022 au Qatar, la situation des travailleurs est catastrophique. Les ouvriers du bâtiment sont traités comme des esclaves. Les décès sur les chantiers sont monnaie courante et la FIFA ne veut rien voir ni entendre…</p><p>À l’occasion du dernier congrès de la FIFA qui s’est tenu au Hallenstadion de Zurich, plus de 200 militant(e)s des syndicats Unia, de l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB) et de Solidar Suisse ont demandé au comité exécutif de la FIFA d’assumer une bonne fois sa responsabilité sociale et de mettre fin aux conditions inhumaines qui règnent sur les chantiers qataris et au sujet desquelles la Confédération syndicale internationale (CSI) a informé à plusieurs reprises déjà.
</p><p>À l’heure où des scandales de corruption en rapport avec l’attribution de jeux secouent la FIFA, il y a un scandale encore plus grave&nbsp;: le fait qu’au Qatar, les travailleurs qui construisent les infrastructures de la prochaine coupe du monde de football sont traités comme des esclaves. Un scandale que les médias, notamment suisses, cachent pratiquement.
</p><p> Il n’est pas acceptable qu’une manifestation a priori positive comme une coupe du monde de football se déroule sur les tombes de travailleurs dépossédés de leurs droits. Le football crée un lien entre les gens. Il doit le faire pour tout le monde. Ceux qui construisent les stades et, d’ailleurs, permettent à cette manifestation d’avoir lieu doivent être traités avec respect.</p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2241</guid><pubDate>Mon, 01 Jun 2015 10:53:00 +0200</pubDate><title>Amiante, personnel de la Confédération, loi sur l&#039;assurance-accidents...</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/amiante-personnel-de-la-confederation-loi-sur-lassurance-accidents</link><description>Session d&#039;été du Parlement fédéral III : quelques objets importants du point de vue de l&#039;USS
</description><content:encoded><![CDATA[<h2>Révision de la loi sur les accidents : le compromis des partenaires sociaux n’est pas menacé</h2><p>(Doris Bianchi) En 2011, la 1ère révision de la loi sur les accidents (LAA) échouait heureusement devant le Parlement fédéral. Aujourd’hui, un nouveau projet, à la conception duquel les partenaires sociaux ont substantiellement participé et qui se révèle de ce fait équilibré, est soumis au Conseil national. 
</p><p>L’assurance-accidents fonctionne bien et repose sur des bases financières solides. On comprendra d’autant moins pourquoi la 1ère révision de la LAA s’était à ce point fourvoyée à l’époque. Elle visait en effet à affaiblir la SUVA, mettant ainsi en danger les améliorations réjouissantes qui avaient été réalisées en matière d’intégration professionnelle des personnes accidentées, ainsi que de prévention. Les coupes proposées dans les prestations de l’assurance auraient mené la couverture en cas d’accident ou de maladie professionnelle à un niveau insuffisant. Finalement, ces propositions ne rallièrent pas la majorité des Chambres fédérales, en 2011.
</p><p>Sur ce, les partenaires sociaux décidèrent d’élaborer des propositions pour une nouvelle révision de la loi, une révision qui devait se limiter à l’essentiel et continuer de faire de l’assurance-accidents une assurance sociale performante et reposant sur un financement solide. Les négociations à ce sujet durèrent presque deux ans et furent marquées par la responsabilité dont firent preuve les partenaires sociaux à l’égard d’une institution sociale importante. Comme pour tout compromis trouvé par les partenaires sociaux, aucune des parties en présence ne put faire passer la totalité de ses revendications. Les propositions mises au point par ces derniers trouvèrent ensuite l’assentiment de la SUVA et de l’Association suisse d’assurances. Ainsi, tous les acteurs déterminants de l’assurance-accidents&nbsp;: les travailleurs et travailleuses, les employeurs et employeuses de même que les assurances rallièrent le compromis trouvé.
</p><p>Le Conseil fédéral a largement repris les propositions des partenaires sociaux pour les intégrer à son nouveau projet de révision. Ce dernier modernise une loi qui date de 1984, mais sans renoncer à ses spécificités efficientes. Car on ne peut atténuer la souffrance humaine qu’avec des prestations d’assurances de qualité et une SUVA forte, qui couvrent les accidents et les maladies professionnelles dans les entreprises à hauts risques. 
</p><p>Le projet équilibré existant va aussi moderniser les structures de la SUVA, sans cependant toucher aux particularités organisationnelles de cette institution. Ainsi, il est toujours prévu que l’organe supérieur de la SUVA, qui s’appellera à l’avenir le conseil de la SUVA, sera une instance composée de 40 membres. Cette particularité est importante pour le bon fonctionnement de l’assurance-accidents. 
</p><p>La SUVA est gérée et administrée dans le cadre du conseil d’administration de manière autonome et paritaire par les partenaires sociaux ainsi que des représentant(e)s de la Confédération. Ce fonctionnement est le corrélat de l’affiliation obligatoire. Il contrebalance le fait que les entreprises assurées auprès de la SUVA ne peuvent pas choisir avec quel assureur elles veulent conclure une assurance-accidents. À son tour, l’affiliation obligatoire est la condition d’une prévention efficace. Ainsi, la SUVA peut exercer une pression suffisante sur les entreprises qui ne respectent pas les prescriptions en matière de sécurité au travail ou sur celles dont l’évolution des sinistres est négative. Celui qui ne peut pas changer d’assureur doit, dans tels cas, agir dans son propre intérêt. L’affiliation obligatoire garantit toutefois aussi que les coûts de transaction soient faibles. 
</p><p>Cette affiliation obligatoire implique que les représentations du personnel et du patronat des branches nécessairement assurées à la SUVA aient aussi droit à la parole en ce qui concerne l’aménagement des primes et la prévention, ainsi que le traitement des prestations. C’est pour cela que l’organe supérieur se compose de 40 membres et c’est pour cela aussi que la SUVA est si bien implantée dans les entreprises et auprès du personnel.
</p><p> Lors de la session d’été, le Conseil national va traiter cette révision. Il ferait alors bien de ne pas alourdir ni alléger ce projet équilibré.&nbsp;
</p><h2>Motions «&nbsp;Examen stratégique des tâches de la Confédération&nbsp;» et «&nbsp;Dépenses de personnel de la Confédération. ça suffit&nbsp;!&nbsp;»</h2><p>(Dore Heim)&nbsp;À une époque, c’était plus intéressant qu’aujourd’hui de travailler dans l’administration fédérale. Depuis quelques mois en effet, les employé(e)s de la Confédération se font massacrer. En fonction du niveau intellectuel et de l’horizon culturel, les attaques dirigées contre eux prennent les accents d’une inquiétude que l’on aurait pour notre État, ou un tour lourdement hostile. L’idée maîtresse: l’administration est un monstre qu’il faut combattre, un tsunami qui risque d’emporter l’économie privée, une créature maléfique et puissante qu’il faut à tout prix repousser. Oubliées, les innombrables interventions déposées lors de chaque session, qui demandent à l’administration fédérale de faire toujours plus et toujours le plus rapidement possible&nbsp;! Tu, le fait que la Suisse est une architecture éprouvée où administration et économie privée interagissent, tu aussi, le fait que la qualité supérieure de l’administration contribue substantiellement à rendre notre pays attrayant. Et qu’avec 33&nbsp;%, la Suisse a une des quote-part de l’État les plus faibles au monde n’intéresse personne. Tout le monde peut passer sa colère contre le poste «&nbsp;personnel&nbsp;». Cela concerne des ressources qui peuvent subir des coupes et il n’y a là aucun risque de conflit d’intérêts.
</p><h3>Motion de la Commission des finances sur l’examen stratégique des dépenses de la Confédération</h3><p>La majorité de la Commission des finances du Conseil national veut que le budget de la Confédération diminue chaque année de 1,5 milliard de francs. Cette mesure doit permettre de réaliser la revendication d’un démantèlement durable de la bureaucratie. En fait, il s’agit plutôt de dégager la voie pour la mise en œuvre de la troisième révision de l’imposition des entreprises. Comme le poste «&nbsp;personnel&nbsp;» est un poste du budget assez facile à remettre en question, on peut imaginer ce que les coupes concerneront d’abord&nbsp;! Cette motion, que le Conseil national traitera le 11 juin, doit être rejetée. Elle étranglera toute évolution en matière de personnel et bétonnera pour longtemps une philosophie rigide de l’austérité. 
</p><h3>Motion Föhn «&nbsp;Dépenses de personnel de la Confédération. ça suffit&nbsp;!&nbsp;»</h3><p>Le conseiller aux États Föhn lit l’avenir&nbsp;: l’administration publique croît de manière effrénée, l’appareil de l’État se gonfle, chaque fonctionnaire supplémentaire est un régulateur potentiel. Il en déduit alors qu’il a une mission à remplir et exige impérativement le «&nbsp;décrassage&nbsp;» du poste «&nbsp;personnel&nbsp;», le budget de la Confédération doit redevenir «&nbsp;sain&nbsp;»… La cure qu’il propose&nbsp;? Le gel immédiat et total des dépenses de personnel.
</p><p> Selon les calculs de l’Office fédéral du personnel, le traitement d’une intervention parlementaire coûte environ 6&nbsp;700 francs. Chaque année, près de 1&nbsp;000 interventions sont faites. Pour une législature, cela représente 30 millions de francs ou 100 postes. Espérons que cette motion imbuvable sera rejetée par le Conseil des États qui en débattra le 18 juin.
</p><h2>Les victimes de l'amiante doivent être équitablement indemnisées via un fonds</h2><p>(Luca Cirigliano)&nbsp;Le Conseil national traitera cette session d’une motion de sa Commission des affaires juridiques demandant que, selon le droit de la responsabilité civile, un fonds soit créé pour que les victimes de l’amiante puissent bénéficier d’une indemnisation complète.
</p><p>Parce que la maladie n’apparaît souvent qu’après plusieurs décennies après le contact avec l’amiante, les personnes malades n’obtiennent aucune réparation morale ni dommages et intérêts de la part de l’auteur du dommage. Le droit suisse, soit son interprétation par les tribunaux, prévoit en effet qu’après dix ans, les prétentions relevant du droit de la responsabilité civile sont prescrites, que le dommage subi persiste ou non.
</p><p>Les syndicats et les associations des victimes de l’amiante ne sont pas les seuls à demander une meilleure protection pour les victimes de cette substance. La Cour européenne des droits de l’homme a prononcé un arrêt qui montre la voie à suivre en cette matière. Selon cet arrêt, que les victimes de l’amiante ne puissent plus faire valoir leurs droits devant les tribunaux plus de dix années après avoir inhalé des fibres d’amiante et qu’elles se trouvent ainsi pénalisées, de même que leurs proches, viole les droits humains. On ne comprend dès lors pas pourquoi le Conseil fédéral refuse toujours une solution à ce problème via la création d’un fonds, comme nombre de pays européens en connaissent un. 
</p><p>Un fonds permettrait en effet de supprimer les injustices les plus grossières du système juridique suisse à l’égard des victimes de l’amiante et de faire un pas vers un aménagement du droit de la prescription plus conforme aux droits humains. Un tel fonds représenterait un acte tardif de justice, surtout pour les cas déjà prescrits depuis des années et pour les personnes malades à cause de l’amiante qui ne peuvent pas bénéficier de la loi sur l’assurance-accidents.
</p><p> La Confédération doit enfin s’attaquer globalement à la tragédie de l’amiante. Il est en outre nécessaire que le droit de la prescription soit aussi adapté afin de pouvoir contrer demain de manière appropriée les nouveaux risques que sont les «&nbsp;risques émergents&nbsp;». De plus, en raison des énormes quantités d’amiante utilisées en Suisse avant l’interdiction de cette substance en 1990 et qui peuvent être libérées aujourd’hui lors de démolitions ou de transformations de bâtiments, la table ronde ne devra pas oublier deux choses. D’une part, les lacunes de la prévention doivent être de toute urgence comblées. D’autre part, les importantes dépenses faites par la SUVA en rapport avec la problématique de l’amiante et les dépenses encore à venir ne doivent pas être unilatéralement répercutées sur les branches de l’artisanat. Il faut prévoir un équilibre approprié pour l’ensemble du collectif des assurés.
</p><h2>L'initiative "vache à lait"</h2><p>(Dore Heim)&nbsp;Avec cette initiative, on est vraiment en droit de parler d’une initiative de profiteurs, car, uni, le lobby routier veut que la totalité du produit de l’impôt sur les huiles minérales serve au financement des routes, ce qui priverait la caisse de la Confédération de 1,5 milliard de francs par année. Comme cette arrivée d’argent ferait, de manière absurde, déborder la «&nbsp;caisse routière&nbsp;» et que, simultanément, on assisterait finalement à un âpre combat défensif dans des domaines qui sont aussi chers à la droite, le Conseil des États, première Chambre à traiter l’initiative, a décidé à une écrasante majorité de la rejeter. La Commission des transports et des télécommunications du Conseil national n’est pas aussi unanime. Elle n’a rejeté l’initiative que par 15 voix contre 7. Reste à espérer que le rejet en plénum sera beaucoup plus net&nbsp;! En effet, l’initiative «&nbsp;vache à lait&nbsp;» doit être rapidement traitée, avant que l’on négocie sur le nouveau fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération (FORTA). Il ne sera en effet guère possible de mener un débat constructif sur une infrastructure de transport d’avenir sous la menace constante de l’épée de Damoclès que représente cette initiative.&nbsp;
</p><h2>Révision de la loi sur le transport de marchandises</h2><p>(Dore Heim) Pour commencer, une (petite) perspective réjouissante&nbsp;: la commission des transports et des télécommunications (CTT) du Conseil des États a au moins procédé à quelques corrections du projet de révision.
</p><p>La révision totale de la loi sur le transport de marchandises, que le Conseil national a débattue lors de la session de printemps, s’est transformée en une avancée pour les transports par route. À l’avenir en effet, l’ensemble du trafic par rail devra être rentable. De plus, selon la volonté de la majorité du Conseil national, les CFF seront libérés du transport de marchandises et CFF Cargo devra être externalisé. Prétendre que ces mesures servent à encourager le transport de marchandises par rail, c’est culotté, d’autant plus que le trafic par wagons complets, la principale activité de CFF Cargo, ne peut guère être géré de manière à entraîner des bénéfices. Le fret ferroviaire n’est concurrentiel que sur des trajets longs ou en trafic de transit. Mais dans les faits, c’est le transport des marchandises à l’intérieur du pays qui explose. Et il explose sur la route. Avec les petites quantités, le transport par rail n’est pas payant et il n’est pas non plus apte à faire face à des commandes à court terme, car il livre actuellement une violente bataille avec les transports routiers. En effet, deux tiers des transports de marchandises à l’intérieur du pays se font par la route et avec des véhicules de livraison légers, ce qui permet de contourner avec élégance l’interdiction de trafic nocturne. Une lutte qui ne peut à proprement parler pas être gagnée par le fret ferroviaire.
</p><p> Ce projet tordu a été légèrement corrigé par la CTT du Conseil des États, selon qui le transport des marchandises doit rester une tâche centrale des CFF. La CTT a aussi rejeté la motion qui demande l’externalisation de CFF Cargo. En lieu et place, il s’agira d’évaluer ses possibilités de développement. Mais la rentabilité demandée au fret ferroviaire reste dans le projet que le Conseil des États traitera le 4 juin déjà. Si ce mandat était maintenu, l’avenir du transport de marchandises par rail à l’intérieur du pays serait en danger. En effet, la tendance à effectuer toujours plus ces transports par la route ne faiblit pas, notamment à cause du franc fort. Toujours plus d’infractions à l’interdiction de cabotage – des entreprises de transport étrangères qui effectuent plusieurs transports à l’intérieur du pays – sont annoncées. Évidemment à des prix de dumping.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Assurance-accidents</category><category>Transports</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2240</guid><pubDate>Thu, 28 May 2015 15:58:00 +0200</pubDate><title>Prestations de l’aide sociale et prestations complémentaires doivent échapper à l’impôt</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/prestations-de-l-aide-sociale-et-prestations-complementaires-doivent-echapper-a-l-impot</link><description>Session d’été du Parlement fédéral II</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">S’il en va comme le veut le Conseil des États, les personnes handicapées et celles en fin de droit devront payer des impôts sur les prestations de l’aide sociale et les prestations complémentaires (PC) qu’elles reçoivent. Espérons que le Conseil national corrige cette décision, ce qui semble être possible.</p><p>En décembre 2014, le Conseil des États a adopté une motion de sa Commission de l’économie et des redevances (CER), qui demande que les prestations d’assistance et les PC soient totalement assujetties à l’impôt sur le revenu, afin de garantir l’égalité de traitement et que le minimum vital bénéficie d’allègements fiscaux. L’idée derrière cette intervention était de motiver les personnes âgées, handicapées ou en fin de droit à chercher une activité lucrative.</p><p>La CER du Conseil national a toutefois vu que ces mesures n’inciteraient pas les personnes concernées à chercher un emploi, mais leur poseraient davantage de problèmes financiers et seraient à l’origine d’un transfert absurde et bureaucratique de ressources fiscales. C’est pourquoi elle propose au Conseil national de rejeter cette motion.</p><p>Les prestations de l’aide sociale sont versées pour remédier à une situation financière critique. Les PC servent à couvrir les besoins vitaux lorsqu’une rente du 1er&nbsp;pilier (AVS/AI) est perçue. Les unes comme les autres sont exonérées de l’impôt. L’exonération fiscale de ces prestations publiques d’assistance est motivée par des raisons de politique sociale. Les moyens financiers octroyés pour remédier à une situation financière critique ou couvrir les besoins vitaux doivent profiter dans leur intégralité aux personnes dans le besoin, sinon le but des prestations serait contourné, car une prestation d’assistance destinée à couvrir les besoins vitaux qui diminuerait à cause de la charge fiscale supportée ne garantirait précisément plus cette couverture. C’est aussi conforme au principe constitutionnel de l’imposition selon la capacité économique. La personne qui n’a que le minimum vital n’a pas de capacité économique imposable.</p><p>En même temps, le régime fiscal suisse ne prévoit aucun droit à une exonération du minimum vital réalisé à travers le revenu de l’activité lucrative. L’exonération fiscale du minimum vital est une mesure importante de lutte contre la pauvreté. Cela fait longtemps que l’USS la demande. Alors qu’au niveau fédéral, les revenus qui ne permettent que la couverture des besoins vitaux ne sont dans les faits pas soumis à l’impôt fédéral direct grâce à la structure des barèmes et aux déductions possibles, la législation des cantons est différente. Dans nombre d’entre eux, l’assujettissement à l’impôt s’applique clairement déjà au-dessous du minimum vital.</p><p>Toutefois, l’autonomie financière des cantons pose des limites très étroites à la Confédération en matière de législation fiscale. Une définition du minimum vital ou la façon d’appliquer l’exonération seraient déjà des ingérences dans cette autonomie. On doit s’attendre à ce qu’ils s’y opposent. Une prescription formelle faite au moyen d’un principe ne modifierait guère le statu quo. Les cantons seraient toujours libres de définir eux-mêmes le minimum vital et de le fixer au-dessous des limites donnant droit à l’aide sociale et aux PC.</p><p>Comme il est manifeste que ni les montants versés par l’aide sociale ni les PC ne seront relevés pour que les impôts supplémentaires puissent être acquittés, et que le minimum vital ne sera pas exonéré de l’impôt dans les cantons, l’imposition des prestations d’assistance fera finalement baisser le niveau du minimum vital dans l’aide sociale et les PC.</p><p>Ainsi, la situation déjà précaire des bénéficiaires de l’aide sociale et des PC se dégraderait encore plus. En contrepartie, on générerait de modestes recettes fiscales supplémentaires qui seraient en contradiction avec le principe de l’imposition en fonction de la capacité économique. Une situation grotesque, vu l’imposition très avantageuse pratiquée par de nombreux cantons pour les revenus très élevés. L’État prendrait aux plus pauvres de sorte qu’ils aient encore moins pour vivre et, parallèlement, elle allégerait la charge fiscale des plus riches de sorte qu’ils puissent vivre encore mieux.</p><p>La mesure ne donnerait pas non plus d’impulsion à l’emploi des personnes aidées. L’écrasante majorité des bénéficiaires de PC n’a, en raison d’un âge élevé ou d’une invalidité totale, absolument aucun potentiel d’activité lucrative et, pour les bénéficiaires de l’aide sociale, il faut en premier lieu, pour qu’ils exercent une activité lucrative, qu’il y ait des possibilités d’emploi.</p><p>Ces arguments sont clairs comme de l’eau de roche. Ils doivent donc convaincre le Conseil national. On ne gagnera rien à assujettir les prestations d’assistances à l’impôt. Au contraire, on y perdra. Les plus pauvres de ce pays seraient frappés de plein fouet. Pas question d’imposer les prestations destinées à garantir la couverture des besoins vitaux&nbsp;!.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Politique sociale</category><category>Prestations complémentaires</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/_processed_/5/b/csm_aeltereFrau-muss-rechnen_wenigGeld_banabana-san_istock_20635cf273.jpg" length="185174" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-2238</guid><pubDate>Thu, 28 May 2015 13:16:00 +0200</pubDate><title>Initiative populaire « AVSplus : pour une AVS forte » : l’avenir de la prévoyance vieillesse réside dans le renforcement de l’AVS</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/initiative-populaire-avsplus-pour-une-avs-forte-l-avenir-de-la-prevoyance-vieillesse-reside-dans-le-renforcement-de-l-avs</link><description>Session d&#039;été du Parlement fédéral I</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil des États débattra probablement le 9 juin de l’initiative populaire «&nbsp;AVSplus&nbsp;: pour une AVS forte&nbsp;». Lors des séances de sa Commission de la sécurité sociale et de la santé publique (CSSS), la demande d’un renforcement de l’AVS n’a pas trouvé un écho suffisant. Or un tel renforcement des rentes de vieillesse de l’AVS est devenu urgent.</p><p>Quiconque prend sa retraite doit pouvoir maintenir « de manière appropriée son niveau de vie antérieur » avec ses rentes AVS et du 2e pilier. C’est la Constitution fédérale qui le dit. Or, pour les rentiers et rentières qui ont touché des revenus bas ou moyens, cet objectif n’est pas atteint. Par exemple, un monteur-électricien vivant seul, dont le dernier salaire était de 5&nbsp;500 francs, doit se contenter d’une rente de 3&nbsp;000 francs. Impossible avec ce montant de financer son niveau de vie antérieur une fois à la retraite. Il doit par conséquent se serrer nettement plus la ceinture. Parallèlement, ses frais de santé augmentent toujours plus. Chez les retraité(e)s, la charge que représentent les primes des caisses maladie est supérieures à la moyenne. Un nombre toujours plus grand d’entre eux risque ainsi de basculer dans les prestations complémentaires (PC).
</p><h3>Le revenu sous forme de rentes baisse</h3><p>Mais la future génération de retraité(e)s aussi se dirige vers un problème de rentes. Pour beaucoup, le revenu touché sous forme de rentes diminue&nbsp;: de nombreuses caisses de pensions ont réduit leurs prestations ces dernières années. Dans toute la Suisse, les taux d’intérêt sur l’avoir de vieillesse épargné et les taux de conversion ont été ou sont baissés. C’est pourquoi la rente de vieillesse projetée sur nombre de certificats d’assurance a fondu comme neige au soleil. Actuellement, il n’existe aucune perspective d’amélioration dans le 2e pilier. Au contraire&nbsp;: les taux d’intérêt négatifs introduits par la Banque nationale renforcent la pression dans le 2e pilier. C’est pour cela qu’il faut renforcer le 1er pilier. 
</p><p>Comme le Conseil fédéral l’expose dans son message sur l’initiative populaire AVSplus, les rentes AVS n’évoluent pas, ce qui est inhérent au système, au même rythme que les salaires. De ce fait, leur croissance est plus faible que celle de ces derniers. Conséquence&nbsp;: avec le temps, le taux de remplacement de l’AVS, soit la comparaison entre rente et dernier salaire, baisse. Ainsi, pour chaque future classe d’âge de retraité(e)s, malgré des adaptations à intervalles réguliers, la part du revenu remplacée par la rente AVS lors du passage de la vie active à la retraite est toujours plus petite que pour les classes d’âge précédentes. Le retard des rentes par rapport aux salaires est de plus de 10&nbsp;%. L’initiative populaire AVSplus comblera cette lacune.
</p><h3>Besoins vitaux pas couverts</h3><p>Selon la Constitution fédérale, les rentes AVS doivent « couvrir les besoins vitaux ». Or, même la rente AVS maximale de 2&nbsp;350 francs n’atteint pas ce but. Les PC aident à couvrir les besoins vitaux. Aujourd’hui, près de 186&nbsp;000 retraité(e)s en dépendent pour financer leurs dépenses courantes. Et la tendance est à la hausse. Les PC sont une prestation servie en fonction d’un besoin. Cela signifie qu’elles ne sont accordées que sur demande et après examen détaillé de la situation financière de la personne concernée. Or, la couverture des besoins vitaux des personnes âgées ne devrait pas faire l’objet de conditions. C’est indigne. Demander des PC n’est pas chose facile. Beaucoup y renoncent par honte ou parce qu’ils estiment que c’est déshonorant. Avec une hausse de 10&nbsp;%, les rentes AVS se rapprocheront enfin un peu plus de leur but&nbsp;: couvrir les besoins vitaux. Et la dépendance à l’égard des PC diminuera. Ce sera là un important progrès social, d’autant plus que la pression sur les PC va fortement s’accentuer ces prochaines années dans les cantons.
</p><h3>L'AVS est solide</h3><p>En dépit des prédictions de tous les oiseaux de mauvaise augure, l’AVS continue à reposer sur des bases solides. Les finances de la principale assurance sociale sont saines, alors que, depuis son introduction, le nombre des bénéficiaires de rentes à plus que sextuplé et qu’aujourd’hui, il dépasse les 2 millions. L’allongement de la durée de vie et le recul des naissances (démographie) – aujourd’hui, 2,5 personnes actives paient pour un(e) retraité(e) AVS, contre 4,5 au début de l’AVS –, ne l’ont pas non plus déstabilisée. Et l’AVS sera aussi en mesure de faire aisément face au départ à la retraite de la génération du baby-boom ces prochaines années. L’éventuelle forte augmentation du nombre des nouveaux retraité(e)s ne sera qu’un phénomène passager dont on pourra atténuer les effets en augmentant les recettes de l’AVS au moyen d’une hausse de la TVA, jusqu’à ce que la génération suivante, de faible natalité, prenne sa retraite.
</p><h3>Un coût modeste</h3><p>La hausse des rentes de 10&nbsp;% coûtera environ 4,1 milliards de francs, ou 3,7&nbsp;milliards si l’on prend en considération les économies qui seront réalisées avec les PC. L’initiative AVSplus ne prescrit pas de clé de financement spécifique. L’AVS étant une assurance essentiellement financée à l’aide de cotisations salariales, il est justifié d’augmenter celles-ci pour améliorer les prestations servies. Alors que d’autres assurances sociales n’ont cessé d’augmenter leurs cotisations ces dernières années pour pouvoir financer leurs prestations – comme l’assurance-maladie ou le 2e pilier –, les taux de cotisation de l’AVS n’ont plus été adaptés depuis 40 ans. Le besoin financier entraîné par une hausse des rentes de l’ordre de 200 francs par mois pour l’écrasante majorité des retraité(e)s et de 350 francs pour les couples correspond à 0,5&nbsp;% de salaire pour l’employeur/employeuse et l’employé(e). Pour un salaire annuel brut de 54&nbsp;000 francs, le prélèvement supplémentaire sur le salaire ne sera que de 270 francs par année, pour une hausse de la rente AVS de plus de 2&nbsp;000 francs par année. Un financement via des pourcentages de salaire est donc une façon de procéder tout à fait défendable. Les charges salariales annexes pour l’AVS resteront basses, à chaque fois de 4,7&nbsp;%.
</p><h3>Le contenu de l’initiative populaire en détail</h3><p>L’initiative populaire AVSplus demande le relèvement de 10&nbsp;% des rentes de vieillesse de l’AVS. Cette hausse sera versée sous la forme d’un supplément aux rentes courantes et futures. Le mode de calcul des rentes, qui a fait ses preuves, ne sera pas modifié. Il ne sera pas touché à la systématique des rentes. Les autres prestations de l’AVS et de l’AI servies sous forme de rentes continueront à s’orienter sur la rente de vieillesse «&nbsp;ordinaire&nbsp;» sans supplément. Le supplément AVSplus n’entraînera aucun changement dans la prévoyance professionnelle. Il sera versé sur les rentes AVS courantes au plus tard deux années après l’acceptation de l’initiative populaire. Aucune autre loi ne devra être modifiée
</p><p>Grâce à AVSplus, la grande majorité des retraité(e)s bénéficierait d’une hausse mensuelle de sa rente de 200 francs et les couples, de 350 francs. La rente AVS minimale augmenterait de 118 francs, la rente maximale de 235 francs. La rente de couple maximale augmenterait de 353 francs, pour passer à 3&nbsp;878 francs.
</p><p> Cette initiative de l’Union syndicale suisse (USS) et de ses fédérations est soutenue par une large alliance composée d’organisations de salarié(e)s comme le SER, la LCH, l’ASI, l’ASEB, le ZV et, l’organisation de retraité(e)s AVIVO, ainsi que par les partis suivants&nbsp;: PS, Vert(e)s et Jeunesse socialiste.</p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2232</guid><pubDate>Thu, 21 May 2015 11:29:00 +0200</pubDate><title>Initiative sur l’imposition des successions:  De l’art de bâtir des arguments sur du sable ou du vent</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/initiative-sur-l-imposition-des-successions-de-l-art-de-batir-des-arguments-sur-du-sable-ou-du-vent</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Durant des décennies, l’impôt sur les successions fut monnaie courante en Suisse. Lorsque la richesse s’accrut au bénéfice exclusif des 10&nbsp;% les plus riches, on le fit refluer. Aujourd’hui, une initiative populaire relance le débat autour d’un impôt fédéral sur les successions comme instrument de redistribution de la richesse. Comme le feraient des envieux? </p><p>Des envieux, tout simplement: voilà l’imprécation rapidement lancée à la face des partisans de cet impôt par les opposants. Qui espèrent ainsi clore la discussion une fois pour toutes. 
</p><p>Les envieux: c’est le gros mot que les riches utilisent pour discréditer le sens de la justice des pauvres. Car en parlant «d’envieux», on détourne le regard de la distribution réelle de l’aisance. Le mot ne dit rien sur qui possède quoi; le terme de «justice» pose en revanche la question. Lorsque l’on constate que l’écart entre les plus riches et les pauvres ne cesse de croître, que le 2&nbsp;% des plus riches dans ce pays possèdent autant que tout le reste de la population, que l’on estime que cela n’est pas sain et qu’il faut le corriger, alors ce n’est pas de l’envie qui s’exprime ainsi, mais bien une réflexion empreinte du sens des responsabilités sociales et de celui de la justice. Celui qui cherche à corriger la répartition de la richesse n’a pas à avoir honte. L’anathème prononcé contre ceux qui seraient sujets à l’envie, un pêché mortel jusque dans le Haut Moyen Age, vise justement à nous faire honte. Voilà pourquoi il tombe si facilement des lèvres des riches.
</p><p>La seule chose de positif dans cette histoire d’envie et d’envieux, c’est qu’elle résonne comme une reconnaissance implicite de l’inégalité. C’est au moins ça... 
</p><p>Lorsque la construction de l’argument sur l’envie s’ensable, un autre échafaudage est bâti à partir de la sagesse populaire: il ne faudrait quand même pas tuer la poule aux œufs d’or. Concrètement, les riches pourraient s’envoler, émigrer. Mais où donc? Au Burundi, au Swaziland? La majorité des Etats occidentaux connaissent un impôt sur les successions et la plupart appliquent un tarif plus élevé que celui prévu par l’initiative fédérale. Et lorsque l’on cite la Suède comme Etat sans impôt sur les successions, nous aimerions demander au super-riche candidat à l’émigration si, afin d’éviter de payer des impôts carabinés dans la dernière phase de sa vie, ce n’est qu’au moment où il sera sur son lit de mort qu’il déménagera.
</p><p>Et, afin de lutter contre l’oubli, rappelons que sous l’angle historique, la proposition d’un impôt sur les successions faite par l’initiative n’appartient pas au néosocialisme, mais bien au libéralisme originel, introduit qu’il fut en Suisse par le Parti radical. Presque tous les cantons de la Confédération avaient un impôt sur les successions, presque tous l’ont supprimé dans la période post-thatchérienne, du moins pour les successions directes. Cette suppression a aussi contribué à la concentration massive de la richesse. 
</p><p>Reste encore l’argument des «PME», avec l’accusation d’être des «tueurs de PME», des «suceurs de moelle des PME» et d’autres noms d’oiseaux encore. Evoquer les PME dans un débat public, c’est évoquer quelque chose qu’il faut savoir cajoler. Les initiants le savent aussi. Ils proposent donc pour les PME des allègements en matière de masse successorale : un taux d’imposition de 5&nbsp;% au lieu de 20&nbsp;% et une franchise de 50 millions au lieu de 2 millions. Ces dispositions seront soumises au vote du parlement après l’approbation de l’initiative. Et cela alors que cette institution est dominée par des forces qui auront tendance à élargir ces privilèges plutôt qu’à les réduire. 
</p><p>Résumons: celui ou celle qui veut corriger un peu la répartition de la richesse en Suisse ne se laissera pas embrouiller les sens par un argumentaire, bâti sur le sable ou sur du vent, contre les envieux, pour les PME et la protection des riches. 
</p><h5>Plus d'informations</h5><ul><li>Les Suisses sous-estiment les criantes inégalités de fortune&nbsp;– le film</li><li>Discours de Paul Rechsteiner, président de l’USS, à la conférence de presse concernant l'impôt sur les successions</li><li><a href="http://www.erbschaftssteuerreform.ch/fr/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Site web du comité d'initiative</a></li><li>Soulager les revenus&nbsp;– renforver l'AVS : lancement de la campagne</li><li>3 OUI pour plus de justice sociale : votations du 14 juin&nbsp;– les recommandations de l'USS</li></ul>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Repartition</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2230</guid><pubDate>Thu, 21 May 2015 11:23:00 +0200</pubDate><title>Prendre enfin l’épuisement professionnel au sérieux!</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/prendre-enfin-l-epuisement-professionnel-au-serieux</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">De plus en plus de personnes souffrent d’un épuisement professionnel dû à la recrudescence du stress et ne peuvent plus travailler. Néanmoins, la Confédération reste largement inactive. </p><p>Les maladies liées au stress, dont le syndrome d’épuisement professionnel (burnout), ne font pas partie des maladies professionnelles au sens de la Loi sur l’assurance-accidents (LAA). Les dispositions de cette loi excluent ces maladies, bien qu’elles se manifestent toujours plus et puissent clairement être rattachées à des risques liés au poste de travail (stress).
</p><p>Une reconnaissance de ces maladies psychiques dans la LAA permettrait une prise en charge nettement meilleure des patient(e)s. La société accepterait mieux ces souffrances, ce qui en retour favoriserait aussi la réinsertion dans le monde du travail. L’inscription dans la LAA aurait des effets sur la prévention primaire spécifique, dans la mesure où celle-ci serait mieux intégrée dans les campagnes de la SUVA et, surtout, deviendrait mieux contrôlable. 
</p><p>La Confédération doit maintenant agir
</p><p>C’est cette reconnaissance que demanda l’interpellation du conseiller aux Etats Didier Berberat. Dans sa réponse, le Conseil fédéral fait savoir qu’il n’entend pas reconnaître le burnout comme une maladie professionnelle. Pire encore: l’exécutif n’estime pas nécessaire de modifier la loi pour intensifier la prévention.
</p><p>Le Conseil fédéral doit enfin agir: l’épuisement professionnel fait partie de la liste des maladies professionnelles. Les pires formes du stress au travail doivent être légalement abordées. Pour cela, une réglementation légale du travail à domicile est nécessaire, puisque c’est là que très souvent le travail et le temps libre se mélangent, donnant naissance au stress; il faut aussi un article antistress dans l’Ordonnance relative à la Loi sur le travail (OLT 1). </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2228</guid><pubDate>Thu, 21 May 2015 09:22:00 +0200</pubDate><title>Barrer la route aux liquidateurs du service public – Oui à la loi sur la radio et la télévision </title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/barrer-la-route-aux-liquidateurs-du-service-public-oui-a-la-loi-sur-la-radio-et-la-television</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="Text lead"><span lang="FR-CH">La votation sur la redevance pour la radio et la télévision non liée à la possession d’un récepteur a dégénéré en un débat sur le service public. Les milieux de droite réclament à grand bruit que la SSR réduise sa voilure. Un «non» le 14 juin laisserait la voie complètement libre à la représentation des intérêts commerciaux des émetteurs privés. Des chaînes de radio comme Couleur 3 seraient menacées de disparition et il faudrait payer pour un bon nombre de retransmissions – comme les matchs de la Ligue des Champions. </span></p><p class="Text"><span lang="FR-CH">En ce moment, on se dispute vivement sur la qualité de la télévision suisse, essentiellement sur son offre en divertissement. L’ancien journaliste vedette de la Radio romande, Pascal Décaillet, passé depuis quelques années au privé, tire comme d’habitude à boulet rouge sur la RTS qui «&nbsp;produit de plus en plus d’offres n’ayant qu’un lointain rapport avec la promotion de la vie démocratique, de la culture, des arts et des sciences.» Quant au ténor de l’UDC, Jean-François Rime, il critique que l’achat «au prix&nbsp;fort» d’émissions étrangères «du type casting-show» soient facturées au contribuable. Mais personne, dans le camp bourgeois ne mentionne que sans l’argent de la redevance, de petits bijoux comme la série romande «Station horizon», ou l’excellente émission d’actualité satirique «26 minutes» ainsi que de nombreux téléfilms maison n’auraient jamais vu le jour. La Suisse romande n’a pas la taille critique pour lever de tels financements. </span></p><p class="Text"><b><span lang="FR-CH">Des programmes radio sont aussi dans la ligne de mire</span></b></p><p class="Text"><span lang="FR-CH">Quand on argumente de la sorte pour redimensionner la SSR, on oublie alors que la radio en fait aussi partie. Reconnue pour sa fiabilité, la Radio suisse romande reste la plus écoutée de ce côté-ci de la Sarine. Tous les matins, elle transmet à un large public les dernières infos, dans la salle de bain, la voiture, au bureau ou à l’écurie. C’est elle aussi qui fournit aux amateurs de culture de la musique classique pendant toute la journée ou des musiques actuelles aux plus jeunes, sans coupures publicitaires. La Radio romande décrypte autant l’actualité que les nouveaux médias («Médialogues») ou l’histoire («Histoire vivante»). La qualité de la radio est rarement remise en question, ni en Suisse romande, ni au Tessin, ni en Suisse alémanique. Pourtant, ces émissions sont aussi dans la ligne de mire. Le conseiller national PLR Christian Wasserfallen remet ainsi ouvertement en question la raison d’être de la troisième chaîne de radio suisse alémanique SFR3 dans la presse dominicale. Selon lui, la SSR devrait s’abstenir quand des chaînes de radio et de télévision privées peuvent produire le même type de programmes avec une qualité suffisante. La SSR devrait se limiter à l’information. Dans une telle logique, Couleur 3, avec un taux d’audience inférieur à SRF3, devrait également disparaître.</span></p><p class="Text"><span lang="FR-CH">En Suisse alémanique particulièrement, les critiques de la SSR oublient souvent que nous vivons dans un pays multilingue. Le&nbsp; </span>marché médiatique suisse alémanique est déjà en lui-même minuscule par rapport aux marchés de nos voisins. Avec ses 4,5 millions d’habitants, il représente seulement la moitié du marché autrichien. Le marché allemand est 20 fois plus grand. Sans parler que l’on ne peut comparer le Tessin avec l’Italie ou la Suisse romande avec la France. De plus, avec la redevance, il faut desservir trois régions linguistiques avec un programme complet et la quatrième région avec un programme réduit. Ce ne sont que des offres comparables qui permettent de contribuer substantiellement à la cohésion nationale. Et rien que par leur taille, les chaînes de télévision de la SSR ne &nbsp;jouent pas dans la même ligue que les chaînes publiques des pays voisins. Une bonne télévision est chère, surtout si elle propose des programmes d’information de qualité destinés à un large public. C’est de ce fait une illusion que de croire qu’une pure chaîne d’information dont le budget aurait été restreint en conséquence puisse produire des émissions d’information d’une meilleure qualité qu’à l’heure actuelle.</p><p class="Text"><b><span lang="FR-CH">Les chaînes privées veulent une plus grande part du gâteau publicitaire </span></b></p><p class="Text"><span lang="FR-CH">En chœur avec Christian Wasserfallen, la conseillère nationale UDC Nathalie Rickli, la représentante la plus active des intérêts des médias privés au Parlement, ainsi que de nombreux alliés de l’UDC et du PLR demandent que la SSR se concentre sur l’information. Pour la simple et bonne raison: ce n’est qu’ainsi que la voie sera libre pour que les émetteurs privés puissent s’octroyer une part plus importante du gâteau (publicitaire).&nbsp; </span></p><p class="Text"><span lang="FR-CH">Ils exigent que la SSR montre la plus grande retenue dans les domaines particulièrement lucratifs pour les chaînes privées&nbsp;: dans le divertissement – ou en gros, dans le sport. Les matchs intéressants de la Ligue des champions peuvent être diffusés sur les chaînes privées, estime Christian Wasserfallen. Allons voir chez nos voisins du Nord ce que cela signifie concrètement&nbsp;: en Suisse, on peut regarder gratuitement tous les matchs des équipes suisses dans la Ligue des champions et l’Europa League. En Allemagne, les matchs de la Ligue des champions sont surtout diffusés par Sky TV dans des fenêtres cryptées, donc payantes. Un abonnement «&nbsp;sport&nbsp;» avec la Ligue des champions et les matchs de la Bundesliga coûte plus de 60 francs par mois, donc bien plus que la redevance pour la radio et la télévision actuellement ainsi qu’à l’avenir.</span></p><p class="Text"><b><span lang="FR-CH">Oui à la LRTV: une pierre au rempart contre la berlusconisation</span></b></p><p class="Text"><span lang="FR-CH">Selon le concept médiatique des politiciens de droite, si le public veut voir des films et des séries, il devra toujours plus se rabattre sur les chaînes payantes. Avec ce qu’on appelle la télévision en libre accès, les consommateurs et consommatrices devraient se contenter des programmes de divertissement des chaînes privées et accepter bien plus de télévision médiocre que la RTS n’en propose actuellement. On ouvrirait ainsi grand la porte à la berlusconisation du paysage médiatique suisse. Blocher et consorts sont déjà dans les starting-blocks pour s’implanter dans le marché de la radio et de la télévision, après avoir pris possession de la Basler Zeitung et de la Weltwoche en Suisse alémanique.&nbsp; </span></p><p class="Text"><span lang="FR-CH">Toute personne qui veut éviter cela doit déposer un «oui» dans l’urne. Nous pouvons ainsi barrer la route au concept médiatique des politiciens de droite, remettre à leur place les défenseurs des intérêts des médias privés et créer de meilleures conditions pour le prochain débat sur la place du service public dans les médias électroniques. </span></p><h5 class="Text"><span lang="FR-CH">Encadré </span></h5><p class="Text"><span lang="FR-CH">La révision de la loi sur la radio et la télévision crée, à l’ère d’Internet, les conditions pour que le financement attribué à la radio et à la télévision de service public ne tarisse pas un jour ou l’autre. Car les gens consomment de plus en plus la TV et la radio sur Internet et croient que tout est gratuit puisqu’ils n’ont plus de poste de télévision ou de radio. Il est aussi juste que tout le monde doive payer. Car les contenus de la RTS sont disponibles partout et il n’existe en Suisse quasiment personne qui ne consomme jamais de produits de la SSR. Les bénéficiaires de prestations complémentaires de l’AVS et de l’AI sont exemptés de la redevance. Pour tous les autres ménages, la redevance va baisser, elle passera de 462 francs aujourd’hui à 400 francs. De nombreuses PME en profiteront aussi, les restaurants et bars en particulier. Que le président de l’USAM, Jean-François Rime, monte en première ligne pour combattre cette nouvelle réglementation est donc difficilement compréhensible et montre en fait surtout que les candidats PLR et UDC à l’élection au Conseil national qui luttent contre cette révision défendent moins les intérêts de leurs associations que leur propres intérêts électoraux et l’idéologie de démantèlement de l’Etat prônée par la droite. </span></p><h5 class="Text">Plus d'informations</h5><ul><li>OUI à la nouvelle redevance radio-TV, OUI au service public</li><li><a href="http://lrtv-oui.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Site web du comité indépendant « OUI à la LRTV »</a></li><li>3 OUI pour plus de justice sociale : votations du 14 juin&nbsp;– les recommandations de l'USS</li></ul>]]></content:encoded><category>Communication et medias</category><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2231</guid><pubDate>Thu, 21 May 2015 09:19:00 +0200</pubDate><title>Egalité salariale: barrières et guerre par procuration </title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/egalite-salariale-barrieres-et-guerre-par-procuration</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le vent s’est levé sur la question de l’égalité salariale. Il y a toutefois de nombreuses tentatives de stopper sa course. L’une d’entre elles se camoufle sous la forme d’un débat méthodologique. </p><p>Le DFJP est en train d’élaborer un projet comprenant des mesures contraignantes pour l’égalité salariale qui sera, selon toutes prévisions, présenté au Conseil fédéral durant le deuxième semestre de 2015. Une large alliance s’engage aussi pour que cette démarche aboutisse: les 12&nbsp;000 personnes qui ont participé à la manifestation en faveur de l’égalité salariale du 7 mars ainsi que les 5000 signataires du Manifeste pour l’égalité salariale signalent clairement que la population n’accepte plus cette violation&nbsp; de la Constitution. L’USS occupe une place prépondérante dans cette alliance. Elle exige que le mandat constitutionnel sur l’égalité salariale soit inconditionnellement appliqué par le biais de contrôles et de sanctions. &nbsp;
</p><p>Dans ce contexte, un postulat du conseiller national Ruedi Noser (PLR ZH) alimente les débats. M. Noser veut que la méthode scientifique utilisée pour l’analyse des discriminations salariales, dite analyse de régression, soit examinée de manière critique. On peut bien évidemment discuter des méthodes utilisées. On est toutefois en droit de se demander si l’optimisation de la méthode est réellement le but du débat ainsi lancé. Pour l’USS, il s’agit plutôt d’une discussion alibi: pour éviter que des mesures étatiques ne soient prises pour appliquer l’égalité salariale, on remet en question la méthode et ainsi l’existence-même de la discrimination salariale. 
</p><p>A considérer toutefois&nbsp;: lorsque des alternatives, respectivement un développement de la méthode d’enquête sont exigés, on omet souvent qu’on ne peut guère éviter des compromis pragmatiques entre précision de l’enquête et faisabilité de celle-ci. Le seuil de tolérance élevé de 5% utilisé dans les contrôles standardisés pour les marchés publics en tient déjà compte. Indépendamment des méthodes prescrites dans le cadre de cette révision législative, si une plainte pour inégalité salariale devait être déposée ou des sanctions prises, il est probable que l’on procède à des vérifications plus approfondies pour éviter de condamner à tort.&nbsp;&nbsp; &nbsp;
</p><p>Le débat qu’il faut mener se situe toutefois ailleurs: comment valoriser correctement le travail, quelle est la valeur du travail rémunéré et non rémunéré et comment rendre les systèmes salariaux plus transparents sont les sujets dont il faut parler. Il ne s’agit pas en premier lieu de savoir quelles variables sont utilisées dans l’analyse, mais plutôt de contrôler l’égalité salariale et que les résultats soient transparents. La mise en œuvre d’un mandat constitutionnel n’est pas une question de méthode, mais de justice.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2229</guid><pubDate>Wed, 20 May 2015 10:01:00 +0200</pubDate><title>Horaires de travail flexibles: mieux protéger de l’épuisement les catégories à risque! </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/horaires-de-travail-flexibles-mieux-proteger-de-l-epuisement-les-categories-a-risque</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les horaires de travail flexibles sont de plus en plus répandus selon l’Enquête suisse sur la population active de 2014. En conséquence, les risques psychosociaux au travail s’accroissent aussi et de plus en plus de personnes souffrent d’épuisement professionnel (burn-out). La riposte? Des mesures de protection de la santé efficaces et des contrôles du temps de travail par les inspectorats du travail. </p><p>&nbsp;</p><p>En 2014, près de la moitié (44,6&nbsp;%) des salarié(e)s connaissent un horaire de travail flexible. Une personne active sur cinq (20,5&nbsp;%) travaille régulièrement le samedi, environ une sur dix (10,6&nbsp;%) le dimanche. Les modèles du temps de travail varient fortement selon le niveau de formation et le sexe.
</p><h3>Toujours plus flexibles</h3><p>La part des personnes travaillant à temps partiel est passée, en une décennie, de 31,7&nbsp;% à 36&nbsp;%. Parmi les hommes, seuls 15,9&nbsp;% exercent à temps partiel, alors que la proportion est de 59,2&nbsp;% pour les femmes. Les femmes avec une formation de niveau secondaire I sont moins présentes (50,7&nbsp;%) que les femmes avec une formation de niveau secondaire&nbsp;II (62,9&nbsp;%) ou de niveau tertiaire (57,3&nbsp;%). 
</p><p>Cinq pour cent des salarié(e)s travaillent régulièrement de nuit. 17,1&nbsp;% exercent une activité impliquant de travailler régulièrement le soir et 4,8&nbsp;% travaillent sur appel. Forme particulièrement précaire et incertaine de travail, le travail sur appel concerne plus souvent les femmes que les hommes (respectivement 6,1&nbsp;% contre 3,7&nbsp;%) et plus souvent les salarié(e)s ayant une formation de niveau secondaire I que ceux qui ont suivi l’université (respectivement 7,6&nbsp;% contre 3,1&nbsp;%). Ces chiffres montrent que la précarisation sur le marché du travail touche particulièrement les femmes et plus souvent les salarié(e)s ayant une formation de niveau secondaire I que ceux de niveau universitaire. Le travail sur appel rend plus difficile ou même impossible la conciliation de la vie familiale et professionnelle. Cela aussi concerne au premier chef les femmes. 
</p><p>Les salarié(e)s sont 7,3&nbsp;% à avoir plusieurs emplois. Ce sont plus souvent des femmes que des hommes (9,6&nbsp;% contre 5,3&nbsp;%). 7,4&nbsp;% des salarié(e)s ont un contrat de travail de durée déterminée; pour 2,4&nbsp;% d’entre eux, sa durée est inférieure à six mois. Ils ignorent d’où proviendra l’argent pour assurer leur minimum vital un semestre plus tard. 
</p><h3>Toujours plus malade?</h3><p>Conjointement, une étude représentative menée à la demande de Promotion Santé Suisse, montre qu’en 2014, plus d’un million de salarié(e)s, soit 25&nbsp;% d’entre eux, souffrent d’un degré d’épuisement «moyen à très élevé». Environ six pour cent, ou 300&nbsp;000 travailleurs et travailleuses, sont tellement surchargés qu’ils sont au bord de l’épuisement professionnel. Ces salarié(e)s n’arrivent plus à se reposer durant leur temps libre et ne peuvent plus récupérer leurs forces durablement. &nbsp;
</p><p>La cause réside notamment dans des horaires toujours plus flexibles et dans le travail sur appel. 
</p><p>Si la flexibilisation des modèles du temps de travail se poursuit, on peut craindre une augmentation sans retenue des épuisements professionnels. 
</p><h3>Des mesures à prendre dès maintenant</h3><p>Il est essentiel que des mesures d’accompagnement pour la protection psychosociale au travail soient prises et qu’une prévention sérieuse du burn-out se mette en place. Les syndicats exigent à cet effet une gestion sanitaire rigoureuse, dans l’entreprise, des risques psychosociaux. En particulier, les pauses doivent être respectées, les salarié(e)s ne doivent pas être importunés durant leur temps libre, sous prétexte d’être constamment atteignables par leur téléphone mobile. En outre, des contrôles rigoureux des inspectorats du travail doivent généraliser le respect des dispositions légales concernant la durée maximale du travail, les pauses, l’interdiction du travail de nuit et du dimanche. Dans cette perspective, les gouvernements cantonaux doivent mettre plus de moyens à disposition des autorités compétentes. 
</p><p>Dans le cadre des réformes en cours de la saisie du temps de travail, en matière de santé au travail, les mesures obligatoires, de nature psychosociale, prévues doivent être transcrites scrupuleusement dans les CCT. Notamment aussi sous l’angle de l’analyse des risques préliminaire. A cet effet, les partenaires sociaux doivent recourir à des spécialistes compétents. Ces derniers devront aussi analyser les risques psychosociaux liés au travail provoqués par l’abandon de l’enregistrement détaillé du temps de travail. Des mesures pour éviter ou minimiser ces risques devraient en découler et être prises! 
</p><p>Mentionnons ici enfin le jugement du Tribunal fédéral BGer&nbsp;4A_384/2014, qui prévoit une protection spécifique contre le licenciement pour des salarié(e)s particulièrement fragiles (p. ex. les travailleuses et travailleurs âgés) devant des situations générant un épuisement professionnel. 
</p><h5>Journée de réflexion</h5><p>L’USS et movendo organisent le 30 juin une journée de réflexion sur ces questions touchant les aspects positifs et négatifs des modèles du temps de travail flexible. Pour plus d'infos voir: www. movendo.ch/fr/kurse_vertrauensleute.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2227</guid><pubDate>Tue, 19 May 2015 13:31:00 +0200</pubDate><title>Personnel de la Confédération : la stratégie perfide de la droite</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/personnel-de-la-confederation-la-strategie-perfide-de-la-droite</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Cela fait des mois que l’administration fédérale se fait tirer dessus, dans les médias et par la droite. Selon eux, l’augmentation des postes et l’évolution des salaires seraient scandaleuses, l’administration gonflerait aux dépens de l’économie privée et devrait une bonne fois être réduite. Et les propositions dans ce but pleuvent et pleuvent encore. </p><p>Une alliance bourgeoise demande des coupes radicales dans les effectifs du personnel de la Confédération, des demandes appuyées sur des interventions parlementaires. On veut freiner l’évolution des dépenses, instaurer chaque année une baisse de 1,5 milliard de francs de ces dernières, plafonner les dépenses totales à 66 milliards ou geler jusqu’en 2019 celles de personnel au niveau de 2014. Arguments avancés&nbsp;: la dégradation des prévisions économiques et les dégâts causés par le franc fort. La droite et les médias restent de marbre devant le fait que la quote-part de l’État est de 33,5&nbsp;% en Suisse, soit extrêmement basse. Car la vraie raison de cette indignation orchestrée est bien sûr ailleurs, à savoir dans le but, poursuivi depuis de longues années, d’une nouvelle baisse des impôts payés par les entreprises. Depuis le mois de février, on sait que la deuxième réforme de l’imposition des entreprises entraîne une énorme perte de ressources pour la Confédération. Mais le Conseil fédéral va encore dégager 1,5 milliard par année pour dédommager les cantons, suite à la mise en œuvre de la troisième réforme de l’imposition des entreprises. 
</p><h3>Toujours moins de personnel…</h3><p>Cela ne sera possible qu’en procédant à des coupes. Et c’est en ce qui concerne les effectifs du personnel qu’il sera le plus aisé de trouver une majorité. Il le sait bien lui aussi, le Conseil fédéral. En ne révélant que par tranche des économies toujours plus importantes concernant le personnel, il choisit la voie où il y a le moins de résistance. En février, un gel des salaires était envisagé dans le cadre des mesures salariales pour 2016, ensuite, il a voulu baisser durablement de 106 millions les dépenses de personnel et de 52 millions les prestations externes (honoraires). Depuis le début du mois de mai, on en est désormais déjà à 165 millions concernant le personnel et, en plus de mesures en matière de postes, il s’agit aussi de prendre des mesures salariales. Si l’effrayante proposition de coupe de 4 milliards dans les frais de personnel faite par les groupes parlementaires de l’UDC et du PLR a été rejetée lors de la session parlementaire extraordinaire de mai, cela commence à être toujours plus étroit pour le personnel&nbsp;: la Commission des finances du Conseil des États, qui traite actuellement le Programme de consolidation et de réexamen des tâches, va déposer une motion qui veut limiter à 35&nbsp;000 les effectifs du personnel de l’administration fédérale. 
</p><h3>… pour toujours plus de tâches</h3><p>Le Conseil fédéral et la majorité bourgeoise mitonnent pour le personnel une soupe immangeable&nbsp;: pas d’évolution des salaires ces prochaines années, postes vacants non repourvus, pas d’internalisation des mandats confiés à l’extérieur et coupes budgétaires pour les prestations externes. Et cela, sans réexaminer les tâches du personnel. Or, ces dernières années, elles ont constamment augmenté et, au vu de l’évolution démographique et de la situation politique, elles ne vont pas diminuer. C’est pourquoi, la Communauté de négociation du personnel de la Confédération combattra vigoureusement cette politique aveugle de démantèlement.</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2225</guid><pubDate>Mon, 18 May 2015 08:13:00 +0200</pubDate><title>Initiative sur les bourses d’études : une chance pour l’égalité des chances</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/initiative-sur-les-bourses-d-etudes-une-chance-pour-l-egalite-des-chances</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les jeunes des classes sociales inférieures doivent aussi pouvoir faire des études. Pour que cela soit plus souvent le cas à l’avenir, il faut de meilleures bourses d’études. Et pour améliorer les bourses, il faut dire oui, le 14 juin, à l’initiative sur les bourses d’études.</p><p>J’ai profité du «&nbsp;choc du spoutnik&nbsp;». Quel choc était-ce&nbsp;? En 1957, l’URSS envoyait le premier satellite dans l’espace. Une mauvaise nouvelle pour l’Occident. L’ennemi de l’Est avait rattrapé son retard en matière de formation. En Suisse, la réponse fut de former plus d’universitaires. Alors, soudainement, les instituteurs et institutrices encouragèrent régulièrement trois à quatre élèves par classe (et leurs parents) à quand même choisir le collège, malgré leur situation financière. Et ceux qui le firent entrèrent ensuite à l’université. Et reçurent des bourses à cet effet. Avant cela, le fils du maçon ou du boulanger devenait maçon ou boulanger. Et les filles devenaient serveuses avant de se marier.
</p><p>Ces temps sont révolus. Heureusement. Il n’empêche que chaque enquête montre aujourd’hui encore qu’en ce qui concerne l’accès aux hautes écoles, l’appartenance à une classe sociale reste déterminante. Les enfants d’universitaires suivent beaucoup plus souvent des formations académiques que les enfants dont les parents ne sont pas allés à l’université. Il y a sans doute diverses raisons à cela, mais l’une d’entre elles est toujours importante de nos jours&nbsp;: le budget de la famille. On pourrait corriger cela au plan politique à l’aide de bourses d’études. Mais les politiques ne l’on jamais fait ces dernières années. Peut-être aussi parce qu’il n’y a plus de concurrence soviétique. Malgré les cris d’orfraie poussés à cause de la pénurie de main-d’œuvre spécialisée, les bourses d’études ont reculé. 
</p><p>C’est la principale raison pour laquelle l’Union syndicale suisse (USS) dit un oui convaincu à l’initiative sur les bourses d’études. Car celles-ci sont un moyen d’ouvrir la voie académique à des milieux populaires. Elles sont le moyen qui permet d’ouvrir la voie académique aux non-privilégié(e)s, le terreau dont se nourrit l’égalité des chances. Si à l’heure actuelle, seuls 8&nbsp;% des étudiant(e)s du niveau académique reçoivent une bourse, qui n’est qu’une maigre aumône pour nombre d’entre eux, alors l’égalité des chances est comme tuée dans l’œuf. 
</p><p>Et la deuxième raison de dire oui&nbsp;? La personne qui choisit aujourd’hui de faire une formation professionnelle supérieure (écoles supérieures, examens fédéraux) doit très souvent y mettre le prix fort (beaucoup plus que les étudiant[e]s) et ne reçoit que très rarement une bourse d’études. Ce n’est le cas que d’à peine 4&nbsp;% de ces jeunes. Et, selon le canton, la bourse peut même être très maigre. Ici aussi, l’initiative changera les choses. Ce qui est important également pour nombre de jeunes syndicalistes. 
</p><p> L’initiative sur les bourses d’études donne une chance à l’égalité des chances. C’est pourquoi l’USS lui dit oui, car elle défend les classes sociales qu’elle représente. Et ça, très concrètement.
</p><h5>Plus d'informations</h5><ul><li>Sept arguments et le texte de l'initiative</li><li><a href="http://www.bourses-etudes.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Site web du comité d'initiative</a></li><li><a href="http://www.vss-unes.ch/stipendieninitiative/?lang=fr" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Tous au sujet de l'initiative sur les bourses d'études : site de l'UNES</a></li><li>3 OUI pour plus de justice sociale : votations du 14 juin&nbsp;– les recommandations de l'USS</li></ul>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2217</guid><pubDate>Wed, 06 May 2015 09:30:00 +0200</pubDate><title>André Daguet : 1947 - 2015</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/andre-daguet-1947-2015</link><description>Une figure de proue de la gauche nous a quittés</description><content:encoded><![CDATA[<p>La nuit du 30 avril, la gauche syndicale et politique du pays a perdu une de ses figures de proue. Après une longue maladie, André Daguet, nous a quittés.
</p><p>Cofondateur de la section suisse d’Amnesty International, dont il fut aussi le secrétaire central jusqu’en 1986, André Daguet rejoignit ensuite le secrétariat central du Parti socialiste où il forma à une époque une vraie «&nbsp;dream team&nbsp;» avec le président, Peter Bodenmann, parvenant à contrer la droite qui ne voulait pas de Christiane Brunner au Conseil fédéral, en faisant élire finalement Ruth Dreifuss, alors secrétaire de l’Union syndicale suisse. En 1996, André Daguet fut élu membre du comité directeur du syndicat FTMH. Il fut aussi l’un des principaux architectes du nouveau syndicat Unia, issue d’une fusion entre plusieurs organisations de travailleurs et travailleuses (FTMH, SIB, FCTA, unia). On le retrouve ensuite à la présidence du conseil d’administration de work, le journal syndical né de cette fusion. André Daguet a aussi été le premier président de Movendo, l’institut de formation des syndicats, et conseiller national de 2003 à 2011. 
</p><p> Syndicaliste toujours aux tout premiers rangs, André Daguet s’était donné pour projet d’écrire un ouvrage sur l’histoire récente de la gauche en Suisse. Rattrapé par la maladie, il ne pourra malheureusement jamais réaliser ce projet, dont les épisodes de sa vie ont cependant déjà écrit plusieurs chapitres.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2210</guid><pubDate>Wed, 29 Apr 2015 14:03:00 +0200</pubDate><title>Initiative sur les bourses d’études: Réduire enfin les écarts entre la voie professionnelle et la voie académique</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/initiative-sur-les-bourses-d-etudes-reduire-enfin-les-ecarts-entre-la-voie-professionnelle-et-la-voie-academique</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L'USS soutient l'initiative sur les bourses d'études. Cette initiative bénéficiera surtout aux jeunes qui veulent suivre une formation professionnelle supérieure. Grâce à elle, ils pourraient recevoir plus facilement une bourse d'études qu'aujourd'hui.</p><p>La Suisse a massivement augmenté son soutien à la formation ces vingt dernières années. Les moyens financiers supplémentaires ont permis d’augmenter fortement le financement de la recherche (+77%, &lt;media 2786 - - "BILD, grafik bildung f, grafik__bildung_f.png, 84 KB"&gt;voir graphique&lt;/media&gt;), ainsi que celui des hautes écoles et écoles polytechniques (+97%). Malheureusement, cette évolution n’a pas profité à tout le monde. Malgré la nette augmentation des élèves et des étudiants, le domaine des bourses a stagné, voire même reculé en termes réels. Dans le domaine de la formation professionnelle supérieure, le financement a même reculé massivement (-51%), car l’État a investi dans la mise en place des hautes écoles spécialisées.
</p><p class="Texte">&nbsp;</p><p class="Texte">&nbsp;</p><ol><li>Lorsqu'ils s'engagent dans une formation professionnelle supérieure, ils assument une grande part des coûts de la formation. En effet, dans le cas des écoles supérieures, l'État ne garantit la prise en charge que de 50% du coût des cours. Dans le cas des cours de préparation aux examens professionnels fédéraux, la part des subventions se monte actuellement à moins de 20%.[1] Cela entraîne une charge de plusieurs milliers de francs par année en plus de la perte de salaire occasionnée.</li><li>Dans les cantons, les critères d'attribution des bourses désavantagent généralement les personnes ayant déjà travaillé (calcul basé sur la dernière déclaration d'impôts par exemple). Les personnes ayant suivi la voie de l'apprentissage s'en trouvent pénalisées. Ainsi, seuls 3 à 4% des étudiants suivant un cursus de la formation professionnelle supérieure bénéficient aujourd'hui d'une bourse. [1] Une révision de la loi sur la formation professionnelle est actuellement en consultation, dans le but d'améliorer cette situation. Malheureusement, la Confédération attend des cantons qu'ils assument l'essentiel des charges supplémentaires liées à la réforme. </li></ol><p class="Texte">&nbsp;</p><p>Le constat est sans équivoque : la répartition des moyens financiers telle qu'elle est conçue aujourd'hui n'a fait que renforcer les inégalités entre voie professionnelle et voie académique. L'initiative sur les bourses a le mérite de mettre ce problème sur la table et, contrairement au Conseiller fédéral Schneider-Ammann, de proposer enfin de vraies solutions.
</p><p>C'est pourquoi, l'USS soutient l'initiative :</p><ul><li>Un système de bourses tel qu'elle le conçoit permettrait d'adapter les barèmes à la situation personnelle et ainsi de répondre aux besoins spécifiques de ceux qui ont choisi la voie de l'apprentissage.</li><li>Des bourses dignes de ce nom permettraient aux jeunes de se concentrer enfin sur leurs examens et d'obtenir plus vite les qualifications utiles à leur profession.</li><li>Les jeunes (et moins jeunes) professionnels pourraient enfin mieux concilier qualification, carrière professionnelle et projets familiaux, sans avoir à sacrifier leur santé. </li></ul><h5>À télécharger</h5><ul><li>&lt;media 2784 - - "BILD, grafik bildung, grafik__bildung.png, 89 KB"&gt;Graphique: Croissance des dépenses dans la formation&lt;/media&gt;</li></ul><p>&nbsp;</p><p>[1] Une révision de la loi sur la formation professionnelle est actuellement en consultation, dans le but d'améliorer cette situation. Malheureusement, la Confédération attend des cantons qu'ils assument l'essentiel des charges supplémentaires liées à la réforme.
</p><p><span lang="FR-CH"></span></p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2205</guid><pubDate>Mon, 27 Apr 2015 14:46:00 +0200</pubDate><title>Justice sociale – Pas d’exclusion !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/justice-sociale-pas-d-exclusion</link><description>Fête du travail 2015 : appel, affiche, histoire, vue d&#039;ensemble des manifesfations</description><content:encoded><![CDATA[<p>En 2015 aussi, une cinquantaine de Fête du 1er Mai auront lieu dans toute la Suisse. Cette année, c'est même une anniversaire qui sera aussi fêté : celui des 125 ans du 1er Mai. La Fête du travail se trouve placée sous le slogan "Justice sociale - Pas d'exclusion !" L'appel de l'USS vous dit pourquoi.
</p><p><span lang="FR">En 1890, des syndicalistes sont descendus pour la première fois dans la rue un 1<sup>er</sup> Mai, en Suisse comme dans le reste de l’Europe. Ils répondaient à l’appel du Congrès international des travailleurs de Paris qui, une année plus tôt, avait proclamé le 1<sup>er</sup> mai Journée internationale du travail, suite au dur conflit de Chicago, dans le contexte de la grève pour la journée de travail de 8 heures. En Suisse aussi, les collègues revendiquaient haut et fort la journée de 8 heures. Mais les patrons leur opposaient une fin de non-recevoir. C’est contre cela que nous nous sommes battus.&nbsp;</span></p><h3>Beaucoup obtenu ...</h3><p class="Text"><span lang="FR">La lutte pour de bonnes conditions de travail et une participation équitable aux fruits du travail a été dure, en Suisse aussi. Sur les lieux de travail et dans la rue. Les manifestations du 1<sup>er</sup> Mai se sont toujours plus fait entendre, attirant toujours plus de monde. Depuis lors, nous avons beaucoup obtenu&nbsp;: dans de nombreuses entreprises, nous avons obtenu la journée de huit heures, la plupart du temps sur la semaine de cinq jours, ainsi que l’introduction des vacances, des hausses de salaire, une sécurité au travail améliorée et la création de l’assurance-maladie, de l’assurance-accidents et des rentes de vieillesse. Bref, le mouvement des travailleurs et travailleuses a conquis de haute lutte plus de justice sociale.</span></p><h3>... et encore beaucoup à faire</h3><p class="Text"><span lang="FR">En 2015, ce combat n’est pas terminé. La Suisse n’a jamais été aussi riche qu’aujourd’hui. Elle pourrait se permettre d’offrir une vie meilleure à l’ensemble des travailleurs et travailleuses, à tous les retraités et toutes les retraitées. La réalité est malheureusement différente. Les disparités sociales croissent. La répartition des revenus et de la fortune est extrêmement inégale. L’écart entre «&nbsp;ceux d’en haut&nbsp;» et «&nbsp;ceux d’en bas&nbsp;» se creuse. La mondialisation fait toujours plus de perdants. Les travailleurs et travailleuses sont rejetés hors du monde du travail, poussés vers l’aide sociale. Plus tard, ils paieront cette injustice en recevant des rentes de vieillesse plus maigres. Il devient plus difficile pour les jeunes d’entrer rapidement sur le marché normal du travail. Avec 4,9&nbsp;%, le chômage est plus élevé que dans le Bade-Wurtemberg et la Bavière. Nous sommes bien loin du plein-emploi. Les pressions sur les salaires s’accentuent. Et la charge de travail a sensiblement augmenté. Tous ces faits inquiètent les gens. C’est contre cela que nous nous battons.</span></p><p class="Text"><span lang="FR">Au lieu de s’attaquer aux problèmes, les partis de droite, les milieux économiques et les patrons veulent miner la justice sociale. Nombre de patrons prennent prétexte de la forte surévaluation du franc, non seulement pour maintenir, mais même pour faire grossir leurs marges. Appliquant le principe selon lequel, quand les affaires marchent, on empoche les bénéfices et quand elles vont mal, on répercute les risques sur le personnel, ils introduisent des salaires en euros illégaux, baissent les salaires, délocalisent des emplois et prolongent la durée du travail. C’est contre ces «&nbsp;profiteurs de la crise du franc&nbsp;» que nous nous battons.</span></p><h3>Une exclusion dommageable</h3><p class="Text"><span lang="FR">Au lieu de demander à la Banque nationale de remplir son mandat légal et d’œuvrer pour un cours de change franc-euro raisonnable, les partis de droite votent, à l’unisson des milieux économiques et propagent des recettes idéologiques bien connues&nbsp;: dérégulations, démantèlement des services publics, programmes d’austérité, régression sociale, baisses d’impôts pour les entreprises et les riches et renoncement à des mesures attendues depuis trop longtemps pour réaliser l’égalité salariale prescrite par la Constitution. C’est contre cela que nous nous battons.</span></p><p class="Text"><span lang="FR">Au lieu de résoudre les problèmes, on exploite la détresse et les peurs des gens en lançant des campagnes d’exclusion&nbsp;: contre les bénéficiaires de l’aide sociale, contre les rentiers et rentières de l’AI, contre les minorités religieuses et surtout contre les étrangers et les étrangères. Or, l’exclusion et les discriminations ne portent pas seulement atteinte aux personnes qu’elles frappent, mais aussi à toute la société. Et elles mettent en danger le bien-être. C’est contre cela que nous nous battons.</span></p><h3>À l'ordre du jour</h3><p class="0-ParagrSPnormaux"><span lang="FR">L’heure est à la justice sociale. Des salaires équitables et des rentes décentes, des conditions de travail de qualité, des emplois sûrs et l’égalité salariale entre femmes et hommes, c’est économiquement possible en Suisse. Il s’agit d’une question de volonté et de rapport de force. C’est pourquoi nous réclamons haut et fort des salaires décents, des rentes meilleures, de bonnes conditions de travail et le plein-emploi. Nous voulons une Suisse juste, solidaire, sans discrimination et ouverte. C’est pour cela que nous nous battons. C’est pour cela que, en ce 125<sup>e</sup> anniversaire de la Fête du travail, nous lançons notre mot d’ordre à travers tout le pays&nbsp;: Justice sociale – Pas d’exclusion&nbsp;!</span></p><h5>À télécharger</h5><ul><li>L'affiche du 1er Mai de Janka Rahm en&nbsp;&lt;media 2773 - - "TEXT, mai2015 A4 F web, mai2015_A4_F_web.pdf, 782 KB"&gt;français, &lt;/media&gt;&lt;media 2772 - - "TEXT, mai2015 A4 D web, mai2015_A4_D_web.pdf, 800 KB"&gt;allemand&lt;/media&gt;&lt;media 2773 - - "TEXT, mai2015 A4 F web, mai2015_A4_F_web.pdf, 782 KB"&gt; &lt;/media&gt;et &lt;media 2774 - - "TEXT, mai2015 A4 I web, mai2015_A4_I_web.pdf, 799 KB"&gt;italien&lt;/media&gt; </li></ul><ul><li>Les 125 ans du 1er Mai :&lt;media 2778 - - "TEXT, histoire, histoire.pdf, 120 KB"&gt; Un miroir de l'histoire de la gauche et des syndicat en Suisse aussi&lt;/media&gt;</li></ul><ul><li>&lt;media 2779 - - "TEXT, solifonds, solifonds.pdf, 21 KB"&gt;L'action du 1er Mai du Solifonds&lt;/media&gt;</li></ul><ul><li>&lt;media 2780 - - "TEXT, appel, appel.pdf, 94 KB"&gt;Appel du 1er Mai de la Confédération syndicale internationale&lt;/media&gt;</li><li><a href="https://www.youtube.com/watch?v=LCSLyTLYVSA" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Message vidéo de Bernardette Ségol</a>, secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats, sur la Fête du travail</li></ul><h5>autres informations</h5><ul><li><a href="https://www.google.com/maps/d/edit?mid=zDdsCP7v8Rx4.khYl2ONurkZg" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Vue d'ensemble mise à jour au fur et à mesure sous forme de carte</a></li><li><a href="https://docs.google.com/spreadsheets/d/1k9oLQ5h5vQQxzlpfk-S9B4zsHoqYpH-EBQ1OJA6rWzk/edit?usp=sharing" target="finden" title="die" rel="noreferrer">La même vue d’ensemble sous forme de tableau</a></li></ul>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2199</guid><pubDate>Wed, 22 Apr 2015 09:26:00 +0200</pubDate><title>Droit de grève : les choses bougent à l’OIT</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/droit-de-greve-les-choses-bougent-a-l-oit</link><description>Maintenant, les employeurs doivent tenir leurs promesses</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les choses bougent à l’Organisation internationale du Travail (OIT) en matière de reconnaissance du droit de grève. Cela, après le succès rencontré par la journée mondiale de défense du droit de grève du 18 février.</p><p>Les représentant(e)s des employeurs à l’OIT ne veulent certes pas reconnaître le droit de grève explicitement mais comme découlant de la convention n°&nbsp;87 de l’OIT sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical. Selon des informations de la représentation des travailleurs et travailleuses, les instances tripartites de l’OIT se sont mises d’accord sur ce compromis qui correspond du reste largement à l’ancienne pratique. Cet accord a été trouvé après la journée mondiale de défense du droit de grève à laquelle la Confédération syndicale internationale (CSI) avait appelé le 18 février dernier et à laquelle l’Union syndicale suisse (USS) et les syndicats avaient participé à travers une action à Genève.
</p><p>Le contexte dans lequel a eu lieu ce conflit sur le droit de grève est le fait qu’à l’OIT, ce droit n’est nulle part mentionné explicitement. Mais, jusqu’à ce jour, toutes les parties, soit les représentant(e)s des États, des employeurs et des travailleurs, acceptaient une reconnaissance implicite de ce droit syndical élémentaire comme découlant de la convention n°&nbsp;87 de l’OIT. Ces dernières années cependant, l’Organisation internationale des employeurs (OIE) a toujours plus remis cette reconnaissance implicite en question. Avec les graves conséquences que cela suppose, elle ne voulait plus que les instances de l’OIT traitent les violations du droit de grève, en particulier la Commission de l’application des normes. C’est pour mettre fin à ce blocage que la CSI a organisé pour la première fois, le 18 février, la journée mondiale de défense du droit de grève déjà citée.
</p><p> Lors de la réunion ad hoc des 24 et 25 février, les États se sont ensuite mis d’accord sur la position de la représentation des travailleurs, un pas important vers le retour à la normale et à une nouvelle reconnaissance du droit de grève. La réponse à la question de savoir si, à l’avenir, la Commission de l’application des normes sera à nouveau prête à traiter des cas de violation du droit de grève et de prendre des décisions à ce sujet montrera si les employeurs sont sérieux. Les prochaines délibérations de la commission auront lieu en juin. Au plus tard à ce moment, on connaîtra clairement quelle est vraiment leur position.</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2200</guid><pubDate>Tue, 21 Apr 2015 12:00:00 +0200</pubDate><title>Renforcement de l’AVS : OUI à l’impôt sur les successions</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/renforcement-de-l-avs-oui-a-l-impot-sur-les-successions</link><description>Discours de Paul Rechsteiner, président de l’USS, à la conférence de press du 17 avril 2015</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> L'initiative populaire pour un impôt sur les successions de plusieurs millions est un projet important en faveur de plus de justice fiscale. Et en même temps, c'est un bon moyen pour renforcer l'AVS. Elle permet de faire d'une pierre deux coups. Les raisons de lui dire oui en sont d'autant plus impérieuses.</p><p>Les critères déterminants lorsqu'il s'agit de se prononcer sur un impôt, ce sont, premièrement : la justice fiscale, deuxièmement : le produit de cet impôt et, troisièmement : les conséquences que ce dernier aura sur le bien-être général. À tous ces points de vue, la proposition d'un impôt de 20 % sur les héritages de plus de deux millions de francs se révèle excellente.
</p><p>Justice fiscale : existe-t-il un impôt plus juste qu'un impôt sur les grandes successions ? Ces dernières représentent de fait un revenu obtenu sans qu'il n'y ait ni mérite ni prestation propre des bénéficiaires. Si une fortune héritée est supérieure à deux millions de francs, il serait précisément obscène, par rapport aux autres formes de revenus et de plus-values réalisées, de ne pas l'assujettir à l'impôt. Un des principes fondamentaux de la politique fiscale suisse est, selon la Constitution fédérale, l'imposition en fonction de la capacité économique. Selon ce principe, il n'y a aucun motif raisonnable et compréhensible au non-assujettissement, justement, des grands héritages.
</p><p>Le produit de l'impôt sur les grandes successions de plus de deux millions pourra être impressionnant. L'indemnisation des cantons se montera à un milliard de francs. Et ceux-ci profiteront simultanément du fait que la concurrence fiscale des dernières décennies, qui a entraîné l'abaissement progressif ou la suppression de leurs impôts sur les successions, se verra stoppée d'un seul coup grâce à la nouvelle réglementation nationale.
</p><p>Mais les deux milliards qui seront versés chaque année à l'AVS constitueront aussi des recettes supplémentaires substantielles. Ils représentent environ 0,7 % de TVA, soit plusieurs fois la valeur de l'impôt fédéral sur les maisons de jeu également versé à l'AVS. Cette dernière est l'assurance sociale centrale de la Suisse et, pour la majorité des personnes à la retraite qui ont touché des salaires bas ou moyens, la source de revenus la plus importante. Que les testateurs et testatrices fournissent une contribution supplémentaire à l'AVS à travers un impôt sur les successions permettra en outre de compenser un peu plus les inégalités qui existent au sein de la population âgée ; ce qui est d'autant plus important que les disparités financières et sociales s'aggravent pendant la vieillesse. Les générations plus jeunes sauront, elles aussi, apprécier cette atténuation des inégalités sociales.
</p><p>L'impôt sur les grandes successions accroîtra par conséquent le bien-être général parce qu'il renforcera la principale assurance sociale du pays : l'AVS. Mais ce n'est pas tout. Comme la fortune est répartie de manière extrêmement inégale et toujours plus inégale en Suisse, l'initiative permettra, ici aussi, d'en arriver à moins de disparités et à plus de justice. Et le développement économique et social a, lui aussi, besoin d'une évolution plus équilibrée des revenus et de la fortune. Telles sont les principales raisons pour lesquelles l'Union syndicale suisse (USS) s'engage avec conviction pour le OUI à l'initiative pour un impôt sur les successions. </p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2195</guid><pubDate>Fri, 17 Apr 2015 15:05:00 +0200</pubDate><title>Congé de paternité</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/conge-de-paternite</link><description>Enfin un pas dans la bonne direction !</description><content:encoded><![CDATA[<p>En matière de congé payé destiné aux parents, la Suisse appartient au peloton de queue. En comparaison internationale, son congé de maternité est d’une durée très courte et le congé de paternité est vraiment peu développé, à quelques exceptions près. Il est plus que temps que cela change.
</p><p>La Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national a su reconnaître les signes du temps et profiter de l’opportunité qui s’offrait à elle. Par 13 voix contre 10 et 1 abstention, elle a en effet décidé tout récemment de donner suite à l’initiative parlementaire Martin Candinas (PDC) qui veut octroyer aux pères un congé payé de deux semaines via le régime des allocations pour perte de gain (APG).
</p><p>Pouvoir concilier profession et famille n’est pas un sujet féminin, mais sociétal, qui concerne tout le monde. Que des politiciens bourgeois comme Martin Candinas demandent un congé de paternité payé montre à quel point cette revendication est d’actualité et largement soutenue. Les jeunes pères veulent assumer leur responsabilité et occuper leur place dans les familles. S’ils en sont empêchés, on continuera à s’orienter sur une répartition traditionnelle des rôles. Et les pères seront contraints de jouer le rôle de «&nbsp;soutien de famille&nbsp;», les mères celui des «&nbsp;mère de famille&nbsp;». C’est pour cela que l’Union syndicale suisse s’engage afin que les pères aient rapidement la possibilité de construire une relation avec leurs enfants afin qu’après, il soit aussi possible de répartir équitablement le travail rémunéré et le travail non rémunéré.
</p><p> Selon Martin Candinas, les pères doivent pouvoir bénéficier d’un congé de deux semaines jusqu’à ce que l’enfant ait six mois. Ces deux semaines devront, à l’instar du congé de maternité, être payées à 80&nbsp;% via les APG. Pour la Suisse, c’est le minimum qui puisse être fait en faveur des familles. L’USS a bon espoir que la commission homologue du Conseil des États soutienne aussi ce projet et demande, en plus du congé de paternité de deux semaines et du congé de maternité garanti par la loi, un congé parental d’au moins 24 semaines financé sur une base solidaire et qui sera à répartir entre les parents. Cela, afin que la Suisse ne perde pas entièrement contact avec l’Europe en matière de politique familiale</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2197</guid><pubDate>Fri, 17 Apr 2015 14:59:00 +0200</pubDate><title>OUI à la nouvelle redevance radio-TV, OUI au service public</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/oui-a-la-nouvelle-redevance-radio-tv-oui-au-service-public</link><description>Juste, « light », avantageuse et utile : tout le monde en profitera !</description><content:encoded><![CDATA[<p>La radio et la télévision sont des éléments importants du service public. Une offre de qualité dans toutes les régions linguistiques favorise, précisément dans une Suisse multilingue, la cohésion nationale. La SSR ainsi que les radios et télévisions locales qui en ont le mandat informent et rendent compte de ce qui se passe aux plans local et national. Toute la société en profite. Pour remplir ce mandat d’information, les radios et télévisions reçoivent une part du produit de la redevance radio-TV. Cela va de soi pour tout un chacun, comme le fait que la population et l’économie doivent fournir une contribution à ce service public parce qu’elles en profitent.
</p><p>Jusqu’à ce jour, les ménages et entreprises qui possédaient un récepteur radio ou un téléviseur opérationnels devaient s’acquitter d’une redevance radio-TV. Avec l’évolution de la technique digitale et d’internet, nous pouvons écouter la radio ou regarder la télévision partout et avec tous les appareils imaginables&nbsp;: téléphones portables, tablettes, ordinateurs, etc. Presque tout le monde possède de tels appareils, mais tous ne s’annoncent pas et ne paient pas pour leur consommation de médias. C’est injuste et a pour effet que le financement de la diffusions d’émissions va s’effondrer à moyen terme. 
</p><p>Contre cela, le remède, c’est la redevance radio-TV «&nbsp;indépendante des appareils&nbsp;». Elle est juste, moderne, «&nbsp;light&nbsp;», avantageuse, sociale, favorable à l’économie et utile parce qu’elle sera répartie sur un plus grand nombre d’épaules. Les auditeurs et auditrices pirates, comme les téléspectateurs et téléspectatrices pirates devront assumer leur responsabilité. Pourquoi moderne&nbsp;? Parce que le renoncement à l’actuelle redevance dépendante des appareils tient compte de l’évolution de la technologie de la communication. «&nbsp;Light&nbsp;»&nbsp;? Parce que les contrôles tracassiers et la chasse aux «&nbsp;pirates&nbsp;» précités disparaîtront, tout comme les procédures d’inscription et de désinscription lors des déménagements. Avantageuse&nbsp;? Parce que la charge bureaucratique et les frais de gestion baisseront. Tous et toutes en profiteront&nbsp;: au lieu de 462 francs, elle passera à 400 francs par an seulement.
</p><p>Finalement, la redevance indépendante des appareils a aussi une dimension sociale, parce que les personnes qui touchent des prestations complémentaires de l’AVS ou de l’AI et celles qui vivent dans un home en seront exonérées. Favorable à l’économie&nbsp;? Parce que 75&nbsp;% des entreprises ne devront pas la payer et 9&nbsp;% paieront moins qu’aujourd’hui.
</p><p> Enfin, l’utilité de la redevance radio-TV n’est pas contestée. Cette redevance garantit la diversité et l’indépendance des médias électroniques publics et privés. C’est important, puisque la radio et la télévision fournissent une contribution importante non seulement à la cohésion entre les quatre régions linguistiques, mais aussi à la formation de l’opinion politique des gens. Sans cette nouvelle redevance, rien ne changerait. La radio et la télévision seraient affaiblies, et pas uniquement les offres de la SSR, mais aussi celles des émetteurs privés. Il ne devrait donc pas du tout nous en coûter de voter OUI le 14 juin</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Communication et medias</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2196</guid><pubDate>Fri, 17 Apr 2015 11:15:00 +0200</pubDate><title>Soulager les revenus – renforcer l&#039;AVS : Oui à l&#039;imposition des successions</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/soulager-les-revenus-renforcer-lavs-oui-a-limposition-des-successions</link><description>Votation du 14 juin: Lancement de la campagne du comité d’initiative populaire fédérale pour la réforme de la fiscalité successorale</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Il est temps d'introduire un impôt national sur les successions. À une conférence de presse, la Présidente et le Président du comité d'initiative PEV, PS, Verts et USS ont lancé la campagne du OUI et présenté leurs arguments en faveur d'un impôt national sur les successions.</p><p>La Suisse a la plus haute concentration de richesse de tous les pays de l'OECD. Les 2% des contribuables les plus riches possèdent autant que les 98% restants. Dans la mesure où, en Suisse, les plus grandes fortunes peuvent être exonérées lors des successions, la concentration se renforce constamment. Un impôt sur les successions pour les grosses fortunes, tel que prévu par l'initiative, peut faire contrepoids à cette évolution socialement néfaste. Les petites et moyennes fortunes ne sont par conséquent pas concernées par cette imposition, car leur transmission contribue à la création de fortune dans les classes sociales moyennes et inférieures.
</p><h3>Un pan du modèle de réussite suisse</h3><p>La plupart des cantons prélèvent depuis toujours un impôt sur les successions. Sous la pression de la concurrence fiscale, la majorité d'entre eux en ont, au cours des dernières années, exempté les descendants. L'initiative supprime l'opacité et les différences cantonales en matière d'imposition en transmettant la responsabilité de l'imposition des successions à la Confédération. Ainsi, l''initiative ne revendique pas un nouvel impôt, mais uniquement une réforme fiscale. Les cantons reçoivent un tiers des recettes de l'impôt national sur les successions et sont ainsi dédommagés pour la perte de leur impôt sur les successions.
</p><p>Pour l'USS, l'argument du renforcement de l'AVS, en tant qu'oeuvre  sociale la plus importante de Suisse, est le centre de la votation sur la  réforme de l'impôt sur les successions. Le Président de l'USS Paul  Rechsteiner: " La contribution supplémentaire fournie à l'AVS par les  testateurs et testatrices les plus riches permet de compenser en partie  les inégalités existantes au sein de la population âgée, ce qui est  d'autant plus importan tque les disparités financières et sociales  s'aggravent pendant la vieillesse. Les générations plus jeunes sauront,  elles aussi, apprécier cette atténuation des inégalités sociales. "
</p><p>Pour Christian Levrat, Président du PS Suisse, la répartition inégale  des richesses actuelle se retrouve également au premier plan : "Si même  le Credit Suisse désigne la Suisse comme un pays aux " très fortes  inégalités" en termes de répartition des richesses, c'est qu'il est  temps de tirer la sonnette d'alarme." Toujours selon cette même banque,  il n'y a, parmi les pays développés, qu'aux Etats Unis et à Hong Kong  que la richesse est aussi inégalement distribuée. " Une tête de  classement dont la Suisse ne peut se gargariser.
</p><p>Pour sa part,  Regula Rytz, Co-Présidente des Verts déclare : "La réforme de la  fiscalité successorale ne bouleverse pas le système actuel, mais propose  une adaptation ciblée. Les fortunes inférieures à 2 millions de francs  peuvent être léguées franches d'impôt, non seulement aux héritiers  directs, mais également au reste de la parenté. Par contre, les grosses  fortunes de plus de 2 millions de francs seront imposées à un taux  modéré en comparaison internationale. La maison familiale ou la belle  montre en or ne sont donc pas concernées."
</p><p>L'ancien Conseiller national Heiner Studer, Président du comité d'initiative, a souligné : " Le Conseiller fédéral d'alors, Kaspar Villiger, parlait en 2002 déjà de la proposition d'un impôt fédéral sur les successions et les donations en tant qu'impôt juste. Il s'agit en effet d'une idée libérale de ne pas imposer avant tout le travail, mais les revenus obtenus par d'autres moyens. 
</p><p>La Présidente du PEV, Marianne Streiff, a balayé les fables souvent citées des opposants à l'initiative: "Les initiants ont très consciemment veillé à ménager les entreprises familiales et agricoles – et par conséquent leurs places de travail. L'article constitutionnel mentionne que l'Assemblée fédérale doit fixer un montant d'exonération plus élevé et un taux d'imposition plus bas pour les entreprises mentionnées. Le comité d'initiative a imaginé un montant d'exonération de 50 millions et un taux d'imposition de 5% au lieu de 20%. 
</p><h3>Taux d'imposition raisonnable et équitable</h3><p>L'impôt sur les successions est un impôt sans progression et se monte à 20% du montant imposable. Cela crée des conditions simples et claires. Le taux d'imposition de 20% est totalement concurrentiel par rapportaux taux des pays principaux de l'OCDE (Allemagne 30%, Grande-Bretagne et Etats-Unis 40%, France 45%).
</p><p>L'initiative populaire " Imposer les successions de plusieurs millions pour financer notre AVS (Réforme de la fiscalité successorale) " a été lancée le 16 août 2011. Le 15 février 2013, le comité d'initiative a déposé 110'205 signatures valables auprès de la Chancellerie fédérale.</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2192</guid><pubDate>Thu, 16 Apr 2015 14:33:00 +0200</pubDate><title>Se former ne doit plus être un privilège réservé aux enfants dont les parents ont étudié</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/se-former-ne-doit-plus-etre-un-privilege-reserve-aux-enfants-dont-les-parents-ont-etudie</link><description>OUI à l’initiative sur les bourses d’études !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’initiative sur les bourses d’études veut améliorer le soutien apporté aux personnes qui veulent se former. Grâce à elle, un plus grand nombre d’enfants des couches sociales en marge de la formation pourrait avoir accès à une formation supérieure, et pas uniquement les enfants dont les parents ont déjà étudié.</p><p>Même economiesuisse le reconnait dans son «&nbsp;dossierpolitique&nbsp;» du 30 mars dernier&nbsp;: «&nbsp;Les individus issus de familles aisées ont de plus fortes chances d’obtenir un diplôme univer­sitaire que leurs semblables.&nbsp;» Il n’y a donc pas d’égalité&nbsp; des chances&nbsp;: «&nbsp;La situation financière n’est pas le seul, mais l’un des facteurs importants dans la décision de faire ou non des études.&nbsp;»
</p><h3>Davantage de bourses d’études</h3><p>C’est précisément ce que corrige l’«&nbsp;Initiative sur les bourses d’études&nbsp;» lancée par l’Union des étudiant-e-s de Suisse (UNES) et soutenue par l’Union syndicale suisse (USS) et ses syndicats. Cette initiative veut augmenter le soutien apporté aux personnes désireuses de parfaire leur formation. Aujourd’hui, seuls 7&nbsp;% des étudiant(e)s reçoivent une bourse. Or, il faudrait qu’ils soient 20&nbsp;% si l’on voulait vraiment qu’il y ait égalité des chances concer­nant l’accès à la formation. Si l’initiative passe la rampe des urnes, logiquement, davantage d’enfants des couches sociales inférieures seraient ainsi encouragés. 
</p><h3>Il faut aussi aider les étudiant(e)s de la formation professionnelle supérieure</h3><p>Qui plus est, l’initiative demande une amélioration des bourses pour l’ensemble du degré tertiaire, soit la formation académique, mais aussi la formation professionnelle supérieure (écoles supérieures, examens professionnels, maîtrises, etc.). Ces formations sont surtout suivies par des jeunes provenant de milieux non académiques. Grâce à l’initiative, les étudiant(e)s de la formation professionnelle supérieure recevront aussi plus de bourses. C’est aujourd’hui rarement le cas, même si les taxes pour cette dernière sont souvent net­tement plus élevées que celles demandées pour les formations académiques. En disant oui à l’initiative, les cantons ne pourront plus freiner autant qu’aujourd’hui dans ce domaine. 
</p><h3>C’en sera fini de l’arbitraire cantonal</h3><p>Les bourses ne doivent pas uniquement être augmentées, mais aussi harmonisées au plan national. Aujourd’hui, les cantons dictent les règles du jeu, et la plupart lésinent sur leurs bourses d’études. Il n’est pas juste qu’une étudiante de Neuchâtel ne reçoive en moyenne que la moitié de ce qu’obtient sa collègue zurichoise, ou que le Jura n’affecte aux bourses d’études que 85 francs de ses recettes par année et personne, et Schaffhouse même 19 francs seulement. L’initiative mettra fin à cette inégalité de traitement due à des critères géographiques.
</p><h3>Une mesure concrète contre la pénurie de main-d’œuvre spécialisée</h3><p> L’initiative sur les bourses d’études ne veut pas uniquement plus d’égalité des chances, elle représente aussi la proposition la plus efficace pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre spécialisée que nous vivons actuellement. En effet, grâce à elle, seules les personnes en mesure de concilier profession, famille et formation pourront se qualifier. Cela permettra aussi de mener une meilleure politique d’octroi des bourses. C’est pourquoi il faut dire oui le 14 juin prochain à l’initiative sur les bourses d’études.
</p><h5>Plus sur le sujet</h5><p><a href="http://www.uss.ch/themes/travail/article/details/initiative-sur-les-bourses-davantage-degalite-des-chances-et-daides/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Sept arguments des syndicats et teneur de l'initiative</a></p><p><a href="http://www.bourses-etudes.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Le site du comité d'initiative</a></p><p><a href="http://www.vss-unes.ch/stipendieninitiative/?lang=fr" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Tout au sujet de l'initiative sur les bourses d'études : site de l'UNES</a></p><p><a href="http://www.uss.ch/themes/travail/article/details/trois-fois-oui-pour-une-suisse-plus-juste-et-plus-sociale/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Trois fois oui pour une Suisse plus juste et plus sociale</a></p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2190</guid><pubDate>Thu, 16 Apr 2015 14:32:00 +0200</pubDate><title>Initiative sur les bourses : davantage d’égalité des chances et d’aides</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/initiative-sur-les-bourses-davantage-d-egalite-des-chances-et-d-aides</link><description>Les jeunes de condition modeste seront les premiers à en profiter –bref argumentaire de l’USS au sujet de l’initiative sur les bourses d’études</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 14 juin, nous voterons au sujet de l’initiative pour des bourses d’études, une initiative qui a été lancée par l’Union des étudiant-e-s de Suisse (UNES) et est soutenue par de nombreuses associations et organisations syndicales et académiques, ainsi que des par­tis et des jeunesses de partis. L’Union syndicale suisse (USS) est du nombre et a donc décidé de recommander le OUI. Ci-après, les sept principales raisons, d’un point de vue syndical, de dire oui à cette initiative.
</p><h3>Une formation supérieure aussi pour les enfants de condition modeste et plus uniquement pour ceux dont les parents ont étudié</h3><p>Notre système de formation n’est de loin pas perméable. Même si des progrès sont à signaler à ce chapitre, les enfants des personnes qui ont fait des études étudient beaucoup plus fréquemment que ceux dont les parents n’en ont pas faites. Le budget des uns et des autres n’en est certes pas la seule et unique raison, mais compte pour beaucoup ici. C’est cela que l’initiative sur les bourses d’études corrigera, car elle demande que les personnes qui veulent se former bénéficient d’un meilleur soutien. Ce serait là un pas con­cret vers une plus grande égalité des chances dans notre société. Et un progrès pour les enfants des milieux modestes. En effet, ils seraient les premiers à profiter.
</p><h3>La formation supérieure, ce n’est pas seulement l’université, l’école polytechnique ou les hautes écoles spécialisées, mais aussi la formation professionnelle supérieure. Quiconque suivra une formation professionnelle supérieure profitera de l’initiative. </h3><p>L’initiative veut améliorer les bourses pour l’ensemble du «&nbsp;degré tertiaire&nbsp;». Celui-ci englobe certes la formation académique, mais aussi la formation professionnelle su­périeure (examens professionnels fédéraux, examens professionnels supérieurs fédé­raux, &nbsp;écoles supérieures). La formation professionnelle supérieure est surtout suivie par des jeunes qui ne viennent pas de milieux académiques. Grâce à l’initiative, un plus grand nombre d’entre eux pourra obtenir une bourse&nbsp;: un pas concret vers plus d’égalité des chances dans notre société. Et un progrès pour les enfants des milieux modestes. 
</p><h3>L’actuel système des bourses d’études défavorise les étudiant(e)s de la formation pro­fessionnelle supérieure. L’initiative corrigera quelque peu cela. </h3><p>Aujourd’hui, les cantons n’octroient que très rarement des bourses aux étudiant(e)s de la formation professionnelle supérieure. Or, les taxes payées ici sont souvent beaucoup plus élevées que dans la formation académique. 
</p><p>Les cantons justifient ce handicap des étudiant(e)s de la formation professionnelle supé­rieure en arguant qu’il est juste de ne plus leur donner de bourse parce qu’ils ont déjà travaillé et peut-être économisé de l’argent. Mais les cantons se montrent beaucoup trop rigoureux dans la pratique. La grande majorité des pères et des mères qui veulent continuer à se former professionnellement ne le peuvent que s’ils ont le soutien de leur famille ou d’ami(e)s. Ou alors, ils s’endettent. L’initiative propose un système de bourses d’études qui tient compte de chaque situation individuelle. Ainsi, les étudiant(e)s de la formation profes­sionnelle supérieure pourront plus facilement accéder à des bourses. 
</p><h3>L’égalité des chances, pas la loterie cantonale&nbsp;!</h3><p>Dans l’actuel système des bourses d’études, la Confédération ne joue qu’un rôle secon­daire. Les cantons font tout et n’importe quoi comme bon leur semble. Par exemple, celui de Berne a baissé de 54 à 27 millions par an ses dépenses en matière de bourses ces vingt dernières années. Par contre, celui de Vaud a fait passer les siennes de 11 à 51 millions pendant le même laps de temps. C’est évident&nbsp;: selon l’endroit où l’on vit, l’aide fournie est assez généreuse ou très misérable. Ce n’est pas juste. L’initiative mettra fin à ces inégalités. Elle veut harmoniser le système des bourses au plan national. 
</p><h3>Tout le monde parle de pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Grâce à l’initiative sur les bourses d’études, on fera un pas concret pour y remédier.</h3><p>Les expressions-clés que sont «&nbsp;pénurie de main-d’œuvre qualifiée&nbsp;» ou «&nbsp;offensive de qualification&nbsp;» sont dans toutes les bouches. Mais comment avoir plus de main-d’œuvre qualifiée&nbsp;? D’abord en faisant en sorte que les jeunes qui veulent se qualifier le puissent. Or, c’est précisément ce que veut l’initiative. Quiconque est suffisamment armé pour accroître ses qualifications doit pouvoir le faire. Toutefois, des milliers de personnes ne le peuvent pas pour des raisons financières. Augmenter les bourses y aidera. On fera ainsi un pas durable vers la suppression de la pénurie de main-d’œuvre qualifiée.
</p><h3>Des bourses pour concilier vie professionnelle, vie familiale…. et formation&nbsp;!</h3><p>Aujourd’hui, on n’arrête plus de se former à 25 ans… une spécialisation ou une recon­version s’impose au moins une fois durant la vie active&nbsp;! Hélas, les contraintes profes­sionnelles et familiales sont devenues si dures que presque plus personne ne parvient à concilier tout à la fois. «&nbsp;La formation continue relève de la responsabilité individuelle&nbsp;», clament haut et fort nos responsables économiques. Cessons de nous demander l’impos­sible… Exigeons des responsables un système de bourses adapté aux temps modernes, qui garantisse l’accès à la formation, aux femmes et hommes, durant toute la vie active&nbsp;!
</p><h3>Les bourses d’études réduisent la durée de la formation, empêchent les pseudo-stages et permettent aux jeunes d’entrer plus tôt dans le monde du travail.</h3><p>Le monde du travail se fait toujours plus exigeant. Aujourd’hui, des qualifications qui permettaient autrefois d’exercer une profession ne suffisent plus. D’où une course aux diplômes, ces sésames devenus indispensables. Aujourd’hui, près de 40&nbsp;% des personnes de plus de 25 ans exerçant une activité lucrative ont en Suisse une formation supérieure (professionnelle et/ou académique). Partout la durée des formations s’est allongée. Pour pouvoir s’en sortir, toujours plus de jeunes doivent trouver des petits boulots ou des stages qui sont autant d’emplois précaires. Cette réalité fait obstacle à une formation continue approfondie. Avec des bourses d’études correctes, les étu­diant(e)s pourront mieux se concentrer sur leurs examens et leur retour rapide sur le marché du travail. «&nbsp;Du personnel qualifié le plus vite possible&nbsp;», c’est ce que réclament les milieux économiques. Aujourd’hui, ils peuvent, avec cette initiative, faire quelque chose pour que cela arrive.
</p><h5>La teneur de l’initiative</h5><p>I. La Constitution fédérale est modifiée comme suit:
</p><p>Art. 66 Aides à la formation
</p><p>1 La législation relative à l’octroi d’aides à la formation destinées aux étudiants des hautes écoles et des autres institutions d’enseignement supérieur et au financement de ces aides relève de la compétence de la Confédération. Celle-ci tient compte des intérêts des cantons.
</p><p>2 Les aides à la formation garantissent un niveau de vie minimal pendant toute la durée d’une première formation tertiaire reconnue. Dans les filières qui connaissent les degrés de bachelor et de master, la première formation tertiaire reconnue comprend ces deux de­grés, qui peuvent être obtenus dans des hautes écoles de type différent.
</p><p>3 La Confédération peut verser aux cantons des contributions pour l’octroi d’aides à la formation à d’autres niveaux d’enseignement. Elle peut promouvoir, en complément de mesures cantonales et dans le respect de l’autonomie cantonale en matière d’instruction publique, l’harmonisation intercantonale des aides à la formation.
</p><p>4 L’exécution des dispositions relatives aux aides à la formation incombe aux cantons, dans la mesure où elle n’est pas réservée à la Confédération par la loi. Les cantons peu­vent octroyer des aides à la formation plus élevées que le montant des aides prévues par la Confédération.
</p><p>II. Les dispositions transitoires de la Constitution sont modifiées comme suit:
</p><p>Art. 197, ch. 8 (nouveau)
</p><p>8. Disposition transitoire ad art. 66 (Aides à la formation)
</p><p>1 Si les lois d’application afférentes ne sont pas entrées en vigueur dans les quatre ans à compter de l’acceptation de l’art. 66, al. 1 à 4, par le peuple et les cantons, le Conseil fé­déral promulgue provisoirement les dispositions d’application nécessaires par voie d’or­donnance.
</p><p>2 En cas d’exécution provisoire par voie d’ordonnance, le niveau de vie minimal se cal­cule:
</p><p> a. d’après la couverture des besoins de base conformément aux directives de la Confé­rence suisse des institutions d’action sociale, et<br> b. d’après les coûts de la formation.
</p><h5><span>Plus sur le sujet</span></h5><p><a href="http://www.vss-unes.ch/stipendieninitiative/?lang=fr" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Tous au sujet de l'initiative sur les bourses d'études : site de l'UNES</a>&nbsp;
</p><p><a href="http://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/suisse/article/details/trois-fois-oui-pour-une-suisse-plus-juste-et-plus-sociale/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Trois fois OUI pour une Suisse plus juste et plus sociale</a></p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2187</guid><pubDate>Tue, 14 Apr 2015 10:48:00 +0200</pubDate><title>Nouvelles propositions pour une revalorisation</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/nouvelles-propositions-pour-une-revalorisation</link><description>Titres de la formation professionnelle supérieure</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil des États a refusé en décembre 2014 – rejoignant sur ce point totalement l’USS – l’introduction d’un «&nbsp;bachelor/master professionnel&nbsp;» dans la formation professionnelle supérieure. L’USS a toutefois toujours insisté sur le fait qu’il fallait faire de nouvelles propositions pour améliorer les titres de la formation professionnelle supérieure. Il faut toutefois respecter son orientation axée sur la pratique et la perméabilité entre la formation professionnelle de base et la formation professionnelle supérieure. Ces travaux sont désormais en cours.</p><p>L’opiniâtreté de l’USS a payé. Le Conseil des États ne s’est pas contenté de simplement refuser la motion Aebischer sur l’introduction d’un «&nbsp;bachelor/master professionnel&nbsp;» dans la formation professionnelle supérieure. La Chambre haute a en même temps transmis un postulat de commission qui a repris la grande majorité des demandes de l’USS. Une table ronde a ensuite eu lieu en février où les principaux acteurs&nbsp; de la formation professionnelle étaient représentés. Pour la première fois depuis longtemps, on a pu mener des discussions sur les titres de la formation professionnelle supérieure sérieuses et libres de toute influence exercée par les modèles de pensée typiques des hautes écoles.
</p><p>De nouvelles voies se dessinent
</p><p>En présence d’un expert de la formation de l‘OCDE, on nous a montré quelles voies nous pouvions emprunter pour dénommer les diplômes de la formation professionnelle supérieure selon les standards internationaux, sans toutefois que leur caractère unique n’en souffre. L’accent a été mis sur le fait que les désignation de la profession ont une plus grande importance dans la formation professionnelle supérieure que dans les hautes écoles, où le titre académique a tendance à primer. Le titre de «&nbsp;licensed nurse&nbsp;» désignerait par exemple le fait qu’une infirmière a obtenu un diplôme reconnu qui l’autorise à exercer sa profession dans son pays et qu’elle est inscrite à un registre professionnel. Le «&nbsp;certified carpenter&nbsp;» correspond à un diplôme reconnu par la branche («&nbsp;certificat délivré par une association&nbsp;»). Les titres de profession devraient encore être complétés pour préciser la forme et le niveau du diplôme (p. ex. «&nbsp;licensed nurse with federal diploma of higher education&nbsp;»). Ce n’est que dans le supplément descriptif au diplôme que le «&nbsp;type&nbsp;» de formation sera indiqué («&nbsp;professional education&nbsp;» versus formation académique). Ces solutions seraient applicables aux examens professionnels fédéraux autant qu’aux hautes écoles spécialisées.
</p><p>Tous les acteurs présents ont accepté les nouvelles pistes qui se dessinent ainsi. Des propositions seront développées ces prochains mois avec les partenaires de la formation professionnelle. </p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2188</guid><pubDate>Wed, 08 Apr 2015 16:42:00 +0200</pubDate><title>Mesures d’accompagnement: double jeu du Conseil fédéral?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/mesures-d-accompagnement-double-jeu-du-conseil-federal</link><description>Améliorations nécessaires gelées</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil fédéral s’est prononcé la semaine dernière en faveur d’une augmentation des amendes en cas de sous-enchère salariale de 5000 à 30&nbsp;&nbsp;000 francs. Voilà au moins un pas qui va dans la bonne direction. Mais, d’autre part, il a renvoyé la mise en œuvre de cette décision aux calendes grecques, en tout cas pas avant les élections fédérales. Le Parlement ne statuera, si tel devait vraiment être le cas, sur ces amendes plus élevées qu’après la consultation sur la Loi sur le travail au noir, soit début 2016 seulement. Quant à toutes les autres améliorations nécessaires pour protéger les salaires, elles ont été gelées par le Conseil fédéral.&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;</p><p>Les salarié-e-s qui sont victimes de sous-enchère salariale n’y comprennent plus rien. Des amendes de 5000 francs sont bien trop basses. Plus d’un employeur va faire le calcul&nbsp;: avec des amendes aussi basses, la sous-enchère salariale est rentable.&nbsp; Pour pouvoir sévir contre les employeurs sans scrupules qui font de la sous-enchère salariale et usent d’astuces déloyales pour contourner les conditions de travail minimales, il faut enfin instaurer des mesures efficaces. 
</p><p>Le Conseil fédéral fait le jeu de ceux qui exercent de la sous-enchère salariale et de leurs relais au Parlement. Sous l’impulsion de l’UDC, une coalition d’employeurs a vu le jour à droite qui veut non seulement empêcher toute amélioration de la protection des salarié-e-s, mais aussi carrément démanteler les mesures de protection. Si le Conseil fédéral joue la montre, le danger augmente que cette coalition d’employeurs ne bloque finalement tout.
</p><h3>Barrer la route à ceux qui font de la sous-enchère salariale</h3><p>Les victimes sont celles et ceux qui ont des salaires modestes ou moyens et qui travaillent dans la construction ou l’industrie, mais aussi dans les professions des services, du nettoyage à l’informatique. De nombreux employeurs suisses ou étrangers ne versent pas des salaires suisses. Leur pratiques sont même parfois criminelles quand ils engagent de faux-indépendants ou établissent de fausses fiches de salaires. C’est ce qu’attestent les cas rendus publics ces derniers mois dénonçant des salaires effectifs de 8 à 10 euros de l’heure. Si l’on ne barre pas la route à ceux qui font de la sous-enchère salariale, le niveau des salaires va reculer dans toute la Suisse. La situation s’est déjà dramatiquement aggravée dans les régions frontalières. Elles ressentent fortement les effets du franc fort et au Tessin par exemple, la crise et le taux de chômage élevé en Italie se fait aussi sentir.
</p><p>Les syndicats font depuis longtemps pression pour que les salaires soient mieux protégés, et donc pour un durcissement des mesures d’accompagnement. Or, en plus d’amendes plus élevées, l’arrêt du travail quand un soupçon de sous-enchère salariale pèse clairement ainsi qu’un renforcement des contrôles sont prioritaires. Si les contrôleurs imposent aux entreprises prises sur le fait de sous-payer des salarié-e-s d’arrêter immédiatement les travaux, le dumping cesse aussitôt. Aucun maître d’ouvrage ne va prendre le risque de mettre sens dessus dessous la planification et l’organisation de son chantier et ainsi provoquer un chaos total à cause d’un cas de sous-enchère salariale. Il va donc d’abord s’assurer que les conditions de travail sont en règle. 
</p><h3>Il est faux d’attendre </h3><p>Le Conseil fédéral a argumenté qu’il voulait attendre la décision sur la loi d’application de l’initiative contre l’immigration de masse avant de parler du renforcement des mesures d‘accompagnement. Cette position est fausse à plus d’un égard. Si la population a l’impression que les salaires suisse sont menacés, la méfiance envers les Accords bilatéraux augmentera. Un éventuel référendum n’aurait alors plus guère de chance de succès. Les contingents ne peuvent remplacer les contrôles des salaires et les amendes du fait que les employeurs feraient travailler plus de monde au noir. Les statistiques salariales montrent que la main d’œuvre sans passeport suisse était plus mal payée sous l’ancien régime des contingents. En outre, avec son «&nbsp;concept de mise en œuvre&nbsp;», le Conseil fédéral alimente même le dumping salarial&nbsp;: alors que les postes fixes occupés par de la main-d’œuvre étrangère seraient limités pour les employeurs suisses, les entreprises étrangères qui versent de bas salaires ainsi que le personnel temporaire auraient toujours un accès illimité au marché du travail (pas de limitation pour les travailleurs détachés, à savoir pour les embauches allant jusqu’à 90 jours). Cela conduit inéluctablement à une augmentation des pressions sur les salaires, du fait que les permis de courte durée sont particulièrement difficiles à contrôler alors que c’est là que le risque de sous-enchère salariale est le plus élevé. 
</p><p>On a promis à la population suisse de verser des salaires suisses en Suisse. Les syndicats exigent que cette promesse soit tenue. Les amendes doivent être aussi rapidement que possible majorées, les cantons doivent pouvoir arrêter les travaux sur demande des contrôleurs quand un soupçon de sous-enchère pèse et les contrôles doivent être renforcés. 
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2184</guid><pubDate>Wed, 01 Apr 2015 16:27:00 +0200</pubDate><title>Histoire d’une affiche</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/histoire-d-une-affiche</link><description>Hommage à Hans Erni</description><content:encoded><![CDATA[<p> Certes, l'USS n'est ni un musée ni un Centre d'arts visuels. De ce fait, nous ne saurions faire un éloge fondé sur les qualités artistiques de Hans Erni et laissons aux spécialistes le soin de rappeler sa modernité, son style si particulier, immédiatement reconnaissable. C'est à celui qui marqua la campagne de 1947 pour l'introduction de l'AVS par son inoubliable affiche que l'USS tient à rendre hommage. 
</p><p>Lors de sa séance du 25 octobre 1946, le Comité de l'USS décida, sur proposition du secrétraire générale de l'ssp, Hans Oprecht, de mandater le déjà très célèbre Hans Erni pour l'élaboration d'une affiche. Déclinée en trois langues, en affiches, en flyers, en dépliants et en deux versions, la peinture réalisée par Hans Erni devint le symbole de l'AVS. Un homme jeune, un des frères de l'artiste, lui servit de modèle, regarde vers l'avenir d'un air serein. Sur la version tirée au format mondial, un homme âgé, son père, lit paisiblement tandis que dans l'autre version, une femme se délasse en tricotant. Force et douceur émanent de cette image empreinte d'humanisme.
</p><p>Rarement une affiche fut aussi unanimement appréciée : les écoles professionnelles, les écoles des arts et métiers et, bien entendu les syndicats en ont redemandé après les votations mêmes, tant et si bien que l'USS en édita une version sans texte, avec cadres " Hans Erni " produits pour cette occasion, uniquement destinée à la décoration et aux souvenirs. Nous publions ici encore une fois cette magnifique affiche dans ses deux versions, à savoir aussi celle, moins connue, qui représente la mère de Hans Erni.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2183</guid><pubDate>Wed, 01 Apr 2015 15:58:00 +0200</pubDate><title>Trois fois OUI pour une Suisse plus juste et plus sociale</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/trois-fois-oui-pour-une-suisse-plus-juste-et-plus-sociale</link><description>Les recommandations de l’USS pour la votation populaire du 14 juin</description><content:encoded><![CDATA[<h3>Soulager les revenus – Renforcer l’AVS&nbsp;: OUI à la réforme de la fiscalité successorale</h3><p>L’heure est venue de créer un impôt national sur les successions. La Suisse connaît en effet la plus grande concentration de la fortune de tous les pays de l’OCDE. Les 2&nbsp;% des contribuables les plus riches possèdent autant de fortune que les 98&nbsp;% restants. Et parce qu’en Suisse, ils peuvent hériter de leurs énormes fortunes sans avoir à payer d’impôt, la concentration de ces dernières ne cesse de croître. C’est pourquoi l’USS, le PS, le PEV et les Verts ont lancé l’initiative populaire «&nbsp;Imposer les successions de plusieurs millions pour financer notre AVS&nbsp;». L’impôt sur les successions n’est pas une idée révolutionnaire, mais fait partie de ce modèle de réussite qu’est la Suisse et qui a permis, jusqu’à 15 ans en arrière, de compenser quelque peu la répartition inégale de la fortune dans tous les cantons, sauf celui de Schwytz. Il est équitable et libéral. En effet, ceux qui héritent de millions, voire de milliards de francs sans avoir rien fait du tout pour cela doivent aussi payer des impôts, tout comme les salarié(e)s ordinaires en paient sur leurs salaires et les retraité(e)s sur leurs rentes AVS. 
</p><p>La réforme de la fiscalité successorale prévoit une franchise de 2 millions de francs. Les petites et les moyennes fortunes ne seront donc pas assujetties à l’impôt, afin que les classes inférieures et moyennes de la société puissent continuer à constituer des fortunes. 
</p><p>Les trois principaux arguments en faveur du OUI sont les suivants :</p><ul><li>L’impôt sur les successions soulagera les revenus ordinaires&nbsp;: grâce à lui, les caisses de l’AVS et des cantons recevront trois milliards de francs environ. La charge des salarié(e)s ordinaires s’en trouvera allégée. En l’absence de descendants directs, des cantons imposent jusqu’à 49&nbsp;% les petits héritages. Demain, tous les héritages inférieurs à deux millions échapperont à l’impôt.</li></ul><ul><li><span>L’impôt sur les successions ne concernera pas les maisons familiales. Par succession, deux millions seront exonérés de l’impôt. Un couple pourra par exemple hériter de la maison familiale jusqu’à une valeur de quatre millions de francs sans payer d’impôt.</span></li><li><span>L’impôt sur les successions renforcera l’AVS. Chaque année, il apportera deux milliards de francs à cette assurance. Cela la renforcera et diminuera le besoin d’un financement additionnel, comme par exemple via la TVA.</span></li></ul><h3>OUI à une redevance radio-TV moins chère </h3><p>Internet bouleverse certaines branches. Surtout celle des médias. Smartphone, télévision en ligne &amp; Co ont radicalement modifié notre consommation de médias. Nous écoutons la radio en route sur son portable. Nous regardons toujours moins les émissions de télévision sur notre téléviseur traditionnel, mais à partir d’offres en ligne, sur notre téléphone intelligent ou sur notre ordinateur. Presque tout le monde possède de tels appareils, mais tous ne s’annoncent pas et ne paient donc pas la redevance. C’est injuste et a pour effet que le financement de la radiodiffusion et de la télédiffusion s’effondrera à moyen terme. La redevance dite «&nbsp;indépendante des appareils&nbsp;» sera d’un grand secours ici. Elle est juste et synonyme d’importants avantages. Son prix diminuera de 462 francs aujourd’hui pour passer à 400 francs demain par année. Car le nouveau système sera moins bureaucratique. Les contrôles irritants des ménages privés et des entreprises et la chasse aux auditeurs et téléspectateurs pirates disparaîtront, tout comme les procédures d’inscription et de désinscription en cas de déménagement. Les bénéficiaires de prestations complémentaires de l’AVS/AI et les personnes qui vivent dans un home continueront à être exonérés de la redevance. La plupart des entreprises en profiteront aussi. 75&nbsp;% d’entre elles ne paieront rien du tout et 9&nbsp;% paieront moins qu’aujourd’hui. Grâce à la redevance, la diversité et l’indépendance des médias électroniques publics et privés sera garantie. C’est important, car la radio et la télévision fournissent une contribution importante à la cohésion entre les quatre régions linguistiques du pays et à la formation de l’opinion politique de la population. Sans nouvelle réglementation, radio et télévision s’affaibliraient, tant les offres de la SSR que celles des émetteurs privés.
</p><h3>Initiative sur les bourses&nbsp;: oui parce qu’elle favorisera la perméabilité sociale </h3><p>L’Union syndicale suisse (USS) dit oui à l’initiative sur les bourses d’études. Cette initiative entend apporter plus d’aide à plus de personnes désireuses de se former. Il serait ainsi plus facile non seulement aux enfants dont les parents ont déjà étudié, mais aussi à ceux des couches sociales en marge de la formation d’accéder à une formation supérieure.
</p><p> En outre, la formation supérieure englobe aussi la formation professionnelle supérieure (examens professionnels et professionnels supérieurs, écoles supérieures). Et les personnes qui veulent parfaire leur formation professionnelle profiteraient également de l’initiative. Aujourd’hui, ils ont précisément souvent des problèmes pour toucher des bourses correctes de leurs cantons parce que ceux-ci prennent très fréquemment prétexte d’une activité lucrative antérieure pour ne pas leur octroyer de bourses. De plus, l’initiative sur les bourses d’études aidera concrètement à remédier à la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. La personne qui dispose des bagages suffisants pour se qualifier doit se qualifier. Or beaucoup ne le peuvent pas, faute de moyens financiers. C’est justement là que de meilleures bourses d’études seraient d’un grand secours.
</p><h3>Aucune recommandation </h3><p>L'USS ne donne aucune recommandation de vote concernant le diagnostic préimplantatoire (modification de la disposition constitutionnelle sur la procréation médicalement assistée et le génie génétique).
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2182</guid><pubDate>Wed, 01 Apr 2015 14:21:00 +0200</pubDate><title>Évolution des effectifs de l’USS l’an dernier</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/evolution-des-effectifs-de-l-uss-l-an-dernier</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Fin 2014, l'Union syndicale suisse (USS) comptait exactement 363 341 membres. En une année, la faîtière syndicale de loin la plus grande du pays avait donc perdu 3 502 membres par rapport à 2013, soit un recul de 0,95 %, le nombre d'organisations affiliées restant inchangé (16). 
</p><p>Les effectifs féminins de l'USS ont à nouveau augmenté (393). Leur part est en effet passée de 28,9 à 29,3 % en une année.
</p><p>Des 16 fédérations de l'USS, 2 ont vu leurs effectifs augmenter en 2014. Unia compte désormais près de 200 000 membres, 375 de plus, confirmant son impressionnante progression de ces dernières années. Nautilus (marins) aussi a progressé l'an dernier, tous les autres syndicats enregistrant un recul.
</p><p>Syndicom explique le sien avant tout par les mutations structurelles qui touchent l'industrie graphique. En outre, il n'est pas encore parvenu à se positionner de manière à pouvoir recruter de nouveaux membres dans la branche de la communication et des médias. Grâce à des efforts soutenus, le SEV a réussi à légèrement augmenter le nombre de ses membres actifs, mais cela n'a pas permis de compenser les décès enregistrés.
</p><h2>Effectifs des fédérations membres de l'USS à fin 2014</h2><h3>&nbsp;</h3><table class="contenttable"><thead><tr><th scope="col">Fédération</th><th class="align-center" scope="col">2014</th><th class="align-center" scope="col">2013</th><th class="align-center" scope="col">Femmes 2014</th></tr></thead><tfoot><tr><td><b>Total</b></td><td class="align-right"><b>363 341</b></td><td class="align-right"><b>366 843</b></td><td class="align-right"><b>106 523</b></td></tr><tr><td><b>+/- 2013/14 total</b></td><td class="align-right"><b>-3 502</b></td><td></td><td></td></tr><tr><td><b>+/- 2013/14 Femmes</b></td><td class="align-right"></td><td></td><td class="align-right"><b>+393</b></td></tr></tfoot><tbody><tr><td>Unia</td><td class="align-right">199 828</td><td class="align-right">199 453</td><td class="align-right">46 801</td></tr><tr><td>SEV</td><td class="align-right">42 838</td><td class="align-right">43 393</td><td class="align-right">9 113</td></tr><tr><td>syndicom</td><td class="align-right">37 555</td><td class="align-right">39 182</td><td class="align-right">11 598</td></tr><tr><td rowspan="1">ssp</td><td rowspan="1" class="align-right">35 429</td><td rowspan="1" class="align-right">36 112</td><td rowspan="1" class="align-right">18 975</td></tr><tr><td>SIT</td><td class="align-right">9 960</td><td class="align-right">10 092</td><td class="align-right">4 734</td></tr><tr><td>APC</td><td class="align-right">9 441</td><td class="align-right">9 615</td><td class="align-right">2 434</td></tr><tr><td>ASEB</td><td class="align-right">8 011</td><td class="align-right">8 092</td><td class="align-right">2 541</td></tr><tr><td>AvenirSocial</td><td class="align-right">3 707</td><td class="align-right">3 749</td><td class="align-right">2 544</td></tr><tr><td>SSPM</td><td class="align-right">3 586</td><td class="align-right">3 710</td><td class="align-right">2 169</td></tr><tr><td rowspan="1">Garanto</td><td rowspan="1" class="align-right">3 575</td><td rowspan="1" class="align-right">3 618</td><td rowspan="1" class="align-right">454</td></tr><tr><td>SSM</td><td class="align-right">3 051</td><td class="align-right">3 212</td><td class="align-right">1 860</td></tr><tr><td>Kapers</td><td class="align-right">2 520</td><td class="align-right">2 713</td><td class="align-right">1 856</td></tr><tr><td>USDAM</td><td class="align-right">1 746</td><td class="align-right">1 799</td><td class="align-right">683</td></tr><tr><td>SBKV</td><td class="align-right">1 208</td><td class="align-right">1 248</td><td class="align-right">677</td></tr><tr><td>Nautilus</td><td class="align-right">869</td><td class="align-right">809</td><td class="align-right">75</td></tr><tr><td>New Wood</td><td class="align-right">17</td><td class="align-right">46</td><td class="align-right">9</td></tr><tr></tr></tbody></table><h5>Renseignements</h5><ul><li>Ewald Ackermann 031 377 01 09 oder 079 660 36 14</li></ul><h3>&nbsp;</h3><h3>&nbsp;</h3><h3>Abréviations</h3><p><b>APC :</b> Association du personnel de la Confédération, <b>ASEB :</b> Association suisse des employés de banque, <b>AvenirSocial :</b> Professionnels du travail social Suisse, <b>Garanto :</b> Syndicat du personnel de la douane et des gardes-frontière, <b>Kapers :</b> Association du personnel de cabine, <b>Nautilus :</b> Syndicat des marins et des professions apparentées, <b>New Wood :</b> Syndicat des employé(e)s de l'ONU à Genève, <b>SBKV :</b> Association suisse des artistes dramatiques (Suisse alémanique), <b>SEV :</b> Syndicat du personnel des transports, <b>SIT :</b> Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleurs, <b>SSM :</b> Syndicat suisse des mass médias, <b>ssp :</b> Syndicat suisse des services publics, <b>syndicom :</b> Syndicat des médias et de la communication, <b>SSPM : </b>Société suisse de pédagogie musicale, <b>Unia :</b> Unia. Le syndicat <b>USDAM :</b> Union suisse des artistes musiciens</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2168</guid><pubDate>Wed, 25 Mar 2015 13:22:00 +0100</pubDate><title>1er Mai 2015 : quand et où ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/1er-mai-2015-quand-et-ou</link><description>Aperçu des manifestations organisées lors de la Fête du travail</description><content:encoded><![CDATA[<div class="news_content"><p>Cette année aussi, une cinquantaine de Fêtes du 1<sup>er</sup> Mai seront organisées dans toute la Suisse. Étant donné la mise en oeuvre de l'initiative "Contre l'immigration de masse", la votation populaire du 14 juin sur l'initiative qui demande un impôt sur les successions, l'initiative AVSplus et le dernier rapport de l'USS sur la répartition des revenus et de la fortune,&nbsp;le 1<sup>er</sup>&nbsp;Mai 2015 est placé sous le slogan «Justice sociale – Pas d'exclusion<span lang="FR"> !</span>».</p><ul><li><a href="https://www.google.com/maps/d/edit?mid=zDdsCP7v8Rx4.khYl2ONurkZg" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">» Vue d’ensemble mise à jour au fur et à mesure sous forme de carte</a></li><li><a href="https://docs.google.com/spreadsheets/d/1k9oLQ5h5vQQxzlpfk-S9B4zsHoqYpH-EBQ1OJA6rWzk/edit?usp=sharing" target="finden" title="die" rel="noreferrer">» La même vue d’ensemble sous forme de tableau</a></li></ul><p>Merci de communiquer vos corrections et les manifestations manquantes à&nbsp;: <a href="#" data-mailto-token="thpsav1thaaophz5wylpzzlyGzni5jo" data-mailto-vector="7" class="mail">matthias.preisser(at)sgb.ch</a>.</p></div>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2167</guid><pubDate>Mon, 23 Mar 2015 15:51:00 +0100</pubDate><title>Le Conseil national met le fret ferroviaire sur une voie de garage</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/le-conseil-national-met-le-fret-ferroviaire-sur-une-voie-de-garage</link><description>Loi sur le transport de marchandises : une invitation au transport par la route</description><content:encoded><![CDATA[<p> Le transfert du transport de marchandises de la route vers le rail est non seulement un impératif de la raison écologique, mais aussi un mandat constitutionnel en ce qui concerne le trafic à travers les Alpes. Or les choses se passent mal avec ce transfert. À travers la révision totale de la loi sur le transport de marchandises, le législateur voulait créer des conditions meilleures pour le fret ferroviaire, le rendre plus concurrentiel par rapport à la route et globalement plus efficace. C'est du moins ce que l'on pouvait lire dans le commentaire relatif au projet. 
</p><p>C'était on ne peut plus urgent, vu l'explosion des transports de marchandises. En effet, d'une part, on ne stocke plus guère de marchandise sur la durée et, de l'autre, le commerce en ligne connaît une énorme croissance, aucune inversion de cette tendance n'étant en vue. Et là, les transports routiers ont une longueur d'avance, car ils s'orientent sur des commandes à court terme et conviennent particulièrement bien aux petites quantités de marchandises. La branche recourt désormais aussi, concernant les transports à l'intérieur du pays, à toujours plus de petits camions qui font la totalité des transports, ce qui lui permet de contourner l'interdiction de circuler la nuit (express de nuit). Si les transports par rail ne doivent pas être marginalisés ici, il faut donc prévoir de l'encourager de manière spécifique afin qu'il puisse compenser ses désavantages concurrentiels. 
</p><p>Or, même le projet du Conseil fédéral n'était guère en mesure d'encourager le fret ferroviaire. Finalement, le Conseil national a même complètement inversé le but de la loi, affaiblissant de ce fait massivement le fret ferroviaire : le transfert de la route au rail n'a eu aucune chance et le transport de marchandises par rail devra même à l'avenir couvrir ses coûts. La majorité de la Chambre du peuple ne veut pas voir qu'il s'agit là d'un service public. Bien au contraire, les CFF devront être libérés demain du fret ferroviaire et - ce fut le dernier coup porté - CFF Cargo va être détaché de l'entreprise. 
</p><p>La conseillère fédérale Doris Leuthard a certes assuré que, même sans mandat légal, les CFF devraient continuer à avoir pour tâche le transport de marchandises et le conseiller national libéral-radical Beat Walti a certes doctement expliqué à la minorité du National que l'externalisation de CFF Cargo allait augmenter son efficience, et qu'il ne s'agissait toutefois pas d'une privatisation, comme le fret ferroviaire devra, selon la loi sur le transport de marchandises, être rentable demain, ces déclarations resteront sans effet aucun. 
</p><p>La Chambre du peuple a bien sûr aussi pris quelques, peu nombreuses, décisions positives. Comme par exemple le relèvement du crédit cadre pour les installations de transbordement et les plans d'utilisation du réseau pour les transports par rail. Mais ces points positifs ne compensent pas les reculs. La majorité du National est parvenue, avec le soutien énergique du département de Madame Leuthard, à faire d'une loi vantée comme promotion du fret ferroviaire, une invitation à passer au transport routier ! </p>]]></content:encoded><category>Transports</category><category>Services Publics</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2163</guid><pubDate>Fri, 13 Mar 2015 11:36:00 +0100</pubDate><title>Manifestation de soutien au personnel en grève de la Buanderie de Marsens (FR)</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/manifestation-de-soutien-au-personnel-en-greve-de-la-buanderie-de-marsens-fr</link><description>Non à la privatisation : les 15 membres du personnel sont en grève depuis une semaine</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Depuis une semaine, les 15 membres du personnel de la buanderie de l'hôpital psychiatrique cantonal de Marsens sont en grève contre l'externalisation de leur travail. Ils exigent qu'au minimum des emplois équivalents leur soient proposés. Le 14 mars aura lieu une manifestation de soutien à leur égard.</p><p> Le Conseil d'Etat fribourgeois a décidé de confier le traitement du linge effectué jusqu'ici par la Buanderie de Marsens aux Blanchisseries Générales SA (LBG). Il a licencié l'ensemble du personnel de cette buanderie publique, en lui proposant de se faire engager par LBG. Or, le salaire minimum dans cette entreprise privée est de 3300 francs brut pour un employé non qualifié et de 3550 francs brut pour un responsable d'équipe. Pour une partie du personnel de la buanderie de Marsens, les pertes risquent d'être de plus de 1000 francs par mois! Le Conseil d'Etat affirme certes qu'il va compenser la différence, mais ce ne sera le cas que pour quelques mois. Par la suite, les baisses salariales s'appliqueraient intégralement! De plus, les conditions de travail seraient aussi fortement dégradées: hausse de la durée du travail, diminution du droit aux vacances, péjoration des conditions de retraite, etc. 
</p><h3>Le Conseil d'Etat bafoue la loi et essaie de briser le mouvement de grève </h3><p>Les quinze salariés de la Buanderie de Marsens se sont ainsi mis en grève. Leur mouvement a commencé le 6 mars dernier. Ils et elles demandent d'être transférés à un poste équivalent à l'Etat de Fribourg. Cette revendication est d'ailleurs conforme aux dispositions légales en vigueur (Loi sur le personnel), qui prévoient le principe du transfert en cas de suppression de poste. C'est le Conseil d'Etat qui les bafouent, en refusant d'appliquer ce principe! 
</p><p>Il ne s'est d'ailleurs pas gêné non plus de faire appel d'ores et déjà aux LBG pour qu'elles se chargent du linge qui n'est pas traité à Marsens suite à la grève. Le gouvernement préfère ainsi faire passer à la caisse les salariés-contribuables (les prestations des LBG sont évidemment facturées!) plutôt que de négocier avec le personnel! 
</p><h3>Les grévistes ont besoin de notre soutien ! </h3><p>Les grévistes font preuve d'une dignité exemplaire et d'un grand courage. Pour la grande majorité d'entre eux, ils ont consacré de longues années de leur vie professionnelle - pour des salaires loin d'être mirobolants! - à remplir une mission de service public. Ils doivent aujourd'hui faire face à un Conseil d'Etat obnubilé par sa logique de démantèlement du service public et qui pratique le dumping salarial. Les grévistes ont donc plus que jamais besoin de notre soutien. Nous ne devons pas les laisser seuls dans ce combat exemplaire! 
</p><p class="bodytext"> Toutes et tous ensemble, en manifestant dans les rues de Fribourg samedi prochain, nous enverrons un signal clair au Conseil d'Etat: il est enfin temps qu'il accepte le principe du transfert du personnel de la buanderie de Marsens à un poste équivalent à l'Etat de Fribourg!</p><p class="bodytext">&nbsp;</p><h3>Manifestation de soutien au personnel en grève de la Buanderie de Marsens :<br>Samedi 14 mars, 14 h, Fribourg<br>Rassemblement:14 h sur l' Esplanade de l’Ancienne gare, à côté de la gare CFF Esplanade de l'Ancienne gare</h3>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Salaires et CCT</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2157</guid><pubDate>Thu, 12 Mar 2015 15:51:00 +0100</pubDate><title>Baisses de salaire et salaires en euros pour frontaliers et frontalières sont interdits</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/baisses-de-salaire-et-salaires-en-euros-pour-frontaliers-et-frontalieres-sont-interdits</link><description>Conférence de l’USS sur des mesures prises à cause du franc fort</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">À peine la Banque nationale suisse (BNS) avait-elle aboli le taux plancher de 1,20 franc pour 1 euro que des «&nbsp;fusibles juridiques&nbsp;» sautaient chez certains employeurs. Ceux-ci ont en effet dans l’idée de baisser les salaires des frontaliers et frontalières ou de rémunérer ces derniers en euros. Quelques-uns imaginent ainsi faire porter le risque entrepreneurial par leur personnel. Une récente conférence de l’Union syndicale suisse (USS) l’a clairement établi&nbsp;: ces mesures sont interdites.</p><h3>Le franc surévalué comme risque entrepreneurial</h3><p>Le franc est surévalué et le cours trop bas de l’euro diminue les recettes de nombre d’entreprises. C’est pourquoi quelques-unes essaient aujourd’hui déjà de comprimer leurs coûts de production en baissant leurs salaires ou en les versant en euros pour répercuter le risque de change sur leur personnel. Et ces prochains temps, d’autres entreprises encore vont se demander comment prendre elles aussi de telles mesures. 
</p><p>Or, toutes ces mesures sont souvent en contradiction avec les principes du droit du travail applicables en cette matière ainsi qu’avec la jurisprudence. C’est ce qu’ont expliqué, lors de la conférence de l’USS «&nbsp;Effets du franc fort du point de vue du droit du travail&nbsp;» du 3 mars dernier, à Berne, Christa Tobler, professeure de droit européen aux Universités de Bâle et Leiden, et Jean Christophe Schwaab, vice-président de la Commission des affaires juridiques du Conseil national, ainsi que d’autres intervenant(e)s encore.
</p><h3>Pas de discrimination à l’encontre des frontaliers et frontalières</h3><p>Concernant les frontaliers et frontalières, lorsque des patrons baissent leur salaire en francs ou versent ces salaires en euros, ou lorsqu’ils essaient d’indexer leurs salaires en les liant au cours du change, ils se mettent juridiquement hors-jeu. C’est ce qu’a montré la professeure Tobler à partir d’une analyse approfondie de la doctrine et de la pratique&nbsp;: une inégalité de traitement à l’encontre des frontaliers et frontalières (pendulaires internationaux<a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2015/150212_Cirigliano_Journee_Salaires-euros.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>) sous la forme d’une baisse de salaire ou du versement de celui-ci en euros viole l’interdiction indirecte de discrimination stipulée par l’Accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) conclu entre la Suisse et l’Union européenne (EU). L’ALCP interdit les inégalités de traitement à l’égard des frontaliers et frontalières sauf si elles sont objectivement justifiées et respectent le principe de la proportionnalité au regard du but visé. Sont à considérer comme indirectement discriminatoires, les mesures qui, de par leur nature, sont propres à plus porter atteinte aux ressortissant(e)s des autres États membres de l’UE qu’aux citoyen(ne)s suisses et si, par conséquent, il y a un risque que les premiers surtout s’en trouvent défavorisés<a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2015/150212_Cirigliano_Journee_Salaires-euros.docx#_ftn2" target="_blank" name="_ftnref2">[2]</a>.
</p><p>L’interdiction de discriminer inscrite dans l’ALCP<a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2015/150212_Cirigliano_Journee_Salaires-euros.docx#_ftn3" target="_blank" name="_ftnref3">[3]</a> interdit donc précisément ce genre d’inégalités de traitement qui découleraient de baisses de salaire, de prolongations de la durée de travail ou, justement, du versement du salaire en euros. Les raisons économiques invoquées comme, par exemple, des variations du taux de change, ne peuvent en effet pas justifier de telles discriminations. C’est pourquoi l’employeur ne peut pas à lui seul lier ses salaires au cours du change pour son personnel provenant de l’UE ou uniquement pour ses frontaliers et frontalières. La professeure Tobler a aussi précisé que, selon l’article 9 alinéa 4 de l’annexe I de l’ALCP, toute disposition discriminatoire figurant dans un contrat de travail est nulle et non avenue de plein droit et le travailleur ou la travailleuse ne peut ainsi pas consentir non plus à une discrimination. 
</p><p>Ici, les salarié(e)s domiciliés en Suisse sont aussi protégés. De fait, il n’est pas possible de les mettre en concurrence avec des frontaliers et frontalières ou même de les remplacer par ces derniers. 
</p><h3>Le risque entrepreneurial ne doit pas être répercuté</h3><p>Les autres intervenant(e)s à cette conférence ont aussi exposé que l’employeur dispose certes d’une marge de manœuvre pour fixer les salaires et aussi pour les baisser (à condition de respecter les règles du congé-modification), du moment qu’il respecte la bonne foi et les bonnes mœurs et que le montant du salaire reste, objectivement et suffisamment, prévisible (donc aucune indexation fixe du salaire sur le cours du change n’est admise). Les congés-modifications sont abusifs si rien ne les justifie objectivement par des raisons relevant de l’entreprise ou du marché (un renoncement aux mesures devrait menacer l’existence de l’entreprise). L’employeur doit pouvoir présenter objectivement ces raisons de congés-modifications, en se basant sur les livres de comptes, l’évolution des carnets de commandes, etc.).
</p><p>Répercuter le risque entrepreneurial sur le personnel est cependant de toute façon interdit et cette disposition impérative du Code des obligations (article 324 CO) ne peut être modifiée ni par un contrat de travail individuel ni par une convention collective de travail (CCT). C’est précisément de répercussion du risque entrepreneurial qu’il s’agit lorsqu’un cours du change défavorable remet en cause les perspectives de recettes d’une entreprise et que celle-ci veut se décharger sur son personnel. Le cours du change fait partie du risque entrepreneurial. L’employeur doit l’assumer par anticipation. Car lui seul profitera aussi d’un cours du change devenu favorable, qui augmentera par conséquent les recettes de l’entreprise. En outre, la doctrine juridique interdit les baisses de salaire comme forme de participation à la mauvaise marche des affaires d’une entreprise, donc, par exemple, une indexation des salaires au cours du change, car cela représente une participation des salarié(e)s à la mauvaise marche des affaires, ce qu’interdit l’article 322a du CO.
</p><p>De telles mesures, qu’elles passent par un accord commun, un congé-modification ou un accord collectif, sont par conséquent nulles et non avenues. Il n’est pas non plus permis de s’appuyer sur un «&nbsp;article de crise&nbsp;» de CCT, car les CCT doivent respecter le droit impératif (art. 358 CO). Si un employeur adapte à intervalles réguliers ses salaires aux variations du cours du change, il commet un abus de droit au sens de l’article 2 du Code civil. 
</p><p> La même chose s’applique à toute augmentation durable du temps de travail, avec salaire inchangé ou réduit. Si cette mesure est prise à cause du taux de change, elle revient à reporter sur le personnel le risque entrepreneurial et est donc interdite. Car toute prolongation de la durée du travail sans modification du salaire n’est rien d’autre en fait qu’une baisse de salaire et doit de ce fait satisfaire aux mêmes conditions que celles posées pour que la baisse soit légale. 
</p><hr><p><a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2015/150212_Cirigliano_Journee_Salaires-euros.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Au sens de l’ATF 135 II 128.
</p><p><a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2015/150212_Cirigliano_Journee_Salaires-euros.docx#_ftnref2" target="_blank" name="_ftn2">[2]</a> ATF 136 V 182.
</p><p><a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2015/150212_Cirigliano_Journee_Salaires-euros.docx#_ftnref3" target="_blank" name="_ftn3">[3]</a> Art. 2 ACLP, précisé à l’art. 5 et à l’art. 9 de l’annexe I ACLP.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2158</guid><pubDate>Wed, 11 Mar 2015 16:25:00 +0100</pubDate><title>On continue !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/on-continue</link><description>Une interview de Regula Bühlmann, secrétaire centrale de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Pour toutes celles et tous ceux qui y ont participé, la manif du 7 mars pour l’égalité salariale a été impressionnante. Mais, la question est de savoir comment les choses vont avancer en ce qui concerne l’égalité salariale. Ci-après, une interview de Regula Bühlmann (RB), secrétaire centrale responsable à l’USS de l’égalité des sexes.</p><p>uss-infos&nbsp;: Vous étiez bien 12&nbsp;000 à manifester samedi 7 mars pour demander l’«&nbsp;Égalité salariale – Ici et maintenant&nbsp;!&nbsp;». Es-tu satisfaite&nbsp;?
</p><p>RB&nbsp;: Oui, et même très satisfaite. Nos attentes ont été dépassées. Ce qui montre le large soutien dont bénéficie la revendication de l’égalité salariale. Elle a été et est portée par tous les camps politiques, par la gauche et la droite, par les jeunes comme les moins jeunes, par les familles et les célibataires. 
</p><p>uss-infos&nbsp;: Et que va-t-il se passer ensuite&nbsp;? Quelles sont les prochaines étapes et quand auront-elles lieu&nbsp;?
</p><p>RB&nbsp;: La prochaine étape est celle du projet du Conseil fédéral. Elle devrait avoir lieu cet été. Nous allons suivre cela de près et surtout veiller à ce que ce projet permette non seulement de constater une discrimination, mais aussi de la supprimer. En d’autres termes, qu’il contienne la possibilité d’infliger des sanctions. Ensuite, il faudra empêcher que ce projet ne subisse la moulinette parlementaire. 
</p><p>uss-infos&nbsp;: Mais le danger en est grand. Que faire alors&nbsp;?
</p><p>RB&nbsp;: Notre alliance ne disparaît et est conçue de manière à ce que, si nécessaire, nous puissions réagir rapidement. Donc, si le Parlement devrait tirer sur le frein à main lors de ses délibérations, nous ferions à nouveau parler de nous. Et aussi dans la rue&nbsp;! Comme dans les médias. Nous ferions savoir haut et fort que l’égalité salariale doit s’appliquer par tout temps et que l’on ne peut pas la mettre simplement en veille en invoquant des difficultés conjoncturelles. Un salaire égal pour un travail de valeur égale, c’est une norme constitutionnelle, et la Constitution fédérale ne s’applique pas uniquement par beau temps.
</p><p>uss-infos&nbsp;: Les employeurs se sont positionnés par rapport au 8 mars surtout en qualifiant la différence de salaire «&nbsp;purement&nbsp;» discriminatoire d’environ 8&nbsp;% d’erreur de méthode. 
</p><p>RB&nbsp;: Ce reproche n’est pas nouveau. Or, les calculs du logiciel logib sont suffisamment étayé d’un point de vue scientifique. Les employeurs ont lancé ici une manœuvre de diversion manifeste, qui vise à couper l’herbe sous les pieds du mouvement vers l’égalité salariale. Selon eux, le calcul de la différence de salaire tient trop peu compte de la prestation fournie et de l’expérience. Or, l’étude BELODIS réalisée dans le cadre du <a href="http://www.nfp60.ch/F/projets/formation_carriere/entree_vie-professionnelle_discrimination-salariale_belodis/Pages/default.aspx" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">programme national de recherche 60</a> a prouvé que l’on constatait une discrimination salariale de 7&nbsp;% déjà au moment de l’entrée dans la profession, une discrimination peu justifiable par la prestation fournie et l’expérience…</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2155</guid><pubDate>Mon, 09 Mar 2015 16:50:00 +0100</pubDate><title>5 500 signatures le soulignent : l&#039;égalité n&#039;est pas une question de conjoncture</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/5-500-signatures-le-soulignent-legalite-nest-pas-une-question-de-conjoncture</link><description>Manifeste sur l’égalité salariale remis à Simonetta Sommaruga, présidente de la Confédération</description><content:encoded><![CDATA[<p>L'article constitutionnel sur l'égalité des sexes ne doit pas être ravalé au statut d'un article conjoncturel. Un " même salaire pour un travail de valeur égale " est un principe fondamental qui doit s'appliquer aussi pendant une année électorale et les crises monétaires. Cette revendication, des représentantes des initiatrices du Manifeste du 7 mars 2015, l'on transmise aujour d'hui, avec le Manifeste, à la présidente de la Confédération, Simonetta Sommaruga: le 9 mars, un jour après la Journée internationale de la femme et deux jours après que plus de 12 000 femmes et hommes eurent réclamé sur la Place fédérale l'égalité salariale, lors d'une puissante manifestation haute en couleur. 
</p><p>Comme la manifestation du 7 mars, le Manifeste a été lancé par une vaste alliance de femmes. En l'espace d'une semaine, 5 000 femmes et hommes l'ont signé. On voit à quel point cette question est urgente. Car, étant donné le franc fort et la crise économique qui menace, certains demandent déjà que l'on renonce à l'égalité salariale et à une représentation équilibrée des femmes parmi les cadres et les conseils d'administration. Or ces deux demandes sont " irresponsables pour des raisons économiques et inacceptables pour des raisons de justice ", affirme le Manifeste. 
</p><p>La taille de l'alliance derrière le Manifeste a été illustrée par la délégation de personnalités de tous horizons qui ont remis ce dernier à la présidente de la Confédération : Regula Bühlmann, secrétaire centrale de l'USS ; Barbara Gassmann, vice-présidente de l'Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI) ; Corinne Schärer, membre du comtié directeur du syndicat Unia ainsi que la conseillère nationale Yvonne Feri (PS), Maya Graf (Vert[e]s), Margrit Kessler (vert'libérale), Rosmarie Quadranti (PBD) et Barbara Schmid-Federer (PDC). Malade, la représentante du PEV, Marianne Streiff-Feller, n'a malheureusement pas pu participer à cette remise. </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2153</guid><pubDate>Sat, 07 Mar 2015 19:07:00 +0100</pubDate><title>Plus de 12&#039;000 femmes et hommes exigent : égalité salariale ici et maintenant !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/plus-de-12000-femmes-et-hommes-exigent-egalite-salariale-ici-et-maintenant</link><description>Manifestation nationale forte et large</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 7 mars, plus de 12'000 femmes et hommes, de la gauche jusqu'à la droite, ont exigé sur la Place fédérale à Berne l'égalité salariale entre femmes et hommes. Une vaste alliance de femmes demande au Conseil fédéral que des mesures efficaces soient désormais prises, car les mesures facultatives n'ont pas atteint leur objectif : L'égalité salariale n'est toujours pas devenue réalité 34 ans après son inscription dans la Constitution fédérale. 
</p><p>En Suisse, les femmes continuent de gagner 18,9 % de moins que les hommes. Une partie de cette inégalité peut s'expliquer par des critères comme le travail à temps partiel, l'expérience professionnelle et les responsabilités assumées. Mais environ 40 % de la différence de salaire ne peut pas se justifier avec des critères objectifs. Ils sont donc, purement et simplement, de la discrimination. Chaque année, les femmes perdent 7,7 milliards de francs uniquement à cause de leur sexe. Cet argent leur manque, comme il manque à leurs familles et aux retraitées. 
</p><p>C'est pourquoi une alliance de 48 organisations emmenées par alliance F et l'Union syndicale suisse (USS) a, à l'occasion de la Journée internationale de la femme et deux jours avant l'" Equal Pay Day " (journée de l'égalité salariale), appelé à une grande manifestation à Berne. Plus de 12'000 femmes et hommes ont suivi cet appel et exigent, avec cette alliance de femmes, l'application rapide et systématique de l'égalité salariale. À cet effet des contrôles s'imposent. Kathrin Bertschy, coprésidente d'alliance F, a souligné l'importance de l'égalité salariale pour les femmes et l'économie : " L'inégalité salariale agit tout au long de la vie ; les jeunes femmes entrent en effet dans la vie professionnelle avec 8% de salaire en moins. Mais l'inégalité salariale agit aussi sur toute l'économie, lorsque des talents prometteurs se retirent du marché du travail parce que leurs compétences ne sont pas rétribuées à leur juste valeur. " Pour Regula Bühlmann, secrétaire centrale de l'USS, l'égalité salariale est en premier lieu une question de justice : " Concernant l'application des lois, les mesures facultatives constituent de toute évidence la mauvaise approche. Nous avons besoin maintenant de mesures contraignantes. Nous avons besoin de l'égalité salariale pour que le travail rémunéré et le travail non rémunéré soient répartis équitablement, mais aussi pour que les femmes reçoivent une rente équitable, une fois à la retraite. " 
</p><p>Afin que ces revendications se réalisent de manière durable, l'alliance a lancé un manifeste sur l'égalité salariale en prélude à la manifestation. Parmi les premières signataires, on trouve des personnalités comme la syndique de Zurich Corine Mauch, l'entrepreneuse Rosmarie Michel, la réalisatrice Chantal Millès, l'artiste Pipilotti Rist, la professeure en travail social Véréna Keller, la politicienne PDC Christine Bühler et les anciennes conseillères fédérales Micheline Calmy-Rey et Ruth Dreifuss. À ce jour, plus de 4700 personnes l'ont signé, donnant ainsi encore plus de poids à la revendication de l'égalité salariale.
</p><h5>À télécharger</h5><ul><li><a href="http://7mars2015.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Dossier des médias</a> avec les interventions, manifeste et informations de fond</li><li>Site web du <a href="http://lohngleichheitsmanifest.ch/le-manifeste-en-francais" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">manifest 7 mars 2015</a></li><li><a href="https://www.flickr.com/photos/55425572@N04/sets/72157651210267111" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Photos </a>de la manif</li></ul>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2151</guid><pubDate>Wed, 04 Mar 2015 15:32:00 +0100</pubDate><title>Le 7 mars, toutes et tous à Berne !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/le-7-mars-toutes-et-tous-a-berne</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis 34 ans, la Constitution fédérale garantit un salaire égal pour un travail de valeur égale. Depuis 1996, une loi existe à ce sujet. Mais dans la pratique, les femmes gagnent toujours et encore 20&nbsp;% environ de moins que les hommes. Presque la moitié de cette différence est de la pure discrimination.
</p><p>Cela ne peut plus continuer ainsi. Maintenant que les approches facultatives comme le Dialogue sur l’égalité de salaire n’ont rien apporté, il faut passer enfin à des mesures légales efficaces. L’automne dernier, le Conseil fédéral a fait un pas dans cette direction. Il veut que les entreprises de 50 employé(e)s et plus soient tenues d’organiser à intervalles réguliers une analyse interne de leurs salaires et soient contrôlées par des tiers. Mais à elle seule, cette mesure ne suffit pas. Il faut des mesures plus efficaces. Pour que l’inégalité de salaire disparaisse une fois pour toutes, les autorités doivent organiser des contrôles et imposer des mesures qui soient opérantes si des inégalités de salaire sont constatées. Et cela, sans discussion&nbsp;!
</p><p>Depuis le choc du franc fort, des politiciens de droite et des patrons veulent même revenir sur les progrès obtenus en matière d’égalité salariale. À eux tous, nous disons&nbsp;: Arrêtez avec cette excuse bidon du cours de change&nbsp;! Il faut changer de cap&nbsp;! Il faut l’égalité salariale illico&nbsp;! C’est pourquoi il faut <a href="http://manifeste-egalite-salariale.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">signer le manifeste</a> et venir, toutes et tous, participer le 7 mars à Berne à la grande manifestation pour l’égalité des salaires&nbsp;!
</p><p>Manifestons maintenant pour l’égalité des salaires&nbsp;! 
</p><p>Berne, 7 mars 2015 
</p><p>Rassemblement à 13 h 30 Schützenmatte
</p><p> Plus d’informations&nbsp;: <a href="http://7mars2015.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">7mars.2015.ch</a></p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2149</guid><pubDate>Wed, 04 Mar 2015 09:42:00 +0100</pubDate><title>Le Conseil national doit maintenir la pression sur les responsables de la catastrophe de l’amiante</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-conseil-national-doit-maintenir-la-pression-sur-les-responsables-de-la-catastrophe-de-l-amiante</link><description>Oui à un « Fonds pour une indemnisation juste des victimes de l’amiante »</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La revendication d’un traitement global de la tragédie de l’amiante présentée par l’Union syndicale suisse (USS) et les associations de victimes de l’amiante portent ses premiers fruits. Le Conseil fédéral a convoqué une table ronde chargée de trouver des solutions consensuelles concernant les victimes de l’amiante qui ne peuvent pas bénéficier des prestations de l’assurance-accidents obligatoire. Mais cela ne va pas assez loin. Il faut, lors de la révision en cours du droit de la prescription, prévoir des mesures qui aident ces personnes à faire valoir leurs droits. Il faut aussi que le Parlement maintienne la pression sur les entreprises qui sont à l’origine de la catastrophe de l’amiante.</p><p>Le droit suisse de la prescription en matière civile est en pleine révision. L’actuel délai de prescription de dix ans ne correspond pas aux connaissances scientifiques en matière d’atteintes à la santé sur une longue durée suite à un contact avec des substances dangereuses comme l’amiante, c’est-à-dire en matière de risques émergents. C’est ce qu’un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme vient d’établir clairement. Elle a en effet constaté que, dans le cas de personnes malades à cause de l’amiante, le droit suisse de la prescription viole la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH).
</p><h3>Le droit suisse de la prescription doit être conforme à la CEDH</h3><p>Nous devons profiter de la révision du droit de la prescription pour introduire une nouvelle réglementation des délais de prescription, qui tienne compte des victimes de l’amiante, soit une réglementation qui permette aux personnes malades à cause de l’amiante de demander des dommages-intérêts ainsi qu’une réparation morale. Le délai qui tient le mieux compte de la longue durée du temps de latence des maladies dues à l’amiante ne doit commencer à courir qu’à partir de l’apparition de celles-ci. Éventuellement, on pourra limiter cette réglementation aux maladies causées par l’amiante.
</p><h3>Une solution globale à la tragédie de l’amiante est nécessaire</h3><p>Mais une telle réforme ne suffira pas pour en arriver à une solution globale. Il faut aussi créer un fonds alimenté par les entreprises qui ont été en rapport à l’époque avec l’amiante. Ce fonds devra rendre justice aux personnes déjà malades. Mais la prévention en matière de maladies liées à l’amiante devra également être renforcée ces prochaines années. En outre, les importantes dépenses que fait déjà la SUVA en rapport avec la problématique de l’amiante et celles qui l’attendent encore ne doivent pas être unilatéralement répercutées sur quelques branches des arts et métiers. Ici, il faut un juste équilibre au sein de tout le collectif des assurés.
</p><h3>Une motion plus nécessaire que jamais</h3><p>La motion «&nbsp;Fonds pour une indemnisation juste des victimes de l’amiante&nbsp;» déposée par la Commission des affaires juridiques du Conseil national demande au Conseil fédéral la création d’un fonds destiné à l’indemnisation complète selon le droit de la responsabilité civile des victimes de l’amiante qui n'ont pu obtenir de réparation, ou seulement une réparation incomplète, auprès d'un responsable civil ou contractuel en raison de l'écoulement du temps.
</p><p>Cela va plus loin que la proposition de table ronde du Conseil fédéral. Celui-ci charge en effet les participant(e)s à cette dernière de trouver des solutions consensuelles pour les personnes affectées par l’amiante et leurs proches qui n’ont pas droit aux prestations de l’assurance-accidents obligatoire. Les autres personnes concernées par l’amiante ne pourraient donc pas profiter du fonds, ce qui est problématique, si bien que la solution de fonds de la Commission juridique reste suivant les cas nécessaire. 
</p><p>De plus, il y a lieu de craindre qu’en l’absence de la pression qu’exercerait sur eux la motion du Conseil national, les représentant(e)s des entreprises invités à la table ronde, qui ont pour leur part provoqué la tragédie de l’amiante en violant leurs devoirs de diligence lors de l’importation, la production et la transformation de cette substance des plus dangereuses, ne sabotent les travaux de la table ronde. 
</p><p>C’est pourquoi l’USS demande au Conseil national de prendre au sérieux la souffrance des personnes malades à cause de l’amiante et de faire passer le bon message en adoptant la motion de sa commission.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2150</guid><pubDate>Wed, 04 Mar 2015 09:38:00 +0100</pubDate><title>Pas de nouveau pacte contre les femmes - L’égalité salariale, plus que jamais !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/pas-de-nouveau-pacte-contre-les-femmes-l-egalite-salariale-plus-que-jamais</link><description>L’USS appelle à signer le manifeste sur l’égalité salariale</description><content:encoded><![CDATA[<p>Plus de 2&nbsp;000 signatures en quelques jours. Tel est le premier bilan du succès rencontré par le Manifeste du 7 mars 2015 – L’égalité ici et maintenant&nbsp;!&nbsp;&nbsp;(&nbsp;<a href="http://manifeste-egalite-salariale.ch" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">www.manifeste-egalite-salariale.ch</a>,&nbsp;<a href="http://lohngleichheitsmanifest.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">www.lohngleichheitsmanifest.ch</a>&nbsp;et&nbsp;<a href="http://manifesto-parita-salariale.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">www.manifesto-parita-salariale.ch</a>).&nbsp;&nbsp;&nbsp;
</p><p>Le manifeste est soutenu par la même très large alliance qui appelle à la grande manifestation nationale sur l’égalité salariale du samedi 7 mars.
</p><p>Il a été possible de trouver, aussi en peu de jours, les 100 premières signataires du manifeste. Ainsi, des femmes de renom, venant des milieux culturels, politiques, économiques et scientifiques soutiennent à travers leur nom la revendication de l’égalité salariale. Elles et les nombreuses autres signatures déjà réunies donnent une image forte et colorée. Elles montrent aussi que cette revendication est plus actuelle que jamais. 
</p><p>L’USS appelle toutes les personnes syndiquées, toutes les personnes pour qui l’égalité salariale entre les sexes compte à signer le manifeste et à venir samedi 7 mars pour montrer, à travers une manifestation puissante et haute en couleur, que l’égalité salariale ne peut et ne doit pas être une question de conjoncture.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2146</guid><pubDate>Mon, 02 Mar 2015 10:06:00 +0100</pubDate><title>Session du printemps des Chambres fédérales</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/session-du-printemps-des-chambres-federales</link><description>Position de l&#039;USS sur divers objets</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Ce lundi 2 mars a commencé la session de printemps des Chambres fédérales. Ci-après, la position de l’USS sur quelques objets qui seront débattus.</p><h3>Assurances d’indemnités journalières en cas de maladie : les dysfonctionnements doivent disparaître</h3><p>Lors de la session parlementaire de printemps, le Conseil des États traitera une interpellation du président de l’Union syndicale suisse (USS), Paul Rechsteiner («&nbsp;Assurance-maladie d’indemnités journalières. Remédier aux dysfonctionnements&nbsp;»). Elle demande de résoudre le problème de la perte de la couverture d’assurance pour les salarié(e)s licenciés alors qu’ils sont malades, en maintenant pour eux les prestations assurées comme prévu par le contrat et indépendamment donc de la poursuite des rapports de travail.
</p><p>Doris Bianchi, secrétaire dirigeante de l’USS/fq
</p><p>Lorsqu’ils changent d’emploi, les travailleurs et travailleuses sont toujours confrontés à une mauvaise surprise en ce qui concerne la couverture de la perte de gain en cas de maladie. Quiconque quitte l’assurance collective d’indemnités journalières de son employeur parce qu’il perd son emploi, doit par trop souvent renoncer à une couverture du risque de maladie. Conséquence&nbsp;: une maladie qui persiste ou survient pendant le chômage peut rapidement conduire à la ruine financière. En effet, la perte de gain n’est alors plus assurée et l’assurance-chômage va, si la maladie dure longtemps, suspendre les indemnités vu que la personne concernée ne peut pas être placée. 
</p><p>La couverture d’assurance pour la perte de gain en cas de maladie est gravement insuffisante une fois que les rapports de travail ont pris fin et si la maladie persiste. Comme il y a autonomie contractuelle, le preneur d’assurance, soit l’employeur, et la compagnie d’assurance peuvent convenir que les prestations prennent fin avec les rapports de travail. Le ou la salarié(e) licencié alors qu’il/elle est malade perd ainsi son droit à des indemnités journalières et, vu sa maladie, a un accès limité aux indemnités journalières de l’assurance-chômage. S’il a en principe le droit de passer dans une assurance individuelle d’indemnités journalières, il doit en être informé et son inscription doit se faire dans un délai bref de 30 jours. Les primes à verser sont en outre tellement exagérées que personne ne peut se permettre de choisir une telle solution. Dans la pratique, les salarié(e)s licenciés alors qu’ils sont malades ne disposent de ce fait pas d’une protection suffisante contre la perte de gain. Cela concerne du reste aussi les chômeurs et chômeuses. Le bond que les primes effectuent à cause du passage d’une assurance collective d’indemnités journalières à une assurance individuelle (les nouvelles primes mensuelles sont d’environ 700 francs ou plus) est si grand que le risque de la perte de gain en cas de maladie ne peut, dans les faits, pas être assuré lors de la perte de l’emploi. 
</p><p>Ces dysfonctionnements persistants de l’assurance d’indemnités journalières en cas de maladie doivent une bonne fois disparaître. Dans sa réponse à l’interpellation de Paul Rechsteiner, le Conseil fédéral reconnaît en tout cas la problématique et annonce qu’il s’y attaquera dans le cadre de la révision de la loi sur le contrat d’assurance. La balle est dans le camp du Conseil des États. Comme le thème est posé et son urgence reconnue, il est donc l’heure de passer aux actes.
</p><p>&nbsp;&nbsp;
</p><h3>Initiative dite «&nbsp;Vache à lait&nbsp;»: finalement, tout le monde y perdrait</h3><p>L’initiative populaire «&nbsp;Pour un financement équitable des transports&nbsp;», dite aussi «&nbsp;Initiative vache à lait&nbsp;», est en réalité tout sauf équitable. Les parlementaires vont sans doute le constater lorsqu’ils débattront de cet objet.
</p><p>Dore Heim, secrétaire dirigeante de l’USS/fq
</p><p>De fait, malgré son nom officiel, cette initiative n’est pas équitable du tout. La totalité du produit de l’impôt sur les huiles minérales, et non plus la moitié comme aujourd’hui, devrait, selon la volonté des initiants, être affectée au financement des routes. La Confédération perdrait alors 1,5&nbsp;milliard de francs par année et les routes nationales disposeraient en revanche de sommes&nbsp; absurdes impossibles à dépenser sans leur développement massif. Comment la Confédération compenserait-elle cette baisse de ses recettes ne préoccupe guère les initiants. Or il est certain que des coupes importantes dans la recherche et la formation, dans la politique étrangère et dans le budget de la santé et de la culture deviendraient nécessaires. L’initiative aurait aussi des conséquences pour les cantons et les communes, car ils recevraient certes plus d’argent de la Confédération pour le financement des routes, mais moins pour d’autres domaines. 
</p><p>L’initiative veut aussi que toute éventuelle introduction ou hausse d’impôts, de redevances ou d’émoluments relatifs à la circulation routière soit soumise à référendum. Elle en appelle aux automobilistes qui seraient les vaches à lait de l’État, d’où son «&nbsp;petit&nbsp;» nom déjà mentionné. Elle est également perfide parce qu’elle ne dit pas que les importants coûts externes du trafic routier (santé, environnement…), près de 8 milliards de francs par an, sont supportés par la collectivité, et qu’il n’y a pas eu de hausse de l’impôt sur les huiles minérales depuis 1993, même depuis 1974 pour la surtaxe sur les huiles minérales, alors que pendant ce temps, les tarifs des transports publics ont beaucoup augmenté. En affectant la totalité des recettes de l’impôt sur les huiles minérales à une seule fin, l’initiative sape le principe de solidarité qui est central en matière fiscale, car permettant de financer les prestations de service public destinées à la collectivité. Pour les initiants, une affectation liée serait légitime.
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) rejette cette initiative, qui transférerait une quantité absurde de fonds aux routes, sur le dos du trafic ferroviaire. Elle restreindrait ainsi dangereusement la marge de manœuvre de la Confédération, des cantons et des communes. Depuis 1980, le rail a toujours perdu contre la route&nbsp;: le transport de marchandises par route a augmenté de 155&nbsp;% ces 35 dernières années,&nbsp; mais de seulement 31&nbsp;% par rail. L’USS soutient par contre l’idée d’un fonds routier garanti sur le long terme, analogue à celui qui existe pour le rail. Vu l’importance des coûts externes de la circulation routière et le fait que la surtaxe sur les huiles minérales n’a jamais été relevée depuis son introduction il y a plus de 40 ans, il serait justement légitime d’augmenter substantiellement cette surtaxe pour alléger la charge de la collectivité et donner une chance équitable aux transports publics.
</p><h3>Entretien de l’enfant : un projet qui peut s’avérer dangereux</h3><p>Regula Bühlmann, secrétaire centrale de l’USS/fq
</p><p>La modification du Code civil suisse concernant l’entretien de l’enfant va passer en procédure d’élimination des divergences apparues entre les deux Chambres. Du point de vue de l’égalité des sexes, que l’on puisse, même contre la volonté d’un des deux parents, d’examiner la possibilité d’une garde alternée est une question épineuse. La Commission des affaires juridiques du Conseil national rejette cette éventualité. Et l’USS pense aussi que seuls les deux parents ensemble devraient pouvoir convenir d’une garde alternée, sinon il est en effet plus difficile d’assumer une responsabilité commune. En outre, on court le risque qu’en dépit d’une garde alternée, une grande partie de la responsabilité (y compris la charge financière et en temps entraînée par les visites médicales, les achats, etc.) ne reste chez la personne au taux d’occupation le plus bas, soit, la plupart du temps, la mère, alors que le montant destiné à l’entretien de l’enfant se trouve réduit. Le risque de pauvreté des familles monoparentales, que ce projet pusillanime ne neutralise pas, s’en trouverait alors encore plus grand.
</p><p>&nbsp;&nbsp;
</p><h3>Naturalisation facilitée : e<span>nfin un pas dans la bonne direction&nbsp;?</span></h3><p>José Corpataux, secrétaire central de l’USS
</p><p> Le Conseil national se penchera lors de cette session sur une procédure facilitée de naturalisation à l’intention des migrant(e)s de la troisième génération qui sont nés et qui ont grandi en Suisse. Sa Commission des institutions politique et le Conseil fédéral se sont déjà prononcés favorablement sur cette question&nbsp;! Si la naturalisation ne sera toujours pas – et malheureusement – automatique, une telle proposition va clairement dans la bonne direction. L’USS ne peut donc que la soutenir. Elle soutiendrait également avec cœur un projet identique pour les enfants de la deuxième génération. Espérons que le Conseil national montre la même clairvoyance que sa commission et le Conseil fédéral&nbsp;!
</p><hr><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2142</guid><pubDate>Tue, 24 Feb 2015 13:35:00 +0100</pubDate><title>La toute dernière excuse bidon : la force du franc</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/la-toute-derniere-excuse-bidon-la-force-du-franc</link><description>Une vaste alliance d’organisations mobilise pour l’égalité salariale</description><content:encoded><![CDATA[<p>À peine la Banque nationale avait-elle abandonné le cours plancher franc-euro et apprécié de ce fait le franc d’environ 20&nbsp;% que certains revendiquaient déjà que l’on renonce à appliquer des mesures pour garantir l’égalité salariale entre femmes et hommes. Or celle-ci n’a rien à voir avec la force du franc&nbsp;! Nous les femmes, nous ne nous laisserons plus servir de telles excuses bidon. Les femmes attendent depuis trop longtemps la réalisation du principe constitutionnel d’un salaire égal pour un travail de valeur égale.
</p><p>Bien que la Constitution fédérale dise clairement que «&nbsp;L’homme et la femme ont droit à un salaire égal pour un travail de valeur égale.&nbsp;», bien que la loi sur l’égalité entre femmes et hommes ait octroyé dès 1996 aux tribunaux la compétence de constater les cas de discrimination, de les interdire et de les faire cesser, ainsi que d’ordonner le versement du salaire dû, nous sommes encore bien loin en Suisse de l’égalité salariale. Les femmes continuent à gagner 20&nbsp;% de moins que les hommes pour un travail de valeur égale. Une part de l’inégalité salariale ne peut pas s’expliquer par des critères comme le travail à temps partiel, l’expérience professionnelle et les responsabilités assumées dans l’entreprise. Mais environ 40&nbsp;% de la différence de salaire ne reposent pas sur des critères objectifs. Il s’agit purement et simplement de discrimination&nbsp;! Chaque année, les femmes perdent par conséquent 7,7&nbsp;milliards de francs à cause de leur sexe. Cet argent leur manque, ainsi qu’à leur famille et aux rentes reçues par les retraitées. 
</p><p>Notre présence à Berne le 7 mars n’en est que plus importante. À cette occasion, les femmes de gauche comme de droite exigeront qu’il soit mis fin à cette situation anticonstitutionnelle. Le 7 mars, une vaste alliance d’organisations descendra dans la rue et exigera du Parlement et du Conseil fédéral la réalisation de l’égalité salariale et que des mesures efficaces soient enfin prises. Pour que tout le monde le comprenne bien&nbsp;: l’équité salariale, cela ne se négocie pas, même si l’économie rencontre des difficultés. C’est pourquoi, le 7 mars, toutes et tous à Berne&nbsp;! Pour que l’égalité salariale ne soit pas victime du franc fort.
</p><h3>Une vaste alliance</h3><p>Emmenées par alliance F et l’Union syndicale suisse (USS), les organisations ci-dessous mobilisent en vue de la manifestation du 7 mars 2015 sur la Place fédérale, à Berne&nbsp;:
</p><p>alliance F - alliance de sociétés féminines suisses&nbsp; <br> Union syndicale suisse (USS)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> BPW Switzerland: Business &amp; Professional Women&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Femmes Protestantes en Suisse (FPS)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> LCH - organisation faîtière des enseignant-e-s de Suisse alémanique&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Dachverband Schweizerischer Gemeinnütziger Frauen SGF&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Union suisse des paysannes et des femmes rurales (USPF)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Ligue suisse des femmes catholiques&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> ASI - la voix infirmière&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Travail Suisse <br> cfd - l’ONG féministe pour la paix&nbsp;&nbsp; <br> PDC Femmes <br> Parti évangélique suisse (PEV)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> PRL Les libéraux-radicaux femmes <br> Frauen Aargau&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Frauen Basel&nbsp; <br> Frauenzentrale Bern&nbsp; <br> Frauenzentrale Zürich&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Grossmütterrevolution&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Les Verts Suisse&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Vert’libéraux Suisse&nbsp; <br> Interessensgemeinschaft Frau und Mu-seh-um&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Jeunes vert-e-s Suisse&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Jeunesse socialiste suisse (JS)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Femmes juristes Suisse&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Kaufmännischer Verband Zürich&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Katholische Arbeitnehmerinnen- und Arbeitnehmerbewegung Schweiz KAB&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Organisation suisse des lesbiennes (LOS)&nbsp;&nbsp; <br> Marche Mondiale des Femmes&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Coordination post Beijing des ONG Suisses&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Ostschweizerinnen.ch&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Parti suisse du travail (PST/POP)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Pro Single Schweiz - Die Interessensgemeinschaft der Alleinstehenden&nbsp;&nbsp; <br> Association suisse des employés de banque (ASEB)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> SEV - Syndicat du personnel des transports <br> Femmes socialistes suisses&nbsp;&nbsp; <br> PS Suisse&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleurs (SIT)&nbsp; <br> Association suisse pour les droits de la femme (ADF), <br>Swiss Women Network,<br>Syna, <br>Syndicom - Syndicat des médias et de la communication &nbsp;
</p><p> UNIA&nbsp; <br> Syndicat suisse des services publics (ssp)&nbsp;&nbsp; <br> Verband Kindergarten Zürich&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Wide Switzerland, Wirtschaftsfrauen Schweiz
</p><h5>Infos pratiques sur la manif</h5><p>&nbsp;</p><h3>Égalité salariale – Ici et maintenant&nbsp;!<br> Manifestation nationale, 7 mars</h3><h3>Lieu de rassemblement&nbsp;: Schützenmatte, 13 h 30, Berne&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br> Manifestation finale&nbsp;: Place fédérale, 15 h&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br><a href="http://www.7mars2015.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.7mars2015.ch</a></h3><p><a href="http://www.7mars2015.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.7mars2015.ch/</a></p><p><a href="http://www.7mars2015.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.7mars2015.ch/</a></p><h5>&nbsp;</h5><p><a href="http://www.7märz2015.ch" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.7märz2015.ch</a></p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Suisse</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2139</guid><pubDate>Fri, 20 Feb 2015 13:13:00 +0100</pubDate><title>Salaires en euros, baisses de salaire pour les frontaliers/frontalières, salaires indexés ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/salaires-en-euros-baisses-de-salaire-pour-les-frontaliers-frontalieres-salaires-indexes</link><description>Franc fort : une conférence de l’USS sur les conséquences du franc fort sous l&#039;angle du droit du travail</description><content:encoded><![CDATA[<p>À peine la Banque nationale suisse (BNS) avait-elle abandonné le taux de change plancher de 1,20 franc pour 1 euro que certains employeurs se précipitaient dans la brèche avec des propositions plus ou moins sidérantes sous l’angle du droit du travail. ça pullule en effet d’idées sur la manière de baisser les salaires des frontaliers et frontalières ou de rémunérer ces derniers en euros. Certains patrons veulent même lier les salaires au taux de change et les rendre ainsi variables.
</p><p>Une chose est cependant claire&nbsp;: en Suisse, on doit verser des salaires suisses. C’est ce que demandent entre autres les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes. Il est ainsi illégal de discriminer les frontaliers et frontalières. Et il en va de même du report sur le personnel risque entrepreneurial.
</p><p>Afin de clarifier la situation et d’informer les milieux concernés par ces problèmes (membres de commissions tripartites, syndicalistes, juristes, etc.), l’USS organise une conférence sur le thème des salaires en euros, des baisses de salaire pour les frontaliers et frontalières, etc. Par là, il s’agit de mener un travail d’information et de présenter la situation du point de vue juridique, respectivement de la jurisprudence.
</p><p>Les personnes qui interviendront à cette occasion sont les suivantes&nbsp;:</p><ul><li>Christa Tobler, professeure à l’Université de Bâle&nbsp;: interdiction de discriminer les frontaliers et frontalières</li><li>Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS&nbsp;: contexte économique du problème</li><li>Jean Christophe Schwaab, vice-président de la Commission des affaires juridiques du Conseil national et spécialiste du droit du travail&nbsp;: dispositions du droit du travail relativement aux salaires versés en euros</li><li>Luca Cirigliano, secrétaire central de l’USS, responsable du droit du travail et des conditions de travail&nbsp;: report interdit du risque entrepreneurial sur les salarié(e)s et aspects de la cherté du franc relevant du droit social (indemnités en cas de réduction de l’horaire de travail).</li></ul><p>&nbsp;</p><h5>Infos pratiques&nbsp;</h5><h3><span>Conférence de l'USS : </span></h3><h3><span>Mardi 3 Mars 2015, de 15 heures à 18 heures environ</span><br>Hôtel Bern, Zeughausgasse 9, Berne</h3><p class="ParagrSPnormaux">&nbsp;</p><ul><li><span>Les frais de participation pour les membres des syndicats de l’USS sont de Fr.&nbsp;160.-&nbsp;; de Fr. 180.- pour les personnes extérieures intéressées.</span></li><li><span>Inscriptions via courriel à&nbsp;:</span><span><a href="#" data-mailto-token="thpsav1qbspla5ohykpunGzni5jo" data-mailto-vector="7" class="mail">juliet.harding@sgb</a>.ch&nbsp;ou<a href="#" data-mailto-token="thpsav1pumvGbzz5jo" data-mailto-vector="7" class="mail"> info(at)uss.ch</a></span></li></ul><h5>Pour télécharger</h5><ul><li>&lt;media 2693&gt;Programme de la conférence&lt;/media&gt;<br></li></ul>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2138</guid><pubDate>Thu, 19 Feb 2015 13:24:00 +0100</pubDate><title>Initiative du PDC: des effets secondaires dangereux </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/initiative-du-pdc-des-effets-secondaires-dangereux</link><description>Aider les familles ou ouvrir  tout grand la porte aux abus ?</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’initiative populaire «&nbsp;Aider les familles&nbsp;! Pour des allocations pour enfants et des allocations de formation professionnelle exonérées de l’impôt&nbsp;» favorisera surtout les familles nanties et défavorisera celles qui touchent des petits revenus. Qui plus est, elle incitera aux abus.</p><p>Depuis la première étude à ce sujet, le NON de l’Union syndicale suisse (USS) à cette initiative du PDC était évident, puisque celle-ci désavantagera en fin de compte les familles à faibles revenus, alors que celles dont les revenus sont solides en profiteront.
</p><p>Telle est la principale raison pour laquelle, cette initiative devra être rejetée le 9 mars prochain. Mais il y a encore une autre raison de le faire. Entre-temps en effet, le débat public a été lancé. Jusqu’à ce jour, la Confédération était partie de l’idée qu’un oui à l’initiative priverait les pouvoirs publics d’environ 1 milliard de francs de recettes fiscales. Or ce chiffre pourrait s’avérer beaucoup trop bas. Car l’initiative ouvre tout grand la porte aux abus. Et comment donc&nbsp;?
</p><p>En cas de victoire de l’initiative dans les urnes, les allocations pour enfant (allocations familiales) et de formation professionnelle seraient exonérées de l’impôt. Aujourd’hui déjà, l’employeur ne paie aucune cotisation sociale sur ces allocations. Aujourd’hui déjà, il peut en outre verser des allocations familiales et de formation professionnelle plus élevées que ce que demande la Confédération (Fr.&nbsp;200.-, resp. Fr.&nbsp;250.-). Comme les salarié(e)s, les employeurs pourraient avoir l’idée astucieuse, mais à courte vue, de baisser les salaires, tout en augmentant en proportion ces allocations. Le côté «&nbsp;astucieux&nbsp;» de la chose&nbsp;? Une situation de gagnant-gagnant. Les uns économiseraient des impôts et les autres des cotisations sociales. Quant à l’aspect «&nbsp;courte vue&nbsp;», pour les salarié(e)s, d’une part, une perte au niveau des rentes futures et, de l’autre, un trou encore plus grand dans les caisses publiques, qu’il s’agirait aussi de combler par la suite d’une manière ou d’une autre.
</p><p>Avec un tel «&nbsp;deal&nbsp;», voire un diktat patronal, de quelle ampleur seraient alors les pertes, en plus du milliard précité&nbsp;? Le conseiller national Louis Schelbert (Verts) voulait charger l’administration fédérale de le calculer. Mais la Commission de l’économie et des redevances a refusé sa proposition dans ce sens.
</p><p>Peut-être n’est-il pas possible de faire ce calcul. Mais pour opposer un NON déterminé à cette initiative, ce n’est pas non plus nécessaire. Il suffit de savoir que cette dernière ouvre tout grand la porte aux abus.
</p><p> Si une recette n’atteint pas son but et si elle a en plus de dangereux effets secondaires, alors une seule réponse s’impose dans les urnes&nbsp;: NON&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2133</guid><pubDate>Thu, 12 Feb 2015 11:50:00 +0100</pubDate><title>Ne touchez pas au droit de grève !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/ne-touchez-pas-au-droit-de-greve</link><description>18 février : journée d’action mondiale en défense du droit de grève</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La Confédération syndicale internationale appelle à une journée d’action mondiale pour la défense du droit de grève le 18&nbsp;février 2015. En Suisse, des actions de protestation centrales auront lieu à cette date à Genève.</p><p>Le droit de grève est un droit syndical fondamental garanti par les constitutions de 90&nbsp;États, dont la Suisse depuis 1999. Il est aussi inscrit dans le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels des Nations Unies et dans la Charte sociale européenne. Plus qu’un droit individuel, le droit de grève est un droit collectif, le droit des travailleurs et travailleuses de débrayer et de faire usage de l’arme qu’ils emploient en dernier recours dans les conflits du travail.
</p><p>Depuis que les syndicats et les mouvements sociaux luttent contre les programmes d’austérité lancés à la suite de la crise financière, les attaques contre le droit de grève se multiplient. Les employeurs prennent aussi de plus en plus pour cible ce droit fondamental qui leur déplaît, même au sein de l’Organisation internationale du travail (OIT), l’institution tripartite des Nations Unies. En effet, ils refusent depuis deux ans de reconnaître que le droit de grève est garanti par la convention no&nbsp;87 de l’OIT et bloquent les travaux de la Commission de l’application des normes.
</p><p>Nous déplorons que la représentation suisse auprès de l’OIT, incitée par la délégation des employeurs, se prête elle aussi à ce jeu de blocage. Cette délégation est emmenée par Blaise Matthey, directeur général de la Fédération des entreprises romandes (FER). C’est notamment pour cette raison que des syndicalistes genevois manifesteront en faveur du droit de grève devant le siège de l’association patronale l’après-midi du 18&nbsp;février. La journée d’action mondiale débutera à Genève dès midi, avec une protestation réalisée sur la Place des Nations par le personnel des institutions internationales. À 14&nbsp;heures, ce sera au tour des représentant(e)s des syndicats internationaux de manifester devant l’Organisation internationale des employeurs. Les journalistes sont invités à une conférence de presse à 16&nbsp;heures.
</p><p>La CGAS (Communauté genevoise d'action syndicale) et le Cartel intersyndical du personnel de l'État organisent et coordonnent les manifestations genevoises de la Journée d’action mondiale, qui comptera sur la participation des centrales syndicales internationales et des associations du personnel des organisations internationales. Ces actions reçoivent le soutien de l’USS, de Travail.Suisse et de la Confédération syndicale internationale (CSI).
</p><p>&nbsp;</p><p>&lt;media 2675 - - "TEXT, CGAS USS tract journee mondiale droit de greve 18 fevrier 2015 officiel 01, CGAS_USS_tract_journee_mondiale_droit_de_greve_18_fevrier_2015_officiel_01.pdf, 180 KB"&gt;tract de mobilisation&lt;/media&gt;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2131</guid><pubDate>Thu, 12 Feb 2015 11:00:00 +0100</pubDate><title>18,9 pour cent : le manque à gagner est de près de 1500 francs par mois</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/18-9-pour-cent-le-manque-a-gagner-est-de-pres-de-1500-francs-par-mois</link><description>Égalité salariale : la patience des femmes est à bout</description><content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p><p class="lead">L’échec du Dialogue sur l’égalité des salaires en est la meilleure preuve&nbsp;: les initiatives volontaires ne suffisent pas à elles seules à mettre fin aux inégalités salariales. L’heure est aux mesures légales efficaces. </p><p>&nbsp;</p><p>Voici 34&nbsp;ans que l’article&nbsp;8 de la Constitution fédérale le dit clairement&nbsp;: «&nbsp;L’homme et la femme ont droit à un salaire égal pour un travail de valeur égale.&nbsp;» Entrée en vigueur en 1996, la loi sur l’égalité concrétise ce droit et octroie aux tribunaux la compétence de constater les cas de discrimination, de les interdire et de les faire cesser, ainsi que d’ordonner le versement du salaire dû. Il n’en reste pas moins que l’égalité salariale est toujours un but éloigné en Suisse. Si l’écart salarial entre hommes et femmes s’est réduit relativement vite lorsque l’article constitutionnel a été adopté, le rythme a toutefois diminué durant la dernière décennie. Et l’écart s’est même légèrement creusé récemment, passant de 18,4&nbsp;pour cent en 2010 à 18,9&nbsp;pour cent en 2012.
</p><h3>L’échec du Dialogue sur l’égalité des salaires</h3><p>Ce nouvel écart est l’une des données qui confirment l’échec du Dialogue sur l’égalité des salaires, le projet lancé par les partenaires sociaux et la Confédération pour mettre fin aux inégalités par le biais de mesures volontaires. Le rapport d’évaluation présenté l’an dernier est d’ailleurs parvenu à la même conclusion. À ce rythme, il faudra attendre des décennies pour que l’égalité soit instaurée. Aujourd’hui, les femmes sont trois fois plus nombreuses à percevoir des salaires inférieurs à 4000&nbsp;francs et deux fois moins nombreuses à occuper des postes de cadre. Et elles gagnent 9&nbsp;pour cent de moins même lorsqu’elles accomplissent un travail de valeur égale à qualifications égales. Une discrimination qui représente environ 7,7&nbsp;milliards de francs par an. 
</p><p>Il faut passer aux actes. Avec un écart salarial de 18,9&nbsp;pour cent, les femmes perçoivent près de 1500&nbsp;francs de moins par mois. Sans compter qu’elles en subissent une deuxième fois les conséquences à la retraite&nbsp;: leurs rentes sont inférieures.
</p><h3>Les limites des mesures volontaires</h3><p>L’USS est donc persuadée que les initiatives volontaires ne sont pas suffisantes&nbsp;: l’heure est aux mesures légales efficaces. L’automne passé, le Conseil fédéral a fait un pas dans ce sens&nbsp;: il veut contraindre les entreprises comptant au moins 50&nbsp;employé(e)s à réaliser régulièrement une analyse salariale interne contrôlée par des tiers. Les entreprises devraient en publier le résultat dans leur rapport annuel. Toutefois, si l’employeur n’agissait pas contre les inégalités salariales, il appartiendrait toujours aux salarié(e)s de saisir le tribunal.
</p><p>Si cette mesure va dans le bon sens, elle n’est toutefois pas suffisante pour l’USS. Il faut en effet aussi contraindre les entreprises à éliminer toute inégalité constatée. De surcroît, il faut constituer un organe tripartite qui effectuera des contrôles de salaires et pourra ordonner des mesures efficaces contre les inégalités constatées. C’est en effet la seule façon de transférer la responsabilité de mettre en œuvre le mandat constitutionnel des femmes à une instance publique, absolument indispensable, car une action en paiement du salaire est un obstacle majeur pour les salariées.
</p><h3>Égalité salariale, sans tarder&nbsp;!</h3><p>Par ailleurs, il faut améliorer de façon générale la protection des salaires en augmentant le nombre de conventions collectives du travail et en instaurant un salaire minimal national. Il importe aussi de mieux distribuer le travail rémunéré et le travail non rémunéré entre femmes et hommes. À cet effet, plusieurs mesures sont nécessaires&nbsp;: augmentation et subventionnement des places d’accueil extrafamilial des enfants, soutien pour les personnes qui s’occupent de proches dépendants, congé parental payé et horaires de travail prévisibles et réduits. Enfin, des quotas et une politique éducative qui ne fasse pas de différence entre les sexes doivent garantir que les femmes seront dûment représentées dans tous les domaines du monde du travail.
</p><p>Ne nous trompons toutefois pas&nbsp;: l’égalité salariale ne progressera que si nous les femmes nous sommes présentes sur la place publique et si nous montrons clairement que nous n’accepterons plus la discrimination salariale. C’est le sens à donner à la grande manifestation nationale du 7&nbsp;mars&nbsp;: la patience des femmes est à bout. Nous annonçons la couleur au monde politique et demandons l’égalité salariale, sans tarder.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Salaires et CCT</category><category>Repartition</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2132</guid><pubDate>Wed, 11 Feb 2015 09:10:00 +0100</pubDate><title>Solidarité avec les syndicats pakistanais !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/solidarite-avec-les-syndicats-pakistanais</link><description>L’intervention de solifonds et de l’USS
</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> L'USS et solifonds se sont adressés au gouvernement et aux autorités judiciaires du Pakistan pour protester contre la criminalisation des syndicats. Il est nécessaire que ce pays respecte tant les droits au travail que les droits syndicaux et qu'il applique les conventions de l'OIT.</p><p>Dans une lettre de protestation adressée au gouvernement et au ministère public du Pakistan, l'USS et solifonds s'inquiètent d'une pratique habituelle, la criminalisation des conflits du travail. Les dirigeants syndicaux sont ainsi inculpés d'infractions à la loi antiterroriste et traînés devant des tribunaux antiterroristes.
</p><p>Dans leur lettre, l'USS et solifonds reviennent sur l'affaire des tisserands de Faisalabad, qui, en 2010, avaient réclamé une hausse de leurs modestes salaires. En effet, ils percevaient alors une rémunération nettement inférieure au salaire minimal que le gouvernement de la province du Punjab venait de relever. Les protestations massives se sont soldées par des détentions. Trois mois plus tard, des patrons déposaient plainte pour infraction à la loi antiterroriste. En novembre 2011, 14 militants syndicaux étaient condamnés à un total de 490 années d'emprisonnement, condamnation contre laquelle ils ont interjeté recours.
</p><p>Dans leur lettre, qui aborde aussi d'autres cas, l'USS et solifonds exigent que les fausses accusations lancées contre les 14 syndicalistes soient immédiatement retirées et que l'arrêt scandaleux rendu par le tribunal antiterroriste soit révoqué. Les conflits du travail doivent être portés devant les prud'hommes, pas devant un tribunal antiterroriste.
</p><p>&lt;media 2673&gt;Teneur de la lettre&lt;/media&gt;</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2130</guid><pubDate>Wed, 11 Feb 2015 08:58:00 +0100</pubDate><title>Quand les familles à faibles revenus règlent l’ardoise ...</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/quand-les-familles-a-faibles-revenus-reglent-l-ardoise</link><description>L’initiative du PDC aide ceux qui n’en ont pas besoin</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> L'USS rejette l'initiative " Pour des allocations pour enfant et des allocations de formation professionnelle exonérées de l'impôt ", car elle réduit surtout la charge fiscale des familles aisées et car ses inconvénients l'emportent sur ses avantages pour les familles moins bien loties.</p><p>L'initiative du PDC " Pour des allocations pour enfant et des allocations de formation professionnelle exonérées de l'impôt " prétend soulager la charge fiscale des familles. En réalité, elle ne profite qu'aux familles aisées, car la moitié des ménages avec enfants sont aujourd'hui déjà exonérés de l'impôt fédéral direct. Un exemple : un couple avec deux enfants dont seulement le père ou la mère travaille ne doit acquitter l'impôt fédéral direct qu'à partir d'un revenu brut de 97 500 francs. Autre exemple : un couple avec deux enfants où le père et la mère perçoivent tous deux un revenu et peuvent donc déduire des frais de garde d'un montant de 10 000 francs ne tombe sous le coup de l'impôt fédéral direct qu'à partir d'un revenu brut de 126 000 francs.
</p><p>Certes, dans les communes et les cantons, l'assujettissement commence à un niveau inférieur, mais, ici aussi, l'initiative ne permet qu'une économie réduite pour les classes de revenus inférieures, alors qu'elle fait cadeau aux niveaux supérieurs de l'exonération des allocations pour enfant et des allocations de formation professionnelle.</p><ul><li><b>Conclusion no 1 :</b> Les familles à faibles revenus n'ont rien à gagner avec cette initiative, contrairement aux familles aisées.</li></ul><p>Si l'initiative était acceptée, les pouvoirs publics seraient privés d'environ 1 milliard de francs de recettes fiscales. Le manque à gagner serait de 200 millions pour la Confédération et d'environ 770 millions pour les cantons. Si les pouvoirs publics veulent que leurs comptes restent équilibrés, ils devront soit se procurer de nouvelles recettes, soit réduire leurs prestations. Dans cette hypothèse, les familles aisées peuvent compter sur l'argent épargné grâce à l'initiative populaire, mais les familles moins bien loties devront puiser encore plus profondément dans leurs bourses.</p><ul><li><b>Conclusion no 2 :</b> Non seulement les familles à faibles revenus n'ont-elles rien à gagner, mais elles verront même leur charge fiscale s'alourdir et seront les victimes d'une redistribution mal conçue.</li></ul><p>Mais ce n'est pas tout : il existe déjà des propositions visant à réduire la charge des familles ou à leur fournir un soutien efficace en respectant le principe de justice sociale. Ainsi, le PS propose d'introduire une déduction fixe par enfant sur le montant de l'impôt et l'USS se mobilise pour une meilleure conciliation de la vie familiale et de la vie professionnelle (écoles à horaire continu, périodes blocs, accueil extrafamilial abordable pour tous), pour un relèvement des allocations pour enfant et pour une augmentation des fonds consacrés à la réduction des primes d'assurance-maladie.
</p><p>Toutes ces propositions auraient beaucoup moins de chance d'aboutir si l'initiative populaire du PDC était acceptée. Le terrain serait occupé et le monde politique se sentirait quitte envers les familles. Une proposition médiocre, mesquine et partiale empêcherait un véritable progrès.</p><ul><li><b>Conclusion no 3 :</b> L'enjeu du 8 mars est dès lors de faire un choix en matière de politique familiale et d'éviter que tout progrès digne de ce nom dans ce domaine soit voué à l'échec pour de nombreuses années.</li></ul><p><br></p><h3>Encadré : Non à la taxe sur l'énergie</h3><p>L'USS s'oppose également à l'initiative des Vert'libéraux, véritable épée de Damoclès suspendue sur les finances de la Confédération et de l'AVS. En effet, si la taxe était efficace et freinait la consommation énergétique, elle aboutirait aussi à un recul des recettes fiscales, d'autant plus si le rapport des forces politiques en présence empêchait tout relèvement des taux applicables. De surcroît, l'initiative impose une charge excessive aux bas revenus. L'USS n'approuve les taxes sur l'énergie que si elles sont assorties d'une restitution par habitant. </p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2117</guid><pubDate>Mon, 02 Feb 2015 14:12:00 +0100</pubDate><title>Antisocial et mal adapté au but visé</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/antisocial-et-mal-adapte-au-but-vise</link><description>« Remplacer la taxe sur la valeur ajoutée par une taxe sur l’énergie : l’USS dit non</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’initiative des vert’libéraux chargera de manière disproportionnée les ménages à bas revenus et mettra en danger les finances de la Confédération et de l’AVS.</p><p>Promouvoir les énergies renouvelables et faire reculer celles qui ne le sont pas comme le pétrole, le gaz, le charbon et l’uranium, telle est la transition énergétique que l’Union syndicale suisse (USS) défend, tant pour des raisons écologiques que du point de vue des emplois en Suisse. Les syndicats rejettent pour plusieurs raisons l’initiative des vert’libéraux, qui veut remplacer la TVA par une taxe sur l’énergie.
</p><p>Premièrement, elle augmenterait de manière disproportionnée la charge des bas revenus. En effet, ces derniers ont beaucoup moins de possibilités d’investir pour passer aux énergies renouvelables (p. ex. assainissements des bâtiments, voitures électriques, etc.). Au lieu de punir celles et ceux qui n’ont pas la possibilité de changer d’énergies, le législateur doit rendre plus accessibles celles qui sont renouvelables. L’USS ne défend les taxes sur l’énergie comme instruments d’incitation que si leur produit est restitué aux gens. 
</p><p>Deuxièmement, l’initiative des vert’libéraux menace les finances de la Confédération et de l’AVS. D’une part, elle rendrait les finances publiques dépendantes de ce que nous voulons dépasser. En effet, plus nous passerons des énergies non renouvelables aux énergies renouvelables, plus le produit de la taxe diminuera. Cela nécessitera, d’autre part, de relever chaque année le taux de cet impôt. Jusqu’à ce qu’il soit si élevé que les agents énergétiques non renouvelables deviendront un produit de luxe inabordable. Ou alors, la pression politique sera si forte que le taux de la taxe ne sera plus relevé. Dans les deux cas, la caisse de la Confédération et celle de l’AVS perdraient en fin de compte des milliards. 
</p><p> La transition énergétique et la reconversion écosociale de l’économie et de la société sont des projets porteurs d’avenir et nécessaires. Or l’initiative des vert’libéraux n’en accélère pas la réalisation. Au contraire, elle est un danger pour les finances publiques et veut concrétiser la transition énergétique sur le dos des personnes à faibles revenus. Les syndicats répondent à ce projet en appelant à lui dire clairement non le 8 mars prochain.</p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2118</guid><pubDate>Mon, 02 Feb 2015 14:03:00 +0100</pubDate><title>Favoriser les familles ? Oui, mais les bonnes et vraiment !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/favoriser-les-familles-oui-mais-les-bonnes-et-vraiment</link><description>L’initiative du PDC met en place de fausses priorités</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) rejette l’initiative populaire du PDC «&nbsp;Aider les familles&nbsp;! Pour des allocations pour enfant et des allocations de formation professionnelle exonérées de l’impôt&nbsp;», car elle ne permettrait pas d’atteindre le but qu’elle vise et va dans la mauvaise direction en matière de répartition des richesses.</p><p>«&nbsp;Nous voulons renforcer les familles.&nbsp;» C’est ainsi que le PDC justifie son initiative populaire «&nbsp;Aider les familles&nbsp;!&nbsp;» sur laquelle nous voterons le 8 mars prochain. Une profession de foi qui sonne bien. Mais tiendra-t-elle ses promesses&nbsp;?
</p><p>Choisissons une réponse polie&nbsp;: seulement en partie. En effet, elle diminuerait certes le revenu imposable, mais, étant donné la progressivité de l’impôt, ce sont surtout les familles à hauts revenus qui en profiteraient. Les familles à bas revenus ne payant pas l’impôt fédéral direct, elles ne seraient donc pas concernées. D’un point de vue répartition des richesses, déduire un montant fixe de l’impôt pour les enfants aurait été une mesure beaucoup plus neutre. Mais le PDC en a décidé autrement, quelles que soient ses raisons…
</p><p>Si l’on veut renforcer les familles, on doit agir de manière ciblée d’un point de vue social. C’est pourquoi ce sont les personnes à faibles revenus qu’il faut renforcer en premier. Bien sûr, l’initiative du PDC leur offrirait bien quelques miettes, mais le hic est bien là&nbsp;: elle entraînerait une baisse des recettes fiscales d’environ un milliard de francs. Conséquence&nbsp;: soit un démantèlement des prestations publiques, soit une hausse des impôts présentée sous un autre nom. Pour les familles à faibles revenus, dans les deux cas une perspective sombre. D’une manière ou d’une autre, si l’initiative du PDC passe, ils risquent d’être les victimes d’un échange défavorable&nbsp;: le peu qu’ils gagneraient, ils devraient le payer plus cher. En bon français, «&nbsp;après&nbsp;», ils auraient sans doute moins dans la poche. 
</p><p>Dans la lutte contre la pauvreté des familles, l’USS se donne d’autres priorités, à savoir&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><span>Il faut d’abord des salaires qui soient décents et, dans toute la mesure du possible, fixés dans une convention collective de travail au champ d’application étendu.</span></li><li><span>Le principe d’un salaire égal pour un travail de valeur égale doit enfin devenir réalité. De fait, les salaires des femmes sont toujours à la traîne de près de 20&nbsp;% par rapport à ceux des hommes. Et presque la moitié de cette différence est de la «&nbsp;pure et simple&nbsp;» discrimination. Il s’agit donc d’un vol aux dépens des femmes.</span></li><li><span>Il faut pouvoir mieux concilier famille et profession (écoles à horaires continue, horaires blocs, structures d’accueil extrafamilial des enfants accessibles à tout le monde).</span></li><li><span>La hausse des allocations familiales et une meilleure réduction des primes des caisses maladie sont également urgentes.</span></li></ul><p></p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2115</guid><pubDate>Tue, 27 Jan 2015 11:27:00 +0100</pubDate><title>Le franc doit nous être utile</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/le-franc-doit-nous-etre-utile</link><description>La Banque nationale doit stabiliser le franc</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le franc est totalement hors contrôle depuis que la Banque nationale suisse (BNS) a&nbsp; aboli le taux de change plancher avec l’euro. Le cours correct devrait être de 1,30 franc pour 1 euro, mais les spéculateurs et les investisseurs le poussent à la hausse.
</p><p>Pour les salarié(e)s de ce pays, cette situation est difficile&nbsp;: salaires et emplois sont menacés si le cours extrême se maintient. Les caisses de pensions sont aussi concernées. Pressions sur les salaires, démantèlements et délocalisations menacent, surtout l’industrie d’exportation et le tourisme. Même avec le cours plancher de 1,20 franc pour 1 euro, nombre d’entreprises ont supprimé des emplois et délocalisé des parties de leur production, dont certaines traditionnelles comme Scintilla de Zuchwil (vers la Hongrie).
</p><p>Une décision incompréhensible et grave
</p><p>Syndicats et employeurs ont violemment critiqué la décision de la BNS. On ne comprend pas pourquoi elle a supprimé l’écran de protection que représentait le taux plancher précisément au moment où il était urgent de le maintenir. Si elle pensait devoir acheter trop d’euros pour défendre le taux plancher, pourquoi n’a-t-elle par exemple pas introduit plus tôt le taux négatif de 0,75&nbsp;%, en plus du taux plancher&nbsp;? L’écart entre les taux d’intérêt qui en aurait découlé par rapport à l’euro lui aurait permis de respirer un peu. 
</p><p>En l’absence d’un taux plancher, le pilotage du franc est devenu substantiellement plus ardu. Les marchés des devises ont besoin d’être guidés. En effet, le cours des monnaies peut s’éloigner sur une longue période du cours équitable supportable pour l’économie réelle. C’est pourquoi nous avons eu un taux plancher de 80 centimes pour 1 Deutschemark jusqu’à fin 1999. Il avait été introduit en 1987 et n’a jamais été aboli. Par rapport à l’euro, s’il n’y a pas eu explicitement de taux plancher, la BNS a tout de même baissé ses taux d’intérêt lorsque le taux de change est tombé à 1,50 franc, respectivement 1,45 franc pour 1 euro. Par le passé, les taux plancher ont été la règle. Les phases pendant lesquelles on n’a pas donné de but explicite ou implicite aux taux de change ont été l’exception. Souvent, durant ces phases, le cours du franc n’était pas contrôlé. Ce fut aussi à partir de la fin 2009.
</p><p>En effet, si le franc s’est si fortement apprécié en 2010, la BNS en a malheureusement été coresponsable. Au lieu de défendre systématiquement les seuils implicites de 1,50 franc et 1,45 par rapport à l’euro, elle a dit en mars 2010 que le taux de change allait à l’avenir de nouveau être soumis aux forces du marché. Conséquence&nbsp;: la limite de 1,45 franc pour 1 euro fut aussi franchie. Et le franc s’apprécia largement en l’absence de tout contrôle jusqu’à ce que la BNS introduisit finalement en septembre 2011 le taux plancher de 1,20 pour 1 euro.
</p><p>Le franc doit nous servir, pas nous nuire&nbsp;!
</p><p>La BNS ne peut pas simplement faire ce qu’elle veut. Selon le mandat que lui donne la loi sur la Banque nationale (LNB), elle doit assurer la stabilité des prix et tenir compte de l’évolution de la conjoncture (art. 5 LNB). Elle n’a pas le droit de permettre que les salaires soient mis sous pression et que le chômage augmente. Le franc doit nous être utile, pas nous nuire. La BNS doit, avec l’aide des politiques, tout entreprendre pour que cela redevienne ainsi. Les problèmes de taux de change ne peuvent être résolus qu’avec la politique monétaire. 
</p><p>Par contre, les baisses de salaire demandées par l’économie d’exportation sont politiquement et économiquement absurdes. Pour compenser les effets du franc surévalué, les salaires devraient baisser, selon la branche, de plus d’un tiers. C’est inimaginable. Aujourd’hui, l’industrie a déjà de la peine à trouver de la main-d’œuvre de qualité et de la garder. Les baisses de salaire empoisonneraient toute l’économie. Les détaillants pourraient moins vendre et les carnets de commandes de la construction se dégraderaient rapidement.
</p><p>La BNS doit stabiliser le franc à un niveau supportable. Le franc doit nous servir, pas nous nuire&nbsp;!.</p>]]></content:encoded><category>Politique monétaire</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2116</guid><pubDate>Mon, 26 Jan 2015 15:07:00 +0100</pubDate><title>Baisses de salaire et salaires en euros sont interdits</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/baisses-de-salaire-et-salaires-en-euros-sont-interdits</link><description>Abolition du cours plancher du franc : l&#039;imagination a ses limites

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="ChapeauSPitalique lead">À peine la Banque nationale suisse (BNS) avait-elle aboli le taux plancher de 1,20 franc pour 1 euro que des fusibles juridiques sautaient chez certains employeurs. Ceux-ci pensent en effet baisser les salaires des frontaliers et frontalières ou rémunérer ces derniers en euros. Quelques-uns imaginent même payer tout leur personnel en euros. La situation juridique et la jurisprudence est claire&nbsp;: toutes ces mesures sont interdites.</p><h3><span>Faire pression sur les salaires avec l’euro&nbsp;?</span></h3><p class="ParagrSPnormaux">Le franc est surévalué et, étant donné le cours trop bas de l’euro, nombre d’entreprises verront leurs recettes diminuer. C’est pourquoi beaucoup d’entreprises vont examiner ces prochains temps dans quelle mesure comprimer leurs coûts de production en baissant leurs salaires ou en versant des salaires en euros afin de répercuter le risque de change sur leurs collaborateurs et collaboratrices. &nbsp;</p><p class="ParagrSPnormaux">Certains patrons aimeraient baisser les salaires en francs des frontaliers et frontalières ou les verser en euros et d’autres payer même tout leur personnel en euros, ce qui revient à lier les salaires au cours du franc. Or, toutes ces mesures sont en contradiction avec les principes applicables ici du droit du travail ainsi qu’avec la jurisprudence. </p><h3>L’employeur n’a pas simplement carte blanche </h3><p class="ParagrSPnormaux">L’employeur dispose d’une certaine marge de manœuvre pour fixer les salaires et donc aussi pour les modifier à la baisse (à condition de respecter les règles du congé-modification), du moment qu’il respecte la bonne foi et les bonnes mœurs et que le montant du salaire reste objectivement et suffisamment prévisible. Mais il n’a pas le droit de baisser unilatéralement les salaires. </p><p class="ParagrSPnormaux">L’article 323b du Code des obligations (CO) précise que l’employeur doit payer ses salaires dans une monnaie «&nbsp;ayant cours légal&nbsp;», monnaie qui doit faire partie du contrat de travail et ne peut pas être modifiée unilatéralement par l’employeur.</p><p class="ParagrSPnormaux">L’employeur n’est pas non plus libre quant à la façon dont le contrat est conçu. D’une part, il s’agit d’appliquer la notion de protection prévue par le droit du travail, selon laquelle la partie la plus faible au contrat doit être protégée contre certaines modifications de ce dernier. D’autre part, l’application de l’Accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) doit empêcher la sous-enchère salariale qui peut toucher la main-d’œuvre suisse à travers la discrimination de citoyen(ne)s de l’Union européenne (UE). </p><h3>Le risque entrepreneurial ne peut pas être répercuté sur le personnel</h3><p class="ParagrSPnormaux">Il est interdit de répercuter le risque entrepreneurial sur le personnel (disposition impérative de l’article 323 CO, qui ne peut être modifiée ni via un contrat de travail individuel, ni via une convention collective de travail, CCT). C’est justement ce qui est le cas lorsque le cours du change défavorable assombrit les perspectives économiques d’une entreprise. Or, l’employeur doit assumer par anticipation le cours du change qui fait partie du risque entrepreneurial. Lui seul en profite en effet lorsqu’il prend une autre direction et augmente les bénéfices de son entreprise. La doctrine juridique interdit aussi les baisses de salaire sous forme de participation au résultat négatif d’une entreprise. Car là, nous sommes également en présence d’un report du risque entrepreneurial sur le personnel, ce qu’interdit l’article 322a du CO.</p><p class="ParagrSPnormaux">Pareilles dispositions, qu’elles soient introduites par des accords généraux, le congé-modification ou une CCT, sont par conséquent frappées de nullité. Elles ne peuvent pas non plus s’appuyer sur des «&nbsp;articles de crise&nbsp;» de CCT, car ceux-ci doivent respecter le droit impératif (art. 358 CO). Un employeur qui adapterait régulièrement les salaires en fonction des variations du cours du change commettrait un abus de droit (art. 2 Code civil CC).</p><h3>Le droit du travail protège aussi les frontaliers et frontalières</h3><p class="ParagrSPnormaux">L’interdiction de discriminer stipulée à l’article 2 de l’ALCP (précisée à l’art. 9 al. 1 de l’Annexe 1 de l’ACLP) interdit de traiter différemment les personnes en fonction de leur nationalité ou de leur lieu de domicile. Aucune raison économique, comme par exemple des variations du cours du change, ne peut justifier de telles discriminations. C’est pourquoi l’employeur n’a pas le droit de lier au cours de l’euro les salaires qu’il verse à ses collaborateurs et collaboratrices en provenance de l’UE ou aux frontaliers et frontalières qu’il occupe. Cela protège aussi la main-d’œuvre qui vit en Suisse, car il n’est ainsi pas possible de la mettre en concurrence avec une main-d’œuvre frontalière «&nbsp;bon marché&nbsp;», voire la remplacer par cette dernière. </p><h3>Des euros pour tout le monde&nbsp;?</h3><p class="ParagrSPnormaux">Serait-il cependant autorisé de verser des salaires en euros à tout le personnel, indépendamment de son lieu de domicile&nbsp;? Ou de lier tous les salaires à l’euro&nbsp;? La réponse est non&nbsp;!</p><p class="ParagrSPnormaux">Car, comme dit plus haut, de telles clauses, tant dans des congés-modification que dans des contrats individuels de travail ou des CCT, consisteraient à reporter le risque entrepreneurial sur le personnel (art. 324 CO, resp. selon l’art. 322a CO).</p><p> Les modifications de contrat ou les congés-modification que l’on justifierait pour modifier les salaires en euros – et/ou auraient pour conséquence des salaires variables – ou prévoiraient pareille mesure seraient frappées de nullité et considérées comme un abus de droit (art. 2 CC).
</p><h5>arrêt de tribunal : </h5><p>&lt;media 2633 - - "TEXT, Urteil BL. Lohn Euro 12-12-17 ZR 1 3 , Urteil_BL._Lohn_Euro_12-12-17_ZR_1__3_.pdf, 301 KB"&gt;Arrêt du Tribunal cantonal de Bâle-Campagne, section civile, du 17 décembre 2012, N° 400 12 152. &lt;/media&gt;
</p><h5>autres références bibliographiques : </h5><p><span style="font-size: 12.0023994445801px; line-height: 17.5200004577637px; background-image: url(http://www.sgb.ch/fileadmin/templates/gui/link_hoverline.gif); background-attachment: scroll; background-size: initial; background-origin: initial; background-clip: initial; background-position: 0% 100%; background-repeat: repeat-x; ">&lt;media 2635 - - "TEXT, LC Lohn Euro 9470 de 01, LC_Lohn_Euro_9470_de_01.pdf, 202 KB"&gt;Dr Schwaab Jean Christophe: Paiement du salaire en euros, adaptation au cours de l'euro : que dit le droit du travail ? In: Jusletter vom 8. August 2011.&lt;/media&gt;</span></p><p>Tobler Christa, Indirekte Diskriminierung wegen der Staatsangehörigkeit durch Lohnsenkungen bei schwachem Euro-Kurs, in: Zur Emeritierung von J. Stöckli (Festschrift), Bäni Eva Maria et al. (Hrsg.), Zürich 2014, S. 649 ff. 
</p><p>Pärli Kurt, Neues beim arbeitsrechtlichen Diskriminierungsschutz – mit einem Seitenblick auf die Entwicklung in der europäischen Union, in: Jusletter vom 27. Februar 2011. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2114</guid><pubDate>Mon, 26 Jan 2015 11:47:00 +0100</pubDate><title>7 mars 2015 : tous et toutes à Berne !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/7-mars-2015-tous-et-toutes-a-berne</link><description>Grande manifestation : Égalité salariale maintenant ! Pas de relèvement de l’âge de la retraite des femmes !</description><content:encoded><![CDATA[<p>Nous les femmes, nous en avons assez. Bien que la Constitution fédérale prescrive depuis 34 ans l’égalité salariale entre femmes et hommes, nous gagnons toujours, pour un travail de valeur égale, 20&nbsp;% environ de moins que les hommes. Et alors que cette différence avait au moins diminué jusqu’en 2010, elle s’est même remise à grandir ces dernières années.
</p><p>Chaque année, nous les femmes sommes privées d’environ 7,7 milliards de francs à cause de notre sexe. Par femme, cela représente 677 francs par mois, 8&nbsp;000 francs par année. De l’argent qui nous manque aujourd’hui et nous manquera plus tard dans nos rentes de vieillesse. Ainsi, chacune perd 380&nbsp;000 francs en moyenne pour le calcul de son AVS.
</p><p>C’est pour cela que les femmes veulent maintenant que le droit à un salaire égal pour un travail de valeur égale, comme le garantissent la Constitution fédérale et la loi sur l’égalité entre femmes et hommes, devienne rapidement et systématiquement la réalité. À cet effet, il faut et une volonté politique et des contrôles efficaces. Désormais, le Conseil fédéral emprunte enfin cette voie. Ce qui est d’autant plus important que l’égalité des salaires permet aussi de mieux concilier famille et profession.
</p><p>Mais un pas dans la bonne direction ne suffira pas. D’autant plus que le même Conseil fédéral veut relever parallèlement l’âge de la retraite des femmes. Si rien ne bouge, il faut que les femmes soient présentes publiquement. Nous devons clairement faire comprendre que nous ne sommes pas disposées à continuer à avaler tranquillement les discriminations salariales. Avec une grande manifestation nationale, le 7 mars prochain, nous voulons montrer que la moutarde nous monte au nez, à nous les femmes. Nous voulons dire comment les choses doivent se faire&nbsp;: nous voulons l’égalité des salaires, illico&nbsp;!
</p><p>Pour ces raisons, une vaste alliance d’organisations féminines ecclésiastiques, syndicales et bourgeoises appelle à une grande manifestation à Berne. En plus des femmes de l’Union syndicale suisse (USS) et de Travail.Suisse, on y trouve les grandes associations de femmes&nbsp;: alliance F et la Ligue suisse des femmes catholiques, ainsi que les Business &amp; Professional Women (BPW), des agricultrices, les Femmes protestantes en Suisse, l’Association suisse pour les droits de la femme (ADF) et Marche mondiale des Femmes MMF. Nous toutes, nous voulons faire venir des milliers de personnes à Berne. 
</p><p>Le 12 juin, l’USS organise en outre à Berne, avec l’institut de formation des syndicats Movendo, une journée sur le thème du contrôle des salaires. 2015 doit être une année clé pour l’égalité des salaires. Mais nous n’y parviendrons que si, le 7 mars prochain, le plus grand nombre de femmes et d’hommes aussi déterminés que possibles exigent&nbsp;: l’égalité, maintenant et pas de relèvement de l’âge de la retraite des femmes&nbsp;! Nos chances sont bonnes, car jamais encore, une alliance aussi large n’avait mobilisé pour une manifestation des femmes. Profitons-en&nbsp;: le 7 mars, tous et toutes à Berne&nbsp;!!</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Suisse</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2112</guid><pubDate>Thu, 22 Jan 2015 14:34:00 +0100</pubDate><title>Enfin une proposition qui va dans la bonne direction !</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/enfin-une-proposition-qui-va-dans-la-bonne-direction</link><description>Naturalisation facilitée pour la troisième génération</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil fédéral se déclare favorable à une naturalisation facilitée pour les enfants de la troisième génération. Un signe encourageant. </p><p>Le Conseil fédéral soutient le projet élaboré par la Commission des institutions politiques du Conseil national, qui fait suite à une intervention parlementaire intitulée «&nbsp;La Suisse doit reconnaître ses enfants&nbsp;». Cette intervention de la conseillère nationale Ada Marra date de 2008 déjà. Ce projet demande que les migrant(e)s de la troisième génération nés ayant grandi en Suisse bénéficient d’une procédure facilitée de naturalisation. Néanmoins, toute une série de conditions sont posées&nbsp;: la personne devra être née en Suisse, être intégrée et posséder une autorisation de séjour ou d’établissement. Ses parents et ses grands-parents devront également entretenir des liens étroits avec la Suisse. 
</p><p>La naturalisation ne sera toujours pas – et malheureusement – automatique. Toutefois, en proposant une procédure facilitée pour des personnes nées en Suisse et dont les parents sont également nés en Suisse, ce projet fait clairement un pas dans la bonne direction. Espérons que le Conseil national fasse preuve de la même clairvoyance que sa commission lors de la prochaine session. Le projet en question y sera en effet débattu en mars prochain.&nbsp; 
</p><p> L’USS ne peut que soutenir une telle proposition. Elle soutiendrait également avec cœur un projet identique pour les enfants de la deuxième génération.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2109</guid><pubDate>Tue, 20 Jan 2015 14:57:00 +0100</pubDate><title>Un livre anniversaire haut en couleur</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/un-livre-anniversaire-haut-en-couleur</link><description>Dix ans d’Unia</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Pour commémorer ses 10 années d’existence, le syndicat Unia s’est offert un ouvrage collectif dont les auteurs sont principalement des personnalités du mouvement syndical. «&nbsp;Une nouvelle dynamique syndicale. Dix ans d’Unia&nbsp;»<a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2015/150115_Ackermann_Livre_10ans_Unia.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a> n’est toutefois pas un livre de louanges qu’un syndicat s’autodécernerait sur sa propre histoire. Il montre surtout qu’une nouvelle dynamique s’est installée dans le mouvement syndical ces dix dernières années.</p><p>Dix ans après sa création, Unia est connu dans toute la Suisse. Son drapeau rouge frappé de son nom est devenu un label qui signifie «&nbsp;Ils et elles se défendent&nbsp;».
</p><p>Ce livre nous dit pourquoi a eu lieu la plus grande fusion de syndicats en Suisse. Dans la Suisse touchée par la crise des années 1990, certaines têtes du SIB (Syndicat industrie et bâtiment) et de la FTMH (Syndicat de l’industrie, de la construction et des services) comprirent qu’une présence durable des syndicats dans le secteur tertiaire, mis à part les télécommunications, les transports et le secteur public) n’était possible qu’avec des forces regroupées et solides. Ce fut une rupture radicale avec le passé et sa «&nbsp;pureté idéologique&nbsp;», grâce à laquelle les deux grands syndicats précités purent collaborer alors que leurs relations étaient restées longtemps réservées. Le fruit de cette rupture, ce fut d’abord la création d’un nouveau syndicat des services appelé communément le «&nbsp;petit unia&nbsp;» et qui, finalement, déboucha sur Unia à travers la fusion du SIB et de la FTHM, ainsi que de la FCTA (Fédération du commerce, des transports et de l’alimentation), un syndicat actif pour une bonne part dans les services aussi.
</p><h3>Une success-story </h3><p>En 2004, lors de la création du nouveau syndicat, Unia comptait 25&nbsp;000 membres travaillant dans les services, un nombre qui a doublé depuis. Un succès.
</p><p>Un deuxième but d’Unia était de renforcer la capacité du syndicat à mobiliser. Un but qui fut réalisé. En particulier, Unia a réussi à étoffer encore plus le réseau des militant(e)s syndicaux. Son livre anniversaire prouve par le menu, à travers plusieurs contributions, cette capacité à mobiliser les travailleurs et travailleuses&nbsp;: pendant ces dix années, Unia a été activement présent lors de 70 grèves et 30 actions de protestation environ. 
</p><p>Finalement, Unia a aussi augmenté la couverture conventionnelle, c’est-à-dire par des conventions collectives de travail (CCT). Ici, les principaux jalons sont l’extension du champ d’application de la CCT du nettoyage, la nouvelle CCT du travail temporaire et celle du commerce de détail dans quelques cantons, comme ceux de Genève et Neuchâtel ainsi que la ville de Lausanne par exemple.
</p><p>Dans une longue interview, le président de l’USS, Paul Rechsteiner, souligne surtout le fait qu’Unia a été capable de créer un certain ciment émotionnel grâce à son projet pour les militant(e)s, de quoi accroître la puissance de la fusion. Et quand il lui est demandé si l’ampleur de la présence d’Unia ne dérange pas les autres syndicats, il parle d’une «&nbsp;relation mature avec sa taille&nbsp;». Selon lui, il faut être conscient du fait que les grands projets ne peuvent être réalisés qu’ensemble. Et d’ailleurs, la collaboration au sein de l’USS est bonne, estime-t-il aussi.
</p><p>Ces contributions (et d’autres sur l’engagement international du syndicat, son personnel) sont émaillées de portraits de membres actifs et complétées par des illustrations nombreuses ainsi qu’une riche documentation. Le résultat en est un livre vivant, haut en couleur mais aussi bien centré sur des faits et des événements concrets. Ce qui nous montre un syndicat qui est parvenu à forger des personnalités proches de la base qui, à leur tour, ont forgé leur organisation. 
</p><p> Bravo&nbsp;! 
</p><hr><p><a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2015/150115_Ackermann_Livre_10ans_Unia.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Une nouvelle dynamique syndicale. Dix ans d’Unia, Unia (éd.), Rotpunktverlag, 2014, Zurich&nbsp;; en librairie ou chez <a href="http://www.unia.ch/fr/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Unia</a>.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2096</guid><pubDate>Mon, 12 Jan 2015 15:27:00 +0100</pubDate><title>Ce qui change et ce qui ne change pas</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/ce-qui-change-et-ce-qui-ne-change-pas</link><description>Sécurité sociale en 2015</description><content:encoded><![CDATA[<p class="Titre2eSPgras lead">En matière de sécurité sociale, qu’est-ce qui a changé ou n’a pas changé avec la nouvelle année&nbsp;? Ci-après, une vue d’ensemble des principaux changements intervenus au début 2015 concernant les prestations et les cotisations de la sécurité sociale, ainsi que des révisions d’assurances en cours.</p><h3>AVS</h3><p class="ParagrSPnormaux"><strong>Adaptation des rentes AVS&nbsp;:</strong> après la dernière adaptation de 2013, les rentes ont été à nouveau adaptées cette année à l’évolution des salaires et des prix (indice mixte). La rente minimale a été augmentée de 5 francs, soit 0,4&nbsp;%. La raison de cette hausse très modeste est la relative stabilité des prix à la consommation en 2014. L’indice mixte a été fixé en décembre 2014 sur la base d’un renchérissement estimé à 0-0,5&nbsp;% seulement. En 2015, les rentes minimales et maximales se montent donc à&nbsp;:</p><table border="1" cellpadding="0" cellspacing="0" class="contenttable" style="width:439.4pt"><tbody><tr><td style="background-color:red; border-color:windowtext white white windowtext; border-left-style:solid; border-right-style:solid; border-top-style:solid; border-width:1pt; height:17.0pt; width:155.9pt"><p class="Absatznormal">&nbsp;</p></td><td colspan="2" style="background-color:red; border-bottom:none; border-left:none; border-right:solid white 1.0pt; border-top:solid windowtext 1.0pt; height:17.0pt; width:5.0cm"><p class="Absatznormal">Minimum</p></td><td colspan="2" style="background-color:red; border-bottom:none; border-left:none; border-right:solid windowtext 1.0pt; border-top:solid windowtext 1.0pt; height:17.0pt; width:5.0cm"><p class="Absatznormal">Maximum</p></td></tr><tr><td style="background-color:red; border-bottom-color:white; border-bottom-width:1pt; border-left-color:windowtext; border-left-style:solid; border-left-width:1pt; border-right-style:none; border-top-style:none; height:17.0pt; width:155.9pt"><p class="Absatznormal">&nbsp;</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:70.85pt"><p class="Absatznormal">ancien</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:70.9pt"><p class="Absatznormal">nouveau</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:70.85pt"><p class="Absatznormal">ancien</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:70.9pt"><p class="Absatznormal">nouveau</p></td></tr><tr><td style="background-color:red; border-bottom-color:white; border-bottom-width:1pt; border-left-color:windowtext; border-left-style:solid; border-left-width:1pt; border-right-style:none; border-top-style:none; height:17.0pt; width:155.9pt"><p class="Absatznormal">Rente simple</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:70.85pt"><p class="Absatznormal">Fr. 1&nbsp;170</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:70.9pt"><p class="Absatznormal">Fr. 1&nbsp;175</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:70.85pt"><p class="Absatznormal">Fr. 2&nbsp;340</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:70.9pt"><p class="Absatznormal">Fr. 2&nbsp;350</p></td></tr><tr><td style="background-color:red; border-bottom-color:white; border-bottom-width:1pt; border-left-color:windowtext; border-left-style:solid; border-left-width:1pt; border-right-style:none; border-top-style:none; height:17.0pt; width:155.9pt"><p class="Absatznormal">Rente de couple</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:70.85pt"><p class="Absatznormal">Fr. 2&nbsp;340</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:70.9pt"><p class="Absatznormal">Fr. 2&nbsp;350</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:70.85pt"><p class="Absatznormal">Fr. 3&nbsp;510</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:70.9pt"><p class="Absatznormal">Fr. 3&nbsp;525</p></td></tr><tr><td style="background-color:red; border-bottom-color:white; border-bottom-width:1pt; border-left-color:windowtext; border-left-style:solid; border-left-width:1pt; border-right-style:none; border-top-style:none; height:17.0pt; width:155.9pt"><p class="Absatznormal">Rente de veuf/veuve</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:70.85pt"><p class="Absatznormal">Fr. 936</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:70.9pt"><p class="Absatznormal">Fr. 940</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:70.85pt"><p class="Absatznormal">Fr. 1&nbsp;872</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:70.9pt"><p class="Absatznormal">Fr. 1&nbsp;880</p></td></tr><tr><td style="background-color:red; border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-color:windowtext; border-left-style:solid; border-left-width:1pt; border-right-style:none; border-top-style:none; height:17.0pt; width:155.9pt"><p class="Absatznormal">Rente d’orpelin et pour enfant</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:70.85pt"><p class="Absatznormal">Fr. 468</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:70.9pt"><p class="Absatznormal">Fr. 470</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:70.85pt"><p class="Absatznormal">Fr. 936</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:70.9pt"><p class="Absatznormal">Fr. 940</p></td></tr></tbody></table><p class="ParagrSPnormaux">L’adaptation à intervalles réguliers des rentes AVS aux prix et aux salaires doit être considérée comme positif au premier abord. Mais cette impression est vite détrompée par le fait qu’en raison de son mode de calcul, l’indice des salaires utilisé ne reflète qu’imparfaitement l’évolution effective des salaires. Conséquence&nbsp;: la rente AVS correspond a une part toujours plus faible du dernier revenu des rentiers et rentières.</p><p class="ParagrSPnormaux"><strong>Adaptation des allocations pour impotent de l’AVS&nbsp;:</strong> pour les bénéficiaires de rentes AVS, la hausse de ce dernières s’accompagne d’une hausse des allocations pour impotent. Peuvent en bénéficier les rentiers et rentières AVS qui ont besoin d’une aide de tiers pour accomplir les «&nbsp;actes ordinaires de la vie&nbsp;», de soins ou d’un accompagnement constants. Pour une impotence grave, l’allocation correspond à 80&nbsp;% de la rente AVS minimale (Fr.&nbsp;940), pour une impotence moyenne à 50&nbsp;% (Fr.&nbsp;588) et, pour une impotence faible, les personnes vivant encore la maison ont droit à une allocation de 235 francs (20&nbsp;%).</p><p class="ParagrSPnormaux"><strong>Obligation de cotiser&nbsp;:</strong> les cotisations des indépendant(e)s et des personnes sans activité lucrative restent inchangées. Les personnes exerçant une activité indépendante dont le revenu annuel a été supérieur à 56&nbsp;200 francs en 2013/2014 ont dû s’acquitter de cotisations AVS/AI et allocations pour perte de gain représentant 9,7&nbsp;% de leur revenu. Si elles ont gagné moins que cette somme, leur taux de cotisation s’est situé entre 5,223 et 9,202&nbsp;% (barème dégressif). La limite supérieure du barème dégressif correspond à quatre fois le montant annuel de la rente AVS minimale. Avec la hausse de celle-ci à 1&nbsp;175 francs depuis le 1<sup>er</sup> janvier 2015, le revenu annuel maximum passe à 56&nbsp;400 francs. Quant à la cotisation annuelle maximale des indépendant(e)s et des personnes sans activité lucrative à l’AVS/AI et aux allocations pour perte de gain, elle reste fixée à 480&nbsp;francs (AVS&nbsp;: Fr.&nbsp;392&nbsp;; AI&nbsp;: Fr. 65&nbsp;; alloc. perte de gain&nbsp;: Fr.&nbsp;23). Ainsi, la cotisation minimale pour l’AVS/AI facultative reste inchangée&nbsp;: 914 francs par an, car elle correspond au double de la cotisation minimale de l’assurance obligatoire.</p><p class="ParagrSPnormaux">À partir du 1<sup>er</sup> janvier 2015, les «&nbsp;petits boulots&nbsp;» effectués par des jeunes ou des jeunes adultes (jusqu’à 25 ans) sont exemptés de cotisations AVS. Il s’agit ici de revenus obtenus en travaillant pour des ménages privés inférieurs à 750&nbsp;francs par an. La loi n’oblige donc pas les personnes qui occupent des baby-sitters à verser des cotisations patronales à l’AVS, sauf si l’employé(e)s l’exige ou si son salaire dépasse les 750 francs par an.</p><h3>AI</h3><p class="ParagrSPnormaux"><strong>Adaptation des rentes AI&nbsp;:</strong> comme pour les rentes AVS, ces rentes augmentent en 2015. Elles sont différenciées en fonction du degré d’invalidité en rentes complètes, trois quarts de rente, demi-rentes ou quarts de rente. Les rentes AI minimales et maximales sont les suivantes en 2015&nbsp;:</p><table border="1" cellpadding="0" cellspacing="0" class="contenttable" style="width:440.75pt"><tbody><tr><td style="background-color:red; border-bottom-color:white; border-bottom-width:1pt; border-left-color:windowtext; border-left-style:solid; border-left-width:1pt; border-right-style:none; border-top-color:windowtext; border-top-style:solid; border-top-width:1pt; height:17.0pt; width:83.55pt"><p class="Absatznormal">&nbsp;</p></td><td style="background-color:red; border-bottom:none; border-left:none; border-right:solid white 1.0pt; border-top:solid windowtext 1.0pt; height:17.0pt; width:89.3pt"><p class="Text">Rente complète</p></td><td style="background-color:red; border-bottom:none; border-left:none; border-right:solid white 1.0pt; border-top:solid windowtext 1.0pt; height:17.0pt; width:89.3pt"><p class="Text">¾ de rente</p></td><td style="background-color:red; border-bottom:none; border-left:none; border-right:solid white 1.0pt; border-top:solid windowtext 1.0pt; height:17.0pt; width:89.3pt"><p class="Text">½ rente</p></td><td style="background-color:red; border-bottom:none; border-left:none; border-right:solid windowtext 1.0pt; border-top:solid windowtext 1.0pt; height:17.0pt; width:89.3pt"><p class="Text">¼ de rente</p></td></tr><tr><td style="background-color:red; border-bottom-color:white; border-bottom-width:1pt; border-left-color:windowtext; border-left-style:solid; border-left-width:1pt; border-right-color:white; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:83.55pt"><p class="Text">Rente d’invalidité*</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:89.3pt"><p class="Text">Fr.&nbsp;1&nbsp;175 /&nbsp;2&nbsp;350</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:89.3pt"><p class="Text">Fr.&nbsp;882 /&nbsp;1&nbsp;763</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:89.3pt"><p class="Text">Fr.&nbsp;588 /&nbsp;1&nbsp;175</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:89.3pt"><p class="Text">Fr.&nbsp;294 /&nbsp;588</p></td></tr><tr><td style="background-color:red; border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-color:windowtext; border-left-style:solid; border-left-width:1pt; border-right-color:white; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:83.55pt"><p class="Text">Rente pour enfant*</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:89.3pt"><p class="Text">Fr.&nbsp;470&nbsp;/&nbsp;940</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:89.3pt"><p class="Text">Fr.&nbsp;353 /&nbsp;705</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:89.3pt"><p class="Text">Fr. 235 /&nbsp;470</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:89.3pt"><p class="Text">Fr.&nbsp;118 /&nbsp;235</p></td></tr></tbody></table><p class="Text">*Rente minimale/maximale</p><p class="ParagrSPnormaux"><strong>Adaptation des allocations pour impotent de l’AI&nbsp;:</strong> celles-ci sont augmentées comme celles de l’AVS. Dans l’AI, on fait la différence entre les personnes vivant dans un home et personnes vivant à la maison. Pour celles qui vivent à la maison, l’allocation se monte, selon le degré d’impotence, à 470 francs (faible), 1&nbsp;175 francs (moyen) et 1&nbsp;880 francs (grave). Pour les personnes en home, elle est de 118 francs (faible), 294 francs (moyen) et 470 francs (grave). Les mineur(e)s peuvent aussi recevoir des allocations pour impotent s’ils vivent à la maison. Leur montant est calculé par jour et est, selon le degré d’impotence, de 15,70 francs (faible), 39,20 francs (moyen) et 62,70 francs (grave).</p><h3>Prestations complémentaires (PC)</h3><p class="ParagrSPnormaux">En raison de l’adaptation des rentes AVS, les PC sont aussi adaptées selon l’indice mixte. Ainsi, le montant prévu pour la couverture des besoins vitaux est augmenté. Ceux-ci jouent un rôle dans le calcul des dépenses reconnues et est désormais de&nbsp;:</p><table border="1" cellpadding="0" cellspacing="0" class="contenttable" style="width:440.75pt"><tbody><tr><td style="background-color:red; border-color:windowtext white white windowtext; border-left-style:solid; border-right-style:solid; border-top-style:solid; border-width:1pt; height:31.2pt; width:219.65pt"><p class="Absatznormal">Montants annuels pour la couverture des besoins vitaux</p></td><td style="background-color:red; border-bottom:none; border-left:none; border-right:solid white 1.0pt; border-top:solid windowtext 1.0pt; height:31.2pt; width:110.55pt"><p class="Absatznormal">Ancien</p></td><td style="background-color:red; border-bottom:none; border-left:none; border-right:solid windowtext 1.0pt; border-top:solid windowtext 1.0pt; height:31.2pt; width:110.55pt"><p class="Absatznormal">Nouveau</p></td></tr><tr><td style="background-color:red; border-bottom-color:white; border-bottom-width:1pt; border-left-color:windowtext; border-left-style:solid; border-left-width:1pt; border-right-color:white; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:219.65pt"><p class="Text">Personnes vivant seules</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:110.55pt"><p class="Text">Fr. 19&nbsp;210</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:110.55pt"><p class="Absatznormal">Fr. 19&nbsp;290</p></td></tr><tr><td style="background-color:red; border-bottom-color:white; border-bottom-width:1pt; border-left-color:windowtext; border-left-style:solid; border-left-width:1pt; border-right-color:white; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:219.65pt"><p class="Text">Couples</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:110.55pt"><p class="Text">Fr. 28&nbsp;815</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:110.55pt"><p class="Absatznormal">Fr. 28&nbsp;935</p></td></tr><tr><td style="background-color:red; border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-color:windowtext; border-left-style:solid; border-left-width:1pt; border-right-color:white; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:219.65pt"><p class="Text">Orphelin(e)s</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:110.55pt"><p class="Text">Fr. 10&nbsp;035</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:110.55pt"><p class="Absatznormal">Fr. 10&nbsp;080</p></td></tr></tbody></table><h3>&nbsp;</h3><h3>Prévoyance professionnelle</h3><p class="ParagrSPnormaux">Adaptation des montants-limites&nbsp;: les adaptations faites dans l’AVS ont pour effet que les montants-limites de la prévoyance professionnelle obligatoire ont été relevés. Ont entre autres augmenté le salaire minimum annuel («&nbsp;seuil d’entrée&nbsp;») à partir duquel il est obligatoire de s’assurer dans la prévoyance professionnelle et les limites de salaire à l’intérieur desquelles une institution de prévoyance professionnelle doit obligatoirement appliquer les conditions fixées dans la LPP, comme le taux d’intérêt minimal ou le taux de conversion minimal (salaire coordonné).</p><p class="ParagrSPnormaux">&nbsp;</p><table border="1" cellpadding="0" cellspacing="0" class="contenttable" style="width:440.75pt"><tbody><tr><td style="background-color:red; border-color:windowtext white white windowtext; border-left-style:solid; border-right-style:solid; border-top-style:solid; border-width:1pt; height:31.2pt; width:219.65pt"><p class="Absatznormal">&nbsp;</p></td><td style="background-color:red; border-bottom:none; border-left:none; border-right:solid white 1.0pt; border-top:solid windowtext 1.0pt; height:31.2pt; width:110.55pt"><p class="Text">Ancien</p></td><td style="background-color:red; border-bottom:none; border-left:none; border-right:solid windowtext 1.0pt; border-top:solid windowtext 1.0pt; height:31.2pt; width:110.55pt"><p class="Text">Nouveau</p></td></tr><tr><td style="background-color:red; border-bottom-color:white; border-bottom-width:1pt; border-left-color:windowtext; border-left-style:solid; border-left-width:1pt; border-right-color:white; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:219.65pt"><p class="Text">Seuil d’entrée</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:110.55pt"><p class="Text">Fr. 21&nbsp;060</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:110.55pt"><p class="Text">Fr. 21&nbsp;150</p></td></tr><tr><td style="background-color:red; border-bottom-color:white; border-bottom-width:1pt; border-left-color:windowtext; border-left-style:solid; border-left-width:1pt; border-right-color:white; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:219.65pt"><p class="Text">Déduction de coordination</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:110.55pt"><p class="Text">Fr. 24&nbsp;570</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:110.55pt"><p class="Text">Fr. 24&nbsp;675</p></td></tr><tr><td style="background-color:red; border-bottom-color:white; border-bottom-width:1pt; border-left-color:windowtext; border-left-style:solid; border-left-width:1pt; border-right-color:white; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:219.65pt"><p class="Text">Limite supérieure du salaire annuel</p><p class="Text">formateur de rente LPP</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:110.55pt"><p class="Text">Fr. 84&nbsp;240</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:110.55pt"><p class="Text">Fr. 84&nbsp;600</p></td></tr><tr><td style="background-color:red; border-bottom-color:white; border-bottom-width:1pt; border-left-color:windowtext; border-left-style:solid; border-left-width:1pt; border-right-color:white; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:219.65pt"><p class="Text">Salaire coordonné maximal</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:110.55pt"><p class="Text">Fr. 59 670</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:110.55pt"><p class="Text">Fr. 59&nbsp;925</p></td></tr><tr><td style="background-color:red; border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-color:windowtext; border-left-style:solid; border-left-width:1pt; border-right-color:white; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:219.65pt"><p class="Text">Salaire coordonné minimal</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:110.55pt"><p class="Text">Fr. 3&nbsp;510</p></td><td style="border-bottom-color:windowtext; border-bottom-width:1pt; border-left-style:none; border-right-color:windowtext; border-right-style:solid; border-right-width:1pt; border-top-style:none; height:17.0pt; width:110.55pt"><p class="Text">Fr. 3&nbsp;525</p></td></tr></tbody></table><p class="ParagrSPnormaux">&nbsp;</p><p class="ParagrSPnormaux"><strong>Adaptation du taux d’intérêt minimal&nbsp;:</strong> le Conseil fédéral a décidé en octobre 2014 de fixer à 1,75&nbsp;% le taux d’intérêt minimal que les institutions de prévoyance devront servir en 2015 sur les avoirs de leurs assuré(e)s (prévoyance obligatoire). Cela, alors que celles-ci avaient pu réaliser auparavant des bons résultats grâce à l’évolution réjouissante des rendements de leurs placements sur le marché des actions et immobilier. Pour prendre sa décision, le Conseil fédéral se base toujours sur la formule préconisée par la majorité de la commission LPP. Or cette formule sous-estime les possibilités de rendement parce qu’elle part d’une allocation de placements à faible risque trop prudente, qui accorde trop de poids aux obligations et contient en plus un abattement de sécurité que la loi ne prévoit pas.</p><p class="ParagrSPnormaux"><strong>Pas d’adaptation des rentes de survivants et d’invalidité de la LPP&nbsp;:</strong> ce type de rente de la prévoyance professionnelle obligatoire ne sera pas augmenté cette année. Normalement, ces rentes sont adaptées tous les deux ans au renchérissement jusqu’à l’âge ordinaire de la retraite, en même temps que les rentes AVS. Une compensation du renchérissement est garantie pour la première fois après trois années. Elle correspond à la hausse survenue entre l’indice suisse des prix à la consommation du mois de septembre de l’année qui a précédé la dernière adaptation (resp., pour une première adaptation, à l’indice de septembre de l’année lors de laquelle la rente a commencé&nbsp;; ici, 2011) et l’indice de septembre de l’année qui a précédé la nouvelle adaptation (ici, 2014). Comme l’indice de septembre des années 2008 à 2012 était plus élevé qu’en septembre 2014, les rentes de survivants et d’invalidité ne doivent pas être adaptées. La prochaine adaptation aura lieu au plus tôt en 2017 si les rentes AVS sont alors à nouveau adaptées selon l’indice mixte.</p><p class="ParagrSPnormaux">C’est l’organe supérieur de l’institution de prévoyance qui décide d’une adaptation des rentes de vieillesse à l’évolution des prix, la prévoyance professionnelle obligatoire ne prévoyant ici pas d’adaptation automatique.</p><h3>Prévoyance personnelle liée (pilier 3a)</h3><p class="ParagrSPnormaux">La déduction fiscale maximale autorisée dans la prévoyance personnelle liée (pilier 3a) a été relevée à 6&nbsp;768 francs (anciennement&nbsp;: Fr.&nbsp;6&nbsp;739) pour les personnes assurées dans la prévoyance professionnelle, respectivement de 33&nbsp;840 francs (anciennement&nbsp;: Fr. 33&nbsp;696) pour les personnes qui ne le sont pas.</p><h3>Allocations familiales</h3><p class="ParagrSPnormaux">Il y a aussi quelques changements en ce qui concerne les allocations familiales suite à l’adaptation des rentes AVS. Ainsi, les personnes exerçant une activité lucrative doivent désormais gagner au moins 7&nbsp;050 francs par année (anciennement Fr. 7&nbsp;020) pour avoir droit à des allocations familiales complètes. Si elles gagnent moins, elles ont droit aux allocations familiales pour personnes sans activité lucrative, pour autant que leur revenu imposable annuel ne dépasse pas, selon le droit fédéral, le montant de 42&nbsp;300 francs (anciennement Fr.&nbsp;42&nbsp;120), ne touchent pas de rente de vieillesse ordinaire ou de PC en plus de l’AVS/AI et si le conjoint ne reçoit pas non plus de rente de vieillesse ordinaire. Ce plafond prévu pour les personnes sans activité lucrative s’applique dans la majorité des cantons. Seuls les cantons de Vaud (plafond de Fr.&nbsp;56 400), de Genève, du Jura et du Tessin (pas de plafond) font exception. Le montant du revenu maximal d’un enfant en formation à partir duquel s’éteint le droit à des allocations familiales a aussi été adapté. Il est de 28&nbsp;200 francs (anciennement Fr.&nbsp;28&nbsp;080).</p><h3>Assurance-maladie</h3><p class="ParagrSPnormaux">L’assurance-maladie de base obligatoire est aussi devenue plus chère en 2015. En moyenne, les primes des caisses maladie ont été relevées de 4&nbsp;%, la hausse oscillant entre 2,7 et 6,8&nbsp;% selon le canton. L’augmentation permanente des primes des caisses maladie grève lourdement les budgets des ménages et les réductions des primes parviennent toujours moins à atténuer cette charge. Les derniers calculs faits à ce sujet montrent que, alors que les primes ont, corrigé de l’inflation, presque doublé en moyenne depuis 1997 (94&nbsp;%), les réductions de primes n’ont augmenté que d’un bon tiers (36&nbsp;%&nbsp;; cf. &lt;media 2567&gt;Dossier N°&nbsp;108 de l’USS&lt;/media&gt;).</p><h3>De quoi sera-t-il question en 2015&nbsp;?</h3><p class="ParagrSPnormaux"><strong>«&nbsp;Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;» et initiative populaire «&nbsp;AVSplus&nbsp;: pour une AVS forte&nbsp;»</strong>&nbsp;: en 2015, le projet «&nbsp;Prévoyance vieillesse&nbsp;» (réforme des 1<sup>er</sup> et 2<sup>e</sup> piliers) et l’initiative populaire AVSplus de l’USS (hausse de 10 % des rentes AVS) entreront dans la phase parlementaire. La première Chambre à traiter de «&nbsp;Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;» sera le Conseil des États. Le message du Conseil fédéral a été adopté le 19 novembre 2014. Il ne se différencie que peu du projet mis en consultation fin 2013. Les lignes directrices de ce vaste programme de réforme sont, entre autres, le relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans des femmes, la flexibilisation de l’âge de la retraite avec, notamment, l’introduction de rentes partielles, le financement additionnel de l’AVS via une hausse de la TVA, la redéfinition de la contribution de la Confédération au financement de l’AVS, le blocage automatique des hausses de rentes, la réduction des prestations destinées aux veuves mais avec une hausse des rentes pour orphelins, la baisse de 6,8 à 6&nbsp;% du taux de conversion minimal LPP et la suppression de la déduction de coordination dans la prévoyance professionnelle.</p><p class="ParagrSPnormaux">Comme l’actuel niveau des rentes n’est pas suffisant pour les bas et moyens revenus, et surtout pour les femmes et que le mandat constitutionnel, selon lequel les rentes des 1<sup>er</sup> et 2<sup>e</sup> piliers doivent permettre de «&nbsp;maintenir de manière appropriée son niveau de vie antérieur&nbsp;», n’est toujours pas rempli, l’USS a lancé fin 2013 son initiative AVSplus, qui passera également au Parlement cette année encore, d’abord au Conseil des États, puis au Conseil national. Cette initiative demande le relèvement de 10&nbsp;% des rentes AVS. Pour les personnes vivant seules, la rente AVS mensuelle moyenne augmenterait ainsi d’environ 200 francs, d’environ 350 pour les rentes de couple.</p><p class="ParagrSPnormaux"><strong>Révision de la loi sur l’assurance-accidents (LAA)&nbsp;:</strong> en 2015, le Parlement débattra du message additionnel relatif à la modification de la LAA adopté le 19 septembre 2014 par le Conseil fédéral. La première révision de la LAA ayant échoué en 2011 aux Chambres fédérales, le nouveau projet a été mis au point par les partenaires sociaux. Il bénéficie ainsi d’un large soutien. Ce projet prévoit entre autres des adaptations de la loi destinées à empêcher qu’une personne ne soit pas assurée contre les accidents alors qu’elle dispose d’un contrat de travail. Le problème des personnes invalides par accident qui peuvent se trouver surindemnisées une fois qu’elles atteignent l’âge ordinaire de la retraite a été résolu. Et cela, sans que leur situation soit aujourd’hui moins bonne que si elles n’avaient pas eu d’accident.</p><p class="ParagrSPnormaux"><strong>Réforme des PC et hausse des montants maximaux pris en compte au titre du loyer&nbsp;:</strong> s’il en va selon la volonté du Conseil fédéral, la hausse, qui n’a que trop attendu, de ces montants maximaux pris en compte dans les PC, aura enfin lieu en 2015. Un message du Conseil fédéral allant dans ce sens a été transmis au Parlement le 17 décembre 2014. Personne ne conteste qu’il faille agir ici. De fait, les montants maximaux n’ont plus été relevés depuis 2001, alors que les loyers ont augmenté d’en moyenne plus de 21&nbsp;% depuis lors.</p><p>&nbsp;</p><p class="ParagrSPnormaux">Le Conseil fédéral ne veut pas en rester à ce seul changement en ce qui concerna la loi fédérale sur les PC et prévoit pour 2015 le lancement d’une réforme de ces dernières, dont le but devra être de freiner la hausse des coûts des PC. À cause de la répartition des compétences entre les cantons et la Confédération, les possibilités qu’a cette dernière de piloter ce dossier sont limitées. Par quel moyen, la Confédération peut-elle atteindre avec précision ce but, la phase de consultation, qui devrait débuter pendant le premier semestre 2015 encore, nous le dira. Les décisions de principe publiées à l’été 2014 n’augurent rien de bon. Il sera entre autres question de relever les montants de la fortune librement disponible. Cela concernerait surtout les pensionnaires de homes, car ceux-ci doivent souvent recourir à leur fortune pour financer l’acquisition d’articles d’hygiène, leurs rendez-vous chez le coiffeur et le médecin ou encore des frais de transport. Les montants prévus pour les dépenses personnelles en home sont tout simplement trop faibles. &nbsp;</p><p class="Text">&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category><category>Santé</category><category>Assurance-accidents</category><category>Assurance-invalidité</category><category>Prestations complémentaires</category><category>Prévoyance professionnelle</category><category>AVS</category><enclosure url="https://sgb.ch/fileadmin/redaktion/photos/illustrativ/steuern-zahlen/Rechnungen-viele_iStock-rawpixel_klein.jpg" length="556986" type="image/jpeg"/></item><item><guid isPermaLink="false">news-2090</guid><pubDate>Thu, 18 Dec 2014 13:28:00 +0100</pubDate><title>Sous les drapeaux, la lutte et l’expo</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/sous-les-drapeaux-la-lutte-et-l-expo</link><description>Histoire des syndicats : exposition de drapeaux à Lausanne</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">À partir d’une collection unique en Suisse, l’exposition en cours à l’Espace Arlaud raconte les organisations ouvrières vaudoises. Une occasion unique de découvrir des bannières syndicales du milieu du XIXe siècle à nos jours, jusqu’au 25 janvier prochain.</p><p>Cet article d'Yves Sancey est paru dans le journal de syndicom n° 13 du 7.11.2014, dont il est le rédacteur.
</p><p>Au départ, il y avait le drapeau. Pièce d’étoffe attachée à une hampe flottant au vent pour attirer le regard. Symbole d’identité et de reconnaissance, un outil pour transmettre des messages, rallier les hommes et les femmes et éveiller les émotions. Au départ, il y avait beaucoup de drapeaux. Une collection exceptionnelle de 46 drapeaux remis aux archives par Unia, réparés, bichonnés et enfin exposés. Vraiment exceptionnelle ? « Par le nombre et la durée couverte, de 1873 à 2004. Par la diversité des professions et des branches, par la qualité des pièces, l’iconographie toujours typique et riche, que ce soit avec des outils, des motifs symboliques ou des saynètes », répond Patrick Auderset, l’un des deux commissaires de l’exposition. « Nous avons cherché à retrouver de la documentation, voir ce que disaient les drapeaux, et quelles étaient les conditions de travail et de vie à leur époque », relève Marianne Enckell, la seconde. Tous ne sont pas exposés, mais d’autres syndicats, comme les typos et les postiers, ont prêté leurs étendards. 
</p><h3>Mise en contexte </h3><p>C’est une occasion unique de revenir sur l’histoire ouvrière vaudoise en s’appuyant sur ces magnifiques bannières reflétant les identités syndicales. Pour Auderset, « il ne s’agit pas juste d’une succession de drapeaux, mais de les mettre en contexte ». Par leurs symboles et leurs devises, ces bannières véhiculent les principales valeurs du mouvement ouvrier, de son émergence dans la seconde moitié du XIXe siècle à ses mutations les plus récentes. Au fil d’un parcours soigné et intelligemment didactique, on découvre ces étendards ouvriers vaudois, témoignages d’une époque où la soie brodée remplaçait avantageusement le polyester imprimé. Les premiers drapeaux témoignent de la formation d’une identité spécifique et de la volonté de la manifester dans l’espace public, d’abord en catimini, puis de manière de plus en plus affirmée.
</p><h3>Drapeaux rouges </h3><p>« En 1890 est célébré le premier 1er Mai. C’est le moment où le mouvement ouvrier syndical, mais aussi politique, se développe vraiment. Beaucoup de drapeaux sont fabriqués depuis cette époque-là », explique Patrick Auderset. À partir de la dernière décennie du XIXe siècle, les drapeaux – désormais rouges pour la plupart et plus nombreux – sont de tous les rassemblements ouvriers, qu’ils soient syndicaux, politiques, culturels ou autres. Ils proclament fièrement l’appartenance de classe et revendiquent une société nouvelle, basée sur la solidarité et la justice sociale. 
</p><p>Les typos lausannois sont sans doute les premiers syndiqués à se doter d’un drapeau rouge. Le coût est conséquent, quatre ou cinq mois de salaire. Une soirée récréative avec tombola est alors organisée. On peut admirer un drapeau rouge de la section de Lausanne de la Fédération suisse des employés des postes et télégraphes de 1924. L’exposition présente par ailleurs une pièce rare de la Commune de Paris (1871). Un petit film sur la piscine de Bellerive dans les années trente permet une mise en contexte de l’entre-deux-guerres. 
</p><h3>Nouvelle culture du logo </h3><p>Au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, les drapeaux se font moins revendicatifs, les slogans « L’Union fait la force » ou « Soyons unis – soyons forts » disparaissent progressivement pour laisser la place au nom du syndicat et à son sigle. En lien avec les fusions syndicales, une nouvelle culture se développe autour du logo. La volonté d’être visible dans l’opinion publique. 
</p><p>Banderoles et pancartes font également leur apparition dès les années septante, permettant à d’autres composantes du mouvement ouvrier, femmes et migrants, de s’exprimer. Logiquement, le drapeau, instrument du changement social, en est aussi le reflet. L’exposition se clôt d’ailleurs sur des photos, drapeaux et banderoles exprimant cette nouvelle culture de l’emblème.&nbsp; 
</p><h3>Catalogue d’expo </h3><p>Un catalogue, richement illustré et relatant la genèse de l’exposition, la place des drapeaux dans l’histoire, leur signification, leur conservation, a été rédigé par Marianne Enckell et Patrick Auderset ainsi que d’autres spécialistes. Il recense également tous les drapeaux de la collection Unia. Le livre est disponible au prix de 20 fr. à l’Espace Arlaud et à la boutique du Palais de Rumine. Il peut aussi être commandé auprès du Musée cantonal d’archéologie et d’histoire ou par courriel à mcah@vd.ch, ainsi qu’auprès de l’Aehmo, case postale 5278, 1002 Lausanne ou sur le site<a href="http://www.aehmo.org/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer"> www.aehmo.org</a>. 
</p><h5>Infos pratiques </h5><p>L’exposition « Sous le drapeau syndical, 1845-2014 » est ouverte jusqu’au 25 janvier 2015.
</p><p>Lieu : Espace Arlaud, place de la Riponne 2bis, Lausanne 
</p><p> Horaires : lundi et mardi fermé ; mercredi à vendredi de 12 h à 18 h ; samedi, dimanche et jours fériés de 11 h à 17 h. Entrée libre jusqu’à 16 ans. Entrée libre pour tous les premiers samedis du mois. Prix entre 4 et 6 fr. Infos : www. musees.vd.ch/espace-arlaud&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2089</guid><pubDate>Thu, 18 Dec 2014 11:00:00 +0100</pubDate><title>Bourses de formation : c’est raté – Titres : c’est gagné</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/bourses-de-formation-c-est-rate-titres-c-est-gagne</link><description>Politique de la formation

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors de la dernière session d’hiver du Parlement fédéral, trois décisions importantes ont été prises en matière de politique de la formation. Ci-après, un rapide commentaire.</p><h3>Renforcement des bourses&nbsp;: occasion manquée</h3><p>Le Parlement a définitivement raté l’opportunité d’améliorer le système des bourses de formation. Ainsi, il a non seulement refusé de soutenir l’initiative fédérale sur les bourses d’études, mais également accepté en échange un contre-projet vide de toute substance. La semaine dernière, il a notamment renoncé à inscrire dans la loi une disposition qui aurait permis d’harmoniser le niveau des bourses au niveau suisse et de réduire ainsi les inégalités de traitement entre les cantons. Pour cette raison, l’USS maintient son soutien à l’initiative sur les bourses qui sera soumise au peuple courant 2015. 
</p><h3>«&nbsp;Professional bachelor&nbsp;» botté en touche</h3><p>La motion du Conseil national (Aebischer), demandant que les diplômés de la formation professionnelle supérieure puissent accéder aux titres de bachelor et de master, a été rejetée à une large majorité par le Conseil des États qui lui a préféré un postulat de commission plus équilibré. L’USS se félicite de ce résultat qui permet de clarifier la situation au niveau politique et donne un mandat clair au Conseil fédéral. Celui-ci a déjà pris des dispositions en organisant une table ronde qui réunira en février les principaux acteurs de la formation professionnelle.
</p><h3>Mesures en faveur de la relève scientifique plus que nécessaires</h3><p> L’USS se félicite également de l’acceptation par le Conseil des États du postulat «&nbsp;Programme incitatif en vue de transformer les structures des carrières dans les hautes écoles suisses&nbsp;». Il s’agit d’un premier pas en vue d’améliorer les perspectives de carrière au sein des hautes écoles. Pour l’USS, la mise en place de postes de professeur en prétitularisation («&nbsp;tenure track&nbsp;») ne remplace cependant pas des mesures de stabilisation du corps intermédiaire visant à lutter contre les conditions de travail précaires qui sévissent dans toutes les hautes écoles.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2087</guid><pubDate>Thu, 18 Dec 2014 09:20:00 +0100</pubDate><title>Combattre la pauvreté, pas les pauvres !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/combattre-la-pauvrete-pas-les-pauvres</link><description>Attaques contre l’aide sociale : une déclaration commune</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Une alliance de syndicats, d’œuvres d’entraide et d’autres organisations engagées sur le terrain social, ont publié une déclaration commune pour dénoncer les diffamations systématiques dont l’aide sociale et ses bénéficiaires font l’objet et revendiquer une aide sociale qui donne accès à la vie sociale des uns et des autres.&nbsp;</p><p>Depuis un certain temps, il est redevenu à la mode de traiter les bénéficiaires de l’aide sociale de profiteurs et les collaborateurs et collaboratrices des services sociaux de naïfs écervelés au grand cœur. La plupart du temps, le message est celui-ci&nbsp;: le consensus social est mis en danger «&nbsp;par en bas&nbsp;», c’est-à-dire par les paresseux, les tricheurs qui volent les richesses créées par celles et ceux qui se tuent au travail. Ceux qui peignent ainsi le diable sur la muraille dénoncent des abus de l’aide sociale en veux-tu en voilà. Et les politiques demandent que des mesures soient prises contre ces abus. Et cela suscite de nouveaux commentaires du même tabac. Et la boucle est bouclée… Tout «&nbsp;en haut&nbsp;», on rit sous cape lorsque la colère du peuple se décharge sur ceux «&nbsp;d’en bas&nbsp;»&nbsp;: on peut tranquillement continuer à élargir le fossé entre les revenus.
</p><h3>Les plus pauvres n’ont pas à faire les frais d’une politique fiscale erronée</h3><p>Contre cette image d’une aide sociale qui serait marquée par les abus, des œuvres d’entraide, des syndicats et d’autres organisations de la société civile ont publié une déclaration commune&nbsp;: «&nbsp;Pour un minimum social&nbsp;: combattre la pauvreté et non les pauvres&nbsp;». Rendue publique le 16 décembre, elle est également signée par l’Union syndicale suisse (USS). Elle répond aussi à ces nombreux cantons qui réduisent aujourd’hui leur aide sociale que «&nbsp;Dans un pays qui compte plus de millionnaire que de bénéficiaires de l’aide sociale, il est inacceptable que les plus pauvres fassent les frais d’une politique fiscale erronée.&nbsp;»
</p><h3>Garantir un minimum social</h3><p> Cette déclaration commune plaide pour une aide sociale qui ne permette pas uniquement de survivre physiquement, mais donne accès à la vie sociale. Pour celles et ceux qui ont besoin de l’aide sociale, la baisse des prestations qui leur sont destinées est en effet un obstacle important à leur participation à la vie sociale et les empêche par conséquent de sortir de la précarité. C’est pourquoi la première revendication avancée dans la déclaration commune est la garantie d’un minimum social.
</p><p>&lt;media 2541&gt;La déclaration commune&lt;/media&gt;</p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2085</guid><pubDate>Wed, 17 Dec 2014 11:12:00 +0100</pubDate><title>Les ménages à bas revenus seraient les perdants</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/les-menages-a-bas-revenus-seraient-les-perdants</link><description>Votation fédérale du 8 mars 2015 : l’USS recommande 2 fois le NON</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) a décidé de recommander 2 fois le NON pour la votation fédérale du 8 mars 2015. Son comité recommande donc de rejeter aussi bien l’initiative PDC «&nbsp;Aider la famille&nbsp;! Pour des allocations pour enfant et des allocations de formation professionnelle exonérées de l’impôt&nbsp;» que l’initiative des Vert’libéraux «&nbsp;Remplacer la taxe sur la valeur ajoutée par une taxe sur l’énergie).</p><p>L’initiative populaire «&nbsp;Aider la famille&nbsp;! Pour des allocations pour enfant et des allocations de formation professionnelle exonérées de l’impôt&nbsp;» allégera surtout la charge des hauts revenus. L’USS se donne d’autres priorités dans la lutte contre la pauvreté des familles&nbsp;: des salaires décents, dans toute la mesure du possible fixés par des conventions collectives de travail, et une amélioration des conditions permettant de mieux concilier famille et profession (écoles à horaires continus, horaires blocs, offre abordable en structures d’accueil extrafamilial des enfants), ainsi qu’une hausse des allocations familiales et une amélioration de la réduction des primes de caisses-maladie. En outre, cette initiative aurait pour conséquence de creuser des trous dans la caisse de la Confédération, des cantons et des communes. Des pertes qui seraient surtout compensées par les bas et moyens revenus, sous forme d’une baisse des prestations publiques ou des hausses d’impôts.
</p><p> L’USS rejette l’initiative vert’libérale parce qu’elle chargerait de façon disproportionnée les bas revenus et mettrait en danger le financement de l’AVS/AI. En effet, si la taxe était efficace et freinait la consommation d’énergie, son produit fondrait. Et on ne peut pas exclure qu’en raison des constellations politiques qui se présenteraient, son taux ne soit plus relevé comme il le devrait. Ce qui engendrerait des trous financiers dans les caisses publiques et l’AVS. L’USS est favorable aux taxes énergétiques comme instruments d’incitation, mais seulement si leur produit est reversé par tête à la population.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Politique sociale</category><category>Énergie et environnement</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1106</guid><pubDate>Mon, 15 Dec 2014 16:01:00 +0100</pubDate><title>Non au retour à un régime discriminatoire</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/non-au-retour-a-un-regime-discriminatoire</link><description>Du système de contingentement à la libre circulation des personnes</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"><span lang="FR-CH">Le oui syndical à la libre circulation des personnes et à plus de protection des travailleurs est un acquis historique.</span></p><p>Après le oui du bout des lèvres du 9 février dernier à l'initiative UDC contre l'immigration de masse, la Suisse risque d'en revenir à la période d'avant les accords bilatéraux avec l'UE, soit à un régime de contingentement piloté par la police des étrangers. Avec les accords bilatéraux, la Suisse a ratifié la libre circulation des personnes en vigueur au niveau européen. Comme il s'agit de questions de principe, dont on ne saurait surestimer l'importance, je commencerai ici par évoquer le passé, avant de jeter un coup d'oeil à l'avenir. 
</p><h3>&nbsp;</h3><h3><p><b><span lang="FR-CH">Le spectre de la « surpopulation étrangère »</span></b></p></h3><p>La Suisse a été une terre d'immigration à chaque fois que la prospérité économique s'est prolongée dans la durée: de 1890 à 1914 comme de 1946 à 1974, avec toutefois de grandes différences.
</p><p>Au début des années 1890, la Suisse est devenue un pays d'immigration pour atteindre, en 1914, 16% d'étrangers parmi la population résidente, avec un pourcentage bien supérieur dans les villes.
</p><p>Le principe de la libre circulation des personnes s'est appliqué jusqu'en 1914. Les syndicats avaient une approche internationaliste puisque, vers 1900, près de la moitié de leurs membres avaient un passeport étranger. Des immigrants comme le socialiste Herman Greulich né à Breslau, alors ville allemande, ont joué un rôle-clé dans le mouvement syndical.
</p><p>C'est vers 1900 également que la notion de " surpopulation étrangère " est apparue pour la première fois dans un pamphlet. En 1914, elle a fait son entrée dans un rapport officiel. En 1931, la nouvelle législation sur les étrangers parlait à son tour du " degré de surpopulation étrangère " . Ce concept réactionnaire a d'emblée été contraire au mouvement ouvrier, surtout après la grève générale de 1918.
</p><p>Après la Deuxième Guerre, la police des étrangers était l'instrument de pilotage du marché du travail. Les syndicats ont demandé dans un premier temps d'accorder la " priorité à la main-d'œuvre indigène ", puis, durant les années 1950, de limiter les admissions en Suisse. Ils prônaient des contrôles stricts de police des étrangers. Il était régulièrement question, dans les résolutions et discours syndicaux, de " défense contre la surpopulation étrangère ".
</p><p>Dans les années 1960, les " anti-surpopulation étrangère " situés à l'extrême-droite sont devenus de plus en plus influents. C'est l'époque où la politique de contingentement réclamée par l'Union syndicale suisse (USS) s'est officiellement imposée.
</p><p>Les campagnes de votation ont mis à rude épreuve les syndicats. Notamment celle de l'initiative Schwarzenbach de 1970 (54% de non; taux de participation masculine de 74%). Les syndicats étaient déchirés entre les appels à revoir à la baisse les contingents et le souci d'égalité de traitement et d'intégration de la main-d'oeuvre étrangère. La notion de " surpopulation étrangère " propre à la politique du marché du travail avait presque inévitablement acquis une dimension culturelle. C'est l'époque où les Italiens du Sud étaient visés.
</p><p>Ce mouvement de va-et-vient a duré plusieurs dizaines d'années. Ce n'est que dans les années 1990 que l'USS s'est enfin prononcée en faveur de la libre circulation des personnes. Mais à la condition expresse qu'elle soit liée à une nouvelle protection non discriminatoire des travailleurs. Le syndicat de la construction SIB (aujourd'hui Unia), qui comptait une forte proportion de migrant-e-s, avait joué un rôle décisif dans cette évolution.
</p><h3>&nbsp;</h3><h3><p><b><span lang="FR-CH">Une question de pouvoir</span></b></p></h3><p>Il n'existe pas à ce jour d'analyse approfondie de l'ancien système de police des étrangers et de ses conséquences d'un point de vue syndical. Mais il est certain que dans différentes branches, un tel système a débouché sur un non respect des conditions de travail et sur des salaires revus à la baisse. La discrimination des migrant-e-s a fait reculer les salaires de la main-d'oeuvre indigène. On peut d'ailleurs se demander si le contingentement d'alors a réellement limité l'immigration, puisque les mouvements migratoires ont suivi de près l'évolution économique. Cette politique a eu des effets désastreux sur le plan syndical. Le croisement de la question sociale et de la question nationale opéré par le contingentement a eu pour conséquence de viser les personnes (étrangères) et non les conditions de travail. D'où un clivage entre travailleuses et travailleurs, aux dépens de la solidarité. Or la solidarité est une condition indispensable pour obtenir des améliorations sociales.
</p><p>Le contingentement exigeait des lois sur le marché du travail. Une raréfaction de l'" offre de main-d'oeuvre " était censée aider la population active. On oubliait au passage que les conditions de travail et les salaires ne sont pas une simple question de marché, mais plutôt une question de pouvoir. Les salaires trop bas des femmes en sont un exemple éloquent. Une règle syndicale élémentaire dit que la lutte commune pour les conventions collectives de travail (CCT) améliore les conditions de travail. La politique nationaliste de contingentement a été un piège pour les syndicats. Elle les a paralysés pendant des décennies et poussés à agir contre leurs intérêts.
</p><p>Les syndicats ont joué un rôle crucial dans l'aboutissement des accords bilatéraux (libre circulation des personnes comprise). Ils ont tiré la leçon du non à l'EEE de 1992 et ont réclamé, comme condition préalable à la libre circulation des personnes, de nouvelles mesures non discriminatoires destinées à protéger les salaires. C'est ainsi que sont nées en Suisse les " mesures d'accompagnement ". Il n'a certes pas été possible de faire accepter toutes les revendications syndicales. Mais un système impensable jusqu'alors en Suisse a vu le jour: le contrôle des conditions de travail et des salaires. La Confédération et les cantons ont introduit des " commissions tripartites " qui observent et contrôlent les conditions de travail. Ces commissions interviennent en cas de dumping salarial. L'application de la force obligatoire des CCT a également été améliorée. Ainsi, le Conseil fédéral peut déclarer une CCT valable pour toute une branche lorsque le dumping salarial est répété. Et faute de CCT, il est désormais possible d'introduire des salaires minimaux étatiques (contrat-type de travail). Les nouveaux salaires minimaux nationaux en vigueur dans l'économie domestique en sont un bon exemp
</p><h3>Des réponses sociales aux problèmes sociaux</h3><p>La protection des travailleurs subit des pressions croissantes en Europe et dans le monde entier, notamment dans le climat hostile et néolibéral d'aujourd'hui. Les syndicats sont néanmoins parvenus en Suisse à améliorer le taux de couverture des CCT. Ils ont globalement su empêcher une dégringolade des salaires grâce aux CCT et à leurs campagnes en faveur des salaires minimums. Les avancées ont été spectaculaires dans des branches anciennement réputées à bas salaires qui occupaient de nombreux saisonniers, telles la construction et l'hôtellerie-restauration. Il s'agit d'un réel succès.
</p><p>Le risque de dumping salarial ainsi que la détérioration de conditions de travail demeure hélas d'actualité. De tels phénomènes ne sont malheureusement pas combattus partout avec la détermination nécessaire. Ainsi, le chef de l'office cantonal du travail de Zurich, responsable de l'exécution des mesures d'accompagnement, a trouvé moyen de qualifier cette protection de " sur réglementation dommageable ".
</p><p>La soudaine volte-face de l'Union patronale qui, peu avant le 9 février 2014, a refusé de poursuivre les négociations sur l'amélioration des mesures d'accompagnement a été fatale. Lors des précédents scrutins sur la reconduction de la libre circulation des personnes, les partenaires sociaux avaient à chaque fois prouvé concrètement qu'ils étaient disposés à combattre les abus par de nouvelles mesures d'accompagnement.
</p><p>Les syndicats sont en mesure de jouer un rôle-clé dans les conflits à venir également. Car le oui à l'initiative de l'UDC n'a pas seulement révélé un climat de xénophobie, mais aussi d'énormes craintes sociales. Or en définitive, ce sont les travailleuses et travailleurs qui décident de l'issue des votations. D'où la nécessité d'apporter des réponses sociales aux craintes sociales exprimées.
</p><p>Nous, les syndicats, sommes résolument engagés pour la reconduction des accords bilatéraux. Ils restent la clé de voûte d'une relation réglementée avec l'Europe. Mais nous luttons aussi contre toute nouvelle discrimination. Les syndicats constituent l'organisation la plus importante et la plus forte où les salarié-e-s s'organisent indépendamment de leur provenance, de leur couleur de peau et de leur passeport. Un retour à la politique des contingents, à un nouveau statut de saisonnier, serait non seulement aberrant d'un point de vue économique, mais marquerait une régression historique de plusieurs décennies, sur le plan tant social que politique.
</p><p>Et il faut apporter de nouvelles réponses sociales aux problèmes sociaux. Nous voulons davantage de protection salariale car il est grand temps de prendre au sérieux la lutte contre le dumping salarial.
</p><p>Enfin, il est urgent de prévoir des mesures permettant de mieux concilier profession et famille ou contre la discrimination de la main-d'œuvre âgée. L'issue des futures votations populaires dépendra de la crédibilité des réponses apportées aux problèmes sociaux. Les enjeux actuels sont donc cruciaux pour l'avenir de la Suisse.
</p><h5><span lang="FR-CH">Matériaux</span></h5><ul><li><p class="Text"><span lang="FR-CH">Ce texte de Paul Rechsteiner, président de’l USS, provient de la brochure du syndicat Unia «&nbsp;<a href="http://www.unia.ch/fr/campagnes/plus-jamais-de-statut-de-saisonnier/brochure/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Baraques, xénophobie et enfants cachés</a>&nbsp;»</span></p></li><li><p class="Text"><span lang="FR-CH">Dans le film «&nbsp;Interdits et cachés – des enfants de saisonniers racontent&nbsp;» leurs enfances perdues.</span></p></li></ul>]]></content:encoded><category>Migration</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2083</guid><pubDate>Thu, 11 Dec 2014 09:42:00 +0100</pubDate><title>C’est le peuple qui rebattra les cartes</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/c-est-le-peuple-qui-rebattra-les-cartes</link><description>Le Parlement rejette l’impôt sur les successions</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Après le Conseil des États, c’est au tour du Conseil national de rejeter l’initiative populaire «&nbsp;Imposer les successions de plusieurs millions pour financer notre AVS (Réforme de la fiscalité successorale)&nbsp;», sur laquelle nous voterons probablement en juin 2015.</p><p>Au Conseil national aussi, le Parti socialiste (PS), le Parti évangélique (PEV), les Vert(e)s et l’Union syndicale suisse (USS) se sont heurtés à un front de droite résolu. Par 124 voix contre 56, la Chambre du peuple a en effet décidé de recommander le rejet de leur initiative pour un impôt sur les successions. Seuls 2 PDC firent dissidence de leur groupe.
</p><h3>Rien qu’un peu de compensation</h3><p>Corrado Pardini (PS BE) a rappelé, sous la Coupole fédérale, que l’impôt sur les successions était l’un des impôts les plus vieux et les plus justes&nbsp;: «&nbsp;Depuis John Stuart Mill<a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2014/141211_Ackermann_Initiative_Impot-successions.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>, il est un principe fondamental du libéralisme. Notre initiative ne confisque rien, elle garantit uniquement une certaine compensation. Jusqu’à deux millions de francs, quatre pour les couples, aucun centime ne sera prélevé. Dans quelques cantons, les petits héritages seront même libérés de l’impôt pour la première fois.&nbsp;», Ada Mara (PS VD), s’exprimant au nom du groupe socialiste, a souligné «&nbsp;deux points essentiels de ses [de l’initiative] objectifs plus que louables&nbsp;: premièrement l’attribution des recettes de cet impôt pour deux tiers au fonds de l’AVS et un tiers aux cantons&nbsp;» et, deuxièmement, les mesures prévues pour «&nbsp;ne nuire ni aux emplois, ni aux PME, ni aux entreprises agricoles&nbsp;».
</p><p>Mais rien n’y fit. La majorité bourgeoise du Parlement n’a rien voulu entendre. Chacun(ne) est resté fidèle à son groupe parlementaire. Mais les choses seront certainement différentes avec le peuple qui se prononcera sans doute en juin 2015 sur cette initiative.
</p><h3>Ce que veut l’initiative</h3><p> Les héritages supérieurs à 2 millions de francs seront imposés au niveau fédéral à un taux de 20&nbsp;%, après déduction d’une franchise de deux millions. Le produit de l’impôt sera versé pour un tiers aux cantons et deux tiers à l’AVS. Les petites et moyennes entreprises et les exploitations agricoles bénéficieront d’importants allégements que le Parlement aura à définir, le but étant de protéger les emplois et l’existence de ces entreprises. En Suisse, seuls 2&nbsp;% des contribuables possèdent une fortune supérieure à deux millions et seront donc concernés par l’initiative. 
</p><hr><p><a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2014/141211_Ackermann_Initiative_Impot-successions.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Économiste britannique qui fut l’un des penseurs libéraux les plus influents du XIXe siècle.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2080</guid><pubDate>Mon, 08 Dec 2014 11:38:00 +0100</pubDate><title>Les femmes divorcées ou séparées restent sur le carreau</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/les-femmes-divorcees-ou-separees-restent-sur-le-carreau</link><description>Le Conseil des États refuse de corriger</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Lors de cette session d'hiver, la Chambre des cantons a enterré le " partage du déficit entre parents " divorcés ou séparés et l'harmonisation matérielle des avances sur contributions d'entretien ! Il a aussi refusé de fixer une contribution d'entretien minimal. Ainsi, rien ne changera sur cette question : confrontée à des difficultés financières, la femme divorcée ou séparée devra toujours et encore passer par les services sociaux.</p><p>Si le revenu commun des parents ne suffit plus, après une séparation ou un divorce, à couvrir leurs besoins et ceux du ou des enfants, celui des parents qui a droit à la pension alimentaire, parce qu'il a la responsabilité principale de l'entretien de l'enfant, doit supporter seul un déficit, soit la différence entre les moyens à disposition et le montant total que représentent les besoins d'entretien. Ce déficit, qui n'est actuellement pas partagé entre les deux parents, ne le sera pas non plus à l'avenir. Ainsi en a décidé le Conseil des États. Or, la plupart du temps, c'est la mère qui est concernée ici. De plus, le Parlement n'a pas voulu fixer de pension alimentaire minimale. Autre point insatisfaisant, le fait que les conditions posées pour le versement des avances sur contributions d'entretien resteront différentes selon le canton et opaques pour les personnes concernées.
</p><p>Comme les structures d'accueil extrafamilial des enfants sont en nombre insuffisant, c'est la mère, divorcée ou séparée, qui se trouve obligée de travailler à temps partiel seulement. Des contributions d'entretien trop basses, l'absence d'harmonisation en matière d'avances sur ces contributions et le fait que les salaires des femmes sont en général inférieurs à ceux des hommes, sans parler de l'inégalité salariale, tout cela a, et aura demain aussi, pour effet qu'après un divorce ou une séparation, les femmes doivent recourir à l'aide sociale pour s'en sortir, même lorsqu'elles exercent une activité lucrative. L'aide sociale s'impose ainsi à elles, avec ses directives et toutes les contraintes qu'elle implique. Selon la commune de domicile, la parenté est même appelée à apporter son aide. Mais encore : si le revenu de la mère s'améliore après coup, celle-ci peut être tenue de rembourser l'aide sociale reçue. Et à cause de l'autorité parentale conjointe, la mère peut, si le père se sent limité dans l'exercice de sa part d'autorité parentale, avoir des problèmes pour déménager, par exemple parce qu'elle a trouvé un emploi meilleur.
</p><p>En d'autres termes, le Parlement fédéral ne veut pas remettre en question la position inférieure qu'occupe toujours la femme à tous les niveaux de la société. C'est à nous, les femmes, qu'il appartient donc de le faire. Nous devons mobiliser pour l'égalité des salaires et un accueil extrafamilial des enfants qui soit professionnel et en suffisance, ainsi qu'abordable et de qualité. Une raison de plus pour aller manifester à Berne, le 7 mars 2015, pour l'égalité des salaires et contre le relèvement de l'âge de la retraite des femmes ! </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2079</guid><pubDate>Mon, 08 Dec 2014 11:31:00 +0100</pubDate><title>Égalité des salaires entre femmes et hommes : l’heure du tournant ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/egalite-des-salaires-entre-femmes-et-hommes-l-heure-du-tournant</link><description>2015 sera une année importante

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Les discriminations salariales entre femmes et hommes ont repris leur progression dans un passé très récent. En 2015, il faudra remettre les pendules à l'heure. Cette année pourrait en effet préparer la voie à l'égalité salariale. L'Union syndicale suisse (USS) veut de toute façon y contribuer.</p><p>Depuis l'introduction de la loi sur l'égalité, la différence de salaires entre hommes et femmes a légèrement diminué ; cela, jusqu'en 2010. Mais depuis cette date, plus précisément entre 2010 et 2012, elle s'est remise à augmenter, pour passer à 18,9 %. Chaque année, les femmes perdent environ 7,7 milliards de francs, soit 700 francs par mois. Une perte qu'elles paient une seconde fois lorsqu'elles sont à la retraite avec des plus petites rentes. Pour l'USS, il est donc clair qu'il faut une bonne fois prendre des mesures légales efficaces et notamment créer une autorité tripartite habilitée à faire des contrôles dans les entreprises et, en cas d'inégalité constatée, à ordonner des mesures pour y remédier.
</p><h3>Le Conseil fédéral veut agir</h3><p>Le 22 octobre dernier, le Conseil fédéral a fait un pas dans cette direction. Il entend obliger les employeurs qui occupent 55 personnes ou plus à procéder à intervalles réguliers à une analyse des salaires qu'ils versent, analyses dont l'exécution devra être contrôlée par des tiers. Les employeurs devront pouvoir confier ces contrôles, au choix, aux partenaires sociaux, à un organe de révision ou à une organisation reconnue par l'État et le résultat sera mentionné dans le rapport annuel. Mais les employeurs ne seront pas tenus de publier l'ampleur de l'éventuel écart salarial entre hommes et femmes. Et si, en cas de discriminations constatées, ils ne font rien pour les éliminer, les employé(e)s pourront, comme c'est le cas aujourd'hui, réclamer l'égalité salariale devant les tribunaux. Un projet qui sera soumis à consultation sera élaboré jusqu'à la mi-2015.
</p><h3>La bonne direction</h3><p>Ces propositions vont dans la bonne direction, mais ne sont pas suffisantes. On a besoin en plus d'une autorité tripartite dotée de compétences en matière d'investigation et d'intervention. C'est la seule manière d'enlever aux femmes concernées la responsabilité de faire imposer individuellement l'égalité salariale, d'ailleurs prévue dans la Constitution fédérale, et de la transférer à une instance publique. C'est de toute urgence nécessaire. Car la qualité pour recourir constitue un obstacle très élevé pour les femmes.
</p><h3>Mobilisons !</h3><p>Ne nous faisons pas d'illusions : l'égalité des salaires ne va pas avancer toute seule uniquement pour des raisons de justice. Même le pas timoré que vient de faire le Conseil fédéral suscite déjà des oppositions. Si l'on veut que les choses bougent, il faut que les femmes agissent publiquement. Conscientes de notre force, nous devons faire comprendre que nous ne continuerons plus à avaler des années durant ces discriminations. L'USS, active au sein d'une vaste alliance, mobilise à cet effet : le 7 mars 2015, tout le monde à Berne ! Nous devons montrer, à travers une manif puissante, que nous, les femmes, sommes à bout de patience. Nous voulons l'égalité salariale illico presto ! Lors de cette manif, l'USS se dressera aussi contre le relèvement de l'âge de la retraite des femmes. Et elle organisera aussi une journée sur l'égalité des salaires entre femmes et hommes qui se tiendra le 12 juin 2015. Mettons-nous au travail et, le 7 mars, tout le monde à Berne !
</p><p>En ce qui concerne l'égalité des salaires, 2015 sera une année prometteuse. </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2078</guid><pubDate>Mon, 08 Dec 2014 11:17:00 +0100</pubDate><title>Relever les défis actuels et futurs</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/relever-les-defis-actuels-et-futurs</link><description>La loi sur le travail fête ses 50 ans

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La loi sur le travail, un des outils de la protection des travailleurs et travailleuses les plus importants, est en vigueur depuis 50 ans. Souhaitons à cette loi qui a fait ses preuves qu'elle résiste clairement aux attaques lancées contre ses dispositions, qu'elle soit mieux appliquée dans les faits, s'adapte aux formes de travail modernes comme le télétravail et reconnaisse l'épuisement professionnel comme maladie professionnelle.</p><p>À la faveur d'une petite fête et en présence du conseiller fédéral Johann N. Schneider-Ammann ainsi que des partenaires sociaux, la Commission fédérale du travail a rappelé, le 2 décembre dernier, que la loi fédérale sur le travail dans l'industrie, l'artisanat et le commerce (loi sur le travail) fêtait cette année son cinquantième anniversaire. Instrument essentiel de la protection des travailleurs et travailleuses introduit grâce à une lutte menée par les syndicats pendant des décennies, cette loi règle des domaines cruciaux comme la protection de la santé au travail, la durée du travail et les temps de repos ainsi que la protection spéciale au travail des jeunes, des femmes enceintes et des femmes allaitantes.
</p><h3>Hier...</h3><p>La loi sur le travail est une " descendante directe " de la loi fédérale sur les fabriques de 1877, qui avait entre autres limité la durée quotidienne du travail à 11 heures, interdit le travail de nuit et du dimanche ainsi que le travail des enfants de moins de 14 ans et celui des femmes enceintes ou venant d'accoucher, quelques semaines avant et après un accouchement. Sa mise en œuvre fut une heure de gloire pour un mouvement ouvrier encore jeune qui, allié avec le mouvement catholique-conservateur, parvint aussi à faire échouer un référendum libéral lancée contre elle.
</p><p>Depuis le début du XXème siècle, certains se sont efforcés d'étendre la législation de la loi sur le travail, qui ne s'appliquait alors qu'aux seules fabriques et entreprises de transport. Plusieurs tentatives s'enlisèrent. En 1935, l'Union syndicale suisse (USS) présenta son propre projet d'une loi fédérale sur le travail moderne. Elle s'orientait fortement sur les instructions et prescriptions juridiques internationales de l'Organisation internationale du Travail (OIT) à laquelle la Suisse avait adhéré en 1919 déjà. La tentative menée au début des années 60 fut finalement un succès. En 1964, le Parlement fédéral adoptait en effet la nouvelle loi sur le travail.
</p><h3>... et demain</h3><p>Aujourd'hui, il s'agit, d'une part, de conserver ce qui a fait ses preuves et, avant tout, de repousser les fréquentes attaques dirigées contre la limitation, soit la réglementation, de la durée du travail et, de l'autre, d'adapter la loi à l'évolution technologique. Il faut, premièrement, prendre en compte le phénomène en plein développement du télétravail via l'octroi de pauses et une réglementation en matière de responsabilité civile. Deuxièmement, la disponibilité sans faille demandée aux travailleurs et travailleuses, qui s'est imposée à la vitesse grand V à travers les téléphones intelligents, doit être à nouveau restreinte afin de protéger les personnes concernées. Troisièmement, pour protéger les salarié(e)s contre les risques psychosociaux (stress, travail excessif, travail de nuit), il faut que les inspectorats cantonaux du travail contrôlent davantage la saisie de la durée du travail. Et, quatrièmement, le droit suisse doit être modifié de sorte que l'épuisement professionnel dû au stress au travail soit reconnu une fois pour toutes comme maladie professionnelle ! Enfin, la législation sur le travail doit contenir des prescriptions qui garantissent une protection minimale de la santé aux travailleurs et travailleuses appelés à désamianter des bâtiments. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2073</guid><pubDate>Wed, 03 Dec 2014 14:43:00 +0100</pubDate><title>Un jalon important, qui dépasse la seule initiative Ecopop</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/un-jalon-important-qui-depasse-la-seule-initiative-ecopop</link><description>Votation du 30 novembre : le commentaire de Paul Rechsteiner, président de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La campagne des syndicats contre Ecopop a été solide et bien visible, tant à l’interne que vis-à-vis du public. Cela a certainement joué un rôle dans le résultat clair de la votation. Une raison pour dresser brièvement un bilan.</p><p>Le premier point à noter est que le contexte des prochaines négociations complexes avec l’Union européenne (UE) n’est plus le même depuis le 30 novembre 2014. Le non à Ecopop n’est pas seulement un non adressé à une initiative xénophobe habillée de vert. Le résultat très net de ce scrutin peut aussi être compris comme un refus de rompre avec les Accords bilatéraux. 
</p><p>Souvenons-nous&nbsp;: après le 9 février, le maintien de ces accords n’était plus si évident suite au oui à l’initiative «&nbsp;Contre l’initiative de masse&nbsp;». Si l’UDC avait souligné avant la votation que son initiative ne mettrait pas en danger ces derniers – entre autres dans le journal de votation distribué à toute la population suisse –, chacun(e) sut tout à coup, après le 9 février, qu’il en allait en fait différemment. Subitement, tout se trouvait remis en question&nbsp;: des Accords bilatéraux aux Droits humains. Avec des résonnances parfois inquiétantes dans la Berne fédérale. 
</p><p>Petit pays au centre de l’Europe, doté d’une économie fortement interdépendante au plan international, la Suisse a besoin de relations structurées avec l’UE, dont les Accords bilatéraux constituent la base. Et demain ne sera pas différent d’hier à cet égard. Le but des négociations avec l’UE doit par conséquent être de maintenir ces accords.
</p><p>Rétrospectivement, il faut comprendre le résultat du 9 février d’abord comme le signe d’une protestation&nbsp;: si la seule catégorie des 50 – 60 ans a décidé de l’issue du vote, les graves problèmes exprimés de la sorte doivent être pris au sérieux. Les difficultés et, bien plus encore, les craintes de cette catégorie des travailleurs et travailleuses âgés, comme on les appelle, ont pris une ampleur inquiétante. Il faut y trouver des réponses crédibles. Mais, après le 30 novembre, on ne peut plus en déduire que les Accords bilatéraux doivent être remis en question. 
</p><p>À toutes les votations qui ont eu lieu depuis l’an 2&nbsp;000 à ce sujet, les citoyen(ne)s ont dit clairement oui aux accords conclus avec l’UE. La seule exception est la votation du 9&nbsp;février sur l’initiative de l’UDC. Mais il y a une différence importante&nbsp;: toutes les votations gagnées avant le 9 février incluaient des mesures de protection des salaires et des emplois, des mesures qui ont fait défaut le 9 février. Il est donc évident que les mesures sociales de protection seront à nouveau déterminantes lorsque l’on votera dans un avenir prévisible sur le maintien des Accords bilatéraux. 
</p><p>C’est pourquoi il faut qu’à l’avenir les positions soient claires et que les syndicats s’engagent dans ce sens. Le programme en trois points que le congrès de l’USS a confirmé en octobre dernier garde toute sa pertinence. Premièrement, les Accords bilatéraux doivent être maintenus. Deuxièmement, on n’a pas le droit d’en arriver à discriminer à nouveau une partie de la main-d’œuvre. Et troisièmement, la protection des salaires et des emplois doit être améliorée et non démantelée. Après le 30 novembre, la perspective d’une réalisation de ces revendications est clairement meilleure qu’elle ne l’était avant.</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category><category>Travail</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2067</guid><pubDate>Mon, 24 Nov 2014 10:23:00 +0100</pubDate><title>Les principaux objets d’un point de vue syndical</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/les-principaux-objets-d-un-point-de-vue-syndical</link><description>Parlement fédéral : session d’hiver</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lundi 24 novembre, le Parlement fédéral a entamé sa session d’hiver. Ci-après, un coup d’œil syndical sur les principaux objets qui seront traités.</p><h2>Impôt sur les successions&nbsp;: juste et bon pour l’AVS</h2><p class="lead">Après le Conseil des États, ce sera au tour du Conseil national de traiter, le 8 décembre, l’initiative populaire «&nbsp;Imposer les successions de plusieurs millions pour financer notre AVS (Réforme de la fiscalité successorale)&nbsp;». Il proposera de la rejeter, mais ce que le peuple décidera, probablement en juin 2015, est une toute autre question.</p><p>L’initiative déposée par le Parti socialiste, le Parti évangélique suisse, les Vert(e)s et l’Union syndicale suisse (USS) veut créer plus de justice distributive en Suisse. Avec elle, les héritages qui dépasseront les 2 millions de francs se verraient imposés de manière uniforme par la Confédération. Un taux de 20&nbsp;% est prévu et les 2 premiers millions ne seront pas imposés (franchise). Pour un héritage de 2,1 millions par exemple, 20&nbsp;000 francs seraient perçus par le fisc. Les petites et moyennes entreprises et les exploitations agricoles bénéficieraient même d’allégements supplémentaires afin de ne pas mettre en danger leur existence et de préserver les emplois. En Suisse, seuls 2&nbsp;% des contribuables possèdent une fortune supérieure à 2 millions de francs. L’initiative est donc tout sauf une offensive contre les classes moyennes laborieuses. Le produit de cet impôt serait reversé pour un tiers aux cantons, les deux tiers restants allant à l’AVS. Celle-ci pourrait alors faire face aux défis et nouvelles tâches qui l’attendent. Ce serait une bonne chose pour la cohésion sociale du pays et stopperait le creusement tendanciel du fossé entre riches et pauvres. 
</p><p>L’USS considère que l’impôt sur les successions est un impôt équitable et utile. Il apporte, dans un contexte où les différences entre revenus et fortunes se font toujours plus extrêmes, des moyens financiers supplémentaires dont nous avons besoin, de l’argent pris précisément chez les bonnes personnes, celles qui peuvent tranquillement contribuer davantage au bien-être général. Cet impôt devrait faire tomber un milliard de francs dans l’escarcelle des cantons et 2 milliards dans celle de l’AVS. Et dans les deux cas, il sera bien investi. Avec l’AVS, il profitera directement d’abord à de larges couches de la population. L’AVS sera ainsi en mesure de financer une grande partie des hausses nécessaires de ses rentes ou ce sera une manière très sociale de se procurer les moyens qui deviendront momentanément nécessaires suite avec l’arrivée à la retraite de la génération du baby-boom.
</p><p>C’est pour cela que l’USS s’engagera énergiquement dans cette bataille citoyenne en faveur de l’introduction d’un impôt sur les successions. (ea)
</p><h2><span>Politique énergétique&nbsp;: pas de sortie du nucléaire sans transition énergétique&nbsp;!</span></h2><p>L'USS demande au Parlement d'entrer en matière sur le premier train de mesures concernant <a href="http://www.parlament.ch/sites/doc/CuriaFolgeseite/2013/20130074/N1%20F.pdf" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">"Stratégie énergétique 2050"</a>. Ci-après,les points essentiels aux yeux de l'USS.
</p><p>Le Projet «&nbsp;Stratégie énergétique 2050&nbsp;» risque de se voir pulvériser par les conflits d’intérêts. La transition énergétique n’est pas une question idéologique, mais une nécessité sociale. Les centrales nucléaires de Suisse font partie des plus vieilles. Toute prolongation de leur exploitation augmente le risque d’accident. Comme les prix de l’électricité sont bas et que l’on enregistre toujours des excédents d’électricité, il ne vaut plus la peine d’investir beaucoup d’argent dans des durées d’exploitation prolongées. C’est maintenant qu’il faut concrétiser la sortie du nucléaire, car il s’agit d’un tournant ambitieux qui s’étalera sur plusieurs générations et s’accompagnera de mises hors services et du démantèlement des centrales atomiques. 
</p><p>Pour l’Union syndicale suisse (USS), il faut placer au premier plan ce que nous apportera la transition énergétique, soit le maintien d’emplois intéressants, la création de nouveaux domaines d’activité, un approvisionnement sûr en électricité propre et la création de valeur en Suisse grâce au développement des énergies renouvelables. Il faut instaurer le plus rapidement possible la sécurité de la planification pour les investissements à réaliser dans la production ainsi que prioriser un approvisionnement décentralisé et des objectifs d’efficience performants. Or, ce ne sera possible qu’avec un approvisionnement en électricité régulé par l’État. La libéralisation du marché de l’électricité met en effet en question les investissements et affaiblit les entreprises électriques décentralisées, un danger pour la transition énergétique et, donc, la sortie du nucléaire. 
</p><p>Lors de la consultation fédérale sur ces questions, l’USS s’est exprimée positivement sur le premier train de mesures proposé. Le projet soumis au Conseil national lors de cette session d’hiver est toujours en mesure de lancer la transition énergétique, d’améliorer de manière déterminante l’efficience dans ce domaine et de mettre en place un approvisionnement intérieur durable en énergies renouvelables. Les décisions politiques doivent être prises maintenant pour que la transition énergétique reçoive une première base.
</p><p>Faisons le tour ci-après des principaux points du projet aux yeux de l’USS.
</p><h3>Loi sur l’énergie </h3><p>Le Conseil fédéral aimerait inscrire dans la loi qu’avant la construction, l’agrandissement ou la rénovation d’une centrale thermique à combustibles fossiles, il faudra s’assurer qu’il n’est pas possible de produire l’énergie souhaitée au moyen d’énergies renouvelables. L’USS soutient cette disposition (art. 6<a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2014/14.11.24_Parlement_Vue-ensemble-session.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>).
</p><p>Les communes et leurs services industriels devraient jouer un rôle-clé dans la transition énergétique. Il faut renforcer les compétences des communes en les mentionnant explicitement dans la loi, comme le demande la proposition de la minorité de la commission du Conseil national, que soutient l’USS (art. 7).
</p><p>Protection du paysage et transition énergétique ne doivent pas être opposées l’une à l’autre. Le Conseil fédéral va trop loin dans son projet, alors que les règles en vigueur en matière de protection du paysage offrent déjà une marge de manœuvre concernant l’utilisation de la production de courant. L’USS est d’accord avec la proposition de la majorité de la commission, qui veut soutenir les biotopes d’importance nationale (art. 14) et de la minorité, qui veut biffer sans autre l’article 15. 
</p><p>L’USS défend la proposition de la majorité de la commission d’exclure de la participation au système de prime d’injection les exploitants des installations hydroélectriques d’une puissance inférieure à 1 MW. Celles-ci sont antiéconomiques et leur potentiel de production d’électricité est sans commune mesure avec la dégradation de l’environnement qu’elles causent (art. 19 al. 3bis). Les exceptions ne devraient être autorisées que pour les tronçons de cours d’eau déjà mis à profit. Ici, l’USS soutient la proposition plus précise de la minorité III. 
</p><p>La rétribution du courant injecté est un moyen éprouvé pour promouvoir le développement des énergies renouvelables. Mais l’USS a déjà émis à plusieurs reprises des critiques selon lesquelles elle favorise aussi la construction d’installations non rentables et écologiquement absurdes. Nous pouvons maintenant corriger certains points. C’est pourquoi l’USS soutient les propositions de la minorité III et IV (art. 22 al. 2bis).
</p><p>Le Conseil fédéral et la commission du Conseil national veulent contrer la chute des profits dans la branche électrique par des contributions d’investissement pour les aménagements hydro-électriques. L’USS voit cette idée d’un œil critique. D’une part, la force hydraulique est le pilier indispensable de l’approvisionnement de la Suisse en électricité. De l’autre cependant, sa rentabilité aujourd’hui en crise est un phénomène passager qui survient après des années de production exceptionnelles. Les aides à l’investissement ne sont limitées que dans le temps et ne sont versées qu’à quelques rares installations de production durables ayant fait leurs preuves. L’USS soutient la proposition de la minorité II de la commission (art. 28 al. 1b), très précise du point de vue de la protection des paysages. La contribution d’investissement devra être de 40&nbsp;% au plus des coûts d’investissement (art. 30 al. 1). De plus, sa restitution devra être possible si la situation se modifie sur le marché de l’électricité (proposition de la commission à l’art. 33 al. 3c).
</p><p>Le relèvement à 2,3 centimes/kWh du supplément pour les coûts de transports permettra de développer plus rapidement les énergies renouvelables et restera supportable pour les clients pour autant que le cercle des entreprises qui en sont libérées ne soit pas élargi. L’USS soutient la proposition de la majorité de la commission concernant l’article 37 et rejette l’assouplissement des dispositions d’exception aux articles 40 et 41. 
</p><p>L’USS soutient les objectifs concernant l’amélioration de l’efficience des entreprises et recommande de suivre le projet du Conseil fédéral sur les articles 45, 46 et 47.
</p><h3>Loi sur le CO2 </h3><p>Le meilleur moyen d’accélérer la transition énergétique, c’est d’édicter des prescriptions claires. L’USS soutient les prescriptions renforcées de l’article 10 et, donc, la proposition de la majorité. 
</p><p>Étant donné leur grande efficience, les installations de couplage chaleur force (CCF) sont un pilier essentiel de la transition énergétique. L’USS soutient la proposition de la majorité de la commission qui autorise aussi le remboursement de la taxe sur le CO2 aux petites installations CCF si elles remplissent les exigences énergétiques et écologiques minimales (art. 32a al. 1b). 
</p><h3>Loi sur l’énergie nucléaire </h3><p>Le concept d’exploitation à long terme proposé offre une porte de sortie pragmatique au débat déjà entamé sur la sortie du nucléaire. L’USS lui est favorable. Il devrait être défini de manière aussi étroite que possible afin de minimiser le risque de sécurité. Concernant l’article 25a, il faut donner suite à la proposition de la majorité de la commission et soutenir la proposition de la minorité III. Pour l’article 106a, l’USS recommande de soutenir la proposition de la minorité II qui prévoit une durée d’exploitation maximale de 50 ans pour les installations qui auront été en service depuis plus de 40 ans lorsque la loi révisée entrera en vigueur. 
</p><h3>Initiative «&nbsp;Sortir du nucléaire&nbsp;»</h3><p>L’USS soutient toujours l’initiative populaire «&nbsp;Pour la sortie programmée de l’énergie nucléaire (Initiative "Sortir du nucléaire")&nbsp;», qui passera sans doute en votation en même temps que la «&nbsp;Stratégie énergétique 2050&nbsp;», celle-ci pouvant cependant entrer en vigueur même si l’initiative est acceptée. (Dore Heim)
</p><h2><span>Contre-projet à l’initiative sur les bourses&nbsp;: sans harmonisation matérielle, pas d’égalité des chances</span></h2><p>La commission du Conseil national propose à ce dernier de maintenir sa position, à savoir d’intégrer dans la loi l'article 15 du concordat intercantonal fixant les barèmes minimaux pour le calcul des bourses. Cela obligerait quelques cantons, les plus pingres en la matière, de relever quelque peu leurs standards pour obtenir un financement fédéral. Rien de très exigeant, mais une mesure contestée jusqu’ici par le Conseil des États qui s’en tient à une version du contre-projet de loi absolument minimaliste. Une position étonnante pour une Chambre des cantons qui devraient avoir tout intérêt à renforcer le poids d’un accord négocié par eux-mêmes. 
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) recommande donc au Conseil national de maintenir sa position en faveur d’une harmonisation matérielle des bourses, celle-ci étant seule garante d’une plus grande égalité des chances. (Véronique Polito)
</p><h2><span>«&nbsp;Professional bachelor&nbsp;»&nbsp;: dDes effets pervers programmés</span></h2><p>La motion du Conseil national (Aebischer), demandant que les diplômés de la formation professionnelle supérieure puissent accéder aux titres de bachelor et de master, sera traitée aux Conseil des États le 11 décembre. La commission compétente recommande le rejet de la motion. Elle propose en échange au Conseil des États d’accepter un postulat dont elle est l’auteure, qui charge le Conseil fédéral d’approfondir la question des titres et de proposer des alternatives aux titres académiques qui soient lisibles au niveau international. Elle souhaite par ce biais favoriser une meilleure reconnaissance internationale à la formation professionnelle supérieure sans pour autant favoriser une «&nbsp;académisation&nbsp;» de la formation professionnelle.
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) partage l’analyse de la commission et recommande l’acceptation du postulat. Parallèlement, elle recommande le rejet de la motion Aebischer. Elle estime en effet que l’introduction des titres académiques tels que le «&nbsp;professional bachelor&nbsp;» dans la formation professionnelle ne conduira pas à la valorisation attendue. Au contraire, elle s’attend à des effets pervers. Elle estime notamment que ces «&nbsp;professional bachelors&nbsp;» seront rapidement déclassés sur le marché du travail sachant qu’ils ne correspondront pas aux standards internationaux. Cette situation conduira à terme à augmenter les exigences pour accéder à ces formations. A l’image des «&nbsp;Berufsakademien&nbsp;» allemandes, tant vantées par les partisans de la motion, les cursus de formation risquent de s’allonger et&nbsp; de n’être plus accessibles qu’aux titulaires d’une maturité. Pour l’USS, la formation professionnelle supérieure doit rester majoritairement accessible aux personnes ayant obtenu le CFC et ne pas devenir l’apanage de l’élite. (Véronique Polito)
</p><h2><span>«&nbsp;Fonds en faveur d’une offensive de qualification&nbsp;»&nbsp;: une motion à soutenir</span></h2><p>Le Conseil des États se penchera sur une motion d’Anita Fetz (PS), qui demande la mise en place d’un fonds permettant de financer la formation professionnelle initiale des adultes. Elle propose de mettre à disposition des cantons 50 millions sur une période de quatre ans.
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) recommande l’acceptation de cette motion. L’évolution rapide du marché du travail exige en effet des salariés une mise à jour constante de leurs qualifications. Le suivi de petites formations continues ne suffit plus, les salariés étant amenés à changer plusieurs fois d’activités et de métiers durant leur vie professionnelle. Pour cette raison, la formation professionnelle initiale doit devenir plus accessible aux adultes et les offres développées dans les cantons. L’USS estime que ce travail devrait se faire avec la participation des partenaires sociaux (en impliquant notamment les fonds paritaires qui financent une partie de la formation professionnelle). Elle estime également qu’une offensive de formation d’une durée de 4 ans n’est qu’un début&nbsp;: il faudrait veiller à assurer le financement à long terme de ces offres de formation. (Véronique Polito)
</p><h2><span>Sans-papiers&nbsp;: empêcher un dénigrement qui n’en finit pas</span></h2><p>Le Conseil des États va s’occuper lors de sa session d’hiver d’une motion de l’UDC qui demande de régler dans la loi, et non dans une ordonnance, l’accès des jeunes sans-papiers intégrés à un apprentissage. 
</p><p>Revenons un peu en arrière&nbsp;: en 2010, le Parlement a accepté la motion Barthassat qui demandait que les jeunes sans-papiers puissent suivre une formation professionnelle initiale. Le Conseil fédéral a ensuite mis en œuvre cette motion dans le cadre d’une modification de l’ordonnance relative à l’admission, au séjour et à l’exercice d’une activité lucrative, qui est entrée en vigueur au 1er février 2013. Le nouvel article complète les dispositions en vigueur concernant le traitement des cas de rigueur. Pour les jeunes sans-papiers, ce ne leur donne pas du tout le feu vert pour une formation professionnelle. Ces jeunes doivent être «&nbsp;bien intégrés&nbsp;», c’est-à-dire maîtriser une langue nationale, respecter l’ordre juridique et avoir suivi l’école obligatoire pendant cinq ans. 
</p><p>Avec sa motion, l’UDC veut que ces nouvelles dispositions figurent dans la loi et soient donc soumises au référendum facultatif. Son intention est claire&nbsp;: elle lorgne vers une nouvelle bataille dans sa lutte sans répit contre les migrant(e)s. Le Conseil national a accepté de justesse cette motion à l’été 2014 (82 voix contre 79). La commission de la Chambre des cantons propose cependant à cette dernière son rejet (10 voix contre 3). 
</p><p> Il faut espérer que cet avis soit suivi en plénum. Selon la loi fédérale sur les étrangers (art. 30 al. 2) le Conseil fédéral a clairement la compétence de procéder comme il l’a fait. Le souhait qu’un(e) jeune qui a fait cinq années de scolarité obligatoire puisse aussi poursuivre sa formation sous la forme d’un apprentissage va de soi. L’UDC veut uniquement poursuivre sa campagne contre les étrangers et étrangères. On le voit déjà dans les mots qu’elle emploie. Elle parle constamment d’«&nbsp;immigrés clandestins&nbsp;». De plus, l’Administration fédérale a constaté que depuis février 2013, presque aucune demande de jeune sans-papiers n’a été faite dans ce sens. La raison en est probablement qu’une telle demande peut entraîner une dénonciation des parents. Il faudrait par conséquent que l’on prenne plus ses distances avec les duretés du régime en vigueur ici et non attiser continuellement la xénophobie. (ea) 
</p><hr><p><a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2014/14.11.24_Parlement_Vue-ensemble-session.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Voir lien avec le document soumis au Parlement.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Énergie et environnement</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2064</guid><pubDate>Wed, 19 Nov 2014 16:41:00 +0100</pubDate><title>Poursuivre avec la même intensité la campagne pour le NON</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/poursuivre-avec-la-meme-intensite-la-campagne-pour-le-non</link><description>Chaque voix compte</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les résultats du dernier sondage de gfs confirment que l’initiative Ecopop ne doit en aucun cas être sous-estimée. L’augmentation de la part de oui par rapport au premier sondage (de 35 à 39&nbsp;%) montre que les opposants à l’initiative doivent continuer leur campagne avec la même intensité. En s’adressant directement à eux, ils doivent convaincre les citoyen-ne-s qu’Ecopop ne résout aucun problème, mais en crée au contraire beaucoup de nouveaux. 
</p><p>Pendant les dix jours qui restent avant la votation, les militant(e)s du PS, des Verts, des syndicats, des organisations de la migration, de la jeunesse et des étudiant-e-s engagés dans le Comité pour une Suisse solidaire vont poursuivre sans faiblir leur campagne dans toute la Suisse, organiser des actions dans la rue et montrer à la population pourquoi cette initiative est dangereuse et mène dans une impasse.
</p><p>En effet, Ecopop attise la xénophobie, car elle fait des migrant(e)s les boucs émissaires de la pression qui s’exerce sur les salaires, de la pollution, du mitage du territoire, du manque de logements ainsi que des trains et des rues bondés. Le Comité pour une Suisse solidaire met en garde&nbsp;: il n’y a pas lieu, à cause de ces problèmes réels, de donner un deuxième «&nbsp;signal&nbsp;» après la votation sur l’initiative «&nbsp;Contre l’immigration de masse&nbsp;». Ecopop est la mauvaise réponse à ces problèmes, qu’elle aggraverait même. La Suisse serait alors entraînée dans une spirale descendante&nbsp;: en cas d’acceptation d’Ecopop, la pression sur les salaires et les conditions de travail s’accentuerait parce que les entreprises engageraient davantage de résident-e-s de courte durée qui jouissent de moins de droits pour défendre leurs intérêts. Des milliers d’emplois seraient délocalisés ou supprimés à cause de la disparition des Accords bilatéraux conclus avec l’Union européenne. La Suisse se retrouverait ainsi dans une situation économique difficile, ce qui constituerait un obstacle majeur à l’application de politiques du territoire, de l’environnement et des infrastructures de qualité. 
</p><p>En plus d’une présence dans la rue, les organisations du Comité pour une Suisse solidaire vont notamment accélérer la mobilisation de leurs propres bases jusqu’au dimanche de la votation. Car chaque voix contre Ecopop comptera.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2063</guid><pubDate>Wed, 19 Nov 2014 15:24:00 +0100</pubDate><title>En Suisse, beaucoup de cas d’épuisement professionnel</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/en-suisse-beaucoup-de-cas-d-epuisement-professionnel</link><description>Les syndicats pour un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Une étude montre que travail, famille et temps libre ne sont plus en harmonie. Avec le temps, les personnes touchées par ce phénomène tombent malades. Les femmes sont particulièrement menacées. L’absence, en ce qui les concerne, d’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale, les empêche de les concilier avec les tâches d’assistance et de soins («&nbsp;care&nbsp;») qu’elles assument fréquemment.</p><p>L’enquête sur les revenus et les conditions de vie en Suisse (Statistics on Income and Living Conditions, SILC) publiée en novembre par l’Office fédéral de la statistique&nbsp; montre que toujours moins de travailleurs et travailleuses sont satisfaits de la quantité de vacances dont ils disposent. Cette part s’est réduite depuis 2010, passant de 58,6 à 47,7%. C’est inquiétant. Parallèlement, le nombre de cas d’épuisement professionnel n’a cessé d’augmenter ces dernières décennies. Il en découle d’importants coûts pour les entreprises (arrêts de travail, formation de nouveaux employé[e]s).
</p><h3>Des durées de travail trop longues</h3><p>Mais la société passe aussi à la caisse&nbsp;: en Suisse, l’épuisement professionnel coûte 18 milliards de francs par an&nbsp;! S’y ajoute la souffrance des personnes touchées, de leurs familles et de leur environnement. Une réalité intraduisible en statistiques. 
</p><p>L’épuisement professionnel dépend de plusieurs facteurs comme l’absence de récupération par du temps libre et des pauses. À cause de la pression au rendement, précisément dans les branches peu syndiquées (p. ex. les «&nbsp;métiers de la création&nbsp;» et activités free-lance précaires), beaucoup de personnes travaillent toujours plus longtemps, sans que cela soit compensé en salaire ou temps libre. De 2003 à 2008, la durée hebdomadaire effective de travail des personnes occupées à plein temps a augmenté de 11&nbsp;minutes, pour passer à 42 heures 4 minutes. L’an dernier, elle a stagné à un niveau élevé ou a augmenté&nbsp;: en 2013, la hausse du nombre d’heures de travail prestées a été de 0,2&nbsp;% par rapport à 2012.
</p><h3>Plus de temps libre et horaires maîtrisables</h3><p>Tous ces chiffres montrent qu’en Suisse, nous avons un urgent besoin de mesures pour lutter contre cette épidémie galopante d’épuisement professionnel. Dans la SILC, les gens disent ce dont ils ont besoin&nbsp;: davantage de temps libre pour récupérer, des frontières claires entre travail et temps libre et le respect des dispositions légales en matière de durée hebdomadaire maximale de travail ainsi que de temps de repos et de pauses. 
</p><p>En outre, les entreprises ont besoin d’une vraie<a href="http://www.suva.ch/fr/startseite-suva/praevention-suva/praeventionsangebote-suva/betriebliche-gesundheitsfoerderung-suva.htm" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer"> Gestion de la santé dans l'entreprise (GSE)</a>. Celle-ci leur permet de reconnaître dès le départ les symptômes d’épuisement professionnel et de pratiquer une prévention active. 
</p><p>Ici, la meilleure prévention est cependant une semaine de travail d’au maximum 40 heures et le respect de la réglementation des pauses (deux pauses par jour, plus une pause à midi), ainsi que l’interdiction légale du travail de nuit et du travail dominical. Et surtout&nbsp;: débrancher le smartphone de l’entreprise le soir, ne plus lire de courriel professionnel après 18 heures et ne pas prendre le smartphone de l’entreprise en vacances. Mais encore&nbsp;: les inspectorats du travail doivent contrôler comme il se doit les risques psychosociaux au travail (avant tout via la saisie de la durée du travail). 
</p><h3>Les femmes spécialement touchées</h3><p>C’est notamment pour les femmes qu’il y a un grand écart toujours plus difficile à supporter entre durées du travail prolongées, famille et, régulièrement, tâches d’assistance et de soins. Parce qu’elles se retrouvent fréquemment seules à accomplir ces différentes activités, elles sont très souvent victimes d’épuisement professionnel. En plus des revendications concernant la place de travail déjà mentionnées, il faut par conséquent aussi créer beaucoup plus de structures d’accueil de jour des enfants d’un prix abordable. 
</p><h3>Pour se former sur cette question</h3><p>L’Union syndicale suisse (USS), ses fédérations et l’Institut de formation des syndicats, Movendo, organisent des cours et des manifestations sur la problématique de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, comme par exemple&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><span><a href="http://www.syndicom.ch/de/newsaktivitaeten/veranstaltungen/events-detailansicht/event/fachtagung-entgrenzung-der-arbeit.html" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Journée de travail de syndicom «&nbsp;Entgrenzung der Arbeit&nbsp;»</a>, Berne, restaurant Jardin, Militärstrasse 38, 21 novembre 2015 , de 9 h 30 à 16 h 20 (en allemand), </span></li><li><span><a href="http://www.movendo.ch/fr/kurse_mitarbeitende/detail.htm?VerdefID=216392" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Cours de Movendo «&nbsp;Travailler et vivre online – Arbeiten und leben online&nbsp;»</a>, 30.6.2015, Hôtel NH Fribourg,&nbsp;</span></li><li><span>Commission «&nbsp;Santé et sécurité au travail&nbsp;» de l’USS, journée sur la protection de la santé au travail et la protection du personne, novembre/décembre 2015 (date et programme encore à fixer).</span></li></ul><p></p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2057</guid><pubDate>Thu, 13 Nov 2014 14:14:00 +0100</pubDate><title>Dangereux, inhumain, nuisible</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/dangereux-inhumain-nuisible</link><description>Ecopop conduit dans une impasse</description><content:encoded><![CDATA[<p class="TitrerubriqueSPcommuniqu lead">Les syndicats et les organisations de salarié(e)s s’engagent tous ensemble contre l’initiative Ecopop. Car son acceptation serait catastrophique, surtout pour les travailleurs et travailleuses.</p><p class="ParagrSPnormaux">L’idée qu’Ecopop ne résout aucun problème d’environnement et relève du néocolonialisme s’est répandue. Mais cette initiative, avec ses quotas rigides, porte avant tout préjudice à l’économie et aux salarié(e)s. Si l’immigration est limitée à 0,2&nbsp;% de la population résidante permanente, les employeurs iraient chercher plus de résident(e)s de courte durée à l’étranger. Or, ceux-ci jouissent d’une situation juridique moins bonne. Il serait ainsi plus facile aux employeurs de leur imposer des salaires et des conditions de travail moins bonnes aussi.</p><p class="ParagrSPnormaux">Pour voir que cela porterait préjudice à tous et toutes les salarié(e)s parce que leurs salaires et conditions de travail se trouveraient sous pression, il suffit de jeter un œil sur un triste chapitre de la récente histoire suisse&nbsp;: le statut de saisonnier. Avec le système de contingents alors en vigueur, les saisonniers gagnaient presque 15&nbsp;% de moins que la main-d’œuvre qui avait un passeport suisse. Certaines branches où les saisonniers étaient nombreux devinrent à proprement parler des branches à bas salaires, une tendance qu’il a été possible de stopper ces dernières décennies, notamment grâce à l’Accord sur la libre circulation des personnes. </p><p class="ParagrSPnormaux">Avec Ecopop, cet accord deviendrait caduc. Les résident(e)s de courte durée ainsi que les frontaliers et frontalières n’auraient précisément pas droit au regroupement familial. Ce serait revenir à la même situation qu’avec le statut de saisonnier, lorsque des familles furent séparées et que <a href="http://www.uss.ch/film-interdits-et-caches/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">des enfants durent vivre dans l’illégalité et cachés</a>. Des migrant(e)s redeviendraient des travailleurs et travailleuses de deuxième classe, vivant constamment dans la peur de perdre leur permis de séjour avec leur emploi. Ils subiraient encore plus la pression exercée par les employeurs. Privées de main-d’œuvre étrangère, les institutions sociales du pays se trouveraient en difficulté et des branches importantes (construction, santé, soins) ne pourraient pratiquement plus fonctionner.</p><p class="ParagrSPnormaux">En l’absence de libre circulation des personnes, les mesures d’accompagnement seraient également caduques. Or leur but est de garantir que toutes les personnes qui travaillent en Suisse touchent le même salaire pour un même travail. Elles prévoient aussi des mesures de contrôles et de sanctions. Un oui à Ecopop ouvrirait tout grand la porte à la sous-enchère salariale et sociale. En outre, sans relations structurées avec l’Union européenne, les entreprises suisses se trouveraient fortement désavantagées par rapport à leurs concurrents européens. Leurs produits renchériraient avec pour conséquence des délocalisations à l’étranger, des programmes de réduction des coûts et, donc, des suppressions d’emplois. </p><p> Ecopop mettrait en danger le site industriel Suisse et déboucherait sur une précarisation des conditions de vie et de travail. C’est pour cela que toutes les grandes organisations de salarié(e)s font campagne ensemble contre cette initiative. La<a href="http://non-a-ecopop.ch/index.php/manifestations.html" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer"> journée d’action du 15 novembre</a> lancera le sprint final. Tout soutien est important et bienvenu. Car, malgré des sondages plutôt positifs, le NON à Ecopop n’est de loin pas encore dans la poche</p>]]></content:encoded><category>Migration</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2056</guid><pubDate>Thu, 13 Nov 2014 11:12:00 +0100</pubDate><title>De grossières jérémiades infondées</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/de-grossieres-jeremiades-infondees</link><description>Supprimer les forfaits fiscaux, c’est créer plus de justice</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’initiative contre les forfaits fiscaux bénéficie d’un large soutien au sein de la population. Elle a le potentiel de gagner dans les urnes. C’est pourquoi les amis des millionnaires et milliardaires fiscalement privilégiés brandissent désormais l’épouvantail du chômage. Mais leurs arguments reposent sur une base bien maigre.</p><p>Comme à chaque fois qu’une initiative de gauche a le potentiel de gagner, les associations économiques et la droite brandissent la même menace sous-jacente de la disparition d’emplois et du chômage. Cette fois, l’abolition de l’imposition forfaitaire entraînerait la perte de 22&nbsp;000 emplois. Rares sont les médias à s’être posé la question de ce chiffre.
</p><p>Ceux qui l’ont fait ont découvert qu’il provenait d’une étude d’un économiste berlinois commandée par l’association lobbyiste privée «&nbsp;Mehwert Schweiz&nbsp;», dont le secrétariat est tenu par l’agence de relations publiques bernoise Furrer, Hugi &amp; Partners. La même entreprise qui tire les ficelles avec le groupe d’intérêt «&nbsp;Pour le maintien des emplois en région de montagne&nbsp;» se trouve aux premiers rangs de ceux qui «&nbsp;font le buzz&nbsp;» aujourd’hui contre la suppression des forfaits fiscaux.
</p><p>Expériences zurichoises&nbsp;: en fin de compte, rien n’a changé
</p><p>Cette étude commanditée par les opposants à la suppression des forfaits fiscaux part de l’hypothèse, hautement sujette à caution, que tous les bénéficiaires de l’imposition forfaitaire quitteraient immédiatement la Suisse du jour au lendemain si l’initiative passait le cap des urnes. Une hypothèse irréaliste. Les expériences faites dans le canton de Zurich et les quatre autres cantons qui ont supprimé l’imposition forfaitaire ces dernières années le montrent bien. À Zurich, c’est près de la moitié des bénéficiaires de forfaits fiscaux qui sont partis, la plupart dans un autre canton. Mais le niveau des caisses du canton et des communes n’a pratiquement pas bougé, car la centaine de ceux qui sont restés ont payé ensemble autant que les deux cents anciens privilégiés. En fin de compte, l’exercice a même probablement été lucratif pour le canton et les communes. De fait, les villas des personnes parties ne sont pas restées vides. Leurs nouveaux locataires, imposés normalement, devraient même avoir garanti des recettes fiscales supplémentaires bienvenues.
</p><p>Si l’imposition forfaitaire disparaissait dans toute la Suisse, ces expériences devraient se confirmer. Aussi, et précisément, dans le Valais. Les avocats et agents fiduciaires spécialisés, ces «&nbsp;chasseurs de milliardaires&nbsp;», y ont surtout attiré ces dernières années des Français retraités avec un appât principal&nbsp;: pas ou pratiquement pas d’impôt sur les successions. Que la facture de ces nouveaux habitants de Crans-Montana ou Verbier soit incroyablement légère grâce aux forfaits fiscaux n’est donc, pour eux, que la cerise sur le gâteau. L’envie de quitter la Suisse une fois l’imposition forfaitaire supprimée devrait ainsi s’en trouver fortement freinée. Cela, d’autant plus qu’à travers leur propriété, elles sont plus étroitement liées à la Suisse qu’on ne le pense au premier abord. En effet, leurs villas et leurs appartements de luxe sont leurs résidences principales. Si l’initiative sur les résidences secondaires est correctement appliquée, leurs propriétés ne peuvent pas simplement devenir leurs résidences secondaires. S’ajoute à cela que, pour les ressortissant(e)s français, il n’est pas évident, dans le contexte actuel, de déplacer leurs papiers.
</p><p>Communes de montagne&nbsp;: créer de nouvelles sources de revenus 
</p><p>Les politicien(ne)s des rares communes de montagne concernées (surtout Crans-Montana, Pontresina, Saanen, St-Moritz, Verbier et Zermatt) peuvent se frotter les mains. De fait, grâce aux actuels bénéficiaires de forfaits qui paieraient des impôts normaux, ils rouleraient sur l’or et pourraient même financer à nouveau elles-mêmes le renouvellement de leurs installations de remontée mécanique. De plus, elles pourraient à nouveau dormir sur leurs deux oreilles, car en privé, plus d’une a déjà reconnu que l’imposition forfaitaire est injuste, mais qu’il est plus important de faire des affaires avec des privilégiés. 
</p><p>Or, argumenter ainsi, c’est ne pas avoir de vision d’ensemble. Et taire que ces privilèges fiscaux nuisent globalement à la société, car le fait de favoriser de manière injuste les superriches vide de sa substance le principe constitutionnel selon lequel tout le monde doit être imposé en fonction de sa «&nbsp;capacité économique&nbsp;». La Constitution fédérale ne doit pas être foulée aux pieds au nom de la concurrence entre les localités et les régions. Dire OUI à l’abolition des forfaits fiscaux créera plus de justice fiscale. 
</p><p> Au lieu de se lamenter parce que les gens de la plaine mettraient une fois de plus les bâtons dans les roues des régions de montagne, les politiques devraient se cracher dans les mains et créer de nouvelles sources de revenu plus solides que le marchandage sur les superriches. À cet effet, elles peuvent être sûres d’elles, car elles possèdent ce dont les gens de la plaine rêvent&nbsp;: une nature intacte et belle offrant de nombreuses possibilités. D’après l’avocat lucernois et «&nbsp;chasseur de milliardaires&nbsp;» Urs Mühlebach, les superriches en rêvent aussi. Selon ce qu’il dit dans un récent article du Tages-Anzeigers, les principales raisons de venir en Suisse sont le niveau de vie élevé, les «&nbsp;stars géographiques&nbsp;» et un système de formation de qualité.</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2052</guid><pubDate>Thu, 13 Nov 2014 10:13:00 +0100</pubDate><title>Ignoble et nuisible</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/ignoble-et-nuisible</link><description>Doris Bianchi, secrétaire dirigeante de l’USS, parle du statut de saisonnier</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Le statut de saisonnier était aussi ignoble que nuisible. Tels sont les termes employés par Doris Bianchi, secrétaire dirigeante de l'USS, dans le discours plein d'émotion qu'elle a prononcé le 7 novembre à la conférence d'Unia sur ce thème.</p><p>Selon elle, on a exploité " la détresse et l'absence de perspective de nombreux travailleurs et travailleuses étrangers ", qui étaient livrés sans protection aux employeurs, se trouvaient en Suisse sans leur famille, n'avaient ni logements décents ni sécurité sociale. Pour eux, tomber malade, c'était perdre son emploi. Ils étaient des " êtres de deuxième classe ".
</p><p>Le statut de saisonnier a fait pression sur les salaires et les conditions de travail de branches entières. Il a aussi clairement porté atteinte à l'image de notre pays. Or aujourd'hui, plutôt que d'être remisé dans les oubliettes honteuses de l'histoire suisse avec la politique menée à l'égard des réfugiés lors de la Deuxième Guerre mondiale, il redeviendrait quelque chose de " fréquentable " ?
</p><p>Elle-même fille d'un saisonnier, Doris Bianchi a souligné qu'il n'est pas question de revenir à cette discrimination. Les syndicats, les fils et les filles des saisonniers, qui font partie aujourd'hui de la " première classe ", ne doivent pas oublier ce que leurs parents ont vécu. Il leur appartient d'empêcher que cela ne se reproduise en votant clairement NON à l'initiative Ecopop le 30 novembre.
</p><p>Lors de cette conférence, le film de l'USS " Interdit et cachés - des enfants de saisonniers racontent " a aussi été présenté. La conférence a ouvert <a href="http://www.unia.ch/fr/actualites/events/detail/a/10344/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">l'exposition " Baraques, xénophobie et enfants cachés - Pourquoi il ne doit plus y avoir de statut de saisonnier en Suisse "</a>, qui se trouvera à Genève du 17 au 23 novembre.</p>]]></content:encoded><category>Migration</category><category>Politique sociale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2058</guid><pubDate>Wed, 12 Nov 2014 13:19:00 +0100</pubDate><title>Un projet séduisant, mais qui fait fausse route</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/un-projet-seduisant-mais-qui-fait-fausse-route</link><description>Motion Aebischer sur l’« Équivalence des diplômes de la formation professionnelle
supérieure » rejetée par la commission du Conseil des États</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le Conseil national a approuvé en juin la motion Aebischer demandant l’introduction du «&nbsp;professional bachelor&nbsp;» dans la formation professionnelle supérieure. Si ce projet passait la barre du Conseil des États, il faudrait s’attendre à des effets pervers&nbsp;: au lieu de valoriser des professionnels aujourd’hui très bien intégrés sur le marché du travail, on risque bien d’assister à une déconsidération de leur titre.
</p><h3><span>Un projet qui passe à côté des réalités</span></h3><p>Porté essentiellement par la Fédération suisse pour la formation continue, présidée par Ruedi Strahm, et la Conférence des écoles supérieures, le projet d’introduire le «&nbsp;professional bachelor&nbsp;» dans la formation professionnelle supérieure a fait son chemin. Séduit par une solution «&nbsp;prête à l’emploi&nbsp;», le Conseil national a accepté en juin, à une courte majorité, une motion déposée par Matthias Aebischer allant dans ce sens.
</p><p>Contrairement à ce qu’affirment les partisans de la motion, les diplômés de la formation professionnelle supérieure sont actuellement bien positionnés sur le marché du travail. Leur taux d’activité dépasse même celui des diplômés des hautes écoles, en particulièrement chez les femmes. Cette bonne intégration est confirmée par les statistiques de l’emploi&nbsp;: autant dans le secteur tertiaire que secondaire, le manque de personnel qualifié est plus prononcé chez les titulaires de la formation professionnelle que ceux des hautes écoles. Quant à leur situation dans la profession, elle est très proche de celle des diplômés des hautes écoles, une proportion importante soit est membre de la direction d’une entreprise, soit exerce une fonction dirigeante. 
</p><p>Seule la question du salaire laisse vraiment à désirer, l’évolution salariale des diplômés n’ayant pas suivi l’évolution générale. Cependant, il ne suffit pas de changer un titre pour obtenir une revalorisation. Les syndicats en savent quelque chose. Le combat des enseignantes d’école enfantine à Zurich l’a encore montré récemment&nbsp;: un bachelor ne suffit pas à valoriser une profession et même les plus diplômés des hautes écoles sont amenés aujourd’hui à faire valoir leur droit via la mobilisation et les démarches collectives<a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2014/141112_Polito_Bachelor-profess.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>.
</p><h3>Effets pervers programmés</h3><p>Bien que simple et séduisant en apparence, le «&nbsp;professional bachelor&nbsp;» n’est pas une bonne solution. L’excellent positionnement des diplômés de la formation professionnelle supérieure sur le marché du travail n’est en effet pas lié à des titres clinquants, mais bel et bien à une expertise professionnelle attestée non seulement par un diplôme, mais aussi par une expérience avérée dans la branche. Le «&nbsp;professional bachelor&nbsp;», qui suggère une formation théorique de type académique, ne sera pas à même de qualifier de façon appropriée les compétences des diplômés. Ainsi, au lieu d’améliorer la lisibilité de ces diplômes, on risque au contraire d’augmenter la confusion. Ceci d’autant plus que la Suisse serait l’unique pays européen à avoir introduit un bachelor qui ne répond pas à des standards académiques. Il ne faudra pas attendre longtemps avant de voir ces titres déconsidérés sur le marché du travail, en particulier vis-à-vis des «&nbsp;bachelors académiques&nbsp;» que les hautes écoles auront tôt fait de rebaptiser. 
</p><h3>Une mauvaise réponse à un vrai problème</h3><p>Quoique que bien positionné sur le marché du travail, il n’est reste pas moins que les titres de la formation professionnelle supérieure sont aujourd’hui peu connus du public, en particulier ceux des personnes qui ont suivi un parcours exclusivement académique ou qui proviennent de pays sans formation comparable. À terme, cette situation pourrait conduire à désavantager la formation professionnelle supérieure sur le marché du travail&nbsp;; surtout par rapport aux titres académiques qui, grâce au processus de Bologne, ont gagné en visibilité tant au niveau national qu’international.
</p><p> Pour cette raison, l’USS soutient la proposition de la Commission de la science, de l’éducation et de la culture du Conseil des États. Celle-ci demande,d’une part, le rejet de la motion Aebischer (c’est-à-dire du «&nbsp;professional bachelor&nbsp;») et, d’autre part, l’acceptation d’un postulat de commission demandant au Conseil fédéral de soumettre de nouvelles propositions propres à clarifier la structure des titres. L’USS est persuadée que ce postulat permettra de concrétiser des pistes qui répondent mieux aux besoins spécifiques des professionnels sur le terrain. 
</p><hr><p><a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2014/141112_Polito_Bachelor-profess.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> «&nbsp;87 Prozent Lohn für 100 Prozent Arbeit&nbsp;», in Tages Anzeiger, article publié en ligne le 22 octobre 2014.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2055</guid><pubDate>Tue, 11 Nov 2014 16:34:00 +0100</pubDate><title>Un pas vers la ratification de la Charte sociale européenne</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/un-pas-vers-la-ratification-de-la-charte-sociale-europeenne</link><description>La direction est la bonne, mais le rythme encore trop timoré</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors de sa séance d’octobre, la Commission de politique extérieure (CPE) du Conseil des États a accueilli positivement le rapport du Conseil fédéral sur la Charte sociale européenne. Ce rapport constate que cette dernière, révisée, est à 100&nbsp;% compatible avec l’ordre juridique suisse.</p><p>L’USS, AvenirSocial et d’autres organisations membres de l’association «&nbsp;Pro Charte sociale&nbsp;» ont pris connaissance avec satisfaction du rapport précité. Ce dernier montre en effet que la Suisse pourrait ratifier sans délai et sans avoir à modifier sa législation la Charte sociale européenne, une convention qu’elle a signée en 1976 déjà.
</p><p>La CPE du Conseil des États a désormais aussi pris connaissance de ce rapport. Et elle a décidé d’organiser une audition afin d’examiner les prochaines nouvelles menant à une ratification de cette convention. L’USS se félicite de cette décision. Pour elle, il est en effet clair que la Charte sociale européenne est tout simplement l’aune à laquelle se mesurent les droits sociaux et humains ainsi que les libertés. Sa ratification n’a que trop attendu. 
</p><p>La mise en vigueur de cette convention n’entraînera pas de nouvelles obligations pour la Suisse. Elle n’entraînera pas non plus de nouvelles requêtes individuelles. Mais ce serait une occasion pour notre pays de manifester son ouverture et sa solidarité avec tous les États européens (sauf Saint-Marin et Monaco) qui l’ont déjà ratifiée. Ce pas sortirait la Suisse de l’isolement dans lequel elle s’est retrouvée au sein du Conseil de l’Europe.</p>]]></content:encoded><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2053</guid><pubDate>Tue, 11 Nov 2014 15:51:00 +0100</pubDate><title>Initiative sur l’or : du banditisme, pas du patriotisme</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/initiative-sur-l-or-du-banditisme-pas-du-patriotisme</link><description>Un marché de dupes préjudiciable aux salarié(e)s</description><content:encoded><![CDATA[<p>Devons-nous obliger la Banque nationale suisse (BNS) à acheter, alors qu’elle n’en a nul besoin, pour 60 milliards de francs en or aux riches et spéculateurs, surtout de l’étranger&nbsp;? C’est ce que veut l’initiative sur l’or, la dernière de toute une série d’initiatives toujours plus absurdes du camp nationaliste-conservateur proche de l’UDC. Cette initiative causerait de graves préjudices à la Suisse. Elle contraindrait la BNS à détenir au moins 20&nbsp;% de ses actifs en or, or qu’elle n’aurait plus le droit de vendre. Si elle était acceptée, la BNS devrait acheter en cinq ans près de 60 milliards de francs en or.
</p><p>Ils ne veulent que «&nbsp;protéger le patrimoine suisse&nbsp;», prétendent les nationalistes-conservateurs à l’origine de l’initiative. Or c’est le contraire qui est vrai. Les spéculateurs se frottent déjà les mains. Le prix de l’or augmenterait immédiatement. Ceux qui amoncèlent des montagnes d’or et les riches pourraient vendre plus cher leur or à la BNS. Selon des chiffres venant d’Allemagne, les riches dont la fortune est supérieure à 150&nbsp;000&nbsp;francs possèdent en moyenne environ 277&nbsp;grammes d’or valant aujourd’hui 10&nbsp;000&nbsp;francs. Ils n’auraient même pas besoin de vendre leur or pour devenir plus riches, car celui-ci aurait tout à coup plus de valeur. Pas étonnant que les spéculateurs étrangers soutiennent la campagne pour l’initiative sur l’or.
</p><p>Pour les travailleurs et travailleuses de Suisse, cette initiative serait en réalité un désastre. Elle mettrait à mal la sécurité de l’emploi, ferait augmenter les taxes et, le cas échéant, serait source d’inflation.
</p><p>De fait, elle imposerait un «&nbsp;corset d’or&nbsp;» à la BNS. À cause de cette contrainte, celle-ci pourrait réagir avec moins de flexibilité aux crises et aux problèmes. Et sa politique monétaire serait plus difficile. Salaires et emplois seraient menacés. Si la BNS achetait des devises étrangères et mettait des francs sur le marché pour combattre une force du franc catastrophique, elle devrait, selon l’initiative, toujours acheter aussi 20&nbsp;% des montants concernés en or. De l’or qu’elle ne pourrait plus jamais revendre, toujours selon l’initiative. Or, après une crise, il est judicieux de revendre les devises étrangères et l’or acquis. Aussi pour éviter une inflation. Si la BNS n’a toutefois pas le droit de le faire, il peut y avoir trop d’argent en circulation. Ce qui risque d’entraîner de l’inflation. 
</p><p>Mais ce serait même pire&nbsp;: à cause de l’initiative sur l’or de l’UDC, le ménage moyen suisse pourrait devoir payer chaque année entre 600 et 800 francs de taxes supplémentaires. Car la BNS fait aujourd’hui des bénéfices avec ses placements, des bénéfices qu’elle reverse à la Confédération et aux cantons. Avant la crise, cela représentait 2,5&nbsp;milliards de francs par année. L’or ne produit aucun intérêt et la BNS n’aurait pas le droit de le vendre. Donc, elle ne pourrait pas dégager de bénéfice. Confédération et cantons auraient moins de recettes et nous devrions combler les trous avec des hausses de taxes. 
</p><p> L’initiative sur l’or de l’UDC et des milieux qui lui sont proches est un marché de dupes. Comme l’initiative d’Ecopop défendue par des pans entiers de l’UDC, elle porterait un très grand préjudice aux salarié(e)s du pays. Pour empêcher une précarisation de l’emploi, une hausse des taxes et l’inflation, il faut par conséquent lui dire clairement NON le 30 novembre prochain.</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category><category>Économie</category><category>Politique monétaire</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2051</guid><pubDate>Tue, 11 Nov 2014 15:09:00 +0100</pubDate><title>Film &quot; Interdits et cachés – des enfants de saisonniers racontent &quot;</title><link></link><description>D&#039;anciens &quot;enfants du placard&quot; parlent de leur enfance perdue.</description><content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2043</guid><pubDate>Fri, 31 Oct 2014 10:15:00 +0100</pubDate><title>Quatre nouveaux secrétaires syndicaux diplômés</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/quatre-nouveaux-secretaires-syndicaux-diplomes</link><description>Remise des diplômes au congrès de l’USS
</description><content:encoded><![CDATA[<p> Comment devient-on secrétaire syndical ? Il y a un certain nombre d'années, la réponse à cette question était simple : on commençait " tout en bas " et, à force de conviction et de motivation, on se formait toujours plus, de manière informelle ou à l'" École ouvrière ".
</p><p>Or cette dernière n'existe plus depuis quatre ans. Elle a été remplacée par la formation de " spécialiste de la gestion et du développement des organisations syndicales " avec certificat fédéral. Il ne s'agit pas là uniquement d'une nouvelle dénomination de l'ancienne formation, car la personne qui obtient ce diplôme doit désormais passer un examen fédéral et reçoit un titre reconnu de la formation professionnelle supérieure.
</p><p>Placés sous la responsabilité de l'Union syndicale suisse, ces examens viennent d'avoir lieu pour la quatrième fois. Deux hommes et deux femmes de quatre régions du pays et de quatre syndicats les ont réussis cette année, obtenant ainsi le titre de " Spécialiste de la gestion et du développement des organisations syndicales ", comme dix-neuf autres syndicalistes avant eux.
</p><p>Peter Sigerist, président de la commission Assurance qualité leur a remis leur diplôme lors du dernier congrès de l'USS des 23 et 24 octobre. Il s'agit de :</p><ul><li>Valérie Solano, Syndicat du personnel des transports (SEV)</li><li>Elisabeth Di Blasi, Syndicat des médias et de la communication (syndicom)</li><li>Matteo Guagenti, Unia</li><li>Elias Toledo, Association du personnel de cabine, kapers (anciennement Unia).</li></ul><p>Le prix du mémoire le plus original a été décerné à Valérie Solano. Il consiste en une réflexion originale sur le genre littéraire du récit comme possible outil syndical. </p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2044</guid><pubDate>Wed, 29 Oct 2014 14:43:00 +0100</pubDate><title>Pas d’exception pour les riches étrangers</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/pas-d-exception-pour-les-riches-etrangers</link><description>L’imposition forfaitaire : antidémocratique et injuste</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) soutient l’initiative populaire «&nbsp;Halte aux privilèges fiscaux des millionnaires (abolition des forfaits fiscaux)&nbsp;». De fait, l’imposition forfaitaire dont bénéficient les riches étrangers et étrangères est antidémocratique et injuste.</p><p>À son article 127, la Constitution fédérale prescrit l’imposition en fonction de la «&nbsp;capacité économique&nbsp;». C’est juste. Car qui possède beaucoup doit aussi donner beaucoup. Il lui restera de toute façon toujours plus qu’à de nombreux autres, qui ont moins et, donc, peuvent aussi moins donner. La Constitution fédérale justifie ainsi la progressivité des impôts&nbsp;: proportionnellement, les plus riches doivent donner plus.
</p><p>L’imposition forfaitaire contredit grossièrement ce principe. Elle le met même sens dessus dessous. Plus de 5&nbsp;600 riches étrangers et étrangères sont actuellement imposés de manière forfaitaire en Suisse. Ce ne sont pas leurs revenus et fortunes qui sont imposés, mais simplement sept fois la valeur locative de leur logement, considérée ici comme étant leur revenu&nbsp;; cela, pour autant qu’ils n’exercent aucune activité lucrative dans notre pays. Ce dernier point n’est toutefois guère contrôlé. Conséquence&nbsp;: des oligarques à la tête d’empires économiques aux multiples ramifications profitent chez nous de forfaits fiscaux. Car «&nbsp;un tiens vaut mieux que deux tu l’auras&nbsp;», se disent de nombreux chefs des finances publiques qui, les yeux bien fermés et une légère rougeur passagère sur les joues, s’accommodent finalement d’une violation de l’égalité de traitement. 
</p><p>Mais, il y a un hic. Ces riches étrangers ne vont-ils pas s’en aller s’ils perdent leurs privilèges fiscaux&nbsp;? Aura-t-on en principe plus de justice, mais un trou dans la caisse&nbsp;? Le canton de Zurich a supprimé l’imposition forfaitaire et les riches étrangers ne se sont pas tous envolés. La moitié environ est restée. Et parce qu’ils paient des impôts corrects aujourd’hui, les montants versés au fisc sont plus importants que ceux payés par tous les contribuables auparavant imposés forfaitairement. Sans parler de ces nouveaux venus, précisément pas des personnes qui comptent chaque billet de cent francs dépensé, qui occupent maintenant les anciennes demeures des bénéficiaires de forfaits fiscaux désormais partis.
</p><p>Après le canton de Zurich, ceux de Schaffhouse, d’Appenzell Rhodes-Extérieures, de Bâle-Ville et de Bâle-Campagne ont décidé de supprimer leurs forfaits fiscaux. Là aussi, les expériences faites sont comparables à celles du canton de Zurich. Aucun exode de signalé, par d’alarme dans les administrations fiscales. Cependant, les différentes pratiques existant aujourd’hui dans ce domaine favorisent le tourisme fiscal intercantonal. C’est pour cela que l’imposition forfaitaire doit disparaître de tout le territoire suisse.
</p><p>Quelle est la somme en jeu&nbsp;? En moyenne, chaque personne imposée forfaitairement a payé environ 123&nbsp;000 francs d’impôts aux plans fédéral, cantonal et communal en 2010. La même année, le produit de ces impôts s’est monté à 668 millions de francs selon la Conférence des directrices et directeurs cantonaux des finances. Par rapport aux 121,1 milliards que représentent les recettes fiscales à ces trois niveaux, cela représente 0,55&nbsp;%.
</p><p> Devoir choisir, lors d’une votation, entre principe et pragmatisme, justice et argent, est un supplice. Mais ici, pas de dilemme. Donc NON aux forfaits fiscaux&nbsp;!&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2046</guid><pubDate>Wed, 29 Oct 2014 13:49:00 +0100</pubDate><title>Plus jamais de statut de saisonnier !</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/plus-jamais-de-statut-de-saisonnier</link><description>Conférence et exposition « Baraques, xénophobie et enfants cachés »</description><content:encoded><![CDATA[<p>À cause de l’acceptation dans les urnes de l’initiative «&nbsp;Contre l’immigration de masse&nbsp;», on risque d’assister à la réintroduction non seulement de contingents d’immigré(e)s, mais aussi du statut de saisonnier. Or, c’était là, à proprement parler, un statut ségrégationniste. Une conférence et une exposition du syndicat Unia veulent rappeler la vie inhumaine qui fut celle des saisonniers et de leurs enfants, dont une partie dut même vivre cachée. Comment vivaient-ils en Suisse&nbsp;? Quels étaient leurs droits&nbsp;? Quels effets le statut de saisonnier avait-il sur les salaires et les conditions de travail&nbsp;?
</p><p>Lors d’une conférence, des personnes qui ont été concernées par ces problèmes répondront à ces questions. Des expert(e)s et des représentant(e)s des syndicats expliqueront aussi quelles seraient les conséquences, pour les gens et le marché, de la réintroduction de contingents. Mais ils se tourneront aussi vers le futur et débattront des perspectives d’instaurer une politique migratoire équitable, qui soit également bénéfique au monde du travail en Suisse. Parallèlement, l’exposition qui accompagne la conférence montrera concrètement, à l’aide d’une baraque reconstituée et de nombreuses photos, à quel point ce statut d’apartheid était réellement inhumain. 
</p><h5>Conférence</h5><p>«&nbsp;<a href="http://www.unia.ch/fr/actualites/events/detail/a/10170/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Baraques, xénophobie et enfants cachés – Pourquoi il ne doit plus y avoir de statut de saisonnier en Suisse</a>&nbsp;»</p><ul><li>Vendredi 7 novembre, de 9 h 30 à 17 h</li><li>Progr, Waisenhausplatz 30, Berne</li></ul><p>&nbsp;</p><h5>exposition</h5><p>«&nbsp;&lt;media 2448&gt;La vie des saisonniers en images&lt;/media&gt;&nbsp;»</p><ul><li>Waisenhausplatz 30, Berne</li><li>7 - 13 novembre</li><li>Heures d’ouverture&nbsp;: chaque jour de 11 h 30 à 19 h</li></ul><h5>&nbsp;</h5>]]></content:encoded><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2045</guid><pubDate>Wed, 29 Oct 2014 13:45:00 +0100</pubDate><title>Un gros potentiel de solidarité</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/un-gros-potentiel-de-solidarite</link><description>Paul Rechsteiner, le président de l’USS, veut des syndicalistes actifs</description><content:encoded><![CDATA[<p> Paul Rechsteiner repère dans la société suisse un gros potentiel pour le principe supérieur de la solidarité. Logiquement, il a demandé aux délégué(e)s du 55e congrès de l'USS de s'en saisir à bras-le-corps. Ils doivent apporter " la lumière dans les têtes et le feu dans les cœurs ", comme le disait Herman Greulich, la grande figure du syndicalisme suisse de la fin du XIXème et du début du XXème siècles.
</p><p>Dans son discours, Paul Rechsteiner a souligné la diversité et la richesse des expériences du mouvement syndical. À cause des mutations dramatiques qui surviennent dans le monde du travail, les salarié(e)s sont menacés d'une constante dévalorisation. Rechsteiner a rappelé quels étaient les grands défis politiques et économiques qui nous attendent, ainsi que la lutte pour les droits humains, sociaux et au travail. Lors de ces débats controversés, la solidarité pourra précisément déployer une force énorme.
</p><h5>Allocution</h5><ul><li>&lt;media 2451&gt;Paul Rechsteiner, président de l'USS&lt;/media&gt;</li></ul>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2042</guid><pubDate>Wed, 29 Oct 2014 13:45:00 +0100</pubDate><title>La FPC a 50 ans</title><link>https://www.uss.ch/themes/detail/la-fpc-a-50-ans</link><description>Expo anniversaire</description><content:encoded><![CDATA[<p>La FPC, Fondation pour la protection des consommateurs, qui n’existe qu’en Suisse alémanique, est une organisation que des faîtières syndicales, dont l’Union syndicale suisse (USS) ont créée en 1964. Cette année, elle fête donc ses 50 ans d’activité. Son but et sa raison d’être&nbsp;: défendre les intérêts des consommatrices et consommateurs. Elle eut pour premier secrétaire le président de la Jeunesse socialiste de l’époque, Ernst Flück, que Ferdinand Troxler, futur responsable de l’information de l’USS, remplaça rapidement. Depuis lors, la FPC n’a cessé de grandir. Régulièrement, des personnalités se sont trouvées à sa tête, comme l’actuelle conseillère fédérale Simonetta Sommaruga.
</p><p>Pour fêter ses 50 ans, la FPC a organisé une exposition intitulée «&nbsp;Zur Kasse bitte&nbsp;!&nbsp;» («&nbsp;Veuillez passer à la caisse&nbsp;»). Cette exposition montre, très logiquement, comment les consommateurs et consommatrices sont priés de passer à la caisse, mais aussi comment la FPC a fait et fait encore passer des entreprises à la caisse. Une salle de l’exposition est consacrée aux dépenses quotidiennes de tout un chacun («&nbsp;Où va mon argent&nbsp;?&nbsp;»). Parmi les autres thèmes abordés, citons la révolution digitale et les étiquettes trompeuses. 
</p><p>L’exposition est complétée par tout un programme d’exposés, de discussions et de tables rondes. Un module d’apprentissage destiné aux écoles a aussi été créé à cette occasion. 
</p><h5>Infos pratiques</h5><p>Lieu&nbsp;: Käfigturm, Marktgasse 67, Berne&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Vernissage&nbsp;: 10 novembre 2014, 18 h 30&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Heures d’ouverture&nbsp;: du lundi au vendredi de 8 à 18 h, le samedi de 10 à 16 h&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Entrée gratuite&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Durée de l’exposition&nbsp;: du 11 novembre 2014 au 20 mars 2015 (fermeture entre le 22.12.2014 et le 4.1.2015)</p>]]></content:encoded></item><item><guid isPermaLink="false">news-2041</guid><pubDate>Wed, 29 Oct 2014 09:56:00 +0100</pubDate><title>Large soutien pour le non à Ecopop</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/large-soutien-pour-le-non-a-ecopop</link><description>Tous et toutes contre une initiative inhumaine et dangereuse</description><content:encoded><![CDATA[<p>Au moins depuis l’initiative sur les minarets, nous savons que c’est avec prudence qu’il faut se réjouir des sondages. Et dernièrement, pendant la période qui a précédé la votation sur l’initiative «&nbsp;Contre l’immigration de masse&nbsp;», il est à nouveau apparu qu’une certaine méfiance à l’égard des sondages était indiquée. Cela vaut bien sûr également pour le premier sondage effectué par l’institut gfs sur Ecopop. La part de 35 % de «&nbsp;oui&nbsp;» et de «&nbsp;plutôt oui&nbsp;», respectivement celles de 58&nbsp;% de «&nbsp;non&nbsp;» et de «&nbsp;plutôt non&nbsp;» et de 7 % d’indécis sont des chiffres au premier abord rassurants. Mais une comparaison avec le premier sondage fait par gfs sur l’initiative «&nbsp;Contre l’immigration de masse&nbsp;» (37 % de oui, 55 % de non et 8 % d’indécis) montre que le non à Ecopop n’est pas encore dans la poche.
</p><p>Nous avons d’autant plus besoin maintenant de toutes les forces qui se sont prononcées contre cette initiative dangereuse et inhumaine. Elles doivent mener une campagne active pour que nous n’ayons pas à nouveau de mauvaise surprise le 30 novembre. Telle est aussi la direction indiquée par les 400 délégué(e)s du congrès de l’USS des 23 et 24&nbsp;octobre, qui ont également appelé, dans une&lt;media 2440 - - "TEXT, 12 Resolution JC Initiative Ecopop f, 12_Resolution_JC_Initiative_Ecopop_f.pdf, 295 KB"&gt; résolution &lt;/media&gt;adoptée à l’unanimité, à affirmer de manière univoque leur opposition à Ecopop. 
</p><p>Il y a beaucoup de possibilités de s’engager activement contre Ecopop. Ce samedi 1er&nbsp; novembre déjà une &lt;media 2441 - - "TEXT, Flyer Demo f, Flyer_Demo_f.pdf, 495 KB"&gt;manifestation&lt;/media&gt; aura lieu sur la Place fédérale à Berne. Par notre présence physique, nous devons montrer que nous ne prenons pas cette initiative à la légère, mais voulons absolument la gagner, et nettement. Nous voulons aussi nous adresser à de larges milieux en particulier dans la rue. Discuter directement avec les gens est le meilleur moyen de leur expliquer pourquoi non seulement Ecopop est discriminatoire et inhumaine et n’aide en rien l’environnement, mais au contraire, et surtout, entraînera plus de pression sur les salaires et une dégradation des conditions de travail pour tout le monde.
</p><p> Le 25 octobre déjà, 175 artistes et institutions culturelles de toute la Suisse se sont engagés activement pour le non à Ecopop. Nous devons «&nbsp;récidiver&nbsp;» lors de la journée d’action nationale du 15 novembre. Mais ce n’est pas la seule date à laquelle les comités régionaux contre Ecopop vont organiser des stands et des distributions de tracts. Il y en aura d’autres. Chaque soutien est aussi bien nécessaire que bienvenu.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2039</guid><pubDate>Mon, 27 Oct 2014 11:49:00 +0100</pubDate><title>Des salaires et des emplois sûrs</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-salaires-et-des-emplois-surs</link><description>Les instances de l’USS doivent fixer les orientations à suivre</description><content:encoded><![CDATA[<p> Les congressistes ont adopté à la quasi-unanimité une proposition " englobante " intitulée " Des salaires et des emplois sûrs ". Cette proposition du Comité de l'USS reprend les revendications de plusieurs autres, donc celle, présentée par la CGAS et Unia, qui demandait le lancement d'une initiative populaire pour la protection contre le licenciement, celle du ssp pour une initiative dite " de suppression ", c'est-à-dire voulant la suppression des dispositions introduites dans la Constitution suite à l'acceptation de l'initiative " Contre l'immigration de masse ", et celle de l'Union syndicale du canton du Tessin pour un référendum sur l'obligation de saisir le référendum en cas de nouvel accord conclu avec l'Union européenne qui ne prévoirait pas des mesures de protection suffisantes pour les travailleurs et travailleuses.
</p><p>La proposition englobante veut examiner par le menu toutes ces revendications. Les instances de l'USS devront fixer la marche à suivre en fonction de l'évolution. Le SIT, Unia et le ssp ont donné leur accord à cette façon de procéder. Le SIT a demandé, et obtenu, que la décision concernant le lancement d'une initiative sur la protection contre le licenciement soit prise au plus tard lors de la quatrième Assemblée des délégué(e)s après le congrès.</p><ul><li>La proposition du Comité qui a été acceptée se prononce en faveur :</li><li>de la préservation des Accords bilatéraux,</li><li>du principe de la non-discrimination sur le marché du travail,</li><li>d'un combat déterminé contre l'initiative Ecopop et</li><li>d'une meilleure protection des personnes qui exercent une activité lucrative (protection des salaires, contre le licenciement et les formes de travail précaire). </li></ul>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2038</guid><pubDate>Fri, 24 Oct 2014 16:05:00 +0200</pubDate><title>Stop TISA </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/stop-tisa</link><description>Le Conseil fédéral doit se retirer des négociations
</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> L'Union syndicale suisse (USS) demande au Conseil fédéral de se retirer immédiatement des négociations sur TISA (l'Accord sur le commerce des services, ACS). À l'unanimité, le congrès de l'USS a accepté une proposition en ce sens du Syndicat suisse des services publics (ssp).</p><p>Une poignée de nations industrialisées négocie actuellement à Genève, à huis clos et même en tournant les structures de l'Organisation mondiale du commerce, un accord sur la libéralisation du commerce des services. Cet accord, TISA selon son nom anglais, va ouvrir le plus grand nombre possible de services au marché, dont des pans entiers des services publics (approvisionnement en eau, santé, formation, transports publics, etc.). Chaque pays pourra certes dresser une liste d'exceptions, mais tout domaine qui n'aura pas été mentionné en tant que tel avant la conclusion de l'accord sera obligatoirement ouvert au marché. Et il ne sera plus possible de revenir sur ce qui aura été conclu.
</p><p>Les congressistes de l'USS se sont prononcés à l'unanimité contre une telle attaque frontale menée contre les services publics. Ils exigent du Conseil fédéral qu'il se retire sans délai des négociations sur TISA.
</p><p>Dans l'ensemble, le congrès a adopté 15 résolutions. Ci-après, nous énumérons celles qui ne sont pas mentionnées séparément dans nos différents rapports :</p><ul><li>Coopération renforcée en Europe et au niveau international</li><li>L'USS dit non à l'isolement et combat l'initiative Ecopop</li><li>Lutter contre l'amiante : hier - aujourd'hui et aussi demain !</li><li>Un service public pour tous les publics !</li><li>Contre l'initiative " En faveur du service public "</li><li>Marché de l'électricité : la libéralisation est la mauvaise voie</li><li>Non au deuxième tube routier au tunnel du Gothard !</li><li>Suisses/ses, immigré/es, frontaliers/-ères, sans-papiers : égalité de droits, unité dans les luttes</li><li>Des primes de caisse maladie abordables maintenant ! </li><li>Cadeaux fiscaux aux actionnaires: ça suffit!</li></ul>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2037</guid><pubDate>Fri, 24 Oct 2014 15:07:00 +0200</pubDate><title>Statut de saisonnier : plus jamais ça !</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/statut-de-saisonnier-plus-jamais-ca</link><description>Les « enfants du placard » racontent</description><content:encoded><![CDATA[<p> La projection du film présentant des témoignages d'anciens enfants cachés de saisonniers, ces " enfants du placard " comme on les a appelés, fut sans doute l'un des moments les plus chargés d'émotion du congrès. Ces enfants étaient venus en Suisse avec leurs parents, mais dans l'illégalité, car le statut de saisonnier appliqué à l'époque interdisait tout regroupement familial. Ils passaient leurs journées cachés dans les appartements, ne pouvant par exemple jouer que silencieusement, afin que leur présence reste secrète. Les témoignages vécus présentés dans le film sont émouvants, mais ils sont aussi honteux pour la Suisse officielle qui a maintenu jusqu'en 2002 ce statut hostile aux familles et à la vie.
</p><p>Le message de ce film de dix minutes réalisé par Karin Bachmann à la demande de l'USS est clair : il n'est pas question que nous retournions à cette époque. En d'autres termes, pas question d'un nouveau statut de saisonnier, et donc NON à tout projet de réintroduction de ce statut. Soit : NON, absolument NON à l'initiative Ecopop. La résolution présentée dans ce sens par la Commission des migrations de l'USS a logiquement été adoptée à l'unanimité par les congressistes. </p>]]></content:encoded><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2036</guid><pubDate>Fri, 24 Oct 2014 13:03:00 +0200</pubDate><title>Protégeons les apprenti(e)s !</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/protegeons-les-apprenti-e-s</link><description>Une surveillance indépendante pour contrôler les entreprises au moins une fois par an</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> À l'unanimité, les congressistes ont adopté une résolution de la Commission de jeunesse de l'USS pour une meilleure protection des apprenti(e)s. Elle demande que les contrôles des entreprises soient plus nombreux et améliorés.</p><p>La Commission de jeunesse de l'USS a proposé une introduction au thème des apprenti(e)s sous la forme d'un petit film où sont évoquées les circonstances qui font qu'un apprentissage est bon, ainsi que des expériences négatives vécues par des apprenti(e)s : des horaires trop longs, au travail fait en lieu et place de l'apprentissage du métier, en passant par de trop nombreuses activités de routine, comme nettoyer, faire le café, etc. Le film se termine par un appel : il ne faut pas simplement accepter les problèmes et " faire l'autruche ", il faut au contraire s'attaquer aux problèmes avec les syndicats.
</p><p>La résolution de la Commission de jeunesse de l'USS s'attaque précisément aux problèmes. Elle critique les entreprises qui violent les dispositions légales en matière de protection des apprenti(e)s et ne se soucient sciemment pas des accidents ou des échecs aux examens qui peuvent en découler. De fait, elles ne sont pas poursuivies, car les cantons n'effectuent guère de contrôles.
</p><p>C'est pourquoi cette résolution demande :</p><ul><li>au moins un contrôle annuel dans chaque entreprise formatrice ;</li><li>une surveillance indépendante de l'apprentissage ;</li><li>des critères pour les autorisations de former ;</li><li>pas d'économies sur le dos des apprenti(e)s !</li></ul><p>Le congrès a aussi accepté deux propositions qui demandent à l'USS de s'engager pour la reconnaissance légale des diplômes obtenus à l'étranger ainsi que des compétences acquises dans la pratique. </p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2035</guid><pubDate>Fri, 24 Oct 2014 13:01:00 +0200</pubDate><title>Paul Rechsteiner réélu président de l’USS</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/paul-rechsteiner-reelu-president-de-l-uss</link><description>Élections sans surprise au congrès de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p> Vendredi, le congrès de l'USS à Berne a réélu à sa présidence son président sortant, le conseiller aux États saint-gallois Paul Rechsteiner, pour une nouvelle période de quatre ans.
</p><p>L'élection s'est faite par acclamation, comme la réélection de la vice-présidence composée de Vania Alleva (Unia) et Giorgio Tuti (SEV). Ont aussi été confirmés au Comité présidentiel : Renzo Ambrosetti (Unia), Alain Carrupt (syndicom), Stefan Giger (ssp), Corrado Pardini (Unia) et Katharina Prelicz-Huber (ssp). Deux nouveaux membres faisant leur apparition dans cette instance : Bernadette Häfliger (syndicom) et Nico Lutz (Unia).
</p><p>Paul Rechsteiner a souligné dans son discours du congrès la diversité et la très grande expérience du mouvement syndical. Les changements dramatiques qui marquent le monde du travail menacent de dévaloriser constamment les travailleurs et travailleuses. Paul Rechsteiner a rappelé quels sont les grands défis politiques et économiques qui s'annoncent, la lutte pour les droits au travail, les droits humains et les droits sociaux. Dans ces conflits, la solidarité peut cependant déployer une force énorme. Et la société suisse recèle encore un grand potentiel à cet égard. 
</p><h5>Discours</h5><ul><li>&lt;media 2378 - - "TEXT, Kongressrede Paul Rechsteiner Freitag F, Kongressrede_Paul_Rechsteiner_Freitag_F.pdf, 1.7 MB"&gt;Paul Rechsteiner, président de l'USS&lt;/media&gt; (seulement partiellement en français)</li></ul>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2034</guid><pubDate>Fri, 24 Oct 2014 11:01:00 +0200</pubDate><title>Il faut plus de service public, pas moins</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/il-faut-plus-de-service-public-pas-moins</link><description>Toute nouvelle privatisation sera combattue
</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Après un débat animé, les congressistes de l'USS ont mis la dernière main à un texte d'orientation sur les services publics, qu'ils ont ensuite adopté à une très nette majorité. Dans tout le pays, les services publics doivent être garantis de manière durable et accessibles à tout le monde. La desserte de base ne doit pas être ouverte aux profits privés et il faut que les infrastructures restent en mains publiques. Les services publics doivent aussi offrir des conditions de travail de qualité, soit via des rapports de travail de droit public, soit à travers des conventions collectives de travail.</p><p>Le Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleurs a demandé que ce texte d'orientation soit retiré, car il le trouvait trop " gentil ". Il ne prendrait pas suffisamment compte de l'ampleur des offensives dirigées contre les services publics et n'offrirait pas de perspective pour une lutte concrète contre ce démantèlement. Ce document devrait donc être adapté, puis revenir devant une Assemblée des délégué(e)s de l'USS. Le Comité de l'USS a proposé de rejeter cette proposition. C'est maintenant, selon lui, qu'il faut traiter définitivement de sa teneur et, ainsi, discuter des objectifs et des divers points de vue sur cette question. Une nette majorité des congressistes a choisi de suivre le Comité.
</p><p>Le texte d'orientation désormais peaufiné traite les uns après les autres les différents domaines des services publics : administration et sécurité, médias et culture, transports, poste, télécommunications, électricité, logement, formation, assistance à des tiers, santé et social. Après une brève introduction à caractère descriptif viennent toujours les revendications. Entre autres, le ssp a eu du succès avec ses propositions. Ainsi, les services publics devront rester explicitement en mains publiques. Il s'agit en tout premier lieu de dénoncer les effets catastrophiques des baisses d'impôt, et les programmes d'économies et de démantèlement, notamment dans la formation, doivent être combattus avec la plus grande énergie. La Commission féminine de l'USS a demandé et obtenu que les objectifs de l'égalité des sexes et de la compatibilité entre travail et famille figurent explicitement dans ce document. Le SEV y a fait passer certaines précisions relatives aux transports publics.
</p><p>Le texte d'orientation affirme clairement qu'il faut plus de service public et non moins ! Et qu'il faut se battre avec détermination contre toute nouvelle privatisation. Car, alors qu'il y a plus d'enfants, plus de personnes âgées, plus de malades chroniques, plus de mobilité et plus d'inégalités sociales, le personnel qualifié fait défaut, les places de formation sont en nombre insuffisant, l'environnement se fait plus complexe et les programmes d'austérité se multiplient.
</p><p>Le congrès a adopté les principes suivants pour la stratégie syndicale en matière de services publics :</p><ul><li>L'accès aux prestations et aux infrastructures des services publics doit être garanti durablement et de manière abordable dans toutes les parties du pays. Les ressources financières et en personnel doivent assurer des services publics de qualité supérieure ainsi que leur développement.</li><li>Le service universel ne doit pas servir des objectifs de profit privé.</li><li>Les infrastructures doivent rester en mains publiques.</li><li>Les tâches relevant de la puissance publique sont soumises au contrôle démocratique et ne doivent pas être prises en charge que par des organes étatiques.</li><li>La transparence s'applique à la possession des biens, aux recettes et aux dépenses. La fourniture de prestations fait systématiquement l'objet d'un contrôle démocratique.</li><li>Les conditions d'engagement sont réglées dans un rapport de travail de droit public ou définies dans une CCT.</li><li>La pénurie de personnel qualifié doit être combattue par l'amélioration des conditions de travail, l'augmentation des salaires et des offensives de formation.</li><li>Seules les entreprises qui respectent les conditions de travail usuelles dans la branche peuvent recevoir des contrats de prestations ou des mandats des pouvoirs publics. </li></ul>]]></content:encoded><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2033</guid><pubDate>Fri, 24 Oct 2014 09:52:00 +0200</pubDate><title>L’USS décerne son Prix culturel à Philippe Bécquelin (Mix &amp; Remix)</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/l-uss-decerne-son-prix-culturel-a-philippe-becquelin-mix-remix</link><description>Congrès de l’USS :</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> L'Union syndicale suisse (USS) a décerné son Prix culturel au dessinateur de presse Philippe Béquelin, c'est-à-dire Mix &amp; Remix. Elle rend par là hommage à l'ensemble de son œuvre, qui est une contribution importante à la culture du débat dans une démocratie.</p><p>Avec ses dessins, Philippe Bécquelin enrichit le débat politique suisse. De manière percutante, avec humour et parfois émotion, il commente à travers ses personnages à gros nez la vie politique au quotidien. Ses gros nez sont grincheux, crâneurs, embarrassés et égoïstes, et ne comprennent rien au monde. Les dessins de Mix &amp; Remix tendent un miroir aux acteurs politiques et permettent à un large public de s'interroger sur un mode ludique au sujet de questions économiques et sociales. Philippe Bécquelin apporte ainsi une contribution importante à la culture du débat dans une démocratie. C'est le professeur genevois d'art et design Jean Perret qui prononça un panégyrique tout de subtilité et d'élégance de Philippe Bécquelin, un maître de la pointe fine.
</p><p>Ce dernier, né en 1958 à Saint-Maurice dans le Bas-Valais, a pris Mix &amp; Remix pour pseudonyme parce qu'il a réalisé ses premiers dessins avec sa première femme. Lentement, il se dirigea vers le dessin satirique. Aujourd'hui, il dessine surtout pour " L'Hebdo ", " Le Matin Dimanche " et l'hebdomadaire satirique " Vigousse ". Il accompagne aussi de ses dessins réalisés en direct les débats télévisés d'" Infrarouge " et publie également dans le " Courrier international " français et l'italien " Internazionale ".
</p><p>Avec son Prix culturel, l'USS honore des artistes qui se sont illustrés ou s'illustrent aujourd'hui par leur œuvre en rapport avec les travailleurs et travailleuses, les salarié(e)s ordinaires, la justice sociale, les droits de l'homme, l'égalité des sexes..., bref les valeurs du mouvement syndical. Le prix est doté de 10 000 francs. Ses anciens lauréats sont le sculpteur sur bois Emil Zbinden (1987), le Théâtre populaire romand (1989), le dessinateur et caricaturiste Martial Leiter (1994), la chanteuse Vera Kaa (1998), le graphiste et archiviste photographique Roland Gretler et le journaliste Jean Steinauer (2002), la photographe Monique Jacot (2006) et l'écrivain et slameur Pedro Lenz (2010). </p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2030</guid><pubDate>Fri, 24 Oct 2014 09:45:00 +0200</pubDate><title>Une opportunité unique pour créer la plus grande social-démocratie du monde</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/une-opportunite-unique-pour-creer-la-plus-grande-social-democratie-du-monde</link><description>Dongfang Han, rédacteur de « China Labour Bulletin »</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Il pense que s'il est présent comme premier orateur international du congrès de l'USS, c'est pour corriger l'image unilatéralement négative des travailleurs et travailleuses chinois. Aujourd'hui, ceux-ci se battent pour des conditions de travail meilleures. Ainsi s'offre une chance unique de trouver un compromis historique dans l'Empire du milieu.</p><p>Les salarié(e)s de Chine n'ont privés de droits et bon marché pour qu'ils puissent prendre le travail des salarié(e)s des autres pays. C'est là l'image d'eux qui domine aujourd'hui sur la planète, pense Dongfang Han, syndicaliste et journaliste chinois. Mais cette image est un stéréotype. C'est pourquoi Dongfang Han vient chez nous en ambassadeur de ces travailleurs et travailleuses de Chine en pleine émergence, qui se syndicalisent et luttent pour l'amélioration de leurs conditions de travail.
</p><h3>Les travailleurs et travailleuses n'ont plus peur</h3><p>Dongfang Han a cité une bonne dizaine d'exemples de luttes importantes, menées ces derniers mois par les travailleurs et travailleuses chinois pour un monde du travail meilleur, des luttes qui furent autant de succès. Ils et elles n'ont désormais plus peur de se défendre. Parallèlement, le gouvernement a compris que les salaires doivent être augmentés pour que les gens puissent consommer plus. Mais les syndicats officiels freinent cette évolution, c'est pourquoi les syndicats indépendants sont toujours plus suivis. Ceux-ci sont actuellement à deux doigts de s'étendre clairement dans les domaines des services, de la vente, du textile et de la chaussure.
</p><p>" Si les nouveaux syndicats peuvent systématiquement conclure des négociations collectives, ce sera pour eux une possibilité historique de collaborer avec le parti communiste. Il en naîtrait la plus grande social-démocratie du monde. "
</p><h3>En Inde, Holzim ne veut pas d'égalité</h3><p>Shalini Gera, avocate du syndicat des travailleurs et travailleuses temporaires PCSS principalement actif dans les fabriques de ciment, fut la deuxième oratrice internationale invitée par le congrès de l'USS. En Inde, 80 % des salarié(e)s de la production de ciment sont des travailleurs et travailleuses temporaires, depuis des décennies même, pour certains. En règle générale, ils sont payés trois fois moins bien que les employé(e)s fixes, n'ont aucune assurance sociale et que peu droits sur leur lieu de travail. Shalini Gera a présenté le cas concret d'une fabrique de ciment appartenant aujourd'hui à Holzim qui refuse depuis des années d'instaurer en son sein l'égalité demandée par le PCSS entre salarié(e)s temporaires et salarié(e)s fixes.
</p><p>Les syndicats représentés par Shalini Gera et fang Han sont soutenus par plusieurs fédérations membres de l'USS, ainsi que par Solidar Suisse - l'ancien OSEO - et le Solifonds. </p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2032</guid><pubDate>Fri, 24 Oct 2014 09:37:00 +0200</pubDate><title>Plus de CCT pour plus de travailleurs et de travailleuses</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/plus-de-cct-pour-plus-de-travailleurs-et-de-travailleuses</link><description>Augmenter rapidement la couverture conventionnelle à 60 %

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Après une discussion animée, les congressistes ont adopté un texte d'orientation sur la politique en matière de CCT. L'objectif immédiat est de faire passer rapidement la couverture conventionnelle, c'est-à-dire par conventions collectives de travail (CCT), d'aujourd'hui bien 50 % à au moins à 60 %. À cet effet, de nouvelles CCT devront être conclues et celles existantes renforcées, ceci aussi via l'extension de leur champ d'application.</p><p>Le texte d'orientation loue le succès des CCT : là où il y en a - il peut aussi s'agir de lois sur le personnel, comme l'a précisé le ssp -, les rapports de travail sont habituellement plus justes. La couverture conventionnelle a pu être améliorée ces dernières années, où elle a passé à bien 50 %. Ce n'est toutefois pas suffisant. La principale raison de cette couverture faible en comparaison européenne, ce sont les obstacles extraordinairement élevés posés à l'extension, soit à la déclaration de force obligatoire, des CCT grâce à laquelle celles-ci s'appliquent ensuite à l'ensemble d'une branche. Autre raison essentielle, le fait que de nombreux employeurs refusent catégoriquement de négocier une CCT.
</p><p>En matière de CCT, les syndicats de l'USS veulent appuyer sur le champignon. Ils veulent rapidement augmenter à 60 % la couverture conventionnelle. Pour ce faire, il faut</p><ol><li>négocier de nouvelles CCT, par exemple dans l'horticulture, les commerces de vêtements et de chaussures, les centres d'appel, les prestataires KEP (coursier, exprès, colis) et Mail (courrier) ;</li><li>adapter la procédure d'extension des CCT aux réalités actuelles et, par conséquent, la rendre plus facile ; il faut par exemple biffer le quorum des employeurs, selon lequel 50 % des entreprises doivent participer à une CCT pour que celle-ci puisse être étendue ; aucun autre pays que le nôtre prévoit de tels obstacles ;</li><li>pouvoir étendre des CCT pour des raisons d'" intérêt public " ;</li><li>rendre les CCT obligatoires pour l'obtention de subventions publiques ; qui reçoit des subsides de la Confédération devra négocier une CCT avec des syndicats représentatifs et s'ils n'aboutissent a aucun accord, le Conseil fédéral doit édicter un contrat-type de travail ; pour les entreprises aux mains de la Confédération ou concessionnaires, il faut prévoir une obligation de CCT ; enfin, ces dernières doivent être un critère d'adjudication en ce qui concerne les marchés publics.</li></ol><p>Les CCT - mais aussi et surtout la loi - doivent en outre mieux protéger les représentant(e)s du personnel et les personnes de confiance ainsi que les militant(e)s syndicaux ; cela, en particulier contre le licenciement. Les CCT doivent prescrire des mesures obligatoires contre toute discrimination (à raison du sexe, de la provenance, de la langue, des convictions religieuses, de l'orientation et de l'identité sexuelle) et reprendre impérativement toutes les revendications syndicales importantes en rapport avec la place de travail.
</p><p>Finalement, les CCT doivent aussi pouvoir être mises en œuvre au quotidien. Aujourd'hui, la loi ne contient pas ces instruments importants qui, ainsi que l'on souligné divers intervenant(e)s, permettraient d'agir contre les entreprises au comportement peu sérieux. Ainsi, en cas de réel soupçon d'indépendance fictive, si aucune caution n'est versée ou si des infractions manifestes aux salaires minimums sont constatées, il faut que les cantons puissent ordonner l'interruption des travaux. Un complément a été ajouté au texte d'orientation sur la manière dont les syndicats vont combattre à l'avenir les bas salaires au moyen de salaires minimums efficaces. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2031</guid><pubDate>Fri, 24 Oct 2014 09:30:00 +0200</pubDate><title>Pour l’égalité des salaires et contre le relèvement de l’âge de la retraite des femmes!</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/pour-l-egalite-des-salaires-et-contre-le-relevement-de-l-age-de-la-retraite-des-femmes</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p> Le 7 mars 2015, une vaste alliance, les femmes de l'USS et les syndicats en première ligne, veut dire aux politiques ce qu'ils doivent faire maintenant. Il s'agit par là de faire avancer l'égalité des sexes grâce à une manifestation puissante. Des contrôles officiels doivent veiller à ce que l'égalité devienne enfin réalité et que le relèvement de l'âge de la retraite des femmes finisse aux oubliettes. À l'unanimité, les congressistes ont adopté deux résolutions, les Thèses du Congrès des femmes de l'an dernier et deux propositions de la Commission féminine de l'USS.
</p><p>Au-dessus de la scène du congrès : éclairs et coups de tonnerre. Cette menace métaphorique doit montrer aux politiques ce qui les attend s'ils continuent à traiter par-dessus la jambe les revendications égalitaires des femmes. Dans une résolution, les femmes de l'USS demandent que le 7 mars 2015, Journée internationale de la femme, une manifestation pour l'égalité des salaires et contre le relèvement de l'âge de la retraite des femmes soit organisée. Ces " Messieurs Dames de la Berne fédérale " doivent agir. Ils doivent enfin " entendre les coups de tonnerre ". Car, les femmes en ont vraiment marre d'attendre l'égalité.
</p><p>Pour arriver à cette égalité des sexes, la Commission féminine de l'USS a demandé, dans une autre résolution, que des mesures énergiques soient prises. Car les femmes gagnent toujours environ 20% de moins que les hommes. Il faut qu'au moyen de contrôles officiels, le mandat constitutionnel de l'égalité soit vraiment rempli. Il faut donc :</p><ul><li>une autorité qui ait la compétence de faire des contrôles dans les entreprises, ainsi que de prendre des mesures efficaces pour l'égalité des salaires ;</li></ul><ul><li>l'obligation pour les entreprises de contrôler à intervalles réguliers l'égalité des salaires, et de communiquer les résultats de leurs contrôles .</li></ul><p>Les Thèses décidées par le Congrès des femmes de l'USS des 15 et 16 novembre 2013 ont été adoptées sans opposition par les congressistes. Elles revendiquent en particulier, outre l'égalité salariale entre femmes et hommes, des conditions de travail aménagées de sorte que et les hommes et les femmes puissent concilier une activité lucrative, des tâches d'assistance et des activités sociales. À cet effet, il ne s'agit pas uniquement d'augmenter les congés payés, mais de réduire clairement les durées de travail, de prévoir des horaires planifiables et un accueil extrafamilial des enfants dans tout le pays. En outre, la santé et la sécurité au travail doivent être mieux prises en considération du point de vue des femmes. Concernant la prévoyance vieillesse, l'AVS est à renforcer.
</p><p>Deux autres propositions faites par la Commission féminine de l'USS ont aussi été acceptées par le congrès. Elles demandent des modèles d'horaires de travail qui garantissent la possibilité de concilier travail professionnel, famille et loisirs ainsi que vie sociale. Ce qui inclut explicitement aussi une réduction du temps de travail. Le Comité de l'USS a soutenu ces propositions et, avec elle, un plein temps plus court, comme le demande la commission pour sortir du piège du temps partiel. Le Comité veut cependant s'attaquer à ce programme dans une perspective à long terme. Car la priorité revient actuellement à la réalisation de l'égalité des salaires. </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2028</guid><pubDate>Thu, 23 Oct 2014 16:40:00 +0200</pubDate><title>Le bilan en demi-teintes du président Rechsteiner</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/le-bilan-en-demi-teintes-du-president-rechsteiner</link><description>55e congrès ordinaire de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p> Dans son discours d'ouverture du 55e congrès ordinaire de l'USS, Paul Rechsteiner, le président de l'USS, a dressé, dressé un bilan en demi-teintes des quatre années qui se sont écoulées depuis le dernier congrès. Il a jugé positifs les progrès réalisés en matière de salaires minimums, ainsi que l'extension de la protection des travailleurs et travailleuses au moyen de conventions collectives de travail (CCT). Il considère que l'acceptation de l'initiative " Contre l'immigration de masse " est point le plus négatif de cette période.
</p><h3>Quelque effet</h3><p>Si l'on ne considère d'un point de vue syndical que les résultats des votations populaires de ces quatre dernières années, le bilan apparaît alors négatif, a déclaré Paul Rechsteiner, mentionnant ici le rejet de l'initiative sur les salaires minimums et de l'initiative de Travail.Suisse, qui demandait six semaines de vacances, ainsi que de l'initiative " 1:12 " pour plus de justice fiscale et de l'initiative pour une caisse maladie publique. Toutefois, ces initiatives n'ont pas été lancées en vain, a-t-il précisé : " Dans le pire des cas, il n'y a pas eu de succès. Dans le meilleur des cas, [ces initiatives] ont eu quelque effet, indépendamment de leur résultat.
</p><p>Cette remarque concerne surtout l'initiative sur les salaires minimums. Malgré son rejet, nous sommes parvenus à imposer la limite des 4 000 francs dans les négociations collectives, ce qui a débouché sur de " vraies percées ". La tâche des syndicats est d'améliorer les salaires et la vie des gens. Mesurée à l'aune de cet objectif, la campagne sur les salaires minimums a été un grand succès.
</p><p>Paul Rechsteiner s'est montré plus critique sur l'échec concernant l'ouverture des magasins de stations-service. Rétrospectivement, il apparaît qu'il ne s'agissait " pas uniquement de quelques stations-service ". Comme le montre l'exemple d'Outlet à Landquart, malgré une situation claire et un arrêt du Tribunal fédéral, " l'interdiction du travail du dimanche n'est déjà plus appliquée du tout (...) un fait unique dans l'État de droit suisse. "
</p><h3>9 février : un grand thème</h3><p>Mais toutes les votations des quatre dernières années sont dans l'ombre du oui du 9 février à l'initiative " Contre l'immigration de masse " de l'UDC : " Quoique ce oui fut serré, ses conséquences seront lourdes pour la Suisse et son avenir, mais aussi pour les travailleurs et travailleuses et leurs organisations, les syndicats. " Selon Paul Rechsteiner, la position de l'USS après le 9 février peut se résumer en trois points : " Premièrement, nous tenons aux Accords bilatéraux, y compris à la libre circulation des personnes. Nous avons besoin de relations structurées avec l'Union européenne. Deuxièmement, nous combattons toute nouvelle discrimination. À nos yeux, il n'est pas question de créer un nouveau statut de saisonnier. Et troisièmement, nous avons besoin de plus de protection, et non de moins, pour les salaires et les emplois en Suisse. " Que faire après le 9 février ? C'est l'un des grands thèmes de ce congrès. "
</p><p>Le président de l'USS a jugé positive l'évolution en matière de couverture conventionnelle (par CCT) qui n'a en effet cessé de s'étendre, ainsi que l'introduction de la responsabilité solidaire et de meilleures règles pour lutter contre l'indépendance fictive. Et l'introduction de l'obligation d'un plan social dans le nouveau droit d'assainissement et la ratification de conventions de l'OIT, comme celle sur les travailleurs et travailleuses domestiques sont également des points positifs aux yeux du président.
</p><h3>Surplace</h3><p>Le surplace fait en matière de protection contre le licenciement de membres de commissions du personnel et de délégué(e)s syndicaux est plus problématique, comme aussi en matière d'égalité des salaires entre femmes et hommes. Concernant les assurances sociales, l'initiative AVSplus, " est le contre-projet aux propositions de démontage social du parlement fédéral. " Parmi les " luttes ouvrières marquantes ", le président de l'USS a cité les grèves chez Novartis et Merck Serono à Genève, ainsi que sur le grand chantier de la nouvelle gare de passage de Zurich.
</p><h5>Discours</h5><ul><li>&lt;media 2366&gt;Paul Rechsteiner, président de l'USS&lt;/media&gt; </li></ul>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category><category>Politique sociale</category><category>Travail</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Droits syndicaux</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2020</guid><pubDate>Tue, 14 Oct 2014 11:35:00 +0200</pubDate><title>Ecopop portera préjudice à tous les travailleurs et travailleuses de Suisse</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/ecopop-portera-prejudice-a-tous-les-travailleurs-et-travailleuses-de-suisse</link><description>Action unie des syndicats et des fédérations d&#039;employés</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L'initiative Ecopop accentuera la pression sur les salaires et les conditions de travail, entraînera la suppression d'emplois et créera une nouvelle discrimination à l'encontre de la main-d'œuvre étrangère. C'est pour cela que les syndicats et les fédérations des employé-e-s lui opposent un NON unanime.</p><p>&nbsp;</p><p>L’initiative Ecopop est dangereuse pour tous les travailleurs et travailleuses de Suisse. Elle veut limiter l’immigration à 0,2&nbsp;% de la population résidante permanente, ce qui aura inévitablement pour effet que les employeurs recourront beaucoup plus à des résident-e-s de courte durée. Or, la situation juridique de ces derniers est moins bonne. Des employeurs sans scrupules pourront ainsi leur imposer plus facilement des salaires bas et des mauvaises conditions de travail. Tous les travailleurs et travailleuses en pâtiront. Leurs salaires et conditions de travail se retrouveront aussi sous pression. 
</p><p>Ecopop est aussi dangereuse pour les travailleurs et travailleuses parce qu’elle mettra en danger des emplois. En effet elle ferait tomber définitivement les Accords bilatéraux conclus avec l’Union européenne (UE). Or, sans relations structurées avec l’UE, les entreprises suisses seraient massivement désavantagées par rapport à leurs concurrents européens. Par conséquent, leurs produits renchériraient. Délocalisations à l’étranger, programmes de baisse des coûts et, ainsi, emplois supprimés en seraient les effets. 
</p><p>Ecopop est également inhumaine. Elle fera des migrant-e-s des travailleurs et travailleuses de seconde classe, qui devraient vivre constamment dans la peur qu’avec leur emploi, ils ne perdent aussi leur droit de séjourner en Suisse. Ils seraient donc encore plus exposés à la pression des employeurs. C’est aussi témoigner d’une courte vue que de faire de la main-d’œuvre étrangère le bouc émissaire de problèmes que nous avons créés nous-mêmes. Car, sans elle, nos assurances sociales seraient en difficulté et des branches importantes (construction, santé, soins à la personne) ne fonctionneraient plus guère. 
</p><p>Pour ces raisons, toutes les grandes organisations de salarié-e-s se sont regroupées pour combattre l’initiative Ecopop dans une campagne qu’elles financent en commun. À travers une action qui s’est déroulée sur la Place fédérale ce mardi, les faîtières syndicales USS et Travail.Suisse et leurs fédérations membres, ainsi que les associations d’enseignant-e-s de Suisse romande et alémanique (SER et LCH), l’Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI) et la Société suisse des employés de commerce (SEC Suisse) de même qu’Employés Suisse ont montré qu’ils luttent côte à côte pour un NON à l’initiative Ecopop le 30 novembre prochain. 
</p><h5>Allocutions </h5><p>&nbsp;</p><ul><li>&lt;media 2335 - - "TEXT, 141013 contribution Vania CP Ecopop-f, 141013_contribution_Vania_CP_Ecopop-f.pdf, 21 KB"&gt;Vania Alleva, vice-présidente de l'USS&lt;/media&gt; et coprésidente d'Unia</li><li>&lt;media 2336 - - "TEXT, 141014 contrib Kurt Regotz Ecopop fr, 141014_contrib_Kurt_Regotz_Ecopop_fr.pdf, 17.5 KB"&gt;Kurt Regotz, président de Syna&lt;/media&gt;</li><li>&lt;media 2337 - - "TEXT, 141014 NON a Ecopop LCH-SER f, 141014_NON_a_Ecopop_LCH-SER_f.pdf, 153 KB"&gt;Beat Zemp, président de LCH&lt;/media&gt; et de la Conférence d'Ebenrain (regroupement des organisations de travailleurs et travailleuses)</li></ul><h5>Pour télécharger</h5><p>Les photos de l'action sont disponibles sur le <a href="https://www.flickr.com/photos/55425572@N04/sets/72157648695955576/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">compte flickr de l'USS</a>.</p>]]></content:encoded><category>Migration</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2019</guid><pubDate>Fri, 10 Oct 2014 14:17:00 +0200</pubDate><title>1er novembre : manifestation contre Ecopop et pour une Suisse solidaire</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/1er-novembre-manifestation-contre-ecopop-et-pour-une-suisse-solidaire</link><description>Les syndicats et les fédérations d’employé(e)s contre Ecopop</description><content:encoded><![CDATA[<p>Ecopop est un poison pour la Suisse. Ecopop est surtout un poison pour un monde du travail équitable dans notre pays. Ecopop est un remède de cheval et se rèvèle… aveugle. Car lui dire «&nbsp;oui&nbsp;» signifierait que les patrons pourraient engager plus de résident(e)s de courte durée et de frontalières et frontaliers à des conditions les plus précaires. Conséquence&nbsp;: la pression sur les salaires et les conditions de travail s’accentuerait encore plus. Et les Accords bilatéraux conclus avec l’Union européenne (UE) tomberaient définitivement. Or la Suisse a besoin de relations structurées avec l’UE.
</p><p> Les syndicats et les fédérations d’employé(e)s rejettent la logique aveugle et destructrice d’Ecopop. Ils veulent une meilleure protection au travail, pas son démantèlement. Et ils défendent publiquement l’égalité des droits pour tout le monde. C’est pour cela qu’ils combattent Ecopop et appellent la population à participer à la 
</p><p>&lt;media 2325 - - "TEXT, Flyer Demo f, Flyer_Demo_f.pdf, 495 KB"&gt;<b>manifestation pour une Suisse solidaire</b>&lt;/media&gt;
</p><p><b>le samedi 1er novembre 2014 sur la Place fédérale à Berne.</b></p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2018</guid><pubDate>Thu, 09 Oct 2014 10:46:00 +0200</pubDate><title>Nouveau droit de la prescription, fonds d’indemnisation et meilleure prévention</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/nouveau-droit-de-la-prescription-fonds-d-indemnisation-et-meilleure-prevention</link><description>Il faut enfin aborder globalement la catastrophe de l’amiante</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les conséquences de la catastrophe de l’amiante ne sont pas maîtrisées en Suisse non plus. Ces prochaines années, les cas de maladies liées à cette substance vont se multiplier. Pour répondre comme il se doit à cette catastrophe, les délais de prescription doivent être prolongés, un fonds d’indemnisation doit être créé à l’intention des victimes de l’amiante qui n’ont guère pu faire valoir leurs droits à ce jour et la prévention doit être renforcée.</p><p>L’amiante a longtemps été considérée comme une substance des plus intéressantes et employée en grandes quantités à partir de 1930 environ dans l’industrie et la construction. Ses effets néfastes sur la santé et mortels ont été rapidement connus. Mais il a fallu que l’Union syndicale suisse (USS) lance une grande campagne dans les années 1980 pour qu’elle soit totalement interdite, une interdiction entrée en vigueur en 1990 avec une période transitoire jusqu’en 1994. Cela a certes eu lieu après les pays scandinaves, mais plusieurs années avant la plupart des autres pays. Depuis 2005, l’amiante est interdite dans l’Union européenne.
</p><p>Les conséquences de la catastrophe de l’amiante sont cependant tout sauf maîtrisées en Suisse. Au contraire. Cela s’explique, d’une part, par le long temps de latence, de 20 à 50 ans, qui précède l’apparition de la maladie. Les études existantes estiment que le nombre de personnes touchées augmentera sans doute pendant les années à venir, le pic devant être atteint entre 2014 et 2030. D’autre part, les bâtiments construits avant 1990 entrent maintenant dans une phase d’assainissement et de rénovation. On estime que 85&nbsp;% des bâtiments construits avant l’interdiction de l’amiante en contiennent. À elle seule, cette réalité montre déjà à quel point il est nécessaire d’agir ici. Pendant les 25 dernières années, les choses ont certes un peu évolué. Pensons avant tout à la couverture des maladies professionnelles par l’assurance-accidents et au développement de la prévention réalisé par la SUVA. Mais il est encore d’autres questions et tâches importantes qui restent sans solution. 
</p><p>C’est parce qu’il faut donner une bonne fois une réponse globale à la catastrophe de l’amiante que l’USS demande au Conseil fédéral d’inviter les principaux acteurs à une table ronde. Parallèlement, elle a aussi thématisé dans une requête adressée à ce dernier, aux gouvernements cantonaux et à la SUVA, les principales questions à résoudre. 
</p><p>C’est tout d’abord le problème de la prescription qui n’a pas été résolu. Que les atteintes à la santé causées par l’amiante soient prescrites avant la survenance de la maladie est une injustice criante. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) n’est pas la seule à avoir constaté, dans un nouvel arrêt du 11 mars dernier, que le droit suisse de la prescription, à savoir la jurisprudence du Tribunal fédéral, viole les droits humains. Le Conseil fédéral a aussi reconnu dans son message sur le nouveau droit de la prescription la nécessité d’agir à ce chapitre. Malheureusement, la prolongation à 30 ans du délai de prescription qu’il propose, et que le Conseil national a ramené à 20 ans, n’est de loin pas suffisante, vu le temps de latence, pour résoudre le problème des dommages différés. Et ce projet sera encore moins apte à résoudre ces questions si la nouvelle réglementation ne s’applique qu’aux personnes dont les droits ne seront pas encore prescrits (selon l’ancienne solution) au moment de son entrée en vigueur. Elle ne serait ainsi d’aucun secours pour les personnes victimes avant 2004 de l’amiante. Ce n’est donc pas là une solution humaine et conforme aux droits humains.
</p><p>Il serait et est juste de faire courir de manière générale les délais de prescription seulement à partir du moment où la maladie apparaît. La nouvelle réglementation doit aussi s’appliquer à tous les cas, indépendamment du moment où l’effet néfaste pour la santé se manifeste. Ce sont là des revendications élémentaires et aisément compréhensibles auxquelles quiconque veut enfin rendre justice aux victimes de l’amiante ne peut que souscrire.
</p><p>Dans la mesure où le Parlement craint d’appliquer sans autre la nouvelle réglementation en matière de prescription à tous les préjudices à la personne, la limiter aux maladies liées à l’amiante pourrait constituer un compromis. Que la conseillère fédérale Sommaruga ait, pendant les débats du Conseil national, montré une certaine ouverture à cette nouvelle approche pas encore discutée montre qu’avec un minimum de bonne volonté, on est plus proche que beaucoup ne le pensent d’une solution concrète à un problème concret, soit la grave problématique de l’amiante. Il n’est pas acceptable que des victimes de l’amiante et leurs proches continuent à être dépouillés de leurs droits même après l’entrée en vigueur de la révision. 
</p><p>Remarquons au passage que le Tribunal fédéral aurait pu, en interprétant de manière raisonnable et conforme à la CEDH, les règles actuelles de la prescription, garantir que des créances pas encore formulées (faute de maladie) ne puissent être prescrites. L’actuelle pratique juridique choquante n’a de toute façon pas été voulue par le législateur du Code des obligations il y a plus de 100 ans. 
</p><p>Mais au-delà, pour maîtriser la catastrophe de l’amiante, il faudrait s’attaquer à la création d’un fonds d’indemnisation destiné aux victimes déjà connues. Il s’agit ici avant tout des victimes qui ne sont pas soumises à la loi sur l’assurance-accidents, mais aussi de celles qui ne peuvent plus faire valoir de droits. Et ce serait en premier lieu à l’économie de l’alimenter. 
</p><p>Dans la perspective des futurs problèmes liés à l’utilisation de l’amiante, il faut aussi développer la prévention et sa mise en œuvre concrète. Étant donné les énormes quantités de cette substance utilisées dans la construction avant les années 1990, il faut, par analogie à la pratique en vigueur en Suisse romande, demander que les autorisations de construire ne soient délivrées que si une analyse concernant la présence d’amiante peut être produite. Si une harmonisation au plan national n’était pas possible en raison des cantons, la Confédération devrait alors intervenir. On ne peut de toute façon pas accepter qu’encore plus de personnes soient exposées aux fibres d’amiante dommageables pour la santé. La main-d’œuvre occupée à la destruction ou à la transformation de bâtiments ne fait pas partie des privilégiés et court des risques importants. Il y a donc d’autant plus de raisons de la protéger. 
</p><p>Enfin, les importantes tâches qui découlent, pour la SUVA, de la problématique de l’amiante ne peuvent pas être reportées unilatéralement sur les branches de l’artisanat, comme la menuiserie et la charpenterie. Ici aussi, il faut une compensation adéquate dans l’ensemble du collectif des assuré(e)s.
</p><p> La Suisse ne peut pas continuer à renvoyer à plus tard les problèmes engendrés par la catastrophe de l’amiante. Pour les résoudre, tous les acteurs doivent agir ensemble.
</p><hr>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2016</guid><pubDate>Thu, 09 Oct 2014 09:05:00 +0200</pubDate><title> A lui seul, le Programme de consolidation et de réexamen des tâches de la Confédération est suffisamment mauvais</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/a-lui-seul-le-programme-de-consolidation-et-de-reexamen-des-taches-de-la-confederation-est-suffisamment-mauvais</link><description>Le Conseil fédéral ne peut rien gagner de bon avec le CRT additionnel</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil fédéral serre toujours plus la vis. Moins de prestations, mais plus de cadeaux fiscaux. Telle semble être la solution. Toujours est-il qu’il s’oppose à un programme d’économies supplémentaires de 300 millions dans les frais de personnel.</p><p>L’an dernier, suite au renvoi du Programme de consolidation et de réexamen des tâches (CRT), le Conseil fédéral s’est vu conférer un mandat par la droite du Conseil national consistant à élaborer un nouveau programme d’austérité afin d’économiser 300 millions de francs dans le budget du personnel. Un mandat qu’il a exécuté à contrecœur. En septembre 2014, il a publié le message additionnel, qui prévoit trois variantes. Chacune d’elles entraînerait un démantèlement massif des prestations.et saperait littéralement l’Administration fédérale. Des contrôles à la douane et aux frontières devraient être supprimés, des ambassades et des représentations à l’étranger fermées. La Direction du développement et de la coopération devrait se retirer de certains programmes prioritaires d’aide au développement. Autres conséquences&nbsp;: moins de protection des consommateurs et consommatrices et de contrôles des produits chimiques par l’Office fédéral de la santé publique, moins de contrôles techniques par l’Office fédéral des routes, des coupes massives dans la formation et la recherche, le renoncement à des cautionnements et à des prêts destinés à l’encouragement à la construction de logements, ainsi que l’externalisation de domaines de tâches entiers et de commissions.
</p><h3>Le Conseil fédéral veut économiser 700 millions</h3><p>Le Conseil fédéral propose au Parlement de ne pas entrer en matière sur ce projet. Dans les faits, il n’existe effectivement aucun bon argument en faveur de ce programme d’austérité additionnel. Le Conseil fédéral propose déjà dans le cadre du budget 2015 d’économiser 700 millions de francs, ce qui aurait largement réalisé le but initial des économies du CRT. En outre, les perspectives financières évoquées dans le Plan financier 2016-2018 sont extrêmement bonnes jusqu’en 2018. Jusqu’à cette date, on table chaque année sur un excédent supérieur, celui-ci devant se monter à 2,7 milliards de francs en 2018. Cela, avec une croissance économique prudemment estimée à 1,7&nbsp;%. 
</p><h3>Incompréhensible et irresponsable</h3><p>Que dans des conditions aussi favorables, on réduise des prestations de service public est incompréhensible et irresponsable. En effet, étant donné l’évolution démographique, la mobilité croissante, les relations imprévisibles avec l’Union européenne (UE) et les dangers qui menacent l’environnement, des efforts importants sont nécessaires pour maintenir au niveau actuel le service universel destiné à toute la population. La baisse supplémentaire de 300 millions de francs du budget du personnel toucherait précisément les domaines où l’évolution politique n’est pas prévisible&nbsp;: une multiplication des demandes d’asile nécessite plus de ressources à l’Office fédéral des migrations, le fait que les relations avec l’UE ne soient pas clarifiées a des effets sur la dotation en personnel dans la formation et la recherche, ainsi que pour le Département fédéral des affaires étrangères, la douane et la surveillance des frontières. Et les cantons se verraient par conséquent confier beaucoup plus de tâches dont ils ne seraient pas en mesure de venir à bout.
</p><h3>Il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre</h3><p> Dans son message additionnel au CRT, le Conseil fédéral ne répond que de manière sommaire au deuxième mandat accompagnant la proposition de renvoi, que les élu(e)s de gauche ont fait passer, à savoir de montrer comment on peut améliorer les recettes de la Confédération. Sur cette question, le gouvernement ne veut rien entendre&nbsp;: selon lui, un scénario centré sur les recettes ne serait pas une solution de rechange au premier programme d’austérité CRT présenté. C’est pourquoi il a en effet largement inséré en conséquence ce CRT initial dans le projet de budget 2015. Qu’il maintienne son idée de vouloir financer des avantages fiscaux en démantelant des prestations de l’Administration fédérale est on ne peut plus problématique. Le prix pour ce faire serait payé par la population. Mais les petites et moyennes entreprises seraient, elles aussi, sensiblement touchées par un tel démantèlement.</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2015</guid><pubDate>Wed, 08 Oct 2014 14:10:00 +0200</pubDate><title>Pour la démocratie et les droits fondamentaux en Chine</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/pour-la-democratie-et-les-droits-fondamentaux-en-chine</link><description>L&#039;USS demande à la Confédération d&#039;agir</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">À Hong Kong, des étudiant(e)s, des syndicalistes et des partis démocratiques luttent actuellement pour l’introduction d’une vraie démocratie et le respect des droits fondamentaux politiques et autres. La confédération des syndicats de Hong Kong a aussi appelé à la grève. L’Union syndicale suisse (USS) soutient le mouvement chinois pour la démocratie et demande à la Confédération d’agir.</p><p>Depuis des décennies, la Chine connaît régulièrement des mouvements pour les droits démocratiques. Certes, depuis le massacre de la place Tiananmen, c’est-à-dire depuis la répression du mouvement démocratique sur la place de la Paix Céleste en 1989 à Péking, les dirigeants communistes chinois font brutalement taire toute opinion divergente. Mais des mouvements politiques pour la démocratie et les droits fondamentaux ne cessent pas pour autant de voir le jour. Souvent, ceux qui revendiquent plus de démocratie, la participation ainsi que le respect des droits fondamentaux et du travail sont des travailleurs et travailleuses exploités ou des étudiant(e)s. 
</p><h3>Lutte des syndicats à Hong Kong</h3><p>Or, ce que l’on a pu observer ces derniers mois à Hong Kong va plus loin que ces combats pour la participation démocratique qui renaissent à intervalles réguliers, mais ne durent, pour la plupart, pas longtemps. Dans l’ancienne colonie britannique, travailleurs, travailleuses et étudiant(e)s ainsi que représentant(e)s des partis démocratiques manifestent ensemble, et de manière coordonnée, pour que l’élection du gouvernement régional en 2017 se fasse librement. Ils ne veulent en effet pas de la farce électorale imposée par le régime de Péking, avec des candidat(e)s triés sur le volet dont le peuple ne pourrait qu’entériner l’«&nbsp;élection&nbsp;». 
</p><p>En tête du mouvement pour la démocratie, aux côtés des étudiant(e)s, on trouve d’abord la confédération des syndicats de Hong Kong (Hong Kong Confederation of Trade Unions), présidée par Lee Cheuk-Yan. Celui-ci a déjà organisé des grèves pour soutenir les manifestant(e)s.
</p><h3>L’USS demande à la Confédération d’agir </h3><p>La Suisse ne peut pas assister passivement à ce combat pour plus de démocratie et les droits fondamentaux, dans lequel des milliers de travailleurs, de travailleuses et d’étudiant(e)s s’engagent au risque de leur vie. 
</p><p>Notre pays a, tant avec Hong Kong qu’avec la République populaire de Chine, conclu des accords de libre-échange. En particulier, celui signé avec Hong Kong contient un catalogue étoffé de droits fondamentaux et prévoit que l’observation de standards sociaux est une condition préalable au libre-échange. Ainsi, il y est demandé aux deux États signataires que leurs systèmes économiques et sociaux soient en conformité avec la démocratie, l’État de droit, les droits humains et les libertés fondamentales politiques et relevant du droit du travail. En outre, Hong Kong est notamment tenue de respecter les conventions y relatives de l’Organisation internationale du Travail (OIT) et de l’ONU. 
</p><p>La Confédération doit s’engager dans les forums prévus afin d’assurer la mise en œuvre de l’accord de libre-échange pour que les Hongkongais(es) et, donc aussi les autorités continentales chinoises, respectent les obligations de droit international qu’elles ont contractées en signant cet accord. En effet, il est clair, dans une perspective suisse, qu’il ne peut y avoir de libre-échange globalisé sans respect des libertés fondamentales et des normes sociales et démocratiques. À cet effet, l’USS a fait parvenir deux requêtes en ce sens à la secrétaire d’État Ineichen-Fleisch (SECO) et au secrétaire d’État Yves Rossier (Département fédéral des affaires étrangères). 
</p><h3>Le congrès de l’USS abordera le thème de la Chine</h3><p> Le thème de la Chine est d’actualité pour l’USS. Lors de son congrès d’octobre 2014, le journaliste et syndicaliste chinois Dongfang Han de Hong Kong présentera les conflits du travail et les stratégies du mouvement des travailleurs et travailleuses chinois. Cette intervention sera l’occasion de débattre de manière approfondie du mouvement syndical et pour la démocratie, très dynamique, de ce pays. L’USS mettra à profit dans les institutions les plus diverses les connaissances ainsi acquises, afin de soutenir les collègues chinois dans leur lutte pour des conditions de travail humaines, les droits fondamentaux et la démocratie&nbsp;; cela, par exemple dans le cadre de la Confédération syndicale internationale (CSI) et de l’OIT.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2014</guid><pubDate>Wed, 08 Oct 2014 10:46:00 +0200</pubDate><title>Deuxième langue pendant la formation professionnelle : un pas en avant</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/deuxieme-langue-pendant-la-formation-professionnelle-un-pas-en-avant</link><description>Le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation a réagi</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Institut fédéral des hautes études en formation professionnelle (IFFP), qui forme notamment le personnel enseignant des écoles professionnelles, promeut désormais aussi l’enseignement d’une deuxième langue («&nbsp;enseignement bilingue&nbsp;») dans ces dernières. Cette nouvelle tâche lui a été confiée par le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation, le SEFRI. L’enseignement d’une deuxième langue est recommandé comme l’une des quatre orientations destinées à combler une lacune dans la formation professionnelle.</p><p>La Confédération a désormais réagi au résultat d’une étude qui avait constaté un manque clair de mobilité et de promotion des langues étrangères dans la formation professionnelle. C’est réjouissant et porteur d’avenir. En effet, les contacts d’une région linguistique à une autre sont devenus quasiment quotidiens dans le monde du travail, la formation et la vie privée. L’aptitude à aborder de manière adéquate des textes imprimés ou en ligne rédigés dans une langue étrangère fait partie aujourd’hui des compétences de base dans presque toutes les professions. La lacune «&nbsp;langue étrangère&nbsp;» dans la formation professionnelle est en effet aussi une raison importante pour laquelle nombre de jeune préfèrent le volet scolaire de l’apprentissage dual.
</p><p>Dans les News de mai 2014 du SEFRI, on peut de fait lire que «&nbsp;L’internationalisation du monde du travail et de la formation gagne toujours plus en importance et place la formation professionnelle devant de nouveaux défis. Il paraît donc essentiel de mettre l’accent sur l’enseignement bilingue afin d’encourager les apprentis à améliorer leurs connaissance des langues étrangères dans le but de répondre aux besoins du marché. Le SEFRI soutient l’Institut fédéral des hautes études en formation professionnelle (IFFP) dans le développement des structures nécessaires.&nbsp;»
</p><h3>La «&nbsp;Plate-forme 2e langue&nbsp;» passe à l’IFFP</h3><p>L’Union syndicale suisse (USS) s’est engagée depuis longtemps pour «&nbsp;au moins une deuxième langue pendant l’apprentissage&nbsp;». En 2008, elle a lancé à cet effet la «&nbsp;Plate-forme 2e langue&nbsp;». Cette plate-forme internet&nbsp;: «&nbsp;www.2langues.ch/www.2sprachen.ch&nbsp;», qui a bénéficié à son départ d’une aide de la Confédération, a été la première à documenter au plan national le thème des langues étrangères dans la formation professionnelle et a publié à intervalles réguliers des «&nbsp;news&nbsp;» à ce sujet&nbsp;; cela dans une présentation simple, mais continûment et de manière aussi complète que possible. Ces éléments seront désormais repris progressivement par l’IFFP et utilisés par la nouvelle instance responsable du bilinguisme pendant la formation professionnelle 
</p><p>Que l’enseignement bilingue soit passé au premier plan de cette plate-forme est dû au fait qu’ici – contrairement à ce qui est le cas avec l’enseignement des langues étrangères –, l’innovation et le progrès sont devenus le plus visibles. Preuve en soit le succès rencontré par l’«&nbsp;enseignement par immersion&nbsp;». Toutefois, les syndicats n’entendent pas favoriser une seule voie. Étant donné la diversité des filières de formation professionnelle, il s’agit d’intégrer en général au moins une seconde langue (nationale ou l’anglais) à l’école et/ou dans l’entreprise. Pour les écoles professionnelles, il s’agira par exemple une branche de langue étrangère qui sera obligatoire et/ou d’un enseignement bilingue et/ou de séjours ou d’échanges linguistiques. Plus la promotion d’une langue étrangère sera intensive et diversifiée, mieux cela sera. La situation actuelle selon laquelle quatre apprenti(e)s sur cinq accomplissent leur formation en une seule langue n’est de toute façon pas adaptée aux défis du futur et ne constitue pas un titre de gloire pour notre formation professionnelle..
</p><p>&nbsp;</p><p>Willy Nabholz est responsable de projet de la «&nbsp;Plate-forme 2e langue&nbsp;» et membre de la commission pour la politique de la formation de l’USS</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2000</guid><pubDate>Fri, 26 Sep 2014 10:52:00 +0200</pubDate><title>Les commentaires de l’USS</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/les-commentaires-de-l-uss</link><description>Session parlementaire d’automne</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La session parlementaire est presque terminée. Ci-après, nos brefs commentaires sur les principaux objets<a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2014/140925_Ackermann_Session.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>.</p><h3>Poursuite des aides financières de la Confédération à l’accueil extrafamilial des enfants</h3><p>À des majorités confortables, les deux Chambres ont accepté de prolonger de quatre ans les incitations financières de la Confédération destinées aux structures d’accueil extrafamilial des enfants. Le Parlement a pris une bonne décision en faveur de la conciliation famille-profession. Manifestement, une majorité des élu(e)s a désormais pris conscience du rôle essentiel joué par des bonnes structures d’accueil des enfants dans la conciliation entre famille et profession. Et aussi qu’il faudra encore redoubler d’efforts en la matière.
</p><h3>Protection contre les lanceurs d’alertes ou protection des lanceurs d’alertes </h3><p>Le Conseil des États a adopté par 22 voix contre 13 une révision du Code des obligations concernant la «&nbsp;Protection en cas de signalement d’irrégularités par le travailleur&nbsp;». Il s’agit là de la problématique des lanceurs d’alertes, c’est-à-dire des personnes qui dénoncent publiquement des irrégularités constatées dans leur entreprise. Les propositions faites protègent cependant peu les lanceurs d’alertes contre des sanctions, mais plutôt les entreprises contre ces derniers. Le président de l’USS, Paul Rechsteiner a donc proposé le retrait de ce projet qui est bien trop bureaucratique et place les intérêts patronaux en matière de pratique du secret au centre même de la protection. Concrètement, selon le Conseil fédéral, le signalement d’une irrégularité (par un lanceur d’alerte) «&nbsp;ne serait admis que s’il est d’abord adressé à l’employeur, puis à l’autorité et, en dernier ressort, au public.&nbsp;» Le Conseil fédéral n’entend pas améliorer la protection contre le licenciement suite au lancement d’une alerte, du moins pas dans un premier temps. Cette logique bancale s’est imposée au Conseil des États. Ce projet hyperbureaucratique n’apporterait rien aux personnes concernées, mais détériorerait la situation juridique, a critiqué Paul Rechsteiner. Le Conseil national va devoir corriger le tir.
</p><h3>Conférence nationale sur le thème des travailleurs et travailleuses âgés</h3><p>Le Conseil des États a accepté un postulat de Paul Rechsteiner demandant au Conseil fédéral de créer une conférence nationale sur les travailleurs et travailleuses âgés. Une telle conférence devrait s’orienter sur le modèle des conférences sur les places d’apprentissage. Grâce à la forte mobilisation des partenaires sociaux et des cantons, celles-ci ont permis de surpasser plutôt rapidement la profonde crise traversée par les apprentissages pendant les années 1990 et au début du millénaire. D’abord, le gouvernement s’est dit opposé à cette idée, mais lors de la discussion en plénum, le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann a déclaré renoncer à cette opposition, parce que les partenaires sociaux s’étaient mis d’accord sur une telle procédure. Affaire à suivre, donc.
</p><h3>Offensive contre les CCT repoussée</h3><p>Le Conseil national a repoussé une attaque culottée dirigée contre les conventions collectives de travail (CCT). L’UDC zougois Thomas Aeschi voulait relever de 50 à 75&nbsp;% la&nbsp; part de salarié(e)s soumis à CCT, soit le quorum à remplir pour étendre celle-ci. Aujourd’hui, ce quorum est fixé à plus de 50&nbsp;% des salarié(e)s d’une branche. Ce durcissement aurait eu pour effet que la nette majorité des CCT actuellement étendues, c’est-à-dire s’appliquant à toutes les entreprises d’une branche, ne rempliraient plus les conditions d’une extension. Très franc, Thomas Aeschi justifiait son idée par le fait qu’aujourd’hui, la moitié environ des salarié(e)s sont déjà soumis à une CCT. Ce serait trop pour une économie forte et un marché du travail flexible, pense notre licencié en sciences économiques certes convaincu, mais guère convaincant. Sans discussion, le Conseil national a jeté, par 135 voix contre 46 ce projet dans des oubliettes bien méritées. 
</p><h3>Initiative sur les bourses&nbsp;: un contre-projet toujours plus vide</h3><p>Le Conseil des États est resté ferme et n’a pas suivi le National. Ce dernier voulait faire figurer dans la nouvelle loi sur les bourses des minimums à respecter par les cantons souhaitant une aide de la Confédération. Cela aurait contraint certains cantons pingres à relever un peu leurs normes. Mais c’était encore trop d’harmonisation pour la Chambre des cantons. La socialiste bâloise Anita Fetz a ainsi pu constater à juste titre que le contre-projet à l’initiative sur les bourses, la nouvelle loi, n’était plus qu’un mets insipide dans sa version du Conseil des États. Au tour maintenant du Conseil national de s’y coltiner. 
</p><h3>Partage du déficit entre les parents&nbsp;: le Parlement doit avancer une bonne fois&nbsp;!</h3><p>Le Conseil national a accepté une motion qui charge le Conseil fédéral de présenter une base constitutionnelle permettant d’introduire le partage du déficit entre les parents. Les groupes UDC et PRL s’y sont opposés. Le partage du déficit est la répartition entre les deux parents du montant qui, suite à un divorce ou une séparation, manque à un parent, souvent obligé de passer par l’aide sociale – la plupart du temps, la femme –, pour financer ses besoins d’entretien et ceux de l’enfant à sa charge. La révision en cours du droit en matière d’entretien de l’enfant ne reprend pas le partage de ce déficit en se justifiant surtout par l’absence de base constitutionnelle. Au Conseil fédéral de clarifier tout cela.
</p><h3>Les oublieux et les sourds</h3><p> Lors de l’heure des questions, la conseillère nationale socialiste Silva Semadeni voulait savoir ce que le Conseil fédéral pensait faire pour que l’arrêt du Tribunal fédéral dans l’affaire Outlet Landquart soit appliqué. Pour rappel, le Tribunal fédéral a déclaré illégale l’ouverture le dimanche de ce commerce, mais le canton des Grisons refuse d’appliquer cette décision. Le Conseil fédéral a répondu d’une manière lapidaire que l’application des arrêts de notre plus haute Cour était la tâche des autorités cantonales, ce que le SECO leur avait rappelé. Les oublieux de la région de vacances concernée (ici, on est relax du matin au soir&nbsp;; ici, on a le droit de tout oublier) sont en plus sourds. Et ils continuent à se goinfrer des fruits les plus symboliques de leur république&nbsp;: les bananes… 
</p><hr><p><a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2014/140925_Ackermann_Session.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Certains objets importants pour les syndicats vont encore être traités ces derniers jours de session. Nous les commenterons séparément.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1995</guid><pubDate>Fri, 26 Sep 2014 10:12:00 +0200</pubDate><title>La Suisse doit passer aux énergies renouvelables d’ici 2050</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/la-suisse-doit-passer-aux-energies-renouvelables-d-ici-2050</link><description>Sainte Doris, devenez la patronne du climat !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> En matière de politique du climat, il est minuit moins cinq. L'Alliance climatique, dont l'Union syndicale suisse (USS) fait partie, demande par conséquent au Conseil fédéral d'agir.</p><p>Le réchauffement climatique menace les bases de la vie sur l'ensemble de la planète. La fonte de nos glaciers montre déjà en miniature ce qui nous attend si le climat " bascule ". À son tour, cette fonte accélère le réchauffement dans les hautes Alpes, des espèces meurent et des biotopes disparaissent. Pour que ce processus ne se poursuive pas sans autre et pour que le climat ne soit pas entièrement bouleversé, il faut que la Suisse apporte aussi sa contribution. D'ici 2050, elle devra avoir entièrement basé son approvisionnement énergétique sur des ressources renouvelables. C'est ce que demande une pétition lancée par l'Alliance climatique à l'occasion du premier sommet sur le climat de l'ONU du 23 septembre 2014 à New York.
</p><p>L'Alliance climatique compte une soixantaine d'organisations, dont l'USS, actives dans le domaine de la protection de l'environnement, de l'aide au développement, de la politique, de la lutte syndicale et de la religion. Toutes, elles sont persuadées que, pour arriver à passer aux énergies renouvelables, la Suisse doit se fixer des objectifs contraignants en matière de climat. Pour l'heure en effet, notre pays a tout juste réussi à stabiliser son niveau d'émission de CO2 au niveau de 1990. La pétition demande maintenant que la Suisse passe sans délai aux actes et réduise de 60 % ses émissions de CO2 jusqu'en 2030.
</p><p>Mais la protection du climat ne s'arrête pas aux frontières. C'est pourquoi la pétition demande aussi que la Suisse soutienne financièrement les pays en développement qui ont peu contribué au réchauffement climatique, mais en souffrent particulièrement. Il s'agit ici de " justice climatique " dit Jürg Staudenmann, responsable Environnement &amp; Climat d'Alliance Sud : " Les riches pays industrialisés ont contribué de manière significative au changement climatique. Mais ce sont essentiellement les pays les plus pauvres qui en subissent les conséquences. " Avec ses grandes performances économiques et ses possibilités politiques, la Suisse a une responsabilité importante dans la lutte pour la préservation du climat.
</p><p>L'Alliance climatique encourage notre ministre de l'Environnement, Doris Leuthard, à devenir la patronne du climat. Pour Patrick Hofstetter, responsable Climat &amp; Énergie pour le WWF Suisse, " Doris Leuthard a l'étoffe pour devenir la patronne du climat. Elle a une position forte au sein du gouvernement, est appréciée de la population et pratiquement tous les dossiers concernant le climat sont sous sa responsabilité. " Vu les conséquences déjà visibles du réchauffement climatique, nous n'avons plus le droit de perdre du temps. En novembre déjà, le Conseil fédéral doit donner la première preuve concrète de son engagement, car il devra présenter en novembre ses objectifs en matière de politique climatique d'ici à 2030. On verra ensuite au plus tard en décembre, à l'occasion de la conclusion d'un accord mondial lors de la conférence de Paris, si le climat bénéficie de la protection d'une sainte patronne au sein du Conseil fédéral.
</p><h5>Plus d'informations </h5><ul><li><a href="http://www.klima-allianz.ch/fr/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Le site d'Alliance climatique</a></li><li><a href="http://www.klima-allianz.ch/fr/petitionstext-und-traegerorganisationen/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Soutenir la pétition</a></li></ul><h5>Pour télécharger</h5><ul><li>&lt;media 2270 - - "TEXT, Klima-Allianz Medienmitteilung franzoesisch, Klima-Allianz_Medienmitteilung_franzoesisch.pdf, 141 KB"&gt;Communiqué d'Alliance climatique&lt;/media&gt;</li></ul>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2001</guid><pubDate>Thu, 25 Sep 2014 11:13:00 +0200</pubDate><title>Tôt ou tard, tous y passeraient !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/tot-ou-tard-tous-y-passeraient</link><description>Ne dégradons pas plus encore la situation des migrant(e)s !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">À l’enseigne de la «&nbsp;lutte contre les abus&nbsp;», le Conseil fédéral s’apprête à tailler dans les droits sociaux des travailleurs et travailleuses étrangers. Il veut lier plus étroitement leur permis de séjour à leur emploi. Ce qui accroîtrait leur dépendance à l’égard de leurs employeurs et accentuerait la pression non seulement sur leurs salaires et conditions de travail, mais sur ceux et celles de tous les autres salarié(e)s. L’Union syndicale suisse (USS) s’oppose énergiquement à ce projet.</p><p>Le Conseil fédéral a présenté toute une série de mesures destinées à combattre les abus concernant l’immigration qui passe par la libre circulation des personnes. Ainsi, les travailleurs et travailleuses étrangers qui viennent en Suisse avec un permis de courte durée perdraient immédiatement leur droit à séjourner dans notre pays s’ils tombaient au chômage malgré eux. Les titulaires d’un permis B auraient alors le droit de rester au maximum 6 mois supplémentaires. L’autorisation de séjour qui leur avait été accordée leur serait donc retirée sans qu’ils aient commis la moindre faute et indépendamment du fait que leur femme et leurs enfants vivent aussi en Suisse. Finalement, les ressortissant(e)s étrangers dont le permis de courte durée sera échu et qui auront exercé leur droit à chercher un emploi pendant six mois seraient exclus de l’aide sociale.
</p><p>Tous les travailleurs et travailleuses sont sur le même bateau
</p><p>Ces propositions vont dans la fausse direction. La main-d’œuvre étrangère a aussi le droit à la sécurité juridique et à la protection sociale. En outre, non seulement la situation des migrant(e)s, mais celle de l’ensemble des salarié(e)s de Suisse serait dégradée. Car, si un employeur peut faire pression sur son personnel étranger, tôt ou tard, ce seront tous les salaires et conditions de travail qui seront sous pression. L’absence de sécurité juridique en cas de perte de son emploi augmente le risque de voir les patrons accroître la pression sur leur main-d’œuvre étrangère. Les résident(e)s de courte durée dont le droit de séjourner en Suisse serait uniquement lié à leur contrat de travail dépendraient particulièrement de leurs employeurs. De fait, en perdant leur qualité de salarié(e)s au sens de l’Accord sur la libre circulation des personnes, ils perdraient aussi le droit à l’égalité de traitement avec la main-d’œuvre suisse ainsi que le droit à l’aide sociale. 
</p><p>Le problème&nbsp;? Des salaires trop bas
</p><p> Les cas d’«&nbsp;abus de l’aide sociale&nbsp;» dont il est régulièrement question publiquement sont complètement gonflés. Les personnes venues en Suisse dans le cadre de la libre circulation touchent nettement moins souvent l’aide sociale (0,9&nbsp;% en 2010) que les Suisses et Suissesses (1,8&nbsp;%). En outre, 60&nbsp;% des immigré(e)s de la libre circulation des personnes qui bénéficient de l’aide sociale exercent parallèlement une activité lucrative. Ils reçoivent l’aide sociale parce que leur activité professionnelle ne leur assure pas un revenu couvrant leurs besoins vitaux. Et cela, bien qu’il ne s’agisse habituellement pas d’emplois à temps partiel, car, pour obtenir une autorisation de séjour, le travail à temps partiel de faible ampleur ne suffit pas. Le problème est donc celui des salaires trop bas. Ce ne sont pas les «&nbsp;abus des immigré(e)s&nbsp;» qu’il faut combattre, mais ceux des employeurs. Il serait nécessaire de renforcer les mesures d’accompagnement et d’améliorer la protection des salaires. Les travailleurs et travailleuses ont besoin de plus de protection, pas de moins. Et indépendamment de leur nationalité.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1997</guid><pubDate>Wed, 24 Sep 2014 09:55:00 +0200</pubDate><title>Un signal tardif en faveur des femmes et des travailleurs âgés</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/un-signal-tardif-en-faveur-des-femmes-et-des-travailleurs-ages</link><description>Initiative visant à combattre la pénurie de personnel qualifié</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil fédéral a annoncé vouloir prendre des mesures pour favoriser l’emploi des femmes et des travailleurs et travailleuses âgés dans le cadre de son initiative visant à combattre la pénurie de personnel qualifié. L’USS salue cette volonté. Elle reste cependant sceptique sur l’efficacité réelle des mesures proposées.</p><h3><span>Une réaction bien tardive</span></h3><p>Il est regrettable que la question de l’intégration des femmes et des travailleurs âgés sur le marché du travail fasse seulement son apparition sur l’agenda politique au moment où les discussions à propos de l’introduction de contingents vont bon train. Les syndicats plaident en effet depuis longtemps en faveur de la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, de même que pour des conditions de travail qui permettent aux travailleurs âgés de rester en emploi aussi longtemps que possible.
</p><p>Malheureusement, ces objectifs n’ont que rarement fait l’objet d’un consensus. La question de la conciliation entre famille et profession, par exemple, est restée jusqu’ici une question relevant essentiellement de la sphère privée. Même l’article constitutionnel sur la famille, combattu par l’UDC et les milieux conservateurs, n’a finalement pas passé le cap du vote populaire. Pourquoi&nbsp;? Parce que les même qui ont lutté contre l’immigration, ont également lutté contre l’emploi des femmes&nbsp;!
</p><h3>Des mesures insuffisantes en regard des défis à relever</h3><p>Pour les syndicats, il va sans dire que les mesures esquissées par le Conseil fédéral ne sont pas assez ambitieuses. L’USS n’accorde aucun crédit, par exemple, à des mesures non contraignantes telles que des «&nbsp;chartes&nbsp;» ou des déclarations d’intention signées par les partenaires. Les initiatives uniquement basées sur le volontariat n’ont aucun effet sur le terrain, comme l’a montré l’expérience en matière d’égalité salariale entre hommes et femmes (le fameux «&nbsp;Dialogue sur l’égalité&nbsp;»).
</p><p>En matière d’accueil extrafamilial des enfants, l’USS s’oppose également à tout projet qui viserait à baisser les coûts et la qualité des prestations. L’USS juge, par exemple, que l’engagement de jeunes en service civil pour remplacer du personnel qualifié dans les structures d’accueil serait absurde. Cela ne conduirait pas à une baisse des coûts, mais plutôt à une baisse de la qualité… à tel point que beaucoup de parents refuseraient de confier leurs enfants à ce type de structure. Mieux vaut investir dans la formation du personnel d’encadrement pour améliorer la prise en charge des enfants et optimiser le fonctionnement des structures que chercher à faire des économies de bouts de chandelle.
</p><p>L’USS n’est pas non plus convaincue par les projets d’allégements fiscaux pour les couples mariés, ceux-ci ne pouvant profiter qu’aux plus hauts revenus. Plutôt que de planifier de nouvelles pertes fiscales, l’USS plaide pour un meilleur financement public des infrastructures d’accueil de l’enfance et de la petite enfance, afin de décharger financièrement les familles qui y placent leur enfant.
</p><h3>Conseil des États&nbsp;: un signal encourageant</h3><p> L’USS est prête à s’engager, avec les autres partenaires (employeurs, cantons et Confédérations), à rechercher les solutions les plus constructives, autant sur la question de la conciliation et que sur celle des travailleurs âgés. Le Conseil des États vient de donner un signal encourageant le 23 septembre dernier. En effet, malgré l’opposition du Conseil fédéral, il a accepté un postulat de Paul Rechsteiner, le président de l’USS, qui demande la mise en place d’une conférence nationale consacrée au thème des travailleurs et travailleuses âgés sur le modèle des conférences sur les places d’apprentissage. Il a aussi adopté un postulat Graber qui charge le Conseil fédéral de définir une stratégie pour promouvoir la réintégration professionnelle.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1836</guid><pubDate>Fri, 19 Sep 2014 14:11:00 +0200</pubDate><title>Offensive sur les droits et les salaires des apprenti(e)s</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/offensive-sur-les-droits-et-les-salaires-des-apprenti-e-s</link><description>La Jeunesse de l’USS aux SwissSkills

</description><content:encoded><![CDATA[<p><b>Lors des SwissSkills, ce sont les beaux côtés de la formation professionnelle qui sont mis en vitrine. La Jeunesse syndicale, qui y est présente, veut cependant aussi montrer le revers de la médaille.</b></p><p>La protection des apprenti(e)s est une tâche centrale des syndicats. C'est dans ce sens que la Commission de jeunesse de l'USS participe activement aux SwissSkills, le 1er Championnat suisse des métiers, qui se tiennent actuellement dans la capitale. Avec son stand, elle informe les apprenti(e)s de leurs droits et récolte simultanément des signatures pour la <a href="http://www.jeunesse-syndicale.ch/petition-apprenti-e-s/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">pétition des apprenti(e)s</a>. Cette dernière demande que la protection des apprenti(e)s soit améliorée au moyen de quatre mesures concrètes : au moins un contrôle annuel dans chaque entreprise formatrice, une surveillance indépendante de l'apprentissage, des critères stricts pour les autorisations de former et pas d'économies sur le dos des apprenti(e)s.
</p><p>Parallèlement, la Commission de jeunesse a produit un <a href="http://www.jeunesse-syndicale.ch/actuel/article/details/les-apprenti-e-s-ont-aussi-des-droits/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">tract</a> qui donne des réponses à quelques problèmes typiques rencontrés par les jeunes travailleurs, travailleuses et apprenti(e)s, ainsi que des informations sur la Commission de jeunesse de l'USS. Il s'agit d'un résumé du bestseller " <a href="http://www.jeunesse-syndicale.ch/actuel/article/details/nouveau-site-pour-les-apprenties-et-apprentis-et-reedition-du-bestseller-de-luss/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Je défends mes droits</a> ". Dans un <a href="https://www.youtube.com/watch?v=2PVAZ-Tzbzs" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">film </a>qui vient d'être tourné, des apprenti(e)s expliquent ce qu'est pour elles et eux un bon apprentissage et pourquoi les syndicats sont importants. Le film est montré pour la première fois au stand de la jeunesse syndicale aux SwissSkills et publié sur le site de l'USS.
</p><p>Last but not least, la Commission de jeunesse de l'USS s'est attaquée au thème qui préoccupe sans doute le plus les apprenti(e)s d'aujourd'hui et de demain : le salaire. Dans une <a href="http://www.jeunesse-syndicale.ch/actuel/article/details/salaires-des-apprenties-2014-ce-qui-vous-revient/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">liste exhaustive</a>, elle propose des liens avec les recommandations cantonales en cette matière et l'ensemble des offices cantonaux de la formation professionnelle.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1602</guid><pubDate>Thu, 18 Sep 2014 15:21:00 +0200</pubDate><title>Les nonante ans de Fritz Reimann</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/les-nonante-ans-de-fritz-reimann</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 22 septembre, Fritz Reimann fête ses 90 ans à Thoune. Fritz Reimann fut une figure marquante du mouvement syndical suisse. Dans les années 1980, il fut même président de l’Union syndicale suisse (USS) et de l’ancienne FTMH, la Fédération suisse des travailleurs de la métallurgie et de l’horlogerie.</p><p>Fritz Reimann, né en 1924 à Oberhof dans le Fricktal, personnifie toute une génération de syndicalistes suisses. Fils d’un petit paysan également forestier, il eut la chance, après son école primaire, de pouvoir faire un apprentissage d’outilleur et de découvrir ainsi un monde nouveau, comme il le dit lui-même. Travailleur qualifié, il adhéra à la FTMH et devint rapidement président d’une commission d’entreprise. En 1951, il devient syndicaliste professionnel et travaille pendant huit ans comme secrétaire syndical à la FTMH d’Aarau, puis, en 1959, à Thoune. C’est en 1973 qu’il est élu secrétaire central de la FTMH où il est responsable de l’artisanat du métal et du «&nbsp;personnel militaire&nbsp;», jouant aussi un rôle central dans la branche de l’industrie des machines. Il est président de la FTMH de 1980 à 1988 et de l’USS, de 1982 à 1990. Cette dernière fonction, il ne l’exercera pas par passion, mais par loyauté à l’égard de son syndicat qui voulait assurer sa ligne au sein de la direction de l’USS. Parallèlement, Fritz Reimann a également mené une carrière politique&nbsp;: aux législatifs de Thoune et du canton de Berne, respectivement en 1962 à 1976 et de 1974 à 1978, ainsi qu’au Conseil national (1979 – 1991). Ironie de l’histoire&nbsp;: lui, l’homme des négociations et du partenariat traditionnel, aurait pu enregistrer son plus grand succès en politique. S’il l’avait voulu. Mais il ne voulut pas. Et pourquoi&nbsp;? Parce que la droite entendait faire de lui le successeur de Willi Ritschard au Conseil fédéral, des avances qu’il rejeta énergiquement, estimant que son rôle était et restait celui d’un syndicaliste de terrain&nbsp;!
</p><p>Fritz Reimann incarne à de nombreux égards les années dorées du syndicalisme suisse. Son action et ses convictions furent exemplaires pour la confiance placée dans la politique contractuelle, pour un partenariat social axé sur le compromis, un partenariat qui a toujours garanti un progrès matériel aux travailleurs et travailleuses. Après 1968, beaucoup de jeunes ont cependant jugé son attitude trop focalisée sur le compromis. Fritz Reimann s’est souvent bagarré avec eux et, (nouvelle) ironie de l’histoire, ceux-ci, alors un peu moins jeunes, se sont retrouvés après l’ère Thachter à se battre pour un partenariat désormais dénoncé par le patronat. Comme quoi, il est des différences qui s’estompent totalement au fil du temps.
</p><p> Pendant ses loisirs, Fritz Reimann aimait faire de la montagne. Pas avec un piolet et en s’encordant, mais en empruntant les sentiers, grâce auxquels il gravissait avec ténacité des sommets, comme il l’a dit un jour. Pendant toute sa vie d’ailleurs, il a toujours atteint les sommets qu’il visait. Nous lui souhaitons que l’avenir lui en réserve encore de nombreux.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1600</guid><pubDate>Thu, 11 Sep 2014 15:18:00 +0200</pubDate><title>Mettons fin à une concurrence inutile !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/mettons-fin-a-une-concurrence-inutile</link><description>Le 28 septembre, OUI à la caisse maladie publique</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Êtes-vous vous aussi capable de chanter une chanson sur l’un(e) de ces correspondant(e)s qui vous harcèlent au téléphone pour vous convaincre de changer de caisse maladie&nbsp;? Si vous êtes déjà plus âgé, voire peut-être malade chronique, vous savez alors comment les caisses tentent de vous dissuader de devenir un(e) de leurs assuré(e)s, à coups de tracasseries et de méthodes déloyales. En ne vous faisant par exemple jamais parvenir l’offre pourtant promise. Aujourd’hui, beaucoup de caisses s’occupent systématiquement moins bien des demandes d’offre venant de certaines catégories de personnes.</p><p>Envoyer balader les gens ou les terroriser au téléphone sont le revers d’une même médaille&nbsp;: les caisses ne veulent pas de «&nbsp;mauvais risques&nbsp;» et se battent pour trouver les «&nbsp;bons&nbsp;». Car, dans l’assurance de base, elles doivent toutes garantir les mêmes prestations. C’est la loi qui le prescrit. Pour les caisses, seules deux possibilités se présentent pour économiser des coûts&nbsp;: ou bien des traitements de meilleure qualité et bien coordonnés, notamment pour les malades chroniques, ou bien la chasse auxdits «&nbsp;bons risques&nbsp;». Dans les faits, elles misent surtout sur la deuxième possibilité. En «&nbsp;piquant&nbsp;» les assuré(e)s jeunes et en bonne santé aux autres caisses et en leur renvoyant les assuré(e)s âgés et malades, elles essaient de se donner une structure des coûts plus rentable. Celle qui assure davantage de jeunes et de personnes en bonne santé a moins de coûts, peut baisser ses primes et, ainsi, attirer encore plus de «&nbsp;bons risques&nbsp;». Et se garantir simultanément une clientèle intéressante pour ses juteuses assurances complémentaires.
</p><p>Les caisses dilapident environ 325 millions de francs chaque année uniquement pour de la pub et les frais de changement de caisse. Avec l’argent de nos primes. Les salaires de leurs managers et les coûts de la chasse aux «&nbsp;bons risques&nbsp;» ne sont même pas comptés ici. La caisse maladie publique mettra une bonne fois fin à ce gaspillage. En lieu et place,&nbsp; elle donnera la priorité à ce qui devrait à proprement parler aller de soi pour une caisse maladie&nbsp;: la qualité des traitements. Avec la prévention et la promotion de la santé, elle maintiendra à long terme ses coûts à un bas niveau. Les malades chroniques bénéficieront de traitements bien coordonnés et individualisés. Autrement dit&nbsp;: une plus grande qualité pour des coûts inférieurs. Actuellement, les caisses ont peur de ces programmes, parce qu’elles deviendraient alors plus attrayantes pour les «&nbsp;mauvais risques&nbsp;». Cette absurdité disparaîtra aussi avec la caisse maladie publique. 
</p><p> «&nbsp;Les assurances&nbsp; sociales organisent la solidarité.&nbsp;» C’est pour cela que «&nbsp;la concurrence ne fonctionne pas pour elles.&nbsp;» Ces propos n’ont pas été tenus par un «&nbsp;étatiste sauvage&nbsp;», mais par l’ancien président du Parti radical libéral, Franz Steinegger. Un OUI à la caisse maladie publique le 28 septembre fera disparaître la concurrence inutile à laquelle se livrent aujourd’hui plus de 60 caisses.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1598</guid><pubDate>Tue, 09 Sep 2014 15:09:00 +0200</pubDate><title>De mal en pis</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/de-mal-en-pis</link><description>Le Qatar arrêt des militants des droits de l&#039;homme</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Deux militants britanniques des droits de l’homme, Ghimire Gundev et Krishna Upadhyaya, ont été arrêtés au Qatar parce qu’ils voulaient y enquêter sur les violations des droits des travailleurs et travailleuses. Et dire que la FIFA veut organiser le Mondial 2022 dans ce pays&nbsp;! Scandaleux&nbsp;!</p><p>Manifestement, le Qatar veut attiser les peurs et se livre à l’intimidation afin de détourner l’attention de l’opinion publique mondiale des diverses formes d’exploitation des travailleurs et travailleuses pratiquées sur son territoire. Il existe en effet encore au Qatar une forme de droit de la charia grâce auquel les employeurs peuvent quasiment contrôler la liberté de mouvement de leur personnel. Cet esclavage «&nbsp;moderne&nbsp;» a pour nom la «&nbsp;kafala&nbsp;».
</p><p>Droits de l’homme&nbsp;: catastrophique
</p><p>Des centaines de travailleurs et travailleuses immigrés, dont beaucoup de femmes, continuent à végéter dans les prisons qataries uniquement parce qu’ils ont fui des patrons violents abusant de leurs droits et ont, ce faisant, violé les lois de la kafala. Et des journalistes étrangers sont incarcérés s’ils essaient de décrire cette situation. Et à son tour, l’État accentue la répression dans un pays qui, par la passé déjà, ne faisait preuve d’aucun respect pour les droits de l’homme et les normes juridiques fondamentales. 
</p><p>Le Qatar peut-il toujours organiser le Mondial 2022&nbsp;?
</p><p>Pendant ce temps, la FIFA, droite dans ses bottes, poursuit ses préparatifs de la Coupe du monde de football de 2022 qui aura lieu dans cet émirat du Moyen-Orient. Elle ignore ainsi le sort de centaines de milliers de personnes – elles viennent souvent d’Inde, du Népal et du Pakistan –, qui y construisent, dans des conditions inhumaines, des stades et des infrastructures pour le Mondial 2022. 
</p><p>Le fait que cette manifestation offre au régime dictatorial qatari une plate-forme publicitaire internationale semble également laisser indifférent le quartier général de la FIFA. Qu’un tel régime incarcère tout simplement des critiques dérangeants comme Ghimire Gundev et Krishna Upadhyaya choque, mais n’étonne pas, au vu des expériences déjà faites à ce jour. 
</p><p>Il y a vraiment lieu de douter que le gouvernement qatari changera fondamentalement d’attitude ces prochains mois ou ces prochaines années. Pour l’heure, il a toujours refusé de supprimer la kafala et d’améliorer la situation des migrant(e)s. Mais seul ce type de réformes, c’est-à-dire le respect général des droits du travail et de l’homme, permettraient de justifier le maintien par la FIFA du Mondial au Qatar en 2022. 
</p><p> Dans l’immédiat, l’Union syndicale suisse (USS) demande aux autorités qataries de libérer immédiatement Ghimire Gundev et Krishna Upadhyaya&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1597</guid><pubDate>Mon, 08 Sep 2014 13:35:00 +0200</pubDate><title>Commentaires de l’USS sur les principaux objets traités</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/commentaires-de-l-uss-sur-les-principaux-objets-traites</link><description>Session parlementaire d’automne</description><content:encoded><![CDATA[<p><b>La session parlementaire des Chambres fédérales commence ce 8 septembre et se terminera le 26 du même mois. Deux initiatives populaires seront entre autres traitées. L'USS a participé au lancement de l'une d'entre elles, quant à l'autre, elle la rejette énergiquement.</b></p><h2>Impôt sur les successions et les donations : juste et bon pour l'AVS</h2><p><b>Le Conseil des États sera la première Chambre à traiter de l'initiative populaire " Imposer les successions de plusieurs millions pour financer notre AVS (Réforme de la fiscalité successorale) ". Étant donné les délibérations qui ont déjà eu lieu en commission à ce sujet, il faut s'attendre à ce qu'il décide de rejeter cette initiative. Mais les cartes seront rebattues lors de la votation.</b></p><p>Ewald Ackermann, service de la communication de l'USS/fq
</p><p>Au moins une chose est définitivement claire. Les discussions déplacées sur la validité de l'initiative sont terminées. Les deux commissions chargées de l'examen préalable ont en effet clairement confirmé que celle-ci était valide et devait donc être soumise au peuple. On peut donc enfin passer à ce qu'elle demande concrètement. 
</p><p>L'initiative veut créer davantage de justice distributrice. Les héritages supérieurs à 2 millions de francs seront imposés de manière uniforme par la Confédération. Un taux d'imposition de 20 % est prévu, auquel échapperont les deux premiers millions (franchise). Ainsi, la personne qui héritera de 2,1 million de francs devra verser 20 000 francs au fisc. Pour les petites et moyennes entreprises, ainsi que pour les exploitations agricoles, des allégements supplémentaires sont mêmes prévus. En Suisse, seuls 2 % de contribuables possèdent une fortune supérieure à 2 millions de francs. L'initiative est donc tout sauf une attaque contre l'assiduité au travail de la classe moyenne. 
</p><p>Doit-on alors craindre une fuite des vieux riches hors de Suisse ? Non. Où iraient-ils en effet ? En Allemagne ou en France où le taux d'imposition des héritages est bien plus élevé ?
</p><p>L'affectation du produit de cet impôt relève, elle aussi, de la justice distributrice. De fait, un tiers sera reversé aux cantons, car cet impôt était jusque-là de leur compétence, et les deux autres tiers profiteront à l'AVS. Ce qui lui permettra de relever les nouveaux défis qui lui sont posés et de venir à bout de ses tâches. À la fois une bonne chose pour la cohésion sociale du pays et une contre-tendance au creusement des écarts sociaux.
</p><h2>Initiative populaire "En faveur du service public" : à rejeter</h2><p><b>Le Conseil des États sera la première Chambre à traiter cette initiative qui vise à renforcer les services publics et devrait donc s'attirer toute la sympathie des syndicats. Or, l'Union syndicale suisse (USS) ne la soutient pas, comme c'est aussi le cas de la Commission des transports et des télécommunications de la Chambre des cantons.</b></p><p>Dore Heim, secrétaire dirigeante de l'USS/fq
</p><p>La raison de ce rejet est que cette initiative affaiblirait en fait dangereusement les services publics, car elle vise des secteurs particulièrement rentables comme les CFF, Swisscom et la Poste. Comment appliquer aux entreprises liées à la Confédération l'interdiction de réaliser des bénéfices dans le service universel (prestations de base) sans que cela entraîne la séparation de secteurs entiers des CFF ou une privatisation de Swisscom ou de PostFinance ? L'initiative ne ferait ainsi qu'aggraver des dysfonctionnements contre lesquels les syndicats luttent depuis des années : la concurrence à travers l'ouverture partielle de marchés met les conditions de travail sous pression parce que les prestataires privés versent des salaires beaucoup plus bas et proposent des contrats bien moins bons. Si les entreprises liées à la Confédération connaissent des conventions collectives de travail (CCT) de qualité pour leur personnel de base, chez elles aussi on coupe dans les ressources et des postes de travail ne sont plus repourvus, pendant que la charge de travail s'alourdit. Un système à deux classes existe déjà aujourd'hui, avec des filiales et des employé(e)s temporaires qui ne sont pas protégés par des CCT. Ici, l'initiative ne renverserait pas la vapeur, car elle ne se préoccupe aucunement des conditions de travail. 
</p><p>Les syndicats s'engagent pour des services publics forts. L'évolution démographique, l'augmentation de la mobilité et les effets du changement climatique (par exemple les accidents ferroviaires causés cet été par des glissements de terrain) ne peuvent être maîtrisés que si l'on investit plus dans l'infrastructure, avec un personnel en suffisance et des services à la population meilleurs. Une desserte de base sur l'ensemble du territoire en matière de transports, de services postaux et de communications dépend d'entreprises intégrées aux finances solides, et qui soient propriété des pouvoirs publics. Enfin, la qualité de cette desserte de base ne peut être garantie que si les conditions de travail sont bonnes.
</p><h2>Accueil extrafamilial des enfants : des aides financières supplémentaires sont nécessaires</h2><p><b>Lors de cette session parlementaire, les Chambres fédérales diront si la Confédération va continuer à soutenir le développement de l'" accueil extrafamilial pour enfants ", ou non. Le besoin de telles structures est avéré depuis longtemps. C'est pourquoi un " oui " clair et net des parlementaires à ces aides financières s'impose.</b></p><p>Christina Werder, secrétaire centrale de l'USS/fq
</p><p>Le travail familial et le travail professionnel ne sont de loin pas encore également répartis entre les sexes. Comme les femmes fournissent la majeure partie des activités non rémunérées d'éducation des enfants, elles travaillent souvent à temps partiel. De plus, elles occupent en majorité les emplois mal payés et le mandat constitutionnel sur l'égalité des salaires n'est toujours pas rempli. Tout cela entraîne pour elles des pertes financières, particulièrement douloureuses après un divorce, et se traduit aussi par des petites rentes de vieillesse. Autant de réalités intolérables. Les aides financières accordées à l'accueil extrafamilial des enfants constituent une mesure concrète permettant d'y remédier.
</p><p>Les structures d'accueil des enfants sont une condition importante pour pouvoir concilier activités professionnelles et tâches éducatives. Depuis 2003, la Confédération soutient financièrement la création de places dans ces structures. Jusqu'à février 2014, elle a ainsi soutenu la création de 43 255 de ces places. Mais la prorogation de ce financement, décidée en 2010, échoira fin janvier 2015. Il est apparu que le montant de 120 millions de francs prévu pour cette période ne permet pas de répondre à toutes les demandes faites. Toutes celles parvenues en 2014 seront mises sur une nouvelle liste d'attente selon un ordre de priorité. Si, après examen de l'ensemble des demandes déposées jusqu'au 31 décembre 2013, il reste encore de l'argent, celui-ci sera affecté aux demandes placées sur la nouvelle liste d'attente. 
</p><p>Dans ce contexte, une initiative parlementaire demande la poursuite et le développement des aides financières aux structures d'accueil extrafamilial. Elle propose de prolonger jusqu'en 2019 ces aides, avec un crédit de 120 millions de francs. C'est un minimum absolu qui est demandé ici. Un OUI clair et net des deux Chambres doit donc aller de soi !
</p><h2>Partage du déficit entre les parents et harmonisation des avances sur contributions d'entretien pour enfant : le Parlement doit une fois pour toutes faire un pas en avant !</h2><p><b>Le 8 septembre prochain, le Conseil national traitera une motion qui demande au Conseil fédéral de présenter une base légale pour l'introduction du partage du déficit entre les parents.</b></p><p>Christina Werder, secrétaire centrale de l'USS/fq
</p><p>Qu'est-ce que le partage du déficit entre parents ? Si le revenu commun ne suffit plus, après une séparation ou un divorce, à couvrir les besoins des parents et des enfants, celui des parents qui a droit à la pension alimentaire doit supporter le déficit en question, soit la différence entre les moyens à disposition et le montant total que représentent les besoins d'entretien. Ce parent doit ensuite demander en règle générale l'aide sociale pour lui et son enfant. Il en découle pour lui des obligations de rembourser cette aide, qui devront être remplies dès que sa situation financière le permettra. Ce qui les défavorise donc une fois de plus sous cet angle, car, après une séparation ou un divorce, ce sont clairement en majorité elles qui assument aujourd'hui les tâches éducatives.
</p><p>Le contexte dans lequel cette intervention a été faite est la révision en cours du droit en matière d'entretien de l'enfant. Dans le cadre de la procédure de consultation sur cette révision, d'importants milieux ont demandé un partage du déficit entre parents séparés ou divorcés. Mais cela n'a pas été repris dans cette révision, au motif que la base légale pour ce faire manque. Les juristes se disputent d'ailleurs à ce sujet. Une grande partie d'entre eux (la doctrine juridique) sont favorables à un tel partage. Le Tribunal fédéral aussi a demandé au législateur de trouver une solution adéquate et cohérente, éventuellement en adaptant la législation. La Commission fédérale pour les questions féminines a en outre indiqué une voie qui aurait permis d'introduire le partage du déficit dans le cadre de cette révision. À ce jour, il n'a pas été possible de trouver des majorités pour cela.
</p><p>La motion en question veut combler la lacune controversée de la Constitution fédérale. Elle veut faire en sorte que l'introduction de ce partage soit possible, toutefois, dans une perspective malheureusement très longue. Il est néanmoins important que le Parlement accepte au moins cette motion. 
</p><p><b>Harmonisation des avances sur contributions d'entretien</b></p><p>Les dispositions concernant les avances sur contributions d'entretien et leur exécution sont de la compétence des cantons. Elles concernent la durée et le montant maximal des avances. Or, les différences entre les cantons sont importantes, comme le confirme un rapport du Conseil fédéral publié en 2011. Ce rapport constate aussi que les cantons n'ont pas tous atteint le but de garantir les droits d'entretien des enfants et des conjoints avec les contributions d'entretien. En conclusion, une harmonisation de ces dispositions s'impose.
</p><p>Mais une solution à une telle harmonisation est en vue. L'unique décision à prendre (au Conseil des États) est celle de prolonger les délais de traitement de l'initiative du canton de Zurich, qui demande une telle harmonisation. Espérons que les mesures destinées, dans le cadre de la révision en cours du droit en matière d'entretien de l'enfant, à améliorer le recouvrement des contributions d'entretien s'avéreront efficaces. 
</p><p>En résumé, la séparation et le divorce sont un " piège de pauvreté " pour nombre de femmes. Il faut y mettre le holà. Parallèlement, nous avons besoin de pouvoir concilier famille et travail ainsi que des mesures efficaces pour réaliser l'égalité des salaires entre femmes et hommes
</p><h2>Travailleurs et travailleuses âgées : une conférence nationale pour une intégration durable</h2><p><b>Le 23 septembre, le Conseil des États devrait se pencher sur un postulat de Paul Rechsteiner, le président de l'Union syndicale suisse (USS). Ce postulat demande au Conseil fédéral d'organiser une conférence nationale sur les travailleurs et travailleuses âgés.</b></p><p>Véronique Polito, secrétaire centrale de l'USS
</p><p>Cette conférence devrait s'inscrire dans l'esprit de la Conférence sur les places d'apprentissage qui a permis, grâce à une forte mobilisation des partenaires sociaux et des cantons, de surmonter en peu de temps la crise profonde qu'avait traversée l'apprentissage durant les années 1990 et le début des années 2000.
</p><p>Ce postulat vise à mettre tous les partenaires face à leur responsabilité vis-à-vis des travailleurs et travailleuses âgés : alors que certains milieux se battent pour augmenter à tout prix l'âge de la retraite, rien n'est fait pour que les salarié(e)s puissent travailler au-delà de 60 ans tout en rester en bonne santé. Au contraire, beaucoup d'entre eux se sentent menacés lorsqu'ils atteignent la cinquantaine : le marché du travail ne reconnaît pas suffisamment leur expérience et se tourne souvent vers une main-d'œuvre plus jeune dans l'espoir qu'elle coûtera moins cher.
</p><p>Il est regrettable que le Conseil fédéral ne voie pas la nécessité d'agir. Il déclare certes vouloir lutter contre la pénurie de main d'œuvre, mais refuse une discussion approfondie avec tous les partenaires concernés sur l'intégration durable des travailleurs et travailleuses âgés. Au lieu de cela, il envisage des mesures " soft ", comme la sensibilisation des entreprises et des plateformes d'échanges de bonnes pratiques. Pour l'USS, c'est clairement insuffisant !
</p><h2>Initiative sur les bourses : un contre-projet anti-bourses</h2><p><b>Un désastre. Il n'y a pas d'autre mot pour décrire le parcours qu'a suivi le contre-projet à l'initiative sur les bourses. Le Conseil des États va traiter le 15 septembre la dernière différence qui subsiste entre les deux Chambres.</b></p><p>Véronique Polito, secrétaire centrale de l'USS
</p><p>La commission en charge propose de ne pas suivre la ligne du Conseil national qui souhaite intégrer dans la loi l'article 16 du concordat intercantonal fixant les barèmes minimaux pour le calcul des bourses. Cela obligerait quelques cantons, les plus pingres en la matière, de relever quelque peu leurs standards pour obtenir un financement fédéral. Rien de très exigeant, mais un tout petit geste quand même en faveur d'une harmonisation et de l'égalité des chances.
</p><p>Malheureusement, la notion d'égalité des chances semble bel et bien avoir perdu tout espoir de subsister dans ce projet. Alors qu'en 2012, lors du lancement de la consultation sur le premier contre-projet, le Conseil fédéral entendait, au nom de l'égalité des chances, soutenir et renforcer le processus d'harmonisation des régimes de bourses en Suisse, on est forcé de constater qu'aujourd'hui l'esprit n'y est plus. Le contre-projet actuel, au lieu de renforcer l'harmonisation, renforce la décentralisation ! Même economiesuisse le reconnaît puisqu'elle parle d'une loi qui " respecte la décentralisation des hautes écoles ".
</p><p> Finalement, la révision de la loi sur les bourses risque bien d'être bonne à mettre à la poubelle et les Chambres fédérales d'accoucher d'un mémorable " contre-projet anti-bourses "...</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1584</guid><pubDate>Tue, 02 Sep 2014 15:30:00 +0200</pubDate><title>Moins de bureaucratie, davantage de temps pour les patient(e)s</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/moins-de-bureaucratie-davantage-de-temps-pour-les-patient-e-s</link><description>Paperasserie, chaos pour changer de caisse ou démarchage téléphonique énervant</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">«&nbsp;J’en ai marre de recevoir toujours plus de paperasserie ainsi que des manœuvres pas nettes des caisses maladie. Je veux pouvoir m’occuper de mes patient(e)s.&nbsp;» C’est le docteur René Hausmann qui parle en ces termes de son travail de médecin de famille. En plus des coups de téléphone pénibles et de la paperasserie à affronter en cas de changement de caisse, la soixantaine de caisses existantes représente une bureaucratie chronophage et onéreuse aussi pour le personnel de la santé.</p><p>La jungle des caisses maladie avec ses plus de 300&nbsp;000 sortes de primes (selon l’âge, le modèle d’assurance, la caisse…) signifie pour les soignant(e)s, les médecins et les physiothérapeutes un méli-mélo unique de règles, de formulaires et de personnes de contact. Au lieu de consacrer son temps de travail à traiter et soigner les patient(e)s, le personnel de la santé doit sacrifier toujours plus de temps à la bureaucratie envahissante des caisses. L’exemple d’une femme médecin hospitalier montre quelle quantité de temps dévore la paperasserie. Cette personne estime passer chaque jour 50&nbsp;% de son temps à des tâches bureaucratiques. Avec une caisse publique, on aurait enfin un système clair et transparent qui uniformiserait et simplifierait aussi les activités administratives des médecins et des soignant(e)s.
</p><p>La caisse maladie publique clarifierait enfin les choses notamment en matière de garantie de la prise en charge des frais de certains médicaments («&nbsp;utilisation hors étiquette&nbsp;» ou «&nbsp;off-label-use&nbsp;») et de leur prise en charge effective. Même si la loi sur l’assurance-maladie prescrit à vrai dire avec précision quelles prestations doivent être remboursées par les caisses, celles-ci ont, dans la pratique, une interprétation différente de leur marge de manœuvre. D’où une inégalité de traitement entre les patient(e)s. Or, une assurance sociale doit traiter tous les assuré(e)s sur pied d’égalité. Le système actuel qui table sur la sélection des risques et non sur la qualité des traitements ne peut manifestement pas tenir cette promesse. Ou, comme le dit Meret Schindler, infirmière diplômée ES&nbsp;: «&nbsp;Je veux une caisse maladie qui s’occupe des patient(e)s, pas de ses intérêts financiers.&nbsp;»
</p><p> Il est une vraie nouveauté qu’introduirait la caisse publique qui n’a, pour l’heure, que peu attiré l’attention. Aujourd’hui, c’est l’Office fédéral de la santé publique qui exerce la surveillance des assureurs. Avec la caisse publique, grâce à une surveillance paritaire – pouvoirs publics, assuré(e)s et prestataires de services – les soignant(e)s et les médecins contrôleraient aussi l’affectation par les caisses des primes encaissées et de leurs grandes fortunes.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1577</guid><pubDate>Fri, 22 Aug 2014 13:33:00 +0200</pubDate><title>Manger plus cher à la maison ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/manger-plus-cher-a-la-maison</link><description>Non à l’initiative de Gastrosuisse !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Avec son initiative «&nbsp;Stop à la TVA discriminatoire pour la restauration&nbsp;!&nbsp;», la faîtière patronale de la restauration, Gastrosuisse, veut qu’à l’avenir les prestations des restaurants soient soumises au même taux de TVA que les plats à l’emporter, c’est-à-dire que ces derniers ne soient plus fiscalement avantagés. Au premier coup d’œil, cela paraît tout à fait sympathique. Mais l’initiative ne dit pas comment le problème sera résolu concrètement. Le risque est grand qu’en fin de compte, les personnes à bas et moyens revenus soient les victimes. Nous voterons sur cette initiative le 28 septembre.</p><p>Le contexte&nbsp;: les restaurants se voient aujourd’hui appliquer le taux de TVA normal de 8&nbsp;%. Par contre, la restauration à l’emporter («&nbsp;take-away&nbsp;») bénéficie d’un taux de seulement 2,5&nbsp;%. Elle profite donc du taux de TVA sur les denrées alimentaires justifié par des raisons sociales. L’initiative de Gastrosuisse demande que les «&nbsp;prestations de la restauration [soient] imposées au même taux que la livraison de denrées alimentaires&nbsp;», à l’exception des boissons alcooliques et du tabac, auxquels on continuera à appliquer un taux propre.
</p><p>Si demain, les prestations de la restauration payaient seulement 2,5&nbsp;% de TVA au lieu de 8&nbsp;%, les pertes fiscales qui en découleraient iraient jusqu’à 750 millions de francs. Le Conseil fédéral a annoncé qu’en cas d’acceptation de l’initiative, il relèverait le taux de 2,5&nbsp;% à 3,8&nbsp;% pour compenser ces pertes. Les denrées alimentaires renchériraient donc. Pour nombre de personnes et de familles à bas revenus, ce serait un vrai problème. Mais même si le taux de TVA pour les denrées alimentaires n’était pas relevé, il faudrait compenser les pertes fiscales d’une manière ou d’une autre. De nouveaux programmes d’austérité seraient alors programmés. C’est pour cela que l’Union syndicale suisse (USS) dit NON à cette initiative. 
</p><p>Les causes des problèmes de la restauration suisse doivent de toute façon être cherchées ailleurs. Selon Gastrosuisse elle-même, on compte 27&nbsp;000 bistrots dans notre pays. Chaque année, 2&nbsp;600 (10&nbsp;%) ouvrent. Nombre de personnes pensent être capables de tenir un bistrot, car il ne faut pas beaucoup d’argent pour se lancer et le personnel est d’ailleurs très bon marché. Mais la facture tombe vite&nbsp;: chaque année, 2&nbsp;400 bistrots (9&nbsp;%) environ ferment, plus de 750 (3&nbsp;%) font faillite et c’est à la collectivité de payer ensuite les salaires et les cotisations AVS qui n’ont pas été versés. Ces fluctuations record, Gastrosuisse les qualifie de «&nbsp;problème structurel&nbsp;». Et son ancien président, Klaus Künzli, en concluait, il y a quelques années, que la Suisse compte environ 10&nbsp;000 bistrots en trop. Telle serait la principale raison des chiffres rouges dans lesquels plongent tant de bistrots.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1576</guid><pubDate>Fri, 22 Aug 2014 10:21:00 +0200</pubDate><title>Le travail à gogo rend malade</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-travail-a-gogo-rend-malade</link><description>L’enregistrement de la durée de travail doit être maintenu !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les Suisses et les Suissesses travaillent toujours plus. Ils travaillent toujours plus aussi pendant leur temps libre, ainsi que les dimanches et pendant les vacances. Le stress sur le lieu de travail augmente. On dort moins bien. Les familles et la vie sociale en souffrent. Les conséquences s’appellent épuisement professionnel, dépressions et, dans le pire des cas, même infarctus du myocarde ou suicide.</p><p>Que les facteurs de stress au travail s’accroissent, la toute dernière Enquête suisse sur la santé menée par la Confédération le montre bien&nbsp;: les personnes interrogées désignent les trop longues durées de travail et l’absence de pauses comme représentant de très grands risques. Si l’on travaille toujours plus (souvent plus que ce que la loi autorise&nbsp;!) et que le repos dominical et nocturne n’est plus respecté, cela s’explique la plupart du temps par le fait que le temps de travail n’est plus enregistré. Comme les employeurs exercent ici une pression plus ou moins prononcée, les salarié(e)s renoncent souvent à noter la durée de leur travail et, surtout, leurs heures supplémentaires. Parfois, cela se fait à l’initiative de l’employé(e). En effet, par peur d’être licencié, on s’imagine augmenter sa productivité en timbrant même si l’on continue de travailler. C’est une dangereuse forme d’auto-exploitation&nbsp;! Les raisons de l’augmentation de la pression au travail sont très souvent des mesures d’austérité cachées, par exemple parce que l’entreprise réduit l’effectif de son personnel en maintenant la charge de travail. Ces mesures sont fréquemment justifiées par une «&nbsp;concurrence renforcée par la mondialisation&nbsp;».
</p><p>Or, la loi sur le travail a fixé des limites claires en matière de durée du travail. Elle fait à juste titre la différence entre heures supplémentaires, travail supplémentaire, travail de nuit et travail du dimanche. Et elle prescrit des pauses de récupération obligatoires. De fait, les médecins du travail savent que les capacités de l’être humain ont des limites qui doivent être respectées. Sinon, nous devons supporter d’énormes coûts de santé et de grandes souffrances humaines. 
</p><p> Le respect de la législation sur la protection de la santé psychique est contrôlé à travers l’enregistrement de la durée du travail. Un respect de la loi que cette dernière demande à tous les employeurs de documenter lorsqu’il y a inspection. Sinon, il y a risque d’amende ou de dénonciation. L’enregistrement de la durée du travail est un instrument simple, mais efficace pour garantir la protection de la santé psychique au travail. Or, que demandent les politicien(ne)s de la droite et les représentant(e)s des milieux économiques&nbsp;? Précisément sa suppression&nbsp;! Leur but est évident&nbsp;: les salarié(e)s doivent travailler plus et plus gratuitement, «&nbsp;grâce&nbsp;» à l’absence de saisie des heures supplémentaires. Les conséquences, comme des coûts de santé supplémentaires, seront par contre supportés par la société. C’est avec cela que les syndicats ne sont pas d’accord&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1573</guid><pubDate>Wed, 20 Aug 2014 15:28:00 +0200</pubDate><title>Oui à la caisse maladie publique</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/oui-a-la-caisse-maladie-publique</link><description>C&#039;est le bon sens même !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les caisses maladie privées gaspillent chaque année environ 325 millions de francs pris sur nos primes pour financer des campagnes publicitaires et les frais de changement de caisse. S’y ajoutent les gros salaires de leurs managers et la chasse antisociale auxdits «&nbsp;bons risques&nbsp;». Aujourd’hui, aucune caisse maladie n’a intérêt à s’occuper de manière optimale de personnes malades, parce que cela la rendrait attrayante aux yeux des malades chroniques qui sont chers. Une caisse maladie publique mettrait fin à cette absurdité. C’est pourquoi l’Union syndicale suisse (USS) et ses syndicats s’engagent en faveur de l’initiative «&nbsp;Pour une caisse publique d’assurance-maladie&nbsp;».</p><h3>Une pseudo-concurrence onéreuse</h3><p>En Suisse, on trouve actuellement plus de 60 caisses maladie actives dans l’assurance de base. Elles se mènent une pseudo-concurrence dispendieuse. Comme la loi leur prescrit à toutes d’assurer les mêmes prestations, seules deux possibilités s’offrent à elles pour économiser des coûts&nbsp;: des traitements de meilleure qualité et bien coordonnés, notamment pour les malades chroniques, ou la chasse aux «&nbsp;bons risques&nbsp;». Les caisses misent avant tout sur la deuxième possibilité. En prenant des «&nbsp;bons risques&nbsp;» (assuré[e]s jeunes et en bonne santé) aux autres caisses, elles se constituent une structure de client(e)s plus avantageuse et une clientèle plus intéressante pour ses assurances complémentaires. La caisse qui a plus de jeunes et de personnes en bonne santé peut, grâce à des coûts de santé moindres, baisser ses primes et attirer ainsi encore plus de «&nbsp;bons risques&nbsp;». Et à coups de tracasseries et de manœuvres déloyales, elles dissuadent parallèlement les personnes malades et âgées de changer de caisse. Ainsi, actuellement, nombre d’entre elles proposent par exemple systématiquement à certain(e)s client(e)s des services de qualité moins bonne pour entraver l’adhésion des «&nbsp;mauvais risques&nbsp;». 
</p><p>Avec une caisse maladie publique, la sélection inqualifiable des risques disparaîtra une fois pour toutes. En lieu et place, c’est la qualité des traitements qui occupera le premier plan. Cela signifie que la caisse se focalisera, à travers la coordination des traitements, la prévention et la promotion de la santé, sur le maintien à long terme des coûts à un niveau bas. Les patient(e)s atteints de maladies chroniques pourront, grâce aux programmes de soins coordonnés et à un suivi individuel, être traités de manière optimale et pour des coûts par conséquent plus avantageux. 
</p><h3>Plus de 60 caisses maladie</h3><p>La densité des caisses maladie en Suisse est élevée. 60 caisses, cela signifie au moins 60 directeurs et directrices généraux, 60 organes de gestion, 60 bâtiments administratifs luxueux, 60 départements de publicité, 60 services de comptabilité et 60 lobbyistes politiques. Ces structures redondantes absurdes renchérissent inutilement notre secteur de la santé. Pour leur seul marketing – dont fait aussi partie l’onéreux démarchage téléphonique – et les changements annuels de caisse, les caisses gaspillent chaque année environ 325 millions de francs. 
</p><p>La caisse publique fonctionnera de manière plus efficiente et plus transparente. Elle reprendra les tâches des «&nbsp;anciennes&nbsp;» 60 caisses privées et aura des agences dans tous les cantons. Comme il n’y aurait plus qu’une seule administration au lieu de 60, l’infrastructure et les frais administratifs diminueraient. La caisse publique n’aurait pas non plus besoin de publicité et d’un lobbying coûteux. Les économies ainsi faites influeraient de manière positive les primes. 
</p><h3>Une bureaucratie chère</h3><p>Le système actuel est totalement opaque et incompréhensible. La bonne soixantaine de caisses propose, dans l’assurance de base, un produit en tous points identique. Or, il existe 300&nbsp;000 primes différentes pour le même produit&nbsp;: selon l’âge, la région, la caisse, le modèle d’assurance. Incroyable&nbsp;! Tant pour les patient(e)s que pour les médecins, le personnel soignant, les hôpitaux, les laboratoires et les pharmacies, cela constitue une jungle bureaucratique totalement opaque. D’une caisse à l’autre, tout est différent&nbsp;: les formulaires, les interlocuteurs, les compétences, les exigences, les vœux et les décisions... Une bureaucratie inutile dilapide ainsi une masse de travail, d’argent et d’énergie. 
</p><p>Avec la caisse publique unique, le personnel de la santé et les assuré(e)s ne seront plus confrontés qu’à un seul interlocuteur et service de comptabilité. Soignant(e)s et médecins auront à nouveau plus de temps à consacrer aux soins à dispenser à leurs patient(e)s, au lieu de courir des heures durant après les garanties de paiement des diverses caisses. Coûteux, les appels publicitaires téléphoniques des caisses et les changements de caisse qui surviennent chaque année, pénibles pour les assuré(e)s, disparaîtront enfin.&nbsp;
</p><h5>Liens</h5><ul><li><span style="font-size: 12px; line-height: 1.46em;">Arguments</span></li><li><span>&lt;media 2137 - - "TEXT, Tract-Web caisse maladie publique f, Tract-Web_caisse_maladie_publique_f.pdf, 644 KB"&gt;Tract&lt;/media&gt;</span></li><li><span><a href="http://www.caissepublique.ch/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Site&nbsp;«&nbsp;OUI à la caisse maladie publique&nbsp;»&nbsp;</a></span></li></ul><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1569</guid><pubDate>Thu, 17 Jul 2014 14:10:00 +0200</pubDate><title>Pétition contre l’ACS (TiSA) : à signer sans délai !</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/petition-contre-l-acs-tisa-a-signer-sans-delai</link><description>Pas question que les services publics passent à la trappe</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Depuis février 2012, la Suisse participe activement aux négociations à propos d’un «&nbsp;Accord sur les commerce des services&nbsp;» (ACS, appelé aussi TiSA, selon son abréviation anglaise). L’ACS veut ouvrir la totalité des services publics à la concurrence. Malgré les assurances du Secrétariat d’État à l’économie (SECO), selon qui les services publics suisses ne seraient pas soumis à ces nouvelles règles, la prudence est indiquée. C’est pourquoi L’Union syndicale suisse (USS) soutient la pétition co-initiée par le Syndicat suisse des services publics, le ssp&nbsp;: «&nbsp;Non à l’Accord sur le commerce des services (TiSA), pour le maintien des droits démocratiques&nbsp;».</p><p>L’ACS représente <span style="font-size: 12px; line-height: 1.46em;"><a href="http://www.world-psi.org/fr/rapport-special-de-la-psi-lacs-contre-les-services-publics." target="_blank" rel="noreferrer">un grand danger pour les </a></span><span style="font-size: 12px; line-height: 1.46em;"><a href="http://www.world-psi.org/fr/rapport-special-de-la-psi-lacs-contre-les-services-publics." target="_blank" rel="noreferrer">services</a></span><span style="font-size: 12px; line-height: 1.46em;"><a href="http://www.world-psi.org/fr/rapport-special-de-la-psi-lacs-contre-les-services-publics." target="_blank" rel="noreferrer"> publics</a></span>. Cet accord pourrait imposer à l’État l’obligation de «&nbsp;neutralité économique&nbsp;» entre prestataires publics et privés de services. Tous les domaines des services où l’on trouve des prestataires privés en plus des prestataires publics devraient être soumis aux règles d’une «&nbsp;concurrence libre et non faussée&nbsp;». Concrètement, les gouvernements devraient subventionner dans une même mesure les prestataires publics et privés. Les contribuables seraient par exemple contraints de cofinancer les bénéfices engrangés par des cliniques ou des écoles privées. On risquerait en outre des privatisations, des externalisations et des déréglementations. En fin de compte, les consommateurs et consommatrices ainsi que les travailleurs et travailleuses pourraient devoir acquitter une facture salée pour des services moins bons et souvent plus chers, ainsi que des conditions de travail dégradées. Ce genre d’accord prévoit également, en cas de différends, des mesures d’arbitrage qui pourraient fortement restreindre l’autonomie des États et, donc, des populations. Le principal risque couru ici est celui de tribunaux spéciaux échappant au droit des différents États contractants.
</p><p>Même si le SECO informe de manière relativement transparente en comparaison internationale sur ses intentions et assure que les domaines des services publics suisses dans lesquels le marché est limité par la loi (comme l’approvisionnement en électricité, l’éducation publique, la santé publique, les transports publics et la poste) ne seraient pas soumis à l’ACS, la plus grande prudence est de mise. De fait, ces négociations ont lieu à huis clos, en l’absence de tout public donc. Nous n’avons aucune garantie que la Suisse ne fera pas de concessions sur les services publics. Et tout est aussi ouvert en ce qui concerne les mécanismes de règlement des différends. <a href="http://stop-tisa.ch/wordpress/?cat=2." target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Pour ces raisons, l’USS soutient la pétition «&nbsp;Non à l’Accord sur le commerce des services (TiSA), pour le maintien des droits démocratiques&nbsp;»</a>. L’USS fait ainsi passer un message clair&nbsp;: en Suisse, les services publics ne doivent pas être soumis à un tel accord.</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1568</guid><pubDate>Thu, 17 Jul 2014 13:59:00 +0200</pubDate><title>Ratification de la Charte sociale européenne</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/ratification-de-la-charte-sociale-europeenne</link><description>Pour la Suisse, une formalité qui n’a que trop attendu</description><content:encoded><![CDATA[<p class="TitrerubriqueSPcommuniqu lead">La Suisse peut ratifier la Charte sociale européenne sans avoir à modifier de loi. Telle est la conclusion à laquelle a abouti le Conseil fédéral dans un rapport publié début juillet. Ainsi, le débat sur la ratification de cet élément central de la protection des droits humains en Europe se trouve relancé. Il était temps, car ce qui ne devrait être à proprement parler qu’une formalité pour la Suisse attend désormais depuis bientôt 40 ans.</p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">L’idée à la base de la Charte sociale est simple&nbsp;: il s’agit, avec d’autres textes juridiques, de fixer pour tout le continent, des normes minimales en matière de démocratie, d’État de droit et de droits humains. Avec la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH), la Charte constitue en effet l’un des principaux instruments de protection des droits humains en Europe. Après la conclusion, en 1961, de ce contrat par les membres du Conseil de l’Europe, les pays se sont mis à le ratifier les uns après les autres. Ces normes s’appliqueraient aujourd’hui à tout le continuent, du Portugal à la Russie et de l’Islande à Gibraltar s’il n’y avait pas quelques trous sur sa carte. De fait, la Suisse, le Liechtenstein, Monaco et Saint Marin ont certes signé cette charte – ce que le Conseil fédéral a fait en 1976 déjà –, mais sans la ratifier par la suite. C’est là une curiosité du droit international, car, entre-temps, cette ratification est devenue une condition préalable à l’entrée au Conseil de l’Europe. La Suisse, membre de celui-ci depuis 1963, serait bien inspirée d’emboîter le pas des autres pays. </span></p><h3><span lang="FR">Le libre choix des instruments de politique sociale</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Concrètement, la Charte sociale garantit les droits économiques, sociaux et culturels minimaux. Elle décrit les droits de la personne, entre autres dans les domaines de l’éducation, de l’emploi, de la sécurité sociale et de la non-discrimination. Les États signataires sont cependant libres de déterminer comment ils atteindront ces minima. Ici, le dialogue social est une voie possible, comme celle de la législation, car la Charte sociale ne vise explicitement pas à harmoniser les instruments de politique sociale. En outre, les personnes privées ne peuvent pas non plus exiger l’application des normes minimales par le biais de plaintes individuelles. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Comme le précise le Conseil fédéral dans son rapport, «&nbsp;Considéré dans son ensemble, l’ordre juridique suisse permet de satisfaire à <i>[l]</i>exigence&nbsp;» d’accepter six des neufs articles du noyau dur de la Charte sociale. Cela, d’autant plus que cette dernière, révisée en 1996, peut être ratifiée «&nbsp;à la carte&nbsp;», des réserves étant aussi possibles. Les conditions d’une ratification sont par conséquent réunies. </span></p><h3><span lang="FR">Un signal important, tant pour la Suisse que vers l’extérieur</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">L’Union syndicale suisse (USS) va s’engager maintenant dans la discussion à venir pour que la Suisse emprunte enfin la voie de la ratification et améliore ainsi sa place au classement des États en matière de droit fondamental international. Ce serait un signal important vis-à-vis de l’extérieur. En effet, pour un petit État économiquement très intégré au plan international, il est important de disposer d’un vaste réseau de traités et de relations extérieures&nbsp;; cela, plus que jamais depuis la votation critique à l’égard de l’Union européenne de février 2014&nbsp;! En se positionnant comme État moderne de par son ordre juridique, la Suisse ne courra pas le risque de se retrouver inutilement une fois de plus sur une «&nbsp;liste noire&nbsp;». </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Mais sur un plan intérieur aussi, cette ratification serait un symbole important aux yeux de nombreuses personnes. Elle prévoit en effet des dispositions de protection programmatiques spécialement destinées à des groupes de personnes particulièrement vulnérables comme les jeunes, les personnes handicapées et les personnes âgées. Et elle rassemblerait aussi, en les présentant de manière claire et compréhensible, des normes sociales actuellement dispersées dans diverses lois. Pour les personnes qui se sentent souvent livrées à elles-mêmes dans la société, pareil signal n’est pas à sous-estimer. Les efforts déployés par les assistant(e)s sociaux pour intégrer ces groupes de personnes s’en trouveraient facilités. Pour cette raison, AvenirSocial, l’organisation professionnelle du travail social en Suisse, s’engage en faveur de cette ratification. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Les parlementaires pourront donner un signal clair à l’automne déjà, par exemple dans la délégation compétente des Chambres fédérales à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe ainsi que dans la Commission de politique extérieure du Conseil des États.</span></p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1559</guid><pubDate>Fri, 04 Jul 2014 15:08:00 +0200</pubDate><title>Les experts l’affirment : les syndicats ont le droit d’accéder aux lieux de travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-experts-l-affirment-les-syndicats-ont-le-droit-d-acceder-aux-lieux-de-travail</link><description>Colloque juridique de l’USS : une opinion claire</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors du colloque juridique de haut niveau organisé le 27 juin à Berne par l’Union syndicale suisse (USS) sous l’intitulé «&nbsp;Droit d’accès aux entreprises et à l’information des syndicats&nbsp;», des juristes et des professeurs de Suisse et étrangers ont affirmé que, sous le droit en vigueur, les syndicats ont le droit de rendre visite aux travailleurs et travailleuses sur leurs lieux de travail et de leurs transmettre des informations. Que ce soit dans des bureaux, sur des chantiers ou dans d’autres établissements industriels. Ce qui inclut aussi les moyens de communication électroniques comme l’Intranet. Les employeurs ne peuvent rien contre cette situation juridique claire, même si tous les tribunaux ne s’en sont pas (encore) rendus compte.</p><p>Grâce aux exposés d’orateurs et oratrices de premier plan venant de Suisse et de l’étranger, la centaine de participant(e)s à ce colloque a pu se faire une image authentique et correct des droits d’accès aux lieux de travail et à l’information des syndicalistes.
</p><h3>Une situation juridique claire</h3><p>Marcel Niggli, professeur ordinaire de droit pénal à l’Université de Fribourg et auteur réputé de plusieurs ouvrages de référence sur le droit pénal, a présenté les résultats de l’expertise qu’il a réalisée à la demande et avec le soutien de l’USS. Pour nous, les syndicats, les résultats de cette expertise sont des plus précieux et absolument sans équivoque aucune&nbsp;: les fonctionnaires syndicaux ont le droit d’accéder directement aux entreprises, aux lieux de travail et aux chantiers, et d’y entrer en contact avec les travailleurs et travailleuses. Concrètement, l’accès des syndicats aux entreprises peut, par exemple, prendre la forme d’une distribution de tracts sur le parking d’une entreprise, de la mise à disposition de brochures dans des locaux servant aux pauses, de l’affichage d’informations sur des tableaux prévus à cet effet ou d’entretiens individuels dans l’enceinte de l’entreprise. Mais cet accès peut également se faire via l’Intranet, par exemple pour l’envoi de courriels et d’enquêtes en ligne. 
</p><p>Dans son expertise (téléchargeable en allemand sur le site de l’USS), Marcel Niggli montre que les employeurs ne disposent d’AUCUN droit pour s’opposer à l’accès physique de syndicalistes dans une entreprise, de les frapper d’une interdiction d’entrer dans celle-ci, ni de porter plainte auprès des autorités pour violation de domicile (art. 186 du Code pénal)&nbsp;! Si, en pénétrant dans l’entreprise, les syndicalistes agissent de manière proportionnée à leur but et ne perturbent pas inutilement l’activité économique, c’est plutôt l’éventuelle plainte déposée «&nbsp;par vengeance&nbsp;» par l’employeur qui aurait un caractère pénal. Si un employeur intente une action pour violation de domicile contre des syndicalistes qui n’ont pas l’heur de lui plaire, cela doit être considéré comme de la contrainte&nbsp;! Ici, l’État a une obligation de neutralité stricte par rapport aux syndicats et aux employeurs et doit se tenir à l’écart des conflits.
</p><p>L’expertise du professeur Niggli renforce la position des syndicats&nbsp;: en accédant aux entreprises, les syndicalistes défendent des intérêts légitimes et sont justifiés à agir en conformité avec la loi. 
</p><p>Cette expertise répond aussi à la question de savoir qui pourrait prononcer une interdiction de pénétrer, par exemple, sur un gros chantier avec une entreprise générale et des dizaines de sous-traitants qui se succèdent. Dans ce cas, pour l’entrée dans les baraques de chantier, ce seraient travailleurs eux-mêmes et non leurs supérieurs hiérarchiques, respectivement le patron de l’entreprise générale.
</p><h3>Ancrer l’accès dans le droit</h3><p>Les exposés de Markus Schefer, professeur ordinaire de droit à l’Université de Bâle, et du professeur Kurt Pärli, directeur du Centre de droit social de la Haute école des sciences appliquées de Zurich, ont établi, en complément aux propos de Marcel Niggli, que les droits d’accès aux lieux de travail et à l’information des syndicats ont déjà une base légale dans le droit suisse en vigueur. Et cela, dans la Constitution fédérale (liberté syndicale selon l’article 28). 
</p><p>Markus Schefer a montré que la liberté syndicale, telle que la garantit cet article 28, déploie un «&nbsp;effet horizontal&nbsp;», à savoir qu’elle ne s’applique pas uniquement à la relation entre État et syndicats, mais aussi à celle entre employeurs et syndicats. Les employeurs sont donc tenus de ne pas limiter l’exercice de la liberté syndicale&nbsp;! Ils n’ont ainsi pas la possibilité de suspendre par des «&nbsp;interdictions de pénétrer dans leur entreprise&nbsp;» les droits prévus à l’article 28 de la Constitution fédérale. L’obligation de rester neutre faite à l’État mentionnée dans l’expertise du professeur Niggli découle aussi de cet article, et cet État n’a pas à être ravalé au rang de larbin de certains employeurs par les «&nbsp;paragraphes&nbsp;» relatifs à la violation de domicile. 
</p><p>Le professeur Kurt Pärli a aussi montré, sur la base d’un état des lieux et d’une analyse des droits d’accès aux lieux de travail et à l’information, tels qu’ils apparaissent dans le droit suisse du travail et les conventions collectives de travail (CCT), que le droit du travail fixe aujourd’hui déjà ces droits en divers endroits&nbsp;: l’article 15 de la loi sur la participation donne par exemple aux syndicats une qualité pour agir directe découlant des litiges correspondants relevant du droit du travail&nbsp;; et également l’article 58 de la loi sur le travail, qui octroie aux syndicats une qualité pour recourir directe en cas de non-respect des dispositions en matière de sécurité et de protection de la santé au travail. Et lorsqu’il y a qualité pour agir des syndicats, ceux-ci ont aussi le droit de pénétrer dans l’entreprise et de récolter des informations et des éléments de preuve en vue d’une éventuelle plainte. 
</p><h3>En résumé, les syndicats ne baisseront pas la garde et informeront&nbsp;!</h3><p>Les résultats de la clarification juridique apportée par le colloque de l’USS font apparaître que le droit suisse en vigueur donne aux syndicalistes des droits d’accès aux lieux de travail. Et cela, directement sur la base du droit constitutionnel, c’est-à-dire de la liberté syndicale prévue à l’article 28 de la Constitution fédérale, ainsi que, directement aussi, sur la base du droit du travail&nbsp;: articles 15 de la loi sur la participation et 58 de la loi sur le travail. À l’avenir ces dispositions devront avoir plus de retombées dans les CCT et y être fixées. À cet effet, l’USS va s’engager pour des bonnes pratiques en matière de CCT à l’intention des partenaires sociaux. 
</p><p> L’expertise du professeur Niggli établit aussi que les employeurs récalcitrants n’ont aucun moyen juridique pour se défaire de syndicalistes critiques et peu appréciés par eux en prononçant des interdictions de pénétrer dans leurs entreprises et en déposant plainte au pénal pour violation de domicile. La plupart des autorités le savent et n’entrent pas en matière sur de telles plaintes. Malheureusement, cette base légale à vrai dire claire ne s’est pas encore imposée dans tous les tribunaux. C’est pourquoi l’USS s’appliquera demain encore à faire connaître cette conclusion de son colloque juridique auprès des juristes ainsi que du public.</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1558</guid><pubDate>Wed, 02 Jul 2014 15:05:00 +0200</pubDate><title>Ce qu’il faut savoir</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/ce-qu-il-faut-savoir</link><description>Petits jobs de vacances et droit du travail

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’été est là, et avec lui les grandes vacances. Pour de nombreux écoliers, gymnasiens et étudiants, c’est aussi le temps des petits boulots qui permettront de se faire un peu d’argent de poche, d’en mettre de côté pour les prochaines vacances et, très souvent, de financer les études. Lorsqu’on occupe ce genre d’emploi, on est un salarié, ou une salariée comme les autres. Et qui dit salarié, dit règles du droit du travail, salaire décent et respect des règles de la sécurité au travail.</p><h3>À partir de quel âge&nbsp;et pour quelle durée?</h3><p>On ne peut fort heureusement pas faire travailler les enfants à partir de n’importe quel âge. La loi sur le travail (LTr) ne l’autorise qu’à partir de 15 ans, 13 pour les travaux légers, voire moins de 13 pour les manifestations sportives et culturelles, à des conditions spécifiques et sur autorisation d’une autorité cantonale (art. 30 LTr, art. 7 OLT 5). Dans tous les cas, les moins de 18 ans ont besoin de l’assentiment de leurs parents avant de signer un contrat de travail. 
</p><p>L’ordonnance 5 de la LTr (OLT 5) précise les règles qui s’appliquent aux jeunes travailleurs et travailleuses de moins de 18 ans. Elle précise notamment l’interdiction d’employer les jeunes à des travaux dangereux, dans certaines branches (discothèques, bars, cabarets, entreprises cinématographiques, cirque et spectacle – cf. art. 4 à 6 OLT 5). Le travail dominical n’est autorisé que pour les jeunes ayant achevé leur scolarité obligatoire, au maximum un dimanche sur deux et uniquement dans la restauration (où ne peuvent être employés que les plus de 16 ans), la garde d’animaux et les boulangeries (art. 13 OLT 5). Dans les zones touristiques, le travail dominical est possible dans les entreprises répondant aux besoins des touristes pendant toute la durée des vacances d’été (art. 15 OLT 5, art. 25 OLT 2). Quant au travail de nuit, il est interdit aux moins de 18 ans en dehors d’une formation professionnelle (art. 12 OLT 5).
</p><p>La durée de travail des moins de 13 ans ne peut pas excéder plus de trois heures par jour et neuf heures par semaine (art. 10 OLT5). Les jeunes de plus de 13 ans n’ayant pas terminé leur scolarité obligatoire peuvent travailler jusqu’à 8 heures par jour (40 heures par semaine) pendant la moitié de la durée des vacances scolaires, entre 6 heures et 18 heures, avec une pause d’au moins une demi-heure pour toute plage de travail de 5 heures et plus (art. 11 OLT 5). Pour tous les jeunes, la durée du travail ne dépassera pas celle des autres employés de l’entreprise (maximum 9 heures par jour) et leur travail doit être compris dans une période de 12 heures (art. 31 al. 1 LTr). Ils ont droit à un repos quotidien d’au moins 12 heures consécutives (art. 16 OLT 5). Le soir, les moins de 16 ans ne peuvent être employés que jusqu’à 20 heures, les 16-18 ans jusqu’à 22 heures (art. 31 al. 2 LTr). 
</p><h3>En cas de danger, je dis STOP&nbsp;!</h3><p>Les petits boulots d’été sont souvent l’occasion de faire connaissance avec le monde du travail. Or, ce dernier n’est pas exempt de dangers, qui n’apparaissent pas toujours au premier coup d’oeil. Et le risque d’accident de travail est très élevé lors du premier emploi, surtout pendant les premiers jours. 
</p><p>Même si l’on est engagé pour une durée très courte, il faut donc particulièrement faire attention aux prescriptions de sécurité. Avant de commencer, il faudra être attentif aux instructions de l’employeur et les respecter scrupuleusement, même si elles paraissent de prime abord inutiles ou exagérées. Dans tous les cas, les travaux dangereux sont interdits au moins de 18 ans. Si malgré tout, je suis confronté à un danger, je dois oser dire STOP et demander l’aide d’un ou une collègue expérimenté. Les accidents, parfois, ne pardonnent pas.
</p><h3>Bien assuré&nbsp;!</h3><p>Négliger les assurances sociales dans le cas d’un petit job de vacances peut coûter très cher. Tous les travailleurs et travailleuses, quel que soit leur âge, doivent être obligatoirement assurés à l’assurance-accidents par leur employeur. S’ils travaillent moins de 8 heures par semaine chez le même employeur, cette assurance ne couvre que les accidents professionnels et, au-delà, tous les accidents. En cas d’accident, l’employeur doit avertir les parents (art 32 LTr). Pour les rapports de travail de moins de 3 mois, il n’y a pas d’obligation de payer le salaire en cas de maladie. Les autres cotisations sociales (AVS/AI/APG)&nbsp; ne sont obligatoires qu’à partir de l’année où l’on a ses 18 ans. Si l’employeur ne paie pas ses cotisations, il s’agit de travail au noir et cela entraîne des sanctions. 
</p><h3>Salaires minimaux et salaires d’usage</h3><p>À ce jour, il n’existe pas de salaire minimum légal. L’employeur est obligé de respecter les conventions collectives de travail (CCT) et les contrats-type de travail (CTT). Pour le petits boulots de vacances sont notamment importants les CCT de l’hôtellerie-restauration, du bâtiment, du nettoyage, des entreprises du commerce de détail (Coop, Migros), la CCT pour le travail temporaire et les CTT cantonaux pour l’agriculture. La plupart des salaires minimaux conventionnés sont accessibles sous <a href="http://www.service-cct.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.service-cct.ch</a>.
</p><p>S’il n’existe pas de CCT ou CTT fixant des salaires minimums, les employeurs sont tenus de respecter les salaires d’usage de la branche et de la région. Les salaires d’usage peuvent être consultés sur <a href="http://www.salaire-uss.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.salaire-uss.ch</a>. 
</p><p>L’USS recommande un salaire minimum de 22 francs de l’heure.
</p><h3>Et les vacances&nbsp;?</h3><p>Enfin, il ne faut pas oublier les vacances, auxquelles chaque travailleur et chaque travailleuse a droit, même s’il occupe son emploi… pendant ses vacances. Si l’on est payé à l’heure, un supplément de salaire de 10,64% pour les moins de 20 ans, de 8,33&nbsp;% pour les plus de 20 ans doit être payé en sus du salaire. Sur le décompte de salaire, ce supplément doit être identifiable comme tel. 
</p><p><b>Astuce&nbsp;:</b> La Commission jeunesse de l’USS met à disposition des jeunes et de leurs proches une brochure contenant toutes les informations utiles sur le droit du travail. Celles-ci peuvent être téléchargées sur le site&nbsp;:&nbsp;<a href="http://www.jeunesse-syndicale.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.jeunesse-syndicale.ch</a>.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1557</guid><pubDate>Mon, 30 Jun 2014 15:29:00 +0200</pubDate><title>Des mesures légales efficaces sont désormais nécessaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/des-mesures-legales-efficaces-sont-desormais-necessaires</link><description>L’inégalité des salaires ne disparaîtra pas toute seule !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Dialogue sur l’égalité des salaires lancé en 2009 par les partenaires sociaux et la Confédération, s’est terminé. Depuis la fin juin, nous disposons d’un rapport d’évaluation à son sujet. L’organisme responsable est d’accord pour dire que le but visé, supprimer aussi rapidement que possible la discrimination salariale à l’encontre des femmes, n’a pas pu être atteint. Mais personne ne conteste qu’il soit nécessaire d’agir dans ce domaine. C’est pourquoi il s’agit maintenant de s’attaquer à la mise en place de mesures contraignantes, c’est-à-dire légales, qui permettent de réaliser l’égalité salariale&nbsp;!</p><p>Le mandat constitutionnel qui demande cette égalité existe depuis plus de 30 ans et la loi sur l’égalité entre femmes et hommes est en vigueur depuis 18 ans. Cependant, l’inégalité des salaires n’a guère diminué, elle stagne au contraire à un niveau élevé&nbsp;! Selon les derniers chiffres (Enquête suisse sur la structure des salaires 2012), la différence entre salaires masculins et salaires féminins est de 18,9&nbsp;% dans le secteur privé. Elle n’a donc pas diminué ces dernières années, augmentant au contraire de 0,5 point de pourcentage. 
</p><p>Les expériences faites sur ces décennies avec des mesures visant la réalisation de l’égalité salariale montrent clairement que la bonne volonté ne suffit pas. Maintenant, il faut prendre de toute urgence des mesures au plan légal, qui contraignent les entreprises à assumer leur responsabilité et créer des structures qui permettent d’effectuer des contrôles. 
</p><p>La balle est dans le camp des acteurs politiques. Et d’abord, dans celui du Conseil fédéral. Après la pause estivale, celui-ci doit hâter les travaux d’élaboration d’un projet légal. 
</p><p>En demandant des contrôles maintenant, le Congrès des femmes de l’Union syndicale suisse (USS) de 2013 a indiqué la voie à suivre. Depuis lors, ces revendications ont à nouveau été débattues et l’Assemblée des délégué(e)s de l’USS les a adoptées le 23 mai 2014. Dans une lettre ouverte envoyée dans le contexte du 14 juin de la même année, les femmes des syndicats ont présenté au Conseil fédéral leur programme d’élimination des inégalités salariales. Ces revendications sont, résumées, les suivantes&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><span>Les entreprises doivent assumer leur responsabilité et contrôler leurs salaires à intervalles réguliers. Toute inégalité constatée devra être éliminée.</span></li><li><span>Les entreprises doivent pratiquer la transparence et communiquer en leur sein les résultats des contrôles de leurs salaires.</span></li><li><span>Il faut créer une autorité nationale dotée de compétences d’intervention et pouvant effectuer des contrôles. Elle devra pouvoir effectuer elle-même ces contrôles, ou les ordonner. En cas d’inégalité constatée, elle devra pouvoir demander son élimination, ou, en cas de non-élimination, intervenir via une qualité pour agir, un régime d’amendes ou la prise de décisions.</span></li></ul><p> Nous attendons maintenant du gouvernement qu’il agisse sans délai.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1551</guid><pubDate>Fri, 20 Jun 2014 15:14:00 +0200</pubDate><title>La Session en bref</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/la-session-en-bref</link><description>L&#039;USS commente les décisions parlementaires</description><content:encoded><![CDATA[<div><h3>L’initiative Ecopop prête à passer en votation</h3></div><div><p>(ea) A l’image du Conseil des États, le Conseil national recommande le rejet de l’initiative Ecopop. Elle sera donc vraisemblablement soumise en votation populaire en novembre 2014. Elle demande que l’immigration ne s’accroisse que de 0,2 % par an au maximum. L’USS s’engagera pour le non.&nbsp;</p></div><div><p>Comme au printemps à la Chambre basse, l’initiative populaire n’avait pas l’ombre d’une chance au Conseil national. Même les membres de l’UDC jugeaient que la proposition était trop rigide. D’un point de vue syndical, les effets de l’initiative sur le monde du travail sont funestes. Jean Christophe Schwaab (PS, VD) expliqua aussi que le texte ne concernait que la population résidente. Les entreprises pourraient donc recourir aux travailleurs et travailleuses détachés, aux frontaliers et frontalières, ainsi qu’aux personnes bénéficiant d’une autorisation de séjour de courte durée. Donc à ces catégories de salarié(e)s les plus susceptibles d’accepter de mauvaises conditions de travail. En d’autres termes: l’initiative va donner des ailes au dumping social.&nbsp;</p></div><div><p>C’est pourquoi l’USS combattra activement l’initiative Ecopop. &nbsp;
</p><p>&nbsp;</p><h3>Impôts sur les successions : le Conseil des Etats ajoute une étape</h3></div><div><p>(ea) La Chambre des cantons a renvoyé en commission l’initiative populaire pour une réforme de la fiscalité successorale. La commission est chargée d’évaluer la validité de l’initiative, ce que le Conseil fédéral a déjà fait. L’organisme responsable de l’initiative considère sereinement cet exercice inutile. Quelques semaines supplémentaires passeront donc avant qu’enfin, le contenu de l’initiative commence à être discuté. &nbsp;</p></div><div><p>Car du point de vue du contenu, l’initiative tient la route. Elle établit plus de justice distributive et ne concerne que 2% environ des contribuables : ceux qui détiennent une fortune de plus de 2 millions de francs. Elle prévoit d’importants allégements pour les PME et les entreprises agricoles. Avec une imposition à 20 % de la partie de la succession qui dépasse les 2 millions, il ne peut y avoir un exode des anciens riches, puisqu’en Allemagne et en France, par exemple, le taux correspondant est bien plus élevé. Et l’utilisation des ressources supplémentaires – deux tiers pour l’AVS, un tiers pour les cantons – est sociale, tout en respectant la tradition.
</p><p>&nbsp;</p></div><h3>Loi sur la formation continue: la responsabilité des employeurs enfin confirmée</h3><div><p>(vp) La Loi sur la formation continue vient de franchir le cap de l’élimination des divergences. L’article 5, qui stipule que l’employeur doit «favoriser la formation continue», a été combattu âprement jusqu’au bout par une partie de la droite. Il aura fallu attendre les prolongations pour voir le Conseil national faire preuve de raison et suivre enfin la proposition du Conseil fédéral et des États.</p></div><div><p>Malgré cette concession, la Loi reste bien maigre. A noter que l’ancrage dans la loi des compétences de base représente un pas en avant qu’il ne faut pas sous-estimer: il permettra de développer à l’avenir de nouvelles synergies entre la formation de base et la formation professionnelle initiale et de faciliter ainsi l’accès des adultes à un diplôme reconnu.
</p><p>&nbsp;</p></div><div></div><h3>Contre-projet à l’initiative sur les bourses vidé de sa substance</h3><div><p>(vp) Les délibérations du Conseil des États ont été décevante pour les défenseurs de l’égalité des chances. La Chambre des cantons n’a pas suivi le Conseil national sur une série de points qui aurait contribué à renforcer le Concordat intercantonal sur les bourses et son effet d’harmonisation. Ainsi, elle n’a pas soutenu la proposition du National d’élargir le nombre d’articles du concordat pris en compte dans la loi (art. 4), ni sa motion qui demandait d’augmenter la participation de la Confédération au financement des bourses. En refusant également de soutenir la proposition de répartir les contributions fédérales en fonction des dépenses effectives de cantons, le Parlement entérine la méthode de l’arrosoir. Il récompense ainsi les cantons inactifs et sanctionne les cantons qui s’engagent en faveur de l’égalité des chances.</p></div><div><p>Il ne subsiste à ce jour qu’une seule divergence à l’article 4, le Conseil national ayant confirmé sa position. Il reste à espérer que le Conseil des États suivra sur ce point la Chambre du peuple. Quoi qu’il arrive, le contre-projet à l’initiative sur les bourses restera finalement une coquille pratiquement vide.</p></div><div><h3>Loi sur la nationalité : la révision de la loi passe en conférence de conciliation</h3></div><div><p>(jc) Après une longue partie de ping-pong entre les deux Chambres, la révision de la loi sur la nationalité, c’est-à-dire régissant les conditions d’accès au passeport helvétique, se retrouve en conférence de conciliation. Le Conseil des États ne s’est, en effet, pas totalement aligné sur la ligne dure défendue par le Conseil National. Lors de cette dernière ronde, les États cédaient déjà du terrain en acceptant la proposition du National qui veut que la durée de séjour nécessaire au dépôt d’une demande de naturalisation soit d’au moins dix ans, au lieu des huit ans tout d’abord retenu par les sénateurs. Des divergences demeurent cependant; en particulier, le Conseil des États insiste pour que les années passées en Suisse entre l’âge de 10 et 20 ans continuent à compter double. Le Conseil national ne veut le faire que pour la période entre 5 et 10 ans. De manière générale, la tendance est nettement au durcissement. Les conditions de la naturalisation deviennent beaucoup plus contraignantes. En particulier, seules les personnes détentrices d’un permis C seraient dorénavant autorisées à demander le passeport suisse.&nbsp;</p></div><div><p>Pour l’USS, il serait regrettable que le processus de naturalisation se transforme en parcours du combattant ; dans un tel cas, il serait préférable que la révision de la loi sur la nationalité passe à la trappe !
</p><p>&nbsp;</p></div><h3>Le Conseil des États enterre la motion Buttet</h3><div><p>(ea) La motion du conseiller national valaisan Yannick Buttet cherchait à permettre aux petits magasins situés dans les régions périphériques d’employer des salarié(e)s le dimanche. Ce qui aurait représenté une nouvelle tranche de la tactique du salami, avec une nouvelle brèche dans l’interdiction du travail le dimanche. C’est bien dans ce sens que Y. Buttet justifia sa requête : ce qui avait été autorisé dans les grandes gares, les stations-service, les régions touristiques, devait maintenant l’être dans les petits magasins dans les régions de montagne...</p></div><div><p>Malgré la résistance de la gauche et du Conseil fédéral, le Conseil national avait adopté la motion en septembre; le Conseil des États l’a lui repoussée le 16 juin. L’interdiction de principe de faire travailler des salarié(e)s le dimanche connaît déjà de nombreuses exceptions. Les petits magasins visés par la motion Buttet peuvent rester ouverts le dimanche pour autant qu’ils employent des membres de la famille. Ces derniers ne tombent en effet pas sous l’interdiction maintenue à juste titre.</p></div><div><p>L’USS salue la décision de la Chambre des cantons. Une des nombreuses attaques au repos dominical a ainsi été repoussée.
</p><p>&nbsp;</p></div><h3>Allocations pour enfant : les familles restent en rade</h3><div><p>(ea) Dans les deux conseils, des propositions d’amélioration des allocations pour enfant ont été repoussées. Paul Rechsteiner demandait, via une motion, une augmentation de 50 francs par mois de l’allocation (de 200 francs actuellement à 250 francs). Une initiative parlementaire du PS revendiquait une progression de 60 francs. Paul Rechsteiner expliqua que depuis l’époque où la prestation minimale avait été fixée il y a dix ans, les coûts induits par un enfant avaient beaucoup augmenté selon les données de l’Office fédéral de la statistique. Pour un enfant, ils étaient alors de 819 francs et sont aujourd’hui de 942 francs; pour deux enfants ils passent de 1310 francs à 1507 francs. Seule la moitié des cantons a entretemps augmenté le minimum. Le moment d’une adaptation était donc venu. La majorité bourgeoise ne voulut rien entendre et bétonna: ces propositions justifiées furent rejetées par 24 voix contre 13 au Conseil des&nbsp;États et par 129 voix contre 55 au Conseil national.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p></div><h3>La Suisse ratifie la convention no 189 de l’OIT</h3><div><p>(ea) La Chambre du peuple a voté le 12 juin la ratification de la convention n° 189 de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui s’appliquera désormais aussi en Suisse et permettra de protéger les travailleurs et travailleuses domestiques souvent brutalement exploités.</p></div><div><p>Les travailleurs et travailleuses domestiques, aussi appelés employé(e)s de maison, font partie de cette main-d’œuvre qui est la plus exploitée. Et dans certains pays, leurs droits sont foulés aux pieds, raison pour laquelle ils ont besoin d’une protection juridique particulière. L’Union syndicale suisse (USS) s’est donc trouvée aux premiers rangs lorsqu’il s’est agi de s’engager au sein de l’OIT pour la nouvelle convention no189, car elle fixe des normes minimales valables sur toute la planète.&nbsp;</p></div><div><p>Lors de la session parlementaire du printemps dernier, le Conseil des États en avait déjà recommandé la ratification par 35 voix contre zéro, mais au Conseil national, ce fut beaucoup plus ardu : le PLR et l’UDC firent en effet de l’opposition. Certains de leurs orateurs et oratrices ont justifié, le 12 juin, leur refus de cette ratification en invoquant le fait que la Suisse ferait de toute façon déjà tout ce qui est prévu par la convention et qu’il n’y avait donc aucune raison de la signer. Mais d’autres opposant(e)s pensaient que la Suisse ne satisfaisait peut-être pas à toutes les dispositions de ce texte et qu’en cas de ratification, il faudrait alors tout d’un coup agir.&nbsp;</p></div><div><p>Et ça, ils ne le voulaient pas. Mais peut-être le devront-ils quand même, maintenant… En effet, par 99 voix contre 82, la Chambre du peuple a voté la ratification de la convention n° 189 de l’OIT, une décision saluée par l’USS. Elle donne de fait un signal fort de solidarité internationale.</p></div><div></div>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1550</guid><pubDate>Fri, 13 Jun 2014 10:23:00 +0200</pubDate><title>Protection du personnel de maison contre l’exploitation</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/protection-du-personnel-de-maison-contre-l-exploitation</link><description>La Suisse ratifie la convention n° 189 de l’OIT</description><content:encoded><![CDATA[<p>La Chambre du peuple a voté le 12 juin la ratification de la convention n°&nbsp;189 de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui s’appliquera désormais aussi en Suisse et permettra de protéger les travailleurs et travailleuses domestiques souvent brutalement exploités.
</p><p>Les travailleurs et travailleuses domestiques, aussi appelés employé(e)s de maison, font partie de cette main-d’œuvre qui est la plus exploitée. Et dans certains pays, leurs droits sont foulés aux pieds, raison pour laquelle ils ont besoin d’une protection juridique particulière. L’Union syndicale suisse (USS) s’est donc trouvée aux premiers rangs lorsqu’il s’est agi de s’engager au sein de l’OIT pour cette nouvelle convention n°&nbsp;189, car elle fixe des normes minimales valables sur toute la planète.
</p><p>Lors de la session parlementaire du printemps dernier, le Conseil des États en avait déjà recommandé par 35 voix contre zéro la ratification, mais au Conseil national, ce fut beaucoup plus ardu&nbsp;: PRL et UDC firent en effet de l’opposition. Certains de leurs orateurs et oratrices ont justifié, le 12 juin, leur refus de cette ratification en invoquant le fait que la Suisse ferait de toute façon déjà tout ce qui est prévu par la convention et qu’il n’y avait donc aucune raison de la signer. Mais d’autres opposant(e)s pensaient que la Suisse ne satisfaisait peut-être pas à toutes les dispositions de la convention et qu’en cas de ratification, il faudrait alors subitement agir. 
</p><p> Et ça, ils ne le voulaient pas. Mais peut-être le devront-ils quand même maintenant… En effet, par 99 voix contre 82, la Chambre du peuple a voté la ratification de la convention n°&nbsp;189 de l’OIT, une décision saluée par l’USS. Elle donne de fait un signal fort de solidarité internationale.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1549</guid><pubDate>Thu, 12 Jun 2014 15:42:00 +0200</pubDate><title>Les inégalités salariales se creusent</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/les-inegalites-salariales-se-creusent</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Selon les derniers chiffres de l’Enquête suisse sur la structure des salaires 2012, l’écart salarial entre hommes et femmes s’est à nouveau accru. Un mauvais signal, qui confirme qu’avec le Dialogue sur l’égalité des salaires, qui se basait sur un engagement volontaire de la part des employeurs, il n’est pas possible de réaliser cette égalité. Un mauvais signal qui montre la nécessité de relancer l’action avec de nouvelles bases légales qui mettent enfin en place des contrôles des salaires sur l’ensemble du territoire. 
</p><p>L’égalité des salaires fait du sur<a name="_GoBack"></a>place&nbsp;: 18 ans après l’entrée en vigueur de la Loi sur l’égalité, l’écart salarial était toujours de 18,9&nbsp;%, et il a même augmenté ces deux dernières années. En 2010, il était en effet de 18,4&nbsp;%. 
</p><p><b>Un pas en avant et deux pas en arrière</b></p><p>Le salaire médian des hommes est passé de 6'346 francs (brut par mois) en 2010 à 6'553 francs, soit une augmentation de 3,2&nbsp;%. Le salaire médian des femmes est passé de 5’176 à 5’317 francs, soit une augmentation d’à peine 2,7&nbsp;%. Malgré des salaires plus bas, il n’y a pas eu d’effet de «&nbsp;rattrapage&nbsp;» pour les salariées. Le Dialogue sur l’égalité des salaires, qui comptait sur la bonne volonté des entreprises pour éliminer les discriminations salariales entre les femmes et les hommes, n’a pas abouti au résultat visé. 
</p><p><b>Les femmes migrantes doublement discriminées</b></p><p>Le fait d’être femme et immigrée est doublement pénalisant au niveau du salaire. Les chiffres de l’OFS confirment la persistance de la hiérarchie salariale avec en haut les hommes suisses, dont le salaire médian est de 6'960 francs, suivi des hommes étrangers, qui ont un salaire inférieur d’environ 15&nbsp;% (5’921.-). Viennent ensuite les femmes suisses dont le salaire est de 21&nbsp;% inférieur à celui des hommes suisses (5’482.-) et en dernier, les femmes immigrées, avec un écart de 30&nbsp;% (4’894.-) par rapport aux salariés suisses.
</p><p>Cet écart est standardisé à plein temps, si bien qu’on ne peut pas l’attribuer directement au temps partiel. Ces écarts témoignent aussi de la persistance de la ségrégation professionnelle et de la dévalorisation des tâches qui sont dévolues aux femmes en général et aux femmes immigrées en particulier. Ainsi le salaire médian d’une femme travaillant dans le secteur des services personnels n’est que de 3'678 francs, celui d’une femme travaillant dans le commerce de détail n’est que de 4'450 francs. 
</p><p><b>Les hauts salaires et les bonus sont masculins</b></p><p>Les inégalités s’accroissent aussi car les positions de cadre sont de fait réservées aux hommes, qui occupent les trois quart des postes de direction et les deux tiers des postes avec fonction de chef. Lorsqu’une femme parvient néanmoins à occuper un poste de cadre, elle doit se contenter d’un salaire en moyenne inférieur de 32&nbsp;% par rapport à celui de son collègue masculin&nbsp;! 
</p><p>Les bonus sont également une source d’inégalité. Ils sont en effet davantage attribués aux cadres, qui sont justement majoritairement des hommes. Dans un secteur comme le commerce de détail, où un salaire sur cinq est inférieur à 4’000 francs par mois, le bonus moyen réservé aux cadres supérieurs est de 28'700 francs, contre 1'700 francs pour le reste du personnel. Des secteurs comme les assurances et les activités financières, où les hommes cadres sont nombreux, versent des bonus moyens de respectivement 94'000 et 132'500 francs.
</p><p><b>Écarts importants avec le même profil</b></p><p>Pourtant, au-delà de l’insertion différente des hommes et des femmes sur le marché de l’emploi, l’OFS confirme que de grands écarts persistent, y compris lorsqu’on compare le salaire d’un homme et d’une femme qui ont le même âge et un profil équivalent. Ainsi, une femme âgée de 40 à 49 ans avec un niveau de responsabilité très élevé gagne 25&nbsp;% de moins que son collègue&nbsp;! Et une femme sans fonction de cadre qui a fait un apprentissage a un salaire de 12,4&nbsp;% inférieur à celui de son collègue ayant comme elle un CFC en poche.
</p><p><b>Différences de salaire aussi dans les services publics</b></p><p>Les résultats de l’Enquête sur la structure des salaires 2012 ne portent, pour le moment, que sur le secteur privé. Il ne nous est donc pas possible de donner des chiffres actualisés pour le secteur public. Mais nous savons, car cela a été mis en évidence par des études, que les discriminations salariales touchent aussi le secteur public et qu’elles sont à mettre en relation avec l’évaluation des fonctions, les bonus et la ségrégation professionnelle (sous-valorisation des métiers féminins). 
</p><p><b>Les écarts de salaires se creusent&nbsp;: agissons&nbsp;!&nbsp; </b></p><p>On sait – et le rapport de synthèse du PNR 60 «&nbsp;Égalité entre hommes et femmes&nbsp;: résultats et impulsions&nbsp;» qui vient de paraître le montre une fois de plus – qu’un ensemble de mesures, notamment dans le domaine du temps de travail, du partage des tâches et des infrastructures de prise en charge des enfants et des personnes dépendantes, est nécessaire afin de faire, enfin, progresser l’égalité.
</p><p>Alors que les écarts salariaux se creusent, particulièrement entre les hommes et les femmes, il est pourtant urgent de mettre en place des mesures en faveur de l’égalité. Le contrôle des salaires est une mesure que nous préconisons et qui permettrait de faire un pas en avant. Il est intéressant de rappeler que l’avant-projet de Loi sur l'égalité prévoyait de donner au Bureau fédéral de l’égalité la compétence de procéder à des enquêtes. Cette compétence n’a pas été retenue suite aux pressions des milieux patronaux. 20 ans plus tard, la preuve est faite que sans mesures contraignantes, l’égalité n’avance pas. C’est pourquoi, nous exigeons aujourd’hui, la mise en place d’une autorité dotée des compétences et des moyens lui permettant d’agir. </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1548</guid><pubDate>Thu, 12 Jun 2014 15:29:00 +0200</pubDate><title>Justice est faite, mais pour l’heure seulement</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/justice-est-faite-mais-pour-l-heure-seulement</link><description>Procès d’Erwin Sperisen, l’ancien chef de la police guatémaltèque</description><content:encoded><![CDATA[<p>Chef de la police nationale civile du Guatémala de juillet 2004 à mars 2007, Erwin Sperisen a été condamné le 7 juin dernier à la prison à vie par un tribunal genevois. Il a été reconnu coupable de l’assassinat de sept prisonniers. Ses avocats ont décidé de faire appel. Mais cela ne change rien au fait que la décision des juges genevois fait passer un message juste et important. Elle montre en effet que la répression sanguinaire, même commise en habits officiels, peut être sanctionnée un jour par la justice.
</p><p>Il faut en remercier la Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS), grâce à la détermination dont elle a fait preuve des années durant, ce procès a pu avoir lieu. L’Union syndicale suisse (USS) et d’autres organisations encore espèrent que ce jugement donnera un nouveau signal contre l’impunité à laquelle croient certains assassins et autres tortionnaires dans le monde. En effet, toutes les atrocités commises par le système répressif où Sperisen a occupé un poste dirigeant n’ont pas été éclaircies. Chantal Woodtli et Claude Reymond de la CGAS signalent le cas de Carlos Vielman, l’ancien ministre guatémaltèque de l’Intérieur, qui était le supérieur direct de Sperisen. La CGAS espère que Vielman, qui fait actuellement l’objet d’une enquête en Espagne, devra aussi rendre des comptes.</p>]]></content:encoded><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1521</guid><pubDate>Thu, 12 Jun 2014 15:20:00 +0200</pubDate><title>Égalité des salaires – services publics – négociations conventionnelles et salariales</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/egalite-des-salaires-services-publics-negociations-conventionnelles-et-salariales</link><description>Trois Dossiers de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Ces derniers temps, l’USS a publié trois nouveaux Dossiers<a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2014/140612_Ackermann_Dossiers.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a> sur les thèmes mentionnés dans notre titre. En voici les grandes lignes.</p><h3>Égalité salariale entre hommes et femmes</h3><p>Que faire pour qu’il y ait égalité salariale entre femmes et hommes&nbsp;? Telle est la question que pose le Dossier N°&nbsp;104 de l’USS. Mais avant d’y répondre, les auteur(e)s ont examiné et analysé la vaste littérature académique étrangère et suisse qui cherche à expliquer ce qu’est réellement l’égalité salariale et ses causes. Ils montrent aussi comment les institutions et acteurs politiques ou autres peuvent réduire les différences de salaire entre les sexes. Enfin, ils en tirent les leçons pour une politique de l’égalité dans notre pays. Cinq revendications sont alors formulées&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><span>Les salaires doivent être mieux protégés par des conventions collectives de travail (CCT) et un salaire minimum national. Les femmes, qui touchent souvent des bas salaires, en profiteraient tout particulièrement.</span></li><li><span>Il faut mettre en place des contrôles et des sanctions efficaces, ainsi qu’instaurer la transparence des salaires afin de supprimer la discrimination salariale des femmes.</span></li><li><span>On doit encourager une juste répartition entre hommes et femmes du travail rémunéré et du travail non rémunéré. Pour ce faire, davantage de structures d’accueil de jour des enfants à prix abordables et d’institutions pour les personnes dépendant de soins, ainsi qu’un congé parental payé et des horaires de travail plus courts et mieux planifiables sont nécessaires.</span></li><li><span>Grâce à des quotas et une politique de formation non sexiste, il sera possible d’obtenir une représentation équitable des femmes dans tous les domaines du monde du travail.</span></li><li><span>Enfin, la discrimination salariale des femmes doit redevenir un thème plus largement débattu dans le public.</span></li></ul><p>C. Werder, D. Gallusser, D. Lampart&nbsp;: Que faire pour instaurer l’égalité de salaire entre les sexes&nbsp;? Analyse des différences de salaire entre les femmes et les hommes et contre-mesures politiques. 35 p. Dossier de l’USS N&nbsp;°104.
</p><h3>Des services publics plus forts</h3><p>&nbsp;</p><ul><li><span>Qu’on en finisse avec les programmes d’austérité, les privatisations et la concurrence absurde dans les services publics&nbsp;!</span></li><li><span>Toute la population doit pouvoir profiter de manière égale d’excellentes prestations sociales, de formation, de santé&nbsp;; celles-ci ne doivent pas servir des buts lucratifs privés.</span></li><li><span>&nbsp;Les monopoles doivent appartenir à la collectivité publique. Cela concerne par exemple l’infrastructure ferroviaire, les réseaux électriques, de communication et d’eau, ainsi que l’évacuation des eaux usées et des ordures. Les bénéfices réalisés par les monopoles appartiennent à la communauté.</span></li></ul><p>Telles sont les trois premières revendications contenues dans la résolution adoptée par les quelque 200 participant(e)s à la journée de l’USS sur les services publics, qui s’est tenue à la fin février 2014. La documentation de cette journée, une dizaine d’interventions d’expert(e)s, et la résolution susmentionnée, ont été réunies en langue originale dans un Dossier de l’USS. Celui-ci montre, d’un point de vue syndical et pour tous les services publics existants, ce que ces derniers sont et doivent être et les obstacles auxquels ils sont confrontés. Dans son introduction, Dore Heim, responsable à l’USS de ces questions rappelle que «&nbsp;Seuls des services publics qui disposent de ressources en suffisance, en personnes comme en moyens financiers, peuvent continuer à se développer. Seuls des services publics forts garantissent un niveau de vie élevé en Suisse, ainsi que la cohésion sociale et l’égalité des chances. Il faut investir dans les services publics afin de maintenir, pour la population, une desserte de base ne serait-ce qu’au niveau actuel&nbsp;».
</p><p>D. Heim/E. Ackermann&nbsp;: Des services publics forts pour une Suisse qui fonctionne&nbsp;! Les interventions de la journée du 27.2.2014. 44 p. Dossier de l’USS N°&nbsp;103.
</p><h3>Les négociations conventionnelles et salariales de 2013</h3><p>Le Dossier N°&nbsp;102 est consacré aux négociations entre les partenaires sociaux de 2013, qui fut l’année des salaires minimums. En effet, bien plus souvent que par le passé, des salaires minimums ont été négociés, introduits ou nettement relevés. Événement qui fera date&nbsp;: la fixation pour la première fois, après plusieurs conflits, de salaires minimums dans l’industrie MEM. On constate aussi une tendance à fixer le salaire minimum le plus bas à hauteur de 4&nbsp;000 francs par mois ou à un niveau approchant. Cela &nbsp;s’explique par l’initiative de l’USS sur les salaires minimums, qui a rendu les gens plus conscients de l’importance de cette revendication et a donc déployé tous ses effets sur les négociations de conventions collectives de travail (CCT). 
</p><p>Mentionnons aussi qu’en Suisse romande, parfois après des conflits, on est parvenu à renouveler des CCT dans le commerce de détail (cantons de Genève et Neuchâtel et à Lausanne). Dans le domaine des transports publics, les syndicats ont conclu pour la première fois des CCT-cadres dans les cantons de Zurich et Vaud. Elles doivent servir notamment à empêcher qu’en cas de mise au concours de lignes, la concurrence ne se fasse sur le dos des employé(e)s. On constate également que le congé de paternité a été introduit ou amélioré dans moult cas.
</p><p>Concernant les négociations salariales, le Dossier de l’USS juge fondamentalement positif que des hausses des salaires réels aient été obtenues presque à chaque fois. Mais nombre de cantons ont été critiqués&nbsp; pour leur grande pingrerie et leur fort entêtement, en particulier ceux qui ont imposé des programmes d’austérité incluant des baisses de salaire. Les accords conclus dans l’artisanat sont qualifiés d’acceptables en comparaison avec les années passées. Vu la bonne situation des carnets de commandes et la lourde pression aux délais subie par les travailleurs et travailleuses, ils sont toutefois insatisfaisants. 
</p><p>Ewald Ackermann&nbsp;: Négociations conventionnelles et salariales 2013/2014. Un aperçu des secteurs couverts par les syndicats de l’USS. Dossier de l’USS N°&nbsp;102. 23 p.
</p><hr><p><a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2014/140612_Ackermann_Dossiers.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Les Dossiers de l’USS se trouve sur le site de l’USS&nbsp;: <a href="http://www.uss.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.uss.ch</a>, Publications/Dossiers.</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Égalité des sexes</category><category>Services Publics</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1545</guid><pubDate>Wed, 11 Jun 2014 10:40:00 +0200</pubDate><title>Une révision désormais consensuelle de la loi sur l’assurance-accidents</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/une-revision-desormais-consensuelle-de-la-loi-sur-l-assurance-accidents</link><description>Le Conseil fédéral ouvre la procédure de consultation</description><content:encoded><![CDATA[<p>En 2011, la première révision de la loi sur l’assurance-accidents (LAA) échouait devant le Parlement. À juste titre. En effet, l’affaiblissement visé de la SUVA et les réductions des prestations proposées auraient constitué une grave régression. Mais ces propositions ne trouvèrent pas de majorité. Sur ce, les partenaires sociaux décidèrent de mettre au point ensemble des propositions pour une nouvelle révision de la LAA. Une révision qui devait se limiter à l’essentiel et ne pas affaiblir une assurance sociale qui fonctionne bien et repose sur des finances solides.
</p><p> L’Union syndicale suisse (USS) constate avec satisfaction que le Conseil fédéral a repris les propositions des partenaires sociaux et ouvre sur cette base une procédure de consultation sous la forme d’une conférence. Le projet présenté modernisera la loi en vigueur depuis 1984 sans renoncer à ses spécificités efficaces. En effet, seules des prestations d’assurance de qualité et une SUVA forte, qui couvre les accidents et maladies professionnels, garantira que la souffrance humaine entraînée par la survenance de ces derniers sera atténuée.</p>]]></content:encoded><category>Assurance-accidents</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1546</guid><pubDate>Wed, 11 Jun 2014 10:37:00 +0200</pubDate><title>Attribution adéquate des bonifications AVS pour tâches éducatives</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/attribution-adequate-des-bonifications-avs-pour-taches-educatives</link><description>Le Conseil fédéral a écouté l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>Malgré la modification du droit de garde, les bonifications AVS pour tâches éducatives continueront à être attribuées en fonction de l’engagement effectif des parents dans l’éducation des enfants. Le Conseil fédéral en a décidé ainsi, reprenant une intervention de l’Union syndicale suisse (USS) et des organisations féminines. En profiteront en général les femmes qui risquaient de se voir dépossédées en douce de ces bonifications.
</p><p>À partir du 1er juillet, les parents non mariés ou divorcés jouiront en règle générale de l’autorité parentale conjointe pour leurs enfants. Cette modification du droit de garde a aussi des effets sur l’AVS, car les bonifications pour tâches éducatives de cette dernière sont calculées sur la base de ce droit. Le parent qui obtient le droit de garde reçoit la totalité de la bonification pour tâches éducatives de 42&nbsp;120 francs par an pour les enfants de moins de 16 ans dont il s’est occupé. En cas d’autorité parentale conjointe, la bonification était jusqu’à ce jour partagée à égalité, pour autant que les parents n’en avaient pas décidé autrement. Pour de nombreuses femmes, cette réglementation grossière entraînait une baisse conséquente de leur rente AVS. De fait, l’autorité parentale conjointe ne dit rien du tout de la réalité en ce qui concerne l’activité professionnelle des parents et leur prise en charge effective des enfants. Or, malgré une autorité parentale conjointe, on doit partir de l’idée qu’à l’avenir aussi seul l’un d’eux – la plupart du temps la mère – restreindra son activité professionnelle pour prendre en charge les enfants communs, si bien qu’il, soit la mère, devra s’attendre à une baisse de sa rente AVS future.
</p><h3>Selon l’engagement effectif dans l’éducation des enfants</h3><p>Fin 2013, l’USS et quelques organisations féminines avaient rendu attentif le Conseil fédéral à ce problème et demandé une réglementation des bonifications pour tâches éducatives qui tienne mieux compte de la réalité de l’activité professionnelle et de la prise en charge des enfants. L’adaptation du Règlement sur l’AVS décidé à la mi-mai par le Conseil fédéral répond à ce vœu en mettant en place une réglementation désormais adéquate.
</p><p>La nouvelle disposition du Règlement sur l’AVS prévoit que le tribunal ou l’autorité de protection de l’enfant et de l’adulte (APEA) tranchera aussi, lors de chaque décision sur l’autorité parentale conjointe, sur l’attribution de la garde ou la participation des parents à la prise en charge de l’enfant, quant à l’attribution de la bonification en question. Celle-ci reviendra dans son intégralité à celui des parents qui assumera vraisemblablement la plus grande partie de la prise en charge des enfants communs. Elle sera en revanche répartie par moitié lorsqu’il est à prévoir que les parents assumeront à égalité la prise en charge. 
</p><h3>En l’absence de convention, ce sera la mère</h3><p>Si l’autorité parentale conjointe est décidée sur la base d’une déclaration commune des parents à l’état civil ou à l’APEA, ceux-ci doivent parallèlement conclure une convention sur l’attribution de la bonification pour tâches éducatives ou en faire parvenir une en l’espace de trois mois auprès de l’APEA compétente. À défaut, celle-ci décidera d’office de l’attribution de ladite bonification. En l’absence de décision du tribunal ou de l’APEA, ou de convention des parents sur l’attribution de la bonification, cette dernière sera attribuée dans son intégralité à la mère. Cette réglementation tient compte du fait qu’aujourd’hui encore, les mères réduisent plus fortement dans la plupart des cas leur activité professionnelle pour prendre en charge des enfants que les pères. 
</p><p> Ainsi, les bonifications pour tâches éducatives focaliseront davantage l’attention. Alors qu’elles ne prennent actuellement de l’importance qu’au moment de la retraite, il sera désormais intelligent de déjà s’en occuper en cas de séparation ou de divorce, ou à la naissance d’un enfant.</p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1541</guid><pubDate>Tue, 03 Jun 2014 14:52:00 +0200</pubDate><title>Enfin un procès après 10 années d’attente, la justice en plus ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/enfin-un-proces-apres-10-annees-d-attente-la-justice-en-plus</link><description>L’ancien chef de la police guatémaltèque devant les tribunaux

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Un procès qui sort de l’ordinaire prendra fin ce vendredi à Genève. Erwin Sperisen, l’ancien chef de la police du Guatémala et double national suisse-guatémaltèque, est accusé d’exécutions de prisonniers et de fugitifs. S’il y a finalement eu procès, c’est notamment à porter au crédit de la Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS).</p><p>Erwin Sperisen, surnommé «&nbsp;le Viking&nbsp;», a été nommé en juillet 2004 chef de la police nationale civile par le ministre de l’Intérieur du nouveau gouvernement guatémaltèque de droite, alors qu’il ne disposait pas de l’expérience professionnelle requise pour cette fonction qu’il exerça jusqu’en mars 2007. Pendant cette époque, il fut l’un des sbires les plus monstrueux d’un système des plus répressifs, qui recourut régulièrement aux assassinats lors de vastes opérations dites de «&nbsp;nettoyage social&nbsp;».
</p><h3>Les syndicats, victimes d’une répression sanglante</h3><p>La commission internationaliste de la CGAS a fait état depuis 2004 des agissements sanguinaires du système en place dans ce pays d’Amérique centrale et de la police de Sperisen. Avec l’aide d’un important réseau syndical international, elle a mis au point une documentation détaillée sur des exécutions de paysans, des attaques contre les syndicats, des assassinats très vraisemblablement organisés par la police, mais jamais éclaircis, pour ne citer que quelques exemples. Et les mouvements genevois de solidarité internationale ont aussi protesté à plusieurs reprises contre les «&nbsp;nettoyages&nbsp;» déjà mentionnés et le silence qui les a entourés à chaque fois. 
</p><h3>Un combat de plusieurs années</h3><p>En mars 2007, après l’assassinat (par erreur) de trois députés salvadoriens et de leur chauffeur, puis de la liquidation de ses auteurs, quatre policiers, bien qu’incarcérés dans une prison de haute sécurité (!), Sperisen démissionna et s’enfuit, grâce à sa double nationalité, en Suisse, et plus précisément à Genève. Trois mois plus tard seulement, la CGAS et l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) ainsi qu’Uniterre, le syndicat paysan, déposaient une première plainte contre Sperisen en Suisse, une plainte qui fut suivie d’autres actions menées au plan juridique par les organisations genevoises et d’ailleurs. Finalement, en juillet 2010, la justice guatémaltèque délivrait un mandat d’arrêt international. Et, en 2012, l’ancien chef de la police nationale civile guatémaltèque était arrêté sur instruction du ministère public genevois.
</p><h3>Pour ne jamais oublier</h3><p>Le procès en cours à Genève ne concerne pas la totalité des activités criminelles de la police guatémaltèque durant l’ère Sperisen. En raison du mandat d’arrêt international lancé contre l’ancien directeur de la police, il se focalise sur deux cas pour lesquels celui-ci est accusé d’avoir planifié, ordonné et, dans un cas, réalisé lui-même, l’assassinat de prisonniers, ainsi que des témoins l’ont confirmé devant le tribunal. Le ministère public genevois a requis la prison à vie pour Sperisen. 
</p><p>Quelle que soit la décision que les juges prendront le 6 juin, le seul fait que des oppresseurs sanguinaires, qui se cachent derrière un système en place, doivent enfin rendre des comptes est à saluer. Le mérite doit en être attribué aux organisations qui ont accompagné avec ténacité la CGAS dans cette action des années durant pour que jamais ces faits ne soient oubliés.</p>]]></content:encoded><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1539</guid><pubDate>Mon, 02 Jun 2014 10:34:00 +0200</pubDate><title>Les commentaires de l’USS sur les principaux objets</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/les-commentaires-de-l-uss-sur-les-principaux-objets</link><description>Session d’été du Parlement fédéral</description><content:encoded><![CDATA[<p class="TitrerubriqueSPcommuniqu lead">La session d’été du Parlement fédéral commence le 2 juin et prendra fin le 20 du même mois. Certaines initiatives colancées ou énergiquement combattues par l’USS seront au menu des Chambres fédérales.</p><h2>Initiative Ecopop<br>Sous les préoccupations environnementales, la xénophobie</h2><p class="ChapeauSPitalique lead"><span lang="FR-CH">(ea) Second conseil à en traiter, le Conseil national a débattu de l’initiative Ecopop qui, selon son intitulé complet, dit «&nbsp;Halte à la surpopulation&nbsp;» et «&nbsp;Oui à la préservation durable des ressources naturelles&nbsp;». L’initiative exige que la population résidente permanente n’augmente annuellement que de 0,2&nbsp;% au maximum. L’USS rejette cette proposition qui aurait de graves conséquences pour les salarié(e)s. </span></p><p class="ParagrSPnormaux">Le Conseil fédéral et le Conseil des États recommandent aussi très clairement de rejeter cette initiative. Du point de vue syndical, ses conséquences sur le monde du travail seraient funestes, car la démarche ne concerne que la population résidente permanente, mais pas les expatrié(e)s de courte durée ni les frontaliers et frontalières. Du coup, le texte encourage et invite les entreprises à passer à une main-d’œuvre relevant de ces catégories. En d’autres termes&nbsp;: l’augmentation des rapports de travail temporaires et précaires serait assurée, ce qui déboucherait sur une forte pression sur les salaires dans les branches concernées, une pression qui se répercuterait tôt ou tard sur les salaires des autres personnes dans le pays. </p><p class="ParagrSPnormaux">Mais même du point de vue environnemental, il est absurde de recourir davantage aux frontaliers et frontalières, une catégorie de salarié(e)s qui se déplace le plus souvent en auto. En outre, l’initiative demande que 10&nbsp;% des dépenses pour l’aide au développement soient destinés à la planification familiale. Il est difficile de se représenter les contours que cela prendrait concrètement. La Suisse doit-elle financer dans les pays du Sud une police de la pilule contraceptive et des préservatifs chargée de faire des rondes dans les dortoirs&nbsp;? C’est là de la vieille arrogance coloniale occidentale, qui feint de croire que les plus pauvres au Sud sont responsables de la destruction massive des ressources naturelles. </p><p class="ParagrSPnormaux">Pour l’USS, l’initiative Ecopop doit être clairement rejetée. Elle a décidé de la combattre activement.&nbsp;</p><h2>Initiative pour un impôt sur les héritages<br>Juste, modéré et utile</h2><p class="ChapeauSPitalique lead"><span lang="FR-CH">(ea) Première Chambre à traiter de cet objet, le Conseil des États a discuté de l’initiative populaire «&nbsp;Imposer les successions de plusieurs millions pour financer notre AVS&nbsp;». Cette requête, portée par l’USS et d’autres organisations, vise l’introduction d’un impôt fédéral sur les successions et les donations. Les revenus de l’impôt devraient aller pour deux tiers à l’AVS et pour un tiers aux cantons. </span></p><p class="ParagrSPnormaux">Les cantons qui ont supprimé ou réduit de beaucoup l’impôt sur les successions, au moins pour les héritiers directs ces dernières années sont légion. Raison pour laquelle la Confédération doit recevoir la compétence de prélever un impôt sur les successions et les donations. Un impôt fédéral de ce genre sera en effet un levier contre une répartition toujours plus inégale de la fortune en Suisse. Le 1&nbsp;% le plus riche de la population en Suisse possède plus de fortune que les 99&nbsp;% restants. Et la richesse des plus riches continue de s’accumuler. Si les 300 personnes les plus riches de Suisse disposaient ensemble, en 2010, selon le magazine «Bilan», de 470 milliards de francs de fortune, ce montant était déjà de 564 milliards trois ans plus tard. L’initiative populaire «&nbsp;Imposer les successions de plusieurs millions pour financer notre AVS&nbsp;» s’attaque à cette concentration extrême et nuisible de la fortune. </p><h3>L’épargnant régulier n’est pas pénalisé</h3><p class="ParagrSPnormaux">L’impôt sur les héritages proposé ne concerne pas les petites fortunes ni les moyennes. Celui ou celle qui épargne péniblement pour s’offrir son propre logement n’a aucune inquiétude à avoir. Car l’initiative prévoit une franchise de deux millions de francs. Et si des entreprises ou des exploitations agricoles font partie du legs, d’autres allègements sont prévus. L’initiative est donc toute autre chose qu’une razzia sur le portemonnaie du petit épargnant. Au contraire, c’est un impôt juste et loyal. </p><h3>Au moins 3 milliards de francs annuellement&nbsp; </h3><p class="ParagrSPnormaux">Chaque année, environ 40 milliards de francs sont hérités en Suisse. La configuration de l’imposition sur les successions et les donations prévue par l’initiative en prélèvera au moins 3 milliards, en taxant à 20&nbsp;% les parties d’héritages supérieures à deux millions. Les deux tiers de ces rentrées fiscales iront à l’AVS et profiteront ainsi à tout le monde. Le tiers restant ira aux cantons.</p><h2>Convention no&nbsp;189 de l’OIT<br>Un travail décent pour les travailleurs et travailleuss domestiques aussi</h2><p class="ChapeauSPitalique lead"><span lang="FR-CH">(lc) Le Conseil national débattra le 12 juin de la ratification de la convention n°&nbsp;189 de l’OIT. Ce texte vise à renforcer la position des travailleurs et travailleuses domestiques, souvent soumis à une exploitation brutale. </span></p><p class="ParagrSPnormaux">«&nbsp;D’une part, leur travail est élémentaire, de l’autre, leur position est dans les faits précaire. Les travailleurs et travailleuses domestiques sont en principe des femmes qui proviennent des couches sociales inférieures. Ils touchent des petits salaires, ils sont vulnérables et ont donc d’autant plus besoin d’être protégés. La nouvelle convention de l’OIT fixe des standards minimaux qui s’appliquent sur toute la planète, qui doivent être la norme sur toute la planète&nbsp;», s’est exclamé Paul Rechsteiner, le président de l’USS, pour justifier la ratification de cette convention. Le Conseil des États a suivi. Il a approuvé cette convention par 35 voix sans opposition, lançant ainsi un signal fort au niveau international. Le tour est venu pour le Conseil national de suivre la même voie.</p><p class="ParagrSPnormaux">Il s’agit, pour la Suisse, d’émettre un signe de solidarité vers l’intérieur et l’extérieur. La Suisse était en première ligne lorsque se déroulait la négociation de cette importante convention pendant l’une des dernières conférences de l’OIT. En outre, d’après le Conseil fédéral, l’ordre juridique suisse remplit les conditions de cette convention.</p><h2>Initiative pour des allocations pour enfant exonérées d’impôt<br> Aider les familles, mais toutes et pas seulement les plus cossues </h2><p class="ChapeauSPitalique lead"><span lang="FR-CH">(ea) Première Chambre à se prononcer, le Conseil national délibérera de l’initiative populaire «&nbsp;Aider les familles&nbsp;! Pour des allocations pour enfant et des allocations de formation professionnelle exonérées de l’impôt&nbsp;». Déposé par le PDC, ce texte ne tient toutefois pas ce qu’il promet. De fait, seules les familles aisées en profiteraient.</span></p><p class="ParagrSPnormaux">Le Conseil fédéral ainsi que les deux commissions des deux Chambres chargées de l’examen préalable se sont prononcés pour le rejet de la proposition. Ils ont invoqué, à juste titre, qu’à cause de la progressivité de l’impôt, ce sont surtout les familles les plus cossues qui profiteraient de l’exonération fiscale des allocations. Pour les familles à bas et moyen revenus, celle-ci n’apporterait que peu, voire rien du tout.</p><p class="ParagrSPnormaux">L’USS est toutefois clairement d’avis que des allocations pour enfant plus élevées sont nécessaires. Une initiative parlementaire déposée par le groupe socialiste le 15 avril 2014 demande aussi une telle augmentation, ainsi que la motion Rechsteiner du 23 mars de la même année. L’initiative du groupe demande une augmentation mensuelle de 60 francs, la motion s’arrête à 50 francs. La commission préparatoire du Conseil national propose le rejet de l’initiative parlementaire, le Conseil fédéral celui de la motion Rechsteiner. Le Conseil des États discutera en séance plénière de la motion le 13 juin. Espérons qu’il suivra l’argumentation de Paul Rechsteiner. Ses motifs&nbsp;: «&nbsp;Depuis le vote de la loi sur les allocations familiales en 2006, le montant minimal des allocations pour enfant est de 200&nbsp;francs, celui des allocations de formation de 250&nbsp;francs. Depuis, 12 cantons attribuent des allocations plus élevées. Une adaptation des montants minimaux pour toute la Suisse est devenue nécessaire.&nbsp;»</p><h2>Loi sur la nationalité<br>Moins de restrictions exigées </h2><p class="ParagrSPnormaux lead">(jc) Les deux Chambres attaquent désormais la troisième phase de l’élimination de leurs divergences. Le Conseil national revendique encore au moins dix ans de séjour pour pouvoir déposer une demande de naturalisation et le Conseil des États juge que huit ans sont suffisants, tout en limitant cette possibilité aux détenteurs et détentrices d’un permis C. Une deuxième divergence réside dans le fait que le Conseil national demande que les années passées en Suisse entre l’âge de 5 ans et 15 ans comptent double, alors que le Conseil des États réserve ce doublement aux années entre 10 et 20 ans. De plus, les années durant lesquelles quelqu’un a été admis à titre provisoire ne devraient pas compter pour la Chambre basse, mais bien pour la Chambre haute. Les représentant(e)s des cantons sont également moins stricts en matière de connaissances linguistiques exigées. Le Conseil national demande pour sa part une bonne maîtrise écrite et orale d’une des langues nationales.</p><p class="ParagrSPnormaux">À ce jour, peu d’éléments laissent apparaître un rapprochement des points de vue des deux Chambres. Il est donc possible que le projet échoue.</p><p class="ParagrSPnormaux">L’USS est clairement opposée à un durcissement des conditions de la naturalisation. Elle demande des délais plus courts et moins de restrictions. Elle rejette la limitation du droit à la demande aux personnes détentrices d’un permis C et estime que les années entre 10 et 20 ans doivent compter double. Il s’agit en outre de prévoir des procédures plus rapides et plus simples pour les migrant(e)s nés dans le pays.</p><h2><span>Loi sur la formation continue<br></span><span lang="FR-CH">Les employeurs doivent assumer leurs responsabilités</span></h2><p class="ParagrSPnormaux lead"><span lang="FR-CH">(vp) La Commission de la science, de l’éducation et de la culture du Conseil des États (CSEC-E) s’est positionnée quasi à l’unanimité en faveur d’une coresponsabilité de l’employeur et de l’employé face à la formation continue. Elle a donc confirmé son soutien à l’article 5 tel que proposé par le Conseil fédéral. Celui-ci propose de répartir les responsabilités à trois niveaux&nbsp;: premièrement, la formation continue incombe à l’individu&nbsp;; deuxièmement, l’employeur doit offrir des conditions-cadres favorables&nbsp;; troisièmement, l’État doit intervenir subsidiairement pour favoriser l’accès à la formation continue à chacun et chacune en fonction de ses capacités. Ainsi, la commission de la Chambre des cantons n’a pas suivi la majorité du Conseil national qui avait refusé toute mention d’une responsabilité de l’employeur.</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR-CH">L’USS, qui avait demandé un engagement beaucoup plus important des employeurs en matière de formation continue (notamment un congé payé d’une semaine au moins par année), approuve la décision de la CSEC-E. Une coresponsabilité de l’employeur, de l’employé et de l’État en matière de formation continue est fondamentale pour donner un sens à cette loi qui, ne l’oublions pas, répond à un mandat constitutionnel approuvé à une très large majorité par le peuple en 2006 déjà&nbsp;!</span></p><h2><span lang="FR-CH">Contre-projet à l’initiative sur les bourses<br></span><span lang="FR-CH">Soutien à l’initiative et à la motion du Conseil national</span></h2><p class="ParagrSPnormaux lead"><span lang="FR-CH">Tout comme le Conseil national, la Commission de la science, de l’éducation et de la culture du Conseil des États (CSEC-E) a refusé de soutenir l’initiative sur les bourses qui veut favoriser l’égalité des chances dans l’accès à la formation en harmonisant les régimes cantonaux de bourses et en augmentant les moyens mis à disposition. Elle propose comme contre-projet une révision de la loi sur les aides à la formation. Toutefois, elle a n’a pas soutenu les propositions qui permettraient de faire du contre-projet une vraie alternative à l’initiative. Ainsi, seule une minorité de la CSEC-E soutient des améliorations telles que&nbsp;:</span></p><p class="ParagrSPnormaux">-&nbsp;la possibilité, lorsqu’il existe un intérêt public prépondérant, de prévoir des contributions fédérales directes (par exemple pour répondre à la pénurie de personnel qualifié dans la santé) (art. 1c. et 7a)</p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR-CH">- &nbsp;</span><span lang="FR-CH">la répartition des contributions fédérales en fonction des dépenses effectives des cantons et l’augmentation des contributions fédérales pour encourager et soulager financièrement les cantons (art. 5 du contre-projet et motion du Conseil national «&nbsp;Soutien accru de la Confédération aux bourses d’études&nbsp;»)</span></p><p><span lang="FR-CH">C’est pourquoi, l’USS recommande aux Conseil des États de soutenir l’initiative. Dans le cadre des délibérations sur le contre-projet (loi sur les aides à la formation), elle demande aux sénateurs et sénatrices d’accepter les propositions de minorité aux articles 1, 5 et 7a et de suivre à l’article 4 la proposition du Conseil national. L’USS recommande également l’acceptation de la motion du Conseil national «&nbsp;Soutien accru de la Confédération aux bourses d’études&nbsp;».<i></i></span></p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1534</guid><pubDate>Mon, 26 May 2014 16:19:00 +0200</pubDate><title>Apprendre des revers et rebondir</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/apprendre-des-revers-et-rebondir</link><description>Assemblée des délégué(e)s de l’USS du 23 mai 2014 - 
Discours d’ouverture du Président Paul Rechsteiner

</description><content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p><p class="lead">Les deux dimanches de votation que nous venons de vivre placent le mouvement syndical devant des défis d’envergure.</p><p>Manifestement, les deux défaites devant le peuple du 9&nbsp;février et du 18&nbsp;mai sont liées. Si le résultat du scrutin du 18&nbsp;mai était clair, celui du 9&nbsp;février a en revanche été on ne peut plus serré. Il n’en reste pas moins que la portée de la votation du 9&nbsp;février l’emporte de beaucoup sur celle du 18&nbsp;mai. Le verdict du 9&nbsp;février a en effet profondément modifié la Suisse. Et pas seulement pour le scrutin du 18&nbsp;mai.
</p><p>Commençons toutefois par l’initiative sur les salaires minimums. Diverses raisons en expliquent l’échec et nous aurons tout avantage à l’analyser une fois de plus avec attention, en prenant le recul nécessaire. Néanmoins, il est incontestable aujourd’hui déjà que le climat d’incertitude fruit du 9&nbsp;février et, surtout, la peur de perdre son emploi ont causé un grand tort à l’initiative. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si celle-ci a commencé à chuter dans les sondages au lendemain du scrutin. 
</p><p>En dépit du mauvais résultat, notre initiative pour les salaires minimums n’était pas tout simplement un échec. En effet, le bide de l’initiative devant le peuple ne doit pas faire oublier qu’elle constitue une campagne salariale réussie. Nous avons là un paradoxe&nbsp;: les grands succès dans la lutte contre les bas salaires comparés au fiasco dans les urnes. 
</p><p>Certaines conclusions sont évidentes. Dès le début, nous savions qu’il était téméraire de demander un salaire minimum de 4000&nbsp;francs dans l’ensemble du pays, du moins si l’on tient compte des caractéristiques habituelles en Suisse. Et même si l’initiative ne devait entrer en vigueur qu’en&nbsp;2018. Au moment du lancement de l’initiative, même pas dix ans s’étaient écoulés depuis notre première campagne nationale «&nbsp;Pas de salaires à moins de 3000&nbsp;francs&nbsp;». Avec le recul, il est clair que 4000&nbsp;francs par mois ou 22 francs à l’heure était malgré tout la revendication correcte. En effet, ce sont ces chiffres qui ont servi de référence à la lutte contre les salaires trop bas en Suisse. Nous luttons pour des salaires dignes et non pour des salaires qui frisent le minimum vital.
</p><p>À la réflexion, il aurait été plus intelligent de formuler les principales exceptions dans l’initiative elle-même. Songeons par exemple aux jeunes ou à la possibilité de moduler la limite par région. Dans le débat public, c’étaient des arguments contre lesquels il était presque vain de lutter.&nbsp; 
</p><p>Toutefois, nous devons surtout réfléchir de façon approfondie au rapport entre une campagne et l’instrument que constitue l’initiative populaire. S’agissant des assurances sociales, le recours aux droits populaires est pratiquement inévitable. Il en va autrement pour les salaires. Il n’en reste pas moins que l’initiative, vue comme une campagne salariale nationale de grande envergure, nous a permis d’obtenir dans de nombreuses branches à bas salaires d’énormes avancées qu’il aurait été presque impossible d’imposer autrement. La force d’un syndicat se mesure en première ligne à sa capacité à obtenir des succès concrets pour les salarié(e)s. C’est précisément sous cet angle que les résultats de la campagne pour des salaires minimums ne craignent pas du tout la critique. Malgré tout, il faut tirer un bilan après le 18&nbsp;mai&nbsp;: pour une initiative populaire, il n’est pas suffisant de s’en remettre à la puissance d’une revendication légitime. 
</p><p>Ces prochaines années, la politique salariale aura pour premier objectif de développer les conventions collectives de travail. Cette mission pour notre organisation et nos fédérations sera doublée d’un test pour la valeur réelle de l’attachement au partenariat social professé par les opposants à l’initiative populaire. Nous voulons et devons avancer dans ce domaine et les possibilités sont légion.
</p><p>L’autre priorité de la politique salariale de ces prochaines années est la lutte contre la discrimination salariale dont souffrent les femmes. Cette assemblée des délégué(e)s en posera les premiers jalons. 
</p><p>Si, l’un dans l’autre, nous tenons le bon cap en matière de politique salariale en dépit du mauvais résultat du 18&nbsp;mai, il en va bien autrement pour les séquelles du 9&nbsp;février. De nombreux secteurs ont perdu le nord dans la recherche du succès économique et social de la Suisse. Les contingents et les séjours de courte durée privés de droit menacent de nous renvoyer à une époque révolue. Dès lors, il est important que les syndicats définissent rapidement leur point de vue. 
</p><p>Voici les positions que nous proposons à cette Assemblée&nbsp;: nous voulons que les relations entre la Suisse et l’Union européenne soient réglementées. Aussi défendons-nous les Accords bilatéraux. Nous luttons contre la discrimination. Aussi refusons-nous un nouveau statut de saisonnier privant leurs titulaires de tout droit. Et il faut que les salaires soient efficacement protégés, aussi pour garantir l’emploi.
</p><p>Pour ces raisons, nous nous opposerons avec vigueur à l’initiative Ecopop, dont l’acceptation ne ferait qu’aggraver considérablement la situation après le 9&nbsp;février. Son rejet préparerait en revanche la voie à une nouvelle décision sur les Bilatérales. Ce que nous avons vécu le 9&nbsp;février ne peut pas se reproduire. Et, avant cette échéance, nous n’avons pas non plus fait tout ce qui aurait été possible. Ni à l’extérieur, ni non plus à l’intérieur. Contre Ecopop, les syndicats doivent mener une campagne bien plus agressive, qui montrera les graves conséquences pour tous de la dégradation des conditions salariales et d’embauche des salarié(e)s sans passeport suisse. 
</p><p>Nous devons mener simultanément plusieurs luttes importantes, pour les rentes, pour les salaires et contre la discrimination. Cette assemblée des délégué(e)s est la dernière avant le congrès d’octobre. C’est précisément dans les époques difficiles et troublées qu’il faut faire les bons choix et poser sur le tapis les thèmes qui intéressent les syndicats. Le congrès de l’USS du mois d’octobre tombe donc à point nommé. 
</p><p>Finalement, n’oublions pas que l’histoire des progrès sociaux et politiques est parsemée de défaites. Sur la durée, ce ne sont pas les défaites qui sont déterminantes, mais la capacité d’apprendre des revers et de rebondir. En faveur des grands objectifs sociaux de notre mouvement.
</p><h5>Documents</h5><ul><li>&lt;media 2813&gt;Résolution de la CGAS à l’adresse de l’Assemblée des délégués de l’USS: Bilan de la campagne SML à 4'000 francs et suites à envisager&lt;/media&gt;</li></ul>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1532</guid><pubDate>Thu, 22 May 2014 15:35:00 +0200</pubDate><title>Renforcer les syndicats au profit de tous et toutes</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/renforcer-les-syndicats-au-profit-de-tous-et-toutes</link><description>Troisième Congrès mondial de la Confédération syndicale internationale (CSI)</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">«&nbsp;Renforcer le pouvoir des travailleurs&nbsp;», tel est le slogan du 3e Congrès mondial de la CSI, qui s’est tenu du 19 au 23 mai à Berlin. L’Union syndicale suisse (USS) y était présente. Quels en furent les thèmes principaux&nbsp;?</p><p>La CSI, c’est plus de 180 millions de membres dans pratiquement tous les États de la planète, la deuxième plus grande organisation démocratique du monde. Pas étonnant par conséquent que plus de 1500 congressistes provenant de 161 pays se sont retrouvés tout récemment à Berlin pour son 3e congrès mondial. Le message central de ce congrès était le renforcement du pouvoir des travailleurs et travailleuses, c’est-à-dire aussi le renforcement du rôle et des droits des représentations des salarié(e)s, les syndicats.
</p><h3>Mieux avec un partenariat social solide</h3><p>Il ne s’agit pas seulement ici de justice ou d’équilibre sociétal. Sharan Burrow, la secrétaire générale de la CSI, a rappelé que l’on assistait aujourd’hui à un changement de philosophie qui va s’imposant&nbsp;: toujours plus d’organisations et, tout récemment, même la Banque mondiale, ont reconnu récemment que l’économie est florissante et les conditions de travail bonnes et exemptes de tout dumping salarial lorsque le partenariat social et les syndicats sont forts, et le taux de couverture conventionnelle (par conventions collectives de travail, CCT) élevé. Dans une résolution, le congrès a donc demandé à tous les États d’encourager le partenariat social et de viser une couverture conventionnelle aussi grande que possible, avec des CCT qui fixent des salaires minimums.
</p><h3>Le Qatar doit modifier son droit du travail</h3><p>Dans les États du Golfe, les droits syndicaux sont écrits en tout petits caractères. Le 3e Congrès mondial de la CSI a par conséquent demandé dans une résolution que le Qatar réforme enfin sont droit inhumain du travail et de la migration (système de la kafala). S’il ne s’y attèle pas, les projets internationaux comme la Coupe du monde de football organisée sur son territoire doivent être stoppés. Cela relève de la responsabilité de la FIFA qui a le pouvoir de faire pression sur le gouvernement qatari pour qu’il engage les réformes nécessaires. L’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB) a aussi présenté des projets prometteurs développés avec la participation significative de la Suisse. Pour l’USS et Solidar, il est évident qu’au sens de la résolution précitée, ils continueront à observer d’un œil critique la FIFA.
</p><h3>La Chine reste un problème</h3><p> Les discussions avec des congressistes chinois ont fait apparaître que la situation des travailleurs et travailleuses est toujours des plus critiques en Chine. Divers projets sont en cours afin de renforcer le soutien apporté par les syndicats aux salarié(e)s de ce pays. Lors d’ateliers de travail, l’USS a signalé qu’il était important de pouvoir faire figurer les droit humains et les normes du travail décent dans les accords de libre-échange. Dans ce cadre, il a été question des points faibles et des points forts de l’accord de libre-échange conclu par la Suisse et la Chine, ainsi que du contrôle de sa mise en œuvre. Ici aussi, l’USS ne veut pas baisser la garde. C’est pourquoi elle a invité à son congrès ordinaire d’octobre un des syndicalistes chinois actuellement les plus connus, Han Dongfang, le responsable du bulletin d’information des travailleurs chinois (China Labour Bulletin).</p>]]></content:encoded><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1531</guid><pubDate>Wed, 21 May 2014 15:36:00 +0200</pubDate><title>Contre le personnel, contre les petits magasins et contre les cantons !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/contre-le-personnel-contre-les-petits-magasins-et-contre-les-cantons</link><description>Heures d’ouverture des magasins : le gouvernement veut une loi</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La nouvelle loi sur les heures d’ouverture des magasins (LOMag) proposée par le Conseil fédéral autoriserait tous les commerces de détail du pays à ouvrir leurs commerces de 6 à 20 heures en semaine et de 6 à 19 heures le samedi. L’Union syndicale suisse (USS) estime que ce projet est bon pour la corbeille.</p><p>Au début, il y a eu la motion Lombardi qui demandait des heures d’ouverture des magasins valables pour tout le pays. Ensuite, les Chambres fédérales ont approuvé cette motion et aujourd’hui, le gouvernement propose en bon petit soldat une loi qui comporte trois articles, sans doute la loi la plus courte de toute la législation suisse. Mais la concision n’est pas toujours mère de la sagesse, elle est souvent aussi synonyme de stupidité à haute dose. L’USS a rejeté énergiquement ce projet dans le cadre de la procédure de consultation. À cela, trois sortes de raisons sont déterminantes&nbsp;:
</p><h3>Des conditions de travail encore plus stressantes</h3><p>Si les heures d’ouverture des commerces étaient prolongées de la sorte, les conditions de travail de la vente deviendraient encore plus stressantes, les horaires encore moins planifiables, et les mères qui élèvent seules leur(s) enfant(e)s seraient alors confrontées à d’importants problèmes. En effet, quelle structure d’accueil de jour des enfants ouvre jusqu’à 8 heures du soir en semaine, jusqu’à 7 heures du soir le samedi&nbsp;? Aujourd’hui déjà, les conditions de travail de la vente sont précaires, demain, elles le seraient encore plus. Ce qui explique aussi pourquoi, dans les sondages, le personnel de la vente se prononce à 90&nbsp;% contre la prolongation des heures d’ouverture des commerces.
</p><h3>Magasins&nbsp;: grands favorisés et petits mangés</h3><p>Selon Luca Cirigliano, responsable de ces questions à l’USS, la prescription de la nouvelle loi repose sur l’hypothèse erronée que la prolongation des heures d’ouverture des commerces entraînerait automatiquement une hausse du chiffre d’affaires. Or, ce n’est pas le cas. La loi proposée favorise en effet unilatéralement les grands magasins qui sont mieux à même de maîtriser avec moins de personnel par surface de vente de telles prolongations que les petits magasins. Bref, les grands magasins pourraient ainsi carrément «&nbsp;affamer&nbsp;» les petits&nbsp;; cela, précisément aussi si le chiffre d’affaires supplémentaire minime est réalisé pendant les heures en fin de journée, car, pour les petits magasins, fermer avant les autres n’entrerait pas en ligne de compte pour une question d’image.
</p><h3>Aucun respect pour les décisions issues des urnes</h3><p>Dans nombre de cantons, des prolongations des heures d’ouverture ont été rejetées ces dernières années, souvent très nettement. Si la Confédération veut cependant en imposer par voie légale, il s’agit alors de harcèlement et d’une violente attaque contre la démocratie et la souveraineté cantonale. Pas étonnant qu’en plus des syndicats, les cantons s’opposent aussi à cette extension arrogante des heures d’ouverture des commerces. On aurait vraiment pu s’attendre des instances responsables de cette révision qu’elles fassent preuve d’un peu plus de respect pour la démocratie…
</p><p> En résumé, l’USS estime que ce projet de loi est sans autre bon pour la corbeille.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1530</guid><pubDate>Wed, 21 May 2014 15:34:00 +0200</pubDate><title>Les droits d’accès des syndicats aux entreprises sous la loupe</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-droits-d-acces-des-syndicats-aux-entreprises-sous-la-loupe</link><description>Colloque juridique de l’USS du 27 juin

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="TitrerubriqueSPcommuniqu lead">Le problème est connu par nombre de secrétaires syndicaux et de syndicalistes&nbsp;: on veut informer le personnel d’une entreprise ou distribuer des tracts en y pénétrant, mais le patron s’y oppose et menace même de porter plainte. Les syndicalistes passent quand même outre et le patron porte plainte. Alors les moulins de la justice se mettent… à moudre.</p><p class="ParagrSPnormaux">Pour les syndicats, la situation juridique est claire. L’article 28 de la Constitution fédérale, qui consacre explicitement la liberté syndicale, implique un droit d’accès et d’information des syndicats dans les entreprises. Et des conventions de l’Organisation internationale du Travail ratifiées par la Suisse prévoient aussi ce droit impérativement. De plus, les tribunaux statuent souvent dans ce sens. Ce fut ainsi le cas il y a longtemps avec l’«&nbsp;ancêtre&nbsp;» du syndicat Unia, le SIB, qui fut attaqué pour violation de domicile parce qu’il avait informé le personnel d’une entreprise en y pénétrant. Mais le syndicat avait alors invoqué la liberté syndicale… et gagné le procès. Dans d’autres cas aussi, les tribunaux ont rejeté des plaintes similaires pour violation de domicile en précisant que la liberté syndicale passait avant la protection de la propriété.</p><h3>Mais les tribunaux ne tranchent pas toujours comme cela …</h3><p class="ParagrSPnormaux">Avec le colloque juridique de l’USS qui se tiendra le 27 juin prochain, on en saura plus sur les droits d’accès des syndicats dans les entreprises et à l’information. Dans sa première partie, des spécialistes du droit du travail, en majorité des professeurs d’université, expliqueront ces droits dans la perspective du droit international (Beatriz Vacotto, OIT), des droits fondamentaux (Markus Schefer, Université de Bâle), du droit pénal (Marcel Niggli et Stefan Maeder, Université de Fribourg) et des réglementations du droit du travail concernant les partenaires sociaux (Kurt Pärli, Haute école des sciences appliquées de Zurich). </p><p class="ParagrSPnormaux">La Suisse fut autrefois, au début de l’industrialisation, une pionnière du droit de travail. Aujourd’hui, elle est plutôt à la traîne des autres États européens. Si nous voulons faire avancer notre droit du travail, nous devons étudier de près les expériences faites par nos voisins. C’est pourquoi ce colloque donnera la parole à deux spécialistes étrangers du droit du travail, le Français Antoine Lyon-Caen, et l’Allemand, Wolfgang Däubler, qui expliqueront comment nos voisins d’outre-Jura et d’outre-Rhin respectent dans la pratique les droits d’accès aux entreprises des syndicats et à l’information. Et la journée se terminera par une table ronde ainsi qu’une discussion.</p><p class="ParagrSPnormaux">Bref, ce colloque juridique de l’USS du 27 juin, animé par Paul Rechsteiner, le président de l’USS, et Luca Cirigliano, secrétaire responsable du droit du travail à l’USS, non seulement offrira son lot d’informations précieuses aux spécialistes, mais représentera aussi, pour les personnes qui travaillent dans la pratique sur cette question, des éclaircissements bienvenus sur ce que les syndicats peuvent et doivent faire sur les lieux de travail.</p><p><b>Inscriptions et programme détaillé&nbsp;</b>: <a href="http://www.uss.ch/zutrittsrechte/" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.uss.ch/zutrittsrechte/</a>.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1529</guid><pubDate>Wed, 21 May 2014 15:33:00 +0200</pubDate><title>La Commission LGBT de l’USS était présente</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/la-commission-lgbt-de-l-uss-etait-presente</link><description>Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 17 mai, Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie (IDAHOT, une manifestation nationale a eu lieu sur la Münsterplatz de Berne. La Commission LGBT (lesbiennes, gays, bisexuel(le)s et transgenres) de l’USS était présente.</p><p>Il y a 34 ans, le 17 mai, l’«&nbsp;homosexualité&nbsp;» était retirée du catalogue des maladies psychiques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Diverses organisations de personnes LGBT ont par la suite déclarée cette journée «&nbsp;Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie&nbsp;».
</p><p>Cette année, les organisations LGBT nationales, divers groupes LGBT régionaux et les groupes LGBT des partis politiques, de la droite extrême à la gauche, ont participé à la commémoration nationale de cette journée. Plusieurs centaines de personnes ont soutenu la manifestation. 
</p><p>Tous les orateurs et toutes les oratrices, indépendamment des groupes qu’ils représentaient, ont défendu l’idée que le texte de l’initiative populaire PDC «&nbsp;contre la pénalisation du mariage&nbsp;» ne devait pas faire entrer dans la Constitution fédérale la notion explicite du «&nbsp;mariage entre un homme et une femme&nbsp;». Ils se sont aussi prononcés pour l’ouverture du mariage civil à tout le monde. Pour la Suisse, cette journée entrera dans l’histoire comme la «&nbsp;Journée de l’égalité des personnes LGBT&nbsp;».
</p><p>Les orateurs et oratrices ont également souligné leur solidarité avec l’ensemble des LGBT dans le monde, qui sont encore punis dans 77 pays, ou peuvent l’être en tant que tels, jusqu’à la peine de mort, et sont quotidiennement menacés de violence. La Suisse officielle devrait donner plus de signaux sur ces questions.
</p><p> Enfin, la Commission suisse pour l’UNESCO a présenté lors de cette manifestation des propositions, traduites de l’anglais, de cours à donner dans le cadre de la lutte contre l’homophobie et la transphobie. Il s’agit là d’un outil des plus précieux conçu pour des cours adaptés à différents niveaux, du primaire au secondaire, avec des exemples de modules très concrets.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1516</guid><pubDate>Wed, 07 May 2014 16:42:00 +0200</pubDate><title>Victoire d’étape</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/victoire-d-etape</link><description>Enregistrement de la durée du travail

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Bonne nouvelle&nbsp;: la commission de l’économie et des redevances du Conseil des États a décidé de suspendre jusqu’à fin 2015 le traitement de la motion Niederberger qui demande que les salarié(e)s de certaines branches puissent renoncer à enregistrer leur durée du travail. Mais ce n’est là qu’une victoire d’étape.</p><p>Le conseiller aux États Paul Niederberger veut permettre aux salarié(e)s de certaines branches de signer une déclaration par laquelle ils renoncent à enregistrer leur durée de travail. Cette motion, le Conseil des États l’avait renvoyée à sa commission lors de la session parlementaire du printemps pour examen approfondi. Celle-ci a décidé maintenant d’en suspendre le traitement jusqu’à fin 2015. La procédure expéditive engagée pour supprimer l’enregistrement de la durée du travail dans certaines branches a donc à tout le moins échoué dans un premier temps. Mais dans un premier temps seulement.
</p><p>De fait, un large front d’ultralibéraux veut brutalement «&nbsp;élaguer&nbsp;», voire entièrement supprimer, l’obligation de saisir son temps de travail. À un moment ou à un autre, ils vont donc revenir à la charge. Mais, pour l’Union syndicale suisse (USS), une chose est&nbsp; claire&nbsp;: l’obligation d’enregistrer son temps de travail doit être maintenue, car elle est cruciale. Sans elle en effet, le travail gratuit, la sous-enchère salariale et l’exploitation du personnel seraient beaucoup plus faciles. On peut aussi voir en elle un instrument efficace de prévention contre les charges de travail trop élevées, contre le stress et ses conséquences&nbsp;: les maladies psychiques. En outre, il est possible grâce à elle de contrôler l’application des mesures d’accompagnement&nbsp;! Enfin, elle est également la base indispensable à divers calculs et contrôles, comme dans le cadre de la lutte contre le travail au noir, la détermination des prestations et des cotisations sociales et la perception d’indemnités en cas d’intempérie (construction) ou le chômage partiel (industrie, services). 
</p><p> Pour toutes ces raisons, nous ne baisserons par conséquent pas la garde, même si nous sommes déjà à mi-chemin.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1517</guid><pubDate>Wed, 07 May 2014 16:40:00 +0200</pubDate><title>Celle ou celui qui soigne son enfant à la maison a-t-elle/il droit à son salaire ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/celle-ou-celui-qui-soigne-son-enfant-a-la-maison-a-t-elle-il-droit-a-son-salaire</link><description>Quand les enfants sont malades</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’enfant est malade ou accidenté et doit être soigné à la maison. Les deux parents travaillent. L’un d’eux décide de s’occuper de ces soins. Combien de temps ce père ou cette mère peuvent-ils prendre congé&nbsp;? Pendant combien de temps ont-ils droit à leur salaire&nbsp;?</p><p>Si un enfant malade ou accidenté a besoin d’être soigné à la maison par un de ses parents qui travaille, l’employeur doit donner à ce dernier jusqu’à trois jours de congé. Il est donc judicieux de convenir avec l’employeur du moment et des circonstances à partir desquels un certificat médical doit être produit. Le cas échéant, le ou la salarié(e) doit cependant être dispensé de travailler sur une période plus longue si cela se justifie.
</p><p>Il faut savoir que le droit à trois jours de congé s’applique à chaque cas de maladie et non pour toute une année. Certains patrons semblent toujours l’oublier&nbsp;! Et beaucoup de salarié(e)s croient que leur droit est épuisé après trois jours de congé.
</p><p>Comment les choses se passent-elles avec la compensation salariale&nbsp;? Le congé donné pour soigner un enfant malade est mis sur un même pied que l’«&nbsp;empêchement sans faute&nbsp;» de travailler au sens de l’article 324a du Code des obligations (CO). Concrètement, cela signifie que le parent qui reste à la maison pour un enfant malade ou accidenté a droit au versement de son salaire. La condition est que son rapport de travail ait commencé depuis trois mois au moins et soit prévu pour au moins trois mois. La durée du versement du salaire pour les parents qui ont besoin de plusieurs de ces congés par an (aussi pour leurs propres maladies) est toutefois limitée. Elle obéit selon le lieu de travail à d’autres règles. On connaît ici trois échelles, celles de Bâle, de Berne et de Zurich. Toutes trois prévoient au maximum trois semaines de dispense de travailler payées. Pendant la deuxième année d’ancienneté, l’échelle de Berne prévoit quatre semaines de congé payé, celle de Zurich huit et celle de Bâle neuf. Il est recommandé de se renseigner auprès de l’employeur sur l’échelle appliquée. Le droit au versement du salaire est calculé en fonction des années d’ancienneté et recommence chaque année à zéro.
</p><h3>Et que se passe-t-il avec le salaire si l’enfant doit rester à l’hôpital après sa naissance&nbsp;?</h3><p>Le droit à des allocations pour perte de gain en cas de maternité commence a priori le jour de la naissance de l’enfant. Il arrive régulièrement qu’un nouveau-né doive rester plus longtemps à l’hôpital pour cause de maladie. Comme le congé de maternité sert aussi à la mère pour s’occuper de manière soutenue de son enfant, elle peut, dans ce cas, reporter la perception des allocations pour perte de gain pour la période à partir de laquelle l’enfant sera à la maison. Cette situation est également considérée selon les règles usuelles comme un empêchement sans faute de travailler, c’est-à-dire selon l’article du CO précité. Concrètement, cela veut dire que la mère a droit à son salaire sur une durée limitée, pendant le séjour de l’enfant à l’hôpital. Ce droit est le même que si elle ne pouvait pas travailler parce que son enfant est malade. 
</p><p> Remarquons encore que tout cela concerne l’économie privée. Les rapports de travail de droit public (administration ou entreprises publiques) obéissent à leurs propres règles.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Égalité des sexes</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1518</guid><pubDate>Wed, 07 May 2014 16:38:00 +0200</pubDate><title>Un pas de plus vers la conciliation entre famille et profession</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/un-pas-de-plus-vers-la-conciliation-entre-famille-et-profession</link><description>Pauses d’allaitement au travail : désormais payées</description><content:encoded><![CDATA[<p class="TitrerubriqueSPcommuniqu lead">Désormais, les employeurs doivent rémunérer le temps destiné aux pauses d’allaitement dans l’entreprise ou à l’extérieur. En mettant en vigueur le nouvel article 61 de l’ordonnance I relative à la loi sur le travail (OLT 1), le gouvernement vient de faire un grand pas vers une meilleure conciliation entre famille et profession. Conséquence ultime&nbsp;: un plus pour la qualité de vie familiale et pour l’économie sous forme d’une hausse du taux d’activité féminin. La nouvelle disposition entre en vigueur au 1<sup>er</sup> juin 2014.</p><h3><span>Mieux concilier famille et profession grâce à une convention de l’OIT</span></h3><p class="ParagrSPnormaux">L’an dernier, le Parlement fédéral acceptait, et il y a lieu de s’en réjouir, une initiative parlementaire de la Conseillère aux États socialiste Liliane Maury Pasquier demandant au Conseil fédéral de ratifier la convention n°&nbsp;183 de l’OIT et de l’appliquer. </p><p class="ParagrSPnormaux">Avec cette nouvelle disposition de l’OLT 1 sur les pauses d’allaitement, le Conseil fédéral remplit donc le mandat démocratique qui lui avait été confié. L’Union syndicale suisse (USS) se réjouit de la solution trouvée par les partenaires sociaux via la commission fédérale du travail, une solution d’ailleurs également soutenue par une vaste alliance d’organisation féminines et spécialisées. </p><h3>Aussi pour les femmes travaillant à temps partiel</h3><p class="ParagrSPnormaux">L’article 60 alinéa 2 de l’OLT 1 stipule que les mères allaitantes doivent bénéficier des pauses nécessaires pour allaiter leur enfant ou tirer du lait et que ces pauses doivent être payées comme du temps travail normal. Cette disposition s’applique pendant la première année du nourrisson, le tirage de lait étant mis sur un même pied que l’allaitement. Comme tant l’un que l’autre peuvent avoir lieu dans l’entreprise, l’employeur devant alors aménager un local spécialement à cet effet, ou l’extérieur de celle-ci, comme à la maison ou dans une crèche. </p><p class="ParagrSPnormaux">Le législateur a limité dans la loi le paiement de ces pauses en fonction du temps de travail quotidien effectif (raison pour laquelle un enregistrement du temps de travail est important&nbsp;!). Pour une durée quotidienne de travail allant jusqu’à 4 heures, ces pauses n’excéderont pas 30 minutes et elles seront de 60 minutes pour une durée quotidienne de travail de plus de 4 heures, de 90 minutes pour plus de 7 heures. L’employeur n’aura naturellement pas le droit d’exiger que les pauses d’allaitement librement prises soient compensées par anticipation ou après coup ou qu’un solde de temps de travail négatif soit calculé. Ces pauses ont valeur de temps de travail on ne peut plus normal&nbsp;!</p><p class="ParagrSPnormaux">Il est important de souligner qu’avec toutes ces prescriptions légales concernant la durée des pauses d’allaitement, il s’agit de minima légaux&nbsp;! Employeurs et salarié(e)s, respectivement les partenaires sociaux d’une convention collective de travail, peuvent et doivent fixer individuellement, en fonction de la situation concrète, des pauses plus longues. </p><p class="ParagrSPnormaux">On constate en outre que si une mère, ou un enfant, a besoin d’une pause d’allaitement plus longue, l’employeur est tenu sans autre de la lui accorder&nbsp;! Mais selon les cas, ces pauses supplémentaires peuvent ne pas être payées. </p><p> L’USS salue explicitement le fait qu’avec cette réforme réalisée malgré l’opposition farouche et antidémocratique des arts et métiers et de certains milieux patronaux, les femmes travaillant à temps partiel, donc les nourrissons aussi, pourront profiter également des pauses d’allaitement payées. Il faut que nous nous battions maintenant pour de nouvelles mesures qui permettent à l’avenir de concilier encore mieux famille et profession, et parmi elles, un congé parental légal payé, la création de structures d’accueil des enfants et une réduction de la durée hebdomadaire de travail&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1519</guid><pubDate>Wed, 07 May 2014 16:35:00 +0200</pubDate><title>Salaires minimums et formation</title><link>https://www.uss.ch/themes/detail/salaires-minimums-et-formation</link><description>Femmes et apprentissage : un divorce consommé ?</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Faute de salaire minimum légal, les bas salaires ont baissé de manière dramatique ces deux dernières années, tandis que les hauts salaires ont pris l’ascenseur. Les femmes sont les grandes perdantes de l’opération&nbsp;: c’est elles qui font les frais d’un politique salariale libérale à souhait. Alors qu’elles n’ont jamais été aussi bien formées, on leur refuse même un salaire décent lorsqu’elles ont un certificat fédéral de capacité (CFC) en poche… Pas étonnant dans un pays où les ministres comparent volontiers les femmes à des «&nbsp;ustensiles de cuisine usagés&nbsp;».</p><h3>Vents contraires</h3><p>C’est souvent dans les temps difficiles que l’on découvre qui sont nos vrais amis. Ceux qui soutiennent nos idées, non pas par opportunisme, mais par conviction. Ceux qui ont une ligne de conduite, un esprit droit et une honnêteté intellectuelle, qui supportent, si nécessaire, les vents contraires. En la matière, le salaire minimum est un excellent test. Le discours dominant est très clair&nbsp;: le salaire minimum est l’ennemi du bien, il menace la Suisse, pour ne pas dire l’humanité entière. La protection des salaires, c’est inutile. Mieux vaut être une vendeuse exploitée qui gagne juste de quoi financer les vacances qu’une mère sans travail, utile tout au plus comme accessoire de cuisine quelque peu usagé.
</p><p>La protection de la population (des faible femmes en particulier), c’est l’affaire des Gripen. Ces «&nbsp;ustensiles&nbsp;» flambant neufs sortiront des usines suédoises pour nous protéger, nous les femmes suisses, lorsque nous travaillerons à vendre habits et chaussures ou à soigner nos vieux en EMS. Mieux vaut en effet investir quelques milliards pour ces oiseaux du ciel que 0,5&nbsp;% de la masse salariale pour éradiquer les salaires de misère.
</p><p>&nbsp;</p><h3>Le règne de l’absurde</h3><p>Mais pourquoi serions-nous choqués d’apprendre par l’Office fédéral de la statistique (OFS) lui-même que les plus bas salaires ont baissé de 300 francs et les haut-salaires augmenté de 10 000 ? Ne s’agit-il pas de l’ordre naturel des choses ? À en croire les discours qui dominent, les vendeuses qualifiées de TallyWeijl devraient même payer pour avoir le privilège de travailler pour Tally Elfassi-Weijl et Beat Gruring, qui font partie des 300 personnes les plus riches de Suisse,<br>Et oui, les vendeuses de TallyWeijl ne seraient pas productives… la fortune de Weijl et Gruring est un cadeau du ciel (quelques dizaines de Gripen tombés là par hasard, voilà tout). Si on devait payer ces vendeuses 4 000 francs, TallyWeijl mettrait la clé sous la porte. Ou pire encore : il délocaliserait à l’étranger ! Mais pour vendre quoi à qui ?</p><h3>La mort de l’apprentissage&nbsp;?</h3><p>La plus grande ineptie de la campagne des opposants est sans aucun doute les déclarations fallacieuses sur l’apprentissage. Le salaire minimum, ce serait pour les jeunes de 16 ans la ruée vers l’or, l’argent facile. Vraiment&nbsp;? Quel patron va être prêt à engager un petit jeune pour 4&nbsp;000 francs alors qu’il peut l’engager pour 400 comme apprenti&nbsp;? Ben voyons&nbsp;! Ne vient-ton pas d’atteindre le comble de l’absurdité&nbsp;? Ne faut-il pas être une organisation patronale pour oser traiter les employés à ce point d’imbéciles&nbsp;?
</p><p>Dans tous les cas, si les salaires minimums étaient vraiment si dangereux pour l’apprentissage, celui-ci serait mort depuis belle lurette. La quasi-totalité des branches de l’artisanat et de la construction connaissent des salaires minimums depuis vraiment longtemps, de même qu’une grande partie de l’industrie. Même le commerce de détail alimentaire sait ce que c’est un salaire minimum … et malgré ça, l’apprentissage y prospère&nbsp;! Pas étonnant&nbsp;: les jeunes n’ont jamais autant investi dans leur formation qu’aujourd’hui et pour les patrons, c’est «&nbsp;tout bénéf&nbsp;».
</p><h3>Les femmes paient le prix fort</h3><p>Quand on lit les statistiques de l’OFS, on comprend vite qui fait les frais de l’absence de salaire minimum légal&nbsp;: ce sont essentiellement les femmes. Non pas parce qu’elles travaillent dans des branches non productives, mais parce qu’elles sont moins souvent protégées par des conventions collectives. Non pas parce qu’elles sont moins formées (la plupart ont au moins obtenu un CFC), mais parce qu’un CFC dans la vente, la coiffure, la santé ou le social, ça ne paie pas. Il s’agit d’une discrimination à grande échelle, banalisée et tolérée par la majorité.
</p><p>Même l’ancienne directrice de l’Office fédéral de la formation professionnelle n’y voit que du feu&nbsp;: elle, qui pendant des années s’était battue pour un meilleur positionnement des femmes dans la formation professionnelle, a fini par déposer les armes pour s’associer au discours plus confortable des dominants. Ainsi, elle déclarait dernièrement dans la presse dominicale que le salaire minimum serait fatal à l’apprentissage. Elle a oublié qu’il s’agit en réalité du seul instrument efficace pour protéger les salaires des femmes qui optent encore aujourd’hui pour un CFC. Sa tentative de prendre place dans le débat, ne sert malheureusement pas la cause qu’elle embrasse&nbsp;: sans salaire minimum légal, le divorce entre femme et apprentissage sera bel et bien consommé.&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;</p>]]></content:encoded></item><item><guid isPermaLink="false">news-1505</guid><pubDate>Thu, 01 May 2014 13:42:00 +0200</pubDate><title>Discours 1er mai</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/discours-1er-mai</link><description>Un bon travail. Un salaire minimum.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Discours des membres du comité présidentiel ou du secrétariat USS, tenus le 1<sup>er</sup> mai 2014.</p><ul><li style="font-size: 12px; "><span><span>&lt;media 1936 - - "TEXT, paul rechsteiner, paul_rechsteiner.pdf, 30 KB"&gt;Paul Rechsteiner, Präsident SGB, Nürnberg (D)&lt;/media&gt;</span></span></li><li style="font-size: 12px; "><span>&lt;media 1961 - - "TEXT, daniel lampart neu, daniel_lampart_neu.pdf, 0.9 MB"&gt;Daniel Lampart, Chefökonom SGB, Rheinfelden und Wohlen&lt;/media&gt;</span></li><li style="font-size: 12px; "><span>&lt;media 1937 - - "TEXT, doris bianchi d, doris_bianchi_d.pdf, 73 KB"&gt;Doris Bianchi, Stv. Sekretariatsleiterin SGB, Winterthur&lt;/media&gt;</span></li><li style="font-size: 12px; "><span>&lt;media 1944 - - "TEXT, veronique polito f, veronique_polito_f.pdf, 13.4 KB"&gt;Véronique Polito, secrétaire centrale USS, Neuchâtel&lt;/media&gt;</span></li><li style="font-size: 12px; "><span>&lt;media 1938 - - "TEXT, alain carrupt f, alain_carrupt_f.pdf, 56 KB"&gt;Alain Carrupt, Président syndicom, Fleurier et Yverdon&lt;/media&gt;</span></li><li style="font-size: 12px; "><span>&lt;media 1942 - - "TEXT, Katharina Prelicz d, Katharina_Prelicz_d.pdf, 110 KB"&gt;Katharina Prelicz-Huber, Präsidentin vpod Schweiz, Olten&lt;/media&gt;</span></li><li style="font-size: 12px; "><span>&lt;media 1959 - - "TEXT, Vania Alleva d, Vania_Alleva_d.pdf, 16.9 KB"&gt;Vania Alleva, Co-Präsidentin Unia, Vizepräsidentin SGB, Zug&lt;/media&gt;</span></li><li style="font-size: 12px; "><span>&lt;media 1958 - - "TEXT, Renzo Ambrosetti f, Renzo_Ambrosetti_f.pdf, 16.1 KB"&gt;Renzo Ambrosetti, coprésident d’Unia, Fribourg&lt;/media&gt;</span></li><li style="font-size: 12px; "><span>&lt;media 1941 - - "TEXT, Corrado Pardini d, Corrado_Pardini_d.pdf, 32 KB"&gt;Corrado Pardini, GL Unia, Nationalrat SP/BE, Langenthal&lt;/media&gt;</span></li><li style="font-size: 12px; "><span><span>&lt;media 1957 - - "TEXT, giorgio tuti, giorgio_tuti.pdf, 42 KB"&gt;Giorgio Tuti,&nbsp;&lt;/media&gt;</span></span><span><span>&lt;media 1957 - - "TEXT, giorgio tuti, giorgio_tuti.pdf, 42 KB"&gt;Präsident der Gewerkschaft des Verkehrspersonals SEV, Brig&lt;/media&gt;</span></span></li><li style="font-size: 12px; "><span>&lt;media 1965 - - "TEXT, bernadette haefliger, bernadette_haefliger.pdf, 178 KB"&gt;Bernadette Häfliger Berger, Vizepräsidentin syndicom, Bern&lt;/media&gt;</span></li><li style="font-size: 12px; "><span>&lt;media 1962 - - "TEXT, maria bernasconi, maria_bernasconi.pdf, 438 KB"&gt;Maria Bernasconi,&nbsp;secrétaire générale de l’APC, Fribourg&lt;/media&gt;</span></li><li style="font-size: 12px; "><span>&lt;media 1963 - - "TEXT, Philipp Hadorn, Philipp_Hadorn.pdf, 164 KB"&gt;Philipp Hadorn, Zentralsekretär der Gewerkschaft des Verkehrspersonals SEV, Solothurn&lt;/media&gt;</span></li><li style="font-size: 12px; "><span>&lt;media 1964 - - "TEXT, Nico Lutz Sektorleiter Bau der Gewerkschaft Unia, Nico_Lutz__Sektorleiter_Bau_der_Gewerkschaft_Unia.pdf, 98 KB"&gt;Nico Lutz, Sektorleiter Bau der Gewerkschaft Unia, Basel&lt;/media&gt;</span></li></ul>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1502</guid><pubDate>Thu, 24 Apr 2014 13:42:00 +0200</pubDate><title>Se lamenter sur le salaire minimum pour s’attirer de la compassion</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/se-lamenter-sur-le-salaire-minimum-pour-s-attirer-de-la-compassion</link><description>Restaurateurs, coiffeurs et propriétaires de remontées mécaniques: des méthodes à quatre sous

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Dans le débat au sujet de l’initiative sur les salaires minimums, grâce à l’imagination débridée des opposants, on entend tout et n’importe quoi. Les uns nous prédisent par exemple une jeunesse qui ne voudra plus faire d’apprentissage, alors que les autres se lamentent parce que leurs entreprises devront mettre la clé sous le paillasson. Le seul problème ici, c’est qu’ils ont, et les uns et les autres, totalement tort.</p><p>Parmi celles et ceux qui font aujourd’hui quasiment profession de se lamenter, on trouve entre autres les restaurateurs. Ceux-ci n’arrêtent pas d’annoncer au pays qu’en tant qu’entrepreneurs, ils sont tout proches de leur fin. Et pourquoi&nbsp;? À cause du salaire minimum de 4&nbsp;000 francs par mois demandé par l’initiative. Leurs établissements ne pourraient en effet jamais payer un tel salaire.
</p><p>Environ 215&nbsp;000 personnes travaillent actuellement dans l’hôtellerie-restauration et 46&nbsp;000 d’entre elles ne touchent pas encore 4&nbsp;000 francs. Sur ces 46&nbsp;000 personnes,</p><ul><li><span>près de 10&nbsp;000 ont un horaire hebdomadaire normal de 42 heures&nbsp;; leurs salaires devraient être augmentés de 2 à 4&nbsp;% pour arriver à 4&nbsp;000 francs par mois (sans 13e mois)&nbsp;;</span></li><li><span>près de 18&nbsp;000 travaillent dans l’hôtellerie saisonnière avec des horaires hebdomadaires de 43,5 heures&nbsp;; leurs salaires devraient être augmentés de 6&nbsp;% environ pour arriver à 4&nbsp;000 francs par mois (sans 13e mois)&nbsp;;</span></li><li><span>près de 18&nbsp;000 travaillent dans des petits établissements (tea-rooms p. ex.) avec des horaires hebdomadaires pouvant aller jusqu’à 45 heures&nbsp;; leurs salaires devraient être augmentés de 9&nbsp;% environ pour arriver à 4&nbsp;000 francs par mois (sans 13e mois).</span></li></ul><p>Comme l’initiative prévoit de laisser trois années pour appliquer le salaire minimum légal, les restaurateurs pourront se permettre de procéder par étape si le oui s’impose dans les urnes. Et ils sont en mesure d’en supporter sans autre les effets. Cette branche est de fait déjà parvenue, dans un passé récent, à faire face à des hausses de salaire d’une tout autre ampleur. 
</p><p>On peut dire la même chose des salons de coiffure. Eux aussi, ils devront augmenter leurs prix dans une mesure si modérée que leurs client(e)s ne vont guère le remarquer. Les files de personnes qui iront se faire couper les cheveux à l’étranger et en profiteront pour manger dans un resto du coin, n’existent que dans l’imagination fertile des adversaires du salaire minimum… La même remarque s’impose pour les remontées mécaniques. Ce sont surtout celles des Grisons qui entonnent la même rengaine que les restaurateurs contre le salaire minimum. Or à Berne, ce type de «&nbsp;sagesse&nbsp;» ne prévaut pas dans leurs rangs. En effet, plusieurs remontées mécaniques de ce canton ont conclu une convention collective de travail avec le SEV (Syndicat du personnel des transports), qui prévoit un salaire minimum de… 4&nbsp;000 francs&nbsp;!
</p><p> Toutes ces lamentations ont pour but d’attirer de la compassion. Et parfois, ça marche. Mais ils sont par contre bien réels les problèmes de ces personnes qui touchent des bas salaires qui ne leur permettent guère de nouer les deux bouts à la fin du mois. Elles, elles méritent bien plus de compassion. Et plus de salaire.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1492</guid><pubDate>Thu, 24 Apr 2014 09:33:00 +0200</pubDate><title>Une nouvelle voie pour l’Europe</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/une-nouvelle-voie-pour-l-europe</link><description>Près de 50 000 syndicalistes manifestent à Bruxelles</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Près de 50&nbsp;000 personnes ont manifesté début avril à Bruxelles, répondant à l’appel de la Confédération européenne des syndicats (CES). Ils ont revendiqué une nouvelle politique d’investissements et de création d’emplois, et appelé les citoyen(ne)s de l’Union européenne (UE) à élire au Parlement européen les futurs artisans d’une nouvelle voie pour l’Europe.</p><p>«&nbsp;Notre message est simple mais c’est un message que les responsables européens ne veulent pas entendre. Notre message est que leurs politiques en réponse à la crise financière ne suffisent pas et ont en réalité aggravé la crise sociale et économique. Notre message est que l’austérité ne fonctionne pas.&nbsp;»
</p><p>C’est en ces termes que Bernadette Ségol, secrétaire générale de la CES, a accueilli les 50&nbsp;000 syndicalistes de 21 pays de l’UE venus à Bruxelles pour manifester contre les catastrophiques politiques d’austérité mises en œuvre par les gouvernements européens et pour une nouvelle voie qui, comme le plan Marshall en son temps, doit reposer sur d’importants investissements et la création d’un grand nombre d’emplois. Certains chiffres prouvent de fait l’urgence d’un tel changement. Fin février, le taux de chômage moyen de l’UE était de 10,6&nbsp;%, celui des jeunes (moins de 25 ans) de 23&nbsp;%. En Grèce et en Espagne, un jeune sur deux est touché.
</p><h3>Investir pour l’emploi</h3><p>Les dirigeants de la CES ont mis en garde contre le risque de se retrouver avec une génération perdue. L’UE a été ébranlée dans ses fondements par la politique de crise appliquée par la troïka (Fonds monétaire international, Banque centrale européenne et Commission européenne). La remise en cause de l’autonomie contractuelle et de certains droits des travailleurs et travailleuses, les baisses de salaire, les réductions de prestations sociales et la politique d’austérité néolibérale n’ont pas résolu la crise financière, mais engendré une crise sociale majeure. 
</p><p>C’est pourquoi «&nbsp;Une nouvelle voie pour l’Europe&nbsp;» a été le principal slogan de cette manifestation. Il faut qu’à nouveau, dans toute l’Europe, les emplois et la justice sociale se retrouvent au premier plan. La CES a aussi rappelé son programme qui prévoit des investissements devant déboucher sur la création de 11 millions d’emplois. Simultanément, les États de l’UE doivent abandonner cette politique d’austérité antisociale qui consiste à épargner unilatéralement les riches aux dépens des salarié(e)s et des retraité(e)s. Enfin, la justice sociale doit être instaurée au moyen de négociations collectives libres et de droits de participation forts pour les travailleuses et travailleurs. 
</p><h3>Le levier des élections européennes</h3><p> L’élection au Parlement européen du mois de mai a été un des principaux thèmes de la manifestation de Bruxelles. Les syndicats ont martelé que nous avons besoin d’élu(e)s déterminés à mettre un terme aux politiques d’austérité injustes, au chômage, à la pauvreté et aux inégalités, ainsi qu’à la sous-enchère salariale et fiscale. Ces nouveaux élu(e)s devront s’engager pour une Europe centrée sur l’être humain et non sur les marchés. Une bonne cinquantaine de syndicalistes suisses ont participé à cette manifestation.</p>]]></content:encoded><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1501</guid><pubDate>Thu, 24 Apr 2014 09:31:00 +0200</pubDate><title>Le Conseil national maintiendra les privilèges fiscaux des riches, mais le peuple…</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/le-conseil-national-maintiendra-les-privileges-fiscaux-des-riches-mais-le-peuple</link><description>Session parlementaire spéciale</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors de sa session spéciale des 5, 6 et 7 mai prochains, le Conseil national traitera entre autres l’initiative populaire «&nbsp;Halte aux privilèges fiscaux des millionnaires (abolition des forfaits fiscaux)&nbsp;», qui demande la fin de l’imposition forfaitaire dont profitent des riches étrangers. Or, ses chances de triompher dans les urnes sont intactes.</p><p>C’est en octobre 2012 que La Gauche, soutenue par le Parti socialiste, l’Union syndicale suisse (USS) et le syndicat Unia, a déposé cette initiative à la Chancellerie fédérale. Elle demande l’abolition de l’imposition forfaitaire des riches étrangers, un privilège au moyen duquel la Suisse cherche, depuis 150 ans environ, à attirer des contribuables étrangers fortunés. Pratiquée au départ surtout dans le canton de Vaud et conçue pour les riches retraités (Lex Chaplin), elle n’a cessé de s’étendre. En 2012, notre pays comptait 5&nbsp;634 personnes imposées forfaitairement, qui s’acquittaient d’un montant de 695 millions de francs au titre de l’impôt. Si leurs revenus et leurs fortunes réels avaient été imposés normalement, elles auraient cependant dû payer une somme quatre fois supérieure. En effet, au lieu d’être imposées selon leur capacité économique, elles le sont sur la base de leurs dépenses (calculée comme équivalant à cinq fois la valeur locative de leur logement). Le fisc perd ainsi d’énormes sommes.
</p><p>Et le principe constitutionnel selon lequel chacun(e) doit être imposé en fonction de sa capacité économique est ainsi violé, ce que reconnaissent d’ailleurs ouvertement les partisans bourgeois de l’imposition forfaitaire. Toutefois, ils justifient cette pratique par son utilité économique&nbsp;: pour eux, les impôts versés de la sorte, le pouvoir d’achat des personnes concernées et leurs activités de mécénat compenseraient les pertes fiscales. Le hic, c’est que la réalité dit tout le contraire.
</p><h3>La preuve par Zurich</h3><p>En 2009, le canton de Zurich a aboli son imposition fiscale, suite à une initiative populaire émanant aussi de La Gauche. Auparavant, il comptait 200 étrangers imposés forfaitairement. Si la moitié d’entre eux a alors quitté le canton, une majorité pour déménager dans un autre et une minorité pour passer à l’étranger, les recettes fiscales du canton de Zurich n’ont pas souffert de ces mouvements. À lui seul, le montant que les riches étrangers restés dans le canton et désormais imposés normalement ont dû payer a plus que compensé les montants perdus à suite aux départs susmentionnés. S’ajoute à cela que les nouveaux riches qui se sont installés dans les villas libérées ont aussi largement alimenté les caisses cantonales. En fin de compte, cet exercice a profité au canton de Zurich. Et on est en droit de penser qu’il en a été sans doute de même pour les quatre autres cantons qui en ont fait autant, soit Schaffhouse. Bâle-Ville, Bâle-Campagne et Appenzell Rhodes-Extérieures. 
</p><h3>Le Parlement «&nbsp;oublie&nbsp;» les expériences déjà faites</h3><p>Malgré ces expériences, le Conseil fédéral rejette cette initiative et le Conseil des États l’a suivi à trois contre un sur cette voie en décembre dernier. La commission du Conseil national en a fait autant, par 17 voix contre 7. L’argumentation avancée est toujours la même&nbsp;: les personnes imposées forfaitairement partiraient, les pouvoirs publics perdraient de l’argent. Comme si «&nbsp;deux tu l’auras&nbsp;» valait mieux que «&nbsp;un tiens&nbsp;»… En outre, les adversaires de l’initiative signalent qu’ils auraient légèrement serré la visse&nbsp;: au lieu de cinq fois la valeur locative, ce serait au moins sept fois maintenant. Les principaux arguments de la gauche contre les privilèges fiscaux sont et restent les suivants&nbsp;: manque de transparence, avantages injustifiés accordés aux riches étrangers et non-respect du principe, inscrit dans la Constitution fédérale, selon lequel l’imposition doit se faire en fonction de la capacité économique. 
</p><h3>Votation&nbsp;: retour à la case départ</h3><p> Il faut s’attendre à ce que le Conseil national rejette également l’initiative. Mais les cartes seront redistribuées lorsque le peuple devra trancher dans les urnes. L’actuel système des privilèges fiscaux ne peut plus profiter de personnalités sympathiques comme l’était en son temps Charlie Chaplin. Parmi les personnes privilégiées, on compte désormais par exemple l’oligarque russe Viktor Vekselberg, qui réussit, grâce à des «&nbsp;assemblages savants&nbsp;», à n’exercer aucune activité lucrative en Suisse... Et optimise de ce fait ses impôts grâce à l’imposition forfaitaire. Que se dit alors celle ou celui qui est imposé sur la base de son certificat de salaire&nbsp;? Sur les dix cantons qui ont tranché cette question dans les urnes, cinq ont supprimé leur imposition forfaitaire. La droite a donc raison d’être quelque peu nerveuse, de craindre que la population à ce sujet ne la suive pas.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1497</guid><pubDate>Tue, 15 Apr 2014 18:28:00 +0200</pubDate><title>Un billet de quatre mille francs</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/un-billet-de-quatre-mille-francs</link><description>Une contribution littéraire sur le 1er Mai</description><content:encoded><![CDATA[<p>Il y a vingt-trois ans, tu travaillais comme bûcheron chez un patron et il te payait seize francs de l’heure. Tu regardes ta fiche de salaire du mois de mars 1991&nbsp;: «&nbsp;Heures 166,50 à 16,00 = 2’664,00 CHF&nbsp;». C’était le salaire brut. A l’époque, tu avais vingt-huit ans et tu étais jeune marié, l’assurance maladie te coûtait seulement 105,00 francs par mois et avec un billet de cent balles tu pouvais bien remplir de nourriture un panier de supermarché. Tu habitais en ville, tu n’avais pas de voiture et tu faisais chaque jour la navette à vélo et en train jusqu’à la gare la plus proche du lieu de travail. La camionnette conduite par le chef d’équipe passait vous récupérer, toi et tes camarades de boulot, dans plusieurs endroits et à sept heures du matin vous étiez tous dans la forêt, avec la tronçonneuse dans les mains. Tu es resté presqu’une année chez ce patron puis tu as changé de métier, tu es allé conduire des trolleybus dans une entreprise de transport public, tu évitais de cette manière les trajets journaliers et tu étais mieux payé. Pendant deux ans, tu as été conducteur et étudiant à l’université et, au cours d’économie politique, tu as appris que la valeur de l’argent baisse de moitié chaque vingt ans. Ce que tu pouvais t’offrir avec les 2’664,00 CHF de l’époque, tu peux te l’offrir maintenant seulement avec 5’328,00 CHF. Tu ignores combien un bûcheron gagne par mois actuellement, tu es resté conducteur de bus et tu sais que ceux qui commencent dans le métier gagnent moins de 5’000,00 CHF brut par mois.
</p><p>Le professeur d’université avait raison, aujourd’hui ton assurance maladie te coûte 441,00 CHF par mois, elle est quatre fois plus chère qu’il y a vingt-trois ans. A présent, avec cent francs, tu ne peux plus remplir de nourriture un panier de supermarché. L’argent perd de sa valeur et les salaires des ouvriers ne suivent pas, ce sont les salaires des cadres qui restent corrects et les bonus de certains banquiers te donnent l’impression qu’ils travaillent dans des bureaux installés sur la planète Mars.
</p><p>Oui, bien sûr que c’est normal de demander un minimum de quatre mille francs brut par mois pour les femmes et les hommes qui travaillent à plein temps quelque soit le secteur d’activité. Tu te plonges, mentalement, dans la vie de l’une de ces personnes qui n’a pas de quoi se payer les frais de dentiste ou des cours de musique pour ses enfants et tu ne trouves pas cela juste. La Suisse est un pays riche qui ne met pas ses pauvres dans des favelas. Les Suisses respectent les plus démunis d’entres eux et ils n’ont pas peur de discuter avec les patrons et les politiciens.
</p><p>Tu t’imagines que dans quelques mois, la Banque Nationale Suisse va mettre sur le marché un nouveau billet de banque de QUATRE MILLE FRANCS. Sur ce billet de banque il y aura la photo de la plus jeune conseillère fédérale. Ce billet de banque sera rouge et blanc et parsemé de centaines de croix blanches. Et, quelque part, sur ce billet de banque, sera inscrite une phrase, dans toutes les langues nationales&nbsp;: « La Suisse n’est pas une prison salariale, pour aucune catégorie de ses citoyens&nbsp;».&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p><p>***&nbsp;
</p><p>Marius Daniel Popescu, né en 1963 à Craiova (Roumanie), il suit des études à la Faculté de sylviculture de l'Université de Brasov et publie parallèlement divers poèmes et articles dans une revue estudiantine de Brasov. A la chute du régime de Ceaucescu, Popescu s'installe à Lausanne où il gagne sa vie en travaillant comme conducteur de bus. 
</p><p>Après deux recueils de poèmes écrits en français (4x4 poèmes tout-terrains, Arrêts déplacés), Popescu publie aux éditions José Corti La Symphonie du loup (2007), un roman fortement autobiographique, couronné en 2008 par le Prix Robert Walser et le Prix culturel vaudois littérature. En 2012 paraît son second roman Les Couleurs de l’hirondelle (éd. J. Corti), qui obtient notamment le Prix fédéral de littérature 2012.
</p><p>En 2004, Popescu crée le journal littéraire le persil, qui fête cette année ses dix ans d’existence.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1495</guid><pubDate>Tue, 15 Apr 2014 15:18:00 +0200</pubDate><title>1er Mai 2014 : quand et où ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/1er-mai-2014-quand-et-ou</link><description>Aperçu des manifestations organisées lors de la Fête du travail</description><content:encoded><![CDATA[<p>Cette année aussi, une cinquantaine de fêtes du 1<sup>er</sup> Mai seront organisées ans toute la Suisse. Le 1<sup>er</sup>&nbsp;Mai 2014, relié à la votation du 18 mai au sujet de l’initiative sur les salaires minimum, est placé &nbsp;sous le slogan «&nbsp;Un bon travail. Un salaire minimum&nbsp;».
</p><p>&nbsp;</p><p><a href="https://www.google.com/fusiontables/embedviz?q=select+col1+from+155df3E-nk3NdqVJoKgH4RDhO6SRqEC-vgHip8UTQ&amp;viz=MAP&amp;h=false&amp;lat=46.83805789971685&amp;lng=8.38963281249994&amp;t=1&amp;z=8&amp;l=col1&amp;y=2&amp;tmplt=3&amp;hml=GEOCODABLE" target="_blank" rel="noreferrer">» Vue d’ensemble sous forme de carte</a></p><p><a href="http://Hier" target="finden" class="Sie" title="die" rel="noreferrer">» Vue d’ensemble sous forme de tableau</a></p><p>&nbsp;</p><p>Merci de communiquer vos corrections et les manifestations manquantes &nbsp;à&nbsp;: <a href="#" data-mailto-token="thpsav1thyjv5rpzaslyGzni5jo" data-mailto-vector="7">marco.kistler(at)sgb.ch</a>.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1490</guid><pubDate>Thu, 10 Apr 2014 13:34:00 +0200</pubDate><title>OUI au salaire minimum et à la médecine de famille, NON aux Gripen et à l’interdiction professionnelle des pédophiles</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/oui-au-salaire-minimum-et-a-la-medecine-de-famille-non-aux-gripen-et-a-l-interdiction-professionnelle-des-pedophiles</link><description>Recommandations de l’USS pour les votations du 18 mai</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Deux oui et deux non, telles sont les recommandations de l’Union syndicale suisse (USS) pour les votations du 18 mai prochain.</p><p>Inutile, comme on le comprendra, de revenir ici sur le oui évident de l’USS à sa propre <b>initiative populaire sur les salaires minimums</b>. Il convient juste de préciser que l’USS s’engagera de toutes ses forces pour que son initiative soit acceptée, parce que cela rendrait le monde du travail un peu plus juste et améliorerait la situation financière de quelque 330&nbsp;000 personnes.
</p><p>L’USS refuse l’<b>achat de Gripen</b>. Une appréciation raisonnable des dangers que la Suisse court à moyen terme permet de conclure que notre pays n’a pas besoin d’un nouvel avion de combat. Mais l’USS fait surtout observer que les milliards dépensés pour ces nouveaux avions vont manquer ailleurs. Et précisément là où on en a un besoin plus urgent. Il ne faut pas que cet achat d’avions débouche sur des économies dans d’autres domaines. 
</p><p>L’USS dit également non à l’<b>initiative populaire qui demande que les pédophiles fassent l’objet d’une interdiction professionnelle</b>. Cette initiative est trop vague et va à l’encontre de principes qui sont à la base du régime juridique suisse. Sa formulation étant trop rigide, même des personnes mariées après des «&nbsp;amours de jeunesse illégales&nbsp;» risquent de se voir interdire à vie toute activité avec des jeunes. La revendication tout à fait honorable de cette initiative – protéger les enfants et les personnes dépendantes au moyen de peines plus sévères et de mesures de préventions plus dures – doit être traduite de manière plus nuancée au plan légal. 
</p><p> Enfin, l’USS dit oui au <b>contre-projet à l’initiative pour la médecine de famille</b>, parce qu’il soutient des mesures justifiées destinées à améliorer la médecine de famille, tout en intégrant cependant cette dernière dans les soins de base.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1489</guid><pubDate>Thu, 10 Apr 2014 13:33:00 +0200</pubDate><title>Un chapelet de plaintes plus que râpé</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/un-chapelet-de-plaintes-plus-que-rape</link><description>Salaire minimum : le tous-ménages de l’USAM

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union suisse des arts et métiers (USAM) puise largement dans ses riches coffres afin de combattre l’initiative sur les salaires minimums. Mais c’est pour présenter des arguments des plus indigents. Le tout prenant la forme d’un tous-ménages qui vient d’atterrir dans nos boites aux lettres.</p><p>Favorise la pauvreté au lieu du travail. Détruit des emplois. Sera fatal à la formation professionnelle. Et ensuite, nous devrons émigrer pour retrouver un travail…
</p><p>Telles sont les appréciations que l’on peut lire dans le journal que l’USAM vient de faire distribuer dans toutes les boites aux lettres de la nation. À entendre pareil chapelet de plaintes, on pourrait croire que les arts et métiers de ce pays sont pauvres, très pauvres. Mais si l’on feuillette les pages colorées de ce tous-ménages, on constate qu’ils sont riches. En argent, en tout cas. Nous ne parlons pas d’intelligence. En effet, chaque ligne de ce journal «&nbsp;oublie&nbsp;» qu’en Suisse, on trouve plus de 330&nbsp;000 emplois pour lesquels des personnes gagnent moins de 4&nbsp;000 francs par mois (converti en plein temps).
</p><p>Une autre chose frappe aussi&nbsp;: ce journal des arts et métiers n’a, par prudence et avec un flair certain quant aux effets potentiellement contre-productifs, n’a pas donné voix au chapitre au directeur de l’USAM, H.-U. Bigler, une personne qui s’était mise hors-jeu en affirmant publiquement que la plupart des bas salaires n’étaient que des «&nbsp;salaires d’appoint&nbsp;».
</p><p>Mais il a donné la parole à D. Spiess. Et oui, vous l’avez reconnu. C’est bien lui le marchand de chaussures pour qui&nbsp; les conventions collectives de travail sont une méthode de l’(ex-)Allemagne de l’Est. À nouveau saisi par le besoin de lancer une proclamation, D.&nbsp;Spiess explique qu’après un oui au salaire minimum, «&nbsp;Tout employeur se (demanderait) s’il vaut la peine de payer des salaires aussi élevés pour des temps partiels.&nbsp;» Qui va-t-il donc bien vouloir et pouvoir engager alors&nbsp;?
</p><p>Puis, c’est au peintre Alfons Kaufmann de s’exprimer. Il pense qu’à cause du «&nbsp;salaire minimum record&nbsp;» de 4&nbsp;000 francs, beaucoup de jeunes commenceraient tout de suite à travailler après leur scolarité obligatoire. Cela, sans faire de formation professionnelle. Et beaucoup d’entre eux se mettraient ensuite volontairement au chômage, car «&nbsp;ils pourraient vivre confortablement grâce à des allocations de chômage&nbsp;». Ce qui aggraverait encore plus la pénurie de relève dans la construction. Rappelons tout simplement à notre cher peintre que la construction paie, aujourd’hui déjà, des salaires clairement supérieurs à 4&nbsp;000 francs et que nous ne connaissons encore aucun jeune de 16 ans qui voudrait toucher le plus rapidement possible 4&nbsp;000 francs et ne gagner toute sa vie durant que tout juste un peu plus.
</p><p>Le «&nbsp;witz&nbsp;» suivant nous vient de Hannes Jaisli, le directeur adjoint de Gastro-Union, pour qui le nouveau salaire minimum entraînera la mort des bistrots. Mais ce n’est pas tout&nbsp;! Les établissements qui ne mourraient pas devraient même supprimer, selon lui, des emplois et, donc, licencier. Ouh là&nbsp;là&nbsp;! Il ne nous resterait alors plus que quelques rares bistrots pleins à craquer, qui ne pourraient même plus se payer de serveuse&nbsp;?!
</p><p>Et ainsi de suite, jusqu’aux prophéties qui nous annoncent que des pans entiers de l’industrie des cantons de Vaud et de Genève délocaliseraient leur production en France à cause des salaires minimums différents dans ce pays. Et les Suisses et les Suissesses deviendraient alors des frontaliers et des frontalières, et ils ne gagneraient plus que 11,60&nbsp;francs de l’heure. Mais pourquoi alors n’ont-elles pas déjà délocalisé maintenant ces industries, les différences de salaire avec la Suisse sont déjà considérables, non&nbsp;?
</p><p>Personne ne demande de l’UDC qu’elle fasse dans la nuance. Que les grands chefs des arts et métiers brandissent l’argument soi-disant massue du chômage et de la pauvreté n’étonne de fait pas. Ils ne font là que dérouler un antique chapelet de plaintes selon lesquelles tout progrès menacerait l’économie et n’entraînerait que chômage et pauvreté. Or, le progrès s’est quand même imposé à ce jour, les arts et métiers n’ont pas encore disparu et leur organisation est toujours là…
</p><p> Encore une remarque pour terminer&nbsp;: ces derniers temps, nombre d’entreprises qui avaient autrefois fulminé contre le salaire minimum de 4&nbsp;000 francs viennent de l’introduire, comme Lidl, Bata, H&amp;M. L’expérience prouve donc que ça marche. Mais l’USAM ne veut pas le voir, elle préfère laisser se développer une concurrence déloyale dans ses propres rangs plutôt que protéger les employeurs corrects. Mais ça, ce sont finalement ses oignons…</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1488</guid><pubDate>Thu, 10 Apr 2014 13:31:00 +0200</pubDate><title>Syndicats, femmes et gauche clairement opposés à un relèvement de l’âge de la retraite et favorables à une meilleure AVS</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/syndicats-femmes-et-gauche-clairement-opposes-a-un-relevement-de-l-age-de-la-retraite-et-favorables-a-une-meilleure-avs</link><description>Qui dit quoi de la réforme « Prévoyance vieillesse 2020 » ?</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La procédure de consultation sur la réforme «&nbsp;Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;» est terminée. Les positions des grandes organisations et des grands partis font apparaître peu de points communs et beaucoup de différences. L’approche globale des 1er et 2e piliers est cependant largement approuvée.</p><p>Les associations patronales, economiesuisse et les partis de droite sont clairement favorables à un relèvement de l’âge de la retraite. Ils considèrent que le passage à 65 ans de l’âge de la retraite des femmes est une étape nécessaire, qui devra être suivie d’un relèvement de l’âge de la retraite des hommes comme des femmes, des relèvements qui devront dépendre de l’état des finances de l’AVS. Avec ce couplage de l’âge de la retraite et du fonds de l’AVS, ou de la prolongation de l’espérance de vie, comme le veut l’UDC, l’âge de la retraite montera jusqu’à 67 ans.
</p><h3>Les organisations féminines déterminées contre un relèvement de l’âge de la retraite</h3><p>Le passage à 65 ans n’est pas soutenu par les personnes concernées. Les organisations féminines le rejettent clairement à l’unisson, &nbsp;justifiant leur refus par les inégalités qui prédominent encore dans le monde professionnel et dont l’incidence sur le niveau des rentes est négative. Comme l’AVS est la seule à même de corriger ces inégalités, les organisations féminines demandent son renforcement. Les organisations de salarié(e)s, le Parti socialiste et les Vert(e)s rejettent également le relèvement de l’âge de la retraite.
</p><h3>Hausse de la TVA&nbsp;?</h3><p>Il y a un consensus pour dire que l’AVS aura besoin de recettes supplémentaires pour la prochaine décennie. Une forte majorité soutient une hausse de la TVA, ce qui est également le cas des associations d’aîné(e)s. L’Union suisse des arts et métiers (USAM) et l’UDC sont cependant opposées à une hausse des impôts. Selon elles, le financement de l’AVS doit être garanti par un relèvement de l’âge de la retraite. Economiesuisse et les autres partis de droite estiment qu’une hausse de la TVA est envisageable, mais pas de l’ampleur demandée et toujours en lien avec un relèvement de l’âge de la retraite. Les organisations patronales, le Parti évangélique (PEV), le Parti socialiste et les Vert(e)s font entrer en jeu ici l’impôt sur les grandes successions sur lequel le peuple se prononcera probablement en 2015. 
</p><h3>Prévoyance professionnelle&nbsp;: oui au maintien des prestations</h3><p>Concernant les propositions de réforme de la prévoyance professionnelle, les voix qui soutiennent une baisse du taux de conversion minimal l’emportent. Mais, contrairement à ce qui était le cas lors de la baisse envisagée en 2009, la plupart reconnaissent que l’on ne doit pas diminuer l’actuel niveau des prestations du 2e pilier. C’est pourquoi une baisse de 6&nbsp;% apparaît pour beaucoup trop forte. En effet, l’augmentation de l’avoir de vieillesse nécessaire serait énorme. Que des mesures doivent être prises pour compenser des baisses de rente est en effet une opinion largement partagée. Si les organisations qui ont répondu à cette consultation reconnaissent que d’autres mesures que le seul relèvement de l’avoir de vieillesse doivent être engagées pour la génération transitoire, l’acceptation des mesures proposées à cet effet (elles s’appliqueraient à partir de 40 ans) est très faible. C’est surtout la durée de 25 ans, pendant laquelle ces mesures seront en vigueur, qui est critiquée. Les organisations patronales et les partis de droite continuent à préférer que le taux de conversion minimal soit fixé par le Conseil fédéral ou par les caisses de pensions.
</p><h3>Mécanisme d’intervention dans l’AVS&nbsp;: impopulaire</h3><p>Il ne devrait plus être question de redéfinir comme proposé par «&nbsp;Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;» la contribution de la Confédération. Que celle-ci souhaite réduire sa responsabilité à l’égard de l’AVS n’est en effet guère apprécié. 
</p><p>Le mécanisme d’intervention proposé devrait connaître le même sort. Depuis des années economiesuisse fait de la propagande pour un frein à l’endettement dans l’AVS. Or, la suspension automatique de l’adaptation des rentes qu’il prévoit est tellement cruciale qu’elle est condamnée à échouer devant le peuple. Le net rejet du mécanisme d’intervention par les organisations de salarié(e)s, d’aîné(e)s et d’autres milieux montre qu’il n’y a pas de marge de manœuvre pour une baisse des rentes AVS. Ce contexte a conduit l’Union patronale et economiesuisse à renoncer à la suspension automatique de l’adaptation des rentes AVS. Le mécanisme d’intervention qu’elles proposent – il contiendrait un relèvement automatique de l’âge de la retraite – ne trouvera probablement pas non plus de majorité.
</p><h3>Femmes, syndicats, gauche, aîné(e)s et PDC pour des rentes AVS améliorées</h3><p>Toutes les organisations et tous les partis se prononcent a priori pour le maintien du niveau des prestations de la prévoyance vieillesse. Les rentes ne doivent pas diminuer. En plus des organisations de salarié(e)s, les organisations féminines, un bon nombre d’associations d’aîné(e)s, le Parti socialiste et les Vert(e)s ainsi que le PDC sont favorables à une amélioration des rentes AVS. Le PDC réitère dans sa réponse sa demande d’un déplafonnement des rentes AVS de couple. Les rentes des personnes mariées augmenteraient alors de beaucoup.
</p><h3>Impossible de résoudre les problèmes séparément</h3><p>L’Office fédéral des assurances sociales va analyser ces prochains mois les résultats de cette consultation. Il appartiendra ensuite au Conseil fédéral de rédiger sur cette base un projet de loi et de le présenter au Parlement avant la fin de l’année. Les pierres d’achoppement sont désormais connues&nbsp;: âge de la retraite, taux de conversion minimal et financement. Mais on ne peut pas les aborder séparément et surtout pas sans tenir compte des réalités vécues par les actuels et les futurs retraité(e)s. C’est pourquoi, durant cette réforme, l’USS s’engagera pour que l’on se focalise sur leurs intérêts.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1487</guid><pubDate>Tue, 08 Apr 2014 16:30:00 +0200</pubDate><title>Heinz Anderegg nous a quittés</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/heinz-anderegg-nous-a-quittes</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 28 mars 2014, Heinz Anderegg, qui fut pendant trente années bibliothécaire et archiviste de l’Union syndicale suisse (USS), est décédé à Thoune après une longue maladie. Après un apprentissage de menuisier et ébéniste dans l’Emmental, il adhère à 19 ans à la FOBB (Fédération suisse des ouvriers du bois et du bâtiment) de l’époque, s’engage tôt comme personne de confiance et membre d’une commission du travail. En 1959, toujours avide de nouvelles connaissances, il présente avec succès sa candidature comme assistant aux Archives de l’USS, une activité dans laquelle il s’investit rapidement tout en suivant une formation en emploi à l’école de travail social de Berne. «&nbsp;Travailleurs de la construction et alcool&nbsp;», tel fut l’intitulé de&nbsp; son travail de diplôme. Lorsque le responsable des Archives de l’USS, Willy Keller, prit sa retraite, il fut tout de suite évident au Secrétariat de l’USS que Heinz Anderegge devait être son successeur. Sans ménager ses efforts, il se dépensa alors dans ses nouvelles attributions, à savoir répertorier et conserver les documents – et donc l’histoire – du mouvement ouvrier. Il fut accompagné pendant de nombreuses années de son épouse, Vreni. Jusqu’à sa retraite, en avril 1994, Heinz a aussi publié et commenté l’évolution des effectifs syndicaux dans la Revue syndicale suisse.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1483</guid><pubDate>Mon, 07 Apr 2014 16:21:00 +0200</pubDate><title>Il faut plus de protection, pas moins !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/il-faut-plus-de-protection-pas-moins</link><description>Libre circulation des personnes : que faire?

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Début avril, le président de la République fédérale d’Allemagne, Joachim Gauck, a aussi rencontré des représentant(e)s de l’économie lors de sa visite officielle en Suisse. L’Union syndicale suisse (USS) était présente à travers la personne de sa vice-présidente Vania Alleva, également coprésidente du syndicat Unia. Ci-après, son intervention légèrement abrégée.</p><p>Impossible de parler aujourd’hui des perspectives de l’économie suisse sans se demander «&nbsp;Que faire maintenant&nbsp;?&nbsp;» avec l’initiative intitulée «&nbsp;Contre l’immigration de masse&nbsp;». Si nous ne trouvons pas une bonne façon de sortir de l’actuelle impasse où se trouvent nos relations avec l’Union européenne (UE), les conséquences risquent d’être lourdes.
</p><h3>Les trois principes des syndicats</h3><p>Les syndicats se sont rapidement et clairement positionnés, en ce qui concerne tant les entretiens déjà en cours sur la mise en œuvre de l’initiative de l’UDC que les négociations qui devront inévitablement avoir lieu avec l’UE. Ici, trois principes sont centraux à nos yeux&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ol><li><span>Les Accords bilatéraux avec l’UE ne doivent en aucun cas être remis en question. Ils revêtent une très grande importance pour la stabilité de nos relations avec l’UE, la sécurité de l’emploi et l’avenir de l’économie suisse. Les partenaires sociaux sont d’accord à ce sujet. Le «&nbsp;oui&nbsp;» du 9 février n’était pas un «&nbsp;non&nbsp;» aux Accords bilatéraux, c’est-à-dire à des relations de qualité et structurées avec notre partenaire le plus important.</span></li><li><span>À l’avenir, on devra aussi continuer à respecter le principe de non-discrimination. On parle par exemple beaucoup aujourd’hui en Suisse de la réintroduction du statut inhumain de saisonnier. Il n’en est pas question pour nous et nous partons de l’idée que l’UE ne l’accepterait pas non plus.</span></li><li><span>Il faut renforcer, et non affaiblir, les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes. Il est dans l’intérêt tant de la population locale que des citoyens et citoyennes de l’UE qui travaillent chez nous que l’on s’attaque de manière résolue à la sous-enchère salariale. Le même salaire pour le même travail au même lieu&nbsp;: ce principe doit être observé. Une raison essentielle du résultat malheureux de la votation passée est l’inquiétude ressentie par les gens pour leur emploi. Les cas d’abus découverts, lors desquels des travailleurs et travailleuses détachés ne touchaient que la moitié ou le tiers du salaire dû, ont insécurisé les travailleurs et travailleuses.</span></li></ol><p></p><h3>Que faire maintenant&nbsp;?</h3><p>Deux options se dessinent concernant la marche à suivre dans la mise en œuvre de l’initiative de l’UDC&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><span>une mise en œuvre rigoureuse de l’initiative, ce qui entraînerait une confrontation frontale avec l’UE, respectivement la mort certaine des Accords bilatéraux&nbsp;;</span></li><li><span>une solution autant que faire se peut «&nbsp;eurocompatible&nbsp;».</span></li></ul><p>Nous plaidons pour la seconde option. C’est pourquoi nous attendons du Conseil fédéral qu’il s’engage en faveur de la négociation avec l’UE d’une solution globale. Nous espérons beaucoup que l’UE se déclarera prête à chercher une solution par ce biais. Le but doit être
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><span>de préserver les Accords bilatéraux,</span></li><li><span>de trouver une solution à l’amiable concernant l’Accord sur la libre circulation des personnes,</span></li><li><span>d’en arriver à un accord acceptable sur les questions institutionnelles encore ouvertes entre la Suisse et l’UE.</span></li></ul><p></p><h3>L’UE doit accepter la protection des salaires</h3><p>Si le peuple ne doit plus répondre, dans deux ou trois ans, à la question «&nbsp;Immigration de masse&nbsp;: oui ou non&nbsp;?&nbsp;», mais «&nbsp;Des relations stables avec l’UE&nbsp;: oui ou non&nbsp;?&nbsp;», alors nous sommes persuadés qu’il répondra par l’affirmative. Mais nous avons besoin d’une certaine compréhension, d’une certaine flexibilité de la part de l’UE et de ses États membres. En tant que syndicats, nous n’attendons pas de vous et de l’Allemagne que vous acceptiez un système de contingents, qui ne peut de toute façon qu’être discriminatoire, ni des exceptions permanentes au principe de la libre circulation des personnes. Mais ce dont nous avons absolument besoin, c’est que vous soyez prêts, dans le cadre du règlement des questions institutionnelles à accepter nos mesures d’accompagnement destinées à protéger les salaires. Car elles ne sont pas discriminatoires. Nous ne pouvons en aucun cas accepter de les affaiblir, comme l’UE l’a déjà demandé une fois en 2008/2009 en invoquant les arrêts de la Cour européenne de justice (il s’agissait alors de la réglementation des 8 jours pour l’obligation d’annoncer les travailleurs et travailleuses détachés). Ce démantèlement ne serait pas non plus en mesure de réunir une majorité politique.
</p><p>Si nous voulons regagner la confiance des salarié(e)s et du peuple en une politique de l’ouverture, nous devons pouvoir donner des garanties en matière de sécurité sociale. La solution&nbsp;: plus, et non moins, de protection. Nous avons besoin que l’UE fasse preuve de compréhension à notre égard. Le fait est que ses autorités sont en train d’adopter une directive relative à l’exécution de la directive sur le «&nbsp;détachement des travailleurs&nbsp;», qui permettra aux États membres de prévoir, si nécessaire, des mesures nationales supplémentaires de protection («&nbsp;liste ouverte de mesures&nbsp;». Avec 23&nbsp;% de ressortissant(e)s étrangers et même 31&nbsp;% du volume de travail, nous faisons partie des États qui ont besoin de ces mesures supplémentaires, mais bien sûr sur la base de la non-discrimination.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1486</guid><pubDate>Mon, 07 Apr 2014 15:26:00 +0200</pubDate><title>Un bon travail. Un salaire minimum.</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/un-bon-travail-un-salaire-minimum</link><description>Appel de l’USS pour le 1er Mai 2014</description><content:encoded><![CDATA[<p class="BetreffBeilagezuPAetc">La richesse de la Suisse est l’œuvre de tous et de toutes. Mais elle est injustement répartie. C’est pour cela que les syndicats se battent pour plus de justice en matière de salaire. Ils s’engagent aussi pour une société plus juste, une société qui donne les mêmes chances à chacune et chacun, quel que soient son sexe ou ses origines. Pour une société qui permette à tout le monde d’être autonomes. Or, cela suppose des assurances sociales solides. Et des rentes AVS meilleures.</p><p class="Text"><span lang="FR">Le 18 mai, nous votons au sujet de l’initiative syndicale sur les salaires minimums, donc sur un point essentiel du programme des syndicats. Cette initiative demande l’introduction d’un salaire minimum général de 22 francs de l’heure, ce qui correspond environ à 4&nbsp;000 francs par mois. C’est là la nouvelle jauge pour déterminer si les salaires sont décents ou non. Un oui à cette initiative permettra à 330&nbsp;000 travailleurs et travailleuses de mieux boucler le mois. Le salaire minimum obligatoire fera aussi obstacle à ceux qui font pression sur les salaires. Ils ne pourront plus, en pratiquant la sous-enchère salariale, jouer les uns contre les autres salarié(e)s indigènes et salarié(e)s étrangers, et s’imposer à leurs concurrents en versant des salaires plus bas qu’eux. Tout le monde en profitera&nbsp;: les patrons qui rétribuent correctement leur personnel n’auront plus à craindre une concurrence déloyale, les contribuables ne devront plus payer l’addition à travers le financement de l’aide sociale et les personnes concernées vivront mieux. Cela créera du pouvoir d’achat, de nouveaux emplois et plus de dignité au travail.</span></p><p class="Text"><span lang="FR">Un oui à l’initiative sur les salaires minimums fera progresser la lutte contre la discrimination salariale à l’encontre des femmes. Il freinera aussi la marginalisation et la précarisation. Mais ce oui, nous devons l’imposer dans la dernière ligne droite décisive avant la votation. Nous poserons alors la première pierre d’un tournant social. </span></p><p class="Text"><span lang="FR">Mais pour rendre la Suisse plus sociale, nous nous battons aussi sur d’autres fronts. </span></p><p class="Text"><span lang="FR">Nous devons protéger la population, la défendre contre des projets de démantèlement de la prévoyance vieillesse. Les rentes AVS sont toujours plus à la traîne des salaires et les rentes du 2<sup>e</sup> pilier sont sous pression. Si bien que le revenu touché par beaucoup sous forme de rentes des 1<sup>er</sup> et 2<sup>e</sup> piliers ne suffit pas. Si des mesures ne sont pas prises pour y remédier, le problème s’aggravera même pour les futurs rentiers et rentières. Le projet «&nbsp;Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;» prévoit même une dégradation des prestations de l’AVS à travers le relèvement de l’âge de la retraite des femmes et la remise en question de la compensation du renchérissement. Notre réponse à ce projet, c’est l’initiative populaire AVSplus, qui veut renforcer la plus importante de nos assurances sociales. Nous voulons relever les rentes AVS de 10 pour cent, car l’AVS est la prévoyance vieillesse la plus sûr, la plus efficace et la plus sociale. C’est pour cela que le renforcement du 1<sup>er</sup> pilier est beaucoup plus efficient et avantageux pour les bas et moyens revenus que l’épargne privée, dans laquelle banques et assurances se servent aussi. </span></p><p class="Text"><span lang="FR">Nous devons protéger la population, pas le profit pour le profit. C’est pour cela qu’il faut une meilleure protection sur les lieux de travail. Le stress doit reculer. Les principaux instruments pour ce faire, comme l’enregistrement de la durée du travail, doivent une fois pour toutes être imposés. Car travail et loisirs ne doivent pas se mélanger sans autre. Sinon, c’est laisser le champ encore plus libre aux épuisements professionnels, aux dépressions et autres maladies dues au stress. </span></p><p class="Text"><span lang="FR">Nous devons protéger la population, pas fermer les frontières. C’est pour cela que nous défendons une solidarité qui ne s’arrête pas à la couleur du passeport. Les syndicats se battront pour que des êtres humains ne soient pas à nouveau ravalés au rang de pure main-d’œuvre à cause de la votation du 9 février dernier. </span></p><p>&nbsp;</p><p class="Text"><span lang="FR">En disant oui à l’initiative sur les salaires minimums, nous corrigeons le tir et entamons un tournant social. Saisissons cette opportunité&nbsp;!</span></p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1469</guid><pubDate>Thu, 27 Mar 2014 09:06:00 +0100</pubDate><title>Les représentants du patronat font barrage</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/les-representants-du-patronat-font-barrage</link><description>Loi sur la formation continue : toujours plus maigre
</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les employeurs se targuent de soutenir le partenariat social. Mais quand il s’agit de passer de la parole aux actes, ils se défilent. Les représentants des milieux patronaux au Conseil national l’ont prouvé une nouvelle fois lors des débats du Parlement fédéral sur la loi sur la formation continue. Ils ont refusé d’assumer une quelconque responsabilité dans la formation de leurs employé(e)s, renvoyant tout à la responsabilité individuelle. Dans la même ligne, ils se sont opposés à un alinéa visant à faciliter l’information de la population, ainsi qu’au financement de projets de sensibilisation et de développement de la formation continue. Avec zèle et, malheureusement, avec succès.
</p><p>Pourtant, après le vote du 9 février sur l’initiative isolationniste de l’UDC, on aurait pu espérer un réveil des milieux économiques. Ceux-ci portent en effet une responsabilité majeure dans le marasme causé par le vote en faveur de cette initiative. Car, au lieu d’investir dans la formation de leur personnel, ils ont abusé des possibilités de recruter de la main-d’œuvre qualifiée à l’étranger, un exode des cerveaux qui a contribué à insécuriser même des franges de la population des plus qualifiées. 
</p><p> Faut-il le rappeler&nbsp;? La loi sur la formation continue se base sur un article constitutionnel accepté par le peuple à une très large majorité en 2006 (un résultat quasi soviétique pour la Suisse). Il est donc justifié de se demander si la loi qui sortira cet été des Chambres fédérales remplira encore le mandat donné par le peuple. On est franchement en droit d’en douter.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1470</guid><pubDate>Thu, 27 Mar 2014 09:04:00 +0100</pubDate><title>Initiative sur les bourses d’études: plus que jamais nécessaire !</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/initiative-sur-les-bourses-d-etudes-plus-que-jamais-necessaire</link><description>Au Conseil des États de corriger

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Après l’exclusion de la Suisse du programme de recherche européen Horizon 2020 et du programme d’échange Erasmus+, l’initiative sur les bourses d’études offrait une chance au Conseil national de renforcer le domaine de la formation supérieure mis à mal par le vote du 9 février sur l’initiative isolationniste de l’UDC. Au lieu de cela, la Chambre du peuple a préféré voter un contre-projet indirect qui se décharge sur les cantons.</p><h3>L’université, un privilège réservé aux riches</h3><p>Le dernier rapport sur l’éducation 2014 le confirme&nbsp;: la formation universitaire reste aujourd’hui encore majoritairement l’apanage des «&nbsp;fils à papa&nbsp;». Ainsi, les jeunes qui ont un père diplômé d’une université ont deux fois plus de chances d’accéder à des études académiques. Pas étonnant, si l’on considère les montants investis par l’État dans les bourses d’études&nbsp;: les dernières vingt années, plutôt que d’augmenter les sommes mises à la disposition d’un nombre d’étudiant(e)s en augmentation, la Suisse a réduit ses dépenses de plus de 10&nbsp;%. Aujourd’hui, seuls 8&nbsp;% des jeunes en formation bénéficient d’une bourse d’études… qui plus est, d’un montant généralement fort modeste.
</p><h3>Le Conseil national renvoie la balle aux cantons</h3><p>L’initiative sur les bourses veut mettre fin à cette injustice en renforçant la compétence de la Confédération et en augmentant les montants mis à disposition des cantons. Le Conseil national ne l’entend pas de cette oreille et a refusé à une large majorité de soutenir l’initiative. En lieu et place, il a proposé de substituer à la loi fédérale existante une nouvelle loi se référant essentiellement au Concordat intercantonal. Il prétend offrir ainsi aux initiants un contre-projet qui réponde aux besoins – reconnus comme justifiés – relevés par les initiants. En vérité, par cette acte, il se décharge des responsabilités qui lui incombent en la matière et renvoie lâchement la balle aux cantons. 
</p><p>Une telle attitude est irresponsable, d’autant plus après le vote isolationniste du 9 février. Alors que le marché suisse du travail est en pleine extension, que la libre circulation est dangereusement remise en question, la Suisse s’obstine en effet à faire des économies dans l’éducation «&nbsp;comme si de rien n’était&nbsp;». La politique fiscale libérale a mis une bonne partie des cantons dans une situation financière si délicate que certains se lancent dans de vastes programmes d’économies qui visent presque toujours la formation, de l’école enfantine à la formation tertiaire. Et c’est justement ce moment que choisit le Conseil national pour renforcer la compétence cantonale en matière d’aide à la formation&nbsp;!
</p><h3>Soutenir l’initiative plutôt que faire le choix de l’ignorance</h3><p>Du moment que la position idéologique du «&nbsp;moins d’État, mieux d’État&nbsp;» s’impose, pour les représentants de la majorité bourgeoise «&nbsp;tout va pour le mieux, dans le meilleur des mondes&nbsp;». En choisissant cette voix, le Conseil national préfère donc promouvoir l’ignorance plutôt que donner de bonnes cartes à ses jeunes en renforçant le soutien qui leur est accordé pour leur formation jusqu’au niveau tertiaire. 
</p><p> Pour l’Union syndicale suisse (USS), il ne fait donc aucun doute que l’initiative répondra mieux aux buts d’égalité des chances et de promotion de l’éducation que ne le fera le contre-projet. Elle en appelle à la sagesse des conseillers et conseillères aux États pour remédier au manque de clairvoyance dont a fait preuve le Conseil national.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1466</guid><pubDate>Tue, 25 Mar 2014 13:17:00 +0100</pubDate><title>Le Conseil des États accepte la convention n° 189 de l’OIT</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-conseil-des-etats-accepte-la-convention-n-189-de-l-oit</link><description>Travail décent pour les travailleurs et travailleuses domestiques</description><content:encoded><![CDATA[<p>À l’unanimité, la Chambre des cantons a voté la ratification de la convention n°&nbsp;189 de l’Organisation internationale du Travail (OIT). Cette convention renforcera la position des travailleurs et travailleuses domestiques souvent brutalement exploités par leurs employeurs.
</p><p>«&nbsp;D’une part, leur travail est élémentaire, de l’autre, leur position est dans les faits précaire. Les travailleurs et travailleuses domestiques sont en principe des femmes qui proviennent des couches sociales inférieures. Ils touchent des petits salaires, ils sont vulnérables et ont donc d’autant plus besoin d’être protégés. La nouvelle convention de l’OIT fixe des standards minimaux qui s’appliquent sur toute la planète, qui doivent être la norme sur toute la planète&nbsp;», s’est exclamé Paul Rechsteiner, le président de l’Union syndicale suisse (USS), pour justifier la ratification de cette convention.
</p><p>Cette dernière veut s’attaquer aux pires formes de l’exploitation d’êtres humains. Elle garantit par exemple le droit à un jour de congé par semaine qui puisse effectivement être vécu comme tel. Ou encore, elle interdit aux employeurs de travailleurs et travailleuses domestiques de garder leurs documents d’identité ou de voyage. Bref, elle doit garantir que le travail domestique remplit les conditions de tout travail normal et ne représente pas une forme de travail forcé.
</p><p>Le Conseil des États a rejoint ces vues et décidé, par 35 voix contre zéro, que la Suisse ratifierait cette convention de l’OIT, faisant passer du même coup un message international. C’est maintenant au Conseil national d’aborder cette question.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1467</guid><pubDate>Tue, 25 Mar 2014 13:15:00 +0100</pubDate><title>Quand même une justice pour les victimes de l’amiante ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/quand-meme-une-justice-pour-les-victimes-de-l-amiante</link><description>La Cour européenne des droits de l’homme demande un droit de la prescription correct</description><content:encoded><![CDATA[<p class="TitrerubriqueSPcommuniqu lead">Le 11 mars, le Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a désavoué la Suisse, estimant que les délais de prescription prévus par notre droit sont arbitraires et inéquitables. Selon elle, les prétentions des victimes de l’amiante ne devraient pas être prescrites après dix ans.</p><p class="ParagrSPnormaux">La CEDH a clairement signalé dans son arrêt du 11 mars dernier que le droit suisse de la prescription contenait une erreur systémique. En effet, le délai de prescription de dix ans ne correspond pas aux actuels risques courus au travail par la santé. Cet arrêt concerne la plainte de la veuve d’une victime de l’amiante. En 2005, son mari décédait d’un cancer dû à l’amiante, après avoir travaillé plusieurs années en contact avec cette matière. Demandant des dommages et intérêts et réparation pour tort moral à l’ancien employeur de son mari et à la SUVA, elle a cependant échoué devant les tribunaux du pays, Tribunal fédéral compris. La raison de cet échec&nbsp;: le délai de prescription prévu de dix ans…</p><p class="ParagrSPnormaux">Cette femme s’est alors tournée vers la CEDH, qui vient de corriger la décision des tribunaux suisses, critiquant aussi, parce qu’insuffisantes, les propositions de révision du droit suisse de la prescription. Elle a en plus annoncé que, si notre pays n’adaptait pas entre temps comme il se devait son droit de la prescription, elle appliquerait la procédure accélérée de l’«&nbsp;arrêt pilote&nbsp;». Cette procédure a pour but de traiter des centaines, voire des milliers d’affaires identiques tirant leur origine d’un même problème, la Cour rendant ensuite un arrêt global qui s’applique à toutes les affaires similaires soulevant la même question. Et des sommes sont également attribuées à titre de réparation pour tort moral. Les délais d’attente pour les nouvelles affaires identiques baissent ainsi à moins d’un an.</p><p class="ParagrSPnormaux">Si la CEDH reçoit de la Suisse le signal que des efforts sérieux sont actuellement entrepris pour éliminer l’«&nbsp;erreur systémique&nbsp;» susmentionnée, elle gèlera les cas pendants jusqu’à ce que ces efforts aient abouti à des résultats. </p><p class="ParagrSPnormaux">C’est à la Commission des affaires juridiques du Conseil national qu’il incombe d’écrire le prochain chapitre de ce débat controversé. Elle a décidé d’aborder la révision du droit de la prescription en mai 2014, ce n’est pas uniquement important pour les victimes de la tragédie de l’amiante, mais aussi, de manière générale, pour l’utilisation de technologies qui n’ont pas encore fait l’objet de recherches scientifiques et recèlent des risques encore impossibles à estimer. Pour ces risques dits «&nbsp;émergents&nbsp;», le droit de la prescription doit être globalement adapté, ce que le législateur suisse a négligé de faire à ce jour. </p><p><span lang="DE-CH">Pour l’Union syndicale suisse (USS), il est clair que la législation suisse doit prévoir un délai de prescription plus long, afin de le rendre conforme aux demandes de la CEDH, soit un délai de 50 ans pour les dommages corporels et sa suspension pendant la durée du rapport travail. Et un fonds doit être créé pour indemniser les victimes de l’amiante.</span></p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1463</guid><pubDate>Tue, 25 Mar 2014 10:02:00 +0100</pubDate><title>Le Conseil des États dit momentanément non au travail gratuit</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-conseil-des-etats-dit-momentanement-non-au-travail-gratuit</link><description>Enregistrement de la durée du travail</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">À la fin de la session parlementaire du printemps, le Conseil des États a renvoyé en commission pour un examen plus approfondi la motion Niederberger qui voulait imposer au forceps le renoncement à l’enregistrement de la durée du travail dans certaines branches. Mais le risque de durées du travail incontrôlées et donc, finalement, de travail gratuit n’a pas été annihilé pour autant.</p><p>Le conseiller aux États Paul Niederberger voulait, par le biais d’une motion, supprimer l’enregistrement de la durée du travail dans certaines branches. Concrètement, les travailleurs et travailleuses auraient pu – pratiquement par masochisme… – déclarer s’exempter «&nbsp;volontairement&nbsp;» de cette obligation légale.
</p><p>La levée de l’obligation d’enregistrer son temps de travail demandée par cette motion était inacceptable pour trois raisons&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ol><li><span>1.&nbsp;&nbsp; La conséquence du renoncement à l’enregistrement du temps de travail ne serait rien d’autre que le travail gratuit. Les heures supplémentaires n’étant plus documentées, elles ne seraient de fait plus rémunérées. Ce qui est en contradiction avec le principe selon lequel «&nbsp;tout travail mérite salaire&nbsp;».</span></li><li><span>La pression psychique augmenterait&nbsp;: si le ou la collègue faisait valoir son droit à renoncer «&nbsp;librement&nbsp;» à enregistrer son temps de travail, qui oserait vraiment faire le contraire, c’est-à-dire continuer à enregistrer son propre temps de travail&nbsp;?</span></li><li><span>Le travail ne serait plus une période temps circonscrite&nbsp;: le renoncement à l’enregistrement du temps de travail ferait sauter les frontières entre travail et loisirs. Le travail serait partout et toujours présent, ce qui aurait notamment pour conséquences&nbsp;: stress et épuisement professionnel.</span></li></ol><p>C’est tout cela que le Conseil des États a momentanément gelé, car rien n’a en réalité été définitivement décidé. Cette «&nbsp;offensive contre des dispositions de protection fondamentales&nbsp;» des travailleurs et travailleuses, comme l’a qualifié Paul Rechsteiner, le président de l’USS, reviendra sur le tapis. Le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann a en effet annoncé qu’il pourrait tout à fait s’imaginer que le Parlement traite cette question si les partenaires sociaux n’arrivent pas à se mettre d’accord.
</p><p> Bref, les syndicats doivent rester sur leurs gardes. Les adeptes du travail gratuit «&nbsp;moderne&nbsp;» n’ont pour l’heure essuyé qu’une défaite.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1460</guid><pubDate>Wed, 12 Mar 2014 09:32:00 +0100</pubDate><title>Investir pour des emplois de qualité</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/investir-pour-des-emplois-de-qualite</link><description>« Une nouvelle voie pour l’Europe » : les syndicats du continent mobilisent

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La politique européenne est toujours placée sous le triste signe de la discipline budgétaire. Les syndicats réunis au sein de la Confédération européenne des syndicats (CES) ne sont pas d’accord. Ils demandent un programme d’investissement qui permette de créer une croissance durable et des emplois de qualité, et ont adopté un manifeste pour les prochaines élections au Parlement européen. Ils appellent aussi à une manifestation européenne le 4 avril prochain.</p><p>La CES appelle les citoyen(ne)s de l’Union européenne (UE) à élire en mai 2014 au Parlement européen des personnes qui s’engagent pour une Europe prospère, sociale et solidaire. Il s’agit d’ouvrir une nouvelle voie pour le Vieux Continent. Pour la CES, le but auquel cette nouvelle voie doit mener est évident et la manière de l’atteindre aussi. Il faut en effet un programme d’investissement pour créer une croissance durable et des emplois de qualité. C’est pourquoi la CES propose que, sur une décennie, ces investissements représentent chaque année 2&nbsp;% du PIB de l’UE. De plus, un tel programme induirait d’autres investissements privés. Il est temps, estime la CES, que l’UE dépense 250 milliards d’euros pour des emplois de qualité et pour garantir un vrai avenir aux citoyen(ne)s de l’Union. Onze 11 millions d’emplois pourraient ainsi être créés.
</p><h3>Manif pour la «&nbsp;nouvelle voie&nbsp;»</h3><p>La CES sait bien qu’un très grand nombre de politicien(ne)s bourgeois rueront dans les brancards contre un tel programme et continueront à vouloir économiser, alors que les conséquences catastrophiques de l’austérité appliquée à ce jour devraient quand même leur avoir fait changer d’avis. 
</p><p> Afin d’appuyer le plus efficacement possible ses revendications, la CES, en plus de ses activités de lobbying et de grandes déclarations publique, organise le 4 avril prochain à Bruxelles une manifestation placée sous le slogan «&nbsp;Une nouvelle voie pour l’Europe&nbsp;». Il s’agira par ce biais de montrer aux décideurs politiques que les gens qui vivent dans l’UE veulent qu’un tournant ait enfin lieu. Une délégation de syndicalistes suisses participera à cette manifestation.</p>]]></content:encoded><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1454</guid><pubDate>Wed, 12 Mar 2014 09:28:00 +0100</pubDate><title>Statut de saisonnier : plus jamais ça !</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/statut-de-saisonnier-plus-jamais-ca</link><description>Des discriminations à n’en plus finir</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Plusieurs porte-paroles de l’UDC ont revendiqué, avant et après la votation du 9 février dernier, la réintroduction du statut de saisonnier. Mais savent-ils bien de quoi ils parlent&nbsp;? Ce statut se caractérise par les neuf dispositions discriminatoires suivantes&nbsp;:</p><h3><span>Visite sanitaire à la frontière</span></h3><p>Lors de leur entrée en Suisse, en début de saison (généralement dès le début mars), les saisonniers, devaient se soumettre à la frontière à une «&nbsp;visite sanitaire&nbsp;» dégradante. Torse nu, en colonne, par tous les temps, ils devaient attendre leur tour pendant des heures. Ceux qui n’étaient pas en bonne santé étaient renvoyés à la maison. Cette «&nbsp;visite sanitaire&nbsp;» n’a été supprimée qu’en 1992 et remplacée par une visite chez les médecins des localités de destination&nbsp;; cela, suite à une campagne menée sur plusieurs années par la FOBB (actuellement Unia).
</p><h3>Les baraques</h3><p>Les saisonniers logeaient dans des baraques, à plusieurs dans une même chambre, souvent avec trop peu de toilettes et de douches, dans des conditions insalubres. Ce n’est que dans les années 1980 et 1990 que la FOBB, puis le SIB (nouvelle dénomination) ont obtenu et ensuite pu améliorer un «&nbsp;Règlement des logis pour saisonniers&nbsp;», qui constituait une annexe à la Convention nationale de la maçonnerie. Parmi les améliorations&nbsp;: pas plus de deux personnes par chambres (puis une), suffisamment de douches et de toilettes, des conditions hygiéniques et un bon service de cantine.
</p><h3>Interdiction de changer d’emploi</h3><p>Les saisonniers étaient engagés par une entreprise et ils devaient y rester. Les autorités n’accordaient pas de changement d’emploi, même si les rapports de travail avaient été résiliés illicitement. Ils devaient rentrer au pays. Cela les mettait dans une condition de dépendance extrême face à l’employeur.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
</p><h3>Pas de regroupement familial</h3><p>Les saisonniers n’avaient pas droit au regroupement familial. Ce n’est qu’avec l’accord bilatéral Suisse-Italie de 1965 que la possibilité d’avoir droit à un permis annuel et, par conséquent, au regroupement familial a été introduite&nbsp;; et cela après 45 mois (5 saisons). Dans le courant des années 1970, le nombre de mois a été réduit à 36 (4 saisons). Une marge de tolérance de 14 jours fut aussi introduite. Mais lorsque, par exemple, un saisonnier – lors de sa troisième saison – n’arrivait qu’à 8 mois et une semaine, le calcul des saisons recommençait à zéro l’année suivante. Pour la même raison, on a fini par introduire le critère de 100 mois de séjour pour les saisonniers qui étaient assujettis depuis longtemps à ce statut, mais n’avaient jamais pu réunir les conditions précitées pour la transformation de leur permis. En 1982, le Conseil fédéral a supprimé ce critère des 100 mois. 
</p><p>À relever que nombre d’employeurs abusaient de ces règles pour empêcher le saisonnier de remplir les conditions à une transformation de son statut. C’était une manière de tenir les plus productifs liés à l’entreprise. Car souvent les saisonniers, dès qu’ils avaient obtenu une transformation de leur statut, quittaient non seulement l’entreprise, mais la branche, pour retrouver par exemple un emploi dans le secteur industriel.
</p><h3>Les enfants clandestins&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </h3><p>Avec le temps, de nombreuses femmes ont rejoint leurs conjoints, qui travaillaient dans l’agriculture ou le bâtiment, en tant que saisonnières aussi, mais le plus souvent dans le secteur de la restauration et de l’hôtellerie. Lorsque leurs enfants ne pouvaient pas être pris en garde par les grands-parents, ils étaient «&nbsp;parqués&nbsp;» dans des internats, souvent à la frontière avec la Suisse. D’année en année, le nombre d’enfants vivant clandestinement en Suisse a augmenté. Une enquête effectuée au début des années 1990 par la FOBB est parvenue alors à la conclusion qu’ils étaient plusieurs milliers dans cette situation. Dans les cantons et communes où les autorités étaient tolérantes, ils pouvaient aller à l’école sans être dénoncés&nbsp;; sinon, ils restaient toute la journée enfermés à la maison.
</p><h3>Rotation des &nbsp; saisonniers </h3><p>La FOBB – ayant constaté le jeune âge des travailleurs à leur arrivée - a dénoncé à de multiples reprises au fil du temps la pratique de la rotation des saisonniers appliquée par les employeurs. Les conséquences en étaient les suivantes&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><span>durant la première saison, leur salaire était le plus bas&nbsp;; ignorant leurs droits, ils étaient sans défense&nbsp;;</span></li><li><span>pour les moins de 25 ans d’âge, aucune cotisation ne devait être versée à la caisse de pension&nbsp;;</span></li><li><span>le nombre d’accidents professionnels, notamment dans la construction, était extrêmement élevé (plus d’un tiers chaque année), ce qui tenait souvent au fait que ces jeunes sans qualifications venaient de l’agriculture.</span></li></ul><p></p><h3>Pression sur les salaires&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </h3><p>Pour un même travail de manœuvre, les saisonniers étaient en moyenne payés 15&nbsp;% de moins que leurs collègues suisses. Vu le recours extensif à cette catégorie des saisonniers, le niveau général des salaires dans les branches les plus concernées était sous pression.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
</p><h3>Discrimination dans les assurances sociales&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </h3><p>Les saisonniers subissaient des discriminations en matière d’AI et d’assurance-maladie par rapport à la main-d’œuvre indigène. La plupart d’entre eux n’avaient pas droit à l’assurance-chômage durant l’entre-saison passée dans leur pays. En matière de prévoyance professionnelle, ils étaient souvent confrontés à des abus.
</p><h3>Pas de garantie de l’emploi&nbsp;&nbsp; </h3><p>À la fin de la saison, les saisonniers devaient prendre leurs bagages, souvent sans avoir l’assurance de pouvoir revenir la saison suivante, ce qui était une source de grande insécurité.
</p><p>Cette énumération prouve qu’il n’est pas exagéré de parler du statut de saisonnier comme d’un statut inhumain, contraire à la dignité de la personne et de la famille, un statut similaire au système d’apartheid de l’ancienne Afrique du Sud ou de «&nbsp;Kafala&nbsp;» actuellement en vigueur pour les travailleurs migrants au Qatar. 
</p><p> Un État qui tire les leçons du passé ne peut que dire&nbsp;: plus jamais de statut du saisonnier&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Migration</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1459</guid><pubDate>Wed, 12 Mar 2014 08:31:00 +0100</pubDate><title>Les contingents ne protègent de rien du tout !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-contingents-ne-protegent-de-rien-du-tout</link><description>Pourquoi renforcer, et non affaiblir, maintenant la protection des salaires


</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS, nous explique pourquoi les salaires doivent être mieux protégés en Suisse<a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2014/140311_Lampart_Sal-min_Contingents.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>. Des politicien(ne)s de l’UDC demandent déjà le démantèlement des mesures d’accompagnement. Une politique qui serait catastrophique pour l’ensemble des travailleurs et travailleuses, met en garde Daniel Lampart.</p><p>Et tout à coup, l’UDC se saisit aussi du thème des pressions sur les salaires. Tout à coup, elle éleva son initiative «&nbsp;Contre l’immigration de masse&nbsp;» au rang de protection contre la sous-enchère salariale. Avant la votation déjà, nous avions mis en garde, nous les syndicats, contre le renforcement de la pression sur les salaires et les emplois qu’entraînerait cette initiative. Ou, comme le disait un collègue&nbsp;: «&nbsp;L’initiative de l’UDC a presque autant à voir avec la protection des salaires et des emplois qu’un crocodile avec un hamster.&nbsp;» Pire encore, l’acceptation de cette initiative montre que s’il en va selon la volonté de l’UDC, les actuelles mesures de protection des salaires vont même disparaître. 
</p><p>Tout à coup, l’UDC dévoile ainsi son vrai visage, celui d’un parti hostile aux salarié(e)s. Par exemple, l’UDC grison Heinz Brand demande maintenant l’abolition des mesures d’accompagnement. Et le directeur radical-libéral de l’Union suisse des arts et métiers, Hans-Ulrich Bigler, s’imagine facilement faire des affaires sans ces mesures, mais avec des contingents, contrairement à de vastes pans de ces PME qui constituent pourtant sa base.
</p><p>Or, une Suisse avec une protection des salaires et des emplois moindre, ce ne serait pas une bonne chose. De fait, cette protection est déjà lacunaire. C’est pour cela que notre pays a besoin de mesures d’accompagnement renforcées, et non affaiblies. Et d’autant plus, après le oui à l’initiative isolationniste de l’UDC.
</p><h3>Des Chinois sur les chantiers&nbsp;?</h3><p>L’initiative de l’UDC veut revenir à une économie basée sur des contingents. Mais, en l’absence de la protection garantie par des mesures d’accompagnement, ceux-ci ne protègent aucunement les travailleurs et travailleuses. Prenons un exemple&nbsp;: si la construction avait droit à des contingents de 20&nbsp;000 unités, sans prescriptions spéciales, les entrepreneurs pourraient théoriquement engager 20&nbsp;000 Chinois pour des salaires bon marché. Les travailleurs et travailleuses présents en Suisse n’aurait alors plus aucune chance sur le marché de l’emploi. Et leurs salaires subiraient des pressions. 
</p><p>S’il est vrai que l’initiative de l’UDC veut que le Conseil fédéral décide de l’attribution des contingents, la réalité sera différente, comme nous l’ont appris les années 1990. À l’époque, il y avait des contingents en Suisse. C’était les milieux économiques qui faisaient alors pression sur le Conseil fédéral pour pouvoir recruter à l’étranger toute la main-d’œuvre dont ils avaient besoin. 
</p><p>C’est tout sauf un hasard si l’immigration n’a plus jamais été aussi forte qu’en ces temps. Mais au-delà des contingents, les employeurs sont aussi allés chercher dans le pays une main-d’œuvre au noir. Par exemple, pour l’agriculture. Ces saisonniers recrutés au noir n’ont même pas été recensés dans les statistiques officielles.
</p><h3>La sous-enchère salariale s’envole</h3><p>Avant l’introduction de la libre circulation des personnes et des mesures d’accompagnement, la sous-enchère salariale était un phénomène très répandu. Aucun contrôle n’était de fait réalisé dans les entreprises. Selon une étude de l’Université de Genève, un saisonnier recevait, pour un même travail, un salaire de presque 15&nbsp;% inférieur à celui d’un Suisse. Les salaires des frontaliers et frontalières aussi étaient inférieurs à ceux des Suisses et Suissesses. La situation ne s’est améliorée qu’avec les mesures d’accompagnement, les contrôles des salaires et les amendes. 
</p><p>Aujourd’hui, les cas de sous-enchère s’envolent. Raison pour laquelle, les salaires des frontaliers et frontalières se sont aussi améliorés ces dernières années. Ce qui n’a pas une influence positive uniquement pour eux, mais également pour les travailleurs et travailleuses indigènes, dont les salaires sont alors moins sous pression.
</p><h3>L’UDC contre la protection des salaires</h3><p>La libre circulation des personnes avec l’Union européenne (UE) a eu pour effet que les employeurs de Suisse ont d’abord été chercher de la main-d’œuvre dans des pays où les salaires et les conditions de travail sont comparables à ceux de Suisse, comme par exemple l’Allemagne. Cela aussi pourrait changer si l’UDC s’imposait. En effet, son initiative isolationniste ne dit rien sur cette question. Elle laisse les entreprises recruter de la main-d’œuvre dans les pays de leur choix.
</p><p>Le politicien et patron UDC Felix Muri et Heinz Brand, autre politicien UDC, veulent déjà du personnel asiatique pour le secteur de la santé et des soins. Selon eux, des Chinois(es) et des Philippin(e)s devraient travailler dans les hôpitaux et EMS suisses. Pour des salaires certainement très inférieurs à ceux qui sont versés actuellement dans cette branche où, conséquence logique, la pression sur les salaires ira s’accentuant. 
</p><p>La protection des travailleurs et travailleuses a toujours été une épine dans le pied de l’UDC. Le parti de Christoph Blocher s’était opposé en son temps aux mesures d’accompagnement. C’est pourquoi il fera en sorte que, après le 9 février aussi, les patrons puissent recruter à l’étranger autant de main-d’œuvre qu’ils voudront. Le jusqu’au-boutiste UDC Luzi Stamm propose déjà que le Conseil fédéral puisse exclure la main-d’œuvre frontalière des contingents… alors que l’initiative de son parti demande exactement l’inverse.
</p><h3>Les accords bilatéraux sont nécessaires</h3><p> Nous les syndicats, nous nous battrons contre le démantèlement de la protection des salaires. Les mesures d’accompagnement doivent être renforcées, pas affaiblies. Nous n’accepterons pas non plus que la position de la main-d’œuvre indigène qui ne dispose pas d’un passeport suisse se dégrade. Nous lutterons contre l’introduction d’un nouveau statut de saisonnier dont les conséquences seraient aussi catastrophiques pour les salarié(e)s suisses, car leurs salaires se retrouveraient comme autrefois sous pression. C’est pourquoi nous nous engageons pour la poursuite des accords bilatéraux avec l’UE. Sans eux, les salaires et les emplois du secteur de l’exportation seraient menacés. Et les vendeuses ou les peintres en pâtiraient finalement aussi. Petit pays, la Suisse crée une grande partie de sa prospérité en commerçant avec l’étranger. Et cela ne changera pas. 
</p><hr><p><a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2014/140311_Lampart_Sal-min_Contingents.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Article publié dans le journal work du&nbsp;7 mars 2014.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1457</guid><pubDate>Wed, 12 Mar 2014 08:27:00 +0100</pubDate><title>Les patrons refusent toute responsabilité</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/les-patrons-refusent-toute-responsabilite</link><description>Une nouvelle loi sur la formation continue conroversée</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Durant la session parlementaire en cours, le Conseil des États a empoigné le dossier de la loi sur la formation continue. Il est revenu sur une décision du Conseil national de biffer toute mention de la responsabilité des employeurs. En vue des débats au National, ces derniers persistent et signent&nbsp;: ils s’obstinent dans leur refus d’assumer une part de responsabilité dans la formation continue de leurs salariés.</p><p>C’est bien connu, les patrons préfèrent donner des leçons qu’en recevoir. Il en va de même de leurs dignes représentants au niveau national. S’agissant de formation, les représentants patronaux aiment prêcher la bonne parole&nbsp;: il faudrait valoriser l’apprentissage à l’école, limiter l’accès aux gymnases, baisser les coûts du système éducatif, réduire la charge des entreprises formatrices, adapter les cursus scolaires aux besoins des entreprises, former dans les métiers techniques, permettre de recruter librement la main-d’œuvre qualifiée à l’étranger, etc. La liste des exigences qu’ils posent à l’État et à la population rappelle les litanies dominicales. Par contre, quand il s’agit de prendre leurs propres responsabilités, ils désertent les églises&nbsp;: les devoirs, c’est bon pour les autres. Pas question de sacrifier sa sainte liberté sur l’autel du progrès et de la cohésion sociale.
</p><h3>Un premier débat affligeant</h3><p>Dernier exemple en date&nbsp;: les délibérations sur la nouvelle loi sur la formation continue. C’est le Conseil national qui a procédé au premier examen du texte législatif lors de la session d’hiver. Les représentants des patrons se sont démenés pour forcer la Chambre du peuple à biffer un alinéa demandant modestement que&nbsp;: «&nbsp;les employeurs, publics et privés, favorisent la formation continue de leurs employés&nbsp;». Des parlementaires bourgeois opposés à cet alinéa sont allés jusqu’à soutenir une minorité de gauche pour des raisons purement tactiques. Une opération certes habile, mais &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; qui, pour qui aurait de toute évidence intérêt à promouvoir la formation, passe totalement à côté de la cible. 
</p><h3>Le Conseil des États corrige le tir</h3><p>Heureusement, le Conseil des États est revenu à une nette majorité sur la proposition du Conseil fédéral. Certes, la formulation proposée n’est de loin pas en mesure de satisfaire les syndicats qui demandaient l’introduction d’un droit individuel au congé de formation. Mais si minimaliste soit elle, elle a au moins le mérite de signaler aux employeurs qu’ils ont le devoir ne pas entraver la formation continue de leurs employés.
</p><p> La balle est maintenant dans le camp du Conseil national qui devrait se prononcer le 18&nbsp;mars sur les divergences qui subsistent encore. Espérons qu’il restera cette fois-ci imperméable aux manœuvres tactiques douteuses et insensible aux jérémiades des milieux patronaux qui, trop chouchoutés par l’establishment, semblent avoir perdu tout sens des responsabilités.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1458</guid><pubDate>Wed, 12 Mar 2014 08:23:00 +0100</pubDate><title>Un pays fort. Des salaires justes</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/un-pays-fort-des-salaires-justes</link><description>Journée internationale de la femme: les femmes des syndicats pour les salaires minimums</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les femmes sont concernées plus que la moyenne par les bas salaires. C’est pourquoi, lors de la Journée internationale de la femme de samedi 8 mars, les femmes des syndicats ont appelé dans toute la Suisse à voter pour l’initiative sur les salaires minimums. Avec un salaire minimum de 22&nbsp;francs de l’heure, plus de 220&nbsp;000 femmes verraient leur salaire augmenter, de quoi faire progresser notablement la lutte contre les inégalités de salaire entre femmes et hommes.</p><h3><span>Des actions dans tout le pays</span></h3><p>À Bâle, par exemple, un parapluie «&nbsp;salaire minimum&nbsp;» a été remis à la conseillère d’État Eva Herzog, alors que, dans le canton de Vaud, des militantes ont publié un numéro spécial «&nbsp;8 minutes&nbsp;» avec des textes consacrés à l’initiative sur les salaires minimums et à l’égalité salariale entre femmes et hommes. Syndicom a, pour sa part, été à la rencontre de femmes au travail et a distribué des tracts. Quant à Unia, il a aussi distribué dans des entreprises et dans la rue des tracts et des oursons en gomme gélifiée en forme de 4&nbsp;000. Et à Genève comme à Zurich, une grande manifestation.
</p><p> Avec ces actions et nombre d’autres encore, les femmes ont montré qu’elles s’engagent elles aussi de toutes leurs forces dans la campagne pour l’initiative sur les salaires minimums. Car, précisément pour elles, un pays fort doit verser des salaires justes. Cela, aux hommes comme aux femmes&nbsp;!</p><ul style="font-size: 12px; "><li style="font-size: 12px; "><strong><span style="font-size: 12px; "><a href="http://www.mindestlohn-initiative.ch/wp-content/uploads/2014/03/Argumentaire-sur-limportance-dun-salaire-minimal-l%C3%A9gale-pour-femmes.pdf" target="_blank" data-mce-href="http://www.mindestlohn-initiative.ch/wp-content/uploads/2014/03/Argumentaire-sur-limportance-dun-salaire-minimal-légale-pour-femmes.pdf" rel="noreferrer">Argumentaire sur l'importance d'un salaire minimal légale pour femmes</a></span></strong></li></ul>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1456</guid><pubDate>Sat, 08 Mar 2014 14:02:00 +0100</pubDate><title>L’initiative sur les salaires minimums : un outil contre la discrimination salariale à l’encontre des femmes</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/l-initiative-sur-les-salaires-minimums-un-outil-contre-la-discrimination-salariale-a-l-encontre-des-femmes</link><description>Journée internationale de la femme</description><content:encoded><![CDATA[<p><strong>En Suisse, les femmes sont concernées plus que la moyenne par les bas salaires. La principale raison est la discrimination salariale dont elles sont victimes. C’est pour cela qu’à l’occasion de la Journée internationale de la femme d’aujourd’hui, les femmes des syndicats appellent dans toute la Suisse à voter pour l’initiative sur les salaires minimums. Avec un salaire minimum de 22&nbsp;francs de l’heure, plus de 220&nbsp;000 femmes verraient leur salaire augmenter, de quoi faire progresser notablement la lutte contre les inégalités de salaire entre femmes et hommes.</strong></p><p>Les chiffres parlent d’eux-mêmes&nbsp;: en Suisse, plus des deux tiers des 330&nbsp;000 personnes qui gagnent moins de 22 francs de l’heure sont des femmes. Beaucoup de branches sont concernées, du commerce de détail aux soins privés à la personne, en passant par les centres d’appels et le nettoyage. En 2010, presque trois fois plus de femmes titulaires d’un apprentissage que d’hommes ont dû se contenter d’un bas salaire. Dans le commerce de détail, les vendeuses gagnent en moyenne 633 francs de moins par mois que les vendeurs. Autant de signes qui indiquent clairement que le problème des bas salaires des femmes relève surtout de la discrimination sexuelle.
</p><p>Le salaire minimum légal demandé par l’initiative qui sera soumise au vote le 18 mai permettrait de remédier à cette situation. Les salaires de plus de 200&nbsp;000 femmes devraient alors être relevés. En tout, la masse salariale concernant ces femmes augmenterait d’un milliard de francs. C’est plus qu’un huitième de la différence discriminatoire totale entre salaires féminins et salaires masculins. L’initiative sur les salaires minimums représente donc une des mesures les plus efficaces pour lutter contre la discrimination à l’encontre des femmes. Ainsi, le but constitutionnel d’«&nbsp;un salaire égal pour un travail de valeur égale&nbsp;» se rapprocherait beaucoup.
</p><p>Pour ces raisons, les femmes des syndicats s’engagent aujourd’hui, dans le cadre de dizaines d’actions à travers tout le pays, pour l’initiative sur les salaires minimums et contre la discrimination salariale à l’encontre des femmes.</p><ul><li><strong><a href="http://www.mindestlohn-initiative.ch/wp-content/uploads/2014/03/Argumentaire-sur-limportance-dun-salaire-minimal-l%C3%A9gale-pour-femmes.pdf" target="_blank" data-mce-href="http://www.mindestlohn-initiative.ch/wp-content/uploads/2014/03/Argumentaire-sur-limportance-dun-salaire-minimal-légale-pour-femmes.pdf" rel="noreferrer">Argumentaire sur l'importance d'un salaire minimal légale pour femmes</a></strong></li></ul>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1450</guid><pubDate>Fri, 28 Feb 2014 14:28:00 +0100</pubDate><title>Des raisons sociales et écologiques pour rejeter l’initiative</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/des-raisons-sociales-et-ecologiques-pour-rejeter-l-initiative</link><description>L’autogoal d’Ecopop



</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors de sa prochaine session, le Conseil des États examinera l’initiative Ecopop, dont le nom suggère davantage de durabilité. Or, elle génère l’effet contraire, c’est-à-dire une précarisation des conditions de travail et un impact accru sur l’environnement. Pourquoi&nbsp;?</p><p>Le but de l’initiative Ecopop est de freiner l’augmentation de la «&nbsp;population stable&nbsp;» en limitant l’immigration, une mesure qui ne toucherait ni les frontaliers-ères, ni les titulaires d’une autorisation de courte durée. En effet, seuls sont assimilés à la population stable les étrangers et étrangères qui possèdent une autorisation de séjour ou d’établissement (permis B et C). Si les permis B et C étaient contingentés à la suite de l’acceptation d’Ecopop, les employeurs suisses se rabattraient sur les frontaliers-ères et sur les titulaires d’une autorisation de courte durée, créant ainsi un problème à la fois social et écologique. 
</p><p>L’autorisation de courte durée a pour corollaire un contrat de travail de durée déterminée, de sorte que son titulaire vivrait dans l’angoisse permanente de perdre non seulement son poste, mais aussi son droit de séjour en Suisse. C’est dire si la précarité augmenterait. Mis sous pression, certains titulaires d’autorisation de courte durée sont disposés à revoir leurs prétentions salariales à la baisse. Dans l’ancien système de contingentement, les saisonniers gagnaient par exemple près de 15&nbsp;pour cent moins que les ressortissants suisses pour le même travail. En conséquence, la logique d’Ecopop favoriserait la sous-enchère salariale, en premier lieu pour les personnes directement concernées, mais aussi pour les salarié(e)s indigènes, lorsque, ultérieurement, les employeurs tenteront de leur imposer les salaires inférieurs versés aux titulaires d’une autorisation de courte durée. 
</p><p>Si les employeurs ont davantage recours aux frontaliers-ères, la pollution augmentera. Il est en effet possible de travailler comme frontalier en Suisse au départ de Londres ou de Varsovie&nbsp;: il suffit de rentrer à la maison une fois par semaine. Le frontalier ou la frontalière aura deux logements, l’un en Suisse, l’autre chez lui, et fera parfois de longs déplacements, dont certains en avion. Même si les zones frontalières étaient à nouveau limitées aux zones limitrophes de la Suisse, comme cela était le cas auparavant, le bilan écologique devrait être négatif. Il suffit de penser aux embouteillages le soir dans les régions frontalières. 
</p><p>L’initiative Ecopop repose à l’origine sur une erreur de raisonnement. Elle veut atteindre des objectifs en matière de durabilité en limitant l’immigration dans un territoire aussi petit que la Suisse. Cette approche est condamnée à l’échec. En effet, une personne qui émigre est déjà sur la Terre. Si elle occasionne dans son pays d’origine la même pollution qu’en Suisse, le bilan mondial reste inchangé, car la pollution n’a pas de frontière. Lorsque quelqu’un émigre d’Allemagne en Suisse, le bilan écologique mondial pourrait même s’améliorer, si cet immigré(e) prend moins la voiture et plus le train. Selon les statistiques officielles, l’automobile est davantage utilisée en Allemagne, tandis que la part des transports publics est supérieure en Suisse.
</p><p>Il faut dès lors opposer une fin de non-recevoir à l’initiative Ecopop, qui repose sur une erreur de conception et nuit tant aux salarié(e)s qu’à l’environnement. </p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1449</guid><pubDate>Fri, 28 Feb 2014 14:25:00 +0100</pubDate><title>Stop à une concurrence absurde sur le dos des assurés</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/stop-a-une-concurrence-absurde-sur-le-dos-des-assures</link><description>L’initiative populaire « Pour une caisse maladie publique » permet de changer de système 


</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 5&nbsp;mars 2014, le Conseil national examinera à son tour l’initiative populaire «&nbsp;Pour une caisse maladie publique&nbsp;». Comme l’ont fait le Conseil fédéral et le Conseil des États avant lui, il rejettera probablement l’initiative, laissant ainsi passer une occasion en or. En effet, cette initiative entend mettre fin une fois pour toutes à la gestion d’une assurance sociale selon les principes de l’économie de marché et à la pseudoconcurrence entre les caisses. Une mesure nécessaire, car ce sont les assurés qui font les frais de cette concurrence.</p><p>L’USS donne ses suffrages à l’initiative populaire «&nbsp;Pour une caisse maladie publique&nbsp;», qui opère un changement de cap important dans la santé. Une seule caisse, dotée d’agences cantonales, gérerait l’assurance de base, en lieu et place de la soixantaine de caisses-maladie qui se font concurrence sur le dos des assurés, dont des délégué(e)s siégeraient dans les organes de la caisse unique aux côtés des représentants de la Confédération et des cantons.
</p><h3>Mettre fin à l’intrusion de l’économie de marché dans une assurance sociale&nbsp;!</h3><p>La loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal) est en vigueur depuis le 1er&nbsp;janvier 1996. L’assurance-maladie est une assurance sociale, dont la mission consiste à garantir une couverture universelle des frais de traitement en cas de maladie. Depuis l’entrée en vigueur de la LAMal, toute la population a ainsi accès à des soins de qualité. Et il n’y a aucune raison pour que cela change. Dans l’assurance de base, le catalogue des prestations et les règles sont les mêmes pour tous et pour toutes. 
</p><p>L’entrée en vigueur de la LAMal n’a pas aboli la concurrence entre les assureurs-maladie, conformément à la volonté du législateur. Il s’agissait de la première tentative de doter une assurance sociale d’une organisation conforme aux lois du marché. Nous estimons que cette tentative s’est soldée par un échec, car ce sont les assurés qui paient les pots cassés. En dépit de la concurrence réglementée, les lois du marché n’ont abouti ni à un accroissement de l’efficience, ni à une amélioration de la qualité. Au lieu de privilégier la diversification, la promotion de la santé et la gestion des coûts, les caisses pratiquent la sélection des risques&nbsp;: elles s’emploient par tous les moyens à attirer les assurés occasionnant le moins de frais possible. La pratique a ainsi montré que les malades chroniques et les personnes âgées (les mauvais risques) doivent attendre plus longtemps que les personnes en bonne santé (les bons risques) après avoir déposé une demande pour l’assurance de base. 
</p><p>Actuellement, les caisses pratiquent tant l’assurance de base que les assurances complémentaires. Il est naïf de croire à une séparation systématique des deux secteurs dans une seule et même caisse. Or, cette séparation est nécessaire pour éviter le transfert de données sur la santé des assurés qui servent à la sélection des risques.
</p><p>Dans l’assurance de base, le catalogue de prestations est le même pour tous et toutes. En outre, des règles identiques s’appliquent aux traitements médicaux, à la rééducation et aux soins. Or, la réalité est toute autre. La pluralité des caisses nuit en effet à la transparence et à l’équité du système, comme le montre l’exemple des garanties de prise en charge. Lorsqu’une patiente doit faire un séjour en clinique de rééducation après une opération, elle doit obtenir une garantie de prise en charge. Le temps que prend cette démarche varie d’une caisse à l’autre. Certaines caisses refusent de donner une garantie de prise en charge là où d’autres l’accordent sans formalités. Autrement dit, les patient(e)s sont dépendants du bon vouloir de la caisse et l’égalité de traitement n’est qu’une illusion.
</p><h3>Mettre fin au pouvoir des caisses</h3><p>Actuellement, les caisses sont opaques et les assuré(e)s n’ont pas leur mot à dire, car ils n’y sont pas représentés. Ils ne savent pas ce qu’adviennent leurs primes et ne peuvent exercer aucune influence sur la politique commerciale, qui ne dépend que des caisses, des membres de leur conseil d’administration et de leurs groupes de pression, comme Santésuisse.
</p><p>La caisse-maladie publique résout le problème de la sélection des risques, garantit l’égalité de traitement, instaure la transparence en séparant systématiquement l’assurance de base et les assurances complémentaires et prive les caisses de leur pouvoir. Ce changement de systèmes est nécessaire, ne serait-ce que pour protéger les assurés.</p>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1448</guid><pubDate>Fri, 28 Feb 2014 14:21:00 +0100</pubDate><title>Une bouée pour la formation supérieure menacée de naufrage</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/une-bouee-pour-la-formation-superieure-menacee-de-naufrage</link><description>Contre-projet à l’initiative sur les bourses



</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Parlement discutera prochainement d’un projet de loi visant à renforcer les aides à la formation au niveau tertiaire. Si les diverses améliorations proposées passent le cap, cette loi pourrait donner un coup de pouce bienvenu à un domaine mis sérieusement à mal par le vote «&nbsp;contre l’immigration de masse&nbsp;». Ceci tout en ouvrant de nouvelles perspectives pour la formation professionnelle. </p><p>Depuis la votation «&nbsp;sur l’immigration de masse&nbsp;», les mauvaises nouvelles n’ont cessé de s’accumuler. Tout particulièrement dans le domaine de la formation supérieure. L’annonce par l’Union européenne de la suspension des négociations pour les programmes d’échanges Erasmus+ et de recherche Horizon 2020 a fait l’effet d’un électrochoc. Peu de citoyens ont réalisé qu’un OUI à l’initiative isolationniste allait avoir des conséquences bien au-delà des questions de migration.
</p><h3>Un véritable auto-goal</h3><p>Et pourtant&nbsp;: cette votation aura des conséquences incalculables dans des domaines vitaux pour la Suisse, y compris celui de la formation. En effet, pour faire face à l’essor exceptionnel de l’emploi ces derniers dix ans (+13% d’emplois plein temps), la Suisse a fait appel à de nombreux travailleurs très qualifiés en provenance des pays voisins, la plupart titulaires de diplômes du degré tertiaire. La Suisse a donc profité d’un formidable effet de « brain drain » au dépend de ses voisins européens. Grâce à lui, elle a pu freiner considérablement ses investissements dans la formation initiale et l’enseignement supérieur… tout en profitant largement des programmes de l’Union Européenne pour développer son secteur de la recherche et de l’innovation&nbsp;!
</p><p>Il est clair que pour les travailleurs qualifiés européens, la Suisse va perdre en attractivité. Les chicanes administratives pour obtenir le regroupement familial risque de décourager plus d’un chercheur et plus d’un médecin. Pour ces personnes, les perspectives au sein de la communauté européenne ne manqueront pas. La Suisse va donc se trouver le dos au mur avec principalement deux options&nbsp;: d’une part, investir elle-même massivement dans la formation et l’éducation, d’autre part, élargir progressivement son bassin de recrutement aux pays extra-européens.
</p><h3>Un malaise grandissant chez les professionnels</h3><p>Paradoxalement, bien qu’elle ne parvienne pas à former les spécialistes dont elle a besoin, la Suisse se targue d’avoir un des meilleurs systèmes au monde, notamment grâce à sa formation professionnelle. Or, celle-ci a énormément perdu en attractivité. Pour une raison bien simple&nbsp;: les jeunes sont de plus en plus conscients qu’un apprentissage ne garantit plus aujourd’hui un salaire décent et la perspective de fonder une famille dans la dignité. 
</p><p>C’est pourquoi, aujourd’hui beaucoup de jeunes professionnels essaient de poursuivre leur formation après l’apprentissage. Il se trouve que ces personnes, qui proviennent souvent de milieux plutôt modestes, obtiennent rarement un soutien financier pour accéder à la formation professionnelle supérieure. Malgré des taxes généralement très élevées, seulement 3 % bénéficient d’une aide à la formation (bourse ou prêt), contre 8% en moyenne. Or, la poursuite d’une telle formation s’accompagne de sacrifices personnels et financiers très importants. D’autant plus que les personnes concernées sont souvent dans une phase de leur vie où ils assument déjà des responsabilités familiales.
</p><h3>Le contre-projet sur les bourses&nbsp;: une chance de rattrapage</h3><p>Ce manque général de reconnaissance et ce sentiment d’injustice ressenti par nos professionnels est une des causes du malaise qui a conduit au vote-sanction du 9 février. Durant le mois de mars, le Parlement aura une première chance de se rattraper&nbsp;: on lui soumettra, un projet de révision de la loi sur les aides à la formation en guise de contre-projet à l’initiative sur les bourses de l’Unes. À cette occasion, le Parlement aura la possibilité de&nbsp;:
</p><p>·&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; lier le soutien de la Confédération au respect par les cantons des montants d’aide minimaux fixés dans le concordat intercantonal&nbsp;;
</p><p>·&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; augmenter significativement les contributions fédérales afin de renforcer l’effet incitatif sur les cantons, en favorisant particulièrement ceux qui sont généreux en matière d’aide à la formation&nbsp;;
</p><p>·&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; prévoir des aides fédérales directes pour répondre par exemple aux besoins spécifiques de la formation professionnelle supérieure ou aux besoins urgents de personnel qualifié dans certaines branches (santé notamment).
</p><p>Si ces trois volets devaient passer la rampe du Parlement, la nouvelle loi sur les aides à la formation pourrait être considérée comme un contre-projet sérieux à l’initiative sur les bourses de l’Unes. En offrant de nouvelles perspectives de développement, notamment en faveur de la formation professionnelle, elle pourrait contribuer à réduire les inégalités entre les voies de formation et ainsi à mieux répondre aux divers besoins de personnel qualifié.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1447</guid><pubDate>Fri, 28 Feb 2014 14:15:00 +0100</pubDate><title>Nuire sciemment à la santé</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/nuire-sciemment-a-la-sante</link><description>Contre la suppression graduelle de l’enregistrement de la durée du travail
</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’épuisement professionnel, la dépression et d’autres maladies professionnelles dues au stress ont fortement progressé ces dix dernières années en Suisse. Cela n’empêche pas les députés Niederberger et Aeschi de présenter des motions visant à supprimer l’un des garde-fous les plus efficaces contre les maladies psychiques&nbsp;: l’enregistrement de la durée du travail. Ces interventions vont à l’encontre de toutes les connaissances scientifiques&nbsp;: les salarié(e)s et les assurances sociales paieraient les pots cassés. </p><p>Il faut éviter que les limites entre temps de travail et loisirs ne s’estompent, affirment en chœur médecins du travail et psychologues. Actuellement, le droit du travail prévoit l’enregistrement obligatoire de la durée du travail pour les salarié(e)s «&nbsp;normaux&nbsp;», les cadres n’entrant pas dans le champ d’application. La loi protège donc aujourd’hui déjà les catégories les plus faibles. 
</p><p>Le conseiller aux États Paul Niederberger (PDC NW) et le conseiller national Thomas Aeschi (UDC ZG) entendent limiter l’enregistrement de la durée du travail. Leurs motions, qui ont pratiquement la même teneur, demandent de donner aux salarié(e) «&nbsp;qui le souhaitent&nbsp;» l’option de renoncer à enregistrer la durée du travail. Le problème des motions, que le Conseil fédéral recommande aussi de rejeter, est qu’il est difficile, dans la pratique, de prouver le caractère volontaire ou forcé de cette décision et que cette option exerce une pression accrue en faveur de l’abolition générale de l’enregistrement de la durée du travail. 
</p><p>Les deux motions trahissent ainsi une bonne dose de cynisme. En effet, il est particulièrement important d’assurer le respect sans réserve des dispositions légales relatives à la durée maximale du travail à une époque où l’essor du travail à domicile, des modèles de temps de travail atypiques et du temps partiel (surtout pour les femmes) est indéniable. Lorsque la durée du travail n’est plus enregistrée, les limites entre travail et repos s’estompent toujours plus, ce qui nuit à la santé. Les études prouvent en effet que la suppression de l’enregistrement du temps de travail est en corrélation avec l’augmentation du stress et des malades psychiques, comme l’épuisement professionnel («&nbsp;burnout&nbsp;»). En outre, il n’est pas rare que les salarié(e)s se rendent au travail même lorsqu’ils sont malades.
</p><p>Il est à espérer que cette évidence s’impose aussi au Parlement. 
</p><p>Pour de plus amples informations&nbsp;: Luca Cirigliano&nbsp;: Arbeitszeit kontrollieren statt Burnouts kurieren. Mangelhafter Vollzug der Arbeitszeiterfassung in den Kantonen. Dossier USS no&nbsp;100 (avec introduction, conclusions et perspectives en français)&nbsp;: &lt;link uploads media&gt;<a href="http://www.sgb.ch/uploads/media/100df_LC_Arbeitszeiterfassen.pdf" target="_blank">www.sgb.ch/uploads/media/100df_LC_Arbeitszeiterfassen.pdf</a></p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1446</guid><pubDate>Fri, 28 Feb 2014 14:09:00 +0100</pubDate><title>Un signe de solidarité avec les employé(e)s domestiques</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/un-signe-de-solidarite-avec-les-employe-e-s-domestiques</link><description>Ratifier la Convention no 189 de l’OIT </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors de cette session, les Chambres fédérales ont l’occasion, en ratifiant la Convention no&nbsp;189 de l’OIT, de poser un signe en faveur de la dignité du travail des employé(e)s domestiques. Actuellement, ces salarié(e)s, des femmes pour l’essentiel, ne bénéficient que d’une protection dérisoire contre l’exploitation, les abus et même les mauvais traitements. </p><p>La Suisse a joué un rôle de premier plan dans l’élaboration de la Convention no&nbsp;189 par l’OIT, une organisation dont la particularité est d’être tripartite. Cette convention améliorera le statut juridique des employé(e)s de maison dans les domaines de la rémunération, de la durée du travail, de la sécurité sociale et de la santé et sécurité au travail. En effet, les employé(e)s domestiques jouiront des mêmes conditions que les autres salarié(e)s. La Convention prévoit par ailleurs des règles particulières pour les employé(e)s qui vivent dans le même ménage que l’employeur&nbsp;: leur vie privée doit être respectée et ils ont droit à un logement et à des conditions de vie décents. 
</p><p>Des pays importants, comme le Brésil, où de très nombreux employé(e)s domestiques vivent chez l’employeur, ont déjà ratifié la convention, tout comme l’Allemagne. Le Parlement suisse a lui aussi la possibilité de poser un signe de solidarité, de reconnaissance et de protection en faveur des employé(e)s domestiques victimes de la précarisation. 
</p><p>C’est surtout dans les pays émergents comme le Brésil ou dans les économies florissantes des pays arabes que les droits de ces employés sont foulés aux pieds. Contrats inexistants ou incompréhensibles, interdiction de toute activité syndicale ou abus manifestes sont malheureusement le pain quotidien de cette catégorie de travailleurs et travailleuses. En Suisse, l’opinion publique a eu soudainement connaissance de ces conditions de travail indignes de la personne humaine lorsque des membres de la famille Kadhafi ont été arrêtés à Genève pour avoir maltraité leur personnel. Dans divers pays d’Amérique du Sud ou d’Arabie, les immigré(e)s qui travaillent au sein du ménage de l’employeur sont souvent privés de leur passeport et leur autorisation de séjour dépend du bon vouloir de leur patron, de sorte qu’ils sont livrés sans protection à l’arbitraire.
</p><p>Il est donc d’autant plus important que la Convention no&nbsp;189 de l’OIT concernant le travail décent pour les travailleuses et travailleurs domestiques soit ratifiée par le plus grand nombre de pays possible, afin que le droit international dispense une protection minimale à cette catégorie d’employé(e)s particulièrement vulnérable.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1443</guid><pubDate>Thu, 27 Feb 2014 08:50:00 +0100</pubDate><title>Le travail doit en valoir la peine </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-travail-doit-en-valoir-la-peine</link><description>Oui à l’initiative sur les salaires minimums</description><content:encoded><![CDATA[<p>Lorsque l’on travaille à plein temps, on doit aussi pouvoir vivre de ce travail. C’est ce qu’exige la dignité humaine. Mais tout autant la raison économique. Il n’est pas acceptable que quelqu’un qui travaille à plein temps doive en plus être soutenu par l’Etat afin qu’il ou elle puisse vivre. Les subventions salariales aux patrons qui versent de mauvais salaires sont indécentes et économiquement aberrantes. 
</p><p>Il y a en Suisse environ 330’000 personnes qui doivent travailler à plein temps pour des salaires inférieurs à 22 francs de l’heure. Un tiers d’entre elles dispose d’une formation professionnelle certifiée. Elles fournissent quotidiennement un travail qualifié sans pouvoir en vivre dignement. L’initiative des syndicats sur les salaires minimums vise à changer cette situation, car il est temps qu’en Suisse, il vaille la peine de travailler pour tout le monde. 
</p><p>Les salaires minimums viennent aussi en aide à la formation professionnelle. La plus grande difficulté, pour notre bon système d’apprentissage, est que ceux et celles qui en sortent avec une certification n’obtiennent pas une rémunération leur permettant de vivre décemment. Les salaires minimums représentent la mesure décisive pour valoriser l’apprentissage. Il n’y a pas que le travail qui doit en valoir la peine: l’apprentissage aussi.
</p><p>En comparaison nationale, les conditions salariales régnant dans le secteur du commerce de détail sont particulièrement préoccupantes. Près de 50’000 salarié(e)s y gagnent mois de 22 francs de l’heure. Il existe de bonnes conventions collectives chez les grands distributeurs Coop et Migros; en revanche, les conditions de travail sont sérieusement mauvaises dans les grandes chaînes de magasins de vêtements et de chaussures qui refusent de conclure des conventions collectives de travail. Ce sont des branches qui connaissent de hauts rendements et une énorme croissance de la productivité. Mais qui refusent de verser des salaires décents à leurs vendeuses et vendeurs. 
</p><p>Ces conditions salariales intenables dans le commerce de détail et en particulier dans les grandes chaînes de magasins de vêtements et de chaussures, montrent qu’il y a encore fort à faire. Mais cela montre aussi où le bât blesse en Suisse. Contrairement à d’autres pays où les bas salaires sont surtout un problème concernant les jeunes, en Suisse, les salaires trop bas sont majoritairement une affaire de salariées mal rémunérées. Dans ce pays, la discrimination salariale reste forte. Pour un travail de valeur égale, les femmes gagnent 630 francs de moins par mois que les hommes dans le commerce de détail. Les salaires minimums représentent la mesure la plus efficace contre la discrimination salariale des femmes en Suisse. 
</p><p>L’initiative sur les salaires minimums stimule aussi le partenariat social. Le salaire minimum légal s’applique là où il n’y a pas de convention collective de travail. L’anomalie qui fait que, dans les branches sans convention, les patrons peuvent ne respecter aucune règle en matière de salaires doit être supprimée dans l’intérêt de tout le monde. 
</p><p>Un mot finalement en relation avec les rentes. Des salaires trop bas mènent à des rentes insuffisantes à la retraite. Les salaires décents forment la base de rentes décentes. Et si, grâce à l’initiative sur les salaires minimums, les rémunérations du bas et du milieu de la pyramide salariale augmentent, cela contribuera aussi au financement de l’AVS. Car contrairement aux dividendes des actionnaires, les salaires sont complètement soumis à cotisation. 
</p><p>Depuis son lancement, l’initiative a déjà eu un effet anticipé notable. En effet on a pu constater qu’il n’y avait pas seulement les salarié(e)s chichement payés pour leur travail qui ont un problème : les patrons qui versent à leurs employé(e)s un salaire ne leur permettant pas de vivre correctement, malgré un emploi à plein temps, ces patrons-là ont un problème dans le débat public. 
</p><p>Le travail des femmes et des hommes a non seulement une valeur, il a aussi un prix. L’initiative sur les salaires minimums vise à assurer une part élémentaire de justice dans la politique salariale. Car une politique des bas salaires n’a pas de sens pour la Suisse.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1369</guid><pubDate>Wed, 26 Feb 2014 16:15:00 +0100</pubDate><title>1,7 million de voix pour une Europe sociale peuvent provenir de Suisse</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/1-7-million-de-voix-pour-une-europe-sociale-peuvent-provenir-de-suisse</link><description>Élections au Parlement européen </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 25&nbsp;mai 2014, les citoyen(ne)s de l’Union européenne sont appelés à renouveler leur Parlement. Les ressortissant(e)s de l’un des pays membres domiciliés en Suisse ont eux aussi le droit de vote. L’USS les encourage à suivre la voie des forces sociales et démocratiques. </p><p>En Suisse, plus de 1,7&nbsp;million de personnes ont un passeport européen et peuvent donc voter lors des élections européennes, pour autant qu’elles aient le droit de vote dans leur pays d’origine. Les syndicats de l’USS demandent à ces électeurs et électrices de le faire. Le Parlement qui sera issu de ce scrutin sera appelé à amorcer un tournant politique pour tourner le dos à l’austérité et à ses conséquences catastrophiques et récupérer les acquis sociaux. Pour cela, il faut toutefois renverser les majorités.
</p><p>Actuellement, c’est le groupe des députés démocrates-chrétiens (la CDU allemande, Forza Italia de Berlusconi et l’ÖVP autrichien, p.ex.) qui constitue le groupe le plus fort du Parlement européen. Ces partis sont les responsables de la politique d’austérité actuelle, du creusement des inégalités et de l’affaiblissement de la protection des salarié(e)s. Le deuxième groupe le plus fort est l’Alliance progressiste des Socialistes &amp; Démocrates (comme le SPD allemand, le PSOE espagnol ou le PS français). Ce groupe, qui défend une Europe sociale et solidaire, se mobilisera en faveur du «&nbsp;Plan Marshall&nbsp;»demandé par les syndicats européens. 
</p><p>Pour l’instant, nous vous signalons les diverses démarches à entreprendre afin que vous puissiez voter aux élections européennes. Attention&nbsp;: les délais sont serrés pour certains États. 
</p><h2><a name="inscrire"></a>S’inscrire pour voter&nbsp;: comment faire&nbsp;?</h2><h3>Portugal</h3><p>Vous pouvez vérifier, dans le <a href="http://www.recenseamento.mai.gov.pt" target="_blank" class="external-link" rel="noreferrer">registre des électeurs mis en ligne</a>, si vous êtes inscrit et, si oui, où. Si vous ne l’êtes pas, vous pouvez faire les démarches nécessaires auprès de l’ambassade ou du consulat. Si vous êtes encore inscrit au Portugal, vous pouvez demander à l’ambassade de remplacer votre ancienne adresse par votre adresse en Suisse. L’inscription doit se conclure 60&nbsp;jours avant les élections, c’est-à-dire au plus tard le 21&nbsp;mars. Vous pouvez voter personnellement dans les bureaux de vote de l’ambassade ou des consulats à Genève, Berne, Zurich, Lugano et Sion les 24 et 25&nbsp;mai.
</p><p>Pour plus d’informations&nbsp;: <a href="http://www.portaldoeleitor.pt" target="_blank" class="external-link" rel="noreferrer">www.portaldoeleitor.pt</a></p><h3>Espagne</h3><p>Assurez-vous que vous êtes inscrit au registre des électeurs de votre consulat et faites-le si vous ne l’êtes pas encore. Si vous êtes inscrit, vous recevrez automatiquement la demande de vote intitulée «&nbsp;solicitud de voto&nbsp;», qui vous permet de voter aux élections européennes. Vous devez remplir la demande et l’envoyer en Espagne avec une copie de vos pièces d’identité espagnoles. Ces documents doivent parvenir en Espagne le 26&nbsp;avril au plus tard. Vous recevrez ensuite les bulletins de vote sur papier. Vous pouvez voter en personne du 21 au 23&nbsp;mai au consulat ou par correspondance en envoyant une lettre au consulat jusqu’au 20&nbsp;mai. 
</p><p>Pour plus d’informations&nbsp;: <a href="http://www.infoelectoral.mir.es" target="_blank" class="external-link" rel="noreferrer">www.infoelectoral.mir.es</a></p><h3>Italie</h3><p>Les Italien(ne)s qui résident en dehors de l’Union européenne – comme la Suisse – doivent se rendre dans leur commune d’origine pour voter. Ils ont alors la possibilité d’élire les candidats locaux (ils ne peuvent pas élire des Italien(ne)s de l’étranger, cela n’est possible que pour les élections au Parlement national). Pour cela, il leur faut leur «&nbsp;certificato elettorale&nbsp;». Les chemins de fer italiens accordent des remises aux électeurs sur les billets de train et de bateau. 
</p><p>Pour plus d’informations&nbsp;: <a href="http://www.ambberna.esteri.it" target="_blank" class="external-link" rel="noreferrer">www.ambberna.esteri.it</a></p><h3>Allemagne</h3><p>Si vous avez le droit de vote pour les élections au Parlement allemand, vous pouvez aussi élire les députés européens (cette disposition s’applique aux ressortissant(e)s allemands en Suisse qui ont quitté leur domicile allemand depuis moins de 25&nbsp;ans). Demandez à la commune compétente en Allemagne de vous inscrire sur le registre électoral, une démarche qui doit être accomplie avant chaque élection. Le délai est probablement d’environ trois semaines avant le scrutin, ce qui veut dire que vous devrez vous inscrire au plus tard à la fin avril.
</p><p>Document servant à l’inscription&nbsp;: <a href="http://www.bundeswahlleiter.de" target="_blank" class="external-link" rel="noreferrer">www.bundeswahlleiter.de</a></p><h3>France</h3><p>Les ressortissant(e)s français devaient demander d’être inscrits sur les listes d’électeurs au plus tard le 31&nbsp;décembre 2013. 
</p><h3>Croatie</h3><p>Les électeurs et électrices croates doivent s’inscrire auprès de l’ambassade ou du consulat au plus tard dix jours avant le scrutin (c’est-à-dire jusqu’au 14&nbsp;mai). Ils doivent voter en personne, soit à l’ambassade de Berne, soit au consulat de Zurich. 
</p><p>Autres États membres de l’UE&nbsp;: vous trouverez &lt;media 1790 - - "TEXT, 140220 Tabelle EU-Wahl wie, 140220_Tabelle_EU-Wahl_wie.pdf, 23 KB"&gt;ici&lt;/media&gt; un tableau avec les informations pour tous les États. Vous trouverez prochainement sur <a href="http://www.europawahl2014.ch/" target="_blank" class="external-link" rel="noreferrer">www.europawahl2014.ch</a>&nbsp;une multitude d’informations sur les élections européennes, y compris des instructions pour s’inscrire. 
</p><p>Par ailleurs, le PSS prévoit d’organiser une fête électorale à Berne le 5&nbsp;avril (inscription obligatoire).</p>]]></content:encoded><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1439</guid><pubDate>Thu, 20 Feb 2014 18:40:00 +0100</pubDate><title>Erasmus+ : appel à la Suisse et à l’Union Européenne </title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/erasmus-appel-a-la-suisse-et-a-l-union-europeenne</link><description>Commission de la jeunesse de l&#039;USS supporte la lettre ouverte aux autorités suisses et européennes </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les organisations qui s’engagent pour la jeunesse en sont convaincues : ce ne sont pas les jeunes, écoliers/-ères, apprenti-e-s ou étudiant-e-s qui doivent endosser les conséquences de l’initiative contre l’immigration de masse!</p><p>Nous, signataires de cette lettre ouverte, revendiquons:</p><ul><li>que le gouvernement suisse mobilise toutes ses forces pour continuer à rendre possible les échanges et les activités prévues dans le cadre du nouveau programme Erasmus+.</li><li>que l'Union européenne pense aux intérêts des jeunes, de Suisse et d'Europe, et qu'elle trouve une solution à cette situation inacceptable!</li></ul><p>Nous demandons à l’Union européenne et à la Suisse de ne pas sacrifier les jeunes au nom d'une stratégie politique!
</p><p><a href="http://www.sajv.ch/erasmus/" target="_blank" class="external-link" rel="noreferrer">Lettre ouverte</a></p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1367</guid><pubDate>Thu, 20 Feb 2014 17:42:00 +0100</pubDate><title>Investir contre la crise</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/investir-contre-la-crise</link><description>La Confédération européenne des syndicats appelle à un changement de cap</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Économiquement et socialement, l’Europe va mal. Et les programmes d’austérité qu’elle applique aggravent encore plus la crise. La Confédération européenne des syndicats (CES), dont l’Union syndicale suisse (USS) est membre, veut briser ce cercle vicieux, car c’est nécessaire, avec un nouveau plan d’investissement pour créer des emplois.</p><p>Que l’Europe coure au désastre, c’est plus qu’évident, lorsque l’on voit que le chômage des jeunes se monte à 50&nbsp;% (cinquante&nbsp;!) en Espagne et en Grèce. Dans ces pays, la moitié d’une génération vit donc en marge de la société, dans l’improvisation sociale la plus totale. Mais les recettes néolibérales ne changent pas d’un iota&nbsp;: économiser, démanteler les droits des travailleurs et travailleuses, diminuer les salaires, réduire les prestations sociales, casser les services publics, etc. etc. Cela rendrait le travail moins cher, il y en aurait donc plus. En réalité, si les gens ont toujours moins d’argent, ils dépensent moins et il y a par conséquent moins de travail puisque moins à produire puisque la consommation baisse... mais plus de chômage encore.
</p><h3>250 millions d’investissements pour créer des emplois</h3><p>La CES entend faire exploser le diktat de la rigueur imposé un peu partout en Europe. Lors de sa réunion du 7 novembre dernier, son comité a lancé à l’unanimité un nouveau programme d’investissement pour créer des emplois de qualité. Pendant 10 ans, 2&nbsp;% de PIB supplémentaires doivent être injectés&nbsp; pour établir une nouvelle base industrielle et créer des emplois de qualité ainsi que des opportunités éducatives. Comme en son temps le plan Marshall, ce programme constitue une nouvelle voie pour sortir de la crise. La CES estime qu’il générera jusqu’à 11 millions de nouveaux emplois en Europe et contribuera à une relance économique et sociale durable au cours de la prochaine décennie. La construction ne serait pas la seule à en profiter, car l’affectation des investissements pourra se baser sur les anciennes priorités de l’Union européenne (UE) et de la Banque européenne d’investissement (BEI), soit&nbsp;: l’énergie, l’éducation et la formation, les communications, le soutien aux PME qui respectent les lois et les CCT, les services publics et privés (santé, protection sociale…), les logements sociaux, infrastructures, gestion durable de l’eau… Et les projets d’investissement à l’échelle européenne devront être développés&nbsp; conjointement avec les projets d’investissement nationaux, en visant l’impact le plus important sur l’activité économique domestique.
</p><h3>Et l’argent&nbsp;?</h3><p>Pour le financement de ce plan, la CES mise sur le capital privé déjà là et qui est à la recherche de placements sûrs, un capital qu’il s’agit de soustraire à la spéculation pour le rediriger vers l’économie réelle. Concrètement, c’est à la BEI qu’il incombera de gérer tout cela, les États membres de l’UE devant lui fournir des fonds supplémentaires à cet effet, des fonds qu’ils auront obtenus d’abord à travers l’imposition des fortunes sur leurs territoires respectifs. Une fois en marche, ce programme de relance permettra aussi de rembourser les dettes souveraines, également parce que l’emploi augmentant, les recettes fiscales et celles des assurances sociales augmenteront aussi. 
</p><p>Pour la CES, il est évident que d’énormes efforts seront nécessaires pour imposer un tel programme. C’est pourquoi elle veut lancer une campagne internationale à cet effet. Les élections européennes en seront l’un des moments forts.&nbsp;
</p><p>&lt;media 1794 _blank linkicon "TEXT, FR-A-new-path-for-europe 2, FR-A-new-path-for-europe_2.pdf, 271 KB"&gt;Une nouvelle voie pour l’Europe :&nbsp;Plan de la CES pour l’investissement, une croissance durable et des emplois de qualité&lt;/media&gt;</p>]]></content:encoded><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1431</guid><pubDate>Thu, 06 Feb 2014 11:19:00 +0100</pubDate><title>Une porte s’ouvre pour promouvoir un dialogue sur les standards sociaux</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/une-porte-s-ouvre-pour-promouvoir-un-dialogue-sur-les-standards-sociaux</link><description>Accord de libre-échange avec la Chine
</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La Suisse a récemment signé un accord de libre-échange avec la Chine. Au vu de la situation de cette dernière en matière de droits humains, ainsi que de droits des travailleurs et travailleuses, un dialogue sur les standards sociaux doit pouvoir s’instaurer. Or, cet accord en donne la possibilité et l’Union syndicale suisse (USS) demande qu’on en profite.</p><p>L’accord de libre-échange (ALE) négocié entre la Suisse et la Chine offre des instruments pour promouvoir un dialogue entre les deux pays sur le respect des droits des travailleurs et des travailleuses. L’accord en question fait, en effet, clairement référence &nbsp;(article 13.5) à des accords additionnels signés entre les deux pays, où il est question de la dimension sociale du développement durable. En particulier, l’accord de libre-échange avec la Chine est lié à l’accord sur la coopération, qui pose les bases d’un dialogue entre la Chine et la Suisse sur le respect des normes de l’Organisation internationale du Travail (OIT). S’il est, par contre, clairement lacunaire en matière de droits humains, – et c’est regrettable –, tout n’est pas aussi tranché au regard des standards sociaux. C’est pourquoi l’USS a été d’avis qu’un rejet de cet accord ne permettrait pas de mieux faire avancer nos causes.
</p><h3>Mettre en place des structures d’accompagnement et de supervision</h3><p>Des structures d’accompagnement et de supervision des ALE doivent être mises en place. En raison de l’importance de tels accords pour l’ensemble de la société, ces structures doivent associer les représentant(e)s des différents horizons (à côté des partenaires sociaux, les ONG humanitaires, environnementales ainsi que les consommateurs et consommatrices), et non plus seulement les représentant(e)s des milieux économiques. À cet égard, l’USS cosignait début décembre 2013 – avec plusieurs de ces organisations – une lettre adressée aux conseillers fédéraux Schneider-Ammann, Leuthard et Burkhalter. Celle-ci demandait que soit créé un mécanisme de surveillance interdépartemental, au sein de l’administration fédérale, concernant les dispositions sur la durabilité – dans ses multiples dimensions (sociales, environnementales, etc.) – pour les ALE et d’investissement. Il devrait aussi pouvoir recevoir et évaluer les informations et remarques d’entités extérieures, à l’instar des entreprises, des syndicats et des ONG. Dans sa réponse, le conseiller fédéral Schneider-Ammann considère que les institutions et les mécanismes déjà en place ont l’efficacité nécessaire pour répondre à nos attentes et qu’il est inutile de les doubler, ce qui est décevant. Il donne cependant suite à notre demande d’associer les ONG à la mise en œuvre du volet relatif à la durabilité et propose de le faire dans le cadre de la Commission pour la politique économique ou du groupe de liaison OMC/ALE. Il avait déjà précédemment accepté que les partenaires sociaux soient, quant à eux, régulièrement consultés dans le cadre de la Commission fédérale tripartite pour les affaires de l’OIT. 
</p><p> L’USS jouera des nouveaux leviers pour promouvoir le respect des droits humains et sociaux. Parallèlement, elle continuera à s’engager en faveur de la mise en place d’une structure de coordination interdépartementale au sein de l’administration fédérale pour la mise en œuvre des dispositions de durabilité des ALE ainsi que pour la mise à disposition de moyens étatiques de soutien aux syndicats et aux ONG dans leurs activités de monitorage.</p>]]></content:encoded><category>Économie extérieure</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1427</guid><pubDate>Thu, 06 Feb 2014 10:25:00 +0100</pubDate><title>Pas question de revenir en arrière !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/pas-question-de-revenir-en-arriere</link><description>Votations fédérales du 9 février 2014

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’initiative isolationniste de l’UDC veut nous faire revenir en arrière. Elle veut appliquer des vieilles recettes qui n’ont pas marché par le passé. La Suisse a au contraire besoin d’instruments efficaces pour lutter contre les pressions sur les salaires.</p><p>L’initiative «&nbsp;Contre l’immigration de masse&nbsp;» de l’UDC veut nous faire retourner dans le passé. L’UDC entend remplacer les contrôles des conditions de travail en vigueur par des contingents d’étrangers et d’étrangères, sans protéger les salaires. Les employeurs pourront continuer à aller chercher de la main-d’œuvre à l’étranger selon leurs besoins. Dans le monde entier, pas seulement en Europe. Contrairement à ce qui est le cas aujourd’hui, ils ne devront plus tenir compte du niveau salarial suisse. L’extension de la sous-enchère salariale en sera la conséquence. L’initiative de l’UDC met aussi en danger l’existence des accords bilatéraux conclus avec l’Union européenne. Or, si la Suisse n’a plus accès au marché européen, des dizaines de milliers d’emplois disparaîtront. Là, la conséquence s’appellera chômage. L’abolition des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes serait un énorme autogoal.
</p><p>Ce dont nous avons besoin, c’est de contrôles et de sanctions plus opérants. Et de salaires minimums aussi, car ils sont des outils efficaces pour lutter contre la sous-enchère salariale. L’UDC promet au contraire des recettes tirées d’un passé idéalisé. Des recettes qui n’avaient même pas marché à l’époque déjà. Des recettes qui ont entre autres consisté à parquer la main-d’œuvre étrangère dans des baraques.
</p><p>Revenir en arrière, telle est aussi l’intention des champions inusables de la lutte contre l’avortement. Le 9 février, ils vont faire le grand plongeon. Et ce ne serait pas plus mal s’ils ne remontaient plus. 
</p><p> Revenir en arrière, c’est finalement aussi ce que veulent les adversaires de FAIF, le projet de financement de l’aménagement et de l’infrastructure ferroviaire. S’opposer aujourd’hui au développement du rail, c’est saboter la gestion durable d’une mobilité en pleine croissance. La Suisse est par excellence le pays du rail. Elle doit le rester&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1428</guid><pubDate>Thu, 06 Feb 2014 10:22:00 +0100</pubDate><title>Les recommandations de l’USS</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/les-recommandations-de-l-uss</link><description>Votations fédérales du 18 mai 2014</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) s’engagera de toutes ses forces pour que le peuple dise OUI, le 18 mai prochain, à son initiative sur les salaires minimums. Concernant les autres objets de ces votations, l’USS dit OUI au contre-projet à l’initiative pour la médecine de famille et NON à l’achat de Gripen ainsi qu’à l’initiative demandant l’interdiction professionnelle à vie des pédophiles.</p><p>Jusqu’au 18 mai, les choses sont claires&nbsp;: l’USS donne toute la priorité à son initiative sur les salaires minimums. Elle se battra avec tous les moyens à sa disposition pour gagner dans les urnes, car, grâce à cette victoire, le salaire de 330&nbsp;000 personnes augmenterait au point de ne plus être un salaire de misère. Secondement, la sous-enchère salariale serait jugulée et la lutte menée contre elle deviendrait beaucoup plus facile.
</p><p>Pour les autres objets susmentionnés, l’USS s’est positionnée comme suit&nbsp;: 
</p><h3>Achat de Gripen&nbsp;: NON</h3><p>L’USS refuse l’achat de Gripen. Son refus ne concerne pas le type d’avion. Il s’agit de savoir dans quels domaines la Confédération doit faire vraiment des investissements d’un tel volume. En d’autres termes&nbsp;: les milliards destinés aux avions de combat manqueraient ailleurs, comme dans la sécurité sociale, la formation ou le personnel de la Confédération. Autant de secteurs où ils sont de toute urgence nécessaires. Au vu des expériences faites avec les FA-18, il y a lieu de douter fortement de la valeur que représenteraient lesdites «&nbsp;affaires compensatoires&nbsp;». 
</p><h3>Contre-projet à l’initiative populaire pour la médecine de famille&nbsp;: OUI </h3><p>Ce contre-projet veut que la Confédération et les cantons garantissent des soins médicaux de base de haute qualité en suffisance et accessibles à tout le monde. Confédération et cantons devront reconnaître et encourager la médecine de famille comme un élément essentiel de ces soins médicaux de base. En outre, la Confédération devra édicter des prescriptions sur la formation de base et spécialisée dans le domaine des professions des soins médicaux de base et sur les conditions d’exercice de ces professions, ainsi que la rémunération appropriée de prestations de la médecine de base.
</p><h3>Initiative populaire «&nbsp;Pour que les pédophiles ne travaillent plus avec des enfants&nbsp;»&nbsp;: NON</h3><p> L’USS rejette cette initiative parce qu’elle demande de manière trop imprécise et indifférenciée que toutes les personnes condamnées pour avoir eu des actes d’ordre sexuel avec des enfants n’aient plus le droit à vie de travailler avec des enfants. L’exemple d’une relation amoureuse impliquant un(e) mineur(e) le montre de manière exemplaire. Si un homme de 20 ans a une relation consentie avec une mineure de 15 ans, il est condamné, car la majorité sexuelle est fixée à 16 ans en Suisse et leur différence d’âge est supérieure à trois ans. Mais ces deux personnes pourront même se marier plus tard. Toutefois, l’homme se verrait interdire toute sa vie d’exercer la profession d’enseignant ou d’être un responsable de scouts ou d’être entraîneur d’une équipe de football. C’est absurde. Le contre-projet indirect, qui se présente sous la forme de modifications du Code pénal, du Code pénal militaire et de la loi fédérale régissant la condition pénale des mineurs reprend la revendication de base tout à fait respectable de l’initiative, selon laquelle les enfants et les personnes dépendantes doivent aussi être protégés de toute exploitation sexuelle.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1429</guid><pubDate>Thu, 06 Feb 2014 08:17:00 +0100</pubDate><title>Malgré une tendance positive, quelques chantiers subsistent</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/malgre-une-tendance-positive-quelques-chantiers-subsistent</link><description>Bilan de dix années de loi sur la formation professionnelle</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’actuelle loi sur la formation professionnelle (LFPr) est en vigueur depuis 2004. Ces dix dernières années, elle a évolué dans l’ensemble de manière réjouissante. Le nombre de places d’apprentissage est aujourd’hui supérieur à ce qu’il était quinze ans en arrière. Mais de nombreux défis, dont certains qualitatifs, doivent encore être relevés. Les syndicats sont concernés.</p><p>La LFPr en vigueur depuis dix ans reprend d’importantes revendications des syndicats. Représentant de fait comme un contre-projet indirect à l’initiative populaire sur les places d’apprentissage de l’USS, rejetée par le peuple en 2003, elle dénotait une volonté de rupture dans la formation professionnelle. Beaucoup d’acteurs de provenances diverses voulaient ouvrir une voie pour sortir d’une crise qui se caractérisait par le nombre trop petit de places d’apprentissage et de formation mis à disposition par l’économie et la société.
</p><p>La LFPr a, d’une part, développé une stratégie nationale plus cohérente et plus efficace de pilotage de la formation professionnelle et encouragé, de l’autre, un partenariat entre Confédération, cantons et «&nbsp;organisations du monde du travail&nbsp;», c’est-à-dire les syndicats et les organisations patronales 
</p><h3>À nouveau davantage de places d’apprentissage</h3><p>La LFPr a donné de nouveaux moyens d’intervention à la Confédération et, depuis son entrée en vigueur, des efforts considérables ont été entrepris pour dynamiser le marché des places d’apprentissage. Ainsi, depuis la publication du premier baromètre des places d’apprentissage en 2005, le nombre de ces dernières mises à disposition des jeunes sortant de l’école obligatoire a augmenté de plus de 25&nbsp;% en huit ans, passant de 76&nbsp;000 en 2005 à 95&nbsp;500 en 2013. En 2011, le nombre de places d’apprentissage disponible en Suisse dépassait le nombre de jeunes qui en recherchaient une. Une situation impensable quinze ans plus tôt. Outre les mesures sur ce marché, la LFPr a aussi permis de renforcer les dispositifs en faveur des jeunes ayant des difficultés à la sortie de l’école obligatoire. La mise en place de la formation professionnelle de deux ans qui donne accès à une attestation reconnue au niveau fédéral (AFP) s’est avérée être un bon instrument d’intégration pour ces jeunes qui ne parviennent pas à entrer ou à rester dans une filière plus exigeante.
</p><h3>Surveillance et protection efficace des apprenti(e)s</h3><p>Dans la LFPr, la responsabilité de la surveillance de l’apprentissage relève entièrement de la compétence des cantons. Les modalités d’exécution sont disparates, les ressources varient fortement d’un canton à l’autre et la coordination intercantonale est rudimentaire. Au niveau national, nous ne disposons d’aucune information d’ensemble ni de moyens d’évaluation.
</p><p>La protection des jeunes apprenti(e)s est restée, elle-aussi, un domaine négligé par la formation professionnelle, les dispositions de protection étant essentiellement rattachées à la loi sur le travail, dont l’application est traditionnellement du ressort des autorités du marché du travail. Les discussions intenses sur l’abaissement de l’âge de protection des jeunes pour les travaux dangereux pendant la formation professionnelle ont montré les nombreuses lacunes du système. Il s’est avéré que beaucoup de jeunes sont exposés en apprentissage à des risques inutiles, faute de moyens de prévention et de contrôles suffisants. Beaucoup de chemin reste à parcourir avant d’en arriver à une situation acceptable.
</p><h3>Un accès pour tous les jeunes</h3><p>Même si de nombreux efforts ont été faits pour améliorer l’accès des jeunes à la formation professionnelle initiale (notamment au niveau du marché des places d’apprentissage), environ 10&nbsp;% encore des jeunes sortant de l’école obligatoire n’acquièrent aucun diplôme après leur scolarité. Le nombre de jeunes en attente d’une place de formation reste depuis plusieurs années à un niveau élevé (16&nbsp;500 en 2013, soit plus que 10&nbsp;% d’une volée). Paradoxalement, le nombre de places d’apprentissage inoccupées augmente (8&nbsp;500 en 2013), les entreprises se plaignant de plus en plus souvent de ne pas recevoir de candidatures répondant aux exigences. Comme les exigences de qualification sur le marché du travail augmentent, le problème de la sous-qualification des jeunes qui arrivent sur le marché du travail s’accentuera ces prochaines années.
</p><h3>Accès des adultes à la formation professionnelle initiale</h3><p>Même si la LFPr a légalement ouvert de nouvelles voies d’accès à la formation professionnelle initiale pour les adultes dès 25 ans (p. ex. via la validation des acquis) et bien que l’intention soit juste, les résultats au plan national sont indéniablement mauvais. Outre le fait que très peu d’adultes accèdent à la formation professionnelle initiale, le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation a constaté récemment, dans un rapport en cours d’élaboration, que la plupart des adultes empruntent encore à ce jour la voie classique de formation, c’est-à-dire l’apprentissage dual conçu à l’origine pour les jeunes. D’une part, cette situation pose un problème d’un point de vue syndical, sachant que les conditions d’emploi des apprenti(e)s ne sont généralement pas réglementées (exclusion du champ d’application des CCT) et ne correspondent pas aux normes d’usage d’un(e) employé(e) adulte (notamment au plan du salaire). D’autre part, ce constat confirme la thèse syndicale selon laquelle la conception et la mise en place des voies de formation pour adultes sont actuellement, à quelques exceptions près, inadéquates.
</p><p> En outre, la formation professionnelle supérieure doit aussi faire l’objet de toute urgence d’une réforme. Lors de l’élaboration de la LFPr, son importance a été clairement sous-estimée, ce qui a nettement désavantagé les personnes ayant suivi une formation professionnelle. C’est pourquoi l’USS plaide pour une réforme fondamentale du système. Les travailleurs et travailleuses, qui se préparent à passer un brevet ou une maîtrise doivent pouvoir être financièrement soutenus par la Confédération. Pour ce faire, il faut fortement relever la participation des pouvoirs publics aux coûts sous forme d’un remboursement direct des frais de cours.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1430</guid><pubDate>Wed, 05 Feb 2014 15:36:00 +0100</pubDate><title>Dix ans de loi sur la formation professionnelle: bilan et perspectives</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/dix-ans-de-loi-sur-la-formation-professionnelle-bilan-et-perspectives</link><description>Position de l&#039;USS</description><content:encoded><![CDATA[<h3>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une loi élaborée sous la pression des milieux syndicaux </h3><p>Entre 1985 et 1995, le marché des places d’apprentissage connaît une régression constante, le nombre de places passant de 243’000 à 191'000 en dix ans. La crise économique des années 90 est une des causes à l’origine de cette diminution, d’autant plus que celle-ci touche de plein fouet le secteur industriel, un des pourvoyeurs principaux de places d’apprentissage. La crise touche donc durant cette période les jeunes plus durement que le reste de la population. Le taux de chômage des jeunes double entre 1991 et 1993 passant de 3.2 à 6.3% en seulement deux ans<a href="typo3/#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>. Le niveau de chômage des jeunes restera plus ou moins à ce niveau jusqu’au début des années 2000 avant de connaître une nouvelle progression suite à la prochaine crise.
</p><p>C’est dans ce contexte que la jeunesse syndicale lance en 1992 une pétition demandant une réforme de la formation professionnelle, une amélioration des conditions de travail des apprenti(e)s (salaire minimum et sept semaines de vacances), ainsi qu’un accès facilité à la formation continue (congé formation et bourses d’études). L’USS remettra la pétition au Parlement munie de 40'000 signatures, suite à laquelle le Conseil des États transmettra en 1994 un postulat demandant au Conseil fédéral un rapport sur l’état de la formation professionnelle et son évolution future<a href="typo3/#_ftn2" target="_blank" name="_ftnref2">[2]</a>. Le rapport, transmis en 1996, est jugé trop peu ambitieux par les milieux politiques et suscite un large débat dans l’opinion publique.
</p><p>Sensibilisé à ces questions, le Parlement transmet motions et postulats et adopte entre 1997 et 1999 deux arrêtés fédéraux visant à améliorer l’offre de places d’apprentissage. Il débloque à cet effet un budget de 160 millions de francs. Lors des débats sur la nouvelle Constitution fédérale, le Parlement décide également d’élargir les compétences de la Confédération à l’ensemble du domaine de la formation professionnelle, y compris les professions relevant jusque-là de la compétence cantonale (social, santé et arts). Parallèlement, l’USS lance l’initiative sur les places d’apprentissage qu’elle dépose en 1999. L’initiative stipule un droit à une formation professionnelle appropriée, une offre de formation suffisante et la création d’un fonds de formation professionnelle national financé par les contributions des employeurs.
</p><p>Sous la pression des milieux politiques et syndicaux, le Conseil fédéral transmet enfin en 2000 un projet de révision totale de la loi sur la formation professionnelle. Jugées valables sur le fond, le Conseil fédérale et le Parlement prennent en considération une grande partie des revendications de l’initiative de l’USS. La nouvelle loi est finalement adoptée en décembre 2002 et présentée comme contre-projet à l’initiative de l’USS soumise au peuple peu de temps après. Elle entre en vigueur en janvier 2004. 
</p><h3>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un bilan globalement positif</h3><p>Dix après l’entrée en vigueur de la LFPr, l’USS tire un bilan positif de la nouvelle loi. Elle salue un certain nombre d’évolutions qu’elle énumère ici&nbsp;:</p><ul><li>Une stratégie nationale plus cohérente et efficace </li></ul><p>L’élargissement des compétences de la Confédération en matière de formation professionnelle est sans aucun doute un des éléments ayant conduit à une réforme en profondeur du paysage de la formation professionnelle. La prise en compte de secteurs jusque-là sous la compétence des cantons (social et santé en particulier) a permis une valorisation de la formation professionnelle par l’intégration de branches des services relevant plus spécifiquement du secteur public. Cette diversification a permis notamment d’ouvrir plus largement la voie de l’apprentissage aux jeunes femmes, augmentant les chances de celles-ci d’obtenir une bonne formation de base jouissant d’une reconnaissance fédérale.
</p><p>Le renforcement des compétences au niveau national a favorisé également le développement d’instruments mieux à même de répondre aux besoins de pilotage et de développement de la formation professionnelle. La mise en place du baromètre des places d’apprentissage en est un exemple, de même que l’élaboration des masterplans (par ex. masterplan Formation professionnelle, masterplan pour les professions de la santé).</p><ul><li>Un partenariat plus intégratif </li></ul><p>La LFPr a conduit à un renforcement du partenariat entre les acteurs de la formation professionnelle («&nbsp;Verbundpartnerschaft&nbsp;»). En instaurant le principe d’un partenariat étroit de la Confédération, des cantons et des «&nbsp;organisations du monde du travail&nbsp;» (partenaires sociaux et autre organisations directement concernées), elle a contribué à la mise en place d’un climat de collaboration généralement constructif. Les partenaires sociaux, aussi bien du côté syndical que patronal, ont été globalement bien intégrés dans les processus de décision au niveau national (notamment via la conférence annuelle des places d’apprentissage). Ils ont pu ainsi contribué au développement stratégique de la formation professionnelle aux côtés des cantons et de la Confédération. Ceci a largement contribué à consolider et repositionner cette filière au sein d’un système suisse de formation en forte expansion.
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>&nbsp;Des places d’apprentissage en constante augmentation</li></ul><p>&nbsp;</p><p>Selon la LFPr, les partenaires de la formation doivent veiller «&nbsp;à assurer autant que possible une offre suffisante dans le secteur de la formation professionnelle, notamment dans les domaines d'avenir&nbsp;» (art. 1). A l’art. 13, la LFPr donne à la Confédération la compétence d’intervenir dans le cas d’une offre de formation insuffisante. Ces éléments introduits dans la nouvelle loi couvrent une partie des revendications de l’initiative USS sur les places d’apprentissage. La nouvelle loi a donc donné de nouveaux moyens d’intervention à la Confédération et depuis son entrée en vigueur, des efforts considérables ont été entrepris pour dynamiser le marché des places d’apprentissage. Ainsi, depuis la publication du premier baromètre des places d’apprentissage en 2005, le nombre de places d’apprentissage mis à disposition des jeunes sortant de l’école obligatoire a augmenté de plus de 25% en huit ans, passant de 76'000 places en 2005 à 95'500 places en 2013<a href="typo3/#_ftn3" target="_blank" name="_ftnref3">[3]</a>. En 2011, le nombre de places d’apprentissage disponible en Suisse dépassait au niveau national le nombre de jeunes en recherche, situation qui aurait été impensable quinze ans plus tôt.
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>&nbsp;Une base financière plus solide</li></ul><p>&nbsp;</p><p>Le transfert de nouvelles compétences à la Confédération et les coûts engendrés par la réforme devait logiquement s’accompagner d’une augmentation des contributions fédérales. Il s’agissait d’une exigence non seulement des cantons, mais également des partenaires sociaux. Suite à la nouvelle loi, la participation financière de la Confédération a augmenté progressivement au cours des années pour atteindre en 2012 les 25% de financement fédéral fixés dans la nouvelle loi. Ceci permet aujourd’hui aux cantons d’amortir une partie des coûts supplémentaires engendrés suite à l’entrée en vigueur de la loi. La formation professionnelle bénéficie ainsi d’une meilleure assise financière. Le nouveau système de financement décharge non seulement les cantons, mais permet également aujourd’hui de mieux soutenir les organisations du monde du travail, notamment pour le développement des professions ou de projets d’innovation.</p><ul><li>Une meilleure prise en charge des jeunes en difficulté </li></ul><p>&nbsp;</p><p>Outre les mesures sur le marché des places d’apprentissage, la nouvelle loi a également permis de renforcer les dispositifs en faveur des jeunes ayant des difficultés à la sortie de l’école obligatoire. La mise en place de la formation professionnelle de deux ans qui donne accès à une attestation reconnue au niveau fédérale (AFP) s’est avérée être un bon instrument d’intégration des jeunes ne parvenant pas à entrer ou à rester dans une filière plus exigeante. Les premières évaluations semblent monter que l’AFP permet de mieux positionner les jeunes sur le marché du travail que les formations élémentaires délivrées au niveau cantonal. Mieux intégrée dans le système de formation professionnelle au niveau national, l’AFP facilite le passage au CFC et permet pour certains de raccourcir la durée de la seconde formation. La mise en place systématique d’un soutien individuel («&nbsp;encadrement individuel spécialisé&nbsp;») dans le cadre de cette filière a permis par ailleurs de limiter le nombre d’échecs. La mise en place d’autres mesures financées par la Confédération sur la base de la nouvelle loi (notamment le Case management formation professionnelle) a fortement contribué à professionnaliser et optimiser la prise en charge des jeunes en difficultés,</p><ul><li>Une modernisation systématique des professions</li></ul><p>&nbsp;</p><p>Dans sa pétition lancée en 1992, la jeunesse syndicale avait déjà lancé un signal d’alarme aux milieux politiques exigeant une modernisation en profondeur de la formation professionnelle. Elle dénonçait le haut degré de spécialisation des professions et une inadéquation grandissante par rapport à l’évolution des besoins du marché du travail et aux exigences de formation tout au long de la vie. Avec la nouvelle loi, une réforme en profondeur des professions a eu lieu. En dix ans, la grande majorité des professions ont été remaniées suite à une analyse approfondie des besoins par branche. Ce travail monumental a contribué au renouvellement de la formation professionnelle lui donnant une plus grande cohérence et une meilleure base pour les années à venir. La mise en place de nouvelles professions, notamment dans le secteur des services, contribue également à augmenter l’attractivité de cette filière, notamment pour les femmes.
</p><h3>&nbsp;3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; De nouveaux défis à relever </h3><p>Si la nouvelle loi a pu en dix ans remettre la formation professionnelle à flot, de nombreux chantiers restent encore ouverts à ce jour. Les incertitudes du marché du travail et les perpétuelles transformations structurelles exigent d’un système de formation professionnelle une adaptation permanente. L’USS voit principalement cinq champs d’action pour les prochains dix ans&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>&nbsp;Représentativité des branches et capacité d’innovation</li></ul><p>&nbsp;</p><p>Malgré l’ouverture progressive aux branches des services, la formation professionnelle reste au niveau stratégique extrêmement influencée par le secteur secondaire (industrie, arts et métiers) et le secteur privé des petites et moyennes entreprises. Pour des raisons essentiellement historiques, l’intégration des nouveaux domaines, relevant notamment du service public (santé par exemple), n’est à ce jour pas entièrement satisfaisante. Les milieux traditionnels de la formation professionnelle sont généralement peu ouverts aux changements. Cette situation a une incidence à la fois sur l‘aptitude à intégrer de nouvelles branches, de même que sur la capacité générale d’innovation de la formation professionnelle.
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>&nbsp; Obstacles à l’intégration des jeunes en difficultés</li></ul><p>&nbsp;</p><p>Même si de nombreux efforts ont été fait pour améliorer l’accès des jeunes à la formation professionnelle initiale (notamment au niveau du marché des places d’apprentissage), encore environ 10% des jeunes sortant de l’école obligatoire n’acquièrent aucun diplôme après leur scolarité. Le nombre de jeunes en attente d’une place de formation reste depuis plusieurs années à un niveau élevé (16'500 jeunes en 2013, soit plus que 10% d’une volée). Paradoxalement, le nombre de places d’apprentissage inoccupées augmentent (8’500 places vacantes en 2013), les entreprises se plaignant de plus en plus souvent de ne pas recevoir de candidature répondant aux exigences. Vu que les exigences de qualification sur le marché du travail augmentent, le problème de la sous-qualification des jeunes qui arrivent sur le marché du travail s’accentuera ces prochaines années.
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>&nbsp;Accès des adultes à la formation professionnelle initiale</li></ul><p>&nbsp;</p><p>Même si la nouvelle LFPr a légalement ouvert la porte à de nouvelles voies d’accès à la formation professionnelle initiale pour les adultes<a href="typo3/#_ftn4" target="_blank" name="_ftnref4">[4]</a> (par exemple via la validation des acquis), les résultats au niveau national sont indéniablement mauvais. Outre le fait que très peu d’adultes accèdent aujourd’hui à la formation professionnelle initiale, le SEFRI a constaté récemment dans un rapport en cours d’élaboration que la plupart des adultes empruntent encore à ce jour la voie classique de formation, c’est-à-dire l’apprentissage dual conçu à l’origine pour les jeunes. D’une part, cette situation pose un problème d’un point de vue syndical, sachant que les conditions d’emploi des apprenti(e)s ne sont généralement pas règlementées (exclusion du champ d’application des CCT) et ne correspondent pas aux normes d’usage d’un employé adulte (notamment au niveau du salaire). D’autre part, ce constat confirme la thèse syndicale que la conception et la mise en place des voies de formation pour adultes est actuellement, à quelques exceptions près, inadéquates.
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>&nbsp; Réforme urgente de la formation professionnelle supérieure</li></ul><p>&nbsp;</p><p>L’importance stratégique de la formation professionnelle supérieure a été complétement sous-estimée lors de l’élaboration de la nouvelle LFPr. Cette situation a conduit à de nombreuses polémiques ces dernières années, certains milieux accusant les pouvoirs publics de favoriser les hautes écoles (tertiaire A), en pleine expansion, au détriment de la formation professionnelle supérieure (tertiaire B). En 2009, l’USS s’exprime en faveur d’une revalorisation de la formation professionnelle supérieure par le biais d’un changement radical dans le système de financement. Elle plaide alors pour un encouragement systématique des jeunes qui poursuivraient leur qualification par le biais d’une formation professionnelle supérieure grâce à un financement individuel forfaitaire de 5000 francs. La même année, la Confédération lance un long processus de négociations impliquant les partenaires sociaux (associations faîtières) et les cantons (CDIP). L’issue des discussions est encore incertaine. De celle-ci dépendra le positionnement futur de la formation professionnelle supérieure et, indirectement, celui de l’apprentissage.
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>&nbsp; Surveillance et protection efficaces des apprenti(e)s </li></ul><p>&nbsp;</p><p>Dans la nouvelle LFPr, la responsabilité de la surveillance de l’apprentissage relève entièrement de la compétence des cantons. Les modalités de mise en œuvre sont disparates, les ressources varient fortement d’un canton à l’autre et la coordination intercantonale est rudimentaire. Au niveau national, nous ne disposons d’aucune information d’ensemble ni de moyens d’évaluation.
</p><p>La protection des jeunes apprentis est restée elle-aussi un domaine négligé par la formation professionnelle, les dispositions de protection étant essentiellement rattachée à la loi sur le travail dont la mise en œuvre est traditionnellement du ressort des autorités du marché du travail. Les discussions intensives autour de la question de l’abaissement de l’âge de protection des jeunes pour les travaux dangereux pendant la formation professionnelle ont montré les nombreuses lacunes du système. Il s’est avéré que de nombreux jeunes sont soumis en apprentissage à des risques inutiles faute de moyens de préventions et de contrôle suffisant. A ce niveau, beaucoup de chemin reste à parcourir avant d’atteindre une situation acceptable pour les jeunes.
</p><h3>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Priorités syndicales </h3><p>Le bilan de la nouvelle LFPr nous montre qu’il n’est pas encore temps de nous endormir sur nos lauriers. La force de mobilisation syndicale des années nonante a été un des facteurs essentiels ayant conduit à la réforme en profondeur de la formation professionnelle. Si elle a conduit à une amélioration significative de la situation, de nouveaux défis se présentent aujourd’hui qui ont leur importance au niveau syndical. Voici, en quelques points, les principales priorités syndicales&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>&nbsp; Garantir l’accès à un diplôme du secondaire II à tous les jeunes.</li></ul><ul><li>&nbsp; Faciliter l’accès des adultes à la formation professionnelle initiale par des voies de qualification adaptées à leurs besoins (par ex. via la modularisation des procédures de qualifications et le financement de cours préparatoires aux examens).</li></ul><ul><li>&nbsp;Améliorer l’attractivité de la formation professionnelle en donnant des perspectives à long terme aux professionnels (salaires minimaux attractifs dans les CCT correspondant aux qualifications et financement de la formation continue), ainsi qu’en améliorant la perméabilité des voies de formation (via par exemple un renforcement de la maturité professionnelle)</li></ul><ul><li>&nbsp; Renforcer et réformer le financement de la formation professionnelle supérieure (solution fédérale).</li></ul><ul><li>&nbsp; Améliorer la protection des jeunes par le renforcement de la procédure d’autorisation (par ex. réexamen tous les 5 ans) et de la surveillance.</li></ul><ul><li>&nbsp; Améliorer le cadre général des conditions de travail (par ex. intégration des apprenti(e)s dans le champ d’application des CCT et salaires minimaux pour les apprenti(e)s).</li></ul><ul><li>&nbsp; Assurer l’information des jeunes sur leur droit, en renforçant notamment la présence syndicale dans les écoles professionnelles.</li></ul><p><br></p><hr><p><a href="typo3/#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> OFS, statistiques du chômage au sens du BIT par groupes d’âge, taux pour les 15-24 ans
</p><p><a href="typo3/#_ftnref2" target="_blank" name="_ftn2">[2]</a><a href="http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=19943003" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=19943003</a></p><p>&nbsp;<a href="typo3/#_ftnref3" target="_blank" name="_ftn3">[3]</a> Baromètres des places d’apprentissage du mois d’août 2005 à août 2013.
</p><p><a href="typo3/#_ftnref4" target="_blank" name="_ftn4">[4]</a> Par «&nbsp;adultes&nbsp;», on entend dans ce contexte les personnes âgées de 25 ans et plus.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1422</guid><pubDate>Tue, 28 Jan 2014 14:46:00 +0100</pubDate><title>Rita Gassmann </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/rita-gassmann</link><description>Hommage à l&#039;ancienne secrétaire centrale de la FCTA et vice-présidente de l’USS, 
récemment décédée</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 22 janvier 2014, Rita Gassmann, syndicaliste confirmée, est décédée à Zurich dans sa 79e année. Rita Gassmann a travaillé pendant des décennies pour la FCTA (Fédération des travailleurs du commerce, des transports et de l’alimentation), qui a fusionné au sein d’Unia (2005). Elle a aussi exercée des fonctions dirigeantes au sein de l’USS.</p><p>Rita Gassmann a grandi dans une famille de cheminots du canton de Glaris et profité d’une maison familiale toujours ouverte, qui l’a durablement marquée selon elle. Après un apprentissage d’employée de commerce, elle est devenue en 1956 la plus jeune employée du secrétariat central de la FCTA et s’est retrouvée dans l’équipe d’Hermann Leuenberger, l’inoubliable président de la FCTA et de l’USS. Trois ans plus tard, elle passe dans le secteur privé, puis on la retrouve au service du canton de Zurich où, pendant de nombreuses années, elle fut adjointe auprès du ministère public des mineurs.
</p><p>En 1977, Rita Gassmann, succéda à Maria Zaugg-Alt au poste de secrétaire centrale de la FCTA. Contrairement à sa prédécesseure, elle ne fut pas uniquement responsable des questions d’égalité des sexes, mais, dès le départ et comme ses collègues masculins, également du travail de l’organisation. Elle s’occupa alors des importantes négociations salariales et contractuelles avec Coop et Migros et collabora au sein de la FIET, devenue l’UNI Global Union, l’organisation mondiale des employé(e)s du secteur des services, où elle fut aussi responsable des finances.
</p><p>Quelques années avant déjà, Rita Gassmann était devenue présidente des Femmes socialistes et, ainsi, membre du comité directeur du Parti socialiste suisse. À partir de 1985, elle présida la Commission féminine de l’Union syndicale suisse (USS) et le Congrès de cette dernière l’élit vice-présidente à Interlaken, en 1990, une fonction qu’elle exerça jusqu’en 1994. Ensuite, Rita Gassmann fut membre pendant trois ans du Comité de l’USS et représenta les syndicats dans de nombreuses commissions et instances de la Confédération, dont le conseil d’administration de la SUVA et au sein de la SSR, ainsi que dans de nombreuses commissions techniques du secteur du commerce et de la vente, assumant ainsi, avec un engagement soutenu, tout un éventail de tâches les plus variées. Lorsqu’elle exerça, pendant ses deux dernières années d’activité professionnelle (de 1995 à 1997), la fonction de présidente centrale de la FCTA, Rita Gassmann le fit avec un grand sens du devoir, sachant qu’un engagement total de sa part était à nouveau requis, un engagement qui fut remarquable jusqu’aux tout derniers mois avant sa retraite.
</p><p> Avec le décès de Rita Gassmann, nous pleurons une grande syndicaliste et une vraie amie. Rita était une combattante engagée pour l’égalité des sexes. Le sens de son engagement était la justice sociale. Nous garderons toujours d’elle un excellent souvenir.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1417</guid><pubDate>Tue, 28 Jan 2014 10:56:00 +0100</pubDate><title>Ne sabotons pas la lutte contre la sous-enchère salariale !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/ne-sabotons-pas-la-lutte-contre-la-sous-enchere-salariale</link><description>NON à l&#039;initiative isolationniste de l’UDC !</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le débat sur l’immigration en Suisse s’échauffe. Ce qui intéresse en premier lieu les médias, ce sont les transports et les trains encombrés, les loyers qui explosent, un territoire mité et la sous-enchère salariale. Or l’initiative de l’UDC «&nbsp;Contre l’immigration de masse&nbsp;» n’apporte aucune solution à ces problèmes. Au contraire, son acceptation gênerait la lutte contre la sous-enchère salariale et nous renverrait des années en arrière. L’initiative isolationniste de l’UDC est la plus mauvaise manière imaginable de réguler l’accès au marché suisse du travail.
</p><p>D’un point de vue syndical, il est clair que les vrais problèmes du marché suisse du travail sont causés par des employeurs sans scrupules qui foulent aux pieds le principe selon lequel, en Suisse, on doit verser des salaires suisses. Profitant sans retenue aucune de la détresse de la main-d’œuvre étrangère, ils versent des salaires de misère, mettant ainsi les salaires suisses sous pression. Pour empêcher ces pratiques, une seule solution&nbsp;: développer les mesures d’accompagnement, multiplier les contrôles et durcir les amendes. 
</p><p>Or, avec son initiative, l’UDC vise exactement le contraire, car les mesures d’accompagnement ont toujours été une épine dans le pied des dirigeants de ce parti. Si elle était acceptée, ces mesures de protection aussi tomberaient avec la libre circulation des personnes. Et les salarié(e)s se trouveraient livrés pieds et poings liés aux patrons.
</p><p>Les conséquences en seraient particulièrement dures pour les travailleurs et travailleuses indigènes sans passeport suisse. Car l’UDC ne veut pas simplement revenir au système des contingents qui a été un échec en son temps, mais demande qu’à l’avenir la priorité soit donnée aux ressortissant(e)s suisses et non pas simplement aux travailleurs et travailleuses indigènes. En l’absence de Suissesses ou de Suisses à disposition dans une branche, des contingents seraient alors garantis à l’économie. Cela, même si des travailleurs et travailleuses indigènes avec un passeport étranger – comme des Italien(ne)s, des Espagnol(e)s ou des Portugais(es) établis depuis longtemps dans notre pays – se trouvaient au chômage. Pire encore&nbsp;: ces personnes risqueraient d’être privées collectivement de droits. En effet, selon l’initiative, elles feraient désormais partie de ces personnes dont les droits à un séjour durable, au regroupement familial et à des prestations sociales peuvent être limités. Celles qui se retrouveraient sans emploi devraient être chassées du pays au mépris de tous les principes juridiques. C’est ce que veut l’UDC.
</p><p>Un regard dans le passé montre que cette initiative est un instrument inapte à piloter l’immigration. La Suisse devrait prétendument pouvoir à nouveau définir elle-même le volume de l’immigration avec un système de contingentement. C’est une illusion. À l’époque des contingents aussi, l’économie s’est vu attribuer autant d’autorisations de travail qu’elle le voulait. C’est pour cela que l’immigration des années 1960 a été en pourcentage plus forte que ces dernières années. Une main-d’œuvre particulièrement nombreuse a été dirigée vers des branches structurellement faibles comme l’agriculture, l’hôtellerie-restauration et la construction, ce qui a conduit l’État à encourager une politique des bas salaires.
</p><p>Au lieu d’attiser la xénophobie, l’UDC ferait bien de contribuer à la recherche d’une solution pour résoudre les problèmes certes renforcés, mais pas causés, par l’immigration en matière d’infrastructures, de logements et d’aménagement du territoire.
</p><p> Il est irresponsable de prétendre que l’acceptation de l’initiative isolationniste de l’UDC serait sans conséquence. En effet, cette initiative ferait faire à la Suisse un énorme bond en arrière, politiquement, économiquement et socialement. C’est pour cela que nous devons clairement rejeter cette initiative extrémiste.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1415</guid><pubDate>Mon, 27 Jan 2014 14:45:00 +0100</pubDate><title>Il faut en finir avec l’introduction antidémocratique du travail du dimanche ! </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/il-faut-en-finir-avec-l-introduction-antidemocratique-du-travail-du-dimanche</link><description>Pas besoin d’une « Lex Foxtown »</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le SECO veut manifestement introduire les ventes du dimanche généralisées au moyen d’une ordonnance et contourner ainsi le peuple et les cantons. Cette façon de procéder reflète la pression exercée par un lobby fort relativement à l’exploitation du centre d’achats «&nbsp;Foxtown&nbsp;» à Mendrisio. Les syndicats combattent cet objectif, également au plan juridique. Un avis de droit de l’Université de Neuchâtel leur donne d’ailleurs raison.
</p><p>La motion Abate acceptée par les Chambres fédérales entend autoriser la vente dominicale de produits de luxe dans les régions frontalières et touristiques. C'est là, à nouveau, un grand pas vers la généralisation des ventes du dimanche. Le Conseil fédéral, respectivement le SECO, veut désormais fixer ces modifications uniquement dans une ordonnance et non dans la loi. Ce qui va empêcher tout contrôle via la démocratie directe et toute opposition des cantons, alors que ce sont eux qui sont à proprement parler responsables de ces questions.
</p><h3>L’État de droit en prendrait un coup</h3><p>En 2012 déjà, l’USS avait critiqué ce projet en soulignant qu’une réforme aussi importante n’avait pas à se faire via une ordonnance, mais nécessitait que l’on modifie la loi sur le travail (LTr). Aujourd’hui, cette position est entièrement confirmée par l’avis de droit de l’Université de Neuchâtel (cf. Pascal Mahon, Jean-Philippe Dunand, Avis de droit, Projet de modification de l’art. 24 OLT 2, Neuchâtel 23.12.2013).
</p><p>La critique émise à l’encontre de la procédure du SECO dans cet avis de droit de deux des spécialistes les plus connus du droit du travail de Suisse, notamment l’absence d’adaptation préalable de la LTr relativement à la notion de tourisme, ne doit pas rester lettre morte&nbsp;! La balle est donc dans le camp du SECO, qui doit prendre contact avec les partenaires sociaux, et notamment les syndicats.
</p><h3>Le travail du dimanche rend malade</h3><p>En effet, les déréglementations proposées du travail dominical auraient de graves conséquences pour la santé et la vie sociale des travailleurs et travailleuses concernés. Le dimanche, comme jour de repos généralisé permet d’abord de vivre avec sa famille et de récupérer, ce qui est important. La situation est d’autant plus grave que les propositions de réforme du SECO ne prévoient absolument aucune mesure de compensation. C’est inacceptable dans une branche déjà précaire comme le commerce de détail où de nombreux employeurs refusent toujours de chercher des solutions à travers une convention collective de travail.
</p><h3>Qu’est-ce que le luxe&nbsp;?</h3><p>Les propositions du SECO se singularisent aussi par un grand nombre d’imprécisions. L’exécution de l’ordonnance s’apparenterait à une loterie. 
</p><p>Il est ainsi demandé que seuls des produits de luxe puissent être vendus dans les centres d’achats. Mais qu’est-ce qu’un produit de luxe&nbsp;? Une Swatch ou seulement une Rolex&nbsp;? Un chocolat «&nbsp;normal&nbsp;» ou un chocolat de chocolatier&nbsp;? Une chemise d’armailli «&nbsp;made in Switzerland&nbsp;» ou un t-shirt de marque très cher «&nbsp;made in China&nbsp;»&nbsp;? Un parfum&nbsp;? Mais lequel alors&nbsp;?
</p><p>En outre, l’ordonnance révisée demanderait que les centres d’achats réalisent leur chiffre d’affaire d’abord avec une clientèle internationale, donc pas suisse. Mais comment contrôler cela&nbsp;? Devrait-on introduire une «&nbsp;obligation de passeport&nbsp;» afin de savoir qui est un client international ou pas&nbsp;? Devrait-on tenir un registre des clients&nbsp;? Devrait-on contrôler à la fin de chaque année si les prescriptions ont été observées&nbsp;? Et que se passerait-il si des infractions étaient constatées, etc.&nbsp;? 
</p><p> Plus l’on se penche sur l’application de la motion Abate proposée par le SECO, plus il apparaît que la solution surencombrée qui nous est présentée n’est pas assez mûre. Elle se révèle être, à proprement parler, une «&nbsp;Lex Foxtown&nbsp;», et n’être donc que dans le seul intérêt du centre d’achats tessinois du même nom. Mais on ne peut pas, par le biais d’une réforme express, sortir de l’embarras le centre d’achats Foxtown entré dans l’illégalité grâce à une «&nbsp;autorisation spéciale&nbsp;», à savoir celle de pouvoir rester ouvert le dimanche, et mépriser ainsi à ce point les intérêts des employé(e)s, des cantons et des consommateurs et consommatrices.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1419</guid><pubDate>Mon, 27 Jan 2014 14:43:00 +0100</pubDate><title>Enceinte ? C’est ta faute !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/enceinte-c-est-ta-faute</link><description>Non à l’initiative « Financer l’avortement est une affaire privée »</description><content:encoded><![CDATA[<p>Celle qui est enceinte ne peut s’en prendre qu’à elle-même et… donc payer de sa propre poche. C’est avec cet argument que les ultraconservateurs fanatiques de la responsabilité individuelle, du genre «&nbsp;droite chrétienne américaine&nbsp;» et autres «&nbsp;Tea Party&nbsp;» se battent pour biffer l’interruption de grossesse de l’assurance-maladie de base. 
</p><p>Mais outre, la revendication éthico-religieuse, ils poursuivent deux autres buts. Ils veulent, d’une part, mettre des embûches sur la voie du progrès social et de l’égalité des sexes et, de l’autre, accélérer la désolidarisation également en matière de santé.
</p><p>L’idéologie de la responsabilité individuelle qui imprègne l’initiative ne s’arrête aucunement aux seuls avortements. Pourquoi la société devrait-elle payer pour des naissances&nbsp;? Qui est enceinte n’a qu’à s’en prendre à elle-même. Pourquoi l’assurance de base devrait-elle payer quelques années plus tard pour des enfants devenus gros&nbsp;? Ils ont simplement trop mangé. C’est donc de leur faute. Et si ces enfants gros se retrouvent un jour sans boulot, à quoi bon une assurance-chômage&nbsp;? Qui est au chômage est sans doute trop paresseux. C’est une affaire privée. À eux de se débrouiller pour boucler leurs fins de mois.
</p><p>Il s’agit, de manière tout à fait fondamentale, d’inculquer à l’être humain qu’il est toujours responsable lui-même, et lui seul, de son sort. Pour les gagnants, c’est génial. Pour les perdants, c’est catastrophique. L’idéologie de la responsabilité individuelle exige de ceux «&nbsp;dont c’est la faute&nbsp;» une honte suicidaire. Cela concerne les personnes tombées enceintes malgré elles. Comme les chômeurs et chômeuses. C’est inhumain. On doit le combattre.
</p><p>«&nbsp;Chacun est l’artisan de son propre bonheur&nbsp;», nous disent les grands penseurs de la responsabilité individuelle. C’est vrai, on peut forger soi-même son propre bonheur. Mais on a au moins besoin d’un marteau, d’une enclume, de la matière nécessaire et de connaissances en matière de forge. Facile, pour qui, comme les grands prédicateurs de la responsabilité individuelle, possède d’énormes forges entièrement automatisées. Plaçons la solidarité au tout premier rang et pas la lutte ancestrale de tous contre tous&nbsp;! Défendons une assurance de base qui aide celles et ceux qui ont besoin de soins médicaux. Et disons NON, le 9 février prochain, à l’initiative «&nbsp;Financer l’avortement est une affaire privée&nbsp;»&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1414</guid><pubDate>Fri, 24 Jan 2014 10:48:00 +0100</pubDate><title>Les transports publics apportent à notre pays  places de travail et prospérité</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/les-transports-publics-apportent-a-notre-pays-places-de-travail-et-prosperite</link><description>Oui à FAIF</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les transports publics sont un facteur économique important de la Suisse. La qualité élevée des prestations est à imputer en première ligne au personnel engagé qui veille 24 heures sur 24, par tous les temps, en été comme en hiver et le jour comme la nuit, à ce que les trains et les bus circulent ponctuellement, qu'ils soient sûrs et fiables.
</p><p>Le système ferroviaire suisse est un facteur d'implantation important qui contribue de façon décisive au développement économique de notre pays. Il apporte son concours à la compétitivité internationale, ce qui crée des places de travail et la base pour un développement positif de l'économie. 
</p><p>De bons réseaux de transports augmentent l'accessibilité du pays et la cohésion nationale. Ainsi, toutes les régions du pays participent au développement économique de notre pays. 
</p><p>Grâce à un bon système de transport, la zone d'influence du marché du travail augmente, de même que l'offre pour la main-d'oeuvre qualifiée. Les employés profitent d'un plus grand choix dans les offres d'emplois. 
</p><p>Récemment, et pour la première fois, l'importance de toute la chaîne de création de plus-values des transports publics - de la production jusqu'au transport proprement dit - a été reconnue. Ces derniers génèrent une plus-value directe de près de 10,4 milliards de francs et emploient environ 100&nbsp;000 collaborateurs. Du point de vue de l'économie nationale, ils sont aussi un secteur important. 
</p><p>Et pour qu'ils le restent, il faut un Oui à FAIF. FAIF est bon pour notre économie, il augmente la prospérité et contribue au succès de la Suisse de demain. 
</p><p>FAIF garantit aussi indirectement l'emploi dans les transports publics, dans la construction et l'entretien, dans l'exploitation et la planification. Grâce aux conventions collectives de travail de bonne qualité, les entreprises de transports publics offrent aussi des conditions de travail équitables. En tant que Syndicat du personnel des transports publics, nous nous sommes toujours battus dans ce sens, et nous continuerons à le faire, entre autres en recommandant de voter Oui au projet FAIF.
</p><p>En acceptant le projet FAIF, nous garantissons d'avoir aussi à l'avenir assez de personnel, payé de façon équitable, et qui s'engage avec conviction pour des transports publics sûrs, en bon état et fiables.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Transports</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1407</guid><pubDate>Tue, 14 Jan 2014 16:05:00 +0100</pubDate><title>Des services publics forts pour une Suisse performante !</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/des-services-publics-forts-pour-une-suisse-performante</link><description>Journée d’étude du 27 février</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Santé, formation, administration publique, transports publics et poste. Les services publics sont un pilier essentiel de notre pays. Mais les programmes d’austérité inutiles des cantons et des privatisations «&nbsp;idéologiques&nbsp;», ainsi que la &nbsp;maximisation des profits les sapent toujours plus. </p><p>L’Union syndicale suisse (USS) et ses syndicats du secteur public (ssp, APC, SEV, syndicom et garaNto) s’opposent énergiquement à cette politique erronée. Car seuls des services publics forts sont les garants d’une Suisse forte, dont tous et toutes puissent bénéficier. Les bas et les moyens salaires, c’est-à-dire la grande masse des travailleurs et travailleuses de Suisse, ont besoin de services et d’infrastructures publics. Qui plus est, des personnes aux formations les plus poussées au réseau bien développé des transports, l’économie profite également de services publics forts.
</p><p>Lors de cette journée «&nbsp;Des services publics forts pour une Suisse performante&nbsp;!&nbsp;», il sera question des problèmes actuels les plus brûlants dans notre pays et des principaux éléments nécessaires à des services publics forts. Et pour élargir la vision, on regardera aussi ce qui se passe ailleurs. Deux exposés présenteront les débats en cours dans l’Union européenne à ce sujet, dont celui sur la première initiative citoyenne européenne «&nbsp;L’eau est un droit humain&nbsp;», qui a réuni environ 2 millions de signatures de citoyen(ne)s de l’Union européenne. 
</p><p> La journée d’étude se tiendra le 27 février 2014, de 9 h 15 à 17 h 15, à l’hôtel Bern, Zeughausgasse 9, à Berne. Les inscriptions doivent être envoyées jusqu’au 20 février.&nbsp;
</p><p>&lt;media 1748 - - "TEXT, Anmeldetalon Service public Talon inscript DEF, Anmeldetalon_Service_public_Talon_inscript_DEF.pdf, 28 KB"&gt;Pour s'inscrire…&lt;/media&gt;</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Énergie et environnement</category><category>Poste</category><category>Transports</category><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1406</guid><pubDate>Tue, 14 Jan 2014 15:35:00 +0100</pubDate><title>Non à la suppression de la solution des délais</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/non-a-la-suppression-de-la-solution-des-delais</link><description>Votation fédérale du 9 février 2014</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’initiative populaire «&nbsp;Financer l’avortement est une affaire privée – Alléger l’assurance-maladie en radiant les coûts de l’interruption de grossesse de l’assurance de base&nbsp;», sur laquelle nous nous prononcerons le 9 février, a été lancée parce que ses auteurs, sachant très bien qu’ils n’ont aucune chance d’interdire les avortements comme par le passé, ont choisi d’avancer masqués&nbsp;: d’une manière ou d’une autre, ils veulent punir, ne serait-ce qu’au niveau financier.</p><p>La lutte pour la solution des délais a duré 30 ans. Elle fut âpre. Ce n’est qu’en 2002 que la solution des délais fut introduite. Elle autorise une interruption de grossesse durant les 12 premières semaines qui suivent les dernières règles. Cette solution a fait ses preuves. De fait, le nombre d’avortements a diminué depuis lors en Suisse.
</p><p>Les coûts d’un avortement sont pris en charge par l’assurance obligatoire de soins. C’est précisément là la disposition que les initiant(e)s veulent supprimer. Sachant bien qu’un retour dans le passé, quand l’avortement était encore punissable, n’a aucune chance aujourd’hui, ils font semblant de s’attaquer à l’aspect financier et demandent que les coûts des avortements soient assumés par les personnes qui se font avorter. C’est hypocrite et en défaveur des femmes. L’argumentation de l’«&nbsp;affaire privée&nbsp;» a en outre un effet boule de neige dangereux. Si l’avortement est une affaire privée, il doit être payé par les personnes concernées. Il n’y a alors plus qu’un pas jusqu’à l’effacement de toute solidarité dans l’assurance-maladie. La personne qui doit se faire soigner en raison de sa consommation d’alcool – une «&nbsp;affaire privée&nbsp;» – devra aussi payer de sa poche&nbsp;! Quiconque se fait soigner pour un ulcère dû au stress – une «&nbsp;affaire privée&nbsp;» – devra aussi payer de sa poche&nbsp;! Et celle ou celui qui a des problèmes de genou à cause d’une pratique du sport trop poussée – une «&nbsp;affaire privée&nbsp;» – devra aussi payer de sa poche&nbsp;! Et liste pourrait s’allonger… Finalement, comme plus de la moitié des traitements médicaux ont des causes privées, ils devront être payés par les personnes concernées. 
</p><p>Le fait est que les coûts des interruptions de grossesse représentent moins de 0,03&nbsp;% des coûts de la santé. L’époque des faiseuses et faiseurs d’anges est révolue. Tant mieux&nbsp;! Pas question de leur redonner une chance avec les couches les plus pauvres de la population&nbsp;! 
</p><p>Parlons enfin des initiant(e)s. Ils sont constamment présents avec des initiatives populaires du même calibre. En novembre 2013, les mêmes milieux ont échoué avec leur initiative sur la famille. Un mois plus tard, ils ont fait aboutir leur initiative populaire sur les cours d’éducation sexuelle «&nbsp;Protection contre la sexualisation à l’école maternelle et à l’école primaire&nbsp;». Et récemment, ils ont lancé une nouvelle initiative contre l’avortement. Un non clair s’impose donc en février prochain, ne serait-ce que pour ne pas avoir à voter chaque année sur le même sujet. 
</p><p> En résumé, ce non clair à «&nbsp;Financer l’avortement est une affaire privée&nbsp;» s’impose parce que l’interdiction de l’interruption de grossesse n’est pas applicable et que le but minimum visé par les initiant(e)s est de punir financièrement les femmes.
</p><p>Plus d'informations sur:&nbsp;<a href="http://www.nein-angriff-fristenregelung.ch/fr/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">www.non-attaque-regime-delai.ch</a></p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1408</guid><pubDate>Tue, 14 Jan 2014 13:40:00 +0100</pubDate><title>Garantir à long terme le trafic ferroviaire en Suisse, c’est dire OUI au FAIF</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/garantir-a-long-terme-le-trafic-ferroviaire-en-suisse-c-est-dire-oui-au-faif</link><description>Votation fédérale du 9 février 2014</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) soutient le règlement du «&nbsp;Financement et de l’aménagement de l’infrastructure ferroviaire&nbsp;» (FAIF) sur lequel nous voterons le 9 février prochain. Il s’agit là du contre-projet direct à l’initiative populaire «&nbsp;Pour les transports publics&nbsp;» de l’ATE et du Syndicat du personnel des transports (SEV) que ces derniers ont retiré en faveur d’un FAIF convaincant. L’USS estime que ce projet représente en effet un jalon important pour les transports publics de ce pays. Il représente une occasion historiquement unique qui ne devrait pas se représenter de sitôt.</p><p>Le Fonds d’infrastructure ferroviaire (FIF), qui est l’élément central du FAIF, garantira à longue échéance le financement de l’entretien et de l’aménagement du trafic sur rail. Ainsi, ce dernier restera concurrentiel et le personnel concerné, de même que la qualité de l’infrastructure, sera protégé contre tout démantèlement. De plus, seul le FAIF permettra à long terme de développer les capacités et les cadences du trafic régional. De fait, l’actuel financement et l’actuel fonds destiné au financement des projets d’infrastructure des transports publics (FTP) – limité dans le temps et fortement endetté – ne seraient pas en mesure de garantir sur la durée l’entretien et l’aménagement durable de l’infrastructure ferroviaire, ni de soutenir un tant soit peu le rythme prévu de la demande.
</p><h3>Un mode de financement socialement acceptable</h3><p>Avec le FAIF, des recettes provenant de la redevance poids lourds liée aux prestations (RPLP), de l’impôt sur les huiles minérales et de la TVA alimenteront aussi le nouveau FIF. S’y ajouteront des contributions de la Confédération et des cantons, ainsi qu’un pour mille supplémentaire, mais temporaire, de TVA. Les usagers et usagères seront aussi mis à contribution à travers la limitation de la déduction fiscale autorisée pour les pendulaires. L’USS juge ce mode de financement socialement acceptable. Si cela ne met pas pour autant fin au débat sur la tarification de la mobilité («&nbsp;mobility pricing&nbsp;»), cette question perdrait en intensité et en urgence, ce qui ne pourrait que profiter à la recherche de solutions socialement équitables. 
</p><h3>Maintenir la qualité de vie</h3><p>Grâce à un réseau ferroviaire bien aménagé et bien entretenu, une mobilité en douceur est possible dans notre pays, aussi pour les décennies à venir. Le trafic voyageurs et marchandises sur rail va continuer à augmenter, mais moins que le trafic routier si l’on ne donne pas un coup de barre aujourd’hui avec le FAIF. Ces dix dernières années, la mobilité professionnelle a fait un bond et elle ne va pour l’heure pas diminuer. Les travailleurs et travailleuses ont besoin de transports publics performants, ils ne peuvent pas échapper aux heures de pointe. Grâce au FAIF, on investira dans les transports publics et la mise en réseau régionale restera garantie. C’est là un facteur essentiel de la qualité de vie en Suisse. Toutes les générations en profiteront.
</p><p> Et avec le FAIF, le trafic marchandises sur rail se voit offrir une vraie chance, car le réseau ferroviaire pourra transporter plus de marchandises à l’avenir et des capacités fixes seront attribuées à ce trafic. C’est urgent, d’un point de vue écologique et dans l’intérêt des travailleurs et travailleuses. L’augmentation prévue du trafic marchandises débouchera à moyen terme sur une situation inextricable sur les routes et les conditions de travail des chauffeur(e)s de camion seront toujours plus dangereuses.</p>]]></content:encoded><category>Transports</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1405</guid><pubDate>Tue, 14 Jan 2014 11:30:00 +0100</pubDate><title>L’initiative contre l’immigration de l’UDC favorisera la sous-enchère salariale</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/l-initiative-contre-l-immigration-de-l-udc-favorisera-la-sous-enchere-salariale</link><description>Pas d’isolationnisme, pas d’autogoal au détriment des travailleurs et travailleuses</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’initiative isolationniste de l’UDC veut empêcher les gens de se déplacer et de travailler où bon leur semble en Europe. Elle veut renouer avec le désastreux système des contingents et le statut inhumain de saisonnier. Et elle entend supprimer l’actuelle protection des salaires. Nous n’acceptons pas ce qui est à tous les points de vue un réel retour en arrière.</p><p>L’initiative isolationniste de l’UDC veut jeter par-dessus bord la libre circulation des&nbsp; personnes. Si elle y parvient, les mesures d’accompagnement disparaîtront aussi, ce qui va à l’encontre des intérêts des travailleurs et travailleuses de ce pays. Les mesures d’accompagnement doivent au contraire être étoffées et durcies. Les instruments qu’elles offrent sont fondamentalement bons. Leur faute réside uniquement dans leur conception et leur application trop peu conséquentes.
</p><p>Selon l’UDC, le retour au vieux système des contingents réduira automatiquement l’immigration. Cet argument ne vaut pas tripette. De fait, la Suisse a appliqué pendant des décennies ce système et l’économie a toujours pu avoir autant de main-d’œuvre étrangère qu’elle le souhaitait. La situation de nombreuses personnes, surtout les saisonniers, était alors indigne parce que leurs droits les plus élémentaires n’étaient même pas garantis.
</p><p>Ce qui sera différent de l’ancien système des contingents si l’initiative gagne dans les urnes, c’est que les salaires des nouveaux arrivés ne seront plus protégés et les employeurs pourront ainsi plus facilement pratiquer la sous-enchère salariale. L’UDC veut des emplois sans droits pour les salarié(e)s, les étrangers et étrangères comme les Suisses et les Suissesses. En effet, si les salaires de ceux-là pourront être sans autre baissés, les salaires des travailleurs et travailleuses indigènes, sans protection, se trouveront sous pression. La spirale à laquelle on aboutira se présentera ainsi&nbsp;: des patrons sans scrupules pourront décider librement et les patrons corrects seront sous pression. 
</p><p>C’est pourquoi notre solution est de renforcer les mesures d’accompagnement, de fixer le plus grand&nbsp; nombre possible de salaires minimums dans des conventions collectives de travail et d’instaurer un salaire minimum légal pour tout le monde&nbsp;!
</p><p>Deux choses encore&nbsp;: </p><ol><li><span>L’UDC veut introduire une priorité pour les travailleurs et travailleuses suisses. Des contingents devront être attribués dès qu’il n’y aura plus de ressortissant(e)s suisses à disposition dans une branche. Dans l’ancien système des contingents, on donnait la «&nbsp;priorité à la main-d’œuvre indigène&nbsp;», ce qui englobait aussi les ressortissant(e)s étrangers résidant en Suisse. Avec l’initiative, par un simple claquement de doigt, ces personnes qui ont pour une part vécu et travaillé toute leur vie dans notre pays perdraient leurs droits&nbsp;!</span></li><li><span>Si la libre circulation tombe, tous les accords bilatéraux tombent. Or, en tant que petit pays, nous avons besoin de relations structurées avec l’Europe. Tout le reste n’est qu’aventure à la sauce UDC.</span></li></ol><p>Bref, l’initiative de l’UDC ne tiendra pas les promesses qu’elle fait. Elle représentera pour les travailleurs et travailleuses une régression, un autogoal. Mais c’est finalement aussi ce qu’elle veut, à savoir empêcher les syndicats de lutter contre la sous-enchère salariale. 
</p><p>Comment durcir les mesures d’accompagnement&nbsp;?</p><ul><li><span>En augmentant le nombre de contrôles, en durcissant les sanctions et en augmentant les amendes infligées aux entreprises coupables d’abus</span></li><li><span>En pouvant ordonner la suspension des travaux en cas de soupçon de dumping salarial</span></li><li><span>En facilitant l’extension des conventions collectives de travail</span></li><li><span>En protégeant contre le licenciement les travailleurs et travailleuses qui se battent ouvertement contre le dumping salarial et dénoncent les abus</span></li><li><span>En garantissant aux syndicats l’accès aux entreprises et autres lieux de travail pour y contrôler le respect des conditions de travail</span></li></ul><h5> DoCuments</h5><ul><li><span>&lt;media 1730 - - "TEXT, Flyer Masseneinwanderung franzoesisch, Flyer_Masseneinwanderung_franzoesisch.pdf, 265 KB"&gt;Tract&lt;/media&gt;</span></li><li>&lt;media 1759&gt;Argumentaire&lt;/media&gt;</li></ul>]]></content:encoded><category>Migration</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1401</guid><pubDate>Mon, 13 Jan 2014 15:20:00 +0100</pubDate><title>7 bonnes raisons de soutenir FAIF</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/7-bonnes-raisons-de-soutenir-faif</link><description>Votation du 9 février 2014</description><content:encoded><![CDATA[<h3>1. FAIF au service des générations futures</h3><p>L’environnement et nos ressources sont fortement affectés par les transports: les voies de communication imperméabilisent les sols et morcellent les paysages. 35 pourcent de notre consommation d’énergie partent dans les transports. 
</p><p>Le train est la clé d’une politique des transports respectueuse de l’environnement. Les chemins de fer utilisent peu de surface au sol: seuls dix pourcent des surfaces dédiées aux transports sont réservées aux trains. 
</p><p>Le projet FAIF renforce les transports publics. Il permet de réaliser une politique des transports respectueuse de l’environnement dont nos enfants profiteront aussi. 
</p><h3>2. FAIF est indispensable</h3><p>Les transports publics ont connu un boom important ces dernières années. Entre 1998 et 2011 uniquement, les prestations du transport ferroviaire ont augmenté de 59 pourcent en Suisse. 
</p><p>Aujourd’hui, dans de nombreuses régions du pays, les trains ont atteint leurs limites, en particulier dans les agglomérations. Les pendulaires ne trouvent plus de places assises aux heures de pointe. L’exploitation du système ferroviaire jusqu’à sa saturation conduit à des pannes nettement plus fréquentes. L’attractivité des transports publics en souffre. 
</p><p>Les milliers de pendulaires de Suisse ont besoin de transports publics efficaces. Le projet pour l’infrastructure ferroviaire crée les conditions pour que davantage de trains ainsi que des convois plus longs puissent circuler. Les pendulaires en profiteront. Le FAIF leur est indispensable. 
</p><h3>3. FAIF assure la continuité</h3><p>Avec le projet FAIF, le trafic ferroviaire dans notre pays repose sur des bases solides à long terme. Le fonds FTP (fonds pour les transports publics), qui a financé jusqu’ici le développement et l’entretien du réseau ferroviaire, est limité dans le temps. FAIF prendra le relais. 
</p><p>Le fonds FTP doit être remplacé par le fonds d’infrastructure ferroviaire (FIF) à durée indéfinie. Les ressources actuelles du fonds FTP seront injectées dans le FIF. Ainsi, à l’avenir également, une partie de la redevance poids lourds liée aux prestations (RPLP), de la taxe sur les huiles minérales et de la TVA seront injectées dans le transports publics. Le fonds sera également alimenté par une contribution de la conféderation, des cantons ainsi que par un pour mille de TVA supplémentaire, limité du temps. 
</p><p>Le financement futur des transports publics est donc assuré à long terme. Le projet FAIF permet à la Confédération de poursuivre sa politique des transports sans accrocs et sans devoir trouver des solutions de financement. Les entreprises ferroviaires savent ainsi où elles en sont et peuvent planifier leurs investissements, sans craindre de mauvaises surprises. Cette continuité permet à la Suisse de rester, à l’avenir aussi, le pays du chemin de fer. 
</p><p>Le projet FAIF est plus qu’un simple projet de financement. Il contient également un programme de développement stratégique (PDS) ferroviaire. Le PDS est tourné vers l’avenir et prévoit une planification jusqu’en 2050. D’ici là, le développement futur du réseau ferroviaire doit être effectué par étapes régulières.
</p><h3>4. FAIF est équilibré</h3><p>Les sources de financement actuelles du fonds FTP ne suffisent pas au développement du réseau ferroviaire et à la suppression des goulets d’étranglement. Le projet FAIF prévoit d’alimenter le nouveau fonds d’infrastructure avec des moyens supplémentaires. 
</p><p> Les utilisatrices et les utilisateurs des transports publics, ainsi qu’une large part de la population et les pouvoirs publics, y contribuent. FAIF ne charge pas de manière unilatérale une partie de la population mais propose un bon compromis équilibré, typiquement helvétique. 
</p><h3>5. FAIF pour toutes les régions</h3><p>Le réseau ferroviaire suisse relie l’ensemble des régions de Suisse. Dans aucun autre pays du monde, les usagers des chemins de fer peuvent atteindre des zones reculées si facilement. Le projet FAIF veut préserver cet atout des transports publics de notre pays: le réseau ferroviaire ne doit pas être développé de manière ponctuelle mais sur l’ensemble du territoire. 
</p><p>La première étape du programme de développement de FAIF d’ici 2025 comprend, par exemple, les améliorations de l’axe est-ouest via Berne, le développement des nœuds ferroviaires Lausanne, Genève, Berne et Bâle ou l’introduction d’une offre semi-horaire, toutes les 30 minutes, sur des tronçons comme Bienne-Neuchâtel-Lausanne, Berne-Lucerne, Zurich-Coire, Zurich-Aarau, Zurich-Lugano ou Lugano-Locarno. L’offre sera aussi améliorée pour les S-Bahn des agglomérations de Berne et Bâle et de St-Gall Rheintal. 
</p><h3>6. FAIF rend le train encore plus sûr</h3><p>Le train est un moyen de transport sûr et fiable. Chaque jour des milliers de trains mettent à rude épreuve les rails, les aiguillages, les ponts ou les systèmes d’enclenchement. FAIF garantit l’entretien ou le remplacement de ces infrastructures et rend le train encore plus sûr. Le projet FAIF permet également d’assainir des tunnels vétustes avant qu’ils ne deviennent facteurs de risque. Les quais seront élargis afin de mettre un terme aux bousculades dangereuses lors de l’arrivée des trains. FAIF garantit à nos enfants également de voyager en train en toute sécurité. 
</p><h3>7. FAIF est bon pour l’économie</h3><p>Le train apporte à notre pays de l’argent, du bien-être et des emplois. Le personnel des chemins de fer à lui seul peut compter sur une valeur ajoutée annuelle de plusieurs milliards de francs. L’économie suisse profite à plusieurs niveaux d’un bon réseau ferroviaire: les transports publics sont un facteur important pour l’implantation d’entreprises. Les entreprises de transports profitent d’un système ferroviaire efficace tout comme le tourisme.
</p><p>FAIF est bon pour notre économie. Il renforce le bien-être et porte le succès de la Suisse de demain.&nbsp;
</p><p>Plus d'informations :&nbsp;<a href="http://alliance-tp.ch/fr/home/" target="_blank" rel="noreferrer">www.alliance-tp.ch</a></p>]]></content:encoded><category>Transports</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1393</guid><pubDate>Thu, 19 Dec 2013 14:37:00 +0100</pubDate><title>Salaires trop bas dans le commerce de détail et cantons inutilement économes</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/salaires-trop-bas-dans-le-commerce-de-detail-et-cantons-inutilement-economes</link><description>Deux nouveaux Dossiers de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) vient de publier deux nouveaux Dossiers&nbsp;: «&nbsp;Schwache Lohnentwicklung trotz Produktivitätsschub&nbsp;», avec résumé en français (N°&nbsp;98) et «&nbsp;Finances cantonales - Programmes d’austérité douteux et préjudiciables dans les cantons&nbsp;» (N°&nbsp;99).</p><p>320&nbsp;000 personnes travaillent dans le commerce de détail, l’une des plus grandes branches du pays. Environ 47&nbsp;000 d’entre elles (= 14&nbsp;%) touchent un salaire horaire inférieur à 22 francs. Or, plus de la moitié a fait un apprentissage. Les femmes sont particulièrement concernées. En effet, tout juste 39&nbsp;000 femmes (16 % des salariées) travaillent pour un salaire horaire inférieur à 22 francs, alors que seulement 8&nbsp;000 hommes sont dans ce cas. Une très grande partie du problème des bas salaires dans le commerce de détail devrait être imputable à la discrimination salariale des femmes par rapport aux hommes.
</p><p>Telle est la situation, selon l’étude réalisée par Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS, et Daniel Kopp, collaborateur scientifique de l’USS. Cette étude montre que les propriétaires des grandes chaînes de magasins de vêtements et de chaussures sont souvent des milliardaires. Elle analyse également dans le détail l’évolution des profits réalisés dans cette branche et prouve que les employé(e)s gains n’ont pas suffisamment profité des gains de productivité. Des hausses de salaires s’imposent donc plus que jamais.
</p><p>Daniel Lampart et Daniel Kopp: Der Detailhandel. Schwache Lohnentwicklung trotz Produktivitätsschub (avec résumé en français). 33 p. Dossier N° 98.
</p><h3>Économies&nbsp;: quand les cantons magouillent</h3><p>La majorité des cantons suisses prévoient des mesures d’austérité. D’un point de vue économique, ces programmes sont cependant douteux. La situation financière des cantons est en effet meilleure que ce qu’en disent leurs gouvernements. Les auteurs de ce Dossier, Daniel Lampart&nbsp; et Anna Tanner, collaboratrice scientifique de l’USS, montrent bien ces faits, sur la base d’une analyse approfondie. Mais ils établissent aussi que, là où d’importants déficits menacent, ils sont pour l’essentiel la conséquence de baisses d’impôts et/ou d’impôts inutilement bas. A priori, les cantons se portent de ce fait financièrement bien. Et les éventuelles différences entre dépenses et recettes pourraient être aisément corrigées en revenant sur les baisses d’impôts de ces dernières années.
</p><p>Daniel Lampart et Anna Tanner:&nbsp;Finances cantonales - Programmes d’austérité douteux et préjudiciables dans les cantons. 31 p. Dossier N° 99.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1392</guid><pubDate>Thu, 19 Dec 2013 11:06:00 +0100</pubDate><title>Le fédéralisme, c’est bien ; la justice sociale, c’est mieux</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/le-federalisme-c-est-bien-la-justice-sociale-c-est-mieux</link><description>Le Conseil fédéral ne se fatigue pas

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil fédéral propose au Parlement de rejeter sans contre-projet l’initiative populaire «&nbsp;Imposer les successions de plusieurs millions pour financer notre AVS (Réforme de la fiscalité successorale)&nbsp;». Un parti pris évident en faveur des riches parmi les riches de ce pays. Mais un choix que l’on pourra corriger, au plus tard dans les urnes.</p><p>Au chapitre répartition de la fortune, la Suisse est l’un des pays les plus inégalitaires. Le 1&nbsp;% le plus fortuné possède autant que les 99&nbsp;% restants. La transmission d’héritages aggrave encore cette répartition injuste de la fortune. Chaque année, environ 40 milliards de francs sont hérités dans notre pays. Et les héritiers de grosses sommes sont même épargnés. Afin d’attirer des contribuables riches, les cantons ont en effet supprimé les uns après les autres les impôts sur les successions demandés aux descendants directs.&nbsp;
</p><p>C’est pour cela qu’une alliance regroupant le Parti évangélique, le Parti socialiste, l’Union syndicale suisse et les Verts a lancé l’initiative populaire «&nbsp;Imposer les successions de plusieurs millions pour financer notre AVS&nbsp;». Déposée le 15 février dernier à la Chancellerie fédérale, elle demande qu’un impôt de 20&nbsp;% soit prélevé sur les héritages à partir de deux millions de francs, les entreprises et les exploitations agricoles bénéficiant de réductions particulières importantes. Le produit de cet impôt, estimé à 3 milliards de francs par an, bénéficierait pour deux tiers à l’AVS et pour un tiers aux cantons. 
</p><p>Le 13 décembre, le Conseil fédéral a adopté son message sur cette initiative. Il la rejette sans aucun contre-projet, au seul et unique motif formel que l’imposition des successions incombe aux cantons et qu’il n’entend rien changer à cet état de fait. Ce faisant, il ne pipe mot de l’échec total du fédéralisme sur cette question, ni du fait que cet échec favorise la répartition extrêmement inégalitaire de la fortune en Suisse. 
</p><p>Et que dit notre gouvernement des deux milliards de francs que l’initiative entend verser chaque année dans les caisses de l’AVS&nbsp;? Il renvoie simplement au projet «&nbsp;Prévoyance vieillesse&nbsp; 2020&nbsp;», qui envisage jusqu’à 2&nbsp;% de TVA supplémentaires pour financer le surcoût qu’entraînera cette réforme pour l’AVS…
</p><p>Il est probable que tel sera aussi l’avis de la majorité bourgeoise des Chambres fédérales qui en débattra l’an prochain. Mais c’est le peuple qui aura le dernier mot. Il n’aura pas à trancher uniquement sur une réforme fiscale, mais pourra aussi dire à qui il appartiendra selon lui à l’avenir de financer équitablement les besoins de l’AVS ou d’AVSplus. Tout le monde, avec la méthode de la tondeuse à gazon de la TVA, ou socialement, à savoir les plus riches, à travers un impôt sur les successions par lequel ils seront les seuls concernés. 
</p><p> Les cartes seront redistribuées au plus tard à ce moment-là, et les initiant(e)s auront alors de bons atouts en main.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1390</guid><pubDate>Thu, 19 Dec 2013 09:53:00 +0100</pubDate><title>Arguments fallacieux et réalités</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/arguments-fallacieux-et-realites</link><description>Le salaire minimum au secours de l’apprentissage</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Grâce au salaire minimum légal, les salaires des professionnel(le)s ne pourront plus baisser au gré des patrons. L’apprentissage s’en trouvera revalorisé. En effet, contrairement à certaines assertions, 40&nbsp;% des personnes qui touchent des bas salaires ont fait un apprentissage.</p><p>À en croire certains parlementaires, le salaire minimum serait une menace pour l’apprentissage&nbsp;: il démotiverait les jeunes à s’engager dans une formation professionnelle, le salaire d’apprenti(e)s étant moins attractif que le salaire minimum qu’ils pourraient soi-disant obtenir fraîchement sortis des bancs de l’école. Les auteurs de ces propos vivent bien loin des réalités de la jeunesse. Les quelques enquêtes existantes démontrent en effet que nos jeunes ont bien d’autres préoccupations à 15 ou 16 ans que de gagner leur vie immédiatement après leur scolarité. Ils souhaitent avant tout pouvoir exercer un métier qui leur plaise et leur garantisse une certaine stabilité économique. Chaque jeune est conscient aujourd’hui qu’un certificat ou un diplôme est devenu une exigence minimale pour faire sa place dans la société et mettre un pied dans le marché du travail. C’est pourquoi aucun n’envisage librement de travailler sans acquérir d’abord une formation.
</p><p>Entrée sur le marché du travail retardée
</p><p>Les études TREE, qui suivent la trajectoire des jeunes de 15 à 25 ans, confirment la tendance&nbsp;: les entrées sur le marché du travail directement après l’école se font toujours plus rares. C’est aussi la raison pour laquelle, malgré la forte demande des entreprises, la liste des jeunes en attente d’une place d’apprentissage ne désemplit guère d’année en année. En 2013, ils sont encore 16&nbsp;000 à attendre de pouvoir enfin entamer une formation professionnelle. Les cantons se plaignent d’ailleurs du trop grand succès des mesures de transition après l’école&nbsp;: entre 1990 et 2010, le nombre de jeunes en transition a pratiquement doublé, tandis que celui des élèves n’a augmenté que de 25&nbsp;%. Durant cette même période, on enregistre une forte augmentation de la part des jeunes qui, à 18 ans, sont toujours en formation. Ainsi, en 2011, on estimait que la part des jeunes de 15 à 19&nbsp;ans déjà entrés sur le marché du travail n’était que de 4&nbsp;%&nbsp;! Un succès en votation de l’initiative sur les salaires minimums ne renverserait pas cette tendance&nbsp;: demain, les jeunes continueront à prolonger leur formation et à repousser leur entrée sur le marché du travail.
</p><p>Aujourd’hui, l’apprentissage ne protège plus du besoin
</p><p>Plutôt que de voir la paille dans l’œil des initiants, les pseudo-défenseurs de l’apprentissage devraient commencer à apercevoir la poutre qui se trouve dans le leur. Parce que si l’apprentissage est aujourd’hui effectivement en danger, ce n’est pas dû au «&nbsp;diktat des salaires&nbsp;», mais à des mécanismes de protection inexistants ou partiellement dépassés. Sinon, comment expliquer aujourd’hui que, dans un pays où l’on met l’apprentissage sur un piédestal, plus d’un tiers des personnes touchant moins de 4&nbsp;000&nbsp;francs ont précisément obtenu un certificat fédéral de capacité (CFC)&nbsp;? Comment justifier qu’un jardinier-paysagiste, une aide-soignante, un musicien, une vendeuse, une coiffeuse, un chauffeur ou même un mécanicien, dûment qualifiés, puissent toucher des années durant un salaire si bas qu’ils ne sont pas en mesure d’assurer l’entretien d’une famille&nbsp;? Aujourd’hui, plus de 10&nbsp;% des professionnel(le)s titulaires d’un CFC ont un bas salaire. En quelques années, leur situation s’est aggravée&nbsp;: entre 2002 et 2010, leur rémunération a en effet perdu de sa valeur réelle, alors que les gains de productivité ont dépassé 6&nbsp;%. Ce sont avant tout les cadres supérieurs diplômés des universités qui ont profité de la croissance, leur salaire ayant pris l’ascenseur.
</p><p>Le salaire minimum pour sauvegarder nos métiers
</p><p>À ce jour, seuls 40&nbsp;% des salarié(e)s sont protégés par une CCT qui fixe des salaires minimums. Cela signifie que 60&nbsp;% ne bénéficient d’aucune protection. Ce qui était encore tenable il y a 15 ans, ne l’est plus aujourd’hui. L’ouverture des frontières et le niveau de qualifications élevé des travailleurs et travailleuses européens mettent les professionnel(le)s suisses sous pression. Le positionnement de la formation professionnelle inquiète toujours plus les petits patrons. Car ce ne sont pas seulement les CFC, mais également les brevets et diplômes professionnels, qui perdent peu à peu de leur valeur sur un marché du travail qui s’internationalise.
</p><p> C’est dans ce contexte que les grandes organisations patronales partent en croisade contre les salaires décents. Les mêmes qui s’opposent au «&nbsp;diktat des salaires&nbsp;», n’ont hélas souvent que faire du partenariat social et n’hésitent pas à recruter le personnel déjà bien formé à l’étranger. En déposant une initiative pour un salaire minimum légal, les syndicats, eux, n’ont pas dévié d’un pouce de leur objectif premier, à savoir la protection des conditions de travail et des salaires. En empêchant un effondrement vers le bas, le salaire minimum légal revalorise les métiers qualifiés aujourd’hui déjà sous-payés. Ce verrou permettra à terme également de stopper le recul des salaires des titulaires d’un CFC qui sont toujours plus sous pression suite à la libre-circulation des personnes. C’est donc en votant oui à l’initiative sur le salaire minimum que nous donnerons une perspective aux jeunes. Car c’est en garantissant un salaire décent à nos professionnel(le)s, que l’on offre un avenir à notre apprentissage.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1382</guid><pubDate>Fri, 06 Dec 2013 10:24:00 +0100</pubDate><title>Plan social obligatoire en Suisse depuis le 1er janvier 2014</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/plan-social-obligatoire-en-suisse-depuis-le-1er-janvier-2014</link><description>Les prédateurs peuvent passer leur chemin</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Jusqu’à ce jour, c’est surtout en Suisse qu’avait lieu la majorité des licenciements collectifs dans les entreprises multinationales ou contrôlées par des «&nbsp;hedge funds&nbsp;» – ces prédateurs financiers comme on les appelle – avec succursales dans plusieurs pays. Et pourquoi donc&nbsp;? Parce que nos dispositions sur les restructurations et les licenciements en cas d’«&nbsp;assainissement&nbsp;» d’une entreprise étaient faiblardes et faciles à tourner en raison d’une jurisprudence laxiste. Mais cela va changer. En effet, le nouveau droit de l’assainissement va mettre fin au «&nbsp;paradis suisse&nbsp;» des tueurs d’emplois.</p><p>Suite à la révision totale du droit de l’assainissement, l’obligation d’un plan social sera introduite en Suisse dès le 1er janvier 2014. Une mesure à mettre au crédit des syndicats, du Parti socialiste et des Verts qui se sont battus avec détermination, notamment au Conseil national. Les dispositions en question se trouvent à l’article 335h-k du Code des obligations (CO).
</p><h3>Assainissements facilités</h3><p>Le droit révisé de l’assainissement prévoit d’importantes nouveautés qui faciliteront l’assainissement d’entreprises en difficultés. Celles –ci auront désormais droit à une «&nbsp;pause pour souffler&nbsp;», à savoir qu’en cas de problèmes financiers elles bénéficieront d’un sursis provisoire sans devoir obligatoirement entrer dans une procédure de faillite, respectivement conclure un concordat. Pendant cette pause d’au maximum quatre mois, des mesures concrètes devront être prises pour assainir l’entreprise, par exemple de nouvelles négociations des baux à loyer ou la vente de parties de l’entreprise. 
</p><p>Ces modifications de contrat pour cause d’assainissement seront juridiquement plus simples. Ce sera aussi le cas lors de la reprise des contrats de travail, par exemple si des parties de l’entreprise sont transférées à un nouveau propriétaire dans le cadre de mesures engagées. Tous les contrats de travail, respectivement les dettes qui en découlent, ne devront plus être repris solidairement. Dans les faits, cela ne changera pas grand-chose en raison de la jurisprudence favorable aux employeurs des tribunaux, c’est-à-dire du droit suisse de résiliation. En contrepartie, une concession a été faite pour les salarié(e)s, soit l’introduction de l’obligation de négocier un plan social en cas de licenciement collectif, et de l’appliquer. 
</p><h3>Concrètement, qu’est-ce que l’obligation de négocier un plan social&nbsp;?</h3><p>Quels employeurs sont concernés par l’obligation de négocier un plan social en cas de licenciement collectif&nbsp;? Malheureusement pas tous. Pour que cette obligation s’applique, il faut que l’entreprise compte plus de 250 employé(e)s et veut en licencier au moins 30. Si aucun plan social n’est convenu, un tribunal arbitral doit être saisi pour en élaborer un. Que les entreprises de moins de 250 employé(e)s ne soient pas touchées par l’obligation d’un plan social doit être considéré comme une occasion manquée. 
</p><p>Mais que doit contenir un plan social&nbsp;? Et qui le négocie&nbsp;? Les plans sociaux ont pour but d’empêcher ou d’atténuer, pour les personnes concernées, les conséquences négatives d’un licenciement. Cela peut se faire par l’offre d’un autre emploi dans l’entreprise, un reclassement externe (donc le financement de formations externes, de cours, de formations continues) ou par la retraite anticipée. Ce sont les parties qui négocient ce que contiendra le plan social. S’il y a une convention collective de travail (CCT), ces parties sont les partenaires sociaux, sinon une représentation des salarié(e)s comme la commission du personnel. L’obligation ne s’applique pas seulement à la négociation d’un plan social, mais aussi à sa conclusion. Si un employeur refuse de négocier, il sera tenu de fournir des dommages-intérêts. Tous les licenciements sont alors à considérer comme abusifs, ce qui, à son tour, implique une indemnisation au sens de l’article 336a du CO pouvant se monter à six mois de salaire. L’employeur peut aussi être puni selon l’article 292 du Code pénal («&nbsp;insoumission à une décision de l’autorité&nbsp;»). Il faut encore souligner que le plan social n’est considéré comme tel que si toutes les parties sont d’accord&nbsp;! Si ce n’est pas le cas, par exemple parce que le syndicat juge les mesures de l’employeur trop faibles, c’est à un tribunal arbitral de trancher et d’élaborer un plan social, qui sera obligatoire. 
</p><h3>Tribunal arbitral</h3><p>Il appartient aux parties, respectivement aux partenaires sociaux, de désigner qui pourra être saisi comme tribunal arbitral. La CCT pourra par exemple le prévoir. Mais on pourra aussi choisir une instance cantonale ou fédérale ou, par exemple, un tribunal arbitral privé. Les coûts, si tant est qu’il y en ait, devront être supportés par qui pourra se le permettre&nbsp;; cela, afin de ne pas rendre dès le départ la procédure d’arbitrage impossible. Ce qui serait un abus de droit&nbsp;! Ce devrait donc être normalement à l’employeur d’assumer ces frais, notamment si, en l’absence de partenaires sociaux, la commission du personnel accepte une procédure privée ad hoc.
</p><h3>Des assainissements durables désormais possibles </h3><p> On voit que cette réforme comporte des avantages. Il faut notamment s’attendre à ce que l’obligation du plan social, qui inclut une obligation de négocier, et la participation des partenaires sociaux et des salarié(e)s permettront de trouver des solutions d’assainissement durables et originales. Il ne sera à l’avenir plus guère possible de procéder à des coupes claires dans le personnel. Désormais, le savoir-faire de toutes les parties contribuera au sauvetage des entreprises. Les travailleurs et travailleuses, les communes où se trouvent les entreprises et les employeurs tournés vers la durabilité en profiteront...</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1380</guid><pubDate>Thu, 05 Dec 2013 13:45:00 +0100</pubDate><title>Endiguer les risques et prolonger les délais de prescription</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/endiguer-les-risques-et-prolonger-les-delais-de-prescription</link><description>Conférence de l’USS sur les risques et opportunités des nanomatériaux</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La tragédie de l’amiante ne doit pas se reproduire avec les nanotechnologies. Lors d’une conférence sur ce thème, une amélioration de l’information, ainsi que des contrôles et une protection ad hoc ont été demandés. La SUVA et les employeurs doivent assumer leurs responsabilités. Et une prolongation des délais de prescription est nécessaire.</p><p>La commission «&nbsp;santé et sécurité au travail&nbsp;» de l’USS avait décidé, dans le cadre de ses activités, de donner la priorité en 2013 aux risques, sur le lieu de travail, dits «&nbsp;émergents&nbsp;», c’est-à-dire aux risques pour la santé qui ne se concrétisent qu’après de très nombreuses années. Les nanomatériaux, ces particules minuscules (souvent de quelques atomes seulement) en font aussi partie. Comme ils recèlent un important potentiel économique et technologique, leur utilisation a crû de manière exponentielle ces dix dernières années. Selon des estimations, ils généreront demain des dizaines de milliers d’emplois.
</p><h3>Conférence de la commission «&nbsp;santé et sécurité au travail&nbsp;» sur les nanomatériaux</h3><p>C’est précisément pour ces raisons – d’une part les grandes opportunités offertes par ces technologies notamment pour la technique médicale et la branche pharmaceutique et, de l’autre, les risques encore trop peu étudiés qu’elles impliquent – que la commission «&nbsp;santé et sécurité au travail&nbsp;» de l’USS a invité le 2 décembre dernier des expert(e)s de divers horizons à une conférence à Berne sur cette problématique. Les participant(e)s ont en effet aussi critiqué l’approche par trop peu prudente des nanomatériaux sur les lieux de travail. On ne sait en effet de loin pas comment ces derniers se comportent dans l’organisme humain une fois qu’ils y ont pénétré. Des études soulèvent le doute que certains d’entre eux s’accumulent, comme les fibres d’amiante, dans certaines parties du corps et peuvent déboucher sur des cancers ou d’autres maladies graves. On dispose en particulier de trop peu de connaissances sur de telles conséquences à long terme. La SUVA et plusieurs hautes écoles sont en train d’étudier ces questions. 
</p><h3>Tirer les leçons de la tragédie de l’amiante&nbsp;: des délais de prescription plus longs&nbsp;!</h3><p>Les diverses interventions et discussions faites lors de cette conférence ont permis de constater que la perception de ces problèmes est concordante&nbsp;: sur les lieux de travail, les nanomatériaux nécessitent, en tant que risques émergents, des mesures de protection de la part de l’employeur. Contrairement à la pratique en vigueur, celui-ci doit informer son personnel de manière exhaustive de la présence de nanomatériaux sur les lieux de travail, afin que celui-ci puisse se protéger. En outre, la SUVA doit absolument renforcer ses contrôles dans&nbsp; les entreprises, car elle ne passe qu’une fois en plusieurs années dans certaines entreprises qui travaillent avec des nanomatériaux. Les risques pour le personnel d’un maniement inapproprié de ces derniers sont en effet inadmissibles. 
</p><p>La conférence a également fait apparaître que la réforme du droit de la prescription mise en consultation par l’Office fédéral de la justice ne tient pas suffisamment compte des risques impliqués par les nanomatériaux. Ainsi, un délai de prescription de 30 ans est proposé en cas d’atteintes (professionnelles) à la santé, alors que les études existantes montrent que diverses formes de&nbsp; cancer ne se développent qu’après 40 ans. Ici, des mesures sont de toute urgence requises. On ne peut pas accepter que la Confédération ne tire pas les leçons de la tragédie de l’amiante et ne donne, aux victimes d’atteinte à la santé sur le long terme – aussi en matière de nanomatériaux –, aucun moyen d’agir juridiquement contre les responsables. 
</p><p> La conclusion de cette conférence peut être résumée en ces termes&nbsp;: les nanotechnologies sont quelque chose de formidable qui doit être développé en Suisse, mais des mesures d’accompagnement s’imposent.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1383</guid><pubDate>Thu, 05 Dec 2013 13:41:00 +0100</pubDate><title>La FIFA veut une amélioration des conditions de travail sur les chantiers de la Coupe du monde de football</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-fifa-veut-une-amelioration-des-conditions-de-travail-sur-les-chantiers-de-la-coupe-du-monde-de-football</link><description>Les protestations des syndicats commencent à agir</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En 2022, c’est le Qatar qui organisera la Coupe du monde de football… ou pas. De fait, la FIFA a fait savoir qu’elle pourrait retirer cette manifestation au Qatar si l’exploitation des travailleurs et travailleuses qui construisent ses infrastructures ne prenait pas fin.</p><p>C’est actuellement le plus grand chantier de la planète&nbsp;: des milliers de travailleurs et travailleuses, venant surtout d’Asie et d’Afrique, bâtissent au Qatar les infrastructures de la future Coupe du monde de football. Ces salarié(e)s travaillent dans des conditions catastrophiques. Ils sont pratiquement traités comme des esclaves. Tant la Confédération syndicale internationale (CSI), dont l’Union syndicale suisse (USS) est membre, qu’Amnesty International ont signalé à plusieurs reprises à l’émirat moyen-oriental que cette situation était inacceptable et demandé qu’il y soit remédié. Elles sont aussi intervenues auprès de la FIFA, l’organisatrice de la Coupe du monde, pour que le Qatar prenne une fois pour toutes des mesures en matière de droit du travail afin de mettre un terme à l’exploitation éhontée de ces travailleurs et travailleuses étrangers.
</p><p>La confédération syndicale allemande DGB et l’USS sont également intervenues dans le même but. Avec la Fédération allemande de football, le DGB a demandé à la FIFA que le Qatar respecte les normes fondamentales de travail de l’Organisation internationale du Travail (OIT). L’USS a, pour sa part, appelé l’Association suisse de football à s’engager aussi auprès de la FIFA pour que le Qatar se voit retirer l’organisation de cette grande manifestation. 
</p><p>L’Association suisse de football a assuré l’USS qu’elle s’engagerait pour que «&nbsp;la FIFA enquête sur les irrégularités constatées en rapport avec la préparation de la Coupe du monde de football de 2022 et intervienne là où c’est possible et nécessaire&nbsp;» (trad. USS). Le président de la FIFA, Sepp Blatter, a salué de son côté l’initiative du DGB et de la Fédération allemande de football. Les acteurs économiques et politiques devraient contribuer à l’amélioration de cette situation intolérable. En mars 2014, le Qatar devra rendre rapport au comité exécutif de la FIFA sur les mesures prises et encore à prendre par lui dans ce cadre. 
</p><p> Les choses se mettent ainsi à bouger. Pour les syndicats, il est clair qu’ils plaident pour que la Coupe du monde de football soit retirée au Qatar s’il devait s’avérer que les premiers signes de bonne volonté donnés par ce dernier ne servent en fait qu’à gagner du temps.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1381</guid><pubDate>Thu, 05 Dec 2013 09:27:00 +0100</pubDate><title>Pas question de revenir à une situation indigne et dangereuse</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pas-question-de-revenir-a-une-situation-indigne-et-dangereuse</link><description>Non à cette attaque vicieuse contre la solution du délai !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">À l’initiative populaire «&nbsp;Financer l’avortement est une affaire privée – Alléger l’assurance-maladie en radiant les coûts de l’interruption de grossesse de l’assurance de base&nbsp;», qui demande un retour irresponsable à des temps heureusement révolus, une seule réponse&nbsp;: NON&nbsp;!</p><p>La «&nbsp;solution du délai a été acceptée plus que nettement par 72,2&nbsp;% de oui, lors de la votation populaire du 2 juin 2002. Le même jour, l’initiative populaire «&nbsp;pour la mère et l’enfant – pour la protection de l’enfant à naître et pour l’aide à sa mère dans la détresse&nbsp;» de l’Aide suisse pour la mère et l’enfant fut encore plus sèchement rejetée (82&nbsp;%). La solution du délai permet une interruption de grossesse non punissable dans les douze semaines après le début des dernières règles. Parallèlement, la couverture des frais d’avortement par l’assurance obligatoire de soins était inscrite dans la Constitution fédérale.
</p><p>La lutte politique pour la solution du délai et le droit corollaire des femmes à l’autodétermination a duré 30 ans&nbsp;! Cette solution est désormais bien ancrée dans la société et elle a fait ses preuves. Il n’y a aucune raison d’y toucher. 
</p><p>Les initiants prétendent poursuivre des buts de politique de la santé. Un avortement n’étant pas une maladie, il ne devrait pas être financé selon eux par l’assurance-maladie. C’est un argument fallacieux destiné à cacher le fait qu’ils diabolisent les interruptions de grossesse. La réglementation qu’ils proposent pour les coûts de ces dernières contraindrait à nouveau les femmes à avorter dans des conditions médicalement douteuses et dans des circonstances humiliantes. Il n’est absolument pas question que nous acceptions pareille régression&nbsp;!
</p><p>Les coûts des interruptions de grossesse se montent, selon les données des assureurs-maladie, à 8 millions de francs par an, soit 0,03&nbsp;% des coûts totaux de la santé. Ces coûts sont en baisse, car le nombre d’avortements diminue. Rendre plus difficile la possibilité de se faire avorter dans des conditions médicales correctes, c’est favoriser les pratiques des charlatans et accepter les risques importants qu’elles comportent pour la santé. Les éventuels coûts induits par ces pratiques devraient alors être pris en charge par les caisses-maladie, si bien qu’il ne resterait plus rien des économies visées. Il ne peut donc être encore moins question ici de baisse des coûts ou des primes.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1366</guid><pubDate>Fri, 22 Nov 2013 14:43:00 +0100</pubDate><title>Irresponsable, à courte vue et hypocrite</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/irresponsable-a-courte-vue-et-hypocrite</link><description>L’initiative sur les familles sera source de pauvreté</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’initiative populaire de l’UDC, sur laquelle nous voterons le 24 novembre prochain, favorise les familles aisées à un revenu, c’est-à-dire celles où un seul parent – en principe le père – gagne un salaire, l’autre – en principe la mère – s’occupant des enfants et du ménage. Seules elles pourraient désormais profiter de déductions fiscales pour la prise en charge de leur(s) enfant(s). Au lieu de mettre sur pied d’égalité tous les modèles de familles existants, l’initiative de l’UDC incite les mères à renoncer à une activité lucrative. D’un point de vue social, cela présente d’importants risques.</p><p>Alors que l’initiative de l’UDC prétend encourager les familles où un seul parent exerce une activité lucrative, l’évolution constatée dans les assurances sociales et le droit du divorce va dans une toute autre direction. Les familles où la mère n’exerce pas d’activité lucrative pourraient ainsi, en cas de divorce, de décès ou de maladie être encore plus défavorisées. 
</p><h3>Divorce</h3><p>Les chiffres sont connus&nbsp;: en Suisse, un mariage sur deux se termine par un divorce. Et dans de nombreux cas, c’est l’homme qui gagnait un salaire alors que la femme s’occupait d’abord du ménage. Dans de telles situations, l’homme doit souvent verser des pensions alimentaires à la femme. Ainsi, deux ménages sont à financer avec le même salaire. Fréquemment, ni l’homme ni la femme ne sont d’accord sur le calcul de ces pensions. Et les enfants, qui doivent grandir dans des conditions financières précaires, sont particulièrement touchés. 
</p><p>Mais l’UDC a une «&nbsp;solution&nbsp;» toute prête&nbsp;: supprimer la pension alimentaire et contraindre la femme à travailler. Dans une intervention au Parlement, les élu(e)s de ce parti demandent au Conseil fédéral que les mères divorcées dont les enfants ont plus de trois ans d’âge n’aient à l’avenir plus le droit à des pensions alimentaires. On serait en droit d’exiger d’elles qu’elles exercent une activité lucrative et fassent garder leurs enfants par des tiers. En cas de divorce, l’UDC ne voit donc absolument aucun problème aux «&nbsp;enfants étatisés&nbsp;»…
</p><p>Cette révision envisagée du droit en matière de contribution d’entretien menace de contraindre beaucoup de femmes et leurs enfants à recourir aux services sociaux. Quiconque n’a pas travaillé dans une profession pendant plusieurs années ne parviendra en effet pas à revenir sans autre dans la vie professionnelle. Dans de nombreuses branches, une interruption de 5 ans représente déjà un grand obstacle. Et la recherche d’offres de garde d’enfants financièrement supportables reste ardue.
</p><h3>Décès</h3><p>Un décès est un grave coup du sort pour les familles. Il a aussi des conséquences financières négatives à surmonter. Si le soutien de famille meurt, la veuve reçoit aujourd’hui une rente de veuve de l’AVS et du 2e pilier. Mais la rente de veuve de l’AVS est en grand danger, car le Conseil fédéral aimerait, à la faveur de sa réforme «&nbsp;Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;», supprimer les rentes des veuves dont les enfants ont plus de 18 ans. Les femmes qui n’exercent plus d’activité lucrative parce qu’elles se sont occupées de leur famille pendant de longues années, devraient rapidement trouver un emploi après le décès de leur conjoint ou augmenter leur horaire de travail pour pouvoir boucler leurs fins de mois. Que cela soit facile pour des femmes de 50 ans, on est en droit d’en douter.
</p><h3>Maladie</h3><p>Les conséquences financières d’une maladie qui se prolonge peuvent être dures, même pour les familles qui ont un bon revenu. Les femmes qui n’exercent pas d’activité professionnelle sont mal couvertes si elles deviennent invalides à la suite d’une maladie. Elles ne peuvent pas demander de rentes du 2e pilier et n’auraient droit qu’à une petite rente AI. En revanche, si c’est l’homme qui est gravement malade, il reçoit certes une rente du 2e pilier, mais les rentes AI ne sont accordées aujourd’hui qu’à des conditions très strictes. Quiconque ne peut plus travailler suite à une maladie a droit a priori à une rente AI. Ainsi, nombre de familles qui se trouvent dans ce genre de situations dépendent d’un revenu provenant d’une activité lucrative.
</p><p>En raison de l’évolution actuelle suivie par les assurances sociales et le droit du divorce, il est donc irresponsable de favoriser le modèle de famille à un seul revenu. La politique de la famille n’a pas le droit de s’orienter en fonction de la situation idéale. Elle doit aussi prendre en compte les risques potentiels. L’initiative de l’UDC sur les familles ne le fait pas. C’est pourquoi il faut lui dire NON le 24 novembre.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1368</guid><pubDate>Fri, 22 Nov 2013 10:43:00 +0100</pubDate><title>Des moulins à prière et de la jubilation précipitée</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/des-moulins-a-priere-et-de-la-jubilation-precipitee</link><description>L’initiative sur les salaires minimums au Conseil national


</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Il y a malheureusement lieu de craindre qu’après le Conseil des États, une majorité du Conseil national ne rejette sans état d’âme l’initiative de l’USS sur les salaires minimums. La majorité de droite des Chambres refuse en effet de débattre sérieusement de cette initiative et préfère sortir les moulins à prière du marché du travail libéral. Mais les cartes seront rebattues devant le peuple. </p><p>Par 31 voix contre 13, le Conseil des États avait rejeté l’automne dernier l’initiative de l’USS sur les salaires minimums. Par 18 voix contre 7, la Commission de l’économie et des redevances du Conseil national (CER-N) propose à celui-ci de faire la même chose le 27 novembre prochain. Cette décision repose sur trois arguments. 
</p><h3>Un petit nombre serait concerné…</h3><p>Peu de salarié(e)s seraient concernés par les bas salaires, estime la CER-N. 
</p><p>Dans les faits, 335&nbsp;000 personnes au moins ne gagnent aujourd’hui pas 22 francs de l’heure, le salaire minimum légal demandé par l’initiative. Cela représente 9&nbsp;% de tous les salarié(e)s du pays. Est-ce un «&nbsp;petit nombre&nbsp;»&nbsp;? S’ajoute à cela qu’un bon tiers des personnes concernées est titulaire d’un certificat fédéral de capacité (CFC), c’est-à-dire d’un diplôme de fin d’apprentissage. Le principe selon lequel avoir un CFC doit être la garantie de pouvoir boucler normalement ses fins de mois serait-il soudainement devenu préhistorique&nbsp;? L’équité, cela ne voudrait donc plus dire que celles et ceux qui travaillent durement et à 100&nbsp;% doivent pouvoir vivre décemment de leur salaire&nbsp;? Ou veut-on que les 60&nbsp;000 femmes qui travaillent dans le commerce de détail n’aient plus le droit d’avoir des enfants si elles ne vivent pas avec un manager&nbsp;? Et que dira-t-on aux personnes concernées de l’hôtellerie et de la restauration, des centres d’appels, de la sécurité privée, du nettoyage, etc.&nbsp;?
</p><h3>Un phénomène passager&nbsp;?</h3><p>Ne seraient concernés que les jeunes en début de carrière, leur situation s’améliorant cependant au bout de quelques années. 
</p><p>Ce deuxième argument des adversaires de l’initiative est également erroné. Si c’est possible dans les pays où les jeunes entrent dans la vie professionnelle après une formation en école, ce n’est pas le cas en Suisse grâce à notre système de formation duale (école + entreprise simultanément). De plus, l’initiative exclut tous les rapports de travail à caractère de formation du champ d’application du salaire minimum légal. Il existe sans doute quelques étudiant(e)s qui gagnent par-ci, par-là moins de 4&nbsp;000 francs pour un travail à plein temps, mais ce ne sont pas eux les bas salaires typiques. Les bas salaires typiques de Suisse – plus de 70&nbsp;% des personnes concernées - ont plus de 25 ans, travaillent dans certaines branches touchées par ce phénomène et se trouvent dans une impasse, alors qu’ils travaillent à plein temps. 
</p><h3>Le marché du travail libéral</h3><p>Lui, ce «&nbsp;modèle de réussite&nbsp;» qu’est la Suisse, ne doit pas être mis en danger par des interventions de l’État. Ce sont les partenaires sociaux, qui connaissent bien les différentes situations concrètes, qui ont à intervenir ici. 
</p><p>Ce troisième argument est, lui aussi, totalement erroné. L’initiative ne veut pas uniquement un salaire minimum légal. Elle demande aussi, à ses premier et deuxième paragraphes, que la Confédération et les cantons protègent les salaires et encouragent l’inscription de salaires minimums dans les conventions collectives de travail (CCT). Aujourd’hui, seul un peu plus de 40&nbsp;% des salarié(e)s sont protégés par des salaires minimums fixés dans une CCT. En comparaison européenne, c’est maigrelet comme proportion et cela lève le voile sur les prêches dominicaux et patronaux en faveur du partenariat social. La réalité, c’est que nombre de patrons refusent de conclure des CCT. Et précisément dans la perspective d’une protection des salaires usuels contre la sous-enchère constatée dans le cadre de la libre circulation des personnes, la Confédération aurait plus de possibilités, si l’initiative passait la rampe des urnes, pour encourager la diffusion de CCT et de salaires minimums fixés par des CCT. Cela, en adaptant la pratique en matière de quorums requis pour pouvoir étendre une CCT, la rendre de force obligatoire, ou en imposant l’obligation de conclure des CCT en matière de marchés publics et en cas de concessions ou de subventions, ainsi que lors d’externalisations de certaines activités. On aurait alors une économie sociale de marché…
</p><p>La majorité de droite des Chambres fédérales s’interdit même de considérer la problématique des salaires minimums avec un regard nuancé. Jubilant d’avance, elle veut couler l’initiative sans s’attaquer au problème soulevé par celle-ci. Il est bien possible qu’elle se réveille brusquement un jour lorsque le peuple aura tranché.</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1363</guid><pubDate>Thu, 21 Nov 2013 13:54:00 +0100</pubDate><title>Une loi qui pose plus de questions qu’elle ne donne de réponses</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/une-loi-qui-pose-plus-de-questions-qu-elle-ne-donne-de-reponses</link><description>Nouvelle loi sur la formation continue
</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En décembre, le Conseil national empoignera le dossier de la loi sur la formation continue. Les débats promettent d’être chauds autour de la question de la responsabilité de l’employeur, les propositions étant aussi nombreuses que contradictoires. Les différents modèles du congé-formation ne manqueront pas d’alimenter la polémique. Faute d’ambition et de moyens, la loi restera, malgré tout, un projet sans vision qui n’apportera aucune réponse aux difficultés de recrutement de main-d’œuvre qualifiée auxquels font face de nombreuses entreprises, de même que certains secteurs du service public.</p><p>L’évolution rapide de la structure du marché du travail exige aujourd’hui des individus une énorme capacité d’adaptation et un développement constant de leurs compétences. Dans ces circonstances, on pourrait logiquement s’attendre à ce que la nouvelle loi sur la formation continue se donne les moyens de permettre à chacune et chacun d’accéder à la formation continue et remédie aux principaux dysfonctionnements du système. L’USS en voit principalement deux.
</p><h3>Disparités sociales grandissantes</h3><p>Il existe peu de recherches et de données fiables sur la formation continue. Cependant, sur un point, les observations des chercheurs convergent : l’accès à la formation continue dépend du niveau de formation initiale et du niveau de revenu. Plus le niveau de formation et le salaire sont élevés, plus les investissements dans la formation continue le sont également. Cela signifie que la formation continue contribue largement à accentuer les disparités sociales entre personnes qualifiées et personnes peu qualifiées, au lieu de les compenser. En résumé, « la formation appelle la formation », tandis que les personnes non qualifiée en restent exclues.
</p><h3>Le dilemme du temps</h3><p>La double ou triple charge que représentent un emploi, une formation et des responsabilités familiales est un obstacle à la formation continue. Les dernières statistiques de l’Office fédéral de la statistique (micro-recensement paru le 24 juin 2013) ont montré que, à côté de la charge financière (15&nbsp;%), le manque de temps (33&nbsp;%) et les responsabilités familiales (16&nbsp;%) sont les principales raisons qui conduisent à renoncer à suivre un cours. Une étude de 2011 (econcept) sur les candidats aux examens professionnels ayant suivi des cours de préparation avait également mis à jour ce problème.
</p><h3>La nouvelle loi n’est pas à la hauteur des défis </h3><p>Aucun des deux constats précédents n’a trouvé réponse dans la nouvelle loi. Le phénomène des disparités sociales a été largement nié, le Conseil fédéral plaidant au contraire pour un renforcement de la concurrence dans «&nbsp;un marché qui fonctionne&nbsp;». La question du temps et de la conciliation n’a pas fait l’objet d’une analyse sérieuse, ni les instruments disponibles pour y répondre. L’option du congé-formation, par exemple, a été balayée avec des arguments douteux. Le sujet reviendra au niveau des débats parlementaires. Les différents modèles soumis ne réuniront cependant que difficilement une majorité. Il en ira de même des nombreuses propositions de la commission qui visent à renforcer le rôle et la responsabilité sociale de l’employeur.
</p><h3>La promotion des compétences de base en compensation</h3><p>Principale lueur d’espoir, la promotion de compétences de base a été inscrite dans la loi et a été très largement soutenue en commission. Il s’agit là d’un progrès considérable sachant que les besoins jusqu’à peu n’était pas reconnus, sinon parmi les professionnels et les spécialistes. Les lacunes en mathématiques élémentaires, en lecture, écriture, expression orale (dans une langue nationale) et connaissances informatique sont pourtant très répandues dans la population et peuvent représenter un obstacle insurmontable à la formation continue. On ne peut que regretter, à ce propos, l’absence de moyens financiers supplémentaires pour développer des offres complémentaires dans ce domaine.
</p><h3>Compter sur le personnel qualifié à l’étranger&nbsp;: une vision à court terme</h3><p>La loi sur la formation continue pose le principe de la «&nbsp;responsabilité individuelle&nbsp;». En bref, c’est la loi du «&nbsp;laisser-faire&nbsp;». Pourtant, les pressions que connaissent les salarié(e)s sur leur lieu de travail, qu’ils soient qualifiés ou non, augmentent de jour en jour. Le fait de reporter sur l’individu la seule responsabilité de la formation continue, indispensable pour rester en emploi, augmente cette pression et le sentiment d’insatisfaction. Sachant que de nombreuses entreprises, des établissements privés ou publics (dans le domaine de la santé par exemple) recrutent leur personnel et leur cadre à l’étranger pour faire face à la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, on serait légitimement en droit de s’interroger sur l’absence de volonté politique de favoriser la formation des personnes résidentes déjà dans notre pays et dont le potentiel reste aujourd’hui encore inexploité. Certains partis seraient en effet plus inspirés de promouvoir formation et conciliation famille/travail, plutôt que de favoriser le retour de la femme au foyer…</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1365</guid><pubDate>Thu, 21 Nov 2013 13:43:00 +0100</pubDate><title>Un pas en arrière, un pas en avant…</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/un-pas-en-arriere-un-pas-en-avant</link><description>Révision de la loi sur la nationalité

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Concernant la révision de la loi sur la nationalité, nous sommes en pleine procédure d’élimination des divergences entre les deux Chambres fédérales. Jusque-là, le Conseil national s’est montré dur et borné. </p><p>En mars dernier, lors de la session de printemps, le Conseil national transformait la loi sur la nationalité en véritable parcours du combattant&nbsp;! Ce ne seront, par exemple, pas huit ans mais bien dix qui seront nécessaire pour entamer une démarche de naturalisation. Pas question non plus que le temps passé en Suisse par le demandeur ou la demandeuse entre 10 et 20 ans compte double ou encore que les séjours effectués au titre d’une admission provisoire soient pris en compte. En septembre dernier cependant, le Conseil des États se montrait plus clairvoyant – même s’il conservait l’exigence de détention d’un permis C –, il estimait, en effet, que huit ans de séjour en Suisse devait suffire pour obtenir le passeport à croix blanche. Les années passées dans notre pays entre 10 et 20 ans pourraient aussi continuer à compter double et un séjour sous le régime de l’admission provisoire serait pris en considération. Les sénateurs n’exigeaient pas non plus une bonne maîtrise d’une langue nationale à l’écrit. 
</p><h3>Non au parcours du combattant&nbsp;!</h3><p>En raison de ces divergences, le Conseil national doit à nouveau se prononcer sur cette révision lors de la prochaine session. De mauvais augure, la Commission des institutions politiques du Conseil national a déjà confirmé s’en tenir pour l’essentiel aux décisions de son Conseil. Espérons néanmoins que ce dernier ne se montrera pas aussi borné que sa Commission des institutions politiques. 
</p><p>L’USS est favorable à ce que le temps passé en Suisse entre 10 et 20 ans compte double, la naturalisation des enfants de nationalité étrangère nés en Suisse doit être facilitée et un séjour sous le régime de l’admission provisoire doit être pris en compte. L’obtention du permis C ne doit pas être une condition préalable&nbsp;: de nombreux ressortissant(e)s des pays tiers vivent depuis des décennies en Suisse sans permis d’établissement et sont très bien intégrés dans notre société. Et ne pas maîtriser parfaitement une langue nationale (par écrit et par oral) n’est pas forcément synonyme d’un problème d’intégration mais sert avant tout à privilégier les personnes les plus éduquées. Pour l’USS, il n’est pas question qu’une demande de naturalisation se transforme en parcours du combattant impliquant une série d’épreuves basées sur des critères toujours plus difficiles à remplir, mais aussi de plus en de plus discriminatoires&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1364</guid><pubDate>Thu, 21 Nov 2013 13:42:00 +0100</pubDate><title>Bonifications pour tâches éducatives : de facto pour qui éduque</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/bonifications-pour-taches-educatives-de-facto-pour-qui-eduque</link><description>Réforme de l’autorité parentale: des effets secondaires néfastes</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">À cause de l’autorité parentale conjointe décidée par le Parlement fédéral l’été dernier, les bonifications pour tâches éducatives devraient désormais être réparties pour moitié entre le père et la mère. Cette règle est totalement étrangère à la pratique et représente, pour la plupart des mères divorcées ou célibataires, un grand pas vers la pauvreté.</p><p>Lors de sa session d’été, le Parlement a adopté la révision de l’autorité parentale, introduisant l’autorité parentale conjointe comme nouvelle règle aussi en cas de divorce ou pour les parents non mariés. Cette révision a également une incidence sur l’AVS. En effet, la garantie de la prise en compte de bonifications pour tâches éducatives dans le calcul de la rente s’oriente sur l’autorité parentale. 
</p><h3>Une discrimination indirecte des femmes</h3><p>Les bonifications pour tâches éducatives devraient donc désormais toujours être partagées, ce qui aurait des conséquences sensibles sur les rentes de nombreuses femmes. Aujourd’hui, une part essentielle de la rente AVS des mères célibataires ou divorcées est influencée par la prise en compte intégrale de ces bonifications. C’est en particulier le cas de celles qui ont travaillé à temps partiel ou dans des branches à bas salaires. Les bonifications pour tâches éducatives, qui concernent les enfants de moins de 16 ans (environ 42&nbsp;000 francs par an), sont la principale raison pour laquelle les rentes touchées par les mères célibataires ou divorcées sont plus élevées que par le passé (en moyenne environ 2&nbsp;000 francs par mois). Cet acquis social de la 10e révision de l’AVS est maintenant remis en question par la nouvelle autorité parentale. Si demain, dans tous les divorces, seule la moitié de ces bonifications était prise en compte, les rentes AVS futures de nombreuses femmes divorcées, ou célibataires, baisseraient de plus de 100 francs par mois. Ces femmes risqueraient alors de basculer dans la pauvreté. 
</p><p>Couper en deux les bonifications pour tâches éducatives, comme ce devrait être le cas demain à chaque divorce, discriminerait indirectement les mères divorcées, car cela défavoriserait fortement les femmes, dont le revenu annuel déterminant pour le calcul de la rente AVS diminuerait, alors que celui des pères divorcés augmenterait nettement grâce à leur taux d’activité plus élevé et à la prise en compte de la moitié des bonifications. 
</p><h3>En fait, qui s’occupe des enfants&nbsp;?</h3><p>Les bonifications pour tâches éducatives doivent atténuer, pour les femmes retraitées, les pertes subies parce qu’elles ont arrêté de travailler ou ont travaillé moins pour éduquer leurs enfants. Pour leur prise en compte, il faut donc que l’élément déterminant soit la personne qui s’est effectivement occupé des enfants et n’a, de ce fait, pas pu tirer profit de toutes les possibilités de travailler qu’elle aurait eues sinon. Aujourd’hui, 86&nbsp;% des enfants de parents divorcés grandissent chez leur mère, un taux qui reste constant. L’autorité parentale conjointe, possible sur demande et accord commun depuis l’an 2000, n’y a rien changé et elle concerne depuis lors presque la moitié des parents divorcés. Cela ne va pas changer à partir de 2014 si elle devient la règle. Moins d’un tiers des mères qui élèvent seules leurs enfants travaillaient à plein temps en 2012. L’écrasante majorité travaille à temps partiel (env. 50&nbsp;%).
</p><p>Partager en deux les bonifications pour tâches éducatives en cas de divorce, pour autant qu’aucun jugement ou accord ne prévoient pas une autre répartition, atténuerait dans une mesure insuffisante les pertes toujours dominantes essuyées par les mères. Les mères divorcées pourraient certes négocier une autre répartition et demander au tribunal de trancher, mais les bonifications pour tâches éducatives deviendraient alors un objet de négociation en cas de divorce. Les tribunaux, ou les personnes qui veulent divorcer, devraient ainsi se focaliser sur cet aspect de la prévoyance vieillesse. Au vu des expériences faites avec le partage de la prévoyance professionnelle, cela n’irait pas sans autres. En outre, la prise en compte des bonifications pour tâches éducatives devrait rendre encore plus difficile la recherche souvent déjà ardue de compromis sur le recouvrement des aliments et les prétentions de prévoyance. Pour cet aspect central de la prévoyance vieillesse des femmes, la négociation n’apparaît pas comme une voie praticable. La couverture matérielle des besoins vitaux par l’AVS à la retraite ne doit pas faire l’objet d’une négociation.
</p><p>Le 2 décembre, le Conseil des États traitera la motion Janiak, qui demande que la prise en compte d’éventuelles bonifications pour tâches éducatives lors d’un divorce ou de l’instauration de l’autorité parentale conjointe de parents non mariés soit obligatoirement réglée sur la base des tâches éducatives effectivement assumées, dans la convention de divorce ou par le juge dans le premier cas, par l’autorité de protection de l’enfant dans le deuxième. C’est certes là une amélioration, mais cela n’empêchera pas que ces bonifications resteront le jouet de ces procédures. 
</p><h3>Pour l’USS, les bonifications pour tâches éducatives reviennent a priori aux mères</h3><p>Il est bien plus urgent de trouver une solution pour compenser les pertes de revenu dues à l’éducation des enfants. Comme, dans la plupart des cas, celles-ci touchent les mères, l’Union syndicale suisse (USS) s’est adressée au Conseil fédéral pour lui proposer que, pour les parents divorcés aussi, les bonifications pour tâches éducatives reviennent entièrement aux mères, sauf s’ils ont négocié leur répartition ou leur entière attribution au père. Cette solution est simple et claire. Elle déchargera les tribunaux de négociations supplémentaires et les caisses de compensation de nombreuses adaptations. Lors de sa séance du 22 août, la Commission AVS/AI a également décidé de faire la même recommandation au Conseil fédéral.
</p><p>C’est maintenant à ce dernier de préserver le but des bonifications pour tâches éducatives et d’empêcher que le risque de discrimination indirecte à l’encontre de nombreuses femmes ne se réalise. </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1356</guid><pubDate>Wed, 13 Nov 2013 11:49:00 +0100</pubDate><title>Des baisses d’impôts pour des profiteurs millionnaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/des-baisses-d-impots-pour-des-profiteurs-millionnaires</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="Titre2eSPgras lead">Une analyse des baisses d’impôt sur le revenu ces dix dernières années montre que ce sont des «&nbsp;salarié(e)s millionnaires&nbsp;» qui en ont le plus profité.</p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Des baisses d’impôt d’abord pour les classes moyennes et des personnes à bas revenus&nbsp;? Faux&nbsp;! Ces dix dernières années, ce sont les tout gros salaires des managers qui en ont profité plus que la moyenne. On le voit bien en analysant, comme l’USS l’a fait, les données fiscales de la Confédération et des cantons publiées par l’Administration fédérale des contributions. Il est donc clair que non seulement les salaires des managers profiteurs ont énormément augmenté, mais aussi que les impôts payés sur ces revenus indécents ont généreusement baissé&nbsp;!</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Pour les revenus ordinaires par contre, les baisses d’impôt sont restées marginales. Dans l’ensemble, la situation de ces personnes s’est même dégradée, car les hausses des loyers des primes des caisses-maladie ont étéplus importantes que les allégements fiscaux obtenus. Une salariée vivant seule et dont le revenu était de 70&nbsp;000 francs n’a payé en 2011 que 879 francs d’impôts de moins qu’en 2000. Par contre, celui dont le revenu était d’un million a pu économiser 34&nbsp;000 francs d’impôt pendant le même laps de temps.&nbsp; </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Cette politique fiscale en faveur des classes supérieures a coûté à notre&nbsp; pays des baisses de rentrées fiscales plus importantes que les pires scénarios-catastrophes élaborés par economiesuisse et compagnie pour le cas où l’initiative 1:12 était acceptée. Aujourd’hui, les politicien(ne)s de droite disent que cette initiative est une erreur parce qu’elle entraînerait une baisse des recettes fiscales. De quoi qualifient-ils alors la politique fiscale qu’ils ont appliquée eux-mêmes ces dix dernières années, de grossière erreur&nbsp;?</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Selon une modélisation de différents scénarios mise au point par le «&nbsp;Réseau de réflexion&nbsp;», en cas de oui à l’initiative 1:12, les effets à en attendre devraient se situer entre 30 millions de pertes et 50 millions de recettes supplémentaires pour les&nbsp; pouvoirs publics (<a href="http://www.denknetz-online.ch/IMG/pdf/Studie_Fiskalwirkung_1zu12-Initiative.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.denknetz-online.ch/IMG/pdf/Studie_Fiskalwirkung_1zu12-Initiative.pdf</a>; en allemand seulement).</span></p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><category>Salaires et CCT</category><category>Économie</category><category>Repartition</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1354</guid><pubDate>Tue, 12 Nov 2013 13:19:00 +0100</pubDate><title>Pour des bonnes conditions de travail !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/pour-des-bonnes-conditions-de-travail</link><description>12e Congrès des femmes de l’USS </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Ce week-end aura lieu à Berne le 12e Congrès des femmes de l’Union syndicale suisse (USS). Son slogan&nbsp;: «&nbsp;Pour des bonnes conditions de travail&nbsp;!&nbsp;». Plus de 200 femmes y débattront de propositions et d’autres voies pour atteindre cet objectif. </p><p>&nbsp;Le deuxième intitulé de ce congrès&nbsp;: «&nbsp;Ce n’est pas aux femmes de payer la crise&nbsp;!&nbsp;» montre non seulement l’assurance qui anime les femmes des syndicats, mais aussi le danger qui nous guette. Selon les Thèses qui seront discutées à ce congrès, conséquence de la crise économique, toujours plus de personnes se trouvent en effet contraintes, à cause d’externalisations et de la perte de leur emploi qui en découle, de travailler dans des conditions précaires. Ces Thèses expliquent aussi ce que sont des bonnes conditions de travail et ce qu’elles ne sont pas&nbsp;: «&nbsp;Le travail sur appel, les contrats de travail de durée déterminée, uniques ou à la chaîne […] sont synonymes d’insécurité et de stress. Les femmes sont les premières touchées par cette spirale.&nbsp;»
</p><h3>Cinq voies et instruments</h3><p>Les Thèses décrivent les stratégies pour lutter contre cette spirale du démantèlement, de même que les voies et les instruments grâce auxquels les femmes veulent obtenir «&nbsp;des bonnes conditions de travail&nbsp;». Premier instrument&nbsp;: des salaires équitables et l’égalité salariale avec les hommes. Invitée de ce congrès, la conseillère fédérale Simonetta Somaruga abordera cette question. Les femmes de l’USS demandent que l’on accélère le rythme auquel les discriminations salariales doivent être abolies, ainsi que des contrôles des salaires par l’autorité. De fait, la culture des appels à la bonne volonté patronale et celle-ci en tant que telle n’ont débouché que sur de maigres progrès. Le deuxième instrument est la conciliation du travail familial et du travail professionnel. Cela comprend aussi une interdiction du travail sur appel. Troisième et quatrième instruments&nbsp;: la protection de la santé au travail, qui doit être renforcée, et la sécurité sociale des retraité(e)s, qui doit être garantie. Ce dernier point ne concerne pas uniquement le projet AVSplus, mais aussi la bataille contre la hausse de l’âge de la retraite des femmes, qui menace, et une extension des bonifications pour tâches d’assistance aux soins prodigués à des parents. Finalement, il faut que le droit à être actif syndicalement soit également garanti. 
</p><h3>Quelque chose bouge-t-il au Conseil fédéral&nbsp;?</h3><p>Ces Thèses et leurs cinq ensembles de revendications seront le fil rouge des discussions du congrès. Les divers thèmes abordés seront toutefois approfondis dans le cadre d’ateliers, ce qui permettra d’entendre plus de voix et d’échanger directement des expériences. «&nbsp;Un bon travail&nbsp;» et «&nbsp;Les femmes face à la crise&nbsp;» feront en outre l’objet d’interventions plus poussées de la part de spécialistes. La sociologue allemande Alexandra Scheele cherchera à définir ce que sont les exigences et les critères d’un bon travail sous l’angle de l’égalité, alors que l’économiste française Esther Jeffers montrera comment les femmes doivent se défendre contre les effets de la crise. Et puisque nous parlons des hôtes de ce congrès, ajoutons que la participation de la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga est sans doute des plus attendues. Les congressistes seront en effet impatientes d’apprendre, ou non, si quelque chose bouge au Conseil fédéral au sujet de l’égalité salariale.
</p><p>Des débats passionnants
</p><p>Pas de congrès sans résolutions et propositions au sujet desquelles les congressistes se prononcent. Comme les résolutions aborderont des sujets d’actualité, il faut s’attendre à ce que les femmes de l’USS confirment clairement leur opposition aux initiatives de l’UDC sur les familles et contre le remboursement des frais d’avortement par l’assurance-maladie. Quant aux propositions, elles concerneront directement la thématique du «&nbsp;bon travail&nbsp;». Notons encore que deux propositions destinées à l’USS demandent le lancement d’une initiative populaire pour l’égalité des sexes, ce qui va sans doute animer les débats, sur le sujet même, ainsi qu’à propos des méthodes à choisir et des conditions à remplir préalablement. Cela va être passionnant&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1346</guid><pubDate>Fri, 01 Nov 2013 13:12:00 +0100</pubDate><title>La lumière du jour est un droit humain !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/la-lumiere-du-jour-est-un-droit-humain</link><description>La Migros doit payer des pauses supplémentaires</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Dans un arrêt historique, le Tribunal administratif de Zurich a décidé que jouir d’une vue sur l’extérieur, donc de la lumière du jour, est un élément à part entière de la protection de la santé&nbsp;: le droit suisse du travail garantit aux travailleurs et travailleuses de ce pays un poste de travail doté de fenêtres ou, si ce n’est pas possible comme dans le centre commercial sous-terrain de la gare principale de Zurich, des pauses prolongées et, surtout, payées, prises à un endroit où la lumière du jour parvient, respectivement où l’on peut avoir vue sur l’extérieur. </p><h3>La loi sur le travail est claire</h3><p>La loi sur le travail et son ordonnance 3 (OLT 3) sont claires en ce qui concerne l’aménagement de pauses et de locaux pour les pauses. Les lieux de pauses doivent notamment satisfaire à toutes les exigences de la protection de la santé selon l’OLT 3 relative à la loi sur le travail (art. 15 et 24 OLT 3). Ces conditions minimales sont les suivantes&nbsp;: </p><ul><li>La vue sur l’extérieur doit être garantie.</li><li>Les pauses doivent avoir lieu dans des locaux séparés de la place de travail.</li><li>L’endroit doit être propre, tranquille et permettre de s’asseoir.</li><li>Il doit y être possible de manger quelque-chose.</li><li>De l’eau potable doit être gratuitement mise à disposition. </li></ul><p>Malheureusement, des employeurs cherchent régulièrement à économiser au détriment de la santé de leur personnel. C’est aussi ce qui s’est passé à la Migros du centre commercial de la gare de Zurich. Non seulement les horaires de travail sont très longs (les magasins ouvrent à 6 h 30 déjà, pour fermer souvent à 22 heures seulement… même le dimanche et les jours fériés…), mais le travail doit être effectué sous une lumière artificielle, respectivement dans des entrées de service à peine éclairées et dans des «&nbsp;tunnels&nbsp;»…
</p><p>En travaillant «&nbsp;au-dessous du jour&nbsp;», les salarié(e)s risquent beaucoup. Des études montrent en effet qu’avec le temps, l’absence de la lumière du jour peut occasionner de graves troubles de la santé, entre autres l’absence de mélatonine<a href="typo3/#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>. Plusieurs organisations internationales ont aussi constaté qu’un accès minimal à la lumière extérieure doit être à proprement parler considéré comme un droit humain découlant de la protection de la personnalité de tout individu. Cette doctrine a notamment été développée pour les mineurs, ainsi que pour les détenu(e)s. En Suisse, elle n’est malheureusement pas encore appliquée de manière conséquente, alors que les bases légales sont pourtant là. 
</p><h3>Mesures compensatoires</h3><p>Si le poste de travail n’offre, pour des raisons techniques ou de construction, aucune vue sur l’extérieur ou d’accès à la lumière du jour, des mesures compensatoires doivent être prises pour le personnel dont la santé est menacée. Les éléments suivants en font partie&nbsp;: </p><ul><li>rotation de travailleurs et travailleuses, à titre de mesure organisationnelle&nbsp;; </li><li>pauses supplémentaires payées avec accès à la lumière du jour et d’une durée d’au moins 20 minutes par demi-journée (= 4 heures).</li></ul><p>Mais la Migros ne voulait pas appliquer correctement la loi sur ces questions, refusant de payer les pauses supplémentaires. Quoique reconnaissant que ces pauses sont nécessaires pour protéger la santé de son personnel, elle entendait manifestement économiser au détriment de celle-ci&nbsp;: son personnel devait prendre ces pauses à ses propres frais, puisqu’elles ne leur seraient pas payées. Or, comme elle n’avait pas voulu prendre des mesures en matière de construction pour donner accès à la lumière du jour ou, à tout le moins, garantir une rotation du personnel, il lui appartenait de répondre de ces conditions de travail inacceptables.
</p><p>Le Tribunal administratif de Zurich a par conséquent constaté, dans un arrêt de principe, dont les motivations sont maintenant connues et qui a force de loi depuis le mois d’octobre, que la protection de la santé est l’affaire de l’employeur et que s’il doit répondre des risques la concernant (par exemple en ne voulant pas que la lumière du jour arrive dans ses locaux ou qu’il y ait un local de pose avec vue sur l’extérieur) il lui appartient aussi d’assumer les conséquences financières des mesures compensatoires. C’est aussi le cas pour les pauses d’au moins 20 minutes par demi-journée, payées comme du temps de travail. Un garde-fou juridique a ainsi été placé au niveau juridique pour tous les lieux de travail comparables. 
</p><h3>Des conséquences pour toutes les branches</h3><p>Il s’agit maintenant d’imposer dans toutes les entreprises et toutes les branches les dispositions des articles 15 et 24 OLT 3 concrétisées par le pouvoir judiciaire. Et il y a encore beaucoup à faire, justement dans le commerce de détail. En effet, les employeurs de ce secteur ont négligé, pour des raisons incompréhensibles, de laisser passer la lumière du jour dans leurs bâtiments. Au contraire&nbsp;: les fenêtres des magasins sont souvent recouvertes de publicité et la santé des employé(e)s est ainsi mise en danger à la légère. 
</p><p>Mais dans la logistique aussi, par exemple pour les employé(e)s des entrepôts frigorifiques ou autres, des adaptations sont nécessaires. Cela concerne en particulier les mesures compensatoires, soit les pauses supplémentaires payées de 20 minutes par demi-journée de travail.
</p><hr><p><a href="typo3/#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a><a href="http://www.fvlr.de/tag_sichtmedizin.htm" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.fvlr.de/tag_sichtmedizin.htm</a> (en allemand).</p>]]></content:encoded><category>Santé</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1345</guid><pubDate>Fri, 01 Nov 2013 13:09:00 +0100</pubDate><title>En bonne voie, mais il y a du pain sur la planche !</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/en-bonne-voie-mais-il-y-a-du-pain-sur-la-planche</link><description>Succès de la conférence syndicale sur la Migration</description><content:encoded><![CDATA[<p>Fin octobre, une soixantaine de syndicalistes originaires de la migration se sont réunis à Berne à l’occasion de la conférence de l’USS sur la migration. Ensemble, ils ont abordé la&nbsp; question de la politique que les syndicats de l’USS doivent mener pour celles et ceux de leurs membres qui sont issus de la migration. Ils sont aussi revenus sur un ancien programme de l’USS, dont le but était d’éliminer les discriminations à l’encontre des migrant(e)s, pour constater que, par rapport à certaines revendications émises il y a quatre ans, des progrès avaient été accomplis&nbsp;; cela, notamment en ce qui concerne les salaires minimums (campagne et initiative populaire). Ces dernières années, on a également constaté que les conventions collectives de travail (CCT) comportent plus de dispositions antidiscriminatoires. Et le syndicat Unia a mené pour sa part une campagne de sensibilisation sur ce thème («&nbsp;Sans nous, pas de Suisse&nbsp;»). Concernant l’intégration au plan professionnel, il a été fait état du modèle des cours de langue mis en place dans la construction. Par contre, aucun progrès n’est à relever en matière de reconnaissance des diplômes. Une des revendications de l’USS, celle des offres anonymisées, est apparue controversée en raison d’effets pervers constatés à l’étranger dans l’application de cette méthode. 
</p><p>L’après-midi, les participant(e)s à la conférence ont débattu en groupes de travail de thèmes en rapport avec les réalités du «&nbsp;terrain&nbsp;», comme les conditions de travail dans l’économie domestique, le rôle des CCT dans la lutte contre les discriminations, l’intégration des migrant(e)s dans les syndicats et la thématique «&nbsp;migration et formation&nbsp;», ainsi que la libre circulation des personnes. Aurora García, présidente de la Commission des migrations de l’USS a également constaté que l’USS, en tant que plus grande organisation de migrant(e)s du pays, est en bonne voie avec son programme, «&nbsp;même s’il reste encore beaucoup à faire pour intégrer activement les migrant(e)s dans les syndicats et arriver à l’égalité des chances pour tout le monde.&nbsp;»</p>]]></content:encoded><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1340</guid><pubDate>Tue, 29 Oct 2013 10:03:00 +0100</pubDate><title>Répartition plus équitable des salaires : négociations salariales et CCT en lieu et place de bonus</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/repartition-plus-equitable-des-salaires-negociations-salariales-et-cct-en-lieu-et-place-de-bonus</link><description>Conférence de presse du 29 octobre 2013</description><content:encoded><![CDATA[<p> En Suisse, l’écart entre salaires s’est creusé depuis les années 1990. Les salaires élevés et très élevés ont augmenté beaucoup plus que les bas et moyens salaires. C’est l’Enquête suisse sur la structure des salaires de l’Office fédéral de la statistique qui le montre – la statistique sur les salaires la plus convaincante de Suisse, puisqu’elle porte actuellement sur près de 1,9 million de données. Les salaires du 1&nbsp;% des personnes qui touchent les plus hauts salaires (déduction faite du renchérissement) ont augmenté de 39&nbsp;%. Les bas salaires et les salaires moyens ont par contre dû se contenter d’une hausse de 7 à 8&nbsp;%. Dans la population, ce sont avant tout les excès salariaux de certains top-managers qui ont frappé les esprits et provoqué de vives critiques. Pourtant, les écarts salariaux ne concernent pas que des cas particuliers. Les salaires des 10&nbsp;% supérieurs des personnes occupées ont également augmenté beaucoup plus nettement que les bas salaires et les salaires moyens.
</p><p>&lt;media 1539 - linkicon&gt;Lire le discours de Daniel Lampart...&lt;/media&gt;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1339</guid><pubDate>Tue, 29 Oct 2013 09:56:00 +0100</pubDate><title>Des réponses politiques s’imposent !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-reponses-politiques-s-imposent</link><description>Conférence de presse du 29 octobre 2013</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"> Le nouveau dossier de l’USS sur l’évolution des bonus confirme l’accroissement dramatique des inégalités salariales&nbsp;</p><p>Les fortunés adversaires de l’initiative populaire 1:12 veulent faire avaler à la population que les écarts salariaux ne se sont pas creusés en Suisse. Que les partis et organisations qui mènent ce combat le fassent est une chose. Mais c’en est une autre lorsque ce sont des médias qui, comme la télévision suisse alémanique qui a une fonction de service public, diffusent cette propagande. C’est surtout le cas de l’émission économique «&nbsp;Eco&nbsp;», qui a fait passer une message trompeur basé sur des statistiques inutilisables dans ce contexte (Enquête sur le budget des ménages).
</p><p>L’Union syndicale suisse présente aujourd’hui une étude d’actualité réalisée à partir de l’Enquête suisse sur la structure des salaires de l’Office fédéral de la statistique, une enquête qui recense les hauts et très hauts salaires, au lieu de les ignorer comme le fait l’Enquête sur le budget des ménages. L’étude de l’USS confirme de manière impressionnante que les hauts et très hauts salaires ont beaucoup plus augmenté depuis les années 1990 que les bas et les moyens. Les bonus ont été un puissant moteur des excès salariaux commis par les hauts et très hauts revenus. Selon l’étude, ils sont passés de 2 à 10 milliards de francs entre 1996 et 2010 dans l’industrie privée et ils ont profité quasi exclusivement aux classes de salaire élevées. L’analyse montre également que les inégalités sont moindres lorsque les salaires sont négociés. Les bonus ne sont de fait pas négociés, mais distribués par les managers et les employeurs. Or, les cadres et les bénéficiaires des salaires les plus élevés se réservent les parts de gâteau les plus grandes. 
</p><p>Cela fait longtemps que de larges pans de la population ont le sentiment que les échelons supérieurs de la hiérarchie ont incroyablement profité pendant les 10 à 15 dernières années, alors que leurs revenus à eux ont fait du surplace. L’étude de l’USS prouve que ce sentiment est justifié, car il reflète la réalité. Les bonus ont favorisé la mentalité de self-service qui sévit dans les classes de salaire supérieures et ils ont accentué les inégalités de revenu. Nous savons désormais que les excès commis à ce chapitre ont aussi été extrêmement dommageables à notre économie, car ils ont poussé les managers à prendre des risques irresponsables pour les maximiser, des risques qui ont finalement nui à tout le monde (pas seulement, mais surtout, avec les banques). Bâtir une politique salariale sur des bonus, c’est créer des incitations déplacées. 
</p><p>Ici, le mauvais message est que les hausses énormes de revenus, notamment d’abord induites pas les bonus versés aux classes de salaire supérieures, sont une réalité, le bon message étant que cette aberration peut être corrigée, que nous pouvons agir contre cela. 
</p><p>Conçue sur le long terme, la principale et première de toutes les autres mesures est le renforcement des conventions collectives de travail au moyen de salaires minimums. En effet, lorsque les salaires sont négociés collectivement, les inégalités salariales sont nettement moins importantes que si ce n’est pas le cas. En Suisse, nous nous trouvons actuellement à une nouvelle croisée de chemins décisive&nbsp;: maintenant qu’au Palais fédéral, on a raté l’occasion, pour des raisons idéologiques, de renforcer le partenariat social qu’offrait le débat au sujet de l’initiative sur les salaires minimums, des étapes cruciales nous attendent concernant les négociations sur les mesures d’accompagnement aux accords bilatéraux conclus avec l’Union européenne.
</p><p>Plafonner les salaires et instaurer un rapport entre les plus élevés et les plus bas d’une entreprise, ainsi que le demande l’initiative populaire 1:12, permettrait de lutter contre les excès les plus grands. Avec une telle contribution à la politique salariale, la Suisse ferait littéralement fureur aussi au plan international. 
</p><p>La politique fiscale offre également suffisamment d’instruments pour corriger ces réalités. Un impôt sur les bonus en est un parmi d’autres. Toutes ces mesures, grâce auxquelles – selon le principe avéré que l’imposition fiscale doit être fonction de la capacité économique – les hauts revenus devront participer aux charges de la collectivité à travers la progressivité de l’impôt, sont importantes à cet égard. </p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1328</guid><pubDate>Mon, 21 Oct 2013 14:40:00 +0200</pubDate><title>L’USS dit oui à l’augmentation de la vignette autoroutière</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/l-uss-dit-oui-a-l-augmentation-de-la-vignette-autoroutiere</link><description>Financement des routes nationales</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le prix de la vignette autoroutière destinée au financement des routes nationales doit augmenter à 100 francs. Si le oui l’importe lors de la votation du 24 novembre prochain, <span style="font-size: 12px; line-height: 1.46em;"><a name="_Hlt369952291"></a></span>les transports publics pourront aussi espérer ne pas être privés à l’avenir de la manne publique.&nbsp;</p><p>Le lien entre la vignette autoroutière et les transports publics ne saute pas aux yeux. Or ce lien tient au fait que les recettes supplémentaires de 305 millions de francs escomptées de la hausse de la vignette autoroutière seraient versées intégralement dans le FORTA, le futur Fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération. Ce fonds a été créé par le Conseil fédéral en guise de contreprojet à l’&nbsp;«&nbsp;initiative vache à lait&nbsp;» d’auto-suisse, du TCS, de l’ACS et de l’ASTAG. Les associations automobiles demandent qu’à l’avenir toutes les taxes prélevées sur les automobilistes soient affectées exclusivement à la route. Les transports publics se verraient du même coup privés de certaines subventions. A l’heure actuelle en effet, une partie des redevances sur les carburants est affectée aux transports publics, par exemple aux NLFA ou au financement des transports publics des villes et agglomérations. C’est ainsi qu’il a été possible ces dernières années d’y financer de nouvelle lignes de tram et d’y améliorer le réseau des transports publics. Cette participation au financement des transports publics a toujours été jugée insupportable par les clubs automobiles. Leur initiative populaire est dès lors censée interdire ce financement croisé. Ils remettent aussi en cause le financement des infrastructures ferroviaires, que le Conseil fédéral et le Parlement entendent placer sur une base solide et durable avec le projet FAIF et qui fera l’objet d’une votation populaire fixée au 9 février prochain. 
</p><p>Le fonds routier coupe l’herbe sous les pieds des associations automobiles. Indirectement, il permet aussi aux transports publics de continuer à bénéficier des recettes provenant des redevances sur les carburants. C’est d’une urgente nécessité. En effet, la seule manière de satisfaire les besoins de mobilité d’une manière compatible avec la défense de l’environnement est de disposer d’un réseau bien développé en matière de transports publics. Ce compromis ne devrait pas être remis en cause à la première occasion en privant le fonds routier des recettes supplémentaires provenant de la vignette autoroutière. C’est pourquoi l’USS dira oui le 24 novembre à la hausse de la vignette.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Transports</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1327</guid><pubDate>Mon, 21 Oct 2013 14:34:00 +0200</pubDate><title>Non à cet attrape-gogo </title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/non-a-cet-attrape-gogo</link><description>Initiative de l’UDC pour les familles</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’initiative populaire de l’UDC pour les familles coûterait très cher&nbsp;: en cas d’acceptation, la Confédération et les cantons risquent de subir des pertes de recettes fiscales de quelque 1,4 milliard de francs. Et c’est nous tous qui paieront la facture&nbsp;– à coup de programmes d’économies et de suppressions de prestations publiques, par exemple pour le financement des crèches. Les familles où le père et la mère doivent travailler risquent en outre de subir des hausses d’impôts. C’est pourquoi l’USS dit non à cet emballage trompeur.</p><p>L’UDC a lancé sa campagne en faveur de son initiative populaire pour les familles avec un mensonge grossier&nbsp;: les familles qui gardent elles-mêmes leurs enfants 24 heures sur 24 seraient discriminées. Il faudrait donc leur octroyer des allègements fiscaux, soutient le parti d’extrême droite. Au premier abord, cela semble une idée épatante. A y regarder de plus près, c’est une déformation crasse de la réalité, dont le seul but est de favoriser fiscalement le modèle de la famille traditionnelle. De plus, l’UDC omet de dire que quelqu’un devra bien payer l’addition. 
</p><p>Aujourd’hui, les familles qui font garder leurs enfants dans une crèche peuvent demander une déduction de ces frais dans leur déclaration d’impôt. Cette déduction des frais de garde par des tiers a été introduite parce que ces parents-là étaient auparavant lésés fiscalement par rapport aux parents qui ne recourent pas à la garde d’enfants à l’extérieur. Ces déductions concrétisent le principe constitutionnel selon lequel les habitants de ce pays doivent être imposés en fonction de leur capacité économique. Or c’est cet acquis que l’UDC entend à présent torpiller. Elle veut que les familles dont les enfants ne sont pas gardés par des tiers bénéficient de la même déduction fiscale, bien que ces familles-là n’aient pas de frais de garde à payer. Qui profiterait de ce système&nbsp;? Ce sont les familles aisées qui peuvent se permettre d’avoir un seul salaire, comme le montrent certaines études. 
</p><p>Les revendications de l’UDC peuvent être mises en œuvre de diverses façons. La première manière de procéder est l’introduction d’une déduction pour garde par les parents. Si cette déduction est aussi élevée que la déduction pour frais de garde par des tiers, les pertes de recettes fiscales que subiraient la Confédération et les cantons atteindraient 1,4 milliard de francs. Or, de nouvelles pertes fiscales se chiffrant en milliards ne sont pas supportables. Les programmes d’économies s’enchaîneraient inévitablement. Et cette fois-ci on toucherait le point critique&nbsp;: l’Etat déjà amaigri devrait supprimer des prestations. Dans le financement des crèches, par exemple, qui a été amélioré ces dernières années pour que l’activité professionnelle et les tâches familiales soient plus faciles à concilier. Ou dans le système de santé ou la sécurité sociale, et dans les infrastructures. Les pressions sur l’Etat seraient d’autant plus grandes que d’autres pertes fiscales se chiffrant en milliards de francs sont déjà dans le pipeline (imposition des entreprises, taxes sur les émissions, etc.).
</p><h3>Impôts plus élevés pour les familles à deux revenus</h3><p>Selon l’UDC, l’initiative pour les familles peut aussi être mise en œuvre sans pertes fiscales. Mais il faudrait alors supprimer la déduction pour frais de garde par des tiers. La facture serait alors payée par les familles qui placent leurs enfants dans une crèche. Leurs impôts augmenteraient sensiblement. Les familles traditionnelles où le père travaille à l’extérieur pendant que la mère reste aux fourneaux seraient avantagées par le fisc en comparaison des familles dont les deux parents doivent travailler pour s’assurer un revenu suffisant. Le système fiscal ne serait pas plus juste, comme le prétend l’UDC, mais il redeviendrait plus injuste. Le choix du modèle familial serait à nouveau influencé par les impôts, comme avant l’introduction des déductions pour frais de garde par des tiers. Ce retour en arrière doit être combattu le 24 novembre par un non clair et net à l’initiative de l’UDC pour les familles.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Finances et fiscalité</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1329</guid><pubDate>Fri, 18 Oct 2013 16:03:00 +0200</pubDate><title>Quel serait votre salaire aujourd’hui si...</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/quel-serait-votre-salaire-aujourd-hui-si</link><description>À vos calculettes !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Quel serait votre salaire aujourd’hui si vous aviez bénéficié des mêmes augmentations que les grands managers&nbsp;? Pour ne pas encore en dire trop&nbsp;: beaucoup plus élevé.</p><p>Entre 1996 et 2010, les salaires du 1&nbsp;% le mieux payé des cadres ont augmenté en Suisse de 107 (cent sept&nbsp;!)&nbsp;%. C’est-à-dire qu’ils ont plus que doublé, alors qu’ils étaient déjà les plus élevés du pays. Pendant la même période, le salaire médian (la moitié gagne plus, l’autre moitié gagne moins) n’a augmenté que de 7 (sept…)&nbsp;% misérables. Les salaires des grands managers ont donc augmenté plus de 15 fois plus fortement que le salaire de Marcel Normal (&lt;media 1528 600x420 - "graphique"&gt;graphique&lt;/media&gt;).
</p><p>Pour le «&nbsp;commun des salarié(e)s&nbsp;», il n’est guère imaginable de doubler son salaire en 14 ans. C’est pour cela que nous avons conçu un calculateur de salaire&nbsp;:
</p><p>Calculez quel serait aujourd’hui votre salaire si vous aviez bénéficié des mêmes augmentations que les grands managers.
</p><h3>Avec 1:12, mettons le holà à la mentalité du self-service&nbsp;!</h3><p>Ces grossières différences de salaire posent une question&nbsp;: pourquoi les salaires de ceux d’en haut ont-ils augmenté 15 fois plus que pour la grande majorité&nbsp;? La réponse est simple et doit servir d’avertissement&nbsp;: les salaires les plus élevés ont pu augmenter dans une mesure aussi disproportionnée parce que rien ni personne n’a mis le holà à la mentalité de self-service qui a cours aux étages hiérarchiques supérieurs. Ainsi, un petit nombre de personnes a pu s’approprier une part du gâteau toujours plus grande, alors que tous les autres recevaient toujours moins.
</p><p>Nous devons mettre le holà à cette mentalité du self-service. Avec l’initiative 1:12, nous le pourrons. Et nous ferons simultanément en sorte qu’à l’avenir les salaires évoluent à un même rythme&nbsp;: s’il y a assez d’argent pour les salaires des cadres, il doit aussi y en avoir assez pour qu’au bas de l’échelle, on perçoive des salaires décents. Ainsi, tout le monde recevra un salaire équitable et il n’y aura plus de salaire de profiteur pour quelques-uns.</p>]]></content:encoded><category>Repartition</category><category>Salaires et CCT</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1324</guid><pubDate>Fri, 11 Oct 2013 15:06:00 +0200</pubDate><title>Qui fait vraiment quelle Histoire ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/qui-fait-vraiment-quelle-histoire</link><description>La Suisse, un modèle de réussite : fables et réalité</description><content:encoded><![CDATA[<p>Des leaders des milieux économiques et politiques se servent, ces temps, d’une expression quelque peu pompeuse pour traduire une réalité qu’ils estiment en grave danger aujourd’hui, à savoir «&nbsp;ce modèle de réussite&nbsp;» qu’est la Suisse. Pour Hans Hesse, président de SWISSMEN, l’association de l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux, l’initiative populaire 1:12 détruirait, en cas de victoire dans les urnes, ce «&nbsp;modèle de réussite&nbsp;». Quant à lui, Heinz Karrier, le président d’economiesuisse, la Fédération des entreprises suisses, voit en cette initiative une attaque de fond toujours contre ce «&nbsp;modèle&nbsp;». Notre ministre de l’Économie, M. Schneider-Amman, reprend le même couplet et Ruedi Noser, conseiller national radical-libéral et entrepreneur, peut-être déjà en train d’anticiper l’écriture de «&nbsp;son&nbsp;» Histoire, indique que la droite serait à l’origine de ce «&nbsp;modèle de réussite&nbsp;». Parions que cette expression servira aussi à combattre les initiatives sur les salaires minimums et sur l’imposition des successions… 
</p><p>Mais à quoi font donc allusion nos «&nbsp;maîtres à penser&nbsp;» et autres «&nbsp;historiens&nbsp;» avec cette expression&nbsp;? Veulent-ils évoquer le fait qu’un cinquième des salarié(e)s de ce pays doit faire face à d’importants problèmes financiers lorsqu’il s’agit de s’acquitter d’une facture de dentiste imprévue de 2&nbsp;000 francs&nbsp;? Pensent-ils à ces 335&nbsp;000 personnes qui gagnent moins de 22 francs de l’heure dans notre pays&nbsp;? Ont-ils en tête ces 144&nbsp;000 titulaires d’un certificat fédéral de capacité (apprentissage) qui touchent un bas salaire, inférieur à 4&nbsp;000 francs par mois, dans une Suisse si chère&nbsp;? Ou font-ils référence au fait que chez nous, la fortune et les revenus sont répartis de manière toujours plus injuste&nbsp;?
</p><h3>Que non&nbsp;! C’est à eux-mêmes qu’ils pensent&nbsp;!</h3><p>De fait, avec cette «&nbsp;Suisse, modèle de réussite&nbsp;», c’est eux, les tout gros, les capitaines d’industrie et autres grands managers, ceux que l’on trouve année après année dans les listes des meilleurs bilans comptables, ceux qui occupent les étages supérieurs de notre société… et qui croient ainsi faire l’Histoire à eux seuls. Or, ils oublient que les monuments et les grands moments de toute Histoire avec un grand «&nbsp;H&nbsp;» n’ont été ni construits ni créés par eux, mais bien par les travailleurs et travailleuses. 
</p><p>De fait, l’Histoire suisse, ce ne sont pas les riches et leurs bilans qui l’ont faite et la font encore&nbsp;! Non&nbsp;! La part la plus glorieuse de cette Histoire est écrite par toutes celles et tous ceux qui, dans un très proche avenir, veilleront notamment à ce que richesses et revenus soient répartis de manière égalitaire. C’est-à-dire les citoyennes et citoyens ordinaires, comme vous et moi.</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1323</guid><pubDate>Thu, 10 Oct 2013 10:41:00 +0200</pubDate><title>Le Conseil fédéral passe à côté des besoins de la formation professionnelle supérieure</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/le-conseil-federal-passe-a-cote-des-besoins-de-la-formation-professionnelle-superieure</link><description>Initiative sur les bourses d’études</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil fédéral refuse de soutenir l’initiative sur les bourses d’études. Il soumettra tout prochainement à la Commissions de la science, de l'éducation et de la culture un contre-projet indirect. Celui-ci ignore purement et simplement les besoins spécifiques de la formation professionnelle supérieure. Et au lieu de renforcer la législation actuelle, comme le demande l’initiative, le Conseil fédéral propose de l’affaiblir. L’USS rejette donc ce contre-projet et affirme son soutien à l’initiative.</p><p>Les bourses sont un parent pauvre du système suisse de formation. Leur montant global a diminué de 11 % entre 1990 et 2009, tandis que les effectifs n’ont cessé d’augmenter durant cette même période. Alors qu’en 1990, la Confédération participait à hauteur de 40 % au financement des bourses des degrés secondaire II et tertiaire, sa participation ne s’élève aujourd’hui plus qu’à 8 %. Par ailleurs, l’absence de volonté d’harmonisation a conduit à une cacophonie entre les cantons, créant des inégalités de traitement inacceptables.
</p><h3>Pourquoi le contre-projet ne bénéficie pas à la formation professionnelle ?</h3><p>En guise « d’harmonisation », le contre-projet indirect du Conseil fédéral renvoie à quelques-unes des dispositions du concordat intercantonal qui n’ont eu qu’un impact extrêmement limité dans les cantons qui l’ont ratifié. Pour la formation professionnelle, les dispositions n’apportent pas l’amélioration présumée. Au contraire, plusieurs d’entre elles restreignent le droit à l’obtention d’une aide dans la formation professionnelle supérieure, qu’elle soit sous la forme d’une bourse ou d’un prêt. Aujourd’hui, uniquement 3 % des personnes qui suivent un cursus de formation professionnelle supérieure bénéficient d’une aide, soit le taux le plus bas de toutes les catégories d’étudiant(e)s (la moyenne se situe à plus de 8 %). Cela n’est pas dû à une situation privilégiée des personnes concernées; au contraire, les personnes qui s’engagent dans les filières de formation professionnelle proviennent de milieux souvent modestes. La poursuite d’une formation dans le tertiaire B s’accompagne de sacrifices personnels et financiers d’autant plus importants que les coûts de la formation y sont beaucoup plus élevés.
</p><h3>« Bourses d’études plutôt qu’aide sociale » : l’appel de la CSIAS</h3><p>En 2011, la CSIAS a publié un rapport sur les problèmes inhérents au système suisse de bourses. Elle a constaté des incohérences importantes entre les systèmes cantonaux d’aide sociale et les régimes de bourses, celles-ci conduisant à décourager des jeunes de mener à bien une première formation, l’entrée en apprentissage pouvant conduire à détériorer la situation financière des jeunes et de leur famille. Dans son rapport, la CSIAS plaide pour « l’élaboration de bases destinées à harmoniser le système des bourses d’études et celui de l’aide sociale ». Le contre-projet du Conseil fédéral n’apporte aucune réponse à cette problématique pourtant essentielle. Au contraire, il ne fera que consolider pour de nombreuses années la situation insatisfaisante qui règne actuellement dans les cantons.
</p><h3>L’USS rejette le contre-projet indirect</h3><p>En mettant en consultation un premier contre-projet indirect, le Conseil fédéral avait montré au départ une certaine volonté de répondre aux problèmes soulevés par l’initiative. Il faisait machine-arrière en soumettant une version finale du contre-projet indirect faisant exclusivement référence au concordat intercantonal sur l’harmonisation des bourses. Ce concordat est pourtant connu pour être un document de faible portée n’ayant eu qu’un impact minime sur les pratiques des cantons. Dans les faits, la Confédération renonce donc à faire usage de la compétence que lui octroie la Constitution de définir elle-même les critères d’harmonisation nationaux. Par son contre-projet indirect, au lieu de répondre aux problèmes soulevés par l’initiative, le Conseil fédéral se décharge de sa responsabilité sur les cantons.
</p><h3>L’USS soutient l’initiative de l’UNES</h3><p>Pour l’USS, il ne fait aucun doute que le système de bourses tel qu’il existe actuellement ne permet pas de garantir l’égalité des chances dans l’accès à la formation. Elle a soutenu activement l’initiative sur les bourses d’études, notamment parce que&nbsp;:
</p><p>-&nbsp;elle précise les compétences de la Confédération et favorise l’harmonisation des régimes de bourses au niveau des critères formels et matériels, 
</p><p>-&nbsp;elle contribue à diminuer les inégalités de traitement entre les filières professionnelles et académiques,
</p><p>-&nbsp;elle permet à la Confédération d’accorder des contributions financières pour le soutien aux apprenti(e)s.
</p><p>Pour l’USS, il ne fait aucun doute que si le Parlement décide de ne pas soutenir l’initiative, il doit au moins élaborer un autre contre-projet représentant une alternative vraiment sérieuse à l’initiative. 
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1322</guid><pubDate>Thu, 10 Oct 2013 10:26:00 +0200</pubDate><title>Abaisser le taux technique coûte 15 milliards francs</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/abaisser-le-taux-technique-coute-15-milliards-francs</link><description>Prévoyance professionnelle </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">A fin septembre, la Chambre suisse des actuaires-conseils a fixé le taux d’intérêt de référence applicable au taux technique à 3 pour cent. C’est une erreur et c’est dangereux. Dangereux, parce qu’il faudrait ensuite injecter 15 milliards de francs dans la prévoyance professionnelle et que la confiance dans le deuxième pilier serait ainsi ébranlée. Et c’est une erreur, parce que les fondements de cette décision ne coïncident pas avec le comportement effectif des caisses de pension en matière de placements.</p><p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
</p><p>Le rendement des capitaux jouent un rôle essentiel dans le financement des rentes des caisses de pension. Plusieurs taux d’intérêt revêtent une grande importance pour les personnes assurées. Alors que le taux d’intérêt minimal LPP est fixé tous les ans par le Conseil fédéral et voit braquer sur lui les projecteurs de l’actualité politique, le taux d’intérêt technique est en grande partie une valeur fixée par des moyens technocratiques. Il est déterminé uniquement au sein de commissions d’experts. 
</p><p>Le taux d’intérêt technique est une hypothèse de calcul qui sert à fixer les intérêts des rentes et prestations futures d’une caisse de pension. Il est ainsi possible de déterminer les engagements d’une caisse de pension. Le taux technique influence aussi le taux de conversion et les cotisations. Un taux technique en baisse entraîne pour les rentiers une augmentation de leur capital de prévoyance, et, pour les futurs rentiers, il provoque une diminution des rentes à cause de la baisse du taux de conversion. 
</p><p>La règle de base est la suivante&nbsp;: une réduction de 0,5 pour cent du taux d’intérêt technique entraîne une réduction du taux de conversion de quelque 0,35 pour cent et une augmentation du capital de prévoyance des rentiers de quelque 5 pour cent. 
</p><h3>Baisse du taux d’intérêt technique&nbsp;: coûts élevés</h3><p>En conséquence, toute baisse du taux technique induit des coûts élevés. Pour une caisse de pension qui détient une fortune de prévoyance de 1 milliard de francs, dans laquelle se trouvent 600 millions de francs des personnes actives et 400 millions de capital de prévoyance des bénéficiaires de rentes, la baisse du taux technique de 3,5 à 3% signifie une charge supplémentaire de 20 millions pour les rentiers. A cause de la baisse du taux de conversion, les futurs rentiers toucheraient en outre des rentes sensiblement diminuées. Des pertes de plus de 1000 francs par an seraient inévitables.
</p><p>Selon le rapport de la commission de haute surveillance LPP sur la situation financière des institutions de prévoyance en 2012, sur les 1800 institutions de prévoyance sans garantie de l’Etat, plus d’un tiers présentait un taux d’intérêt technique supérieur à 3,5%. La proportion passait même à deux tiers pour les caisses au bénéfice de la garantie de l’Etat. La baisse générale du taux technique pour toutes ces institutions de prévoyance signifie qu’un montant approximatif de 15 milliards devra être injecté ces prochaines années dans la prévoyance professionnelle. L’ensemble du système de prévoyance professionnelle se trouvera ainsi déstabilisé et sa légitimité même continuera d’être mise en question. 
</p><h3>Le taux d’intérêt de référence est étranger à la réalité</h3><p>La Chambre suisse des actuaires-conseils n’a pas suffisamment pris en compte ces conséquences le jour où, à fin septembre, elle a fixé à 3 pour cent le nouveau taux d’intérêt de référence applicable au taux technique. Aux dires des actuaires-conseils, le taux technique des caisses de pension ne doit être supérieur à 3 pour cent que dans des cas exceptionnels dûment justifiés. Les actuaires-conseils ont pris cette décision en se fondant sur leur directive technique 4. Selon ce texte, le taux d’intérêt technique de référence se détermine à partir de la moyenne arithmétique pondérée à raison de 2/3 par la performance moyenne des 20 dernières années et à raison de 1/3 par le rendement des emprunts à 10 ans de la Confédération. En outre, on diminue encore le tout de 0,5% au titre de marge de sécurité. Le taux d’intérêt technique de référence correspond à une approche sans risque. Car il reflète au premier chef les rendements d’obligations suisses. Comme les emprunts de la Confédération n’ont pour ainsi dire pas dégagé de rendements ces dernières années, il n’est pas étonnant que le taux d’intérêt technique de référence baisse et continuera de baisser. Dans peu d’années, il faudra compter avec un taux de référence de 2,5%. Cependant, des indices montrent aujourd’hui déjà que la phase actuelle, caractérisée par des taux d’intérêt bas, est un phénomène provisoire qui ne peut pas sans autre forme de procès être pronostiqué pour les prochaines décennies.&nbsp; 
</p><p>Pour le calcul des futurs taux d’intérêt techniques appropriés, les actuaires-conseils s’appuient sur une répartition des placements qui ne correspond en rien à celle des caisses de pension. Aucune caisse de pension ne place les trois quarts de sa fortune dans des obligations de la Confédération. Les caisses de pension pratiquent plutôt une large diversification. En moyenne, elles détiennent environ 30% d’actions et 20% de biens immobiliers. En conséquence, en 2012, la performance des caisses de pension, qui a dépassé 7%, a été très bonne. Pour 2013 aussi, il faut s’attendre à un bon résultat.&nbsp; 
</p><h3>Le deuxième pilier doit être plus qu’une assurance-vie privée</h3><p>Le poids excessif donné aux obligations de la Confédération correspond plutôt à la stratégie de placement de compagnies d’assurance sur la vie. Or, si les données servant à évaluer les caisses de pension s’ajustent toujours plus à celles des assurances privées, la prévoyance professionnelle tend à perdre de son importance. Car se pose alors légitimement la question de la plus-value de la prévoyance professionnelle par rapport à une assurance sur la vie. La baisse du taux d’intérêt technique est toujours justifiée par la création de garanties supplémentaires. Au bout du compte, le bas niveau des taux d’intérêt techniques a cependant un effet déstabilisateur sur le système suisse de prévoyance vieillesse. 
</p><h3>Fossoyeurs du deuxième pilier </h3><p>Le pouvoir des actuaires-conseils dans la détermination du taux d’intérêt technique est considérable. Certes, il appartient au conseil de fondation, composé de manière paritaire, de déterminer le taux d’intérêt technique, mais celui-ci le fait sur recommandation des actuaires-conseils. S’opposer à la recommandation de ces experts est délicat. La loi oblige l’expert à annoncer à l’autorité de surveillance toute dérogation à sa recommandation. En cas de difficultés financières de la caisse de pension, les membres du conseil de fondation peuvent ainsi être tenus pour responsables en dernière extrémité. Il n’est dès lors pas surprenant que les membres du conseil de fondation suivent toujours les recommandations des actuaires-conseils. Cependant, garder un œil critique sur les recommandations de ces experts est plus que nécessaire. 
</p><p>En abaissant globalement à 3% et moins les taux d’intérêt techniques, les actuaires-conseils se font les fossoyeurs du deuxième pilier. La directive technique 4 de ces experts des caisses de pension, qui repose sur des hypothèses erronées, doit être révisée au plus vite.&nbsp; 
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1319</guid><pubDate>Tue, 08 Oct 2013 10:54:00 +0200</pubDate><title>Beaucoup reste à faire !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/beaucoup-reste-a-faire</link><description>Sixième Journée mondiale pour le travail décent</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La Journée mondiale pour le travail décent est une journée de mobilisation syndicale sur l’ensemble de la planète, des Îles Fidji à Hawaï. En tant que plus grande confédération syndicale du pays, l’Union syndicale suisse (USS) y participe aussi et demande à cette occasion la ratification rapide de la convention n°189 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) sur les travailleuses et travailleurs domestiques, entre autres pour manifester sa solidarité internationale.</p><p>Les droits des salarié(e)s, souvent des femmes, sont notamment foulés au pied dans les pays émergents comme le Brésil ou certains États en plein boom économique de la presqu’île arabique. L’absence de contrats ou des contrats incompréhensibles pour les salarié(e)s, l’interdiction des syndicats et des abus patents sont la réalité quotidienne de nombreux travailleurs et travailleuses domestiques. En Suisse, ces conditions de travail indignes ont fait la une des médias à Genève lorsque des membres de la famille Kadhafi ont été incarcérés pour avoir maltraité leur personnel de maison. Dans divers pays d’Amérique du Sud ou de la presqu’île arabique, des migrant(e)s qui vivent chez leur employeur se voient privés de leur passeport, leur autorisation de séjour dépend de ce dernier et ils se voient livrés sans défense à son arbitraire le plus total.
</p><p>Il est donc d’autant plus important que la convention n°189 susmentionnée soit ratifiée par le plus grand nombre d’États possible afin de garantir à ces gens une protection minimale au plan juridique international. 
</p><h3>La Suisse doit aussi ratifier cette convention.</h3><p>Sur cette question, notre pays peut montrer l’exemple. La protection des activités des employé(e)s de maison gagne toujours plus en importance. Le travail de soins et d’assistance destiné aux personnes âgées représente, dans nos sociétés où l’espérance de vie a augmenté, une branche au potentiel économique important, mais où les carences restent nombreuses sous l’angle de la protection de la santé et des droits des salarié(e)s. 
</p><p>Il est vrai que les problèmes sont différents d’un pays ou d’une région à l’autre et que les problèmes auxquels nous sommes confrontés en Suisse sont de nature différente (respect des durées maximales de travail, pauses en nombre suffisantes, sous-enchère salariale,…). Il est vrai que les problèmes des travailleurs et travailleuses domestiques de Suisse, ou de l’Europe occidentale, ne sont pas comparables à ceux que l’on rencontre en Amérique du Sud ou dans l’ancienne Europe de l’Est. A fortiori cependant, il faut exiger de la Suisse qu’elle montre l’exemple, précisément aussi en tant que pays hôte de l’OIT. L’USS souhaite que, pour cette 6e Journée mondiale pour le travail décent, le Parlement suisse donne un signal contre les pires formes de travail précaire dans le domaine des soins et de l’assistance (le «&nbsp;care&nbsp;») et ratifie le plus rapidement possible la convention n°189 sur les travailleuses et travailleurs domestiques. 
</p><p>Pour un aperçu des actions menées au plan international sous l’égide de la Confédération syndicale internationale (CIS), cliquer <a href="http://www.ituc-csi.org/sixieme-journee-mondiale-pour-le?lang=fr" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">ici</a>.</p>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1314</guid><pubDate>Thu, 26 Sep 2013 14:37:00 +0200</pubDate><title>Les fanatiques des achats non-stop passent la seconde</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-fanatiques-des-achats-non-stop-passent-la-seconde</link><description>Après le oui à la révision de la loi sur le travail</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Suite à l’acceptation, le week-end dernier, par les citoyen(ne)s de l’extension du travail de nuit et du dimanche dans les magasins de certaines stations-service, les fanatiques des achats non-stop accélèrent le rythme. Trois jours après la votation populaire, une nouvelle brèche s’est ouverte au Conseil national, qui demande une extension massive des ventes du dimanche. </p><p>La majorité de droite du Conseil national n’aurait pratiquement pas pu être plus rapide ni plus claire pour confirmer que nous avions raison avec notre thèse de la brèche. Un peu plus de 72 heures seulement après la votation, elle a en effet déjà entamé une nouvelle étape dans l’extension des heures d’ouverture des commerces. Par 105 voix contre 67, le Conseil national a accepté la motion du conseiller national démocrate-chrétien Yannick Buttet. Celle-ci demande que la loi sur le travail lève, pour les petits magasins des régions périphériques, l’interdiction du travail du dimanche stipulée par la loi sur le travail afin de protéger le personnel de vente.
</p><p>Toutes les protestations émises par les dérégulateurs avant la dernière votation, selon lesquelles ils n’appliqueraient pas de tactique du salami, ne s’avèrent donc être que des mensonges éhontés destinés à calmer une population critique à l’égard des libéralisations. À elle seule, l’importante proportion de non (44&nbsp;%) lors du récent scrutin qualifié de «&nbsp;bagatelle&nbsp;» ou de «&nbsp;question de détail&nbsp;» par les dérégulateurs montre bien à quel point le peuple regarde d’un œil critique les nouvelles prolongations des heures d’ouverture des commerces. Et il est intéressant de noter aussi que le canton d’origine du motionnaire Buttet a rejeté par 57&nbsp;% la votation sur les stations-service.
</p><p>La critique souvent faite des prolongations des heures d’ouverture et que l’on a également entendue à l’occasion de nombreuses votations cantonales, le Parlement fédéral en a à nouveau fait fi ces derniers mois. Dans un premier temps, c’est surtout l’interdiction des ventes du dimanche qui se trouve maintenant sous pression. Le Conseil fédéral proposera sous peu la modification d’une ordonnance relative à la loi sur le travail, modification qui permettra d’étendre les ventes du dimanche dans les régions touristiques. Et le peuple n’aura pas voix au chaitre, car les modifications par voie d’ordonnance ne lui sont pas soumises. Les protestations du ministre de l’Économie, Monsieur Johann Schneider-Ammann, selon qui le Conseil fédéral ne veut pas toucher à l’interdiction du travail de nuit et du travail du dimanche, si elles n’apparaissent pas comme un mensonge, se révèlent à tout le moins être une ruse&nbsp;: notre ministre va de fait se cacher derrière le Parlement qui le contraint à modifier l’ordonnance à cause de la motion Abate qu’il a acceptée.
</p><p>Avec la motion, ce sont désormais déjà quatre projets d’extension des heures d’ouverture des commerces qui se trouvent dans les tuyaux. Or, le malaise de la population face à une nouvelle progression vers la journée de travail de 24 heures est profond. Dans les cantons aussi, les offensives répétées contre leur souveraineté en matière d’heures d’ouverture des commerces se heurtent à une résistance. L’avenir nous dira si les fanatiques des achats non-stop parviendront une nouvelle fois à embobiner les citoyen(ne)s et à leur faire accepter une extension du travail de nuit, du soir et du dimanche, pourtant nuisible tant à la santé qu’à la vie familiale.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1312</guid><pubDate>Tue, 24 Sep 2013 15:46:00 +0200</pubDate><title>Faits et chiffres démentent un partenariat social idéalisé</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/faits-et-chiffres-dementent-un-partenariat-social-idealise</link><description>Nouveau Dossier (94) de l’USS	</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En Suisse, le «&nbsp;partenariat social&nbsp;» sert parfois aussi à embellir certains prêches dominicaux. Un nouveau Dossier de l’USS&nbsp;montre comment et où le partenariat social ne fonctionne pas dans notre pays.</p><p>«&nbsp;Le système de formation des salaires en Suisse est basé sur un partenariat social fort et responsable.[…] L’excellent fonctionnement du partenariat social constitue un atout majeur de la place économique suisse […] Le système en vigueur en Suisse, qui laisse les partenaires sociaux fixer les salaires minimums, permet d’équilibrer la distribution des salaires.&nbsp;» À ces trois phrases, qui entonnent le cantique du partenariat social, on pourrait en ajouter sans peine plusieurs dizaines de même tabac, toutes tirées d’un seul et unique document. Mais celui-ci n’est pas une brochure commémorant et idéalisant l’histoire suisse du partenariat social. Il s’agit du message du Conseil fédéral concernant l’initiative syndicale sur les salaires minimums.
</p><p>Dans son message, le gouvernement indique certes le nombre des personnes protégées par une convention collective de travail (CCT) prévoyant un salaire minimum (2012&nbsp;: 1&nbsp;289&nbsp;600), mais pour savoir que cela ne représente que 36 % des salarié(e)s du pays, à nous de faire le calcul nous-mêmes. Et l’on voit ainsi que pour 64&nbsp;% des salarié(e)s, c’est le patron qui fixe tout seul le salaire… 
</p><p>Tel est le point de départ de ce nouveau Dossier de l’USS. On y trouve, bien classés par branche, les noms des employeurs qui refusent le partenariat social, ce qui nous donne un tour d’horizon du paysage patronal qui, sitôt oubliées les pratiques des débuts de l’industrialisation, se caractérise aujourd’hui par l’idéologie du «&nbsp;seul maître à bord&nbsp;» (de l’entreprise s’entend). 
</p><p>Dans la branche textile, tant Calida que Forster Rohner ne veulent pas conclure une CCT. Chez les éditeurs, le président Hanspeter Lebrument se refuse depuis 2004 à signer une nouvelle CCT. Dans l’industrie des machines, des noms très connus comme André Kudelski, von Roll, Stöcklin SA et Jacquet Technology sont sortis de la CCT. Et dans l’industrie des denrées alimentaires, des firmes de renommée comme Emmi, Kambly, HUG et une partie des entreprises qui produisent pour Nestlé font la sourde oreille quand on leur parle CCT. L’ASTAG, l’Association suisse des transports routiers et surtout son président, Adrian Amstutz, veulent que les chauffeurs de camion qui transportent des matériaux sur les chantiers échappent à l’extension de la convention nationale du secteur principal de la construction. Dans l’horticulture, la majorité des patrons ne veulent rien savoir d’une CCT, tout comme Manor, Aldi, Denner, C&amp;A, H&amp;M, Spar, Dosenbach/Ochsner et de nombreux autres dans le commerce de détail. Conséquence&nbsp;: ce sont bien moins de la moitié des 320&nbsp;000 employé(e)s du commerce de détail qui sont protégés par une CCT. Des banques réputées (dont Vontobel et J.P. Morgan SA) adoptent la même attitude de refus que l’Union suisse des paysans&nbsp;: pas question de CCT. Enfin, dans le secteur de la santé, lorsque le personnel s’engage pour que la CCT en vigueur soit maintenue, une entreprise comme Genolier les licencie sans hésitation. 
</p><p> Le nouveau Dossier de l’USS parle de tous ces exemples et de bien d’autres encore. Il montre ainsi que si la vision gouvernementale du partenariat social en Suisse est édénique, c’est pour mieux endormir les citoyens et les citoyennes. 
</p><p>A. Rieger et E. Ackermann, Le semi-partenariat social en Suisse. Salaires minimums&nbsp;: le mensonge délibéré du Conseil fédéral, Dossier N° 94, USS, septembre 2013.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1313</guid><pubDate>Tue, 24 Sep 2013 15:42:00 +0200</pubDate><title>Conventions collectives de travail : les prochaines étapes</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/conventions-collectives-de-travail-les-prochaines-etapes</link><description>Nouveau Dossier (95) de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Pourquoi le taux de couverture conventionnelle est-il si peu important en Suisse&nbsp;? Pourquoi un taux plus élevé serait-il nécessaire&nbsp;? Et que faire pour que cela soit le cas&nbsp;? C’est notamment à ces trois questions centrales que le Dossier N°&nbsp;95 de l’USS&nbsp;s’attache à répondre.</p><p>En Suisse, seule la moitié des salarié(e)s profitent d’une convention collective de travail, CCT). Notre pays se différencie donc d’autres pays de l’OCDE qui n’appliquent pas non plus de salaire minimum légal, comme les états nordiques ou notre voisin autrichien, mais où le taux de couverture conventionnelle est beaucoup plus élevé. Prenant en considération plusieurs pays sous cet angle, les auteurs du Dossier, Daniel Lampart, économiste en chef, et Daniel Kopp, collaborateur scientifique, prouvent que le taux de syndicalisation (proportion de salarié(e)s membres d’un syndicat) n’explique pas à lui seul le taux de couverture conventionnelle. En effet, de nombreux pays «&nbsp;compensent&nbsp;» leur faible taux de syndicalisation par des mesures destinées à faciliter la conclusion de CCT ou à en étendre la portée (extension «&nbsp;allégée&nbsp;» du champ d’application des CCT, obligation de négocier faite aux employeurs, prescriptions en matière de marchés publics).
</p><p>De fait, relever du taux de couverture conventionnelle est un moyen de contrer les pressions sur les salaires et les conditions de travail qui a fait ses preuves et entraîne une meilleure justice distributive. Que des milieux patronaux importants refusent de conclure une CCT (dont swissmechanic, les chaînes de magasins de chaussures, Swissretail, l’Association suisse des transports routiers [ASTAG], l’agriculture) suggère que la Suisse doit favoriser les instruments légaux destinés à soutenir les CCT. L’exemple des chaines de vêtements H&amp;M et C&amp;A le montre de manière exemplaire. Dans d’autres pays que le nôtre comme en Autriche, elles ont conclu des CCT parce que les prescriptions y sont plus sévères que chez nous. Et elles ne s’en portent pas plus mal. Mais en Suisse, elles refusent d’en faire autant.
</p><h3>Faciliter l’extension des CCT et encourager les négociations collectives</h3><p>On voit par conséquent pourquoi il y a lieu d’abaisser les obstacles posés à l’extension des CCT. Il faut surtout supprimer le quorum des employeurs (au moins 50&nbsp;% des employeurs de la branche doivent être affiliés à l’organisation patronale signataire de la CCT pour que celle-ci puisse être étendue). Or, cette disposition permet à de toutes petites entreprises de contrecarrer l’extension d’une CCT. Ce quorum est plus que rare en Europe. L’Espagne en applique certes un, mais la part des employeurs demandée pour une extension de la CCT est de 10&nbsp;%, pas de 50&nbsp;%. Les auteurs du Dossier de l’USS esquissent aussi la proposition faite par l’USS de pouvoir étendre une CCT pour des raisons «&nbsp;d’intérêt public&nbsp;» (risque de sous-enchère salariale, de discrimination salariale à l’encontre des femmes, etc.). 
</p><h3>Encourager les négociations collectives</h3><p>S’il y a «&nbsp;intérêt public&nbsp;», les commissions tripartites ou les départements de l’économie devraient en effet pouvoir contraindre les partenaires contractuels d’une branche à négocier une CCT. Cela correspondrait, sous une forme atténuée, à l’obligation de négocier en vigueur dans d’autres pays. En cas d’échec des négociations, un mécanisme public d’arbitrage se mettrait alors en marche et si l’on n’obtenait toujours pas de résultat, un contrat-type de travail devrait être édicté. En outre, les marchés publics devraient prévoir que les soumissionnaires soient nécessairement soumis à une CCT comme critère d’adjudication et les aides financières de l’État (agriculture) seraient au moins liées à l’obligation de négocier une CCT. Cette condition s’appliquerait aussi aux entreprises de la Confédération et concessionnaires. 
</p><p>Cette nouvelle publication de l’USS sur les CCT établit, sur la base d’une comparaison étayée de faits, que la Suisse n’a de loin pas mis à profit tout le potentiel existant en matière de CCT et que c’est précisément ce qu’elle devrait faire si elle entend empêcher la sous-enchère salariale et donc, finalement, la marginalisation de celles et ceux qui sont les perdants de la modernisation, ainsi que la discorde sociale.
</p><p>D. Lampart et D. Kopp, Les CCT en Suisse&nbsp;: problèmes, mesures requises, solutions&nbsp;; Dossier N° 95, USS, septembre 2013.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1309</guid><pubDate>Mon, 23 Sep 2013 09:50:00 +0200</pubDate><title>La Suisse est mûre pour un tournant social</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/la-suisse-est-mure-pour-un-tournant-social</link><description>Halte au dumping salarial et au vol des rentes ! </description><content:encoded><![CDATA[<p>(Discours pour la manifestation de l'USS du 21 septembre 2013. La parole prononcée fait foi.)
</p><p>Ici, dans cette maison, dans ce Palais fédéral, un attentat se prépare. La plus violente attaque contre les rentes que la Suisse n’ait jamais connue.
</p><p>Où vivons-nous donc&nbsp;? Vivons-nous dans un pays économiquement au bout du rouleau&nbsp;? N’y aurait-il pas assez d’argent dans ce pays&nbsp;?
</p><p>La Suisse n’a jamais été aussi riche qu’aujourd’hui. Jamais la réussite économique de la Suisse n’a été aussi importante. Jamais il n’y a eu autant d’argent en Suisse.
</p><p>Mais cette énorme richesse est inégalement répartie, on ne peut plus inégalement. Les gros et les très gros revenus ont incroyablement encaissé ces 10 à 15 dernières années. Sur le dos de la grande majorité, c’est-à-dire les bas et les moyens revenus. 
</p><p>Et maintenant, ces profiteurs et leurs acolytes politiques et médiatiques veulent nous faire accroire que la Suisse s’effondrerait à cause de l’initiative 1:12. Comme si la réussite économique de la Suisse était à mettre au crédit des profiteurs et de leurs excès, ces excès des Vasella et autres Ospel. 
</p><p>Lorsque leurs chefs n’encaissaient pas encore des millions de bonus, les entreprises et les grands groupes étaient-ils vraiment moins bien dirigés&nbsp;? Font-ils du bon boulot, à l’étage des chefs lorsqu’ils peuvent se remplir les poches de millions&nbsp;? Et les directeurs généraux des entreprises de la Confédération, les chefs des CFF, de la Poste, de Swisscom&nbsp;: leur travail vaut-il vraiment autant de plus que celui d’un conseiller fédéral&nbsp;?
</p><p>À l’étage des chefs des CFF, on encaisse aujourd’hui beaucoup plus d’argent que cela ne fut jamais le cas dans toute l’histoire des chemins de fer fédéraux. Or, ce sont précisément ces mêmes Messieurs, avec leurs traitements record, qui veulent massivement dégrader les rentes de nos cheminots. Des rentes variables, dites volatiles, tel est le nom de ce projet. On ne toucherait alors avec certitude plus que 85&nbsp;% de sa rente. Les rentes volatiles sont une attaque dirigée contre les cheminots, mais aussi contre l’ensemble des salarié(e)s. Car ce que les CFF font ici, c’est un essai pilote, un test pour toutes les caisses de pensions. Si la direction des CFF s’impose, plus personne ne pourra compter demain sur sa rente. 
</p><p>Mettons le holà aux agissements de ces Messieurs, stoppons cet incendie social criminel avant que tout ne s’embrase.
</p><p>Et stoppons le vol des rentes qui se prépare ici, au Palais fédéral. Les gens ont mérité leurs rentes. Quiconque a travaillé durant toute sa vie doit pouvoir vivre décemment sa retraite avec son AVS et son deuxième pilier. C’est la Constitution qui le veut. Et cela doit être la règle pour le projet Prévoyance vieillesse 2020. Et pas les fantasmes de démantèlement des groupes d’assurances et des partis bourgeois&nbsp;! C’est pour cela qu’AVSplus est nécessaire. D’autant plus, après le faux départ du Conseil fédéral.
</p><p>Nous luttons pour des salaires décents et contre la sous-enchère salariale. Mardi prochain, notre initiative passera au Parlement. Ils sont des centaines de milliers dans ce riche pays à gagner trop peu avec leur travail pour pouvoir en vivre décemment. Combien de temps cela va-t-il encore durer jusqu’à ce que le Conseil fédéral comprenne qu’il doit faire quelque chose contre cette situation inacceptable&nbsp;? Le travail fourni par des êtres humains a sa valeur et son prix. La politique des bas salaires, ce n’est pas une perspective pour notre pays. 
</p><p>Il n’est donc pas tolérable qu’une vendeuse qualifiée, titulaire d’un apprentissage et au bénéfice d’une expérience professionnelle, ne gagne pas 4&nbsp;000 francs par mois. Ou ne touche pas un salaire horaire de 22 francs. Ce n’est pas l’argent qui manque&nbsp;! Les grandes chaînes de magasins de chaussures et de vêtements que sont Zara, Navyboot, Dosenbach, Basta, C&amp;A ou H&amp;M, appartiennent à des milliardaires. Pas des millionnaires, des milliardaires. Ce n’est donc pas une question d’argent. Or, ces milliardaires refusent quand même le partenariat social, ils refusent quand même les conventions collectives de travail. C’est pour cela que l’initiative sur les salaires minimums est nécessaire.
</p><p>Mais encore&nbsp;: les salaires minimums sont la mesure la plus efficace contre la discrimination salariale subie par les femmes. Les bas salaires qui ne permettent pas de vivre sont souvent des salaires féminins. Cela fait maintenant plus de 30 ans que l’article sur l’égalité figure dans la Constitution fédérale&nbsp;: un salaire égal pour un travail de valeur égale. Cette manifestation est aussi une manifestation contre cette politique qui consiste à faire traîner les choses au Palais fédéral&nbsp;: Mesdames et Messieurs du Conseil fédéral, Mesdames et Messieurs du Parlement&nbsp;: mettez donc fin, une fois pour toutes, à la discrimination salariale à l’encontre des femmes&nbsp;!
</p><p>Les syndicats sont la force sociale la plus puissante de Suisse. Vous toutes et tous, vous appartenez à ce mouvement social puissant, avec des centaines de milliers d’autres dans ce pays. Faisons passer plus loin le message de cette manifestation. La Suisse est mûre pour un tournant social. La Suisse a besoin de ce tournant social.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1306</guid><pubDate>Fri, 20 Sep 2013 11:23:00 +0200</pubDate><title>Grèves à Genève</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/greves-a-geneve</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="Text">La moitié du personnel de <b>Gate Gourmet Genève</b>, une entreprise qui fournit les repas servis dans les avions, est en grève depuis le 13 septembre. Gate Gourmet a en effet annoncé vouloir dénoncer pour la fin de l’année la convention collective de travail en place depuis 17 ans. Du coup, 86 employé(e)s ont été licenciés en vue d’une réembauche au rabais, selon le principe «&nbsp;Accepte tes nouvelles conditions de travail (dégradées&nbsp;!) ou alors va-t’en&nbsp;!&nbsp;». De plus, Gate Gourmet est une entreprise qui a encaissé de juteux bénéfices ces dernières années. Les grévistes sont soutenus dans leur lutte par le Syndicat suisse des services publics (ssp) et toutes les gauches genevoises.</p><p class="Text"><span lang="FR">Plus sur le sujet&nbsp;: </span><a href="http://www.ssp-vpod.ch/secteurs/trafic-aerien.html" target="_blank" rel="noreferrer"><span lang="FR">http://www.ssp-vpod.ch/secteurs/trafic-aerien.html</span></a><span lang="FR"></span></p><p class="Text"><span lang="FR">&nbsp;</span></p><p class="Text"><span lang="FR">Depuis le 20 août dernier, les employé(e)s de <b>Partage</b> sont en grève. Partage est une «&nbsp;entreprise sociale&nbsp;» (sans but lucratif) qui propose à des chômeurs et chômeuses en fin de droit des «&nbsp;emplois en solidarité&nbsp;» (créés par des collectivités publiques auprès d’associations, d’ONG). Les grévistes sont soutenus par le Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleurs (SIT). Les employé(e)s de Partage concernés s’occupent de ramasser les déchets encombrants de communes genevoises. Ils touchent des salaires de misère&nbsp;: 2&nbsp;800 francs&nbsp;! De plus, de tels salaires engendrent une concurrence à la baisse dans les services publics, souligne encore le SIT.</span></p><p class="Text"><span lang="FR">Plus sur le sujet&nbsp;: </span><a href="http://www.sit-syndicat.ch/spip/spip.php?article485" target="_blank" rel="noreferrer"><span lang="FR">http://www.sit-syndicat.ch/spip/spip.php?article485</span></a><span lang="FR"></span></p><p>&nbsp;</p><p class="Text"><span lang="FR">&nbsp;</span></p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1299</guid><pubDate>Wed, 18 Sep 2013 08:31:00 +0200</pubDate><title>Seulement avec des mesures d’accompagnement</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/seulement-avec-des-mesures-d-accompagnement</link><description>Les dangers du télétravail</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Toujours plus d’employeurs découvrent que le télétravail est «&nbsp;bon marché&nbsp;». Ils répercutent en effet leurs frais d’infrastructure et de loyer sur leurs employé(e)s. Or, pour ceux-ci, le télétravail est souvent synonyme de plus de stress et d’isolement. C’est pourquoi, ils doivent tout d’abord être mieux protégés, notamment au moyen de l’enregistrement sans faille de leur durée de travail.</p><p>L’enquête sur le télétravail publiée cet été<a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2013/130909_Cirigliano_Teletravail.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a> montre un fait étonnant&nbsp;: 45&nbsp;% des personnes occupées régulièrement à du télétravail n’enregistrent pas leur durée de travail et expliquent travailler selon un horaire basé sur la confiance. C’est beaucoup, car, sur l’ensemble de la population dite active, «&nbsp;seulement&nbsp;» 16,7&nbsp;% disent en faire autant<a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2013/130909_Cirigliano_Teletravail.docx#_ftn2" target="_blank" name="_ftnref2">[2]</a>.
</p><h3>Que des cadres supérieurs&nbsp;?</h3><p>Rappelons que, selon la loi sur le travail, seules les personnes qui «&nbsp;exercent une fonction dirigeante élevée&nbsp;» ou une «&nbsp;activité scientifique&nbsp;» (art. 3a) ont le droit de ne pas enregistrer leur durée de travail, soit bien moins que 3&nbsp;% de la population active&nbsp;; cela, pour la bonne raison qu’enregistrer la durée de son travail est la meilleure façon de se protéger contre le stress psychosocial (travail supplémentaire, troubles du sommeil, surmenage), qui peut mener, en fin de compte, à l’épuisement professionnel, aux dépressions et à d’autres problèmes de santé. Pour les rapports de travail de bureau classiques, c’est d’autant plus important qu’avec le télétravail, le temps de travail, les activités familiales et les temps de régénération s’entremêlent faute de locaux séparés.
</p><p>On ne peut pas partir de l’idée qu’une majorité des télétravailleurs et télétravailleuses sont des cadres supérieurs. Si 60&nbsp;% disent exercer une fonction de «&nbsp;supérieurs hiérarchiques&nbsp;», celle-ci ne correspond cependant pas à la définition de la «&nbsp;fonction dirigeante élevée&nbsp;», car cette dernière ne renvoie pas uniquement à une fonction de cadre, mais à une position quasi entrepreneuriale (art. 9 de l’ordonnance 1 relative à la loi sur le travail), qui permet d’être dispensé d’enregistrer sa durée de travail. 
</p><h3>Pas d’enregistrement de la durée du travail = pas de loisirs&nbsp;!</h3><p>52&nbsp;% des télétravailleurs et télétravailleuses sont des femmes. Or, les femmes &nbsp;restent toujours exposées à la double charge du travail professionnel rémunéré et des tâches d’assistance et de soins non rémunérées («&nbsp;care&nbsp;»)<a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2013/130909_Cirigliano_Teletravail.docx#_ftn3" target="_blank" name="_ftnref3">[3]</a>. 54,7&nbsp;% des personnes ayant participé à cette étude disent effectuer des tâches ménagères pendant leurs pauses, ce qui est en étroite corrélation avec un mal-être psychique. De plus, pour la majorité des personnes concernées l’impossibilité d’avoir des temps de régénération avec le télétravail pose problème, si les temps de pause légaux ne sont pas respectés. 52&nbsp;% des télétravailleurs et télétravailleuses estiment donc qu’il est nécessaire, malgré la proximité physique, de séparer travail et vie privée. Manifestement, seule une minorité y parvient. 
</p><p>54&nbsp;% disent souffrir de troubles du sommeil légers à moyens. C’est en rapport avec le fait que le télétravail doit être plus souvent effectué le soir, ce qui nuit à la qualité du sommeil et met en danger à long terme la santé. 
</p><p>Concernant le bien-être, il faut aussi citer ici le «&nbsp;Déséquilibre Efforts/Reconnaissance&nbsp;» («&nbsp;Effort-Reward-Imbalance&nbsp;»), un risque sanitaire psychosocial qui survient lorsque d’importants efforts personnels sont demandés au travail pour une faible reconnaissance («&nbsp;crise de gratification&nbsp;»). 31&nbsp;% des télétravailleurs et télétravailleuses vivent cette crise et ne se sentent pas assez appréciés, de même que leur travail. Les crises de gratification sont aussi un risque sanitaire psychosocial et augmentent la probabilité de tomber malade. Pour y parer, il faut que l’employeur puisse régulièrement échanger face à face avec ses collègues, respectivement ses chefs. C’est pourquoi au minimum 40&nbsp;% du temps de travail devraient être prévus dans la centrale (et pas en télétravail) pour de tels échanges. 
</p><h3>Pour les employeurs, un gros business </h3><p>Pour les personnes concernées, le télétravail présente des risques psychosociaux importants. Mais pourquoi tant d’entreprises l’ont-elles découvert&nbsp;? Parce qu’il s’agit d’une forme de travail «&nbsp;bon marché&nbsp;». Factures d’électricité, nouveau mobilier, encre pour imprimantes, tous ces coûts peuvent être reportés sur les employé(e)s. En comparaison avec un travail «&nbsp;normal&nbsp;», l’employeur économise surtout des frais d’infrastructure. Et il peut éventuellement réduire sa surface de bureaux et son loyer…
</p><h3>Pas de télétravail sans «&nbsp;mesures d’accompagnement&nbsp;»&nbsp;!</h3><p>Il faut faire rentrer le télétravail dans un corset juridique étroit, afin de réduire au minimum ses effets négatifs pour les travailleurs et travailleuses. Ces derniers peuvent s’opposer au télétravail, car il ne peut pas leur être imposé&nbsp;! Le lieu de travail est partie intégrante du contrat du travail et l’introduction du télétravail implique toujours un nouveau contrat de travail pour tenir compte de la nouvelle situation. L’employeur ne peut pas non plus imposer le télétravail à quelqu’un contre sa volonté en résiliant le contrat de travail pour en modifier le contenu, parce que le télétravail n’est pas un motif objectif de résiliation du contrat selon la loi. 
</p><p>Il faut en outre veiller à ce que tous les coûts, ainsi que l’achat, la réparation, respectivement le renouvellement des appareils, des logiciels, etc. destinés au télétravail soient intégralement supportés par l’employeur. La loi sur le travail à domicile doit en effet être appliquée de manière analogue au télétravail, dans le sens de la protection des travailleurs et travailleuses selon les règles de la bonne foi. 
</p><p>Pour prévenir le risque du travail supplémentaire, l’enregistrement de la durée du travail doit continuer à être une obligation légale en matière de télétravail (et d’autres formes d’horaires flexibles). Sinon, il ne peut y avoir télétravail, car seule l’observation des dispositions contre le travail supplémentaire (pauses, durées maximales de travail, interdiction du travail de nuit et du dimanche) protège contre les troubles psyschosociaux comme l’épuisement professionnel, les dépressions ou les infarctus. Il est impératif que le temps de travail supplémentaire soit compensé et les pauses respectées. Les «&nbsp;horaires de travail fondés sur la confiance&nbsp;» sont et restent un tabou absolu en matière de télétravail. 
</p><p>La disponibilité des travailleurs et travailleuses doit aussi être réglée dans un contrat. Par exemple, il ne faut pas qu’un employeur puisse exiger d’un(e) employé(e) qu’il/elle soit joignable «&nbsp;24 heures sur 24&nbsp;». Ces plages de temps doivent être fixées de manière contraignante à l’avance (p. ex. entre 9 h et 11 h 30).
</p><p>Il faudrait aussi fixer des règles spécifiques dans les contrats en ce qui concerne la responsabilité civile en cas de dégâts ou de vol (p. ex. cambriolage, dégâts d’eau, perte de données). Cette responsabilité ne doit pas être mise à la charge des télétravailleurs et télétravailleuses, mais l’employeur doit de toute façon garantir qu’elle soit réglée. Il peut en plus prévoir techniquement que les données soient, par exemple, synchronisées dans un «&nbsp;cloud&nbsp;» (nuage informatique). Cela, bien sûr toujours dans le respect de la protection des données et avec l’accord explicite de l’employé(e). Une «&nbsp;télésurveillance&nbsp;» de ce dernier serait illégale. 
</p><h3>Synthèse </h3><p>Aujourd’hui, il y a clairement le danger que le télétravail ne s’établisse comme forme d’auto-exploitation. En outre, les données montrent qu’il est lié à plusieurs risques psyschosociaux. Afin de les maîtriser le plus possible, il faut donc prendre des mesures de précaution spéciales. À l’avenir, des dispositions légales claires devront être intégrées à la loi, en particulier dans la loi sur le travail à domicile. Quoiqu’il en soit, le temps de travail doit toujours être enregistré via un logiciel ou des applications.
</p><hr><p><a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2013/130909_Cirigliano_Teletravail.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a><a href="http://www.fhnw.ch/aps/ifk/ifk-projekte/aktuelle-projekte/home-office-2012/2013_Gisinet_SchweizerischeUmfrageHomeOffice2012_Webversion.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.fhnw.ch/aps/ifk/ifk-projekte/aktuelle-projekte/home-office-2012/2013_Gisinet_SchweizerischeUmfrageHomeOffice2012_Webversion.pdf</a>&nbsp; (en allemand seulement).
</p><p><a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2013/130909_Cirigliano_Teletravail.docx#_ftnref2" target="_blank" name="_ftn2">[2]</a><a href="http://bit.ly/16gLFmE" target="_blank" rel="noreferrer">http://bit.ly/16gLFmE</a></p><p><a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Articles/2013/130909_Cirigliano_Teletravail.docx#_ftnref3" target="_blank" name="_ftn3">[3]</a> Concernant l’éducation des enfants, plus de 90&nbsp;% des activités d’assistance et de soins sont non rémunérées&nbsp;; pour la prise en charge d’adultes malades et dépendants de soins, cette proportion est d’environ un tiers. Voir à ce sujet&nbsp;: <a href="http://bit.ly/1e8uI3A" target="_blank" rel="noreferrer">http://bit.ly/1e8uI3A</a>.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1109</guid><pubDate>Mon, 16 Sep 2013 20:22:00 +0200</pubDate><title>NON à la journée de travail de 24 heures !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/non-a-la-journee-de-travail-de-24-heures</link><description>Votation du 22 septembre 2013</description><content:encoded><![CDATA[<p><span lang="FR"></span></p><p>Le 22 septembre, nous voterons sur une modification de la loi sur le travail. Les partisans de la journée de travail de 24 heures entendent ce jour-là poser la première pierre d’un vaste programme de libéralisation de l’ouverture des magasins dans l’ensemble de la Suisse. Les syndicats font de la résistance, rejoints par les personnes directement concernées dans le commerce de détail.&nbsp; 
</p><h3>Attention à la brèche&nbsp;!</h3><p>Les partisans de la modification de la loi ont beau prétendre que la question concerne seulement une poignée de shops de stations-service, la réalité est bien différente. Au parlement fédéral, les Vert’libéraux, s’appuyant sur un hypothétique oui le 22 septembre, ont d’ores et déjà déposé une motion demandant que tous les magasins dont la surface est la même que les boutiques des stations-service aient la possibilité d’ouvrir 24 heures sur 24. D’autres interventions parlementaires demandent une libéralisation des heures d’ouverture dans les zones touristiques, ou l’instauration d’heures d’ouverture minimales – de 6 heures à 20 heures du lundi au vendredi, et de 6 heures à 19 heures le samedi – dans toute la Suisse. 
</p><p>La tactique des partisans de la modification est facile à comprendre&nbsp;: ils veulent lentement mais sûrement vider de son contenu la protection des travailleurs et travailleuses, étendre peu à peu les heures d’ouverture des magasins et faire du travail de nuit et du dimanche la norme. Un oui le 22 septembre ouvrirait une première brèche. Dans cette brèche s’engouffrerait alors toute une série d’autres mesures de libéralisation néfastes aux travailleurs et travailleuses – d’où la nécessité de dire NON à la journée de travail de 24 heures&nbsp;!
</p><p>Plus…
</p><h3>Respecter la volonté du peuple&nbsp;!</h3><p>Depuis 2006, la population a rejeté l’allongement des heures d’ouverture des magasins lors de 12 scrutins sur 13 – et même très nettement ces dernières années, comme à Zurich (à 70%) et à Lucerne (à 68%). Il ne faut pas avoir fait de longues études pour le comprendre&nbsp;: la population ne veut pas de nouvelle libéralisation des heures d’ouverture des magasins&nbsp;!
</p><p>Alors que les partisans de la journée de travail de 24 heures se posent à tout bout de champ en gardiens de la volonté du peuple, ils feignent d’ignorer que le peuple a dit 12 fois non et clairement non. Mais nous ne nous laisserons pas faire – voilà pourquoi nous dirons NON et encore NON à la semaine de travail de 24 heures&nbsp;!
</p><p>Plus…
</p><h3>Protéger le personnel&nbsp;!</h3><p>Le travail de nuit est mauvais pour la santé et nocif pour la vie sociale. De nombreuses familles souffrent quand les parents doivent travailler la nuit. C’est pourquoi les médecins du travail s’opposent eux aussi à la révision de la loi sur le travail soumise à votation le 22 septembre. Ils le savent bien&nbsp;: le prix à payer par le personnel du commerce de détail est trop élevé. Et l’allongement des heures d’ouverture des magasins implique l’allongement des horaires de travail non seulement pour les caissiers et les caissières, – les fournisseurs risquent de subir le même sort.&nbsp; 
</p><p>Lorsque les partisans du oui prétendent que les consommateurs et consommatrices éprouveraient le «&nbsp;besoin&nbsp;» de disposer d’heures d’ouverture plus longues, ce n’est donc pas seulement complètement faux, c’est aussi se moquer des employé(e)s. En fait, les partisans du oui se fichent éperdument des besoins des employé(e)s. Nous pas – c’est pourquoi nous disons NON à la semaine de travail de 24 heures&nbsp;!
</p><p>&lt;media 1285 - - "TEXT, Kissling Arbeitsmediziner, Kissling_Arbeitsmediziner.pdf, 279 KB"&gt;Plus (en allemand)…&lt;/media&gt;
</p><h3>Empêcher un diktat de classe&nbsp;!</h3><p>Le sondage du 11 septembre réalisé par l’institut gfs le démontre noir sur blanc&nbsp;: les personnes qui gagnent 9000 francs et plus par mois ont tendance à dire oui à la journée de travail de 24 heures. Cela ne surprendra personne – les hauts revenus ne risquent guère d’avoir à travailler la nuit dans un shop de station-service. Et ils semblent indifférents au sort des vendeurs et vendeuses. En revanche, les bas et les moyens revenus rejettent la révision de la loi sur le travail. 
</p><p>Les&nbsp; partisans nantis de l’ouverture prolongée des magasins mettent délibérément en jeu la santé du personnel du commerce de détail, afin de pouvoir achever une saucisse à rôtir à 3 heures du matin. C’est une irresponsable lutte des classes, un diktat imposé à ceux d’en bas – c’est pourquoi nous disons NON à la journée de travail de 24 heures&nbsp;! 
</p><p>Plus…
</p><p><span lang="FR"></span></p><h5>Liens</h5><p><a href="http://alliance-dimanche.ch/" target="_blank" class="external-link" rel="noreferrer">Alliance pour le dimanche</a></p><p><a href="http://lheure-tourne.ch/" target="_blank" class="external-link" rel="noreferrer">L'heure tourne !</a></p><h5>A télécharger</h5><table summary style class="contenttable"><tbody><tr><td scope><b>Affiche (.pdf)</b></td><td scope><span class="Apple-tab-span"></span>&lt;media 1147 - - "TEXT, 24h_plakat_deutsch, 24h_plakat_deutsch.pdf, 210 KB"&gt;deutsch&lt;/media&gt;</td><td scope>&nbsp;&lt;media 1149 - - "TEXT, 24h_affiche_francais, 24h_affiche_francais.pdf, 183 KB"&gt;français&lt;/media&gt;</td><td scope>&nbsp;&lt;media 1148 - - "TEXT, 24h_affisso_italiano, 24h_affisso_italiano.pdf, 208 KB"&gt;italiano&lt;/media&gt;</td></tr><tr><td><b>Tract (.pdf)</b></td><td><span class="Apple-tab-span"></span>&lt;media 1150 - - "TEXT, 24h_flyer_deutsch, 24h_flyer_deutsch.pdf, 3.8 MB"&gt;deutsch&lt;/media&gt;</td><td><span>&nbsp;&lt;media 1151 - - "TEXT, 24h_flyer_francais, 24h_flyer_francais.pdf, 517 KB"&gt;français&lt;/media&gt;</span></td><td><span>&nbsp;&lt;media 1152 - - "TEXT, 24h_flyer_italiano, 24h_flyer_italiano.pdf, 3.8 MB"&gt;italiano&lt;/media&gt;</span></td></tr></tbody></table><ul></ul>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1300</guid><pubDate>Fri, 13 Sep 2013 11:45:00 +0200</pubDate><title>Empêchons un diktat de classe !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/empechons-un-diktat-de-classe</link><description>NON à la journée de travail de 24 heures </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Qui l’aurait pensé&nbsp;? La votation sur la journée de travail de 24 heures dans les magasins de stations-service est désormais une question de classe. Un vrai diktat de classe&nbsp;: ceux «&nbsp;d’en haut&nbsp;» veulent dicter leur volonté en matière de travail de nuit et du dimanche à ceux «&nbsp;d’en bas&nbsp;».</p><p>Qui regarde quel sera, selon leur revenu, le probable comportement des citoyen(ne)s lors de la votation sur les magasins des stations-services (dernier sondage gfs), s’en frotte d’abord les yeux d’étonnement. Mais un deuxième coup d’œil plus attentif le confirme dans ce qu’il a vu&nbsp;: le non à cet objet domine chez les bas et moyens revenus, et le oui chez les hauts revenus. 57&nbsp;% des revenus supérieurs à 9&nbsp;000 francs veulent voter oui, alors qu’ils ne sont que 33&nbsp;% pour les très bas revenus (jusqu’à 3&nbsp;000 francs). Ou, inversement, seuls 38 o% des plus riches (plus de 11&nbsp;000 francs) penchent pour le non et 41&nbsp;% seulement des personnes dont le revenu se situe entre 9&nbsp;000 et 11&nbsp;000 francs. Pour les bas et moyens revenus par contre, les quatre proportions de non oscillent entre 48 et 53&nbsp;%.
</p><p>Que cela signifie-t-il&nbsp;? Que les classes supérieures imposent leurs vues aux classes inférieures. Ceux qui consomment beaucoup veulent aussi pouvoir consommer la nuit et le dimanche. Et ceux qui consomment peu devraient donc travailler la nuit et le dimanche.
</p><p>On a connu des votations où les couches aisées aussi se sont dites solidaires avec le personnel de vente, ont reconnu que les salaires et conditions de travail de cette branche n’étaient pas bonnes et se sont opposées à l’extension des heures d’ouverture des commerces. Et pourquoi cela ne devrait-il plus être le cas aujourd’hui&nbsp;? Au contraire même, il s’agit apparemment de marcher encore plus sur les pieds des autres pour pouvoir s’acheter une saucisse à rôtir à 4 heures du matin, sans aucune pensée pour ce que l’on détruit&nbsp;? En effet, on ne sentirait vraiment ce que cela représente que si l’on devait travailler soi-même la nuit. Mais voilà, on n’y est pas obligé…
</p><p>Il ne faut vraisemblablement pas s’attendre à ce que la majorité des riches reprennent leurs sens et changent de comportement.
</p><p>Ne nous reste alors plus qu’une solution&nbsp;: les riches ne sont pas la majorité, car la majorité, c’est nous. Nous pouvons donc empêcher ce diktat de classe, si nous allons voter NON en nombre suffisant.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1291</guid><pubDate>Thu, 05 Sep 2013 14:47:00 +0200</pubDate><title>Quand c’est non, c’est non !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/quand-c-est-non-c-est-non</link><description>Les apôtres de la libéralisation oublient le peuple</description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis 2005, on a déjà voté 13 fois en Suisse sur la prolongation des heures d’ouverture des commerces. Et 12 fois, le peuple a dit nettement non. Mais les apôtres de la libéralisation dans ce domaine, la droite, s’en moquent totalement. Ils ne veulent rien savoir de la volonté pourtant claire des citoyennes et citoyens et persistent sans broncher dans leurs intentions. 
</p><p>La plupart d’entre nous l’avons appris lorsque nous étions enfants&nbsp;: «&nbsp;Quand c’est non, c’est non&nbsp;!&nbsp;». On serait donc en droit de penser que les parlementaires de la droite ont aussi appris cette leçon «&nbsp;pour la vie&nbsp;». Mais ce n’est manifestement pas tout à fait le cas. Bien qu’elle joue volontiers le rôle de gardienne de la volonté populaire, la droite, UDC en tête, fait preuve à ce chapitre d’une compréhension très sélective en ce qui concerne la volonté populaire. Un non du peuple n’est pour elle un non que si cela lui chante. En matière d’heures d’ouverture des commerces, le fossé qu’il y a entre réalité et perception des bourgeois saute aux yeux.
</p><h3>Un clientélisme qui passe à côté de la volonté populaire</h3><p>Ces dernières années, le peuple a été consulté à pas moins de 13 reprises sur les heures d’ouverture des commerces. Et 12 fois, il a dit non, les dernières fois nettement, par 68,2&nbsp;% des voix, à Lucerne, ou de manière on ne peut plus univoque à Zurich, par 70,7&nbsp;%. Pour tout observateur même à moitié objectif, il doit être évident avec de tels chiffres que le peuple n’a aucunement besoin d’une prolongation de ces heures. Mais ce n’est pas ce que croient les fanatiques des libéralisations de la droite politique. Ils affirment au contraire même avec le plus grand sérieux avoir reconnu un «&nbsp;besoin&nbsp;» durable d’une telle prolongation…
</p><p>Qu’ils prennent leurs désirs pour des réalités, c’est plus que manifeste. Avec son programme dogmatique de libéralisation, la droite applique une politique qui passe de toute évidence à côté de la volonté de l’écrasante majorité de la population. Les votations de ces dernières années ne laissent aucun doute à ce sujet. Néanmoins, ces partisans de la journée de travail de 24 heures veulent quand même affaiblir la protection des salarié(e)s, précisément dans une branche où les bas salaires et les mauvaises conditions de travail sont d’ores et déjà la normalité. 
</p><h3>On parle de personnes, pas de saucisses&nbsp;!</h3><p>S’ils s’imposent, toujours plus de personnes verront leur santé en danger à cause d’un travail de nuit inutile. Et pas seulement dans les commerces des stations-service. En effet, pour éviter toute «&nbsp;distorsion de concurrence&nbsp;», il faudra ensuite introduire la journée de travail de 24 heures dans tous les magasins dont la surface de vente est comparable, ainsi que le demande déjà une motion des verts-libéraux. L’enjeu du 22 septembre, ce ne sera donc pas quelques dizaines de commerces de stations-service, comme veulent nous le faire accroire les partisans de cette révision de la loi sur le travail, mais le sort de plus de 300&nbsp;000 employé(e)s du commerce de détail dont les conditions de travail sont menacées si un oui sort des urnes. 
</p><p>C’est le même esprit qui anime la campagne des partisans de cette révision. Au lieu de personnes humaines directement concernées ici, il s’agirait selon eux de saucisses. Il est absurde, s’emportent-ils, que l’on puisse s’acheter un cervelas à 4 heures du matin, mais pas une banale saucisse à rôtir&nbsp;! Les employé(e)s touchés par la journée de travail de 24 heures, ce ne sont pas leurs oignons. Ce qui n’est pas notre cas, ni celui de la population de ce pays. Ensemble, donnons donc une leçon aux apôtres de la libéralisation des heures d’ouverture des commerces&nbsp;: quand c’est non, c’est non&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1293</guid><pubDate>Thu, 05 Sep 2013 13:30:00 +0200</pubDate><title>La naturalisation ne doit pas devenir un parcours du combattant</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/la-naturalisation-ne-doit-pas-devenir-un-parcours-du-combattant</link><description>Révision de la loi sur la nationalité</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil des États discutera de la loi sur la nationalité lors de la prochaine session parlementaire. Espérons qu’il fera preuve de l’ouverture d’esprit qui a clairement manqué en mars dernier au Conseil national.</p><p>Le Conseil national a en effet transformé la loi sur la nationalité en véritable parcours du combattant&nbsp;! Rappelons que, dans la révision proposée par le Conseil fédéral, une personne pouvait demander la nationalité suisse après huit années passées dans le pays, contre douze actuellement. Néanmoins, les conditions à la naturalisation devenaient beaucoup plus contraignantes&nbsp;: en particulier seules les personnes détentrices d’un permis C seraient autorisées à demander le passeport suisse. Si la gauche saluait cette volonté de raccourcir le nombre d’années nécessaires pour entamer une demande de naturalisation, elle désapprouvait vivement les conditions toujours plus strictes posées pour pouvoir en faire la demande. Or, le Conseil national a durci sérieusement les conditions de naturalisation en mars dernier. Ce ne sera pas, par exemple, huit ans mais bien dix qui seront nécessaire pour entamer une démarche de naturalisation. Pas question non plus que les séjours effectués au titre d’une admission provisoire soient pris en compte ou encore que le temps passé en Suisse par le demandeur entre 10 et 20 ans compte double.
</p><h3>La naturalisation n’est pas un Graal&nbsp;!</h3><p>L’USS est clairement en faveur d’un processus de naturalisation plus équitable, moins long et contraignant, et qui ne se limite pas aux seuls détenteurs de permis C. La naturalisation n’est qu’une étape – certes très importante – vers une intégration réussie. Elle n’est pas un «&nbsp;Graal&nbsp;» ultime à atteindre, qui ferait suite à une série d’épreuves basées sur des critères toujours plus difficiles à remplir et, de plus en de plus, discriminants. C’est pourquoi l’USS est favorable à ce que le temps passé en Suisse entre 10 et 20 ans compte double et que la naturalisation des enfants de nationalité étrangère nés en Suisse soit facilitée. L’obtention du permis C ne doit pas être une condition préalable&nbsp;: de nombreux ressortissant(e)s des pays tiers vivent depuis des décennies dans notre pays sans permis d’établissement et sont très bien intégrés dans notre société. Ne pas maîtriser parfaitement une langue nationale (par écrit et par oral) n’est pas forcément synonyme d’un problème d’intégration, mais sert avant tout à privilégier les personnes les plus éduquées. 
</p><p>Bref, souhaitons que le Conseil des États montre un minimum de clairvoyance sur ce dossier et n’imite pas bêtement la mauvaise copie du Conseil national.</p>]]></content:encoded><category>Migration</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1292</guid><pubDate>Thu, 05 Sep 2013 11:30:00 +0200</pubDate><title>Attention à la brèche !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/attention-a-la-breche</link><description>Le travail de nuit ne doit pas devenir la normalité</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Actuellement, les citoyennes et les citoyens de ce pays peuvent avoir l’impression qu’avec la modification de la loi sur le travail, on leur demande de se prononcer sur un objet futile. Mais cette impression est trompeuse. Le 22 septembre, l’enjeu, c’est le risque qu’une brèche ne s’ouvre pour l’introduction de la journée de travail de 24 heures. </p><p>Dans la lutte menée par certains pour se rapprocher toujours plus d’une société où l’on travaillerait 24 heures sur 24, il nous est quotidiennement reproché aujourd’hui de défendre une «&nbsp;mesure bureaucratique absurde&nbsp;». Or, ce sont plutôt les exemples qui nous sont donnés à ce titre qui sont absurdes. Comme celui du conducteur de camping-car qui a de toute urgence besoin de papier toilette à 3 heures du matin et ne peut pas en acheter car il se trouve avec l’assortiment caché, c’est-à-dire qui ne doit pas être vendu à cette heure par les commerces des stations-service. Dans la réalité, cette personne devrait plutôt chercher où sont les WC du bistrot de la station-service que d’acheter du papier hygiénique et d’empuantir son véhicule. Le même raisonnement s’applique aux pizzas congelées. De fait, la vente de ce type de produits au milieu de la nuit ne répond pas à un besoin social urgent. 
</p><p>D’ailleurs, selon la loi sur le travail, un tel besoin doit être prouvé pour qu’il soit permis de déroger à l’interdiction du travail de nuit et du dimanche. Il va de soi que les pompiers doivent éteindre des incendies même en pleine nuit et que les pharmacies ont le droit de vendre des médicaments à 2 heures du matin. Récemment encore dans la Berne fédérale, il était évident aux yeux de la majorité du gouvernement et du parlement que la vente de pizzas congelées, de produits de nettoyage et de packs de bière ne répondait pas à un besoin urgent. 
</p><h3>Les besoins importants sont de loin couverts</h3><p>Il a fallu le lobbying intensif des exploitants de commerces de stations-service (dont les grands distributeurs Migros et Coop dont les Migrolino et Coop Pronto, sont en pleine expansion) pour que les parlementaires tournent le dos à l’important principe selon lequel le travail de nuit, dommageable à la santé, et le travail du dimanche, ennemi de la famille, doivent rester l’exception dans nos sociétés. Ce faisant, ils ouvrent la boîte de Pandore&nbsp;: pour la première fois, ils autorisent l’exploitation commerciale 24 heures sur 24 dans un important segment économique, le commerce de détail. C’est tout sauf insignifiant. Et c’est une brèche. Car les autres détaillants vont immédiatement demander, au nom de l’égalité de traitement, à pouvoir se battre à armes égales avec les exploitants de stations-service. Des interventions parlementaires ont déjà été faites dans ce sens. Les verts-libéraux demandent qu’à l’avenir, tous les magasins dont la surface de vente ne dépasse pas les 120m2 aient aussi le droit de rester ouverts jour et nuit. Ils justifient cette énorme extension du travail de nuit par la modification de la loi sur le travail au sujet de laquelle nous voterons le 22 septembre. Pour eux, ce qui est garanti aux commerces des stations-service doit aussi l’être, pour des raisons d’égalité de traitement, aux magasins de quartier.
</p><p>Ainsi, le travail de nuit inutile deviendrait la normalité, avec toutes ses conséquences néfastes pour la santé et la vie sociale des travailleurs et travailleuses concernés. Mais nous pouvons empêcher aujourd’hui déjà que la protection des travailleurs et travailleuses ne soit vidée de sa substance et que les conditions de travail de ces personnes ne se dégradent. En votant clairement NON le 22 septembre prochain.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1286</guid><pubDate>Mon, 02 Sep 2013 14:23:00 +0200</pubDate><title>L’USS favorable à la loi sur les épidémies</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/l-uss-favorable-a-la-loi-sur-les-epidemies</link><description>Votations populaire du 22 septembre</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En plus de la votation sur – contre&nbsp;! – la journée de travail de 24 heures, un combat dans lequel l’USS et ses fédérations mettent toute leur énergie, d’autres objets seront soumis au peuple le 22 septembre. Parmi eux, la loi sur les épidémies, une loi dont l’USS soutient la révision. Quant à l’abrogation du service militaire obligatoire, l’USS ne propose pas de recommandation.</p><p>Par rapport à celle qui l’a précédée, la nouvelle loi sur les épidémies transfère plus de compétences cantonales à la Confédération. Les syndicats membres de l’USS, et en particulier ceux qui défendent les intérêts du personnel médical, la soutiennent. Ainsi, le Syndicat suisse des services publics (ssp) et l’Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI), qui a un «&nbsp;statut d’observateur&nbsp;» dans la grande confédération syndicale, estiment que les nouvelles dispositions de la loi permettront une prévention et une lutte efficaces contre les maladies contagieuses. Une vaccination obligatoire ne serait décrétée que dans le cas d’une situation extraordinaire, si un danger sérieux menaçait la santé publique et si une action rapide et uniforme au plan national était nécessaire. Enfin, elle ne concernerait que quelques catégories précises de personnes. 
</p><h3>Pas de vaccination obligatoire</h3><p>Ainsi, la nouvelle loi garantit que personne ne sera contraint de se faire vacciner et que personne ne pourra être puni pour avoir refusé d’être vacciné dans le cas d’une situation de crise comme décrit plus haut. Les membres du personnel de la santé qui, par exemple, refuseraient de se faire vacciner ne pourraient pas être mis au pilori et obligés de prendre un congé non payé, voire être licenciés. Pendant le temps que durera l’épidémie, leur employeur devra leur trouver un autre poste de travail.
</p><p>L’USS a décidé de recommander le oui à cette votation, parce que cette loi règle comme il se doit la protection des travailleurs et travailleuses concernés et que la forme de cette réglementation est approuvée par les organisations de travailleurs et travailleuses directement concernées. Ce oui est donc de «&nbsp;nature syndicale&nbsp;», si l’on puit dire. 
</p><p>S’ajoute à cela que les déclarations parfois embrouillées ou tapageuses des opposants à cette loi, du genre&nbsp;: La loi revient à une «&nbsp;sexualisation forcée de nos enfants&nbsp;!&nbsp;» ne sont pas vraiment de nature à entamer la confiance dans les dispositions du projet. 
</p><p>Quant à l’initiative populaire «&nbsp;Oui à l’abrogation du service militaire obligatoire&nbsp;», l’USS n’a pas décidé de recommandation.</p>]]></content:encoded><category>Santé</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1128</guid><pubDate>Wed, 14 Aug 2013 10:21:00 +0200</pubDate><title>85 % d&#039;oppositions au travail de nuit et du dimanche</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/85-doppositions-au-travail-de-nuit-et-du-dimanche</link><description>La longueur des journées de travail est le principal problème</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le problème majeur aux yeux des employé-e-s du commerce de détail suisse réside dans leurs (trop) longues journées de travail. C'est ce qui ressort d'un sondage réalisé à la demande du syndicat Unia par l'institut d'études de marché GfK. Or ces horaires de travail résultent de l'extension des heures d'ouverture des commerces, dont une écrasante majorité des personnes interrogées ne veut pas. Les vendeurs/euses voient par conséquent d'un mauvais œil les tentatives faites au niveau fédéral de démanteler l'interdiction faite dans la loi de travailler la nuit et le dimanche inscrite.
</p><p>A la demande d'Unia, le réputé institut d'études de marché réputé GfK, a mené l'enquête sur les horaires et conditions de travail dans le commerce de détail helvétique. Les résultats sont révélateurs des conditions de travail difficiles propres à cette branche. Près de 80% des personnes interrogées doivent aussi travailler le samedi, et même 11 % le dimanche. Les journées de travail avoisinent en moyenne dix heures les jours ouvrables, huit heures le samedi et sept le dimanche. Quelque 38 % des participant-e-s au sondage ont signalé que leurs heures d'ouverture avaient été prolongées. Or cette évolution n'a guère abouti à la création de nouveaux emplois, mais plutôt à l'allongement des journées de travail des employé-e-s.Les trop longues journées de travail sont également dénoncées par les personnes interrogées comme le problème n° 1 au niveau des conditions de travail (36 %). Les salaires trop bas suivent en deuxième position (25 %), ce qui peut surprendre dans une branche à bas salaires comme le commerce de détail. La pression au rendement est la troisième critique la plus fréquente (15 %).&nbsp;&nbsp;&nbsp;
</p><h3><span>85 % d'oppositions au travail de nuit et du dimanche</span></h3><p>Le sondage a en outre montré qu'une écrasante majorité des personnes interrogées refusent catégoriquement l'extension des heures d'ouverture des commerces: 85 % d'entre elles ne sont pas d'accord de travailler plus longtemps le soir, la nuit ou le dimanche. D'où un clair désaveu des diverses interventions parlementaires déposées au niveau fédéral afin de démanteler par étapes, dans le commerce de détail, l'interdiction du travail de nuit et du dimanche inscrite dans la législation sur le travail. Le peuple suisse aura une première occasion d'empêcher une telle évolution qui serait désastreuse pour le commerce de détail le 22 septembre, lors du scrutin sur la modification de la loi sur le travail concernant les shops des stations-service. «Les résultats du sondage soulignent l'importance de limiter les heures d'ouverture des commerces, par souci de la qualité des conditions de travail de la main-d'œuvre du commerce de détail», explique Arnaud Bouverat, membre de la direction du Secteur tertiaire d'Unia. «C'est d'ailleurs la principale raison pour laquelle Unia a lancé le référendum contre la péjoration de la loi sur le travail et s'est engagé pour le non à la votation du 22 septembre.»&nbsp;&nbsp;
</p><h3><span>Besoin urgent de CCT</span></h3><p>Selon Vania Alleva, coprésidente d'Unia, les résultats du sondage confirment les réclamations que le syndicat entend au quotidien parmi le personnel de vente. «Ils montrent que beaucoup d'employeurs privilégient le profit et l'augmentation de leurs parts de marché, plutôt que le respect du travail accompli par leurs collaborateurs/trices, de leur santé et de leur vie sociale.» D'où l'urgence d'introduire des conventions collectives de travail, pour corriger cette dérive et pour améliorer les conditions de travail et l'image des professions de la vente. Les salaires, la durée du travail et les conditions de travail y seraient définies de manière contraignante: «Les CCT restent rares dans le commerce de détail, et une convention de branche n'est pas à l'ordre du jour», regrette la coprésidente d'Unia. «Alors même qu'une CCT devrait aller de soi, dans une branche occupant 300 000 personnes et dans un pays se vantant de la qualité de son partenariat social et de sa longue tradition dans ce domaine.»&nbsp;
</p><h5>Documents</h5><p><a href="http://www.unia.ch/Umfrage-Verkauf.6935.0.html" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Documentation Unia</a></p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1107</guid><pubDate>Fri, 12 Jul 2013 09:09:00 +0200</pubDate><title>La protection des travailleurs et travailleuses plus que jamais nécessaire !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-protection-des-travailleurs-et-travailleuses-plus-que-jamais-necessaire</link><description>Bouleversement dans le monde des banques</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le secret bancaire va disparaître pour les clients étrangers, cela aura sans doute d’importantes conséquences économiques pour le marché financier suisse. Certaines banques pourraient être tentées de régulariser leur situation sur le dos de leur personnel. Or, précisément dans le cadre du projet qui doit remplacer une «&nbsp;Lex USA&nbsp;» qui a échoué au Parlement, les risques pour le personnel des banques ne doivent pas être sous-estimés. Au Conseil fédéral de garantir la protection des données le concernant. </p><p>L’objectif juridique prioritaire doit être de trouver, pour le personnel, la solution la meilleure possible aux conflits fiscaux avec l’étranger (États-Unis, Union européenne…) qui menacent aujourd’hui de fermer aux banques suisses l’accès au marché. 
</p><p>Le dossier américain montre que, pour certaines banques, la tentation est forte de se soustraire à une poursuite pénale Outre-Atlantique en livrant des données aussi complètes que possible aux États-Unis. Alors que le secret bancaire est protégé aux plans du droit pénal et civil par l’article 47 de la loi sur les banques (LB), quelques banques se sont en effet montrées prêtes à transmettre aux autorités américaines des données personnelles sur des collaborateurs ou collaboratrices ayant été en contact des ressortissant(e)s américains. 
</p><h3>La protection du personnel en milieu bancaire</h3><p>À divers égards, cette attitude n’est juridiquement pas défendable. Toutes les personnes qui travaillent en Suisse bénéficient d’une protection (qualifiée) des données&nbsp;: l’article 328b du Code des obligations (CO) stipule que l’employeur doit aussi protéger, dans le cadre de ses obligations, les données personnelles de ses collaborateurs ou collaboratrices. Cela comprend surtout, en plus d’une interdiction a priori de transmettre de telles données à des tiers, l’interdiction même de traiter des données personnelles, de les consulter ou d’en stocker, si elles ne sont pas en rapport direct avec les tâches prévues sur le contrat de travail et si les conditions stipulées dans la loi sur la protection des données (LPD) ne sont pas respectées. Mentionnons ici entre autres les principes de la proportionnalité en matière de traitement de données relatives à des collaborateurs ou collaboratrices et de leur transmission uniquement avec le consentement de la personne concernée. En l’absence d’un tel consentement, le traitement de données doit être justifié par «&nbsp;un intérêt prépondérant privé ou public, ou par la loi&nbsp;» (art. 12 et 13 LPD). 
</p><p>Vu les compétences peu claires du Conseil fédéral en matière de droit d’urgence et les questions qui se posent donc quant au respect du principe de la légalité, il y a vraiment lieu de douter du caractère légal (art. 271 du Code pénal, CP) de la livraison, en avril 2012, de données concernant des milliers de personnes&nbsp;; cela, via le droit d’urgence appliqué dans le but d’octroyer aux banques l’«&nbsp;autorisation globale&nbsp;» de communiquer ces données. Petit rappel&nbsp;: cet article 271 CP sanctionne les «&nbsp;actes exécutés sans droit pour un État étranger&nbsp;». Il faut donc garantir que la sphère de la souveraineté ne soit pas violée par des actes de caractère officiel qui exigent, par conséquent, l’application de certaines procédures de droit public lorsqu’ils sont effectués dans notre pays sur mandat d’un État étranger (p. ex. demandes d’entraide judiciaire, autorisation préalable de tribunaux, etc.).
</p><p>Le préposé fédéral à la protection des données n’était pas en mesure non plus, en 2012, d’imposer la protection légale des données à celles relatives au personnel des banques. On a au contraire observé qu’il a quelque peu relativisé la protection des employé(e)s de banque au nom des intérêts économiques supposés «&nbsp;supérieurs&nbsp;» qu’il y a avait à ne pas risquer une plainte des autorités américaines<a href="typo3/#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>. Ce qui a été particulièrement scabreux lors de la livraison de ces données aux autorités américaines par les employeurs CS, HSBS, Julisus Bär et les banques cantonales bernoise et zurichoise – une livraison d’ailleurs justifiée de manière très tortueuse par le biais du droit d’urgence - c’est que les (anciens) employé(e)s concernés n’en ont pas toujours été explicitement informés au préalable. Le droit suisse en vigueur en matière de protection des données d’employé(e)s a en tout cas on ne peut plus clairement montré ses limites formelles et matérielles dans le domaine très exposé des banques. 
</p><h3>Différend fiscal avec les États-Unis&nbsp;: de la «&nbsp;Lex USA&nbsp;» au Plan B</h3><p>Manifestement, le Conseil fédéral a reconnu, entre 2012 et 2013, le sérieux de la situation et il a décidé de passer par une loi pour trouver une solution aussi globale que possible. C’est ainsi qu’il s’est agi de régulariser les activités passées de certaines banques au moyen d’une «&nbsp;Lex USA&nbsp;», à savoir en édictant, sans recourir au droit d’urgence, une loi fédérale<a href="typo3/#_ftn2" target="_blank" name="_ftnref2">[2]</a> qui serait appliquée sur une durée limitée. Cette loi aurait permis aux banques concernées, d’une part, d’échanger avec les États-Unis, selon l’article 271 du CP, des données qui, sinon, auraient dû être traitées uniquement dans le cadre d’une demande d’entraide ordinaire compliquée déposée auprès des autorités suisses compétentes. D’autre part, l’obligation des employeurs aurait été étendue dans le cadre d’un train, à proprement parler, de mesures d’accompagnement.
</p><p>L’Association suisse des employés de banque (ASEB), l’Association patronale des banques en Suisse (AGV Banken) et l’Association suisse des banquiers (ASB) ont été à juste titre associées par le Conseil fédéral à l’élaboration parallèle d’un accord destiné à donner forme aux obligations de l’employeur selon l’article 328 du CO en ce qui concerne d’éventuelles suites financières. Cela, afin de neutraliser le plus possible avec des mesures d’accompagnement, dans le cadre du traitement en cours le plus global possible aujourd’hui des anciennes fautes commises avec des clients américains, les conséquences les plus graves de la transmission en soi scandaleuse au Département de la justice américain (DoJ) de données sur des collaborateurs et collaboratrices de banques. La mise au point d’un tel accord, condition minimale pour qu’il puisse y avoir communication de données au DoJ, est un succès à porter au crédit de l’ASEB et du partenariat social dans le secteur bancaire. 
</p><p>Pendant la première semaine de juillet 2013, le Conseil fédéral a présenté un «&nbsp;Plan B&nbsp;», suite à l’échec de la «&nbsp;Lex USA&nbsp;» devant le Parlement. Ce plan prévoit la mise en vigueur par voie d’ordonnance d’une base légale spécifique permettant d’octroyer plus facilement des autorisations individuelles assorties d’obligations selon l’article 271 du CP. Dans le cadre du droit en vigueur (CO, LPD, LB, CP), le Conseil fédéral a fixé les lignes directrices de la coopération des banques suisses avec les autorités américaines. En outre, sur la base de ces lignes, intégrées ensuite dans l’ordonnance, il mènera de nouveaux entretiens avec le DoJ concernant le lancement d’un programme américain unilatéral sur la régularisation des activités passées des banques contre qui aucune procédure pénale n’a été engagée. En cas de participation à ce programme, ces banques auront aussi besoin d’une autorisation dans le cadre des lignes directrices adoptées. Quant au contenu du programme, il relèvera uniquement du DoJ, car il s’agit là d’une offre unilatérale de procédure faite par les autorités américaines à diverses banques suisses. 
</p><h3>Éléments contraignants du Plan B concernant la protection des employé(e)s</h3><p>Le 3 juillet 2013, le Conseil fédéral a décidé que l’accord mis au point avec les partenaires sociaux serait le principal pilier de la coopération des banques suisses avec les autorités américaines. Les banques devront s’engager à prendre à leur charge tous les éventuels frais de tribunaux, d’avocats et autres aux États-Unis, ainsi qu’à créer un fonds pour les cas de rigueur pour financer des coûts imprévus. 
</p><p>Les banques doivent bien sûr répondre aussi rétroactivement des coûts dus à la livraison de données sur la base de l’arrêté fédéral édicté dans la précipitation la plus totale le 4 avril 2012. Et le débat au plan juridique n’est pas encore terminé, comme l’a rappelé le blocage, fin juin 2013, par un tribunal genevois de la livraison de données aux États-Unis.
</p><p>Le fait que les réglementations du Plan ne sont inscrites que dans une ordonnance, et non dans une loi comme cela aurait été le cas avec la «&nbsp;Lex USA&nbsp;», montre clairement que la protection juridique, tant matérielle que formelle, doit être améliorée et renforcée, en particulier pour les employé(e)s. D’une part, toutes les personnes concernées, et aussi les anciens employé(e)s, dont les données sont communiquées doivent être informées au préalable individuellement. D’autre part, dans le respect du principe de proportionnalité, on ne devra communiquer, si tant est que livraison de données il y a, que des noms, respectivement des données de cadres dirigeants. La transmission aux autorités américaines de données sur les employé(e)s de banque subordonnés (conseillers/conseillères clientèle, personnel d’arrière-guichet ou «&nbsp;back office&nbsp;», responsables de dossiers, etc.) ne serait juridiquement pas justifiable.
</p><p>&nbsp;</p><hr><p><a href="typo3/#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Pour une critique des recommandations du préposé fédéral à la protection des données et à la transparence du 17 octobre 2012, voir la prise de position de l’USS (en allemand seulement) sur la transmission de données concernant les collaborateurs et collaboratrices des banques&nbsp;:
</p><p>&nbsp;&lt;media 656&gt;<a href="http://www.sgb.ch/fileadmin/user_upload/Dokumente/Vernehmlassungen/121018_LC_Uebermittlung_Bankmitarbeiterdaten.pdf" target="_blank">www.sgb.ch/fileadmin/user_upload/Dokumente/Vernehmlassungen/121018_LC_Uebermittlung_Bankmitarbeiterdaten.pdf</a>&lt;/media&gt;.
</p><p><a href="typo3/#_ftnref2" target="_blank" name="_ftn2">[2]</a> Loi fédérale sur des mesures visant à faciliter le règlement du différend fiscal entre les banques suisses et les États-Unis du 29 mai 2013. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1110</guid><pubDate>Wed, 10 Jul 2013 14:31:00 +0200</pubDate><title>Les horticulteurs schaffhousois franchissent le seuil des 4 000 francs !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-horticulteurs-schaffhousois-franchissent-le-seuil-des-4-000-francs</link><description>Grève et salaires minimums</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’horticulture fait partie des branches à bas salaires. Dans la plupart des cantons, la recommandation en matière de salaires minimums est de 3&nbsp;450 francs par mois. Dans le canton de Schaffhouse aussi. Mais, particularité de ce dernier, les travailleurs et travailleuses de l’horticulture ne sont plus d’accord d’avaler pareilles couleuvres. Syndiqués chez Unia, ils ont décidé de se battre, si nécessaire durement, pour des salaires plus élevés. Une nécessité qui est apparue lorsque l’organisation patronale JardinSuisse a rompu, en juin dernier, les négociations salariales avec le syndicat Unia. Voyant que l’on ne voulait pas les écouter à la table de négociations, 80 horticulteurs se mirent alors en grève dès le 3 juillet pour des salaires minimums équitables.
</p><p>Leur détermination a été payante. Le 8 juillet, 9 entreprises touchées par la grève concernées ont accepté de signer un accord qui prévoit une hausse importante des salaires minimums en deux étapes. Ainsi, un horticulteur ou une horticultrice sans formation touchera un salaire minimum de 4&nbsp;100 francs à partir de 2014 et de 4&nbsp;200 francs une année plus tard, alors que l’actuelle recommandation parle de 3&nbsp;450 francs. Pour le personnel qualifié, ce salaire minimum sera de de 4&nbsp;500 francs dès l’année prochaine et de 4&nbsp;650 francs en 2015 (recommandation actuelle&nbsp;: 4&nbsp;020.-) et, avec 3 années d’expérience, de 4&nbsp;900 francs en 2014 et de 5&nbsp;100 en 2015 (recommandation actuelle&nbsp;: 4&nbsp;220.-). Ces hausses étalées sur deux ans sont donc respectables. Elles oscillent entre 630 et 880 francs par mois. 
</p><p>Afin que cet accord avec quelques entreprises devienne rapidement un modèle pour l’ensemble de la branche, Unia et les entreprises ont lancé une pétition à l’intention du canton et des communes exigeant d’eux qu’ils ne confient de travaux qu’aux entreprises qui paient les salaires minimums prévus par l’accord. 
</p><p>Ce dernier montre qu’il est possible d’aller au-delà de 4&nbsp;000 francs par mois, même lorsque cela représente un grand bond en avant. D’un autre côté, on voit aussi que l’engagement collectif, la solidarité et la grève peuvent être une «&nbsp;recette miracle&nbsp;» en dernier recours.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1105</guid><pubDate>Tue, 09 Jul 2013 10:12:00 +0200</pubDate><title>Attention, tout n’est pas permis !</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/attention-tout-n-est-pas-permis</link><description>Petits jobs de vacances : les recommandations de l&#039;USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’été est là, et avec lui les grandes vacances. Pour de nombreux écoliers, gymnasiens et étudiants, c’est aussi le temps des petits boulots qui permettront de se faire un peu d’argent de poche, d’en mettre de côté pour les prochaines vacances et, très souvent, de financer les études. Lorsqu’on occupe ce genre d’emploi, on est un salarié, ou une salariée comme les autres. Et qui dit salarié, dit règles du droit du travail, salaire décent et respect des règles de la sécurité au travail.</p><h3>À partir de quel âge&nbsp;et pour quelle durée?</h3><p>On ne peut fort heureusement pas faire travailler les enfants à partir de n’importe quel âge. La loi sur le travail (LTr) ne l’autorise qu’à partir de 15 ans, 13 pour les travaux légers, voire moins de 13 pour les manifestations sportives et culturelles, à des conditions spécifiques et sur autorisation d’une autorité cantonale (art. 30 LTr, art. 7 OLT 5). Dans tous les cas, les moins de 18 ans ont besoin de l’assentiment de leurs parents avant de signer un contrat de travail. 
</p><p>L’ordonnance 5 de la LTr (OLT 5) précise les règles qui s’appliquent aux jeunes travailleurs et travailleuses de moins de 18 ans. Elle précise notamment l’interdiction d’employer les jeunes à des travaux dangereux, dans certaines branches (discothèques, bars, cabarets, entreprises cinématographiques, cirque et spectacle – cf. art. 4 à 6 OLT 5). Le travail dominical n’est autorisé que pour les jeunes ayant achevé leur scolarité obligatoire, au maximum un dimanche sur deux et uniquement dans la restauration (où ne peuvent être employés que les plus de 16 ans), la garde d’animaux et les boulangeries (art. 13 OLT 5). Dans les zones touristiques, le travail dominical est possible dans les entreprises répondant aux besoins des touristes pendant toute la durée des vacances d’été (art. 15 OLT 5, art. 25 OLT 2). Quant au travail de nuit, il est interdit aux moins de 18 ans en dehors d’une formation professionnelle (art. 12 OLT 5).
</p><p>La durée de travail des moins de 13 ans ne peut pas excéder plus de trois heures par jour et neuf heures par semaine (art. 10 OLT5). Les jeunes de plus de 13 ans n’ayant pas terminé leur scolarité obligatoire peuvent travailler jusqu’à 8 heures par jour (40 heures par semaine) pendant la moitié de la durée des vacances scolaires, entre 6 heures et 18 heures, avec une pause d’au moins une demi-heure pour toute plage de travail de 5 heures et plus (art. 11 OLT 5). Pour tous les jeunes, la durée du travail ne dépassera pas celle des autres employés de l’entreprise (maximum 9 heures par jour) et leur travail doit être compris dans une période de 12 heures (art. 31 al. 1 LTr). Ils ont droit à un repos quotidien d’au moins 12 heures consécutives (art. 16 OLT 5). Le soir, les moins de 16 ans ne peuvent être employés que jusqu’à 20 heures, les 16-18 ans jusqu’à 22 heures (art. 31 al. 2 LTr). 
</p><h3>En cas de danger, je dis STOP&nbsp;!</h3><p>Les petits boulots d’été sont souvent l’occasion de faire connaissance avec le monde du travail. Or, ce dernier n’est pas exempt de dangers, qui n’apparaissent pas toujours au premier coup d’oeil. Et le risque d’accident de travail est très élevé lors du premier emploi, surtout pendant les premiers jours. 
</p><p>Même si l’on est engagé pour une durée très courte, il faut donc particulièrement faire attention aux prescriptions de sécurité. Avant de commencer, il faudra être attentif aux instructions de l’employeur et les respecter scrupuleusement, même si elles paraissent de prime abord inutiles ou exagérées. Dans tous les cas, les travaux dangereux sont interdits au moins de 18 ans. Si malgré tout, je suis confronté à un danger, je dois oser dire STOP et demander l’aide d’un ou une collègue expérimenté. Les accidents, parfois, ne pardonnent pas.
</p><h3>Bien assuré&nbsp;!</h3><p>Négliger les assurances sociales dans le cas d’un petit job de vacances peut coûter très cher. Tous les travailleurs et travailleuses, quel que soit leur âge, doivent être obligatoirement assurés à l’assurance-accidents par leur employeur. S’ils travaillent moins de 8 heures par semaine chez le même employeur, cette assurance ne couvre que les accidents professionnels et, au-delà, tous les accidents. En cas d’accident, l’employeur doit avertir les parents (art 32 LTr). Pour les rapports de travail de moins de 3 mois, il n’y a pas d’obligation de payer le salaire en cas de maladie. Les autres cotisations sociales (AVS/AI/APG)&nbsp; ne sont obligatoires qu’à partir de l’année où l’on a ses 18 ans. Si l’employeur ne paie pas ses cotisations, il s’agit de travail au noir et cela entraîne des sanctions. 
</p><h3>Connaître les salaires minimaux et salaires d’usage</h3><p>À ce jour, il n’existe pas encore de salaire minimum légal valable pour tous les secteurs d’activité. L’employeur est obligé de respecter les conventions collectives de travail (CCT) et les contrats-type de travail (CTT). Pour le petits boulots de vacances sont notamment importants les CCT de l’hôtellerie-restauration, du bâtiment, du nettoyage, des entreprises du commerce de détail (Coop, Migros), la CCT pour le travail temporaire et les CTT cantonaux pour l’agriculture. La plupart des salaires minimaux conventionnés sont accessibles sous <a href="http://www.service-cct.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.service-cct.ch</a>.
</p><p>S’il n’existe pas de CCT ou CTT fixant des salaires minimums, les employeurs sont tenus de respecter les salaires d’usage de la branche et de la région. Les salaires d’usage peuvent être consultés sur <a href="http://www.salaire-uss.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.salaire-uss.ch</a>. L’USS recommande un salaire de 22 francs de l’heure au minimum pour les salariés non qualifiés.
</p><h3>Et les vacances&nbsp;?</h3><p>Enfin, il ne faut pas oublier les vacances, auxquelles chaque travailleur et chaque travailleuse a droit, même s’il occupe son emploi… pendant ses vacances. Si l’on est payé à l’heure, un supplément de salaire de 10,64% pour les moins de 20 ans, de 8,33&nbsp;% pour les plus de 20 ans doit être payé en sus du salaire. Sur le décompte de salaire, ce supplément doit être identifiable comme tel. 
</p><h5>Bourses aux emplois sur internet&nbsp;: attention aux annonces douteuses&nbsp;!</h5><p>«&nbsp;Cherchons jeune fille pour un stage d'un an dans la coiffure. Elle sera payée 400.- par mois.&nbsp;» (annonce parue fin juin sur <a href="http://www.adosjob.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.adosjob.ch</a>). Voilà le genre de petites annonces que l’on peut trouver sur les sites destinés aux jeunes à la recherche d’un petit emploi sur internet. Si ces sites partent généralement d’une bonne intention, cela ne signifie pas que les offres d’emploi qui y figurent soient nécessairement dans l’intérêt du jeune ou conformes au droit. Dans le cas présent, il s’agit d’un cas abusif&nbsp;: pour être correct, l’employeur devrait engager la jeune fille en question comme apprentie. Cela permettrait à cette dernière de bénéficier d’une formation en bonne et due forme, conformément aux dispositions en vigueur dans la branche. Il est probable que l’employeur en question n’ait pas reçu l’autorisation de former un apprenti. Il se tourne donc vers un stage non réglementé pour profiter pendant une année d’une main-d’œuvre bon marché.
</p><p>La Commission jeunesse de l’USS met à disposition des jeunes et de leurs proches une brochure contenant toutes les informations utiles sur le droit du travail. Celles-ci peuvent être téléchargées sur le site&nbsp;:&nbsp;<a href="http://www.jeunesse-syndicale.ch" target="_blank" rel="noreferrer">www.jeunesse-syndicale.ch</a>.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1108</guid><pubDate>Tue, 09 Jul 2013 10:09:00 +0200</pubDate><title>Nanotechnologie : pas question de revivre la tragédie de l’amiante !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/nanotechnologie-pas-question-de-revivre-la-tragedie-de-l-amiante</link><description>L’État doit agir préventivement au plan de la loi</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La tragédie de l’amiante, qui n’a toujours pas pris fin, montre qu’avec les nouvelles substances au potentiel économique et technologique très prometteur, nous devons agir avec plus de sérieux que par le passé. Dans le cas d’une large utilisation de ces substances, il importe en effet d’en clarifier scientifiquement les conséquences possibles. Cela s’applique notamment aux nanomatériaux. L’Union syndicale suisse (USS) et ses fédérations organisent en décembre 2013 une journée d’étude sur ces questions.</p><p>Aujourd’hui encore, des personnes meurent du cancer parce qu’elles ont dû travailler, des décennies en arrière, avec l’amiante sans que leurs entreprises prennent les mesures de sécurité nécessaires. Mais souvent, l’utilisation sans précaution de l’amiante reposait sur de l’ignorance. Nous ne devons pas refaire la même erreur.
</p><h3>Nanotechnologie&nbsp;: l’appréciation des conséquences est en cours</h3><p>Le Conseil fédéral veut prolonger jusqu’en 2015 le plan d’action «&nbsp;Nanomatériaux synthétiques&nbsp;». Ce faisant, il veut encourager le site de production nano suisse et l’utilisation sûre de nanomatériaux synthétiques, ainsi qu’en continuer le développement. Il s’agit d’abord d’élaborer des bases méthodologiques pour formuler des prescriptions, c’est-à-dire de mettre au point les conditions-cadre pour des régulations, et de poursuivre le dialogue entre les partenaires sociaux, les milieux scientifiques, la recherche et les organisations de protection des consommateurs et consommatrices.
</p><p>Petit rappel&nbsp;: aujourd’hui déjà, les nanomatériaux sont soumis à la législation sur les produits chimiques conventionnels, les denrées alimentaires et les médicaments. Les mêmes prescriptions de sécurité et exigences en matière d’information leur sont appliquées dans le cadre de la procédure d’enregistrement. Pour la protection de la santé au travail, en cas d’utilisation de nanomatériaux synthétiques, les mêmes principes de prévention sont suivis que pour toutes les autres substances présentant des risques (encore inconnus) pour la santé…
</p><p>Ce qui saute immédiatement aux yeux ici, c’est que les bases actuelles ne sont pas suffisantes pour réglementer matériellement comme il se doit l’utilisation de nanomatériaux. Ceux-ci ne sont précisément pas des produits chimiques «&nbsp;conventionnels&nbsp;». Étant donné leur taille infime, ils ont un comportement très spécifique et unique et l’on n’est pas encore parvenu à évaluer leurs effets à long terme sur l’organisme humain. Avec sa plate-forme internet <a href="http://www.infonano.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.infonano.ch</a>, un projet interdépartemental commun à plusieurs services de la Confédération, le Conseil fédéral répond partiellement à un besoin exprimé entre autres par les travailleurs et travailleuses. Mais ce projet n’est pas suffisant. Et le programme 64 du Fonds national suisse de la recherche scientifique (<a href="http://www.nfp64.ch/F/Pages/home.aspx" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.nfp64.ch/F/Pages/home.aspx</a> ) n’est de loin pas non plus en mesure de combler toutes les lacunes existant en matière d’information, ni de répondre à toutes les questions qui se posent. 
</p><h3>L’État doit protéger</h3><p>L’État ne peut pas se soustraire à ses responsabilités pour cause d’ignorance. Les normes juridiques nationales et internationales stipulent qu’en ce qui concerne les «&nbsp;activités dangereuses&nbsp;», les autorités ont des «&nbsp;obligations de protection positives&nbsp;». L’État doit donc agir au plan de la loi afin d’empêcher le pire scénario potentiel encore inconnu, si improbable puisse-t-il paraître. Et cela, avant qu’il ne soit trop tard&nbsp;! Si des services de la Confédération ne le font pas, il y aura des tragédies humaines comme pour l’amiante. Avec cette dernière, les autorités suisses aussi ont longtemps brillé par leur léthargie, jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour la santé des travailleurs et travailleuses concernés. Marco Kistler, collaborateur de l’USS et parlementaire socialiste, a déposé en juin 2013 une motion au Grand Conseil glaronnais demandant que soit clarifié le rôle joué par l’État en rapport avec la production durant des décennies d’amiante mortelle par l’entreprise Eternit à Niederurnen. L’exemple de l’amiante montre ce que l’État et l’économie n’ont pas le droit de ne pas faire en matière de risques potentiels au travail. Dans le cas de l’amiante, les effets nocifs pour la santé des travailleurs et travailleuses n’ont en effet pas été supportés par les entreprises, mais par la société, à savoir&nbsp;: les familles, les caisses-maladie, l’AI, la SUVA… Cela ne doit plus se produire. Il faut prendre des mesures préventives relevant du droit du travail et du droit de la responsabilité civile. 
</p><h3>Journée sur les nanomatériaux de la commission «&nbsp;santé et sécurité au travail de l’USS&nbsp;» </h3><p>L’USS et ses fédérations qui s’occupent de ces questions au sein de la commission USS «&nbsp;santé et sécurité au travail&nbsp;» organisent une journée sur les nanomatériaux, le 2 décembre 2013 à Berne. Des scientifiques de haut niveau, la SUVA et les partenaires sociaux y traiteront des risques et des opportunités liés à la nanotechnologie pour les travailleurs et travailleuses, ainsi que pour le site industriel Suisse. La nanotechnologie y sera débattue tant sous l’angle de la technologie et des assurances que du droit de la responsabilité civile. 
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1089</guid><pubDate>Mon, 24 Jun 2013 09:08:00 +0200</pubDate><title>Maintenant, les très gros salaires paieront vraiment un pour cent de solidarité</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/maintenant-les-tres-gros-salaires-paieront-vraiment-un-pour-cent-de-solidarite</link><description>Plus de solidarité dans l’assurance-chômage</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les deux Chambres fédérales ont approuvé le déplafonnement du pour cent de solidarité dans l’assurance-chômage. Ainsi, ce pour cent, aujourd’hui limité aux parts de salaire se situant entre 126&nbsp;000 et 315&nbsp;000 francs ne connaîtra plus de limite supérieure.</p><p>Depuis le 1er avril 2011, les cotisations à l’assurance-chômage sont fixées à 2,2&nbsp;% — répartis pour moitié entre l’employeur et le ou la salarié(e) s — prélevées sur le salaire assuré. Le maximum assurable est de 126&nbsp;000 francs. Dans le but d’éponger les dettes de l’assurance, un pour cent dit «de solidarité» — toujours versé paritairement — fut en outre introduit pour les parts de salaire de situant entre 126&nbsp;000 et 315&nbsp;000 francs. L’arrêt de la solidarité à partir d’un plafond de 315’000 francs ne pouvait s’expliquer que par une indulgence particulière pour ces pauvres riches. 
</p><p>Mais parfois, même les partis bourgeois finissent par comprendre et se corriger. C’est ainsi que le Conseil national et le Conseil des Etats ont approuvé une révision de la loi sur l’assurance-chômage. Elle ne plafonne plus le pour cent de solidarité à 315&nbsp;000 francs, qui sera désormais perçu sur la totalité du salaire à partir de 126’000 francs. Cette modification, une vieille revendication de l’Union syndicale suisse (USS), apportera chaque année à l’assurance-chômage environ 100 millions de francs supplémentaires. Les dettes de cette dernière seront ainsi épongées deux ans plutôt que prévu. Une confortable majorité pour cette modification s’est manifestée dans les deux Chambres: 132 voix contre 48 au Conseil national, 26 voix contre 5 au Conseil des Etats.
</p><p>Le 17 juin, lors des débats au Conseil des Etats, le président de l’USS, Paul Rechsteiner a expliqué: «c’est une mesure modeste, mais une mesure qui va dans le bon sens. Si, en suivant le modèle de l’AVS, l’obligation de cotiser était aussi déplafonnée dans son principe, cela correspondrait alors au caractère d’une assurance sociale. Ce pour cent de solidarité représente quand même un pas dans la bonne direction […]»
</p><p>En résumé: le pour cent de solidarité, lui au moins, portera bien son nom à l’avenir.</p>]]></content:encoded><category>Assurance-chômage</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1091</guid><pubDate>Mon, 24 Jun 2013 08:59:00 +0200</pubDate><title>Des salaires minimums contre le dumping</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-salaires-minimums-contre-le-dumping</link><description>La nouvelle CCT de l’industrie des machines brise un tabou

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Un tabou est brisé: la CCT la plus chargée de symbole en Suisse, celle de l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (MEM) comprend désormais des salaires minimaux.</p><p>Les négociations commencèrent en novembre 2012. Au printemps&nbsp;2013, elles étaient sérieusement en péril. Début mai, le recours à un médiateur, l’ancien chef du Seco Jean-Luc Nordmann, se révéla nécessaire. Puis, début juin, le déblocage de la situation se produit: Unia arrive à imposer sa revendication de salaires minimums dans la CCT MEM. Cette innovation ne peut être correctement évaluée que si l’on prend en compte la forte valeur symbolique de cette convention, qui remonte à la signature de l’Accord de paix du travail de 1937. Pendant trois quarts de siècle, le dogme imposé par les patrons disait que les entreprises décidaient seules des salaires. Aujourd’hui, le dogme est tombé. 
</p><p>22 francs de l’heure, une exigence remplie dans 5 catégories sur 6 
</p><p>La nouvelle CCT MEM fixe des salaires minimums pour les non-qualifiés et pour les qualifiés, en fonction de trois régions. Dans la région A, les salaires minimums annuels s’élèvent à 50’050 francs pour les non-qualifiés et 53’950 francs pour les qualifiés. Dans la région B, ces montants sont respectivement de 46’800 francs et 50’700 francs; dans la région C (Tessin et Arc jurassien), ils sont de 42’900 francs pour les non-qualifiés et de 46’800 francs pour les qualifiés. Converties en salaire horaire, ces valeurs donnent les montants suivants: 
</p><p>&nbsp;</p><p>Région A: 24,10 francs et 25,90 francs
</p><p>Région B: 22,50 francs et 24,40 francs
</p><p>Région C: 20,60 francs et 22,50 francs
</p><p>&nbsp;</p><h3>«Notre pierre du Niton»</h3><p>Si l’on compare ces salaires minimums conventionnels à l’initiative de l’USS, on constate rapidement que ce n’est que dans un seul cas que sa revendication de 22 francs de l’heure n’est pas respectée. Responsable du secteur Industrie à Unia, Corrado Pardini admet aussi que: «certains salaires sont trop bas. Ce fut une décision difficile à prendre. Soit pas de CCT, donc pas de salaires minimums. Ou alors une CCT qui, pour la première fois dans l’histoire de la branche, définit des salaires minimaux. Nous avons choisi de préserver cette avancée. Ce qui est décisif sur ce point, c’est d’avoir posé des limites claires au dumping. Et nous travaillons à l’amélioration de ces limites [...] Ces salaires minimums sont maintenant notre pierre du Niton» (work, 7.6.2013). Il reste à préciser que seuls 6&nbsp;% des salarié(e)s concernés travaillent dans la région C et que la conclusion de la CCT entraîne des augmentations de salaire allant jusqu’à 700 francs par mois pour nombre de travailleurs et travailleuses au Tessin.&nbsp;
</p><h3>Un salaire minimum légal reste nécessaire</h3><p>Le président de l’USS, Paul Rechsteiner, a en conséquence qualifié cette intégration des salaires minimums de «percée historique». Dans toute percée historique, il y a des traînards. C’est dire que les syndicats vont continuer à insister pour introduire des salaires minimums dans les CCT. Et là où ce n’est pas possible, l’initiative populaire de l’USS sur ce thème jouera son rôle de complément légal. Car même avec la nouvelle version de la CCT MEM, seul un bon 40&nbsp;% environ de toutes les personnes susceptibles d’être conventionnées pourront bénéficier d’un salaire minimum. En même temps, les bas salaires (3986 francs par mois en 2010) sont largement répandus: 437’000 personnes, soit 12&nbsp;% des salarié(e)s en Suisse étaient employés à ce piètre tarif. Au vu de ces éléments, la conclusion d’Ivo Zimmermann, porte-parole de l’organisation patronale Swissmem, est pour le moins précipitée: «Cette nouvelle convention collective est un signal indiquant que les questions salariales doivent être réglées au niveau des entreprises et des branches et non pas par des règles légales». La réalité montre que ce genre de signal n’est de loin pas entendu partout. Dans le commerce des chaussures, dans celui de détail et dans l’horticulture, pour ne citer que trois exemples particulièrement crasses, le front de refus des conventions collectives à la main haute. Cela montre que le salaire minimum légal est nécessaire, comme mesure complémentaire et comme niveau inférieur de protection. 
</p><p>&nbsp;</p><h5>Autres points de la CCT MEM </h5><ul><li>Une flexibilité plus grande en matière de temps de travail: les employeurs peuvent désormais transférer jusqu’à 200 heures en plus sur la nouvelle année. L’ancienne CCT fixait une limite à 100 heures. </li><li>Une nouvelle formulation de «l’article de crise»: elle permet aux entreprises, dans des circonstances exceptionnelles, d’augmenter le temps de travail pendant une durée limitée, en accord avec le seul personnel. Jusqu’alors, les syndicats devaient être partie prenante. </li><li>&nbsp;Autres améliorations: congé de paternité d’une semaine, développement de modèles du temps de travail plus flexibles comme le job sharing, renforcement de la formation professionnelle, ainsi que la promotion de tous les collaborateurs, en particulier les apprenti(e)s et les femmes.</li><li>La nouvelle CCT s’applique à près de 100’000 salarié(e)s. La convention entre en vigueur le 1er juillet 2013 et sera valide jusqu’en 2018. La ratification des organes compétents des deux côtés est encore nécessaire. </li></ul>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1092</guid><pubDate>Mon, 24 Jun 2013 08:56:00 +0200</pubDate><title>Réductions des rentes et autres détériorations sont stoppées</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/reductions-des-rentes-et-autres-deteriorations-sont-stoppees</link><description>Le Parlement arrête la course à la révision de l’AI</description><content:encoded><![CDATA[<p>Ces dernières années, l’assurance-invalidité a été soumise à un strict régime d’économies. Une révision chassait l’autre. Le Parlement a désormais stoppé cette course à la révision. À juste titre, car l’AI a redressé la barre. Sa situation financière s’est stabilisée, d’autres réductions des prestations ne sont pas nécessaires. Maintenant, l’AI doit plutôt consolider sa nouvelle fonction d’assurance intégratrice et les entreprises doivent créer des emplois permettant l’intégration des invalides.
</p><p>La révision 6b de l’AI aurait débouché sur des réductions de rente des personnes gravement invalides. En outre, les rentes n’auraient plus été adaptées au renchérissement et à l’évolution des salaires. Un «&nbsp;mécanisme d’intervention&nbsp;» pernicieux aurait privé l’AI de sa marge de manœuvre financière avec, conséquences technocratiques et automatiques, des augmentations de cotisations et des réductions de rentes. La décision du Parlement de laisser tomber cette révision technocratique est donc bienvenue.</p>]]></content:encoded><category>Assurance-invalidité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1088</guid><pubDate>Tue, 18 Jun 2013 11:06:00 +0200</pubDate><title>L’USS ne permettra pas ce saccage des rentes</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/l-uss-ne-permettra-pas-ce-saccage-des-rentes</link><description>Le Conseil fédéral prévoit la plus forte baisse des rentes de tous les temps</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Avec brutalité et intransigeance, le Conseil fédéral a conçu son plan de réformes de la prévoyance vieillesse. L’USS se battra avec acharnement pour que chaque point de ce programme qui aurait pour effet une baisse des rentes soit enterré.</p><p>La presse dominicale a publié les plans de réforme de la prévoyance vieillesse prévue pour 2020. Si ces plans étaient appliqués, les rentiers et les rentières devraient à l’avenir s’en sortir avec moins ou alors payer préalablement nettement plus. Pour l’Union syndicale suisse, cette voie est impraticable. Aujourd’hui déjà, le montant des rentes pour les bas et moyens revenus est trop bas pour permettre une vie digne durant la vieillesse. En outre, les gens de plus de 50 ans ont d’ores et déjà de la peine à rester sur le marché du travail.
</p><h3>Une baisse des rentes brutale</h3><p>En prévoyant une diminution du taux de conversion minimal de 6,8 à 6 pour cent, le conseiller fédéral Alain Berset envisage la plus grande diminution des rentes de tous les temps. La dernière tentative de réduction du taux de conversion a été rejetée massivement dans les urnes en 2010. Près de 73 pour cent des votant(e)s ont repoussé le passage à un taux de 6,8 à 6,4 pour cent, soit une réduction de 0,4 point. Cette fois, il devrait y avoir une baisse du taux deux fois plus forte, avec pour conséquence une diminution des rentes des caisses de pensions de 12 pour cent. Cette réforme de la prévoyance vieillesse verrait celui qui a accumulé de quoi se payer une rente de 1500 francs par mois, un menuisier, par exemple, à perdre près de 200 francs par mois. Ce concassage des rentes passera difficilement l’obstacle des urnes. Certes, le Conseil fédéral propose de compenser ce manque. La compensation consiste toutefois à attribuer des moyens supplémentaires au deuxième pilier. Cette médication a déjà été prescrite lors de la première révision de la LPP. À l’époque, la réduction du taux minimal de conversion avait été adoucie par une augmentation de l’avoir de vieillesse. Dix ans plus tard toutefois, cette disponibilité à verser plus d’argent au deuxième pilier est nettement plus faible, même du côté des patrons. Pour les personnes à bas revenu, le deuxième pilier n’est pas rentable. L’AVS est, de loin, une prévoyance vieillesse plus efficiente pour les bas et moyens revenus que l’épargne obligatoire du IIe pilier. Le renforcement de l’AVS, comme le demande l’initiative AVSplus de l’USS, est la voie royale pour une bonne prévoyance vieillesse.
</p><h3>Une situation inéquitable en matière de rentes pour les femmes</h3><p>La revendication d’une prolongation de l’âge de la retraite des femmes à 65 ans est avancée depuis longtemps. Réduire la durée de versement de la rente représente aussi une baisse des rentes. Elle ne concerne que les femmes et pèse particulièrement lourd. Les femmes ont des rentes nettement plus basses que celles des hommes, à cause du IIe pilier et de leur salaire inférieur. On ne saurait donc parler d’égalité de traitement des femmes à l’âge de la retraite. 40 pour cent de toutes les femmes quittent le marché du travail avant 64 ans. Les obligations familiales jouent un rôle important dans cette situation. De nombreuses femmes autour de la soixantaine s’occupent de leurs petits-enfants et contribuent ainsi de manière essentielle à la conciliation du travail et de la famille. D’autres prennent en charge leurs parents ou leurs beaux-parents malades, voire leur propre partenaire. La prolongation de l’âge de la retraite des femmes nie la réalité sociale des femmes. En tant que mesure d’assainissement de l’AVS, elle est unilatérale et injuste. L’USS rejette cette dégradation des rentes. Il faut bien davantage améliorer les rentes des femmes par le biais du développement de l’AVS.
</p><h3>Les tours de passe-passe financiers saignent l’AVS</h3><p>De gros nuages s’amoncellent aussi sur le financement de l’AVS. La Confédération veut se soustraire à sa responsabilité vis-à-vis de l’AVS et se créer ainsi une marge de manœuvre plus confortable pour des réductions d’impôts, par exemple pour la troisième réforme de l’imposition des entreprises. Aujourd’hui, la Confédération prend en charge environ 20&nbsp;% des dépenses de l’AVS. Selon les plans de l’exécutif, elle devrait, à l’avenir, n’assurer que le 10&nbsp;% de ces dépenses. Le reste devrait dépendre des recettes de la TVA. La part actuelle de la Confédération de 7,6 milliards de francs se réduirait à environ 5 milliards. La différence devrait être comblée par une augmentation de la TVA. Ce faisant, les pouvoirs publics affaiblissent massivement le Ier pilier. Augmenter fortement la part de la TVA dans le financement de l’AVS est chose impopulaire, car elle renchérit la consommation. La pression en faveur d’une réduction des rentes s’accroîtra, tout à fait dans le sens d’Economiesuisse et des partis bourgeois qui demandent une adaptation automatique des prestations de l’AVS. En d’autres termes: un amenuisement des futures rentes. Sous le titre de «frein à l’endettement dans l’AVS», le parlement fédéral a déjà décidé de l’introduction d’une réduction technocratique des dépenses. À l’avenir, les rentes AVS ne seront plus adaptées à l’évolution des salaires et du coût de la vie. L’Union syndicale suisse s’opposera avec force à tous les plans qui feront pression sur le niveau des rentes.</p>]]></content:encoded><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1085</guid><pubDate>Wed, 12 Jun 2013 18:57:00 +0200</pubDate><title>Le mariage n’est pas puni</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/le-mariage-n-est-pas-puni</link><description>L’AVS accorde de nombreux avantages aux couples mariés</description><content:encoded><![CDATA[<p>Selon d’aucuns, l’AVS pénaliserait les couples mariés par rapport aux concubins. Souvent entendu, ce reproche est faux. De fait, on oublie de nombreux avantages que&nbsp; l’AVS n’offre qu’aux couples mariés.
</p><p>En tout, les couples à la retraite reçoivent au maximum 3&nbsp;510 francs de l’AVS par mois. Cela, même si leurs deux rentes individuelles étaient supérieures à 2&nbsp;000 francs. Pour les couples mariés, les rentes de vieillesse de l’AVS sont plafonnées à 150&nbsp;% de la rente maximale.
</p><p>Ce plafond est-il injuste pour les couples mariés&nbsp;? S’agit-il d’une punition&nbsp;? Les couples de concubins sont-ils favorisés avec leurs deux rentes AVS individuelles non plafonnées&nbsp;?
</p><p>Argumenter de la sorte, c’est oublier que l’AVS, qui se base sur l’état civil, favorise à de nombreux égards les couples mariés. </p><ul><li><span>Allégement des cotisations des couples mariés&nbsp;: les couples mariés ne paient qu’une cotisation AVS si un seul des deux conjoints travaille. Le conjoint qui ne travaille pas et ne cotise donc pas à l’AVS reste toutefois assuré à cette dernière. Lors du calcul de la rente de vieillesse, le ou les revenus réalisés pendant les années de mariage sont divisés en deux, une moitié allant à l’homme, l’autre à la femme. C’est là un avantage pour les femmes mariées qui n’ont pas travaillé ou ont peu travaillé durant leurs années de mariage.</span></li><li><span>Du côté des rentes, la situation est plus favorable aux couples mariés qu’aux autres. Seuls ceux-là ont droit, en cas de décès du conjoint, à une rente de veuve ou de veuf. Si le mari ou la femme décède, l’autre conjoint retraité reçoit un supplément de 20&nbsp;% sur sa rente de vieillesse, mais tout au plus la rente maximale.</span></li></ul><p>Les avantages faits aux couples mariés se montent à 2,8 milliards de francs, Le fait que le conjoint qui ne travaille est quand même assuré à l’AVS représente 200 millions de francs, les rentes de veuves et veufs&nbsp;: 1&nbsp;400 millions et le supplément pour retraité(e)s devenant dont le conjoint&nbsp; décède&nbsp;: 1&nbsp;200 millions. Si l’on supprimait le plafonnement des rentes (150&nbsp;% de la rente AVS maximale), cela représenterait 2 milliards de prestations supplémentaires, mais il faudrait alors logiquement supprimer les avantages pour couples mariés, c’est-à-dire 2,8 milliards. Ceux-ci y perdraient donc finalement 800 millions.
</p><p>Le plafonnement des rentes de couple a un sens. Il tient compte du fait que le coût de la vie pour un ménage de deux personnes est moins élevé en règle générale que celui pour deux ménages de deux personnes. Il est donc judicieux d’adapter le revenu provenant des rentes AVS à cette situation. S’il est vrai que deux concubins ont les mêmes coûts qu’un couple marié, l’AVS n’est pas en mesure de contrôler dans les faits la situation de vie des uns et des autres. L’existence d’un mariage est la référence la plus claire pour établir qu’il y a ménage commun. Toute autre référence entraînerait par trop de bureaucratie.</p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Finances et fiscalité</category><category>Politique sociale</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1081</guid><pubDate>Wed, 05 Jun 2013 13:21:00 +0200</pubDate><title>Finissons-en avec les licenciements antisyndicaux !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/finissons-en-avec-les-licenciements-antisyndicaux</link><description>Impressionnant cortège de manifestant(e)s à Genève</description><content:encoded><![CDATA[<p>2&nbsp;500 personnes ont manifesté le 2 juin dernier à Genève, à l’appel de l’Union syndicale suisse (USS), de la Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS) et du Syndicat suisse des services publics (ssp), pour une protection efficace des représentant(e)s du personnel contre le licenciement, pour un droit de grève garanti et le respect des conventions collectives de travail (CCT), ainsi que pour un salaire minimum équitable et plus de contrôles des entreprises.
</p><p>Cela a commencé par deux manifestations séparées, dont les participant(e)s se sont finalement retrouvés pour former un cortège commun. Sur la Place Neuve, les syndicalistes et la gauche, répondant à l’appel de la CGAS, ont revendiqué un salaire minimum équitable et une amélioration des contrôles des entreprises, tandis qu’au même moment, sur la Place du Molard, l’USS et le ssp manifestaient leur solidarité avec les grévistes licenciés de l’hôpital de la Providence. Les deux cortèges de manifestants se sont ensuite retrouvés sur le Pont du Mont Blanc pour n’en faire plus qu’un qui, tout en couleurs et drapeaux, se rendit, dans une atmosphère combative mais détendue, sur la Place des Nations, un lieu symbolique face aux bâtiments de l’Organisation internationale du Travail (OIT). C’est en effet auprès de l’OIT que le ssp et l’USS ont déposé leur plainte contre la Suisse qui, bien qu’ayant ratifié une convention internationale sur les droits syndicaux, ne protège pas comme elle le doit, en vertu de cette convention, les syndicalistes contre les licenciements abusifs. Avant de passer aux discours, les manifestant(e)s réunis sur la Place des Nations adoptèrent une résolution à l’intention de l’USS, dans laquelle ils recommandent à cette dernière une initiative populaire pour une meilleure protection contre le licenciement. 
</p><h3>Le cas de la Providence</h3><p>«&nbsp;Un représentant du personnel doit pouvoir défendre les intérêts de ses collègues sans craindre d’être licencié. Un délégué syndical doit pouvoir agir sans encourir de représailles. Des employés doivent pouvoir - en dernier recours - se mettre en grève sans risquer de se retrouver sur le carreau&nbsp;», s’est exclamée Sabine Furrer à la fin de la manif. Et elle sait de quoi elle parle&nbsp;! En effet, elle est l’une des 22 grévistes de la Providence, cet hôpital neuchâtelois, licenciés pour s’être battus contre la résiliation de leur convention collective de travail (CCT) et la dégradation de leurs conditions de travail, deux des mesures exigées par l’acquéreur privé de cet hôpital, le groupe Genolier SA. Ces licenciements brutaux, dans le style «&nbsp;marche ou crève&nbsp;!&nbsp;», violent la Constitution fédérale et les conventions de l’OIT qui protègent les droits syndicaux. Cela revient également à remplacer le partenariat social par un diktat. Tel est le triste sommet atteint à ce jour, après une longue liste de licenciements antisyndicaux dans notre pays. Le secrétaire général du ssp, Stefan Giger, a fustigé le président du conseil d’administration de Genolier, Raymond Loretan, qui, en tant que président de la SSR, «&nbsp;joue l’homme d’État sérieux&nbsp;», mais couvre en même temps les violentes attaques de Genolier contre la CCT en vigueur dans les hôpitaux neuchâtelois&nbsp;: «&nbsp;S’il faut un licenciement, ce n’est pas à celui des grévistes d’un hôpital qu’il faut procéder. Il faut mettre fin au mandat de M.&nbsp;Loretan, coupable de fouler aux pieds la Constitution fédérale et responsable de la violation des droits garantis par les conventions de l’OIT.&nbsp;»
</p><h3>Le Conseil fédéral doit reprendre la révision du Code des obligations</h3><p>Vania Alleva, vice-présidente de l’USS et coprésidente du syndicat Unia, a demandé lors de cette manifestation plus de respect pour les droits des travailleurs et travailleuses. Après Tesa, Manor et Chicorée, les cas de licenciements antisyndicaux se sont multipliés, a-t-elle souligné. Il est donc plus que temps que les droits syndicaux soient applliqués dans leur intégralité, que la protection contre le licenciement arbitraire, la réintégration des personnes licenciées abusivement et le droit de grève soient garantis. Elle a invité le Conseil fédéral à faire en sorte que les conventions de l’OIT contre les licenciements antisyndicaux ne restent pas lettre morte. Le gouvernement doit aussi reprendre la révision interrompue du Code des obligations afin d’améliorer la protection contre le licenciement antisyndical. Vania Alleva a aussi appelé les employeurs à renoncer à leur opposition de principe à tout progrès en cette matière. 
</p><p>En résumé, les syndicats ne sont pas restés les bras croisés à Genève. Ils ont fait passer un message fort, pour faire comprendre qu’ils n’oublient pas celles et ceux de leurs collègues qui sont sur le terrain et doivent souvent vraiment payer de leur personne pour obtenir des progrès ou empêcher des reculs. Il est clair qu’une Suisse qui ne veut pas bannir la démocratie du monde du travail doit enfin bouger sur cette question des droits syndicaux.</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1080</guid><pubDate>Wed, 05 Jun 2013 13:17:00 +0200</pubDate><title>Étendre les CCT pour des raisons d’intérêt public</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/etendre-les-cct-pour-des-raisons-d-interet-public</link><description>L’Assemblée des délégué(e)s de l’USS veut un renforcement des mesures d’accompagnement

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) reste favorable aux accords bilatéraux conclus avec l’Union européenne (UE) et, de ce fait, à la libre circulation des personnes. Mais à condition que les mesures d’accompagnement soient plus efficaces. Toutes les branches ont besoin de salaires minimums comme protection contre la sous-enchère. Il faut donc conclure plus de conventions collectives de travail (CCT) et plus de CCT doivent être étendues, c’est-à-dire rendues obligatoires. Il faut aussi une application plus stricte des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes. Tel est le programme adopté par l’Assemblée des délégué(e)s (AD) de l’USS le 3 juin dernier. </p><p>«&nbsp;Les prochaines votations sur les initiatives «&nbsp;contre l’immigration de masse&nbsp;» de l’UDC et «&nbsp;Halte à la surpopulation&nbsp;» d’Ecopop, ainsi que, et surtout, la votation sur l’extension de la libre circulation des personnes à la Croatie sont tout, à ce que l’on peut en dire aujourd’hui, sauf gagnées.&nbsp;» C’est par ces mots que Paul Rechsteiner, le président de l’USS, a ouvert la partie principale de la dernière AD. Et de présenter dans la foulée le programme avec lequel l’USS veut franchir ces obstacles&nbsp;: «&nbsp;Qui mise sur le partenariat social et les CCT doit renforcer l’extension de celles-ci, car elles sont le moyen grâce auquel non seulement les employeurs corrects, mais aussi ceux qui font pression sur les salaires doivent, qu’ils soient étrangers ou de suisses, respecter des règles. C’est dans l’intérêt de tout le monde.&nbsp;»
</p><h3>Simplifier l’extension des CCT</h3><p>Daniel Lampart, économiste en chef et premier secrétaire de l’USS, a expliqué les revendications demandant un durcissement des mesures d’accompagnement. Il a rappelé que la loi permettant d’étendre le champ d’application de la convention collective de travail date de 1956 et que cela se sent. Les obstacles à l’extension des CCT qu’elle pose sont bien trop élevés. Il doit être possible d’étendre des CCT pour des «&nbsp;raisons d’intérêt public&nbsp;». Par exemple, s’il y a risque de pression ou de sous-enchère salariales, de discrimination salariale à l’encontre des femmes ou de niveau salarial socialement inacceptable. Il faut aussi supprimer le quorum des entreprises (50&nbsp;% d’entre elles soumises à la CCT) appliqué pour étendre une CCT. De plus, qui reçoit des subventions ou un mandat publics devra négocier une CCT avec les syndicats représentatifs. Sinon, un contrat-type de travail (CTT) garantissant des salaires minimums sera édicté. Enfin dans les marchés publics, l’existence de CCT prévoyant des salaires minimums doit être un critère d’adjudication.
</p><p>Le même programme doit aussi s’appliquer aux CTT, ces quasi-ersatz dans les branches où aucune CCT n’est possible (par exemple, faute de partenaires sociaux). Leurs salaires minimums devront être assez élevés pour garantir les salaires usuels de la branche.
</p><h3>Des contrôles plus nombreux et plus stricts</h3><p>Il faut intensifier les contrôles pour une application correcte des mesures d’accompagnement. Pour les régions frontalières très touchées ici, la Confédération doit fournir une contribution supplémentaire pour financer une offensive menée au moyen de plus de contrôles. Les infractions doivent être punies plus sévèrement, entre autres avec des amendes plus élevées. Les salaires de référence, qui servent à constater la sous-enchère, doivent être fixés en fonction des salaires usuels de la branche et ne pas être trop bas. En cas d’«&nbsp;indépendance fictive&nbsp;», les contrôleurs doivent pouvoir exiger un arrêt immédiat des activités. Il faut mieux protéger contre les représailles et le licenciement les syndicalistes, qui jouent un rôle important dans le contrôle des conditions de travail.
</p><h3>Des salaires suisses pour quiconque travail en Suisse</h3><p>Treize délégué(e)s sont intervenus sur cette question. On a alors vu que la sous-enchère salariale n’est pas un phénomène limité aux branches proches de la construction. Des représentant(e)s de l’Union suisse des artistes musiciens (USAM), de l’Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI) et de syndicom, le syndicat des médias et de la communication, signalent l’existence de sous-enchère chez les musicien(ne)s libres, dans les soins à domicile et le journalisme. Dans ces branches, l’extension des CCT pour des «&nbsp;raisons d’intérêt public&nbsp;» serait nécessaire. Divers orateurs, d’accord avec l’orientation des propositions exigèrent plus de mordant dans la mécanique de précision de l’application des mesures d’accompagnement. Plusieurs délégué(e)s, surtout de Genève et du Tessin, mirent en garde contre la xénophobie et les divisions au sein des travailleurs et travailleuses. Si les syndicats ne parviennent pas à éliminer la sous-enchère salariale avec des mesures d’accompagnement efficaces, la main-d’œuvre indigène ne verra en effet dans les travailleurs et travailleuses étrangers qu’une concurrence à l’origine de sous-enchère, et rejettera la libre circulation lors des prochaines votations.
</p><p>Le programme d’adaptation des mesures d’accompagnement a été adopté à la quasi-unanimité, avec deux abstentions. L’USS ne modifiera donc pas sa ligne et continuera à soutenir ces accords bilatéraux si importants pour nos exportations. Mais elle restera fidèle au principe&nbsp;: «&nbsp;Quiconque travaille en Suisse doit toucher un salaire suisse et bénéficier de conditions de travail suisses&nbsp;». La conséquence est qu’il faut plus de salaires minimums déclarés obligatoires et des mesures d’accompagnement globalement renforcées.
</p><h3>Les résolutions</h3><p>Dans une résolution adoptée à l’unanimité, les délégué(e)s ont appelé le gouvernement et l’administration fédérale à ne pas étendre le cercle des professions qui peuvent être exemptées de l’enregistrement du temps de travail. Également à l’unanimité, ils ont adopté une deuxième résolution qui demande au Parlement fédéral de renoncer à des coupes claires dans les effectifs du personnel de la Confédération, c’est-à-dire de ne pas supprimer les 2&nbsp;000 emplois comme annoncé, et donc de ne pas entrer en matière sur le programme de consolidation et de réexamen des tâches lors de la session qui s’ouvre.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1079</guid><pubDate>Wed, 05 Jun 2013 13:17:00 +0200</pubDate><title>Nulle part ailleurs un pareil rapport qualité-prix</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/nulle-part-ailleurs-un-pareil-rapport-qualite-prix</link><description>AVSplus : une financement sans problème</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Avec AVSplus, toutes les rentes de vieillesse AVS seront augmentées de 10&nbsp;%. Si l’on veut financer tout le surcoût que cela entraînera au moyen des cotisations salariales, cela coûtera 0,55&nbsp;% de plus à chaque travailleur et travailleuse. Nulle part, on ne peut gagner autant en dépensant si peu. Et la hausse de la cotisation AVS pourrait même être plus petite si l’on recourait aussi à d’autres sources de financement. </p><p>Un supplément de&nbsp;10&nbsp;% sur les rentes, ce serait génial. Mais qui paierait l’addition&nbsp;? Chacune et chacun&nbsp;? Seulement les jeunes&nbsp;? C’est-à-dire ceux qui ont le plus besoin d’argent&nbsp;? Le supplément de 10&nbsp;% qu’AVSplus apportera sur les rentes AVS coûtera environ 3,6 milliards de francs. Cela correspond à 1,1&nbsp;% de prélèvement sur les salaires, la moitié (0,5&nbsp;%) à la charge de l’employeur, l’autre à celle de l’employé(e). 
</p><p>Mais peut-on faire un tel calcul&nbsp;: 0,55&nbsp;% prélevé en plus sur un salaire engendre une hausse de 10&nbsp;% de la rente, et à vie&nbsp;? Oui, c’est possible. Prenons un exemple concret&nbsp;: Madame Moret gagne 54 000 francs par an. Si sa cotisation AVS augmente de 0,55&nbsp;%, elle doit verser 297 francs de plus par an à cette assurance. Mais sa rente AVS va augmenter de plus de 2&nbsp;000 francs par an. Elle y gagne donc clairement au change. C’est ça l’AVS&nbsp;: un rapport qualité-prix jamais vu. Rien à voir avec les solutions de prévoyance vieillesse privées qui, elles, sont très onéreuses pour rapporter finalement bien peu. 
</p><h3>D’autres sources de financement sont possibles</h3><p>L’initiative AVSplus ne prévoit cependant pas de mode de financement de la hausse des rentes. Il se fondera essentiellement sur le système mixte qui continue à faire ses preuves avec l’AVS. Mais des recettes supplémentaires pour l’AVS sont également envisageables. </p><ul><li>&nbsp;Aujourd’hui, on fait accroire au peuple que le produit des impôts sur le tabac et l’alcool va directement dans la caisse de l’AVS. En réalité, cet argent va dans celle de la Confédération. Celle-ci finance avec ces fonds une partie de la contribution de 20&nbsp;% que la loi lui ordonne de verser à l’AVS. Lorsque la Confédération augmente l’impôt sur le tabac, l’AVS ne touche par conséquent pas un seul centime de plus. Si le produit de l’impôt sur le tabac allait directement dans la caisse de l’AVS et que l’on maintenait la contribution normale de la Confédération, l’AVS encaisserait 2,2 milliards de francs. Avec l’impôt sur l’alcool, où les mêmes règles sont appliquées qu’avec l’impôt sur le tabac, il s’agirait de 300 millions de francs supplémentaires.</li><li>Le relèvement de la TVA en 1999 pour l’AVS ne profite pas dans son intégralité à celle-ci. La Confédération empoche en effet 17&nbsp;% du montant et se justifie en disant qu’elle fournit déjà sa contribution à l’AVS. Et cette dernière perd 500 millions de francs de plus.</li><li>Le corps électoral se prononcera une de ces prochaines années au sujet d’un impôt fédéral sur les successions destiné aux très gros héritages. Le produit de cet impôt profiterait aussi à l’AVS. Cette dernière bénéficierait ainsi de 2 milliards de francs de recettes supplémentaires. La moitié des coûts supplémentaires entraînés par AVSplus serait donc déjà couverte.</li></ul><h3>Pour les jeunes, pas de meilleure &nbsp;prévoyance vieillesse</h3><p>Mais revenons à Madame Moret. Si elle doit payer une cotisation AVS relevée de 0,55&nbsp;% sur, disons, 50&nbsp;000 francs pendant 45 ans, elle versera finalement 275 francs multipliés par 45 ans, soit 12&nbsp;375 francs en plus. Comme sa rente sera augmentée de plus de 2&nbsp;000 francs par an, elle touchera, disons sur 20 ans de retraite, 2&nbsp;000 francs multipliés par 20 ans, soit 40&nbsp;000 francs, c’est-à-dire plus que le triple de ce qu’elle a payé en plus à l’AVS. Ou presque le double, si elle ne devait toucher sa rente que pendant 10 ans. On peut tout à fait se permettre une telle solution, si les prix et les services augmentent dans une mesure minime, parce que les patrons auront répercuté sur les prix leur cotisation supplémentaire de 0,55&nbsp;%.
</p><h5>Encadré</h5><h3>En matière d’AVS, la démographie est secondaire</h3><p>Pour l’AVS, l’évolution démographique ne joue qu’un rôle secondaire. Le rapport entre cotisant(e)s et bénéficiaires de rentes n’a cessé de se dégrader depuis l’introduction de l’AVS, sans pour autant que celle-ci s’en ressente. En 1948, lors de l’introduction de l’AVS, on comptait 7 cotisant(e)s pour 1 rentier/rentière. Aujourd’hui, ce rapport est de 3,8 cotisant(e)s pour 1 rentier/rentière. Pourquoi l’AVS a-t-elle pu «&nbsp;digérer&nbsp;» sans problème cette évolution&nbsp;? Parce que chaque franc de salaire est soumis à cotisation, même pour les super-salaires. On paie donc des cotisations sur toute la masse salariale. Or, celle-ci a augmenté, parce que tant les salaires que le nombre de personnes exerçant une activité lucrative ont augmenté. Et il en ira de même demain, ne serait-ce que parce que toujours plus de femmes veulent exercer une activité lucrative. Le passage d’un rapport de 3,8 cotisant(e)s pour 1 rentier/rentière à 2 cotisant(e)s pour 1 rentier/rentière en 2050, tel qu’annoncé, est même moins violent que ce qui s’est passé entre 1948 et 2012. 
</p><p>En d’autres termes, l’AVS fonctionne en grande partie indépendamment de l’évolution démographique, parce qu’absolument tout salaire est soumis à cotisation. On comprend dès lors pourquoi les riches de ce pays prêchent depuis des décennies le démantèlement d’une AVS qui ne pourrait plus être financée…&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </p>]]></content:encoded><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1076</guid><pubDate>Mon, 03 Jun 2013 11:27:00 +0200</pubDate><title>Dignité et équité contre répression et arbitraire</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/dignite-et-equite-contre-repression-et-arbitraire</link><description>Votation du 9 juin : droit d’asile</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 9 juin prochain, les citoyen(ne)s suisses voteront sur la révision du droit d’asile. La question posée est simple&nbsp;: voulez-vous que la Suisse conserve sa tradition humanitaire ou préférez-vous des pseudo-solutions&nbsp;?</p><p>&nbsp;La partie de la révision de la loi sur l’asile au sujet de laquelle le corps électoral suisse se prononcera le 9 juin concerne des mesures dites urgentes déjà en vigueur aujourd’hui. Ces mesures vont-elles améliorer le droit d’asile&nbsp;? On ne sait. Mais il est par contre certain qu’elles créeront de nouveaux problèmes. 
</p><p>Un exemple de cela est la toute dernière modification de la notion de réfugié. Désormais, la désertion n’est plus un motif donnant droit à l’asile. Outre le fait qu’elle égratigne la notion internationalement reconnue de réfugié, cette nouvelle définition entraînera de nouveaux problèmes d’intégration pour les migrant(e)s. Car les personnes qui désertent pour venir en Suisse doivent de toute façon être accueillies provisoirement, parce qu’elles sont poursuivies dans leur pays et y risquent la peine de mort. Impossible donc de les renvoyer. Comme elles ne seront admises qu’à titre provisoire, leur intégration chez nous n’en sera que plus difficile, car il est prouvé depuis longtemps que plus le statut de séjour est précaire, plus l’intégration est difficile.
</p><p>Une autre modification de la loi sur l’asile sur laquelle nous allons nous prononcer est la suppression de la possibilité de déposer une demande d’asile dans une ambassade suisse. Elle concerne surtout des personnes qui ont besoin de protection. Un avantage de cette procédure était que les réfugié(e)s se trouvaient ainsi protégés des bandes de passeurs et pouvaient atteindre la Suisse sans danger. En outre, cette procédure était efficace, car seules les personnes ayant reçu une réponse positive venaient en Suisse. La question d’un éventuel renvoi ne se posait donc plus pour elles. Aujourd’hui, les personnes qui fuient leur pays n’ont plus le choix. Pour rejoindre l’Europe, elles doivent sa lancer dans un voyage plein de dangers. Un voyage pendant lequel beaucoup meurent.
</p><p>Troisième modification inquiétante de la loi&nbsp;: les requérant(e)s d’asile qui menacent la sécurité et l’ordre publics ou qui portent sensiblement atteinte au fonctionnement des centre fédéraux peuvent être placés dans ces centres spécifiques. Des personnes qui n’ont commis aucun délit peuvent donc être enfermées. Et l’on ne sait pas ce que «&nbsp;récalcitrant&nbsp;», qui devrait s’appliquer à ces personnes, peut signifier et combien de temps elles resteront enfermées dans ces centres. C’est là ouvrir tout grand la porte à l’arbitraire.
</p><p>Le domaine de l’asile occupe et polarise la société suisse comme aucun autre domaine de la migration. L’actuelle révision de la loi sur l’asile ne résoudra toutefois aucun problème en matière d’asile, mais en créera uniquement. Elle met en particulier fortement à mal la tradition humanitaire de la Suisse. Le 9 juin, il s’agira de répondre à une question toute simple&nbsp;: voulons-nous une politique de l’asile digne d’êtres humains et équitable ou répressive et arbitraire&nbsp;? L’Union syndicale suisse veut une politique de l’asile qui soit digne d’êtres humains et équitable, et qui profite à tout le monde. C’est pourquoi nous dirons NON, le 9 juin, à la révision de la loi sur l’asile.</p>]]></content:encoded><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1073</guid><pubDate>Mon, 03 Jun 2013 10:00:00 +0200</pubDate><title>Heures d’ouverture des commerces : la tactique du salami  </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/heures-d-ouverture-des-commerces-la-tactique-du-salami</link><description>Nouvelle attaque contre la santé</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">On constate depuis un certain temps que les interventions parlementaires qui visent un démantèlement dramatique des conditions de travail du personnel de la vente s’accumulent. Les menaces pèsent surtout sur le temps de repos en général, dominical et nocturne en particulier. La motion Lombardi, que le Parlement fédéral va traiter sous peu, apparaît tout particulièrement dangereuse.</p><p>Première attaque&nbsp;: l’initiative parlementaire Lüscher (à l’origine du texte sur lequel nous voterons le 22 septembre prochain, suite au référendum des syndicats et de l’Alliance pour le dimanche), supprimera pratiquement toutes les dispositions de protection pour les magasins de stations-service, au détriment des travailleurs et travailleuses concernés et de la qualité de vie en général de toute la population. Deuxième attaque&nbsp;: la motion Abate, qui veut redéfinir la notion de tourisme dans la loi sur le travail (art. 25 ordonnance 2 relative à la loi sur le travail). L’interdiction stricte du travail du dimanche selon la loi sur le travail en vigueur serait affaiblie, ce qui aurait des conséquences graves sur la vie en commun et tout spécialement sur la santé des salarié(e)s, de même que sur les conditions de travail dans la vente. Les femmes seraient les&nbsp; premières touchées, car elles représentent les deux tiers du personnel du commerce de détail.
</p><p>La troisième attaque contre le personnel de vente est la motion «&nbsp;Heures d’ouverture des magasins. Garantir une concurrence équitable&nbsp;» déposée par le groupe vert’libéral en décembre 2012. Elle demande, sous prétexte d’égalité de traitement, que la déréglementation proposée pour les magasins de stations-service, et combattue par référendum, soit appliquée à tous les points de vente des entreprises de services (!), quel que soit leur assortiment, d’une surface égale ou inférieure à 120 m2, qui pourraient ainsi faire travailler leurs employé(e)s 24 heures sur 24 et le dimanche. 
</p><h3>Lombardi&nbsp;: une motion déplacée et dangereuse</h3><p>La quatrième attaque, la motion Lombardi, demande que les cantons prévoient des heures d’ouverture des commerces de détail minimales obligatoires, de 6 à 20 heures du lundi au vendredi et de 6 à 19 heures le samedi. Cela, parce que, soi-disant, ces prolongations généreraient automatiquement plus de chiffre d’affaires. Ce qui est faux. 
</p><p>Les cantons frontaliers de Zurich et d’Argovie connaissent déjà de telles heures d’ouverture, ce qui n’empêche pas leurs habitants d’aller faire leurs achats en Allemagne. L’explication en est avant tout la force du franc suisse. Le chef de la Migros, Herbert Bolliger, a aussi relevé dans la presse alémanique que la pression venait ici du cours de change. Mentionnons encore, pour être complet, que les comptes annuels des deux plus grands commerces de détail du pays, font état d’une hausse du chiffre d’affaires. Les chiffres sont parlants&nbsp;: la partie commerce de détail de la Coop a augmenté de 1,7&nbsp;% en 2012, une hausse qui a même été de 2,3&nbsp;% pour la Migros.
</p><p>Prolonger la durée du travail comme le demande la motion Lombardi ne permettrait donc pas aux commerces d’améliorer leur chiffre d’affaires, mais porterait surtout atteinte à la santé, ainsi qu’à la vie sociale et familiale des personnes concernées. De plus,&nbsp; cela ne favorise ni l’emploi ni la croissance, mais traduit la concurrence mortelle pour toujours plus de petits commerces à laquelle on se livre dans la branche. Les victimes&nbsp;? Ce sont les employé(e)s du commerce de détail qui souffrent, aujourd’hui déjà, de mauvaises conditions de travail. Et ce serait à nouveau eux les premières victimes de la motion Lombardi.
</p><p>Des études montrent de fait clairement que la prolongation des heures d’ouverture des commerces entraîne simplement, à prix et pouvoir d’achat inchangés, une redistribution, soit un transfert du chiffre d’affaires, qui reste inchangé lui aussi. L’idée à la base de la motion Lombardi est donc dénuée de tout fondement. 
</p><h3>Respecter la volonté du peuple</h3><p>La motion Lombardi est aussi une offensive contre la souveraineté des cantons. Ces dernières années, les syndicats ont régulièrement saisi le référendum contre des prolongations des heures d’ouverture des commerces et plus de travail nocturne ou dominical. Dans la plupart des cas, le peuple leur a donné raison. Tout derniers exemples&nbsp;: la votation du 17 juin 2012 dans le canton de Zurich sur une initiative qui voulait globalement libéraliser ces heures d’ouverture et fut rejetée par plus de 70&nbsp;% des citoyen(ne)s et, à Lucerne, le refus, à la même date, par 54,5&nbsp;% d’une prolongation d’une heure des ventes du samedi, quand Bâle-Ville faisait de même, le 3 mars 2013, sur un objet similaire. On n’a pas le droit d’ignorer ces manifestations claires et nettes de la volonté du peuple&nbsp;!
</p><p>En acceptant la motion Lombardi, la majorité bourgeoise des Chambres fédérales a de facto mis hors d’état de marche des processus démocratiques courants dans les cantons. Cette décision est des plus inquiétantes pour le fonctionnement démocratique de notre pays. 
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) constate que l’on assiste à une course au démantèlement du droit du travail dans le secteur des services. Il s’y opposera avec toutes ses fédérations et les milieux intéressés&nbsp;: la motion Lombardi au Parlement et l’introduction de la journée de travail de 24 heures pour les magasins des stations-service, dans les urnes.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1075</guid><pubDate>Fri, 31 May 2013 08:23:00 +0200</pubDate><title>Qui gagne le plus doit être solidaire sur tout son salaire</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/qui-gagne-le-plus-doit-etre-solidaire-sur-tout-son-salaire</link><description>Plus de solidarité dans l’assurance-chômage

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors de la prochaine session parlementaire d’été, les deux Chambres fédérales débattront du déplafonnement du pour-cent de solidarité dans l’assurance-chômage. Il paraît fort possible que ce pour-cent ne soit à l’avenir plus limité aux parts de salaire se situant entre 126 000 et 315&nbsp;000 francs.</p><p>Un peu d’histoire pour commencer. La révision de l’assurance-chômage acceptée de justesse en septembre 2010 et entrée en vigueur à partir du 1er avril 2011 a débouché, pour de nombreuses catégories de chômeurs et chômeuses, sur des baisses douloureuses de prestations et, pour tout le monde, sur une hausse de 2 à 2,2&nbsp;% des cotisations prélevées sur le salaire assuré, mais maximum 126&nbsp;000 francs. Dans le but d’éponger les dettes de l’assurance, un pour-cent dit «&nbsp;de solidarité&nbsp;» fut aussi introduit pour les parts de salaire de situant entre 126&nbsp;000 et 315&nbsp;000 francs. Les syndicats, qui avaient combattu la révision, demandaient que les cotisations soient perçues sur la totalité de la masse salariale. Concernant le pour-cent de solidarité, personne ne comprenait pourquoi la solidarité devait être «&nbsp;plafonnée&nbsp;», c’est-à-dire ne pas englober aussi les gros salaires dans leur totalité. 
</p><p>Mais parfois, les choses changent&nbsp;: on comprend et on corrige. C’est ainsi qu’en 2012, les deux Chambres et le Conseil fédéral ont adopté une motion intitulée «&nbsp;Assainissement de l’assurance-chômage&nbsp;», qui demande que le pour-cent de solidarité ne soit plus plafonné à 315&nbsp;000 francs, mais perçu sur la totalité des salaires. Cette modification, une vieille revendication de l’Union syndicale suisse (USS), apporterait chaque année à l’assurance-chômage environ 90 millions de francs supplémentaires. Les dettes de cette dernière seraient ainsi épongées deux ans plutôt que prévu. 
</p><p>Le Conseil fédéral présente maintenant une révision de l’assurance-chômage qui reprend cette revendication. Les commissions chargées de l’examen préalable des deux Chambres ont fait savoir qu’elles étaient d’accord&nbsp;: la commission de l’économie et des redevances du Conseil national et celle de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil des États ont dit oui au déplafonnement du pour-cent de solidarité, respectivement par 18 voix contre 7 et 9 voix contre 1 et 2 abstentions.
</p><p>On est donc en droit de s’attendre à ce que le pour-cent de solidarité mérite enfin son nom.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Assurance-chômage</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1071</guid><pubDate>Thu, 30 May 2013 15:48:00 +0200</pubDate><title>Une gifle pour les personnes gravement invalides ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/une-gifle-pour-les-personnes-gravement-invalides</link><description>6e révision de l’AI

</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les délibérations sur la 6e révision de l’AI entrent dans leur phase finale. L’enjeu est d’importance. Aujourd’hui déjà, les personnes qui ne peuvent plus travailler à cause d’une maladie doivent franchir des obstacles médicaux placés très haut pour pouvoir toucher des prestations de l’AI. Et demain, les prestations de cette dernière risquent même de se dégrader&nbsp;!</p><p>Les finances de l’AI suivent un cours positif. Les recettes supplémentaires et la réduction drastique du nombre de nouvelles rentes lui permettent de reprendre pied. Un nouveau programme d’austérité, comme prévu initialement par le Conseil fédéral, est par conséquent inutile. Les Chambres fédérales ont désormais pris en compte l’évolution positive des finances de l’AI. Elles ont aussi sorti de la révision la baisse des rentes pour enfant et du remboursement des frais de voyage. 
</p><h3>Une rente AI complète seulement à partir d’un taux d’invalidité de 80&nbsp;%&nbsp;?</h3><p>L’élément central de la révision est le nouveau système de rentes linéaire. Alors que le Conseil national ne voulait accorder de rente AI complète qu’à partir d’un taux d’invalidité de 70&nbsp;%, le Conseil des États a choisi d’être plus sévère et de n’accorder de rente qu’à partir d’un taux d’invalidité de 80&nbsp;%. Ce faisant, il punit les personnes qui seront gravement invalides demain, celles dont le taux d’invalidité oscille entre 60 et 79%. Ces personnes toucheront une rente inférieure de 30&nbsp;% à celle qu’elles recevraient aujourd’hui. Or, la perspective pour elles d’une activité lucrative résiduelle est pratiquement inexistante. Ces baisses de rentes devront finalement être compensées par les prestations complémentaires. La commission du Conseil national chargée de l’examen préalable aimerait suivre le Conseil des États sur le taux d’invalidité de 80&nbsp;%. Si le Conseil national en fait de même le 4 juin, la question d’un éventuel référendum deviendra brûlante, car, pour les organisations de personnes handicapées, une telle réaction sera probable si la rente AI complète n’est plus versée qu’à partir d’un taux d’invalidité de 80&nbsp;%.
</p><h3>Un mécanisme d’intervention à rejeter</h3><p>Le deuxième élément central de la révision est l’introduction d’un mécanisme d’intervention dans l’AI, à savoir d’un «&nbsp;frein à l’endettement&nbsp;». Le Conseil national en avait rejeté l’idée en son temps, alors que le Conseil des États s’entête à vouloir cette mesure. La notion de mécanisme d’intervention cache des baisses de rentes automatiques et durables. Déjà basses, celles-ci diminueraient encore plus si les recettes de l’AI baissaient, car elles ne seraient plus adaptées sur la base de l’indice mixte de l’AVS. Ce démantèlement est inacceptable. En outre, le mécanisme d’intervention entraînera aussi, lorsqu’il interviendra, une hausse automatique des cotisations salariales. Les baisses automatiques des rentes de l’AI sont en fait un ballon d’essai, avec l’AVS en point de mire. Les partis de droite et les organisations patronales demandent en effet avec insistance un frein à l’endettement pour cette dernière. Les décisions qui seront prises sur l’AI tracent donc la voie que suivra la réforme du Conseil fédéral «&nbsp;Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;». La commission du Conseil national chargée de l’examen préalable continue pour sa part à ne pas vouloir d’un tel frein à l’endettement.
</p><p>Pour l’Union syndicale suisse (USS), le Parlement fédéral doit faire preuve de discernement dans l’aménagement du nouveau système de rentes linéaire. Le seuil de 80&nbsp;% pour une rente AI complète est trop élevé. De plus, l’USS juge inacceptable toute réduction des prestations des assurances sociales. Des technocrates décideraient du niveau de ces prestations, ce qui empêcherait la démocratie directe de fonctionner. Nous ne tolérerons pas le recours à une méthode qui n’a rien à voir avec notre tradition politique. </p>]]></content:encoded><category>Assurance-invalidité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1074</guid><pubDate>Thu, 30 May 2013 13:22:00 +0200</pubDate><title>Plus d’argent en limitant la déduction fiscale des pendulaires</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/plus-d-argent-en-limitant-la-deduction-fiscale-des-pendulaires</link><description>Financement de l’infrastructure ferroviaire</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors de la session parlementaire d’été, le Conseil national traitera l’un des plus importants objets concernant les transports publics de ces dernières années&nbsp;: le financement et l’aménagement de l’infrastructure ferroviaire (FAIF). Point controversé&nbsp;: la limitation de la déduction fiscale des pendulaires comme source de financement.</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) soutient l’initiative populaire «&nbsp;Pour les transports publics&nbsp;», dont les Chambres fédérales débattront lors de la session d’été avec le projet FAIF. Cette initiative veut donner plus de moyens financiers aux transports publics et peut être considérée à juste titre comme la vraie auteure du projet FAIF. En effet, sans elle, aucune conception n’aurait été élaborée pour le financement à long terme des transports publics. Avec le Fonds d’infrastructure ferroviaire (FIF) qu’il propose, le Conseil fédéral répond aux demandes de l’USS, à savoir la création d’un fonds unique permettant un financement public durable et stable de tous les projets d’infrastructure ferroviaire. 
</p><p>L’USS s’est engagée depuis longtemps pour que le nouveau fonds puisse commencer à être effectif sans être grevé de la dette actuelle de l’ancien Fonds FTP (fonds de financement des projets d’infrastructure des transports publics). Mais ni le Conseil fédéral ni le Conseil des États ne l’avaient suivie. La Chambre des cantons ayant cependant décidé d’augmenter à 6,4 milliards de francs les moyens financiers du nouveau fonds, celui-ci devrait pouvoir faire face au poids de la dette, à l’entretien du réseau et au financement des projets d’aménagement de l’infrastructure ferroviaire. 
</p><p>Une des sources de financement du nouveau fonds viendra des recettes supplémentaires entraînées par la limitation de la déduction fiscale de 3&nbsp;000 francs pour les frais de déplacement en véhicule privé. C’est aussi l’avis défendu par plusieurs propositions minoritaires de la Commission des transports et des télécommunications du Conseil national (CTT-N), que l’USS juge inappropriées. Que veulent en effet ces minorités&nbsp;?
</p><h3>Minorité I Candinas&nbsp;: «&nbsp;jusqu’à concurrence du prix d’un abonnement général 2e classe&nbsp;»</h3><p>Cette proposition n’est pas appropriée parce que la notion de frais de déplacement va se modifier fondamentalement dans un avenir proche. Demain, les pendulaires choisiront des modèles d’abonnements régionaux combinés et l’abonnement général sera sans doute très cher. Lier la déduction fiscale à ces futurs abonnements généraux très chers priverait donc le FAIF de fonds substantiels. 
</p><h3>Minorité II Quadri&nbsp;: «&nbsp;selon le droit en vigueur&nbsp;»</h3><p>Aujourd’hui, la déduction fiscale pour les frais professionnels en rapport avec l’utilisation d’un véhicule privé n’est pas plafonnée. Conséquence&nbsp;: des inégalités choquantes entre les transports publics et les transports privés. D’autre part, le FAIF perdrait une importante source de financement avec la proposition de cette minorité.
</p><h3>Minorité III Grossen&nbsp;: «&nbsp;abroger les frais de déplacement&nbsp;»</h3><p>Cette proposition défavorise de manière inacceptable les pendulaires qui, à cause de leurs horaires de travail, ne peuvent pas prendre les transports publics. À rejeter donc.
</p><p>La majorité de la CTT-N et le Conseil des États veulent limiter à 3000 francs la déduction pour frais de déplacement. C’est prendre en considération le fait qu’aujourd’hui, nombre de pendulaires qui travaillent, par exemple, en équipe, sont contraints de se rendre en voiture sur leur lieu de travail. Ils pourront ainsi continuer à déduire fiscalement un montant substantiel. Parallèlement, la limitation de cette déduction est une bonne incitation financière pour les pendulaires, qui pourraient ainsi choisir les transports publics. Si le Conseil national accepte cette proposition de la majorité de sa commission, il garantira déjà une source de financement au FAIF.</p>]]></content:encoded><category>Transports</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1072</guid><pubDate>Thu, 30 May 2013 13:21:00 +0200</pubDate><title>Les jalons du tournant énergétique</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/les-jalons-du-tournant-energetique</link><description>Politique énergétique
</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors de cette session d’été, le Conseil des États traitera de toute une série d’objets de politique énergétique d’une importance déterminante pour le prochain message du Conseil fédéral sur sa Stratégie énergétique 2050. La Chambre des cantons aura donc la possibilité soit de renforcer soit d’affaiblir cette stratégie. </p><p>Les principales interventions parlementaires que le Conseil des États aura à traiter à ce sujet sont les suivantes&nbsp;:</p><ul><li>l’initiative populaire «&nbsp;De nouveaux emplois grâce aux énergies renouvelables (Initiative cleantech)&nbsp;»,</li><li>l’initiative parlementaire «&nbsp;Libérer les investissements dans le renouvelable sans pénaliser les gros consommateurs&nbsp;» (Commission de l’environnement, de l’aménagement du territoire et de l’énergie du Conseil national (CEATE-N),</li><li>la motion «&nbsp;Aménagement de la RPC&nbsp;» (rétribution à prix coûtant du courant injecté) (CEAT-N),</li><li>la motion «&nbsp;Une RPC modérée pour l’industrie&nbsp;» (CEATE-N).</li></ul><h3>Les objectifs des technologies vertes&nbsp;: ambitieux, mais nécessaires</h3><p>L’Union syndicale suisse (USS) soutient l’initiative cleantech qui veut accélérer le rythme du développement des énergies renouvelables, celles-ci devant garantir en 2030 50&nbsp;% de l’approvisionnement en énergie. La sortie du nucléaire n’est en effet possible que si l’on donne aux énergies renouvelables des buts fixés par petites étapes et plus ambitieux que ce que la Conseil fédéral prévoit dans sa Stratégie 2050. Le potentiel du photovoltaïque doit être mieux mis à profit, car les prix de revient ne cessent d’évoluer à la baisse et parce que les installations de production sont peu invasives et acceptées par la société. Si le tournant énergétique a lieu, il faut aussi que la consommation d’énergie soit limitée. Et, pour y arriver, rien de plus efficace que des prescriptions claires et obligatoires pour la consommation des appareils, des véhicules et des machines. 
</p><h3>Une rétribution correcte, mais pas de profits sur le dos de la communauté</h3><p>L’initiative parlementaire «&nbsp;Libérer les investissements dans le renouvelable sans pénaliser les gros consommateurs&nbsp;» veut augmenter à 1,5 centime/kWh le supplément sur les coûts de transport des réseaux à haute tension qui sert principalement à financer la RPC&nbsp;; cela, afin de permettre la réduction du nombre des projets en file d’attente. L’USS est favorable à l’accélération du développement des énergies renouvelables rendu possible de la sorte. Mais elle demande très clairement que l’on limite la rétribution à environ dix ans et que les taux de rétribution soient adaptés de manière dynamique aux prix de revient. 
</p><p>Cela pourra se faire avec la motion «&nbsp;Aménagement de la RPC&nbsp;», également présentée par la CEATE-N. Elle prévoit en effet d’aménager la RPC comme l’USS l’entend, à savoir de rétribuer équitablement les énergies renouvelables, mais sans que celles-ci deviennent une garantie de profits sur des coûts finalement supportés par la communauté en payant son électricité. 
</p><h3>Ne pas répercuter unilatéralement les coûts sur les petits consommateurs</h3><p>Le tournant énergétique ne sera économiquement et socialement supportable que si ses coûts sont répartis de la manière la plus équitable possible entre tous les consommateurs finaux. L’USS rejette l’introduction de conditions spéciales pour l’économie, car elles ne sont justifiées que pour les entreprises qui consomment beaucoup d’énergie au point d’en subir d’éventuels désavantages concurrentiels. Décharger dans une importante mesure la totalité des entreprises industrielles de la RPC, comme le demande la motion «&nbsp;Une RPC modérée pour l’industrie&nbsp;», serait catastrophique, car cela ouvrirait tout grand la porte à une situation aberrante comme en Allemagne. L’USS espère que le Conseil des États corrigera la décision prise par le Conseil national avant Noël. La majorité de la Chambre des cantons enverrait un signal funeste si elle acceptait la motion Fournier «&nbsp;Approvisionnement en énergie et renouvellement du réseau de transport à haute tension par une répartition des charges&nbsp;». De fait, cette motion veut décharger les gros consommateurs des coûts d’utilisation du réseau. 
</p><p>Ces interventions parlementaires sont autant de ballons d’essai dont le but est de répercuter unilatéralement les coûts du tournant énergétique sur les petits consommateurs et les ménages. Le Parlement doit simplement les refuser, à temps et avec une nette majorité.
</p><p>L’Union européenne met aussi sous pression ces allégements destinés aux entreprises dans le cadre du tournant énergétique. La Commission européenne examine très attentivement les conditions spéciales que les États font à leurs entreprises car, s’il s’agissait d’aides publiques, elles contourneraient les règles du marché intérieur.</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category><category>Énergie et environnement</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1069</guid><pubDate>Thu, 23 May 2013 14:21:00 +0200</pubDate><title>On ne peut compter que sur une AVS forte</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/on-ne-peut-compter-que-sur-une-avs-forte</link><description>Caisses de pensions : moins de prestations malgré de bons rendements ! </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La plupart des caisses de pensions vont bien. Les derniers chiffres publiés au sujet de la santé financière du 2e pilier le montrent. Cela n’empêche pas la branche des caisses de pensions et son autorité de surveillance d’attiser les peurs et de prêcher le démantèlement des prestations. La confiance dans le 2e pilier baisse. L’Union syndicale suisse (USS) arrive donc au bon moment avec son projet de renforcement du 1er pilier, l’AVS.</p><p>Dans tout le pays, les caisses de pensions ont publié ces dernières semaines leurs résultats pour &nbsp;2012. Et ceux d’un vaste sondage de Swisscanto, un des acteurs de la prévoyance, ainsi que les chiffres analysés par la Commission de haute surveillance de la prévoyance professionnelle le font aussi apparaître&nbsp;: 2012 fut une année excellente pour les caisses de pensions, les rendements ayant connu une hausse soutenue. En moyenne, elles ont en effet réalisé un rendement d’au moins 7,2&nbsp;%, de 5 à 10&nbsp;% pour plus de 90&nbsp;% d’entre elles. Les taux de couverture ont augmenté en conséquence. Avec un taux moyen de près de 110&nbsp;% pour les caisses de droit privé et de 90&nbsp;% pour les caisses publiques, la prévoyance professionnelle apparaît bien lotie. En outre, les bases de calcul appliquées aux engagements liés aux rentes sont toujours plus prudentes. Et il y a lieu de se réjouir de la baisse progressive des coûts.
</p><h3>Bonnes performances, mais petits intérêts</h3><p>En dépit de cette évolution positive, la branche des caisses de pensions et les autorités compétentes continuent à attiser les peurs. Les assuré(e)s n’ont pratiquement rien vu de ces très bonnes performances&nbsp;: les intérêts moyens servis sur les avoirs de vieillesse ont été inférieurs à 2&nbsp;%. Le taux d’intérêt minimal LPP se montait à un misérable 1,5&nbsp;%, l’an dernier et, en 2013, il restera tout aussi maigre. Cela se traduit par autant de pression sur le capital vieillesse des futurs retraité(e)s. Le capital de vieillesse de 200&nbsp;000 francs d’une femme de 55 ans aurait dû augmenter de 6&nbsp;000 francs avec la seule moitié du rendement moyen effectivement réalisé. En réalité, il n’a augmenté que de 3&nbsp;000 francs environ. Ce cas montre qu’en trois ou quatre ans, ces maigres intérêts peuvent se transformer en une perte de plus de 10&nbsp;000 francs. De l’argent qui manquera lorsque la rente sera calculée, d’autant plus que les futures retraité(e)s devront s’accommoder de plus petites rentes. En effet, la majorité des caisses ont fait passer leur taux de conversion minimal LPP au-dessous de 6&nbsp;%.
</p><p>Après le sec rejet par le peuple de la baisse de ce taux en 2010, la branche des caisses de pensions voulait renforcer la confiance des gens dans la prévoyance professionnelle. Mais elle fait précisément l’inverse. Si, pendant les bonnes années, les intérêts restent maigrichons et les rentes sont réduites, la confiance dans le 2e pilier, d’ores et déjà ébranlée, diminue encore plus. Les assuré(e)s ne comprennent plus pourquoi, malgré les rendements élevés des caisses de pensions, les prestations diminuent
</p><h3>L’AVS est et reste compréhensible, et fiable</h3><p>La prévoyance vieillesse et son fonctionnement doivent être compréhensibles. Dans le modèle suisse des 3 piliers, seul le premier, l’AVS, l’est pour tout le monde. Le financement selon le principe de la répartition est en effet plus facile à comprendre que le financement des caisses de pensions dans lequel, malgré des bons rendements, les rentes futures n’ont pas le droit d’augmenter. Les recettes de l’AVS couvrent au fur et mesure les rentes versées. Tant que l’évolution économique est positive, les cotisations versées à cette dernière suffisent à financer les rentes. L’AVS repose sur le principe de solidarité, &nbsp;entre jeunes et vieux, ainsi qu’entre riches et pauvres. Sans solidarité, aucune société ne fonctionne et surtout pas une communauté de risque comme une assurance sociale. Soixante-cinq ans après son introduction, le financement solidaire de l’AVS est toujours performant, alors que le nombre de rentes servies a doublé et que le rapport entre le nombre des actifs/actives et celui des retraité(e)s s’est détérioré, passant de 1:9 à 1:2,5. 
</p><p>La situation paradoxale des caisses de pensions montre clairement que nous devons aménager notre futur système de prévoyance vieillesse en développant l’AVS. L’initiative populaire AVSplus demande une hausse de 10&nbsp;% des rentes de vieillesse. L’AVS est la seule garante d’une prévoyance vieillesse fiable et compréhensible.</p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1065</guid><pubDate>Thu, 16 May 2013 13:36:00 +0200</pubDate><title>Toujours plus dur, toujous plus restrictifi : le NON s’impose !</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/toujours-plus-dur-toujous-plus-restrictifi-le-non-s-impose</link><description>Votation du 9 juin: référendum sur l’asile</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Depuis plus d’une trentaine d’années, les révisions du droit d’asile se succèdent à un rythme effréné. Une partie peu glorieuse de la classe politique suisse en a fait son défouloir, cherchant à chaque fois à imposer de nouvelles restrictions. IL faut mettre fin à cette spirale anti-humanitaire. En votant NON le 9 juin prochain.</p><p>Le droit d’asile est un chantier en perpétuel remaniement, au point qu’aujourd’hui, trois révisions de loi sont parallèlement en cours&nbsp;! Le 9 juin, la votation portera sur le premier volet. Nous sommes en présence d’une stratégie de saucissonnage peu transparente pour la très grande majorité du peuple suisse, mais qui, au final, vise toujours à délivrer un même message avec un même bouc émissaire&nbsp;: la population étrangère ou partie d’entre elle est responsable de tous les maux qui accablent le pays. 
</p><p>La votation du 9 juin portera donc sur des mesures urgentes votées par les Chambres fédérales, qui sont entrées en vigueur à fin septembre 2012 déjà. Brièvement résumées, elles portent sur quatre points&nbsp;: l’abrogation de la désertion comme motif de l’asile, la suppression de la possibilité de déposer une demande d’asile à l’étranger (via les ambassades), la création de centres spéciaux pour les «&nbsp;récalcitrants&nbsp;» et l’introduction de phases-tests permettant au Conseil fédéral de déroger temporairement à la loi. 
</p><p>Ces mesures n’ont rien d’urgentes et ne vont rien régler du tout&nbsp;! Tout d’abord, l’immigration ne se régule pas de manière mécanique. Les demandes d’asile varient selon l’évolution des conflits à travers le monde. De plus, supprimer, par exemple, le statut de réfugiés pour les déserteurs ne permettra pas de renvoyer les Érythréens dans leur pays où ils risquent la mort. Ils demeureront en Suisse au bénéfice d’une admission provisoire, c’est-à-dire avec un statut très précaire. En bref, ce énième durcissement de la loi sur l’asile ne servira qu’à fragiliser d’autant plus les conditions de vie, déjà précaires, de personnes vulnérables. Pour 2011, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés estimait déjà à plus de 1500 les personnes qui ont péri en tentant la traversée illégale de la Méditerranée. Les mesures urgentes en question dans notre pays ne pourront qu’alimenter les filières illégales et faire le jeu des passeurs mafieux.&nbsp; 
</p><h3>Halte à une dérive anti-humanitaire en matière d’asile&nbsp;!</h3><p>Énième durcissement de la loi sur l’asile, énième affront à la tradition humanitaire de la Suisse… Il est temps de dire «&nbsp;Stop&nbsp;!&nbsp;». Lors de son assemblée du 16 novembre 2012, les délégué(e)s de l’Union syndicale suisse (USS) décidaient de soutenir le référendum. L’USS ne peut que condamner les orientations prises au cours des trente dernières années en matière d’asile&nbsp;: un droit d’asile toujours plus dur, toujours plus restrictif. Nous devons donner un signal net et sans appel à nos autorités. C’est pourquoi l’USS appelle sans équivoque à voter «&nbsp;Non&nbsp;» le 9 juin.</p>]]></content:encoded><category>Migration</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1066</guid><pubDate>Thu, 16 May 2013 13:33:00 +0200</pubDate><title>Le gouvernement veut de facto favoriser les contrôles</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/le-gouvernement-veut-de-facto-favoriser-les-controles</link><description>Égalité des salaires et marchés publics de la Confédération</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 1er mai 2013, le Conseil fédéral a décidé d’augmenter de deux unités la dotation en personnel du Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes (BFEG). Ainsi, il deviendra possible de réellement contrôler les salaires dans le domaine des marchés publics de la Confédération. </p><p>&nbsp;La loi fédérale sur les marchés publics (LMP) prévoit, à son article 8, que la Confédération n’adjuge de marché qu’aux entreprises soumissionnaires qui garantissent l’égalité de salaire entre femmes et hommes. Que cela sonne bien&nbsp;! Et, en apparence du moins, que c’est exemplaire&nbsp;! Mais dans la pratique, il y a comme un (gros) hic. La Confédération a certes confié au BGEF le mandat de veiller à ce que tout se passe selon la loi au chapitre, de l’égalité des salaires, mais n’a pas affecté de moyens spécifiques pour ce faire. Si bien que le BGEF doit financer ces activités avec son budget normal. On comprend dès lors pourquoi, depuis l’introduction de cette disposition en 2006, moins de 20 entreprises ont été contrôlées. En 2010, il n’y a même eu que 4 contrôles sur 377 adjudications. L’USS a protesté à plusieurs reprises contre cette application lamentable de l’égalité des salaires en matière de marchés publics. Même la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf a dû reconnaître devant les parlementaires que les contrôles étaient trop rares.
</p><p>Mais, une fois le terrain préparé par des interventions parlementaires et la ligne directrice sur l’égalité des sexes du programme de législature du Conseil fédéral, celui-ci est sorti de sa torpeur. Lors de sa séance du 1er mai, il a approuvé la création de deux postes supplémentaires au BGEF. Et ce dernier devra avant tout organiser un plus grand nombre de contrôles dans le cadre des marchés publics de la Confédération. En plus clair, le BGEF pourra désormais mieux remplir son mandat qu’avec des seuls contrôles par sondage. 
</p><p>Cette décision n’est toutefois pas encore totalement «&nbsp;prise&nbsp;». Le Conseil fédéral doit en effet confirmer l’augmentation de la dotation en personnel du BFEG lorsqu’il se prononcera, à la mi-2013, sur l’ensemble des ressources destinées aux frais de personnel. Nous verrons alors avec quel sérieux il s’occupe de l’application de l’égalité des salaires entre femmes et hommes en matière de marchés publics. 
</p><p>Synthèse, provisoire donc&nbsp;: en ce qui concerne un domaine circonscrit, le Conseil fédéral ne freine plus en ce qui concerne l’égalité de salaire entre femmes et hommes. C’est une bonne chose, mais il faut aller beaucoup plus loin encore&nbsp;: les politiques doivent enfin introduire partout des mécanismes efficaces pour contrôler cette égalité.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1067</guid><pubDate>Thu, 16 May 2013 13:00:00 +0200</pubDate><title>Manifestation de solidarité contre les licenciements abusifs de l’hôpital de la Providence</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/manifestation-de-solidarite-contre-les-licenciements-abusifs-de-l-hopital-de-la-providence</link><description>Samedi, 1er juin, 14 heures, à Genève, Place du Molard</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) et le Syndicat suisse des services publics (ssp) appellent toutes et tous les syndiqué(e)s à venir manifester le 1er juin à Genève contre les licenciements abusifs. L’affaire de l’hôpital de la Providence est la goutte qui a fait déborder le vase. </p><p>Le cas de l’hôpital de la Providence est le plus récent. Mais c’est de loin le plus violent de toute une série de licenciements antisyndicaux. En février 2013, 22 grévistes de l’hôpital neuchâtelois de la Providence se sont fait licencier avec effet immédiat. Et pourquoi ? Parce qu’ils se sont mis en grève contre la dénonciation de leur convention collective de travail (CCT) et contre la dégradation de leurs conditions de travail, deux des exigences posées par un acquéreur privé de l’hôpital, le groupe Genolier. Ces licenciements brutaux violent les droits syndicaux garantis par la Constitution fédérale et des conventions internationales. Or, invoquant la loi, le tribunal auquel le Syndicat suisse des services publics (ssp) a fait appel a refusé de les annuler. 
</p><p>Ainsi, le droit de grève se trouve foulé aux pieds. Il n’est plus possible de faire grève pour s’opposer à la dégradation de ses conditions de travail. Mais la décision du tribunal est aussi une attaque dirigée contre un partenariat social correct. Un acquéreur, comme Genolier, ne peut pas simplement « débrancher » la CCT et détériorer les conditions de travail. Si cet exemple fait école, les CCT ne vaudront même plus le papier sur lequel elles sont écrites. Ce sera alors uniquement marche ou crève. 
</p><p>Contre cette façon d’agir, le ssp a déposé le 10 avril 2013 une plainte auprès de l’Organisation internationale du Travail (OIT), à Genève. L’Union syndicale suisse (USS) en avait déjà de même en 2003 pour dénoncer la protection lacunaire contre les licenciements antisyndicaux dans notre pays et présenté des douzaines de cas à cette occasion. Mais, les employeurs et les politiques de droite avaient même enterré les améliorations de la protection contre le licenciement les plus minimes. Raison pour laquelle, l’USS a réactivé en automne 2012 la plainte qu’elle avait momentanément suspendue en 2009. 
</p><h3>Assez, c’est assez ! </h3><p>L’USS et le ssp appellent tous et toutes les syndiqué(e)s du pays à se joindre à la manifestation de solidarité contre les licenciements abusifs, qui se tiendra le 1er juin prochain. Nous ne nous laisserons pas arnaquer ! 
</p><p>Droit de grève garanti ! – Respect des CCT ! NON au démantèlement pur et dur ! 
</p><h5>Informations pratiques&nbsp;</h5><p>Samedi 1er juin 2013, Place du Molard, Genève
</p><p>Depuis la gare CFF, tram 14, direction P + R Bernex jusqu’à l’arrêt Bel-Air, puis 3 minutes à pied jusqu’à la Place du Molard
</p><p>À 14 h 30 environ, rassemblement avec les manifestant(e)s de la CGAS. Ces derniers auront déjà manifesté (13 h 30, Place Neuve) pour des salaires justes et une répartition équitable des revenus. Cortège commun des participant(e)s aux deux manifs jusqu’à la Place des Nations, où aura lieu la manifestation finale.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1055</guid><pubDate>Wed, 01 May 2013 12:27:00 +0200</pubDate><title>Discours de 1er mai 2013</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/discours-de-1er-mai-2013</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<ul><li>&lt;media 1005 - - "TEXT, paul Rechsteiner, paul_Rechsteiner.docx, 27 KB"&gt;Paul Rechsteiner, président de l'USS&lt;/media&gt;&nbsp;</li><li>&lt;media 1000 - - "TEXT, daniel lampart, daniel_lampart.docx, 113 KB"&gt;Daniel Lampart, économiste en chef de l'USS&lt;/media&gt;</li><li><span>&lt;media 1006 - - "TEXT, vania alleva, vania_alleva.pdf, 40 KB"&gt;Vania Alleva, co-président d'Unia&lt;/media&gt;</span></li><li>&lt;media 1002 - - "TEXT, giorgio tuti, giorgio_tuti.docx, 42 KB"&gt;Giorgio Tuti, président du SEV&lt;/media&gt;&nbsp;</li><li><span>&lt;media 1003 - - "TEXT, katharina prelicz, katharina_prelicz.docx, 83 KB"&gt;Katharina Prelicz-Huber, président du ssp&lt;/media&gt;</span></li><li>&lt;media 999 - - "TEXT, alain carupt, alain_carupt.docx, 31 KB"&gt;Alain Carrupt, coprésident de syndicom&lt;/media&gt;</li><li style="FONT-SIZE: 12px"><span>&lt;media 1001 - - "TEXT, Dore Heim, Dore_Heim.docx, 28 KB"&gt;Dore Heim,&nbsp;secrétaire dirigeante&nbsp;de l'USS&lt;/media&gt;</span></li><li style="FONT-SIZE: 12px"><span>&lt;media 1004 - - "TEXT, Nico Lutz, Nico_Lutz.docx, 21 KB"&gt;Nico Lutz, Unia&lt;/media&gt;</span></li></ul>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1052</guid><pubDate>Tue, 30 Apr 2013 13:49:00 +0200</pubDate><title>Non aux agressions contre le personnel </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/non-aux-agressions-contre-le-personnel</link><description>Sécurité au travail : face à la criminalité aussi et surtout dans les transports publics.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Syndicat du personnel des transports (SEV) demande, à la faveur d’une vaste campagne de sensibilisation, que les autorités et les employeurs renforcent leurs mesures destinées à protéger le personnel et les voyageurs et voyageuses contre tout acte de violence quel qu’il soit. Il faut accroître la prévention. Mais l’idéologie des économies à tout prix et du démantèlement s’y opposent.</p><p>Les organisations du personnel des transports publics annoncent toujours plus de cas d’agressions verbales, voire physiques, à l’encontre des contrôleur(e)s ou du personnel de guichet des CFF, de même que d’actes de vandalisme commis par des jeunes durant le trafic de nuit. 
</p><p>Les femmes sont surtout concernées pas les commentaires sexistes d’autres voyageurs. Il peut s’agit de remarques salaces sur leur physique, comme d’actes à caractère sexuel non souhaités (attouchements soi-disant involontaires). Et il y a malheureusement lieu de mentionner aussi des délits punissables, comme la contrainte sexuelle, etc. Dans ces cas, il est de la plus haute importance de porter logiquement aussi plainte contre ces agressions (verbales) à connotations sexuelles. Cela s’applique également, sous l’angle d’une politique de santé non discriminatoire («&nbsp;Gender health&nbsp;»), aux commentaires dirigés contre des lesbiennes, des gays, des bisexuel(le)s ou des transgenres (LGBT). Les lesbiennes et les gays sont en effet régulièrement confrontés à ce type d’agression. 
</p><p>Des études l’ont établi&nbsp;: les agressions contre le personnel, surtout celles à connotation sexuelle, ont de nombreuses conséquences négatives&nbsp;: troubles psychiques et physiques, absences, dégradation de l’ambiance au travail ou dans l’entreprise. En outre, elles représentent, pour leurs victimes, une très grave atteinte à leur personnalité, que l’employeur est tenu de combattre avec tous les moyens à sa disposition.
</p><h3>Une enquête pour améliorer la situation</h3><p>C’est pourquoi le SEV et ses sous-fédérations ont mis au point une «&nbsp;carte d’agression&nbsp;». Grâce à une vaste enquête réalisée auprès des employé(e)s, on disposera d’une meilleure vue d’ensemble des agressions dont ils sont la cible (<a href="http://www.sev-online.ch/fr/aktuell/kontakt.sev/2013/ausgabe_07/aggressionskarte.php" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.sev-online.ch/fr/aktuell/kontakt.sev/2013/ausgabe_07/aggressionskarte.php</a>). Et demain, il sera ainsi possible d’engager, avec les autorités et les employeurs, des mesures mieux ciblées. 
</p><p>Aujourd’hui déjà, il faut rappeler que toutes les agressions contre des collaborateurs ou des collaboratrices des transports publics sont reconnues officiellement comme des délits et qu’elles doivent être poursuivies avec toute la rigueur de la loi&nbsp;: selon le Code pénal, ces infractions sont poursuivies d’office, lorsqu’elles concernent des employé(e)s des transports publics durant leur service actif. Cela figure à l’article 59 de la loi sur le transport des voyageurs, ainsi qu’à l’article 88 de la loi sur les chemins de fer fédéraux. L’autorité en charge de telles enquêtes doit donc obligatoirement agir lorsqu’elle prend connaissance d’une agression. 
</p><p>La mesure la plus efficace contre les agressions reste la prévention. Celle-ci est la meilleure lorsqu’un personnel formé plus nombreux intervient en groupe dans les trains et les bus. Les exemples négatifs du Réseau des transports publics zurichois montrent ce qui ne doit pas avoir lieu, à savoir qu’à cause du diktat des économies, on réduit le personnel de manière générale et aux guichets, ce qui transforme par conséquent les gares en des «&nbsp;non-lieux&nbsp;».</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Transports</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1054</guid><pubDate>Mon, 29 Apr 2013 15:04:00 +0200</pubDate><title>Les remèdes efficaces contre les inégalités croissantes : des correctifs politiques et des syndicats forts !</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/les-remedes-efficaces-contre-les-inegalites-croissantes-des-correctifs-politiques-et-des-syndicats-forts</link><description>Rapport sur la situation financière des travailleurs et travailleuses en Suisse</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’étude publiée par l’Union syndicale suisse à l’occasion du 1er mai 2013 («&nbsp;Pressions sur les salaires et répartition injuste&nbsp;») résume de manière précise les principales données concernant la situation économique et sociale de la Suisse. Dans le secteur des hauts et des très hauts revenus, le nombre de millionnaires (et de demi-millionnaires) ne cesse d’augmenter. Ceux-ci réclament pour eux-mêmes une part toujours croissante de la masse salariale. Dans le même temps, ils s’affranchissent toujours plus de leur responsabilité sociale. Exemple&nbsp;: les privilèges fiscaux en hausse accordés aux hauts et très hauts revenus et patrimoines. Ces privilégiés vivent dans leur bulle à l’écart du monde, auquel ils entendent de surcroît imposer de nouvelles règles antisociales, en démantelant par exemple l’Etat social. 
</p><p>Par ailleurs, les salaires réels de la grande majorité de la population, qui dispose de faibles et moyens revenus, n’ont que peu augmenté ces dix ou quinze dernières années. Le tableau est encore plus sombre si l’on tient compte de l’évolution des principaux postes de dépenses. La hausse des dépenses de logement et de santé contraste fortement avec la modeste augmentation des revenus. Le bilan est encore plus catastrophique si l’on prend en compte le fait que le stress a pris une ampleur qui menace directement la santé de plus d’un tiers des personnes sous contrat de travail. Accroissement de la charge de travail et du surmenage – imputable en particulier à l’extension continuelle de la journée de travail –, loyers et primes des caisses-maladie en augmentation d’un côté, revenus qui piétinent de l’autre&nbsp;: pour le plus grand nombre, le bilan est négatif. 
</p><p>En Suisse, un problème majeur n’est toujours pas résolu: les trop bas salaires versés à près de 440'000 salarié-e-s. Une personne sur cinq se retrouve face à des difficultés matérielles quand elle doit payer une facture inattendue de 2000 francs envoyé par le dentiste ou le carrossier. Voilà qui devrait donner à réfléchir.
</p><p>Et parmi les personnes qui exercent une activité professionnelle à plein temps sans parvenir à joindre les deux bouts, les salarié-e-s ayant suivi un apprentissage sont toujours plus nombreux. C’est un puissant signal d’alarme pour une économie dont les performances reposent en bonne partie sur des employé-e-s bien formé-e-s en possession d’un certificat de fin d’apprentissage. La Suisse est fière – à juste titre – de la qualité de son système d’apprentissage. L’apprentissage devrait donc aussi être payant, faute quoi il subit une dévalorisation systématique. 
</p><p>La discrimination salariale est particulièrement flagrante chez les femmes travaillant dans des branches à bas salaires comme le commerce de détail. Quand des vendeuses qualifiées, jouissant d’une expérience professionnelle, sont employées dans des grandes enseignes de vêtements ou de chaussures et gagnent trop peu pour mener une vie décente, alors que les propriétaires de ces mêmes groupes sont tous sans exception milliardaires et refusent de conclure des conventions collectives de travail, voilà qui illustre à merveille toute l’étendue des inégalités salariales en Suisse. Si ces vendeuses qualifiées sont payées au lance-pierre, cela ne tient pas au manque d’argent mais bien à des conditions injustes. 
</p><p>Or il est possible de changer cette situation. Ce sont des mécanismes et des choix voulus par les responsables politiques qui ont fait que les inégalités se sont également accrues dans notre pays, que les revenus et les fortunes ont été répartis de manière toujours plus inégalitaire et que les acquis sociaux sont soumis à des pressions de plus en plus fortes. Cette évolution politique négative vers un accroissement des inégalités peut cependant être inversée. Comment&nbsp;? Par des décisions plus raisonnables, propices à une meilleure répartition et à une meilleure cohésion sociale. 
</p><p>La nouvelle dynamique de l’initiative sur les salaires minimums est un pas important dans cette direction. L’initiative populaire 1&nbsp;:12 va dans le même sens et constitue une mesure efficace contre les excès salariaux. Comme les inégalités sociales augmentent encore avec l’âge, il importe de renforcer l’AVS, socle de la prévoyance vieillesse pour tous. C’est ce que demande l’initiative populaire AVSplus. Parmi les démarches politiques visant à rétablir un équilibre raisonnable, il y a toutes les propositions de politique fiscale qui prévoient de faire participer de nouveau équitablement les hauts revenus et les hauts patrimoines aux charges publiques, comme par exemple l’impôt fédéral sur les successions. Et il y a le rejet de tous les projets qui affaiblissent la solidarité au sein de la société. Enfin, il est important de disposer de bonnes infrastructures publiques, accessibles à tous à des prix abordables, et d’un bon système de formation et de santé accessible sans obstacles financiers. 
</p><p>Finalement, un point déterminant pour parvenir à faire progresser les salaires ce sont des syndicats forts et de bonnes conventions collectives de travail. Les salaires et les conditions de travail sont meilleurs dans les secteurs où les syndicats sont forts et les conventions collectives de bonne qualité que dans ceux où il n’existe pas de conventions collectives. La Suisse a la chance de pouvoir réaliser de sérieuses avancées dans ces secteurs ces prochaines années, grâce aux salaires minimums et à la consolidation des conventions collectives. Les pressions croissantes sur les salaires et les conditions de travail ne sont pas une fatalité. Réussirons-nous à entamer un développement durable en faveur de la majorité de la population disposant de bas et moyens salaires, ou la tendance négative de ces 10 ou 15 dernières années va-t-elle perdurer&nbsp;? La décision se prend maintenant. L’enjeu est d’une grande importance. 
</p><p>Ainsi donc
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><span>Il faut des conventions collectives de travail avec des salaires minimums dans toutes les branches, et surtout des salaires minimums spécifiques aux diverses professions. Personne ne doit gagner moins de 22 francs l’heure ou moins de 4000 francs par mois. A cet effet, il faut introduire un salaire minimum légal, en dessous duquel il ne sera pas permis de descendre, y compris dans les branches sans convention collective.</span></li><li><span>La protection offerte par les conventions collectives est insuffisamment développée en Suisse. C’est la conséquence d’une législation obsolète prévoyant des obstacles élevés pour étendre le champ d’application de ces conventions collectives. La protection des travailleurs doit être modernisée dans les secteurs à très bas salaires en y promouvant les conventions collectives.</span></li></ul><p></p>  ]]></content:encoded><category>Repartition</category><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1053</guid><pubDate>Mon, 29 Apr 2013 14:59:00 +0200</pubDate><title>Réorienter la politique salariale et des revenus vers une répartition plus juste</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/reorienter-la-politique-salariale-et-des-revenus-vers-une-repartition-plus-juste</link><description>Rapport sur la situation financière des travailleurs et travailleuses en Suisse </description><content:encoded><![CDATA[<h3>Soucis financiers et forte augmentation des contraintes au travail</h3><p>La Suisse n’a jamais été aussi riche. Et pourtant, les salaires de nombreuses personnes sont sous pression. Un cinquième d’entre elles ont même de sérieux soucis avec leurs revenus. Face à une dépense imprévue de 2&nbsp;000 francs pour leur dentiste ou pour réparer leur auto, elles se retrouvent à court d’argent. Mais l’argent n’est pas le seul problème. L’augmentation très forte des contraintes au travail en est aussi un. Désormais, plus d’un tiers des travailleurs et travailleuses se sentent souvent ou très souvent stressés au travail. Cela aussi parce qu’ils et elles doivent travailler de plus en plus en dehors des horaires de travail réguliers.
</p><h3>Bonus et individualisation de la politique salariale&nbsp;: la fourchette des salaires s’élargit </h3><p>L’ensemble des salarié(e)s ont contribué à plus de bien-être dans notre pays. Mais seule une minorité en a profité. Les grands gagnants sont les managers et les cadres. Ces dernières années, leurs salaires ont considérablement augmenté. Aujourd’hui, la Suisse compte 11&nbsp;586 personnes touchant un gros salaire, d’un demi-million de francs ou plus par an. C’est quatre fois plus qu’en 1997. Du côté des perdants, on trouve des professionnels titulaires d’un apprentissage. Ils ont beaucoup apporté à leurs entreprises. Mais, sur leurs comptes salaire, c’est le calme plat. Après déduction du renchérissement, leurs salaires ont même baissé entre 2002 et 2010 (salaire médian). 
</p><p>Les causes de ces excès&nbsp;: le versement de bonus et l’individualisation de la politique salariale. Depuis les années 1990, les managers ont plus participé aux bénéfices et plus profité du cours des actions de leurs entreprises. Cela, pour qu’ils gèrent celles-ci dans l’intérêt des actionnaires, pour lesquels ils ont dû faire le plus possible de bénéfices. Les bénéfices et le cours des actions ont explosé et, partant, les bonus afférents des managers aussi. L’introduction des bonus a permis aux dirigeants d’accaparer la plus grande partie de l’augmentation du poste des salaires. Si les entreprises avaient eu un système salarial classique, reposant sur des augmentations générales, les directions auraient été obligées de verser des salaires plus élevés à l’ensemble du personnel. La fourchette des salaires s’est élargie non seulement dans les grands groupes, mais aussi dans les entreprises de taille moyenne et celles qui sont en mains publiques. Après l’externalisation des entreprises de la Confédération, CFF et PTT, leurs chefs ont aussi pu toucher des salaires à hauteur de millions. 
</p><p>Tout au bas de l’échelle, la répartition des salaires est restée précaire. 437&nbsp;200 salarié(e)s doivent travailler pour un bas salaire (état 2010), soit 11,8&nbsp;% des travailleurs et travailleuses. Ils gagnent, en équivalent temps plein, moins de 4&nbsp;000 francs par mois (12 mois). Beaucoup ont besoin d’être aidés. Par exemple, leurs parents ou grands-parents les soutiennent financièrement ou bien ils doivent se tourner vers l’aide sociale. Alors qu’ils travaillent à temps plein&nbsp;!
</p><p>Il est particulièrement scandaleux qu’un tiers des personnes qui touchent un bas salaire soient titulaires d’un apprentissage. Manifestement, une formation de deux ou trois ans ne protège pas contre la sous-enchère salariale. On trouve de nombreux cas de ce genre dans les grands commerces de vêtements et de chaussures. Deux tiers des employé(e)s qui y gagnent moins de 4&nbsp;000 francs ont fait un apprentissage. Par contre, les propriétaires de ces commerces se portent très bien. Il n’est pas rare que leur fortune se compte en milliards de francs. 
</p><p>Mais une chose est positive&nbsp;: à la différence d’autres pays, le problème des bas salaires ne s’est pas aggravé chez nous. Grâce à la campagne «&nbsp;Pas de salaires au-dessous de 3&nbsp;000 francs&nbsp;!&nbsp;» des syndicats, il a par exemple été possible de relever les salaires les plus bas de l’hôtellerie-restauration de 2&nbsp;350 francs à 3&nbsp;400 francs (13 mois) entre 1998 et aujourd’hui. 
</p><p>Les salaires des femmes sont inférieurs de 18&nbsp;% à ceux des hommes. Pour une part, cette différence peut s’expliquer par le fait que les femmes effectuent d’autres travaux ou occupent moins souvent des positions supérieures dans les entreprises. Mais même si l’on en tient compte, elles gagnent plus de 400 francs de moins par mois que les hommes pour un travail et des qualifications identiques. Cette discrimination est illégale. Grâce à la forte pression exercée par les syndicats, il a été possible de la réduire ces dernières années.
</p><h3>Une politique fiscale et en matière de taxes favorable aux couches supérieures </h3><p>Les politiques fiscales et en matière de taxes jouent un rôle décisif lorsqu’il s’agit de savoir de combien d’argent une famille ou une personne dispose finalement pour vivre. À cet égard, les politiques ont de toute évidence favorisé les couches supérieures ces dernières années. Les impôts sur le revenu et sur la fortune ont été baissés, ce dont les ménages avec un revenu de 1 million ont le plus profité. Aujourd’hui, ils paient environ 30&nbsp;000 francs de moins d’impôts qu’il y a dix ans. 
</p><p>Le bilan des ménages à revenus plus bas ou moyens est nettement moins bon. Si leur charge fiscale a légèrement diminué, pour autant que cela soit possible pour un bas revenu, d’autres taxes ont parallèlement augmenté&nbsp;: émoluments, impôts indirects. Les primes d’assurance-maladie ont pris l’ascenseur. Cette dernière décennie, elles ont augmenté de plus de 50&nbsp;%. Le budget d’une famille de salarié(e)s ordinaires se voit donc grevé de 3&nbsp;600 francs supplémentaires (corrigé de l’inflation). Cette explosion aurait pu être atténuée avec des réductions de primes plus importantes ou des contributions cantonales aux hôpitaux plus élevées. Malheureusement, l’argent pour le faire a servi à compenser les baisses d’impôts.
</p><p>Les loyers ont également augmenté plus fortement que les salaires. Nombre de familles dans les agglomérations ont de la peine à trouver un logement à loyer abordable. Il faudrait lancer une offensive pour la construction de logements d’utilité publique. Mais c’est le contraire qui se passe. Les pouvoirs publics et les coopératives construisent moins de logements et la Confédération réduit massivement son aide à la construction de logements d’utilité publique.
</p><p>Une fois pris en compte les taxes, les primes d’assurance-maladie et les loyers, le bilan est inquiétant. Une famille à revenus élevés dispose, après dix ans, d’environ 15&nbsp;000 francs de plus par an pour vivre (corrigé de l’inflation). Un rêve pour les bas et moyens revenus&nbsp;! Or ils auraient plus que besoin d’une telle amélioration, mais n’ont bénéficié que d’un petit plus de 2&nbsp;900, respectivement 1&nbsp;300 francs. Et le revenu des ménages d’une personne a même diminué.
</p><h3>Réorienter la politique salariale et des revenus vers une répartition plus juste</h3><p>Il existe une grande marge de manœuvre au niveau national pour contrer cet élargissement de la fourchette des salaires et des revenus. Que la mondialisation ou d’autres facteurs non nationaux, sur lesquels il est impossible d’influer, aient élargi cette fourchette et que nous ne puissions rien contre cela est une histoire à dormir debout. Même l’OCDE (2011) le reconnaît désormais<a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Conf%C3%A9rences%20de%20presse%20et%20autres/2013/130429_DL_situation_financiere.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>. Il est vrai qu’il peut y avoir des «&nbsp;forces du marché&nbsp;» qui soient à l’origine d’une répartition plus inégalitaire des salaires. C’est par exemple le cas, lorsque suite à l’introduction de nouvelles technologies (ordinateurs…), le marché du travail a plus besoin d’une main-d’œuvre plus qualifiée et mieux payée et qu’il est possible de demander des salaires encore plus élevés. Mais ces évolutions négatives peuvent être corrigées au plan national. Dans les pays où les syndicats et une politique économique et sociale active ont agi contre l’élargissement de la fourchette des salaires, la répartition des revenus est plus égalitaire.
</p><p>Il serait facile d’améliorer la politique fiscale et en matière de taxes au niveau national. Les baisses d’impôts destinées aux gros salaires doivent être annulées&nbsp;; il en résulterait des rentrées supplémentaires de plus de 3 milliards pour le budget public. Ces fonds doivent être mis au service d’un financement plus équitable du système de santé (en particulier la réduction des primes d’assurance-maladie) et de la construction de logements d’utilité publique.
</p><h3>La Suisse a besoin d’une réorientation de la politique salariale</h3><p>&nbsp;</p><ul><li><span>Afin que chacun et chacune obtienne sa part d’accroissement de la prospérité du pays, un système salarial classique reposant sur des augmentations de salaire générales est nécessaire. L’idéologie de l’individualisation n’a quasiment profité qu’aux cadres et aux spécialistes.</span></li><li><span>Dans toutes les branches, les salaires doivent être protégés par un salaire minimum, surtout par le biais de salaires minimums par profession fixés par les conventions collectives de travail (CCT). Personne ne doit gagner mois de 22 francs de l’heure, respectivement moins de 4&nbsp;000 francs par mois à plein temps (salaire minimum légal). Grâce à la campagne des syndicats «&nbsp;Pas de salaires au-dessous de 3&nbsp;000 francs&nbsp;!&nbsp;», les bas salaires en Suisse ont nettement augmenté depuis 1998. C’est pourquoi les bas salaires ont évolué, précisément en Suisse, au même rythme que les salaires moyens.</span></li><li><span>Il faut des CCT pour toutes et tous. Le taux de couverture des CCT est insuffisant en Suisse. C’est dû aux obstacles légaux difficiles à franchir qui sont posés. Les pouvoirs publics doivent encourager les CCT qui prévoient des salaires minimums, comme c’est l’usage ailleurs. Ce n’est pas un hasard si le partenariat social de la plupart des pays européens est plus développé que le nôtre.</span></li><li><span>La discrimination salariale des femmes doit disparaître.&nbsp; La Constitution fédérale stipule clairement que les femmes et les hommes doivent toucher un salaire égal pour un travail de valeur égale. Cette discrimination est donc illégale.</span></li><li><span>La protection des travailleurs et des travailleuses doit être améliorée. Une assurance-chômage qui sert des prestations de qualité renforce la position des salarié(e)s quand ils s’opposent à de mauvaises conditions de travail ou lors des négociations salariales.</span></li><li><span>Les entreprises en main publique ne doivent pas verser de salaire supérieur à 500'000 francs (CFF, Poste, Banques cantonales). La Confédération et les cantons doivent appliquer ce principe. Dans les entreprises privées, le rapport entre les salaires doit être de 1:12.</span></li></ul><hr><p><a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/Conf%C3%A9rences%20de%20presse%20et%20autres/2013/130429_DL_situation_financiere.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> OECD (2011)&nbsp;: Divided We Stand&nbsp;: Why Inequality Keeps Rising. Paris&nbsp;: OECD Publishing
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Repartition</category><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1046</guid><pubDate>Tue, 16 Apr 2013 17:36:00 +0200</pubDate><title>La merveilleuse assurance</title><link>https://www.uss.ch/themes/detail/la-merveilleuse-assurance</link><description>1er Mai 2013 : contribution littéraire</description><content:encoded><![CDATA[<p>1948. Soudain, le facteur apporte une rente aux retraités. D’accord, les vieux n’ont rien payé, mais le peuple s’est transformé en bonne fée&nbsp;: «&nbsp;Maintenant on paye&nbsp;»,&nbsp; décidèrent les jeunes à une écrasante majorité, on paye pour que la peur régresse. Et les jeunes vieillirent. Pendant des années et des années, la confiance régna, comme le raconte un postier chevronné. Il dit&nbsp;: Rends-toi compte. Au début des années 70, encore on a demandé à un apprenti : «&nbsp;Tu saurais distribuer l’AVS tout seul&nbsp;?&nbsp;» Le chef s’absente une semaine. L’apprenti se retrouve seul, avec 120&nbsp;000 francs à distribuer. Et le chef a dit&nbsp;: «&nbsp;Mes femmes ne veulent que des billets de 100&nbsp;!&nbsp;». Alors, l’apprenti remplit toutes ses poches intérieures et extérieures. Rembourré comme un bonhomme Michelin, il va de porte en porte à travers le village. C’était ça, la confiance, une sorte d’avance que l’on voulait justifier pendant des décennies.
</p><p>Et en gros, c’est aussi comme ça que marche dans l’AVS&nbsp;: chacun paye pour les vieux, et il touche plus tard une rente payée par les plus jeunes. 
</p><p>Mais comme de nos jours, il y a des femmes qui se mettent à dépenser de temps en temps un billet de 200, il faut augmenter l’âge de leur retraite. Elles se contentent moins souvent qu’autrefois des deuxièmes rôles. Une femme de ma connaissance, Jocelyne Magnayon, a déjà transporté des billets de mille de l’autre côté de l’océan après que ses parents l’ont appelée de là-bas&nbsp;: «&nbsp;Il va falloir qu’on recommence à travailler, maintenant.&nbsp;». Après trois ans de retraite, l’argent s’était envolé&nbsp;; une assurance de guignols avait versé le capital des rentes, ils avaient tout investi et placé comme on le leur avait recommandé, ensuite, il y avait eu la crise asiatique, le trou noir. «&nbsp;Nous travaillerons jusqu’à notre mort&nbsp;», disent les parents de Jocelyne, qui prend de temps en temps l’avion pour leur apporter quelques billets de mille, parce que c’est sans frais si on cache bien les billets dans les poches intérieures et dans le soutien-gorge. L’assurance s’appelle Jocelyne Magnayon et elle fait ses calculs&nbsp;: que vaut la rente ici, que vaut-elle là-bas en tenant compte du loyer et des intérêts, le franc n’a qu’à continuer à augmenter.
</p><p>Partout, on calcule à l’avance. Les assurances de guignols crient à la baisse des rendements, les capitalistes conjurent la chute du capitalisme. Ils disent qu’on doit avoir peur. Le rapport entre les jeunes et les vieux deviendrait défavorable, en nombre. D’accord, mais il y a sans cesse des gens qui viennent ici et veulent travailler ici. Parce que le travail ne manque pas. Et il ne peut pas arriver que ceux qui touchent des salaires et payent des cotisations se volatilisent, éclatent comme une bulle financière en pleine crise. Je fais confiance au calcul suivant&nbsp;: le facteur et Jocelyne Magnayon, toutes les vendeuses et moi-même, nous gagnons de quoi payer les rentes. Comme nous sommes un peu plus nombreux que la famille de Jocelyne et que quelques-uns d’entre nous font de bonnes affaires, ça devrait bien suffire pour payer de bonnes rentes. 
</p><h5>Brève biographie d’Annette Hug</h5><p>Annette Hug est née en 1970 à Zurich, où elle vit à nouveau aujourd’hui. Elle a fait des études sur les femmes et le développement à Manille. Actuellement, elle travaille autant comme auteure que secrétaire syndicale. Son premier roman, «Lady Berta», a été publié au printemps 2008 par Rotpunktverlag. À partir de phrases rares et maigres prononcées par sa grand-mère, une personne découvre une histoire familiale. En 2010 a suivi le roman à épisodes «In Zelenys Zimmer», dans lequel la NZZ a vu un «&nbsp;petit chef-d’œuvre&nbsp;»</p>]]></content:encoded></item><item><guid isPermaLink="false">news-1042</guid><pubDate>Fri, 12 Apr 2013 13:43:00 +0200</pubDate><title>Cette fois, le ssp dépose plainte contre la Suisse à l’OIT</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/cette-fois-le-ssp-depose-plainte-contre-la-suisse-a-l-oit</link><description>La législation suisse viole les droits syndicaux</description><content:encoded><![CDATA[<p>Dans notre pays, le droit de grève est garanti par la Constitution fédérale. Mais le droit suisse permet de licencier des grévistes, comme ce fut récemment le cas du personnel en grève de l’hôpital neuchâtelois de La Providence. Aujourd’hui, le Syndicat suisse des services publics (ssp) porte plainte auprès de l’OIT contre cette attitude anticonstitutionnelle. 
</p><p>En Suisse, le droit de grève est garanti par l’article 28 de la Constitution fédérale. Notre pays a aussi ratifié deux conventions de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur les droits syndicaux et s’est engagé à les respecter. Il s’agit des conventions n°&nbsp;87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical (ratifiée par la Suisse en 1975) et n°&nbsp;98 sur le droit d’organisation et de négociation collective (ratifiée en 1999). 
</p><h3>Plainte du ssp pour violation du droit de grève</h3><p>La plainte déposée auprès de l’OIT par le Syndicat suisse des services publics (ssp) concerne la violation du droit de grève dans le cas de l’hôpital neuchâtelois de La Providence, un hôpital qui fut récemment le théâtre d’une remise en question du droit de grève d’une violence inouïe.
</p><p>Petit retour dans un passé proche&nbsp;: le réseau de cliniques privées Genolier Swiss Medical Network veut acheter La Providence, mais à la condition que la convention collective de travail (CCT) en vigueur ne soit plus appliquée. Genolier entend notamment aussi prolonger la durée du travail, réduire diverses indemnités, ramener le congé de maternité au minimum légal de 14 semaines et supprimer la grille salariale. Depuis de nombreuses années, La Providence est couverte par la CCT du secteur de la santé neuchâtelois, dont profitent plusieurs milliers de travailleurs et travailleuses du secteur. Fin 2012, les employé(e)s de La Providence se sont mis en grève pour conserver cette CCT, l’employeur les menaçant alors de licenciements immédiats. Ce qu’il fera effectivement en février 2013 pour les 22 personnes toujours en grève. Ensuite, le tribunal auquel il est fait appel refusera d’empêcher ces licenciements en invoquant la loi. Pour le ssp, comme pour l’Union syndicale suisse (USS), il est clair que le droit de grève a été violé. C’est pourquoi le ssp, en tant qu’organisation syndicale directement concernée, déposera une plainte auprès du siège principal de l’OIT, à Genève. «&nbsp;Ceux qui font grève se font licencier, et ne peuvent donc plus faire grève parce qu’ils n’ont plus de contrat de travail.&nbsp;» Telle est la raison pour laquelle, le ssp, explique Stefan Giger, son secrétaire général, a décidé de déposer plainte. De fait, l’absurdité de la législation suisse apparaît ici dans toute sa splendeur. 
</p><h3>Plainte de l’USS pour cause de protection lacunaire contre le licenciement</h3><p>En 2003 déjà, l’USS avait déposé pour la première fois une plainte auprès de l’OIT pour violation de la convention n°&nbsp;98 de cette dernière. Selon l’USS, la protection insuffisante des personnes de confiance, des militant(e)s syndicaux et autres membres de commissions d’entreprise contre les licenciements injustifiés est en contradiction avec la convention n°&nbsp;98. Une année plus tard, le Comité de la liberté syndicale de l’OIT, responsable de ces questions, pria nos autorités d’adapter la législation au droit international. Mais les politiques suisses, dominés par la droite, refusèrent d’introduire des sanctions concrètes contre les licenciements antisyndicaux. Et ils allèrent même jusqu’à enterrer la moindre amorce de solution à ce problème. C’est la raison pour laquelle l’USS a réactivé en 2012 sa plainte, qui avait été suspendue depuis 2009.
</p><h3>Manif de solidarité le 1er juin</h3><p>Suite à la plainte du ssp, la Suisse, pays hôte de l’OIT, se trouve une nouvelle fois, au plan international, sur le banc des accusés. Mais le ssp et l’USS ne combattent pas la mise à mort brutale de la grève des employé(e)s de La Providence avec des armes uniquement juridiques. Le samedi 1er juin, une manif de solidarité contre les licenciements abusifs aura lieu à Genève. L’USS appellera ses membres à y participer (des informations suivront). En effet, il s’agit, d’une part, de la garantie du droit de grève en Suisse et, de l’autre, du respect des CCT. Soit des deux piliers sur lesquels repose la liberté syndicale.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1022</guid><pubDate>Fri, 12 Apr 2013 09:32:00 +0200</pubDate><title>Pas de dégradation unilatérale au détriment des salarié(e)s !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pas-de-degradation-unilaterale-au-detriment-des-salarie-e-s</link><description>Révision du droit de l’assainissement sur la corde raide
</description><content:encoded><![CDATA[<p>Lors de la prochaine session parlementaire d’été, le Conseil national traitera la réforme du droit de la poursuite pour dettes et la faillite (procédure d’assainissement, révision partielle de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite LP). L’Union syndicale suisse (USS) met en garde&nbsp;: pas question d’accéder aux revendications extrêmes des employeurs et de sortir l’obligation d’un plan social de la révision.
</p><p>Il y a quelques années de cela, il a été décidé, surtout en raison des expériences faites après l’effondrement traumatisant de Swissair, de corriger ponctuellement certains points faibles du droit de l’assainissement. À cet effet, l’Office fédéral de la justice (OFJ) mit sur pied un groupe d’expert(e)s chargé de clarifier les éléments de la loi à changer. Ce groupe présenta un rapport&nbsp; en avril 2005 et, en juin 2008, un avant-projet ainsi qu’un rapport explicatif. À l’époque déjà, l’USS avait critiqué le fait que les représentations des salarié(e)s et leur savoir-faire n’avaient pas été suffisamment pris en compte par les expert(e)s dans leurs travaux. 
</p><p>L’USS soutint tout de même, en tant que principal partenaire social, la révision du droit de l’assainissement des entreprises élaborée dans la foulée par le Conseil fédéral et le Conseil des États, car elles satisfaisaient à ses exigences minimales de l’obligation de négocier un plan social.
</p><h3>Ne pas mettre la révision en danger&nbsp;! </h3><p>La commission du Conseil national chargée de l’examen préalable a certes ensuite maintenu l’obligation d’un plan social, mais à une majorité des plus serrées (13 voix contre 12). Ce n’est pas de bon augure pour la votation en plénum, lors de la session à venir.
</p><p>L’USS rappelle que, sans obligation de plan social, aucun nouveau droit de l’assainissement n’est possible, car comment imaginer, à une époque de parachutes dorés et de «&nbsp;prohibition de faire concurrence&nbsp;» à hauteur de millions genre Vasella, assainir des entreprises unilatéralement sur le dos des salarié(e)s. 
</p><p>Le projet prévoit en effet qu’à l’avenir, les salarié(e)s pourraient faire l’objet d’un licenciement immédiat en cas d’assainissement de leur entreprise. Le Conseil fédéral veut faciliter de la sorte l’assainissement des entreprises insolvables. Il propose, pour compensation, l’obligation de négocier un plan social, comme le demande depuis longtemps l’USS.
</p><p>De fait, il y a suffisamment d’argent pour financer des indemnités de départ, des reconversions ou des retraites anticipées pour le personnel licencié. Seules ces mesures inclues dans des plans sociaux garantissent que les assainissements des entreprises ne se feront pas aux dépens de l’ensemble de la société et des destins individuels des travailleurs et travailleuses. </p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1040</guid><pubDate>Fri, 12 Apr 2013 08:25:00 +0200</pubDate><title>Solution du délai menacée ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/solution-du-delai-menacee</link><description>Pas question de retourner dans le passé !</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’initiative populaire «&nbsp;Financer l’avortement est une affaire privée&nbsp;» lancée par les milieux conservateurs, si elle n’entend certes pas interdire les avortements, veut donc en faire une «&nbsp;affaire privée&nbsp;». Ceux-ci seraient sortis du catalogue des prestations de l’assurance de base obligatoire et les femmes devraient y aller de leur poche. Cela va à l’encontre de leur dignité et représente un retour dans un passé conflictuel et douloureux pour elles. 
</p><p>Le 17 avril 2013, le Conseil national sera la première Chambre à s’occuper de l’initiative populaire «&nbsp;Financer l’avortement est une affaire privée – Alléger l’assurance-maladie en radiant les coûts de l’interruption de grossesse de l’assurance de base&nbsp;». Celle-ci demande que le remboursement des frais d’avortement par l’assurance-maladie obligatoire soit supprimé. En d’autres termes, les femmes devraient à l’avenir payer de leur poche les frais d’une interruption de grossesse. Cette initiative remet ainsi en question une solution en vigueur depuis des années et choisie par le biais d’une votation populaire. Son acceptation signifierait un retour inacceptable dans le passé. Il faut donc lui dire «&nbsp;non&nbsp;». Le «&nbsp;non&nbsp;» de la Commission féminine de l’USS et de 53 autres organisations nationales de femmes a été décidé depuis longtemps. Le Conseil fédéral et la commission compétente du Conseil national recommandent également le rejet de cette initiative. Seule une minorité de quatre hommes de l’UDC propose au Conseil national son acceptation.
</p><h3>Pas d’hésitation, c’est «&nbsp;non&nbsp;»&nbsp;!</h3><p>L’impunité garantie dans le cadre d’un délai clairement défini et la reprise des coûts par les caisses-maladie sont des éléments indissociables de la solution appliquée actuellement en matière d’avortement. Si ces coûts n’étaient plus couverts par les caisses-maladies, il y aurait de très forts risques que les femmes qui veulent se faire avorter se retrouvent placées dans des situations indignes. Un retour intolérable dans le temps&nbsp;! Qui plus est, la qualité de ces interventions ne serait plus garantie&nbsp;; d’où des effets dommageables sur la santé des femmes et des coûts supplémentaires pour l’assurance obligatoire des soins
</p><p>Le siècle dernier, une interruption de grossesses était punissable, sauf s’il y avait, après examen médical, un danger pour la vie de la mère ou d’atteinte grave à sa santé, et qu’il n’était pas possible d’y parer d’une manière acceptable pour elle (indication médicale).
</p><h3>Ne rouvrons pas de vieilles plaies&nbsp;!</h3><p>La discussion sur la façon de réglementer l’interruption de grossesse a connu plusieurs épisodes. L’initiative populaire «&nbsp;concernant la décriminalisation de l’avortement&nbsp;», qui avait abouti en 1971, fut finalement retirée au profit de l’initiative, lancée en 1975, pour la solution du délai. Le contre-projet du Conseil fédéral à cette initiative recommandait une version élargie de l’indication incluant l’indication sociale en plus de l’indication médicale. En mai 1978, il fut rejeté dans les urnes, ainsi que, en 1977, l’initiative populaire «&nbsp;pour la solution du délai&nbsp;». 
</p><p>Pendant la session parlementaire d’été 1978, quatre initiatives parlementaires et autant d’initiatives cantonales furent déposées. L’une d’entre elles demandait une solution fédérale en matière d’interruption de grossesse non punissable. Les initiatives cantonales avaient pour but de donner aux cantons la possibilité d’introduire la solution du délai. Aucune de ces interventions ne trouvèrent de majorité aux Chambres fédérales.
</p><p>En 1980, l’initiative populaire «&nbsp;Droit à la vie&nbsp;» aboutit, mais échoua cinq ans plus tard devant le peuple. L’initiative populaire «&nbsp;pour la mère et l’enfant – pour la protection de l’enfant à naître et pour l’aide à sa mère dans la détresse&nbsp;» fut également rejetée en votation par 81,8&nbsp;% de non, le 2 juin 2002. Le même jour, 79,2&nbsp;% de citoyen(ne)s acceptèrent par contre la réglementation en vigueur aujourd’hui, qui se base sur l’initiative parlementaire de l’ancienne conseillère nationale socialiste Barbara Hearing. Cette initiative parlementaire demandait que l’interruption de grossesses fasse l’objet d’une nouvelle réglementation, via l’introduction d’une solution du délai. 
</p><p>Les dispositions légales acceptées par le peuple et entrées en vigueur le 1er octobre 2002 stipulent qu’une interruption de grossesse – en plus des cas où elle s’impose à cause du risque d’atteintes graves à la santé de la mère – est non punissable si elle a lieu dans les douze premières semaines suivant le début des dernières règles&nbsp;; cela, sur demande faite par écrit de la femme enceinte. Simultanément, la loi sur l’assurance-maladie (LAMal) fut adaptée en conséquence, de manière à ce que l’assurance obligatoire des soins prenne à sa charge les coûts d’un avortement non punissable. Cette solution est tout à fait entrée dans les mœurs et elle a fait ses preuves. C’est pourquoi il n’y a strictement aucune raison de la remettre en question aujourd’hui.</p>]]></content:encoded><category>Santé</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1041</guid><pubDate>Fri, 12 Apr 2013 08:21:00 +0200</pubDate><title>Non, sans tergiverser, à un xième durcissement de la loi sur l’asile !</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/non-sans-tergiverser-a-un-xieme-durcissement-de-la-loi-sur-l-asile</link><description>Votation du 9 juin 
</description><content:encoded><![CDATA[<p>Pour la xième fois, les Chambres fédérales ont décidé, fin septembre 2012, de durcir la loi sur l’asile. L’Union syndicale suisse (USS) refuse ces mesures autant inutiles qu’indignes et recommande de voter clairement non le 9 juin prochain. 
</p><p>Une fois de plus, la loi sur l’asile a été durcie&nbsp;! Arrêtons-nous aux mesures les plus dures votées par les Chambres fédérales et entrées en vigueur à fin septembre 2012. Les procédures d’asile via les ambassades seront supprimées et les victimes de persécution – y compris femmes et enfants – se verront ainsi livrées aux mafias de passeurs. Exit également le motif de désertion. De plus, les opposant(e)s politiques qui refusent de servir des régimes sanguinaires se trouveront également privés de la protection à laquelle ils ont droit. 
</p><h3>Des procédures dépourvues de toute base légale</h3><p>Des centres spécifiques pour les requérant(e)s «&nbsp;récalcitrants&nbsp;» seront créées sans motif clair, ni jugement, laissant la voie ouverte à un important flou et, surtout, à un grand risque d’arbitraire. En bref, c’est bien la «&nbsp;tête du client&nbsp;» qui pourrait être sanctionnée&nbsp;! De même, l’introduction de procédures tests – qui visent, entre autres, à raccourcir les délais de recours de 30 à 10 jours – va compliquer à l’absurde les recours des personnes qui ne parlent pas notre langue et ne connaissent pas nos lois. Ces procédures tests, dépourvues de toute base légale, donneront en dérogation à la loi sur l’asile carte blanche à nos autorités. Elles ouvriront aussi tout grand la porte à des modifications en profondeur, qui pourraient s’écarter dangereusement de la législation en vigueur. 
</p><h3>Pour l’USS, le non s’impose</h3><p>L’USS condamne énergiquement ce nouveau durcissement de la loi sur l’asile. Les demandes d’asile fluctuent pour l’essentiel au rythme des événements internationaux, comme le Printemps arabe, les conflits armés ou encore le durcissement d’une dictature. L’immigration ne se régule pas mécaniquement sur le modèle d’un robinet que l’on ouvre et que l’on ferme. C’est bien encore une fois la tradition humanitaire de la Suisse qui serait bafouée ici par de telles mesures dont le but, une fois de plus, est de stigmatiser la population étrangère ou certaines de ses parties.
</p><h3>Quand trop, c’est trop</h3><p>Lancé le 10 octobre 2012 par les Jeunes Vert(e)s et soutenu par toute une coalition d’organisations, le référendum contre les mesures urgentes a formellement abouti, avec plus de 63&nbsp;000 signatures récoltées. Le 9 juin prochain, ce sera donc au peuple de se prononcera. L’USS condamne fermement cet xième durcissement du droit d’asile, d’autant plus que rien n’est fini puisque le Parlement a décidé, en décembre dernier, un tour de vis supplémentaire au moyen de nouvelles mesures&nbsp;! Lors de son Assemblée des délégué(e)s du 16 novembre 2012, l’USS a clairement décidé de soutenir le référendum. Trop, c’est trop&nbsp;! Il est de temps de dire «&nbsp;stop&nbsp;!&nbsp;» à cette politique anti-humanitaire en donnant un signal net et sans appel aux autorités. L’USS invite, sans tergiversation aucune, les citoyennes et les citoyens de ce pays à voter NON, le 9 juin, contre des mesures urgentes contraires aux droits humains et à la tradition humanitaire de la Suisse.
</p><p>Concernant l’élection du Conseil fédéral par le peuple demandée par une initiative populaire de l’UDC, l’USS ne fait aucune recommandation.</p>]]></content:encoded><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1043</guid><pubDate>Fri, 12 Apr 2013 08:19:00 +0200</pubDate><title>Respect des normes en temps de crise : la Suisse doit mieux protéger les syndicats</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/respect-des-normes-en-temps-de-crise-la-suisse-doit-mieux-proteger-les-syndicats</link><description>Conférence de l’OIT à Oslo</description><content:encoded><![CDATA[<p>En période de crise aussi, les travailleurs et travailleuses ne doivent pas être licenciés uniquement parce qu’ils sont engagés au plan syndical. Les normes fondamentales de protection de l’Organisation internationale du Travail (OIT) doivent donc également s’appliquer lorsque le climat se fait plus rude entre les partenaires sociaux en raison de la crise. C’est là ce qu’ont demandé les délégations de l’OIT à la 9e Rencontre régionale européenne d’Oslo (8 – 11.4).
</p><p>Selon la Déclaration d’Oslo, même dans un contexte économique toujours plus difficile, les normes de l’OIT devraient être respectées et appliquées dans les pays. Parmi les libertés qui doivent être protégées sans concessions aucunes figurent celles de créer un syndicat, de s’y affilier ou de mener des négociations collectives. Les travailleurs et les travailleuses doivent être surtout protégés contre les licenciements antisyndicaux. 
</p><p>Or c’est précisément là une protection qui fait défaut dans notre pays. Et il en a aussi été à nouveau question lors de la rencontre en Norvège. Cela, d’autant plus que, le 10 avril, le Syndicat suisse des services publics (ssp) a déposé plainte dans ce contexte contre la Suisse au siège principal de l’OIT à Genève. À l’origine de cette plainte, le licenciement immédiat de 22 grévistes de l’hôpital neuchâtelois de La Providence, en février dernier<a href="typo3/#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>. À l’occasion d’une action menée devant le siège de l’OIT à Genève, les grévistes licenciés ont exigé, avec le ssp et d’autres syndicats, que la Suisse applique une fois pour toutes les conventions N° 87 et 98 ratifiées depuis des décennies par elle. 
</p><p>Ces revendications ont aussi été entendues dans la lointaine Oslo, où l’Union syndicale suisse (USS), membre de la délégation tripartite helvétique, représentait les intérêts des salarié(e)s suisse. L’USS a soutenu les analyses et réflexions de l’OIT, ainsi que son directeur général, Guy Ryder, pour qui, précisément en périodes économiques difficiles, le partenariat social représente le seul moyen éprouvé pour trouver des mesures innovatrices contre la crise. 
</p><hr><p><a href="typo3/#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Voir la contribution séparée sur ce sujet même.</p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1044</guid><pubDate>Fri, 12 Apr 2013 08:18:00 +0200</pubDate><title>La Commission de l’économie reconnaît le problème des bas salaires en Suisse</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/la-commission-de-l-economie-reconnait-le-probleme-des-bas-salaires-en-suisse</link><description>L’initiative sur les salaires minimums au Parlement
</description><content:encoded><![CDATA[<p>La Commission de l’économie et des redevances du Conseil des États (CER-E) a demandé lundi dernier 8 avril au Conseil fédéral un rapport sur la façon de procéder pour améliorer la situation difficile des salarié(e)s à bas salaires. Une bonne chose pour les personnes concernées. Ce faisant, la CER-E donne aussi un carton jaune au gouvernement, car celui-ci, dans son message au sujet de l’initiative sur les salaires minimums, avait froidement contesté tout besoin d’agir dans ce domaine.
</p><p>En Suisse, 430&nbsp;000 personnes environ touchent un salaire mensuel inférieur à 4&nbsp;000 francs en équivalent temps plein. Pour s’en sortir avec moins de 4&nbsp;000 francs, il faut se retreindre très fortement et souvent, l’aide de tierces personnes, voire de l’aide sociale, s’avère nécessaire. Sur ces 430&nbsp;000 personnes, plus de 140&nbsp;000 ont fait un apprentissage. Dans notre pays a cours le principe selon lequel toute personne ayant fait un apprentissage doit gagner suffisamment pour pouvoir fonder une famille. Manifestement, les employeurs du commerce de détail et d’autres branches s’en affranchissent froidement. Comment motiver après cela les jeunes à faire un apprentissage&nbsp;?
</p><p>L’«&nbsp;excellent fonctionnement du partenariat social&nbsp;», dont parle le Conseil fédéral dans son message, apparaît de ce fait cynique. En réalité, nombre d’employeurs refusent de négocier des conventions collectives de travail (CCT) avec nous, les syndicats. Cela concerne aussi les branches à bas et très bas salaires, comme le commerce de détail de vêtements et de chaussures. Pour le président de l’Union suisse des marchands de chaussures, Dieter Spiess, une CCT serait même une «&nbsp;aberration&nbsp;», alors que beaucoup de vendeuses gagnent nettement moins de 4&nbsp;000 francs dans sa propre branche... Ailleurs, comme dans les centres d’appels, les instituts de beauté, les centres de mise en forme, il n’y a même pas d’organisations patronales, avec qui conclure des CCT. Ces branches, nombreuses, sont en pleine croissance et les salaires y sont bas. Même dans le cas où des CCT ont été conclues, les quorums restrictifs à remplir pour en étendre le champ d’application ont régulièrement pour effet qu’une part appréciable de salarié(e)s se trouve privée de la protection d’une CCT. Exemple tout récent&nbsp;: la CCT genevoise du commerce de détail.
</p><p>La loi fédérale permettant d’étendre le champ d’application de la convention collective de travail (LECCT) date de 1956. C’est très loin. Depuis lors, beaucoup de choses ont changé sur le marché du travail suisse. La part de l’emploi représentée par le secteur secondaire – où la couverture conventionnelle (par CCT) est traditionnellement la plus forte – a beaucoup diminué. Dans la construction, 60&nbsp;% environ des salarié(e)s sont protégés par une CCT et 40 % dans l’industrie, mais ils sont seulement 30&nbsp;% dans le secteur tertiaire (services). Les grandes entreprises ont délocalisé un grand nombre d’emplois dans d’autres branches (p. ex. le nettoyage, les cantines d’entreprise, les centres d’appels). L’internationalisation de l’économie a eu, quant à elle, pour effet que de nombreuses entreprises sont en mains étrangères ou dirigées par des cadres étrangers peu au fait du partenariat social suisse. Que les femmes exercent une activité lucrative va désormais de soi. Aujourd’hui, beaucoup d’entre elles subviennent elles-mêmes à leurs besoins. Le travail temporaire s’est fortement répandu, au point que, désormais, les employé(e)s d’une entreprise n’ont pas tous été engagés par le même employeur. «&nbsp;Last but not least&nbsp;»&nbsp;: l’ouverture du marché suisse du travail dans le cadre de la libre circulation des personnes, qui, en raison du niveau relativement élevé des salaires suisses et d’un chômage comparativement bas, représente un danger.
</p><p>Contrairement à l’idéologie du gouvernement, la Suisse n’est en réalité pas une bonne élève en matière de partenariat social. Seule près de la moitié des salarié(e)s est protégée par une CCT. Nos syndicats ne peuvent pour l’heure que rêver des taux de couverture étrangers, comme ceux d’Autriche (99&nbsp;%), de Belgique (96&nbsp;%), de Suède (91&nbsp;%), etc. Mais pareils taux de couverture conventionnelle ne tombent pas du ciel. Ils sont le résultat de la politique d’encouragement actif des CCT menée par les autorités. Dans les pays où la protection par des CCT est meilleure, la loi est moins restrictive, par exemple en ce qui concerne les quorums permettant d’étendre leur champ d’application. Ces lois sur les CCT sont fondamentalement plus modernes que la nôtre.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1036</guid><pubDate>Thu, 04 Apr 2013 19:05:00 +0200</pubDate><title>Des salaires plus justes, des rentes meilleures !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/des-salaires-plus-justes-des-rentes-meilleures</link><description>Appel de l’USS pour le 1er Mai 2013</description><content:encoded><![CDATA[<p>Nous sommes encore bien loin de l’équité&nbsp;! Dans notre pays, la répartition des revenus et de la fortune est en effet des plus inégalitaires. Tout en haut, on trouve une élite autoproclamée de profiteurs qui mènent grand train. Ils prêchent le marché pur et dur, c’est-à-dire leur propre enrichissement. En bas et au milieu, les revenus sont toujours plus sous pression. Les salaires réels des travailleurs et travailleuses qualifiés, titulaires d’un CFC, ont même légèrement reculé ces dix dernières années. Ainsi, l’apprentissage - la voie traditionnelle pour entrer dans la vie professionnelle - ne garantit plus un salaire correct. Preuve en est qu’un tiers des personnes qui touchent un bas salaire ont fait un apprentissage. Et comme si ce n’était pas assez, les femmes sont discriminées. En moyenne, elles gagnent toujours 18&nbsp;% de moins que les hommes. Et les externalisations comme les privatisations provoquent toujours les mêmes effets&nbsp;: en bas, les gens sont poussés dans la précarité, en haut, ils nagent dans les surprofits. Et entre deux, il n’y a qu’à se serrer la ceinture.
</p><p>Il faut que cela change. Nos propositions sont efficaces. Comme l’initiative populaire sur les salaires minimums. Ou celle dite 1:12. Ces initiatives veulent que dans tout le pays les salaires versés soient équitables. Et pour tout le monde&nbsp;! L’initiative sur les salaires minimums garantira un salaire mensuel de 4&nbsp;000 francs à toutes celles et tous ceux qui travaillent à plein temps, soit 22 francs de l’heure. Plus de 400&nbsp;000 personnes, dont 300&nbsp;000 femmes, disposeront immédiatement de plus d’argent pour vivre. Les nouveaux salaires minimums auront aussi une influence positive sur les bas et les moyens salaires. Et ils ouvriront efficacement la voie à l’égalité des salaires entre femmes et hommes. Grâce à des salaires équitables, il y aura plus de justice et les personnes aujourd’hui marginalisées pourront mieux participer à la vie sociale.
</p><p>Les personnes âgées sont aussi touchées par des inégalités extrêmes. Alors que certains retraité(e)s sont riches, de très nombreux autres doivent compter chaque franc dépensé. Pour eux, la promesse de la Constitution fédérale selon laquelle les rentes de l’AVS et du 2<sup>e</sup> pilier doivent, ensemble, permettre de maintenir son niveau de vie antérieur n’est qu’un lointain rêve. Mais la droite politique ne veut jamais voir ces réalités. Tenus en laisse par economiesuisse, le Conseil fédéral et la majorité des Chambres fédérales menacent de couper dans les rentes. Leur mot de passe, le «&nbsp;frein à l’endettement&nbsp;», est aussi vieux que sa signification est évidente&nbsp;: chacun pour soi et foire d’empoigne pour tous. 
</p><p>Il faut que cela change. Nos propositions sont efficaces. Comme l’initiative AVSplus. Elle demande un supplément de 10&nbsp;% sur toutes les rentes AVS. Elle veut améliorer les rentes dans tout le pays. Le tournant social aura ainsi plus de chance de devenir réalité. Pendant des années, pilonnés par les néolibéraux, nous avons été contraints de résister à la régression sociale. Aujourd’hui, nous voulons non seulement éviter le pire, nous voulons obtenir du mieux. Soit des rentes meilleures avec AVSplus. 
</p><p>Et nous nous battons aussi pour&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><span>une politique fiscale juste&nbsp;; aujourd’hui, on allège la charge des riches et alourdit celles des gens ordinaires, ce qui renforce les inégalités matérielles&nbsp;;</span></li><li><span>moins de pression au rendement sur les travailleurs et travailleuses&nbsp;; le stress au travail cause toujours plus de problèmes de santé&nbsp;;</span></li><li><span>une meilleure protection des travailleurs et travailleuses&nbsp;; il ne doit plus être possible de licencier tout simplement celles et ceux qui s’opposent à la dégradation de leurs conditions de travail, comme ce fut de nouveau scandaleusement le cas à l’hôpital de la Providence.</span></li></ul><p>Tout cela doit changer. Tout cela, nous, mouvement syndical, pouvons le changer. Avec toutes les forces progressistes, nous sommes en mesure de renverser la tendance à la régression sociale. Des salaires plus justes et des rentes meilleures, voilà le fondement du tournant social.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1028</guid><pubDate>Thu, 04 Apr 2013 14:51:00 +0200</pubDate><title>366 851 membres : recul à nouveau freiné</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/366-851-membres-recul-a-nouveau-freine</link><description>Effectifs de l’USS en 2012</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">À fin 2012, l’Union syndicale suisse (USS) comptait exactement 366&nbsp;851 membres répartis dans 16 fédérations, dont six ont vu leurs effectifs augmenter. </p><p>L’USS, qui est de loin la plus importante confédération syndicale du pays, comptait exactement 366&nbsp;851 membres à fin 2012. Par rapport à 2011, elle avait perdu 1&nbsp;911 membres, soit 0,5 % de ses effectifs. Ce recul est surtout imputable à des circonstances particulières, soit une fusion. Sans elle en effet, l’USS aurait enregistré une croissance de ses effectifs. Ainsi, par rapport à 2010 et 2011, elle est parvenue à freiner nettement la baisse de ses effectifs (baisse en 2010&nbsp;: -1,4&nbsp;%&nbsp;; 2011&nbsp;: -0,9 %). Le nombre des fédérations qui lui sont affiliées est, pour sa part, resté de 16.
</p><p>Le nombre de membres féminins a augmenté en 2012. L’USS en comptait ainsi 104&nbsp;453 à cette date, contre 103&nbsp;180 en 2011. Et la part des femmes est passée à 28,5 % (2011&nbsp;: 28&nbsp;%). Elle augmente sans interruption depuis 20 ans, ayant même presque doublé pendant ce laps de temps. 
</p><p>Six syndicats ont vu leurs effectifs augmenter. La plus importante augmentation est, en chiffres absolus, celle d’Unia (2440) et, en pourcentage, celle de Nautilus (12,4&nbsp;%). En 2011 déjà, Unia, qui représente bien plus de la moitié des membres de l’USS, avait connu une légère hausse de ses effectifs. L’an dernier, elle a surtout vu le nombre de ses membres féminins croître fortement, de même que celui de ses membres actifs dans le secteur des services. Pour la cinquième année consécutive, les effectifs du Syndicat suisse des services publics (ssp) ont augmenté. Le ssp est le premier syndicat «&nbsp;traditionnel&nbsp;» de l’USS dont les femmes représentent la majorité - depuis 2010 -, une majorité qui s’est même renforcée par la suite. Depuis quelques années, les effectifs d’AvenirSocial, le syndicat des professionnel(le)s du travail social, et de kapers, l’association du personnel de cabine (trafic aérien), augmentent aussi. Quant à Nautilus, le syndicat des marins entré à l’USS en 2011 seulement, et à New Wood, le petit syndicat des employé(e)s de l’ONU à Genève, ils ont aussi enregistré une hausse du nombre de leurs membres. 
</p><p>Neuf fédérations de l’USS ont perdu des membres. En chiffres absolus, les pertes de syndicom, le syndicat des médias et de la communication, sont importantes. C’est encore là la conséquence de la fusion entre comedia (arts graphiques) et du Syndicat de la communication, d’il y a deux ans, dont syndicom est né. En effet, outre une «&nbsp;mise à jour administrative des fichiers de membres&nbsp;» et quelques démissions causées par la fusion elle-même, syndicom a surtout rencontré des difficultés pour recruter de nouveaux membres, car la réorganisation entraînée par la fusion a fortement mobilisé le personnel et les fonds du nouveau syndicat, qui ont donc fait défaut pour la recherche de nouveaux membres. La consolidation en cours du syndicat devrait mettre fin à cette tendance à la baisse. 
</p><p>Le nombre des syndiqué(e)s actif du SEV, le syndicat du personnel des transports, est resté stable, le recul des effectifs étant principalement dû à des décès de membres retraités.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1026</guid><pubDate>Thu, 28 Mar 2013 10:34:00 +0100</pubDate><title>Le Parlement n’a rien appris !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-parlement-n-a-rien-appris</link><description>Journée de travail de 24 heures
</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">À peine les signatures pour le référendum contre la déréglementation intégrale des heures de travail dans les magasins des stations-services avaient-elles été récoltées dans un temps record que le Parlement fédéral décidait de dégrader encore plus les conditions de travail du personnel de vente, et même le dimanche&nbsp;! Cela, en acceptant les motions Lombardi et Abate.</p><h3>Le peuple ne veut pas de déréglementation</h3><p>Les résultats des votations populaires sur cette question n’ont cessé de le démontrer, et tout récemment encore dans le canton de Bâle-Ville&nbsp;: le peuple, donc les consommateurs et consommatrices, ne veut pas que les heures d’ouverture des commerces soient prolongées. Les citoyen(ne)s ont en effet compris qu’une telle déréglementation n’est que le signe avant-coureur d’une offensive générale contre la protection de la santé garantie dans toutes les branches par le droit du travail. Bientôt, ce serait aux bureaux et autres entreprises de services de prolonger leurs horaires de travail. Les Suisses et les Suissesses ne veulent pas d’une pareille «&nbsp;américanisation&nbsp;» de la vie professionnelle, soit une journée de travail de 24 heures.
</p><p>On le voit non seulement aux résultats des scrutins cantonaux, mais la vitesse record à laquelle les signatures nécessaires ont été récoltées pour le référendum contre la déréglementation des heures de travail dans les magasins des stations-service montre aussi que ce sujet est un sujet brûlant. Trois semaines avant la fin du délai imparti à la récolte de ces signatures (7 avril), les syndicats avaient en effet réuni, avec les organisations de l’Alliance pour le dimanche, plus de 85&nbsp;000 signatures. 
</p><h3>Motions Lombardi et Abate&nbsp;: inquiétantes sous l’angle démocratique…</h3><p>Tout cela n’a pas empêché les Chambres fédérales de maintenir leurs velléités déréglementatrices et de charger le Conseil fédéral de contraindre à l’avenir les cantons, en modifiant la loi, à permettre que tous les commerces puissent ouvrir dans tout le pays au moins depuis 6 heures à 20 heures la semaine, et 19 heures le samedi. L’«&nbsp;inventeur&nbsp;» de ce diktat centralisateur est le conseiller aux États tessinois Filippo Lombardi. Au lieu de défendre comme à son habitude le fédéralisme, il a demandé que l’«&nbsp;égalité&nbsp;» soit imposée d’en haut, de Genève à Saint-Gall et de Chiasso à Bâle. Les citoyen(ne)s bâlois doivent particulièrement s’énerver, eux qui viennent de rejeter à presque 60&nbsp;% une prolongation des heures d’ouverture des commerces le samedi.
</p><p>Encore plus lourde d’un point de vue démocratique est la motion Abate, qui charge le Conseil fédéral d’introduire les ventes du dimanche potentiellement dans toutes les régions du pays. De fait, le peuple n’aurait pas son mot à dire ici. Au lieu de suivre le processus normal de législation, le Conseil fédéral doit procéder à cette importante extension des ventes du dimanche via une modification d’ordonnance. Sous le couvert d’un «&nbsp;encouragement du tourisme&nbsp;», le personnel de vente perdrait le jour de congé le plus important d’un point de vue social. En effet, seul le dimanche joue le rôle, dans toute la Suisse et pour de vastes pans de la population, d’un jour de congé commun destiné à la famille, au repos et au recueillement. 
</p><p>L’USS et ses fédérations ne sauraient assister passivement à pareilles atteintes à la santé des salarié(e)s, hautement problématiques sous l’angle fédéraliste et démocratique. Nous nous réservons explicitement toutes les possibilités juridiques et politiques de stopper cette tactique de déréglementation par tranches.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1024</guid><pubDate>Thu, 28 Mar 2013 09:38:00 +0100</pubDate><title>Quatre gros mensonges bourgeois</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/quatre-gros-mensonges-bourgeois</link><description>L’initiative populaire 1:12 au Conseil des États
</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors de la session de printemps, le Conseil des États a débattu de l’initiative 1:12, que l’Union syndicale suisse soutient. Pas de surprise&nbsp;: la majorité de droite recommande le rejet de cette initiative dirigée contre les salaires absurdes des grands managers du pays. Pour se justifier, la droite parlementaire a aligné toute une série d’arguments de toute évidence erronés, voire mensongers. Nous en avons choisi quatre<a href="typo3/#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>. </p><h3>1er mensonge&nbsp;: délocaliser et contourner</h3><p>Peter Föhn, UDC, Schwytz&nbsp;: <br>«&nbsp;Les grandes groupes pourraient tout simplement et sans tralala soit délocaliser et déménager soit découper leurs groupes en en réunissant les parties sous le toit d’une holding, c’est-à-dire les scinder en plusieurs parties. Les gros salaires seraient ainsi simplement rémunérés par plusieurs entreprises.&nbsp;»
</p><p>Qu’avant même la votation, des politiciens de droite parlent de la manière de «&nbsp;contourner&nbsp;» la volonté populaire si l’initiative est acceptée, c’est fort de tabac&nbsp;! Mais s’ils s’imaginent que ces procédés antidémocratiques sont simples à mettre en œuvre, ils se trompent. Heureusement&nbsp;!
</p><p>Premièrement, le texte de l’initiative parle d’entreprises, ce qui inclut diverses formes de personnes juridiques économiquement non autonomes. Les parties d’une holding, d’une société de gestion, d’une entreprise sous-traitante ou même des indépendant(e)s en relation contractuelle durable sont de ce fait tous concernés par ce que demande l’initiative 1:12. Deuxièmement, l’initiative Minder acceptée par le peuple interdit noir sur blanc la délocalisation de l’encadrement des entreprises. Propager pareil comportement, c’est vouloir violer la Constitution fédérale et ne pas appliquer correctement l’initiative Minder. 
</p><h3>2e mensonge&nbsp;: l’étude de l’OCDE et les salaires des dirigeants</h3><p>Pankraz Freitag, PRL, Glaris&nbsp;: &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br>«&nbsp;La statistique de l’OCDE prouve que les inégalités de revenus en Suisse sont inférieures à la moyenne et qu’elles n’ont que modérément augmenté ces dernières années.&nbsp;»
</p><p>L’étude de l’OCDE citée par M. Freitag est le rapport «&nbsp;Toujours plus d’inégalité&nbsp;: Pourquoi les écarts de revenus se creusent&nbsp;». Elle montre que, pour la Suisse, les bas salaires ont légèrement augmenté plus en pour-cent (mais pas en chiffres absolus) que les salaires moyens. Mais elle montre aussi que les hauts salaires ont beaucoup plus augmenté.
</p><p>Il faut ajouter que cette étude ne tient pas compte du pour-cent supérieur, parce que de nombreux pays n’ont pas réuni les données à ce sujet (sic&nbsp;!). Mais les salaires – et surtout les revenus – ont énormément augmenté ces dernières années. C’est ce que démontrent par exemple les économistes Reto Föllmi et Isabel Martinez de l’Université de Saint-Gall&nbsp;: <a href="http://www.batz.ch/2013/01/reich-sein-in-der-schweiz/" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.batz.ch/2013/01/reich-sein-in-der-schweiz/</a>). 
</p><h3>3e mensonge&nbsp;: le marché des managers</h3><p>Hannes Germann, UDC, Schaffhouse&nbsp;: &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br>«&nbsp;Ce que nous oublions, c’est qu’ici [la rémunération des cadres supérieurs] il y a un marché.&nbsp;»
</p><p>Le «&nbsp;marché&nbsp;» libre mondialisé invoqué par la droite en ce qui concerne les managers n’existe pas. Au contraire, les salaires élevés de ces derniers sont un effet de connivences, de pouvoir et de cupidité. Souvent, les mêmes managers à qui leurs conseils d’administration accordent des salaires à hauteur de millions siègent dans les conseils d’administration d’autres grandes entreprises (où ils sont encore princièrement rémunérés pour ces mandats). Une main «&nbsp;lave&nbsp;» donc l’autre. Ils ont fait jouer sans scrupule aucun l’énorme pouvoir dont ils disposent grâce à ces réseaux pour imiter leurs collègues américains et s’octroyer de millions de francs de salaire. Aux dépens de tous les autres&nbsp;!
</p><h3>4e mensonge&nbsp;: Bureaucratie&nbsp;! Bureaucratie&nbsp;! Bureaucratie&nbsp;!</h3><p>Johann N. Schneider-Ammann, PRL, conseiller fédéral&nbsp;:&nbsp;&nbsp; <br>«&nbsp;Si vous acceptiez cette initiative, elle entraînerait des frais administratifs élevés surtout pour les PME.&nbsp;»
</p><p>Selon des prévisions prudentes, 99,8&nbsp;% des entreprises ne sont pas concernées par l’initiative 1:12, car elles versent à leurs cadres des salaires qui ne sont pas douze fois supérieurs aux salaires les plus bas. Les PME appartiennent pratiquement toutes à la catégorie des entreprises qui n’ont pas besoin de payer des salaires de profiteurs. Ainsi, elles prouvent qu’il est possible de diriger une entreprise avec succès sans arroser les managers de millions.
</p><p>En outre, presque toutes les entreprises voient déjà leurs salaires contrôlés par l’AVS. La «&nbsp;bureaucratie&nbsp;» supplémentaire évoquée se limitera donc à surligner le salaire le plus élevé et le plus bas pour calculer dans quel rapport ils se trouvent. Ces cinq minutes supplémentaires de bureaucratie sont acceptables.
</p><h3>Quelques vérités reconnues par la droite</h3><p>Karin Keller-Sutter, PRL, St-Gall&nbsp;: <br>«&nbsp;Ces soi-disant salaires ou traitements des hauts dirigeants de l’économie ne peuvent guère s’expliquer. Ils ne peuvent pas non plus l’être par les prestations fournies.&nbsp;»
</p><p>Pirmin Bischoff, PDC, Lucerne&nbsp;: &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br>«&nbsp;Martin Luther a dit que le commerçant avait tout à fait le droit de se donner un salaire. Mais qu’il devait s’en donner un qui soit modéré. Martin Luther recommandait au commerçant de s’orienter, pour son salaire, sur les salaires journaliers.&nbsp;»
</p><p>Peter Föhn, UDC, Schwytz&nbsp;:&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; «&nbsp;Les PME, qui sont la grande majorité des entreprises en Suisse, n’auraient absolument aucun problème si l’initiative était acceptée.&nbsp;» 
</p><hr><p><a href="typo3/#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Les citations sont traduites par nos soins.</p>]]></content:encoded><category>Repartition</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1025</guid><pubDate>Wed, 27 Mar 2013 11:24:00 +0100</pubDate><title>La formation professionnelle a plus que jamais besoin des HES</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/la-formation-professionnelle-a-plus-que-jamais-besoin-des-hes</link><description>L’USS et la nouvelle loi sur l’encouragement et la coordination des hautes écoles
</description><content:encoded><![CDATA[<p>Dès 2015, les universités, les hautes écoles spécialisées (HES) et les hautes écoles pédagogiques (HEP) seront soumises à un seul et même cadre légal au niveau national. Les nouvelles dispositions cachent certains dangers, en particulier pour les HES. Dans un texte d’orientation, l’USS veut y répondre.
</p><p>L’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur l’encouragement et la coordination des hautes écoles (LEHE) est prévue pour 2015. La Confédération sera nouvellement chargée, en collaboration avec les cantons, de coordonner la politique des hautes écoles dans son ensemble (universités, HES et HEP). De nouvelles instances communes, à savoir la Conférence suisse des hautes écoles (sous forme de Conseil des hautes écoles et de Conférence plénière), le Conseil d’accréditation et la Conférence des recteurs seront responsables de la coordination et du pilotage stratégique. Dans le domaine des HES, la Confédération perdra une grande partie de ses prérogatives, tandis que les écoles polytechniques resteront de son seul ressort.<a name="sprungmarke0_1"></a></p><h3>Une petite révolution pour les HES</h3><p>Le nouveau cadre législatif aura essentiellement des conséquences pour les HES. En effet, même si ces dernières ont réussi en moins de deux décennies à occuper une place de choix dans le paysage des hautes écoles, elles restent fragiles à bien des égards. Leur orientation pratique et leur lien direct à la formation professionnelle, explicitement voulus par le législateur au moment de leur création, se sont partiellement perdus avec le temps. Aujourd’hui, plus de la moitié des étudiant(e)s des HES proviennent de filières générales (en particulier gymnasiales) et non de la formation professionnelle. Par ailleurs, une grande partie du personnel scientifique recruté dans les HES a suivi la filière universitaire et n’a acquis qu’une modeste expérience du monde du travail.
</p><p>Depuis leur création, les HES ont permis d’offrir à un nombre conséquent d’anciens apprenti(e)s la possibilité d’obtenir un diplôme de niveau académique. Cette évolution a permis de renforcer la perméabilité du système, de même que l’égalité des chances en matière de formation. Les HES ont ainsi contribué à maintenir le système de formation professionnelle attractif par rapport à la formation gymnasiale. Il s’agit là d’un acquis essentiel à défendre&nbsp;: c’est dans cette optique que l’USS s’engagera dans le processus de mise en œuvre de la nouvelle loi et dans les organes où les partenaires sociaux ont un droit de représentation.
</p><h3>Un profil clair pour chaque type de haute école </h3><p>Classiquement, les universités ont pour mandat d’assurer un enseignement et une recherche orientés principalement sur la science. Elles se doivent d’honorer leur mission en toute indépendance, sans subir de pressions liées à des intérêts économiques. Par contraste, les HES ont reçu le mandat de garantir un enseignement et une recherche orientés sur la pratique, ainsi que de préparer les étudiant(e)s à exercer une profession dans l’économie privée ou le service public. Dans ce cas, la collaboration avec le monde du travail est considérée non pas comme un obstacle, mais au contraire comme une condition pour garantir la qualité de l’enseignement et de la recherche. 
</p><p>L’USS soutient cette répartition des tâches. Cela nécessite en particulier un contrôle plus strict des conditions d’admission dans les HES. Dans celles-ci, les titulaires d’une maturité professionnelle doivent avoir la priorité, en particulier dans les domaines techniques et économiques. Fait exception le domaine des arts, qui n’a pas de base dans la formation professionnelle. Dans tous les cas, les étudiant(e)s des HES devraient se prévaloir d’une expérience professionnelle préalable pertinente dans le domaine d’étude visé, en particulier les détenteurs d’une maturité gymnasiale. L’accréditation d’une institution devrait impérativement dépendre du respect de ces conditions.
</p><h3>Moins de pression sur le personnel</h3><p>Le profil de chaque type d’école doit pouvoir se refléter également dans la qualification du personnel scientifique. Les professeur(e)s et chargé(e)s de cours des HES devraient bénéficier de plusieurs années d’expérience professionnelle dans leur domaine et, si possible, avoir effectué un apprentissage. Les HES devraient pratiquer également une politique du personnel plus sociale et plus durable. Cela signifie notamment davantage de contrats à durée indéterminée et l’abandon du système de mise au concours interne des tâches courantes, qui précarise toute une partie du personnel dont le statut se rapproche souvent de celui d’un(e) indépendant(e). Cela implique aussi que l’on réduise la pression à l’acquisition de nouveaux projets ou mandats externes. Pour ce faire, il serait impératif d’augmenter massivement le financement de base de la recherche, via le budget courant, afin de décharger le personnel scientifique du souci permanent de l’acquisition de fonds. Finalement, il faut offrir aux collaborateurs et collaboratrices du corps intermédiaire des perspectives de carrière claires et des possibilités de qualifications supplémentaires en cours d’emploi, en particulier dans le but de garantir la relève dont les HES ont urgemment besoin.
</p><p>Ces objectifs ne peuvent être atteints que si tous les acteurs relevant des hautes écoles, en particulier le personnel scientifique (corps enseignant et corps intermédiaire), ont la possibilité de participer aux processus décisionnels qui les concernent, aux niveaux local et national. C’est à cette seule condition que les HES, riches de leur nouvelle autonomie, seront en mesure de se développer selon une logique d’utilité sociale et de durabilité.
</p><p>&lt;media 1048&gt;Enjeux de la réforme des hautes écoles (.pdf)&lt;/media&gt;</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1023</guid><pubDate>Mon, 25 Mar 2013 14:33:00 +0100</pubDate><title>Encore une grosse couleuvre</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/encore-une-grosse-couleuvre</link><description>Révision 6b de l’AI : toujours en procédure de navette</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le deuxième volet de la 6e révision de l’AI se trouve dans la procédure d’élimination des divergences, la navette. Second conseil, le Conseil national a fait preuve de clémence et n’a suivi ni le Conseil fédéral ni le conseil prioritaire, le Conseil des États, sur certains points essentiels. Le Conseil des États maintient cependant une grande partie des baisses de prestations décidées par lui pendant la session de printemps.</p><p>Toujours est-il que la Chambre des cantons a tenu compte de l’évolution financière positive de l’AI. C’est pourquoi il a suivi les propositions du Conseil national et décidé de couper le projet en deux. La baisse contestée des rentes pour enfant et la réduction du remboursement des frais de voyage ont donc été sortis de la 6e révision de l’AI.
</p><h3>Rente complète depuis un taux d’invalidité de 70 ou de 80&nbsp;%&nbsp;?</h3><p>En scindant en deux cet objet, le Conseil des États aimerait faire passer le nouveau système de rentes linéaire. Alors que le Conseil national voulait n’accorder une rente AI complète qu’à partir d’un taux d’invalidité de 70&nbsp;%, le Conseil des États a maintenu sa position plus sévère&nbsp;: pour lui, une rente AI complète ne doit être servie qu’aux personnes dont le taux d’invalidité est de 80&nbsp;% au moins. Ce faisant, il punira les personnes gravement invalides (taux d’invalidité de 60 à 79&nbsp;%), qui devront s’accommoder d’une baisse de 30&nbsp;% de leurs rentes. Or ces personnes n’ont pratiquement aucune chance d’exploiter leur capacité de travail résiduelle. Et finalement, ce sont les prestations complémentaires qui devront compenser ces baisses de rentes.
</p><p>Selon le Conseil des États, le nouveau système de rentes ne devra être appliqué qu’aux nouvelles rentes. L’appliquer aux rentes courantes, comme le veut le Conseil national, entraînerait une baisse de ces dernières ainsi que des problèmes pour la prévoyance professionnelle.
</p><p>Le Conseil des États persiste en outre à vouloir introduire un mécanisme d’intervention dans l’AI. Une majorité PS/UDC du Conseil national avait rejeté cette mesure, l’UDC parce qu’elle était liée à un relèvement des cotisations salariales. La notion de mécanisme d’intervention cache des baisses de rentes automatiques et durables. D’ores et déjà basses, les rentes AI seront réduites si les recettes de l’assurance diminuent, car leur adaptation à l’indice mixte de l’AVS ne sera plus garantie. Il s’agit là d’une détérioration inacceptable des rentes. Mais ce n’est pas le seul enjeu, car ces baisses automatiques des rentes ne sont qu’un test réalisé avec l’AI dans la perspective d’en faire autant avec l’AVS. Les partis de droite et les organisations patronales demandent avec insistance que l’on introduise un frein à l’endettement dans l’AVS. Les décisions prises pour l’AI tracent donc la voie que suivra la réforme intitulée «&nbsp;Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;».
</p><p>Le projet revient maintenant au Conseil national. Pour les associations de personnes handicapées, un référendum se dessine pour le cas où la rente AI complète ne serait servie qu’à partir d’un taux d’invalidité de 80&nbsp;%.</p>]]></content:encoded><category>Assurance-invalidité</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1020</guid><pubDate>Tue, 19 Mar 2013 16:18:00 +0100</pubDate><title>20 000 personnes contre l’austérité</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/20-000-personnes-contre-l-austerite</link><description>Berne : grande manif pour des services publics forts</description><content:encoded><![CDATA[<p>Privilèges fiscaux pour les riches, concurrence dévastatrice pour le site de production et importantes baisses des impôts sont la cause, dans tout le pays, de déficits dans les caisses des communes et des cantons. Et le réflexe de la droite est de demander des mesures d’austérité pour les services publics et le personnel, prétendant corriger de cette manière une situation qu’ils ont eux-mêmes créée avec leur politique fiscale. Une politique qui passe complètement à côté des besoins de la majorité de la population. Cette dernière a en effet besoin d’un État fort. Elle s’attend à ce que les institutions communes lui servent des prestations de qualité&nbsp;: des soins, une police et un système de formation aussi solide que possible. Seules les 10&nbsp;000 personnes les plus riches ont intérêt à démanteler les prestations publiques, plutôt que de relever les impôts. Car elles peuvent s’acheter ces prestations dans le privé. 
</p><p>Que ces économies dangereuses se heurtent à une résistance, on l’a vu le 16 mars dernier à Berne, où 20&nbsp;000 personnes ont participé à une manifestation impressionnante. Personne ne s’était attendu à l’énorme succès de ce premier grand rassemblement depuis 2002 auquel les syndicats et les organisations du personnel du canton de Berne avaient appelé. Dans ce canton, les syndicats s’opposent aux coupes dans le personnel qui n’en finissent plus et à la dégradation des conditions de travail qu’elles entraînent. Au centre des revendications syndicales&nbsp;: une offre fiable de prestations dans le canton de Berne. L’actuel déficit n’a pas à être compensé au moyen d’un démantèlement social catastrophique. Il faut une offre universelle de services, pour que la vie de toutes celles et tous ceux qui vivent dans ce canton mérite d’être vécue. Les propos tenus par Béatrice Stucki, secrétaire syndicale du Syndicat suisse des services publics (ssp) sont clairs&nbsp;: «&nbsp; Celui qui prive l’État de l’argent dont il a besoin crée une société à deux vitesses et porte atteinte à la paix sociale.&nbsp;» Et Barbara Dätwyler, présidente de la section bernoise de l’Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI) a cité un exemple tiré du secteur où elle travaille&nbsp;: «&nbsp;Si nous ne disons pas maintenant clairement STOP, je ne sais pas si l’on trouvera encore des infirmières et des infirmiers dans quelques années.&nbsp;»
</p><p>Dans toute la Suisse – pas seulement à Berne – les acteurs du démantèlement social se heurtent à toujours plus de résistance. Ainsi, tant dans les cantons de Vaud, de Saint-Gall, du Tessin, de Lucerne, de Genève et de Neuchâtel, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté depuis l’automne dernier, voire ont fait grève contre des plans d’austérité et pour défendre leurs conditions de travail. Pour l’USS, une chose est évidente&nbsp;: les citoyen(ne)s et les syndicalistes sont prêts à se battre contre une politique de régression sociale dommageable.</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><category>Suisse</category><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1017</guid><pubDate>Mon, 11 Mar 2013 09:45:00 +0100</pubDate><title>Il est à nouveau temps d’améliorer les rentes de l’AVS</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/il-est-a-nouveau-temps-d-ameliorer-les-rentes-de-l-avs</link><description>Paul Rechsteiner, président de l’USS, lancement de l’initiative populaire AVSplus</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’AVS est le premier et, pour la majorité de la population, le principal pilier de la prévoyance vieillesse. Ses rentes ont l’avantage d’être régulièrement indexées – via l’indice mixte – sur le renchérissement. Néanmoins, elles sont à la traîne, et désormais sensiblement, de l’évolution des salaires. La dernière hausse réelle des rentes AVS date de 1975. Après 40 ans, il est donc plus que temps de les améliorer à nouveau. L’initiative populaire AVSplus demande un supplément de 10&nbsp;% sur toutes les rentes de vieillesse. Converti en franc, ce supplément représentera environ 200 francs de plus par mois pour les rentes des personnes vivant seules et 350 francs pour celles des personnes mariées.
</p><p>Mais pourquoi donc une initiative populaire&nbsp;? Les actuels projets du Conseil fédéral en matière de prévoyance vieillesse («&nbsp;Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;») ne pourront, sur des points décisifs, qu’entraîner une dégradation de la situation pour la population. Baisse des rentes du 2e pilier (taux de conversion), remise en question de la compensation du renchérissement dans l’AVS (frein à l’endettement), sans parler du relèvement de l’âge de la retraite des femmes. Les projets concoctés au Palais fédéral ne répondent aucunement au problème des rentes insuffisantes pour nombre de personnes à bas ou moyen revenu. Et comme une hausse des rentes du 2e pilier n’est pas réaliste – la seule défense des rentes actuelles est déjà ardue en soi -, le but donné par la Constitution fédérale à la prévoyance vieillesse («&nbsp;maintenir de manière appropriée son niveau de vie antérieur&nbsp;») ne pourra être atteint qu’en améliorant les rentes de l’AVS. 
</p><p>Un autre argument allant dans le même sens est que le financement de l’AVS est extrêmement solide et performant. De 1975 à aujourd’hui, le nombre des personnes à la retraite est passé de 900&nbsp;000 à plus de 2 millions. Mais les cotisations salariales&nbsp; pour l’AVS n’ont jamais été augmentées pendant ces 38 ans. Une seule et unique fois, il y a 15 ans de cela, un pour-cent supplémentaire de TVA a été nécessaire. Pourquoi le financement de l’AVS est-il à ce point performant&nbsp;? La recette est aussi simple que solidaire. Tout le monde paie des cotisations à l’AVS sur la totalité du revenu qu’il tire d’une activité lucrative, même si le revenu encaissé se monte à plusieurs millions. Cependant, les rentes AVS de ces personnes dont le revenu se compte en millions ne sont pas pour autant plus élevées que celles de la majorité de la population. 
</p><p>Pour la grande majorité de la population à bas ou moyen revenu, le rapport qualité/prix, dans le cas d’une amélioration des rentes, est par conséquent beaucoup plus avantageux avec l’AVS qu’avec toutes les autres formes de prévoyance vieillesse. Et cela n’est pas seulement vrai si l’amélioration des rentes AVS est financée au moyen de pour-mille de salaire (une hausse de 10&nbsp;% des rentes AVS coûterait 3,6 milliards de francs, soit 0,55 % de salaire pour l’employé(e) et autant pour l’employeur). En effet, si l’impôt sur les successions s’imposait, les deux tiers de l’amélioration des rentes AVS seraient déjà financés. Ce serait également le cas d’un seul coup si l’impôt sur le tabac profitait à l’AVS et non pas à la caisse fédérale. 
</p><p>Nous nous trouvons aujourd’hui à un tournant en matière de rentes. Au lieu de médire constamment de l’AVS et de harceler la population avec des propositions de démantèlement à répétition, il faut une fois pour toutes adapter les rentes à l’évolution économique et aux besoins sociaux. L’initiative populaire AVSplus que lance une vaste alliance d’organisations indique la voie à suivre.
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>Informations de la conférence de presse</li></ul><p></p>]]></content:encoded><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1009</guid><pubDate>Fri, 08 Mar 2013 15:54:00 +0100</pubDate><title>C’est l’escalade !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/c-est-l-escalade</link><description>Répression antisyndicale toujours plus brutale en Afrique du Nord
</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) et le SOLIFONDS, le Fonds de solidarité pour les luttes de libération sociale dans le tiers-monde, dont elle est l’une des marraines, observent avec la plus grande inquiétude l’escalade de la violence dont sont actuellement victimes les syndicats et les forces progressistes en Afrique du Nord.</p><h3>De plus en plus grave</h3><p>Le matin du 20 février, la police algérienne a arrêté onze chômeurs venus de Mauritanie, du Maroc et de Tunisie pour participer à un forum de chômeurs et chômeuses maghrébins, et les a expulsés. De plus, les participant(e)s algériens à ce forum furent arrêtés au siège du syndicat indépendant SNAPAP et détenus toute une journée. Par cette répression, les autorités et la police ont ainsi empêché la tenue de ce forum qui devait permettre sur trois jours aux organisations maghrébines de chômeurs et chômeuses de procéder à des échanges et de mettre un réseau sur pied. Ces organisations œuvrent pour l’emploi et le développement dans leurs pays. 
</p><p>Cette escalade inquiète énormément l’USS. Le forum déjà évoqué était soutenu entre autres par le SOLIFONDS. 
</p><p>Dans la semaine qui a suivi ces événements, la police algérienne a à nouveau usé de la violence contre une manifestation de protestation de chômeurs et chômeuses dans la commune de Laghouat. Selon l’organisation algérienne des droits humains LADDH, le régime autoritaire d’Alger a ainsi écrit une nouvelle page de violence. Or, les manifestants de Laghouat, une des plus riches communes du pays, n’avaient fait que d’user de leur droit constitutionnel de revendiquer des emplois. Ce qui leur a valu d’être arrêtés et forcés, sous la torture, de signer des procès-verbaux d’audition qui pourront se retourner contre eux devant un tribunal.
</p><p>Un jour avant, une importante mobilisation des forces de police à Alger avait déjà empêché une manifestation de protestation organisée par des syndicats indépendants des pouvoirs publics et de l’industrie gazière. Plus de trois cents syndicalistes avaient été arrêtés. 
</p><h3>Tunisie&nbsp;: les fondamentalistes contre les syndicats</h3><p>Alors qu’en Algérie ou au Maroc, la répression dirigée par l’État contre les revendications sociales justifiées des syndicats indépendants et des comités de chômeurs et chômeuses vise à imposer une chape de silence, en Tunisie, ce sont les fondamentalistes qui s’attaquent aux mêmes organisations. C’est pourquoi l’USS a protesté auprès des services diplomatiques compétents. Avec le SOLIFONDS, elle observe avec une grande inquiétude la répression qui se répand toujours plus dans les États du Maghreb. Et cela, encore plus, après l’assassinat en Tunisie du syndicaliste, politicien et avocat progressiste Chokri Belaïd.
</p><p>L’USS est persuadée que le Forum social mondial des 26 – 30 mars à Tunis, auquel de nombreux syndicalistes de Suisse participeront, donnera un signe fort de résistance à la répression et à l’oppression, ainsi que de solidarité avec les syndicats et les organisations sociales au Maghreb.</p>]]></content:encoded><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1010</guid><pubDate>Thu, 07 Mar 2013 14:10:00 +0100</pubDate><title>Nous ne lâcherons pas : égalité des salaires, qu’on accélère une bonne fois !	</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/nous-ne-lacherons-pas-egalite-des-salaires-qu-on-accelere-une-bonne-fois</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>En 2000, les femmes gagnaient 21&nbsp;% de moins que les hommes pour un travail de valeur égale. En 2010, cette différence était toujours de 18&nbsp;%. Si les choses continuent à avancer à cette vitesse, il faudra 66 ans pour que l’égalité salariale entre femmes et hommes devienne réalité. Inacceptable&nbsp;!
</p><p>Dès l’arrivée dans le monde du travail, on constate une différence de salaire entre femmes et hommes (secteur privé et Confédération)&nbsp;: le salaire brut des femmes de 20 à 29 ans est de 4&nbsp;544 francs, alors qu’il est de 4&nbsp;960 francs pour les hommes du même âge. Et cette différence - 416 francs par mois - ne cesse d’augmenter. Entre 30 et 39 ans, les femmes gagnent déjà 686 francs de moins que les hommes et, dix ans plus tard, 1&nbsp;452 francs de moins. Entre 50 et 64/65 ans, la différence de salaire entre femmes et hommes et de 1&nbsp;589 francs. Ce qui punit, une deuxième fois, les femmes lorsqu’elles se trouvent à la retraite, leurs rentes étant inférieures à celles des hommes&nbsp;!
</p><p>Ces grandes différences subsistent aussi lorsque l’on prend en considération le niveau des exigences requises par tel emploi (secteur privé et Confédération). La différence la plus grande apparaît pour les activités exigeantes&nbsp;: le salaire mensuel des hommes est de 8&nbsp;224 francs et les femmes reçoivent 1&nbsp;494 francs de moins. Enfin, elles gagnent environ 700 francs de moins que les hommes pour les activités qui nécessitent des connaissances professionnelles ou spécialisées ou pour des tâches simples et répétitives. 
</p><p>Et ce n’est pas mieux en ce qui concerne les étages du personnel d’encadrement&nbsp;! Lors de l’entrée en vigueur de la loi sur l’égalité entre femmes et hommes en 1996, les femmes ne représentaient qu’un tiers des membres de l’encadrement – fonctions de supérieures ou de dirigeantes d’entreprise. Quinze années plus tard, nous en sommes toujours au même point&nbsp;! Sans quota, le rythme ne va guère s’accélérer&nbsp;!
</p><p>Il faut que cela change&nbsp;! Nous voulons que les femmes soient les égales des hommes et qu’elles soient économiquement indépendantes. Mais nous, les syndicats, nous ne nous contentons pas de critiquer, nous agissons concrètement et avons posé deux jalons politiques. Avec les initiatives populaires «&nbsp;Pour la protection de salaires équitables&nbsp;» et «&nbsp;AVSplus&nbsp;» (cf. contribution de Ch. Michel), les syndicats montrent la voie à suivre pour sortir des salaires de la honte et améliorer les rentes, notamment celle des femmes. Et en ce qui concerne la discrimination salariale, c’est promis&nbsp;: nous ne lâcherons pas&nbsp;!
</p><p>Dans ce contexte, on ne saurait tolérer le relèvement de 64 à 65 ans de l’âge AVS des femmes. Tant que l’égalité effective entre femmes et hommes ne sera pas devenue réalité, il ne sera pas question de baisser les rentes servies aux femmes&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1011</guid><pubDate>Thu, 07 Mar 2013 14:07:00 +0100</pubDate><title>Il faut enfin accélérer !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/il-faut-enfin-accelerer</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Pour un travail de valeur égale, un homme gagne 50 francs et une femme 41 francs seulement. Si les milieux économiques continuent à traîner les pieds comme ils l’ont fait ces dix dernières années, même la vie professionnelle d’une jeune femme ne suffira pas pour que cette dernière voie l’égalité des salaires réalisée. Dans le secteur privé, les femmes se font voler 677 francs chaque mois uniquement parce qu’elles sont des femmes. Grâce aux initiatives populaires des syndicats qui demandent l’introduction d’un salaire minimum et des rentes meilleures, nous abordons concrètement le thème du revenu et de l’égalité des sexes.
</p><p>Pour un travail de valeur égale, un homme gagne 50 francs et une femme 41 francs seulement. Si les milieux économiques continuent à traîner les pieds comme ils l’ont fait ces dix dernières années, même la vie professionnelle d’une jeune femme ne suffira pas pour que cette dernière voie l’égalité des salaires réalisée. Dans le secteur privé, les femmes se font voler 677 francs chaque mois uniquement parce qu’elles sont des femmes. Grâce aux initiatives populaires des syndicats qui demandent l’introduction d’un salaire minimum et des rentes meilleures, nous abordons concrètement le thème du revenu et de l’égalité des sexes.
</p><h3>Des effets différents selon la branche, mais la discrimination salariale subsiste</h3><p>Dans le commerce de détail, où travaillent des vendeuses titulaires d’un certificat fédéral de capacité (CFC), les femmes gagnent – pour un même âge, une même formation et une même position hiérarchique – 633 francs de moins par mois que leurs collègues masculins. En outre, leur salaire mensuel est souvent inférieur à 4&nbsp;000 francs. Les femmes sont en effet spécialement touchées par les bas salaires, ce que les annonces faites sur l’«&nbsp;Épingleur de bas salaires&nbsp;» du syndicat Unia montrent clairement. Seule l’application concrète de l’égalité salariale entre femmes et hommes et un salaire minimum de 4&nbsp;000 francs garantiront aux vendeuses un revenu décent qui leur permette de vivre. 
</p><p>On peut dire la même chose de l’industrie graphique&nbsp;: la différence de salaire inexpliquée de 53,3% entre salaires féminins et salaires masculins y est nettement supérieure à la moyenne (37,6&nbsp;%). Près de la moitié des femmes non qualifiées de cette branche profiterait directement du salaire minimum de 4&nbsp;000 francs demandé par l’initiative des syndicats. 
</p><p>Dans le secteur de la santé, où les femmes sont également très nombreuses à travailler, la différence discriminatoire entre salaires masculins et salaires féminins est toujours de 388 francs par mois. Dans ce secteur, les salaires sont encore mieux protégés, par des conventions collectives de travail (CCT) et des règlements d’embauche publics, que dans les autres branches. Mais ils se trouvent toujours plus sous pression. C’est ce que montre clairement la reprise de l’Hôpital de la Providence à Neuchâtel par un groupe privé qui veut supprimer la CCT en vigueur. Les salaires négociés individuellement manquent de transparence et défavorisent, comme c’est prouvé, les femmes. 
</p><h3>Les mesures facultatives ne suffisent pas</h3><p>Alors que la nécessité d’agir à ce chapitre est évidente, très peu d’entreprises des branches susmentionnées participent au Dialogue sur l’égalité des salaires. On le voit bien&nbsp;: les mesures facultatives ne suffisent pas. Pour réaliser concrètement l’égalité de salaire entre les sexes, il faut prendre des mesures qui obligent les entreprises à agir. 
</p><h3>Un salaire minimum de 4 000 francs et des rentes meilleures</h3><p>Non seulement les syndicats développent, dans la perspective du 8 mars, le thème de la discrimination salariale à l’encontre des femmes lors des négociations tant salariales que conventionnelles, mais ils s’attaquent aussi de manière concrète à la question des revenus et de l’égalité des sexes. Le corps électoral pourra en effet se prononcer dans un avenir proche sur plus grande égalité entre&nbsp; femmes et&nbsp; hommes&nbsp;: 
</p><p>L’initiative de l’USS sur les salaires minimums demande un salaire minimum légal de 4&nbsp;000 francs par mois. 400&nbsp;000 personnes, dont 300&nbsp;000 femmes en profiteraient immédiatement. 
</p><p>L’initiative de l’USS AVSplus est prête à être lancée. Elle demande le relèvement de 10&nbsp;% des rentes AVS. Toutes les femmes, et en particulier les mères qui élèvent seules leur(s) enfant(s), en profiteraient.
</p><p>Et pour les femmes de l’USS, tant que l’égalité effective des sexes ne sera pas concrétisée et que le mandat constitutionnel sur l’égalité salariale ne sera pas appliqué, il ne sera pas question de relever de 64 à 65 ans l’âge AVS des femmes.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1012</guid><pubDate>Thu, 07 Mar 2013 13:22:00 +0100</pubDate><title>Introduire des salaires minimums !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/introduire-des-salaires-minimums</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>À l’occasion de la Journée internationale de la femme du 8 mars, les secrétaires d’Unia visiteront, dans toutes les parties du pays, des entreprises industrielles et du commerce de détail. Elles distribueront des billets de 41 francs ainsi que des pièces de monnaie en chocolat, qui symboliseront le combat d’Unia pour l’égalité salariale entre femmes et hommes. 
</p><p>Corinne Schärer, membre du comité directeur d’Unia&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Natalie Studer, chargée de la politique en matière d’égalité à Unia (ad intérim)
</p><p>Les femmes subissent des discriminations salariales tant dans le commerce de détail que dans l’industrie. Dans le commerce de détail, elles se font escroquer, uniquement en raison de leur sexe, de 633 francs par mois en moyenne, voire même de 878 francs dans l’industrie chimique. 
</p><h3>Différence aussi dans les branches à bas salaires&nbsp;: un salaire minimum de 4&nbsp;000 francs&nbsp;!</h3><p>Selon les calculs de l’Union syndicale suisse (USS), 15,8&nbsp;% des femmes travaillent actuellement pour un salaire inférieur à 4&nbsp;000 francs. Pour faire apparaître au grand jour la situation générale des bas salaires en Suisse, Unia a installé un «&nbsp;Épingleur de bas salaires&nbsp;» sur <a href="http://www.4000fr.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.4000fr.ch</a>. En peu de temps, de nombreux travailleurs et travailleuses ont fait savoir que leur salaire était inférieur à 22 francs de l’heure, soit moins de 4&nbsp;000 francs par mois. Cela montre que les bas salaires sont un problème national, qui n’est pas spécifique à une branche uniquement. Le commerce de détail, où environ 100&nbsp;000 personnes touchent un bas salaire - surtout des femmes - est concerné plus que la moyenne. Cette situation est inacceptable, d’autant plus que la charge de travail supportée par les vendeuses est lourde et que les heures d’ouverture des commerces risquent d’être prolongées. 
</p><p>Qu’à ce jour, pas une seule entreprise du commerce de détail n’ait participé au Dialogue sur l’égalité des salaires est révélateur. La grande majorité des employeurs refusent de conclure des conventions collectives de travail (CCT) prévoyant des salaires minimums. Ainsi, dans cette branche, un nombre supérieur à la moyenne de femmes profiteraient de l’introduction d’un salaire minimum légal de 4&nbsp;000 francs. C’est pourquoi les secrétaires d’Unia s’occuperont principalement de commerces de détail, le 8 mars prochain, et revendiqueront l’indépendance économique de la femme&nbsp;: Égalité salariale&nbsp;! Salaire minimum de 4&nbsp;000 francs&nbsp;! AVSplus&nbsp;! Ils et elles informeront en outre les femmes des campagnes en cours, comme la pétition concernant la nouvelle CCT de Coop, une pétition qui demande une hausse des salaires minimums. 
</p><h3>Introduction de salaires minimums dans les branches</h3><p>L’introduction de salaires minimums, ou le relèvement de salaires minimums déjà existants est une revendication centrale adressée par Unia à ses partenaires sociaux lors des négociations conventionnelles. Ainsi, Unia mène actuellement une campagne pour l’introduction de salaires minimums dans l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (industrie MEM) et sera aussi présente le 8 mars dans des entreprises qui font partie de cette branche. Unia demande, dans le cadre des négociations en cours sur la CCT MEM à laquelle 100&nbsp;000 salarié(e)s sont soumis, que des salaires minimums soient introduits. Le syndicat veut rattraper le retard salarial des femmes qui travaillent surtout dans le secteur à bas salaires et empêcher que l’écart entre les salaires ne se creuse encore plus. 
</p><p>L’introduction d’un salaire minimum légal de 4&nbsp;000 francs est dont les effets permettront de résoudre sans délai le problème de la discrimination salariale qui touche ces 15,8&nbsp;% de femmes dont la rémunération est actuellement inférieure à ce montant. Pareille mesure reviendrait aussi à revaloriser les activités «&nbsp;typiquement féminines&nbsp;». Unia demande également à ses partenaires sociaux que les salaires minimums, ainsi que l’égalité des salaires entre femmes et hommes, figurent explicitement dans les CCT.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1013</guid><pubDate>Thu, 07 Mar 2013 13:21:00 +0100</pubDate><title>Industrie graphique : Les entreprises ne font rien !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/industrie-graphique-les-entreprises-ne-font-rien</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>La part non explicable et, donc, discriminatoire de la différence entre salaires masculins et salaires féminins est, avec 54,3&nbsp;%, nettement plus élevée dans l’industrie qu’en moyenne (37,6&nbsp;%). Cela veut dire que la moitié de la différence de salaire entre hommes et femmes représente purement et simplement de la discrimination en raison du sexe de ces dernières. 
</p><p>Avec de tels chiffres, l’industrie graphique occupe donc une sixième place choquante parmi les branches étudiées.
</p><p>Bien que l’association patronale Viscom ne se voile pas la face, c’est une honte qu’une seule entreprise de cette branche ait participé au Dialogue sur l’égalité des salaires. Cela montre que les mesures à prendre contre la discrimination salariale ne doivent pas être facultatives. 
</p><p>Le syndicat syndicom exige par conséquent que le nouveau contrat collectif de travail de la branche prévoie des instruments clairs destinés à contrer cette discrimination salariale, à savoir&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ol><li><span>L’introduction d’un salaire horaire d’au moins 22 francs, dont profiteraient, directement et d’un seul coup, environ 40&nbsp;% des femmes non qualifiées&nbsp;! Aujourd’hui, près de 50&nbsp;% des salaires des femmes non qualifiées sont inférieurs à 4&nbsp;000 francs&nbsp;!</span></li><li><span>Les entreprises soumises au CCT doivent contrôler régulièrement l’égalité salariale en leur sein. Ce qui est actuellement facultatif doit devenir obligatoire et avoir des effets, car, la discrimination salariale doit disparaître d’ici deux ans. Ainsi, 750 entreprises devraient d’un seul coup prendre des mesures concrètes pour réaliser dans les faits l’égalité salariale telle que la prescrit la Constitution fédérale.</span></li></ol><p>Viscom a certes fait preuve d’une certaine disponibilité concernant le contrôle de la discrimination salariale. Mais elle ne comprend toujours pas que ces contrôles doivent être obligatoires.&nbsp; 
</p><p>Un problème supplémentaire ici est que cette branche se trouve actuellement dans un vide conventionnel, c’est-à-dire n’a momentanément pas de CCT. 
</p><p>Précisément du point de vue des femmes et pour respecter la Constitution fédérale, Viscom doit s’impliquer dans la conclusion d’un CCT et reprendre la revendication centrale d’une hausse des salaires minimums. 
</p><p>Ce serait là aussi, à proprement parler, la tâche du conseiller fédéral Schneider-Ammann, qui devrait influencer l’organisation patronale dans ce sens…
</p><p>Le 8 mars, le syndicat syndicom organisera des actions dans toutes les régions du pays et pas uniquement dans la branche graphique. Le syndicat SEV (Syndicat du personnel de transports) organisera des actions le 7 mars à Berne et à Bellinzone.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1014</guid><pubDate>Thu, 07 Mar 2013 13:20:00 +0100</pubDate><title>Sans CCT, c’est l’arbitraire qui règnera et les femmes passeront à la caisse !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/sans-cct-c-est-l-arbitraire-qui-regnera-et-les-femmes-passeront-a-la-caisse</link><description>Solidarité avec les grévistes de la Providence</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les grévistes de la Providence qui se battent pour le maintien de leur Convention collective de travail (CCT 21) sont en majorité des femmes, comme la très grande majorité des personnels du secteur de la santé. Leur travail est astreignant sur le plan psychique et physique avec des horaires pénibles. Les salaires et les conditions de travail ne sont pas mirobolants. Même avec une CCT&nbsp;!
</p><p>Le combat pour le maintien d’une CCT est aussi un combat pour l’égalité, puisque des normes claires régissent les salaires et règlementent les horaires de travail. Genolier veut individualiser les salaires, ce qui – des études l’ont montré – désavantage les femmes. Genolier veut externaliser certains services, ce qui – on en a déjà fait l’expérience – va précariser les employés, en majorité des femmes, les moins qualifiés. 
</p><p>Nous sommes toutes concernées par ce qui se passe à l’Hôpital de la Providence à Neuchâtel. Maintenir la CCT 21, c’est s’opposer au dumping salarial et à la péjoration des conditions de travail dans le secteur de la santé. C’est aussi défendre un modèle de santé publique axée sur l’être humain et non sur le profit&nbsp;!
</p><p>La Journée internationale des femmes est pour nous l’occasion d’affirmer notre solidarité avec le combat des grévistes et de dénoncer leur licenciement injustifié, puisque ces travailleuses et travailleurs exercent un droit fondamental garanti par la Constitution fédérale et le droit international.
</p><p>Plus sur <a href="http://www.solidarite-laprovidence.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.solidarite-laprovidence.ch</a></p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1015</guid><pubDate>Thu, 07 Mar 2013 13:19:00 +0100</pubDate><title>Egalité des salaires : qu’on accélère une bonne fois !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/egalite-des-salaires-qu-on-accelere-une-bonne-fois</link><description>Journée internationale de la femme</description><content:encoded><![CDATA[<p>Quand un homme gagne 50 francs, la femme qui fait un travail de même valeur ne gagne que 41 francs. Et seule la moitié de cette différence peut s’expliquer, par exemple par le fait que la carrière des femmes se ressent de la présence d’enfants. Pour l’autre moitié, il s’agit purement et simplement de discrimination à leur encontre. Malgré l’article constitutionnel et la loi sur l’égalité entre femmes et hommes, le scandale de la discrimination salariale des femmes est toujours une réalité en Suisse.
</p><p>Il faut que cela change&nbsp;! Nous voulons que les femmes soient les égales des hommes et qu’elles soient économiquement indépendantes. Mais nous, les syndicats, nous ne nous contentons pas de critiquer, nous agissons concrètement. Dans un avenir proche, les citoyennes et citoyens de ce pays pourront se prononcer sur une plus grande égalité entre femmes et hommes. Car nous avons posé deux jalons politiques&nbsp;:
</p><h3>1. L’initiative populaire pour un salaire minimum de 4&nbsp;000 francs a abouti.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </h3><p> Cette initiative de l’USS demande l’introduction d’un salaire minimum de 4&nbsp;000 francs par mois, soit 22 francs de l’heure. 400&nbsp;000 personnes, dont 300&nbsp;000 femmes, profiteraient immédiatement de cette mesure. Les nouveaux salaires minimums ouvriraient la voie vers l’égalité salariale, aussi pour les salaires moyens. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Nous voterons probablement au printemps 2014 sur cette initiative. <br></p><h3>2. L’initiative populaire pour une hausse des rentes est dans les starting-blocks.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </h3><p> L’initiative AVSplus de l’USS demande une hausse linéaire de 10&nbsp;% des rentes AVS. Toutes les femmes en profiteraient, en particulier les mères qui élèvent seules leur(s) enfant(s). &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Cette initiative sera lancée au printemps 2013. 
</p><h3>Discrimination salariale&nbsp;: nous ne lâcherons pas&nbsp;!</h3><p>Que ce soit lors des négociations salariales ou conventionnelles, les syndicats persisteront à aborder le thème de la discrimination salariale. Aujourd’hui, les choses n’avancent que péniblement dans le cadre du Dialogue sur l’égalité des salaires, un projet commun aux employeurs, aux syndicats et à la Confédération. Si les milieux économiques continuent à traîner les pieds comme ils l’ont fait ces dix dernières années, il faudra encore 66 (!) ans pour que la différence entre les salaires féminins et les salaires masculins disparaisse et que nous ayons ainsi l’égalité salariale en Suisse. Les milieux économiques doivent donc appuyer sur le champignon, sinon il faudra se doter d’instruments légaux pour imposer cette égalité. Le Conseil fédéral et le Parlement ne sont pas encore sortis d’affaire&nbsp;!
</p><p>Dans ce contexte, il est absolument inacceptable que l’on relève de 64 à 65 ans l’âge AVS des femmes. Tant que l’égalité effective entre femmes et hommes ne sera pas devenue réalité, il ne saurait être question d’un tel démantèlement des rentes servies aux femmes&nbsp;!
</p><p><a href="http://www.flickr.com/photos/55425572@N04/sets/72157632940814320/" target="_blank" class="external-link" rel="noreferrer">Les photos de l'action sur flickr</a></p><h5>Articles sur le journée internationale de la femme</h5><ul><li><a href="http://www.uss.ch/themes/egalite-des-sexes/article/details/nous-ne-lacherons-pas-egalite-des-salaires-quon-accelere-une-bonne-fois/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Christina Werder, secrétaire centrale de l'USS :&nbsp;« Nous ne lâcherons pas : égalité des salaires, qu'on accélère une bonne fois !&nbsp;»</a></li><li><span><a href="http://www.uss.ch/themes/egalite-des-sexes/article/details/il-faut-enfin-accelerer/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Christine Michel, coprésidente de la commission féminine de l'USS :&nbsp;« Il faut enfin accélérer !&nbsp;»</a></span></li><li><span><a href="http://www.uss.ch/themes/egalite-des-sexes/article/details/introduire-des-salaires-minimums/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Corinne Schärer et Natalie Studer, Unia :&nbsp;« Introduire des salaires minimums !&nbsp;»</a></span></li><li><span><a href="http://www.uss.ch/themes/egalite-des-sexes/article/details/industrie-graphique-les-entreprises-ne-font-rien/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Toya Krummenacher, chargée de la politique en matière d'égalité de syndicom :&nbsp;« Industrie graphique : Les entreprises ne font rien ! »</a></span></li><li><span><a href="http://www.uss.ch/themes/egalite-des-sexes/article/details/sans-cct-cest-larbitraire-qui-regnera-et-les-femmes-passeront-a-la-caisse/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Michela Bovolenta, chargée de la politique en matière d'égalité du SSP :&nbsp;« Sans CCT, c'est l'arbitraire qui règnera et les femmes passeront à la caisse ! Solidarité avec les grévistes de la Providence »</a></span></li><li><span><a href="http://goo.gl/dlq4A" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">Video "La Téle"</a></span></li><li>&lt;media 919&gt;Journal "8 Minutes"&lt;/media&gt;</li></ul>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1006</guid><pubDate>Mon, 04 Mar 2013 13:24:00 +0100</pubDate><title>Non à un démantèlement technocratique !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/non-a-un-demantelement-technocratique</link><description>Parlement fédéral : révision 6b de l’AI</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’AI ne retrouve plus le calme. Bien que ses dépenses diminuent depuis des années, il est toujours question d’en réduire les prestations. La révision 6b de cette assurance se trouve actuellement en procédure d’élimination des divergences.</p><p>Lors de la session du printemps, le Conseil des États débattra de l’AI. Après que le Conseil national eut su faire preuve de discernement lors de sa dernière session et amélioré le projet sur des points essentiels, il appartient désormais au Conseil des États d’empêcher que l’AI ne soit encore plus démantelée. Mais les augures ne sont pas des meilleurs. La commission parlementaire chargée de l’examen préalable a certes aussi décidé d’exclure du projet les réductions contestées des rentes pour enfant et des frais de voyage, mais elle maintient d’autres dégradations radicales en matière de prestations.
</p><h3>Une rente complète seulement à partir d’un taux d’invalidité de 80&nbsp;%&nbsp;!</h3><p>Dans le cadre du nouveau système de rentes linéaire proposé, le Conseil national est parti de l’idée qu’un taux d’invalidité de 70&nbsp;% devait continuer à donner droit à une rente AI complète, tenant ainsi compte des objections justifiées selon lesquelles la capacité de gain résiduelle de 20 ou 30&nbsp;% des personnes gravement invalides n’est en principe jamais exploitable. Ces personnes n’ont de ce fait pratiquement aucune chance de trouver un emploi à temps partiel d’environ un jour par semaine correspondant à leurs problèmes. 
</p><p>La commission compétente du Conseil des États propose par contre qu’une rente complète ne soit servie qu’à partir d’un taux d’invalidité de 80&nbsp;%. Le Conseil des États n’a pas le droit de défendre cette dégradation des prestations de l’AI, car les personnes concernées risquent de perdre ici près de 500 francs par mois&nbsp;!
</p><h3>Pas de gel automatique des rentes&nbsp;!</h3><p>Le Conseil des États veut aussi revenir en arrière, par rapport au Conseil national, en ce qui concerne le financement de l’AI. Le projet de révision de cette dernière prévoit un «&nbsp;mécanisme d’intervention&nbsp;». Ce nom cache en réalité une manœuvre perfide. Si les finances de l’AI atteignent un certain niveau, des réductions de prestations et des hausses des cotisations salariales seraient automatiquement programmées. D’ores et déjà basses, les rentes de l’AI - elles sont en moyenne d’environ 1&nbsp;600 francs – ne seraient plus adaptées au renchérissement et à l’évolution des salaires. Parallèlement, les cotisations salariales pour l’AI augmenteraient. Et cela, sans que la loi soit modifiée et sans que le peuple puisse se prononcer. Pour l’USS, un démantèlement social technocratique de ce type représente une attaque contre le système suisse de prévoyance sociale qui a fait ses preuves et n’a rien à voir avec notre conception de la démocratie directe. 
</p><p>Toujours est-il que le Conseil national a reconnu l’explosivité du projet et rejeté le mécanisme d’intervention. Par contre, le Conseil des États aimerait le maintenir. Et il louche déjà sur l’AVS... En effet, dans le cadre du projet «&nbsp;Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;» du Conseil fédéral, des réductions automatiques des prestations de l’AVS sont envisagées. Avec un tel mécanisme d’intervention, des éventuelles réductions de prestations seraient ainsi programmées. Comme ces réductions n’agiraient pas immédiatement, mais en fonction d’une certaine situation financière de l’assurance, elles ne toucheraient pas directement les retraité(e)s et pourraient donc séduire une majorité de parlementaires. Mais l’USS a bien compris à quoi rimait ce petit jeu. C’est pourquoi elle rejette énergiquement, à titre préventif, toute réduction et tout relèvement automatiques des rentes. En Suisse, il n’y a pas de place pour la technocratie. La Petite Chambre doit aussi le reconnaître et renoncer à introduire un mécanisme d’intervention dans l’AI.</p>]]></content:encoded><category>Assurance-invalidité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1004</guid><pubDate>Mon, 04 Mar 2013 13:20:00 +0100</pubDate><title>Le Parlement n’en veut pas, mais le peuple ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-parlement-n-en-veut-pas-mais-le-peuple</link><description>Parlement fédéral : Initiative populaire « 1:12 » : Pour des salaires équitables&quot;
</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 21 mars, le Conseil des États va sans doute, comme l’a déjà fait le Conseil national, conseiller le rejet de l’initiative populaire de la Jeunesse socialise suisse «&nbsp;1&nbsp;:12 – Pour des salaires équitables&nbsp;». Mais lors du scrutin à venir, les cartes auront été brassées. </p><p>Le oui à l’initiative Minder est désormais acquis. Mais il est tout aussi acquis que les dispositions de cette initiative, une fois appliquées, ne changeront pas grand-chose aux énormes écarts qui existent entre les salaires. L’expérience faite dans les pays anglo-saxons le montre&nbsp;: ce ne sont pas les actionnaires qui réduisent les écarts salariaux. Dans les grandes entreprises suisses cotées en bourse, les rapports entre le salaire le plus élevé et le salaire le plus bas resteront donc gigantesques. En 2011, ce rapport était de 266 (salaire le plus élevé) à 1 (salaire le plus bas) chez Novartis, de 215 à 1 chez Nestlé et de 213 à 1 chez Roche. 
</p><p>Contrairement à l’initiative Minder, l’initiative populaire de la Jeunesse socialiste suisse «&nbsp;1:12 – Pour des salaires équitables&nbsp;» s’attaque directement aux rouages à l’origine de cette répartition si injuste des revenus. Elle veut en effet fixer le salaire le plus élevé par rapport au salaire le plus bas. Dans une entreprise, la personne qui gagne le salaire le plus élevé ne pourra ainsi pas gagner plus de 12 fois le salaire le plus bas. Ce qui permettra un tant soit peu de nous rapprocher d’une certaine justice salariale et redonnera de la dignité aux salarié(e)s des échelons inférieurs. 
</p><p>L’Union syndicale suisse est clairement favorable à l’initiative «&nbsp;1:12&nbsp;». L’actuelle fourchette des salaires reflète un arbitraire pur et simple, ainsi que l’arrogance d’une élite de managers qui a perdu tout sens des réalités et des proportions. 
</p><p>Mais il est certain que le Conseil des États rejettera cette initiative. Toutefois, lors du scrutin populaire à venir, on reviendra à la case départ. Car, les pratiques des profiteurs vont continuer à pulluler d’ici-là. Et la colère du peuple grossira, elle aussi. Parions qu’economiesuisse va à nouveau dépenser des millions pour préserver l’économie locale d’une apocalypse certaine… Ce mélange de déception ici et de défense grossière de privilèges sera la semence qui pourra donner vie à un fruit inattendu…</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Repartition</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1005</guid><pubDate>Mon, 04 Mar 2013 09:48:00 +0100</pubDate><title>Ces projets rendent malades !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/ces-projets-rendent-malades</link><description>Parlement fédéral : heures d’ouverture des commerces</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Avant même que le peuple ne se soit prononcé sur la prolongation des heures d’ouverture des magasins de stations-service décidée par le Parlement en décembre 2012 (référendum contre la journée de travail de 24 heures), la droite a déjà en point de mire, avec les motions Lombardi et Abate, les nouvelles étapes de la déréglementation du commerce de détail. Notre réponse est claire&nbsp;: STOP&nbsp;!</p><p>Après le Conseil des États, la Commission de l’économie et des redevances (CER) du Conseil national a accepté, le 27 février, les motions Lombardi (12.3637) et Abate (12.3791). Alors que la première demande, pour toute la Suisse, des heures d’ouverture fixées entre 6 et 20 heures la semaine et 6 et 19 heures le samedi, la deuxième veut étendre fortement les ventes du dimanche. La principale victime de la prolongation des heures d’ouverture des commerces, ce sera le personnel de ces dernières, car les horaires de travail allongés portent préjudice à la vie de famille, augmentent le stress et rendent les gens malades.
</p><p>Il est cynique, précisément en pleine année européenne dédiée aux problèmes psychosociaux (épuisement professionnel, stress), que la majorité parlementaire de droite décide de mettre encore plus en danger la santé du personnel de vente. Des études montrent en effet que le travail de nuit, des équipes plus longues et l’absence de dimanches libres synchronisés rendent les gens malades. 
</p><p>Le report toujours plus important sur le soir des heures de travail hebdomadaires aggrave les problèmes de santé rencontrés par les personnes concernées. De plus, ces horaires longs lèsent leur vie sociale. L’office fédéral allemand de la protection de la santé et de la médecine du travail en a fait le constat en 2010 déjà, en analysant quatre études, indépendantes les unes des autres, sur le thème des durées du travail et de la santé. Ces résultats ont été confirmés par le Secrétariat d’État à l’économie, le SECO, dans une étude de 2012 sur les horaires flexibles en Suisse. 
</p><p>Il est apparu que le travail du soir et de nuit est particulièrement nocif et qu’il rend malade, parce qu’il perturbe le rythme du sommeil. Tout aussi néfaste pour la santé est le travail du dimanche&nbsp;: au lieu de pouvoir entretenir des relations avec sa famille et ses amis, et de s’immuniser ainsi psychiquement contre l’épuisement professionnel et d’autres phénomènes apparentés, les personnes qui travaillent le dimanche s’isolent socialement et sont encore plus stressées.
</p><h3>Toute la société en supporterait les coûts</h3><p>La situation contractuelle du personnel des commerces est souvent mauvaise. Les conventions collectives de travail (CCT) progressistes restent malheureusement souvent rares en raison de l’intransigeance patronale. Les rémunérations versées pour des équipes longues sont scandaleusement basses. Pour toutes ces raisons, l’Union syndicale suisse demande au Conseil national de refuser, lors de la session de printemps, toute nouvelle déréglementation dans ce domaine. 
</p><p>Il n’est pas question que le profit à court terme de quelques grandes chaînes de détaillants, qui seront les seules à profiter des actuels projets de déréglementation, soit réalisé aux dépens de la santé du personnel de vente et, finalement, de toute la société. Car il ne faut pas oublier que les coûts de la santé entraînés par les troubles du sommeil, l’épuisement professionnel et l’absence de vie sociale des familles, ce sont nous tous et toutes qui devons les supporter. Que ce soit par une hausse des coûts de la santé, des cotisations sociales et des nuisances produites par une société active 24 heures sur 24. </p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1003</guid><pubDate>Fri, 01 Mar 2013 13:36:00 +0100</pubDate><title>Pour l’USS : un oui pragmatique</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/pour-l-uss-un-oui-pragmatique</link><description>Parlement fédéral :  Imposition des frais de formation et de perfectionnement
</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil national traitera au cours de cette session de la question de l’imposition des frais de formation et de perfectionnement. En principe opposée aux pertes fiscales, l’Union syndicale suisse (USS) est quand même d’accord avec ce projet, pour des raisons de pragmatisme. A priori cependant, elle préfèrerait la remise de bons de formation.</p><p>Le Conseil national débattra prochainement d’une nouvelle réglementation qui vise à élargir le champ des formations pouvant bénéficier de déductions fiscales. Ainsi, la déduction des frais engagés pour une reconversion professionnelle volontaire, pour un perfectionnement en vue d’une promotion professionnelle ou sans lien direct avec la profession exercée devraient être dorénavant possible. Par contre, les frais engagés jusqu’à l’obtention d’un premier diplôme de niveau secondaire II (par exemple le certificat fédéral de capacité CFC), ne pourront pas être déduits, même si la formation se déroule à l’âge adulte. Il en ira de même pour les formations qui n’ont pas de fins professionnelles. Selon le Conseil fédéral et le Conseil des États, les déductions pour la formation devraient être plafonnées. Sur la base de son projet, le Conseil fédéral estime les pertes fiscales pour la Confédération à plus de 5 millions.
</p><p>Une minorité de la Commission de l’économie et des redevances (CER) recommande au Conseil national le renvoi du projet et souhaite charger le Conseil fédéral d’en élaborer un nouveau prévoyant, non pas des déductions fiscales, mais la remise de bons de formation destinés à financer la formation et le perfectionnement.
</p><p>L’USS s’oppose en principe à une extension des déductions fiscales qui entraînent des pertes financières pour l’État. Dans le cas présent, l’USS salue tout de même la nouvelle réglementation, étant donné que le projet devrait tendre à uniformiser les pratiques cantonales actuellement disparates. Le fait d’accepter une définition plus large des frais de formation déductibles devrait permettre un traitement plus équitable des contribuables dans les cantons.
</p><p>L’USS déplore le fait que les formations conduisant à l’obtention d’un diplôme du secondaire II ne soient pas prévues dans le catalogue des formations fiscalement déductibles. Selon elle, cette règlementation discrimine les personnes adultes qui n’ont pas pu obtenir un premier diplôme reconnu après l’école obligatoire et qui doivent combler cette lacune à l’âge adulte. Faciliter l’accès des personnes non qualifiées à un diplôme reconnu devrait être une priorité politique. Elles devraient pouvoir bénéficier des mêmes avantages fiscaux que les personnes qualifiées.
</p><p>Selon l’USS, les déductions fiscales ne sont pas un instrument adéquat pour promouvoir la formation et le perfectionnement professionnels. Elle estime donc que la proposition de la minorité &nbsp;- charger le Conseil fédéral d’élaborer un projet prévoyant la remise de bons de formation pour financer la formation et le perfectionnement - est digne d’intérêt. En 2009 déjà, l’USS avait soumis à la Confédération un concept de bons de formation pour inciter les jeunes à acquérir un titre de la formation professionnelle supérieure, un domaine dans lequel nous manquons de personnel qualifié et qui exigerait rapidement en engagement plus important de la Confédération.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1002</guid><pubDate>Fri, 01 Mar 2013 13:32:00 +0100</pubDate><title>Recherche, emplois et coûts</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/recherche-emplois-et-couts</link><description>Parlement fédéral : politique énergétique</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors de la prochaine session, les deux Chambres vont s’attaquer à divers aspects du tournant énergétique. Outre des questions de nature écologique et relatives à l’approvisionnement en électricité, des problèmes sociaux seront aussi abordés. </p><h3>Plan d’action «&nbsp;Recherche énergétique suisse coordonnée&nbsp;»</h3><p>Impossible de chiffrer avec précision les coûts qu’entraînera le tournant énergétique. Le principal facteur de coût, en plus de la désaffectation et de démantèlement des centrales nucléaires, est la transformation et le développement du réseau. Plus l’évolution technologique en matière de stockage progresse, plus ces coûts disparaissent. C’est pourquoi l’Union syndicale suisse (USS) demande que l’on renforce la recherche appliquée focalisée sur les technologies de production, de réseau et de stockage. La Commission pour la technologie et l’innovation (CTI) doit jouer ici un rôle-clé, car elle est une passerelle entre l’économie privée et la recherche. 
</p><p>Il faut muscler la formation initiale dans les professions MINT (mathématiques, informatique, sciences naturelles, technique), c’est-à-dire concernant les technologies de production, de réseau et de stockage, ainsi que dans le conseil en énergie et l’assainissement énergétique. Il faut également renforcer la collaboration entre les hautes écoles et les petites et moyennes entreprises. Et n’oublions pas qu’il s’agit d’investir aussi dans la formation dans les professions techniques au niveau supérieur. Dans ce domaine également, le tournant énergétique a besoin d’une relève. 
</p><p>La Suisse n’a pas le droit de rater cette opportunité. Elle dispose d’excellentes filières dans les hautes écoles techniques et des meilleures infrastructures de toute l’Europe en matière de logistique, de recyclage, de transports et d’énergie. Une recherche en énergie coordonnée évitera des investissements erronés coûteux et créera des emplois qualifiés dans le tournant énergétique.
</p><p>Ce programme d’action, qui prévoit des mesures pour les années 2013 à 2016, sera débattu le 7 mars par le Conseil national et le 13 mars par le Conseil des États.
</p><h3>De nouveaux emplois grâce aux énergies renouvelables (initiative Cleantech)</h3><p>L’USS soutient les objectifs de l’initiative Cleantech. Sur un point vraiment déterminant, la stratégie du Conseil fédéral en matière de politique énergétique n’est pas une solution de rechange pour cette initiative&nbsp;: les buts fixés par le gouvernement concernant le développement des énergies renouvelables sont bien trop modestes. Plus les centrales nucléaires sont exploitées longtemps, plus elles deviennent un facteur de risque majeur. La sortie du nucléaire ne sera possible que si les objectifs relatifs aux énergies renouvelables sont fixés dans des étapes plus brèves et sont plus ambitieux que dans la Stratégie énergétique 2050. Le potentiel du photovoltaïque doit être beaucoup mis à profit, les prix de revient évoluent constamment à la baisse et les installations de production ne représentent que des atteintes minimes à la nature acceptée par la société. Pour que le tournant énergétique réussisse, la consommation d’énergie doit diminuer. Rien de plus efficace ici que des prescriptions contraignantes claires pour les appareils, les véhicules et les machines.
</p><p>Les assainissements énergétiques et le développement des énergies renouvelables vont sans doute créer de nouveaux emplois dans notre pays et alimenter la demande de main-d’œuvre qualifiée. Mais il faudra aussi veiller activement à ce que la branche énergétique reste un marché du travail attrayant pendant le tournant énergétique, car, aujourd’hui déjà, on y supprime des emplois. Actuellement, les victimes sont des spécialistes de l’entretien du réseau dont on aura à nouveau besoin d’ici peu. C’est pourquoi l’USS demande, pour toute la branche énergétique, une convention collective de travail qui garantisse des conditions de travail de qualité. 
</p><p>L’initiative populaire Cleantech du Parti socialiste sera débattue le 12 mars au Conseil national. 
</p><h3>Favoriser les gros consommateurs d’énergie&nbsp;?</h3><p>L’USS soutient le développement accéléré des énergies renouvelables qu’une hausse de la rétribution à prix coûtant du courant injecté (RPC) rendrait possible, mais demande très clairement que la durée de la RPC soit limitée à environ dix ans et que l’on adapte régulièrement ses taux aux prix de revient. Nous avons besoin d’une RPC équitable, mais pas d’une garantie de bénéfices sur les coûts supportés par la communauté à travers le prix de l’électricité. Le tournant énergétique ne sera économiquement et socialement supportable que si ses coûts sont répartis de la manière la plus équitable possible entre tous les consommateurs finaux, raison pour laquelle l’USS refuse absolument que les entreprises soient trop généreusement déchargées des redevances sur le prix de l’électricité. Pareille mesure n’est justifiée que pour les entreprises qui consomment beaucoup d’énergie et subissent des désavantages de concurrence à cause des coûts engendrés par la production et la distribution de l’électricité. 
</p><p>L’initiative parlementaire «&nbsp;Libérer les investissements dans le renouvelable sans pénaliser les gros consommateurs&nbsp;» passera le 14 mars au Conseil national.
</p><h3>Favoriser les gros consommateurs d’énergie&nbsp;? (bis)</h3><p>Une motion Fournier demande que les coûts de réseau des gros consommateurs soient allégés, alors qu’une autre motion, de la Commission de l’environnement, de l’aménagement du territoire et de l’énergie du Conseil national (CEATE-N) v celle-là, entend limiter pour toute l’industrie à 0,45 centimes le supplément pour la RPC. Ces deux interventions visent à libérer un important cercle d’entreprises des coûts engendrés par le tournant énergétique. L’USS met en garde&nbsp;: il ne faut pas faire les mêmes erreurs que l’Allemagne, où l’on a précisément agi de la sorte, ce qui a eu pour conséquence de faire de la consommation d’énergie un poste substantiel du budget des ménages. En Allemagne, on parle désormais d’un tarif social de l’électricité. Il faut éviter que les choses n’évoluent dans cette direction chez nous, car cela favoriserait la désolidarisation.
</p><p>Le tournant énergétique entraînera des couts importants de transformation et de développement des réseaux. L’infrastructure sera financée à travers le prix de l’électricité payé par les consommateurs finaux. En Suisse, la rémunération pour l’utilisation du réseau n’est de loin pas la même pour tout le monde, les ménages et les petites entreprises de l’artisanat payant deux fois plus que les gros consommateurs. Il est donc d’autant plus important qu’à l’avenir, les coûts soient équitablement partagés. 
</p><p>Les motions Fournier&nbsp;: Approvisionnement en énergie et renouvellement du réseau de transport à haute tension par une répartition des charges et de la CEATE-N&nbsp;: Une RPC modérée pour l’industrie seront débattues le 19 mars au Conseil des États.
</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1001</guid><pubDate>Fri, 01 Mar 2013 09:45:00 +0100</pubDate><title>Il faut supprimer des obstacles, pas en rajouter </title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/il-faut-supprimer-des-obstacles-pas-en-rajouter</link><description>Parlement fédéral : révision de la loi sur la nationalité</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Après la loi sur l’asile, c’est la loi sur la nationalité qui pourrait être durcie. C’est ce qui ressort des discussions de la Commissions des institutions politiques (CIP) du Conseil national. Mais intégrer suppose moins d’obstacles, pas plus&nbsp;!</p><p>Rappelons que le projet du Conseil fédéral avait mécontenté tant la gauche que la droite. Les points d’achoppement centraux portaient sur la durée et les conditions d’octroi de la naturalisation. Dans la révision proposée par le Conseil fédéral, une personne pouvait demander la nationalité suisse après un séjour de huit ans, contre douze actuellement. En revanche, les conditions posées à la naturalisation devenaient beaucoup plus contraignantes. En particulier, seules les personnes détentrices d’un permis C (autorisation d’établissement) seraient autorisées à demander le passeport suisse. Si la gauche a salué cette volonté de raccourcir le nombre d’années nécessaires pour entamer une demande de naturalisation, elle a vivement désapprouvé des conditions toujours plus strictes pour en faire la demande. 
</p><p>Or, aujourd’hui, la CIP du Conseil national n’a fait que durcir le projet du Conseil fédéral. Ce ne sera, par exemple, pas huit ans mais bien dix qui seront nécessaire demain pour entamer une démarche de naturalisation. Et pas question non plus que les séjours effectués au titre d’une admission provisoire soient pris en compte ou encore que le temps passé par le demandeur entre 10 et 20 ans ne compte double.
</p><h3>La naturalisation ne doit pas devenir un parcours du combattant&nbsp;!</h3><p>Le Conseil National discutera de la loi sur la nationalité lors de la prochaine session, le 13 mars précisément. Espérons qu’il ne montre pas une «&nbsp;volonté de fer&nbsp;» à transformer la loi sur la nationalité en parcours du combattant&nbsp;! Le Conseil fédéral et la droite en général tendent à considérer que la naturalisation est l’étape ultime d’une intégration réussie. Ce n’est pas du tout le point de vue défendu par l’USS. Au contraire, pour cette dernière, la naturalisation n’est qu’une étape – certes très importante – vers une intégration réussie. En conséquence, l’USS se prononce pour que le processus de naturalisation soit moins long, moins contraignant et qu’il ne se limite pas aux seuls détenteurs de permis C. L’USS est également favorable à ce que le temps passé en Suisse entre 10 et 20 ans compte double, la naturalisation des enfants de nationalité étrangère nés en Suisse ne pourra qu’en être facilitée. Il est d’ailleurs urgent pour l’USS de mettre en place une procédure de naturalisation rapide et simple pour les migrant(e)s de la deuxième génération. </p>]]></content:encoded><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-997</guid><pubDate>Thu, 21 Feb 2013 16:24:00 +0100</pubDate><title>N’abandonnons pas le terrain à l’UDC !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/n-abandonnons-pas-le-terrain-a-l-udc</link><description>Pour une politique de la famille moderne</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Selon le dernier sondage SSR-SRG (Institut gfs), la part des oui à l’article constitutionnel sur la famille diminue. Un succès dans les urnes n’est désormais plus certain. En d’autres termes, si vous estimez que l’égalité des sexes est une revendication importante, vous devez redoubler d’efforts et faire de la publicité pour le oui autour de vous.</p><p>Le nouveau sondage SSR-SRG publié le 20 février montre que l’article constitutionnel sur la famille, d’abord largement soutenu selon les sondages, l’est toujours moins, alors que la proportion des opposants à cet article augmente nettement. En d’autres termes, la campagne de l’UDC, avec ses «&nbsp;enfants étatisés&nbsp;» derrière des grilles, semble efficace. Et cela, à une époque où mieux pouvoir concilier travail et famille est une revendication incontestée dans de larges milieux et qui reste cruellement des plus nécessaires. Nous devons en tirer une conclusion simple&nbsp;: toutes les personnes favorables à une politique de la famille qui soit moderne doivent à nouveau s’engager pour cette revendication.
</p><h3>Garantir le libre choix</h3><p>La majorité écrasante des parents exercent aujourd’hui une activité lucrative. C’est pourquoi des hommes et des femmes avec enfants se trouvent quotidiennement confrontés à un dilemme&nbsp;: comment concilier leurs diverses tâches professionnelles et familiales&nbsp;? Dans la pratique, cela signifie beaucoup de stress et d’efforts,&nbsp; si bien que des conditions-cadres sont nécessaires. L’article constitutionnel demande aux cantons d’encourager cette conciliation travail-famille. C’est au couple de décider comment il entend s’organiser en fonction de sa situation propre. Aujourd’hui, le manque de structures d’accueil extrafamilial des enfants a pour conséquence que les familles se trouvent coincées dans de longues files d’attente avant de pouvoir trouver une telle structure pour leur enfant, ce qui a, à son tour, pour conséquence que l’un des deux parents – la plupart du temps, la femme – doit réduire son temps de travail. Le revenu de la famille s’en trouve alors diminué et la femme, une fois à la retraite, doit s’attendre à des rentes diminuées aussi. 
</p><h3>Une régression sociale à combattre</h3><p>Du point de vue de l’égalité des sexes, mieux pouvoir concilier travail et famille est un but important, car cette conciliation est un signe indiquant un monde du travail moderne, dans lequel femmes et hommes peuvent mieux se répartir les rôles professionnels et familiaux. Or, l’UDC veut revenir en arrière. Elle veut que les femmes retournent aux fourneaux. Nous devons combattre pareille régression. Le scrutin du 3 mars nous offre l’opportunité de le faire tout simplement&nbsp;: en glissant un oui dans l’urne. Et en convainquant nos proches d’en faire autant.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-994</guid><pubDate>Mon, 18 Feb 2013 13:21:00 +0100</pubDate><title>Pas question de rafistoler, il faut biffer</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/pas-question-de-rafistoler-il-faut-biffer</link><description>Prévoyance professionnelle : le choix individuel d’une stratégie est négatif</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Quand c’est faux, c’est faux, point barre&nbsp;! Comme il est faux que certains puissent choisir une stratégie individuelle de placement dans la prévoyance professionnelle, on doit y renoncer. Pas question de rafistolage ici&nbsp;!</p><p>Les prescriptions en vigueur concernant la prévoyance professionnelle autorisent les caisses de pensions des cadres à proposer à leurs assuré(e)s plusieurs stratégies de placement plus ou moins risquées. Les cadres peuvent donc opter pour des stratégies plus risquées, c’est-à-dire avec une part élevée d’actions, et profiter ainsi de rendements éventuellement plus juteux. Mais si ces derniers s’avèrent négatifs suite à d’importantes pertes en bourse, la loi sur le libre passage garantit à ces cadres, en cas de changement d’emploi, l’entier des prestations fournies par eux, avec les intérêts. Ainsi, une éventuelle perte ne sera pas supportée dans sa totalité par l’assuré(e) flambeur, mais par la caisse de pensions des cadres et, de ce fait, par les autres assuré(e)s. Le Conseil fédéral aimerait corriger cette situation inacceptable en proposant de modifier la loi sur le libre passage. 
</p><h3>Une décision prise à la va-vite qu’il s’agit de corriger</h3><p>Ses propositions partent certes d’une bonne intention, mais elles sont tout sauf bonnes. Le gouvernement souhaite en effet que l’assuré(e)s d’une caisse de pensions de cadres qui choisit une stratégie de placement supporte lui-même le risque d’une éventuelle perte lorsqu’il quittera la caisse de pensions. Or, il serait beaucoup plus efficace et conforme au système même que l’on revienne sur la possibilité d’un tel choix de stratégie. L’introduction de cette possibilité dans le cadre de la 1ère révision de la LPP a été décidée dans la précipitation et sans que l’on en ait évalué les effets possibles. La complexité de l’individualisation de la stratégie de placement et les nombreux problèmes posés par sa mise en œuvre montrent que nous sommes en présence là d’une décision prise à la va-vite, qu’il y a lieu de corriger. C’est pourquoi l’Union syndicale suisse (USS) demande qu’au lieu d’adapter la loi sur le libre passage comme le propose le Conseil fédéral, l’on biffe l’article 1e de l’ordonnance 2 sur la prévoyance professionnelle. 
</p><h3>Un risque d’extension</h3><p>Le choix d’une stratégie de placement par l’assuré(e) n’est pas conciliable avec le principe de la solidarité collective au sein de l’institution de prévoyance. A priori, les risques – comme ceux de placement - sont supportés collectivement, ce qui donne plus de valeur à la prévoyance professionnelle qu’à la prévoyance privée. Que le risque soit assumé individuellement, comme le propose le Conseil fédéral, est contraire au système de la prévoyance professionnelle. Même s’il faut disposer d’un revenu annuel supérieur à 130&nbsp;000 francs pour être concerné par un tel transfert de risques, la seule possibilité du choix d’une stratégie de placement recèle en soi des dangers pour les personnes dont le revenu est inférieur à ce montant. L’expérience montre qu’aujourd’hui, l’on applique souvent aux salarié(e)s ordinaires aussi des conditions de travail autrefois réservées aux cadres. Ainsi les parts dites variables du salaire, comme les bonus, ou les horaires de travail, comme les «&nbsp;horaires de travail fondés sur la confiance&nbsp;», autrefois réservés aux cadres sont aujourd’hui également répandus parmi les autres catégories de salarié(e)s. Comme, en outre, la tendance à une individualisation de la prise en charge des risques se fait toujours plus sentir dans la prévoyance professionnelle, le transfert aux cadres des risques de placement devrait faire école et, tôt ou tard, s’appliquer aussi aux salarié(e)s dont le revenu annuel est inférieur à 130&nbsp;000 francs. Ainsi les futures retraité(e)s seraient exposés à de grandes incertitudes. 
</p><h3>Aucun besoin&nbsp;!</h3><p>Qui plus est, il n’est nul besoin de favoriser encore plus la prévoyance vieillesse des cadres. Celle-ci, dans son volet professionnel, resterait des plus attrayantes même sans la possibilité de choisir sa stratégie de placement. La limite du salaire qui y est assurable est actuellement fixée à Fr.&nbsp;842&nbsp;400.-. Jusqu’à ce plafond, les contributions d’épargne et les rachats sont exonérés de l’impôt dans les caisses de pensions des cadres. Les entreprises peuvent donc prévoir pour leurs cadres des plans de prévoyance «&nbsp;féodaux&nbsp;» fiscalement privilégiés. Les différences de revenu choquantes entre les cadres supérieurs et les employé(e)s se voient même bétonnées à la retraite. Les personnes assurées dans des caisses de cadres disposent de suffisamment de moyens financiers pour se permettre aussi une prévoyance privée en vue de leur retraite. Le choix individuel de placements peut se faire sous une forme satisfaisante dans le cadre de la prévoyance vieillesse privée (piliers 3a et 3b). Il n’y a donc pas lieu de l’étendre à la prévoyance professionnelle.
</p><p>Les possibilités de choisir une stratégie de placement ont créé plus de problèmes et de bureaucratie que nécessaire. La revendication d’une prévoyance vieillesse pour les personnes qui gagnent bien ou très bien leur vie est une réalité depuis longtemps en Suisse.</p>]]></content:encoded><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-995</guid><pubDate>Mon, 18 Feb 2013 10:51:00 +0100</pubDate><title>Une avancée de taille contre l’inégalité et pour une AVS solide</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/une-avancee-de-taille-contre-l-inegalite-et-pour-une-avs-solide</link><description>L&#039;initiative « Imposer les successions de plusieurs millions pour financer notre AVS » a été déposée</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 15 février, une alliance d’organisations composée du Parti socialiste, de l’Union syndicale suisse, du Parti évangélique et des Vert(e)s a déposé à la Chancellerie fédérale l’initiative populaire «&nbsp;Imposer les successions de plusieurs millions pour financer notre AVS&nbsp;». Cette initiative demande que les parts d’héritage supérieures à 2 millions de francs soient imposées à hauteur de 20&nbsp;%. Les deux tiers du produit de cet impôt reviendraient à l’AVS, le dernier tiers aux cantons. Cette initiative contribuerait ainsi à plus de justice sociale dans notre pays, une justice qui fait actuellement encore trop cruellement défaut. </p><p>Depuis les années 90, la répartition des revenus en Suisse se caractérise par une inégalité massive. L’écart salarial s’est beaucoup creusé depuis lors. C’est ainsi que les hauts salaires ont augmenté de 33&nbsp;% depuis 1994, alors que les moyens et petits salaires n’ont crû que de 7 et 9&nbsp;%. Les différences de fortunes importantes - 2,6&nbsp;% de la population possèdent 50&nbsp;% de la fortune totale - et une politique des impôts et des charges orientée sur les intérêts des classes supérieures ont accru cette inégalité au lieu de la corriger.
</p><p>L’impôt sur les successions sert de correctif. Pour l’Union Syndicale Suisse (USS), cet impôt représente une pierre angulaire pour améliorer l’égalité. Les autres éléments aussi importants à cet égard sont des salaires minimums équitables pour les salarié(e)s ordinaires, ainsi que de meilleures rentes AVS pour les retraité(e)s. Ces deux revendications figurent sur l’agenda de l’USS, qui a lancé deux initiatives populaires en ce sens&nbsp;: l’initiative populaire « Pour la protection de salaires équitables (Initiative sur les salaires minimums) », qui va entrer en phase de consultation parlementaire, et l’initiative populaire « AVSplus », qui sera lancée cette année encore.
</p><p>Si l’initiative populaire déposée aujourd’hui est acceptée par le peuple, deux tiers des recettes de l’impôt sur les successions seront versés à l’AVS, soit environ 2 milliards de francs par an, qui seront placés comme il se doit et de manière socialement responsable. Grâce aux exonérations importantes prévues, seules les grandes fortunes seront concernées par l’impôt successoral. Celui-ci remplira ainsi la fonction d’une correction sociale. Cet argent provenant des très riches entrera dans un canal qui, de par son fonctionnement, jouera un rôle de redistribution efficace.
</p><p>La situation de l’AVS n’est pas dramatique et il n’y a pas de raison de paniquer. Malgré tout, l’AVS pourra utiliser cet argent de manière utile. Dans environ 15 ans, elle aura en effet besoin de plus de moyens pour assurer le même niveau de prestations. Avec le produit de l’impôt successoral, les hausses des cotisations (ou charges) resteront modérées. L’USS est cependant d’avis qu’un renforcement de l’AVS est nécessaire. C’est pour cela qu’elle va lancer, ce printemps encore, l’initiative populaire « AVSplus ». Celle-ci revendique un supplément de 10&nbsp;% sur toutes les rentes AVS. Ainsi l’objectif constitutionnel de « garantir le maintien du niveau de vie habituel de manière appropriée » deviendra réalité pour plus de personnes. Ici aussi&nbsp;: deux tiers du renforcement de l’AVS seraient déjà financés grâce au produit de l’impôt successoral.
</p><p>En d’autres termes : l’impôt successoral modéré aide considérablement à adapter l’AVS aux nouvelles conditions et aux nouveaux besoins. Il aide efficacement à corriger l’inégalité sociale et contribue également à dédramatiser un débat sur l’AVS dominé par des suppositions et des assertions erronées.</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-996</guid><pubDate>Sat, 16 Feb 2013 13:30:00 +0100</pubDate><title>Manif de solidarité à Neuchâtel</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/manif-de-solidarite-a-neuchatel</link><description>Plus de 2500 personne se sont solidarisées avec les grévistes de l’hôpital La Providence</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le samedi 16 février, plus de 2500 personne se sont solidarisées avec les grévistes de l’hôpital La Providence. Les manifestants ont réclamé l’annulation des licenciements et le respect du droit de grève. Ils ont en outre demandé que le gouvernement neuchâtelois s’engage pour que l’application des dispositions de la CCT «&nbsp;Santé 21&nbsp;» soit garantie. &nbsp;Il est inadmissible que des sociétés privées actives dans le domaine de la santé soient autorisées à faire des profits sur le dos des salariés, par le biais d’une augmentation des heures de travail et une baisse du salaire, alors que ces mêmes sociétés touchent des subventions étatiques et ne respectent pas les conditions minimales fixées dans la CCT.
</p><p>&lt;media 873 - - "TEXT, Providence 16.2.13, Providence_16.2.13.pdf, 184 KB"&gt;Ci-joint vous trouverez un message de solidarité de l’USS&lt;/media&gt;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-932</guid><pubDate>Fri, 08 Feb 2013 09:14:00 +0100</pubDate><title>Un «non » progressiste</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/un-non-progressiste</link><description>Contrôle de la constitutionnalité des lois fédérales</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Après le Conseil des États en juin, le Conseil national a aussi rejeté, lors de la session d'hiver, l’introduction du contrôle de la constitutionnalité des lois fédérales. L’Union syndicale suisse (USS) et plusieurs parlementaires de gauche ont lutté depuis le début contre ce projet de loi&nbsp;; cela, pour des raisons expressément progressistes.</p><h3>Un scepticisme de toujours</h3><p>Depuis 1848 déjà, les fondateurs de la Suisse moderne ont déclaré qu’une conception républicaine de la séparation des pouvoirs impliquait que la justice fasse preuve de retenue à l’égard de la législation fédérale, par respect des implications démocratiques et politiques possibles de ses interventions. Cet aspect a toujours été souligné lors de la révision de la Constitution en 1874 et des révisions postérieures, jusque dans les années 1990&nbsp;: le correctif à apporter aux droits relatifs à la démocratie directe, qui ne cesse de se développer (référendum facultatif et obligatoire, initiative), a été jugé à juste titre incompatible par principe avec un contrôle étendu de la constitutionnalité des lois comme aux États-Unis, où les droits démocratiques ont été fortement réduits depuis toujours au niveau fédéral<a href="typo3/#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>.
</p><p>Lors de la révision totale de la Constitution en 1999, la plupart des milieux syndicaux et de gauche rejetaient encore l’introduction d’un système «&nbsp;diffus&nbsp;» ou «&nbsp;concentré&nbsp;» de contrôle de la constitutionnalité des lois fédérales. Citons l’intervention faite en 1998 au Parlement fédéral par le Conseiller national socialiste Erwin Jutzet<a href="typo3/#_ftn2" target="_blank" name="_ftnref2">[2]</a>, car elle est représentative de nombreuses autres&nbsp;: 
</p><p>«&nbsp;Il faut être naïf pour croire que le Tribunal fédéral est apolitique, que les juges fédéraux sont comparables à des eunuques politiques sans carte de parti ni opinion, sans convictions ni avis. […] Les cas et les questions en rapport avec le contrôle de la constitutionnalité des lois fédérales sont également souvent de nature politique. […] Finalement, le primat du droit international représente toujours une dernière bouée de sauvetage<a href="typo3/#_ftn3" target="_blank" name="_ftnref3">[3]</a>.&nbsp;»
</p><h3>Volte-face dans la gauche</h3><p>Depuis quelques années, l’UDC tire à boulets rouges sur la justice et dénonce «&nbsp;l’État des juges&nbsp;». Estimant que c’en est désormais trop, certains représentant(e)s de la gauche réagissent véhémentement. Ils ne se contentent toutefois pas de repousser les scandaleuses attaques de l’UDC contre la neutralité des juges et la dépendance à l’égard des outils qui servent à protéger les droits humains comme la Cour Européenne des Droits de l’Homme de Strasbourg, mais vont jusqu’à exiger un contrôle étendu de la constitutionnalité des lois fédérales.
</p><p>Dans le milieu des avocats aussi, où l’on constate qu’en matière de droit des étrangers, une attitude fondamentalement plus répressive s’est faite jour, certains demandent que la constitutionnalité des lois fédérales soit examinée par les tribunaux et d’autres organes d’exécution, en particulier quant au respect du droit à la famille. Il est toutefois quelque-chose d’important qu’ils ne voient pas&nbsp;: aujourd’hui déjà, le Tribunal fédéral tient largement compte, de ces éléments, en particulier aussi grâce à la jurisprudence dynamique de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, la «&nbsp;dernière bouée de sauvetage&nbsp;» susmentionnée concernant les droits fondamentaux. Dans un certain sens, la Suisse dispose donc déjà d’un contrôle de la constitutionnalité de ses lois, bien que sous une forme discrète. 
</p><h3>Arguments de gauche</h3><p>Sans vouloir user d’arguments par trop utilitaires, ce serait manquer de vision que de ne pas examiner cet objet aussi sous l’angle de son incidence matérielle. Quelles dispositions légales importantes d’un point de vue syndical pourraient, à cause du contrôle de la constitutionnalité des lois fédérales, être sacrifiées sur l’autel de la liberté économique et de la garantie de la propriété, qui seraient alors formellement mieux protégées&nbsp;? De fait, il faut toujours garder à l’esprit que la Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales, ratifiée par la Suisse, ne protège aujourd’hui directement aucun de ces droits qui s’appliquent à des libertés de nature commerciale. 
</p><p>Si l’article 190 Cst était abrogé, on devrait assister à des offensives juridiques sur nombre de thématiques de la part du camp bourgeois et de l’économie libérale. Mentionnons d’abord l’assurance-maladie obligatoire introduite en 1996, qui reste aux yeux de certains milieux comme un empiètement disproportionné sur l’autonomie privée et la liberté économique. Il faudrait aussi s’attendre à une remise en cause de dispositions de protection prévues par le droit du travail. En outre, les monopoles du service public et les privilèges accordés pour des raisons de politique sociale à certaines catégories d’assurances (les assurances-accidents) seraient remis en question. Et l’âge de la retraite différent pour les hommes et les femmes se retrouverait également sur la corde raide. Au surplus, une revalorisation de la garantie de la propriété et de la liberté économique (et de la liberté de contracter qui en fait partie) ne paraît pas souhaitable au vu des actuels problèmes sur le marché du logement. 
</p><h3>Points faibles de la proposition du Conseil national</h3><p>L’idée d’abroger sans autre l’article 190 Cst paraît, quant à sa conception, comme une façon de procéder des plus faibles, si on la compare à divers modèles de contrôles de la constitutionnalité de lois fédérales. De fait, si l’on appliquait la proposition du Conseil national, cela signifierait qu’avec l’abrogation de cet article, l’ensemble des organes administratifs chargés d’appliquer le droit (p. ex. l’administration fiscale) ou des tribunaux auraient le droit, et devraient le faire, d’examiner à tous les niveaux la constitutionnalité supposée des lois fédérales. En application de l’article 49 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA), il serait même imaginable que les compagnies privées d’assurance effectuent un contrôle de constitutionnalité dans leur rôle d’assureur rendant des décisions et empêchent ainsi que des lois soient appliquées&nbsp;! Dans certains cas, faute d’instances précédant le Tribunal fédéral ou de recours fait par des autorités, il serait même impossible d’aller jusqu’à la plus haute Cour du pays pour corriger une décision<a href="typo3/#_ftn4" target="_blank" name="_ftnref4">[4]</a>.
</p><p>Les partisan(e)s du contrôle de la constitutionnalité doivent encore admettre que, pour certains cantons, il pourrait être très intéressant d’empêcher l’application de lois fédérales pour cause d’absence supposée de compétence de la Confédération. On pourrait même voir des cantons conservateurs ester devant le Tribunal fédéral contre des dispositions d’exécution de la Confédération, dans le but de se soustraire à des prescriptions ou de gagner du temps. Pensons par exemple ici à la revendication, précieuse justement pour les milieux progressistes, d’une base constitutionnelle pour la politique en faveur des enfants et des jeunes<a href="typo3/#_ftn5" target="_blank" name="_ftnref5">[5]</a>.
</p><p>Pour toutes ces raisons, l’USS va aussi dire à l’avenir clairement NON à une politisation inutile de la justice, dont les conséquences sont imprévisibles pour les positions progressistes. 
</p><hr><p><a href="typo3/#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Pour une présentation des lignes du conflit entre conception «&nbsp;libérale&nbsp;» et conception «&nbsp;républicaine du droit en Suisse, voir Andreas Kley, «&nbsp;Geschichte des öffentlichen Rechts der Schweiz&nbsp;», Zurich, St-Gall 2011.
</p><p><a href="typo3/#_ftnref2" target="_blank" name="_ftn2">[2]</a> Pour un positionnement progressiste, voir l’intervention au Parlement fédéral du Conseiller aux États et président de l’USS Paul Rechsteiner <a href="http://paulrechsteiner.ch/?p=900" target="_blank" rel="noreferrer">http://paulrechsteiner.ch/?p=900</a>. 
</p><p><a href="typo3/#_ftnref3" target="_blank" name="_ftn3">[3]</a> Bulletin officiel, 1998 Conseil national 1465. 
</p><p><a href="typo3/#_ftnref4" target="_blank" name="_ftn4">[4]</a> Giovanni Biaggini, «&nbsp;Ausbau der Verfassungsgerichtsbarkeit&nbsp;: Ersatzlose Aufhebung von Art. 190 BV als optimaler Weg&nbsp;?&nbsp;», ZBJV 148/2012, p. 252.
</p><p><a href="typo3/#_ftnref5" target="_blank" name="_ftn5">[5]</a> Initiative parlementaire 07.402, Loi fédérale sur l’encouragement et la protection des enfants et des jeunes. Base constitutionnelle.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-989</guid><pubDate>Fri, 08 Feb 2013 08:33:00 +0100</pubDate><title>Au-delà de la conciliation famille-profession, le rôle de la femme</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/au-dela-de-la-conciliation-famille-profession-le-role-de-la-femme</link><description>Votation du 3 mars 2013 : article constitutionnel sur la famille</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Quiconque a l’égalité entre les sexes pour revendication prioritaire, comme c’est le cas de l’USS, doit concrètement s’engager pour que famille et profession soient mieux conciliables. Or, le nouvel article constitutionnel sur lequel nous nous prononcerons en votation le 3 mars prochain va dans cette direction. Raison pour laquelle l’USS et sa Commission féminine recommandent de lui dire un oui clair et net.</p><p>Le nouvel article 115 fera entrer dans la Constitution fédérale le principe de la conciliation entre famille et profession. Selon lui, Confédération et cantons devront à l’avenir veiller à proposer une «&nbsp;offre appropriée de structures de jour extrafamiliales et parascolaires&nbsp;». Et si leurs efforts, comme ceux de tiers, pour ce faire s’avèrent insuffisants, la Confédération fixera «&nbsp;les principes applicables à la promotion des mesures permettant de concilier la vie de famille et l’exercice d’une activité lucrative ou une formation&nbsp;».
</p><p>L’orientation donnée à cet article constitutionnel est la bonne. En effet, des milliers de places font toujours défaut en Suisse dans des crèches qui s’appuient sur un projet pédagogique et offrent des conditions de travail de qualité. Des milliers de «&nbsp;tables de midi&nbsp;», comme on les appelle à Fribourg et à Bienne, manquent également, si bien qu’il existe toujours des parents – dans les faits, des femmes – qui doivent réduire leurs activités professionnelles, faute d’un nombre suffisant de possibilités de prise en charge extrafamiliale pour leur(s) enfant(s). Et il y a aussi toujours des gens – là aussi, surtout des femmes - qui doivent renoncer pour les mêmes raisons à une carrière professionnelle. La Commission féminine de l’USS critique d’ailleurs durement ces lacunes funestes béantes depuis des années.
</p><p>En d’autres termes, la Suisse manque vraiment de structures qui sont nécessaires pour concilier famille et profession. L’article constitutionnel proposé aux citoyen(ne)s de ce pays va donc aider les cantons à la traîne à bouger. C’est pourquoi il représente un pas en avant dans la direction de l’égalité concrète entre femmes et hommes.
</p><p>En fait, on pourrait penser que plus de conciliation entre famille et profession et une meilleure intégration de la femme dans le monde du travail sont des demandes a priori consensuelles au sein des forces politiques de Suisse. Mais non&nbsp;! Une nouvelle fois, l’UDC fait bande à part. Dans le cadre d’une campagne de propagande malodorante, elle stigmatise cet article constitutionnel. Celui-ci déboucherait sur un élevage d’«&nbsp;enfants étatisés&nbsp;». Un «&nbsp;élevage&nbsp;»&nbsp;? Ce terme, nous l’avons choisi sciemment, car l’UDC présente dans sa propagande ces «&nbsp;enfants des crèches&nbsp;» avec des étiquettes agrafées à leurs oreilles, comme des veaux d’engraissement, ou encore pleurant derrière des barreaux de prison…
</p><p>Les femmes doivent retourner à leurs fourneaux, tel est le message de ce parti. Mais elles n’y retourneront pas. La meilleure réponse à ces mensonges et à cette attitude plus que surannée et hostile aux femmes sera de dire oui, le 3 mars prochain, à l’article constitutionnel sur la famille.
</p><p>Les autres recommandations de l’USS pour ces votations du 3 mars sont un oui à la loi sur l’aménagement et un vote blanc pour l’initiative Minder.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-988</guid><pubDate>Fri, 08 Feb 2013 08:31:00 +0100</pubDate><title>Détaillants opposés à des réglementations spéciales pour les magasins des stations-service</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/detaillants-opposes-a-des-reglementations-speciales-pour-les-magasins-des-stations-service</link><description>Référendum contre la journée de travail de 24 heures</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les syndicats et l’Alliance pour le dimanche ne sont pas les seuls à combattre la journée de travail de 24 heures. Des détaillants rejettent aussi cette modification de la loi sur le travail. Ils savent bien que cette mesure entraînerait une concurrence sans pitié, dont ils risqueraient bien d’être les victimes.</p><p>Difficile de tenir des propos plus limpides que ceux de la FAC, la Fédération des Artisans, Commerçants et Entrepreneurs de Genève, qui «&nbsp;invite les concitoyens à signer le référendum contre l’ouverture 24 heures sur 24 et sept jours sur sept des stations-services et de leurs shops intégrés, qui fausse clairement les règles de concurrence&nbsp;» (communiqué du 24.1.2013). La FAC va même jusqu’à mettre à disposition des listes de signatures à son secrétariat. À Genève donc, les détaillants et les syndicats tirent sur la même corde contre les ouvertures non-stop des magasins de stations-service.
</p><h3>Seulement à Genève&nbsp;?</h3><p>Que non&nbsp;! L’organisation faîtière des détaillants alémaniques a, déjà pendant les délibérations du Parlement, fait savoir qu’elle rejette l’ouverture 24 heures sur 24 de ces échoppes. Selon elle, un tribunal ne pourra pas faire appliquer de manière générale cette nouvelle disposition, qui s’avère donc inappropriée et favoriserait à nouveau unilatéralement les grands acteurs du marché. De fait, le flou qui entoure la notion d’«&nbsp;axes de circulation importants fortement fréquentés par les voyageurs&nbsp;» - où les magasins des stations-service pourraient rester ouverts jour et nuit – aurait pour conséquence que, tôt ou tard, toujours selon les mêmes, d’autres points de vente de ce type voudraient aussi jouir des mêmes droits (swissShop, 4/2012, le périodique des détaillants alémaniques).
</p><p>L’Association des boulangers-confiseurs suisses (BCS) défend une position semblable. Lors de la procédure de consultation sur cette question, elle avait rejeté les ventes 24 heures sur 24 dans les stations-service, considérant qu’il s’agirait là d’une inégalité de traitement et d’une distorsion de concurrence. Et à l’Union Professionnelle Suisse de la Viande (UPSV), on est tout sauf content avec ce projet qui avantagerait les grands distributeurs (Migros et Coop) ainsi que l’Union pétrolière. Et l’on est aussi fâché de l’attitude de l’Union suisse des arts et métiers qui, pour des raisons purement idéologiques, prône le oui. Chez VELEDES, l’Association suisse des détaillants en alimentation, la tendance est clairement au non. Lors de son assemblée générale de l’an dernier, son président, M. Hans Liechti, a résumé la problématique comme suit&nbsp;: certains seront avantagés et il faudra lutter avec des armes encore plus inégales qu’aujourd’hui.
</p><p>Les détaillants voient bien qu’il ne s’agit pas uniquement là de quelques magasins de stations-service, mais d’une brèche qui risque de s’ouvrir tout grand. S’ils veulent tenir le coup, ils devront donc suivre et rester dans toute la mesure du possible ouverts 24 heures sur 24. Mais le tour de force que représenterait la nouvelle disposition rebrasserait les cartes, car il est clair que la demande est trop faible pour que tous les commerces sans exception puissent rester ouverts non-stop. Si leurs heures d’ouverture continuent encore et encore à être prolongées, certains d’entre eux resteront sur le carreau. 
</p><p>Les détaillants ont compris qu’ils seront, eux, ces probables victimes.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-970</guid><pubDate>Thu, 31 Jan 2013 15:51:00 +0100</pubDate><title>Grande manifestation de solidarité avec les grévistes de « La Providence »</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/grande-manifestation-de-solidarite-avec-les-grevistes-de-la-providence</link><description>L’attitude incompréhensible du gouvernement neuchâtelois</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Samedi 26 janvier, près de 1&nbsp;000 personnes ont manifesté leur solidarité avec les grévistes de l’hôpital de «&nbsp;La Providence&nbsp;». Ils ont demandé que les conditions de travail dans cet établissement ne soient pas dégradées et que le gouvernement prenne une décision dans ce sens.</p><p>Malgré une bise glaciale, des délégations d’employé(e)s du secteur de la santé, de syndicats et de la gauche sont venues massivement de toute la Suisse à Neuchâtel ce samedi 26 janvier. Ce large soutien apporté à un combat qui dure depuis le mois de novembre n’est pas un hasard. Les méthodes du groupe hospitalier Genolier, qui consistent à sortir de la convention collective de travail (CCT), à dégrader ensuite les conditions de travail malgré les subventions encaissées menacent en effet d’être appliquées ailleurs aussi.
</p><p>Petit rappel&nbsp;: le groupe hospitalier privé Genolier Swiss Medical Network GSMN veut acheter l’hôpital neuchâtelois «&nbsp;La Providence&nbsp;». Sur son ordre, l’hôpital a dénoncé la CCT et veut baisser les salaires ainsi que couper dans les conditions de travail. Celles et ceux qui ne sont pas d’accord sont menacés de licenciement. Parallèlement, l’hôpital demande encore plus de subventions au canton. Et le gouvernement de ce dernier laisse faire, veut maintenir l’hôpital sur la liste cantonale et envisage même de lui verser des subventions supplémentaires, alors qu’il ne respecte plus la CCT. 
</p><h3>À coups de ciseaux dans les conditions de travail</h3><p>Concrètement, les grands chefs de Genolier veulent augmenter la durée hebdomadaire de travail de 40 à 42 heures, diminuer radicalement les suppléments pour travail de nuit et du dimanche, supprimer l’actuel grille salariale qui prévoit des hausses de salaire liées aux années de service, supprimer le plan social, externaliser le service de nettoyage, la lingerie et la restauration, etc. etc. etc. Bref, les conditions de travail seraient massivement détériorées. Qui plus est, la direction de l’hôpital entend à l’avenir les définir elle-même unilatéralement, sans négocier avec le personnel et sa représentation syndicale. 
</p><p>Le seul but de la direction de Genolier est de mettre le grappin sur les éléments rentables du paysage hospitalier suisse, de presser le personnel comme un citron et – comme tout profiteur – d’empocher un maximum d’argent. 
</p><p>Les grévistes et leurs syndicat, le ssp (Syndicat suisse des services publics) et Syna, n’ont laissé planer aucun doute lors de cette manifestation du 26 janvier&nbsp;: selon eux, cela ne se passera pas comme ça&nbsp;! Une nouvelle fois, ils ont montré de manière impressionnante leur détermination à poursuivre le combat pour que la «&nbsp;CCT 21&nbsp;» continue à être appliquée. Un soutien venant de toute la Suisse leur a été apporté lors de cette manifestation. Des délégations du ssp et de Syna provenant de toutes les parties du pays leur ont fait part de leur solidarité et ont souligné qu’il n’y avait aucune place pour les intérêts privés dans le secteur de la santé, un service public par excellence. 
</p><h3>Le double langage cynique du gouvernement neuchâtelois</h3><p>La balle est maintenant dans le camp du gouvernement neuchâtelois, qui doit mettre en œuvre la décision du parlement cantonal selon laquelle les nouveaux propriétaires d’établissements hospitaliers doivent appliquer la «&nbsp;CCT 21&nbsp;». Ce qui est purement et simplement logique. En effet, fin 2011, le Conseil d’État a décidé de ne soutenir que les établissements hospitaliers qui appliquent cette CCT. Depuis lors, malgré la grève de «&nbsp;La Providence&nbsp;», il a décidé que Genolier devait appliquer cette dernière jusqu’à fin 2013, mais qu’il pourrait ensuite ne plus le faire pendant trois ans, jusqu’à fin 2016. 
</p><p>Pareil double langage à l’encontre de ses propres concitoyen(ne)s est socialement irresponsable et cynique. Le gouvernement, qui s’oppose aussi à l’attitude du législatif, doit changer la sienne.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Droit du travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-979</guid><pubDate>Thu, 31 Jan 2013 13:59:00 +0100</pubDate><title>Un progrès.... avec piège intégré</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/un-progres-avec-piege-integre</link><description>Apprentissage : un guide pratique pour les jeunes sans-papiers</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">À partir du 1er février 2013, les jeunes sans-papiers en Suisse pourront effectuer un apprentissage professionnel. La Commission fédérale pour les questions de migration a publié un guide destiné à orienter les jeunes et les employeurs. Les conditions posées aux jeunes sans-papiers sont exigeantes et la démarche n’est pas sans risque, car le jeune et sa famille risquent l’expulsion en cas de refus. La prudence est donc de mise&nbsp;!</p><p>Véronique Polito, secrétaire centrale de l’USS
</p><p>Somme toute, il s’agit d’une bonne nouvelle&nbsp;: dès le 1er février, les jeunes sans-papiers auront le droit déposer une demande d’autorisation de séjour pour pouvoir effectuer un apprentissage. La Suisse répond ainsi à ses obligations internationales. En 1997, en effet, elle a ratifié la <a href="http://www.admin.ch/ch/f/rs/0_107/index.html" target="_blank" rel="noreferrer">Convention relative aux droits de l’enfant</a> de l’ONU. Par cet acte, elle a reconnu le droit à tout enfant d’accéder à l’enseignement primaire et secondaire, aussi bien au niveau général que professionnel (art. 28), et cela, indépendamment de son statut légal.
</p><p>La Commission fédérale pour les questions de migration met à disposition des jeunes et des employeurs un guide pratique qui permet de les orienter dans leur démarche. Selon la base légale, une demande d’autorisation doit être déposée dans les 12 mois qui suivent la fin de la scolarité obligatoire (les offres de formation transitoires sont comptabilisées comme temps de scolarité obligatoire). Le jeune doit impérativement déclarer son identité. Si la demande d’autorisation est refusée, lui et sa famille risquent donc l’expulsion du territoire suisse. Même si un jeune remplit toutes les conditions, les autorités cantonales ne sont pas contraintes de lui accorder une autorisation de séjour.
</p><p>La prudence est donc de mise. Avant toute démarche, il est recommandé d’évaluer attentivement les risques. Plus d’informations sous&nbsp;: <a href="http://bit.ly/Xn822L" target="_blank" rel="noreferrer">http://bit.ly/Xn822L</a></p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-976</guid><pubDate>Thu, 31 Jan 2013 13:45:00 +0100</pubDate><title>À l’avenir, les gros salaires devront plus participer à l’amortissement de la dette</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/a-l-avenir-les-gros-salaires-devront-plus-participer-a-l-amortissement-de-la-dette</link><description>Plus de solidarité dans l’assurance-chômage </description><content:encoded><![CDATA[<p>Volte-face positif&nbsp;: une majorité des Chambres fédérales et du gouvernement est favorable depuis peu au déplafonnement du pour-cent de solidarité de l’assurance-chômage. Pour l’USS, si cette prise de conscience est certes tardive, cette mesure n’est que justice. Car aujourd’hui, le pour-cent de solidarité n’est prélevé que sur les parts de revenus situées entre 126&nbsp;000 et 315&nbsp;000 francs.
</p><p>La nouvelle assurance-chômage est en vigueur depuis le 1er avril 2011. Pour plusieurs groupes de chômeurs et chômeuses, ses effets sont douloureux. Ses cotisations sont passées de 2 à 2,2&nbsp;% du gain assuré, dont le maximum est fixé à 126&nbsp;000 francs et, afin d’éponger la dette de l’assurance, un pour-cent dit «&nbsp;de solidarité&nbsp;» a été introduit sur les parts de revenu qui se situent entre 126&nbsp;000 et 315&nbsp;000 francs. Les syndicats se sont battus contre cette dernière révision antisociale de la loi. À l’époque, ils ont demandé que les cotisations soient prélevées sur la totalité du salaire, si possible pour l’ensemble des cotisations, mais au moins en ce qui concerne le pour-cent de solidarité. Le résultat de la votation de septembre 2010 fut serré, la révision fut acceptée par 53&nbsp;% des citoyen(ne)s.
</p><h3>Volte-face</h3><p>Récemment, le Conseil national et le Conseil des États, puis le Conseil fédéral, ont fait volte-face sur la question de ce pour-cent de solidarité. Ils ont accepté une motion intitulée «&nbsp;Assainissement de l’assurance-chômage&nbsp;», qui demande son déplafonnement, c’est-à-dire qu’il soit aussi perçu sur les parts de revenu supérieures à 315&nbsp;000 francs. Cette modification, revendiquée depuis longtemps par l’USS, apporterait chaque année 90 millions de francs à l’assurance-chômage et les dettes de celle-ci seraient ainsi épongées deux ans avant la date prévue. 
</p><h3>Un geste concret de solidarité</h3><p>L’USS est favorable à une rapide mise en œuvre, au 1er janvier 2014, de cette mesure. Sous l’angle de la justice, elle estime que l’actuel plafonnement du pour-cent de solidarité n’a rien à faire dans le paysage de la sécurité sociale suisse. En effet, il est juste et important que celles et ceux qui gagnent très bien leur vie assument leurs responsabilités à l’égard de la société. Le pour-cent des salaires les plus élevés a massivement profité ces années passées du creusement des écarts entre les revenus et obtenu des hausses de salaires largement supérieures à la moyenne. Lors des débats parlementaires, le président de l’USS, Paul Rechsteiner, a souligné que les personnes qui touchent des revenus aussi élevés sont des privilégiés qui ont profité de la situation économique, alors que d’autres, tombés au chômage, en ont souffert. C’est pourquoi déplafonner ce pour-cent de solidarité est un geste de solidarité. </p>]]></content:encoded><category>Assurance-chômage</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-978</guid><pubDate>Thu, 31 Jan 2013 09:54:00 +0100</pubDate><title>Répartition équitable des coûts du tournant énergétique et maintien de bonnes conditions de travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/repartition-equitable-des-couts-du-tournant-energetique-et-maintien-de-bonnes-conditions-de-travail</link><description>Procédure de consultation sur la Stratégie énergétique 2050</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) se déclare satisfaite, sur le fond, de la Stratégie énergétique 2050, mais demande que des mesures d’urgences soient quand même prises afin de maintenir des conditions de travail de qualité dans la branche énergétique</p><p>Pour que les conditions de travail de la branche énergétique soient de qualité, il s’agit de négocier maintenant une convention collective de travail prévoyant des normes applicables à l’ensemble de la branche. On ne pourra garantir un approvisionnement en énergie durant le tournant énergétique qu’avec un réseau bien entretenu et des spécialistes chevronnés. Et il n’est pas question de supprimer encore plus d’emplois dans cette branche.
</p><h3>Pas de nouvelle ouverture du marché de l’électricité</h3><p>L’USS est favorable tant à un développement conséquent des énergies renouvelables en Suisse qu’à la fixation, pour les entreprises d’approvisionnement en électricité, d’objectifs en matière de diminution de la consommation d’énergie. Les projets des services techniques publics qui ont été couronnés de succès doivent être soutenus. Aujourd’hui, moteur innovateur du tournant énergétique, ils ont besoin d’une base fiable pour leurs activités. C’est pourquoi il faut rejeter toute nouvelle ouverture du marché de l’électricité, car, en plein tournant énergétique, elle entraînerait uniquement des incertitudes et des coûts inutiles, à cause de la bataille concurrentielle qui en découlerait. Pour les consommateurs finaux, aucun effet positif ne serait à en attendre, comme nous le montrent les expériences faites à l’étranger. 
</p><p>Le tournant énergétique doit être socialement et économiquement acceptable. Son prix dépendra de manière déterminante du choix que la Suisse fera entre un approvisionnement intérieur décentralisé et des grandes centrales ainsi que l’importation de courant. Les efforts financiers et technologiques qu’induiront le développement et la réorganisation du réseau seront très différents selon la stratégie appliquée. Ces décisions auront une incidence financière d’une si grande portée, ces prochaines décennies, qu’elles doivent relever d’une légitimité démocratique et ne pas être simplement abandonnées au bon vouloir des groupes électriques. C’est pourquoi les pouvoirs publics doivent prendre la direction du conseil d’administration de Swissgrid, la société nationale pour l’exploitation du réseau.
</p><p>Les coûts du tournant énergétique doivent être équitablement répartis et non pas unilatéralement répercutés sur les petites entreprises et les ménages privés. C’est la raison pour laquelle seul un nombre aussi restreint que possible d’entreprises doit être déchargé&nbsp; des adjudications et des redevances. La formation du prix de l’électricité, des carburants et des combustibles doit être transparente, la hausse des prix prévisible et maîtrisable. L’USS rejette tout nouvel allègement fiscal pour les assainissements de bâtiments, car cela prive les cantons et la Confédération de recettes dont ils ont un besoin urgent et favorise en outre les hauts revenus. En lieu et place, la Confédération est invitée à présenter le plus rapidement possible le projet d’une taxe d’incitation apte à déployer des effets majeurs sur la consommation d’énergie.
</p><p>La Suisse est suffisamment armée pour réaliser le tournant énergétique. L’infrastructure de son réseau d’électricité et de ses transports publics est de grande qualité. Sa logistique et son économie de recyclage sont exemplaires au plan européen. La collaboration entre la recherche et l’économie doit être intensifiée, comme la formation de spécialistes au niveau secondaire aussi. L’USS est persuadée que le tournant énergétique est une importante opportunité pour le site de production et de recherche suisse.</p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-967</guid><pubDate>Wed, 30 Jan 2013 10:33:00 +0100</pubDate><title>L’USS soutient une pétition contre le creusement d’un deuxième tube routier</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/l-uss-soutient-une-petition-contre-le-creusement-d-un-deuxieme-tube-routier</link><description>Tunnel du Gothard</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le tunnel routier existant du Gothard doit faire l’objet d’une réfection. C’est pourquoi le Conseil fédéral propose d’en profiter pour faire creuser un deuxième tube, afin de permettre le trafic automobile nord-sud durant les travaux. À cause de l’importante opposition suscitée par ce projet, il veut ancrer ses plans dans la loi de manière à ce qu’après la fin des travaux d’assainissement, seule une voie soit en service dans chaque sens de la circulation. En construisant ce deuxième tube, le Conseil choisit de fuir en avant, favorisant du coup le lobby automobile, au lieu de mettre à profit cette opportunité de la réfection du tunnel pour le transfert du trafic vers le rail. Jusqu’à ce jour, aucun des objectifs fixés par la loi pour limiter le trafic poids lourd à travers les Alpes n’a été atteint. Et rien n’indique que les choses vont changer. Qui plus est, la Confédération investit des milliards dans l’infrastructure ferroviaire, le tunnel de base du Gothard sera ouvert environ en 2016 et le plafond du tunnel ferroviaire à travers les Alpes a été logiquement relevé à 4 mètres. Le ferroutage (transport combiné par train et camion) des automobiles et des poids lourds durant les travaux de réfection du tunnel routier reviendrait en outre moins cher que la construction d’un deuxième tube et ferait passer le bon message écologique. 
</p><p>La procédure de consultation relative à l’assainissement du tunnel du Gothard court&nbsp; jusqu’au 21 avril 2013. «&nbsp;L’initiative des Alpes&nbsp;» est opposée à la construction d’un deuxième tube routier au Gothard et récolte des signatures pour une pétition&nbsp;: 
</p><p><a href="http://www.initiative-des-alpes.ch/initiative-des-alpes.html" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.initiative-des-alpes.ch/initiative-des-alpes.html</a></p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Transports</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-973</guid><pubDate>Mon, 28 Jan 2013 15:54:00 +0100</pubDate><title>L’USS ne veut pas d’interdiction de pratiquer de facto pour les jeunes médecins</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/l-uss-ne-veut-pas-d-interdiction-de-pratiquer-de-facto-pour-les-jeunes-medecins</link><description>Fournisseurs de prestations : pas de blocage des admissions !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Dans le cadre de la procédure de consultation par audition concernant l’ordonnance sur la limitation de l’admission des fournisseurs de prestations à pratiquer à la charge de l’assurance obligatoire des soins (OLAF), l’USS s’est prononcée contre la réintroduction d’un blocage provisoire de ces admissions. </p><p>L’Union syndicale suisse (USS) demande au Conseil fédéral de renoncer à limiter provisoirement l’admission des fournisseurs de prestations à pratiquer à la charge de l’assurance obligatoire des soins. Trois raisons à cela&nbsp;: </p><ol><li>1.&nbsp;&nbsp; Un tel blocage a déjà été appliqué pendant dix années. Jamais, on n’a étudié de manière approfondie ses effets sur les coûts. S’il y a lieu d’agir dans ce domaine, c’est au sujet de la coordination toujours insatisfaisante de la médecine de pointe qu’il faut le faire, ainsi qu’avec les prix toujours trop élevés des médicaments et l’absence de coordination dans l’application des appareils de haute technologie. </li><li>2.&nbsp;&nbsp; Un tel blocage touchera toujours plus de jeunes médecins pendant dix ans, une discrimination qui est inacceptable. Au lieu d’empêcher les jeunes médecins de développer une carrière professionnelle, il faut accroître l’attrait de l’activité médicale dans les hôpitaux et les spécialités aujourd’hui sous-représentées. Les conditions de travail dans les hôpitaux doivent aussi mieux tenir compte des besoins de la famille. Tout cela permettrait de freiner la tendance à la pratique indépendante de la médecine. </li><li>La limitation de l’admission visée par l’ordonnance ne tient pas compte de la qualité des fournisseurs de prestations, alors que ce devrait être là un élément central. </li></ol>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-965</guid><pubDate>Fri, 18 Jan 2013 09:05:00 +0100</pubDate><title>Le contre-projet est un leurre !</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/le-contre-projet-est-un-leurre</link><description>Initiative sur l’harmonisation des bourses</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Conseil fédéral oppose à l’initiative sur les bourses d’études un contre-projet indirect par le biais d’une révision de la loi sur les contributions à la formation. Pour l’USS, le contre-projet est un leurre, qui vise en effet plus à tromper la population qu’à proposer de vraies solutions.</p><p>«&nbsp;La concurrence ne doit pas conduire à une situation dans laquelle tous les jeunes n’ont pas les mêmes chances d’accéder à la formation. Pour améliorer ces chances, nous avons besoin d’un meilleur système de bourses.&nbsp;» C’est par ces mots que le conseiller fédéral Schneider-Ammann a ouvert l’année 2013, lors de la journée de son département fraîchement rebaptisé Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche. «&nbsp;Soyons ambitieux&nbsp;!&nbsp;», lançait-il à ses collaborateurs, pour clore sans doute dans une envolée lyrique son discours rassembleur. Déclarer ses ambitions est tout à fait légitime. Avoir le courage de les réaliser ne semble, hélas, pas à la portée de tous.
</p><h3>De la poudre aux yeux</h3><p>Avec le soutien des syndicats, l’Union des étudiant-e-s de Suisse (UNES) déposait, il y a une année, l’initiative sur les bourses d’études. Cette initiative demande une harmonisation au niveau suisse du système d’aide à la formation. La compétence en matière de bourses devrait relever de la Confédération qui serait responsable de fixer des standards minimaux (formels et matériels) pour l’accès à la formation tertiaire (hautes écoles et formation professionnelle supérieure). La Confédération aurait également la possibilité, si elle le juge nécessaire, de légiférer au niveau secondaire II (formation professionnelle initiale et formation gymnasiale).
</p><p>Cette initiative, mesurée dans ses ambitions, n’a pas trouvé grâce aux yeux du Conseil fédéral. Celui-ci a souscrit certes à l’exigence d’harmonisation, mais n’a pas osé faire le pas de soutenir l’initiative en tant que telle. Il a soumis en lieu et place un contre-projet indirect sous la forme d’une révision de la loi sur les contributions à la formation. Un geste certes positif, mais surtout symbolique, étant donné que ce contre-projet ne fait que proposer des corrections de nature plutôt «&nbsp;cosmétique&nbsp;». Il intègre en effet à la législation actuelle des dispositions formelles du concordat intercantonal sur les bourses. Celui-ci, ratifié en 2009, n’a cependant pas suscité l’intérêt des cantons malgré ses modestes exigences&nbsp;; il entrera en vigueur seulement dans dix cantons durant l’année 2013.
</p><p>Inutile d’en rajouter pour affirmer que le Conseil fédéral ne pouvait rien faire de moins ambitieux que ce contre-projet indirect. Une façon discrète de couper l’herbe sous les pieds d’une initiative populaire, en jetant de la poudre aux yeux de la population et en feignant de prendre au sérieux ses préoccupations.
</p><h3>Une harmonisation matérielle s’impose</h3><p>Plus personne n’ose aujourd’hui le nier&nbsp;: le système des bourses actuel ne permet pas d’offrir des conditions égales à tous les jeunes. Les critères d’attribution et les montants alloués varient fortement en fonction du lieu de domicile. Pour les jeunes avec peu de ressources financières, l’accès à la formation est aujourd’hui une loterie&nbsp;; cela, indépendamment de la filière de formation choisie, qu’elle soit générale ou professionnelle.
</p><p>En réponse à ce problème, l’initiative permet non seulement une harmonisation au niveau formel, mais également au niveau matériel. Pour l’USS, cela ne fait donc aucun doute&nbsp;: l’initiative sur les bourses est seule à l’heure actuelle à être en mesure de répondre à l’objectif d’harmonisation et d’égalité des chances auquel le Conseil fédéral a également souscrit.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-963</guid><pubDate>Thu, 17 Jan 2013 14:53:00 +0100</pubDate><title>Consommer 24 heures sur 24 c’est tôt ou tard travailler 24 heures sur 24, pour tout le monde !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/consommer-24-heures-sur-24-c-est-tot-ou-tard-travailler-24-heures-sur-24-pour-tout-le-monde</link><description>Heures d’ouverture des commerces : référendum contre une brèche</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le référendum contre la déréglementation des heures d’ouverture des commerces est incontournable. Pas seulement à cause des conditions de travail catastrophiques du personnel de vente concerné ainsi que des effets des ventes non-stop d’alcool aux noctambules, mais aussi parce que les expériences faites à l’étranger nous montrent qu’en matière d’heures d’ouverture des commerces, les petits pas préparent l’extension du travail de nuit et du dimanche à toutes les branches. </p><p>Nul besoin de se rendre aux États-Unis pour trouver une société dérégulée jusqu’à la moelle, qui ne se repose jamais, une société où les gens sont occupés nuit et jour dans les magasins, les bureaux et les ateliers, la plupart du temps avec de mauvaises conditions de travail et pour des petits salaires. En effet, chez certains de nos voisins aussi, l’on voit où mène la déréglementation des heures d’ouverture des commerces.
</p><h3>D’abord les échoppes des stations service, ensuite les bureaux</h3><p>Prenons l’exemple de l’Italie, où cela a commencé dans les années 1990. À l’époque, les stations balnéaires furent autorisées à ouvrir les commerces quelques heures en été. Puis, cette réglementation «&nbsp;touristique&nbsp;» fut étendue à tout le pays et, rapidement, les maires décidèrent, sous la pression des employeurs, de déclarer «&nbsp;centres historiques de grande valeur du village&nbsp;» des périmètres situés autour des églises de plus de 20 ans&nbsp;; cela, afin que les commerces puissent rester ouverts le dimanche, et, bien sûr, aussi en hiver, car sait-on jamais quand et où un «&nbsp;touriste&nbsp;» pourrait s’égarer…. 
</p><p>En Italie, depuis 2012, tous (!) les commerces, restaurants, pubs, bars et autres endroits où casser la croûte peuvent rester ouverts 24 heures sur 24, également les dimanches, à Noël, le jour de la fête nationale, etc.&nbsp;! La feuille de vigne «&nbsp;promotion du tourisme&nbsp;» s’est envolée. Mais ces libéralisations n’ont en rien favorisé la consommation en Italie. Au contraire, la mort des petits commerces est très présente, précisément dans les vieilles villes de la péninsule. En effet, si certains ont profité de ce retour aux lois du Far-West, ce sont les mégastores, les centres commerciaux des agglomérations 
</p><p>Dans les pays où la pratique est comparable à celle de l’Italie, la prolongation des heures d’ouverture des magasins s’est finalement révélée être la brèche qui ouvre sur la déréglementation du temps de travail. De fait, dans les branches situées en aval et en amont du commerce de détail, comme la sécurité, les transports, le nettoyage, mais aussi, globalement, la logistique, etc., les horaires de travail se sont développés en parallèle, et, souvent, pour des salaires inférieurs à ce qu’ils étaient avant la généralisation de la déréglementation. Aujourd’hui, toujours plus de banques, d’assurances, de services informatiques, de cabinets d’avocats et de notaires travaillent le samedi et tard dans la nuit, quand ce n’est pas le dimanche aussi.
</p><h3>Les déréglementations appellent les déréglementations</h3><p>Une fois introduite dans une branche, une déréglementation demande encore plus de déréglementations et le justifie d’abord pour les branches situées en amont et en aval, et, tôt ou tard, partout&nbsp;! Cette façon de procéder correspond en fait à une technique pensée comme telle, qui banalise le travail de nuit et du dimanche en le rendant donc quotidien. Cette technique est aussi appliquée en Suisse. 
</p><p>Ainsi, les ventes du dimanche autorisées dans les commerces des grandes gares et des aéroports ont poussé les commerces avoisinants à faire pression pour profiter des mêmes conditions. Les propriétaires de ces commerces se plaignent d’une «&nbsp;concurrence déloyale&nbsp;» et exigent qu’en matière d’heures d’ouverture, ils puissent «&nbsp;lutter à armes égales&nbsp;». Actuellement, c’est le tour des échoppes des stations-service. L’intervention du conseiller aux États Abate leur permettrait d’ouvrir à leur gré le dimanche grâce à une réglementation légale fourre-tout (l’article italien sur le tourisme n’est pas très loin…). Et le conseiller aux États Lombardi veut «&nbsp;harmoniser&nbsp;» les heures d’ouverture des commerces pour toute la Suisse, en les prolongeant jusqu’à 20 heures&nbsp;!
</p><p>Les dérégulateurs du temps de travail savent qu’ils n’ont aucune chance s’ils s’attaquent frontalement à la protection des travailleurs et travailleuses. C’est pourquoi, ils recourent à une tactique des petits pas. Leur but reste toutefois la prolongation des heures d’ouverture de tous les commerces et, à long terme, la suppression de l’interdiction du travail de nuit et du dimanche. L’Italie alimente ces espoirs. 
</p><h3>Le référendum est lancé&nbsp;! </h3><p>Pour toutes ces raisons, la déréglementation des heures d’ouverture des échoppes de stations-service nous concerne tous&nbsp;! Le référendum contre la journée de travail de 24 heures nous permet de stopper ceux qui mettent le turbo sur les déréglementations, avant que, dans les bureaux, les ateliers et toute autre entreprise, l’on ne doive subitement travailler plus longtemps sans être dédommagé pour autant&nbsp;!
</p><p>Des listes de signatures pour le référendum se trouvent sous le lien suivant&nbsp;: 
</p><p>&lt;media 819 - - "TEXT, Referendum 24 Arbeitstag web fr SGB, Referendum_24_Arbeitstag_web_fr_SGB.pdf, 321 KB"&gt;<a href="http://bit.ly/WhQynN" target="_blank" rel="noreferrer">bit.ly/WhQynN</a>&lt;/media&gt; </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-964</guid><pubDate>Thu, 17 Jan 2013 14:51:00 +0100</pubDate><title>OUI à l’article sur la famille et à la loi sur l’aménagement du territoire – bulletin blanc pour l’initiative Minder</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/oui-a-l-article-sur-la-famille-et-a-la-loi-sur-l-amenagement-du-territoire-bulletin-blanc-pour-l-initiative-minder</link><description>Recommandations de l’USS pour les votations du 3 mars 2013</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’USS est favorable au nouvel article constitutionnel sur la famille ainsi qu’à la révision de la loi sur l’aménagement du territoire. Pour l’initiative Minder (rémunérations abusives), elle propose de glisser un bulletin blanc dans les urnes. Selon elle, ni l’initiative ni le contre-projet indirect ne s’attaquent au vrai problème, à savoir le creusement des différences de salaire. </p><h3>Article constitutionnel sur la famille&nbsp;: OUI</h3><p>Le nouvel article 115a de la Constitution fédérale ancre le principe selon lequel vie de famille et exercice d’une activité lucrative ou une formation doivent pouvoir être conciliés. Dans ce but, la Confédération et les cantons devront mettre en place une offre appropriée de structures de jour extrafamiliales et parascolaires destinées à l’accueil des enfants. Au cas où les efforts déployés dans ce sens par les cantons ou des tiers ne suffiront pas, la Confédération fixera les principes qui serviront à promouvoir des mesures permettant de concilier vie de famille et exercice d’une activité lucrative ou formation.
</p><p>Permettre de mieux concilier famille et profession est une revendication centrale de l’USS. Pour en faire avancer la réalisation, il faut une offre de structures d’accueil des enfants extrafamiliales et parascolaires qui soit adaptée aux besoins des gens. L’article sur la famille aidera à y parvenir.
</p><p>Christina Werder, secrétaire centrale responsable de la politique de l’égalité des sexes à l’USS, justifie l’acceptation de cet article en rappelant que «&nbsp;Des milliers de places manquent encore dans les crèches, dont les activités doivent reposer sur un projet pédagogique et qui doivent offrir des conditions de travail de qualité. Cet article constitutionnel est important pour qu’enfin soient créées les structures nécessaires à une meilleure conciliation des activités professionnelles et familiales.&nbsp;»
</p><h3>Révision de la loi sur l’aménagement du territoire&nbsp;: OUI</h3><p>Par cette révision, la nouvelle loi limite les réserves à bâtir des cantons. Concrètement, celles-ci ne seront plus définies qu’en fonction des besoins des 15 prochaines années. Ainsi, les zones constructibles surdimensionnées devront être réduites et les propriétaires seront indemnisés. Vingt pour cent de la plus-value réalisée lors du passage d’un terrain en zone constructible serviront à financer cette indemnisation. La taxe sur la plus-value sera prélevée lorsque le terrain sera construit ou vendu et l’État pourra obliger les propriétaires à construire en leur fixant des délais ou en les menaçant de sanctions.
</p><p>Le projet prévoit aussi toute une série de mesures destinées à lutter contre le mitage du territoire et à protéger les terres cultivables. Le but est de mieux coordonner l’urbanisation et les transports, ainsi que de garantir à cet égard un désenclavement rationnel et économe en terrains. 
</p><p>L’USS soutient cette révision, en particulier le prélèvement sur la plus-value. Les nouveaux instruments prévus par la loi permettront de s’attaquer au problème, connu depuis longtemps, du surdimensionnement des zones à bâtir et d’agir un tant soit peu contre la thésaurisation des terrains à bâtir.
</p><h3>Initiative Minder&nbsp;: bulletin blanc</h3><p>Une majorité de l’USS considère que tant l’initiative sur les rémunérations abusives (initiative Minder) que le contre-projet indirect, qui entrera en vigueur en cas d’échec de l’initiative, sont des instruments inaptes à combattre le creusement de l’écart entre les salaires. De plus, ils mettront des emplois en danger. Certes le nom de l’initiative sonne bien, mais celle-ci ne tient pas ses promesses.
</p><p>Une majorité de l’USS est d’avis que l’initiative améliorerait la situation des actionnaires, si tant est qu’elle améliore quelque-chose. Par le passé, ceux-ci étaient cependant du côté des profiteurs. Mais, pour les travailleurs et travailleuses, dont «&nbsp;on&nbsp;» a profité, rien ne s’améliorera. Il sera même plus simple pour les actionnaires agressifs de mettre la main sur des entreprises, d’en vampiriser la substance et de licencier du personnel. L’USS entend s’attaquer aux bas salaires ainsi qu’au creusement de l’écart entre hauts et bas salaires à l’aide de son initiative sur les salaires minimums et de l’initiative populaire 1:12. Ces deux initiatives sont des instruments beaucoup plus efficaces pour ces combats que l’initiative Minder.
</p><p>C’est le Comité de l’USS qui a décidé, lors de sa séance de novembre dernier et après un débat approfondi, de recommander le vote blanc.</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-956</guid><pubDate>Fri, 11 Jan 2013 14:45:00 +0100</pubDate><title>Une meilleure AVS au lieu d’une extrême concentration de richesses</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/une-meilleure-avs-au-lieu-d-une-extreme-concentration-de-richesses</link><description>Au peuple de corriger une répartition inégale de la fortune
</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le premier obstacle est franchi. L’initiative populaire «&nbsp;Imposer les successions de plusieurs millions pour financer notre AVS&nbsp;» est en voie d’aboutissement. Le peuple pourra donc dire s’il veut un peu plus de justice distributive et mettre les riches et super-riches plus à contribution d’un point de vue social. </p><p>Une vaste alliance regroupant le Parti&nbsp; socialiste, le Parti évangélique, l’USS et les Verts ont récolté 127&nbsp;000 signatures pour l’initiative «&nbsp;Imposer les successions de plusieurs millions pour financer notre AVS&nbsp;». Environ 27&nbsp;000 attendent d’être validées dans les communes. Celles-ci d’ailleurs sont invitées à le faire rapidement pour que cette initiative populaire puisse être déposée dans les délais à la Chancellerie fédérale, soit le 15 février prochain. 
</p><p>Le peuple suisse aura donc la possibilité d’éliminer un des privilèges fiscaux les plus criants. En effet, les salaires, les gains au loto, les rentes, les intérêts des comptes d’épargne, les honoraires, les bénéfices des entreprises, le produit des ventes, etc. sont imposés. Mais pas les héritages aussi appelés successions. Dans notre pays, un petit nombre de femmes et d’hommes héritent chaque année de milliards de francs sans qu’ils aient eu à travailler ou investir pour cela. Et sans devoir payer d’impôts sur ces sommes. Un scandale auquel il devrait être bientôt mis fin.
</p><p>En Suisse, la répartition de la fortune est extrêmement injuste&nbsp;: 1&nbsp;% de la population possède autant de fortune que les 99&nbsp;% restants. Une inégalité qui va même s’aggravant et que l’initiative corrigera aussi. En effet, nombre de ces énormes fortunes n’ont pas été constituées par leurs propriétaires, mais simplement héritées. Le produit d’un impôt national sur les successions devrait se monter à environ 3 milliards de francs par an, une somme qui serait entièrement rétrocédée à la population. Deux tiers iraient à l’AVS, un «&nbsp;placement&nbsp;» très social et très intelligent. Si bien que notre principale assurance sociale pourrait relever les défis qui l’attendent, par exemple en améliorant les rentes selon le modèle AVSplus, en garantissant à tout le monde une retraite dans la dignité. Le dernier tiers du produit de cet impôt serait versé aux cantons qui pourraient ainsi financer des services importants pour la communauté. Les cantons seraient ainsi dédommagés du fait que leurs actuels impôts sur les successions seraient perçus par la Confédération. 
</p><p>Finalement, l’impôt fédéral sur les successions corrigerait la répartition injuste de la fortune dans notre pays. Son incidence sociale serait positive. Et cela, sans devoir plumer au passage les petites et moyennes fortunes, car les deux premiers millions de francs de fortune seraient exonérés de l’impôt.</p>]]></content:encoded><category>Repartition</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-951</guid><pubDate>Wed, 19 Dec 2012 10:41:00 +0100</pubDate><title>Le Conseil national adoucit la révision 6b de l’AI</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/le-conseil-national-adoucit-la-revision-6b-de-l-ai</link><description>L’assainissement de l’AI progresse, des réductions de prestations inutiles
 
</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors de la dernière session parlementaire d’hiver, le Conseil national a traité la révision 6b de l’AI (2e volet). Il a fait preuve d’un certain discernement et renoncé à des coupes extrêmes de prestations. Car les chiffres de l’AI ont clairement pris la bonne direction.</p><p>La première évaluation de la 5e révision de l’AI confirme que cette dernière éponge ses dettes. Le programme d’assainissement avait pour but un changement de culture&nbsp;: à travers la détection précoce et toute une palette de nouvelles mesures d’intégration, il s’agissait de favoriser la réadaptation. La 5e révision de l’AI a concouru de manière déterminante de faire de cette dernière une assurance de réadaptation. Le nombre des nouvelles rentes a reculé de presque 50&nbsp;% depuis 2003 et celui des rentes courantes diminue constamment depuis 2006. En contrepartie, les offices AI ont annoncé environ 11&nbsp;500 cas de réadaptation professionnelle réussis, soit à peu près le double qu’en 2007 (5&nbsp;800). L’évaluation de la 5e révision fait apparaître que le potentiel d’efficacité de celle-ci n’a pas encore été épuisé. Un bon nombre d’office AI pourraient renforcer leurs mesures, en particulier pour les personnes d’un bas niveau de formation.
</p><p>Mais cette évaluation ne montre qu’un côté de la médaille. Le taux de nouvelles rentes AI ne dépend pas uniquement de la pratique en matière de réadaptation, mais surtout de l’examen des rentes. Avec l’encouragement de la réadaptation, l’AI a durci cet examen. Et les réclamations contre les décisions des services médicaux de l’AI s’accumulent. Ce côté de la médaille ne doit pas être oublié. 
</p><p>Les dépenses de l’AI ont été à ce point réduites que leur montant se rapproche toujours plus de celui des cotisations perçues. Parallèlement, le financement additionnel de l’assurance via la hausse temporaire de 0,4&nbsp;% de la TVA a sensiblement augmenté les recettes. Au premier semestre 2012, l’AI a ainsi pu enregistrer un excédent de 230 millions de francs. Ces deux évolutions se maintiendront à la fin 2012, voire se renforceront. L’assainissement de l’AI est en bonne voie. 
</p><h3>Nouveau bol d’air et marge de manœuvre </h3><p>Selon les scénarios financiers actuels de la Confédération, l’AI enregistrera à l’avenir des excédents sans qu’il soit besoin de réduire des prestations. Inutile donc de prévoir de telles réductions pour des raisons financières. Socialement, ce serait très dur pour les personnes concernées, car, aujourd’hui déjà, une grande partie des rentiers et rentières AI dépendent des prestations complémentaires.&nbsp; 
</p><p>Ce contexte a amené le Conseil fédéral à séparer en deux partie la révision 6b de l’AI, une proposition qui, acceptée par le Conseil national lors de la session parlementaire d’hiver, assouplit fortement le projet de révision. 
</p><p>Et une alliance centre-gauche a réussi à s’imposer sur des points essentiels. Premièrement, la majorité a suivi le plan du conseiller fédéral Alain Berset et sorti de la révision les réductions des rentes pour enfant et les frais de voyage. Mais le Parlement pourrait revenir ultérieurement sur ces questions, par exemple si la situation financière de l’AI ne va pas dans la direction prévue.
</p><h3>Système de rentes linéaire, mais rente entière dès un taux d’invalidité de 70&nbsp;%</h3><p>La révision 6b de l’AI remplacera l’actuel système, qui prévoit des quarts de rentes, des demi-rentes, des trois quarts de rentes et des rentes entières, par un système de rentes linéaire. Mais, contrairement au Conseil fédéral et au Conseil des États, le Conseil national veut qu’une rente entière soit accordée comme aujourd’hui, soit à partir d’un taux d’invalidité de 70&nbsp;% et non de 80&nbsp;% comme proposé. Ce faisant, on adoucirait quelque peu ce qui constituerait sinon un grave démantèlement. La réduction de la rente entière pour les handicapé(e)s dont le taux d’invalidité se situe entre 70 et 79&nbsp;% aurait des effets marquants sur le revenu de ce groupe de personnes. En effet, celles-ci n’ont absolument aucune perspective d’exploiter leur capacité de travail résiduelle. 
</p><p>Le Conseil national a en revanche décidé, contrairement au Conseil des États, d’appliquer le nouveau système de rentes aussi aux rentes courantes, pour les personnes dont le taux d’invalidité est supérieur à 50&nbsp;% et qui ont mois de 55 ans. Les rentes courantes sont donc toujours menacées de baisser. Pour l’USS, l’introduction d’un nouveau système de rentes ne doit toucher que les nouvelles rentes. Toute autre façon de procéder viderait par trop de sa substance la sécurité juridique.
</p><p>Que la réduction des indemnités journalières sans obligation d’entretien n’ait pas trouvé de majorité est réjouissant.
</p><h3>Frein à l’endettement</h3><p>Le mécanisme d’intervention (frein à l’endettement) proposé par le Conseil fédéral revêt une grande importance pour tout le 1er pilier. Il se serait déclenché automatiquement dès que le niveau du fonds de l’AI aurait été inférieur à 40&nbsp;% des dépenses annuelles, supprimant l’adaptation des rentes. Le Conseil national a nettement rejeté cet automatisme. 
</p><p>Introduit dans l’AI, ce mécanisme d’intervention jouerait le rôle d’un projet pilote pour l’AVS. Economiesuisse le prône comme condition à tout processus de réforme des assurances sociales. Un jour avant le début des délibérations sur cette révision, les partis de droite ont convoqué les médias pour souligner la nécessité, selon eux, d’un mécanisme d’intervention dans la prévoyance vieillesse. Mais ils sont restés vagues quant à sa conception. Ce flou est aussi apparu lors des débats parlementaires. La droite ne suit de fait pas une seule et même ligne&nbsp;: alors que les libéraux-radicaux et l’UDC ne veulent intervenir que du côté des dépenses de l’AI, les Verts-libéraux et les chrétiens-démocrates sont favorables à une «&nbsp;symétrie des sacrifices&nbsp;», donc à des mesures concernant et les recettes et les dépenses. Cette scission au sein de la droite a entraîné le renoncement à l’automatisme du dispositif. On doit comprendre cela comme indiquant clairement que les adaptations automatiques en matière d’assurances sociales ne sont actuellement pas en mesure de séduire une majorité. 
</p><h3>Une révision certes adoucie, mais pas suffisamment</h3><p>La révision 6b scindée en deux de l’AI va retourner au Conseil des États dans le cadre de la procédure d’élimination des divergences entre les deux Chambres, un Conseil des États qui en débattra sans doute lors de sa session de printemps. Il y a de bonnes chances que cette révision soit fortement adoucie. Mais nous ne devons pas oublier que la protection offerte par l’assurance sera quand même dégradée. Ainsi, la proposition demandant un durcissement de la lutte contre les abus, bien qu’incontestée au Parlement, représente matériellement presque une violation des principes de la procédure dans un État de droit. Et le nouveau système linéaire de rentes créera des injustices principalement s’il est appliqué aux rentes courantes.</p>]]></content:encoded><category>Assurance-invalidité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-954</guid><pubDate>Tue, 18 Dec 2012 15:38:00 +0100</pubDate><title>L’avenir du rail</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/l-avenir-du-rail</link><description>Quels aiguillages pour un rail fort ?</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors de sa session d’hiver, la Chambre des cantons s’est occupée de l’avenir du rail en Suisse. Elle en a défini les principaux aiguillages, comme il lui incombait de le faire. D’autres, certains soi-disant experts des transports publics, veulent au contraire rendre ces derniers plus chers.</p><p>Primo, 6,4 milliards de francs seront investis durant la première étape (jusqu’en 2025) dans des aménagements qui toucheront les principales régions du pays et pas seulement les centres. Deuzio, le nouveau «&nbsp;Fonds d’infrastructure ferroviaire&nbsp;» permettra un financement stable qui ne dépendra pas des sautes d’humeur des parlementaires. Il garantira non seulement les investissements, mais aussi l’entretien. 
</p><p>Même si ce grand projet pour le rail doit encore être approuvé par le Conseil national puis en votation populaire, on peut d’ores et déjà constater que les avocats des transports publics, et tout spécialement le Syndicat du personnel des transports, le SEV, connaissent là un beau succès. Le SEV fait partie d’une grande coalition instigatrice de « l’initiative populaire pour les transports publics » (appelée aussi initiative ATE). Et pour une fois, le contre-projet voté par le Conseil des États va largement au-delà des exigences posées par les initiants. En lançant une initiative, on ne peut guère rêver mieux !
</p><p>Pour qu’un maximum de monde choisisse les transports publics, ce dont profite l’environnement, une offre attractive ne suffit cependant pas. Il est également important que les prix soient abordables. Avec leur récente adaptation, on a maintenant atteint un seuil au-delà duquel ils ne seraient plus supportables pour beaucoup. Prendre le train ne doit pas devenir un luxe pour la majorité de la population.
</p><p>Depuis peu, les associations des milieux économiques, qui ne disent rien de bien intelligent sur ce thème depuis des années, ne sont plus les seules à faire de la surenchère en prônant à tout bout de champ des transports publics plus chers. Certains milieux dits scientifiques font en effet état depuis un certain temps de découvertes dans ce domaine bien peu éclairantes et se contentent de jouer aussi la provocation. Le pompon revient au Professeur Laesser de l’Université de Saint-Gall, qui est le «&nbsp;créateur&nbsp;» d’un abonnement général à 10 000 francs. Même si ce prix ne concernerait finalement que la 1ère classe, toute la presse s’est jetée sur cette demande provocatrice d’augmenter les frais supportés par les usagers. Le clou de l’histoire: le Professeur Laesser dirige le « SBB Lab » à l’Université de Saint-Gall qui est financé par les CFF et chargé de développer des idées novatrices pour les transports, mais ne fait à proprement parler rien d’autre que de répandre la bouillie idéologique des libéralisations. Finalement, cela signifie que nous devons payer davantage pour que le «&nbsp;SBB Lab » puisse nous prendre pour des idiots...
</p><p>Toujours est-il que le passé récent nous montre bien que la politique ferroviaire en Suisse n’est pour le moment faite ni par les milieux économiques ni par des professeurs de Hautes Écoles. Une solide majorité de la population veut toutefois des chemins de fer attractifs et abordables. Nous devons donc faire en sorte que cela reste le cas, aussi bien au niveau de l’infrastructure que des prix.</p>]]></content:encoded><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-950</guid><pubDate>Tue, 18 Dec 2012 13:13:00 +0100</pubDate><title>Offensive « 24 heures sur 24 » contre le personnel des commerces</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/offensive-24-heures-sur-24-contre-le-personnel-des-commerces</link><description>Le profit rapide devrait à nouveau passer avant la santé des gens !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les représentant(e)s au Parlement fédéral des intérêts de l’Union pétrolière, des chaînes de grands magasins et des centres commerciaux n’ont pas pu s’en empêcher lors de la dernière session des Chambres&nbsp;: nouvelles coupes à la hache dans la protection de la santé des travailleurs et travailleuses et priorité aux profits rapides face aux intérêts de toute la société. En cherchant à empêcher le peuple et les cantons de dire leur mot sur les heures d’ouverture des commerces, de nombreux politicien(ne)s de droite ont une nouvelle fois montré qu’elle était leur conception douteuse de la démocratie.</p><p>En adoptant en votation finale l’initiative parlementaire Lüscher, les Chambres fédérales ont donné une nouvelle dimension à la dérégulation des horaires de travail. Dans les échoppes des stations-service situées sur les «&nbsp;grands axes routiers&nbsp;», il deviendrait ainsi possible de faire des achats 24 heures sur 24, même le dimanche&nbsp;! Le samedi à 3 heures ou le dimanche à 4 heures, ces échoppes pourraient rester toujours ouvertes, qu’elles se trouvent sur des grands axes routiers cantonaux, sur des routes principales de villages et de villes déjà bien fréquentées ou sur des aires d’autoroute. Jamais, aucun jour de repos. La législation sur le travail en deviendrait caduque. 
</p><h3>Aujourd’hui les échoppes de stations-service, demain…</h3><p>Des études montrent que le travail de nuit rend malade et entraîne pour la société des coûts énormes à cause de l’épuisement professionnel et des dépressions supplémentaires dont il est à l’origine. Tous, nous serons appelés à passer à la caisse. Mais le Parlement fédéral et les patrons (Union pétrolière, exploitants d’échoppes de stations-service) s’en moquent. Aujourd’hui déjà, les conditions de travail dans ces échoppes sont parmi les plus mauvaises de la branche (bas salaires, compensation insuffisante du travail de nuit). Simultanément, les patrons ont toujours refusé obstinément toute convention collective de travail (CCT), ce qui ne dérange pas les politicien(ne)s de droite. Que l’Union pétrolière ait maintenant créé à toute vitesse – il y a quelques mois, en septembre 2012&nbsp;!!!<a href="typo3/#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a> – une «&nbsp;filiale&nbsp;» à fonction d’organisation patronale<a href="typo3/#_ftn2" target="_blank" name="_ftnref2">[2]</a> et mis en garde le syndicat contre le lancement d’un référendum qui «&nbsp;menacerait&nbsp;» les négociations constitue une tentative de manipulation inappropriée, une astuce de marketing mesquine. 
</p><p>Les exploitants d’échoppes de stations-service ont pour fonction de servir de fer de lance de la dérégulation des heures d’ouverture des commerces&nbsp;; en raison du champ d’application peu clair de la nouvelle disposition, le travail de nuit et du dimanche pourra se répandre dans le pays en échappant à tout contrôle. Les autres commerçant(e)s de détail demandent déjà les mêmes droits que les échoppes de stations-service. Avec l’admission des ouvertures 24 heures sur 24 pour celles-ci, ce n’est plus qu’une question de temps jusqu’à ce que nous assistions à une libéralisation au plan national. Les expériences faites à l’étranger (États-Unis, Grande-Bretagne) montrent que la dérégulation des heures de travail dans le commerce de détail conduit immanquablement à une dérégulation ultérieure dans d’autres branches…<a href="typo3/#_ftn3" target="_blank" name="_ftnref3">[3]</a></p><p>C’est pourquoi les syndicats, les Églises, les médecins du travail, des partis politiques et nombre d’autres acteurs ont saisi le référendum contre la journée de travail de 24 heures dans les échoppes des stations-service. Le peuple comprendra l’astuce de l’Union pétrolière et des grands exploitants d’échoppes et l’enverra par le fond (des urnes).
</p><h3>Interventions parlementaires Abate et Lombardi&nbsp;: par voie d’ordonnance,…</h3><p>Elle est sournoise, l’attaque sournoise des deux conseillers aux États tessinois Abate et Lombardi (président de la Chambre des cantons de son état et à ce titre, gardien à proprement parler de la démocratie, avec les présidents du Conseil national et de la Confédération). Comme la plupart des tentatives de déréguler les heures d’ouverture des commerces au niveau cantonal ont échoué, ils veulent en effet imposer d’en haut aux cantons une prolongation de ces heures d’ouverture et des ventes dominicales. Que le Conseil des États, «&nbsp;chambre de réflexion&nbsp;» et des cantons, fasse partie des premiers coupables de ce péché contre le fédéralisme laisse un arrière-goût particulièrement amer. 
</p><p>La proposition Abate adoptée par le Conseil des États introduirait par une simple modification d’ordonnance (échappant à tout référendum&nbsp;!) des ventes durant tout le dimanche dans des parties potentiellement vastes du pays&nbsp;: le nouveau paragraphe de loi élastique aurait, de par sa définition nébuleuse des «&nbsp;réalités touristiques&nbsp;», des conséquences graves pour la vie sociale dans notre pays et pour la santé des salarié(e)s ainsi que pour les conditions de travail dans la vente. Ce serait les femmes, qui représentent les trois quarts environ du personnel du commerce de détail, les plus touchées.
</p><h3>… la souveraineté démocratique et cantonale jetée par-dessus bord&nbsp;?</h3><p>La motion Lombardi vise à unifier et prolonger la durée d’ouverture des commerces dans tous les cantons. Le personnel du commerce de détail en serait la victime. Et ce dernier n’en deviendrait pas financièrement sain. Augmenter le chiffre d’affaire ne passe pas par une prolongation des heures d’ouverture des commerces, mais par un franc moins cher&nbsp;!
</p><p>Ici aussi, les syndicats vont s’engager, dans le cadre d’une alliance élargie (Églises, ONG, partis) pour le maintien du dimanche comme jour général de repos et de détente. Ici aussi, ils combattront le diktat de la prolongation des heures d’ouverture en soirée. 
</p><hr><p><a href="typo3/#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a><a href="http://www.arbeitgeber.ch/fr/actualite/echos-des-membres/7800-lassociation-des-exploitants-de-stations-service-de-suisse-a-ete-fondeefrs29" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.arbeitgeber.ch/fr/actualite/echos-des-membres/7800-lassociation-des-exploitants-de-stations-service-de-suisse-a-ete-fondeefrs29</a></p><p><a href="typo3/#_ftnref2" target="_blank" name="_ftn2">[2]</a> Le copinage entre le lobby du pétrole et les exploitants d’échoppes de stations-service passe aussi par des personnes&nbsp;: le premier président de l’Association des exploitants de shops de stations-service (AESS) est Walter Eberle, qui a dirigé Coop Mineraloel SA jusqu’en 2009…
</p><p><a href="typo3/#_ftnref3" target="_blank" name="_ftn3">[3]</a> Voir à ce sujet le Dossier N° 82 de l’USS&nbsp;: <a href="http://www.uss.ch/themes/travail/droit-du-travail/article/details/dossier-82-consommer-24-heures-sur-24-cest-travailler-24-heures-sur-24/" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.uss.ch/themes/travail/droit-du-travail/article/details/dossier-82-consommer-24-heures-sur-24-cest-travailler-24-heures-sur-24/</a></p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-953</guid><pubDate>Tue, 18 Dec 2012 12:42:00 +0100</pubDate><title>Sous-enchère salariale couverte par l’État : illégale et dangereuse              pour la paix sociale</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/sous-enchere-salariale-couverte-par-l-etat-illegale-et-dangereuse-pour-la-paix-sociale</link><description>Paul Rechsteiner: Grève à l’hôpital de la Providence</description><content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p><p>Si, n’importe où dans ce pays, une commune veut construire une école, il va de soi que le maître couvreur qui aura pour mandat d’en construire la toiture devra respecter la convention collective de travail (CCT) de sa branche. Si le canton de Berne veut mettre au concours la ligne de bus que, Mesdames et Messieurs les journalistes, vous avez peut-être empruntée pour venir ici, l’entreprise soumissionnaire, qu’elle s’appelle Bernmobil, CarPostal ou Dysli devra respecter la CCT des bus bernois.
</p><p>Quand l’État achète une prestation, il le fait avec l’argent des contribuables. L’État n’a pas le droit de se servir de cet argent que nous autres, travailleurs et travailleuses, avons payé sous forme d’impôts, pour faire pression sur nos salaires. Il n’a pas le droit de pratiquer la sous-enchère salariale, mais doit acheter des biens et des prestations aux seuls soumissionnaires qui respectent les lois ainsi que les conditions de travail et les salaires en usage dans la localité et la branche.
</p><p>Telle est l’idée fondamentale des lois sur les marchés publics. En 1994, la Suisse a signé l’accord de l’OMC, l’Organisation mondiale du commerce, sur les marchés publics, sur la base duquel les accords bilatéraux ont été conclus avec l’Union européenne, et en particulier celui qui concerne les marchés publics. Tous les cantons ont pris les mesures pour s’adapter à cette ouverture du marché et conclu un Accord intercantonal sur les marchés publics, ainsi que transféré les nouvelles dispositions dans leur droit cantonal respectif. Celui de Neuchâtel aussi (voir annexe). 
</p><p>Ce qui s’applique aux marchés publics doit aussi s’appliquer aux mandats de prestations et au versement de subventions. Si un canton place un hôpital sur sa liste des hôpitaux et lui verse même des subventions, cet hôpital est tenu de respecter la CCT cantonale de la branche. C’est précisément ce que stipule l’arrêté neuchâtelois fixant les conditions à remplir pour figurer sur la liste hospitalière cantonale. Le canton de Neuchâtel connaît une CCT intitulée «&nbsp;Santé 21&nbsp;», qui s’applique aux acteurs publics et privés de la santé du canton, à tous les hôpitaux et EMS, et même aux soins à domicile. 
</p><p>Aujourd’hui, une entreprise privée à but lucratif veut s’emparer d’un de ces hôpitaux. GENOLIER (Genolier Swiss Medical Network) entend acheter l’hôpital de la Providence. Sur ordre de Genolier, ce dernier a déjà dénoncé la CCT «&nbsp;Santé 21&nbsp;», afin de permettre une baisse des salaires et un démantèlement des conditions de travail. Genolier demande en plus que le canton de Neuchâtel verse de nouvelles subventions à l’hôpital de la Providence, ce que le Conseil d’État veut manifestement faire. Contrairement à ce qui figure dans l’arrêté déjà cité, il veut maintenir l’hôpital de la Providence sur cette liste, même si Genolier fait passer les salaires au-dessous de ce que prévoit la CCT. 
</p><p>Ignorer la CCT, baisser les salaires, demander des subventions supplémentaires et pouvoir ainsi verser de juteux bénéfices aux actionnaires privés de Genolier SA, telle doit être la santé demain selon cette dernière. Après l’achat de plusieurs cliniques dans les cantons de Genève, de Vaud et du Tessin, Genolier étend son emprise désormais aussi dans le canton de Neuchâtel. Jusqu’à maintenant, le gouvernement neuchâtelois ne s’est pas montré en mesure de remettre à sa place cette entreprise. Il semble disposé à ignorer ses propres lois ainsi que l’Accord intercantonal sur les marchés publics. C’est indécent. En lutte contre la politique antisociale de Genolier, le personnel de l’hôpital de la Providence s’est mis en grève. L’Union syndicale suisse (USS), tout le mouvement syndical du pays se déclarent solidaires avec lui. 
</p><p>Communique USS
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Suisse</category><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-949</guid><pubDate>Fri, 14 Dec 2012 14:50:00 +0100</pubDate><title>La sous-enchère salariale par sous-traitance mise en échec</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-sous-enchere-salariale-par-sous-traitance-mise-en-echec</link><description>Le Parlement a définitivement voté la responsabilité solidaire</description><content:encoded><![CDATA[<p>C’est définitif&nbsp;: la responsabilité solidaire sera renforcée. Lors de la votation finale de vendredi 14 décembre, tant la Chambre des cantons (31 oui contre 7 non et 2 abstentions) que celle du peuple (106 contre 79 et 6 abstentions) ont en effet choisi de la muscler. L’Union syndicale suisse (USS) se réjouit de voir qu’ainsi, il sera possible d’endiguer la sous-enchère salariale pratiquée par certains patrons du bâtiment à travers des chaînes de sous-traitance. À l’avenir en effet, l’entrepreneur contractant, le premier donc, devra aussi répondre du non-respect par l’un de ses sous-traitants des salaires et des conditions de travail usuels, même s’il s’agit d’un sous-traitant de sous-traitant. 
</p><p>Avec sa pétition signée par 27&nbsp;318 salarié(e)s de la construction, le syndicat Unia a aussi clairement contribué à ce succès. Grâce à l’engagement des syndicats, les salaires et les conditions de travail suisses seront mieux protégés contre la maximisation des profits et la sous-enchère salariale de quelques entrepreneurs sans scrupule de cette branche. L’USS et ses fédérations suivront attentivement l’application concrète de la nouvelle responsabilité solidaire. Aux intentions sur le papier doivent succéder des actes. Les travailleurs et travailleuses de la construction que l’on retrouve par tous les temps sur les chantiers du pays méritent des salaires décents&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Droit du travail</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-948</guid><pubDate>Fri, 14 Dec 2012 10:46:00 +0100</pubDate><title>Un paysage dans la tempête</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/un-paysage-dans-la-tempete</link><description>Conventions collectives de travail : une renaissance menacée ?</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Ces dernières années, les conventions collectives de travail (CCT) ont connu une vraie renaissance. Fin 2012, les menaces s’accumulent brusquement. La mentalité du maître des lieux qui caractérise certains employeurs regagne en vitalité. Rien qu’un petit orage&nbsp;? Ou l’occasion pour les syndicats de remettre les points sur les i&nbsp;?</p><p>Personne ne conteste qu’en matière de CCT, on a assisté à un changement de tendance ces dernières années. Pendant les années 1990, le patron des patrons de l’époque, Monsieur Guido Richterich, traitait les CCT de rossignols, de modèles de fin de série. Et c’était dans l’air du temps. En effet, avec 1&nbsp;269&nbsp;000 de personnes assujetties à des CCT en 1996, on avait touché historiquement le fond. 
</p><h3>La renaissance des CCT</h3><p>En 2009, l’Office fédéral de la statistique dénombrait à nouveau 1,7 million de personnes protégées par une CCT. La tendance des années 1990 s’était donc inversée. Et pourquoi cette renaissance&nbsp;?
</p><p>Dans le secteur tertiaire, de nouvelles CCT ont été conclues (Poste, CFF et Swisscom, après la suppression du statut de fonctionnaire&nbsp;; nettoyage&nbsp;; sécurité privée&nbsp;; CCT régionales dans le commerce de détail et certaines parties de la santé). Au début de 2012, au terme de négociations ardues, la CCT «&nbsp;Location de services&nbsp;» était conclue, une année après l’entrée en vigueur du contrat-type de travail de l’économie domestique. Ces deux contrats sont historiques. Quelque chose s’est donc passé&nbsp;: les CCT s’avèrent à nouveau être des instruments permettant d’instaurer des conditions de travail quelque peu équitables et contraignantes. Elles ont désormais un avenir, et pas uniquement un passé. 
</p><h3>Subite rafale d’offensives</h3><p>C’est pourquoi on s’étonnera au premier abord de voir que, dans certaines branches, des offensives contre le partenariat contractuel sont lancées précisément aujourd’hui. </p><ul><li>Dans le canton de Neuchâtel, l’hôpital La Providence va être vendu au groupe Genolier qui ne veut plus de la CCT en vigueur, car il souhaite économiser sur le dos du personnel. Ce dernier est en grève depuis le 26 novembre contre la menace de dénoncer la CCT et la dégradation des conditions de travail qui en découlerait.</li><li>Les éditeurs de Suisse romande ont dénoncé le 5 décembre dernier sans avertissement la CCT de la presse suisse-romande. En Suisse alémanique et au Tessin, la même chose a eu lieu il y a huit ans, ce qui a entraîné une nette dégradation des conditions de travail des journalistes, et particulièrement de celles des journalistes libres. Le 11 décembre, les journalistes romands ont protesté à Genève, Fribourg et Sion ainsi que Neuchâtel où ceux de l’Express et de l’Impartial ont même débrayé une heure.&nbsp;</li><li>Lors des négociations sur le renouvellement du contrat collectif de travail (CCT) de l’industrie graphique, l’association patronale Viscom persiste à exiger une prolongation de la durée du travail et une baisse des suppléments de nuit. Les syndicats ne sont pas prêts à entrer en matière sur ce démantèlement. Le 11 décembre, Viscom a annoncé l’échec des négociations et demandé aux entreprises signataires du CCT en vigueur d’appliquer à partir du 1er janvier 2013, soit dès le début du vide conventionnel, ses revendications dans les entreprises. Les syndicats répondront par des grèves d’avertissement. L’an prochain, les membres concernés de syndicom diront, lors d’une votation générale, s’ils veulent prendre des mesures de lutte et de grève plus dures. </li></ul><h3>Il n’y a pas pire sourd que celui….</h3><p>Cette histoire récente a aussi sa leçon&nbsp;: on peut définir le contenu d’une CCT à la faveur d’un dialogue basé sur le respect mutuel des deux parties ou le conquérir de haute lutte. Parfois, c’est cette deuxième méthode qui est nécessaire. Cela a été par exemple le cas tout récemment dans le secteur principal de la construction, alors qu’Unia négociait parallèlement avec succès dans de nouveaux secteurs. L’orage qui menace en ce moment le paysage des CCT peut aussi avoir un effet cathartique. Ce sera le cas si les employeurs comprennent que la confrontation engendre la confrontation et que les syndicats acceptent l’idée de se battre quand les patrons spéculent sur leur docilité.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-944</guid><pubDate>Thu, 13 Dec 2012 10:35:00 +0100</pubDate><title>On ne jette pas une CCT comme un mouchoir en papier !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/on-ne-jette-pas-une-cct-comme-un-mouchoir-en-papier</link><description>Le personnel de la Providence est en grève</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Après un premier débrayage le 18 septembre, le personnel de l’hôpital privé neuchâtelois La Providence s’est remis en grève depuis le 26 novembre. Il refuse en particulier la vente de l’établissement au groupe Genolier ainsi que la dénonciation de la CCT «&nbsp;Santé 21&nbsp;». Il persiste en outre à demander que le respect de cette CCT soit la condition pour qu’un établissement sanitaire puisse figurer sur la liste cantonale des hôpitaux. </p><p>Le souci pour sa propre santé a toujours fait partie des préoccupations majeures de tout un chacun. C'est pourquoi le fait de disposer d'un système sanitaire de qualité ainsi que l'accès à ce dernier répondent à un besoin primordial de la population. L'entrée en vigueur de la Loi sur l'assurance maladie (LAMal) en 1996 a introduit l'assurance de base obligatoire et établi sur le plan légal le principe de l'accès à un système sanitaire de qualité pour toutes les couches de la population.
</p><p>Les cantons ont la responsabilité d'assurer une couverture en soins de santé pour leur population, ce qui implique la fourniture d'une offre suffisante de prestations stationnaires et ambulatoires de qualité. Pour gérer leur offre en matière d'établissements hospitaliers, ils disposent d'un instrument&nbsp;: la liste des hôpitaux. En vue de garantir des prestations de qualité par le biais du système sanitaire cantonal neuchâtelois financé par les impôts, la CCT «&nbsp;Santé 21&nbsp;» joue un rôle central. En effet, pour pouvoir fournir de bonnes prestations, il est nécessaire de disposer de bonnes conditions de travail. Ces dernières doivent être négociées dans le cadre d'une CCT et garanties par cette dernière. Une telle convention implique le respect des conditions d'engagement usuelles au niveau local et dans la branche en question. En outre, le fait de disposer de bonnes conditions de travail protège la santé du personnel, détermine sa satisfaction au travail et assure la paix du travail.
</p><p>L'hôpital La Providence a déjà une longue histoire. Son statut est celui d'une fondation d'utilité publique régie par le droit privé. Il est inscrit sur la liste des hôpitaux du canton de Neuchâtel et dispose d'un mandat de prestations que lui a attribué ce dernier. Cet établissement fait ainsi partie du système de santé de base du canton, raison pour laquelle celui-ci lui verse des subventions et l'a soumis à la CCT «&nbsp;Santé 21&nbsp;» dont le but est de garantir de bonnes conditions de travail au personnel. En acceptant une motion populaire urgente le 5 décembre 2012, le Grand Conseil neuchâtelois a confirmé le principe selon lequel la CCT en question doit être respectée. Sa décision exprime également sa volonté d'assurer de bonnes conditions de travail au personnel travaillant dans le secteur subventionné du système sanitaire par le biais de ladite CCT. 
</p><p>Le fait que le gouvernement neuchâtelois a laissé entrevoir à l'hôpital en question qu'il allait continuer à lui attribuer un mandat de prestations et des subventions même en cas de résiliation et de non-respect de la CCT est incompréhensible, préoccupant et inacceptable. S'il prenait une telle décision, le gouvernement ne tiendrait compte ni de a loi neuchâteloise ni de ses propres ordonnances&nbsp;! Une telle attitude de la part du Conseil d'État neuchâtelois mettrait en danger non seulement d'autres CCT, mais également le respect des conditions de travail usuelles au niveau local et dans la branche en question dans d'autres cas. Et malgré cela, le canton continuerait à verser des subventions aux employeurs qui agissent de la sorte&nbsp;! Ce sont le personnel et l'ensemble de la population qui feraient les frais d'une telle politique. Car cette décision impliquerait nécessairement une dégradation de la qualité du système de santé de base pour l'ensemble de la population. Les enjeux de cette décision sont donc très importants&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-943</guid><pubDate>Fri, 07 Dec 2012 15:28:00 +0100</pubDate><title>La spirale à la baisse s’emballe</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/la-spirale-a-la-baisse-s-emballe</link><description>Les cantons veulent économiser  sur le dos de leur personnel</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La plupart des cantons ont budgétisé un déficit pour 2013. C’est pourquoi ils veulent économiser, et surtout sur le dos du personnel de la fonction publique. Mais ce dernier commence à se rebiffer. Jusqu’à aujourd’hui, lui et ses organisations sont entrés dans une résistance musclée dans quatre cantons déjà. </p><p>Afin d’éliminer aussi rapidement que possible le déficit qu’ils prévoient en 2013, une bonne majorité des cantons préparent des programmes d’austérité douloureux. Leur but&nbsp;: couper dans les services. Leurs propositions se retrouvent sur deux points&nbsp;: les gens auront droit à moins de services publics (moins de trains, de bus, d’heures d’école, de conseil, de rues déneigées, etc.) et le personnel des cantons devra passer à la caisse (encore plus de travail, moins de salaire et d’emplois ou un mélange des deux).
</p><h3>Coupes sur le dos du personnel des cantons</h3><p>Les exemples ci-après illustrent bien ce qui est en train de se préparer dans les cantons.
</p><p>Dans le canton de Genève, le gouvernement, après un premier échec de son budget, s’attend à un déficit de 191 millions de francs. Et il annonce des suppressions d’emplois dans la formation et l’éducation, des restrictions en matière de retraite anticipée et des baisses de salaire. 
</p><p>Au Tessin, le déficit attendu est de 198,5 millions de francs. Le gouvernement veut baisser les salaires de 2&nbsp;% dans la fonction publique (1,8 dans les entreprises soutenues par l’État). 
</p><p>Dans le canton de Saint-Gall, le déficit budgétisé est de 230 millions de francs. Fin novembre, le parlement cantonal a décidé de relever de 10&nbsp;% le taux de l’impôt cantonal. Avec d’autres mesures, il veut réduire le déficit à 27 millions, ce qui n’a pas empêché la majorité de droite du Grand Conseil de proposer au gouvernement de diminuer de 1&nbsp;% les dépenses de personnel en 2013. 
</p><p>Dans le canton de Lucerne, le gouvernement veut économiser 57,7 millions de francs l’an prochain et 111,8 millions en 2014. Ce sera au personnel de l’État de passer à la caisse, ses coûts ne devant augmenter que de 0,5 % au lieu de 1,5&nbsp;% comme prévu initialement. L’augmentation des effectifs de la police ne se fera que sur plusieurs années, et non pas immédiatement. Dans l’administration, 26 emplois seront supprimés et, en ce qui concerne la formation et la santé, les dépenses seront réduites.
</p><p>Dans le canton de Zurich., le déficit budgétisé est de 157 millions de francs. Le parlement a ainsi contraint le gouvernement a appliquer un programme d’austérité de 200 millions, en lui laissant la possibilité de choisir où et comment économiser. 
</p><p>Le canton de Berne va annuler les hausses de salaire à hauteur de 44 millions de francs, une mesure qui s’accompagnera d’un programme de démantèlement des prestations de 53 millions de francs répartis sur tous les domaines. 
</p><p>Dans 11 autres cantons, des programmes d’austérité sont annoncés. Seuls les cantons du Valais, de Fribourg, de Vaud, d’Argovie, de Bâle-Ville et d’Uri annoncent des chiffres noirs pour 2013. 
</p><h3>Contre toute équité</h3><p>Selon Dore Heim, responsable entre autres des services publics à l’USS, ces mesures de démantèlement sont totalement inéquitables. Et elles démotiveront le personnel concerné. En outre, on a tellement augmenté les rythmes de travail qu’un tel démantèlement signifiera automatiquement une baisse des prestations des services publics. À ses yeux, ces mesures mettront aussi en danger l’attractivité de l’État employeur sur le marché du travail, un signal négatif adressé à toutes celles et tous ceux qui pourraient s’imaginer travailler dans les services publics. L’USS met en outre en garde contre les effets contreproductifs des programmes d’austérité. Ils empoisonnent en effet la conjoncture et emballent la spirale à la baisse. L’USS va étudier de plus près la situation financière des cantons et publier les premiers résultats de ces analyses au début du printemps 2013.
</p><p>Que les cantons aient établi des budgets trop pessimistes ou non, une chose est d’ores et déjà certaine&nbsp;: ils sont eux-mêmes responsables des baisses de leurs recettes et donc de leurs déficits. En effet, parce qu’ils voulaient séduire les riches et les entreprises, ils ont baissé leurs impôts. Et pour ne pas se trouver en reste, ce seront bientôt tous les cantons qui se lanceront dans cette énorme concurrence fiscale. Conséquence&nbsp;: des recettes insuffisantes partout. L’exemple du canton de Saint-Gall montre l’ampleur de ce problème&nbsp;: la hausse des impôts décidée en 2012 représente seulement un quart des baisses d’impôts des années et décennies précédentes. 
</p><h3>L’opposition se met en place</h3><p>Dans plusieurs cantons, l’opposition aux programmes d’austérité se met en place. Les syndicats et les autres associations du personnel agissent et réagissent ensemble. 
</p><p>Ainsi, le 5 décembre, les fonctionnaires tessinois, emmenés par le Syndicat suisse des services publics (ssp) se sont mis en grève. La plupart des écoles sont restées fermées. Et 2&nbsp;000 fonctionnaires ont manifesté à Bellinzone le même jour à 15 heures, soit pendant le travail. Le 6 décembre, ce sont plus de 1&nbsp;000 membres de la fonction publique, selon la police, qui se sont ainsi mis en grève à Genève. Une nouvelle manifestation est prévue le 13 décembre.
</p><p>Auparavant, dans le canton de Saint-Gall, une manifestation&nbsp; (15.11) avait réuni 5000 employé(e)s de l’État, dont la moitié de la police, contre les mesures d’austérité, ce qui a entraîné finalement l’abandon par le parlement d’une baisse de salaire annoncée de 1,5&nbsp;%. Dans le canton de Lucerne, le 24 novembre, plus de 1&nbsp;500 employé(e)s de l’État étaient aussi descendus dans la rue pour remettre au gouvernement une pétition contre les mesures d’économies munie de plus de 6&nbsp;000 signatures. Décision a aussi été prise de faire grève dans les écoles le 10 décembre prochain.
</p><p>Cette opposition qui se met en place est différente d’un canton à l’autre. Impossible d’en dresser le bilan à ce jour. Pour Dore Heim, il est cependant clair que si toutes les organisations du personnel des cantons luttent résolument contre l’austérité annoncée, celle-ci ne pourra pas s’imposer. Nous constatons des signaux pleins d’espoir.</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-933</guid><pubDate>Fri, 07 Dec 2012 15:08:00 +0100</pubDate><title>La branche de la gestion de fortune en difficulté</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/la-branche-de-la-gestion-de-fortune-en-difficulte</link><description>Les rétrocessions reviennent aux clients</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La gestion des fonds des caisses de pensions devient lentement mais sûrement plus transparente et financièrement avantageuse. Le violent rejet de la baisse du taux de conversion minimal LPP en mars 2010 a ouvert les yeux sur certains dysfonctionnements concernant les caisses de pensions. Diverses études commandées par l’Office fédéral des assurances sociales ont montré l’ampleur des coûts et des commissions astronomiques existants dans ce domaine. À eux seuls, les frais de gestion de la fortune du 2e pilier se montent à 3,9 milliards de francs. Un potentiel d’économies de 1,8 milliard est tout à fait réaliste. </p><p>Les nouvelles prescriptions entrées en vigueur depuis 2011 favorisent aussi la transparence. Pour la première fois en 2012, les comptes devront en effet présenter les frais de gestion de manière détaillée. Mais on en n’est de loin pas encore arrivé à une présentation transparente des coûts. Ceux du 2e pilier doivent baisser. Pour les assuré(e)s d’une caisse de pensions, les frais de gestion de la fortune et d’administration sont des dépenses incontournables et d’une grande portée, car ils réduisent finalement les futures prestations sous forme de rentes. 
</p><h3>Un arrêt du Tribunal fédéral lourd de conséquences</h3><p>La nouvelle jurisprudence du Tribunal fédéral est un outil supplémentaire qui permet de réduire les frais de gestion de la fortune. Dans une décision de principe, notre plus haute Cour a confirmé, fin octobre, que les rétrocessions («&nbsp;kick-backs&nbsp;») reçues par les banques pour leur rôle de gestionnaires de fortunes appartiennent aux clients. 
</p><p>De quoi s’agit-il&nbsp;? Une grande partie de la fortune des caisses de pensions va dans des placements collectifs de capitaux, comme des fonds d’actions ou des fonds d’obligations. Les promoteurs de fonds font souvent des rétrocessions aux banques pour la commercialisation de leurs fonds. Ces rétrocessions sont une partie des frais de gestion («&nbsp;management fee&nbsp;») et ne sont pas versées aux banques pour une transaction, mais uniquement pour le maintien du fonds dans les portefeuilles de placements des caisses de pensions. 
</p><p>Sur une plainte d’un client de l’UBS, le Tribunal fédéral a engagé les banques à verser ces commissions à ce client. L’obligation de restitution inclut aussi les remboursements internes à l’entreprise.&nbsp; Elle est même rétroactive.
</p><p>Ces dernières années, les banques ont commencé à faire signer à leurs clients des déclarations de renoncement à ces rétrocessions. Mais de telles déclarations globales ne sont pas admissibles sans autre. 
</p><h3>Les banques doivent, devraient informer</h3><p>Le volume des rétrocessions retenues jusqu’à ce jour n’est pas connu. Il n’y a aucune transparence quant à l’existence et au montant de telles commissions. La plus grande agitation règne cependant actuellement au sein de la branche de la finance. Il doit donc s’agir de beaucoup d’argent. 
</p><p>Quelques caisses de pensions ont négocié avec succès ces dernières années avec les banques le remboursement de cet argent. Il faut toutefois se battre durement pour obtenir ces rétrocessions, qui reviennent aux caisses de pensions et non aux banques. Malgré une jurisprudence claire, l’investisseur, la caisse de pensions, doit demander (dette quérable) le remboursement des rétrocessions. L’autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) a reconnu le caractère explosif de cette situation. Dans une circulaire de fin novembre dernier, elle demande aux banques d’appliquer sans délai la décision du Tribunal fédéral. Pour instaurer la transparence nécessaire ici, ces dernières doivent contacter et informer tous les clients potentiellement concernés. 
</p><h3>Les conseils de fondation doivent aussi agir</h3><p>Mais les caisses de pensions ne peuvent pas rester les bras croisés. Si elles ne font pas&nbsp; pression, rien ne bougera. Principaux interpellés&nbsp;: tous les représentant(e)s des travailleurs et travailleuses dans les conseils de fondation des caisses de pensions. Chaque caisse doit demander à la banque qui gère sa fortune s’il y a des rétrocessions dans son portefeuille. Le conseil de fondation peut aussi donner l’impulsion à cette clarification de la situation. Fréquemment, les caisses de pensions – surtout les petites – ne disposent pas d’éléments de comparaison et ne connaissent pas les structures des commissions des banques. Beaucoup de choses se font en cachette. L’ARPIP, Association des représentants du personnel dans les institutions de prévoyance, peut fournir une aide utile à cet égard. Elle regroupe des représentant(e)s du personnel dans les instances dirigeantes des caisses de pensions et propose des formations ainsi que des occasions d’échanger sur ces questions. </p>]]></content:encoded><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-937</guid><pubDate>Wed, 05 Dec 2012 08:40:00 +0100</pubDate><title>Démasqués par leurs actes !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/demasques-par-leurs-actes</link><description>Marchés publics et égalité des salaires entre femmes et hommes</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Mesquin&nbsp;! Le 27 novembre, le Conseil national devait entre autres se prononcer sur un crédit de 100&nbsp;000 francs destinés à contrôler quelque peu correctement le respect de l’égalité de salaire entre les sexes lors d’adjudication de travaux par la Confédération. La majorité de droite a dit non.</p><p>La loi fédérale sur les marchés publics stipule que la Confédération ne confie de travaux qu’à des entreprises garantissant l’égalité des salaires entre femmes et hommes. Si ce n’est pas le cas, elle peut annuler l’adjudication ou exclure l’entreprise soumissionnaire de la procédure. Le Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes (BFEG) organise des contrôles par sondages afin d’établir si l’égalité salariale est bien respectée. Mais il ne dispose que de très peu de moyens à cet effet, raison pour laquelle il n’est pas en mesure d’assumer ce mandat comme il se devrait. De fait, en 2011, quatre (4&nbsp;?) entreprises en tout ont été contrôlées, pour 370 travaux mis en soumission. 
</p><p>Dans le cadre des débats sur le budget de la Confédération, le Conseil national a traité une proposition socialiste qui proposait d’augmenter de 100&nbsp;000 francs la somme mise à disposition du BFEG. Elle aurait ainsi permis à celui-ci de procéder aux contrôles nécessaires concernant les marchés publics. Qu’une telle augmentation soit indispensable, les contrôles réalisés à ce jour le montrent bien, car ils ont permis de découvrir des cas d’inégalité salariale. 
</p><p>Mais les choses ont pris une autre tournure. La majorité de droite du Conseil national a sèchement refusé de relever le budget du BFEG, ratant ainsi l’occasion de faire appliquer des dispositions légales. Il a d’ailleurs aussi raté l’occasion d’encourager l’instauration progressive de l’égalité des salaires entre femmes et hommes ainsi que de faire passer un message indiquant qu’il est réellement déterminé à imposer cette dernière. 
</p><p>On encourage l’égalité entre les sexes lorsqu’il s’agit de demander des concessions aux femmes, par exemple le relèvement à 65 ans de l’âge leur donnant droit à une rente de vieillesse. Cette égalité est cependant refusée lorsqu’elle a un certain coût. Mais que sont en fait ces ridicules 100&nbsp;000 francs dans un budget de plusieurs milliards&nbsp;!?</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-919</guid><pubDate>Fri, 23 Nov 2012 13:19:00 +0100</pubDate><title>Garantir les emplois - empêcher les licenciements</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/garantir-les-emplois-empecher-les-licenciements</link><description>Résolution de l&#039;assemblée des délégué(e)s</description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis le début de l’année, les entreprises suisses ont annoncé qu’elles allaient supprimer 13&nbsp;000 emplois. Mais le chiffre réel devrait être bien plus grand. En effet, le nombre d’emplois que des petites entreprises suppriment n’est pratiquement pas public. Et de nombreuses grandes entreprises essaient de réduire l’effectif de leur personnel en procédant par petits pas et sans en informer le public. La situation s’est nettement dégradée, surtout ces dernières semaines. Chaque jour de nouvelles suppressions d’emplois sont annoncées.
</p><p>L’USS est très préoccupée par cette évolution. Avec une politique économique active, on pourrait empêcher des licenciements. Mais la Banque nationale suisse (BNS) et le Conseil fédéral entendent céder face aux investisseurs et aux spéculateurs qui ont fait prendre l’ascenseur au franc. Au Département fédéral de l’économie du conseiller fédéral Schneider-Ammann, c’est le silence radio qui règne. Les autorités ne recommandent même pas le recours au chômage technique. 
</p><p>Les revendications de l’USS&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>Le franc reste trop fort. Avec la Confédération, la BNS doit tout entreprendre pour ramener son cours à un niveau raisonnable. Dans la conjoncture actuelle, le site industriel suisse aurait besoin d’un taux de change de Fr.&nbsp;1.40 pour 1 euro. Un tel taux affaiblirait nettement la pression qui s’exerce sur les salaires et les emplois.</li><li>Les entreprises qui réalisent des bénéfices n’ont pas le droit de licencier. Et celles qui sont confrontées à des problèmes graves doivent introduire le chômage technique, combinable avec des offres de perfectionnement.</li><li>Les programmes d’austérité prévus par la Confédération et dans les cantons vont empoisonner l’économie suisse. Dans la plupart des cas, ils sont inutiles. Pour éliminer les déficits, il faut revenir sur les baisses d’impôts superflues accordées aux personnes fortunées, aux hauts revenus et sur les bénéfices des entreprises.</li><li>Les restructurations de la place financière ne doivent pas se faire aux dépens des employé(e)s. Les banques enregistrent des bénéfices. Elles n’ont donc pas à licencier. La CCT des banques doit prévoir des possibilités de formation initiale et continue. Et il appartient à la Confédération de s’engager dans ce sens à la faveur de sa «&nbsp;stratégie de l’argent propre&nbsp;».</li><li>L’amélioration de l’encouragement des activités d’innovation (Commission pour la technologie et l’innovation) a été un succès. La Confédération doit épuiser toutes ses possibilités dans ce cadre.</li><li>La surévaluation du franc met en grand danger le trafic des marchandises sur rail. Les aides financières de la Confédération pour 2012 doivent être prolongées.</li></ul><p>Cette résolution a été adoptée à l'unanimité par l'assemblée des délégué(e)s le 16 novembre 2012.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique monétaire</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-918</guid><pubDate>Fri, 23 Nov 2012 11:26:00 +0100</pubDate><title>Il faut protéger les salaires de la construction contre la sous-enchère !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/il-faut-proteger-les-salaires-de-la-construction-contre-la-sous-enchere</link><description>Plus de 27 000 travailleurs revendiquent la responsabilité solidaire</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Après avoir traversé en cortège le centre de Berne, près de 400 travailleurs et travailleuses de la construction et syndicalistes ont déposé, le 20 novembre dernier, à la Chancellerie fédérale, une pétition munie de plus de 27&nbsp;000 signatures. Elle demande au Conseil national d’adopter, lors de la prochaine session, une responsabilité solidaire digne de ce nom afin de protéger les salaires suisses contre les entrepreneurs de la construction qui essaient de faire un maximum de profits, en renvoyant à des sous-traitants la responsabilité de respecter les salaires. </p><p>Ce qui s’est passé ces derniers mois sur des chantiers suisses est inimaginable. Pour augmenter leurs bénéfices, des entreprises suisses de la construction ont fait travailler des Portugais pour trois (&nbsp;!) euros de l’heure, à Aclens, dans le canton de Vaud. À Genève, des maçons français n’ont touché que dix euros de l’heure, et il est apparu que le salaire de plâtriers polonais occupés à Saint-Gall était la moitié du salaire minimum prescrit par la convention collective de travail. Et ce ne sont là que quelques exemples parmi tant d’autres. Le principe appliqué est toujours le même&nbsp;: des entreprises suisses confient leurs mandats à des chaînes de sous-traitants, dont une partie viennent de l’étranger. Et ces sous-traitants ne versent pas les salaires contractuellement convenus, mais beaucoup moins. Le bénéfice est bien sûr empoché par l’entreprise contractante suisse, le premier maillon. La main-d’œuvre étrangère, qui doit ainsi travailler pour des salaires éhontés est clairement perdante, alors que les salaires des travailleurs et travailleurs indigènes s’en trouvent d’autant plus sous pression.
</p><p>Lors de la session d’hiver, le Conseil national a la possibilité de mettre fin à ces pratiques en introduisant une responsabilité solidaire digne de ce nom. Si l’entrepreneur contractant devait répondre du respect des salaires versés et des conditions de travail appliquées par ses sous-traitants, il choisirait sans doute très soigneusement avec lesquels il entend travailler. Ou alors il ne recourrait plus à des sous-traitants. Une telle mesure pousserait hors du marché les sous-traitants pas sérieux, ce qui remettrait de l’ordre dans ce domaine. Le Conseil des États l’a déjà reconnu en votant une telle responsabilité solidaire dite «&nbsp;en chaîne&nbsp;». Au Conseil national de le suivre et prendre au sérieux les 27&nbsp;000 travailleurs et travailleuses de la construction qui ont signé la pétition. Sinon, la confiance dans les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes diminuera toujours plus. Ces mesures doivent en effet faire en sorte qu’en Suisse, ce sont des salaires suisses qui sont versés.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-920</guid><pubDate>Wed, 21 Nov 2012 14:54:00 +0100</pubDate><title>L’AVS est performante  et solide: pas de problème pour relever ses rentes!</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/l-avs-est-performante-et-solide-pas-de-probleme-pour-relever-ses-rentes</link><description>Initiative populaire AVSplus</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 16 novembre dernier 2012, l’Assemblée des délégué(e)s de l’USS a décidé à l’unanimité de lancer l’initiative populaire AVSplus au printemps 2013. Grâce à elle, les retraité(e)s AVS bénéficieront d’un supplément mensuel de 10&nbsp;%. L’uss-infos a posé quelques question à ce sujet à Doris Bianchi (DB), responsable de la sécurité sociale à l’USS et l’une des architectes de ce projet.</p><p>Dans toute l’Europe, la gauche doit actuellement se battre contre le démantèlement des retraites. Et l’USS veut développer l’AVS en Suisse. A-t-elle perdu la raison&nbsp;?
</p><p>DB&nbsp;: La Suisse se trouve dans une situation toute différente. Nos assurances sociales sont en bonne santé. Surtout l’AVS. Elle est très performante et solide parce qu’elle repose sur des cotisations non plafonnées, alors que les rentes le sont. C’est pour cela qu’elle peut sans problème aucun supporter une hausse de ses rentes. Ce sera d’ailleurs la première fois depuis une quarantaine d’années que l’on débattra publiquement de ce sujet. Nous avons les moyens nécessaires pour faire en sorte que, dans toute la mesure du possible, tous les retraité(e)s puissent maintenir leur niveau de vie d’avant la retraite, comme le prescrit la Constitution.
</p><p>L’initiative populaire de l’USS demande une hausse linéaire de 10&nbsp;% de toutes les rentes de vieillesse. Dans le débat qui a précédé la décision du lancement, il a toujours été question d’améliorer d’abord les petites et moyennes rentes. N’est-ce pas contradictoire&nbsp;?
</p><p>DB&nbsp;: Non, absolument pas. Si l’on sait comment l’AVS fonctionne, on voit tout de suite qu’elle favorise dans les faits les bas et moyens revenus au niveau de la formation des rentes. Elle le fait à travers le mode de financement que je viens de décrire, mais aussi à travers le splitting des rentes, c’est-à-dire le partage en parts égales des revenus des couples mariés, et les bonifications pour tâches éducatives pour toutes les personnes élevant des enfants. Ensuite, la formule de calcul des rentes favorise aussi les bas et moyens revenus. La conséquence en est que les personnes à bas revenus ne recevront pas une petite rente, mais une rente moyenne. Quant aux personnes à moyens revenus (dans les 6 000 francs), elles ne toucheront pas une rente moyenne, mais une rente élevée (dans les 2 000 francs ou plus).
</p><p>Et qui paiera tout cela&nbsp;?
</p><p>Notre demande d’une hausse de 10&nbsp;% de toutes les rentes de vieillesse coûtera environ 3,6 milliards de francs. L’initiative ne précise pas comment ce montant sera financé. Nous aimerions en rester aux sources de financement actuelles&nbsp;: cotisations salariales, TVA, participation de la Confédération. Si l’on ne recourrait qu’aux cotisations salariales, cela représenterait en tout 0,55&nbsp;% (pour l’employeur et pour l’employé). C’est peu, si l’on considère que la hausse des rentes AVS sera importante. Et ce sera d’autant plus aisé à réaliser que les cotisations salariales pour l’AVS n’ont plus été relevées depuis une quarantaine d’années. En outre, nous avons encore au four l’initiative populaire qui demande un impôt sur les successions et les donations. Il ferait entrer plus de 2 milliards de francs dans les caisses de l’AVS.</p>]]></content:encoded><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-923</guid><pubDate>Wed, 21 Nov 2012 14:03:00 +0100</pubDate><title>Halte au harcèlement politique visant à déréguler les heures d’ouverture 	</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/halte-au-harcelement-politique-visant-a-dereguler-les-heures-d-ouverture</link><description>Heures d’ouverture des commerces</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le conseiller national genevois Lüscher et les deux conseillers aux États tessinois Lombardi et Abate se réjouissent déjà de leur «&nbsp;cadeau de Noël&nbsp;», mais... Par le biais d’une salade russe composée de diverses intentions parlementaires, ils veulent réaliser au plan fédéral ce que le corps électoral des cantons a toujours clairement rejeté, à savoir&nbsp;: la prolongation généralisée des heures d’ouverture des commerces, de lundi à vendredi et, pour en remettre une bonne couche, l’introduction dans tout le pays du travail de nuit et du dimanche dans diverses catégories de magasins.</p><p>Si les propositions de révision de la loi sur le travail ou d’une ordonnance relative à cette loi contenues dans l’initiative parlementaire Lüscher et les motions Lombardi, dont l’examen a été renvoyé à février 2013, et Abate passent, on assistera à proprement parler à l’enterrement pur et simple de la protection des travailleurs et travailleuses garantie par cette loi. Dans un premier temps, «&nbsp;seul&nbsp;» le personnel de vente serait concerné, mais ensuite c’est une vague de dérégulations qui gagnerait toutes les branches.
</p><p>L’USS et ses fédérations feront face à ce danger avec des alliés, comme les Églises, des partis politique, l’Alliance pour un dimanche sans travail, ainsi que les services de prévention des médecins du travail. Son Assemblée des délégué(e)s du 16 novembre 2012 a adopté la résolution ci-après.
</p><h3>Résolution</h3><p>«&nbsp;En 2012, la Berne fédérale a vécu à proprement parler une offensive générale contre la loi sur le travail. Les interventions faites dans ce cadre visent la dérégulation des heures d’ouverture des commerces et, par ce biais, la suppression d’importantes dispositions de protection destinées aux travailleurs et travailleuses. Dans les faits, ces attaques auraient pour conséquence, comme par exemple l’initiative parlementaire Lüscher (PRL/GE), d’introduire le travail de nuit et du dimanche dans les échoppes de stations-service des autoroutes et sur les grands axes routiers de toute la Suisse ou, comme la motion Lombardi (PDC/TI), d’imposer aux cantons, au mépris du fédéralisme, des heures minimales d’ouverture des commerces. Il est particulièrement scandaleux que ces projets soient acceptés par les instances qui en délibèrent précisément au moment où le peuple refuse dans des votations cantonales de prolonger les heures d’ouverture des commerces, comme cela a été le cas à Lucerne et à Zurich.
</p><p>La dernière attaque est la motion Abate (PRL/GE), qui, sous prétexte d’encourager le tourisme, entend, par le biais d’une formulation imprécise, permettre dans une ordonnance les ventes du dimanche sur toute l’année et dans toutes les régions du pays, alors qu’elles sont actuellement limitées aux seules régions touristiques. 
</p><p>Les travailleurs et travailleuses sont confrontés à une tactique sournoise du salami dont le but est d’introduire, via le droit fédéral ou même par la voie totalement antidémocratique d’une ordonnance, une dérégulation intégrale qui échoue régulièrement dans les cantons face à l’opposition des citoyen(ne)s. Cette dégradation de la protection des travailleurs et travailleuses se traduirait par plus de travail de nuit ou du dimanche, non seulement dans le commerce de détail, mais aussi dans les branches du nettoyage, de la livraison de marchandises et de la sécurité. Ce qui entraînerait plus de stress et plus de maladies professionnelles, et appauvrirait la vie sociale des personnes concernées. Or, le travail de nuit est, aujourd’hui déjà, dangereux dans les échoppes en raison, par exemple, des agressions qui y ont lieu. En outre, l’acceptation de l’initiative Lüscher favoriserait à proprement parler, surtout les nuits des week-ends, un «&nbsp;tourisme d’achat et d’alcool&nbsp;» sur les autoroutes et les routes principales, avec des conséquences dommageables imprévisibles pour la sécurité du trafic, l’environnement et la prévention spécialement destinée aux jeunes.
</p><p>C’est pourquoi les syndicats sont prêts à faire obstacle, si nécessaire au moyen d’un référendum, aux projets de prolongation des heures d’ouverture des commerces que ne cessent de lancer les lobbyistes bourgeois. Cela, afin de faire passer aussi au plan fédéral un message clair contre la dérégulation des heures de travail et les tentatives de vider la loi sur le travail de sa substance&nbsp;!&nbsp;»</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-924</guid><pubDate>Wed, 21 Nov 2012 09:08:00 +0100</pubDate><title>Même pour les apprenti(e)s, la maturité n’est plus un luxe !</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/meme-pour-les-apprenti-e-s-la-maturite-n-est-plus-un-luxe</link><description>Conférence sur les places d’apprentissage du 23 novembre 2012</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La prochaine Conférence sur les places d’apprentissage traitera principalement des mutations du marché du travail. L’USS exige d’agir sur deux fronts. Elle plaide pour une augmentation du taux de maturités dans le cadre de la formation professionnelle initiale et pour la mise en place de formations de rattrapage accessibles aux jeunes adultes sans formation.</p><p>Le 23 novembre aura lieu à Martigny la Conférence sur les places d’apprentissage. Au programme&nbsp;: désindustrialisation et mutations structurelles. En toile de fond, les esprits s’échauffent sur une autre question, anecdotique en apparence&nbsp;: le taux de maturité. Deux visions s’affrontent. D’un côté, le conseiller fédéral Schneider-Ammann, futur ministre de l’éducation, prêche pour une baisse du taux de maturités gymnasiales, dans le but avoué de favoriser une formation professionnelle essentiellement «&nbsp;pratique&nbsp;». De l’autre, des âmes bien attentionnées proclament l’avènement d’une société de services exigeant du personnel hautement qualifié provenant essentiellement des universités. Ces deux visions se rejoignent en un point&nbsp;: si on s’aventurait à en suivre une seule, la Suisse irait droit dans le mur.
</p><h3>La Suisse au top des nations industrialisées</h3><p>Dans les années 90, la politique monétaire restrictive de la Banque nationale et le franc fort avait contribué à faire disparaître de nombreux emplois dans l’industrie. On parlait à cette époque d’une disparition du tissu industriel suisse. Qu’en est-il aujourd’hui&nbsp;? Vingt ans plus tard, la réalité a démenti les pronostics. En comparaison internationale, la Suisse est aujourd’hui l’un des pays les plus industrialisés au monde&nbsp;: en termes de pourcentage du PIB, la Suisse rivalise avec le Japon et l’Allemagne. Si l’on considère la production industrielle par habitant, la Suisse se trouve même en tête du palmarès international&nbsp;!
</p><p>Malgré un contexte économique plutôt défavorable à l’industrie, on ne peut donc parler aujourd’hui chez nous d’un phénomène de désindustrialisation. Si la Banque nationale et la Confédération renforcent leurs efforts pour combattre le franc fort et ses effets, on peut rester optimiste sur le maintien du tissu industriel et des emplois ces quelques prochaines années. À ce jour, les jeunes bénéficient encore d’une offre généreuse de places d’apprentissage dans les branches techniques, ces dernières étant souvent confrontées à des difficultés de recrutement de personnel qualifié, tant au niveau des titulaires d’un certificat fédéral de capacité qu’au niveau des diplômés du tertiaire. 
</p><h3>Vers une tertiarisation des qualifications</h3><p>Au lieu de «&nbsp;désindustrialisation&nbsp;», on assiste aujourd’hui plutôt à une «&nbsp;tertiarisation&nbsp;» du marché du travail. Celle-ci se traduit en réalité moins par le déplacement d’emplois du secteur industriel vers celui des services. La «&nbsp;révolution&nbsp;» se situe plutôt dans le transfert des emplois du «&nbsp;bas&nbsp;» vers le «&nbsp;haut&nbsp;». L’analyse de la structure du marché du travail ne fait à ce propos aucun doute&nbsp;: en vingt ans, les postes hautement qualifié ont augmenté de plus de 60%, tandis que les postes non qualifiés ont diminué d’environ un quart. Le nombre des postes intermédiaires (ouvriers et employés qualifiés) est resté, pour sa part, relativement stable.
</p><p>Pour répondre à cette évolution, la Confédération a fait preuve de clairvoyance et a mis en œuvre dès les années 90 des réformes de fond. En 1994-95, la création des Hautes écoles spécialisées (HES) et la mise en place de la maturité professionnelle permettant d’y accéder représentent la pierre angulaire de la réforme du système. L’objectif est clair&nbsp;: créer des passerelles pour permettre aux jeunes se lançant dans une formation professionnelle initiale de pouvoir également suivre des études supérieures.
</p><p>Vu son importance stratégique, il est fort étonnant que le débat public mené ces derniers temps sur la question du taux de maturités n’ait donc jamais tourné autour de la question des maturités professionnelles. À croire que personne, pas même le conseiller fédéral compétent, n’a réalisé que la maturité gymnasiale ne représente que 60% du total des maturités en Suisse, les 40% restantes étant acquises dans le cadre de la formation professionnelle initiale&nbsp;!&nbsp; 
</p><h3>Hausse du nombre des maturités&nbsp;: plus que jamais une nécessité</h3><p>Dans cette optique, le débat autour du taux de maturité prend une toute autre tournure. Alors que la part des maturités gymnasiales continue d’évoluer lentement, celle des maturités professionnelles stagne depuis 2005 autour de 12&nbsp;% par volée. De surcroît, si en 2001, 70&nbsp;% des jeunes pouvaient effectuer leur maturité professionnelle en cours d’apprentissage, ils ne sont plus que 56&nbsp;% en 2010. 
</p><p>En réponse aux exigences grandissantes du marché du travail, la question cruciale n’est donc pas de savoir s’il serait opportun de limiter le nombre de maturités gymnasiales au profit de la formation professionnelle. Au contraire, il serait judicieux de prendre des mesures efficaces pour augmenter le taux global de maturités en mettant l’accent avant tout sur la maturité professionnelle en apprentissage. Assurer l’accès à cette dernière permettrait en effet de mieux profiler l’apprentissage auprès des jeunes aux aptitudes scolaires élevées, dans le but de le rendre tout autant attractif que la formation gymnasiale.
</p><h3>Jeunes sans qualifications&nbsp;: sonnez l’alarme&nbsp;!</h3><p>L’augmentation des exigences sur le marché du travail à un revers de médaille. Chaque jeune sortant du système de formation post-obligatoire sans diplôme se trouve confronté à des difficultés d’insertion grandissantes. Malgré les efforts entrepris ces dernières années pour en limiter le nombre, le taux de jeunes sans formation reste proche des 10&nbsp;%. Il est essentiel que les partenaires de la formation (Confédération, cantons et partenaires sociaux) continuent d’allier leurs efforts pour offrir une formation post-obligatoire à tous les jeunes. Il devient entre autres urgent de lancer une offensive pour mettre en place une offre de formation de rattrapage adaptée aux jeunes adultes sans formation.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-922</guid><pubDate>Wed, 21 Nov 2012 09:04:00 +0100</pubDate><title>Au Conseil national de suivre le Conseil des États</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/au-conseil-national-de-suivre-le-conseil-des-etats</link><description>Responsabilité solidaire</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les salaires et conditions de travail suisses sont régulièrement contournés lorsque des mandats sont transmis à des entreprises sous-traitantes. Au bout des chaînes de sous-traitances, on trouve souvent des entreprises qui versent des salaires de misère à leurs employé(e)s, parfois même moins de 10 francs de l’heure. Il faut que cela cesse&nbsp;! Lors de la session d’hiver qui commencera la dernière semaine de décembre, le Conseil national devra se rallier à la décision du Conseil des États, soit&nbsp;: décider d’une responsabilité solidaire digne de ce nom afin de combler cette lacune des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes.</p><p>Il avait été promis aux travailleurs et travailleuses de ce pays que les salaires et les conditions de travail suisses seraient protégés par les mesures d’accompagnement. Cette promesse a aussi été discutée lors de l’Assemblée des délégué(e)s de l’USS du 16 novembre passé. Il faut que le Conseil national la tienne, ont demandé les délégué(e)s de l’USS. À l’unanimité, ils ont adopté le document ci-après.
</p><h3>«&nbsp;Protéger les salaires et les emplois en Suisse à l’aide des &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br>mesures d’accompagnement</h3><p>Avec les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes, la Suisse dispose a priori d’un instrument qui lui permet de contrôler l’immigration de main-d’œuvre étrangère sur son territoire. Le principe à la base de ces mesures est que quiconque travaille en Suisse doit toucher un salaire suisse et bénéficier de conditions de travail suisses. S’il est appliqué systématiquement, les patrons ne peuvent plus engager de personnel étranger «&nbsp;bon marché&nbsp;» au détriment des travailleurs et travailleuses indigènes. Ce n’est pas uniquement important pour les personnes qui travaillent en Suisse depuis longtemps, mais aussi pour celles et ceux qui viennent dans notre pays afin d’y travailler, car ils veulent aussi profiter de bons salaires et de conditions de travail de qualité. Et ils y ont également droit. 
</p><h3>Responsabilité solidaire contre sous-enchère crasse des sous-traitants</h3><p>On constate des cas de sous-enchère grossière lorsque des mandats sont transmis à des sous-traitants. Au bout des chaînes de sous-traitance, il y a habituellement des entreprises dont les salaires peuvent même être inférieurs à 10 francs de l’heure. Ces entreprises ne viennent pas uniquement de l’étranger, mais aussi de Suisse. 
</p><p>À elle seule, la mosaïque d’entreprises présentes sur un chantier rend problématique leur identification et il est malaisé de déterminer qui y fait quoi. Cela entrave les contrôles effectués sur place. Souvent, il ne s’agit que d’assemblages informels. Dans pareille situation, il n’est guère possible de contrôler efficacement les livrets de salaires, c’est-à-dire d’exiger des entreprises qu’elles produisent les documents nécessaires à cet effet. Sans parler de l’application de sanctions aux sous-traitants en infraction. 
</p><h3>La position de l’USS&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </h3><p>Pour pouvoir imposer et les salaires et les conditions de travail suisses, il faut que l’entrepreneur contractant ou l’entreprise générale doive répondre pour les infractions commises tout au long de la chaîne de sous-traitance. Le Conseil des États a dit oui à une telle responsabilité solidaire et le Conseil national se prononcera lors de la session d’hiver, en novembre ou décembre. On a promis à la population suisse que les salaires et les conditions de travail du pays seraient respectés. Le Conseil national sera jugé à l’aune de cette promesse. C’est pourquoi l’USS attend de lui qu’il se prononce également en faveur de cette responsabilité solidaire.
</p><h3>Les contrôles montrent la sous-enchère salariale – aux cantons d’introduire des salaires minimums</h3><p>La sous-enchère salariale n’a malheureusement rien de nouveau. Cela fait longtemps que les patrons font pression sur les salaires de leurs employé(e)s afin d’augmenter leurs bénéfices. Les contrôles des salaires dévoilent l’ampleur de cette pression. Dans les branches sans salaires minimums obligatoires, la part des entreprises dans lesquelles les contrôleurs et contrôleuses ont découvert des cas de sous-enchère a presque doublé entre 2009 et 2011. Selon les statistiques du SECO, les taux d’infraction sont passés de 6 à 11&nbsp;%.
</p><p>Dans cette situation, les cantons doivent passer à l’action et protéger les salaires. La loi (art. 360a du Code des obligations) prévoit l’introduction de salaires minimums en cas de sous-enchère répétée. À ce jour cependant, seuls des cantons de Suisse latine et, dans deux cas (économie domestique, petites entreprises de nettoyage de Suisse alémanique), la Confédération ont édicté de tels salaires. En Suisse alémanique, aucun canton ne connaît encore de salaire minimum, alors que la situation n’y est pas meilleure qu’en Suisse latine. 
</p><h3>La position de l’USS</h3><p>La loi doit être appliquée. Lorsque la Confédération ou des cantons découvrent des cas de sous-enchère, ils doivent introduire des salaires minimums. 
</p><h3>Certains cantons tolèrent la sous-enchère en appliquant des salaires de référence trop bas lors des contrôles </h3><p>En réalité, la pression sur les salaires devrait être encore plus importante qu’annoncé officiellement. L’exemple de l’horticulture le montre bien. De nombreux cantons tolèrent par exemple des salaires de 3&nbsp;350 francs par mois pour des aides-jardiniers/jardinières et de 4&nbsp;120 francs pour des horticulteurs ou horticultrices avec certificat fédéral de capacité et expérience professionnelle, alors que le niveau salarial national de cette branche est nettement supérieur. Or, même avec ces salaires de référence clairement trop bas, il apparaît que 11&nbsp;% des entreprises contrôlées pratiquent la sous-enchère. Dans les cantons qui basent leurs contrôles sur des salaires de référence plus proches des salaires usuels, les taux d’infraction sont plus élevés (p. ex. 34&nbsp;% à Bâle-Ville/Bâle-Campagne). Les taux d’infraction officiels concernant l’horticulture donnent une image trop positive des salaires de cette branche. 
</p><h3>La position de l’USS&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </h3><p>Les cantons doivent baser leurs contrôles sur des salaires de référence corrects. Les salaires de référence appliqués doivent être examinés d’un œil critique afin de déterminer s’ils correspondent aux salaires usuels.
</p><h3>Protéger les salaires de l’horticulture, du commerce de détail et du journalisme avec des salaires minimums</h3><p>Dans certaines branches, la pression sur les salaires est particulièrement forte. Bien que les salaires de référence appliqués dans l’horticulture soient en maints endroits trop bas, les cantons ont constaté que 11&nbsp;% des entreprises contrôlées pratiquaient la sous-enchère. Dans le commerce de détail aussi, de nombreux employeurs versent des salaires trop bas. La situation est spécialement grave en ce qui concerne les commerces de chaussures et de vêtements. Dans les commerces de chaussures, le salaire mensuel de certains employé(e)s n’est que de 2&nbsp;700 francs, alors que les propriétaires des grandes chaînes de chaussures ont amassé des milliards de francs. Le vide conventionnel dans le journalisme de Suisse alémanique et du Tessin a pour conséquence que toujours plus de salaires et d’honoraires sont sous pression. Ce n’est pas seulement grave pour les personnes concernées, mais cela met aussi en danger la qualité de la presse dans notre pays. 
</p><h3>La position de l’USS&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </h3><p>Les salaires versés dans l’horticulture, le commerce de détail (chaussures, vêtements) et le journalisme (Suisse alémanique et Tessin) doivent être protégés. Ces branches sont en mesure de conclure des conventions collectives de travail. C’est pourquoi la priorité doit être donnée à l’introduction de bons salaires minimums conventionnels.&nbsp;»</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-913</guid><pubDate>Tue, 20 Nov 2012 13:17:00 +0100</pubDate><title>74 % pour taxer les héritages</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/74-pour-taxer-les-heritages</link><description>Initiative pour un impôt sur les successions</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En Suisse, 40 milliards de francs sont hérités chaque année, la grande partie exonérée de tout impôt. 74&nbsp;% de la population sont favorables à l’imposition de ces milliards hérités.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </p><p>Que chaque année, des valeurs patrimoniales de plusieurs dizaines de milliards héritées échappent à tout impôt est inquiétant. Alors que Madame et Monsieur Tout le monde s’en vont au bureau, à l’usine ou sur le chantier et paient sagement des impôts sur leur revenu, les personnes qui ont hérité de millions de francs vivent dans un tout autre monde. Eux, ils n’ont rien fait qui justifie leurs richesses héritées, pour l’obtention desquelles ils ne paient par-dessus le marché aucun impôt. 
</p><h3>La population veut un impôt sur les successions</h3><p>La population en a manifestement ras-le-bol. Selon un récent sondage commandé par les syndicats Unia, ver.di (Allemagne) et GPS djp (Autriche), 74&nbsp;% des Suissesses et des Suisses sont favorables à l’imposition des millions hérités dans notre pays. Or, c’est précisément là ce que demande l’initiative «&nbsp;Imposer les successions de plusieurs millions pour financer notre AVS (Réforme de la fiscalité successorale)&nbsp;». Elle prévoit qu’un impôt forfaitaire de 20&nbsp;% soit perçu, en cas d’héritage ou de donation, sur les parts supérieures à 2 millions de francs, les maisons individuelles y échappant ainsi que les entreprises familiales et les exploitations agricoles sous certaines conditions.
</p><p>Ce sont les plus riches parmi les riches qui passeront en revanche à la caisse. Ils ne pourront plus transmettre de génération en génération leurs fortunes sans que la société en profite aussi un peu. Ainsi, trois milliards de francs – et même plus encore demain, parce que les riches s’enrichissent encore plus et héritent – seront concernés chaque année. 
</p><h3>Un tiers pour les cantons, les deux autres pour l’AVS</h3><p>Ces trois milliards de francs seront reversés aux cantons et à l’AVS. Les cantons recevront un tiers du produit de cet impôt, aussi pour compenser le fait qu’à l’avenir, il ne sera plus cantonal mais fédéral. Pour la plupart d’entre eux, cela représentera des recettes supplémentaires dont ils ont d’urgence besoin, car beaucoup ont supprimé leur impôt sur les successions pour cause de compétitivité fiscale…. Ces recettes supplémentaires dont ils bénéficieront arrivent précisément à un moment où un plan d’austérité suit l’autre à cause de la politique fiscale erronée imposée par la droite.
</p><p>Les deux autres tiers – dans un premier temps, près de 2 milliards – seront destinés à l’AVS. Ils augmenteraient la marge de manœuvre de cette assurance qui pourrait alors procéder à des améliorations de rentes qui n’ont que trop tardé. En effet, contrairement à un cliché fort répandu, les retraité(e)s ne vivent de loin pas tous dans l’opulence. Au contraire&nbsp;! Nombre d’entre eux ont bien du mal à s’en sortir. 
</p><h3>Impôt sur les successions pour AVSplus</h3><p>Début 2013, l’USS lancera une initiative populaire demandant une hausse de 10&nbsp;% des rentes AVS. Car la prévoyance vieillesse (1er et 2e piliers) ne remplit pas son mandat constitutionnel qui consiste à permettre le maintien du niveau de vie antérieur à la retraite. 
</p><p>Mais avant d’en arriver là, il y a la dernière ligne droite des récoltes de signatures pour l’initiative qui demande un impôt sur les successions. Du 22 au 24 novembre, auront lieu dans toute la Suisse de telles récoltes mises sur pied par les syndicats de l’USS et les autres organisations qui ont lancé et soutiennent l’initiative. La population a clairement fait savoir qu’elle veut un tel impôt. Donnons corps à sa revendication, d’abord en faisant aboutir cette initiative.</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-908</guid><pubDate>Tue, 06 Nov 2012 14:59:00 +0100</pubDate><title>Absence de protection des représentant(e)s du personnel : la Suisse viole des droits fondamentaux </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/absence-de-protection-des-representant-e-s-du-personnel-la-suisse-viole-des-droits-fondamentaux</link><description>Paul Rechsteiner, président de l&#039;USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le droit de s’organiser et d’être actif syndicalement fait partie des droits fondamentaux qui permettent de distinguer un État de droit démocratique d’une dictature ou d’un État arbitraire. La liberté d’association, également appelée liberté de coalition, est une condition pour garantir, par le biais des réglementations collectives, que les conditions de travail et les acquis sociaux puissent contrebalancer le pouvoir économique des patrons. La Constitution fédérale la mentionne expressément. La liberté d’association est concrétisée par les droits découlant de la Convention n°&nbsp;98 de l’Organisation internationale du travail (OIT), ratifiée par la Suisse. Avec l’interdiction du travail des enfants et de l’esclavage, la liberté syndicale fait partie des «&nbsp;core labour standards&nbsp;», c’est-à-dire des&nbsp; normes fondamentales du travail qui doivent être respectées dans le monde entier, indépendamment de la législation nationale. Ces droits sociaux fondamentaux sont des droits humains. 
</p><p>La Suisse est une des plus vieilles démocraties du monde. À la fin du XIX<sup>e</sup> siècle et au début du XX<sup>e</sup> siècle, elle fut aussi un État pionnier dans le développement de principes fondamentaux du droit international du travail. C’est l’une des raisons pour lesquelles le siège de l’OIT se trouve toujours à Genève. Outre les préoccupations sociales, reconnaître la nécessité de fixer des limites, au-delà du cadre national, à la concurrence internationale a toujours nourri le développement du droit international du travail, afin d’empêcher que la violation des principes élémentaires de la justice sociale ne puisse, par-dessus le marché, être source de profit.
</p><p>Il est donc d’autant plus préoccupant de voir que la Suisse, pays pionnier en matière de droit international du travail, n’a pas été capable, jusqu’à maintenant, de réglementer la protection des représentant(e)s du personnel de manière à respecter les standards minimaux de ce droit. Si, durant les années fastes de la haute conjoncture et du plein emploi, cette absence de protection n’apparaissait peut-être pas, en pratique, comme un problème aigu, il a constamment gagné en acuité depuis les années nonante. Pour cette raison, l’Union syndicale suisse s’est vue obligée, pour la première fois de son histoire, de porter plainte en 2003 auprès des instances de l’OIT. En novembre 2006, l’OIT a établi sans ambiguïté que la protection lacunaire des membres des syndicats et des commissions d’entreprise face aux licenciements antisyndicaux violait la liberté de coalition et exigea de la Suisse, respectivement du Conseil fédéral, qu’il agisse pour y remédier.
</p><p>Six ans plus tard, force est de constater malheureusement que la situation juridique ne s’est pas améliorée. Dans la pratique, la question est devenue encore plus aiguë, si nous considérons les cas scandaleux de ces dernières années. Les tribunaux ont aussi apporté leur contribution à cette situation lamentable, lorsque, à l’instar du Tribunal fédéral dans le cas emblématique du président de la commission d’entreprise de Tamedia, ils ont considéré que presque tout motif évoqué par l’employeur pouvait justifier le licenciement d’un membre d’une commission d’entreprise. Le Tribunal fédéral a néanmoins dû admettre à cette occasion que le Conseil fédéral et le législateur devaient agir. Reposant sur une inapplication offensive des conventions de l’OIT, l’attitude de la cour suprême – répétée dans sa décision sur le cas Chevrier, condamnant des syndicalistes pour la distribution, sur la place de parc de l’entreprise, de tracts d’information sur une convention collective – est en opposition crasse à ses arrêts récents sur d’autres conventions internationales (p. ex. sur la Convention relative aux droits de l’enfant ou sur la Convention sur l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes). Dès leur ratification au plus tard, les conventions de l’OIT font pourtant aussi partie du droit applicable dans le pays par ses tribunaux et ses autorités.
</p><p>De son côté, le Conseil fédéral, après des années de valse-hésitation, a mis en consultation en 2010 un projet qui aurait apporté au moins un petit progrès, certes insuffisant, en matière de protection des représentant(e)s du personnel. Depuis, le dossier est à nouveau bloqué, les employeurs et les associations économiques (et à leur remorque, les partis bourgeois) faisant barrage à toute amélioration. Les cantons et les autres participant(e)s à la consultation avaient en majorité réagi positivement aux propositions du Conseil fédéral. 
</p><p>Vu le blocage de ce dossier à la Confédération, l’Union syndicale suisse a décidé de réactiver la plainte auprès de l’OIT et a présenté, avec sa requête du 19 septembre 2012, toute une série de nouveaux cas (dont celui, déjà évoqué, de Daniel Suter). A la longue, les autorités suisses, fortement imbriquées dans les relations internationales, mais aussi les associations d’employeurs et économiques, ne pourront plus simplement rester insensibles au fait que l’OIT, l’organisation mondiale faisant autorité dans ce domaine, doive constater que la Suisse viole ce droit fondamental de la liberté d’association. 
</p><p>Parallèlement, une campagne est lancée en Suisse autour du nouveau Livre noir, afin de souligner le caractère intenable de la situation actuelle. Celui ou celle qui célèbre le partenariat social comme base indispensable au succès de l’économie suisse ne peut accepter en même temps que des membres des commissions d’entreprise, dont la tâche consiste à représenter les intérêts du personnel, puissent être mis à la rue du jour au lendemain. Ou qu’une direction d’entreprise puisse licencier, en pleine négociation d’un plan social, le président de la commission d’entreprise, donc son partenaire dans ces négociations. Et aucune gestion paritaire de caisse de pensions ne peut fonctionner avec l’indépendance nécessaire si ceux et celles qui assument cette tâche hautement exigeante et responsable ne bénéficient pas d’une protection contre les licenciements digne de ce nom. Celui ou celle qui représente des intérêts collectifs, et ce faisant agit dans l’intérêt public, doit être protégé en conséquence contre l’arbitraire.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-911</guid><pubDate>Tue, 06 Nov 2012 14:53:00 +0100</pubDate><title>La plainte est indispensable à la protection de la liberté syndicale</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-plainte-est-indispensable-a-la-protection-de-la-liberte-syndicale</link><description>Luca Cirigliano, secrétaire central de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Organisation internationale du travail (OIT), l’un des plus anciens organismes spécialisés des Nations Unies et sans doute l’un des plus importants en raison de son impact social, a plus d’une fois sommé la Suisse d’agir. En effet, l’OIT a constaté à maintes reprises que les sanctions prévues à l’article&nbsp;336a du Code des obligations (CO) en cas de licenciement abusif pour motifs antisyndicaux ne sont pas suffisamment dissuasives, trop peu spécifiques et ne prévoient pas la réintégration, contrairement, par exemple, au cas du licenciement abusif qui contrevient à l’interdiction de la discrimination à raison du sexe, où la réintégration est possible en vertu de la Loi sur l’égalité.
</p><p>Bref rappel des faits&nbsp;: le 14&nbsp;mai 2003, l’USS a déposé une plainte à l’OIT, une première pour notre organisation. Elle considère que le droit du travail suisse ne protège pas suffisamment les délégué(e)s syndicaux élus contre les licenciements abusifs. Or, la Suisse a ratifié tant la Convention n<sup>o</sup>&nbsp;87 de l’OIT sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical que la Convention n<sup>o</sup>&nbsp;98 sur le droit d’organisation et de négociation collective. Comme nous l’avons déjà entendu, ces deux textes ne sont pas des accords quelconques, mais des conventions fondamentales, c’est-à-dire qu’ils font partie du droit international impératif dans le domaine des libertés fondamentales. Comme nous devons également toujours le rappeler, notre Constitution fédérale garantit elle aussi, à son article&nbsp;28, la liberté syndicale et son exercice. 
</p><p>Dans sa plainte, où elle illustrait la situation juridique insatisfaisante à l’aide de nombreux exemples de personnes victimes de licenciements abusifs, l’USS demandait que les licenciements de délégué(e)s syndicaux soient annulés et pas seulement sanctionnés par le versement d’une indemnité équivalant au plus à six (au plus à trois dans la pratique) mois de salaire. Les entreprises peuvent ainsi s’acheter à bas prix la liberté de se défaire des membres dérangeants des commissions du personnel&nbsp;: la sanction est trop légère. Il s’agit clairement d’une infraction, qui reste toutefois sans conséquence notable pour les employeurs. 
</p><p>En 2004 déjà, une commission de l’OIT avait admis la plainte et demandé à la Suisse d’adapter sa législation aux normes internationales en vigueur. Le Conseil fédéral a toutefois refusé de modifier le droit, en invoquant la position des employeurs, qui se refusent à admettre la nécessité d’agir. En 2006, l’USS a soumis à l’OIT une liste de délégué(e)s syndicaux victimes de congés abusifs. La commission de l’OIT a alors de nouveau invité la Suisse à modifier sa législation, lui suggérant de s’inspirer de la loi sur l’égalité, qui prévoit la réintégration de la personne licenciée lorsque le juge constate le caractère abusif du congé. 
</p><p>Depuis lors, rien ou presque n’a bougé. Si le SECO et l’Office fédéral de la justice ont certes effectué plusieurs tentatives de mener à bien une révision partielle du Code des obligations, celles-ci ont toujours échoué. C’est le cas du projet de révision du 5&nbsp;décembre 2008, de celui du 16&nbsp;décembre 2009 et du dernier avant-projet de révision partielle du Code des obligations soumis à consultation le 1<sup>er&nbsp;</sup>octobre 2010. Même cette dernière réforme modeste (relèvement à 12&nbsp;mois de salaire de l’indemnité versée en cas de licenciement abusif, possibilité pour les partenaires sociaux de convenir d’une meilleure protection dans les conventions collectives de travail) a reçu les critiques des organisations patronales et prend désormais la poussière dans un tiroir. Le Conseil fédéral n’a même pas présenté les résultats de la consultation, pourtant achevée le 14&nbsp;janvier 2011. Cette situation est inacceptable.
</p><p>Pour cette raison, le Comité de l’USS s’est vu contraint, après toutes ces années d’attente, de réactiver la plainte déposée à l’OIT en présentant de nouveaux éléments le 19&nbsp;septembre 2012. Il décrit ainsi l’inactivité du Conseil fédéral et la résistance des employeurs – qui ne soutiennent même pas des améliorations minimes de la protection –, tout en apportant de nouveaux cas de licenciement abusif. L’USS demande à l’OIT de constater le refus des autorités suisses de mettre un terme à une situation grave qui viole les droits fondamentaux. Cette infraction chronique commise par la Suisse à l’encontre d’un droit constitutionnel et d’une norme du droit international qu’elle a ratifiée amènera vraisemblablement un organe des Nations Unies à condamner à nouveau notre pays, cette fois de manière définitive, le mettant ainsi au même niveau que l’Iran, la Chine ou encore la Biélorussie en matière de protection des droits syndicaux.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-904</guid><pubDate>Tue, 06 Nov 2012 13:33:00 +0100</pubDate><title>« Pour l’emploi et la solidarité en Europe – NON à l’austérité »</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/pour-l-emploi-et-la-solidarite-en-europe-non-a-l-austerite</link><description>14 novembre : Journée européenne d’action et de solidarité des syndicats</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La Confédération européenne des syndicats (CES), dont l’Union syndicale suisse (USS) est membre, appelle à manifester le 14 novembre prochain sur tout le continent à l’occasion d’une journée d’action et de solidarité. Ce jour, en Espagne, au Portugal, à Malte, à Chypres et en Grèce, des grèves générales seront organisées contre la politique catastrophique de démantèlement appliquée par les gouvernements de ces pays. </p><p>«&nbsp;Depuis des années, le mouvement syndical européen dénonce les mesures d’austérité. Elles font plonger l’Europe dans la stagnation économique, voire la récession. Le résultat&nbsp;: arrêt de la croissance et chômage en hausse continue. En coupant dans les salaires et dans la protection sociale on attaque le modèle social européen et on aggrave les inégalités sociales.&nbsp;» C’est ainsi que commence l’appel lancé par la CES pour la journée du 14 novembre. Le 17 octobre dernier, son comité a en effet décidé de faire de cette date une journée d’action et de solidarité contre cette austérité hystérique qui a été installé de force dans toute l’Europe. Il faut absolument faire comprendre aux gouvernements européens, de Reykjavik à La Valette et d’Helsinki à Lisbonne que l’heure est venue de changer résolument de cap pour se diriger vers un <a href="http://www.etuc.org/a/10023" target="_blank" rel="noreferrer">contrat social européen</a>. 
</p><p>Bien que la situation ne soit pas exactement la même dans tous les États du Vieux Continent, un triste point leur est commun&nbsp;: ce sont les citoyen(ne)s ordinaires qui doivent payer le prix de la crise économique et financière à coups de violentes baisses de salaire et de démantèlement social gigantesque. Alors que les riches et les plus riches parmi les riches sont épargnés&nbsp;! C’est pourquoi la CES pose les exigences suivantes&nbsp;: des mesures doivent être prises pour favoriser une activité économique durable et créatrice d’emplois ainsi qu’instaurer une juste répartition des richesses, les transactions financières doivent être désormais imposées, la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale ainsi que le dumping social et salarial doit être renforcée et l’assiette fiscale des entreprises harmonisée en Europe. Enfin, il faut que les droits sociaux et syndicaux fondamentaux soient respectés ainsi que garantis. 
</p><p>Grève générale dans cinq États
</p><p>La situation de l’Europe méridionale est très grave. Les programmes d’austérité y succèdent aux programmes d’austérité dans une spirale sans fin. Le chômage atteint des dimensions parfois supérieures à celle de la Grande Dépression des années trente. On ne s’étonnera alors pas que des pays comme l’Espagne, le Portugal, la Grèce, Malte et Chypres recourront, le 14 novembre, à l’instrument de lutte le plus dur&nbsp;: la grève générale. Un jour durant, la vie économique de ces pays sera totalement paralysée. En Espagne, ce sera la première fois depuis la fin de l’ère de Franco, soit depuis plus de 30 ans, que deux grèves générales auront eu lieu au cours d’une même année&nbsp;!
</p><p>Et en Suisse&nbsp;?
</p><p>En Suisse romande, cette journée d’action sera notamment célébrée à Genève avec, le matin, un rassemblement syndical dans le quartier des banques et, l’après-midi, des piquets devant les consulats de Grèce, du Portugal, d’Espagne et d’Italie&nbsp;; cela, en collaboration avec les associations des pays concernés. Des lettres de soutien aux grèves nationales et de réprobation des politiques d’austérité seront remises aux consuls. 
</p><p>Avec ses pendants allemand et autrichien, Unia organise des semaines d’action syndicales sur le thème «&nbsp;Ce n’est pas l’argent qui manque&nbsp;!&nbsp;» (du 1er au 14 novembre&nbsp;;&nbsp; voir <a href="http://www.unia.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.unia.ch</a>). Des syndicalistes originaires du sud de l’Europe y participent. Une revendication essentielle&nbsp;: imposer équitablement les hauts revenus, les grandes fortunes, les héritages et les transactions financières. D’autres actions décentralisées auront aussi lieu en Suisse en faveur de la responsabilité solidaire en cas de chaînes de sous-traitance ou contre des programmes cantonaux d’austérité.</p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Repartition</category><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-905</guid><pubDate>Tue, 06 Nov 2012 10:40:00 +0100</pubDate><title>Il faut continuer à enregistrer la durée du travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/il-faut-continuer-a-enregistrer-la-duree-du-travail</link><description>Quand les conditions de travail rendent psychiquement malade </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En matière d’horaires de travail, de pauses ou d’heures supplémentaires, certains politicien(ne)s de droite proposent d’appliquer la loi de la jungle. Selon eux, ce domaine n’a pas besoin de législation, les inspectorats du travail n’ont pas à contrôler quoi que ce soit. Que la pression sur le lieu de travail rende toujours plus de monde malade n’émeut en rien ces disciples de la dérégulation tous azimuts, pour qui il n’y a plus lieu non plus que l’on enregistre les durées du travail.</p><p>Les attaques continuellement dirigées contre le droit du travail présentent un avantage. Grâce à elles, des études pointues démontrent ensuite rapidement quelles relations existent, sur les lieux de travail, entre conditions de travail précaires, hausses de la productivité, mondialisation, stress et tableaux cliniques psychiques. Des études qui confirment toutes les anciennes analyses déjà effectuées ainsi que les revendications avancées par les syndicats.
</p><h3>Avec une CCT, c’est toujours mieux</h3><p>La nouvelle étude européenne sur les conditions de travail (<a href="http://www.seco.admin.ch/dokumentation/publikation/00008/00022/04921/index.html?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer">Seco et Haute école de Suisse nord-occidentale&nbsp;: «&nbsp;5ème enquête européenne sur les conditions de travail 2010 – Résultats choisis selon la perspective suisse&nbsp;»</a>) montre qu’au chapitre des conditions de travail, harcèlement psychique compris, la Suisse ne se situe que dans le gros du peloton européen, mais ne fait pas mieux. Et la situation s’est plutôt dégradée ces cinq derniers années, notamment dans le secteur tertiaire (bureaux, banques, commerce, vente, services, etc.). Par contre, dans l’industrie et le secteur principal de la construction, les indicateurs de stress, bruit et autres facteurs de risques (physiques) pour la santé (port de lourdes charges, poussière, chaleur), se sont plutôt améliorés. Ce n’est sans doute pas un hasard si des progrès ont été réalisés précisément dans des branches où le taux de syndicalisation et la couverture des conditions de travail à travers des conventions collectives de travail (CCT) négociées par les partenaires sociaux sont élevés…
</p><p>En revanche, les conditions de travail se sont dégradées, durant la période étudiée, dans les branches où il n’a malheureusement pas été possible de négocier de CCT ou dans lesquelles celles-ci sont rares. Cela se traduit la plupart du temps par une pression psychique accrue sur le lieu de travail, à savoir&nbsp;: moins de temps pour accomplir les mêmes tâches, voire encore plus (pression aux délais) ou, par exemple, plus de grands bureaux bruyants et pas adaptés au plan ergonomique. En 2005, près de 70&nbsp;% des employé(e)s de Suisse ont dû travailler à une cadence trop élevée. En 2010, ils étaient déjà 84&nbsp;% dans cette situation&nbsp;! Et selon l’étude sur le stress du SECO (<a href="http://www.seco.admin.ch/dokumentation/publikation/00008/00022/04731/index.html?lang=fr&amp;download=NHzLpZeg7t,lnp6I0NTU042l2Z6ln1ae2IZn4Z2qZpnO2Yuq2Z6gpJCFfHx4gWym162epYbg2c_JjKbNoKSn6A--" target="_blank" rel="noreferrer">«&nbsp;Résumé de l’étude sur le stress 2010&nbsp;»</a>), 25 % des personnes interrogées font état de symptômes d’épuisement professionnel ou de tendances à ce dernier. 
</p><h3>Un scandale&nbsp;: la durée du travail est enregistrée toujours moins souvent </h3><p>Mais le vrai scandale ici, c’est que toujours plus d’employeurs font pression sur leur personnel pour qu’il ne note plus ses heures supplémentaires ou ne respecte plus les pauses prévues ou ses temps de repos&nbsp;! Ce phénomène se manifeste aussi dans le fait qu’actuellement, 16,7 % des travailleurs et travailleuses du pays n’enregistrent plus (n’ont plus le droit d’enregistrer) leurs durées de travail. Ainsi, leurs employeurs ne remplissent de facto plus une grande partie de leurs obligations légales quant aux documents qu’il leur appartient de fournir aux inspectorats du travail… Autant de grossières infractions, que de nombreux gouvernements cantonaux tolèrent&nbsp;!
</p><p>Une autre étude (<a href="http://www.news.admin.ch/NSBSubscriber/message/attachments/27889.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">C. Dorsemagen, A. Krause, M. Lehmann, U. Pekruhl&nbsp;: «&nbsp;Les horaires de travail flexibles en Suisse – Évaluation des résultats d’un sondage représentatif auprès de la population active suisse&nbsp;»</a>) fait apparaître que l’enregistrement de la durée du travail et, logiquement, le contrôle régulier ainsi que le respect des pauses et des temps de repos qui vont de pair sont des facteurs de résistance au stress, au surmenage émotionnel, aux dépressions ou aux troubles du sommeil. Il y est aussi dit que la satisfaction au travail, un des meilleurs «&nbsp;contrepoisons&nbsp;» au stress, est toujours la plus grande lorsque les travailleurs et travailleuses peuvent combiner des horaires flexibles à un enregistrement simple et d’accès aisé de la durée du travail, par exemple au moyen d’une <a href="https://itunes.apple.com/fr/app/feuille-temps-timesheet-gerer/id445811752?mt=8" target="_blank" rel="noreferrer">application</a>). L’expérience montre que si la durée du travail n’est pas enregistrée, les temps de repos ne sont tendanciellement pas respectés, les pauses sont «&nbsp;oubliées&nbsp;» et les gens travaillent plus durant leurs loisirs ou en cas de maladie, c’est-à-dire gratuitement. Impossible ensuite de se reposer et de récupérer. En outre, les heures supplémentaires non plus ne peuvent plus être comptabilisées proprement si l’employeur supprime l’enregistrement du temps de travail. Conséquence&nbsp;: du travail effectué gratuitement.
</p><h3>Les plus touchés&nbsp;: dans les bureaux et les banques</h3><p>Cette étude fait aussi apparaître que travailler gratuitement sous la forme d’heures supplémentaires non rémunérées ou non compensées et «&nbsp;oublier&nbsp;» des pauses nourrit l’insatisfaction au travail et, finalement, rend malade. Les principales victimes sont les employé(e)s de bureau et de banque. Depuis des années, certains employeurs veulent nous faire avaler que la flexibilité des horaires de travail et l’enregistrement de la durée du travail s’excluraient. Ce conte est désormais reconnu comme tel&nbsp;: non seulement les horaires flexibles et les formes modernes de contrôle de la durée du travail se complètent on ne peut mieux, mais ils font souvent aussi obstacle au stress et aux autres atteintes à la santé que sont, par exemple, l’épuisement professionnel ou les dépressions, sans parler de leur incidence financière sur l’économie&nbsp;!
</p><p>N’oublions pas que ce sont surtout les parents et leurs familles qui souffrent du stress engendré par le travail et du manque de temps de repos. Les femmes à qui, comme c’est fréquent aujourd’hui, il revient de prodiguer, sans être payées pour cela, des soins ou d’assurer l’éducation des enfants, se trouvent tout spécialement confrontées à un vrai dilemme (voir le texte d’orientation du Congrès 2010 de l’USS <a href="http://www.uss.ch/uploads/media/Dossier_73_Congres_de_l_USS.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">«&nbsp;Concilier l’horaire de travail avec la famille, les loisirs et la santé&nbsp;»</a>, Dossier N°&nbsp;73 de l’USS, p. 6 ss.). Les mères qui exercent une activité lucrative souffrent en particulier de ce que la séparation entre travail professionnel et travail familial devient toujours plus poreuse, ainsi que du non-enregistrement de la durée du travail. 
</p><p>Dans tous les cas, enregistrer la durée du travail est la seule mesure qui protège contre des conditions de travail psychiquement nocives. Y renoncer est une «&nbsp;activité à haut risque&nbsp;», tant pour le travailleur ou la travailleuse (risque de tomber malade) que pour l’employeur (incidence financière des maladies dues au stress).
</p><h3>NON à une dérégulation encore plus poussée – OUI à des contrôles de la durée du travail</h3><p>Pour protéger la santé des travailleurs et des travailleuses et leur permettre de mieux concilier famille et profession, l’Union syndicale suisse (USS) combat toute nouvelle dérégulation des horaires de travail (p. ex. via les heures d’ouverture des commerces). Nous lutterons, si nécessaire en saisissant le référendum, contre les projets débattus aux Chambres fédérales, comme l’initiative parlementaire Lüscher et ladite «&nbsp;Variante du Conseil fédéral&nbsp;», qui prévoient une ouverture 24 heures sur 24 (y compris le dimanche&nbsp;!) des échoppes des stations-service. Confronté à des conditions de travail d’ores et déjà suffisamment mauvaises, le personnel de vente a en effet largement gagné le droit de se reposer la nuit et le dimanche&nbsp;! Pour les mêmes raisons, l’USS rejette les autres propositions de dérégulation discutées au Parlement, comme la motion Lombardi, qui veut prolonger la durée du travail de tous les employé(e)s du commerce de détail, de même que la motion Abate, une nouvelle offensive contre les conditions de travail dans cette branche, qui se cache derrière l’énorme prétexte de l’encouragement du tourisme. 
</p><p>Étant donné les vérités scientifiquement établies par les études susmentionnées, l’USS rejette énergiquement la dérégulation proposée par le SECO, via une modification de l’ordonnance 1 relative à la loi sur le travail (art. 73a). Dans sa &lt;link uploads media&gt;réponse à la consultation fédérale à ce sujet, un document qui n’existe qu’en allemand, l’USS dit NON à la suppression de l’enregistrement de la durée du travail pour de nombreuses catégories d’employé(e)s, comme celles et ceux des banques et des bureaux&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; . C’est pourquoi elle demande aux gouvernements cantonaux de mettre une fois pour toutes plus de ressources en personnes et en argent à la disposition de leurs inspectorats du travail, afin que ceux-ci puissent effectuer dans les entreprises de tout le pays des contrôles sérieux comme il se doit, y compris celui de l’enregistrement de la durée du travail&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-900</guid><pubDate>Thu, 25 Oct 2012 15:23:00 +0200</pubDate><title>Au Conseil national de tenir sa promesse !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/au-conseil-national-de-tenir-sa-promesse</link><description>Mesures d’accompagnement</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Après le Conseil des États, la Commission de l’économie et des redevances (CER) du Conseil national Sa adopté une version plus stricte de la responsabilité solidaire. L’Union syndicale suisse (USS) se félicite de cette décision, prise nettement par 14 voix contre 8 (2 abstentions). Il apparaît ainsi que les membres de la CER ont désormais pris au sérieux les informations pratiquement faisant état de graves cas, quasi quotidiens, de sous-enchère salariale dans notre pays.</p><p>Au Conseil national d’accepter maintenant la proposition de la Chambre des cantons et de sa commission. Les partis de droite, PRL et PDC, auront ainsi la possibilité, lors de la prochaine session, de tenir leur promesse d’une responsabilité solidaire apte à mettre fin à la sous-enchère salariale. 
</p><p>Pour l’USS, il va de soi que l’on ne peut combattre efficacement cette dernière que si l’entrepreneur contractant doit répondre pour tous ses sous-traitants du respect des conditions de travail usuelles. Sinon, impossible d’en arriver à ce qu’en Suisse, on verse partout des salaires suisses.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-901</guid><pubDate>Thu, 25 Oct 2012 14:46:00 +0200</pubDate><title>Mis à part quelques idéologues, personne ne veut relever l’âge de la retraite</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/mis-a-part-quelques-ideologues-personne-ne-veut-relever-l-age-de-la-retraite</link><description>Départ à la retraite et démographie : une nouvelle étude</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) vient de publier une étude sur le départ à la retraite et la démographie<a href="typo3/#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>. Une étude dont l’interprétation des résultatse ne va pas de soi. De fait, dès le départ, deux problèmes avaient été posés (financement à long terme des assurances sociales et pénurie de main-d’œuvre spécialisée) de même que leur solution (les personnes âgées doivent travailler plus longtemps). En effet, lorsque l’on sait dès le départ à quelle conclusion on va, voire doit, aboutir, l’interprétation des résultats de l’étude relève d’une quasi-manipulation. </p><p>Le Conseil fédéral, à tout le moins son chef d’alors, le conseiller fédéral Didier Burkhalter, estime que, pour relever les défis de la prévoyance vieillesse et de la politique du marché du travail, l’orientation fondamentale à suivre consiste à maintenir la population âgée plus longtemps dans le monde du travail. Bref, les vieux doivent travailler plus longtemps&nbsp;! Il y aura moins de rentes à payer et les employeurs auront assez de personnel. 
</p><p>Les employeurs «&nbsp;réels&nbsp;» ne veulent pas de relèvement de l’âge de la retraite
</p><p>Il y a toutefois un hic&nbsp;: les employeurs ne veulent pas de cette solution, même si leurs organisations faîtières la demandent. Ainsi, 60&nbsp;% des entreprises interrogées n’ont pas engagé, ces trois dernières années, d’employé(e)s de plus de 58 ans. Seuls 13&nbsp;% d’entre elles pensent qu’il est &nbsp;judicieux de travailler au-delà de l’âge ordinaire de la retraite. Pour 32&nbsp;% par contre, c’est une erreur et 48&nbsp;% jugent que ce n’est raisonnable que pour certaines fonctions. Dans une situation de pénurie manifeste de main-d’œuvre qualifiée, les entreprises tableraient d’abord sur les femmes et la libre circulation des personnes. 15&nbsp;% seulement – c’est maigre - pensent ici aux personnes âgées. La majorité des employeurs refusent même le relèvement de l’âge ordinaire de la retraite. 
</p><p>Ces chiffres correspondent à la réalité en matière de départ à la retraite. En effet, 40&nbsp;% des personnes prennent leur retraite avant d’avoir 64/65 ans, alors que 20&nbsp;% le font à ce moment. Un bon tiers continuent à travailler, mais surtout à temps partiel et dans des fonctions dirigeantes. Le volume de ces activités n’a pas été calculé, ni leur durée. De plus, parmi les hommes de 65 à 70 ans actifs professionnellement, seuls 38&nbsp;% sont des salariés, les autres étant avant tout des indépendants (avocat(e)s, architectes, médecins, etc.), qui continuent à travailler à l’âge AVS. 
</p><p>Vu d’un œil critique, tous ces chiffres montrent qu’il n’existe pas de marge de manœuvre pour relever l’âge ordinaire de la retraite. Mais comme l’«&nbsp;on&nbsp;» connaît la solution du problème que l’on a construit soi-même déjà en le posant, les personnes qui interprètent cette étude lancent un appel aux employeurs – rappelons qu’uniquement une minorité d’entre eux veut engager des personnes âgées - &nbsp;pour qu’ils créent des emplois destinés à ces dernières. De plus, des emplois qui permettent de travailler avec plaisir, offrent des conditions de travail attrayantes (assez de temps libre pour pouvoir concilier travail, famille et loisirs) et leur apportent l’estime de leurs employeurs. Si cela ne concernait que les travailleurs et travailleuses jusqu’à 64/65 ans, ce ne serait pas un problème. Mais, ces réflexions concernent des personnes au-delà de cet âge… Les «&nbsp;interprètes&nbsp;» de cette étude savent bien que dans ce cas, ce n’est de loin pas évident. C’est pourquoi elles gonflent les maigres données dont elles disposent. Selon elles, si un tiers des personnes travaillent au-delà de 64/65 ans, si le taux d’activité des plus de 58 ans s’est amélioré (dans une mesure minime), c’est que nous sommes en présence d’une tendance. Travailler plus longtemps, comme suggéré, serait sans doute une évolution naturelle, estiment-elles.
</p><p>L’étude de l’OFAS montre au contraire que ce n’est le cas qu’exceptionnellement. Lorsque l’on fait semblant d’interpréter une étude, alors que l’on sait dès le départ à quelle conclusion l’on aboutira, cela suppose que l’on recoure à de multiples stratagèmes qui pourraient se retourner quelques années plus tard contre leurs auteurs… sous la forme d’un référendum. 
</p><hr><p><a href="typo3/#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> «&nbsp;Altersrücktritt im Kontext der demografischen Entwicklung&nbsp;» (avec un résumé en français).</p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-893</guid><pubDate>Tue, 16 Oct 2012 10:24:00 +0200</pubDate><title>L’Europe doit s&#039;attaquer à sa dette sociale</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/l-europe-doit-sattaquer-a-sa-dette-sociale</link><description>La CES et la situation en Europe</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La crise de la dette et la manière d’en sortir alimentent partout les débats. Et c’est bien légitime. Mais il existe une dette sociale qui est tout aussi importante que la dette monétaire si on veut sauver l’Europe.</p><p>Les programmes imposés aux pays en difficulté, mais aussi à d’autres pays qui veulent se conformer aux critères, se concentrent sur les coupes budgétaires qui affectent les plus vulnérables, sur une diminution de la protection sociale et sur l’affaiblissement des relations industrielles. Il s’agit d’une opération systématique de démantèlement du modèle social qui a fait de l’Europe cette terre de démocraties avancées et d’inégalités sociales réduites. Il existe aujourd’hui une urgence sociale dans les pays du Sud alors que les niveaux d’inégalités augmentent partout. Certains programmes économiques encouragent la création de zones franches en Europe qui concurrencent et ébranlent les pays qui, pour le moment, s’en sortent mieux. C’est inacceptable. Ce que les travailleurs en Grèce, au Portugal, en Irlande et en Espagne subissent aujourd’hui fera tôt ou tard boomerang et affectera les travailleurs dans le Nord.
</p><p>La situation des jeunes est particulièrement insupportable. Leur taux de chômage est proche de ou atteint déjà 50% dans plusieurs pays du Sud et les conditions de travail précaires croissent partout en Europe.
</p><p>L’austérité ne mène pas seulement à une urgence sociale. L’austérité est aussi un spectaculaire échec&nbsp;: elle ne s’attaque pas au fardeau excessif de la dette ni ne restaure la confiance des marchés. Au contraire, l’austérité affaiblit davantage encore les finances publiques. Même si la Grèce ou l’Espagne connaissaient un déficit nul, leur ratio d’endettement exploserait malgré tout à cause de l’effondrement de leur PIB et de leur activité économique exacerbé par des taux d’intérêt intenables qui leur sont imposés pour satisfaire les attentes des marchés financiers.
</p><h3>Et qui en profite&nbsp;?</h3><p>Le capitalisme de casino est à l’origine des problèmes que nous rencontrons aujourd’hui. Ce système a échoué mais le capital n’est pas remis en cause et son fonctionnement est toujours protégé. Les banques manipulent les taux d’intérêt dans leurs confortables bureaux mais les gouvernements continuent à faire en sorte que ce soit les gens qui paient pour l’échec du système.
</p><p>Les institutions de l’Union européenne, Conseil et Banque centrale européenne, et le Fonds monétaire international devraient tendre vers une justice fiscale, mettre fin à la concurrence et à l’évasion fiscales et enfin – mais pas seulement – mettre en place une taxe sur les transactions financières. Au lieu de cela, ils appellent à des réformes structurelles, à des réductions des salaires minimum et des pensions et à des coupes dans les allocations de chômage. C’est injuste. C’est inefficace. Ce dont nous avons besoin, ce sont des investissements et des salaires décents pour une croissance durable.
</p><p>La CES fera usage de sa force et de son influence pour provoquer un changement de cap. Aller au-delà de la crise de manière durable présuppose le rétablissement et le renforcement de mécanismes et de politiques qui contribuent à réduire les diverses formes d’inégalité sociale et à renverser la tendance à une concentration excessive des richesses.
</p><p>La CES soutient une Union européenne qui défend les emplois de qualité, les salaires décents, le progrès social et la justice sociale. Nous sommes opposés au démantèlement de notre modèle social qui est une référence et une inspiration pour les travailleurs dans le reste du monde.
</p><p>Le CES a un projet social pour l’Europe. Alors que des discussions sont en cours au sujet d’une nouvelle convention, voire d’un nouveau Traité, les responsables doivent réaliser que nous sommes sérieux lorsque nous exigeons que priorité soit donnée aux droits sociaux par rapport aux libertés économiques.</p>]]></content:encoded><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-885</guid><pubDate>Fri, 12 Oct 2012 14:54:00 +0200</pubDate><title>Pas de nouveaux cadeaux fiscaux pour les entreprises</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/pas-de-nouveaux-cadeaux-fiscaux-pour-les-entreprises</link><description>Imposition des entreprises</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Réagissant à la dénonciation, par l’Union européenne (UE), de la sous-enchère fiscale pratiquée en Suisse, le gouvernement genevois prévoit d’offrir aux entreprises un cadeau de 457 millions de francs. Il voudrait appliquer à l’avenir un taux d’imposition unique de 13&nbsp;% à toutes les entreprises ayant leur siège dans le canton. Ceux de Bâle et Zurich lorgnent aussi vers des baisses d’impôts radicales. Il faut mettre le holà à un tel dumping, car c’est la population qui va passer à la caisse.</p><p>Dans notre pays, les entreprises étrangères qui réalisent l’essentiel de leur chiffre d’affaires au-delà de nos frontières profitent d’un climat fiscal très doux, sans concurrence aucune au plan international. Et elles paient aussi moins d’impôts que celles qui font leurs affaires d’abord en Suisse. La grande majorité des entreprises paient en Suisse des impôts de près de 23&nbsp;%, mais, selon le canton, le taux réservé à une petite minorité est de 11&nbsp;% seulement. Il n’y a qu’Hong Kong où les taux sont encore plus bas.
</p><p>L’UE estime qu’avec ce système, la Suisse pratique une concurrence déloyale. Elle exige donc que nous renoncions à nos réglementations de droit fiscal spéciales et que nous imposions avec un même taux les bénéfices réalisés à l’étranger et en Suisse. Le canton de Genève profite grandement de cette politique. Selon une étude de l’Institut universitaire lausannois Créa présentée en octobre, on y trouve 945 entreprises bénéficiant d’un statut fiscal spécial, auxquelles il faut encore ajouter 136 autres qui leur sont liées. Principalement actives dans le négoce – surtout de matières premières –, ces firmes (20&nbsp;000 employé(e)s) paient environ un milliard d’impôts sur les bénéfices au canton et aux communes, ainsi que 640 millions à la Confédération.
</p><p>Pour qu’elles n’émigrent pas, le gouvernement genevois entend baisser de manière générale à 13&nbsp;% le taux de l’impôt qui leur est appliqué&nbsp;; cela, aussi pour les entreprises suisses, qui paient actuellement un taux de 24&nbsp;%. Cette baisse, dont profiterait la grande partie des entreprises genevoises, entraînerait selon l’étude une perte fiscale de 457 millions de francs pour le canton et les communes. Pour la compenser, Genève demande le soutien de la Confédération.
</p><p>Effrayés par l’étude genevoise, les cantons de Bâle et de Zurich ont aussi pris les devants et évoqué à haute voix une baisse de leurs impôts sur les entreprises. Le gouvernement zurichois chiffre les pertes fiscales que représenterait pour lui l’abolition des réglementations fiscales spéciales à 350 millions de francs, le gouvernement bâlois n’articulant pas de chiffres pour les siennes.
</p><p>Des milliards de francs de cadeaux fiscaux inutiles
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) dénonce ces projets. S’ils devaient devenir réalité et faire école, les pertes fiscales se monteraient à plusieurs milliards de francs pour l’ensemble du pays. La Suisse ne peut pas se permettre de baisser de manière générale les impôts sur les entreprises. D’un point de vue économique, ce serait en effet une absurdité, car les centres s’en trouveraient affaiblis, les services publics démantelés et les infrastructures laissées à l’abandon. Aujourd’hui déjà, nombre de cantons préparent des mesures d’austérité. Il est donc évident que la contribution des entreprises au financement des services publics ne doit plus diminuer. Sinon, la population devra en payer la facture avec des hausses de ses impôts et/ou une détérioration des services publics.
</p><p>Une étude de l’USS montre que la Suisse peut renoncer aux baisses d’impôts générales que prône aussi economiesuisse. Seul Genève et vraisemblablement aussi Vaud et Bâle-Ville seraient fortement touchés. Mais, dans l’ensemble, les conséquences d’une adaptation de la Suisse aux exigences de l’UE resteraient supportables, car un nombre limité d’entreprises quitteraient notre pays. En effet, même en l’absence de taux spéciaux bas, l’imposition des entreprises en Suisse reste faible en comparaison mondiale. Pour Genève et éventuellement Vaud et Bâle-Ville, à qui l’abandon de taux de dumping ferait perdre une partie de leur substance fiscale, des solutions devraient être trouvées dans le cadre de la péréquation financière.
</p><p>Vu l’insuffisance des données concernant l’ampleur et l’importance de la faible imposition des sociétés à but spécifique, la Confédération doit d’abord procéder à une analyse approfondie. C’est seulement après que l’on pourra décider des mesures à prendre. 
</p><p>Plus d’équité, mais pas plus de sous-enchère fiscale
</p><p>Il est cependant d’ores et déjà clair aujourd’hui que la Suisse doit plutôt participer aux efforts déployés au plan international pour instaurer des systèmes fiscaux équitables, au lieu d’entraîner l’imposition des entreprises dans une spirale à la baisse. Tous les pays ont intérêt à cette équité. Le nôtre aussi, car il est lui-même victime de la sous-enchère fiscale pratiquée par d’autres. Chacun connaît la faible imposition des biens immatériels dans les pays du Benelux, où l’impôt sur les bénéfices appliqué aux produits des licences et des patentes va de 0 à 7&nbsp;%, quand il peut se monter à 3% pour d’autres revenus.</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-891</guid><pubDate>Thu, 11 Oct 2012 10:23:00 +0200</pubDate><title>Importants témoignages de l’histoire sociale suisse </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/importants-temoignages-de-l-histoire-sociale-suisse</link><description>3 novembre 2012 : Journée suisse des Archives</description><content:encoded><![CDATA[<p>Procès-verbaux du Comité d’Olten. Documents sur les grèves du début du 20e siècle. Accord de paix du travail de 1937. Discussions sur l’introduction des assurances sociales. Luttes en cours contre la précarisation du travail.
</p><p>Tels sont les principaux thèmes évoqués par l’exposition que les Archives de l’Union syndicale suisse (USS) organisent le 3 novembre prochain dans leurs locaux à l’intention d’un vaste public. Le 3 novembre, toutes les Archives du pays ouvriront leurs portes au public et exposeront leurs trésors à l’occasion de la Journée suisse des Archives. Celles de l’USS feront de même et présenteront leurs plus belles pièces, pour une traversée éclair à travers les 100 dernières années de l’histoire sociale de la Suisse, à laquelle nous invitent les documents rares sélectionnés par l’archiviste de l’USS, Dominique Moser-Brossy. 
</p><p>Si vous êtes intéressé à suivre, à partir de documents originaux, les grandes lignes du progrès social dans notre pays, vous êtes attendu le 3 novembre prochain dans les locaux des Archives de l’USS.
</p><p><b>Exposition «&nbsp;Conflits et acquis sociaux au 20<sup>e</sup> siècle&nbsp;»</b></p><p><b>Archives de l’USS, Berne, Monbijoustrasse 61, 3<sup>e</sup> étage (tram 9, arrêt Monbijoustrasse ou Sulgenau)</b></p><p><b>SAMEDI, 3.11.2012&nbsp;: de 10 h à 16 h</b></p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-883</guid><pubDate>Thu, 04 Oct 2012 09:37:00 +0200</pubDate><title>Sauver 250 vies !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/sauver-250-vies</link><description>Campagne de prévention de la SUVA contre les accidents de travail</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Chaque année, environ 100 travailleurs et travailleuses meurent suite à un accident professionnel. Le décès de 31 apprenti(e)s, entre 2000 et 2009, est particulièrement tragique. C’est pourquoi la SUVA, la Caisse nationale suisse d’assurance en cas d’accidents, mène depuis 2010 une campagne de prévention contre les graves accidents de travail intitulée «&nbsp;Vision 250 vies&nbsp;». Aujourd’hui, cette campagne connaît un nouveau développement et une nouvelle orientation spécifique&nbsp;: sécuriser les apprentissages.</p><p>Le message central est et reste la règle vitale, selon laquelle, en cas de danger au travail, toutes les personnes concernées ont le droit et le devoir de dire STOP et d’arrêter le travail. Ainsi, «&nbsp;Vision 250 vies&nbsp;» atteindra son objectif&nbsp;: diviser par deux en dix ans le nombre des accidents graves et mortels. Dans ce but, des dépliants aisément compréhensibles ont été mis au point pour les branches particulièrement touchées. Donnant des règles simples, ils permettront d’instaurer la sécurité au travail comme, par exemple dans le domaine des travaux forestiers ou dans le bâtiment&nbsp;:&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br><a href="http://www.suva.ch/fr/startseite-suva/praevention-suva/arbeit-suva/lebenswichtige-sicherheitsregeln-suva.htm" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.suva.ch/fr/startseite-suva/praevention-suva/arbeit-suva/lebenswichtige-sicherheitsregeln-suva.htm</a>. 
</p><p>Les dossiers d’instruction sont très précieux pour les préposé(e)s à la sécurité des solutions de branche, mais aussi pour les chef(fe)s de groupe ou d’équipe et pour tous les travailleurs et travailleuses. Ces aides peuvent être commandées en ligne auprès de la SUVA ou téléchargées sur son site. Elles expliquent, à partir de photos, de listes de contrôles, d’exemples concrets et de «&nbsp;trucs&nbsp;», etc. comment améliorer rapidement et durablement la sécurité au travail pendant certaines séquences de travail. 
</p><p>Le droit des travailleurs et travailleuses à être consultés est un devoir&nbsp;!
</p><p>Il est clair que les employeurs doivent être les premiers à se préoccuper de la sécurité au travail. C’est également leur devoir de créer une culture de la sécurité dans leurs entreprises et leurs branches, une culture qui permette aux personnes concernées de réellement pouvoir dire STOP si un danger est identifié. Pour renforcer une telle culture, une charte de la sécurité a été lancée, par exemple, dans le secteur de la construction. Elle est signée entre autre par le syndicat Unia, la Société suisse des ingénieurs et des architectes (SIA) et la Société suisse des entrepreneurs (SSE). Ses signataires s’engagent à protéger la vie et la santé sur les chantiers et, en cas de danger, à dire STOP. Le but est que, sur tous les chantiers, cette charte soit placardée sur une bâche de manière à ce qu’elle signale, visuellement aussi, aux employeurs et aux employé(e)s leur droit et leur devoir de dire STOP lorsqu’un danger est reconnu comme tel (<a href="http://www.charte-securite.ch/accueil/" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.charte-securite.ch/accueil/</a>). 
</p><p>Un autre principe s’applique également à toutes les entreprises de toutes les branches&nbsp;: si une entreprise ne procède pas à une analyse des risques en son sein, les employé(e)s s’adressent au chef et, si cette démarche ne donne rien, ils l’annoncent à l’inspectorat cantonal du travail&nbsp;: &nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="http://www.seco.admin.ch/themen/00385/01908/01913/index.html?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.seco.admin.ch/themen/00385/01908/01913/index.html?lang=fr</a> ou&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="http://www.arbeitsinspektorat.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.arbeitsinspektorat.ch/</a>.
</p><p>De plus, la consultation des travailleurs et travailleuses est nécessaire, par exemple, lors de l’installation d’appareils ou de machines sur lesquels ils doivent travailler, lorsqu’il est question de lunettes de protection, de protecteurs d’ouïe et d’autres moyens destinés à les protéger ainsi qu’en cas de visites d’inspectorats cantonaux du travail, de la SUVA, etc.
</p><p>Prochain but&nbsp;: mieux protéger les apprenti(e)s
</p><p>La SUVA poursuit actuellement le développement du projet «&nbsp;Vision 250 vies&nbsp;»&nbsp;: en septembre dernier, une journée des partenaires a été organisée, avec la participation de l’Union syndicale suisse (USS), d’autres syndicats ainsi que des organisations patronales et de la Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail (CFST, <a href="http://www.ekas.admin.ch/index-fr.php?frameset=1" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.ekas.admin.ch/index-fr.php?frameset=1</a>). Le but est de mener, d’ici 2013, une campagne de prévention destinée spécialement aux apprenti(e)s. Car la formation professionnelle et la prévention doivent avancer main dans la main en Suisse. Comme les apprenti(e)s souffrent souvent d’une importante charge de travail, ne se font pas fort de poser des questions sur la sécurité et ne savent pas encore évaluer les dangers, il y a lieu d’adopter une approche particulière à leur égard. Sans parler du fait qu’il est toujours dramatique de voir un jeune perdre la vie ou devenir invalide à cause d’un accident de travail. 
</p><p>La campagne de prévention destinée aux apprenti(e)s est en pleine gestation. Les moyens qui seront mis en œuvre seront conçus et élaborés avec la collaboration des partenaires sociaux, lors de futurs ateliers de la SUVA. Il est essentiel que les syndicats s’impliquent fortement dès cette phase&nbsp;! Car les organisations de salarié(e)s, par leur engagement depuis de longues années et leur collaboration avec la SUVA, ont réellement sensibilisé les gens à ces problèmes dans de nombreux domaines et pu amasser un vrai savoir-faire sur ces questions. Il faut que toutes les branches, et en particulier la relève, en profitent. Les collègues que cela intéresse, et qui veulent participer activement à l’élaboration ainsi qu’à la réalisation d’un projet en faveur d’un apprentissage en toute sécurité peuvent s’annoncer à l’adresse suivante&nbsp;: <a href="#" data-mailto-token="thpsav1sbjh5jpypnsphuvGzni5jo" data-mailto-vector="7">luca.cirigliano(at)sgb.ch</a>.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-882</guid><pubDate>Wed, 03 Oct 2012 14:21:00 +0200</pubDate><title>Innovation : vers un partenariat public-privé renforcé ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/innovation-vers-un-partenariat-public-prive-renforce</link><description>Loi sur l’encouragement de la recherche et de l’innovation</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La nouvelle mouture de la loi sur l’encouragement de la recherche et de l’innovation devrait renforcer à l’avenir la position de la Suisse en matière de recherche et favoriser la création d’un parc suisse d’innovation. Une excellente nouvelle avec cependant un petit bémol&nbsp;: les ambitions régionales pourraient empêcher la création d’un parc d’innovation d’une envergure réellement nationale. La mise en place d’un projet cohérent, capable d’attirer les investisseurs privés, s’annonce des plus épineuses.</p><p>Une nouvelle mouture de la loi sur l’encouragement de la recherche et de l’innovation devrait renforcer à l’avenir les possibilités de collaboration entre les hautes écoles et l’économie privée. Le Conseil des États a en effet accepté à l’unanimité le projet de révision qui améliore la cohérence des instruments d’encouragement, confirme l’autonomie de fonctionnement de la Commission pour la technologie et l’innovation et crée les bases légales pour le soutien à la création d’un parc national d’innovation. Le bilan est globalement très positif. Le projet devrait donc passer sans encombre l’obstacle des dernières divergences et être accepté par le Parlement fédéral, lors de leur prochaine session.
</p><p>D’importants défis à relever
</p><p>En matière d’innovation, ce ne sont pas les défis qui manquent. Il y a seulement quelques jours, le Conseil fédéral lançait la consultation sur le projet de la «&nbsp;Stratégie énergétique 2050&nbsp;». Au programme figure un plan d’action sur la recherche énergétique. Les ambitions, importantes, sont à la hauteur des défis qui s’annoncent&nbsp;: la reconversion écologique en matière d’énergie demandera une capacité d’innovation, une mise en réseau des savoirs et une collaboration intensive entre le secteur public et le secteur privé.
</p><p>Dans ce contexte, la création d’un parc national d’innovation représente indéniablement une chance. Les nombreuses ambitions affichées par différentes villes et cantons risquent cependant de faire perdre au projet de sa substance, voire de le mettre en péril. La difficulté sera de mettre en place un concept qui soit attractif non seulement pour les hautes écoles et les cantons responsables, mais aussi pour l’économie privée. En effet, sans investisseurs privés, pas de parc d’innovation, le rôle de la Confédération et des cantons n’étant que subsidiaire dans ce domaine. 
</p><p>Outre la création d’un parc national d’innovation, fortement soutenu par la classe politique, il ne faut pas sous-estimer l’importance des instruments d’encouragement déjà existants. Le travail effectué ces dernières années par la Commission pour la technologie et l’innovation a beaucoup apporté en termes de collaboration public-privé. Il a notamment permis aux Hautes écoles spécialisées (HES), vouées de par leur mandat à effectuer de la recherche appliquée, à développer leur capacité de collaboration avec les entreprises privées. Ce type de coopération doit à l’avenir être renforcé, non seulement pour augmenter la capacité d’innovation des entreprises, mais aussi pour permettre aux hautes écoles, en particulier aux HES, d’assurer la relève scientifique dont elles ont un urgent besoin.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-880</guid><pubDate>Mon, 01 Oct 2012 15:34:00 +0200</pubDate><title>Déjà du temps de travail et bientôt rémunéré ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/deja-du-temps-de-travail-et-bientot-remunere</link><description>Allaitement au travail</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En Suisse, les mères ont le droit d’allaiter leur enfant sur leur lieu de travail. Que ce temps soit rémunéré ou non est laissé au bon vouloir de l’employeur. Cela devrait changer. En effet, le Conseil national a décidé, deux jours avant la fin de la session d’automne, de ratifier la convention n° 183 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur la protection de la maternité.</p><p>C’est en 1999 déjà que la conseillère nationale socialiste Liliane Maury-Pasquier avait proposé de ratifier cette convention de l’OIT, dans la perspective de la votation populaire sur l’assurance-maternité. À l’époque, le peuple avait rejeté cette nouvelle assurance, pour ne l’accepter finalement qu’en 2004 (introduction en 2005). Avec ce succès dans les urnes, un obstacle important à la ratification de la convention de l’OIT était levé. Mais il a quand même fallu attendre jusqu’en 2010 pour que les commissions compétentes en cette matière acceptent cette initiative parlementaire. Et il fallut attendre deux années de plus jusqu’à la décision du Conseil national au sujet de sa mise en œuvre. Tellement l’opposition des employeurs était forte. 
</p><p>La convention n° 183 de l’OIT conforte certains progrès déjà réalisés en Suisse dans le domaine de la protection de la maternité et de la conciliation entre famille et profession, comme l’assurance-maternité, la protection contre le licenciement pendant et après la grossesse, l’interdiction de discriminer les mères ainsi que des mesures de protection de la santé. Mais cette convention réglemente aussi la question de l’allaitement. Et là, la Suisse doit encore adapter sa législation, car, selon la convention de l’OIT, l’allaitement au travail doit être considéré comme du temps de travail, c’est-à-dire rémunéré. 
</p><p>C’est pour cela et sur la base d’autres arguments encore, de nature idéologique, que les organisations patronales, l’UDC et certains éléments de la droite rejetaient la ratification de cette convention ainsi que les modifications en conséquence de la loi sur le travail. Mais une fois que le Conseil fédéral eut proposé de régler la question de l’allaitement au travail au niveau d’une ordonnance plutôt que dans la loi, cette opposition commença à se lézarder dans le camp bourgeois. Finalement, le Conseil national a adopté, par 103 voix contre 58, l’arrêté fédéral portant approbation de convention n° 183 de l’OIT. Au Conseil des États maintenant de permettre, lors d’une prochaine session, à cette vieille revendication de la Commission féminine de l’USS de passer la rampe. Nous ne lâcherons rien à ce sujet.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-878</guid><pubDate>Fri, 28 Sep 2012 13:30:00 +0200</pubDate><title>Le Parlement fédéral contraint les hauts revenus à plus de solidarité</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/le-parlement-federal-contraint-les-hauts-revenus-a-plus-de-solidarite</link><description>Assurance-chômage</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Après le Conseil national, en mars dernier, c’est maintenant le Conseil des États qui accepte une motion demandant plus de solidarité dans l’assurance-chômage. Désormais, le pour-cent de solidarité ne s’appliquera plus uniquement jusqu’à un revenu de 315&nbsp;000 francs, car les super-riches du pays devront aussi s’en acquitter pour toutes les tranches au-delà de cette limite. </p><p>Dans le débat sur une motion qui demandait le déplafonnement du pour-cent de solidarité versé à l’assurance-chômage, Paul Rechsteiner, président de l’Union syndicale suisse (USS) et conseiller aux États, a déclaré ne pas comprendre pourquoi les revenus supérieurs à 315&nbsp;000 francs ne devraient pas participer à la réduction de la dette de l’assurance-chômage. Selon lui, les personnes qui touchent de tels revenus sont privilégiées, car elles profitent de la situation économique alors que les autres en souffrent lorsqu’elles tombent au chômage. Ce dont il est question ici, c’est donc d’un acte concret de solidarité. 
</p><h3>Aujourd’hui&nbsp;: solidarité des riches, mais pas des super-riches</h3><p>Le gain maximal assuré dans l’assurance-chômage est aujourd’hui de 126&nbsp;000 francs par an. Jusqu’à ce montant, la cotisation ordinaire versée à cette assurance est de 2,2&nbsp;% répartis en deux parts égales entre l’employeur et l’employé(e). Pour les tranches de revenu entre 126&nbsp;000 francs et 315&nbsp;000 francs, un pour-cent dit «&nbsp;de solidarité&nbsp;» est actuellement prélevé en raison du niveau des dettes de l’assurance. Aussi réparti en deux parts égales, ce pour-cent est uniquement destiné à réduire ces dettes. Ensuite, il disparaîtra. 
</p><p>Les syndicats et la gauche ont de tout temps demandé que les cotisations de cette assurance soient plus solidaire, mais n’avaient eu, jusqu’à tout récemment, que peu de succès. Que la majorité bourgeoise du Parlement ait toujours refusé cette solidarité sur l’ensemble des salaires des super-riches était particulièrement choquant. Mais le printemps dernier, les choses se sont mises à bouger. Si, durant la session parlementaire d’alors, le Conseil national rejeta une proposition de Katharina Huber-Prelicz, présidente du Syndicat suisse des services publics (ssp), demandant que les cotisations ordinaires de l’assurance-chômage soient prélevées sur la totalité du revenu, les syndicats et la gauche, soutenus par quelques élu(e)s de droite à la fibre sociale, réussirent tout de même à faire passer une motion de la commission prévoyant de faire sauter le plafond de 315&nbsp;000 francs pour le pour-cent de solidarité. La Chambre du peuple accepta alors cette idée par 106 voix contre 65 et aujourd’hui, la Chambre des cantons fait de même, à une majorité plus nette encore.
</p><h3>Le Conseil fédéral promet une application rapide</h3><p>Selon le conseiller fédéral Johannes N. Schneider-Ammann, une personne dont le revenu annuel est de 400&nbsp;000 francs devra payer 35 francs de plus par mois à l’assurance-chômage, son employeur autant. Et un(e) employé(e) qui touche 1 million de francs de revenu par an, devra payer 285 francs de plus par mois, comme son employeur. Grâce à l’extension de cette solidarité, l’assurance-chômage pourra encaisser 79 millions de plus par an. Aujourd’hui, ses dettes se montent à 5,4 milliards de francs. Si l’on parvient à maintenir le taux de chômage à au maximum 3,2&nbsp;%, alors les dettes de l’assurance-chômage seront remboursées en dix ans. Et les super-riches y auront aussi un peu contribué. 
</p><p>Et enfin, le ministre de l’Économie a répondu positivement à la suggestion faite par Paul Rechsteiner d’appliquer aussi rapidement que possible cette nouvelle loi.</p>]]></content:encoded><category>Assurance-chômage</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-879</guid><pubDate>Fri, 28 Sep 2012 13:26:00 +0200</pubDate><title>Au tour du Conseil national</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/au-tour-du-conseil-national</link><description>Responsabilité solidaire</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 25 septembre, le Conseil des États a adopté, par 22 voix contre 18, une responsabilité solidaire efficace. Lors de la prochaine session d’hiver, ce sera à la Chambre du peuple d’en faire autant. Ainsi, à l’avenir, la sous-enchère salariale pratiquée dans les chaînes de sous-traitance pourra être combattue comme il se doit. </p><p>Ces derniers temps, le nombre de cas de sous-enchère salariale dus à des sous-traitants a pour ainsi dire explosé. Le syndicat Unia a découvert quasi quotidiennement des cas scandaleux. Des travailleurs de la construction détachés de l’étranger ont reçu, des entreprises sous-traitantes qui les emploient, des salaires de misère violant gravement les conventions collectives de travail (CCT). 
</p><p>C’est pourquoi les syndicats ont demandé l’introduction d’une responsabilité solidaire efficace, c’est-à-dire avec laquelle, l’entrepreneur contractant doit assumer, de manière plus stricte, la responsabilité du non-respect, par ses sous-traitants, des conditions de travail fixées dans les CCT. L’Union syndicale suisse (USS) s’est toujours prononcée en faveur d’un modèle de responsabilité solidaire dit «&nbsp;en chaîne&nbsp;». Avec un tel modèle, l’entrepreneur contractant répond pour toute la chaîne de ses sous-traitants, donc aussi pour les sous-traitants de sous-traitants, et ainsi de suite. Lors de la session d’automne, le Conseil des États s’est prononcé pour ce modèle, rejetant la proposition de la majorité de sa commission, selon qui l’entrepreneur contractant n’aurait été tenu que de faire signer par son sous-traitant un contrat écrit dans lequel celui-ci se serait engagé à respecter les salaires minimums et les conditions de travail en vigueur en Suisse. Même le conseiller fédéral Johann N. Schneider-Ammann a mis les points sur les i en déclarant que cette variante minimale n’aurait pas eu plus d’utilité dans la pratique que le statu quo. 
</p><h3>Société suisse des entrepreneurs et USAM continuent à faire de la résistance</h3><p>Mais on n’est pas encore sorti de l’auberge. Se battant en première ligne, la Société suisse des entrepreneurs (SSE) et l’Union suisse des arts et métiers, l’USAM, continuent à rejeter la responsabilité solidaire en se servant de formules-chocs évoquant des «&nbsp;pratiques d’espionnage érigées en principes économiques&nbsp;» et la «&nbsp;criminalisation de toute une branche&nbsp;». Et ils se lâchent vraiment en affirmant que les rares entreprises qui violent effectivement la loi n’auraient rien à craindre, puisque ce serait de toute façon d’autres entreprises qui devraient endosser la responsabilité de leurs actes. Que répondre à ces parlementaires soupe au lait&nbsp;? Qu’ils lisent les alinéas 2 et 3 de l’article 6 de la loi qui a été adoptée et ils verront, à l’alinéa 2, que l’entrepreneur contractant ne répond de ses sous-traitants que si ceux-ci ont été poursuivis préalablement en vain ou s’ils ne peuvent pas l’être. Quant à l’alinéa 3, il prévoit que l’entrepreneur «&nbsp;peut s’exonérer de sa responsabilité (…) s’il prouve avoir accompli son devoir de diligence&nbsp;», c’est-à-dire «&nbsp;s’il a demandé à ses sous-traitants de prouver de manière crédible, sur la base de documents et de justificatifs, qu’ils respectent bien les conditions de salaire et de travail.&nbsp;»
</p><h3>Rien de bien sorcier pour une entreprise qui veut travailler correctement</h3><p>L’USAM sort encore un argument-massue en parlant de bureaucratie disproportionnée et, donc, inacceptable. Or, cette accusation apparaît tellement comme un réflexe, à chaque fois qu’il s’agit d’empêcher des abus, qu’elle en perd tout valeur. L’exemple du conseiller aux États glaronnais This Jenny en dit long à ce sujet. Lors des délibérations de la Chambre des cantons, il a déclaré que ces contrôles ne seraient pas un problème pour l’entreprise qu’il possède, mais le seraient pour les petites entreprises. Et, un jour et demi plus tard, devant les caméras de «&nbsp;classe politique&nbsp;», le même élu décrivait, avec force détails, comment son entreprise aussi allait être prise dans l’étau administratif à cause de ce type de responsabilité solidaire…
</p><h3>Rémunérer correctement le travail</h3><p>En fait, la SSE devrait revendiquer en priorité une concurrence loyale entre les entreprises qui cherchent à obtenir des mandats. Les victimes de la sous-enchère salariale ne sont en effet pas uniquement les travailleurs et travailleuses, mais aussi les entreprises qui se comportent correctement. Cela devrait aussi être évident pour le Conseil national, qui traitera ce thème lors de sa session d’hiver. Divers représentant(e)s de la droite à la Chambre du peuple ont également reconnu qu’il fallait combattre efficacement la sous-enchère pratiquée par des sous-traitants. La balle est dans leur camp. La SSE va sans doute pousser des hauts cris quelques jours encore, mais cette tempête va bientôt se calmer, elle aussi. Alors, cette droite s’habituera à mieux garantir ce qui est si important pour le ciment social de ce pays, à savoir que le travail doit être correctement rémunéré.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Économie</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-872</guid><pubDate>Thu, 20 Sep 2012 10:56:00 +0200</pubDate><title>L’USS peaufine une initiative pour des rentes AVS congrues</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/l-uss-peaufine-une-initiative-pour-des-rentes-avs-congrues</link><description>AVSplus</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Une fois atteint l’âge de la retraite, de nombreuses personnes se retrouvent en terrain inconnu et hostile. D’un mois à l’autre, elles doivent renoncer à une part importante de leur ancien revenu et se serrer encore plus la ceinture. Beaucoup sont gagnées par une angoisse existentielle. Pour répondre à ces réalités, l’Union syndicale suisse (USS) est en train de peaufiner une initiative populaire qui demandera une hausse des rentes AVS. </p><p>La Constitution fédérale ne laisse subsister aucun doute&nbsp;: AVS et prévoyance professionnelle doivent permettre aux personnes à la retraite de «&nbsp;maintenir de manière appropriée (leur) niveau de vie antérieur&nbsp;». Par «&nbsp;de manière appropriée&nbsp;», le Conseil fédéral entend, depuis les années 1970, ceci&nbsp;: les rentes des 1er et 2e piliers servies aux personnes seules doivent représenter 60&nbsp;% du dernier revenu annuel brut. Pour les couples, ce taux de remplacement, comme on l’appelle, doit se monter à 80&nbsp;%.
</p><h3>Une ceinture encore plus serrée aussi pour les moyens revenus</h3><p>Un coup d’œil aux chiffres réels montre qu’avec de tels taux de remplacement, nombre de retraité(e)s doivent compter chaque franc dépensé. Quiconque gagnait 5&nbsp;000 francs bruts avant de prendre sa retraite – un niveau salarial très répandu, y a-t-il lieu de souligner -, aura dans son porte-monnaie, une fois retraité, tout juste 3&nbsp;000 francs par mois. C’est peu.
</p><p>Qui plus est, les taux officiels de remplacement ne sont guère atteints. De nombreuses personnes reçoivent en effet nettement moins des 1er et 2e piliers que 60&nbsp;% de leur dernier salaire brut. Les plus touchées sont celles qui ne peuvent compter que sur l’AVS pour prévoyance vieillesse. Cela concerne environ un homme vivant seul sur six de 65 à 70 ans. Ces personnes doivent subsister sans prestations des 2e ou 3e piliers. Elles peuvent à la rigueur toucher des prestations complémentaires. Presque une femme sur quatre de 64 à 69 ans se trouve dans cette situation. Quant aux couples, ils sont encore 13,5&nbsp;%.
</p><p>En Suisse, selon une étude de l’OCDE, 17,6&nbsp;% des retraité(e)s de 65 ans et plus disposaient récemment d’un revenu inférieur à 3&nbsp;000 francs. Avoir si peu d’argent pour vivre dans notre pays, c’est risquer l’isolement social. Les personnes concernées ne peuvent plus se permettre le train de vie suisse. Ce phénomène est aggravé par le fait que les rentes AVS restent largement à la traîne de l’évolution moyenne des salaires&nbsp;: pour la seule période qui s’est écoulée depuis l’an 2000, elles ont perdu plus de 10&nbsp;%. 
</p><p>Le Comité de l’USS estime qu’il est temps de donner un coup de barre. Avec son projet AVSplus, l’USS table sur une amélioration des rentes AVS. Ce projet s’inspire de l’exemple de réussite représenté par l’AVS qui offre à la grande majorité de la population de très bonnes prestations pour peu de coûts.
</p><h3>Relever sensiblement les rentes</h3><p>Les rentes AVS doivent être sensiblement relevées, au moins dans une mesure correspondant à une 13e rente mensuelle. C’est ce qu’ont décidé les délégué(e)s de l’USS lors de leur assemblée de mai 2012. Quant au modèle qui sera appliqué pour réaliser cet objectif, les instances responsables de l’USS s’en occupent actuellement.
</p><p>En septembre 2012, le Comité de l’USS a décidé, concernant AVSplus, de passer la vitesse supérieure et de mettre au point une initiative populaire. La décision définitive, relativement au lancement de cette initiative et à son contenu, reviendra aux délégué(e)s de l’USS, probablement au printemps 2013. La discussion en cours porte entre autres sur le modèle permettant de relever de 10&nbsp;% les rentes AVS, soit de 200 francs par mois pour les personnes seules. Un autre modèle permettrait de relever plus fortement les rentes des personnes ayant touché des bas et moyens salaires. Et l’extension du projet à l’AI est aussi débattue. </p>]]></content:encoded><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-770</guid><pubDate>Wed, 19 Sep 2012 15:00:00 +0200</pubDate><title>Le Conseil des États doit passer à l’acte !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-conseil-des-etats-doit-passer-a-l-acte</link><description>Responsabilité solidaire « en chaîne »</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 25 septembre, le Conseil des États s’attaquera au thème de la responsabilité solidaire. L’Union syndicale suisse (USS) demande que cette responsabilité soit aménagée de manière à être efficace et pleinement contraignante pour l’entrepreneur contractant. Sinon, l’adhésion du gouvernement et du Parlement fédéral au principe selon lequel, en Suisse, on doit verser des salaires suisses, restera purement verbale. </p><p>Ces dernières années, les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes ont évolué à plusieurs égards. Il n’empêche qu’elles comportent toujours certaines lacunes au plan légal. Et des entreprises irresponsables en profitent pour tourner les dispositions locales sur les salaires. Le problème le plus important ici, ce sont les chaînes de sous-traitance, c’est-à-dire le fait que certaines parties de mandats soient transmises par l’entrepreneur contractant à une entreprise sous-traitante qui, à son tour, en fait autant avec une autre entreprise sous-traitante, et ainsi de suite. En fin de parcours, on trouve des entreprises étrangères, souvent même d’Europe centrale ou orientale, qu’il n’est pratiquement pas possible de sanctionner alors qu’elles «&nbsp;offrent&nbsp;» des salaires de misère à leur personnel. Or, en agissant de la sorte, elles ne respectent pas les conventions collectives de travail en vigueur et rendent la vie difficile aux entreprises qui agissent correctement ainsi qu’à leurs employé(e)s. De plus, avec l’extension de la libre circulation à l’Europe orientale et centrale, ce problème s’est aggravé de manière dramatique.
</p><h3>Responsabilité solidaire en chaîne&nbsp;: une nécessité</h3><p>L’USS demande que des mesures efficaces soient engagées contre la sous-enchère pratiquée par des sous-traitants. Elle veut une responsabilité solidaire qui soit contraignante pour l’entrepreneur contractant et veille à ce qu’il ne confie de mandats qu’à des entreprises respectueuses des conditions de travail en vigueur chez nous. Et si ce n’est pas le cas, ce sera à lui, en tant que premier entrepreneur, d’assumer la responsabilité des dommages causés. Pour l’USS, il est clair que, parmi les différents modèles existants, on doit choisir celui de la responsabilité solidaire en chaîne. Cela signifie que l’entrepreneur contractant doit assumer la responsabilité pour toutes les infractions commises dans la chaîne des sous-traitants. C’est le seul moyen qui l’obligera à choisir avec soin ses sous-traitants. C’est aussi le seul moyen de donner à l’instrument de la responsabilité solidaire une fonction vraiment préventive. 
</p><h3>Pas de tigre de papier</h3><p>Or, la majorité de la commission du Conseil des États chargée de l’examen préalable ne propose qu’un tigre de papier. Selon elle, les entrepreneurs contractants ne devraient obliger leurs sous-traitants à s’engager à respecter les salaires minimums et les conditions de travail suisses que par un contrat écrit. Un vœu pieux, pas un réel progrès par rapport au statu quo selon lequel un contrat oral suffit. Mêmes les organisations patronales du second œuvre et le Secrétariat d’État à l’économie, le SECO, jugent cette proposition inefficace.
</p><h3>Une dangereuse politique de pseudo-mesures </h3><p>Le 25 septembre, le Conseil des États devra corriger cette décision inopérante et, de ce fait, dangereuse. À une époque où les cas de sous-enchère salariale dus à des sous-traitants étrangers sont en passe d’être évoqués quotidiennement par les médias, réagir à ce dumping par des pseudo-mesures aura un prix élevé. En effet, si la population constate que les effets secondaires négatifs de la libre circulation des personnes ne sont pas combattus efficacement, elle ne voudra plus de cette dernière. Les député(e)s du Conseil des États devraient y regarder maintenant à deux fois, plutôt que de devoir se frotter les yeux quand il sera trop tard.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-809</guid><pubDate>Wed, 19 Sep 2012 14:39:00 +0200</pubDate><title>Adoptions possibles aussi pour les couples du même sexe</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/adoptions-possibles-aussi-pour-les-couples-du-meme-sexe</link><description>Droit de l’adoption : l&#039;égalité est nécessaire</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 25 septembre, le Conseil national traitera la motion du Conseil des États «&nbsp;Droit de l’adoption. Mêmes chances pour toutes les familles&nbsp;». Les membres de la Commission USS des lesbiennes et gays demande l’élimination des inégalités introduites par le Parlement fédéral dans le droit de l’adoption.</p><p>En septembre 2011, le Conseil national a rejeté la pétition «&nbsp;Mêmes chances pour toutes les familles&nbsp;» déposée par Familienchancen, un collectif alémanique. En mars 2012, le Conseil des États prenait, lui, une autre décision, à savoir de transformer cette pétition en une motion demandant l’ouverture intégrale du droit de l’adoption, lorsque cette dernière a lieu pour le bien de l’enfant. Pour sa part, le Conseil fédéral ne veut autoriser que l’adoption, par des couples du même sexe, de l’enfant du partenaire</p><p>La balle est à nouveau dans le camp du Conseil national. Le contexte, avant ces prochaines délibérations, est le suivant&nbsp;: une petite minorité de la Commission des affaires juridiques rejette la motion, une majorité donne sa préférence à la variante du Conseil fédéral et une minorité importante veut l’ouverture intégrale du droit de l’adoption, comme le Conseil des États.</p><h3>Une égalité lacunaire</h3><p>Avec la loi sur le partenariat enregistré, le Parlement et le peuple ont sciemment créé des inégalités de traitement. L’une d’entre elles concerne le droit de l’adoption&nbsp;: si l’adoption est admise pour les personnes seules, indépendamment de leur orientation sexuelle, elle ne l’est pas dans le cas d’un partenariat enregistré. Cette incohérence a été supprimée aussi par le Conseil des États. Une telle inégalité de traitement créée en toute connaissance de cause dans la législation est aussi condamnable qu’une inégalité de traitement dans la vie quotidienne&nbsp;; et elle encourage même le sentiment que l’on peut traiter quelqu’un de manière inégale parce que la loi le fait aussi.</p><h3>Pourquoi revendiquer maintenant un droit de l’adoption égalitaire&nbsp;?</h3><p>Les organisations gays et lesbiennes ont renoncé, entre 2002 et 2004, à demander cette égalité de traitement afin de ne «&nbsp;pas trop charger la barque&nbsp;». À partir du moment où il était devenu clair qu’il n’y aurait pas de «&nbsp;mariage homosexuel&nbsp;», la réalisation du partenariat enregistré ne devait pas être mise en danger. Depuis lors, dix ans ont passé. Toutes les lois pouvent être modifiées afin de tenir compte de l’évolution de la société, il est donc légitime aujourd’hui de se débarrasser des inégalités présentes dans la loi. Il n’y a donc pas lieu ici de parler de «&nbsp;harcèlement&nbsp;», comme le fait l’UDC.</p><h3>Les parents, ce ne sont pas uniquement un homme + une femme</h3><p>La conception selon laquelle les parents ne peuvent être qu’un homme + une femme est une conception morale que la société s’est donnée. Que des couples homosexuels puissent empêcher l’enfant de découvrir son identité sexuelle est un mythe. L’éducation conduisant à une identité hétérosexuelle constitue ce que la pensée gay-lesbienne progressiste qualifie depuis des décennies de contrainte à l’hétérosexualité. Les enfants de mères lesbiennes ou de pères gays naissent hétéro, homo, bi ou intersexuels dans les mêmes proportions que ceux des hétérosexuels. La Cour européenne des droits de l’homme a déjà, dans la question «&nbsp;parents = seulement homme + femme&nbsp;», prononcé un jugement différent.</p><h3 class="Sous-titreSP">La tutelle est une mauvaise solution</h3><p>De toute façon, le bien de l’enfant est certainement mieux garanti dans un partenariat stable (couple marié, partenariat enregistré, concubinage) qu’avec une tutelle. Il est naturellement possible de garantir par d’autres moyens – comme des assurances – la situation juridique et financière d’«&nbsp;orphelin(e)s&nbsp;» qui pourraient ou devraient être adoptés par un(e) partenaire survivant. Mais pourquoi faire compliqué et mal lorsque l’on peut faire les choses correctement&nbsp;? De plus, la France prévoit aussi d’ouvrir intégralement le droit de l’adoption.</p><h3 class="Sous-titreSP">Les prochaines échéances</h3><p>En plus du problème de l’adoption non discriminatoire, la Commission USS des lesbiennes et gays devra s’occuper des priorités suivantes&nbsp;:</p><ul><li>droit de la naturalisation&nbsp;: même droit pour les couples et les partenaires enregistrés&nbsp;;</li><li>&nbsp;accès à la fécondation in vitro&nbsp;: pour tout le monde ou pour personne&nbsp;;</li><li>article 261bis du Code pénal suisse (aujourd’hui&nbsp;: discrimination raciale)&nbsp;: condamner pénalement aussi la discrimination en raison de l’orientation/l’identité sexuelle&nbsp;;</li><li>mettre en œuvre tout ce qui a été acquis&nbsp;!</li></ul><p>Enfin, les syndicats doivent faire inscrire, dans leurs CCT, que le congé pour adoption concerne non seulement les couples hétérosexuels, mais aussi les couples homosexuels et les personnes seules.</p>]]></content:encoded><category>LGBT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-869</guid><pubDate>Tue, 18 Sep 2012 10:12:00 +0200</pubDate><title>Halte aux excès salariaux : initiative populaire « 1:12 – Pour des salaires équitables »</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/halte-aux-exces-salariaux-initiative-populaire-1-12-pour-des-salaires-equitables</link><description>Salaires plus justes : la balle est dans le camp du Conseil national</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 27 septembre, le Conseil national traitera l’initiative populaire de la Jeunesse socialiste suisse «&nbsp;1:12 – Pour des salaires équitables&nbsp;». Elle a pour but d’empêcher les excès en matière de salaire et de réduire des écarts énormes et injustifiés&nbsp;; cela, en liant salaire maximal et salaire minimal. Lui dire OUI n’est, pour les syndicats, rien d’autre qu’une réponse logique.</p><p>D’abord, le bloc communiste implosa, puis les salaires des grands managers explosèrent. Exemple suisse&nbsp;: le rapport entre le salaire le plus élevé et le salaire le plus bas était, en 2011, de 266 à 1 chez Novartis, de 215 à 1 chez Nestlé et de 213 à 1 chez Roche. Ou aussi&nbsp;: si l’on prend, pour la même année, le niveau salarial le plus élevé de la direction de 41 grandes entreprises de Suisse et qu’on le compare au segment le plus bas, on arrive à un rapport de 39 à 1.
</p><p>La révolte suscitée par les profiteurs, cette nouvelle clique féodale, est grande. Mais les mesures aptes à enrayer les rouages de cette répartition injuste des richesses sont rares. S’il en est un qui a transformé sa frustration en acte, c’est Thomas Minder. Avec son initiative «&nbsp;contre les rémunérations abusives&nbsp;», il veut s’attaquer aux salaires des profiteurs. Pour ce faire, il accorde sa confiance aux actionnaires, qui devraient juger. On est cependant en droit de se demander s’ils le feront vraiment. N’appartiennent-ils pas trop souvent, eux ou à tout le moins une partie importante de ceux qui donnent le la dans ces milieux, à la même caste&nbsp;? Dans les pays anglo-saxons, où les assemblées d’actionnaires peuvent voter sur les traitements des directions d’entreprise, les propositions de déclasser des personnes aux salaires par trop élevés qui passent la rampe sont aussi rares qu’un merle blanc.
</p><p>La proposition de l’initiative de la Jeunesse socialiste est en revanche efficace, car elle intervient directement dans les rouages de cette répartition injuste. En outre, elle est lapidaire et frappante. Selon elle, le salaire le plus élevé dans une entreprise ne doit pas être plus de 12 fois supérieur au salaire le plus bas. En d’autres termes, le grand manager peut gagner en un mois ce que le collaborateur ou la collaboratrice le moins bien payé gagne en un an. Mais pas plus. Tout compte fait, si le salaire mensuel le plus bas versé dans une entreprise est de 4&nbsp;000 francs - comme le demande l’initiative de l’Union syndicale suisse (USS) sur les salaires minimums – à la tête de cette entreprise, on pourra quand même gagner 576&nbsp;000 francs par an. Pas de quoi devoir se mettre à manger de la vache enragée…
</p><p>Les syndicats sont clairement et univoquement favorables à l’initiative «&nbsp;1:12&nbsp;». On le voit entre autres au fait que les président(e)s de toutes les grandes fédérations membres de l’USS figurent dans le comité d’initiative. Le principal argument est ici celui de la justice distributive. Les écarts existant actuellement entre les salaires sont purement arbitraires. Ils traduisent une mentalité arrogante selon laquelle le succès économique ne serait que le produit d’une petite élite de managers. C’est cela qu’il faut corriger et «&nbsp;1:12&nbsp;» permettra de le faire.
</p><p>Et la menace brandie par Monsieur Brabeck, le boss de Nestlé, de partir avec son entreprise à l’étranger si l’initiative gagnait dans les urnes&nbsp;? Les grandes multinationales ne sont pas transférables rapidement et sans douleur. Cela concerne en particulier celles qui profitent du label suisse. Et si un «&nbsp;prince&nbsp;» ne veut rester ici qu’à la condition de pouvoir profiter tant et plus, qu’il s’en aille. La Suisse n’est pas le Liechtenstein.
</p><p>L’initiative «&nbsp;1&nbsp;:12&nbsp;» favorisera la justice sociale dans le monde économique. Il faut bien que quelqu’un commence à faire en sorte que dans les entreprises aussi, il y ait une certaine justice. Et cela peut aussi avoir un effet d’entraînement. Pour avoir le droit de s’autodéterminer démocratiquement, la Suisse a d’abord chassé ses princes. Ce que les Français et les Allemands n’ont fait que bien plus tard. Si nous chassons les princes du monde économique - ou simplement les ramenons à la raison – cela aura des effets au-delà de nos frontières.
</p><p>&nbsp;</p><p>Parfois, il faut prendre des décisions courageuses dans la vie. Celle de redresser la tête en fait partie.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Économie</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-868</guid><pubDate>Mon, 17 Sep 2012 09:55:00 +0200</pubDate><title>Tous et toutes à la grande manif de l’industrie !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/tous-et-toutes-a-la-grande-manif-de-l-industrie</link><description>Le 22 septembre, dès 14 heures</description><content:encoded><![CDATA[<p>Oui à une industrie et un site de production suisses forts&nbsp;!
</p><p>L’industrie suisse croît. Uniquement en 2011, 14&nbsp;000 emplois ont été créés. Plus de 700&nbsp;000 personnes travaillent dans cette branche. Pour nombre d’entre elles, d’importantes négociations collectives sont à l’ordre du jour année encore, à savoir&nbsp;: le renouvellement des deux CCT, celle de l’industrie MEM et celle de l’industrie graphique. C’est pourquoi l’heure est venue de donner un signal fort à l’industrie et au site de production suisses. Et aux patrons&nbsp;!
</p><p><b>La manifestation commencera à 14 heures sur la Schützenmatte, à Berne.</b> Le rappeur et beatboxer <b>Knackeboul </b>sera de la partie, de quoi assurer l’ambiance. Après les discours, <b>Stiller Haas jouera sur la Place fédérale</b>. Le programme est prévu pour toute la famille.
</p><p><a href="http://unia.ch/GAV-MEM-2013.6301.0.html?&amp;L=1" target="_blank" class="linkicon" rel="noreferrer">Appel d’Unia</a></p><p><a href="http://www.syndicom.ch/fr/newsactivites/manifestations/fr-events-detailansicht/event/demo-ja-zu-einem-starken-industrie-und-werkplatz-schweiz.html" target="_blank" class="linkicon" rel="noreferrer">Appel de syndicom</a></p><p><a href="http://www.sev-online.ch/fr/aktuell/kontakt.sev/2012/2012_09_22_demo.php" target="_blank" class="linkicon" rel="noreferrer">Appel du SEV</a></p><p><a href="http://www.pvb.ch/index.asp?mode=shownews&amp;ID=496" target="_blank" class="linkicon" rel="noreferrer">Appel de l’APC</a></p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-867</guid><pubDate>Mon, 17 Sep 2012 09:28:00 +0200</pubDate><title>Injuste et dangereux pour la solidarité entre les générations</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/injuste-et-dangereux-pour-la-solidarite-entre-les-generations</link><description>La Commission USS des retraité(e)s rejette « Sécurité du logement à la retraite »

</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’emballage à l’air prometteur, mais le contenu ne l’est pas. Telle est la constatation faite par la Commission USS des retraité(e)s qui rejette à l’unanimité l’initiative populaire «&nbsp;Sécurité du logement à la retraite&nbsp;». Les uss-infos se sont brièvement entretenues avec Michel Béguelin, le président de cette commission ainsi qu’avec Heinz Thommen et Josef Lehmann, qui en sont tous deux membres.
</p><h3>uss-infos&nbsp;: Pourquoi la Commission USS des retraité(e)s rejette-t-elle cette initiative&nbsp;? Les retraité(e)s en profiteraient, non&nbsp;?</h3><p>Michel Béguelin&nbsp;: Il y a surtout une chose que la commission ne peut pas accepter,&nbsp; c’est que cette initiative rompt la solidarité entre les générations. Elle privilégie certains retraité(e)s, les plus riches d’entre eux. C’est injuste et met en danger un bien auquel nous ne saurions accorder suffisamment d’importance&nbsp;: la solidarité entre jeunes et vieux. 
</p><h3>uss-infos&nbsp;: Ne s’agit-il que de «&nbsp;jeunes contre vieux&nbsp;»&nbsp;?</h3><p>Heinz Thommen&nbsp;: Le deuxième point faible de l’initiative est qu’elle favorise très fortement les propriétaires par rapport aux locataires. Ceux-ci ne peuvent pas déduire un seul centime de leur revenu imposable. Or, les propriétaires de leur logement sont en principe plus aisés que les locataires. C’est socialement injuste. 
</p><p>Josef Lehmann&nbsp;: Je peux le confirmer. Je suis propriétaire de mon logement et sa valeur locative est imposée. À vrai dire, il faudrait, en ce qui concerne la propriété foncière, ne payer que l’impôt sur la fortune. Mais je suis quand même opposé à cette initiative. D’une part, il n’y a pas lieu de prévoir sans cesse des exceptions dans notre système fiscal. D’autre part, je trouve aussi que l’initiative contrevient à la solidarité intergénérationnelle. Enfin, elle n’est socialement pas acceptable, car seuls les riches retraité(e)s en profiteraient. Je voterai non.
</p><h3>uss-infos&nbsp;: Vous dites tous non. En tant que Commission USS des retraité(e)s, vous avez pour mission de représenter les retraité(e)s. Comme les représentez-vous «&nbsp;correctement&nbsp;»&nbsp;?</h3><p>Michel Béguelin&nbsp;: Je fais état de rentes suffisantes, d’AVSplus. Il faut absolument qu’à long terme, l’AVS soit consolidée et développée pour les plus faibles socialement. En outre, nous devons aussi avoir à l’esprit les interactions entre AVS et 2e pilier. Aujourd’hui, nous nous engageons pour que les retraité(e)s touchent 60&nbsp;% de leur ancien revenu. Mais il y a un gros problème à résoudre&nbsp;: que reçoit la même personne lorsqu’elle a 70 ou 80 ou 90 ans&nbsp;? Il est urgent que le pouvoir d’achat de ces retraité(e)s souvent nécessiteux soit maintenu. 
</p><h5>Les personnes interviewées</h5><p>Michel Béguelin, aujourd’hui retraité, a été secrétaire du SEV, conseiller national puis conseiller aux États (PS, VD).
</p><p>Heinz Thommen, aujourd’hui retraité, a été secrétaire du Syndicat du livre et du papier (devenu comedia après une fusion).
</p><p>Josef Lehmann représente garaNto, le syndicat du personnel de la douane et des gardes-frontière, au sein de la Commission USS des retraité(e)s.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Repartition</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-866</guid><pubDate>Fri, 14 Sep 2012 16:12:00 +0200</pubDate><title>Pas de cadeau fiscal royal pour le retraité Blocher !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/pas-de-cadeau-fiscal-royal-pour-le-retraite-blocher</link><description>Non à l’initiative fallacieuse des propriétaires fonciers</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le contexte est connu&nbsp;: si l’initiative «&nbsp;Sécurité du logement à la retraite&nbsp;» était acceptée le 23 septembre, les retraité(e)s aisés pourraient à l’avenir économiser une montagne d’impôts. Pour la seule Confédération, le Conseil fédéral s’attend à 250 millions de pertes fiscales. L’USS a regardé de plus près ce qu’il en serait des retraité(e)s les plus riches&nbsp;: même sur la base d’estimations prudentes, il apparaît que le retraité AVS Christoph Blocher économiserait un montant à six chiffres. Notre multimillionnaire n’en a nul besoin.</p><p>L’association des propriétaires fonciers veut que les propriétaires de leur logement puissent, une fois atteint l’âge AVS, décider s’ils veulent encore ou non faire imposer la valeur locative de leur bien. En contrepartie, ils ne pourraient plus faire valoir les intérêts de leur dette. Les frais d’entretien à concurrence de 4&nbsp;000 francs par an et les frais liés aux mesures d’économie d’énergie et de protection de l’environnement et des monuments historiques resteraient par contre déductibles du revenu imposable. 
</p><p>Le conseiller national Christoph Blocher habite sur la «&nbsp;Côte d’or&nbsp;» zurichoise, dans une villa cossue construite sur une propriété de 10&nbsp;000 mètres carrés de grande valeur en raison de sa situation. Pour ce type de région, les autorités comptent avec un prix du sol de 960 francs le mètre carré. À elle seule, la valeur de cette propriété, à partir de laquelle est calculée la valeur locative, se monte donc à presque dix millions de francs. On ne sait pas combien d’argent le stratège de l’UDC a dépensé en son temps pour construire sa villa. En restant prudent, on peut estimer que celle-ci vaut 2 millions de francs. La valeur vénale de ce bien foncier, calculée encore une fois avec la plus extrême des prudences, est donc de 12 millions de francs environ, ce qui donne une valeur locative de près de 480&nbsp;000 francs. Si aucune hypothèque ne grève ce bien et en supposant, toujours avec beaucoup de prudence, que le revenu annuel de Christophe Blocher se monte à un million de francs, ce dernier économiserait plus de 170&nbsp;000 francs si l’initiative était acceptée. Même avec des dettes hypothécaires de 7,5 millions de francs, le cadeau fiscal fait à notre multimillionnaire resterait supérieur à 100&nbsp;000 francs.
</p><p>C’est injuste. La situation financière d’un propriétaire de son logement est en principe meilleure que celle d’un locataire. Et ce n’est pas uniquement vrai pour le multimillionnaire Blocher. Malgré cela, l’initiative veut alléger fiscalement les retraité(e)s propriétaires de leur logement. Or, celui qui paie une location pour son appartement ne peut par contre rien déduire. En lieu et place, les locataires devront aussi compenser les pertes fiscales dues à l’initiative&nbsp;: à travers un démantèlement des services publics ou une hausse d’autres impôts ou taxes.
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) ne fait surtout pas partie de ceux qui entonnent la rengaine selon laquelle tous les retraité(e)s seraient riches et qu’il ne serait plus nécessaire d’avoir une politique pour les personnes âgées. La pauvreté frappe aujourd’hui encore ces dernières et ce n’est de loin pas là un phénomène marginal. Seulement, on ne résoudra pas ce problème avec des propositions qui ne concernent qu’une catégorie de retraité(e)s, à savoir les plus aisés. Ce dont on a besoin, c’est de meilleures rentes AVS pour les bas revenus, une revendication qui est celle du projet AVSplus de l’USS. Pour les retraité(e)s qui, bien que propriétaires de leur logement, doivent compter chaque franc dépensé, il existe déjà, dans de nombreux cantons, des réglementations prévues pour les cas de rigueur. Mais les cadeaux fiscaux pour les retraité(e)s aisés sont par contre à rejeter. C’est pourquoi un NON s’impose le 23 septembre à l’initiative «&nbsp;Sécurité du logement à la retraite&nbsp;».</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-861</guid><pubDate>Fri, 07 Sep 2012 15:19:00 +0200</pubDate><title>Parlement, ouvre donc les yeux !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/parlement-ouvre-donc-les-yeux</link><description>Responsabilité solidaire : une mini-décision à courte vue et inefficace </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Toujours plus d’entreprises sous-traitantes de l’Union européenne (UE) violent grossièrement les conditions de travail suisses. On pourrait les empêcher de pratiquer la sous-enchère salariale au moyen d’une responsabilité solidaire efficace. Mais, comme si elle était privée de toute vision de la réalité, une majorité de droite empêche une telle responsabilité digne de ce nom de voir le jour.</p><p>Bâle, le 20 août dernier&nbsp;: Unia rend publique une énorme sous-enchère salariale sur un chantier de la Foire de Bâle. Berne, le 21 août&nbsp;: l’Union syndicale suisse (USS) dénonce la grave sous-enchère pratiquée dans l’horticulture. Retour à Bâle le 22 août, où des chauffeurs sont payés 13,20 francs de l’heure sur un chantier&nbsp;! Armasuisse Ittigen, le même jour&nbsp;: Unia signale un monstrueux cas de sous-enchère salariale et des durées du travail beaucoup trop longues.
</p><p>Ces exemples montrent que, ces derniers temps, les cas de sous-enchère salariale dus à des sous-traitants explosent. Qu’ils soient découverts ne prouve pas pour autant que les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes soient des plus efficaces. En effet, pour empêcher que de nouveaux cas ne surviennent, des sanctions à effet préventif seraient nécessaires. Mais le hic est, en ce qui concerne les sous-traitants de l’étranger, l’application des sanctions. Un problème qui commence déjà avec les difficultés rencontrées pour dénicher ces entreprises…
</p><p>C’est pour cela que les syndicats demandent depuis longtemps que l’on renforce la «&nbsp;responsabilité solidaire&nbsp;», comme on l’appelle. Celle-ci signifie que l’entreprise contractante qui confie à des sous-traitants des parties de son mandat doit être responsable du respect par ces derniers des conditions de travail usuelles. Parmi les différentes réglementations possibles, l’USS a toujours demandé que l’on choisisse la «&nbsp;responsabilité solidaire en chaîne&nbsp;». Avec elle, l’entreprise contractante doit assumer la responsabilité pour tous les sous-traitants à qui elle confie une partie des travaux, c’est-à-dire aussi pour les sous-traitants de sous-traitants. Ce n’est que si l’entreprise contractante peut aussi être sanctionnée en cas d’abus qu’elle fera suffisamment attention, lorsqu’elle confiera une partie de son mandat à des sous-traitants, à ce que ces derniers respectent les conditions de travail usuelles. Que ce modèle fonctionne, on le voit dans l’exemple de l’Autriche, qui a renforcé dans ce sens ses mesures d’accompagnement lors de l’extension de la libre circulation des personnes à l’Europe centrale et orientale.
</p><p>Que l’on doive lutter contre la sous-enchère entraînée par la libre circulation des personnes, les partis bourgeois ne semblent pas encore l’accepter vraiment. Le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann a certes déclaré qu’il fallait mettre de l’ordre dans cette question, mais précisément les politicien(ne)s de droite donnent beaucoup plus d’importance à l’allégement des charges administratives des PME qu’à la protection des salaires… Ainsi, la commission du Conseil des États chargée de l’examen préalable de cet objet a pris, fin août, une décision qui n’aura, loin s’en faut, même pas un effet placebo&nbsp;; cela, alors que sa pendante du Conseil national s’était prononcée auparavant pour une responsabilité solidaire efficace. Selon la commission du Conseil des États, l’entrepreneur contractant ne devrait qu’engager ses sous-traitants par contrat écrit à respecter les salaires minimums et les conditions de travail suisses. C’est comme s’attaquer à un cyclone avec un canon anti-grêle et cela apparaît d’autant plus arrogant que les partis de droite ont promis, lors de la session parlementaire d’été, de traiter cette année encore d’une responsabilité solidaire digne de ce nom dans le cadre d’un projet séparé relatif aux mesures d’accompagnement. 
</p><p>La Chambre des cantons peut encore corriger la décision erronée et inopérante de sa commission. Il serait bien indiqué qu’elle le fasse, car ne pas combattre efficacement la sous-enchère salariale, c’est faire le jeu de ceux qui veulent enterrer les Accords bilatéraux conclus avec l’UE.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-860</guid><pubDate>Fri, 07 Sep 2012 15:18:00 +0200</pubDate><title>Une hausse ne poserait aucun problème</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/une-hausse-ne-poserait-aucun-probleme</link><description>Taux d’intérêt minimum LPP</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Union syndicale suisse (USS) demande, avec de bonnes raisons, que le taux d’intérêt minimal dans la prévoyance professionnelle soit relevé à 2,5&nbsp;% pour l’année 2013. Les représentants des assureurs ont réussi à s’imposer dans la Commission LPP.</p><p>La Commission LPP conseille le Conseil fédéral en matière de prévoyance professionnelle,&nbsp; des conseils qui ne sont toutefois guère dans l’intérêt des travailleurs et travailleuses. Le 3 septembre, dans sa grande majorité, elle a décidé de recommander au gouvernement un taux d’intérêt minimal LPP de 1,5&nbsp;% pour 2013.
</p><h3>Des rendements redevenus clairement meilleurs</h3><p>Le taux d’intérêt minimal LPP s’applique aux avoirs de vieillesse de la prévoyance professionnelle. Il définit donc le montant des futures rentes de vieillesse. Plus il est bas, moins les avoirs de vieillesse croissent. Ces dernières années, il a dégringolé de 4&nbsp;% environ à 1,5&nbsp;%, aujourd’hui. C’est très peu. L’argent des caisses de pensions fait ainsi quasiment du surplace, ses rendements étant plutôt chiches. Ces douze derniers mois cependant, les marchés d’actions ont nettement rebondi. Les portes-feuilles courants de placements ont augmenté de près de 10&nbsp;%. Cette amélioration des rendements se reflète aussi dans les actuelles performances des caisses de pensions, qui, avec plus de 3&nbsp;%, représentent presque le double du taux d’intérêt minimal. Ainsi, la fortune des caisses de pensions augmente, ce dont il faut que les assuré(e)s profitent aussi. 
</p><p>Les calculs courants, prudents, montrent qu’un taux d’intérêt minimal de 2,5&nbsp;% serait indiqué pour l’année prochaine. L’USS s’est d’ailleurs prononcée pour un tel taux. Toujours est-il que des calculs encore plus prudents aboutissent à un taux d’intérêt minimal de 2&nbsp;%. Un relèvement de celui-ci est de ce fait possible, au vu de l’évolution positive suivie par les marchés des placements. 
</p><h3>Toujours une poule aux oeufs d’or pour les assureurs-vie</h3><p>Or, la commission s’est laissé diriger par le climat général négatif qui caractérise la prévoyance professionnelle. Les assureurs-vie, craignant que la hausse du taux d’intérêt minimal ne réduise les rendements, sont les premiers à s’opposer à une hausse de celui-ci. Ils demandent même qu’on le baisse à 1&nbsp;%. Mais, malgré le climat pessimiste subi par la prévoyance professionnelle, cette dernière reste une poule aux œufs d’or pour la branche de la finance et des assurances. En dépit de la crise des rendements, des frais de gestion de la fortune élevés, des primes de risque surfaites et de juteuses distributions de bénéfices aux compagnies d’assurance sont à l’ordre du jour. La justice distributive semble devenue étrangère à la prévoyance professionnelle.
</p><p>La balle est maintenant dans le camp du gouvernement. Il fixera en novembre prochain le taux d’intérêt minimal LPP pour l’année 2013. À cette occasion, il devra veiller, en relevant ce taux, à ce que l’argent économisé profite en premier lieu aux assuré(e)s.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-862</guid><pubDate>Fri, 07 Sep 2012 15:15:00 +0200</pubDate><title>Quand les Gripen ont le vent en poupe, les étudiant(e)s s’enrhument</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/quand-les-gripen-ont-le-vent-en-poupe-les-etudiant-e-s-s-enrhument</link><description>Encouragement de la formation, de la recherche et de l&#039;innovation pendant les années 2013-2016</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le «&nbsp;frein aux dépenses&nbsp;» a bon dos quand il s’agit des budgets réservés à la formation, la recherche et l’innovation. Lors des débats aux Conseils des États de la session d’été, l’augmentation des budgets à la formation avaient été balayés sans exceptions. Les décisions avaient été prises à une majorité très serrée, avec une seule voix d’écart. La Commission de l’éducation, de la science et de la culture tente de rectifier le tir en proposant au Conseil national une augmentation de l’enveloppe budgétaire de 300 millions au total sur quatre ans. </p><p>Quand on parle d’argent, un petit détour par le Département fédéral des finances, garant de l’équilibre budgétaire, s’impose. Le rapport sur le budget 2013 est à ce titre des plus intéressants. À force de déclarations publiques intempestives, on pourrait être tenté de croire que l’armée est le parent pauvre de l’État, que les dépenses des assurances-sociales explosent et que la formation est un domaine d’avenir dans lequel la Confédération investit pour renforcer le place économique suisse. Une analyse du budget 2013 suffit à nous convaincre que la théorie s’éloigne de la pratique. En août 2012 déjà, la Confédération prévoyait d’augmenter le budget de l’armée de 3,4&nbsp;% pour 2013, soit l’équivalent de ce qui était prévu pour la formation (3,5&nbsp;%) et bien plus que la présumée «&nbsp;explosion&nbsp;» des coûts de la prévoyance sociale (2,7&nbsp;%). Et ceci, avant même que le Parlement ne décide de relever généreusement le plafond du budget ordinaire de l’armée à 5 milliards pour permettre l’achat de nouveaux avions de combat.
</p><p>Que pèsent 300 millions sur 4 ans pour la formation et la recherche — répartis entre les Hautes écoles spécialisées, les universités, les écoles polytechniques fédérales, le Fonds national suisse et la Commission pour la technologie et l’innovation — contre 3,1 milliards pour l’achat de 22 Gripen&nbsp;? À en croire les décisions passées du Parlement, le frein à l’endettement est à géométrie variable&nbsp;: l’attrait exercé par les prestigieux avions de combat est à même de faire perdre toute notion de mathématique de base aux personnes même les plus respectables.
</p><h3>Les étudiant(e)s priés de passer à la caisse&nbsp;?</h3><p>À l’autre bout de la chaîne, d’autres n’ont pas le choix. Pour beaucoup d’étudiant(e)s, chaque franc compte. Un franc reste en effet un franc et la «&nbsp;multiplication des pains&nbsp;» une belle parabole. Pendant la pause estivale, les débats autour des Gripen remplissent les colonnes des journaux. Parallèlement, le nouveau recteur de l’EPFZ annonce son programme dans la NZZ pour renflouer ses caisses&nbsp;: un doublement des taxes d’études pour une «&nbsp;école d’élite&nbsp;» qui se mérite. Cela ramènerait le niveau des taxes de l’EPFZ à celui de l’Université de Saint-Gall, une école d’élite d’un autre genre.
</p><p>Est-ce cela le système de formation dont la Suisse veut se doter ? Un système de formation au top, accessible essentiellement aux élites&nbsp;? On s’entend bien&nbsp;: non pas les élites en termes de capacités intellectuelles, mais bien celles dont la capacité financière dépasse largement la moyenne. J’ose espérer que telle ne sera pas la volonté du législateur. Une initiative parlementaire déposée par Matthias Reynard (PS, VS), visant à plafonner les taxes d’études pour juguler enfin leur augmentation, s’avère à ce titre tout à fait judicieuse. Cette initiative, qui devrait être traitée durant la session cet automne mérite le soutien de toutes celles et ceux qui prônent un système de qualité, accessible à tous et toutes en fonction des aptitudes personnelles et non en fonction des origines sociales.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-859</guid><pubDate>Fri, 07 Sep 2012 14:02:00 +0200</pubDate><title>Offensive sur plusieurs fronts contre le personnel du commerce de détail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/offensive-sur-plusieurs-fronts-contre-le-personnel-du-commerce-de-detail</link><description>Des courses 24 heures sur 24 ? Pas question !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors de la session parlementaire d’automne, le personnel de vente du commerce de détail, une branche aux conditions de travail d’ores et déjà précaires, va se faire harceler. Il risque de devoir travailler plus longtemps et, dans les échoppes des stations-service, aussi non-stop la nuit et le dimanche. </p><p>Le tout nouvel avatar du pilonnage en règle auquel s’adonne le lobby des dérégulations est l’initiative du conseiller national genevois Christian Lüscher (PRL), qui passera au Conseil des États le 12 septembre. Elle demande que les stations-service en bordure des autoroutes ainsi que «&nbsp;sur les grands axes routiers&nbsp;» (potentiellement donc aussi en bordure de chaque route principale qui traverse un village) puissent à l’avenir ouvrir leurs échoppes 24 heures sur 24, dimanches compris. Ainsi, chaque exploitant d’échoppe pourrait décider lui-même s’il va fermer la nuit. Nombre des 1600, et même plus, échoppes de stations-service de Suisse se verraient de ce fait très rapidement «&nbsp;américanisées&nbsp;». 
</p><h3 class="Sous-titreSP">Des conditions de travail d’ores et déjà précaires</h3><p>Le personnel de ces échoppes, qui doit, aujourd’hui déjà, travailler dans des conditions très mauvaises, se verrait par conséquent exposé à des situations encore plus dommageables pour lui. D’une part, ces échoppes sont souvent exploitées en franchise, ce qui signifie la plupart du temps un cadre précaire sous l’angle du droit du travail. D’autre part, le travail de nuit a, c’est prouvé, une influence négative sur la santé et la vie sociale des travailleurs et travailleuses. Le risque de violences criminelles à l’encontre du personnel de vente (principalement des braquages) a également augmenté ces dernières années. Sans parler de l’incidence négative des heures d’ouverture extensibles à souhait sur le genre de consommation d’alcool (biture express ou «&nbsp;binge drinking&nbsp;») souvent spontané chez les jeunes. Enfin, n’oublions pas que tous les efforts déployés dans cette branche pour conclure une convention collective de travail (CCT) nationale ont échoué face à l’opposition des patrons. 
</p><h3 class="Sous-titreSP">Un compromis qui n’en est pas un</h3><p>La «&nbsp;proposition de compromis&nbsp;» que le Conseil fédéral nous offre maintenant ne fait que de diminuer quelque peu le nombre des échoppes à déréguler et doit être qualifiée de poudre aux yeux. En effet, les échoppes ouvertes 24 heures sur 24 resteraient possibles, avec toutes les conséquences négatives que cela implique. Les syndicats rejettent cette proposition de compromis et se réservent, ici aussi, le droit de saisir le référendum. 
</p><h3 class="Sous-titreSP">La motion Hutter</h3><p>Une motion du conseiller national zurichois Markus Hutter (PRL) poursuit le même but, mais avec des revendications encore plus extrêmes&nbsp;: Monsieur Hutter aimerait que les cantons soient totalement libres de fixer à leur bon plaisir les heures d’ouverture de tous les points de ventes existants (donc pas uniquement les échoppes de stations-service&nbsp;!). Tous les garde-fous et autres mesures de protection mis en place par la Confédération devraient disparaître. Le travail de nuit et le travail du dimanche pourraient à l’avenir devenir possibles, selon la systématique de la législation cantonale, au moyen d’une simple modification d’ordonnance. 
</p><h3 class="Sous-titreSP">La motion Lombardi&nbsp;: un diktat pour imposer une prolongation de la durée du travail</h3><p>L’idée-maîtresse de la motion du conseiller aux États tessinois Filippo Lombardi (PDC) est, elle aussi, inquiétante. Selon elle, pour toute la Suisse (villes, campagne, régions touristiques, voire communes rurales reculées), la Confédération devra imposer «&nbsp;d’en haut&nbsp;» aux commerces de détail une harmonisation de leurs heures d’ouverture (de 6 à 20 h sur semaine et de 6 à 19 h le samedi)&nbsp;; cela, en modifiant la loi sur le marché intérieur. Avec une telle réforme, les cantons n’auraient plus le droit de limiter les heures d’ouverture, mais uniquement celui de les étendre. Pour justifier sa demande, Monsieur Lombardi se sert d’un argument totalement inadéquat, à savoir&nbsp;: grâce à une prolongation des heures d’ouverture des commerces, le tourisme d’achat dans les régions limitrophes diminuerait. Que cet argument soit erroné, les deux cantons frontaliers d’Argovie et de Zurich nous le montrent. En effet, malgré des heures d’ouverture longues, ces cantons connaissent quand même un fort tourisme d’achat.
</p><p>Encore plus étonnant&nbsp;: le Conseil fédéral a recommandé d’accepter, il y a quelques jours de cela, que les droits démocratiques des populations des cantons soient ainsi limités. Reste à espérer que le Conseil des États, c’est-à-dire précisément la Chambre des cantons, ne soutiendra pas cette restriction de la souveraineté de ces derniers. 
</p><h3 class="Sous-titreSP">Combattre la dérégulation</h3><p>Ces offensives contre les droits du personnel de vente donnent d’autant plus l’impression d’un entêtement borné et idéologique que diverses votations populaires de ces années passées ont débouché sur le rejet d’une dérégulation plus poussée en matière d’heures d’ouverture des commerces. Cet été encore, ce fut à nouveau le cas dans les cantons de Lucerne et Zurich. Pour l’Union syndicale suisse (USS), il est clair que le commerce de détail - avec 320&nbsp;000 salarié(e)s – c’est la deuxième branche du pays après la construction – ne doit pas se transformer en laboratoire pour les expériences des idéologues de la dérégulation. Les durées du travail sont déjà longues, les salaires très bas et les autres conditions de travail, précisément dans les échoppes des stations-service (absence de CCT nationale), précaires. C’est pourquoi les syndicats combattront ces exigences de dérégulation, si nécessaire par le référendum. Les résultats des votations passées à ce sujet font apparaître que le peuple est du côté du personnel de vente. </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-846</guid><pubDate>Tue, 04 Sep 2012 10:21:00 +0200</pubDate><title>Contre l’exclusion rampante de la musique hors de l’école obligatoire</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/contre-l-exclusion-rampante-de-la-musique-hors-de-l-ecole-obligatoire</link><description>Votation du 23 septembre 2012 : arrêté fédéral sur la formation musicale</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La formation musicale doit être accessible à tous les enfants, quelle que soit leur classe sociale et les revenus de leurs parents. Telle est, pour l’Union syndicale suisse (USS) la principale raison de dire oui à l’arrêté fédéral qui nous est proposé en votation. Une deuxième raison est qu’il y a lieu de combattre le démantèlement rampant de l’enseignement de la musique à l’école obligatoire. </p><p>L’«&nbsp;Arrêté fédéral sur la promotion de la formation musicale des jeunes&nbsp;», au sujet duquel nous nous prononcerons le 23 septembre, n’est pas un objet de luxe. Contreprojet à l’initiative populaire «&nbsp;jeunesse&nbsp; «&nbsp;+ musique&nbsp;», retirée entre temps, il reprend largement les demandes de celle-ci. C’est pourquoi les initiant(e)s le soutiennent. 
</p><h3>La pénurie d’enseignant(e)s est toujours plus nette</h3><p>En son temps, l’initiative a été lancée en raison de la situation inquiétante des écoles de musique. En effet, on assiste ici à démantèlement du service public, dont la population ne sait pratiquement rien. Depuis la suppression des «&nbsp;écoles normales&nbsp;» où les enseignant(e)s se formaient dans toutes les branches, les étudiant(e)s des Hautes écoles pédagogiques peuvent choisir divers «&nbsp;profils&nbsp;» et branches. À une époque où la société accorde beaucoup plus de valeur aux branches scientifiques (tests de performance, classement des écoles) que les branches qui n’entrent pas en ligne de compte pour sélectionner les étudiant(e), comme la musique et le dessin, nombre d’entre eux ne choisissent pas ces matières pour leur formation. Aujourd’hui déjà, nous constations une pénurie d’enseignant(e)s qualifiés en matière de formation musicale à l’école obligatoire. Imaginons ce qu’il adviendra lorsque les enseignant(e)s qui ont encore été formés comme généralistes prendront leur retraite. Cet enseignement sera alors prodigué par des personnes non formées, ou alors il disparaîtra. 
</p><h3>Transmettre le sentiment d’appartenance à une même communauté</h3><p>Les musicien(ne)s eux-mêmes (celles et ceux qui enseignent leur branche avec la plus grande motivation&nbsp;!) sont sceptiques&nbsp;: la réforme scolaire HARMOS ou le projet Lehrplan 21 (en Suisse alémanique et dans les parties alémaniques des cantons bilingues) sont-ils en mesure de résoudre les problèmes qui se posent&nbsp;? Une raison suffisante pour changer de cap. Mais, d’un point de vue pédagogique aussi, il s’agit de changer de cap. Car les branches comme la musique ou le sport offrent d’importantes possibilités de faire des expériences de nature différente et permettent souvent, précisément aux enfants qui ont des problèmes scolaires, de sentir leur valeur confirmée. Faire ensemble de la musique favorise en outre fortement l’intégration&nbsp;: dans nos classes où se retrouvent plusieurs nationalités, il serait plus nécessaire que jamais de transmettre aux enfants le sentiment d’appartenir à un même groupe, à une même communauté, si la société de demain doit fonctionner normalement et empêcher une ghettoïsation de certaines cultures. 
</p><h3>Pas de «&nbsp;barrière des revenus&nbsp;»</h3><p>Cet arrêté fédéral concerne aussi les écoles de musique&nbsp;: ici, il serait question de faire en sorte que, dans tout le pays, les enfants provenant de milieux moins aisés aient la possibilité de suivre des cours de musique en dehors de l’école. Certaines communes ont mis en place des systèmes de bourses exemplaires (en fonction de la capacité contributive des parents). Ailleurs, c’est uniquement le porte-monnaie qui décide. Et le pur hasard décide ainsi vraiment souvent des expériences musicales auquel l’enfant a droit. 
</p><h3>Un piano vit plus longtemps</h3><p>Comme en cas d’acceptation par le peuple de l’arrêté fédéral, les principales mesures devront figurer dans la loi, il n’est pas possible à l’heure actuelle de chiffrer les coûts. Les initiant(e)s ne sont cependant pas des affabulateurs&nbsp;: repenser la formation dans les Hautes écoles pédagogiques ne va en effet pas coûter une fortune (il ne s’agit finalement que de veiller à ce qu’il y ait suffisamment de personnel formé). L’enseignement de la musique à l’école obligatoire est vraiment «&nbsp;bon marché&nbsp;» et ne nécessite pas des places de travail spéciales chères. Même un piano a une durée de vie plus longue qu’un ordinateur.
</p><p>Ces dernières années, la pédagogie musicale a énormément évolué. Profitons-en&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-847</guid><pubDate>Thu, 30 Aug 2012 15:56:00 +0200</pubDate><title>Le temps de travail doit être rémunéré. Même lorsqu’on allaite</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-temps-de-travail-doit-etre-remunere-meme-lorsqu-on-allaite</link><description>Parlement fédéral : session d’automne</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors de la session d’automne, le Conseil national débattra de la ratification de la convention n°&nbsp;183 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur la protection de la maternité. La majorité de la commission chargée de l’examen préalable est favorable à une ratification. L’USS également, et clairement.</p><p>Le but de l’initiative parlementaire de la conseillère aux États est que la Suisse ratifie la convention n°&nbsp;183 de l’OIT sur la protection de la maternité. Une telle décision ne nécessite pas d’adaptation de la loi sur le travail (LTr), mais seulement une modification de l’ordonnance 1 relative à la LTr (OLT 1). Cette modification est petite, mais elle n’en est pas moins importante du point de vue de la santé publique comme de l’égalité entre femmes et hommes&nbsp;: elle traite du paiement du salaire lors de l’allaitement sur le lieu de travail. La majorité de la commission de la santé et de la sécurité sociale (CSSS), chargée de l’examen préalable de cet objet, propose au plénum de ratifier cette convention 183. L’USS se réjouit de cette proposition et la soutient. Elle soutiendra aussi la modification de l’OLT 1, que le Conseil fédéral mettra prochainement en consultation.  
</p><p>Actuellement, le temps consacré à l’allaitement sur le lieu de travail est considéré comme du temps de travail (art. 35a, al. 2 LTr&nbsp;; art. 60 OLT 1). Mais que ce temps doive être rémunéré ou pas n’est pas clair. La loi est en effet muette sur le sujet. Une nouvelle jurisprudence a montré que cette absence de règles pose un problème réel&nbsp;: un tribunal genevois a ainsi récemment débouté une travailleuse qui demandait le paiement du temps de travail consacré à l’allaitement. La Conseil fédéral a donc proposé, pour garantir la sécurité juridique, que l’OLT 1 définisse la durée d’allaitement sur le lieu de travail donnant droit à un salaire. 
</p><p>Cette proposition, que la Commission féminine de l’USS soutient, est aussi une très bonne nouvelle pour la cause de l’égalité entre les sexes. Elle soutient concrètement les mères qui travaillent et élimine une discrimination salariale : en effet, la possibilité d’avoir du « temps de travail non rémunéré » pour allaiter ne concerne évidemment que les femmes. Cette proposition n’aura qu’un impact marginal sur les charges salariales, car cela ne correspond qu’à une durée très réduite. Les montants en jeu le sont donc aussi. Le litige genevois portait, par exemple, sur quelques centaines de francs seulement. Et il faut ajouter qu’en pratique, de très nombreux employeurs versent déjà un salaire pour le temps consacré à l’allaitement. 
</p><p>Il faut enfin saluer le principe de la ratification de la convention de l’OIT n° 183 sur la protection de la maternité. En effet, cette convention donne une assise internationale à de nombreuses mesures de protection des femmes enceintes et des mères qui travaillent, telles que l’assurance-maternité, la protection contre le licenciement pendant et après la grossesse, l’interdiction de discrimination, la protection de la santé et, bien sûr, des mesures en faveur de l’allaitement. La Suisse, qui souhaite jouer à l’avenir un rôle important au sein de l’OIT, se doit de montrer qu’elle en soutient les normes et ratifie les conventions qui apportent des réponses aux problèmes actuels du monde du travail, même si elle doit, pour cela, procéder à des adaptations de sa propre législation. En l’espèce, l’adaptation nécessaire est mineure, car notre législation remplit déjà les conditions de la convention, exception faite de la question du paiement du temps d’allaitement évoquée plus haut. Enfin, un refus de la Suisse d’encourager la protection de la maternité au niveau international serait incohérent avec sa stratégie de défense des droits humains et ne serait certainement pas compris par ses partenaires.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-845</guid><pubDate>Thu, 30 Aug 2012 14:10:00 +0200</pubDate><title>Le Conseil fédéral ne tient pas compte du peuple</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-conseil-federal-ne-tient-pas-compte-du-peuple</link><description>Heures d’ouverture des commerces</description><content:encoded><![CDATA[<p>En soutenant la motion Lombardi, qui demande une prolongation des heures d’ouverture des commerces, le Conseil fédéral prouve qu’il ne voit pas quel est l’air du temps. Au mois de juin encore, le canton de Zurich a rejeté par plus de 70&nbsp;% des citoyen(ne)s une prolongation des heures d’ouverture des commerces, comme d’autres cantons l’avaient déjà fait.
</p><p>Selon la motion Lombardi, ces heures d’ouverture doivent s’étendre pour toute la Suisse de 6 à 20 heures les jours ouvrés et de 6 à 19 heures le samedi. Cette extension n’augmentera pas les chiffres d’affaires, car les gens ne vont pas boire plus de lait ou manger plus de pain parce que les magasins sont ouverts plus longtemps. Pour des dizaines de milliers de vendeurs et vendeuses par contre, cela dégradera leurs conditions de travail. L’Union syndicale suisse (USS) ne peut l’accepter. Pour les syndicats, il est de fait clair qu’ils s’opposeront à ce genre de libéralisations. 
</p><p>&nbsp;</p><h5>Contact</h5><p>Thomas Zimmermann (031 377 01 06 ou 079 249 59 74), responsable de la communication et porte-parole de&nbsp; l’USS, se tient à votre disposition pour tout complément d’information. 
</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-797</guid><pubDate>Wed, 29 Aug 2012 17:06:00 +0200</pubDate><title>Les millions hérités doivent aussi être imposés !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/les-millions-herites-doivent-aussi-etre-imposes</link><description>Impôt sur les successions</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">En Suisse, le pour-cent de la population le plus riche possède autant que les 99&nbsp;% restants. Si cette répartition inégale de la fortune n’évolue pas, c’est entre autres imputable au fait qu’une grande partie des héritages ne sont pas imposés. Nous voulons que cela change. C’est pourquoi une vaste alliance a lancé l’initiative populaire qui demande un impôt sur les successions. Aujourd’hui, des efforts sont encore nécessaires pour faire aboutir la récolte de signatures.</p><p>Depuis les années 90, presque tous les cantons ont supprimé, pour les descendants directs, leur impôt sur les successions&nbsp;; cela, aussi en Suisse romande. Cette information s’est répandue aussi chez notre voisin de l’ouest&nbsp;: pour nombre de riches Français, en plus des impôts généralement plus bas en Suisse que chez eux, ce fut une raison importante pour déplacer leur domicile fiscal au bord du Lac Léman. Aujourd’hui, près de 2&nbsp;000 millionnaires français vivent en Suisse. 
</p><p>Mais la France en a désormais assez&nbsp;: sous sa pression, notre ministre des Finances, Eveline Widmer-Schlumpf, a conclu avec elle une convention qui, en cas d’héritage, fera passer les Français exilés chez nous à la caisse. Les demandes de la France ont suscité le tollé chez les bourgeois, ce qui ne se justifie toutefois pas. Il n’est en effet pas juste que les grands héritages échappent à l’impôt, car cela bétonne une répartition des richesses déjà extrêmement inégalitaire dans notre pays. Les richesses sont toujours plus une question de parenté et non le résultat de prestations effectivement fournies.
</p><p>C’est pourquoi une alliance composée du Parti évangélique (PEV), du Parti socialiste, des Verts et des syndicats entend trouver un remède à cette situation. Elle demande la création d’un impôt fédéral uniforme de 20&nbsp;% pour toutes les parts d’héritage au-delà de 2 millions de francs. La maison familiale, ainsi que les exploitations agricoles (exonérées de l’impôt), ne seraient pas concernées. Si une entreprise ou une exploitation agricole fait partie d’un legs ou d’une donation, des réductions considérables s’appliqueront en effet à l’imposition (estimation de la valeur et taux), afin de ne pas mettre en danger leur existence et de préserver les emplois concernés. 
</p><p>Le produit de cet impôt fédéral sur les successions et les donations se monterait à 3 milliards de francs par an. Un tiers de cette somme irait aux cantons et les deux autres tiers à l’AVS. Les cantons seraient ainsi indemnisés pour le transfert de cet impôt à la Confédération. Effet secondaire positif&nbsp;: ceux-ci seraient aussi privés d’un instrument qu’ils ont mis à profit à des fins de concurrence fiscale, une concurrence qui a dégénéré ces dernières années. &nbsp;
</p><p>Avec les deux milliards destinés à l’AVS, on pourrait non seulement compenser la charge supplémentaire induite par l’évolution démographique, mais aussi éventuellement financer notre modèle AVSplus, dont le but est de relever les petites et moyennes rentes. C’est là en effet la seule manière, pour le 1er pilier, de remplir son mandat constitutionnel qui est de «&nbsp;couvrir les besoins vitaux de manière appropriée&nbsp;». 
</p><p>Pour répartir de façon plus juste les richesses et favoriser le développement de l’AVS, nous avons besoin de l’aide de la population. Car nous n’avons pas encore récolté les 100&nbsp;000 signatures authentifiées nécessaires pour cette initiative. Il faut donc télécharger les listes de signatures, les imprimer, les signer, les faires signer aux ami(e)s et aux proches et nous les retourner. D’avance, un grand merci !</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Économie</category><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-843</guid><pubDate>Mon, 27 Aug 2012 14:02:00 +0200</pubDate><title>Dernière ligne droit dans la lutte contre les privilèges fiscaux</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/derniere-ligne-droit-dans-la-lutte-contre-les-privileges-fiscaux</link><description>Pas de régime spécial pour quelques nababs étrangers !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">5&nbsp;500 étrangers super-riches bénéficient aujourd’hui en Suisse d’une imposition forfaitaire. Des milliardaires économisent ainsi des millions et des millionnaires des centaines de milliers de francs. Depuis plusieurs années cependant, ce système injuste est toujours plus dénoncé&nbsp;: Zurich, Schaffhouse et Appenzell Rhodes-Intérieures l’ont déjà supprimé et le canton votera en septembre à ce sujet. Afin que ce type d’imposition soit aussi supprimé dans tout le pays, nous récoltons à l’heure actuelle des signatures pour une initiative populaire. Mais un effort soutenu est encore nécessaire pour qu’elle aboutisse. </p><p>Qu’ont en commun Johnny Hallyday, Michael Schumacher et Jean-Claude Mimran, le roi du sucre&nbsp;? Ils vivent en Suisse comme les quelque 5&nbsp;500 autres super-riches imposés de manière forfaitaire et économisent des millions d’impôts dont ils seraient redevables à leur pays d’origine. Au départ, l’imposition forfaitaire servait d’appeau pour les retraité(e)s étrangers fortunés. Aujourd’hui, elle sert à courtiser tous les super-riches. Comme chacun sait, l’argent n’a pas d’odeur. Ainsi, toujours plus de pseudo-sans-emploi, cachés derrière des montages juridiques cousus de fil blanc, gèrent leurs multinationales depuis la Suisse et pratiquent une optimisation fiscale grand format. Au lieu de déclarer leurs revenu et fortunes effectifs, comme Monsieur et Madame Tout-le-monde, ils ne déclarent en principe pour revenu qu’un montant forfaitaire correspondant habituellement à cinq fois la valeur locative de leur logement. Le hic ici, c’est que le mythe selon lequel chacun(e) profiterait de ces énormes avantages réservés à quelques super-riches convainc toujours moins de monde… 
</p><h3>L’exemple zurichois fait école</h3><p>Tout a commencé à Zurich, le canton le plus peuplé du pays, où l’imposition forfaitaire a été supprimée en 2009. Certes, cela a entraîné le départ de nombreux profiteurs qui se sentaient menacés, mais les recettes fiscales zurichoises n’en ont finalement pas souffert. En effet, les nouveaux locataires des villas de luxe «&nbsp;libérées&nbsp;» paient correctement leurs impôts et cela compense sans problème aucun les pertes fiscales. À Schaffhouse et en Appenzell Rhodes-Intérieures, des propositions similaires ont été acceptées par le peuple, alors qu’elles échouaient dans les cantons de Lucerne, Saint-Gall et Thurgovie. Dans les deux Bâle, l’abolition de l’imposition forfaitaire est débattue au parlement alors que des initiatives populaires ont été lancées dans les cantons de Genève, Argovie et Obwald. Et on votera le 23 septembre dans le canton de Berne sur une initiative populaire soutenue par les syndicats et les partis rose-verts&nbsp;: «&nbsp;Des impôts équitables – pour les familles&nbsp;». 
</p><h3>Lutte acharnée à Berne</h3><p>Cette lutte à Berne pour une charge fiscale équitable et contre des privilèges indéfendables ainsi que le bradage des valeurs démocratiques soulève de grandes vagues. En particulier dans certaines communes du Simmental et du district de Gessenay (Saanenland) – on y trouve la localité de Gstaad où vison et diamants vont naturellement de pair – les autorités opposées à cette initiative mettent en place un énorme écran de fumée à coup de propagande, afin de persuader leurs concitoyen(ne)s de voter «&nbsp;non&nbsp;». Leurs assemblées d’information ont été à ce point unilatéralement destinées à diffuser de la pure propagande que le syndicat Unia s’est vu contraint de déposer plainte. Le 8 septembre, ce dernier organise à Gstaad, dans la tanière du loup, une manifestation en faveur de cette initiative et pour une vraie discussion avant la votation. Rendez-vous donc au Palace-Dorf, le 8 septembre prochain…
</p><h3>Initiative fédérale près du but</h3><p> Au plan national aussi, l’imposition fédérale devrait bientôt devenir un thème à débattre. La Gauche, désormais soutenue par Unia, l’USS et le PS, a lancé une initiative populaire qui demande l’abolition de l’imposition forfaitaire. Les 100&nbsp;000 signatures n’ont pas encore été toutes récoltées et le temps presse. C’est pourquoi il faut signer et faire signer le plus rapidement possible la liste de signature en annexe… et la retourner&nbsp;! Des listes peuvent être téléchargées sur&nbsp;: &lt;link uploads media pauschalbesteuerung-bogen_franz_sgb.pdf&gt;<a href="http://www.sgb.ch/uploads/media/Pauschalbesteuerung-Bogen_franz_SGB.pdf" target="_blank">www.sgb.ch/uploads/media/Pauschalbesteuerung-Bogen_franz_SGB.pdf</a></p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-840</guid><pubDate>Wed, 22 Aug 2012 12:16:00 +0200</pubDate><title>Il faut imposer une protection efficace des salaires au moyen de contrôles sévères, de salaires minimums et de la responsabilité solidaire !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/il-faut-imposer-une-protection-efficace-des-salaires-au-moyen-de-controles-severes-de-salaires-minimums-et-de-la-responsabilite-solidaire</link><description>Exposé Paul Rechsteiner, président de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>La protection des salaires est la pierre angulaire d’un marché du travail qui fonctionne correctement. Les mesures d’accompagnement aux accords bilatéraux sont le principal instrument à cet égard. Elles doivent faire en sorte qu’en Suisse, ce soient des salaires suisses qui soient versés. Lutter avec détermination contre la sous-enchère salariale est une condition indispensable.
</p><p>Comme il est apparu que les instruments servant à mener à bien cette lutte recèlent des lacunes sensibles, l’Union syndicale suisse (USS) a présenté, au printemps 2011, un nouveau train de mesures. Une partie de ces lacunes a pu être comblée grâce aux décisions prises par le Parlement lors de sa session d’été, par exemple avec l’adoption de mesures de lutte contre ladite «&nbsp;indépendance fictive&nbsp;». Mais les dispositions sur la responsabilité solidaire restent pendantes. Des décisions cruciales à ce sujet nous attendent à la session d’automne. 
</p><p>Les syndicats font à nouveau remarquer qu’il n’est plus possible de se contenter d’à-peu-près ou de pseudo-solutions dans ce domaine. Depuis que les accords bilatéraux s’appliquent aussi à l’Union européenne des huit (extension à l’Europe centrale et orientale), les abus grossiers s’accumulent, sous forme de pression sur les salaires à travers le transfert de travaux à des chaînes de sous-traitance. Et cela même sur des chantiers de pouvoirs publics. Lorsque les salariés de la métallurgie travaillant à l’usine d’incinération des déchets de Winterthour ne reçoivent que 8,45 francs de l’heure au lieu des 22,70 francs garantis par la convention collective de travail (CCT), c’est là contourner toute protection des salaires. Cela fait trop longtemps que les conditions de travail devraient aussi être garanties en cas de transfert de mandats à des sous-traitants. Ce qui est, aujourd’hui déjà, évident pour la qualité des travaux confiés à des sous-traitants doit à l’avenir s’appliquer également aux salaires versés, si l’on veut prendre la protection des salaires au sérieux. Au Parlement désormais d’agir comme il se doit sur cette question. 
</p><p>À vrai dire, les instruments destinés à protéger les salaires n’ont finalement de valeur que s’ils sont concrètement mis en œuvre. Après les améliorations de ces dernières années en matière de contrôles, c’est le problème de l’absence de salaires minimums qui se trouve toujours plus au premier plan. Si les contrôles des salaires montrent bien que le niveau salarial est régulièrement sous pression et n’apparaît plus respecté, il faut alors que, comme le demande la loi, des salaires minimums soient édictés. Qui plus est, malgré le nombre croissant d’infractions en matière de salaires constatées en Suisse alémanique, cela n’a encore jamais eu lieu dans cette région, et n’a été le cas que deux fois au niveau de la Confédération. 
</p><p>La situation est particulièrement extrême dans certains pans du commerce de détail et surtout dans l’horticulture, ainsi que le montre une récente étude de l’USS. En n’intervenant pas, les cantons tolèrent la sous-enchère salariale dans cette branche. Pire encore&nbsp;: comme les salaires de référence sont bien trop bas, les contrôles donnent une image bien trop positive de la situation salariale. Nombre d’entreprises, qui versent réellement des salaires trop bas, ne se font pas attraper lors des contrôles. 
</p><p>Malgré le fait que les activités soient pénibles et qualifiées dans l’horticulture, les salaires de cette branche sont, dans de nombreuses régions du pays, mais surtout en Suisse alémanique, si bas qu’ils relèvent de la pauvreté. Vu l’absence à ce jour d’une protection offerte par une CCT décente, il faut une fois pour toutes instaurer une régulation des salaires digne de ce nom. Et le mieux serait ici une CCT de force obligatoire. 
</p><p>Lorsque les autorités responsables n’appliquent par les mesures prescrites par la loi, ce n’est de leur part rien d’autre qu’un refus intolérable de faire leur travail. La loi prescrit l’édiction de salaires minimums si les salaires font l’objet d’une sous-enchère abusive et répétée dans une branche ou une région donnée. On ne peut plus accepter que cela ne se fasse pas, alors que c’est prescrit par la loi. L’enjeu n’est pas ici uniquement celui des intérêts des travailleurs et travailleuses concernés, mais aussi l’application au marché du travail des règles élémentaires qui ont été promises à la population. </p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-841</guid><pubDate>Wed, 22 Aug 2012 12:08:00 +0200</pubDate><title>Confédération et cantons permettent la sous-enchère salariale - Analyse des mesures d’accompagnement à travers l’exemple de l’horticulture</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/confederation-et-cantons-permettent-la-sous-enchere-salariale-analyse-des-mesures-d-accompagnement-a-travers-l-exemple-de-l-horticulture</link><description>Exposé Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en chef de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Malgré la hausse des cas de sous-enchère salariale, les cantons alémaniques n’édictent pas de salaires minimums à des fins de protection</p><p>C’est une réalité qu’en Suisse, les salaires sont sous pression, un problème qui s’est fortement aggravé ces dernières années. Dans les branches où l’on ne trouve pas de salaires minimums obligatoires, la part des entreprises où les contrôleurs et contrôleuses découvrent des cas de sous-enchère salariale a presque doublé entre 2009 et 2011&nbsp;! Selon les statistiques du SECO, les taux d’infraction sont en effet passés de 6 à 11&nbsp;%. Et la situation ne devrait pas s’améliorer en 2012. Au contraire, à cause du franc fort, les employeurs vont encore plus se mettre à la recherche de main-d’œuvre bon marché à l’étranger. 
</p><p>La loi (Code des obligations CO, art. 360a) prévoit qu’en cas de sous-enchère répétée, des salaires minimums soient fixés. À ce jour, seuls des cantons de Suisse latine et, dans deux cas, la Confédération (économie domestique et petites entreprises de nettoyage) ont édicté de tels salaires. En Suisse alémanique, aucun canton ne l’a encore fait, alors que la situation n’est pas meilleure qu’en Suisse latine. 
</p><h3>Les cantons tolèrent la sous-enchère en appliquant des salaires de référence trop bas lors des contrôles</h3><p>En réalité, la pression sur les salaires devrait être substantiellement plus forte qu’annoncé officiellement. Une étude de l’USS consacrée à la branche horticole le fait apparaître de manière exemplaire. Par exemple, de nombreux cantons tolèrent que des salaires mensuels de 3&nbsp;350 francs soient versés à des aides-jardiniers ou de 4&nbsp;120 francs à des jardiniers au bénéfice d’une expérience professionnelle, alors que le niveau salarial de cette branche est de loin supérieur. Même avec ces salaires de référence visiblement trop bas, 11&nbsp;% des entreprises contrôlées pratiquent la sous-enchère salariale. Dans les cantons où l’on applique des salaires de référence plus proches des salaires usuels, les taux d’infraction sont plus élevés (p. ex. 34&nbsp;% dans les deux Bâle). Ainsi, les taux officiels d’infraction concernant l’horticulture donnent une image beaucoup trop positive de la situation de cette branche en matière de salaires. 
</p><p>Les salaires de référence appliqués par les cantons lors des contrôles proviennent de la convention collective de travail (CCT) de l’organisation patronale Jardin Suisse conclue avec la petite organisation de travailleurs et travailleuses Grüne Berufe Schweiz. Cette CCT ne s’applique qu’aux entreprises membres de l’organisation patronale et n’est donc pas de force obligatoire (étendue). Les salaires qui y figurent sont nettement inférieurs aux salaires usuellement versés et ne devraient par conséquent pas servir d’instruments de contrôle. 
</p><p>À titre de valeur de référence pour les salaires usuels de l’horticulture, on pourrait utiliser par exemple les salaires fixés dans des CCT cantonales conclues avec des syndicats actifs et indépendants. Dans la CCT genevoise (Unia, SIT et Syna), les salaires minimums sont de 4&nbsp;432 francs par mois (aides-jardiniers), respectivement de 5&nbsp;069 francs par mois (CFC et expérience d’au moins 3 ans). Une autre source peut être celle des salaires versés dans d’autres branches pour des activités apparentées. Dans la construction, par exemple, les personnes sans formation touchent un salaire mensuel supérieur à 4&nbsp;400 francs. Même une enquête de Jardin Suisse montre que les salaires de sa CCT ne peuvent pas servir de salaires de référence. Les limites supérieures du quartile le plus bas sont en effet de 3&nbsp;600 à 3&nbsp;700 francs pour les personnes sans formation et de 4&nbsp;200 à 4&nbsp;300 francs pour celles qui ont une formation et au moins trois années d’expérience. 
</p><h3>Les cantons doivent imposer le respect des salaires usuels</h3><p>Que les cantons se contentent, lors de leurs contrôles, d’appliquer des salaires tirés de n’importe quelle CCT est une pratique que l’on ne trouve pas uniquement dans l’horticulture. On doit donc présumer que la sous-enchère salariale est aussi tolérée dans d’autres branches, parce que les salaires de référence utilisés y sont trop bas. Les mesures d’accompagnement exigent que les salaires usuels suisses soient respectés. Dans leurs contrôles, les cantons doivent donc se référer à eux. S’ils ne le font pas, il appartient au SECO d’intervenir, car il a pour fonction d’exercer la haute surveillance de l’application des mesures d’accompagnement. 
</p><h3>L’horticulture a besoin d’une CCT avec des salaires minimums d’un bon niveau</h3><p>Pour lutter contre la sous-enchère dans la branche horticole, il faut rapidement fixer des salaires minimums nationaux de force obligatoire. C’est ce que demande la législation sur les mesures d’accompagnement (CO art. 360a). Le but visé est ainsi celui d’une CCT de force obligatoire. L’actuelle CCT, qui n’est pas de force obligatoire, ne constitue pas une base pour ce faire, car les&nbsp; salaires qu’elle prévoit sont trop bas, c’est-à-dire bien au-dessous des salaires usuels. Il faudrait donc une CCT stipulant des salaires supérieurs, des salaires fixés avec tous les syndicats importants. En outre, d’un point de vue syndical, le niveau salarial de la branche horticole doit être globalement relevé de manière conséquente. Et les salaires minimums qui devront figurer dans cette future CCT se référeront aux salaires minimums de la CCT genevoise ou aux salaires versés pour des activités apparentées du secteur principal de la construction.
</p><p>Sous-enchère via la sous-traitance&nbsp;: des lacunes légales à combler rapidement 
</p><p>Les mesures d’accompagnement contiennent toujours des lacunes légales dont des entreprises irresponsables qui détachent de la main-d’œuvre profitent pour tourner les dispositions suisses en matière de salaires. Le principal problème est celui des chaînes de sous-traitance. Avec l’élargissement de la libre circulation des personnes aux pays de l’Europe centrale et orientale, il est devenu encore plus difficile d’imposer les salaires suisses dans notre pays. De fait, comment les contrôleurs et contrôleuses peuvent-ils contrôler sérieusement les livres de paie en Pologne&nbsp;? Il faut que les mesures d’accompagnement permettent d’imposer directement les salaires suisses en Suisse. Dans de nombreuses branches, les entreprises de l’artisanat de la construction doivent verser aujourd’hui des cautions. Cet instrument est d’une certaine utilité. Mais, dans le cas de chaînes de sous-traitance, il s’avère souvent inefficace. Au bout de ces chaînes de sous-traitance, on trouve en effet régulièrement des entreprises de l’Union européenne des huit. 
</p><p>Lors de la session parlementaire d’automne, les Chambres fédérales doivent par conséquent adopter des mesures efficaces pour faire obstacle à la sous-enchère pratiquée à travers la sous-traitance. La responsabilité des entreprises sous-traitantes doit devenir une réalité, sans surplus de bureaucratie. Cela signifie, par exemple, que la première entreprise contractante doit assumer la responsabilité en matière de salaires et d’amendes infligées pour infractions aux salaires (responsabilité en chaîne), ce qui inclut aussi les peines conventionnelles. Sinon, les amendes sont trop faibles et la sous-enchère via la sous-traitance en vaut financièrement la peine.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-838</guid><pubDate>Wed, 22 Aug 2012 11:42:00 +0200</pubDate><title>Famille et ménage sont d’abord féminins</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/famille-et-menage-sont-d-abord-feminins</link><description>Femmes et chômage</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">L’Office fédéral de la statistique (OFS) vient de publier une étude qui dresse la liste des écarts persistants entre le taux de chômage des hommes et celui des femmes <a href="typo3/#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>. Si l’OFS fait preuve de réserve lorsqu’il s’agit d’interpréter ces écarts, il semble évident que le fait que les femmes s’occupent beaucoup plus que les hommes de travail familial et d’activités ménagères explique une grande partie de ces différences.</p><p>Aujourd’hui, la population active se monte à environ 4,6 millions de personnes en Suisse, dont 2,1 millions de femmes et 2,5 millions d’hommes. Les femmes représentent donc environ 45,7&nbsp;% de la population active<a href="typo3/#_ftn2" target="_blank" name="_ftnref2">[2]</a>, mais elles travaillent plus souvent à temps partiel que les hommes et représentent de ce fait une part beaucoup plus faible du volume de travail<a href="typo3/#_ftn3" target="_blank" name="_ftnref3">[3]</a>. Bien que les femmes se soient rattrapées ces dernières années, leur taux d’activité reste inférieur à celui des hommes, et ce, dans toutes les catégories d’âge. Pour les jeunes (15 à 24 ans) cependant, les différences sont minimes, mais à partir de 25 ans, les écarts se creusent et ne se modifient que dans une très faible mesure. 
</p><p>La première explication de la différence croissante qui apparaît de manière frappante à partir de 25 ans et plus est simple&nbsp;: le renoncement (provisoire) à l’activité profession­nelle à l’apparition d’un enfant est nettement plus fréquent chez la femme que chez l’homme. 
</p><h3>Chômage des femmes&nbsp;: supérieur à la moyenne</h3><p>Malgré un taux d’activité plus bas pour les femmes que pour les hommes, celles-ci repré­sentent 50,4&nbsp;% des personnes au chômage (2011). C’est-à-dire que leur taux de chômage est plus élevé que celui des hommes&nbsp;: 4,4% contre 3,7&nbsp;% (2011).&nbsp; Qu’à tout le moins en partie, cette différence s’explique par le fait que, pour l’éducation des enfants, la responsabilité diverge selon le sexe, on le voit si l’on prend en compte le statut familial. Le taux de chômage BIT des hommes qui vivent seuls est de 4,2&nbsp;%, alors que celui des femmes dans la même situation est de 2,9&nbsp;%. Lorsqu’il y a un ou des enfants, la situation apparaît toute différente&nbsp;: le taux de chômage BIT des femmes qui vivent en couple avec enfant(s)s se monte à 4&nbsp;%, alors que celui des hommes est de 2,2&nbsp;% (2011). La différence de taux d’activité entre femmes et hommes croît avec l’âge des enfants. Ces chiffres montrent que les femmes se retirent plus fréquemment que les hommes du marché du travail pour des raisons familiales. 
</p><h3>Femmes&nbsp;: plus souvent «&nbsp;au foyer&nbsp;» que les hommes avant la recherche d’emploi et assez peu mobiles</h3><p>En 2011, 52,7&nbsp;% des femmes étaient actives occupées avant de se retrouver au chômage&nbsp;; 22,6&nbsp;% étaient en formation et 21,1&nbsp;% étaient au foyer. Pour les hommes, ces proportions étaient de 69,5&nbsp;% (actifs occupés), 22,9&nbsp;% (formation) et 2,1 au foyer<a href="typo3/#_ftn4" target="_blank" name="_ftnref4">[4]</a>. Les femmes au chômage cherchent surtout un emploi dans la région de leur domicile. Un quart d’entre elles sont prêtes à déménager pour leur travail, contre 37&nbsp;% pour les hommes. Les raisons de cette mobilité géographique plus restreinte n’ont pas été étudiées par l’OFS. Mais il est fort probable que, là aussi, la situation familiale joue le premier rôle.&nbsp; 
</p><h3>Taux d’occupation et situation familiale </h3><p>La situation familiale détermine l’ampleur du taux d’occupation réel et recherché. Ainsi, 80,2&nbsp;% des femmes actives occupées âgées de 25 à 54 ans et vivant en couple avec en­fant(s) travaillent à temps partiel. Et 67,6&nbsp;% des chômeuses des mêmes catégories d’âge cherchent un emploi à temps partiel. Par contre, les femmes vivant seules sont en majo­rité actives occupées à plein temps ou à la recherche d’un emploi à plein temps. Et la très nette majorité des femmes vivant en couple sans enfant travaillent à plein temps. La situation est différente en ce qui concerne les femmes vivant seules avec enfant(e)s&nbsp;: 63,1% d’entre elles, soit leur majorité, travaillent à temps partiel. Pour résumer, cela si­gnifie que, pour les femmes, la présence d’un/d’enfants à prendre en charge et/ou d’un par­tenaire actif occupé sont les principales raisons de travailler à temps partiel. Par contre, pour les hommes au chômage ou actifs occupés le travail à plein temps est la règle, quelle que soit la situation familiale. 
</p><h3>Une étude qui confirme l’urgence des besoins existants</h3><p>La nouvelle étude de l’OFS livre toute une série de données sur le thème du travail et de sa répartition en fonction du sexe, que nous n’avons de loin pas toutes citées ici. Mais, ce qu’elles confirment sûrement, c’est que, tant que l’on n’aura pas mis en place les conditions-cadres sociales nécessaires pour mieux répartir entre les sexes le travail rémunéré et le travail non rémunéré, les femmes resteront défavorisées sur le plan professionnel. 
</p><p>Afin que le travail professionnel et les activités de prise en charge de tiers soient mieux conciliables, nous avons besoin d’horaires de travail compatibles avec la vie familiale, de l’égalité des salaires entre femmes et hommes, de modèles scolaires adaptés et, pour l’accueil extrafamilial des enfants, de suffisamment d’infrastructures abordables, reposant sur des projets pédagogiques et dotées d’un personnel qualifié assez nombreux. Nous avons également besoin que les structures de jour et les soins à domicile destinés à la prise en charge des personnes âgées et dépendantes de soins soient développées. 
</p><hr><p><a href="typo3/#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> OFS&nbsp;: «&nbsp;Femmes et chômage&nbsp;: des écarts persistants avec le taux de chômage des hommes&nbsp;», Actualités OFS, août 2012, n° de commande&nbsp;: 1284-1100.
</p><p><a href="typo3/#_ftnref2" target="_blank" name="_ftn2">[2]</a> Les définitions de personnes «&nbsp;actives occupées&nbsp;» et «&nbsp;chômeurs/chômeuses&nbsp;» répondent, tant dans l’étude de l’OFS que dans la présente contribution, aux recommandations du Bureau international du travail (BIT) et sont différentes de ce qui apparaît dans les statistiques mensuelles du chômage publiées par le SECO. Ainsi, le taux de chômage BIT&nbsp; était de 4&nbsp;% en moyenne (2011), alors que celui du SECO était de 2,7&nbsp;% (voir en p. 8 et 26 de l’étude de l’OFS). 
</p><p><a href="typo3/#_ftnref3" target="_blank" name="_ftn3">[3]</a> On trouvera un rapide aperçu statistique concernant les différences hommes-femmes en matière de travail rémunéré dans&nbsp;: 14.06.2011&nbsp;: Femmes en mouvement, USS, 2012, p. 85ss.
</p><p><a href="typo3/#_ftnref4" target="_blank" name="_ftn4">[4]</a> 4,6&nbsp;% autre, dont service militaire.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-836</guid><pubDate>Fri, 17 Aug 2012 10:48:00 +0200</pubDate><title>Pour une protection uniforme dans tout le pays</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pour-une-protection-uniforme-dans-tout-le-pays</link><description>Votations du 23 septembre 2012 : « Protection contre le tabagisme passif »</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"><span lang="FR">La protection des travailleurs et travailleuses ainsi que de leur santé est une revendication prioritaire de l’Union syndicale suisse (USS). C’est pourquoi celle-ci recommande le oui à l’initiative populaire «&nbsp;Protection contre le tabagisme passif&nbsp;», sur laquelle nous voterons en septembre prochain. La protection de la santé des travailleurs et travailleuses de Suisse doit être la même, et la meilleure possible, dans tous les cantons.</span><span lang="FR"></span></p><p><span lang="FR">Imaginons que les cantons fixent eux-mêmes les normes en matière de polluants atmosphériques ou de radioactivité. Ou que le taux d’alcoolémie admis pour les automobilistes oscille de 0 à 1, ou encore les dates de péremption des produits alimentaires divergent d’un canton à l’autre... Il est évident que la santé ne se définit pas en fonction des frontières cantonales&nbsp;! Et il n’en va donc pas autrement de la protection de la santé. </span></p><h3 class="Sous-titreSP"><span lang="FR">Pas de patchwork cantonal</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Or, en matière de tabagisme passif, une réalité dont les effets nuisibles pour la santé sont prouvés, ce n’est pas le cas. Dans seulement 8 cantons, les cantons romands (moins le Jura) ainsi que les deux Bâle, le personnel de service de la restauration est suffisamment protégé contre ses effets négatifs. Ailleurs, ce n’est pas encore le cas. Servir dans la fumée y est admis. L’initiative «&nbsp;Protection contre le tabagisme passif&nbsp;» éliminera ce patchwork cantonal et réglera, au niveau suisse et en toute clarté, cette protection. Car la fumée inhalée n’est pas moins nuisible en Thurgovie qu’à Saint-Gall&nbsp;!</span></p><h3 class="Sous-titreSP"><span lang="FR">De manière uniforme, simplement et équitablement</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Cette initiative demande qu’il soit interdit, en Suisse, de fumer dans les espaces fermés qui servent de lieu de travail ou sont accessibles au public. En d’autres termes, il pourra toujours y avoir, dans les restaurants, des fumoirs où aucun service n’est assuré. L’initiative place donc les restaurateurs et restauratrices sur un pied d’égalité. Il ne leur sera plus possible de se faire concurrence sur le dos de leur personnel. Sous l’angle de la protection de ce dernier, c’est là un progrès à saluer. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Dans le débat à ce sujet, les opposants à l’initiative avancent souvent l’argument-massue selon lequel cette dernière serait l’œuvre de «&nbsp;talibans de la santé&nbsp;». Si l’expression peut séduire, elle est complètement à côté de la réalité. Cette initiative populaire n’interdira pas la fumée. En effet, il sera toujours permis de fumer sans restriction à la maison, dehors ou sur son lieu de travail, si des collègues n’y sont pas régulièrement présents. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">La solution proposée pour une meilleure protection des travailleurs et travailleuses est ainsi uniforme pour tout le pays, simple à appliquer et équitable.</span></p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Suisse</category><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-837</guid><pubDate>Fri, 17 Aug 2012 10:46:00 +0200</pubDate><title>Pas de cadeaux fiscaux pour des retraités très aisés</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/pas-de-cadeaux-fiscaux-pour-des-retraites-tres-aises</link><description>Votations du 23 septembre 2012 : « Sécurité du logement à la retraite »</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead"><span lang="FR">L’initiative populaire «&nbsp;Sécurité du logement à la retraite&nbsp;» entend favoriser les retraité(e)s propriétaires de leur logement par rapport aux locataires. Socialement injuste et erroné. L’Union syndicale suisse (USS) ne veut clairement pas de ces cadeaux fiscaux offerts aux retraité(e)s les plus aisés.</span><span lang="FR"></span></p><p><span lang="FR">Ces dernières années, les propriétaires d’habitations ont récolté avec application des signatures pour des initiatives populaires. Même pour trois, qui avaient chacune un objectif identique&nbsp;: des cadeaux fiscaux pour les propriétaires de leur logement. Et cela, a une cadence soutenue. Mais&nbsp;: le peuple n’a à ce jour jamais mordu à l’hameçon. Tentative numéro 1,&nbsp;l’initiative sur l’épargne-logement a été balayée en mars dernier par 55,8&nbsp;% des citoyen(ne)s. «&nbsp;Accéder à la propriété grâce à l’épargne-logement&nbsp;», une initiative jumelle, sombra encore plus nettement en juin dernier, avec 69&nbsp;% de non. Et, animée du même esprit, la troisième initiative «&nbsp;Sécurité du logement à la retraite&nbsp;», sur laquelle nous voterons le 23 septembre prochain, ne mérite pas un meilleur sort. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Cette dernière initiative veut accorder aux retraité(e)s un droit exceptionnel, à savoir celui de décider que la valeur locative de leur logement ne sera plus imposée. En contrepartie, les intérêts hypothécaires ne pourraient plus être déduits de l’assiette fiscale. Par contre, les frais d’entretien, jusqu’à 4000 francs par année, et les frais liés à des mesures d’économie d’énergie et de protection de l’environnement ainsi que des monuments historiques le resteraient entièrement. </span></p><h3 class="Sous-titreSP"><span lang="FR">Du point de vue de la répartition des richesses, une erreur</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">L’USS s’est toujours opposée à la suppression de la valeur locative. Pareille mesure avantagerait de manière injustifiée les propriétaires par rapport aux locataires. Or, la situation financière des propriétaires de leur logement est habituellement meilleure que celle des locataires. Parmi ceux-là, les principaux bénéficiaires de l’initiative seraient d’abord les plus fortunés, ceux dont la dette hypothécaire est la plus faible. Bref, dire oui à l’initiative revient à doper une répartition des richesses déjà toujours plus injuste alors qu’il faut précisément lui mettre les bâtons dans les roues. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Enfin, la possibilité de ne plus faire imposer la valeur locative de son habitation en fonction de calculs individuels entraînerait une baisse des rentrées fiscales. Ce qui aurait pour conséquence de remettre en question des services publics ou d’entraîner de nouvelles charges destinées à compenser ces pertes fiscales. Deux bonnes raisons, du point de vue de la répartition des richesses, de rejeter cette initiative, car à chaque fois, il s’agirait d’alléger la charge des plus riches et d’alourdir celles des citoyen(ne)s ordinaires. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">L’USS est loin d’entonner ce couplet erroné selon lequel tous et toutes les retraité(e)s seraient riches et n’auraient plus besoin de politique sociale. La retraite reste synonyme de risques matériels. Et ce n’est pas là un phénomène marginal&nbsp;! Le hic est que l’on ne résoudra pas ces problèmes avec des propositions destinées à une seule catégorie de retraité(e)s&nbsp;: les plus aisés. Ce dont nous avons besoin, c’est de meilleures rentes AVS pour les petits revenus. Et c’est ce que veut l’USS avec son projet <i>AVSplus</i>. En revanche, les cadeaux fiscaux pour les retraité(e)s les plus aisés, doivent être rejetés.</span></p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-835</guid><pubDate>Fri, 17 Aug 2012 10:05:00 +0200</pubDate><title>Formation musicale: Tout sauf élitaire !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/formation-musicale-tout-sauf-elitaire</link><description>Votations du 23 septembre 2012 </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Finalement, pas de monde sans musique. Mais «&nbsp;bien&nbsp;» faire de la musique ne doit pas être le privilège d’une élite. Le 23 septembre, nous voterons sur l’encouragement de la musique pour toutes les couches sociales. D’autres pays nous montrent que c’est là chose possible. </p><p>Gustavo Dudamel Ramirez pourrait être le jeune frère de Carles Puyol. Il n’est cependant pas footballeur, mais chef d’orchestre. Lui et «&nbsp;son&nbsp;» Orchestre national des jeunes Simon Bolivar sont désormais des célébrités mondiales. Ils incarnent le «&nbsp;miracle musical&nbsp;» vénézuélien, un vaste projet qui va chercher les enfants et les jeunes pauvres jusque dans la rue et leur offre de nouvelles perspectives à travers une formation musicale classique et la pratique en commun de la musique. Grâce au soutien généreux des pouvoirs publics («&nbsp;El Sistema&nbsp;») a ainsi pu se développer un mouvement musical populaire qui réunit 300&nbsp;000 enfants. Ils peuvent s’initier aux instruments et jouent dans plus de 200 orchestres. Gustavo Dudamel est la première vedette internationale créée par le système. Et il entre toujours en scène comme un footballeur…
</p><p>L’exemple vénézuélien montre que la pratique compétente de la musique ne doit pas être «&nbsp;élitaire&nbsp;». Et en quoi cela concerne-t-il la Suisse&nbsp;? Combien d’enfants des couches sociales à faibles revenus parviennent chez nous à acquérir une formation musicale&nbsp;? La réponse est évidente&nbsp;: beaucoup trop peu. 
</p><h3>Égalité des chances aussi en matière de musique</h3><p>C’est précisément ce que veut changer la communauté d’intérêt «&nbsp;jeunesse et musique&nbsp;». En 2008, elle a déposé une initiative populaire dont l’un des buts était le suivant&nbsp;: «&nbsp;Nous voulons que tous les enfants puissent avoir la possibilité de fréquenter une école de musique sur une base volontaire. Les écolages élevés versés par les parents entraînent une limitation d’accès à l’enseignement musical telle qu’on ne retrouve dans aucun autre domaine du secteur de la formation. Cette discrimination contrevient gravement à la promotion de l’égalité des chances (Constitution fédérale art. 2, al. 3).&nbsp;» Depuis lors, l’initiative a été retirée parce qu’un contreprojet reprend largement ses objectifs. Le 23 septembre prochain, nous voterons donc sur ce contreprojet&nbsp;: le nouvel article constitutionnel 67a «&nbsp;Formation musicale&nbsp;». 
</p><p>Convaincue du bien-fondé des objectifs visés ici, l’Union syndicale suisse (USS) recommande le oui à cet article. S’ils le souhaitent, la fille d’un manœuvre doit aussi pouvoir apprendre à jouer du violon et le fils d’une vendeuse s’exercer comme il se doit à la guitare électrique pour jouer dans son groupe de heavy metal. La première raison de voter oui est donc que les enfants des couches sociales à faibles revenus doivent pouvoir accéder plus facilement, c’est-à-dire à moindres frais, aux cours extrascolaires dispensés par les écoles de musique. Et cela ne concerne pas obligatoirement la musique classique. Celles et ceux qui préfèrent le rap, la musique de variété, le rock, le jazz, etc. devraient aussi être intéressés à ce que leurs enfants puissent apprendre dans les meilleures conditions la musique. 
</p><h3>Contre une formation unilatérale</h3><p>D’autre part, l’article constitutionnel entend renforcer la place de la branche musicale à l’école obligatoire. C’est juste, et socialement souhaitable. En effet, à l’école obligatoire, la musique – comme le sport – aide les enfants et les jeunes plutôt faibles dans les disciplines «&nbsp;du savoir&nbsp;» à faire de nombreuses expériences enrichissantes. Bien pratiquée, la musique crée un lien social au-delà des frontières culturelles. Je me souviens d’un spectacle musical présenté en 2002 avec des enfants, de la troisième à la sixième année (de 9 à 12 ans) dans le quartier fribourgeois du Schönberg, un quartier qui passe plutôt pour un ghetto en raison de sa population. Tous les enfants avaient leur propre rôle - ainsi que les enseignant(e)s, qui n’avaient encore jamais pu travailler aussi près de la réalité -, leur tâche et leur responsabilité propres. Tout cela, au service de l’œuvre présentée. Ce fut une école de la réussite, ce que seule la solidarité permet d’obtenir. Et les remerciements reçus ne prirent pas uniquement la forme des applaudissements nourris entendus lors des quatre représentations, mais aussi celle d’un nouveau respect entre enfants et enseignant(e)s. Presque «&nbsp;vénézuélien&nbsp;»…</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-826</guid><pubDate>Tue, 10 Jul 2012 17:16:00 +0200</pubDate><title>Pas de cadeaux pour les plus riches !</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/pas-de-cadeaux-pour-les-plus-riches</link><description>Initiative « Halte aux privilèges fiscaux des millionnaires »</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les riches étrangers peuvent profiter, en Suisse, d’une imposition forfaitaire et économiser ainsi parfois énormément sur leurs impôts. Les cantons de Zurich et de Schaffhouse ont cependant été des précurseurs en cette matière. Avant les autres, ils ont en effet dit halte à ces cadeaux fiscaux.</p><p>Pour autant qu’ils ne travaillent pas officiellement en Suisse, les multimillionnaires étrangers peuvent profiter d’une imposition dite forfaitaire. Au lieu de se voir imposés sur leurs revenus et fortunes réels, comme tous les gens ordinaires, ils ne le sont que sur un montant forfaitaire, qui représente en général cinq fois la valeur locative de leur habitation. Actuellement, 5&nbsp;500 millionnaires étrangers profitent de ce type d’imposition. Parmi eux, on compte toujours plus de nomades du business et de chômeurs fictifs qui gèrent depuis notre pays leurs conglomérats disséminés sur toute la planète.  
</p><h3>Des impôts justes pour tout le monde</h3><p>Pareil privilège, réservé de toute façon à des personnes déjà privilégiées, relève d’une logique fiscale néolibérale archaïque. La population du canton de Zurich l’a compris en 2009 en jetant cette vieillerie par-dessus bord. Et aucune des prévisions les plus sombres formulées alors par la droite ne s’est avérée. Au contraire, après qu’une bonne moitié des bénéficiaires de l’imposition forfaitaire eurent quitté le canton de Zurich suite au scrutin, les communes concernées firent état de recettes fiscales en augmentation, parce que les villas et autres maisons de maître devenues libres avaient rapidement trouvé de nouveaux locataires aussi riches que les anciens. 
</p><p>Et cela fonctionnera aussi comme cela au plan national. Car la suppression de l’imposition forfaitaire à ce niveau ne permettra plus à ces contribuables nantis de tout simplement déménager dans le canton voisin. Ceux qui voudront vivre en Suisse et profiter de ses avantages devront aussi participer, dans une mesure équitable, à leur financement. Et ils le feront. La Suisse n’est en effet pas uniquement attrayante pour ses impôts&nbsp;!
</p><p>Des listes de signatures peuvent être téléchargées sous&nbsp;:&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> &nbsp;&lt;link uploads media pauschalbesteuerung-bogen_franz_sgb.pdf&gt;<a href="http://www.sgb.ch/uploads/media/Pauschalbesteuerung-Bogen_franz_SGB.pdf" target="_blank">www.sgb.ch/uploads/media/Pauschalbesteuerung-Bogen_franz_SGB.pdf</a></p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-827</guid><pubDate>Tue, 10 Jul 2012 17:14:00 +0200</pubDate><title>Important et juste</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/important-et-juste</link><description>Initiative populaire « Imposer les successions de plusieurs millions
pour financer notre AVS »</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Chaque année, près de 40 milliards de francs sont hérités en Suisse. Une grande partie est exonérée de tout impôt. Ainsi, la richesse reste dans les mêmes mains. C’est là qu’intervient l’initiative populaire sur les successions.</p><p>En Suisse, le pour-cent de la population le plus riche possède autant que les 99&nbsp;% restants. Non seulement il possède beaucoup de richesses, mais aussi il se la transmet de génération en génération. Ainsi, la richesse est une question de famille, sans qu’il y ait besoin de fournir la moindre prestation pour la posséder Mais ce n’est pas tout&nbsp;: alors que le reste de la population est imposé sur un revenu durement gagné, les héritages, même à hauteur de millions, voire de milliards, sont souvent exonérés de l’impôt. Ce qui favorise encore plus la concentration des fortunes dans les mains de quelques-uns. Se forme alors une caste fermée de super-riches toujours plus isolés de la société.  
</p><h3>Une construction judicieuse</h3><p>C’est pourquoi l’initiative sur les successions demande la création d’un impôt fédéral de 20&nbsp;% sur les parts d’héritages supérieures à 2 millions de francs. Maisons familiales, entreprises familiales et PME (franchise supplémentaire et taux réduit) ainsi qu’exploitations agricoles (exonérées) ne sont pas concernées. Les nouvelles recettes fiscales qui en découleront se monteront à environ 3 milliards de francs par an et seront réparties entre les cantons (un tiers) et l’AVS (deux tiers).
</p><p>La part qui reviendra aux cantons indemnisera ceux d’entre eux qui perdront alors le produit de leur propre impôt qui disparaîtra. Et, effet secondaire positif, cet impôt fédéral sur les successions ne pourra plus servir de«&nbsp;vil accélérateur&nbsp;» à une concurrence fiscale qui a dégénéré.
</p><h3>Renforcement de l’AVS et grande opportunité pour <i>AVSplus</i></h3><p>En raison de la prolongation de l’espérance de vie, les héritages tombent le plus souvent pendant la retraite. Pour garantir à long terme l’AVS et alléger du même coup les charges de la génération qui cotise, la génération qui touche une rente financera donc aussi l’AVS via l’impôt sur les successions. 
</p><p>Ce dernier rapporterait à l’AVS 2 milliards de francs de recettes supplémentaires par an. Cela permettrait non seulement de compenser les effets de l’évolution démographique, mais aussi d’offrir une éventuelle base financière à notre modèle <i>AVSplus,</i> qui veut relever les petites et moyennes rentes. 
</p><h3>D’une pierre deux coups</h3><p>C’est pourquoi, l’initiative «&nbsp;Imposer les successions de plusieurs millions pour financer notre AVS&nbsp;» revêt aussi une grande importance pour le mouvement syndical. Grâce à elle, nous pouvons relier deux luttes politiques importantes&nbsp;: pour une meilleure justice distributive et pour une AVS sûre et améliorée. À ce jour, bien 65&nbsp;000 signatures ont été récoltées. 
</p><p>Des listes de signatures peuvent être téléchargées ici&nbsp;: &nbsp; <br> &lt;link uploads media erbschaftssteuer-bogen_fr_sgb.pdf&gt;<a href="http://www.sgb.ch/uploads/media/Erbschaftssteuer-Bogen_fr_SGB.pdf" target="_blank">www.sgb.ch/uploads/media/Erbschaftssteuer-Bogen_fr_SGB.pdf</a></p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-819</guid><pubDate>Thu, 28 Jun 2012 12:13:00 +0200</pubDate><title>Le Tribunal fédéral confirme l’interdiction des abus</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-tribunal-federal-confirme-l-interdiction-des-abus</link><description>Sous-traitance en chaîne dans les marchés publics</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le Tribunal fédéral a confirmé l’amende infligée à une entreprise vaudoise qui n’avait pas empêché ses sous-traitants de commettre des abus en matière de conditions de travail. Il s’agit là d’un arrêt de grande importance. La prochaine étape doit être celle d’une vraie responsabilité solidaire. </p><p>Le Tibunal fédéral vient de rendre un arrêt déterminant pour la lutte contre les abus de la sous-traitance en chaîne. Ce véritable fléau, qui sévit surtout dans le bâtiment, réside en ceci que des entrepreneurs principaux, en sous-traitant tout ou partie de leurs tâches à des entreprises qui sous-traitent à leur tour, tentent de se défaire de leur responsabilité si un des sous-traitants viole les règles du contrat de travail et pratique la sous-enchère. 
</p><p>Les autorités vaudoises avaient condamné un entrepreneur principal qui n’avait pas veillé à ce que toute la chaîne des entreprises de sous-traitance respecte les conditions de travail et de salaire et lui avaient infligé une amende de 60&nbsp;000 francs. Les entreprises concernées exécutaient un mandat public, à savoir la construction de la semi-autoroute H 144 dans le Chablais valdo-valaisan. Cette sanction, qui avait d’abord été confirmée par le Tribunal cantonal, vient désormais de l’être aussi par le Tribunal fédéral. Selon la Haute Cour, l'adjudicataire de travaux doit s'assurer que tous ses sous-traitants respectent les dispositions relatives à la protection des travailleurs et travailleuses de même qu’aux conditions de travail. Ainsi, une négligence peut être imputée à un adjudicataire qui sous-traite à une entreprise ne respectant pas ces dispositions. 
</p><p>Cette décision est une très bonne nouvelle pour la lutte contre la sous-enchère salariale. Même s’il ne s’agit pas à proprement parler d’une responsabilité solidaire (l’entrepreneur&nbsp; ne doit payer qu’une amende et pas l’entier du dommage subi par les travailleurs et travailleuses), c’est là un premier pas vers son introduction, d’abord dans les marchés publics, puis pour tous les travaux privés, car elle montre qu’un entrepreneur principal peut et doit se soucier de ce que font tous ses sous-traitants. 
</p><p>La responsabilité solidaire est le meilleur moyen de veiller à ce que les entrepreneurs principaux ne se défaussent pas de leur responsabilité envers les salarié(e)s, en recourant à des sous-traitants, puis en négligeant totalement de surveiller les pratiques de ces derniers. De fait, certains cantons ont déjà inscrit la responsabilité solidaire dans leur législation sur les marchés publics, notamment les deux Bâle<a href="typo3/#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>. 
</p><p>Les autres cantons et la Confédération doivent s’en inspirer et se doter de règles pour que les entrepreneurs négligeant ne soient pas condamnés uniquement à une amende comme dans le cas vaudois, mais doivent répondre de tous les dommages commis envers les travailleurs et travailleuses par leurs sous-traitants (et les sous-traitants des sous-traitants, etc.), c’est-à-dire&nbsp;: arriérés de salaires, de cotisations sociales, etc. Les Chambres fédérales, qui doivent se pencher plus en détail sur l’introduction de la responsabilité solidaire pour toutes les entreprises, et pas seulement celles qui travaillent sur mandat d’une collectivité publique, doivent également s’inspirer de cette décision du Tribunal fédéral et prendre note qu’il s’agit d’un complément réellement efficace aux mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes.
</p><hr><p><a href="typo3/#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Cf. §6 Beschaffungsgesetz BL/BS.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-818</guid><pubDate>Thu, 28 Jun 2012 11:35:00 +0200</pubDate><title>Même Zurich dit non</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/meme-zurich-dit-non</link><description>Prolongation des heures d’ouverture des commerces </description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les partisans d’une société sans garde-fou aucun s’attaquent sans discontinuer à l’interdiction de principe du travail de nuit et du travail du dimanche. Mais, ces derniers temps, leur courage doit en avoir pris un coup. En effet, même les Zurichois(es) ont mis un carton rouge aux dérégulateurs des heures d’ouverture des commerces. Mais les Chambres fédérales ont-elles bien compris le message, elles qui doivent traiter actuellement de propositions semblables ?</p><p>&nbsp;</p><p>Ces dernières années, plusieurs des tentatives de libéraliser les horaires de travail sont venues de Zurich. Ainsi, c’est pour légaliser a posteriori le centre commercial « shopville », sis sous la gare centrale de Zurich, qu’avait été déposée l’initiative Hegetschwiler (votée en 2005), qui demandait la libéralisation du travail dominical dans toutes les grandes gares. Plus récemment, c’est parce que quelques échoppes de stations-service zurichoises se sont vu interdire d’ouvrir la nuit par le Tribunal fédéral (qui a, comme la loi l’exige, donné la priorité à la santé et à la vie familiale des travailleurs et travailleuses concernés) que l’initiative parlementaire Lüscher a été lancée. Son but est de répondre aux attentes d’une petite minorité de consommateurs et consommatrices impatients en permettant à ces échoppes d’ouvrir 24 heures sur 24. Et il y a encore la motion « Hutter », du nom d’un conseiller national libéral-radical zurichois, qui veut que les cantons puissent fixer leurs horaires d’ouverture sans tenir compte du droit fédéral sur la protection des travailleurs et travailleuses, ou encore la proposition du Grand conseil zurichois, qui entend faire passer à 200m2 la surface des magasins pouvant ouvrir n’importe quand. À chaque fois, on a l’impression que c’est la « grande ville moderne » qui veut faire tomber des législations « obsolètes » et « contraires aux intérêts des consommateurs et consommatrices ». On en serait presque à une lutte des « urbains visionnaires » contre les « bouseux conservateurs ». 
</p><p>Le 17 juin, les Zurichois(es) ont fait mentir ce cliché de la manière la plus éclatante qui soit, en rejetant massivement l’initiative du Parti libéral-radical « Le client est roi ». Cette initiative souhaitait libéraliser complètement les horaires de travail de tous les commerces (et, par ricochet, des branches à leur service : nettoyage, logistique, sécurité, etc.). Lors de la campagne qui a précédé ce scrutin, tant les mauvaises conditions de travail qui règnent dans la branche (bas salaires, pratiquement pas de CCT, risques de braquage) que la qualité de vie (nuisances pour les voisins des « shops ») ont été mises en avant par les syndicats, qui ont aussi insisté sur la nécessité, pour la société, de bénéficier de plages de repos communes à toute la population. Le peuple s’est rangé de leur côté à plus de 70 % des voix ! 
</p><p>Le même jour, les électeurs et électrices lucernois ont aussi refusé de prolonger les horaires des commerces. Même si la modification avait l’air anodine (une heure de plus par semaine seulement, le samedi), près de 55 % des électeurs et électrices l’ont refusée. Les syndicats ont montré qu’il ne s’agissait en effet que de l’avant-goût d’une initiative des jeunes libéraux-radicaux au contenu similaire à celui de l’initiative « Le client est roi », qui sera soumise au vote populaire cet automne. 
</p><h3>Tirer les leçons des résultats des votations ? </h3><p>Cette nette double-défaite des partisans du « 24 heures sur 24 » indique que, contrairement à ce que d’aucuns voudraient nous faire accroire, les citoyen(ne)s-consommateurs/consommatrices tiennent, eux aussi, à la santé des salarié(e)s et à la qualité de vie qu’une prolongation des horaires des magasins ne manquerait pas de dégrader, comme nous l’avons déjà montré. Et ces résultats sont de très bon augure avant un éventuel référendum contre le travail de nuit et du dimanche dans les échoppes de stations-service.
</p><p> La Commission des redevances et de l’économie du Conseil des États (CER-E) a déjà tiré les leçons de ces scrutins en rejetant, le 26 juin, la motion Hutter. Et pour ce qui est de l’initiative parlementaire Lüscher, la même commission a montré qu’elle était consciente du problème. En effet, elle ne l’accepte que sous une forme atténuée, ce qui, comparé à la décision du Conseil national, est un progrès. Par rapport à cette dernière, la solution adoptée par la CER-E entraînerait plus de travail de nuit, mais pas plus de travail du dimanche. Toutefois, au vu de l’état d’esprit évident de la population sur ces questions, cette initiative doit être, elle ausisi, rejetée dans sa totalité. 
</p><p>Dans sa grande majorité, le peuple est satisfait des actuelles heures d’ouverture des commerces. C’est pourquoi l’Union syndicale suisse (USS) espère que la Chambre des cantons rejettera l’initiative parlementaire Lüscher. Aux yeux de l’USS en effet, il est clair que, pour des raisons sociales et de santé, le travail de nuit et le travail du dimanche doivent rester des exceptions. Et, si nécessaire, elle combattra par la voie référendaire toute banalisation de ces formes de travail. </p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-817</guid><pubDate>Thu, 28 Jun 2012 10:57:00 +0200</pubDate><title>Précarité, quand tu nous tiens…</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/precarite-quand-tu-nous-tiens</link><description>La crise de l’emploi des jeunes</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">La situation devient alarmante : le chômage des jeunes a atteint des records sans précédent dans de nombreux pays développés. Comme un arbre qui nous cache la forêt, le faible taux de chômage des jeunes en Suisse nous donne une fausse impression de confort. Pourtant, les indices ne manquent pas : chez nous également, on assiste peu à peu à une dégradation des conditions d’embauche pour cette catégorie de la population.</p><p>&nbsp;</p><p> La crise économique a touché les jeunes plus fortement que la moyenne des personnes actives. Le phénomène est particulièrement frappant dans les économies développées et l’Union européenne (UE) : le chômage des jeunes y a atteint un taux de 18,1 %, un niveau jamais égalé depuis le début des années 1990. Parallèlement au chômage, on assiste aussi chez les jeunes à une forte dégradation des conditions d’entrée sur le marché du travail et une augmentation des emplois précaires. Selon Eurostat, ce n’est pas moins de 42 % des personnes de moins 25 ans qui sont concernés par le travail temporaire en Europe (UE des 27), alors que cette forme d’emploi ne concerne « que » 15 % des personnes actives. Au vue des perspectives globales de croissance, il est à craindre que le marché du travail pour les jeunes ne continue à se détériorer en Europe et dans le monde ces prochaines années. 
</p><p>En comparaison internationale, la Suisse reste pour le moment relativement épargnée. Son faible taux de chômage cache cependant un phénomène qui est aussi en augmentation dans notre pays, à savoir l’accroissement, chez les jeunes, de formes atypiques d’emploi. En Suisse, un tiers des travailleurs et travailleuses temporaires ont moins de 26 ans, alors qu’ils représentent à peine 10 % de la population active. Une étude du SECO parue en 2010 faisait état d’une augmentation des rapports de travail précaires chez les jeunes de 6 % à plus de 9 % entre 2004 et 2008. L’instabilité économique qui règne depuis 2008, les durcissements de la loi sur le chômage — entrée en vigueur en avril 2011 — sont des facteurs qui auront probablement contribué à accentuer cette tendance ces quatre dernières années. 
</p><h3>Agir avant la tempête </h3><p>Dans de nombreux pays, l’absence de perspectives pour la jeunesse est une bombe à retardement. La Suisse se doit d’agir en amont pour offrir les meilleures perspectives d’avenir possibles à ses jeunes. En comparaison internationale, elle dispose d’atouts qu’elle pourrait et doit mieux exploiter.
</p><h3>Pour un système de formation professionnelle capable de se remettre en question </h3><p>Des études internationales ont montré que les pays dans lesquels le système de formation professionnel dual (formation en école professionnelle et entreprise) est bien implanté dans le tissu économique, connaissent un taux de chômage des jeunes particulièrement bas en comparaison européenne. C’est le cas de la Suisse, de l’Allemagne, du Danemark et de l’Autriche. L’évolution des valeurs amène cependant de plus en plus de jeunes à suivre une formation gymnasiale au détriment de la formation professionnelle. Afin de maintenir l’attractivité de cette dernière pour eux il faut oser envisager l’apprentissage sous un angle différent ; et le fait qu’ils soient tendanciellement moins nombreux dans cette catégorie d’âge le permet d’autant mieux : 
</p><p>Pour les apprenti(e)s, l’école ne s’arrête pas à 15 ans. Au contraire, l’apprentissage mène même de nombreux jeunes à des études supérieures. Pour les syndicats, il n’y a pas l’ombre d’un doute : à long terme, la réduction du temps passé en entreprise en faveur du temps scolaire s’imposera, faute de quoi l’apprentissage ne répondra finalement plus ni aux exigences du marché du travail, ni aux attentes de la jeunesse. 
</p><p>Contrairement aux idées propagées par la Confédération, la formation professionnelle ne doit pas à tout prix être « une activité rentable » pour les entreprises. Aucun(e) apprenti(e) ne se sent stimulé dans une entreprise qui le considère comme un facteur de rentabilité. Pour les syndicats, les bonnes entreprises formatrices investissent sans compter pour la formation de leurs jeunes et proposent des conditions salariales et des horaires décents.
</p><h3>Pour une protection sociale qui sort de l’impasse </h3><p>L’entrée des jeunes sur le marché du travail représente une phase délicate qui va être déterminante pour la suite de leur parcours professionnel. Plus que jamais, ceux-ci ont besoin de soutien dans cette phase de transition. Le démantèlement des prestations de l’assurance-chômage en 2011, de même que l’abaissement de l’âge de protection des jeunes travailleurs et travailleuses en 2008 allaient à rebours du bon sens. Pour briser la spirale de la précarité, qui touche de plus en plus de jeunes, il faut rétablir des prestations de chômage dignes de ce nom et introduire un salaire minimum légal pour tous. 
</p><h3>Pour un partenariat social qui se soucie des jeunes </h3><p>La précarisation de l’emploi des jeunes favorise l’érosion du marché du travail régulier ; ceci, à la barbe des systèmes traditionnels de régulation. Rares notamment sont les conventions collectives de travail qui intègrent les apprenti(e)s, les stagiaires ou les temporaires dans leur champ de protection. Or, les jeunes sont déterminants pour le système : leur rapport au marché du travail dépendra fortement de leurs premières expériences. C’est pourquoi, il faut tabler à l’avenir sur un partenariat social qui les intègre systématiquement dans les systèmes de protection en les faisant notamment participer au dialogue.  </p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-802</guid><pubDate>Wed, 27 Jun 2012 11:40:00 +0200</pubDate><title>Vêtements professionnels: «bien habillés» au travail, mais à quel prix?</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/vetements-professionnels-bien-habilles-au-travail-mais-a-quel-prix</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Policières, pompiers, secouristes, employés de voirie, chirurgiennes et postiers portent tous des vêtements bien spécifiques: des vêtements professionnels. Ces «uniformes», achetés en grande partie par l’Etat et donc financés par les impôts, inspirent souvent le respect, mais qu’en est-il des êtres humains qui les produisent? Les vêtements professionnels suisses sont généralement fabriqués à l’étranger, dans des conditions qui relèvent trop souvent de l’exploitation.</p><p>En Suisse, quelque deux millions de personnes, soit près de 50% de la population active, sont équipées de vêtements professionnels. Ces tenues remplissent différentes fonctions. Elles permettent notamment d’identifier les policiers et les contrôleurs CFF, protègent les pompiers des flammes dévastatrices et les employés de voirie de la saleté ou garantissent une certaine hygiène à celles et ceux qui les portent, comme le personnel médical. En bref: les vêtements de travail jouent un rôle essentiel dans de nombreuses professions et font partie de notre quotidien.<br><b>Les achats risqués du secteur public</b><br>Le secteur public est l’un des principaux acheteurs sur le marché des vêtements professionnels. La Confédération, les cantons, les communes et les hôpitaux font régulièrement l’acquisition d’uniformes, de blouses médicales et autres produits textiles. Les vêtements et les textiles sont connus pour être des produits à risque, dont les conditions de production posent problèmes dans le monde entier: salaires de misère, heures supplémentaires excessives, protection insuffisante de la santé au travail et violations des normes fondamentales de l’OIT.<br>Dans sa politique et ses pratiques d’achat, le secteur public a le devoir de se montrer exemplaire. La Confédération, les cantons, les communes et les hôpitaux devraient exiger des entreprises de vêtements professionnels qu’elles les informent de manière transparente sur leur chaîne d’approvisionnement, jusqu’à l’usine où sont effectivement produits les vêtements. De plus, le secteur public ne devrait acheter de marchandises qu’aux fournisseurs ayant ancré le respect de critères sociaux minimaux au centre de leur pratique commerciale, comme par exemple les normes fondamentales de l’OIT (interdiction du travail forcé, du travail des enfants, de la discrimination et garantie des libertés syndicales), la limitation du temps de travail et le versement d’un salaire de subsistance. (<a href="http://www.evb.ch/fr/p20151.html" target="_blank" rel="noreferrer">Lire nos revendications complètes</a>). Les recherches de la DB montrent que l’Etat n’assume pas systématiquement son rôle d’exemple: le respect des critères sociaux minimaux et la transparence de la chaîne d’approvisionnement pèsent encore très peu au moment de la décision d’achat.<br><b>Des lois cantonales insuffisantes</b><br>Au niveau fédéral, une ordonnance exige le respect des normes fondamentales de l’OIT aussi bien pour les marchandises produites en Suisses qu’à l’étranger. La Confédération a ainsi posé un jalon important, en comparaison européenne. Cependant, environ 80% des achats sont effectués au niveau des cantons et des communes et, fédéralisme oblige, ils sont régis par les lois cantonales.<br>Or, jusqu’à maintenant, très peu de cantons ont intégré le respect des normes fondamentales de l’OIT dans leur législation. Les résultats du questionnaire envoyé par la DB/CCC aux centrales d’achat publiques montrent que des critères tels que la limitation du temps de travail ou le versement d’un salaire de subsistance n’influencent que très peu la décision d’achat de vêtements professionnels aux niveaux cantonal et communal. Rares sont les exceptions. Quand aux contrôles, si contrôles il y a, ils n’ont lieu que sur la base des déclarations volontaires des fournisseurs. Le respect de critères sociaux n’est donc pas garanti dans le secteur des vêtements professionnels.
</p><p><a href="http://www.evb.ch/fr/p20151.html" target="_blank" class="external-link" rel="noreferrer">Lisez nos revendications</a></p><p><a href="http://www.evb.ch/fr/p20122.html" target="_blank" class="external-link" rel="noreferrer">Signez la petition</a></p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-814</guid><pubDate>Mon, 25 Jun 2012 16:44:00 +0200</pubDate><title>Solidarité avec les victimes de Xstrata, Glencore et autres multinationales</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/solidarite-avec-les-victimes-de-xstrata-glencore-et-autres-multinationales</link><description>Manif à Zoug, le 11 juillet à 19 heures</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Les géants des matières premières Glencore (160 milliards de chiffre d’affaires) et Xstrata (35 milliards) décideront les 11 et 12 juillet à Zoug de leur fusion. Dans ce contexte aura également lieu à Zoug, le soir du mercredi 11 juillet, une manifestation soutenue notamment par l’Union syndicale suisse (USS). </p><p>Les multinationales suisses, en l’occurrence zougoises, comme Xstrata et Glencore, violent les droits humains et les droits sociaux, causent des dégâts à l’environnement et empoisonnent les eaux, cachent ce qui se passe dans leurs filiales, transfèrent leurs bénéfices dans des paradis fiscaux et creusent encore plus le fossé mondial entre riches et pauvres.
</p><p>Elles incarnent un monde dans lequel la population totale des 96 pays les plus pauvres gagne moins en une année que ce qu’ont gagné les six managers de Glencore lorsque celle-ci est entrée en Bourse. Et, pour la fusion avec Glencore, les managers de Xstrata toucheront 370 millions de francs. Pour la Suisse, le nouveau super-groupe représentera aussi un risque majeur en soi et pour sa réputation. 
</p><p>En avril dernier, les deux œuvres d’entraide chrétiennes Action de carême et Pain pour le prochain ont découvert comment Glencore profitait de conditions de travail et du travail des enfants, tous deux inacceptables, existant en République Démocratique du Congo (RDV). Ainsi, dans la mine dite «&nbsp;inactive&nbsp;» de Tilwezmbe, près de 700 enfants n’ayant pas atteint la majorité travaillent de manière informelle comme «&nbsp;creuseurs&nbsp;». Les accidents mortels sont fréquents, car ils travaillent sans équipements de sécurité dans des puits pouvant descendre à plus de 80 mètres. La mine appartient à une filiale de Glencore qui en reçoit des matières premières. Selon Pain pour le prochain, la Kamoto Copper Company, qui appartient à Glencore, a économisé en deux ans près de 200 millions de dollars d’impôts, aux dépens de la RDC.
</p><p>Autre filiale de Glencore, Mopani (Zambie), pratique une forme semblable d’«&nbsp;optimisation fiscale&nbsp;». Pays parmi les plus pauvres, la Zambie perd chaque année, selon l’œuvre d’entraide britannique «&nbsp;Christian Aid&nbsp;», environ 174 millions de dollars. Une partie des recettes fiscales dont l’Afrique est ainsi privée se retrouve dans les recettes fiscales zougoises. 
</p><p>Depuis des semaines, Xstrata fait les manchettes de la presse parce que la population et les autorités de la région d’Espinar protestent contre la mine Xstrata de Tintaya au Pérou. Fin mai, la police, qui a la réputation d’être au service du groupe zougois, a tué deux manifestants, un travailleur de la construction et un agriculteur. Près de 100 personnes furent aussi blessées et des douzaines arrêtées. Les manifestant(e)s protestent contre le fait que le groupe minier refuse d’entrer en matière sur les reproches qui lui sont faits de polluer l’environnement. Deux études, réalisées en 2012 et 2011, attestent pourtant de la présence de métaux lourds dans les sols et les eaux ainsi que dans le sang et l’urine de la population qui vit dans la proximité directe de cette mine à ciel ouvert. Et l’on pourrait encore citer d’autres tristes exemples concernant ces deux groupes&nbsp;: en Argentine, en Bolivie, en Colombie, en Afrique du Sud.
</p><p>Les principaux buts de la manifestation zougoise sont&nbsp;: </p><ul><li>le respect des droits humains, en particulier des droits du travail et des peuples indigènes partout dans le monde&nbsp;; </li><li>le respect de la nature et de l’environnement&nbsp;; </li><li>l’interdiction de la spéculation sur les produits alimentaires&nbsp;; </li><li>la libération des manifestant(e)s arrêtés à Espinar, au Pérou&nbsp;;</li><li>la publication de la structure de l’actionnariat dans les registres cantonaux du commerce&nbsp;; </li><li>la ventilation par pays des données concernant les filiales&nbsp;; </li><li>l’application aux négociants en matières premières de la loi sur le blanchissement de l’argent&nbsp;;</li><li>la mise sur pied d’égalité au plan fiscal des sociétés suisses et étrangères et, par conséquent, l’abolition des privilèges fiscaux pour les multinationales des matières premières&nbsp;; </li><li>un droit sans frontière, </li><li>un monde plus juste&nbsp;!</li></ul><p>Soutenue par l’USS, l’Union syndicale du canton de Zoug et les syndicats Unia, SEV, ssp et Syndicom, la manifestation commencera le 11 juillet à 19 heures à la gare de Zoug sur la Unteren Postplatz, qui se trouve entre le bâtiment d’Xstrata et celui du gouvernement. </p>]]></content:encoded><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-813</guid><pubDate>Thu, 21 Jun 2012 15:46:00 +0200</pubDate><title>Une large coalition s’oppose à un second tube au Gothard</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/une-large-coalition-s-oppose-a-un-second-tube-au-gothard</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Avec plus de 30 organisations nationales et régionales l’USS en appelle au Conseil fédéral et au Parlement à renoncer à la construction d’un second tube routier au Gothard et de compenser par une offre ferroviaire la capacité du tube routier durant la période de l’assainissement. Dans &lt;media 480&gt;leur appel&lt;/media&gt; les organisations signataires affirment à nouveau leur détermination à combattre toute modification de l’article constitutionnel sur la protection des Alpes et de la loi fédérale sur le transit routier par tous les moyens démocratiques à leur disposition.  
</p><p>La Confédération a démontré à l’aide de diverses études que le tunnel routier du Gothard pouvait être assaini sans devoir construire au préalable un second tube routier. Une offre de rechange performante pour transférer les voitures et les camions sur le rail permettrait à la fois de maintenir la circulation dans les deux sens et de désenclaver le Tessin sur le plan du trafic routier et de le relier au reste de la Suisse. En outre, le tunnel de base du Gothard permettra dès 2016 de franchir un pas en avant capital tant pour les personnes que pour les marchandises transitant à travers les Alpes. Giorgio Tutti, le président du SEV syndicat du personnel des transports, insiste : « Il est inadmissible que la Suisse sape sa nouvelle offre en matière de rail en voulant construire un nouveau tube routier. Cela reviendrait à donner à l’UE un signal désastreux, à savoir que la Suisse n’accorde que peu d’importance au transfert de la route au rail. » </p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-812</guid><pubDate>Wed, 20 Jun 2012 16:01:00 +0200</pubDate><title>Conflit social chez Merck Serono</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/conflit-social-chez-merck-serono</link><description>L’USS se solidarise avec les grévistes</description><content:encoded><![CDATA[<p>Convoqués en Assemblée extraordinaire au début de leur 4ème journée de grève, les 400 personnes présentes ont pris connaissance de la convocation de la CRCT qui interrompt les mesures de lutte. Unia et le personnel de Merck Serono salue le fait que le groupe soit désormais obligé de négocier sur le plan social. Ils restent cependant mobilisés si aucun progrès ne devait se faire sentir du côté de la direction. Ils appellent aussi le Conseiller fédéral Schneider-Ammann à actionner tous les leviers possibles pour concrétiser le projet d’Institut pour la Haute Technologie Médicale issu de la task force. Une standing ovation a salué le courage des 10 personnes qui avaient entamé une grève de la faim hier. 
</p><p>&lt;media 477 - linkicon "TEXT, 120620 Greve Merck-Serono web, 120620_Greve_Merck-Serono_web.pdf, 68 KB"&gt;Message de solidarité de l'USS<br>&lt;/media&gt;
</p><p><a href="http://www.unia.ch/Meldungen.6267.0.html" target="_blank" class="external-link" rel="noreferrer">plus d'information sur www.unia.ch<br></a></p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-810</guid><pubDate>Tue, 19 Jun 2012 16:03:00 +0200</pubDate><title>Halte à une politique migratoire sans humanité</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/halte-a-une-politique-migratoire-sans-humanite</link><description>Appel à la manifestation du 23 juin</description><content:encoded><![CDATA[<p>En Suisse, la chasse aux migrantes et migrants a atteint un triste sommet lors de la session d’été du Conseil national. Le durcissement de la loi sur l’asile imposé par la droite bourgeoise avec l’aide de partis du centre complaisants va trop loin. Son but : dégrader les conditions de vie des requérant(e)s d’asile jusqu’à ce qu’ils s’en aillent, dans l’idéal « volontairement » et que plus personne n’ait l’idée de venir en Suisse pour échapper à ses tortionnaires. Son slogan : « Dehors les étrangers ! ». Qui ne l’entend pas ? 
</p><p>La tradition humanitaire de la Suisse est traitée par-dessous la jambe afin de pouvoir faire de la loi sur l’asile un pur et simple instrument de répression pour rejeter les migrantes et les migrants. 
</p><p>Nous protesterons ensemble contre cette attitude le 23 juin sous le slogan « Halte à une politique migratoire sans humanité ! ». Rassemblement à 15 h 30, sur la Schützenmatte à Berne. &lt;media 475 - - "TEXT, Plaki A4 FR def1, Plaki_A4_FR_def1.pdf, 1.9 MB"&gt;Vers le tract &lt;/media&gt;</p>]]></content:encoded><category>Migration</category><category>International</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-808</guid><pubDate>Tue, 19 Jun 2012 12:01:00 +0200</pubDate><title>Le G20 est informé que les électeurs veulent que les banques réinjectent dans l’économie mondiale </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/le-g20-est-informe-que-les-electeurs-veulent-que-les-banques-reinjectent-dans-l-economie-mondiale</link><description>63% soutiennent une taxe sur les transactions financières</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Selon le nouveau sondage d’opinion mondial effectué dans 13 pays et commandé par la Confédération syndicale internationale, 63&nbsp;% des personnes sondées soutiennent une taxe sur les transactions financières – souvent dénommée «&nbsp;taxe Robin des bois&nbsp;» – afin que les banques et les institutions financières apportent une contribution en retour à la société.</p><p>Les syndicats soumettront le sondage aux dirigeants mondiaux au Sommet du G20 à Los Cabos. En vue de remettre au menu du G20 la TTF, le président français François Hollande prévoit d’aborder la question avec ses homologues lors du premier Sommet du G20 depuis son élection. 
</p><p>La TTF bénéficie également d’un grand soutien dans les pays étudiés du G20 (63&nbsp;%) et est même plus populaire dans les six pays de l’UE (73&nbsp;% la soutiennent, 10 points au-dessus de la moyenne globale). À la fin de cette semaine (vendredi), les ministres des Finances de l’UE se réuniront pour décider d’une TTF au niveau de l’UE&nbsp;: ils savent désormais que les électeurs européens veulent qu’ils avancent.
</p><p>Aux États-Unis, la connaissance de cette imposition est faible, dans la mesure où seulement 17&nbsp;% des personnes interrogées connaissaient la TTF comme moyen pour les banques de contribuer à la société. Toutefois, après leur avoir expliqué, leur soutien atteignait 63&nbsp;%.
</p><p>«&nbsp;Quatre ans après l’éclatement de la crise, le chômage mondial atteint 210 millions, les revenus diminuent et la majorité de la population n’est pas en mesure d’économiser. La TTF permettrait de réinjecter 480 millions d’euros dans l’économie mondiale et de freiner la spéculation financière&nbsp;», a affirmé Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI.
</p><p>La colère et le ressentiment sont de plus en plus grands à l’égard des banques internationales et des grandes entreprises car ils n’ont pas payé assez pour résoudre la crise financière mondiale. Soixante-dix-huit pour cent des personnes sondées considèrent que les banques internationales devraient payer davantage, et 77&nbsp;% estiment que les grandes entreprises devraient payer plus.
</p><p>«&nbsp;Il est désormais temps que Wall Street paie sa juste part moyennant une taxe sur les transactions financières qui créerait des emplois, jugulerait la spéculation, lèverait des centaines de milliards de nouvelles recettes et jetterait les bases d’une prospérité économique à long terme&nbsp;», a déclaré Richard Trumka, président de l’AFL-CIO.
</p><p>«&nbsp;Il est temps que le gouvernement britannique prenne position, au lieu de jouer le rôle de défenseur des intérêts de la City&nbsp;; il est clair qu’une TTF bénéficie d’un très large soutien de l’opinion publique dans le monde entier, transformera les finances publiques et favorisera la croissance et la justice sociale&nbsp;», a affirmé Brendan Barber, secrétaire général du TUC.
</p><p>Le mouvement syndical international a prévenu que le contrat démocratique avec les électeurs est rompu dans de nombreux pays après que le sondage mondial de la CSI révèle les tendances alarmantes indiquant que 67&nbsp;% des personnes estiment que les électeurs n’ont pas assez d’influence sur les décisions économiques.
</p><p>«&nbsp;Les gouvernements doivent tenir compte de leur population, au risque de voir s’accroître l’instabilité politique et économique. Les banques et les grandes entreprises ont trop d’emprise sur les économies nationales. Une taxe sur les transactions financières constitue un bon moyen de veiller à ce les banques internationales apportent une contribution en retour à l’économie mondiale&nbsp;», a déclaré Sharan Burrow.
</p><p>Les syndicats remettront le sondage aux dirigeants mondiaux lors des réunions au G20, notamment à David Cameron (Royaume-Uni), à Julia Gillard (Australie), à Angela Merkel (Allemange), à Cristina Kirchner (Argentine), à Yoshihiko Noda (Japon), ainsi qu’à Christine Lagarde (FMI) et à Ángel Gurría (OCDE).</p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-801</guid><pubDate>Wed, 13 Jun 2012 14:35:00 +0200</pubDate><title>Le dimanche ne doit pas être sacrifié sur l’autel d’intérêts purement économiques</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-dimanche-ne-doit-pas-etre-sacrifie-sur-l-autel-d-interets-purement-economiques</link><description>Une alliance contre le travail dominical</description><content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;Les offensives dirigées contre le repos dominical se font toujours plus culottées, surtout en ce qui concerne le commerce de détail. Désormais, une Alliance «&nbsp;Pour un dimanche sans travail&nbsp;» combat cette suppression rampante du repos dominical. Composée de syndicats, d’Églises, d’organisations féminines et de médecins du travail, elle estime nécessaire le maintien d’un jour commun voué au repos, à la communauté, à la famille et la liberté. Voici la déclaration de sa fondation. 
</p><h5>documents sur l'article</h5><p>&lt;media 444 - linkicon "TEXT, Gruendungserklaerung Sonntagsallianz d, Gruendungserklaerung_Sonntagsallianz_d.pdf, 12.5 KB"&gt;Déclaration de fondation de l’Alliance «Pour un dimanche sans<br>travail » en Suisse&lt;/media&gt;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-800</guid><pubDate>Wed, 13 Jun 2012 12:20:00 +0200</pubDate><title>Le premier sondage d’opinion international de la CSI révèle une méfiance profonde à l’égard des décideurs économiques</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/le-premier-sondage-d-opinion-international-de-la-csi-revele-une-mefiance-profonde-a-l-egard-des-decideurs-economiques</link><description>Degré alarmant d’incertitude à l’échelle mondiale à la veille du Sommet du G20, indiquent les syndicats</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">12 juin 2012 : Le premier <a href="http://www.ituc-csi.org/sondage-d-opinion-mondial-2012-de.html" target="_blank" rel="noreferrer">sondage</a> d’opinion mondial commandé par le syndicat mondial, dont le siège se trouve à Bruxelles et qui représente 175 millions de membres dans le monde entier, révèle une méfiance profonde, une crainte et une impuissance politique dans la moitié des économies du G20, dans six pays européens et dans quatre économies émergentes. </p><p>Le <a href="http://www.ituc-csi.org/sondage-d-opinion-mondial-2012-de.html" target="_blank" rel="noreferrer">sondage</a>, commandé par la Confédération syndicale internationale à la société internationale d’étude de marché TNS, couvre au total 13 pays.
</p><p>Publiée la veille de la réunion du Sommet du G20 au Mexique, qui débutera le 18 juin, le sondage révèle une opposition généralisée aux mesures d’austérité, un effondrement de la croyance selon laquelle les gouvernements servent les intérêts de leurs électeurs ainsi qu’un ferme soutien aux législations du travail dans les 13 pays où le sondage a été réalisé, a déclaré Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI.
</p><p>Les résultats du <a href="http://www.ituc-csi.org/sondage-d-opinion-mondial-2012-de.html" target="_blank" rel="noreferrer">sondage</a>, réalisé en mai en Allemagne, en Belgique, au Brésil, en Bulgarie, au Canada, en France, en Grèce, en Indonésie, au Japon, au Mexique, en Afrique du Sud, au Royaume-Uni et aux États-Unis, résonnent comme une sonnette d’alarme non seulement pour ces gouvernements, mais également pour la gouvernance financière mondiale, signale Sharan Burrow.
</p><p>Le <a href="http://www.ituc-csi.org/sondage-d-opinion-mondial-2012-de.html" target="_blank" rel="noreferrer">sondage</a> révèle que&nbsp;: </p><ul><li>&nbsp;58% des personnes considèrent que leur pays avance dans la mauvaise direction&nbsp;; </li><li>&nbsp;66% ont le sentiment que les générations futures vivront moins bien&nbsp;; </li><li>&nbsp;67% pensent que les banques et les institutions financières internationales ont trop d’influence sur les décisions économiques prises par leur gouvernement. Inversement, 67% considèrent que les électeurs n’ont pas assez d’influence sur les décisions économiques.</li></ul><p>«&nbsp;Le contrat démocratique avec les électeurs est rompu dans de nombreux pays et les gouvernements doivent prêter attention à leur population, au risque de voir s’accroître l’instabilité politique et économique&nbsp;».
</p><p>«&nbsp;L’orthodoxie économique mondiale est largement rejetée par la population, et cette montée de l’opinion antigouvernementale et contre l’austérité dans autant de pays devrait conduire à une nouvelle réflexion urgente à l’échelle mondiale&nbsp;».
</p><p>«&nbsp;Si elles devaient choisir une politique économique, 66% des personnes interrogées soutiennent la mesure mise en œuvre par le gouvernement pour investir dans la création d’emplois afin de permettre la croissance et de pouvoir rembourser les dettes, alors que seulement 24% veulent que les dettes soient remboursées maintenant, en réduisant les dépenses publiques&nbsp;», a affirmé Sharan Burrow.
</p><p>Le <a href="http://www.ituc-csi.org/sondage-d-opinion-mondial-2012-de.html" target="_blank" rel="noreferrer">sondage</a> dévoile, en outre, des degrés croissants d’incertitude quant au revenu familial et à la sécurité de l’emploi&nbsp;: </p><ul><li>&nbsp;une personne interrogée sur sept est un(e) travailleur/euse pauvre – qui n’a pas assez d’argent pour les biens de première nécessité, comme le logement, la nourriture et l’électricité&nbsp;; </li><li>&nbsp;les revenus de 58% des personnes ont diminué par rapport au coût de la vie&nbsp;; </li><li>&nbsp;une personne sur trois pense que son emploi est moins sûr qu’il y a deux ans.</li></ul><p>Le <a href="http://www.ituc-csi.org/sondage-d-opinion-mondial-2012-de.html" target="_blank" rel="noreferrer">sondage</a> met en évidence un rejet total des mesures d’austérité prises par certains gouvernements et le soutien aux emplois et à l’investissement dans l’infrastructure.
</p><p>«&nbsp;Le <a href="http://www.ituc-csi.org/sondage-d-opinion-mondial-2012-de.html" target="_blank" rel="noreferrer">sondage</a>, mené dans 13 pays, y compris la moitié des pays du G20, montre que l’opinion publique ne se range pas du côté des gouvernements, ne croit pas au message d’austérité et est très pessimiste&nbsp;», a indiqué Sharan Burrow.
</p><p>Sharan Burrow a signalé que les résultats du <a href="http://www.ituc-csi.org/sondage-d-opinion-mondial-2012-de.html" target="_blank" rel="noreferrer">sondage</a> semblent indiquer une colère généralisée contre les personnes considérées comme les responsables de la crise financière mondiale et un ressentiment parmi ceux qui doivent payer pour les erreurs des gouvernements et du secteur bancaire et financier international.
</p><p>Le <a href="http://www.ituc-csi.org/sondage-d-opinion-mondial-2012-de.html" target="_blank" rel="noreferrer">sondage</a> révèle que&nbsp;: </p><ul><li>&nbsp;78% des personnes pensent que les banques et les institutions financières internationales devraient payer plus pour la crise financière mondiale&nbsp;; </li><li>&nbsp;45% des personnes estiment que les petites entreprises devraient payer moins pour la crise financière et 50% pensent que les travailleurs devraient payer moins pour régler la crise financière.</li></ul><p>Une première mondiale&nbsp;: le sondage a également examiné le soutien aux législations fondamentales du travail parmi la population dans les 13 pays.
</p><p>«&nbsp;Ce <a href="http://www.ituc-csi.org/sondage-d-opinion-mondial-2012-de.html" target="_blank" rel="noreferrer">sondage</a> de l’opinion publique révèle, en outre, un ferme soutien aux législations protégeant les droits des travailleurs&nbsp;», a indiqué Sharan Burrow.</p><ul><li>70% des personnes pensent que les lois actuelles ne protègent pas la sécurité de l’emploi des travailleurs&nbsp;; </li><li>89% des personnes soutiennent le droit de s’affilier à un syndicat&nbsp;;</li><li>86% des personnes soutiennent le droit de négociation collective.</li></ul><p>Le mouvement syndical international présentera les points de vue des travailleurs/euses aux dirigeants mondiaux qui se réuniront à Los Cabos à l’occasion du Sommet du G20 les 18 et 19 juin.</p>]]></content:encoded><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-798</guid><pubDate>Wed, 13 Jun 2012 11:23:00 +0200</pubDate><title>Sprint final pour 3 NON</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/sprint-final-pour-3-non</link><description>Votations du 17 juin : 3 miroirs aux alouettes</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Trois objets, trois miroirs aux alouettes. Une bonne raison de dire trois fois NON le 17 juin prochain. Mais ces NON ne s’imposeront que si tout le monde va voter, vos proches aussi.</p><p>Premier miroir aux alouettes&nbsp;: Le projet de réseaux de soins intégrés «&nbsp;Managed care&nbsp;» promet des économies et des traitements médicaux plus efficients. Dans les faits, il renforcera le pouvoir des caisses-maladie et fera du libre choix du médecin un privilège réservé aux nanti(e)s. Ce projet introduira aussi la coresponsabilité budgétaire des réseaux. Conséquence&nbsp;: à l’avenir, les prestations médicales ne seront plus décidées d’abord sur la base d’un diagnostic objectif, mais en fonction de critères économiques. Et certaines d’entre elles seront même refusées. 
</p><p>Deuxième miroir aux alouettes&nbsp;: L’initiative Accéder à la propriété grâce à l’épargne-logement&nbsp;» lancée par l’organisation des propriétaires promet aux classes moyennes l’encouragement de l’accès à la propriété. Dans les faits, elle permettra uniquement aux plus riches d’économiser des impôts. Autrement dit, plus, et non pas moins, d’inégalités sociales.
</p><p>Troisième miroir aux alouettes&nbsp;: L’Association pour une Suisse indépendante et neutre promet que son initiative «&nbsp;Accords internationaux&nbsp;: la parole au peuple&nbsp;» apportera plus de démocratie en matière de politique étrangère. Dans les faits, elle débouchera sur un grand nombre de votations inutiles et donnera encore plus d’importance à l’obstacle que représente la majorité des cantons. 
</p><p>Nous ne nous laisserons pas mystifier&nbsp;! C’est pourquoi nous voterons 3 fois NON à ces 3 miroirs aux alouettes&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-796</guid><pubDate>Tue, 12 Jun 2012 16:49:00 +0200</pubDate><title>Égalité salariale : Désormais, il faut que les choses avancent rapidement		</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/egalite-salariale-desormais-il-faut-que-les-choses-avancent-rapidement</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 14 juin, jour du 21e anniversaire de la légendaire grève des femmes, les femmes des syndicats dénonceront une nouvelle fois à Berne la lenteur avec laquelle l’égalité des salaires s’installe en Suisse. Elles exigeront des parlementaires fédéraux un engagement plus soutenu sur cette question.  
</p><p>« Cette lettre vous invite à vous engager dans votre rayon d’action immédiat – par exemple en tant qu’employeur ou membre d’un conseil d’administration – pour que les entreprises qui vous sont proches adhèrent au Dialogue sur l’égalité des salaires. Nous vous prions aussi de nous informer de vos démarches dans ce sens. À ce jour, vingt entreprises ont fait le pas. » 
</p><p>Ces lignes sont extraites d’une lettre adressée aux membres du Parlement fédéral par la Commission féminine de l’USS le 8 mars dernier, Journée internationale de la femme. Depuis lors, le nombre d’entreprises à jouer le jeu dans le cadre de ce Dialogue est de 24. Un progrès plutôt maigre. Et les parlementaires n’ont pas encore prouvé par des actes concrets qu’ils sont réellement favorables à l’égalité des salaires entre les sexes. Dans ce cadre politique aussi, cette dernière traîne à s’imposer ! Néanmoins, certains signes permettent d’espérer. Ainsi, une commission du Conseil national a récemment accepté une initiative parlementaire de la députée Verte et coprésidente de la Commission féminine de l’USS, Franziska Teuscher, demandant que des contrôles officiels puissent être mise en place si le Dialogue sur l’égalité des salaires devait s’avérer insuffisant. Deuxièmement, le Parlement fédéral a décidé que le Conseil fédéral devait prévoir, dans son programme de législature, des mesures de lutte contre les discriminations salariales, y compris l’examen de la création de nouveaux instruments légaux.  
</p><p>Mardi 14 juin, les femmes de l’USS redemanderont aux parlementaires fédéraux de faire la preuve qu’ils sont favorables à l’égalité des salaires entre femmes et hommes. Elles rappelleront ce qu’elles leur avaient déjà écrit il y a trois mois, à savoir que :  
</p><p>« Depuis 30 ans, le droit, pour les femmes et les hommes, à un salaire égal pour un travail de valeur égale est inscrit dans la Constitution. Mais la situation réelle a peu évolué. Aujourd’hui encore, les femmes gagnent 18,4 % de moins que les hommes pour un travail équivalent. Il est vraiment temps de faire des progrès effectifs pour lever cette injustice! […] Vous ne sauriez rester indifférent au fait que les lois que vous votez restent inappliquées. » 
</p><p>Pour les femmes de l’USS, une chose est claire : si le nombre d’entreprises à rejoindre le Dialogue sur l’égalité des salaires jusqu’en 2014 reste insuffisant, l’arsenal juridique concernant l’égalité salariale devra être complété.  </p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-794</guid><pubDate>Fri, 08 Jun 2012 16:32:00 +0200</pubDate><title>Pétition «Stop aux coupes drastiques dans le trafic par wagons complets» </title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/petition-stop-aux-coupes-drastiques-dans-le-trafic-par-wagons-complets</link><description>Presque un point de desserte sur trois est en danger en Suisse</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">CFF Cargo examine 155 points de desserte servant au trafic par wagons         complets. Ils sont tous menacés de fermeture. Cette stratégie n'est pas         la bonne</p><p>&nbsp;</p><p class="lead"><a href="http://www.pro-cargo.ch/de/index.php" target="_blank" class="external-link" rel="noreferrer">Signer la pétition</a></p><p class="lead"><a href="http://goo.gl/maps/z6be" target="_blank" class="external-link" rel="noreferrer">Carte           des points concernés</a></p><p>CFF  Cargo veut supprimer 155 points de desserte parmi les 500  répartis en Suisse si  leur rentabilité ne s'améliore pas. Parmi ces  points de desserte, 29  appartiennent au réseau de base selon la  convention de prestations entre la  Confédération et les CFF. La filiale  des CFF qui a la main mise sur le système  de trafic par wagons  complets en Suisse veut se concentrer dès 2013 déjà sur un  « réseau  central efficient ». Cette décision est d'autant plus  incompréhensible  que le Conseil fédéral a reçu un mandat contraignant des  commissions  des transports des deux chambres de présenter une stratégie globale   pour le trafic marchandises en Suisse. CFF Cargo veut ainsi changer la  donne  avant que l'on ne sache à quoi ressemblera le futur mandat de la  Confédération  pour le trafic marchandises intérieur et comment sont  financement pourra être  réglé. 
</p><p>Le  Conseil fédéral a déjà pris la semaine passée, un peu trop  rapidement et en  totale contradiction avec le mandat donné par la  motion, une décision préalable  allant dans le sens du démantèlement  inconsidéré prévu par CFF Cargo. Ceci  avant même d'avoir répondu aux  diverses interventions parlementaires sur ce  thème.
</p><h3>Revendication principale</h3><p>CFF  Cargo doit stopper le projet de démantèlement du réseau jusqu'à ce que les  bases politiques soient claires.
</p><p>La  décision hâtive de CFF Cargo </p><ul><li> va amener plus de camions sur la route;  plusieurs dizaines de milliers de véhicules supplémentaires par année !</li><li> contredit les objectifs de politique  climatique de réduire les émissions de CO2.</li><li>néglige le mandat du Conseil fédéral  d'assurer un trafic marchandises ferroviaire intérieur couvrant tout le  territoire. </li><li>laisse passer une opportunité de générer  des éventuelles  indemnisations supplémentaires, même seulement pour une phase   transitoire jusqu'à l'acceptation d'une stratégie globale.</li><li>va à l'encontre de la volonté du peuple  qui demande clairement un transfert du trafic marchandises de la route au rail.</li><li>ne tient pas compte du fait qu'un  transfert du trafic  marchandises du rail sur la route aura des répercussions  économiques  par l'extension de certaines parties du réseau routier, la hausse  du  danger de bouchons pour le trafic individuel motorisé et une atteinte à  la  sécurité pour les autres acteurs du transport. </li><li>met en péril l'approvisionnement pour  les consommatrices et  consommateurs et amène à moyen terme (à cause de  l'explosion des coûts  suite aux répercussions économiques mentionnées  ci-dessus) une hausse  des prix des transports et de la consommation.</li><li>annihile les efforts des cantons, des  communes et des diverses  entreprises d'effectuer la distribution par rail par  le biais de voies  de raccordement et remet en question les investissements  réalisés.</li></ul><p>En  bref: Il s'agit d'éviter à CFF Cargo d'appliquer cette décision  qui a été prise  au mauvais moment et qui aura des répercussions  néfastes et durables pour  l'économie, l'écologie, la sécurité et la  consommation. Même si le volume de  marchandises touché par le  démantèlement, puisqu'effectué dans ces points de  desserte, n'est pas  très grand dans ces endroits, cette décision envoie un faux  signal à la  clientèle et au public et va à l'encontre de la volonté du peuple   exprimée à maintes reprises concernant le transfert du trafic. 
</p><p><a href="http://www.pro-cargo.ch/fr/index.php" target="_blank" class="external-link" rel="noreferrer">Si  vous êtes aussi d'avis que les marchandises appartiennent au rail, signez la  pétition.</a></p>]]></content:encoded><category>Transports</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-822</guid><pubDate>Fri, 08 Jun 2012 14:19:00 +0200</pubDate><title>Un contrat social pour l’Europe</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/un-contrat-social-pour-l-europe</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Réunis au sein de la Confédération européenne des syndicats, nous, dirigeants syndicaux d’Europe, lançons cet appel et proposons un contrat social pour l’Europe. </p><p>Nous observons les inégalités croissantes, l’augmentation de la pauvreté et de l’exclusion, le chômage qui explose, la précarité de l’emploi qui affecte surtout les jeunes et un désenchantement grandissant pour le projet européen. 
</p><p>Nous assistons à une augmentation inquiétante du nationalisme, du racisme et de la xénophobie. Cette tendance, aggravée par une concurrence des bas salaires, pourrait mener à un rejet du projet européen que la CES a toujours soutenu.
</p><p> Nous constatons que l’accord économique et social d’après-guerre qui a conduit à la création de l’Union européenne et du modèle social européen est menacé. Ce modèle social unique a généré des gains considérables pour les citoyens et les travailleurs et nous a permis de surmonter la crise et d’asseoir la prospérité.
</p><p> Nous affirmons que les droits sociaux fondamentaux doivent avoir la priorité sur les libertés économiques. C’est là l’esprit de la Charte des droits fondamentaux annexée au traité de Lisbonne. Cela doit être souligné dans un Protocole de progrès social à joindre aux traités. 
</p><p>Nous croyons que l'union monétaire doit contribuer au processus d’intégration européenne, basé sur les principes de paix, de démocratie et de solidarité ainsi que sur une cohésion économique, sociale et territoriale. C'est le moyen d’assurer un avenir aux citoyens dans un monde globalisé. 
</p><p>Nous rappelons que l’objectif déclaré de l’UE est le progrès économique et social. La réalisation des objectifs UE 2020 demande des sociétés socialement stables, une croissance économique durable et des institutions financières au service de l’économie réelle. 
</p><p>Nous croyons que c’est au travers du dialogue social que nous serons capables de trouver des solutions justes et efficaces pour répondre à la grave crise à laquelle l’Union est confrontée. Et pourtant, nous constatons malheureusement que l’exercice de la démocratie et le dialogue social sont souvent négligés, attaqués ou affaiblis. 
</p><p>Nous appelons l’UE à se concentrer sur des politiques qui améliorent les conditions de vie et de travail et assurent des emplois de qualité, des salaires justes, l’égalité de traitement, un véritable dialogue social, les droits syndicaux et autres droits humains, des services publics de qualité, la protection sociale, y compris des services de santé et des régimes de pension justes et durables, ainsi que sur une politique industrielle favorisant une transition juste vers un modèle de développement durable. De telles politiques contribueront à développer la confiance des citoyens dans leur avenir commun. 
</p><p>Nous rejetons toutes les politiques qui mènent à une concurrence vers le bas, que ce soit en matière de droits du travail, de salaires, de temps de travail, de sécurité sociale, d’impôts ou d’environnement. 
</p><p>Nous soutenons les politiques économiques coordonnées tout comme l’objectif d’assainissement des finances publiques mais nous déplorons les mesures de gouvernance économique mises en place qui menacent les acquis sociaux des dernières décennies, étouffent le développement durable, la relance économique et l’emploi et détruisent les services publics. C’est la raison pour laquelle nous sommes opposés au traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire (TSCG). 
</p><p>Nous nous inquiétons également de la méthode utilisée pour parvenir au traité TSCG qui a exclu toute participation sérieuse du Parlement européen et des citoyens. 
</p><p>Nous insistons pour que l’UE et ses États membres respectent scrupuleusement les instruments européens et internationaux tels que les conventions de l’OIT, la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme et la Charte sociale européenne révisée, à laquelle l'Union européenne doit adhérer ainsi qu'à son protocole prévoyant un système de réclamations collectives (1995). 
</p><p>Pour toutes ces raisons, nous exigeons un contrat social pour l’Europe. Nous proposons d’en discuter et de nous accorder sur son contenu au niveau tripartite européen. 
</p><p>La Confédération européenne des syndicats estime que les éléments suivants doivent être inclus dans ce contrat social : 
</p><h3>Négociations collectives et dialogue social : </h3><p>Les négociations collectives libres et le dialogue social font partie intégrante du modèle social européen et doivent être garantis au niveau européen et national. Chaque État membre doit mettre en place les mesures de soutien nécessaires ; 
</p><p>L’autonomie des partenaires sociaux aux niveaux national et européen ainsi que leur rôle et leur place doivent être respectés. Il ne peut y avoir d’intervention unilatérale des pouvoirs publics dans les négociations collectives ou les conventions collectives existantes et la couverture des travailleurs par convention collective doit être développée au maximum ; 
</p><p>La participation effective des partenaires sociaux dans la gouvernance économique européenne et les plans nationaux de réforme est indispensable dès le stade du diagnostic. Les éventuels efforts d’adaptation aux nouvelles situations doivent être répartis selon la capacité distributive de chacun et non pas être supporté par les seuls travailleurs et leurs familles. 
</p><h3>Gouvernance économique pour une croissance et des emplois durables :</h3><p> Des mesures urgentes pour mettre fin à la crise de la dette souveraine et donner à la BCE le rôle de prêteur de dernier ressort permettant ainsi l’émission d’euro-obligations. Des programmes de croissances adaptés à chaque pays doivent être examinés, approuvés et contrôlés en collaboration avec les partenaires sociaux ; 
</p><p>Des politiques européennes pour l’industrie et l’investissement visant à relever les défis économiques et environnementaux, donnant priorité aux investissements dans les infrastructures durables, la recherche-développement, la technologie climatique et les ressources renouvelables. Ces investissements ne doivent pas être inclus dans le calcul des déficits publics ; 
</p><p>Des normes pour garantir un secteur financier réglementé, solide et transparent au service de l’économie réelle ; 
</p><p>Des ressources supplémentaires provenant d’un meilleur usage des Fonds structurels européens, de la Banque européenne d’investissement, d’emprunts obligataires pour le financement de projets et d’une taxe sur les transactions financières adéquate, doivent être affectées à des fins sociales et environnementales ; 
</p><p>Mettre fin aux pressions de l’UE pour libéraliser les services publics qui relèvent de la responsabilité nationale ; 
</p><p>Des salaires décents pour tous pour contribuer à la croissance et à la demande intérieure ; 
</p><p>Une garantie jeunes pour que tous les jeunes d’Europe aient accès à un emploi décent ou à des formations adéquates dans une période de quatre mois à compter du moment où ils se sont inscrits au chômage ou ont quitté l’école ; 
</p><p>Des mesures pour améliorer la qualité de l’emploi et lutter contre les emplois précaires ; lutter contre les abus en matière de contrats à temps partiel, temporaires ou à durée déterminée ; 
</p><p>Des politiques actives du marché du travail, y compris des initiatives pour soutenir les personnes ayant peu ou pas de liens avec le marché du travail. 
</p><h3>Justice économique et sociale : </h3><p>Une fiscalité redistributive et progressive sur les revenus et la fortune et la fin des paradis fiscaux, de l’évasion et de la fraude fiscales, de la corruption et du travail au noir ; 
</p><p>Une action déterminée contre la spéculation ; 
</p><p>Des mesures effectives garantissant à tous les travailleurs l’égalité salariale et l’égalité de droits pour un travail de valeur égale ; les conventions collectives et des salaires 4 égaux doivent s’appliquer à tous, quel que soit le type de contrat, particulièrement dans le cas d'un même lieu de travail ; 
</p><p>La mise en oeuvre de politiques pour mettre fin à l’écart salarial entre femmes et hommes ; 
</p><p>La fixation des salaires doit rester une compétence nationale et être traitée conformément aux pratiques et aux systèmes de relations du travail nationaux. Les négociations entre partenaires sociaux au niveau adéquat sont le meilleur outil pour assurer de bons salaires et des conditions de travail correctes ; le salaire minimum légal, dans les pays où les syndicats le considèrent nécessaires, doit être augmenté de manière substantielle. Quoiqu'il en soit, tous les planchers salariaux doivent respecter les normes du Conseil de l'Europe relatives aux salaires équitables; 
</p><p>L’harmonisation de l’assiette pour l’impôt des sociétés et des taux d’imposition minimum pour les entreprises, éventuellement par l’introduction d’un taux minimum de 25% qui est le taux d’imposition moyen actuel en Europe. 
</p><p><b>Nous faisons appel aux organisations patronales européennes, aux institutions de l’UE, aux gouvernements nationaux et aux organisations sympathisantes pour engager le débat sur cette initiative de la CES pour un contrat social pour l'Europe.</b></p>]]></content:encoded><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-790</guid><pubDate>Wed, 06 Jun 2012 16:41:00 +0200</pubDate><title>Régime du délai : Nous ne tolérons aucune régression !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/regime-du-delai-nous-ne-tolerons-aucune-regression</link><description>Résolution du 2 juin 2012 sur le régime du délai</description><content:encoded><![CDATA[<p>Face aux offensives politiques contre le régime du délai en matière d’interruption de grossesse et contre une éducation sexuelle responsable à l’école, la Commission féminine de l'USS sutient la résolution suivante :
</p><p class="lead">Nous considérons que : </p><p>Le 2 juin 2002, le régime du délai a été accepté en votation populaire avec plus de 72% de « oui ». Cette décision était le résultat d'un vaste débat public mené durant plusieurs décennies. 
</p><p>Le régime du délai a donné aux femmes le droit de décider de manière autonome et responsable d’interrompre ou non une grossesse non voulue. 
</p><p>L'obligation pour l’assurance-maladie de rembourser l'intervention faisait partie intégrante du texte voté et fut clairement acceptée par le peuple. 
</p><p>Dix ans après la votation, le régime du délai a fait ses preuves : </p><ul><li>Le nombre d’interruptions de grossesse n’a pas augmenté, malgré la croissance de la population. </li><li>Le taux d'IG est le taux le plus bas de toute l'Europe. </li><li>Ces résultats sont le fait d’une bonne prévention. </li></ul><h3>Nous combattons toute attaque de ces acquis : </h3><h3>L'initiative « Financer l'avortement est une affaire privée » doit être refusée. </h3><ul><li>Elle s’attaque aux acquis du régime du délai et au droit des femmes à la santé sexuelle et reproductive. </li><li>Elle discrimine toutes les femmes en dégageant les hommes de toute responsabilité financière. </li><li>Elle rend l'accès à l'IG plus difficile pour les femmes socialement et financièrement défavorisées et met leur santé en danger. </li><li>Elle mine le principe de solidarité de l'assurance de base. </li><li>Elle promet une baisse trompeuse des coûts de la santé, mais vise en réalité la stigmatisation de l'interruption légale de la grossesse. </li></ul><h3>La pétition « Contre la sexualisation de l'école obligatoire » doit être refusée. </h3><ul><li>Une éducation sexuelle à l’école, responsable et de qualité, favorise la santé et notamment la contraception. Elle contribue à diminuer le nombre des grossesses non voulues et des interruptions de grossesse. </li><li>Les enfants ont droit à l'information et à la connaissance.</li></ul>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-789</guid><pubDate>Wed, 06 Jun 2012 13:50:00 +0200</pubDate><title>Syndicalistes licenciés, arrêtés, emprisonnés, voire assassinés</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/syndicalistes-licencies-arretes-emprisonnes-voire-assassines</link><description>CSI : Rapport sur les violations des droits syndicaux en  2011</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Selon le rapport annuel de la Confédération syndicale internationale (CSI,) l’année 2011 s’est révélée « difficile et souvent dangereuse pour les travailleurs/euses du monde entier ». Ce rapport, qui couvre 143 pays, peut être lu dans son intégralité <a href="http://survey.ituc-csi.org/" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer">sur le site de la CSI</a>.</p><p>Les tendances mondiales que fait apparaître le rapport de la CSI sont inquiétantes. Elles vont du non-respect de la législation du travail par les gouvernements à l’exploitation éhontée de la main-d’œuvre, principalement féminine, dans les différentes zones franches industrielles de la planète, en passant par l’absence de droits pour les travailleurs et travailleuses migrants, certes surtout dans les États du Golfe, mais presque partout dans le monde.  
</p><h3>Syndicalistes assassinés : la Colombie toujours « championne du monde » </h3><p>Une fois de plus, la Colombie occupe la première place au « palmarès » des pays où des syndicalistes sont assassinés en raison de leurs activités syndicales. Sur 76 syndicalistes assassinés dans le monde, 29 l’ont en effet été dans ce pays, alors que 10 l’étaient au Guatemala et en Asie.  
</p><p>Si aucun syndicaliste n’a été assassiné en Europe, mentionnons tout de même, qu’il y eut 22 tentatives d’assassinat à leur encontre ainsi que 31 menaces de mort… Un continent où l’on a également dénombré 27 emprisonnements et 208 arrestations de syndicalistes. 
</p><h3>Printemps arabe fort sombre et grèves réprimées </h3><p>2011 fut l’année du printemps arabe et des révolutions qui l’ont accompagné en Afrique du Nord, au Moyen–Orient et dans les pays du Golfe. Mais la répression des droits syndicaux y fut aussi féroce, car, vu leur rôle prépondérant durant ces événements, notamment en Tunisie, en Égypte et au Bahreïn, les organisations syndicales en ont payé le prix fort, avec des centaines de militant(e)s tués lors d’affrontements et des milliers d’autres arrêtés. Aujourd’hui, la création d’un mouvement syndical indépendant est en bonne voie, même si la liberté syndicale n’existe pas en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, en Érythrée ou au Soudan.  
</p><p>Des mouvements de grève ont été violemment réprimés dans bon nombre de pays, notamment à travers des licenciements massifs, des arrestations et des détentions ; cela, par exemple en Géorgie, au Kenya, en Afrique du Sud et au Botswana où 2 800 travailleurs et travailleuses ont été renvoyés après une grève dans le secteur public.   
</p><h3>Travailleurs et travailleuses migrants : peu, voire pas de droits ! </h3><p>Les travailleurs et travailleuses migrants constituent toujours un groupe très vulnérable. C’est particulièrement le cas dans les États du Golfe où ils représentent la majorité de la main-d’œuvre de pays comme le Koweït, le Qatar et les Émirats arabes unis, mais n’ont que très peu de droits, voire aucun. Parmi ces migrant(e)s, on ne dénombre pas moins de 100 millions de travailleurs et travailleuses domestiques, pour la plupart des femmes, qui ne connaissent pas suffisamment leurs droits et n’ont, de plus, en principe aucun moyen de les faire respecter. C’est pour cela que la CSI a salué l’adoption de la convention n° 189 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur les travailleurs et travailleuses domestiques, une convention qui leur accorde le droit de former des syndicats et de bénéficier de conditions de travail décentes… pour autant bien sûr que les États concernés la ratifient et l’appliquent. 
</p><h3>Aussi dans les pays industrialisés… Suisse comprise </h3><p>La liberté syndicale n’est pas seulement en danger dans les pays en voie de développement. En effet, dans de nombreux pays industrialisés aussi, les droits syndicaux sont menacés, notamment au Canada dont le gouvernement conservateur a régulièrement tenté d’affaiblir le droit de négociation collective et la liberté syndicale. 
</p><p> Quant à la Suisse, elle n’y échappe pas non plus. L’Union syndicale suisse (USS) et ses syndicats ont continué à dénoncer en 2011 l’absence de sanctions suffisamment dissuasives contre le licenciement antisyndical. De plus, des employeurs ont cherché à exploiter toutes les failles de la législation (pas encore compatible avec la convention fondamentale de l’OIT n° 98, que la Suisse a pourtant ratifiée). 
</p><p>Plus d’informations sur les licenciements antisyndicaux dans notre pays sous : <a href="/luss/organes/commission-queer" class="internal-link">Droits syndicaux</a></p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-785</guid><pubDate>Fri, 01 Jun 2012 09:32:00 +0200</pubDate><title>Le Parlement s’arrête au milieu du gué : la responsabilité solidaire est urgente !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-parlement-s-arrete-au-milieu-du-gue-la-responsabilite-solidaire-est-urgente</link><description>Mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Certes, il faudra encore passer par la « procédure de navette », c’est-à-dire d’élimination des divergences existant encore entre les deux Chambres, mais on peut quand même d’ores et déjà dire que les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes ont fait un nouveau pas en avant. Quoique ce soit là un pas trop timide. </p><p>Tant le Conseil national que le Conseil des États ont fait preuve de feeling social en ce qui concerne les mesures de lutte contre l’indépendance fictive. À l’avenir, les faux indépendant(e)s seront mieux contrôlés et les autorités auront plus de possibilités de sanctionner les infractions. C’est très important, car les prescriptions relatives aux salaires usuels ne s’appliquent pas aux vrais indépendant(e)s, raison pour laquelle toujours plus d’entreprises étrangères font, à des fins frauduleuses, passer pour indépendant le personnel qu’elles détachent en Suisse. Le relèvement des amendes infligées aux entreprises suisse qui ne respectent pas les salaires minimums prévus dans des contrats-types de travail doit aussi être considéré comme quelque chose de positif.  
</p><p>Malheureusement, les deux Chambres sont restées au milieu du gué : elles n’ont pas encore décidé l’introduction d’une responsabilité solidaire, une majorité des parlementaires voulant d’abord étudier plus à fond cette mesure. Selon celle-ci, l’entrepreneur contractant – c’est-à-dire le premier entrepreneur – est coresponsable du respect des conditions de travail usuelles par les entreprises à qui il fait sous-traiter des travaux dont il a reçu le mandat. Or, vu l’ampleur prise par la sous-traitance – surtout dans la construction – la responsabilité solidaire est une mesure désormais indispensable et urgente ; d’autant plus que les cas de non-respect, parfois grossier, des salaires usuels par des sous-traitants sont toujours plus nombreux. Car, plus le siège des entreprises sous-traitantes est éloigné de la Suisse, plus il est difficile d’appliquer les sanctions prévues.  
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) invite le Parlement à dire oui, à l’automne prochain, à une forme efficace de responsabilité solidaire. On ne peut pas accepter que des mandats de construction attribués en Suisse soient exécutés avec des salaires horaires inférieurs à 10 francs, quand les salaires usuels sont plus que le double. Pas question de s’arrêter à mi-chemin à ce chapitre des salaires !  
</p><p>En Suisse, on doit payer des salaires suisses. Si des infractions aux prescriptions sur les salaires suisses sont commises dans le cas de sous-traitances, il faut alors y faire obstacle en introduisant une responsabilité solidaire. </p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-784</guid><pubDate>Thu, 31 May 2012 15:28:00 +0200</pubDate><title>La coresponsabilité budgétaire nuit à la qualité des soins</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/la-coresponsabilite-budgetaire-nuit-a-la-qualite-des-soins</link><description>Votation du 17 juin 2012 : réseaux de soins intégrés</description><content:encoded><![CDATA[<p class="ChapeauSPitalique lead"><span lang="FR-CH">Le projet de réseaux de soins intégrés «&nbsp;Managed care&nbsp;» ne va pas, malgré ce qu’en disent ses partisans, améliorer la qualité des soins pour les patient(e)s. Bien au contraire, il mettra en place des incitations perverses pour les médecins et favorisera donc le rationnement des traitements. Telle est la conclusion à laquelle aboutit une étude réalisée par le professeur Binswanger sur mandat de l’association </span><span lang="FR-CH">Medizin und Ethik Schweiz</span><span lang="FR-CH">. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Améliorer les traitements et freiner les coûts&nbsp;: des arguments avancés par les partisans du projet de réseaux de soins intégrés sur lequel nous nous prononceront le 17 juin prochain. S’ils ont apparemment fière allure, ces arguments n’ont plutôt que peu à voir avec la réalité…, car, si l’on veut être plus sincère, c’est plutôt de freiner les traitements et de comprimer les coûts qu’il faut parler avec ce projet. En effet, la coresponsabilité budgétaire n’est précisément pas sans conséquences dans d’autres domaines. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Et cela sera sensible à l’avenir, justement en ce qui concerne les traitements hors-réseaux, comme, par exemple, des traitements de physiothérapie, des diagnostics effectués par des spécialistes ou des transferts dans un hôpital. En effet, les prestations de ce genre sont certes calculées dans le budget du réseau, mais ce dernier ne réalisera aucun bénéfice avec elles. Le médecin traitant sera par conséquent incité à prescrire le moins possible de ces traitements, même si un(e) patient(e) en aurait besoin. La même chose s’applique aux médicaments. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">À cause de cette coresponsabilité budgétaire, les médecins ne pourront plus se concentrer pleinement sur ce qui est le mieux pour leurs patient(e)s. Pour chaque traitement, ils devront toujours se demander si, bien que nécessaire, il entre encore dans le budget. Et, si ce n’est pas le cas, ils pourront soit décider contre leurs propres intérêts et le prescrire quand même, soit le refuser pour des raisons de coûts. Le projet de réseaux de soins intégrés «&nbsp;Managed care&nbsp;» contraindra de ce fait les médecins qui veulent nous traiter de manière optimale à agir contre leurs propres intérêts. Il est évident que pareille solution est donc la plus mauvaise qui soit&nbsp;!</span></p><h3 class="Sous-titreSP"><span lang="FR"><b>Comment mesurer la qualité&nbsp;?</b></span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Le même problème se pose pour le contrôle de la qualité. Qu’est-ce qu’un traitement de bonne qualité&nbsp;? Un traitement aussi bon que possible ou aussi avantageux que possible&nbsp;? Comme la réponse à cette question est laissée aux seules caisses-maladie (contrats secrets, n’oublions pas), il faut s’attendre à ce que ce soit la deuxième réponse qui soit donnée, soit&nbsp;: «&nbsp;aussi avantageux que possible&nbsp;». Et comme l’ensemble des contrats et des contrôles décidés entre les caisses et les réseaux seront secrets, les patient(e)s ne pourront même pas être sûrs des priorités que se seront données leur réseau et leur caisse-maladie.</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Le 17 juin, nous aurons donc le choix entre un système de santé opaque et entrelardé d’incitations perverses, dont la première maxime sera de faire des bénéfices, et le système actuel dans le cadre duquel nos médecins peuvent entièrement se concentrer sur notre santé. Il ne doit pas être trop ardu de trancher. </span></p><h3 class="Sous-titreSP"><span lang="FR"><b>Les partisans du projet manipulent les chiffres</b></span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Les partisans de la coresponsabilité budgétaire semblent avoir remarqué il y a peu les bobards qu’ils entendent faire avaler aux citoyen(ne)s de ce pays. C’est pourquoi, pour ne pas sombrer corps et âme, ils essaient volontiers de s’en sortir en prétendant qu’aujourd’hui déjà, un grand nombre de personnes sont assurées dans un réseau appliquant la coresponsabilité budgétaire. Or, si l’on regarde les chiffres de <i>santésuisse</i>, l’organisation des assureurs-maladie, cette assertion ne repose sur aucune base. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Seuls 17&nbsp;% des personnes assurées se trouvent dans un réseau de médecins et 90&nbsp;% des réseaux proposent des modèles avec coresponsabilité budgétaire. Mais même pas la moitié des assuré(e)s membres d’un réseau ont choisi un tel modèle&nbsp;: 6,2% seulement des assuré(e)s le sont en effet dans un modèle avec coresponsabilité budgétaire&nbsp;!</span></p><h3 class="Sous-titreSP"><span lang="FR"><b>Punir les personnes âgées&nbsp;?</b></span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">La plupart des personnes assurées dans un réseau avec coresponsabilité budgétaire sont ce que l’on appelle des «&nbsp;bons risques&nbsp;», c’est-à-dire des personnes jeunes qui n’occasionnent que peu de coûts. Par contre, pour les personnes âgées, une catégorie de la population dont les besoins en traitements médicaux sont élevés, c’est en vain que l’on rechercherait cette coresponsabilité budgétaire. En d’autres termes, le projet de réseaux de soins intégrés «&nbsp;Managed care&nbsp;» reviendra à brutalement punir les personnes âgées qui, pour de bonnes raisons, ne choisissent pas la coresponsabilité budgétaire et que, demain, une hausse de leur quote-part, leur participation aux frais remboursés, punira pour cela. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Ici, une seule réponse est possible&nbsp;: un NON clair et net au projet de réseaux de soins intégrés «&nbsp;Managed care&nbsp;» le 17 juin&nbsp;!</span></p>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-783</guid><pubDate>Tue, 29 May 2012 11:57:00 +0200</pubDate><title>Des règles contraignantes pour les multinationales suisses</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/des-regles-contraignantes-pour-les-multinationales-suisses</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<h3><strong>Le Conseil fédéral et le Parlement doivent faire en sorte que les entreprises ayant leur siège en Suisse respectent les droits humains et l’environnement partout dans le monde.</strong></h3><p><a href="http://www.solidar.ch/droit-sans-frontieres-3.html" target="_blank" class="linkicon" rel="noreferrer">Signer la pétition</a></p><p>Glencore au Congo, Holcim ou Guatemala ou Triumph en Thaïlande… A chaque fois des firmes suisses violent des droits humains et des standards environnementaux. Nombre d’entreprises ont, certes, adopté des codes de conduite internes en matière de responsabilité sociale et écologique. Mais ces dispositions sont volontaires. Il n’existe souvent pas d’instance indépendante qui en vérifie la mise en œuvre. Les violations ne sont pas sanctionnées et les victimes concernées ne peuvent s’en réclamer.
</p><p>La campagne «&nbsp;Droit sans frontières&nbsp;» demande au Conseil fédéral et au Parlement de créer les bases légales pour que les entreprises ayant leur siège en Suisse doivent respecter les droits humains et l’environnement partout dans le monde. Les victimes de violations des droits humains et des normes environnementales par ces firmes, leurs filiales et fournisseurs, doivent avoir la possibilité de porter plainte en Suisse pour obtenir réparation.
</p><p>La Suisse a une responsabilité particulière en tant que siège de très nombreuses sociétés internationales. Elle abrite le plus grand nombre de multinationales par habitant au monde. Par ses cadeaux fiscaux et d’autres avantages, elle n’est pas seulement intéressante pour les firmes qui y sont implantées depuis longtemps, elle attire aussi de plus en plus de sociétés immigrantes douteuses, actives notamment dans les secteurs des matières premières et de la sécurité. La Suisse s’est jusqu’ici prononcée contre des dispositions juridiquement contraignantes pour les multinationales. Il est grand temps que cela change&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-782</guid><pubDate>Fri, 25 May 2012 14:47:00 +0200</pubDate><title>Hausse du nombre des infractions en matière de salaire : les lacunes des mesures d’accompagnement</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/hausse-du-nombre-des-infractions-en-matiere-de-salaire-les-lacunes-des-mesures-d-accompagnement</link><description>Prise de position de l’USS sur le huitième rapport de l’Observatoire de la libre circulation des personnes</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les Accords bilatéraux conclus avec l’Union européenne (UE) doivent profiter aux travailleurs et travailleuses suisses. Les mesures d’accompagnement ont été mises en place afin d’empêcher que la libre circulation des personnes avec l’UE ne génère des pressions sur les salaires et du chômage. Elles obéissent au principe suivant&nbsp;: quiconque travaille en Suisse doit recevoir un salaire suisse et bénéficier de conditions de travail suisses.
</p><p>Ces mesures d’accompagnement offrent à notre pays un instrument qui lui permet de contrôler l’immigration de main-d’œuvre. Si le principe à leur base est appliqué de manière conséquente au moyen de contrôles, de salaires minimums et de sanctions, il est possible de protéger les salaires suisses et les employeurs ne peuvent pas engager une main-d’œuvre étrangère bon marché aux dépens des travailleurs et travailleuses indigènes.
</p><h3><b>Des cas de sous-enchère salariale plus nombreux, mais pas de salaires minimums pour protection</b></h3><p>L’application des mesures d’accompagnement reste un problème. L’an dernier, les contrôles ont été moins nombreux, bien que les emplois et l’immigration ont augmenté. Et dans les branches qu’aucun salaire minimum ne protège, un nombre plus grand de cas de sous-enchère salariale ont à nouveau été découverts. Depuis 2009, les taux d’infractions dans ce domaine ont presque doublé, passant de 6 à 11&nbsp;% environ&nbsp;! Et la situation ne s’est sans doute pas détendue en 2012. Au contraire&nbsp;: à cause de la surévaluation du franc, les employeurs devraient plus essayer de trouver de la main-d’œuvre meilleur marché à l’étranger. Les branches les plus concernées sont les suivantes&nbsp;: horticulture (taux d’infractions 2011&nbsp;: 11&nbsp;%), commerce (de détail) (11&nbsp;%) et industrie (18&nbsp;%). La loi (Code des obligations art. 360a) prévoit, en cas de sous-enchère salariale répétée, l’introduction de salaires minimums. À ce jour, seuls des cantons de Suisse latine et, dans deux cas, la Confédération (économie domestique et petites entreprises de nettoyage) l’ont fait. Mais en Suisse alémanique, aucun canton n’a encore édicté de salaire minimum, alors que la situation n’y est pas différente de celle de la Suisse latine.
</p><p>Il est même possible que le nombre des infractions soit sous-estimé. En effet, les salaires de référence en fonction desquels est établie l’existence d’un cas de sous-enchère salariale sont probablement fixés trop bas dans quelques cantons. C’est par exemple le cas de l’horticulture pour laquelle le salaire prévu par la convention collective de travail (CCT) est nettement inférieur au salaire usuel versés aux horticulteurs et horticultrices en Suisse. 
</p><h3><b>Le foyer de troubles des nouveaux engagements&nbsp;: des signes précurseurs de</b><b> sous-enchère salariale</b></h3><p>Les nouveaux engagements représentent le plus grand risque de sous-enchère salariale. En effet, ils permettent de baisser les salaires sans avoir à dénoncer de contrats de travail existants. Une étude réalisée à la demande de la Commission de gestion du Conseil national a trouvé des indices qui confirment les soupçons des syndicats à ce sujet (Henneberger/Ziegler 2011). Si l’on compare l’évolution des salaires des nouveaux engagements avec celle de tous les salaires, la différence obtenue entre ces deux catégories de salaires entre 2004 et 2010 s’est effectivement nettement accrue. Selon le graphique ci-dessous, cette évolution est particulièrement frappante dans les branches qui ne sont pas protégées par des salaires minimums inscrits dans une CCT, comme le commerce, les transports ou la branche santé et action sociale. 
</p><p>La dérégulation de la branche temporaire dans le cadre de la libre circulation des personnes a probablement aggravé le problème. Contrairement à ce qui était autrefois le cas, les services des frontalières et frontaliers, ainsi que des résident(e)s de courte durée ou soumis à annonce peuvent être loués. De par leur nature, les activités temporaires sont susceptibles de changer souvent. La part du volume de travail effectué par les temporaires au total des heures de travail prestées en Suisse a plus que doublé depuis l’introduction de la libre circulation des personnes, passant de 1 à 2&nbsp;%. Le risque de sous-enchère salariale dans cette branche est important. Selon le rapport du Secrétariat d’état à l’économie (SECO) sur la mise en œuvre des mesures d’accompagnement, 40&nbsp;% des agences de travail temporaires ont versé des salaires trop bas.
</p><h3>Lacunes dans la loi suisse - l’Autriche va plus loin</h3><p>Les mesures d’accompagnement ont des lacunes au plan de la loi, dont des entreprises irresponsables tirent profit pour tourner les dispositions suisses sur les salaires. Les problèmes sont en particulier ceux de l’indépendance fictive et de la sous-traitance en cascade. Avec l’extension à l’Est de l’Europe de la libre circulation des personnes, il est devenu encore plus difficile d’imposer les salaires suisses. C’est pourquoi les mesures d’accompagnement doivent permettre d’imposer les salaires directement en Suisse. Désormais, les entreprises de l’artisanat de la construction doivent verser des cautions, ce qui est un plus. Mais, en cas de sous-traitance en cascade, cet instrument n’est souvent d’aucun secours. Les entreprises qui pratiquent la sous-enchère salariale peuvent se cacher derrière ces chaînes de sous-traitance. Cela ne constitue pas uniquement un danger pour la protection des salaires, mais peut aussi menacer la couverture conventionnelle (par CCT), en cela que le nombre des entreprises présentes dans les organisations patronales diminue au contraire de celui des entreprises louches. 
</p><p>L’Autriche, un membre de l’UE, a renforcé ses mesures d’accompagnement depuis l’extension à l’Est de la libre circulation des personnes. Elle a introduit une responsabilité solidaire. En outre, les entreprises étrangères doivent annoncer les salaires versés avant le début des missions, ce qui facilite les contrôles.
</p><p>La commission du Conseil national chargée de ces questions est favorable à la responsabilité solidaire et à l’annonce préalable des salaires. Le Conseil des États, par contre, freine l’introduction d’une responsabilité solidaire efficace, entre autres suite à l’intervention du conseiller fédéral Schneider-Ammann.
</p><h3><b>D’importantes mesures sont toujours requises</b></h3><p>Pour que l’immigration soit contrôlée et que les salaires suisses soient garantis, certaines améliorations sont nécessaires. Le nombre des contrôles doit être augmenté, afin de correspondre à l’évolution de l’immigration et de l’emploi. L’actuel plafonnement du nombre des contrôles des entreprises qui détachent de la main-d’œuvre en Suisse est contreproductif. S’y ajoute la surévaluation du franc, qui nécessite un contrôle renforcé des salaires. Si les cantons découvrent des cas de sous-enchère salariale, ils doivent, eux ou la Confédération, édicter des salaires minimums. Le SECO doit, en tant qu’autorité de haute surveillance, résoudre les problèmes d’application des mesures d’accompagnement. 
</p><p>Les lacunes existant au plan de la loi doivent être éliminées. Les mesures contre l’indépendance fictive et les amendes infligées en cas d’infraction aux salaires minimums doivent être rapidement appliquées. La réglementation en matière de responsabilité solidaire adoptée par la commission du Conseil national compétente est efficace et n’implique aucune bureaucratie. Elle peut et doit être introduite aussi rapidement que possible. </p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Salaires et CCT</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-779</guid><pubDate>Thu, 24 May 2012 16:19:00 +0200</pubDate><title>L’initiative « Pour une poste forte » reste des plus actuelles</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/l-initiative-pour-une-poste-forte-reste-des-plus-actuelles</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 5 juin prochain, le Conseil national traitera l’initiative populaire « Pour une poste forte », placée sous le leadership de Syndicom, le syndicat des médias et de la communication. Cette initiative demande qu’un réseau d’offices de poste soit garanti sur tout le territoire du pays et exploité par des employé(e)s de la Poste suisse.</p><p>C’est le 2 septembre 2010 qu’une coalition de syndicats et du Parti socialiste emmenée par Syndicom déposait cette initiative, après cinq mois seulement de récolte de signatures. En plus d’un réseau d’offices de poste répartis sur l’ensemble du territoire, cette initiative demande une desserte universelle de qualité. Et elle entend contraindre la Poste à exploiter ce réseau avec son personnel, le financement étant assuré par le monopole sur les lettres et les bénéfices d’une banque postale. 
</p><p>Le Conseil fédéral et la commission chargée de l’examen préalable du Conseil national propose de rejeter cette initiative. Selon eux, la nouvelle législation sur la poste adoptée en 2012 garantirait dans une mesure suffisante une desserte universelle de grande qualité et sur l’ensemble du pays. Ils estiment aussi que l’initiative imposerait à l’entreprise la Poste suisse des contraintes par trop administratives, alors qu’il faudrait plutôt lui offrir une plus grande liberté en tant qu’entreprise. C’est pourquoi, ils considèrent que des « agences postales » devraient pouvoir remplacer les offices de poste supprimés. 
</p><h3> Les agences ne sont pas équivalentes aux offices </h3><p>Mais Syndicom signale à juste titre les lacunes qui grèvent ces agences postales comme, par exemple, l’impossibilité d’y effectuer des virements en espèces et des paiements. Ces agences ne versent pas non plus d’argent liquide aux PME et aux commerces. Et au chapitre de la confidentialité, des problèmes se posent, car cette dernière n’est pas garantie dans la même mesure qu’avec un office de poste traditionnel. La même remarque s’applique au service à domicile que la Poste propose aussi en divers endroits pour remplacer des offices de poste. Un tel service ne se révèle utile que pour une partie des client(e)s, celles et ceux qui sont tout le temps à la maison. Il restreint cependant l’autonomie au quotidien de nombreux autres. 
</p><h3>Des conditions de travail de qualité </h3><p>L’initiative demande également que l’exploitation du réseau postal soit assurée par du « personnel se trouvant dans un rapport de travail avec la Poste suisse ». Cette façon de faire empêchera que la Poste ne confie à n’importe quelles conditions des tâches à n’importe quelle entreprise. Il s’agit là d’un obstacle à la sous-enchère salariale et des conditions de travail de qualité seraient de ce fait aussi garanties dans les régions périphériques. De plus, la pression sur les salaires des employé(e)s de la Poste serait stoppée. 
</p><h3>Nécessaire d’un point de vue de politique régionale </h3><p>Même si la législation postale révisée – ce qui est clairement un effet de l’initiative – apparaît meilleure que ce qu’il y avait lieu de craindre quelques années auparavant, les buts visés par l’initiative « Pour une poste forte » restent d’une très grande actualité. On le voit, primo, à travers les incessantes offensives dirigées contre le monopole des lettres, comme ce fut encore le cas tout récemment lors de la présentation du rapport PostReg. Secundo, les dispositions de l’initiative garantissent aux régions périphériques des services de postes sans restriction. Tertio, l’initiative garantit au personnel des conditions de travail unifiées et de qualité, ce qui aura également des effets positifs au plan régional. Et, quarto, l’initiative garantit le financement de ces prestations. 
</p><p>Cela devrait à proprement parler être évident pour les parlementaires de la droite, en particulier celles et ceux qui viennent de régions campagnardes. Ils pourraient alors, en acceptant l’initiative, s’engager activement pour le maintien d’emplois précieux dans leurs régions. </p>]]></content:encoded><category>Poste</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-780</guid><pubDate>Thu, 24 May 2012 16:17:00 +0200</pubDate><title>Mesures d’accompagnement : des lacunes au plan de la loi - l’Autriche est en avance</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/mesures-d-accompagnement-des-lacunes-au-plan-de-la-loi-l-autriche-est-en-avance</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Lors de la prochaine session parlementaire, il sera question de l’élargissement des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes avec l’Union européenne (UE). La commission du Conseil national chargée de l’examen préalable de cet objet veut combler certaines lacunes que contient la loi, mais le Conseil fédéral freine de manière totalement incompréhensible l’introduction d’une responsabilité solidaire efficace. </p><p>Grâce aux mesures d’accompagnement, la Suisse dispose a priori d’un instrument qui lui permet de contrôler l’arrivée de main-d’œuvre sur son territoire. Le principe à leur base est le suivant : quiconque travaille en Suisse doit recevoir un salaire suisse et bénéficier de conditions de travail suisses. Si ce principe est appliqué de manière conséquente au moyen de contrôles, de salaires minimums et de sanctions, il est possible de protéger les salaires suisses et les employeurs ne peuvent pas engager une main-d’œuvre étrangère bon marché aux dépens des travailleurs et travailleuses indigènes. 
</p><h3>Des lacunes à combler </h3><p>Malheureusement, les mesures d’accompagnement ont des lacunes au plan de la loi, dont des entreprises irresponsables tirent profit pour tourner les dispositions suisses sur les salaires. Les problèmes sont en particulier ceux de l’indépendance fictive et de la sous-traitance en cascade. La Commission de gestion du Conseil national l’a aussi clairement constaté. 
</p><p>Avec l’extension à l’Est de l’Europe de la libre circulation des personnes, il est devenu encore plus difficile d’imposer les salaires suisses. Comment les personnes chargées des contrôles peuvent-elles contrôler sérieusement les livrets de salaire en Pologne ou en Hongrie ? Il faut donc que les mesures d’accompagnement permettent d’imposer les salaires directement en Suisse. Désormais, les entreprises de l’artisanat de la construction doivent, dans de nombreuses branches, verser des cautions, ce qui est un plus. Mais, en cas de sous-traitance en cascade, cet instrument n’est souvent d’aucun secours. Ces derniers temps, on a découvert un plus grand nombre de chaînes de sous-traitance constituées d’entreprises de l’UE des 8 (Europe centrale et orientale), qui violaient grossièrement les conditions de travail suisses. Pour sa part, l’Autriche, un membre de l’UE, a renforcé ses mesures d’accompagnement depuis l’extension à l’Est de la libre circulation des personnes. Elle a introduit une responsabilité solidaire. En outre, les entreprises étrangères doivent annoncer les salaires versés avant le début des missions, ce qui facilite les contrôles. 
</p><h3>Nécessaire, la responsabilité solidaire doit être introduite rapidement </h3><p>La Commission de l’économie et des redevances a décidé, en mars dernier, de combler ces lacunes de la loi. Elle a adopté des mesures de lutte contre l’indépendance fictive et pour l’annonce préalable des salaires. En matière de lutte contre les abus commis en cas de sous-traitance en cascade, elle s’est prononcée, pour les mandats tant privés que publics, en faveur de la responsabilité solidaire (l’entreprise contractante, la première donc, est coresponsable du respect ou non des salaires et des conditions de travail suisses par les entreprises à qui elle fait sous-traiter des mandats). Mais le Conseil des États freine l’introduction d’une telle responsabilité solidaire, entre autres suite à l’intervention du conseiller fédéral Schneider-Ammann. On court ainsi le risque d’en arriver finalement qu’à une variante de responsabilité solidaire peu efficace et d’une application bureaucratiquement lourde. Et dire que ce projet est pourtant mûr : la commission compétente du Conseil national a adopté une responsabilité solidaire efficace et n’impliquant aucune lourdeur bureaucratique. Elle peut et doit être introduite aussi rapidement que possible. </p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-781</guid><pubDate>Thu, 24 May 2012 16:13:00 +0200</pubDate><title>Investir aujourd’hui c’est garantir l’emploi de demain !</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/investir-aujourd-hui-c-est-garantir-l-emploi-de-demain</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Malgré l’image qu’elle se donne, la Suisse ne forme pas assez pour répondre à la demande croissante en personnel qualifié. L’emploi de demain dépend pourtant des investissements consentis aujourd’hui dans la formation. Cessons de lésiner sur les moyens, épargnons-nous d’interminables guerres de chapelles : il en faut pour tous et à tous les niveaux !</p><p>Le Conseil des États débattra en juin sur le financement de la formation, de la recherche et de l’innovation (FRI) pour une période de 4 ans. Pour 2013-2016, le Conseil fédéral prévoit une modeste augmentation des moyens de 3,5%. C’est peu si l’on tient compte de facteurs tels que l’inflation et l’augmentation du nombre d’étudiant(e)s dans les divers cursus. 
</p><p>La commission chargée du dossier au Conseil des États propose divers ajustements pour corriger le tir. Des augmentations supplémentaires sont prévues dans le domaine des Écoles polytechniques fédérales (EPF) (+103 millions), des universités (+54 millions), de la recherche (+77 millions) et de l’innovation (+58,9 millions). Dans le domaine des Hautes écoles spécialisées (HES), il est prévu de mieux répartir le financement sur toute la période. Quant à la formation professionnelle, elle avait déjà obtenu pour l’année 2012 une augmentation de 100 millions du budget qui a été fort heureusement maintenu pour la période 2013-2016. 
</p><p>Ces ajustements absolument nécessaires sont hélas fortement contestés. Dans un souci d’équilibre budgétaire, les augmentations en faveur des hautes écoles, de la recherche ou de l’innovation devraient se faire, pour certains, au détriment d’autres domaines de formation. Ces calculs n’ont pas leur place dans les débats parlementaires : le système de formation doit évoluer à tous les niveaux pour répondre, par sa diversité, aux besoins des individus, de la société et du marché du travail. 
</p><h3>Le système des bourses toujours à la traîne </h3><p>Ces dernières années, la Confédération s’est pratiquement retirée du domaine des bourses, laissant dans les faits ce champ sous la seule responsabilité des cantons. Cette situation n’est pas tolérable : le système des bourses est un instrument central pour garantir l’égalité des chances face à la formation ! 
</p><p>L’USS s’engage en faveur d’une harmonisation des bourses et d’un engagement renforcé de la Confédération dans ce domaine. Elle revendique, au sein du message FRI, une augmentation sensible des moyens financiers dévolus à ce domaine. Au côté de l’Union des étudiant(e)s de Suisse (UNES), elle soutient l’initiative des bourses qui a été déposée le 20 janvier 2012 et sera traitée en cours de législature. </p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-773</guid><pubDate>Mon, 21 May 2012 15:38:00 +0200</pubDate><title>Contrats léonins là, contrats secrets ici</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/contrats-leonins-la-contrats-secrets-ici</link><description>Votation du 17 juin : projet de réseaux de soins intégrés</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le projet de réseaux de soins intégrés « Managed care » ? En veux-tu en voilà ! Les assuré(e)s risquent de se faire arnaquer. Et cela, également à travers des contrats secrets qui permettront d’affecter l’argent des primes-maladie au financement d’une propagande politique. 
</p><p>Il y a d’abord le contrat que les assuré(e)s concluent avec une caisse-maladie. Aujourd’hui, ceux-ci peuvent changer chaque année de caisse ou de modèle (médecin de famille, franchise plus élevée, etc.). Avec le projet de réseaux de soins intégrés sur lequel nous nous prononcerons le 17 juin prochain, les caisses pourront proposer des contrats pouvant courir jusqu’à trois ans. C’est au moyen de primes meilleur marché que les assuré(e)s seront poussés à conclure de tels contrats. Les bas revenus n’auront ainsi pratiquement pas d’autre choix pour économiser sur leurs primes. Mais attention ! Il s’agit de contrats léonins, c’est-à-dire qu’ils ne profitent qu’à une seule partie contractante. En tout petits caractères d’imprimerie, on pourra y lire le montant de la prime de sortie dont l’assuré(e) devra s’acquitter s’il veut quitter le réseau de soins intégrés avant les trois ans que durera son contrat. Et le projet « Managed care » ne fixe pas de plafond à ces primes. Les caisses en fixeront le montant et les assuré(e)s ne doivent pas s’attendre à ce qu’elles fassent preuve de générosité. Ces primes pourraient donc vite se monter à plusieurs milliers de francs. 
</p><p>Mais ce n’est pas tout. Pour l’assuré(e), accepter le projet de réseaux de soins intégrés « Managed care » signifierait qu’à l’avenir, il ou elle devra savoir quel réseau est proposé par quelle caisse, si les médecins importants pour lui ou elle se trouvent dans tel ou tel réseau, à combien se monte la prime pour un contrat d’un an ou de trois ans et, finalement, quelle sera la prime de sortie à payer s’il ou elle veut quitter le réseau avant l’échéance du contrat. Une procédure à ce point complexe et l’existence de contrats léonins d’une durée de plusieurs années sont, en tant que conditions générales de l’assurance de base, inacceptables.
</p><h3>Des contrats léonins aux contrats secrets </h3><p>La caisse conclura un autre contrat avec le réseau de soins. Sans contrat en effet, impossible de mettre en œuvre le modèle des réseaux de soins intégrés. Ce contrat réglera la collaboration (traitement et encadrement) entre la caisse et le réseau, l’échange de données, la garantie de la qualité et la rémunération des prestations (budget). Aujourd’hui déjà, on voit ce qui sera la norme demain : ces contrats entre caisses et réseaux seront secrets et échapperont à tout contrôle. Récemment, un tel contrat a été remis à la Verein Ethik und Medizin Schweiz (Association éthique et médecine Suisse) et le docteur en droit Ueli Kieser l’a expertisé, ce qui a abouti à une dénonciation à l’autorité de surveillance de l’Office fédéral de la santé publique (voir &lt;media 382 - - "TEXT, Dossier MC-Geheimvertraege def, Dossier_MC-Geheimvertraege_def.pdf, 385 KB"&gt;Dossier Geheimverträge&lt;/media&gt;, en allemand seulement). La raison de cette dénonciation ? Le fait que le réseau affecte des fonds puisés sur les primes pour financer du travail de lobbyisme. Le projet de réseaux de soins intégrés « Managed care » non seulement permet à ces contrats de rester secrets, mais donne aussi une « touche » légale à cette situation intolérable. Au lieu de favoriser la transparence, ce projet ouvre tout grand la porte à plus d’opacité et laisse les assuré(e)s dans le flou quant aux intérêts pour lesquels les réseaux travailleront à proprement parler. Ceux des patient(e)s ou ceux des caisses ?
</p><p> Ce projet de réseaux de soins intégrés « Managed care » doit absolument être retourné à son expéditeur. C’est pourquoi il faudra lui dire NON le 17 juin prochain. </p>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-772</guid><pubDate>Mon, 21 May 2012 15:24:00 +0200</pubDate><title>Pas de nouveaux cadeaux fiscaux pour les nantis !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/pas-de-nouveaux-cadeaux-fiscaux-pour-les-nantis</link><description>Votations du 17 juin : Initiative sur l&#039;épargne-logement</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le 11 mars dernier, la population s’est clairement prononcée dans les urnes contre de nouvelles subventions pour l’acquisition du logement propre. Mais l’association des propriétaires fonciers ne s’en émeut guère : le 17 juin, nous devrons en effet déjà voter sur une initiative également favorable&nbsp; à l’épargne-logement.</p><p>Des idées stupides ne peuvent pas devenir tout à coup géniales uniquement parce qu’on les répète suffisamment longtemps. Or, deux mois seulement après la nette défaite de la dernière initiative sur l’épargne-logement, nous devons nous en coltiner une nouvelle. On a presque l’impression que la volonté populaire ne pèse guère pour les amis des logements propres subventionnés destinés aux nantis. Mais cela correspond tout à fait à leur souhait : les contribuables devraient subventionner leurs maisons. Nous sommes donc au moins assez bons pour passer à la caisse.
</p><p> Remettons-nous en mémoire ce qu’est l’épargne-logement : qui économise de l’argent pour son propre logement n’a pas à payer d’impôts sur les montants économisés. Dans la présente variante, ces montants peuvent aller jusqu’à 10 000 francs par an et personne. Autrement dit : quiconque peut mettre 800 francs de côté par mois pour les placer sur un compte épargne-logement profitera en plus d’une remise fiscale pour cela. Tous les contribuables en supporteront les coûts et, dans leur grande majorité, ce sont des locataires…
</p><p> Le deuxième essai des partisans de ces subventions pour les nantis montre clairement avec quelle énergie certains continuent à favoriser un partage des richesses du bas vers le haut. Il montre aussi la perfidie avec laquelle ils agissent dans ce but. Ces projets sont vendus avec le rêve de devenir soi-même aussi un jour le bénéficiaire de pareils privilèges. Et c’est aussi le cas de cette deuxième initiative. Avec le dessin fait par un enfant d’une famille heureuse devant sa maison, les initiants vont à la pêche aux voix. En nous faisant miroiter que, grâce à l’initiative, nous aurons une vie de famille idyllique entre nos propres quatre murs. Ce serait bien… si c’était vrai.
</p><p>La réalité est cependant différente. Nombre de familles doivent faire face à une pression financière toujours plus forte, parce que les cantons et les communes ont supprimé certaines de leurs prestations parce qu’ils ont fait des cadeaux fiscaux aux riches ces dernières années. Parallèlement, taxes et émoluments ont augmenté, sans oublier les primes des caisses-maladie ! Le rapport de l’USS sur la répartition des revenus et de la fortune en Suisse fait clairement apparaître que les familles à bas ou moyens revenus n’avaient guère plus d’argent à disposition pour vivre en 2010 qu’en 2000. Les grands profiteurs ont été les hauts revenus, précisément ceux dont la charge diminuerait grâce à cette nouvelle initiative sur l’épargne-logement.
</p><p>Ce partage des richesses des bas et moyens revenus vers les riches et les plus riches parmi les riches doit cesser une fois pour toutes. Le 11 mars dernier, le peuple a fait un pas dans la bonne direction en rejetant dans les urnes la première initiative sur l’épargne-logement. Il s’agit désormais de confirmer cela. Et s’ils construisent leurs maisons, nous ne les payerons pas ! </p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-774</guid><pubDate>Mon, 21 May 2012 15:21:00 +0200</pubDate><title>Des économies sur le dos des patientes et des patients</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/des-economies-sur-le-dos-des-patientes-et-des-patients</link><description>Votation du 17 juin : projet de réseaux de soins intégrés</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Le projet de réseaux de soins intégrés « Managed care » sur lequel nous voterons le 17 juin prochain est un projet qui vise des économies. Seulement, il économise au mauvais endroit, c’est-à-dire chez les patient(e)s.</p><p>Même ses partisans reconnaissent, dans leurs moments de sincérité, que ce projet vise à faire des économies. Mais il n’aboutira pas à des économies responsables en matière de coûts de la santé – là où existe un réel potentiel -, mais à des économies faites sur le dos des patient(e)s et du personnel de la santé. Tel qu’il est conçu, il entraînera un démantèlement des prestations médicales et un rationnement des thérapies.
</p><p>Il est illusoire de croire que cette révision de la loi sur l’assurance-maladie (LAMal) fera baisser les coûts de la santé sans toucher à la qualité des soins. Les vrais facteurs de coûts – industrie pharmaceutique et bureaucratie des caisses-maladie – seront épargnés. Au contraire, les nouveaux modèles de soins intégrés et les innombrables contrats et réglementations qui en découleront entraîneront toujours plus de bureaucratie onéreuse et de confusion.  
</p><h3>Une coresponsabilité budgétaire dangereuse </h3><p>Les réseaux de médecins devront décider d’un budget avec les caisses-maladie. Chaque réseau sera coresponsable du respect de ce budget. Pour l’établir, on estimera les coûts qu’occasionnera tout(e) assuré(e) l’année suivante. Si les coûts réels s’avèrent inférieurs aux montants budgétisés, le réseau et la caisse-maladie pourront se partager un bénéfice réalisé. Mais s’il y a perte, le réseau – les médecins qui en font partie - et la caisse-maladie devront aussi se la partager. Conséquence de cette coresponsabilité budgétaire : les médecins d’un réseau auront un intérêt financier à ne pas prescrire certains traitements, surtout ceux qui sont chers. Pour le médecin, c’est en effet souvent une question d’appréciation que de prescrire ou non une analyse ou un traitement.  
</p><p>Et qui ne sera pas satisfait de son réseau à cause de cette médecine « économique », ne pourra pas simplement en changer. De fait, quiconque adhérera à un réseau pourra être obligé d’y rester au moins trois ans. Et s’il voudra en sortir avant, ce sera au prix d’une prime de sortie salée. D’un autre côté, les caisses-maladie ne seront pas contraintes de proposer des réseaux de soins intégrés...  
</p><h3>Ne plus pouvoir choisir son EMS </h3><p>Mais il y a plus encore : les réseaux de soins intégrés auront le droit de conclure des contrats exclusifs avec des hôpitaux et des EMS. Ainsi, des patient(e)s pourront être contraints d’aller dans tel hôpital ou EMS uniquement parce qu’il aura conclu un contrat avantageux pour le réseau. En outre, la qualité ne jouera qu’un rôle secondaire lors de la conclusion de ces contrats. Ce qui sera en effet déterminant, ce sera le prix. De plus, la loi ne prévoit pas non plus de contrôle de la qualité.  
</p><p>Ce projet de réseaux de soins intégrés « Managed care » fera également disparaître des modèles existants qui permettent vraiment d’économiser - médecin de famille ou modèles de HMO - grâce auxquels les assuré(e)s peuvent économiser sur leurs primes, parce que, pour eux, la quote-part (participation aux frais remboursés) passera à 15 % (Fr. 1000.-. par an) ou parce que les caisses n’auront plus le droit de proposer leurs modèles propres.  
</p><p>Il y a donc suffisamment de raisons de rejeter nettement dans les urnes, le 17 juin prochain, ce projet qui vise à faire des économies, mais sur le dos des patientes et des patients. </p>]]></content:encoded><category>Santé</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-771</guid><pubDate>Mon, 21 May 2012 15:18:00 +0200</pubDate><title>C’est ça plus de démocratie?</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/c-est-ca-plus-de-democratie</link><description>Votations du 17 juin : initiative sur les accords internationaux</description><content:encoded><![CDATA[<p class="lead">Avec son initiative « Pour le renforcement des droits populaires dans la politique étrangère (accords internationaux : la parole au peuple !) », l’Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN) nous promet plus de démocratie. Or, c’est précisément l’inverse qui arrivera si le peuple ne la rejette pas dans les urnes, le 17 juin prochain.</p><p>L’ASIN n’aime pas que le Parlement puisse voter des accords internationaux sans devoir les soumettre au peuple, ou plutôt, qu’il puisse même conclure des accords internationaux et n’isole donc pas le plus possible notre pays au plan international. Pour y remédier, cette organisation proche de l’aile droite de l’UDC, a lancé cette initiative qui veut que tout accord international soit obligatoirement soumis au peuple.
</p><p>Et cela concernerait tous les accords internationaux, donc aussi les 96 % des accords conclus ces 90 dernières années et qu’absolument personne n’a contestés. Parmi eux, des accords vedettes comme la Convention de Lugano du 30 octobre 2007 concernant la compétence judiciaire, la reconnaissance et l’exécution des décisions en matière civile et commerciale ou la Convention de la Haye du 5 juillet 2006 sur la loi applicable à certains droits sur des titres détenus auprès d’un intermédiaire.
</p><p>Aujourd’hui déjà, nous pouvons saisir le référendum contre la plupart des accords internationaux et les faire passer en votation. Depuis 1921, sur 257 accords, il a été fait dix fois seulement usage de cette possibilité et deux fois l’accord fut rejeté. Dans tous les autres cas, les accords n’étaient nullement contestés. Grâce au référendum facultatif, nous avons donc pu nous prononcer sur ceux qui l’étaient, tout en nous épargnant 248 votations inutiles.
</p><p>L’ASIN veut que cela change. Selon elle, il faudrait au moins 1 dimanche supplémentaire de votation par an, un chiffre contesté par les opposants pour qui il y aurait 8 ou 9 votations de plus, soit en tout cas deux dimanches supplémentaires. Ce surplus de votations s’accompagnerait d’un courrier postal à chaque fois plus épais et des objets d’un point de vue juridique encore plus techniques et compliqués, sur lesquels nous devrions garder une vue d’ensemble. Chacun et chacune peut s’imaginer sans peine à quel point cela favorise-rait la participation des citoyen(ne)s aux scrutins. Pour l’ASIN, il semble que la quantité soit plus importante que la qualité…
</p><p>Mais l’élément vraiment déterminant ici, c’est qu’en cas de référendum obligatoire, la majorité des voix ne suffit pas. Il faut aussi celle des cantons, ce qui équivaudrait à une distorsion de la volonté populaire. En effet, la majorité des cantons donne à une voix d’Appenzell Rhodes-Intérieures 70 fois plus de poids qu’à une voix zurichoise. Les petits cantons pèseraient ainsi beaucoup trop en matière de politique extérieure, alors que les cantons les plus peuplés auraient le dessous et, avec eux, leurs citoyen(ne)s.
</p><p>L’initiative de l’ASIN ne tient pas même le commencement du début de ce qu’elle pro-met. Au lieu de plus de démocratie, elle provoquera un flot de votations inutiles et une distorsion de la démocratie. L’ASIN aime cela, car elle fait ses choux gras avec ses efforts pour isoler la Suisse. Mais nous ne nous ferons pas abuser avec pareille poudre de perlimpinpin et dirons NON à cette initiative le 17 juin. </p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-762</guid><pubDate>Wed, 16 May 2012 14:46:00 +0200</pubDate><title>Bienvenue sur le nouveau site internet de l’USS</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/bienvenue-sur-le-nouveau-site-internet-de-l-uss</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="Text"><span lang="FR">L’Union syndicale suisse (USS) a relooké son site internet. Nous espérons que vous continuerez à vous y retrouver sans problème&nbsp;! Nous avons profité de ce relookage, d’une part, pour adapter ce site aux derniers développements d’internet et, de l’autre, pour essayer de présenter nos informations de manière à en rendre l’accès le plus simple possible. </span></p><p class="Text"><span lang="FR">De plus, nous avons fortement misé sur un allégement de la présentation, avec pour but d’en rester au strict nécessaire. Mais les nouvelles fonctions permettent aussi de plonger plus profondément dans notre fonds d’informations politiques que par le passé. Les cinq options de notre menu correspondent chacune à un autre volet du site&nbsp;:</span></p><ul><li><span lang="FR"><span><span></span></span></span><span lang="FR">Actuel&nbsp;: Vous trouvez ici les informations les plus récentes de l’USS. La page d’accueil propose des accroches concernant les communiqués de presse et les articles les plus importants et les plus récents. Sous les autres options du menu se trouvent des informations destinées aux collaborateurs et collaboratrices des médias, des informations de fond sur des campagnes d’actualité ainsi que les dernières communications des fédérations membres de l’USS.</span></li><li><span lang="FR"><span><span></span></span></span><span lang="FR">Thèmes&nbsp;: Il s’agit, à proprement parler, du noyau de notre nouveau site. Les informations y sont réparties par thèmes et sous-thèmes. </span></li><li><span lang="FR"><span><span></span></span></span><span lang="FR">Publications&nbsp;: Cherchez-vous des informations sur des réponses données dans le cadre de consultations fédérales ou uniquement sur des discours&nbsp;? Sur des communiqués de presse ou des Dossiers de l’USS&nbsp;? Vous êtes à la bonne place. </span></li><li><span lang="FR"><span><span></span></span></span><span lang="FR">Services&nbsp;: L’USS propose divers services allant du calculateur de salaire aux archives et à la bibliothèque de l’USS. C’est ici que vous trouvez tout cela. </span></li><li><span lang="FR"><span><span></span></span></span><span lang="FR">L’USS&nbsp;: Cherchez-vous l’adresse de votre union syndicale cantonale ou vous intéressez-vous à une commission particulière de l’USS&nbsp;? Et l’USS, c’est quoi, finalement&nbsp;? À cet endroit, nous vous présentons notre organisation sous toutes ses facettes. </span></li><li><span lang="FR"><span><span></span></span></span><span lang="FR">Newsletter&nbsp;: Nous avons aussi réorganisé nos uss-infos. <a href="/publications/communiques-de-presse" class="internal-link">C’est ici que vous pouvez vous y abonner</a>. </span></li></ul><p class="Text"><span lang="FR">Il se peut que notre site n’ait pas encore corrigé tous ses «&nbsp;défauts de jeunesse&nbsp;». C’est pourquoi nous serions heureux si nos fidèles visiteurs nous signalaient les erreurs ou les lacunes qu’ils trouvent sur ce nouveau site. D’avance merci pour toutes vos réactions&nbsp;: </span><a href="#" data-mailto-token="thpsav1thyjv5rpzaslyGzni5jo" data-mailto-vector="7"><span lang="FR">marco.kistler(at)sgb.ch</span></a><span lang="FR">. </span></p><p class="Text"><span lang="FR">Je vous souhaite beaucoup de plaisir à surfer – avec succès – sur notre site à la recherche d’informations. </span></p><p class="Text"><span lang="FR">Marco Kistler, responsable du relookage du site internet de l’USS</span></p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-764</guid><pubDate>Tue, 15 May 2012 17:33:00 +0200</pubDate><title>Paul Rechsteiner: Des rentes meilleures avec AVSplus</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/paul-rechsteiner-des-rentes-meilleures-avec-avsplus</link><description>Discours d’ouverture AD d&#039;USS Mai 2012</description><content:encoded><![CDATA[<p>Avec l’Assemblée des délégué(e)s (AD) de ce jour, nous nous trouvons à nouveau devant des décisions importantes à prendre. Des décisions importantes non seulement pour nous, pour nos membres, mais, au-delà, pour toute la société. Il y a deux ans, avec notre initiative sur les salaires minimums, nous avons ouvert un nouveau chapitre de la politique salariale de notre pays. Depuis lors, cette initiative a abouti et a été déposée. Aujourd’hui, elle marque de son empreinte les discussions de politique salariale bien au-delà de nos propres rangs. 
</p><p>Il s’agit maintenant d’attaquer un nouveau chapitre de la politique des retraites. Cela fait trop longtemps que plus rien de positif ne s’est passé en matière de rentes. Les dix dernières ann sous l’ère des ministres radicaux des Affaires sociales Couchepin et Burkhalter, ont été des années perdues. Elles furent en effet marquées par des projets de démantèlement social. Grâce au succès de nos référendums sur l’AVS et le 2<sup>e</sup> pilier, nous avons empêché un démantèlement des rentes. Mais nous n’avons plus progressé. Les rentes sont à la traîne des salaires. Cependant, le coût de la vie, les primes des caisses-maladie et les loyers augmentent. Pas étonnant que les rentes des retraité(e)s de conditions modestes suffisent tout juste, voire ne suffisent pas du tout pour vivre décemment. Il est temps de réaliser à nouveau un progrès social aussi en matière de rentes. 
</p><p>L’idée d’<b>AVSplus</b> a été lancée lors du congrès de l’USS de fin 2010. Depuis cette date, le Secrétariat de l’USS a beaucoup travaillé. L’AD de ce jour pose les jalons de ce projet. 
</p><p>Le point de départ d’<b>AVSplus</b> est le mandat constitutionnel en matière de prévoyance vieillesse. La Constitution exige que les rentes de l’AVS et de la prévoyance professionnelle permettent ensemble de «&nbsp;maintenir de manière appropriée (le) niveau de vie antérieur&nbsp;». Ce n’est aujourd’hui pas ou plus le cas pour de trop nombreuses personnes à bas ou moyens revenus.
</p><p><b>AVSplus</b> mise sur l’amélioration des rentes de l’AVS. Et, de ce fait, sur le modèle à succès qu’est l’AVS avec un rapport prix-prestations de très bonne qualité pour la grande majorité de la population. Le financement de l’AVS est solide. Le modèle de l’AVS permettra à l’actuelle génération de rentiers et rentières de déjà profiter d’<b>AVSplus</b>. Les nombreux rentiers et rentières à revenus modestes en ont besoin. 
</p><p>L’amélioration des prestations de vieillesse via le 2<sup>e</sup> pilier ne peut réalistement pas être financée jusqu’à nouvel ordre, a fortiori pas pour la génération des plus âgés. Concernant le 2<sup>e</sup> pilier, nous devons déjà être contents, dans la situation actuelle qu’il n’y ait pas de baisse des rentes. Concernant l’AVS, un retard doit être comblé. Trop longtemps, les rentes de l’AVS n’ont pas été adaptées à l’évolution des salaires et du coût de la vie.
</p><p>C’est pourquoi nous avons besoin maintenant que la politique en matière de rentes entame un nouveau cycle&nbsp;: avec des rentes AVS améliorées pour les personnes à bas et moyens revenus, en lieu et place de dégradations des prestations dont le Palais fédéral n’a cessé de nous menacer les dix dernières années. 
</p><p>Une chose est importante&nbsp;: nous ne sommes plus seuls à demander une amélioration des rentes. Lors des élections, le PDC a lancé une initiative qui aboutirait, pour les couples, à des rentes nettement supérieures. Le mot-clé ici&nbsp;: suppression du plafonnement des rentes de couples. Peu importe s’il ne s’agissait là que d’une idée électoraliste ou sérieuse et qu’elle a ses «&nbsp;hics&nbsp;». L’essentiel est que, pour la première fois depuis longtemps, un parti de droite veut des rentes AVS plus élevées. 
</p><p>La hausse des rentes AVS devient ainsi le thème de la prochaine étape du débat sur la prévoyance vieillesse. <b>AVSplus</b> offre à cet égard un objectif déterminant.
</p><p>Des salaires décents et des rentes suffisantes&nbsp;: tels sont les objectifs pour demain. Afin que celles et ceux qui, par leur travail et leur engagement, contribuent de manière décisive au bien-être de la Suisse reçoivent la part de ce dernier qui leur revient. Des objectifs qui rendront la Suisse à nouveau plus juste et plus solidaire.</p>]]></content:encoded><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-761</guid><pubDate>Sat, 12 May 2012 09:51:00 +0200</pubDate><title>Assemblée des délégué(e)s de l’USS en mai 2012</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/assemblee-des-delegue-e-s-de-l-uss-en-mai-2012</link><description>Des rentes meilleures avec AVSplus</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les délégué(e)s de l’Union syndicale suisse (USS) ont décidé d’améliorer les rentes AVS à l’aide d’un projet intitulé AVSplus. Ce sont surtout les rentes des bas et moyens revenus qui devront être substantiellement augmentées. Cette décision représente un tournant dans l’histoire de l’AVS : après une vingtaine d’années de défensive en cette matière, les délégué(e)s de l’USS ont désormais posé la première pierre d’un nouveau développement social de cette assurance.</p><ul><li>Discours d'ouverture sur le projet AVSplus de Paul Rechsteiner, président de l'USS</li><li>&lt;media 336 - - "TEXT, 120511f DB AVSplus Distribue-sur-place, 120511f_DB_AVSplus_Distribue-sur-place.pdf, 81 KB"&gt;Les variantes AVSplus&lt;/media&gt;</li></ul><p>En plus, les délégué(e)s ont adopté les résolutions suivantes:</p><ul><li>&lt;media 377 - - "TEXT, 120511f DL Franc, 120511f_DL_Franc.pdf, 70 KB"&gt;Pour protéger les salaires et les emplois : un cours de Fr. 1.40 pour 1 euro&lt;/media&gt;</li><li>&lt;media 375 - - "TEXT, 120511f JCS Dereguler horaires de travail, 120511f_JCS_Dereguler_horaires_de_travail.pdf, 58 KB"&gt;Non à la stratégie du salami pour déréguler les horaires de travail&lt;/media&gt;</li><li>&lt;media 376 - - "TEXT, 120511f JCS Crise dette Europe Non austerite Oui emploi, 120511f_JCS_Crise_dette_Europe_Non_austerite_Oui_emploi.pdf, 69 KB"&gt;Crise de la dette en europe : non à l'austérité, oui à l'emploi&lt;/media&gt;</li><li>&lt;media 339 - - "TEXT, 120511 Merck Serono, 120511_Merck_Serono.pdf, 35 KB"&gt;Merck Serono: Ja zum Kampf für den Denk- und Werkplatz Schweiz! (n'éxiste qu'en allemand)&lt;/media&gt;</li></ul>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-769</guid><pubDate>Fri, 11 May 2012 14:48:00 +0200</pubDate><title>Libre circulation des personnes et mesures d’accompagnement: Des mesures à développer encore plus !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/libre-circulation-des-personnes-et-mesures-d-accompagnement-des-mesures-a-developper-encore-plus</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Grâce aux mesures d’accompagnement, la Suisse dispose fondamentalement d’un instrument lui permettant de contrôler l’immigration de la main-d’œuvre. Le principe à la base des mesures d’accompagnement est le suivant&nbsp;: celui qui travaille en Suisse doit recevoir un salaire suisse et accéder à des conditions de travail suisses. L’application rigoureuse de ce principe, au moyen de contrôles minutieux, de salaires minimums et de sanctions sévères, permettrait de protéger les salaires suisses et les employeurs ne pourraient pas engager des forces de travail à bon marché à l’étranger au détriment des travailleurs et des travailleuses de ce pays. 
</p><p><b>Faire respecter les salaires suisses – combler les lacunes des mesure d’accompagnement</b></p><p>Malheureusement, les mesures d’accompagnement ont de notables lacunes que des firmes irresponsables peuvent utiliser pour contourner les conditions salariales helvétiques. Les problèmes proviennent surtout des indépendants fictifs et de la sous-traitance en cascade. Avec l’élargissement à l’Est, faire respecter les salaires suisses est devenu encore plus difficile. C’est la raison pour laquelle les mesures d’accompagnement doivent permettre de faire respecter directement les salaires en Suisse. Actuellement, les entreprises de l’artisanat du bâtiment sont obligées, dans de nombreuses branches, de déposer une caution. C’est en partie utile. Mais dans les cas de sous-traitance en cascade, ce moyen reste le plus souvent sans effet. L’Autriche, membre de l’UE, a durci ses mesures d’accompagnement lors de l’élargissement à l’Est, en introduisant une responsabilité solidaire. En outre, les entreprises étrangères doivent procéder à une annonce préalable des salaires, ce qui facilite les contrôles. La commission du Conseil national compétente a approuvé cette proposition. Au Conseil des États, toutefois, le conseiller fédéral Schneider-Ammann est intervenu contre une responsabilité solidaire efficace&nbsp;! C’est inacceptable. Pour protéger les salaires suisses, il faut introduire et appliquer rapidement&nbsp;: </p><ul><li><p>les mesures contre l’indépendance fictive,</p></li><li><p>l’annonce préalable des salaires,</p></li><li><p>une responsabilité solidaire efficace.</p></li></ul><p><b>Problèmes d’exécution&nbsp;: contrôles supplémentaires et protection par le biais des salaires minimaux</b></p><p>L’application des mesures d’accompagnement reste problématique. Il y a eu moins de contrôles l’an passé, alors que le nombre d’emplois en Suisse augmentait et que l’immigration se développait. Et dans les branches sans protection par des salaires minimaux, on a constaté une recrudescence de la sous-enchère salariale. Depuis 2009, le taux d’infractions y est passé de 6 à 11 pour cent, doublant quasiment&nbsp;! En 2012, la situation ne devrait pas s’être améliorée, au contraire&nbsp;: la surévaluation du franc suisse doit avoir poussé certains patrons à rechercher de la main-d’œuvre bon marché à l’étranger. Les branches particulièrement touchées sont celles de l’horticulture (taux d’infractions&nbsp;: 11&nbsp;%), celle du commerce (de détail) (11&nbsp;%) et de l’industrie (18&nbsp;%). La loi (CO art. 360a) établit clairement qu’en cas de sous-enchère répétée, des salaires minimaux doivent être introduits. Mais aucun canton alémanique n’a encore promulgué de salaire minimum. L’USS exige en conséquence&nbsp;:</p><ul><li><p>l’introduction rapide et rigoureuse de salaires minimaux lors de dumping salarial </p></li><li><p>davantage de contrôles stricts dans les branches sans salaires minimaux – en particulier lors de nouvelles embauches et dans les régions frontalières </p></li><li><p>davantage de ressources pour les contrôles dans les branches à CCT étendue et la suppression du plafonnement dans les accords de prestations de la Confédération. </p></li></ul><p><b>Pas d’affaiblissement des mesures d’accompagnement à l’occasion du règlement des «&nbsp;questions institutionnelles&nbsp;» avec l’UE.</b></p><p>La Commission européenne exige de la Suisse qu’elle s’adapte à l’évolution juridique de l’UE dans le cadre des bilatérales. Mais justement, la direction suivie par l’UE en matière de protection des salaires est trop laxiste. Dans plusieurs de ses jugements, la Cour européenne de justice a tenté de saper cette protection. L’USS s’est toujours prononcée pour de bonnes relations, régulées, avec l’UE – mais à condition que les salarié(e)s en Suisse tirent avantage de cette ouverture vers l’Europe. On ne peut donc approuver une solution à cette question de l’évolution conjointe de la législation que si la Suisse ne déroge pas d’un millimètre au principe qui veut qu’en Suisse, des salaires suisses soient versés. La règle des 8 jours, les cautions et les autres mesures de protection des salaires suisses ne sont pas négociables.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Salaires et CCT</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-755</guid><pubDate>Mon, 23 Apr 2012 18:15:00 +0200</pubDate><title>Finissons-en avec les inégalités croissantes en matière de revenus  et de fortune !</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/finissons-en-avec-les-inegalites-croissantes-en-matiere-de-revenus-et-de-fortune</link><description>Avant le 1er mai de l’an dernier, l’Union syndicale suisse (USS) présentait pour la pre-mière fois en Suisse un rapport sur la répartition des revenus et de la fortune dans notre pays. Ce rapport scientifique montrait dans quelle mesure dramatique les inégalités de revenus et de fortune s’étaient accrues ces dernières dix à quinze années en Suisse aussi. Ce grave constat n’a pas pu être réfuté, même par ceux à qu’il il ne plaisait pas, comme l’organisation faîtière de l’économie : economiesuisse. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Actualisé et remanié, le nouveau rapport poursuit l’analyse commencée. Il confirme, sur la base des données les plus récentes – qui concernent désormais aussi l’an 2010 – que le revenu disponible des petits et moyens revenus n’a guère augmenté, voire même qu’il a baissé pour des ménages à une personne, alors qu’il augmentait de façon démesurée pour les hauts et très hauts revenus. L’évolution des salaires, qui a favorisé les hauts et très hauts salaires, n’en est pas seule responsable. La politique fiscale l’est aussi, qui se caractérisait et se caractérise encore par des allégements fiscaux pour les revenus les plus élevés et les fortunes les plus grandes, pendant que les primes de caisse-maladie et les loyers alourdissent de manière excessive la charge supportée par les salarié(e)s ordinaires.
</p><p>Mais cette évolution négative n’est pas une loi de la nature. Comme le montre le rapport 2012 de l’USS, qui présente aussi les résultats des nouvelles recherches effectuées à l’étranger, ce sont finalement des décisions politiques qui entraînent plus d’inégalités ou plus d’égalité et de justice en matière de revenus et de fortune.
</p><p>Ces décisions politiques déterminantes pour l’évolution des revenus et de la fortune ont été, tout compte fait, très négatives ces dernières années précisément pour les bas et moyens revenus. Il ne suffit cependant pas de se plaindre de cette dérive concernant les hauts revenus, comme l’a tout récemment fait le Conseil fédéral dans son message sur l’initiative populaire « 1:12 – Pour des salaires équitables ». Des mesures concrètes et des progrès politiques sont nécessaires.
</p><p>En matière de politique fiscale, la spirale des baisses sans fin d’impôts en faveur des hauts revenus et des grandes fortunes doit être stoppée. L’exemple le plus flagrant est, au plan fédéral, la deuxième réforme de l’imposition des entreprises, qui se traduira par des milliards de francs de pertes pour la Confédération et au profit des riches actionnaires, donc de ceux qui ont le moins besoin d’allégements. Pour la seule année 2012, cette réforme a entraîné 400 millions de pertes fiscales pour les impôts sur le revenu et 350 millions pour l’impôt anticipé. Comme le Tribunal fédéral l’a aussi confirmé entretemps, les citoyen(ne)s ont été dupés avant le vote par les autorités fédérales compétentes, c’est-à-dire qu’on leur a menti. Non seulement eu égard aux graves conséquences de cette réforme, mais aussi d’un point de vue démocratique, ce serait un échec capital du Conseil fédéral et du Parlement s’ils n’étaient pas en mesure de faire en sorte, dans des délais raisonnables, que ces conséquences ne se reproduisent plus.
</p><p>Somme toute, la politique fiscale doit revenir aux principes élémentaires inscrits dans la Constitution fédérale, à savoir : une imposition en fonction de la capacité économique. En lieu et place de nouvelles baisses d’impôts en faveur des entreprises, il faut corriger certaines choses comme le propose, par exemple, l’initiative pour un impôt fédéral sur les successions soutenue par les syndicats. Un impôt sur les bonus, ainsi qu’il en est actuellement question en rapport avec l’initiative « contre les rémunérations abusives », serait un signal allant dans la bonne direction.
</p><p>Pour les bas et moyens revenus, il est d’autre part déterminant qu’à nouveau quelque chose d’utile se passe enfin en ce qui concerne les primes des caisses-maladie, qui se transforment toujours plus en un impôt indirect antisocial. Les premiers pas à effectuer en matière de réductions des primes n’ont que trop attendu.
</p><p>Enfin, du point de vue de la politique salariale, il faut introduire des salaires minimums en fonction des professions et des qualifications et un seuil inférieur de 22 francs de l’heure, ainsi que le demande l’initiative des syndicats pour des salaires minimums. C’est nécessaire pour que l’évolution des bas et des moyens salaires puissent redevenir durablement positive. Le rapport sur la répartition des revenus et de la fortune montre que les systèmes salariaux qui prévoient des salaires minimums et des hausses générales rendent la situation plus juste. Telles sont les conclusions les plus urgentes à tirer de ce rapport 2012. </p>]]></content:encoded><category>Économie</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-753</guid><pubDate>Mon, 23 Apr 2012 18:13:00 +0200</pubDate><title>Écarts entre les salaires : les politiques peuvent et doivent agir</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/ecarts-entre-les-salaires-les-politiques-peuvent-et-doivent-agir</link><description>On peut remédier au creusement des inégalités de salaires. Ce qui est déterminant pour une évolution équilibrée des salaires, c&#039;est l&#039;existence de syndicats forts, des salaires minimums effficaces, une assurance-chômage de qualité et une protection solide des travailleurs et travailleuses.</description><content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded><category>Économie</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-754</guid><pubDate>Wed, 04 Apr 2012 18:03:00 +0200</pubDate><title>Mauvais arguments pour une baisse des rentes </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/mauvais-arguments-pour-une-baisse-des-rentes</link><description>Les rentes du 2e pilier ont pour fonction, avec celles de l’AVS, de permettre aux retraité(e)s de « maintenir de manière appropriée (leur) niveau de vie antérieur ». C’est notre Constitution fédérale qui le demande. Aujourd’hui déjà, cet objectif constitutionnel est menacé pour de nombreuses personnes de bas ou moyen revenu. On ne saurait donc d’autant moins tolérer, concernant des rentes réglementées par la loi, que leur niveau actuel soit baissé. </description><content:encoded><![CDATA[<p><b>[UNVOLLSTÄNDIG]</b></p><p>C’est sur cette toile de fond que les Suisses et les Suissesses ont, le 7 mars 2010, rejeté par 72,7 % dans les urnes un projet de baisse du taux de conversion minimal de la prévoyance professionnelle. Avant ce scrutin, le Conseil fédéral et l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) ainsi que les partis bourgeois avaient juré aux citoyen(ne)s que le 2e pilier serait financièrement menacé si les rentes n’étaient pas baissées. Les arguments avancés dans ce sens à grands frais lors d’une des plus onéreuses campagnes de votation de ces dernières années ne convainquirent pas.
</p><p>Le dernier acte officiel accompli par le conseiller fédéral Didier Burkhalter en tant que chef du Département fédéral de l’intérieur (DFI) chargé de ce dossier a été d’ouvrir l’audition au sujet du rapport sur l’avenir du 2e pilier. Le cœur de ce rapport est à nouveau la baisse, présentée comme incontournable, du taux de conversion minimal. Étant donné l’importance revêtue par ce rapport pour les décisions stratégiques qui seront très prochainement prises en matière de prévoyance vieillesse, l’Union syndicale suisse (USS) a soumis à un examen minutieux les hypothèses de l’OFAS, compétent pour ces ques-tions, et les buts à atteindre fixés par lui. Le résultat de cette analyse montre que ces hy-pothèses et buts sont aussi problématiques que les anciennes prévisions erronées du même office sur l’avenir de l’AVS, des erreurs qui ont été nettement corrigées depuis lors par ce dernier, pour se rapprocher de la réalité.
</p><p>Quiconque lit attentivement ce rapport volumineux s’étonne tout d’abord de voir que les hypothèses centrales sur l’évolution de l’espérance de vie et les taux d’intérêts ne s’appuient que sur peu de données chiffrées. Pour les taux d’intérêt, on voit des courbes descendantes vertigineuses en ce qui concerne les placements à faible risque et, pour l’espérance de vie, les données sont celles de quelques institutions de prévoyance et con-cernent notamment des employé(e)s de l’État. Ainsi, déjà dans la partie déterminante de ce rapport, on est surpris par la superficialité du travail et la maigreur des données utilisées.
</p><p>Un examen plus fouillé fait apparaître qu’avant de prendre des décisions qui sont de grande portée pour l’avenir et auront des effets en conséquence pour la sécurité sociale, l’évolution des taux d’intérêt et des rendements doit être considérée et analysée dans un contexte plus vaste. Il suffit de mentionner à cet égard que, survenant dans le cadre d’une inflation aujourd’hui absente, de petites modifications peuvent déjà changer totalement la donne. Et il y aurait aussi lieu de s’étonner du fait que même l’Administration fédérale des finances, réputée pour sa grande retenue, arrive, dans les « Perspectives à long terme des finances publiques en Suisse » qu’elle vient de publier, à des taux d’intérêt de loin supérieurs à ceux de l’OFAS.
</p><p>Quant à l’évolution de l’espérance de vie, la maigreur des données utilisées saute encore plus aux yeux. On dissimule par exemple purement et simplement le fait que cette minorité d’assuré(e)s à qui s’applique en premier lieu le taux de conversion minimal est composée des classes sociales dont l’espérance de vie est moindre. Et dire que chacun sait que l’« inégalité » face à la mort est importante, c’est-à-dire qu’il y a donc « inégalité » de l’espérance de vie : Celles et ceux qui gagnent peu pour un travail correspondant vivent en effet moins longtemps que celles et ceux qui gagnent plus et dont les activités sont plus qualifiées.
</p><p>Mais qui aimerait imposer à la population des baisses de rentes est tenu d’analyser ou de faire analyser les réalités fondamentales ici. Et de le faire de manière approfondie, sérieuse et compréhensible. Que la « communauté de croyance » qui va de la branche des groupes d’assurances jusqu’à l’Association suisse des institutions de prévoyance (ASIP) soit unanime à penser, comme avant le 7 mars 2010, que le taux de conversion minimal doit être baissé n’est pas suffisant dans un processus démocratique pour justifier des décisions politiques importantes. Pour cela, il faut des bases qui reposent sur des faits et soient crédibles. Le rapport sur l’avenir du 2e pilier ne satisfait pas à ces exigences.
</p><p>S’ajoute à cela que l’OFAS lui-même a commandé des études qui établissent que les coûts administratifs et générés par la gestion de la fortune sont fortement surfaits. Qui plus est, les primes de risque représentent des affaires importantes pour les compagnies d’assurance, en cela que les bénéfices y sont presqu’aussi élevées que les dépenses totales de ces compagnies. Mais tant que, du côté de l’OFAS, on ne fait que constater les faits sans en tirer de conclusions politiques, il n’est pas question que les gains des groupes d’assurance continuent à augmenter grâce à des baisses de rentes sur le dos des personnes concernées.
</p><p>Dans pareil contexte, l’USS continuera son combat contre toute baisse des rentes du 2e pilier. Il reste à espérer que le DFI retravaille dans un proche avenir de manière appro-fondie, comme pour celles de l’AVS, les bases du 2e pilier. </p>]]></content:encoded><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-742</guid><pubDate>Fri, 30 Mar 2012 11:10:00 +0200</pubDate><title>Projet Managed care : Trompeur et dangereux</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/projet-managed-care-trompeur-et-dangereux</link><description>Le projet « Managed care » est un projet trompeur et dangereux. En y regardant de plus près, on s&#039;aperçoit qu&#039;il conduit non seulement à une médecine à deux vitesses, mais qu&#039;il sert aussi de prétexte pour réorienter le pilotage du système sanitaire en fonction d&#039;intérêts économiques. C&#039;est à juste titre que s&#039;est constitué un large mouvement d&#039;opposition au projet au sein de la population, avec le soutien de nombreuses organisations concernées. Cette opposition est mise en évidence par plus de 130’000 signatures récoltées en faveur du référendum contre ce projet</description><content:encoded><![CDATA[<h3>Les raisons de dire NON au projet de réseaux de soins intégrés sont multiples</h3><p>Selon ce projet, l'obligation de contracter basée sur le principe de la solidarité serait supprimée: les caisses-maladie pourraient alors dicter leurs décisions et prendre le contrôle du pilotage du système de la santé. Elles pourraient ainsi imposer leurs condi-tions aux réseaux de soins intégrés – par le biais de contrats secrets – et en biffer cer-tains de leur liste selon leur bon vouloir. Ces problèmes toucheraient également les hôpitaux, les homes, les services d'aide et de soins à domicile et les cliniques, qui de-vraient intégrer directement ou indirectement ces réseaux. En effet, ces derniers au-raient l'obligation de proposer l'ensemble des prestations de soins de santé conformé-ment à la Loi sur l’assurance-maladie.
</p><p>Les réseaux de soins intégrés devraient également respecter des objectifs budgétaires (fixés par les caisses) et participeraient ainsi pour moitié à un éventuel bénéfice ou à une éventuelle perte. Ces conditions inciteraient les fournisseurs de prestations à ne miser que sur des examens et thérapies réduits au minimum et à priver les patient(e)s des traitements les mieux adaptés à leur situation, mais occasionnant des coûts plus élevés. Pour le personnel du secteur de la santé, cette situation engendrerait un stress énorme du point de vue éthique : il serait soumis à une pression morale qui le pousserait à accorder davantage d'importance à des critères économiques qu'aux besoins des patient(e)s. La pression des coûts exercée sur les réseaux de soins entraînerait des me-sures d'économies prises au détriment du personnel et de ses conditions d'engagement, que ce soit dans les cabinets médicaux, les hôpitaux ou les homes. Tous ces facteurs provoqueraient une dégradation de la qualité du système de santé pour les patient(e)s.
</p><p>Le projet actuel prévoit de lier les assuré(e)s à leur caisse maladie et au modèle d'assu-rance choisi par le biais de contrats d'une durée de trois ans. Les assuré(e)s qui vou-draient changer de réseau avant l'échéance de leur contrat devraient payer une prime de sortie élevée.
</p><p>Le système sanitaire américain, dans lequel les réseaux de soins intégrés sont très ré-pandus, nous montre les problèmes qu’un tel système peut engendrer : une augmenta-tion massive des aspects bureaucratiques, des litiges (portés devant les tribunaux) et des coûts administratifs.
</p><p>Une personne qui ne voudrait ou ne pourrait adhérer à un réseau de soins intégré (en raison d'une couverture régionale insuffisante par ces derniers) devrait dorénavant as-sumer une quote-part pouvant s'élever jusqu'à 1000 francs par année, cette participation payée par l’assuré(e) venant s'ajouter à la franchise (dont le montant minimal est de 300 francs) et aux primes de caisse-maladie en constante augmentation. L'assuré(e) incapable de payer un tel prix serait privé du libre choix du médecin et du libre choix de l'hôpital.
</p><p>Étant donné l'intégration des homes et des hôpitaux dans ces réseaux de soins, la sup-pression de la liberté de choisir ne concernerait pas seulement les médecins, mais éga-lement les hôpitaux et les homes.
</p><h3>Prenons trois exemples</h3><p>Le médecin de famille que Madame H. consulte depuis de nombreuses années change de réseau de soins intégré. Or la caisse-maladie de Madame H. n'a pas conclu de con-trat avec ce nouveau réseau. Cette situation place Madame H. devant le dilemme sui-vant : soit elle accepte de payer une prime de sortie élevée, soit elle doit changer de médecin de famille.
</p><p>Monsieur R. devient dépendant de soins. Son réseau de soins intégré n'a signé de con-trat qu'avec des homes très éloignés de son domicile, sa famille et ses amis. M. R. est donc obligé de se rendre dans un home faisant partie du réseau de son assurance-maladie ou de payer une prime de sortie élevée.
</p><p>Chaque fois que son médecin lui prescrit des médicaments anticancéreux onéreux, Madame S. doit faire une journée d'hôpital, car le canton participe à la prise en charge des coûts pour les cas hospitaliers (stationnaires), ce qui allège le budget du réseau de soins concerné.
</p><p>Les réseaux de soins intégrés sont importants. C'est pourquoi nous avons besoin d'un nouveau projet de réseaux de soins intégrés qui prévoie le libre choix du réseau et donc du médecin. Nous voulons un projet sans contrat liant les assuré(e)-s à leur caisse sur plusieurs années, sans coresponsabilité budgétaire, mais qui fixe l'obligation de contracter pour les caisses et qui renforce la qualité professionnelle. Pour obtenir des réseaux de soins intégrés répondant aux intérêts des assuré(e)s, nous devons refuser massivement l’actuel projet « Managed care », qui est un projet trompeur !</p>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-699</guid><pubDate>Fri, 23 Mar 2012 15:26:00 +0100</pubDate><title>Halte aux licenciements antisyndicaux, un scandale antidémocratique ! </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/halte-aux-licenciements-antisyndicaux-un-scandale-antidemocratique</link><description>RÉSOLUTION
Adoptée par le Congrès de l’USS du 5/6 novembre 2010</description><content:encoded><![CDATA[<p>Dans tous les pays démocratiques, les travailleurs et les travailleuses qui exercent une fonction syndicale spécifique bénéficient d’une importante protection contre les licenciements. En Suisse, cette protection se limite à un strict minimum. Qui plus est, si un tribunal juge qu’un représentant syndical a été abusivement licencié, l’indemnité prévue peut être – tout au plus – de six mois de salaire et aucune réintégration de la personne concernée ne peut être ordonnée.
</p><p>Qu’il soit possible de se «&nbsp;racheter&nbsp;» à si bon compte constitue un affront à la démocratie et une violation du droit international, à savoir&nbsp;: la convention n° 98 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) que la Suisse a ratifiée. C’est pourquoi l’Union syndicale suisse (USS) a déposé plainte contre la Suisse auprès de l’OIT en 2003. Ensuite, l’OIT a tancé la Suisse, mais le Conseil fédéral et l’Administration fédérale, invoquant le blocage des employeurs sur cette question, n’ont pas voulu agir. 
</p><p>Lors de la dernière crise, les licenciements antisyndicaux ont fortement augmenté. Plusieurs entreprises – et parmi elles, certaines qui aiment à se présenter au public comme étant des modèles (Tamedia, Manor) – ont procédé à des licenciements abusifs de représentant(e)s syndicaux. Ce faisant, elles se sont débarrassées de leur critique et opposition en leur sein pour pouvoir réaliser sans heurts des restructurations contre la volonté du personnel. Ce style «&nbsp;marche ou crève&nbsp;», ce recours impératif à la muselière est absolument contraire à toute notion de partenariat social et de société démocratique. Le personnel et le syndicat y sont pris en tenailles. Les syndicats de l’USS ont dénoncé à la faveur d’une campagne publique ce scandale qui se répand dramatiquement. Ce qui a enfin amené entretemps le Conseil fédéral à reconnaître qu’il y avait lieu d’agir. Dans son projet de renforcement de la protection contre le licenciement de personnes qui signalent des faits répréhensibles dans leur entreprise, il entend désormais aussi protéger les représentant(e)s syndicaux. 
</p><p>Le congrès de l’USS réaffirme que
</p><p>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; les licenciements antisyndicaux et la répression antisyndicale sont un affront à l’État de droit et indignes d’une démocratie&nbsp;;
</p><p>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; le mouvement syndical continuera à dénoncer publiquement les licenciements antisyndicaux, car les entreprises qui appliquent des méthodes autoritaires doivent savoir qu’il leur en coûtera cher. Les syndicats continueront à mener campagne contre les licenciements antisyndicaux, pour renforcer les droits syndicaux dans les entreprises et pour que les employeurs qui en entravent l’exercice soient lourdement sanctionnés&nbsp;;
</p><p>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; si les négociations et efforts déployés en faveur d’une meilleure protection des représentant(e)s syndicaux contre les licenciements devaient échouer, l’USS renouvellera sa plainte auprès de l’OIT&nbsp;; elle étudiera aussi le recours à des&nbsp; initiatives au niveau parlementaire et politique. Dans toutes les négociations de CCT, la question de la protection des représentants du personnel et délégués syndicaux sera prioritaire&nbsp;;
</p><p>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; les propositions faites par le Conseil fédéral pour améliorer la protection contre les licenciements de représentant(e)s syndicaux et des élu(e) des travailleurs doivent aussi permettre la réintégration des personnes abusivement licenciées,&nbsp; En effet, la réintégration des victimes de licenciement antisyndical&nbsp;constitue :
</p><p>a.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; la meilleure mesure de dissuasion à l’égard des employeurs qui bafouent la démocratie et méprisent le partenariat social. Les attaques contre la démocratie ne «&nbsp;s’expient&nbsp;» pas uniquement en versant de l’argent&nbsp;;
</p><p>b.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; la meilleure réparation des torts subits par les victimes de licenciement antisyndical&nbsp;;
</p><p>c.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; un renforcement de la compétence des démocrates à défendre la démocratie et à combattre la tyrannie.</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-726</guid><pubDate>Fri, 24 Feb 2012 14:32:00 +0100</pubDate><title>Votation du 11 mars 2012 : Prix unique du livre – Épargne-logement: Un OUI et un NON pour plus d’équité</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/votation-du-11-mars-2012-prix-unique-du-livre-epargne-logement-un-oui-et-un-non-pour-plus-d-equite</link><description>Dans le cas du prix unique du livre, il s’agit de protéger un produit culturel singulier de la logique aveugle du profit. Dans celui de l’épargne-logement, il s’agit d’éviter que la répartition inégale des profits ne soit encore plus encouragée. De manière complémentaire, nos positions sur ces deux objets vont dans le même sens.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="Absatznormal"><span lang="FR">Il y a de nombreux motifs sensés en faveur du prix unique du livre. Le plus important toutefois est que le prix unique du livre permet la diversité et la qualité de l’édition. L’éditeur qui gagne un beau paquet d’argent grâce à un best-seller peut ainsi envisager de publier une anthologie de la poésie et accepter, ici ou là, des perspectives de gains bien plus maigres. Certains idéologues bornés dénoncent le mécanisme du prix unique comme un subventionnement indirect. S’ils ont réussi jusqu’à maintenant à éliminer une large part d’un commerce dépendant de cette solidarité à petite échelle, cela n’implique pas qu’ils aient carte blanche pour poursuivre cette élimination. Dans ce sens, le OUI au prix unique du livre, défendu par la quasi-totalité des créateurs et créatrices culturels, représente un contre-pied à la pure logique du profit. Un petit pas vers plus d’équité.&nbsp; </span></p><h3 class="Absatznormal"><span lang="FR">Ne pas élargir le fossé</span></h3><p class="Absatznormal"><span lang="FR">Le NON à l’initiative sur l’épargne-logement représente un autre contre-pied. Durant des années, la politique fiscale de la Confédération, incarnée en quelque sorte par un ancien conseiller fédéral appenzellois, n’a cessé d’élargir le fossé béant de la répartition primaire du revenu. Pour faire bref : celui qui percevait toujours plus de salaire ou de bonus se voyait régulièrement offrir des cadeaux fiscaux. Cette politique fiscale au service des plus aisés a largement contribué à l’écartement des branches du ciseau des revenus et de la fortune. L’initiative sur l’épargne-logement se situe dans la même logique. Si nous voulons plus d’égalité et moins de polarisation sociale, il faut la refuser. Et si l’on cherche à promouvoir la propriété du logement, il faut alors développer les coopératives d’habitation.</span></p><h3 class="Absatznormal"><span lang="FR">Corriger la tendance actuelle</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">L’initiative sur les six semaines de vacances<span lang="FR">[1]</span></span> se situe aussi dans la logique d’une répartition plus équitable. Les salarié(e)s ont déjà produit sa contrepartie. Le 11 mars<span lang="FR">[2]</span>, les votant(e)s pourront donc apporter quelques corrections à la tendance actuelle à une répartition toujours plus inégale.</p><div><hr><div id="ftn1"><p><span lang="FR"><span lang="FR">[1]</span></span><span lang="FR"></span><span lang="FR-CH">Voir article séparé du présent <i>uss-infos</i>.</span></p></div><div id="ftn2"><p><span lang="FR"><span lang="FR">[2]</span></span><span lang="FR"> L’USS recommande le OUI à la réglementation des jeux d’argent.</span></p></div></div>]]></content:encoded><category>Économie</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-729</guid><pubDate>Fri, 24 Feb 2012 13:48:00 +0100</pubDate><title>Votation du 11 mars 2012 : initiative « 6 semaines de vacances pour tous »: OUI à un droit aux vacances plus équitable !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/votation-du-11-mars-2012-initiative-6-semaines-de-vacances-pour-tous-oui-a-un-droit-aux-vacances-plus-equitable</link><description>En Suisse, les vacances sont très inégalement réparties. Les salarié(e)s dont les horaires sont longs et les salaires bas sont précisément les plus discriminés. Un argument supplémentaire pour l’initiative qui demande 6 semaines de vacances pour tous et toutes.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Dans son dossier récemment consacré aux vacances, l’Office fédéral de la statistique (OFS) arrive à une conclusion peu surprenante : celles et ceux qui ne bénéficient déjà pas d’une bonne durée du travail et d’un bon salaire sont aussi pénalisés en matière de vacances. Les données des graphiques ci-dessous concernent l’année 2010.
</p><p>Alors que seuls 48&nbsp;% des salarié(e)s avec un revenu annuel maximal de 60&nbsp;000 francs bénéficient de 5 semaines ou plus de vacances, ce taux passe à un confortable 77&nbsp;% chez les gros salaires de plus de 110&nbsp;526 francs par an (1<sup>er</sup> graphique). La situation est semblable en matière de temps de travail hebdomadaire&nbsp;: seuls 50&nbsp;% des salarié(e)s qui travaillent 43&nbsp;heures ou davantage par semaine ont 5&nbsp;semaines ou plus de vacances par année. Pour ceux et celle qui travaillent moins de 41&nbsp;heures hebdomadaires, cette proportion s’élève déjà à 65&nbsp;% (2<sup>e</sup> graphique). 
</p><p>Mais ce n’est pas tout. La taille de l’entreprise a aussi une forte influence sur la durée du temps de repos concédé aux salarié(e)s. Alors que dans les plus petites entreprises, de quatre salarié(e)s au maximum, 42&nbsp;% seulement des collaborateurs et collaboratrices ont 5 semaines ou plus de vacances, ce taux grimpe à 70&nbsp;% dans les grandes entreprises de plus de 100 employé(e)s.
</p><p>Malgré ces chiffres, les adversaires de l’initiative ne se lassent pas de répéter leur ritournelle du libre marché. L’attribution des vacances et leur durée doivent être laissées aux branches économiques, il ne faut en aucun cas d’intervention légale dans ce domaine. C’est pourtant justement ce laisser-faire qui est à l’origine de la répartition actuelle, complètement inégalitaire, des vacances. L’État étant resté passif, le libre marché a redistribué de bas en haut non seulement les gains, mais aussi le temps de récupération.
</p><p>Les bas salaires privent déjà celles et ceux qui travaillent durement de leur part de la valeur produite&nbsp;; s’octroyer des profits supplémentaires au prix de leur santé, en leur refusant un temps de récupération suffisant, est totalement indéfendable. Ce dernier point au moins peut être changé le 11 mars. L’initiative «&nbsp;6 semaines de vacances pour tous&nbsp;» introduira immédiatement 5&nbsp;semaines de vacances pour tout le monde et, pendant les 5&nbsp;ans qui suivront, ajoutera chaque année un jour de vacances supplémentaire. Au terme de cette période, tous les salarié(e)s auront au moins 6 semaines de vacances, indépendamment de leur horaire de travail, de leur revenu et de l’entreprise qui les emploie. Bref&nbsp;: un droit aux vacances plus équitable pour tous et toutes.
</p><p>N’oubliez donc pas: jusqu’au 11 mars, OUI à l’initiative «6 semaines de vacances pour tous! »
</p><p>Le dossier sur les vacances de l’Office fédéral de la statistique (OFS) peut être consulté à l’adresse suivante&nbsp;:&nbsp; <br><a href="http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/03/02/blank/dos/01.html" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/03/02/blank/dos/01.html</a>.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-42</guid><pubDate>Thu, 02 Feb 2012 14:40:00 +0100</pubDate><title>La Banque nationale et la Confédération doivent protéger l’économie réelle</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/la-banque-nationale-et-la-confederation-doivent-proteger-l-economie-reelle</link><description>Depuis la fin 2007, le franc s’est apprécié de plus de 20 %. Même en partant de l’idée qu’il a été sous-évalué jusqu’en 2008, sa toute dernière appréciation est marquée. Par rapport à une tendance à long terme, il est surévalué d’environ 10 %.</description><content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p><p><b>Valeur extérieure réelle du franc</b></p><table cellpadding="0" cellspacing="0" class="contenttable"><tbody><tr><td width="178" height="35" bgcolor="white"><table cellpadding="0" cellspacing="0" class="contenttable"><tbody><tr><td><p>---------------&nbsp; Valeur extérieure réelle du franc</p><p>- - - - - - - - Appréciation tendancielle</p></td></tr></tbody></table> &nbsp;</td></tr></tbody></table><p>&nbsp;</p><h3>Le franc fort a une incidence négative grave</h3><p>Pour la petite économie ouverte qu’est la Suisse, cette appréciation a de graves effets négatifs. L’étude disponible aujourd’hui du KOF (Centre de recherches conjoncturelles de l’École polytechnique de Zurich) au sujet des effets du franc fort sur l’économie suisse confirme les résultats auxquels avaient abouti d’anciennes recherches[1]. Après 2 ans environ, une appréciation de 10&nbsp;% fait baisser de 3 % le produit intérieur brut et reculer en conséquence l’emploi. Cela représente environ 120&nbsp;000 emplois. L’industrie des machines et des métaux ainsi que le tourisme sont particulièrement concernés. 
</p><p>Les effets du franc fort ne se traduisent pas en chocs, mais sont rampants. Ils sont cependant déjà clairement visibles. Les exportations nominales de marchandises stagnent largement à un niveau toujours bien inférieur aux valeurs d’avant-crise (-8&nbsp;%). Les prix et les marges diminuent. Le nombre des nuitées baisse. Les enquêtes effectuées auprès des entreprises montrent l’ampleur des problèmes. C’est par exemple dans l’industrie (en particulier MEM) que l’on trouve la majorité des entreprises interrogées qui sont fortement/nettement touchées par le franc fort. Elles ont déjà engagé ou planifié des mesures en matière de personnel. À court terme, elles visent avant tout des baisses de salaire. Suivent des compressions de personnel et des délocalisations.&nbsp;
</p><p><b>Effets du franc fort – résultats d’enquêtes actuelles auprès des entreprises</b></p><table summary class="contenttable"><thead><tr><th scope="col">Source</th><th scope="col">Branches</th><th scope="col"><b>Part des entreprises&nbsp;touchées négativement</b></th><th scope="col"><b>Mesures des entreprises&nbsp;(en mat. de salaire, emploi)</b></th></tr></thead><tbody><tr><td><span>Swissmem&nbsp;</span><br style="font-size: 12px; white-space: nowrap; "><span>(janv./fév. 2011)</span></td><td><span>Industrie MEM</span></td><td><span>52&nbsp;% (fort)</span><br style="font-size: 12px; "><span>33&nbsp;% (moyen)</span></td><td><span>Court terme&nbsp;: baisse sal. (8&nbsp;%); sal. en € (7&nbsp;%)</span><br style="font-size: 12px; "><span>Long terme&nbsp;: délocal. à l’étranger (41&nbsp;%),&nbsp;</span><br style="font-size: 12px; "><span>Compression du personnel (28&nbsp;%)</span></td></tr><tr><td><span>OSEC (1</span><sup>er</sup><span>&nbsp;trim. 2011)</span></td><td><span>div. PME</span></td><td><span>55&nbsp;% (baisses exportations)</span><br style="font-size: 12px; "><span>75&nbsp;% (diminution marges</span></td><td><span>pas de réponse</span></td></tr><tr><td><span>BNS (1</span><sup>er</sup><span>&nbsp;trim. 2011)</span></td><td><span>Industrie</span></td><td><span>51&nbsp;% (nettement)</span><br style="font-size: 12px; "><span>28&nbsp;% (peu)</span></td><td><span>Compression du personnel (15&nbsp;%),</span><br style="font-size: 12px; "><span>Baisses des salaires (7&nbsp;%),</span><br style="font-size: 12px; "><span>Délocalisation à l’étranger (8&nbsp;%)</span></td></tr><tr><td rowspan="1"></td><td rowspan="1"><span>Services</span></td><td rowspan="1"><span>14&nbsp;% (nettement)</span><br style="font-size: 12px; "><span>26&nbsp;% (peu)</span></td><td rowspan="1"></td></tr></tbody></table><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h3>La Banque nationale et la Confédération doivent protéger l’économie réelle du franc fort</h3><p>Le franc est fortement surévalué. Sa cherté ne s’explique pas par des facteurs fondamentaux (parité de pouvoir d’achat entre autres).
</p><p>La Banque nationale (BNS) a pour mandat de garantir la stabilité des prix et de tenir compte de l’évolution de la conjoncture. Un mandat indirect découle pour elle de la forte influence exercée par le franc fort sur l’inflation&nbsp;: celui d’intervenir contre les fortes fluctuations de change. Cela figure dans le message du 26 juin 2002 sur la révision de la loi sur la Banque nationale&nbsp;:
</p><p>«&nbsp;Lorsque la demande globale est perturbée en Suisse, il faut généralement en rechercher la cause à l’étranger. Ainsi, des restructurations des portefeuilles internationaux entraînant une augmentation de la part des placements en francs suisses peuvent se traduire par une forte appréciation de notre monnaie sur le marché des devises. Si la pression extérieure sur le franc risque de persister, il convient d’envisager un assouplissement de la politique monétaire suisse. Car une hausse forte et durable du franc suisse compromet la stabilité des prix&nbsp;: elle commence par freiner la production et l’emploi, et provoque ensuite une baisse du niveau des prix. Si la BNS assouplit sa politique monétaire, elle sauvegarde la stabilité des prix tout en contribuant à atténuer le recul de la production et de l’emploi.&nbsp;» (p. 90 du Message ou p. 5734 de la Feuille fédéral n° 40 du 8 octobre 2002)
</p><p>La cherté du franc constitue un énorme danger pour l’économie suisse&nbsp;: à court terme, pour l’économie de l’exportation (industrie et tourisme) et, à long terme, pour l’ensemble de l’économie. En effet, dans la petite Suisse, les revenus dépendent de manière déterminante de la santé de l’économie d’exportation. Le monde politique doit donc combattre le franc fort. </p><ul><li>La BNS ne doit pas relever ses taux, sinon elle attirera des capitaux étrangers. La politique monétaire est déjà, à cause du franc fort, beaucoup trop restrictive (voir le graphique sur l’lndice des conditions monétaires, ICM).</li><li>La BNS doit stopper le renchérissement en instaurant et en défendant un cours de change minimal franc/euro. Dans les pays qui ont un objectif de cours de change, comme le Danemark, les interventions qu’implique ce dernier sont pratiques courantes. Et cela porte ses fruits. Les craintes d’une inflation sont exagérées. Premièrement, l’inflation de base est actuellement presque nulle[2] et le franc fort va peser sur les prix suisses. Deuxièmement, en cas de dépréciation du franc, la liquidité créée pourra être à nouveau rapidement retirée du circuit par la vente des placements en euros de la BNS.</li><li>La BNS et la Confédération doivent introduire ensemble des mesures destinées à limiter la spéculation sur le franc. Presque toutes les petites économies se sont protégées contre les fluctuations des cours de change[3], que ce soit en limitant le commerce des devises<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0611_Lampart_Franc-fort.docx#_ftn4" target="_blank" name="_ftnref4">[4]</a> (p. ex. Singapour, Corée du Sud, Danemark) ou en créant une monnaie commune avec d’autres États (p. ex. les Pays-Bas). Le commerce sans restrictions du franc et l’ouverture totale des marchés des capitaux de Suisse sont pratiquement uniques en comparaison internationale.</li></ul><p>&nbsp;</p><p><b>Politique monétaire restrictive (ICM)<b><sup>[5]</sup></b></b></p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0611_Lampart_Franc-fort.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a>&nbsp;<b></b></p><p><b>Voir la vue d’ensemble des évaluations modélisées existantes pour la Suisse dans le Dossier de l’USS N° 71&nbsp;: «&nbsp;Effets d’une&nbsp; appréciation du franc sur l’économie suisse&nbsp;», <a href="http://www.uss.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.uss.ch</a>, Documents, «&nbsp;Dossier&nbsp;».</b></p><p>&nbsp;</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0611_Lampart_Franc-fort.docx#_ftnref2" target="_blank" name="_ftn2">[2]</a> L’inflation de 1&nbsp;% de mars 2011 est due à la hausse des prix du pétrole et à l’effet statistique spécial selon lequel les prix du groupe «&nbsp;habillement&nbsp;» ont été saisis pour la première fois aussi en mars au lieu de janvier, ce qui a mis en comparaison les prix de la collection printemps/été avec les prix soldés de janvier 2010. Cet effet spécial augmente l’indice des prix à la consommation d’environ 0,4 point de pour-cent.
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0611_Lampart_Franc-fort.docx#_ftnref3" target="_blank" name="_ftn3">[3]</a> Voir la vue d’ensemble du Fonds monétaire international&nbsp;: <a href="http://www.imf.org/external/np/mfd/er/2008/eng/0408.htm" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.imf.org/external/np/mfd/er/2008/eng/0408.htm</a>. 
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0611_Lampart_Franc-fort.docx#_ftnref4" target="_blank" name="_ftn4">[4]</a> Voir aussi une appréciation des contrôles des mouvements des capitaux par le Fonds monétaire international&nbsp;: <a href="http://www.imf.org/external/pubs/ft/sdn/2011/sdn1106.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">www.imf.org/external/pubs/ft/sdn/2011/sdn1106.pdf</a>.
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0611_Lampart_Franc-fort.docx#_ftnref5" target="_blank" name="_ftn5">[5]</a> Calcul de l’ICM&nbsp;: libor réel à trois mois (correction de l’inflation avec l’inflation de base en tant que moyenne tronquée (trimmed mean&nbsp;») selon la BNS) avec poids triplé et écart tendanciel de la valeur extérieure réelle du franc (calcul de la tendance avec la tendance déterministe).
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique monétaire</category><category>Économie extérieure</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-170</guid><pubDate>Thu, 02 Feb 2012 10:03:00 +0100</pubDate><title>[Translate to fr:] Anstoss - Sepp Blatter die gelbe Karte zeigen</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/translate-to-fr-anstoss-sepp-blatter-die-gelbe-karte-zeigen</link><description>[Translate to fr:] Über 4,5 Milliarden Franken investiert Südafrika in die Fussball-WM. Die Baukonzerne haben ihre Gewinne verfünffacht, die FIFA rechnet mit zwei Milliarden Gewinn. Doch bei den 20 Millionen Armen in Südafrika kommt davon nichts an. </description><content:encoded><![CDATA[<p>[Translate to fr:] Die Erwartungen an die Fussball-WM in Südafrika waren gross: Sie sollte Hunderttausende von Jobs bringen und Südafrika einen Entwicklungsschub verleihen. Heute zeigt sich aber: Profitiert haben vor allem internationale Baukonzerne und die Fifa. Die ArbeiterInnen auf den WM-Baustellen hingegen wurden mit Löhnen von 2500 Rand pro Monat (etwa 360 Franken) abgespeist – weit unter den von Gewerkschaften als Existenzminimum geforderten 4500 Rand. Erst dank Streiks und internationaler Proteste<a href="typo3/#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">*</a>&nbsp;haben sich die Löhne gegen Ende der Bauzeit auf durchschnittlich 3000 Rand verbessert. Für ein menschenwürdiges Leben ist auch dies zu wenig.&nbsp;
</p><h3>Menschen in Lager verfrachtet</h3><p>In Südafrika leben Hunderttausende Menschen in Slums oder sind obdachlos. Nun will sich aber die südafrikanische Regierung an der WM 2010 den erwarteten TouristInnen und den Millionen FernsehzuschauerInnen als blühende Nation präsentieren. Dabei stören Bilder von Elendsvierteln an Austragungsorten wie Durban. Deshalb wurden und werden Zehntausende vertrieben und während der WM in Übergangslagern untergebracht. Die Umsiedlung hat verheerende Folgen: Die Camps befinden sich weit ausserhalb der Städte. Die ArbeiterInnen und Schulkinder können sich die Transportkosten nicht leisten. Soziale Beziehungen werden auseinandergerissen. Diese Netzwerke sind aber in einem Land, in dem weder Gesundheits- noch die Altersvorsorge funktionieren, für die Menschen überlebenswichtig.&nbsp;
</p><h3>Welche Verantwortung hat die Fifa?</h3><p>Auf solche Missstände angesprochen, betont Fifa-Präsident Sepp Blatter jeweils, dass nicht die Fifa selbst Arbeits- und Menschenrechtsverletzungen begeht. Verantwortlich seien vielmehr die südafrikanische Regierung, Bauunternehmen etc. Rein legalistisch mag dies stimmen. Doch mit Verlaub: In dicken Vertragswerken regelt die Fifa sämtliche Bereiche, die einen reibungslosen, gewinnbringenden Ablauf der Spiele garantieren – von der Höhe der Grashalme auf den Spielfeldern bis hin zur zulässigen Bildschirmdiagonale bei Public-Viewings. Die Fifa hätte es in der Hand, griffige Regelungen zur Verhinderung von Ausbeutung&nbsp; und Vertreibung zu formulieren.&nbsp;
</p><p style="font-style: italic; font-weight: bold;">Unterschreiben Sie unsere Petition und helfen Sie so mit, den Druck auf die Fifa zu erhöhen: www.anstoss-südafrika.ch&nbsp;</p><h3 style="font-weight: bold;">Unterstützung des Widerstands in Honduras</h3><p>Während das SAH (siehe oben) seine Aktionen zum 1. Mai 2010 gegen Ausbeutung und Unterdrückung rund um die Fussball-WM in Südafrika richtet, führt der SOLIFONDS in fünf Schweizer Städten Veranstaltungen mit Carlos H. Reyes, dem Präsidenten der honduranischen Lebensmittelgewerkschaft STIBYS und Vertreter der Volkswiderstandsfront, durch. Die 1. Mai-Spendensammlung des SOLIFONDS ist dem Aufbau eines Radios der Volksbewegungen in Honduras gewidmet.
</p><p style="font-weight: bold;">Veranstaltungen mit Carlos H. Reyes:</p><p>Genf, 26.4., 19.30, Maison des Associations
</p><p>Basel, 28.4., 19.30, Volkshaus, Rebgasse 12 (C. Reyes ist auch Hauptredner an der 1.- Mai-Kundgebung um 11.00, Marktplatz)
</p><p>Bern, 29.4., 19.30, Progr, Waisenhausplatz 30
</p><p>St. Gallen, 30.4., 19.30, Rest. Dufour, Bahnhofstr. 19
</p><p>Zürich, 2.5., 14.30, Zeughaus 5 am 1.-Mai-Fest.&nbsp;&nbsp;
</p><hr><p><a href="typo3/#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">*</a>&nbsp;Wesentlich dazu beigetragen hat die internationale Kampagne «Fair Games – Fair Play», die vom SAH mitlanciert wurde.</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-196</guid><pubDate>Tue, 31 Jan 2012 17:23:00 +0100</pubDate><title>Conférence de presse annuelle de l’USS: Consolider l’État social, créer des emplois et introduire un impôt sur les bonus</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/conference-de-presse-annuelle-de-l-uss-consolider-l-etat-social-creer-des-emplois-et-introduire-un-impot-sur-les-bonus</link><description>Le chômage va poursuivre sa progression en 2010. La droite s’attaque frontalement à notre sécurité sociale. Et les banques veulent arroser leurs dirigeants de juteux bonus. L’Union syndicale suisse (USS) entend stopper cette effrayante évolution, entre autres à l’aide d’un impôt de 50 % sur les bonus. Tel est en quelques mots le message que l’USS vient de faire passer lors de sa traditionnelle conférence de presse annuelle. </description><content:encoded><![CDATA[<p>En période de crise, les assurances sociales sont plus nécessaires que jamais. Or, selon le président de l’USS, Paul Rechsteiner, «&nbsp;les milieux politiques proches des banques, voire, pour une part d’entre eux, financés par elles, (veulent) démanteler les prestations de l’assurance-chômage&nbsp;; cela, en pleine crise&nbsp;!&nbsp;», ainsi qu’à l’orée d’une année qui, au chapitre «&nbsp;chômage&nbsp;», sera sans doute la pire depuis des décennies. Et la vaste offensive de la droite n’est pas uniquement dirigée contre l’assurance-chômage. À l’enseigne d’un démantèlement social général, les bourgeois entendent aussi s’attaquer à l’AVS, comme ils l’ont déjà fait avec le 2e pilier (votation du 7 mars), ainsi qu’à l’assurance-accidents et à l’AI. Jamais la Suisse n’avait connu une telle «&nbsp;offensive concertée contre l’État social (…) orchestrée par les partis de droite&nbsp;», a ajouté Paul Rechsteiner. Un président qui a encore précisé que les syndicats, déterminés à défendre le rôle de l’État social dans notre société, se battront de toutes leurs forces lors de cette grande confrontation qui se dessine.
</p><h3>Impôt sur les bonus&nbsp;: économiquement judicieux et socialement juste</h3><p>L’économiste en chef de l’USS, Daniel Lampart, a dressé un bilan sombre de l’emploi ces 20 dernières années en Suisse. Sans égard aucun pour leur personnel, les entreprises ont rationalisé, les actionnaires et les top managers se sont réservé les meilleures parts du gâteau et ont fait payer les coûts de ce comportement, aussi égoïste qu’arrogant, à la collectivité par le biais des assurances sociales et de l’aide sociale. Toujours selon Daniel Lampart, après le krach des banques, on constate toutefois un certain tournant, à tout le moins chez nos voisins&nbsp;: les trains de mesures conjoncturelles démontrent leur efficacité et la concurrence fiscale en faveur des plus riches s’attiédit. Mais en Suisse, rien n’ira – et ne va – sans impulsion dans la même direction, comme le montre l’exemple d’une l’UBS qui «&nbsp;remplit la corne d’abondance des bonus pour les hauts dirigeants et les banquiers d’affaires, tout en voulant se débarrasser de 1200 à 1500 salarié(e)s.&nbsp;» 
</p><p>C’est pourquoi il faut que nous luttions avec détermination contre ces démantèlement sociaux qui menacent, ainsi que pour une meilleure justice distributive et contre le chômage. Cela, entre autres au moyen d’un impôt de 50&nbsp;% sur les bonus versés aux grands dirigeants. Le produit d’un tel impôt – Daniel Lampart l’estime avec prudence à 2 milliards de francs – devra être distribué aux bas et moyens revenus&nbsp;; ce qui représentera plus de 1000 francs pour une famille de quatre personnes. Parallèlement, il faut lancer une offensive de formation en vue de la «&nbsp;pénurie de main-d’œuvre spécialisée&nbsp;» qui s’annonce. Et encore&nbsp;: la durée maximale du chômage technique devra être étendue à 24 mois, soit 520 indemnités journalières.
</p><h3>Défense du service public</h3><p>Lors de cette conférence de presse annuelle, l’USS a présenté quelques uns des thèmes qui l’occuperont en priorité durant l’année 2010 (congrès ordinaire, initiative pour des salaires minimaux, libre circulation des personnes…). Le premier secrétaire de l’USS, Rolf Zimmermann, a souligné la nécessité d’infrastructures publiques performantes. L’USS fera donc «&nbsp;tout pour éviter à la Suisse une libéralisation intégrale des services postaux.&nbsp;» et pour le maintien ou le rétablissement de l’«&nbsp;approvisionnement en électricité sûr et avantageux garanti par des monopoles régionaux munis d’un mandat public de prestation.&nbsp;» En matière de transports ferroviaires, Rolf Zimmermann a encore précisé que l’USS luttera pour que l’on ne se dirige pas vers un démantèlement.
</p><p>&nbsp;</p><p>Vous trouvez les contribution de</p><ul><li><b>Paul Rechsteiner</b>, président de l'USS</li><li><b>Rolf Zimmermann</b>, premier secrétaire de l'USS</li><li><b>Daniel Lampart</b>, économiste en chef de l'USS</li><li><b>Colette Nova</b>, secrétaire dirigeante de l’USS</li></ul><p>en annexe.</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-216</guid><pubDate>Tue, 31 Jan 2012 16:36:00 +0100</pubDate><title>D’abord augmenter les subsides pour réduire les primes, ensuite piloter le système</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/d-abord-augmenter-les-subsides-pour-reduire-les-primes-ensuite-piloter-le-systeme</link><description>Telle est l’ordonnance médicale que l’USS prescrit pour le système de santé en Suisse : en un mot comme en cent, il est nécessaire – et aussi pour des raisons économiques – d’augmenter dans l’immédiat les subsides pour la réduction des primes, et à moyen terme de limiter socialement les primes et d’introduire un pilotage du système à l’aide d’ « interlocuteurs/interlocutrices de santé » (IPS).</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les primes vont augmenter massivement l’an prochain<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1309_CW_Sante_primes.doc#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>. Cette augmentation grèvera sérieusement le budget des ménages. Et ce sous deux aspects&nbsp;: parce que le nombre de sans-emploi augmente continuellement et donc que le revenu de nombreux ménages diminue en parallèle, le nombre de familles qui ne peuvent s’en sortir sans bénéficier d’une réduction de leurs primes prend l’ascenseur. Dans le même temps, l’augmentation massive des primes aggrave la crise – l’économie se trouve privée de quelque deux milliards de pouvoir d’achat. Quiconque entend raisonner en termes économiques et agir de manière socialement responsable en tirera une conclusion évidente&nbsp;: il faut augmenter les subsides versés pour réduire les cotisations. Or c’est précisément ce que le Conseil national a refusé de faire à sa session d’automne. Cette décision à courte vue est un scandale – et ce refus est irresponsable. L’USS demande que la Confédération, à titre de mesure d’urgence, affecte à la réduction des primes le produit extraordinaire tiré de la vente de l’emprunt UBS, d’un montant de 1,2 milliard de francs. Le Conseil des Etats doit corriger le tir sur ce point. 
</p><h3>Introduction d’un objectif social identique dans toute la Suisse</h3><p>Naturellement, l’explosion des coûts dans l’assurance obligatoire des soins doit être endiguée à moyen et long terme. Ce frein ne peut toutefois être utilisé de manière abrupte – car le risque est trop important de provoquer des coupes sombres dans le catalogue des prestations et de sévères mesures d’économies, tout cela aux frais des personnes assurées, des patients et du personnel de santé. En effet, une chose est sûre pour l’USS&nbsp;: l’accès à un système de soins médicaux de haute qualité pour toutes les couches de la population ne saurait être restreint.
</p><p>En revanche, la charge qui pèse sur les ménages doit être allégée. En d’autres termes&nbsp;: il faut augmenter les subsides destinés à la réduction des primes. Au moment de l’introduction de la LAMal, le Conseil fédéral a jugé que l’objectif visé était que la charge des primes ne dépasse pas 8 pour cent au maximum du revenu imposable, ce qui correspond grosso modo à 6 pour cent du revenu disponible<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1309_CW_Sante_primes.doc#_ftn2" target="_blank" name="_ftnref2"><sup>[2]</sup></a>. 
</p><p><b>Effet social de la réduction des primes. Suivi<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1309_CW_Sante_primes.doc#_ftn3" target="_blank" name="_ftnref3"><sup>[3]</sup></a>&nbsp;2007</b></p><table class="contenttable"><thead><tr><th scope="col">Type de ménage</th><th scope="col">Réduction moyenne des primes</th><th><span>Pourcentace du revenu par la prime restante</span></th></tr></thead><tbody><tr><td><span>Famille classe moyenne</span><span><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1309_CW_Sante_primes.doc#_ftn4" target="_blank" name="_ftnref4"><sup>[4]</sup></a></span>&nbsp;</td><td>28 %</td><td>9.8 %</td></tr><tr><td rowspan="1"><span>Famille monoparentale</span><span><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1309_CW_Sante_primes.doc#_ftn5" target="_blank" name="_ftnref5"><sup>[5]</sup></a></span></td><td rowspan="1">24 %</td><td>7 %</td></tr><tr><td rowspan="1"><span>Famille nombreuse</span><span><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1309_CW_Sante_primes.doc#_ftn6" target="_blank" name="_ftnref6"><sup>[6]</sup></a></span></td><td rowspan="1">34 %</td><td>8,5 %</td></tr><tr><td><span>Famille avec un enfant et un jeune adulte</span><span><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1309_CW_Sante_primes.doc#_ftn7" target="_blank" name="_ftnref7"><sup>[7]</sup></a></span></td><td>37%</td><td>10,5 %</td></tr></tbody></table><p>Ces exemples le montrent à l’évidence&nbsp;: après déduction de la réduction des primes, la prime restante est encore nettement supérieure au but social proposé par le Conseil fédéral. L’USS demande que cet objectif social, identique pour toute la Suisse, soit introduit à titre obligatoire. C’est la seule et unique manière de faire en sorte que la charge des primes soit supportable pour tous les ménages.
</p><h3>Préparer l’avenir&nbsp;: avec l’IPS, l’interlocuteur/interlocutrice personnel de santé</h3><p>Nous l’avons déjà indiqué&nbsp;: à moyen et long terme, les coûts devront être maîtrisés et ils devront être abaissés dans l’assurance-maladie. La question fondamentale est de savoir comment y parvenir... A cet égard, le projet de managed care revêt une importance cruciale dans le débat politique en cours. Les modèles de managed care définis et gérés par les caisses-maladie favorisent la sélection des risques et renforcent le pouvoir desdites caisses-maladie. Nous les rejetons. L’USS préconise la mise en place de modèles de managed care de haute qualité (gatekeeping, soit le triage réalisé par un médecin de famille), couplés à des normes de qualité inscrites dans la loi, la responsabilité de la fourniture des soins incombant aux cantons. Une vaste alliance composée d’associations spécialisées et professionnelles de la santé a, avec l’USS et le ssp, élaboré le modèle de l’&nbsp;«&nbsp;interlocuteur/interlocutrice personnel de santé&nbsp;» (IPS), et l’a mis en discussion au sein de la commission parlementaire compétente. Ce modèle garantit la fourniture des soins primaires par le médecin de famille, assure l’envoi des patients vers les autres prestataires de soins et donne la maîtrise de toute la chaîne thérapeutique. Toutes les personnes assurées ont le libre choix de leur IPS. Les cantons doivent garantir la fourniture de soins à l’ensemble de la population au moyen d’IPS.
</p><p>Si les décideurs politiques se résolvent à emprunter cette voie pour réformer le système de santé, ils pourront à la fois freiner la progression des coûts et empêcher l’instauration d’une médecine à deux vitesses. 
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1309_CW_Sante_primes.doc#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1"><sup>[1]</sup></a> Augmentation moyenne pour les adultes&nbsp;: 8.7%&nbsp;; pour les jeunes adultes&nbsp;: 13.7%&nbsp;; pour les enfants&nbsp;: 10%
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1309_CW_Sante_primes.doc#_ftnref2" target="_blank" name="_ftn2"><sup>[2]</sup></a> Rapport de suivi 2007: Die sozialpolitische Wirksamkeit der Prämienverbilligungen in den Kantonen, Interface Politikstudien, Lucerne, février 2008.
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1309_CW_Sante_primes.doc#_ftnref3" target="_blank" name="_ftn3"><sup>[3]</sup></a> Ibidem 
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1309_CW_Sante_primes.doc#_ftnref4" target="_blank" name="_ftn4"><sup>[4]</sup></a> Deux adultes, deux enfants de trois ans et demi et de cinq ans, revenu brut (sans les allocations familiales) de 70'000 francs, pas de fortune 
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1309_CW_Sante_primes.doc#_ftnref5" target="_blank" name="_ftn5"><sup>[5]</sup></a> Un adulte, deux enfants de trois ans et demi et de cinq ans, revenu brut (sans les allocations familiales) de 60'000 francs, pas de fortune
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1309_CW_Sante_primes.doc#_ftnref6" target="_blank" name="_ftn6"><sup>[6]</sup></a> Deux adultes et quatre enfants de trois ans et demi, cinq ans, huit ans et dix ans&nbsp;; revenu brut (sans les allocations familiales) de 85'000 francs, pas de fortune
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1309_CW_Sante_primes.doc#_ftnref7" target="_blank" name="_ftn7"><sup>[7]</sup></a> Salaire brut (sans les allocations familiales) de 70'000 francs, pas de fortune
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-657</guid><pubDate>Tue, 31 Jan 2012 15:24:00 +0100</pubDate><title>Relever l’âge de la retraite des femmes et supprimer l’adaptation des rentes ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/relever-l-age-de-la-retraite-des-femmes-et-supprimer-l-adaptation-des-rentes</link><description>SESSION PARLEMENTAIRE : La commission du Conseil des États veut porter à 65 ans l’âge de la retraite des femmes. Si, contrairement au National, elle assortit ce relèvement de mesures sociales, celles-ci restent hélas très modestes. La commission ne s’embarrasse en revanche pas de scrupu¬les pour supprimer l’adaptation des rentes.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Au printemps 2008, le Conseil national avait adopté une nouvelle mouture de la 11e&nbsp;révision de l’AVS, qui, à l’exception de la suppression virtuelle de la rente de veuve, ressemblait fort à la première tentative étrillée par le peuple lors du référendum de 2004&nbsp;: relèvement de l’âge de la retraite des femmes à 65&nbsp;ans sans mesure sociale compensatoire et affaiblissement du mécanisme de l’adaptation des rentes. Il n’est même pas entré en matière sur la solution «&nbsp;prestation de préretraite&nbsp;» proposée pour la galerie par le Conseil fédéral. Le Conseil des États examinera maintenant le dossier lors de la session d’été 2009. Sa commission a amélioré quelque peu le premier point, dans l’espoir de faire avaler au peuple la couleuvre du relèvement de l’âge de la retraite. En revanche, elle se montre sans pitié pour les rentiers et rentières sur le second point.
</p><h3>Pas de mesure durable de compensation de la réduction de la rente en cas de retraite anti­cipée</h3><p>Selon les plans du Conseil fédéral, l’âge de la retraite des femmes serait porté à 65&nbsp;ans quatre ans après l’entrée en vigueur de la 11e révision de l’AVS, soit en 2015. Pendant cinq ans, c’est-à-dire jusqu’en 2019, les femmes pourraient, si elles prennent leur retraite à 64&nbsp;ans, bénéficier d’un taux de réduction égal à la moitié du taux actuel, soit 3,4&nbsp;%. Cette proposition s’inspire du régime transitoire de la 10e révision de l’AVS. La retraite anticipée serait possible à partir de 60&nbsp;ans (demi-rente) ou de 62&nbsp;ans (rente complète), les rentes subissant alors une réduction actuarielle complète. Toutefois, le projet prévoit de modérer ces taux de réduction pendant dix ans (soit de 2011 à 2020). Les hommes (à par­tir de 62&nbsp;ans) et les femmes (entre 62 et 64&nbsp;ans et entre 62 et 65&nbsp;ans en 2020) pourront bénéficier d’un taux de réduction préférentiel si leur revenu annuel AVS moyen ne dé­passe pas une certaine limite (fixée actuellement à 82&nbsp;080&nbsp;francs). Les taux de réduction suivants s’appliqueraient aux revenus inférieurs à 34&nbsp;200&nbsp;francs&nbsp;: 2,3&nbsp;% pour un an, 4,2&nbsp;% pour deux ans, 6&nbsp;% pour trois ans, 7,7&nbsp;% pour quatre ans et 9,2 % pour cinq ans d’anticipation. Pour les revenus situés entre 34&nbsp;200 et 82&nbsp;080&nbsp;francs, les taux de réduction s’échelonneraient de façon linéaire entre les taux mentionnés ci-dessus et les taux actua­riels. Dès 82&nbsp;080&nbsp;francs de revenu annuel, la réduction actuarielle s’appliquerait entière­ment à la rente anticipée. Toutefois, cette mesure compensatoire très modique ne bénéfi­cierait pas à tous les assuré(e)s, puisque que ceux et celles qui ne peuvent attester d’une durée de cotisation ininterrompue de 30&nbsp;ans en seraient exclus. En outre, cette atténuation de la réduction ne pourrait être exportée. Dès lors, les étrangers et étrangères devraient rester en Suisse pendant l’anticipation de leur rente, de peur de perdre le bénéfice du taux préférentiel. Si cette mesure doit être financée par la caisse fédérale, celle-ci voit toutefois ses charges allégées par le relèvement de l’âge de la retraite des femmes, car sa contribu­tion est calculée en pour cent des dépenses AVS. En conclusion, les mesures sociales prévues par la commission du Conseil des États sont mesquines, temporaires et xénopho­bes. La minorité de gauche de la commission leur oppose des mesures compensatoires nettement meilleures et sans limite de temps, qui ne défavorisent pas les étrangers et étrangères.
</p><h3>Adaptation des rentes&nbsp;: une question fondamentale</h3><p>L’adaptation des rentes revêt une grande importance&nbsp;: si les rentes ne sont pas adaptées régulièrement au moins au renchérissement, leur pouvoir d’achat décline. Même si l’inflation est relativement faible, la dépréciation est considérable sur une période de 18 à 20&nbsp;ans. Actuellement, les rentes AVS et, par conséquent, les rentes AI, c’est-à-dire les rentes de vieillesse, de survivants et d’invalidité du premier pilier, sont adaptées tous les deux ans à l’évolution de l’indice mixte, fondé sur la moyenne arithmétique de l’indice des salaires et de l’indice des prix. Cette méthode garantit le maintien du pouvoir d’achat des rentiers et rentières et leur permet même de bénéficier, à raison de moitié, de la pro­gression des salaires. Étant donné que les rentes AVS et AI doivent, en vertu de la Cons­titution, couvrir les besoins vitaux - ce qu’elles ne font quand même pas, comme chacun sait - l’indice mixte joue un rôle capital. Les fossoyeurs du social ont ce bon système de­puis belle lurette dans leur viseur. Inlassablement, ils tentent de l’abattre, mais sans suc­cès jusqu’ici. L’indice mixte a ainsi été plusieurs fois la cible d’attaques. Lors de la pre­mière version de la 11e révision de l’AVS, le Conseil fédéral et les Chambres voulaient ralentir le rythme d’adaptation en le portant à trois ans, ce que le peuple a proprement balayé lors du référendum. 
</p><h3>À vos armes rentiers et rentières&nbsp;!</h3><p>La dernière tentative est mieux maquillée et d’autant plus perfide&nbsp;: si le niveau du fonds de compensation de l’AVS passait au-dessous de 70&nbsp;% des dépenses annuelles, les rentes ne seraient plus automatiquement adaptées tous les deux ans, mais seulement lorsque le renchérissement accumulé depuis la dernière adaptation dépasserait 4&nbsp;%. Si le niveau du Fonds AVS descendait en dessous de 45&nbsp;%, l’adaptation des rentes serait même suspen­due. Ce mécanisme est perfide, car le Parlement a le pouvoir de faire descendre le niveau du fonds en dessous de cette limite, tout simplement en refusant à l’AVS les recettes sup­plémentaires dont elle a besoin. En effet, on sait que l’évolution démographique accroît les charges de l’assurance. Même si on se fonde sur des hypothèses moins pessimistes que celles du Conseil fédéral, le niveau du Fonds passera un jour sous la barre des 70&nbsp;%, si l’AVS ne reçoit pas de financement supplémentaire. Pire, les Chambres fédérales sont constamment tentées de piller le trésor de l’AVS. Elles entendent ainsi accorder un capi­tal initial de 5&nbsp;milliards à une AI déficitaire si les votant(e)s acceptent de relever la TVA en faveur de l’AI. Ce capital émargerait non à la Confédération, mais à l’AVS. Il y a quelques années, la commission du Conseil des États avait même décidé de soustraire plus de la moitié du capital à l’AVS pour éponger les dettes de l’AI. Heureusement, elle s’était ensuite ravisée, mais pour combien de temps&nbsp;? Compte tenu de ces intentions dan­gereuses, le nouveau régime proposé par le Conseil fédéral et entériné par la commission du Conseil des États revient à jouer avec le feu. Il incite sans détour le Parlement à affa­mer ou à piller l’AVS. La tentation de le faire est grande, car les dettes de l’AI n’ont toujours pas été résorbées. Au printemps, le Conseil national a calmé le jeu en supprimant la suspension de l’adaptation des rentes lorsque le niveau du fonds AVS descend en des­sous de 45&nbsp;%. Manifestement, la majorité de la commission du Conseil des États cherche maintenant la confrontation avec les rentiers et rentières.
</p><p>Conclusion&nbsp;: les Chambres fédérales n’ont de toute évidence pas tiré les leçons de l’échec en référendum de la révision de l’AVS en 2004.</p>]]></content:encoded><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-310</guid><pubDate>Tue, 31 Jan 2012 15:00:00 +0100</pubDate><title>Au cœur du problème : le détachement de salarié(e)s sans contrôle des risques de sous-enchère </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/au-coeur-du-probleme-le-detachement-de-salarie-e-s-sans-controle-des-risques-de-sous-enchere</link><description>La libre circulation des personnes dans les États européens sans mesures d’accompagnement efficaces débouche, à court ou moyen terme, sur des mouvements sociaux de protestation. Les grèves sauvages qui se multiplient actuellement en Grande-Bretagne en témoignent.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Un projet de nouvelle construction dans une raffinerie de pétrole à North Killingholme (Lindsey Oil Refinery) est à l’origine de ces protestations. Après appel d’offres, le groupe pétrolier Total, propriétaire des installations, confia le contrat à une entreprise italienne qui prévoyait d’occuper 300 travailleurs italiens et portugais sur ce chantier.
</p><p>Le 28 janvier, le personnel permanent de la raffinerie a entamé son action de protestation, en reprenant un slogan déjà utilisé il y a un an et demi par le Premier ministre Gordon Brown, fraîchement élu à ce poste, lors du premier jour du congrès annuel du Labour&nbsp;: «&nbsp;des emplois britanniques pour les travailleurs britanniques&nbsp;». Les grévistes demandaient que les travaux de la construction soient réalisés par des salarié(e)s indigènes, la région comptant suffisamment de personnel qualifié en attente de travail. Cette grève sauvage s’est ensuite étendue à environ une vingtaine de raffineries et centrales électriques, dans lesquelles des travaux devaient aussi être confiés à des entreprises étrangères. 3'000 tra­vailleuses et travailleurs entrèrent alors en grève.
</p><p>À la suite des négociations menées par les syndicats britanniques Unite et GMB (Bri­tain’s General Union), la grève de la Lindsey Oil Refinery s’est terminée le 4 février&nbsp;: les grévistes approuvèrent un accord qui, outre le détachement des travailleurs italiens, pré­voyait la création de 100 postes supplémentaires pour des nationaux. Mais d’autres grè­ves et d’autres actions sont annoncées dans tout le pays.
</p><h3>Le détachement sans mesures d’accompagnement</h3><p>Les protestations ont pour cible la pratique, répandue en Grande-Bretagne, d’adjudication privée ou publique de grosses commandes à des entreprises étrangères avec pour corol­laire le détachement de salarié(e)s étrangers. Le slogan initial «&nbsp;British Jobs for British people&nbsp;»&nbsp;» fut reformulé sous une forme plus neutre par les syndicats en un «&nbsp;Fair access to jobs&nbsp;» (Pour un accès équitable à l’emploi). Contrairement à la Suisse, où les syndicats se sont engagés pour le maintien des conditions de travail suisses usuelles dans la localité en cas de détachement, les syndicats britanniques ont pour objectif la diminution de ces détachements. Mais le nœud du problème réside aussi, en Grande-Bretagne, dans la sous-enchère salariale et sociale qui naît du détachement des travailleuses et travailleurs.
</p><p>La raison de la grève chez Lindsay Oil Refinery provient finalement des mauvaises conditions de travail «&nbsp;offertes&nbsp;» par l’entreprise italienne de construction. Bien que le groupe Total, en tant que donneur d’ordre, ait demandé à ses sous-traitants de respecter contractuellement la convention collective de travail (CCT) en vigueur localement, les recherches menées depuis par les syndicats ont montré que l’entreprise italienne ne le faisait pas. D’une part, les salaires étaient versés sans aucune transparence et d’autre part, les clauses protectrices de la CCT en matière d’horaires de travail, de temps de pause et d’indemnités étaient contournées. Or, ce contournement n’est pas illégal. Selon les lignes directrices de l’Union européenne (UE) et la jurisprudence, les CCT qui ne sont pas dé­clarées de force obligatoire — comme dans le cas de la raffinerie de pétrole Lindsey Oil&nbsp;— ne sont pas contraignantes en cas de détachement. Comme la Grande-Bretagne n’effectue pas de contrôle lors du détachement de travailleuses et travailleurs, chaque vérification des conditions de travail repose sur des observations partielles, des déclara­tions et des suppositions. Une situation qui condamne les syndicats à l’impuissance et détériore encore la situation.
</p><h3>L’extrême droite saute sur l’occasion</h3><p>Les grèves sont sauvages, mais souvent initiées, ou épaulées, par les délégué(e)s syndi­caux. La réglementation antisyndicale de l’ère Thatcher — toujours en vigueur — interdit aux syndicats de soutenir ce genre de mouvement de grèves spontanées. Les syndicats ont alors dû endosser un rôle de médiateur et négocier des accords pour régler le litige. Conjointement, le syndicat Unite a tenté de modérer les accents nationalistes du mouve­ment de grève. Car le slogan «&nbsp;Britsh jobs for British people&nbsp;» est rapidement devenu du pain béni pour le British National Party (BNP), organisation d’extrême droite. Celui-ci a essayé de capter le mouvement de grève, ce qu’il a en partie réussi. La plateforme Inter­net, très visitée, des partisans du mouvement<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0509_DB_Greves_GB.doc#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>, est soutenue par le BNP.
</p><p>Les petits partis de gauche sont divisés sur cette question. Quelques-uns soutiennent la grève, les autres la condamnent comme un mouvement raciste. Au début, le Labour Party — au gouvernement — fit encore preuve d’une certaine compréhension pour la cause des grévistes. Mais par la suite, durant les actions de protestation, il a durement critiqué le mouvement. Le ministre de l’Économie Peter Mandelson&nbsp; a accusé les grévistes d’attiser la haine raciale. Gordon Brown a, pour sa part, jugé que les grèves sauvages n’étaient pas justifiées, mais contreproductives. Les syndicats craignent que ces déclarations n’amènent la classe ouvrière britannique à se détacher encore plus du Labour Party pour se tourner vers le BNP.
</p><h3>Les syndicats réagissent</h3><p>Le syndicat Unite a élaboré un plan en trois points afin d’empêcher l’escalade&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>Des accords sont nécessaires pour garantir aux salarié(e)s indigènes l’accès aux em­plois lors de la passation de marché à des entreprises étrangères.</li><li>Des enquêtes plus approfondies doivent être menées sur la pratique d’adjudication des travaux. Lorsqu’il s’agit de soumissions publiques, les pouvoirs publics sont obligés de respecter les standards sociaux.</li><li>La jurisprudence européenne, qui favorise la sous-enchère salariale et sociale, doit être annulée.</li></ul><p>Sur ce dernier point, Unite a lancé une campagne accompagnée d’une pétition.
</p><p>On ne voit pas clairement comment le syndicat va mettre en pratique son slogan «&nbsp;Pour un accès équitable à l’emploi&nbsp;». Finalement, cette revendication ne peut être réalisée que si les mêmes conditions de travail locales sont appliquées aux salarié(e)s aussi bien indi­gènes que détachés. Sinon, l’engagement de salarié(e)s autochtones aux conditions de travail du pays d’origine de l’entreprise n’aurait rien «&nbsp;d’équitable&nbsp;». Ce n’est pas la question de savoir qui a accès à l’emploi qui doit figurer au premier rang — car elle ne peut que stimuler la xénophobie. La question est plutôt&nbsp;: à quelles conditions de travail, l’accès à l’emploi doit-il être garanti&nbsp;?
</p><p>C’est cette logique que les syndicats suisses ont suivie lors de l’élaboration des mesures d’accompagnement de la libre circulation des personnes. Véritable produit d’exportation politique, cette logique leur a permis un parcours pour ainsi dire sans faute.
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0509_DB_Greves_GB.doc#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1"><sup>[1]</sup></a><a href="http://www.britishwildcats.com/" target="_blank" rel="noreferrer">www.britishwildcats.com</a>.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2951</guid><pubDate>Fri, 14 Oct 2011 10:51:00 +0200</pubDate><title>Manifestation à Genève pour les droits syndicaux</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/manifestation-a-geneve-pour-les-droits-syndicaux</link><description>Près de 200 syndicalistes ont exigé, vendredi 7 octobre à Genève, à l’occasion de la Con-férence internationale du Travail de l’Organisation internationale du Travail (OIT), pour demander plus de respect à l’égard des droits syndicaux et une meilleure protection contre les licenciements antisyndicaux.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Afin qu’il soit possible d’avoir une activité syndicale dans une entreprise pour obtenir une amélioration des conditions de travail, il faut prévoir une protection spéciale. Il faut en particulier qu’un membre de commission du personnel ne puisse pas être licencié à cause de son engagement syndical. Sur toute la planète, cette protection contre les licenciements qualifiés d’antisyndicaux est sous pression et la Suisse n’y fait pas exception. Elle a même été blâmée par l’OIT pour sa protection insuffisante des délégué(e)s syndicaux au sein des entreprises. Mais à ce jour, si peu de choses ont changé. La demande faite à la Suisse par l’OIT d’améliorer la protection des délégué(e)s syndicaux se heurte à l’opposition de la majorité bourgeoise des Chambres fédérales qui fait la sourde oreille, prétendant que la liberté entrepreneuriale aurait la priorité sur la protection des salarié(e)s syndicalement engagés. 
</p><p>C’est pourquoi, à l’occasion de la dernière Conférence internationale du Travail de l’OIT à Genève, la Communauté genevoise d’action syndicale, l’Union syndicale suisse et le syndicat Unia ont organisé une action dans le but d’attirer l’attention sur les abus commis dans ce domaine en Suisse. Les 200 syndicalistes présents ont notamment parlé des menaces proférées dans une entreprise contre un collaborateur pour son engagement syndical. Le message est clair&nbsp;: il faut, une fois pour toutes, que les choses bougent en matière de protection des délégué(e)s syndicaux contre la pression et l’arbitraire au travail qu’ils subissent trop souvent encore.</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2950</guid><pubDate>Mon, 10 Oct 2011 10:50:00 +0200</pubDate><title>La porte ouverte à la sous-enchère</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/la-porte-ouverte-a-la-sous-enchere</link><description>Malgré la fixation d’un taux plancher de 1,20 franc pour 1 euro, notre franc reste forte-ment surévalué. En conséquence, la pression sur les salaires et les emplois se maintiendra ces prochains temps.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les nouvelles embauches sont particulièrement sensibles. Elles courent en particulier le risque de faire l’objet de pression sur les salaires. Si un employeur veut baisser le salaire d’un emploi déjà occupé, il doit résilier le contrat de travail. Ce n’est toutefois pas nécessaire dans le cas d’une nouvelle embauche, car il peut alors proposer un nouveau contrat avec un salaire inférieur.
</p><p>En Suisse, 10&nbsp;% des salarié(e)s passent d’un emploi sur la durée à un autre, sur la durée aussi. Le potentiel pour baisser les salaires est ainsi relativement élevé dans ces cas. Mais ce sont surtout les emplois temporaires, les missions brèves ou la main-d’œuvre détachée – c’est-à-dire les engagements de courte durée qui impliquent de nombreux changements – qui sont sensibles sous cet angle. En effet, contrairement à ce qui est le cas avec une nouvelle embauche pour une activité sur la durée, il n’y a guère de risque qu’une personne nouvellement engagée se plaigne, après un certain temps, parce qu’elle gagne moins que ses collègues.
</p><p>L’Enquête suisse sur la structure des salaires fait apparaître que les salaires de départ ont été sous pression ces dernières années. Si elles ne vont malheureusement que jusqu’en 2008, les données à disposition montrent entre autres que les salaires des personnes au bénéfice d’une autorisation de courte durée sont systématiquement inférieurs aux autres.
</p><p>Et depuis lors, le problème s’est très vraisemblablement aggravé. À l’époque en effet, le&nbsp; cours du franc était nettement supérieur à 1,50 franc pour 1 euro. Aujourd’hui, il est de 1,20 franc. En outre, le nombre de personnes ayant une autorisation de courte durée (jusqu’à 90 jours) est beaucoup plus grand. L’emploi temporaire aussi s’est fortement développé (près de 20&nbsp;% sur un an). Or, il se caractérise par de fréquents changements d’emploi. Cette année, on devrait donc avoir atteint un record dans ce domaine. Selon le rapport du SECO sur la mise en œuvre des mesures d’accompagnement, 41&nbsp;% des agences de travail temporaire ont versé des salaires trop bas. Les travailleuses et travailleurs temporaires se trouvent essentiellement dans l’industrie, un secteur particulièrement concerné par la cherté du franc.
</p><p>C’est pourquoi, pour protéger les salaires suisses de toute pression, il faut surveiller de près les nouvelles embauches. L’USS exige que la moitié des salaires de départ soit examinée.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique monétaire</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2949</guid><pubDate>Mon, 19 Sep 2011 10:48:00 +0200</pubDate><title>Six nouveaux spécialistes en gestion et développement</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/six-nouveaux-specialistes-en-gestion-et-developpement</link><description>Six nouveaux spécialistes en gestion et développement des organisations syndicales ont reçu le 23 septembre dernier leur brevet professionnel, reconnu au niveau fédéral.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les permanent(e)s du mouvement syndical doivent savoir faire beaucoup de choses. Ils doivent posséder de solides connaissances juridiques et bien connaître les branches de leur activité. Ils doivent aussi avoir le sens de la négociation, intervenir de manière convaincante, mener des campagnes, diriger et motiver une équipe, etc. etc. Où peut-on acquérir une telle palette de compétences ? Depuis 2009, dans le nouveau cycle de formation «&nbsp;GEDEon&nbsp;» (Gestion et développement des organisations syndicales), divisé en plusieurs modules et représentant une véritable formation en emploi intensive. 
</p><p>En 2010, 12 personnes ont suivi avec succès ces cours proposés par l’Institut de formation des syndicats Movendo et débouchant sur un brevet reconnu par l’Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie (OFFT). Cette année, six futurs professionnel(le)s du syndicalisme ont réussi l’examen final (4 hommes et 2 femmes : 4 d’Unia,&nbsp; 1 du ssp, 1 du SEV&nbsp;; 2 germanophones, 2 francophones et 1 italophone). Le prix de l’USS, attribué au travail de brevet le plus original, a été décerné au syndicaliste d’Unia Ivano Marraffino, qui travaille depuis le printemps à la section de Soleure du syndicat. Son travail s’intitule «&nbsp;Un syndicat fort pour les travailleurs du second œuvre dans le Haut-Valais : construisons-le <b>ensemble</b> !&nbsp;», soulignant ainsi que la philosophie de l’«&nbsp;organizing&nbsp;» -&nbsp; terme désignant les activités et campagne de syndicalisation - est désormais devenue une conception de référence pour les syndicats.
</p><p>Outre Ivano Marraffino, nos félicitations vont aux autres breveté(e)s de ce cycle :
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>Bajram Arifaj, Unia&nbsp;;</li><li>Nathalie Chammartin, Unia&nbsp;;</li><li>Lucas Dubuis, Unia&nbsp;;</li><li>Rezia Boggia, ssp&nbsp;;</li><li>Angelo Stroppini, SEV.</li></ul><p>À toutes et à tous, un chaleureux «&nbsp;Bienvenue au club&nbsp;!&nbsp;»</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2928</guid><pubDate>Mon, 16 May 2011 10:28:00 +0200</pubDate><title>Les Vaudois comblent deux lacunes du filet social</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/les-vaudois-comblent-deux-lacunes-du-filet-social</link><description>La « stratégie cantonale de lutte contre la pauvreté » a été plébiscitée par plus de 61% des Vaudoises et des Vaudois lors de la votation populaire du 15 mai dernier. Cette stratégie comporte deux volets, qui comblent deux lacunes importantes du filet social : les prestations complémentaires pour familles de travailleurs pauvres (PC familles) et les rentes-ponts pour chômeurs et chômeuses âgés. Elle est financée en partie par une coti-sation salariale paritaire de 0,06 %.</description><content:encoded><![CDATA[<h3>PC familles&nbsp;: pour que le travail en vale la peine</h3><p>Bien des travailleurs et travailleuses pauvres ont un revenu disponible à peine supérieur à celui qu’ils auraient s’ils ne travaillaient pas du tout et dépendaient entièrement de l’aide sociale. Ce qui signifie qu’une personne dépendant de cette dernière qui fait le choix de se réinsérer dans le monde du travail n’améliorera pas sa situation financière. Bref, à ce tarif, le travail n’en vaut guère la peine. Pour les personnes concernées, c’est problématique, car rester à l’aide sociale diminue les chances de retrouver un jour un emploi. L’État en subit aussi les inconvénients, car les bénéficiaires de l’aide sociale n’ont pas intérêt à en sortir. Or, elle coûte de plus en plus cher, notamment à cause de la dernière révision de la loi sur l’assurance-chômage. 
</p><p>C’est là qu’interviennent les PC familles. Il s’agit d’un complément de revenu d’au maximum 33&nbsp;000 francs par an (en moyenne Fr. 7800.- par famille concernée) versé aux travailleurs et travailleuses pauvres avec enfants de moins de 16 ans. Contrairement à l’aide sociale, qui diminue avec la croissance du revenu d’un éventuel emploi, les PC familles s’ajoutent au revenu du travail, dans le but d’encourager la reprise d’une activité lucrative sans diminuer le revenu disponible. Dans ce cas, plus les personnes concernées travaillent, plus leur revenu disponible augmente. Bref, travailler en vaut de nouveau la peine. En outre, les PC familles sont bien plus adaptées à la situation des personnes qui travaillent que l’aide sociale, en particulier parce qu’elles n’ont pas besoin de mesures de réinsertion. Enfin, elles sont doublées pour les familles avec enfants de moins 6 ans, car c’est quand on a de très jeunes enfants que les possibilités de travailler sont le plus réduites. 
</p><p>Comme les familles de travailleurs et travailleuses pauvres sont encouragées à retrouver du travail grâce aux PC familles, elles ont moins, voire plus du tout besoin de l’aide sociale. Dans le canton de Vaud, 900 familles (2600 personnes) pourront ainsi en sortir. 
</p><p>Les PC familles existent désormais dans les cantons du Tessin, de Genève, Vaud et Soleure. Dans les deux derniers cas, elles ont été acceptées en vote populaire. L’USS s’engage pour que cet excellent système soit étendu à tout le pays. 
</p><h3>Des rentes-pont pour une fin de carrière digne</h3><p>Les personnes qui perdent leur emploi à un âge avancé ont peu de chances d’en retrouver un. Même s’ils refusent toute forme de retraite flexible, les employeurs ont plutôt tendance à ne pas engager les travailleurs et travailleuses de plus de 55 ans. Or, les assurances sociales n’offrent qu’une protection très lacunaire aux chômeurs et chômeuses âgés. Et cette protection vient malheureusement d’être affaiblie par la prolongation du délai de cotisation nécessaire pour bénéficier, dès 55 ans, de la prolongation des indemnités de chômage. 
</p><p>Pour les personnes au chômage concernées, il n’y a souvent pas d’autre solution que le recours à l’aide sociale. Ce recours est dramatique sur le plan personnel. En effet, il signifie que l’on achève sa carrière professionnelle en tant qu’assisté. Sur le plan financier, c’est une situation difficile&nbsp;: avant de bénéficier de l’aide sociale, il faut en effet épuiser (presque) toutes les économies patiemment amassées pendant une vie entière et parfois même liquider son deuxième pilier. Une telle fin de carrière n’est pas digne.
</p><p>Les rentes-pont sont une excellente solution à ce grave problème. Au lieu de l’aide sociale, les personnes au chômage à deux ans de l’âge AVS qui ont épuisé leurs droits à l’assurance-chômage toucheront une préretraite calquée sur les prestations complémentaires AVS/AI. Cela permettra à environ 600 retraité(e)s d’éviter l’aide sociale, de conserver la majeure partie des économies de toute une vie, d’éviter de devoir liquider leur avoir de caisse de pension et, surtout, de terminer leur carrière professionnelle dans la dignité.</p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2923</guid><pubDate>Thu, 05 May 2011 10:13:00 +0200</pubDate><title>50 000 personnes pour dire NON à l’austérité en Europe</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/50-000-personnes-pour-dire-non-a-l-austerite-en-europe</link><description>Le 9 avril, 50 000 travailleurs et travailleuses ont manifesté à Budapest contre les brutales politiques d’austérité appliquées dans les États de l’Union européenne (UE), pour des salaires équitables, une Europe sociale et des emplois de qualité. Une délégation d’Unia représentait l’Union syndicale suisse (USS). C’est à l’appel de la Confédération européenne des syndicats (CES), dont l’USS est membre, que cette manifestation a été organisée.</description><content:encoded><![CDATA[<p>John Monk, secrétaire général de la CES, a expliqué que ce n’était pas aux travailleurs et aux travailleuses de payer le prix d’une crise qu’ils n’ont pas provoquée. En point de mire de ses propos&nbsp;: les ministres européens des finances qui décidaient à quelques kilomètres de la manifestation d’un programme d’austérité antisocial. De fait, ces ministres lient l’aide fournie au Portugal à un programme d’économies qui, des plus violents, touchera d’abord les gens ordinaires, ainsi que cela a déjà été le cas en Grèce et en Irlande. 
</p><p>Une représentante de la confédération allemande DGB, Annelie Buntenbach, a critiqué le «&nbsp;pacte euro plus&nbsp;» qui, pour les travailleurs et les travailleurs, ne sera synonyme que de </p><ul><li>moins d’argent dans leur portemonnaie, vu les pressions sur les salaires&nbsp;;</li><li>une sécurité de l’emploi moindre, vu les dérégulations entreprises et en cours&nbsp;;</li><li>moins de prestations sociales, vue les coupes dans les budgets sociaux et</li><li>une retraite détériorée, à cause de rentes avec lesquelles les gens ne pourront vivre décemment.</li></ul><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Économie</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2920</guid><pubDate>Wed, 06 Apr 2011 10:06:00 +0200</pubDate><title>Indéfendable, localement et globalement désastreux</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/indefendable-localement-et-globalement-desastreux</link><description>Les effroyables scènes du terrible désastre atomique qui a ravagé le Japon ces jours ré-pondent malheureusement aux craintes qui avaient conduit les syndicats, dans les années 1980 du XXe siècle déjà, à estimer que la technologie nucléaire est hostile aux êtres hu-mains et donc à abandonner. La catastrophe nucléaire qui, après un tremblement de terre aux effets destructeurs déjà inimaginables et un tsunami terrifiant, a détruit les réacteurs de la centrale de Fukushima, et son incidence globale qui va s’aggravant dépassent tout ce que même les milieux antinucléaires avaient pu imaginer jusqu’à ce jour. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Comme à Tchernobyl, en 1986, les premières victimes sont les travailleurs et travailleuses de la centrale nucléaire japonaise. Sur ordre du gouvernement, aussi comme dans l’ancienne Union soviétique d’alors, ils ont été contraints d’effectuer une mission qui les condamnera inéluctablement à la mort. Sur place, le rayonnement est si fort que tout le personnel a dû être évacué des installations, lui qui lutte désespérément pour éviter une mégacatastrophe. Tout cela prouve que ces technologies, qui impliquent des risques tels qu’ils mettent sens dessus dessous toute norme en matière de sécurité au travail, sont mises en œuvre dans un mépris total de la vie humaine et sont donc inacceptables. 
</p><p>Le sacrifice du personnel de la centrale japonaise suppose qu’il ne soit aucunement tenu compte de la dignité humaine. Il a lieu afin de limiter des dangers mortels incalculables autant que possible dans les zones proches de la catastrophe, où vivent 150&nbsp;000 personnes, et n’atteignent pas les 35 millions habitants de l’agglomération tokyoïte. En même temps, les Japonais et Japonaises se battent contre les conséquences «&nbsp;normales&nbsp;» du tremblement de terre le plus violent de l’histoire. Avec la catastrophe nucléaire, leur situation est devenue apocalyptique. On a vu, avec Tchernobyl, que le nombre de victimes directes n’avait jamais été communiqué et que celui, important, des victimes après coup avait été systématiquement minimisé. Il est humainement compréhensible et psychologiquement explicable de vouloir se protéger par l’oubli. Mais cela ne doit pas avoir pour effet que les conséquences politiques soient, elles aussi, refoulées.
</p><p>Tous les commentateurs disent qu’après la catastrophe de Fukushima, le monde ne sera plus jamais le même. Cela signifie que l’État nucléaire, craint depuis si longtemps et qui apparaît aujourd’hui au grand jour, ne doit plus avoir d’avenir. La technologie nucléaire - dont l’usage militaire est traumatisant pour les Japonais(es) depuis 1945 – n’est manifestement pas maîtrisable non plus dans son usage civil. Les risques mortels encourus – pour lesquels aucune assurance ne veut engager sa responsabilité – sont humainement inacceptables et, même en l’absence de catastrophe aux conséquences de toute évidence incalculables, seront présents des siècles durant. C’est pourquoi il faut en finir avec le nucléaire&nbsp;!
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) s’est ralliée depuis des décennies - après le conflit autour de la centrale atomique jamais construite de Kaiseraugst, dans les années 1970 – aux arguments des organisations écologistes, du Parti socialiste et des Verts. Elle n’a cessé d’œuvrer pour un approvisionnement durable en énergie et est parvenue à empêcher une libéralisation absurde du marché de l’électricité. Nous avons aussi développé nos propres conceptions concernant l’avenir énergétique de la Suisse, à savoir&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>L’économie et la société dépendent d’un approvisionnement sûr en énergie, qui doit être durable, aujourd’hui déjà et pour les générations futures.</li><li>Il faut sortir du nucléaire. C’est faisable et cela permettra de créer des emplois, plus sûrs et plus innovateurs qu’aujourd’hui.&nbsp;</li><li>Les énergies renouvelables (vent, eau, soleil) doivent avoir la toute première priorité. D’un point de vue climatique et en raison du pic pétrolier atteint, un approvisionnement à partir d’énergies fossiles est la mauvaise solution.</li><li>La toute première priorité doit être donnée à l’efficience énergétique. Pour les technologies destinées à l’isolation thermique et à l’économie d’énergie, il faut des programmes d’encouragement plus efficaces et des prescriptions correspondant mieux au nouvel état de la technique. Dans les régions très peuplées, les capacités en chauffage à distance doivent être mieux mises à profit ou développées. Et, en dehors de ces régions, à titre de solution transitoire, il faut encourager les installations décentralisées de couplage chaleur-force (solution de rechange aux centrales à gaz non souhaitées).</li></ul><p>Sur fond de sortie du nucléaire, désormais nécessaire, la production et l’approvisionnement en électricité sera, encore plus qu’à ce jour, une tâche publique. C’est pourquoi l’USS refuse vigoureusement – sans parler des autres désavantages induits&nbsp;: prix instables, spéculation et régulation bureaucratique complexe – la libéralisation du marché de l’électricité. Les travaux de la révision de la loi sur l’approvisionnement en électricité doivent désormais se concentrer sur la sécurité de l’approvisionnement.
</p><p>À juste titre, les médias dénoncent les magouilles de l’industrie atomique japonaise<a href="file:///H:/ABT5/DOMINIK/Misc%20franz/0511_Zimmerman_Energie-nucleaire.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>. Finalement, la situation japonaise n’est qu’au plus marginalement différente de la situation suisse ou européenne. Les dernières décennies de politique nucléaire font clairement apparaître que la sortie de l’atome est, par conséquent, également synonyme d’un meilleur contrôle démocratique des groupes d’électricité largement aux mains de cantons.
</p><p>Three Mile Island et Tchernobyl ont été trop rapidement oubliés par les politiques et n’ont pas entraîné la conversion nécessaire. Fukushima doit corriger cela. Les actuelles professions de foi, à gauche comme à droite, sont l’aspect positif de la tragédie japonaise. Mais, contrairement à ce qui fut le cas par le passé, elles ne doivent pas rester des déclarations purement tactiques. C’est pourquoi tous les milieux critiques à l’égard du nucléaire doivent faire preuve de ténacité, les syndicats aussi.  
</p><hr><p><a href="file:///H:/ABT5/DOMINIK/Misc%20franz/0511_Zimmerman_Energie-nucleaire.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> «&nbsp;Die Macht der Atomindustrie&nbsp;», NZZ, 18.3.2011, p. 5.</p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2954</guid><pubDate>Thu, 07 Oct 2010 10:54:00 +0200</pubDate><title>Fausses promesses et espoirs déçus</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/fausses-promesses-et-espoirs-decus</link><description>Le premier Mondial de foot sur sol africain s’est terminé il y a près de trois mois. Cet événement a constitué un succès total pour la FIFA. Il avait auparavant suscité d’immenses espoirs en Afrique du Sud. La population locale a rêvé de nouveaux emplois, d’essor économique et d’un avenir meilleur. Ces aspirations légitimes ont été attisées par la propagande de la FIFA et du gouvernement. En Afrique du Sud, 20 millions de personnes vivent dans la pauvreté. Le Mondial était censé améliorer leur quotidien.</description><content:encoded><![CDATA[<h3>FIFA exemptée d’impôts</h3><p>L’œuvre suisse d’entraide ouvrière (OSEO) a mené une étude sur les conséquences sociales et économiques du Mondial. Ses résultats sont accablants. Les coûts pour le gouvernement sud-africain sont supérieurs de 1709&nbsp;% à ce qui était initialement prévu&nbsp;: ils se sont élevés à 5,5 milliards au lieu de 321 millions de francs suisses. La Coupe du monde a, en définitive, entraîné une perte nette de 2,8 milliards de francs pour l’Afrique du Sud. De son côté, la FIFA a enregistré un gain de plus de 3 milliards, ainsi que, par rapport à la Coupe du monde 2006, une hausse de ses bénéfices de 50&nbsp;%. Elle avait auparavant obtenu du gouvernement sud-africain que ses gains et ceux de ses partenaires, soient exemptés d’impôts. Un porte-parole des autorités fiscales sud-africaines a tenu des propos très explicites à ce sujet&nbsp;: «&nbsp;Les privilèges que nous avons dû octroyer à la FIFA étaient tout simplement excessifs. Ils ont rendu impossible le moindre gain financier pour l’Afrique du Sud.&nbsp;»
</p><p>Contrairement aux projections officielles, le Mondial n’a pas généré de places de travail nouvelles et durables. À fin juillet, le taux d’occupation avait diminué de 4,9&nbsp;% par rapport au même mois de l’année précédente. Dans le secteur de la construction, 111&nbsp;000 emplois ont disparu entre juin 2009 et juin 2010. En revanche, les cinq plus grandes entreprises de la construction actives en Afrique du Sud ont connu une très nette augmentation de leurs bénéfices&nbsp;: de 110 millions de francs en 2004 à 1,4 milliard en 2009. Durant cette même période, les salaires de leurs directeurs ont augmenté en moyenne de 200&nbsp;%. Les ouvriers et ouvrières de la construction ont, quant à eux, dû mener 26 grèves pour arriver à des hausses de salaire qui couvrent le renchérissement du coût de la vie. L’écart de salaire entre un travailleur ordinaire de la construction et un directeur est passé de 1:166 à 1:285.
</p><h3>Personnes expulsées</h3><p>Parmi les 10 stades construits ou agrandis en vue de la Coupe du monde, trois au moins sont trop grands et trop onéreux pour pouvoir être utilisés sans générer de coûts supplémentaires. La construction d’infrastructures, et en particulier de stades, a abouti, selon des estimations de l’ONU, à ce qu’environ 20&nbsp;000 personnes soient expulsées de leur logement.
</p><p>Les 5,5 milliards de francs investis en vue du Mondial auraient pu être affectés à d’autres priorités. La plupart de la population sud-africaine vit dans des conditions inhumaines&nbsp;: 7,5 millions de personnes (40&nbsp;% de la population) sont sans emploi, 8,4 millions de personnes vivent dans des bidonvilles et des logements sont nécessaires pour au moins 12 millions de personnes.
</p><h3>La FIFA n’éprouve aucune mauvaise conscience</h3><p>Il n’y a rien de choquant à ce que le Mondial ait été organisé en Afrique du Sud. En revanche, il est extrêmement choquant que la FIFA utilise le slogan «&nbsp;Pour le bien du jeu, pour le bien du monde&nbsp;», alors qu’elle se soucie exclusivement de son propre profit. Elle pourrait utiliser sa formidable influence pour que le Mondial profite aussi à la population locale. Au lieu de cela, elle émet de fausses promesses et ne se préoccupe nullement du respect des droits humains.
</p><p>La FIFA n’éprouve aucune mauvaise conscience. Elle exige au contraire une exemption totale de tout impôt direct ou indirect lors du Mondial 2018. Elle justifie cette exigence par le fait qu’elle paie déjà des impôts en Suisse. C’est pourtant faux&nbsp;: la FIFA est considérée comme une «&nbsp;organisation d’utilité publique&nbsp;»’ et est, par conséquent, exemptée de tout impôt fédéral direct. Le parlement a refusé, en juin de cette année, d’abolir ce privilège.
</p><h3>Plus de fair-play lors du prochain Mondial</h3><p>Le même scénario que lors du dernier Mondial risque de se répéter au Brésil, lors de la prochaine Coupe du monde, en 2014. L’OSEO exige par conséquent de la FIFA et de son président, Sepp Blatter, du fair-play également en dehors du terrain. La FIFA doit user de son influence pour faire en sorte que le Mondial ne profite pas uniquement à elle-même et aux entreprises de la construction, mais aussi aux habitant(e)s du pays organisateur.
</p><p>Pour l’étude&nbsp;:&nbsp; <br><a href="http://www.oseo.ch/index.cfm?ID=D2A1FABA-E82D-4332-83CD34DD6B28EF1D" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.oseo.ch/index.cfm?ID=D2A1FABA-E82D-4332-83CD34DD6B28EF1D</a></p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2953</guid><pubDate>Wed, 29 Sep 2010 10:53:00 +0200</pubDate><title>Une crise de la solidarité</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/une-crise-de-la-solidarite</link><description>Après la votation sur la révision de l’assurance-chômage : Un commentaire de Paul Rechsteiner, président de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>Même si le résultat de cette votation est nettement meilleur que ce que prédisaient les sondages d’opinion – ils nous avaient annoncé une défaite à deux contre un -, il n’y a pas là de quoi se réjouir. Face à 58&nbsp;% de «&nbsp;oui&nbsp;» en Suisse alémanique (seules les villes, et surtout Bâle, n’entrent pas dans ce tableau), on trouve 58&nbsp;% de «&nbsp;non&nbsp;» en Suisse latine. Ce qui donne finalement 53&nbsp;% de votes favorables à la révision.
</p><p>Ce résultat soulève toutefois des questions qui dépassent ce seul scrutin. Que veut dire le fait que le «&nbsp;oui&nbsp;» le plus fort au démantèlement des prestations vient du canton d’Appenzell Rhodes-Intérieures, un «&nbsp;paradis&nbsp;» où le chômage est le plus bas de toute la Suisse. Et que l’ampleur du «&nbsp;oui&nbsp;» au projet de révision reflète largement le taux de chômage&nbsp;? Donc, que ce projet a été rejeté d’autant plus nettement par une région que son taux de chômage était élevé&nbsp;? Ainsi, à l’inverse, là où ce taux est comparativement bas, comme en Suisse centrale, c’est le «&nbsp;oui&nbsp;» qui a dominé.
</p><p>Il est évident qu’en Suisse alémanique, beaucoup de personnes ne parviennent pas à s’imaginer tomber un jour au chômage, crise économique ou pas. Que l’attitude face à un démantèlement de prestations d’une assurance sociale importante – un démantèlement qui aura des conséquences brutales pour des dizaines de milliers de personnes - &nbsp;dépende fortement de ce que les gens se sentent plus ou moins concernés, semble évident au premier au coup d’œil. À y regarder de plus près, ces liens d’intérêts étroits soulèvent des questions fondamentales. Une assurance sociale a pour but de couvrir les risques fondamentaux qui menacent tout le monde&nbsp;; cela, même si, seule une minorité sera réellement concernée. Celles et ceux que le risque, le «&nbsp;cas d’assurance», ne concerne pas peuvent s’estimer heureux. Ils, ou elles, s’en sortent toujours mieux que les autres pour qui le risque ses concrétise. L’assurance sociale, qui repose sur le principe de la solidarité, est non seulement sociale, mais aussi rationnelle et judicieuse du point de vue économique. 
</p><p>Ce principe élémentaire de la solidarité, la base de toute assurance sociale, est violé si seuls les intérêts personnels comptent finalement. Cette situation est particulièrement explosive avec la votation sur l’assurance-chômage, parce qu’on risque de voir les parties latines du pays, qui ont refusé en bloc ce démantèlement, dominées par une Suisse alémanique économiquement plus forte. La cohésion du pays repose sur le principe de la solidarité des assurances sociales et des pouvoirs publics. L’arrogance manifestée par la présidente de la Confédération, à l’occasion de la révision de l’assurance-chômage, à l’égard des régions économiquement plus faibles est un mauvais signal à cet égard.
</p><p>La Suisse vit une crise de la solidarité dont il faut débattre. La prochaine votation sur l’initiative pour des impôts équitables du Parti socialiste en sera une première occasion.</p>]]></content:encoded><category>Assurance-chômage</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2946</guid><pubDate>Thu, 29 Jul 2010 10:44:00 +0200</pubDate><title>Un nouveau guide de l’USS</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/un-nouveau-guide-de-l-uss</link><description>Pendant de longues années, on n’a pas disposé d’ouvrage juridique à jour présentant le droit collectif du travail d’un point de vue syndical. Une lacune que l’Union syndicale suisse USS) a désormais comblée avec son nouveau guide. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Le droit collectif du travail a évolué ces dernières années en raison de nouvelles obligations internationales, de la reprise des dispositions du droit communautaire et de l’introduction de mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes avec l’Union européenne (UE). C’est pourquoi le nouvel article constitutionnel sur la liberté syndicale, entré en vigueur au 1er janvier 2000, les modifications intervenues dans le code des obligations (CO) et dans la loi fédérale permettant d’étendre le champ d’application de la convention collective de travail (CCT), la LECCT, demandaient la&nbsp; publication d’un guide juridique sur le droit collectif du travail. Rien de ce genre, toujours sous l’angle syndical, n’avait en effet été réalisé depuis le «&nbsp;Commentaire de la convention collective de travail&nbsp;» de Schweingruber et Bigler, publié durant le dernier quart du 20e siècle…
</p><p>Désormais un nouveau guide est à disposition en français. Outre un commentaire des dispositions du CO concernant la CCT et la LECCT, il aborde les bases, constitutionnelles et de droit international, du droit collectif du travail, ainsi que la participation en entreprise et les dispositions du CO relatives au contrat-type de travail. Au-delà des aspects purement juridiques, l’importance économique des CCT y est également développée. 
</p><h3>Auteur(e)s et thèmes</h3><p>Ce guide offre, notamment aux secrétaires syndicaux, des explications utiles et de première qualité sur des questions juridiques d’actualité comme, par exemple, les effets de la paix du travail, l’admissibilité des mesures de lutte ou la validité des CCT. Il s’adresse donc également aux avocat(e)s et aux autorités judiciaires, de même qu’aux départements du personnel des entreprises qui sont régulièrement confrontés à des problèmes de droit du travail dans leurs activités quotidiennes. 
</p><p>Quel(le)s auteur(e)s pour quels thèmes&nbsp;? Ci-après, en quelques mots, le sommaire du guide&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>Arthur Andermatt&nbsp;: liberté syndicale et droit de grève&nbsp;;</li><li>Christian Bruchez, Doris Bianchi, Christoph Häberli, Thomas Gabathuler, Giacomo Roncoroni, Peter Schmid&nbsp;: commentaires d’articles du CO sur les CCT et le contrat-type de travail&nbsp;;</li><li>Susanne Kuster Zürcher&nbsp;: liberté syndicale dans le contexte international&nbsp;;</li><li>Romolo Molo&nbsp;: la Convention 98 de l’OIT et la liberté syndicale en Suisse&nbsp;;</li><li>Andreas Rieger&nbsp;: développement et importance des CCT en Suisse&nbsp;;</li><li>Thomas Gabathuler&nbsp;: participation des travailleurs et travailleuses&nbsp;;</li><li>Giacomo Roncoroni&nbsp;: commentaire de la LECCT.</li></ul><p>Cet ouvrage (500 p.) est publié par l’USS aux éditions Helbing Lichtenhahn. Son prix est de 78 francs (en librairie ou sur le site <a href="http://www.helbing-shop.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.helbing-shop.ch</a>).</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2930</guid><pubDate>Fri, 09 Jul 2010 10:34:00 +0200</pubDate><title>Socialement juste, malgré la TVA</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/socialement-juste-malgre-la-tva</link><description>L’assurance-invalidité (AI) dépense chaque année plus d’un milliard de francs de plus que ce qu’elle encaisse. Afin de couvrir ce déficit, le Parlement fédéral a décidé une hausse de la TVA de 0,4 pour cent. Le 27 septembre prochain, les citoyennes et citoyens de ce pays se prononceront à ce sujet. Depuis que le Parlement a modifié cette proposition à cause de la crise et repoussé d’une année l’entrée en vigueur de cette hausse, un succès dans les urnes devient plus probable. </description><content:encoded><![CDATA[<h3>Produits alimentaires</h3><p>Pour alléger les charges financières de l’AI, il y aurait certes des solutions plus sociales qu’une augmentation de la TVA. Mais comme le produit de cette mesure se retrouvera – c’est le but - dans les caisses de l’AI, il en résultera dans l’ensemble un effet redistributif finalement positif. L’existence de différents taux de TVA apporte déjà un certain correctif social à une hausse de cette dernière. Les produits alimentaires bénéficient d’un taux réduit de 2,4 pour cent, ce qui diminue la charge des bas revenus par rapport aux revenus élevés. Les ménages dont le revenu mensuel est inférieur à 4500 francs dépensent en effet environ 13 pour cent de ce dernier pour l’achat de produits alimentaires, contre seulement 5 pour cent pour les revenus supérieurs à 11&nbsp;000 francs. Avec la hausse de la TVA destinée au financement de l’AI, ce taux réduit appliqué aux produits alimentaires n’augmentera que de 0,1 pour cent, et non de 0,4 pour cent.
</p><h3>Des petites rentes </h3><p>Fondamentalement, la situation financière des rentiers et rentières AI est mauvaise. Une très grande partie d’entre eux ne peuvent pas vivre de leur rente. C’est pourquoi près d’un tiers des personnes handicapées reçoivent des prestations complémentaires. Pour celles et ceux qui ont moins de 30 ans, cette proportion est même de 70 pour cent. Ces prestations complémentaires sont, elles aussi, tout sauf somptueuses&nbsp;: les personnes vivant seules ont environ 2700 francs par mois à leur disposition&nbsp;; et n’oublions pas qu’il faudra payer des primes-maladie, ainsi que d’éventuels frais de dentiste … Quant aux couples, ils peuvent compter sur près de 3600 francs. 
</p><p>Le produit de la hausse de la TVA destinée à l’AI profitera donc à une catégorie de la population qui doit péniblement subvenir à ses besoins en raison d’une situation financière extrêmement difficile. Par conséquent, cette hausse de la TVA aura dans l’ensemble un effet redistributif positif. Grâce à l’assainissement de l’AI, des gens qui se situent aux échelons les plus bas de la hiérarchie salariale y gagneront quelque peu en sécurité.</p>]]></content:encoded><category>Assurance-invalidité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2943</guid><pubDate>Wed, 16 Jun 2010 10:39:00 +0200</pubDate><title>1 à 0 pour les profiteurs, mais on n’en est qu’à la mi-temps</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/1-a-0-pour-les-profiteurs-mais-on-n-en-est-qu-a-la-mi-temps</link><description>Pas de commission d’enquête parlementaire, pas d’impôts sur les bonus, pas de régulation du secteur financier. Le 15 juin, la majorité du Parlement fédéral a accepté l’accord conclu avec les États-Unis sans une seule et unique mesure d’accompagnement. Elle veut clore le dossier « crise » sans même oser essayer de faire en sorte que cela ne se reproduise plus. </description><content:encoded><![CDATA[<p>«&nbsp;La Paradeplatz zurichoise a dicté ses ordres à la Place fédérale bernoise. Et les parlementaires ont acquiescé.&nbsp;» C’est en ses termes que le coprésident du syndicat Unia a décrit à une bonne centaine de manifestant(e)s présents devant le Palais fédéral comment les vrais puissants de ce monde ont imposé au Conseil national – via une majorité bourgeoise soutenue par l’UDC - l’acceptation de l’accord conclu avec les États-Unis et le rejet de toute mesure d’accompagnement. 
</p><p>Il était 10 heures. Nous étions le 15 juin. Syndicats, partis de gauche et verts ont alors appelé à manifester devant le Palais fédéral contre cette décision scandaleuse. Une bonne centaine de personnes sont ainsi venues, munies de banderoles et de vuvuzelas. Il était 12 heures 30. «&nbsp;1 à 0 pour les profiteurs contre le peuple&nbsp;», a-t-on pu lire sur une banderole. Quant à l’espoir, exprimons-le aussi dans le jargon footballistique, à savoir&nbsp;: nous n’en sommes qu’à la mi-temps. Les syndicats, la gauche et les verts sont déterminés, ils vont contre-attaquer pour refaire leur retard.
</p><p>Ce qui s’est passé sous la Coupole fédérale correspond exactement à la définition du mot «&nbsp;scandale&nbsp;» et nous montre des parlementaires – celles et ceux de droite et d’extrême droite populiste&nbsp;! - devenus les marionnettes consentantes des grandes banques. Or, il s’agissait de la crise du siècle, une crise du système financier causée par les profiteurs eux-mêmes&nbsp;! Des profiteurs à qui les politiques de la droite se hâtent d’apporter leur soutien&nbsp;! Et cela, sans même prendre la moindre mesure pour que le peuple n’ait pas à passer une nouvelle fois à la caisse. Les petits criminels, on les arrête et on les met quelque temps derrière les barreaux. Par contre, les incendiaires des grandes banques, on les laisse impunis et libres de recommencer. On va même jusqu’à leur offrir essence et briquets&nbsp;!!!
</p><p>Mais, on n’en est qu’à la mi-temps…</p>]]></content:encoded><category>Économie</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2929</guid><pubDate>Tue, 18 May 2010 10:31:00 +0200</pubDate><title>L’initiative pour des salaires minimums est prête</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/l-initiative-pour-des-salaires-minimums-est-prete</link><description>Le 17 mai, une soixantaine de délégué(e)s ont adopté à l’unanimité le texte de l’article constitutionnel qui figurera dans l’initiative populaire pour des salaires minimums. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Pour les syndicats, la chose est claire&nbsp;: la protection et l’amélioration des salaires passe d’abord par les conventions collectives de travail (CCT). C’est pourquoi l’initiative (voir texte par ailleurs) vise à protéger les salaires d’abord à travers l’encouragement de ces dernières et, donc, des salaires minimums qu’elles prévoient. Mais l’initiative demande aussi un salaire minimum légal national, qui devra être régulièrement adapté à l’évolution des salaires et des prix. La raison d’être d’un tel salaire est qu’aujourd’hui, près de 60&nbsp;% des travailleurs et travailleuses ne sont pas couverts par une CCT, et qu’il ne sera guère possible de rapidement réduire cette proportion. Actuellement, près de 400&nbsp;000 salarié(e)s de Suisse touchent un salaire inférieur à 22 francs de l’heure. Impossible, pour eux, de vivre dignement. C’est pourquoi les délégué(e)s de l’USS ont décidé que l’initiative demanderait un salaire minimum légal de 22 francs (pour 2011). Des exceptions ne seraient possibles que pour les activités ayant un caractère essentiellement de formation et le bénévolat, ou encore pour les engagements dans l’entreprise de la famille. 
</p><h3>Pourquoi un salaire horaire&nbsp;?</h3><p>Les suppléments cantonaux à ce salaire minimum ont suscité un débat parmi les délégué(e)s. La majorité d’entre eux s’est prononcée pour une formulation potestative (les cantons peuvent…), alors que la délégation genevoise préférait une formulation impérative. Une autre proposition genevoise a, par contre, été acceptée par la majorité&nbsp;: elle prévoit que les cantons devront désigner les autorités chargées de contrôler que le salaire minimum est bien respecté. Autre débat&nbsp;: pourquoi inscrire dans la constitution fédérale un salaire horaire et non mensuel&nbsp;? La réponse du Comité de l’USS&nbsp;: fixer un salaire mensuel aurait nécessité que l’on aborde la question de la durée du travail. Mais, lors de la campagne pour l’initiative, on travaillera avec des salaires mensuels. Celle-ci sera lancée soit à l’automne prochain soit au printemps 2011. La date précise dépend pour l’essentiel de l’éventuel lancement d’un nouveau référendum par les syndicats durant le deuxième semestre 2010.
</p><h3>Résolutions</h3><p>Les délégué(e)s de l’USS ont aussi adopté trois résolutions. Concernant le piètre projet relatif aux réseaux de soins intégrés – le Conseil national en débattra cet été – l’USS demande que la quote-part soit limitée dans la loi à un montant maximal de 700 francs par an, l’obligation pour les caisses de contracter avec tous les réseaux de soins intégrés reconnus, ainsi que l’abolition des primes de sortie et des contrats léonins. 
</p><p>Concernant la nouvelle et arrogante vague de bonus, l’USS demande un impôt sur ces derniers. Pour chaque franc de traitement dépassant le million, 20 centimes devront être perçus au titre de l’impôt et redistribués aux bas et moyens revenus. Enfin, l’USS se prononce, sans hésitation aucune, contre l’initiative demandant l’exclusion des criminels étrangers, et tous les contre-projets du même tabac. Il ne doit pas exister de droit parallèle punissant systématiquement les mêmes crimes de manière différente selon la nationalité des coupables. 
</p><h3>Le texte de l’initiative pour des salaires minimums</h3><p><b>Art.&nbsp;110a Protection des salaires</b></p><ol><li>La Confédération et les cantons adoptent des mesures pour protéger les salaires sur le marché suisse de l’emploi.</li><li>Ils encouragent en particulier à cette fin l’adoption et le respect de salaires minimums d’usage dans la localité, la profession et la branche dans les conventions collectives de travail.</li><li>La Confédération édicte un salaire minimum légal. Ce salaire est indexé régulièrement sur l’évolution des salaires et des prix, dans une mesure qui ne peut être inférieure à l’évolution de l’indice des rentes AVS.</li><li>Le salaire minimum légal est applicable à tous les travailleurs en tant que limite inférieure contraignante. La Confédération peut édicter des dérogations pour des rapports de travail particuliers.</li><li>Les dérogations et l’indexation du salaire minimum légal sur l’évolution des salaires et des prix sont édictées avec le concours des partenaires sociaux.</li><li>Les cantons peuvent édicter des suppléments contraignants au salaire minimum légal.</li></ol><p><b>Disposition transitoire ad art.&nbsp;110a (Protection des salaires)</b></p><p>Le salaire minimum légal se monte à Fr.&nbsp;22.-- par heure. Au moment de l’entrée en vigueur, ce montant est majoré de l’évolution des salaires et des prix accumulée depuis 2011 conformément à l’art.&nbsp;110a, al.&nbsp;3.
</p><p>Le Conseil fédéral met en vigueur l’art.&nbsp;110a au plus tard trois ans après son acceptation par le peuple et les cantons. 
</p><p>Si aucune loi d’application n’est entrée en vigueur dans ce délai, le Conseil fédéral édicte les dispositions d’application par voie d’ordonnance avec le concours des partenaires sociaux.
</p><p>Les cantons désignent les autorités compétentes. Ces dernières veillent à ce que les salaires minimums soient appliqués (ceci reste une formulation provisoire).&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2927</guid><pubDate>Tue, 11 May 2010 10:25:00 +0200</pubDate><title>OUI à des services garantis – NON à une libéralisation totale</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/oui-a-des-services-garantis-non-a-une-liberalisation-totale</link><description>L’initiative « Pour une poste forte » lancée par le Syndicat de la Communication et soutenue par l’Union syndicale suisse (USS) a abouti. Les 120 000 signatures récoltées en quelques mois sont un message clair, que le premier secrétaire de l’USS rappelle et détaille ci-après. </description><content:encoded><![CDATA[<p>L’USS et tous les syndicats qui lui sont affiliés soutiennent clairement l’initiative du Syndicat de la Communication. Ils l’ont fait savoir déjà lors du lancement de cette dernière et, aujourd’hui, ils se réjouissent de pouvoir constater que les signatures nécessaires ont pu être récoltées en peu de mois seulement. Si ce n’est pas là un nouveau record, le rythme auquel cette récolte a été menée à bien compte, dans l’histoire des initiatives populaires, parmi les plus élevés. À cela, une raison est déterminante&nbsp;: la Poste est appréciée par les citoyennes et les citoyens parce qu’elle fournit des services de qualité dans l’ensemble du pays et, surtout, parce qu’elle dispose d’un réseau d’offices dense. La population ne veut pas y renoncer. Et l’initiative «&nbsp;Pour une poste forte&nbsp;» leur en offre la garantie.
</p><p>Son rapide aboutissement est un message clair à l’intention du Parlement, à qui il reviendra d’adopter la réforme de la Poste. La commission du Conseil national, qui abordera sous peu cette question, sait que les projets de libéralisation n’ont en principe pas bonne presse dans notre pays. Le rejet par le peuple de la loi sur le marché de l’électricité en 2002 l’a bien montré. Et, s’agissant de la Poste, le scepticisme devrait être encore plus patent. Certes, le Conseil des États a accepté le projet du Conseil fédéral, un projet inapte à rassembler suffisamment de suffrages en sa faveur. La décision de supprimer le monopole résiduel n’a toutefois été prise qu’à une majorité de hasard, et par 20 voix contre 19. Une proposition de libéraliser intégralement et sans délai la Poste a, elle, nettement échouépar 31 voix contre 9. La gauche et les représentant(e)s des régions de montagne ont fait savoir sans détours au Conseil des États que cette révision de la Poste entraînerait de graves problèmes, comme une hausse des prix, une dégradation de l’approvisionnement en services postaux et une baisse des salaires. Mis à part l’intéressante perspective, pour les opérateurs privés, de maximiser leurs profits, il n’y a aucune raison de réformer la Poste de la sorte.
</p><p>Aux yeux des syndicats, les revendications suivantes sont essentielles&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ol><li>Le monopole résiduel doit être maintenu, avec l’actuelle limite des 50 grammes. La sécurité financière du service universel ne saurait s’en passer. Il n’est pas question pour les syndicats de libéraliser entièrement les services postaux. En dépit des fortes oppositions qui s’étaient manifestées dans le cadre de la procédure de consultation, cédant à la pression des concurrents privés de la Poste placés sous la houlette d’economiesuisse, le Conseil fédéral a proposé une libéralisation intégrale et rapide via la loi sur la poste,</li><li>Le réseau d’offices de poste existant est le garant de services de qualité supérieure dans l’ensemble du pays. Pas question de l’affaiblir. Il faut au contraire continuer à le garantir sous sa forme actuelle.</li><li>L’obligation pour la Poste de conclure une CCT avec les syndicats ne doit pas disparaître. Aujourd’hui déjà, la concurrence prend principalement la forme d’une pression qui s’exerce sur les conditions de travail et les salaires. Les expériences, parfois catastrophiques, faites à l’étranger le montrent aussi. La stabilité offerte par une CCT est incontournable. Outre une CCT pour la Poste, la réforme de cette dernière doit également prévoir une CCT de branche.</li><li>Les syndicats refusent toute privatisation de la Poste et jugent inutiles les expérimentations prévues concernant la forme juridique de diverses entités. La privatisation «&nbsp;par tranches&nbsp;»de PostFinance est, elle aussi, inacceptable. Propriété de la Confédération, la Poste a besoin de ces services financiers fructueux pour garantir dans l’ensemble l’approvisionnement en services.</li></ol><p>Les syndicats ne sont pas seuls à défendre cette politique de services postaux de haute qualité. Les discussions menées à ce jour ont fait apparaître qu’une vaste alliance s’y rallie aussi. Les Chambres fédérales seraient bien avisées de ne pas suivre les idéologues de la libéralisation et de mettre au premier rang de leurs soucis un approvisionnement en services postaux qui soit sûr. À cet égard, l’initiative sera une aide supplémentaire et précieuse.</p>]]></content:encoded><category>Poste</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2926</guid><pubDate>Tue, 04 May 2010 10:21:00 +0200</pubDate><title>Quelques citations pour des manifestations impressionnantes</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/quelques-citations-pour-des-manifestations-impressionnantes</link><description>« Du boulot, des salaires et des rentes ? » Le slogan de l’Union syndicale suisse (USS) pour ce 1er Mai 2010 a attiré des dizaines de milliers de personnes dans les rues de Suisse lors des douzaines de manifestations organisées à cette occasion. Et le message semble bien être passé. Seules deux ombres au tableau : le mauvais temps et les débor-dements de casseurs à Zurich. Ci-après quelques citations extraites de certains discours prononcés par des représentants de l’USS. </description><content:encoded><![CDATA[<p>«&nbsp;L’offensive concertée dirigée contre l’État social que nous sommes en train de vivre aujourd’hui (…) fait passer à l’arrière-plan tout ce que la Suisse a jamais vécu à ce jour. Et cela, pas seulement avec les rentes du 2e pilier, mais aussi avec l’assurance-chômage. Or, c’est précisément les victimes de la crise financière, les chômeurs et les chômeuses, et toutes celles et tous ceux qui pourraient aussi le devenir, les jeunes et les moins jeunes, qui devraient passer à la caisse à cause du démantèlement des prestations de l’assurance-chômage….&nbsp;» (Paul Rechsteiner, président de l’USS, à Berne)
</p><p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; *****
</p><p>«&nbsp;Nous entendons souvent dire que, dans l’économie, " quand le bâtiment va, tout va". Et dans nos vies, quand le travail va, tout va&nbsp;? En tout cas, si le travail ne fait pas le bonheur, il y participe… Notre pays connaît l’un des plus forts taux de suicide de toute l’Europe. Il serait très étonnant qu’une partie d’entre eux ne soient pas liés aux pressions subies sur le marché du travail. Dans les années 1970, ce sont les ouvriers à la chaîne qui connaissaient un taux de suicide particulièrement élevé. Depuis les années 1990, toute l’industrie et les services sont concernés. Le suicide n’est pourtant pas une «&nbsp;mode&nbsp;», comme a osé le prétendre le PDG de France Télécom, et encore moins un problème individuel. C’est bel et bien l’organisation du travail qu’il faut dénoncer:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>les stratégies d’isolement, tout ce qui casse les solidarités entre collègues, ce qui favorise le chacun pour-soi et la compétition entre les salariés&nbsp;;</li><li>de même que les exigences toujours plus élevées qui minent les travailleurs et les travailleuses.&nbsp;» (Jean-Claude Rennwald, vice-président de l’USS, membre du comité directeur d’Unia et conseiller national, La Chaux-de-Fonds)</li></ul><p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; ***** 
</p><p>«&nbsp;La toute dernière proposition d’introduire un impôt sur les bonus est certes un premier signe indiquant que la colère du peuple contre les profiteurs et le lobby des banques commence lentement à être traverser les murs épais du Palais fédéral. Mais ce que le Conseil fédéral vient de présenter n’est en réalité que le pire rideau de fumée dont le but est, une nouvelle fois, de mener le peuple par le bout du nez.
</p><p>Si, par contre, on avait un vrai impôt sur les bonus et les bénéfices des profiteurs – un impôt avec de vraies dents -, cela rapporterait bien 2 milliards de francs. C’est beaucoup d’argent, de l’argent dont il est urgent que l’on fasse usage. Ou alors, comment, par exemple, une famille ayant un revenu moyen de 70&nbsp;000 francs peut-elle payer des primes de caisse-maladie et des loyers toujours plus élevés&nbsp;? Si nous allions chercher chez les profiteurs des banques l’argent qui nous appartient, nous pourrions baisser les primes des caisses-maladie d’environ 10 pour cent, ou de plus de 1000 francs. Alors, celles et ceux qui, jour après jour, s’engagent dans leur entreprise mais doivent compter chaque franc qu’ils dépensent, profiteraient enfin un peu de ces énormes bénéfices des banques.&nbsp;» (Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS, Aarau)
</p><p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; ***** 
</p><p>«&nbsp;Nous devons économiser. Les travailleurs et travailleuses. Les rentières et rentiers. Les chômeurs et chômeuses. Les personnes handicapées. Les jeunes…. Cela, par exemple, en démolissant les assurances sociales. 
</p><p>Ce qu’on nous annonce&nbsp;:&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> le démantèlement de l’AVS,&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> le démantèlement de l’AI&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> le démantèlement de l’assurance-chômage&nbsp;; mais là, le référendum a été lancé&nbsp;; n’oubliez pas de le signer&nbsp;!&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> et le démantèlement de l’assurance-accident.
</p><p>Démolir l’État social…. Cela, nous ne le permettrons PAS&nbsp;! Nous nous battrons pour l’empêcher. Nous nous battrons contre le démantèlement de la sécurité sociale en lançant des référendums. Et nous gagnerons&nbsp;!&nbsp;» (Giorgio Tuti, vice-président de l’USS, président du SEV, Soleure)</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2922</guid><pubDate>Wed, 14 Apr 2010 10:10:00 +0200</pubDate><title>Les 12 premiers spécialistes de la gestion et du développement des organisations syndicales </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/les-12-premiers-specialistes-de-la-gestion-et-du-developpement-des-organisations-syndicales</link><description>Autrefois, ils et elles suivaient l’« École ouvrière de Suisse ». Aujourd’hui, ils et elles suivent la formation « Gestion et développement des organisations syndicales » et peuvent obtenir un brevet fédéral de « spécialistes de la gestion et du développement des organisations syndicales ». Les douze premiers diplômés viennent d’être honorés le 12 avril dernier.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis toujours, les syndicats ont essayé de former leur personnel. Mais cette formation ne prit réellement son essor qu’avec le don considérable fait par Max Weber<a href="file:///H:/ABT5/DOMINIK/Misc%20franz/0610_Ackermann_Professionnels-syndicats_Brevets.doc#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a> en 1946. Ainsi naquit l’École ouvrière de Suisse. Au fil des ans, ce cycle se donna toujours plus pour but d’offrir en huit semaines de cours aux futurs secrétaires syndicaux et syndicales une base solide en économie, en droit du travail, en assurances sociales et en histoire du mouvement ouvrier. Une formation que l’Institut de formation des syndicats, Movendo, adapta vers la fin du siècle dernier aux nouveaux défis aujourd’hui posés aux professionnel(le)s des syndicats.
</p><p>Organiser des campagnes, conduire un projet selon des méthodes modernes, arbitrer des conflits, telles sont quelques unes des principales qualifications demandées à qui veut devenir un ou une spécialiste de la gestion et du développement des organisations syndicales. On le voit bien&nbsp;: cette formation ne se concentre plus uniquement sur le savoir classique autrefois diffusé par l’École ouvrière. Syndicalisation, organisation du travail, communication, activité de conseil, etc. en sont autant d’aspects importants. 
</p><h3>«&nbsp;Beaucoup appris&nbsp;»</h3><p>Les expériences concrètes faites par les nouveaux diplômés durant leur formation sont, aux dires de ces derniers, on ne peut plus positives. Ainsi l’une d’entre eux, Elisabeth Jacchini, présidente d’une sous-fédération du Syndicat du personnel des transports (SEV) déclare avoir beaucoup appris durant le module consacré à la gestion de projets&nbsp;: «&nbsp;Maintenant, je suis capable de m’attaquer avec plus de professionnalisme, de rapidité et d’efficacité aux campagnes du syndicat.&nbsp;» Et pour Max Chopart, autre titulaire du nouveau brevet, qui fut monteur-mécanicien pendant 20 ans avant de devenir syndicaliste professionnel&nbsp;: «&nbsp;Grâce au module sur la gestion de projets, nous avons transformé de fond en comble notre travail dans l’industrie de la région de Zurich/Argovie. Aujourd’hui, j’y dirige une équipe de projet qui fait le travail qu’effectuait autrefois individuellement chaque secrétaire.&nbsp;»
</p><h3>Des modules au lieu de blocs de semaines</h3><p>Ces deux exemples montrent un autre nouvel aspect de cette formation&nbsp;: son orientation en fonction de la pratique. Ce qui est appris doit en effet pouvoir être mis en pratique. Un autre changement est le renoncement aux anciens blocs de semaines. Désormais, il y a 13 modules représentant en tout 74 jours de formation répartis sur trois ans. Cette formation, parce qu’elle peut se faire aussi en cours d’emploi, devient plus facilement accessible aux syndicalistes ayant des obligations familiales et professionnelles. 
</p><h3>La reconnaissance</h3><p>Mais pourquoi donc un brevet fédéral&nbsp;? Déjà proposée depuis l’an 2000, cette formation est désormais reconnue au plan fédéral depuis 2008. Responsable de formation à Movendo, Wolfram Müller attire l’attention sur le fait que les syndicalistes professionnels changent souvent d’emploi&nbsp;: «&nbsp;Désormais, ils pourront faire état de qualifications reconnues. Cela aidera à tout le moins ces patrons qui ne peuvent s’imaginer les syndicalistes que comme des porteurs de drapeaux rouges.&nbsp;» Max Chopard confirme&nbsp;: «&nbsp;Après mon radical changement de profession et quelques années d’activité syndicale, j’avais besoin de théorie, mais aussi d’un certificat.&nbsp;» Et s’il a reçu beaucoup d’outils qu’il peut utiliser maintenant, le brevet prouve aussi ses nouvelles compétences. 
</p><p>Pour la première fois, douze candidat(e)s ont réussi l’examen leur donnant droit au titre de «&nbsp;spécialiste de la gestion et du développement des organisations syndicales&nbsp;». Ces quatre femmes et huit hommes - sept de Suisse alémanique et cinq de Suisse romande - ont été reconnus par l’Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie. Tous et toutes ont dû sacrifier une partie de leurs vacances pour atteindre ce but, mais selon eux, cela ne leur a pas posé de problème, car, s’ils ont beaucoup donné, ils ont aussi beaucoup reçu. Le 12 avril, leurs diplômes leur ont été remis. 
</p><h3>Apprendre et agir ensemble</h3><p>De fait, les tâches des secrétaires syndicaux sont énormes&nbsp;: créer des groupes de membres, conduire des projets, négocier avec les patrons, faire du lobbying, s’adresser aux médias, prodiguer des conseils professionnels,... Les propos de Yves Defferrard (Unia Vaud), qui a réalisé le meilleur travail de diplôme couronné en tant que tel, recoupent ceux de Max Chopard&nbsp;: «&nbsp;Si tu viens d’une profession, tu as certes une grande expérience du terrain, mais il te manque la théorie. Cette théorie, on me l’a donnée. Et aujourd’hui je négocie yeux dans les yeux avec les patrons.&nbsp;» Mais on peut encore mieux prouver l’utilité de cette formation. Yves Defferrard précise en effet qu’«&nbsp;En cas de problème, (il peut) désormais profiter de l’important réseau de relations qui s’est mis en place au fil des ans durant cet apprentissage commun.&nbsp;»
</p><p>Comment s’appelle cette vertu qui consiste à miser sur les générations de syndicalistes&nbsp;? La solidarité, à savoir&nbsp;: apprendre et agir ensemble. Une ligne dont la formation syndicale n’a jamais dévié. Et dont elle ne déviera jamais.. 
</p><hr><p><a href="file:///H:/ABT5/DOMINIK/Misc%20franz/0610_Ackermann_Professionnels-syndicats_Brevets.doc#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1"><sup>[1]</sup></a> Max Weber fut économiste à l’Union syndicale suisse de 1929 à 1940, puis conseiller fédéral à partir de 1951. Son don était explicitement destiné à la formation interne des syndicats.</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2918</guid><pubDate>Tue, 09 Mar 2010 10:00:00 +0100</pubDate><title>Il faut améliorer la prévoyance vieillesse !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/il-faut-ameliorer-la-prevoyance-vieillesse</link><description>Un jour après le verdict populaire on ne peut plus clair au sujet du vol des rentes du 2e pilier, l’Union syndicale suisse (USS) et le syndicat Unia ont publiquement réclamé un tournant social. Ce dernier doit inclure l’abandon du démantèlement social voulu par la droite, un meilleur encadrement des compagnies d’assurances actives dans le 2e pilier et – nouveauté – une amélioration des buts donnés aux prestations de la prévoyance vieillesse, c’est-à-dire une adaptation de celles-ci aux réalités sociales actuelles. </description><content:encoded><![CDATA[<p>«&nbsp;Le droit à vieillir dans la dignité, concrétisé par l’État social, est l’un des principaux acquis de notre civilisation&nbsp;», a rappelé le président de l’USS, Paul Rechsteiner, précisant encore que l’objectif donné aujourd’hui aux prestations pour pouvoir vivre décemment – remplacer environ 60&nbsp;% du dernier revenu – n’est plus actuel. En effet, pour les personnes à bas revenus surtout, cet objectif donné aux prestations des 1er et 2e piliers ne permet en aucune manière de réaliser le mandat constitutionnel de «&nbsp;maintenir de manière appropriée son niveau de vie antérieur&nbsp;». Après la décision plus que nette des citoyen(ne)s, l’heure est venue de défendre une nouvelle conception de la prévoyance vieillesse en mettant les prestations au tout premier plan. Qui peut vivre avec 3000 francs de rente par mois&nbsp;? C’est pourquoi les syndicats demandent que les nouveaux objectifs donnés aux rentes des deux piliers (AVS et LPP) soient les suivants&nbsp;: </p><ul><li>pour les revenus allant jusqu’à 5000 francs&nbsp;: taux de remplacement de 80&nbsp;%,</li><li>pour les revenus allant jusqu’à 7000 francs&nbsp;: taux de remplacement de 70&nbsp;%,</li><li>pour les revenus supérieurs&nbsp;: taux de remplacement de 60&nbsp;%.</li></ul><p>La façon d’y arriver n’a pas encore été arrêtée de manière précise. 
</p><p>Le coprésident d’Unia, Andreas Rieger, a souligné qu’il faut une rupture fondamentale. La conception des assurances sociales ayant été définie depuis des décennies par les tenants du néolibéralisme, il est maintenant temps que l’on replace au centre les gens et leurs besoins. Ces revendications, a-t-il aussi dit, sont comparables à la campagne pour des salaires minimaux lancée par les syndicats au tournant du millénaire et qui fut un succès&nbsp;; à l’époque, on avait aussi fixé le but minimal de 3000 francs pour tout le monde et décidé ensuite sa réalisation progressive. 
</p><p>«&nbsp;La prévoyance vieillesse n’est pas là pour enrichir les compagnies d’assurance, mais pour garantir des rentes correctes aux retraités&nbsp;», s’est exclamé Aldo Ferrari, secrétaire régional Unia Vaud. La ligne est claire&nbsp;: il faut en finir avec les abus et les arnaques des assureurs-vie dans le 2e pilier&nbsp;! L’experte de la sécurité sociale à l’USS, Colette Nova, et le conseiller national socialiste Ruedi Rechsteiner ont proposé un vaste programme à cet effet. Celui-ci demande, entre autres, que la surveillance dans ce domaine soit renforcée. Il faut aussi que la gestion paritaire soit appliquée dans les fondations collectives et que la protection des représentant(e)s du personnel dans les organes des caisses de pensions soient améliorée. 
</p><p>Enfin, il est urgent que, troisième conséquence à tirer de ce scrutin, le Parlement renonce à toutes ses révisions d’assurances sociales plus ou moins avancées (AVS, assurance-chômage, assurance-accidents, AI), car toutes ces révisions sont à l’enseigne d’un démantèlement social radical. Sinon, de nouvelles gifles retentissantes pourraient à nouveau s’entendre.
</p><p>Toutes les interventions de cette conférence de presse se trouvent sur le site de l’USS&nbsp;: <a href="http://www.uss.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.uss.ch</a>.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2912</guid><pubDate>Mon, 04 Jan 2010 17:30:00 +0100</pubDate><title>Grande figure du syndicalisme jurassien de la deuxième moitié du siècle dernier, Jean Born a tiré sa dernière révérence le 24 décembre 2009, dans sa 87e année</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/grande-figure-du-syndicalisme-jurassien-de-la-deuxieme-moitie-du-siecle-dernier-jean-born-a-tire-sa-derniere-reverence-le-24-decembre-2009-dans-sa-87e-annee</link><description>Horloger animé, dès son apprentissage, d’une foi inébranlable de syndicaliste, Jean Born fut durant trois décennies le secrétaire avisé que s’étaient choisi ses collègues d’Ajoie et du Clos-du-Doubs pour diriger la section de Porrentruy de la Fédération des ouvriers sur métaux et horlogers (FOMH, devenue FTMH en 1972)</description><content:encoded><![CDATA[<p>Habile négociateur, notamment au sein de la Commission nationale de l’industrie horlogère et microtechnique, Jean Born a toujours défendu avec détermination les membres du syndicat tout au long de sa carrière, tant en période de haute conjoncture que durant la crise qui, dès 1975, a durement frappé l’industrie de la chaîne du Jura. 
</p><p>Alors que la «&nbsp;Question jurassienne&nbsp;» divisait les partis politiques et de nombreuses associations, Jean Born, en fin diplomate, fut l’un des artisans du renforcement de la solidarité au sein du mouvement syndical libre et indépendant de Boncourt à La Neuveville. C’est grâce aux personnalités de sa trempe que la FTMH est restée au-dessus de la mêlée durant cette période difficile, consolidant même son impact dans la région. Membre des instances du Cartel syndical jurassien, il a participé à la création de l’Union syndicale jurassienne dont il fut le président avisé et respecté. 
</p><p>Socialiste qui ne mettait pas son drapeau dans sa poche, Jean Born assuma de longues années la fonction de vice-préfet du district de Porrentruy, démontrant à l’envi que sa quête d’harmonie et de justice était reconnue et respectée, tant par les «&nbsp;Noirs&nbsp;» (démocrates-chrétiens) que par les «&nbsp;Rouges&nbsp;» (libéraux-radicaux) déjà dominants en Ajoie et au Clos-du-Doubs. C’est tout naturellement qu’il a pris une part active aux activités de l’Association de développement économique du district de Porrentruy (ADEP) et à de nombreuses commissions cantonales et locales, notamment dans le domaine de la formation professionnelle, thème qui lui tenait particulièrement à cœur.
</p><p>À son épouse Gisèle et à sa famille nous adressons nos sentiments de profonde sympathie en ces moments difficiles de séparation.</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2911</guid><pubDate>Mon, 14 Dec 2009 00:00:00 +0100</pubDate><title>La majorité bourgeoise du Conseil national s’attaque aux chômeurs et chômeuses</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/la-majorite-bourgeoise-du-conseil-national-s-attaque-aux-chomeurs-et-chomeuses</link><description>Lors de sa session de décembre, le Conseil national, confondant de manière impression-nante cause et effet, a lancé la chasse aux chômeurs et chômeuses. Sa majorité de droite croit que l’aide fournie à ces derniers leur permet de vivre convenablement et qu’il suffit d’en fermer le robinet pour qu’ils retrouvent immédiatement du travail. Mais sur quelle planète vivent donc ces « Messieurs Dames » de la Coupole ?</description><content:encoded><![CDATA[<p>La principale cause de l’important chômage actuel et de la situation tendue dans laquelle se trouvent les assurances sociales est la crise économique et financière. Or, alors que les équilibristes de la finance croulent à nouveau sous un flot de bonus, de larges pans de l’économie luttent contre les conséquences de cette crise. Le chômage a explosé. Actuellement, 226&nbsp;000 demandeurs et demandeuses d’emploi sont enregistrés, quand le nombre d’emplois à repourvoir n’est que de 13&nbsp;000 environ. Cependant, ignorant les chômeurs et chômeuses d’une manière inimaginable, l’UDC, les radicaux et les démocrates-chrétiens viennent de décider un démantèlement encore inédit en Suisse des prestations de l’assurance-chômage. Une méthode à la hussarde que justifieraient les actuels déficits de cette assurance&nbsp;; tout cela, sur fond d’une rengaine trop souvent entendue durant ces débats, selon laquelle notre assurance-chômage serait trop attractive, ce qui poserait problème. 
</p><p>Cette polémique menée sur le dos des personnes concernées est injuste et même surréaliste. Le chômage est synonyme de perte de 20&nbsp;% du revenu en cas d’obligations familiales, de 30&nbsp;% dans le cas contraire. En quoi est-ce «&nbsp;attractif&nbsp;»&nbsp;? Vu l’ampleur du chômage, il n’est pas si simple non plus de retrouver rapidement un nouvel emploi. En tant que secrétaire syndical, je suis chaque jour en contact avec des entreprises de l’industrie qui, étant donné la situation économique tendue, décident de geler les embauches, de ne pas remplacer les départs, d’introduire le chômage partiel, voire de licencier. Ce qui rend l’accès du monde au travail nettement plus ardu, spécialement pour les jeunes ayant terminé leur scolarité ou un apprentissage.
</p><h3>Un démantèlement social sans pitié</h3><p>Mais ces Messieurs Dames du Conseil national n’en ont manifestement cure. S’il n’en allait que selon leurs voeux<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/Misc/0110_Chopard-Acklin_Assurance-chomage.doc#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>, le démantèlement des prestations de l’assurance-chômage se présenterait sous la forme du multipack suivant&nbsp;:</p><ol><li>À l’avenir, une période de cotisation de 12 mois ne donnera plus droit qu’à 260 indemnités journalières au lieu de 400 comme aujourd’hui.</li><li>Seules les personnes ayant cotisé durant 18 mois d’affilée auront désormais droit au maximum de 400 indemnités journalières, cette durée étant actuellement de 12 mois&nbsp;; en outre, ces personnes devront être âgées de plus de 30 ans ou avoir des obligations familiales.</li><li>Les personnes âgées de moins de 30 ans et n’ayant pas d’obligations familiales n’auront plus droit qu’à un maximum de 260 indemnités journalières, celles de moins de 25 ans à 130 indemnités seulement.</li><li>Les jeunes chômeurs et chômeuses sans obligations familiales âgés de 30 ans ou moins devront accepter tout emploi, quelle que soient leurs aptitudes ou leur expérience professionnelle.</li><li>Pour les plus de 55 ans, le droit à 520 indemnités journalières ne naîtra qu’après une période de cotisation de 24 mois, contre 18 à ce jour.</li><li>Les chômeurs et chômeuses de longue durée seront également punis&nbsp;: par 93 voix contre 88, le Conseil national s’est prononcé pour une réduction de leurs indemnités. Après une période d’indemnisation de 260 jours, le montant de leurs indemnités baissera de 5&nbsp;%, une nouvelle baisse de 5 % étant prévue après le versement de 330 indemnités.</li><li>Le droit aux indemnités des «&nbsp;personnes libérées de l’obligation de cotiser&nbsp;» sera réduit à 90 jours. Cela concerne par exemple les jeunes qui ne trouvent pas d’emploi une fois leurs études terminées ou les femmes dont la durée de cotisation est insuffisante, suite à une maternité, ou qui doivent chercher un emploi après le décès de leur conjoint ou une séparation.</li></ol><h3>Le référendum comme frein de secours</h3><p>Avec ces décisions, le Conseil national biffe des prestations de l’assurance-chômage pour un montant de 700 millions de francs, sans pour autant créer le moindre emploi. Les coupes réalisées dans les indemnités journalières auront au contraire pour effet qu’en Suisse, encore plus de personnes dépendront de l’aide sociale. C’est indigne pour les personnes concernées. Il s’agira là aussi d’un énorme transfert de coûts vers les communes. Cette révision, trop unilatérale, punit les chômeurs et chômeuses alors qu’il n’y peuvent mais. Or aujourd’hui, pendant la plus grande crise depuis des décennies, la Suisse a précisément besoin d’une assurance-chômage qui soit forte et serve des prestations de qualité. Pour les personnes concernées, mais aussi pour stabiliser l’activité économique. Si ce projet de révision reste en l’état, un frein de secours devra inévitablement être actionné sous la forme d’un référendum. Ensuite, le peuple pourra mettre le holà à cet injuste démantèlement social&nbsp;! 
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/Misc/0110_Chopard-Acklin_Assurance-chomage.doc#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1"><sup>[1]</sup></a> Le Conseil national, qui a été la deuxième Chambre à s’occuper de cette révision, a même décidé de durcir encore plus le projet – de fait déjà inacceptable – adopté par le Conseil des États. La procédure d’élimination des divergences entre les deux Chambres devrait avoir lieu lors de la session parlementaire du printemps 2010.</p>]]></content:encoded><category>Assurance-chômage</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2955</guid><pubDate>Wed, 25 Nov 2009 10:55:00 +0100</pubDate><title>La Suisse et ses partenaires sociaux offrent leurs bons offices</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/la-suisse-et-ses-partenaires-sociaux-offrent-leurs-bons-offices</link><description>Le symposium organisé à Oerlikon par l’Œuvre suisse d’entraide ouvrière (OSEO) le 19 novembre 2009 a réuni plus d’une centaine de syndicalistes et de représentants d’associations patronales suisses et des pays d’Europe centrale et orientale (PECO) pour débattre du partenariat social. Placée sous le patronage du Département fédéral des affaires étrangères, cette manifestation a permis de dresser l’état des lieux des relations professionnelles en Suisse et dans cinq pays ex-communistes.</description><content:encoded><![CDATA[<p>En quoi l’expérience de la paix sociale helvétique, fondée avant tout sur le volontarisme et la force de persuasion de ses acteurs peut-elle intéresser les syndicalistes et les employeurs de Bulgarie, Roumanie, Hongrie, République tchèque et Serbie&nbsp;? A contrario, pourquoi l’anomie dont souffre la concertation sociale dans les PECO préoccupe-t-elle les partenaires sociaux et les autorités de notre pays&nbsp;?
</p><p>Il est indéniable que, depuis une soixantaine d’années, le partenariat social est un facteur de stabilité essentiel pour l’économie suisse. MM. Hans Hess, vice-président de Swissmem, Daniel Lehmann, directeur la Société suisse des entrepreneurs, Renzo Ambrosetti, vice-président d’Unia, et Hans-Jürg Fehr, président de l’OSEO se sont livrés lors de ce symposium à une véritable profession de foi en exprimant publiquement, et d’une même voix, leur confiance dans des relations professionnelles basées sur la bonne foi et une réglementation pacifiques des conflits. 
</p><p>Pragmatiques, sans pour autant ne rien céder sur leurs convictions de patrons et de syndicalistes, ils ont relevé que la force du système réside non seulement dans des mécanismes conventionnels qui doivent être aptes à fonctionner en toutes circonstances, en temps de crise aussi bien que de haute conjoncture. Il s’agit surtout d’un état d’esprit, d’une prédisposition au dialogue. Car tout conflit mène nécessairement à la table de négociation et, lorsque c’est l’impasse, à l’arbitrage volontaire qui, rendu selon des règles fixées préalablement, est exécutoire.
</p><h3>Nécessité de fortifier le dialogue social dans les PECO</h3><p>De leur côté, les invités d’Europe centrale et orientale ont fait état du cadre dans lequel se déroule le dialogue social dans leurs pays respectifs. En raison des entraves auxquelles il est confronté, il n’en est qu’à ses débuts. C’est un fait que la transformation des économies planifiées des anciens pays communistes en économies dites de marché s’est réalisée généralement en l’absence de toute forme de régulation. Ce qui a engendré des inégalités croissantes, une généralisation de la pauvreté, la désertification des campagnes et une émigration des personnes les plus qualifiées…
</p><p>Le dialogue social étant au cœur du modèle social européen, l’intégration de dix PECO à l’Union européenne (UE) a ouvert des perspectives susceptibles de favoriser le bipartisme et la conduite de négociations collectives autonomes. Le ministre du travail de Hongrie, M. Lásló Herczog, a souligné les nombreux freins qui empêchent son développement dans les pays en transition&nbsp;: «&nbsp;Il a fallu se défaire des anciennes institutions, qui ne toléraient aucune contestation, et, au nom du pluralisme, s’accommoder d’une fragmentation inouïe des partenaires sociaux qui affaiblit la représentativité et le poids des organisations syndicales et des associations patronales. En Hongrie par exemple, les organisations faîtières des partenaires sociaux sont au nombre 9 pour les employeurs et 8 pour les syndicats&nbsp;!&nbsp;» 
</p><p>Constatant que le dialogue social rencontre encore beaucoup de difficultés dans les PECO pour remplir ses fonctions naturelles de négociation, de régulation et de cohésion, M. Herczog s’est réjoui que la Suisse se préoccupe de témoigner de son expérience de paix sociale pour démontrer, par l’exemple, qu’il est possible aux représentants des travailleurs et des employeurs de relever ensemble les défis de l’évolution économique et sociale.
</p><h3>L’exemple roumain</h3><p>En Roumanie, où 11 organisations d’employeurs regroupées au sein de l’Alliance confédérale patronale (ACPR) traitent avec 5 confédérations syndicales fortes de 75 fédérations sectorielles, le taux de syndicalisation atteint l’honorable niveau de 32 %, ce qui est rare dans les PECO. Remerciant la Suisse et l’OSEO, qui ont beaucoup contribué au développement du dialogue social bipartite et à la formation de ses acteurs dans son pays, M. Petru Sorin Dandea, vice-président de la Confédération syndicale Cartel Alfa, a relevé que cette coopération a produit des résultats tangibles, y compris dans le domaine des mesures dites actives sur le marché du travail. 
</p><p>Malheureusement, dans les entreprises, l’application des conventions collectives de travail laisse encore à désirer. Les travailleuses et les travailleurs victimes d’abus renoncent la plupart du temps à faire valoir leurs droits du fait que les procédures judiciaires sont longues et coûteuses. Selon M. Dandea, les pressions qu’exercent sans répit les sociétés multinationales en faveur d’une déréglementation totale du marché du travail son énormes. Mais le veto des partenaires sociaux, qui ont défendent ensemble le bien commun, a empêché jusqu’ici un démantèlement du Code du travail qui ne ferait qu’alimenter un populisme de mauvaise augure.
</p><h3>Encouragements de la Suisse aux efforts de cohésion sociale</h3><p>Actuelle présidente du Conseil de l’Europe, Mme la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey a, pour sa part, souligné que la Suisse était sensible aux dangers que représente, pour la démocratie, la fragilité du partenariat social dans les PECO&nbsp;: «&nbsp;Les mécontents de la transition grossissent les rangs des extrémistes que seules des organisations fortes et représentatives peuvent combattre. Il est essentiel que le développement économique des nouveaux pays de l'UE conduise à une harmonisation vers le haut. (…) Une économie durable et basée sur une harmonisation sociale vers le haut dans les nouveaux pays membres de l'UE est aussi dans notre intérêt. Elle contribue à protéger les conditions de travail en Suisse et notre système de sécurité sociale. Les activités de la Suisse en matière de coopération avec l'Europe centrale et orientale soutiennent par conséquent des programmes qui visent à promouvoir le partenariat social et à renforcer la formation professionnelle. Notre pays contribue ainsi à un développement responsable sur le plan social. L'OSEO est un important partenaire de la DDC dans la mise en œuvre de ces programmes.&nbsp;»
</p><h3>Que faire et comment s’y prendre ?</h3><p>L’échange d’expériences qui était l’objectif visé par l’OSEO à travers ce symposium a été atteint. Le tableau du partenariat social en Suisse et en Europe centrale et orientale a été esquissé dans les grandes lignes. Les participants se sont dits convaincus de la nécessité d’agir pour contribuer au renforcement de la cohésion sociale que l’essor du capitalisme sauvage met à mal dans les pays ex-communistes. 
</p><p>Avec l’aide de la Confédération et à la demande des acteurs du dialogue social des PECO, les organisations syndicales et les associations patronales suisses sont bien en mesure de soutenir des interventions dans la perspective d’un accompagnement social du changement. Au vu des expériences déjà conduites par l’OSEO et l’Union syndicale suisse (USS), avec le soutien de la DDC dans le Sud-Est de l’Europe, les exigences de la réussite d’un tel processus nécessitent des analyses préalables et un diagnostic à dresser pays par pays, respectivement secteur par secteur, pour tenir compte de l’état des partenaires sociaux et du dialogue social dans chacun d’eux.
</p><p>L’idée de cette approche est d’offrir aux partenaires intéressés un espace de débat ainsi qu’un apport en expertise et en formation nécessaires au développement des relations professionnelles. De telles interventions s’inscrivent sur une durée de plusieurs années. En effet, enclencher de nouveaux apprentissages sur le plan des acteurs et de leurs interrelations prend du temps. Même dans les pays qui connaissent un dialogue social vivant et productif la précipitation n’est pas de mise dans l’édification de processus de légitimation de règles communes aux employeurs et aux syndicats.
</p><p>Enfin, il serait malvenu de vouloir faire du «&nbsp;modèle suisse&nbsp;» de partenariat social un produit d’exportation. Les pays concernés sont membres de l’UE ou candidats à l’adhésion, donc tenus d’en respecter les règles. Aucun modèle ne saurait être imposé ou suggéré aux parties prenantes. Il leur appartient de construire elles-mêmes des dispositifs de négociation et de règlements des différends qui répondent à leurs besoins spécifiques et aux exigences de l’UE. Cela en s’inspirant évidemment des normes internationales du travail édictées par l’Organisation internationale du Travail (OIT) que les partenaires sociaux et les gouvernements des PECO connaissent bien pour avoir bénéficié de son assistance technique tout au long de leur transition.</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2956</guid><pubDate>Tue, 24 Nov 2009 10:57:00 +0100</pubDate><title>Famille-profession : pour en finir avec un casse-tête quotidien !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/famille-profession-pour-en-finir-avec-un-casse-tete-quotidien</link><description>Le principal thème du 11e Congrès des femmes de l’Union syndicale suisse, auquel 200 congressistes et hôtes participèrent, était celui de la conciliation entre travail familial et travail professionnel. De quoi, notamment, en faire un manifeste (voir encadré).</description><content:encoded><![CDATA[<h3>L’obstacle du travail à temps partiel</h3><p>Pour Christina Klenner, de l’Institut des sciences économiques et sociales de la Fondation Hans Böckler, «&nbsp;Le défi à relever aujourd’hui est celui d’imposer des «&nbsp;modèles de temps de travail adaptés aux genres&nbsp;» et accordant, tant aux femmes qu’aux hommes, suffisamment de temps pour la famille et la dispensation de soins à des proches&nbsp;». Christina Klenner souligne que l’extension massive du travail à temps partiel entraîne une diminution de l’intérêt politique pour des réductions générales du temps de travail. Le «&nbsp;marché du travail parallèle&nbsp;», avec ses contrats fixant, pour du travail à temps partiel, des conditions individualisées et flexibilisées est un piège pour les femmes, car il les prive de toute maîtrise du temps et ne leur garantit pas une vie décente. Le partage des activités professionnelles et familiales dépend fortement de la durée hebdomadaire totale du travail et de la prévisibilité des horaires, ajoute Christina Klenner, qui propose, pour modèle d’avenir possible, celui que le syndicat Verdi a pu négocier&nbsp;: chaque parent reçoit un crédit-temps, qu’il peut utiliser pendant la phase familiale de sa vie. En résumé&nbsp;: un nouveau partage de tout le travail – rémunéré et non rémunéré – suppose un droit à recevoir de l’assistance et à en fournir, a conclu Chstitina Klenner.</p><h3>Réduire le temps de travail pour augmenter le temps social</h3><p>Christiane Marty, conseillère auprès d’ATTAC France a expliqué, à partir de l’exemple français de la semaine de 35 heures, les incidences des réductions du temps de travail (RTT) sur la conciliation entre travail professionnel et travail familial. Selon elle, la semaine de 35 heures a certes eu des effets favorables à une telle conciliation, ainsi qu’une incidence égalitaire (plus de temps social, améliorations au plan salarial), mais la situation n’en est pas pour autant devenue optimale en France à cet égard. En effet, cette RTT a accru la pression au travail et fait exploser le nombre d’heures supplémentaires. Christiane Marty demande aux syndicats qu’ils s’engagent plus pour la redistribution des gains de productivité que pour des RTT. Il n’y a pas d’autres choix, estime-t-elle, car l’égalité des sexes est le seul moyen de garantir des conditions de vie qui soient dignes.</p><h3>Des incitations pour un nouveau partage</h3><p>Autre thème central de ce congrès&nbsp;: les améliorations à apporter à la législation pour favoriser un meilleur partage du travail non rémunéré (congé de paternité,…). La conseillère nationale Jacqueline Fehr a présenté un modèle de congé parental de 12 mois payés à 80 pour cent (avec plafonnement), réparti en trois tiers&nbsp;: un pour la mère, un pour le père, le dernier restant libre. Le coût&nbsp;? 3 milliards de francs. À partir de l’exemple du modèle allemand («&nbsp;Elternzeit&nbsp;»), Claudia Menne, de la Confédération syndicale allemande DGB, a montré l’importance que revêt l’aménagement de ce temps parental. Comme, en Allemagne, l’argent versé aux parents ne représente que 67 pour cent du revenu, 60 pour cent des femmes touchent moins de 500 euros par mois et la moitié des femmes ne retrouvent plus leur emploi malgré la garantie existante. Pour les États de l’Union européenne, un accord-cadre des partenaires sociaux a été négocié. Il prévoit au moins quatre semaines de temps parental pour les pères et les mères.</p><h3>50 ans de participation des femmes</h3><p>Les discussions menées dans les quatre ateliers ont constamment fait apparaître que la flexibilisation du temps de travail a fortement aggravé le casse-tête quotidien imposé aux &nbsp;mères. Les horaires atypiques et le travail sur appel ont beaucoup augmenté. Et on voit déjà que la crise économique accentue la pression subie par les femmes. Une résolution adoptée par les congressistes dénonce un scandale&nbsp;: pour la première fois depuis l’introduction de la loi sur l’égalité, la différence entre salaires féminins et salaires masculins s’est remise à se creuser. Les entreprises doivent immédiatement contrôler et, si nécessaire, adapter leurs salaires aux normes de l’égalité, a-t-il aussi été demandé.</p><p>En marge de ce congrès, la Commission féminine de l’USS a fêté ses 50 ans d’existence. Une rétrospective retraçant les moments forts de cette histoire montre que les femmes des syndicats ont toujours réussi à faire passer d’importantes revendications sociales.&nbsp;</p><h3>Un manifeste en six points&nbsp;: l’essentiel</h3><p><strong>Horaires et travail précaire</strong></p><p>&nbsp;</p><ul><li>L’USS s’engage pour une réduction générale du temps de travail et développe des horaires permettant de concilier famille et emploi</li><li>Examen d’une loi sur le travail à temps partiel et interdiction du travail sur appel</li></ul><p><strong>Travail non rémunéré</strong></p><p>&nbsp;</p><ul><li>Reconnaissance dans les CCT et prise en compte lors de la fixation des conditions de travail des activités non rémunérées nécessaires (travail familial, soins aux proches…)</li><li>Prise en compte du travail non rémunéré dans les assurances sociales</li></ul><p><strong>Réglementations légales</strong></p><p>&nbsp;</p><ul><li>Prolongation à 18 semaines du congé de maternité + congé de paternité de 8 semaines</li><li>Garantie légale du même emploi après le congé de maternité</li><li>Droit à une réduction (temporaire) du temps de travail pour les enfants et les proches ayant besoin de soins + droit à des brèves absences et à un congé payé pour des soins</li><li>L’USS développe un modèle de congé parental (participation obligatoire des pères)</li></ul><p><strong>Accueil des enfants et soins</strong></p><p>&nbsp;</p><ul><li>Inscrire dans les lois cantonales un droit à un accueil extrafamilial des enfants</li><li>Gratuité de l’accueil extrafamilial des enfants + 1&nbsp;% du PIB pour son développement</li></ul><p>&nbsp;</p><p>Meilleures conditions de travail pour les professionnel(e)s s’occupant de l’accueil des enfants et la dispensation de soins et revalorisation des investissements d’infrastructure.</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2952</guid><pubDate>Thu, 05 Nov 2009 10:52:00 +0100</pubDate><title>Une révision à oublier !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/une-revision-a-oublier</link><description>La révision de la loi sur l’assurance-chômage (LACI) touche principalement les jeunes et les chômeurs et chômeuses de longue durée. Elle coupe en effet drastiquement dans la protection sociale de celles et ceux qui sont précisément le plus durement frappés par la crise. C’est pourquoi l’Union syndicale suisse (USS) exige que l’on y renonce. On peut assainir cette assurance avec la loi en vigueur. Et même mieux qu’avec le projet de révision du gouvernement !</description><content:encoded><![CDATA[<p>«&nbsp;À oublier&nbsp;!&nbsp;», a réclamé énergiquement le président de l’USS, Paul Rechsteiner. Ce qu’il faut «&nbsp;oublier&nbsp;» ici, c’est ici la 4e révision de la LACI, qui s’est conformé pour l’heure à un seul modèle, celui du démantèlement social. Le Conseil des États lui a déjà donné sa bénédiction, coupant massivement dans les prestations destinées aux jeunes et aux chômeurs et chômeuses de longue durée. La commission du Conseil national était même allée plus loin encore lors de sa première réunion pour, toutefois, finir ensuite par décider de recommander au Conseil national de ne pas entrer en matière. 
</p><p>Le projet de révision de la LACI veut donc imposer, aux jeunes qui sont au chômage, ainsi qu’aux personnes qui le sont depuis un certain temps, des réductions énormes de leurs prestations. Concernant ces derniers, dans les régions particulièrement touchées par le chômage, ils ont aujourd’hui droit à une prolongation de leur durée d’indemnisation. Selon la révision, ce ne serait plus possible. Quant aux jeunes, leur durée d’indemnisation se verrait brutalement raccourcie. Bref, ce sont précisément ceux qui sont le plus touchés par la crise qui se verraient punis une deuxième fois avec cette révision&nbsp;!
</p><p>Finalement, cette dernière n’apporte rien, mis à part le démantèlement d’une protection sociale. Et cela, à une époque où la crise qui s’étend demande logiquement une meilleure protection. Ou encore, comme Paul Rechsteiner l’a dit&nbsp;: «&nbsp;Une assurance sociale qui ne remplit plus ses tâches - ou ne les remplit plus dans une mesure satisfaisante - à un moment où elle est particulièrement appelée à intervenir ne mérite pas ce nom.&nbsp;»
</p><p>Et l’assainissement financier&nbsp;? Lui aussi serait réalisable avec plus d’efficience dans le cadre de la loi en vigueur plutôt qu’avec la révision proposée. En effet, la loi actuelle contient un mécanisme d’assainissement automatique. L’économiste en chef de l’USS, Daniel Lampart, l’a rappelé&nbsp;: «&nbsp;Lorsque la dette de l’assurance-chômage représente 2,5&nbsp;% au moins de la somme des salaires soumis à cotisation, le Conseil fédéral doit augmenter le taux de cotisation. Ce qui sera le cas l’an prochain.&nbsp;» Le gouvernement devra donc relever l’an prochain d’au maximum 0,5 point de pourcentage la cotisation de l’assurance-chômage et introduire le pour-cent de solidarité pour les hauts revenus, à savoir pour les parts de revenus se situant entre 126&nbsp;000 et 315 000 francs par an.
</p><p>Le calcul est vite fait&nbsp;: avec la loi en vigueur, le Conseil fédéral peut mieux améliorer le financement de l’assurance-chômage qu’avec son projet de révision en l’état (hausse de 0,3&nbsp;% des cotisations, dont 0,1&nbsp;% pour le désendettement de l’assurance).
</p><p>Et le «&nbsp;calcul social&nbsp;» est lui aussi vite fait&nbsp;: en «&nbsp;oubliant&nbsp;» cette révision, on laisse intacts&nbsp; les droit des chômeurs et chômeuses, des droits qui témoignent quand même d’un minimum de respect à l’égard de celles et ceux que ce fléau frappe de plein&nbsp; fouet.</p>]]></content:encoded><category>Assurance-chômage</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2948</guid><pubDate>Wed, 30 Sep 2009 10:47:00 +0200</pubDate><title>Il faut renforcer le pouvoir d’achat</title><link>https://www.uss.ch/themes/detail/il-faut-renforcer-le-pouvoir-d-achat</link><description>Grâce aux bons accords salariaux conclus l’an dernier, l’économie suisse intérieure se porte momentanément assez bien. Mais si le pouvoir d’achat n’est pas renforcé, on risque la chute libre l’an prochain.</description><content:encoded><![CDATA[<p>En 2010 en effet, les pouvoirs publics vont – en pleine crise&nbsp;! – appliquer une politique qui videra largement les poches de la population&nbsp;; cela, via l’explosion des primes des caisses-maladie et la hausse de la taxe sur le CO2 dont le produit ne devrait pas être remboursé. Et s’il faut encore payer plus pour les caisses de pensions afin de les assainir, il restera encore moins pour vivre. S’ajouteront à cela les conséquences des mesures d’austérité que les cantons et des communes vont appliquer en 2010. Tout cet argent dont la population sera privée, l’économie elle aussi ne le verra pas. Plus de 40&nbsp;000 emplois vont ainsi passer à la trappe. 
</p><p>Si l’on ne veut pas que l’économie intérieure s’effondre, il faut donc renforcer de toute urgence le pouvoir d’achat des gens, à savoir&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>les salaires doivent être augmentés de 1,5 à 2,5 pour cent&nbsp;; les entreprises peuvent tout à fait se le permettre&nbsp;; en effet, deux tiers des salarié(pe)s travaillent dans des entreprises dont les affaires sont bonnes ou satisfaisantes&nbsp;;</li><li>il faut que les primes des caisses-maladie soient réduites d’au moins autant qu’elles auront augmenté&nbsp;; les bénéfices encaissés par la Confédération en revendant ses actions UBS doivent être affectés à cet effet&nbsp;;</li><li>e produit de la taxe sur le CO2 des années 2009 et 2010 doit être remboursé sans délai à la population&nbsp;; il représente plus d’un milliard de francs&nbsp;;</li></ul><p></p> pour contrer la politique d’austérité des cantons et des communes l’an prochain, il faut mettre en œuvre un programme d’investissement.]]></content:encoded></item><item><guid isPermaLink="false">news-2947</guid><pubDate>Wed, 30 Sep 2009 10:46:00 +0200</pubDate><title>Les banques doivent augmenter leur capital propre</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/les-banques-doivent-augmenter-leur-capital-propre</link><description>Une des principales causes de la crise financière a été  le fait que les banques disposaient de trop peu de réserves pour compenser leurs pertes dues à des spéculations immobilières ou sur des produits dérivés. Ces dernières années en effet, elles avaient massivement réduit leur capital propre. L’UBS, par exemple, avait racheté, depuis 2001, des actions pour un montant de 30 milliards de francs. La diminution du capital propre suit de toute évidence la logique des années ’90  selon laquelle les  actionnaires sont prioritaires : plus le capital propre est petit, plus grands sont les rendements.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Si l’on considère les cent dernières années, on voit que la place financière suisse avait, au début du XX<sup>ème</sup> siècle, 15 centimes, soit 15 pour cent, de capital propre par franc inscrit à son bilan. Ensuite, ce pourcentage s’est mis à baisser fortement. Ainsi, en 2008, le capital propre des banques n’était plus que de 4 pour cent de la somme portée au bilan. Et la situation était des plus extrêmes dans les grandes banques&nbsp;: pour un 1 franc inscrit au bilan, il n’y avait plus que 2 centimes de capital propre. 
</p><p>Depuis lors, les régulateurs du marché financiers se sont largement mis d’accord pour dire que les banques devraient, à l’avenir, augmenter leur capital propre. La FINMA, l’autorité fédérale de surveillance des marchés financiers, parle de 4 à 5 centimes de capital propre par franc inscrit au bilan. Mais c’est encore trop peu. En effet, même si le Credit Suisse remplissait déjà cette condition au printemps dernier, son action était toujours considérée comme risquée. 
</p><p>Les actuelles discussions sur un système bancaire dit «&nbsp;différencié&nbsp;», sur une séparation des activités bancaires nationales et internationales - ce qui permettrait à l’État de laisser aussi une grande banque faire faillite - font également obstacle à un durcissement des prescriptions en matière de capital propre. En effet, la mise en œuvre de telles propositions étant très complexe, les banquiers participeront volontiers à ces discussions tout en se disant que, au fil du temps, la pression sur les banques devrait diminuer et qu’aucune solution ne sera finalement trouvée. C’est pourquoi il faut exercer une pression soutenue pour que les banques soient tenues d’augmenter leur capital propre. Ce dernier étant cher, si elles doivent en posséder plus, les banquiers sortiront de leur passivité. C’est en effet là le seul langage qu’ils comprennent.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Économie</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2945</guid><pubDate>Mon, 24 Aug 2009 10:43:00 +0200</pubDate><title>Pour les deux tiers des entreprises, la situation est bonne — 80 à 120 francs d’augmentation de salaire, c’est nécessaire, possible et pertinent</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pour-les-deux-tiers-des-entreprises-la-situation-est-bonne-80-a-120-francs-d-augmentation-de-salaire-c-est-necessaire-possible-et-pertinent</link><description>Les fédérations de l’USS revendiquent pour 2010 des augmentations de salaire de 80 à 120 francs, ou d’environ 1,5 à 2 %. Cela n’a rien d’exagéré, car en Suisse, deux tiers des salarié(e)s travaillent dans des entreprises qui, en 2009, ont réalisé de bons résultats ou au moins des résultats satisfaisants. L’augmentation des salaires contribuera à soutenir le marché intérieur. Les baisses de salaires sont inacceptables.</description><content:encoded><![CDATA[<p>120 francs pour le bâtiment, autant ou presque autant dans les arts et métiers, 100 francs à la Migros et probablement la même chose à la Coop, 100 francs aussi dans les transports routiers privés&nbsp;: voilà les revendications concrètes présentées par le coprésident d’Unia Andreas Rieger lors de la conférence de presse de l’USS du 20 août. Les requêtes du Syndicat de la Communication vont dans la même direction, comme l’a détaillé le président central Alain Carrupt&nbsp;; dans le secteur des télécoms comme à la Poste, le syndicat réclame 2&nbsp;% d’augmentation de salaire. Et Judith Bucher, du ssp, a demandé au moins 1,5 à 2&nbsp;% pour les annuités et les promotions du personnel des services publics.
</p><h3>Nécessaire et supportable</h3><p>L’économie peut-elle le supporter&nbsp;? ont demandé les journalistes. Oui, elle le peut, et dans la majorité des cas sans problème aucun. Car, contrairement au sombre tableau que l’on dresse, de nombreuses branches se portent très bien en Suisse, a répondu l’économiste en chef de l’USS, Daniel Lampart, qui mentionna nommément les secteurs des transports et des communications, du bâtiment, du commerce, des administrations publiques, de la santé et de l’éducation, ainsi qu’une partie de l’industrie (industrie alimentaire et des boissons, industrie pharmaceutique) et le secteur financier (banques cantonales, Raiffeisen, Credit Suisse). Ces entreprises occupent environ les deux tiers de tous les salarié(e)s du pays. Pour refuser d’augmenter les salaires réels, les entreprises de ces branches et secteurs devront — selon le président de l’USS Paul Rechsteiner — invoquer de bien mauvaises excuses.
</p><p>Il est évident que les salaires en hausse sont le carburant dont a besoin le moteur du marché intérieur. Les augmentations de 2009, obtenues lors des négociations de 2008, ont assuré le maintien du pouvoir d’achat de la majorité des salarié(e)s et ainsi, le fonctionnement d’un marché intérieur encore robuste. Il en va exactement de même pour l’actuel cycle de négociations salariales, qui portera ses fruits durant une année 2010 qui s’annonce menaçante. Inversons le raisonnement&nbsp;: sans une augmentation des salaires, l’année prochaine risque de voir le marché intérieur s’affaisser, entraînant ainsi une croissance encore plus forte du chômage, qui sera de toute façon déjà marquée.
</p><h3>Les baisses de salaire&nbsp;: un poison&nbsp;</h3><p>Les syndicats prennent en compte les problèmes que connaissent certains secteurs de l’industrie. Pour les entreprises qui se portent bien, Unia revendique un montant fixe de 100 francs et plus (respectivement entre 1,5 et 2,5&nbsp;%). Dans les entreprises où les commandes ont reculé, mais qui se sont «&nbsp;fait du gras&nbsp;» avec les super-bénéfices de ces dernières années, cette revendication est ramenée entre 80 et 100 francs. Et dans les entreprises qui vont mal et qui, de ce fait, veulent baisser les salaires&nbsp;? Unanimement, les syndicats refusent ces baisses&nbsp;: «&nbsp;Il s’agit d’un poison pour la conjoncture, car elles anéantissent le pouvoir d’achat. Elles sont également fatales à la motivation des employés. Enfin, elles pénalisent doublement les travailleurs concernés&nbsp;: d’abord par la réduction de salaire, ensuite par la baisse liée des allocations de l’assurance-chômage et des autres assurances sociales.&nbsp;» (Andi Rieger). Et Daniel Lampart de préciser&nbsp;: ce qui fait défaut à ces entreprises, c’est la demande, et la baisse des salaires n’y remédie en rien. Pour que la demande reprenne, il faut au contraire des mesures internationales de soutien à la conjoncture. Donc, des hausses de salaire dans tous les pays.
</p><h3>Déprécier le franc — réduire le prix de l’électricité</h3><p>Si certaines entreprises d’exportation ont des problèmes de coûts, ceux-ci doivent être résolus via une dépréciation du franc suisse. Une dépréciation de 3 petits centimes aurait, pour elles, un effet sur les coûts similaire à une réduction des salaires de 10&nbsp;%. Et cela leur rendrait service à toutes. Une réduction du prix de l’électricité est aussi nécessaire à ces entreprises. Le gouvernement et le parlement doivent revenir sur l’ouverture du marché de l’électricité qui, dans de nombreuses firmes, a provoqué une hausse allant jusqu’à 20&nbsp;% de son prix.
</p><h3>Compenser complètement l’augmentation des primes des caisses-maladie</h3><p>En 2010, les pertes de pouvoir d’achat pourraient aussi provenir d'ailleurs&nbsp;: du côté de l’explosion des primes des caisses-maladie et de l’augmentation de la taxe saur le CO2. C’est prioritairement la Confédération qui est concernée, puisqu’elle pourrait agir par un subventionnement des primes égal à leur augmentation et par une rétrocession immédiate de la taxe sur le CO2. Une lueur d’espoir est apparue à ce propos, la commission du Conseil national compétente proposant cette rétrocession immédiate, ainsi que la prolongation du chômage partiel à 24 mois — une exigence avancée par les syndicats dès les premières manifestations de la crise, le chômage partiel pouvant être considéré comme une solution de rechange, nettement plus sociale, aux baisses de salaires.
</p><h3>D’autres revendications dans les négociations salariales</h3><p>Dans l’industrie comme dans le secteur tertiaire, Unia continue d’accorder une grande importance à l’égalité salariale entre femmes et hommes. Les femmes doivent percevoir des augmentations de salaire spécifiques et les salaires dans les entreprises doivent être systématiquement analysés sous l’angle de la discrimination.
</p><p>Le ssp, la CNPC (Communauté de négociation du personnel de la Confédération) et le SEV, en ce qui concerne les entreprises de transports concessionnaires, demandent en plus des augmentations de salaire, des réductions du temps de travail ou un allongement de la durée des vacances.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2942</guid><pubDate>Fri, 14 Aug 2009 10:38:00 +0200</pubDate><title>Les baisses de salaire sont un poison pour la conjoncture</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-baisses-de-salaire-sont-un-poison-pour-la-conjoncture</link><description>Dans certaines entreprises industrielles comme Rieter ou Alu Menziken, la direction a imposé ces dernières semaines des baisses de salaire. Une gifle pour les salarié(e)s concernés. Pendant les années de vaches grasses, ils ont dû assister au spectacle d’actionnaires et de dirigeants qui empochaient les bénéfices et aujourd’hui, la situation s’étant dégradée, ce serait à eux de faire des sacrifices financiers !?</description><content:encoded><![CDATA[<p>Qui plus est, les baisses de salaire sont du poison pour la conjoncture. Jusqu’à ce jour, l’économie intérieure n’a été largement épargnée par la récession que grâce aux bons accords salariaux conclus lors des négociations de l’automne 2008. Si on économise maintenant sur les salaires, le pouvoir d’achat fera défaut à l’économie suisse en 2010. Conséquence&nbsp;: une récession massive qui ne frappera plus uniquement le secteur des exportations, mais l’économie intérieure aussi. 
</p><p>L’écrasante majorité des entreprises exportatrices n’ont aucun problème de coûts de production. Selon un sondage du KOF, le Centre de recherches conjoncturelles de l’École polytechnique fédérale de Zurich, la compétitivité des prix est restée bonne. Ce qui manque aux entreprises, c’est la demande, et la baisse des salaires n’y remédie en rien. Pour que la demande reprenne, il faut au contraire des mesures internationales de soutien à la conjoncture. Donc, des hausses de salaire dans tous les pays. 
</p><p>Si certaines entreprises ont des problèmes de coûts, ceux-ci doivent être résolus via une dépréciation du franc suisse et une baisse du prix de l’électricité. Selon la branche, les frais de personnel ne représentent que 18 à 25 pour cent des coûts totaux. Une baisse de 10 pour cent des salaires n’entraînerait de ce fait qu’une diminution de 2 pour cent environ de ces coûts. L’effet, sur les coûts des entreprises, d’une baisse de 3 petits centimes du franc par rapport à l’euro serait le même. Si la Banque nationale procédait à une telle dépréciation, les produits des entreprises suisses seraient 2 pour cent moins chers à l’étranger. De manière générale, la conjoncture en profiterait et toutes les entreprises aussi. Les entreprises exportatrices pourraient proposer leurs marchandises pour moins cher et les entreprises tournées vers le marché intérieur pourraient vendre plus, car les produits étrangers renchériraient quelque peu.
</p><p>Pour nombre de grandes entreprises, l’ouverture du marché de l’électricité a provoqué une hausse de 20 pour cent au moins du prix de cette dernière. Et souvent (industries des métaux et du papier), l’électricité représente 5 pour cent ou plus des coûts totaux. Pour réduire ces derniers, il faut que le prix de l’électricité retrouve son niveau antérieur, à savoir&nbsp;: que le gouvernement et le parlement reviennent sur l’ouverture de ce marché. Les coûts totaux baisseraient alors de 1 à 2 pour cent, soit autant que les effets dus à une baisse de 10 pour cent des salaires.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Économie</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2941</guid><pubDate>Tue, 23 Jun 2009 10:36:00 +0200</pubDate><title>Pour une vraie protection contre les licenciements collectifs</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pour-une-vraie-protection-contre-les-licenciements-collectifs</link><description>Une vague de licenciements collectifs menace. Les syndicats sont résolus à en contrer les effets, entre autres au moyen d’une amélioration du droit du travail. En l’état, ce dernier est totalement impuissant à protéger les salarié(e)s comme il se doit. Les trois principales revendications de l’USS et de ses syndicats : une meilleure protection contre les licen-ciements collectifs et antisyndicaux et l’obligation de conclure des plans sociaux. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis 30 ans, aucun syndicaliste quel qu’il soit n’avait vécu un été social aussi chaud, a récemment estimé devant la presse Renzo Ambrosetti, le coprésident du syndicat Unia. Et l’on risque en effet d’assister à des licenciements collectifs en masse également dans des entreprises qui pourraient s’en passer. Une réaction s’impose donc. Renzo Ambrosetti demande qu’il n’y ait désormais plus de licenciements collectifs&nbsp;:</p><ul><li>sans épuisement préalable des possibilités offertes par la réduction de l’horaire de travail (chômage partiel)&nbsp;;</li><li>tant que les entreprises distribuent des dividendes et que les salaires de certains managers dépassent le demi-million de francs&nbsp;;</li><li>tant que les entreprises – qui ont dégagé des bénéfices souvent substantiels au cours des dernières années – disposent des réserves financières requises.</li></ul><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h3>Le Conseil fédéral doit agir </h3><p>Le président de l’USS, Paul Rechsteiner, a également demandé que la protection des travailleurs et travailleuses contre les licenciements collectifs soit améliorée. On sait – et cela, au moins depuis la crise des années 1990 – que les dispositions suisses qui s’y rapportent doivent être adaptées aux standards européens et qu’il y a lieu, de ce fait, d’introduire chez nous aussi l’obligation de conclure un plan social. À l’époque, l’USS était intervenue auprès du Conseil fédéral et l’Office fédéral de la justice avait déjà un projet «&nbsp;fin prêt&nbsp;», un projet qui prévoyait des droits de consultation améliorés et l’obligation de conclure un plan social. Mais le conseiller fédéral Blocher, nouvellement élu, «&nbsp;tiroirisa&nbsp;» tout cela en son temps. D’où l’appel lancé par Paul Rechsteiner au Conseil fédéral pour qu’il intervienne en raison de l’actuel «&nbsp;durcissement brutal des relations de travail&nbsp;».
</p><h3>Autre chose qu’un tigre de papier&nbsp;! </h3><p>À cet effet, les droits de consultation doivent être améliorés. Certes garantis sur le papier et permettant en principe d’élaborer des propositions en cas de restructuration, ces droits sont inefficaces. Selon Doris Bianchi, secrétaire centrale de l’USS en charge de ce dossier, les entreprises n’entrent souvent même pas en matière sur les propositions du personnel consulté. Il faut que cela cesse une bonne fois et que l’on adapte nos dispositions aux réglementations européennes, qui prévoient des droits d’être informés bien plus importants, ainsi que des sanctions en cas de non-observation de la procédure de consultation. Avant tout cependant, il faut que cette dernière aboutisse à un accord entre le personnel et l’entreprise, si nécessaire au moyen d’instances d’arbitrage. Outre ces droits, l’USS demande une meilleur protection contre le licenciement de représentant(e)s syndicaux. Tant Renzo Ambrosetti que Denise Chervet, secrétaire centrale de l’Association suisse des employés de banque, ont souligné, exemples à l’appui (Georg Fischer AG, Müller Martin, UBS), que les droits de consultation n’étaient très fréquemment dans les faits qu’un chiffon de papier. 
</p><p>Prochainement, l’USS transmettra à la conseillère fédérale Widmer-Schlumpf une requête centrée sur trois revendications&nbsp;: de meilleurs droits de consultation, une meilleure protection des représentant(e)s du personnel contre le licenciement et l’obligation de conclure un plan social en cas de licenciement collectif.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2924</guid><pubDate>Tue, 12 May 2009 10:16:00 +0200</pubDate><title>Récessions : à long terme, sont-elles créatrices ou destructrices ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/recessions-a-long-terme-sont-elles-creatrices-ou-destructrices</link><description>Une récession serait un orage purificateur qui anéantirait les entreprises vieillies et les structures surannées. De la place serait ainsi faite pour des firmes innovatrices et pro-metteuses, des entreprises qui pourraient se développer et se substituer aux anciennes. C’est là une idée que l’on ne cesse de nous rabâcher. Il y a plus de septante ans de cela, l’économiste Joseph Schumpeter parlait, de « destruction créatrice » .</description><content:encoded><![CDATA[<p>De récentes études scientifiques montrent cependant que cette conception est erronée. Certes, les récessions possèdent incontestablement un potentiel destructeur, mais peu d’effets positifs en résultent. Au contraire, l’évolution d’une économie s’en trouve à long terme bridée. 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>Durant les récessions, les entreprises se montrent moins innovatrices, parce que la vente de leurs produits stagne et qu’elles ont de ce fait moins d’argent à affecter à la recherche, comme le montre de manière exemplaire le cas des États-Unis (cf. graphi­que). Ainsi, elles créent moins de nouveaux produits et de nouvelles technologies.</li><li>La personne au chômage risque de voir ses aptitudes et sa formation dévalorisées. Ce qui est en effet le cas si, la situation du marché du travail étant mauvaise, elle doit ac­cepter un emploi ne correspondant pas à ses qualifications. Du savoir-faire est alors perdu.</li><li>En période de récession, les nouvelles entreprises doivent franchir des obstacles plus élevés pour commencer leurs activités. Il leur est par exemple, plus difficile de trouver des crédits. Conséquence&nbsp;: il y a moins de nouvelles entreprises.</li><li>Lorsque les fluctuations économiques sont importantes, il en découle une plus grande insécurité et il est plus difficile d’investir.</li></ul><p>Les perspectives économiques à long terme des États qui luttent contre leurs récessions en appliquant une politique anticyclique sont de ce fait meilleures que celles où rien n’est fait, voire où l’on dégrade encore plus une situation économique déjà mauvaise. Par le passé, la Suisse faisait partie de cette dernière catégorie. Aujourd’hui, elle a la possibilité de tirer les leçons de ce passé. Pour la Banque nationale, cela semble être le cas. Elle a rapidement réagi à la crise actuelle. Par contre, la politique financière de la Confédéra­tion, des cantons et des communes paraît retomber dans l’ornière. Le risque est ici que l’on engage des mesures d’austérité au lieu de mener une politique anticyclique.</p>]]></content:encoded><category>Économie</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2925</guid><pubDate>Tue, 05 May 2009 10:18:00 +0200</pubDate><title>Jean-Claude Rennwald : Quand la gauche s’éveillera </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/jean-claude-rennwald-quand-la-gauche-s-eveillera</link><description>Jean-Claude Rennwald, vice-président de l’Union syndicale suisse, membre de la direction du syndicat Unia, conseiller national socialiste et politologue averti n’a pas digéré, et on le comprend, la défaite électorale de son parti en octobre 2007. Estimant qu’il y a lieu de secouer le cocotier de la gauche, il vient de commettre un nouvel ouvrage qui est à la fois un bilan et un appel. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Le bilan peut se résumer «&nbsp;à la hache&nbsp;»&nbsp;: la gauche, les gauches se portent mal, elles se sont endormies, et pas seulement en Suisse. L’échec électoral de 2007, moins de 20 % des voix - c’est-à-dire retour à la «&nbsp;case 1919&nbsp;» - impose des questions fondamentales, dont celle du louvoiement entre une stratégie de participation gouvernementale et quasi inconditionnelle et une politique d’opposition. Et celle aussi du rôle mineur joué, toujours selon l’auteur, pas les syndicats et les mouvements sociaux dans le changement social&nbsp;? 
</p><p>Il s’agit donc de se réveiller, d’autant plus que nous vivons une crise économique des plus graves. Il s’agit de reconquérir le terrain idéologique abandonné à la droite et au pa­tronat. «&nbsp;De l’échec à la reconquête&nbsp;», le sous-titre de l’ouvrage est clair. Et les &nbsp;«&nbsp;éta­pes&nbsp;» pour parvenir à ce but tracent un parcours à la fois international&nbsp;: «&nbsp;Le socialisme ne vient pas de l’Est, mais du chaud [Amérique du Sud] et du froid [pays nordiques]&nbsp;» et national, avec «&nbsp;Dix réformes pour 2012, ou quand la gauche gouvernera&nbsp;». Pour ce faire, celle-ci devra être «&nbsp;de mouvement&nbsp;» et, les syndicats y auront un «&nbsp;rôle décisif&nbsp;» à jouer. 
</p><p>À lire, à cogiter, à commenter…, pour passer à l’action.
</p><p><i>Jean-Claude Rennwald, Quant la gauche s’éveillera, Lausanne, Éditions Favre, 2009, 157 p., fr. 24.-.</i></p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2921</guid><pubDate>Thu, 30 Apr 2009 10:08:00 +0200</pubDate><title>1er Mai 2009 : Après l’échec du néolibéralisme, réorientons la politique salariale et fiscale, ainsi que la sécurité sociale</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/1er-mai-2009-apres-l-echec-du-neoliberalisme-reorientons-la-politique-salariale-et-fiscale-ainsi-que-la-securite-sociale</link><description>La grande crise économique mondiale a commencé à frapper de plein fouet l’économie suisse. Certes, les effets n’en sont pas encore visibles dans toute leur ampleur, car le marché intérieur fonctionne encore bien et de nombreuses entreprises ont, à juste titre, d’abord choisi d’appliquer le chômage technique pour faire face à la baisse de leurs commandes. Toutes les prévisions montrent cependant que la Suisse devra faire bientôt face à un chômage d’un niveau encore jamais atteint à ce jour. Si rien n’est fait rapide-ment et avec détermination, si aucun effort significatif n’est déployé pour redresser la barre, les conséquences sociales et économiques qui en résulteront seront catastrophiques</description><content:encoded><![CDATA[<p>Malheureusement, le Conseil fédéral, emmené par un président qui conçoit son rôle d’abord comme celui d’un larbin des dirigeants de l’UBS, n’a toujours pas compris quel est l’enjeu de cette crise pour l’économie et les emplois suisses. Si, au mépris de toutes les règles démocratiques, il a été décidé de consacrer 68 milliards de francs pour sauver l’UBS – soit 10&nbsp;000 francs par habitant(e), nourrissons et nobles vieillards compris -, la lutte contre le chômage nécessite aujourd’hui que l’on procède&nbsp; à des investissements substantiels. La constitution fédérale oblige expressément les autori­tés à combattre le chômage. Pour la politique économique de la Confédération, le troisième pro­gramme conjoncturel sera le défi décisif de ces prochains mois. D’une part, il devra avoir pour effet de renforcer le pouvoir d’achat dès le début 2010. Les augmentations des primes des caisses-mala­die sont un des principaux problèmes à résoudre&nbsp;; elles devront être compensées au moyen d’un train de mesures sociales. D’autre part, un important programme d’investissement s’impose. Sinon, et cela est déjà prévisible aujourd’hui, les cantons et les communes vont couper dans leurs budgets, car leurs recettes seront en recul à cause de la crise&nbsp;; ce qui aura des effets funestes pour la crise, l’aggravant encore plus. C’est maintenant que l’on doit donner une nouvelle orientation pour mettre en place une politique offensive dirigée contre la crise. 
</p><p>La sécurité sociale aussi devra se donner de nouvelles orientations importantes. À la différence fon­damentale de la crise années 30, nous disposons aujourd’hui d’assurances sociales performantes. En période de crise, c’est l’assurance-chômage qui est appelée à relever les plus grands défis. Au lieu de limiter, voire de diminuer les droits à ses prestations, il faut, en raison de la gravité de la si­tuation actuelle, prolonger la durée de perception des indemnités journalières à 520 jours et en re­lever le montant de 10 pour cent. Cela améliorera la couverture sociale et renforcera le pouvoir d’achat de celles et ceux qui en ont un besoin urgent. La crise n’a en effet pas été causée par les personnes concernées ou menacées par le chômage et leurs familles. Les coupables, ce sont au contraire ces managers irresponsables du secteur financier et leurs idéologues néolibéraux dont l’incapacité force maintenant l’État à intervenir. Le principe d’une certaine justice demande aussi que les hauts revenus participent plus aux frais de l’assurance-chômage. Nous exigeons que les parts de revenus supérieures à 126&nbsp;000 francs paient 2 pour cent de cotisation à cette dernière, ce qui représentera une contribution substantielle à ses coûts. 
</p><p>La défense des rentes est aussi le mot d’ordre du moment. L’enjeu du référendum contre la baisse du taux de conversion LPP, ce sont les rentes de la part obligatoire du 2e pilier, des rentes indispen­sables au maintien du niveau de niveau de vie. Une autre conclusion importante à tirer de la crise des marchés financiers est le renforcement nécessaire de l’AVS&nbsp;; l’AVS est en effet économiquement beaucoup plus performante que les autres formes de prévoyance et, de plus, financée selon le prin­cipe de la répartition. Les syndicats combattront par la voie référendaire le projet de démantèlement social que représente la nouvelle mouture de 11e révision de l’AVS s’il devait définitivement passer la rampe des Chambres. En lieu et place d’un démantèlement de l’AVS, il faut à nouveau s’atteler à améliorer en termes réels les rentes de cette dernière. C’est précisément parce que le 2e pilier est en crise, qu’il y a lieu de développer, et non pas démanteler, le 1er. 
</p><p>La sécurité sociale n’est cependant pas le seul élément déterminant de ces nouvelles réorientations nécessaires auxquelles doit mener la lutte pour une meilleure répartition des revenus, plus de justice sociale et la disparition des excès des plus riches. La politique salariale et la politique fiscale ont aussi à jouer un rôle de premier plan. En politique salariale, il faut, d’une part, atteindre dans les faits les objectifs fixés en matière de salaires minimaux, à savoir&nbsp;: 3500 francs par mois pour les personnes sans formation et 4500 pour celles qui sont formées. D’autre part, il faut fixer pour les entreprises aux mains des pouvoirs publics, y compris pour la Poste et Swisscom, un nouveau pla­fond salarial de 500&nbsp;000 francs à l’intention des cadres. On ne peut justifier à aucun titre que les dirigeants des entreprises publiques gagnent nettement plus que les membres du Conseil fédéral. Si les pouvoirs publics plafonnaient les salaires des cadres à 500&nbsp;000 francs, ce serait un signal fort pour la politique salariale des entreprises privées. Une autre mesure contre les excès salariaux - me­sure dont la réalisation n’a que trop attendue - est de soumettre à l’impôt sur les bénéfices les parts de revenus supérieures à un million de francs. 
</p><p>Somme toute, la politique fiscale doit faire en sorte que les hauts revenus et les grandes fortunes supportent à nouveau leur part de charge fiscale. Pour ce faire, il convient d’abord mettre le holà aux projets de notre ministre des Finances, des projets qui ont tous pour seul et unique but d’alléger la charge fiscale de ceux «&nbsp;d’en haut&nbsp;» en alourdissant celle de ceux «&nbsp;d’en bas&nbsp;». Les projets simi­laires développés dans certains cantons doivent aussi être stoppés. Au lieu d’affaiblir la progressivité de l’impôt, il faut la renforcer à tous les niveaux. L’introduction d’un impôt fédéral sur les succes­sions - avec franchise - y contribuera. 
</p><p>Finalement, il faut mettre un terme à la politique erronée de libéralisation et privatisation des servi­ces publics. Ces projets n’apportent que des désavantages à la population et aux salarié(e)s. Les ré­centes décisions du Conseil fédéral concernant la Poste montrent que, dans sa composition actuelle, celui-ci n’a pas encore commencé, après le fiasco de l’idéologie néolibérale, à voir les choses dif­féremment, comme il aurait dû le faire depuis longtemps. Un gouvernement qui, au lieu de désigner les causes de la crise économique et financière brutale que nous vivons, continue à diffuser et appli­quer les recettes inefficaces du néolibéralisme est lui-même un élément du problème et non de sa solution. 
</p><p>Le 1er Mai est le seul jour fêté dans le monde entier depuis plus d’un siècle. Né il y a 120 ans grâce à un mouvement de jeunes hommes et femmes, il rappelle l’importance de la dignité des travailleu­ses et des travailleurs, ainsi que les revendications en faveur de la justice sociale. À une époque où certains s’enrichissent de manière éhontée, alors que d’autres se trouvent plongés dans la détresse sociale, ces revendications n’ont pas perdu de leur importance. L’Histoire nous montre que la force des syndicats est déterminante si l’on veut que la situation économique et sociale soit équitable. Cela implique, d’une part, des conventions collectives de travail de qualité et des assurances sociales performantes et, de l’autre, que la Suisse se dote d’une protection contre les licenciements antisyndi­caux efficace et enfin conforme aux normes internationales appliquées en matière de droits hu­mains. Après l’échec du néolibéralisme, nous avons désormais besoin de nouvelles orientations qui nous conduisent à plus de justice sociale.</p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2919</guid><pubDate>Mon, 23 Mar 2009 10:04:00 +0100</pubDate><title>Des primes de caisses-maladie qui assassinent la conjoncture</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/des-primes-de-caisses-maladie-qui-assassinent-la-conjoncture</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>C’est grâce à la consommation que l’économie suisse n’est pas (encore) en trop mauvais état. Ce qui est à mettre notamment au crédit des accords salariaux conclus l’automne dernier et au renchérissement qui a pratiquement disparu depuis lors. Comment la conjoncture suisse se présentera-t-elle l’année prochaine&nbsp;? Cela dépendra essentiellement de l’évolution du pouvoir d’achat de la population. 
</p><p>Concernant l’évolution de ce dernier, les signes sont pour l’heure tout sauf réjouissants. La hausse du chômage rendra en effet plus difficile la conclusion de bons accords sala­riaux. Et c’est précisément dans ce contexte que les caisses-maladie veulent massivement relever leurs primes, prévoyant des augmentations pouvant aller jusqu’à 10 pour cent&nbsp;! 
</p><p>Or, une augmentation de cette ampleur aurait des conséquences graves pour la conjonc­ture. Avant d’avoir bénéficié d’une éventuelle réduction de ses primes, un ménage suisse consacre en moyenne 8 pour cent de son revenu disponible à son assurance-maladie obli­gatoire. Pour les bas revenus, cette proportion est même beaucoup plus importante. 
</p><p>Si les primes augmentaient de 10 pour cent, le budget moyen des ménages s’en trouverait grevé d’une charge supplémentaire de 1 pour cent. De l’argent qui ferait défaut pour d’autres dépenses. Les ménages à bas et moyens revenus, qui doivent dépenser la quasi-totalité de leurs revenus et ne peuvent donc pratiquement rien mettre de côté, en seraient les principales victimes. 
</p><p>Reporté sur l’ensemble de l’économie, cela signifierait que, pour 2010, il faudrait s’attendre à ce que la seule charge représentée par la hausse des primes soit à l’origine d’une croissance de la consommation inférieure de 1 à 2 pour cent. Étant donné les conséquences négatives que cela aurait sur l’économie, les prévisions devraient d’autant plus être revues à la baisse. 
</p><p>Pour que cela n’ait pas lieu, il faut premièrement faire le maximum afin d’éviter ces hausses et, deuxièmement, que le Conseil fédéral propose des mesures qui empêchent que ces dernières ne mangent les revenus des ménages suisses&nbsp;; ce qui est possible par exem­ple avec un fort relèvement des réductions des primes. Le président des États-Unis, Ba­rack Obama, a montré la voie à suivre ici en finançant l’assurance-maladie par une hausse des impôts pour les nantis.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2917</guid><pubDate>Thu, 05 Mar 2009 17:38:00 +0100</pubDate><title>Une approche nouvelle face à une vieille revendication</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/une-approche-nouvelle-face-a-une-vieille-revendication</link><description>Texte présenté lors de la conférence de presse des partenaires sociaux et de la Confédération, qui s’est tenue le 2 mars 2009.</description><content:encoded><![CDATA[<p>En concluant la convention concernant le dialogue sur l’égalité des salaires, les organisa­tions faîtières des employeurs et des travailleurs se sont dotées d’un projet novateur et - à vrai dire surprenant – qui vise à concrétiser le principe constitutionnel « à travail égal, salaire égal », principe dont on attend depuis (trop) longtemps qu’il soit traduit dans les faits. Cela est d’autant plus remarquable que voici seulement deux ans les syndicats ont été amenés à tirer un bilan extrêmement décevant de l’évaluation de l’efficacité de la loi sur l’égalité à laquelle le Conseil fédéral a fait procéder après dix ans d’application. Ce bilan répondait d’autant moins à ce qu’on attendait que les organisations patronales, le Conseil fédéral et les partis bourgeois n’étaient pas disposés à mettre en oeuvre les mesu­res d’amélioration de la législation préconisées dans le cadre de cette évaluation. La voie proposée aujourd’hui est innovante même si elle exige d’importants efforts. Elle fait ap­pel, pour la seconde fois, en l’espace de quelques années, au partenariat social pour la réalisation d’un projet de réforme. Rappelons que cette solution avait été appliquée avec succès pour la mise au point des mesures d’accompagnement de la libre circulation des personnes, dans un domaine sensible du marché de l’emploi; or eu égard au fait que les intérêts des syndicats et des organisations patronales sont souvent diamétralement oppo­sés, il n’allait absolument pas de soi que l’on choisisse une telle voie. La tentative lancée aujourd’hui de résoudre enfin de manière pragmatique un vieux problème est logique dans la mesure où c’est le monde économique lui-même qui se préoccupe d’éliminer une inégalité criante qu’il a causée et qui subsiste. L’article constitutionnel sur l’égalité sala­riale était en quelque sorte une mesure d’urgence visant à imposer cette égalité dans les textes pour pallier la défaillance des mécanismes du marché en la matière. 
</p><p>Rappelons une fois encore que le droit à un salaire égal pour un travail de valeur égale représente, s’il en est, l’une des plus anciennes revendications syndicales. En Suisse, sur le plan juridique, le respect de ce droit a été imposé la première fois à la faveur de l’article constitutionnel datant de 1981. Cette disposition a été concrétisée par la loi sur l’égalité 2 adoptée en 1996. La plupart des actions intentées depuis lors pour faire cesser des discriminations salariales l’ont été soit avec le soutien des organisations syndicales soit directement par elles. De concert avec les campagnes sur les salaires minimaux qui ont eu pour effet d’améliorer la rémunération des personnes (en grande majorité des femmes) appartenant aux catégories de salaires les plus bas, les actions en justice le plus souvent couronnées de succès, ont permis de réaliser certains progrès – bien qu’insuffisants – sur la voie de la concrétisation du principe « salaire égal pour un travail de valeur égale ». 
</p><p>Lors de la conférence de presse d’août 2007 consacrée aux salaires, les syndicats mem­bres de l’USS en ont appelé aux grandes entreprises de Suisse pour qu’elles aillent de l’avant en matière d’égalité salariale et contrôlent (avec la participation des syndicats) les salaires qu’elles versent, en utilisant Logib, instrument d’autocontrôle de l’égalité des salaires, mis au point par la Confédération. Cet appel était annonciateur de la convention conclue aujourd’hui entre les partenaires sociaux. Le fait que les syndicats l’ont repris à leur compte lors des négociations salariales qui ont suivi, n’est pas resté sans effets. Dans plusieurs entreprises allant de La Poste à Swisscom et Cablecom (Syndicat de la Com­munication) et de Nestlé Konolfingen à Lindt &amp; Sprüngli Kilchberg (Unia) des contrôles de salaires opérés conjointement par les partenaires sociaux ont été lancés. En d’autres termes, le dialogue sur l’égalité des salaires ne démarrera pas de zéro. 
</p><p>Il est notoire que la Suisse possède une économie performante, innovante et surtout for­tement structurée qui peut s’appuyer sur des travailleuses et des travailleurs bien formés et motivés. Le net accroissement de la proportion de femmes exerçant une activité lucra­tive est l’un des changements majeurs qu’a connu le marché du travail en Suisse, ces 20 à 30 dernières années. Cela étant, il est incompréhensible qu’en matière d’égalité des chan­ces et d’égalité salariale la Suisse continue d’être à la traîne par rapport à de nombreux autres pays. Il est donc grand temps que, sur ces plans, elle fasse des progrès décisifs, dans l’intérêt même de l’économie et de la société.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2916</guid><pubDate>Tue, 24 Feb 2009 17:37:00 +0100</pubDate><title>Il faut stabiliser le pouvoir d’achat</title><link>https://www.uss.ch/themes/detail/il-faut-stabiliser-le-pouvoir-d-achat</link><description>Désormais, la Suisse aussi est en récession. Ce que divers indicateurs montrent depuis longtemps déjà a été confirmé mardi 3 mars par la Confédération. Le produit intérieur brut (PIB) s’est contracté  pour le deuxième mois consécutif. Que ce recul ne soit pas encore plus prononcé s’explique essentiellement par l’augmentation des stocks. Nous devons partir de l’idée que c’est là un effet momentané qui disparaîtra ces prochains trimestres. En effet, les stocks ne vont sans doute pas augmenter encore plus. Il faut donc s’attendre à un nouveau recul, encore plus prononcé, du PIB. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 4 janvier dernier, l’Union syndicale suisse (USS) avait pronostiqué un recul du PIB de 1,2 pour cent. Depuis lors, les perspectives de l’économie ont continué de se dégrader. La consommation des ménages suisses, qui est le dernier soutien de cette dernière, croît sen­siblement moins&nbsp;; cela, suite à la détérioration de la situation sur le marché de l’emploi. De plus, la conjoncture dans les principaux pays vers lesquels la Suisse exporte est net­tement moins bonne, ce qui, avec l’appréciation du franc par rapport à l’euro, a engendré un inquiétant recul des exportations. Selon l’indicateur conjoncturel de l’USS, le PIB s’est plus fortement contracté en 2009 que l’USS ne l’avait supposé au début de l’année (nouvelle estimation pour 2009&nbsp;: -1,9&nbsp;%). 
</p><p>Pour lutter contre la dégradation de la conjoncture et le risque d’une augmentation du chômage, des mesures destinées à soutenir la conjoncture s’imposent. C’est évident. Le Parlement fédéral doit, lors de la session extraordinaire de la semaine prochaine, adopter un train de mesures à hauteur de 700 millions de francs. Mais, à elle seule, cette impul­sion ne suffira pas. La progression du chômage et les augmentations des primes des cais­ses-maladie attendues en 2010 vont largement entamer le pouvoir d’achat. Conséquence&nbsp;: si aucune mesure n’est prise pour soutenir ce dernier, la consommation va se contracter. Celle-ci représentant près de 60 pour cent du PIB, son effondrement aurait de graves ef­fets sur l’ensemble de la bonne marche de l’économie suisse. Il s’agit dès lors de mettre également en route un programme d’investissement pour la reconversion écologique et un meilleur accueil extrafamilial des enfants. 
</p><p>Le Conseil fédéral a décidé qu’une troisième étape de programmes conjoncturels serait décidée si la conjoncture devait continuer à se détériorer encore plus. Les perspectives s’étant assombries, cette condition est désormais remplie.</p>]]></content:encoded></item><item><guid isPermaLink="false">news-2914</guid><pubDate>Tue, 24 Feb 2009 17:36:00 +0100</pubDate><title>Peu de chômage grâce à une bonne assurance-chômage</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/peu-de-chomage-grace-a-une-bonne-assurance-chomage</link><description>En comparaison internationale, la Suisse a une assurance-chômage dont les prestations sont relativement bonnes. Avec un taux de remplacement du revenu d’en moyenne 75 %, cette dernière figure parmi les meilleures du genre. Avec une période d’indemnisation de 18 mois, elle se trouve toujours dans le gros du peloton. Et malgré l’ampleur de ces prestations, le chômage est à un niveau relativement bas dans notre pays. Celui-ci est ainsi en très bonne compagnie. Ainsi, pour prendre quelques exemples, le Danemark et les Pays-Bas ont eux aussi une bonne assurance-chômage et connaissent un faible chômage. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Cette constatation contraste avec l’exigence selon laquelle on devrait réduire les presta­tions de l’assurance-chômage pour que celui-ci baisse. Les dernières recherches à ce sujet donnent différentes explications au fait qu’une bonne assurance-chômage et un faible chômage sont deux réalités conciliables. 
</p><p>Avec une bonne assurance-chômage, les personnes au chômage disposent de suffisam­ment de temps pour trouver un emploi correspondant à leurs aptitudes. Par contre une mauvaise assurance-chômage les contraint à trouver le plus rapidement possible un em­ploi, même si ce dernier ne leur permet pas de mettre à profit leur savoir-faire. Le danger, par exemple, de voir les connaissances acquises dévalorisées augmente d’autant. Les re­cherches parlent d’un «&nbsp;scar effect&nbsp;» (effet de scarification)&nbsp;: celle ou celui qui tombe au chômage acceptera rapidement – y sera contraint – de prendre un nouveau travail et ses perspectives en la matière s’en trouveront durablement moins bonnes que celles des per­sonnes qui, ayant les mêmes qualités, ne sont pas tombées au chômage. 
</p><p>Un autre argument est qu’une bonne assurance-chômage peut rendre les gens mieux dis­posés à aussi accepter un emploi hautement productif lié toutefois à un risque élevé de chômage. Une comparaison internationale de l’OCDE a montré que les pays qui réduisent les prestations de leur assurance-chômage peuvent subir ensuite des baisses de producti­vité. 
</p><p>En outre, l’existence d’une bonne assurance-chômage a, sur la conjoncture, des effets stabilisateurs à ne pas sous-estimer. L’assurance-chômage suisse, par exemple, soutient l’économie en période de récession, en fournissant au produit intérieur brut une impulsion d’environ 0,5&nbsp;%, alors qu’en période de haute conjoncture, elle exerce un effet de ralen­tissement sur cette dernière, qui est de même ampleur.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Assurance-chômage</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2915</guid><pubDate>Tue, 24 Feb 2009 17:36:00 +0100</pubDate><title>Peu de chômage grâce à une bonne assurance-chômage</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/peu-de-chomage-grace-a-une-bonne-assurance-chomage</link><description>En comparaison internationale, la Suisse a une assurance-chômage dont les prestations sont relativement bonnes. Avec un taux de remplacement du revenu d’en moyenne 75 %, cette dernière figure parmi les meilleures du genre. Avec une période d’indemnisation de 18 mois, elle se trouve toujours dans le gros du peloton. Et malgré l’ampleur de ces prestations, le chômage est à un niveau relativement bas dans notre pays. Celui-ci est ainsi en très bonne compagnie. Ainsi, pour prendre quelques exemples, le Danemark et les Pays-Bas ont eux aussi une bonne assurance-chômage et connaissent un faible chômage. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Cette constatation contraste avec l’exigence selon laquelle on devrait réduire les presta­tions de l’assurance-chômage pour que celui-ci baisse. Les dernières recherches à ce sujet donnent différentes explications au fait qu’une bonne assurance-chômage et un faible chômage sont deux réalités conciliables. 
</p><p>Avec une bonne assurance-chômage, les personnes au chômage disposent de suffisam­ment de temps pour trouver un emploi correspondant à leurs aptitudes. Par contre une mauvaise assurance-chômage les contraint à trouver le plus rapidement possible un em­ploi, même si ce dernier ne leur permet pas de mettre à profit leur savoir-faire. Le danger, par exemple, de voir les connaissances acquises dévalorisées augmente d’autant. Les re­cherches parlent d’un «&nbsp;scar effect&nbsp;» (effet de scarification)&nbsp;: celle ou celui qui tombe au chômage acceptera rapidement – y sera contraint – de prendre un nouveau travail et ses perspectives en la matière s’en trouveront durablement moins bonnes que celles des per­sonnes qui, ayant les mêmes qualités, ne sont pas tombées au chômage. 
</p><p>Un autre argument est qu’une bonne assurance-chômage peut rendre les gens mieux dis­posés à aussi accepter un emploi hautement productif lié toutefois à un risque élevé de chômage. Une comparaison internationale de l’OCDE a montré que les pays qui réduisent les prestations de leur assurance-chômage peuvent subir ensuite des baisses de producti­vité. 
</p><p>En outre, l’existence d’une bonne assurance-chômage a, sur la conjoncture, des effets stabilisateurs à ne pas sous-estimer. L’assurance-chômage suisse, par exemple, soutient l’économie en période de récession, en fournissant au produit intérieur brut une impulsion d’environ 0,5&nbsp;%, alors qu’en période de haute conjoncture, elle exerce un effet de ralen­tissement sur cette dernière, qui est de même ampleur.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Assurance-chômage</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-117</guid><pubDate></pubDate><title>Quand enseignantes et enseignants apprennent à se défendre</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/quand-enseignantes-et-enseignants-apprennent-a-se-defendre</link><description>Le mouvement de protestation des enseignant(e)s contre des conditions de travail inac-ceptables a désormais aussi atteint la Suisse alémanique. À Zurich, leur initiative « Schule im Sinkflug » (« L’école en chute libre ») est parvenue à déclencher un large mouvement. Et à Berne, des milliers d’enseignant(e)s sont descendus dans la rue à la mi-novembre. Leur slogan : « Wir bilden die Zukunft – aber nicht gratis ! »(« Nous formons/construisons le futur – mais pas gratuitement ! »).</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’association bernoise des enseignant(e)s, le LEBE, et la section bernoise du Syndicat suisse des services publics (ssp) avaient lancé un appel commun&nbsp;: ils et elles sont venus, de tout le canton, devant l’Hôtel de ville de la capitale, sous la pluie. Ils étaient 4000 à 5000, soit près du tiers de tout le corps enseignant. Leur message au gouvernement et au parlement cantonaux était clair&nbsp;: «&nbsp;«&nbsp;Nous formons/construisons le futur – mais pas gratuitement&nbsp;!&nbsp;». Concrètement, ils demandent la réintroduction de l’évolution garantie des salaires et l’adaptation de ces derniers à l’ancien système&nbsp;; une réduction de leur cahiers des charges d’une heure de cours pour tout le monde et d’autres heures encore pour les maîtres et maîtresses de classe et les nouveaux enseignant(e)s&nbsp;; des classes plus petites et l’enseignement en équipe. Pour 2011, ils demandent aussi la pleine compensation du renchérissement et 1,5&nbsp;% de hausse individuelle des salaires. 
</p><h3>Premier succès à Zurich</h3><p>La pénurie d’enseignant(e)s, la très bonne étude réalisée par l’association faîtière des enseignants de Suisse alémanique (LCH) et l’initiative «&nbsp;L’école en chute libre&nbsp;», lancée par les enseignant(e)s des bords de la Limmat, ont déclenché à Zurich, et même au-delà, un largement mouvement de solidarité. Les enseignant(e)s justifient ainsi leur action&nbsp;: «&nbsp;Nous disons oui à l’intégration, à l’individualisation, au travail en équipe et à la participation, mais nous disons non à des projets de réformes réalisés dans la précipitation, à des horaires surchargés, à des moyens pédagogiques inadaptés et à des classes trop nombreuses&nbsp;». Le parlement cantonal a, pour une fois, évalué correctement la situation dans les écoles et clairement augmenté les salaires de départ des enseignant(e)s, n’en déplaise aux élus UDC. Un premier pas qui devra être suivi d’autres, tant à Zurich qu’à Berne et ailleurs. 
</p><p>Plus d'information:&nbsp;www.schule-im-sinkflug.ch.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-116</guid><pubDate></pubDate><title>La guerre fiscale entre les cantons doit s’arrêter</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/la-guerre-fiscale-entre-les-cantons-doit-s-arreter</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Bon nombre de citoyennes et citoyens manifestent, et c’est naturel, une grande sympathie pour l’initiative du Parti socialiste en faveur d’impôts équitables. De fait, ceux qui profitent de la guerre fiscale sont exclusivement les plus riches. Ce sont eux qui reçoivent les cadeaux fiscaux les plus généreux, alors qu’ils ne subissent guère les graves retombées négatives de la guerre fiscale. Vu les énormes cadeaux fiscaux qu’ils offrent aux revenus les plus élevés, les cantons se trouvent contraint d’économiser, ce qui se répercute directement sur les bas et moyens revenus. Car les économies réalisées le sont d’abord dans la formation, la santé et avec le personnel, donc concernant des prestations publiques dont d’importantes parties de la population dépendent. 
</p><p>Si la charge représentée par les impôts et les taxes et émoluments s’alourdit toujours plus pour les bas et moyens revenus, alors qu’elle s’allège toujours plus pour les plus riches, c’est que quelque chose ne marche fondamentalement plus dans notre pays.&nbsp; Mais cette tendance, nous pouvons la bloquer en disant OUI, le 28 novembre, à l’initiative pour des impôts équitables. Il faut en finir avec cette absurde guerre fiscale entre les cantons et revenir à une société solidaire dans laquelle chacune et chacun a sa place, pas seulement les 10 pour cent les plus riches&nbsp;!
</p><p>Pour que cette initiative triomphe dans les urnes, il faut que, tous et toutes, nous nous engagions. Faites en sorte que vos collègues, vos familles, vos ami(e)s et vos connaissances disent «&nbsp;oui&nbsp;» à plus de justice fiscale et aillent réellement voter s’ils ne l’ont pas encore fait. Ne nous laissons pas intimider par ces super-riches qui, ces derniers jours, font du chantage en menaçant de s’exiler si l’initiative passe, et votons clairement OUI à des impôts équitables&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-118</guid><pubDate></pubDate><title>Stop à la stigmatisation des étrangers ! Toutes et tous aux urnes le 28 novembre prochain pour voter 2XNON tant à l’initiative sur le renvoi des étrangers criminels qu’à son contre-projet</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/stop-a-la-stigmatisation-des-etrangers-toutes-et-tous-aux-urnes-le-28-novembre-prochain-pour-voter-2xnon-tant-a-l-initiative-sur-le-renvoi-des-etrangers-criminels-qu-a-son-contre-projet</link><description>Il est des choix qui n’en sont pas. La stigmatisation des étrangers n’a que trop duré dans notre pays et choisir – comme on nous le propose le 28 novembre prochain – entre l’initiative de l’UDC et un contre-projet tout autant discriminatoire n’est pas un véritable choix. C’est pourquoi l’USS appelle énergiquement à voter NON à l’initiative et à son contre-projet. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Encore une fois, l’UDC, au travers de son initiative sur le renvoi des étrangers criminels, traîne les migrantes et les migrants dans la boue. Certes, un crime est un crime et les crimes doivent être punis. Il n’est cependant pas admissible d’appliquer, et surtout de développer, un droit différencié pour les personnes de nationalité différente. C’est de la discrimination pure et simple et c’est inacceptable. L’USS propose donc – et sans ambages – de voter NON à une initiative qui vise à appliquer un droit différencié selon la nationalité. 
</p><p>De plus, rappelons encore une fois avec force que l’initiative de l’UDC n’est pas compatible avec certains accords internationaux, à l’instar de la Convention européenne des droits de l’homme. Elle aurait dû être invalidée. Comme c’est souvent le cas face aux propositions de l’UDC, les Chambres fédérales n’ont une fois de plus pas su prendre leurs responsabilités et ont préféré pratiquer la politique de l’autruche. 
</p><p>Le contre-projet, et malgré quelques dispositions habilement ajoutées sur l’intégration et son «&nbsp;heureuse&nbsp;» compatibilité avec le droit international, ne vaut guère mieux – sur le fonds – que l’initiative. Il va exactement dans la même direction que cette dernière puisqu’il discrimine également en fonction de la nationalité. En bref, le contre-projet est de la même veine que l’initiative et l’USS appelle tout aussi clairement à voter NON à celui-ci. 
</p><p>L’initiative de l’UDC est une énième tentative d’amalgame entre nationalité et criminalité. Il est aujourd’hui définitivement temps d’en finir avec une agressivité et une stigmatisation qui n’ont que trop duré. Les étrangers ne sont pas à l’origine de tous les maux de la Suisse et ne sont pas les « pilleurs » de l’État social. Une telle association d’idées est encore une fois illustrée par le fait que la perception abusive de prestations sociales soit une raison de renvoi, tant dans l’initiative que dans le contre-projet&nbsp;! 
</p><p>Il n’est pas question de transformer la Constitution en code pénal pour étrangers. La Suisse est traditionnellement considérée comme un pays solidaire et humanitaire. Le racisme croissant et la discrimination à l’encontre des minorités dégradent la tradition humanitaire de la Suisse. Ceux et celles qui veulent que ces valeurs soient encore représentées à l'avenir, doivent prendre clairement position et rejeter les deux propositions le 28 novembre prochain. Le choix que l’on nous propose – entre la peste et le choléra – n’en est pas un&nbsp;! C’est pourquoi l’USS propose un double NON, tant à l’initiative qu’au contre-projet.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-110</guid><pubDate></pubDate><title>Halte au démantèlement ! Créons des emplois et prenons les gens au sérieux</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/halte-au-demantelement-creons-des-emplois-et-prenons-les-gens-au-serieux</link><description>Avec la 5e révision de l’AI, les rentières et rentiers avaient déjà atteint le seuil de la dou-leur. Avec la révision 6b de l’AI, on risque d’assister à des baisses systématiques des rentes. La révision précédente, la 6a, qui suivait initialement une ligne de démantèlement pur et dur, sera traitée par le Conseil national lors de la session d’hiver. Le cercle vicieux du démantèlement sera-t-il rompu ? Pour que cela ait lieu, les parlementaires devront soutenir les bonnes propositions.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Personne ne conteste que le déficit accumulé de l’AI – plus de 10 milliards – doive être éliminé. Ce qui est contesté, c’est que les actuels et les futurs rentières et rentiers AI devront passer à la caisse, via des baisses de rentes ou des rentes non accordées, pour compenser les fonds refusés par les autorités. Les mesures prises à ce jour – entre autres la 5e révision de l’AI – ont stoppé l’augmentation des nouvelles rentes. Mais les deux volets de la 6e révision s’attaquent désormais aux actuels rentières et rentiers AI. Cela signifie que toujours plus de personnes seront poussées vers l’aide sociale. Logiquement, les cantons et des communes ont réagi de manière critique à la révision 6b. Le conseiller fédéral Didier Burkhalter ferait bien de revoir fondamentalement ce projet unilatéral. La révision 6a aurait, elle aussi, eu besoin d’être soigneusement retravaillée. Or ce n’est plus possible au parlement si elle n’est pas rejetée. Il serait donc d’autant plus important maintenant que l’on supprime les inepties les plus grossières qu’elle contient. 
</p><h3>Refuser des quotas, c’est choisir sciemment la politique de l’autruche</h3><p>Le Conseil fédéral a placé cette révision à l’enseigne de&nbsp;: «&nbsp;La réadaptation prime la rente&nbsp;», comme si cette devise ne s’appliquait pas dès le début de l’AI (1960) déjà. On fait comme si les rentières et rentiers AI ne voulaient pas travailler et ne faisaient que de simuler. Le fait est, toutefois, que les emplois nécessaires à cette réadaptation font défaut depuis plus de 30 ans, en raison des récessions qui se sont suivies. Qui veut la réadaptation des personnes handicapées doit aussi exhorter les employeurs à créer des postes de travail pour ces personnes. Or, sans obligation, cela ne marche pas et les incitations sur lesquelles le Conseil fédéral a misé jusqu’à ce jour n’ont pas été un succès. Il faut donc fixer des quotas. La commission du Conseil national demande aujourd’hui (art. 8a) que les entreprises de plus de 250 employé(e)s occupent au minimum 1&nbsp;% de personnes handicapées. Cette proposition va dans la bonne direction, mais la droite la combat au nom de la liberté d’entreprise. Il serait plus conséquent de suivre non pas la majorité, mais la minorité de gauche de la commission qui demande l’application de ces quotas déjà aux entreprises de plus de 100 employé(e)s et l’introduction, pour les entreprises qui ne s’acquitteraient pas de cette obligation, de verser une taxe représentant une rente AI annuelle moyenne (env. Fr. 19&nbsp;000.-) pour financer des mesures de réadaptation. Refuser des quotas, c’est, pour le législateur, choisir sciemment la politique de l’autruche. Les victimes en sont les personnes handicapées qui ne trouvent pas d’emploi.
</p><p>Un deuxième point critique de la révision réside dans l’article 18a sur le «&nbsp;placement à l’essai&nbsp;», une formule en soi douteuse. Selon cet article des personnes seraient occupées à titre d’essai pendant au maximum 180 jours, recevraient une «&nbsp;indemnité journalière&nbsp;» en lieu et place d’un salaire, auraient tous les devoirs qui incombent à un(e) employé(e), mais ne bénéficieraient pas de la protection usuelle offerte par la législation sur le travail. Dans ces cas, les offices AI devraient ainsi ordonner une forme de «&nbsp;travail forcé&nbsp;» ravalant les personnes concernées à un statut qui leur serait imposé. Bref, une mise sous tutelle au lieu d’une intégration et, au lieu d’aider ces personnes à prendre conscience de leur propre valeur, un asservissement. C’est inacceptable&nbsp;!
</p><h3>Quand des juristes évaluent la santé des gens…</h3><p>Pour terminer, un troisième point, particulièrement choquant&nbsp;: le réexamen – avec risque que la rente soit baissée ou supprimée – d’atteintes ne s’expliquant pas par des causes organiques. Les décisions sur le très contesté coup du lapin devront avoir force de loi et des maladies psychiques seront mises à l’«&nbsp;index&nbsp;». Des diagnostics médicaux, des handicaps manifestes et des souffrances des plus lourdes seront, de ce fait, classées au chapitre «&nbsp;simulations&nbsp;». Sans parler du mépris ainsi manifesté à l’égard des personnes concernées, ces «&nbsp;cas&nbsp;» ne seront pas pour autant éliminés de la surface de la terre – sauf si on pousse les victimes au suicide – mais renvoyés à l’aide sociale. Des dispositions à ce point injustes n’ont rien à faire dans la loi&nbsp;!
</p><p>Donner à la loi la réadaptation pour but, c’est important et bien. Mais cette réadaptation doit prendre au sérieux les personnes touchées et leurs souffrances, les intégrer à ce processus et faire en sorte qu’il y ait suffisamment d’emplois pour elles.</p>]]></content:encoded><category>Assurance-invalidité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-111</guid><pubDate></pubDate><title>La Confédération doit débloquer les investissements</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/la-confederation-doit-debloquer-les-investissements</link><description>Le Conseil fédéral et la majorité du Parlement ont reconnu que l’infrastructure ferroviaire avait besoin de plus d’argent ; et cela, rapidement. Le problème est qu’ils sont trop peu déterminés à en tirer les conséquences.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les transports ferroviaires suisses sont exemplaires&nbsp;: un réseau très dense, des liaisons rapides, de bons raccordements, des services ponctuels, un personnel compétent et très motivé. En comparaison internationale, la Suisse est régulièrement l’objet de titres élogieux dans la presse, et pas seulement pour le Gothard. Cela ne doit pas changer. Si tout le monde est d’accord là-dessus, rien n’est moins sûr. Un audit des CFF réalisé au printemps dernier a fait apparaître de graves lacunes en matière d’entretien, des lacunes qui, s’il n’y est pas rapidement remédié, pourraient transformer le miracle du rail suisse en chaos à l’anglaise. Le Conseil fédéral et la commission parlementaire ont désormais réagi, mais de manière bien trop pusillanime et inconséquente. 
</p><p>Le Conseil national traitera du cadre financier de l’infrastructure ferroviaire durant la session en cours. Le gouvernement a déjà proposé 419 millions de plus que prévu dans les plans financiers. Le Conseil des États a ajouté 59 millions pour les chemins de fer privés et la commission du Conseil national veut 140 millions de plus pour les deux années à venir. Ainsi, le gouvernement et la majorité parlementaire ont reconnu, contre la minorité UDC et radicale-libérale favorable aux économies, que l’infrastructure ferroviaire avait rapidement besoin de plus d’argent. Mais ces 600 millions environ ne suffiront pas. L’audit du réseau des CFF parle d’un besoin supplémentaire de 2,25 milliards de francs jusqu’en 2012 et l’Office fédéral des transports, se fondant sur une contre-expertise, articule au moins la moitié de cette somme. S’y ajoute que le Conseil fédéral veut prélever cet argent sur le fonds FTP destiné au financement des grands projets ferroviaires, c’est-à-dire financer l’entretien du réseau sur le dos du développement du rail. Cela signifie que le retard accumulé dans l’entretien ne se résorbera que dans une faible mesure et que, cette fois, on risque de prendre du retard en matière d’investissements de développement. Or, c’est une double erreur. Nous devrions au contraire rapidement agir.
</p><p>Avec le Syndicat du personnel des transports, le SEV, l’Union syndicale suisse (USS) a mis au point une proposition pour un financement à long terme de l’infrastructure ferroviaire, à savoir&nbsp;: le Conseil fédéral doit penser simultanément à l’entretien et au développement, pour s’attaquer sans tarder à redéfinir le fonds FTP. À court terme, il doit se procurer de l’argent à des conditions avantageuses en procédant à un emprunt en faveur du rail. Nous voulons que le miracle du rail suisse se poursuive. Les décisions courageuses prises par le passé montrent qu’il y a des majorités pour que cela soit possible.</p>]]></content:encoded><category>Transports</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-113</guid><pubDate></pubDate><title>Fort, combatif et proche de ses membres</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/fort-combatif-et-proche-de-ses-membres</link><description>Le 3 décembre 2010, près de 500 délégué(e)s ont créé le nouveau syndicat syndicom qui, avec ses 47 000 membres, appartiendra au trio de tête des plus grands syndicats de l’USS. Les trois premières années, la nouvelle organisation sera présidée par Alain Carrupt et Danièle Lenzin.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Préparée depuis longtemps, la fusion du Syndicat de la Communication et de comedia s’est réalisée sans problème. Le nouveau syndicat «&nbsp;syndicom&nbsp;» sera opérationnel dès le 1er janvier 2011. Rappelons que ni le Syndicat de la Communication ni comedia n’était de «&nbsp;vieux&nbsp;» syndicats. Ils furent en effet créés à la fin du siècle dernier, comme autant de fusions de nombreuses organisations de branches, qui étaient, pour la plupart, déjà membres de l’Union syndicale suisse (USS). Mais l’évolution technique s’est poursuivie, ce qui explique sans doute l’opposition manifestée par certains contre la création du nouveau syndicat ou la composition de ses instances dirigeantes, et aussi quelques doutes suscités par cette démarche&nbsp;; mais cela, dans une mesure très marginale (environ 1 pour cent des délégué(e)s). 
</p><h3>Plus proche des membres</h3><p>Être plus fort, engagé, combatif et proche de ses membres, telle est la volonté du nouveau syndicat. Le dernier de ces objectifs deviendra d’ailleurs réalité dès le premier jour de syndicom. En effet, avec autant, ni plus ni moins, de professionnel(le)s, syndicom sera, grâce à un gain de synergie, présent dans 17 secrétariats régionaux, contre 14 en tout pour le Syndicat de la Communication et comedia. Et il n’y a pas lieu de douter de son engagement ou de sa combativité&nbsp;: les deux organisations ont prouvé à plusieurs reprises qu’elles savaient se battre et ne craignaient pas la confrontation, si nécessaire. Ensemble, elles se sont imposées au début de l’année, via une grève, dans la défense de 10&nbsp;000 personnes chargées de la distribution matinale de journaux. 
</p><p>Syndicom comprendra trois secteurs&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>logistique, Poste, KEP&amp;Mail, transports/infrastructure&nbsp;;</li><li>télécommunications&nbsp;;</li><li>médias (y c. arts graphiques).</li></ul><p>«&nbsp;Ce qui nous est dû, on ira le chercher nous-mêmes, si nécessaire&nbsp;»
</p><p>Danièle Lenzin (ancienne coprésidente de comedia) et Alain Carrupt (ancien président du Syndicat de la Communication) ont été brillamment élus coprésidente et coprésident de syndicom. Danièle Lenzin a justifié cette fusion avant tout par la nécessité de s’adapter à l’évolution technologique. Mais reste encore à élaborer ce qui sera l’identité du nouveau syndicat. Pour ce faire, il faudra beaucoup de loyauté, de curiosité et être vraiment prêt à apprendre. Pour sa part, Alain Carrupt s’est attaqué au culte des actionnaires et des déréglementations. La course à la maximisation des profits se traduit, pour les salarié(e)s, par des licenciements ou des dégradations énormes de leurs conditions de travail. C’est sur cela que le nouveau syndicat interviendra, avec efficacité, conscient de sa force et riche d’un potentiel accru de développement. Si on ne nous donne pas ce qui nous est dû, nous irons le chercher nous-mêmes. 
</p><p>Outre les deux coprésident(e)s, le comité présidentiel a aussi été élu. Il est composé de&nbsp;: Mario Fedeli, Fritz Gurtner, Bernadette Häfliger Berger, Roland Kreuzer, Didier Page, Giorgio Pardini et Monika Uhlmann. Soit en tout&nbsp;: 6 «&nbsp;anciens&nbsp;» du Syndicat de la Communication et 3 «&nbsp;anciens&nbsp;» de comedia.</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-115</guid><pubDate></pubDate><title>Relever la quote-part, sans obliger les caisses à faire des offres en matière de soins intégrés, c’est 	punir les malades</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/relever-la-quote-part-sans-obliger-les-caisses-a-faire-des-offres-en-matiere-de-soins-integres-c-est-punir-les-malades</link><description>Le projet de réseaux de soins intégrés (« managed care ») revient sur la table parlemen-taire. Le 15 décembre, le Conseil des États en discutera en effet. Une chose apparaît clairement : le lobby des caisses-maladie est bien représenté au sein de la commission de la sécurité sociale et de la santé publique (CSSS) du Conseil des États et a, une nouvelle fois, réussi à s’imposer.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Ce projet a pour but d’encourager les soins intégrés. C’est judicieux. Ces derniers étant fournis via des réseaux, les traitements parallèles sont évités. Et lka croissance des coûts s’en trouve freinée, ce qui devrait se répercuter sur les primes. 
</p><p>Mais&nbsp;: pour que les soins intégrés soient appliqués, il faut notamment, et entre autres, qu’existe une offre dans tout le pays. Chaque assuré(e) doit avoir directement accès à un réseau de soins intégrés. Autrement dit, chaque caisse doit faire des offres en conséquence à ses assuré(e)s. Or, c’est précisément ce à quoi les caisses s’opposent. 
</p><h3>Les caisses-maladie freinent</h3><p>Le Conseil national avait décidé, en son temps, que les caisses devraient faire au moins une offre de soins intégrés. Une obligation supprimée par la CSSS du conseil des États où le lobby des caisses est bien présent comme déjà dit. Une proposition minoritaire de la commission maintient toutefois cette obligation. La Chambre des cantons suivra-t-elle cette proposition minoritaire, le 15 décembre prochain, comme l’a fait le Conseil national&nbsp;? La question reste ouverte.
</p><h3>Le hic&nbsp;: une hausse de la quote-part</h3><p>L’obligation pour les caisses de faire une offre de soins intégrés est directement en rapport avec l’introduction de la quote-part différenciée, comme on l’appelle. En d’autres termes, les assuré(e)s qui ne veulent pas adhérer à un réseau de soins intégrés, ou ne le peuvent pas, devraient payer une quote-part plus élevée. Le Conseil national l’a fixée à 20&nbsp;%, mais au maximum à 1400 francs par an, contre 10&nbsp;% et 700 francs aujourd’hui. La CSSS du Conseil des États veut introduire le même système, mais prévoit des montants légèrement inférieurs&nbsp;: les assuré(e)s recourant aux soins intégrés devraient payer une quote-part de 500 francs par an, sinon de 1000 francs. Pour ces derniers, ce seraient donc 300 francs de plus qu’aujourd’hui.
</p><p>Cependant, cette réglementation présente un hic&nbsp;: si les caisses ne sont pas obligées de faire une offre de soins intégrés, alors les malades qui sont assurés dans des caisses qui n’en proposent pas devront payer plus pour la même prestation. En l’absence de cette obligation, la hausse de la quote-part n’est donc rien d’autre qu’une offensive dirigée contre les malades. Mais il est encore temps de corriger ce projet au Parlement&nbsp;!
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-112</guid><pubDate></pubDate><title>L’argent n’est pas tout, mais il a son importance</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/l-argent-n-est-pas-tout-mais-il-a-son-importance</link><description>Pour une campagne politique, quelle influence les moyens financiers engagés exercent-ils sur le résultat de la votation ? La question est simple, pas la réponse. Pour gagner dans les urnes, il faut certes un sujet convaincant et un message « qui prend ». Mais il est clair qu’il est aussi nécessaire d’affecter suffisamment d’argent à la campagne de votation.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 14 novembre dernier, les opposants à l’initiative pour des impôts équitables ont placé pour plus de 155&nbsp;000 francs d’annonces dans sept journaux seulement. Ainsi, ils ont dépensé, sur un seul dimanche, plus de la moitié du budget des partisans de l’initiative. Mais il ne s’agit là que d’un «&nbsp;instantané&nbsp;» de cette campagne pour le «&nbsp;non&nbsp;» qui a coûté plusieurs millions de francs. 
</p><p>L’initiative aurait échoué parce que mauvaise et la campagne menée à coups de millions contre elle ne serait pour rien dans le «&nbsp;non&nbsp;» du peuple, nous disent les opposants. Car «&nbsp;le peuple ne se laisse pas acheter.&nbsp;»
</p><p>Il est vrai que ce sont les citoyennes et les citoyens qui décident de leur vote. Mais pour le faire, ils ont besoin d’informations nécessaires pour pouvoir trancher. Une démocratie qui fonctionne doit garantir que les deux parties en présence puissent convenablement communiquer leurs arguments à la population
</p><p>Il est également vrai qu’un porte-monnaie mieux garni ne permet pas obligatoirement de gagner une votation. On l’a vu par exemple lors du scrutin sur les baisses des rentes du deuxième pilier au printemps dernier. Avec la gauche, les syndicats firent mordre la poussière à ce projet en menant de nombreuses activités à la base qui compensèrent quelque peu l’inégalité des «&nbsp;armes&nbsp;» aux mains des uns et des autres. Toutefois, nombre d’experts s’accordent à dire qu’une campagne onéreuse peut faire pencher la balance si les deux camps sont de force presque égale. 
</p><p>Il y a de quoi se poser des questions lorsque l’on lit que la rédaction du Tages-Anzeiger a manifestement été contrainte par les étages supérieurs de l’éditeur de publier non seulement un commentaire «&nbsp;pour&nbsp;», mais aussi un commentaire «&nbsp;contre&nbsp;» l’initiative pour des impôts équitables. Ou encore&nbsp;: pendant la campagne sur la réforme II de l’imposition des entreprises, selon le syndicat comedia, le milliardaire UDC Walter Frey, a massivement fait pression, allant jusqu’à menacer le Blick d’un boycott des annonces&nbsp;; cela, parce que la présentation de cette réforme ne lui avait pas plu. Quant à l’UBS, elle a probablement refusé de publier durant un certain temps des annonces dans la Sonntag pour cause d’article (lui) déplaisant.
</p><p>Avec un volume global d’annonces annuel de plus d’un quart de milliard de francs, les banques, les assurances et les entreprises pharmaceutiques sont des clients sérieux des médias. Comment s’étonner que cela puisse leur donner envie d’obtenir plus que les seuls espaces publicitaires acheté&nbsp;? 
</p><h3>Absence de transparence</h3><p>Une autre question épineuse, concernant le financement des campagnes de votations, est la fréquente absence de transparence quant aux sources de financement. Par son argent, le donateur veut contribuer à ce que ses intérêts propres s’imposent. C’est pourquoi son identité est importante pour pouvoir comprendre ce qui se passe. Economiesuisse et l’UDC peuvent se payer les plus grandes campagnes de votations en Suisse. Economiesuisse est&nbsp; principalement financée par les banques, les assurances et les entreprises pharmaceutiques. Mais ni cette organisation faîtière de l’économie ni ses principaux bailleurs de fonds n’apparaissent comme responsables du matériel destiné à leurs campagnes. Que l’on s’imagine une affiche appelant à réduire les prestations destinées aux chômeurs et chômeuses sur laquelle aurait figuré un logo de l’UBS&nbsp;! Mais peut-être que cette transparence aurait apporté aux défenseurs du «&nbsp;non&nbsp;» les quelques petits pour-cent qui leur auraient été nécessaires pour rejeter la révision de l’assurance-chômage.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-114</guid><pubDate></pubDate><title>Il faut combattre le franc fort au lieu de faire payer les travailleurs et travailleuses</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/il-faut-combattre-le-franc-fort-au-lieu-de-faire-payer-les-travailleurs-et-travailleuses</link><description>Les spéculations ont eu pour effet que le franc s’est apprécié de plus de 20 % depuis la fin 2007. Désormais, ce dernier est nettement surévalué. Cela constitue un grand danger pour les salaires et les emplois en Suisse. Si la Banque nationale et la Confédération ne font rien contre le franc fort, les salarié(e)s de Suisse devront, une fois de plus, payer pour les dégâts dus à la spéculation sur les marchés financiers. On peut lutter de deux manières contre la force du franc : ou bien avec des mesures qui affaiblissent le franc par rapport à d’autres monnaies (lutte contre les causes), ou bien avec des mesures qui protègent l’économie réelle (lutte contre les symptômes).</description><content:encoded><![CDATA[<p>Durant le deuxième semestre 2010, le franc a battu de nouveaux records avec un taux de change de nettement moins que Fr. 1,30 par rapport à l’euro. Par rapport au dollar américain, le franc n’atteint pas la parité depuis la fin septembre. Le taux de change franc/livre anglaise est inférieur à Fr. 1,60/1£ depuis le mois d’août. Depuis le début de l’année<a name="_Hlt272157273"></a> 2009, pondéré des parts respectives des exportations, le franc s’est apprécié de presque 10&nbsp;%. Depuis 2007, cette appréciation est même supérieure à 20&nbsp;%. Ce fut la dernière fois le cas dans les années 1992-1995, lorsque l’économie suisse a stagné, notamment en raison de cette appréciation.
</p><p><b>Valeur externe nominale du franc &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> (pondéré des échanges commerciaux)</b></p><h3>Il faut s’attendre à des dommages graves pour l’économie réelle</h3><p>Si le franc reste longtemps à ce niveau, les conséquences pour l’économie réelle seront catastrophiques. Les entreprises industrielles, en réponse au sondage du mois d’août du KOF, ont déjà indiqué que leur position concurrentielle s’était fortement dégradée au plan international. </p><table class="contenttable"><tbody><tr><td width="392" height="44"><table class="contenttable"><tbody><tr><td><p><b>Industrie (total), position concurrent. dans l’UE les 3 derniers mois, solde, courbe lissée – Toute la Suisse</b></p></td></tr></tbody></table> &nbsp;</td></tr></tbody></table><p>L’enquête de «&nbsp;Swiss Export&nbsp;» (un groupement d’intérêt économique de petites et moyennes entreprises d’exportation) est également inquiétante. Pour 62&nbsp;% des entreprises, le «&nbsp;seuil de douleur&nbsp;» est atteint lorsque le taux de change se situe entre Fr. 1,30/1,40 pour 1 euro. Les entreprises prévoient des baisses de salaire, plus d’achats à l’étranger et le transfert, ou l’arrêt, de certaines productions.
</p><p>Dans la branche du tourisme aussi, les problèmes devraient s’accentuer ces prochains temps. La saison d’été a certes encore profité d’une forte croissance des touristes en provenance d’Asie, mais ceux-ci ne jouent qu’un rôle des plus minimes pour la saison d’hiver. Pour une grande part, les touristes viennent alors de l’Union européenne.
</p><p>Des simulations réalisées à l’aide de modèles économétriques montrent que l’appréciation du franc fera de sérieux dégâts dans l’économie suisse. Un résumé des études disponibles pour la Suisse le fait clairement apparaître[1]&nbsp;: une appréciation durable du franc de 10&nbsp;% par rapport aux autres monnaies a pour effet de faire baisser le produit intérieur brut (PIB) de 2,5 à 4&nbsp;%. Les conséquences pour le renchérissement sont du même ordre. Quant aux effets pour l’emploi, ils sont même un peu plus importants que les répercussions sur le PIB, car un franc plus fort entraîne des mesures de rationalisation accrues. Une appréciation de 10&nbsp;% se traduit par une perte de 1000&nbsp;000 emplois. Les appréciations et les dépréciations se font rapidement sentir. Cependant, l’effet négatif maximal se déploie avec un retard d’environ 3 à 5 ans. Les victimes principales en sont les branches exportatrices&nbsp;: industrie des machines, métallurgie et tourisme. Mais, à l’avenir, l’économie intérieure sentira aussi les effets du franc fort. Soit parce qu’il y a plus de chômeurs et chômeuses dans la branche de l’exportation, soit parce que les entreprises exportatrices achèteront moins de produits intermédiaires en Suisse ou investiront moins. Comme la force du franc rend l’achat de produits étrangers plus avantageux, les entreprises qui produisent aussi pour le marché intérieur seront plus fortement exposées à la pression exercée par les produits importés moins chers. 
</p><p>Les dommages économiques de cette surévaluation sont durables. Si la situation perdure, des entreprises qui sont concurrentielles lorsque le taux de change est réaliste fermeront leurs portes. La production sera délocalisée à l’étranger. Ces entreprises et unités d’entreprise reviendront en Suisse au mieux après plusieurs années, mais il faut plutôt s’attendre à les perdre pour très longtemps.
</p><p><b>Effet sur l’emploi d’une appréciation du franc de 10% <br></b> (écart par rapport au scénario sans appréciation en %, en trimestres, modèle VAR USS)
</p><p>La pression sur les salarié(e)s est d’ores et déjà bien réelle. Dans les entreprises, des mesures de rationalisation sont mises en œuvre. On a déjà assisté à certaines tentatives de baisser les salaires ou de payer les frontaliers et frontalières en euros. 
</p><h3>La spéculation provoque la surévaluation du franc</h3><p>Selon les estimations du FMI, le Fonds monétaire international, le franc est actuellement nettement surévalué (différence par rapport au «&nbsp;taux de change d’équilibre&nbsp;»). Dans son rapport de mai 2010 sur la situation économique de la Suisse<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1810_Lampart_Franc-fort.docx#_ftn2" target="_blank" name="_ftnref2">[2]</a>, l’organisation internationale relève que le franc s’est situé, à l’automne 2008, à 1,2&nbsp;% et, à l’automne 2009, à 6,1&nbsp;% au-dessus de son niveau d’équilibre. Aujourd’hui, la surévaluation devrait dépasser nettement les 10&nbsp;%.&nbsp; 
</p><p><b>Valeur externe «&nbsp;réelle&nbsp;» du franc et écarts par rapport &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br></b> à l’équilibre selon le FMI
</p><p>Une comparaison des parités de pouvoir d’achat effectuée par l’UBS part d’un cours franc/euro «&nbsp;équilibré&nbsp;» de Fr. 1,47/1 euro.
</p><p><b>Cours franc/euro</b>&nbsp;: effectif et sur la base de la parité du pouvoir d’achat, selon l’UBS&nbsp;</p><table class="contenttable"><tbody><tr><td width="277" height="24"><table class="contenttable"><tbody><tr><td><p>Source&nbsp;: Reuters EcoWin, UBS Research Schweiz</p><p></p></td></tr></tbody></table></td></tr></tbody></table><p>Certaines comparaisons historiques attestent aussi la nette surévaluation actuelle du franc. La valeur externe réelle de celui-ci se situe actuellement 10 % environ au-dessus de la moyenne historique. Par rapport à l’Allemagne, le franc, en données corrigées des différences de prix, se situe aussi plus de 10 % au-dessus de la moyenne des 10 dernières années. Le cours «&nbsp;équilibré&nbsp;» du franc face à l’euro devrait ainsi se situer dans une fourchette comprise entre Fr.&nbsp;1,45 et Fr.&nbsp;1,50. 
</p><p>Les phases de forte surévaluation n’ont malheureusement rien d’inhabituel[3]. Les cours de change peuvent diverger sur de longues périodes de leurs «&nbsp;fondamentaux&nbsp;» économiques (parité de pouvoir d’achat, parité des taux, solde de la balance des transactions courantes). Le commerce des devises et l’économie réelle sont fortement déconnectés. Le volume sur lequel portent les marchés des devises est environ 50 fois plus important que les exportations mondiales, respectivement 16 fois plus important que le PIB mondial. Presque tous les négociants en devises recourent à des instruments d’analyses dits «&nbsp;techniques&nbsp;». Les échanges de devises reposent pour une grande part sur des réflexions à caractère spéculatif se référant au «&nbsp;modèle chartiste&nbsp;», et non à des transactions liées à l’économie réelle (exportations, importations entre autres), respectivement à des contextes économiques fondamentaux. 
</p><p><b>Volume des affaires dans le commerce des devises et données &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br></b> de l’économie réelle (en billions de $)
</p><p><b>Instrument d’analyse des devises CHF/EUR</b></p><h3>Mesures contre la surévaluation</h3><p>La Banque nationale suisse (BNS) a pour mandat de garantir la stabilité des prix et de tenir compte de l’évolution conjoncturelle. Comme le cours du franc a une grande influence sur le renchérissement et la conjoncture en Suisse, il en découle indirectement que la BNS a pour mandat de lutter contre les fortes fluctuations des cours de change. Elle a par conséquent implicitement un objectif en termes de taux de change. L’appréciation de plus de 10&nbsp;% du franc constitue un réel danger pour l’économie suisse. Si cette tendance n’est pas infléchie rapidement, celle-ci subira de fortes baisses de son PIB et de lourdes pertes d’emplois seront enregistrées. La stabilité des prix sera, elle aussi, menacée. Selon des évaluations modélisées, le renchérissement devrait reculer de 1 à 2&nbsp;%. La Suisse se rapproche ainsi d’une évolution déflationniste.<a name="_Hlt272217075"></a></p><p>La force du franc constituant un danger pour l’économie suisse, la BNS et la Confédération doivent prendre des mesures en conséquence. Pour ce faire, deux types de mesures sont possibles&nbsp;: 
</p><p>a) des mesures qui affaiblissent le franc par rapport aux autres monnaies (lutte contre les causes)&nbsp;;
</p><p>b) des mesures qui protègent l’économie réelle de dommages possibles (lutte contre les symptômes).
</p><h3>Lutte contre les causes</h3><p>Que la politique soit en mesure d’influencer réellement les taux de change, l’exemple des États-Unis nous le montre bien. La seule annonce par la Fed d’assouplissements monétaires quantitatifs («&nbsp;quantitative easing&nbsp;»&nbsp;; d’un ordre de grandeur de 600 milliards de dollars ou d’environ 5&nbsp;% du PIB américain) a suffi pour que le dollar se déprécie fortement. </p><ul><li>La BNS ne doit pas baisser les taux d’intérêt, sinon elle attirera de l’argent étranger.</li><li>La BNS doit combattre le franc fort en assouplissant sa politique monétaire&nbsp;; pour ce faire, elle peut s’inspirer des États-Unis.</li><li>La BNS doit envisager d’autres interventions encore sur le marché des devises – en particulier des interventions non stérilisées injectant de la liquidité supplémentaire qui n’est pas retirée du système (comme aujourd’hui avec les bons de la BNS ou les mises en pension de titre, les «&nbsp;reverse repos&nbsp;»). Elle doit intervenir dans toute la mesure du possible en coopération avec des banques centrales étrangères et de préférence en se donnant un but clair comme en 1978. À l’époque, elle avait réussi à faire passer le Deutsche Mark au-dessus de 80 centimes[4]. Dans les pays qui se sont donné un objectif en termes de taux de change, les interventions sur le marché des devises sont courantes. Et elles portent leurs fruits<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1810_Lampart_Franc-fort.docx#_ftn5" target="_blank" name="_ftnref5">[5]</a>. Les pertes entraînées par ces interventions disparaitront à long terme parce que le franc est actuellement surévalué. Les craintes concernant un risque d’inflation découlant de ces interventions sont exagérées. Premièrement, l’inflation de base est actuellement négative et le franc fort va peser sur les prix suisses. Deuxièmement, en cas de dépréciation du franc, la liquidité pourra être rapidement puisée dans le système via la vente des placements en euros de la BNS.</li><li>Le Conseil fédéral et la BNS doivent étudier des mesures destinées à limiter la spéculation. Dans les années 1970, ils ont fortement restreint les opérations sur le marché des devises<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1810_Lampart_Franc-fort.docx#_ftn6" target="_blank" name="_ftnref6">[6]</a>.. Deux exemples à cela&nbsp;: la BNS avait conclu un gentlemen’s agreement avec les banques suisses et leurs filiales à l’étranger, par lequel elles s’engageaient à ne pas spéculer contre le franc. En outre, les étrangers fortunés durent s’acquitter d’un intérêt négatif. Les autorités pourraient aussi étendre les droits de timbre au commerce des devises («&nbsp;taxe Tobin&nbsp;»).</li></ul><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h3>Lutte contre les symptômes</h3><p>Par le passé, divers pays ont pris des mesures pour protéger l’économie réelle de fortes appréciations. En Suisse, ce fut par exemple le cas dans les années 1970. La Confédération et la BNS doivent examiner aujourd’hui dans quelle mesure l’économie réelle doit être protégée d’une surévaluation du franc.</p><ul><li>Par le passé. plusieurs pays ont introduit pendant certaines périodes un «&nbsp;taux de change parallèle&nbsp;» («&nbsp;dual exchange rate&nbsp;») afin de protéger l’«&nbsp;économie réelle&nbsp;» indigène des turbulences des cours de change (Belgique et Luxembourg p. ex.). Cette mesure permet à l’économie réelle de changer des devises à un cours spécial[7].</li><li>Dans les années 1970, la Confédération et la BNS ont atténué les effets négatifs du franc fort en garantissant des conditions préférentielles de change de monnaie étrangère en monnaie suisse aux entreprises exportatrices concernées. Cela, d’une part dans le cadre de la garantie contre les risques à l’exportation (aujourd’hui&nbsp;: «&nbsp;assurance contre les risques à l’exportation&nbsp;»), mais, d’autre part, aussi via les opérations à terme sur devises, sous la forme d’accords conclus entre la BNS et, par exemple, l’industrie horlogère ainsi que l’industrie du textile et de l’habillement[8].</li><li>Il est inadmissible, concernant les frontaliers et les frontalières, de verser leurs salaires en euros ou de les abaisser. Agir de la sorte met en effet les salaires suisses sous pression. Non seulement des salarié(e)s sont ici victimes d’un franc devenu fort à cause de la spéculation, mais les baisses des salaires des frontaliers et frontalières sont aussi contradictoires à l’accord sur la libre circulation des personnes, parce que des salarié(e)s se voient alors discriminés selon leur provenance[9].</li></ul><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h3>Faut-il adapter le mandat de la BNS&nbsp;?</h3><p>Lorsqu’elles sont fortes, les fluctuations de change peuvent, dans une petite économie nationale ouverte comme la Suisse, causer des dégâts durables. Par exemple, une appréciation forte et longue peut mettre en faillite des pans concurrentiels de l’économie d’exportation. C’est pourquoi les banques centrales des petites économies nationales ouvertes devraient aussi stabiliser le taux de change. C’est pourquoi l’économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard, recommande aux petites économies nationales ouvertes de faire figurer explicitement la stabilisation du taux de change au nombre de leurs objectifs de politique monétaire[10].
</p><p>Les taux de change peuvent fluctuer fortement. Les phases de surévaluation peuvent être brèves ou longues. Ce sont surtout ces dernières qui occasionnent d’importants dégâts à l’économie réelle. Mais impossible de savoir à l’avance quelle sera la durée d’une forte appréciation. Le fait qu’une banque centrale se donne une faible inflation pour objectif, comme la BNS, se traduit par une absence malsaine d’interventions de sa part. La banque centrale fait en effet preuve de retenue, parce qu’intervenir pour corriger de manière étonnamment rapide la surévaluation peut renforcer provisoirement l’inflation. Pour empêcher que cela ne se passe ainsi, il faudrait accepter une inflation plus forte (distance prise par rapport à l’objectif de la stabilité des prix).
</p><p>M. Blanchard du FMI estime que cet objectif présente des désavantages de poids. Pour la banque centrale, une faible inflation a pour effet que la marge de manœuvre pour une baisse des taux d’intérêt se trouve rapidement épuisée et qu’elle doit alors recourir à d’autres formes d’assouplissements monétaires (interventions sur le marché des devises, etc.). O. Blanchard propose d’étudier la possibilité d’un objectif d’inflation de 4&nbsp;%.
</p><p>Vu les fortes appréciations et dépréciations auxquelles nous avons tout récemment assisté sur les marchés globalisés des devises, on doit se demander quels sont les avantages offerts par des marchés de capitaux et de devises totalement ouverts. Les salarié(e)s de Suisse vont souffrir de la toute dernière surévaluation du franc. Que les marchés ouverts soient finalement bons ou mauvais pour eux sur une longue période est une question à laquelle il est difficile de répondre. Il vaut la peine, à cet égard, de lire par exemple l’exposé du responsable anglais de la surveillance des marchés financiers, A. Turner[11]. La Suisse doit cependant se poser cette question. La Confédération et la BNS doivent participer aux discussions internationales sur le marché globalisé des devises. Il faut aussi clarifier au plan national quels sont les avantages et les désavantages des marchés des devises et des capitaux entièrement ouverts et examiner d’éventuelles restrictions.
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1810_Lampart_Franc-fort.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> D. Lampart, «&nbsp;Auswirkungen einer Frankenaufwertung auf die Schweizer Wirtschaft Ergebnisse von ökonometrischen Modellsimulationen&nbsp;» («&nbsp;Répercussions d’une appréciation du franc sur l’économie suisse – résultats de simulations économétriques&nbsp;»), USS, Dossier N° 71, Berne, septembre 2010 (n’existe qu’en allemand)
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1810_Lampart_Franc-fort.docx#_ftnref2" target="_blank" name="_ftn2">[2]</a> &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; «&nbsp;Equilibrium exchange rate&nbsp;», FMI (2010)&nbsp;: Staff Report for the 2010 Article IV Consultation, p. 15, www.imf.org.
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1810_Lampart_Franc-fort.docx#_ftnref3" target="_blank" name="_ftn3">[3]</a> Turner, A. (2010)&nbsp;: «&nbsp;After the crisis&nbsp;: Assessing the costs and benefits of financial liberalization, 14th Chintaman Deshmukh Memorial Lecture&nbsp;», <a href="http://rbidocs.rbi.org.in/rdocs/Speeches/PDFs/ISRT12022010.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">rbidocs.rbi.org.in/rdocs/Speeches/PDFs/ISRT12022010.pdf</a>.
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1810_Lampart_Franc-fort.docx#_ftnref4" target="_blank" name="_ftn4">[4]</a> &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Voir BNS, 1982, «&nbsp;75e anniversaire Banque nationale suisse&nbsp;», ouvrage commémoratif, www.bns.ch.
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1810_Lampart_Franc-fort.docx#_ftnref5" target="_blank" name="_ftn5">[5]</a> &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Fatum, R. et J. Pedersen (2009): Real-time effects of central bank interventions in the Euro market, Journal of International Economics, Vol. 75/1.
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1810_Lampart_Franc-fort.docx#_ftnref6" target="_blank" name="_ftn6">[6]</a> &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans les années 1971/72, ladite «&nbsp;convention transitoire a été introduite&nbsp;» dans le but d’atténuer les pressions sur le franc suisse. <a name="_Hlt272220956"></a>Le Conseil fédéral a édicté 6 ordonnances contre l’afflux de fonds étrangers (interdiction de rémunérer les avoirs étrangers en banque, prélèvement d’une commission, dite intérêt négatif, de 10% par trimestre sur tous les nouveaux dépôts étrangers, ainsi qu’une large restriction au placement de fonds étrangers dans des papiers-valeurs et des immeubles suisses) (voir BNS 1982). Selon la BNS (1982), «&nbsp;à la suite des dispositions prises, l’appréciation du franc s’atténua&nbsp;» (p. 102).&nbsp; 
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1810_Lampart_Franc-fort.docx#_ftnref7" target="_blank" name="_ftn7">[7]</a> &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C’est par exemple ce que recommande l’économiste du MIT (Massachussets Institute of Technnology), R. Caballero&nbsp;: <a href="http://www.voxeu.org/index.php?q=node/5690" target="_blank" rel="noreferrer">www.voxeu.org/index.php</a>.
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1810_Lampart_Franc-fort.docx#_ftnref8" target="_blank" name="_ftn8">[8]</a> &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Voir BNS (1982, p. 281).
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1810_Lampart_Franc-fort.docx#_ftnref9" target="_blank" name="_ftn9">[9]</a> &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Voir G. Aubert, «&nbsp;Les salariés peuvent-ils être payés en euros&nbsp;?&nbsp;», Le Temps, 15 octobre 2010. 
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1810_Lampart_Franc-fort.docx#_ftnref10" target="_blank" name="_ftn10">[10]</a> &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Blanchard, O, et al. (2010)&nbsp;: «&nbsp;Rethinking Macroeconomic Policy&nbsp;», IMF Staff Position Note 10/03. 
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1810_Lampart_Franc-fort.docx#_ftnref11" target="_blank" name="_ftn11">[11]</a> &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Turner, A. (2010)&nbsp;: «&nbsp;After the crisis&nbsp;: Assessing the costs and benefits of financial liberalization&nbsp;», 14th Chintaman Deshmukh Memorial Lecture, <a href="http://rbidocs.rbi.org.in/rdocs/Speeches/PDFs/ISRT12022010.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">rbidocs.rbi.org.in/rdocs/Speeches/PDFs/ISRT12022010.pdf</a>.</p>]]></content:encoded><category>Politique monétaire</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-106</guid><pubDate></pubDate><title>Quel(s) habit(s) l’employeur peut-il prescrire ou proscrire ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/quel-s-habit-s-l-employeur-peut-il-prescrire-ou-proscrire</link><description>Tant l’UBS que la Radio Télévision Suisse (RTS) viennent d’édicter de nouvelles directives vestimentaires plutôt détaillées. La première a été commentée par la presse internationale (du « Times » britannique à « l’Humanité » française), la seconde a été révélée par l’hebdomadaire satirique romand « Vigousse ». Ces directives contiennent des détails plutôt intimes, allant jusqu’à conseiller ou interdire certains types de sous-vêtement ou de décolletés. En outre, en cette période de fêtes de fin d’année, nombreux sont les commerces à vouloir affubler leur personnel de costumes de circonstance, par exemple de Père Noël. Il est donc utile de rappeler les règles du droit du travail concernant l’habillement des salarié(e)s et sur ce que l’employeur peut leur imposer ou interdire.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Lorsqu’il exige de porter des vêtements de travail (p. ex. blouse pour personnel soignant, tablier de cuisine, uniforme) et autres équipements spéciaux (p. ex. de sécurité), l’employeur doit rembourser tous les frais (art. 327-327a Code des obligations, CO), y compris ceux de nettoyage et d’entretien. Chacun(e) devant, en principe, se vêtir pour se rendre à son travail (mais aussi pour la plupart des activités qui ont lieu en dehors de son lieu de travail), l’employeur n’est donc pas obligé de rembourser les frais d’habillement pour des vêtement «&nbsp;normaux&nbsp;». L’obligation de remboursement ne vaut que lorsque qu’il est impossible d’effectuer son travail avec ses vêtements usuels, par exemple en raison de règles d’hygiène. Il faut aussi noter que cette règle légale n’est malheureusement pas impérative et peut être modifiée, y compris au détriment du travailleur ou de la travailleuse, par un simple accord. 
</p><h3>Un droit certes…</h3><p>Mais jusqu’où l’employeur peut-il aller lorsqu’il souhaite imposer une certaine tenue vestimentaire (p. ex. tailleur pour les femmes, complet-cravate pour les hommes), sans que cette dernière soit considérée comme vêtement de travail&nbsp;? En principe, le droit de l’employeur de donner des directives (art. 321d CO) comprend celui d’imposer une certaine tenue vestimentaire. Ce droit est d’autant plus étendu que l’employé(e) est amené à être en contact avec la clientèle, les fournisseurs ou les partenaires commerciaux ou à exercer une fonction de représentation de son entreprise. Le droit d’imposer des tenues vestimentaires sera aussi plus étendu en fonction du standing de l’entreprise et des usages de la branche. Il pourra même s’étendre à d’autres éléments de style que l’habillement, tels que piercing et tatouages (pour autant qu’ils soient visibles), mais seulement dans les cas où de tels attributs sont réellement à même de nuire à l’image de l’entreprise concernée. 
</p><h3>…mais limité</h3><p>Le droit de l’employeur de donner des directives est cependant limité par son obligation de protéger la personnalité de ses employé(e)s (art. 328 CO). Il ne peut notamment pas donner d’instructions chicanières ou portant atteinte à la personnalité de son personnel. En matière d’habillement, des prescriptions de tenue vestimentaires destinées à du personnel sans contact avec la clientèle, sans fonction de représentation ou dans une branche sans usage vestimentaire ne seront donc qu’exceptionnellement acceptables. En outre, des instructions trop détaillées ou portant sur des détails trop intimes, par exemple les sous-vêtements, ne sont pas acceptables non plus, même pour les personnes amenées à représenter leur entreprise ou travaillant dans une branche aux standards vestimentaires stricts. Imposer un déguisement, même lorsqu’il se rapporte à la période de l’année (Noël, Pâques, Halloween), n’est pas possible sans l’accord de chaque travailleur et travailleuse concerné, sauf s’il ou elle a été expressément engagé pour produire une prestation artistique ou pour des tâches d’animation exigeant le port d’un déguisement. 
</p><p>Enfin, l’employeur doit respecter l’égalité entre femmes et hommes. Il ne peut donc pas imposer des règles de tenues vestimentaires détaillées à l’un des deux sexes si l’autre n’a que peu de règles à respecter. Par exemple, la récente directive de l’UBS n’ordonnant qu’aux femmes de veiller, si elles ont les cheveux décolorés, à ce que les racines soient «&nbsp;toujours impeccables&nbsp;», n’est pas acceptable étant donné qu’aucune règle similaire ne s’applique aux hommes. Il faut en outre rejeter catégoriquement l’argument comme quoi certaines tenues, en particulier féminines, «&nbsp;encourageraient le harcèlement sexuel&nbsp;» et pourraient donc être interdites par l’employeur au titre de son obligation de prévenir ces comportements. En effet, ce sont les coupables de harcèlement qu’il faut punir. Les victimes ne peuvent en aucun cas être considérées comme «&nbsp;coresponsables&nbsp;» parce qu’elles portent une tenue aguichante.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-107</guid><pubDate></pubDate><title>Autrefois : un cauchemard, aujourd’hui : une histoire à succès</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/autrefois-un-cauchemard-aujourd-hui-une-histoire-a-succes</link><description>Les accords de branche peuvent être une voie pour réaliser la retraite anticipée ou à la carte. Une voie qui sera d’autant plus souvent empruntée que la bataille livrée actuelle-ment au plan politique est axée sur le niveau des rentes AVS. À ce jour, le syndicat Unia a conclu une vingtaine d’accords sur la retraite anticipée. Une chose étonne ici : les em-ployeurs, qui ont tout d’abord combattu par tous les moyens la retraite anticipée, ont trouvé leur chemin de Damas, c’est-à-dire s’y sont finalement convertis. </description><content:encoded><![CDATA[<p>4 novembre 2002&nbsp;: grève nationale dans la construction. La grande majorité des chantiers du pays sont à l’arrêt. 12 novembre 2002&nbsp;: les syndicats SIB<sup>[1]</sup> et Syna signent avec la Société suisse des entrepreneurs la convention collective de travail pour la retraite anticipée dans le secteur principal de la construction (CCT RA)&nbsp;; un acquis qui est le fruit des actions du 4 novembre. La conclusion de cet accord fut l’apogée de la lutte des travailleurs et travailleuses de la construction et de leur syndicat, le SIB, pour l’introduction de la retraite anticipée. Cette grève réduisit en effet à néant l’opposition patronale. Pour les syndicats, elle fut un succès majeur du siècle. Et la concrétisation d’un progrès social des plus nécessaires, car les salarié(e)s de ce secteur appartiennent aux catégories de la population dont l’espérance de vie est la plus faible. 
</p><h3>Aujourd’hui&nbsp;: une histoire à succès</h3><p>Faisons un saut dans le temps pour passer au 12 novembre 2010. Daniel Schlatter, directeur de la Fondation FAR (créée pour la retraite anticipée), conclut comme suit son exposé présenté lors d’une journée de travail et bourse aux informations sur la retraite anticipée&nbsp;: «&nbsp;La retraite flexible dans le secteur principal de la construction est une histoire à succès.&nbsp;» Les syndicalistes applaudissent, mais aussi ces employeurs qui s’étaient si longtemps et si brutalement opposés à la retraite anticipée et qui sont désormais persuadés que l’on a créé ensemble quelque chose de bien. Que les temps peuvent changer&nbsp;!
</p><p>Lors de cette journée, quatre accords de branche sur la retraite anticipée ont aussi été présentés. Outre la FAR du secteur principal de la construction, il existe aussi le RESOR<sup>[2]</sup>, le MPR<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1910_Ackermann_Retraite-anticipee_Branches.docx#_ftn3" target="_blank" name="_ftnref3"><sup>[3]</sup></a> et le RAMB<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1910_Ackermann_Retraite-anticipee_Branches.docx#_ftn4" target="_blank" name="_ftnref4"><sup>[4]</sup></a>. Le tout dernier de ces accords est le MPR, qui a été conclu en 2008 et dont les premiers travailleurs et travailleuses profiteront dès janvier 2011. Les trois autres modèles ont été introduits en&nbsp; 2003 et 2004.
</p><h3>Qui reçoit quoi et combien cela coûte</h3><p>Le tableau ci-dessous montre que ces accords – ils sont pour la plupart déclarés de force obligatoire, c’est-à-dire s’appliquent à toute la branche, donc également aux entreprises qui ne sont pas affiliées à des organisations patronales – se ressemblent beaucoup dans leurs dispositions concernant les droits acquis. Le niveau des prestations et leur financement sont également très similaires. 
</p><p>Vue d’ensemble des ayants-droit, des prestations et des cotisations :</p><table summary class="contenttable"><thead><tr><th scope="col"><b>Contrat/</b><span>rentes actuelles</span></th><th scope="col"><b>Qui, depuis quand&nbsp;?<span><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1910_Ackermann_Retraite-anticipee_Branches.docx#_ftn5" target="_blank" name="_ftnref5"><b><sup>[5]</sup></b></a></span></b></th><th scope="col"><b>Prestations</b></th><th scope="col"><b>Cotisations</b></th></tr></thead><tbody><tr><td><p><b>FAR</b></p><p>8562 en tout, dont 4658 en cours</p></td><td><span>Dès 60 ans</span></td><td><span>Rente annuelle de 65&nbsp;% du salaire moyen + Fr. 6000.-&nbsp;; mais au maximum 80&nbsp;% de la dernière année de travail ou au maximum 2,4 x la rente AVS maximale simple</span></td><td><p>Patr*.&nbsp;: 4&nbsp;%</p><p>Sal.*&nbsp;: 1,3&nbsp;%</p></td></tr><tr><td><p><b>RESOR</b></p><p>273 en cours</p></td><td><span>Dès 62 ans</span></td><td><span>75 % du salaire moyen des 3 dernières années, mais au minimum Fr. 3800.-&nbsp;; au maximum Fr. 4800.-&nbsp;; reprise des cotisations LPP (mais pas AVS)</span></td><td><span>Patr. et Sal.&nbsp;: chacun 0.9&nbsp;%</span></td></tr><tr><td><p><b>RAMB</b></p><p>2009&nbsp;: 25</p></td><td><span>Dès 62 ans</span></td><td><span>Maximum Fr. 4750.- + au maximum Fr. 180.- pour les cotisations AVS et 11&nbsp;% du salaire mensuel pour les cotisations LPP</span></td><td><span>Patr. et Sal.&nbsp;: chacun 1&nbsp;%</span></td></tr><tr><td><p><b>MPR</b></p><p>Dès janvier 2011</p></td><td><span>Dès 63 ans (60)</span></td><td><p>70 % de la perte (RTT* aussi possible)&nbsp;; possible dès 60 ans, mais en suite compensation de&nbsp;:</p><p>27,5&nbsp;%&nbsp;: 60 ans</p><p>35&nbsp;%&nbsp;: 61 ans</p><p>47,5&nbsp;%&nbsp;: 62 ans</p></td><td><p>Patr.&nbsp;: 0.95&nbsp;%</p><p>Sal.&nbsp;: 0,65&nbsp;%</p></td></tr></tbody></table><p>* Patr. = patron&nbsp;; Sal. = salarié&nbsp;; RTT = réduction du temps de travail
</p><h3>Autres modèles</h3><p>Dans les secteurs couverts par Unia, on compte actuellement dans les 20 CCT prévoyant la retraite anticipée. Celle-ci est la plupart du temps conçue selon les modèles décrits plus haut. Mentionnons par exemple&nbsp;: le secteur du marbre et granit (Suisse alémanique), Holcim, la branche automobile du Valais et divers contrats d’entreprise. D’autres contrats, pour la plupart cantonaux, sont conçus selon le modèle RESOR. Dans l’industrie horlogère, il a été convenu en 2007 qu’une retraite anticipée peut être prise une année avant l’âge de l’AVS. Les personnes qui le font ont droit à au maximum 24&nbsp;000 francs par an.
</p><h3>Conclusion (provisoire)</h3><p>Le nombre des accords conclus est remarquable, comme l’est aussi la volte-face des employeurs sur cette question. Mis à part la FAR, des accords qui ont sensiblement amélioré la qualité de vie de leurs bénéficiaires ont été conclus hors des projecteurs médiatiques. En outre, les fonds créés à cet effet reposent sur des bases financières solides. Ces modèles ont de l’avenir. D’autres branches suivront sans doute.
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1910_Ackermann_Retraite-anticipee_Branches.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> À l’origine, avec la FTMH, la FCTA et le «&nbsp;petit&nbsp;» unia de la fusion qui donnera naissance à Unia. 
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1910_Ackermann_Retraite-anticipee_Branches.docx#_ftnref2" target="_blank" name="_ftn2">[2]</a> RESOR = Caisse de retraite anticipée de second œuvre romand et tessinois. 
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1910_Ackermann_Retraite-anticipee_Branches.docx#_ftnref3" target="_blank" name="_ftn3">[3]</a> MPR = Modèle de préretraite dans le secteur des toitures et façades.
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1910_Ackermann_Retraite-anticipee_Branches.docx#_ftnref4" target="_blank" name="_ftn4">[4]</a> RAMB = Retraite Anticipée de la Métallurgie et du Bâtiment à Genève.
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1910_Ackermann_Retraite-anticipee_Branches.docx#_ftnref5" target="_blank" name="_ftn5">[5]</a> Parmi les conditions, on trouve toujours une durée préalable durant laquelle la personne aura dû avoir travaillé dans le domaine concerné. La plupart du temps, il s’agit de 20 années dont les dernières (7 ou 10) d’activité ininterrompue, ou tout au plus par 2 ans de chômage. Les années manquantes se traduisent souvent par une baisse correspondante des prestations.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Politique sociale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-108</guid><pubDate></pubDate><title>Des buts partiellement atteints – construction et pouvoirs publics : trop bas</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-buts-partiellement-atteints-construction-et-pouvoirs-publics-trop-bas</link><description>En août 2010, les fédérations affiliées à l’Union syndicale suisse (USS) demandaient, pour 2011, une hausse de salaire de 2 à 3 pour cent, compensation du renchérissement et part des salarié(e)s aux gains de productivité compris. La plupart des accords ont été désormais conclus. Dressons-en un premier bilan.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Dans de nombreuses branches et entreprises, le but de 2 à 3 pour cent a pu être atteint. Cela fut par exemple le cas dans le commerce de détail (Coop), dans la branche poste et télécommunication (Poste), dans l’industrie (Rockwell, V-Zug) et dans divers secteurs de la construction (installations électriques). Les revendications syndicales se sont avérées réalistes.
</p><p>La plupart des accords conclus dans la construction sont par contre insatisfaisants. Or, la construction tourne à plein régime depuis un certain temps dans notre pays. Les maçons et les monteurs triment durement. De nombreuses heures supplémentaires sont effectuées et on travaille même le samedi. Qu’il faille tirer pour la deuxième année consécutive un bilan négatif dans cette branche est un affront pour les salarié(e)s de cette dernière. Dans le secteur principal de la construction, les employeurs ont rompu les négociations. Et les installateurs sanitaires ne recevront, par exemple, que 50 francs par mois en plus (augmentation générale).
</p><p>Dans le secteur public, les hausses des salaires réels sont la règle, ce dont il y a lieu de se réjouir. Mais en raison de mesures d’austérité pour la plupart inutiles, les accords sont loin derrière ceux de l’économie privée. Ce qui aura un effet boomerang car les problèmes de recrutement, dont on se plaint, aujourd’hui déjà, dans les pouvoirs publics (pénurie d’enseignant(e)s et de personnel soignant p. ex.) s’accentueront encore plus.
</p><p>Voir tableau attaché :&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-109</guid><pubDate></pubDate><title>Pas de sous-enchère salariale ! Ni en Suisse, ni dans l’Union européenne</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/pas-de-sous-enchere-salariale-ni-en-suisse-ni-dans-l-union-europeenne</link><description>Le 15 décembre, les syndicats ont manifesté dans toute l’Europe pour dire « NON à l’austérité pour tous et aux bonus pour quelques-uns ! » En Suisse, l’Union syndicale suisse (USS) a ajouté un volet supplémentaire à cette action. À l’occasion d’une manifestation menée devant l’Ambassade de l’Union européenne (UE) en Suisse, une centaine de syndicalistes ont protesté contre les tentatives réitérées de l’UE de saper la protection suisse des salaires. Le président de l’USS, Paul Rechsteiner, a remis à l’ambassadeur de l’UE, Monsieur Michael Reiter, la lettre suivante. </description><content:encoded><![CDATA[<p>«&nbsp;Monsieur l’Ambassadeur,
</p><p>À la veille du Conseil des Ministres de l’Union européenne (UE) des 16 et 17 décembre 2010, la Confédération européenne des syndicats (CES) a appelé tous ses affiliés à organiser une 2e journée d’action européenne de protestations dans toute l’Europe. À l’ordre du jour de ce sommet sont notamment prévus l’examen des problèmes économiques et monétaires graves dans lesquels se débat l’UE et l’adoption d’un rapport fort inquiétant sur les relations entre l’UE et la Suisse. C‘est pourquoi l’Union syndicale suisse (USS) – avec ses propres affiliés – a décidé de donner suite à cet appel en organisant une manifestation à caractère symbolique devant l’Ambassade de l’UE à Berne&nbsp;; cela, 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>pour protester contre la nouvelle tentative annoncée par l’UE de remettre en cause le dispositif suisse de protection contre la sous-enchère salariale et sociale&nbsp;;</li><li>pour se solidariser avec nos collègues européens et soutenir leurs revendications en faveur d’une réorientation de la politique économique et sociale aussi bien de l’UE que de la plupart de ses États membres.</li></ul><p>Pour une Suisse sans sous-enchère salariale&nbsp;: non à tout affaiblissement des mesures sociales d’accompagnement à la libre circulation&nbsp;!
</p><p>D’octobre 2008 à mai 2009, la Suisse a négocié avec les États de l’UE concernés une application simplifiée des mesures d’accompagnement. Ces négociations se sont conclues par un compromis, accepté par les deux parties, prévoyant des améliorations en matière d’information ainsi que des assouplissements de la mise en œuvre de notre dispositif de protection, sans toutefois remettre en cause ses éléments-clé. Cependant, malgré cet accord, le Parlement européen a, le 7 septembre 2010, durement critiqué, à une nouvelle reprise, ces mêmes mesures d’accompagnement (voir le rapport de l’IMCO). Le 14 décembre 2010, dans la perspective du Conseil des Ministres des 16 et 17 décembre, les Ministres des Affaires étrangères de l’UE ont, largement repris la position du Parlement européen. Que les autorités européennes veuillent maintenant faire à nouveau pression sur ces questions représente pour les syndicats une rupture de cette arrangement, soit le non-respect du principe de bonne foi. 
</p><p>La protection des salaires garantie par les mesures d’accompagnement va être confrontée à une nouvelle attaque.
</p><p>Il s’agit en l’occurrence d’éléments-clés du système suisse de protection contre la sous-enchère salariale et sociale&nbsp;(…). Il convient de rappeler que les mesures en cause respectent le principe d’égalité de traitement entre indigènes et immigrés. 
</p><p>Dans une résolution adoptée à l’unanimité, le Congrès de l’USS des 5 et 6 novembre 2010 a réaffirmé «&nbsp;à l’adresse du gouvernement suisse qu’il n’est pas question d’entrer en matière sur une quelconque concession pouvant conduire à un affaiblissement de nos mesures sociales d’accompagnement à la libre circulation des personnes (LCP). Il reste clair que notre soutien à la LCP et à une politique de rapprochement à l’UE est étroitement lié au dispositif de protection anti-dumping social tel que nous le connaissons. Les autorités de l’UE doivent par ailleurs être conscientes que toute nouvelle attaque contre nos mesures d’accompagnement à la LCP aura pour effet de discréditer l’UE aux yeux des salariés suisses et immigrés travaillant en Suisse. Une telle attaque apportera de plus de l’eau au moulin des forces populistes de droite anti-européennes de notre pays.&nbsp;»
</p><p>Jusqu’à aujourd’hui, les syndicats ont dit oui à l’ouverture du marché suisse du travail pour autant que les conditions de travail soient protégées. La Suisse est l’un des pays européens où le niveau des revenus est le plus élevé. Ce qui la rend très attrayante pour les entreprises et la main-d’œuvre étrangères. Si les mesures d’accompagnement sont vidées de leur substance, la protection qu’elles garantissent disparaîtra. Ce n’est ni dans l’intérêt des salarié(e)s de Suisse ni dans celui de leurs collègues de l’UE, d’autant plus que cela nourrira aussi les tendances xénophobes en Suisse. C’est pour cela que l’USS demande aux institutions de l’UE de s’en tenir aux anciens accords conclus.
</p><p>En Suisse, ce sont des salaires suisses qui doivent être versés. Telle a toujours été et telle reste la position des syndicats. 
</p><p>Veuillez croire, Monsieur l’Ambassadeur, à l’assurance de notre haute considération.&nbsp;»
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-8</guid><pubDate></pubDate><title>Retour à la case départ</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/retour-a-la-case-depart</link><description>La loi fédérale sur l’aide aux hautes écoles et la coordination dans le domaine des hautes écoles (LAHE) a passé le cap des délibérations du Conseil des États et va maintenant être débattue au sein de la commission du Conseil national chargée de l’examen préalable. L’Union syndicale suisse (USS) estime que la Chambre du peuple devrait retourner cet objet au Conseil fédéral. </description><content:encoded><![CDATA[<p>En Suisse, les hautes écoles spécialisées (HES) représentent le couronnement scientifique de la formation professionnelle. C’est pour cela qu’elles ont besoin d’une loi propre. La LAHE proposée par le gouvernement et, pour l’essentiel, acceptée entre temps par le Conseil des États constitue une menace pour l’autonomie d’une filière de formation axée sur les professions, à savoir&nbsp;: la menace de voir les HES ravalées au rang d’universités de seconde zone, de simples appendices des «&nbsp;vraies&nbsp;» unis. 
</p><h3>Pas de «&nbsp;recantonalisation&nbsp;»</h3><p>À son article 63, la Constitution fédérale attribue à la Confédération la compétence et le mandat d’encourager la formation professionnelle. Le projet de LAHE veut «&nbsp;recantonaliser&nbsp;» les HES considérées comme faisant partie du système des hautes écoles. Mais aujourd’hui, les HES sont le volet (tertiaire) du système d’une la formation professionnelle qui relève de la Confédération, mais aussi des principaux acteurs concernés. De ce fait, la réglementation proposée débouchera, dans la pratique, sur des problèmes de pilotage. C’est pourquoi l’USS est catégorique&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>Il n’est pas question de «&nbsp;recantonaliser&nbsp;» la formation professionnelle tertiaire. La Confédération doit aussi assumer ses responsabilités à ce niveau.</li><li>Le contenu de l’actuelle loi sur les HES doit être repris dans une nouvelle loi sur la coordination dans les hautes écoles.</li></ul><p></p><h3>Autres remarques critiques</h3><p>Nous regrettons aussi que le Conseil des États n’ait pas voulu inscrire dans la LAHE de mandat explicite relativement à l’égalité des sexes. Une autre critique à faire concerne l’importance trop faible accordée au partenariat entre les principaux acteurs, un partenariat qui représente pourtant une caractéristique fondamentale de toute formation professionnelle. Saluons enfin le fait que la participation des étudiant(e)s et des enseignant(e)s ait été quelque peu améliorée par rapport au projet initial.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-7</guid><pubDate></pubDate><title>Enfin une lueur d’espoir ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/enfin-une-lueur-d-espoir</link><description>Les choses se mettraient-elles enfin à bouger ? Apparemment, en ce qui concerne la pro-tection contre les licenciements antisyndicaux. C’est à la mi-janvier que prendra fin la procédure de consultation fédérale sur un projet de loi qui entend améliorer cette protec-tion. Mais bien timidement…</description><content:encoded><![CDATA[<p>En 2010, on a à nouveau recensé des cas de personnes – la plupart du temps, des représentant(e)s du personnel - licenciées en raison de leurs fonctions syndicales. Les deux cas les plus récents ont eu lieu en Suisse romande dans le secteur des soins (ALSMAD, l’Association lausannoise pour l’aide et le maintien à domicile, et l’EMS Fort Barreau de Genève). Les deux représentantes du personnel licenciées travaillaient depuis plusieurs années dans leurs établissements respectifs. 
</p><p>Tous ces licenciements antisyndicaux violent des normes légales ratifiées par la Suisse. Dans les pays qui nous entourent, ils seraient annulables, ou ne pourraient même pas être prononcés. Le problème en Suisse est que même si un tribunal constate le caractère abusif d’un tel licenciement, la sanction infligée ne consiste qu’en une indemnité d’au maximum six mois de salaire versée à la victime. Une sanction si légère n’a aucun effet dissuasif. 
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) et ses syndicats se battent depuis des années pour mettre un terme à cette situation inacceptable. En 2002, ils ont déposé plainte auprès de l’Organisation internationale du Travail contre la Suisse. Après avoir longtemps bloqué ce dossier, le Conseil fédéral apparaît maintenant disposé à faire bouger les choses. En effet, dans le cadre de la législation sur les lanceurs d’alertes, il propose de mieux protéger aussi les représentant(e)s du personnel contre les licenciements abusifs. Et les licenciements de tels représentant(e)s pour raisons économiques seraient désormais automatiquement déclarés abusifs. Toutefois, le projet de loi ne prévoit que de doubler la sanction financière susmentionnée. Pour l’USS, il est clair qu’une législation qui entend protéger efficacement les salarié(e)s qui endossent des fonctions syndicales de représentation doit également permettre la réintégration des personnes abusivement licenciées. De fait, seule une telle disposition protégera contre les licenciements abusifs et garantira des négociations d’égal à égal entre partenaires sociaux. De plus, le droit à la réintégration après un licenciement abusif ne serait pas quelque chose de nouveau, la loi sur l’égalité entre femmes et hommes le prévoyant déjà depuis une quinzaine d’années.</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-9</guid><pubDate></pubDate><title>Pour endiguer la violence domestique </title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/pour-endiguer-la-violence-domestique</link><description>En Suisse, 300 personnes se suicident chaque année avec une arme à feu et 70 autres sont victimes d’homicides commis à l’aide d’armes à feu. L’initiative populaire « Pour la protection face à la violence des armes » veut endiguer cette violence. C’est pour cela qu’il faut dire OUI à cette initiative. </description><content:encoded><![CDATA[<p>L’arme dans l’armoire à habits ne facilite pas uniquement les suicides, elle est aussi un danger pour les proches. Car les hommes – il s’agit pratiquement toujours d’hommes – qui se suicident à l’aide d’une arme à feu ont parfois tué au préalable leur femme et leurs enfants. En outre, la présence d’une arme à feu dans les ménages privés constitue pour nombre d’enfants et de femmes une menace subtile. Cela, surtout lorsqu’il est régulière­ment rappelé à la famille que l’arme se trouve à la cave, aux galetas ou sous le lit. Chaque jour, des femmes et des enfants s’enfuient de leur maison parce qu’ils ont peur et se sen­tent menacés par une arme à feu à portée de main. La violence domestique concerne presque toujours les femmes et les enfants et est en principe exercée par des membres masculins de la famille.
</p><h3>Pour plus de sécurité</h3><p>Cette initiative a pour but de contribuer à l’endiguement de la violence domestique ainsi qu’à la prévention du suicide. Elle a été lancée le 4 septembre 2007 par une large coalition composée de plus de 60 organisations parmi lesquelles on trouve aussi des syndicats (comedia, ssp). Elle demande que l’acquisition et la détention d’armes ne puissent se faire qu’en cas de besoin et de capacités prouvés, que les armes des militaires soient conservées dans des locaux sécurisés de l’armée, qu’un registre national des armes à feu soit tenu et que les armes particulièrement dangereuses pour les personnes privées soient interdites. L’initiative se veut une contribution à une sécurité améliorée. Il est prouvé depuis longtemps qu’en Suisse, la possibilité de disposer beaucoup trop facilement d’une arme à feu représente un danger important, un danger qu’il est possible de neutraliser sans autre. 
</p><h3>Prévention du suicide</h3><p>Lorsque des armes à feu sont à portée de main, les tentatives de suicide mènent presque toujours à la mort. Le suicide est principalement un acte impulsif, dirigé par des senti­ments forts devenant très rapidement toujours plus forts. Le suicide est presque toujours un acte passionnel. C’est pourquoi l’Office fédéral de la santé, dans son rapport sur la prévention du suicide (avril 2005), arrive clairement à la conclusion qu’une loi restrictive sur les armes contribuerait de manière importante à la prévention du suicide. Pour la Fé­dération des médecins suisses (FMH) et pour toutes les importantes sociétés de psychia­tres de Suisse aussi, il est scientifiquement prouvé qu’en restreignant la disponibilité des armes à feu, on diminue le taux de suicide. C’est pourquoi elles ont décidé de soutenir officiellement cette initiative. Le Comité de l’Union syndicale suisse (USS) a également décidé, en novembre 2008, sur propositions de la Commission féminine de l’USS, de soutenir cette initiative et politiquement et au plan des idées et idéaux qu’elle véhicule.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-12</guid><pubDate></pubDate><title>Les employeurs ne font pas confiance au partenariat social</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-employeurs-ne-font-pas-confiance-au-partenariat-social</link><description>La consultation sur les améliorations de la protection contre le licenciement abusif, en particulier des syndicalistes et des délégués du personnel, vient de s’achever. Force est de constater que les fronts sont très divisés. Les partis se divisent selon un axe gauche-droite clair, la gauche soutenant la position de l’USS, la droite se rangeant derrière l’Union Patronale, qui refuse toute amélioration.</description><content:encoded><![CDATA[<p>La position de l’Union Patronale est particulièrement choquante, car celle-ci va même jusqu’à soustraire totalement cette question au partenariat social. En effet, jusqu’à présent, les patrons avaient toujours prétendu que la question du licenciement antisyndical relevait des partenaires sociaux et devait être réglée dans les conventions collectives de travail (CCT). Le récent jugement d’un tribunal genevois dans l’affaire Manor/Marisa Pralong avait cependant confirmé que les partenaires sociaux ne peuvent interdire purement et simplement le licenciement antisyndical dans les CCT, car les articles correspondant du CO sont «&nbsp;absolument impératifs&nbsp;», donc non modifiables, même en faveur des travailleurs. Or, dans leur réponse à la consultation, les patrons refusent que les dispositions sur le licenciement antisyndical deviennent «&nbsp;relativement impératives&nbsp;», c’est-à-dire modifiables en faveur des travailleurs. 
</p><p>Moralité&nbsp;: les organisations patronales veulent des licenciements antisyndicaux, y compris dans des situations que les tribunaux ont jugé scandaleuses, par exemple le licenciement du président de la commission du personnel juste avant l’ouverture de négociations sur un plan social comme dans le cas du «&nbsp;Tages-Anzeiger&nbsp;» à Zurich. Et ce n’est pas tout&nbsp;: ils ne veulent pas que les partenaires sociaux puissent introduire des dispositions pour défendre le partenariat social. En effet, protéger les syndicalistes et les délégués du personnel n’est pas seulement un moyen de défendre les droits fondamentaux des travailleurs, c’est aussi un instrument qui permet de garantir la bonne application des CCT. 
</p><p>En ouvrant une consultation sur le sujet, le Conseil fédéral a enfin admis qu’il y a un urgent besoin de mieux protéger les travailleurs contre le licenciement abusif. Même si ses propositions sont insuffisantes, c’est déjà une importante victoire pour l’USS, qui va donc continuer à se mobiliser pour que défendre ses droits et ses collègues sur son lieu de travail ne puisse plus être réprimé par les employeurs.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-10</guid><pubDate></pubDate><title>But pas encore atteint</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/but-pas-encore-atteint</link><description>Le Conseil fédéral a présenté ses propositions pour la mise en œuvre de la réforme structurelle de la prévoyance professionnelle. La consultation sur les modifications d’ordonnances nécessaires dure jusqu’à fin février. Dans le paysage des caisses de pensions, le projet récolte des critiques radicales. L’Union syndicale suisse (USS) craint, elle aussi, que ce n’est pas en régulant plus que l’on va résoudre les problèmes du deuxième pilier. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Pour l’USS, le but de cette réforme – renforcer la transparence et la crédibilité du deuxième pilier – est une grande priorité. Mais elle considère que les amorces de solutions et les instruments proposés à cette fin sont souvent inadéquats. Par exemple, les modifications d’ordonnances prévues renforcent par trop le pouvoir des organes de révision qui deviendront les «&nbsp;grands manitous&nbsp;» de la prévoyance professionnelle. Nous assisterons donc à l’arrivée d’un nouvel acteur, nullement lié aux assuré(e)s et encore plus puissant, qui interviendra de façon opaque dans les destinées du deuxième pilier et augmentera les coûts. L’USS estime que l’amélioration de la transparence et de la crédibilité du deuxième pilier passe par le renforcement de la parité dans les organes des institutions de prévoyance. Un partenariat social digne de ce nom instaure la confiance et rapproche le système de la prévoyance professionnelle des assuré(e)s. 
</p><p>Les propositions de l’Administration fédérale qui restreignent l’autonomie des conseils de fondation et entravent leurs activités par des obstacles bureaucratiques vont, par conséquent, dans la mauvaise direction. L’USS rejette énergiquement la proposition qui vise à interdire les améliorations de prestations tant que des réserves de fluctuation suffisantes n’ont pas été constituées. L’adoption du taux d’intérêt applicable à l’avoir de vieillesse relève de la compétence de l’organe suprême et varie d’une caisse à l’autre. Dès lors, il n’est pas avisé d'inscrire dans l'ordonnance des prescriptions d’ordre général. Les obligations de déclarer prévues pour les membres des conseils de fondation ne sont pas mesurées. 
</p><p>Quelques propositions, comme une meilleure transparence en matière de frais de gestion, vont dans la bonne direction. Mais elles restent timides. L’USS demande une transparence totale des coûts concernant les opérations effectuées par les caisses de pensions. Pour nombre d’assuré(e)s, les frais de gestion du deuxième pilier sont un grand scandale et, aussi, une raison de la perte de confiance dans les prestations de la prévoyance professionnelle. C’est pourquoi les objectifs de cette réforme structurelle ne pourront être atteints que si l’existence de frais de gestion bas transparents devient la norme dans les caisses de pensions.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-13</guid><pubDate></pubDate><title>ECAP : polyphonie et harmonie</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/ecap-polyphonie-et-harmonie</link><description>Orchestre symphonique de Londres : pianiste norvégien, compositeur russe, directeur anglais d’origine italienne. Ce qui est courant dans le domaine de la musique classique peut-il aussi l’être dans le monde profane ? L’exemple de l’institut de formation professionnelle, de formation permanente et de recherche appelé ECAP – il vient de fêter ses 40 ans - prouve que oui.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le long boom économique qui fit suite à la Deuxième Guerre mondiale entraîna une immigration énorme en provenance du sud de l’Europe, principalement du sud de l’Italie. Pour l’essentiel, il s’agissait d’hommes peu qualifiés (quelques années d’école primaire) et de saisonniers recrutés par la construction et l’industrie des machines. Parallèlement, le populisme de droite s’installait dans notre pays pour atteindre son apogée le 7 juin 1970, lorsque 46&nbsp;% des citoyen(ne)s et 7 cantons (75&nbsp;% de participation&nbsp;!) acceptèrent l’initiative du député James Schwarzenbach demandant que la population étrangère en Suisse soit plafonnée à 10 &nbsp;% de la population totale. Si elle avait été acceptée, 300&nbsp;000 personnes auraient dû quitter la Suisse. 
</p><h3>Rattrapage de formation et justice sociale</h3><p>Dans ce contexte, la plus grande centrale syndicale italienne, la CGIL, décide de créer l’«&nbsp;Ente per la formazione, la riqualificazione professionale e la ricerca&nbsp;», c’est-à-dire l’ECAP. Celle-ci veut permettre aux saisonniers italiens de rattraper une formation professionnelle en suivant des cours du soir et du week-end. Les syndicats et les organisations de la migration (comme la Federazione delle Colonie Libere Italiane in Svizzera, FCLI, les Colonies libres) organisent ces cours, grâce à des fonds italiens (syndicats et État italiens) et beaucoup de travail bénévole fourni par des personnes qualifiées solidaires. Bénéficiant de l’impulsion du mouvement de Mai 68, ce n’est pas uniquement un transfert de savoir professionnel axé sur le marché de l’emploi qui a lieu, mais aussi la transmission de valeurs culturelles et sociales centrales. Et le carburant s’appela ici «&nbsp;justice sociale&nbsp;» et «&nbsp;épanouissement culturel libre&nbsp;». 
</p><p>L’évolution de la migration fit aussi évoluer l’ECAP. La première grande crise économique d’après-guerre, au milieu des années 1970, renvoya près de 200&nbsp;000 migrant(e)s dans leur pays. Réponse à la politique de Schwarzenbach et à une migration régulée selon des critères purement économiques, l’initiative «&nbsp;être solidaire en faveur d’une nouvelle politique à l’égard des étrangers&nbsp;» est lancée. Son but&nbsp;: garantir aux saisonniers un permis de séjour autorisant le regroupement familial. Mais elle ne trouvera pas grâce devant le Souverain (16 % de oui, le 4.4.1981). Le retour d’une longue embellie gonfle à nouveau les rangs de l’immigration, entraînant plus de regroupements familiaux. L’ECAP se trouve confrontée avec, d’une part, les besoins en formation de la deuxième génération d’immigré(e)s et, de l’autre, les exigences croissantes concernant la maîtrise de la langue locale. En outre, les pays d’où proviennent les immigré(e)s se font beaucoup plus nombreux&nbsp;; d’où plus de besoins en matière de compréhension de la langue et de la culture. 
</p><h3>Nouvelle migration</h3><p>La nouvelle migration des années 1980 n’est plus auto-organisée comme l’était l’ancienne, d’Italie. Les nouveaux pays de provenance (ex-Yougoslavie) ne mettent aucun moyen à sa disposition pour la formation et l’acquisition de la culture. Et de nombreuses petites organisations suisses se créent alors pour répondre aux nouveaux besoins de formation, mais selon une conception tendanciellement axée sur l’assimilation (apprendre la langue locale, s’intégrer, s’adapter). 
</p><p>L’introduction de l’assurance-chômage obligatoire, à la fin des années 1970, déboucha sur un recul des activités de la société civile au profit de projets financés par l’État social, en fonction des cycles conjoncturels. La formation et la transmission de la culture se professionnalisent, mais dans une perspective fortement axée sur l’employabilité. L’ECAP s’engage dans une croissance soutenue. Les mesures de cette dernière en matière de formation et de culture se propagent en effet toujours plus et s’étoffent, en raison de la nouvelle situation entraînée par l’introduction de la libre circulation des personnes avec l’Union européenne, la nouvelle loi sur les étrangers (article sur l’intégration) et les nouveaux besoins de l’économie en migrant(e)s très qualifiés ainsi que l’augmentation très forte de la part des femmes au sein de la migration. 
</p><h3>Le présent</h3><p>Si, il y a 40 ans, l’ECAP était une organisation italienne de la société civile financée à l’aide de fonds italiens et destinée à des jeunes hommes italiens, elle forme aujourd’hui des personnes provenant de 130 pays, la majorité, tant des enseignant(e)s que des élèves, étant des femmes. Son financement est essentiellement public (cantonal) ou se fait à travers l’assurance-chômage. L’évolution du nombre des élèves montre que ses cours répondent aux nouveaux besoins sociaux. 
</p><p>L’exemple de l’ECAP fait apparaître que les grandes ruptures sociales ont d’abord eu lieu suite à des initiatives de la société civile et sont perçues comme telles. Pour atteindre de manière durable les buts visés, un (co-)financement public est nécessaire étant donné l’augmentation du volume des tâches et leur multiplicité. 
</p><p>Ou, pour retrouver notre image du début, l’ECAP contribue à rehausser dans la vie de tous les jours le niveau de la polyphonie et de l’harmonie.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Migration</category><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-14</guid><pubDate></pubDate><title>Pas seulement pour celles et ceux qui ont déjà beaucoup</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/pas-seulement-pour-celles-et-ceux-qui-ont-deja-beaucoup</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Durant de longues années, le conseiller fédéral Pascal Couchepin a freiné, sans dévier d’un iota de ses principes. Puis, c’est Didier Burkhalter qui a pris sa place et le vent s’est mit à souffler. Le nouveau conseiller fédéral décida de mettre au point une loi sur la formation continue. Toutes celles et tous ceux qui s’étaient engagés depuis longtemps pour un encouragement de la formation continue axé sur les besoins ont-ils alors poussé prématurément un soupir de soulagement&nbsp;? À lire attentivement la description du mandat confié par le Conseil fédéral à la commission d’expert(e)s et à considérer la composition de cette dernière, il y a en effet lieu de douter de la bonne volonté du gouvernement. La nouvelle loi sur la formation continue ne devra prévoir aucun élément d’encouragement et les partenaires sociaux, comme nombre d’autres acteurs, ne seront que consultés. 
</p><p>En d’autres termes, le Conseil fédéral ne veut pas améliorer l’offre de formation continue pour les personnes socialement défavorisées. Celles et ceux qui en veulent doivent concentrer leur énergie sur la voie parlementaire. En matière de formation, le Parlement a en effet refusé plusieurs fois de suivre le Conseil fédéral, estimant que les besoins des apprenant(e)s et des enseignant(e)s étaient plus élevés que ce que pensait le gouvernement. Ce fut par exemple le cas, en son temps, avec le message sur l’encouragement de la formation de la recherche et de l’innovation, lorsque les dernières propositions du Conseil fédéral, misérables, durent être corrigées par les Chambres. 
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) exige que la loi sur la formation professionnelle ait un profil clair. Elle demande le droit à un bilan tous les cinq ans, cinq jours de congés payés de formation continue par an, de nouvelles offres à l’intention des analphabètes et une offensive linguistique pour les migrant(e)s. 
</p><p>Au Parlement de jouer&nbsp;! Que la nouvelle loi doive mettre au premier plan la formation continue des personnes défavorisées n’est pas une revendication qui va trouver d’elle-même une majorité. Actuellement, on n’est même pas certain que les institutions qui proposent des cours à l’intention des personnes particulièrement défavorisées sous l’angle de la formation continueront à bénéficier du soutien garanti par l’article sur l’encouragement de la culture. Les acteurs de la formation continue doivent pouvoir s’imposer à ce chapitre.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-15</guid><pubDate></pubDate><title>Des patins de frein qui doivent être retirés !</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/des-patins-de-frein-qui-doivent-etre-retires</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Le Fonds d’infrastructure ferroviaire (FinFer) proposé par le Conseil fédéral correspond à la revendication, émise par les syndicats l’an dernier, d’un financement garanti sur le long terme et, via un pot commun, du développement, de l’entretien et de l’exploitation des transports publics. C’est pourquoi l’Union syndicale suisse (USS) et le Syndicat du personnel des transports (SEV) se réjouissent a priori du projet présenté par la nouvelle cheffe du Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC), Madame, Doris Leuthard. En effet, un fonds non limité dans le temps et ne se restreignant pas à certains projets précis – contrairement à l’ancien fonds FTP – est à la fois judicieux et de toute urgence nécessaire. Il est donc d’autant plus regrettable que l’on ait posé ici des patins de freinage qui pourraient même repousser à plus tard, voire empêcher, la réalisation du FinFer. Ce dernier doit d’abord franchir l’obstacle du référendum obligatoire, ce qui ne sera possible que si la poursuite de la politique ferroviaire exemplaire appliquée par la Suisse est garantie et si le transfert de la route vers le rail n’est pas mis en danger. 
</p><p>Comme le nouveau fonds sera responsable, et c’est judicieux, pour l’ensemble du financement des transports ferroviaires – donc aussi bien des investissements onéreux dans leur développement que de l’entretien et de l’exploitation du réseau – il a besoin de plus de moyens que l’ancien FTP. Une évaluation grossière des besoins fait apparaître que les montants prévus par le DETEC ne devraient pas être suffisants. Même si le FinFer recevra certes, en plus des moyens versés au FTP, tous les crédits garantis par la Confédération pour financer les mandats de prestations décidés jusqu’à ce jour, ce sera moins qu’un «&nbsp;coup pour rien&nbsp;», car le nouveau fonds devra aussi reprendre les 7 milliards de dettes du FTP, devant ainsi éponger, dès le départ, une énorme dette et en payer les intérêts. La marge de manœuvre nécessaire au développement indispensable dans le cadre du projet «&nbsp;Rail 2030&nbsp;» s’en trouvera restreinte. De plus, pour les tâches futures, comme l’octroi de crédits destinés au développement du rail – cela, afin de garantir la qualité du réseau actuellement en danger–, le Conseil fédéral fait déjà des propositions de financement totalement controversées&nbsp;: hausses des tarifs et des contributions des cantons ainsi que baisse des déductions fiscales pour les pendulaires. Avec les anciennes dettes du FTP, ces propositions sont autant de patins de frein politiques et financiers qui mettent en danger l’idée d’un FinFer de qualité.
</p><p>Les justifications présentées par la cheffe du DETEC sont totalement inacceptables. En lançant un signal en matière de tarifs, on viserait à juguler les grands flux de pendulaires. Il serait en effet trop intéressant de vivre en dehors des centres et de faire de longs trajets pour se rendre au travail. La population est ainsi rendue responsable de la triste politique d’aménagement du territoire des autorités ainsi que de l’éparpillement de l’habitat en Suisse qui en résulte. Et on la fait passer à la caisse, alors qu’elle n’a pas vraiment la possibilité de choisir. En outre, le retour du trafic du rail vers la route est en contradiction avec le modèle suisse, un succès confirmé à plusieurs reprises dans les urnes ces deux dernières décennies. Le financement du FinFer ne devrait pas créer d’incitations contradictoires. 
</p><p>Du point de vue des syndicats et du personnel concernés, une chose est claire&nbsp;: nous voulons que le système ferroviaire exemplaire de notre pays repose sur un financement sûr. Y compris l’entretien du réseau&nbsp;! L’idée du FinFer ne doit pas se retrouver politiquement «&nbsp;hors jeu&nbsp;». C’est pourquoi les patins de frein, à savoir&nbsp;: les idées de financement risquées, doivent être retirés. La clé du problème réside dans le remboursement de la dette de 7 milliards. Or, la Confédération peut s’en charger sans problème, ce qui rendrait la grande majorité des propositions contestées de financement caduques. Et l’on ferait ainsi d’une pierre deux coups&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Transports</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-11</guid><pubDate></pubDate><title>Une vraie leçon de capitalisme</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/une-vraie-lecon-de-capitalisme</link><description>Dans la branche du nettoyage et de l’entretien des bâtiments, le nombre de salarié(e)s est aujourd’hui de 50 % plus élevé qu’à la fin des années 1990. Une évolution nettement plus marquée que celle de l’emploi total qui, durant le même laps de temps, a crû d’un peu plus de 10 %. La branche du nettoyage n’a pas autant progressé parce qu’on nettoie plus en Suisse que par le passé, mais parce que de nombreuses externalisations de ces activités ont été réalisées. Avant celles-ci, ces travailleurs et travailleuses étaient statistiquement enregistrés dans le secteur où ils et elles nettoyaient (banques, hôpitaux, etc.). Aujourd’hui, ils ne figurent plus dans ces secteurs, mais dans celui du nettoyage. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Ces externalisations ont empoisonné les conditions de travail de cette branche. Le salaire minimum y est d’environ 20 francs de l’heure, si l’on prend en considération l’indemnité de vacances et la part du 13e salaire. Si le personnel du nettoyage était directement employé, par exemple, par les banques, les salarié(e)s recevraient environ 27 francs de l’heure&nbsp;; même celles qui touchent le salaire minimum le plus bas. 
</p><p>Ce sont surtout des grandes entreprises – UBS, Crédit Suisse, Novartis, Swisscom – qui ont externalisé le nettoyage de leurs bâtiments. L’UBS, par exemple, l’a fait en 2006, en autonomisant ses services de nettoyage sous la forme d’une nouvelle entreprise du nom de Edelweiss FM. Dans de nombreux cas, il a été exigé des entreprises de nettoyage extérieures qu’elles reprennent les anciennes conditions de travail des employé(e)s. Mais ce ne fut le cas que provisoirement. Premièrement en effet, cette branche, qui connaît d’importantes fluctuations, a pu, lors de nouvelles embauches, convenir de salaires plus bas. Deuxièmement, des entreprises de nettoyage ont été vendues à d’autres entreprises qui n’étaient pas tenues de respecter ces accords. Ce fut aussi le cas de l’ancienne entreprise de nettoyage de l’UBS, Edelweiss FM, qui fut reprise par ISS, une entreprise internationale avec siège au Danemark. 
</p><p>Dans les milieux syndicaux, ISS est surtout connue comme étant l’entreprise qui a dénoncé en 2010 la convention collective de travail de l’aéroport de Genève&nbsp;; cela, afin de pousser les salaires à la baisse. Un culot que le Syndicat suisse des services publics, le ssp, en déclenchant une grève. ISS est propriété des fonds d’investissement de Private Equity qui, à leur tour, appartiennent à la famille Wallenberg, de l’oligarchie suédoise ainsi qu’à la banque d’investissement Goldman Sachs.
</p><p>La boucle est ainsi bouclée. Les banques et les grandes entreprises externalisent les travaux de nettoyage afin d’économiser des coûts, respectivement pour faire plus de profits. Ces économies se font en grande partie aux dépens des nettoyeuses et nettoyeurs, dont les salaires minimums baissent fortement. De ce fait, les entreprises de nettoyage peuvent enregistrer des bénéfices qui, à leur tour, reviennent aux banques qui ont achetées ces mêmes entreprises&nbsp;!
</p><p>L’initiative de l’USS sur les salaires minimums pourrait mettre fin à cette pression sur les salaires au détriment du personnel de nettoyage. En effet, si ce dernier gagne plus, l’externalisation de ces activités n’en vaudra plus la peine.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-18</guid><pubDate></pubDate><title>Et maintenant, le coup de grâce !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/et-maintenant-le-coup-de-grace</link><description>Lors de la session parlementaire du printemps, le Conseil des États, second conseil à traiter de cet objet, décidera du sort de la révision de la loi sur l’assurance-accidents, la LAA. Si la raison a encore cours sous la coupole, la Petite Chambre n’a pas le choix, elle doit renvoyer à son expéditeur une révision infecte.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Petit rappel&nbsp;: en 2008, le Conseil fédéral avait soumis au Parlement fédéral un projet de révision de la LAA et, dans la commission du Conseil national chargée de l’examen préalable, le lobby des assureurs privés était ensuite parvenu à imposer ses intérêts. Résultat&nbsp;: une assurance sociale qui fonctionne bien et repose sur des bases financières stables risquait d’être mise à mal pour devenir un «&nbsp;centre de profit&nbsp;» des assureurs privés. Pour les salarié(e)s et les employeur(e)s assurés, la conséquence en aurait été une hausse des coûts pour des prestations moindres. Mais, grâce à une alliance de la raison entre les partenaires sociaux – Union syndicale suisse, Société suisse des entrepreneurs et Union suisse des arts et métiers – et apparition publique déterminée, le Conseil national se ravisa, en plénière, et renvoya ce projet au Conseil fédéral. C’était l’automne dernier. 
</p><h3>Pas de contrebande sous le manteau&nbsp;!</h3><p>En janvier 2011, la commission du Conseil des États chargée de l’examen préalable a aussi reconnu les lacunes de ce projet et également recommandé à sa Chambre de le retourner à son expéditeur. Ainsi, l’affaire serait liquidée. Mais restent les envies de révision. Il s’agirait en effet de s’attaquer aux points non contestés à la faveur d’une révision technique. Subsiste cependant le risque que des aspects matériels – comme la baisse de rentes pour accidents versées à des retraité(e)s –soient «&nbsp;passés en contrebande&nbsp;» à cette occasion. L’USS suivra donc de près ces travaux et passera à l’action si des baisses de prestations sont à l’ordre du jour.</p>]]></content:encoded><category>Assurance-accidents</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-19</guid><pubDate></pubDate><title>Une adaptation nécessaire aux réalités du monde du travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/une-adaptation-necessaire-aux-realites-du-monde-du-travail</link><description>L’initiative populaire « 6 semaines de vacances pour tous » prévoit de faire passer de 4 à 6 semaines le droit légal aux vacances. Une revendication qui répond à un besoin avéré des travailleurs et des travailleuses de ce pays.</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’augmentation du droit aux vacances visée par cette initiative permettrait notamment d’alléger le stress qui pèse sur de nombreux salarié(e)s et d’en réduire, de ce fait, nettement les effets négatifs. De surcroît, ceux-ci sont extrêmement coûteux pour l’économie. En effet, les coûts du stress au travail sont estimés à environ 10 milliards de francs par an, soit 2&nbsp;% du PIB. Et ils pourraient bien aller croissant ces prochaines années, car les salarié(e)s doivent aujourd’hui faire face à des conditions toujours plus difficiles&nbsp;: accroissement de la précarité et de la pénibilité, difficultés à concilier vie familiale et professionnelle, etc. 
</p><p>Augmenter le droit aux vacances serait parfaitement supportable pour les entreprises. Son prix, 6,6 milliards de francs par an, ne correspond finalement qu’à une hausse de salaire d’environ 0.4&nbsp;% par an sur 6 ans ou à une diminution du temps de travail de… 10 minutes par jour. Ce montant est, au surplus, nettement inférieur au coût du stress au travail. Il existe en outre une marge de manœuvre importante pour réduire le temps de travail en Suisse, par exemple grâce à plus de congés. En effet, sur ces 20 dernières années, la productivité a augmenté beaucoup plus vite que les salaires, pour une durée du travail moyenne qui est restée pratiquement stable (une diminution d’à peine… 18 minutes par semaine en 18 ans&nbsp;!). La Suisse fait d’ailleurs partie du peloton de tête européen des durées du travail les plus longues. Qui plus est, les salarié(e)s de ce pays accumulent chaque année des heures supplémentaires correspondant à environ 100&nbsp;000 postes à plein temps&nbsp;!
</p><p>Il convient enfin de relever que les droits aux vacances stipulés par les conventions collectives de travail (CCT) ou par les lois sur le personnel des collectivités publiques, bien que représentant souvent des améliorations sensibles par rapport aux 20 jours par an accordés par le Code des obligations, restent très en-deçà de l’objectif de l’initiative. Il existe en effet de nombreuses CCT comptant plusieurs milliers d’assujettis (p. ex. nettoyage en Suisse alémanique, routiers suisses, coiffure, boucherie, sécurité privée) qui ne prévoient pas de droit aux vacances allant au-delà du minimum légal. D’autres le font, mais cela ne va que rarement au-delà de 5 jours supplémentaires. Enfin, ces améliorations ne concernent souvent que les salarié(e)s d’un certain âge (p. ex. les plus de 55 ans) ou les apprenti(e)s. Une semaine supplémentaire de vacances pour tous améliorerait déjà la situation de plus de 3&nbsp;100&nbsp;000 travailleurs et travailleuses, alors que les deux semaines supplémentaires préconisées par l’initiative augmenteraient le droit aux vacances de la quasi-totalité des salariés suisses. Le compte est vite fait&nbsp;!
</p><p>L’USS soutient donc l’initiative «&nbsp;6 semaines de vacances pour tous&nbsp;». Augmenter les congés pour diminuer le stress au travail et permettre aux travailleurs et travailleuses de mieux profiter de leur vie familiale et sociale n’est en effet pas un luxe, mais une adaptation nécessaire aux réalités du monde du travail moderne.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-20</guid><pubDate></pubDate><title>À qui le tour ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/a-qui-le-tour</link><description>Le libéral-radical Christian Lüscher lance, concernant le shops des stations-service, une initiative « portes toujours ouvertes ». À droite, où le sort des personnes qui y travaillent, qui doivent y travailler, n’inquiète guère. Une chose est certaine, le débat sur les heures d’ouverture des commerces est loin d’être clos. </description><content:encoded><![CDATA[<p>S’il y a un mythe bien ancré dans les têtes des partis bourgeois, c’est sans doute aucun celui qui veut que la société aurait évolué vers le 24 heures sur 24 et que les besoins des consommateurs et consommatrices exigent que les heures d’ouverture des commerces s’y adaptent. Que ce mythe ne repose sur rien d’autre que des suppositions toutes théoriques n’empêche pas cette droite de vouloir faire accroire à l’opinion publique que ceux qui défendent les droits des travailleurs concernés pour des «&nbsp;vieux archaïques plus en phase avec la société&nbsp;». Or, personne ne constate une évolution significative des «&nbsp;besoins des consommateurs&nbsp;», ni une «&nbsp;tendance inéluctable&nbsp;» menant à une société qui ne se repose jamais. En effet, le rythme «&nbsp;travail de jour en semaine, repos de nuit et le week-end&nbsp;» reste celui de l’immense majorité de la population et des services qui lui sont destinés (sauf les services d’urgence). 
</p><p>La loi sur le travail (LTr) se base sur ce qui est toujours une réalité sociale et postule l’interdiction de principe du travail nocturne et dominical, sauf en cas de besoin impérieux dûment démontré. Les tribunaux rappellent régulièrement que la santé et la vie sociale des travailleurs passe avant les profits des grandes enseignes du commerce de détail ou d’hypothétiques «&nbsp;besoins des consommateurs&nbsp;». 
</p><p>Les milieux économiques et les partis bourgeois sont conscients qu’une attaque frontale contre ces principes cardinaux du droit du travail n’aurait pas la moindre chance de succès&nbsp;; ce qui a été confirmé par les votes populaires dans les cantons qui ont, en grande majorité, rejeté les tentatives de libéraliser les horaires d’ouverture des magasins. Ces milieux, économiques et politiques, procèdent par conséquent en appliquant leur désormais traditionnelle «&nbsp;stratégie du salami&nbsp;». Or, chaque tranche de salami ouvre un petit peu plus la porte à une libéralisation totale des heures d’ouverture de tous les commerces, puis à une libéralisation, totale aussi, de tous les horaires de travail. En effet, pour un commerce qui ouvre en dehors des heures habituelles, ce sont toute une série de services (sécurité, nettoyage, livraison, etc.) qui doivent, eux aussi, s’adapter pour être à disposition 24 heures sur 24. 
</p><p>Dernière tranche en date&nbsp;: l’initiative Lüscher (PLR/GE), qui vise à libéraliser totalement le travail de nuit dans les shops de stations-service le long des grands axes routiers. Et à nouveau, cette proposition ne s’appuie que sur une pseudo «&nbsp;évolution des besoins des consommateurs&nbsp;». Que le travail de nuit soit mauvais pour la santé – et c’est prouvé - ne semble pas émouvoir ses partisans, pas plus le fait que les stations-service soient des lieux de travail dangereux, en particulier la nuit&nbsp;: il ne se passe en effet pas une semaine sans que les médias rapportent un braquage. En outre, l’absence de solution de garde pour les enfants ou de transports publics pendant la nuit ne pèse guère dans la balance face à la volonté du commerce de détail de ne jamais fermer ses magasins. La commission de l’économie et des redevances du Conseil national a donc malheureusement accepté l’initiative Lüscher à une large majorité. 
</p><p>Mais l’USS continuera à s’opposer fermement à toute nouvelle libéralisation des horaires de travail. Affaire à suivre.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-21</guid><pubDate></pubDate><title>Le diktat de l’austérité toujours dans les têtes</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/le-diktat-de-l-austerite-toujours-dans-les-tetes</link><description>Concernant l’encouragement de la formation, de la recherche et de l’innovation pour l’année 2012 (FRI 2012), le Conseil fédéral est sur les freins. L’avant-dernier jour de la prochaine session parlementaire, la Chambre des cantons devra corriger le tir. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Dans son message FRI 2012, le Conseil fédéral se méprend sur au moins trois points essentiels, à savoir&nbsp;: l’importance à long terme des investissements dans la formation, la volonté commune – et exprimée comme telle – des acteurs de la formation professionnelle ainsi que les expériences faites avec le message FRI 2007-2011.
</p><h3>La formation sous-évaluée</h3><p>Dans son message FRI 2012, le Conseil fédéral reconnaît à la Suisse une position internationalement de pointe en matière de formation et de recherche. Mais il ne mentionne pas les énormes taux de croissance décidés par l’Allemagne et la Chine au chapitre des investissements dans ces domaines. Il n’a manifestement pas pris connaissance des déclarations faites par Claudia Schmied, ministre fédérale de l’éducation, des arts et de la culture (Autriche), qui a présidé la réunion ministérielle de l’OCDE sur l’éducation (Paris, 4/5.11.2010), selon qui&nbsp;: «&nbsp;La formation doit être plus que jamais considérée comme un investissement et un moteur d’une croissance à long terme ainsi que de la cohésion sociale. Nous avons besoin de plus de personnes mieux formées afin de garantir le bien-être futur des gens dans notre société toujours plus mondialisée et multiforme.&nbsp;» La formation et la recherche ne doivent donc pas simplement passer après les affaires politiques quotidiennes et le but d’une «&nbsp;quote-part de l’État stable&nbsp;». Domaines importants d’investissement, elles ont besoin de stabilité et de continuité, car les incessantes hausses de la productivité ainsi que la complexification des processus démocratiques nécessitent que tous et toutes disposent de compétences plus poussées. Dans le message FRI 2012, cette évidence ne se traduit cependant que par une croissance de 1,9&nbsp;% seulement des investissements destinés à l’ensemble du domaine de la formation, de la recherche et de l’innovation, programmes européens exceptés.
</p><p>Qui plus est, l’enquête PISA 2010 nous a déjà appris qu’en ciblant ses efforts de formation ciblés, on pouvait améliorer tout spécialement la situation des personnes socialement défavorisées. Des dépenses qui, par la suite, peuvent se transformer coûts sociaux et frais d’exécution pénale économisés. 
</p><h3>La Confédération ne satisfait pas à ses obligations financières</h3><p>C’est au plus tard après la publication du Livre blanc de l’Académie suisse des sciences qu’une lutte s’est engagée entre partisans de la formation professionnelle et partisans de la formation générale. Or, avec son message FRI 2012, le Conseil fédéral verse de l’huile sur ce feu, car il encourage en particulier un projet de l’École polytechnique fédérale, mais ne veut pas tenir compte des revendications émises par la 6e Conférence nationale sur les places d’apprentissage. Le 25 octobre 2010, emmenés par Doris Leuthard, alors présidente de la Confédération, les représentant(e)s de la Conférence suisse des directeurs de l’instruction publique et des partenaires sociaux ont proposé de relever aussi rapidement que possible à la valeur de référence légale de 25&nbsp;% la part de la Confédération aux coûts engendrés, pour les pouvoirs publics, par la formation professionnelle. De fait, la Confédération aurait dû avoir atteint ce niveau depuis 2009 déjà. Or, pour 2012, c’est même un recul qui est prévu. Selon ses propres calculs, la Confédération a une dette de 100 millions de francs envers les cantons, une somme qui manque précisément à ces derniers pour renforcer la formation professionnelle supérieure, comme ce fut décidé à cette 6e Conférence nationale sur les places d’apprentissage. C’est pourquoi la Confédération doit remplir, une fois pour toutes, le mandat stipulé à l’article constitutionnel 65, qui consiste à «&nbsp;(encourager) la diversité et la perméabilité de l’offre dans ce (de la formation professionnelle) domaine&nbsp;». 
</p><h3>Au Parlement de recorriger </h3><p>Pour la période 2007-2011, la situation de départ était comparable&nbsp;: le Conseil fédéral avait défini un but de croissance des investissements dans la formation de seulement 4,5&nbsp;%. Prenant l’initiative, les syndicats exigèrent alors, avec les employeurs et les cantons, une croissance de 8 à 10&nbsp;%, un objectif auquel toutes institutions importantes de formation et de recherche se rallièrent. Finalement, les Chambres fédérales décidèrent une croissance de 6&nbsp;% pour tout le domaine FRI.
</p><p>Cette année, le Parlement peut faire preuve de la même clairvoyance qu’en 2006 et encourager - pour l’étape intermédiaire de 2012 déjà - le secteur des EPF, mais aussi celui de la formation professionnelle&nbsp;; cela, par la reprise des objectifs arrêtés par la Conférence sur les places d’apprentissage.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-22</guid><pubDate></pubDate><title>Un non de plus</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/un-non-de-plus</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Après le Tessin, Bâle-Campagne et Thurgovie, c’est maintenant au tour du canton de Saint-Gall&nbsp;: régulièrement, quatre cinquièmes des citoyennes et citoyens rejettent des ini­tiatives cantonales dont le but est de privatiser entièrement ou partiellement l’école pri­maire. Et le 13 février dernier, ce sont les citoyennes et citoyens du canton de Saint-Gall qui ont montré au «&nbsp;Lobby des parents&nbsp;» («&nbsp;Elternlobby&nbsp;») et aux jeunes radicaux, que seules 20 pour cent des parents font…. du lobbyisme. Cette fois, les auteurs de l’initiative voulaient, usant d’une feinte technique, ne privatiser «&nbsp;que&nbsp;» le niveau supérieur. Mais le Souverain ne s’en est pas laissé conter et rejeta l’initiative par 82,5 pour cent des voix.
</p><p>Vieille de 175 ans dans de nombreux cantons, l’école primaire est, malgré des lacunes encore à combler, fortement enracinée dans la population qui s’y identifie. Les jeunes radicaux saint-gallois ont dû s’en rendre compte et se sont retirés du débat. Par contre, le «&nbsp;Lobby des parents&nbsp;» entend continuer le combat. Affaire à suivre.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-23</guid><pubDate></pubDate><title>Une solution acceptable en vue</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/une-solution-acceptable-en-vue</link><description>En décembre 2010, le Conseil des États a, pratiquement à la majorité, approuvé la pro-position du Conseil fédéral. Le Conseil national devrait suivre lors de la session de mars et approuver le 1,148 milliard de francs proposé. Ainsi, après 10 années d’attente, une solution acceptable pour toutes les parties concernées aurait été trouvée.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Mais reprenons les choses depuis leur début&nbsp;: avec ce compromis, la Confédération reste encore débitrice des réserves de fluctuation nécessaires au fonctionnement d’une caisse de pensions saine. Vraiment moche&nbsp;!
</p><p>L’élément positif ici, c’est que la commission des finances du Conseil national est apparemment sérieuse avec sa proposition. Elle suit, à une majorité également nette, la décision claire du Conseil des États (16 voix contre 2). Cela ne va pas de soi, car il y eut aussi une proposition de non-entrée en matière qui échoua par 14 voix contre 7. Les «&nbsp;Neinsager&nbsp;», qui voulaient transférer la totalité de la charge sur les CFF et leur personnel, sont en effet restés minoritaires. Désormais, la majorité veut enfin imposer l’assainissement de la caisse et soutient donc la solution avec laquelle la participation de la Confédération, des CFF et de leur personnel serait manière égale. Étant donné la forte pression exercée par les problèmes à résoudre, c’est acceptable. 
</p><p>Ce qui n’est vraiment pas beau ici, c’est que la caisse de pensions des CFF fait définitivement l’objet d’un traitement différent de celui d’autres caisses comparables. En 1999, la Confédération l’a refinancée sans réserves de fluctuation, ce qui a eu immédiatement pour conséquence que les pertes en bourse - des milliards - n’ont pas pu être compensées rapidement après le lancement de la nouvelle caisse et ont été à l’origine d’une sous-couverture persistante. Au surplus, contrairement à ce qui fut le cas avec Swisscom et RUAG, la caisse de pensions des CFF a dû reprendre ses rentiers et rentières. Le déséquilibre qui en découla par rapport aux actifs et actives cotisant devrait peser lourdement sur elle durant longtemps. Tous ceux et toutes celles qui pensent aujourd’hui que la Confédération serait très généreuse avec son 1,5 milliard environ, encore à décider, doivent aussi prendre connaissance de ces faits. En tant qu’ancien employeur, la Confédération devrait à proprement parler payer beaucoup plus. De fait, un refinancement correct aurait représenté 3,4 milliards de francs. Et il ne faut pas non plus oublier que, depuis 2003, les CFF et son personnel paient chacun 1,5&nbsp;% de plus de cotisations et versent, depuis 2010, des cotisations supplémentaires d’assainissement qui représentent des milliards de francs&nbsp;; cela, alors que l’actuel personnel touchera des rentes moindres, malgré le relèvement de l’âge de la retraite. Le personnel fournit ainsi une contribution très élevée. D’un point de vue syndical, le compromis trouvé représente par conséquent le strict minimum.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Transports</category><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-24</guid><pubDate></pubDate><title>Les mouvements pour la démocratie ont besoin de notre solidarité</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/les-mouvements-pour-la-democratie-ont-besoin-de-notre-solidarite</link><description>« Le travail est un droit, pas une aumône ! », « Liberté ! », « Ministère de l’intérieur = ministère du terrorisme », « Du pain et de l’eau ! Ben Ali, dégage ! ». Les stratèges poli-tiques d’Europe et des États-Unis ont été très étonnés de voir qu’avec de tels slogans des jeunes manifestant(e)s – et non pas ces islamistes tant évoqués par eux - ont fait vaciller les dictatures d’Afrique du Nord. Tout à coup, le mot « démocratie » était dans toutes les bouches.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Dans les pays caractérisés par l’oppression et la corruption, il n’y avait et il n’y a toujours guère de perspectives d’avenir pour la majorité de la population. Les détenteurs du pouvoir sont les seuls à jouir des richesses économiques, alors que la pauvreté, le chômage et la pénurie de logements est le lot quotidien de tous les autres. Avec la fermeture toujours plus totale des frontières avec l’Union européenne, et donc la Suisse aussi, a disparu pour eux la possibilité de remédier à cette absence de perspectives. L’explosion n’était alors plus qu’une question de temps.
</p><p>En Tunisie, c’est en décembre dernier qu’a commencé le soulèvement populaire, qui s’est étendu ensuite rapidement à de nombreux pays arabes. Le maître depuis longtemps de la Tunisie, Ben Ali, s’est finalement enfui du pays avec sa famille. Et tout à coup, celui qui avait été un ami courtisé par l’Ouest est devenu un dictateur dont les comptes en Suisse et dans d’autres banques européennes devaient être bloqués.
</p><p>Une fois que la population eut contraint le président égyptien Moubarak à démissionner, le gouvernement militaire s’est mis à négocier l’avenir du pays en coulisses, avec les grandes puissances. Des intérêts géostratégiques – canal de Suez, Israël – sont au premier plan ici, pas les revendications de la population qui demande du pain, du travail et des salaires qui permettent de vivre. 
</p><p>Que cela marche, comme en Tunisie ou en Égypte, ou que cela soit encore ouvert, comme en Algérie ou dans d’autres pays arabes, partout dans cette région, la majorité de la population a amorcé un processus de démocratisation centré sur la liberté politique, la justice sociale et l’égalité. Pour renforcer ce processus, notre solidarité est nécessaire.
</p><p>Le SOLIFONDS est en contact avec plusieurs organisations qui luttent depuis des années pour la démocratie en Tunisie. En font partie l’organisation féministe ATFD (Association Tunisienne des Femmes Démocrates), l’organisation des chômeurs UDC (Union des Diplomé-e-s Chômeurs/euses) et des milieux syndicaux engagés, qui sont à l’origine d’une révolution tunisienne notamment portée par des centrales syndicales. Étonnés par les événements qui se sont déroulés, ils sont en train de redéfinir leur action et de développer une stratégie. Le soutien dont ces forces pourront bénéficier sera déterminant pour le processus de démocratisation en cours. Le SOLIFONDS s’en occupe.
</p><p>Les événements de Tunisie ont entraîné, dans de nombreuses villes d’Algérie, une vaste mobilisation de la population qui s’est heurtée à la répression violente des autorités en place. Les détenteurs du pouvoir -&nbsp; chefs de l’armée et gouvernement – essaient de maintenir la situation sous contrôle en réprimant les manifestations et en faisant des petites concessions. Le mouvement algérien pour la démocratie, pour sa part, ne faiblit pas&nbsp;; de fait il se bat depuis de longues années contre le régime en place. Mais il a aussi besoin d’une grande solidarité internationale, également à travers le SOLIFONDS, qui est en contact direct depuis longtemps avec des syndicats autonomes qui comptent parmi les acteurs les plus importants du mouvement pour la démocratisation. 
</p><p>www.solifonds.ch, CCP&nbsp;: 80-7761-7</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-16</guid><pubDate></pubDate><title>Encore et toujours des différences importantes, encore et toujours des dangers !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/encore-et-toujours-des-differences-importantes-encore-et-toujours-des-dangers</link><description>Les réseaux de soins intégrés sont à l’ordre du jour de la session parlementaire qui va s’ouvrir. Les deux Chambres en traiteront : d’abord le Conseil national (3 mars), puis le Conseil des États (9 mars). Les différences entre elles étant importantes, impossible de dire aujourd’hui si la votation finale pourra avoir lieu durant cette session.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Commençons par un petit rappel&nbsp;: le projet de «&nbsp;managed care&nbsp;» a pour objectif d’encourager les réseaux de soins intégrés, des réseaux qui permettent d’éviter les traitements médicaux parallèles. Ce freinera la croissance des coûts et devrait aussi agir sur les primes de caisse-maladie. En soi, quelque chose de judicieux, donc. Mais les délibérations du Parlement ont fait apparaître plusieurs chausse-trappes.
</p><h3>L’obligation de proposer des réseaux</h3><p>Il n’y en aura pas pour les caisses&nbsp;! Tel est le credo du Conseil des États, alors que la majorité de la commission du Conseil national voulait que toutes les caisses soient tenues de proposer des réseaux de soins intégrés et que ces derniers soient indépendants des caisses. Pour l’Union syndicale suisse (USS), l’obligation de proposer des réseaux et leur indépendance sont des éléments importants du projet.
</p><h3>Quote-part différenciée</h3><p>La réglementation de la quote-part est un point central. Sur cette question, les avis divergent toujours. L’actuelle quote-part ordinaire se monte à 10&nbsp;% des frais médicaux, mais au maximum 700 francs par an. Le projet de «&nbsp;managed care&nbsp;» prévoit une quote-part différenciée. Celle des assuré(e)s qui opteraient pour un réseau de soins intégré serait inférieure (5 %) à celle des personnes qui aimeraient continuer à choisir librement leur médecin de famille (15 %). La majorité de la commission du Conseil national a rallié la position du Conseil des États, mais relevé de 5 à 7,5&nbsp;% la quote-part des personnes rejoignant un réseau et fixé à 15&nbsp;% celle des autres. Cette majorité ne veut pas non plus fixer dans la loi une quote-part annuelle maximale en francs. Dans cette commission, une minorité souhaite que la quote-part des personnes rejoignant un réseau soit de 5&nbsp;%, que le montant annuel maximal soit maintenu dans la loi et que son indexation ne se fasse pas sur l’évolution des coûts dans le domaine de l’assurance-maladie, mais sur l’évolution des salaires et des prix. Une autre minorité de cette commission veut, par contre, rester fidèle à la position initiale du Conseil national, soit&nbsp;: une quote-part de 10&nbsp;% pour les assuré(e)s affiliées à un réseau de soins intégré et de 20 % pour tous les autres.
</p><p>L’USS estime qu’une quote-part différenciée n’a de sens que s’il y a obligation pour les caisses de proposer un réseau de soins intégré.
</p><h3>Contrats léonins<span>&nbsp;</span>et obstacles à la sortie d’une caisse</h3><p>(Un contrat léonin (on parle habituellement d’une clause léonine d’un contrat) est un contrat qui avantage une des parties au détriment complet de l’autre.)
</p><p>Les caisses pourraient lier les assuré(e)s à des réseaux de soins intégrés au moyen de contrats d’une durée pouvant aller jusqu’à trois ans. Avant la fin de cette durée, il ne serait possible de changer de caisse et de forme d’assurance qu’en s’acquittant de primes de sortie convenues, dont les caisses pourraient fixer le montant à leur gré.
</p><p>Une minorité de la commission veut proposer au Conseil national de biffer ces contrats léonins et ces obstacles à la sortie d’une caisse. La majorité de la commission soutient par contre, comme le Conseil des États, la pose d’obstacles importants à la sortie d’une caisse ainsi que les contrats sur plusieurs années. Ainsi, les deux Chambres sont d’accord pour que les assuré(e)s affiliés à des réseaux de soins intégrés doivent s’attendre à devoir conclure de tels contrats. Par contre, de nombreuses autres dispositions et des facilitations concernant le changement de caisses et les obstacles en pareils cas sont contestées. 
</p><p>L’USS juge que les primes de sortie et les contrats léonins doivent être dans toute la mesure du possible exclus du projet. 
</p><h3>Qualité et responsabilité budgétaire</h3><p>Il n’y a plus aucune différence sur les exigences concernant en matière de qualité faites aux réseaux de soins intégrés et l’ampleur de la responsabilité budgétaire. Les Chambres se sont mises d’accord pour dire que le Conseil fédéral peut fixer des exigences, mais ne le doit pas. Une minorité de la commission exige une disposition impérative. L’USS estime aussi que c’est dans l’intérêt des assuré(e)s.
</p><h3>Des dispositions transitoires piège</h3><p>Le Conseil des États a biffé toutes les dispositions transitoires. La commission du Conseil national reste fidèle à la décision prise par la Chambre du peuple en 2010. Selon ces dispositions, les assureurs devront, en l’espace de trois ans, proposer partout des réseaux de soins intégrés. Et s’il devait apparaît qu’il n’existe pas d’offre dans l’ensemble du pays, le Conseil fédéral devrait alors proposer de nouvelles mesures. Jusque-là, rien à redire. Mais la commission du Conseil national vient de transformer ces dispositions transitoires en leur contraire. Elle veut – si des réseaux n’existent pas dans l’ensemble du pays après trois ans – laisser tomber l’obligation faire aux caisses de proposer de tels réseaux ainsi que les dispositions selon lesquelles ceux-ci devront être indépendants des caisses. En d’autres termes, les caisses verraient leurs obligations tomber et ne resteraient que la quote-part différenciée, les contrats léonins et les obstacles à la sortie d’une caisse ainsi que la responsabilité budgétaire. Pas question qu’il en aille ainsi&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-17</guid><pubDate></pubDate><title>Une révision dirigée contre les rentières et rentiers AI	</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/une-revision-dirigee-contre-les-rentieres-et-rentiers-ai</link><description>L’AI se fait démanteler à fond de train. À peine la 5e révision est-elle entrée en vigueur, avec ses coupes massives, que la révision 6a est expédiée par les Chambres fédérales, alors que la 6b est déjà dans les starting-blocks. Et c’est sciemment que l’on s’accommode ici des bâclages législatifs et autres mesures déséquilibrées que cela implique. Finalement, les seules concernées sont les personnes handicapées…</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les dettes accumulées par l’AI ont entraîné des mesures d’assainissement. La première étape de ces dernières réunissait les 4e et 5e révisions entrées en vigueur respectivement en 2004 et 2008. Ainsi le nombre des nouvelles allocations de rentes a radicalement baissé, ce qui a influé directement sur le sort des personnes concernées. Aujourd’hui, quiconque souffre d’une maladie grave ou est victime d’un accident est doublement puni. En plus de la souffrance humaine subie, sa sécurité économique est gravement menacée. Ces personnes décrivent leur parcours à travers les offices AI comme une course d’obstacles dont les médecins de cette assurance sont devenus les acteurs tout-puissants. 
</p><p>La deuxième étape comprend l’élimination des déficits de l’AI. Pour celle-ci, la TVA a été légèrement augmentée à 8&nbsp;% pour les années 2011 à 2017. À partir de 2017, des mesures d’austérité supplémentaires seront prises afin de remettre à flot les finances de l’assurance. Cette troisième étape a également été mise sur rail avec la 6e révision.
</p><p>Le Conseil des États débattra, en tant que second conseil, de la révision 6a de l’AI (1er train de mesures) lors de cette session de printemps. S’il ne subsiste ensuite que des différences minimes avec le Conseil national, la votation finale pourra avoir lieu en mars. 
</p><h3>Des devoirs uniquement pour les rentières et rentiers AI</h3><p>Le Conseil fédéral qualifie cette révision d’«&nbsp;axée sur la réadaptation&nbsp;». Grâce à elle, les comptes de l’AI devraient être allégés chaque année, de 2018 à 2027, d’environ 500 millions de francs en tout. Un nombre de 17&nbsp;000 rentières et rentiers AI devront être réadaptés quasiment d’un seul coup. En revanche, la majorité de droite du Parlement a brutalement refusé toute obligation pour les employeurs de prévoir un nombre même modeste d’emplois pour les personnes handicapées. Bien au contraire, la droite mise sur ledit «&nbsp;placement à l’essai&nbsp;». Cette mesure de réadaptation devra être appliquée à tous les assuré(e)s de l’AI. Ceux-ci pourront donc être placés par un office AI auprès d’un employeur&nbsp; et devront effectuer le travail qui leur aura été attribué. Ils ne recevront pas de salaire, mais leurs droits par rapport à l’AI seront garantis. Si un(e) assuré(e) refuse cette mesure, il/elle risque de se voir retirer sa rente. Pour l’employeur, il n’en découlera aucun coût, puisque ces personnes devront travailler gratuitement pour lui. Cette disposition représente donc un travail gratuit pour un employeur privé avec, pour l’assuré(e), le risque d’être sanctionné par la perte de tous ses droits par rapport à l’AI s’il refuse un tel travail. D’un point de vue juridique, il ne s’agit là de rien d’autre qu’une forme indirecte de «&nbsp;travail forcé&nbsp;». Le fait que le placement à l’essai soit limité à six mois ne garantit en rien que l’employeur n’en profitera pas pour abuser de la situation. En effet, les personnes peu qualifiées courront le risque que ces placements se suivent les uns aux autres, sans déboucher sur un engagement fixe. Finalement, l’employeur ne sera pas obligé d’offrir un emploi à la personne placée à l’essai.
</p><h3>Réductions des prestations pour les victimes du coup du lapin</h3><p>Cette révision de l’AI prévoit également des réductions sensibles de prestations. La proposition de réexaminer les rentes existantes, avec pour intention de les supprimer, est très explosive aussi. Il s’agit de rentes accordées avant 2008 pour des troubles douloureux ne s’expliquant pas par des causes organiques (p. ex. coup du lapin). La Commission de la sécurité sociale et de la santé publique (CSSS) du Conseil national, chargée de l’examen préalable, a imposé une définition perverse (&nbsp;du tableau clinique de ces troubles&nbsp;; cela, en se basant sur la formulation contenue dans l’arrêt controversé du Tribunal fédéral (août 2010) sur le coup du lapin. Cette définition floue pourrait, de fait, concerner une large palette d’affections psychiques. Il apparaît que le Conseil des États va aussi soutenir cette extension des tableaux cliniques à réexaminer. La révision 6a a pris en point de mire un groupe précis de rentières et rentiers AI dont elle a fait un ramassis de simulateurs et simulatrices qu’elle fera basculer, une fois leur rente supprimée, dans la pauvreté. 
</p><p>En outre, cette révision créera plus de concurrence dans l’acquisition de moyens auxiliaires et concernant la participation aux frais d’assistance depuis si longtemps souhaitée. À travers cette participation, c’est une nouvelle prestation qui est introduite pour les adultes atteints d’un handicap physique. Elle complétera l’indemnité pour impotent ainsi que l’aide fournie aux proches&nbsp;; elle sera donc une solution de rechange à l’entrée dans un home. En effet, cette participation permettra aux bénéficiaires de rentes AI d’engager eux-mêmes les aides qui leur sont nécessaires. Pour les coûts induits, ils recevront ainsi de l’AI une participation de 30 francs par heure. Cette dernière n’engendrera aucun surcoût, car elle permettra d’économiser sur les indemnités pour impotent.
</p><h3>Démantèlement</h3><p>Le démantèlement de l’AI se trouve ainsi accéléré, en l’absence de pronostics fiables concernant la situation financière qui sera celle de l’AI ces dix prochaines années. La majorité parlementaire de droite a donc, après les soi-disant parasites sociaux et les étrangers criminels, trouvé une nouvelle tête de Turc&nbsp;: les rentières et rentiers AI simulateurs. Elle peut ainsi justifier le démantèlement qu’elle appelle de ses voeux. 
</p><p>La révision 6b de l’AI, que le Conseil fédéral entend soumettre aux Chambres en mai prochain, va encore plus loin. Elle prévoit des baisses de rentes directes pour tous les rentiers et rentières AI. Le seuil de la douleur a été atteint depuis longtemps avec les diverses révisions de l’AI. Il faut en finir avec ces remèdes de cheval&nbsp;!&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Assurance-invalidité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-25</guid><pubDate></pubDate><title>Alors que le Conseil fédéral prévoit de fêter, les syndicats veulent agir</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/alors-que-le-conseil-federal-prevoit-de-feter-les-syndicats-veulent-agir</link><description>Le Conseil fédéral veut fêter comme il se doit le quarantième anniversaire de l’introduction du suffrage féminin. L’Union syndicale suisse (USS) entend par contre, 30 ans après l’article constitutionnel sur l’égalité, relancer la question de l’égalité. Durant la première moitié du mois de juin, la Suisse de l’égalité des sexes aura ainsi deux visages : un, tourné vers le passé et l’autre, vers l’avenir.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Lors de l’heure des questions du 7 mars au Parlement fédéral, plusieurs conseillères nationales ont demandé au Conseil fédéral quelles activités il avait prévu pour le 14 juin 2011, soit 30 ans après l’adoption de l’article constitutionnel sur l’égalité. Selon la chancelière fédérale, qui répondait à une question de la conseillère nationale Margret Kiener Neller, les 40 ans de suffrage féminin seront dûment fêtés dans la Berne fédérale. Et cela, le 6 juin, 40 ans après que les femmes ont pu voter pour la première fois dans tout le pays. La manifestation se centrera sur cette commémoration historique. 
</p><p>On en conclura donc ceci&nbsp;: a) le Conseil fédéral ne fera rien le 14 juin, b) au centre de la fête du gouvernement, on ne trouvera pas la question des sexes au sens étroit du terme, mais celle de la participation politique des femmes à l’ensemble de la vie politique. Quant à ce qui concerne l’égalité effective, 30 ans après le scrutin sur l’article constitutionnel et 15 ans après l’entrée en vigueur de la loi sur l’égalité, il y aurait certes moins à fêter qu’à réaliser... En effet, malgré ces 30 ans de loi sur l’égalité, les femmes gagnent toujours moins que les hommes, assument toujours beaucoup plus de travail non rémunéré que les hommes et sont, de ce fait, moins actives professionnellement, ce qui, à son tour, a pour effet qu’elles sont bien plus fréquemment touchées par la pauvreté que les hommes. Mais si le Conseil fédéral veut fêter…
</p><p>Par contre, les syndicats veulent relancer l’égalité des sexes. Car elle est plus nécessaire que jamais. C’est pourquoi ils lancent, le 14 juin, une journée nationale – mais décentralisée – d’action et de grève intitulée&nbsp;: «&nbsp;FEMMES EN MOUVEMENT. L’ÉGALITÉ ABSOLUMENT&nbsp;!&nbsp;».
</p><p>À cet effet, des comités ont été créés ces derniers mois dans presque tous les cantons. En font souvent partie des organisations qui n’appartiennent pas au milieu syndical au sens restreint du terme. Ces comités sont en train de planifier cette journée. Sur la base des informations déjà reçues, on peut dire que le 14 juin se caractérisera par des actions comme 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>des pauses prolongées/débrayages dans certaines branches et entreprises&nbsp;;</li><li>des actions dans des entreprises, des centres de formation, dans les ménages et dans l’espace public&nbsp;;</li><li>des manifestations, des rassemblements et des fêtes, le soir, dans les grandes localités.</li></ul><p>L’USS appelle toute la population, hommes et femmes, à participer à ces actions et à donner de la sorte un nouvel élan à l’égalité des sexes. Ainsi, il y aura aussi de quoi fêter un jour à venir…
</p><p>Plus d’informations sur <a href="http://www.14juin2011.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.14juin2011.ch</a>.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-27</guid><pubDate></pubDate><title>15 000 arrivées en fin de droit en un seul jour !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/15-000-arrivees-en-fin-de-droit-en-un-seul-jour</link><description>Ce n’est pas un poisson d’avril. Que non ! Mais le 1er avril, 15 000 chômeurs et chô-meuses arriveront en effet en fin de droit d’un seul coup. Telle est la volonté du Conseil fédéral : en dépit de ce qui se fait habituellement dans ces cas, malgré les voix syndicales qui n’ont cessé de mettre en garde contre ce risque et sans qu’il soit du tout nécessaire qu’il en aille ainsi.</description><content:encoded><![CDATA[<p>C’est vrai&nbsp;: le 26 septembre 2010, les syndicats ont perdu leur référendum contre la révision de la loi sur l’assurance-chômage (LACI). Une majorité des votant(e)s ont dit oui au démantèlement des prestations de celle-ci. Seule la Suisse latine a dit non. C’est comme ça.
</p><p>Il n’empêche&nbsp;: avec les assurances sociales, le principe appliqué habituellement est celui de la bonne foi. Les règles du jeu ne doivent pas être changées en cours de partie. Traduisons&nbsp;: les droits acquis ne peuvent être retirés. Ou, pour le dire au sujet de la LACI&nbsp;: si des prestations sont dégradées, cela ne doit toucher que les personnes qui seront concernées à partir de l’entrée en vigueur des changements. Cela a toujours été ainsi. Or, aujourd’hui, le Conseil fédéral veut changer les règles du jeu. À partir du 1er avril 2011, la nouvelle LACI entrera en vigueur et s’appliquera de manière identique à tous les chômeurs et toutes les chômeuses. Conséquence&nbsp;: d’un seul coup, en un seul jour, 15&nbsp;000 chômeurs et chômeuses se retrouveront en fin de droit, c’est-à-dire exclus de l’assurance-chômage, parce qu’une nouvelle durée, abrégée, de prestation leur sera appliquée. Une telle pratique n’avait à ce jour jamais été constatée dans la récente histoire de notre pays.
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) a toujours demandé que la LACI révisée n’entre en vigueur qu’une fois la crise passée. Elle a plusieurs fois mis en garde le gouvernement à ce sujet, mais ce dernier a fait la sourde oreille…
</p><p>Le 9 mars encore, les syndicats de Suisse romande ont lancé un appel au Conseil fédéral pour qu’il n’applique les nouvelles règles qu’aux personnes qui tomberont au chômage à partir du 1er avril, rappelant qu’en un seul jour, 15&nbsp;000 personnes allaient se retrouver sinon en fin de droit. Entre temps, ce nombre de 15&nbsp;000 a dû être corrigé à la hausse, suite à un sondage de l’Agence télégraphique suisse auprès des cantons.
</p><p>Mais la majorité du Conseil fédéral reste obstinément sur la même ligne&nbsp;: distribution de cadeaux fiscaux «&nbsp;en haut&nbsp;» et économies pour celles et ceux «&nbsp;d’en bas&nbsp;». Il entend appliquer implacablement la nouvelle LACI. À lui donc d’assumer cette détresse supplémentaire q&nbsp;&nbsp;&nbsp; u’il crée. Mais gageons qu’occupé à quelque dîner de gala, il n’entendra rien.</p>]]></content:encoded><category>Assurance-chômage</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-28</guid><pubDate></pubDate><title>Il faut relever les salaires les plus bas et stopper la sous-enchère salariale</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/il-faut-relever-les-salaires-les-plus-bas-et-stopper-la-sous-enchere-salariale</link><description>Près de 400 000 personnes gagnent moins de 4000 francs par mois. Et les salaires de celles et ceux qui ne doivent pas « tout simplement » se battre pour survivre sont aussi sous pression. C’est pour cela que l’Union syndicale suisse (USS) a lancé son initiative sur les salaires minimums.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Éhonté&nbsp;! En Suisse, près de 10 % des personnes exerçant une activité lucrative sont si peu rémunérés qu’ils ne sont pratiquement pas en mesure de s’en sortir, et encore moins s’ils ont une famille à nourrir. Près de 300&nbsp;000 femmes et 100&nbsp;000 hommes gagnent – calculé en équivalent plein temps – moins de 4000 francs par mois, soit moins de 22 francs de l’heure. Et il ne s’agit de loin pas uniquement de personnes qui, en raison de graves problèmes, ne seraient parvenus qu’imparfaitement à se former. Il s’agit aussi de personnes qualifiées, au bénéfice d’un apprentissage et/ou d’une expérience professionnelle. 
</p><p>Les salaires des salarié(e)s plus ou moins correctement rémunérés sont également sous pression. En externalisant des activités auparavant effectuées dans et par elles, des entreprises veulent économiser de l’argent. Précisément en recourant à des emplois temporaires et non fixes. Et, concernant les femmes, c’est en avançant un argument «&nbsp;léger&nbsp;», comme celui du manque d’années d’expérience ou d’une expérience inadéquate, que certains justifient le versement de salaires plus bas que pour les hommes. 
</p><p>C’est à cause de ces deux réalités que, le 25 janvier dernier, l’USS a lancé son initiative populaire sur les salaires minimums. L’USS veut relever les salaires les plus bas à un niveau un tant soit peu acceptable et protéger les salarié(e)s de ce pays contre la pression accrue qui s’exerce sur leurs salaires. C’est pourquoi son initiative prévoit, d’une part, un salaire minimum légal de 22 francs de l’heure – ou 4000 francs par mois – et, de l’autre, l’encouragement, par la Confédération et les cantons, de l’inscription de salaires minimums obligatoires dans les conventions collectives de travail. Aujourd’hui en effet, seuls 40&nbsp;% des salarié(e)s sont protégés par des salaires minimums. Or, ces derniers étoufferaient l’emploi de celles et ceux qui devraient en profiter, affirment à cor et à cris les adversaires de cette initiative. Mais si c’était vrai, pourquoi les syndicats ont-ils pu obtenir en dix ans près de 50&nbsp;% de hausse des salaires minimums à la Coop et à la Migros&nbsp;?
</p><p>Les salaires minimums sont un instrument de protection des salaires des plus utiles. Pas étonnant que l’initiative syndicale ait déjà pu rassembler 25&nbsp;000 signatures au moins en plein hiver. Les week-ends des 1er et 2 avril, l’USS organise une première grande action de récolte nationale de signatures. Plus de 100 stands, répartis dans tout le pays, sont déjà prévus et chaque jour, de nouveaux sont annoncés.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-26</guid><pubDate></pubDate><title>La conseillère fédérale Widmer-Schlumpf au service des riches et des banques comme son prédécesseur, le conseiller fédéral Merz ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/la-conseillere-federale-widmer-schlumpf-au-service-des-riches-et-des-banques-comme-son-predecesseur-le-conseiller-federal-merz</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Sous l’ère Merz, la réputation du Département fédéral des finances fut méchamment mise à mal. Chiffres erronés, projets de baisses d’impôt pour les gros salaires, les riches et les banques ainsi que mesures d’austérité inutiles ont marqué cette époque de leur empreinte.
</p><p>Depuis plusieurs années, ce département publie, concernant la Confédération, de sombres perspectives financières. Ce qui a servi à justifier l’engagement de mesures d’austérité et le renvoi à plus tard de l’assainissement de l’AI. Or, la réalité des finances fédérales a été, année après année, bien meilleure qu’annoncé. Les comptes ont bouclé nettement mieux que pronostiqué. Sous l’ère Merz, les résultats de la Confédération ont été supérieurs de près de 23 milliards de francs à que ce qui avait été budgétisé. Soit plus d’un tiers du budget total de la Confédération&nbsp;!
</p><p>Le Département des finances a, toujours sous l’ère Merz, battu tous les records avec la deuxième réforme de l’imposition des entreprises. Lors d’une conférence de presse avant la votation à ce sujet, en 2008, le conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz avait déclaré qu’il était temps de faire quelque chose pour les petites et moyennes entreprises - les PME - pour tous ces milliers de peintres, de pharmaciens, de garagistes, de fleuristes, de bouchers. Or, grâce à cette réforme, ce sont avant tout des grands groupes, comme le Crédit Suisse, Swiss Re ou ABB, qui versent encore plus de dividendes (non imposés&nbsp;!), faisant des trous de plusieurs milliards de francs dans les finances de la Confédération. À l’époque, les citoyens et les citoyennes ont été salement grugés.
</p><p>La successeure de Monsieur Merz, la conseillère fédérale Evelyn Widmer-Schlumpf, a désormais la possibilité de restaurer la réputation de ce département. Mais elle est plutôt mal partie pour y arriver. Elle veut en effet offrir près de 200 millions de baisses d’impôts aux banques afin qu’elles puissent s’endetter à meilleur marché encore (suppression du droit d’émission). Et elle essaie, en plus, de cacher les pertes à hauteur de milliards de francs occasionnées par la réforme de l’imposition des entreprises. Car, il devrait même s’agir d’un montant encore plus élevé que celui présenté lundi à la presse. 
</p><p>Ce sont une nouvelle fois les personnes fortunées et les super-riches qui profiteront de ce cadeau fiscal fait aux actionnaires. En effet, ce sont eux qui détiennent les actions, les ménages ordinaires n’en possédant guère. En moyenne, un actionnaire bénéficiera ainsi d’une remise fiscale d’environ 1000 francs par an&nbsp;!
</p><p>La politique financière appliquée par la conseillère fédérale Widmer-Schlumpf semble de ce fait être la copie parfaite de celle du conseiller fédéral Merz&nbsp;: les riches et les gros revenus profitent de rabais fiscaux alors que la famille moyenne attend depuis des années que la Confédération améliore une bonne fois les réductions des primes-maladie, pour que les budgets des ménages ne soient pas mangés par l’explosion de ces primes.
</p><p>La conseillère fédérale Widmer-Schlump doit stopper les remises fiscales offertes aux gros actionnaires et aux banques. Avec sa politique, le conseiller fédéral Merz a perdu la face. Avec la sienne, Madame Widmer-Schlumpf court le risque de ne plus oser regarder la population dans les yeux…</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-30</guid><pubDate></pubDate><title>Une majorité à côté des réalités du monde du travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/une-majorite-a-cote-des-realites-du-monde-du-travail</link><description>[Translate to fr:] Am 17. März hat der Nationalrat die Volksinitiative «6 Wochen Ferien für alle» von Travail.Suisse abgelehnt. Er hat damit eine Chance verpasst, einen Ausgleich zum zunehmenden Stress zu schaffen.</description><content:encoded><![CDATA[<p>En rejetant l’initiative «&nbsp;6 semaines de vacances pour tous&nbsp;», le Conseil national vient de rater une belle opportunité d’améliorer la santé des travailleurs et des travailleuses ainsi que d’adapter le droit du travail aux réalités modernes. En effet, une augmentation des vacances serait notamment un moyen efficace pour réduire le stress au travail, dont les coûts annuels se montent à quelque 10 milliards de francs, soit environ 2% du PIB. La majorité bourgeoise préfère donc que l’économie continue à assumer ces charges… et que la santé des salarié(e)s continue d’en pâtir. 
</p><p>Une augmentation à 6 semaines de la durée des vacances bénéficierait à la totalité des salarié(e)s suisses. En effet, malgré de nombreux progrès dans les conventions collectives de travail (CCT), beaucoup de travailleurs et travailleuses, même âgés, ne bénéficient que du minimum légal de 4 semaines. Un grand nombre ne bénéficie que d’améliorations marginales. Or, le coût d’une augmentation de la durée des vacances à 6 semaines pour tous serait modeste&nbsp;: 6,6 milliards de francs, ce qui est dans tous les cas inférieur aux coûts du stress au travail. En outre, 2 semaines de vacances supplémentaires ne correspondent qu’à une diminution du temps de travail de… 10 minutes par jour. 
</p><p>La santé au travail est l’un des défis du monde du travail actuel, et ce dans toutes les branches. Augmenter les vacances pour diminuer le stress et améliorer la qualité de vie est un projet moderne, en phase avec les réalités. Visiblement, certains ne l’ont toujours pas compris.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-31</guid><pubDate></pubDate><title>Une initiative claire au lieu d’un contre-projet mou</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/une-initiative-claire-au-lieu-d-un-contre-projet-mou</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>L’initiative «&nbsp;jeunesse + musique&nbsp;», que le Conseil national recommande au peuple et aux cantons d’accepter, est désormais passée devant le Conseil des États. Malheureusement, ce dernier la refuse. Il a décidé de lui opposer un contreprojet plutôt mou, qui laisserait une trop grande marge de manœuvre aux cantons. Sa formulation n’est en effet pas contraignante et ne touche en rien à la répartition des compétences. 
</p><p>Avec un tel contreprojet, il serait de ce fait plus difficile et plus incertain d’atteindre les objectifs visés par l’initiative, à savoir&nbsp;: encourager la formation musicale des jeunes. En effet, les cantons pourraient alors décider eux-mêmes ce qu’ils entendent concrètement par l’encouragement de la formation musicale des jeunes.
</p><p>L’USS soutient cette initiative et espère que c’est cette voie qui sera finalement suivie par l’Assemblée fédérale, puis par le peuple et les cantons qui devraient se prononcer en 2012.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-32</guid><pubDate></pubDate><title>« Et pourquoi pas 30 % de fonds propres »</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/et-pourquoi-pas-30-de-fonds-propres</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Connaisseur réputé de la régulation des banques, le professeur Martin Hellwig de l’Institut Max Planck de Bonn, prenant la parole dans le débat sur la problématique du «&nbsp;trop grand pour être mis en faillite&nbsp;», ou «&nbsp;too big to fail&nbsp;», se demande&nbsp;: «&nbsp;Et pourquoi pas 30&nbsp;% de fonds propres obligatoires non pondérés&nbsp;?&nbsp;»&nbsp;. Cela représenterait 30 centimes de fonds propres par franc inscrit au bilan, alors que, de son côté, le Conseil fédéral ne propose qu’environ 3 centimes…
</p><p>Martin Hellwig pense ainsi à dix fois plus de fonds propres obligatoires et prévoit même des conditions plus strictes que le gouvernement suisse dans son projet de régulation des grandes banques. La procédure de consultation à ce sujet durera encore jusqu’au 23 mars et il est d’ores et déjà clair que les grandes banques ne prendront pas de gants pour faire pression afin que les exigences en matière de fonds propres soient inférieures. Et le camp bourgeois leur offrira son soutien. 
</p><p>Martin Hellwig estime que la détention de suffisamment de fonds propres est centrale pour éviter à l’avenir de nouvelles crises financières. Il se déclare très sceptique au sujet des modèles de risque, car ils ont offert aux banques des possibilités de manipulations. Il réfute également l’argument couramment opposé, selon lequel les fonds propres seraient chers. Si une banque possède plus de fonds propres, elle gagne en sécurité. Elle doit donc moins payer d’intérêts sur les capitaux étrangers, ce qui lui épargne des coûts. 
</p><p>La menace de délocalisation brandie par l’UBS en cas de régulation plus stricte des banques, laisse Martin Hellwig imperturbable. Il ne peut pas s’imaginer que toute la banque quitte la Suisse. Il y a en effet trop de raisons pour elle de rester sur le site actuel, dont, entre autre, la stabilité politique, la renommée et le savoir-faire à disposition. 
</p><p>Longtemps avant la crise financière qui menaçait toutes les économies il y a trois ans, Martin Hellwig signalait déjà les graves lacunes des régulations des banques, notamment les modèles de risque selon Bâle II. Ces modèles sous-estimaient en effet les risques et ils furent &nbsp;une incitation pour les banques à «&nbsp;externaliser&nbsp;» les risques de leurs bilans, par exemple dans le secteur peu régulé des assurances, comme ce fut le cas avec AIG.
</p><p>&nbsp;</p><p>Martin Hellwig a présenté son exposé à l’Université de Berne, le 17 mars 20101, dans le cadre d’une soirée organisée par l’USS. Les transparents de son exposé intitulé «&nbsp;Bankenregulierung nach der Krise&nbsp;: Reichen die Reformen aus&nbsp;?&nbsp;» (non traduit) peuvent être téléchargés sur le site allemand de l’USS&nbsp;: www.sgb.ch.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique monétaire</category><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-38</guid><pubDate></pubDate><title>La barre des 40 000 signatures déjà franchie</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-barre-des-40-000-signatures-deja-franchie</link><description>La récolte des signatures pour l’initiative des syndicats sur les salaires minimums marche comme sur des roulettes. Deux mois tout juste après son  lancement, plus de 40 000 personnes ont déjà signé cette initiative. Un succès qui n’étonne pas étant donné la pression sur les salaires, voire la sous-enchère constatée dans des cas extrêmes, qui règne actuellement. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Tout récemment, à Marbach dans le canton de Saint-Gall, un des cas les plus crasses de sous-enchère salariale a été découvert. Chicorée Suisse cherche dans cette région des collaborateurs et collaboratrices devant travailler 50 heures par semaine debout pour un salaire de 12,50 francs de l’heure&nbsp;;&nbsp; soit un salaire de misère net de moins de 2000 francs par mois. Ce qui rend cette exploitation d’êtres humains encore plus grave, c’est qu’elle figure dans la bourse des emplois de l’office régional de placement…
</p><p>Plutôt que de faire de la publicité à un dumping de cet acabit, les autorités devraient s’y attaquer concrètement. Avec l’initiative de l’Union syndicale suisse (USS) sur les salaires minimums, pareils agissements ne seraient plus tolérés. Elle demande en effet que plus personne en Suisse ne gagne moins de 22 francs de l’heure, c’est-à-dire 4000 francs par mois. Environ 400&nbsp;000 personnes profiteraient de ce salaire minimum, une majorité de femmes, car elles sont particulièrement victimes de discriminations salariales.
</p><p>Mais les personnes «&nbsp;rétribuées&nbsp;» avec la plus grande parcimonie ne sont pas les seules à pâtir de la pression qui s’exerce sur les salaires. Cette dernière touche aussi les salarié(e)s ordinaires. De fait, toujours plus d’entreprises externalisent certaines activités à des entreprises qui rémunèrent moins bien leur personnel que ce n’était le cas avant l’externalisation. Ou alors, elles occupent du personnel temporaire bon marché. En outre, les hausses de salaire accordées ne sont pas à la hauteur de ce qui serait justifié. Tout cela pèse sur les paies des employé(e)s «&nbsp;normaux&nbsp;». 
</p><p>Pour que tous les salaires soient protégés, l’initiative de l’USS demande, en plus d’un salaire minimum légal, que l’on encourage l’inscription dans les conventions collectives de travail de salaires minimums. Ceux-ci garantissent en effet que les personnes concernées touchent les salaires usuels dans leur profession ou branche.
</p><p>Ces deux buts de l’initiative sont largement acceptés dans la population, comme cela apparaît lors des récoltes de signatures. Les journées d’actions de fin mars/début avril ont donc été logiquement fructueuses. Des milliers de signatures ont été récoltées si bien que l’initiative a, en peu de temps, déjà franchi la barre des 40&nbsp;000 signatures.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-33</guid><pubDate></pubDate><title>Pas question de revenir à la guerre froide contre les femmes !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/pas-question-de-revenir-a-la-guerre-froide-contre-les-femmes</link><description>Le conseiller national Peter Föhn fait souffler une bise glaciale sur la politique suisse. Concernant l’interruption de grossesse, il veut revenir à l’époque de la guerre froide contre les femmes. Une pareille volonté de régresser montre que les femmes doivent faire passer un message clair le 14 juin prochain, lors de la journée nationale d’action et de grève. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 2 juin 2002, le peuple suisse acceptait par 72&nbsp;% de «&nbsp;oui&nbsp;» la solution dite des délais. Grâce à la lutte menée durant des années par les femmes, l’interruption de grossesse était enfin décriminalisée. L’obligation, pour l’assurance-maladie, de prendre en charge les frais entraînés par les avortements constituait l’un des éléments du projet soumis au vote. La loi est entrée en vigueur le 1er octobre 2002. 
</p><p>Ce verdict du peuple fut très difficile à digérer pour les défenseurs de la vieille morale hypocrite dans ce domaine. Après avoir laissé passer un certain temps, ils s’attelèrent à leur travail de sabotage. Pas frontalement, mais avec subtilité et sous de nouveaux «&nbsp;atours&nbsp;». Un de leur héraut est le conseiller national UDC Peter Föhn. Peter Föhn ne veut pas que les avortements soient à nouveau interdits, mais entend les exclure du catalogue des prestations obligatoires de l’assurance-maladie de base. Selon lui, une interruption de grossesse ne serait remboursée par l’assurance qu’en cas de viol ou lorsque la vie de la mère est en danger. La motion de Monsieur Föhn passera le 12 avril prochain devant le Conseil national, lors de sa session spéciale. 
</p><p>Peter Föhn justifie et vend sa proposition comme une contribution à la baisse des coûts de la santé. Mais qu’adviendrait-il si la guerre froide contre les femmes s’imposait grâce à son idée&nbsp;? Celles d’entre elles dont les revenus sont modestes devraient – comme par le passé – se débrouiller toutes seules ou recourir à des non-professionnel(le)s. Ce serait quand même incroyable qu’en plein 21e siècle, des femmes soient à nouveau contraintes de vivre des situations à ce point indignes&nbsp;!
</p><p>Peter Föhn est cependant tout sauf isolé dans son combat. L’an dernier, on a en effet assisté au lancement d’une initiative populaire fédérale qui demande que les interruptions de grossesse soient retirées de l’assurance-maladie obligatoire&nbsp;; cela, en avançant le même argument des coûts. La récolte des signatures prendra fin le 26 juillet 2011. 
</p><p>Pour parer à ce risque d’un retour à une époque supposée révolue, une seule réponse&nbsp;: le 14 juin prochain, les femmes doivent faire passer un message clair en faveur de l’égalité des sexes et d’une société marquée au sceau de l’égalité entre femmes et hommes.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-34</guid><pubDate></pubDate><title>Il faut mieux protéger les personnes qui se défendent</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/il-faut-mieux-proteger-les-personnes-qui-se-defendent</link><description>Le harcèlement sexuel au travail est un phénomène malheureusement fréquent. Mais les plaintes déposées contre lui sont rares. La conseillère nationale Franziska Teuscher veut que cela change et propose une procédure à deux volets.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Lors de sa session spéciale qui débutera le 11 avril, le Conseil national a la possibilité d’adopter des mesures destinées à la lutte contre le harcèlement sexuel au travail. En effet, il devra débattre d’une initiative parlementaire qui demande, d’une part, que «&nbsp;chaque employeur désigne un service ou une personne de confiance, interne ou externe, à qui s’adresser en cas de harcèlement sexuel&nbsp;» et, de l’autre, que «&nbsp;l’allègement du fardeau de la preuve s’applique aussi à l’infraction constituée par le harcèlement sexuel&nbsp;». 
</p><p>La première mesure, un service ou une personne à qui s’adresser, est conçue pour les cas où la personne harcelée restera probablement dans l’entreprise après être intervenue auprès de ce service ou de cette personne, autrement dit&nbsp;: que le climat dans l’entreprise pourra changer. Quant à l’allègement du fardeau de la preuve, l’initiative parlementaire se réfère à l’article 6 de la loi sur l’égalité. Ainsi, lorsqu’une action serait intentée, il y aurait suspicion de harcèlement si la victime rendait ce dernier crédible, la personne dénoncée devant alors prouver que c’est faux. 
</p><p>Les principales bénéficiaires de cette deuxième mesure seraient avant tout des femmes qui portent des affaires de harcèlement devant la justice. Dans la plupart des cas, elles ne travaillent plus dans l’entreprise concernée. C’est ce qui ressort du rapport d’évaluation de la loi sur l’égalité. Une femme sur trois et un homme sur dix est victime de harcèlement sexuel au moins une fois durant sa vie professionnelle. Cela, alors que la loi sur l’égalité s’applique depuis 1996. Or, ces infractions sont malgré tout rarement dénoncées devant les tribunaux, la peur de perdre son emploi étant déterminante ici.
</p><p>Par conséquent, ces propositions profiteront autant aux personnes qui veulent corriger immédiatement un préjudice subi qu’à celles qui portent plainte et quittent donc leur entreprise. Dans ces deux cas, il est important et juste que la victime soit soutenue.. 
</p><p>Mais nous tirons un autre enseignement encore de ces faits. Il faut un vent nouveau pour relancer l’égalité et améliorer la situation de la femme. C’est pourquoi, le 14 juin a été décrété journée nationale d’action et de grève, à l’enseigne de&nbsp;: FEMMES EN MOUVEMENT. L’ÉGALITÉ ABSOLUMENT&nbsp;! (<a href="http://www.14juin2011.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.14juin2011.ch</a>).&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-36</guid><pubDate></pubDate><title>Halte au dumping ! Des salaires minimums, maintenant !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/halte-au-dumping-des-salaires-minimums-maintenant</link><description>Appel du 1er Mai de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>Comme si de rien n’était, les capitaines d’industrie et les managers de haut vol empochent à nouveau des millions de bonus. Technocrates complices et politiciens inféodés veillent à ce qu’ils puissent se servir en toute tranquillité.
</p><p>Le résultat&nbsp;? Jamais les riches n’auront été aussi riches. Jamais le fossé entre l’élite et la population laborieuse n’aura été aussi profond.
</p><p>En même temps, les salaires des gens ordinaires sont mis sous pression. Toujours plus d’activités sont externalisées vers des entreprises bon marché. Le chômage reste élevé. Le nombre des emplois temporaires croît massivement. Les salaires des femmes sont à la traîne derrière ceux des hommes. D’un autre côté, les loyers ne cessent d’augmenter, de même que les taxes. Qui plus est, les offensives dirigées contre les assurances sociales se suivent en rangs serrés. 
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) combat cette politique des nantis. Elle veut des emplois sûrs, des rentes et des salaires décents. Et un État qui soit performant, en mesure de compenser les inégalités sociales.
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>En lieu et place de bonus, nous avons besoin de hausses de salaire pour tout le monde. Les salarié(e)s doivent être protégés au moyen de salaires minimums. C’est d’ailleurs dans ce but que l’USS a lancé une initiative populaire. Pour près de 400&nbsp;000 salarié(e)s, le salaire minimum légal qu’elle demande - 22 francs de l’heure ou 4000 par mois - sera un apport précieux. Mais les effets de l’initiative iront bien au-delà de la protection contre la sous-enchère salariale et la lutte contre la répartition inéquitable des revenus. Les femmes en particulier, toujours et encore discriminées à cet égard, en profiteront aussi. Le 14 juin, journée nationale d’action et de grève, nous nous opposerons à cette discrimination salariale et relanceront ainsi l’égalité entre femmes et hommes.</li><li>Nous n’accepterons jamais que l’on démolisse la Suisse en matière d’AVS, d’AI, d’assurance-chômage et accidents. Nous n’accepterons jamais qu’en Suisse, les personnes socialement défavorisées soient à nouveau contraintes de mendier. Avec notre projet AVSplus, nous voulons combler les manques financiers dont souffrent les bas et moyens revenus une fois à la retraite. Les aîné(e)s doivent pouvoir vivre dans la dignité&nbsp;!</li><li>Il faut, une fois pour toutes, en finir avec les cadeaux fiscaux offerts aux riches, des cadeaux qui se traduisent, pour les gens ordinaires, par des hausses de taxes et une régression sociale à grande échelle. Les successions importantes doivent être imposées. L’assurance-maladie doit reposer sur un financement plus juste et la construction de logements d’utilité publique doit être encouragée.</li></ul><p>Nous voulons la liberté, l’égalité et la solidarité pour tous et toutes, dans le monde entier. C’est pourquoi, ce 1er Mai 2011, nous espérons, avec les syndicats d’Afrique du Nord, que le soulèvement des peuples de cette région les conduise à un avenir plus juste.</p>]]></content:encoded><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-37</guid><pubDate></pubDate><title>Souvenirs de demain</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/souvenirs-de-demain</link><description>1er Mai 2011</description><content:encoded><![CDATA[<p>Hubert Schaller* (trad. D. Süri)
</p><p>Les autoroutes furent construites.
</p><p>Les minarets sont interdits.
</p><p>Les journaux sont remplis :
</p><p>le nouveau scandale bancaire,
</p><p>le nouveau film alimentaire,
</p><p>le nouveau président,
</p><p>le progrès annoncé tous les jours
</p><p>en boucle.
</p><p>&nbsp;</p><p>Les vieux mensonges alimentent toujours les questionneurs.
</p><p>Les politiciens jonglent avec les pour cents électoraux.
</p><p>Les accidents nucléaires sont enregistrés très exactement.
</p><p>La météo tient ce qu’elle promet.
</p><p>&nbsp;</p><p>Les syndicats marchandent des pour-cent de salaires.
</p><p>Les opposants à la mondialisation finissent en prison.
</p><p>Le pape se rend à Hollywood.
</p><p>Les requérants d’asile sont renvoyés chez eux.
</p><p>L’opposition fait de la tactique avec l’adversaire.
</p><p>&nbsp;</p><p>Qu’attendons-nous encore,
</p><p>là où la multiplication miraculeuse des bonus s’invite à table,
</p><p>là où le patriotisme de l’Albisgüetli prospère,
</p><p>et que l’ennui suinte à la commissure des lèvres,
</p><p>là où le bonheur familial goutte comme du miel de la boîte à images
</p><p>et que les petits riches sont solidaires des grands riches.
</p><p>&nbsp;</p><p>Qui donc parle sans cesse d’insatisfaits,
</p><p>là où tous se rendent en pèlerinage aux urnes les joues empourprées d’optimisme
</p><p>et affirment imperturbablement 
</p><p>que nous sommes un peuple de Dieu extra-européen.
</p><p>Qui donc se porte mieux que nous,
</p><p>qui, patiemment et avec application, accroissons le bien-être
</p><p>et érigeons des murs contre le regard des envieux.
</p><p>&nbsp;</p><p>Et lorsqu’une nouvelle crise économique éclate
</p><p>et lorsque l’avant-dernier travailleur est licencié
</p><p>et qu’il ne reste pas pierre sur pierre,
</p><p>infrangibles et fermes
</p><p>nous sentons sous nos pied
</p><p>la roche inébranlable
</p><p>de la haute finance.
</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;Hubert Schaller, né en 1955, professeur de gymnase et poète, vit à Alterswil (FR). En 1984, le prix de littérature du canton de Fribourg lui a été décerné. Publications : Trommelfellschläge (poésies, 1985)&nbsp;; Drùm (poésies, 2005). Publie régulièrement des chroniques et essais dans différents journaux et revues.
</p><p>(Traduction D. Süri) 
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-39</guid><pubDate></pubDate><title>La sortie du nucléaire doit être pilotée</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/la-sortie-du-nucleaire-doit-etre-pilotee</link><description>Fukushima montre que, dans des cas extrêmes, la technologie nucléaire n’est pas maîtrisable. C’est pourquoi une sortie du nucléaire s’impose. Elle nécessitera que l’approvisionnement en électricité fasse l’objet d’un contrôle démocratique public. Il faut donc arrêter d’expérimenter des libéralisations et autres privatisations.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis plus de trois semaines, les travailleurs et travailleuses, les ingénieur(e)s et les sapeurs-pompiers et sapeuses-pompières essaient vainement d’endiguer la catastrophe de Fukushima. Les contremesures sans cesse improvisées depuis le premier jour montrent que personne ne maîtrise plus rien. La technologie nucléaire est si complexe et dangereuse que dans des cas extrêmes, les scénarios imaginés échouent et que les spécialistes apparaissent désespérément impuissants. Désormais, il est clair que le cœur des réacteurs japonais est en train de fondre, c’est-à-dire que l’on devrait passer à une nouvelle étape, celle d’un accident maximal théorique. Depuis plusieurs jours, l’être humain et son environnement sur plus de 40 kilomètres autour de la centrale subissent des radiations d’un niveau mortel, alors que la contamination de l’océan Pacifique par de l’iode radioactif s’étend aussi. L’eau servant à refroidir les réacteurs qui s’écoule dans l’océan représente une dose d’irradiation de 1000 millisieverts par heure, c’est-à-dire des milliers de fois la dose annuelle admise. De quoi frapper mortellement du «&nbsp;syndrome d’irradiation aiguë&nbsp;» les individus qui lui sont exposés. 
</p><p>Cette situation apocalyptique montre la face grimaçante d’une technologie nucléaire qui tient l’être humain dans le plus pur mépris. Tout cela fait en effet clairement apparaître en quoi elle s’avère irresponsable. Aujourd’hui, avec un œil sur les futures élections fédérales, des partis de droite – jusque-là généreusement financés par le lobby atomique&nbsp;! – prônent également la sortie du nucléaire. Mais les professions de foi à bon marché ne suffisent plus. Il faut, une fois pour toutes, appliquer une politique contraignante.
</p><h3>Les piliers de la sortie du nucléaire</h3><p>La politique énergétique défendue par les syndicats demandait avant tout, ces dernières années, un approvisionnement public et sûr en électricité, à des prix stables. Nous sommes parvenus à contrer la libéralisation de ce marché et, parallèlement, avons soutenu et développé des conceptions prévoyant un approvisionnement durable. On y voit que la sortie du nucléaire est possible si l’on se donne des objectifs politiques clairs. De plus, un tel changement de cap créera plus d’emplois, des emplois plus sûrs et plus innovants qu’avec la voie erronée suivie jusqu’à ce jour. Les principaux axes à cet effet sont&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>Il faut, en premier lieu, exploiter entièrement le potentiel d’efficience énergétique. selon les principes de la société à 2000 watts. En matière d’isolation des bâtiments, des économies de 50 à 80&nbsp;% sont possibles&nbsp;; elles sont de 70&nbsp;% pour les moteurs et les appareils. Mais la liberté de choix, qui a toujours eu cours, n’est plus de mise. Des exigences et des interdictions s’imposent désormais, par exemple contre les innombrables et inutiles mises en veille d’appareils.</li><li>L’avenir appartient aux nouvelles énergies renouvelables. L’énergie éolienne est déjà concurrentielle, mais provient principalement de la Mer du Nord où les conditions sont idéales. Dans quelques années, l’énergie solaire sera globalement rentable, et pas seulement pour la production d’eau chaude comme c’est déjà le cas aujourd’hui.</li><li>La future production d’énergies renouvelables devra être plus décentralisée que maintenant. C’est pourquoi, nous devrons miser à court et moyen terme, dans les régions d’habitat disséminé, sur des installations de couplage chaleur-force (CCF) de grande efficacité, produisant à la fois de la chaleur et de l’électricité. Dans les régions à forte densité de population, il faudra par contre mettre de manière efficiente à profit le surplus de chaleur à disposition (usines de traitement des ordures ménagères, centrales de cogénération).</li><li>La nouvelle politique énergétique qui mènera à la sortie du nucléaire nécessitera aussi une meilleure efficience en matière de réseau, tant pour le transport transfrontalier de l’électricité que pour l’utilisation de l’électricité produite de manière décentralisée. Les maîtres-mots sont ici&nbsp;: des réseaux de distribution intelligents («&nbsp;smart grid&nbsp;») pour une distribution optimale de la production d’électricité et, pour les liaisons internationales, des systèmes de transmission d’électricité en courant continu haute tension (HVDC).</li></ul><p></p><h3>Un pilotage politique contraignant est nécessaire</h3><p>La sortie du nucléaire, que presque tout le monde demande dorénavant, nécessite – de manière continue durant des décennies – une production et un approvisionnement en électricité qui soient bien planifiés, gérés de manière systématique, économes en ressources et, cependant, d’un prix abordable. Des dispositions politiques non impératives ne permettront naturellement pas d’y parvenir. Il faut ici un pilotage contraignant. Le rôle des centrales électriques devra être redéfini, de la production décentralisée à l’utilisation économique de l’électricité. Des modèles basés sur la coopération et soumis à un pilotage politique de conception démocratique s’y prêteront mieux que la concurrence axée sur la maximisation des profits. Les expérimentations tentées ces dernières années avec des libéralisations et des privatisations ont largement échoué. Elles ont définitivement fait leur temps.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-40</guid><pubDate></pubDate><title>Un domaine toujours beaucoup trop féminin et toujours pénalisé</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/un-domaine-toujours-beaucoup-trop-feminin-et-toujours-penalise</link><description>Qui choie les jeunes enfants ? Habituellement, les mères. Qui soigne les proches atteints d’affections chroniques et les vieux parents malades ? Habituellement l’épouse ou une fille, ou d’autres femmes parmi les proches. Ces « habitudes » doivent changer. Il faut procéder à un nouveau partage entre les femmes et les hommes des activités rémunérées et non rémunérées. Cela aussi, les femmes le demanderont le 14 juin prochain.</description><content:encoded><![CDATA[<p>«&nbsp;Notre but&nbsp;: l’égalité pour toutes&nbsp;!&nbsp;», tel est le slogan de la journée nationale d’action et de grève à laquelle les syndicats appellent pour le 14 juin prochain. «&nbsp;L’égalité pour toutes&nbsp;» est une revendication qui ne concerne pas uniquement les salaires, mais aussi d’autres domaines. Comme la répartition du travail rémunéré et du travail non rémunéré. Ce dernier est toujours et encore d’abord à la charge des femmes. Cela s’explique avant tout par le fait que la prise en charge des enfants et des personnes âgées, lorsqu’elle relève du privé, revient principalement aux femmes. Aujourd’hui, ces tâches d’assistance et de soins aux personnes sont souvent nommées le «&nbsp;care&nbsp;». 
</p><p>Le «&nbsp;care&nbsp;» est important. Il concerne directement la vie, influence notre quotidien et notre qualité de vie. Aucune société ne saurait s’en passer, à la différence d’autres produits ou services. 
</p><p>Mais qui ne vit que d’«&nbsp;importance&nbsp;»&nbsp;? Prenons quelques chiffres. Près d’un tiers du travail effectué en Suisse relève du «&nbsp;care&nbsp;». 80&nbsp;% n’en sont ni rémunérés ni vraiment pris en considération publiquement. 93 % (2013 millions d’heures par an) de ces activités destinées aux enfants ne sont pas rémunérés. Mais comment sont-elles réparties entre les sexes&nbsp;? Les femmes consacrent une bonne vingtaine d’heures par semaine aux enfants, contre 13 pour les hommes<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0611_Werder_Care.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>. Les femmes investissent environ 11 heures par semaine pour la prise en charge d’adultes, contre 8 pour les hommes. Et les femmes qui sont spécialement engagées dans ce domaine ont entre 40 et 64 ans.
</p><p>Lorsqu’il y a des enfants en âge préscolaire, les conséquences pour le travail ménager et familial sont les suivantes&nbsp;: 32 heures pour les hommes et 59, pour les femmes. Dans ce cas, les hommes exercent une activité lucrative pendant 41 heures hebdomadaires, contre 12, pour les femmes. Le travail professionnel et le travail de prise en charge sont donc répartis d’une manière particulièrement inégale dans les couples ayant des enfants encore jeunes. Lorsqu’ils sont plus âgés, cette inégalité diminue. 
</p><p>Mais l’égalité entre femmes et hommes ne s’installe pas pour autant. De fait, ces dernières paient pour leur engagement. Et la plupart du temps, durant toute leur vie. Parce qu’elles s’occupent à ce point des jeunes enfants, elles ne peuvent chercher que des emplois à temps partiel. Conséquence&nbsp;: elles touchent des salaires moindres et lorsque, quelques décennies plus tard, elles pourraient à nouveau reprendre pleinement une vie professionnelle, leur retard sur les hommes, qui se sont d’abord concentrés leur vie durant sur leur carrière professionnelle, est tel qu’elles ne peuvent plus le rattraper. S’ajoute à cela que le travail à temps partiel est beaucoup moins bien couvert par les assurances sociales. De plus, à peine les enfants ont-ils quitté la maison que beaucoup de femmes sont appelées à prendre en charge des proches.
</p><p>De ce fait, des femmes se trouvent désavantagées sur toute la planète dans la reconnaissance du travail important qu’elles fournissent. Or, tout cela n’a rien à voir avec une loi de la nature. Les jeunes pères d’aujourd’hui – c’est déjà un signe – effectuent plus de «&nbsp;care&nbsp;» que leurs grands-pères. Mais ce n’est toujours pas suffisant, et de loin pas. 
</p><p>Chers hommes, l’heure est à l’action&nbsp;! Faites en sorte que, grâce à des réductions drastiques du temps de travail, tant les femmes que les hommes disposent de plus de temps pour s’occuper comme il se doit de leur descendance&nbsp;! Profitez donc de l’opportunité que vous offre la journée nationale d’action et de grève du 14 juin&nbsp;!
</p><h3><b>Encadré</b></h3><p>Pour le 14 juin prochain, les syndicats appellent à participer à une journée nationale d’action et de grève «&nbsp;Notre but&nbsp;: l’égalité pour toutes&nbsp;!&nbsp;». Dans le cadre d’une vaste alliance, ils veilleront à ce que des actions, des manifestations et des rencontres, aient lieu dans tout le pays. Des pauses prolongées sont aussi prévues dans diverses entreprises.
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0611_Werder_Care.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Ces chiffres concernent les ménages avec enfants. Ils sont tous tirés de l’Enquête suisse sur la population active (ESPA) 2007.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-41</guid><pubDate></pubDate><title>Pas de chèque en blanc sur les prestations !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/pas-de-cheque-en-blanc-sur-les-prestations</link><description>Le conseiller fédéral Didier Burkhalter entend renforcer la surveillance de l’assurance-maladie sociale au moyen d’une nouvelle loi. Son projet prévoit une clause de besoin permettant au Conseil fédéral de remettre en question certaines prestations de l’assurance de base. L’USS rejette énergiquement ces méthodes putschistes. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Selon le rapport qui accompagne le projet de loi sur la surveillance de l’assurance-maladie sociale (LSAMa), le système en place a fait ses preuves. Quand trois caisses-maladie ont, depuis 1996, été déclarées insolvables, le fonds d’insolvabilité a dû reprendre les coûts des prestations légales. Mais le même rapport juge les instruments de la loi sur l’assurance-maladie (LAMal) insuffisants en cas de crise&nbsp;: l’insolvabilité d’un grand ou d’un moyen assureur pourrait mettre en danger tout le système de l’assurance. 
</p><h3>Un chèque en blanc</h3><p>Pour protéger ce système et, donc, aussi les assuré(e)s, une compétence serait octroyée au Conseil fédéral qui pourrait, s’il estimait le système menacé, limiter ou même biffer par voie d’ordonnance les prestations de l’assurance de base. Il aurait également la possibilité de baisser les tarifs et de relever la participation des assuré(e)s aux coûts. En cas de besoin, le gouvernement pourrait prendre ces mesures sans délai et décider seul de la façon de procéder, c’est-à-dire quelle mesure ou quelle combinaison de mesures serait appliquée. 
</p><h3>Inacceptable&nbsp;!</h3><p>Le Conseil fédéral aurait ainsi le loisir d’engager ces mesures radicales qui risqueraient de frapper très durement les patient(e)s et les fournisseurs de prestations. Selon son projet, il suffirait que le système de l’assurance-maladie soit jugé menacé. C’est inacceptable&nbsp;! Des mesures dérogeant à ce point à la loi ont besoin d’une légitimité démocratique plus large. Le Parlement doit examiner d’autres solutions et pouvoir trancher.&nbsp; 
</p><p>S’ajoute à cela que ce genre de chèque en blanc offert au gouvernement pourrait faire école et permettre à ce dernier, en cas de «&nbsp;crise&nbsp;», de décider également tout seul à propos d’autres assurances sociales. Logiquement, la réponse donnée par l’USS&nbsp;dans le cadre de cette consultation est claire. C’est non&nbsp;! Les cantons sont d’ailleurs du même avis.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-45</guid><pubDate></pubDate><title>Il suffi de le faire !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/il-suffi-de-le-faire</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Mardi 3 mai, le Secrétariat d’État à l’économie, le SECO, a publié son rapport sur la mise en œuvre des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes. Selon ce dernier, 38&nbsp;% des entreprises qui détachent du personnel en Suisse et 41&nbsp;% des entreprises suisses contrôlées font pression sur les salaires. Et, par rapport à l’année précédente, les cas d’abus ont augmenté en 2010.
</p><p>En soi, ces chiffres sont inquiétants. Mais le fait que les autorités ne s’attaquent qu’avec la plus grande mollesse et tiédeur aux infractions commises en matière de salaire est encore plus inquiétant. Et ce n’est pas faute d’instruments&nbsp;! La loi dit clairement qu’en cas de sous-enchère répétée, des salaires minimums doivent être édictés&nbsp;: soit en étendant la convention collective de travail (CCT), soit via un contrat-type de travail (CTT) prévoyant des salaires minimums obligatoires. 
</p><p>Comme l’indiquent les chiffres officiels, les cas de sous-enchère salariale s’accumulent, mais à ce jour, seuls des cantons de Suisse latine ont édicté des CTT. Les cantons alémaniques ne font pas ce qu’ils devraient faire. C’est de l’aveuglement social parce qu’ainsi, les travailleurs et travailleuses indigènes se voient refuser, comme la main-d’œuvre venant de l’étranger, la protection qui leur revient. Et c’est aussi jouer là avec le feu, car cette attitude négligente de non-intervention politique renforce la méfiance des gens à l’égard de la libre circulation des personnes.
</p><p>Les salaires minimums sont l’alpha et l’oméga d’une politique qui protège la main-d’œuvre résidente contre la concurrence déloyale. Mais encore faudrait-il l’appliquer…
</p><p>De plus, il est et reste nécessaire de mettre en œuvre rapidement sur tout le territoire national la CCT destinée à la branche temporaire. Dans le nettoyage, une branche où les cas de sous-enchère salariale constatés dépassent également la moyenne, il faut que les salaires minimums de la CCT s’appliquent aussi aux petites entreprises de Suisse alémanique. Il est enfin urgent de créer une base légale qui permette de combattre efficacement les faux-indépendant(e)s. Car nombre de travailleuses et travailleurs détachés ne sont indépendants que sur le papier. Les entreprises qui les ont détachés, ingénieuses et tortueuses, leur ont en effet conseillé de se déclarer comme tels afin de pouvoir contourner la protection légale minimale. 
</p><p>Les faits sont là. Les moyens de les corriger aussi. Il suffit de le faire&nbsp;!
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-46</guid><pubDate></pubDate><title>Des bourses d’étude pour garantir le droit à la formation</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/des-bourses-d-etude-pour-garantir-le-droit-a-la-formation</link><description>L’accès à la formation dépend toujours plus du porte-monnaie des parents que des com-pétences et de la motivation des personnes qui souhaitent se former. Mais, malheureuse-ment, les bourses d’études et d’apprentissage ont longtemps été négligées. En outre, le fédéralisme fait que chaque canton a son propre système. Autant de raisons pour lancer une initiative populaire. Ce qui a été fait. La récolte des signatures bat son plein.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Étant donnée le fédéralisme qui règne dans notre pays, l’accès à la formation dépend aussi du canton où l’on réside. Si certains cantons ont pris ce problème au sérieux et mis sur pieds des mécanismes efficaces pour soutenir les jeunes, de l’apprentissage aux hautes écoles, d’autres n’ont malheureusement pas jugé nécessaire d’investir dans la formation de la jeunesse. Tel est le problème qu’entend résoudre l’«&nbsp;Initiative sur les bourses d’études&nbsp;», lancée par l’Union des Étudiant-e-s de Suisse (UNES) et soutenue par l’USS. Une initiative qui prévoit en particulier de fixer des standards minimaux pour les bourses, afin que la totalité des jeunes en formation de tous les cantons puissent bénéficier d’un meilleur soutien. 
</p><p>L’initiative de l’USS permettra aussi d’améliorer les bourses destinées aux apprenti(e)s. En effet, malgré leur salaire, ils et elles sont nombreux à disposer d’un revenu insuffisant pour vivre décemment. Parfois, certains interrompent carrément leur formation pour prendre un emploi non-qualifié, mais mieux payé qu’un apprentissage. Or, ils paieront les conséquences de cette décision toute leur vie, car l’absence d’une formation constitue un risque important de pauvreté et de précarité. 
</p><p>L’USS s’engage pour le droit de toute et tous à la formation, donc pour un renforcement du système des bourses d’études. Elle encourage tous les membres des syndicats qui lui sont affiliés à signer et à faire signer l’initiative des bourses d’études, afin que chacun et chacune puisse avoir accès à une formation de qualité et n’en soit pas exclu pour des raisons uniquement financières&nbsp;!
</p><p>Les feuilles de signatures peuvent être téléchargées sur&nbsp;: <a href="http://www.stipendieninitiative.ch/drupal/sites/default/files/u3/Unterschriftenbogen_gzd_BK_F_02_100708_Logo.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.stipendieninitiative.ch/drupal/sites/default/files/u3/Unterschriftenbogen_gzd_BK_F_02_100708_Logo.pdf</a></p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-48</guid><pubDate></pubDate><title>Heures d’ouverture des commerces de détail : La loi de la jungle va-t-elle s’installer ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/heures-d-ouverture-des-commerces-de-detail-la-loi-de-la-jungle-va-t-elle-s-installer</link><description>À la surprise générale, et contre l’avis du Conseil fédéral qui a appelé à maintenir la protection des travailleurs et travailleuses, la majorité de droite du Conseil national a accepté la motion du libéral-radical zurichois Markus Hutter. Cette motion demande que la loi sur le travail (LTr) puisse être adaptée aux horaires d’ouverture des commerces, que les cantons seraient libres de fixer. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Bien emballée dans le désormais habituel discours des ultralibéraux, dont l’unique souhait est de satisfaire le moindre désir, plus fantasmé que réel, des consommateurs et consommatrices, cette motion ne demande rien moins que les autorités cantonales puissent vider la LTr de sa substance&nbsp;! 
</p><h3>À terme, tous les salarié(e)s sont visés</h3><p>De fait, si les cantons étaient libres de fixer les horaires d’ouverture des magasins comme bon leur semblent, l’interdiction d’employer du personnel la nuit ou le dimanche sauterait totalement dans le commerce de détail. Or, il s’agit là de principes cardinaux de la LTr visant à protéger la santé et la vie tant sociale que familiale des travailleurs et travailleuses. On sait en effet que le travail nocturne et les horaires flexibles sont dangereux pour la santé et qu’il est difficile, sinon impossible, d’assumer ses responsabilités familiales en dehors des horaires habituels de la société&nbsp;; cela, en particulier parce que les solutions de garde d’enfants ne sont pas disponibles à ces moments. Enfin, la vie sociale est fortement entravée lorsque l’on n’a pas congé en même temps que sa famille ou ses amis. Mais les partisans d’une société qui ne se repose jamais n’en ont cure. Ils se moquent totalement de ce que l’ouverture des magasins 24 heures sur 24 force d’autres secteurs économiques (par exemple la logistique, la sécurité, le nettoyage) à s’adapter et à ne plus connaître de temps de repos. À terme donc, c’est l’ensemble des salarié(e)s qui pourraient être amenés à subir des horaires de travail totalement flexibilisés. 
</p><h3>Des tranches de saucisson indigestes&nbsp;!</h3><p>C’est en effet bien là l’objectif des partisans de la flexibilité intégrale. Mais comme ils n’osent pas s’en prendre frontalement aux dispositions de protection des travailleurs et travailleuses, par peur du verdict populaire, ils procèdent par la désormais habituelle «&nbsp;stratégie du saucisson&nbsp;». Chaque «&nbsp;tranche&nbsp;» est plus facile à faire avaler, car la population croit qu’elle ne concerne qu’un nombre restreint de personnes. Toutefois, si l’on additionne ces tranches, on constate alors l’ampleur des dégâts&nbsp;: après le travail dominical dans les commerces des grandes gares, le travail nocturne et dominical pour les jeunes travailleurs et travailleuses et la possibilité données aux cantons d’autoriser les ouvertures dominicales 4 dimanches par an, voici venir l’ouverture 24 heures sur 24 des échoppes de stations-service (initiative Lüscher, actuellement en consultation) et la motion Hutter, qui compte laisser aux cantons le soin d’instaurer la loi de la jungle dans leurs magasins, sans que la Confédération ne puisse y mettre le holà. Et les tranches suivantes sont déjà en préparation&nbsp;! Le Parti libéral-radical (PLR) zurichois a en effet obtenu que le Conseil d’État de ce canton intervienne auprès de la Confédération pour augmenter à 200 m2 la surface maximale des magasins autorisés à ouvrir n’importe quand pour vendre n’importe quoi. 
</p><h3>PLRT&nbsp;: triste «&nbsp;projet de société&nbsp;» et logique abracadabrantesque</h3><p>Cette offensive contre le droit du travail et pour la consommation débridée semble être le seul «&nbsp;projet de société&nbsp;» actuel d’un PLR déboussolé par ses récents déboires électoraux. L’on peine d’ailleurs à comprendre comment les radicaux-libéraux comptent manœuvrer pour faire croire que ces propositions visent un quelconque intérêt général. En effet, elles sacrifient la santé et la vie sociale des salarié(e)s de la vente aux désirs d’une petite minorité de noctambules désireux de consommer à toute heure. Elles ne servent en outre que les intérêts des grandes chaînes du commerce de détail et menacent des milliers d’emplois dans les petits commerces des villages et des quartiers. Pour atteindre ces objectifs peu légitimes, le PLR semble en outre prêt à vouer aux gémonies l’État protecteur des salarié(e)s, État qu’ils ont pourtant largement contribué à construire. Enfin, ces propositions sont en totale contradiction avec les propositions sécuritaires du même PLR&nbsp;: alors que ses élus dans les exécutifs font, par exemple, tout pour limiter la vente d’alcool aux supporters sportifs, le PLR souhaite en même temps libéraliser les heures d’ouverture des échoppes de stations-service dont une bonne partie du chiffre d’affaire repose… sur la vente d’alcool aux noctambules. 
</p><p>Fort heureusement la population n’est, dans sa grande majorité, pas dupe et sait fort bien que la possibilité de consommer 24 heures sur 24 ne justifie pas que l’on porte atteinte à la santé et la vie sociale des salarié(e)s. Les votes populaires à ce sujet dans les cantons le démontrent d’ailleurs aisément&nbsp;: dans 90% des cas, les tentatives de libéraliser les heures d’ouverture des commerces et les horaires de travail ont été rejetées dans les urnes.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-53</guid><pubDate></pubDate><title>La Suisse doit soutenir les efforts internationaux </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-suisse-doit-soutenir-les-efforts-internationaux</link><description>La commission de la sécurité sociale et de la santé publique (CSSS) du Conseil national a accepté l’initiative parlementaire de la socialiste genevoise Liliane Maury-Pasquier et mis en consultation un projet de ratification de la convention n° 183 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur la protection de la maternité. Elle propose aussi de procéder à une petite adaptation de la loi sur le travail (LTr), afin d’ancrer dans la loi que le temps consacré à l’allaitement sur le lieu de travail doit être salarié. Ce point est le seul où une adaptation de la législation suisse à la convention n° 183 est nécessaire.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Actuellement, le temps consacré à l’allaitement sur le lieu de travail est considéré comme du temps de travail (art. 35a al. 2 LTr, art. 60 OLT 1). Mais que ce temps doive être rémunéré ou pas n’est pas clair. La loi est muette sur le sujet. Certains postulent, par exemple, qu’il doit être payé comme une absence en cas de maladie (art. 324a CO). Cela est problématique, d’une part, parce qu’allaiter ne saurait être considéré comme une maladie et, de l’autre, parce que cette durée de paiement du salaire est limitée, en particulier lors de rapports de travail courts. La CSSS propose donc, pour garantir la sécurité juridique, de modifier l’article 35a LTr&nbsp;: l’ordonnance devra définir la durée d’allaitement sur le lieu de travail qui donne droit à un salaire. 
</p><p>Cette proposition est une très bonne nouvelle pour la cause de l’égalité. Elle soutient concrètement les mères qui travaillent et élimine une discrimination salariale&nbsp;: en effet, la possibilité d’avoir du «&nbsp;temps de travail non rémunéré&nbsp;» pour allaiter ne concerne évidemment que les femmes. Cette proposition n’aura qu’un impact minime, si ce n’est marginal, sur les charges salariales, car cela ne correspond qu’à une durée très réduite. Et il faut ajouter qu’en pratique, de très nombreux employeurs versent déjà un salaire pour le temps consacré à l’allaitement. 
</p><p>Il faut enfin saluer le principe de la ratification de la convention de l’OIT n° 183 sur la protection de la maternité. En effet, cette convention donne une assise internationale à de nombreuses mesures de protection des femmes enceintes et des mères qui travaillent, telles que l’assurance-maternité, la protection contre le licenciement pendant et après la grossesse, l’interdiction de discrimination, la protection de la santé et, bien sûr, des mesures en faveur de l’allaitement. La Suisse, qui souhaite jouer à l’avenir un rôle important au sein de l’OIT, se doit de montrer qu’elle soutient ses normes et ratifie ses conventions qui apportent des réponses aux problèmes actuels du monde du travail, même s’il faut pour cela procéder à des adaptations de sa propre législation. En l’espèce, l’adaptation nécessaire est mineure et un refus de la Suisse d’encourager la protection de la maternité au niveau international serait incohérent avec sa stratégie de défense des droits humains et ne serait certainement pas compris par ses partenaires.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-49</guid><pubDate></pubDate><title>Pour une Europe plus sociale !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/pour-une-europe-plus-sociale</link><description>Du 16 au 20 mai, la Confédération européenne des syndicats (CES) a tenu son congrès à Athènes. L’Union syndicale suisse (USS) y était représentée par Vasco Pedrina, repré-sentant de l’USS au comité exécutif de la CES, Paul Rechsteiner, président de l’USS, Andi Rieger, président du syndicat Unia, et Barabara Spalinger, vice-présidente du Syndicat du personnel des transports (SEV). Les congressistes ont adopté une stratégie et un plan d’action pour répondre à la crise de l’euro et aux programmes d’austérité toujours plus durs appliqués en Europe au détriment des travailleuses et travailleurs.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les autorités de l’UE et de ses États membres répondent à la crise de l’euro par un «&nbsp;Pacte pour l’euro&nbsp;» aux conséquences dramatiques pour beaucoup de salarié(e)s. Les mesures d’austérité ont aggravé la situation et les pays concernés font face à une récession prolongée, une charge de la dette et un chômage en hausse. Le risque est réel de voir des pays et leurs populations s’endetter davantage encore, mettant ainsi l’Europe sociale et le projet européen tout court en grand danger. La Suisse ne sera pas épargnée, comme elle ne l’est déjà pas suite à la multiplication des attaques contre les droits des travailleurs et travailleuses résultant du «&nbsp;Pacte de stabilité renforcée&nbsp;» de l’UE et d’une série d’arrêts de la Cour de justice européenne. 
</p><p>L’USS soutient donc pleinement la résolution adoptée par le congrès de la CES d’Athènes, qui exige d’urgence un changement fondamental dans l’approche de la crise par l’UE et une augmentation de l’aide aux pays en difficulté comprenant un plan d’investissement européen ambitieux, l’émission d’obligations par l’UE (pour réduire la pression sur les économies en détresse), le développement d’une politique industrielle durable soutenue par une réforme fiscale incluant une taxe sur les transactions financières. 
</p><p>A l’instar de la CES, l’USS dénonce les implications du «&nbsp;Pacte pour l’euro&nbsp;» en voie d’adoption, notamment en matière de salaires. Ces nouvelles règles remettent en cause l’autonomie des partenaires sociaux et créent une pression à la baisse sur les salaires ainsi que sur les retraites. Contre ce «&nbsp;corset salarial&nbsp;européen», nous continuerons de soutenir activement les mobilisations de la CES jusqu’au vote final du «&nbsp;Pacte sur l’euro&nbsp;» ainsi que celles qui devront suivre. En effet, seules des actions de mobilisation et de grèves concertées en Europe pourront stopper cette dérive néolibérale et antisociale.
</p><p>Face au démantèlement en cours de l’Europe sociale, la protection des droits des travailleurs et travailleuses exige une nouvelle assise juridique dans l’UE. Elle est nécessaire aussi pour mettre un terme à l’offensive des autorités européennes contre notre dispositif de protection antidumping face à la libre circulation des personnes. C’est pourquoi, les syndicats suisses ont proposé au congrès de la CES de lancer une initiative citoyenne européenne (ICE), conformément au nouveau Traité de Lisbonne, intitulée «&nbsp;Pour une Europe sans dumping salarial – priorité aux droits sociaux fondamentaux par rapport aux libertés économiques&nbsp;». Une telle ICE viserait à donner aux autorités de l’UE le mandat d’ancrer
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>dans le Traité de l’UE un protocole de progrès social fixant cette priorité des droits sociaux fondamentaux et</li><li>dans la législation y relative – notamment la Directive sur le Détachement des travailleurs – le principe «&nbsp;A travail de valeur égale, salaire égal&nbsp;» sur la base des pays d’accueil des migrant(e)s.</li></ul><p>Tout en acceptant l’idée d’une telle campagne pour l’Europe sociale, le Congrès a renvoyé pour examen ultérieur une décision sur le lancement d’une ICE. L’USS poursuivra le travail de persuasion au sein de la CES, car nous restons convaincus qu’une telle ICE permettrait de provoquer le changement de cap nécessaire.</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-50</guid><pubDate></pubDate><title>Notre but : l’égalité pour toutes</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/notre-but-l-egalite-pour-toutes</link><description>Nous n’attendrons pas encore 20 ans ! Nous la voulons maintenant ! Et sans exception ! L’égalité pour toutes. Tel est notre combat. Prochain moment fort : le 14 juin.</description><content:encoded><![CDATA[<p>À force de persévérance et grâce aux nombreuses combattantes pour l’égalité entre femmes et hommes, nous pouvons dire aujourd’hui que nous avons le droit de vote et d’éligibilité, depuis 30 ans l’article constitutionnel sur l’égalité et, depuis 15 ans, la loi sur l’égalité. Autant de jalons importants menant à l’égalité. Nous n’y sommes cependant pas encore arrivés. Touchons-nous&nbsp; le même salaire pour le même travail ou un travail de valeur égale&nbsp;? Qui est le plus en vue dans les médias&nbsp;? Qui fait les nettoyages et la lessive&nbsp;? Qui s’occupe des enfants et des personnes nécessitant des soins&nbsp;? Qui fait quelle carrière&nbsp;? Jusqu’à l’égalité concrète, beaucoup reste encore à faire. Les faits le montrent&nbsp;: 
</p><p>Depuis des années, l’égalité des salaires n’avance qu’à la vitesse d’un escargot. Les derniers chiffres doivent même nous réveiller&nbsp;: différences de salaire et discrimination salariale ont raugmenté, au lieu de diminuer&nbsp;! De plus, les femmes travaillent souvent dans des branches à bas salaires, dans des rapports de travail précaires. Sur les plus de 400&nbsp;000 travailleurs et travailleuses occupés en Suisse dans des branches à bas salaires, deux tiers sont des femmes. Elles assument une part de travail non rémunéré presque deux fois plus grande que les hommes. Il manque toujours des dizaines de milliers de places d’accueil pour les enfants. Nous sommes encore bien loin d’un congé de paternité et d’un congé parental. Cela fait longtemps que la Suisse aurait dû ratifier la convention de l’OIT sur la protection de la maternité pour que les mères allaitantes ne soient plus discriminées. 
</p><p>Finissons-en avec l’égalité uniquement sur le papier&nbsp;! Sans les femmes, rien ne va&nbsp;! Pour les syndicats, le 14 juin sera un jour central pour faire avancer l’égalité. Nous appelons les femmes et les hommes à montrer, le 14 juin 2011, par des actions amusantes et originales, où plus d’égalité est nécessaire selon elles et eux. Arrêtez de faire des nettoyages, suspendez un objet symbolique à votre fenêtre, rassemblez-vous sur votre lieu de travail, organisez des pauses de protestation, présentez vos revendications pour l’égalité, rejoignez les manifestations et les actions, participez au concert de sifflets à 14&nbsp;h&nbsp;06, habillez-vous de rose fuchsia ou de mauve&nbsp;! Exigez&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>L’égalité des salaires et des salaires minimums, maintenant&nbsp;!</li><li>Un partage juste du travail rémunéré et non rémunéré entre hommes et femmes, maintenant&nbsp;!</li><li>Plus de structures d’accueil des enfants, maintenant&nbsp;!</li></ul><p>Le congé de paternité, le congé parental, et une meilleure protection de la maternité, maintenant&nbsp;!
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-51</guid><pubDate></pubDate><title>Elles doivent être durcies et complétées</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/elles-doivent-etre-durcies-et-completees</link><description>Il faut durcir les mesures d’accompagnement pour garantir les salaires, les conditions de travail et les emplois en Suisse. Le besoin d’agir est ici important. On le voit aux nom-breuses infractions commises et au refus de la Confédération et des cantons d’introduire des salaires minimums, malgré le mandat légal. Il y a un problème d’application de la loi. Cette aggravation de la situation nécessite un durcissement des mesures.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Pour empêcher les abus, l’assemblée des délégué(e)s de l’USS du 20 mai dernier a adopté le train de mesures suivant&nbsp;: 
</p><p><b>Une offensive en matière de contrôles&nbsp;:</b> 50&nbsp;% des nouveaux engagements en Suisse doivent être contrôlés. Les nouveaux engagements présentent de fait le plus grand risque de pression sur les salaires. D’où la nécessité d’augmenter le nombre des contrôles. En outre, 50&nbsp;% des entreprises étrangères qui détachent de la main-d’œuvre doivent être contrôlés.
</p><p><b>Une offensive en matière de salaires minimums&nbsp;:</b> bien que la sous-enchère salariale soit répandue, la Confédération et les cantons de Suisse alémanique n’édictent pas de salaires minimums. Une task force nationale, incluant les syndicats, doit mettre fin aux problèmes d’application. En cas de sous-enchère, il faut&nbsp; protéger les salaires au moyen de salaires minimums obligatoires, ainsi que la loi le prescrit. 
</p><p><b>Le comblement des lacunes de la loi&nbsp;: </b></p><p>&nbsp;</p><ul><li>lutte contre les faux-indépendant(e)s&nbsp;: obligation de produire des documents attestant que l’activité est indépendante&nbsp;; compétence attribuée aux contrôleurs d’imposer une interruption de l’activité&nbsp;;</li><li>sanctionnement des infractions aux contrats-type de travail&nbsp;: la Confédération et les cantons doivent infliger des amendes pour chaque infraction de ce type&nbsp;; les employeurs pratiquant la sous-enchère doivent verser après coup la différence de salaire due&nbsp;;</li><li>protection contre les licenciements abusifs&nbsp;: les licenciements auxquels il a été procédé en vue d’engager une main-d’œuvre meilleur marché doivent pouvoir être annulés&nbsp;;</li><li>responsabilité solidaire&nbsp;: en cas de sous-enchère salariale, la responsabilité civile doit incomber par principe au maître d’œuvre, mais à tout le moins à l’entreprise générale&nbsp;;</li><li>abolition de la discrimination de la main-d’œuvre indigène par rapport à la main-d’œuvre provenant de l’Union européenne (UE) en matière de participation (reprise de la réglementation de la directive de l’UE sur les comités d’entreprise européens) ainsi que de licenciements collectifs (reprise de la directive de l’UE). Des entreprises internationales ne doivent pas pouvoir licencier du personnel en Suisse uniquement parce que c’est plus simple dans notre pays.</li></ul><p></p>    ]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-52</guid><pubDate></pubDate><title>Changer de cap vers plus de justice !</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/changer-de-cap-vers-plus-de-justice</link><description>Pour l’Union syndicale suisse (USS), une chose est claire : la politique fiscale de la Suisse doit changer de cap. Le 20 mai dernier, les délégué(e)s de l’USS ont adopté une position en huit points.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Ces dernières années, et les revenus et la fortune ont été répartis d’une manière toujours plus inégale en Suisse. Le rapport de l’USS sur la répartition des revenus et de la fortune, le premier du genre<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0711_Lampart_Politique-fiscale.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>, le montre bien. Qui plus est, l’État n’a rien fait contre cette évolution socialement inacceptable. Il a allégé la charge fiscale des hauts revenus en baissant les impôts directs et alourdi celle des bas et moyens revenus via des hausses des impôts directs et de taxes. Le domaine de la santé est une autre bonne illustration de cette saignée dont sont victimes les bas et moyens revenus. En plus des lourdes hausses habituelles des primes de caisse-maladie, les cantons veulent moins payer pour les hôpitaux, ce qui se traduira, à son tour, par des hausses supplémentaires des primes, essentiellement aux dépens des bas de moyens revenus.
</p><p>Il faut que cela cesse&nbsp;! L’USS demande que l’on mette désormais le cap sur plus de justice. Les huit points suivants indiquent clairement la voie à suivre ici&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>La progressivité des taux d’imposition doit être renforcée et non démantelée.</li><li>Le secteur de la santé doit reposer sur un financement juste. À court terme, il faut nettement augmenter les fonds destinés aux réductions des primes de caisse-maladie. À moyen terme, il s’agira d’abandonner le système des primes individuelles. Et les ressources fiscales destinées au secteur de la santé doivent augmenter, pas diminuer.</li><li>Un impôt fédéral sur la masse successorale, avec une franchise de 2 millions de francs, doit remplacer les impôts cantonaux sur les successions et donations qui ont été affaiblis. Son produit devra être affecté pour deux tiers à l’AVS et pour un tiers aux cantons.</li><li>Un taux de TVA unique grèverait les bas revenus. L’USS n’en veut pas.</li><li>Les entreprises sont vraiment peu imposées en Suisse. L’USS rejette toute nouvelle baisse d’impôt en leur faveur.</li><li>L’USS soutient l’abolition de l’imposition forfaitaire dans les cantons.</li><li>L’USS s’engage en faveur d’une harmonisation fiscale entre les cantons, mais aussi entre les communes. Une telle mesure empêchera le dumping fiscal.</li></ul><p>Lors de la votation populaire sur la deuxième réforme de l’imposition des entreprises, la population suisse a été trompée. C’est surtout la charge des grands actionnaires qui a été allégée. Le Conseil fédéral doit revenir sur cette réforme. Les apports de capital distribués ne doivent plus être exonérés d’impôt que si les entreprises ont versé aux actionnaires la totalité des bénéfices distribuables, y compris ceux de l’année en cours.  
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0711_Lampart_Politique-fiscale.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1"><sup>[1]</sup></a> Voir <a href="http://fr.verteilungsbericht.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">http://fr.verteilungsbericht.ch/</a>.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-54</guid><pubDate></pubDate><title>Pour une sortie programmée</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/pour-une-sortie-programmee</link><description>Le gouvernement, ce mercredi, et le Parlement, lors de sa prochaine session, vont fixer la voie que la Suisse suivra demain en matière d’énergie nucléaire. Pour l’Union syndicale suisse (USS), il n’y a clairement pas lieu de tergiverser : nous avons besoin d’une sortie programmée du nucléaire et les vieux réacteurs doivent être immédiatement mis hors service.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le choc de la catastrophe nucléaire de Fukushima ne doit pas rester sans conséquence. La technologie nucléaire représente un risque existentiel inacceptable pour les travailleurs et travailleuses concernés, les équipes de sauvetage et l’humanité ainsi que l’environnement à des dizaines de milliers de kilomètres des centrales. Tchernobyl et Harrisburg n’ont pas entraîné la réaction politique qui s’imposait. Il s’agit, maintenant, de passer à l’action. Un quatrième accident maximal théorique ne doit plus se produire.
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) demande au Parlement fédéral de décider, lors de sa session de juin, une sortie planifiée et impérative du nucléaire. Concrètement, cela signifie ceci&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ol><li>Aucune nouvelle centrale nucléaire ne doit être construite en Suisse et celles déjà existantes seront débranchées, une fois leur temps d’exploitation échu.</li><li>Les trois centrales les plus vieilles du pays, en particulier celle de Mühleberg, qui connaît de graves lacunes en matière de sécurité, doivent immédiatement être mises hors service et son personnel actuel maintenu en emploi. Ne rien faire à cet égard est irresponsable. Les investissements effectués dans des solutions de rechange rapidement réalisables en vaudront beaucoup plus la peine que ceux demandés par les autorités pour rééquiper des vieux réacteurs.&nbsp;</li><li>La sortie programmée du nucléaire nécessite une nouvelle politique énergétique systématique de la Suisse. À savoir&nbsp;: des quotas pour les nouvelles énergies renouvelables, des prescriptions en matière d’efficience pour les moteurs et les appareils selon la technique la plus récente et l’interdiction des chauffages électriques dévoreurs d’énergie Des installations de couplage chaleur-force de grande efficacité devront produire, de manière décentralisée, à la fois de la chaleur et de l’électricité. La sortie du nucléaire exige, en outre, le développement et la transformation de l’infrastructure de réseau.</li><li>Le tournant énergétique est l’occasion de réaliser un progrès technologique respectueux de l’être humain. Il créera de nouvelles professions et de nouveaux emplois qualifiés, plus sûrs et plus porteurs d’avenir que l’impasse à laquelle la technologie nucléaire a conduit jusqu’à ce jour.</li></ol><p>L’USS participera activement aux prochains débats sur ces questions en présentant des propositions concrètes. La sortie du nucléaire implique que la production d’électricité fasse l’objet d’un encadrement politique assorti d’obligations, afin de garantir un approvisionnement efficient et stable en énergie. Cela veut dire&nbsp;: plus de services publics et l’abandon de la libéralisation du marché de l’électricité.
</p><p>L’assemblée des délégué(e)s de l’USS du 20 mai dernier a adopté é n l’unanimité dette proposition.</p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-47</guid><pubDate></pubDate><title>La prise en charge des enfants et de tiers : du temps et de l’argent</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/la-prise-en-charge-des-enfants-et-de-tiers-du-temps-et-de-l-argent</link><description>Pourquoi faut-il encore descendre dans la rue en 2011 pour l’égalité des sexes ? La réponse de Christine Flitner, coprésidente de la Commission féminine de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>En 1991, je travaillais dans une maison d’édition. Le 14 juin, les femmes se sont rassemblées dans le local de pause, ont décoré le bâtiment et mis par écrit leurs revendications. Ce ne fut pas du goût de la direction. Pas le fait que nous ayons couvert le bâtiment de couleur mauve et nous étions réunies pendant le travail, mais celui d’avoir concrètement revendiqué au lieu de demander et, en plus, d’avoir cité la Constitution. 
</p><p>Vingt ans plus tard, tout cela n’est guère imaginable. Tout le monde est pour l’égalité. Pratiquement plus personne ne conteste publiquement le droit à un salaire égal. 
</p><p>Grâce à la loi sur l’égalité entre femmes et hommes, quelque chose s’est passé, notamment dans les services publics. Toute une série de professions dites «&nbsp;féminines&nbsp;» ont vu leur position s’améliorer dans les systèmes salariaux et nombre d’employeurs publics ont des règlements qui tiennent particulièrement compte de la situation des parents exerçant une activité lucrative. Les mesures préventives contre le harcèlement sexuel au travail sont désormais aussi devenues la norme dans le secteur public.
</p><p>Il n’empêche que ça traîne encore dans de nombreux domaines. Une enquête réalisée par nos soins dans la perspective du 14 juin prochain montre que les employeurs s’accordent à dire que le travail à temps partiel est une mesure en faveur de l’égalité. Ce qui est faux. Pour de nombreuses femmes et pour quelques hommes, le travail à temps partiel offre une possibilité de concilier leurs diverses obligations, mais ils et elles en paient le prix sous forme de salaires incomplets, de couverture sociale lacunaire et, plus tard, de rentes moindres. Au lieu de chercher une solution – valable pour toute la société - à la question de la conciliation entre tâches de garde des enfants et activités professionnelles, on répercute le problème sur des individus, en majorité des femmes.
</p><p>Le travail de garde, rémunéré ou non, est d’une importance vitale pour l’ensemble de la société. Et il le sera toujours plus. Or, il n’est pas vraiment reconnu, car traditionnellement assumé par des femmes. Les salaires versés pour les activités professionnelles de prise en charge sont trop bas et les conditions de travail fréquemment mauvaises. Le personnel des hôpitaux et des homes subit les programmes d’austérité, le financement des soins à domicile est insuffisant, il y a trop peu de places d’accueil pour les enfants et trop peu de personnel bien formé dans ces structures. Cela ne peut pas continuer comme ça&nbsp;!
</p><p>Tout le monde est favorable à l’égalité des sexes, mais elle ne devrait toujours rien coûter... Les activités de prise en charge d’enfants et de tiers doivent être reconnues et ont besoin d’argent. Autant de raisons de descendre dans la rue le 14 juin prochain.
</p><p>&nbsp;</p><p><b><i>Lisez aussi les conrtibution de Elisabeth Joris, Christina Werder et Tanja Walliser.</i></b></p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-3</guid><pubDate></pubDate><title>Une indignation toujours là</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/une-indignation-toujours-la</link><description>Pourquoi faut-il encore descendre dans la rue en 2011 pour l’égalité des sexes ? La réponse de Elisabeth Joris, historienne et syndicaliste.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Que je ne travaillerais pas le 14 juin 1991, c’était évident depuis longtemps pour moi. Il y a 20 ans, j’avais, en tant que syndicaliste, réuni pour les écoles, avec deux autres historiennes, du matériel sur l’histoire des femmes en grève, écrit des articles et participé à des actions dans mon école ainsi que dans les rues de Zurich. Des expériences d’une valeur que rien ne saurait jamais estomper. Haut-valaisanne, je m’étais particulièrement réjouie que, précisément à Naters, une septantaine d’ouvrière de Microtechnik AG avaient montré qu’elles n’avaient pas froid aux yeux et, en dépit des menaces de la direction, ouvertement débrayé pour attirer l’attention sur leurs salaires de misère.
</p><p>Ce 14 juin 2011, à la demande de Saint-Galloises, je prendrai la parole au «&nbsp;Vieux cinéma&nbsp;», à Mels, lors d’une manifestation intitulée «&nbsp;20 ans après la journée (de grève) des femmes, une raison de fêter&nbsp;!&nbsp;». Il y a effectivement des raisons de fêter. Sans le demi-million de femmes qui ont participé en 1991 aux multiples actions organisées en Suisse dans le cadre de la grève nationale des femmes – une mobilisation encore jamais atteinte dans l’histoire de la Suisse -, Ruth Dreifuss n’aurait pas été élue conseillère fédérale et le Parlement fédéral n’aurait pas voté la loi sur l’égalité entre femmes et hommes. Les groupes d’action et les réseaux nés alors ne se sont pas dissouts après la grève des femmes, la mobilisation a continué. La pression exercée par les femmes sur le Parlement et les partis a été considérable, entrant dans l’histoire sous le nom d’«&nbsp;effet Brunner&nbsp;». 
</p><p> Il faut dire que la loi sur l’égalité, adoptée vers le milieu des années 1990, était en totale contradiction avec la politique néolibérale suivie à l’époque par les partis bourgeois qui réclamaient des dérégulations. Cette loi prescrit en effet des règles impératives concernant l’application dans les faits du principe constitutionnel selon lequel «&nbsp;L’homme et la femme sont égaux en droit&nbsp;» et, donc, de l’égalité de rémunération. Ce but central de la grève des femmes de 1991 n’a pas encore été atteint à ce jour. Depuis lors, la situation a également changé. Sous le signe de la domination exercée sur l’économie par le capital financier, non seulement la fourchette salariale entre riches et pauvres s’écarte toujours plus à toute vitesse, mais l’écart entre salaires masculins et féminins aussi recommence à se creuser depuis la crise financière. Ainsi, «&nbsp;Indignez-vous&nbsp;!&nbsp;», l’appel relancé aujourd’hui, 20 ans après la première grève des femmes, reste valable pour le 14 juin 2011. Soyez si nombreuses et si nombreux à l’être que la pression exercée de la sorte se traduira par des changements sur la durée, comme après 1991.
</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><p><b><i>Lisez aussi les conrtibution de Christine Flitner, Christina Werder et Tanja Walliser.</i></b></p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-4</guid><pubDate></pubDate><title>Des grands et des petits pas : une progression persévérante</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/des-grands-et-des-petits-pas-une-progression-perseverante</link><description>Pourquoi faut-il encore descendre dans la rue en 2011 pour l’égalité des sexes ? La réponse de Christine Werder, secrétaire centrale de l’USS en charge de l’égalité</description><content:encoded><![CDATA[<h3>record:tt_news:1087Petite chronologie</h3><p>1971&nbsp;: introduction du suffrage féminin
</p><p>1981&nbsp;: protection contre le licenciement pendant la durée de la grossesse et 16 semaines après l’accouchement
</p><p>1985&nbsp;: nouveau droit matrimonial&nbsp;: partenariat égalitaire et responsabilité commune des époux concernant les enfants
</p><p>1993&nbsp;: élections fédérales&nbsp;: au lieu de la candidate socialiste officielle, c’est Francis Matthey qui est élu&nbsp;; sur pression des femmes, il renonce à son élection&nbsp;; Ruth Dreifuss devient ensuite conseillère fédérale
</p><p>1995&nbsp;: splitting des rentes et bonifications pour tâches éducatives dans l’AVS&nbsp;: les rentes de couples sont remplacées par des rentes individuelles&nbsp;; cela, à un prix élevé en raison du relèvement de l’âge de la retraite
</p><p>1996&nbsp;: loi sur l’égalité entre femmes et hommes&nbsp;: interdiction de toute discrimination dans la vie professionnelle 
</p><p>2002&nbsp;: décriminalisation de l’interruption de grossesse durant les 12 premières semaines
</p><p>2003&nbsp;: la violence dans le couple, marié ou non, est désormais un délit poursuivi d’office 
</p><p>2004&nbsp;: adoption de la loi sur l’assurance-maternité
</p><p>2006&nbsp;: amélioration de la protection contre la violence domestique
</p><p>2010&nbsp;: majorité de femmes au Conseil fédéral
</p><p>2011&nbsp;: journée nationale d’action et de grève&nbsp;: les principales revendications sont l’abolition des discriminations salariales à l’encontre des femmes, un partage juste du travail familial et du travail professionnel et plus de places d’accueil pour les enfants
</p><p> La leçon de cette chronologie&nbsp;: pas de progrès sans combats. Et aussi&nbsp;: nous voulons continuer cette chronologie&nbsp;! Avec un 14 juin combatif&nbsp;!
</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><p><b><i>Lisez aussi les conrtibution de Christine Flintner, Elisabeth Joris&nbsp;et Tanja Walliser.</i></b></p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-5</guid><pubDate></pubDate><title>L’égalité dans les têtes </title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/l-egalite-dans-les-tetes</link><description>Pourquoi faut-il encore descendre dans la rue en 2011 pour l’égalité des sexes ? La réponse de Tanja Walliser, secrétaire du syndicat Unia</description><content:encoded><![CDATA[<p>«&nbsp;L’égalité&nbsp;? Mais nous l’avons déjà depuis longtemps. Ce n’est plus du tout un thème d’actualité.&nbsp;» C’est tous les jours que l’on entend ce genre de déclaration. En particulier venant de jeunes femmes. J’appartiens à une génération pour laquelle il était clair, déjà au niveau de l’éducation, que ce que j’apprends en tant que femme à l’école et dans la vie me permet plus de choses qu’uniquement repasser des chemises et élever des enfants. Le choix du collège fut facile à faire et l’étape suivante a logiquement été celle de faire des études. Une fois mes 18 ans fêtés, je me suis réjouie de pouvoir me rendre aux urnes pour la première fois. Pour pouvoir voter, je n’avais pas besoin d’en avoir 35 comme ce fut le cas pour ma grand-mère. La part de collégiennes est depuis lors devenue plus importante que celles des garçons et c’est la même chose dans les unis. La part représentée par les femmes exerçant une activité lucrative ne cesse de croître et beaucoup d’entre elles font carrière. Jusque-là, c’est parfait. Les pionnières ont beaucoup obtenu pour nous. Mais le féminisme et la politique de l’égalité des sexes ne sont-ils pour autant plus des thèmes actuels&nbsp;? L’égalité est entrée dans les lois, mais l’est-elle aussi dans les têtes des gens&nbsp;?
</p><p>Le 14 juin, je descendrai dans la rue parce que ce n’est malheureusement pas le cas. Ou&nbsp;: pourquoi mes parents me disaient-ils de faire plus d’efforts quand mes résultats en français n’étaient pas bons, alors qu’une mauvaise note en maths n’entraînait qu’un «&nbsp;Bah&nbsp;! Pour une fille, ce n’est pas grave&nbsp;». Ou encore&nbsp;: peut-on effectivement prétendre que les discriminations à l’encontre des femmes ne sont pas un sujet, puisque la majorité des personnes qui étudient sont des femmes, alors que les professeures d’université n’occupent que… 14&nbsp;% des chaires universitaires&nbsp;? Et si, en tant que femme, on veut se lancer dans une carrière, comment s’organise-t-on avec son ou sa partenaire si l’on entend fonder une famille&nbsp;? Les hommes peuvent-ils réellement assumer leurs responsabilités de pères s’il ne leur est guère loisible d’occuper un emploi à temps partiel&nbsp;?
</p><p> Nous vivons toujours dans une société dans laquelle notre sexe détermine les possibilités qui sont les nôtres. C’est pour cela qu’il est si important que des femmes et des hommes descendent ensemble dans la rue le 14 juin prochain&nbsp;: pour plus de places d’accueil des enfants, pour un salaire égal, pour un partage juste du travail familial, pour un congé de paternité. Pour une société dans laquelle il sera indifférent que je naisse femme ou homme.
</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><p><b><i>Lisez aussi les conrtibution de Christine Flintner, Elisabeth Joris&nbsp;et&nbsp;Christina Werder.</i></b></p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-55</guid><pubDate></pubDate><title>Un jugement contre les droits syndicaux et le partenariat social</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/un-jugement-contre-les-droits-syndicaux-et-le-partenariat-social</link><description>Le Tribunal cantonal de Zurich a annulé le jugement de première instance dans l’affaire Tamedia/Daniel Suter. Un mépris total pour les droits syndicaux et le partenariat social.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Daniel Suter, président de la commission du personnel du quotidien «&nbsp;Tages-Anzeiger&nbsp;», avait été licencié quelques jours avant le début de négociations sur un plan social, négociations qu’il devait mener au nom de ses collègues. Le tribunal de première instance avait jugé ce licenciement abusif. Selon lui, un employeur ne peut invoquer de motif économique comme «&nbsp;motif justifié&nbsp;» permettant de licencier un ou une représentant(e) élu du personnel (art. 336 al. 2 lit. b CO) avant le début d’une négociation. En effet, licencier le principal négociateur côté travailleurs revient à vider le partenariat social de sa substance. 
</p><h3>Un énorme pas en arrière</h3><p>Malheureusement, l’instance supérieure a cassé ce jugement. Condamnée en première instance à verser une indemnité de 3 mois de salaire, une somme dérisoire pour une entreprise affichant un chiffre d’affaire de plusieurs centaines de millions de francs, Tamedia avait fait recours. L’argumentation du Tribunal cantonal est un affront aux droits syndicaux et au partenariat social. Selon son jugement, des motifs économiques, même incertains, peuvent être invoqués pour licencier des représentant(e)s du personnel. Un employeur qui craint de mauvaises affaires peut restructurer, y compris aux dépens des représentant(e)s du personnel. Il n’a pas besoin pour cela d’être réellement dans les chiffres rouges. Le fait que la situation se soit améliorée depuis la restructuration ne peut être invoqué a posteriori pour contester la pertinence des «&nbsp;motifs économiques&nbsp;» avancés par l’employeur.&nbsp; Cependant, le tribunal a admis qu’il convenait d’examiner très attentivement ces «&nbsp;motifs économiques&nbsp;», car sinon, le renversement du fardeau de la preuve prévu par l’article 336 alinéa 2 lettre b CO serait de facto supprimé&nbsp;: selon cette disposition, c’est en effet l’employeur qui doit prouver qu’il licencie pour un autre motif que l’activité en tant que représentant(e) du personnel. Malheureusement, le tribunal n’a guère suivi son propre raisonnement et a finalement donné raison à Tamedia. 
</p><h3>Une correction qui s’impose</h3><p>Daniel Suter, soutenu par syndicom, le syndicat des médias et de la communication, fera recours au Tribunal fédéral. Mais, quelle que soit son issue, ce procès démontre que la protection contre le licenciement antisyndical doit absolument être renforcée en Suisse. Les syndicalistes et représentant(e)s du personnel doivent pouvoir être réintégrés à leur place de travail s’ils sont victimes d’un licenciement abusif et, comme le propose le Conseil fédéral, ils ne doivent pas pouvoir être licenciés pour motif économique, afin d’éviter que l’employeur n’invoque ce prétexte pour se débarrasser de ses salarié(e)s qui défendent les droits de leurs collègues. Le jugement du tribunal zurichois, qui s’appuie sur une jurisprudence récente du Tribunal fédéral[1] a donné l’employeur une très grande marge de manœuvre pour se servir de ce prétexte.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-56</guid><pubDate></pubDate><title>À l’unanimité, le Conseil national renforce la formation professionnelle supérieure</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/a-l-unanimite-le-conseil-national-renforce-la-formation-professionnelle-superieure</link><description>Le Conseil national a suivi les partenaires sociaux – notamment l’USS – et relevé de 100 millions de francs les ressources prévues dans le cadre du message relatif à l’encouragement de la formation, de la recherche et de l’innovation pendant l’année 2012 (FRI 2012). Ce qui renforcera la formation professionnelle supérieure.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 17 mars dernier, le Conseil des États avait déjà effectué un premier pas supplémentaire par rapport au projet du gouvernement et approuvé la moitié des 100 millions nécessaires pour que la Confédération soit en mesure de remplir ses obligations légales à ce chapitre. Selon la loi sur la formation professionnelle, celle-ci devait verser en 2008 déjà aux cantons un quart des dépenses publiques de formation professionnelle (écoles professionnelles et formation professionnelle supérieure en partie). Mais elle ne l’avait pas encore fait jusqu’à ce jour. Par sa récente décision, et pour autant que le Conseil des États le suive comme c’est prévisible, le Conseil national a transmis un mandat clair au Conseil fédéral. Ainsi, ce sera la deuxième fois que le Parlement fédéral corrige le gouvernement sur cette question de FRI&nbsp;; cela, en prévoyant plus d’investissements dans la formation et, en l’occurrence, dans la formation professionnelle supérieure. 
</p><p>Cette décision réjouissante facilitera les discussions lors de la «&nbsp;table ronde&nbsp;» qui réunira les partenaires sociaux, la Confédération et les cantons pour débattre du renforcement de la formation professionnelle supérieure. Sous pression, celle-ci doit non seulement mieux se positionner au plan international, mais aussi, dans l’intérêt des personnes en formation, bénéficier d’un meilleur financement public. Rappelons enfin que l’USS a joué un rôle non négligeable dans ce processus décisionnel et, donc, dans cet important succès.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-57</guid><pubDate></pubDate><title>Pour plus de sécurité : accélérer une sortie structurée </title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/pour-plus-de-securite-accelerer-une-sortie-structuree</link><description>La décision prise par le Conseil national de sortir du nucléaire est réjouissante. Mais elle ne nous fait qu’entrer dans cette sortie. Maintenant, il faut rapidement appliquer une politique de sortie structurée et systématique du nucléaire. C’est le seul moyen pour nous de créer la sécurité nécessaire : au travail, pour l’environnement et pour l’économie.</description><content:encoded><![CDATA[<p>La décision de principe de sortir du nucléaire est la conséquence politique de la catastrophe de Fukushima. L’apaisement des esprits que les milieux économiques, uniquement intéressés à faire des profits, avaient réussi à imposer après Tchernobyl ne doit plus nous faire hésiter. Les images terrifiantes qui nous sont parvenues du Japon prouvent qu’on ne&nbsp; peut pas vivre avec des centrales nucléaires. Des solutions de rechange à cette technologie existent depuis longtemps. Assez barguigné&nbsp;! La sortie du nucléaire doit et peut être accélérée dès aujourd’hui. Pour ce faire, la sécurité d’un plan structuré s’impose. À savoir, par exemple, une loi sur la sortie du nucléaire donnant les bons signaux politiques et économiques pour que les bons investissements soient réalisés.
</p><h3>Un encadrement systématique</h3><p>À l’avenir, l’approvisionnement en électricité sera plus décentralisé. Toutes les études montrent qu’aujourd’hui aussi, si l’on prend en compte le réchauffement climatique, l’approvisionnement en électricité et en chaleur vont de pair. Pour la Suisse, les mots-clés sont le couplage chaleur-force (chauffer et produire simultanément de l’électricité), l’énergie solaire et la géothermie. Ils se présentent de manière décentralisée. Cela revalorisera les entreprises d’approvisionnement en électricité des villes et des régions. Leur rôle et leur mandat public devront être renforcés. L’encadrement systématique nécessaire de la sortie du nucléaire – entre autres via des quotas pour de nouvelles parts de production – est par conséquent incompatible avec les rêves de libéralisation et les profits ainsi escomptés, balayés à juste titre par le peuple en 2002.
</p><p>Mais en tout premier lieu, nous devons augmenter l’efficience. Les kilowatt/heures non utilisés nous rapprocheront le plus rapidement de notre objectif. Cela nécessite des prescriptions légales claires débouchant sur de nouvelles impulsions en faveur d’investissements. Récemment publiée, une étude mandatée par des organisations de protection de l’environnement, des cantons et des entreprises d’approvisionnement en électricité montre qu’économiquement, c’est la solution la plus efficace. L’économicité (valeur nette actuelle) des investissements dans les grandes centrales électriques est par contre clairement négative. C’est seulement après une longue période provisoire risquée que ceux-ci créent des emplois peu durables et cela, uniquement de&nbsp; manière ponctuelle. Au contraire, une politique axée sur l’efficience et des énergies renouvelables se traduira largement, aux plans régional et des branches (construction, planification, optique, diverses installations, électronique, commerce de détail, activités de conseils, etc.) par la création très rapide de 160 000 années-personnes&nbsp;; cela, jusqu’en 2035. Le gaspillage des ressources et des investissements doit cesser et céder la place à une politique visant une croissance durable. 
</p><h3>Fermer rapidement les vieilles centrales</h3><p>Le Parlement fédéral s’est malheureusement prononcé contre l’arrêt du fonctionnement des vieilles centrales nucléaires. Or, seuls des profits à court terme parlent pour le maintien de leur exploitation. Elles représentent un grand risque pour les personnes qui y travaillent et celles qui vivent dans leur environnement. C’est finalement la collectivité qui en assume la responsabilité, car aucune assurance ne veut porter ce risque élevé et cher. C’est pourquoi les vieilles centrales doivent être débranchées. Le faire accentuera aussi la pression en faveur de solutions de rechange réalistes. La décision – encore générale – de sortir du nucléaire prise par le Conseil national doit avoir sans tarder des conséquences concrètes. Elle ne doit pas uniquement apaiser sur cette question la population avant les élections. Il faut qu’elle soit le tournant de politique énergétique menant à une plus grande sécurité et à plus d’emplois d’avenir. L’Allemagne montre pour une fois l’exemple, en fermant immédiatement ses centrales les plus vieilles. Pour des raisons tant économiques qu’écologiques, la Suisse doit la suivre rapidement et énergiquement.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-61</guid><pubDate></pubDate><title>En toute sécurité et pour un salaire honnête</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/en-toute-securite-et-pour-un-salaire-honnete</link><description>L’été est là, et avec lui les grandes vacances. Pour de nombreux écoliers, écolières, gym-nasiennes, gymnasiens, étudiantes et étudiants, c’est aussi le temps des petits boulots qui permettront d’arrondir l’argent de poche, d’en mettre de côté pour les prochaines va-cances et, très souvent, de financer les études. Lorsqu’on occupe ce genre d’emploi, on est un salarié, ou une salariée comme les autres. Et qui dit salarié(e), dit règles du droit du travail. Et, bien sûr, salaire. Mais aussi : sécurité au travail.</description><content:encoded><![CDATA[<h3>À partir de quel âge&nbsp;et pour quelle durée?</h3><p>On ne peut fort heureusement pas faire travailler les enfants à partir de n’importe quel âge. La loi sur le travail (LTr) ne l’autorise qu’à partir de 15 ans, 13 pour les travaux légers, voire moins de 13 pour les manifestations sportives et culturelles, à des conditions spécifiques et sur autorisation d’une autorité cantonale (art. 30 LTr, art. 7 OLT 5). Dans tous les cas, les moins de 18 ans ont besoin de l’assentiment de leurs parents avant de signer un contrat de travail. 
</p><p>L’ordonnance 5 de la LTr (OLT 5) précise les règles qui s’appliquent aux jeunes travailleurs et travailleuses de moins de 18 ans. Elle précise notamment l’interdiction d’employer les jeunes à des travaux dangereux, dans certaines branches (discothèques, bars, cabarets, entreprises cinématographiques, cirque et spectacle – cf. art. 4 à 6 OLT 5) et à quelles conditions ils peuvent être exceptionnellement astreints au travail dominical. Le travail dominical n’est autorisé que pour les jeunes ayant achevé leur scolarité obligatoire, au maximum un dimanche sur deux et uniquement dans la restauration (où ne peuvent être employés que les plus de 16 ans), la garde d’animaux et les boulangeries (art. 13 OLT 5). Dans les zones touristiques, le travail dominical est possible dans les entreprises répondant aux besoins des touristes pendant toute la durée des vacances d’été (art. 15 OLT 5, art. 25 OLT 2). Quant au travail de nuit, il est interdit aux moins de 18 ans en dehors d’une formation professionnelle (art. 12 OLT 5).
</p><p>La durée de travail des moins de 13 ans&nbsp; ne peut pas excéder plus de trois heures par jour et neuf heures par semaine (art. 10 OLT5). Les jeunes de plus de 13 ans n’ayant pas terminé leur scolarité obligatoire peuvent travailler jusqu’à 8 heures par jour (40 heures par semaine) pendant la moitié de la durée des vacances scolaires, entre 6 heures et 18 heures, avec une pause d’au moins une demi-heure pour toute plage de travail de 5 heures et plus (art. 11 OLT 5). Pour tous les jeunes, la durée du travail ne dépassera pas celle des autres employés de l’entreprise (maximum 9 heures par jour) et leur travail doit être compris dans une période de 12 heures (art. 31 al. 1 LTr). Ils ont droit à un repos quotidien d’au moins 12 heures consécutives (art. 16 OLT 5). Le soir, les moins de 16 ans ne peuvent être employés que jusqu’à 20 heures, les 16-18 ans jusqu’à 22 heures (art. 31 al. 2 LTr). 
</p><h3>Le travail, c’est la santé&nbsp;?</h3><p>Les petits boulots d’été sont souvent l’occasion de faire connaissance avec le monde du travail. Or, ce dernier n’est pas exempt de dangers, qui n’apparaissent pas toujours au premier coup d’oeil. Et le risque d’accident de travail est très élevé lors du premier emploi, surtout pendant les premiers jours. 
</p><p>Même si l’on est engagé pour une durée très courte, il faut donc particulièrement faire attention aux prescriptions de sécurité. Avant de commencer, il faudra être attentif aux instructions de l’employeur et les respecter scrupuleusement, même si elles paraissent de prime abord inutiles ou exagérées. Et, si ce dernier ne veut pas en donner et que l’on estime en avoir besoin, il faut avertir sans délai l’inspectorat du travail et le syndicat. Dans tous les cas, les travaux dangereux sont interdits au moins de 18 ans. 
</p><h3>Bien assuré&nbsp;!</h3><p>Négliger les assurances sociales dans le cas d’un petit job de vacances peut coûter très cher. Tous les travailleurs et travailleuses, quel que soit leur âge, doivent être obligatoirement assurés à l’assurance-accidents par leur employeur. S’ils travaillent moins de 8 heures par semaine chez le même employeur, cette assurance ne couvre que les accidents professionnels et, au-delà, tous les accidents. En cas d’accident, l’employeur doit avertir les parents (art 32 LTr). Pour les rapports de travail de moins de 3 mois, il n’y a pas d’obligation de payer le salaire en cas de maladie. Les autres cotisations sociales (AVS/AI/APG)&nbsp; ne sont obligatoires qu’à partir de l’année où l’on a ses 18 ans. Si l’employeur ne paie pas ses cotisations, il s’agit de travail au noir et cela entraîne des sanctions. 
</p><h3>Tout travail mérite salaire et tout travailleur, toute travailleuse a droit à des vacances</h3><p>Comme il n’existe pas de salaire minimum légal, le salaire peut être librement convenu par les parties au contrat. Même si c’est en général l’employeur qui a le dernier mot, il est obligé de respecter les conventions collectives de travail (CCT) étendues et les contrats-type de travail (CTT). Pour le petits boulots de vacances sont notamment importants la CCT nationale de l’hôtellerie-restauration, les CCT du bâtiment, du nettoyage, des entreprises du commerce de détail (Coop, Migros, CCT cantonales et communales) et les CTT cantonaux pour l’agriculture. Les employeurs doivent en outre respecter les salaires d’usage de la branche et de la région, que l’on peut consulter sur <a href="http://www.salaire-uss.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.salaire-uss.ch</a>. 
</p><p>S’il n’existe pas de salaire minimum obligatoire (CCT ou CTT), l’USS recommande un salaire de Fr. 15.- bruts de l’heure pour les jeunes n’ayant pas terminé leur scolarité obligatoire et de Fr. 22.- pour les autres travailleurs et travailleuses non qualifiés. En effet, chaque travail mérite un salaire honnête. Le fait que ce soit un petit boulot de vacances ne justifie pas un salaire plus bas que pour un travailleur ou une travailleuses «&nbsp;normal&nbsp;». Ce que le ou la jeune salarié(e) fera ensuite de son salaire (p. ex. financer ses loisirs) non plus. 
</p><p>Enfin, il ne faut pas oublier les vacances, auxquelles chaque travailleur et chaque travailleuse a droit, même s’il occupe son emploi… pendant ses vacances. Si l’on est payé à l’heure (ce qui est en général le cas pour les petits boulots), un supplément de salaire de 10,64% (correspondant aux 5 semaines de vacances auxquelles ont droit les jeunes de moins de 20 ans&nbsp;; s’ils ont plus de 20 ans, le supplément horaire est de 8,33 %) doit être payé en sus du salaire, ce que de nombreux employeurs oublient. Sur le décompte de salaire, ce supplément doit être identifiable comme tel. 
</p><p>&nbsp;</p><h3>Pour en savoir plus&nbsp;: &nbsp; </h3><p>www.jeunesse-syndicale.ch
</p><p>Le syndicat Unia a édité une brochure destinée aux salariés payés à l’heure, que l’on peut consulter et commander ici&nbsp;: &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br><a href="http://www.unia.ch/Flexible-a-tout-prix.2569.0.html?&amp;L=1#c11838" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.unia.ch/Flexible-a-tout-prix.2569.0.html?&amp;L=1#c11838</a></p><p>La LTr&nbsp;: <a href="http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_11.html" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_11.html</a></p><p>L’OLT 5&nbsp;: <a href="http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_115.html" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_115.html</a></p><p>La liste des travaux dangereux interdits aux jeunes&nbsp;: &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_115_2.html" target="_blank" rel="noreferrer">www.admin.ch/ch/f/rs/c822_115_2.html</a></p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-59</guid><pubDate></pubDate><title>90 assassinats, 2500 arrestations, 5000 licenciements</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/90-assassinats-2500-arrestations-5000-licenciements</link><description>Chaque année, la Confédération syndicale internationale (CSI), dont l’USS fait partie, dresse l’impressionnante liste des violations des droits syndicaux sur la planète. Dans son rapport pour l’année 2010, c’est à nouveau la Colombie qui se retrouve en première place, avec 49 assassinats de syndicalistes !</description><content:encoded><![CDATA[<p>La triste leçon de ce rapport sur les actes antisyndicaux commis en 2010 dans 143 pays peut se résumer ainsi&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>90 assassinats de syndicalistes, dont 45 pour la seule Colombie&nbsp;;</li><li>75 menaces de morts&nbsp;;</li><li>2500 arrestations au moins&nbsp;;</li><li>5000 licenciements au moins pour cause d’activité syndicale.</li></ul><p>Les tendances mises en exergue dans ce rapport incluent le non-respect des législations du travail par les gouvernements, le manque d’aide au financement de l’inspection ou de la protection, l’absence des droits et les abus à l’encontre des travailleurs et travailleuses migrants dans le monde entier ainsi &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; que l’exploitation de la main-d’œuvre principalement féminine dans les zones franches d’exportation. 
</p><p>Au Moyen-Orient, le rapport de 2010 dépeint un tableau des gouvernements qui tentent de réprimer leur peuple engagé pour l’amélioration de sa vie au plan économique et de l’empêcher de le faire au moyen d’une représentation syndicale, de hausses de salaires et de la négociation collective. La répression des activités syndicales libres a en effet aussi été l’une des racines des révoltes dans les pays arabes. 
</p><p>Mais en Europe non plus, aucune raison de se vanter à ce chapitre. Les mesures d’austérité prises par de nombreux gouvernements pour combattre les importants déficits dus à la crise économique et financière mondiale ont eu des conséquences néfastes pour de nombreux travailleurs et travailleuses&nbsp;: baisse des salaires, remise en question de rentes, coupes budgétaires... La situation des syndicats est restée particulièrement difficile en Ukraine, en Russie, en Biélorussie et en Turquie. 
</p><p>La présence peu glorieuse de la Suisse dans ce rapport s’explique principalement par les reproches de licenciements antisyndicaux et d’absence de protection spéciale pour les délégué(e)s des salarié(e)s qui lui sont faits.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-62</guid><pubDate></pubDate><title>Et le vent commence à tourner</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/et-le-vent-commence-a-tourner</link><description>Depuis les années 1990, l’USS réclame des entreprises qu’elles créent plus de places d’apprentissage. Ici, l’offre doit nettement dépasser la demande. C’est en effet seulement à cette condition que les apprenti(e)s pourront, comme les gymnasien(ne)s, réaliser leur vœu en matière de profession. Dans de nombreuses régions du pays, le nombre de places d’apprentissage dépasse celui de jeunes qui en recherchent une, et cela continuera ainsi assez longtemps. Les jeunes doivent s’en réjouir. Les entreprises n’ont pas à se plaindre, mais doivent maintenir leur offre de places d’apprentissage et la rendre attrayante. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis une vingtaine d’années, les jeunes ayant terminé leur scolarité obligatoire subissaient une énorme pression lorsqu’ils se mettaient à la recherche d’une place d’apprentissage correspondant quelque peu à leurs vœux. Rédiger des dizaines d’offres, passer et repasser par de nouvelles solutions transitoires, payer des tests d’aptitudes, d’intelligence et autres, avoir l’impression en pleine adolescence – une période en soi difficile – d’être exclu de la société, telle fut la réalité de milliers de jeunes à 16 ans. 
</p><h3>77&nbsp;000 jeunes face à 81&nbsp;000 places d’apprentissage</h3><p>Le baromètre des places d’apprentissage d’avril 2011 montre que, pour 77&nbsp;000 personnes intéressées à faire un apprentissage, on trouve aujourd’hui 81&nbsp;000 places, soit 5&nbsp;000 de plus qu’en 2010. Ainsi, le vent commence à tourner en faveur des jeunes. C’est bien&nbsp;! Mais pour que ce marché soit optimal, l’offre doit dépasser encore plus la demande, de 10 à 15&nbsp;%. Et tous les jeunes auront ainsi une chance de se former selon leurs qualités.&nbsp; 
</p><p>Il est également réjouissant de voir que la Confédération et les cantons persistent dans leur intention, soit&nbsp;: qu’en 2015, le taux de diplômé(e)s du niveau secondaire II (apprentissage ou gymnase) soit de 95&nbsp;% des personnes ayant terminé leur scolarité obligatoire. Ce but, négocié avec les partenaires sociaux, devrait pouvoir être atteint grâce aux mesures engagées (gestion par cas, formation professionnelle initiale de 2 ans avec accompagnement individuel, etc.). Mais les efforts doivent être maintenus et les fonds publics à cet effet augmentés&nbsp;; cela, pour que les jeunes socialement défavorisés puissent aussi obtenir un diplôme de formation postobligatoire. Et&nbsp; que le Parlement ait, lors de sa session d’été, décidé contre l’avis du gouvernement d’affecter 100 millions de plus à la formation professionnelle, complète de manière positive ce bilan.
</p><h3>Formation professionnelle contre formation générale</h3><p>Les organisations des arts et métiers et professionnelles commencent à craindre que la demande ne devienne insuffisante et parlent avec fatalisme d’une «&nbsp;guerre des talents&nbsp;». Le directeur de l’USAM, M. Bigler, a même demandé que l’on limite le taux de maturité à 24&nbsp;%, ce qui équivaudrait, dans nombre de cantons, à un numerus clausus appliqué pour les collèges. Alors que, par le passé, le choix d’une profession était limité en raison d’une offre défaillante, s’agirait-il, aujourd’hui, d’en faire de même en matière de formation générale&nbsp;? C’est-à-dire de transférer à la formation générale l’inégalité des chances qui sévit dans la formation professionnelle&nbsp;? Ces deux options sont anticonstitutionnelles, socialement condamnables et économiquement absurdes.
</p><h3>Pour une meilleure formation professionnelle</h3><p>Dans l’intérêt des jeunes, les entreprises et les associations patronales doivent améliorer à divers égards la qualité de la formation au lieu de polémiquer contre la formation générale, qui, elle aussi, est nécessaire. En soi une réussite, le système dual de formation (l’économie prend en charge, sous le contrôle de l’État, la formation en entreprise et interentreprises, alors que les cantons offrent l’enseignement en écoles professionnelles) doit être revalorisé sur divers points&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>Enseignement de culture générale&nbsp;: une deuxième langue pour tout le monde et la revalorisation des compétences sociales. Le nouveau chef de l’Économie, le conseiller fédéral Schneider-Ammann, a déclaré à ce sujet devant les deux Chambres – des propos guère remarqués par le public – que le système de formation ne doit définitivement pas être axé sur le seul marché du travail. Il doit aussi veiller à ce que les jeunes soient préparés à vivre de manière autonome. Toujours selon lui, le système de formation doit en effet aider les personnes qui veulent se former, jeunes ou adultes, à devenir des citoyennes et des citoyens conscients de leur valeur, autonomes et critiques.</li><li>Choix de la profession dominé depuis des générations par des critères de sexes&nbsp;: même si la loi sur la formation professionnelle stipule que l’égalité effective entre femmes et hommes doit être encouragée, beaucoup trop peu de changements positifs ont eu lieu ici.</li><li>Santé et sécurité au travail&nbsp;: les statistiques de la SUVA (CNA) montrent que le taux d’accidents est de 70&nbsp;% plus élevé chez les personnes en formation que chez celles qui ont déjà une formation&nbsp;!</li><li>Temps de présence en entreprise des personnes en formation&nbsp;: ils ont été flexibilisés suite à l’abaissement de l’âge de protection pour les jeunes (plus de travail de nuit et le week-end).</li><li>Salaires des apprenti(e)s&nbsp;: ils stagnent depuis des années.</li><li>Conventions collectives de travail&nbsp;: les apprenti(e)s ne bénéficient de leur protection que dans de rares branches.</li><li>Droit de participation des apprenti(e)s&nbsp;: garanti par la loi sur la formation professionnelle (art. 10), il ne s’est pas concrétisé.</li><li>Perméabilité, au sein d’une profession et entre le système de formation professionnelle et celui de formation générale&nbsp;: si elle a été améliorée, il existe toutefois, ici aussi, un besoin de rattrapage.</li></ul><p>Ces dernières années, les syndicats ont défendu ces revendications. Mais peu de progrès ont été réalisés sur des revendications qualitatives, vu la prédominance, dans ce domaine, des aspects quantitatifs. Ces prochaines années, des succès pourront être plus facilement engrangés, car le vent a tourné en faveur des jeunes. Mais, cela, pour autant que les responsables de ces questions dans les syndicats hissent les bonnes voiles.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-58</guid><pubDate></pubDate><title>Merci « Pierre »</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/merci-pierre</link><description>Peter Sigerist va prendre sa retraite</description><content:encoded><![CDATA[<p>La contribution de Peter Sigerist au présent uss-infos est sans doute la dernière de lui dans ce cadre. À la mi-juillet en effet, il passera le flambeau de la politique de la formation à l’USS à une successeure plus jeune. Durant 16 ans, Peter Sigerist a été secrétaire central à l’USS&nbsp;; 13 années durant, il a marqué la politique de la formation de son empreinte et cela, bien au-delà des seuls syndicats. Peter Sigerist fut aussi responsable des commissions de la jeunesse, des retraité(e)s et, durant un certain temps, des migrations. Avec aisance. Bien que profondément persuadé que la formation professionnelle ne devait pas se concevoir exclusivement en fonction des professions, mais avait aussi à encourager l’autonomie et la sociabilité des personnes, il dut toutefois mettre au second plan cette approche émancipatrice. Au milieu des années 1990 en effet, la crise des places d’apprentissage fut bien trop grave pour qu’il fut alors possible de placer les aspects qualitatifs – décrits dans sa contribution au présent uss-infos - au centre de la politique syndicale. Mais Peter Sigerist a eu pour mérite déterminant de s’attaquer activement à cette «&nbsp;bombe à retardement sociale&nbsp;» de la politique de la formation. 
</p><p>Avec son départ, l’Union syndicale suisse (USS) perd surtout une de ses figures les plus originales. Impossible de ne pas le croiser lorsqu’il sera à la retraite, lui, le combattant de toujours pour la paix et la justice. Car trop forte est sa croyance, osons le dire ainsi&nbsp;: dans l’action permanente, trop riche son potentiel moral à la source de sa révolte, trop présente la misère du monde contre laquelle il s’agit de se battre. Il n’empêche&nbsp;: le militant inexorablement engagé est aussi un homme du peuple qui peut aussi trouver son plaisir dans des activités sportives ou les nombreuses autres banalités de la vie quotidienne. Et il est également un pragmatique qui abandonne aux dogmatiques les revendications pures et dures pour préférer un progrès réalisé sous le sceau du compromis. Pareil alliage le rend fascinant&nbsp;!
</p><p>Des années durant, Peter Sigerist a vécu au «&nbsp;rez-de-chaussée&nbsp;» de la maison syndicale. Et il a régulièrement frappé à la porte des «&nbsp;étages supérieurs&nbsp;» pour que leurs locataires ne s’endorment pas, finissant par intégrer ces étages durant ses 16 années d’activité au secrétariat de l’USS. Toutefois, en gardant si souvent la tête au rez-de-chaussée, lui, que seuls ses amis les plus proches avaient le droit d’appeler «&nbsp;Pierre&nbsp;».
</p><p>Aujourd’hui, osons le faire et disons-lui&nbsp;: «&nbsp;Merci, Pierre, pour tout et au revoir&nbsp;».</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-60</guid><pubDate></pubDate><title>Les salaires minimums ne sont pas synonymes de hausse du chômage !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-salaires-minimums-ne-sont-pas-synonymes-de-hausse-du-chomage</link><description>La position, souvent défendue comme un dogme, selon laquelle les salaires minimums feraient augmenter le chômage n’est désormais plus qu’une affabulation pure et simple. Le rapport sur les salaires minimums récemment publié par l’Union syndicale suisse (USS), le prouve.</description><content:encoded><![CDATA[<p>C’est un groupe d’expert(e)s de haut niveau qui est l’auteur de ce rapport. Celui-ci s’attelle d’abord à étudier la fréquence des bas salaires et des salaires minimums en Suisse. Le deuxième chapitre est consacré à la politique menée en matière de salaires minimums dans plusieurs États de l’Union européenne. Il débouche sur la constatation que, depuis le milieu des années 1990, les salaires minimums ont connu un nouvel essor.
</p><p>Dans son troisième chapitre, le rapport pose la question de l’incidence des salaires minimums sur l’emploi et la répartition des revenus. Pour y répondre, plus de 50 études scientifiques – dont de nombreuses à caractère empirique – ont été dépouillées. Les résultats obtenus montrent clairement que les salaires minimums, respectivement leur relèvement, n’entrainent ni hausse ni à recul du chômage, contrairement à ce que certains «&nbsp;théoriciens&nbsp;» ont toujours considéré comme devant être leur conséquence inéluctable, conclut Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS. Des études plus récentes font même apparaître que, le cas échéant, un salaire minimum peut avoir une influence positive sur l’emploi. Et l’OCDE et l’OIT tiennent compte de cette réalité aujourd’hui établie.
</p><p> Le dernier chapitre est rédigé sous un angle juridique. Il tente principalement de répondre à la question de la façon dont on peut réguler les salaires minimums en Suisse.
</p><p>«&nbsp;Mindestlöhne. Situation und Handlungsbedarf. Bericht der SGB-Expertengruppe Mindestlohn&nbsp;» (n’existe qu’en allemand), 127 p., Fr. 12,50 en librairie (ISBN: 978-3 905708-80-6)&nbsp;; peut être commandé auprès de l’USS (<a href="#" data-mailto-token="thpsav1pumvGzni5jo" data-mailto-vector="7">info(at)sgb.ch</a>).</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-63</guid><pubDate></pubDate><title>L’initiative populaire « Pour une poste forte » : toujours d’actualité</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/l-initiative-populaire-pour-une-poste-forte-toujours-d-actualite</link><description>Le Conseil fédéral recommande le rejet de l’initiative « Pour une poste forte ». Rien d’étonnant à cela. Mais lorsqu’il s’agira de voter les cartes seront rebattues. En effet, cette initiative demande le maintien du réseau d’offices postaux et de la qualité de ses prestations. Et ça, le peuple, il aime. Cette initiative a été lancée par le Syndicat de la Communication (aujourd&#039;hui syndicom, suite à sa fusion avec le syndicat comedia), avec le soutien de l’Union syndicale suisse et du Parti socialiste suisse.</description><content:encoded><![CDATA[<p>En 2004, l’initiative «&nbsp;Services postaux pour tous&nbsp;» échouait face à une majorité de hasard. Le peuple ne veut pas que l’on démantèle les services postaux, car ils sont importants. C’est pourquoi, cette deuxième initiative a de bonnes chances d’être acceptée.
</p><p>S’appuyant sur la grande popularité dont jouit la Poste Suisse, elle montre comment garantir des prestations de qualité. Elle propose de sauvegarder ce réseau d’offices postaux étendu à tout le pays que la politique de libéralisation menée par les autorités ne cesse de mettre en danger. Elle propose également d’en assurer la qualité à l’aide d’un personnel doté d’une bonne formation. De plus, elle garantit le financement de la Poste au moyen d’un monopole sur les lettres qui a désormais fait ses preuves, ainsi que les bénéfices d’une banque postale. Bref, elle renforce les services publics.
</p><p>Ses opposants objectent que son principal but aurait déjà été atteint, parce que le Parlement a maintenu dans la loi le monopole résiduel pour les lettres de 50 grammes et moins et que la libéralisation totale proposée par le Conseil fédéral a été évitée. C’est vrai et le temps record durant lequel furent récoltées, en 2009, les signatures pour cette initiative constitue un grand record. Mais seul l’article constitutionnel demandé par cette dernière pourra mettre un terme aux absurdes visées de libéralisation et de privatisation de la Poste qui animent la droite. Et le réseau d’offices postaux ne continuera à approvisionner le pays en services postaux de grande qualité que si l’initiative s’impose dans les urnes. Sinon, la Poste restera sous pression.
</p><p>Mais l’initiative assure aussi le financement des coûts du réseau postal national en prévoyant intelligemment d’y affecter les bénéfices de PostFinance appelée à devenir une vraie banque postale. En demandant que celle-ci – qui a fait ses preuves, en tant que PostFinance, durant la crise financière – soit propriété à 100&nbsp;% de la Confédération, l’article constitutionnel demandé fera obstacle aux dangereuses envies de privatisation de certains. Des services publics de qualité sont, de fait, dans l’intérêt de toute la population.
</p><p>Les syndicats ne sont pas les seuls à défendre des services postaux de grande qualité. Depuis 2004, date de l’échec de toute justesse de la première initiative déjà citée, le scepticisme à l’égard des libéralisations a pris de l’ampleur. Dans les pays où le marché de l’électricité a été intégralement libéralisé, mais aussi avec la libéralisation partielle du marché suisse, on a clairement vu quels sont les risques encourus. Nous allons devoir nous engager de toutes nos forces – également en vue d’une sortie du nucléaire – contre toute nouvelle libéralisation dans ce domaine. Concernant la branche postale, nous disposons, avec cette initiative, d’une proposition constructive et d’avenir.</p>]]></content:encoded><category>Poste</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-65</guid><pubDate></pubDate><title>Une contribution essentielle pour l’avenir de notre principale assurance sociale</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/une-contribution-essentielle-pour-l-avenir-de-notre-principale-assurance-sociale</link><description>Qui fait fortune paie des impôts. Cette règle s’applique aux revenus du travail ou touchés sous forme de rentes ainsi qu’aux gains au loto, aux intérêts produits par les comptes d’épargne, aux honoraires, aux bénéfices de ventes, etc. Mais celles et ceux qui héritent y échappent. Concernant les super-riches, il faut que cela change.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Dans notre pays, un petit nombre de femmes et hommes héritent chaque année de milliards de francs, sans qu’ils aient eu à faire quoi que ce soit (ni même travailler). Le summum&nbsp;: ils ne paient pas non plus d’impôts sur cet argent. C’est injuste&nbsp;!
</p><h3>Comment la richesse est-elle répartie en Suisse&nbsp;?</h3><p>Sur cette question, l’USS a présenté, il y a quelques mois, un rapport sur la répartition des revenus et de la fortune en Suisse<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1011_Tuti_Initiative_Impot-successions.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>. En voici les principaux éléments&nbsp;: en 2007, le 1 % le plus riche de la population de la Suisse possédait 40,9&nbsp;% de la fortune totale&nbsp;; 9&nbsp;% en détenaient 34,4&nbsp;%, une part considérable et les 90&nbsp;% les plus pauvres, soit l’écrasante majorité des habitant(e)s de ce pays, seulement 24,7&nbsp;%. 
</p><p>Et ces différences se creusent&nbsp;: en l’espace d’une décennie, le 1 % le plus riche a pu augmenter de 6,1&nbsp;% sa part du gâteau de la fortune totale&nbsp;; cela, presque exclusivement au détriment de 90&nbsp;% de la population. La tendance est claire, à savoir&nbsp;: une répartition des richesses qui profite toujours plus aux super-riches. En effet, le nombre des Suissesses et Suisses détenant une très grande fortune (plus de 2, respectivement 5 millions de francs) a plus que doublé entre 1997 et 2007. Si, en 1997 encore, on trouvait bien 12&nbsp;000 personnes au bénéfice d’une fortune de plus de 5 millions de francs en 2007, elles sont aujourd’hui déjà au nombre de presque 25&nbsp;000.
</p><p>En Suisse, la fortune est dont répartie d’une manière extrêmement injuste. Un impôt fédéral sur les successions sur, et uniquement sur, les fortunes les plus grandes est donc plus que justifié. 
</p><h3>Transfert&nbsp;: des super-riches vers tout un chacun</h3><p>Cette initiative populaire ne touche pas les petites et moyennes fortunes. Qui a fait des économies ou possède sa propre maison et même&nbsp;: qui a fait des économies ET possède sa propre maison ne sera pas imposé pour cela. L’impôt pour les successions ne sera perçu que sur les fortunes de plus de 2 millions de francs, donc sur des fortunes vraiment importantes, qui ne peuvent pas provenir du seul revenu du travail. 
</p><p>Le produit de cet impôt sur les successions, environ trois milliards de francs, sera intégralement restitué à la population. Un tiers ira aux cantons et deux tiers à l’AVS. Ainsi, notre principale assurance sociale sera apte à relever les défis à venir (garantie d’une retraite décente pour tous et toutes, maintien du niveau de vie antérieur aussi pour les petits revenus, retraite flexible pour les petits et moyens revenus). 
</p><p>En résumé, on peut affirmer que l’impôt sur les successions sera un impôt qui ne prendra de l’argent à personne, mais en donnera à beaucoup&nbsp;!
</p><h3>Ce que l’initiative demande</h3><p>(ea) L’alliance emmenée par le PEV (Parti évangélique) qui a lancé l’initiative populaire «&nbsp;Imposer les successions de plusieurs millions pour financer notre AVS&nbsp;» le 16 août dernier est composée, entre autres, de l’Union syndicale suisse (USS), du Parti socialiste suisse et des Verts. Elle demande que les successions (héritages) supérieures à 2 millions de francs soient désormais imposées au niveau fédéral, à un taux de 20&nbsp;%. Des conditions plus favorables sont prévues lorsque c’est une entreprise qui est héritée et les exploitations agricoles ne sont pas concernées, dans les deux cas à certaines conditions (reprise par les héritiers ou les donataires). Le produit de cet impôt sera affecté, pour un tiers, aux cantons et, pour les deux autres tiers, à l’AVS. L’USS considère qu’au vu du fossé qui s’est gravement creusé depuis plus d’une décennie entre les riches et les gens ordinaires, cette initiative va dans la bonne direction.
</p><p>Des <i>listes et cartes de signatures ainsi que des informations supplémentaires peuvent être obtenues sur le site de l’USS&nbsp;: </i><a href="http://www.uss.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.uss.ch</a>. 
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1011_Tuti_Initiative_Impot-successions.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1"><sup>[1]</sup></a> Il se trouve dans la présente documentation destinée à la presse&nbsp;; des informations peuvent aussi être obtenues sur <a href="http://www.verteilungsbericht.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.verteilungsbericht.ch</a>)&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-64</guid><pubDate></pubDate><title>Imposer un taux de change plancher de Fr. 1,40/1 euro et faire obstacle au chômage </title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/imposer-un-taux-de-change-plancher-de-fr-1-40-1-euro-et-faire-obstacle-au-chomage</link><description>Ce fut une première. Jamais encore, il n’y avait eu de manifestation devant la Banque nationale (BNS). Mais jamais encore non plus, on n’avait demandé aussi instamment que ces derniers temps à celle-ci d’agir efficacement contre le franc super-fort. Par une action - lors de laquelle furent symboliquement imprimés des billets de 1000 francs illustrés d’un réveil indiquant « minuit moins cinq » -, les syndicats de l’USS ont demandé à la BNS d’introduire et de défendre un taux de change plancher de 1,40 franc pour 1 euro. Cette mesure est nécessaire, si l’on veut éviter que la Suisse ne plonge dans une crise et que 100 000 emplois ne disparaissent. Les mesures annoncées le 17 août par le Conseil fédéral (un « paquet » de 2 milliards contre le franc fort) ne sont malheureusement qu’une goutte d’eau dans la mer . </description><content:encoded><![CDATA[<h3>Extrêmement surévalué, le franc met en danger et les emplois et les revenus</h3><p>Depuis le début 2010, le franc s’est apprécié de près de 30&nbsp;% par rapport à pratiquement toutes les monnaies. À cause de cette surévaluation, une grave récession nous menace&nbsp;; l’économie d’exportation de produits suisses est la première concernée, mais venir en Suisse est aussi devenu trop cher pour nombre de touristes étrangers. Finalement, les premiers touchés sont les travailleurs et travailleuses. Dans un tel contexte, nombre d’entreprises, surtout des grandes, ne peuvent assurer leur survie qu’en délocalisant à l’étranger leurs achats ou des parties de leur production. Ce qui n’aide en rien les salarié(e)s de Suisse. En effet, les emplois disparaissent et le chômage ainsi que les pressions sur les salaires se font menaçants. Plus de 100&nbsp;000 emplois sont en jeu. 
</p><p>Le franc surévalué a aussi laissé des traces profondes dans les caisses de pensions. Leurs placements en monnaies étrangères ont perdu de la valeur. À ce jour, les pertes comptables se montent à environ 50 milliards de francs, soit plus de 10&nbsp;000 francs par travailleur ou travailleuse.
</p><h3>Un taux de change franc-euro convenable par rapport à l’Allemagne&nbsp;: Fr. 1,50 pour 1 euro</h3><p>Le franc est extrêmement surévalué. Par rapport à l’Allemagne – le principal partenaire commercial de la Suisse -, cette surévaluation est désormais de plus de 35&nbsp;% (cf. graphique). Le taux de change convenable par rapport à l’Allemagne serait d’à peu près Fr. 1,50 pour 1 euro. Par rapport au dollar et à la livre anglaise aussi, le franc a énormément pris de la valeur. De fait, des estimations montrent qu’il est également trop cher pour plus de 30&nbsp;% par rapport à ces monnaies.
</p><p><b>Évolution du cours du franc<br></b>(valeur extérieure réelle par rapp. à l’Allemagne, 1999=100)
</p><h3>Spéculation sur le franc – calme en Norvège</h3><p>Le Conseil fédéral et la Banque nationale suisse (BNS) ont longtemps prétendu que le franc s’était apprécié parce que l’état des finances suisses était meilleur que celui des États de l’Europe du Sud. C’est faux. En effet, la situation de la Norvège est meilleure que celle la Suisse, mais il n’y a pas de spéculation sur la couronne norvégienne. La surévaluation du franc suisse n’est donc pas la conséquence des problèmes rencontrés dans la zone euro, mais celle de la spéculation dont il fait l’objet. C’est pourquoi, la Suisse est en mesure de combattre seule et avec succès la cherté de sa propre monnaie. 
</p><p><b>Valeur extérieure du franc suisse et de la couronne norvégienne<br></b>(en termes réels, 2005=100, chiffres de la BRI)
</p><p><br></p><h3>La Banque nationale doit fixer un taux de change plancher et le défendre</h3><p>La BNS doit fixer un taux de change plancher par rapport à l’euro et le défendre. C’est ce qu’elle n’a cessé de faire, plus ou moins explicitement et avec succès, depuis la fin des années 1970. Ce fut le cas, par exemple en introduisant un taux de change plancher de 80 centimes pour 1 Deutsche Mark en 1978. Ou en imposant un taux de Fr. 1,45 pour 1 euro après le 11 septembre 2001. Si la BNS ne prend pas la tête des opérations, les marchés des devises pourraient rapidement échapper à tout contrôle. Comme c’est le cas aujourd’hui. Avec un taux plancher, il est par contre possible de contrôler le marché. 
</p><p>Ce taux plancher doit être fixé à un niveau crédible. La BNS ne doit pas se soumettre à la spéculation sur le marché des devises, mais clairement faire savoir quelle est la marge raisonnable pour le cours du franc par rapport à l’euro. Cela doit se faire selon l’évolution de l’économie réelle. Il en résulte qu’il faut viser un taux plancher de Fr. 1,40 pour 1 euro.
</p><p>La BNS peut imposer un tel taux si elle le veut. Elle est en effet souveraine dans sa politique par rapport au franc. Aucun spéculateur sur les taux de change n’est près d’être aussi puissant qu’elle. Car en théorie, elle peut jeter à l’infini une grande quantité de francs sur le marché, alors qu’aucun autre intervenant ne le peut.
</p><p>Les craintes d’une inflation sont exagérées. L’inflation, cela signifie que les entreprises relèvent fortement leurs prix. Pour l’heure, c’est précisément le contraire qui a lieu. Le franc surévalué a en effet pour conséquence de mettre les prix sous pression. Le danger est celui d’une déflation. Lorsque le taux de change était de plus de Fr. 1,65 pour 1 euro, l’inflation était inférieure à 1&nbsp;% en Suisse. Un cours de Fr. 1,40 pour 1 euro permettrait aux entreprises de survivre. À ce niveau, des hausses de prix ne seront plus guère possibles. De ce fait, on ne court aucun risque d’inflation.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Poste</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-66</guid><pubDate></pubDate><title>10 idées reçues… et la vérité à ce sujet</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/10-idees-recues-et-la-verite-a-ce-sujet</link><description>Les syndicats ont gagné l’immense majorité des votes populaires concernant les horaires des magasins. Les arguments des partisans de la libéralisation sont toujours les mêmes et peuvent être démontés facilement. Voici les dix exemples principaux :</description><content:encoded><![CDATA[<p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><b><span lang="FR">Les horaires flexibles ne créent pas d’emplois. </span></b><span lang="FR">Un franc dépensé le dimanche ne peut l’être la semaine (et vice-versa). Le pouvoir d’achat des consommatrices et consommateurs ne devient pas extensible parce que les plages horaires pour le dépenser sont plus grandes. Les emplois créés en dehors des heures d’ouverture habituelles ont donc de fortes chances d’être supprimés en semaine. En outre, la libéralisation des horaires entraîne une forte tendance à la disparition des petits commerces au profit des grandes enseignes: les petits commerces des quartiers et des villages qui peuvent ouvrir le dimanche (parce ce sont des entreprises familiales) perdent ce qui est un de leurs derniers avantages concurrentiels si une grande surface proche peut ouvrir aux mêmes heures. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><b><span lang="FR">Les pays qui ont libéralisé leurs horaires d’ouverture des commerces font des expériences négatives.</span></b><span lang="FR"> Une comparaison internationale faite par le Seco a montré que les libéralisations auxquelles on a assisté dans d’autres pays ont eu des effets contrastés et conclut que la libéralisation «&nbsp;peut avoir des effets économiques tant positifs que négatifs&nbsp;». Dernier exemple en date&nbsp;: le Portugal. La libéralisation complète des ouvertures dominicales vide les commerces des centres-ville pour déplacer la clientèle vers les grands centres commerciaux des périphéries. De tels déplacements de clientèle génèrent du trafic motorisé. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><b><span lang="FR">Les salarié-e-s qui travaillent la nuit et le dimanche ne sont pas tous volontaires. </span></b><span lang="FR">En théorie, la loi sur le travail (LTr) stipule que les travailleurs doivent donner leur consentement pour être occupés la nuit ou le dimanche. En pratique, l’employeur n’engage tout simplement pas celle ou celui qui ne veut pas travailler en dehors des horaires habituels et menace souvent de licenciement le personnel occupé en semaine qui n’est pas d’accord de travailler aussi le dimanche, par exemple en faisant miroiter que «&nbsp;d’autres seraient d’accord de travailler le dimanche…&nbsp;». </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">4.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><b><span lang="FR">Les salarié-e-s qui travaillent la nuit et le dimanche n’ont pas tous droit à un supplément de salaire.</span></b><span lang="FR"> En cas de travail dominical, le supplément n’est dû que si le travailleur ne travaille au maximum que… 6 dimanches par an (soit un tous les deux mois). Dès le 7<sup>ème</sup> dimanche de travail par an, le supplément n’est plus obligatoire. Or, dans la plupart des branches qui bénéficient d’une dérogation à l’interdiction de travailler le dimanche, le nombre de dimanches de travail peut aller jusqu’à… 40 par an (soit un seul dimanche de congé par mois&nbsp;!). Pour le travail de nuit, la majoration de salaire n’est due que pour un maximum de 24 nuits par an seulement. Dans tous les cas, les conditions de travail dans le commerce de détail sont loin d’être enviables&nbsp;: bas salaires et conditions de travail précaires (p. ex. sur appel) y sont la règle. Lors d’enquête réalisées auprès du personnel de la vente, les syndicats constatent que les horaires irréguliers sont cause de forte pression et de stress. Enfin, ce sont des emplois dangereux&nbsp;: les commerces ouverts la nuit sont souvent victimes de brigandages. Et le travail de nuit est aussi dangereux pour la santé: il peut notamment causer des troubles cardiaques, du sommeil, de la digestion et augmente le risque de cancer.</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">5.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><b><span lang="FR">Les salarié-e-s qui travaillent le dimanche et la nuit ne sont pas tous des étudiant-e-s sans charge de famille ou des gens qui veulent absolument travailler en dehors des horaires habituels.</span></b><span lang="FR"> Certes, de nombreux étudiant-e-s sont ravis de trouver un petit boulot le dimanche parce que les bourses d’études sont insuffisantes. Il n’en demeure pas moins que la majorité des salarié-e-s appelés à travailler le dimanche sont ceux qui travaillent aussi la semaine et dont l’emploi n’est pas qu’un simple appoint pendant les études, mais constitue l’activité professionnelle principale. La majorité de ces salarié-e-s sont des femmes, et parmi elles de nombreuses mères de famille monoparentale, dont la situation familiale n’est guère compatible avec des horaires irréguliers. Enfin, bon nombre des salarié-e-s concernés sont en situation précaire, ce qui les force à accepter n’importe quel emploi. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR-CH">6.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><b><span lang="FR">Les horaires flexibles ou irréguliers ne concernent pas que «&nbsp;quelques salarié-e-s&nbsp;» du commerce de détail. </span></b><span lang="FR">Lorsqu’un magasin ouvre en dehors des horaires habituels, toutes les entreprises à son service doivent en faire de même&nbsp;: livraison, logistique, sécurité, nettoyage, informatique, etc. Et, plus on ira vers une société qui ne se repose jamais, plus d’autres services devront à leur tour être disponibles 24h/24&nbsp;: transports publics, crèches, etc. </span><span lang="FR-CH"></span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">7.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><b><span lang="FR">Les besoins des consommateurs n’ont pas changé&nbsp;; ceux-ci ne veulent pas consommer 24h/24.</span></b><span lang="FR"> Lors de la plupart des votations aux niveaux fédéral, cantonal et communal, les citoyens refusent de prolonger les horaires d’ouverture des commerces, que ce soit le soir, le samedi ou le dimanche. Entre 2006 et 2010, les syndicats ont gagné 90&nbsp;% des scrutins sur le sujet. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">8.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><b><span lang="FR">La présence de personnel n’est pas déterminante pour les heures d’ouverture, mais plutôt ce qu’on a le droit de vendre. </span></b><span lang="FR">Les partisans de la libéralisation prétendent que l’assortiment des magasins qui ouvrent déjà la nuit et le dimanche peut être étendu, étant donné que «&nbsp;le personnel est déjà sur place&nbsp;». Avec cet argument, on nivelle la protection des travailleurs par le bas, puisqu’il suffirait d’un seul produit autorisé à la vente 24h/24 pour que tout le magasin ouvre selon ces mêmes horaires. C’est la nécessité de protéger les salarié-e-s qui définit l’assortiment.</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">9.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><b><span lang="FR">Les horaires de travail légaux protègent les salarié-e-s et ne sont pas un «&nbsp;carcan&nbsp;» qui empêche de consommer la nuit et le dimanche.</span></b><span lang="FR"> Le dimanche, on peut acquérir n’importe quel bien et service dans les grandes gares et les aéroports. Dans les autres gares et le long des axes routiers à forte fréquentation touristique, les voyageurs et les automobilistes peuvent se procurer ce dont ils ont besoin le dimanche et la nuit jusqu’à 1h du matin. Dans les régions touristiques, les magasins destinés aux touristes peuvent ouvrir le dimanche. La nuit et/ou le dimanche, les Boulangeries, magasins de fleurs, stations-service, les cafés et restaurants et pharmacies peuvent ouvrir. On peut donc se procurer sans problème ce dont on a vraiment besoin. Pour ce qui n’est pas indispensable, attendre le lendemain ou le lundi suivant est tout à fait suffisant. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">10.&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><b><span lang="FR">La libéralisation totale du travail nocturne ou dominical est bel et bien en marche. </span></b><span lang="FR">Chaque tentative de libéralisation n’est qu’une «&nbsp;tranche du salami&nbsp;». Dès que la flexibilisation a été introduite dans une branche, même pour un très petit nombre de salarié-e-s, même pour une seule région ou un seul canton, même pour un type précis de commerce, les partisans du travail 24h/24 veulent aller plus loin. Parfois, ils prétendent que si une catégorie de commerces peut ouvrir en dehors des horaires habituels, il s’agit d’une «&nbsp;distorsion de concurrence&nbsp;» et se servent de cet argument pour exiger d’autres libéralisations. Leur objectif est donc bien la libéralisation totale des horaires de travail. Mais, comme ils savent qu’une attaque générale contre le repos dominical, le repos nocturne et les horaires réguliers et prévisibles n’aurait aucune chance en votation populaire, ils procèdent par petites tranches de salami, pour mieux faire passer la pilule. Heureusement, les salarié-e-s concernés et la population voient clair dans leur jeu et ne se laisseront pas rouler dans la farine&nbsp;!</span></p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-67</guid><pubDate></pubDate><title>Mon-Repos remet la libéralisation à sa place</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/mon-repos-remet-la-liberalisation-a-sa-place</link><description>Au début de la pause estivale, le Tribunal fédéral a, dans un arrêt qui mérite toute notre attention, mis clairement un frein à la libéralisation du marché de l’électricité et rappelé à l’ordre le Département fédéral concerné. L’entreprise Stahl Gerlafingen AG, confrontée au prix élevé de l’électricité sur le marché « libre », a ainsi le droit, contrairement au verdict prononcé par la Commission fédérale de l’électricité (ElCom), de ne pas céder aux sirènes du marché. Des cas semblables vont suivre. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Chacun sait que, depuis le 1er janvier 2008, la nouvelle loi sur l’approvisionnement en électricité (LApEl) permet aux entreprises dont la consommation annuelle dépasse 100&nbsp;MWh, de choisir librement leur fournisseur. La libéralisation totale, donnant ce libre choix à tout le monde, est prévue dans une deuxième étape qui sera soumise au référendum facultatif. Les entreprises qui se sont expressément décidées, dans le cadre de la libéralisation partielle de la première étape, pour le libre accès au réseau (art.&nbsp;1, al.&nbsp;3 de l’ordonnance sur l’approvisionnement en électricité OApEl) ne peuvent pas revenir à l’obligation de fourniture à prix fixes par l’entreprise locale d’approvisionnement. C’est pourquoi l’ElCom avait refusé à Stahl Gerlafingen AG, à cause de ses contrats de rabais conclus avant l’entrée en vigueur de la LApEl, le droit de choisir librement comme prévu à l’article 7 de cette dernière et l’avait contrainte à rester dans le marché «&nbsp;libre&nbsp;». Étant donné l’explosion des prix du marché «&nbsp;libre&nbsp;» qui a accompagné la libéralisation, le producteur soleurois d’acier n’avait toutefois aucun intérêt au libre accès au réseau, beaucoup plus onéreux. Ainsi a-t-il renoncé en 2008 à reconduire le contrat de fourniture qui lui donnait libre accès au réseau, contrat qui&nbsp; venait à échéance à cette date. Logiquement, il revendiqua du même coup explicitement le droit à bénéficier du service universel fourni par les entreprises électriques régionales, assorti de l’obligation de fourniture à prix fixes. 
</p><h3>Seul un monopole régulé garantit une fourniture de courant à des prix avantageux </h3><p>La Cour de Mon-Repos a, comme auparavant le Tribunal administratif fédéral, conforté la position de Stahl Gerlafingen AG et remis à l’ordre l’ElCom ainsi que le département fédéral concerné. La Cour supérieure affirme que les accords spéciaux conclus sur le long terme entre les fournisseurs d’électricité et les grands consommateurs ne peuvent pas être interprétés comme impliquant une entrée quasi définitive dans le marché «&nbsp;libre&nbsp;», contrairement à l’opinion de l’ElCom. La libéralisation partielle et les règles qui la régissent ne s’appliquent que depuis l’entrée en vigueur de la LApEl. Comme les grands consommateurs doivent explicitement faire savoir qu’ils sortent du monopole pour accéder au marché «&nbsp;libre&nbsp;», il n’y a aucune libéralisation automatique qui se fonderait sur d’anciens contrats&nbsp;; de fait, ceux-ci n’ont pas été conclus sur la base d’une ouverture du marché alors inexistante. L’ancienne situation juridique était justement l’inverse. 
</p><p>Cette décision du Tribunal fédéral n’est pas importante uniquement d’un point de vue juridique, mais aussi politique. Elle montre très concrètement que libéraliser des systèmes d’approvisionnement basés sur des réseaux ne fait pas baisser les prix comme le prétendent les fondamentalistes du marché. Bien au contraire&nbsp;: en l’absence de protection réglementée, les grands consommateurs de courant restent impuissants sur le marché. En 2002 déjà, l’Union syndicale suisse (USS) avait souligné, avec son référendum contre la loi sur le marché de l’électricité (LME) – une victoire dans les urnes - qu’en matière d’électricité, les fournisseurs sont si puissants que le monopole régulé est le seul système pouvant garantir un approvisionnement avantageux. La libéralisation voulue par la LApEl le confirme. C’est pourquoi le signal donné par Mon-Repos est nouveau également sous l’angle politique, parce qu’il impose sans exception le libre choix aussi aux entreprises grandes consommatrices de courant et ne les force pas à subir les prix surfaits du marché international et de la bourse de l’électricité de Leipzig. Cet arrêt du Tribunal fédéral corrige donc également l’interprétation politique faite jusqu’à ce jour de son arrêt de 2003. Celui-ci avait imposé, dans le canton de Fribourg, un droit de libre acheminement de courant qui n’avait pas été acheté dans la région d’approvisionnement, préparant – même après le «&nbsp;non&nbsp;» du peuple à la LME en 2002&nbsp;! – le terrain à la libéralisation partielle appliquée à travers la LApEl. Aujourd’hui, le tribunal dit clairement qu’à l’époque, il n’avait aucunement anticipé ni préjugé de la libéralisation de ce marché. Ce n’est pas ce que l’on avait compris jusqu’à maintenant.
</p><h3>La libéralisation est le problème, pas la solution</h3><p>C’est pourquoi, quelque peu résignée, la NZZ (29.7.2011) a choisi pour titre&nbsp;: «&nbsp;L’ouverture du marché de l’électricité, un pétard mouillé&nbsp;». Et précisément les industries grandes consommatrices de courant, pour lesquelles le marché partiellement libéralisé avait été mis en place via la LApEl, ne sont pas prêtes à payer les prix surfaits entraînés par cette libéralisation. Elles exigent désormais des prix régulés et des garanties d’approvisionnement. Cette volte-face montre qu’en ce qui concerne l’électricité, la libéralisation ne peut qu’être le problème et certainement pas la solution. 
</p><p>Les monopoles régulés par l’État ont assuré, durant tout un siècle, une quantité suffisante de courant et un climat rassurant pour les investisseurs. Après la poussée des prix dans les pays qui ont libéralisé ce marché et après les effets immédiatement négatifs dus à la LApEl, rien ne plaide pour une libéralisation totale dans une deuxième étape. La sortie du nucléaire rendue nécessaire par Fukushima renforcera la demande de garanties légales en matière d’approvisionnement et d’une planification publique méticuleuse de la production. Cela signifie que le tournant énergétique et la toute récente décision du Tribunal fédéral parlent en faveur d’une limitation, et non plus d’une extension, de la libéralisation de ce marché dans le cadre de la révision déjà entamée de la LApEl. Il n’y a de toute façon pas urgence. La décision de Mon-Repos montre aussi que l’intérêt d’avoir une sécurité de l’approvisionnement en électricité à des prix stables – le but explicite depuis des années des syndicats – est aussi important pour les petits consommateurs que pour les grands. Il apparaît déjà qu’ils vont enfin tirer politiquement à la même corde.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-68</guid><pubDate></pubDate><title>Un projet contesté et menacé d’échec… ce qui ne serait pas si grave</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/un-projet-conteste-et-menace-d-echec-ce-qui-ne-serait-pas-si-grave</link><description>Le projet dit de « managed care », c’est-à-dire de réseaux de soins intégrés atteindra sa dernière étape lors de la prochaine session parlementaire d’automne. Les deux Chambres devront éliminer quelques divergences de poids. Mais s’il franchit cet obstacle, il pourrait encore devoir affronter un référendum. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Les deux Chambres ont déjà arrêté quelques axes de ce projet. Le processus de traitement médical sera donc encadré par des réseaux de soins intégrés. On parle de tels réseaux lorsque des fournisseurs de prestations se regroupent pour coordonner la dispensation de soins. Devant aussi garantir l’accès à l’ensemble des prestations de l’assurance-maladie obligatoire, il est impératif qu’ils assument une corresponsabilité budgétaire. Cela signifie qu’ils recevront le montant fixé dans des contrats conclus avec des assurances, qui règlent la collaboration, la garantie de qualité et l’échange de données ainsi que le remboursement des prestations. Ces réseaux limitent le libre choix du médecin. 
</p><p>Les assuré(e)s qui choisissent la forme d’assurance du réseau de soins intégrés signent un contrat en ce sens avec leur caisse-maladie. Contrairement à ce qui est le cas aujourd’hui, ce contrat peut s’étendre jusqu’à trois ans. Et les assuré(e)s qui voudraient le dénoncer avant son échéance, ne pourraient le faire qu’en payant une prime de sortie, dont le montant, encore à déterminer, sera stipulé par le contrat. Les obstacles aux sorties anticipées seront très élevés et devraient procurer bien des tracas aux assuré(e)s&nbsp;!
</p><h3>Les points controversés</h3><p>Trois éléments essentiels, qui n’ont pas encore été fixés, devraient beaucoup animer les délibérations parlementaires. Il s’agit d’abord de décider si l’obligation pour les caisses de proposer des réseaux dans leur offre s’impose ou non. Ensuite se pose la question de l’indépendance des réseaux à l’égard des caisses. Celles-ci doivent-elles être autorisées à avoir leurs propres réseaux ou ces derniers doivent-ils être dans tous les cas indépendants des caisses&nbsp;? Vient enfin le problème de la quote-part différenciée. La question centrale est de savoir s’il faut prévoir ou non une incitation financière pour que les assuré(e)s adhèrent à un réseau de soins intégrés. L’incitation proposée est celle d’une quote-part qui serait inférieure pour les assuré(e)s qui choisiraient un tel réseau.
</p><h3>Pas plus simple pour les assuré(e)s</h3><p>Ce projet ne facilitera pas la tâche des assuré(e)s lorsqu’ils chercheront à savoir quelle caisse et quelle forme d’assurance leur offrent les meilleures conditions, à savoir&nbsp;: des primes intéressantes et, pour les réseaux de soins intégrés, une prime de sortie basse en cas de dénonciation anticipée du contrat. Les assuré(e)s devront aussi savoir si les fournisseurs de prestations par qui ils aimeraient être traités font partie du réseau choisi ou non. Car, en adhérant à un tel réseau, ils ne pourront plus choisir librement leur médecin.
</p><h3>Pas encore gagné</h3><p>Il est cependant tout à fait possible que le projet de «&nbsp;managed care&nbsp;» échoue au Parlement en raison des importantes différences existant encore entre les Chambres. Ce ne serait toutefois pas une catastrophe, car cela ouvrirait une nouvelle porte au projet préféré par l’USS, ses syndicats et les organisations spécialisées et professionnelles du secteur de la santé&nbsp;: le modèle de l’interlocuteur/interlocutrice personnel de santé. Mais même si les Chambres devaient trouver un compromis, celui-ci pourrait être amené à passer par l’épreuve d’un référendum. En effet, diverses associations de médecins se demandent actuellement si elles vont avaler ce projet ou le combattre. L’USS décidera en temps voulu de son éventuel soutien à un référendum que lancerait une autre organisation.</p>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-74</guid><pubDate></pubDate><title>Une hausse des salaires de 2 à 3 pour cent, mais au moins 100 francs 	 et le renchérissement en plus </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/une-hausse-des-salaires-de-2-a-3-pour-cent-mais-au-moins-100-francs-et-le-rencherissement-en-plus</link><description>Ces dernières années, ce sont surtout les hauts salaires qui ont augmenté, alors que les bas et moyens salaires stagnaient. Il est aujourd’hui plus que temps qu’un tournant ait lieu : les syndicats de l’USS, principales organisations de salarié(e)s dans leurs branches respectives, demandent par conséquent des hausses de salaire de 2 à 3 %, mais au moins 100 francs en plus de la compensation du renchérissement.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Malgré le franc fort, les carnets de commandes sont pleins dans la plupart des branches économiques et les bénéfices pleuvent. Environ 90&nbsp;% des salarié(e)s de Suisse travaillent dans des branches qui ne sont pas concernées par le franc fort ou ne le sont que marginalement. 
</p><p>L’argent pour des hausses de salaire est donc bien là. Les employeurs doivent enfin assumer leurs responsabilités à l’égard de leurs employé(e)s et leur verser des salaires équitables. Il n’est plus question que seuls les hauts et très hauts salaires profitent de la croissance et que l’écrasante majorité des salarié(e)s ne reçoivent que des miettes. 
</p><p>Les revendications détaillées que les grandes fédérations de l’USS émettront lors des négociations salariales en cours et à venir apparaissent sur le tableau ci-dessous.</p><table summary class="contenttable"><thead><tr><th scope="col">Syndicat</th><th scope="col">Brance</th><th scope="col">Revendication</th></tr></thead><tbody><tr><td><b>Unia</b></td><td>Industrie</td><td><p>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; De Fr.&nbsp;100.- à Fr.&nbsp;150.- d’augmentation générale</p><p>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Contrôle des salaires relativ. aux discriminations</p></td></tr><tr><td></td><td><span>Construction&nbsp;: premier et second œuvre</span></td><td><p>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Fr.&nbsp;100.- d’augmentation générale + renchérissement</p><p>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Fr.&nbsp;100.- pour les salaires minimums</p></td></tr><tr><td></td><td><span>Sécurité privée</span></td><td><span>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; De 2 à 3&nbsp;% d’augmentation générale</span></td></tr><tr><td></td><td><span>Hôtellerie-restauration</span></td><td><span>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; 13</span><sup>e</sup><span>&nbsp;mois intégral pour tout le monde (déjà décidé)</span></td></tr><tr><td></td><td><span>Commerce de détail</span></td><td><p>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Fr.&nbsp;100.- d’augmentation générale + renchérissement</p><p>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Contrôle des salaires relativ. aux discriminations</p></td></tr><tr><td><span><b>SEV</b></span></td><td><span>CFF, entrepr. de transport concessionnées</span></td><td><span>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Décision fin septembre</span></td></tr><tr><td><span><b>ssp</b></span></td><td><span>Services publics</span></td><td><span>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; De 2 à 3&nbsp;% d’augmentation générale (+ progression d’échelon, compensation du renchérissement et autres revendic. qualitatives comme le maintien des temps de repos, le paiement du temps supplémentaire et suffisamment de personnel qualifié)</span></td></tr><tr><td><span><b>CNPC</b></span></td><td><span>Confédération</span></td><td><span>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; 2&nbsp;% + compensation du renchérissement</span></td></tr><tr><td><span><b>syndicom</b></span>&nbsp;</td><td><span>Poste</span></td><td><span>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; 3&nbsp;%</span></td></tr><tr><td></td><td><span>Swisscom</span></td><td><span>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Déjà décidé&nbsp;: 2,6&nbsp;%</span></td></tr><tr><td></td><td><span>Presse et impression</span></td><td><span>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Fr.&nbsp;100.- + compensation du renchérissement (décision déf. le 24.9.)</span></td></tr><tr><td><span><b>ASEB</b></span></td><td><span>Banques</span></td><td><p>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; De 0,5 à 1,5&nbsp;% d’augmentation générale + compensation du renchérissement selon le résultat de l’entreprise</p><p>-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Participation au Dialogue sur l’égalité des salaires entre femmes et hommes</p></td></tr></tbody></table><table border="1" cellspacing="0" cellpadding="0" class="contenttable"><tbody></tbody></table>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-69</guid><pubDate></pubDate><title>Intérêts malingres sur les avoirs du 2e pilier et marges bien replètes pour les banques et les assurances</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/interets-malingres-sur-les-avoirs-du-2e-pilier-et-marges-bien-repletes-pour-les-banques-et-les-assurances</link><description>La semaine dernière, la Commission fédérale de la prévoyance professionnelle a recom-mandé au Conseil fédéral de baisser à 1,5 % le taux d’intérêt minimal pour l’année 2012. La position de l’Union syndicale suisse (USS) s’en trouve minorisée.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Comme d’autres organisations de salarié(e)s, l’USS avait demandé le maintien en 2012 de l’actuel taux minimal de 2&nbsp;%. Une proposition largement balayée par la commission. En effet, la caste des caisses de pensions a brandi l’épouvantail d’un effondrement du système si celles-ci devaient maintenir un taux de 2&nbsp;% sur les avoirs de vieillesse. Ces mêmes milieux deviennent ainsi les fossoyeurs du système de la capitalisation dont elles ont entonné des années durant le cantique. Un taux d’intérêt minimal inférieur à 2&nbsp;% représente de fait un signal funeste pour la prévoyance professionnelle. 
</p><p>Pour les assuré(e)s, l’épargne forcée collective doit en valoir la peine. Or, ce n’est pas le cas avec un taux de 1,5&nbsp;%. Quand on sait que les comptes épargne jeunesse dégagent des intérêts plus élevés, il va de soi qu’avec un tel taux, la confiance dans le 2e pilier s’estompera. Cela ne sert donc pas à grand-chose de faire remarquer que les marchés financiers sont mal en point&nbsp;! Que les salarié(e)s doivent à nouveau passer à la caisse pour les puissants de l’industrie des finances frise l’impertinence. Surévalué, le franc suisse est même une double menace pour les salarié(e)s&nbsp;: leurs emplois sont en jeu et les fortunes des caisses de pensions fondent. Que l’industrie de la finance se remplisse les poches avec le 2e pilier n’en est que plus choquant. Une récente enquête de l’Office fédéral des assurances sociales confirme les craintes des syndicats&nbsp;: les coûts de gestion de la fortune des caisses grèvent beaucoup plus lourdement les budgets des caisses qu’on ne le disait jusqu’ici. Les assuré(e)s sont en réalité privés d’environ 4 milliards de francs qui profitent aux banques et aux assurances. Pour elles, les caisses de pensions sont des affaires on ne peut plus attrayantes, grâce aux honoraires, aux taxes, aux courtages et aux frais de transactions qu’elles supposent. Tant que ces marges ne seront pas resserrées, il n’y a pas lieu de faire supporter à chaque fois aux seul assuré(e)s la charge induite par l’assainissement des caisses. 
</p><p>Ces prochaines semaines, le Conseil fédéral fixera le taux d’intérêt minimal LPP pour 2012. Il s’agira alors pour lui de garder en vue les intérêts des assuré(e)s et de renforcer la crédibilité du 2e pilier. Deux objectifs dont un taux d’intérêt de moins de 2&nbsp;% ne pourra pas tenir compte&nbsp;!
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-70</guid><pubDate></pubDate><title>Faire pièce aux continuelles tentatives de démantèlement de la prévoyance vieillesse</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/faire-piece-aux-continuelles-tentatives-de-demantelement-de-la-prevoyance-vieillesse</link><description>[Translate to fr:] An der Hochschule St. Gallen diskutierte die Elite am 7. „World ageing &amp; generations congress“ über die alternde Bevölkerung. In Gossau forderten am gleichen Tag, dem 31. August, über 300 Rentner und Rentnerinnen bessere Renten. Sie wussten, worüber sie sprachen. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Désormais, les retraité(e)s de l’USS ont choisi de tenir leur congrès «&nbsp;hors capitale&nbsp;». Cette année, c’était ainsi au tour de Gossau, dans le canton de Saint-Gall. Au menu, notamment&nbsp;: l’AVS et les offensives auxquelles elle ne doit cesser de faire face. 
</p><p>Ruth Dreifuss, ancienne conseillère fédérale et ancienne secrétaire de l’USS était présente, ainsi que, entre autres, l’actuel président de l’USS, Paul Rechsteiner, Giorgio Tuti, vice-président de l’USS et président du SEV, Stefan Giger, secrétaire général du ssp et Danièle Lenzin, coprésidente de syndicom. Parmi les points de mire&nbsp;: les prochaines élections fédérales et les initiatives parlementaires de deux conseillers aux États saint-gallois demandant l’abandon de l’indexation automatique des rentes de l’AVS à l’évolution des salaires et des prix, de même qu’un relèvement à 65 ans de l’âge de la retraite des femmes.
</p><p>Les participant(e)s à ce congrès ont adopté trois revendications, à savoir&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>Il n’est pas question de toucher aux droits acquis en matière de rentes du 2e pilier.</li><li>Les prestations de l’AVS n’ont pas à être réduites. Il faut continuer à indexer régulièrement les rentes AVS à l’évolution des salaires et des prix.</li><li>L’AVS doit être renforcée et ses prestations développées. Impossible sinon, pour elle, de remplir son mandat constitutionnel&nbsp;: la couverture des besoins vitaux.</li></ul><p>Ce congrès a été organisé par le Syndicat du personnel des transports (SEV), le Syndicat suisse des services publics (ssp), le Syndicat des médias et de la communication (syndicom) ainsi que l’Union syndicale du canton de Saint-Gall.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-71</guid><pubDate></pubDate><title>À mener à bien, car apte à atténuer les problèmes</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/a-mener-a-bien-car-apte-a-attenuer-les-problemes</link><description>La Banque nationale suisse (BNS) est la seule en mesure de s’attaquer à la racine de la cherté du franc. Mais cela ne signifie pas qu’il ne soit pas judicieux d’atténuer les pro-blèmes existants. </description><content:encoded><![CDATA[<p>C’est à la BNS de lutter en toute première ligne contre le franc fort. En fixant cette semaine un taux de change plancher de Fr.&nbsp;1,20 pour 1 euro, elle a déjà fait un pas très important – quoique encore largement insuffisant – dans cette direction. Mais, pour que les salaires et les emplois ne soient pas mis sous pression, ce taux doit être d’au moins Fr.&nbsp;1,40.
</p><p>En revanche, le train de mesures du Conseil fédéral, que les Chambres seront appelées à traiter lors de leur session d’automne, aura pour effet d’atténuer les problèmes dus à la cherté du franc. Le transfert d’une partie de l’excédent de la Confédération à l’assurance-chômage est en particulier judicieux. Le Conseil fédéral devra alors faire passer de 12 à 18 mois la durée maximale du chômage partiel. Il est donc logique qu’il propose simultanément un mode de financement à cet effet. La prolongation du chômage partiel permettra de maintenir des emplois dans l’industrie d’exportation. Les entreprises pourront compenser ainsi une baisse de leurs commandes ou sélectionner provisoirement celles qui sont rentables, c’est-à-dire qui n’entraîneront pas de pertes supplémentaires pour elles. Mais il est également judicieux de compenser approximativement les pertes importantes essuyées dans les transports par rail (facturation en euros, mais coûts en francs), de quoi garantir le but du transfert sur le rail du trafic de marchandises par la route. Il faut aussi saluer les mesures prévues dans le domaine de l’innovation (Commission pour la technologie et l’innovation CTI, etc.). La force d’innovation s’en trouvera préservée dans une phase difficile. En effet, le franc fort incite sans doute certaines entreprises à remettre à plus tard leurs projets d’innovation&nbsp;; cela, également parce que les moyens pour ce faire leur font en partie défaut. 
</p><p>En outre, l’USS est favorable à ce qu’une décision de principe pour un deuxième train de mesures soit prise aujourd’hui déjà. Son but devrait être formulé avec précision afin de représenter une solide base de planification pour les entreprises. Ce deuxième train de mesures devrait en particulier soutenir la demande à travers les marchés publics, faire obstacle à un resserrement du crédit et contribuer à empêcher l’assainissement ou la liquidation onéreux de caisses de pensions en sous-couverture dans l’industrie d’exportation. Et il faudrait alors prévoir que les partenaires sociaux des branches concernées soient entendus.
</p><p>L’USS juge certaines mesures fiscales contre-productives, comme l’abolition du droit de timbre, l’affaiblissement général de l’imposition des entreprises ou une baisse de la TVA (en particulier dans l’hôtellerie). Non seulement ce genre de mesures provoqueraient d’énormes pertes fiscales, mais les bénéficiaires seraient des entreprises déjà rentables, comme les importateurs qui demandent déjà des prix surfaits. Supprimer le droit de timbre favoriserait même une appréciation du franc, car les placements en francs deviendraient plus intéressants. Enfin, il convient également de dire non à des subventions salariales générales, car elles sont chères et ne sont pas adaptées au but visé.</p>]]></content:encoded><category>Politique monétaire</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-72</guid><pubDate></pubDate><title>Retour à l’expéditeur !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/retour-a-l-expediteur</link><description>La révision de  la loi sur la poursuite pour dettes et la faillite (LP) est on peut plus menacée par un échec. Un échec dont les syndicats pourraient s’accommoder. Car, selon leur analyse, les points négatifs pèsent plus lourd que les améliorations.</description><content:encoded><![CDATA[<p>La majorité de la Commission des affaires juridiques du Conseil national rejette le projet de révision de la LP consacrée à l’assainissement des entreprises en difficultés. Elle propose de ne pas entrer en matière. L’Union syndicale suisse (USS) soutient cette position. En effet, ce projet de révision comporte trop de dangers et de lacunes pour être acceptable en l’état. Il ne tient entre autres pas suffisamment compte des intérêts des créanciers, notamment des salarié(e)s.
</p><h3>Une attaque inacceptable contre un des principes cardinaux du contrat de travail</h3><p>Selon le projet de révision de la LP, lors d’un assainissement, l’entreprise repreneuse aurait désormais le choix de reprendre ou non les contrats de travail de l’entreprise à assainir. L’USS rejette cette proposition de délier les repreneurs d’une entreprise en faillite de leur obligation de reprendre tels quels tous les contrats de travail. Cette obligation est en effet une des garanties importantes du droit du contrat de travail. Il n’est pas acceptable que l’assainissement d’une entreprise se fasse sur le dos de son personnel. Lors d’un assainissement, c’est en effet le maintien des emplois qui doit figurer au premier plan. Or, la flexibilité du droit suisse du travail, en particulier la grande liberté de licencier qu’il prévoit, donne déjà une marge de manœuvre suffisante aux employeurs. La suppression de cette protection reviendrait dans bien des cas à reporter le coût des assainissements d’entreprises sur l’assurance-chômage. 
</p><p>L’affirmation selon laquelle l’obligation pour le nouvel employeur de reprendre tous les contrats de travail rendrait les reprises plus difficiles, respectivement comme quoi la suppression de cette obligation les rendrait plus efficaces, ne repose sur aucune preuve empirique. À notre connaissance, il n’existe aucun cas où un acquéreur potentiel d’une entreprise en faillite y aurait renoncé à cause de l’obligation de reprendre les contrats de travail aux mêmes conditions. En revanche, les pseudo-assainissements, dont l’objectif réel est plutôt de licencier du personnel, sont une réalité. 
</p><h3>Mettre un terme aux faillites en chaînes</h3><p>Le projet de révision de la LP contient enfin une lacune importante qui justifie que le Conseil fédéral revoie sa copie&nbsp;: il ne contient en effet aucune mesure pour juguler les faillites abusives en chaîne, phénomène que l’on rencontre de plus en plus fréquemment, surtout dans le bâtiment et les arts et métiers. Souvent, des employeurs peu scrupuleux se déclarent en faillite pour éviter de devoir verser à leur personnel les arriérés de salaire et de cotisations sociales, puis recréent aussitôt une autre entreprise active dans la même branche, en employant souvent le même personnel, mais sous une autre raison sociale. Cette nouvelle entreprise fait ensuite rapidement faillite pour les mêmes raisons, et ainsi de suite. Vu l’ampleur que ce phénomène est en train de prendre, il est nécessaire d’y apporter des réponses fermes, y compris sur le plan du droit pénal.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-73</guid><pubDate></pubDate><title>Le mauvais signal de la commission du Conseil des États</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/le-mauvais-signal-de-la-commission-du-conseil-des-etats</link><description>Si la toute dernière décision de la commission du Conseil des États en faveur d’un retour du nucléaire par la petite porte ne corrige peut-être que symboliquement celle de sortir du nucléaire prise par le Conseil national, elle n’en est pas moins un signal totalement déplacé. Au lieu de mener une politique centrée sur la sécurité de l’approvisionnement en électricité, elle répand l’insécurité au sein de la population par ses options irréalistes. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Manifestement, les millions dépensés par economiesuisse et le lobby du nucléaire ont servi. L’étonnante décision prise à l’unanimité par la commission du Conseil des États constitue un brusque retour dans une ère atomique que l’on croyait dépassée. Elle vise, malgré la sortie du nucléaire demandée dans tous les sondages et par la majorité des citoyen(ne)s, à faire revenir par la fenêtre une technologie nucléaire qui serait certes plus sûre, mais qui reste inconnue à ce jour. Il est en soi naturel que l’on ait des options concernant une évolution encore à venir. Et les lois peuvent être adaptées en tout temps. C’est d’ailleurs précisément pour cela que la proposition de la commission est inutile et donne un mauvais signal. Elle répand de l’insécurité là où la sécurité devrait être la règle. De fait, alors que le représentant radical du lobby du nucléaire, Rolf Schweiger, estime la nouvelle option technologique imaginable pour dans 10 à 15 ans déjà, la Verte libérale Verena Diener parle de 2050 au plus tôt. Autrement dit, la foire d’empoigne politique et son cortège de dogmes pourraient reprendre, en lieu et place du développement de conceptions claires. Cela, nous n’en voulons pas.
</p><p>Après Fukushima, nous avons en effet besoin que la Confédération applique une stratégie qui soit claire, ce que la commission du Conseil des États ne conteste d’ailleurs pas. Mais en raison de ces options qui permettent au nucléaire de revenir par la petite porte, cette clarté s’en trouve désormais relativisée. C’est une mauvaise chose pour les investissements qui seraient nécessaires pour financer des solutions de rechange durables au nucléaire. Il semble que l’on soit d’accord pour dire qu’après la catastrophe japonaise et ses précédents tout aussi catastrophiques de Tchernobyl et Harrisburg, l’actuelle technologie atomique apparaît comme définitivement non maîtrisable et représente un danger pour l’humanité. Cela signifie qu’il faut se concentrer totalement, aux plans politique et économique, sur des solutions de rechange. La stratégie suisse en matière d’énergie, d’approvisionnement en électricité, doit par conséquent être réaliste et ne pas s’enliser dans des options vaseuses. Elle doit viser un approvisionnement garanti sur le long terme, ce qui veut dire investir d’abord dans des appareils plus efficients quant à leur consommation d’énergie. Et ses effets seront les plus rapides si elle investit simultanément dans des énergies renouvelables, comme le soleil et le vent, ce qui implique également le passage à un approvisionnement plus décentralisé. Le développement parallèle d’installations de couplage chaleur-force serait ici la méthode qui déploierait le plus rapidement des effets. La sortie du nucléaire créera ainsi un grand nombre d’emplois d’avenir. 
</p><p>Mais tout cela nécessite des objectifs politiques et légaux clairs ainsi que des mandats de prestations impératifs pour les entreprises publiques d’approvisionnement en électricité. Pour ces dernières, la sortie du nucléaire représente une importante opportunité. La sécurité de l’approvisionnement recevra une nouvelle base. Avec son option d’un «&nbsp;retour du nucléaire par la fenêtre&nbsp;», le monde politique crée au contraire de l’insécurité. Economiesuisse et le lobby du nucléaire, de même que la commission du Conseil des États qui les a suivis sur cette question, rendent un mauvais service à la population et à l’économie en signant de la sorte un chèque sans provision. Le Conseil des États et surtout le Conseil fédéral ainsi que le Conseil national ont la possibilité de rétablir la clarté et la sécurité qui s’imposent dans ce domaine.</p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-75</guid><pubDate></pubDate><title>Mobiliser !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/mobiliser</link><description>En matière de social, l’Europe se trouve en pleine ère glaciaire. Les programmes d’austérité frappent directement les bas et moyens salaires. Certes, les syndicats ont de meilleures idées pour répondre à la crise de la dette, mais ils ne pourront les imposer que s’ils parviennent à mieux se mobiliser. Telle est l’analyse de Vasco Pedrina, qui représente l’Union syndicale suisse (USS) au sein de la Confédération européenne des syndicats (CES).</description><content:encoded><![CDATA[<p>Vasco Pedrina prend pour point de départ le fait que les pays de l’Union européenne (UE) ont sauvé les banques après la crise de 2008/2009, pour, après «&nbsp;un premier train de mesures de relance économique (…) imposer partout des plans d’austérité draconiens avec pour but de reporter sur les épaules des travailleurs et des rentiers les coûts du "tsunami financier" 2008/2009.&nbsp;»
</p><p>Il décrit aussi comment ces programmes d’austérité et le «&nbsp;pacte pour l’euro&nbsp;» nous conduisent dans une impasse sociale et économique et quelles sont les dangereuses conséquences institutionnelles de la lutte contre les déséquilibres macro-économiques&nbsp;: «&nbsp;De nouveaux mécanismes sont introduits donnant aux autorités de l’UE les moyens pour accroître la pression pour un démantèlement social sur les pays membres. Concrètement, il s’agit d’un «&nbsp;corset salarial&nbsp;» (qui englobe aussi les rentes), une harmonisation vers le haut de l’âge de la retraite et l’introduction dans la législation nationale de «&nbsp;freins à la dette&nbsp;». Et c’est encore une fois au peuple de payer.
</p><p>La CES exige certes un «&nbsp;New Social and Green Deal&nbsp;»<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1111Ackermann_Crise-dette_Pedrina.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>, au lieu d’une «&nbsp;politique de stabilité&nbsp;» mais elle essaie aussi d’organiser la protestation contre l’application d’un tel remède de cheval. Cependant, elle n’a pas encore trouvé comment faire reculer les gouvernements impliqués. C’est pourquoi Vasco Pedrina défend l’idée d’une mobilisation plus déterminée. D’une part, la «&nbsp;capacité de grève&nbsp;» doit être renforcée sur les lieux de travail et, de l’autre, il faudrait mettre sur pied une campagne européenne pour «&nbsp;L’égalité des salaires – L’égalité des droits&nbsp;», par exemple via une initiative citoyenne européenne. 
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1111Ackermann_Crise-dette_Pedrina.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1"><sup>[1]</sup></a> Les principales revendications de la CES sont&nbsp;: un plan d’investissement et d’occupation ambitieux, financé par les moyens des fonds structurels de l’UE inutilisés&nbsp;; l’émission d’eurobonds (= obligations de l’UE), soutenue par la Banque centrale européenne (BCE), afin de réduire la pression sur les économies en détresse&nbsp;; la mise à disposition par la BCE de liquidités à faible taux d’intérêt suivant les besoins des États membres, comme cela se pratique actuellement pour le secteur bancaire&nbsp;; le développement d’une politique industrielle bas carbone soutenue par une réforme fiscale incluant une taxe sur les transactions financières.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-76</guid><pubDate></pubDate><title>Pas de pitié pour les fins de droit juste avant leur retraite !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/pas-de-pitie-pour-les-fins-de-droit-juste-avant-leur-retraite</link><description>Lors de sa session d’automne, le Conseil des États a clairement rejeté ce que les Vaudois et les Vaudoises ont largement accepté, c’est-à-dire : une rente-pont pour les chômeuses et chômeurs âgés. Ce problème attend donc toujours sa solution.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Entrée en vigueur en octobre dernier, la solution vaudoise prévoit que les femmes et les hommes disposant d’une fortune modeste peuvent désormais recevoir une rente si elles, ou ils, se trouvent au maximum deux ans avant l’âge de leur retraite et n’ont plus droit à l’aide de l’assurance-chômage. Cette rente-pont leur est alors versée jusqu’à ce qu’ils aient atteint l’âge ordinaire de la retraite. 
</p><p>Aux Conseil des États, bien que demandant uniquement que la nécessité et la faisabilité d’une telle mesure soient étudiées, la proposition de la socialiste vaudoise Géraldine Savary a été nettement rejetée. 
</p><p>Il est pourtant statistiquement prouvé qu’une fois au chômage, les hommes et les femmes dans la soixantaine peuvent difficilement se réinsérer dans le marché du travail. Selon la durée pendant laquelle on a pu cotiser à l’assurance-chômage, il se passe plus ou moins de temps avant que l’office régional de placement ne ferme le robinet et coupe les indemnités journalières. Mais après&nbsp;? Que se passe-t-il après une ou deux années et demie - pendant lesquelles on a aligné les offres d’emploi et suivi avec zèle tout plein de formations continues - si on n’a toujours pas trouvé de nouveau travail et qu’un année ou deux manquent encore jusqu’à l’âge ordinaire de la retraite&nbsp;? Dans ce cas, la situation se fait douloureuse et coûteuse. Le nombre de personnes qui ne choisissent pas de prendre leur retraite mais y sont contraintes<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1211_Aregger_Rente-pont_Chomeurs.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a> et la hausse du «&nbsp;taux d’aide sociale&nbsp;» dans cette classe d’âge le prouvent bien<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1211_Aregger_Rente-pont_Chomeurs.docx#_ftn2" target="_blank" name="_ftnref2"><sup>[2]</sup></a>.
</p><p>Au premier coup d’œil, la retraite anticipée comme échappatoire ne semble peut-être pas être une solution si aberrante que cela. Mais, sans capital sous forme de rentes, elle entraîne surtout d’importantes baisses de celles-ci&nbsp;; et cela, jusqu’à la fin de la vie. Une perception anticipée de la rente d’une année ou deux se traduira en effet par une baisse de 6,8&nbsp;%, respectivement 13,6&nbsp;%. Qui plus est, des coupes qui se font sur des rentes AVS qui, aujourd’hui déjà, ne permettent guère de vivre décemment. Pour celles et ceux qui n’auront de toute façon jamais d’épais matelas de sécurité pour leur vieillesse, pareille diminution représente une perte douloureuse.
</p><p>Le passage par les services sociaux n’empêche qu’exceptionnellement l’anticipation de la rente. Seuls les plus pauvres parmi les fins de droit ont en effet droit à l’aide sociale. De fait, les prestations de la prévoyance professionnelle, les avoirs du troisième pilier ou une assurance-vie de la prévoyance libre sont pris en compte dans le budget des personnes qui reçoivent une aide. Et l’usage est que les services sociaux poussent à anticiper la perception de la rente AVS. 
</p><p>Dans ce genre de situation, l’existence d’une rente-pont sur le modèle vaudois serait une aide bienvenue pour les chômeuses et chômeurs âgés en fin de droit. Grâce à elle, celles et ceux qui ont travaillé pendant de longues années avec zèle ainsi que consciencieusement et qui ont fait des économies se font éjecter du monde du travail et sont punis financièrement de manière indigne, alors qu’ils n’ont commis aucune faute. 
</p><p>Les parlementaires ont néanmoins fait preuve de plus de discernement lorsqu’il s’est agi d’adapter la loi sur l’assurance-chômage. Désormais en effet, les personnes de plus de 55 ans devront avoir cotisé 22 mois, et non plus 24, durant un délai-cadre de 2 ans, pour avoir droit au maximum de 520 indemnités journalières. 
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1211_Aregger_Rente-pont_Chomeurs.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1"><sup>[1]</sup></a> En 2008, selon l’Office fédéral de la statistique, plus d’un tiers des personnes en retraite anticipée n’avait pas vraiment choisi de s’y trouver. 
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1211_Aregger_Rente-pont_Chomeurs.docx#_ftnref2" target="_blank" name="_ftn2"><sup>[2]</sup></a> Le taux d’aide sociale de la classe d’âge des 56-64 ans est le seul à avoir constamment augmenté entre 2005 et 2009.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-77</guid><pubDate></pubDate><title>On y va, mais la décision irréfléchie sur le CO2 ne donne pas le bon signal</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/on-y-va-mais-la-decision-irreflechie-sur-le-co2-ne-donne-pas-le-bon-signal</link><description>Désormais, le Conseil des États soutient aussi clairement la sortie du nucléaire. Aucun doute, par conséquent, quant à l’objectif donné à la stratégie choisie pour sortir du nucléaire en 2050. Mais le chemin qui y mène reste semé d’embûches, des embûches dont l’une est le oui à la taxe – à affectation liée – sur le CO2.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Lorsqu’il s’est agi pour lui de prendre une décision de principe sur la sortie du nucléaire, le Conseil des États s’est à nouveau révélé être la légendaire «&nbsp;Chambre de réflexion&nbsp;»&nbsp;: la «&nbsp;petite porte&nbsp;» prévue d’abord au niveau de la commission, à savoir de n’interdire que l’«&nbsp;actuelle génération de centrales nucléaires&nbsp;» s’est ainsi refermée. Après une réflexion approfondie, la commission a, peu avant le débat au niveau de la Chambre elle-même, formulé une motion qui, comme le proposent le Conseil fédéral et le Conseil national, exclut toute nouvelle autorisation d’exploitation d’une centrale nucléaire. De ce fait, les deux Chambres veulent un avenir sans nucléaire. Les détails au sujet de la politique de recherche ajoutés à titre de compromis au projet, ne pèsent pas lourd. Ils vont de soi et ne devraient pas poser de problèmes en décembre au Conseil national. Dans les deux Chambres, la grande majorité des élu(e)s vont ainsi instaurer toute la clarté politique nécessaire et la garantie pour des investissements dans les nouvelles technologies. Soulignons que, dans son ensemble, le Conseil des États s’est trouvé dans une ambiance favorable à un renouveau optimiste et pragmatique. 
</p><p>La Stratégie énergétique 2050 doit maintenant proposer des mesures, des lois, des interdictions et des principes qui soient concrets ainsi que des mesures d’encouragement et des quotas. L’Administration fédérale s’en occupe depuis le printemps et a entamé, après la pause estivale, un processus de discussion qui, avec toutes les organisations concernées, doit servir à ancrer la sortie du nucléaire au plan politique. Les syndicats ont tout intérêt à ce que ce tournant énergétique ait lieu. Celui-ci doit – comme l’USS n’a cessé de le répéter ces derniers mois – aboutir à un approvisionnement en électricité progressivement décentralisé&nbsp;; cela, à travers des installations de couplage chaleur-force et l’énergie solaire comme principaux piliers, ce qui nécessitera des technologies de réseaux («&nbsp;smart grid&nbsp;», «&nbsp;smart metering&nbsp;»). Concernant le tournant énergétique (approvisionnement alternatif) et la rupture à effectuer (démantèlement du nucléaire), la «&nbsp;high tech&nbsp;» permettra de réaliser ici un très bon travail. 
</p><p>Mais le tournant énergétique n’est pas une opportunité uniquement pour notre économie. Elle est aussi un tour de force politique, technologique et économique. Ces prochaines années, nous devrons mener de nombreux débats et luttes controversés sur la «&nbsp;bonne&nbsp;» ou la «&nbsp;mauvaise&nbsp;» technologie de remplacement, sur son efficience sur la quantité de gaz, de petites ou grandes centrales, de géothermie, de pompage, de soleil et de vent ainsi que sur la qualité des réseaux de distribution. Mais le but visé devra rester clair.
</p><h3>La taxe sur le CO2 est une erreur stratégique</h3><p>C’est pourquoi nous n’avons pas le droit de faire des erreurs stratégiques, de prendre des décisions irréfléchies qui peuvent nous faire sortir de notre route. La motion du radical Pankraz adoptée par le Conseil des États en faveur d’une taxe sur le CO2 d’une durée limitée à 20 ans et dont l’affectation sera liée est précisément une décision irréfléchie. Le Conseil national peut encore la bloquer, car elle n’a recueilli que 20 voix contre 19. De fait, elle pourrait inutilement retarder le tournant énergétique à prendre. À elle seule, la modification de la Constitution fédérale qu’elle suppose durera trop longtemps. Actuellement, cette taxe n’est pas un impôt, mais une taxe incitative dont le produit est entièrement rétrocédé. Prévoir une affectation bloquée est un manquement à la parole donnée, qui empêchera d’étendre cette taxe aux carburants comme c’est devenu nécessaire d’un point de vue de politique climatique. Les taxes d’incitation déploient leurs effets uniquement si elles sont rétrocédées individuellement à la population et récompensent ainsi celles et ceux dont le comportement consiste à peu consommer d’énergie et est donc conforme au but visé. Par contre, les affectations liées du produit de taxes récompensent par exemple unilatéralement la branche de la construction ou les propriétaires de leur logement ou encore telle ou telle technologie. En tant qu’impôt de consommation, elles sont antisociales. Elles sont aussi contreproductives parce que, mieux elles fonctionnent, plus la substance fiscale diminue. Cette critique s’applique aussi à la réforme fiscale dite écologique. En tant que pilier important de la Stratégie énergétique 2050, elle pourrait devenir un piège pour la sortie du nucléaire décidée par la grande majorité. Nous avons besoin de décisions prises la tête froide, pas de décisions irréfléchies.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-78</guid><pubDate></pubDate><title>Ça recommence… et comme jamais auparavant </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/ca-recommence-et-comme-jamais-auparavant</link><description>Retraite à 65 ans pour les femmes et suppression de la compensation automatique du renchérissement pour les rentes AVS. Le nouveau Parlement fédéral devra se prononcer sur ces deux propositions de démantèlement de l’AVS. S’y ajoute une nouvelle offensive contre les rentes du 2e pilier, la prévoyance professionnelle. Autant d’arrogance nécessite certaines mises au point. Ce que les prochaines élections fédérales permettront.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Une nouvelle fois, des soi-disant représentant(e)s du peuple s’attaquent… au peuple. La députation saint-galloise au Conseil des États se distingue tout particulièrement dans cet exercice. Erika Forster (PRL) a ainsi développé une proposition de relèvement de 64 à 65 ans de l’âge de la retraite des femmes et Eugen David (PDC) propose de supprimer la compensation automatique du renchérissement sur les rentes AVS. Et ils ont passé le cap de la commission de la Chambre des cantons. La commission parallèle du Conseil national va probablement traiter ces deux objets avant les élections encore. Et la décision finale sera prise par le nouveau Parlement qui sortira des urnes à la fin octobre, vraisemblablement lors de sa session de décembre. Mais ce n’est pas tout&nbsp;!
</p><p>Le conseiller fédéral Didier Burkhalter prépare pour 2012 – prouvant ainsi la même incompréhension de ces réalités – un projet de baisse du taux minimum de conversion LPP, c’est-à-dire dans le 2<sup>e</sup> pilier (passage de 6,8 à 6,4 %).
</p><p>Les étapes du programme de démantèlement est donc fixé. Mais que signifierait tout cela pour les actuels et futurs rentiers et rentières&nbsp;? L’USS a calculé.
</p><h3><b>Pertes annuelles sur les rentes de couple</b></h3><p>&nbsp;</p><table class="contenttable"><thead><tr><th></th><th scope="col"><span>Rente adaptée selon E. David*</span></th><th scope="col"><span>Relèvement à 65 ans de l’âge de la retraite des femmes **</span></th><th scope="col"><span>Baisse du taux minimal de conversion LPP</span></th><th scope="col"><b>Total</b></th></tr></thead><tbody><tr><td><span>Bas revenus</span></td><td><span>Fr. 752.-</span></td><td><span>Fr. 733.-</span></td><td><span>Fr. 675.-</span></td><td><b>Fr. 2160.-</b></td></tr><tr><td><span>Moyens&nbsp;</span><span>revenus</span></td><td><span>Fr. 752.-</span></td><td><span>Fr. 733.-</span></td><td><span>Fr. 1&nbsp;707.-</span></td><td><b>Fr. 3192.-</b></td></tr><tr><td><span>Hauts&nbsp;</span><span>revenus</span></td><td><span>Fr. 752.-</span></td><td><span>Fr. 733.-</span></td><td><span>Fr. 2&nbsp;480.-</span></td><td><b>Fr. 3965.-</b></td></tr></tbody></table><h3><b>Pertes annuelles sur les rentes des femmes</b></h3><p>&nbsp;</p><table class="contenttable"><thead><tr><th scope="col"></th><th scope="col"><span>Rente adaptée selon E. David *</span></th><th scope="col"><span>Relèvement à 65 ans de l’âge de</span><span>la retraite des femmes **&nbsp;</span>&nbsp;<span>&nbsp;</span></th><th scope="col" style="text-align: -webkit-auto; "><span>Baisse du taux minimal de conversion LPP</span></th><th scope="col" style="text-align: -webkit-auto; "><b>Tota</b></th></tr></thead><tbody><tr><td><span>Bas revenu</span></td><td><span>Fr. 283.-</span></td><td><span>Fr. 552.-</span></td><td><span>Fr. 76.-</span></td><td><b>Fr. 911.</b></td></tr><tr><td><span>Moyens r</span><span>evenus</span></td><td><span>Fr. 409.-</span></td><td><span>Fr. 797.-</span></td><td><span>Fr. 929.-</span></td><td><b>Fr. 1206.-</b></td></tr><tr><td><span>Hauts&nbsp;</span><span>revenus</span></td><td><span>Fr. 501.-</span></td><td><span>Fr. 977.-</span></td><td><span>Fr. 1&nbsp;311.-</span></td><td><b>Fr. 2&nbsp;789.-</b></td></tr></tbody></table><p>Les catégories de revenus prises en compte ici concernent la dernière année avant la retraite. Elles se composent comme suit&nbsp;: pour les couples Fr. 79&nbsp;100.- = bas revenu&nbsp;; Fr.&nbsp;135&nbsp;100.- = moyen revenu&nbsp;; Fr.&nbsp;262&nbsp;300.- = haut revenu. Pour les femmes&nbsp;: Fr.&nbsp;30&nbsp;600.- =&nbsp; bas revenu&nbsp;; Fr.&nbsp;69&nbsp;600.- = moyen revenu&nbsp;; Fr.&nbsp;130&nbsp;000.- = haut revenu. 
</p><p>* Moyenne des dernières 20 années, aux prix de 2011. 
</p><p>** 22 au lieu de 22,8 ans de perception de la rente, sans effets sur le marché du travail.
</p><p>Paul Rechsteiner, le président de l’Union syndicale suisse (USS), constate qu’il s’agit là de la plus grande offensive menée contre l’État social suisse à laquelle on n’ait jamais assisté. Le démantèlement visé remettrait en question le mandat constitutionnel, selon lequel les rentes des 1<sup>er</sup> et 2<sup>e</sup> piliers doivent maintenir de manière appropriée le niveau de vie antérieur. 
</p><p>Les différentes propositions faites dans le cadre de cette offensive ont déjà été rejetées par le peuple lors de votations populaires. Cela n’empêche par les Forster, David et autres Burkhalter de nous les resservir pour la x<sup>ème</sup> fois. 
</p><p>Les conséquences logiques à en tirer&nbsp;? Il faut élire un autre Parlement fédéral. Il faut élire des personnes qui ont une vraie sensibilité sociale, pas des fossoyeurs du social&nbsp;! Il faut élire des représentant(e)s du peuple qui méritent ce nom. Dans deux semaines, nous le pourrons.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-80</guid><pubDate></pubDate><title>Plus de 600 arrivées en fin de droit évitées par année ! </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/plus-de-600-arrivees-en-fin-de-droit-evitees-par-annee</link><description>Suivant la proposition du président de l’Union syndicale suisse (USS), le conseiller na-tional Paul Rechsteiner, le Parlement suisse a décidé de faire passer la durée de cotisation à l’assurance-chômage de 24 à 22 mois pour que les chômeurs et chômeuses de plus de 55 ans aient droit au maximum de 520 indemnités journalières. Ce qui permettra d’éviter une bonne cinquantaine d’arrivées en fin de droit pas mois, ou plus de 600 par an. </description><content:encoded><![CDATA[<p>L’âge est toujours plus un facteur de chômage. Alors que les apprenti(e)s ne trouvent souvent pas de possibilités de travailler après leur formation, les plus de 55 ans, une fois passés par la case chômage, ne parviennent pratiquement jamais à réintégrer le monde du travail. La 4e révision de la loi sur l’assurance-chômage, la LACI, n’a pas résolu ce problème central. Au contraire, le démantèlement massif de cette assurance a même aggravé les conséquences du chômage. En effet&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>Pour les personnes de moins de 25 ans, la durée maximale d’indemnisation a été réduite à 250 jours et les jeunes qui terminent leur scolarité ou leurs études ne bénéficient d’aucune aide de l’assurance-chômage pendant les 120 premiers jours.</li><li>Avec cette révision, les plus de 55 ans devaient avoir cotisé sans interruption durant 24 mois pour avoir droit au maximum de 520 indemnités journalières. Et il suffisait que quelques jours seulement manquent pour que ce maximum ne soit plus garanti. Cela, pour une catégorie de chômeurs et chômeuses qui rencontre les plus grandes difficultés à retrouver un nouvel emploi.</li></ul><p>La conséquence de cette deuxième mesure était que, chaque mois, une cinquantaine de personne arrivaient en fin de droit pour n’avoir cotisé – travaillé - «&nbsp;que&nbsp;» 22 ou 23 mois sur les 24 requis. Cela, par exemple parce que, entre deux emplois, il y avait un «&nbsp;trou&nbsp;» de quelques jours. Cette rigueur totalement disproportionnée disparaîtra désormais, grâce à l’intervention de Paul Rechsteiner. En effet, les personnes de plus de 55 ans n’auront plus besoin d’avoir cotisé – travaillé - que 22 mois sur les 24 derniers pour toucher à nouveau les 520 indemnités journalières maximales.
</p><p>On voit de toute évidence à quel point cette correction était nécessaire si l’on considère que le risque, pour une personne de plus de 55 ans, de devenir chômeur ou chômeuse de longue durée est passé, selon le SECO, de 39 à 46&nbsp;% entre 2006 et 2010, pour les seuls cantons alémaniques. Le Conseil fédéral et les Chambres fédérales ont aussi reconnu l’urgence de trouver une solution à ce problème et adopté cette mesure à la faveur d’une procédure accélérée, durant la session parlementaire de cet automne. Elle pourra donc entrer en vigueur dès le 1er janvier 2012.
</p><p>Si limité ce succès peut-il apparaître, comparé aux mesures d’économies prises dans le cadre de la 4e révision de la LACI, il n’en est pas moins important pour les personnes concernées. Et il représente également un grand succès contre la précarisation des conditions de vie durant la vieillesse.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Assurance-chômage</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-81</guid><pubDate></pubDate><title>Une lourdeur qui risque de rendre la loi inefficace</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/une-lourdeur-qui-risque-de-rendre-la-loi-inefficace</link><description>La nouvelle loi sur l’encouragement et la coordination des hautes écoles (LEHE) a passé la rampe du vote final le 30 septembre au Parlement fédéral. Cette loi, qui va remplacer la loi sur les hautes écoles spécialisées (LHES) et la loi sur l’aide aux universités (LAU), doit cependant être considérée sous un œil critique.</description><content:encoded><![CDATA[<p>La LEHE va entraîner des changements importants au niveau du pilotage dans le domaine des hautes écoles. Une conséquence va être notamment un renforcement du rôle des cantons dans la gestion des hautes écoles spécialisées (HES). Ceux-ci seront en effet trop fortement représentés au sein du Conférence suisse des hautes écoles, l’organe de pilotage principal prévu par la loi. Par conséquent, la Confédération va perdre une bonne partie des prérogatives qui lui était attribuées jusqu’ici. Le rôle joué par les organisations du monde du travail – les partenaires sociaux - a pu, par chance, être amélioré lors des délibérations parlementaires&nbsp;: un comité permanent pourra se prononcer sur les affaires traitées. Une délégation, constituée de deux représentant-e-s des travailleurs et travailleuses, et autant du patronat, siégera avec voix consultative. 
</p><p>La structure fédéraliste des organes décisionnels imposée par la nouvelle loi laisse l’Union syndicale suisse sceptique. Et elle n’est pas seule. Une grande attention sera portée à la mise en œuvre de cette loi et à son incidence, en particulier pour le domaine des hautes écoles spécialisées, les HES.
</p><p>Parallèlement aux discussions sur la LEHE, les débats sur le financement de la formation professionnelle en 2012 se sont poursuivis. Le Conseil national a accepté par deux fois à l’unanimité le relèvement du financement à hauteur de 25&nbsp;%, comme le prévoit depuis 2004 la loi sur la formation professionnelle. Par contre, le Conseil des États s’est obstiné à maintenir sa position, à savoir&nbsp;: une augmentation du crédit par palier jusqu’en 2013. Le projet passera en décembre en Conférence de conciliation.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-94</guid><pubDate></pubDate><title>Maintien d’une forte représentation syndicale</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/maintien-d-une-forte-representation-syndicale</link><description>Le nouveau parlement élu comptera, lui aussi, une forte présence syndicale. Dix-huit élus ont ou avaient des fonctions importantes auprès de l’USS ou de l’une de ses fédérations syndicales. Trois autres proviennent d’autres organisations de salarié(e)s.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Bien sûr, selon les circonstances, l’USS travaille avec tous les groupes parlementaires. Toutefois, les élu(e)s ayant un lien étroit, le plus souvent de nature professionnelle, avec les syndicats se trouvent toutes et tous dans deux groupes du nouveau parlement&nbsp;: celui des Verts et celui du PS. 
</p><p>Les élu(e)s qui sont aussi des professionnel(le)s des syndicats de l’USS sont les suivant(e)s&nbsp;:&nbsp; 
</p><p>Pour le <b>PS&nbsp;</b>: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>Paul Rechsteiner, président de l’USS (SG), &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;</li><li>Max Chopard-Acklin, secrétaire syndical Unia (AG),</li><li>Philipp Hadorn, secrétaire syndical SEV (SO),</li><li>Edith Graf-Litscher, secrétaire syndicale SEV (TG),</li><li>Corrado Pardini, secrétaire syndical Unia (BE),</li><li>Maria Roth-Bernasconi, secrétaire générale de l’APC (GE),</li><li>Jean-Christophe Schwaab, secrétaire syndical USS (VD,)<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1311_Ackermann_Parlement.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a></li><li>Eric Voruz, secrétaire syndical retraité Unia (VD).</li></ul><p>Le groupe du Conseil national du PS compte ainsi huit syndicalistes au sens étroit du terme, et donc un élément de plus que lors des élections d’il y a quatre ans. Dans leurs rangs, Jean-Claude Rennwald, André Daguet et Christine Goll ne se représentaient plus.
</p><p>Pour les <b>Verts&nbsp;</b>: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>Balthasar Glättli, responsable de campagnes pour le ssp (ZH),</li><li>Louis Schelbert, secrétaire dirigeant de l’Union syndicale lucernoise (LU),</li><li>Franziska Teuscher, coprésidente de la Commission féminine de l’USS (BE),</li><li>Daniel Vischer, président de la section Transport aérien du ssp (ZH).</li></ul><p>Le groupe parlementaire des Verts compte donc de nouveau quatre syndicalistes professionnels. Malheureusement, Katharina Prelicz-Huber, présidente du ssp, malgré un excellent travail parlementaire, n’a pas été réélue. 
</p><h3>Lien biographique</h3><p>D’autres élu(e)s, qui consacrent une bonne partie de leurs activités aux syndicats et /ou ont occupé par le passé, durant de longues années, des fonctions importantes dans les syndicats se retrouvent par exemple&nbsp;: 
</p><p>dans le <b>PS</b>&nbsp;: 
</p><p>Hildegard Fässler, présidente de la Commission de politique sociale de syndicom (SG), Susanne Leutenegger, ancienne secrétaire centrale du SIB (BL), Christian Levrat, ancien vice-président de l’USS (FR), Mathias Reynard, président de la Jeunesse Unia du Valais romand (VS) et Roberto Zanetti, ancien secrétaire SEV (SO)&nbsp;;
</p><p>chez les <b>Verts&nbsp;</b>: Regula Rytz, ancienne secrétaire centrale de l’USS (BE). 
</p><p>En outre, de nombreux élu(e)s du PS et des Verts sont membres d’un syndicat de l’USS et prennent aussi part à la défense des intérêts syndicaux.
</p><h3>Autres associations</h3><p>Avec les nouveaux élu(e)s Yvonne Feri, secrétaire dirigeante de l’association des enseignant(e)s zurichoise (AG), et Martin Naef, du comité de la SEC du canton de Zurich (ZH) ainsi que la confirmation du sortant Daniel Jositsch (contrat de coopération avec la SEC), la «&nbsp;députation ouvrière&nbsp;» dans le groupe socialiste englobe trois membres de plus, représentant d’autres associations de salarié(e)s, qui n’appartiennent pas à l’USS. 
</p><p>De nouveau, les syndicats sont ainsi solidement représentés. Cela ne sera pas de trop. Car les bourgeois ont hissé le pavillon noir du démontage, particulièrement en matière de politique sociale, une tradition désormais. L’engagement total de représentant(e)s des salarié(e)s et de la gauche sera nécessaire pour que ce parlement n’approuve pas que des projets que nous serons ensuite obligés d’enterrer à coup de référendum. Car, après des années de croissance des inégalités sociales et de redistribution inéquitable, les signes de changement doivent aussi se manifester au parlement.  
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1311_Ackermann_Parlement.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1"><sup>[1]</sup></a> Son siège n’est pas définitivement assuré, puisque dépendent du deuxième tour des élections vaudoises au Conseil des États, dans lesquelles la conseillère nationale élue G. Savary fait office de favorite. Si G. Savary est confirmée au Conseil des États, J. C. Schwaab prendra sa place au Conseil national.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-322</guid><pubDate></pubDate><title>Lutte contre le chômage et réorientation de la politique économique et sociale</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/lutte-contre-le-chomage-et-reorientation-de-la-politique-economique-et-sociale</link><description>La crise économique va nous toucher de plein fouet. Si rien de conséquent n’est entrepris, les perspectives pour 2009 sont plutôt sombres. Lors de sa récente conférence de presse annuelle, l’Union syndicale suisse (USS) a présenté les mesures qui s’imposent désormais à ses yeux. </description><content:encoded><![CDATA[<p>En quelques mots, le contexte actuel se présente comme suit&nbsp;: </p><ul><li>L’échec pitoyable du monétarisme, des privatisations et des déréglementations est dé­sormais avéré. Mais, toujours en place, les mêmes responsables politiques et économi­ques continuent à ces idéologies…</li><li>Contrairement aux salarié(e)s, les entreprises ont largement profité de la dernière re­prise économique, au point que leurs caisses sont pleines.</li><li>Si aucune mesure n’est prise pour redresser la barre, le chômage battra de nouveaux records en 2010.</li></ul><p>Pour toutes ces raisons, les syndicats présentent des revendications précises.
</p><h3>Il faut apprendre de ses erreurs</h3><p>La crise a été causée par une recherche forcenée de rendements les plus élevés possi­bles de fonds propres. Dévastateur, ce système a entraîné la création de programmes de bonus, synonymes de salaires directoriaux pharamineux&nbsp;; une «&nbsp;ospélisation&nbsp;» à laquelle il im­porte de s’opposer farouchement. D’une part, il faut durcir les prescriptions sur les fonds propres applicables aux banques. De l’autre, les salaires des directeurs doivent être limi­tés, par exemple en taxant comme bénéfice la part excédant le million de francs. 
</p><h3>Marché du travail</h3><p>La montée du chômage, qui menace, doit être combattue par tous les moyens à disposi­tion. En tout premier lieu, les entreprises, qui ont pu remplir leurs caisses durant les an­nées de vaches grasses - notamment grâce à un personnel dévoué et engagé – doivent, elles aussi, mettre la main à la pâte. Si (vraiment&nbsp;!) nécessaire, qu’elles introduisent le chômage partiel (appelé aussi «&nbsp;technique&nbsp;»), plutôt que de licencier. Confédération, cantons et communes doivent aussi faire face à la crise et lancer des programmes d’investissement et autres, destinés à soutenir le pouvoir d’achat des gens. Il s’agit, primo, d’augmenter les allocations familiales, ainsi que les réductions des primes versées aux caisses-maladie et, secundo, d’investir dans les infrastructures publiques<a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/uss-infos/2009/0109_EA_Priorites_USS.doc#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>. 
</p><h3>Sécurité sociale</h3><p>Des assurances sociales performantes représentent la meilleure manière de se prémunir contre les risques qui s’annoncent. Elles sont aussi un moyen de stabiliser l’économie et permettent une certaine compensation des inégalités sociales. Autant de raisons pour les­quelles elles doivent répondre aux besoins sociaux de la population. Concrètement </p><ul><li>l’USS luttera contre le démantèlement de l’AVS et de l’assurance-accidents&nbsp;;</li><li>l’AI et l’assurance-chômage doivent rester stables et aptes à fonctionner comme il se doit&nbsp;;</li><li>l’écrémage des meilleurs parts réalisé par les assureurs-vie dans le 2e pilier et l’assurance-accidents doit prendre fin&nbsp;;</li><li>les caisses de pension en situation de sous-couverture ne doivent pas être assainies à la hâte et la responsabilité de la Confédération à l’égard de celles qui sont de droit public doit être développée&nbsp;; il faut renoncer à la recapitalisation complète des caisses en 40 ans et recapitaliser en particulier celle des CFF&nbsp;; le Conseil fédéral doit corriger les nouvelles prescriptions sur les placements des caisses (tendance&nbsp;: plus de produits is­sus du marché financier, moins d’immobilier).</li></ul><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h3>Impôts</h3><p>Il faut stopper le «&nbsp;rythme fiscal merzien&nbsp;» consistant à présenter chaque semestre une nouvelle «&nbsp;optimisation fiscale&nbsp;» qui, finalement, consiste uniquement à donner plus à celles et ceux qui ont déjà plus que les autres. C’est avec la plus grande énergie que l’USS combattra aussi ces nouveaux «&nbsp;produits&nbsp;» que sont le taux unique de TVA et une nouvelle réforme de l’imposition des entreprises, de même que les systèmes d’impôts à taux unique («&nbsp;flat-tax&nbsp;»), comme celui que le canton de Thurgovie va introduire. Et cela, non seulement parce qu’ils sont injustes, mais aussi parce que les cadeaux offerts aux revenus les plus élevés ne favorisent en rien la conjoncture. En effet, comme la majeure partie de ces sommes offertes est économisée ou placée à l’étranger, voire dépensée pour importer des marchandises, la demande intérieure n’en profite pas. Qui plus est&nbsp;: les bais­ses constantes d’impôts au profit des plus riches ont très probablement alimenté l’énorme progression des cours sur les marchés des titres. 
</p><h3>Services publics</h3><p>Les services publics doivent être renforcés. Pour faire pièce à la crise, cela suppose donc que l’on développe les transports publics et augmente le nombre de places destinées, à des prix abordables, à l’accueil extrafamilial des enfants. Simultanément, la situation sur le marché de l’électricité révèle l’échec de la libéralisation. Il faut donc renoncer à la deuxième étape de ce processus, à savoir&nbsp;: la libéralisation totale de ce marché. Concer­nant la Poste, l’USS se battra aussi, en l’absence d’une convention collective de travail étendue, contre une progression de la libéralisation. Quant au projet de libéralisation de Swisscom, il doit être définitivement enterré.
</p><p>&nbsp;</p><p>Vous trouvez des information complémentaire dans les contributions attachée de</p><ul><li><b>Paul Rechsteiner</b>, président de l'USS</li><li><b>Rolf Zimmer</b><b><b>man</b>n</b>, premier secrétaire de l'USS</li><li><b>Daniel Lampart</b>, économiste en chef de l'USS</li><li><b>Colette Nova</b>, secrétaire dirigeante de l'USS</li></ul><hr><p><a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/uss-infos/2009/0109_EA_Priorites_USS.doc#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> À la fin de janvier 2009, l’USS présentera des revendications précises pour que ces programmes d’investissement soient efficaces.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-83</guid><pubDate></pubDate><title>Le Conseil fédéral ne peut plus refuser de se mettre au travail !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-conseil-federal-ne-peut-plus-refuser-de-se-mettre-au-travail</link><description>Le 21 octobre dernier, dans l’ombre du dernier sprint électoral final qui le fit passer à l’arrière-plan, un rapport de la Commission de gestion du Conseil national (CdG-N) confirmait l’existence manifeste de sous-enchère salariale en Suisse et, du coup, le peu d’entrain du Conseil fédéral à y mettre fin. L’Union syndicale suisse (USS) ne dit pas autre chose, mais de manière plus claire : Conseil fédéral et autorités sont coupables de refuser de se mettre au travail.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Dans les conclusions que la CdG-N tire du rapport «&nbsp;Évaluation de la surveillance et des effets des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes&nbsp;» demandé au Contrôle parlementaire de l’administration (CPA), celle-ci constate sommairement «&nbsp;qu’il peut être conclu à&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>des pressions réelles sur les salaires&nbsp;;</li><li>une application partielle et inégale des mesures d’accompagnement&nbsp;;</li><li>un pilotage tardif, complexe et mal ciblé ;</li><li>la [sic] communication est basée sur des données inadaptées.&nbsp;»</li></ul><p>Le rapport du CPA, c’est-à-dire l’enquête à proprement parler, désigne les points sombres suivants&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>-&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; les salaires sont mis sous pression particulièrement lors de nouvelles embauches&nbsp;;</li><li>malgré cette pression à la baisse, il n’y a pas un canton de Suisse alémanique qui ait introduit des salaires minimums pour protéger les rémunérations&nbsp;; quelques cantons ont même volontairement renoncé à constater la sous-enchère salariale&nbsp;;</li><li>les instruments de protection sont lacunaires&nbsp;: ainsi, il n’est pas possible, en cas de sous-traitance à la chaîne, de demander des comptes aux entreprises qui pratiquent la sous-enchère salariale&nbsp;; les exemples de sous-enchère récemment découverts sur les chantiers le montrent clairement.</li></ul><p>Pour l’USS, il est clair que la Confédération et les cantons doivent combattre systématiquement cette sous-enchère salariale. Ils doivent, une fois pour toutes arrêter de… ne rien faire. En ce qui concerne la pression sur les salaires lors des nouvelles embauches, une offensive de contrôle doit être lancée, afin de mettre en pleine lumière la sous-enchère. Là où les salaires sont sous pression, les cantons et la Confédération doivent introduire des salaires minimums. C’est ce que prévoit la loi. Et les lacunes du dispositif de protection doivent être comblées (p. ex. en introduisant la responsabilité solidaire).
</p><p>Le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann est l’ultime responsable de l’application correcte des mesures d’accompagnement. Ce mandat n’est pas rempli si les salaires sont soumis à une pression à la baisse, mais que la Confédération et les cantons ne luttent pas de manière conséquente contre cette situation. Le conseiller fédéral Schneider-Ammann doit donc prendre des mesures sans tarder, afin que les salaires soient garantis en Suisse et que la sous-enchère salariale soit combattue par tous les moyens.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-319</guid><pubDate></pubDate><title>Jouer avec les bilatérales, c’est jouer avec nos emplois !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/jouer-avec-les-bilaterales-c-est-jouer-avec-nos-emplois</link><description>La Suisse doit-elle reconduire l’accord sur la libre circulation des personnes et l’étendre à la Bulgarie et à la Roumanie, derniers pays ayant adhéré à l’Union européenne (UE) ? Nous répondrons à cette question le 8 février prochain. L’Union syndicale suisse (USS) recommande vivement le OUI. Parce qu’elle a veillé à ce que des barrières nous protègent de la sous-enchère salariale. Des barrières qui ne sauraient tolérer aucune brèche d’aucune sorte. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Au fond, la liberté, c’est toujours quelque chose de bien. La libre circulation des person­nes aussi et, donc, le droit de pouvoir travailler dans un autre pays sans passer par par­cours du combattant bureaucratique et d’autres obstacles insurmontables. Il y a cependant un «&nbsp;hic&nbsp;»&nbsp;: ce qui ne promet, au premier coup d’œil, que des avantages aux gens qui font preuve d’initiative, recèle en réalité un grand potentiel de dangers pour le marché du tra­vail. Les personnes qui peuvent travailler dans un pays économiquement très supérieur au leur sont plutôt disposées à le faire à des conditions moins bonnes que les conditions usuelles, parce que, de toute façon, elles gagnent plus que dans leur pays. Et les em­ployeurs des pays de migration peuvent ainsi exulter de pouvoir puiser dans un réservoir de main-d’œuvre bon (meilleur) marché. C’est à cause de ces dangers que l’USS a, dès le départ, fait clairement dépendre son acceptation de la libre circulation des personnes de la mise en place de mesures d’accompagnement efficaces contre la sous-enchère salariale. 
</p><h3>Les mesures d’accompagnement protègent les salaires et les conditions de travail suisses</h3><p>En suivant leur ligne&nbsp;: oui à la libre circulation des personnes, mais pas sur le dos des salaires et des conditions de travail, les syndicats ont enregistré quelques succès. Grâce aux mesures d’accompagnement, 150 inspecteurs et inspectrices effectuent des contrôles dans tout le pays et peuvent infliger des amendes si nécessaire. Dans les cantons et à la Confédération, des commissions tripartites surveillent le marché du travail. Si elles cons­tatent que les salaires suisses font l’objet de pressions, elles peuvent introduire des salai­res minimaux. Ainsi, dans les cantons de Genève et du Tessin, des salaires minimaux ont été édictés pour l’économie domestique, les esthéticiennes et le personnel des centres d’appels. Grâce aux mesures d’accompagnement aussi, d’importantes conventions col­lectives de travail (CCT) ont été étendues, c’est-à-dire rendues de force obligatoire (net­toyage en Suisse alémanique, sécurité et construction en bois). De ce fait, les anciens moutons noirs doivent désormais respecter les conditions de travail usuelles. Enfin, les syndicats sont parvenus à améliorer substantiellement ces mesures durant les derniers mois.
</p><h3>Les accords bilatéraux sont indispensables aux salarié(e)s de Suisse </h3><p>On peut aussi voir les choses sous un autre angle et se demander ce qu’il adviendra si c’est le non qui s’impose le 8 février. La réponse à cette question est évidente&nbsp;: tous les autres accords bilatéraux conclus avec l’UE tomberont au minimum pour un certain temps, ce qui aura de graves conséquences. La Suisse est en effet un petit pays qui a be­soin d’entretenir des relations clairement définies et de collaborer étroitement avec l’UE, ce que garantissent précisément les accords bilatéraux en vigueur. Si bien que, si ces der­niers devaient être caducs, des emplois seraient menacés en Suisse, ainsi que le niveau des salaires, que ce soit en raison d’une baisse des exportations ou de délocalisations. 
</p><h3>Ne jouons pas avec le feu</h3><p>Les autorités ont donc raison de souligner les avantages apportés à la Suisse par les ac­cords bilatéraux. Mais elles seraient aussi bien avisées de faire en sorte que toute sous-enchère salariale disparaisse. C’est pourquoi, malgré sa «&nbsp;profession de foi&nbsp;» en faveur du OUI, l’USS maintient qu’en matière de travail intérimaire, une offensive est nécessaire pour imposer l’application des normes légales. Et le président Hans Rudolf Merz ne doit pas oublier que sa proposition d’un droit des marchés publics prévoyant l’abandon, pour les entreprises suisses, du respect des conditions de travail du lieu de la prestation, pour­rait empoisonner non seulement la paix sociale dans nos frontières, mais aussi nos rela­tions avec l’UE.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-86</guid><pubDate></pubDate><title>Désormais, Angela Merkel y pense aussi à voix haute</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/desormais-angela-merkel-y-pense-aussi-a-voix-haute</link><description>À ce jour, contrairement à de nombreux pays européens – sauf la Suisse -, l’Allemagne ne connaît toujours pas de salaire minimum légal. Certes, syndicats et partis de gauche en demandent un depuis longtemps, mais la majorité démocrate-chrétienne s’y oppose de toutes ses forces. Toutefois, il y a quelques jours, la chancelière allemande Angela Merkel a ouvertement fait volte-face sur cette question.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Il a dû se sentir longtemps très seul Karl-Josef Laumann, cet ancien syndicaliste d’IG-Metall, aujourd’hui, en tant que président national de la «&nbsp;Christlich-Demokratische Arbeitnehmerschaft&nbsp;», chef de file de l’aile chrétienne-sociale de la CDU (démocratie-chrétienne). Les dirigeants de son parti jugeaient en effet totalement inutile de faire figurer dans le catalogue de revendications de la CDU l’idée d’introduire un salaire minimum légal, portée par la gauche et les syndicats. Or, depuis la fin octobre, la situation a changé&nbsp;: la chancelière Merkel en personne - avec sa ministre du Travail, van der Leyen - est désormais favorable à un salaire plancher fixe, une «&nbsp;feste Lohnuntergrenze&nbsp;», autrement dit&nbsp;: un salaire minimum garanti par l’État. L’option actuellement retenue est de confier à une commission des partenaires sociaux la&nbsp; tâche d’édicter &nbsp;un tel salaire dans les branches où aucune négociation collective ou salariale n’a lieu et de l’adapter régulièrement. Il est actuellement question d’un salaire horaire d’à peine 7 euros pour la partie est du pays et de 8 euros pour la partie ouest. Mais le DGB, le pendant allemand de l’Union syndicale suisse (USS), demande au moins 8,50 euros pour l’ensemble du pays.
</p><p>À ce revirement des plus remarquables auquel l’on a assisté aux étages supérieurs de la hiérarchie politique allemande, on trouve deux types de raisons&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ol><li>Plus l’on parle de salaires minimums et plus des recherches empiriques sont effectuées à leur sujet, plus il apparaît que les équations du style&nbsp;: «&nbsp;salaires minimums = plus de chômage&nbsp;», déduites à partir de constructions idéologiques purement néolibérales, reflètent uniquement l’opinion de leurs auteurs et non pas la réalité des faits. Ainsi, la ministre du Travail van der Leyen a également demandé à six instituts de recherche allemands d’étudier l’incidence économique des salaires minimums fixés. Et, grâce à une indiscrétion, on sait désormais qu’aucune de ces études n’a trouvé d’effets négatifs aux salaires minimums.</li><li>Dans un pays où 7&nbsp;% des salarié(e)s travaillent pour des salaires bruts inférieurs à 6 euros de l’heure (et cela, sans tenir compte des apprenti(e)s et des «&nbsp;travailleurs/travailleuses à 1 euro&nbsp;»&nbsp;!), c’est-à-dire &nbsp;pour un salaire mensuel brut de 1&nbsp;000 euros, dans un tel pays règne de ce fait une misère sociale avec laquelle il n’est pas possible de gagner des élections fédérales. La chancelière, entre autres, doit bien le savoir.</li></ol><p>Cette volte-face de la chancelière Merkel n’est-elle par conséquent qu’un réflexe pragmatique de survie de sa part&nbsp;? Et parviendra-t-elle à convaincre les ailes frondeuses, libérale et conservatrice, de son parti&nbsp;? À ce jour, nul ne le sait. Mais le feu vert donné par Angela Merkel à un salaire minimum légal en Allemagne représente un signe très fort.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-318</guid><pubDate></pubDate><title>Marché de l’électricité: Inutile de pleurnicher, il faut rétablir la stabilité des prix !</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/marche-de-l-electricite-inutile-de-pleurnicher-il-faut-retablir-la-stabilite-des-prix</link><description>Un commentaire de Rolf Zimmermann, premier secrétaire de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>En marge du dernier congrès de la branche électrique, le président de l’Association des entreprises électriques suisses (AES) a annoncé, pour 2009, des hausses de prix désor­mais réduites de 6 à 7&nbsp;%. C’est-à-dire près de la moitié des moyennes articulées l’automne dernier – certaines augmentations devant alors même aller jusqu’à 40&nbsp;%. Le conseiller fédéral Moritz Leuenberger met le discernement dont les producteurs d’électricité ont fait preuve ici au crédit de la rapide révision de l’ordonnance sur l’approvisionnement en électricité. Le problème n’en est toutefois pas pour autant résolu. Les augmentations du prix de l’électricité n’ont été que différées. Car leur cause première réside dans la libéralisation de ce marché. Importante pour l’économie, la stabilité du prix de l’électricité ne sera garantie que si l’on revient à un approvisionnement contrôlé dans le cadre d’un monopole régional. Ce qui nous renvoie au plan politique, un plan où il s’agit d’entreprendre des modifications conséquentes de la loi et, à tout le moins, de veiller à ce que, au vu de l’échec manifeste de la première étape de libéralisation du mar­ché de l’électricité, il ne soit plus question de la deuxième étape prévoyant une libéralisa­tion totale. 
</p><p>Tout le monde pleurniche aujourd’hui lorsqu’il est question de porter un jugement sur la libéralisation du marché de l’électricité. Dans les médias, les commentaires négatifs s’accumulent. Le président de la Commission fédérale de l’électricité (ElCom), Carlo Schmid, fin connaisseur de la politique suisse, souligne qu’en Suisse, les privatisations et les libéralisations d’infrastructures performantes ne sont pas bien vues par la population. Lors du congrès des électriciens, il a critiqué le fait que cette branche a grossièrement sous-estimé la sensibilité publique en matière de prix de l’électricité. Une étude de l’institut munichois Ifo confirme l’existence, dans l’Union européenne (UE) aussi, d’un scepticisme à l’égard d’une telle libéralisation, scepticisme connu depuis longtemps, mais sans grande influence à ce jour. Cette étude constate que la libéralisation du marché de l’électricité a débouché sur une augmentation des prix dans tous les pays européens. Si bien que l’appel à une plus grande régulation par l’État prend de l’ampleur. Mais une telle mesure est compliquée. Il serait plus simple de renoncer à expérimenter l’ouverture des marchés. De récents articles parus dans la presse confirment que même les grands clients, pour qui la première étape de la loi sur l’approvisionnement en électricité avait été prévue, ne profitent pas du tout de cette «&nbsp;nouvelle liberté&nbsp;». En principe, ils n’osent pas prendre le risque de s’approvisionner d’eux-mêmes sur le marché, parce que l’ancienne situation les satisfaisait pleinement. Et l’exemple d’une aciérie lucernoise, relaté dans les médias alémaniques du 14 janvier, montre qu’à cause des augmentations générales des prix sur le marché libéralisé de l’électricité, on ne trouve pas d’offres plus avantageuses.
</p><p>Un «&nbsp;marché libre de l’électricité&nbsp;» est quelque chose d’impossible, car l’approvisionnement en énergie dépend entièrement de réseaux et nécessite, pour des rai­sons purement physiques, une planification complexe. Un marché libre renforce unique­ment la position des producteurs et des négociants, ce qui a pour conséquence des prix élevés. Pendant des décennies, la Suisse a disposé - à la grande satisfaction de la popula­tion, de l’économie et des entreprises publiques d’électricité - d’un système d’approvisionnement en électricité performant et sûr qui a permis, grâce à des coûts de revient bas, de maintenir les prix stables. Le système qui sera mis en place demain devra aussi être jugé à cette aune, et non pas à celle des prix en bourse pour les heures de pointe. La révision de la loi demandée lors de la session parlementaire d’hiver est une opportunité à saisir à cet égard. Les augmentations quelque peu réduites des prix annon­cées par la branche électrique ne servent qu’à embrouiller les choses.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-87</guid><pubDate></pubDate><title>Pourquoi une consultation si l’on ne tient pas compte de ses résultats ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pourquoi-une-consultation-si-l-on-ne-tient-pas-compte-de-ses-resultats</link><description>L’initiative Lüscher (PLR, GE) est une tranche de salami supplémentaire dans la stratégie qui vise à lever petit à petit l’interdiction de travailler la nuit et le dimanche. Ses partisans, comme toujours, tentent de minimiser son impact en prétendant qu’il ne s’agit que de « rendre service aux consommateurs » en traduisant dans la loi ce qui serait « entré dans les mœurs depuis longtemps ». Mais les résultats de la consultation fédérale sur cette initiative démontrent que le front du refus est bien trop large pour qu’on puisse décemment prétendre qu’il s’agit de « simplement s’adapter à l’évolution de la société ».</description><content:encoded><![CDATA[<p>Parmi les opposants à la libéralisation, on trouve bien entendu les syndicats, les partis de gauche et les Églises, traditionnels défenseurs du repos nocturne et dominical. La plupart des cantons se joignent à leur refus. Mais il y a aussi les organisations de petits commerçants et des cafetiers-restaurateurs. Elles refusent ce qu’elles considèrent à juste titre comme une concurrence déloyale&nbsp;: en effet, selon la proposition Lüscher, les échoppes de stations-services pourraient vendre n’importe quoi à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, y compris le dimanche. Les médecins du travail, les inspecteurs et inspectrices du travail ainsi que la FMH (Fédération des médecins suisses) sont également opposés à cette libéralisation, car elle fait peser un gros risque sur la santé des travailleurs et travailleuses concernés. On sait en effet que le travail de nuit peut causer des troubles cardiaques, du sommeil, de la digestion et, c’est une étude récente qui l’affirme, peut doubler le risque de sclérose en plaque chez les jeunes. Les organisations de jeunesse et les milieux de la prévention contre les dépendances combattent aussi la proposition Lüscher, au nom de la protection contre la surconsommation de boissons alcoolisées, qui représentent une bonne partie du chiffre d’affaires nocturne de ces «&nbsp;shops&nbsp;». Enfin, des organisations environnementales craignent une augmentation des nuisances dues au trafic motorisé généré par la clientèle des stations-services. 
</p><p>Malheureusement, la majorité de la Commission de l’économie et des redevances (CER) du Conseil national a choisi d’ignorer purement et simplement les résultats de la consultation qu’elle avait elle-même lancée&nbsp;! Elle propose au plénum d’entériner ce pas supplémentaire vers une libéralisation totale des horaires d’ouverture de tous les commerces. La prochaine tranche de salami est d’ailleurs en passe d’être coupée, car le Conseil national a déjà accepté la motion Hutter (PLR/ZH), selon laquelle les cantons pourraient, lorsqu’ils fixent les horaires d’ouverture des magasins sur leur territoire, ignorer la législation fédérale sur la protection de la santé des travailleurs et travailleuses.
</p><p>Le Conseil national doit donc prendre connaissance des résultats de cette consultation, c’est-à-dire de la forte opposition manifestée, et donner la priorité à la protection de la santé et de la vie privée des travailleurs et travailleuses concernés, plutôt qu’aux profits des marchands d’essence.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-320</guid><pubDate></pubDate><title>Le refus d’un cessez-le-feu immédiat est totalement inacceptable</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/le-refus-d-un-cessez-le-feu-immediat-est-totalement-inacceptable</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Toujours selon la confédération syndicale, « La Résolution de l’ONU offrait un cadre clair et équilibré à un cessez-le-feu immédiat.&nbsp;» Traitant «&nbsp;les causes immédiates des combats actuels [, elle] constitue la base pour instaurer une paix juste et durable.&nbsp;»
</p><p>La CSI appelle la communauté internationale et en particulier les pays qui ont une in­fluence sur Israël et le Hamas à «&nbsp;s’engager de manière effective à réclamer un cessez-le-feu immédiat, et à appeler les gouvernements israélien et palestinien à la table de négo­ciations&nbsp;».
</p><p>La CSI représente 168 millions de travailleurs et travailleuses au sein de 311 organisa­tions affiliées nationales dans 155 pays. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br><br> Son site&nbsp;: &nbsp;<a href="http://www.ituc-csi.org/" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.ituc-csi.org</a><a href="http://www.youtube.com/ITUCCSI." target="_blank" rel="noreferrer">http://www.youtube.com/ITUCCSI.</a></p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-88</guid><pubDate></pubDate><title>Une mesure depuis longtemps nécessaire !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/une-mesure-depuis-longtemps-necessaire</link><description>Les prestations complémentaires ne prennent souvent pas assez en compte le coût du loyer. Les propositions d’amélioration sur ce point ont longtemps été bloquées. La dernière en date a toutefois reçu le feu vert.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le ou la bénéficiaire des prestations complémentaires (PC) se voit attribuer, pour son loyer, 1'100 francs par mois pour une personne seule et au maximum 1'250 francs pour un ménage de deux personnes ou plus. Si l’appartement doit être accessible en fauteuil roulant, 300 francs mensuels supplémentaires peuvent être octroyés. Ces règles sont en vigueur depuis 2001. 
</p><p>Selon l’endroit où habite la personne qui touche les PC, ces montants ne suffisent de loin pas à couvrir les frais réels du loyer, qui devient donc une trappe à pauvreté. Vivre dans un appartement dont la location est plus élevée que le montant alloué implique d’économiser la somme manquante sur un budget des dépenses courantes déjà bien maigre.
</p><p>Les organisations d’aîné(e)s et de handicapé(e)s ont donc depuis longtemps demandé que la limite maximale pour les frais de logements soit adaptée à l’évolution du prix des loyers et donc revue à la hausse. Des démarches très diverses ont été entreprises, en dehors du parlement, pour obtenir cette augmentation. Au parlement, de nombreuses propositions reprenant cette revendication ont été déposées. Aucune d’entre elles n’avait passé la rampe. Durant la session d’automne, c’est même grâce à la voix prépondérante de la présidence qu’une proposition similaire a été repoussée. Les choses évoluent toutefois&nbsp;: lors de la dernière séance de la Commission de la sécurité sociale et de la santé, une motion de la commission, que j’avais proposée, a été adoptée. Elle demande une hausse des maximums concernant les loyers. Les ménages de plusieurs personnes, ainsi que les différences de loyers interrégionales devront être particulièrement pris en compte. Un rapport de l’Office fédéral des assurances sociales a en effet montré qu’il y avait non seulement urgence à agir en cette matière, mais aussi que la situation était particulièrement précaire dans les ménages d’une ou d’un bénéficiaire des PC comptant plusieurs personnes. 
</p><p>La transmission de cette motion n’est qu’un début. D’autres pas devront suivre. Mais comme la motion a été transmise sans opposition et avec deux abstentions seulement, la démarche a des chances d’aboutir. C’est ce que l’on peut souhaiter de tout cœur aux personnes concernées.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-321</guid><pubDate></pubDate><title>L’interlocuteur/interlocutrice personnel de santé pour une qualité élevée et des coûts modérés</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/l-interlocuteur-interlocutrice-personnel-de-sante-pour-une-qualite-elevee-et-des-couts-moderes</link><description>Le 12 janvier, une large coalition d’organisations de salarié(e)s de la santé et de fournis-seurs de prestations ont présenté le nouveau modèle de l’interlocuteur/interlocutrice per-sonnel de santé (IPS). Un modèle qui doit permettre de sortir de l’impasse dans la quelle se trouve actuellement la politique de la santé dans notre pays ; et cela, en garantissant à tout le monde des soins médicaux de qualité supérieure. </description><content:encoded><![CDATA[<p>La réforme de la politique suisse de la santé ressemble à un énorme chantier tombé en friches depuis plusieurs années déjà. En effet, l’«&nbsp;ingénieur en chef&nbsp;» Pascal Couchepin ne propose aucune vue d’ensemble et se satisfait manifestement de quelques révisions «&nbsp;locales&nbsp;». Le 1er juin 2008, le peuple a rejeté d’instinct un nouvel article constitutionnel sur la santé qui aurait donné par trop de pouvoir aux caisses, privant de surcroît les as­suré(e)s du libre choix du médecin. Fin 2009 prendra fin le gel des admissions de nou­veaux cabinets et le Conseil des États n’a pas été capable d’élaborer une solution pour la période qui suivra. À la mi-janvier, la commission compétente du Conseil national se prononcera sur trois projets sectoriels importants&nbsp;: la liberté de contracter, la participation aux coûts et le «&nbsp;managed care&nbsp;» (réseaux de soins intégrés). Et à chaque fois, on risquera de se diriger vers un rationnement des prestations de santé et/ou d’alourdir la charge sup­portée par la population. 
</p><h3>Un nouveau lobby solide</h3><p>C’est dans ce contexte que s’est formée la nouvelle coalition, dotée d’une vaste assise, qui est à l’origine du modèle d’IPS. Des médecins, des infirmières et des infirmiers, des physiothérapeutes et de nombreux autres spécialistes confrontés au quotidien avec les réalités de la santé ont lancé ce modèle avec l’Union syndicale suisse (USS) pour sortir la politique suisse de la santé dans l’impasse où elle se trouve actuellement. Le but visé est un système de santé de qualité supérieure dans le cadre de l’assurance obligatoire, qui, grâce à l’abolition des actes et prestations redondants, permettra d’économiser. 
</p><h3>L’issue pour sortir de l’impasse</h3><p>Le modèle de l’IPS est une réponse adaptée à la crise de la médecine de famille. Il offre aussi une solution tant globale que garante d’un système de soins de qualité et efficace. Il remplace le gel des admissions et rend superflu le débat sur la levée de l’obligation de contracter. 
</p><p>Au cœur de ce modèle figure l’lPS. Pourront faire office d’IPS&nbsp;: les cabinets de médecins de famille ou de pédiatres, les cabinets groupés, les services ambulatoires et les autres réseaux dirigés par des médecins de famille. Ce sont les assuré(e)s qui se choisiront li­brement un ou une IPS chargé de fournir les soins primaires et de base et d’adresser les patient(e)s aux autres fournisseurs de prestations, ce qui lui permettra de conserver une vue d’ensemble sur la chaîne thérapeutique. Les assuré(e)s auront droit, si nécessaire, à un deuxième avis médical. En outre, l’IPS regroupera la totalité des informations sur les patient(e)s. Quant aux cantons, ils seront tenus de garantir une offre généralisée en IPS. 
</p><p>Ce sera là un renforcement décisif des soins de base au travers de la médecine générale. Toutes et tous les assuré(e)s disposeront de soins équivalents et conserveront le droit de choisir leur médecin. Ce modèle empêchera une bipartition des soins de base en réseaux bon marché d’une part et, de l’autre, une variante onéreuse avec libre choix du médecin. L’IPS fera donc obstacle à une médecine de qualité qui ne serait plus garantie qu’aux seuls nanti(e)s. Qui plus est, les actes redondants seront évités, ce qui se traduira par une baisse des coûts.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-92</guid><pubDate></pubDate><title>Développement, recul et renaissance</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/developpement-recul-et-renaissance</link><description>Les conventions collectives de travail (CCT) règlent les conditions de travail d’une grande partie du monde du travail, donc de la vie quotidienne des personnes concernées. Le 24 novembre, les partenaires sociaux et le Conseil fédéral traiteront du développement futur des CCT, dans le cadre de la commémoration du centenaire de l’entrée de celles-ci dans le code des obligations. Ci-après, un bref retour sur leur histoire.</description><content:encoded><![CDATA[<p>En 1877, après un âpre débat, la Suisse introduit la loi sur les fabriques. Elle prévoit la journée de travail de 11 heures, l’interdiction du travail des enfants (moins de 14 ans) et de sévères restrictions au travail de nuit. À ce moment, les CCT se comptent presque sur les doigts d’une seule main. Ceux et celles qui combattent l’exploitation des salarié(e)s misent en effet d’abord sur un droit national du travail et sur la grève.
</p><p>En 1911, la situation n’est pas fondamentalement différente lorsque la CCT fait son entrée dans le code suisse des obligations. Le Conseil fédéral de l’époque espère que l’encouragement des CCT atténuera quelque peu la lutte des classes. Car la Suisse du début du XXème siècle – contrairement à ce qu’un mythe idéalisera ultérieurement – n’est pas un pays où règne la concordance. En réalité, on y fait souvent grève. À la fin des années 1920, le nombre de travailleurs et travailleuses susceptibles d’être soumis à une CCT<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1411_Ackermann_100-CCT.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a> à l’être effectivement est clairement inférieur à 10%. Il faudra attendre dix ans pour que cela commence à changer. On assistera alors à une première vague de CCT. Les plus importantes sont la convention nationale du secteur principal de la construction, la convention horlogère et l’accord de paix du travail dans l’industrie des machines. Lorsque la guerre éclate, près d’un quart des rapports de travail sont définis par une CCT. La deuxième vague commencera dès 1944 (chimie et produits alimentaires, textile), si bien qu’en 1950, près de 50&nbsp;% des salarié(e)s profitent de la protection d’une CCT.
</p><h3>D’instrument de redistribution à «&nbsp;modèle de fin de série&nbsp;»</h3><p>Ce taux de couverture conventionnelle ne changera guère jusqu’au début des années 1990. Pendant, quatre décennies, la CCT aura été un instrument permettant une redistribution un tant soit peu juste des richesses produites. Les salaires – comme c’est prévu dans les CCT – grimpent, les vacances augmentent de 4 à 6 ou 7 semaines (pour les plus âgés) et la durée hebdomadaire du travail diminue de 41 à 40 heures. Simultanément, les CCT abordent de nouveaux thèmes&nbsp;: formation continue, participation du personnel, protection de la santé, égalité des sexes…
</p><p>Pendant la crise des années 1990, les néolibéraux s’attaquent de front aux CCT. Le patron des patrons d’alors, Guido Richterich, les qualifie de «&nbsp;modèles de fin de série&nbsp;». Leur contenu s’amincit. La compensation automatique du renchérissement est éliminée, quelques CCT transfèrent les négociations salariales au niveau de l’entreprise (banques, chimie bâloise, industrie graphique). Ainsi, l’individualisation des rémunérations gagne en importance, entraînant un creusement toujours plus important des écarts entre les salaires. La tertiarisation persistante du monde du travail a en outre pour effet que les CCT, surtout répandues dans les arts et métiers et l’industrie, couvrent un nombre toujours moindre de rapports du travail. En 1996, un niveau plancher est atteint&nbsp;: on ne compte plus que 1&nbsp;269&nbsp;000 travailleurs et travailleuses à bénéficier d’une CCT, soit un taux de couverture qui passe au-dessous de la barre des 50&nbsp;%.
</p><h3>La renaissance</h3><p>En 2009, l’Office fédéral de la statistique dénombrait 614 CCT couvrant en tout 1,7 million de travailleurs et travailleuses. Le taux de couverture est ainsi repassé au-dessus de 50&nbsp;%. La tendance des années 1990 s’est donc inversée. Et pourquoi cette renaissance&nbsp;?</p><ol><li>Après la suppression en grande partie du statut de fonctionnaire à la Confédération et dans les cantons, les rapports de travail comme à la Poste, aux CFF et chez Swisscom, mais aussi dans le secteur de la santé sont désormais réglés à l’aide de CCT.</li><li>Dans le secteur tertiaire, quelques nouvelles CCT ont pu être conclues (nettoyage, sécurité privée, petites CCT régionales dans le commerce de détail).</li><li>La constellation politique qui s’est mise en place avec la libre circulation des personnes favorise cette renaissance. Si l’on veut empêcher que les conditions de travail ne se dégradent, on doit disposer d’un cadre de référence, ce que les CCT, surtout celles qui prévoient des salaires minimums, constituent idéalement. Dans ce contexte, mais aussi grâce aux campagnes menées par les syndicats, le poids normatif des salaires minimums conventionnels s’est accru. Et l’on en arrive à un plus grand nombre de CCT étendues (déclarées de force obligatoire).</li></ol><p>La CCT visée pour le travail temporaire, dont l’entrée en vigueur ne cesse d’être torpillée, montre que cette évolution se poursuit, de manière certes non linéaire, mais tortueuse. La CCT en tant qu’expression d’une stratégie de recherche d’un consensus par la négociation peut toutefois aussi être source de conflits. On le voit actuellement avec le renouvellement de la convention nationale du secteur principal de la construction. C’est précisément dans cette branche que fut introduite en 2003, après un conflit très dur, la retraite anticipée convenue par les partenaires sociaux, qui est devenue depuis lors un modèle pour de nombreuses réglementations conventionnelles semblables. Un autre thème toujours plus souvent repris dans les CCT ces dernières années est celui de la conciliation profession/famille. 
</p><p>Sous l’angle de la couverture quantitative, le modèle de la CCT apparaît donc aujourd’hui comme très solide et apte à renouveler son contenu. 
</p><p><b>Tableau 1&nbsp;: Couverture conventionnelle (par CCT) selon Rieger 2009<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1411_Ackermann_100-CCT.docx#_ftn2" target="_blank" name="_ftnref2"><sup>[2]</sup></a></b></p><table class="contenttable"><thead><tr><th scope="col"></th><th scope="col">Faible (&lt;30%)</th><th scope="col">Moyenne (de 30 à 60%)</th><th scope="col"><span>Élevée (&gt; 60&nbsp;%)</span></th></tr></thead><tbody><tr><td><span>Secteurs</span></td><td><span>primaire</span></td><td><span>tertiaire</span></td><td><span>secondaire</span></td></tr><tr><td><span>Formation</span></td><td><span>supérieure</span></td><td></td><td><span>non-qualifié(e), apprentissage</span></td></tr><tr><td><span>Salaires</span></td><td><span>&lt; Fr.&nbsp;6000.-</span></td><td><span>de Fr.&nbsp;4500.- à Fr.&nbsp;6000.-</span></td><td><span>&lt; Fr.&nbsp;4500.-</span></td></tr></tbody></table><p><b>Tableau 2&nbsp;: Les 5 plus grandes CCT de Suisse</b></p><table class="contenttable"><thead><tr><th scope="col"><span>Branche/entreprise</span></th><th scope="col"><span>Nombre d’affilié(e)s</span><span><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1411_Ackermann_100-CCT.docx#_ftn3" target="_blank" name="_ftnref3"><sup>[3]</sup></a></span></th></tr></thead><tbody><tr><td><span>Hôtellerie-restauration</span></td><td><span>206&nbsp;000</span></td></tr><tr><td><span>Industrie des machines</span></td><td><span>110&nbsp;000</span></td></tr><tr><td><span>Secteur de la construction</span></td><td><span>80&nbsp;000</span></td></tr><tr><td><span>Banques</span></td><td><span>80&nbsp;000</span></td></tr><tr><td><span>Migros</span></td><td><span>65&nbsp;000</span></td></tr></tbody></table><p>&nbsp;</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1411_Ackermann_100-CCT.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1"><sup>[1]</sup></a> La couverture conventionnelle (= par une CCT) renvoie ici, et après, au nombre des personnes susceptibles d’être soumises à une CCT et non à l’ensemble des salarié(e)s. Les indépendant(e)s et les cadres ne sont de ce fait pas pris en compte.
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1411_Ackermann_100-CCT.docx#_ftnref2" target="_blank" name="_ftn2"><sup>[2]</sup></a> Andreas Rieger&nbsp;: Développement et importance des CCT en Suisse, p. 112, in&nbsp;: Ouvrage collectif, «&nbsp;Droit collectif du travail&nbsp;» Bâle 2010.
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1411_Ackermann_100-CCT.docx#_ftnref3" target="_blank" name="_ftn3"><sup>[3]</sup></a> Idem, p. 111, chiffres de 2006.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-313</guid><pubDate></pubDate><title>Dire oui, pour mieux se protéger</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/dire-oui-pour-mieux-se-proteger</link><description>On peut tourner cela dans tous les sens : sans accords bilatéraux, la crise économique sera encore plus violente en Suisse. Raison pour laquelle, un oui s’impose, le 8 février, à la libre circulation des personnes. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Qu’on le veuille ou non, si la Suisse met fin à la libre circulation des personnes avec l’Union européenne (UE), tous les autres accords tomberont. Un pays exportateur situé en plein centre de l’UE ne peut pas se permettre d’entretenir avec son principal partenaire commercial des relations qui ne seraient pas clairement définies. Ce serait économique­ment un non-sens. À l’heure où les vagues de la crise (financière) internationale attei­gnent nos rivages, jouer de manière écervelée avec un régime aux effets stabilisateurs serait effectivement suicidaire.
</p><p>Le oui de l’Union syndicale suisse (USS) à la libre circulation des personnes n’est pas un oui d’angélisme. L’USS a une ligne en cette matière, pour parer aux dangers qui peuvent être liés à cette libre circulation. Une ligne suivie depuis le début du bilatéralisme, qui continuera à être suivie et qui trouve son expression dans la «&nbsp;philosophie&nbsp;» des mesures d’accompagnement, à savoir&nbsp;: oui à la libre circulation, mais pas aux dépens des sala­rié(e)s de ce pays. Ou, vu sous l’angle de ces mesures&nbsp;: lorsque des patrons cupides veu­lent profiter d’une nouvelle offre de forces de travail européennes pour faire de la sous-enchère salariale et dégrader les conditions de travail, il faut absolument les en empêcher. 
</p><p>C’est dans ce but que l’USS a développé les mesures d’accompagnement, une protection concrète encore à étoffer. Celui ou celle qui considère avec mépris les succès obtenus ces dernières années (extension facilitée des conventions collectives de travail, possibilité de contrats-types de travail avec salaires minimaux obligatoires, mise en place de 150 ins­pecteurs et inspectrices, commissions tripartites cantonales, …) ne sont que des «&nbsp;mons­tres&nbsp;» de bureaucratie devrait jeter une bonne fois un coup d’œil à l’histoire récente et, plus précisément, vers le milieu des années 90. À cette époque, le la était donné, en ma­tière de régulation du travail, par le patron des patrons d’alors, Monsieur Richterich, qui estimait, ainsi que sa nombreuse «&nbsp;suite&nbsp;», que les conventions collectives de travail étaient devenues obsolètes et que des lois faméliques à l’envi devaient suffire pour régler le strict minimum nécessaire… Si l’on a vraiment assisté à un changement radical tant invoqué, c’est bel et bien à ce chapitre, non&nbsp;? 
</p><p>C’était d’ailleurs nécessaire. Et les choses continueront à évoluer dans ce sens. Notre oui, ce 8 février en sera le garant.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-316</guid><pubDate></pubDate><title>Un gouvernement irresponsable</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/un-gouvernement-irresponsable</link><description>La triste saga de l’AI vient de vivre un nouvel épisode : le Conseil fédéral a décidé que la votation sur la modification de la Constitution fédérale (relèvement temporaire de la TVA pour garantir un financement additionnel à cette assurance) n’aurait pas lieu le 17 mai, mais le 27 septembre. Cela, pour que le Parlement fédéral puisse « le cas échéant, (…) modifier son projet d’arrêté ». Mais sans pour autant faire de proposition concrète.</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’AI est le souffre-douleur de la politique suisse. Pratiquement depuis sa création, elle souffre de sous-financement chronique. Et les acteurs politiques ont du mal à la doter de structures qui fonctionnent ainsi que de moyens suffisants. Après une augmentation des cotisations (1 pour mille des cotisations versées aux allocations pour perte de gain, APG) dans les années 1990 et le transfert, en deux fois, de capitaux des APG, les déficits an­nuels se sont accumulés, créant d’importantes dettes. 
</p><p>À proprement parler, l’AI n’est pas du tout une assurance chère. Il aurait suffi d’augmenter un peu, assez tôt, les cotisations des assuré(e)s et des employeur(e)s pour que recettes et dépenses soient à nouveau d’aplomb. L’ancienne conseillère fédérale Ruth Dreifuss avait tenté, mais en vain, de faire adopter par le gouvernement des projets de financement de l’AI. Et une modification de la Constitution prévoyant un relèvement de la TVA en faveur de l’AVS et de l’AI a été rejetée en 2004, la droite politique prenant subitement la tangente au lieu de soutenir ce projet. 
</p><h3>Un financement additionnel gâché</h3><p>Entre temps, les déficits de l’AI se sont transformés en une dette d’environ 13 milliards de francs. Et, perfidie suprême, ces déficits doivent être financés par l’AVS, des dettes qui apparaissent ensuite dans les comptes de l’AVS sous le nom de «&nbsp;report des pertes de l’AI&nbsp;». Concrètement, celle-ci «&nbsp;grille&nbsp;» année après année l’argent de l’AVS. Mais l’irresponsabilité institutionnalisée est allée plus loin encore&nbsp;: la majorité bourgeoise du Parlement a constamment différé un financement additionnel en soi urgent et nécessaire. Et c’est après de longues années seulement qu’il s’est enfin mis d’accord sur un projet&nbsp;: un relèvement de 0,4&nbsp;% de la TVA sur sept ans, combiné avec la création d’un fonds sé­paré pour l’AI et le transfert de 5 milliards de francs de l’AVS vers cette dernière, à titre d’aide au démarrage. Sans désendettement donc, mais avec la prise en charge par la Confédération des intérêts débiteurs. 
</p><p>Relever la TVA implique une modification de la Constitution, donc une double majorité (peuple et cantons) lors de la votation populaire nécessaire dans ce cas. La barre est pla­cée haut, comme le Parlement le savait bien. Selon sa volonté, une telle hausse de la TVA devait entrer en vigueur en janvier 2010. 
</p><h3>Crise économique&nbsp;? Peur de l’UDC&nbsp;? Non&nbsp;! Faiblesse du pouvoir&nbsp;!</h3><p>Relever la TVA au début d’une récession n’est certainement pas idéal. Mais, il était clair que celle-ci aurait lieu, même si l’on ne savait pas quand. C’est pour cela que l’USS a toujours demandé que le financement additionnel de l’AI et de l’assurance-chômage soit rapidement mis en place. Mais le Parlement n’a rien voulu entendre. Pour leur part, les représentants d’<i>economiesuisse</i> ont clairement fait savoir qu’ils souhaitaient un report de la votation. À l’exception de l’UDC, qui est de toute façon opposée à ce que l’on donne plus d’argent à l’AI et qui prétend, de mauvaise foi, que l’on peut assainir cette dernière en économisant, tous les partis présents au Conseil fédéral y étaient opposés. Chose en­core jamais vue à ce jour, il a toutefois repoussé la votation en septembre. A-t-il eu la trouille de l’UDC&nbsp;? Ou du peuple&nbsp;? Il n’est guère vraisemblable que le Parlement par­vienne à se mettre d’accord en quelques semaines seulement sur une bonne solution de rechange. Le Conseil fédéral a d’ailleurs lui-même rejeté une compensation, par une baisse temporaire de la TVA, de la hausse, elle aussi temporaire, destinée à l’AI&nbsp;; cela aurait été financièrement neutre pour les consommatrices et consommateurs et aurait alourdi les charges des finances fédérales. 
</p><h3>Il faut empêcher le pillage de l’AVS </h3><p>Le gouvernement a créé une grande confusion dans ce dossier. Et, à nouveau, il s’accommode de l’éclatement d’un compromis minimal bricolé à grand-peine et d’un nouveau report du financement additionnel de l’AI, ainsi que de la poursuite du pillage de l’AVS. Quelles que soient les actuelles discussions au sein du Parlement, il faut que, avec ou sans compensation via une baisse des recettes de la Confédération, le financement additionnel de l’AI devienne rapidement une réalité. Et plus question de prendre un seul franc à l’AVS&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Assurance-invalidité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-79</guid><pubDate></pubDate><title>Une victoire pour les salarié(e)s !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/une-victoire-pour-les-salarie-e-s</link><description>La majorité du Conseil national (PS, Verts, UDC) a rejeté, par 97 voix contre 42 l’entrée en matière sur le projet de révision de la loi sur la poursuite pour dettes et la faillite (LP) consacrée à l’assainissement des entreprises en difficulté, une position que l’USS soutenait aussi. En effet, le projet de révision de la LP, s’il contient quelques propositions in-téressantes, comporte trop de dangers et de lacunes pour être acceptable en l’état. Il ne tient notamment pas assez compte des droits des créanciers, en particulier des salarié(e)s.</description><content:encoded><![CDATA[<p>La minorité (PLR, PDC, PBD), soutenue par le Conseil fédéral (et economiesuisse), proposait d’entrer en matière. Le dossier va passer maintenant au Conseil des États. 
</p><h3>Il ne faut pas supprimer l’obligation de reprendre tous les contrats de travail en cas de faillite </h3><p>Un des principes cardinaux du droit du contrat de travail est l’obligation faite à tout repreneur de reprendre tous les salarié(e)s aux mêmes conditions, y compris s’il s’agit d’une entreprise en faillite (art. 333 CO). Cette règle revêt une importance capitale en pratique, notamment dans l’industrie. Elle permet d’éviter que les conditions de travail ne soient dégradées par le simple fait du changement de propriétaire. La suppression de l’obligation de reprendre tous les contrats de travail en cas de faillite aurait donc été un coup très dur pour les salarié(e)s concernés. L’USS fera en sorte que ce principe soit maintenu. De ce point de vue, le refus de l’entrée en matière est une excellente nouvelle.&nbsp; 
</p><h3>Plans sociaux&nbsp;: une contrepartie incertaine et insuffisante</h3><p>Le Conseil fédéral propose, en contrepartie, l’obligation de conclure un plan social dans les grandes entreprises. L’USS avait certes revendiqué une telle mesure à maintes reprises. Mais la version proposée ne pouvait pas la satisfaire, car l’introduction des plans sociaux, comme prévu dans le projet rejeté par le Conseil national, ne compenserait pas la perte de l’obligation de reprendre tous les contrats. En effet, comme elle ne s’appliquerait qu’aux entreprises d’au moins 250 salarié(e)s, cette obligation de plan social n’aurait qu’une portée pratique restreinte. En outre, il n’est de loin pas sûr que la majorité bourgeoise du Parlement fédéral aurait accepté pareille contrepartie, bien qu’elle soit modeste, car les milieux patronaux y sont très hostiles. Il n’était donc pas exclu que l’obligation de reprendre les contrats de travail en cas de faillite soit supprimée sans compensation aucune. Dans ce cas, les salarié(e)s auraient été perdants sur les deux tableaux. 
</p><p>Il n’en demeure pas moins que l’introduction d’une obligation de négocier et de conclure un plan social reste nécessaire, tant la protection des salarié(e)s contre les effets négatifs des licenciements collectifs est lacunaire en Suisse, surtout lorsqu’on la compare aux pays voisins. L’USS n’abandonnera donc pas cette revendication pour autant. 
</p><h3>Il y a encore du pain du sur la planche pour juguler les faillites en chaîne</h3><p>Le projet de révision de la LP contient enfin une lacune importante qui justifie que le Conseil fédéral revoie sa copie&nbsp;: il ne contient en effet aucune mesure pour juguler les faillites abusives en chaîne, phénomène de plus en plus fréquent, notamment dans le bâtiment et les arts et métiers. En effet, des employeurs peu scrupuleux se déclarent en faillite pour éviter d’avoir à payer salaires, fournisseurs et charges sociales. Puis, ils refondent presque immédiatement, et sous une autre raison sociale, une entreprise qui déploie la même activité, souvent avec le même personnel. Cette «nouvelle» entreprise ne tarde pas à faire faillite à son tour en laissant des salaires, des factures et des cotisations sociales impayés, et ainsi de suite... À chaque fois, les pertes sont en grande partie mises à la charge de la collectivité, en particulier de l’assurance-chômage. Ces faillites abusives en chaîne peuvent aussi provoquer d’autres faillites subies, cette fois-ci, par les créanciers honnêtes, par exemple les fournisseurs. Lors d’une nouvelle mouture de la révision de la LP, il conviendra par conséquent d’apporter une réponse ferme à ces abus.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-315</guid><pubDate></pubDate><title>L’ordonnance est illégale !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/l-ordonnance-est-illegale</link><description>À la surprise générale, le Conseil fédéral avait adopté il y a quelques années des dispo-sitions qui transformaient la participation aux excédents des assureurs-vie prescrite par la loi en une participation des assureurs-vie à la totalité des recettes. À cette époque, ces articles de l’ordonnance qui confèrent aux assureurs un droit à 10 pour cent des recettes totales avaient stupéfié (pratiquement) tout le monde. Aujourd’hui, un travail de maîtrise en droit justifie cette indignation en parvenant sans équivoque à la conclusion que l’ordonnance du Conseil fédéral est illégale.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Rappel des faits&nbsp;: en 2002, une délégation de grosses huiles de Swisslife (tombées plus tard dans l’ignominie) avait convaincu le Conseil fédéral d’abaisser pratiquement d’un jour à l’autre le taux d’intérêt minimal de la prévoyance professionnelle. Grâce à cet évé­nement, l’opinion publique avait pour la première fois pris conscience d’un scandale qui passera à l’histoire sous le nom de «&nbsp;pillage des rentes&nbsp;». Ne devant de compte à per­sonne, les assureurs-vie ont détourné pendant des années d’immenses sommes de la pré­voyance professionnelle. Ce qui était rendu possible par l’existence d’un monopole légal, par l’absence de prescriptions ad hoc et par le laxisme des autorités de surveillance. Dans la foulée, les Chambres fédérales ont adopté, après d’âpres négociations, une disposition légale censée mettre un terme à ce pillage en instituant une quote-part minimale. Les pre­neurs de prévoyance (soit les institutions de prévoyance liées aux assureurs par des contrats de réassurance) devaient encaisser 90&nbsp;% des excédents. La notion d’excédent était alors claire pour tout le monde&nbsp;: ce qui reste une fois que toutes les dépenses ont été déduites des recettes. 
</p><h3>Soudaine réinterprétation de la notion d’excédent par le Conseil fédéral </h3><p>L’ordonnance du Conseil fédéral, censée préciser la disposition légale, a provoqué une énorme surprise et une grande déception en bouleversant cette unanimité. D’une façon aussi soudaine qu’illogique, les excédents se muaient en totalité des recettes (ou, plus simplement, en totalité du chiffre d’affaires). De cette somme, les preneurs d’assurance devraient en recevoir au moins 90&nbsp;pour cent, ce qui revient à dire que les assureurs peu­vent faire tomber dans leur escarcelle jusq u’à 10&nbsp;pour cent de toutes les recettes (primes, revenu du capital, bénéfices techniques). Ou, pour reprendre les termes des magouilleurs&nbsp;: la «&nbsp;méthode brute&nbsp;» est venue remplacer la «&nbsp;méthode nette&nbsp;» prévue à l’origine. La dif­férence entre les deux méthodes se chiffre en centaines de millions de francs et pourrait dépasser le milliard de francs par an, de l’argent qui fait ensuite défaut aux personnes assurées, dont les rentes s’amenuisent. Mais ce n’est pas tout&nbsp;: du maigre pécule qui re­vient encore aux institutions de prévoyance selon la méthode de calcul adoptée par le Conseil fédéral, seule une part minime leur est réellement versée. La plus grande partie alimente un fonds dans lequel les assureurs peuvent aussi se servir (cf. l’article dans l’uss-infos 1/2009). Il s’est rapidement avéré que quelque chose ne tournait pas rond dans les formulations abstruses de la loi sur la surveillance des assurances (LSA) et de l’ordonnance sur la surveillance (OS, régie auparavant dans une ordonnance antérieure). La méthode retenue n’a jamais été mentionnée pendant les travaux sur l’article de la LSA. Néanmoins toutes les tentatives de modifier cette méthode de calcul absconse par la voie parlementaire ont été vaines. Le Conseil fédéral, noyauté par les re­présentants des assurances, et l’Office fédéral des assurances privées (FINMA, au­jourd’hui) sont restés inébranlables. Leur argumentation&nbsp;: les «&nbsp;pauvres&nbsp;» assureurs fe­raient faillite. Les lobbyistes des assurances privées ont utilisé une partie de l’argent ré­quisitionné aux assuré(e)s pour arroser généreusement des partis et des parlementaires. En conséquence, il a été impossible de réunir une majorité parlementaire suffisante pour s’opposer à ce pillage perpétré avec la bénédiction du Conseil fédéral.
</p><h3>Le Conseil fédéral enfreint la loi&nbsp;!</h3><p>Franco Saccone de l’Université de Genève a consacré son travail de maîtrise à ce sujet. Dans une enquête remarquablement fouillée<a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/uss-infos/2009/0309_CN_LPP_assureurs-vie.doc#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>, il a examiné la légalité des dispositions de l’ordonnance. Il a procédé selon toutes les règles de l’art et appliqué les méthodes d’interprétation familières à tout(e) juriste et confirmées à maintes reprises par le Tribu­nal fédéral&nbsp;: quelle que soit la méthode d’interprétation retenue, il conclut que la «&nbsp;mé­thode brute&nbsp;» utilisée par l’ordonnance est illégale. Le Conseil fédéral n’a pas respecté la loi et aurait dû s’en tenir à la «&nbsp;méthode nette&nbsp;» voulue par les Chambres fédérales et qui découle explicitement de la teneur de la loi. Seuls les excédents sont des excédents – les recettes totales sont des recettes, pas des excédents&nbsp;!
</p><h3>Le Conseil fédéral baissera-t-il pavillon ou faudra-t-il une décision en justice&nbsp;?</h3><p>Que cela signifie-t-il concrètement&nbsp;? Afin de mettre enfin un terme au pillage continu des rentes perpétré par les assureurs et le Conseil fédéral, qui se chiffre par milliards, il y a deux façons de procéder&nbsp;: d’une part, une institution de prévoyance concernée peut porter plainte contre la compagnie d’assurances et faire valoir que les dispositions de l’ordonnance selon lesquelles celle-ci calcule la distribution des excédents est illégale. Dans ce cas, le pillage des rentes se poursuivra probablement encore jusqu’à ce que le Tribunal fédéral tranche définitivement l’affaire, soit quelques années. Dans la seconde option, plus rapide, le Conseil fédéral évite le ridicule et révise l’ordonnance. Il en aurait l’obligation, car, en vertu de notre régime juridique, le Conseil fédéral doit respecter les lois en vigueur. Cette mesure, qui va dans l’intérêt des assuré(e)s, serait «&nbsp;la moindre des choses&nbsp;»&nbsp;- voilà si longtemps que les assuré(e)s sont plumés qu’il faut enfin y mettre le holà. Si le Conseil fédéral veut sauver son honneur, il ne tient q u’à lui&nbsp;!
</p><hr><p><a href="file:///H:/ALLGEMEI/Pressedienste%20(pd)/FR/uss-infos/2009/0309_CN_LPP_assureurs-vie.doc#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Synthèse publiée dans la RSAS, Revue suisse des assurances sociales et de la prévoyance professionnelle, 1/2009, sous le titre&nbsp;: «&nbsp;Participation aux excédents en matière de prévoyance professionnelle : légalité de la méthode de calcul basée sur le rendement&nbsp;?&nbsp;».
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-314</guid><pubDate></pubDate><title>Créations linguistiques et vieilles pratiques</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/creations-linguistiques-et-vieilles-pratiques</link><description>Parce que cette politique même qui a sauvé l’UBS entend autoriser cette dernière à pour-suivre les pratiques qui l’ont menée au bord de la ruine - l’octroi de bonus -, mais parce que ce terme de « bonus » est, à juste titre, tombé en discrédit, on passe à la case « voca-bulaire » pour créer de toutes pièces l’expression : « parts variables du salaire ». Cousu de fil blanc !</description><content:encoded><![CDATA[<p>Bien que sauvée par les pouvoirs publics, l’UBS a décidé de continuer à verser des bonus, comme c’est l’usage chez elle. De quoi soulever l’indignation de toute personne norma­lement constituée. Or le Conseil fédéral, le président de la Banque nationale (BNS) et l’autorité de surveillance des marchés financiers, la FINMA, estiment justifiée la distri­bution de deux milliards de bonus. «&nbsp;Je trouve que c’est en ordre&nbsp;», a dit la conseillère fédérale Doris Leuthard au Forum économique mondial de Davos, car il semble qu’il ne s’agit pas uniquement de bonus, mais, par exemple, d’un 13e salaire figurant parmi les coûts salariaux variables. 
</p><p>Ainsi, une nouvelle mode linguistique a conquis notre pays, du moins ses éléments bour­geois&nbsp;: «&nbsp;bonus&nbsp;» est un terme désormais stigmatisé et honni, alors que «&nbsp;parts variables du salaire&nbsp;» est une expression agréée et même défendue par le président de la BNS, Monsieur Jean-Pierre Roth. 
</p><h3>Les pratiques restées opaques de l’UBS</h3><p>Peut-être bien que le système salarial de l’UBS est aussi opaque que les «&nbsp;produits struc­turés&nbsp;» de cette dernière et que plus personne n’y comprend plus rien. Mais la grossière stratégie de justification de l’UBS adoptée par notre gouvernement et consorts consiste uniquement à jeter de la poudre aux yeux. Du réchauffé&nbsp;!
</p><p>Le concept de «&nbsp;bonus&nbsp;» est un concept séduisant dont la définition juridique n’est pas claire. Il est la «&nbsp;part variable du salaire&nbsp;» par excellence, car il peut être tout ce qui, tou­chant à la rémunération du travail, n’est pas compris dans le salaire fixe. Un bonus peut jouer le rôle d’une gratification, une prime au rendement ou une participation aux bénéfi­ces. Mais un 13e salaire n’est pas un bonus parce que, s’il est convenu, il fait partie du salaire fixe. Les deux milliards de l’UBS ne sont donc pas affectés au versement d’un 13e salaire, mais à des indemnisations variables toujours aussi&nbsp; opaques.
</p><p>Le bonus peut être une part du salaire, lorsqu’il est calculable sur une base objective. Cela veut dire qu’il est impérativement dû lorsqu’il correspond à une prestation objective, par exemple la réalisation d’un bénéfice ou d’un but défini. Mais le hic, c’est l’appréciation de ce dernier…
</p><h3>Toujours le risque du copinage</h3><p>Passons maintenant à la question du montant du bonus. Il peut être clairement défini – par exemple&nbsp;: 1 mois de salaire), ou laissé à l’appréciation du patron, comme c’est souvent le cas. Ce dernier souhaite en effet la plus grande flexibilité possible en cette matière, sou­haitant se réserver le droit de ne pas traiter tous ses employé(e)s de la même manière&nbsp;; cela, afin de pouvoir «&nbsp;mieux&nbsp;» en récompenser certains. Un système de bonus ne tombe pas du ciel, mais est mis au point par la direction qui lui donne ensuite sa bénédiction. Il va donc de soi que les plus «&nbsp;intimes&nbsp;» recevront le plus, quelle que soit leur prestation. Si bien qu’un tel système devient un simple «&nbsp;libre-service&nbsp;».
</p><p>Les problèmes rencontrés lors de l’appréciation de la prestation fournie et de la part va­riable du salaire n’apparaissent pas uniquement dans le cas de systèmes de bonus. Les rémunérations variables sont toujours sujettes à une partialité opaque et au copinage, les critères les plus pointus n’étant pas d’un grand secours ici. 
</p><h3>La solution s’appelle «&nbsp;salaires fixes&nbsp;»</h3><p>En rebaptisant «&nbsp;parts variables du salaire&nbsp;» les bonus et en en justifiant le versement, les sauveteurs de l’UBS pérennisent telle quelle l’ancienne politique salariale des banques. La solution, ce ne sont pas de nouvelles formes de parts variables du salaire, car elles incitent non pas à plus de prestations, mais à un comportement dangereux. La solution s’appelle «&nbsp;salaires fixes&nbsp;». Une solution qui s’applique aussi bien aux entreprises soute­nues par l’État, comme l’UBS, qu’aux autres établissements bancaires. Si les accros du libre-service décrit plus haut veulent continuer à (s’) octroyer des millions de francs de rémunérations variables, alors il faudra que ces versements soient au moins soumis à l’impôt sur les bénéfices.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Économie</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-317</guid><pubDate></pubDate><title>Soins de haut niveau et droit d’être entendus garanti, pour des coûts maîtrisés</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/soins-de-haut-niveau-et-droit-d-etre-entendus-garanti-pour-des-couts-maitrises</link><description>Une vaste alliance de syndicats et d’organisations actives dans le secteur de la santé a présenté à la mi-janvier 2009 le modèle dit de l’interlocuteur/interlocutrice de santé (IPS). Un modèle qui garantit à toute la population des soins de haut niveau et le droit d’avoir son mot à dire, tout en maîtrisant les coûts. De quoi marquer de son em-preinte la future politique suisse de la santé. Christine Goll, vice-présidente de l’Union syndicale suisse (USS) et conseillère nationale nous en dit plus. </description><content:encoded><![CDATA[<p><b>uss-infos&nbsp;: Christine Goll, quels problèmes l’IPS peut-il résoudre&nbsp;?</b></p><p>Christine Goll (CG)&nbsp;: Le modèle de l’IPS garantit à toute la population l’accès à des soins médicaux de qualité supérieure. Il permet également une meilleure coordination des trai­tements et favorisera la maîtrise des coûts de la santé. Chacun(e) pourra le ou la choisir librement, l’IPS pouvant être un médecin de famille, des services ambulatoires, un réseau dirigé par des médecins, des cabinets groupés, un pédiatre ou, dans des cas clairement définis, un ou une spécialiste. 
</p><p><b>uss-infos&nbsp;: Ce modèle a été lancé il y a près de deux semaines. A-t-il déjà trouvé sa place dans l’un des nombreux «&nbsp;chantiers&nbsp;» de la santé, ou à tout le moins une porte ouverte&nbsp;?</b></p><p>CG&nbsp;: L’alliance de syndicats et d’organisations du secteur de la santé à l’origine de ce modèle estime important qu’un grand débat s’ouvre maintenant à ce sujet. Je suis déjà intervenue au Parlement fédéral et, concrètement, notre modèle sera débattu lors des déli­bérations toujours en cours sur les soins intégrés («&nbsp;managed care&nbsp;») et la liberté de contracter. 
</p><p><b>uss-infos&nbsp;: Quels sont les conflits&nbsp;?</b></p><p>CG&nbsp;: Les caisses-maladie aimeraient détenir le pouvoir absolu en matière de santé. Ce que nous refusons totalement. Nous souhaitons maintenir un contrôle démocratique et public dans ce domaine. L’IPS le permet. C’est pour cela qu’il est important pour nous de le faire accepter.
</p><p><b>uss-infos&nbsp;: As-tu des indices laissant entendre que ce modèle est accepté au-delà des membres de l’alliance qui l’a lancé&nbsp;?</b></p><p>CG&nbsp;: La palette d’organisations actuellement derrière ce modèle est déjà réjouissante en soi. Mais nous allons nous efforcer d’en trouver d’autres encore. Nous sommes notam­ment confiants parce que notre modèle correspond à la décision prise par la majorité de la population suisse le 1er juin 2008. Ce jour-là, elle a dit clairement non au diktat des cais­ses-maladie et à une médecine à deux vitesses. Les gens veulent donc des modèles qui continuent à garantir le libre choix du médecin, ne donnent pas un pouvoir absolu aux caisses-maladie et freinent l’évolution des coûts. 
</p><p><sub>Pour plus de détails, voir sous&nbsp;: <a href="http://www.uss.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.uss.ch</a>, Actuel, conférence de presse du 12.01.2009.</sub></p>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-311</guid><pubDate></pubDate><title>Nouvelle étape franchie à force de persévérance </title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/nouvelle-etape-franchie-a-force-de-perseverance</link><description>Le 2 mars 2009, le Conseil fédéral et les directions des partenaires sociaux, dont l’Union syndicale suisse (USS) ont décidé de mener un dialogue social sur l’égalité des salaires entre femmes et hommes. Cette importante étape de l’histoire de l’égalité est l’aboutissement d’un engagement, principalement syndical, qui s’est maintenu sur des an-nées. Ci-après, une rétrospective. </description><content:encoded><![CDATA[<p>La loi sur l’égalité (LEg) est entrée en vigueur le 1er juillet 1996. Son but est d’imposer dans les faits le droit constitutionnel à un salaire égal pour un travail de valeur égale. Elle interdit aussi toute discrimination dans la vie professionnelle à raison du sexe.
</p><p>Dix années plus tard, l’efficacité de cette loi était globalement évaluée. Premier résultat de cette évaluation&nbsp;: les salaires des femmes sont en moyenne inférieurs à ceux des hom­mes. Dans le secteur privé, le salaire mensuel brut médian des femmes était de 4’875 francs en 2006, alors que celui des hommes se montait à 6’023 francs, c’est-à-dire une différence de 19,1 pour cent. Le deuxième résultat était que, bien qu’allant en diminuant, la différence de salaire entre hommes et femmes ne se résorbe que lentement&nbsp;: en 1994, elle était de 23,8 pour cent. Troisième résultat&nbsp;: la peur d’être licenciée et de s’exposer constitue le principal obstacle lorsqu’il s’agit d’agir contre une discrimination à raison du sexe. Or la LEg laisse les travailleuses concernées agir d’elles-mêmes en cette matière. 
</p><h3>Des mesures s’imposent</h3><p>En raison de ces résultats, le Conseil fédéral a décidé, en février 2006, d’étudier de façon plus approfondie quels instruments de l’État permettraient d’imposer l’égalité des salai­res. Dotées des compétences nécessaires à cet effet, les autorités pourraient par exemple procéder au contrôle systématique des salaires dans les entreprises. Lors d’une audition organisée en automne 2007 par l’administration fédérale et à laquelle les partenaires so­ciaux étaient présents, on s’est mis d’accord sur la nécessité de mesures destinées à accé­lérer le processus menant à l’égalité des salaires. Les partenaires sociaux ont alors décidé de chercher par le dialogue des solutions pour accélérer de façon pragmatique l’élimination des inégalités 
</p><h3>Début du dialogue sur l’égalité des salaires</h3><p>En 2008, les faîtières des organisations de salarié(e)s (USS et Travail.Suisse) et patrona­les (Union suisse des arts et métiers et Union patronale), emmenées par l’administration fédérale (Office fédéral de la justice, Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes et Secrétariat d’État à l’économie), siégèrent à plusieurs reprises et conclurent un accord entre organisations et institutions porteuses du projet. Par cet accord, les parties concer­nées ont fait connaître leur volonté d’éliminer le plus rapidement possible les inégalités discriminatoires de salaire entre femmes et hommes. Les organisations patronales veulent motiver dans les meilleurs délais un grand nombre d’entreprises pour qu’elles réexami­nent leurs salaires sous cet angle et, en cas de discrimination constatée, prennent des me­sures pour y mettre rapidement fin. Les modalités concrètes seront réglées dans les «&nbsp;ac­cords particuliers&nbsp;» que les entreprises concluront séparément avec les organisations de salarié(e)s ou les représentations élues de ces derniers. Le projet durera cinq ans, une évaluation intermédiaire étant prévue après deux ans. 
</p><h3>Ce qui est à faire et comment cela fonctionne</h3><p>La participation au projet intitulé «&nbsp;Dialogue sur l’égalité des salaires&nbsp;» est facultative pour les entreprises et celles qui décident d’être de la partie doivent remplir la condition qui consiste à conclure un accord particulier. Et ce sont elles aussi qui annoncent leur participation à ce projet. L’accord particulier alors conclu stipule que l’entreprise contrô­lera ses salaires et fixe les mesures qui seront prises pour éliminer d’éventuelles discrimi­nations, ainsi que sur quelle durée cela se fera. Une documentation détaillée, ainsi que l’instrument – gratuit – d’autocontrôle Logib («&nbsp;Lohngleichheitsinstrument Bund&nbsp;») sont mis à la disposition des entreprises. 
</p><p>Le projet prévoit aussi que, pour le contrôle de ses salaires, chaque entreprise mette sur pied un groupe de suivi formé par les partenaires sociaux. Les petites et moyennes entre­prises de moins de 50 collaboratrices et collaborateurs, qui ne peuvent de ce fait pas ap­pliquer dans les règles une méthode statistique, recevront une notice technique. Celle-ci les rendra attentives à la problématique des discriminations salariales sexospécifiques et de leur élimination.
</p><p>Pour les organisations de salarié(e)s, l’auteure du présent texte, secrétaire centrale de l’USS et Valérie Borioli de Travail.Suisse siègent au comité de pilotage et dans l’équipe de projet, aux côtés, cette fois, de Christine Michel, secrétaire à l’égalité et responsable du tertiaire au syndicat Unia.
</p><h3>Equal Pay Day et Journée internationale de la Femme du 8 mars</h3><p>Le 8 mars, ce sera la Journée internationale de la Femme et le 10 du même mois, ce sera l’Equal Pay Day, une manifestation organisée dans de nombreux pays de la planète, mais à des dates différentes. En Suisse, dans toutes les grandes villes du pays des syndicalistes femmes (et hommes) distribueront aux passant(e)s des «&nbsp;sacs rouges&nbsp;» pour symboliser les chiffres rouges dans les bourses des femmes. Le 8 mars, des syndicats et des organisations féminines organiseront dans tout le pays des manifestations également en rapport avec l’égalité des salaires. Pour une vue d’ensemble, veuillez consulter (dès le 6 mars) le site de l’USS&nbsp;: <a href="http://www.uss.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.uss.ch</a>.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-304</guid><pubDate></pubDate><title>Une privatisation violemment rejetée</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/une-privatisation-violemment-rejetee</link><description>Le dernier scrutin fédéral sur la libre circulation des personnes a été accompagné de diverses votations cantonales et locales. Parmi elles, un résultat réjouissant : 84,3 % des citoyennes et citoyens de la ville de Thoune ont refusé la vente partielle d’Énergie Thoune SA. Ce résultat revêt une importance nationale, car il reflète le scepticisme général manifesté par la population à l’égard de la privatisation d’entreprises publiques qui ap-provisionnent le pays en divers services.  </description><content:encoded><![CDATA[<p>Les autorités fédérales doivent tirer les leçons de la votation de Thoune, à savoir&nbsp;: «&nbsp;Pas touche à Swisscom&nbsp;!&nbsp;», de même que&nbsp;: «&nbsp;Pas question de privatiser la Poste&nbsp;!&nbsp;». Au Conseil fédéral d’oublier ses projets en ces matières. 
</p><p>Comme cela a été le cas partout où ont eu lieu des votations sur la vente d’entreprises publiques, les Thounoises et Thounois ont refusé une telle éventualité. Le référendum à l’origine de ce scrutin a été lancé par les syndicats et le parti socialiste local. Et, en un temps record, un nombre de signatures bien supérieur au nombre nécessaire a été récolté. Précisons qu’à Thoune, Énergie Thoune SA est responsable de l’approvisionnement en électricité, en gaz et en eau. La vente de 49&nbsp;% de ses actions aux Forces motrices bernoi­ses (FMB) l’aurait rendue également dépendante de celles-ci. Des comparaisons ont fait apparaître que les prix risquaient d’augmenter de plus de 40&nbsp;%. Les FMB avaient, comme dans des cas analogues, des visées sur le réseau et la production thounoise propre de 20 %, financièrement avantageuse. 
</p><p>Quel problème les FMB représentent-elles&nbsp;? Si elles appartiennent bien en majorité au canton de Berne, elles ne sont dans une grande mesure plus soumises depuis décennies à des prescriptions politiques. Malgré sa majorité d’actions, le gouvernement n’a que deux représentants sur 11 au conseil d’administration. La stratégie du groupe des FMB et son management ne s’orientent pas en fonction de la politique du canton en matière d’énergie. Contrairement aux entreprises communales d’approvisionnement en électricité, aucun contrôle démocratique n’est ici prévu. Aujourd’hui, 20&nbsp;% des FMB sont aux mains du géant allemand E.On qui entend influer toujours plus le commerce et la production d’électricité.
</p><p>Si la réalité était différente, on pourrait tout à fait discuter de fusions d’entreprises publi­ques, qui soient contrôlables d’un point de vue démocratique et économiquement judi­cieuses au plan régional. Mais des ventes, comme celle rejetée énergiquement par la po­pulation de Thoune, auraient pour effet que ce ne serait plus sur place, mais beaucoup plus loin, à Berlin ou New York, que seraient prises des décisions concernant des services cruciaux. Et ça, nous ne le voulons pas, car les barons de l’électricité veulent accaparer en masse des entreprises communales à ce jour indépendantes. C’est pour cela qu’il est im­portant que d’autres référendums soient alors saisis. La plupart du temps, on justifie la vente d’entreprises publiques en disant qu’il s’agit de les assainir financièrement. Mais en principe, les parts de bénéfices annuels engrangés par les communes sont plus élevées que les intérêts de la dette économisés grâce à une vente. Ce qui était aussi vrai dans le cas de Thoune. Le non clair et net sorti des urnes de la cité oberlandaise montre que, dans de tels cas, l’opposition des syndicats se justifie par des raisons tant entrepreneuriales que finan­cières et d’approvisionnement, et qu’il faut s’attendre à ce que le peuple y soit également opposé. C’est pourquoi Thoune ne doit pas rester un cas isolé.</p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-307</guid><pubDate></pubDate><title>Une nouvelle occasion manquée</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/une-nouvelle-occasion-manquee</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Dans le cadre des débats parlementaires sur la nouvelle loi sur l’encouragement à la culture (LEC), la majorité radicale – UDC du Conseil national a torpillé une motion dé­posée par la commission de la science, de l’éducation et de la culture (CSEC) qui visait à améliorer la sécurité sociale des acteurs culturels. On sait en effet que leur situation est très préoccupante et qu’ils sont nombreux à avoir des lacunes de prévoyance, car leur activité cumulant les situations d’employés, d’indépendants, de faux indépendants, le tout entrecoupé de fréquentes périodes de chômage, les empêche souvent de cotiser suffi­samment aux assurances sociales, notamment au 2e pilier. Ces lacunes apparaissent au grand jour lorsqu’ils atteignent l’âge de la retraite ou deviennent invalides et c’est la col­lectivité qui doit alors y suppléer, en versant des prestations complémentaires ou en ga­rantissant de l’aide sociale.
</p><p>La majorité de la CSEC avait admis le problème, mais n’avait pas souhaité le régler dans la LEC, qui devait, à son avis, se concentrer sur le soutien à la création culturelle. En re­vanche, elle avait décidé de déposer une motion de commission pour forcer le Conseil fédéral à prendre des mesures en faveur de la sécurité sociale des personnes ayant une activité professionnelle atypique, en particulier les artistes. Un pas qu’il s’est toujours refusé à faire jusqu’ici, malgré l’existence de bases légales le permettant. Malheureuse­ment, le groupe radical-libéral, au départ plutôt favorable à la motion, a retourné sa veste, suite à l’intervention du Conseiller fédéral Couchepin, qui a cependant admis devant le plénum avoir – mieux vaut tard que jamais – pris conscience du problème et demandé à l’Office fédéral des assurances sociales d’élaborer des solutions, en collaboration avec l’USS et Suisseculture (faîtière des associations culturelles). 
</p><p>Tout espoir n’est donc pas perdu, mais il faudra que le Conseil fédéral tienne rapidement cet engagement. À défaut de quoi, le Conseil des États (2e conseil) devra revenir à la charge pour que l’encouragement à la culture ne néglige pas totalement les acteurs cultu­rels.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-308</guid><pubDate></pubDate><title>10 000 nouvelles places d’apprentissage pour contrer la crise</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/10-000-nouvelles-places-d-apprentissage-pour-contrer-la-crise</link><description>La Commission de jeunesse de l’Union syndicale suisse (USS) tire la sonnette d’alarme : ces prochains mois, le chômage des jeunes pourrait prendre l’ascenseur. C’est pourquoi il faut créer 10 000 places de formation, principalement d’apprentissage.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Malgré quelques lueurs d’espoir ces deux dernières années, la situation actuelle sur le marché des places d’apprentissage est dans l’ensemble restée précaire. 20&nbsp;000 jeunes se trouvent en effet en­core dans des «&nbsp;solutions transitoires&nbsp;». Comme le chômage des jeu­nes risque d’augmenter très for­tement ces prochains mois, la Commission de jeunesse de l’USS demande instamment la création de 10&nbsp;000 places d’apprentissage, si nécessaire aussi dans des écoles professionnelles à plein temps. Selon Jean Christophe Schwaab, secrétaire central de l’USS où il est en charge de la forma­tion professionnelle&nbsp;: «&nbsp;Il faut notamment intensifier le démarchage de places d’apprentissage, la créa­tion de réseaux d’entreprises formatrices et le soutien aux jeunes en difficultés scolaires.&nbsp;» Les fonds pour la formation professionnelle, tels qu’ils existent déjà dans les cantons de Genève, Fri­bourg, Neuchâtel, Valais, Zurich et du Jura - et bientôt dans celui de Vaud aussi - sont des bons ins­truments indiqués pour ce faire.
</p><h3>Ne pas économiser là où il ne faut pas</h3><p>En outre, la Commission de jeunesse de l’USS demande que l’on ne taille pas dans les budgets de la formation, ce qui concerne les places dans les écoles des métiers, les pro­grammes de soutien à la création de places de formation ou les mesures de soutien aux jeunes, ainsi que les mesures de marché du travail (MMT) permettant à ceux-ci d’obtenir un titre post-obligatoire, car ils retrouvent en général très vite un em­ploi par ce biais. Le Conseil fédéral doit aussi annuler la réduction des frais pour les MMT destinées aux jeu­nes chômeurs.
</p><h3>Garantir la qualité</h3><p>Mais la Commission de jeunesse de l’USS demande également que les places d’apprentissage à créer soient de qualité. Engager rapidement des jeunes sans leur donner en même temps les outils leur permettant de parfaire leur formation professionnelle conduit à une impasse. Ces craintes ne sont pas injustifiées. En effet, un sondage réalisé par le syndicat Unia montre qu’il y a un malaise qui dépasse la seule question de la qua­lité de la formation initiale et concerne aussi l’estime en gé­néral accordé aux apprenti(e)s. Ainsi, 52&nbsp;% de ces derniers ne sont pas satisfaits de leur salaire. Un autre sondage d’Unia Genève prouve aussi que 38&nbsp;% des apprenti(e)s de certaines branches<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0409_EA_Places-apprentissage.doc#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a> se plai­gnent d’atteintes à leur santé due aux horaires atypiques qui sont les leurs.
</p><h3>Quelques résultats du sondage d’Unia auprès des apprenti(e)s</h3><p>&nbsp;</p><ul><li>L’insatisfaction augmente avec la durée&nbsp;: 55&nbsp;% des apprentis jugent insatisfaisant le rapport entre leur salaire et le travail accompli (63&nbsp;% en 3e&nbsp;année et plus de 75&nbsp;% en 4e&nbsp;année d’apprentissage).</li><li>64&nbsp;% des apprentis perçoivent un 13e&nbsp;salaire. Ils sont tendanciellement plus satisfaits de leur salaire.</li><li>L’alimentation (46&nbsp;%) et les transports (42&nbsp;%) sont les postes qui grèvent fortement le budget mensuel des apprenti(e)s. Le matériel scolaire apparaît aussi dans 19&nbsp;% des cas.</li><li>65&nbsp;% des entreprises formatrices ne contribuent ni aux frais de matériel scolaire, ni à ceux de transport. Seules 7&nbsp;% prennent entièrement en charge les frais de transport et de matériel scolaire, tandis que 27&nbsp;% participent à un ou plusieurs des postes de dé­penses susmention­nés.</li></ul><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0409_EA_Places-apprentissage.doc#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> L’étude ne concerne pas toutes les&nbsp; branches, mais&nbsp; uniquement les suivantes&nbsp;: coiffure, commerce de détail (y c. assistantes en pharmacie), restauration, boulangerie, pâtisserie-confiserie et employé(e)s de commerce.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-306</guid><pubDate></pubDate><title>Les mesures d’accompagnement doivent être appliquées comme il se doit</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-mesures-d-accompagnement-doivent-etre-appliquees-comme-il-se-doit</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>La crise économique qui est en train de s’installer avec une grande violence dans notre pays a marqué de son empreinte le résultat sorti des urnes le 8 février, ce qui constitue un contexte fort différent de celui de haute conjoncture dans lequel avaient eu lieu les deux scrutins sur les bilatérales de 2000 et 2006. Net, ce dernier oui aux bilatérales montre que les citoyennes et citoyens, soucieux de garantir la sécurité de l’emploi, n’ont pas voulu mettre en danger les relations économiques stables que la Suisse entretient avec l’Union européenne (UE), de loin notre principal partenaire commercial. Tel était aussi l’avis des syndicats.
</p><p>Une nouvelle fois, ce oui clair a essentiellement dépendu de l’existence de mesures d’accompagnement destinées à protéger les salaires. Un marché du travail qui s’ouvre est synonyme de risques, des risques auxquels on peut toutefois parer. C’est pourquoi il a été si important que les syndicats soient parvenus, avec la mise en place des mesures d’accompagnement, à imposer le principe selon lequel, en Suisse, on doit verser des sa­laires suisses. Sous la pression des syndicats, ces mesures ont d’ailleurs été renforcées dans la perspective de la dernière votation&nbsp;; cela, principalement à travers l’augmentation du nombre des contrôles et, comme promis, la mise en œuvre dans des secteurs précaires (branche du travail temporaire et économie domestique) de prescriptions sur les salaires minimaux. L’application conséquente de ces mesures sera surtout déterminante durant la période économiquement difficile qui nous attend. Sinon les accords bilatéraux conclus avec l’UE ne pourront pas continuer à fonctionner avec succès. Aux autorités, tant fédé­rales que cantonales, de remplir leurs obligations à ce chapitre. 
</p><p>Il est tout aussi important que l’on mette désormais sur rail une politique de lutte contre les effets de la crise, qui mérite ce nom. S’il est vrai que celle-ci aurait été nettement plus grave en cas de rejet des bilatérales, le oui à ces dernières ne doit pas servir de prétexte pour ne pas prendre toutes les mesures nécessaires et possibles afin de lutter contre le chômage. L’Union syndicale suisse (USS) a récemment présenté un train de mesures re­présentant environ 1 pour cent du produit intérieur brut, celles annoncées et préparées à ce jour par la Confédération étant largement insuffisantes. Ce train de mesures est «&nbsp;la&nbsp;» solution qui s’impose aujourd’hui. Et le oui du 8 février constitue une bonne base pour l’appliquer.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-300</guid><pubDate></pubDate><title>Lacunaire, la législation suisse doit être améliorée</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/lacunaire-la-legislation-suisse-doit-etre-amelioree</link><description>La crise bancaire et les tragiques événements de la maison de retraite « Paradies » à Zurich rappellent à quel point il est important que des faits répréhensibles (de la mal-traitance à la protection des délinquants fiscaux) commis à l’intérieur d’une entreprise soient signalés à l’employeur, aux autorités, voire, si ni employeur ni autorité ne pren¬nent des mesures, au grand public. Malheureusement, le droit suisse, contrairement aux législations de la plupart des pays développés, est bien lacunaire à ce chapitre... </description><content:encoded><![CDATA[<p>La Suisse protège fort mal les salarié(e)s qui signalent de tels faits. Ils sont en effet sou­vent licenciés, car leur employeur considère qu’en signalant ces faits, ils violent leur de­voir de fidélité. Et, même lorsqu’ils finissent par obtenir gain de cause, ce n’est qu’après de longues années de procès, qu’ils ont dû assumer seuls, tout en ayant été parfois stig­matisés comme «&nbsp;traîtres&nbsp;» dans leur propre branche. C’est ce qui est arrivé à un employé de banque tessinois dans un cas récemment jugé par le tribunal fédéral. Un autre do­maine où une meilleure protection contre le licenciement en cas de signalement de faits répréhensibles est celui de la santé. En effet, le personnel soignant est souvent le premier à remarquer les mauvais traitements que subissent les pensionnaires de homes ou maisons de retraite. C’est d’autant plus important si les personnes concernées sont trop âgées, malades ou handicapées pour se plaindre ou n’ont pas de proches qui pourraient interve­nir. Malheureusement, les employé(e)s qui dénoncent ces mauvais traitements perdent souvent leur emploi, et sont même parfois mis sur une «liste noire» de personnes à ne pas réengager. De nombreux syndicats, notamment le SSP Vaud, se battent d’ailleurs avec vigueur pour améliorer leur situation. 
</p><h3>Le conseil fédéral à contre-courant </h3><p>Le Conseil fédéral avait été chargé en son temps, suite à l’adoption de la motion Gysin (PS/BL), de mieux protéger les whistleblowers contre le licenciement. Cette proposition s’inscrit dans une tendance mondiale à mieux défendre ce groupe de personnes, ainsi que le montre l’exemple de Barack Obama qui en a fait un des points forts de sa campagne et de son mandat. Malheureusement, l’avant-projet du gouvernement helvétique, qui vient d’être mis en consultation, rate largement sa cible. Le Conseil fédéral, s’appuyant sur le dogme de la «&nbsp;liberté contractuelle&nbsp;», se contente en effet d’appliquer la procédure habi­tuelle en cas de licenciement abusif&nbsp;aux travailleurs et travailleuses qui signalent des faits répréhensibles et se font ensuite licencier. Malheureusement, une telle «&nbsp;protection&nbsp;» n’a pas d’effet dissuasif sur l’employeur et est donc inefficace. Elle ne donne en effet droit qu’à une indemnité d’en moyenne deux à trois mois de salaire. Et, une fois le licen­ciement prononcé, il ne peut être révoqué, si bien que la personne concernée se retrouve sans emploi, alors même qu’elle défendait un intérêt public légitime. Il faut aussi relever ici que les travailleurs et travailleuses qui signalent des faits répréhensibles se trouvent souvent dans une situation plus précaire que d’autres employé(e)s victimes d’un licen­ciement abusif. Ils ont, comme dans l’exemple évoqué plus haut, beaucoup de peine à retrouver un emploi dans leur branche, car ils n’obtiennent souvent pas de bon certificat de travail. L’employé de banque tessinois concerné, a dû, pendant les quatre ans qu’a duré la procédure, assumer seul les frais de sa défense et affronter des difficultés à re­trouver un emploi à cause de son licenciement, pour n’obtenir au final qu’une indemnité sans grand effet sur son ex-employeur. L’Organisation internationale du Travail (OIT), en acceptant la plainte de l’USS pour violation de la convention 98 sur la liberté syndicale, a d’ailleurs admis que le licenciement abusif au sens de la loi&nbsp;est une protection insuffi­sante. 
</p><p>Cette trop faible protection risque d’avoir pour effet de dissuader les employé(e)s qui remarquent des activités répréhensibles de les dénoncer. En effet, il y a fort à parier que de nombreux whistleblowers potentiels, lorsqu’ils mettront en balance leur propre intérêt (conserver leur emploi) avec un intérêt public incertain, privilégieront nettement le pre­mier. Ainsi, la réglementation proposée risque fort de rester lettre morte. 
</p><h3>Le licenciement d’un whistleblower doit être annulable</h3><p>Pour ces raisons, l’USS a exigé une amélioration concrète de la protection contre le licen­ciement, par exemple en introduisant une possibilité d’annuler le congé sur le modèle de la loi sur l’égalité. Il est en effet indispensable que les salarié(e)s, par nature très bien placés pour découvrir des faits répréhensibles qui se passent sur leurs lieux de travail, puissent les dénoncer sans risquer des représailles. Le Conseil fédéral admet d’ailleurs dans son rapport explicatif qu’une telle protection serait efficace, mais, aveuglé par le dogme de la liberté contractuelle, il a tout de même renoncé à cette possibilité, malgré ses avantages évidents. Pourtant, comme toute liberté, la liberté contractuelle doit pouvoir être limitée quand un intérêt public l’exige. Or, lorsqu’il s’agit de dénoncer des maltrai­tances comme de débusquer des fraudeurs au fisc, l’intérêt public est évident.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-301</guid><pubDate></pubDate><title>Le Syndicat de la Communication organise la résistance</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/le-syndicat-de-la-communication-organise-la-resistance</link><description>Actuellement, suivant un plan précis, des équipes du Syndicat de la Communication passent d’un village à l’autre et d’un quartier à l’autre pour informer les gens des menaces qui planent sur leur poste et les appeler à résister. L’entreprise de la Poste a en effet à nouveau « libéré » un virus appelé à hâter la mort des offices de poste. Mais elle a oublié que le syndicat, lui, est encore bien vivant. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Le projet de la Poste n’est pas nouveau. Au contraire. Le géant jaune a déjà fermé 1500 offices de poste ces dix dernières années. En automne 2004, une initiative populaire des syndicats, qui visait à protéger les rescapés, a échoué d’un poil en votation. Et au­jourd’hui, en janvier dernier, la Poste annonce qu’elle veut en fermer 500 de plus. Le Syndicat de la Communication et les postières et postiers n’ont pas hésité une seule se­conde&nbsp;: il faut combattre ce démantèlement&nbsp;! Car il revient à trahir le mandat confié à la Poste concernant le service universel et l’infrastructure postale. L’enjeu n’est donc pas uniquement de maintenir des emplois de qualité, mais aussi de garantir à tous les groupes de la population de toutes les régions du pays toute la palette des prestations de la Poste dans des offices situés à une distance convenable. Tel est le mandat de service universel que la Poste est chargée d’honorer. Un mandat qui a son importance et sa justification d’un point de vue de politique régionale&nbsp;; cela, même à l’ère d’Internet. Or une Poste qui réduit son réseau de 20&nbsp;% ou ne compense que de manière insuffisante les effets de ses restructurations ne peut plus prétendre remplir ce mandat. 
</p><h3>La Poste nous appartient, alors…</h3><p>La Poste appartient à la population. C’est pourquoi cette dernière doit rappeler à l’ordre la direction de cette entreprise. Le Syndicat de la Communication est clair. Et pour appuyer son appel, il a lancé des équipes chargées de se rendre dans le plus grand nombre de lo­calités et de quartiers dont l’office de poste est menacé, une action qui durera jusqu’à fin mai. Afin de vraiment pouvoir venir à bout de cette mission, les secrétaires régionaux du syndicat, aidés par des militant(e)s, se sont donnés un plan de marche qui doit leur per­mettre d’expliquer l’importance de ce combat. 
</p><p>Mais le Syndicat de la Communication ne mise pas uniquement sur l’information et la mobilisation sur les lieux concernés. Il a aussi lancé une pétition qu’il est aussi possible de signer en ligne[1]. Les communes touchées par ce démantèlement seront aussi abordées et informées comme il se doit. Car elles aussi doivent réagir et se défendre.  
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0509_EA_Offices-postaux_Petition.doc#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1"><sup>[1]</sup></a> La pétition «&nbsp;NON à un nouveau démantèlement du réseau postal&nbsp;!&nbsp;» peut être signée sur le site suivant&nbsp;: &nbsp;<a href="http://www.reseaupostal.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.reseaupostal.ch</a>.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Poste</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-302</guid><pubDate></pubDate><title>« À dire vrai, le discours tenu par l’État sur les programmes conjoncturels est pu-rement et simplement de la poudre aux yeux »</title><link>https://www.uss.ch/themes/detail/a-dire-vrai-le-discours-tenu-par-l-etat-sur-les-programmes-conjoncturels-est-pu-rement-et-simplement-de-la-poudre-aux-yeux</link><description>Il y a peu, l’Union syndicale suisse (USS) a demandé avec insistance aux autorités un troisième programme conjoncturel. Un programme à la réalisation duquel c’est mainte-nant qu’il faut s’atteler. Pourquoi cette demande et d’autres qui ont déjà été formulées plus tôt ? Une interview avec </description><content:encoded><![CDATA[<p><b>uss-infos&nbsp;: Une nouvelle et importante mesure que devra prévoir le troisième programme conjoncturel demandé par l’USS est l’augmentation de 10&nbsp;% des indemnités journalières de chômage et leur prolongation à 520 jours. N’est-ce pas trop généreux à une époque où il s’agit de se serrer la ceinture&nbsp;?</b></p><p>DL&nbsp;: Désormais, l’économie suisse ne dépend plus que de la consommation. Le chômage se développant, le pouvoir d’achat des gens va diminuer, ce qui, à son tour, entraînera une baisse de la consommation. Nous devons briser ce cercle vicieux, d’autant plus que l’État veut, lui aussi, entamer ce pouvoir d’achat à travers la hausse de 5 à 10&nbsp;% des primes versées aux caisses-maladie, de la taxe sur le CO<sub>2</sub>, du prix de l’électricité et l’assainissement des caisses de pensions. Ce qui revient à jeter tant et plus de l’huile sur le feu. Des contre-mesures s’imposent donc. Les plus importantes d’entre elles sont&nbsp;: des indemnités journalières de chômage plus élevées et servies plus longtemps et une réduc­tion plus importante des primes des caisses-maladie. Cela aura aussi une incidence so­ciale positive, empêchant notamment que les familles concernées ne se retrouvent tout à coup à l’aide sociale.&nbsp; 
</p><p><b>uss-infos&nbsp;: N’y a-t-il aucun risque d’abus&nbsp;? Si, en tant que chômeur, je touche désormais 90 % de mon salaire et que je peux travailler un peu au noir, j’aurai alors plus d’argent et de temps libre qu’avant, non&nbsp;?</b></p><p>DL&nbsp;: C’est totalement faux&nbsp;! Le chômage est une épreuve difficile. Personne ne choisit de la vivre, et surtout pas en pleine crise. En outre, les offices régionaux de placement (ORP) contrôlent minutieusement si les chômeuses et chômeurs cherchent sérieusement un emploi. 
</p><p><b>uss-infos&nbsp;: L’USS maintient ses anciennes revendications, à savoir&nbsp;: un programme d’investissement d’au moins 5 milliards de francs. Pourquoi ce programme apparaît-il si centré sur la construction&nbsp;? Cette dernière ne s’est en effet pas encore effondrée, alors que l’industrie d’exportation est frappée de plein fouet par la crise.</b></p><p>DL&nbsp;: À dire vrai, le discours tenu par l’État sur les programmes conjoncturels est pure­ment et simplement de la poudre aux yeux. En 2010, les pouvoirs publics, c’est-à-dire la Confédération, les cantons, les communes et les assurances sociales ne vont pas stabiliser, mais <i>dé</i>stabiliser l’économie. Ils vont le faire en augmentant des coûts et en faisant des cadeaux déplacés&nbsp;; cela, pour un montant de 7 milliards de francs. En effet, les cantons et les communes préparent des programmes d’austérité au lieu d’augmenter leurs dépenses comme c’est nécessaire pour combattre activement la crise. Le conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz va prochainement demander des trains de mesures d’économie parce qu’à cause des cadeaux fiscaux et des calculs erronés qui découlent du frein à l’endettement, il annoncera des déficits «&nbsp;structurels&nbsp;». On économisera alors d’abord dans les investisse­ments, parce que c’est le plus facile à faire. En anticipant des projets de construction prêts à être réalisés, nous ne ferons qu’empêcher le pire. De plus, dès le deuxième semestre 2009, la construction va commencer à se ressentir de la mauvaise conjoncture et cela, tant en ce qui concerne la construction de logements que de bureaux. 
</p><p><b>uss-infos&nbsp;: Mais cela aidera-t-il l’industrie&nbsp;?</b></p><p>DL&nbsp;: Pour la construction d’infrastructures, il faut aussi des ingénieurs et des planifica­teurs&nbsp;; pour l’assainissement des bâtiments, on mobilise également l’artisanat technique et, donc, en second ressort l’industrie. Enfin, nous demandons aussi que des moyens considérables soient affectés à l’amélioration de la formation dans le domaine de l’accueil extrafamilial des enfants. Au surplus, nous favorisons l’industrie avant tout en combattant la cherté du franc, une politique que la Banque nationale mène d’ailleurs au­jourd’hui. Mais pour ce faire, elle doit pouvoir collaborer efficacement avec d’autres pays. Or tous ces derniers soutiennent la conjoncture en leur sein et, de ce fait, aussi la conjoncture mondiale. Ils attendent que la Suisse y contribue aussi. Si nous répondons présents, alors nous pourrons compter sur l’aide des autres banques centrales lorsque nous combattons un franc trop fort.&nbsp;</p>]]></content:encoded></item><item><guid isPermaLink="false">news-84</guid><pubDate></pubDate><title>Pas comme ça !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/pas-comme-ca</link><description>Le projet de réseaux de soins intégrés (« managed care ») adopté par les Chambres fédérales lors de leur session d’automne est désormais combattu par voie référendaire. L’USS fait aussi partie du camp de ceux qui n’en veulent pas. Car, cette réforme alourdira la charge supportée par les assuré(e)s et recèle aussi de nouveaux risques. </description><content:encoded><![CDATA[<p>L’Union syndicale suisse (USS) est favorable aux soins intégrés. C’est pourquoi, avec le Syndicat suisse des services publics (ssp), l’Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI) et d’autres organisations professionnelles du secteur de la santé, elle a mis au point le modèle de l’interlocuteur/interlocutrice personnel de santé. L’USS doit toutefois quand même rejeter le projet adopté au Parlement, d’autant plus que les assuré(e)s ont déjà été les dindons de la farce des autres récentes réformes en matière de santé et parce qu’il n’y a toujours pas de volonté politique suffisante pour atténuer les effets du système antisocial de primes individuelles en hausse constante&nbsp;; cela, au moyen d’une réduction des primes liée à un objectif social appliqué dans tout le pays.
</p><p>Le nouveau régime du financement des soins et le financement hospitalier sont des exemples de ces réformes «&nbsp;malheureuses&nbsp;». Dans le premier cas, la solution fédéraliste choisie a pour effet d’accroître les charges des personnes dépendantes de soins dans une mesure telle que le Surveillant des prix s’en est alarmé&nbsp;! Dans le deuxième cas, le financement hospitalier aura pour effet, vu l’absence de mesures d’accompagnement, d’accentuer la pression sur le personnel de la santé. Lors de la journée d’action du 22 septembre 2011, des milliers de travailleurs et travailleuses de la santé ont manifesté pour protester contre leurs difficiles conditions de travail. Quant aux soins intégrés, ce projet relèvera la quote-part maximale pour la faire passer de 700 à 1&nbsp;000 francs par an. S’y ajoutera une hausse de la quote-part en pour-cent (par prestation) de 10 à 15&nbsp;%. Cela, sans pour autant que les assuré(e)s bénéficient de prestations supplémentaires par rapport à aujourd’hui. Au contraire même, comme avec les autres réformes, ils se feront encore plus plumer. Seuls ceux et celles d’entre eux qui choisiront un réseau de soins intégrés verront leur quote-part annuelle baisser de 200 francs. 
</p><p>De plus, ce projet octroie beaucoup trop de pouvoir aux caisses-maladie. Et, parmi les autres dangers qu’il recèle encore, mentionnons la «&nbsp;coresponsabilité budgétaire&nbsp;» des réseaux, qui pourra entraîner un rationnement des prestations. De fait, comme les déficits devront être supportés par le réseau, des prestations nécessaires risquent d’être refusées ou limitées. En outre, les caisses seront libres de conclure des contrats avec les réseaux de leur choix et, qui plus est, elles ne seront même pas obligées de proposer des réseaux à leurs assuré(e)s. Dans la pratique, cela pourra déboucher par un énorme embrouillamini. 
</p><p>En résumé, bien que raisonnable en soi, le concept de soins intégrés présente, en l’état, des inconvénients dangereux et antisociaux. C’est pourquoi l’USS n’en veut pas et soutient donc le référendum qui a été saisi contre lui. 
</p><p>Plus&nbsp;: <a href="http://www.managed-care-non.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.managed-care-non.ch</a></p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-303</guid><pubDate></pubDate><title>Eppur si muove !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/eppur-si-muove</link><description>Pouvoir mieux concilier travail professionnel et travail familial, telle est la revendication fondamentale de toutes celles et tous ceux qui veulent instaurer l’équité entre les sexes. Au plus tard depuis l’Assemblée des délégué(e)s de l’Union syndicale suisse (USS) qui s’est tenue le 3 novembre 2008, la centrale syndicale a inscrit ce point parmi les toutes premières priorités de son agenda. Un rapide coup d’œil le montre : « Eppur si muove ! », quelque chose a en effet quand même bougé depuis lors à ce chapitre.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="ParagrSPnormaux">C’est à une nette majorité que le Conseil national a, lors de sa session de printemps qui vient de prendre fin, décidé de prolonger le programme d’impulsion pour la création de structures d’accueil de la petite enfance. Grâce à ces incitations financières en vigueur depuis février 2003, près de 24&nbsp;000 nouvelles places ont été aménagées partout en Suisse dans des crèches. Mais il en manque encore pour près de 120’000 enfants, comme l’a fait apparaître une publication de la commission fédérale de coordination pour les questions familiales faisant le point sur cette question (2.2009). Les besoins sont donc énormes et il faut aussi que les prochaines incitations financières soient augmentées. </p><h3><span lang="FR">Investir dans la qualité, c’est-à-dire dans la formation </span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Le développement demandé devra aussi garantir la qualité. Pour ce faire, tant l’effectif que la formation du personnel concerné devront être suffisants. Les structures d’accueil des enfants sont donc tenues d’offrir plus de places de formation et l’USS demande qu’elles reçoivent une contribution financière pour chaque formation terminée. Ce serait là un pas important dans la bonne direction. Le programme d’impulsion pour la création de structures d’accueil de la petite enfance ne doit donc pas être seulement prolongé, mais aussi amélioré qualitativement. L’USS a repris cette revendication dans son programme anticrise.</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Pour leur part, les femmes du Syndicat des services publics (ssp) ont mis au point des directives qualitatives pour les structures d’accueil du jour. La brochure publiée par elles&nbsp;en février dernier montre que la qualité n’est pas uniquement une revendication «&nbsp;anémi­que&nbsp;», car nous avons aussi besoin que des critères de qualité figurent dans la loi. La révi­sion de l’ordonnance sur le placement d’enfants – qui ne s’est que trop fait attendre – est une bonne occasion pour ce faire. La présidente du ssp, Christine Goll, ne baisse pas la garde&nbsp;: lors de la session parlementaire du printemps, elle a justement posé une question sur l’avancement de ces travaux de révision et sur la prise en compte de critères de qua­lité. </span></p><h3><span lang="FR">Des interventions dans les cantons</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Le 20 février 2009, la gauche genevoise a lancé une initiative populaire demandant l’introduction dans la constitution cantonale d’un droit pour la petite enfance à une place d’accueil dans une crèche. En ville de Berne aussi, une initiative populaire lancée par le Parti socialise a été déposée et à Zurich, on votera cette année encore sur celle des syndi­cats, intitulée «&nbsp;Ja zur Kinderbetreuung&nbsp;» («&nbsp;Oui à l’accueil des enfants&nbsp;»). Là, également, c’est le droit à une place d’accueil qui est revendiqué. </span></p><h3><span lang="FR">Congé de maternité et de paternité&nbsp;: on progresse</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Le développement des allocations de maternité fait aussi partie des revendications de l’USS. Les deux conseillères nationales et syndicalistes Christine Goll et Franziska Teu-scher (coprésidente de la commission féminine de l’USS) ont déposé des interven­tions sur la question. La présidente du ssp demande un développement progressif de l’allocation en cas de maternité pour en faire passer le versement de 14 à 18 semaines. Et l’intervention de Franziska Teuscher a pour but de régler le versement d’allocation dans tous les cas où une lacune survient entre l’accouchement et le congé de maternité. C’est là quelque chose d’important pour les femmes dont l’enfant, par exemple, doit rester à l’hôpital après sa naissance. Enfin, le syndicat des médias SSM a réussi, dans la CCT qu’il a conclue avec la SSR, à faire inscrire un congé de paternité de 10 jours. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Et n’oublions pas non plus que le congrès des femmes de l’USS, qui se tiendra les 20 et 21 novembre prochains, sera entièrement consacré au thème de la compatibilité entre travail professionnel et travail familial. Il permettra de ce fait de dresser des bilans, d’en débattre et de formuler des revendications (nouvelles&nbsp;?).</span></p><div><div id="ftn1"></div></div><p></p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-297</guid><pubDate></pubDate><title>Contre la crise : emplois et sécurité sociale ! </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/contre-la-crise-emplois-et-securite-sociale</link><description>Appel de l’USS pour le 1er Mai 2009</description><content:encoded><![CDATA[<p>Qui a provoqué la crise&nbsp;? Les managers et les banquiers à la recherche effrénée du profit à tout prix. Qui paie les pots cassés&nbsp;? Les honnêtes gens. Ospel et les autres spéculateurs en chef ont perdu leur honneur, les travailleuses et les travailleurs leur emploi. C’est intolérable&nbsp;! Nous nous opposons absolument à ce que la crise se résolve sur le dos des personnes de condition modeste&nbsp;! La balle est dans le camp du patronat et de la classe politique.
</p><p>Les dernières années ont été prospères pour la plupart des employeurs. Ils ont empoché les bénéfices ou constitué des réserves. Ils disposent donc des ressources nécessaires pour endiguer la crise. Nos exigences&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><b>Pas de licenciement maintenant&nbsp;!</b> Le chômage partiel est, à la rigueur, une solu­tion possible.</li><li><b>Offensive de formation continue&nbsp;:</b> comme le volume de travail diminue, c’est maintenant que les entreprises doivent former leur personnel et recevoir pour ce faire le soutien des pouvoirs publics&nbsp;; ainsi, nous serons parés pour le moment où l’économie redémarrera.</li><li><b>Hausse des salaires pour tous et toutes,</b> et en particulier des salaires minimaux&nbsp;: pas de salaire inférieur à 3500&nbsp;francs&nbsp;; ou 4500&nbsp;francs pour les personnes au béné­fice d’une formation&nbsp;!</li><li><b>Suffisamment de places d’apprentissage</b> pour les jeunes&nbsp;! Engagement dans l’entreprise des apprenti(e)s qui y ont achevé leur formation&nbsp;!</li></ul><p>&nbsp;</p><p>L’État doit lui aussi lutter énergiquement contre la crise. Quand l’embrasement généralisé menace, on ne se sert pas d’un tuyau d’arrosage pour y faire face. Alors qu’il apparaît toujours plus clairement que les banquiers agissent sans scrupule aucun, l’État n’a pas le droit de qualifier d’acceptable l’entêtement de l’UBS à vouloir verser des bonus. Obama, et Brown, ainsi que Sarkozy et Merkel lancent d’énormes programmes conjoncturels, tandis que notre classe politique bourgeoise se contente de quelques petits projets. C’est inacceptable&nbsp;! Nos revendications&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><b>Des programmes d’investissement de 5&nbsp;milliards de francs au bas mot&nbsp;!</b> L’État a généreusement volé au secours de l’UBS. Maintenant, il doit mettre les excédents de ces dernières années au service de l’emploi. Cette politique a un double avan­tage&nbsp;: l’argent investi reviendra dans les caisses publiques et l’État encouragera une reconversion écologique attendue depuis trop longtemps.</li><li><b>Renforcement du pouvoir d’achat&nbsp;:</b> il faut non seulement relever les salaires, mais également stabiliser les primes de caisse-maladie ou augmenter leur réduction. Une forte augmentation des allocations familiales est tout aussi nécessaire. De la sorte, c’est le pouvoir d’achat des bas et moyens revenus qui s’accroîtra, là où c’est le plus nécessaire et le plus efficace. Les programmes de baisse d’impôts de Mon­sieur Merz n’avantageront que les personnes d’ores et déjà aisées. Ces cadeaux ont le double inconvénient d’être inéquitables et de ne pas stimuler la conjoncture.</li></ul><p>La droite veut démanteler les prestations sociales sans se soucier du prix que les person­nes devront alors payer. Les fossoyeurs du social font penser à ces apprentis sorciers qui laissent pourrir, voire veulent supprimer, les protections anti-avalanches avant l’hiver le plus enneigé de mémoire d’homme&nbsp;! Ici aussi, nous opposons une fin de non-recevoir à toute solution qui ferait payer la crise aux personnes de condition modeste&nbsp;! Nos exigen­ces&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li><b>Une assurance-chômage efficace&nbsp;:</b> pas de réduction des prestations&nbsp;!</li><li><b>La consolidation de l’AI&nbsp;:</b> l’UDC et l’USAM veulent faire traîner encore plus le dossier du financement de l’AI, avant de mettre les prestations en coupe réglée sous prétexte d’endettement excessif&nbsp;; nous devons opposer un non catégorique à ces manœuvres&nbsp;!</li><li><b>Pas de réduction des prestations dans la 11<sup>e</sup> révision de l’AVS&nbsp;!</b> Sinon, nous ferons en sorte qu’elle échoue à nouveau devant le peuple.</li><li><b>Non au pillage des rentes du deuxième pilier&nbsp;!</b> Nous combattrons l’abaissement du taux de conversion minimal.</li></ul><p>Nous refusons de payer les pots cassés par les profiteurs dont la cupidité a provoqué la crise. Nous ne tolérerons pas que l’égalité des sexes, l’égalité salariale et le développe­ment de l’accueil extrafamilial des enfants fassent les frais de la crise. En tenant compte des demandes des salarié(e)s, nous garantissons davantage de cohésion sociale, davantage de justice. C’est cette lutte que livrent les syndicats. Une lutte qu’il vaut la peine de livrer.</p>]]></content:encoded><category>Travail</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-296</guid><pubDate></pubDate><title>I’m busy</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/i-m-busy</link><description>Contribution littéraire à l’occasion du 1er Mai 2009 </description><content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;
</p><p><i>«&nbsp;Pour moi, un travailleur est quelqu’un que la perte de son travail plonge dans des diffi­cultés existentielles, quelqu’un qui vit exclusivement de son travail.&nbsp;»</i> - Peter Bichsel
</p><p>&nbsp;</p><p>Est-ce toi&nbsp;? 
</p><p>C’est toi.
</p><p>Celui qui rénove ma maison. Celle qui décore mon appartement. Celui qui répare mon vélomoteur et, accessoirement, masse mes muscles fourbus.&nbsp; 
</p><p>Tu t’es solidarisé et descends dans la rue pour défendre les emplois.&nbsp; 
</p><p>Parce que c’est toi&nbsp;: celui qui sait qu’il sera le premier à être licencié. 
</p><p>&nbsp;</p><p>Est-ce moi&nbsp;? 
</p><p>Ce n’est pas moi. 
</p><p>Je suis celui qui écrit tes textes. Celle qui compose tes sons et tes images. Celui qui trans­pose tes phrases en allemand et, accessoirement, met en scène une pièce de théâtre.&nbsp; 
</p><p>J’ai acquis mon indépendance et dois à présent me débrouiller tout seul en permanence. Je suis à mon compte et j’avance délibérément en terrain glis­sant. Je me suis organisé différemment. J’utilise le mot&nbsp;«&nbsp;informel&nbsp;» et, à part ça, je parle le plus souvent anglais.
</p><p>Et pourtant c’est moi&nbsp;: celui qui sait qu’il sera la première victime des mesu­res d’économies. 
</p><p>&nbsp;</p><p>Est-ce lui&nbsp;? 
</p><p>Ce n’est pas lui. 
</p><p>C’est le type en complet qui joue en bourse mes cachets et les perd. Qui di­vise par deux ce que j’ai épargné et, accessoirement, toise mon vélo du haut de son 4x4. 
</p><p>Il n’a pas réussi grand-chose. Et a même gravement échoué dans beaucoup de domaines.&nbsp; 
</p><p>Et néanmoins c’est lui&nbsp;: celui qui sait qu’il sera la première victime des mesu­res de ratio­nalisation. 
</p><p>&nbsp;</p><p>Sommes-nous tous ces gens&nbsp;? La génération du 1<sup>er</sup> mai. Des syndicats. Et du 
</p><p>prolé-
</p><p>prolé-
</p><p>tariat&nbsp;? 
</p><p>&nbsp;</p><p>Oui, peut-être&nbsp;: sous le règne du libre marché. Rendus égaux dans la peur et la peur nous fait tous marcher – nous incite à poursuivre sur notre lancée.&nbsp; 
</p><p>&nbsp;</p><p>Est-ce lui&nbsp;?&nbsp; Est-ce toi&nbsp;? 
</p><p>Non, non, ce n’est pas moi. 
</p><p>&nbsp;</p><p>I’m busy.
</p><p>I’m busy!
</p><p>&nbsp;</p><p>Ce n’est certainement pas moi –
</p><p>&nbsp;</p><p><i>(N.B. : SVP, régler la facture dans les 30 jours. Merci pour le mandat.)</i>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;
</p><p>******
</p><h3>Simon Froehling</h3><p>Né en 1978. A la double nationalité suisse et australienne. Vit à Zurich. Lauréat du Prix Eli­sabeth Gerter 2008 pour sa nouvelle «&nbsp;Frl. Anja abseits&nbsp;» (décerné par l’association Panto­graf, l’Union syndicale suisse et la Literaturhaus Basel). Ses pièces de théâtre lui ont no­tamment valu le Prix de l’écriture théâtrale de la Société Suisse des Auteurs (SSA) et le Prix du public des 2<sup>es </sup>Journées littéraires de St-Gall. En juin 2009, le Schlachthaus Theater de Berne et le Theater Winkelwiese de Zürich donneront «&nbsp;und dunkel und hell&nbsp;», pièce écrite par Ruth Schweikert et Simon Froehling (www.schlachthaus.ch / <a href="http://www.winkelwiese.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.winkelwiese.ch</a>).
</p><p>(Traduction française: Frédéric Terrier)
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-2</guid><pubDate></pubDate><title>Sécurite sociale : Les nouveautés de 2011</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/securite-sociale-les-nouveautes-de-2011</link><description>Qu’est-ce qui change ? Qu’est-ce qui ne change pas ? Ci-après, un aperçu des principales nouveautés concernant les prestations et les cotisations des assurances sociales à partir de 2011.</description><content:encoded><![CDATA[<h3>Assurance-vieillesse et survivants (AVS)</h3><p><b>Adaptation des rentes&nbsp;:</b> cette année, les rentes AVS sont adaptées à l’évolution des salaires et des prix et sont donc les suivantes&nbsp;:</p><table summary class="contenttable"><thead><tr><th scope="col"></th><th scope="col">Minimum</th><th scope="col">Maximum</th></tr></thead><tbody><tr><td>Rente de vieillesse</td><td>1 160.-</td><td>2 320.-</td></tr><tr><td>Montant maximal pour couple</td><td></td><td>3 480.-</td></tr><tr><td>Rente de veuve/veuf</td><td>928.-</td><td>1 856.-</td></tr><tr><td>Rende d'orphelin et d'enfant</td><td>464.-</td><td>928.-</td></tr></tbody></table><p>Les allocations pour impotents sont aussi augmentées dans la même mesure. Peuvent en bénéficier les rentiers et rentières AVS qui ont besoin d’une aide de tiers pour accomplir les «&nbsp;actes ordinaires de la vie&nbsp;», de soins ou d’un accompagnement constants. Pour une impotence grave, l’allocation correspond à 80&nbsp;% de la rente AVS minimale (Fr.&nbsp;928.-), pour une impotence moyenne, à 50&nbsp;% (Fr.&nbsp;580.-) et, pour une impotence faible, les personnes vivant encore la maison ont droit à une allocation de Fr.&nbsp;232.- (20&nbsp;%).
</p><p><b>Hausse des cotisations AVS/AI/APG (allocations pour perte de gain) des indépendant(e)s et des personnes sans activité lucrative&nbsp;: </b>la cotisation annuelle minimale passe de Fr.&nbsp;460.- à Fr.&nbsp;475.-. 
</p><p>Les indépendant(e)s dont le revenu annuel se monte au moins à Fr.&nbsp;55&nbsp;700.- paient désormais 9,7&nbsp;% de cotisations AVS/AI/APG. Les cotisations des revenus inférieurs, jusqu’à Fr.&nbsp;9300.-, baissent. Le revenu tiré d’une activité indépendante exercée à titre accessoire ne dépassant pas Fr.&nbsp;2300.- par année (anciennement&nbsp;: Fr.&nbsp;2200.-) n’est pas soumis à cotisation. Les ménages privés et les employeur(e)s du domaine de la culture doivent par contre cotiser de toute façon. 
</p><p>La cotisation minimale pour l’assurance facultative passe de Fr. 892.- à Fr. 904.-. 
</p><p><b>Révision&nbsp;:</b> nous avons réussi à faire échouer au niveau du Parlement fédéral une triste 11<sup>e</sup> révision de l’AVS. En 2011 est prévue une révision dite «&nbsp;technique&nbsp;», qui n’est pas contestée et prévoit des adaptations nécessaires au fonctionnement de l’assurance.
</p><h3>Assurance-invalidité (AI)</h3><p><b>Adaptation des rentes&nbsp;:</b> en 2011, les rentes de l’AI sont augmentées comme celles de l’AVS, à savoir&nbsp;:</p><table summary class="contenttable"><thead><tr><th scope="col">Rente</th><th scope="col"><span>Rente compléte</span></th><th scope="col"><i>¾ de rente</i></th><th scope="col"><i>½ rente</i></th><th scope="col"><i>¼ de rente</i></th></tr></thead><tbody><tr><td>Rente d'invalidité*</td><td>1160.-/2320.-<table summary style="font-size: 12px; " class="contenttable"><tbody style="font-size: 12px; "></tbody></table></td><td>870.-/1740.-<table summary style="font-size: 12px; " class="contenttable"><tbody style="font-size: 12px; "></tbody></table></td><td>580.-/1160.-<table summary style="font-size: 12px; " class="contenttable"><tbody style="font-size: 12px; "></tbody></table></td><td>290.-/580.-</td></tr><tr><td>Rente pour enfant*<table summary style="font-size: 12px; " class="contenttable"><tbody style="font-size: 12px; "></tbody></table></td><td>494.-/928.-<table summary style="font-size: 12px; " class="contenttable"><tbody style="font-size: 12px; "></tbody></table></td><td>348.-/696.-<table summary style="font-size: 12px; " class="contenttable"><tbody style="font-size: 12px; "></tbody></table></td><td>232.-/464.-<table summary style="font-size: 12px; " class="contenttable"><tbody style="font-size: 12px; "></tbody></table></td><td>116.-/232.-</td></tr></tbody></table><p><i>* Rente minimale/maximale</i></p><p>Les allocations pour impotents de l’AI sont également augmentées de manière analogue à celles de l’AVS.
</p><p><b>Hausse de la TVA&nbsp;: </b>afin de désendetter l’AI, la TVA est relevée de 0,4&nbsp;% (resp. 0,2&nbsp;% et 0,1&nbsp;% pour le taux réduit) en 2011. Ainsi, son nouveau taux est de 8&nbsp;% (resp. 3,8&nbsp;% et 2,5&nbsp;%). Cette hausse est limitée dans le temps. Pour l’AI, il en résultera des recettes supplémentaires de 1,1 milliard de francs par année. Depuis le 1<sup>er</sup> janvier 2011, l’AVS, l’AI et les APG ont chacune leur propre fonds de compensation. Afin de garantir la transparence et la séparation de ces assurances au plan financier, ces trois fonds doivent tenir une comptabilité séparée. Le subventionnement croisé entre eux n’est pas autorisé.
</p><p><b>Révisions&nbsp;:</b> concernant l’AI, on passe d’une révision à une autre. La 5<sup>e</sup> n’est en vigueur que depuis trois ans et, en 2011 déjà, le Parlement adoptera la 6a, qui prévoit des adaptations radicales des rentes et demande des prestations d’intégration, mais sans rien imposer aux employeurs. En 2011 aussi, le Conseil fédéral soumettra aux Chambres la révision 6b, qui remet en question l’ensemble du système de rentes. 
</p><p>Allocations pour perte de gain en cas de service et de maternité (APG)
</p><p><b>Hausse des cotisations&nbsp;: </b>le taux de cotisation aux APG est augmenté de 0,2&nbsp;% et passe à 0,5&nbsp;%. Les cotisations AVS/AI/APG totales se montent désormais à 10,3&nbsp;%. 
</p><p>Cette hausse tient compte des dépenses supplémentaires dues aux allocations en cas de maternité. Le Conseil fédéral était parti de l’idée que les cotisations devraient être augmentées en 2008 déjà. Étant donné l’évolution économique positive, le produit des APG a été plus élevé que prévu, si bien que les réserves du fonds ont permis de financer plus longtemps les dépenses.
</p><h3>Prévoyance professionnelle (2<sup>e</sup> pilier)</h3><p>Les <b>montants limites</b> de la prévoyance professionnelle ont été augmentés et sont les suivants&nbsp;:</p><table summary class="contenttable"><tbody><tr><td scope><span>Seuil d’entrée / salaire annuel minimal</span></td><td scope><span>20’880.-</span></td></tr><tr><td><span>Déduction de coordination</span></td><td><span>24'360.-</span></td></tr><tr><td><span>Limite supérieure du salaire annuel formateur de rente</span></td><td><span>83'520.-</span></td></tr><tr><td><span>Salaire coordonné maximal</span></td><td><span>59'160.-</span></td></tr><tr><td><span>Salaire coordonné minimal&nbsp;</span></td><td><span>3'480.-</span></td></tr></tbody></table><p><b>Taux d’intérêt minimal&nbsp;:</b> en 2011, le taux d’intérêt minimal LPP reste inchangé (2&nbsp;%). Il ne s’applique qu’aux avoirs obligatoires, donc pas aux avoirs extra-obligatoires (c’est-à-dire pré-obligatoires et surobligatoires).
</p><p><b>Taux de conversion minimal&nbsp;:</b> la baisse à 6,8&nbsp;% du taux de conversion minimal, décidée dans le cadre de la 1<sup>ère</sup> révision de la LPP, se poursuit comme prévu. Pour les hommes nés en 1946, qui prendront leur retraite (65 ans) en 2011, le taux de conversion appliqué est de 6,95&nbsp;%. Pour les femmes de 1947, qui prendront leur retraite (64 ans) en 2011, le taux appliqué est de 6,90&nbsp;%. Le taux minimal s’applique aux avoirs obligatoires. Pour les avoirs surobligatoires et dans les plans de prévoyance enveloppants, l’institution de prévoyance peut fixer un taux différent. Grâce à un référendum gagné le 7 mars 2010, il a été possible d’empêcher une nouvelle baisse à 6,4 % du taux de conversion. 
</p><p><b>Adaptation des rentes de survivant(e)s et d’invalidité à l’évolution des prix&nbsp;: </b>les rentes de survivant(e)s et d’invalidité du 2<sup>e</sup> pilier sont adaptées périodiquement à l’indice des prix à la consommation. Cette compensation du renchérissement doit avoir lieu pour la première fois après trois ans. Ainsi, depuis le 1<sup>er</sup> janvier 2011, toutes les personnes qui touchent une telle rente depuis 2007, bénéficient de cette compensation. Leurs rentes de survivant(e)s et d’invalidité augmentent de 2,3&nbsp;%. Les rentes octroyées depuis 2006 sont adaptées au même rythme que les rentes AVS, ce qui correspond à une compensation du renchérissement de 0,3&nbsp;%. Les rentes versées depuis une date antérieure à 2006 ont été augmentées au 1<sup>er</sup> janvier 2009, en même temps que les rentes AVS. Elles n’ont pas été augmentées au 1<sup>er</sup> janvier 2011, parce que l’indice des prix à la consommation était moins élevé en septembre 2010 qu’en septembre 2008. Si les rentes dépassent le minimum légal prescrit, la compensation du renchérissement n’est pas obligatoire. L’adaptation des rentes est décidé par l’organe paritaire de l’institution de prévoyance qui décide aussi d’une éventuelle compensation du renchérissement pour les rentes en cours.
</p><p><b>Nouvelles possibilités de placement pour le capital de libre passage&nbsp;:</b> depuis 2011, les fondations de libre passage peuvent aussi effectuer des placements dans des fonds étrangers dont la distribution est autorisée en Suisse par la FINMA, l’autorité fédérale de surveillance des marchés financiers. En outre, il est également permis d’investir directement dans certains placements portant intérêts, comme les obligations de la Confédération ou des obligations de caisse.
</p><p><b>Fonds de garantie LPP&nbsp;:</b> la limite supérieure du salaire maximal pour lequel ce fonds garantit les prestations en cas d’insolvabilité de l’institution de prévoyance est désormais fixée à Fr.&nbsp;125&nbsp;280.-. Le taux de cotisation pour les subsides versés pour structure d’âge défavorable reste de 0,07&nbsp;%, celui pour insolvabilité baissant de 0,02&nbsp;% à 0,01&nbsp;%. 
</p><p><b>Mesures en faveur des travailleurs et travailleuses âgés&nbsp;: </b>les institutions de prévoyance professionnelle ont désormais la possibilité de prévoir que leurs assuré(e)s âgés, qui réduisent leur taux d’occupation dès 58 ans, pourront maintenir leur salaire assuré au même niveau que précédemment. Et aussi que les assuré(e)s qui aimeraient poursuivre leur activité professionnelle après l’âge ordinaire de la retraite pourront continuer à cotiser au 2<sup>e</sup>&nbsp;pilier jusqu’à 70 ans. Ces mesures font partie du premier volet de la réforme structurelle de la prévoyance professionnelle qui entrera en vigueur en trois étapes. La deuxième étape, qui durcira les prescriptions en matière de gouvernance des caisses de pensions, entrera en vigueur au 1<sup>er</sup> juillet 2011. 
</p><h3>Prestations complémentaires (PC)</h3><p>Les montants prévus pour la couverture des besoins vitaux sont les suivants&nbsp;: 
</p><p>personnes seules&nbsp;: Fr. 19&nbsp;050.- 
</p><p>couples&nbsp;: Fr. 28&nbsp;575.-
</p><h3>Assurance-maladie et nouveau régime de financement des soins</h3><p><b>Hausse des primes de caisses-maladie&nbsp;:</b> en moyenne, cette nouvelle hausse est, pour les adultes, de 6,5&nbsp;%, de 6,3 % pour les enfants et de 11,8&nbsp;%pour les jeunes adultes. Cette forte hausse pour les jeunes adultes s’explique par le fait que plusieurs assurances-maladie ont à nouveau baissé les rabais offerts sur les primes de cette tranche d’âge. 
</p><p><b>Hausse de la contribution aux frais de séjour hospitalier pour tous les adultes&nbsp;: </b>à ce jour, seules les personnes vivant seules devaient s’acquitter d’un montant de Fr.&nbsp;10 par jour en cas de séjour en hôpital. En 2011, ce montant passe à Fr.&nbsp;15.- et concerne désormais <b>tous</b> les adultes. Les enfants (0-18 ans) ne le paient pas, de même que les jeunes adultes (19-25 ans) en formation et les femmes séjournant à l’hôpital en cas de maternité.
</p><p><b>Contribution aux frais de soins&nbsp;: </b>le financement des soins fait l’objet d’une nouvelle réglementation dont le principal élément est que les caisses-maladie ne devront plus fournir de contribution qu’aux frais de soins et non à l’ensemble des frais, comme prévu initialement dans la loi de 1996. Cela signifie que nombre de pensionnaires de homes et de client(e)s des soins à domicile pourront devoir s’acquitter d’une contribution aux frais de soins. Celle-ci est actuellement d’au maximum Fr.&nbsp;21,60 par jour pour les personnes en homes (Fr.&nbsp;7884.- par an) et d’au maximum Fr.&nbsp;15,95 par jour pour les soins à domicile (Fr.&nbsp;5821,75 par an). Les cantons peuvent fixer des montants inférieurs. Aucune contribution ne doit être versée si les soins suivent directement un séjour hospitalier et ont été prescrits par un médecin de l’hôpital. Cette réglementation s’applique uniquement sur deux semaines. 
</p><h3>Assurance-accidents </h3><p><b>Pas d’adaptation des rentes&nbsp;:</b> les rentes d’invalidité et de survivant(e)s de l’assurance-accidents obligatoire restent inchangées en 2011 parce qu’il n’y a plus eu de renchérissement depuis la dernière adaptation de janvier 2009. Le montant maximum du gain assuré reste fixé à Fr.&nbsp;126&nbsp;000.- par an, respectivement Fr.&nbsp;346.- par jour.
</p><p><b>Révision&nbsp;:</b> la révision de la loi sur l’assurance-accident passera au Conseil des États en 2011, &nbsp;après avoir été rejetée en 2010 par le Conseil national.
</p><p>Assurance-chômage
</p><p><b>Hausse des cotisations&nbsp;: </b>0,2&nbsp;% (passage à 2,2&nbsp;%) pour tous les gains assurés jusqu’à Fr.&nbsp;126&nbsp;000.- par an (Fr.&nbsp;10&nbsp;500.- par mois). Pour les parts de salaire entre Fr.&nbsp;126&nbsp;000.- et Fr.&nbsp;315&nbsp;000.-, un pour-cent de solidarité supplémentaire est perçu. Toutes les cotisations sont versées pour une moitié par les employeurs et pour l’autre par les salarié(e)s. 
</p><p>L’augmentation de ces cotisations entraînera, pour l’assurance, des recettes supplémentaires annuelles de 620 millions de francs. 
</p><p><b>Baisses de prestations&nbsp;: </b>les baisses de prestations prévues dans la nouvelle loi s’appliqueront dès le 1<sup>er</sup> avril 2011. Le chômage restant élevé, l’USS demande un report de cette entrée en vigueur. 
</p><h3>Allocations familiales </h3><p>Le nouveau registre des allocations familiales est en service depuis 2011. Il représente la plate-forme d’information centrale sur les allocations familiales et est géré par la Centrale de compensation de l’AVS/AI. Selon des estimations, 1,7 millions d’enfants et de jeunes touchant des allocations familiales y seront enregistrés lors de sa mise en service. 
</p><p>Pour les montants de ces allocations, on se reportera au site de l’Office fédéral des assurances sociales<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0111_Bianchi_Secu-soc_Nouveautes.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>.
</p><p>Prévoyance personnelle liée (pilier 3a)
</p><p>La déduction fiscale maximale est désormais de Fr.&nbsp;6682.- pour les personnes assurées dans la prévoyance professionnelle, respectivement de Fr. 33&nbsp;408.- pour les personnes qui ne le sont pas. 
</p><h3>Assurance militaire</h3><p><b>Adaptation des rentes&nbsp;: </b>en 2011, les rentes de l’assurance militaire sont aussi adaptées à l’évolution des salaires et des prix. Celles des personnes qui n’ont pas encore atteint l’âge AVS et celles des survivant(e)s sont augmentées de 3,2&nbsp;%, pour autant qu’elles aient été fixées en 2008 ou antérieurement. Les rentes allouées en 2009 sont augmentées de 0,9&nbsp;%. Les autres rentes ne le sont pas, en raison d’un renchérissement trop faible.
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0111_Bianchi_Secu-soc_Nouveautes.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a><a href="http://www.ofas.admin.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.ofas.admin.ch</a>, Thèmes, Famille/allocations familiales.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-292</guid><pubDate></pubDate><title>Pourquoi aggraver encore plus la crise ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/pourquoi-aggraver-encore-plus-la-crise</link><description>La décision tombée il y a quelque jours n’a pas surpris, mais n’en est pas moins malve-nue : usant de sa compétence, le Conseil fédéral a fait un pas de plus dans la libéralisation de la Poste. Sous la pression des sociétés privées, il sacrifie les intérêts de la Poste pourtant détenue par la Confédération. Ce faisant, le Conseil fédéral ouvre la porte au dumping salarial et à la diminution des prestations, il attise le climat d’insécurité et ag-grave la crise plutôt que de veiller à la stabilité.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les radicaux jubilent et imaginent déjà de nouveaux emplois, de meilleures prestations et des baisses de prix. Ils n’ont rien appris de la libéralisation du marché de l’électricité, avec ses conséquences néfastes - en Suisse aussi&nbsp;! - sur les tarifs, et occultent aussi les expériences faites dans d’autres pays avec la libéralisation de la poste&nbsp;: sous-enchère massive en Allemagne et aux Pays-Bas - avec des salaires de misère de 6 euros de l’heure et travail des enfants -, augmentation des prix pour des moins bonnes prestations pour pratiquement toutes les catégories d’usagers en Suède. La libéralisation de la poste suit la règle déjà bien connue&nbsp;suivante : les prix montent, les salaires baissent et la qualité dimi­nue. Dans une lettre de lecteurs à la Neue Zürcher Zeitung, un usager se plaignait récem­ment de l’impossibilité de joindre téléphoniquement la responsable d’un office de poste villageois et comparait cette situation à celle qui prévalait autrefois dans le «&nbsp;socialisme réel&nbsp;». Mais non&nbsp;: ce à quoi nous assistons ici, c’est à l’émergence du «&nbsp;libéralisme réel&nbsp;» dans un service public qui jusqu’alors fonctionnait parfaitement. Ce sont là les «&nbsp;fruits&nbsp;» de la concurrence voulue par la politique aux dépens d’infrastructures efficaces, couvrant l’ensemble du territoire.
</p><h3>Contre la privatisation des bénéfices</h3><p>L’opposition du Syndicat de la Communication contre les nouvelles suppressions d’offices de poste revêt une importance majeure. La population veut un service public efficace&nbsp;; elle veut garder ses offices de poste villageois et sauvegarder les bons emplois. 1500 offices de poste ont déjà disparu depuis le début de la libéralisation (1998), cela suffit&nbsp;! Or, la Poste envisage d’en sacrifier 500 autres. En quatre semaines, le Syndicat de la Communication a récolté plus de 40'000 signatures contre ce projet et sur Facebook le cercle d’ami(e)s qui s’opposent au démantèlement de la Poste s’accroît de jour en jour. À n’en pas douter, une libéralisation totale de la poste ne résisterait pas à un référendum populaire&nbsp;! 
</p><p>La Poste est une entreprise publique de la Confédération, solide et des plus modernes. Tenue par son mandat légal relatif à la desserte de base sur l’ensemble du territoire, elle a néanmoins réussi ces dernières années à générer des bénéfices de l’ordre de 800 à 900 millions de francs. C’est précisément cela qui est visé par la concurrence : la privatisation des bénéfices publics. Les privés entendent laisser la desserte de base à la Poste et offrir eux-mêmes les services lucratifs en milieu urbain – avec des employé(e)s moins bien payés. C’est inacceptable&nbsp;! Les syndicats exigent par conséquent du Conseil fédéral, après l’abaissement précipité de la limite du monopole sur les lettres à 50 grammes, qu’il impose désormais la négociation et la conclusion d’une convention collective de travail pour l’ensemble de la branche, comme il l’avait lui-même déjà demandée.
</p><h3>Non aux salaires de misère</h3><p>Les prestataires privés de services postaux se situent dans le segment des bas salaires. La récente annonce de diminution de salaires jusqu’à 20 % dans le secteur de la distribution matinale annonce ce qui attend les employé(e)s de l’ensemble de la branche, pourtant déjà mal payés. Des salaires de misère sont inacceptables&nbsp;! En ces temps de crise tout particulièrement, il s’agit de défendre et d’améliorer le pouvoir d’achat des catégories de salarié(e)s les moins bien rémunérés. L’USS soutient par conséquent les syndicats de la branche qui exigent l’ouverture immédiate de négociations.
</p><p>La sous-enchère salariale dans la distribution matinale et le démantèlement des offices postaux montrent à quoi mène la libéralisation dans ce secteur. D’où l’importance que revêt aujourd’hui l’opposition des syndicats, qui sert les intérêts des employé(e)s tout comme ceux de la population et de l’économie tributaires de services postaux irréprocha­bles.</p>]]></content:encoded><category>Poste</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-295</guid><pubDate></pubDate><title>Une contribution à une baisse des coûts</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/une-contribution-a-une-baisse-des-couts</link><description>Le 17 mai, nous voterons sur l’article constitutionnel intitulé « Pour la prise en compte des médecines complémentaires ». L’Union syndicale suisse (USS) recommande le OUI. Ce que justifie ci-après Edith Graf-Litscher (EGL), conseillère nationale socialise (TG), une politicienne spécialisée dans le domaine de la santé, membre à ce titre du comité pour le oui et secrétaire du SEV, le Syndicat du personnel des transports. </description><content:encoded><![CDATA[<p><b>uss-infos&nbsp;: Pourquoi voter OUI le 17 mai à cet article constitutionnel&nbsp;?</b></p><p>EGL&nbsp;: En tant que syndicalistes, nous nous engageons toujours pour les plus faibles. Et c’est tout à fait le cas avec les médecines complémentaires. Elles sont toujours repoussées dans les marges, alors qu’elles représentent un complément judicieux de la médecine conventionnelle. C’est pour cela qu’il est juste de préciser dans la constitution fédérale que la Confédération et les cantons «&nbsp;pourvoient, dans les limites de leurs compétences respectives, à la prise en compte des médecines complémentaires.&nbsp;» 
</p><p><b>uss-infos&nbsp;: À la différence de l’initiative populaire retirée, la formulation donnée à ce contreprojet, sur lequel nous voterons, est ouverte. L’application relèvera du Parlement fédéral. N’était-ce alors pas une erreur de retirer l’initiative&nbsp;?</b></p><p>EGL&nbsp;: Septante-huit pour cent des parlementaires ont accepté le contreprojet. En quoi est-t-il différent de l’initiative retirée&nbsp;? Le terme «&nbsp;complète&nbsp;» (pour «&nbsp;prise en compte com­plète des médecines complémentaires&nbsp;») a disparu. Mais en cas de OUI au contreprojet, la Confédération et les cantons <i>devront </i>quand même prendre en compte celles-ci. Il est clair que, comme pour beaucoup d’autres votations, le travail à proprement parler commencera après le verdict des urnes. Il est également clair que nous nous engagerons, lors des déli­bérations parlementaires, pour une mise en œuvre efficiente de l’initiative. C’est pour cela que j’ai créé avec le conseiller aux États Rolf Büttiker un groupe parlementaire sur les médecines complémentaires. Ce groupe s’emploiera à ce que la disposition constitu­tionnelle soit correctement transposée dans la loi. 
</p><p><b>uss-infos&nbsp;: Mais si beaucoup de nouvelles prestations se retrouvent dans l’assurance de base, cela va entraîner une nouvelle poussée des coûts, non&nbsp;?</b></p><p>EG&nbsp;: Bien au contraire. Un OUI le 17 mai aidera à économiser. Il est essentiel que l’assurance de base intègre – comme cela avait déjà été le cas auparavant - les cinq méde­cines complémentaires concernées<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0609_EA_Votation_Medecines-complementaires.doc#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>. S’ajoute à cela que l’assurance de base n’interviendra financièrement que si les traitements sont donnés par des médecins au bé­néfice d’une formation complémentaire spécifique reconnue. Il ne s’agit donc pas d’une extension quantitative. Le patient ou la patiente devra décider avec son médecin s’ils veulent appliquer, pour tel ou tel diagnostic, une méthode conventionnelle ou de méde­cine complémentaire. Faite en 2004 – les cinq médecines complémentaires étaient alors provisoirement prises en compte dans l’assurance de base –, une évaluation a montré que celles-ci avaient représenté 30 centimes (sic&nbsp;!) des primes. Et ce qu’il ne faut pas oublier ici, c’est que tout ce qui est proposé par des thérapeutes – comme le shiatsu ou la ré­flexologie plantaire (massage des pieds) – continuera à relever des assurances complé­mentaires.
</p><p>&nbsp;</p><p><i>L’USS a décidé de ne faire aucune recommandation pour la votation sur le <b>passeport biométrique</b>. </i></p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0609_EA_Votation_Medecines-complementaires.doc#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Médecine anthroposophique, homéopathie, thérapie neurale, phytothérapie, médecine chinoise traditionnelle.</p>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-294</guid><pubDate></pubDate><title>Vacances, salaires minimaux et congé de paternité : des progrès</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/vacances-salaires-minimaux-et-conge-de-paternite-des-progres</link><description>La majorité des hausses de salaires négociées pour 2009 par les syndicats de l’Union syndicale suisse (USS) oscille entre 2 et 3 %. Le moment auquel l’accord a été conclu est déterminant ici. Concernant les conventions collectives de travail (CCT) renouvelées, on constate de fréquentes améliorations à la rubrique « vacances ».</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’aperçu des résultats auxquels les négociations conventionnelles et salariales ont abouti en 2008/2009 montre d’abord que quelques nouvelles CCT ont été conclues. Cela concerne notamment le domaine couvert par le SEV (Syndicat du personnel des trans­ports) qui dispose désormais d’une CCT-cadre pour les chemins de fer à voie normale (durée indéterminée), ainsi qu’une CCT avec les Chemins de fer appenzellois et d’une autre conclue avec RailGourmio (restauration ferroviaire). Au chapitre des CCT renou­velées, on remarquera celle - contestée, mais nettement acceptée par quatre cinquièmes des membres en votation générale - que comedia a conclue dans les arts graphiques. Ce CCT, masculin en l’occurrence, améliore certes la situation des salaires minimaux conventionnels, mais introduit aussi une baisse des indemnités de nuit. Le renouvellement de la CCT de la chimie et de la pharma bâloises (Unia) s’est traduit par quelques nou­veaux acquis en faveur de la famille.
</p><p>Le conflit dans la construction
</p><p>Ce conflit, de toute évidence le plus dur de tous, a concerné le secteur principal de la construction. Les entrepreneurs avaient dénoncé la convention nationale en 2007 parce qu’ils voulaient obtenir plus de flexibilité en matière d’horaires de travail et reporter le risque entrepreneurial sur leurs employé(e)s. La nouvelle CCT n’a pu être conclue au printemps 2008 qu’après une vague de grèves (automne 2007) et une médiation des pou­voirs publics, toutefois après deux tentatives. On a ainsi trouvé, pour les indemnités en cas d’intempéries, de pannes techniques ou de pénurie de travail, une solution acceptable pour les patrons et transparente pour les salarié(e)s. C’est sans devoir passer par un conflit de cette ampleur que le ssp (Syndicat suisse des services publics) a pu renouveler une vingtaine de CCT dans les domaines du social, des soins et de la santé, des transports publics suburbains, de l’énergie et de la formation. Pour sa part, la presse de Suisse alé­manique et du Tessin connaît toujours un vide conventionnel. C’est en 2004 que les édi­teurs ont résilié la CCT parce qu’ils ne voulaient plus régler la question des salaires à ce niveau, mais à celui des entreprises. Ce qui a entraîné l’opposition des syndicats. 
</p><p>L’aperçu de l’USS fait encore apparaître que beaucoup de CCT renouvelées prévoient une amélioration en matière de vacances. Et, souvent, les salaires minimaux ont aussi été augmentés, parfois nettement. En ce qui concerne l’égalité des sexes et la possibilité de concilier travail professionnel et famille, des progrès ont également été accomplis. Cela concerne notamment le congé de paternité qui a été prolongé dans plusieurs branches. 
</p><p>Négociations salariales
</p><p>Les accords salariaux conclus parlent d’abord du moment où ils ont été négociés. La plu­part de ceux qui avaient déjà abouti en novembre 2008 ont un 3 devant la virgule. Cela vaut pour la plupart des accords trouvés dans l’artisanat de la construction, pour quelques uns dans l’industrie, ainsi que pour de nombreux services (Poste, Swisscom, Coop, Mi­gros et quelques administrations cantonales). Les accords conclus à partir de décembre sont clairement moins bons, pour une part à cause de la forte baisse du renchérissement et, pour l’autre, en raison des effets psychologiques de la crise financière. L’USS s’attend, pour 2009, à une augmentation d’environ 3&nbsp;% des salaires nominaux pour les domaines où ceux-ci sont négociés. En cas de stagnation des prix à la consommation, cela repré­sentera un renforcement substantiel du pouvoir d’achat. 
</p><p>Le Dossier «&nbsp;Négociations conventionnelles et salariales 2008 / 2009&nbsp;» (E. Ackermann, USS, avril 2009) peut être commandé à l’USS pour un montant de 4 francs (info@sgb.ch) ou téléchargé sur le site de l’USS&nbsp;: www.uss.ch, rubrique des téléchargements.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-298</guid><pubDate></pubDate><title>Pas question de faire l’impasse sur les obligations sociales !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/pas-question-de-faire-l-impasse-sur-les-obligations-sociales</link><description>Qui acquiert aujourd’hui une entreprise faillie reprend automatiquement ses employé(e)s restants, les contrats de travail existants et les créances des salarié(e)s échues avant le transfert de l’entreprise. Or, il sera question de tirer un trait sur presque tout cela si le Département fédéral de justice et police (DFJP) parvient à imposer ses vues. Mais l’Union syndicale suisse (USS) rejette énergiquement cette révision.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le DFJP veut réviser la LP. Ses propositions visent en particulier la procédure concorda­taire, ou d’assainissement. Mais le droit du contrat de travail est aussi concerné.
</p><p>L’USS est surprise de voir qu’alors que nous sommes dans une grave récession économi­que, on se lance dans une révision qui fait aussi peu cas des intérêts des salarié(e)s. En cas d’insolvabilité, les prescriptions en vigueur offrent déjà une protection insuffisante à ces derniers. Par exemple, l’obligation de négocier un plan social en cas de licenciement collectif fait défaut. Contrairement aux autres créanciers, les salarié(e)s sont même dou­blement concernés par la crise et l’insolvabilité de leur employeur. D’une part, en tant que créanciers, leurs arriérés de salaire et leurs salaires futurs sont menacés. De l’autre, ils risquent de perdre leur emploi, leur revenu économique étant ici alors en jeu. Lors de l’élaboration du projet, on a accordé beaucoup trop peu d’attention à ce dernier aspect.
</p><h3>Des droits tout simplement gommés&nbsp;!</h3><p>L’USS rejette ce projet, car les propositions faites visent à affaiblir la position des sala­rié(e)s. Selon l’avant-projet, le transfert automatique des rapports de travail en cas de reprise d’entreprise serait exclu durant le sursis concordataire, ainsi que dans le cadre d’une faillite ou d’un concordat par abandon d’actifs. L’acquéreur d’une entreprise faillie ne devrait ainsi plus reprendre les collaboratrices et collaborateurs restants ou pourrait modifier sur-le-champ les conditions de travail. 
</p><p>De plus, concernant les créances des salarié(e)s échues dès avant le transfert de l’entreprise, la responsabilité solidaire de l’ancien employeur et du nouvel acquéreur de l’entreprise tomberait. L’acquéreur devrait ainsi répondre uniquement des créances des salarié(e)s repris. Qui plus est, en cas d’assainissement, les droits de participation du per­sonnel seraient limités. En résumé, ces modifications proposées permettraient au nouvel acquéreur de gommer purement et simplement les droits acquis des salarié(e)s concer­nés… qui deviendraient ainsi les dindons de la farce. 
</p><h3>Des visées purement idéologiques</h3><p>Mais comment donc le DFJP est-il arrivé à de telles propositions&nbsp;? Il «&nbsp;argumente&nbsp;» en prétendant que le transfert automatique des rapports de travail empêcherait des assainis­sements. Or, l’affirmation selon laquelle l’application de l’article 333 CO rendrait les as­sainissements plus difficiles, voire impossibles ne repose sur aucune preuve empirique, même embryonnaire. Par contre, le but visé ici est clair&nbsp;: il s’agit de donner plus de poids à la liberté des employeurs. Les assainissements, qui ne sont possibles que si les créances échues des salarié(e)s ne doivent pas être payées, sont aussi très problématiques d’un point de vue économique. Ils grèvent en effet excessivement l’assurance-chômage à tra­vers les indemnités en cas d’insolvabilité et débouchent fréquemment sur de nouveaux assainissements. Que le législateur entende même favoriser des assainissements aussi bancals est choquant.
</p><p>Au demeurant, le droit suisse du contrat de travail offre, de par sa flexibilité, suffisam­ment de possibilités pour adapter les conditions de travail en cas de changement d’employeur. La pratique montre en outre qu’en cas de transferts d’entreprises, des ac­cords entre le nouvel et l’ancien employeur ainsi que les partenaires sociaux sont tout à fait courants. L’encouragement d’accords entre les partenaires sociaux est en effet la seule amorce constructive de solution pour favoriser des assainissements.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-305</guid><pubDate></pubDate><title>Le licenciement de Marisa Pralong doit être annulé !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-licenciement-de-marisa-pralong-doit-etre-annule</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">La liberté syndicale, soit le droit de s’affilier à un syndicat et de participer à des activités syndicales, fait partie – au même titre que l’interdiction du travail des enfants ou celle du travail forcé – du noyau intangible des droits des travailleurs. De tels droits s’appliquent dans le monde entier, indépendamment de leur reconnaissance ou non par les États. L’Organisation internationale du travail (OIT), qui promeut un travail décent pour tous, a son siège en Suisse. Notre pays a reconnu la liberté syndicale aussi bien dans la Constitu­tion fédérale (art.&nbsp;28 Cst.) que dans les conventions internationales qu’elle a ratifiées. Concrètement, la Suisse est tenue de respecter les pactes des Nations Unies relatifs aux droits de l’homme, la Convention européenne des droits de l’homme, de même que les conventions 87 et 98 de l’OIT. Or tous ces textes garantissent le droit de s’affilier à un syndicat et de participer à des activités syndicales.</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Au vu de cette situation juridique, le licenciement de la déléguée syndicale Marisa Pra­long faisant suite à ses activités syndicales viole des droits fondamentaux élémentaires que toute démocratie se doit de garantir. Par conséquent, un tel acte ne lèse pas seulement les intérêts individuels de Marisa Pralong. Il s’agit en même temps d’une attaque fla­grante contre le droit de s’engager sur le plan syndical. Et en dernier lieu d’une attaque contre les syndicats et la défense des intérêts des travailleurs, lesquels ont besoin des syn­dicats pour assurer la protection de leurs conditions de travail. Le licenciement de Marisa Pralong doit donc être annulé.</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Cette exigence vaut malgré les lacunes de la législation suisse sur le travail. Les droits fondamentaux – et donc la liberté syndicale – restent valables même si le Code des obli­gations ne prévoit pas une protection suffisante contre les licenciements, en l’occurrence l’annulation des licenciements contraires aux droits fondamentaux. Comme le droit suisse ne garantit pas la protection contre les licenciements antisyndicaux, l’Union syndicale suisse (USS) a déposé en 2003, pour la première fois de son histoire, une plainte auprès du Comité de la liberté syndicale de l’OIT. L’action a abouti et en novembre 2006, ce comité a invité la Suisse à garantir un régime de protection contre les licenciements anti­syndicaux qui prévoie l’annulation du licenciement et le réengagement, par analogie aux cas de licenciements discriminatoires en raison du sexe. Ce précédent ne restera pas sans conséquences.</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Ainsi, au cas où le licenciement contraire aux droits fondamentaux de Marisa Pralong ne serait pas annulé, nous n’hésiterons pas à soumettre cette nouvelle atteinte à la liberté syndicale au Comité de la liberté syndicale de l’OIT. Quiconque prétend, comme le font les autorités suisses, que les licenciements abusifs pour motifs antisyndicaux ne consti­tuent pas un problème concret en Suisse, devra alors se rendre à l’évidence. D’autant plus que l’OIT (et son Comité de la liberté syndicale) siège à Genève.</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Le licenciement de Marisa Pralong intervient à une époque où même les États-Unis ont réalisé que la dégradation systématique des droits des travailleurs (et des salaires), rendue possible par l’affaiblissement des syndicats, a des conséquences désastreuses au niveau tant social que macro-économique. Le programme électoral d’Obama, que Walmart a combattu à coups de millions, prévoyait en particulier l’adoption de l’Employee Free Choice Act (EFCA), projet de loi facilitant la représentation syndicale dans les entrepri­ses. Si en Suisse un grand groupe privé croit pouvoir fouler aux pieds les droits syndicaux fondamentaux, comme cela vient de se passer avec Marisa Pralong, il se trompe lourde­ment.</span></p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-291</guid><pubDate></pubDate><title>Des voies pour l’avenir praticables</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/des-voies-pour-l-avenir-praticables</link><description>En matière de travaux sur la formation, la Belle au bois dormant est désormais sortie de son sommeil. Plusieurs publications récentes - malheureusement surtout en allemand -, dont des rapports de l’OCDE  développent des thèses qui seraient encore à travailler. Le défi le plus difficile à relever est le suivant : comment la formation surmontera-t-elle la crise qui frappe le marché des places d’apprentissage ? Ci-après une vue d’ensemble non exhaustive. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Jusqu’à tout récemment, la formation professionnelle était le parent pauvre de la recher­che dans ce domaine en Suisse. Ce qui reflète le peu de considération que lui accorde l’élite «&nbsp;académique&nbsp;». Ces dernières années, les choses ont commencé à bouger un peu.
</p><h3>L’OCDE découvre la formation professionnelle duale</h3><p>Désormais, l’OCDE s’intéresse plus aux systèmes duaux de formation professionnelle. Ce printemps, elle a publié deux rapports à ce sujet sur la Suisse.
</p><p>L’OCDE donne de bonnes notes à notre système dual de formation professionnelle, tout en en montrant clairement les limites. Son rapport sur la Suisse souligne en particulier les effets négatifs de l’actuelle crise économique sur le marché des places d’apprentissage. L’OCDE recommande à notre pays, en cas d’échec du marché, d’éviter un rationnement de la formation principalement en créant plus d’offres publiques. Toujours selon elle, durant la crise, les entreprises formatrices devraient bénéficier d’incitations financières limitées dans le temps. En particulier, les administrations publiques devraient renforcer leur engagement et la Suisse créer plus d’offres de formation professionnelle à plein temps (écoles des métiers) financées par les pouvoirs publics&nbsp;; ce, au moins jusqu’à la prochaine reprise. 
</p><p>Ces recommandations se retrouvent dans une étude récente où sont comparés les systè­mes de formation professionnelle hollandais et suisse. Une étude qui souligne les criti­ques faites depuis longtemps par l’Union syndicale suisse (USS)&nbsp;; ce qui donne plus de poids aux propositions de cette dernière.
</p><h3>Rudolf &nbsp;Strahm&nbsp;: très intéressant, mais trop idéalisé</h3><p>Dans «&nbsp;Warum wir so reich sind&nbsp;» («&nbsp;Pourquoi nous sommes si riches&nbsp;»), Rudolf Strahm explique la répartition inégale des richesses avant tout par la formation professionnelle duale, tout en relativisant cependant immédiatement, voire explicitement, cette explica­tion par une seule cause. En outre, les années 90 ont montré qu’en Suisse aussi, la forma­tion professionnelle duale a dérapé vers un chômage des jeunes deux fois plus élevé que la moyenne, comme à l’étranger. Il s’agit en outre de prendre en compte le fait qu’entre temps, un jeune sur cinq ayant terminé sa scolarité obligatoire se retrouve dans les files d’attente des solutions transitoires, majoritairement financées par des fonds publics ou l’assurance-chômage. De plus, plusieurs milliers de jeunes n’apparaissent dans aucune statistique. L’ouvrage de Rudolf Strahm est utile, engagé et critique. La formation profes­sionnelle suisse en profitera, si elle n’est pas inutilement idéalisée. 
</p><h3>Le renforcement des inégalités</h3><p>La contribution de Thomas Meyer («&nbsp;Rapport social 2008&nbsp;») prouve de manière impres­sionnante à quel point, en matière de formation, la sélection joue un rôle déterminant dans notre pays. Le problème des migrant(e)s renvoie, quant à lui, à la répartition de no­tre société en différentes couches sociales et aux inégalités aggravées par la pénurie mar­quée et persistante de places de formation au niveau secondaire II. 
</p><p>Dans l’«&nbsp;Almanach social 2009&nbsp;» de Caritas, Ernest Albert met en garde contre les désa­vantages entraînés par une attitude consistant à s’orienter de manière rigide en fonction de la norme selon laquelle les systèmes de formation et de création de relève doivent s’adapter aux besoins des employeurs. Le débat lancé dans «&nbsp;75 Jahre eidg. Berufsbil­dungsgesetz&nbsp;» montre que le système suisse de formation professionnelle s’est développé historiquement, ce qui explique et ses points faibles et ses atouts. La contribution de Martina Späni aboutit à des conclusions similaires. Enfin, dans leur contribution, Iten et Schulthess constatent qu’aujourd’hui, les jeunes chômeuses et chô­meurs bénéficient de moins de solidarité et de considération que dans les années 30. 
</p><p>Ces prochains mois et ces prochaines années, le système dual de formation profession­nelle sera à nouveau soumis à l’épreuve d’une crise&nbsp;; cela, après une brève et faible re­prise de l’offre de places d’apprentissage. Aujourd’hui cependant, nous savons mieux ce qu’il convient de faire. Mais que cela se fasse ou non dépend de la volonté politique des principaux acteurs, dont les jeunes eux-mêmes font partie. Il ne serait pas surprenant que, après cette très longue traversée du désert, si l’offre de place d’apprentissage recule à nouveau, une part au moins des jeunes se rappelle qu’elle est capable de se mobiliser en conséquence. 
</p><h3>Bibliographie sélective</h3><p>&nbsp;</p><ul><li>Bauder T. et Osterwalder F. (éd.)&nbsp;: «&nbsp;75 Jahre eidg. Berufsbildungsgesetz&nbsp;», hep, 2008</li><li>Caritas (éd.)&nbsp;: «&nbsp;Almanach social 2009&nbsp;»</li><li>Criblez L.&nbsp;: «&nbsp;Bildungsraum Schweiz&nbsp;» Haupt, 2008</li><li>Gemperle M. et Streckeisen P. (éd.)&nbsp;: «&nbsp;Ein neues Zeitalter des Wissens&nbsp;», Seismo, 2007</li><li>Hollenstein H. et Stucki T.&nbsp;: «&nbsp;Determinanten des Angebots an Lehrstellen&nbsp;», KOF/EPFZ Analysen, printemps 2009</li><li>Iten K. et Schulthess A.&nbsp;: «&nbsp;Le chômage des jeunes hier et aujourd’hui&nbsp;: La méfiance éclipse la solidarité et l’estime&nbsp;» in Panorama 1/09, Berne 2008 (renvoie au travail de diplôme des mêmes sur le chômage durant la crise économique des années trente, HES en travail social de Berne)</li><li>OCDE, études de cas de différents pays dans le domaine de la formation professionnelle&nbsp;: «&nbsp;Learning for Jobs. OECD Policy Reviews of Vocational Education and Training&nbsp;», avril 2009 (actuellement en anglais sur Internet, le français devant sortir en été&nbsp;; lien direct sur le site de l’Office fédéral de la for­mation professionnelle et de la technologie&nbsp;: <a href="http://www.bbt.admin.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.bbt.admin.ch</a> / International&nbsp;; sur la même page, le lien vers la nouvelle étude de l’OCDE (pour l’heure en anglais) sur la force d’innovation de la forma­tion professionnelle «&nbsp;Systemic Innovation in Vocational Educational and Training&nbsp;»)</li><li>Rauner Felix&nbsp;: «&nbsp;Steuerung der beruflichen Bildung im internationalen Vergleich&nbsp;», Bertelsmann Stif­tung, 2008</li><li>Strahm Rudolf&nbsp;: «&nbsp;Warum wir so reich sind&nbsp;», hep, 2008</li><li>Suter et al. (éd.)&nbsp;: «&nbsp;Rapport social 2008&nbsp;», Seismo, 2009</li><li>Zulauf Madeleine&nbsp;: «&nbsp;École à plein temps&nbsp;: comparaison entre la Suisse et les Pays-Bas&nbsp;», in Panorama 2/2009</li></ul><p></p>          ]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-96</guid><pubDate></pubDate><title>Avant que la fin de la première mi-temps ne soit sifflée</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/avant-que-la-fin-de-la-premiere-mi-temps-ne-soit-sifflee</link><description>L’initiative sur les salaires minimums est là, et bien là. Le seuil des 120 000 signatures a été clairement franchi. L’Union syndicale suisse (USS) appelle aux dernières récoltes de signatures et au retour des listes même incomplètes. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Les syndicats ont joué une première mi-temps avec engagement, efficacité et tout en rapidité. En dix mois, ils ont récolté 121&nbsp;000 signatures pour leur initiative populaire qui demande l’introduction d’un salaire minimum légal et l’encouragement de l’inscription de salaires minimums dans les conventions collectives de travail (CCT). Toutes ces signatures n’ont pas encore été validées, si bien que leur nombre devrait normalement diminuer quelque peu. D’un autre côté cependant, de nouvelles signatures devraient s’y ajouter, car l’USS a appelé à en récolter et à tout lui retourner, même sur des listes incomplètes, jusqu’au 9 décembre. L’initiative sera sans doute déposée à la Chancellerie fédérale vers la fin janvier 2012.
</p><p>Une chose est d’ores et déjà certaine&nbsp;: il faudra encore attendre trois à quatre années pour que les citoyennes et citoyens puissent se prononcer en votation sur cet objet, à savoir&nbsp;: sur l’introduction d’un salaire minimum de 4000 francs pour un travail à plein temps. L’idée de ne pas uniquement passer par les CCT pour fixer des salaires minimums, mais aussi par la loi ou d’autres mesures légales gagne toujours plus en importance. L’exemple le plus récent se trouve certainement en Allemagne. La coalition de droite au gouvernement a rejeté pendant des années l’introduction d’un salaire minimum demandée par la confédération syndicale DGB et la gauche. Or, aujourd’hui, la chancelière Angela Merkel en personne et une part non négligeable de son entourage direct ont effectué une volte-face sur cette question. Madame Merkel entend en effet mettre sur pied une commission, placée sous la houlette des partenaires sociaux, qui serait chargée d’édicter un salaire minimum pour les branches où aucune négociation salariale n’a lieu. C’est là un signe positif qui parle en faveur du salaire minimum outre-Rhin. 
</p><p>Pour en savoir plus sur l’initiative des syndicats sur les salaires minimums&nbsp;: <a href="http://www.salaires-minimums.ch" target="_blank" rel="noreferrer">www.salaires-minimums.ch</a></p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-89</guid><pubDate></pubDate><title>Les entreprises doivent agir ! Et maintenant !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/les-entreprises-doivent-agir-et-maintenant</link><description>L’égalité des salaires entre femmes et hommes figure dans la Constitution fédérale depuis des décennies. Et pourtant, elle n’a toujours pas été réalisée. Des entreprises économisent de la sorte des millions de francs sur le dos des femmes ! Le délai de grâce pour l’abolition de cette discrimination est désormais écoulé !</description><content:encoded><![CDATA[<p>La discrimination salariale à raison du sexe dans le secteur privé a reculé de 10,6 % à 9,4&nbsp;% entre 1998 et 2008. Ce recul à vitesse d’escargot n’est plus acceptable, comme l’ont fait savoir des milliers de femmes lors de la journée d’action et de grève du 14 juin 2011. Pour les femmes, l’égalité est essentielle ici également dans la perspective de la conciliation du travail professionnel et du travail familial. L’existence de salaires différents selon le sexe renforce en effet la répartition traditionnelle des rôles entre hommes et femmes. De tels salaires font ainsi obstacle à une meilleure conciliation entre la profession et la famille&nbsp;; cela, surtout au détriment des femmes. Mais les inégalités de salaire à raison du sexe ont aussi une incidence sur la sécurité sociale, à savoir&nbsp;: des rentes inférieures dans l’AVS, voire aucune rente dans le deuxième pilier. 
</p><p>Il y a deux années environ, les partenaires sociaux et la Confédération ont lancé le Dialogue sur l’égalité des salaires. Son but est d’éliminer les discriminations salariales à raison du sexe. À la mi-novembre, les acteurs de ce dialogue ont tenu une conférence de presse afin d’en dresser un bilan intermédiaire. Seulement 16 entreprises et administrations ont participé au Dialogue sur l’égalité des salaires[1] et la plupart d’entre elles uniquement à la suite des importants efforts déployés par les syndicats. C’est insatisfaisant. Les partenaires sociaux et la conseillère fédérale Simonette Sommaruga sont unanimes à le dire.
</p><p>Du point de vue des syndicats, le besoin de rattrapage à ce chapitre est grand, principalement dans les banques et les grandes entreprises du commerce de détail ainsi que dans l’industrie graphique. Mais la Confédération et les cantons pourraient aussi promouvoir sur la durée ce dialogue, par exemple en exigeant qu’en cas d’adjudications publiques, l’égalité des salaires doive nécessairement être respectée.
</p><p>Le Dialogue sur l’égalité des salaires va continuer jusqu’en 2014. Les syndicats vont continuer à s’engager dans ce cadre. Mais il faut avant tout que les entreprises agissent au lieu d’en rester à de pieux prêches dominicaux. Si le Dialogue devait échouer, les syndicats estiment qu’il y aurait lieu de prendre des mesures légales comme celles mentionnées dans le rapport d’évaluation de la loi sur l’égalité après dix ans d’application et que les femmes des syndicats ont reprises pour les revendiquer le 14 juin 2011.
</p><p>La conseillère fédérale Sommaruga veut également donner encore une chance au Dialogue. Mais elle propose aussi qu’en cas d’échec, le Conseil fédéral et le Parlement réfléchissent à des mesures publiques pour imposer l’égalité des salaires entre femmes et hommes.
</p><h3>La discrimination en chiffres</h3><p>En moyenne, une femme qualifiée (plein temps) se voit privée en tout de Fr.&nbsp;380&nbsp;000.- de salaire durant sa vie professionnelle&nbsp;; cela, uniquement en raison d’une discrimination salariale «&nbsp;pure&nbsp;» (= part de la différence de salaire ne pouvant s’expliquer par la formation, l’âge, l’expérience professionnelle ou la fonction). 
</p><p>Ce vol de salaire est d’un montant différent selon la branche&nbsp;: </p><ul><li>hôtellerie-restauration&nbsp;: Fr. 146&nbsp;000.-</li><li>commerce de détail&nbsp;: Fr.&nbsp;359&nbsp;000.-</li><li>industrie des machines et horlogerie&nbsp;: Fr.&nbsp;513&nbsp;000.-</li><li>industrie alimentaire, des boissons et du tabac&nbsp;: Fr.&nbsp;469&nbsp;000.-</li><li>banques et assurances&nbsp;: Fr.&nbsp;765&nbsp;000.-</li></ul><p>Source&nbsp;: calculs du Bureau BASS sur la base des nouveaux chiffres de l’Enquête suisse sur la structure des salaires 2008. 
</p><hr><p>[1] Voir sur <a href="http://www.dialogue-egalite-salaires.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.dialogue-egalite-salaires.ch</a>.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-98</guid><pubDate></pubDate><title>Il faut maintenir les incitations financières </title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/il-faut-maintenir-les-incitations-financieres</link><description>SESSION PARLEMENTAIRE : Il faut prolonger les aides de la Confédération destinées au développement de l’accueil extrafamilial des enfants. Le Conseil national en a déjà décidé ainsi et le Conseil des États se prononcera le 4 juin. Une chose est certaine : sans ces subsides, on connaîtra un recul dans ce domaine. </description><content:encoded><![CDATA[<p>La «&nbsp;loi fédérale sur les aides financières à l’accueil extra-familial pour enfants&nbsp;» est en vigueur depuis le 1er février 2003 et va échoir le 31 janvier 2011. Avec ce programme limité à huit années, la Confédération devait contribuer à la création de nouvelles places d’accueil pour enfants. C’est désormais prouvé&nbsp;: selon l’Office fédéral des assurances sociales, ce programme a permis, pour un coût d’environ 200 millions de francs, de créer près de 33’000 places d’accueil. Un succès relatif, donc. Néanmoins, eu égard à l’augmentation de la demande, l’offre reste lacunaire. Si l’on laissait tout simplement ce programme arriver à sa fin, cette dernière s’accroîtrait. Et avec elle, le stress, voire la dé­tresse de jeunes familles.
</p><h3>Conseil national&nbsp;: la Confédération doit continuer à pousser à la roue</h3><p>La commission de la science, de l’éducation et de la culture du Conseil national a ac­cepté, le 21 août 2008, une motion sur les incitations financières en ce domaine, motion qui demande que la loi soit révisée et que, d’ici l’édiction de nouvelles bases légales, on maintienne en vigueur l’actuelle loi. Cela signifie qu’à l’avenir aussi, la Confédération devra participer à la création de nouvelles places d’accueil. Le 12 août 2008, le Conseil fédéral s’est déjà déclaré prêt à accepter cette motion. Il pense également que le besoin de places d’accueil supplémentaires est important. C’est lors de sa session du printemps que le Conseil national a débattu de cette proposition, pour l’accepter clairement par 115 voix contre 56. Seule l’UDC et quelques radicaux s’y étaient opposés.
</p><h3>Au Conseil des États de se rallier</h3><p>C’est maintenant au tour du Conseil des États de s’occuper de cet objet. Le 4 juin pro­chain, il se prononcera en effet sur cette motion et décidera si le Conseil fédéral doit être chargé de préparer un projet de révision de la loi pour qu’à partir du 1er février 2011, de nouvelles places d’accueil seront créées grâce aux aides financières de la Confédération. Il est incontestable et incontesté que l’offre est ici toujours insuffisante pour satisfaire la demande. C’est pourquoi les aides fédérales doivent être maintenues. C’est pourquoi aussi le Conseil des États doit en décider ainsi.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Politique sociale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-90</guid><pubDate></pubDate><title>L’activisme aveugle est une erreur</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/l-activisme-aveugle-est-une-erreur</link><description>Spirale infinie de démantèlements : la révision 6a de l’AI n’est même pas en vigueur que le Conseil des États va débattre, lors de la prochaine session parlementaire, de nouvelles dégradations dse prestations de cette assurance.</description><content:encoded><![CDATA[<p>La commission du Conseil des États chargée de l’examen préalable a décidé à la mi-novembre d’entrer en matière sur le projet du Conseil fédéral. Mais elle propose quand même, contrairement à ce dernier, de renoncer à baisser des rentes courantes. Selon elle, le nouveau système de rentes linéaire, devra s’appliquer aux nouvelles rentes. 
</p><h3>Frein à l’endettement avec barbelés</h3><p>Les autres points de cette révision, de nouvelles mesures de réinsertion discutables comme la location de services, restent cependant inchangés, voire s’aggravent. C’est par exemple le cas du frein à l’endettement que le Conseil fédéral présente pour l’AI. Si le fonds de cette dernière passe au-dessous de 40&nbsp;% des dépenses annuelles, un mécanisme prévoyant des hausses des cotisations salariales et la suspension limitée dans le temps de l’adaptation au renchérissement des rentes AI se met alors en marche. Mais la commission n’entend plus limiter cette suspension dans le temps. Cela signifie que la perte de l’adaptation au renchérissement ne sera plus compensée, même si le fonds se remet à croître. Ce mécanisme de baisse des rentes pourrait s’enclencher souvent. Car le fonds de l’AI ne dispose guère de marge de manœuvre pour constituer des réserves afin de compenser les années de faibles recettes. Le fonds de l’AI n’a pas le droit d’être supérieur à 50&nbsp;% des dépenses annuelles. Si ce seuil est franchi, il doit affecter le surplus au désendettement de l’assurance.
</p><p>Pour l’USS, ce frein à l’endettement n’est pas applicable. Le désendettement de l’AI – tel est le but de la révision 6b – ne peut fondamentalement pas être atteint en réduisant les prestations de l’assurance. Cela ne fera que de vider de sa substance une assurance sociale importante et contribuer au transfert de coûts sur d’autres branches de la sécurité sociale.
</p><h3>Pas d’activisme aveugle</h3><p>Expédier au jour d’aujourd’hui à la va-vite une nouvelle révision de l’AI n’est toutefois pas seulement faux, mais aussi inutile. Ces dernières années, les révisions de cette assurance n’ont cessé de s’enchaîner et elles avaient en commun de dégrader les prestations. Afin de mettre le holà à cet hyperactivisme, il faut évaluer sérieusement les modifications opérées à ce jour. Cela concerne tout particulièrement les révisions 5 et 6a. Leur promesse de créer des postes de travail pour les personnes handicapées n’a toujours pas été tenue. On note parallèlement que l’AI n’est plus dans les chiffres rouges. Le nombre des nouvelles rentes a nettement diminué. Mais les vies humaines qui se trouvent «&nbsp;derrière&nbsp;» cette évolution sont ignorées. 
</p><h3>La Confédération doit reprendre la dette de l’AI</h3><p>Il n’est pas question d’éponger la dette de l’AI auprès de l’AVS sur le dos des personnes handicapées en réduisant leurs prestations. La Confédération doit au contraire reprendre cette dette à sa charge. L’argent pour ce faire existe. Finalement, avec ses erreurs systématiques de budget, la Confédération a exercé une forte pression aux économies et aux réformes sur les assurances sociales et accumulé plus de 15 milliards de francs d’excédents sur le compte de compensation du frein à l’endettement. Cet argent doit être engagé pour payer la dette de l’AI auprès de l’AVS. Aujourd’hui déjà, la Confédération paie des intérêts de 2&nbsp;% sur cette dette de 15 milliards. Ce taux, à un moment où les taux d’intérêt sont très bas comme à l’heure actuelle, est avantageux. Mais, pendant la durée du financement additionnel de l’AI, de 2011 à 2018, cela représentera quand même des intérêts à hauteur de 1,1 milliard de francs à la charge de la Confédération. Par contre, si celle-ci reprend la dette de l’AI, elle n’aura plus à payer d’intérêts. 
</p><p>Le Parlement nouvellement élu va ainsi avoir bientôt la possibilité de faire en sorte que le désendettement de l’AI ait réellement lieu.</p>]]></content:encoded><category>Assurance-invalidité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-659</guid><pubDate></pubDate><title>Les hauts revenus doivent assumer leurs responsabilités</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/les-hauts-revenus-doivent-assumer-leurs-responsabilites</link><description>SESSION PARLEMENTAIRE : Concernant la révision de l’assurance-chômage, la commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil des États a largement suivi les propositions du Conseil fédé-ral. Elle a en effet soutenu les réductions de prestations centrales de cette assurance (p. ex. de 400 à 260 indemnités journalières pour certain(e)s chômeurs et chômeuses). Ce démantèlement ne se fait pas uniquement au détriment de la sécurité sociale, mais pourra aussi avoir une incidence négative sur l’économie. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Dans les récentes études économiques parues à ce sujet, on a accordé plus d’attention à la question de savoir dans quelle mesure une durée d’indemnisation prolongée augmentait les chances de trouver un meilleur emploi. Initialement, de nombreux économistes supposaient que la possibilité de percevoir plus longtemps de l’argent de l’assurance-chômage augmentait le chômage, puisqu’il est moins intéressant, dans ce cas, d’accepter un emploi qui rapporte moins. Toutefois, celui ou celle qui doit rapidement accepter n’importe quel travail, perd de ce fait souvent une part de ses qualifications. Et cela, durablement. De plus, il ne s’agit pas seulement d’une perte pour l’individu concerné, mais aussi un phénomène qui n’est pas souhaitable pour l’économie. 
</p><p>La révision de l’assurance-chômage doit tenir compte de ces nouvelles connaissances. Pour remettre à flot les finances de cette assurance, mieux vaut donc que les hauts revenus assument leurs responsabilités, c’est-à-dire soient assurés jusqu’à 315’000 francs, au lieu d’économiser sur les prestations. Cette extension du gain assuré se traduira par des recettes supplémentaires à hauteur de plus de 300 millions de francs. Ce qui permettra de renoncer à réduire les prestations centrales de l’assurance-chômage.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Assurance-chômage</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-91</guid><pubDate></pubDate><title>Un aveu du directeur de la FINMA qui nous ôte toutes nos illusions</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/un-aveu-du-directeur-de-la-finma-qui-nous-ote-toutes-nos-illusions</link><description>Le projet « Too big to fail » (trop grand pour être mis en faillite) vient tout juste d’être adopté par le Parlement que la FINMA, l’autorité fédérale de surveillance des marchés financiers, capitule déjà. La preuve que « Trop grand pour être mis en faillite » est « trop maigre ».</description><content:encoded><![CDATA[<p>Monsieur Raaflaub, le directeur de la FINMA, a reconnu, dans une interview donnée à la NZZ le 19 novembre dernier, que la liquidation contrôlée d’une grande banque en faillite, telle que promis, ne fonctionne pas&nbsp;: «&nbsp;Nous ne devrions pas nous faire d’illusions sur la capacité de faire sortir du marché selon les règles prévues une grande banque active au plan mondial […] Toujours est-il qu’en Suisse, on pourrait procéder à la liquidation d’une banque active uniquement dans le pays, de petite taille ou de taille moyenne&nbsp;» (trad. USS).
</p><p>Se trouve ainsi confirmé ce que l’Union syndicale suisse (USS) avait toujours dit&nbsp;: le projet «&nbsp;Too big to fail&nbsp;» n’est pas en mesure d’empêcher une nouvelle crise. Un coup d’œil rétrospectif sur l’histoire de ce projet montre à quel point on a jeté de la poudre aux yeux de la population&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>Qui peut définir quel est le problème, définit aussi la solution. Le Conseil fédéral et la Banque nationale (BNS) ont, avec economiesuisse et d’autres, réussi à imposer le point de vue selon lequel le problème était celui du «&nbsp;trop grand pour être mis en faillite&nbsp;», c’est-à-dire que l’on ne pouvait pas laisser des grandes banques faire faillite. Le fait, par exemple, que l’actuel système financier soit «&nbsp;sensible aux crises&nbsp;» a été ignoré déjà dès le départ.</li><li>Le conseiller fédéral Merz a dit que l’on voulait résoudre le problème du «&nbsp;trop grand pour être mis en faillite&nbsp;». Dans le message du Conseil fédéral, il n’a ensuite plus été question que de la volonté de désamorcer ce problème. Et, alors que les débats parlementaires ont désormais pris fin, le directeur de la FINMA reconnaît que l’on ne peut pas maîtriser ce problème.</li></ul><p>Nos illusions ont aussi disparu lors de la publication, en octobre dernier, d’une étude consacrée par Andrew Haldane<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1411_Lampart_Too-big_FINMA.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a>, en charge de la stabilité financière à la Banque d’Angleterre, à ce qu’il faudrait à proprement parler faire ici. Selon lui, la Suisse devrait renforcer ses prescriptions en matière de fonds propres. Les CoCo bonds devraient être conçus différemment. Ni les régulateurs, ni les banques ne devraient pouvoir décider du moment auquel ils doivent être transformés en fonds propres. Le modèle suisse de la conversion en fonction du ratio de fonds propres (mesuré selon les actifs pondérés en fonction des risques) offre une marge de manœuvre trop importante au management et la conversion a lieu trop tard. Dans toute la mesure du possible, la conversion devrait se faire tôt, par exemple en fonction de l’évolution du cours des actions. Et terminons sur un classique&nbsp;: le fait d’amarrer les bonus au cours des actions ou au rendement des fonds propres a pour conséquence que le management prend des risques trop élevés. Il faut choisir des formes de rémunération différentes.
</p><p>En Suisse, la régulation des banques doit se faire d’abord au niveau politique. D’un point de vue économique cependant, le besoin d’agir à ce chapitre reste énorme. On a maintenant le droit d’être impatient en ce qui concerne les prochaines actions de la FINMA&nbsp;: si elle pense que les mesures prises en Suisse ne suffisent pas, elle doit s’engager pour de meilleures. Car il ne suffira pas de prétendre, lors de la prochaine crise, que l’on avait déjà signalé cette grosse lacune dans une interview accordée à la NZZ.  
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1411_Lampart_Too-big_FINMA.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1"><sup>[1]</sup></a> Andrew G. Haldane (2011)&nbsp;: «&nbsp;Control rights (and wrongs)&nbsp;», Bank of England, <a href="http://www.bankofengland.co.uk/publications/speeches/2011/speech525.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.bankofengland.co.uk/publications/speeches/2011/speech525.pdf</a>.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Économie</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-658</guid><pubDate></pubDate><title>De nouveaux progrès sont en cours</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/de-nouveaux-progres-sont-en-cours</link><description>SESSION PARLEMANTAIRE : Le Conseil National avait déjà fait un grand pas en faveur de la protection sociale des acteurs culturels en introduisant dans la nouvelle loi sur l’encouragement de la culture (LEC) une disposition obligeant la Confédération à verser des contributions aux caisses de pensions des artistes à chaque fois qu’elle verse une subvention encourageant la création culturelle . Malheureusement, le même National avait refusé une motion de sa Commission de la science, de l’éducation et de la culture (CSEC-CN) demandant au Conseil fédéral de combler les lacunes de sécurité sociale des personnes aux rapports de travail atypiques (dont de nombreux artistes.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les travaux de la commission du Conseil des États incitent à l’optimisme. Elle n’a non seulement pas remis en cause l’amendement Bortoluzzi, mais aussi, sous la conduite du conseiller aux États Theo Maissen (PDC/GR), elle a repris à son compte la motion de la CESC-CN rejetée par le premier conseil. Cette motion demande notamment une amélio­ration de l’accès aux institutions de la prévoyance professionnelle et une adaptation des conditions de l’obtention d’indemnités de chômage pour les personnes qui connaissent des difficultés en la matière parce qu’ils exercent des professions avec changements d’employeur fréquents ou ont des engagements de durée limitée, cumulant parfois plu­sieurs taux d’occupation modiques. Le plénum devra confirmer ces deux décisions. 
</p><p>La branche s’organise
</p><p>Parallèlement à ces nouvelles dispositions légales, des organisations actives dans le do­maine de la culture ont créé le réseau «&nbsp;prévoyance culture&nbsp;» (<a href="http://www.vorsorge-kultur.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.prevoyance-culture.ch</a>). Il s'agit des caisses de pension Musique et Formation, de la Fondation Char­les Apothéloz (dite CAST), de la Fondation de prévoyance film et audiovision (fpa), de la Caisse de pension de l’Association des libraires et éditeurs de Suisse alémanique SBVV (désormais désignée en allemand sous l’appellation «PK BUCH»), ainsi que de la Fonda­tion de prévoyance Artes et Comoedia. 
</p><p>Ce réseau offre d'une part aux promoteurs de la culture la possibilité de calculer et de verser très simplement des cotisations de prévoyance pour les artistes engagés. Il permet d'autre part aux intermittents et artistes indépendants membres de l'une des associations professionnelles de s'affilier à une institution de prévoyance et d'y assurer l'intégralité de leurs revenus. En cela, il favorise les collectivités publiques qui encouragent la culture à contribuer aussi à la prévoyance professionnelle des artistes qu’elles soutiennent.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-95</guid><pubDate></pubDate><title>Un mois très mauvais…</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/un-mois-tres-mauvais</link><description>Rarement on aura vu, au cours d’un même mois, autant d’attaques contre la liberté syn-dicale. Or, c’est là un droit garanti par la constitution fédérale, à son article 28, ainsi que par de nombreuses conventions internationales. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Ces attaques contre la liberté syndicale, auxquelles assistons ces derniers temps, se caractérisent par leur violence et par le mépris du partenariat social dont ont fait montre leurs auteurs. Les syndicats concernés (Unia, syndicom et le ssp) se battront avec le soutien de l’USS pour que la liberté syndicale soit toujours respectée. 
</p><h3>Membres de la commission du personnel licenciés sur un prétexte bidon</h3><p>Dans le canton de Vaud, Tesa et Edipresse ont montré le peu de cas qu’elles font de la négociation entre partenaires sociaux. Chez Edipresse, un membre féminin de la commission du personnel a été licencié pour «&nbsp;motifs économiques&nbsp;», en violation de la CCT. Ce cas fait suite au licenciement du président de la commission du personnel du «&nbsp;Tages-Anzeiger&nbsp;» (dont le propriétaire, Tamedia, vient de racheter les activités suisses d’Edipresse) juste avant le début de négociations sur un plan social et dont le cas est toujours pendant devant le Tribunal fédéral. Chez Tesa, deux membres de la commission du personnel ont été licenciés juste après des négociations ardues, lors desquelles la commission s’était opposée avec succès à une augmentation du temps de travail sans compensation. L’employeur a donné un prétexte bidon pour justifier le licenciement immédiat et contourner ainsi la CCT. La raison invoquée (une pétition) est non seulement fausse, mais elle ne permettrait pas de justifier légalement une telle mesure de rétorsion. La situation n’a, pour l’heure, par encore trouvée d’issue. Au Tessin, une entreprise industrielle a annoncé au président de la commission du personnel lors d’un rencontre dédiée aux négociations salariales annuelles… son intention de le licencier&nbsp;!
</p><h3>La diffamation contre la grève</h3><p>Aux Hôpitaux universitaires genevois, plusieurs mouvements de grève sont en cours ou viennent de se terminer&nbsp;: transporteurs et transporteuses de patient(e)s, aides-soignantes, laborantin(e)s, nettoyeurs et nettoyeuses. Les grévistes protestent notamment contre la dégradation du service public due à des coupes budgétaires et le blocage des réévaluations salariales. La direction de l’hôpital, pour terroriser le personnel, jeter le discrédit sur les grévistes et imposer abusivement un «&nbsp;service minimum&nbsp;» qui n’existe dans aucune loi, a carrément prétendu dans la presse que «&nbsp;la grève a mis des vies humaines en danger&nbsp;» et déposé plainte pénale. Ces accusations erronées ne sont rien d’autre qu’une attaque en règle contre le droit de grève. Même grévistes, les salarié(e)s appliquent scrupuleusement leur éthique professionnelle et veillent à ce que leurs actions ne portent pas atteinte à la santé des patient(e)s. 
</p><h3>Basse vengeance après le succès d’une grève</h3><p>Le personnel de Barbey SA dans le canton de Vaud a, grâce à une grève en mai 2010, obtenu de nombreuses améliorations de ses conditions de travail. En outre, tous les salarié(e)s qui avaient fait valoir leurs droits devant les tribunaux ont obtenu gain de cause. Mauvaise perdante et décidément peu respectueuse des lois, l’entreprise a déposé une plainte abusive en dommages-intérêts de 3,5 millions de francs contre le syndicat Unia. Elle a en outre obtenu la condamnation pénale pour diffamation d’un secrétaire syndicale, dont les propos se basaient pourtant sur des témoignages de salarié(e)s concernés. Ces pratiques scandaleuses montrent que certains employeurs n’hésitent pas à criminaliser le mouvement syndical pour avoir les coudées franches et des salarié(e)s dociles. 
</p><h3>Lueur d’espoir&nbsp;: un syndicat a le droit de dire qu’un employeur qui abuse… abuse</h3><p>Heureusement, un tribunal fribourgeois a montré que le bon sens existe encore. Le Tribunal de police de la Broye a levé toute les accusations contre le syndicat et les travailleurs qui avaient dénoncé publiquement et de bonne foi les agissements clairement abusifs de l’agence de location de services OK personnel SA. Une victoire pour les libertés d’expression et syndicale.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-290</guid><pubDate></pubDate><title>La moitié des salarié(e)s protégés par une CCT</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-moitie-des-salarie-e-s-proteges-par-une-cct</link><description>De plus en plus de salarié(e)s sont protégés par une convention collective de travail (CCT) en Suisse. C’est ce que montre la nouvelle statistique à ce sujet. De 1,52 million en 2005, ils sont passé à 1,68 million en 2007 déjà. Ainsi, les conditions de travail de la moitié des salarié(e)s pouvant être assujettis à une CCT sont réglées par un contrat collectif. Un progrès, certes… mais le verre continue d’être à moitié vide.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Durant la crise des années 90, les idéologues néolibéraux, en particulier le président des patrons Guido Richterich, ne considéraient les CCT que comme un modèle à bout de course. Selon lui, elles n’avaient plus qu’une importance limitée pour un nombre toujours plus faible de salarié(e)s de l’industrie et des arts et métiers. L’autre partie — en expansion — de l’économie devait pouvoir se développer en étant «&nbsp;libérée&nbsp;» des contraintes d’une CCT. Cette position, ainsi que le changement structurel intervenu dans l’emploi, a influencé l’évolution réelle du nombre des employé(e)s assujettis à des CCT. Dans la première moitié des années 90, leur nombre n’a cessé de reculer,&nbsp; jusqu’à se monter à 1,2 million en 1996, soit 45&nbsp;% des salarié(e)s pouvant être assujettis à une CCT<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0809_AR_CCT_Suisse.doc#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>.
</p><p><b>Graphique 1&nbsp;: Évolution des salarié(e)s assujettis à une CCT de 1991 à 2007, en milliers</b></p><p>Depuis le passage au nouveau millénaire toutefois, les CCT gagnent de nouveau du terrain. En 2007, 1,68 million de salarié(e)s étaient assujettis à une CCT, soit 50&nbsp;% des salarié(e)s susceptibles de l’être.
</p><h3>La renaissance</h3><p>Trois raisons expliquent cette renaissance des CCT. La première réside dans la suppression du statut de fonctionnaire à la Confédération et dans de nombreux cantons. Depuis lors, des CCT sont aussi négociées dans le secteur public, à la Poste, aux CFF et chez Swisscom, mais également, par exemple, pour tous les employé(e)s des hôpitaux du canton de Berne.
</p><p>La deuxième raison est que les syndicats, en particulier Unia et les organisations qui l’ont précédée, ont pris en main la construction syndicale dans le secteur des services privés, depuis le milieu des années 90. Ce qui a débouché sur une série de nouvelles CCT dans le commerce de détail et d’autres branches.
</p><p>La troisième raison se trouve dans la libre circulation des personnes en provenance de l’Union européenne. Afin d’empêcher la sous-enchère salariale, les associations patronales des branches du marché intérieur étaient prêtes, en collaboration avec les syndicats, à régler les conditions de travail dans des CCT au champ d’application étendu. C’était le cas dans les secteurs de la sécurité privée et du nettoyage, et dans bien d’autres branches artisanales. La déclaration d’extension du champ d’application d’une CCT permet d’assujettir tous les salarié(e)s de la branche concernée. L’augmentation des CCT dites étendues (ou «&nbsp;de force obligatoire) a contribué de manière significative au développement du taux de couverture des CCT.
</p><p>Graphique 2&nbsp;: Proportion de salarié(e)s assujettis à une CCT par rapport &nbsp;&nbsp; <br> au nombre des assujetti(e)s potentiels.
</p><p>&nbsp;</p><table class="contenttable"><tbody><tr><td width="220" height="28"><table class="contenttable"><tbody><tr><td><p><b>Couverture par CCT en&nbsp; Suisse</b></p></td></tr></tbody></table> &nbsp;</td></tr></tbody></table><p>Source&nbsp;: Rieger 2009&nbsp;; Oesch 2007 + 2008&nbsp;; propres estimations pour 2010 sur &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; la base des CCT conclues.
</p><p>Cette renaissance des CCT est sans aucun doute positive et s’est encore poursuivie après la statistique la plus récente de 2007&nbsp;: depuis lors, la CCT pour le travail temporaire a, entre autres, été négociée et la branche de la coiffure a mis fin à son vide conventionnel, ce qui fait qu’en 2010, la proportion pourrait bien s’établir autour des 52&nbsp;%.
</p><h3>Les déserts</h3><p>Néanmoins, le verre reste à moitié plein seulement. Les pays nordiques ou l’Autriche connaissent notamment un taux de couverture des CCT de 80&nbsp;% et plus. Autour de 50&nbsp;% des salarié(e)s en Suisse continuent à ne pas bénéficier d’une telle couverture. Seuls quelques-uns de ces «&nbsp;sans-protection&nbsp;» ont une situation suffisamment bonne pour pouvoir se passer de CCT en cas de besoin. Pour les autres, c’est même le contraire, puisque beaucoup de secteurs à bas salaires et à conditions de travail partiellement précaires ne connaissent pas de CCT&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>des dizaines de milliers de salarié(e)s dans le secteur à bas salaire de l’économie domestique et dans les services à la personne (soins corporels, etc.)&nbsp;;</li><li>des dizaines de milliers de salarié(e)s dans le domaine du sport, des loisirs et de la culture&nbsp;;</li><li>des dizaines de milliers d’employé(e)s dans le secteur de la branche informatique, très instable&nbsp;;</li><li>des dizaines de milliers d’employé(e)s dans les assurances&nbsp;;</li><li>des milliers de journalistes de Suisse alémanique et du Tessin, dont la CCT a été dénoncée .</li></ul><p>Dans d’autres branches, seule une partie du personnel est assujettie à une CCT, alors que des centaines de milliers de salarié(e)s restent sans cette protection&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>dans le commerce de détail, où les grandes firmes Manor, Denner, Aldi, Lidl, Spar, etc. ne connaissent pas de CCT, et tous les petits magasins de détail encore moins&nbsp;;</li><li>dans l’industrie, où une partie de la chimie, de l’industrie alimentaire, mais aussi de l’industrie des machines refuse de signer une convention&nbsp;;</li><li>dans le domaine des transports, dans le secteur de la santé, etc.</li></ul><p>Dans toutes ces branches, le patronat applique le principe du «&nbsp;charbonnier maître chez soi&nbsp;». Que les travailleuses et travailleurs, avec les syndicats, frappent à leur porte et ils se verront opposer un non sec et sonnant. Cela en Suisse, pays toujours célébré pour son «&nbsp;partenariat social&nbsp;»&nbsp;!
</p><p>Un salaire minimum garanti
</p><p>Si 50&nbsp;% des salarié(e)s susceptibles d’être conventionnés sont assujettis à une CCT, c’est une proportion moindre qui profite de l’existence d’un salaire minimum garanti. Car certaines conventions, comme celle de l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux, ne contiennent aucun salaire minimal, alors que des salarié(e)s (en particulier des femmes) y travaillent pour des salaires bien inférieurs à 4’000 francs&nbsp;!
</p><p>Pour ces raisons, une commission d’expert(e)s de l’USS examine actuellement la question d’un salaire minimum légal en Suisse.
</p><p>Les syndicats peuvent donc prendre positivement acte d’une certaine renaissance des CCT ainsi obtenue; mais la revendication d’«&nbsp;une CCT pour toutes et tous&nbsp;!&nbsp;» n’est encore de loin pas réalité.
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0809_AR_CCT_Suisse.doc#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Pour calculer le taux de couverture des CCT, le nombre des personnes couvertes par la CCT doit être comparé au nombre global des salarié(e)s susceptibles d’y être assujettis. Cela n’équivaut pas à toutes les personnes employées, puisque ni le propriétaire de l’entreprise, ni les membres de sa famille qui collaborent dans l’entreprise, ni les cadres, ne peuvent être soumis à une CCT, pas plus que les fonctionnaires d’ailleurs.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-101</guid><pubDate></pubDate><title>Pas d’économies sur le dos de la formation et de la jeunesse !</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/pas-d-economies-sur-le-dos-de-la-formation-et-de-la-jeunesse</link><description>Message « Formation Recherche et Innovation </description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 6 décembre, le Parlement fédéral devrait finalement se mettre d’accord sur les moyens qui seront alloués à la formation professionnelle en 2012. Depuis des mois, les Chambres se renvoient la balle. Alors que le Conseil national a décidé à plusieurs reprises à l’unanimité d’allouer les moyens financiers prévus selon les dispositions de la loi sur la formation professionnelle – 25&nbsp;% revenant à la Confédération -, le Conseil des États s’y est opposé à plusieurs reprises, préférant une contribution inférieure.
</p><p>Résultat des courses&nbsp;: depuis plusieurs années, ce sont les cantons qui subventionnent la Confédération dans le domaine de la formation professionnelle. Une situation cautionnée précisément par la Chambre des cantons&nbsp;!
</p><p>Mais le paradoxe ne s’arrête pas là. À l’heure où les milieux économiques se plaisent à brandir le spectre du manque de main-d’œuvre qualifiée, les élus bourgeois au Parlement s’empressent de jeter l’argent des contribuables par les fenêtres pour acheter des avions de combat. Pourtant, et c’est clair comme de l’eau de roche, cette décision aura dans les années à venir un impact sur les dépenses non liées (qui ne sont pas directement prévues par une loi), donc forcément sur les budgets prévus pour la formation. 
</p><p>Une chose est certaine&nbsp;: l’avenir de la Suisse sera sans doute mieux assuré avec des jeunes au bénéfice d’une formation de qualité qu’avec de nouveaux avions de combats&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-632</guid><pubDate></pubDate><title>Crise des marchés financiers et Suisse : il faut créer une commission d’enquête parlementaire !</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/crise-des-marches-financiers-et-suisse-il-faut-creer-une-commission-d-enquete-parlementaire</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Une année s’est écoulée depuis que la plus grande banque de Suisse a dû être sauvée par une opération, fondée sur le droit d’urgence, de la Confédération et de la Banque nationale. Les moyens engagés, 68 milliards de francs (valeur d’alors) atteignaient des dimensions dépassant de loin tout ce que l’on avait pu s’imaginer jusqu’à ce jour dans notre pays. Encore jamais, dans l’histoire de notre État fédéral, les pouvoirs publics n’étaient intervenus de la sorte, Et ni le Parlement fédéral ni le peuple n’eurent la voix au chapitre sur cet engagement de fonds publics. Jamais encore l’économie suisse n’avait été à ce point mise en danger par le secteur financier. 
</p><p>Les abus qui auraient presque pu ruiner le système financier mondial n’ont pas uniquement été causés par les grandes banques suisses. Mais la Suisse et son économie sont tout particulièrement exposées aux risques provenant du système financier. Les bilans totaux des deux grandes banques actives dans l’«&nbsp;Investment Banking&nbsp;» mondialisé représentent plusieurs fois le produit intérieur brut suisse. 
</p><p>À ce jour, rien n’indique que l’on aurait tiré les leçons du quasi-effondrement du système financier, même pas sous forme d’ébauches. La direction de l’UBS vise les mêmes bénéfices, voire des bénéfices plus élevés encore (15 milliards), et un même rendement des capitaux propres (20&nbsp;%) qu’avant la crise. Des buts qui ne pourront pas être réalisés sans nouveau recours à une stratégie commerciale des plus risquées. La pratique à risque des bonus, à laquelle l’autorité de surveillance des marchés financiers (FINMA) a donné sa bénédiction, est maintenue sous une forme à peine modifiée.
</p><p>Comme avant la crise, les instances de la Confédération chargées des contrôles sont étroitement liées aux grandes banques. Les contrôleurs dépendent des contrôlés, tant au plan des connaissances qu’à celui des personnes qui y siègent (une dépendance qui s’est accrue depuis que la Commission fédérale des banques a cédé la place à la FINMA). Constater, comme le fait celle-ci dans son dernier rapport sur la crise financière, que ni l’UBS ni l’autorité de surveillance n’avaient reconnu les risques que comportaient leurs activités commerciales, pour relativiser tout de suite en précisant que, même si cela avait été le cas, il n’aurait pas été possible d’intervenir politiquement pour corriger la réalité, cela revient à une capitulation de toute autorité de surveillance fonctionnant en tant que telle. La faiblesse du Conseil fédéral, compétent en cette matière, qui s’illustre en expliquant par exemple qu’il referait absolument la même chose que ce qu’il a fait aggrave encore cette problématique. Cette façon d’agir à l’aveuglette et l’absence d’indépendance des acteurs de la Confédération ici déterminants – ainsi que leur manque de volonté et/ou de capacité à tirer les conclusions qui s’imposent de la crise des marchés financiers – représentent un grave danger pour l’économie suisse, et pour la Suisse surtout. 
</p><p>La seule réponse possible et nécessaire à cette situation encore inédite pour la Suisse est la création d’une commission d’enquête parlementaire (CEP). Le droit du Parlement stipule qu’une CEP doit être&nbsp; créée «&nbsp;en cas d’événements d’une grande portée sur lesquels il est indispensable de faite la lumière&nbsp;». Les événements dont il s’agit ici dépassent dans leur ampleur toutes les anciennes situations lors desquelles une CEP fut instituée (affaire des mirages en 1964&nbsp;: CEP du Département de justice et police et du Département militaire fédéral en 1989/1990, CEP pour la Caisse de pension de la Confédération en 1995). Dans tous les cas cités, la création d’une CEP a débouché en règle générale sur des résultats très positifs, en cela qu’à chaque fois des enseignements importants ont été tirés de crises. On ne dispose d’aucun autre moyen efficace permettant de tirer pour la Suisse les conclusions politiques qui s’imposent de la crise des marchés financiers 
</p><p>Il serait irresponsable, d’un point de vue non seulement économique, mais aussi politique, de laisser les choses continuer comme avant et de croire que, malgré des faiblesses au plan institutionnel, plus rien ne sera passera désormais. Afin de tirer les conclusions de la crise des marchés financiers qui s’imposent pour la Suisse, il faut mener une enquête sans réserve, sans préjugé et indépendante, avec l’autorité et les moyens nécessaires, ce dont seule une CEP dispose dans notre système politique. 
</p><p>Le Parlement se trouve face à un défi historique qu’il n’a encore jamais connu sous cette forme. Il ne faut pas que l’État suisse et la population suisse doivent un jour supporter une nouvelle fois les conséquences d’abus commis par les directions des grandes banques. Si le Conseil fédéral n’a pas été en mesure à ce jour de faire en sorte que les événements de l’automne 2008 ne puissent se reproduire, c’est au Parlement, en tant que pouvoir supérieur, qu’il incombe d’engager l’instrument parlementaire le plus puissant&nbsp;: la CEP. Celle-ci est le seul moyen pour la démocratie suisse de faire confirmer ses droits face aux directions des grandes banques qui, sinon, fortes d’une garantie de l’État implicite, continueront à appliquer leur propres règles. Il s’agit là de poser des jalons décisifs pour l’avenir de la Suisse.</p>]]></content:encoded><category>Économie</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-284</guid><pubDate></pubDate><title>Les droits internationaux doivent être garantis !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-droits-internationaux-doivent-etre-garantis</link><description>Le 9 juin dernier, l’Union syndicale suisse (USS) a protesté par une action symbolique devant le siège genevois de l’Organisation internationale du Travail (OIT). Le Conseil fédéral refuse en effet de légiférer pour protéger comme il se doit les représentant(e)s syndicaux contre les licenciements abusifs.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Un peu d’histoire&nbsp;: en 2003, l’USS a déposé une plainte contre la Confédération devant le Comité de la liberté syndicale du Bureau international du Travail (BIT). Elle portait sur le fait que la législation suisse ne protège pas assez les travailleurs et travailleuses contre les licenciements antisyndicaux, alors que la Suisse a ratifié en 1999 la convention 98 de l’OIT sur la liberté syndicale, une convention qui prévoit pareille protection. Dans sa plainte, l’USS y exigeait aussi que les licenciements antisyndicaux soient annulés et pas uniquement indemnisés par le versement d’au maximum six mois de salaire (dans la réalité, il s’agit la plupart du temps de deux ou trois mois). 
</p><p>En 2004, le Comité de la liberté syndicale a accepté cette plainte et prié la Suisse de mettre sa législation en conformité avec les normes internationales du travail. Mais le Conseil fédéral a refusé d’obtempérer, se fondant sur le refus des patrons qui, pour leur part, n’estiment pas nécessaire d’agir. En 2006, l’USS a soumis à une nouvelle reprise au même comité du BIT plusieurs cas récents de travailleurs syndiqués licenciés à cause de leur engagement syndical. Et le comité du BIT a à nouveau prié la Suisse de mettre sa législation en conformité avec la convention 98, lui suggérant cette fois de s’inspirer de la loi sur l’égalité entre femmes et hommes, qui prévoit l’annulation d’un licenciement reconnu abusif. Mais une nouvelle fois, le Conseil fédéral a refusé d’agir.
</p><p>Cette situation est d’autant plus inacceptable que, dans le contexte de la crise mondiale actuelle, qui laisse des traces de plus en plus profondes dans notre pays, un nombre croissant d’employeurs remettent en cause les règles du partenariat social et portent atteinte aux droits syndicaux en se livrant en particulier aux licenciements de nos délégué(e)s syndicaux, voire de représentant(e)s du personnel.
</p><p>Pour preuve, ce qui s’est passé ces derniers mois&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>en février 2009, une vendeuse a été licenciée à Genève pour des motifs purement antisyndicaux par le grand Magasin Manor. Bien que la «&nbsp;Chambre des relations collectives de travail CRTC&nbsp;», un office de conciliation, ait demandé sa réintégration, la direction de Manor ne semble pas vouloir du tout faire marche arrière.</li><li>À la fin avril 2009, la grande fabrique de machines textiles, Karl Mayer AG a licencié, après 39 ans de bons et loyaux services, un militant syndicaliste monteur de profession qui, durant de très nombreuses années, a présidé la commission d’entreprise. Lui aussi avait fait part à un journaliste des problèmes survenus en temps de crise dans son entreprise en restructuration&nbsp;!</li><li>À la mi-mai 2009, dans le cadre d’un plan de restructuration de deux des plus grands journaux suisses alémanique, le «&nbsp;Tages-Anzeiger&nbsp;» et le «&nbsp;Bund&nbsp;», deux journalistes sont licenciés. Tous les deux sont présidents de leur commission d’entreprise respective...</li></ul><p>Il est plus que temps que les autorités changent d’attitude. Le président du groupe des travailleurs et vice-président de la Confédération internationale du Travail de 2009, Sir Roy Trotman, a également lancé un appel dans ce sens à l’attention du gouvernement suisse. Mais si rien ne change, l’USS veillera à ce que la Suisse soit à nouveau mise en accusation lors de la Conférence internationale du Travail de 2010. Ces dernières années, parmi les pays qui se sont retrouvés sur le banc des accusés, on trouvait la Birmanie, la Chine ou le Bélarus… La liberté syndicale implique nécessairement une protection spéciale des représentant(e)s syndicaux contre les licenciements abusifs. Comme l’interdiction du travail des enfants ou du travail forcé, elle fait partie des normes fondamentales du travail, que la Suisse est, elle aussi, tenue de respecter.
</p><h3>Encadré - Un témoignage personnel</h3><p>Pour cette action syndicale devant le siège de l’OIT, Daniel Suter, président de la commission du personnel du «&nbsp;Tages-Anzeiger&nbsp;», qui a été licencié en 2009, a présenté son témoignage. À ses yeux son licenciement dans le cadre d’un licenciement collectif représente de toute évidence une attaque contre la commission du personnel à la création de laquelle il avait participé en son temps. Une commission que, dès le départ, il s’agissait de dégoûter de s’opposer à des licenciements collectifs. Ce que Daniel Suter commente en ces termes&nbsp;: «&nbsp;Aussi longtemps que le législateur n’empêchera pas ces congés abusifs - les employeurs coupables […] devant […] être condamnés […] aussi à la réintégration des personnes abusivement licenciées - la protection des représentant(e)s des travailleurs restera une illusion.&nbsp;»</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-97</guid><pubDate></pubDate><title>Le bien-être suisse en danger</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/le-bien-etre-suisse-en-danger</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Si le cours du franc ne se normalise pas rapidement, sa surévaluation devrait aussi laisser des traces à long terme dans l'économie suisse. Le bien-être de notre pays dépend de la santé de l’économie d’exportation. Le niveau salarial du peintre de Zurich ou de la conductrice de bus de Fribourg reflète la situation de l’économie d’exportation. Si cette dernière ne pouvait plus s’imposer dans le segment des produits de qualité, les salaires de l’économie intérieure seraient aussi en danger à long terme. Si moins d’argent était gagné avec les exportations, les salaires de l’économie intérieure seraient également tôt ou tard en danger. 
</p><p>À cause de la surévaluation du franc, les entreprises d’exportation rencontrent momentanément des difficultés à faire jeu égal avec la concurrence étrangère au plan des prix, alors que leurs produits sont, dans des conditions à peu près normales, totalement concurrentiels. Les entreprises industrielles perdront des parts de marché. On assistera parfois aussi à des délocalisations à l’étranger de parties de la production. Et jusqu’à ce que les parts de marché et les emplois perdus soient retrouvés en Suisse, un certain temps devrait s’écouler, même si la valeur du franc redevenait équitable. 
</p><p>S’y ajoute que la recherche et le développement d’une grande partie des entreprises industrielles dépendent de la situation des affaires. Lorsqu’elles se portent bien, les entreprises investissent davantage dans de nouveaux produits. Dans le cas contraire, les innovations reculent ou alors, les investissements se font plutôt dans des mesures de rationalisation, ainsi que le montre une étude du KOF. De ce fait, on n’investit pas assez dans des produits d’avenir importants, sur lesquels se fondera la compétitivité de demain. Ces interdépendances ont aussi être prouvées par des études macroéconomiques. Les monnaies surévaluées et les fortes fluctuations de taux de change ont dans l’ensemble pour conséquence une croissance moindre de la productivité, respectivement de l’économie<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1511_Lampart_Franc-surevalue_Bien-etre.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1"><sup></sup></a>[1].
</p><p>Pour qu’à long terme, les salaires et les emplois, et donc le bien-être, soient garantis aussi à long terme en Suisse, la Banque nationale doit placer le franc à un niveau un tant soit peu normal. En comparaison avec l’Allemagne, le cours «&nbsp;équitable&nbsp;» du franc par rapport à l’euro se situe entre Fr.&nbsp;1,45 et Fr.&nbsp;1,50. Si un cours de Fr.&nbsp;1,40/1 euro ne représente pas encore une valeur équitable pour le franc, il permettrait quand même d’enlever la forte pression qui s’exerce sur les salaires et les emplois. 
</p><p><b>Innovations&nbsp;: dépendance par rapport à la situation des affaires&nbsp;dans l’industrie<br></b>(part des firmes par branche)</p><table class="contenttable"><thead><tr><th scope="col">Branche</th><th scope="col">Procyclique</th><th scope="col">Anticyclique</th><th scope="col"><span>Dépendant de la conjoncture</span></th></tr></thead><tbody><tr><td><span>Industrie des machines</span></td><td>51%</td><td>20%</td><td>29%</td></tr><tr><td><span>Chimie</span></td><td>58%</td><td>31%</td><td>11%</td></tr><tr><td><span>Électronique/horlogerie</span></td><td>49%</td><td>23%</td><td>28%</td></tr><tr><td><span>Total industrie</span></td><td>42%</td><td>17%</td><td>40%</td></tr></tbody></table><p>Source&nbsp;: Arvanitis, S. et M. Wörter (2011)&nbsp;: Konjunktur und Innovationsverhalten, <a href="http://www.kof.ethz.ch/de/publikationen/p/kof-studien/2196/" target="_blank" rel="noreferrer">www.kof.ethz.ch/de/publikationen/p/kof-studien/2196/</a></p><hr><p>[1] Aghion, P. et al. (2006)&nbsp;: Exchange rate volatility and productivity growth: the role of financial development&nbsp;; Rodrik, D. (2008)&nbsp;: The real exchange rate and economic growth, Brookings papers on economic activity, Fall 2008.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique monétaire</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-289</guid><pubDate></pubDate><title>Simple raisonnable, fixe et plafonné ! </title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/simple-raisonnable-fixe-et-plafonne</link><description>Alors que l’initiative sur les rémunérations abusives était au centre des débats la semaine dernière dans le cadre de la révision du droit des sociétés anonymes, le Conseil des États n’a pas pris le taureau par les cornes. Il est resté extrêmement prudent et passif. Pour l’USS, des mesures sont pourtant nécessaires en matière de rémunération : les bonus en tout genre doivent être abolis et les salaires plafonnés.
</description><content:encoded><![CDATA[<h3>Globalement dans la bonne direction…</h3><p>Rappelons brièvement que plusieurs nouveaux modèles ou systèmes de rémunération sont actuellement proposés et en discussion. Il s’agit en particulier de l’initiative Minder et du projet de la FINMA. Ce dernier ne concerne cependant que les établissements financiers. L’initiative Minder s’intéresse, pour l’essentiel, aux rémunérations et demande l’adoption d’une norme constitutionnelle imposant, en substance&nbsp;: l’élection annuelle du conseil d’administration&nbsp;; un vote de l’assemblée générale sur la somme globale des rémunérations des organes dirigeants&nbsp;; l’élection du comité de rémunération par les actionnaires&nbsp;; l’interdiction des indemnités de départ et la menace de sanctions pénales allant jusqu’à 3 ans de prison en cas d’infractions aux principes précités. 
</p><p>Dans son projet – actuellement en procédure de consultation –, la FINMA, quant à elle, exige que les critères d’attribution des rémunérations variables aux différents secteurs de l'entreprise et collaborateurs ne soient pas tournés vers le court terme. Elle veut éviter ainsi que les collaborateurs gardent l’œil essentiellement sur des indicateurs qui ne soient guère en phase avec le succès économique durable de l’établissement ou qui ne tiennent pas compte des risques courus. À cet effet, les directives prévues par la FINMA sont nombreuses et très détaillées. 
</p><p>Si ces propositions vont globalement dans la bonne direction – puisqu’elles cherchent à réduire les rémunérations excessives, voire abusives et, in fine, les incitations perverses du système actuel –, sont-elles néanmoins vraiment adéquates et suffisantes ? Dans le cadre de l’initiative Minder, la solution se trouve dans le renforcement du pouvoir de contrôle des actionnaires sur les managers. Pour la FINMA, c’est en reliant rémunérations et performances sur le long terme que se résout la question. Indépendamment des difficultés que soulève la question du long terme – l’évaluation des risques à long terme n’est pas chose aisée, l’incertitude y étant particulièrement radicale, au sens de Keynes – comment être sûr, en effet, que la majorité des actionnaires ne souffrent pas soudainement des mêmes vices que les hauts dirigeants et ne répondent pas aux sirènes du court terme&nbsp;?
</p><h3>… mais ratant l’essentiel&nbsp;!</h3><p>À aucun moment, par contre, les deux propositions précédemment mentionnées ne semblent vouloir remettre en question le principe même des rémunérations à part variable. Or, et en lieu et place de se noyer dans les directives et les détails, à l’instar de l’initiative Minder et du projet de la FINMA, ne faudrait-il tout simplement pas en finir avec cette politique de rémunération axée sur des options et des bonus qui est devenue un danger pour notre système économique&nbsp;? À cet égard, et si l’exemple UBS devient un jour - comme arrivera très certainement - un cas d’école, la crise financière récente est une démonstration grandeur nature du caractère inefficace des bonus en tout genre et du fait que cette explosion des hautes rémunérations relève tout simplement d’une captation pure et simple de la richesse par certaines élites dirigeantes. 
</p><p>En bref, l’explosion des salaires des managers n’a jamais été en rapport avec les performances réelles des entreprises mais bien plutôt avec la cupidité de certaines personnes. À notre sens, c’est la logique même d’un système à base de bonus qui ouvre la porte à toutes les tentations, puisqu’elle pousse tout simplement à se servir dans la caisse… La période récente, qui a vu l’explosion des rémunérations, a non seulement été celle des scandales financiers et des crises financières à répétition mais également celle du creusement des inégalités salariales… Inégalités croissantes qui, in fine, n’ont pour seul résultat que de saper la cohésion sociale. Dès lors, nous pensons qu’il est urgent de revenir à un système simple, raisonnable et qui, de surcroît, a déjà fait ses preuves en matière de rémunérations. 
</p><p>C’est pourquoi l’USS se prononce en faveur d’un système de rémunération où les salaires sont fixes et raisonnables, et ceci en lieu et place de bonus sous forme d’options et d’actions. De plus, elle souhaite soit un plafonnement des hauts salaires – aucun salaire ne devrait excéder les 500'000 francs par an, en particulier s’agissant des entreprises publiques –, soit que des mesures fiscales soient prises afin d’éviter toute nouvelle dérive des salaires. Dans cette dernière optique, les parts de revenus supérieures au million de francs devraient être soumises à l’impôt sur les bénéfices.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Économie</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-100</guid><pubDate></pubDate><title>Le choix clair de l’initiative</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/le-choix-clair-de-l-initiative</link><description>Déposée fin 2008 à la Chancellerie fédérale avec plus de 150 000 signatures, l’initiative « jeunesse + musique » demande que, via un article constitutionnel, la Confédération et les cantons doivent encourager l’enseignement de la musique dans les écoles du pays. </description><content:encoded><![CDATA[<p>L’encouragement de la musique auprès des jeunes est un objectif que partage la majorité de la population. Le Conseil national s’est fait le porte-parole de cette position en proposant au peuple et aux cantons d’accepter l’initiative «&nbsp;jeunesse + musique&nbsp;». Malheureusement, le Conseil des États propose de lui opposer un contre-projet qui va certes dans la bonne direction, mais crée de trop grandes incertitudes, car il ne serait pas contraignant pour les cantons. Dans ce cas, les objectifs de l’initiative ne seraient atteints que beaucoup plus difficilement et d’une manière qui ne serait pas homogène sur l’ensemble du territoire. S’il suivait sa commission, le Conseil national pourrait rejoindre le Conseil des États. La prochaine session parlementaire nous le dira bientôt. 
</p><p>Pour sa part, l’Union syndicale suisse (USS) soutient toujours l’initiative et souhaite que le Parlement propose au corps électoral de l’accepter. Il convient cependant de recommander aussi l’acceptation du contre-projet. En effet, ce dernier, même s’il va moins loin que l’initiative, n’en constituerait pas moins un progrès en matière d’encouragement de la formation musicale. Mais, puisque l’initiative sera beaucoup plus favorable à la promotion de la musique, c’est à cette dernière qu’il faudra donner la préférence pour la question subsidiaire qui sera posée au peuple (initiative ou contre-projet).
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-102</guid><pubDate></pubDate><title>Actions des syndicats de l’USS dans toute la Suisse </title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/actions-des-syndicats-de-l-uss-dans-toute-la-suisse</link><description>Du 16 au 18 décembre, des activités ont eu lieu dans de nombreuses villes de Suisse à l’occasion de la Journée mondiale d’action globale contre le racisme et pour les droits des migrants, réfugiés et personnes déplacées. Les syndicats de l’USS y ont joué un rôle de premier plan. </description><content:encoded><![CDATA[<p>À Berne, ce fut un «&nbsp;sapin de Noël des vœux&nbsp;», à Zurich, le slogan était&nbsp;: «&nbsp;Sans nous, pas de Noël&nbsp;», à La Chaux-de-Fonds, les syndicats ont revendiqué un «&nbsp;Travail décent&nbsp;» et à Genève, les passant(e)s ont pu participer à un quizz sur les migrations. Mais d’autres actions encore se sont déroulées dans une bonne douzaine de localités du pays, d’Aarau à Martigny, en passant par Lausanne, Lucerne et Wetzikon. Dans la plupart des cas, ce sont les syndicats de l’USS, souvent en collaboration avec d’autres organisations, qui ont pris si activement fait et cause pour les droits humains.
</p><p>Quel but était visé&nbsp;? Par ces actions, les syndicats veulent faire passer un message contre la xénophobie et le racisme qui se répandent toujours plus. Ces journées sont donc pour eux l’occasion de donner encore plus de poids à leur revendication&nbsp;: les droits fondamentaux doivent être appliqués à tout être humain, indépendamment de sa nationalité et de son statut de séjour. Pour le syndicat Unia, il s’est aussi agi d’une nouvelle étape de sa campagne «&nbsp;Sans nous - pas de Suisse&nbsp;». D’autres syndicats, comme celui du personnel des transports, le SEV, ont repris l’idée pour leur secteur&nbsp;: «&nbsp;Sans nous, pas de transports publics&nbsp;!&nbsp;», pour rappeler que ces derniers non plus ne pourraient pas fonctionner sans les migrant(e)s. 
</p><p>Mais, ce que les syndicats ont fait ces derniers jours n’est pas à proprement parler une action de Noël, quoique l’on puisse également lire l’histoire de cette fête comme évoquant certaines réalités de l’asile. Le cadre de ces actions était en effet celui de la <i>Journée mondiale d’action globale contre le racisme et pour les droits des migrants, réfugiés et personnes déplacées. </i>C’est en février 2011 que le Forum social de Dakar a suggéré qu’une telle journée ait lieu un 18 décembre, parce que c’est le 18 décembre 1990 qu’a été adoptée la <i>Convention sur la protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille.</i> Une convention – et il n’y a pas lieu d’en être fier&nbsp;! - que la Suisse n’a toujours pas ratifiée…
</p><p>Informations internationales&nbsp;:<a href="http://globalmigrantsaction.org/index.php?mysection=Francais" target="_blank" class="external-link-new-window" rel="noreferrer"><br>http://globalmigrantsaction.orG/index.php?mysection=Francais</a></p>]]></content:encoded><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-286</guid><pubDate></pubDate><title>Ne pas stabiliser la conjoncture, c’est mettre en danger le potentiel de croissance</title><link>https://www.uss.ch/themes/detail/ne-pas-stabiliser-la-conjoncture-c-est-mettre-en-danger-le-potentiel-de-croissance</link><description>En Suisse, on pense généralement qu’il est possible de mettre au point des trains de me-sures grâce auxquels il serait pratiquement inutile de stabiliser activement la conjoncture. C’est là aussi ce que fait apparaître le rapport récemment rendu public par le Conseil fédéral sur la situation économique du pays. Les récentes recherches effectuées dans ce domaine montrent cependant que les fluctuations on peut conjoncturelles et les possibilités de croissance d’une économie sont étroitement interdépendantes. Le tout dernier Dossier de l’Union syndicale suisse (USS)  présente et commente les résultats de ces recherches.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les études internationales sur la croissance mettent en lumière des aspects très variés. Il apparaît ainsi que le comportement en matière d’investissement, la diffusion et la conservation de savoir-faire et l’évolution du chômage ne sont que quelques uns des éléments que les fluctuations conjoncturelles influencent négativement sur la durée. Ainsi, en période de crise, les entreprises, confrontées à des problèmes de financement, sont contraintes de réduire, voire de suspendre, de ce fait leurs efforts en matière d’innovation et de développement. Dans une économie ouverte et de taille restreinte comme celle de la Suisse, si les innovations font défaut, la compétitivité des entreprises indigènes en pâtit. 
</p><p>À cela s’ajoute que les récessions détruisent du savoir à cause de l’utilisation insuffisante des capacités de production et du niveau élevé du chômage. Finalement, une hausse du chômage en raison de la conjoncture n’est souvent pas de nature provisoire. De conjoncturel, le problème peut donc devenir structurel et le chômage se stabilise à long terme à un niveau plus élevé. Telle est l’expérience douloureuse vécue par la Suisse après la longue crise des années 90. La recherche dans ce domaine montre aussi que les mesures actives de stabilisation de la conjoncture favorisent le potentiel de croissance d’un pays. Ainsi, politique conjoncturelle et politique de croissance vont nécessairement de pair. 
</p><h3>Bien que la science se soit remise en cause…</h3><p>La recherche en économie a compris que nombre d’hypothèses néolibérales courantes ne résistent pas à un examen empirique si bien que, peu à peu, on pense différemment. Il est désormais clair que l’appel à une politique conjoncturelle active ne repose de ce fait plus uniquement sur la revendication socialiste d’un État social fort et d’une redistribution généreuse des richesses, mais sur des connaissances scientifiquement établies, selon lesquelles une politique financière et monétaire procyclique a, à long terme, des effets négatifs sur les possibilités de croissance d’une économie. 
</p><h3>… les politiques n’ont pas suivi</h3><p>Mais il semble bien qu’en Suisse, on ne le sache pas encore. En effet, malgré le mandat constitutionnel exigeant de la Confédération, des cantons et des communes, ainsi de la Banque nationale, qu’ils agissent comme le demande la conjoncture, la politique financière et monétaire a, par le passé, renforcé les cycles conjoncturels. Dans l’actuelle récession, on risque à nouveau de subir les effets d’une politique conjoncturelle procyclique. Alors que les perturbations sur les marchés financiers devraient renforcer plus que jamais le rôle de la politique financière dans la stabilisation de la conjoncture, la politique financière va - à cause du frein à l’endettement, de l’augmentation de la taxe sur le CO2 et de la TVA, ainsi que des politiques d’austérité menées par les cantons et les communes - avoir une incidence restrictive sur l’économie dès 2010 et amplifier, de ce fait, la récession.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded></item><item><guid isPermaLink="false">news-103</guid><pubDate></pubDate><title>Le gouvernement tessinois refuse l’accès des syndicats aux établissements du canton</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-gouvernement-tessinois-refuse-l-acces-des-syndicats-aux-etablissements-du-canton</link><description>Incroyable, mais vrai : le Conseil d’État tessinois a décidé que les syndicats n’avaient plus le droit d’accéder aux établissements du canton. Cette mesure est en contradiction avec la liberté syndicale garantie par la Constitution fédérale. En outre, ce même gouvernement restreint encore plus les possibilités pour les syndicats de s’exprimer en tant que tels, comme si nous vivions en plein absolutisme… </description><content:encoded><![CDATA[<p>«&nbsp;Du jamais vu en Suisse […] une décision anticonstitutionnelle et sans valeur, mais néanmoins très grave&nbsp;: c’est en effet un acte dangereux contre les droits des travailleurs de l’ensemble du Canton du Tessin&nbsp;». Les termes dans lesquels est rédigée la résolution de l’union syndicale tessinoise a des accents dramatiques. Car c’est la réalité qui est ainsi. Mais reprenons tout cela dans l’ordre. 
</p><p>Le 29 novembre 2011, le Conseil d’État tessinois a fait parvenir aux associations du personnel de l’État une lettre dans laquelle il les informait de sa décision concernant les activités syndicales dans l’administration cantonale. Dans sa missive, le gouvernement stipule que les syndicats du personnel de l’État n’ont fondamentalement plus le droit d’accéder aux bâtiments du canton pour leurs activités syndicales. Et si les syndicats souhaitent utiliser une salle de l’administration pour y aborder, en dehors des heures de travail, des thèmes concernant le personnel de l’État, ils devront désormais disposer d’une autorisation délivrée par la Chancellerie cantonale. Enfin, la distribution d’informations syndicales devra passer par les services cantonaux de l’information et de conciergerie. 
</p><p>Cette décision est en contradiction avec la Constitution. L’avocat Arthur Andermatt, spécialiste de ces questions, affirme sans équivoque aucune que «&nbsp;De la liberté de coalition garantie par la nouvelle Constitution fédérale se déduit aussi le droit des syndicats à accéder aux entreprises.&nbsp;»&nbsp;(trad. USS). Selon lui, les limites à l’activité de recrutement syndical dans l’entreprise sont uniquement que le bon fonctionnement de cette dernière ne doit pas être dérangé par cette activité. Le droit d’informer et le droit de recruter s’appuient directement sur la Constitution, ces activités syndicales sont donc protégées. Jean Christophe Schwaab, spécialiste du droit du travail et secrétaire central de l’USS, constate que «&nbsp;Cette décision du gouvernement tessinois est d’autant plus incompréhensible que l’on est en droit d’attendre des pouvoir publics qu’ils témoignent de plus de sensibilité à l’égard du partenariat social.&nbsp;» 
</p><p>Pour l’USS, il est donc clair que le gouvernement tessinois doit revenir sur cette décision scandaleuse. C’est aussi ce que demande le Syndicat suisse des services publics, le ssp, directement concerné ici et soutenu par l’OCST (syndicat chrétien) ainsi que le CCS (organisations des fonctionnaires radicaux). Le ssp a aussi chargé un avocat de faire recours contre cette décision. 
</p><p>Mais comment le gouvernement cantonal tessinois a-t-il bien pu en arriver là&nbsp;? «&nbsp;Le «&nbsp;mobile du crime&nbsp;» n’est un secret pour personne. En effet, en 2010, le ssp avait distribué au Tessin des tracts contre la proposition d’introduire le salaire au mérite dans une nouvelle loi sur le personnel de l’État. Ensuite, les citoyens et citoyennes tessinois avec sèchement rejeté ce projet cantonal…&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-105</guid><pubDate></pubDate><title>Un succès important pour le personnel de la Confédération</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/un-succes-important-pour-le-personnel-de-la-confederation</link><description>Dans un premier temps, le Conseil national avait décidé, sur proposition de l’extrême-droite, d’économiser 150 millions de francs sur le dos du personnel de la Confédération. Grâce à un travail de lobbyisme acharné, les organisations du personnel de la Confédé-ration sont finalement parvenues à retourner la vapeur. On est rassuré. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Ce qui est évident n’apparaît malheureusement pas toujours comme tel. Par exemple, au début de la session parlementaire d’hiver, on ne savait absolument pas que l’offensive provocatrice lancée par l’UDC et quelques-uns de ses alliés contre le personnel de la Confédération, lors des délibérations sur le budget 2012, pouvait être contrée. Or, l’argument, selon lequel les dépenses supplémentaires entraînées par les décisions du Parlement nécessitaient aussi que l’effectif du personnel soit suffisant, s’est finalement aussi imposé au Conseil national le 15 décembre dernier. C’est réjouissant. Espérons que le dénigrement répugnant dont est l’objet le personnel de la Confédération de la part de l’extrême droite cessera une fois pour toutes. 
</p><p>Au début de la session d’hiver, on devait supposer que la majorité de la commission parlementaire favorable à la proposition de l’UDC Zuppiger, de diminuer de 150 millions de francs (3&nbsp;%) les crédits destinés au personnel de la Confédération, allait aussi s’imposer au Conseil national. Mais si, dans une première étape, ce dernier suivit largement cette proposition de coupe budgétaire, la Communauté de négociation du personnel de la Confédération (CNPC) – elle regroupe l’Association du personnel de la Confédération (APC), le Syndicat suisse des services publics (ssp), le Syndicat du personnel de la douane et des gardes-frontière (garaNto), l’Association du personnel de l’Office fédéral de la police (APfedpol) – réagit immédiatement en envoyant une lettre aux membres des deux Chambres. Dans cette lettre, elle demandait instamment aux député(e)s qu’ils suivent une politique du personnel responsable et que le résultat des négociations entre les partenaires sociaux soit respecté. Avançant des arguments soigneusement choisis, les syndicats soulignaient les raisons expliquant la hausse des frais de personnel – les décisions prises au niveau politique – et corrigeaient la fausse «&nbsp;vérité&nbsp;», répandue par d’aucuns, d’un renchérissement qui serait «&nbsp;surcompensé&nbsp;». 
</p><p>Logique, le Conseil des États traita alors le budget comme la concrétisation évidente de décisions démocratiquement prises et fut unanime à refuser les coupes claires voulues par l’extrême droite. Cette attitude conforta aussi le Conseil fédéral qui, par la bouche de Madame Eveline Widmer-Schlumpf, appela à la raison. Mais, une nouvelle fois, elle n’obtint que le soutien de la minorité de gauche de la commission du Conseil national, alors que le «&nbsp;nouveau centre&nbsp;» cherchait des pseudo-compromis. Et finalement, le Conseil national basculait, par 86 voix contre 82, du côté de la raison et du sérieux en matière de politique budgétaire. Les emplois et les mesures salariales sont désormais garantis.
</p><p>Ainsi, l’engagement des syndicats du personnel de la Confédération a payé. Espérons que la majorité raisonnable des Chambres respectera à l’avenir la valeur du travail et l’efficience des employé(e)s de la Confédération et que les préjugés réchauffés seront remisés dans le placard à balais de la politique.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Services Publics</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-288</guid><pubDate></pubDate><title>S’il ne réagit pas maintenant comme il se doit, l’État deviendra le principal tueur d’emplois du pays !</title><link>https://www.uss.ch/themes/detail/s-il-ne-reagit-pas-maintenant-comme-il-se-doit-l-etat-deviendra-le-principal-tueur-d-emplois-du-pays</link><description>Avec leur politique de dépenses et de recettes, les pouvoirs publics de Suisse - de la Con-fédération aux communes, en passant par les cantons - vont détruire 50 000 emplois en 2010. Cela, bien sûr si le troisième programme de relance ne redresse pas radicalement la barre. À cet égard, l’Union syndicale suisse (USS) vient de présenter quatre revendi-cations. La première est une compensation de l’explosion des primes versées aux caisses-maladie (3 milliards), les enfants ne devant plus payer de primes du tout et les jeunes adultes n’ayant pas à subir les nouvelles hausses des leurs. La deuxième consiste en un programme d’investissement (5 milliards) pour compenser les effets de la politique d’austérité des cantons et des communes. Avec la troisième, il s’agit d’anticiper l’adaptation des rentes AVS en 2010 et la quatrième est un train de mesures destinées à la formation continue. L’uss-infos a demandé quelques précisions à l’économiste en chef de l’USS, Daniel Lampart (DL).</description><content:encoded><![CDATA[<p><b>uss-infos&nbsp;: L’USS veut un programme qui dépasse nettement les 8 milliards de francs. Est-ce bien nécessaire&nbsp;? De fait, le nombre des personnes au chômage a diminué pour la première fois en mai dernier, non&nbsp;?</b></p><p>DL&nbsp;: Les perspectives sont très sombres. Le Centre de recherches conjoncturelles de l’École polytechnique de Zurich, le KOF, a adapté à la baisse ses prévisions. Il prévoit qu’en 2010, 250&nbsp;000 personnes seront au chômage, un nouveau «&nbsp;record&nbsp;» pour notre pays. Que le chômage ait reculé en mai s’explique par des raisons saisonnières&nbsp;: lorsqu’il fait plus chaud, on construit plus. Cela devrait encore être le cas en juin. Mais au plus tard en automne, la situation va devenir dramatique. En plus, les jeunes ayant terminé un apprentissage chercheront aussi un emploi. Si l’État ne réagit pas maintenant, il deviendra le principal tueur d’emplois du pays&nbsp;!
</p><p><b>uss-infos&nbsp;: Le vaste programme de relance demandé par l’USS doit redonner du souffle à l’économie. Mais à long terme, ne va-t-il pas constituer une charge pour les jeunes qui deviendront alors les victimes de ses &nbsp;effets&nbsp;?</b></p><p>DL&nbsp;: Durant la reprise, la Confédération a, en plus de ce qui était prévu par le frein à l’endettement, encaissé presque 8,5 milliards de plus que ce qu’elle a dépensé. Cet argent est là. On peut donc le dépenser. La Confédération doit une bonne fois respecter ce que la constitution fédérale lui commande de faire. À savoir&nbsp;: freiner pendant les périodes fastes pour que l’inflation n’augmente pas, mais combattre le chômage pendant les périodes difficiles. 
</p><p><b>uss-infos&nbsp;: L’USS demande 3 milliards pour compenser l’explosion des primes versées aux caisses-maladie. N’est-ce pas là jeter l’argent par les fenêtres, alors que l’on n’a pas encore résolu les problèmes en matière de santé&nbsp;?</b></p><p>DL&nbsp;: Cela fait vieux que l’USS a présenté diverses propositions pour baisser les coûts dans ce secteur. Il faut désormais les réaliser. Malheureusement, l’explosion des primes de l’an prochain est la conséquence d’anciens coûts et d’astuces comptables dues au conseiller fédéral Pascal Couchepin. Impossible de lutter contre ces hausses en abaissant les coûts. Il faut procéder à des réductions des primes pour que les ménages puissent un tant soit peu conserver leur actuel niveau de consommation et que la conjoncture ne soit pas définitivement étouffée.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded></item><item><guid isPermaLink="false">news-104</guid><pubDate></pubDate><title>Les gares sont des lieux publics où les droits politiques s’exercent</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-gares-sont-des-lieux-publics-ou-les-droits-politiques-s-exercent</link><description>L’Office fédéral des transports (OFT) vient de prendre une décision importante pour le mouvement syndical, mais aussi pour les partis et les organisations politiques et, partant, pour tous les citoyens et citoyennes de ce pays. Il a en effet confirmé que les gares sont des espaces publics et que, dans les espaces publics, l’usage des droits politiques, par exemple la récolte de signatures ou les actions lors de campagnes de votations, ne saurait être restreint de manière disproportionnée.</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’OFT a admis le recours d’un parti politique contre la Sudostbahn et les Appenzeller Bahnen, qui avaient refusé qu’une action à caractère politique se déroule dans la gare d’Herisau, en se fondant sur leur «&nbsp;règlement de la gare&nbsp;». Les CFF interdisent également les actions à caractère politique, arguant que cela « entrave le flux des pendulaires&nbsp;». Il faut relever à ce sujet que, malgré ce «&nbsp;risque d’entrave&nbsp;», les CFF accordent généreusement des autorisations à des entreprises privées pour mener des actions à but commercial dans les gares, même si d’immenses stands publicitaires entravent beaucoup plus le flux des voyageurs et voyageuses que quelques militant(e)s en train de récolter des signatures… 
</p><h3>Pourquoi le commercial et pas le politique&nbsp;?</h3><p>De fait, les transports publics sont une tâche de l’État, même s’il la délègue à des entreprises. Celles-ci sont donc, comme l’État, liées aux droits fondamentaux lorsqu’elles exercent des tâches publiques, peu importe qu’elles soient de droit privé ou public. Les droits fondamentaux protègent l’exercice des droits politiques, par exemple la distribution de tracts, la récolte de signatures pour des initiatives, des référendums ou des pétitions, les actions de campagne ou la tenue de stands en période de votation ou d’élection. Les activités politiques qui, comme les distributions de tracts ou les récoltes de signatures, n’entraînent qu’un usage restreint du domaine public parce qu’elles ne nécessitent aucune infrastructure et ne gênent pas vraiment le passage des voyageurs et voyageuses, sont possibles sans autorisation. Et il serait même illégal, car disproportionné, de les soumettre à une telle procédure. 
</p><p>En revanche, la tenue d’un stand peut être soumise à autorisation, parce que cela nécessite un usage accru du domaine public. Mais l’entreprise de transport ne peut refuser cette dernière sans raison impérieuse et doit respecter l’égalité de traitement, en particulier si elle a précédemment donné des autorisations similaires pour des actions à but commercial. Prétendre qu’un stand perturberait le passage des voyageurs et voyageuses ne fait certainement pas partie de ces raisons impérieuses, étant donné que, jusqu’à présent, des actions commerciales ont pu avoir lieu sans que cet argument soit avancé. 
</p><p>Enfin, l’obligation légale des entreprises de transports d’afficher une «&nbsp;neutralité politique&nbsp;» n’est pas touchée par le déroulement d’actions politiques dans les gares, du moment qu’il est clair pour le public que c’est un parti ou une autre organisation qui le met sur pied et non l’entreprise de transport en question. Les CFF ne peuvent donc pas s’appuyer sur leur «&nbsp;neutralité&nbsp;» pour interdire l’exercice des droits politiques dans les gares. 
</p><h3>… ainsi que le syndical&nbsp;?</h3><p>Pour les syndicats, cette décision a encore un autre avantage. Si les entreprises de transports publics sont liées aux droits fondamentaux, elles sont aussi liées à la liberté syndicale (art. 28 de la Constitution fédérale et nombreuses conventions internationales). Elles doivent donc, dans les mêmes conditions que précédemment évoqué, accepter que des actions syndicales se tiennent dans les gares. 
</p><p>Les CFF ont malheureusement fait recours au Tribunal fédéral dans une cause similaire, espérant pouvoir continuer à privilégier l’usage commercial des gares et à y interdire l’exercice des droits politiques. Stratégie regrettable d’une entreprise qui devrait se rappeler qu’elle appartient à la Confédération, donc au peuple suisse&nbsp;! 
</p><p>Pour en savoir plus&nbsp;: Lukas MATHIS, Die Ausübung politischer Rechte auf Bahnhofsarealen (L’exercice des droits politique dans les gares), Jusletter (revue juridique en ligne sur <a href="http://www.weblaw.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.weblaw.ch</a>) du 12 décembre 2011 (en allemand).</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-287</guid><pubDate></pubDate><title>Il le reste à Zurich et le devient à Neuchâtel</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/il-le-reste-a-zurich-et-le-devient-a-neuchatel</link><description>Le 1er Mai reste un jour férié dans le canton de Zurich et va le devenir dans le canton de Neuchâtel. Deux bonnes décisions de parlements cantonaux, d’une clarté qui n’était pas nécessairement attendue.</description><content:encoded><![CDATA[<p>À Zurich, l’UDC voulait tordre le cou au 1er Mai. Elle avait déposé une initiative parlementaire qui demandait tout simplement de le biffer de la liste des jours fériés cantonaux. L’UDC, fidèle à son populisme, a mis en avant les émeutes et leurs dégâts lors du 1er Mai en ville de Zurich, comme s’ils découlaient du statut de jour férié de cette date. Derrière ce trompe-l’oeil, l’initiative était directement dirigée contre les partis de gauche et les syndicats, qui font entendre leurs revendications à l’occasion de la fête du travail. L’UDC voulait détruire ou du moins limiter, la portée de cet «&nbsp;émetteur&nbsp;» qui fait passer le message de la gauche et des syndicats.
</p><p>Mais il n’en fut rien. Le gouvernement et le parlement ont reconnu que le 1er Mai, journée plus que centenaire de lutte et de fête du monde du travail disposait d’une légitimité suffisante. Par 105 voix contre 53 - plus nettement que prévu - le parlement a rejeté, le 25 mai, la suppression de ce jour férié au niveau cantonal.
</p><h3>Neuchâtel, le neuvième canton </h3><p>L’an prochain, le 1er Mai sera pour la première fois un jour férié dans le canton de Neuchâtel. C’est ce que le parlement a décidé fin mai, sans grande opposition à la surprise générale, seuls quelques murmures accompagnant cette décision. Cette décision trouve son origine dans une initiative populaire, déposée par Unia Neuchâtel, qui demandait que le 1er Mai soit déclaré jour férié dans le canton. Le gouvernement proposa un contre-projet, qui prévoyait de réformer la loi sur les jours fériés et d’y intégrer cette nouvelle date. Et les syndicats retirèrent alors leur initiative.
</p><p>Ainsi, après Bâle-Campagne et Bâle-Ville, le Jura, Schaffhouse, le Tessin et la Thurgovie, Zurich et Soleure (une demi-journée fériée), Neuchâtel devient le neuvième canton dans lequel le 1er Mai reçoit le respect qui lui est dû.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-276</guid><pubDate></pubDate><title>Aschi va nous manquer</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/aschi-va-nous-manquer</link><description>Ernst Leuenberger – Aschi pour les intimes – compte parmi les personnalités politiques peu nombreuses qui sont irremplaçables. Cet attachement franc et sans fioritures aux aspirations du peuple, son discours clair, enraciné dans le terroir et évitant toute com-plaisance face au conservatisme dominant, qui pouvait au même instant dégager l’essentiel de la proximité sociale et du progrès social, son espièglerie et ses poses souvent étudiées ne se retrouvent que rarement dans une seule et même personne. L’ancien conseiller national socialiste, figure de proue des syndicats et conseiller aux États soleurois en exercice, est décédé  mardi soir 30 juin. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Aschi Leuenberger était corps et âme un syndicaliste proche du peuple. «&nbsp;Je voulais être paysan&nbsp;», confia-t-il un jour dans un débat télévisé, mais Willi Ritschard l’invita, dans les années 70, à «&nbsp;venir labourer&nbsp;» les terres syndicales soleuroises. Mais même sans le tuyau donné par le grand magistrat socialiste, Aschi aurait eu le syndicalisme dans le sang. Qui l’a vu à l’œuvre vingt ans durant au sein de l’Union syndicale soleuroise, qui l’a côtoyé après&nbsp; 1993, d’abord comme vice-président puis, de 1996 à 2005, comme président du SEV et en tant que vice-président de l’USS toujours engageable à tous les niveaux, le sait bien&nbsp;: pour Aschi Leuenberger, le travail syndical était profession et vocation tout à la fois. Certes, ce fils d’ouvrier de condition modeste vivant à la campagne n’est pas né syndicaliste, mais la situation sociale vécue dans son enfance a déterminé son engagement politique. Il entame sa lutte inlassable en faveur de la justice sociale comme militant politique sur les bancs de l’Université et la poursuit une vie durant dans les rangs syndicaux et socialistes. Il savait de quoi il parlait. Il ne laissait pas d’impressionner où qu’il apparût, dès ses jeunes années. Aschi écoutait avec une grande attention, et savait toujours donner très vite une réponse politique fondée. Il s’entendait à transcrire en termes politiques les soucis et problèmes des gens. Il était proche des collègues syndiqués, des cheminots&nbsp; ou des vendeuses, des ouvriers ou des simples paysans et artisans. Fiable, crédible, franc, fidèle à ses principes tout en étant ouvert au compromis, un pragmatique combatif, quoi.
</p><p>Ernst Leuenberger a dédié sa vie au progrès social. Partout où c’était nécessaire, il défendait les acquis de la social-démocratie et des syndicats en matière de sécurité sociale. Il pouvait aussi piquer des colères mémorables. Par exemple, lorsque dans un passé récent on s’est mis à discréditer les droits légitimes des défavorisés et à lancer la chasse aux pauvres dans les médias au prétexte de traquer les abus, alors que la fraude fiscale des grosses nuques est érigée en vertu. Il s’est insurgé contre la mise en question systématique de l’État social, de la responsabilité sociale et des tâches redistributives de l’État. Et de mettre en garde contre le temps politiquement révolu où la misère absolue, les dépendances de l’ordre patriarcal et l’arbitraire des actes de clémence de l’autorité étaient à l’ordre du jour. Fin connaisseur de l’histoire suisse, Aschi faisait volontiers des rapprochements historiques. À ses&nbsp; yeux, les enseignements du passé étaient la clé d’un avenir meilleur. Il a toujours insisté sur le fait que le progrès social et économique n’était pas réalisable aussi longtemps que les gens seraient plongés dans l’incertitude quant à leur sécurité sociale et à leur existence matérielle.
</p><p>De toute sa capacité argumentative, il s’est constamment fait l’avocat du service public, de l’approvisionnement du pays en lignes de chemins de fer, en services postaux, en télécommunications et en électricité, en tant que parties intégrantes de la sécurité sociale et de la stabilité économique. C’est dire la fougue avec laquelle il s’éleva contre la folie des libéralisations et autres privatisations de régies étatiques fonctionnant parfaitement. En qualité de président du SEV et de conseiller national et aux États, il a contribué de manière déterminante à ranger le système ferroviaire helvétique parmi les plus performants du monde et à faire en sorte que les employés de chemins de fer – même s’ils doivent passer sous les fourches caudines d’une semi-libéralisation – peuvent travailler sous le régime d’une bonne convention collective de travail. Il a marqué de son empreinte les politiques des transports et sociale de la Suisse, en participant à la formulation des positions syndicales idoines et les faisant passer, dans toute la mesure du possible, sur le plan politique.
</p><p>Aschi fut tout à la fois un tribun populaire n’ayant rien d’un donneur de leçons et un excellent ambassadeur des enjeux politiques, un syndicaliste et un homme politique de proximité. Les syndicats lui doivent beaucoup. Le souvenir de l’ami et compagnon de route, de son entrain et de ses principes nous donne la force de continuer à nous battre pour nos objectifs communs. Pour cela aussi, il reste pour nous inoubliable.</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-280</guid><pubDate></pubDate><title>En toute sécurité et pour un salaire honnête</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/en-toute-securite-et-pour-un-salaire-honnete</link><description>L’été est là, et avec lui les grandes vacances. Pour de nombreux écoliers, écolières, gym-nasiennes, gymnasiens, étudiantes et étudiants, c’est aussi le temps des petits boulots qui permettront d’arrondir l’argent de poche, d’en mettre de côté pour les prochaines va-cances et, très souvent, de financer les études. Lorsqu’on occupe un tel petit emploi, on est un salarié, ou une salariée comme les autres. Et qui dit salarié(e), dit règles du droit du travail. Et, bien sûr, salaire. Mais aussi : sécurité au travail.</description><content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p><h3>À partir de quel âge&nbsp;et pour quelle durée?</h3><p>On ne peut fort heureusement pas faire travailler les enfants à partir de n’importe quel âge. La loi sur le travail (LTr) ne l’autorise qu’à partir de 15 ans, 13 pour les travaux légers, voire moins de 13 pour les manifestations sportives et culturelles, à des conditions spécifiques et sur autorisation d’une autorité cantonale (art. 30 LTr, art. 7 OLT 5). Dans tous les cas, les moins de 18 ans ont besoin de l’assentiment de leurs parents avant de signer un contrat de travail. 
</p><p>L’ordonnance 5 de al LTr (OLT 5) précise les règles qui s’appliquent aux jeunes travailleurs et travailleuses de moins de 18 ans. Elle précise notamment l’interdiction d’employer les jeunes à des travaux dangereux, dans certaines branches (discothèques, bars, cabarets, entreprises cinématographiques, du cirque et du spectacle – cf. art. 4 à 6 OLT 5) et à quelles conditions ils peuvent être exceptionnellement astreints au travail dominical. Le travail dominical n’est autorisé que pour les jeunes ayant achevé leur scolarité obligatoire, au maximum un dimanche sur deux et uniquement dans la restauration (où ne peuvent être employés que les plus de 16 ans), la garde d’animaux et les boulangeries (art. 13 OLT 5). Dans les zones touristiques, le travail dominical est possible dans les entreprises répondant aux besoins des touristes pendant toute la durée des vacances d’été (art. 15 OLT 5, art. 25 OLT 2). Quant au travail de nuit, il est interdit aux moins de 18 ans en dehors d’une formation professionnelle (art. 12 OLT 5).
</p><p>La journée de travail des moins de 13 ans&nbsp; ne peut pas durer plus de trois heures par jour et neuf heures par semaine (art. 10 OLT5). Les jeunes de plus de 13 ans n’ayant pas terminé leur scolarité obligatoire peuvent travailler jusqu’à 8 heures par jour (40 heures par semaine) pendant la moitié de la durée des vacances scolaires, entre 6 heures et 18 heures, avec une pause d’au moins une demi-heure pour toute plage de travail de 5 heures et plus (art. 11 OLT 5). Pour tous les jeunes, la durée du travail ne dépassera pas celle des autres employés de l’entreprise (maximum 9 heures par jour) et leur travail doit être compris dans une période de 12 heures (art. 31 al. 1 LTr). Ils ont droit à un repos quotidien d’au moins 12 heures consécutives (art. 16 OLT 5). Le soir, les moins de 16 ans ne peuvent être employés que jusqu’à 20 heures, les 16-18 ans jusqu’à 22 heures (art. 31 al. 2 LTr). 
</p><h3>Le travail, c’est la santé&nbsp;?</h3><p>Les petits boulots d’été sont souvent l’occasion de faire connaissance avec le monde du travail. Or, ce dernier n’est pas exempt de dangers, qui n’apparaissent pas toujours au premier coup d’oeil. Et le risque d’accident de travail est très élevé lors du premier emploi, surtout pendant des premiers jours. 
</p><p>Même si l’on est engagé pour une durée très courte, il faut donc particulièrement faire attention aux prescriptions de sécurité. Avant de commencer, il faudra être attentif aux instructions de l’employeur et les respecter scrupuleusement, même si elles paraissent de prime abord inutiles ou exagérées. Et, si ce dernier ne veut pas en donner pas et que l’on estime en avoir besoin, il faut avertir sans délai l’inspectorat du travail et le syndicat. Dans tous les cas, les travaux dangereux sont interdits au moins de 18 ans. 
</p><h3>Bien assuré&nbsp;!</h3><p>Négliger les assurances sociales dans le cas d’un petit job de vacances peuvent coûter très cher. Tous les travailleurs et travailleuses, quel que soit leur âge, doivent être obligatoirement assurés à l’assurance-accidents par leur employeur. S’ils travaillent moins de 8 heures par semaine chez le même employeur, cette assurance ne couvre que les accidents professionnels et, au-delà, tous les accidents. En cas d’accident, l’employeur doit avertir les parents (art 32 LTr). Pour les rapports de travail de moins de 3 mois, il n’y a pas d’obligation de payer le salaire en cas de maladie. Les autres cotisations sociales (AVS/AI/APG)&nbsp; ne sont obligatoires qu’à partir de l’année où l’on a ses 18 ans. Si l’employeur ne paie pas ses cotisations, il s’agit de travail au noir et cela entraîne des sanctions. 
</p><h3>Tout travail mérite salaire&nbsp;; tout travailleur, toute travailleuse a droit à des vacances</h3><p>Comme il n’existe pas de salaire minimum légal, le salaire peut être librement convenu par les parties au contrat. Même si c’est en général l’employeur qui a le dernier mot, il est obligé de respecter les conventions collectives de travail (CCT) étendues et les contrats-type de travail (CTT). Pour le petits boulots de vacances, sont notamment importants la CCT nationale de l’hôtellerie-restauration, les CCT du bâtiment, du nettoyage, des entreprises du commerce de détail (Coop, Migros, CCT cantonales et communales) et les CTT cantonaux pour l’agriculture. Les employeurs doivent en outre respecter les salaires d’usage de la branche et de la région, que l’on peut consulter sur <a href="http://www.salaire-uss.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.salaire-uss.ch</a>. 
</p><p>S’il n’existe pas de salaire minimum obligatoire (CCT ou CTT), l’USS recommande un salaire de Fr. 15.— bruts de l’heure pour les jeunes n’ayant pas terminé leur scolarité obligatoire et de Fr. 20.— pour les autres travailleurs et travailleuses non qualifiés. En effet, chaque travail mérite un salaire honnête. Le fait que ce soit un petit boulot de vacances ne justifie pas un salaire plus bas que pour un travailleur ou une travailleuses «&nbsp;normal&nbsp;». Ce que le jeune salarié fera ensuite de son salaire (p. ex. financer ses loisirs) non plus. 
</p><p>Enfin, il ne faut pas oublier les vacances, auxquelles chaque travailleur et chaque travailleuse a droit, même s’il occupe son emploi… pendant ses vacances. Si l’on est payé à l’heure (ce qui est en général le cas pour les petits boulots), un supplément de salaire de 10,64% (correspondant aux 5 semaines de vacances auxquelles ont droit les jeunes de moins de 20 ans) doit être payé en sus du salaire, ce que de nombreux employeurs oublient. Sur le décompte de salaire, ce supplément doit être identifiable comme tel. 
</p><p>&nbsp;</p><h3>Pour en savoir plus&nbsp;: &nbsp; </h3><p>www.jeunesse-syndicale.ch
</p><p>&nbsp;</p><p>Le syndicat Unia a édité une brochure destinée aux salariés payés à l’heure, que l’on peut consulter et commander ici&nbsp;: &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br><a href="http://www.unia.ch/Flexible-a-tout-prix.2569.0.html?&amp;L=1#c11838" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.unia.ch/Flexible-a-tout-prix.2569.0.html?&amp;L=1#c11838</a></p><p>La LTr&nbsp;: <a href="http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_11.html" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_11.html</a></p><p>L’OLT 5&nbsp;: <a href="http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_115.html" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_115.html</a></p><p>La liste des travaux dangereux interdits aux jeunes&nbsp;: &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_115_2.html" target="_blank" rel="noreferrer">www.admin.ch/ch/f/rs/c822_115_2.html</a></p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-279</guid><pubDate></pubDate><title>L’initiative des syndicats en valait la peine !</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/l-initiative-des-syndicats-en-valait-la-peine</link><description>Le 18 mai 2003, le peuple et tous les cantons rejetaient l’initiative « pour des places d’apprentissage » (lipa) par près de 69 % de « non ». Cela, malgré une belle campagne menée par des centaines de jeunes militant(e)s, une campagne dont le point culminant fut un festival de musique sur la Place fédérale (avec des vedettes comme Greis ou Polo Hofer). L’USS l’avait soutenue avec énergie cette initiative lancée par la jeunesse syndicale, la Jeunesse socialiste suisse (JSS) et le Conseil suisse des activités de jeunesse (CSAJ). Malheureusement elle fut soumise au vote populaire un dimanche de votation battant tous les records avec pas moins de… 9 objets, dont 7 initiatives provenant des syndicats, de la gauche, des milieux de défense des locataires, des personnes handicapées et de l’environnement. Conseil fédéral, partis bourgeois et milieux patronaux eurent donc beau jeu de prôner un « non » indifférencié à toutes les initiatives.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Mais l’initiative n’a pas été – et de loin - la débâcle que l’on pourrait croire de prime abord. Au contraire, elle a eu un impact positif sur la politique du Conseil fédéral - qui dut mettre sur pied une «&nbsp;task force places d’apprentissage&nbsp;2003 » pour ne pas se trouver à court d’arguments – et sur la révision de la loi fédérale sur la formation professionnelle. Mais elle a surtout eu une influence bénéfique sur les actions des cantons en faveur des places d’apprentissage. Et, 6 ans après le vote populaire, son influence est toujours là. 
</p><h3>Une influence évidente</h3><p>On le voit avec la multiplication des fonds pour la formation professionnelle dans les cantons. Ce modèle de répartition solidaire des frais de formation entre toutes les entreprises, et non pas entre les seules entreprises formatrices, avait fait ses preuves dans les cantons de Genève, Fribourg et Neuchâtel. Or, la lipa s’appuyait sur ce modèle qui, depuis lors, a essaimé dans tout le pays, malgré le rejet de l’initiative. Depuis 2003, cinq nouveaux cantons se sont en effet dotés d’un tel instrument&nbsp;: Valais (2007), Jura (2007), Zurich (2008), ainsi que Tessin et Vaud (2009). À chaque fois, les parlements cantonaux, tous à majorité bourgeoise, ont été convaincus par l’efficacité du fonds cantonal auquel cotisent toutes les entreprises et dont les montants sont répartis entre celles qui forment des jeunes. De quoi encourager les entreprises «&nbsp;resquilleuses&nbsp;» (4 sur 5&nbsp;!) à en faire autant. 
</p><p>De plus, c’est un vote populaire qui a adoubé le principe du fonds défendu par la lipa&nbsp;:&nbsp; au Jura et dans le canton de Zurich, le fonds a même été plébiscité par près de 60% des votant(e)s, suite à des référendums lancés par des associations patronales jusqu’au-boutistes. Une erreur que les patrons vaudois se sont empressés de ne pas commettre&nbsp;: avant même de connaître le résultat des urnes jurassiennes et zurichoises, ils s’étaient déclarés favorables au modèle préconisé par l’initiative et, lors des derniers débats parlementaires, plusieurs députés représentant les milieux patronaux ont multiplié les louanges à l’égard du fonds cantonal, parlant de projet «&nbsp;utile&nbsp;» et «&nbsp;encourageant l’équité&nbsp;entre les entreprises formatrices et non formatrices». 
</p><h3>Encore du pain sur la planche</h3><p>Cependant, tous les cantons n’ont pas encore été gagnés à la cause des fonds pour la formation professionnelle. En effet, dans plusieurs cantons où syndicats et parti socialiste demandent la création d’un tel instrument (BS, SO, SG), les partis bourgeois mettent les pieds au mur, parfois pour des raisons purement idéologiques - malgré les exemples probants chez leurs voisins -, parfois parce qu’ils préfèrent privilégier les fonds de branche. Ces derniers se basent certes sur le même principe de financement solidaire que les fonds cantonaux, mais ils ont le défaut d’être limités à une seule branche - en général une branche où la formation duale est déjà bien développée - et de ne couvrir que 8&nbsp;% des salarié(e)s. Or, un fonds cantonal a l’avantage d’encourager la formation dans toutes les branches, y compris dans celles qui ont un fort potentiel, mais pas de tradition formatrice. 
</p><p>Cet épilogue (provisoire) prouve que l’initiative des jeunes en faveur de la formation professionnelle a été clairement un succès et que la mobilisation syndicale en valait la peine, même si on pouvait penser plutôt le contraire à l’heure du verdict des urnes. Il montre que l’engagement des syndicats en faveur de la création de places d’apprentissage a été payant sur le long terme et qu’une défaite dans les urnes ne doit jamais être un prétexte à baisser les bras. Six ans après la lipa, la hausse attendue du chômage des jeunes doit nous inciter à poursuivre nos efforts. Les fonds cantonaux devront notamment se montrer à la hauteur des enjeux de la crise&nbsp;: ils devront prouver qu’ils sont capables de débloquer des moyens en faveur de la création de places d’apprentissage alors que les entreprises licencient.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-278</guid><pubDate></pubDate><title>Un concordat intercantonal insuffisant, malgré la montée du chômage des jeunes !</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/un-concordat-intercantonal-insuffisant-malgre-la-montee-du-chomage-des-jeunes</link><description>Si l’Union syndicale suisse (USS) salue la volonté d’harmoniser les bourses au niveau national et la fixation de standards minimaux, elle regrette que la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP) ait été aussi timorée lors de l’élaboration du nouveau concordat intercantonal. Pourtant, la crise économique et la forte montée prévisible du chômage des jeunes devraient plutôt inciter à lever toute barrière financière à la formation.</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’USS regrette en particulier les points suivants du concordat&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>Les faibles montants dévolus aux bourses pour le secondaire II (Fr. 12'000.— seulement par an pour le minimum de la tranche supérieure). La CDIP semble faire fi de son propre objectif, à savoir&nbsp;: de permettre à 95&nbsp;% des jeunes d’obtenir une formation post-obligatoire. Ce montant est notamment insuffisant pour les étudiant(e)s en maturité professionnelle à plein temps. Pendant une année, ces titulaires de CFC doivent en effet renoncer à tout revenu. Avec des bourses aussi faibles, il y a fort à parier que de trop nombreuses personnes renonceront à faire une maturité professionnelle pour des raisons financières. Or, il s’agit d’une mesure efficace pour lutter contre le chômage des jeunes&nbsp;: un jeune qui fait une maturité professionnelle à plein temps libère en effet une place de travail et retourne sur le marché de l’emploi une année plus tard avec des compétences recherchées. L’USS espère donc que les cantons iront au-delà du minimum prévu par l’accord intercantonal.</li><li>La possibilité de remplacer un tiers des bourses du tertiaire par des prêts. Visiblement, la CDIP n’a pas tenu compte de l’endettement croissant des jeunes et des conséquences qu’un trop grand endettement des ménages peut avoir sur l’économie toute entière (la situation aux États-Unis – surabondance de cartes de crédit et surendettement de nombreuses familles- devrait pourtant inciter à la réflexion). L’USS exige que les cantons renoncent à la possibilité de remplacer une partie des bourses par des prêts.</li></ul><p>Le concordat a ceci de positif que la formation professionnelle supérieure y est clairement définie comme formation initiale élargie et non plus comme formation continue, ce qui facilitera l’accès aux bourses.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-282</guid><pubDate></pubDate><title>Une information trompeuse du département de Monsieur Merz</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/une-information-trompeuse-du-departement-de-monsieur-merz</link><description>La majorité bourgeoise de la commission de l’économie et des redevances a adopté en un tour de main la  « révision de l’imposition de la famille ». Mais cette étiquette est trom-peuse, car les familles normales n’en profiteront que peu, voire pas du tout. Au contraire, elles devront subir, l’an prochain, l’énorme hausse des primes des caisses-maladie. Les principaux gagnants de cette révision seront les 10 pour cent des revenus les  plus élevés. </description><content:encoded><![CDATA[<p>À l’avenir, les ménages ayant un revenu annuel de 150&nbsp;000 francs ou plus devront payer entre 1000 et 5000 francs d’impôts de moins qu’aujourd’hui. Pour la plupart, les familles normales ne gagneront par contre rien. En effet, plus de la moitié des ménages avec enfants ont un revenu brut de 80&nbsp;000 francs ou moins. Dans le meilleur des cas, la révision leur permettra de payer 300 francs de moins d’impôt. Mais une grande partie des familles repartira les mains vides. Ainsi, lorsque le Conseil fédéral parle d’«&nbsp;alléger la charge fiscale des familles avec enfants&nbsp;», il se moque tout simplement du monde. 
</p><p>Toutefois, pour cacher cette disproportion entre l’allégement fiscal offert aux riches et son absence pour les pauvres, le département de Monsieur Merz a embelli, dans son message sur la révision de la loi, la vue d’ensemble à ce sujet. En effet, calculant l’ampleur de l’allégement pour une famille, il est partie de l’hypothèse que l’accueil extrafamilial des enfants coûte 12&nbsp;000 francs par année, un montant déductible de l’assiette fiscale. Mais dans les faits, une grande partie des ménages dont le revenu brut est moyen dépensent nettement moins pour la garde de leur enfant. À Zurich, un couple qui place son enfant 3 jours par semaine dans une crèche et a un revenu imposable de 65&nbsp;000 francs paie à cet effet environ 550 francs par mois, soit 6500 francs pas an. Selon l’étude de l’Office fédéral de la statistique «&nbsp;Les familles en Suisse&nbsp;», les coûts moyens de l’accueil extrafamilial des enfants se montent à 400 à 500 francs par mois.
</p><p>Par conséquent, les calculs du département de Monsieur Merz sur les allégements fiscaux induisent en erreur. Pour les familles à revenu moyen, l’allégement ne dépassera pas de beaucoup les 150 francs par an. Par contre, les hauts revenus recevront entre 1000 et 5000 francs de cadeaux fiscaux.
</p><p>Ceux-ci coûteront près de 600 millions de francs. Si on affectait cette somme aux bas et moyens revenus, chaque famille aurait environ 1500 francs de plus par an en plus, soit pratiquement ce que les familles devront dépenser en plus l’an prochain pour leurs primes de caisses-maladie&nbsp;; cela, si elles ne bénéficient pas d’une réduction de celles-ci.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-281</guid><pubDate></pubDate><title>La cause n’est pas la libre circulation des personnes, mais une politique qui aggrave la récession </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-cause-n-est-pas-la-libre-circulation-des-personnes-mais-une-politique-qui-aggrave-la-recession</link><description>On peut combattre la pression sur les salaires et les conditions de travail en appliquant de manière conséquente les mesures d’accompagnement. Mais contre une politique d’austérité et d’absorption du pouvoir d’achat, qui aggrave la récession, ces dernières ne sont d’aucune utilité. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Avec son dernier rapport consacré aux effets de la libre circulation des personnes sur le marché suisse de l’emploi en 2008 (rapport de l’Observatoire), le SECO a surtout procédé à un aperçu rétrospectif d’une phase de bonne conjoncture. Mais il est très intéressant de connaître l’incidence &nbsp;de la libre circulation sur l’emploi et les conditions de travail en Suisse durant l’actuelle récession. Le fait est qu’en cas de récession, la pression sur les salaires et les conditions de travail augmente à cause du chômage élevé, ce qui est un phénomène largement indépendant de l’existence d’un marché de l’emploi ouvert ou non. Pour la première fois dans l’histoire de la Suisse cependant, dans l’actuelle récession, nous disposons avec les mesures d’accompagnement d’un instrument qui nous permet de lutter contre cette pression. Les commissions paritaires et les cantons peuvent mettre à jour les cas de sous-enchère salariale et les combattre si elles appliquent de manière conséquente ces mesures. 
</p><p>Toutefois, le danger à proprement parler pour la sécurité de l’emploi et les conditions de travail suisses ne vient pas de l’extérieur, mais de l’intérieur. L’an prochain, la crise risque de s’aggraver dramatiquement à cause de la politique financière des pouvoirs publics. L’État va se mettre à moins dépenser et les caisses-maladie absorberont une part importante du pouvoir d’achat des gens. Cette politique d’austérité et de «&nbsp;vampirisation&nbsp;» de la population amplifiera la récession, et coûtera près de 50&nbsp;000 emplois si le gouvernement et le parlement ne font rien contre elle. 
</p><h3>La mauvaise politique</h3><p>L’actuelle récession place la politique suisse du marché de l’emploi devant une épreuve difficile. Dans ses prévisions, le Conseil fédéral s’attend, pour 2010, à ce que le nombre des chômeurs et chômeuses dépasse les 200&nbsp;000. Du jamais vu&nbsp;! En sont responsables les gouvernements et parlements aux niveaux fédéral, cantonal et communal. Avec la baisse du pouvoir d’achat à hauteur de milliards de francs (hausses des primes maladie, pas de rétrocession rapide du produit de la taxe sur le CO2) et les programmes d’austérité qui se profilent aux plans cantonal et communal, les pouvoirs publics créeront encore plus de chômage au lieu de le combattre. 
</p><p>Avec un chômage important qui touchait près de 100&nbsp;00 personnes à l’automne 2008. la Suisse a déjà entamé un fléchissement conjoncturel. Lors de la dernière reprise, le chômage ne s’est que faiblement résorbé, alors que, comparativement, le PIB et l’emploi augmentaient fortement. C’est là surtout une conséquence du démantèlement des prestations de sécurité sociale. Ces dernières années, l’âge de la retraite des femmes a été relevé, l’octroi de rentes AI s’est fait plus restrictif et les âges réglementaires donnant droit à une rente de la prévoyance professionnelle ont été relevés. La conséquence en fut qu’en 2007, près de 50&nbsp;000 personnes de plus qu’auparavant se sont trouvées sur le marché de l’emploi ou à l’assurance-chômage. Par contre, une concurrence sans merci de la main-d’œuvre indigène par des travailleurs et travailleuses de l’Union européenne (UE) ne devrait guère avoir joué de rôle ici. Sous le régime de la libre circulation des personnes aussi, les salarié(e)s de l’UE n’obtiennent d’autorisation de séjour que s’ils ont un emploi en Suisse. Ce qui est en revanche nouveau, c’est que&nbsp;: a) les agences de travail temporaire peuvent recruter du personnel dans l’UE et, b), les entreprises étrangères peuvent travailler en Suisse jusqu’à 90 jours (entreprises détachant de la main-d’œuvre). Le volume de travail fourni ici ne correspond toutefois qu’à 15&nbsp;000 emplois environ. La levée des contingents appliqués jusqu’en juin 2007 n’a guère influé sur l’immigration, car, par le passé, ces contingents n’étaient dans l’ensemble pas épuisés. Elle a uniquement conduit à un transfert des autorisations pour un séjour durable en autorisations pour des séjours de courte durée. 
</p><p>On a introduit les mesures d’accompagnement pour empêcher que la main-d’œuvre indigène ne soit soumise à une concurrence sans merci et q&nbsp;&nbsp; ue les conditions de travail ne se dégradent. Avec des contrôles et des sanctions, on peut garantir le respect des mêmes conditions d’embauche par tous les employeurs. Si la main-d’œuvre indigène et celle étrangère doivent être engagées aux mêmes conditions, il vaut alors la peine pour les employeurs suisses de renoncer à recruter du personnel à l’étranger et les entreprises qui détachent des travailleurs et travailleuses en Suisse n’ont pas d’avantage concurrentiel par rapport aux employeurs indigènes.
</p><p>Par le passé, l’immigration de main-d’œuvre étrangère a rapidement réagi lorsque la situation économique suisse se dégradait, le solde migratoire des années 1996 et 1997 ayant même été négatif. En ce qui concerne la situation actuelle, on remarque déjà la présence d’indices qui laissent clairement entendre que l’immigration devrait fortement reculer. Selon le type de séjour, les reculs oscilleront entre 15 et 30 pour cent. Car, pour la libre circulation des personnes aussi, aucune autorisation de séjour n’est délivrée à une personne dépourvue d’un emploi sur la durée en Suisse. Et si moins d’emplois sont créés, l’immigration diminue obligatoirement.
</p><h3>Des contrôles plus fréquents</h3><p>De manière générale, n’oublions pas que s’il n’y avait pas de libre circulation des personnes, il n’y aurait pas non plus d’accords bilatéraux avec l’UE. La conséquence en serait que les entreprises suisses d’exportation devraient faire face à encore plus de difficultés pour vendre leur production dans l’UE qu’elles n’en rencontrent aujourd’hui déjà avec l’actuelle crise. Cela étant, la réponse à la question de savoir dans quelle mesure la libre circulation des personnes aura une incidence négative sur la main-d’œuvre étrangère durant la crise dépend essentiellement de l’application des mesures d’accompagnement. Si les autorités ne font rien pour empêcher que les conditions suisses de travail soient respectées, il faut s’attendre à ce que celles-ci se dégradent. Par exemple, la hausse de 20 pour cent du nombre des contrôles promise par le Conseil fédéral lors de l’extension de la libre circulation des personnes à la Roumanie et à la Bulgarie doit devenir le plus rapidement possible réalité. Il faut surtout que les employeurs suisses soient plus souvent contrôlés, parce que ce sont eux qui occupent la majorité du personnel dans ce pays. En outre, il faut édicter avec fermeté des salaires minimaux dans les secteurs où les salaires sont sous pression. Tant la convention collective de travail pour le travail temporaire que le contrat-type de travail dans l’économie domestique doivent être le plus rapidement possible déclarés de force obligatoire pour la totalité des employeurs concernés. Et les nombreuses infractions dans le secteur de la santé et de l’action sociale découvertes en 2007 nécessitent la mise en place de mesures de protection supplémentaires. 
</p><p>L’an prochain, la politique économique et la politique sociale joueront un rôle déterminant pour l’évolution du chômage. Si le Conseil fédéral et les Chambres fédérales persistent dans leur politique d’austérité et d’absorption du pouvoir d’achat, qui amplifie la récession, le chômage augmentera fortement. L’Union syndicale suisse exige par conséquent un train de mesures de relance qui permette de lutter contre le chômage, au lieu d’y faire basculer toujours plus de monde.</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-277</guid><pubDate></pubDate><title>Rentes AVS : l’heure est à la compensation du renchérissement</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/rentes-avs-l-heure-est-a-la-compensation-du-rencherissement</link><description>Il y a plus d’une année, l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) a voulu « scien-tifiquement » établir que l’idée selon laquelle les richesses se concentrent chez les retrai-té(e)s n’est pas un préjugé. Résultat : ces derniers devraient s’acquitter d’une contribution de solidarité. Entre temps, le Conseil suisse (CSA) des aînés et Pro Senectute ont répliqué avec deux études prouvant l’existence d’une pauvreté des personnes âgées, chez qui les inégalités sociales sont même plus prononcées que pour le reste de la population. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Le conseiller fédéral Pascal Couchepin aimait faire de la provocation aussi en matière de prévoyance vieillesse. Au printemps 2003, il profita de son «&nbsp;pèlerinage&nbsp;» sur l’Ile Saint Pierre pour lancer la retraite à 67 ans. Cinq ans plus tard, l’OFAS lançait l’idée d’une contribution de solidarité versée par les retraité(e)s, une idée (abusivement) tirée d’un étude commandée aux professeurs Wanner et Gabadinho<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0909_PS_Pauvrete_personnes-agees_AVS.doc#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>. L’OFAS concluait que l’introduction d’une telle contribution de solidarité «&nbsp;permettrait de tenir compte [du fait que] le risque de pauvreté concerne principalement certains groupes d’actifs de moins de 50 ans&nbsp;»<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0909_PS_Pauvrete_personnes-agees_AVS.doc#_ftn2" target="_blank" name="_ftnref2"><sup>[2]</sup></a>. C’était là sciemment programmer une guerre entre les générations. 
</p><h3>Les organisations de retraité(e)s réagissent</h3><p>Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase, aussi pour le CSA et Pro Senectute, les deux grandes organisations de personnes à la retraite. Le CSA chargea l’Institut de travail social de la HES de Saint-Gall (technique économie et travail social) d’étudier la situation économique des personnes âgées. Auteur de cette étude<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0909_PS_Pauvrete_personnes-agees_AVS.doc#_ftn3" target="_blank" name="_ftnref3"><sup>[3]</sup></a>, le professeur Rehberg y critique la fragilité de la méthode appliquée par l’OFAS au travail des universitaires genevois, regrettant que cet office livre ainsi au débat une contribution unilatérale et peu objective. 
</p><p>Le professeur Rehberg montre entre autres, dans une présentation très lisible, que la part de pauvres parmi les jeunes et les personnes âgées est à peu près la même et que les inégalités socio-économiques sont plus marquées chez celles-ci. Il fait également apparaître que la pauvreté des jeunes est souvent passagère, alors qu’elle est souvent insurmontable chez les personnes âgées, que les prestations sociales fournies librement par ces dernières sont très importantes et qu’ainsi, la solidarité entre les générations fonctionne parfaitement. Pour réponse à la contribution de solidarité versée par les retraité(e)s, il &nbsp;propose un impôt sur le capital et un renforcement des impôts sur la fortune et les successions.
</p><h3>Vivre avec une marge de manœuvre réduite</h3><p>Récente aussi, l’étude de Pro Senectute sur la pauvreté des personnes âgées<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0909_PS_Pauvrete_personnes-agees_AVS.doc#_ftn4" target="_blank" name="_ftnref4"><sup>[4]</sup></a> aboutit aux mêmes conclusions que celle du CSA. Saluant le fait que l’évolution de la prévoyance vieillesse (1er et 2e piliers) a concrètement et nettement amélioré la situation des personnes âgées et constitue une des principales bases de la prolongation de l’espérance de vie, cette étude souligne que la pauvreté des personnes âgées est toujours là. Et même qu’elle croît à nouveau depuis quelques années, alors que la part des bénéficiaires des prestations complémentaires (12&nbsp;%), est, elle, restée inchangée. Mais, avec 18&nbsp;% de personnes âgées pauvres, la Suisse est bien en dessous de la moyenne de l’OCDE (13&nbsp;%).
</p><p>L’étude de Pro Senectute repose sur une base plus large que celle du CSA. Dotée de parties historique, sociologique et sociopolitique, elle dresse un tableau global de la problématique. Proposant une vaste bibliographie et une vue d’ensemble des lois concernées, ses considérations sociologiques se basent sur des enquêtes réalisées auprès des bureaux de consultation de Pro Senectute, qui conseillent 30&nbsp;000 retraité(e)s par an. C’est là une réponse impressionnante aux préjugés répandus sur la «&nbsp;génération argentée&nbsp;», l’argent ne renvoyant pas ici à la couleur grise des cheveux…, une image caricaturale s’il en est&nbsp;!
</p><h3>Tout le monde à la manif du 19 septembre&nbsp;: pour du travail et des rentes garanties&nbsp;!</h3><p>Étant donné la situation des retraité(e)s de ce pays, les récentes tentatives de la majorité parlementaire bourgeoise de remettre en question l’adaptation des rentes AVS à l’évolution du coût de la vie et des salaires, et de faire massivement casquer les retraité(e)s pour assainir leurs caisses de pensions, sont, socialement et conjoncturellement, une provocation et une stupidité. C’est pourquoi le président de l’Union syndicale suisse, Paul Rechsteiner, a déposé une motion demandant une adaptation extraordinaire des rentes AVS selon l’indice mixte. 
</p><p>Simultanément, les retraité(e)s du Syndicat du personnel des transports (SEV) demandent à toutes les organisations de retraité(e)s de les soutenir dans leur lutte pour le financement à près coup de la caisse de pensions des CFF, une mesure rendue nécessaire par une externalisation de la caisse qui ne s’est pas faite correctement. Et les délégué(e)s des retraité(e)s du Syndicat de la Communication viennent, pour leur part, d’adopter une résolution appelant le personnel de la Confédération et des entreprises de cette dernière à agir de concert pour obtenir une compensation équitable du renchérissement. 
</p><p>Pour toutes ces raisons, les retraité(e)s des syndicats manifesteront nombreux le 19 septembre sur la Place fédérale pour la sécurité des rentes et du travail pour tout le monde. Les autres organisations de retraité(e)s en feront sans doute autant et viendront aussi revendiquer à cette même date dans la capitale. 
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0909_PS_Pauvrete_personnes-agees_AVS.doc#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Wanner, Ph.&nbsp;; Gabadinho, Alexis&nbsp;: «&nbsp;La situation économique des actifs et des retraités&nbsp;», Berne, OFAS, 2008.
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0909_PS_Pauvrete_personnes-agees_AVS.doc#_ftnref2" target="_blank" name="_ftn2">[2]</a>&nbsp; Communiqué de l’OFAS du 10.4.2008. 
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0909_PS_Pauvrete_personnes-agees_AVS.doc#_ftnref3" target="_blank" name="_ftn3">[3]</a> Rehberg W.&nbsp;: «&nbsp;Préjugés et faits concernant la situation économique des personnes âgées&nbsp;», Berne, Conseil suisse des aînés, 2009 (téléchargeable sur&nbsp;: <a href="http://www.ssr-csa.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.ssr-csa.ch</a>).
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0909_PS_Pauvrete_personnes-agees_AVS.doc#_ftnref4" target="_blank" name="_ftn4">[4]</a> Pilgram, A., Seifert, K.&nbsp;; «&nbsp;« Vivre avec peu de moyens. La pauvreté des personnes âgées en Suisse », Berne, Zurich,&nbsp; Pro Senectute, 2009 (commande via&nbsp; <a href="http://www.pro-senectute.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.pro-senectute.ch</a>).
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-283</guid><pubDate></pubDate><title>Une ineffable révision stoppée</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/une-ineffable-revision-stoppee</link><description>Depuis des années, le Département fédéral des finances s’escrime à réviser entièrement le droit des marchés publics. Le conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz, estimant le moment était venu, voulait harmoniser et flexibiliser le droit des marchés publics de la Confédé-ration et des cantons. L’Union syndicale suisse (USS) est parvenue à contrecarrer ces vi-sées. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Pour les syndicats, l’enjeu de cette révision était important. Monsieur Merz voulait en effet déréglementer les conditions de travail à respecter dans le cadre des marchés publics. Selon son administration, seules les conditions de travail fixées par les pouvoirs publics auraient ainsi dû être observées, celles du lieu de provenance de l’entreprise devenant déterminantes. Cela aurait signifié que ni la Confédération ni les cantons n’auraient pu exiger le respect des salaires usuels locaux et de branche. Et les CCT concernées n’auraient donc pas dû être appliquées&nbsp;: la porte grand ouverte à la sous-enchère salariale. 
</p><p>Les propositions du conseiller fédéral Merz n’ont trouvé qu’un faible écho, sauf auprès des fondamentalistes du libéralisme siégent à la commission fédérale de la concurrence. Les cantons se sont opposés à une harmonisation, y voyant une réduction de leur marge de manœuvre. Et l’USS a su mobiliser contre ce projet les autres organisations de salarié(e)s, ainsi que certains pans du patronat&nbsp;; cela, avant tout en expliquant que le principe du lieu de provenance de l’entreprise allait devoir s’appliquer tôt ou tard aussi aux entreprises étrangères. Un argument qui a largement convaincu. La perspective de voir des entreprises européennes pouvoir faire des offres pour des travaux de construction de bâtiments publics en appliquant les conditions de travail de leur pays d’origine a déplu à beaucoup. 
</p><p>Suite à ces protestations, le Conseil fédéral a décidé à fin juin de suspendre la révision totale du droit des marchés publics. Seules des modifications de moindre portée et ponctuelles se feront par voie d’ordonnance. 
</p><p>La grande offensive du conseiller fédéral Merz contre les CCT et les salaires usuels locaux et de branche s’est donc ensablée. L’USS a défendu avec succès le principe d’un «&nbsp;salaire égal pour un travail égal au même endroit&nbsp;» en matière de soumissions publiques. Et donc empêché une grave régression sociale.</p>]]></content:encoded><category>Économie</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-275</guid><pubDate></pubDate><title> La protection des travailleurs et travailleuses n’a pas à être « bagatellisée »</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-protection-des-travailleurs-et-travailleuses-n-a-pas-a-etre-bagatellisee</link><description>Les Chambres fédérales ont adopté l’automne passé une loi fédérale qui ne protège pas de manière satisfaisante la population du tabagisme passif. C’est pourquoi une vaste alliance de plus de 40 organisations a lancé, au mois de mai, une initiative populaire « Protection contre le tabagisme passif », qui demande une protection globale de tous les salarié(e)s, ainsi qu’une réglementation claire et uniforme  pour toute la Suisse. </description><content:encoded><![CDATA[<p>La loi sur la protection contre le tabagisme passif adoptée par les Chambres fédérales le 3 octobre 2008 ne mérite pas son nom. Elle autorise la fumée dans les locaux d’une surface inférieure à 80m2 et toutes les entreprises de l’hôtellerie-restauration pourront continuer à avoir des locaux fumeurs. Des serveuses et serveurs continueront donc à y travailler dans la fumée des cigarettes, mettant ainsi leur santé en danger. Selon cette loi, aucun travailleur ni aucune travailleuse ne pourra toutefois y être contraint. Ici, la règle sera certainement de passer d’abord par des «&nbsp;volontaires&nbsp;». La loi prévoit que les employé(e)s travaillant dans des locaux fumeurs devront donner leur consentement par écrit. Selon le Parlement fédéral, ce dernier devra être stipulé dans le contrat de travail, ce qui garantira que les personnes concernées s’exposeront librement au tabagisme passif. Bref, une «&nbsp;bagatellisation&nbsp;» de la protection des travailleuses et travailleurs. 
</p><h3>Des consentements «&nbsp;librement&nbsp;» donnés</h3><p>Pour l’Union syndicale suisse (USS), cette façon de procéder avec la protection des travailleuses et travailleurs est non seulement cousue de fil blanc, mais parfaitement déloyale. Il est clair que, dans un contrat de travail, il n’y a pas de consentement «&nbsp;librement&nbsp;» donné. Ici, le ou la salarié(e) occupe toujours la position la plus faible. Lorsque l’on travaille, c’est pour en vivre, raison pour laquelle on accepte parfois des conditions de travail de moins bonne qualité – c’est-à-dire malsaines -, parce que l’on n’a pas le choix. Surtout aujourd’hui. En effet, pendant une crise économique, la principale maxime est&nbsp;: «&nbsp;Marche ou crève&nbsp;!&nbsp;».
</p><p>Qui donc risquera son emploi en refusant de travailler dans des locaux fumeurs&nbsp;? Sans doute personne. Les expériences faites avec le travail de nuit et du dimanche le montrent bien, car là aussi, il s’agit uniquement de personnes ayant «&nbsp;librement choisi&nbsp;». De fait, malgré son impopularité auprès des salarié(e)s, ce type de travail a explosé en Suisse.
</p><p>De même, il est clair que la responsabilité en matière de protection de la santé au travail ne peut pas être reportée sur les salarié(e)s eux-mêmes. Outre l’obligation de verser un salaire, celle de veiller à leur santé fait partie des obligations fondamentales de l’employeur. Impossible donc de la déléguer aux travailleurs et travailleuses en les contraignant à donner leur consentement à des atteintes à leur santé. &nbsp;
</p><h3>Un modèle dangereux</h3><p>L’USS craint que cette manière d’agir ne fasse école. On pourrait s’imaginer ainsi, par exemple dans le cas de travaux de désamiantage, qu’au lieu de prendre toutes les mesures de protection existantes, des employeurs exhortent désormais leurs employé(s) à donner leur consentement par écrit à de telles activités et s’offrent par là à bon marché un certificat de bonne conscience concernant des travaux malsains et dangereux. Pour toutes ces raisons, l’USS rejette cette loi et soutient l’initiative populaire «&nbsp;Protection contre le tabagisme passif&nbsp;» lancée par une quarantaine d’organisations actives dans les domaines de la santé, de la prévention, de la protection des consommateurs et consommatrices, ainsi que de jeunes et de parents. 
</p><p>Si l’initiative passe, les travailleurs et travailleuses ne seront plus confrontés à un dilemme&nbsp;: protection de leur santé ou maintien de leur emploi. En outre, elle mettra un terme à l’actuel capharnaüm des prescriptions cantonales divergentes, car elle demande une réglementation uniforme et efficace pour tout le pays. Son but est qu’en Suisse, tous les locaux fermés accessibles au public ou servant de lieux de travail soient non fumeurs. Les entrepreneur(e)s de l’hôtellerie-restauration pourront cependant aménager des «&nbsp;fumoirs&nbsp;» où aucun service ne sera assuré. Chaque signature pour cette initiative est un geste en faveur d’une protection efficace des travailleurs et travailleuses. 
</p><p>Des listes de signatures peuvent être commandées sous&nbsp;: www.sansfumee-oui.ch.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-273</guid><pubDate></pubDate><title>Aggravation de la situation</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/aggravation-de-la-situation</link><description>Si le nombre de syndicalises assassinés dans le monde en 2008 a été inférieur à celui de 2007, les licenciements et les incarcérations pour activité syndicale ont augmenté. Le rapport annuel de la Confédération syndicale internationale (CSI)  s’attend cependant à des « éclaircies », notamment  aux États-Unis et en Australie. Quant à la Suisse, elle est aussi montrée du doigt, à juste titre. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Selon le rapport annuel de la CSI, 2008 a une nouvelle fois été une année dangereuse pour les syndicalistes. Des violations des droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses ont en effet été constatées dans 143 pays.
</p><h3>Des assassinats trop souvent «&nbsp;ignorés&nbsp;» par les gouvernements&nbsp;!</h3><p>Sur toute la planète, 76 syndicalistes ont été assassinés en 2008 (2007&nbsp;: 91) en raison de leurs actions de défense des droits des travailleurs et travailleuses. Pour la seule Colombie, ce nombre est de 49 (2007&nbsp;: 39), ce qui en fait le pays le plus dangereux sur terre pour les syndicalistes. Au Guatemala, neuf syndicalistes ont été assassinés et quatre aux Philippines ainsi qu’au Venezuela, trois au Honduras, deux au Népal et un en Irak, au Nigeria, au Panama, en Tunisie et au Zimbabwe. Dans bien des cas, les gouvernements ont été directement ou indirectement impliqués dans ces assassinats. Cinquante graves menaces de mort ont été recensées en tout dans sept pays, conjointement avec 100 cas d’agressions physiques dans 25 pays. 
</p><p>Les gouvernements d’au moins neuf pays (Birmanie, Burundi, Chine, Cuba, Iran, Corée du Sud, Tunisie, Turquie et Zimbabwe) ont été responsables de l’emprisonnement de syndicalistes en raison de leurs activités légitimes en faveur des travailleurs et travailleuses. Selon Guy Ryder, secrétaire général de la CSI&nbsp;: «&nbsp;les autorités (…) sont, dans certains cas, complices des assassinats avec des employeurs sans scrupules.&nbsp;»
</p><h3>Licenciements systématiques</h3><p>Quelques 7500 cas de licenciements de travailleurs et travailleuses impliqués dans des activités syndicales ont été enregistrés dans 68 pays, dont 20 rien qu’en Afrique. Ces cas ne sont toutefois que la partie visible de l’iceberg dans la mesure où de nombreux autres licenciements ne sont pas rapportés. Le pays qui détient le record a été la Turquie, où plus de 2000 licenciements ont été rapportés et où le gouvernement est resté intolérant à l’égard des activités syndicales en général. En Indonésie (600 cas), au Malawi, au Pakistan, en Tanzanie et en Argentine aussi, des centaines de syndicalistes ont été licenciés pour leurs activités légitimes. 
</p><p>En Birmanie, en Chine, au Laos, en Corée du Nord, au Vietnam, ainsi que dans d’autres pays, seuls les syndicats officiels contrôlés par l’État sont autorisés, alors qu’en Arabie saoudite, de réelles activités syndicales demeurent pratiquement impossibles. Au Belarus, on observe toujours une intense ingérence du gouvernement dans les affaires syndicales. 
</p><h3>Des menaces spécifiques</h3><p>La CSI mentionne en outre l’impact de la crise financière mondiale, qui s’est fait sentir fin 2008, exerçant une pression supplémentaire sur la sécurité de l’emploi, les salaires et les conditions de travail. La tendance à bafouer gravement les droits des travailleurs et travailleuses dans les zones franches d’exportation s’est renforcée en 2008, ce qui concerne notamment&nbsp;: l’Albanie, les Bahamas, le Belize, le Costa Rica, le Guatemala, le Honduras, la Jamaïque, la Jordanie, le Mexique, le Nicaragua, la Pologne, la République dominicaine, le Salvador et le Sultanat d’Oman. Mais encore&nbsp;: 22 autres pays ont été critiqués en raison de l’exploitation des travailleurs et travailleuse migrants qui, généralement, ne bénéficient même pas des droits les plus fondamentaux pour se défendre.
</p><h3>Quelques lueurs d’espoir</h3><p>Et dans les pays industrialisés&nbsp;? Le rapport de la CSI note une augmentation du recours aux agences de sous-traitance de main-d’œuvre, une pratique qui sape les salaires, les conditions de travail et les droits au travail. Du côté positif, il convient de mentionner que les changements de gouvernement en Australie et aux États-Unis font espérer de nouvelles protections pour les travailleurs et travailleuses dans ces deux pays où les niveaux s’étaient avérés extrêmement bas ces dernières années. 
</p><p>Un certain optimisme est de mise concernant le Burkina Faso, le Kenya et le Mozambique, qui reconnaissent et autorisent désormais la syndicalisation, tandis qu’aux Maldives, la nouvelle constitution du pays garantit la liberté syndicale et le droit de grève. 
</p><h3>Suisse&nbsp;: affligeant</h3><p>Certes la situation en Suisse ne se caractérise pas par des assassinats ou autres incarcérations de syndicalistes. Le rapport du CSI constate toutefois que tout n’y est pas rose&nbsp;: «&nbsp;Aucun progrès n’a été accompli pour améliorer la protection juridique contre les licenciements antisyndicaux. Plusieurs syndicalistes, dans au moins cinq entreprises, ont perdu leur emploi durant l’année [2008]. Les mesures visant à empêcher les syndicats de se rendre sur les lieux de travail sont en hausse. Le géant du commerce de détail Migros s’est une nouvelle fois distingué par ses politiques antisyndicales.&nbsp;»
</p><p>Source&nbsp;: &nbsp;http://survey09.ituc-csi.org
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-274</guid><pubDate></pubDate><title>Non ! Mais instaurer des réductions des primes maladie pour tout le monde !</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/non-mais-instaurer-des-reductions-des-primes-maladie-pour-tout-le-monde</link><description>Dans l’histoire de la Confédération, aucun projet n’aura vu idéologie et faits concrets se trouver en contradiction aussi totale que dans le cas de ladite révision de l’« imposition du couple et de la famille ». Les partisans de cette réforme prétendent que les baisses d’impôt prévues allégeraient la charge : 1)  des familles avec enfants, 2) des classes moyennes. Ah bon ?</description><content:encoded><![CDATA[<p>En réalité, ces deux affirmations sont erronées comme le montrent les statistiques du Département fédéral des finances (DFF). Les bénéficiaires de cette révision seront les 10 pour cent de la population qui touchent les plus hauts revenus. Les familles normales ne gagneront pratiquement rien. Au contraire même, elles devraient subir, d’une manière ou d’une autre, les effets néfastes des mesures d’austérité qui s’ensuivront et se traduiront par des pertes fiscales à hauteur de 600 millions de francs. En vérité, cette révision reviendra à redistribuer les richesses en faveur des couches supérieures de la population. 
</p><p>Selon les statistiques du DFF, la moitié des familles de Suisse ont un revenu annuel net de 80&nbsp;000 francs ou moins. En revanche, neuf pour cent des familles avec enfants disposent d’un revenu annuel de 150&nbsp;000 francs ou plus.
</p><p>Qui profitera de cette révision et dans quelle mesure&nbsp;? Pour donner une réponse chiffrée à cette question, consultons les comparaisons entre charges contenues dans le message du Conseil fédéral. Mais précisons d’abord que ces comparaisons induisent en erreur, car le département de Monsieur Merz est parti de l’hypothèse que les familles à bas et moyens revenus dépensent chaque année 12&nbsp;000 francs en frais de garde pour leurs enfants. Ce qui est faux. Selon une étude de l’Office fédéral de la statistique, les frais de garde des enfants se montent en moyenne à environ 6000 francs par an. Par conséquent, l’allégement dont les familles à moyens revenus profiteraient grâce à la révision de l’imposition des familles est sans doute surévalué dans le message du gouvernement.
</p><p>Mais même si l’on prend les chiffres du DFF, il apparaît que cette révision aura un impact inquiétant. Les familles dont le revenu est égal ou inférieur à 80&nbsp;000 francs ne gagneront pratiquement pas un centime. Autrement dit, la moitié des familles ne payeront pour ainsi dire pas un franc d’impôt en moins «&nbsp;grâce&nbsp;» à cette révision. Cette dernière fera cependant des cadeaux, mais aux échelons supérieurs des revenus. Les 10 pour cent de familles avec enfants qui touchent les revenus les plus élevés empocheront la moitié des 600 millions de francs. Une famille appartenant à ces milieux privilégiés verra ainsi ses impôts diminuer d’au minimum 3000 francs chaque année. Quant à la famille normale, dont le revenu est moyen, elle ne devrait, dans la majeure partie des cas, pratiquement pas économiser un seul centime d’impôt, ou au maximum 200 francs par an. 
</p><p>Ce cadeau fiscal offert aux couches supérieures coûtera près de 600 millions de francs. Si les Chambres fédérales avaient affecté cet argent à l’allégement de la charge des familles à revenus moyens ou normaux, chaque famille du pays aurait 1500 francs de plus par an à sa disposition. Ce qui allégerait précisément la charge de celles qui ont besoin de cet argent. Cette somme de 1500 francs correspond par exemple à peu près à ce que les familles devront probablement dépenser en plus en 2010 pour leurs primes de caisses-maladie, si elles ne peuvent pas profiter de réduction de ces primes. 
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) est opposé à l’allégement de la charge fiscale des couches supérieures de la population. L’année prochaine, la hausse des primes maladie va alourdir considérablement la charge des familles. C’est pourquoi nous avons besoin que ces primes soient réduites pour compenser pareille augmentation.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-267</guid><pubDate></pubDate><title>Sécurité sociale des acteurs culturels : des progrès à confirmer </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/securite-sociale-des-acteurs-culturels-des-progres-a-confirmer</link><description>La sécurité sociale des acteurs culturels pourrait, devrait progresser. Le Parlement fédéral continuera à en débattre lors de la prochaine session. Si l’on parle ici d’abord de prévoyance professionnelle, c’est cependant toute la sécurité sociale des acteurs culturels qui, encore par trop lacunaire, est concernée. </description><content:encoded><![CDATA[<p>La loi sur l’encouragement de la culture (LEC) retourne donc au Conseil national cette prochaine session parlementaire. En acceptant qu’une partie des subventions culturelles serve des cotisations à la prévoyance professionnelle pour les acteurs culturels (art 8a, proposition Bortoluzzi), le Conseil des États avait confirmé le premier progrès fait dans ce domaine par la Chambre du peuple. Mais ils l’avaient accepté sous une forme légèrement modifiée, afin de créer une divergence de manière à avoir le temps d’en affiner la formulation. C’est désormais chose faite&nbsp;: la commission de la science, de l’éducation et de la culture (CSEC) du Conseil national a rédigé à nouveau cet article, qui prescrit désormais que la Confédération et Pro Helvetia devront à l’avenir verser un pourcentage de leurs subventions artistiques à la caisse de pension ou à une autre forme de prévoyance professionnelle des artistes concernés. Et c’est au Conseil fédéral qu’il reviendra d’en fixer le pourcentage. Le plénum du Conseil national devra encore avaliser cette nouvelle formulation.
</p><p>Or, la Chambre des cantons avait, quant à elle, fait un pas supplémentaire lors de la session précédente. En effet, alors que le Conseil national avait, dans un premier temps, refusé de charger le Conseil fédéral d’étudier comment combler les lacunes de sécurité sociale des acteurs culturels, les États avaient, eux, accepté une motion contraignant le gouvernement à se pencher sérieusement sur cette question. Cette motion, la CSEC du Conseil national l’a maintenant acceptée, mais en proposant de la transformer en mandat d’examen qui ne concernerait plus que les questions d’assurance-chômage. En effet, le fait que les questions de prévoyance professionnelle soient déjà examinées par l’administration fédérale (travaux auxquels l’USS est associée) et le nouvel article 8a le la LEC devraient constituer une garantie suffisante pour que des solutions aux lacunes de prévoyance professionnelle des acteurs culturels soient prochainement trouvées. Mais là aussi, il faudra d’abord que cette proposition passe le cap du plénum.
</p><p>Cette session pourrait donc bien être un succès dans le long combat de l’USS pour améliorer la protection sociale des artistes. Leur accès à la prévoyance professionnelle sera grandement amélioré et les impulsions auront été données pour que les Conseil fédéral fasse des propositions pour combler d’autres lacunes, notamment en matière d’assurance-chômage. Mais dans tous les cas, il restera beaucoup à faire pour traduire concrètement ces premiers progrès dans la pratique.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-268</guid><pubDate></pubDate><title>Contre la crise : garantir les emplois, les salaires et les rentes !</title><link>https://www.uss.ch/themes/detail/contre-la-crise-garantir-les-emplois-les-salaires-et-les-rentes</link><description>La crise s’étend toujours plus. Il faut absolument redresser la barre ! Or, la droite poli-tique, majoritaire dans ce pays, se défile, adoptant une attitude de laisser-faire irresponsable. Les syndicats de l’Union syndicale suisse (USS) mobilisent la population et leurs membres. Ils manifesteront en masse le 19 septembre à Berne. Il faut faire comprendre aux autorités qu’elles doivent une fois pour toutes prendre le taureau par les cornes !</description><content:encoded><![CDATA[<p>Si le Conseil fédéral et le Parlement continuent à bricoler, alors la crise va se transformer en catastrophe. Et la Suisse se retrouvera des décennies en arrière, à une époque que la plupart d’entre nous ne connaissent que par les livres d’histoire, c’est-à-dire dans les années 30, en pleine misère sociale. Tous les spécialistes sont unanimes à dire que le chômage va maintenant augmenter massivement. Mais que font donc les décideurs politiques&nbsp;? À l’enseigne d’une soi-disant relance de la conjoncture, quelques misérables mesures inoffensives ont été planifiées. Sinon, les pouvoirs publics, tous niveaux confondus, ont principalement décidé de mener une politique d’austérité. Qui plus est, les gens vont voir leur pouvoir d’achat fondre encore plus vite l’an prochain, avec l’explosion des primes des caisses-maladie. Et alors que, dans certains milieux politiques dominants, la tendance est à s’accommoder d’une telle progression du chômage, le feu passe au rouge pour les assurances sociales, du 2<sup>e</sup> pilier à l’assurance-chômage, notamment. On veut donc faire peser tout le poids de la crise sur le dos des travailleurs et travailleuses, des gens ordinaires, de celles et ceux qui n’y sont pour rien. Alors que Messieurs Ospels et consorts n’y perdent qu’un peu de leur réputation, des gens ordinaires perdent leur emploi et une bonne partie de leur sécurité sociale. Or, la Confédération aurait assez d’argent pour agir, car ces dernières années, elle a économisé 8 milliards de francs en plus de ce que lui demandait le frein à l’endettement&nbsp;!
</p><h3>Ras-le-bol&nbsp;!</h3><p>Cela fait depuis une année bientôt que l’USS et ses syndicats, bien qu’avec un succès limité, critiquent énergiquement cette politique du laisser-faire. C’est pourquoi, désormais, ils appellent leurs membres à venir manifester en masse le samedi 19 septembre à Berne. Il s’agit de faire clairement comprendre aux autorités de ce pays, des cantons et des communes qu’ils en ont franchement ras-le-bol. On ne peut pas uniquement aider l’UBS et abandonner sans autre la population à son triste sort&nbsp;!
</p><h3>Nos revendications</h3><p>Les revendications des syndicats sont de trois sortes&nbsp;: <i>Que chacun ait un emploi garanti</i>&nbsp;!, <i>Que les salaires et le pouvoir d’achat soient garantis&nbsp;!</i><i>Que les rentes soient garanties&nbsp;!</i></p><p>Pour <i>garantir les emplois</i>, les syndicats demandent que l’on mette enfin en œuvre un programme conjoncturel digne de ce nom, prévoyant des investissements dans les infrastructures, les transports publics et l’accueil extrafamilial des enfants, qu’une reconversion écologique et que les cantons et les communes renoncent à leurs absurdes politiques d’austérité. De plus, des mesures efficaces doivent être prises contre le chômage des jeunes, de même qu’il faut stopper les licenciements et prolonger à 24 mois la durée maximale du chômage partiel.
</p><p>Pour <i>garantir les salaires et le pouvoir d’achat</i>, il faut des hausses de salaire de 80 à 120 francs l’an prochain. Pendant la crise, les indemnités journalières de chômage doivent être augmentées et la durée d’indemnisation doit être prolongée. L’explosion des primes des caisses-maladie doit être intégralement compensée pour les bas et moyens revenus et le produit de la taxe sur le CO<sub>2</sub> remboursé sans délai. 
</p><p>Et il faut également <i>garantir la sécurité sociale</i> durant la crise. Concrètement&nbsp;: pas de démantèlement des rentes AVS, pas de relèvement de l’âge AVS et pas de coupes dans les rentes du 2<sup>e</sup> pilier&nbsp;!
</p><h3>Une vaste alliance contre la crise</h3><p>L’USS et ses syndicats ne sont pas les seuls à appeler à cette manifestation. Celle-ci est aussi soutenue par Travail.Suisse et ses fédérations affiliées, le SEC Suisse, les deux organisations d’enseignant(e)s de Suisse romande et alémanique (SER et LCH, le Parti socialiste suisse, les Verts, attac Suisse et de nombreuses autres organisations comme la Fédération des Associations des retraités et de l’entraide en Suisse (FARES), l’Oeuvre &nbsp;suisse d’entraide ouvrière (OSEO), Solidarité sans frontière et les Colonies libres, ainsi que la Marche mondiale des femmes. 
</p><p>Les manifestant(e)s se retrouveront dès 13h30 sur trois lieux de rassemblement. Au premier, la Schützenmatte, le Syndicat du personnel des transports (SEV) tiendra une «&nbsp;prémanif&nbsp;» dès 12h30 sous le slogan&nbsp;: «&nbsp;Caisses de pensions&nbsp;: halte à l’arnaque&nbsp;!&nbsp;». Et à partir de 13h30, les trois cortèges se rendront, de la Schützenmatte, de la Laupenstrsse et de la Fosse aux ours, au Palais fédéral. 
</p><p>Plus d’infos sur cette manifs&nbsp;: <a href="http://www.uss.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.uss.ch</a>.</p>]]></content:encoded></item><item><guid isPermaLink="false">news-269</guid><pubDate></pubDate><title>OUI à l’AI !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/oui-a-l-ai</link><description>Tout un chacun peut être un jour handicapé. Brusquement, sans savoir ni où ni quand. Qu’il y ait pour toute souffrance individuelle au moins une assurance qui atténue les con-séquences sociales et économiques pour les personnes concernées est un acquis essentiel de l’État social moderne. Un acquis qui doit reposer sur un financement solide. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis la crise des années 90, l’assurance-invalidité (AI) s’est enfoncée dans les dettes. Et pourquoi donc&nbsp;? D’une part, les entreprises se sont «&nbsp;assainies&nbsp;», multipliant les vagues de restructurations. Les personnes atteintes dans leur santé, dont les performances au travail étaient limitées, se sont retrouvées les premières sur le carreau. Et envoyées au large filet de l’AI qui a ainsi servi de garant à ces rationalisations... Parallèlement, les acteurs politiques se sont refilés la patate chaude du financement – solide – dont cette assurance avait un urgent besoin. Dans ce contexte, l’UDC a ainsi pu lancer sa campagne haineuse contre les «&nbsp;faux invalides&nbsp;»&nbsp;; cela, avec pour but de s’attaquer aux prestations de l’AI. Une campagne qui va d’ailleurs encore gagner en puissance. Le résultat de ces agissements et calculs est qu’aujourd’hui, les dettes de l’AI auprès de l’AVS se montent déjà à 13 milliards de francs. Et plus elles augmentent, plus cela fait les choux gras de ces milieux qui ont carrément l’intention d’assommer l’AI.
</p><p>La hausse de la TVA, limitée sur sept ans, en faveur de l’AI est un compromis. Et, comme pour tout compromis, les parties intéressées à un financement durable y ont laissé des plumes. Mais on n’a, actuellement, pas de meilleure solution qui pourrait réunir une majorité. Réalistement&nbsp;: ou bien on accepte cette solution, ou bien on renonce pour longtemps à résoudre le problème du financement de l’AI. 
</p><p>La TVA touche toute la population, et pas seulement celles et ceux qui exercent une activité lucrative. En outre, une augmentation de 0,4&nbsp;%, respectivement 0,1&nbsp;% pour les biens de consommation courante, est une augmentation modérée. Elle ne déclenchera pas une spirale antisociale des prix. Finalement, il faut aussi voir l’autre côté de la médaille, à savoir&nbsp;: une aide efficace pour les personnes qui dépendent de l’AI. 
</p><p>Abstraction faite qu’un OUI aurait un effet positif sur l’AVS – par la création d’un fonds de compensation de l’AI indépendant et la reprise par la Confédération des dettes de celle-ci à l’égard de celle-là -, cet assainissement de l’AI est nécessaire parce que, comme le dit le Conseil fédéral, dans le livret destiné aux citoyen(ne)s, en cas de refus, on risquerait de devoir prendre des «&nbsp;mesures drastiques pouvant aller jusqu’à une réduction substantielle des rentes&nbsp;». De quoi mettre rapidement en danger la vie quotidienne des personnes concernées. Et comme nul ne sait aujourd’hui s’il ne sera pas handicapé demain…</p>]]></content:encoded><category>Assurance-invalidité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-270</guid><pubDate></pubDate><title>Gouttes homéopathique contre grosse poussée de fièvre</title><link>https://www.uss.ch/themes/detail/gouttes-homeopathique-contre-grosse-poussee-de-fievre</link><description>Si l’on ne redresse pas la barre maintenant, la politique des pouvoirs publics va aggraver la crise l’an prochain, au lieu de l’endiguer. Certes les commissions parlementaires ont décidé quelques améliorations, mais, en matière de réduction des primes des caisses-maladie, elles ont reculé. Le Parlement fédéral va devoir corriger beaucoup de choses s’il veut que les pouvoirs publics luttent efficacement contre la crise. </description><content:encoded><![CDATA[<p>L’an prochain, la Suisse comptera, selon des pronostics officiels, près de 250&nbsp;000 personnes au chômage, un «&nbsp;record&nbsp;» jamais atteint depuis les années 30. Or, au lieu de l’éteindre, les pouvoirs publics suisses jettent de l’huile sur cet incendie. L’explosion des primes versées aux caisses-maladie privera la population de 2 à 3 milliards de francs. Et comme la taxe sur le CO2 a été augmentée, mais que son produit n’est pas immédiatement remboursé, il en résultera une nouvelle perte de pouvoir d’achat d’environ 500 millions. Pour les années 2009 et 2010, cette taxe réduira le pouvoir d’achat de près d’un milliard de francs. Dans les cantons et les communes, des mesures d’austérité commencent à se dessiner en raison de la baisse des recettes fiscales. Selon un sondage du Département fédéral des finances publié le 20 août dernier, les cantons et les communes veulent dépenser l’an prochain 2,5 milliards de francs de moins qu’en 2009. Si l’on ne les freine pas, les pouvoirs publics suisses vont ainsi détruire près de 40&nbsp;000 emplois en 2010. 
</p><p>Cette politique, qui aggrave la crise, est en contradiction avec la constitution fédérale. Le peuple suisse y charge en effet clairement la Confédération, les cantons et les communes de lutter contre le chômage. Telle est la teneur de l’article 100 de la constitution. 
</p><h3>Des améliorations certes, mais de loin pas suffisantes</h3><p>Dans ce contexte, le troisième volet de mesures de stabilisation présenté par le Conseil fédéral ne permettra qu’une lutte des plus timides contre les diverses conséquences de la crise. De fait, elle est largement insuffisante, se limitant à atténuer quelque peu la situation des parties de la population touchées par le chômage. Et la destruction d’emplois par les pouvoirs publics aura quand même lieu…
</p><p>Les Chambres fédérales traiteront de «&nbsp;conjoncture et chômage&nbsp;» lors de leur session automnale, le Conseil des États le 9 septembre et le Conseil national le 15. Les propositions du Conseil fédéral qui seront débattues ont été substantiellement améliorées. En effet, les commissions des deux Chambres ont décidé de rembourser l’an prochain le produit de la taxe sur le CO2 de 2009 et 2010. Pour les ménages, cela représentera près de 500 millions de pouvoir d’achat en plus. De plus, le Conseil fédéral devra pouvoir faire passer de 18 à 24 mois la durée maximale du chômage partiel. Des emplois seront ainsi sauvés et du chômage évité. Par contre, la décision de ne pas augmenter pour 2010 les fonds destinés aux réductions des primes des caisses-maladie est décevante. Au Parlement de revenir sur elle. L’Union syndicale suisse (USS) propose que la somme de 1,2 milliard encaissée grâce à la vente des actions UBS s’ajoute aux 200 millions de francs proposés par le gouvernement à cet effet. Il faut en outre mettre au point un programme d’investissement pour contrer les prochaines mesures d’austérité des cantons et des communes. 
</p><h3>L’argent est là&nbsp;!</h3><p>L’argent nécessaire au financement d’un programme conjoncturel apte à neutraliser les effets d’une politique qui aggrave la crise est là&nbsp;! En effet, comme le Centre de recherches conjoncturelles de l’École polytechnique fédérale de Zurich, le KOF, l’a souligné à divers égards, durant les années de reprise, la Confédération a économisé environ 8,8 milliards de plus que ce qu’exigeait le frein à l’endettement. En dépensant cet argent, la Confédération n’augmentera pas la dette publique (brute), mais rendra au contraire à la population ce qu’elle a pris en trop durant l’embellie.</p>]]></content:encoded></item><item><guid isPermaLink="false">news-271</guid><pubDate></pubDate><title>La Commission du Conseil national pose les mauvais jalons</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/la-commission-du-conseil-national-pose-les-mauvais-jalons</link><description>Le Conseil fédéral et le Parlement veulent endiguer les coûts dans l’assurance de base. Avant le début de la session, la commission du Conseil national chargée de l’examen préalable a toutefois posé les mauvais jalons .En effet, il est faux de vouloir saigner à blanc les assuré(e)s et de faire pression sur les salaires du personnel de la santé.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Fin mai, le Conseil fédéral a adopté des mesures urgentes afin d’endiguer les coûts dans l’assurance de base. En font partie, pour citer deux exemples, une contribution à la consultation et des services de conseil téléphonique. Et comme l’explosion des primes en pleine crise frappe de plein fouet de nombreux assuré(e)s, le gouvernement veut consacrer en 2010 200 millions de francs en plus pour réduire celles des assuré(e)s de condition modeste. D’autres propositions ont aussi été faites par un comité interpartis. Lors de cette session d’automne, les Chambres fédérales vont ainsi devoir adopter une loi fédérale urgente à partir de toutes ces idées. 
</p><p>La commission de la sécurité sociale et de la santé publique (CSSS) du Conseil national vient de prendre les premières décisions à fin août. Bilan&nbsp;: un train de mesures que les syndicats ne sauraient soutenir en l’état. 
</p><h3>Pour des réductions plus importantes des primes</h3><p>Les 200 millions de francs – une somme de loin insuffisante – destinés aux réductions des primes ont été rejetés par la CSSS. L’Union syndicale suisse (USS) demande des fonds supplémentaires d’un montant égal à celui de la hausse des primes (10&nbsp;% d’augmentation des primes devant représenter 2 milliards de francs en plus pour les réductions des primes). La somme de 1,2 milliard de francs encaissée par la Confédération grâce à la vente de ses actions UBS doit être affectée à cet effet.
</p><h3>Les assuré(e)s contraints de passer à la caisse</h3><p>Si la contribution à la consultation de 30 francs qui a été proposée a certes été biffée du projet, cette décision, qui est à saluer, ne doit pas nous cacher le fait que les assuré(e)s devront passer à la caisse à d’autres égards. En effet, les adultes devront, pour chaque jour d’hospitalisation, verser un montant qui sera fixé par le Conseil fédéral. Pour un séjour en hôpital d’un mois, cela pourra vite représenter des centaines de francs. Ici, il faudrait à tout le moins fixer un plafond. La CSSS du National a aussi refusé d’inscrire dans la loi l’actuelle limite supérieure de 700 francs par an de participation aux coûts. Or cette mesure serait d’autant plus nécessaire aujourd’hui que l’actuelle quote-part de 10&nbsp;% va passer à 20&nbsp;% pour les assuré(e)s qui consulteront directement un ou une spécialiste.
</p><h3>Personnel de la santé&nbsp;: des salaires sous pression</h3><p>En intervenant dans le système tarifaire, on vise à ce que les valeurs du point ne diffèrent pas de plus de 10&nbsp;% dans toute la Suisse. Il faut partir de l’idée que l’on va se référer ici aux valeurs les plus basses, ce qui conduira, dans certains cantons, à des baisses dramatiques de ces valeurs. Non seulement les fournisseurs de soins de base s’en ressentiront, mais aussi le personnel des divisions ambulatoires des hôpitaux. Cette problématique deviendra encore plus explosive en raison du fait que, dès le 1er janvier 2012, le financement des soins hospitaliers stationnaires se fera sur la base de forfaits par cas. Et là aussi, des efforts sont déployés pour que l’on fixe les tarifs en fonction des hôpitaux les moins chers de Suisse. On ne doit pas appliquer de tels systèmes, tant dans le domaine ambulatoire que stationnaire, car ils auraient uniquement pour effet de faire pression sur le personnel de la santé. 
</p><h3>Adieu au libre choix du médecin&nbsp;?</h3><p>Il s’agit également de supprimer le libre choix du médecin. La CSSS veut que les caisses-maladie choisissent elles-mêmes le médecin de famille. Elles devront en effet pouvoir décider avec quels médecins elles entendent travailler. Cette décision conduirait à un diktat des caisses. Or, c’est précisément ce que les citoyennes et citoyens ont clairement rejeté le 1er juin 2008&nbsp;!
</p><h3>Interlocuteur/interlocutrice personnel de santé (IPS)</h3><p>Maîtriser les coûts, les endiguer, ce serait donc une mission impossible&nbsp;? Pas du tout. Une large alliance d’organisations spécialisées et professionnelles du secteur de la santé, et l’USS, ont développé un modèle qui a été proposé à la commission compétente dans le cadre du débat sur les réseaux de soins intégrés («&nbsp;managed care&nbsp;»). Les délibérations de la CSSS à ce sujet sont encore pendantes. Au centre du modèle&nbsp;: l’IPG, qui garantira, à titre de médecin de famille, les soins de base et coordonnera de manière optimale la fourniture des prestations, contribuant de la sorte à maîtriser et freiner les coûts.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-266</guid><pubDate></pubDate><title>Deux piliers : l’interlocuteur/interlocutrice personnel de santé et la réduction des primes</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/deux-piliers-l-interlocuteur-interlocutrice-personnel-de-sante-et-la-reduction-des-primes</link><description>La politique de la santé est un gigantesque chantier permanent chantier. Et l’architecte en chef, sur le point de partir à la retraite, n’est pas le seul à avoir perdu toute vision d’ensemble. Pour l’Union syndicale suisse, les piliers qui doivent maintenant être érigés vont de soi : le modèle de l’interlocuteur/interlocutrice personnel de santé (IPS) doit ga-rantir l’accès aux soins et limiter les coûts et la réduction des primes doit être améliorée.</description><content:encoded><![CDATA[<p>À grand fracas, le Conseil fédéral avait annoncé au printemps 2009 des «&nbsp;mesures pour endiguer l’évolution des coûts&nbsp;». Ce projet de loi, d’une durée limitée à trois ans, devait avoir le caractère d’une mesure urgente. Hélas, durant la session d’automne des Chambres fédérales, il est apparu qu’il n’en serait rien, puisque la commission compétente du Conseil des États a reporté sa discussion de détail.
</p><h3>Évolution des coûts&nbsp;: beaucoup de fumée, mais pas de feu</h3><p>En revanche, le Conseil national a débattu du projet. Mais ce qu’il a décidé lors de sa session d’automne est inacceptable. En premier lieu, malgré l’augmentation massive des primes en 2010, il ne veut pas entendre parler de subsides supplémentaires pour leur réduction. Et ce ne sont pas seulement les propositions syndicales d’augmenter ces derniers afin de parvenir à une compensation complète pour les bas et moyens revenus qui ont été repoussées, car même le petit emplâtre du Conseil fédéral, 200 millions des subsides en plus, n’a pas trouvé grâce devant le National. Le refus de la proposition gouvernementale d’introduire une taxe de consultation – un «&nbsp;ticket modérateur&nbsp;»&nbsp;! - de 30 francs est en revanche positif. Mais les assuré(e)s passeront tout de même à la caisse d’une autre manière puisque tous les adultes hospitalisés devront payer un forfait journalier dont le montant sera fixé par le Conseil fédéral. En cas d’hospitalisation de longue durée, cela pourrait rapidement représenter plusieurs centaines de francs. Une limite supérieure devrait au moins être fixée d’urgence&nbsp;; ce que le Conseil national a refusé de faire, comme il a repoussé la proposition d’inscrire dans la loi le plafonnement actuel à 700 francs de la quote-part. Le fait que l’industrie pharmaceutique ait réussi une fois de plus à étouffer toute mesure sérieuse concernant les prix des médicaments s’accorde bien avec ce tableau de l’accroissement des charges supportées unilatéralement par les malades.
</p><p>Le Conseil des États discutera du projet durant la session d’hiver. Même si ce dernier devait alors être approuvé par le parlement, il n’aurait pas d’influence sur les primes 2010. Du coup, ces nombreuses mises à feu n’auront fait que beaucoup de fumée.
</p><h3>Réseaux de soins intégrés&nbsp;: les cantons doivent garantir la qualité</h3><p>Trois autres projets seront prochainement discutés par le parlement<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1209_CW_assurance-maladie.doc#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>&nbsp;: le Managed Care (soins intégrés), la liberté de contracter et la participation aux coûts. Le Managed Care est le plus important. La commission compétente du Conseil national en discutera durant le premier trimestre 2010. Le Conseil des États a déjà approuvé des dispositions qui permettent aux assureurs d’introduire des modèles de Managed Care. Mais ceux-ci auraient toutefois pour effet d’accroître le pouvoir des caisses et, simultanément, de mettre en péril la qualité des soins primaires. Les associations professionnelles et de spécialistes de la santé ont en conséquence développé, avec l’USS et le ssp, le modèle de l’interlocuteur/interlocutrice personnel de santé (IPS) et l’ont intégré aux débats de la commission du Conseil national. Ce modèle garantit les soins primaires dans la médecine familiale, coordonne de manière optimale les prestations de soins et attribue aux cantons la responsabilité de mettre en place un réseau national d’IPS. Une correction dans ce sens du système de Managed Care modèle Conseil des États est donc non seulement urgente et nécessaire, mais aussi possible.
</p><h3>Davantage de fonds pour les réductions de primes</h3><p>L’augmentation des primes en 2010 va toucher de manière très sensible de nombreux ménages. La revendication de l’USS est claire&nbsp;: des réductions de primes supplémentaires sont nécessaires. Lors de l’introduction de la loi sur l’assurance-maladie, en 1991, le Conseil fédéral a défini quelle devait être la charge maximale due aux primes des caisses, à savoir&nbsp;: pas plus de huit pour cent du revenu imposable. Pour la plupart des ménages, cette charge dépasse ce seuil, même en tenant compte des réductions de primes. En d’autres termes&nbsp;: la réduction des primes n’atteint pas son objectif social. Correctif de prime antisociale par tête, la réduction n’a jamais été utilisée de manière satisfaisante. C’est la raison pour laquelle il faut l’améliorer massivement.  
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1209_CW_assurance-maladie.doc#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1"><sup>[1]</sup></a>.&nbsp;Les projets sur la liberté de contracter et la participation aux coûts seront traités par la commission du Conseil national avec celui du Managed Care et devraient voir leur sort dépendre fortement du résultat des débats sur ce dernier.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-221</guid><pubDate></pubDate><title>Il arrive que les scientifiques ne voient pas au-delà de la science</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/il-arrive-que-les-scientifiques-ne-voient-pas-au-dela-de-la-science</link><description>En 2030, il devra y avoir 70 % d’universitaires : tel est l’objectif dévolu à la future poli-tique de l’éducation en Suisse par le livre blanc des « Académies des sciences suisses ». Six thèses à propos de cette étude aux nombreuses qualités, toutefois gâchée par une optique trop restrictive</description><content:encoded><![CDATA[<ol><li>Le livre blanc «&nbsp;Une éducation pour la Suisse du futur. Exigences posées au système de formation suisse en 2030&nbsp;» des Académies suisses des sciences a été présenté de façon provocatrice à l’opinion publique, l’auteur principal avançant que la formation professionnelle était un modèle à bout de course. Cette contribution au débat risque donc de dégénérer en une polémique stupide opposant formation professionnelle et formation générale, sans que les réflexions et les objectifs de l’ouvrage, en soi estimables, soient réellement pris en compte. Si les Académies mettent politiquement leur feuille de route en œuvre dans cet esprit-là, elle ne pourra que nourrir la querelle entre ces deux types de formation, affaiblissant du coup la revendication de davantage de formation.</li><li>Les lacunes du livre blanc se manifestent rapidement&nbsp;: la formation professionnelle n’y apparaît pas du tout comme un système parallèle à celui de la formation générale, bien que, depuis le niveau du secondaire II, elle regroupe la plus grande partie des apprenant(e)s. L’introduction de la maturité professionnelle, qui mène aux Hautes écoles spécialisées, n’est pas appréciée à sa juste valeur. Les efforts actuels pour faire reconnaître internationalement les curriculums de formation professionnelle — très demandés sur le marché du travail — dans le tertiaire au niveau A et B n’ont pas été pris en compte. Peut-être que les auteurs ne les connaissent d’ailleurs pas.</li><li>Le chapitre «&nbsp;Scénario 2030&nbsp;» évoque des objectifs auxquels nous souscrivons&nbsp;: «&nbsp;L’égalité des chances a été atteinte dans le sens où l’origine sociale ne constitue plus un facteur déterminant pour le succès de la formation&nbsp;» (p. 8). C’est aussi le cas pour d’autres buts, comme la compétence fédérale renforcée en matière de hautes écoles et l’augmentation visée des moyens de financement de la formation à hauteur de 10&nbsp;% du produit intérieur brut, principalement d’origine publique.</li><li>Ce «&nbsp;Scénario 2030&nbsp;» est toutefois fondamentalement animé par un individualisme méthodologique. Il est axé sur la volonté de chaque individu et sur sa disposition à se former afin d’améliorer sa situation dans la société, ce qui revient à idéaliser l’effet de la formation. Or, les efforts de formation n’ont, à eux seuls, jamais réussi à rendre la société socialement plus juste. Pour cela, il faut aussi des propositions sociales en matière de politique économique, de politique sociale et de l’emploi.</li><li>Si les académies cherchent à jouer un rôle dans l’élaboration d’un «&nbsp;programme national de formation&nbsp;», si elles veulent être prises au sérieux à ce propos, elles devront davantage prendre langue avec tous les acteurs en matière de formation et développer des propositions mieux fondées historiquement et factuellement. A cette occasion surtout, les acteurs de la formation au niveau décisionnel ne devront pas être divisés en partisans de la formation générale ou de la formation professionnelle. Les deux systèmes ont un fort besoin de réformes et de moyens financiers. Si les lobbies de la formation se combattent, ni l’un ni l’autre des systèmes ne pourra obtenir de moyens financiers supplémentaires.</li><li>Il existe finalement une littérature abondante — également scientifique — sur l’importance de la formation professionnelle en Suisse. Encore faut-il la lire.</li></ol><p>(Cet article repose sur une contribution en allemand de Peter Sigerist à l’occasion de la journée organisée par l’Académie des sciences suisses à Bienne, le 24 septembre dernier.)</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-222</guid><pubDate></pubDate><title>Demi-échec au Parlement fédéral </title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/demi-echec-au-parlement-federal</link><description>En matière de sécurité sociale des acteurs culturels, un premier pas a certes été franchi au Parlement fédéral. Mais on n’est pas encore au bout de nos peines. Espérons que le nouvel arrivé sous la Coupole bernoise permettra de progresser sur ce dossier urgent. </description><content:encoded><![CDATA[<p>L’examen de la Loi sur l’encouragement de la culture (LEC) par le Conseil national s’est soldé sur un demi-échec. Certes, la disposition&nbsp;qui prescrit que la Confédération et Pro Helvetia devront désormais verser un pourcentage de leurs subventions artistiques à la caisse de pension ou à une autre forme de prévoyance professionnelle des artistes concernés a été confirmée. La Chambre du peuple a ainsi suivi la recommandation de sa commission et accepté la nouvelle mouture de l’article de loi. Ce faisant, elle a confirmé sa ligne, car c’est en effet de ses rang qu’était issue cette proposition qui était ensuite sortie légèrement modifiée des débats du Conseil des États. 
</p><p>Mais le Conseil national n’est malheureusement pas allé jusqu’au bout. Il a refusé pour la deuxième fois une motion demandant des améliorations de la couverture de sécurité sociale des travailleurs «&nbsp;atypiques&nbsp;», notamment les acteurs culturels. Pourtant, le Conseil des États l’avait acceptée et le Conseil fédéral ne s’y opposait pas. 
</p><p>Ce refus est doublement problématique. D’une part, parce que cette proposition risque d’être définitivement enterrée. En effet, une première mouture de la motion, déposée par la commission de la science, de l’éducation et de la culture du Conseil national ayant déjà été refusée au printemps 2009, il y a fort à parier que ce second échec sera fatal et qu’une nouvelle opportunité d’améliorer la sécurité sociale des artistes ne se représentera pas à court terme. D’autre part, le changement de titulaire du Département fédéral de l’intérieur (DFI) implique que les syndicats et les milieux culturels devront recommencer leur travail de conviction qui avait fini par payer auprès de M. Couchepin. Il faut désormais espérer que M. Burkhalter, le nouveau chef du DFI, sera sensible aux difficultés des acteurs culturels et acceptera de trouver des solutions pour que l’extinction des lumières de la scène ne laisse plus la place aux lacunes de couverture sociale.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Politique sociale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-224</guid><pubDate></pubDate><title>Au moins une personne sur cinq est syndiquée</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/au-moins-une-personne-sur-cinq-est-syndiquee</link><description>Fin 2008, la Suisse comptait 752 173 syndiqué(e)s, soit un taux de syndicalisation d’environ 21,9 %.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="Absatznormal"><span lang="FR">Les organisations de salarié(e)s répertoriées dans les statistiques de l’USS</span>&nbsp;comptaient, à la fin 2008, 12&nbsp;000 membres de moins qu’en 2007. Les effectifs syndicaux se répartissaient comme suit entre les deux organisations faîtières et le groupe sans organisation faîtière&nbsp;: 49&nbsp;% à l’USS, 21,4&nbsp;% à Travail.Suisse et 29,6&nbsp;% sans organisations faîtières.</p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Selon la statistique de l’emploi de l’Office fédéral de la statistique, en 2008 (4<sup>e</sup> trimestre), le nombre d’employé(e)s occupés à au moins 50&nbsp;% était de 3&nbsp;430&nbsp;000. Les 752&nbsp;173<span lang="FR">[3]</span></span> syndiqué(e)s recensés par l’USS représentent donc un taux de syndicalisation de 21,9&nbsp;% (25&nbsp;% en 2002).</p><h3><span lang="FR">Fédérations affiliées à l’USS</span></h3><p class="Sous-titreSP">&nbsp;</p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Avec 368&nbsp;426 membres répartis dans 16 fédérations, l’USS a perdu en un an 5&nbsp;575 membres (-1,5&nbsp;%). Quatre fédérations seulement ont vu leurs effectifs augmenter&nbsp;: kapers, SBKV, SSM et New Wood<span lang="FR">[4]</span></span>.</p><h3><span lang="FR">Fédérations de Travail.Suisse</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">En un an, Travail.Suisse a perdu au moins 6000 membres (-3,6 %) et compte désormais 161&nbsp;200 membres (12 fédérations). Si l’on fait abstraction des problèmes d’attribution (note 2), les fédérations de Travail.Suisse ont perdu en tout 3610 membres (-2,1&nbsp;%).</span></p><p class="Sous-titreSP"><span lang="FR">Autres associations</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Les 11 associations non affiliées à une organisation faîtière ont perdu 3161 membres en 2008 (-1,4&nbsp;%), 4 d’entre elles gagnant des membres et 7 en perdant.</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR"><b>Nombre de syndiqué(e)s de 2002 à 2008 (organisations enregistrées dans&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> les statistiques de l’USS) et taux de syndicalisation approximatif</b></span></p><p class="ParagrSPnormaux">&nbsp;</p><table class="contenttable"><thead><tr><th scope="col">Syndiqué de&nbsp;</th><th scope="col">2002</th><th scope="col">2003</th><th scope="col">2004</th><th scope="col">2005</th><th scope="col">2006</th><th scope="col">2007</th><th scope="col">2008</th></tr></thead><tbody><tr><td><b>USS</b></td><td><p><span>384&nbsp;691 </span></p><p><span>(17)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>393&nbsp;128 </span></p><p><span>(18)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>383&nbsp;236 </span></p><p><span>(16)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>384&nbsp;816 </span></p><p><span>(16)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>379&nbsp;956 </span></p><p><span>(17)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>374&nbsp;001</span></p><p><span><br></span><span>(17)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>368&nbsp;426 </span></p><p><span>(16)</span>&nbsp;</p></td></tr><tr><td><b>Travail.Suisse</b></td><td><p><span>166&nbsp;808 </span></p><p><span>(13)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>164&nbsp;195 </span></p><p><span>(12)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>161&nbsp;418 </span></p><p><span>(12)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>161&nbsp;667</span></p><p><span>(12)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>162&nbsp;283 </span></p><p><span>(10)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>167&nbsp;299</span></p><p><span><br></span><span>(12)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>161&nbsp;200 </span></p><p><span>(12)</span>&nbsp;</p></td></tr><tr><td><b>Autres Organisation</b></td><td><p><span>226&nbsp;298 </span></p><p><span>(10)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>224&nbsp;371 </span></p><p><span>(10)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>225&nbsp;832</span></p><p><span> (10)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>223&nbsp;509 </span></p><p><span>(10)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>225&nbsp;024 </span></p><p><span>(11)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>225&nbsp;708</span></p><p><span>(11)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>222&nbsp;547 </span></p><p><span>(11)</span>&nbsp;</p></td></tr><tr><td rowspan="1"><b>Total</b></td><td rowspan="1"><p><span>777&nbsp;797 </span></p><p><span>(40)</span></p></td><td rowspan="1"><p><span>781&nbsp;694 </span></p><p><span>(40)</span></p></td><td rowspan="1"><p><span>770&nbsp;486 </span></p><p><span>(38)</span></p></td><td rowspan="1"><p><span>769&nbsp;992 </span></p><p><span>(38)</span></p></td><td rowspan="1"><p><span>767&nbsp;263 </span></p><p><span>(38)</span></p></td><td rowspan="1"><p><span>767&nbsp;008 </span></p><p><span>(40)</span></p></td><td rowspan="1"><p><span>752&nbsp;173 </span></p><p><span>(39)</span></p></td></tr><tr><td><b>Taux des syndicalisation</b></td><td><span>25&nbsp;%</span></td><td><span>24,9&nbsp;%</span></td><td><span>24,7&nbsp;%</span></td><td><span>24,6&nbsp;%</span></td><td><span>24,0&nbsp;%</span></td><td><span>22,9&nbsp;%</span></td><td><span>21,9&nbsp;%</span></td></tr></tbody></table>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-265</guid><pubDate></pubDate><title>Crise renforcée par la majorité parlementaire au lieu de vraie politique conjoncturelle…  </title><link>https://www.uss.ch/themes/detail/crise-renforcee-par-la-majorite-parlementaire-au-lieu-de-vraie-politique-conjoncturelle</link><description>Ce qu’il est resté du troisième train de mesures conjoncturelles après son passage au Parlement fédéral est plus que décevant. Ainsi, on risque, l’an prochain, une aggravation de la crise à causes des pouvoirs publics et des caisses-maladie. L’explosion des primes des ces dernières (env. 2 milliards de francs de pouvoir d’achat en moins) et les pro-grammes d’austérité cantonaux et communaux (env. 2,5 milliards de francs) se traduiront, pour l’économie suisse, par une baisse de la demande. Et le troisième train de mesures conjoncturelles ne fait rien contre cela. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Commençons par un flash-back&nbsp;: au printemps de cette année déjà, le Département fédéral de l’économie avait signalé qu’en 2010, la hausse des primes des caisses-maladie, de la taxe sur le CO2 et du prix de l’électricité, ainsi que d’éventuelles contributions destinées assainir les caisses de pensions absorberaient largement le pouvoir d’achat des gens. Et que des mesures pour y faire face s’imposeraient. Il fut alors entre autres proposé d’augmenter fortement les fonds destinés à réduire les primes des caisses-maladie. Mais, en fin de compte, le message du Conseil fédéral ne prévoyait plus aucune mesure.
</p><p>Si on remboursera finalement au moins le produit de la taxe sur le CO2, c’est la gauche parlementaire qu’il faut remercier d’avoir réintroduit cette proposition dans les débats de la commission chargée de l’examen préalable de ce dossier. Par contre, d’autres propositions plus ambitieuses, comme une réduction plus importante des primes des caisses-maladie ou des mesures pour contrer les effets de la politique d’austérité des cantons et des communes – comme par exemple un bonus à l’investissement – n’ont pas trouvé de majorité. 
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) continuera à se battre contre cette politique qui aggrave la crise. Il faut absolument engager des mesures pour neutraliser les effets des programmes d’austérité des cantons et des communes. Concernant les primes des caisses maladie, les yeux de la population vont définitivement se dessiller ces prochaines semaines, lorsqu’elle saura combien elle devra payer en plus en 2010. Le budget d’une famille de quatre personnes sera ainsi grevé de 1000 à 1500 francs en plus à cette rubrique des primes. L’USS attend donc du Conseil des États qu’il décide, lors de la session parlementaire d’hiver, d’augmenter les fonds destinés aux réductions de ces primes.-</p>]]></content:encoded></item><item><guid isPermaLink="false">news-264</guid><pubDate></pubDate><title>La dette publique</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/la-dette-publique</link><description>La situation des finances publiques est très solide, contrairement à ce que certains ne cessent de prétendre. Face à la dette publique existe une fortune au moins aussi impor-tante. On a assez d’argent pour engager des mesures conjoncturelles, comme le montre une analyse économique objective. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Après que la politique conjoncturelle soit tombée en disgrâce depuis la fin des années 1980, soudainement les programmes conjoncturels publics sont redevenus en vogue à la fin 2008/début 2009. Toutefois, l’ancienne idéologie regagne du terrain depuis la fin du printemps dernier, brandissant notamment l’argument selon lequel ces programmes gonfleraient l’endettement public et nuiraient ainsi au potentiel de croissance, une fois la crise terminée. Cette situation est encore aggravée par le fait que de nombreux cantons ont adopté, pendant la dernière époque de haute conjoncture, des freins à l’endettement restrictifs qui exigent l’équilibre de leurs comptes, quelle que soit la conjoncture. Dès lors, les cantons et les communes freineront leurs dépenses en 2010 et, au beau milieu de la crise, ils entendent couper dans leurs budgets. Selon une enquête du Département fédéral des finances, ils prévoient de réduire leurs dépenses d’environ 1&nbsp;milliard de francs et les communes de près de 3&nbsp;milliards (graphique). Alors que le chômage atteindra, en 2010, un niveau jamais vu, les pouvoirs publics de Suisse visent l’équilibre budgétaire.
</p><p><b>Dépenses de la Confédération, des cantons et des communes en 2010<br> (variation par rapport à 2009, en millions de francs)</b></p><p>En pleine crise, la politique financière suisse adopte une ligne restrictive qui accentue la récession. Or, le pouvoir d’achat sera déjà été fortement réduit en raison de la hausse des primes des caisse-maladie (de 2 à 3&nbsp;milliards), ce qui privera l’économie d’une part de demande. Et le pouvoir d’achat diminuera encore à cause des programmes d’austérité des cantons et des communes. L’un dans l’autre, le frein que l’État donnera à la conjoncture dépassera 5&nbsp;milliards de francs, soit plus d’un pour cent du PIB. 
</p><p>Or, nous disposerions de l’argent nécessaire à l’application d’une politique économique plus performante, susceptible de stabiliser la conjoncture. D’une part, la dette publique n’est pas un problème en Suisse (cf. ci-après). D’autre part, les pouvoirs publics suisses ont pratiqué une politique restrictive pendant les années de haute conjoncture. Entre 2003 et 2008, la quote-part de l’État (dépenses de la Confédération, des cantons et des communes, en % du PIB) a reculé de 2 points de pourcentage. Selon les calculs du KOF, le Centre de recherches conjoncturelles de l’École polytechnique fédérale de Zurich, la Confédération a, à elle seule épargné, 8&nbsp;milliards de francs de plus que ce que le frein à l’endettement exigeait. Le taux d’endettement des pouvoirs publics a chuté de 55 à 42&nbsp;pour cent. Nous disposons donc sans problème de l’argent nécessaire à l’application d’une politique stabilisatrice. 
</p><p><b>Quote-part de l’État et taux d’endettement brut&nbsp;:&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Confédération, cantons et communes</b> &nbsp;&nbsp; <br> (dépenses ordinaires et endettement brut en % du PIB)
</p><h3>La dette publique n’est pas par essence un problème – petite digression économique</h3><p>La notion de dette publique fait habituellement référence à la dette brute, c’est-à-dire au capital emprunté, sans tenir compte de la fortune publique. Or, celle-ci existe aussi, sous la forme de titres ou d’immeubles. Toutefois, la pratique comptable appliquée dans les comptes des collectivités publiques sous-estime cette fortune, en comptabilisant par exemple les titres à leur valeur nominale et en appliquant, autrefois, de forts taux d’amortissement sur les biens-fonds et les immeubles. Dès lors, il est impossible de comparer directement dette brute et fortune, de sorte qu’il faut avoir recours à une comparaison indirecte, en mettant par exemple côte à côte les intérêts débiteurs et le revenu de la fortune. Si nous comparons ces deux grandeurs, nous constatons que le revenu de la fortune est nettement supérieur aux intérêts débiteurs. 
</p><p>L’un dans l’autre, la Confédération, les cantons et les communes ne sont pas endettés, mais disposent d’une fortune nette. L’endettement brut de l’État norvégien dépasse 50&nbsp;pour cent du PIB, mais sa fortune est près de trois fois supérieure. La Norvège a notamment un endettement brut pour approvisionner le marché norvégien des capitaux en obligations de l’État. Sans ces obligations, la politique monétaire, par exemple, est plus difficile à appliquer. 
</p><p>Toutefois, même l’endettement net d’un État n’est pas une cause d’inquiétude. Le fait de payer des intérêts sur la dette publique ne suffit pas à lui seul à déclencher une spirale de l’endettement, pour autant que le déficit public ne soit pas supérieur aux intérêts de la dette. Puisque le taux d’intérêt est égal à long terme au taux de croissance économique, les dettes augmentent au même rythme que le produit intérieur brut (PIB), c’est-à-dire le revenu d’une économie. L’État peut régler les intérêts sans devoir augmenter les impôts ou perdre la maîtrise de son endettement. 
</p><p>Tant qu’un État n’est pas fortement endetté envers l’étranger, la dette publique n’appauvrit personne ni ne constitue un fardeau pour les prochaines générations. Un exemple&nbsp;: un village organise une fête, payée par la commune. Cette activité peut être financée de deux façons&nbsp;: soit a) la commune emprunte auprès de ses habitant(e)s, soit b) la commune augmente les impôts du montant du coût de la fête. Quelle en est la conséquence pour les enfants des habitant(e)s qui ont organisé la fête&nbsp;? Dans les deux cas, ils transmettent à leurs enfants une fortune diminuée du coût de la fête. Dans le premier cas, les enfants héritent en sus d’une obligation dont le montant est égal au coût de la fête. Si la commune veut rembourser l’obligation, elle doit relever les impôts. Autrement dit, les habitant(e)s qui ont une obligation devront payer davantage d’impôt pour que la dette puisse être remboursée. Il s’agit donc d’un jeu à somme nulle. Conclusion&nbsp;: peu importe que la fête ait été financée par un crédit ou par une hausse des impôts, l’argent est dépensé.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique monétaire</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-220</guid><pubDate></pubDate><title>Une absurdité à stopper !</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/une-absurdite-a-stopper</link><description>Contrairement à ses anciennes assurances, le Conseil fédéral veut rapidement libéraliser les services postaux ; et ce, pour des raisons purement idéologiques. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Dans un premier temps, et sans raison aucune, il avait permis à la concurrence – c’était à l’été 2009, soit trois ans seulement après l’introduction de la limite de 100 grammes - d’acheminer aussi le courrier jusqu’à 50 grammes. Lancée à la même époque, la révision totale de la législation sur la Poste va passer devant le Conseil des États et pourrait être déjà traitée par le parlement fédéral lors de sa session d’hiver. Comme elle prévoit la libéralisation intégrale des services postaux, la desserte de base s’en trouverait remise en question parce que seul le monopole restant est en mesure de la financer. Le gouvernement entend aussi transformer la Poste en société anonyme (SA) régie par une loi spéciale et externaliser PostFinance dans le cadre d’une SA entièrement privatisée. Cela, alors qu’il n’y a aucune raison de tout chambouler, parce que, après d’innombrables restructurations, la Poste est désormais très efficiente, tant en ce qui concerne la technique la plus moderne à laquelle elle recourt qu’en comparaison internationale. 
</p><h3>Un naufrage total programmé, preuves par l’étranger à l’appui</h3><p>Cette nouvelle réforme risque d’être un naufrage total. En effet, toute libéralisation de services publics revient, comme nous le montrent l’ensemble des expériences faites à l’étranger – et notamment en matière de services postaux – à une hausse des prix, à un recul de l’emploi et à un renforcement de la pression exercée sur des salaires d’ores et déjà bas. En Suède, où la poste a été libéralisée en 1996, les prix payés par les usagers privés ont fortement augmenté, seuls les envois de masse des grandes entreprises sont étant devenus moins chers. De plus, la présence de la poste dans l’ensemble du pays s’est raréfiée et l’emploi y a diminué de 25&nbsp;%. Rapporté à la Suisse, tout cela pourrait se traduire par la destruction de 10&nbsp;000 emplois. C’est inacceptable, surtout en pleine crise. Tout aussi inacceptable que le renforcement de la sous-enchère salariale - comme en Allemagne - qui a débouché sur des salaires de misère de 6 euros de l’heure. 
</p><h3>Un naufrage total, c’est-à-dire des prestations de moindre qualité et… plus chères</h3><p>Cette réforme risque aussi d’être un naufrage total en ce sens que, en plus d’une lus forte pression sur les salaires, elle entraînerait un démantèlement de la desserte de base. Aujourd’hui déjà, la Poste menace de réduire le nombre d’offices de poste, des intentions contre lesquelles le Syndicat de la Communication a récolté 160&nbsp;000 signatures, en plein été et en peu de semaines. De fait, la population ne veut pas que l’on démantèle les offices de poste, comme elle ne veut pas que les services postaux renchérissent. Personne ne s’étonnera donc qu’un sondage réalisé cet été par l’institut Gfs Recherche en politique, communication et société, de Berne, montre que les gens sont très contents de leur Poste. À une majorité écrasante, ils rejettent la libération voulue par le Conseil fédéral. 
</p><h3>La libéralisation&nbsp;: un cadeau pour quelques «&nbsp;élus&nbsp;», souvent étrangers</h3><p>Seuls quelques rares «&nbsp;élus&nbsp;», à savoir, concrètement, quelques entreprises concurrentes, principalement en mains étrangères, profiteraient d’une libéralisation de la Poste. Ces entreprises voudraient en effet piquer à la Poste, propriété de la Confédération, les meilleures parts du gâteau postal qui se trouvent dans les agglomérations. Les conditions de travail en feraient les frais, ainsi que la qualité des services fournis. La Poste doit au contraire rester en mains publiques, être présente sur l’ensemble du territoire national, fiable et financièrement avantageuse. C’est tout cela que mettent en danger la libéralisation proposée et la privation qui menace. 
</p><p>Cela fait des années que les syndicats se battent contre cette tendance. L’enjeu de cette lutte, ce sont des emplois et des services postaux de qualité dans tout le pays. Par chance, les d’alliés sont ici de poids&nbsp;: de nombreux cantons, les grandes villes, l’Association des Communes Suisses, les organisations de protection des consommateurs et consommatrices et l’Union suisse des paysans, ainsi que le groupement d’intérêt des régions de montagne, à savoir&nbsp;: autant d’acteurs opposés à une libéralisation de la Poste. Un référendum contre cette réforme aussi inutile que dommageable aurait ainsi de grandes chances de s’imposer. Le parlement fédéral serait bien inspiré de faire son sort au spectre de la libéralisation avant qu’il ne se manifeste.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Poste</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-219</guid><pubDate></pubDate><title>Une nette majorité du peuple veut une AI renforcée</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/une-nette-majorite-du-peuple-veut-une-ai-renforcee</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Le oui clair et net de la majorité du peuple suisse au financement additionnel de l’assurance-invalidité (AI) est un signal clair contre tout démantèlement social. La majorité des votant(e)s s’est également montrée prête à payer plus d’impôt pour l’AI. En soi, qu’une majorité accepte une augmentation d’impôt est chose remarquable. Mais, au vu de la campagne tonitruante de l’UDC en faveur du non, c’est d’autant plus impressionnant. Finalement, une confortable majorité de citoyen(ne)s ne s’est pas laissée induire en erreur par la campagne mené à coups de millions de francs par les milliardaires de l’UDC. Ni la présence majoritaire durant deux mois des affiches pour le non, ni le recours à une argumentation démagogique et odieuse, dirigée contre de soi-disant abus n’ont été en fin de compte déterminants ici. Ce qui l’a au contraire été, c’est la responsabilité prise par le peuple de rendre l’AI à nouveau solide, après des années pendant lesquelles une majorité irresponsable de parlementaires de droite n’a cessé de l’affamer. 
</p><p>Étant donné la petite majorité de cantons favorables au oui, on entend un peu partout, du moins en Suisse alémanique, des appels à des économies encore plus drastiques dans l’AI. Mais le résultat sorti des urnes ne permet pas d’en arriver à de cette déduction. Au contraire en effet, la nette majorité du peuple s’est prononcée pour une AI solide et performante, même au prix d’une hausse de la TVA. En Suisse romande et dans les villes, les majorités pour le oui sont même très marquées. La conclusion à en tirer est claire&nbsp;: précisément en période de crise, les assurances sociales sont vitales pour les personnes qui en ont besoin et pour l’ensemble de l’économie. Sans elles, le pouvoir d’achat des gens et, donc, la consommation globale s’effondreraient au point que nous devrions faire face une dépression. C’est pourquoi les apôtres du démantèlement social n’ont pas à interpréter ce scrutin de façon aussi «&nbsp;déséquilibrée&nbsp;» que l’a été la répartition des moyens financiers investis dans cette campagne. Un projet de démantèlement de l’AI n’aurait pas eu la moindre chance ce 27 septembre. Il s’agit ainsi d’aborder avec prudence la 6e révision de l’AI. Les syndicats ne refuseront pas les bonnes solutions, mais rejetteront, comme faux et inacceptable, tout démantèlement de cette assurance.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Assurance-invalidité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-223</guid><pubDate></pubDate><title>Chômage de longue durée et jeunes chômeurs et chômeuses : amputation et mesures prises du bout des lèvres </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/chomage-de-longue-duree-et-jeunes-chomeurs-et-chomeuses-amputation-et-mesures-prises-du-bout-des-levres</link><description>Quel triste jeu ! Radicaux et UDC ne voulaient accorder aucun soutien aux chômeuses et chômeurs ; cela, en pleine crise ! Mais s’ils n’ont – heureusement ! – pas réussi à imposer leur politique de la table rase, leur comportement a néanmoins nettement marqué les décisions finalement prises  par les Chambres fédérales. Vraiment, quel triste jeu !</description><content:encoded><![CDATA[<p>La Conférence de conciliation des deux Chambres fédérales a finalement sauvé les mesures en faveur des jeunes chômeurs et chômeuses contenues dans la troisième phase des mesures de stabilisation. Radicaux-libéraux et UDC, opposés au principe même d’un plan de relance, aveuglés par leur idéologie de rigueur financière et considérant, en gros, que le chômage des jeunes n’est qu’un «&nbsp;phénomène passager qui ne frappe que les paresseux&nbsp;», ont bataillé ferme pour supprimer totalement ces modestes mesures. Même s’il faut se réjouir qu’ils n’y soient finalement pas parvenus, le paquet de mesures adopté ne peut que laisser un sentiment d’inachevé, voire de gâchis, tant il est faible. 
</p><p>De fait, les mesures qui étaient prévues en faveur des chômeurs et chômeuses de longue durée, elles aussi importantes malgré leur modestie, ont été carrément amputées de moitié, sacrifiées sur l’autel du frein à l’endettement&nbsp;! 
</p><p>Il n’en demeure pas moins que les mesures destinées aux jeunes chômeurs et chômeuses, notamment parce qu’elles leur permettront de mettre à profit leur période de chômage pour acquérir des qualifications reconnues (p. ex. en apprenant une langue étrangère), constituent un premier pas dans la bonne direction. Même si c’est un pas limité. Il ne reste qu’à espérer que la droite dure de ce pays se rende compte que la gravité de la situation du marché de l’emploi n’est vraiment pas propice à son chipotage idéologique.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Assurance-chômage</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-213</guid><pubDate></pubDate><title>7000 francs pour chaque place d’apprentisage dans le secteur social et dans celui des soins</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/7000-francs-pour-chaque-place-d-apprentisage-dans-le-secteur-social-et-dans-celui-des-soins</link><description>Le 26 octobre a eu lieu la conférence nationale sur les places d’apprentissage. Les acteurs de la formation professionnelle réunis sous la houlette du Conseil fédéral se sont retrouvés pour la cinquième fois afin de donner leur accord à des mesures censées augmenter le nombre de places d’apprentissage. L’USS a demandé qu’un soutien concret soit apporté pour développer de la formation dans le secteur des soins.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Comme par le passé, l’USS était représentée cette année à la conférence sur les places d’apprentissage créée à son instigation. Sa proposition principale visait à mettre en œuvre des mesures spécifiques et efficaces en vue de promouvoir la formation professionnelle dans le domaine sanitaire et social. L’Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie (OFFT) voit certes les choses de la même façon. Il demande à juste titre que les capacités de formation soient doublées ou triplées dans ces domaines mais, ce faisant, il semble ignorer les barrières qui font obstacle à cette demande. Pour beaucoup d’entreprises du secteur de la santé, la formation est aujourd’hui trop coûteuse. Dans le secteur des soins extrahospitaliers et infirmiers, les entreprises sont souvent de si petite taille qu’elles renoncent à toute formation. Leur proposer seulement du réseautage et de l’encadrement part sans doute d’une intention louable mais ce ne sera pas nécessairement efficace. 
</p><h3>7000 francs par an et par place de formation</h3><p>C’est pourquoi, à l’initiative du SSP, l’USS a proposé une mesure d’encouragement supplémentaire prévoyant que la Confédération et les cantons soutiendraient chaque place de formation dans le domaine sanitaire et social durant une certaine période au moyen d’un montant de 7000 francs par an. Cette aide au démarrage devait être en vigueur pendant six ans. En outre, le projet de formation professionnelle initiale de deux ans <a name="_Hlt243471010"></a>devait s’adresser avant tout aux élèves les plus faibles venant d’un milieu social défavorisé&nbsp;; et être perméable vers le haut. De surcroît, la constitution de réseaux d’entreprises formatrices devait être encouragée tout particulièrement, comme le propose l’ASI, l’Association suisse des infirmières et infirmiers. 
</p><h3>Il ne faut pas reprendre d’une main ce que l’on donne de l’autre</h3><p>Enfin, comme les associations du personnel du domaine de la santé l’attentent de nous, l’USS s’est également engagée pour inciter les acteurs de la formation réunis dans le cadre de la conférence à s’opposer à une politique d’économies catastrophique. En effet, si les conditions de travail dans le secteur sanitaire et social continuent de se dégrader ou subissent le contrecoup de la réduction des coûts, toutes les initiatives prises pour former plus de personnel dans ce secteur ne serviront à rien. Les personnes formées abandonneront tôt ou tard ce secteur. Le nombre exceptionnellement élevé de personnes qui délaissent leur profession dans le domaine de la santé et le domaine social en Suisse témoigne des effets destructeurs de ce démantèlement.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-214</guid><pubDate></pubDate><title>Nouvelle victoire d’étape de l’USS</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/nouvelle-victoire-d-etape-de-l-uss</link><description>Une modification du règlement sur l’AVS (RAVS) avait eu en son temps l’effet d’une bombe pour les travailleurs et travailleuses atypiques, notamment les intermittents du spectacle : à compter du 1er janvier 2008, celles et ceux qui gagnent moins de 2200 francs par engagement doivent faire eux-mêmes les démarches pour que leurs employeurs les affilient à l’AVS et paient des cotisations salariales. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Or, beaucoup d’acteurs culturels l’ont oublié, négligé ou se sont vu signifier un refus par leur employeur, qui leur a fait comprendre que, s’ils insistaient, on ne ferait plus appel à leurs services. Toutes ces personnes risquent des lacunes d’assurance sociale qu’elles paieront cher si elles deviennent invalides ou lorsqu’elles prendront leur retraite. Cette nouvelle règle ne faisait qu’aggraver une situation déjà mauvaise&nbsp;: un rapport de l’Office fédéral de la culture avait documenté en 2007 la mauvaise couverture des acteurs culturels par les assurances sociales.
</p><p>L’USS, par la voix de sa vice-présidente Christine Goll, conseillère nationale socialiste, est donc intervenue au Parlement fédéral. Suite une question posée par elle, des négociations entre l’USS, la faîtière des organisations culturelles Suisseculture et l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) ont été ouvertes. Elles ont abouti sur une importante victoire d’étape de l’USS en vue de l’amélioration de la sécurité sociale des acteurs culturels. Le RAVS sera modifié au 1er janvier 2010, afin que toutes les personnes engagées par des producteurs de danse et de théâtre, des orchestres, des producteurs dans les domaines phonographiques et audiovisuels, des radios et télévisions, ainsi que des écoles artistiques soient dans tous les cas assurées aux l’AVS/AI, aux allocations pour perte de gain et à l’assurance-chômage, même si leur salaire est inférieur à 2200 francs. Ces employeurs auront l’obligation de verser des cotisations salariales sans que les salarié(e)s concernés aient à en faire la demande. Une règle similaire existe déjà pour le personnel de maison des ménages privés, pour éviter que ces derniers ne passent entre les mailles du filet social. 
</p><p>Malheureusement, cette amélioration ne concerne pas les acteurs culturels engagés par des employeurs qui ne sont pas dans les catégories citées&nbsp;: ainsi, par exemple, un écrivain engagé par une librairie pour lire quelques bonnes feuilles de son dernier ouvrage lors d’un vernissage ou une pianiste donnant un récital lors de la soirée d’entreprise d’une banque, devront, si leur gages sont inférieurs à 2200 francs, continuer à faire eux-mêmes les démarches pour que des cotisations sociales soient prélevées sur leurs honoraires. 
</p><p>Ce succès de l’USS ne doit cependant pas masquer le fait que la sécurité sociale des acteurs reste très lacunaire et que d’autres améliorations sont nécessaires. Certaines ont pu être obtenues lors des débats parlementaires au sujet de la nouvelle loi sur l’encouragement de la culture (LEC), grâce à laquelle la Confédération et Pro Helvetia devront verser des cotisations au deuxième pilier des artistes qu’elles soutiennent. En outre, des discussions se poursuivent avec l’OFAS afin d’améliorer l’accès des acteurs culturels à la prévoyance professionnelle. 
</p><p>En revanche, d’autres propositions ont essuyé des échecs&nbsp;: c’est le cas d’une motion de la commission de la science, de l’éducation et de la culture. Cette proposition, acceptée par le Conseil des États mais enterrée par un double rejet du Conseil national, demandait une amélioration de l’assurance-chômage des acteurs culturels. Une assurance-chômage qui est déjà précaire, que la révision en cours de la loi s’y rapportant risque d’aggraver et que la commission de l’économie et des redevances du Conseil national vient de refuser d’améliorer. En outre, elle vient d’entériner les coupes dans l’assurance-chômage qui frapperont le plus durement les acteurs culturels. 
</p><p>L’USS continuera donc son combat pour que les travailleurs et travailleuses atypiques, les acteurs culturels en particulier, bénéficient d’une meilleure protection sociale.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-217</guid><pubDate></pubDate><title>Une lente dérive ? Non, un chavirage</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/une-lente-derive-non-un-chavirage</link><description>Pendant cette session d’hiver, le Conseil national traitera à son tour de la 4e révision de la LACI. Les capitaines autoproclamés de cette révision font route volontairement, mais de manière bien trop arrogante, dans des eaux de plus en plus tempétueuses.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Normalement, les assurances sont censées nous protéger lorsque le besoin s’en fait sentir. Ce principe ne semble plus s’appliquer à l’assurance-chômage. Le Conseil des États a débattu durant la session d’automne de la révision de cette loi, approuvant toute une série de dégradations des prestations, entre autres en matière d’acceptabilité d’un emploi, de gains intermédiaires et de nouveaux rapports entre la durée de cotisation et le nombre des indemnités journalières. La commission de l’économie et des redevances du Conseil national l’a suivi dans cette voie. Il y a deux semaines, elle en a même remis une couche. Désormais, les indemnités des jeunes sont en ligne de mire. Les jeunes de moins de 25 ans sans obligation d’entretien ne devraient plus avoir droit qu’à 125 indemnités journalières, au lieu des 400 actuelles. Les 25 à 30 ans, toujours sans obligation d’entretien, n’en recevraient que 260, au lieu de 400. Les jeunes en fin de scolarité ne toucheraient que 90 indemnités (aujourd’hui 260), et cela seulement après un délai d’attente de trois mois. En même temps, la commission a approuvé la proposition du Conseil fédéral supprimant la possibilité, pour les cantons fortement touchés par le chômage, de demander à l’exécutif une prolongation de la durée d’indemnisation de 400 à 520 jours.
</p><p>Que signifient concrètement ces décisions et ces propositions &nbsp;? Tout simplement que l’on punit les victimes. Les chambres s’attaquent aux jeunes et aux chômeurs de longue durée. Ce sont justement ces deux catégories de personnes qui vont être le plus durement touchées dans l’année qui vient par le développement du chômage, mais aussi lors des prochaines crises. La thérapie utilisée marche sur la tête&nbsp;: ceux qui devraient être le plus protégés se voient prescrire le traitement le plus vulnérabilisant.
</p><p>C’est pervers. Mais cela ne restera pas sans réponse. Si l’armada de la droite bourgeoise croit pouvoir ainsi faire route, elle se trompe. Ce cap la conduira directement sur le récif du référendum syndical.</p>]]></content:encoded><category>Assurance-chômage</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-218</guid><pubDate></pubDate><title>Des fonctionnaires patronaux coupés des réalités</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/des-fonctionnaires-patronaux-coupes-des-realites</link><description>Pour des raisons idéologiques, les fonctionnaires patronaux préconisent à longueur de journée un gel des salaires. Mais la réalité n’est pas de leur côté. Car deux tiers des entreprises de ce pays se portent bien et elles négocieront des hausses de salaire avec les syndicats.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les banques réalisent des profits de plusieurs milliards et leurs dirigeants veulent s’octroyer des bonus de même ampleur, comme si rien ne s’était passé. Dans l’industrie pharmaceutique, des bons résultats trimestriels sont annoncés. Le commerce de détail a connu un chiffre d’affaires en hausse tout au long de 2009. Dans le second œuvre du bâtiment, les salarié(e)s travaillent le samedi, car les patrons n’ont pas engagé de personnel supplémentaire. Dans le secteur des machines et des équipements électriques, secoué par la crise, seul un tiers des entreprises ont annoncé des mesures d’assainissement ou introduit le chômage partiel. L’analyse de l’USS se confirme&nbsp;: les deux tiers des entreprises font de bonnes — ou de satisfaisantes — affaires en 2009.
</p><p>Dans cette situation, des fonctionnaires patronaux veulent imposer un gel des salaires. Selon le directeur de l’Union suisse des arts et métiers, Monsieur Bigler, les augmentations de salaire doivent être l’exception. Les excédents de bénéfices doivent se retrouver exclusivement dans les poches des actionnaires et des hauts dirigeants.
</p><p>Des études montrent que les crises dans le secteur des exportations se transmettent au marché intérieur dans un délai de neuf mois à une année. Comme le chômage augmente et qu’en conséquence, le pouvoir d’achat s’affaiblit, les branches du commerce de détail, du bâtiment, des transports, etc. sont menacées par la crise dans un avenir proche. Ce risque serait massivement accru si aucune augmentation de salaire n’était accordée. Les accords salariaux de 2009 définissent le pouvoir d’achat en 2010. Un gel des salaires contracterait ainsi la clientèle des entreprises suisses, d’autant plus que l’augmentation des primes des caisses-maladie soustraira deux milliards de francs au pouvoir d’achat.
</p><p>Heureusement, les fonctionnaires des associations patronales sont très éloignés de la réalité des entreprises. On le voit déjà dans le cas de Coop, dont le personnel touchera un salaire plus élevé en 2010. Même le maître plâtrier-peintre ou le chef d’une entreprise d’isolation ne pourront pas expliquer à leurs salarié(e)s pourquoi ils doivent travailler le samedi sans obtenir pour autant un meilleur salaire. Les syndicats pourront donc négocier des hausses de salaire dans de nombreuses branches et entreprises.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-208</guid><pubDate></pubDate><title>La « Plate-forme 2e Langue » prépare sa relève</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/la-plate-forme-2e-langue-prepare-sa-releve</link><description>Depuis 2007, la plate-forme s&#039;est développée avec le soutien de l&#039;Office fédéral de al formation professionnelle et de al technologie (OFFT). L&#039;Union syndicale suisse (USS) - avec ses partenaires « FormationetSyndicats.ch », « Fondation Langues et Cultures » et « Formation Professionnelle Suisse FPS » - y traite de la lacune existant dans la formation professionnelle initiale en matière de langues étrangère.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Cette plate-forme s’engage pour que tous les apprenti(e)s puissent continuer à progresser dans au moins une deuxième langue (2e langue nationale ou anglais), que ce soit par un enseignement de cette langue, un enseignement bilingue ou une combinaison des deux. Elle propose aux autorités, écoles,&nbsp;associations et entreprises, des arguments et des conseils pour une plus large et une meilleure promotion des langues et fournit des informations sur l’évolution en cours dans ce domaine.
</p><p>Aujourd'hui, il n'y a toujours pas d'instance nationale ou d'autorité fédérale soit responsable juridiquement de cette question et la prenant en charge - alors qu’environ 50&nbsp;% des apprenti(e)s n’ayant pas de maturité professionnelle perdront durant leur apprentissage les connaissances linguistiques acquises à l'école obligatoire, faute de possibilité de les entretenir. À ce sujet, l'ordonnance sur la formation professionnelle stipule que «&nbsp;l’enseignement d’une deuxième langue doit en règle générale être prévu&nbsp;», et que, «&nbsp;pour les branches dans lesquelles un enseignement bilingue a été dispensé, l’examen peut se dérouler, en partie ou en totalité, dans la seconde langue&nbsp;».
</p><p>Cet été, ce projet a été prolongé d'un an, avec pour objectif de lui trouver une institution officielle nationale appropriée qui reprenne cette mission de promotion et de coordination. Nous sommes donc ouverts à toutes propositions, soutiens et offres qui pourraient contribuer à ce que la formation professionnelle ne ferme pas les yeux sur le défi HarmoS, et que les apprenti(e)s - fierté de notre système dual - sortent de leur monolinguisme.
</p><p><a href="http://www.2langues.ch" target="_blank" rel="noreferrer">www.2langues.ch</a></p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-656</guid><pubDate></pubDate><title>Absolument inacceptable !</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/absolument-inacceptable</link><description>Lors de la session parlementaire d’hiver, le Conseil des États débattra d’une révision totale de la législation sur la poste, une révision qui se caractérise par une soumission inutile et précipitée à l’Union européenne (UE), et va exclusivement dans la direction indiquée par economiesuisse. Fondamentalement, une réforme est inutile. Comparée aux autres pays, la Poste suisse fonctionne de manière exemplaire et avantageuse. À part ses concurrents, personne ne veut d’une libéralisation intégrale des services postaux parce que, l’expérience l’a démontré, cela débouche toujours sur une dégradation des services fournis, des prix plus chers et une pression accrue sur les employé(e)s de la Poste. Une telle mesure ne peut d’ailleurs pas réunir une majorité et la Chambre des cantons devrait par conséquent y renoncer. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Le projet soumis à cette dernière recèle, c’est la majorité de la commission qui l’a voulu ainsi, de nombreuses erreurs fondamentales. Premièrement, il veut soumettre les services postaux au marché intégralement libéralisé une année déjà après l’entrée en vigueur de la révision totale des deux lois sur la poste et sur l’organisation de la Poste. Deuxièmement, propriété aujourd’hui de la Confédération, la Poste sera transformée en une société anonyme régie par une loi spéciale et PostFinance en une société anonyme privée. Troisièmement, le réseau d’offices de poste qui couvre tout le pays sera ravalé au rang d’un ensemble lâche de «&nbsp;points d’accès&nbsp;». Et, quatrièmement, l’obligation de conclure une convention collective de travail (CCT) pour la Poste ne sera plus qu’un mandat, non impératif, de négocier. Cela, afin d’ajuster les conditions de travail de la Poste, qui ont toujours été décentes, à celles, précaires et non soumises à une CCT, qu’appliquent les concurrents privés de la Poste. Ces quatre erreurs fondamentales sont la conséquence commune à toute libéralisation d’infrastructures publiques&nbsp;: concurrence inutile dans une infrastructure monopolistique qui fonctionne bien, privatisation de services lucratifs, dégradation de la qualité des services fournis et des conditions de travail&nbsp;; cela, afin d’économiser les coûts induits par la libéralisation.
</p><p>Pour les syndicats, il est clair que sans obligation de conclure une CCT pour la Poste et sans réalisation d’une telle CCT pour toute la branche, cette révision déclenchera une pression inacceptable sur les salaires et l’emploi. Un tel recul est intolérable. Le Parlement doit réagir. Les promesses faite par le Conseil fédéral avant la votation sur la libre circulation avec l’UE ne doivent pas être oubliées&nbsp;!
</p><p>La qualité de la fourniture des services est, elle aussi, importante. En renonçant au monopole résiduel pour les lettres de moins de 50 grammes, on ne peut plus garantir le service universel. Les expériences faites à l’étranger et les études consacrées à cette problématique sont univoques à ce sujet&nbsp;: nous devrons payer plus cher pour une fourniture de services de moindre qualité. Le projet de réforme de la Poste veut parer à ce risque au moyen de taxes, c’est-à-dire inscrire dans la loi une mesure chère et source de bureaucratie. Maintenir ce monopole serait plus simple et moins cher. Il n’y a aucune raison, sauf purement idéologique, de reprendre une politique également contestée au sein de l’UE. De toute façon, l’Union syndicale suisse (USS) combattra véhémentement cela. 
</p><p>Les sondages montrent que la population n’attend rien d’une libéralisation et est satisfaite de sa Poste, qui est dotée des technologies les plus modernes. En peu de temps, le Syndicat de la Communication a réuni 160&nbsp;000 signatures pour une pétition contre les fermetures d’offices de poste. La forte tendance à privatiser, qui caractérise aussi ce projet, n’est, elle non plus, pas du tout appréciée. La victoire du référendum contre la loi sur le marché de l’électricité en 2002 a montré qu’une politique des infrastructures au détriment du peuple n’est pas possible en Suisse. Le Conseil d’État et, ensuite, le Conseil national ne devraient pas l’oublier.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Poste</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-210</guid><pubDate></pubDate><title>Droit au salaire également si le nouveau-né doit rester à l’hôpital</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/droit-au-salaire-egalement-si-le-nouveau-ne-doit-rester-a-l-hopital</link><description>Des décisions de tribunaux ont établi que les mères ont droit à leur salaire lorsque leur nouveau-né doit rester plus de trois semaines à l’hôpital. Cela, même si elles ne peuvent pas travailler durant cette période. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Le droit à des allocations de maternité selon le régime des allocations pour perte de gain (APG) s’applique fondamentalement dès le jour de la naissance. Mais que se passe-t-il si un nouveau-né doit rester plus de trois semaines à l’hôpital pour des raisons de santé&nbsp;?
</p><p>Le rôle du congé de maternité n’est pas uniquement de permettre à la mère de récupérer de sa grossesse et de son accouchement, mais aussi de lui donner suffisamment de temps pour s’occuper de manière intense de son enfant pendant les premiers mois. C’est pourquoi la mère peut, si son enfant doit rester à l’hôpital, demander que le versement des allocations de maternité soit repoussé jusqu’au moment où l’enfant peut venir à la maison. Simultanément, elle n’a pas le droit de travailler pendant les huit semaines suivant l’accouchement. Se posait donc la question des savoir dans quelle mesure les mères ont le droit de toucher leur salaire durant l’hospitalisation du nouveau-né et si la durée d’hospitalisation diminuait d’autant celle du congé de maternité.
</p><p>Entre temps, un arrêt de tribunal, prononcé suite à un recours dans le canton de Genève, a clarifié les choses&nbsp;: un tel cas doit être traité selon les règles usuelles lors de l’«&nbsp;empêchement du travailleur/de la travailleuse de travailler sans faute de sa part&nbsp;». Ainsi, lorsqu’une mère ne peut pas travailler après un accouchement parce qu’elle doit s’occuper de son enfant à l’hôpital, elle a droit à son salaire pour une durée limitée, comme lorsqu’elle ne peut pas travailler pour cause de maladie. Indépendamment de l’allocation de maternité, l’employeur doit verser le salaire, le congé de maternité et le versement de l’allocation qui l’accompagne prenant effet seulement à partir du moment où le nouveau-né quitte l’hôpital. En créant l’assurance-maternité, le législateur n’avait en effet nullement l’intention de restreindre l’actuelle protection des travailleuses. 
</p><p>L’Union syndicale suisse (USS) salue cette clarification des dispositions légales en faveur des travailleuses.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-211</guid><pubDate></pubDate><title>Contre la discrimination sur le lieu de travail</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/contre-la-discrimination-sur-le-lieu-de-travail</link><description>Les salarié(e)s séropositifs ont aussi droit à un climat de travail exempt de toute discri-mination et l’USS s’engage à ce que leurs droits soient respectés.</description><content:encoded><![CDATA[<p>En Suisse, environ 25’000 personnes sont séropositives ou vivent avec le sida. Ce sont surtout des adultes en âge de travailler. Près de 70&nbsp;% des personnes séropositives sont professionnellement actives, le plus souvent à plein temps. Grâce aux progrès du traitement médical, elles peuvent généralement vivre et travailler normalement durant des années et des décennies. Toutefois, nombre d’entre elles, la réalité quotidienne est encore faite de rejet, d’exclusion, de violation de la protection des données et de discriminations. C’est la raison pour laquelle l’USS s’engage, afin que les salarié(e)s séropositifs puissent réellement bénéficier de leurs droits.
</p><h3>Risque de transmission</h3><p>Le risque effectif de transmission de la séropositivité dans la vie professionnelle est souvent surestimé. Dans la plupart des professions, il est pratiquement nul. Même dans le domaine médical, le risque d’une contamination par piqûre infectée est inférieur à 0,3&nbsp;%. Logiquement, il n’y a donc pas en Suisse de professions interdites aux personnes séropositives. Les employeurs ne peuvent exiger de test VIH des postulant(e)s à un emploi et/ou leur poser des questions concernant leur statut VIH. Ces tests ne permettent pas de déterminer l’aptitude au travail du moment. Si la question est néanmoins posée, le ou la postulant(e) a le droit de donner une réponse erronée.
</p><h3>Travail quotidien/absences</h3><p>L’infection par le VIH n’a généralement pas d’influence sur l’aptitude au travail de la personne touchée, qui ne tombe pas plus souvent malade que les autres. Le succès de la thérapie dépend de manière décisive de la prise régulière et systématique des médicaments prescrits. Il est essentiel que les salarié(e)s reçoivent un soutien afin de pouvoir suivre le plus fidèlement possible le plan thérapeutique. Cela implique surtout la possibilité de prendre discrètement ses médicaments ou des collations en dehors des heures de repas officielles, lorsque les médicaments ne peuvent être absorbés à jeun. Les changements de rythme de travail doivent être prévisibles, afin que les personnes concernées puissent, si nécessaire, adapter leur plan thérapeutique. Cela vaut aussi pour les éventuelles heures supplémentaires.
</p><p>On recommande aux malades de se soumettre régulièrement (tous les trois mois) à un contrôle médical et à un examen du système immunitaire. Si ces rendez-vous médicaux ne peuvent être pris que durant les horaires de travail réguliers, ils doivent pouvoir se faire sans déduction de salaire. Pour les autres absences pour maladie, les personnes séropositives sont soumises aux règles habituelles concernant la perte de salaire. Dans des cas concrets, il est possible et souhaitable qu’à travers une organisation plus flexible du travail, le nombre des absences soit réduit.
</p><h3>Protection des données</h3><p>Les questions sur le statut sérologique de la personne sont contraires au droit. De même, la diffusion de la connaissance d’une infection par le VIH à un tiers sans consentement explicite de la personne concernée représente une atteinte à la personnalité et une violation de la loi sur la protection des données. La connaissance de l’infection ne peut en aucune circonstance être transmise à quiconque.
</p><h3>Indemnités journalières/caisses de pensions</h3><p>Les caisses de pensions et les assurances peuvent se renseigner sur l’état de santé en ce qui concerne la partie surobligatoire. Les réponses à ces questions doivent correspondre à la vérité. Les médicaments modernes font de la séropositivité une maladie chronique, la plupart du temps soignable. Dans de nombreux cas, les assurances continuent de considérer, malgré tout, les personnes séropositives comme des malades en fin de vie. Celles-ci ne peuvent conclure d’assurance complémentaire. En outre, des problèmes surgissent régulièrement au sujet des indemnités journalières de l’assurance de l’entreprise, ainsi qu’en matière d’exclusions. Cela met en danger de manière inadmissible la sécurité sociale des personnes vivant avec le VIH ou le sida . Les collaboratrices et collaborateurs séropositifs ne doivent pas être discriminés. Cette absence de discrimination peut résulter de l’affiliation à une assurance d’indemnités journalières collective qui renonce à l’enquête sanitaire auprès des salarié(e)s. Cela représente de plus une meilleure solution pour l’entreprise, car le risque de versement du salaire en cas de maladie reste calculable. Pour les salarié(e)s exclus de l’assurance des indemnités journalières, c’est l’entreprise elle-même qui doit payer.
</p><h3>Discrimination/harcèlement psychologique</h3><p>Malgré les campagnes d’information, la méconnaissance du VIH, ainsi que les peurs conscientes ou inconscientes d’une contamination, conduisent à la diffusion de rumeurs et de préjugés dont découlent assez souvent des comportements discriminatoires et des attitudes dévalorisantes. Le harcèlement psychologique peut avoir des effets importants sur l’estime de soi de la personne qui le subit et générer des maladies physiques et psychiques. Les employeurs doivent donc encourager une communication ouverte dans l’entreprise et fournir les informations permettant d’éliminer les craintes infondées.
</p><h3>Protection contre les licenciements </h3><p>Les personnes séropositives ne peuvent être licenciées au seul motif de leur infection. Les licenciements signifiés pour des raisons inhérentes à la personnalité sont abusifs (art. 336 du CO). Dans ce cas, le ou la salarié(e) peut réclamer une indemnité de six mois de salaire. Pendant les périodes où la personne touchée ne peut fournir, partiellement ou totalement, sa prestation de travail pour cause de maladie, elle ne peut pas être congédiée pour d’autres raisons non plus. Dans ce cas, le licenciement est nul et le rapport de travail continue d’exister, comme si le congé n’avait pas été donné.
</p><h3>Aide aux personnes touchées/informations</h3><p>L’Aide suisse contre le sida (ASS) réalise des projets de prévention contre le VIH et le sida et s’engage au côté des personnes touchées, pour leurs besoins, leurs droits et l’égalité de traitement dans la société. Elle dispose d’un service de conseil juridique et de centres d’accueil ou les personnes séropositives reçoivent conseils, formation et soutien sur les différents aspects de la vie après l’infection par le VIH. À l’adresse web <a href="http://www.workpositive.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.workpositive.ch</a>, elle publie une plate-forme, rédigée avec compétence, pour les employeurs et les salarié(e)s.
</p><h3>Sur la scène politique </h3><p>L’effet de la lutte contre les discriminations est toujours influencé par la volonté politique et la sensibilisation de la société à la nécessité de protéger les personnes séropositives. Mais la lutte contre les discriminations dans le domaine du travail nécessite aussi des instruments juridiques. État de droit moderne, la Suisse se doit d’offrir les mêmes chances initiales à tout le monde et de lutter contre les discriminations. C’est la raison de la position de l’USS pour une interdiction générale de discriminer au niveau législatif.
</p><p>L’épidémie de VIH/sida représente un des défis les plus difficiles au développement et au progrès social dans le monde. Il est donc essentiel de suivre et de participer aux efforts entrepris au niveau international. L’OIT prépare pour sa conférence de juillet 2010 des recommandations en matière de «&nbsp;sida sur le lieu de travail&nbsp;» à l’intention des États membres. Ici aussi, l’USS sera appelée à prendre activement position
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-655</guid><pubDate></pubDate><title>Non seulement inutile, mais aussi absurde, tant socialement qu’économiquement</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/non-seulement-inutile-mais-aussi-absurde-tant-socialement-qu-economiquement</link><description>L’actuelle loi sur l’assurance-chômage (LACI) contient un mécanisme d’assainissement automatique. Lorsque la dette de l’assurance-chômage représente 2,5 % au moins de la somme des salaires soumis à cotisation, le Conseil fédéral doit augmenter le taux de coti-sation. Ce qui sera le cas l’an prochain. Une révision de la loi est alors nécessaire. Si le parlement fédéral devait décider un démantèlement brutal des prestations de l’assurance-chômage, l’Union syndicale suisse (USS) combattrait cette révision à travers un référendum.</description><content:encoded><![CDATA[<h3>Aucune révision de la LACIn’est nécessaire, mais on peut procéder à un assainissement dans le cadre du droit en vigueur</h3><p>Si aucun miracle n’a lieu et que la Suisse ne mène pas de politique conjoncturelle digne de ce nom, le nombre de personnes au chômage sera nettement supérieur à 200&nbsp;000 l’an prochain. Et les dépenses de l’assurance-chômage prendront l’ascenseur. À la fin 2010, les dettes accumulées par cette dernière seront d’environ 9 milliards de francs. La situation sera ainsi totalement différente de ce qu’elle était lorsque le message relatif à la révision a été publié. En effet, si la dette de l’assurance-chômage dépasse 2,5&nbsp;% de la somme des salaires soumis à cotisation, le gouvernement doit augmenter le taux de cotisation de 0,5 de point de pourcentage et introduire le pour-cent de solidarité. C’est l’article 90c de la LACI en vigueur qui le dit&nbsp;: 
</p><p>Si, à la fin de l’année, la dette du fonds de compensation atteint ou dépasse 2,5 % de la somme des salaires soumis à cotisation, le Conseil fédéral […] augmente […] de 0,5 point de pourcentage au maximum le taux de cotisation fixé à l’art. 3, al. 2 et le salaire soumis à cotisation jusqu’à deux fois et demie le montant maximum du gain assuré. La cotisation perçue sur la tranche de salaire située entre le montant maximum du gain assuré et deux fois et demie ce montant ne peut dépasser 1 %.
</p><p><b>Situation financière de l’assurance-chômage en 2010</b></p><table summary class="contenttable"><thead><tr><th scope="col">Somme des salaires soumis à cotisation</th><th scope="col">2,5 % de la somme des salaires soumis à cotisation</th><th scope="col">Montant la dette de l'assurance-<span>chômage en 2010</span></th></tr></thead><tbody><tr><td>250 Md de francs</td><td>6,25 Md de francs</td><td>9 MD de francs</td></tr></tbody></table><p>Si le Conseil fédéral augmente de 0,5 de point de pourcentage le taux de cotisation de l’assurance-chômage, celle-ci encaissera 1,25 milliard de francs en plus. Le pour-cent de solidarité apportera, quant à lui, 160 millions supplémentaires. Ce qui suffira pour combler le trou d’environ 800 millions de francs par an qui grève cette assurance, ainsi que pour résorber sa dette sur dix ans. On peut donc assainir l’assurance-chômage sans devoir réviser la loi, dans le cadre du droit en vigueur.
</p><p>En 2006 déjà, la dette de cette assurance avait dépassé le seuil critique, si bien que le gouvernement avait dû hausser le taux de cotisation au début 2007. On aurait pu assainir l’assurance-chômage durant la reprise. Mais comme le Département fédéral de l’économie en a réduit le fonds de roulement - diminuant ainsi la dette de l’assurance de près de 900 millions - le niveau de celle-ci a été abaissé au-dessous du seuil critique, ce qui a permis d’éviter une hausse des cotisations. Ce fut une grosse erreur. 
</p><p><b>Situation financière de l’assurance-chômage en 2006</b></p><table summary class="contenttable"><thead><tr><th scope="col">2,5 % de la somme des salaires soumis à cotisation</th><th scope="col">Dette effective en 2006</th><th scope="col">Dette en 2006 sans baisse du fonds de roulement</th></tr></thead><tbody><tr><td>5,6 Md francs</td><td>4,8 Md francs</td><td>5,7 Md francs</td></tr></tbody></table><h3>Un assainissement via la cotisation est tout à fait supportable</h3><p>Sous un angle historique, un taux de cotisation de 2,5&nbsp;% est un taux modéré. Il est clairement inférieur à celui de 3&nbsp;% appliqué du milieu des années 1990 au deuxième semestre 2003. En outre, les salaires élevés ont dû, dès 1999, payer 2&nbsp;% de solidarité à l’assurance-chômage. 
</p><p>D’un point de vue de politique conjoncturelle, une hausse de la cotisation – notamment l’introduction du pour-cent de solidarité – est moins dangereuse que les réductions de prestations planifiées par le Conseil fédéral et celles demandées, en plus, par les employeurs. Pour que l’assainissement de l’assurance-chômage ne compromette pas la conjoncture, il faudrait que la Confédération intervienne et prenne à sa charge en 2011 les hausses de la cotisation. Une partie des recettes extraordinaires de 2009 pourrait être affectée à cet effet. 
</p><p>Démanteler les prestations de l’assurance-chômage est économiquement et socialement dangereux
</p><p>Avec les pays nordiques, la Suisse fait partie des États dotés de systèmes d’assurance-chômage les plus performants. Grâce à une organisation fondée sur le partenariat social (la part de marché des syndicats est de 35&nbsp;%), on atteint un taux de chômage comparativement bas. Comparée au reste de l’Europe, le revenu de remplacement moyen de 75 % connu en Suisse se trouve dans le peloton de tête&nbsp;; par contre, avec une durée d’indemnisation moyenne de 18 mois, notre pays ne se situe plus qu’au milieu du peloton. 
</p><p><b>Durée d’indemnisation par l’assurance-chômage en comparaison internationale&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br></b> (moyenne en mois)</p><table class="contenttable"><tbody><tr><td width="399" height="288"><table class="contenttable"></table> &nbsp;</td></tr></tbody></table><p>Source&nbsp;: OCDE 
</p><p>Les prestations de l’assurance-chômage revêtent une grande importance sociale et économique. En garantissant le revenu individuel des assuré(e)s en cas de chômage, cette assurance soutient le pouvoir d’achat global durant les années de fort chômage. Ses mesures d’intégration aident les personnes au chômage à reprendre pied rapidement et durablement dans le marché de l’emploi. 
</p><p>La crise actuelle montre toute l’importance d’une assurance-chômage performante. Le fait de pouvoir prolonger la durée du chômage partiel et augmenter à 520 le nombre d’indemnités journalières permet d’éviter une hausse du chômage, respectivement des arrivées en fin de droit.
</p><p>De récentes études<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1409_DL_LACI_Revision.doc#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a> (p. ex. de l’OCDE) montrent qu’une assurance-chômage avec de bonnes prestations (entre autres une durée d’indemnisation et un taux de remplacement suffisants) améliore durablement les possibilités de trouver un emploi et l’évolution des salaires des personnes au chômage. Ces dernières disposent en effet de plus de temps pour trouver un emploi correspondant à leurs aptitudes. Par contre, une assurance-chômage de mauvaise qualité les contraint à accepter le plus rapidement possible un emploi, même si elles ne pourront pas y mettre à profit leur savoir-faire. Cela augmente par exemple le risque d’une dévalorisation des connaissances déjà acquises. C’est pourquoi les pays qui réduisent les prestations de leur assurance-chômage peuvent subir de ce fait une baisse de leur productivité. Le démantèlement des prestations destinées aux plus jeunes durcit cette problématique, car ceux-ci, au lieu d’être pris surtout en charge par le biais de programmes d’emploi ou de mesures de perfectionnement, seront poussés encore plus rapidement vers l’aide sociale et perdront de ce fait beaucoup au plan professionnel. 
</p><p>Le démantèlement des prestations de l’assurance-chômage provoquera une forte augmentation des arrivées en fin de droit. L’Office fédéral de la statistique (OFS) a récemment publié une étude sur la situation de ces dernières. On y voit qu’après ou 5 ans aussi 64&nbsp;% seulement des personnes arrivées en fin de droit retrouvent un emploi. Et leurs conditions de travail se sont nettement dégradées. Elles gagnent en effet près de 25&nbsp;% de moins que la moyenne des salarié(e)s de Suisse. Cette différence est, pour une part importante, à imputer à leur situation de fin de droit. Ces personnes travaillent beaucoup plus souvent dans des emplois à durée déterminée (12 %), comme intérimaires (6&nbsp;%), ou alors ils travaillent sur appel (14&nbsp;%).
</p><p><b>Conditions de travail de salarié(e)s arrivés en fin de droit &nbsp;&nbsp; <br></b> (arrivées en fin de droit il y a 4 ou 5 ans&nbsp;; en %)
</p><p>Source&nbsp;: BFS<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1409_DL_LACI_Revision.doc#_ftn2" target="_blank" name="_ftnref2"><sup>[2]</sup></a></p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1409_DL_LACI_Revision.doc#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1"><sup>[1]</sup></a> OECD (2009): Employment Outlook 2009.
</p><p>&nbsp;&nbsp; Bell, D. et D. Blanchflower (2009)&nbsp;: What Should Be Done About Rising Unemployment in the OECD&nbsp;? IZA Discussion Paper 4455.
</p><p>&nbsp;&nbsp; OECD (2007)&nbsp;: More Jobs but Less Productive&nbsp;? The Impact of Labour Market Policies on Productivity, OECD Employment Outlook. Gangl, M. (2004)&nbsp;: Welfare States and the Scar Effects of Unemployment: A Comparative Analysis of the United States and West Germany, American Journal of Sociology, Volume 109(6), p. 1319–64.&nbsp;&nbsp; 
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1409_DL_LACI_Revision.doc#_ftnref2" target="_blank" name="_ftn2"><sup>[2]</sup></a> OFS (2009)&nbsp;: Arriver en fin de droit, et après&nbsp;? Analyse de la réinsertion des personnes arrivées en fin de droit de l’assurance chômage
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Assurance-chômage</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-654</guid><pubDate></pubDate><title>Une deuxième mouture tout aussi inacceptable que la première</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/une-deuxieme-mouture-tout-aussi-inacceptable-que-la-premiere</link><description>Lors de sa session d’hiver, le Conseil national va à nouveau s’occuper de la 11e révision de l’AVS. En l’état, cette deuxième mouture est assez semblable à la première, qui avait été violemment rejetée par les citoyen(ne)s en mai 2004.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les «&nbsp;pièces de résistance&nbsp;» de ce projet sont les suivantes&nbsp;: dégradation du mécanisme d’adaptation des rentes, relèvement à 65 ans de l’âge de la retraite des femmes et, probablement, absence d’encadrement social de la retraite anticipée. Les différences subsistant entre les deux Chambres concernent ce dernier point et l’adaptation des rentes.
</p><h3>Retraite anticipée&nbsp;: le petit jeu tactique de la droite</h3><p>Dans une première étape, le Conseil national a rejeté toute mesure destinée à amortir les conséquences sociales de la retraite anticipée. Par contre, le Conseil des États a proposé d’échelonner les réductions de la rente en fonction du revenu AVS déterminant. Mais le montant prévu à cet effet (400 millions) est très maigre. On devrait donc répartir très peu d’argent entre beaucoup de personnes avec, pour résultat, que seuls les taux de réduction des assuré(e)s dont le revenu AVS leur donne aujourd’hui droit à des prestations complémentaires apparaîtraient acceptables. Ce serait toutefois largement inefficace parce que l’on ne ferait que remplacer des prestations complémentaires par l’AVS et qu’ainsi, pratiquement aucune personne ne pourrait profiter d’une retraite anticipée «&nbsp;subventionnée&nbsp;», même si sa santé et/ou d’autres raisons la contraignent de quitter avant l’heure le monde du travail. Le projet des État prévoit aussi l’interdiction d’exporter cette mesure, ce qui ne serait guère applicable. 
</p><p>La majorité de la commission du National propose de consacrer 1,15 milliard de francs à l’amortissement des conséquences sociales d’une retraite anticipée. 66&nbsp;% des hommes et 90&nbsp;% des femmes pourraient en bénéficier. Cette somme correspond aux économies (à moyen terme) induites par le relèvement de l’âge de la retraite des femmes. Or, cette décision ne reflète pas un brusque changement d’opinion dans la bonne direction, mais est uniquement une manoeuvre tactique. Étant donné la proposition de la minorité de la commission - qui reprend, sous une forme légèrement modifiée, la proposition minimale des États, nombre de membres de la droite ont sciemment soutenu une proposition plus ambitieuse de la socialiste Christine Goll. Cela, afin d’assurer, en fin de compte, le succès d’une proposition ne prévoyant aucun amortissement social. La majorité du National va donc probablement confirmer son attitude négative sur cette question et, tout à la fin des débats parlementaires, il n’y aura sans doute aucun amortissement des conséquences sociales d’une retraite anticipée. On reviendrait alors, sur ce point, à la même situation qu’il y a quelques années en arrière.
</p><h3>Adaptation des rentes&nbsp;: une perte de pouvoir d’achat programmée</h3><p>À première vue, on pourrait penser qu’il faudra très longtemps pour que le niveau du Fonds passe au-dessous de ces 70&nbsp;%, c’est-à-dire pour que le rythme d’adaptation des rentes ralentisse. Mais ce ne sera pas le cas. Premièrement en effet, l’AVS va devoir verser, en 2011, 5 milliards de francs à l’AI à titre de capital de départ. Deuxièmement, les «&nbsp;contributions qui proviennent de versements uniques et extraordinaires&nbsp;» ne doivent pas être prises en considération dans le calcul du niveau du Fonds. Il s’agit en l’occurrence des quelque 7 milliards que l’AVS a reçus récemment au titre du tiers de l’or excédentaire de la Banque nationale suisse revenant la Confédération. Au total, le niveau du Fonds, qui détermine l’adaptation des rentes, serait au moins inférieur de 12 milliards (5 + 7 milliards) à ce qu’il est aujourd’hui, 5 milliards – ce qui est le comble de la perfidie - étant même déduits à deux reprises ou ignorés (la première fois au titre de «&nbsp;versement unique&nbsp;» et la seconde en tant que versement à l’AI). Résultat&nbsp;: le niveau du Fonds AVS serait probablement déjà inférieur à 70&nbsp;% au moment de l’entrée en vigueur de la révision (ou juste après). Le rythme bisannuel d’adaptation des rentes en vigueur disparaîtrait immédiatement aux oubliettes et vraisemblablement pour toujours. Cette réglementation est donc en tous les cas, y compris dans la version du Conseil national, pire que le dispositif prévu par la première mouture de la 11e révision de l’AVS rejetée en 2004 (adaptation fixe tous les 3 ans). Par conséquent, cette réglementation est même de toute façon – aussi sous la forme choisie par le National –pire que celle de la première mouture de la 11e révision de l’AVS (adaptation fixe tous les 3 ans) rejetée dans les urnes. 
</p><h3>Rentes AVS transformées en argent de poche&nbsp;?</h3><p>La deuxième différence entre les Chambres est encore plus explosive. Les États veulent supprimer toute adaptation des rentes si le niveau du Fonds est inférieur à 45&nbsp;% des dépenses d’une année. Toutefois, la commission du National maintient que cette adaptation doit avoir lieu même si le niveau du Fonds est inférieur à ce niveau. Or, celui-ci pourrait aussi - vu d’aujourd’hui - être plus rapidement atteint qu’il n’apparaît. Premièrement, le niveau déterminant pour le calcul serait de toute façon inférieur au niveau réel à cause de la «&nbsp;tromperie comptable&nbsp;» déjà mentionné et le transfert de capital à l’AI. Deuxièmement, le Parlement a la possibilité de faire nettement baisser volontairement le niveau du Fonds, par exemple en «&nbsp;se servant&nbsp;» de l’AVS pour éponger les dettes de l’AI. La tentation est grande, car ces dettes seront toujours là. Or, les conséquences de tels agissements seraient graves pour les retraité(e)s. Même dans le cas d’une inflation faible, les rentes de l’AVS perdent énormément de leur valeur au fil des décennies. Or, les actuelles rentes ne permettent déjà pas de «&nbsp;couvrir les besoins vitaux&nbsp;», malgré la teneur claire du mandat inscrit dans la constitution fédérale.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-212</guid><pubDate></pubDate><title>Emploi et famille : un casse-tête au quotidien !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/emploi-et-famille-un-casse-tete-au-quotidien</link><description>Les 20 et 21 novembre prochains les femmes de l’USS tiendront leur 11e congrès, à Berne, à l’enseigne de « Emploi et famille : un casse-tête au quotidien ! Nos revendications ». Les syndicats sont appelés à créer les conditions grâce auxquelles les  femmes et les hommes pourront concilier famille et profession. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Même Clara Zetkin<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1409_EA_Congres_Femmes-USS.doc#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a> – si il lui était offert de traverser brièvement l’histoire féministe récente en Europe – parlerait de progrès en matière de condition de la femme. Un progrès qui n’est pas tombé du ciel, mais a été obtenu de haute lutte par les femmes actives, principalement des syndicats. Un progrès qui n’est pas non plus définitivement acquis. Et de loin pas&nbsp;! En Suisse, le travail précaire et mal rémunéré est souvent dévolu aux femmes, alors que l’immense majorité du travail familial est aussi resté leur lot. Pas étonnant donc que leurs revendications à l’intention du monde du travail sont formulées dans une perspective «&nbsp;privée&nbsp;». Car si les enfants, ou d’autres proches, sont malades, ce sont d’abord elles qui doivent fournir des efforts particuliers. 
</p><h3>Aménager le travail en fonction des femmes et des tâches d’assistance</h3><p>Les femmes de l’USS ont placé leur congrès sous le signe de la compatibilité famille-profession, une compatibilité qui ne doit plus être un casse-tête quotidien. Un manifeste en six points appelle ainsi les syndicats
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>à créer des normes pour un travail de qualité et rémunéré comme il se doit, ainsi que des horaires adaptés aux besoins des familles&nbsp;;</li><li>à mieux tenir compte dans les conventions collectives de travail (CCT) et les règlements du personnel du travail nécessaire à la société, mais non rémunéré&nbsp;; outre l’extension du congé de maternité et le développement du congé de paternité, il faut aussi créer un nouveau droit à une réduction temporaire de la durée du travail, ainsi que permettre de courtes absences ou un congé pour cause de tâches d’assistance&nbsp;;</li><li>à reprendre la discussion sur la durée du travail dans la perspective de l’égalité des sexes&nbsp;;</li><li>à améliorer les réglementations légales en vigueur dans tous ces domaines.</li></ul><p>Le cinquième point du manifeste demande que l’accueil extrafamilial des enfants devienne une tâche publique&nbsp;; il faut que, du nourrisson à l’ado de 16 ans, chacun(e) ait un droit à un accueil extrafamilial gratuit. Le personnel nécessaire ici devra bénéficier d’une formation satisfaisante et de bonnes conditions de travail. Enfin, le sixième point du manifeste invite les syndicats à accorder plus d’importance au thème de la prise en charge de personnes dépendantes de soins. Lorsque ces tâches sont assumées par des proches qui exercent une activité lucrative, il s’agira d’appliquer les droits mentionnés au deuxième point (courtes absences, congé). Concernant les soins professionnels, les syndicats doivent s’engager pour leur développement et l’amélioration des conditions de travail. 
</p><h3>Propositions et approfondissements</h3><p>Une soixantaine de propositions ont déjà été déposées sur ce manifeste. Il appartiendra au congrès d’en débattre et de trancher. Ces propositions demandent la plupart que les différents points soient complétés avec de nouveaux droits, comme celui à un travail rémunéré, celui à retrouver son emploi après un congé de maternité, celui à la formation continue même en cas de travail à temps partiel, celui à un congé avant l’accouchement et d’adoption, etc. Quatre ateliers permettront en outre d’approfondir les thèmes développés dans le manifeste et d’en discuter librement sans considérations tactiques, puisqu’il n’y aura pas de votes définitifs à ce niveau.
</p><p>Également en vue d’approfondir ces problématiques, trois oratrices ont été invitées à s’exprimer à cette occasion. Christina Klenner, de l’Institut – proche des syndicats - des sciences économiques et sociales (WSI) de Düsseldorf, se demander comment concilier profession et famille avec des modèles de temps de travail adaptés aux besoins de chaque genre, Christiane Marty du Conseil scientifique d’ATTAC France, se demandera, quant à elle, si la semaine de 35 heures est la solution optimale pour une telle conciliation et Claudia Menne, de la Confédération syndicale allemande (DGB), abordera la problématique du congé parental par le biais de l’accord-cadre révisé des partenaires sociaux européens  
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1409_EA_Congres_Femmes-USS.doc#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1"><sup>[1]</sup></a> Clara Zetkin (1857- 1933)&nbsp;: enseignante, journaliste et femme politique marxiste allemande qui fut une figure de proue du mouvement féministe.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-209</guid><pubDate></pubDate><title>Places d’apprentissage : progrès et inquiétudes</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/places-d-apprentissage-progres-et-inquietudes</link><description>Comme ces dernières années, Mme Leuthard a réuni partenaires sociaux et cantons pour la 5ème « Conférence nationale sur les places d’apprentissage ». L’existence de cette conférence est due à l’engagement permanent de l’USS en faveur de la formation profes-sionnelle, notamment à sa campagne de 2003 en faveur de l’initiative « pour des places d’apprentissage ». Cette année, le thème de la conférence était la formation professionelle dans le secteur de la santé, en particulier la pénurie de personnel qualifié.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le résultat de la conférence<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1409_JCS_Conf%C3%A9rence-places-apprentissage.doc#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a> peut être considéré comme assez positif. En effet, notre analyse de la situation et la plupart de nos revendications concernant la pénurie de personnel dans le secteur de la santé ont été partagées par les autres organisations et collectivités publiques représentées&nbsp;: ainsi, les participant(e)s sont tombés d’accord pour améliorer le démarchage de places d’apprentissage, l’information aux jeunes qui recherchent une place, le soutien à la reconversion professionnelle dans le secteur de la santé et le soutien aux cantons lançant des projets pilotes de création de places de formation. Nous avons pu obtenir que certaines des mesures proposées par l’Office fédérale de la formation professionnelle et de la technologie (OFFT) aillent plus loin que prévu, par exemple sur la question du financement initial des entreprises formatrices et des mécanismes d’incitation à la création de places de formation. Il faudra cependant continuer à maintenir la pression sur l’OFFT, les cantons et les organisations du monde du travail (OdA Santé) pour que ces engagements se réalisent et pour que les moyens nécessaires soient réellement mis à disposition. Le travail ne fait donc que commencer. 
</p><p>En revanche, la situation sur le marché des places d’apprentissage se dégrade. C’est en tout cas ce qui ressort du «&nbsp;baromètre des places d’apprentissage&nbsp;»<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1409_JCS_Conf%C3%A9rence-places-apprentissage.doc#_ftn2" target="_blank" name="_ftnref2"><sup>[2]</sup></a>, que l’OFFT a publié le jour même de la conférence. Si l’OFFT maintient son angélisme habituel en prétendant que «&nbsp;la situation est stable&nbsp;», une analyse fine des chiffres du baromètre incite à la prudence, si ce n’est au pessimisme. 
</p><p>On peut y constater en effet que: 
</p><p>§&nbsp; Le nombre de nouvelles places d’apprentissage recule pour la première fois depuis 2004. Ce recul est certes modéré (-1&nbsp;%), mais il pourrait marquer le début d’une tendance due, d’une part, à la crise économique et, de l’autre, au recul démographique. Malgré ce dernier, on ne peut en outre que constater que le nombre de jeunes à la recherche d’une place de formation est toujours largement supérieur à celui de places d’apprentissage offertes. Cela confirme l’avis de l’USS selon qui il ne suffit pas de compter sur le recul démographique pour que le problème se résolve. L’OFFT, qui persiste à prétendre le contraire depuis plusieurs années, devra réviser son jugement. 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>Le nombre de jeunes sans la moindre solution à la sortie de l’école obligatoire augmente de 2000 personnes (+28&nbsp;%), alors qu’entre 2006 et 2008, il avait reculé. La plupart de ces jeunes sont les futurs bénéficiaires de l’aide sociale. Malheureusement, l’OFFT ne semble guère s’en alarmer.</li><li>Le nombre de jeunes en «&nbsp;liste d’attente&nbsp;», c’est-à-dire qui ont dû se contenter d’une solution transitoire mais chercheront à nouveau une place l’an prochain, ne diminue que de manière marginale (-2&nbsp;%)&nbsp;; cela, malgré la bonne situation de l’économie lors des années précédentes et la «&nbsp;détente&nbsp;» sur le marché des places d’apprentissage que l’OFFT croyait voir. Et ce nombre reste très élevé: 21&nbsp;000 jeunes, dont la plupart n’apparaissent pas, soit dit en passant, dans les statistiques du chômage du Seco. La période de baisse du chômage de ces dernières années n’a donc pas permis d’améliorer de manière sensible l’accès des jeunes à la formation post-obligatoire.</li></ul><p>Dans ce contexte, les revendications de l’USS (fonds cantonaux pour la formation professionnelle dans tous les cantons, démarcheurs/démarcheuses de places d’apprentissage pour toutes les branches et pas seulement pour le secteur de la santé, 10&nbsp;000 nouvelles places de formation en écoles professionnelles à plein temps et mise en place d’années d’apprentissage de base) restent d’actualité.
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1409_JCS_Conf%C3%A9rence-places-apprentissage.doc#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1"><sup>[1]</sup></a>&nbsp;&nbsp; Le catalogue des mesures prise se trouve sur&nbsp;: <a href="http://www.news-service.admin.ch/NSBSubscriber/message/attachments/17144.pdf" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.news-service.admin.ch/NSBSubscriber/message/attachments/17144.pdf</a></p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1409_JCS_Conf%C3%A9rence-places-apprentissage.doc#_ftnref2" target="_blank" name="_ftn2"><sup>[2]</sup></a>&nbsp;&nbsp; <a href="http://www.bbt.admin.ch/aktuell/medien/00483/00594/index.html?lang=fr&amp;msg-id=29686" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.bbt.admin.ch/aktuell/medien/00483/00594/index.html?lang=fr&amp;msg-id=29686</a></p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-203</guid><pubDate></pubDate><title>L’USS se solidarise avec la protestation étudiante et défend le droit à la formation</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/l-uss-se-solidarise-avec-la-protestation-etudiante-et-defend-le-droit-a-la-formation</link><description>La réforme de Bologne fait toujours moins l’unanimité. Et cela, pas uniquement en Italie, en Allemagne ou en Autriche. En Suisse aussi. Marchandisation et scolarisation sont les principaux risques que ce nouveau système fait courir à la formation ; sans parler des iné-galités sociales face à la formation supérieure. Les étudiant-e-s réagissent et l’Union syndi-cale suisse (USS) se déclare solidaire avec eux. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Dans de nombreuses universités suisses, les étudiant-e-s ont occupé des salles de cours et se sont mobilisés pour dénoncer l’asservissement rampant de la formation et de la recherche aux intérêts des milieux économiques, ainsi que les nombreux ratés du «&nbsp;système de Bologne&nbsp;». Ils s’engagent aussi contre de nouvelles barrières financières à la formation, par exemple une hausse des frais d’écolages, dont sera par exemple bientôt saisie le Parlement zurichois. En résumé, ils défendent le droit pour chacune et chacun d’avoir accès à une formation de qualité.
</p><p>Le Comité de l’USS s’est réjoui de la forte participation au mouvement de protestation des étudiant-e-s et s’est rallié à son slogan&nbsp;international: «&nbsp;Education is not for sale&nbsp;» («&nbsp;La formation n’est pas à vendre&nbsp;»), relayé dans de nombreux pays. Il s’est en particulier solidarisé avec les étudiant-e-s des universités de Bâle, Zurich, Berne, Genève et Lausanne. Il soutient également le personnel technique et le corps intermédiaire des hautes écoles, qui paient, eux aussi, la facture des plans d’austérité. 
</p><p>Ce soutient de l’USS aux étudiant-e-s n’est pas le fruit du hasard. En effet, l’USS porte depuis longtemps les revendications mises aujourd’hui en avant par les étudiant-e-s, à savoir&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>NON aux mesures d’austérité dans la formation, que ce soit dans la formation professionnelle initiale ou dans les hautes écoles,</li><li>NON au relèvement des taxes d’études,</li><li>NON aux effets négatifs du système de Bologne,</li><li>OUI à un développement des bourses d’études,</li><li>OUI à une amélioration de l’encadrement,</li><li>OUI à une participation efficace des apprenti-e-s, des étudiant-e-s, du personnel des hautes écoles et du corps intermédiaire</li></ul><p>et OUI à un droit à la formation pour toutes et tous.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-204</guid><pubDate></pubDate><title>Le Syndicat de la Communication et comedia ont dit OUI</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/le-syndicat-de-la-communication-et-comedia-ont-dit-oui</link><description>Un OUI clair et net, le 28 novembre, du congrès de comedia. Un OUI tout aussi clair et net, le 30 novembre, du congrès du Syndicat de la Communication. Deux OUI à la fusion prochaine de ces deux syndicats actifs dans la production et la diffusion d’informations. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Par 145 oui, contre 3 non et autant d’abstentions, le congrès du Syndicat de la Communication a dit OUI à une fusion avec comedia. Deux jours plus tôt, les congressistes de ce dernier avaient été encore plus tranchants&nbsp;: 92 oui, contre un seul et unique non. Plus rien ne fait donc obstacle à la fusion de ces deux syndicats actifs dans les domaines de l’information et de la communication. En 2010, on se retroussera les manches pour donner forme concrète à cette fusion. Et au 1er janvier 2011, il n’y aura «&nbsp;plus qu’un&nbsp;» nouveau syndicat, qui comptera désormais 48&nbsp;000 membres environ (selon les effectifs de 2009) et sera fort probablement le deuxième syndicat en importance de l’USS.
</p><p>Hasard ou destin&nbsp;? Ces deux organisations fusionneront en fêtant leur douze années d’existence et sont tous deux le produit de fusions encore récentes. Tant le Syndicat de la Communication que comedia sont nés en 1999. Celui-là est la somme de cinq organisations indépendantes qui, ayant le même employeur (les anciennes PTT), coopéraient avant leur fusion déjà. Pour sa part, comedia est le résultat de la fusion de deux syndicats de l’imprimerie (Syndicat du livre et du papier, SLP, et Union suisse des lithographes, USL) avec l’Union suisse des journalistes (membre du Syndicat suisse des services publics, ssp) et l’Association suisse des employés en librairie. Le grand syndicat des médias visé alors ne put toutefois pas devenir réalité, le Syndicat suisse des mass médias et la Fédération suisse des journalistes (aujourd’hui Impressum, qui a désormais un statut d’observateur au sein de l’USS) refusant de fusionner aussi. 
</p><p>Ce qui apparaît aujourd’hui «&nbsp;naturel&nbsp;» vu les branches concernées ne l’a longtemps pas été. En effet, au milieu de cette décennie, le Syndicat de la Communication s’était donné pour priorité de fusionner avec le Syndicat du personnel des transports (SEV). But visé&nbsp;: un grand syndicat pour le personnel des réseaux publics. Bien avancé, ce projet fut toutefois désapprouvé par la base du SEV inquiète pour son unité culturelle et l’autonomie de ses sous-fédérations. Et l’idée qui suivit, une grande fusion entre Syndicat de la Communication, ssp et comedia échoua aussi. Alors que les négociations étaient bien avancées, le ssp refusa d’aller plus loin en raison de la différence de ses structures. 
</p><p>Aujourd’hui, le Syndicat de la Communication et comedia veulent contracter un mariage de raison, ce qui, en ces temps difficiles, n’est pas une mauvaise chose. Nous leur souhaitons bon vent et plein succès dans leurs préparatifs en vue du grand mariage.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1389</guid><pubDate></pubDate><title>Les réponses des syndicats à « Prévoyance vieillesse 2020 »</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/les-reponses-des-syndicats-a-prevoyance-vieillesse-2020</link><description>Initiative AVSplus</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’été dernier, les syndicats ont mené à bien en l’espace de quatre mois seulement la récolte des signatures pour l’initiative populaire AVSplus. Son succès montre à quel point ce qu’elle demande est populaire. En repoussant son dépôt à aujourd’hui, juste avant Noël, on l’a désormais inscrite au même calendrier politique que le processus législatif concernant «&nbsp;Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;». Les travailleurs et travailleuses à bas ou moyens revenus ont besoin, une fois à la retraite, de rentes décentes («&nbsp;maintenir de manière appropriée (le) niveau de vie antérieur&nbsp;», comme le dit la Constitution fédérale). Ils en ont assez de ces revendications de démantèlement des rentes qui n’en finissent plus, d’autant plus que le mandat constitutionnel n’est toujours pas rempli. En tant que processus, le projet «&nbsp;Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;» prend la bonne direction, avec son approche globale des 1er et 2e piliers. Mais il doit être fortement modifié sur le fond. Pas question de réduire les rentes, il faut renforcer l’assurance populaire qu’est l’AVS&nbsp;!
</p><p>Pourquoi faut-il améliorer les rentes AVS&nbsp;? Par rapport à l’évolution économique, celles-ci ont perdu de leur valeur depuis de nombreuses années («&nbsp;dégression à froid&nbsp;»). La compensation du renchérissement au moyen de l’indice mixte (pour une moitié, le renchérissement et, pour l’autre, l’évolution des salaires) est une bonne chose pour les rentes AVS courantes. Mais ce système a pour effet que, lors du passage à la retraite, les nouvelles rentes prennent lentement, mais sûrement, du retard par rapport à l’évolution des salaires. C’est pour cela qu’après des décennies, il faut combler ce retard au moyen d’un supplément de rente AVS. Impossible, sinon, à la prévoyance vieillesse de satisfaire au mandat constitutionnel.&nbsp; 
</p><p>&nbsp;«&nbsp;Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;», non seulement ne résout pas le problème du retard pris par les rentes AVS, mais l’aggrave même en remettant en question la compensation du renchérissement sous couvert de «&nbsp;frein à l’endettement&nbsp;». Tout le contraire du maintien des prestations annoncé.
</p><p>Comment financer des rentes AVS meilleures&nbsp;? Si nous regardons le projet «&nbsp;Prévoyance vieillesse 2020&nbsp;», nous voyons que les mesures destinées à compenser la baisse des rentes proposées dans le 2e pilier auront pour prix des prélèvements salariaux supplémentaires importants. Pour les personnes concernées, ces cotisations supplémentaires au 2e pilier auront un rapport qualité-prix très désavantageux&nbsp;: des coûts élevés pour des prestations modestes. 
</p><p>Pour les petits et moyens revenus, le rapport qualité-prix est bien meilleur avec l’AVS. Ce qui est décisif ici, c’est le financement tant solidaire que très efficient de celle-ci, qui prévoit une obligation de cotiser non plafonnée, mais des rentes, elles, plafonnées. C’est pour cela qu’AVSplus renforcera une AVS qui a fait ses preuves et dont tout le monde profite. Les dépenses faites dans ce but seront de bons investissements. Et, soit dit en passant, si l’initiative populaire pour un impôt sur les successions passait la rampe, deux tiers des coûts entraînés par l’amélioration des rentes grâce à AVSplus seraient déjà financés.
</p><p>AVSplus renforcera la base de notre prévoyance vieillesse, à savoir l’AVS. L’initiative populaire pose donc la question cruciale pour les rentes des décennies à venir, celle de rentes décentes pour toute la population.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-202</guid><pubDate></pubDate><title>Il faut créer une commission d’enquête parlementaire !</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/il-faut-creer-une-commission-d-enquete-parlementaire</link><description>Une année s’est écoulée depuis que la plus grande banque de Suisse a dû être sauvée par une opération, fondée sur le droit d’urgence, de la Confédération et de la Banque natio-nale. Les moyens engagés, 68 milliards de francs (valeur d’alors) atteignaient des dimen-sions dépassant de loin tout ce que l’on avait pu s’imaginer jusqu’à ce jour dans notre pays. Encore jamais, dans l’histoire de notre État fédéral, les pouvoirs publics n’étaient intervenus de la sorte, Et ni le Parlement fédéral ni le peuple n’eurent la voix au chapitre sur cet engagement de fonds publics. Jamais encore l’économie suisse n’avait été à ce point mise en danger par le secteur financier.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les abus qui auraient presque pu ruiner le système financier mondial n’ont pas uniquement été causés par les grandes banques suisses. Mais la Suisse et son économie sont tout particulièrement exposées aux risques provenant du système financier. Les bilans totaux des deux grandes banques actives dans l’«&nbsp;Investment Banking&nbsp;» mondialisé représentent plusieurs fois le produit intérieur brut suisse. 
</p><p>À ce jour, rien n’indique que l’on aurait tiré les leçons du quasi-effondrement du système financier, même pas sous forme d’ébauches. La direction de l’UBS vise les mêmes bénéfices, voire des bénéfices plus élevés encore (15 milliards), et un même rendement des capitaux propres (20&nbsp;%) qu’avant la crise. Des buts qui ne pourront pas être réalisés sans nouveau recours à une stratégie commerciale des plus risquées. La pratique à risque des bonus, à laquelle l’autorité de surveillance des marchés financiers (FINMA) a donné sa bénédiction, est maintenue sous une forme à peine modifiée.
</p><p>Comme avant la crise, les instances de la Confédération chargées des contrôles sont étroitement liées aux grandes banques. Les contrôleurs dépendent des contrôlés, tant au plan des connaissances qu’à celui des personnes qui y siègent (une dépendance qui s’est accrue depuis que la Commission fédérale des banques a cédé la place à la FINMA). Constater, comme le fait celle-ci dans son dernier rapport sur la crise financière, que ni l’UBS ni l’autorité de surveillance n’avaient reconnu les risques que comportaient leurs activités commerciales, pour relativiser tout de suite en précisant que, même si cela avait été le cas, il n’aurait pas été possible d’intervenir politiquement pour corriger la réalité, cela revient à une capitulation de toute autorité de surveillance fonctionnant en tant que telle. La faiblesse du Conseil fédéral, compétent en cette matière, qui s’illustre en expliquant par exemple qu’il referait absolument la même chose que ce qu’il a fait aggrave encore cette problématique. Cette façon d’agir à l’aveuglette et l’absence d’indépendance des acteurs de la Confédération ici déterminants – ainsi que leur manque de volonté et/ou de capacité à tirer les conclusions qui s’imposent de la crise des marchés financiers – représentent un grave danger pour l’économie suisse, et pour la Suisse surtout. 
</p><p>La seule réponse possible et nécessaire à cette situation encore inédite pour la Suisse est la création d’une commission d’enquête parlementaire (CEP). Le droit du Parlement stipule qu’une CEP doit être&nbsp; créée «&nbsp;en cas d’événements d’une grande portée sur lesquels il est indispensable de faite la lumière&nbsp;». Les événements dont il s’agit ici dépassent dans leur ampleur toutes les anciennes situations lors desquelles une CEP fut instituée (affaire des mirages en 1964&nbsp;: CEP du Département de justice et police et du Département militaire fédéral en 1989/1990, CEP pour la Caisse de pension de la Confédération en 1995). Dans tous les cas cités, la création d’une CEP a débouché en règle générale sur des résultats très positifs, en cela qu’à chaque fois des enseignements importants ont été tirés de crises. On ne dispose d’aucun autre moyen efficace permettant de tirer pour la Suisse les conclusions politiques qui s’imposent de la crise des marchés financiers 
</p><p>Il serait irresponsable, d’un point de vue non seulement économique, mais aussi politique, de laisser les choses continuer comme avant et de croire que, malgré des faiblesses au plan institutionnel, plus rien ne sera passera désormais. Afin de tirer les conclusions de la crise des marchés financiers qui s’imposent pour la Suisse, il faut mener une enquête sans réserve, sans préjugé et indépendante, avec l’autorité et les moyens nécessaires, ce dont seule une CEP dispose dans notre système politique. 
</p><p>Le Parlement se trouve face à un défi historique qu’il n’a encore jamais connu sous cette forme. Il ne faut pas que l’État suisse et la population suisse doivent un jour supporter une nouvelle fois les conséquences d’abus commis par les directions des grandes banques. Si le Conseil fédéral n’a pas été en mesure à ce jour de faire en sorte que les événements de l’automne 2008 ne puissent se reproduire, c’est au Parlement, en tant que pouvoir supérieur, qu’il incombe d’engager l’instrument parlementaire le plus puissant&nbsp;: la CEP. Celle-ci est le seul moyen pour la démocratie suisse de faire confirmer ses droits face aux directions des grandes banques qui, sinon, fortes d’une garantie de l’État implicite, continueront à appliquer leur propres règles. Il s’agit là de poser des jalons décisifs pour l’avenir de la Suisse.</p>]]></content:encoded><category>Politique monétaire</category><category>Économie</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-205</guid><pubDate></pubDate><title>D’abord beaucoup de bruit, puis beaucoup de placebos, mais pas d’actions…</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/d-abord-beaucoup-de-bruit-puis-beaucoup-de-placebos-mais-pas-d-actions</link><description>Le Conseil fédéral se lamente sur la libre circulation des personnes et prononce des oracles sur les rapports qu’elle entretient avec le chômage. Ce faisant, il ne pipe mot de ce qu’aucune ligne de l’accord bilatéral concerné ne lui interdit de lutter contre le chômage. Il préfère les placebos aux actions. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Mois après mois, la Suisse compte 5000 nouvelles personnes au chômage, qui seront plus de 200&nbsp;000 en 2010. Du jamais vu. Alors que, il y a 20 ans de cela, la Suisse connaissait un taux de chômage très bas en comparaison internationale, elle risque désormais toujours plus de glisser dans le milieu du peloton des nations. Plusieurs pays, dont par exemple le Danemark ou les Pays-Bas, sont déjà mieux classés que nous. 
</p><p>Le problème est «&nbsp;fait maison&nbsp;». La mauvaise politique conjoncturelle des années 1990 a provoqué une hausse massive du chômage. Jusqu’à la fin des années 1990, 300&nbsp;000 personnes sont arrivées en fin de droit&nbsp;; une grande partie d’entre elles n’a plus jamais retrouvé de place dans le monde du travail, une autre faisant la navette entre boulots précaires et chômage. En outre, depuis le nouveau millénaire, les prestations sociales se sont dégradées. Le relèvement de l’âge de la retraite des femmes et le durcissement de la pratique dans l’AI ont eu pour effet qu’il y a aujourd’hui environ 50&nbsp;000 personnes de plus qu’à la fin des années 1990 à avoir besoin d’un emploi. Ce qui restreint les chances d’en trouver un pour les nouveaux et nouvelles qui arrivent sur le marché du travail et débouche sur un transfert de l’AVS et de l’AI vers l’assurance-chômage. 
</p><h3>La logique de la droite aggrave les problèmes</h3><p>Ces dernières semaines, la libre circulation des personnes a été décrite, surtout par la droite politique, comme favorisant le chômage. L’UDC exige que l’accord s’y rapportant soit dénoncé. Le côté positif de tout cela est celui-ci&nbsp;: le fait que le chômage représente un problème important pour la Suisse est désormais politiquement reconnu aussi par l’extrême droite. Toutefois, si la politique du marché du travail suit la logique de la droite, le problème du chômage s’aggravera. Si l’accord sur la libre circulation des personnes est dénoncé, les Accords bilatéraux I tomberont et il sera plus difficile d’appliquer l’accord sur le libre échange. C’est surtout l’industrie d’exportation qui en souffrirait, elle qui, aujourd’hui déjà, subit de plein fouet la crise. Simultanément, à cause de la discussion sur l’immigration, il n’est pas possible d’activer de nouvelles mesures efficaces contre le chômage, comme par exemple le renforcement du pouvoir d’achat, une offensive de formation continue ou l’augmentation du nombre d’indemnités journalières en cas de chômage. Il est symptomatique que le Conseil fédéral ait fait savoir la semaine passée qu’il allait examiner au printemps 2010 s’il faut activer la clause de sauvegarde. C’est là purement et simplement un placebo inutile. En effet, comme il y a peu de travail en Suisse, l’immigration accuse un recul si prononcé que le seuil prévu par cette clause<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1509_DL_Libre-circulation.doc#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a> ne sera pas du tout atteint. 
</p><h3>Renforcer l’efficacité des mesures d’accompagnement</h3><p>Les syndicats ont réussi à imposer des mesures d’accompagnement pour contrer les effets négatifs de la libre circulation des personnes. Si les patrons doivent verser à la main-d’œuvre en provenance de l’Union européenne (UE) des salaires aussi élevés que pour la main-d’œuvre de Suisse, ils donneront alors la priorité à cette dernière. Mais si l’application des mesures d’accompagnement s’est améliorée, des lacunes importantes subsistent. Sanctionner les entreprises qui pratiquent la sous-enchère est un problème encore pendant. Les infractions aux contrats-type de travail ne sont punies d’une amende qu’en cas d’action civile. Il est toujours difficile de faire appliquer des sanctions à l’étranger, ainsi que contre des sous-entreprises. Une base légale est ici nécessaire pour que les autorités puissent infliger une amende en cas d’infraction à un contrat-type, pour introduire des cautions dans toutes les conventions collectives de travail (CCT) au champ d’application étendu (de force obligatoire), de même que pour mettre en place une responsabilité solidaire de l’employeur plus stricte. Dans les branches où il y a pression sur les salaires, des salaires minimaux doivent être prévus. Les CCT de force obligatoire des branches du nettoyage et de la sécurité privée doivent être étendues aux petites entreprises et, dans la santé et l’agriculture, ainsi que dans l’économie domestique et le travail temporaire, des salaires minimaux doivent être ancrés dans les CCT de force obligatoire ou dans les contrats-type. 
</p><p>Le secteur de la santé montre de manière exemplaire comment des employeurs recourent à une main-d’œuvre étrangère pour pouvoir maintenir en Suisse leurs mauvaises conditions de travail. Une étude réalisée en septembre 2009 par l’institut gfs.berne Recherche en politique, communication et société pour H+ Les Hôpitaux de Suisse montre clairement que de nombreux hôpitaux ont de la peine à trouver du personnel soignant, parce que les horaires de travail ne sont pas attrayants, les salaires étant, quant à eux, trop bas. Dans les hôpitaux suisses aussi, il est courant de licencier des femmes médecins enceintes, les postes devenus vacants étant repourvus avec des médecins de l’UE.
</p><p>Dans ce contexte, la pratique du grand écart mise en œuvre par l’UDC mérite notre attention. Lors de sa toute dernière assemblée des délégués, ce parti nous a resservi, en la célébrant, la vieille répartition surannée des rôles entre hommes et femmes. Ces dernières devraient ainsi à nouveau s’occuper exclusivement du ménage et des enfants. Et lors de la même assemblée, l’UDC a demandé que l’accord sur la libre circulation des personnes soit dénoncé. Mais qui devra faire le travail actuellement fourni par les femmes dans leur profession, si celles-ci s’occupent à nouveau exclusivement du ménage et des enfants&nbsp;?
</p><h3>Le problème, ce n’est pas de pouvoir, mais de vouloir</h3><p>Les syndicats continueront à se battre pour de meilleures conditions de travail et des mesures de lutte contre le chômage. C’est là l’unique manière de protéger les travailleurs et travailleuses contre les conséquences négatives de la crise. À cet égard, l’accord sur la libre circulation des personnes ne constitue pas un obstacle. La Suisse a le droit de faire tout son possible pour lutter contre le chômage, pour autant qu’elle ne discrimine pas la main-d’œuvre de l’UE par rapport à celle indigène. Si elle le veut, elle peut étendre un filet de salaires minimaux sur l’ensemble du pays, créer des garanties pour l’emploi, introduire des dispositions de protection contre le licenciement, etc. Et elle peut également décider librement de mesures de soutien à la conjoncture. Le Conseil fédéral et les Chambres doivent faire leur travail, maintenant. Le bilan des mesures déjà prises contre la crise est clairement insuffisant.
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1509_DL_Libre-circulation.doc#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1"><sup>[1]</sup></a> Seuil permettant la réintroduction de contingents si un certain pourcentage d’autorisations de séjour par rapport à une moyenne calculée sur les trois années précédentes est dépassé.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-201</guid><pubDate></pubDate><title>Conseil des États : l’annonce d’un bug</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/conseil-des-etats-l-annonce-d-un-bug</link><description>Le Conseil des États vient d’adopter en grande partie le projet de révision totale de la loi sur la poste que proposait le Conseil fédéral. La réponse donnée à la question décisive concernant la libéralisation fut serrée : 20 voix contre 19. C’est là clairement un signe pouvant annoncer un bug du lobbyisme des libéralisateurs. À la Chambre du peuple de renverser maintenant ce résultat. Les syndicats s’engageront dans ce sens. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Commençons par le positif&nbsp;: les aventures purement idéologiques de la majorité des conseillères et conseillers aux États ont-elles aussi une fin. À la Chambre des cantons, le scepticisme était tout à fait sensible et même très répandu. La non-entrée en matière a été défendue par les socialistes (Géraldine Savary, VD), et des élu(e)s PDC (principalement Théo Maissen). Cela, sur la base de bons exemples étrangers illustrant l’échec de libéralisations de la poste. Ces délibérations parlementaires ont fait apparaître aux yeux de tout le monde que la réforme de la Poste suisse serait à l’origine de nouveaux problèmes&nbsp;: hausse des prix, dégradation des services, baisse des salaires. De plus, personne n’a été en mesure de justifier la nécessité d’une telle réforme. Au contraire, on a même cité un sondage montrant la satisfaction de la population concernant les actuels services postaux. 
</p><p>Certes négatif, le résultat serré du vote sur le cœur même du projet est étonnant&nbsp;: la suppression du monopole résiduel pour les lettres légères n’est passée que par 20 voix contre 19. Et si l’on tient compte du fait que la conseillère aux États jurassienne PDC a reconnu s’être trompée dans son vote, il y aurait même eu rejet de cette suppression. Quant à une libéralisation totale immédiate, elle a nettement échoué, par 31 voix contre 9, la prolongation à 3 ans de l’étape de monopole comme solution transitoire n’échouant, elle, que de justesse. L’obligation, pour les opérateurs privés voulant utiliser les infrastructures de la Poste, de respecter la convention collective de travail (CCT) de la Poste n’a pour l’instant pas trouvé grâce auprès des député(e)s. C’est là une sous-enchère sociale et salariale inacceptable à laquelle seule une CCT obligatoire de branche pourrait mettre fin. 
</p><p>Le Conseil national doit maintenant remettre l’ouvrage sur le métier. Une réforme de la Poste qui serait décidée à ce point de justesse n’a pratiquement aucune chance de s’imposer dans les urnes. Les risques d’un démantèlement des prestations – si appréciées, car légendaires – des services postaux sont tellement manifestes. Inversement, l’actuel monopole résiduel de la Poste garantit sans problème le financement du service universel. Personne n’a vraiment envie d’échanger ce dernier contre des structures redondantes et chaotiques, ainsi qu’un fonctionnement basé sur une bureaucratie taxatrice. C’est pourquoi il est désormais important que le Conseil national mette clairement un terme à cette réforme inutile. Seul le monopole résiduel est en mesure de garantir des services postaux de qualité dans tout le pays. Permettre que certains se réservent les meilleures parts du gâteau dans les agglomérations est finalement trop cher, antisocial et inefficient. C’est une façon de procéder qui ne convient pas à notre pays.
</p><h3>Initiative populaire «&nbsp;Pour une Poste forte&nbsp;»</h3><p>Fin novembre, le Syndicat de la Communication, soutenu par l’Union syndicale suisse (USS) et le Parti socialiste suisse, a lancé une initiative populaire demandant une Poste forte. Cette initiative demande un réseau d’offices de postes sur l’ensemble du pays et un service universel tourné vers l’avenir, garanti par le personnel de la Poste suisse et financé avec les recettes du monopole sur les lettres et les bénéfices d’une banque postale. 
</p><p>On peut signer cette initiative sous&nbsp;: www.initiativepostale.ch.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Poste</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-207</guid><pubDate></pubDate><title>Les porteurs d’eau des assureurs privés au Parlement s’acharnent contre les prestations et alourdissent les charges sociales</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/les-porteurs-d-eau-des-assureurs-prives-au-parlement-s-acharnent-contre-les-prestations-et-alourdissent-les-charges-sociales</link><description>Moins connue que celles de l’AVS et de l’assurance-chômage, la révision de la loi sur l’assurance-accidents (LAA) n’en est pas pour autant moins dangereuse. Dans la commission du Conseil national qui s’en occupe, de nombreux parlementaires bourgeois attaquent éhontément les intérêts des personnes assurées et des employeurs : réduction ou suppression de prestations, affaiblissement de la SUVA et même hausse des primes pour tous les assuré(e)s et employeurs, ils ne reculent devant rien pour élargir le champ d’action des assurances complémentaires, très profitables pour les assureurs privés.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le scénario est bien connu, puisqu’il reprend mot pour mot celui de l’assurance-maladie&nbsp;: les commissions de la santé et de la sécurité sociale des deux Chambres sont noyautées par des parlementaires bourgeois inféodés aux caisses-maladie et aux assureurs privés, qui font échec à toutes les réformes judicieuses et ne songent qu’à accroître leurs possibilités de gain, au détriment des assuré(e)s et des patient(e)s. La même tragédie se reproduit actuellement pour l’assurance-accidents obligatoire. Si les Chambres fédérales peuvent encore «&nbsp;justifier&nbsp;» des modifications de l’assurance-maladie qui nuisent aux personnes assurées en invoquant la hausse constante des coûts et des primes, elles n’ont en revanche pas cette excuse pour la révision de la LAA&nbsp;: l’assurance-accidents est financièrement saine et des mesures d’économies ne s’imposent pas. Malgré tout, les lobbyistes des caisses-maladie et des assureurs privés veulent réduire les prestations d’assurance, dans le but d’accroître le champ des assurances complémentaires de droit privé, bien plus rentables pour eux-mêmes. Or, cette ambition se traduit, pour les assuré(e)s et pour les employeurs, par un relèvement des primes et par une dégradation des prestations en cas d’accident.
</p><h3>Abaissement du salaire assuré maximal&nbsp;: recul des prestations et hausse des primes&nbsp;?</h3><p>Actuellement, la proportion de travailleuses et travailleurs assurés pour la totalité du salaire oscille dans une fourchette qui va de 92 à 96&nbsp;% des assuré(e)s. Cela signifie notamment que tous ces travailleurs et travailleuses perçoivent, en cas d’accident, des indemnités journalières et des rentes à hauteur de 80&nbsp;% de leur salaire. Du point de vue technique, le Conseil fédéral revoit périodiquement le salaire assuré maximal LAA pour que cette fourchette soit respectée. Actuellement, ce salaire est de 126&nbsp;000&nbsp;francs par an. À première vue, cela peut sembler beaucoup, comparé par exemple aux prestations bien plus basses de l’AVS ou de la prévoyance professionnelle, mais cet écart repose sur de très bonnes raisons&nbsp;: en cas d’accident, l’assurance-accidents remplace la responsabilité civile de l’employeur. Et elle ne peut le faire que si la quasi-totalité des personnes assurées sont réellement bien couvertes contre les conséquences économiques d’un accident. Or, la commission du Conseil national a, sur proposition de Mme Humbel-Näf (PDC), une lobbyiste des caisses-maladie, décidé que seuls 85 à 90&nbsp;%&nbsp; des travailleuses et travailleurs seraient assurés pour la totalité de leur salaire. Actuellement, la limite inférieure de 85&nbsp;% équivaut à un salaire annuel de 96&nbsp;000&nbsp;francs, de sorte que l’écart est considérable. Au premier abord, on pourrait argumenter que seuls les hauts salaires feraient figure de perdants (réduction des rentes d’invalidité et de survivants, ainsi que des indemnités journalières). Ils seraient au nombre de 250&nbsp;000 environ, ce qui n’est pas peu. Or, il n’en va pas ainsi&nbsp;: le salaire assuré maximal jouant aussi un rôle dans le calcul de diverses prestations de l’assurance-accidents, de nombreuses victimes d’accidents se retrouveraient elles aussi dans une situation pire qu’auparavant, y compris des bas et moyens revenus. Cela est particulièrement vrai des personnes qui, à la suite d’un accident, souffrent d’une atteinte physique permanente (indemnité pour atteinte à l’intégrité) ou dépendent durablement de l’aide d’autrui (allocation pour impotent). Surtout, la totalité des 3,8&nbsp;millions d’assuré(e)s à l’assurance-accidents devraient débourser davantage&nbsp;: le salaire assuré maximal étant aussi le plafond utilisé pour le calcul des primes, son abaissement entraînerait un manque à gagner qui ne pourrait être compensé que par un relèvement des primes de l’ordre de 2 à 3&nbsp;%. En conséquence, tous les assuré(e)s devraient acquitter des primes supérieures pour les accidents non professionnels, en dépit de la réduction des prestations. Leurs employeurs devraient eux aussi débourser davantage pour les primes d’assurance accidents professionnels. En dépit de ces primes plus chères, ils courent le risque, en cas d’accident, d’être assignés en justice sur la base du contrat du travail ou du droit de la responsabilité civile, pour les prestations que l’assurance-accidents ne couvre plus. Dans certaines situations, les travailleuses et travailleurs accidentés n’auraient d’autre solution que d’introduire une action en justice, ce qui constituerait une épreuve pour eux aussi.
</p><h3>Qui en profite&nbsp;? Qui se frotte les mains&nbsp;?</h3><p>Les lobbyistes des caisses-maladie et des assureurs n’ont même pas à justifier devant le Conseil national cet abaissement du salaire assuré maximal et les conséquences qui en résultent pour les accidenté(e)s et pour tous les assuré(e)s et employeurs. Il n’en reste pas moins que l’on sait à qui le crime profite&nbsp;: les assurances privées et les caisses-maladie qui offriraient aux employeurs des assurances-accidents complémentaires de droit privé. Ces assurances sont plus chères que l’assurance-accidents obligatoire, les assureurs ayant toute liberté pour en retirer davantage de bénéfice. Conclusion&nbsp;: tous les assuré(e)s et tous les employeurs devraient acquitter des primes plus importantes, tout en bénéficiant de prestations moindres. Quiconque souhaiterait bénéficier des mêmes prestations qu’auparavant devrait donc passer deux fois à la caisse. La perfidie ne s’arrête toutefois pas là&nbsp;: alors que la quarantaine d’assureurs-accidents privés auraient le droit de proposer ces assurances complémentaires et tireraient parti du potentiel créé par l’abaissement du salaire assuré maximal, la SUVA ne peut le faire. Simultanément, les lobbyistes des assurances privées veulent priver la caisse nationale des meilleurs morceaux, c’est-à-dire des branches à faible risque. Or, la SUVA est la seule assurance-accidents gérée par les partenaires sociaux et sans but lucratif.
</p><h3>Les cotisations de l’assurance-chômage seraient elles aussi relevées</h3><p>Mais ce n’est pas tout&nbsp;: le salaire assuré maximal LAA étant aussi déterminant pour les cotisations et les prestations de l’assurance-chômage, cette branche des assurances sociales verrait elle aussi ses prestations réduites et essuierait une perte nette de 130&nbsp;millions de francs par an. Aujourd’hui déjà, l’assurance-chômage est déficitaire et cette mesure ne ferait qu’aggraver ce déséquilibre. Ses détracteurs demanderaient encore davantage de réduction des coûts et des prestations.
</p><h3>Les fossoyeurs du social s’en donnent à cœur joie</h3><p>En dépit des finances solides de l’assurance-accidents, les assureurs privés s’obstinent à en réduire les prestations. Ainsi, ils veulent subordonner le droit à une rente d’invalidité à un taux d’invalidité de 40&nbsp;% au moins pour certaines conséquences des accidents. Ils prétendent aussi remplacer l’efficace système tarifaire médical de l’assurance-accidents par celui de l’assurance-maladie, bien plus cher et bien plus compliqué, ce qui alourdirait une fois de plus inutilement les charges. Finalement, ils demandent que la rente des personnes invalides en raison d’un accident soit réduite dès l’âge de la retraite.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Assurance-accidents</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-192</guid><pubDate></pubDate><title>Les dégâts collatéraux de la libéralisation</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/les-degats-collateraux-de-la-liberalisation</link><description>Un commentaire de Rolf Zimmermann, premier secrétaire de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le débat dans la presse au sujet de M. Claude Béglé, le président du conseil d’administration de la Poste, montre, pratiquement comme un exemple de manuel scolaire, quels sont les dégâts collatéraux – ici, sur des personnes - de la politique de libéralisation appliquée à la Poste ces dernières années. Les médias qui soutiennent cette tendance aux libéralisations ont favorisé la mise en place, à la tête d’infrastructures publiques, de vedettes de l’économie soi-disant nécessaires. Et aujourd’hui, ces mêmes médias sont les premiers à les démolir. 
</p><p>Dans ses dernières prises de position, M. Claude Béglé a inlassablement souligné que le service public est sa toute première préoccupation. Prenons-le au mot&nbsp;; et cela, aussi quand il se déclare défavorable à la poursuite des suppressions d’offices postaux. La Poste doit en effet pouvoir garantir des activités de grande qualité. À cet égard, les récents débats à propos de telle ou telle personne ne nous sont d’aucun secours. Comme l’est encore moins la libéralisation totale de la branche de la poste proposée au parlement. Or, c’est maintenant qu’il faut débattre de cette question de manière approfondie. La libéralisation totale de la Poste met le service universel – lire&nbsp;: le service public – en grand danger. Elle est aussi ce qui a déclenché les activités à l’étranger tant évoquées aujourd’hui. De fait, d’anciens monopolistes se disputent mutuellement des clients sur des terrains étrangers. C’est là une concurrence inutile aux effets négatifs sur la qualité, les prix et les conditions de travail dans cette branche.
</p><p>Il faut que des décisions politiques claires soient rapidement prises. Cette demande d’une décision politique définitive sur cette question se fait toujours plus forte, car il s’agit là, en premier lieu, d’un service public qui doit être défini et garanti sur une base démocratique. Si ce service public devait être entièrement livré à la «&nbsp;main invisible du marché&nbsp;», pareilles scandaleuses histoires se multiplieraient. Le renoncement à d’autres libéralisations est une réponse durable à ce problème. Pour l’heure, les dégâts collatéraux se limitent à des personnes. La Poste, son personnel motivé et ses services indispensables doivent en être épargnés.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Poste</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-197</guid><pubDate></pubDate><title>La Banque nationale doit s’opposer énergiquement à l’appréciation du franc</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/la-banque-nationale-doit-s-opposer-energiquement-a-l-appreciation-du-franc</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis que la Banque nationale a annoncé, en décembre dernier, qu’elle n’interviendrait qu’en cas de forte appréciation du franc, les spéculateurs testent la nouvelle marge de manœuvre qui leur a ainsi été offerte. Depuis lors, le franc s’est nettement apprécié. Cette évolution - plus particulièrement en ce qui concerne le cours du franc par rapport à l’euro - préoccupe énormément l’Union syndicale suisse (USS). Que la Banque nationale laisse la situation évoluer de la sorte va aggraver les difficultés auxquelles doivent déjà faire face les salarié(e)s des entreprises d’exportation. L’appréciation du franc renchérit en effet à l’étranger les produits des exportateurs suisses&nbsp;: d’ores et déjà limitées par la valeur de notre monnaie, les possibilités de ventes deviennent de ce fait encore plus difficiles. 
</p><p>Le franc a déjà été mis sous pression par la crise financière ce qui l’a poussé à s’apprécier. De fait, depuis le deuxième semestre 2007, il a considérablement augmenté par rapport à la plupart des monnaies. Et sa valeur extérieure réelle avait déjà augmenté de plus de 10&nbsp;% avant sa toute dernière appréciation par rapport à l’euro. 
</p><p>Une petite économie ouverte est exposée aux spéculations sur les marchés des devises, lorsque les cours fluctuent. C’est pourquoi les interventions de la Banque nationale sont devenues une tradition de longue date. En automne 1978, elle est en effet intervenue contre une appréciation du franc suisse par rapport au Deutsche Mark, afin qu’il ne dépasse pas la valeur de 80 centimes pour un Deutsche Mark. Par la suite, le franc s’est toujours maintenu au-dessous de cette valeur, à l’exception d’une brève période (1983/84).
</p><p>Aujourd’hui, l’USS invite par conséquent la Banque nationale à agir en conformité avec cette tradition - qui a fait ses preuves - pour que le franc se situe clairement au-dessus de 1,50 pour 1 euro. Aucun risque d’inflation n’est prévisible. Ce sont, au contraire, des risques de déflation qui prédominent. Abstraction faite des loyers, le renchérissement est en effet égal à zéro en Suisse.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique monétaire</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-193</guid><pubDate></pubDate><title>Premiers succès des syndicats</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/premiers-succes-des-syndicats</link><description>Le 1er janvier 2010, de nouvelles mesures de financement sont entrées en vigueur concer-nant la formation. D’autres mesures sont prévisibles dans la formation professionnelle supérieure et une loi sur la formation continue est en préparation. Par sa ténacité, l’Union syndicale suisse (USS) a ouvert plus grand les portes de la formation pour de nombreuses personnes.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Avec la nouvelle année est entrée en vigueur la troisième phase de mesures de stabilisation conjoncturelle. Elle prévoit entre autres des mesures de financement de la formation en faveur de personnes se trouvant au chômage technique (30 millions de francs) et des contributions salariales de 1000 francs par mois (emploi à plein temps) aux employeurs fournissant un emploi d’une durée indéterminée à des personnes de moins de trente ans au chômage depuis plus de 6 mois (12 millions). En outre, 215 millions supplémentaires sont prévus pour des emplois à durée déterminée dans le domaine de l’énergie et pour les jeunes ayant terminé un apprentissage<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0110_Sigerist_Progres-formation.doc#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>. Il est essentiel de recourir rapidement à ces fonds et de pouvoir préparer ainsi le terrain à une quatrième phase, élargie, de mesures de stabilisation. Avec son programme «&nbsp;Crise&nbsp;: mesures en matière de formation&nbsp;», l’USS a déjà montré la voie à suivre ici<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0110_Sigerist_Progres-formation.doc#_ftn2" target="_blank" name="_ftnref2"><sup>[2]</sup></a>.
</p><h3>L’espoir d’un meilleur financement de la formation professionnelle supérieure </h3><p>Depuis deux bonnes années, l’avenir de la formation professionnelle supérieure fait l’objet de débats intenses entre les principaux acteurs concernés, les organisations professionnelles (faîtières des employeurs et des salarié(e)s), cantons (Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique) et Confédération (Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie, OFFT). Une première tentative d’imaginer, dans le cadre d’un groupe de travail «&nbsp;Master plan&nbsp;», une nouvelle réglementation et un nouveau financement dans ce domaine a entre temps été transformée, sur l’initiative de l’OFFT, en un genre de table ronde sur l’avenir de la formation professionnelle supérieure. Divers modèles de financement y sont étudiés de manière approfondie. Parallèlement, sur mandat de l’USS, on cherche à établir si les cours préparatoires aux examens de la formation professionnelle supérieure doivent être reconnus par la loi sur la formation professionnelle comme justifiant le versement de subventions.
</p><p>L’an dernier, l’USS et la SEC suisse<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0110_Sigerist_Progres-formation.doc#_ftn3" target="_blank" name="_ftnref3"><sup>[3]</sup></a> ont lancé une initiative visant à faciliter à tout(e) apprenti(e) au bénéfice d’un diplôme l’accès à une formation professionnelle supérieure via une bon de formation de 5000 francs. Il s’agit en particulier d’encourager les femmes, peu présentes ici, à suivre une formation continue<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0110_Sigerist_Progres-formation.doc#_ftn4" target="_blank" name="_ftnref4"><sup>[4]</sup></a>. Des interventions en ce sens ont été faites presque simultanément dans huit cantons. Dans celui de Berne, le gouvernement a accepté d’examiner cette demande. L’OFFT s’est aussi déclarée prête à étudier un financement de la formation professionnelle supérieure orienté en fonction de la demande. 
</p><h3>Une loi sur la formation continue en préparation</h3><p>Déjà lors de la première séance du Conseil fédéral en présence de Monsieur Didier Burkhalter, il a été possible de lever le blocage installé depuis plusieurs années par Pascal Couchepin contre l’élaboration d’une loi sur la formation continue. Une commission d’expert(e)s encore à créer devra soumettre au gouvernement un projet d’ici 2011. Mais on risque de voir la majorité de droite, à la botte de l’Union patronale suisse et de l’Union suisse des arts et métiers –hostiles à une telle loi -, n’accepter qu’un texte malingre dont le seul effet serait d’entraîner une nouvelle bureaucratie chargée des contrôles, mais qui ne permettrait nullement à tout un chacun d’accéder à une formation continue. 
</p><p>L’USS a deux priorités concernant la future loi sur la formation continue&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ol><li>Les 600&nbsp;000 adultes qui, bien qu’ayant accompli leur scolarité obligatoire et étant au bénéfice d’une formation professionnelle initiale, ne maîtrisent pas suffisamment les compétences de base (lire, écrire, calculer et connaissance de l’informatique), doivent pouvoir accéder, comme ils en ont besoin, à des offres de formation financièrement avantageuses.</li><li>La future loi sur la formation continue et le code des obligations doivent prévoir un droit à un congé de formation de 5 jours par an. Mais au-delà, tous les adultes, et également les salarié(e)s âgés, doivent avoir librement accès à des conseils en matière de profession et de carrière.</li></ol><p>La Fédération suisse pour la formation continue<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0110_Sigerist_Progres-formation.doc#_ftn5" target="_blank" name="_ftnref5"><sup>[5]</sup></a>, à laquelle tant Movendo, l’Institut de formation des syndicats, que l’USS appartiennent, a repris le congé de formation continue dans son propre projet de loi, ce dont les médias se sont largement faits l’écho. Mais ces priorités sont contestées au sein même de cette faîtière. 
</p><p>Le canton de Zurich a fortement étendu les déductions fiscales pour les dépenses de formation continue demandées avant tout par la SEC Suisse, prenant particulièrement en considération les mesures de formation en emploi (cf. <a href="http://www.steueramt.zh.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.steueramt.zh.ch</a>).
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0110_Sigerist_Progres-formation.doc#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Pour plus de détails, voir sous <a href="http://www.seco.admin.ch/stabilisierungsmassnahmen/index.html?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.seco.admin.ch/stabilisierungsmassnahmen/index.html?lang=fr</a>.
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0110_Sigerist_Progres-formation.doc#_ftnref2" target="_blank" name="_ftn2">[2]</a> Cf. <a href="http://www.uss.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.uss.ch</a>, Thèmes / Formation.
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0110_Sigerist_Progres-formation.doc#_ftnref3" target="_blank" name="_ftn3">[3]</a> Société suisse des employés de commerce. 
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0110_Sigerist_Progres-formation.doc#_ftnref4" target="_blank" name="_ftn4">[4]</a> Cf. <a href="http://www.uss.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.uss.ch</a>, Thèmes / Formation.
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0110_Sigerist_Progres-formation.doc#_ftnref5" target="_blank" name="_ftn5">[5]</a> Elle regroupe des organisations privées et publiques, des formateurs et des formatrices travaillant de manière indépendantes, des associations et des départements de formation continue d’entreprise.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-194</guid><pubDate></pubDate><title>NON au vol des rentes de la prévoyance professionnelle !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/non-au-vol-des-rentes-de-la-prevoyance-professionnelle</link><description>L’abaissement projeté du taux de conversion LPP brise un tabou de la politique sociale suisse. Pour la première fois en effet, les rentes de la prévoyance professionnelle vont, de manière générale, diminuer. Les grandes assurances affûtent leurs armes.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Qu’en premier lieu, seules les rentes du domaine obligatoire soient visées et, formellement, uniquement que les classes d’âges qui partiront à la retraite ces prochaines années n’améliore nullement les choses. Comment les rentières et les rentiers, qui renoncent déjà à la compensation du renchérissement depuis de longues années et doivent ainsi s’accommoder d’une dévalorisation constante de leurs rentes, peuvent-ils encore croire, si les promesses faites aux plus de soixante ans peuvent être rompues sans scrupule aucun, que leurs rentes sont sûres et ne seront pas remises en question&nbsp;? Mais que signifient aussi ces baisses pour les membres de la génération dite active&nbsp;? À quelles promesses et à quelles garanties peuvent-ils encore s’en remettre, si ce qui leur avait été expressément promis il y a quelques années encore de cela ne vaut maintenant plus pour les classes d’âge qui se trouvent sur le seuil de la retraite&nbsp;?
</p><p>Autrefois et jusqu’à aujourd’hui, ces promesses reposaient sur le principe de la bonne foi. Or, baisser massivement les rentes - qui avaient été récemment promises avec la 1ère révision de la LPP - de celles et ceux qui ont cru à ces promesses, c’est violer ce principe. À leur âge, ces personnes n’ont de fait plus aucune chance de compenser une perte si importante et irréversible. 
</p><p>La constitution fédérale stipule que les rentes de la prévoyance professionnelle doivent permettre, conjuguées avec celles de l’AVS, de maintenir de manière appropriée le niveau de vie antérieur. Qu’est-ce que cela veut dire concrètement, relativement à l’objet de la prochaine votation populaire&nbsp;? La prévoyance professionnelle obligatoire se traduit par des rentes d’au maximum 1500 par mois, mais qui sont fréquemment inférieures à ce montant. Dans ces cas, même avec les rentes de l’AVS, le maintien du niveau de vie antérieur n’est souvent pas garanti avec la partie obligatoire de la LPP. Cela, d’autant moins si ces rentes allaient subir en plus une baisse de 10 pour cent environ. Le projet imposé par la droite du Parlement fédéral - la baisse du taux de conversion LPP&nbsp;; cela, sans compensation pour atteindre le but constitutionnel, ce qui est en contradiction avec la 1ère révision de la LPP – viole ainsi non seulement le principe de la bonne foi, mais ne respecte par non plus le mandat constitutionnel. 
</p><p>Cette baisse du taux de conversion décidée dans la précipitation ne s’explique d’ailleurs pas, contrairement aux affirmations propagées par les organisations des milieux économiques, par la prise en considération de la démographie , entendez&nbsp;: de l’allongement de l’espérance de vie. Ce phénomène a déjà été pris en compte à travers la baisse progressive et prudente du taux de conversion décidée dans le cadre de la 1ère révision de la LPP, une baisse dont les effets furent d’ailleurs amortis à l’aide de mesures d’accompagnement. Le scrutin du 7 mars ne concerne pas l’allongement de l’espérance de vie, mais a pour enjeu les intérêts sonnants et trébuchants des grandes compagnies d’assurance surtout, qui vont dépenser de très grandes sommes durant cette campagne de votation. Car ce sont elles qui profiteraient massivement de ce que les prestations de la prévoyance professionnelle ne seraient plus garanties. Ce dont les travailleurs et les travailleuses seront privés en tant que futurs rentiers et rentières ira directement dans les poches des actionnaires et se retrouvera dans les bonus versés aux dirigeants des grandes compagnies d’assurance. D’un côté, on trouve ces dernières, qui promettent un rendement de 10 à 15&nbsp;% sur les capitaux propres et, de l’autre, des rentières et rentiers pour qui l’enjeu est, dans le cadre de la prévoyance professionnelle obligatoire, ce dont ils ont absolument besoin pour leur subsistance et ce pour quoi ils ont payé de bonne foi. L’expression de «&nbsp;vol des rentes&nbsp;» ne fait qu’exprimer en toute clarté cette réalité. Pas étonnant non plus, en effet, que les compagnies d’assurance veuillent, aujourd’hui déjà, refiler à la population leurs onéreuses assurances pour combler la lacune de couverture des besoins vitaux. Difficile d’être plus culotté&nbsp;!
</p><p>Avec leur référendum placé à l’enseigne du «&nbsp;NON au vol des rentes&nbsp;», les syndicats défendent les prescriptions constitutionnelles ainsi que les promesses légales de rentes minimales. Même si les compagnies d’assurance et les associations économiques et autres partis qu’elles financent à coups de millions propagent le contraire, il n’y a aucune raison objectivement défendable de briser les promesses faites avec la 1ère révision de la LPP entrée en vigueur au 1er janvier 2005 seulement. Personne ne conteste qu’il faudra à nouveau (dès 2015) prendre en compte l’évolution de l’espérance de vie. Mais les travailleurs et travailleuses, et surtout ceux et celles qui n’ont que la prévoyance professionnelle obligatoire, ne sont pas là pour effacer avec leurs rentes les erreurs commises par les dirigeants des grands groupes financiers.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-198</guid><pubDate></pubDate><title>Aux responsables de la crise de payer !</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/aux-responsables-de-la-crise-de-payer</link><description>Ils ont remonté la pente et ont le toupet d’exiger maintenant des bonus. Ils ? Les grands dirigeants de la branche financière. En demandant l’introduction d’un impôt de 50 % sur les bonus, l’Union syndicale suisse (USS), veut gripper pareils mécanismes et renforcer le pouvoir d’achat, c’est-à-dire endiguer les effets de la crise.</description><content:encoded><![CDATA[<p>En théorie, une banque est une entreprise qui récolte l’argent de ses clients pour le prêter à des privés et d’autres entreprises sous forme de crédits. Mais dans la pratique, la banque met la main sur une grande partie de cet argent, ce qui est encore le cas aujourd’hui. En effet, même si l’économie est plongée dans une grave crise, les banques – surtout d’investissement – encaissent d’importants bénéfices. Et un flot de bonus se déverse à nouveau dans les poches des dirigeants et des grands banquiers, comme si rien ne s’était passé…
</p><p>Pour une grande part, les profits réalisés s’expliquent par les mesures de stabilisation prises par les États et les banques centrales. Les taux d’intérêt du marché monétaire étant restés très bas, les banques peuvent avantageusement s’approvisionner en argent. En raison du renflouement de plusieurs banques, des baisses des taux d’intérêt et des interventions des banques centrales sur les marchés des obligations, le cours des titres a augmenté. Les États ont maintenant besoin de beaucoup plus de capitaux, car leurs déficits se sont fortement accrus. Les pouvoirs publics et les banques centrales ont certes permis de sauver certaines banques, mais les pertes réalisées par ces banques auraient en premier lieu dû être supportées par les actionnaires et les détenteurs d’obligations. 
</p><p>Les banquiers d’investissement, les négociants en titres et les gestionnaires de fortunes ayant dû être sauvés, c’est aux salarié(e)s des autres branches économiques – mais aussi aux employé(e)s de banque ordinaires – de payer la facture. Le chômage s’installe dans une grande partie des branches extérieures au secteur de la finance. Qui plus est&nbsp;: l’UBS se prépare, malgré ses gains et ses excès salariaux, à licencier jusqu’à 1500 de ses employé(e)s. La collectivité paie, quand les gros salaires empochent les profits. 
</p><p>Après l’Angleterre et la France, c’est aujourd’hui le gouvernement des États-Unis qui entend faire passer à la caisse ceux qui, dans les banques, sont sortis gagnants de la crise. Or, ces profiteurs réagissent avec une arrogance incroyable. Selon un sondage du Financial Times, les dirigeants de la moitié des banques interrogées ne veulent pas payer l’impôt sur les bonus, mais en transférer la charge aux banques elles-mêmes. 
</p><p>L’USS exige plus de justice aussi en Suisse. Les bonus importants doivent être imposés à hauteur de 50&nbsp;%, et cela, dans toutes les branches. Le produit d’un tel impôt – environ 2 milliards - devra être versé aux ménages à bas et moyens revenus. Ainsi, une famille de quatre personnes recevrait près de 1000 francs. De l’argent dont elle a besoin, car les salaires n’augmentent que peu, alors que le renchérissement est tiré vers le haut par le prix du pétrole et que les primes versées aux caisses-maladie mangent 2 milliards de francs de pouvoir d’achat. D’un point de vue conjoncturel, cette impulsion serait une bénédiction. En effet, si le pouvoir d’achat n’est pas renforcé, la consommation – principal pilier de la conjoncture – risque de s’effondrer. La crise laisserait alors des traces profondes sur l’économie tournée vers le marché intérieur, ce qui provoquerait un chômage record. Et, irrémédiablement, celles et ceux qui sont innocents devraient alors payer pour une crise dont les responsables se prépareraient à un nouveau festin.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique monétaire</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-199</guid><pubDate></pubDate><title>Sécurité sociale suisse : Les nouveautés de 2010</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/securite-sociale-suisse-les-nouveautes-de-2010</link><description>Qu’est-ce qui change ? Qu’est-ce qui ne change pas ? Ci-après, un aperçu des principales nouveautés dans les prestations et les cotisations des assurances sociales à partir de 2010</description><content:encoded><![CDATA[<h3>Assurance-vieillesse et survivants (AVS)</h3><p>Dans l’AVS, tant les <b>prestations servies</b> par l’AVS que les <b>cotisations versées</b> à cette assurance restent inchangées cette année. Exprimées en francs, les différentes rentes mensuelles sont les suivantes&nbsp;:</p><table class="contenttable"><thead><tr><th scope="col"></th><th scope="col">Maximum</th><th>Minimum</th></tr></thead><tbody><tr><td>Rente de vieillesse</td><td>1140.-</td><td>2280.-</td></tr><tr><td>Montant maximal pour couple</td><td></td><td>3420.-</td></tr><tr><td>Rende de veuve/veuf</td><td>912.-</td><td>1824.-</td></tr><tr><td>Rente d'orphelin et d'enfant</td><td>456.-</td><td>912.-</td></tr></tbody></table><p><b>Cotisations à l’AVS, à l’AI et aux allocations pour perte de gain (APG) des acteurs/actrices culturels&nbsp;:</b> l’exemption générale de cotiser pour les revenus allant jusqu’à Fr. 2200.- par an et par employeur, qui a été introduite en raison de la loi sur le travail au noir, défavorise les travailleurs et travailleuses dont les rapports de travail sont atypiques. Cette disposition avait en effet une incidence négative sur les rentes AVS et AI, ainsi que d’éventuels droits aux prestations de l’assurance-chômage, en particulier pour les acteurs et actrices culturels dont le revenu est principalement, voire exclusivement, constitué d’une multiplicité de petits revenus inférieurs à ce seuil. Suite à l’intervention de l’Union syndicale suisse (USS) et d’organisations syndicales regroupant des acteurs et actrices culturels, le Conseil fédéral a décidé une modification d’ordonnance, qui corrige à tout le moins partiellement ce handicap. À partir du 1<sup>er</sup> janvier 2010, des cotisations AVS, AI et APG, ainsi que de l’assurance-chômage seront systématiquement prélevées sur tous les salaires des acteurs et actrices culturels. Cette obligation de cotiser s’applique aux personnes qui travailleront pour des producteurs de danse et de théâtre, des orchestres, des producteurs dans les domaines phonographiques et audiovisuels, des radios et des télévisions, ainsi que des écoles artistiques. 
</p><h3>Assurance-invalidité (AI)</h3><p>Les montants des <b>rentes</b> AI et les <b>cotisations versées</b> à l’AI restent aussi inchangés. 
</p><h3>Prévoyance professionnelle</h3><p>Les montants limites de la prévoyance professionnelle obligatoire n’ont pas changé. Ils sont les suivants&nbsp;:</p><table class="contenttable"><thead><tr><th scope="col">Salaire annuel minimal</th><th scope="col">20 520.-</th></tr></thead><tbody><tr><td>Déduction de coordination</td><td>23 940.-</td></tr><tr><td>Limite supérieure du salaire annuel</td><td>82 080.-</td></tr><tr><td>Salaire coordonné maximal</td><td>58 140.-</td></tr><tr><td>Salaire coordonné minimal</td><td>3 420.-</td></tr></tbody></table><p><b>Taux d’intérêt minimal&nbsp;: </b>le taux d’intérêt minimal pour 2010 est de 2&nbsp;%. Il ne s’applique qu’aux avoirs obligatoires, mais pas aux avoirs extra-obligatoires (c’est-à-dire pré-obligatoires et surobligatoires).
</p><p><b>Taux de conversion minimal&nbsp;: </b>la baisse progressive du taux de conversion décidé à la faveur de la première révision de la LPP se poursuit comme prévu. Pour les hommes nés en 1945 qui partent à la retraite en 2010, à 65 ans, le taux de conversion qui s’applique désormais est de 7&nbsp;%. Pour les femmes nées en 1946 qui partent à la retraite en 2010, à 64 ans, le taux de conversion qui s’applique désormais est de 6,95&nbsp;%. Le taux de conversion minimal LPP ne s’applique qu’aux avoirs obligatoires. Pour les avoirs surobligatoires et dans les plans de prévoyance enveloppants, l’institution de prévoyance peut fixer un autre taux de conversion. La baisse progressive susmentionnée n’a aucun rapport avec la nouvelle baisse de ce taux combattue par voie de référendum, sur laquelle les citoyennes et citoyens se prononceront le 7 mars prochain.
</p><p><b>Adaptation des rentes de survivant(e)s et d’invalidité à l’évolution des prix&nbsp;: </b>au 1<sup>er</sup> janvier 2010, toutes les rentes de survivant(e)s et d’invalidité du 2<sup>e</sup> pilier obligatoire versées depuis trois ans seront adaptées pour la première fois à l’évolution des prix. Pour les rentes qui ont pris naissance en 2006, le taux d’adaptation se monte à 2,7 %. Les adaptations de ces rentes qui suivront par la suite seront de la même ampleur et auront lieu au même rythme que pour les rentes AVS. Ces adaptations concernent uniquement la part obligatoire des rentes. Si les rentes sont supérieures au minimum LPP, l’institution de prévoyance peut, en vertu du principe d’imputation, renoncer à les adapter au renchérissement. Les adaptations des rentes de vieillesse du 2<sup>e</sup> pilier relèvent de l’appréciation de l’organe paritaire de l’institution de prévoyance. Celui-ci doit commenter sa décision. 
</p><p><b>Cotisations au Fonds de garantie LPP&nbsp;: </b>les taux des cotisations versées au Fonds de garantie pour l’année de calcul 2009 sont restés inchangés. Ils se montent à 0,07&nbsp;% (subsides pour structure d’âge défavorable) et de 0,02&nbsp;% (prestations pour insolvabilité). La limite supérieure du salaire maximal à hauteur de laquelle le Fonds de garantie assure les prestations en cas d’insolvabilité de l’institution de prévoyance se situe à 123&nbsp;120 francs. 
</p><p><b>Assurance risque prévoyance professionnelle pour chômeuses et chômeurs&nbsp;:</b> le taux de cotisation est encore de 0,8&nbsp;% du salaire journalier coordonné. Comme ce taux ne couvre pas les coûts, il sera relevé au courant de l’année 2010. 
</p><p><b>Plus de retraite imposée&nbsp;: </b>depuis le 1<sup>er</sup> janvier 2010, une modification importante de la loi sur le libre passage (LFLP) est entrée en vigueur, suite à une initiative parlementaire de la députée socialiste Susanne Leutenegger Oberholzer. Désormais, les personnes assurées qui quittent l’institution de prévoyance entre l’âge où le règlement leur ouvre au plus tôt le droit à une retraite anticipée et l’âge réglementaire ordinaire de la retraite ne pourront plus être contraintes de toucher une rente de vieillesse quand leurs rapports de travail prennent fin durant la période en question, une obligation qui était la plupart du temps synonyme de réduction de la rente. Depuis 2010, elles ont ainsi droit à une prestation de libre passage pour autant qu’elles continuent d’exercer une activité lucrative ou s’annoncent à l’assurance-chômage. 
</p><h3>Prestations complémentaires (PC)</h3><p>Les montants prévus pour la couverture des besoins vitaux sont les suivants&nbsp;:<br> personnes seules&nbsp;: Fr. 18&nbsp;720.-&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> couples&nbsp;: Fr. 28&nbsp;080.-
</p><h3>Assurance-maladie</h3><p>Les primes ont à nouveau augmenté. Dans l’assurance obligatoire des soins, pour une franchise ordinaire, cette hausse est en moyenne de 8,7&nbsp;%. Selon les cantons, elle se situe entre 3,6 et 14,6&nbsp;%. Pour les franchises à option, la réduction de la prime a diminué, ce qui engendrera, pour les personnes assurées concernées, une hausse plus forte de leurs primes. 
</p><h3>Assurance-accidents</h3><p>Le montant maximum du gain assuré est resté inchangé&nbsp;: 126&nbsp;000 francs par an, respectivement 346 francs par jour.
</p><h3>Assurance-chômage</h3><p>Dans les cantons du Jura, de Neuchâtel et de Vaud, la durée d’indemnisation a été provisoirement (pour quelques mois) prolongée.
</p><h3>Allocations familiales </h3><p>Pour les montants des allocations familiales, on se reportera au site de l’Office fédéral des assurances sociales[1].
</p><h3>Prévoyance personnelle liée (pilier 3a)</h3><p>Pas de changement par rapport à l’an dernier. La déduction fiscale maximale se monte à 6566 francs par personne assurée dans cette prévoyance professionnelle, respectivement 32&nbsp;832 francs qui n’y est pas assuré.
</p><h3>Allocation pour perte de gain en cas de service et de maternité</h3><p>Aucun changement
</p><h3>Assurance militaire</h3><p>Aucun changement
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0110_Nova_Securit%C3%A9-sociale-nouveautes.doc#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a><a href="http://www.ofas.admin.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.ofas.admin.ch</a> , Thèmes, Famille/allocations familiales.</p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1402</guid><pubDate></pubDate><title>Non au rétablissement d’une discrimination ! Non à une politique des bas salaires encouragée par l’État !</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/non-au-retablissement-d-une-discrimination-non-a-une-politique-des-bas-salaires-encouragee-par-l-etat</link><description>Initiative isolationniste de l’UDC : la position de l’USS</description><content:encoded><![CDATA[<p>Petit pays situé au centre de l’Europe, la Suisse dépend de relations structurées avec l’Union européenne (UE). Les syndicats ont soutenu dès le départ les accords bilatéraux conclus avec l’UE, y compris avec leur élément central&nbsp;: la libre circulation des personnes. La condition à ce soutien était qu’un nouveau système de protection des salaires, les «&nbsp;mesures d’accompagnement&nbsp;», soit mis en place. Ces mesures et l’attitude adoptée par les syndicats ont aussi pesé de manière déterminante en faveur de l’acceptation des accords bilatéraux lors de plusieurs votations populaires, la première fois comme à l’occasion des extensions de ces accords. 
</p><p>Les accords bilatéraux et la libre circulation des personnes ont mis fin à la discrimination juridique d’une partie de la main-d’œuvre de Suisse, à savoir celle qui avait un passeport étranger. Le statut de saisonnier, qui violait les droits humains, fut notamment aboli. D’un point de vue économique, le système des contingents de main-d’œuvre étrangère, associé à la discrimination juridique des salarié(e)s concernés, a conduit à une politique des bas salaires encouragée par l’État dans des branches structurellement faibles comme l’agriculture ou l’hôtellerie-restauration. Et on ne sait même pas si, en l’absence de contingentement, la main-d’œuvre étrangère aurait été plus nombreuse en Suisse. Pendant les années de contingentement, les mouvements migratoires ont en effet aussi suivi l’évolution économique. 
</p><p>L’initiative isolationniste de l’UDC («&nbsp;Contre l’immigration de masse&nbsp;») veut supprimer la libre circulation des personnes, soit l’élément central des accords bilatéraux. Or, contrairement à une opinion répandue, elle ne veut pas revenir au pilotage de l’immigration selon le modèle appliqué avant l’entrée en vigueur des accords bilatéraux. Elle est bien plus extrémiste et va au-delà de la politique des contingents menée des décennies en arrière. Avant les accords bilatéraux, la politique suisse de l’immigration accordait en effet la «&nbsp;priorité aux travailleurs indigènes&nbsp;». Et par «&nbsp;travailleurs indigènes&nbsp;», on comprenait l’ensemble des personnes résidant en Suisse et y exerçant une activité lucrative, qu’elles soient de nationalité suisse ou non. Et les contingents concernaient exclusivement l’immigration qui s’ajoutait à la population résidente. 
</p><p>L’initiative de l’UDC veut remplacer la «&nbsp;priorité des travailleurs indigènes&nbsp;» par la «&nbsp;priorité des travailleurs suisses&nbsp;» et les contingents proposés se rapporteraient non pas à l’immigration, mais à la totalité des personnes à passeport étranger. L’UDC ne fait pas la différence entre «&nbsp;indigènes&nbsp;» à passeport étranger, citoyen(ne)s de l’UE et ressortissant(e)s de tout autre pays. Les Chinois(es), les Allemand(e)s, mais aussi des personnes qui sont nées en Suisse, y ont grandi et y vivent et travaillent toujours, mais n’ont pas de passeport à croix blanche («&nbsp;indigènes&nbsp;» à passeport étranger) sont placés par l’UDC dans le même «&nbsp;panier&nbsp;»&nbsp;: ils sont mis dans la même catégorie des «&nbsp;étrangers&nbsp;» dont les droits à un séjour durable, au regroupement familial et à des prestations sociales peuvent être limités. Pour les indigènes à passeport étranger qui vivent en Suisse, et à plus forte raison pour celles et ceux qui y sont nés, cela revient purement et simplement à une privation de droits collective et, pour tous et toutes les autres qui travailleront et vivront une fois en Suisse, à une dégradation radicale de leur statut juridique. Pour la population active de Suisse, également donc pour celle qui a un passeport à croix blanche, pareille précarisation des droits d’une partie de la population active ne serait pas une bonne chose. 
</p><p>L’initiative de l’UDC demande ainsi une politique à l’égard des étrangers et étrangères que la Suisse n’a encore jamais connue sous une forme aussi extrême. Historiquement elle se situe, dans sa logique de privations de droits et d’exclusion, dans le prolongement de l’initiative Schwarzenbach des années 1970 et des initiatives sur la «&nbsp;surpopulation étrangère&nbsp;» qui l’ont suivie et furent, toutes, rejetées dans les urnes. 
</p><p>Les syndicats organisent les salarié(e)s et défendent leurs intérêts en Suisse, quelle que soit la couleur de leur passeport. Ils combattent la chasse xénophobe aux sorcières et refusent que l’on dresse les salarié(e)s les uns contre les autres, car tout le monde y perdra. 
</p><p>Afin que la libre circulation des personnes fonctionne et qu’il n’en soit pas abusé pour pratiquer la sous-enchère salariale, il faut protéger efficacement les salaires. Ici, des améliorations s’imposent, car, la protection des salaires protège aussi les emplois. On doit poursuivre le travail déjà réalisé, au lieu de rendre les personnes à passeport étranger responsables des problèmes existants.
</p><p>Mais, fondamentalement, la libre circulation des personnes est un acquis qui mérite d’être défendu. Toute économie et toute société développées reposent sur des individus qui travaillent et doivent pouvoir jouir pleinement des droits sociaux élémentaires. Retomber dans la discrimination systématique d’une part importante de la population active ferait faire à la Suisse un énorme bond en arrière, politiquement, économiquement et socialement. 
</p><p>C’est pourquoi il est irresponsable de prétendre que l’acceptation de l’initiative isolationniste de l’UDC serait sans conséquence. Et partir de l’idée que les États de l’UE pourraient accepter que leurs ressortissant(e)s – la majeure partie de la main-d’œuvre à passeport étranger active en Suisse en provient – soient à nouveau discriminés, c’est se bercer d’illusions. L’acceptation de l’initiative isolationniste de l’UDC serait par conséquent non seulement discriminatoire, mais aussi stupide.</p>]]></content:encoded><category>Migration</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-195</guid><pubDate></pubDate><title>Victoire après onze jours de grève !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/victoire-apres-onze-jours-de-greve</link><description>Au début, il y avait même deux grèves à l’aéroport international de Genève (AIG), dans deux entreprises d’assistance au sol. Celle de Dnata n’a duré que 2 jours, une solution ayant rapidement pu être trouvée. Par contre, celle de Swissport n’a pris fin que le 13 janvier. Le Syndicat suisse des services publics (ssp) a encadré les grévistes dans leur combat avec, notamment, l’appui du SIT, d’Unia et d’autres organisations syndicales encore, ainsi que politiques. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Les revendications du personnel de Swissport - une hausse des salaires, l’abolition de la retenue salariale de 20&nbsp;% sur les trois premiers jours de maladie (soi-disant pour lutter contre l’absentéisme…), une amélioration des allocations pour travail irrégulier -, les grévistes n’ont pas craint de les porter à bout de bras en pleine période de fort trafic aérien (les vacances d’hiver). Et le 9 janvier, 300 personnes sont même venues manifester avec et pour les grévistes, cortège et discours à l’appui devant les portes de l’AIG. 
</p><p>Au final, une victoire, estime le ssp&nbsp;: suppression de la pénalité salariale de 20&nbsp;%, augmentation de 40 francs des salaires de base, introduction d’une prime de 100 francs pour port de charges, bonification supplémentaire de 35 centimes pour les heures de nuit et du dimanche. Bref&nbsp;: 190 francs de plus par mois. On ne peut que se féliciter de la détermination des grévistes et des syndicats, à qui l’Union syndicale suisse (USS) a d’ailleurs fait connaître son entière solidarité, sous la signature de son président et de son premier secrétaire, respectivement Paul Rechsteiner et Rolf Zimmermann. 
</p><p>Mais tout n’est sans doute pas fini à l’AIG du bout du lac où, dénoncent les syndicats, la concurrence effrénée à laquelle se livrent les compagnies d’aviation dégrade tant et plus les conditions de travail du personnel. 2010 pourrait, devrait, connaître d’autres conflits dans d’autres entreprises de l’aéroport. Syndicalement parlant, on pourrait, on devrait s’en réjouir, non&nbsp;?
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-186</guid><pubDate></pubDate><title>Premiers pas dans la formation pour la transition écologique</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/premiers-pas-dans-la-formation-pour-la-transition-ecologique</link><description>Le brouillard qui, en décembre, nappait le sommet mondial du climat de Copenhague s’est déchiré. Si l’on veut que les efforts pour une transition écologique et sociale de la société réussissent, ne serait-ce qu’imparfaitement, alors il faut se mettre à l’ouvrage avec énergie dans tous les secteurs concernés. La recherche et la formation jouent un rôle important dans ce contexte. En Suisse, les premiers pas ont déjà été faits.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les responsables politiques réunis à Copenhague souffrent vraisemblablement de la même maladie que les jeunes de 15 ans dans les États de l’OCDE&nbsp;: 90 pour cent des jeunes de cet âge estiment que les thèmes de l’environnement sont certes importants, mais seuls 40 pour cent peuvent fournir des éléments sur les tenants et aboutissants de la pollution de l’environnement. Auprès de jeunes, la formation peut combler cette lacune. Auprès des politicien(ne)s, une pression supplémentaire des personnes engagées dans le camp vert et social et de leurs organisations est nécessaire.
</p><h3>Une formation pour le développement durable</h3><p>Toujours est-il qu’en Suisse, la Conférence des directeurs de l’instruction publique (CDIP) a intégré l’éducation au développement durable (EDD) dans son programme d’activités 2008-2014 pour les écoles primaires. L’EDD est aussi intégrée dans le plan d’étude romand (PER). La formation des enseignant(e)s et le matériel pédagogique doit donc être adaptés en conséquence.
</p><p>La loi sur la formation professionnelle a mis en place, il y six ans, des bases essentielles pour le développement durable. Dans son article&nbsp;15, elle indique que la formation professionnelle initiale vise à transmettre «&nbsp;les connaissances et les compétences économiques, écologiques, sociales et culturelles qui lui [la personne en formation] permettront de contribuer au développement durable.&nbsp;». Dans les ordonnances en matière de formation professionnelle initiale entrées en vigueur depuis lors, les objectifs de formation, généralement regroupés, concernant la sécurité au travail, la protection de la santé et de l’environnement sont bien présents. Cela, grâce à la collaboration étroite entre les syndicats de l’USS et l’office de formation du WWF (<a href="http://www.umwelt.berufe.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.umwelt.berufe.ch</a>). Là où la nouvelle conscience écologique correspond aussi à des perspectives de profits supérieurs à la moyenne, des nouvelles professions écologiques apparaissent, comme celle de polybâtisseur (<a href="http://www.polybau.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.polybau.ch</a>).
</p><h3>Encore dans l’ombre, les nouvelles compétences solaires </h3><p>Les limites du New Deal écologique apparaissent souvent par le biais du manque de compétences disponibles. Ainsi, aujourd’hui, le manque d’ingénieurs et surtout le manque d’ingénieures sont à déplorer, mais aussi celui des spécialistes du solaire, à tous les niveaux de compétence. Ensemble, les syndicats de l’USS et les organisations de l’environnement ont donc fait passer la mise en oeuvre du projet <a href="http://www.energiewissen.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.energiewissen.ch</a> (uniquement en allemand), dans le cadre de la troisième étape du programme conjoncturel. Cela permettra de remédier à ces lacunes. Ce n’est toutefois qu’un début&nbsp;: pour la circulation routière, des initiatives analogues font défaut, bien que la réorganisation durable de la mobilité soit vraisemblablement la plus à même d’atteindre les objectifs environnementaux souhaités.
</p><h3>Un soutien durable à la recherche et à l’innovation</h3><p>Actuellement, la révision totale de loi fédérale sur l’encouragement de la recherche et de l’innovation est en consultation. Les syndicats de l’USS, avec les organisations de l’environnement, exigeront à cette occasion que la loi fournisse les bases permettant ensuite d’encourager la recherche scientifique et les innovations basées sur la science dans le sens d’un développement social et durable.</p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-187</guid><pubDate></pubDate><title>Qu’on ne nous prenne pas pour des imbéciles !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/qu-on-ne-nous-prenne-pas-pour-des-imbeciles</link><description>Qui veut s’assurer contre les « intempéries » de la vie veut, une fois l’une de celles-ci survenue, recevoir la prestation promise au départ. C’est ainsi que fonctionnent les assu-rances contre le vol, les assurances-vie, etc. Et il doit également en aller ainsi avec la pré-voyance vieillesse. Or, selon la volonté des voleurs de rentes, cela ne devrait plus être le cas pour la prévoyance professionnelle.</description><content:encoded><![CDATA[<p>On a promis aux assuré(e)s de la prévoyance professionnelle, le 2e pilier, que le capital qu’ils auront accumulé durant leur vie dite active serait transformé en une rente qui, avec celle de l’AVS, devra suffire pour maintenir leur niveau de vie antérieur de manière appropriée. Cette promesse figure même dans notre Constitution fédérale. Or, avec la baisse voulue du taux de conversion LPP, elle ne sera pas tenue. C’est là une escroquerie, un vol de rentes. 
</p><p>À proprement parler, les assuré(e)s n’ont pas à se préoccuper des raisons pour lesquelles une baisse du taux de conversion serait indiquée. On leur avait en effet promis dès le départ une certaine prestation d’assurance et cette prestation doit leur être servie. C’est là un de leurs droits. Et, le 7 mars, c’est pour cela qu’ils et elles diront NON. NON à la baisse de leur rente.
</p><p>Tout le monde vit plus longtemps. Les prestations de vieillesse devraient donc être versées plus longtemps. Or, le capital économisé ne suffirait pas pour garantir l’actuel niveau des rentes. Il faudrait donc baisser les rentes. Ce raisonnement est erroné à plusieurs égards&nbsp;: déduire du fait qu’à l’avenir certains pourraient vivre plus longtemps que tout le monde aurait besoin de rentes moindres une fois à la retraite, c’est suivre une logique tordue. Si l’argument de l’espérance de vie est juste, alors il faudra prendre beaucoup plus de mesures pour tenir l’actuel niveau de rentes et la promesse faite au départ. 
</p><p>Mais la raison donnée à cette baisse des rentes n’est, objectivement aussi, pas bonne. La prolongation de l’espérance de vie des assuré(e)s invoquée a déjà été prise en compte lors d’une révision antérieure de la LPP, en 2003, justifiant alors une baisse du taux de conversion. À l’époque cependant, il avait été possible de maintenir le niveau des rentes par le biais de mesures de compensation. Revenir aujourd’hui avec l’argument de l’espérance de vie pour justifier une nouvelle baisse du taux de conversion, c’est vraiment prendre les gens pour des imbéciles. 
</p><p>Le deuxième argument avancé par les partisans de cette baisse est, lui aussi, erroné. Les rendements espérés sur les marchés de capitaux en prenant des risques prudents ne seraient pas suffisants pour permettre aux caisses de pensions de financer leurs rentes. Mais comment le savent-ils&nbsp;? Pratiquent-ils le tarot divinatoire&nbsp;? L’échec des prévisionnistes avant la crise financière, mais aussi les pronostics de croissance économique corrigés tous les trois mois par les instituts spécialisés et les prévisions joyeusement contradictoires des analystes boursiers montrent clairement que les déclarations concernant les rendements futurs ont la précision d’horoscopes. Pour qu’une baisse des rentes de millions d’assuré(e)s soit justifiée, quelle impudence&nbsp;!
</p><p>La seule chose que nous pouvons affirmer au sujet des rendements futurs possibles à long terme part d’un regard sur le passé. Ce regard fait apparaître que, durant les 80 dernières années, il a été possible de réaliser sans problème les rendements nécessaires aux caisses de pensions pour financer leurs rentes. Ce n’est pas une garantie pour l’avenir, mais un indice qui vaut plus que les sombres prophéties des spécialistes autodéclarés des rendements. 
</p><p>Et il s’agit aussi, dans cette discussion sur la baisse voulue des rentes du 2e pilier, de toujours prendre en considération une chose&nbsp;: la prévoyance vieillesse, ce sont des affaires gigantesques, des affaires dont les compagnies d’assurances veulent un morceau encore plus grand. Mais cela n’est possible qu’en affaiblissant la prévoyance vieillesse publique et obligatoire et donc aussi la solidarité entre les assuré(e)s, entre jeunes et moins jeunes. Toujours plus de personnes devraient alors contracter des assurances privées et les profits des compagnies d’assurances se multiplieraient.
</p><p>Mais, comme toujours plus comprennent ce petit jeu, ils et elles voteront NON, le 7 mars prochain, à la baisse du taux de conversion LPP, c’est-à-dire à la baisse de leurs rentes.</p>]]></content:encoded><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-188</guid><pubDate></pubDate><title>Un soleil qui tarde à briller pour certains pans de l’industrie d’exportation</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/un-soleil-qui-tarde-a-briller-pour-certains-pans-de-l-industrie-d-exportation</link><description>Dans son communiqué de presse du 21 décembre 2009, l’Administration fédérale des douanes (AFD) pouvait écrire qu’en novembre 2009, le commerce extérieur suisse re-montait timidement vers la surface et que le bout du tunnel était en vue… Un tel optimisme est-il justifié ?</description><content:encoded><![CDATA[<p>Une analyse, en données désaisonnalisées, de trois «&nbsp;grands&nbsp;» secteurs exportateurs – la chimie, l’industrie des machines et de l’électronique, l’industrie horlogère – nous pousse toutefois à tempérer les «&nbsp;bons&nbsp;» résultats de novembre 2009. En effet, si les exportations de l’industrie chimique – après s’être orientées sur une pente descendante en particulier dans la deuxième moitié de l’année 2008 – semblent reparties sur une trajectoire haussière, d’autres secteurs, à l’instar de l’industrie des machines et de l’industrie horlogère, ne connaissent pas le même redémarrage (graphique). Ces dernières voient leurs exportations se stabiliser à un niveau relativement bas – sans montrer une véritable reprise. Le phénomène est inquiétant puisqu’il signifie, pour ces secteurs, qu’on est loin de retrouver les niveaux de production d’avant-crise… et donc les niveaux d’emplois correspondants. En bref, il est fortement à craindre que ces deux secteurs ne continuent à licencier du personnel au cours des prochains mois.
</p><p><b>Exportations, valeurs nominales mensuelles, de janvier 2004 à novembre 2009, séries désaisonnalisées</b></p><p>Source&nbsp;: AFD
</p><h3>Que faire&nbsp;? </h3><p>Dans ces conditions, il faut définitivement prolonger le chômage partiel de 18 à 24 mois. La mesure n’est pas que sociale puisqu’elle devrait également permettre aux entreprises qui en bénéficient de mieux pouvoir planifier le futur, de conserver les compétences acquises –et même de les parfaire par le biais de la formation continue – et ainsi d’être prêtes et toujours à la pointe dans leur(s) domaine(s) le jour de la reprise. 
</p><p>De plus, il faut absolument éviter que le franc suisse ne s’apprécie vis-à-vis de l’euro, comme ce fut à nouveau le cas très récemment. Un franc qui s’apprécie ne représente qu’une contrainte supplémentaire à l’exportation&nbsp;! L’USS est ainsi intervenue auprès de la Banque nationale suisse pour que le franc suisse se situe clairement au-dessus de 1,50 franc pour 1 euro. 
</p><p>Enfin, il faut mettre en oeuvre une politique industrielle intelligente – en créant un fonds de financement – pour les entreprises industrielles prêtes à se tourner vers l’écologie ainsi qu’à créer des emplois de qualité et durables.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Économie extérieure</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-189</guid><pubDate></pubDate><title>Accroissons d’abord la pression sur les fondations collectives bien trop onéreuses</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/accroissons-d-abord-la-pression-sur-les-fondations-collectives-bien-trop-onereuses</link><description>Les partisans de la baisse du taux de conversion LPP ne cessent de nous le répéter en long et en large : tous les spécialistes du 2e pilier seraient aussi favorables à une telle baisse. Mais il y a comme un hic : cette affirmation est en effet erronée, comme le montre l’interview ci-après de Christoph Häberli (ChH), le président du conseil de fondation de la caisse de pensions de la Société suisse des entrepreneurs (SSE). </description><content:encoded><![CDATA[<p><b>Florian Keller (FK)&nbsp;: L’Association suisse des institutions de prévoyance (ASIP) laisse volontiers entendre durant cette campagne de votation que l’ensemble des spécialistes de la prévoyance professionnelle seraient favorables à la baisse du taux de conversion LPP. Vous, en tant que membre du conseil de fondation de la caisse de pension de la SSE, êtes ouvertement opposé à cette baisse. Pourquoi&nbsp;?</b></p><p>ChH&nbsp;: Même la NZZ a récemment écrit que seule la «&nbsp;majorité&nbsp;» des «&nbsp;experts&nbsp;» est favorable à cette baisse. Or, à ma connaissance, aucune consultation sérieuse de ces derniers n’a jamais eu lieu. Les experts de notre caisse de pensions ne sont justement pas de cet avis. Il y a en effet de bonnes raisons de penser que ni l’espérance de vie ne continuera à se prolonger continuellement (comme le prétendent les experts qui veulent une baisse des rentes), ni les rendements espérés ne resteront dans les faits des décennies durant aussi bas que ces dernières années. Souvenons-nous du battage qui avait été fait avec la «&nbsp;nouvelle économie&nbsp;» à la fin des années 1990. À l’époque des «&nbsp;experts&nbsp;» prétendaient aussi que rien ne serait désormais plus comme avant dans le monde de l’économie. Et peu après, c’est absolument l’inverse qui s’est révélé vrai. La Banque nationale, partant d’une étude sur plus de 60 ans, a calculé les rendements possibles avec des risques prudents. C’est quelque chose de plus fiable que des estimations basées sur les cinq dernières années&nbsp;!
</p><p><b>FK&nbsp;: Une baisse du taux de conversion ne rendrait-elle pas beaucoup plus facile votre travail de membre d’un conseil de fondation&nbsp;? Vous pourriez continuer à appliquer des taux plus élevés, mais les baisser si nécessaire.</b></p><p>ChH&nbsp;: Se créer partout des marges ou des réservoirs de sécurité, cela correspond bien à la mentalité suisse. Mais en agissant de la sorte, on court alors le risque qu’en cas de taux de conversion trop bas, on accumule trop de réserves qui ne seront pas diminuées judicieusement et au bon moment. Un taux de mobilité professionnelle - et donc aussi de changements de caisse de pensions, vu l’actuelle structure du 2e pilier -, cela a pour effet que les mêmes salarié(e)s accumulent toujours des réserves pour d’autres, mais ne peuvent jamais en profiter eux-mêmes. Sauf absolue nécessité, cette possibilité de se donner de telles marges ne sert à rien. Il faut plutôt accroître la pression sur les fondations collectives bien trop onéreuses des compagnies d’assurances. Ces dernières ne veulent en effet que générer des excédents plus importants, parce qu’elles peuvent y puiser une part fixe. 
</p><p><b>FK&nbsp;: Que verriez-vous comme solutions de rechange pour combler de futurs trous dans les comptes des caisses de pension tout en maintenant le niveau des prestations&nbsp;?</b></p><p>ChH&nbsp;: Le 2e pilier a un besoin urgent d’être fondamentalement réformé pour éliminer ses nombreuses inefficiences. À mes yeux, le plus important est ici de verser beaucoup moins d’argent aux compagnies d’assurancessp (donc aussi pour leur bonus), ainsi que sous la forme d’honoraires versés à des banques pour des conseils ou la gestion de fortune. Dans l’assurance-maladie, on parle de frais administratifs trop élevés, alors que l’on est face à une centaine de caisses&nbsp;; dans la prévoyance professionnelle, ce sont près de trois mille caisses qui sont actives. Avant de réduire les prestations, il faut engager tous les moyens existants&nbsp; pour resserrer l’organisation.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-190</guid><pubDate></pubDate><title>La crise relevant du système, c’est ce dernier qu’il faut changer</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/la-crise-relevant-du-systeme-c-est-ce-dernier-qu-il-faut-changer</link><description>Les dernières décisions du Tribunal administratif fédéral ont donné une nouvelle dyna-mique à la crise bancaire en Suisse. Au centre de la discussion politique, on trouve une fois de plus l’UBS. Dans ce cas précis, ce n’est pas faux en soi. Mais on n’a absolument pas le droit d’oublier que la crise relève du système. Et qui ne veut rien changer à ce dernier a fortement intérêt à ce que ce problème soit mis sur le dos d’une seule banque, l’UBS, c’est-à-dire sa direction.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Personne ne conteste que l’ancienne direction de l’UBS (MM Ospel, Wuffli et Spuhler) a fait un travail aussi mauvais que son arrogance a été sans limite. Il est également clair qu’aux chapitres arrogance et gestion aventureuse, la nouvelle équipe emmenée par MM Grübel et Villiger, avec ses rêves de rendements absurdes, ses projets de licenciements et ses programmes de bonus, ne se différencie guère de celle qui l’a précédée. 
</p><p>Cependant, si l’on se donne pour but d’avoir, après la crise, une économie plus sûre et plus juste, contraindre l’actuelle direction de l’UBS à livrer des données aux États-Unis et à commettre ainsi un acte punissable n’est pas une priorité. Car ensuite, ce sont des individus qui seraient reconnus coupables et, s’ils étaient traînés devant les tribunaux et sanctionnés, toute cette histoire serait liquidée. «&nbsp;On&nbsp;» pourrait alors recommencer à faire des affaires comme si rien ne s’était passé. Une telle solution est donc dans l’intérêt de ceux qui veulent revenir aux méthodes d’avant la crise, c’est-à-dire au laisser-faire et au secret bancaire. C’est pour cela qu’une solution à ce problème sera nécessairement politique.
</p><p>Qui se focalise sur la solution au problème du «&nbsp;trop grand pour laisser faire faillite&nbsp;» («&nbsp;too big too fail&nbsp;»), est peut-être être animé par le même désir. Le but d’une telle solution est en effet qu’à l’avenir, les grandes banques puissent faire faillite sans intervention de l’État. Ce qui est dans l’intérêt des défenseurs du laisser-faire dans le secteur financier.
</p><p>Or ce dernier est précisément l’une des principales causes de la crise. Les marchés financiers ont été déréglementés, la politique fiscale et de revenu a favorisé les hauts revenus au détriment des bas, sur lesquels elle a fait pression. Conséquence&nbsp;: beaucoup de pays se sont énormément endettés et le secteur financier a été livré à lui-même. En Suisse, la complaisance des autorités à l’égard du secteur financier était, et est encore, très marquée. 
</p><p>Pour que l’absence d’indépendance des autorités par rapport au secteur financier soit analysée et qu’un bilan à ce sujet puisse être tiré, il faut une commission d’enquête parlementaire. Il faut aussi prendre, dans le secteur financier, des mesures de stabilisation qui aillent plus loin que la solution au problème de la taille des grandes banques, des mesures comme une re-régulation des marchés des produits dérivés et une nette hausse des exigences en matière de capitaux propres. Enfin, il faut pratiquer une distribution plus juste du revenu. Un premier pas dans cette direction serait d’imposer tous les bonus élevés et de distribuer le produit de cet impôt aux ménages à bas et moyens revenus. Le pouvoir d’achat intérieur s’en trouverait renforcé et la conjoncture stabilisée. Et ce serait aussi un signal à l’intention de la population qui souffre de la crise et se sent laissée en rade par le gouvernement. Un gouvernement qui a sauvé les grandes banques et laisse livrés à eux-mêmes les gens menacés par le chômage&nbsp;!&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique monétaire</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-191</guid><pubDate></pubDate><title>Mais progresse-t-elle vraiment ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/mais-progresse-t-elle-vraiment</link><description>Ce fut longtemps ainsi : lentement, mais avec ténacité, année après année et souvent à la vitesse d’un escargot, mais sans se laisser détourner de leur but, les femmes de Suisse ont activement cherché – et cherchent encore ! -  à rattraper leur retard salarial. Or, les choses sont différentes aujourd’hui : l’écart entre salaires masculins et salaires féminins se creuse. La menace d’un grand recul est bien là. Les syndicats veulent réagir, car c’est nécessaire. Ainsi, ils organisent entre autres une manifestation le 13 mars prochain. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis 1996, les écarts salariaux en fonction du sexe avaient toujours diminué. Certes, on ne pouvait parler de «&nbsp;bonds en avant&nbsp;», car une différence subsistait, une différence toujours et encore importante, honteuse. Toujours est-il, cependant, qu’elle diminuait continuellement. Or, tout à coup, en 2008, elle s’est remise à augmenter. Selon l’Enquête suisse sur la structure des salaires, cette année, les femmes ont gagné 19,3&nbsp;% de moins que les hommes, soit une détérioration de 0,4&nbsp;% par rapport à 2006 (18,9&nbsp;%). Ce nouveau chiffre est comme une gifle. Alors que l’égalité des sexes est reconnue comme allant de soi, alors que les syndicats se battent depuis des années, lors des négociations collectives, pour la réalisation de postulats égalitaires, alors que la loi exige de manière univoque – et ce, depuis 14 ans&nbsp;! – qu’un salaire égal soit payé pour un travail de valeur égale, on assiste, dans les faits, à une régression. Impossible d’interpréter cette évolution autrement que comme reflétant le peu de cas que les patrons font de l’égalité salariale dont ils se moquent comme de l’an quarante. Les belles envolées rhétoriques du dimanche, bourrées de bonnes intentions, sont déjà bonnes le lundi pour la poubelle&nbsp;! 
</p><h3>Des sacrifices, toujours et encore</h3><p>Ce recul sur le chemin qui doit mener à l’égalité salariale entre femmes et hommes n’est pas un phénomène isolé. Les femmes doivent en effet aussi se sacrifier dans d’autres domaines&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>La 11e révision de l’AVS voulue par la droite entend relever à 65 ans leur âge de la retraite. C’est de l’égalité par le bas&nbsp;; cela, sans la moindre once de responsabilité sociale eu égard à la situation sur le marché du travail.</li><li>Alors qu’il serait urgent et nécessaire de rendre en Suisse profession et famille mieux conciliables, trop peu de choses bougent. De fait, il manque toujours 50&nbsp;000 places pour l’accueil extrafamilial de 84&nbsp;000 enfants.</li><li>La majorité des femmes travaillent à temps partiel. Ce qui suppose souvent un salaire moindre (salaire à l’heure), des désavantages en matière de santé, de formation continue, de carrière professionnelle et de maîtrise de son temps (travail sur appel,…). C’est pour cela que beaucoup de femmes aimeraient travailler plus. Le hic, c’est que cela leur est actuellement la plupart du temps refusé.</li></ul><p></p><h3>Pour que les choses bougent enfin plus</h3><p>Les syndicats doivent s’opposer à ce grave recul au chapitre de l’égalité des salaires entre femmes et hommes. Ils doivent émettre haut et fort leurs revendications, à savoir&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>Des hausses de salaire et l’égalité salariale entre les sexes, maintenant&nbsp;!</li><li>Pas de relèvement de l’âge de la retraite des femmes&nbsp;!</li><li>Une sécurité sociale renforcée grâce à des assurances sociales solides&nbsp;!</li><li>Plus de places d’accueil extrafamilial des enfants et un financement équitable de ces structures&nbsp;!</li></ul><p>Et c’est ce qu’elles feront, avec toutes les forces qui poursuivent les mêmes buts. Ainsi, lors de la Journée internationale de la femme, le 8 mars, et dans le cadre de la troisième action de la Marche mondiale des femmes, des femmes des syndicats, la Commission féminine de l’USS et la Marche mondiale des femmes appelleront à une grande manifestation colorée.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-650</guid><pubDate></pubDate><title>Révision de la loi sur l’assurance-chômage : le peuple décidera</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/revision-de-la-loi-sur-l-assurance-chomage-le-peuple-decidera</link><description>La voie était toute tracée et plus le parlement bricolait, plus les mesures de démantèlement s’entassaient les unes sur les autres. Un désastre ! Les chances de sauver cette révision de la loi sur l’assurance-chômage (LACI) sont désormais quasi nulles. C’est pourquoi l’Union syndicale suisse (USS) a décidé de saisir le référendum car elle cherche uniquement à punir les victimes du chômage. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Cela n’arrive pratiquement jamais&nbsp;: le Comité de l’USS a déjà décidé – c’était le 3 février – de saisir le référendum contre la révision de la LACI. Lors de la session parlementaire de printemps, les deux Chambres vont toutefois à nouveau devoir se pencher sur cette question et éliminer leurs divergences. Mais une chose est d’ores et déjà claire&nbsp;: confondant comme rarement vu cause et effet, les Chambres ont lancé une vraie croisade contre les chômeuses et les chômeurs. Le démantèlement cumulé des prestations de cette assurance a ainsi pris une ampleur insupportable illustrant du coup une arrogance sans bornes. «&nbsp;On&nbsp;» a fait comme s’il y avait assez de travail, mais trop d’indemnités pour les personnes au chômage qui, par conséquent, refuseraient de travailler...
</p><p>Les premiers attaqués sont les jeunes. Principales victimes de l’actuelle crise, ils devraient s’accommoder du passage de 400 à 130 du nombre des indemnités journalières pour ceux qui ont 25 ans et moins, et à 260 pour ceux qui ont entre 25 et 30 ans. S’ajoute à cela une réduction du nombre des indemnités (de 260 à 90) des personnes libérées de l’obligation de cotiser et une réglementation plus sévère concernant la notion de «&nbsp;travail convenable&nbsp;». Les chômeurs et chômeuses de longue durée sont aussi en point de mire. Il est en effet prévu de supprimer la disposition qui permet aujourd’hui de prolonger à 520 le nombre d’indemnités versées aux chômeurs et chômeuses des régions particulièrement frappées par le chômage. Enfin, le Conseil national veut diminuer deux fois de 5&nbsp;% les indemnités des personnes au chômage depuis une année. 
</p><p>Il est possible que la session parlementaire de printemps permette d’«&nbsp;adoucir&nbsp;» quelque peu une ou plusieurs de ces mesures de démantèlement. Mais cela ne changera rien à l’effet global de la révision. Alors que le chômage causé par les jongleries financières inouïes de la droite augmente, celle-ci veut radicalement restreindre la protection dont les personnes concernées ont justement un besoin urgent. Si ce n’est pas là de la perversité pure et simple&nbsp;!
</p><p>C’est pourquoi l’USS va, dans le cadre d’une vaste alliance, tout faire pour que ce projet socialement bancal échoue. Et elle peut le faire avec bonne conscience parce que la loi en vigueur prévoit déjà un mécanisme efficace pour endiguer la dette de l’assurance.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Assurance-chômage</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-651</guid><pubDate></pubDate><title>Toujours et encore : blocage et démantèlement</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/toujours-et-encore-blocage-et-demantelement</link><description>Le Conseil national s’occupera pour la deuxième fois de la 11e révision de l’AVS lors de la session de printemps. En résumé, alors que la première mouture de cette révision a été très largement rejetée dans les urnes en mai 2004 pour cause de démantèlement à l’envi, les Chambres fédérales n’ont pas su en tirer la leçon. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Remise en cause du mécanisme d’adaptation des rentes, relèvement à 65 ans de l’âge de la retraite des femmes et, probablement, absence de mesures sociales en cas de retraite anticipée, telles sont les principales caractéristiques de cette deuxième mouture de 11e révision.
</p><h3>Retraite anticipée&nbsp;: la droite ne veut aucune mesure sociale, sinon des mesures malingres</h3><p>Le Conseil national a d’abord rejeté toute mesure destinée à atténuer socialement les conséquences financières de la retraite anticipée, c’est-à-dire la réduction des rentes. Pour sa part, le Conseil des États a quand même proposé d’échelonner la réduction des rentes en fonction du revenu AVS déterminant. Mais les 400 millions de francs qu’il prévoyait à cet effet représentent une somme plutôt malingre. Son efficacité sociale se dégonflerait rapidement. 
</p><p>La majorité de la commission du National propose maintenant de consacrer 1,15 milliard de francs à ces mesures sociales, c’est-à-dire les économies qu’induirait le relèvement de l’âge de la retraite des femmes. 66&nbsp;% des hommes et 90&nbsp;% des femmes pourraient en bénéficier. Or, cette décision – à première vue réjouissante - est uniquement une manoeuvre tactique de la droite. Les partisans d’une ligne dure dans les rangs de cette dernière – ils ne veulent absolument aucune mesure sociale pour encadrer la retraite anticipée – aimeraient s’assurer qu’en fin de compte, ce soit une proposition «&nbsp;cent pour cent édentée&nbsp;», à savoir&nbsp;: dépourvue de toute mesure sociale, qui s’impose sous la Coupole fédérale. Pour le dire en image, c’est un âge glaciaire qui règne depuis 2004 dans ce domaine. 
</p><h3>Adaptation des rentes&nbsp;: aux retraité(e)s de casquer…</h3><p>La majorité des deux Chambres est d’accord pour dire que l’adaptation des rentes (aujourd’hui, tous les deux ans, idem pour l’AI) doit dépendre de l’état du Fonds de l’AVS. Dès que celui-ci serait inférieur à 70 % des dépenses annuelles, les rentes ne seraient adaptées qu’en cas de renchérissement cumulé d’au moins 4&nbsp;% depuis la dernière adaptation, ce qui diminuerait sensiblement le pouvoir d’achat des retraité(e)s. Car ils devraient attendre plus longtemps pour que leurs rentes soient adaptées. 
</p><p>N’est-ce là, ne serait-ce là que (triste) musique d’avenir&nbsp;? Que non&nbsp;! On pourrait très rapidement voir le niveau du Fonds passer au-dessous de ces 70&nbsp;%, c’est-à-dire assister au ralentissement du rythme d’adaptation des rentes. Cela, pour deux raisons&nbsp;: l’AVS va en effet devoir verser (2011) 5 milliards de francs à l’AI à titre de capital de départ et les quelque 7 milliards reçus par l’AVS de la part de la Banque nationale (le tiers de l’or excédentaire) ne sont pas pris en considération dans les comptes. De quoi faire passer le niveau du Fonds de l’AVS au-dessous du seuil des 70&nbsp;%.
</p><h3>…et d’être saignés à blanc</h3><p>La deuxième différence entre les Chambres est encore plus explosive. La Chambre des cantons veut supprimer toute adaptation des rentes si le niveau du Fonds est inférieur à 45&nbsp;% des dépenses annuelles. Ce seuil pourrait, lui aussi, être plus rapidement atteint qu’il n’a paraît. Premièrement, l’«&nbsp;astuce&nbsp;» comptable déjà mentionnée aura aussi ses effets ici. Deuxièmement, on peut penser que la majorité parlementaire de droite va baisser volontairement le niveau du Fonds. Conséquences (graves&nbsp;!) pour les retraité(e)s&nbsp;: les rentes de l’AVS, qui ne remplissent d’ores et déjà pas le mandat inscrit dans la constitution fédérale (couvrir les besoins vitaux&nbsp;») perdront énormément de leur valeur au fil des décennies.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-652</guid><pubDate></pubDate><title>Nouvelles pistes pour une meilleure intégration… si les parlementaires va-t-en-guerre ne l’emportent pas</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/nouvelles-pistes-pour-une-meilleure-integration-si-les-parlementaires-va-t-en-guerre-ne-l-emportent-pas</link><description>Le 3 mars, le Conseil national traitera, lors d’une session extraordinaire, un ensemble d’interventions sur la migration. Le Conseil des États en fera de même quinze jours plus tard. Ce sera l’occasion pour la droite de fulminer contre les imams et les requérant(e)s d’asile criminels. Mais certaines interventions permettraient aussi de relever quelques défis importants de la politique de la migration.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Actuellement tendue, la situation sur le marché de l’emploi ne pourra s’améliorer que si l’on protège concrètement les conditions de travail locales et au moyen d’une politique active dans ce domaine. Cependant, exactement les mêmes milieux qui fulminent bruyamment contre la libre circulation des personnes ne cessent de s’opposer à ce que nos salaires soient protégés par des salaires minimaux inscrits dans des conventions collectives de travail (CCT) ou des contrats-types de travail, à ce que des contrôles du marché du travail aient lieu et à ce que les syndicats puissent défendre les droits des salarié(e)s. 
</p><p>Il n’y a toujours pas de CCT de force obligatoire dans des branches où la main-d’œuvre en provenance de l’Union européenne (UE) croît nettement. Pendant cette session extraordinaire, les parlementaires traiteront toute une série d’interventions, notamment de Paul Rechsteiner, Marina Carobbio Guschetti et Hans-Jürg Fehr, qui demandent une application conséquente des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes. Qui veut prendre au sérieux la main-d’œuvre indigène et trouver des solutions aux problèmes de la politique de la migration soutiendra ces interventions. 
</p><h3>Concrétiser l’égalité des chances</h3><p>Sur le marché de l’emploi suisse, les travailleurs et travailleuses étrangers n’ont pas les mêmes chances que la main-d’œuvre indigène. Les jeunes étrangers sont en particulier concernés par certains handicaps. Pour eux, trouver une place d’apprentissage représente quelque chose d’extrêmement ardu. Toutefois, le Conseil fédéral, reconnaissant la nécessité d’agir ici, propose d’accepter le postulat de la socialiste vaudoise Josiane Aubert, qui demande que soient prises des mesures pour favoriser l’égalité des chances des jeunes étrangers dans leur recherche d’une place d’apprentissage. La situation de celles et ceux qui ne sont pas au bénéfice d’une autorisation légale de séjour est particulièrement difficile. Même très bien intégrés et pouvant faire état de très bons résultats scolaires, ces jeunes sans-papiers n’ont pas la possibilité de commencer un apprentissage. Choquant, tant humainement qu’économiquement.
</p><p>Le 3 mars, trois motions – du démocrate-chrétien genevois Luc Barthassat, du Vert vaudois Christian van Singer et du Vert genevois Antonio Hodgers – seront traitées. Elles demandent la légalisation des jeunes sans-papiers&nbsp;; cela, afin de leur permettre de suivre une formation professionnelle ou scolaire supérieure. Or, contrairement à quelques membres bourgeois d’exécutifs ou de législatifs cantonaux, la majorité de droite du Conseil fédéral ne veut pas d’une telle égalité des chances et rejette donc ces interventions. Espérons que la majorité des Chambres fédérales ne suivra pas.
</p><p>La crise économique frappe de plein fouet les travailleurs et travailleuses étrangers. Leurs déficits linguistiques et de formation pèsent particulièrement lourd dans la balance. Une bonne raison pour investir dans leur formation, afin d’améliorer leurs aptitudes sur le marché de l’emploi. À travers une motion, le socialiste bernois André Daguet propose des bons de formation et des crédits-temps pour promouvoir l’intégration linguistique des migrant(e)s. Les partis de droite devraient désormais passer de déclarations faites du bout des lèvres à l’adoption de mesures concrètes. Pour nombre de migrant(e)s, les cours de langue sont encore trop chers ou difficiles à suivre à cause d’activités la plupart du temps précaires et d’horaires trop longs. La grande importance toujours accordée aux connaissances linguistiques - tant sur le lieu de travail que pour l’octroi d’une autorisation de séjour, respectivement de la nationalité suisse - exige la mise en œuvre de programmes performants. Si la politique de la migration ne parle que d’exigences et de soutien à apporter, il faut donc aussi arrêter des mesures concrètes de soutien. 
</p><h3>L’intégration grâce à l’acceptation de la différence</h3><p>La personne qui ne se sent pas acceptée dans un lieu ne s’y intégrera guère. La Suisse a, à proprement parler, une longue tradition en matière d’acceptation de langues, religions ou particularités culturelles différentes. Jusque là, cette attitude a été synonyme de succès pour elle. Que la différence ne trouve plus sa place dans notre pays est par conséquent en contradiction avec cette tradition. La différence doublée d’un attachement simultané à la Suisse sont des caractéristiques essentielles de l’identité des étrangers et étrangères de la deuxième génération. Aujourd’hui, les secondos et les secondas sont une couche importante de la population suisse. Leurs prestations économiques, culturelles, sportives et sociales sont ne notoriété publique. 
</p><p>Beaucoup d’entre eux ont, en plus du passeport suisse, conservé la nationalité de leurs parents. Mais ils ne sont pas acceptés en Suisse, sinon des propositions comme celle de l’ancienne conseillère nationale Jasmin Hutter finiraient directement dans la poubelle. Jasmin Hutter veut en effet supprimer le droit à la double nationalité pour les futurs naturalisé(e)s. Or, ce droit ne relève aucunement d’une mentalité selon laquelle il s’agirait d’avoir le beurre et l’argent du beurre&nbsp;; le réclamer ne remet, de plus, pas en cause la loyauté de ces personnes à l’égard de la Suisse. C’est là l’expression de l’identité des secondos et secondas. Si l’intégration de la population étrangère est vraiment le but que poursuit la politique suisse de la migration, il est alors nécessaire que l’on accepte cette différence et cet attachement à la Suisse.</p>]]></content:encoded><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-653</guid><pubDate></pubDate><title>Commission d’enquête parlementaire dans la dernière ligne droite</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/commission-d-enquete-parlementaire-dans-la-derniere-ligne-droite</link><description>Le président de l’USS, Paul Rechsteiner, a été le premier à demander - c’était le 7 dé-cembre 2009 - la mise sur pied d’une commission d’enquête parlementaire (CEP) afin de clarifier notamment ce qui s’était passé avec le sauvetage de l’UBS en plein marasme financier. À l’époque, cette demande s’était heurtée à de vives résistances, mais au-jourd’hui….</description><content:encoded><![CDATA[<p>«&nbsp;À ce jour, rien n’indique que l’on aurait tiré les leçons du quasi-effondrement du système financier, même pas sous forme d’ébauches. La direction de l’UBS vise les mêmes bénéfices, voire des bénéfices plus élevés encore (15 milliards), et un même rendement des capitaux propres (20&nbsp;%) qu’avant la crise. Des buts qui ne pourront pas être réalisés sans nouveau recours à une stratégie commerciale des plus risquées. La pratique à risque des bonus, à laquelle l’autorité de surveillance des marchés financiers (FINMA) a donné sa bénédiction, est maintenue sous une forme à peine modifiée.&nbsp;»
</p><p>Tels furent les principaux arguments développés par Paul Rechsteiner pour demander la mise sur pied d’une CEP. Or, le 5 février, le bureau du Conseil national a décidé de proposer une CEP qui serait chargée d’enquêter sur la régulation du secteur financier et de clarifier la transmission par l’UBS de données aux États-Unis. 
</p><p>Début mars, le bureau du Conseil des États se prononcera aussi à ce sujet. De fait, une CEP est, de toute urgence, nécessaire. Il serait irresponsable que les politiques veuillent prendre acte par un simple haussement d’épaules de la pire crise économique jamais vécue depuis 70 ans, c’est-à-dire sans en tirer pour l’avenir les leçons qui s’imposent. Peu probable, un «&nbsp;niet&nbsp;» à la création d’une CEP serait, pour les politiques, synonyme d’autocensure face à un monde économique déconnecté des réalités.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Économie</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-185</guid><pubDate></pubDate><title>Des gains confortables sans risque et une arnaque qui n’en finit pas</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/des-gains-confortables-sans-risque-et-une-arnaque-qui-n-en-finit-pas</link><description>Des frais de gestion trois fois plus élevés que ceux des caisses de pensions autonomes ; des primes de frais de gestion qui ne sont pas justifiées auprès des employeurs et des as-suré(e)s, mais dissimulées dans les primes de risque ; des primes pour les prestations en cas d’invalidité et de décès qui sont jusqu’à quatre fois supérieures aux coûts de ces mêmes prestations ; une autorité de contrôle (la FINMA) qui accepte ces primes, alors que c’est contraire à la loi ; des gains garantis sans risque; des mesures d’assainissement prises bien avant que survienne le moindre découvert ; une assurance, Swisslife, qui en-gloutit des centaines de millions de francs des assuré(e)s dans des fonds spéculatifs et dans l’achat d’entreprises à l’étranger. Tous ces faits scandaleux sont disséminés dans la « Publication des comptabilités séparées » des assureurs-vie de 2008. Le 7 mars, l’occasion nous est fournie de brandir un carton rouge contre ces assureurs.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Pour la première fois depuis l’introduction des règles comptables de la quote-part légale, le «&nbsp;processus d’épargne&nbsp;», qui englobe les rentes de vieillesse, était dans le rouge en 2008, avec une perte de 2574 millions de francs. Chez les assureurs aussi, le produit des placements n’a donc pas suffi à couvrir en 2008 les intérêts du capital vieillesse, ni à financer les capitaux de couverture des rentes. Cela n’a rien de surprenant, puisque, vue sous l’angle des placements, l’année 2008 fut catastrophique, pour les assureurs comme pour les caisses de pensions. En observant les choses de plus près, on s’aperçoit toutefois que 62 % de ces pertes, soit 1619 millions de francs, sont dues à Swisslife, qui ne détient pourtant que 30 % des assuré(e)s auprès des assureurs-vie. La perte ne peut donc pas simplement être mise sur le compte des marchés financiers, mais relève aussi d’une gestion consternante. Durant les années précédentes, les assureurs-vie avaient obtenu des résultats positifs dans le secteur des rentes vieillesse également, ce qui ne les a pas empêchés de réclamer une baisse du taux de conversion.</span></p><p class="Textetra"><b><span lang="FR">Résultats de l’épargne vieillesse&nbsp;</span></b><span lang="FR">(en millions de francs)</span></p><p class="Textetra">&nbsp;</p><table class="contenttable"><thead><tr><th scope="col"></th><th scope="col">2005</th><th scope="col">2006</th><th scope="col">2007</th><th scope="col">2008</th></tr></thead><tbody><tr><td><span>Solde du «&nbsp;processus d’épargne&nbsp;»</span></td><td>999,7</td><td>1138,5</td><td>823,5</td><td>-2574,5</td></tr></tbody></table><h3><span lang="FR">Frais de gestion : bien plus élevés que ce que prétendent les assureurs&nbsp;!</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Selon le département de la propagande des assureurs, c’est-à-dire la FINMA, les frais de gestion s’élèvent à 1011 millions de francs, soit 469 francs par assuré(e)s. Mais la FINMA et les assureurs mélangent ici des pommes et des poires pour cacher la somme réelle&nbsp;: en plus de 1,64 million d’assuré(e)s et de 207&nbsp;715 rentiers, les assureurs gèrent aussi 306&nbsp;571 polices de libre passage. La gestion de ces polices n’occasionne que de frais très faibles quand on l’organise de manière efficace, nettement moins élevés que la gestion technique des assuré(e)s. Toutefois, dans la publication de la FINMA, l’ensemble des coûts est simplement réparti entre tous les destinataires, y compris les détenteurs et détentrices d’une police de libre passage, ce qui fausse nécessairement les résultats. Si l’on prélève 20 francs de frais de gestion par an et par police pour ces assuré(e)s, alors les coûts de gestion pour ce qui relève effectivement de la prévoyance professionnelle se montent à 543 francs par personne! Comparons ce chiffre à ceux de la statistique des caisses de pensions (2007) : on constate que les coûts pour la gestion technique de 4,45 millions de destinataires (3,45 millions d’assuré(e)s actifs et 0,9 million de rentiers et rentières) s’élèvent à 784 millions de francs, soit 176 francs par destinataire. Les frais de gestion par destinataire auprès des assureurs-vie sont donc trois fois plus élevés que dans les caisses de pensions autonomes&nbsp;! Il faut en outre tenir compte du fait que dans les fondations collectives des assurances-vie et dans les autres institutions entièrement réassurées, des frais existent et s’ajoutent au niveau de ces fondations. Ces coûts ne peuvent malheureusement pas être évalués précisément. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que par tête, les frais se situent entre 600 et 700 francs. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Mais cela n’est pas tout, puisqu’aux frais de gestion s'ajoutent ceux de la gestion de la fortune, qui se montent à 287 millions de francs. De surcroît, il faut prendre en compte un autre aspect : les assureurs-vie gèrent de grands effectifs d’assuré(e)s (entre 20&nbsp;000 et 572&nbsp;000 assuré(e)s actifs et rentiers et rentières par assureur). Ces effectifs sont bien plus importants que ceux de la plupart des caisses de pensions autonomes. Le potentiel de rationalisation des assureurs devrait donc être très grand, mais n’est visiblement pas mis à profit. Aussi longtemps que les assureurs pourront dissimuler leurs frais exorbitants dans les primes de risque (c’est-à-dire les primes correspondant aux prestations de l’assurance-invalidité et des survivants), ceux-ci ne seront pas visibles aux yeux de l’assuré(e) et de l’employeur, et aucune pression ne s’exercera. Même l’autorité de surveillance ne fait rien contre cette situation : elle se contente d’appeler les <i>preneurs et les preneuses</i> d’assurance à un comportement économe...</span></p><h3><span lang="FR">Primes de décès</span> et d’invalidité : une vaste arnaque </h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">L’affaire devient encore plus intéressante lorsque l’on considère le processus de risque. Il s’agit ici des prestations en cas de décès (rente de survivant) et d’invalidité. Les coûts s’élèvent à 1281 millions de francs et les rentrées à 2950 millions. Les assureurs ont ainsi soutiré aux salarié(e)s et aux patrons des primes représentant plus du double des coûts ! Cette entourloupe se poursuit depuis des années, comme on peut le vérifier dans le tableau ci-dessous. La Zurich et Axa Winterthour se sont montrées particulièrement voraces en 2008&nbsp;; elles qui encaissent des primes de risque trois et même quatre fois supérieures aux coûts ! Le tableau suivant montre que d’année en année, l’arnaque des assureurs a pris des proportions de plus en plus inacceptables. Les assureurs ont toujours raconté aux assuré(e)s et aux employeurs que si les primes de risque étaient aussi élevées, c’était à ca</span>use d’une forte invalidité. Mais, visiblement, il s’agit d’autre chose.</p><p><b><span lang="FR">Résultat du processus de risque</span></b><span lang="FR">&nbsp;(en millions de francs)</span></p><table class="contenttable"><thead><tr><th scope="col"></th><th scope="col">2005</th><th scope="col">2006</th><th scope="col">2007</th><th scope="col">2008</th></tr></thead><tbody><tr><td><span>Solde du processus de risque</span></td><td>1155,6</td><td>1144,1</td><td>1543,1</td><td>1669,1</td></tr><tr><td><span>Produit des primes de risque en % des coûts du risque</span></td><td>164,5 %</td><td>190,7 %</td><td>201,6 %</td><td>230,2 %</td></tr></tbody></table><h3><span lang="FR">Swisslife, responsable des pertes : les autres assureurs ont fait des profits</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Le solde des processus d’épargne, de risque et des frais, appelé «&nbsp;résultat brut de la comptabilité&nbsp;» est de -1073 millions de francs; pour la première fois depuis la nouvelle réglementation (2005), il est négatif. Un résultat qui provient exclusivement de Swisslife, en déficit de 1264 millions. La dissolution ou l’augmentation de diverses réserves et provisions modifient ce résultat brut&nbsp;; un «&nbsp;résultat intermédiaire&nbsp;» de -472&nbsp;millions apparaît alors.&nbsp;Ensuite, les assureurs ont «&nbsp;versé&nbsp;» 434 millions à leur fonds d’excédents, ce qui malheureusement ne signifie pas que les assuré(e)s verront un jour vraiment la couleur de cet argent (voir plus bas). Pour la quote-part minimale de la prévoyance LPP, Swisslife et la Bâloise n’ont toutefois absolument rien versé en 2008 au fonds d’excédents. Après cette affectation au dit fonds, le «&nbsp;résultat net de la comptabilité&nbsp;» pour tous les assuré(e)s est de -906 millions. Pour de nombreux assureurs, ce résultat net était toutefois positif ou en équilibre. Le mauvais résultat d’ensemble est de nouveau à mettre sur le compte de Swisslife : son «&nbsp;résultat net&nbsp;» est de -1082 millions de francs. Sans lui, le résultat intermédiaire serait de 610 millions. Même après l’attribution au fonds des excédents, les autres assureurs gagnent encore de l’argent (176 millions), même si ce n’est pas autant que les années précédentes.</span></p><h3><span lang="FR">Pas d’excédents sans primes de risque exorbitantes - les assureurs ne supportent pas eux-mêmes les pertes</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Les primes de risque éhontément exagérées jouent un rôle central pour les assureurs : les bonnes années, sans cette arnaque, il n’y aurait pratiquement pas eu de bénéfice pour les assureurs ou de versement au fonds d’excédents. Il n’y a donc pas vraiment d’excédents. Les assuré(e)s et l’employeur paient eux-mêmes la totalité de leur «&nbsp;participation aux excédents&nbsp;», par le biais des primes de risque extravagantes. Dans les mauvaises années, ces primes servent à couvrir les pertes comptables. Certes, les assureurs prétendent constamment qu’ils donneraient des garanties et supporteraient les pertes, ce qui leur permet ensuite de justifier leurs gains dans les bonnes années. Mais les fait montrent tout autre chose : dans les mauvaises années, les gains sont pompés dans les primes de risque afin de couvrir les pertes. Pour l’essentiel, les assureurs ne supportent donc pas celles-ci, mais les épongent grâce aux cotisations des assuré(e)s et des employeurs.</span></p><p class="Titretra"><b><span lang="FR">Résultats de la comptabilité</span></b><span lang="FR">&nbsp;(en millions de francs)</span></p><p class="Titretra">&nbsp;</p><table class="contenttable"><thead><tr><th scope="col"></th><th scope="col">2005</th><th scope="col">2006</th><th scope="col">2007</th><th scope="col">2008*</th></tr></thead><tbody><tr><td><span>Solde du processus d’épargne</span></td><td>977,7</td><td>1138,5</td><td>823,5</td><td>-2574,5</td></tr><tr><td><p><span lang="FR">Solde du processus&nbsp;</span><span>des frais</span></p></td><td>-200,2</td><td>-240,3</td><td>-186,1</td><td>-168,2</td></tr><tr><td><p><b><span lang="FR">Solde du</span><span lang="FR">&nbsp;</span></b><b><span lang="FR">processus&nbsp;</span></b><b><span lang="FR">de risque</span></b></p></td><td><b>1155,6</b></td><td><b>1444,1</b></td><td><b>1543,1</b></td><td><b>1669,1</b></td></tr><tr><td>Résultat brut</td><td>1952</td><td>2342</td><td>2181</td><td>-1073</td></tr><tr><td>Résultat intermédiaire</td><td>1295</td><td>1565</td><td>1950</td><td>-472</td></tr><tr><td><p><span lang="FR">Attribution au fonds&nbsp;</span><span>des excédents</span></p></td><td>695</td><td>869</td><td>1257</td><td>434</td></tr><tr><td><span>Gain des assureurs</span></td><td>600</td><td>696</td><td>693</td><td>-906</td></tr><tr><td><b><span lang="FR">Résultat brut sans</span></b></td><td><b>797</b></td><td><b>898</b></td><td><b>637,9</b></td><td>-<b>1'842,1</b></td></tr></tbody></table><p class="Titretra"><span lang="FR">* Chiffres biaisés par le pitoyable résultat de Swisslife</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><b><b><b><span lang="FR">Ces constatations entraînent quelques interrogations concernant l’autorité de surveillance, la FINMA, qui approuve les tarifs des assureurs pour le secteur de la prévoyance professionnelle. Selon l’article 33, alinéa 3 de la Loi sur la surveillance des assurances (LSA), elle doit vérifier que les primes sont adaptées au risque et aux frais. Selon l’article 38 de la LSA, elle doit aussi contrôler si les primes garantissent aux assuré(e)s une protection contre les abus. Lorsque les primes sont plus de deux fois supérieures aux frais, en partie même quatre fois plus élevées, elles ne sont alors plus adaptées au risque et aux frais&nbsp;; il existe donc un cas flagrant d’abus au détriment des assuré(e)s. Cette arnaque ne pourra jamais être justifiée. Pour quelles raisons la FINMA approuve-t-elle pourtant ces tarifs ?</span></b></b></b></p><h3><span lang="FR">L’argent du fonds des excédents n’appartient pas aux assuré(e)s, mais fait figure de capital propre des assureurs</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">En 2008, les fonds d’excédents ont reçu 433,5 millions de francs, alors que 943 millions en sortaient et étaient versés aux institutions de prévoyance réassurées. À fin 2008, 1262 millions étaient accumulés dans ces fonds. La part qui doit ou peut en revenir aux assureurs est définie juridiquement par l’autorité de surveillance. Ces fonds ne doivent pas être sous-estimé. Avec les primes de risque abusivement élevées et la règle d’affectation complètement unilatérale et contraire à la loi, ils représentent un élément central du mécanisme de l’arnaque mitonnée par les assureurs-vie, qui reste pratiquement impénétrable aux non-initiés. Cela fonctionne ainsi : les «&nbsp;parts d’excédents&nbsp;» sont affectées avec force démonstrations au fonds des excédents. 90 % du montant total doit être «&nbsp;utilisé au profit&nbsp;» des preneurs de prévoyance (soit des institutions de prévoyance qui sont assurées auprès des assureurs-vie). «&nbsp;Utilisé au profit&nbsp;» des assurés, cette expression recouvre en fait toutes les dépenses effectuées par les assureurs, donc aussi, par exemple, les commissions des courtiers, qui font tourner le carrousel des entreprises affiliées, ou les frais de marketing des assureurs. Grâce à l’affection au fonds d’excédents, les assureurs peuvent prétendre qu’ils ont attribués aux institutions plus de 90 %, ou même 94 ou 95 %. En réalité, l’argent que ce fonds reçoit n’est pas «&nbsp;contractuellement dû&nbsp;» aux institutions de prévoyance. Ce n’est que ce qui est finalement distribué qui appartient aux preneurs d’assurance. Les sommes figurant dans le fonds d’excédents font au contraire partie des «&nbsp;fonds propres&nbsp;» des assureurs (= le capital propre dans le jargon de l’assurance) et leur permet même d’engager eux-mêmes moins de capitaux propres. Ce qui a pour conséquence d’augmenter proportionnellement d’autant les gains réalisés sur le capital restant, celui qui a réellement été avancé par les assureurs. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Plus haut, nous avons montré que les pertes sont d'abord essuyées par les assureurs en recourant aux primes de risque abusivement élevées. Lorsque les pertes sont plus massives, les assureurs peuvent sans dommage recourir au fonds des excédents, avant de faire appel à leurs capitaux propres, avancés par les actionnaires. Dans le jargon de la FINMA, cela s’appelle un «prélevé du fonds d’excédents pour couvrir un déficit d’exploitation». Pratiquement, Swisslife aurait dû vider le fonds d’excédents. Elle ne l’a pas fait, mais a pris en charge elle-même le déficit qui subsistait après utilisation du solde provenant des primes de risque (351 millions), soit en tout plus d’un milliard de francs. Elle a probablement agi ainsi pour des raisons de bonne réputation. Elle ne s’est donc servie «&nbsp;que&nbsp;» des primes de risque excessives pour réduire ses pertes. Mais elle aurait aussi pu dévaliser la totalité du fonds des excédents, de plus d’un demi-milliard, et alléger ainsi le sort des actionnaires. </span></p><h3><span lang="FR">Une «&nbsp;quote-part minimum&nbsp;» absurde et contraire au droit</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Nous avons déjà expliqué à de nombreuses reprises comment l’application de la «&nbsp;quote-part légale&nbsp;» ou «&nbsp;quote-part minimum&nbsp;» par le Conseil fédéral et la FINMA était illicite. La loi parle «&nbsp;d’excédents&nbsp;», terme qui dans le monde entier désigne le résultat de la soustraction des dépenses aux recettes. Mais le Conseil fédéral et la FINMA ont déclaré que les excédents représentaient la totalité des recettes. Dans cette façon de faire, les assureurs ont droit à 10 % des de l’ensemble des recettes. Logiquement, cela renchérit la prévoyance jusqu’à 11 %. Comme on l’a vu plus haut, les assureurs peuvent sans autre prendre 100 % et traiter comme des fonds propres, à disposition en cas de perte, l’argent qui revient officiellement aux assuré(e)s, dans le cadre de la quote-part minimum. On voit parfaitement bien en quoi cette manière de comptabiliser la quote-part est absurde et ridicule dans le compte d’exploitation 2008 : Axa Winterthour a réalisé un bénéfice de 136 millions, après une attribution de (seulement) 10 millions de francs au fonds des excédents. Selon l’entreprise, cela correspond à une quote-part légale de 91,5 %. En revanche, Swisslife a utilisé des réserves (payées par les assuré(e)s et les employeurs) à hauteur de 365 millions, englouti le solde des primes de risque (encore financées par les assuré(e)s et les employeurs), renoncé à toute attribution au fonds des excédents et atteint selon la FINMA une quote-part minimum de 288 %.</span></p><h3><span lang="FR">Une activité rentable à coup sûr pour les assureurs, mais une mauvaise affaire pour les assuré(e)s et les employeurs</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Les assureurs ont pipé les dés. Ils ont le droit de revendiquer 10 % de toutes les recettes. Les bonnes années, ils font de juteux bénéfices, provenant presque exclusivement des primes de risque exorbitantes qu’ils prélèvent - illégalement, mais avec l’aval de leur autorité de surveillance - sur le dos des assuré(e)s et des employeurs. Les gains issus de ces primes peuvent servir, les mauvaises années, à couvrir les pertes. Ils peuvent traiter comme leurs fonds propres les montants officiellement attribués aux preneurs d’assurance en tant que «&nbsp;participation aux excédents&nbsp;». En cas de pertes, ils peuvent même se servir dans ce fonds d’excédents avant de prier leurs actionnaires de passer à la caisse. Lorsqu’ils ne se comportent pas aussi déplorablement que Swisslife, ils sont toujours en situation de faire de profits. Si ce n’est pas le cas, les déficits peuvent être transférés aux assuré(e)s et aux employeurs. Grâce au fonds d’excédents, ces affaires lucratives autour du 2<sup>e</sup> pilier peuvent être réalisées avec des fonds propres effectifs d’à peine 2 à 4 %, dont le rendement moyen ces dernières années est de plus de 10 %.</span></p><p>Les assureurs «&nbsp;vendent&nbsp;» ce modèle, en prétendant qu’ils fournissent des garanties. Avec eux, les assuré(e)s et les employeurs n’auraient pas besoin de verser des cotisations d’assainissement. Nous avons vu plus haut qui supportait effectivement les risques et quelle est la valeur de ces garanties. Il est évident que, sur la durée, ce genre de prévoyance est nettement plus cher que celle pratiquée par les caisses autonomes. Prétendre qu’il n’y a pas de cotisations d’assainissement auprès des assureurs est de plus inexact. Les caisses de pensions ne peuvent engager des mesures d’assainissement que lorsqu’il y a un déficit de couverture. Selon un jugement du Tribunal fédéral de 2004, les assureurs-vie sont toutefois autorisés à exiger des cotisations d’assainissement même de manière préventive, donc avant même qu’un déficit de couverture se manifeste. Cette possibilité leur est accordée en sus des petits arrangements que nous avons décrits ci-dessus. Les compagnies d’assurances ne prennent donc finalement aucun risque sur le marché de la prévoyance professionnelle. Mais alors, il n’est pas non plus acceptable qu’elles puissent faire des profits, en tout cas dans une assurance sociale obligatoire !</p>]]></content:encoded><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-184</guid><pubDate></pubDate><title>NON : il faut une bonne fois que les assureurs-vie reçoivent un carton rouge !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/non-il-faut-une-bonne-fois-que-les-assureurs-vie-recoivent-un-carton-rouge</link><description>La baisse du taux de conversion LPP aura de graves conséquences sociales. Lui dire NON permettrait aussi de faire un premier pas pour couper court aux menées des assureurs-vie. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 7 mars, le NON à la baisse du taux de conversion LPP s’impose pour les raisons suivantes&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>Les principales victimes d’une telle baisse seraient les travailleurs et travailleuses qui ont touché des petits salaires durant toute leur vie et qui ne recevront que de faibles rentes une fois âgés et dans le cadre de la prévoyance. Même avec la rente AVS, ces rentes sont aujourd’hui déjà minimes et souvent insuffisantes. Si elles devaient être réduites encore plus suite à la baisse de plusieurs pour-cent du taux de conversion, ces retraité(e)s perdraient une part de revenu dont ils ont le plus grand besoin. On ne vit de pour-cent théoriques ou «&nbsp;modèles&nbsp;», mais de francs&nbsp;! Un abaissement du taux de conversion sans mesures d’accompagnement qui en compenseraient les effets est donc inacceptable. L’USS a exigé dès le départ de telles mesures, mais ni le gouvernement ni le parlement n’ont voulu rien entendre.</li><li>Les assureurs-vie font des bénéfices grâce aux rentes de vieillesse, même pendant les années où les placements ne sont pas très rentables. Une baisse du taux de conversion augmenterait ces bénéfices. Cela, sur le dos des retraité(e)s&nbsp;! Des politiciens de droite ont même ouvertement admis, durant les débats parlementaires, qu’ils voulaient cette baisse à cause des assureurs-vie. C’est entre autres le cas du conseiller aux États radical Rolf Büttiker pour qui «&nbsp;Nous devons abaisser le taux de conversion d’abord à cause des assurances-vie&nbsp;» (11.12.2008, trad. USS). Or, il n’est pas question de réduire des prestations d’assurances sociales pour procurer des bénéfices supplémentaires à des entreprises privées tournées vers le profit&nbsp;! Il a quelques années seulement de cela, les assureurs-vie ont brusquement abaissé les taux de conversion du domaine surobligatoire (à 5,8&nbsp;% pour les hommes et 5,4&nbsp;% pour les femmes), ce qui a eu pour conséquence des baisses de rente de 19 à 25&nbsp;%. Et impossible pour les personnes concernées de s’opposer à cette mesure. Cependant, le 7 mars, elles auront enfin l’occasion de brandir un carton rouge à l’intention des assureurs.</li><li>L’autorité de surveillance, la FINMA<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0310_Nova_Taux-conversion-LPP_Votation.doc#_ftn2" target="_blank" name="_ftnref2">[2]</a> devrait protéger les assuré(e)s contre les abus des assureurs. De plus, la loi lui prescrit de faire en sorte que les tarifs des primes tiennent compte des risques et des coûts. Or, depuis quelques années, elle autorise des primes de risque jusqu’à quatre fois plus élevées que les coûts et permet donc aux assureurs de piller les assuré(e)s. Mais ce n’est pas tout&nbsp;: le parlement a adopté, il y a quelques années, une disposition légale qui limite les bénéfices des assureurs à 10&nbsp;% des excédents. Le Conseil fédéral a ensuite simplement fait des recettes totales lesdits «&nbsp;excédents&nbsp;». Grâce à cette astuce illégale, les assureurs peuvent ainsi continuer à se servir tant et plus dans les affaires qu’ils réalisent avec la LPP. Cependant, les «&nbsp;parts des excédents&nbsp;» que les assureurs octroient avec indulgence aux assuré(e)s avec les primes trop élevées versées par ces derniers ne leur reviennent pas vraiment selon le Conseil fédéral&nbsp;: elles font partie des capitaux propres des assureurs-vie qui ont le droit d’y recourir pour couvrir des pertes. Beaucoup de profits sans avoir à courir de risques et avec la bénédiction publique du parlement ainsi que du Conseil fédéral. Mettons un terme aux manœuvres de ces détrousseurs. La première possibilité de le faire sera en disant NON le 7 mars prochain.</li></ul><p>Toute une série de projets de démantèlement d’assurances sociales sont dans les tuyaux du parlement&nbsp;: 11e révision de l’AVS, révision de l’assurance-chômage, révision de l’assurance-accidents, etc. Il faut mettre fin à cette orgie de régression sociale en votant NON le 7 mars&nbsp;!
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-181</guid><pubDate></pubDate><title>Finissons-en avec les abus dans la prévoyance professionnelle ! Maintenant, les prestations de la prévoyance vieillesse ont besoin d’un nouveau but !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/finissons-en-avec-les-abus-dans-la-prevoyance-professionnelle-maintenant-les-prestations-de-la-prevoyance-vieillesse-ont-besoin-d-un-nouveau-but</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Avec leur projet de baisse des rentes du 2e pilier, le Conseil fédéral et les partis de droite ont, sous la pression des compagnies d’assurance et des organisations de l’économie, essayé pour la première fois en Suisse de largement démanteler les prestations d’une assurance sociale. Mais, ils ont monstrueusement échoué. Par leur vote, les citoyen(ne)s ont fait savoir qu’ils ne se laisseraient pas dérober les rentes qui leur avaient été promises et qu’ils ont d’ailleurs payées et paient encore, ainsi que la protection sociale qu’elles leur garantissent. 
</p><p>Premièrement, l’issue de ce scrutin signifie que les projets de démantèlement social mis sur rail au Parlement ces temps - qu’il s’agisse de l’AVS, de l’assurance-chômage ou de l’assurance-accidents – doivent être stoppés. Si cela n’a pas lieu au Parlement, les syndicats s’y opposeront par le référendum. Les gens en ont assez de voir que les bonus et les bénéfices sont protégés, quand on dégrade leur sécurité sociale.
</p><p>Deuxièmement, les réformes du 2e pilier qui n’ont que trop attendu parce le lobby des assurances les repousse depuis de longues années, doivent être entreprises. Cela concerne les coûts administratifs et les primes de risque trop élevés, de même qu’un transfert de bénéfices par les assurances qui est contraire à la loi. Les assurances sociales ne sont pas là pour servir à faire des profits. Cela signifie aussi qu’en ce qui concerne l’autorité de surveillance (en particulier la FINMA, autrefois Office fédéral des assurances privées), un bon coup de balai doit être donné. Jusqu’à ce jour, cette dernière a entériné et défendu les abus des compagnies d’assurance, au lieu de défendre les intérêts des assuré(e)s. Enfin, la parité prévue par la loi dans la prévoyance professionnelle doit aussi être concrètement appliquée avec sérieux. Cela signifie, d’une part, qu’une vraie parité, qui mérite ce nom, et une représentation en conséquence du personnel doivent également être le fait des fondations collectives des assureurs-vie. D’autre part, il faut une bonne fois que les représentant(e)s du personnel dans les caisses de pensions, où leur tâche est de défendre les intérêts de ce dernier, bénéficient d’une protection efficace contre le licenciement. 
</p><p>Troisièmement – et c’est essentiel -, le but fixé aux prestations de la prévoyance vieillesse des personnes exerçant une activité lucrative doit être reformulé. Depuis que le système des trois piliers figure dans la Constitution fédérale (1972) s’applique le principe constitutionnel selon lequel la prévoyance professionnelle, conjuguée avec l’AVS, doit permettre à l’assuré(e) de «&nbsp;maintenir de manière appropriée son niveau de vie antérieur&nbsp;» (art. 113, al. 2, let. b Cst.). Autrement dit, même une fois à la retraite, on doit pouvoir continuer à vivre décemment et dignement avec les rentes du 1er et du 2e pilier. Aujourd’hui encore, ce principe constitutionnel est d’actualité, sans équivoque et clair. Il n’y a pas à tortiller&nbsp;!
</p><p>Il est devenu obsolète et désormais indéfendable qu’en son temps (il y a 30 à 40 ans), on ait supposé qu’il soit possible de «&nbsp;maintenir de manière appropriée son niveau de vie antérieur&nbsp;» avec environ 60&nbsp;% du dernier revenu. La bataille dans les urnes qui vient de se terminer l’a à nouveau fait on ne peut plus nettement apparaître. Alors qu’il est possible de maintenir son niveau de vie, une fois à la retraite, avec 60&nbsp;% de 10&nbsp;000 francs par mois, ce n’est pas le cas avec 60&nbsp;% de 5000 francs. Or, donner aux prestations un but qui, pour un salaire de 5000 francs mensuels, se traduit concrètement par un revenu des rentes de 3000 francs par mois, cela viole la Constitution parce qu’un tel montant ne permet pas de «&nbsp;maintenir de manière appropriée son niveau de vie antérieur&nbsp;». Pour les bas et moyens revenus, ces 60&nbsp;% sont par conséquent contraires à la Constitution, parce qu’ils ne permettent pas de vivre décemment.
</p><p>Le but donné aux prestations de la prévoyance vieillesse du 1e et du 2e pilier doit par conséquent être reformulé. Nous proposons les buts suivants («&nbsp;taux de remplacement&nbsp;» du revenu du travail) pour ces rentes&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>pour les revenus allant jusqu’à 5000 francs&nbsp;: taux de remplacement de 80&nbsp;%,</li><li>pour les revenus allant jusqu’à 7000 francs&nbsp;: taux de remplacement de 70&nbsp;%,</li><li>pour les revenus supérieurs&nbsp;: taux de remplacement de 60&nbsp;%.</li></ul><p>Non seulement ces buts correspondent aux réalités vécues par les gens, mais elles remplissent aussi le mandat constitutionnel de l’article 113 Cst., garantissant également la dignité humaine des uns et des autres. Le droit à vieillir dans la dignité, concrétisé par l’État social, est l’un des principaux acquis de notre civilisation. Celle ou celui qui gagne 5000 francs par mois a besoin, pour pouvoir vivre décemment une fois à la retraite et «&nbsp;maintenir de manière appropriée son niveau de vie antérieur&nbsp;» que ses rentes lui garantissent un revenu de 4000 francs. L’objectif d’un taux de remplacement de 60&nbsp;% est par conséquent irréaliste. 
</p><p>Politiquement, cela veut dire que ni les rentes de l’AVS ni celles du 2e pilier du domaine obligatoire (correspondant à un revenu annuel de 82&nbsp;000 francs) ne peuvent être diminuées. La dernière votation populaire l’a clairement montré. Toujours politiquement, cela signifie aussi que lorsque les buts fixés aux prestations ne sont pas atteints, les rentes doivent à nouveau être améliorées. Car celles qui ne sont plus indexées depuis longtemps au renchérissement ne sont pas les seules à avoir perdu de leur valeur ces dernières années. Depuis l’introduction de l’indice mixte (1980) les rentes de l’AVS ont pris un retard de 6&nbsp;% sur l’évolution économique. 
</p><p>La votation du 7 mars 2010 sur le vol des rentes du 2e pilier marque une coupure dans la politique de la prévoyance vieillesse. Pour la première fois, on a vécu une votation qui visait directement et concrètement le montant des rentes de vieillesse de la grande majorité des personnes exerçant une activité lucrative. Le résultat confirme de manière impressionnante les objectifs constitutionnels de la prévoyance. Sur la base des réalités actuelles, ceux-ci doivent être concrètement reformulés et réalisés. C’est pourquoi, après quinze années de néolibéralisme perdues, il faut que la politique de la prévoyance vieillesse prenne un nouveau départ et se donne des objectifs sociaux, comme ce fut le cas en 1948, avec la création de l’AVS, et en 1972, avec l’instauration du principe des trois piliers.</p>]]></content:encoded><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-183</guid><pubDate></pubDate><title>Urgentes et nécessaires, des réformes du 2e pilier doivent être entreprises dès maintenant </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/urgentes-et-necessaires-des-reformes-du-2e-pilier-doivent-etre-entreprises-des-maintenant</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<h3>1. Mettre fin aux abus et à l’arnaque des assureurs-vie</h3><p>De manière générale, il est hautement problématique que dans un système d’épargne forcée comme le 2e pilier, des compagnies d’assurances privées, guidées par le profit, soient aussi actives aux côtés des caisses autonomes de pensions. C’est d’autant plus choquant que, sans les assureurs ou presque, tout fonctionne aussi bien<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0410_Nova_Votation-2epilier.doc#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>. Le but du 2e pilier n’est pas d’offrir un maximum d’affaires rentables aux assureurs&nbsp;! Ceux-ci ont instrumentalisé à leur profit le 2e pilier, avec l’aide du Conseil fédéral et de l’autorité de surveillance. Cette entente fonctionne vis-à-vis de l’administration et du parlement comme celle des banques (UBS).
</p><p>Parmi les objectifs de la 1ère révision de la LPP figurait aussi la transparence des activités des assureurs-vie dans le 2e pilier. Surtout, l’attribution des excédents devait être réglée et leur distribution devait se faire davantage en faveur des preneurs d’assurances. Le parlement a décidé que les assureurs pouvaient conserver 10&nbsp;% des excédents. En association avec les assureurs-vie, la FINMA et le Conseil fédéral ont tout simplement court-circuité le parlement, en décidant sans autre forme de procès que les excédents désignaient la totalité des recettes<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0410_Nova_Votation-2epilier.doc#_ftn2" target="_blank" name="_ftnref2"><sup>[2]</sup></a>. Le «&nbsp;modèle économique&nbsp;» des assureurs est conçu pour que l’État leur garantisse des profits, bien qu’ils ne courent pratiquement aucun risque, puisque ce dernier peut être complètement transféré aux assuré(e)s et aux employeurs. Les profits réalisés sans risque dans les assurances sociales sont inacceptables&nbsp;! Même la transparence laisse beaucoup à désirer&nbsp;: aucun bilan n’est publié et ce que l’on présente comme une comptabilité n’est compréhensible que par les spécialistes, mais pas par les assuré(e)s ni par les employeurs. Du côté des primes aussi, l’opacité est de mise et les primes de risque payées par les assuré(e)s et les employeurs sont largement surfaites.
</p><p>Ces lacunes grossières doivent enfin être éliminées&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>Les assureurs-vie doivent à l’avenir ne pouvoir conserver que 10&nbsp;% au maximum des excédents figurant dans la comptabilité et non plus 10&nbsp;% de l’ensemble des recettes. La «&nbsp;quote-part légale&nbsp;» doit donc revenir de la méthode de calcul «&nbsp;brute&nbsp;» ou «&nbsp;basée sur le rendement&nbsp;» à la méthode de calcul «&nbsp;nette&nbsp;» ou «&nbsp;basée sur le résultat&nbsp;» qui était prévue au départ. Il appartient donc au Conseil fédéral de modifier l’Ordonnance sur la surveillance des institutions d’assurance privées (OS) dans ce sens. L’actuelle réglementation est illégale, comme une analyse juridique de ses dispositions l’a indubitablement démontré<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0410_Nova_Votation-2epilier.doc#_ftn3" target="_blank" name="_ftnref3"><sup>[3]</sup></a>.</li><li>Les «&nbsp;Fonds d’excédents&nbsp;» doivent être supprimés. Les assureurs doivent verser immédiatement et en totalité aux preneurs d’assurances leur participation aux excédents. De cette façon, ces sommes profiteront à ceux qui les ont financées. Et les assureurs ne pourront plus utiliser ces participations aux excédents, appartenant aux preneurs d’assurance, comme des «&nbsp;fonds propres&nbsp;», afin de couvrir leurs pertes. Lors de la liquidation des fonds d’excédents, la totalité des sommes s’y trouvant doit être répartie entre les preneurs de prévoyance, sans ponction aucune. Le Conseil fédéral doit modifier dans ce sens l’ordonnance correspondante (OS).</li><li>La FINMA doit enfin respecter la Loi sur la surveillance des assurances<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0410_Nova_Votation-2epilier.doc#_ftn4" target="_blank" name="_ftnref4"><sup>[4]</sup></a> et s’engager pour que les assureurs réduisent à un niveau indispensable les primes<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0410_Nova_Votation-2epilier.doc#_ftn5" target="_blank" name="_ftnref5"><sup>[5]</sup></a> pour les risques de décès et d’invalidité actuellement abusivement élevées. Les recettes provenant de ces primes sont aujourd’hui deux à quatre fois plus élevées que les frais liés à ces risques.</li><li>À l’avenir, les assureurs-vie devront établir de manière séparée, à l’intention des preneurs d’assurance et des assuré(e)s, les primes de risque et les primes de frais de gestion. Les assureurs ne doivent plus pouvoir dissimuler leurs coûts de gestion bien trop élevés dans les primes de risque. Ce n’est qu’ainsi qu’il y aura concurrence et que les assureurs seront poussés à rationaliser leur gestion. Cela aussi pourrait être appliqué par la FINMA.</li></ul><p></p><h3>2. La gestion paritaire concerne aussi les fondations collectives des assureurs-vie</h3><p>La gestion paritaire des assuré(e)s, donc la participation à égalité de droits, est une des clés de voûte de la prévoyance professionnelle en Suisse. En partie, malheureusement, elle n’existe que sur le papier. Dans les institutions des assureurs-vie, les procédures de désignation et d’élection sont conçues de telle manière que seules les personnes triées sur le volet par les assureurs accèdent aux conseils de fondation. Par suite, des centaines de milliers d’assuré(e)s en sont pratiquement totalement exclus<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0410_Nova_Votation-2epilier.doc#_ftn6" target="_blank" name="_ftnref6"><sup>[6]</sup></a>. Très fréquemment, les contrats entre ces institutions et les assureurs sont très unilatéralement favorables aux intérêts des entreprises d’assurance. Pour pouvoir défier la puissance des assureurs, des personnes indépendantes sont indispensables.
</p><p>Nous exigeons donc que les conseils de fondation des institutions collectives des assureurs-vie soient enfin réellement paritaires et indépendants de ces firmes. Les assureurs-vie ne doivent plus pouvoir manipuler à leur convenance la composition de ces instances. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br></p><p>&nbsp;</p><ul><li>Des procédures électorales respectant les standards démocratiques minimaux sont nécessaires.</li><li>Tous les salarié(e)s assurés doivent pouvoir prendre part aux élections directes (droit de vote actif et passif).</li><li>Lors d’élections indirectes, il faut s’assurer que les «&nbsp;délégué(e)s&nbsp;» disposant du droit de vote pour l’élection de l’organe supérieur existent, qu’ils ont été eux-mêmes élus et possèdent donc une légitimité démocratique.</li><li>La charge de représentant(e)s des salarié(e)s ne peut être occupée que par des personnes sans fonction dirigeante dans l’entreprise (donc uniquement par des «&nbsp;véritables représentant(e)s des travailleurs&nbsp;»).</li><li>Une partie de la représentation du personnel est désignée par des organisations représentatives des salarié(e)s.</li></ul><p>&nbsp;</p><h3>3. Meilleure protection des représentant(e)s des travailleurs, indépendance&nbsp;à l’égard de l’employeur</h3><p>Les membres de l’organe dirigeant d’une institution de prévoyance doivent pouvoir s’engager sans retenue pour leur tâche. Dans de nombreux cas et en situation normale, cela ne pose pas de problèmes. Dans des situations de stress et de conflits, remplir sa fonction dans l’organe supérieur de l’institution de prévoyance peut devenir difficile pour les représentant(e)s du personnel, surtout (mais pas seulement) dans les caisses de pensions d’entreprise. Ils et elles doivent défendre les intérêts de l’institution de prévoyance et des destinataires, le cas échéant contre l’employeur aussi. Mais leur salaire, leur carrière et l’organisation de leur travail dépendent de l’employeur. Dans certaines circonstances, ils risquent même de perdre leur emploi en agissant dans l’intérêt de l’institution de prévoyance et des destinataires. Cette absence d’indépendance les empêche de remplir leur tâche comme on le leur demande et comme un fonctionnement conforme aux règles de la prévoyance professionnelle l’exige. Nous devons constamment faire face à des plaintes sur cette question. 
</p><p>La protection contre le licenciement des représentant(e)s des travailleurs doit donc être renforcée. Certes, un congé donné au motif d’une activité de membre du conseil de fondation peut être combattu parce qu’abusif<sup><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0410_Nova_Votation-2epilier.doc#_ftn7" target="_blank" name="_ftnref7">[7]</a>.</sup> Mais une protection absolue, au sens d’une interdiction de licencier n’existe pas, ce qui revient à fragiliser la situation du ou de la représentant(e) des travailleurs et, au-delà, à contredire finalement les principes de base d’une parité authentique<sup><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0410_Nova_Votation-2epilier.doc#_ftn8" target="_blank" name="_ftnref8">[8]</a>.</sup> Seul un renforcement de la protection contre le licenciement peut assurer l’indépendance des représentant(e)s des travailleurs et travailleuses vis-à-vis de l’employeur et par conséquent une véritable défense des intérêts de l’institution de prévoyance et de ses destinataires<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0410_Nova_Votation-2epilier.doc#_ftn9" target="_blank" name="_ftnref9"><sup>[9]</sup></a>. Une étude réalisée à la demande de l’Office fédéral des assurances sociales<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0410_Nova_Votation-2epilier.doc#_ftn10" target="_blank" name="_ftnref10">[10]</a> recommande aussi une amélioration de la protection contre le licenciement.
</p><h3>4. Les banques et les autres gestionnaires de fortune doivent déclarer leurs taxes et autres frais de gestion de la fortune </h3><p>Ces dernières semaines, on a critiqué le fait que les frais de gestion de la fortune mentionnés par les institutions de prévoyance n’étaient pas exhaustifs. C’est exact&nbsp;; cepenant, cela ne relève pas de la négligence des institutions de prévoyance, mais de celle de tiers. Ceux-ci ne détaillent pas précisément les frais qu’ils demandent pour leurs activités en matière de produits de placement, se contentant de verser un rendement net. Un système qui leur permet d’exiger des frais trop élevés. Seules les grandes caisses de pensions ont un certain poids sur le marché en ce qui concerne les prix et la transparence, mais pas les autres. Les institutions de prévoyance ne peuvent faire complètement état des coûts des produits de placement que lorsque leurs partenaires commerciaux ont une pratique transparente à leur égard. Nous exigeons donc de la FINMA qu’elle mette enfin bon ordre à cela. Les banques et les autres gestionnaires de fortune qui agissent sous la surveillance de la FINMA doivent, à l’avenir, présenter avec transparence aux institutions de prévoyance les rendements bruts obtenus et l’ensemble des frais et taxes. 
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0410_Nova_Votation-2epilier.doc#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1"><sup>[1]</sup></a> La réassurance n’a de sens que là où une institution de prévoyance est trop petite pour assumer seule tous les risques actuariels. Sinon, elle revient bien trop cher. Les grandes fondations collectives des assureurs sont suffisamment étendues pour pouvoir supporter elles-mêmes les risques actuariels. Les «&nbsp;garanties&nbsp;» fournies par les assureurs ne sont pas gratuites. Ils veulent être très bien rétribués pour ce service. Selon les règles de l’Ordonnance sur la surveillance des institutions d’assurance privées, les assureurs peuvent, en cas de pertes ou de mauvaises affaires (Swisslife), transférer la quasi-totalité du risque sur les destinataires. Leur prévoyance en devient nettement plus chère que celle gérée de manière autonome. Les assureurs prétendent qu’en contrepartie, il n’existe pas de mesures d’assainissement. Même ceci n’est pas juste. En réalité, selon le Tribunal fédéral, les assureurs peuvent aussi recourir à des mesures d’assainissement, et cela avant même d’être en déficit de couverture. Les caisses autonomes ne peuvent le faire qu’une fois le déficit de couverture avéré (ATF 130 II p. 258 ss.).&nbsp; 
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0410_Nova_Votation-2epilier.doc#_ftnref2" target="_blank" name="_ftn2"><sup>[2]</sup></a> Les produits des cotisations, des capitaux, mais aussi les bénéfices techniques (bénéfices de liquidation).
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0410_Nova_Votation-2epilier.doc#_ftnref3" target="_blank" name="_ftn3"><sup>[3]</sup></a> Cette analyse correspond à l’état de la technique et à la pratique du Tribunal fédéral. La méthode appliquée est celle qu’apprennent les étudiant(e)s en droit dès leur première année. Elle peut être vérifiée dans n’importe quel manuel. Voir : Franco Saccone, «&nbsp;Participation aux excédents en matière de prévoyance professionnelle&nbsp;: légalité de la méthode de calcul basée sur le rendement&nbsp;?&nbsp;», Schweizerische Zeitschrift für Sozialversicherung und berufliche Vorsorge 2009/1.
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0410_Nova_Votation-2epilier.doc#_ftnref4" target="_blank" name="_ftn4"><sup>[4]</sup></a> Art. 46 al. 1 lit. f&nbsp; LSA et art. 38 LSA&nbsp;: protection des assurés contre les abus des entreprises d’assurances.
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0410_Nova_Votation-2epilier.doc#_ftnref5" target="_blank" name="_ftn5"><sup>[5]</sup></a> Ces primes sont actuellement deux à quatre fois supérieures aux frais. Cette différence permet un financement transversal du tout. Sans elle, les assureurs feraient moins de profits et il y aurait moins «&nbsp;d’excédents&nbsp;» (qui sont en retour utilisés abusivement par les assureurs en lieu et place de leur propre capital risque).
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0410_Nova_Votation-2epilier.doc#_ftnref6" target="_blank" name="_ftn6"><sup>[6]</sup></a> Problèmes principaux&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>Limitation du droit de vote actif ou passif aux personnes qui figurent dans les commissions de prévoyance des institutions de prévoyance (donc de chaque affilié, ou de chaque entreprise affiliée à une de ces institutions). Ces commissions n’existent souvent que sur le papier et ne sont élues démocratiquement que dans des cas rarissimes. La limitation du droit de vote à ces personnes est donc antidémocratique et celles qui sont élues manquent de légitimité démocratique.</li><li>Des représentant(e)s du personnel qui, en réalité, sont des représentant(e)s des employeurs, car ils occupent une fonction dirigeante dans l’entreprise. Une légitimité de principe fait défaut. Les assurances sont souvent vendues par paquet aux entreprises. Des conflits d’intérêts existent donc pour ces personnes.</li><li>Opacité des procédures de désignation, totalement dirigées en coulisse par les entreprises d’assurances.</li></ul><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0410_Nova_Votation-2epilier.doc#_ftnref7" target="_blank" name="_ftn7"><sup>[7]</sup></a> Selon l’art. 336, al. 2, litt. b du CO la résiliation du contrat de travail par l’employeur est abusive lorsqu’elle est donnée pendant que le travailleur, représentant élu des travailleurs, est membre d’une commission d’entreprise ou d’une institution liée à l’entreprise et que l’employeur ne peut prouver qu’il avait un motif justifié de résiliation. 
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0410_Nova_Votation-2epilier.doc#_ftnref8" target="_blank" name="_ftn8"><sup>[8]</sup></a> Hans-Ulrich Stauffer, Berufliche Vorsorge, Bâle/Genève 2005, Rz. 1382.
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0410_Nova_Votation-2epilier.doc#_ftnref9" target="_blank" name="_ftn9"><sup>[9]</sup></a> Cette protection contre le licenciement doit être renforcée comme celle des membres des commissions d’entreprise, selon les dispositions de la convention n° 98 de l’OIT. Pour que la protection soit efficace, une invalidation du congé doit être possible.
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0410_Nova_Votation-2epilier.doc#_ftnref10" target="_blank" name="_ftn10"><sup>[10]</sup></a> Bolliger, Christian et Rüefli, Christian : Umsetzung und Wirkung der Vorschriften über die paritätische Verwaltung. Forschungsbericht N° 7/09.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-182</guid><pubDate></pubDate><title>Sur la Place fédéral pour l’égalité des sexes !</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/sur-la-place-federal-pour-l-egalite-des-sexes</link><description>Ce samedi 13 mars, la Place fédérale sera féminine. La Commission féminine de l’Union syndicale suisse (USS) et la Marche mondiale des femmes appellent en effet à une grande manifestation de femmes. Les revendications sont multiples. Pour les syndicats, c’est l’égalité des salaires entre femmes et hommes qui sera au premier plan.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Selon les tracts diffusés par différents syndicats, la loi est claire&nbsp;: un travail de valeur égale donne droit à un salaire égal. Les entreprises doivent une fois pour toutes contrôler leurs salaires et les adapter le cas échéant&nbsp;! De fait, l’égalité des salaires est aujourd’hui le premier but poursuivi par les syndicats dans leur lutte pour l’égalité des sexes. Pas étonnant&nbsp;! Depuis 1996 en effet, quand la loi sur l’égalité est entrée en vigueur, la différence entre salaires masculins et salaires féminins s’est régulièrement amenuisée, pas par bonds impressionnants, mais continuellement. Or, tout à coup, il apparaît, selon l’Enquête sur la structure des salaires, elle s’est remise à se creuser. En 2008 en effet, les femmes gagnaient en moyenne 5040 francs (salaire médian) par mois, soit 19,3&nbsp;% de moins que les hommes (6248 francs). Or, deux années auparavant, cet écart était encore de 18,9&nbsp;%. Des études plus précises font apparaître que c’est surtout chez les cadres – donc là où la pratique des bonus est répandue – que cet écart s’est creusé. Dans de nombreuses branches des secteurs inférieurs et intermédiaires – donc là où les syndicats sont actifs et où, grâce aux conventions collectives de travail et aux négociations salariales, ils peuvent empêcher les entreprises de n’en faire qu’à leur tête -, les écarts salariaux entre femmes et hommes ont pu être réduits. Mais cela, seulement «&nbsp;souvent&nbsp;», c’est-à-dire pas partout. Et, qui plus est, cela avance à une vitesse inférieure à celle d’un escargot&nbsp;! 
</p><h3>Nouvelles revendications pour l’égalité des sexes</h3><p>Cette situation concernant l’application du principe d’un salaire égal pour un travail de valeur égale est donc encore bien triste, honteuse. À elle seule, elle justifierait de participer à la manif des femmes. Mais celle-ci permettra aux femmes d’émettre d’autres revendications encore&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>pour la conciliation de la famille et de la profession, ce qui nécessite un engagement plus soutenu des pouvoirs publics en faveur de la création de places d’accueil pour les enfants ou en faveur des soins pour les personnes âgées&nbsp;;</li><li>contre le relèvement à 65 ans de l’âge de la retraite des femmes&nbsp;;</li><li>contre les désavantages systématiquement subis par les personnes travaillant à temps partiel.</li></ul><p>La Marche mondiale des femmes, pour sa part, présente d’autres revendications qui, en plus de l’autodétermination économique et sociale des femmes concernent aussi les plans personnel, physique et sexuel.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-180</guid><pubDate></pubDate><title>Politique de la formation : Des succès ici aussi </title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/politique-de-la-formation-des-succes-ici-aussi</link><description>Elle est un peu comme la cerise sur le gâteau, cette petite victoire en politique de la for-mation du dernier week-end de votation. Mais rien de comparable, bien sûr, avec la vic-toire éclatante contre le vol des rentes du 2e pilier.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Avec plus de 61 pour cent des voix, le canton de Fribourg a dit oui au concordat HarmoS, c’est-à-dire l’accord intercantonal sur l’harmonisation de la scolarité obligatoire, entré en vigueur au 1er août 2009. Ainsi douze cantons, représentant 67 pour cent de la population suisse, ont désormais accepté, à travers HarmoS, d’encourager la petite enfance qui n’a que trop attendu et de créer de nouvelles structures de jour dans les écoles. Quatre cantons démographiquement importants (Saint-Gall, Zurich, Berne et Fribourg) ont accepté cette réforme dans les urnes. À Glaris, c’est la Landsgemeinde qui a décidé, alors que, dans sept autres cantons, c’est le parlement qui s’est prononcé. Dans six cantons démographiquement moins importants (Lucerne, Grisons, Thurgovie, Nidwald, Uri et Zoug), l’adhésion à HarmoS a échoué suite à un référendum. Dans huit cantons, la décision est encore pendante. Le délai pour la mise en œuvre d’HarmoS court jusqu’au 31 juillet 2015.
</p><h3>Thurgovie&nbsp;: non à l’école privée</h3><p>L’école primaire aura 175 ans cette année dans le canton de Thurgovie. Celui ou celle qui veut s’attaquer avec des privatisations à pareil pilier de l’identité suisse doit avoir de meilleurs arguments que quelques lacunes à invoquer, des lacunes qui, de toute façon, apparaissent régulièrement dans toute institution historique et auxquelles il peut être remédié. Le «&nbsp;lobby parents suisse&nbsp;» ne s’en sort pas mieux avec sa volonté de privatiser l’école primaire que le clergé tessinois qui, il y a quelques années déjà de cela, a vu tant sa propre initiative en faveur de l’école privée que le contre-projet du parlement clairement échouer. Le 30 novembre 2009, les citoyen(ne)s de Bâle-Campagne ont défendu leur école publique par 80 pour cent des voix. Et le 7 mars, les Thurgovien(ne)s ont fait encore mieux, avec 83,2 pour cent des voix favorables à une école publique et démocratique&nbsp;! De quoi attendre calmement les autres votations cantonales annoncées par le «&nbsp;lobby parents suisse&nbsp;».
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-176</guid><pubDate></pubDate><title>Un carton jaune pour Sepp Blatter</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/un-carton-jaune-pour-sepp-blatter</link><description>Organiser des événements de dimension planétaire dans des pays émergents ou en voie de développement ne va pas sans problèmes. En effet, le non-respect des droits humains à ces occasions accompagne régulièrement ce genre de manifestations. Et finalement, la population pauvre de ces contrées n’en profite que peu, voire pas du tout. Cela s’applique aussi à la coupe du monde de football qui va avoir lieu en Afrique du Sud.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Actuellement, l’Afrique du Sud subit un toilettage intégral en vue de la coupe du monde de football. Mais alors qu’elle espère engranger jusqu’à deux milliards de bénéfices, la Fédération Internationale de Football Association, la FIFA, n’a rien apporté aux 40 pour cent de la population locale qui vivent dans la pauvreté. Ceux qui ont profité des 4,5 milliards de francs investis par le gouvernement sud-africain, ce sont d’abord les grands groupes internationaux de la construction, ainsi que la FIFA&nbsp;; cela, alors que les travailleurs et travailleuses occupés sur les chantiers de la coupe du monde touchent des «&nbsp;salaires&nbsp;» inférieurs au minimum vital. Des «&nbsp;salaires&nbsp;» qui n’ont été finalement augmenté de douze pour cent qu’après des grèves et des protestations internationales. 
</p><h3>Expulsion de la population des quartiers pauvres</h3><p>En Afrique du Sud, des centaines de milliers de personnes vivent dans des quartiers pauvres ou sont sans abri. Là où se dérouleront les manifestations sportives, comme à Durban, les images de quartiers miséreux troublent l’image de nation florissante que le gouvernement aimerait montrer. C’est pourquoi des dizaines de milliers de personnes de ces quartiers ont été expulsées de leurs habitations et transportées dans des camps provisoires. 
</p><h3>Pétition à l’intention de la FIFA</h3><p>Le 14 avril 2010, l’œuvre suisse d’entraide ouvrière (OSEO) lancera une pétition adressée à Sepp Blatter, le président de la FIFA. Cette pétition demandera à cette dernière qu’elle exige des pays et des villes qui voudront accueillir une coupe mondiale de football qu’elles respectent les droits humains. Les preneurs de licences, les sponsors et les consortiums de construction devront être contractuellement obligés de verser des salaires suffisants pour vivre décemment et contrôler l’observation des droits fondamentaux du travail. Tout pays ou toute entreprise qui ne serait pas prêt à remplir ces conditions ne pourrait à l’avenir plus organiser de coupe du monde de football.
</p><h3>Activités annexes</h3><p>En mettant sur pied un tour de Suisse qui traversera 20 villes, l’OSEO attirera l’attention de la population sur cette problématique et récoltera des signatures pour sa pétition. 
</p><p>Sur le site de la campagne (<a href="http://www.horsjeu-afriquedusud.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.horsjeu-afriquedusud.ch</a>), qui sera ouvert à partir du 14 avril, des informations seront données sur les violations des droits humains en Afrique du Sud, ainsi que sur l’exploitation des travailleurs et travailleuses dans ce pays. 
</p><p>Pendant la coupe du monde, un jeu en ligne permettra aux internautes non seulement de s’engager d’un point de vue footballistique, mais aussi sur un plan solidaire&nbsp;: pour chaque but marqué par l’équipe préférée de l’internaute, ce dernier ou cette dernière pourra faire un don en faveur de projets de l’OSEO.
</p><h3>L’OSEO en Afrique du Sud </h3><p>Cela fait 20 ans que l’OSEO s’engage en Afrique du Sud pour y améliorer les conditions de vie et lutter contre l’exploitation des travailleurs et travailleuses.
</p><p>Ainsi, à travers notre campagne «&nbsp;Faires Games&nbsp; Fair Play&nbsp;», lancée il y a deux ans avec les syndicats, nous demandons une amélioration des conditions de travail sur les chantiers de la coupe du monde. Et de nombreuses améliorations ont déjà été obtenues. 
</p><p>Dans les townships autour de Johannesburg, le taux d’infection au sida dépasse parfois les 50 pour cent. Et l’assistance médicale s’avère fréquemment précaire. Ainsi, avec nos partenaires locaux, nous organisons un genre de «&nbsp;soins à domicile pour les pauvres&nbsp;». 
</p><p>L’OSEO est également présente sur le média le plus populaire là bas&nbsp;: la radio. Le projet Africa Labour Radio donne une voix aux Sud-africain(e)s. Dans dix pays (Malawi, Lesotho, Zambie, Zimbabwe, Afrique du Sud, Kenya, Tanzanie, Ouganda, Ghana, Nigeria), des émissions sont diffusées chaque semaine sur les droits des travailleurs et travailleuses, la politique sociale et la politique économique, ainsi que sur les activités des syndicats. Pour plus d’information&nbsp;: <a href="http://www.oseo.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.oseo.ch</a>, Projets, Afrique du Sud.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-177</guid><pubDate></pubDate><title>La réintégration doit aussi être possible</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/la-reintegration-doit-aussi-etre-possible</link><description>Cela fait des années que l’Union syndicale suisse (USS) se bat pour une meilleure pro-tection contre les licenciements antisyndicaux. L’USS est même intervenue à plusieurs reprises dans ce sens auprès de l’Organisation internationale du Travail (OIT) et y a déposé une plainte contre la Suisse. Rappelée à l’ordre par l’OIT, cette dernière a déjà expliqué que, dans le cadre de la législation sur les lanceurs et lanceuses d’alertes, des solutions à ce problème seraient cherchées. L’USS continue à demander que les repré-sentant(e)s syndicaux abusivement licenciés puisses être réintégrés. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Un ou une représentant(e) syndical peut toucher au plus six mois de salaire lorsque son licenciement a été reconnu abusif par un tribunal. Dans les faits, il ne s’agit la plupart du temps que de deux ou trois mois. Et pourquoi faut-il aussi leur donner le droit d’être réintégré&nbsp;?
</p><h3>Le système n’exclut pas d’office une réintégration</h3><p>La protection contre le licenciement prévue à l’article 10 de la loi sur l’égalité (LEg) prévoit la possibilité d’annuler un licenciement lorsqu’il a été prononcé pour une personne qui s’est opposée à une discrimination. Dans le message du Conseil fédéral concernant la LEg, le Conseil fédéral estime que les articles 336ss CO «&nbsp;n’offrent pas une protection suffisante&nbsp;», notamment en cas de congés de rétorsion, pour lesquels, «&nbsp;une protection accrue se justifie&nbsp;». Or, les licenciements antisyndicaux sont souvent prononcés en représailles à une action syndicale légale. Ils s’apparentent donc aux congés-rétorsion contre lesquels la LEg apporte une protection. 
</p><p>En outre, le gouvernement juge qu’une annulation du licenciement est nécessaire «&nbsp;si l’on entend permettre aux travailleuses d’exercer leurs droits pendant le rapport de travail déjà…&nbsp;». Protéger les syndicalistes contre le licenciement antisyndical poursuit un même objectif&nbsp;: permettre aux travailleurs et travailleuses d’exercer leurs droits fondamentaux (liberté syndicale) sur leur lieu de travail, et non pas uniquement une fois les rapports de travail terminés.
</p><h3>Marginalisation</h3><p>Le travailleur victime d’un licenciement abusif est souvent mis au ban de sa branche pendant toute la durée des procédures judiciaires (contestation du licenciement, procès, recours), ce qui peut durer de nombreuses années. Durant cette période, il risque d’être marginalisé au sein de sa propre branche et de se retrouver au chômage, voir d’être contraint de recourir à l’aide sociale. Même s’il finit par obtenir réparation, l’indemnité d’au maximum six mois de salaire ne permet en général pas de réparer le préjudice subi durant plusieurs années.
</p><h3>L’obstacle de la peur </h3><p>Un licenciement antisyndical frappe en général une personne connue par ses collègues pour son engagement syndical et fait très peur au reste du personnel de l’entreprise, voire de la branche et de la région concernées. Les gens oseront ainsi encore moins devenir un jour des militant(e)s syndicaux actifs. Pareille mise au pas des salarié(e)s est incompatible avec un partenariat social reposant sur une discussion entre partenaires égaux.
</p><h3>Contraire au droit international</h3><p>La jurisprudence constante du Comité de la liberté syndicale de l’OIT exige la possibilité de réintégration en cas de licenciement antisyndical, faute de quoi la législation ne respecte pas la convention 98.
</p><p>Tous nos pays voisins connaissent la possibilité d’annuler le licenciement d’un(e) syndicaliste ou d’un membre d’une commission du personnel. En Autriche et en France, le licenciement d’un(e) représentant(e) du personnel ou d’un(e) délégué(e) syndical n’est possible qu’avec l’accord d’un(e) juge ou d’un(e) inspecteur/inspectrice du travail. En Italie, un juge peut ordonner la réintégration immédiate d’un(e) syndicaliste licencié abusivement. En Allemagne, le licenciement d’un(e) représentant(e) du personnel n’est possible qu’avec l’accord de la commission d’entreprise.</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-178</guid><pubDate></pubDate><title>À ne plus banaliser, mais à limiter (encore plus) strictement</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/a-ne-plus-banaliser-mais-a-limiter-encore-plus-strictement</link><description>Des années durant, le Secrétariat d’État à l’économie, le SECO,  a généreusement auto-risé le travail de nuit sans alternance avec un travail de jour. Suite à une plainte du syn-dicat Unia, il s’est fait remettre à l’ordre par le Tribunal fédéral. Et il en a tiré les leçons. Aujourd’hui en effet, il met en consultation des propositions applicables. Mais pour l’Union syndicale suisse (USS), leur formulation n’est pas encore assez claire.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le nombre de personnes occupées normalement de nuit en Suisse a très fortement augmenté ces dix dernières années. Il était de 206&nbsp;000 en 2009 contre 165&nbsp;000 en 1999. Pourquoi cette hausse d’un bon quart&nbsp;? Les raisons sont, d’une part, la croissance de l’emploi dans le secteur de la santé et de nouveaux besoins de consommation pour le secteur des produits alimentaires, ainsi que d’autres services. D’autre part, la pratique des autorités d’exécution de la loi sur le travail a également été généreuse. Conséquence&nbsp;: le principe de l’interdiction du travail de nuit s’est trouvé clairement vidé de sa substance.
</p><p>C’est Unia qui a enrayé la machine à banaliser le travail de nuit. Unia s’est en effet battu, avec succès – et jusqu’au Tribunal fédéral – contre autorisation une de travail de nuit sans alternance accordée avec une nonchalance par trop prononcée par le SECO à la Micarna (abattoirs de la Migros). S’étant fait sonner les cloches, celui-ci décida alors de modifier et clarifier les règles en matière de travail de nuit sans alternance. La procédure de consultation à ce sujet court jusqu’au 9 avril.
</p><h3>Changer d’équipe doit rester la règle</h3><p>Pour l’USS, il est évident que les dérogations à l’interdiction du travail de nuit ne doivent être octroyées qu’avec retenue. Elle demande instamment que changer d’équipe reste la règle ici. Dans sa réponse à cette consultation, elle souligne que «&nbsp;le travail de nuit sans alternance est la forme la plus extrême de travail de nuit, car il transforme réellement la nuit en jour.&nbsp;» Elle est ainsi strictement opposée à ce que travail de nuit sans alternance et travail de nuit avec alternance soient mis sur un même pied. Dès qu’existe du travail de jour, les personnes concernées par le travail de nuit doivent entrer dans un système de rotation qui leur permette d’alterner régulièrement travail de jour et travail de nuit.
</p><p>Les «&nbsp;problèmes de recrutement&nbsp;», comme on les appelle (= certain(e)s veulent uniquement travailler de nuit…) ne justifient aux yeux de l’USS le travail de nuit sans alternance que si l’entreprise concernée a élaboré, avec la participation du personnel, un plan d’équipe équitable et conforme au droit, et que le changement d’équipe entraîne, pour la majorité des collaborateurs et collaboratrices touchés, des problèmes de santé ou des difficultés à remplir des obligations familiales. Ce que les entreprises auront à prouver au moyen de procès-verbaux d’assemblées d’entreprise ou de commissions du personnel.
</p><p>En outre, l’USS exige que toutes les personnes travaillant de nuit sans alternance avec un travail de jour soient informées de manière transparente de leurs droits de participation et des mesures spéciales de protection de la santé à prendre.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-179</guid><pubDate></pubDate><title>La passivité de la Banque nationale coûtera des dizaines de milliers d’emplois !</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/la-passivite-de-la-banque-nationale-coutera-des-dizaines-de-milliers-d-emplois</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Le franc n’a jamais été aussi fort que ces derniers jours face à l’euro. Pour l’économie suisse, cela représente un problème énorme. Les problèmes de vente rencontrés en particulier par l’économie d’exportation et le tourisme à cause de la récession mondiale s’en trouveront aggravés. Le risque est grand de voir les entreprises de ces secteurs passer à côté de la (faible) reprise économique, parce qu’elles ne seront pas en mesure de faire face sous l’angle des prix et, de ce fait, perdront durablement des parts de marché. Et des entreprises qui disposent de sites de production en Suisse et dans la zone euro devraient se demander si elles ne vont pas se délocaliser. On estime, sur la base de modèles économique, que l’appréciation du franc suisse ces derniers mois coûtera sans doute jusqu’à 20&nbsp;000 emplois.
</p><p>Par conséquent, la Banque nationale suisse (BNS) doit combattre ce franc fort, ce qui aidera à sauver de nombreux emplois. Les dangers peints sur la muraille par les opposants à une telle intervention sont minimes&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>Lors de ses interventions, la BNS achète des obligations d’État étrangères (à un taux d’environ 2&nbsp;%), ce qui lui permet une perte annuelle sur cours de 2&nbsp;% sur ces placements, sans qu’il y ait cependant de perte en valeur absolue.</li><li>Par rapport à l’euro, la valeur du franc est nettement plus élevée qu’en moyenne historique. Celui qui investit en euros à partir de francs a donc le droit de s’attendre à réaliser tôt ou tard des gains de change. Si la BNS intervient, elle peut donc même faire des bénéfices à moyen terme.</li><li>En revendant ultérieurement les valeurs en euros qu’elle aura achetées, la BNS peut sans problème puiser dans la liquidité en francs. Tant que le franc est fort, il n’y a guère de risque d’inflation, mais, au contraire, celui d’une évolution déflationniste. En effet, une grande part des produits vendus en Suisse provient de la zone euro, d’où une pression sur le renchérissement intérieur.</li></ul><p>La BNS a pour mandat de stabiliser les prix et la conjoncture. En regardant passivement l’appréciation du franc suisse, elle met en danger la réalisation de ces objectifs. Se pose donc la question de savoir si, en plus du mandat légal existant, elle ne doit pas aussi stabiliser le taux de change. C’est ce que propose M. Olivier Blanchard, l’économiste en chef du Fonds monétaire international. Les économies petites et ouvertes peuvent beaucoup souffrir des fluctuations des taux de change. C’est pourquoi les banques centrales doivent les stabiliser.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique monétaire</category><category>Économie extérieure</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-171</guid><pubDate></pubDate><title>100 000 signatures pour 100 000 emplois</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/100-000-signatures-pour-100-000-emplois</link><description>Ensemble, bâtissons la Suisse du futur ! Depuis la mi-mars, l’initiative socialiste « De nouveaux emplois grâce aux énergies renouvelables (Initiative cleantech) » n’attend plus que votre signature. En tablant sur la création de postes très qualifiés, elle représente un investissement d’avenir pour l’emploi tout en constituant une réponse particulièrement appropriée à la crise économique et financière. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Si la Suisse se convertit massivement aux technologies propres – solaire, vent, géothermie, biomasse – pour sa production d’énergie, elle peut envisager la création de 100&nbsp;000&nbsp;nouvelles places de travail en l’espace d’une vingtaine d’années. De multiples petites et moyennes entreprises profiteront des investissements consentis, en particulier dans les régions périphériques où le potentiel des énergies renouvelables est aussi considérable que peu exploité.
</p><p>La production énergétique du futur passe incontestablement par les énergies renouvelables comme par l’exploitation rationnelle et efficace de l’énergie produite. L’initiative en fournit justement les conditions-cadre nécessaires. Dans l’Union européenne, la production d'électricité est déjà assurée de manière substantielle par les énergies renouvelables, sur lesquelles se basent plus de 60 pour cent des installations nouvellement créées. Pour sa part, la Suisse bénéficie d’un avantage supplémentaire grâce à l’énergie d’origine hydraulique. Cela signifie que, dans notre pays, le potentiel des énergies renouvelables est de loin supérieur à la consommation. Et si nous parvenons à exploiter plus intelligemment les sources d’énergie indigènes, nous préserverons l'environnement tout en réalisant des économies. C’est la raison pour laquelle l'initiative exige notamment que la meilleure technologie disponible soit appliquée aux nouveaux bâtiments, véhicules et appareils. 
</p><p>Dans le domaine des énergies renouvelables, les vocations se multiplient. À ce jour, pas moins de 5000 projets de production d’énergie sont inscrits sur liste d'attente auprès de l’Office fédéral de l'énergie, dans l’espoir d’obtenir une subvention alors que les investissements privés se chiffrent en milliards de francs. Seulement voilà, si – en matière de recherche et développement dans ce secteur – la Suisse figure incontestablement dans le peloton de tête sur le plan international, la taille de notre marché intérieur souffre de la comparaison, avec nos voisins par exemple. Ainsi, la plupart des producteurs européens de cellules photovoltaïques se situent en Allemagne bien que nombre de brevets soient helvétiques. Preuve s’il en est que nous n’exploitons pas assez notre savoir-faire, ni notre marge de manœuvre financière. D’où l’intérêt primordial de l’initiative socialiste dont l’objectif est justement la mise en œuvre des incitations nécessaires.
</p><p>Toutes les deux semaines, dans le monde entier, il se construit assez d’éoliennes pour produire autant d’énergie qu’une centrale nucléaire. Les cellules photovoltaïques deviennent toujours meilleur marché. En une journée, l'Allemagne construit autant d'installations solaires que la Suisse en une année. Les principales puissances économiques, à commencer par Berlin et Washington l'ont bien compris&nbsp;: pour jouer dans la cour des grands, il faut devenir un acteur de premier plan dans le secteur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, un marché où les chiffres d’affaire croissent de manière exponentielle. Si la Suisse entend s’y profiler non seulement au niveau de la recherche mais aussi de la production, elle doit absolument se réveiller. Politiquement et économiquement, nous en avons les moyens. Saisissons notre chance&nbsp;!
</p><p>L'initiative populaire fédérale «&nbsp;De nouveaux emplois grâce aux énergies renouvelables (Initiative cleantech)&nbsp;»&nbsp;introduit les principes suivants&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ol><li>La Confédération et les cantons, de concert avec l’économie, garantissent un approvisionnement énergétique reposant sur les énergies renouvelables.</li><li>La Confédération soutient la promotion de l'innovation dans le domaine énergétique ainsi que les investissements privés et publics en faveur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. Cela permet la création de quelque 100&nbsp;000 nouveaux emplois dans de petites et moyennes entreprises sur tout le territoire suisse.</li><li>La Confédération légifère sur la consommation d’énergie des installations, véhicules et appareils. En ce qui concerne les prescriptions pour les nouveaux appareils, véhicules et installations, elle tient compte de la meilleure technologie disponible.</li></ol><p>Notre pays doit se libérer de sa dépendance unilatérale au pétrole. A partir de 2030, les énergies renouvelables devront couvrir la moitié au moins des besoins énergétiques totaux de la Suisse.</p>]]></content:encoded><category>Énergie et environnement</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-169</guid><pubDate></pubDate><title>Les œillets de mai</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-oeillets-de-mai</link><description>Werner Wüthrich : Une contribution littéraire au 1er Mai 2010</description><content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;
</p><p>I&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Lorsque j’étais jeune, ma mère, qui aimait les fleurs, disait de temps en temps que, dans la vie, il faudrait beaucoup plus souvent les laisser parler. À l’époque, je n’ai jamais compris pourquoi les fleurs devaient pouvoir parler.
</p><p>Des années plus tard, lors d’une discussion avec mes parents, j’évoquai le prix de littérature des syndicats «&nbsp;Arbeit und Alltag&nbsp;», qui avait incité beaucoup de gens à se mettre à l’écriture. Au moment du départ, mon père me tendit ses deux mains et remarqua simplement qu’<i>elles</i> avaient travaillé toute leur vie et auraient aussi des choses à raconter. Au service d’autrui comme travailleur ou pour la famille ou, de temps en temps, pour faire le poing dans la poche. Il ajouta ensuite, avec un petit sourire malicieux : - Un écrivain devrait au moins pouvoir faire <i>ça - </i>Faire quoi, dis-je - <i>ça</i>, justement, répondit mon père : amener les mains à dire des choses et les fleurs à parler.
</p><p>II&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Le 1<sup>er</sup> Mai en France, lors de la Fête du Travail, on a pour habitude de s’offrir un bouquet de muguet en guise de porte-bonheur. Le muguet devient symbole du printemps, signe de l’éveil, de la joie de vivre et d’un avenir meilleur.
</p><p>Dans bien d’autres pays, c’est un œillet que l’on porte à la boutonnière et dans les manifestations du 1<sup>er</sup> Mai. Sur toute la planète, cette fleur est ainsi devenue le symbole de la Fête du 1<sup>er</sup> Mai et de la journée internationale du Travail.
</p><p>Dans le monde entier, le 1<sup>er</sup> Mai, on arbore la couleur rouge. Les travailleurs et les travailleuses organisés ont un insigne rouge sur leur veste, leur chandail ou leur chemise et portent, année après année, les principales revendications de la manifestation sur des banderoles rouges. Il y eut d’abord celle de la journée de huit heures dans les usines, puis celle d’une protection sociale minimale. Aujourd’hui, l’État est <i>aussi</i> un État social, donc une conquête des partis progressistes, des syndicats et des mouvements, qu’il faut défendre.
</p><p>III&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Si les mains du père désiraient dire des choses et si les fleurs de la mère devaient parler, alors seul - c’est certain - un œillet du 1<sup>er</sup> Mai pouvait le faire. Je l’imaginai devant moi : un peu stylisé ou dans le style gravure sur bois, tenu par une main, en pleine floraison et de la couleur du 1<sup>er</sup> Mai. Et parce que la main tient la fleur de l’oeillet, tendre, fraîche et inaltérable, elle est aussi un poing.
</p><p>Voilà ! Tout d’un coup cette image se met à parler : l’œillet de mai et la main disent à l’observateur la longue histoire mouvementée de notre 1<sup>er</sup> Mai. Mais elles ne font pas que parler de ce qui a été vécu et de ce qui s’est passé : une image peut fort bien poser des questions. Sur notre avenir, sur l’avenir du mouvement ouvrier et syndical dans le monde entier, comme sur celui de notre planète.
</p><p>Clairement, nettement, comme mes parents le souhaitèrent jadis, j’entends cette image de l’œillet du 1<sup>er</sup> Mai me parler d’une histoire inouïe, jamais racontée à l’école, qui s’est déroulée le 1<sup>er</sup> Mai 1886 au Haymarket à Chicago. L’origine et le début de la journée internationale du Travail, le 1<sup>er</sup> Mai; la grève de plusieurs jours aux États-Unis à cette époque; les affrontements violents entre la police et les travailleurs qui manifestaient, et les morts à la clef.
</p><p>IV&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> Cette année, on portera de nouveau la couleur rouge. Des calicots rouges avec le slogan «&nbsp;Arbeit, Lohn und Rente - statt Profit und Gier&nbsp;!&nbsp;»/&nbsp;»Du boulot, des salaires et des rentes&nbsp;!&nbsp;»/«&nbsp;Lavoro, salario et rendite per tutti&nbsp;!&nbsp;». En France, à la Fête du Travail, on distribuera du muguet. Dans de nombreux pays, on portera des œillets de mai, des insignes du 1<sup>er</sup> Mai et d’innombrables drapeaux rouges flotteront sur les manifestations.
</p><p>Au fond, on en est conscient, l’œillet de mai et sa couleur ne représentent qu’une certaine attitude. Qui, me dis-je, fut en réalité toujours très vivante dans chaque génération et l’emporta constamment sur d’autres attitudes face à la vie. Ce serait donc une attitude de la conscience, allant par le monde l’esprit ouvert et sans dogmatisme. Sans préjugés, mais avec un point de vue toujours clairement défini sur les contradictions sociales, l’évolution humaine et les menaces pour l’environnement. Et un engagement, dans le sens de l’histoire du 1<sup>er</sup> Mai ou comme l’a dit un penseur connu : la vision du monde la plus dangereuse et celle de qui n’a pas encore commencé à voir le monde.
</p><p>De cette manière, l’œillet de mai - comme ce souvenir de mon père et ma mère - est devenu porteur de sens, puisque les fleurs, finalement, parlent <i>aussi </i>et que les mains peuvent <i>quand même</i> dire des choses.
</p><h3>Notice bio-bibliographique&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </h3><p> Werner Wüthrich, est né en 1947 à Ittigen près de Berne. Fils d’un fermier, il étudie à l’Université de Vienne le théâtre, la philologie allemande et la philosophie. Depuis 1972, il travaille comme auteur dramatique indépendant et écrivain. Lauréat du prix Doron en 2004. Il est aussi connu comme spécialiste de Brecht, animateur d’ateliers d’écriture et de cours sur le théâtre.&nbsp; <br> Ses œuvres récemment publiées sont «&nbsp;1948-Brechts Zürcher Schicksalsjahr&nbsp;» (Chronos Verlag, Zurich), «&nbsp;Emil Zbinden&nbsp;» (Limmat Verlag, Zurich) et le long récit «&nbsp;Zimmerwald&nbsp;»paru dans l’ouvrage collectif «&nbsp;Die sie Bauern nannten&nbsp;» (Verlag Huber, Frauenfeld).</p>]]></content:encoded><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-173</guid><pubDate></pubDate><title>Les acteurs culturels paieront un lourd tribut </title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/les-acteurs-culturels-paieront-un-lourd-tribut</link><description>Nombre d’acteurs culturels vivent dans la précarité - ou à la limite -, car ils enchaînent les engagements de courte durée, cumulent les situations de salarié(e) et d’indépendant(e) - parfois contre leur gré - et voient leur revenu et leurs taux d’activité varier fortement d’un engagement à l’autre. Ils subissent en outre le chômage bien plus fréquemment que la moyenne. Au final, beaucoup passent entre les mailles du filet social. Et la collectivité doit verser aide sociale et prestations complémentaires. Un rapport du Conseil fédéral considère d’ailleurs que la situation des acteurs culturels est symptomatique de la multiplication des rapports de travail atypiques et précaires ; cela, même s’il préconise, étonnamment, de ne rien faire... </description><content:encoded><![CDATA[<p>La révision de la loi sur l’assurance-chômage (LACI) pourrait aggraver la situation de nombreux acteurs culturels. L’USS la combat par référendum, un référendum auquel se sont jointes d’autres organisations culturelles, à l’instar de leur faîtière Suisseculture, de l’Association des Créateurs du Théâtre indépendant (ACT) ou du Syndicat Suisse Romand du Spectacle (SSRS). Voici trois points de la révision de la LACI qui leur seraient particulièrement dommageables. 
</p><h3>Allongement de la durée de cotisation</h3><p>De nombreux acteurs culturels seraient dans l’impossibilité de remplir les nouvelles conditions pour bénéficier de 400 indemnités journalières. La plupart d’entre eux cumulent en effet des engagements de courte durée, des activités rémunérées, des périodes de chômage, des activités dépendantes et d’autres indépendantes. Dans ces conditions, il leur est déjà difficile de remplir les conditions en vigueur pour bénéficier d’une couverture par l’assurance-chômage, même si la LACI et son ordonnance (OACI) apportent une amélioration notable&nbsp;: le premier mois de cotisation des personnes qui travaillent dans le milieu artistique compte double. Malgré cette disposition, très peu d’entre elles parviendront à cotiser durant 18 mois pendant le délai-cadre de 24 mois, ce qui reviendra à diminuer drastiquement le nombre de leurs indemnités journalières. À cela s’ajoute le fait que le nombre d’engagements a, depuis quelques années, plutôt tendance à régresser. 
</p><p>De nombreux acteurs culturels devraient soit compter sur une précarité accrue et un recours plus fréquent à l’aide sociale, soit abandonner leur métier, pour autant qu’une reconversion leur soit possible. Il faut noter dans ce contexte que les aides à la reconversion sont rares, même pour les professionnels du spectacle dont la carrière est par nature très courte (p. ex. les danseuses et danseurs, dont l’âge ne dépasse que très rarement 35 ans). 
</p><h3>Suppression de la prise en compte des indemnités compensatoires pour le calcul du gain assuré </h3><p>La plupart des acteurs culturels ont besoin de gains intermédiaires, qui complètent leur revenu lorsqu’ils traversent une période de chômage&nbsp;; ce qui, on l’a vu, est très fréquent. Si ces gains intermédiaires sont inférieurs à leur indemnité journalière, la caisse de chômage leur verse une indemnité compensatoire pour couvrir la différence. Si les indemnités compensatoires ne devaient plus être prises en compte pour calculer le futur gain assuré, comme cela est prévu dans la révision de la LACI, de nombreux acteurs culturels devraient faire face à une diminution drastique de leur revenu lorsqu’ils sont sans emploi. Là encore, beaucoup seraient contraints de s’adresser à l’aide sociale.&nbsp; 
</p><h3>Prolongement du délai d’attente et réduction du nombre d’indemnités journalières pour les personnes libérées de l’obligation de cotiser&nbsp; </h3><p>Cette modification aurait des conséquences néfastes pour de nombreux étudiant(e)s des écoles d’art ou des conservatoires de musique. En effet, ces derniers ne trouvent que très rarement un emploi dans leur domaine dès la fin de leurs études. En outre, leurs chances de se faire engager dès l’obtention de leur diplôme, notamment les acteurs et actrices de théâtre, ont diminué ces dernières années. Par exemple les nombreux ex-étudiant(e)s en arts dramatiques de Suisse alémanique qui pouvaient espérer trouver un emploi dans un théâtre allemand ont vu ces espoirs fondre. Aujourd’hui déjà, de nombreux anciens étudiant(e)s en arts dramatiques ou en musique ont dû renoncer à exercer leur métier et changé d’orientation professionnelle, faute de perspectives suffisantes dans leur branche. 
</p><p>Diminuer le nombre d’indemnités journalières pour ces personnes les pousserait plus rapidement vers l’assistance publique. Certains risquent d’en rester dépendant pendant une longue durée. Il en résulterait une augmentation des charges pour les cantons et les communes. Une augmentation qui aurait des effets à long terme, car les chances de se réinsérer sur le marché de l’emploi diminuent avec la durée de dépendance à l’égard de l’aide sociale.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Assurance-chômage</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-172</guid><pubDate></pubDate><title>Le juteux petit commerce de la préparation à l’apprentissage.</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/le-juteux-petit-commerce-de-la-preparation-a-l-apprentissage</link><description>Il est de notoriété publique que trouver une place de formation est loin d’être simple. La pénurie de places d’apprentissage sévit toujours dans de nombreuses régions - notamment les centres urbains - et de nombreux métiers, comme par exemple dans le secteur santé-social. Pour les jeunes concernés et leurs familles, c’est une situation difficile. Il n’est pas rare de devoir faire plusieurs dizaines de postulations sans succès et de devoir passer par la case « solution transitoire » pendant 6 mois, 1 an ou plus, pour parvenir à ses fins et entrer enfin en formation professionnelle.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Cette situation a donné des idées à quelques petits malins et c’est tout un petit commerce qui s’est monté sur le dos des jeunes et de leurs parents. Il y a tout d’abord les tests «&nbsp;multicheck&nbsp;», «&nbsp;basic-check&nbsp;» et apparentés. Ces tests, exigés par un nombre croissant d’entreprises, y compris des administrations ou des entreprises publiques, sont plutôt chers&nbsp;: entre 100 et 120 francs, une somme qui peut se multiplier s’il faut en faire plusieurs parce qu’on postule dans des entreprises exigeant différents tests ou différentes variantes du même test (la plupart se déclinent en versions par branche). Mais le principal défaut réside dans leur manque de sérieux. Les questions ne sont en général qu’un ramassis d’exercices de pseudo-logique n’ayant rien à voir avec le futur métier ou de questions portant sur des compétences scolaires, qui n’auraient pas besoin d’un tel test pour être appréciées. Ces tests ont tendance à remplacer petit à petit les tests de sélection organisés par les associations professionnelles, qui ont, eux, un réel rapport avec le métier et permettent vraiment d’évaluer les compétences du jeune ou de la jeune qui postule à une place d’apprentissage. 
</p><p>Mais il n’y a pas que les tests. Il y a aussi les cours de préparation aux tests. En effet, les «&nbsp;multicheck&nbsp;» et consorts ont pris une telle importance que des écoles privées proposent désormais des cours pour s’entraîner à passer le «&nbsp;multicheck&nbsp;», bien entendu contre espèces sonnantes et trébuchantes. Un jeune qui voudra mettre toutes les chances de son côté pour trouver une place de formation sera donc incité à ouvrir sa bourse non seulement pour un ou plusieurs tests, mais aussi pour les cours qui y préparent. Au final, l’addition risque d’être lourde, en particulier pour les familles modestes. 
</p><p>Le petit commerce de la préparation à l’apprentissage est loin d’avoir atteint son apogée. En effet, on peut aussi suivre des cours afin de se préparer à postuler pour une place d’apprentissage. Là encore, les jeunes ayant des difficultés à trouver une place de formation n’auront pas d’autre choix que de dépenser à nouveau plusieurs centaines de francs. 
</p><p>Il est temps de mettre un terme à ce déplorable petit business. Tout d’abord, en mettant les tests de sélection genre «&nbsp;multicheck&nbsp;» à la charge des entreprises qui les exigent, même si aucun contrat n’est ensuite conclu. C’est ce qu’a décidé le canton de Vaud, dans sa nouvelle loi cantonale sur la formation professionnelle. Ainsi les entreprises qui souhaitent recourir à un test devront mettre sur pied, grâce aux associations professionnelles, un test qui permette réellement d’évaluer l’aptitude au métier. À moins qu’elles ne préfèrent payer plus de 100 francs par candidat(e) pour un test mal fichu qui n’évalue que l’aptitude à répondre au test et pas la capacité à accomplir avec succès une formation professionnelle. 
</p><p>Il convient en outre de renforcer l’orientation professionnelle, qui aide déjà des milliers de jeunes dans leurs démarches vers l’apprentissage. Ce travail doit être soutenu et valorisé, afin qu’il ne vienne plus à l’idée de personne de dépenser des sommes importantes auprès d’institutions privées dont le but n’est pas d’aider les jeunes à s’intégrer dans le monde du travail, mais de faire des bénéfices.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-175</guid><pubDate></pubDate><title>Le travail : un moyen de gagner sa vie ou de la perdre ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-travail-un-moyen-de-gagner-sa-vie-ou-de-la-perdre</link><description>Chaque année, plus de 2 millions de personnes – dont 12 000 enfants – meurent par la faute du métier qu’elles exercent et plus de 160 millions contractent une maladie professionnelle. Chaque année aussi, des substances toxiques tuent 340 000 salarié(e)s, l’amiante provoquant à elle seule la mort de 100 000 personnes. Le 28 avril, les syndicats rendront hommage à ceux et celles qui ont perdu la vie, qui ont été blessés ou qui souffrent de maladies professionnelles.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Cette tragédie «&nbsp;silencieuse&nbsp;» se déroule loin des projecteurs des médias et ne secoue guère la conscience de notre société. En Suisse également, les accidents mortels au travail méritent au plus un entrefilet dans les quotidiens et les maladies professionnelles sont cataloguées d’inévitables, dans un élan de frivolité coupable. Or, les chiffres sont effrayants pour la Suisse aussi&nbsp;:
</p><p>En 2007, 111&nbsp;personnes ont péri au travail et 136 sont mortes des suites d’une maladie professionnelle reconnue, dont 108 pour la seule amiante. De la sorte, le risque de mortalité est élevé en Suisse. Avec 2,3&nbsp;accidents professionnels mortels pour 100&nbsp;000&nbsp;postes à plein temps, nous caracolons loin devant l’Angleterre (1,4), l’Allemagne (1,9) ou la France (2,0). En Italie, où chaque accident mortel au travail fait des vagues, ce risque est de 2,6 et n’est donc pas sensiblement plus élevé qu’en Suisse.
</p><p>En Suisse aussi, nous nous plaisons à refouler l’idée que le travail peut tuer. Nous nous souhaitons ainsi bonne route et conseillons fréquemment de rouler avec prudence, alors que pratiquement personne ne conseille de faire attention au travail. Nous voyons dans les accidents professionnels des dommages collatéraux à la charge de l’assurance-accidents. Or, l’accident professionnel, surtout, est rarement le fait du hasard. Si l’on recherche les causes d’un accident du travail ou de conditions de travail peu salubres, on trouve d’habitude un rythme effréné, des mesures d’économies ou encore un manque de formation et d’information. Les employeurs ne cessent de se démettre de leur responsabilité de garantir des conditions de travail sûres et salubres. En fin de compte, cette négligence est toujours considérée comme une peccadille et on prend comme prétexte la responsabilité individuelle des salarié(e)s pour justifier le laxisme dans l’application des dispositions relatives à la santé et à la sécurité au travail.
</p><h3>Vision 250 vies</h3><p>Néanmoins, la SUVA et les inspections cantonales du travail ont reconnu que des mesures s’imposent et lancé en 2009 une campagne de prévention pour réduire les cas de décès. Appelée «&nbsp;Vision 250 vies&nbsp;», elle a pour but de diminuer de moitié le risque de mortalité en Suisse à l’horizon 2015. L’USS la soutient expressément, car elle vise à renforcer les contrôles en entreprise. Voilà longtemps déjà que la centrale syndicale exige une intensification des inspections en matière de santé et de sécurité au travail. En parallèle, l’USS et ses fédérations mèneront à bien des projets d’information ponctuels dans le cadre de cette campagne.
</p><h3>Journée internationale de commémoration</h3><p>La Journée internationale de commémoration du 28&nbsp;avril est l’occasion de prendre conscience de la souffrance provoquée par chaque accident de travail et chaque maladie professionnelle. Organisée depuis 1996 par le mouvement syndical international, elle est reconnue comme journée officielle de commémoration par l’Organisation internationale du travail et 20&nbsp;États. La Suisse ne s’est pas encore jointe à ces États et l’USS interviendra dans ce sens. Toutefois, le 28 avril est davantage qu’une journée de commémoration des victimes du passé et doit être mis au service de l’information et de la sensibilisation en matière de santé et de sécurité au travail. Dès lors, la Confédération syndicale internationale a choisi «&nbsp;Les syndicats rendent le travail plus sûr&nbsp;» comme thème commun à la journée d’action de cette année. Les syndicats jouent un rôle capital dans l’instauration de conditions de travail sûres et salubres. En effet, les accidents et les maladies professionnels ne sont pas des problèmes ou des coups du sort individuels, mais ont toujours une dimension collective, de sorte que seule une action commune permet de les prévenir.</p>]]></content:encoded><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-174</guid><pubDate></pubDate><title>Du boulot, des salaires et des rentes !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/du-boulot-des-salaires-et-des-rentes</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Les profiteurs ont plongé la planète dans la crise. Et ce serait aux travailleurs et travailleuses de casquer&nbsp;! Le chômage ne diminue pas, alors que les intégristes du bonus se font toujours plus arrogants. Ils n’ont pas eu longtemps honte d’avoir causé un tel désastre. Aujourd’hui déjà, ils revendiquent sans vergogne aucune le droit de se remplir les poches.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br> En haut, un petit nombre fait bombance, quand en bas, ils sont nombreux à devoir toujours plus se serrer la ceinture. Ça ne peut plus durer&nbsp;! À nous de dire NON et d’exiger&nbsp;: du boulot, des salaires et des rentes&nbsp;!
</p><p>Le <b>boulot</b>, c’est pour la plupart d’entre nous bien plus qu’une sécurité matérielle, une condition d’existence. C’est pour cela que nous voulons que les patrons assument leurs responsabilités et évitent de licencier. Les entreprises doivent aussi créer de toute urgence plus de places d’apprentissage et garder les apprenti(e)s qui ont terminé leur formation. 
</p><p>Jusqu’à maintenant, l’État et les politiques n’ont que mollement combattu la crise. Nous exigeons désormais que les bonus soient imposés. L’argent ainsi récolté doit être redistribué à la population. Non seulement c’est une mesure juste, mais aussi cela soutiendra la consommation et créera par conséquent à nouveau des emplois. Il faut également lancer de vastes programmes de formation continue pour les travailleurs et les travailleuses. Au lieu d’économiser aveuglément dans les transports publics, il faut investir massivement dans les infrastructures publiques et la conversion écologique. Et il appartient à la Banque nationale de stopper un envol du franc dont les conséquences sont fatales pour la Suisse.
</p><p>Les <b>salaires </b>ne sont pas uniquement la contre-valeur du travail. Ils sont aussi l’huile qui fait tourner les rouages de la conjoncture. Des hausses de salaire s’imposent, en premier lieu pour celles et ceux qui en ont instamment besoin pour vivre. Elles renforceront le pouvoir d’achat des gens. Le marché intérieur s’en trouvera plus solide, ce qui est plus que nécessaire si l’on ne veut pas que le chômage continue de s’étendre. Et on a également besoin de salaires minimums justes, qui permettent de vivre décemment. Les syndicats vont s’engager pour ces salaires. D’une part, lors des négociations avec les patrons et, de l’autre, en lançant, cette année encore, une initiative populaire pour qu’en Suisse, les salaires de misère appartiennent désormais au passé. 
</p><p>Les <b>rentes </b>permettent aux personnes qui n’ont plus d’activité lucrative de vivre dans une relative sécurité. Tout récemment, les partis de droite se sont attaqués frontalement aux retraites. Unis comme jamais, ils ont posé les jalons d’un démantèlement généralisé de toutes les assurances sociales. Le peuple les a certes déjà remis à l’ordre, et de manière impressionnante, mais ils n’estiment pas pour autant devoir tirer les leçons de cette votation du 7 mars sur le 2e pilier. La révision de l’assurance-chômage décidée par la droite veut punir la population pour les fautes commises par les managers. Confondant de manière perverse cause et effet, elle veut en effet punir les jeunes et les chômeurs et chômeuses de longue durée. C’est pourquoi nous allons retourner ce projet à son expéditeur. Les révisions de l’AVS, de l’AI et de l’assurance-accidents s’inspirent toujours et encore d’un même cynisme pur et dur. De plus, le larbin des banques qui siège au Conseil fédéral veut distribuer des cadeaux fiscaux aux nantis, tout en réduisant les prestations des assurances sociales. Nous ne sommes pas d’accord&nbsp;! Celle ou celui qui gagne peu ou dont le salaire est dans la moyenne a besoin de rentes de vieillesses plus élevées, pas de plus maigres. Les jeunes sans-travail et les chômeurs et chômeuses de longue durée doivent être mieux protégés. 
</p><p>Comme ils ont empêché le vol des rentes du 2e pilier, les syndicats empêcheront pareille régression sociale&nbsp;!
</p><p>Les syndicats veulent que les gens soient respectés, indépendamment de leur compte bancaire. Ils veulent l’égalité des salaires, quel que soit le sexe des gens, l’égalité des chances, quel que soit le passeport, ainsi qu’un développement durable et solidaire, au-delà des frontières nationales. 
</p><p>Notre monde recèle beaucoup de richesses. Elles doivent uniquement être réparties avec plus d’équité.</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-164</guid><pubDate></pubDate><title>Du football pour le progrès social ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/du-football-pour-le-progres-social</link><description>Tous les fans de football attendent avec impatience la Coupe du monde qui va bientôt débuter en Afrique du Sud. Mais qui, en regardant les matches et les magnifiques stades où ils se déroulent, pense aux conditions de travail de ceux et de celles qui les ont construits? Jusqu’à 2500 ouvriers et artisans ont contribué à la construction de chacun des 10 stades de la prochaine coupe du monde. Pourquoi ne pas saisir une telle chance pour imposer le principe d’un travail décent pour une vie décente, à savoir : des conditions de travail dignes? Pour la première fois lors d’un événement sportif de grande ampleur, une campagne de solidarité placée sous l’égide de l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB) a été menée dans ce but. Son slogan « Faires Games – Fair Play ».</description><content:encoded><![CDATA[<p>Cette campagne a consisté à renforcer les trois syndicats du bâtiment sud-africains par le recrutement, la formation des cadres syndicaux et le soutien à leurs luttes pour l’obtention du libre accès aux chantiers, ainsi qu’à promouvoir leurs combats pour de meilleures conditions de travail. Les résultats sur trois ans sont appréciables&nbsp;: 25&nbsp;000 adhésions (1/4 des effectifs syndicaux), une augmentation des salaires minimums de 30&nbsp;% et d’autres indemnités, l’introduction de préposés à la sécurité au travail, etc. Une belle réussite&nbsp;! 
</p><p>La clé du succès réside dans le fait que l’on a su miser sur les forces respectives des partenaires impliqués. Les syndicats sud-africains ont pu, pour mener à bien la plupart des 26 grèves déclenchées, tirer profit aussi bien de l’expérience de leurs cadres dans la lutte contre le régime de l’apartheid que de leur système légal des «&nbsp;shop stewards&nbsp;» (représentant(e)s syndicaux). Quant à elle, l’IBB a recouru au levier que constituent les accords-cadres qu’elle a conclus avec des multinationales, par exemple le géant hollandais Royal Bam engagé sur le stade de Johannesburg. 
</p><p>Le syndicat Unia, l’Union syndicale suisse (USS) et l’œuvre suisse d’entraide ouvrière (OSEO) ont assuré une partie du financement, mis à disposition leur savoir-faire et joué un rôle décisif lorsqu’il s’est agi d’amener la FIFA à accepter de coopérer concrètement. Geste de reconnaissance symbolique, c’est grâce à cette coopération que chaque travailleur et travailleuse sur les chantiers de la coupe du monde pourra assister gratuitement à deux matches. La solidarité internationale, ça paye&nbsp;! C’est certes là une petite contribution, mais elle porte en elle l’espoir qu’un autre monde plus juste est possible. Et, pour les fans de football, la bonne conscience que les flamboyants stades où se joueront les matches ont été, cette fois, construits en respectant la devise «&nbsp;Faires Games – Fair Play&nbsp;»&nbsp;!&nbsp;
</p><p>Un DVD de 10 minutes les résultats de la campagne «&nbsp;Faires Games –Fair Play&nbsp;» est disponible en français, allemand et italien pour qui souhaitera le montrer lors d’assemblées syndicales ou de projections publiques de matches de la coupe du monde 2010. Pour vos commandes&nbsp;: <a href="#" data-mailto-token="thpsav1ohuz5mpzjoihjolyGbuph5jo" data-mailto-vector="7">hans.fischbacher(at)unia.ch</a>. Le plan avec le calendrier des matches peut être commandé à la même adresse.
</p><h3>«&nbsp;Hor$jeu – Un carton jaune pour Sepp Blatter&nbsp;!&nbsp;»</h3><p>La campagne de l’OSEO a déjà récolté 6000 signatures exigeant que la FIFA s’engage activement à l’avenir contre l’exploitation et pour le respect des droits humains lors de coupes du monde de football. 
</p><p>L’OSEO va sillonner la Suisse romande du 20 au 29 mai avec un ballon géant de 4,50 mètres de diamètre. Elle tiendra des stands aux lieux et dates suivants&nbsp;:
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>jeudi 20 mai, de 7 h 30 à 12 h, à Fribourg, devant la gare CFF&nbsp;; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;</li><li>samedi 22 mai, de 9 h 30 à 13 h, à Lausanne, à la Place de l’Europe (lieu sous réserve)&nbsp;; stand tenu en collaboration avec le Parti socialiste de Lausanne&nbsp;;</li><li>jeudi 27 mai, de 9 h 30 à 13 h, à Genève, à la Place du Molard (lieu sous réserve)&nbsp;; stand tenu en collaboration avec la Jeunesse socialiste genevoise et le Parti socialiste genevois&nbsp;;</li><li>samedi 29 mai, de 9 h 30 à 16 h, à la Place du Scex, à Sion&nbsp;; stand tenu en collaboration avec le Parti socialiste de Sion.</li></ul><p>Toujours dans le même cadre de la coupe du monde, l’OSEO mettra aussi mis en ligne deux jeux à la mi-mai. Chacun(e) pourra créer sa propre équipe de pronostics avec des ami(e)s. Les meilleurs gagneront une radio en fil métallique issue d’un projet de réinsertion pour chômeurs et chômeuses en Afrique du Sud. Avec le deuxième jeu, il sera possible de soutenir l’OSEO en versant une certaine somme pour chaque but de son équipe favorite, par exemple 10 francs par but. Et même si aucun but n’est marqué par votre équipe favorite, les dons seront toujours les bienvenus. 
</p><p>À découvrir dès le 19 mai sur <a href="http://www.horsjeu-afriquedusud.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.horsjeu-afriquedusud.ch</a>.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-166</guid><pubDate></pubDate><title>Les estimations des grandes banques nous fourvoient</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/les-estimations-des-grandes-banques-nous-fourvoient</link><description>La toute récente (forte) appréciation du franc par rapport à l’euro frappe de plein fouet l’économie suisse. Ses produits et ses services renchérissent par rapport à ceux de la concurrence étrangère. Si cette valeur du franc se maintient, les ventes reculeront et de nombreux emplois disparaîtront. Avec le rapport aujourd’hui prôné par les grandes banques – 1,40 franc/1 euro -, cela représentera une perte d’environ 20 000 emplois.</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’appréciation du franc a lieu au début d’une reprise économique. Actuellement, les commandes redeviennent en effet plus nombreuses. Mais si les entreprises suisses ne peuvent pas faire des offres à des prix avantageux aujourd’hui, elles risquent de perdre durablement des parts de marché. L’appréciation du franc peut donc causer de graves dégâts à moyen terme. 
</p><p>Les (grandes) banques prétendent que la valeur actuelle du franc par rapport à l’euro (Fr.&nbsp;1,40 / 1 €) est équitable. C’est là aussi suggérer que le franc se déplacera tôt ou tard automatiquement dans cette direction et que la Banque nationale suisse (BNS) ne pourra que freiner le rythme de cette appréciation. Mais si l’on regarde les estimations et statistiques existantes, la réalité apparaît différente. Selon elles, le franc est actuellement surévalué, ce qui est la conséquence de spéculations exagérées. À moyen terme, il faut s’attendre à ce qu’elle s’amoindrisse, car les interventions de la BNS contrarient les effets de ces spéculations. 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>En termes «&nbsp;réels&nbsp;» le cours du franc par rapport à l’Allemagne est actuellement d’environ 107&nbsp;; cela, alors que la moyenne historique est de 100. Le franc serait donc surévalué de 7 pour cent (indice des cours de change de la BNS).</li><li>En Suisse, les prix relatifs à l’exportation se sont, pour un cours franc/euro d’environ 1,46, rapprochés de leur record historique au début de 2010 déjà, (SECO, Tendances conjoncturelles printemps 2010). On n’a connu une compétitivité-prix de l’économie d’exportation moins bonne qu’au milieu des années 1990, à cause de l’appréciation du franc. La récente appréciation a rendu cette compétitivité-prix plus mauvaise que jamais. Ce qui indique clairement une nette surévaluation.</li><li>Selon les estimations du Fonds monétaire international (FMI), la valeur du franc était équitable au printemps 2009 (Article IV Consultation 2009). Cela, alors que son cours était de 1,51 pour 1 euro.</li><li>Au printemps 2008, le FMI partait de l’idée d’une sous-évaluation d’environ 7 pour cent (Article IV Consultation 2008). À l’époque, le cours franc/euro était de tout juste 1,60.</li><li>Celui qui – comme les économistes de l’UBS et du Crédit Suisse – dit que la Suisse est un îlot de cherté, affirme aussi, implicitement, que le franc est surévalué.</li></ul><p>Pour empêcher le développement de tendances à la déflation et d’importants reculs des ventes pour l’industrie d’exportation, la BNS doit s’attaquer à l’actuelle appréciation du franc. Tôt ou tard, ce dernier va se diriger vers une valeur équitable, c’est-à-dire vers plus de 1,45 pour 1 euro. Ensuite elle pourra à nouveau vendre ses placements en euros.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique monétaire</category><category>Économie extérieure</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-167</guid><pubDate></pubDate><title>Oui aux soins intégrés, mais pas comme ça !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/oui-aux-soins-integres-mais-pas-comme-ca</link><description>L’Union syndicale suisse (USS) estime que le projet concernant les réseaux de soins inté-grés « managed care » tel qu’il sera soumis au Conseil national lors de la session d’été est totalement insuffisant. Les assuré(e)s risquent en effet de voir leur quote-part passer à 20 % et les personnes de conditions modestes pourraient ne plus pouvoir choisir leur médecin. Mais ce n’est pas tout…</description><content:encoded><![CDATA[<p>Selon ce projet en effet, les caisses-maladie décideront avec quels réseaux de soins intégrés et à quelles conditions elles concluront des contrats. Elles ne seront donc pas obligées d’en conclure avec tous les réseaux, mais devront uniquement créer une offre de soins intégrés. Cela signifie qu’elles piloteront la demande et que l’obligation de contracter sera assouplie dans l’assurance de base.
</p><h3>Le diktat des caisses</h3><p>Les réseaux de soins intégrés devront obligatoirement assumer une coresponsabilité budgétaire. Ce qui favorisera un rationnement camouflé et créera des incitations à fournir des prestations insuffisantes&nbsp;; cela, parce que, quelles que soient les prestations servies ou ordonnées, les réseaux ne recevront que le montant figurant au contrat. Les réflexions de caractère économique gagneront ainsi en importance, le rapport entre médecin et patient(e) se compliquera («&nbsp;Me fera-t-on encore tout ce dont j’ai besoin&nbsp;?&nbsp;») et des conflits surgiront entre les différents fournisseurs de prestations des réseaux. On courra en particulier le risque que des prestations de soins et thérapeutiques, comme de physiothérapie ou d’ergothérapie, soient dévalorisées au profit des prestations fournies par les médecins, car le pouvoir de prescription et la responsabilité budgétaire reviennent au médecin.
</p><p>Les caisses-maladie seront contraintes de faire tout au plus une offre de soins intégrés à leurs assuré(e)s. Si cette offre ne convient plus à un(e) assuré(e), il/elle devra changer de caisse ou payer plus de sa poche et s’acquitter d’une quote-part de 20&nbsp;%. Les caisses lieront les assuré(e)s au réseau de soins intégrés au moyen de contrats, léonins, d’une durée pouvant aller jusqu’à trois ans. Les obstacles à franchir pour sortir avant terme de tels contrats seront élevés et pourront coûter cher&nbsp;: en cas de modifications importantes des conditions d’assurance ou de hausse des primes supérieure à la hausse moyenne des primes du canton, l’assuré(e) pourra changer de caisse, mais pas de forme d’assurance. Ce n’est qu’en payant une prime de sortie contractuellement convenue que l’assuré(e) pourra changer et de caisse et de forme d’assurance avant l’arrivée à terme de la durée contractuelle. Comme la loi ne plafonne pas cette prime de sortie, les caisses pourront en fixer librement le montant. L’obligation faite aux caisses de proposer une telle offre étant minimale, les assuré(e)s – surtout à la campagne – auront, le cas échéant, une liberté très limitée à cet égard, mais aucune garantie de trouver un réseau de soins intégrés dans leur proche environnement. La loi ne définissant pas de rayon d’activité pour les réseaux ceux-ci &nbsp;pourront être très vastes.
</p><h3>Vers une médecine à deux vitesses</h3><p>Un autre problème concerne les malades chroniques qui dépendent d’une assistance médicale continue en soins et thérapies. Si l’équipe qui fournit le traitement et les soins depuis des années n’appartient pas au réseau responsable, le ou la patient(e) devra se faire soigner en dehors du réseau et donc s’acquitter d’une quote-part de 20&nbsp;%.
</p><p>La hausse à 20&nbsp;% de la quote-part sans plafonnement légal (l’actuel plafond de Fr. 700.- n’est fixé qu’au niveau d’une ordonnance), entraînera des frais très importants pour les assuré(e)s qui ne voudront pas s’exposer aux contrats léonins d’une durée de trois ans proposés par les caisses, ni restreindre leur liberté de choix. Une quote-part de 20&nbsp;%, cela pourra représenter jusqu’à 1400 francs par an. Pour un couple, cela signifierait qu’il aurait à payer de lui-même 3400 francs (2 x 1400.- de quote-part plus 2 x 300.- de franchise). Il faudra en outre payer des primes des caisses-maladie représentant plusieurs milliers de francs par an. Cela signifie que, pour nombre d’assuré(e)s, l’adhésion à un réseau de soins intégrés ne se fera de facto pas volontairement. Des raisons financières les y «&nbsp;contraindront&nbsp;». Cela ne reviendrait à rien d’autre qu’à introduire une médecine à deux vitesses.
</p><p>Le projet concernant les réseaux de soins intégrés mis sur rail n’est pas une profession de foi en faveur de ces derniers. Il semble bien plus propre à déprécier les soins intégrés pour en faire une médecine bon marché.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-648</guid><pubDate></pubDate><title>Un NON clair et énergique à l’initiative sur le renvoi des étrangers criminels </title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/un-non-clair-et-energique-a-l-initiative-sur-le-renvoi-des-etrangers-criminels</link><description>Lors de la session parlementaire d’été, l’initiative sur le renvoi des étrangers criminels sera discutée au Conseil national… avec le risque que le débat fasse encore une fois resurgir la face « obscure » de la Suisse vis-à-vis de sa population étrangère. L’USS refuse tout simplement d’entrer dans un tel jeu et dit clairement « non » à l’initiative sur le renvoi des étrangers criminels ainsi qu’à toutes les versions mêmes adoucies qui pourraient en découler. </description><content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p><h3>L’USS rejette sans compromis l’initiative sur le renvoi des étrangers criminels</h3><p>L’initiative populaire «&nbsp;Pour le renvoi des étrangers criminels (initiative pour le renvoi)&nbsp;» vise à ce que les étrangers condamnés pour certains délits ou ayant perçu abusivement des prestations des assurances sociales ou de l’aide sociale soient privés de tous leurs droits à séjourner en Suisse et soient expulsés.
</p><p>Les crimes doivent être punis. Cela ne fait aucun doute. Si l’on considère, cependant, les individus comme égaux, on ne peut pas appliquer pour le même crime un droit différent et ce, parce qu’un individu est de nationalité différente. En bref, chercher à développer un droit parallèle basé sur la nationalité n’est pas acceptable. 
</p><p>Il n’a y donc pas à hésiter face à une initiative qui vise précisément à appliquer un droit différencié sur la base de la nationalité. Toute sanction ne peut être en effet définie qu’indépendamment de la nationalité. Elle ne peut dépendre que de l’importance de l’infraction ou du crime. 
</p><p>L’USS rejette donc énergiquement l’initiative de l’UDC qui vise à expulser de Suisse des criminels sur la base de leur nationalité. Cette initiative n’est d’ailleurs pas compatible avec certaines garanties fondamentales de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et du Pacte des Nations Unies relatif aux droits civils et politiques (Pacte ONU II) et aurait dû conséquemment être invalidée&nbsp;!
</p><p>Il n’y a pas de place non plus pour une contre-proposition adoucie à la manière du contre-projet du Conseil des États, même si ce dernier respecte le droit international. Encore une fois, toute sanction doit être rapportée à l’importance de l’infraction ou du crime, et non à la nationalité. Ce principe ne doit faire l’objet d’aucun compromis. 
</p><p>Lors de leur assemblée du 17 mai 2010, les délégué(e)s de l’USS ont ainsi clairement rejeté l’initiative sur le renvoi des étrangers criminels et toutes les versions adoucies qui pourraient en découler.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-647</guid><pubDate></pubDate><title>Minuscules améliorations pour une mouture inacceptable</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/minuscules-ameliorations-pour-une-mouture-inacceptable</link><description>Le 3 juin, le Conseil des États s’occupera à nouveau de la 11e révision de l’AVS. Trois différences importantes existent encore avec le Conseil national. La commission chargée de l’examen préalable pour la Chambre des cantons propose des changements concernant l’âge flexible de la retraite et l’adaptation des rentes. Des changements qui sont autant d’améliorations. Mais même ainsi, l’USS juge inacceptable cette révision.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Concernant la retraite anticipée assortie de mesures sociales, les Chambres ne sont pas d’accord. Le Conseil national a déjà refusé par deux fois de mettre de l’argent à disposition pour cette mesure. Quant aux États, ils veulent bien faire quelque chose, mais quelque chose qui ne devrait pratiquement rien coûter, soit seulement 400 millions de francs par an environ. Ce montant représente la moitié des économies qui seraient réalisées avec le relèvement à 65 ans de l’âge de la retraite des femmes. 
</p><p>Le modèle proposé par les États prévoit, en cas d’anticipation de la rente (avant 65 ans pour les hommes et les femmes), de diminuer les taux de réduction actuarielle en fonction du revenu AVS et de la durée de l’anticipation, autrement dit de «&nbsp;subventionner&nbsp;» ces réductions. Mais ces subventions ne seront pas exportables à l’étranger, à l’exception des pays de l’Union européenne pour lesquels un accord y relatif existe. Et elles devront aussi être limitées pendant 10 ans. La commission du Conseil des États s’est maintenant efforcée de répartir un peu mieux sur les diverses catégories de revenus les moyens limités qu’elle entend affecter à cet effet. Ainsi, les bas revenus, en particulier, seraient moins fortement subventionnés qu’avec la première mouture des États. C’est judicieux, parce que ces catégories de revenus (en cas de domicile en Suisse) ont de toute façon droit aux prestations complémentaires qui, de ce fait, pourront compenser les réductions de la rente. Les autres assuré(e)s recevraient donc un peu plus. Malheureusement, le résultat reste insatisfaisant, faute de moyens suffisants. Ce modèle est conçu de telle sorte que ce serait presque exclusivement des femmes qui pourraient profiter des taux de réduction «&nbsp;subventionnés&nbsp;». Tout au plus 19&nbsp;% des hommes et 71&nbsp;% des femmes – en tout 42 % des assuré(e)s – y auraient théoriquement droit. Mais dans ces catégories aussi, les taux de réduction resteraient prohibitifs pour nombre de personnes. 
</p><h3>Pas de gel des rentes&nbsp;!</h3><p>La commission du Conseil des États maintient certes le projet actuel de ce dernier, un projet qui prévoit de supprimer totalement l’indexation périodique de l’AVS selon l’indice mixte et, indirectement, de l’AI aussi&nbsp;; cela, si l’état du fonds de l’AVS est inférieur à 45&nbsp;% des dépenses annuelles. Mais elle propose désormais aussi que, dans ce cas, le Conseil fédéral doit augmenter de 5&nbsp;% les cotisations AVS, ce qui représenterait un taux de 8,82&nbsp;% pour les salarié(e)s. S’il est réjouissant que la commission a enfin remarqué qu’il s’agit là d’un élément essentiel qu’en cas de référendum, le corps électoral n’apprécierait guère, le gel des rentes qu’il représente – elles ne couvrent même pas les besoins vitaux&nbsp;! – n’est pas négociable. Si le capital de l’AVS fondait pour atteindre un niveau qui menacerait le paiement des rentes et le maintien de liquidités suffisantes, il ne faudrait alors pas geler les rentes, mais relever les cotisations et augmenter les autres recettes de l’assurances de manière à ce que l’on puisse continuer à financer des rentes AVS si importantes pour les retraité(e)s.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-163</guid><pubDate></pubDate><title>Est-ce l’heure de la preuve pas l’acte ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/est-ce-l-heure-de-la-preuve-pas-l-acte</link><description>Le Conseil national va aborder à plusieurs reprises la question de la conciliation entre travail professionnel et travail familial lors de la prochaine session d’été. L’occasion pour les amoureux des grandes déclarations de fournir la preuve par l’acte de leur volonté réelle. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Le Conseil national va en effet décider si – ce qui est de toute urgence nécessaire – les aides financières à la création de places d’accueil des enfants doit être prolongée. Toutes celles et tous ceux qui veulent favoriser par ce biais la conciliation entre travail professionnel et travail familial doivent cependant affronter un fort vent contraire. Ce programme pourrait en effet échouer au Parlement sur une question de crédit. 
</p><p>La loi fédérale sur les aides financières à l’accueil extra-familial pour enfants est entrée en vigueur au 1er février 2003. Sa validité est limitée à huit ans, donc jusqu’au 31 janvier 2011. Grâce à elle, il a été possible de créer 25&nbsp;000 nouvelles places d’accueil. Le Conseil fédéral propose de la proroger pendant quatre ans. Dans un premier temps, il a mis 140 millions de francs à disposition et veut maintenant réduire ce montant à 80 millions seulement&nbsp;; cela, afin de faire des économies. 
</p><h3>Petit jeu tactique</h3><p>La commission du Conseil national s’est prononcée pour une prolongation de quatre ans de ce programme. Elle veut y affecter 200 millions de francs, soit plus du double de ce que propose le gouvernement. Mais derrière cette correction au premier coup d’œil réjouissante se cachent aussi d’intenses manœuvres tactiques et une grande volonté de faire obstruction. Car les opposants déclarés à ce programme ont accepté ce crédit de 200 millions. Leur but est de faire en sorte que ce dernier soit finalement rejeté par une majorité du Parlement fédéral parce que trop cher. C’est pourquoi il existe aussi au Conseil national des propositions minoritaires demandant des crédits moins importants. 
</p><p>Pour l’Union syndicale suisse (USS), une chose est claire&nbsp;: malgré la création de nombreuses places d’accueil pour les enfants ces dernières années, l’offre ne parvient toujours pas à couvrir une demande croissante. Or, une offre suffisante et adaptée aux besoins de place d’accueil de qualité représente une condition fondamentale pour pouvoir concilier travail professionnel et travail familial. C’est-à-dire contribuer substantiellement à l’égalité entre hommes et femmes. Il faut donc absolument éviter que ce programme n’échoue aux Chambres.
</p><h3>Ça commence à être serré</h3><p>Le Conseil national va aussi se prononcer sur deux interventions en faveur d’une amélioration des allocations pour perte de gain en cas de maternité. Une initiative parlementaire de la conseillère nationale Christine Goll demande en effet la hausse échelonnée de la durée du versement de ces allocations de 14 semaines (98 jours) à 18 semaines (126 jours). De justesse, la commission du Conseil national a décidé de proposer à ce dernier le rejet de cette intervention. Comme elle le fait pour une autre intervention, de la conseillère nationale Franziska Teuscher, celle-là. Il y est demandé qu’une lacune des allocations pour perte de gain soit comblée. Il faut en effet que, si une mère doit laisser son nouveau-né plus longtemps à l’hôpital, le versement des allocations de maternité soit repoussé dans le temps. 
</p><p>Ces deux interventions doivent être acceptées, car la conciliation entre travail professionnel et travail familial a besoin de nouvelles impulsions.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-649</guid><pubDate></pubDate><title>NON à une médecine à deux vitesses</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/non-a-une-medecine-a-deux-vitesses</link><description>L’Union syndicale suisse (USS) salue l’encouragement des réseaux de soins intégrés (« managed care »). Mais le projet de la commission parlementaire est antisocial et li-berticide. À améliorer et de toute urgence !</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le projet de soins intégrés dont le Conseil national va débattre est une importante révision partielle de l’assurance-maladie. Les soins intégrés, ce sont des fournisseurs de prestations, comme des médecins de famille, des spécialistes, ainsi que des physiothérapeutes regroupés au sein de réseaux. Ceux-ci ont pour tâche de mieux coordonner, ainsi que de piloter, le traitement des malades. Les doublons devraient ainsi disparaître et les coûts de la médecine être maîtrisés, leur augmentation étant bridée. 
</p><p>L’USS leur est clairement favorables. Mais le projet de révision concocté par la commission chargée de l’examen préliminaire contient plusieurs défauts de construction lourds de conséquences. Le premier&nbsp;: la quote-part des assuré(e)s qui ne se décideront pas pour un réseau intégré, mais préféreront continuer à pouvoir choisir librement leur médecin, risque de doubler, passant à 20 %. Nombre d’entre eux n’auront pas les moyens de se le permettre et seront contraints d’opter pour un réseau de soins intégrés, ainsi que de s’accommoder parfois d’une nette baisse de qualité des soins médicaux fournis. En effet – et c’est là le défaut de construction numéro 2 -, le projet octroie aux caisses la compétence de décider avec quels réseaux de soins intégrés elles décideront de contracter. Cette logique bancale nous fera directement passer à une médecine à deux vitesses. Bref, qui ne pourra pas se payer une quote-part doublée sera livré au choix de médecin dicté par les seules caisses.
</p><p>Mais pas question que cela se passe ainsi&nbsp;! Le projet de soins intégrés mis sur rail ne garantit pas une vraie fourniture de soins intégrés. Il est au contraire beaucoup plus à même de discréditer ces derniers en en faisant une «&nbsp;médecine bon marché&nbsp;». Au Parlement fédéral donc de l’améliorer de toute urgence&nbsp;! L’Assemblée des délégué(e)s de l’USS a adopté, le 17 mai dernier, à ce sujet une résolution formulée comme suit&nbsp;:
</p><p><b><i>«&nbsp;NON à une médecine à deux vitesses:</i></b>le doublement de la quote-part, qui passe (…) à 20&nbsp;%, sera financièrement des plus lourds à supporter pour les personnes assurées. Au lieu de 700 francs par an, leur participation aux coûts se montera à 1400 francs. Et s’y ajoute encore la franchise de 300 francs par an. L’adhésion de nombreuses personnes aux soins intégrés ne se fera donc pas volontairement. Des raisons financières les y «&nbsp;contraindront&nbsp;». Nous rejetons une telle médecine à deux vitesses.
</p><p><b><i>NON au diktat des caisses&nbsp;:</i></b>les caisses décideront avec quels réseaux de soins intégrés et à quelles conditions elles concluront des contrats. Elles ne seront pas obligées de le faire avec l’ensemble des réseaux. Les personnes assurées se retrouveront de ce fait livrées au choix du médecin dicté par les caisses seules. Nous voulons le maintien de l’obligation de contracter, et non pas un diktat des caisses. 
</p><p><b><i>NON à des contrats léonins&nbsp;:</i></b> les caisses lieront les personnes assurées à des réseaux de soins intégrés par des contrats pouvant courir jusqu’à trois ans. Il ne sera possible de changer de caisse et de forme d’assurance avant la fin de la durée contractuelle que contre paiement d’une prime de sortie convenue dans le contrat. Les caisses auront tout loisir d’en fixer le montant comme bon leur semblera. Nous rejetons ces contrats léonins.&nbsp;»
</p><p>L’USS adresse ainsi au Parlement fédéral les revendications suivantes&nbsp;: 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>limiter la quote-part et en fixer dans la loi le maximum à 700 francs par an&nbsp;;</li><li>maintenir l’obligation des caisses de contracter avec tous les réseaux de soins intégrés&nbsp;;</li></ul><p>abolir les primes de sortie et les contrats léonins.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-155</guid><pubDate></pubDate><title>Droit dans le mur</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/droit-dans-le-mur</link><description>Contrairement à l’une ou l’autre opinion positive émise à son sujet, la 11e révision de l’AVS – elle est pendante depuis vieux – concoctée par  le Conseil des États n’a rien à voir avec l’œuf de Colomb. Au contraire, elle contient des propositions inacceptables et ne devrait, de ce fait, pas passer le cap d’un scrutin populaire. Le Parlement ferait mieux de tenir compte du « non » massif opposé à la première mouture de cette révision et de mettre au point une retraite anticipée sociale. Mais comme il ne semble pas en mesure de le faire, il serait plus sincère de sa part d’abandonner cet exercice.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 16 mai 2004, le peuple a violemment envoyé au tapis, par presque 70&nbsp;% de «&nbsp;non&nbsp;», la première mouture de 11e révision de l’AVS. Les principales raisons en étaient que, premièrement, le Conseil fédéral avait, depuis la votation sur la 10e révision, fait plusieurs fois, mais sans la tenir, la promesse d’introduire un âge flexible de la retraite assorti de mesures destinées à en amortir les conséquences sociales. Deuxièmement, l’indexation des rentes au renchérissement aurait été repoussée dans le temps en cas d’acceptation de cette version. Mais au lieu de réagir dans un esprit démocratique à ces critiques du souverain, le conseiller fédéral Pascal Couchepin s’entêta dans sa politique de démantèlement, proposant même une révision encore plus antisociale. En outre, et par deux fois, le Conseil national rejeta dans sa majorité toute concession concernant une retraite anticipée sociale. 
</p><p>Toujours est-il que le conseiller fédéral Didier Burkhalter proposa une solution qui n’allège pas en premier lieu la charge des cantons en matière de prestations complémentaires, mais profite aux petites rentes. Bien qu’ayant désormais trouvé une majorité au Conseil des États, cette solution, avec 400 millions de francs seulement prévus pour des mesures sociales, est si mal financée que les rentes réduites pour cause d’anticipation ne s’en trouveraient pas vraiment améliorées. C’est pourquoi les gens ne devraient guère y recourir. Ainsi, la vieille promesse d’un âge flexible de la retraite socialement aménagé n’a toujours pas été tenue. Intolérable, estime l’USS.
</p><h3>Seulement la moitié et seulement pendant 10 ans</h3><p>Le relèvement impopulaire – comme chacun sait – de l’âge de la retraite des femmes prévu dans cette révision ne serait acceptable que si les économies d’au moins 800 millions ainsi réalisées étaient affectées à des mesures destinées à amortir les effets de l’anticipation de la rente&nbsp;; cela, tant pour les hommes que pour les femmes. Mais aujourd’hui, le Conseil des États ne veut y affecter que la moitié de cette somme et seulement sur une période de 10 ans. Manifestement, la Berne fédérale continue à ne tenir aucun compte des décisions du peuple. Âge de la retraite et montant de la rente sont des acquis sociaux très importants pour les citoyennes et citoyens de ce pays. La dernière votation sur la prévoyance professionnelle du 7 mars (taux de conversion) l’a montré sans équivoque aucune par le «&nbsp;non&nbsp;» éclatant qui a empêcher un vol des rentes du 2e pilier qui menaçait.
</p><h3>Trop c’est trop, définitivement trop&nbsp;!</h3><p>En l’état dans lequel elle sera transmise au Conseil national, cette révision va clairement droit dans le mur. Le blocage de l’indexation des rentes qu’elle prévoit si le niveau du fonds de l’AVS représente 45&nbsp;% ou moins des dépenses annuelles de l’assurance est la goutte qui fait déborder le vase. Définitivement. Car une telle solution signifierait que, en plus du ralentissement du rythme d’indexation déjà existant à partir d’un niveau de 70&nbsp;%, les rentes courantes seraient démantelées en termes réels. Pour les rentières et rentiers, cela dépasse les bornes. 
</p><h3>Un exercice à stopper</h3><p>Cette révision n’est pas en mesure de rassembler une majorité derrière elle. De toute évidence, le Parlement n’est pas capable de trouver une solution qui réponde aux décisions prises dans les urnes par le peuple ces dernières années. Pour toutes les parties en présence, la meilleure chose à faire serait de stopper cet exercice. L’AVS est en bonne santé. Il n’y a aucune urgence à la réformer. Bien au contraire, on devrait en profiter pour débloquer la situation et trouver de vrais compromis.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-156</guid><pubDate></pubDate><title>Plus d’inspections du travail = des coûts de santé moindres</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/plus-d-inspections-du-travail-des-couts-de-sante-moindres</link><description>Non-observation de la réglementation des pauses, horaires irréguliers ou trop longs, charges lourdes à porter, mauvaise aération des locaux, plans d’équipe astreignants, autant de situations à l’origine de problèmes de santé. Le conseiller national et syndicaliste d’Unia Marc Chopart-Acklin en a fait l’objet d’une intervention parlementaire. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Ils sont importants, les contrôles destinés à établir si les prescriptions de protection de la santé sur le lieu du travail (horaires, ergonomie, organisation du travail) sont respectées. Ainsi, par exemple, 18&nbsp;% des salarié(e)s souffrent de maux de dos en partie dus à leur travail. Les coûts de santé entraînés par une protection lacunaire de cette dernière sont énormes. On les estime à environ 10 milliards de francs par an. 
</p><h3>0,17 pour cent des entreprises contrôlées</h3><p>Or, la densité des contrôles effectués par les inspectorats cantonaux du travail est extrêmement modeste. Selon le Recensement des entreprises 2008, il existe en Suisse près de 450&nbsp;000 établissements où travaillent 4,1 millions de personnes. La même année, les inspectorats cantonaux du travail ont annoncé 12&nbsp;251 visites d’entreprises au Secrétariat d’État à l’économie, le SECO. Si l’on en déduit les visites relevant de la loi sur l’assurance-accidents (LAA) - les cantons sont pour l’essentiel indemnisés à travers du supplément de prime LAA pour la prévention des accidents et maladies professionnels -, ne restent que 801 visites. Autrement dit, 0,17&nbsp;% seulement des entreprises ont été contrôlées sur un an concernant principalement le respect par elles de la loi sur le travail. 
</p><h3>Non à la déréglementation&nbsp;!</h3><p>Les cantons ont donc pratiquement abandonné l’application de cette loi. Son caractère de droit public n’entre ainsi plus en ligne de compte. Que les durées maximales du travail soient respectées ou non dans une entreprise, ou que les atteintes à la santé dues à une mauvaise aération, au bruit ambiant, à un éclairage déficient ou à des postures malsaines y soient la règle, tout cela ne semble plus relevé que du privé. Alors qu’en fin de compte, ce sont les pouvoirs publics qui ont à assumer les coûts de santé induits. «&nbsp;Les conditions de travail ne doivent plus continuer à être déréglementées&nbsp;», dit Max Chopart-Acklin.
</p><p>Le SECO exerce la haute surveillance de l’application de la loi sur le travail. Dans son intervention au Parlement, le syndicaliste demande au Conseil fédéral d’étudier comment améliorer la situation actuelle, ainsi que de rédiger un rapport à ce sujet. Ce faisant, on garantira une importante contribution, fournie par les inspectorats cantonaux du travail, à la baisse des coûts de santé. Espérons que la Confédération et les cantons, mais aussi les employeurs, comprendront ce message et agiront en conséquence. La loi sur le travail doit être respectée pour que la santé des travailleurs et des travailleuses soit protégée.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-158</guid><pubDate></pubDate><title>Quand mots et actes n’ont pas grand-chose en commun</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/quand-mots-et-actes-n-ont-pas-grand-chose-en-commun</link><description>La Suisse se comporte de manière totalement inconséquente avec les droits syndicaux. Pour ne pas dire que, sur certaines questions, elle s’en moque carrément. Et certains vont même s’en servir comme « argument » publicitaire pour attirer des entreprises dans notre pays ! Mais lorsque la Conférence internationale du Travail commence ses travaux, c’est reparti avec les grandes déclarations dégoulinantes d’hypocrisie…</description><content:encoded><![CDATA[<p>Bien que pays hôte de l’Organisation internationale du Travail (OIT), la Suisse se permet de ne pas appliquer une des conventions fondamentales de cette dernière, la Convention 98 (ratifiée en 1999), qui protège les syndicalistes et les représentant(e)s du personnel contre le licenciement antisyndical. Alors que sa législation, pour respecter cette convention, devrait prévoir l’annulation du licenciement antisyndical et la réintégration de la victime, la Suisse se contente de prévoir une indemnité d’au maximum 6 mois de salaire qui n’a pas le moindre effet dissuasif sur les employeurs souhaitant se débarrasser de leurs employé(e)s syndiqués. Parce que notre pays a été sommé par l’OIT, suite à une plainte de l’USS, d’adapter son Code des obligations, les choses semblent avoir quelque peu bougé. Mais reconnaissons qu’à ce jour, personne ne sait si les autorités veulent vraiment introduire une protection digne de ce nom contre les licenciements antisyndicaux. 
</p><h3>La faible protection des salarié(e)s comme outil de promotion économique</h3><p>Le canton d’Obwald, sous-enchérisseur fiscal notoire, ne se vend pas uniquement grâce à des cadeaux fiscaux. Sur le site internet de sa promotion économique figure bien en évidence le fait que la législation suisse sur le travail est très peu protectrice. L’absence de protection contre le licenciement y est particulièrement mise en avant. Ainsi, la flexibilité du droit du travail au mépris des droits fondamentaux n’est plus seulement un combat idéologique, mais un argument tout ce qu’il y a de plus pratique&nbsp;: comme bon nombre d’autres pays, la Suisse souhaite croître aux dépens des droits des salarié(e)s, chez elle et dans les autres pays.
</p><h3>Le droit de grève injustement entravé</h3><p>La grève n’a pas bonne réputation en Suisse. Interrogés au hasard, bon nombre de ressortissant(e)s suisses diront d’ailleurs croire que «&nbsp;la grève est interdite&nbsp;». Or, il s’agit là d’un droit garanti noir sur blanc depuis désormais 10 ans dans la Constitution fédérale. Malheureusement, le Tribunal fédéral l’entrave en obligeant les organisations syndicales en grève à respecter le «&nbsp;principe de la proportionnalité&nbsp;». Ce principe, certes courant en droit suisse mais totalement absent de la disposition constitutionnelle garantissant le droit de grève, permet à de nombreux tribunaux de rendre de manière abusive une action syndicale illégale, ouvrant ainsi la porte à des plaintes pénales contre les militant(e)s et les syndicalistes impliqués. Cette menace de représailles pénales est une entrave manifeste à ce qui est pourtant un droit humain fondamental, sans lequel, comme l’a dit justement le Tribunal fédéral allemand du travail, la négociation collective ne serait «&nbsp;qu’une action de mendicité&nbsp;». Notre Tribunal fédéral se contente, lui, d’une interprétation erronée de la Constitution. 
</p><h3>Que de belles paroles&nbsp;!</h3><p>La Suisse prétend, du moins officiellement, vouloir promouvoir, elle aussi, les droits syndicaux. C’est en tout cas ce que l’on pourrait croire à la lecture de sa prise de position lors de l’ouverture de la Conférence internationale du Travail de l’OIT, en date du 31 mai 2010&nbsp;: «&nbsp;Les droits fondamentaux constituent le socle social minimal internationalement reconnu (liberté d'association et droit de négociation collective&nbsp;; élimination du travail forcé ou obligatoire&nbsp;; abolition du travail des enfants&nbsp;; élimination de la discrimination en matière d'emploi et de profession). Ces droits sont confirmés dans divers instruments et normes fondamentales de l'OIT dont il s'agit d'améliorer le suivi. La Suisse s'engage pour que l'impact des principes et des droits fondamentaux au travail soit plus cohérent au plan international et national.&nbsp;» 
</p><p>Ça, c’était pour les (belles&nbsp;!) paroles. Les faits parlent un tout autre langage, comme le montrent tout ce qui précède. Notre pays ferait bien d’accorder une fois pour toutes ses actes avec ses paroles. Il y gagnerait tant en crédibilité qu’en humanité. 
</p><p>Pour le rapport sur les droits syndicaux&nbsp;: <a href="http://survey.ituc-csi.org/+-Switzerland-+.html" target="_blank" rel="noreferrer">http://survey.ituc-csi.org/+-Switzerland-+.html</a></p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-159</guid><pubDate></pubDate><title>En toute sécurité et pour un salaire honnête</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/en-toute-securite-et-pour-un-salaire-honnete</link><description>L’été est là, et avec lui les grandes vacances. Pour de nombreux écoliers, écolières, gym-nasiennes, gymnasiens, étudiantes et étudiants, c’est aussi le temps des petits boulots qui permettront d’arrondir l’argent de poche, d’en mettre de côté pour les prochaines va-cances et, très souvent, de financer les études. Lorsqu’on occupe un tel petit emploi, on est un salarié, ou une salariée comme les autres. Et qui dit salarié(e), dit règles du droit du travail. Et, bien sûr, salaire. Mais aussi : sécurité au travail.</description><content:encoded><![CDATA[<h3>À partir de quel âge&nbsp;et pour quelle durée?</h3><p>On ne peut fort heureusement pas faire travailler les enfants à partir de n’importe quel âge. La loi sur le travail (LTr) ne l’autorise qu’à partir de 15 ans, 13 pour les travaux légers, voire moins de 13 pour les manifestations sportives et culturelles, à des conditions spécifiques et sur autorisation d’une autorité cantonale (art. 30 LTr, art. 7 OLT 5). Dans tous les cas, les moins de 18 ans ont besoin de l’assentiment de leurs parents avant de signer un contrat de travail. 
</p><p>L’ordonnance 5 de la LTr (OLT 5) précise les règles qui s’appliquent aux jeunes travailleurs et travailleuses de moins de 18 ans. Elle précise notamment l’interdiction d’employer les jeunes à des travaux dangereux, dans certaines branches (discothèques, bars, cabarets, entreprises cinématographiques, cirque et spectacle – cf. art. 4 à 6 OLT 5) et à quelles conditions ils peuvent être exceptionnellement astreints au travail dominical. Le travail dominical n’est autorisé que pour les jeunes ayant achevé leur scolarité obligatoire, au maximum un dimanche sur deux et uniquement dans la restauration (où ne peuvent être employés que les plus de 16 ans), la garde d’animaux et les boulangeries (art. 13 OLT 5). Dans les zones touristiques, le travail dominical est possible dans les entreprises répondant aux besoins des touristes pendant toute la durée des vacances d’été (art. 15 OLT 5, art. 25 OLT 2). Quant au travail de nuit, il est interdit aux moins de 18 ans en dehors d’une formation professionnelle (art. 12 OLT 5).
</p><p>La durée de travail des moins de 13 ans&nbsp; ne peut pas excéder plus de trois heures par jour et neuf heures par semaine (art. 10 OLT5). Les jeunes de plus de 13 ans n’ayant pas terminé leur scolarité obligatoire peuvent travailler jusqu’à 8 heures par jour (40 heures par semaine) pendant la moitié de la durée des vacances scolaires, entre 6 heures et 18 heures, avec une pause d’au moins une demi-heure pour toute plage de travail de 5 heures et plus (art. 11 OLT 5). Pour tous les jeunes, la durée du travail ne dépassera pas celle des autres employés de l’entreprise (maximum 9 heures par jour) et leur travail doit être compris dans une période de 12 heures (art. 31 al. 1 LTr). Ils ont droit à un repos quotidien d’au moins 12 heures consécutives (art. 16 OLT 5). Le soir, les moins de 16 ans ne peuvent être employés que jusqu’à 20 heures, les 16-18 ans jusqu’à 22 heures (art. 31 al. 2 LTr). 
</p><h3>Le travail, c’est la santé&nbsp;?</h3><p>Les petits boulots d’été sont souvent l’occasion de faire connaissance avec le monde du travail. Or, ce dernier n’est pas exempt de dangers, qui n’apparaissent pas toujours au premier coup d’oeil. Et le risque d’accident de travail est très élevé lors du premier emploi, surtout pendant les premiers jours. 
</p><p>Même si l’on est engagé pour une durée très courte, il faut donc particulièrement faire attention aux prescriptions de sécurité. Avant de commencer, il faudra être attentif aux instructions de l’employeur et les respecter scrupuleusement, même si elles paraissent de prime abord inutiles ou exagérées. Et, si ce dernier ne veut pas en donner et que l’on estime en avoir besoin, il faut avertir sans délai l’inspectorat du travail et le syndicat. Dans tous les cas, les travaux dangereux sont interdits au moins de 18 ans. 
</p><h3>Bien assuré&nbsp;!</h3><p>Négliger les assurances sociales dans le cas d’un petit job de vacances peut coûter très cher. Tous les travailleurs et travailleuses, quel que soit leur âge, doivent être obligatoirement assurés à l’assurance-accidents par leur employeur. S’ils travaillent moins de 8 heures par semaine chez le même employeur, cette assurance ne couvre que les accidents professionnels et, au-delà, tous les accidents. En cas d’accident, l’employeur doit avertir les parents (art 32 LTr). Pour les rapports de travail de moins de 3 mois, il n’y a pas d’obligation de payer le salaire en cas de maladie. Les autres cotisations sociales (AVS/AI/APG)&nbsp; ne sont obligatoires qu’à partir de l’année où l’on a ses 18 ans. Si l’employeur ne paie pas ses cotisations, il s’agit de travail au noir et cela entraîne des sanctions. 
</p><h3>Tout travail mérite salaire et tout travailleur, toute travailleuse a droit à des vacances</h3><p>Comme il n’existe pas de salaire minimum légal, le salaire peut être librement convenu par les parties au contrat. Même si c’est en général l’employeur qui a le dernier mot, il est obligé de respecter les conventions collectives de travail (CCT) étendues et les contrats-type de travail (CTT). Pour le petits boulots de vacances, sont notamment importants la CCT nationale de l’hôtellerie-restauration, les CCT du bâtiment, du nettoyage, des entreprises du commerce de détail (Coop, Migros, CCT cantonales et communales) et les CTT cantonaux pour l’agriculture. Les employeurs doivent en outre respecter les salaires d’usage de la branche et de la région, que l’on peut consulter sur <a href="http://www.salaire-uss.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.salaire-uss.ch</a>. 
</p><p>S’il n’existe pas de salaire minimum obligatoire (CCT ou CTT), l’USS recommande un salaire de Fr. 15.— bruts de l’heure pour les jeunes n’ayant pas terminé leur scolarité obligatoire et de Fr. 20.— pour les autres travailleurs et travailleuses non qualifiés. En effet, chaque travail mérite un salaire honnête. Le fait que ce soit un petit boulot de vacances ne justifie pas un salaire plus bas que pour un travailleur ou une travailleuses «&nbsp;normal&nbsp;». Ce que le ou la jeune salarié(e) fera ensuite de son salaire (p. ex. financer ses loisirs) non plus. 
</p><p>Enfin, il ne faut pas oublier les vacances, auxquelles chaque travailleur et chaque travailleuse a droit, même s’il occupe son emploi… pendant ses vacances. Si l’on est payé à l’heure (ce qui est en général le cas pour les petits boulots), un supplément de salaire de 10,64% (correspondant aux 5 semaines de vacances auxquelles ont droit les jeunes de moins de 20 ans&nbsp;; s’ils ont plus de 20 ans, le supplément horaire est de 8,33 %) doit être payé en sus du salaire, ce que de nombreux employeurs oublient. Sur le décompte de salaire, ce supplément doit être identifiable comme tel. 
</p><p>&nbsp;</p><h3>Pour en savoir plus&nbsp;: &nbsp; </h3><p>www.jeunesse-syndicale.ch
</p><p>Le syndicat Unia a édité une brochure destinée aux salariés payés à l’heure, que l’on peut consulter et commander ici&nbsp;: &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br><a href="http://www.unia.ch/Flexible-a-tout-prix.2569.0.html?&amp;L=1#c11838" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.unia.ch/Flexible-a-tout-prix.2569.0.html?&amp;L=1#c11838</a></p><p>La LTr&nbsp;: <a href="http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_11.html" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_11.html</a></p><p>L’OLT 5&nbsp;: <a href="http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_115.html" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_115.html</a></p><p>La liste des travaux dangereux interdits aux jeunes&nbsp;: &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_115_2.html" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.admin.ch/ch/f/rs/c822_115_2.html</a></p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-712</guid><pubDate></pubDate><title>Versement de salaires en euros : analyse juridique et politique</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/versement-de-salaires-en-euros-analyse-juridique-et-politique</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p> Le Secrétariat a analysé la question de la validité juridique du paiement du salaire en euros, ou de l’adaptation à la baisse des salaires en raison des variations du cours de cette monnaie. En effet, de nombreuses entreprises ont récemment tenté de reporter les effets de ces variations de cours sur les travailleurs/travailleuses en versant en euros les salaires précédemment versés en francs de tout ou une partie de leur personnel. D’autres ont tenté de diminuer les salaires en les indexant à la baisse, arguant que le cours défavorable de l’euro pesait sur le résultat de l’entreprise. Certains n’ont appliqué ces méthodes qu’à leurs travailleurs/travailleuses issus de l’UE ou résidants dans l’UE (frontaliers/frontalières). Parmi les entreprises concernées, on trouve notamment : Mopac Modern Packaging (BE), Stöcklin (BL), Trasfor (TI), Maag Pump (ZH), Dätwyler (UR). Sanofi-Aventis (GE) a quant à elle procédé à des licenciements collectifs, invoquant le cours de l’euro comme motif économique.  
</p><p> Pour les salarié/e/s concernés, cela correspond dans la plupart des cas à une forte diminution du salaire réel. Cette analyse se trouve en annexe. Elle devrait être prochainement publiée dans une revue scientifique, sous une forme légèrement modifiée.  
</p><p> Nous parvenons à la conclusion que, même si l’employeur a une grande liberté en matière de fixation des salaires, le versement du salaire en euros ou l’adaptation à un cours de l’euro défavorable revient à reporter le risque d’entreprise sur les salarié/e/s, ce qui est prohibé par le droit du travail. En outre, de telles pratiques ne sauraient être assimilées à une participation à un résultat négatif de l’entreprise, pratiques admises par la doctrine. Enfin, traiter différemment</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-161</guid><pubDate></pubDate><title>Servir et obéir : toujours et encore… mais jusqu’à quand ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/servir-et-obeir-toujours-et-encore-mais-jusqu-a-quand</link><description>Bilan à mi-parcours : le Parlement fédéral aurait eu la possibilité de faire mieux qu’un bricolage sommaire. Il aurait pu agir à des fins de prévention et de manière constructive. Mais sa majorité ne l’a apparemment pas voulu. Les partis bourgeois ont trop longtemps prêté une oreille complaisante aux banques, à qui ils ont toujours tout aussi complai-samment ouvert leurs caisses, pour faire preuve d’un réel discernement aujourd’hui.</description><content:encoded><![CDATA[<p>La grave affaire UBS, provoquée par un remplissage de poche et une recherche du profit effrénés, et le sauvetage sans précédent de cette banque par un État dont elle s’était jusque là tant gaussée ont violemment secoué la Suisse. Durant cette session parlementaire, les Chambres auraient même eu l’occasion – et cela, sous divers angles – de mettre des garde-fous aux activités des grandes banques, d’agir dans un but préventif et de se montrer constructives. Donc&nbsp;: de sortir de leur rôle servile à l’égard de ces dernières.
</p><p>La gauche a demandé que l’on prenne des mesures claires et que les leçons de ce triste épisode soient tirées, à savoir&nbsp;: au plan de l’analyse, une commission d’enquête parlementaire (CEP) chargée de clarifier ce qui s’est passé, afin de ne pas refaire les mêmes erreurs. Et pour le futur&nbsp;: l’introduction d’un impôt sur les bonus, parce que ce n’est rien que justice. Mais aussi parce que ceux-ci produisent les crises. Or, aujourd’hui déjà, ils recommencent à être généreusement distribués&nbsp;; et cela, précisément à ceux qui ne doivent leur survie qu’à l’aide de l’État&nbsp;! La gauche a aussi demandé une régulation des activités bancaires pour empêcher les spéculations débridées. Telles sont les conditions de son acceptation de l’accord conclu avec les États-Unis. Et le Conseil fédéral était prêt, ici, à ouvrir au moins quelques portes. 
</p><p>Que s’est-il passé en réalité&nbsp;? Sur la question de la CEP, après deux semaines de session, reste encore un espoir, mais ténu.
</p><p>Et concernant la prévention&nbsp;? L’UDC s’est désormais muée en «&nbsp;parti pro-bonus&nbsp;». Elle s’est donné un nouvel ennemi public numéro 1&nbsp;: l’«&nbsp;impôt sur les bonus&nbsp;», pour remplacer l’ancien, les «&nbsp;criminels étrangers&nbsp;». Il sera intéressant de voir comment ce parti populiste va expliquer cela à sa base. 
</p><p>Le PDC et le PRL ont rallié plus ou moins franchement cette position. Mais ils ne s’y sentent pas vraiment comme «&nbsp;chez eux&nbsp;». Finalement, il ne faut pas oublier son électorat qui, après une prochaine crise, pourrait demander à ses représentant(e)s des comptes quant à ce qui aurait dû être légiféré suite à la dernière crise. Conséquence&nbsp;: des motions sont acceptées parce que l’on a confiance dans la lenteur de la moulinette parlementaire et que l’on sait qu’avec le temps, les problèmes perdront de leur acuité. Mais également parce que l’on espère que quelques mesures homéopathiques attesteront, aux yeux de sa propre base électorale, que l’on est bel et bien animé par la volonté de réguler. 
</p><p>Après deux semaines de session, la droite peut certes toujours prendre la bonne direction. Mais sera-t-elle capable d’échapper à son passé et de tourner un jour le dos à ses mécènes&nbsp;?
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Économie</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-713</guid><pubDate></pubDate><title>Les salaires minimums : un barrage contre l’injustice</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-salaires-minimums-un-barrage-contre-l-injustice</link><description>Dépôt de l’initiative sur les salaires minimums</description><content:encoded><![CDATA[<p><i><span lang="fr-FR">Après une année de récolte de signatures, l’Union syndicale suisse (USS), avec ses fédérations et des organisations amies, a déposé le 23 janvier 2012 à la Chancellerie fédérale l’initiative populaire «&nbsp;Pour la protection de salaires équitables (Initiative sur les salaires minimums)&nbsp;», munie de plus de 111&nbsp;000 signatures. Elle demande que la Confédération et les cantons encouragent l’inscription dans les CCT de salaires minimums et qu’en complément, tout le monde, hommes et femmes, ait droit à un salaire décent. Pour ce faire, elle exige la fixation d’un salaire minimum légal de 22 francs de l’heure, soit de 4000 francs par mois (semaine de 42 heures). Actuellement, 400&nbsp;000 personnes – dont une grande majorité de femmes – touchent un salaire inférieur à ce montant dans notre pays. Ci-après la brève allocution prononcée par le président de l’USS lors du dépôt de cette initiativep.</span></i></p><p>Avec l’initiative sur les salaires minimums c’est un nouveau chapitre de la politique salariale qui s’ouvre pour la Suisse. Si les 10 à 15 dernières années ont été marquées par l’explosion des hauts et très hauts salaires – dans une mesure éhontée -, il faut entamer maintenant un nouveau cycle en faveur des bas et des moyens salaires. Les salaires minimums sont l’instrument le meilleur pour améliorer les salaires de tous et toutes, donc aussi pour celles et ceux qui sont désavantagés à cet égard. Et si les salaires des personnes qui se trouvent au bas de l’échelle des rémunérations ne peuvent plus faire l’objet de pressions à la baisse, alors celles qui gagnent plus que le minimum en profiteront également. Les bas et moyens salaires doivent à nouveau s’orienter à la hausse.
</p><p>L’initiative sur les salaires minimums permettra la mise en place d’un salaire minimum légal au-dessous duquel il sera interdit d’aller. Mais le partenariat social s’en trouvera renforcé. L’ensemble des conventions collectives de travail (CCT) seront encouragées et passeront au premier plan. Le salaire minimum légal s’appliquera uniquement en l’absence - faute d’organisation patronale ou parce que cette dernière n’en veut pas - d’une CCT décente prescrivant des salaires en conséquence. Il est à prévoir qu’elle entraînera une augmentation, et non une baisse, du nombre de CCT.
</p><p>L’initiative sur les salaires minimums va lancer un nouveau débat. «&nbsp;Le travail, ça doit payer&nbsp;!&nbsp;» est un slogan avec lequel presque tout le monde est sans doute d’accord. Mais c’est alors nécessairement reconnaître aussi que les personnes occupées à plein temps doivent aussi pouvoir vivre de leur salaire, sans avoir à passer par les services sociaux, c’est-à-dire devoir être aidés par des fonds publics. Un salaire minimum d’au moins 22 francs de l’heure, ou 4000 francs par mois, répond parfaitement à cette exigence.  
</p><p>La Suisse a besoin de ce débat. Quiconque n’est pas en mesure de vivre de son salaire en Suisse est la victime d’une injustice. Les salaires minimums sont le meilleur instrument pour mettre fin à pareilles injustices.</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-157</guid><pubDate></pubDate><title>Créer des places d’apprentissage, combattre les discriminations</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/creer-des-places-d-apprentissage-combattre-les-discriminations</link><description>L’Union syndicale suisse (USS) le répète encore et encore depuis des années. Ce qu’elle est à nouveau contrainte de faire aujourd’hui : il faut plus de places d’apprentissage et les clichés xénophobes doivent absolument être combattus. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Tant la toute récente étude du Fonds national de la recherche scientifique, selon laquelle les jeunes étrangers et étrangères de la deuxième génération connaissent de grandes difficultés lors de leur entrée en formation professionnelle, que les statistiques mensuelles de l’Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie concernant le marché des places d’apprentissage démontrent qu’il est important de redoubler d’efforts pour créer des places de formation et diminuer les entraves à l’accès à la formation professionnelle, en particulier supprimer les discriminations. 
</p><p>En effet, bien des jeunes ne sont actuellement pas placés devant un vrai choix professionnel, car le nombre de places d’apprentissage est toujours inférieur au nombre d’entre eux qui en cherchent une et parce que l’offre doit dépasser la demande d’au moins 15&nbsp;% pour que le marché des places d’apprentissage soit réellement équilibré et le choix professionnel un vrai choix. En outre, l’accès à la formation professionnelle est de plus en plus limité, d’une part par les exigences déraisonnables de certaines entreprises - en particulier les tests payants du genre «&nbsp;multicheck&nbsp;» -, par le manque d’offres de formations destinées aux jeunes confrontés à des difficultés scolaires et, de l’autre, par les discriminations dont sont victimes les jeunes qui ont la malchance d’avoir le «&nbsp;mauvais&nbsp;» nom de famille ou la «&nbsp;mauvaise&nbsp;» origine. 
</p><p>L’USS réitère donc ses exigences pour que tous les jeunes puissent accéder à la formation professionnelle. Il faut 
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>créer des places d’apprentissage, en particulier pour les élèves scolairement faibles et dans les branches qui connaissent une pénurie de main-d’œuvre qualifiée, si nécessaire dans les écoles des métiers publiques&nbsp;;</li><li>instaurer des fonds pour la formation professionnelle dans tous les cantons qui n’en ont pas encore&nbsp;;</li><li>combattre vigoureusement les discriminations, en particulier grâce aux postulations anonymisées&nbsp;;</li><li>limiter les entraves financières à la formation professionnelle, notamment en mettant les frais des tests de sélection genre «&nbsp;multicheck&nbsp;» à la charge des employeurs qui les demandent.</li></ul><p></p>   ]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-714</guid><pubDate></pubDate><title>OUI au prix unique : pour des emplois de qualité, des livres à prix abordables et la diversité culturelle</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/oui-au-prix-unique-pour-des-emplois-de-qualite-des-livres-a-prix-abordables-et-la-diversite-culturelle</link><description>La réintroduction du prix unique du livre est l’un des objets des votations du 11 mars prochain. Le prix unique est une garantie en matière d’emplois, de diversité culturelle et de prix abordables. Il est aussi une condition de survie pour les petites librairies. C’est pourquoi nous lui disons OUI.</description><content:encoded><![CDATA[<p>La Suisse a appliqué le prix unique du livre pendant plus d’un siècle. Un livre devrait coûter le même prix dans toutes les librairies, les grandes et les petites des villes comme des campagnes ou dans les commerces en ligne. À cette époque, les maisons d’édition pouvaient affecter les recettes supplémentaires réalisées grâce aux best-sellers vendus un peu plus cher à la diminution du prix des autres livres (ouvrages spécialisés, manuels scolaires, recueils de poésie, livres à caractère régional, etc.). Et la diversité culturelle s’en trouvait enrichie.
</p><p>Pour des raisons idéologiques, le prix unique a été supprimé pendant une période de quatre ans. Parce qu’il fallait que dans le commerce du livre aussi, la guerre des prix puisse sévir sur le dos des «&nbsp;petits&nbsp;». 
</p><p>Mais depuis lors, le chiffre d’affaires des librairies de Suisse a chuté. Sur les 350 librairies que connaît actuellement la Suisse alémanique, une dizaine d’entre elles ferment chaque année. Cela représente une perte continue d’emplois et de places d’apprentissage de qualité. Globalement, des centaines d’emplois sont menacés. De plus, les expériences faites en l’absence de prix unique à l’étranger sont claires&nbsp;: en Grande-Bretagne, on dénombre presque 600 villes qui n’ont plus une seule librairie. Des milliers d’emplois ont ainsi disparu et le prix des livres a explosé. En Allemagne par contre, le prix des livres est resté inférieur au renchérissement&nbsp;; cela, grâce au prix unique. 
</p><p>Ces faits ont incité notre Parlement à décider de réintroduire le prix unique du livre. Une décision contre laquelle les partis de droite ont, avec le soutien financier déterminé de la grande chaîne de librairies Ex Libris, saisi le référendum. C’est pour cela que nous devrons prochainement voter sur le prix unique du livre. 
</p><p>En glissant un OUI dans les urnes, nous garantirons des emplois et des places d’apprentissage de qualité, ainsi qu’une offre de conseils compétente et individualisée. En outre, l’enjeu est, ici aussi, le maintien et l’encouragement de la diversité culturelle. Enfin, le prix unique du livre fera baisser les prix et nous permettra également d’intervenir auprès du Surveillant des prix en cas d’abus.</p>]]></content:encoded><category>Économie</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-160</guid><pubDate></pubDate><title>L’heure de la preuve par l’acte a-t-elle sonné ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/l-heure-de-la-preuve-par-l-acte-a-t-elle-sonne</link><description>Le 14 juin 1981, l’égalité entre femmes et hommes est inscrite dans la Constitution fédé-rale. Le 14 juin 1991, c’est la grève des femmes dans toute la Suisse. Et le 14 juin 2010 ? Sera-t-il le jour où la conciliation du travail professionnel et de la famille sera relancée ?</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le hasard était-il au rendez-vous ou alors une main féministe a-t-elle arrêté la planification des Chambres fédérales&nbsp;? De fait, le 14 juin prochain, le Conseil fédéral décidera s’il veut prolonger le programme d’impulsion destiné à la création de nouvelles places d’accueil extrafamilial des enfants. Un «&nbsp;oui&nbsp;» de sa part serait de toute urgence nécessaire, mais rien, tant s’en faut, n’est certain<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0910_Ackermann_Conciliation_Profession-Famille.doc#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>.
</p><p>Pour la Suisse, avec le 8 mars, le 14 juin est la date commémorative féministe par excellence. En effet, c’est le 14 juin 1981 que l’égalité est entrée dans la Constitution fédérale et c’est aussi un 14 juin, en 1991 celui-là, que des centaines de femmes se sont mises en grève dans tout le pays pour revendiquer l’égalité des sexes dans les faits et au quotidien. Une grève désormais légendaire. 
</p><p>Depuis les années 1990, chaque 14 juin des actions pour l’égalité des sexes ont lieu aux quatre coins de la Suisse. Ce sera aussi le cas cette année. Avec, en plus, une action devant le Palais fédéral<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0910_Ackermann_Conciliation_Profession-Famille.doc#_ftn2" target="_blank" name="_ftnref2"><sup>[2]</sup></a>. Le Conseil national débattra en effet ce lundi après-midi de la prolongation des aides financières octroyées par la Confédération pour la création de places d’accueil extrafamilial des enfants. Le nombre de telles places – de qualité s.v.p.&nbsp;! – ne couvre toujours pas la demande dans notre pays, si bien que le pilier nécessaire à la conciliation du travail professionnel et de la famille que ces places représentent n’est toujours qu’en chantier. Il s’agit dont là – dans l’esprit du 14 juin – d’une revendication prioritaire en faveur de l’égalité entre femmes et hommes. 
</p><p>Il serait réjouissant que les député(e)s de la Chambre du peuple reconnaissent la dimension historique de la décision qu’ils et elles vont prendre. Sinon, il se pourrait bien que, dans une année, une nouvelle grève des femmes doive - un 14 juin&nbsp;! - combler leurs trous de mémoire (historique).  
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0910_Ackermann_Conciliation_Profession-Famille.doc#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1"><sup>[1]</sup></a> Voir l’article de Christina Werder dans notre uss-infos 8 / 10.
</p><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/0910_Ackermann_Conciliation_Profession-Famille.doc#_ftnref2" target="_blank" name="_ftn2"><sup>[2]</sup></a> De nombreuses syndicalistes femmes y viendront (de 13h30 à 16h), avec des banderoles, distribuer des tracts aux parlementaires.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-715</guid><pubDate></pubDate><title>Six semaines de vacances : mérité et nécessaire !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/six-semaines-de-vacances-merite-et-necessaire</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Les congés-payés sont un des acquis sociaux importants des syndicats. Les vacances sont en effet indispensables pour la santé, la vie sociale et la vie familiale. Prendre des vacances, c’est faire ce que l’on veut. Quand on veut. C’est plus de temps pour sa famille. C’est voir ses amis. C’est avoir des activités sociales. C’est faire du sport. Ou se laisser aller au farniente. C’est décompresser. Et c’est bon pour la santé&nbsp;: les études médicales s’accordent par exemple sur le fait qu’il faudrait pouvoir prendre régulièrement des blocs d’au moins deux semaines de vacances pour que celles-ci déploient tous leurs effets bénéfiques. Nul doute que six semaines de vacances pour tous les salarié(e)s ne leur apporteraient que des bénéfices&nbsp;!
</p><p>Une augmentation du droit aux vacances favoriserait aussi une meilleure compatibilité de la vie professionnelle avec les obligations familiales. En effet, avoir plus de vacances, c’est pouvoir passer plus de temps avec ses enfants. Cela permet aussi de mieux s’organiser en période de vacances scolaires (13 semaines) ou lorsque les crèches et garderies sont fermées. 
</p><p>Plusieurs conventions collectives de travail (CCT) prévoient certes une cinquième semaine de vacances, d’autres octroient des congés supplémentaires à certaines catégories de salarié(e)s (p. ex. les apprenti(e)s, les plus de 55 ans). Mais il ne faut pas oublier qu’un(e) salarié(e) sur deux ne bénéficie pas d’une CCT. En outre, de nombreux salarié(e)s assujettis à une CCT doivent se contenter du minimum légal, parfois complété d’un ou deux jours supplémentaires seulement. Quant aux salarié(e)s du secteur public, ils ne bénéficient pas tous de jours de vacances allant au-delà des quatre semaines prévues par le Code des obligations. 
</p><p>En presque 30 ans, depuis l’introduction de la troisième et quatrième semaine de vacances en 1984 (grâce à une initiative de l’USS), rien n’a bougé sur le plan légal. La durée du travail a stagné (18 minutes de moins à peine) et a même légèrement augmenté au cours des quatre dernières années. Pourtant, les salarié(e)s ont largement mérité une meilleure participation aux fruits de leur travail&nbsp;: Alors que la productivité du travail a explosé en 25 ans (+21,5&nbsp;%), les salaires réels ont crû cinq fois moins vite sur la même période (+4,3&nbsp;%). En outre, les salarié(e)s de Suisse accumulent bon an, mal an, l’équivalent de 100&nbsp;000 emplois à plein temps en heures supplémentaires. Il y a donc une confortable marge de manœuvre pour baisser le temps de travail et améliorer ainsi la qualité de vie des travailleurs et travailleuses, sans pour autant menacer des emplois. 
</p><p>Cette amélioration aura en outre des effets positifs sur l’économie, car des salarié(e)s mieux reposés sont plus productifs et moins stressés. Or, le stress au travail est un phénomène qui prend de l’ampleur. La part de celles et ceux qui en souffrent augmente, comme la part de celles et ceux qui ne parviennent plus à le gérer. Les coûts pour l’économie sont énormes&nbsp;: environs dix milliards de francs par an selon le SECO. Un chiffre qui relativise nettement les coûts estimés des six semaines de vacances, d’environ six milliards par an. 
</p><p>Une augmentation du droit aux vacances n’est pas qu’une mesure de santé publique. C’est aussi une manière de mieux rétribuer les efforts colossaux fournis par les salarié(e)s de Suisse ces dernières années. Dire oui à l’initiative «&nbsp;6 semaines de vacances pour tous&nbsp;», c’est soutenir un progrès social nécessaire et mérité&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-153</guid><pubDate></pubDate><title>Dernière ligne droite à la Chambre des cantons</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/derniere-ligne-droite-a-la-chambre-des-cantons</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Le 14 juin précisément, c’est-à-dire le jour de l’égalité des sexes, le Conseil national a accepté de prolonger de quatre ans le programme d’impulsion destiné à la création de nouvelles places d’accueil pour les enfants. La controverse a porté sur cette prolongation en soi et, au cas où elle était décidée, sur l’ampleur des aides financières à mettre à disposition. Le Conseil fédéral avait initialement proposé 140 millions de francs. Mais, jouant lui-même des ciseaux de l’austérité, il avait réduit ce crédit à 60 millions. Le même 14 juin, quelques douzaines de syndicalistes femmes manifestèrent alors devant le Palais fédéral. Et pas en vain, comme il apparut ensuite. En effet, le Conseil national s’est finalement prononcé pour une prolongation de quatre ans de ce programme assorti d’un crédit de 120 millions. Grâce à sa «&nbsp;voix prépondérante&nbsp;», la présidente du Conseil national, la socialiste Pascale Bruderer, permit enfin à la proposition minoritaire de passer la rampe.
</p><p>Mais tout n’est pas encore joué. Second conseil, la Chambre des cantons va encore traiter cette question. Et cela, probablement déjà lors de la session d’automne. En Suisse, des centaines de milliers de femmes attendent de ces élu(e)s qu’ils confirment les 120 millions décidés par la Chambre du peuple. La création de structures d’accueil des enfants est en effet une condition fondamentale à une meilleure conciliation entre famille et profession. Aujourd’hui déjà, trois femmes sur quatre ayant des enfants de moins de 15 ans exercent une activité lucrative.
</p><p>Le corps électoral du canton de Zurich a également tenu compte de ces réalités le 13 juin 2010. S’il a rejeté l’initiative des syndicats pour l’accueil des enfants, il a tout de même accepté un contreprojet d’orientation très proche. Ce contreprojet oblige les communes à offrir suffisamment de places d’accueil sur l’ensemble du territoire cantonal, également pour les enfants en âge préscolaire. 
</p><p>Le Conseil d’État zurichois doit désormais rapidement passer à la mise en œuvre concrète de cette décision et faire en sorte que les communes remplissent leurs nouvelles obligations.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-716</guid><pubDate></pubDate><title>2012 sous l’angle de la sécurité sociale: Combien ? Qu’est-ce qui change ? Qu’est-ce qui ne change pas ?</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/2012-sous-l-angle-de-la-securite-sociale-combien-qu-est-ce-qui-change-qu-est-ce-qui-ne-change-pas</link><description>En 2012, les principales modifications concernent l’AI, sinon il s’agit surtout d’adaptations techniques, de durcissements de dispositions et de dégradation insidieuse de certaines prestations. Seules quelques petites améliorations sont à signaler.</description><content:encoded><![CDATA[<h3> AVS</h3><p>Il n’y a pas d’adaptation des rentes à l’évolution des salaires et des prix cette année, mais ce sera le cas en 2013. En conséquence, les rentes restent les mêmes qu’en 2011. La rente minimale se monte à Fr.&nbsp;1160.-, la rente maximale à Fr. 2320.- et la rente de couple maximale à Fr.&nbsp;3480.-.
</p><p>Les nouvelles dispositions sur l’application technique de l’AVS sont entrées en vigueur au 1<sup>er</sup> janvier 2012. Elles concernent avant tout les cotisations des personnes sans activité lucrative. Les autres taux de cotisation – notamment pour les personnes exerçant une activité dépendante – restent inchangés. 
</p><p>Au chapitre de la législation cependant, certains changements sont en préparation. En 2012, l’Office fédéral des assurances sociales préparera la 12<sup>e</sup> révision de l’AVS. Parallèlement, une initiative parlementaire est pendante aux Chambres fédérales. Elle demande le relèvement à 65 ans de l’âge de la retraite des femmes. En outre, les mêmes Chambres se sont prononcées en faveur de la suppression de l’adaptation automatique des rentes AVS à l’évolution des salaires et des prix. 
</p><h3> AI </h3><p>En matière d’AI, l’activisme bat toujours son plein. Les nouvelles dispositions introduites à la faveur de la révision 6a sont entrées en vigueur au 1<sup>er</sup> janvier 2012. Au titre de la réinsertion, les rentes de 17&nbsp;000 personnes handicapées seront réexaminées à partir de cette année et, le cas échéant, supprimées ou réduites. Les bénéficiaires de rentes AI présentant des troubles somatoformes douloureux, une fibromyalgie ou des pathologies similaires pourront perdre leur droit à la rente. Pour ces personnes, c’est ainsi une situation de détresse économique qui est programmée, car leur intégration sur le marché du travail sera sans doute des plus difficiles&nbsp;; cela, également en raison de la récession qui s’annonce.
</p><p>Les personnes assurées dont la rente sera diminuée ou supprimée pourront certes avoir droit à des mesures de réinsertion, mais, pendant l’application de ces dernières, la rente sera servie pendant deux ans au plus. Toujours est-il que les personnes assurées qui auront plus de 55 ans au 1<sup>er</sup> janvier 2012 ou qui, au moment où il sera procédé aux réexamens susmentionnés, auront bénéficié d’une rente AI depuis plus de 15 ans, ne seront pas touchées par ces réexamens. 
</p><p>Nouvelle mesure de réintégration&nbsp;: le «&nbsp;placement à l’essai&nbsp;». C’est là quelque chose de très intéressant pour les employeurs. En effet, les offices AI leur proposeront gratuitement, pour une durée de six mois, une main-d’œuvre qu’ils ne seront nullement tenus de garder après cette période, même si elles disposent de toutes les qualifications professionnelles requises. C’est pourquoi le placement à l’essai devrait souvent se transformer en expérience frustrante pour le ou la bénéficiaire d’une rente AI concerné par un tel placement.
</p><p>La révision 6b de l’AI introduit aussi la «&nbsp;contribution d’assistance&nbsp;». Cette dernière permet aux bénéficiaires d’une allocation pour impotent qui vivent à la maison, ou aimeraient le faire, et dépendent d’une assistance régulière d’engager une personne qui lui fournira les prestations nécessaires. Le montant de cette contribution est fixé en fonction du temps consacré par l’assistant(e) à la personne impotente. Pour 2012, le Conseil fédéral a décidé que la contribution d’assistante serait Fr. 32.- (vacances comprises) par heure de travail.
</p><h3>Cela n’empêche pas que le démantèlement de l’AI va se poursuivre&nbsp;!</h3><p>Cette année en effet, le Parlement fédéral va traiter et adopter un deuxième train de mesures&nbsp;: la révision 6b. Celle-ci prévoit un nouveau système de rentes qui débouchera sur des baisses de rentes salées ainsi que sur la réduction des rentes AI pour enfant. Au surplus, les rentes AI ne pourront plus être indexées automatiquement au renchérissement. Ces mesures draconiennes auront pour effet que ce projet de révision nous conduira tout droit à un référendum. De fait, les associations de personnes handicapées apparaissent déterminées à donner un coup d’arrêt au démantèlement de l’AI. 
</p><h3> 2<sup>e</sup> pilier (LPP)</h3><p>En 2012, le taux d’intérêt minimal LPP a atteint son niveau historiquement le plus bas&nbsp;: 1,5&nbsp;%. En conséquence l’avoir de vieillesse des personnes assurées croîtra nettement moins que les années précédentes. 
</p><p>Selon la loi, les rentes de survivant(e)s et d’invalidité du 2<sup>e</sup> pilier sont périodiquement indexées au renchérissement. Mais, comme il n’y a pas eu de renchérissement ces deux dernières années, l’indexation n’a pas lieu en 2012. Il n’y a aucune obligation légale d’adapter les rentes de vieillesse, raison pour laquelle elles ont été pratiquement gelées ces dernières années. 
</p><p>Les dispositions adoptées à la faveur de la réforme structurelle sont également entrées en vigueur en 2012, année à partir de laquelle la Commission de haute surveillance de la prévoyance professionnelle (CHS PP) entame ses activités. Cette dernière surveille les autorités cantonales de surveillance et doit garantir le bon fonctionnement de la prévoyance professionnelle. Grâce à des prescriptions plus strictes en matière de transparence et de gouvernement d’entreprise, on évitera aux caisses de pensions une gestion défectueuse. 
</p><p>En 2012, le Conseil fédéral adoptera son rapport sur l’avenir du deuxième pilier. Ce rapport exposera les problèmes du système et soumettra à la discussion politique des propositions de solutions possibles. Son point central sera la question du niveau du taux minimal de conversion. Deux ans après le non clair et net du peuple à sa baisse, la question revient sur le tapis. 
</p><h3> Assurance-chômage</h3><p>Les chômeuses et chômeurs âgés sont particulièrement victimes du chômage de longue durée. Afin d’améliorer la situation des personnes de plus de 55 ans, la durée de cotisation donnant droit au nombre maximum d’indemnités journalières (520) est passée de 24 à 22 mois. Autrement dit, les personnes concernées ont droit à 520 indemnités si elles ont cotisé pendant au moins 22 mois durant le délai-cadre de deux ans.
</p><p>La durée maximale d’indemnisation en cas de réduction de l’horaire de travail (chômage partiel) est passée de 12 à 18 mois. Et le délai d’attente réduit à 1 jour est maintenu. Cette réglementation ne s’appliquera que jusqu’à fin 2013. Elle a été décidée par le Conseil fédéral à titre de mesure pour contrer les effets de la cherté du franc.
</p><h3> Assurance-maladie</h3><p>Le nouveau financement hospitalier est entré en vigueur en 2012. Il repose sur une nouvelle structure tarifaire valable dans l’ensemble du pays, structure qui se base sur des forfaits liés aux prestations (structure tarifaire SwissDRG). Le financement hospitalier est pris en charge pour 55&nbsp;% par les cantons et pour 45&nbsp;% par les assuré(e)s.
</p><p>Les primes de l’assurance-maladie obligatoire ont augmenté d’en moyenne 2,2&nbsp;% en 2012. Concernant la réduction des primes, tous les cantons sont désormais tenus de verser directement le montant des subsides aux assureurs-maladie. 
</p><p>Sur le plan de la loi, beaucoup de choses sont en train de se passer. Le référendum contre les soins intégrés (projet «&nbsp;managed care&nbsp;»), que l’USS soutient, a abouti en janvier 2012. Les propositions d’augmenter les quotes-parts des assuré(e)s et de restreindre l’accès à certaines prestations médicales, prévues dans ce projet, passeront donc en votation cette année encore.</p>]]></content:encoded><category>Politique sociale</category><category>AVS</category><category>Assurance-invalidité</category><category>Santé</category><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-154</guid><pubDate></pubDate><title>Au Conseil des États de corriger tout cela !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/au-conseil-des-etats-de-corriger-tout-cela</link><description>Le Conseil national n’est pas parvenu à procéder aux corrections socialement nécessaires au projet, en soi judicieux, de soins intégrés (« managed care »). Ce qu’il incombe dé-sormais de faire au Conseil des États.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Pour commencer, il y a ce passage à 20&nbsp;% de la quote-part des assuré(e)s qui ne voudraient pas adhérer à un réseau de soins intégrés et, ensuite - outre d’autres craintes - la «&nbsp;proximité&nbsp;» de ce projet avec les caisses-maladie, qui pose problème. Ce serait en effet les assureurs qui décideraient avec quels réseaux de soins intégrés ils signeraient des contrats, et à quelles conditions. 
</p><p>Disons-le tout de suite&nbsp;: le Conseil national n’a absolument pas tenu compte des doutes émis par le camp des rouges-verts. Il en est resté à des incitations unilatérales, à savoir&nbsp;: qui voudra conserver le libre choix du médecin verra sa quote-part doubler. Et qui adhérera à un réseau de soins intégrés verra la sienne maintenue à 10&nbsp;% comme actuellement. Au&nbsp; lieu de prévoir des punitions pécuniaires, on aurait tout aussi bien pu évoquer des récompenses. Le conseiller national socialiste Jean-François Steiert (FR), vice-président de la Fédération suisse des services aux patients, a proposé deux variantes de compromis&nbsp;: une quote-part de 15&nbsp;% pour qui voudra le libre choix du médecin et une quote-part de 5&nbsp;% pour qui adhérera à un réseau, respectivement des charges en la matière d’au maximum 1000 francs (libre choix du médecin) et 500 (réseau). Deux propositions qui ont nettement échoué à la Chambre du peuple.
</p><p>Mais le dernier mot n’a pas encore été dit. Le conseiller fédéral Didier Burkhalter a expliqué, lors de ces délibérations, que la fixation en francs d’un montant-plafond (par exemple 1000 et 500 francs) avait un sens. À la Chambre des cantons d’examiner maintenant de tels modèles.
</p><p>Espérons qu’elle prendra ce message au sérieux. En effet, cette réforme est en soi largement judicieuse d’un point de vue de santé publique&nbsp;; on ne devrait pas la semer d’embûches qui pourraient tout faire voler en éclats.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Santé</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-717</guid><pubDate></pubDate><title>Initiative sur l’épargne-logement: NON ! Ceux qui ont beaucoup n’ont pas besoin d’encore plus !</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/initiative-sur-l-epargne-logement-non-ceux-qui-ont-beaucoup-n-ont-pas-besoin-d-encore-plus</link><description>L’Union syndicale suisse (USS) rejette l’« initiative sur l’épargne-logement ». Du point de vue de la répartition des richesses, ce projet représente un pas de plus dans la mauvaise direction. Il n’y a en effet pas lieu de faire des cadeaux supplémentaires à celles et ceux qui accumulent d’ores et déjà les privilèges.</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’«&nbsp;initiative sur l’épargne-logement&nbsp;» a été déposée en septembre 2008 par la Société suisse pour la Promotion de l’épargne-logement (SGFB). Son but est de favoriser encore plus l’accumulation de fonds propres destinés à l’acquisition d’une habitation à usage personnel.
</p><p>Il s’agirait ainsi de permettre la déduction du revenu imposable de l’épargne-logement réalisée en vue de l’acquisition d’un premier logement à usage personnel. Quatre mois plus tard seulement, HEV, l’organisation des propriétaires de logement de Suisse, a lancé une initiative populaire semblable, sur laquelle il sera voté ultérieurement.
</p><h3> Des déductions exagérées</h3><p>L’initiative de la SGFB exige qu’il soit possible de déduire chaque année au maximum 15&nbsp;000 francs (le double pour les couples) du revenu imposable. Elle prévoit en plus d’autres avantages fiscaux. Ainsi, l’épargne-logement pourrait, pendant au maximum 10 ans, être déduite du revenu imposable si elle sert à financer des mesures visant à économiser l’énergie et à protéger l’environnement (maximum 5&nbsp;000 francs, le double pour les couples) dans le logement à usage personnel existant. De plus, les cantons auraient la possibilité d’exonérer les primes d’épargne-logement de l’impôt sur le revenu pour le premier logement acquis en Suisse en vue d’un usage personnel. Le même principe s’appliquerait au financement de mesures visant à économiser l’énergie ou à protéger l’environnement, toujours concernant le logement à usage personnel en Suisse.
</p><h3> Non à encore plus d’inégalités&nbsp;!</h3><p>Dans la grande majorité des cas, les bénéficiaires de ces mesures seraint des hauts revenus. L’acquisition du logement est aujourd’hui déjà favorisée au plan fiscal par la possibilité d’anticiper la perception de son deuxième pilier et dans le cadre du pilier 3a. Du point de vue de la répartition des richesses, un encouragement plus poussé est clairement à rejeter&nbsp;: les personnes déjà avantagées verraient leur charge diminuer&nbsp;; les recettes dont les pouvoirs publics seraient privés devraient provoquer le démantèlement de services publics ou les contraindre à rechercher d’autres sources financières. Dans les deux cas, les bas et moyens revenus devraient passer à la caisse. Cette proposition est en parfaite «&nbsp;harmonie&nbsp;» avec la politique appliquée à l’époque par l’ancien conseiller fédéral Merz, dont la logique antisociale est illustrée de manière quasi parfaite par la réforme II de l’imposition des entreprises. En d’autres termes, elle nous entraînerait encore plus dans la spirale des inégalités croissantes. C’est pourquoi elle doit être rejetée.</p>]]></content:encoded><category>Économie</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-150</guid><pubDate></pubDate><title>Crise financière, une crise de la démocratie</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/crise-financiere-une-crise-de-la-democratie</link><description>Deux décisions ont marqué la session parlementaire d’été. Premièrement, la majorité des Chambres s’est prononcée contre la création d’une commission d’enquête parlementaire (CEP) et, deuxièmement, elle a aussi refusé à une nouvelle reprise – cette fois en relation avec l’accord UBS conclu avec les États-Unis – toute obligation pour les grandes banques en matière de bonus et concernant leurs fonds propres.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Après plus d’une année et demie, le bilan intermédiaire de la crise financière se révèle catastrophique pour la Suisse. 
</p><p>Il commence par le sauvetage de l’UBS, début octobre 2008, un sauvetage décidé par le Conseil fédéral dans le cadre du droit d’urgence – comme en temps de guerre – et au nez et à la barbe du Parlement et de la démocratie (contrairement à ce qui s’est fait dans les autres pays). Il s’agissait de 68 milliards de francs, la plus grande dépense publique de tous les temps, dont une part substantielle «&nbsp;traîne&nbsp;» toujours dans les comptes de la Banque nationale. Fin novembre 2008, donc deux mois plus tard, les actionnaires de l’UBS purent «&nbsp;démocratiquement&nbsp;» décider, lors d’une assemblée générale, s’ils acceptaient ou non cette aide Le Parlement, qui représente celles et ceux qui ont dû payer cette somme, n’a pas eu un seul et unique mot à dire sur ce sauvetage. 
</p><p>L’autorité compétente en matière de banques, à savoir&nbsp;: l’autorité de surveillance des marchés financiers (FINMA), donne sa bénédiction à de nouvelles transactions bancaires hautement risquées en matière d’investissements, ainsi qu’à des bonus qui éclipsent même les excès commis avant la crise financière. La même FINMA prétend publiquement que les agissements criminels de l’UBS aux États-Unis ne sont le fait que de quelques sous-fifres. Or, l’UBS a reconnu elle-même aux États-Unis, dans le «&nbsp;Deferred Prosecution Agreement&nbsp;», que les étages hiérarchiques supérieurs de la banque connaissaient et approuvaient ces agissements. 
</p><p>Les événements ont culminé lorsqu’une majorité du Conseil des États a contrecarré, comme durant l’Ancien régime, la création d’une CEP. Une CEP aurait pourtant été le seul instrument parlementaire efficace qui aurait permis de clarifier des événements sans précédent dans l’histoire de l’État fédéral et d’en tirer les conséquences qui s’imposaient. L’exercice d’alibi des commissions de gestion (CdG) – elles ne se sont intéressées ni à l’UBS et aux causes de crise ni à l’indépendance des autorités – a rempli son rôle de manœuvre de diversion pour celles et ceux qui veulent continuer à agir comme par le passé. Le rapport des CdG met en effet le doigt sur le fonctionnement du Conseil fédéral, c’est-à-dire sciemment sur un point par rapport auquel la crise financière n’apparaît que comme n’importe quel autre événement antérieur ou postérieur. 
</p><p>Tout cela montre que la crise financière est devenue une crise institutionnelle et une crise de la démocratie d’une ampleur énorme. Sinon, comment pourrait-on s’imaginer que l’autorité de surveillance soit dirigée par un homme de l’UBS&nbsp;? Lui qui, ayant été l’un des managers responsables, se fait même délivrer en plus par l’autorité qu’il préside aujourd’hui un certificat de virginité pour des agissements criminels commis aux États-Unis&nbsp;! Comment peut-on en arriver à ce que les agendas de toute la politique de la place financière soient officiellement définis au Département fédéral des finances par un groupe de travail extraconstitutionnel où siègent des dirigeants des banques (le Comité de pilotage Dialogue place financière, CODIFI)&nbsp;?
</p><p>Les deux grandes banques sont un risque systémique pour l’économie suisse et l’État. Ce risque est encore accru par l’indépendance déficiente, voire la servilité, manifestée par des acteurs principaux de l’État et des autorités à l’égard des intérêts de ces grandes banques. Qui peut encore s’étonner que, la semaine dernière, après son triomphe – le rejet, comme souhaité par lui, d’une CEP et d’obligations minimales à assortir à l’accord avec les États-Unis -,&nbsp; Monsieur Grübel de l’UBS exige en plus que l’on renonce aux prescriptions plus que minimales et soi-disant non contestées sur les fonds propres des banques&nbsp;?
</p><p>Pendant la crise financière, les processus démocratiques été mis hors service dans une mesure encore jamais vue durant l’histoire de la Suisse moderne. Les gens en sont conscients, comme je ne cesse de le constater en parlant avec eux. Par conséquent, il faut que les citoyennes et les citoyens bougent afin que, ces prochains mois et ces prochaines années – des décisions essentielles seront en effet à prendre – les événements qui se sont produits ne se répètent plus. La Suisse, c’est quand même plus et mieux qu’un pays colonisé par les intérêts des grandes banques. 
</p><p>C’est pourquoi l’Union syndicale suisse (USS) se bat non seulement pour plus de justice sociale et pour que les coûts de la crise causée par les abus commis dans le secteur financier ne soient pas mis à la charge de larges pans de la population. L’USS lutte aux avant-postes du mouvement qui réclame le retour de la démocratie. Cela, entre autres au moyen de manifestations sur le thème de&nbsp;: «&nbsp;La Suisse est-elle vendue&nbsp;?&nbsp;», qui débuteront à la fin de l’été. Il s’agira de manifestations publiques lors desquelles les rapports de force en Suisse seront analysés avec d’autres milieux intéressés par ces questions. 
</p><p>En outre, l’USS soutient les efforts encore en cours déployés en faveur d’une régulation des marchés financiers. Dans les fédérations de l’USS et auprès de leurs membres, la passivité des autorités, ainsi que la mentalité éhontée de «&nbsp;libre-service&nbsp;» qui sévit dans les grandes banques soulèvent une forte indignation. L’USS a déjà présenté plusieurs idées pour imposer les salaires des profiteurs. Toutes ces idées ayant été à ce jour rejetées, elle propose désormais une initiative populaire, dont elle étudiera prochainement, au sein d’une vaste alliance, la conception et le lancement. Les bonus exagérés ne sont aujourd’hui possibles que parce que les contribuables ont sauvé le système financier. De ce fait, il n’est pas juste que le peuple n’en récupère pas au moins une partie, par exemple via des réductions des primes des caisses-maladie
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Économie</category><category>Politique monétaire</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-718</guid><pubDate></pubDate><title>Les clients sont rois, mais pas toujours - Heures d’ouverture des commerces au parlement cantonal zurichois</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/les-clients-sont-rois-mais-pas-toujours-heures-d-ouverture-des-commerces-au-parlement-cantonal-zurichois</link><description>Le parlement cantonal zurichois propose de rejeter à une très large majorité (100 voix à 67) l’initiative des Libéraux-Radicaux (PLR) « Le client est roi » (« Der Kunde ist König »). De bonne augure pour la votation cantonale de cet automne et un avertissement à tous ceux et toutes celles pour des magasins ouverts 24 heures sur 24 représentent le paradis.</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’initiative du PLR prône la libéralisation totale, dans le canton de Zurich, des horaires d’ouverture des commerces. Selon les initiants, « l’’État n’a pas à prescrire aux consommateurs où et quand ils font leurs achats&nbsp;». Sous le couvert d’une pseudo-liberté d’acheter n’importe quoi n’importe quand (tant pis si c’est à des prix surfaits, comme dans bon nombre de boutiques ouvertes en dehors des horaires usuels…), les partisans de la libéralisation totale des horaires de travail visent surtout, à terme, la suppression totale du repos nocturne et dominical ainsi qu’une prolongation des horaires d’ouverture des magasins.
</p><p>Il s’agit d’une nouvelle tranche de la «&nbsp;stratégie du salami&nbsp;» Les autres tranches sont ici&nbsp;: </p><ul><li><p> l’initiative Lüscher (PLR/GE) pour la libéralisation totale des horaires des échoppes (shops) de stations-service (bientôt devant le Conseil national), </p></li><li><p> la motion Hutter (PLR/ZH) pour que les canton puissent fixer les horaires d’ouverture comme bon leur semble (bientôt devant le Conseil des Etats),</p></li><li><p> la motion Buttet (PDC/VS) pour étendre les ouvertures dominicales aux «&nbsp;régions périphériques&nbsp;» (déposée fin 2011 au Conseil national).</p></li></ul><p>Il n’en demeure pas moins que l’État, lorsqu’il fixe les horaires de travail, assume ses tâches de préserver la santé et la vie sociale des travailleurs, ainsi que la tranquillité publique. Or, ce sont là des tâches autrement plus importantes que les envies de quelques consommateurs impatients. En effet, outre les nuisances pour la santé, la vie sociale et familiale des travailleuses et travailleurs concernés, la prolongation des horaires d’ouverture des commerces crée des nuisances pour le voisinage (trafic routier, attroupement bruyant, nuisances dues à l’alcool). Le parlement zurichois a donc été bien inspiré de ne pas céder aux sirènes de la consommation à outrance. Au peuple maintenant de faire preuve de la même sagesse.</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-152</guid><pubDate></pubDate><title>À eux les bonus ? À nous les malus ? NON !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/a-eux-les-bonus-a-nous-les-malus-non</link><description>Le gouvernement et le parlement suisses veulent réduire les prestations de l’assurance-chômage. Or, il s’agit de prestations pour lesquelles les salarié(e)s de ce pays ont payé des cotisations des années durant. De plus, ce démantèlement devrait avoir lieu en pleine ré-cession, quand cette assurance est plus que jamais nécessaire ! Que dirions-nous d’une assurance automobile qui ne verserait aucune prestation en cas… d’accident ?</description><content:encoded><![CDATA[<p>Tout(e) un(e) chacun(e) peut tomber au chômage. Et ce, pour les raisons les plus diverses. La vie regorge d’exemples qui le montrent bien. C’est pour cela que plus de trois millions de salarié(e)s suisses paient mois après mois des cotisations à l’assurance-chômage. Ils et elles paient pour avoir un revenu s’ils sont un jour au chômage. Et s’ils ont une famille, ils reçoivent 80 % de leur salaire antérieur. Cela suffit, mais ils doivent quand même se serrer la ceinture et il n’est alors sans doute plus question de prendre des vacances…
</p><p>Les travailleurs et travailleuses ne sont pas coupables de la crise. Ce sont les profiteurs arrogants des banques qui le sont. Des gens qui ont déjà recommencé à s’octroyer des millions de bonus. Et cela, uniquement parce que, sur toute la planète, la population a payé des milliards pour sauver les banques. Mais ce sont les salarié(e)s ordinaires qui doivent passer à la caisse pour la crise… Nombre d’entre eux doivent compter chaque franc qu’ils dépensent. Pendant ce temps, la majorité bourgeoise du gouvernement et du parlement veut les priver de prestations pourtant promises, alors que les profiteurs continuent à financer leurs bonus avec les milliards qui ont servi à sauver les banques&nbsp;!
</p><p>Si le Conseil fédéral et les Chambres fédérales avaient décidé que les hauts salaires et les super-profiteurs devaient cotiser comme tous les autres à l’assurance-chômage, cette dernière serait dans les chiffres noirs. Les choses sont parfois si simples…
</p><h3>Le Conseil fédéral rompt sa promesse</h3><p>Lors de la votation populaire de 2003, le Conseil fédéral et les Chambres fédérales avaient en effet promis d’augmenter les cotisations de l’assurance-chômage, si les dettes de cette dernière devaient être trop importantes. La promesse faite alors était la suivante&nbsp;: si l’assurance-chômage a des problèmes de financement, les hauts revenus doivent verser un pour-cent de salaire en plus, les cotisations usuelles augmentant de la moitié. C’est dans la loi en vigueur. Et cela permettrait d’assainir cette assurance. Mais le Conseil fédéral et les Chambres fédérales n’ont pas tenu leur promesse. Au contraire, ils démantèlent même l’assurance-chômage. 
</p><p>La dégradation des prestations de celle-ci touche principalement des personnes qui se trouvent à l’automne de leur vie. Prenons un exemple. Madame X à 58 ans et travaille comme employée de commerce. Il y a deux ans, elle a eu un cancer. Chimiothérapie et nombreuses opérations s’en sont suivies. Aujourd’hui, elle a vaincu son cancer et aimerait à nouveau travailler. Or, trouver un emploi à cet âge est difficile. Elle a besoin de temps et du soutien d’un bon office régional de placement. Aujourd’hui, elle dispose d’une année pour ce faire. Après la révision de l’assurance-chômage, ce ne seront plus que quatre mois. Bien peu, à 58 ans. Elle doit donc s’adresser à l’aide sociale qui, conçue d’abord pour des personnes pas ou peu aptes à travailler, ne peut guère l’aider dans sa recherche d’un emploi. 
</p><h3>Moins de protection et plus d’impôts</h3><p>À l’avenir, ce ne sera donc plus l’assurance-chômage qui paiera, mais les contribuables. La dégradation de cette assurance coûtera environ 100 francs à chaque contribuable. Absurde&nbsp;: une protection moins bonne des salarié(e)s et des hausses d’impôts pour tout le monde&nbsp;! Car même celles et ceux qui n’ont pas besoin d’une assurance-chômage, comme les retraité(e)s devront sortir leur porte-monnaie.
</p><p>Avant d’agir, on devrait analyser les causes de la situation actuelle. D’où viennent les déficits de l’assurance-chômage&nbsp;? Lors de la dernière révision, en 2003, le Conseil fédéral est parti de l’hypothèse selon laquelle la Suisse connaîtrait en moyenne 100&nbsp;000 chômeurs et chômeuses. Mais quelques années plus tard déjà, le même Conseil fédéral déclarait qu’il y en avait un quart de plus, soit 126&nbsp;000. C’est pourquoi l’assurance-chômage devrait être assainie. Mais que s’est-il donc passé entre temps&nbsp;? Prenons un exemple&nbsp;: l’âge de la retraite des femmes a été relevé de 62 à 64 ans, obligeant environ 40&nbsp;000 femmes à travailler deux années supplémentaires. Si cet âge était resté fixé à 62 ans, il y aurait eu autant d’emplois libres pour des jeunes. 
</p><p>Est-ce juste que le Conseil fédéral et les Chambres fédérales veulent priver maintenant les travailleurs et travailleuses suisses de prestations de l’assurance-chômage uniquement parce qu’ils ont pris, à l’époque, des mesures qui ont entraîné une hausse du chômage&nbsp;»&nbsp;? Le peuple a chargé le Conseil fédéral de lutter contre le chômage. Qu’il le fasse donc&nbsp;!
</p><h3>Un monde à l’envers</h3><p>Nous vivons dans un monde à l’envers, un monde malade. Non seulement, les coupables de l’actuelle crise sont en liberté, mais leurs bonus sont même subventionnés avec l’argent destiné à sauver les banques. En revanche, les travailleurs et travailleuses ordinaires sont les victimes de mesures d’austérité. 
</p><p>Que faire alors&nbsp;? La réponse est simple&nbsp;: s’attaquer aux causes de la hausse du chômage, ne pas restreindre les droits des salarié(e)s et ne pas augmenter les impôts&nbsp;!
</p><p>C’est pour tout cela que nous devons voter NON à la révision de la loi sur l’assurance-chômage.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Assurance-chômage</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-719</guid><pubDate></pubDate><title>Initiative des bourses d‘études: Promouvoir l’égalité des chances dans le domaine de la formation</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/initiative-des-bourses-d-etudes-promouvoir-l-egalite-des-chances-dans-le-domaine-de-la-formation</link><description>La formation est la ressource la plus importante de la Suisse. Il est essentiel d’en prendre soin, de le favoriser et de l’utiliser au mieux. C’est uniquement possible si chacun(e) a les mêmes chances de bénéficier d&#039;une formation postobligatoire. Aujourd’hui, le niveau individuel de formation dépend encore beaucoup trop de la situation socio-économique des parents. De ce fait, tout le monde ne dispose pas du même droit à accéder à une formation. Pour cette raison, les syndicats soutiennent l’initiative sur les bourses d’études. L’amélioration et l’harmonisation qu’elle propose encourageront l’égalité des chances et le droit de tous et toutes à la formation.</description><content:encoded><![CDATA[<p>La mise en œuvre des dispositions relatives aux aides à la formation professionnelle supérieure&nbsp; incombe aux cantons qui l’appliquent tous de manière différente. La Suisse se permet, à sa petite échelle, un absurde système fédéral de bourses d’études. Selon le canton où ils habitent, deux personnes peuvent obtenir un soutien totalement différent, alors que leur situation sociale est la même. L’harmonisation prévue par l’initiative s’impose donc absolument.
</p><p>L’initiative apporte un réel soutien aussi bien dans la formation universitaire que dans la formation gymnasiale et celle des études supérieures. Car en Suisse, l’inégalité des chances est extrême&nbsp;: </p><ul><li>Dans certaines branches assujetties à de bonnes CCT et/ou soutenues par des fonds en faveur de la formation professionnelle, les partenaires financent une grande partie de cette dernière pour leurs employé(e)s. Malheureusement, moins de la moitié des salarié(e)s de Suisse est assujettie à une convention collective de travail (CCT) et peu de CCT seulement prévoient explicitement un soutien à la formation professionnelle initiale ou supérieure.</li><li>Les hommes profitent deux fois plus (30&nbsp;%) que les femmes (14&nbsp;%) d’une formation de niveau supérieur. </li><li>Plus une personne a un revenu élevé, plus il est probable qu’elle effectuera une formation supérieure. Ceux et celles dont le revenu est faible sont surtout ceux et celles qui auraient le plus besoin d’aides financières à la formation, ne serait-ce que pour améliorer leurs chances sur le marché du travail.</li><li>Plus une entreprise est grande, plus les employé(e)s ont accès à des formations supérieures. Mais les petites et moyennes entreprises, les PME, étant prédominantes en Suisse. leurs employé(e)s devraient, elles aussi, avoir accès à des formations supérieures.</li></ul><p>Enfin, les bourses d’études sont aussi importantes pour l’&nbsp;»Apprentissage professionnel&nbsp;», système qui a fait ses preuves en Suisse&nbsp;: près de 20&nbsp;000 apprenti(e)s et diplômé(e)s d’écoles professionnelles à plein temps bénéficient de bourses d’études. Ces aides d'importances très variables sont en partie octroyées selon des critères peu clairs. Une harmonisation est indispensable dans ce domaine, afin que de jeunes apprenti(e)s ne renoncent pas à leur formation, pour des emplois moins qualifiés, même s’ils sont mieux rémunérés sur une courte période. 
</p><p>Pour nous, syndicats, il est clair que les bourses d’études favorisent l’égalité des chances. Elles permettent à tous ceux et toutes celles qui le souhaitent et en sont capables de bénéficier de la meilleure formation. C’est pourquoi nous disons OUI à un investissement ciblé en faveur de notre bien le plus précieux&nbsp;: «&nbsp;la formation&nbsp;», OUI à un investissement équilibré pour notre avenir, donc OUI à l'initiative sur les bourses d’études.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-145</guid><pubDate></pubDate><title>« De la crise… à la justice mondiale »</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/de-la-crise-a-la-justice-mondiale</link><description>Créée en 2006 et issue de la fusion de la CISL (syndicats libres), de la CMT (syndicats chrétiens) et de huit organisations nationales non affiliées, la Confédération Syndicale Internationale (CSI) compte désormais 312 organisations membres, dans 156 pays, avec un effectif total de membres cotisants de 176 millions. Son siège CSI se trouve à Bruxelles, avec des secrétariats régionaux à Lomé (Togo), à Amman (Jordanie), New-York, Moscou, Washington, Genève et Kowloon (Hong-Kong).</description><content:encoded><![CDATA[<p>Ces dernières années, la CSI est devenue un acteur incontournable auprès de nombreuses organisations internationale et participe désormais activement au G20. Elle s’est aussi engagée afin que l’OIT soit également partie prenante à ces processus. La fusion en une seule confédération a été de ce point de vue un succès et, désormais, les syndicats parlent d’une seule voix au niveau planétaire. 
</p><p>La CSI a tenu fin juin son deuxième congrès mondial à Vancouver, au Canada. La Suisse n’y était représentée que par l’USS, Travail.suisse n’étant pas membre de la CSI, bien que l’ayant été de la CMT. Les cinq jours de travail furent intensifs, avec en toile de fond la crise économique mondiale et les réponses que le mouvement syndical doit y apporter. Le thème du congrès était «&nbsp;De la crise… à la justice mondiale&nbsp;». La principale revendication de la CSI est la régulation des marchés financiers et la fermeture de l’économie de casino, en particulier grâce à l’instauration d’une taxe sur les transactions financières. Le congrès s’est aussi penché sur la plupart des thèmes qui mobilisent les syndicats de par le monde&nbsp;: respect des droits des travailleurs et travailleuses, des droits syndicaux et de négociation collective, travail décent, lutte contre la sous-enchère, contre le travail précaire, contre la discrimination, combat pour l’égalité des genres et les droits des femmes, défense des services publics, engagement pour la paix (en particulier au Proche-Orient) et la démocratie, mais aussi renouvellement de l’économie grâce aux technologies «&nbsp;vertes&nbsp;» et lutte contre les changements climatiques. 
</p><p>La création de la CSI, même si la confédération mondiale doit encore gagner en poids et en efficacité, a été une réponse adéquate du mouvement syndical à la mondialisation, En effet, que cela nous plaise ou non, celle-ci est en marche et, la plupart du temps, cette marche se fait aux dépens des intérêts des travailleuses et des travailleurs. Confrontés à des défis globaux, les syndicats doivent y apporter une réponse globale et tenter de parler d’une même voix face aux organisations internationales comme l’OIT, le FMI ou l’OMC. Ils doivent aussi se faire entendre des «&nbsp;clubs&nbsp;» tels que le G8 ou le G20, qui, même si on peut mettre leur légitimité en doute, n’en prennent pas moins des décisions ayant un impact majeur sur les salarié(e)s du monde entier. Pour cela, disposer d’une organisation unique représentant 176 millions de syndiqué(e)s est un atout de taille. Si elle n’est pas exemptes des lourdeurs que peut avoir une organisation d’une telle ampleur, la CSI s’est rapidement établie comme une organisation solide et crédible. Mais cet important outil n’est utile que si l’on s’en sert. Les syndicats suisses doivent donc prendre conscience de l’importance de cette organisation et participer activement à ses activités. 
</p><p>La congrès de la CSI a également donné l’occasion aux congressistes de participer à des actions militantes&nbsp;: Une manifestations a été organisée à l’occasion de la journée mondiale des services publics et le congrès a soutenu les travailleurs de l’hôtellerie de la ville de Vancouver, en pleine négociation collective. Les jeunes militant(e)s des organisations de la CSI se sont également rendus à l’aéroport pour soutenir les employé(e)s du loueur de voitures Hertz, en grève depuis quatre mois pour protester contre la précarisation de leurs emplois. Ils ont également récolté des signatures pour une pétition contre le travail des enfants (légal dès 12 ans dans certains États du Canada).&nbsp;&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-1</guid><pubDate></pubDate><title>1000 francs pour chaque famille et un taux de change de 1,40 pour 1 euro</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/1000-francs-pour-chaque-famille-et-un-taux-de-change-de-1-40-pour-1-euro</link><description>Cette année aussi, les effets de la crise économique et financière internationale tiendront la Suisse en haleine. La problématique de la surévaluation du franc n’a toujours pas trouvé de solution. Parallèlement, il s’agira de protéger notre sécurité sociale contre les offensives de la droite, et même de passer à la contre-offensive. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Pour cette année, l’Union syndicale suisse (USS) s’attend à une croissance zéro, un taux de chômage de 3,5 % et un recul de 0,4 % de l’indice suisse des prix à la consommation. Les raisons de ces perspectives sombres sont la forte surévaluation du franc, la mauvaise conjoncture à l’étranger et l’amenuisement du pouvoir d’achat en Suisse.
</p><p>Les ménages à bas ou moyens revenus souffrent plus de problèmes financiers. La fourchette des revenus s’est encore plus ouverte, comme le montre une première actualisation du rapport de l’USS à ce sujet. La politique fiscale de la Suisse renforce encore plus les inégalités à travers les primes individuelles de l’assurance-maladie et la baisse de l’impôt sur le revenu dont les hauts salaires ont profité.
</p><p>Les inégalités s’aggravent avec l’âge. S’y ajoute qu’aujourd’hui déjà, des personnes à la retraite ne sont guère en mesure de maintenir leur niveau de vie antérieur. Or, au lieu d’améliorations, ce sont des baisses de rentes qui menacent, jusqu’à 3200 francs par an pour un couple à revenu moyen (baisse du taux de conversion minimal, suppression de la compensation du renchérissement, relèvement de l’âge de la retraite des femmes).
</p><p>Nous avons la possibilité d’empêcher la deuxième récession en peu de temps qui nous menace et de mettre en place un équilibre plus juste en matière de revenus. L’USS pro-pose par conséquent les mesures suivantes :</p><ul><li>La BNS doit relever le taux plancher à 1,40 franc pour un euro. Cela réduira considé-rablement la pression sur les salaires et les emplois.</li><li>La Confédération doit renforcer le pouvoir d’achat. À cet effet, il faut utiliser le solde positif de 1,4 milliard des comptes de la Confédération et minimiser la réforme de l’imposition des entreprises II. Cela fournirait au pouvoir d’achat une impulsion de 1000 francs pour une famille de quatre personnes, soit 250 francs de revenu disponible supplémentaire par individu.</li><li>En Suisse, ce sont des salaires suisses qui doivent être versés. Les lacunes de ces der-nières sont à combler et il faut que les salaires, particulièrement menacés lors des nou-velles embauches, soient contrôlés de près.</li><li>Le Conseil fédéral et le Parlement doivent bloquer les baisses d’impôts pour les hauts revenus (réforme de l’imposition des familles II, épargne-logement), les entreprises (diminution générale de l’impôt sur les bénéfices, réforme de l’imposition des entre-prises III) et les banques (suppression du droit de timbre).</li></ul><p>Concernant les rentes, il faut une bonne fois que le mandat constitutionnel soit réalisé. Il prévoit qu’une fois l’âge de la retraite atteint, on doit pouvoir maintenir de manière ap-propriée son niveau de vie antérieur avec les rentes des 1<sup>er</sup> et 2<sup>e</sup> piliers. L’USS présentera, pendant le premier semestre 2012, des propositions à ce sujet et luttera contre toute baisse de rentes. </p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-144</guid><pubDate></pubDate><title>Les harmoniser, c’est renforcer l’égalité des chances</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/les-harmoniser-c-est-renforcer-l-egalite-des-chances</link><description>La formation est la principale, si ce n’est l’unique matière première de notre pays. Pour-tant, l’égalité des chances est loin d’y être atteinte et le niveau de formation acquis dépend bien souvent de celui des parents, ainsi que du contenu de leur porte-monnaie. Le droit à la formation n’est donc qu’un vœu pieu, malgré le fait qu’une absence de formation coûte très cher tant aux pouvoirs publics qu’aux assurances sociales. En effet, les personnes sans formation risquent beaucoup plus de se retrouver au chômage, de n’occuper que des emplois précaires, de ne pas avoir accès à la formation continue ou, carrément, de dépendre de l’aide sociale. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Les bourses sont un bon instrument pour instaurer l’égalité des chances. Elles permettent à tous ceux qui le souhaitent et le peuvent de choisir une formation sans tenir compte de leur revenu. Malheureusement, elles sont largement insuffisantes en Suisse. Il n’est pas rare que des jeunes renoncent à un apprentissage et lui préfèrent un emploi non qualifié, certes mieux payé, mais n’offrant guère de perspectives d’avenir. Quant aux étudiant(e)s des universités et hautes écoles spécialisées (HES), 90&nbsp;% doivent avoir un emploi en plus de leurs études, au risque de prolonger inutilement celles-ci, voire d’en compromettre le succès&nbsp;; cela, parce que les plans d’études sont devenus de plus en plus exigeants et qu’il est donc de moins en moins possible d’exercer une activité accessoire. 
</p><p>Un des responsables de cette mauvaise politique d’encouragement à la formation est le morcellement du système des bourses&nbsp;: chaque canton a son propre système, ce qui génère des inégalités de traitement injustifiables. Un étudiant ou une apprentie pourra bénéficier d’une bourse suffisante pour la simple raison qu’il ou elle habite dans un «&nbsp;bon&nbsp;» canton, alors que la même personne recevrait beaucoup moins à situation similaire si elle était domiciliée de l’autre côté de la frontière cantonale. À l’heure de l’unification des systèmes de formation et de la mobilité professionnelle, c’est absurde&nbsp;!
</p><p>L’union des étudiant-e-s de Suisse (UNES), qui représente les personnes étudiant dans les universités, les écoles polytechniques et les HES, a donc lancé une initiative populaire fédérale pour améliorer les bourses d’étude et harmoniser le système au niveau national. L’USS soutient cette initiative, car elle favorise l’égalité des chances et le droit à la formation. En outre, elle ne concerne pas uniquement les hautes écoles, mais aussi la formation post-obligatoire (apprentissage, école de maturité), sans oublier la formation professionnelle supérieure. 
</p><p>Des feuilles de signatures et des argumentaires détaillés se trouvent sur&nbsp;: 
</p><p><a href="http://www.bourses-etudes.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.bourses-etudes.ch</a></p><p><a href="http://www.stipendieninitiative.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.stipendieninitiative.ch</a></p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-720</guid><pubDate></pubDate><title>Discrimination salariale sous couvert de franc fort - Salaires vs euro : 1 à 0 !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/discrimination-salariale-sous-couvert-de-franc-fort-salaires-vs-euro-1-a-0</link><description>Récemment, plusieurs entreprises ont voulu reporter sur leurs salarié(e)s les effets de la surévaluation du franc par rapport à l’euro. Plusieurs méthodes ont été tentées : augmentation du temps de travail sans compensation, indexation automatique des salaires au cours de la monnaie ou versement du salaire en euros. L’entreprise Stöcklin de Bâle-Campagne s’y est essayée. Apparemment, c’est raté !</description><content:encoded><![CDATA[<p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Certaines des entreprises qui ont été tentées d’emprunter cette voie ne s’en sont prises qu’à leurs frontaliers et frontalières. Elles pensaient sans doute que cela passerait mieux auprès de la population… Selon elles en effet, la main-d’œuvre frontalière ne voit pas son pouvoir d’achat diminuer si elle touche un salaire indexé à la baisse ou versé en euros. Or, cette argumentation est fallacieuse pour trois raisons. </span></p><h3 class="Sous-titreSP"><span lang="FR">Valeur du travail, niveau de l’euro et pression sur les salaires</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Tout d’abord, quel que soit le taux de change franc/euro, la valeur du travail des frontaliers et frontalières reste la même que celle de leurs collègues résidant en Suisse. Il n’y a donc pas de raison de baisser leurs salaires. Ensuite, lorsque l’euro était au plus haut par rapport au franc et que le pouvoir d’achat de la main-d’œuvre frontalière en souffrait, personne n’a ne serait-ce qu’évoqué une hausse de leurs salaires pour suivre l’évolution du taux de change. Enfin, s’il était possible de baisser la rémunération des seuls frontaliers et frontalières, les personnes résidant en Suisse seraient confrontées à une forte pression sur leurs propres salaires. Elles n’auraient alors pas d’autre choix que de céder à la sous-enchère ou de perdre leur emploi. </span></p><h3 class="Sous-titreSP"><span lang="FR">Une pratique illégale</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">L’USS a toujours affirmé que ces pratiques soi-disant destinées à contrer la cherté du franc sont illégales, car elles reportent le risque économique sur les salarié(e)s, ce qui est interdit par le droit du contrat de travail. En outre, lorsqu’elles discriminent la main-d’œuvre frontalière ou issue de l’Union européenne (UE), elles violent l’Accord sur la libre circulation des personnes. Un tribunal bâlois vient de donner raison à la grande confédération syndicale. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">L’entreprise Stöcklin à Aesch (BL) avait licencié ses frontaliers qui refusaient une baisse de leur salaire de 6&nbsp;% liée au cours de l’euro. Le tribunal de district d’Arlesheim a considéré que ces congés-modification étaient abusifs. Il soutient ainsi l’argumentation de l’USS comme quoi il est interdit de discriminer les travailleurs et travailleuses ressortissants de l’UE, même de manière indirecte comme c’est le cas ici. Plusieurs professeurs de droit, dont la professeure Epiney de l’Université de Fribourg et le professeur Geiser de l’Université de Saint-Gall ont également défendu ce point de vue. Seules certaines organisations patronales bâloises ont protesté, en se fondant sur une interprétation pour le moins douteuse de la doctrine et de la jurisprudence, pourtant évidentes, liées à l’Accord sur la libre circulation des personnes, que propose le professeur Stöckli de l’Université de Bâle.</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Le cas Stöcklin ira très probablement en appel. Mais comme d’autres procédures judiciaires sont pendantes dans des cas similaires, il ne reste qu’à espérer que les autres tribunaux s’inspireront de cette jurisprudence aussi louable que raisonnable.</span></p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category><category>Politique monétaire</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-143</guid><pubDate></pubDate><title>Une hausse générale de salaire de 2à 3 % : c’est mérité, juste et nécessaire</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/une-hausse-generale-de-salaire-de-2a-3-c-est-merite-juste-et-necessaire</link><description>Pour 2011, les fédérations membres de l’USS demandent une hausse des salaires se si-tuant entre 2 et 3 %, soit au moins 150 francs dans la plupart des branches. Et elles com-battront aussi l’individualisation des salaires, car seuls les étages supérieurs en profitent. </description><content:encoded><![CDATA[<p>La grande majorité des salarié(e)s est restée sur sa faim après les dernières négociations salariales (de l’année&nbsp;2009 pour l’année courante 2010); dans certaines branches, comme l’artisanat du bâtiment (second œuvre), il n’y a pas eu un franc d’augmentation des salaires. Alors que la charge de travail est restée normale et que la pression au travail fut très forte. La crise et plus encore, l’angoisse de la crise ont joué leur rôle d’intimidation. En partie, elles ont aussi été utilisées de manière éhontée, comme en témoignent les nouveaux records atteints, en pleine crise, par l’augmentation sans limites des hauts et très hauts salaires.
</p><p>La situation bénéficiaire des entreprises, la productivité croissante et le retard des salaires rendent nécessaire une négociation salariale substantielle pour les salarié(e)s à bas et moyen revenus. Les organisations syndicales dominantes dans les branches, qui sont organisées dans l’Union syndicale suisse, revendiquent des augmentations de salaire générales de deux à trois pour cent. Cela correspond pour la majorité des salarié(e)s à une augmentation de 150 francs au moins.
</p><p>Cette fois, en contrepied de l’individualisation des salaires, souvent prônée par la partie patronale, et qui ne profite finalement qu’aux hauts et très hauts salaires, il faudra parvenir à un accord sur une augmentation générale. Le socle de l’augmentation unitaire de 150 francs est un instrument utile en ce sens. Les augmentations générales ne font pas que développer la justice salariale, mais traduisent aussi le fait que l’essentiel de la production économique se réalise sous l’égide de la coopération. 
</p><p>Dans le cadre de cet accord sur des augmentations générales, une priorité particulière doit être accordée à la hausse des salaires minimaux. Les salaires minimaux conventionnels ne font pas que jouer un rôle protecteur contre les pressions et la sous-enchère salariales; ils contribuent en même temps de manière essentielle à freiner l’inquiétante évolution en ciseaux des salaires, dont l’écartement va croissant. Avec le principe de l’augmentation générale, ils permettent de s’assurer que les gains ne se dirigent pas uniquement vers le haut de l’échelle. 
</p><p>Les accords salariaux contenant des augmentations générales et des salaires minimaux bloquant les pressions à la baisse représentent aussi l’apport relativement le plus efficace à la lutte contre les inégalités de salaires en raison du sexe pour un travail égal ou de valeur égale. L’inégalité salariale entre femmes et hommes en Suisse est et reste un scandale. Des progrès en matière de salaires minimaux sont d’autant plus urgents que les mesures prises sur une base volontaire, comme le dialogue sur l’égalité des salaires, semblent ne pas devoir véritablement progresser. 
</p><p>Une négociation salariale débouchant sur une augmentation générale et substantielle pour l’année prochaine, c’est aussi finalement, du point de vue économique, le meilleur et le plus fort coup de pouce que l’on puisse donner à la relance. Si à l’horizon&nbsp;2011, des augmentations de coûts menacent déjà — comme celle des primes de l’assurance-maladie, qui n’est concrètement formulée que tardivement, mais qui pèse lourdement sur le budget des ménages — les prochaines négociations salariales peuvent et doivent apporter non seulement formellement, mais aussi réellement, quelque chose de plus à la majorité des salarié(e)s. Car elles et ils le méritent.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-722</guid><pubDate></pubDate><title>Nouvel arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne: Les droits des salarié(e)s à nouveau restreints</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/nouvel-arret-de-la-cour-de-justice-de-l-union-europeenne-les-droits-des-salarie-e-s-a-nouveau-restreints</link><description>Avec ses désormais tristement célèbres arrêts Viking, Laval, Luxembourg ou Rüffert, la Cour de justice de l’Union européenne (CJE) a maintes fois donné la priorité aux libertés économiques sur les droits des salarié(e)s, en particulier la liberté syndicale, le droit de grève et la négociation collective. Avec le renvoi préjudiciel du 26 janvier 2012 dans la cause « Kücük » (affaire C-586/10), la CJE s’en prend cette fois aux règles qui régentent les contrats individuels de travail, en particulier les contrats à durée déterminée (CDD) et ouvre une brèche dans le droit du travail qui risque fort de dégrader encore plus la situation des travailleurs précaires.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Cette nouvelle décision de la CJE pourrait avoir pour conséquence de durcir les conditions auxquelles un CDD peut être transformé en contrat à durée indéterminée (CDI), respectivement de faciliter la tâche de l’employeur qui veut justifier le recours à des CDD en chaîne, même sur une longue période.
</p><h3 class="Sous-titreSP"><span lang="FR">13 CDD avec le même employeur ne font pas un CDI&nbsp;!</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Une travailleuse allemande qui avait enchaîné 13 CDD pendant 11 ans dans la même administration publique n’a pas pu obtenir la requalification de cette succession de contrats précaires en un seul CDI. Elle s’appuyait sur la directive 1999/70 CE concernant l’accord-cadre entre partenaires sociaux sur le travail à durée déterminée, une directive qui prescrit aux États-membres de prévenir les abus en cas de CDD successifs en les réputant conclus pour une durée indéterminée lorsqu’il n’existe aucune raison objective de les enchaîner (clause 5). Le droit interne allemand, qui met en œuvre cette directive, prévoit que le remplacement d’un autre travailleur (p. ex. en cas de congé-maladie ou maternité) constitue une «&nbsp;raison objective&nbsp;» autorisant le recours au CDD. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">En principe, la CJE considère qu’une succession de CDD est abusive si son objectif est de satisfaire un besoin en personnel permanent. Dans l’arrêt dit «&nbsp;Kücük&nbsp;» - du nom de la personne en litige avec son employeur, le Land de la Rhénanie-du-Nord – Westphalie -, la CJE estime cependant que, dans une administration ou une entreprise dont un grand nombre de collaborateurs doivent se faire régulièrement remplacer, il n’est pas abusif – donc, il est licite - d’engager une seule et même personne par des CDD en chaîne pendant une longue période&nbsp;; cela, du moment que, lors de chaque CDD, elle effectue un «&nbsp;remplacement&nbsp;». Exiger de l’employeur qui doit faire fréquemment recours à des remplaçants qu’il les engage en CDI irait ainsi au-delà des exigences de la directive européenne. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Cette décision pourrait concerner un grand nombre d’entreprises et d’administrations, en particulier les plus grandes d’entre elles. En effet, lorsque l’on emploie beaucoup de collaborateurs et collaboratrices, les besoins de remplacements «&nbsp;objectivement justifiés&nbsp;» sont nombreux. L’effet pourrait être encore plus dévastateur dans les branches à forte main-d’œuvre féminine comme, par exemple, la santé. </span></p><h3 class="Sous-titreSP"><span lang="FR">Quelle influence sur la Suisse&nbsp;?</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Même si la décision de la CJE ne porte pas sur un domaine du droit européen qui concerne la Suisse, il est toutefois à craindre qu’elle n’ait tout de même des conséquences pour notre pays. En droit suisse, le recours à des contrats à durée déterminée en chaîne est également abusif. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Chez nous, une succession de CDD doit, selon la doctrine juridique, être considérée comme un seul CDI lorsqu’il n’y a pas d’interruption entre les contrats (hormis pour cause de vacances, maladie, maternité, accident, obligation légale, pauses entre les CDD dues à la nature du travail temporaire). Le Tribunal fédéral (TF) est cependant plus conciliant, en particulier avec la location de services. Il considère, par exemple, que, pour qu’il y ait un abus de contrats temporaires en chaîne, il faut que le travailleur concerné ait effectué la même mission dans la même entreprise et que les éventuelles interruptions entre les missions intérimaires n’aient été que de très courte durée (quelques semaines au maximum). Selon la haute cour, le législateur a sciemment voulu donner une certaine «&nbsp;souplesse&nbsp;» aux employeurs, qui justifie, selon lui, une moindre protection des travailleurs et travailleuses intérimaires, même si elle admet que leur situation est précaire (ATF 117 V 248). La nouvelle jurisprudence européenne risque malheureusement d’encourager le TF à poursuivre dans cette voie d’une interprétation large de la licéité des contrats en chaîne. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Du point de vue des salarié(e)s, il est très important d’éviter l’enchaînement de CDD, en particulier dans l’intérim. En effet, dans bien des cas, les travailleurs et travailleuses temporaires ne bénéficient pas des mêmes avantages sociaux que leurs collègues engagés de manière indéterminée. Cela concerne en particulier la couverture par les assurances sociales, le paiement du salaire en cas de maladie, les délais de congé ou l’accès à la formation continue. Heureusement, la nouvelle CCT du travail temporaire, entrée en vigueur au début de l’année, améliore la situation matérielle des travailleurs et travailleuses temporaires, même si celle-ci reste précaire de par la nature de la relation contractuelle existante.</span></p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>International</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-149</guid><pubDate></pubDate><title>Le Tribunal fédéral met les points sur les i</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-tribunal-federal-met-les-points-sur-les-i</link><description>Le Tribunal fédéral (TF) vient de confirmer une décision du Secrétariat d’État à l’économie, le SECO, interdisant le travail de nuit dans les officines (ou « shops ») de stations-service pour des activités relevant du commerce de détail (en particulier la nourriture), même si du personnel est présent pour la vente de carburant et la petite res-tauration. Il faut saluer cette décision, qui met un frein à la libéralisation rampante des ouvertures des commerces et des horaires de travail. </description><content:encoded><![CDATA[<p>L’arrêt du TF&nbsp;a aussi le mérite de rappeler les principes qui régissent les exceptions à l’interdiction d’employer du personnel la nuit. Ces exceptions ne sont possibles que pour des raisons économiques impérieuses et ne sont pas justifiables par un vague «&nbsp;besoin des consommateurs&nbsp;», la «&nbsp;demande du marché&nbsp;» ou la présence de personnel assigné à d’autres tâches (p. ex. la vente de carburant) pendant la nuit. Le TF a tapé sur le clou et rappelé que le travail de nuit est néfaste pour la santé, la vie sociale et familiale des travailleurs et travailleuses concernés, autant d’intérêts publics que l’on ne saurait sacrifier à l’intérêt privé de ceux qui souhaitent consommer n’importe quoi n’importe quand. Les exceptions à l’interdiction du travail de nuit ne doivent donc être admises qu’exceptionnellement et de manière restrictive. Le TF a également rappelé à juste titre qu’il est parfaitement possible de ne compter que sur les heures d’ouverture existantes pour se procurer les produits de consommation courante.
</p><p>Mais la lutte pour empêcher une libéralisation totale des horaires d’ouverture des commerces est loin d’être finie. En effet, les partisans de la loi de la jungle en matière d’horaires de travail ont passé à l’offensive au Parlement fédéral. Le libéral-radical genevois Christian Lüscher, piloté par l’association zurichoise «&nbsp;IG Freiheit&nbsp;», a en effet déposé une initiative parlementaire visant à libéraliser totalement les heures d’ouverture des officines de stations-service, une initiative qui sera traitée en commission à fin août. Pour la deuxième fois, on tentera donc d’imposer à l’ensemble du pays les vues d’une minorité de consommateurs zurichois. Car les stations-services concernées se trouvent toutes dans le canton de Zurich et, à ce jour, aucune tentative d’élargir les horaires n’a été signalée ailleurs. Un précédent avait eu lieu lors de la libéralisation du travail dominical dans les grandes gares, elle aussi partie de Zurich suite à un refus du TF de laisser les commerces de sa gare centrale vendre n’importe quoi le dimanche. 
</p><p>Le parallèle avec les ouvertures dominicales dans les grandes gares ne s’arrête d’ailleurs pas là&nbsp;: la libéralisation des horaires des officines de stations-service fait partie de la stratégie du saucisson visant à faire avaler par petites tranches fines à la population une libéralisation totale du travail nocturne et dominical à laquelle elle s’est maintes fois opposée dans les urnes. Entre ces deux tranches, il y avait encore eu la possibilité pour les cantons d’autoriser le travail dominical dans tous les commerces jusqu’à quatre dimanches supplémentaires par an, possibilité qu’ont d’ailleurs refusée de nombreux cantons, dans les parlements ou dans les urnes, lors de victoires référendaires des syndicats. 
</p><p>Il est enfin piquant de constater que, le jour de la publication de l’arrêt du TF, c’était la compagnie pétrolière BP, exploitante des stations-service zurichoises concernées, qui montait au créneau pour se plaindre d’un jugement qu’elle considère «&nbsp;contraire au bon sens&nbsp;». Pour une entreprise engluée jusqu’au cou dans une marrée noire provoquée par des manquements aux prescriptions de sécurité, il fallait oser&nbsp;!
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Protection de la santé et sécurité au travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-721</guid><pubDate></pubDate><title>Encore plus d’inégalités ? Pas question !</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/encore-plus-d-inegalites-pas-question</link><description>L’Union syndicale suisse (USS) rejette l’initiative sur l’épargne-logement. Acceptée, cette initiative serait d’abord synonyme d’avantages au profit des nanti(e)s. Sous l’angle de la répartition des revenus et de la fortune, ce serait en effet précisément favoriser la mauvaise tendance de ces dernières années : plus pour celles et ceux d’en-haut et moins pour tous les autres. </description><content:encoded><![CDATA[<p>« Ces dix à quinze dernières années, ce sont les hauts et très hauts revenus qui ont été les profiteurs, tant en ce qui concerne le revenu des salaires que celui de la fortune. » Ces propos se trouvent au début du rapport de l’USS sur la répartition des revenus et de la fortune[1]. Et quelques lignes plus loin : « La politique a accentué cette répartition inégali-taire. Elle a travaillé pour la classe supérieure. La politique fiscale et la politique en matière de taxes ont allégé en particulier la charge des fortunes et des revenus les plus importants. »
</p><h3>Des subventions pour les riches</h3><p>Une politique responsable consisterait donc à corriger cette réalité. Dans les faits cependant, la tendance risque de se maintenir à travers des projets de redistribution fiscale du même tabac. Ainsi, le 11 mars prochain, nous voterons au sujet de l’initiative sur l’épargne-logement, une initiative qui entend favoriser encore plus, via des allégements fiscaux, l’accumulation de fonds propres destinés à l’acquisition d’une habitation à usage personnel. Il s’agirait ainsi de permettre la déduction du revenu imposable de l’épargne-logement réalisée en vue de l’acquisition d’un premier logement à usage personnel. Chaque année il serait possible de déduire 15 000 francs (le double pour les couples) du revenu imposable. L’initiative prévoit en plus d’autres avantages fiscaux pour des mesures visant à économiser l’énergie et à protéger l’environnement.
</p><h3>Du sable, et non pas de l’huile</h3><p>Si cette initiative passait le cap des urnes, les inégalités s’accroîtraient encore plus. Car une chose est acquise, concernant cette initiative : seuls les revenus élevés profiteraient de ces mesures d’épargne-logement. Autrement dit, l’initiative est de l’huile dans les rouages d’un programme qui va creuser encore plus les inégalités, alors que c’est du sable nous devons y verser. Donc, le 11 mars, nous dirons NON à l’initiative sur l’épargne-logement.
</p><hr><p>[1] « SGB-Verteilungsbericht » (en allemand, avec un résumé en français), p. 7, Dossier de l’USS N° 77/2011.</p>]]></content:encoded><category>Économie</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-146</guid><pubDate></pubDate><title>Plus de 50 jours de grève !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/plus-de-50-jours-de-greve</link><description>Depuis le 8 juillet activement, soutenu par le Syndicat suisse des services publics, le ssp, le personnel d’ISS Aviation (nettoyage d’avions) de l’aéroport de Genève est en grève. Il se bat contre la dénonciation de la convention collective de travail (CCT) et une baisse massive des salaires. Aujourd’hui, le ssp appelle à la grève le 2 septembre .</description><content:encoded><![CDATA[<p>Pour certaines catégories du personnel, ISS veut imposer des baisses de près de 25&nbsp;% (&nbsp;!). Et cela, pour des salaires qui ne permettent de toute façon guère de vivre dans un endroit aussi cher que Genève. Un exemple&nbsp;: selon les dispositions de la CCT dénoncée, une nettoyeuse peut arriver, après vingt ans d’activité, à un salaire maximum de 4847,75 francs. Et ce montant devrait être encore abaissé à 3550 francs. Socialement, c’est purement et simplement une insulte et une attaque contre la dignité des travailleuses et travailleurs
</p><p>Pas étonnant, par conséquent, que les grévistes tiennent le coup et se trouvent maintenant presque à leur cinquantième jour de grève. Si aucune brèche n’a pu être ouverte à ce jour, c’est sans doute parce que la majorité du personnel n’est pas en grève. Cette dernière gène certes les activités d’ISS, mais sans parvenir à les paralyser. Or, Jacqueline*, une des grévistes, affirme clairement que «&nbsp;La plupart des personnes qui continuent à travailler se solidarisent en secret avec nous, nous soutiennent et nous remercient aussi pour notre engagement, mais déclarent ne pas être en mesure, elles-mêmes, de faire grève.&nbsp;» Que le refus de travailler soit plutôt douloureux pour ISS, cela apparaît aussi dans le fait qu’elle a commencé à placer des annonces dans divers journaux romands afin d’y présenter «&nbsp;sa&nbsp;» vérité fortement aménagée.
</p><p>Pire encore&nbsp;: ce dumping salarial est favorisé par l’État de Genève, l’«&nbsp;autorité concédante&nbsp;». La société Aéroport international de Genève (AIG), qui est présidée par le président du gouvernement cantonal, le radical François Longchamp, est tenue de veiller à ce que les salaires versés à l’aéroport soient corrects. Or, en lieu et place de cela, AIG s’est opposée aux grévistes. Entre temps, des négociations entre le ssp et le gouvernement ont eu lieu. On saura dans quelques jours si elles auront été fructueuses. 
</p><p> Le ssp et l’USS demandent au gouvernement genevois de mettre de toute urgence un terme à cette politique de démolition. Il n’est quand même pas possible qu’un gouvernement (sa majorité) veuille décréter des salaires de misère pour sa propre population. 
</p><p>&nbsp;</p><p><i>*&nbsp;Nom fictif, personne connue de la rédaction. </i></p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-723</guid><pubDate></pubDate><title>Votation du 11 mars 2012 : initiative « 6 semaines de vacances pour tous » - Nous l’avons bien mérité !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/votation-du-11-mars-2012-initiative-6-semaines-de-vacances-pour-tous-nous-l-avons-bien-merite</link><description>Le 11 mars 2012, nous voterons entre autres sur l’initiative « 6 semaines de vacances pour tous ». Après des années de maximisation des profits aux dépens des travailleurs et travailleuses, l’heure est enfin venue qu’ils profitent aussi quelque peu des fruits de leur travail. C’est pourquoi il faut dire OUI à six semaines de vacances pour tout le monde.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les profits ont été à la hausse pour les étages supéripeurs, mais celles et ceux d’en bas n’en ont pas vu grand-chose. Cette image pourrait «&nbsp;résumer&nbsp;» ce qui s’est passé ces dernières années. Uniquement entre 1992 et 2007, la productivité a crû de plus de 20 pour cent, alors que les salaires réels stagnaient pratiquement (croissance de moins de 5&nbsp;%).
</p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">La hausse de la productivité n’a donc pas profité à celles et ceux qui en sPont les auteurs. Les bénéfices des entreprises ont en revanche explosé. Et les managers se sont réservé les meilleurs morceaux sous forme de bonus, les actionnaires encaissant, pour leur part, de juteux dividendes. Avec l’initiative pour plus de vacances, nous pourrons récupérer un petit peu de ce dont les patrons nous ont privés ces dernières années. </span></p><h3 class="Sous-titreSP"><span lang="FR">Des heures supplémentaires équivalant à 100&nbsp;000 emplois supplémentaires</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Nous travaillons toujours plus. Non seulement on produit plus en Suisse par heure que dans tout le reste de la planète, mais la durée hebdomadaire du travail y est aussi la plus longue de toute l’Europe, soit de 44 heures en moyenne, contre 41 en Autriche, 40 en Allemagne et 37 en France. Pour la seule année 2010, les personnes occupées à temps plein ont effectué tellement d’heures supplémentaires que 100&nbsp;000 emplois auraient pu être créés. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Et en matière de vacances ainsi que de jours fériés, les salarié(e)s de Suisse se font gruger. Alors que ces jours sont au nombre de 40 par an en Finlande et de 38 en Autriche, ils ne sont que 29 en Suisse. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">L’initiative pour plus de vacances permettra aux travailleurs et travailleuses de ce pays de récupérer et de se reposer aussi longtemps que dans le reste de l’Europe. </span></p><h3 class="Sous-titreSP"><span lang="FR">Le stress rend malade et coûte cher</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Pour les salarié(e)s de Suisse, la seule chose à constamment augmenter, c’est le stress et les dommages qu’il cause à la santé. Et c’est cher&nbsp;! Cher pour les personnes concernées et pour notre économie. Dix milliards de francs, selon l’étude du SECO sur le stress&nbsp;!</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Comme pratiquement personne ne peut échapper à la pression croissante qui s’exerce sur le lieu de travail, une meilleure protection légale s’impose, par exemple en augmentant la durée des vacances. </span></p><h3 class="Sous-titreSP"><span lang="FR">D’abord cinq semaines pour tout le monde, puis six</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Si l’initiative est acceptée, la sixième semaine de vacances ne sera pas immédiatement introduite. En effet, ce sont cinq semaines qui le seront. Ensuite, un jour de vacances sera ajouté chaque année. Ainsi, cinq ans plus tard, tous les travailleurs et toutes les travailleuses de Suisse auront droit à six semaines de vacances.&nbsp; </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Les coûts entraînés par la semaine supplémentaire sont d’ores et déjà couverts par la hausse de la productivité et le seront aussi par le recul des frais engendrés par le stress.</span></p>]]></content:encoded><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-147</guid><pubDate></pubDate><title>Si les profiteurs paient des cotisations normales, l’assurance sera assainie</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/si-les-profiteurs-paient-des-cotisations-normales-l-assurance-sera-assainie</link><description>L’assurance-chômage recevrait 600 millions de recettes supplémentaires si les profiteurs payaient des cotisations sur la totalité de leurs salaires. Et les déficits de cette assurance disparaîtraient. Mais le Conseil fédéral et le Parlement veulent qu’un maçon ne reçoive plus que 1900 francs une fois tombé au chômage. Ils veulent aussi reporter les coûts sur les cantons et les communes. Un NON s’impose plus que jamais le 26 septembre prochain !</description><content:encoded><![CDATA[<p>La semaine passée, le Secrétariat d’État à l’économie, le SECO, a dû reconnaître que si les hauts revenus payaient proportionnellement autant de cotisations à l’assurance-chômage que les salarié(e)s «&nbsp;normaux&nbsp;», les recettes et les dépenses de cette dernière seraient équilibrées. Aujourd’hui, les parts de salaire supérieures à 126&nbsp;000 francs ne paient pas ces cotisations. Monsieur Brady Dougan ne paie ainsi que 2520 francs de cotisations à l’assurance-chômage. Si ce plafond tombait, cette dernière aurait 600 millions de recettes supplémentaires. En son temps, pendant les délibérations parlementaires, le SECO parlait d’un peu plus de 400 millions. Raison pour laquelle, le déplafonnement des cotisations n’a pas été sérieusement examiné par le Parlement, lors de la révision de la loi sur l’assurance-chômage (LACI). Cela, alors qu’il va de soi dans les assurances sociales suisses que sont l’AVS et l’AI. 
</p><p>Qu’il s’agisse désormais de 600 millions de francs change totalement la donne. Même la conseillère aux États zurichoise Verena Dieter, coprésidente du comité pour le «&nbsp;oui&nbsp;» à cette révision, a déclaré, dans l’Aargauer Zeitung que les débats du Parlement auraient peut-être pris une autre tournure si les parlementaires avaient eu les bons chiffres. Et elle veut en parler à son comité pour savoir s’il ne faudrait pas intervenir aux Chambres pour demander que les hauts revenus contribuent plus à l’assurance-chômage. Bref, la 4e révision de cette dernière est mort-née. 
</p><h3>Des pertes énormes </h3><p>La révision de la LACI aura des effets négatifs pour une grande partie de la population. Presque la moitié des personnes entre 20 et 64 ans n’ont pas d’obligations familiales envers des enfants. Si le démantèlement des prestations a lieu, ces personnes devront attendre beaucoup plus longtemps pour toucher des indemnités de chômage. Un maçon de 55 ans, dont les enfants ont quitté la maison et qui touche un salaire mensuel d’environ 5000 francs par mois, ne recevra plus que 1900 francs s’il tombe au chômage. Il a versé plus de 20&nbsp;000 francs de cotisations à l’assurance-chômage pendant sa vie professionnelle et maintenant, il est contraint de demander l’aide sociale. Et tant pis pour le principe d’assurance que la révision devait pourtant renforcer. Les jeunes, les moins jeunes, ainsi que les femmes qui reviennent dans le monde du travail ou les personnes qui veulent retravailler après une maladie ou un accident seront punis par une baisse des prestations (moins d’indemnités journalières). Et celles et ceux qui vivent dans des régions où le chômage fait des ravages se retrouveront plus rapidement en fin de droit. 
</p><h3>Pas d’économies en vue, mais un transfert des coûts</h3><p>Ce que la majorité de droite du Parlement a décidé n’est pas seulement injuste, c’est même une pseudo-solution. De fait, ce que l’assurance-chômage économiserait serait en réalité reporté sur les cantons et les communes… qui devraient, tôt ou tard, augmenter leurs impôts. Les partisans de cette révision se gardent bien de le dire&nbsp;! Cette dernière coûterait en effet presque 100 francs par contribuable. Et les personnes à l’AVS devraient également passer à la caisse, alors qu’elles n’ont plus besoin d’assurance-chômage. 
</p><p>Pour l’USS, il est clair que cette révision injuste doit être rejetée. Ce dont nous avons besoin ici, c’est d’un financement juste. Un financement auquel les profiteurs de ces dernières années doivent contribuer sur la totalité de leurs salaires.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Assurance-chômage</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-724</guid><pubDate></pubDate><title>Votation du 11 mars 2012 : prix unique du livre - Une vraie concurrence, en lieu et place d’idéologie néolibérale</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/votation-du-11-mars-2012-prix-unique-du-livre-une-vraie-concurrence-en-lieu-et-place-d-ideologie-neoliberale</link><description>Pour les représentant(e)s de la droite, il serait à proprement parler politiquement suicidaire de s’engager contre un objet de votation dont l’acceptation par le peuple permettra de protéger environ 400 PME de Suisse et de remettre au pas la concurrence sauvage à laquelle s’adonnent quelques grands groupes. Or, c’est précisément là ce qui est en train de se passer dans le cadre de la campagne de votation sur la réintroduction du prix unique du livre. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Le prix unique du livre a fait ses preuves des décennies durant. Tous nos voisins le pratiquent. Il a permis de maintenir une production diversifiée, de niveau élevé et à des prix raisonnables. Grâce à lui aussi, les librairies peuvent jouer leur rôle de lieux comme lieu de rendez-vous culturels offrant un vaste choix d’ouvrages de toutes sortes. Et cela, pas uniquement dans les grandes villes. Seul le prix unique, appliqué de manière générale, permet d’utiliser les bénéfices faits avec la vente de bestsellers pour abaisser le prix d’ouvrages moins demandés, mais importants. Ainsi, les livres spécialisés et les manuels deviennent d’un prix abordable pour tout le monde.
</p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Malgré ces avantages, le prix unique du livre a été supprimé en Suisse il y a quelques années&nbsp;; cela, pour des raisons purement idéologiques. À l’époque en effet, il était de bon ton de supprimer tous les garde-fous possibles posés au capitalisme sauvage, afin de laisser le champ totalement libre aux super-spéculateurs, aux jongleurs de la finance et autres «&nbsp;prédateurs&nbsp;» de l’économie. Et cela, ça s’appelait «&nbsp;libéraliser&nbsp;». Les conséquences sont connues. Sur les marchés libéralisés de l’électricité, les prix se sont mis à grimper et la sécurité de l’approvisionnement à disparaître. Dans les transports autrefois publics libéralisés et privatisés, la qualité a baissé et les prix sont montés. Largement «&nbsp;libéré&nbsp;» de toutes règles, le monde de la finance nous a conduits, après l’éclatement de diverses super-bulles, à un accident économique majeur qui a coûté et coûte encore aux contribuables du monde entier des centaines et des milliers de milliards de francs, de dollars et d’euros ainsi que des millions d’emplois.</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Cette évolution négative, le Parlement suisse a voulu la stopper en réintroduisant, pendant qu’il était encore temps, le prix unique du libre. Dans la branche du livre, la concurrence ne devrait pas se faire à travers les prix et, donc, les salaires et les emplois. En matière de services, la concurrence était et reste demandée. Elle concerne l’assortiment proposé, les délais de livraison, les conseils donnés, les connaissances spécialisées du personnel et sa gentillesse. Dans tous ces domaines, les libraires et les éditeurs doivent se montrer aptes à innover. Et, pour apaiser les craintes des consommateurs et consommatrices d’être confrontés à des prix pas corrects fixés par des monopoles, la nouvelle loi qui réintroduit le prix unique du livre attribue au Surveillant des prix des compétences élargies. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">C’est contre cette loi qu’Ex Libris a saisi le référendum et embauché les organisations de jeunesse de la droite. Ces opposants au prix unique du livre se dressent ainsi contre les PME locales que sont les librairies et les maisons d’édition, dont la quasi-totalité soutient la nouvelle loi avec les salarié(e)s et les organisations représentatives des consommateurs et consommatrices. Les Jeunesses de la droite se mettent ainsi du côté des discounters comme Ex Libris, la filiale de la Migros, et Weltbild. Pour elles, ce ne serait pas un problème si, à l’avenir, on ne pouvait plus acheter de livres que sur internet ou si l’on était contraint de choisir ses lectures dans l’assortiment réduit des grandes surfaces et des kiosques. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Que quelques libraires «&nbsp;indépendants&nbsp;» soient opposés au prix unique, parce qu’ils se sentent empêchés de prouver leur «&nbsp;aptitude à innover&nbsp;» en pratiquant un dumping sur les prix et en versant des salaires non conformes à ceux de la convention collective de travail, cela plaide uniquement pour la loi sur le prix unique du livre et nous incite à lui dire OUI le 11 mars prochain.</span></p>]]></content:encoded><category>Économie</category><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-148</guid><pubDate></pubDate><title>Genève offre des tests gratuits</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/geneve-offre-des-tests-gratuits</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Des années durant, l’Union syndicale suisse (USS) a stigmatisé la diffusion excessive de tests d’aptitude coûteux destinés aux candidats apprenti(e)s, comme le «&nbsp;multicheck&nbsp;» ou le «&nbsp;basic-check&nbsp;» Sans oublier le sommet peu ragoûtant désormais atteint à ce chapitre&nbsp;: des cours de préparation - eux aussi onéreux&nbsp;! - à ces tests, !&nbsp;Depuis l’éclatement de la crise des places d’apprentissage dans les années 1990, les entreprises formatrices de tout le pays exigent ces tests des (futurs) apprenti(e)s qui doivent s’en acquitter eux-mêmes ou à travers leurs parents. 
</p><p>Comme l’introduction de normes de formation dans toutes les écoles obligatoires des cantons va se faire attendre encore longtemps, le canton de Genève a pris les devants. À partir de l’automne 2010, il offre pour la première fois, dans sa <i>Cité des métiers et de la formation, </i>un test assisté par ordinateur pour l’évaluation des connaissances en français et en mathématiques acquises durant la scolarité obligatoire. Et ce test est gratuit&nbsp;! Un exemple à suivre.
</p><p>&nbsp;</p><h3>Attestation fédérale de formation&nbsp;:&nbsp; une formation judicieuse… qui peut faire mieux</h3><p>Dans la période qui a précédé l’entrée en vigueur de la loi sur la formation professionnelle le 1<sup>er</sup> janvier 2004, on a beaucoup discuté – dans les syndicats aussi – de la nouvelle formation professionnelle en deux ans avec attestation fédérale, qui était appelée à remplacer la formation élémentaire. On dispose aujourd’hui de plusieurs évaluations de cette innovation. La plus récente a été réalisée par l’idheap (Institut de hautes études en administration publique) de Lausanne sur mandat de l’Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie. Le bilan qu’elle dresse confirme aussi les résultats des études antérieures, ainsi que l’opinion dominante au sein de l’Union syndicale suisse (USS) selon laquelle l’introduction de cette nouvelle formation en deux ans n’est pas une concurrence pour les autres qui débouchent, après trois ou quatre ans, sur un certificat fédéral de capacité (CFC). Le niveau de la formation professionnelle initiale a donc été globalement rehaussé. Le groupe visé par le législateur pour cette nouvelle formation, les personnes socialement défavorisées, a donc été atteint. 
</p><p>La perméabilité entre les formations en deux ans et celles qui mènent à un CFC (passage de la première formation à la deuxième, mais raccourcie) est bien là. Mais 20&nbsp;% seulement en font usage, un pourcentage qui doit augmenter, car la formation avec CFC permet de passer à la formation professionnelle supérieure. 
</p><p>L’encadrement individuel spécialisé prévu par le législateur sur la pression des syndicats s’est aussi avéré efficace. Mais seule la moitié des apprenti(e)s en ont profité. Il appartient aux cantons ainsi qu’aux écoles professionnelles de concrétiser ce mandat, pour celles-ci en organisant leurs cours de soutien de sorte que les apprenti(e)s en formation de deux ans avec attestation fédérale puissent aussi y participer. 
</p><p>Quant à elles, les nouvelles du marché du travail sont moins bonnes. Les jeunes ayant effectué une telle formation en deux ans rencontrent de grandes difficultés pour trouver un travail correspondant à leurs acquis. Des efforts redoublés sont nécessaires ici, mais sûrement pas dans le sens d’une réduction de la durée d’indemnisation des jeunes par l’assurance-chômage&nbsp;!</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-725</guid><pubDate></pubDate><title>Hausse exagérée des tarifs des CFF: Le désendettement rapide du rail s’impose</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/hausse-exageree-des-tarifs-des-cff-le-desendettement-rapide-du-rail-s-impose</link><description>Contre toute raison en matière de transports, les tarifs des CFF vont augmenter dans une mesure exagérée dès décembre 2012. La raison principale en est les nouveaux prix des sillons calculés par la Confédération. Ce n’est donc pas le renchérissement général qui est en cause ici, mais la mauvaise politique qui a été suivie. Si la Suisse veut rester un modèle dans ce domaine, nous ne devons pas alourdir la charge financière des chemins de fer, mais alléger leurs dettes.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Cette hausse des tarifs des CFF ne surprend pas. Avec le nouveau «&nbsp;Financement et aménagement de l’infrastructure ferroviaire&nbsp;» (FAIF), le Conseil fédéral a annoncé une hausse des prix du sillon[1]. Et la première tranche de 200 millions de francs à cet effet devra être versée en 2013 déjà, puis une nouvelle suivra. S’il est vrai que les entreprises de chemins de fer ne répercuteront pas, à en croire l’Union des transports publics (UTP), la totalité des coûts supplémentaires, ce qui représenterait une hausse de 9&nbsp;%, les 5,6&nbsp;% annoncés sont trop élevés et largement supérieurs au renchérissement. Les abonnements généraux renchériront en effet de 6,3 à 8,1&nbsp;% et l’abonnement demi-tarif pour trois ans de 15&nbsp;% même. Or, ce sont précisément les usagers et usagères les plus fidèles qui seront les plus touchés. Mais il y a pire&nbsp;: nous voyons dans ces hausses le début d’une spirale des prix qui, jusqu’à la fin de la décennie, conduira à des augmentations se montant à 20&nbsp;% en tout.
</p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Il faut donc redresser la barre, sinon le modèle des chemins de fer suisses sera menacé. De fait, si prendre le train devient un luxe, les gens reviendront progressivement à l’automobile. En outre, les hausses des tarifs ne sont d’aucune utilité pour le personnel des chemins de fer. On lui demandera même d’être encore plus productif, à cause de la nouvelle pression sur les coûts que la Confédération fera subir aux entreprises de chemins de fer. Ici aussi, les citrons tant évoqués ont été fortement pressés ces dernières années et la grogne du personnel fidèle de ces entreprises va sans doute s’accentuer. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">D’un point de vue économique et écologique, le rail est un des moyens de transport les plus efficaces. Grâce à son développement - demandé à maintes reprises par le peuple dans les urnes, ces dernières décennies -, il a atteint une productivité exemplaire. Les Suisses et les Suissesses sont, en raison d’une offre étoffée, passés en grand nombre de la route au rail. Et cette tendance ne doit pas être stoppée, mais encouragée. En d’autres termes, nous devons faire avancer comme prévu le développement de l’infrastructure ferroviaire et garantir l’entretien de celle-ci. Or, ces dernières années, cet entretien a été éhontément négligé pour des raisons financières. C’est pourquoi le Conseil fédéral veut, selon son message sur le FAIF, financer tous les nouveaux investissements par un fonds unique et de manière durable, parce que non limitée dans le temps. C’est juste. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Ce qui, par contre, ne l’est pas, c’est que, dès le départ, à cause d’une politique financière erronée, on accorde à ce fonds une marge de manœuvre bien trop faible. Des prix du sillon plus élevés au profit de la caisse fédérale et le report de 8 milliards de dettes –provenant du prêt fait à l’ancien Fonds des grands projets ferroviaires (FTP) destiné aux investissements d’importance (Rail 2000, nouvelle ligne ferroviaire à travers les Alpes) – sont des sabots de frein qui font obstacle à une politique sensée de l’infrastructure ferroviaire. Une conséquence en est l’actuelle hausse des tarifs. Les 8 milliards de dettes qui devront être remboursés à partir de 2019 grèveront chaque année les comptes du rail de près d’un milliard de francs. La deuxième conséquence est que la première étape d’aménagement, jusqu’en 2025, est trop prudente, car dotée dc 3,5 milliards de francs seulement. Ainsi, les besoins réels, environ 40 milliards, ne pourront jamais être couverts. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Depuis deux ans, l’Union syndicale suisse (USS) et le Syndicat du personnel des transports (SEV) demandent instamment à la Confédération de biffer les dettes accumulées, une demande qu’ils ont sans cesse réitérée en rapport avec le FAIF. Le rail est un service public auquel tout le monde doit pouvoir accéder à des prix abordables. Les investissements à effectuer dans ce domaine ne se calculent pas uniquement d’un point de vue économique, car ils sont également nécessaires d’un point de vue énergétique et climatique. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Le message sur le FAIF se trouve maintenant au Conseil des États. À ce dernier de décider comme il se doit, puisqu’il en a la possibilité.</span></p><div><hr><p> [1] Itinéraire d’un train, défini dans le temps et l’espace.</p><div id="ftn1"><p><span lang="FR"></span></p></div></div>]]></content:encoded><category>Transports</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-136</guid><pubDate></pubDate><title>Un démantèlement pur et simple que le Souverain n’avalera jamais</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/un-demantelement-pur-et-simple-que-le-souverain-n-avalera-jamais</link><description>Il y a lieu de craindre que le Parlement adoptera, lors de sa session automnale, une 11e révision de l’AVS qui aboutira à une offensive massive contre le niveau des rentes. En ce qui concerne la retraite anticipée, la soi-disant solution présentée est insuffisamment sociale. À l’unanimité, le Comité de l’USS a décidé de saisir le référendum contre pareille révision.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Selon cette révision, si le fonds de l’AVS est inférieur à 70&nbsp;% des dépenses annuelles, les rentes ne seront plus adaptées selon l’indice mixte que si celui-ci atteint 4&nbsp;%. C’est là, d’un point de vue purement mathématique, une offensive massive contre le niveau des rentes.
</p><h3>Des rentes en grand danger</h3><p>L’actuel rythme bisannuel d’indexation des rentes disparaîtrait donc. Et celles-ci seraient, encore plus qu’aujourd’hui, à la traîne de l’évolution des prix et des salaires. La commission du Conseil national propose en outre, comme le Conseil des États, que si le niveau du fonds est inférieur à 44&nbsp;% (50&nbsp;% même pour la minorité UDC), l’indexation ne se fasse pas du tout. Selon la révision en son état actuel, la Confédération ne devra chercher de nouvelles recettes que lorsque l’indexation aura été stoppée. Les 5&nbsp;% des actuelles cotisations prévus à cet effet (donc de 8,82&nbsp;%) représentent des pour-mille en termes de recettes et ne seraient de ce fait guère suffisants. Et même&nbsp;! Il faudrait prendre bien avant des mesures en matière de cotisations. Comme le fonds de l’AVS devra donner 5 milliards de francs au nouveau fonds de l’AI, à titre de capital de départ, et que les 7 milliards de l’or de la Banque nationale ne seront peut-être pas pris en compte, on risque d’assister à une baisse mathématique accélérée du niveau d’un fonds AVS aujourd’hui bien fourni. 
</p><p>Bref, la remise en cause de l’indexation des rentes telle qu’elle est pratiquée à ce jour constitue bel et bien une grossière offensive contre le niveau des rentes. 
</p><h3>Une flexibilité bidon</h3><p>Cette révision prévoit aussi un relèvement à 65 ans de l’âge de la retraite des femmes. Une économie de 800 millions de francs. Pour l’USS, il a toujours été clair que ce relèvement ne peut être accepté que si la totalité du montant économisé est affectée à des mesures destinées à atténuer les effets sociaux entraînés par une anticipation de la rente. Or, seulement 400 millions sont prévus et même, pour une période limitée à 10 ans. Le Parlement et le Conseil fédéral brisent de ce fait une nouvelle fois la promesse qu’ils n’ont cessé de faire d’une retraite anticipée sociale. De ces 400 millions ne profiteraient en effet que les revenus se situant entre 40&nbsp;000 et 61&nbsp;500 francs. En cas d’anticipation de la rente, la rente AVS des personnes touchant de tels revenus serait un tout peu moins réduite, mais resterait toujours bien trop faible. Mesurée à l’aune des vrais besoins d’une retraite anticipée flanquée de mesures vraiment sociales, cette solution n’est qu’une solution bidon.
</p><h3>Le référendum sera saisi si…</h3><p>Le 1er septembre, le Comité de l’USS a décidé à l’unanimité de saisir le référendum contre cette révision sauf, bien sûr, si le Parlement devait procéder à des modifications substantielles durant sa session d’automne.</p>]]></content:encoded><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-137</guid><pubDate></pubDate><title>Des services de qualité dans tout le pays, des emplois sûrs et des prix équitables</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/des-services-de-qualite-dans-tout-le-pays-des-emplois-surs-et-des-prix-equitables</link><description>Même si elle a été refroidie lors des délibérations de la commission du Conseil national responsable de ce dossier, economiesuisse, incapable de la moindre flexibilité, maintient sa ligne : la libéralisation totale de la Poste ; ce qui met en danger un approvisionnement performant en services postaux, des emplois sûrs et des prix équitables. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Lors de la session d’automne, le Conseil national abordera la révision totale de la législation postale. L’enjeu primordial est une libéralisation brusquée de l’approvisionnement en services postaux. Contre l’avis de son département, le gouvernement veut cette libéralisation et le Conseil des États l’a adoptée avec une majorité d’une seule voix, après des délibérations superficielles. La Commission du National propose maintenant, après un examen minutieux et aussi à une courte majorité, d’y renoncer, sa minorité cédant à la pression massive de la faîtière de l’économie, economiesuisse, qui entend offrir les opérations postales lucratives à des entreprises privées. Or, plus de libéralisation égale des prix plus chers, des emplois moins sûrs et un approvisionnement moins bon du pays en services postaux. Raisons pour lesquelles les syndicats lui sont opposés. Mais les régions de montagne, les organisations des consommateurs et consommatrices ainsi que les petites et moyennes entreprises mettent également en garde contre d’inutiles expérimentations. Le National serait bien avisé de suivre la majorité de sa commission.
</p><h3>Bénéfices pour les entreprises privées et régions périphériques pour la Poste…</h3><p>Un sondage réalisé en 2009 par l’institut gfs montre que la population s’identifie fortement à la Poste et souligne l’importance d’un réseau d’approvisionnement couvrant l’ensemble du territoire national. La Poste est aimée parce qu’elle approvisionne précisément l’ensemble du pays&nbsp;; cela, avec ponctualité et fiabilité. La révision de la législation postale en cours prévoit des coupes totalement inutiles. De plus, une libéralisation accentuerait encore plus la pression exercée, pour «&nbsp;cause&nbsp;» de coûts, sur la densité du réseau des offices postaux et la qualité de l’approvisionnement. Propriété de la Confédération, la Poste a, en matière d’efficience, réalisé depuis très longtemps ce que l’on demande d’elle et ses bénéfices sont conséquents depuis des années, ce qui facilite ses investissements pour l’avenir et allège d’autant la caisse fédérale, donc le porte-monnaie des contribuables. 
</p><p>S’appuyant sur une étude de complaisance, economiesuisse dénigre les prestations de pointe de la Poste, alors que, concernant les prix et la fiabilité de la Poste, des études plus indépendantes et, de ce fait, plus fiables, réalisées par l’autorité de régulation postale classent la Suisse dans les premiers rangs en comparaison européenne. L’offensive menée par la faîtière de l’économie est transparente&nbsp;: elle vise à privatiser aussi rapidement que possible une part des bénéfices de cette entreprise aux mains de la Confédération. Elle veut réserver aux entreprises privées les meilleures parts du gâteau, à savoir&nbsp;: les affaires réalisées dans les agglomérations et laisser à la Poste l’approvisionnement onéreux des régions périphériques du pays. Cela signifie que les prestations se dégraderont et/ou renchériront globalement. On peut regarder cela sous l’angle que l’on veut, le maintien du monopole résiduel du courrier postal est la garantie financièrement la plus avantageuse d’un service universel de qualité supérieure. Les exemples étrangers nous le montrent aussi. On y voit que la libéralisation a diminué la densité des réseaux d’offices postaux et fait bondir les prix payés par les clients privés et l’économie. 
</p><h3>Maintenir des emplois corrects</h3><p>Pour les syndicats, l’accentuation de la pression exercée sur les salaires et les conditions de travail entraînée par les libéralisations est alarmante. L’Allemagne a ainsi dû décréter un salaire minimum pour la poste parce que les prestataires privés de services postaux voulaient verser des salaires nettement inférieurs au minimum vital. L’obligation légale prévue pour tous ces prestataires privés de négocier une convention collective de travail (CCT) s’impose donc. Mais il serait encore mieux que la Poste suisse – comme aujourd’hui le personnel de la Confédération – soit obligée de conclure une CCT. En outre, une CCT de force obligatoire dans cette branche est nécessaire pour juguler la sous-enchère salariale. Si la loi n’en est pas garante, les futures luttes syndicales sont d’ores et déjà programmées. 
</p><p>En résumé, il n’y aucune raison de privatiser partiellement la Poste. Celle-ci a un mandat constitutionnel d’approvisionnement public en services postaux. Elle le remplit de manière remarquable en tant qu’entreprise aux mains de la Confédération. Une participation d’entreprises privées à ses bénéfices est absurde. Également en ce qui concerne une PostFinance plus lucrative encore. C’est pourquoi celle-ci doit rester dans sa totalité propriété d’une Poste – elle, aux mains de la Confédération – qui doit lui garantir une assise financière solide. 
</p><h3>Initiative «&nbsp;Pour une poste forte&nbsp;» </h3><p>Le Syndicat de la Communication vient de déposer à la Chancellerie fédérale son initiative «&nbsp;Pour une poste forte&nbsp;» munie de plus de 110&nbsp;000 signatures. La récolte de ces dernières a pu être stoppée après cinq mois seulement, sinon elles auraient sans doute été au nombre de 200&nbsp;000. C’est là un message clair à l’intention du Parlement. La population veut une poste forte, propriété de la Confédération et présente dans les villages et les quartiers de villes de tout le pays. Elle doit aussi garantir, à des prix avantageux, l’actuel approvisionnement de qualité en services de paiement. Ce que permettra le monopole résiduel du courrier postal et une PostFinance, respectivement une banque postale, propriété de la Poste. Le Parlement ferait bien de prendre au sérieux ces revendications qui vont de soi concernant des réalités qui ont fait leurs preuves à ce jour. Sinon le peuple tranchera.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Poste</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-138</guid><pubDate></pubDate><title>Pour plus de richesse intérieure </title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/pour-plus-de-richesse-interieure</link><description>À partir du 27 septembre, le Conseil national sera la première Chambre à traiter de l’initiative populaire « jeunesse + musique ». Les deux fédérations de l’Union syndicale suisse (USS) que sont l’Union suisse des artistes musiciens (USDAM) et la Société suisse de pédagogie musicale (SSPM) ont activement participé à la récolte des signatures. L’USS soutient donc cette initiative.</description><content:encoded><![CDATA[<p>La formation musicale est une véritable richesse pour la jeunesse. Une activité musicale stimule en effet le développement et les compétences des enfants et des jeunes. Malheureusement, l’enseignement de la musique manque souvent de moyens. Ce sont les familles des jeunes qui souhaitent apprendre un instrument ou jouer dans un orchestre et les enseignant(e)s de musique qui en supportent les conséquences&nbsp;: dans de nombreuses communes, les tarifs des écoles de musique sont prohibitifs pour les familles modestes et de la classe moyenne et les conditions de travail et de salaire des enseignant(e)s sont médiocres, voire carrément mauvaises. Souvent, ces derniers n’ont qu’une charge d’enseignement insuffisante, ce qui accentue la précarité de leur situation professionnelle (travail atypique, chômage fréquent, lacunes d’assurances sociales), une précarité que connaissent d’ailleurs de nombreux artistes. 
</p><p>L’initiative populaire «&nbsp;jeunesse + musique&nbsp;» souhaite que la formation musicale acquière une plus grande importance dans le système éducatif. Il s’agit notamment d’encourager l’enseignement de la musique à l’école obligatoire et de mieux soutenir les écoles de musique. Le Conseil fédéral, peu sensible aux qualités d’un bon enseignement de la musique et aux difficultés des professionnels de cette branche, recommande de la rejeter. 
</p><p>Quant à elle, logiquement, l’USS la soutient. Il est en effet nécessaire d’encourager la formation musicale des jeunes et d’améliorer les conditions de travail des enseignant(e)s de musique. 
</p><p>Pour plus d’informations à ce sujet&nbsp;:&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  <a href="http://www.musikinitiative.ch/page/index.php?lang=F" target="_blank" rel="noreferrer">www.musikinitiative.ch/page/index.php</a></p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-727</guid><pubDate></pubDate><title>Journée d’action européenne pour l’emploi et la justice sociale:  Halte au dumping salarial ! Pour une responsabilité solidaire immédiate !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/journee-d-action-europeenne-pour-l-emploi-et-la-justice-sociale-halte-au-dumping-salarial-pour-une-responsabilite-solidaire-immediate</link><description>Durant la crise financière, les États européens ont déversé des milliards par torrents afin de sauver les banques. Maintenant, partout en Europe, les salarié(e)s et les retraité(e)s sont priés de régler la facture. La Confédération syndicale européenne (CSE) combat cette politique désastreuse, entre autres par une journée d’action le 29 février.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Le prochain sommet de l’Union européenne (UE), les 1<sup>er</sup> et 2 mars, prendra des décisions d’une grande portée pour les salarié(e)s. À l’ordre du jour, de nouveaux et brutaux programmes d’austérité qui accroîtront encore plus le chômage. Ce dernier a déjà atteint un record, avec 23,5 millions de chômeurs et chômeuses dans toute l’UE. En outre, les décisions prévues s’en prendront aussi aux salaires et à la sécurité sociale des travailleurs et travailleuses. L’autonomie contractuelle des partenaires sociaux est également en partie menacée. Seule lueur dans ce long tunnel ténébreux, l’introduction, ou le durcissement, de la responsabilité solidaire est envisagée. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Dans la perspective de ce nouveau serrage de vis, la CES a appelé à des journées d’action dans toute l’Europe sous le mot d’ordre&nbsp;: «&nbsp;Trop c’est trop&nbsp;! Des alternatives existent. Pour l’emploi et la justice sociale.&nbsp;» Cet appel a été entendu. Dans presque tous les États européens, les syndicats manifesteront contre une politique d’austérité aveugle et pour des solutions socialement adéquates à la crise de la dette (euro-obligations et reformulation du mandat de la Banque centrale européenne). En Suisse aussi, nous manifesterons. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Les syndicats européens avancent d’autres mesures concrètes comme l’amélioration de la protection contre le dumping salarial et la responsabilité sociale des entreprises dans la chaîne de la sous-traitance. Cette responsabilité doit permettre de stopper la pratique de plus en plus courante, en Suisse aussi, qui voit des entreprises générales déléguer une partie de leur mandat à des entreprises sous-traitantes qui se contrefichent du respect des conditions de travail stipulées par les CCT. Les syndicats suisses passeront à l’action, tout au moins symboliquement, contre ce retour au capitalisme sauvage lors de cette journée européenne. Le 29 février, Unia, soutenu par d’autres syndicats de l’USS, organisera trois actions sur des chantiers à Lausanne, Lugano et Berne, avec pour mot d’ordre: Halte au dumping salarial&nbsp;! Pour une responsabilité solidaire immédiate&nbsp;! </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Des informations supplémentaires concernant la journée d’action européenne se trouvent à cette adresse&nbsp;: <a href="http://www.etuc.org/fr" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.etuc.org/fr</a></span></p>]]></content:encoded><category>International</category><category>Salaires et CCT</category><category>Mesures d’accompagnement / libre circulation des personnes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-139</guid><pubDate></pubDate><title>Si elle n’est pas déjà morte, c’est devant le peuple qu’elle mourra</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/si-elle-n-est-pas-deja-morte-c-est-devant-le-peuple-qu-elle-mourra</link><description>Cette fois, l’Association suisse d’assurances (ASA) avait poussé le bouchon un peu trop loin. En effet, si elle a réussi à faire honorer sa « liste de mariage » par la commission du Conseil national, elle a aussi provoqué la création d’une alliance inhabituelle qui, avec son « Non, pas comme ça ! », vient sans doute de donner l’estocade à la révision de la loi sur l’assurance-accidents (LAA).</description><content:encoded><![CDATA[<p>Si l’Union suisse des arts et métiers (USAM) et l’Union syndicale suisse (USS) ainsi que la Société suisse des entrepreneurs (SSE) et le syndicat Unia demandent ensemble le renvoi au Conseil fédéral du projet de révision de la LAA – sinon, ils saisiront ensemble le référendum -, c’est très certainement qu’une offensive brutale a été lancée contre les intérêts communs des partenaires sociaux.
</p><p>Et c’est bien le cas. Concernant cette révision, l’ASA était parvenue, jusqu’au stade de la commission parlementaire chargée de l’examen préalable pour le Conseil national, à couper massivement dans l’actuelle assurance-accidents et, de ce fait, à s’attaquer à la SUVA (CNA), une institution gérée par les partenaires sociaux. D’une part, l’ASA a obtenu que le gain maximal assuré soit abaissé de 126&nbsp;000 francs à environ 100&nbsp;000. Conséquence&nbsp;: une augmentation de 2&nbsp;% des primes de l’assurance de base. En effet, la baisse des recettes de celle-ci serait plus élevée que les économies réalisées dans les prestations. Tant les employeur(e)s que les travailleurs et travailleuses verraient ainsi leur charge s’alourdir. Simultanément, une nouvelle charge s’imposerait&nbsp;: des assurances complémentaires pour les cadres. 
</p><p>D’un autre côté, les assureurs privés ont réussi à faire passer le degré d’invalidité minimal de 10 à 20&nbsp;%. Conséquence&nbsp;: en particulier, les travailleurs et travailleuses manuels dont le salaire est diminué de moins de 20&nbsp;% suite à un accident ne seraient plus couverts par l’assurance (voir notre exemple ci-contre). 
</p><p>Pour sa part, l’affaiblissement de la SUVA aurait eu pour effet que le vaste programme de prévention des accidents mis en œuvre par elle serait menacé.
</p><p>À l’occasion d’une conférence de presse commune, le 31 août, les partenaires sociaux ont clairement fait savoir qu’ils n’accepteraient pas de céder à cette offensive culottée dirigée contre une assurance sociale. Ils estiment que le projet de révision doit être retourné à son expéditeur, le Conseil fédéral. Sinon, les arts et métiers saisiront le référendum avec les syndicats. L’offensive des assureurs est absurde. C’est en effet uniquement à cause de leur cupidité qu’il faudrait inutilement dégrader une assurance dont le financement est le meilleur qui soit et dont le fonctionnement s’avère excellent. 
</p><p>La gauche et les vert(e)s du Parlement ont toujours rejeté cette révision. Dans les groupes parlementaires de la droite, les cartes ont ainsi été redistribuées avant les débats aux Chambres. Et l’ASA a laissé entendre qu’elle n’aurait jamais voulu aller aussi loin. Bref, on peut partir de l’idée que la raison sociale s’imposera et que cet objet prendra la bonne direction, celle de la corbeille à papier. 
</p><h3>Que signifie un degré d’invalidité de 20&nbsp;%&nbsp;?</h3><p>Jacques (39 ans) est menuisier. Son salaire annuel se monte à 72&nbsp;000 francs. Un jour, il se blesse lourdement au travail en se coupant le poignet avec une scie sur table. La guérison se fait attendre et, finalement, le poignet doit être renforcé. Jacques est alors contraint d’exercer une activité physiquement moins difficile, mais moins bien payée. Il en résulte pour lui une perte de salaire de 19&nbsp;% due à cet accident (Fr. 13&nbsp;680.- par an), qui est couverte aujourd’hui par l’assurance-accidents via une rente. Calculé jusqu’à l’âge de 65 ans, le dommage se monte à environ 260&nbsp;000 francs.
</p><p>Selon la volonté de la commission, Jacques ne toucherait plus de rente du tout, mais devrait demander à l’assurance responsabilité de son employeur la compensation de sa perte de salaire. Conséquence probable&nbsp;: une longue et pénible dispute juridique entre Jacques et son employeur&nbsp;; cela, au détriment d’une rapide réinsertion sur le lieu de travail.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Assurance-accidents</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-728</guid><pubDate></pubDate><title>Protection de la maternité: Le temps de travail doit être rémunéré. Même lorsque l’on allaite !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/protection-de-la-maternite-le-temps-de-travail-doit-etre-remunere-meme-lorsque-l-on-allaite</link><description>Le Conseil national va se prononcer pendant la session qui vient de commencer au sujet de la ratification de la convention n° 183 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur la protection de la maternité, suite à une initiative parlementaire due à la socialiste Liliane-Maury-Pasquier (GE).</description><content:encoded><![CDATA[<p>La Chambre du peuple se prononcera aussi sur une petite modification de l’article 35a de la loi sur le travail (LTr), que cette ratification rendrait nécessaire. Bien que petite, c ette modification n’en est pas moins importante du point de vue de la santé publique comme de l’égalité entre femmes et hommes. En effet, elle traite du paiement du salaire lors de l’allaitement sur le lieu de travail. La majorité de la commission de la santé et de la sécurité sociale (CSSS) propose au plénum de ratifier la convention n°&nbsp;183 et d’accepter la modification de la l’article 35a LTr. L’USS se réjouit de cette proposition et la soutient.
</p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Actuellement, le temps consacré à l’allaitement sur le lieu de travail est considéré par la loi comme du temps de travail<span lang="FR">[1]</span></span>. Mais que ce temps doive être rémunéré ou pas n’est pas clair. À ce sujet, la loi est de fait muette. Une nouvelle jurisprudence a montré que cette absence de règles pose un problème réel&nbsp;: un tribunal genevois a ainsi récemment débouté une travailleuse qui demandait le paiement du temps de travail consacré à l’allaitement.<b></b>La CSSS propose donc, pour garantir la sécurité juridique, de modifier l’article 35a LTr, l’ordonnance devant définir la durée d’allaitement sur le lieu de travail donnant droit à un salaire. </p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Cette proposition est aussi une très bonne nouvelle pour la cause de l’égalité. Elle soutient concrètement les mères qui travaillent et élimine une discrimination salariale. En effet, la possibilité d’avoir du « temps de travail non rémunéré » pour allaiter ne concerne évidemment que les femmes. Cette proposition n’aura par conséquent qu’un impact marginal sur les charges salariales, car cela ne correspond qu’à une durée très réduite. Les montants en jeu le seront donc également. Le litige genevois portait, par exemple, sur quelques centaines de francs seulement. Et il faut ajouter qu’en pratique, de très nombreux employeurs versent déjà un salaire pour le temps consacré à l’allaitement. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">En outre, il convient enfin de saluer le principe de la ratification de la convention n° 183 de l’OIT sur la protection de la maternité. En effet, cette convention donne une assise internationale à de nombreuses mesures de protection des femmes enceintes et des mères qui travaillent, telles que l’assurance-maternité, la protection contre le licenciement pendant et après la grossesse, l’interdiction de discrimination, la protection de la santé et, bien sûr, des mesures en faveur de l’allaitement. La Suisse, qui souhaite jouer à l’avenir un rôle important au sein de l’OIT, se doit de montrer qu’elle soutient ses normes et ratifie ses conventions qui apportent des réponses aux problèmes actuels du monde du travail, même s’il faut pour cela procéder à des adaptations de sa propre législation. En l’espèce, l’adaptation nécessaire est mineure, car notre législation remplit déjà la quasi-totalité des conditions de la convention. Enfin, un refus de la Suisse d’encourager la protection de la maternité au niveau international serait incohérent par rapport à sa stratégie de défense des droits humains et une telle décision ne serait certainement pas comprise par ses partenaires.</span></p><h3 class="Titre2eSPgras"><span lang="FR">Encadré&nbsp;: Le Conseil fédéral soutient les pauses d’allaitement</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Le Conseil fédéral soutient la ratification de la convention n°&nbsp;183 et le fait que les pauses d’allaitement soient rémunérées. Dans sa prise de position du 22 février 2012, il confirme que cela n’aurait qu’un impact mineur sur l’économie. Il estime cependant que la modification de la LTr n’est pas nécessaire et qu’une adaptation d’ordonnance suffit à la sécurité juridique. Il prévoit donc de mettre prochainement un projet en consultation.</span></p><div><hr><div id="ftn1"><p><span lang="FR"><span lang="FR">[1]</span></span> Art. 35a al. 2 LTr, art. 60 OLT 1.</p></div></div>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category><category>Égalité des sexes</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-133</guid><pubDate></pubDate><title>Quand le Conseil fédéral ménage les hauts et très hauts revenus</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/quand-le-conseil-federal-menage-les-hauts-et-tres-hauts-revenus</link><description>La révision de la loi sur l’assurance-chômage (LACI) mérite purement et simplement de faire naufrage le 26 septembre prochain. Le financement de cette assurance est injuste et les baisses de ses prestations seraient douloureuses. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Les réactions de la population au référendum lancé contre la révision de la&nbsp; LACI montrent avant tout une chose&nbsp;: les gens ne comprennent pas que les profiteurs et les gros salaires, comme Messieurs Brady Dougan et Daniel Vasella, ne paient que 2520 francs par an de cotisations à l’assurance-chômage, alors que ce sont eux, les profiteurs de ces dernières années. Des profiteurs qui ont même détruit des emplois aux dépens de la communauté, au lieu d’en créer. La proposition d’assainir cette assurance en déplafonnant les cotisations – aujourd’hui perçues jusqu’à 126&nbsp;000 francs seulement – est très bien accueillie dans la population. 
</p><p>Qui plus est&nbsp;: la coprésidente du comité en faveur du «&nbsp;oui&nbsp;», la conseillère aux États Verena Diener, se demande tout à coup s’il ne faudrait pas faire plus cotiser les hauts revenus. Car de nouveaux calculs ont fait apparaître que si des cotisations étaient payées sur la totalité des salaires – comme pour l’AVS ou l’AI -, les recettes supplémentaires correspondraient pratiquement aux économies prévues avec le démantèlement des prestations. Lors des débats parlementaires, les représentant(e)s des syndicats et la gauche ont exigé, mais en vain, cette participation plus marquée des hauts revenus au financement de l’assurance-chômage.
</p><p>C’est tricher sur la marchandise que de prétendre que le pour-cent de solidarité comblerait cette différence. Ce pour-cent ne sera perçu que sur les parts de salaire se situant entre 126&nbsp;000 et 315&nbsp;000 francs. Et sur une période limitée dans le temps, c’est-à-dire jusqu’à ce que l’assurance-chômage se soit désendettée. 
</p><p>Les conséquences du démantèlement des prestations sont précisément minimisées. Or, elles seront dures, comme le montre l’exemple de l’installateur sanitaire marié dont les enfants sont sortis du nid&nbsp;: de son salaire mensuel de 5000 francs, il tombera, le premier mois, à 1900 francs d’indemnités journalières de chômage. Comment un ménage pourrait-il supporter pareille baisse&nbsp;? Les indemnités journalières seraient sans doute presque totalement mangées par le loyer et les primes des caisses-maladie…
</p><p>Des personnes touchées seront donc contraintes de demander l’aide sociale, alors que, des années durant, elles ont payé des dizaines de milliers de francs de cotisations à l’assurance-chômage. Même le Secrétariat d’État à l’économie le reconnaît. Il table sur des dépenses supplémentaires d’aide sociale à hauteur de 100 millions de francs.
</p><p>En résumé, le Conseil fédéral mène la population par le bout du nez lorsqu’il prétend qu’il est nécessaire de démanteler l’assurance-chômage et que son projet est équilibré. Il a, de fait, sciemment renoncé à faire plus participer les très hauts revenus à l’assainissement de cette assurance. Au contraire, il n’a, une fois de plus, demandé que le minimum à ces derniers et le démantèlement annoncé se fera aux dépens des bas et moyens revenus, ceux et celles qui souffrent plus fréquemment que les autres du chômage&nbsp;!
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Assurance-chômage</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-134</guid><pubDate></pubDate><title>2009 fut une bonne année</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/2009-fut-une-bonne-annee</link><description>À la différence de 2008, 2009 a été une bonne année pour les syndicats suisses sous l’angle de l’évolution des membres. Les effectifs de l’Union syndicale suisse (USS) ont progressé de 2,4 %. Pour la première fois de son histoire, elle compte plus de 100 000 femmes dans ses rangs. Travail.Suisse a aussi progressé, de 1,3 %. Et le taux de syndicalisation en Suisse s’est remis à augmenter depuis 2002.</description><content:encoded><![CDATA[<p>À fin 2009, l’USS, de loin la plus importante organisation syndicale faitière de Suisse, comptait exactement 377&nbsp;327 membres, soit exactement 8901 de plus qu’en 2008 (2,4&nbsp;%). Ainsi, pour la première fois depuis 2005, ses effectifs ont recommencé à progresser.
</p><p>Pour une grande part, cette hausse est à porter au crédit du SIT, qui est devenu membre associé de l’USS. Mais on constate aussi qu’en comparaison avec 2008, un plus grand nombre de fédérations de l’USS sont parvenues à augmenter leurs effectifs.
</p><p>Pour la première fois depuis sa création il y a quatre ans, Unia a pu - légèrement&nbsp;: + 12 - augmenter ses effectifs. Six autres fédérations de l’USS (ssp, AvenirSocial, SSM, USDAM, SBKV, New Wood) sont parvenues à augmenter les leurs, contre trois l’an dernier. La plupart des huit autres membres de l’USS ont pu freiner le recul de leurs effectifs par rapport à 2008. Le SEV annonce une hausse du nombre de ses membres actifs en 2009. Ses projets de développement et la défense résolue des intérêts de ses membres commencent donc à porter leurs fruits. Cette évolution est particulièrement réjouissante, car, lors des crises précédentes, les syndicats avaient toujours enregistré plus de démissions que d’adhésions en raison des suppressions d’emplois et d’une orientation professionnelle instable
</p><h3>Femmes&nbsp;: l’USS franchit la bare des 100&nbsp;000</h3><p>Fin 2009, l’USS comptait 101&nbsp;071 femmes dans ses rangs, franchissant pour la première fois le seuil des 100&nbsp;000. Elle a donc atteint un objectif qu’elle s’était fixé elle-même il y a quatre ans. Il est toutefois vrai que la part des femmes (26,8&nbsp;%) ne correspond de loin pas encore à celle de leur volume de travail. Le graphique ci-après montre cette progression constante de la part des femmes au sein de l’USS.
</p><p><b>Les femmes au sein de l’USS</b></p><h3>Les membres de Travail.Suisse </h3><p>Travail.Suisse, qui compte toujours 12 organisations affiliées, a gagné 2138 membres en 2009 (1,3&nbsp;%). Hotel&amp;Gastro Union a enregistré une hausse importante de plus de 3800 membres (21,7&nbsp;%), ayant accueilli une organisation autrefois autonome (personnel des boulangeries-pâtisseries de Suisse alémanique et du Tessin). Employé Suisse a clairement progressé aussi (5,7&nbsp;%). Après deux années (2006 et 2007) de croissance vigoureuse, SYNA a perdu des membres en 2008 et 2009. Cette évolution inhabituelle, en dents de scie très prononcées, s’explique par un recrutement systématique de membres à des conditions d’adhésion très avantageuses, des membres qui, une fois ces conditions supprimées, quittent souvent le syndicat.
</p><h3>Autres organisations</h3><p>Les effectifs totaux des dix organisations n’appartenant à aucune faîtière ont légèrement augmenté (835 unités)&nbsp;; cela sans prendre en compte le SIT qui a rejoint l’USS. Huit d’entre elles ont vu leurs effectifs augmenter, dont les deux importants SEC Suisse et LCH. Pour la première fois depuis 2003, SEC Suisse a vu ses effectifs à nouveau augmenter, alors que LCH tourne depuis cinq ans autour de la barre des 50&nbsp;000 membres. 
</p><p>Pour la première fois depuis 2003, le total des effectifs ici recensés a, à nouveau, progressé par rapport à l’année précédente, quoique dans une moindre mesure (env. 500). Le taux de syndicalisation<a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1210_Ackermann_Effectifs-syndicaux.docx#_ftn1" target="_blank" name="_ftnref1">[1]</a> a, lui aussi, légèrement augmenté&nbsp;; cela pour la première fois depuis 2002. Ainsi, en 2009, 22,1&nbsp;% de la population professionnellement active appartenaient à un syndicat, contre 21,9 % en 2008.
</p><p><b>Tableau 1&nbsp;:</b></p><p>Personnes syndiquées en Suisse, de 2003 à 2009 (dans les fédérations recensées) et taux approximatif de syndicalisation</p><table class="contenttable"><thead><tr><th scope="col">Syndiqué de&nbsp;</th><th scope="col">2002</th><th scope="col">2003</th><th scope="col">2004</th><th scope="col">2005</th><th scope="col">2006</th><th scope="col">2007</th><th scope="col">2008</th><th>2009</th></tr></thead><tbody><tr><td><b>USS</b></td><td><p><span>384&nbsp;691 </span></p><p><span>(17)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>393&nbsp;128 </span></p><p><span>(18)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>383&nbsp;236 </span></p><p><span>(16)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>384&nbsp;816 </span></p><p><span>(16)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>379&nbsp;956 </span></p><p><span>(17)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>374&nbsp;001</span></p><p><span>(17)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>368&nbsp;426 </span></p><p><span>(16)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>377&nbsp;327</span></p><p><span>(16)</span></p></td></tr><tr><td><b>Travail.Suisse</b></td><td><p><span>166&nbsp;808 </span></p><p><span>(13)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>164&nbsp;195 </span></p><p><span>(12)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>161&nbsp;418 </span></p><p><span>(12)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>161&nbsp;667</span></p><p><span>(12)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>162&nbsp;283 </span></p><p><span>(10)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>167&nbsp;299</span></p><p><span>(12)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>161&nbsp;200 </span></p><p><span>(12)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>164&nbsp;406</span></p><p><span>(12)</span></p></td></tr><tr><td><b>Autres Organisation</b></td><td><p><span>226&nbsp;298 </span></p><p><span>(10)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>224&nbsp;371 </span></p><p><span>(10)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>225&nbsp;832</span></p><p><span> (10)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>223&nbsp;509 </span></p><p><span>(10)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>225&nbsp;024 </span></p><p><span>(11)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>225&nbsp;708</span></p><p><span>(11)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>222&nbsp;547 </span></p><p><span>(11)</span>&nbsp;</p></td><td><p><span>211&nbsp;994</span></p><p><span>(10)</span></p></td></tr><tr><td rowspan="1"><b>Total</b></td><td rowspan="1"><p><span>777&nbsp;797 </span></p><p><span>(40)</span></p></td><td rowspan="1"><p><span>781&nbsp;694 </span></p><p><span>(40)</span></p></td><td rowspan="1"><p><span>770&nbsp;486 </span></p><p><span>(38)</span></p></td><td rowspan="1"><p><span>769&nbsp;992 </span></p><p><span>(38)</span></p></td><td rowspan="1"><p><span>767&nbsp;263 </span></p><p><span>(38)</span></p></td><td rowspan="1"><p><span>767&nbsp;008 </span></p><p><span>(40)</span></p></td><td rowspan="1"><p><span>752&nbsp;173 </span></p><p><span>(39)</span></p></td><td><p><span>753&nbsp;727</span></p><p><span>(38)</span></p></td></tr><tr><td><b>Taux des syndicalisation</b></td><td><span>25&nbsp;%</span></td><td><span>24,9&nbsp;%</span></td><td><span>24,7&nbsp;%</span></td><td><span>24,6&nbsp;%</span></td><td><span>24,0&nbsp;%</span></td><td><span>22,9&nbsp;%</span></td><td><span>21,9&nbsp;%</span></td><td><span>22,1 %</span></td></tr></tbody></table><h3>Bonnes nouvelles romandes</h3><p>Concernant la présence de la Suisse romande au sein de l’USS par rapport aux autres régions, le tableau 3 ci-dessous permet de s’en faire une idée claire.
</p><p><b>Tableau 2&nbsp;:</b></p><p>Répartition géographique des membres de l’USS&nbsp;dont la provenance est connue, 1999 – 2009&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p><table class="contenttable"><thead><tr><th scope="col"></th><th scope="col">1999</th><th scope="col">2003</th><th scope="col">2004</th><th scope="col">2005</th><th scope="col">2006</th><th scope="col">2007</th><th scope="col">2008</th><th scope="col">2009</th></tr></thead><tbody><tr><td>SAlém*</td><td>62,6%</td><td>61,7%</td><td>61,7%</td><td>62,2%</td><td>61,4%</td><td>62,4%</td><td>62,4%</td><td>60,0%</td></tr><tr><td>SRom**</td><td>29,7%</td><td>30,3%</td><td>30,2%</td><td>29,7%</td><td>30,1%</td><td>29,2%</td><td>29,0%</td><td>31,3%</td></tr><tr><td>Tessin</td><td>7,6%</td><td>8,0%</td><td>8,1%</td><td>8,1%</td><td>8,4%</td><td>8,4%</td><td>8,6%</td><td>8,5%</td></tr></tbody></table><p>*SAlém. = Suisse alémanique&nbsp;; **SRom. = Suisse romande
</p><p>Depuis 2009, la présence de l’USS en Suisse romande s’est, elle aussi, notablement renforcée (+11&nbsp;488 syndiqué(e)s, + 11&nbsp;%), ce qui s’explique dans une très large mesure par l’arrivée du SIT dans la grande centrale syndicale. Mais, abstraction faite du SIT, il apparaît que les effectifs syndicaux ont quand même, quoique très légèrement, progressé l’an dernier en Suisse romande (+0,3&nbsp;%) et de façon marquante au Tessin (+3,7&nbsp;%)&nbsp;; cela, par rapport à 2008. 
</p><p>Pour plus d’informations, voir le Dossier N°69, Ewald Ackermann et Dominique Moser-Brossy, «&nbsp;Évolution des effectifs des syndicats en 2009&nbsp;», USS, septembre 2010,. 20 p. Fr.&nbsp;4.- ou téléchargeable sous <a href="http://www.uss.ch/" target="_blank" rel="noreferrer">www.uss.ch</a> (Documents, «&nbsp;Dossier&nbsp;»).
</p><hr><p><a href="file:///C:/Users/fitd/Desktop/1210_Ackermann_Effectifs-syndicaux.docx#_ftnref1" target="_blank" name="_ftn1">[1]</a> Ce chiffre indique un taux de syndicalisation approximatif. D’une part, en effet, la plupart des organisations de salarié(e)s ne sont pas en mesure d’indiquer le nombre de retraité(e)s qui leur sont affiliés et, de l’autre, de nombreuses petites organisations ne sont pas recensées dans les présentes statistiques.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-730</guid><pubDate></pubDate><title>Loi sur la formation continue : entre progrès et exercice alibi - Un projet grevé de nombreuses lacunes</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/loi-sur-la-formation-continue-entre-progres-et-exercice-alibi-un-projet-greve-de-nombreuses-lacunes</link><description>Lorsqu’en novembre dernier, le Conseil fédéral a ouvert la procédure de consultation sur la nouvelle loi sur la formation continue, les syndicats n’étaient pas franchement enthousiastes. Et pourquoi ce manque d’enthousiasme, alors que la création de cette loi faisait partie des revendications syndicales ? Parce que l’avant-projet proposé ressemble plutôt à un exercice bureaucratique qui ne répond qu’insuffisamment aux défis auxquels la société et le monde du travail feront face à l’avenir.</description><content:encoded><![CDATA[<h3>Un processus qui traîne en longueur</h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">C’est à une forte majorité qu’en 2006, la population suisse a dit oui à un nouvel article constitutionnel sur la formation continue. Le Conseil fédéral se voyait ainsi confié le mandat d’élaborer une nouvelle loi. Ce n’est qu’en 2010 toutefois qu’il chargeait une commission d’expert(e)s de mettre au point une loi-cadre appelée à «&nbsp;renforcer la responsabilité personnelle dans le domaine de l’apprentissage tout au long de la vie, améliorer l’égalité des chances au niveau de l’accès à la formation continue et assurer la cohérence dans la législation fédérale.<span lang="FR">[1]</span></span>&nbsp;» La teneur de ce mandat et la composition de la commission suscita dès le départ un grand scepticisme de la part de l’Union syndicale suisse (USS). D’une part, le but visé, une «&nbsp;loi-cadre, sans mesures d’encouragement&nbsp;» indiquait clairement que le Conseil fédéral ne voulait pas mettre à disposition des moyens supplémentaires en faveur de la formation continue. D’autre part, le mandat de la commission d’expert(e)s, de même que sa composition, montrait que le projet de loi n’irait pas dans le sens d’une formation continue comprise comme une tâche de la société et visant à répondre aux besoins des individus. En lieu et place, la priorité était donnée à la fixation d’un cadre destiné aux mesures de la Confédération déjà existantes, par exemple dans le domaine de l’assurance-chômage. Par contre, les besoins des salarié(e)s qui financent eux-mêmes leur formation continue (avec la participation patronale, cela représente près de cinq milliards de francs par an) n’ont guère été pris en considération. </p><h3 class="Sous-titreSP"><span lang="FR">Et la montagne accoucha d’une souris</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Ce long processus a abouti à l’actuel maigre avant-projet<span lang="FR">[2]</span></span>. Cinq principes y sont affirmés&nbsp;: «&nbsp;responsabilité individuelle&nbsp;», «&nbsp;assurance et développement de la qualité&nbsp;», «&nbsp;prise en compte de la formation continue dans la formation formelle&nbsp;», «&nbsp;égalité des chances&nbsp;» et «&nbsp;concurrence&nbsp;». Ces principes ne modifient pour ainsi dire en rien la situation actuelle, d’autant moins qu’ils ne sont pas liés à des mesures contraignantes au niveau fédéral ou cantonal. L’avant-projet accorde une grande importance à la responsabilité individuelle, mais ne propose aucune incitation concrète dans ce sens. On est ainsi en droit de se demander comment la loi va pouvoir atteindre son objectif, à savoir le renforcement de l’apprentissage tout au long de la vie.</p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">L’avant-projet recèle même de graves dangers. L’introduction du principe de la concurrence, par exemple, pose en réalité plus de problèmes qu’il n’en résout. Si elles ne sont pas explicitement réglementées par une loi, les offres de formation continue proposées par des prestataires publics ou soutenus par l’État devraient être conformes aux prix du marché. Jamais il n’est fait mention à ce propos de la qualité et de la spécificité de l’offre, ni même des salaires et des conditions de travail&nbsp;! Nous sommes donc en droit de nous demander en quoi cette loi devrait avoir un impact positif à long terme sur l’accessibilité et la qualité de la formation.</span></p><h3 class="Sous-titreSP"><span lang="FR">La formation continue&nbsp;: un bien collectif</span></h3><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Une nouvelle approche s’impose de toute urgence. Une loi qui mise primordialement sur la responsabilité individuelle et la régulation par le marché ressemble plutôt à un exercice alibi. La revalorisation de la formation continue dans le paysage de la formation ne pourra se faire que si la société dans son ensemble en assume la responsabilité. A priori, l’USS est favorable à une nouvelle loi. Mais elle demande que cette dernière ne relève pas uniquement – comme dans le présent avant-projet – de la responsabilité des individus. Les employeurs et l’État doivent aussi être mis à contribution&nbsp;! Le droit à la formation continue doit enfin être inscrit au niveau de la loi. Cela peut se faire à travers l’introduction d’un congé payé de formation d’au moins une semaine par an. Mais des mesures ciblées sont également nécessaires pour simplifier de manière générale l’accès à la formation continue&nbsp;: informations et conseils seraient ici une importante contribution des cantons. Avec leurs centres d’orientation professionnelle, ils disposent déjà des structures nécessaires à cet effet. Il suffirait d’adapter leurs prestations aux adultes et de les rendre accessibles à des conditions avantageuses. L’USS soutient également avec force l’encouragement de l’acquisition et du maintien de compétences de base<span lang="FR">[3]</span></span> pour les adultes, qui a été pris en considération dans l’avant-projet. Malheureusement, ce dernier ne prévoit pas de moyens financiers supplémentaires dans ce but&nbsp;! Si des moyens financiers adaptés sont prévus et si les différents aspects relevés ici sont effectivement pris en compte, alors nous pourrons considérer cette loi comme un réel progrès.</p><div><hr><div id="ftn1"><p><span lang="FR"><span lang="FR">[1]</span></span><span lang="FR"></span><span lang="FR-CH">Communiqué de l’Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie du 25 février 2010&nbsp;: «&nbsp;La Commission d’experts chargée de la loi sur la formation continue a été nommée&nbsp;».</span></p></div><div id="ftn2"><p><span lang="FR"><span lang="FR">[2]</span></span><span lang="FR"><a href="http://www.news.admin.ch/message/index.html?lang=fr&amp;msg-id=42136" target="_blank" rel="noreferrer">http://www.news.admin.ch/message/index.html?lang=fr&amp;msg-id=42136</a>.</span></p></div><div id="ftn3"><p><span lang="FR"><span lang="FR">[3]</span></span><span lang="FR"> Selon l’actuel avant-projet de loi, les compétences de base correspondent aux connaissances de base en matière de lecture et écriture, de mathématiques élémentaires, d’utilisation des technologies de l’information et de la communication ainsi qu’en matière de connaissances de base des principaux droits et devoirs. </span></p></div></div>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-131</guid><pubDate></pubDate><title>Le nouveau truc de l’entreprise</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/le-nouveau-truc-de-l-entreprise</link><description>Depuis près de trois mois, le personnel de l’entreprise de nettoyage d’avions ISS est en grève à l’aéroport de Genève, une grève menée contre d’énormes baisses de salaire. Au-jourd’hui, l’entreprise essaie de contourner le Syndicat suisse des services publics, le ssp. Une manœuvre on ne peut plus transparente.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Ce sont bien 10&nbsp;% du personnel d’ISS, une entreprise internationale aux dimensions gigantesques, qui sont en grève à Genève. ISS veut en effet baisser les salaires des personnes qui nettoient les avions, parfois de plus de 1000 francs par mois&nbsp;; et cela, pour des salaires qui se situent entre 3500 et 4800 francs au maximum et que l’entreprise est même allée jusqu’à qualifier de… «&nbsp;luxueux&nbsp;»&nbsp;!
</p><p>Les grévistes et leur syndicat, le ssp – il a conclu avec ISS une CCT dénoncée en juin par l’entreprise qui l’a remplacée par des contrats individuels avec des salaires fortement revus à la baisse – auraient réussi depuis longtemps déjà à s’imposer s’ils avaient pu mobiliser plus de membres du personnel d’ISS. Mais la peur de perdre sa place et les manœuvres d’intimidation de l’entreprise ne l’ont pas permis. C’est une honte pour une entreprise mondiale qui se présente sur papier glacé comme progressiste. Mais on note aussi un effet collatéral positif de la grève&nbsp;: entre temps, quelques villes qui recourent habituellement aux services d’ISS ont décidé de reconsidérer leur collaboration avec cette dernière en fonction de l’issue de la grève…
</p><p>Pour faire plier les grévistes, ISS a déjà utilisé quelques trucs. Le dernier en date&nbsp;: une pseudo-convention collective de travail (CCT) conclue avec l’association PUSH et prévoyant une fourchette de salaires allant de 3500 à 3800 francs, alors que celle de la CCT signée avec le ssp allait de 3650 à 4850 francs. C’est tout vu.
</p><p>Mais PUSH est-elle apte à conclure une CCT&nbsp;? Le ssp et l’USS répondent NON&nbsp;! Avant la grève, cette association ne comptait aucun membre travaillant chez ISS… Et elle n’est pas non plus en mesure de rester indépendante par rapport à la partie patronale, comme le demande le droit collectif du travail. De fait, son adresse est bien souvent celle de l’employeur. La manœuvre d’ISS consistant à conclure cette CCT bidon fortement défavorable au personnel est plus que transparente.</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-731</guid><pubDate></pubDate><title>Taxation des bonus : peut-être enfin…  Réjouissante décision du Conseil national !</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/taxation-des-bonus-peut-etre-enfin-rejouissante-decision-du-conseil-national</link><description>Comment juguler les bonus pharaoniques ? L’initiative dite « Minder », du nom de son auteur, Thomas Minder, un entrepreneur schaffhousois, entend le faire en renforçant le pouvoir des actionnaires. Récemment, le Conseil national s’est emparé du sujet, des délibérations qui ont abouti, pour l’heure, à une décision réjouissante, soit : un contreprojet qui mérite le détour.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Le Conseil national vient d’élaborer un nouveau contre-projet direct à l’initiative populaire «&nbsp;contre les rémunérations abusives&nbsp;», dite «&nbsp;initiative Minder&nbsp;». Alors que, jusqu’à récemment, les parlementaires s’étaient toujours montrés très frileux face à l’idée même de taxer les bonus, la Chambre du peuple s’est finalement prononcée, lors de la session en cours, en faveur d’un contre-projet direct à l’initiative Minder qui vise expressément à lutter contre les rémunérations abusives par des mesures fiscales. Comme le soulignait avec justesse le conseiller national socialiste et secrétaire de l’USS, Jean-Christophe Schwaab, dans son intervention parlementaire, cette nouvelle proposition prend en compte&nbsp;: «&nbsp;l'incompréhension croissante qui règne au sujet des salaires excessifs. Ces salaires choquent la population, peuvent mettre à mal la cohésion sociale, font courir des risques économiques non négligeables, à plus forte raison lorsqu'ils sont sans lien avec les performances réelles des entreprises concernées&nbsp;».
</p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Avec ce contreprojet, les sociétés ne pourront plus considérer les parts de rémunération dépassant les 3 millions par personne et par exercice comme des charges justifiées par l’usage commercial. L’excédent sera imposé. Rappelons que l’initiative Minder veut avant tout juguler les rémunérations excessives par un renforcement du pouvoir des actionnaires, mais ne cherche pas à taxer les bonus et autres rémunérations variables, ni ne leur fixe de plafond. En bref, dans le cadre de l’initiative Minder, le seul «&nbsp;bon sens&nbsp;» des actionnaires devrait suffire à limiter les rémunérations abusives… </span></p><p class="Sous-titreSP"><span lang="FR">Taxer les bonus&nbsp;!</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Pour l’USS, c’est la logique même d’un système à base de rémunérations variables, bonus et autres qui ouvre la porte à toutes les tentations, puisqu’un tel système pousse tout simplement à une prise de risque excessive ou encore à se servir dans la caisse. Plus généralement, l’USS a toujours été à l’encontre des rémunérations excessives. Afin d’éviter toute nouvelle dérive, celles-ci doivent être contenues, soit par taxation, soit par plafonnement, soit même par suppression&nbsp;! L’USS avait déjà fait différentes propositions allant dans ce sens comme, par exemple, la motion Rechsteiner qui proposait déjà de fiscaliser les bonus en septembre 2008 et la proposition faite en janvier 2010 de taxer les bonus des hauts dirigeants à 50&nbsp;%. Mais, malheureusement, sans succès. Dans ce contexte, l’USS ne peut que très vivement saluer la décision prise par le Conseil national. Elle espère que le Conseil des États fera preuve de la même détermination.</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">De toute façon les bonus et autres grasses rémunérations continueront à faire débat. L’initiative lancée par la Jeunesse socialiste suisse «&nbsp;1:12 – Pour des salaires équitables&nbsp;» a déjà abouti en avril 2011. Cette initiative, soutenue par l’USS, stipule que, dans la même entreprise, personne ne doit gagner moins en un an que ce que les salaires les plus élevés permettent de gagner en un mois.</span></p>]]></content:encoded><category>Économie</category><category>Salaires et CCT</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-129</guid><pubDate></pubDate><title>Apprentissage et assurance-maladie : éclaircies pour les sans-papiers</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/apprentissage-et-assurance-maladie-eclaircies-pour-les-sans-papiers</link><description>Lors de leur dernière session, les Chambres fédérales ont traité par deux fois de la situa-tion des sans-papier. Une fois, pour décider d’une amélioration, la seconde, pour rejeter, quoique de toute justesse, un grave recul.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Après le Conseil national, le Conseil des États a décidé d’autoriser la formation professionnelle pour les jeunes sans-papiers. Pour ces derniers, c’est une véritable injustice qui vient ainsi de prendre fin. Car, comme le notait le conseiller aux États Vert Robert Cramer (GE), il serait faux de faire payer aux enfants le statut d’illégalité dans lequel se sont mis leurs parents. 
</p><h3>Entre 200 et 400 personnes concernées chaque année</h3><p>Rappelons que, jusqu’ici, les jeunes sans statut légal pouvaient être scolarisés à tous les niveaux, poursuivre des études au gymnase ou à l’université, alors que la voie de l’apprentissage leur était fermée. Ce sera désormais chose possible. En effet, la motion de du conseiller national PDC Luc Barthassat (GE) a obtenu la majorité des voix au Conseil des États, après l’avoir décrochée au Conseil national. Le Conseil fédéral doit maintenant s’activer et concrétiser le plus rapidement possible la décision des Chambres fédérales. En effet, l’Union des villes suisses estime que, chaque année, entre 200 et 400 jeunes sans papiers seraient prêts à se lancer dans un apprentissage. L’Union syndicale suisse (USS) se réjouit de voir une triste réalité disparaître enfin du paysage juridique suisse. 
</p><h3>Cynisme évité, mais de justesse&nbsp;!</h3><p>Si les bonnes nouvelles ne se suivent pas toujours, observons quand même que, quelques jours seulement, après cette réjouissante décision du Conseil des États, cette même Chambre a failli se laisser aller à un profond cynisme. En effet, c’est de toute justesse qu’elle a refusé une dangereuse motion UDC dont le but était de «&nbsp;libérer&nbsp;» les sans-papiers de l’obligation d’être assurés dans l’assurance-maladie de base… Une honte&nbsp;! Mais il est vrai que, comme chacun sait, ce parti demeure très «&nbsp;méconnu&nbsp;» lorsqu’il s’agit de défendre les droits fondamentaux&nbsp;!
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-733</guid><pubDate></pubDate><title>Faillites abusives en chaîne:  La droite du Parlement a fini par comprendre</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/faillites-abusives-en-chaine-la-droite-du-parlement-a-fini-par-comprendre</link><description>Ces patrons qui ont tendance à « résoudre » leurs problèmes sur le dos des autres en se mettant en faillite pour ne pas payer des salaires ou des cotisations sociales dues ne seront peut-être bientôt plus qu’un mauvais souvenir. La Chambre du peuple, après celle des cantons, vient en effet d’accepter une motion qui devrait permettre d’endiguer ce genre de faillites abusives. </description><content:encoded><![CDATA[<p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Sans opposition, le Conseil national a accepté une motion du Conseil des États, dont le but est d’endiguer le phénomène des faillites abusives en chaîne. Une bonne chose, car cette motion remplit une des exigences de longue date du mouvement syndical. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">En effet, les syndicats ont dénoncé à maintes reprises et depuis longtemps les agissements scandaleux de certains entrepreneurs qui enchaînent faillites sur faillites, avec pour seul objectif de ne pas payer salaires, cotisations sociales ainsi que factures de fournisseurs. Et, une fois la faillite prononcée, ils recréent immédiatement une nouvelle entreprise, qui ne tarde pas à faire faillite à son tour, laissant, elle aussi, de nouvelles grosses ardoises. Le hic ici, c’est que les travailleurs et travailleuses lésés n’ont en général aucune chance de récupérer la totalité des salaires non versés qui leur sont dus. Bien souvent, ils ont donc travaillé gratuitement…</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Pareilles méthodes ne sont rien d’autre que de la concurrence déloyale et de la sous-enchère. De fait, celui qui sait d’avance qu’il ne paiera pas ce qu’il est doit peut proposer des prix plus bas, au détriment de ses concurrents honnêtes. On comprendra dès lors pourquoi la droite parlementaire, proche des milieux patronaux, a également soutenu cette motion, lors des délibérations des Chambres. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Un pas important a ainsi été accompli, car il apparaît que ces pratiques détestables se sont multipliées ces derniers temps, notamment dans le bâtiment, mais aussi dans d’autres branches. Récemment, les syndicats Unia et syndicom ont, par exemple, dû dénoncer plusieurs de ces entrepreneurs sans scrupules, adeptes des faillites à la chaîne. </span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Désormais, il appartient au Conseil fédéral de légiférer. On ne peut que lui conseiller de s’inspirer des mesures déjà en vigueur dans d’autres pays. Plusieurs pays européens connaissent en effet des règles qui interdisent la création d’une nouvelle entreprise aux entrepreneurs qui ont fait faillite en laissant ouvertes de nombreuses créances salariales ou d’assurances sociales. Il s’agira cependant aussi de ne pas punir ceux d’entre eux qui font faillite de bonne foi.</span></p>]]></content:encoded><category>Économie</category><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-130</guid><pubDate></pubDate><title>Assureurs privés : sortie de route !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/assureurs-prives-sortie-de-route</link><description>Les assureurs privés ont sans doute trop tiré sur la corde. Ils ont tellement voulu rendre l’assurance-accidents « svelte » que, pour la plupart des gens, les prestations de celle-ci auraient fondu, alors que les coûts auraient pris l’ascenseur. C’est pour cela que, dès le début, l’Union syndicale a exigé qu’il soit mis fin à cet exercice. Et c’est ce qui est arrivé.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Durant les travaux de révision de la loi sur l’assurance-accidents (LAA), l’Association suisse d’assurances est parvenue à faire passer d’importantes coupes au stade de la commission du Conseil national chargée de l’examen préalable. La conséquence en aurait été un affaiblissement de la SUVA (CNA), une entreprise gérée, comme on sait, par les partenaires sociaux. Les deux points suivants illustrent parfaitement cette problématique.
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>À cause de la baisse du gain maximal assuré de 126&nbsp;000 à 100&nbsp;000 francs, les cotisations de l’assurance de base auraient fait un bond de 2&nbsp;%. En effet, la baisse des recettes aurait été plus élevée que les économies faites dans les prestations. Employeur(e)s et travailleurs/travailleuses auraient alors vu leur charge s’alourdir.</li><li>Le relèvement du degré d’invalidité minimal de 10 à 20&nbsp;% aurait surtout touché les travailleurs et travailleuses manuels qui, à cause d’une blessure due à un accident subissent une perte de salaire inférieure à 20&nbsp;%. De fait, de telles pertes de salaire n’auraient plus été couvertes par l’assurance, ce qui aurait eu pour conséquence un accroissement du nombre des procès en responsabilité et, ainsi, tant pour les employé(e)s que pour les employeur(e)s, des démarches risquant de s’avérer onéreuses.</li></ul><p>L’USS a combattu cette révision dès la première heure, de même que les partis de gauche et les Verts. De leur côté, les représentants de la droite qui osèrent critiquer ce projet furent froidement mis au pas. Mais, comme les intérêts des partenaires sociaux étaient concernés, l’USS et ses syndicats cherchèrent - et parvinrent - à s’allier avec l’USAM et la Société suisse des entrepreneurs pour exiger, brandissant la menace d’un référendum, le renvoi de cette révision à son expéditeur&nbsp;: le Conseil fédéral. Car, c’est tout à fait inutilement que d’aucuns voulaient réviser une assurance-accidents au financement et au fonctionnement de premier ordre. 
</p><p>C’est à un vrai réveil du Conseil national que nous avons assisté le 22 septembre, lorsqu’une nette majorité d’élu(e)s a renvoyé ce projet au gouvernement. Déjà sur la piste de dépassement, les assureurs privés se sont retrouvés, plus tard dans la course,… en plein décor.</p>]]></content:encoded><category>Assurance-accidents</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-132</guid><pubDate></pubDate><title>Ne laissons pas les régions les plus touchées en plan !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/ne-laissons-pas-les-regions-les-plus-touchees-en-plan</link><description>Le 26 septembre, le Souverain a accepté à une courte majorité la révision de la loi sur l’assurance-chômage (LACI). La Suisse alémanique a ainsi mis en minorité une Suisse romande et un Tessin plus fortement touchés qu’elle par le chômage. Il faut absolument que le Conseil fédéral en tienne compte pour la mise en œuvre de cette révision.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les cantons les plus touchés par la crise ont dit «&nbsp;non&nbsp;», le 26 septembre, à la révision de la LACI. Car ses conséquences seront dures pour les personnes au chômage. Si cette révision entrait maintenant en vigueur, plus de 10&nbsp;000 personnes ne toucheraient plus d’indemnités journalières. C’est pour cela qu’il faut d’abord attendre que la crise soit dépassée. 
</p><p>L’assurance-chômage a pour rôle de garantir un revenu aux travailleurs et travailleuses qui perdent leur emploi durant une crise économique, raison pour laquelle ils lui versent des cotisations. Démanteler les prestations de cette assurance lorsqu’elle est plus nécessaire que jamais ne serait pas raisonnable, mais serait socialement beaucoup trop violent. Tel était aussi l’avis du Conseil fédéral. À la fin juin encore, il avait fait savoir qu’il tiendrait compte de la situation économique pour la mise en vigueur de cette révision.
</p><p>Que le problème du chômage soit resté très présent dans les régions particulièrement touchées par la crise, on le voit bien en cela que, le 17 septembre encore, le Conseil fédéral avait décidé de garantir 120 indemnités journalières supplémentaires aux chômeurs et chômeuses de la région de Moutier. Les autres régions où la période d’indemnisation a également été prolongée de 120 jours sont les cantons de Genève, du Jura, de Neuchâtel, du Tessin et de Vaud.
</p><p>Le Conseil fédéral n’a pas le droit de laisser en plan les régions particulièrement touchées par le chômage. Il doit prendre au sérieux l’appel au secours lancé par ces nombreuses personnes qui ont dit «&nbsp;non&nbsp;» le 26 septembre. La révision de la LACI ne doit entrer en vigueur qu’une fois que le chômage aura nettement diminué.</p>]]></content:encoded><category>Assurance-chômage</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-734</guid><pubDate></pubDate><title>Formation professionnelle pour les sans-papiers:  Il faut en finir une bonne fois avec les hésitations </title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/formation-professionnelle-pour-les-sans-papiers-il-faut-en-finir-une-bonne-fois-avec-les-hesitations</link><description>Le Conseil fédéral vient de mettre en consultation un projet d’adaptation de l’ordonnance relative à l’admission, au séjour et à l’exercice d’une activité lucrative (OASA). Par-là, il s’agit de donner suite à une motion, adoptée par les Chambres, demandant que les jeunes sans-papiers aient accès à l’apprentissage. Un projet certes à saluer, mais à améliorer aussi.</description><content:encoded><![CDATA[<p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">La nécessité de permettre aujourd’hui à tout jeune d’accéder à une formation initiale indépendamment de son statut légal n’est plus à démontrer. De fait, l’accès à l’éducation est un droit essentiel garanti dans le cadre du droit international. En 1997, en effet, la Suisse a ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant</span>. Par cet acte, elle a reconnu le droit à tout enfant d’accéder à l’enseignement primaire et secondaire, aussi bien au niveau général que professionnel (art. 28), et ceci, indépendamment de son statut légal.</p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Depuis lors, aucune base légale n’a été mise en place pour que les jeunes sans statut légal puissent accéder à une formation professionnelle en entreprise. Il en résulte une situation paradoxale&nbsp;: les jeunes sans-papiers ont la possibilité, si leurs résultats scolaires le permettent, d’accéder à une formation générale au niveau du gymnase ou des écoles générales. Par contre, il ne leur est pas possible de suivre un apprentissage en entreprise, faute de pouvoir signer un contrat de travail. En d’autres termes&nbsp;: toute une série de jeunes mineurs se trouvent à la rue à la fin de leur scolarité obligatoire, bien qu’ils ne soient en rien responsables de leur situation.</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">En septembre 2010, le Parlement fédéral avait donné son feu vert à l’élaboration d’une solution destinée à lever cette injustice (motion Barthassat). Le 2 mars dernier, le Conseil fédéral a donné suite à cette motion en mettant en consultation un projet de modification de l'ordonnance concernée, à savoir&nbsp;: l’ordonnance relative à l’admission, au séjour et à l’exercice d’une activité lucrative (OASA). Selon les dispositions proposées par le gouvernement, les jeunes issus de familles qui séjournent illégalement en Suisse, devraient bénéficier d'une autorisation de séjour à cet effet, à la condition qu'ils aient été scolarisés en Suisse pendant au moins cinq ans et qu'ils soient intégrés. Une demande en ce sens doit alors être déposée directement après la scolarité obligatoire.</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">L’Union syndicale suisse (USS) salue cette décision du Conseil fédéral, qui montre ainsi sa volonté d’agir enfin en mettant une proposition sur la table. Elle regrette cependant que cette proposition se calque sur le modèle des cas de rigueur, sachant que les jeunes sans-papiers seront soumis à l’arbitraire des cantons, dont certains ont une pratique extrêmement restrictive en la matière. Par ailleurs, étant donné que très peu de jeunes ont la possibilité d’entrer en apprentissage directement à la fin de leur scolarité obligatoire, l’USS estime qu’un délai raisonnable doit être prévu entre la fin de celle-ci et le moment de l’entrée sur le marché du travail.</span></p><p class="ParagrSPnormaux"><span lang="FR">Alors même que la procédure de consultation est en cours, le Parlement fédéral prévoit de traiter à nouveau la semaine prochaine trois initiatives cantonales visant le même objectif. Étonnamment, la Commission des institutions politiques propose le rejet de ces initiatives et va donc à l’encontre du mandat qu’elle a donné au Conseil fédéral en septembre 2010. Ce type de démarche manque de cohérence et de crédibilité. En toute bonne foi, le Parlement devrait décider de reporter le traitement de ces initiatives pour permettre à la consultation de se dérouler dans des conditions appropriées.</span></p>]]></content:encoded><category>Migration</category><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-124</guid><pubDate></pubDate><title>Le « non » important du Conseil national</title><link>https://www.uss.ch/themes/services-publics/detail/le-non-important-du-conseil-national</link><description>Plus question de libéraliser intégralement la poste. En tout cas pour quelques années. En soi inutile, la révision de la législation postale paraît acceptable, même si les syndicats restent critiques à très critiques sur certains points. </description><content:encoded><![CDATA[<p>Du «&nbsp;oui&nbsp;» peu réfléchi et décidé de toute justesse par le Conseil des États concernant la libéralisation totale de la poste, le Conseil national, après des débats approfondis, a fait un «&nbsp;non&nbsp;» clair, par 102 voix contre 82. La principale raison pour laquelle les syndicats avaient menacé de saisir le référendum disparaît ainsi. La Chambre des cantons n’osera sans doute pas se lancer dans une épreuve de force, le gouvernement ayant déjà annoncé au Conseil national qu’il allait opérer une conversion sur cette question. 
</p><h3>Libéralisations à l’étranger&nbsp;: que des exemples négatifs</h3><p>Au Conseil national, fans bourgeois de la libéralisation (surtout les radicaux-libéraux et les UDC) et gauche (surtout les socialistes et les Vert(e)s) opposèrent leurs arguments, la majorité du PDC choisissant de refuser une libéralisation immédiate, étant donné le risque d’un sous-approvisionnement en services postaux des régions périphériques et la menace de référendum brandie par la gauche et les syndicats. Les fantasmes en matière de baisse des prix développés par le groupe parlementaire des «&nbsp;privatiseurs&nbsp;» nous étonneront toujours et encore, quand on sait que toutes les libéralisations d’infrastructures publiques faites à l’étranger - le marché «&nbsp;libre&nbsp;» de l’électricité en est l’exemple dissuasif le plus connu – ont entraîné d’importantes hausses des prix et une énorme pression au démantèlement de la qualité de l’approvisionnement de base. 
</p><p>Une réalité qu’illustre aussi, et de manière exemplaire, la Poste suédoise qui, libéralisée depuis 20 ans, fit œuvre pionnière en cette matière&nbsp;: ses prix pour les lettres et les paquets de clients privés ou industriels ont clairement pris l’ascenseur et les services financiers se sont dégradés. Seuls les «&nbsp;clients de masse&nbsp;», comme les banques et les assurances, ont profité de cette libéralisation. Et, alors que la Poste suédoise doit garantir l’approvisionnement de tout le pays, ses concurrents ne sont actifs que dans les agglomérations rentables. Exactement ce que nous ne voulons pas.
</p><p>Ce qui, d’un point de vue syndical, est grave dans les libéralisations, c’est la pression qu’elles exercent sur les salaires. Ainsi, en Allemagne, le gouvernement a dû édicter un salaire minimum légal pour la branche de la poste, un salaire minimum qui n’est pas encore parvenu à mettre fin à la sous-enchère déclenchée par les concurrents de la Poste allemande avec des salaires autour des 8 (&nbsp;!) euros de l’heure. Et on trouve également d’effarants exemples de travail effectué par des enfants. Enfin, l’existence de bas salaires est à l’origine d’une baisse de la qualité des services. Nous ne voulons ni les uns ni l’autre.
</p><h3>Ce qui est (plus ou moins) réjouissant et ce qui ne l’est pas</h3><p>Ce qui est réjouissant dans la nouvelle loi, c’est la disposition selon laquelle tous les opérateurs privés devront négocier une convention collective de travail (CCT) avec les syndicats. Cette mesure impose un minimum de partenariat social que ces opérateurs avaient toujours refusé. Mais il serait mieux que la loi prévoie l’obligation d’une CCT. La majorité du Parlement fédéral n’en a toutefois pas voulu. Il est important maintenant que l’actuelle CCT conclue avec la Poste soit non seulement améliorée, mais devienne aussi une référence en acquérant, aussi rapidement que possible, le statut de force obligatoire, c’est-à-dire en étant étendue à toute la branche.
</p><p>Il y a aussi lieu de se réjouir que le Conseil national, prévenant ainsi une inutile et bureaucratique mise au concours, ait chargé la Poste suisse du service universel. La décision prise concernant l’existence d’un réseau d’offices de poste et d’agences en est la conséquence. Ce qui limite, à tout le moins dans une certaine mesure, le risque d’un «&nbsp;amaigrissement&nbsp;» de l’approvisionnement via des agences peu sûres. Le Conseil national a aussi précisé les choses concernant le transport à prix réduit de la presse associative d’organisations à but non lucratif (p. ex. presse syndicale).
</p><p>Globalement peu réjouissante est l’inutile transformation de la Poste en une société anonyme régie par une loi spéciale. Il faudrait au moins – comme pour les CFF – prévoir une participation à 100&nbsp;% de la Confédération. Le Conseil national ne l’a pas voulu, décidant uniquement celle-ci aurait la majorité. Autre point peu réjouissant, le fait que PostFinance sera externalisée en tant que société anonyme de droit privé, une société pour laquelle la loi ne prévoit qu’une participation majoritaire de la Poste, alors que cette dernière devrait en être la propriétaire à 100&nbsp;%. À celle ou celui en qui cette décision réveille des envies de privatisation, nous disons&nbsp;: la Poste est aimée par la population. Toute privatisation se heurterait à l’opposition véhémente des Suisses et Suissesses, comme ce fut le cas en son temps avec la tentative de MM Blocher et Merz pour Swisscom. Grâce à l’initiative populaire «&nbsp;Pour une poste forte&nbsp;» du Syndicat de la Communication, le Souverain aura, d’une manière ou d’une autre, son petit mot à dire sur le réseau d’offices de poste et sur PostFinance. Et nous resterons vigilants&nbsp;; cela, aussi dans la perspective du rapport d’évaluation avec lequel le Conseil fédéral remettra sur la table, dans trois ans, la question de la libéralisation de la poste.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Poste</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-737</guid><pubDate></pubDate><title>PLUS de protection, salaire, rente !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/plus-de-protection-salaire-rente</link><description>Appel du 1er Mai 2012</description><content:encoded><![CDATA[<p><span lang="FR">Un pour cent de la population suisse possède plus que les 99 pour cent restants. Mais au lieu de corriger cette injustice criante, la droite s’applique à creuser encore plus le fossé entre riches et pauvres. Elle distribue des milliards de francs de cadeaux fiscaux aux riches et super-riches et enterre toute protection et tous droits des travailleurs et travailleuses. Il est plus que temps et légitime de se révolter et de résister avec détermination. C’est pourquoi une seule chose comptera en cette année 2012&nbsp;: toutes et tous au 1<sup>er</sup> Mai pour PLUS de protection, de salaire et de rente&nbsp;!</span></p><p><span lang="FR"></span></p><p class="Text"><b><span lang="FR">PLUS de protection&nbsp;!</span></b></p><p class="Text"><span lang="FR">Ce sont les travailleurs et les travailleuses qui créent la richesse de la Suisse. Ils doivent produire toujours plus en toujours moins de temps. Ils doivent aussi parfaire leur formation durant leur temps libre et à leurs propres frais. Cette pression croissante a des conséquences néfastes pour leur santé. Et la cherté du franc s’y ajoute, qui menace de détruire leur emploi. Les salaires également sont sous pression à cause de patrons sans scrupules qui refusent d’offrir des conditions de travail correctes et recourent dans ce but à la sous-traitance en cascade et à des pseudo-indépendant(e)s. De plus, les représentant(e)s syndicaux ne sont toujours pas protégés contre les licenciements de représailles. </span></p><p class="Text"><b><span lang="FR">PLUS de salaire&nbsp;!</span></b></p><p class="Text"><span lang="FR">Les bénéficiaires de salaires mirobolants et autres bonus, que l’on trouve aux échelons supérieurs, et les «&nbsp;top managers&nbsp;» autoproclamés ont accaparé ces dernières années une part toujours plus grande du gâteau salarial. Les bénéfices des entreprises finissent d’abord dans les poches des actionnaires et des spéculateurs et spéculatrices. Il ne reste que peu, voire rien pour les salarié(e)s, qui doivent même parfois voir leurs salaires baisser ou leur temps de travail prolongé. En outre, les dépenses d’assurance-maladie et certains loyers ont explosé. La politique fiscale injuste, qui consiste à donner toujours plus à ceux d’en haut et toujours moins aux autres, a ouvert encore plus la fourchette des revenus et déséquilibré davantage la répartition de la fortune entre salarié(e)s ordinaires et gros salaires. Enfin, la discrimination salariale à l’encontre des femmes est toujours scandaleuse. </span></p><p class="Text"><b><span lang="FR">PLUS de rente&nbsp;!</span></b></p><p class="Text"><span lang="FR">Cela fait des décennies que la Constitution fédérale prévoit qu’ensemble, les rentes de l’AVS et celles du 2<sup>e</sup> pilier doivent permettre aux retraité(e)s de maintenir leur niveau de vie antérieur. Cette promesse n’a toujours pas été tenue. Au contraire, Conseil fédéral et majorité bourgeoise du Parlement fédéral veulent même diminuer ces rentes ces prochaines années, en baissant le taux de conversion ou le taux d’intérêt minimal du 2<sup>e</sup> pilier, en relevant l’âge de la retraite, en supprimant la compensation du renchérissement sur les rentes et en introduisant un «&nbsp;frein à l’endettement&nbsp;». </span></p><p class="Text"><span lang="FR">Avec leurs alliés, les syndicats vont stopper cette redistribution massive des richesses aux profits des classes supérieures et l’inverser. Pour protéger les emplois, ils exigent un affaiblissement du franc. Pour protéger les salaires, ils exigent des salaires minimums obligatoires et plus élevés ainsi que des mesures efficaces contre ces boîtes de profiteurs. Les syndicats revendiquent plus de salaire pour les salarié(e)s ordinaires, un salaire égal pour les hommes et les femmes, des rentes plus élevées pour celles et ceux qui ont travaillé durement tout au long de leur vie et une protection efficace contre les licenciements pour les représentant(e)s des travailleurs et travailleuses. </span></p><p class="Text"><span lang="FR">Ce 1<sup>er</sup> Mai 2012, et au-delà, les syndicats se battent et se battront pour un futur où il y aura plus de protection, de salaire, de rente et de solidarité internationale.</span></p><p class="Text"><span lang="FR">&nbsp;</span></p>]]></content:encoded><category>Suisse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-125</guid><pubDate></pubDate><title>Un bon début, mais les sanctions sont trop faibles</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/un-bon-debut-mais-les-sanctions-sont-trop-faibles</link><description>L’Union syndicale suisse (USS) apprend avec satisfaction que le Conseil fédéral met en consultation un projet de loi pour améliorer la protection contre les licenciements de représentant(e)s syndicaux. Notre gouvernement a en effet longtemps mis les pieds au mur et refusé d’améliorer la protection contre le licenciement antisyndical pour la mettre en conformité avec les engagements internationaux de la Suisse. On ne peut que se féliciter que la campagne contre les licenciements abusifs de syndicalistes ou de représentant(e)s du personnel commence à porter ses fruits.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Malheureusement, le Conseil fédéral s’arrête au beau milieu du gué. En effet, les sanctions proposées sont bien trop faibles&nbsp;: selon le projet mis en consultation, les licenciements antisyndicaux ne donneront droit qu’à une indemnité d’au maximum 12 mois de salaire (contre 6 actuellement), et ils ne pourront toujours pas être annulés. Les employeurs peu respectueux des droits des travailleurs et du partenariat social pourront donc continuer à se débarrasser de leurs employés qui défendent leurs collègues, car une indemnité maximale de douze mois n’est guère dissuasive, en particulier pour les grandes entreprises. Les représentant(e)s du personnel et les syndicalistes qui seront victimes d’un licenciement abusif continueront donc à perdre définitivement leur emploi. Ils n’auront aucun droit à être réintégrés et tomberont donc au chômage ou ne pourront plus faire valoir leurs droits sur leur lieu de travail. 
</p><p>L’USS exige donc l’introduction de sanctions dignes de ce nom en particulier l’annulation du congé et la possibilité de réintégrer les personnes abusivement licenciées. Des mesures plus déterminées sont nécessaires, car, ces derniers mois, le nombre de licenciements abusifs de représentant(e)s du personnel ou de syndicalistes a dramatiquement augmenté, dans toutes les branches et régions du pays. 
</p><p>Deux progrès quand même
</p><p>Il y a malgré tout deux autres progrès à relever dans le projet mis en consultation. D’une part, les règles du licenciement abusif ne seront plus «&nbsp;absolument impératives&nbsp;», mais pourront être modifiées en faveur des travailleurs et travailleuses dans des conventions collectives de travail. D’autre part, les représentant(e)s du personnel élus ne pourront plus être licenciés pour des motifs économiques, mais uniquement pour des motifs inhérents à leur personne. Cette proposition corrige une jurisprudence récente du Tribunal fédéral, qui donnait pratiquement carte blanche aux employeurs souhaitant licencier un représentant du personnel. Selon cette jurisprudence discutable, un employeur estimant que la situation de son entreprise «&nbsp;pourrait éventuellement se dégrader à moyen terme&nbsp;» peut licencier un représentant du personnel pour motif économique. Il était grand temps de corriger cette situation.
</p><p>Afin que cette consultation donne de bons résultats et aboutisse à des progrès tangibles en matière de protection contre le licenciement abusif, il est nécessaire de ne pas relâcher la pression sur les autorités et les organisations patronales. L’USS et ses fédérations continueront donc de dénoncer systématiquement tous les cas de licenciements antisyndicaux. Et, si ce projet de loi n’aboutit pas à un résultat satisfaisant, l’USS demandera à l’OIT de condamner à nouveau la Suisse. En effet, la protection contre le licenciement antisyndical fait partie des normes fondamentales du travail, que la Suisse, pays hôte de l’OIT, se doit de respecter et de promouvoir.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droits syndicaux</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-126</guid><pubDate></pubDate><title>Enfin une obligation de conclure un plan social !</title><link>https://www.uss.ch/themes/travail/detail/enfin-une-obligation-de-conclure-un-plan-social</link><description>Le Conseil fédéral a publié son message concernant la révision de la loi sur la poursuite pour dettes et la faillite (LP). Certains de ses aspects revêtent une importance cruciale pour les intérêts des travailleurs et travailleuses.</description><content:encoded><![CDATA[<h3>Plus de reprise automatique des contrats de travail</h3><p>Lors d’un assainissement, l’entreprise repreneuse aura désormais le choix de reprendre ou non les contrats de travail de l’entreprise à assainir. L’Union syndicale suisse (USS) rejette cette proposition de délier les repreneurs d’une entreprise en faillite de leur obligation de reprendre tels quels tous les contrats de travail. Il n’est pas acceptable que l’assainissement d’une entreprise se fasse sur le dos de son personnel. Lors d’un assainissement, c’est en effet le maintien des emplois qui doit figurer au premier plan. Or, la flexibilité du droit suisse du travail, en particulier la grande liberté de licencier, donne déjà une marge de manœuvre suffisante aux employeurs. La suppression de cette protection reviendrait à reporter le coût des assainissements d’entreprises sur l’assurance-chômage. 
</p><p>L’affirmation selon laquelle l’obligation, pour le nouvel employeur, de reprendre tous les contrats de travail rendrait les reprises plus difficiles, respectivement selon laquelle sa suppression les rendrait plus efficaces, ne repose sur aucune preuve empirique. À notre connaissance, il n’existe aucun cas où l’acquéreur potentiel d’une entreprise en faillite y aurait renoncé à cause de l’obligation de reprendre les contrats de travail aux mêmes conditions. En revanche, les pseudo-assainissements, dont l’objectif réel est plutôt de licencier du personnel, sont une réalité. 
</p><h3>Obligation de conclure un plan social pour les entreprises d’au moins 250 salarié(e)s</h3><p>En contrepartie à la suppression de l’obligation de reprendre tous les contrats de travail, le Conseil fédéral propose d’introduire une obligation de conclure un plan social. Ce progrès social était nécessaire depuis longtemps, tant la protection des salarié(e)s contre les effets négatifs des licenciements collectifs a accumulé de retard par rapport aux pays voisins. L’USS a revendiqué à maintes reprises une telle mesure. Il faut cependant regretter que cette obligation ne soit valable que pour les entreprises d’au moins 250 salarié(e)s (0,37% des entreprises privées, occupant près de 39% des salarié(e)s). L’USS demandera donc que ce seuil soit abaissé à 100 salarié(e)s, afin qu’un plus grand nombre de travailleurs et travailleuses (environ un sur deux) bénéficie d’une atténuation des conséquences de licenciements collectifs. 
</p><p>Selon le projet, l’obligation de négocier un plan social est donnée lorsque l’employeur procède au licenciement collectif d’au moins 30 travailleurs/travailleuses sur une durée de 30 jours. Ces licenciements doivent avoir lieu pour des raisons non inhérentes à leur personne. L’employeur doit négocier avec le ou les syndicats parties à la CCT s’il y en a une, la représentation du personnel ou, à défaut, directement avec ce dernier. Si la négociation du plan social n’aboutit pas, un tribunal arbitral arrête un plan social obligatoire, lequel ne devra pas mettre en danger l’existence de l’entreprise. 
</p><p>Malheureusement, le projet prévoit que l’obligation de négocier un plan social ne s’appliquera pas en cas de faillite ou de sursis concordataire. Le Conseil fédéral justifie cette mesure par sa crainte que le remboursement des créanciers, respectivement l’assainissement, soit rendu impossible par un plan social trop généreux. Il prétend également que de telles procédures «&nbsp;surchargeraient&nbsp;» les autorités de poursuites et faillites. Ces arguments ne sont pas pertinents. En effet, soustraire faillite et assainissement de l’obligation de plan social revient à affaiblir encore plus la situation des travailleurs et travailleuses, qui ne bénéficient déjà plus du transfert automatique de leurs contrats de travail au repreneur. Pour ceux dont les contrats ne seront pas repris, il faut des mesures de compensation. En outre, il est tout à fait possible de négocier un plan social qui n’empêche pas l’assainissement. 
</p><p>Soustraire faillite et assainissement à l’obligation de plan social désavantagerait en outre les travailleurs et travailleuses qui n’ont pas pu obtenir un tel plan lors de négociations «&nbsp;libres&nbsp;» et créerait une incitation à ne plus négocier de plan social du tout lorsque la faillite menace, puisque ce ne serait pas obligatoire. Enfin, l’argument de la surcharge des autorités ne tient pas la route&nbsp;: il suffirait de renforcer lesdites autorités, ce qui est d’autant plus nécessaire que le nombre de faillites a augmenté. 
</p><h3>Suppression du privilège pour les créances de TVA </h3><p>Lors d’une faillite, l’ordre de remboursement des créances dépend de leur nature. Elles sont réparties en trois classes et, tant que toutes les créances d’une classe n’ont pas été remboursées, celles des autres classes ne peuvent l’être. Les créances de TVA ont été nouvellement colloquées en deuxième classe. C’était une erreur, car accorder un privilège à une catégorie de créances supplémentaires réduit les chances des autres créances de cette classe (dont font notamment parties la plupart des cotisations aux assurances sociales) de se voir remboursées. L’USS soutient donc cette proposition. 
</p><h3>Éviter les faillites en chaîne abusives</h3><p>Du point de vue de l’USS, il s’agit enfin de profiter de cette révision de la LP pour introduire une norme jugulant le phénomène des faillites en chaînes, qui sont toujours plus fréquentes, notamment dans le bâtiment et les arts et métiers. Souvent, des employeurs peu scrupuleux se déclarent en faillite pour éviter de devoir verser à leurs salarié(e)s les arriérés de salaire et de cotisations sociales, puis recréent aussitôt une autre entreprise active dans la même branche et y emploient souvent le même personnel, mais sous une autre raison sociale. À son tour, cette nouvelle entreprise fera rapidement faillite pour les mêmes raisons, et ainsi de suite... Pour mettre un terme à ces pratiques, l’USS propose qu’un employeur failli dont les dettes d’une ancienne entreprise n’ont pas été toutes remboursées ne puisse être à nouveau inscrit au registre du commerce en tant qu’organe d’une société de personne pendant 5 ans après la faillite. Cette règle a fait ses preuves en Belgique. Une nouvelle disposition pénale punissant les faillites abusives à répétition devrait également être étudiée.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Droit du travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-127</guid><pubDate></pubDate><title>Le problème est tout sauf résolu</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/le-probleme-est-tout-sauf-resolu</link><description>Il n’y aura pas de nouvelle affaire UBS ? Pas si sûr, et de loin pas ! Les propositions du groupe d’experts de la Confédération ne sont pas en mesure de liquider le problème qui se pose avec les banques trop grandes pour faire faillite. Ce groupe n’a voulu que l’atténuer quelque peu. Pas suffisant.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Que la Confédération ait dû, avec la Banque nationale suisse (BNS), sauver l’UBS a été une expérience bouleversante pour une grande partie de la population. C’est pourquoi ce sauvetage n’a été accepté qu’avec une grande réserve&nbsp;; cela, parce que le Conseil fédéral défendait l’idée, premièrement, que la Suisse aurait été sinon confrontée à de graves problèmes économiques et, deuxièmement, que des mesures seraient mises au point pour qu’une telle crise ne se reproduise plus.
</p><h3>Un mandat rempli&nbsp;?</h3><p>Le mandat du groupe d’experts «&nbsp;Too big to fail&nbsp;» («&nbsp;Trop grandes pour faire faillite&nbsp;») a donc été compris ainsi&nbsp;: proposer des mesures pour qu’une deuxième affaire UBS n’ait jamais lieu. Aujourd’hui, après la publication de son rapport, il y a lieu de dresser un bilan intermédiaire et de se demander s’il a bien rempli son mandat.
</p><p>Pendant la crise déjà, il était clair que, si l’on ne voulait pas revivre la même expérience, les banques devaient détenir à l’avenir beaucoup plus de fonds propres. Tel était le message de la direction générale de la BNS. Durant la crise, l’UBS a essuyé des pertes à hauteur de 46 milliards de francs. Pour limiter ces dernières et éviter à la banque de tomber en faillite, la BNS lui a alors repris des actifs «&nbsp;toxiques&nbsp;» pour environ 40 milliards de francs, une somme qui fut placée dans un fonds spécial («&nbsp;Stab fund&nbsp;»). Divers experts suisses et étrangers ont demandé que les banques possèdent désormais près de 10&nbsp;% de leur bilan total en fonds propres. Cela signifie que, pour chaque franc du bilan, 10 centimes devraient être mis en dépôt. Pour l’UBS, cela représenterait aujourd’hui 150 milliards, ce qui lui aurait bien permis de compenser ses pertes durant la crise.
</p><h3>Seulement 30 à 40 milliards de «&nbsp;vrais&nbsp;» fonds propres</h3><p>Or, les prescriptions du groupe d’experts de la Confédération vont nettement moins loin. Elles demandent de l’UBS et du Crédit Suisse 30 à 40 milliards de «&nbsp;vrais&nbsp;» fonds propres et, en plus, un volant dit «&nbsp;de conservation&nbsp;», constitué d’emprunts convertibles («&nbsp;coco bonds&nbsp;»), pour environ 35 milliards. Des emprunts dont la vraie valeur ne se révélera toutefois qu’en cas de crise.
</p><p>Ces nouvelles prescriptions, il convient de les considérer à la lumière des pertes enregistrées par l’UBS durant la crise. Ce qui soulève des questions explosives. Que ces fonds propres auraient suffi pour compenser les pertes de cette dernière crise est on ne peut plus incertain. Il faut tenir compte ici du fait que si une entreprise n’avait quasiment pas de fonds propres, elle éprouverait de graves difficultés à obtenir des crédits, ce qui compromettrait fortement son destin.
</p><p>Que ces fonds propres prescrits par les experts soient suffisants, les données avancées par le professeur Urs Birchler, spécialiste en questions bancaires, nous en font douter. Selon ses calculs en effet, les grandes banques ont perdu environ 75 milliards (prix actuels) lors de la crise immobilière de la fin des années 1980/début des années 1990. Les pertes essuyées durant la crise financière n’ont donc rien d’unique.
</p><h3>Moins que dans les années 1990</h3><p>Selon les nouvelles prescriptions, les banques détiendront moins de fonds propres que dans leurs bilans des années 1990. C’est même ce que le groupe d’experts écrit dans son rapport… Alors que, selon ce groupe, les banques devront détenir à l’avenir environ 2,5 centimes de «&nbsp;vrais&nbsp;» fonds propres par franc de leur bilan total, ce montant était, de fait, d’environ 3 centimes à la fin des années 1990.
</p><p>Cette proposition ne permettra pas de résoudre le problème du «&nbsp;too big to fail&nbsp;». À l’avenir, les réserves des banques ne seront pas suffisantes pour que l’on puisse dire en bonne conscience que les difficultés déjà rencontrées ne se reproduiront plus. 
</p><p>Cependant, le groupe d’experts a compris son mandat différemment. Il écrit que sa tâche est d’examiner des «&nbsp;possibilités de réduction des risques que les grandes entreprises font peser sur l’économie nationale&nbsp;» (p. 7). Il ne s’agit donc pas de résoudre le problème, mais uniquement de l’atténuer. Manifestement, on ne pouvait sans doute pas en attendre plus d’un groupe d’experts, créé par le Conseil fédéral Merz, dans lequel les représentants des autorités étaient minoritaires face à ceux des banques et des entreprises. 
</p><p>Ainsi, le Conseil fédéral doit notablement améliorer les propositions des experts. La population veut que le secteur financier ne soit pas un risque pour le reste de l’économie. Et elle ne veut pas de deuxième affaire UBS. C’est pour cela qu’il faut contraindre les grandes banques à détenir autant de fonds propres qu’il leur est nécessaire pour supporter elles-mêmes leurs pertes.</p>]]></content:encoded><category>Politique monétaire</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-128</guid><pubDate></pubDate><title>Et maintenant, plaçons enfin l’être humain au centre !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/et-maintenant-placons-enfin-l-etre-humain-au-centre</link><description>[Translate to fr:] 11. AHV-Revision</description><content:encoded><![CDATA[<p>Finalement, la deuxième mouture de 11<sup>e</sup> révision de l’AVS n’aurait été synonyme que de démantèlement. Les rentes de l’AVS auraient baissé, vu l’abandon de l’actuel système d’indexation à l’évolution des prix et des salaires, l’âge de la retraite des femmes aurait été relevé et – pure tactique ou appât pour contrer un éventuel référendum – une retraite anticipée, sous forme de pagne sommaire et prévue pour une période par trop limitée, aurait été introduite.
</p><p>Le 1<sup>er</sup> octobre, le Parlement fédéral a coulé ce projet de 11<sup>e</sup> révision. Sinon c’est le peuple qui s’en serait chargé quelques mois plus tard. De fait, l’USS s’était déjà concrètement préparée à saisir le référendum.
</p><p>La gauche et les Vert(e)s ont toujours combattu cette révision. Lors de la votation finale, c’est l’UDC qui a changé d’avis, l’un de ses vice-présidents ayant reconnu qu’une telle révision n’aurait pratiquement aucune chance devant le peuple.
</p><p>Certains commentateurs, surtout en Suisse alémanique, ont parlé de réformes coincées dans des bouchons et dit qu’il serait toujours plus difficile de faire des «&nbsp;réformes&nbsp;» contre les retraité(e)s. Selon eux, buté et n’y comprenant rien à l’AVS, le peuple n’avalerait aucun démantèlement. Logiquement, ne devrait-on pas en conclure, comme Brecht le disait, que «&nbsp;Puisque le peuple vote contre le Gouvernement, il faut dissoudre le peuple&nbsp;»&nbsp;?
</p><p>Franchement, le peuple n’est pas masochiste au point de demander lui-même qu’on démantèle son AVS&nbsp;!
</p><p>Aujourd’hui, c’est devant nous que nous devons regarder. Ce sont les besoins des gens, dont il faut enfin tenir compte. Une rupture s’impose avec la logique de l’austérité qui, bien que les comptes de l’AVS le démentent année après année, ne veut voir dans cette dernière qu’une institution qui serait à assainir. Comme s’impose aussi une prise de conscience du rôle joué par l’AVS dans la lutte, largement victorieuse, contre la pauvreté des aîné(e)s, un rôle qu’elle est d’ailleurs en mesure de jouer encore, là où des poches de cette dernière subsistent. C’est dans cette optique que l’Union syndicale suisse va s’engager.&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>AVS</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-140</guid><pubDate></pubDate><title>Des salaires décents — des rentes suffisantes : Un avant-goût du 54e congrès de l’USS</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-syndicale/detail/des-salaires-decents-des-rentes-suffisantes-un-avant-gout-du-54e-congres-de-l-uss</link><description>En se prononçant sur quatre textes d’orientation, une bonne douzaine de résolutions et 40 propositions, 225 délégués avec voix délibérative orienteront l’action syndicale pour les quatre prochaines années et vraisemblablement au-delà. Cela se passera à Berne, lors du 54e congrès de l’USS, les 5 et 6 novembre.</description><content:encoded><![CDATA[<p>« Des salaires décents — des rentes suffisantes », tel est le slogan du congrès. La plus grande partie des discussions du congrès va en effet venir aiguiser un programme qui se donne pour objectif « un tournant en matière de politique économique vers des emplois sûrs » et, en conséquence, une « prévoyance vieillesse stable et performante ». Les deux documents du congrès consacrés à ces thèmes contiennent les propositions à débattre, d’une part pour retrouver un plein emploi durable et des emplois de qualité et sûrs et, d’autre part, pour instaurer une répartition plus équitable des revenus ainsi qu’une AVS améliorée pour les petits et moyens revenus (voir les contributions concernant les textes d’orientation spécifiques dans cette « USS-info »). Ce congrès doit représenter un point d’inflexion à partir duquel débute une nouvelle phase, dans laquelle les syndicats, après une résistance relativement réussie contre le démontage des assurances sociales, répondent de nouveau aux besoins humains — et contribuent par là au développement général.&nbsp;&nbsp; 
</p><h3>La réduction de l’horaire de travail dans une nouvelle optique</h3><p>Un autre texte fait une série de propositions — à débattre, bien sûr — pour amener, à l’avenir, la formation à mieux développer l’égalité des chances. Le dernier texte s’intitule : « Concilier l’horaire de travail avec la famille, les loisirs et la santé ». Il montre que les syndicats, au-delà du slogan du congrès lui-même, ne se laissent pas réduire à de simples machines pour gagner de meilleurs salaires et des rentes en hausse, mais sont composés d’êtres humains aux rôles multiples, y compris dans le domaine privé. En conséquence, ils veulent placer la question de la réduction de l’horaire de travail dans une nouvelle optique, qui vise une répartition plus équilibrée de l’ensemble du travail entre les sexes.
</p><h3>Les invités </h3><p>Plusieurs invités animeront le congrès de leur discours. La spécialiste des sciences sociales, Christina Klenner, parlera de la conciliation du travail salarié et des tâches familiales. Jean Ziegler abordera, quant à lui, la question des droits humains. Monina Wong, la responsable pour la Chine de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL), élargira l’horizon de réflexion du congrès en présentant le mouvement de grèves actuel en Chine. Le premier invité sera le conseiller fédéral Didier Burkhalter. Une discussion captivante&nbsp; peut s’ensuivre, si le ministre des affaires sociales entend, pour une fois, sur la Constitution sociale, la voix des proies et non pas celle des prédateurs.
</p><h3>Autres moments forts</h3><p>La question des licenciements antisyndicaux donnera sans doute lieu à discussion. Une proposition d’Unia demande que la campagne sur ce point s’intensifie si les projets en matière de législation sur les « lanceurs d’alerte » (whistleblower) se révèlent insuffisants. D’autres propositions de fédérations syndicales concernent la libre circulation des personnes et la sous-enchère salariale, le travail temporaire et sur appel, les discriminations salariales, ou encore exigent un changement de cap de la politique de migration. La commission des femmes de l’USS ouvrira le congrès par une production scénique qui montrera par quelles actions elle entend marquer durablement l’année 2011, celle du vingtième anniversaire de la grève des femmes.
</p><p>Enfin, le comité présidentiel sera réélu. Elargi à neuf membres, chaque sexe devra occuper au moins un tiers des sièges. Le président de l’USS, Paul Rechsteiner se représente; parmi les sortants, Jean-Claude Rennwald est démissionnaire.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Politique syndicale</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-141</guid><pubDate></pubDate><title>Prévoyance vieillesse : stable, performante — donc à développer !</title><link>https://www.uss.ch/themes/politique-sociale/detail/prevoyance-vieillesse-stable-performante-donc-a-developper</link><description>Congrès de l’USS, aperçu : Pendant les années passées, les syndicats ont résisté avec succès au démontage de la prévoyance professionnelle. Il est temps de regarder devant nous : pour les bas et les moyens revenus, une meilleure prévoyance professionnelle est nécessaire.</description><content:encoded><![CDATA[<p>L’AVS et l’AI pour les « besoins vitaux » et la prévoyance professionnelle pour « le maintien du niveau de vie antérieur » : ce sont là les fonctions dévolues en son temps par les responsables politiques aux deux principaux piliers — sur trois en tout — de la prévoyance vieillesse suisse et qui sont inscrites dans la Constitution. L’AVS et les prestations minimales de la LPP devraient ainsi remplacer ensemble 60 % du salaire antérieur.
</p><p>Mais que représentent 60 % de 4’000 francs ? Tout juste 2’400 francs. Peut-on véritablement maintenir son niveau de vie antérieur ? Ou de même avec 3’000 francs, lorsque l’on gagnait auparavant un salaire de 5’000 francs ?
</p><p>Puisque la majorité bourgeoise voulait, au début de ce siècle, démanteler les rentes de vieillesse (11e révision de l’AVS, taux de conversion minimal de la LPP), les syndicats durent mener un combat défensif. Ils ne purent donc, comme ils le voulaient, faire progresser la discussion, dans leurs propres rangs, de propositions d’amélioration des rentes AVS.
</p><h3>Vieillir dignement grâce à une AVS/AI renforcée</h3><p>Maintenant, après le naufrage de la 11e révision, le moment est enfin propice. « Le chiffre de 60 % est en conséquence anticonstitutionnel pour les moyens et bas revenus, car on ne saurait en vivre décemment » souligne le texte d’orientation. Et il fixe de nouveaux objectifs, différenciés, aux prestations :
</p><p>&nbsp;</p><ul><li>80 % jusqu’à un revenu antérieur de 5’000 francs</li><li>70 % jusqu’à un revenu antérieur de 7’000 francs</li><li>60 % depuis un revenu antérieur de plus de 7’000 francs</li></ul><p>Ces objectifs, plus ambitieux, doivent être atteints grâce à un renforcement de l’AVS. A cette occasion, il faudra aussi développer les bonifications pour la prise en charge éducative et l’assistance aux proches.
</p><h3>Prévoyance professionnelle</h3><p>Les deux revendications les plus importantes concernant la prévoyance professionnelle sont celles d’une plus grande transparence et d’une gestion paritaire renforcée, donc de davantage de protection et de compétences pour les représentants des salarié(e)s. Le premier point vise à ce que des prescriptions légales judicieuses empêchent les assureurs privés de continuer à transférer discrètement, et sous le couvert de la loi,&nbsp; quantité de fonds dans leur propre caisse.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>AVS</category><category>Prévoyance professionnelle</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-142</guid><pubDate></pubDate><title>Un tournant de politique économique est exigé : pour des emplois sûrs !</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/un-tournant-de-politique-economique-est-exige-pour-des-emplois-surs</link><description>Congrès de l’USS, aperçu : Les vingt dernières années ont été des années de vaches grasses pour les actionnaires et les manageurs, mais de vaches maigres pour les salarié(e)s. Cela doit maintenant changer. Des emplois sûrs et de qualité pour toutes et tous, une distribution plus équitable des revenus, la conciliation de l’activité professionnelle avec d’autres tâches, de bons services publics et une économie respectueuse de l’environnement : voilà les objectifs renouvelés des syndicats.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Bien qu’en Suisse, grâce à des syndicats vigilants et combatifs, la forme extrême du capitalisme à l’anglo-saxonne n’ait pu prendre pied que partiellement, les vingt dernières années ont aussi été une période de vaches maigres pour les salarié(e)s. La forte croissance du chômage et le démontage de la sécurité sociale ont accru la pression au travail. Sous l’angle de la fiscalité, les hauts revenus, les gros actionnaires et les entreprises ont été dégrevés, alors que les bas et moyens revenus ont vu leurs charges augmenter. Les ouvertures au marché qui sont intervenues dans les services publics ont eu des effets négatifs sur les prix et l’approvisionnement, surtout en matière de courant électrique.
</p><p>L’heure est venue d’opérer un tournant. Le texte d’orientation no 4 « Une nouvelle politique pour des emplois sûrs » avance en ce sens des revendications dans trois secteurs thématiques :
</p><h3>Plein emploi et conditions de travail de qualité</h3><p>Le texte demande une politique conjoncturelle active, une réglementation et un redimensionnement des marchés financiers et de capitaux ainsi qu’une offensive en matière d’investissements pour des logements, dans les transports publics et les structures d’accueil des enfants. Les personnes handicapées doivent être professionnellement mieux intégrées, mais aussi les jeunes et les plus âgés, particulièrement touchés par le chômage de longue durée. Des horaires plus courts et maîtrisables contribueront à mieux concilier emploi et famille. Il faut aussi limiter les emplois temporaires et le travail sur appel et les rendre plus coûteux.
</p><h3>Des revenus plus équitables</h3><p>Des salaires minimaux doivent protéger les emplois de l’exploitation. Sur ce point, l’USS lancera une initiative populaire, au début de 2011 déjà. Dans les négociations salariales, l’USS veut obtenir des augmentations correspondant au renchérissement et à la productivité, ainsi qu’un remplacement des bonus des manageurs par des salaires fixes modérés. Les salaires de plus d’un million de francs doivent être soumis à l’impôt sur le bénéfice et les revenus fiscaux qui en proviennent distribués aux bas et moyens revenus. Les discriminations et la sous-enchère salariales doivent être combattues; en matière de politique fiscale, un changement d’orientation vers une imposition plus forte des hauts revenus est urgemment nécessaire.
</p><p>Pour obtenir tout cela, le renforcement des syndicats est nécessaire. Concrètement, cela signifie aussi une meilleure protection des représentant(e)s syndicaux dans les entreprises et davantage de participation des employé(e)s en cas de licenciements collectifs et de restructuration.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Économie</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-645</guid><pubDate></pubDate><title>Travailler moins — vivre plus</title><link>https://www.uss.ch/themes/egalite/detail/travailler-moins-vivre-plus</link><description>Congrès de l’USS, aperçu : Le travail salarié et les tâches familiales et domestiques doivent  être mieux conciliés : raison pour laquelle le texte pour le congrès de l’USS réclame, dès son intitulé, de pouvoir « Concilier l’horaire de travail avec la famille, les loisirs et la santé ».</description><content:encoded><![CDATA[<p>Ce sont surtout les femmes qui sont confrontées au dilemme du choix entre le travail salarié et les tâches familiales. Une majorité des femmes opte aujourd’hui pour la solution hybride du travail à temps partiel conjugué avec l’exercice de la responsabilité principale des tâches familiales. Le dilemme n’en est pas résolu pour autant. Pour les femmes, il s’exprime ainsi : le travail à temps partiel signifie très souvent — presque toujours dans les cas de séparation d’avec son partenaire — une couverture sociale insuffisante. En revanche, dans la plupart des cas, le travail à plein temps et la famille ne peuvent être conciliés.
</p><h3>Réduire le temps de travail</h3><p>La revendication est donc simple : des horaires de travail plus courts sont nécessaires. Ils faciliteraient aussi la meilleure prise en charge des tâches familiales et domestiques par les hommes travaillant à plein temps. Ce disant, le texte ne s’oppose pas à une autre revendication urgente et nécessaire, celle de l’accueil extrafamilial des enfants. Il ne peut cependant souscrire syndicalement à « l’externalisation complète des tâches familiales au profit d’une activité professionnelle aussi vaste et flexible que possible ».
</p><h3>Un changement de perspective</h3><p>Le texte ne mentionne pas d’objectif chiffré pour la durée hebdomadaire du travail, il demande un changement de perspective : dans le cadre des négociations collectives, les fédérations doivent faire de la réduction de l’horaire de travail hebdomadaire une priorité revendicative, dans l’optique de la conciliation entre vies familiale et professionnelle. Elle doit s’accompagner d’un droit à la réduction (temporaire) de la durée du travail pour des tâches d’assistance, ainsi que du droit à un congé lors de soins de longue durée prodigués à un proche (non seulement lorsqu’il s’agit d’enfants, mais aussi des parents, p. ex.)
</p><p>En outre, le document revendique des horaires prévisibles et fiables. Le congé de maternité doit passer de 14 semaines actuellement à 18 semaines, un congé de paternité de 8 semaines devant être introduit. Dans cette perspective, les syndicats doivent emprunter aussi bien la voie légale que celle de la négociation conventionnelle.</p>]]></content:encoded><category>Égalité des sexes</category><category>Travail</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-646</guid><pubDate></pubDate><title>Exigences en matière de politique de formation</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/exigences-en-matiere-de-politique-de-formation</link><description>Congrès de l’USS, aperçu : Le texte d&#039;orientation en matière de politique de formation soumis au congrès de l’USS contient des lignes directrices concernant aussi bien l’éducation que la formation professionnelle et continue. Sa revendication centrale : plus d’égalité des chances dans la formation.</description><content:encoded><![CDATA[<p>A chaque niveau, le système de formation suisse peut contribuer à la diminution de l’inégalité sociale. A cette fin, il est nécessaire toutefois d’investir dans le développement et la qualité de l’enseignement et de la formation. Les investissements ne doivent pas aboutir à une extension de la bureaucratie du système de formation, mais bénéficier directement aux enseignant(e)s. Car seul(e)s des enseignant(e)s motivés, donc mieux&nbsp; soutenus et moins surchargés peuvent contribuer durablement au développement des personnes en formation. Cela signifie concrètement : moins de périodes d’enseignement et relèvement des salaires des enseignant(e)s. Dans la perspective d’une école intégrative pour tous les enfants, l’USS veut en outre supprimer la sélection précoce à l’école obligatoire.
</p><h3>Droit à la formation</h3><p>Les formations professionnelle et continue doivent être renforcées - non pas contre, mais avec la formation universitaire.&nbsp; Le texte exige en outre un droit à une formation suffisante pour tous les jeunes et l’accès à la formation continue pour toutes les travailleuses et travailleurs. La Confédération et les cantons doivent donc&nbsp; conjointement encourager&nbsp; la formation professionnelle supérieure. Afin qu’elle soit accessible à toutes et tous, des formations de rattrapage ainsi que la reconnaissance des compétences acquises dans la pratique sont nécessaires. En ce qui concerne la loi fédérale sur la formation continue actuellement en élaboration, l’USS revendique un droit à un bilan de compétences tous les cinq ans, cinq jours de formation continue par an, de nouvelles offres de formation pour les analphabètes fonctionnels et une offensive linguistique en faveur des migrant(e)s.
</p><h3>Deux types de hautes écoles</h3><p>Dans le domaine des hautes écoles, l’USS se prononce pour deux types de hautes écoles (les universités et les hautes écoles spécialisées), reposant sur deux systèmes distincts : celui de la formation générale, avec la maturité gymnasiale, et celui de la formation professionnelle, avec la maturité professionnelle. Les deux systèmes doivent cependant être fortement perméable l’un à l’autre.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-121</guid><pubDate></pubDate><title>Grâce à l’USS, davantage de moyens pour la formation professionnelle</title><link>https://www.uss.ch/themes/formation-jeunesse/detail/grace-a-l-uss-davantage-de-moyens-pour-la-formation-professionnelle</link><description>Malgré l’augmentation du nombre de places d’apprentissage, il y a encore trop de jeunes qui restent sur le carreau à la fin de leur scolarité. Et la formation professionnelle supérieure est mise sous pression. La sixième Conférence nationale sur les places d’apprentissage du 25 octobre 2010 a décidé d’apporter des améliorations à cette situation. La proposition de l’Union syndicale suisse (USS) d’augmenter de 100 millions la contribution de la Confédération y a trouvé une large approbation. C’est là un important succès syndical.</description><content:encoded><![CDATA[<p>La mise sur pied de la Conférence nationale sur les places d’apprentissage, en 2005, est le fruit de la crise des places d’apprentissage et de la pression exercée par l’initiative de la jeunesse syndicale sur les places d’apprentissages (Lipa). L’USS fut, entre autres, à l’origine de la convocation de cette conférence, qui devait décider de mesures pour créer de telles places. Elle devint ensuite une sorte de table ronde annuelle, dirigée par le Département fédéral de l’économie, et réunissant les représentant(e)s de la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP), des associations patronales et des syndicats.
</p><h3>Le baromètre des places d’apprentissage : un bilan mitigé</h3><p>Par rapport à août 2009, la croissance des places d’apprentissage offertes, d’environ 3000, et des places attribuées, de 1000, est réjouissante. Toutefois, il restait encore 2000 jeunes de plus à s’intéresser à une formation professionnelle initiale. Raison pour laquelle la « file d’attente », à savoir les offres de formation transitoire, ne s’est réduite que de 500 personnes. En d’autres termes : ce sont encore 13&nbsp;% des tous les jeunes à la recherche d’une place d’apprentissage qui ne trouvent pas de formation correspondante.
</p><p>L’offre en matière de formation professionnelle initiale de deux ans reste clairement trop basse, avec 3500 places proposées.
</p><p>L’évolution des places d’apprentissage restées vacantes est particulièrement inquiétante : les employeurs ont déclaré n’avoir « reçu que des postulations inappropriées » dans 69&nbsp;% des cas, contre 58&nbsp;% auparavant. En revanche, le nombre de places pour lesquelles « aucune postulation » n’a été faite est passé de 33 à 19&nbsp;%. Cela signifie que la sélection par les employeurs s’est encore aggravée.
</p><p>En conséquence, cet été encore, les jeunes ont dû postuler en moyenne 15 fois, et même 17 fois (!) pour ceux et celles qui ont trouvé une place d’apprentissage. 10&nbsp;% des jeunes intéressés par une de ces places n’avaient toujours pas trouvé de solution à la date du jour de référence, le 31 août&nbsp;; 5&nbsp;% de tous ceux et celles qui arrivaient au terme de leur scolarité n’avaient encore aucune information à donner sur la suite de leur formation !
</p><p>Le baromètre des places d’apprentissage au 31 août 2010 confirme deux choses. La première est que le léger recul de la classe d’âge des jeunes de 16 ans ne débouche toujours pas sur une franche amélioration du marché des places d’apprentissage. Deuxièmement : la « concurrence », si souvent invoquée, entre la formation générale et la formation professionnelle, ne joue que très peu.
</p><h3>Les conséquences</h3><p>Lors de cette sixième conférence, le président de l’USS, Paul Rechsteiner, a avancé trois revendications, qui furent toutes adoptées.
</p><p>&nbsp;</p><ol><li>Toutes les mesures d’encouragement mises sur pied ces dernières années doivent être maintenues. L’offre d’encadrement individuel pour les formations professionnelles initiales de deux ans doit être élargie à celles de trois et quatre ans. Les réseaux d’entreprises formatrices, en particulier dans le secteur de la formation professionnelle initiale de deux ans, doivent recevoir un soutien accru.</li><li>En 2011, il faudra se rapprocher nettement de l’objectif d’amener 95&nbsp;% des jeunes en fin de scolarité à obtenir une certification dans la formation générale ou la formation professionnelle. Depuis quelques années, le taux de certification se heurte à la barre des 90&nbsp;%.</li><li>La Confédération s’engage, au plus tard dès 2012, à prendre en charge 25&nbsp;% des dépenses publiques de la formation professionnelle, ce qui aurait dû être le cas à partir du 1er janvier 2008, selon la loi sur la formation professionnelle. Cela correspond à 100 millions de dépenses supplémentaires au niveau fédéral.</li></ol><p>Le Conseil fédéral doit maintenant agir pour réaliser ces propositions.
</p><h3>Renforcement de la formation professionnelle supérieure</h3><p>Pour la première fois, la conférence a débattu de la formation professionnelle supérieure. D’une part, ces voies de formation (écoles supérieures, « maîtrises fédérales ») ne sont pas connues et, donc, reconnues au plan international. D’autre part, elles sont partiellement soumises à la pression des hautes écoles spécialisées. La conférence a été unanime à reconnaître que la formation professionnelle supérieure avait tout à fait sa place à l’avenir si de nouvelles mesures en matière de reconnaissance et de financement étaient prises. L’USS demanda sur ce point, avec la SEC suisse, que les étudiant(e)s — en particulier les femmes — reçoivent un soutien sous forme de bons de formation.</p>]]></content:encoded><category>Formation &amp; Jeunesse</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-122</guid><pubDate></pubDate><title>Contre les discriminations et totalement contre, pas seulement du bout des lèvres !</title><link>https://www.uss.ch/themes/migration/detail/contre-les-discriminations-et-totalement-contre-pas-seulement-du-bout-des-levres</link><description>Sans hésitation aucune, l’Union syndicale suisse (USS) dit non à l’initiative « sur le ren-voi » et à son contreprojet. Fondamentalement, on ne peut pas appliquer pour le même crime un droit différent et ce, parce qu’un individu est de nationalité différente. De plus, il s’agit d’être totalement opposé aux discriminations, pas seulement du bout des lèvres.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Les syndicats suisses font partie des organisations de la migration les plus importantes du pays. De générations en générations, ils sont parvenus à favoriser de manière notable l’intégration professionnelle et sociale des personnes d’origine étrangère. 
</p><p>Une chose est claire&nbsp;: les migrantes et migrants subissent toujours et encore des discriminations dans le monde du travail, des discriminations qui se manifestent tant à l’embauche que durant la carrière professionnelle ou au plan des salaires. Il y a une année, l’USS a revendiqué tout un catalogue de mesures antidiscriminatoires. Des mesures sont notamment urgentes en ce qui concerne les candidatures à des places d’apprentissage émanant de personnes au nom de famille étranger qui sont de tout évidence désavantagées par rapport à celles de jeunes suisses.
</p><p>Lutter contre les discriminations à l’égard des migrantes et migrants a de tout temps été une tache des syndicats de l’USS. Il va donc de soi que ces derniers combattent de nouvelles discriminations qui seraient créées au plan juridique.
</p><p>Depuis une bonne décennie, l’UDC et ses acolytes tirent sur les mêmes personnes à coups d’initiatives populaires à répétition. Toujours et encore, ils égratignent – pour employer un euphémisme – la légalité. Et les politiques n’ont pas le courage d’invalider cette initiative par peur de voir l’UDC se mettre en scène en tant que puissance politique bâillonnée. Or, une haine persistante contre les étrangers ne se combat pas du bout des lèvres. Il faut l’attaquer de plein front. 
</p><p>Quant au contreprojet, il n’est pas acceptable non plus. Les dispositions sur l’intégration habilement ajoutée qu’il prévoit ne sont là que pour faire passer une pilule au goût toujours très amer. Il discrimine également en fonction de la nationalité. Il est de la même veine que l’initiative. Une discrimination compatible avec le droit internationale n’en devient pas pour autant tolérable. 
</p><p>Tant l’initiative que le contreprojet voient dans l’abus de prestations sociales par des étrangers un motif d’expulsion, tout à fait dans le prolongement d’une triste campagne contre les «&nbsp;faux invalides&nbsp;». Cette stigmatisation des étrangers n’a que trop duré dans notre pays. Nous ne pouvons choisir entre la peste et le choléra, c’est pourquoi nous appelons énergiquement à voter NON à l’initiative et à son contreprojet.
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Migration</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-123</guid><pubDate></pubDate><title>Mettons fin à une concurrence fiscale nuisible !</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/mettons-fin-a-une-concurrence-fiscale-nuisible</link><description>Quel est le canton fiscalement le moins cher de tout le pays ? Le 28 novembre, les ci-toyennes et citoyens pourraient est source de quelques soucis pour Messieurs Ospel, Grübel et consorts. Et aussi d’un peu plus justice fiscale dans ce pays. En effet, l’initiative pour des impôts équitables semble bien partie.</description><content:encoded><![CDATA[<p>Bien que, dans la plupart des cantons, les recettes fiscales ont diminué et diminuent encore à cause de la crise, la course aux baisses d’impôts se poursuit. C’est notamment le cas en Suisse centrale&nbsp;: déjà très favorable, fiscalement parlant, aux entreprises, le canton de Lucerne va abaisser, en 2012, son impôt sur les bénéfices au niveau le plus bas jamais atteint. Mais Nidwald n’a pas dit son dernier mot et annonce d’ores et déjà la prochaine étape en promettant une baisse de ses impôts sur le bénéfice ainsi que de ses taux d’imposition pour les hauts revenus. Résultat&nbsp;: en juillet dernier, le parlement du canton d’Obwald a décidé d’abaisser lui aussi les impôts sur le bénéfice, afin d’offrir à nouveau les taux les plus bas. Après l’impôt à taux unique introduit à Obwald, le canton d’Uri a lui aussi instauré sur son territoire cette «&nbsp;flat rate tax&nbsp;» avec l’argent reçu de la <a name="_Hlt270595265"></a>nouvelle péréquation financière. La course aux baisses d’impôt, qui a subi un coup d’accélérateur ces dernières années, n’est pas encore arrivée à son terme. 
</p><h3>Plus de recettes uniquement pour les régions proches des grands centres économiques</h3><p>Les cantons qui recourent à de telles pratiques se justifient en expliquant que la charge fiscale cantonale doit être faible pour séduire les entreprises et les hauts revenus. Or, et c’est prouvé, la charge fiscale est un facteur dont le rôle est relativement négligeable dans le choix d’un site d’implantation plutôt que d’un autre. D’autres facteurs, comme la qualité de vie et les infrastructures, jouent un rôle bien plus important, et – pour les entreprises – la présence sur place de personnel qualifié ou la proximité avec la clientèle.
</p><p>Du reste, même si la charge fiscale était un facteur important, la Suisse n’aurait aucun problème. Les impôts sur le bénéfice et sur le revenu sont très bas dans notre pays en comparaison internationale. S’ils sont encore plus diminués, le seul résultat sera d’augmenter les pertes de recettes fiscales. Les baisses d’impôts peuvent tout au plus apporter des recettes supplémentaires aux petits cantons et aux petites communes situés à proximité des grands centres économiques, et cela, au détriment des centres qui doivent alors accepter <a name="_Hlt270597442"></a>de voir fuir un certain substrat fiscal. Les baisses d’impôt sont le plus souvent des opérations déficitaires, comme le disent – paradoxalement - les gouvernements cantonaux eux-mêmes. Presque tous les projets visant à réduire les impôts présupposent des pertes de recettes fiscales. La démonstration est particulièrement probante dans le cas de la suppression de l’impôt sur les successions pour les descendants directs. Depuis les années 1990, presque tous les cantons l’ont aboli. Conséquence&nbsp;: les recettes au titre de cet impôt ont diminué de quelque 500 millions de francs, sans pour autant que celles provenant de l’impôt sur la fortune aient augmenté. 
</p><h3>Le revers de la «&nbsp;médaille&nbsp;»&nbsp;: des loyers qui augmentent</h3><p>Du point de vue économique, la concurrence fiscale entre cantons ne peut en aucun cas fonctionner. Tous les habitant(e)s du pays peuvent se déplacer librement et profiter des prestations publiques (transports, culture, sécurité, etc.) sur l’ensemble du territoire, quel que soit leur canton de domicile. Comme Oswald Grübel ou Marcel Ospel, ils peuvent payer des impôts très bas à Wollerau, mais bénéficier de la qualité de vie de Zurich. 
</p><p>Les victimes en sont alors les personnes à faibles ou moyens revenus. En effet, là où elles sont décidées, les baisses d’impôts vont généralement de pair avec une hausse du prix des terrains et des loyers. Cette personnes doivent alors faire face en consacrant une part de leur revenu plus importante que les économies réalisées grâce aux baisses d’impôts. Le cas du canton de Zoug le montre très clairement.
</p><h3>L’initiative pour des impôts équitables, un pas vers une politique fiscale raisonnable</h3><p>C’est pour ces raisons que le Parti socialiste a lancé l’initiative «&nbsp;pour des impôts équitables&nbsp;». Cette initiative populaire demande l’introduction de taux d’imposition minimaux de 22 pour cent pour les très hauts revenus et de 5 pour mille pour les grandes fortunes. Les personnes vivant seules sont visées à partir d’un revenu imposable de 250&nbsp;000 francs, ce qui correspond à un revenu brut compris entre 300&nbsp;000 et 350&nbsp;000 francs. L’initiative ne concerne du reste que les fortunes qui dépassent 2 millions de francs. L’interdiction de la taxation dégressive empêche en outre de privilégier fiscalement les couches sociales particulièrement aisées et mobiles. Cela concerne moins de 1 pour cent de la population suisse&nbsp;; cette petite minorité profite aujourd’hui d’une concurrence fiscale effrénée, au détriment de la majorité.</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category></item><item><guid isPermaLink="false">news-120</guid><pubDate></pubDate><title>Impôts équitables : 99 % en profiteront</title><link>https://www.uss.ch/themes/economie/detail/impots-equitables-99-en-profiteront</link><description></description><content:encoded><![CDATA[<p>Ces dernières années, la politique fiscale suisse a pris une direction fortement dommageable aux intérêts des salarié(e)s, la majorité de la population, soit&nbsp;: toujours plus d’avantages pour les hauts et très hauts revenus, d’un côté, et, de l’autre, une charge toujours plus lourde pour les bas et moyens revenus. Cela, surtout à cause, par exemple, de la TVA et des primes des caisses-maladie, qui ne sont, de fait, rien d’autre, que des impôts indirects.
</p><p>L’initiative pour des impôts équitables met le holà à cette regrettable évolution en proposant une idée nouvelle et intelligente. Elle prescrit en effet des taux minimaux d’imposition uniquement pour les revenus les plus élevés et les fortunes les plus grandes. Mais en-dessous de ces limites, les cantons pourront déterminer librement leurs taux. Cette proposition, simple et ne supposant par un surplus de bureaucratie, stoppera d’un seul coup la concurrence problématique à laquelle certains cantons se livrent avec les plus riches. Et les personnes qui touchent des revenus élevés à très élevés devront enfin à nouveau comprendre qu’ils et elles sont des citoyens et citoyennes ordinaires, avec des droits et des devoirs normaux, et non pas des veaux d’or gratifiés de privilèges pharaoniques. La démocratie y gagnera aussi. En effet, dans une démocratie, tout le monde doit contribuer au financement des tâches publiques en fonction de sa capacité économique.
</p><p>Les opposants à l’initiative - de l’organisation faîtière economiesuisse à divers conseillers et conseillères d’État - essaient aujourd’hui, avec force dépenses, de persuader les gens que l’initiative sera en réalité dommageable à la majorité de la population. On est en droit de se demander pour quels imbéciles ces propagandistes tiennent cette population. Les revenus imposables supérieurs à 250&nbsp;000 francs (pour les personnes vivant seules&nbsp;; le revenu effectif est, quant à lui, nettement supérieur à 300&nbsp;000 francs) et les fortunes imposables de plus de 2 millions de francs sont clairement une minorité. Que cette minorité financièrement très solide doive payer plus, tous les autres en profiteront si les tâches publiques restent identiques. Cela représentera au moins 150 francs par personne, un montant qu’induira à lui seul ce petit pas vers des impôts équitables. 
</p><p>Et si certains conseillers d’État font observer aujourd’hui que la plupart des systèmes fiscaux cantonaux satisfont d’ores et déjà largement à ce que ce demande l’initiative, alors c’est tant mieux. Mais le «&nbsp;oui&nbsp;» à cette initiative est de la plus grande importance précisément pour les centres. Si, à l’avenir, chaque canton de Suisse centrale ou orientale qui pratique actuellement un dumping éhonté dans l’imposition du revenu et de la fortune de cette catégorie de riches doit aussi respecter les principes minimaux fixés par l’initiative, alors la population des cantons corrects sous cet angle en bénéficiera également. Car, qu’une petite couche de privilégiés puisse se mettre financièrement à l’abri en déménageant dans des paradis fiscaux, se soustrayant ainsi au cofinancement des tâches publiques, dont elles continueront, bien sûr, à profiter, a des conséquences négatives pour les 99&nbsp;% restants de la population. S’il existe un abus auquel il est possible de mettre immédiatement fin, c’est bien celui-là.&nbsp;
</p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded><category>Finances et fiscalité</category></item></channel></rss>